<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?>
<rss xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom" xmlns:webfeeds="http://webfeeds.org/rss/1.0" version="2.0">
  <channel>
    <atom:link href="http://pubsubhubbub.appspot.com/" rel="hub"/>
    <atom:link href="https://f43.me/making-of-afp.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/>
    <title>Making of AFP</title>
    <description>les coulisses de l&amp;#039;info</description>
    <link>http://making-of.afp.com</link>
    <webfeeds:icon>https://s2.googleusercontent.com/s2/favicons?alt=feed&amp;domain=making-of.afp.com</webfeeds:icon>
    <webfeeds:logo>https://making-of.afp.com/sites/all/themes/custom/afpblog/logo.png</webfeeds:logo>
    <webfeeds:accentColor>2C85C4</webfeeds:accentColor>
    <generator>f43.me</generator>
    <lastBuildDate>Fri, 13 Mar 2026 05:36:06 +0100</lastBuildDate>
    <item>
      <title><![CDATA[Mohammed, où es-tu?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>J’ai quitté le Soudan en 2014, après trois ans comme chef du bureau de l'AFP à Khartoum. Pendant les presque 10 ans qui se sont écoulés depuis, j’ai toujours gardé le contact avec Mohammed - jusqu’à ce qu'une rivalité entre généraux fasse basculer le pays dans la guerre, le 15 avril dernier. Il était mon professeur d'arabe, et surtout mon ami. Aujourd’hui, je me demande s'il est mort ou vivant. </p><p>Quatre ans après la vague de contestation qui a chassé du pouvoir Omar el-Béchir, ce nouveau conflit a déjà fait plus de 2.800 morts. Les combats ont poussé plus de 2 millions de personnes à abandonner leur foyer. Quelque 600.000 Soudanais ont fui vers les pays voisins, principalement l'Egypte et le Tchad. </p><p>J'ai rencontré Mohammed en 2011, peu après mon arrivée. Je l'employais un peu comme un assistant, il m'aidait à remplir des papiers.  On avait à peu près le même âge, un début de calvitie tous les deux... J'appréciais sa compagnie et j'aimais aller le voir à son travail, où l'ambiance était détendue, l'humeur joyeuse. Il me faisait profiter de ses connaissances sur la culture et l'histoire africaines, et sur beaucoup d'autres choses. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33g23fk.jpg?itok=F4hicYLO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33g23fk.jpg?itok=F4hicYLO 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33g23fk.jpg?itok=NpmvEiOh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33g23fk.jpg?itok=BSter8TI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33g23fk.jpg?itok=prgvZSGO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33g23fk.jpg?itok=6Wl234cu 1245w" alt="image" />Un passant devant une banque brûlée à Khartoum, le 24 mai 2023 (AFP )</div><p>Il est devenu peu à peu mon professeur d'arabe, même s’il n’en avait pas le titre. De mon côté, j'essayais aussi de lui rendre service: je faisais notamment livrer, à lui et ses collègues, de l'huile de cuisson et d'autres produits essentiels pour la fête musulmane de l'Aïd.</p><p>Si je tais son vrai nom et ne l'identifie pas davantage, c'est que je crains que cela puisse le mettre en danger, vu la situation actuelle à Khartoum. </p><p>Quand j’ai quitté le Soudan en 2014, Mohammed est resté avec moi jusqu'au bout. Juste avant de partir pour l'aéroport, je l'ai trouvé assis sur les marches de mon immeuble - un bâtiment moderne de Khartoum. Il m'avait apporté deux cadeaux: le premier ressemblait à une feuille de palmier un peu rigide, le deuxième était un « funduk », un mortier taillé dans le bois. </p><p>Je n'ai jamais vraiment compris à quoi servait la feuille de palmier, mais je l'ai gardée. D'autant plus précieusement que le funduk m'a été confisqué par les agents de sécurité à l'aéroport de Khartoum, au motif qu'il pouvait être utilisé comme arme. Je n'ai jamais eu le cœur de le dire à Mohammed. J'ai pris ça comme une ultime punition du gouvernement d'Omar el-Béchir, qui voyait d'un mauvais oeil notre couverture du Soudan. J'avais souvent eu maille à partir avec les autorités pendant mon séjour. </p><p>Après le Soudan, j'ai poursuivi ma carrière à l'AFP, d’abord en Arabie saoudite, puis à Washington. Aujourd’hui, je suis de nouveau plus proche du Soudan, basé à Chypre. Pendant toutes ces années, où que je sois basé, je téléphonais régulièrement à Mohammed. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/mortarcrop1.jpg?itok=NGivaAPI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/mortarcrop1.jpg?itok=NGivaAPI 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/mortarcrop1.jpg?itok=1WfnlD3W 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/mortarcrop1.jpg?itok=8uk0KrNB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/mortarcrop1.jpg?itok=BfUcI3N4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/mortarcrop1.jpg?itok=_SJT-jmZ 1245w" alt="image" />Mohammed avec le funduk qu'il avait apporté en cadeau (Ian Timberlake)</div><p>On parlait - bruyamment parfois - on riait aussi. Il aimait me taquiner, m'appeler "Ian ajooz " ("Ian vieil homme"),  ou "Ian magnoon " ("Ian le fou").  "Comment va ta femme? ",  "Comment vont tes parents? " me demandait-il. Et je posais à mon tour des questions sur ses proches. </p><p>Mohammed n'avait pas de smartphone : la seule façon de le joindre était de l'appeler - pas de texto ni d'appel vidéo possible. La communication ne passait pas toujours. Les liaisons téléphoniques avec le Soudan ont toujours été aléatoires. Vous tombiez souvent sur de la musique suivie d'une voix féminine s'excusant joyeusement que le numéro soit temporairement injoignable. Mais je persévérais, et finissais toujours par le joindre. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33dh48z.jpg?itok=6ESveK0i" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33dh48z.jpg?itok=6ESveK0i 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33dh48z.jpg?itok=TEYgB0vW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33dh48z.jpg?itok=RXN-TgcD 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33dh48z.jpg?itok=vXhj0xIG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33dh48z.jpg?itok=oKfRBjjG 1245w" alt="image" />Des habitants en fuite lors des combats à Khartoum, le 19 avril 2023 (AFP )</div><p>Il me parlait en arabe, et parfois j’arrivais à lui répondre. Mais le plus souvent, je ne comprenais pas, et il reprenait patiemment en mode enseignant, essayant de m'aider en anglais. : "tu pourrais dire ..." et il me donnait un exemple en arabe, ou plus souvent plusieurs exemples, dont un en dialecte soudanais.  Je répondais, "Merci, professeur", en arabe, à son grand amusement. </p><p>Juste avant le début de la guerre, Mohammed m'a demandé si je pouvais lui envoyer un smartphone, pour faciliter nos leçons à distance. À l'époque, je n'avais tout simplement pas les moyens. Si j'avais pu le faire, peut-être que cela m'aurait permis de le joindre plus facilement -  même si la guerre a considérablement compliqué les communications et que l'électricité est devenue rare. </p><p>J'ai pu prendre des nouvelles d’autres connaissances, et ai été soulagé d’apprendre qu'elles étaient hors de danger. L’un a survécu avec sa famille au périlleux voyage vers l'Éthiopie, d’autres ont eu la chance de se trouver à l'étranger au moment où la guerre a commencé. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33h46b9.jpg?itok=9NjLbjKB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33h46b9.jpg?itok=9NjLbjKB 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33h46b9.jpg?itok=0F3edA_x 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33h46b9.jpg?itok=6VfRBYDE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33h46b9.jpg?itok=zeh_9Fm9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/khartoum_sudan_blog/000_33h46b9.jpg?itok=pPxcv43l 1245w" alt="image" />Des habitants au milieu des ruines d'une maison détruite par les combats à Khartoum, le 6 juin 2023 (AFP )</div><p>Au tout début de la guerre, je n'ai pas immédiatement pu joindre Mohammed, mais après quelques jours j'ai réussi. "Beaucoup de gens sont morts", m’a-t-il dit alors. Mais lui, sa famille et ses proches étaient tous en sécurité, a-t-il ajouté, et il ne semblait pas particulièrement inquiet pour son ravitaillement. </p><p>Rassuré, j'ai laissé passer quelques jours avant d’essayer de rappeler. En vain. J’ai essayé pratiquement tous les jours depuis, souvent plusieurs fois par jour. A chaque fois, je tombe sur la musique et la voix féminine. </p><p>Peut-être que Mohammed a fui sans pouvoir prendre son téléphone. Peut-être qu'il n'a plus d'électricité pour le charger. Ou peut-être... Je me demande si j'entendrai un jour à nouveau son rire. Où es-tu, mon ami ? </p><p><em>Edité par Catherine Triomphe à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/mohammed-ou-es-tu</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/mohammed-ou-es-tu</guid>
      <pubDate>Fri, 30 Jun 2023 14:48:04 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le sourire d'Arman Soldin]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Arman Soldin était un enfant de la guerre. Elle l'a marqué de son sceau quand il fuyait Sarajevo dans les bras de sa mère. Elle l'a fauché dans l'Est ukrainien, à 32 ans. Entre les deux, il  a dévoré la vie en souriant.</p><p>Loué par tous pour son humanisme, son courage et son professionnalisme, Arman venait d'envoyer une série de sujets de la région de Bakhmout, devenue ces derniers mois le "Verdun" de cette guerre. Il y montrait la violence des combats, mais aussi l'extrême vulnérabilité des sans-voix, ou encore le quotidien de ces héros ordinaires qu'engendrent les guerres : comme Oleksandre, ancien soudeur rencontré à Siversk, qu'Arman avait filmé sur son scooter pétaradant livrant du pain aux personnes âgées de cette petite ville.</p><p>Arman avait aussi passé tout récemment une partie de la nuit avec des soldats ukrainiens blessés à Bakhmout, recevant les premier soins. Le 1er mai, il tweetait ses moments de "terreur à l'état pur", alors qu'une salve de roquettes russes s'était écrasée à quelques dizaines de mètres de la petite équipe de l'AFP dont il faisait partie.</p><p>Panique, destructions, morts. Des qualificatifs autrefois associés à la Bosnie, son pays d'origine, qu'Arman avait fui dans les bras de sa mère, à l'âge d'un an.</p><p>Le 25 avril 1992, les caméras de la télévision publique française captent son arrivée à l'aéroport parisien d'Orly, bouclettes blondes sur petit pull noir, sa maman à ses côtés. Une centaine de mères bosniennes et leurs enfants viennent d'atterrir dans un vol militaire affrété par le ministre français de la Santé et de l'Action humanitaire d'alors, Bernard Kouchner.</p><p>"Des obus avaient fracassé les escaliers de notre maison de Sarajevo. J'avais pu monter dans l'avion. Kouchner était assis près de moi. On avait passé le vol par terre, Arman dans mes bras", raconte sa mère, Oksana Soldin, qui vit aujourd'hui à Rennes.</p><p>Après six ans en France, la famille retourne en Bosnie, enfin en paix après une guerre interethnique qui a tué plus de 100.000 personnes. "Sarajevo était dévastée. Arman nous posait tout le temps des questions. Nous avions le même âge, mais il était plus vieux dans sa tête", se souvient Aldin Suljevic, devenu son ami "pour la vie" le 2 septembre 1998 précisément, jour où les deux compères se sont retrouvés assis côte à côte à l'école primaire.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=Yr6yv4yM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=Yr6yv4yM 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=gRImVpwL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=SwSd9d8- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=pg-c9MIq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=qyoQagQJ 1245w" alt="image" />Arman (au centre) dans les montagnes près de Sarajevo avec son frère Sven et sa soeur Ena, en février 2023 (Contribution AFP)</div><p>Ils ne perdront jamais le contact, malgré le nouveau départ pour la France d'Arman, en 2002, après la séparation de ses parents. Oksana et ses trois enfants - Arman, son frère cadet Sven, et sa soeur aînée Ena - retrouvent alors la Bretagne.</p><p>"On a eu cette épreuve du déracinement. On s'est retrouvé tout en bas de l'échelle, en tant que réfugiés. C'est ce qui fait que notre famille est très proche, qu'on se parle tous les jours", explique Sven, 26 ans. Pour lui, Arman était une "idole", "invincible", "la personne la plus importante de (sa) vie".</p><p>Chaque été, la fratrie retourne au pays voir leur père, Sulejman Soldin, journaliste reconnu. "Arman était Français mais la Bosnie était dans son cœur", dit son ami Aldin. Et le conflit des Balkans, même s'il ne l'avait pas directement vécu, a clairement influé sur la volonté d'Arman de couvrir la guerre  en Ukraine.</p><p>A 11 ans, Arman joue à écrire des flashs d'actualité dans sa chambre rennaise. A 16 ans, il compile trois minutes d'images insoutenables, accompagnées du très triste adagio d'Albinoni, qu'il poste sur sa chaîne Youtube. Il l'intitule  "Sarajevo in war" (Sarajevo en guerre).</p><p>"Arman avait un œil de journaliste qui a fait l'autopsie de la Bosnie. S'il n'a pas forcément fait de lien avec l'Ukraine, il a choisi de s'y rendre parce qu'il voulait se rendre utile, il voulait chercher la vérité", résume sa mère Oksana, professeure de philosophie et sociologie.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=qsbA-KPs" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=qsbA-KPs 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=9n-KLbOn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=PS7wyujl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=0EzJV_3j 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=9bv6ABzJ 1245w" alt="image" />Une photo d'Arman Soldin projetée sur écran géant en sa mémoire, lors du match Stade Rennais FC contre Troyes à Rennes, le 14 mai 2023 (AFP / Sebastien Salom-Gomis)</div><p>Adolescent, Arman, très bon élève, est aussi un passionné de foot. Il intègre les équipes de jeunes du Stade rennais, un club de Ligue 1 française, entre 2006 et 2008. Mais des blessures récurrentes au genou l'empêchent d'aller plus loin.</p><p>"Le foot, c'est une partie importante de sa vie, dit Sven. Il était extrêmement fort, extrêmement talentueux. Il avait un truc en plus."</p><p>Après des études universitaires à Londres, Lyon et Sarajevo, Arman, qui parle français, anglais et italien, fait ses premiers pas en 2015 au bureau de l'AFP de Rome.</p><p>C'était "le stagiaire de rêve", se souvient Sonia Logre, qui l'a formé au reportage vidéo. "Il avait l'envie de tout faire, de tout voir, de tout connaître, une envie d'apprendre humblement, une volonté de découvrir l'Italie, avec une profonde joie de vivre", dit-elle. Ancien correspondant sportif de l'AFP à Rome, Emmanuel Barranguet se souvient aussi d'Arman "rayonnant tout le temps". "Même quand il jouait au foot, il souriait. Il m'a dribblé un nombre incalculable de fois, toujours avec le sourire."</p><p>Arman fait si bonne impression pendant ce stage qu'il est embauché la même année par l'AFP à Londres. Il croque la vie, "fait beaucoup la fête, du vendredi soir au dimanche", s'entoure d'un cercle d'amis très proches, couvre le Brexit. Mais il est frustré de "ne pas être suffisamment sur le terrain", se rappelle son ex-petite amie Diane Dupré.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=p-NrHm5k" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=p-NrHm5k 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=UIYL_uAJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=3Pgt840V 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=FA39OQuZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=jC5u9Dl_ 1245w" alt="image" />En avril 2016, Arman Soldin participe, avec une équipe du bureau de l'AFP à Londres, à des épreuves visant à lever des fonds pour le Rory Peck Trust, fondation dédiée au soutien aux journalistes pigistes dans le monde (Contribution AFP)</div><p>En 2019, il devient, en parallèle, correspondant sportif au Royaume-Uni pour Canal+, où "sa légèreté" et son "charme fou" font que "tout le monde l'adorait, professionnellement et humainement", commente David Barouh, le directeur adjoint de la rédaction des sports de la chaîne.</p><p>Grand écart étonnant: à chaque fois qu'il retournera à Londres après une mission en Ukraine, Arman passera du journalisme sous les bombes au luxe de la Premier League pour la chaîne cryptée. "C'était peut-être sa respiration", dit M. Barouh.</p><p>Arman s'était porté volontaire pour aller renforcer le bureau de l'AFP à Kiev juste avant l'invasion russe. Comme il avait été volontaire pour couvrir les premiers mois du Covid-19 en Italie, alors que la pandémie y faisait une hécatombe.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=pUrFSWvG" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=pUrFSWvG 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=fdJDo81v 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=99g7Pfhr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=hx-HwUbq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=v7xjHRqO 1245w" alt="image" />Arman dans une tranchée en Ukraine, le 18 mars 2023
 (AFP / Aris Messinis)</div><p>Dimitar Dilkoff, photographe de l'AFP, rencontre Arman le 24 février 2022, le jour où la guerre a commencé. "Nous sommes entrés ensemble en Ukraine", dit ce journaliste bulgare. Lui qui a couvert de nombreux conflits, y compris celui du Donbass en 2014, est frappé par le côté "solaire" d'Arman, mais aussi par "sa volonté d'être le premier" sur le terrain. </p><p>Une volonté qui le fera retourner régulièrement en mission dans le pays en guerre. Malgré le danger, il apporte à chaque fois sa bonne humeur et son rire sonore. Comme dans la vidéo où on le voit s'allonger dans une tranchée pour pouvoir tourner des images d'un char ukrainien roulant au-dessus de lui: la séquence en boîte, il ressort de la tranchée en rigolant, "Encore, encore!"  </p><p>En septembre, Arman est nommé coordinateur de la couverture vidéo en Ukraine et déménage à Kiev. Dimitar est lui coordinateur photo, tandis qu'Emmanuel Peuchot, qui a achevé un long séjour à Kaboul, les rejoint pour chapeauter l'équipe en octobre.</p><p>Rompu aux terrains hostiles, Emmanuel, de 27 ans l'aîné d'Arman, est séduit par ce reporter "de la jeune génération, un réseau social à lui tout seul. Tout le temps sur Twitter, mais pas du tout dans le selfie". Et aussi plein de "franchise" avec les gens qu'il rencontre - avec lesquels sa connaissance du bosniaque lui permet de "baragouiner",  comme Arman le disait lui-même. Fondamentalement, "il aimait les gens, il était tourné vers l'autre", dit Emmanuel.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/B6zuSa4qpxk?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="ukraine_la_guerre_vue_a_travers_lobjectif_du_journaliste_de_lafp_arman_soldin_afp" width="640"> </iframe><p>Il avait aussi beaucoup de tendresse pour les animaux. De nombreuses images de lui en Ukraine en témoignent, où on le voit grimper sur un toit pour récupérer un chat, chercher à approcher des chatons ou caresser un chien errant. </p><p>Fin avril 2023, toujours près de Bakhmout, il découvre, avec Dimitar et Emmanuel, un hérisson à l'agonie au fond d'une tranchée. Arman prend sur lui de le ramener à la maison où loge l'AFP à Kramatorsk. Quelques jours plus tard, "Lucky" (chanceux), retapé, retrouve sa liberté, après qu'Arman ait fait de lui une petite célébrité sur les réseaux sociaux. Avec humour toujours: dans l'un de ses tweets sur ce hérisson, Arman blague qu'avoir nourri l'animal à la seringue a fait de lui "officiellement un papa."</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=DQzblVBO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=DQzblVBO 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=tOGIV1dp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=m0rrXzEL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=-HmcYaMr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=LawlISst 1245w" alt="image" />Trois des tweets postés par Arman fin avril avril 2023 sur le sauvetage d'un hérisson à Tchassiv Yar, près de Bakhmout</div><p>"Cette histoire est mignonne, mais n'oubliez pas qu'une guerre sanglante est en cours et que des millions de gens sont déplacés. Aidez en donnant aux ONG", ajoutait cependant Arman en conclusion de sa série de tweets.</p><p>Parallèlement à ses missions sur le terrain, ce gai luron aux grandes lunettes rondes, qui "voulait incarner la guerre, mais sans se mettre en avant", avait entamé une collaboration avec un dessinateur pour faire une BD sur l'Ukraine, afin de "faire comprendre aux gens ce qui se passe sur le terrain", dit son amie Diane Dupré.</p><p>Le 9 mai 2023, une attaque de roquettes Grad l'a fauché dans les environs de Tchassiv Iar, près de Bakhmout. Dimitar Dilkoff et Emmanuel Peuchot, qui étaient avec lui, sont physiquement indemnes.</p><p>L'instant d'avant, "il était comme toujours, il plaisantait", dit Dimitar. Il est parti avec un "beau visage" ne trahissant aucune souffrance, "la caméra à la main", selon Emmanuel.</p><p>Arman était avant tout "un grand sensible, un grand émotif", dit sa mère en pleurs. "Il m'avait cueilli toutes les fleurs du monde."</p><p><em>Portrait écrit par Joris Fioriti à Paris, édité par Catherine Triomphe.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f84bn_1.jpg?itok=t_pWQ7qX" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f84bn_1.jpg?itok=t_pWQ7qX 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f84bn_1.jpg?itok=RLBp3IeL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f84bn_1.jpg?itok=N6hnKjBF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f84bn_1.jpg?itok=zP5Xi3eJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f84bn_1.jpg?itok=z-Lzfbt- 1245w" alt="image" />Des collègues et amis contribuent au Livre de condoléances lors de la cérémonie organisé pour Arman Soldin à Kiev, le 15 mai 2023 (AFP / Sergei Supinsky)</div><p><em>Post scriptum: l'AFP a organisé une première cérémonie pour Arman à Kiev le 15 mai 2023. Ses obsèques auront lieu le 30 mai à Rennes, avant une cérémonie à l'AFP à Paris le 1er juin. Un site dédié à sa mémoire sera bientôt mis en ligne, dont le lien sera posté ici.  </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/le-sourire-darman-soldin</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/le-sourire-darman-soldin</guid>
      <pubDate>Fri, 26 May 2023 18:50:04 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Hommage à Arman Soldin, tué en Ukraine]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Arman Soldin était un enfant de la guerre. Elle l'a marqué de son sceau quand il fuyait Sarajevo dans les bras de sa mère. Elle l'a fauché dans l'Est ukrainien, à 32 ans. Entre les deux, il  a dévoré la vie en souriant.</p><p>Loué par tous pour son humanisme, son courage et son professionnalisme, Arman venait d'envoyer une série de sujets de la région de Bakhmout, devenue ces derniers mois le "Verdun" de cette guerre. Il y montrait la violence des combats, mais aussi l'extrême vulnérabilité des sans-voix, ou encore le quotidien de ces héros ordinaires qu'engendrent les guerres : comme Oleksandre, ancien soudeur rencontré à Siversk, qu'Arman avait filmé sur son scooter pétaradant livrant du pain aux personnes âgées de cette petite ville proche du front Est ukrainien.</p><p>Arman avait aussi passé tout récemment une partie de la nuit avec des soldats ukrainiens blessés à Bakhmout, recevant les premier soins. Le 1er mai, il tweetait ses moments de "terreur à l'état pur", alors qu'une salve de roquettes russes s'était écrasée à quelques dizaines de mètres de la petite équipe de l'AFP dont il faisait partie.</p><p>Panique, destructions, morts. Des qualificatifs autrefois associés à la Bosnie, son pays d'origine, qu'Arman avait fui dans les bras de sa mère, à l'âge d'un an.</p><p>Le 25 avril 1992, les caméras de la télévision publique française captent son arrivée à l'aéroport parisien d'Orly, bouclettes blondes sur petit pull noir, sa maman à ses côtés. Une centaine de mères bosniennes et leurs enfants viennent d'atterrir dans un vol militaire affrété par le ministre français de la Santé et de l'Action humanitaire d'alors, Bernard Kouchner.</p><p>"Des obus avaient fracassé les escaliers de notre maison de Sarajevo. J'avais pu monter dans l'avion. Kouchner était assis près de moi. On avait passé le vol par terre, Arman dans mes bras", raconte sa mère, Oksana Soldin, qui vit aujourd'hui à Rennes.</p><p>Après six ans en France, la famille retourne en Bosnie, enfin en paix après une guerre interethnique qui a tué plus de 100.000 personnes. "Sarajevo était dévastée. Arman nous posait tout le temps des questions. Nous avions le même âge, mais il était plus vieux dans sa tête", se souvient Aldin Suljevic, devenu son ami "pour la vie" le 2 septembre 1998 précisément, jour où les deux compères se sont retrouvés assis côte à côte à l'école primaire.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=Yr6yv4yM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=Yr6yv4yM 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=gRImVpwL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=SwSd9d8- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=pg-c9MIq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/e5bfe3cb-5f5b-4d0b-96c8-23318f0922fd_recadree.jpg?itok=qyoQagQJ 1245w" alt="image" />Arman (au centre) dans les montagnes près de Sarajevo avec son frère Sven et sa soeur Ena, en février 2023 (AFP)</div><p>Ils ne perdront jamais le contact, malgré le nouveau départ pour la France d'Arman, en 2002, après la séparation de ses parents. Oksana et ses trois enfants - Arman, son frère cadet Sven, et sa soeur Ena, l'aînée - retrouvent alors la Bretagne.</p><p>"On a eu cette épreuve du déracinement. On s'est retrouvé tout en bas de l'échelle, en tant que réfugiés. C'est ce qui fait que notre famille est très proche, qu'on se parle tous les jours", explique Sven, 26 ans. Pour lui, Arman était une "idole", "invincible", "la personne la plus importante de (sa) vie".</p><p>Chaque été, la fratrie retourne au pays voir leur père, Sulejman Soldin, journaliste reconnu. "Arman était Français mais la Bosnie était dans son cœur", dit son ami Aldin. Et le conflit des Balkans, même s'il ne l'avait pas directement vécu, a clairement influé sur la volonté d'Arman de couvrir la guerre  en Ukraine.</p><p>A 11 ans, Arman joue à écrire des flashs d'actualité dans sa chambre rennaise. A 16 ans, il compile trois minutes d'images insoutenables, accompagnées du très triste adagio d'Albinoni, qu'il poste sur sa chaîne Youtube. Il l'intitule  "Sarajevo in war" (Sarajevo en guerre).</p><p>"Arman avait un œil de journaliste qui a fait l'autopsie de la Bosnie. S'il n'a pas forcément fait de lien avec l'Ukraine, il a choisi de s'y rendre parce qu'il voulait se rendre utile, il voulait chercher la vérité", dit sa mère Oksana, professeure de philosophie et sociologie.</p><p>Adolescent, Arman, très bon élève, est aussi un passionné de foot. Il intègre les équipes de jeunes du Stade rennais, un club de Ligue 1 française, entre 2006 et 2008. Mais des blessures récurrentes au genou l'empêchent d'aller plus loin.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=qsbA-KPs" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=qsbA-KPs 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=9n-KLbOn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=PS7wyujl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=0EzJV_3j 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33f29bl.jpg?itok=9bv6ABzJ 1245w" alt="image" />Une photo d'Arman Soldin projetée sur écran géant en sa mémoire, lors du match Stade Rennais FC contre Troyes à Rennes, le 14 mai 2023 (AFP / Sebastien Salom-gomis)</div><p>"Le foot, c'est une partie importante de sa vie, dit Sven. Il était extrêmement fort, extrêmement talentueux. Il avait un truc en plus."</p><p>Après des études universitaires à Londres, Lyon et Sarajevo, Arman, qui parle français, anglais et italien, fait ses premiers pas en 2015 au bureau de l'AFP de Rome.</p><p>C'était "le stagiaire de rêve", se souvient Sonia Logre, qui l'a formé au reportage vidéo. "Il avait l'envie de tout faire, de tout voir, de tout connaître, une envie d'apprendre humblement, une volonté de découvrir l'Italie, avec une profonde joie de vivre", dit-elle. Ancien correspondant sportif de l'AFP à Rome, Emmanuel Barranguet se souvient aussi d'Arman "rayonnant tout le temps". "Même quand il jouait au foot, il souriait. Il m'a dribblé un nombre incalculable de fois, toujours avec le sourire."</p><p>Arman fait si bonne impression pendant ce stage qu'il est embauché la même année par l'AFP à Londres. Il croque la vie, "fait beaucoup la fête, du vendredi soir au dimanche", s'entoure d'un cercle d'amis très proches, couvre le Brexit. Mais il est frustré de "ne pas être suffisamment sur le terrain", se rappelle son ex-petite amie Diane Dupré.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=p-NrHm5k" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=p-NrHm5k 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=UIYL_uAJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=3Pgt840V 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=FA39OQuZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/toughmudder133.jpg?itok=jC5u9Dl_ 1245w" alt="image" />En avril 2016, Arman Soldin participe, avec une équipe du bureau de l'AFP à Londres, à des épreuves visant à lever des fonds pour le Rory Peck Trust, fondation dédiée au soutien aux journalistes pigistes dans le monde (Contribution AFP)</div><p>En 2019, il devient, en parallèle, correspondant sportif au Royaume-Uni pour Canal+, où "sa légèreté" et son "charme fou" font que "tout le monde l'adorait, professionnellement et humainement", commente David Barouh, le directeur adjoint de la rédaction des sports de la chaîne.</p><p>Grand écart étonnant: à chaque fois qu'il retourne à Londres après une mission en Ukraine, Arman passe du journalisme sous les bombes au luxe de la Premier League pour la chaîne cryptée. "C'était peut-être sa respiration", dit M. Barouh.</p><p>Arman s'était porté volontaire pour aller renforcer le bureau de l'AFP à Kiev juste avant l'invasion russe. Comme il avait été volontaire pour couvrir les premiers mois du Covid-19 en Italie, alors que la pandémie y faisait une hécatombe.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=pUrFSWvG" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=pUrFSWvG 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=fdJDo81v 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=99g7Pfhr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=hx-HwUbq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/000_33eq4wc.jpg?itok=v7xjHRqO 1245w" alt="image" />Arman dans une tranchée en Ukraine, le 18 mars 2023
 (AFP / Aris Messinis)</div><p>Dimitar Dilkoff, photographe de l'AFP, rencontre Arman le 24 février 2022, le jour où la guerre a commencé. "Nous sommes entrés ensemble en Ukraine", dit ce journaliste bulgare. Lui qui a couvert de nombreux conflits, y compris celui du Donbass en 2014, est frappé par le côté "solaire" d'Arman, mais aussi "sa volonté d'être le premier" sur le terrain. </p><p>Une volonté qui le fera retourner régulièrement en mission dans le pays en guerre. Malgré le danger, il apporte à chaque fois sa bonne humeur et son rire sonore. Comme la vidéo où on le voit s'allonger dans une tranchée pour pouvoir tourner des images d'un char ukrainien roulant au-dessus de lui: les images en boîte, il ressortira de la tranchée en rigolant, "Encore, encore!"  </p><p>En septembre, Arman est nommé coordinateur de la couverture vidéo en Ukraine et déménage à Kiev. Dimitar est lui coordinateur photo, tandis qu'Emmanuel Peuchot, qui a achevé un long séjour à Kaboul, les rejoint pour chapeauter l'équipe en octobre.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/B6zuSa4qpxk?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="ukraine_la_guerre_vue_a_travers_lobjectif_du_journaliste_de_lafp_arman_soldin_afp" width="640"> </iframe><p>Rompu aux terrains hostiles, Emmanuel, de 27 ans l'aîné d'Arman, est séduit par ce reporter "de la jeune génération, un réseau social à lui tout seul. Tout le temps sur Twitter, mais pas du tout dans le selfie". Et aussi plein de "franchise" avec les gens qu'il rencontre - avec lesquels sa connaissance du bosniaque lui permet de "baragouiner",  comme il le disait lui-même. Fondamentalement, "il aimait les gens, il était tourné vers l'autre", dit Emmanuel.</p><p>Il avait aussi beaucoup de tendresse pour les animaux, et les images de lui en Ukraine sont nombreuses à en témoigner. Comme ces vidéos où on le voit grimper sur un toit pour récupérer un chat, chercher à approcher des chatons maigrelets ou caresser un chien errant. Fin avril 2023, en reportage dans l'est de l'Ukraine, il découvre, avec Dimitar et Emmanuel, un hérisson à l'agonie au fond d'une tranchée. Arman prend sur lui de le ramener à la maison où loge l'AFP à Kramatorsk. Quelques jours plus tard, "Lucky" (chanceux), retapé, retrouve sa liberté, après qu'Arman ait fait de lui une petite célébrité sur les réseaux sociaux. Avec humour toujours: dans l'un de ses tweets sur ce hérisson, Arman blague qu'avoir nourri l'animal à la seringue a fait de lui "officiellement un papa."</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=DQzblVBO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=DQzblVBO 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=tOGIV1dp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=m0rrXzEL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=-HmcYaMr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/hommage_a_arman/twitterarman_version_2.jpg?itok=LawlISst 1245w" alt="image" />Trois des tweets postés par Arman fin avril avril 2023 sur le sauvetage d'un hérisson à Tchassiv Yar, près de Bakhmout</div><p>"Cette histoire est mignonne, mais n'oubliez pas qu'une guerre sanglante est en cours et que des millions de gens sont déplacés. Aidez en donnant aux ONGs", ajoutait cependant Arman en conclusion de sa série de tweets.</p><p>Parallèlement à ses missions sur le terrain, ce gai luron aux grandes lunettes rondes, qui "voulait incarner la guerre, mais sans se mettre en avant", avait entamé une collaboration avec un dessinateur pour faire une BD sur l'Ukraine, afin de "faire comprendre aux gens ce qui se passe sur le terrain", dit son amie Diane Dupré.</p><p>Le 9 mai 2023, une attaque de roquettes Grad l'a fauché dans les environs de Tchassiv Iar, près de Bakhmout. Dimitar Dilkoff et Emmanuel Peuchot, qui étaient avec lui, sont physiquement indemnes.</p><p>L'instant d'avant, "il était comme toujours, il plaisantait", dit Dimitar. Il est parti avec un "beau visage" ne trahissant aucune souffrance, "la caméra à la main", selon Emmanuel.</p><p>Né à Sarajevo, mort dans le Donbass, Arman Soldin était avant tout "un grand sensible, un grand émotif", dit sa mère en pleurs. "Il m'avait cueilli toutes les fleurs du monde."</p><p><em>Portrait préparé par Joris Fioriti à Paris, édité par Catherine Triomphe.</em></p><p>(photo cérémonie du 15 mai)</p><p><em>L'AFP a organisé une cérémonie pour Arman à Kiev le 15 mai 2023. Une autre sera organisée par sa famille à Rennes, à une date encore non précisée.</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/hommage-arman-soldin-tue-en-ukraine</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/hommage-arman-soldin-tue-en-ukraine</guid>
      <pubDate>Tue, 16 May 2023 13:26:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Retour à Londres, pour un couronnement presque sans-faute]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Après cinq ans de reportages au Royaume-Uni, entre chaos post-Brexit, scandales politiques et brouilles royales, j'ai quitté le bureau de l'AFP à Londres en août 2022. Quelques jours plus tard, Elizabeth II s'éteignait, à l'issue de 70 ans de règne.  A regret, j'étais condamnée à suivre à distance le plus gros évènement de la royauté depuis des décennies. </p><p>Quelques mois plus tard, la chance me souriait à nouveau. Le bureau me proposait de revenir pour aider à couvrir le couronnement de Charles III.  Une chance historique : le dernier couronnement a eu lieu en 1953 et qui sait quand se tiendra le prochain… </p><p>Pour un évènement aussi important, l'AFP met les petits plats dans les grands: des dizaines de dépêches, images et infographies diffusées en amont, et plus de 60 journalistes (JRI, photographes, journalistes texte) mobilisés à Londres, Edimbourg, Glasgow, Belfast, mais aussi à Sydney ou dans l'archipel de Vanuatu, dans le Pacifique, où le père de Charles, était considéré comme un Dieu. </p><p>Le jour J, le 6 mai, certains de mes collègues sont aux côtés des fans de la monarchie qui campent depuis des jours pour ne pas rater une miette de la procession. D’autres assisteront à l'arrestation de membres du groupe anti-monarchie "Republic", qui voulaient manifester au passage du roi - déclenchant une vive polémique, toujours vivace au moment où j'écris.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33eh92g_1.jpg?itok=4dzV0ZLR" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33eh92g_1.jpg?itok=4dzV0ZLR 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33eh92g_1.jpg?itok=qS_K4Qor 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33eh92g_1.jpg?itok=djs4lESc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33eh92g_1.jpg?itok=Nv3B8HDO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33eh92g_1.jpg?itok=lSwpXNTh 1245w" alt="image" />Des membres du groupe anti-monarchie Republic manifestent près de Westminster Abbey, au matin du 6 mai 2023
 (AFP / Sebastien Bozon)</div><p>Quant à moi, le bureau de Londres m’a désignée pour prendre la seule chaise réservée à l’AFP à l'intérieur de l'abbaye.  Celle-ci doit débuter à 11h, mais consigne est donnée d'arriver à 7h précises avec une tenue "appropriée pour l'occasion". Mais comment s’habille-t-on pour un couronnement ? Peut-on porter du noir ? Doit-on avoir les cheveux couverts ? Buckingham Palace m’aiguille: "robe ou costume-cravate, chapeau en option".</p><p>Ces conseils en tête, j'étais allée avant de partir dans un grand magasin. « C’est pour quelle occasion ? » m'avait demandé la vendeuse.  « Hum… du genre un peu chic », avais-je répondu, avant de repartir avec une robe couleur ocre, qui se révélera assortie à la mitre de l’archevêque de Canterbury. </p><p>Samedi 6 mai, je mets deux alarmes à 5h du matin : pas question de risquer la panne d’oreiller.  J’arrive bien trop en avance, à 6h15, au point de rendez-vous donné à la presse. M’y rejoignent une petite trentaine de confrères endimanchés, de la BBC au Scotsman, en passant par la presse canadienne. Plusieurs sont en jaquette, une consoeur arrive en baskets rapidement troquées pour des escarpins.</p><p>Nous pénétrons dans l'imposant monument près de deux heures plus tard, peu avant 8h, après les contrôles de sécurité de rigueur. Des dizaines d’invités sont déjà installés. Leurs sièges se font face de chaque côté de l’allée centrale, un peu comme pour un défilé de mode. Je croise d’ailleurs Edward Enninful, rédacteur en chef du Vogue britannique. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej2d2.jpg?itok=bQf1En54" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej2d2.jpg?itok=bQf1En54 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej2d2.jpg?itok=iNEclkvS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej2d2.jpg?itok=RpUbX3Vc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej2d2.jpg?itok=WyYCLaQ- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej2d2.jpg?itok=hfV08-i7 1245w" alt="image" />Le Prince Harry, loin de son frère William, héritier de la couronne, et de son père Charles, a un échange avec la princesse Anne, en marge de la cérémonie du couronnement (AFP / Richard Pohle)</div><p>Des dignitaires étrangers en costumes traditionnels côtoient des Écossais en kilts et la soprano sud-africaine Pretty Yende dans une spectaculaire robe jaune. Même les hommes d’église ont revêtu leurs plus beaux vêtements liturgiques… chacun est sur son 31. Un chic qui tranche avec les ponchos en plastique des fans de la monarchie qui patientent dehors sous la pluie.</p><p>Avec les autres journalistes, nous prenons place dans le transept nord. Je repère la place réservée à la responsable presse du palais de Buckingham, en me disant qu’elle doit sûrement avoir la meilleure vue, et m’assois stratégiquement juste à côté.</p><p>La vue est en fait en partie obstruée par un pilier : mes collègues restés au bureau verront certainement mieux les détails à la télévision. Mais il y a des écrans placés sur plusieurs piliers, dont un juste devant nous, pour ne rien rater. Et tout l'intérêt de se trouver dans l'abbaye, c'est de ressentir l'ambiance, capter les à-côtés --- et pouvoir réagir vite en cas d’imprévu qui ne serait pas capté par les caméras. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej36y_0.jpg?itok=eI5mbm3o" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej36y_0.jpg?itok=eI5mbm3o 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej36y_0.jpg?itok=Ewcr8yWD 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej36y_0.jpg?itok=r7hfE2dV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej36y_0.jpg?itok=byL74ewV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej36y_0.jpg?itok=duwGJuZm 1245w" alt="image" />Le prince Louis, assis entre sa soeur Charlotte et sa mère, Princess Kate, surpris en train de bailler durant la cérémonie du couronnement de son grand-père (AFP / Yui Mok)</div><p>De ma place, je surprends le prince Louis, 5 ans, à bâiller. Et je peux observer le prince Harry, qui semble d’humeur badine, bien qu’isolé au troisième rang, partiellement dissimulé par le chapeau à plumes de sa tante, la princesse Anne. Seul, sans son épouse Meghan et ses enfants restés en Californie, le deuxième fils de Charles sait que tous les regards sont tournés vers lui et qu’il doit faire bonne figure, lui qui a osé critiquer la famille royale sur Netflix et dans un livre à succès, « Le Suppléant ».</p><p>Dans la nef, l’assemblée est très diverse : Charles III a sacrifié une partie de l’aristocratie pour la méritocratie, conviant de nombreux responsables associatifs et membres de la société civile. On imagine le déplaisir de nombreux Lords qui n’ont pas reçu le précieux carton d’invitation. </p><p>Chaque invité a reçu un livret détaillant le déroulé de la cérémonie. Car un couronnement, c’est un peu comme un match de cricket : c’est long, et on ne comprend pas toujours ce qui se passe. Nous avons quelques heures à tuer et prenons notre mal en patience. Après tout, Charles a bien dû patienter quelques décennies, lui. </p><p>Je dois résister à la tentation du selfie à l’abbaye : interdiction nous a été faite de prendre des photos ou de tweeter. Je peux envoyer de courts messages à mes collègues restés au bureau pour leur décrire un peu l’atmosphère, ou l’odeur des arrangements floraux soigneusement sélectionnés par le roi, grand passionné de nature. Je dois aussi ronger mon frein de journaliste d'agence, car ce n’est qu'après la cérémonie que je pourrais écrire mon papier.  En attendant, dans les rangs de la presse, quelques ventres gargouillent et certains lève-tôt se partagent discrètement des bonbons. </p><p>A 9h, la musique démarre pour faire patienter l’assemblée. Il faudra encore attendre deux heures avant que Charles et Camilla fassent leur entrée.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej3nl.jpg?itok=zIWXQ5kg" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej3nl.jpg?itok=zIWXQ5kg 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej3nl.jpg?itok=bZFx80Ek 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej3nl.jpg?itok=aDkWXumi 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej3nl.jpg?itok=PJRHF_Zv 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej3nl.jpg?itok=CAG_0-zT 1245w" alt="image" />Charles III, la couronne de St Edward sur la tête et les deux sceptres du souverain en main, pendant la cérémonie du 6 mai (AFP / Richard Pohle)</div><p>Ce qui frappe immédiatement, c’est le visage grave du monarque. Au moment où il remonte l’allée centrale, le public s’inclinant à son passage, à quoi pense-t-il ? Peut-être à Elizabeth II, dont les funérailles se sont déroulées il y a moins de huit mois ? </p><p>Charles n’avait que quatre ans lorsqu’il a assisté au couronnement de sa mère, propulsée sur le trône à 27 ans, après la mort brutale de George VI. Le nouveau monarque a lui déjà 74 ans, est cinq fois grand-père,  et a eu amplement le temps de se préparer à la tâche qui l’attend. Pourtant, il semble songeur, ému, presque accablé par le poids de sa fonction. Ses premiers mots sont pour affirmer qu’il est là "non pour être servi mais pour servir". </p><p>Peut-être une façon de justifier l’utilité de sa fonction à un moment où elle est davantage remise en question. Car si la majorité des Britanniques restent favorables à la monarchie, les jeunes y sont pour la plupart indifférents, voire hostiles. Et le coût de la cérémonie, au moins 100 millions de livres sterling, en grande partie à la charge du contribuable,  ne va pas arranger les choses, en pleine inflation.</p><p>En voyant Camilla à ses côtés dans l’abbaye, impossible de ne pas penser au chemin parcouru : en septembre 1997 se déroulaient dans cette même abbaye les obsèques de Lady Di, et Camilla Parker-Bowles était l’une des femmes les plus haïes du pays, accusée d’avoir brisé le mariage de Charles et Diana. Huit ans plus tard, Camilla épousait Charles, et ce samedi, un quart de siècle après la mort de Diana, elle est couronnée reine. </p><p>Quelques touches de modernité ont été apportées, avec l’implication de femmes évêques, l'ajout d'un gospel, ou la présence de responsables juif, musulman, bouddhiste, hindou et sikh, afin de refléter la diversité d’une société qui a beaucoup changé depuis 1953. Même le Premier ministre Rishi Sunak, qui est hindou, lit devant l’audience un passage de l’Epître aux Colossiens. </p><p>Mais malgré ces nouveautés, la cérémonie semble surgie du passé et par moments assez irréelle. On présente ainsi à Charles des éperons, symboles de chevalerie, ou encore des « bracelets de la sincérité et de la sagesse » tandis que retentissent à plusieurs reprises des trompettes ornées d’oriflammes dignes de l'époque médiévale. </p><p>C’est un spectacle parfaitement orchestré, avec des chants magnifiques résonnant sur les hauts murs de pierre.  Et quand l’assemblée de plus de 2.300 invités proclame d’une seule voix « God save the king »,  le temps se fige. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej4hg_0.jpg?itok=rMDzzSdL" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej4hg_0.jpg?itok=rMDzzSdL 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej4hg_0.jpg?itok=n-nR-m8u 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej4hg_0.jpg?itok=-dS2sv3- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej4hg_0.jpg?itok=-sen8BKV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/couronnement_westminster/000_33ej4hg_0.jpg?itok=mNe3Q0Xw 1245w" alt="image" />Charles III et la reine Camilla dans le carosse, lors de leur retour au palais de Buckingham après la cérémonie (AFP / Odd Andersen)</div><p>Fraîchement couronné, le roi quitte l’abbaye en carrosse, et moi à pied, sous une pluie battante, en me dépêchant pour écrire rapidement ma dépêche. Je me dis que Charles peut enfin se détendre : aucun grain de poussière, aucun imprévu n'est venu faire dérailler la parfaite mécanique. </p><p>J’apprendrai plus tard que William et Kate sont arrivés en retard, entrant dans l'abbaye derrière le roi, alors qu’ils auraient dû être déjà à leur place. De cela, à l’intérieur, je n’avais rien su, tandis que mes collègues restés au bureau suivaient minutieusement le déroulé. La chaîne Sky News affirmera aussi, en s’appuyant sur un spécialiste de la lecture des lèvres, que Charles aurait dit à Camilla, en attendant William et Kate dans leur carrosse devant Westminster, "We can never be on time" (on ne peut jamais être à l'heure), avant d'ajouter, apparemment énervé: "This is boring" (on se barbe).</p><p>Allons Charles, ne soyez pas trop sévère, les choses se sont quand même plutôt bien passées ...</p><p><em>Edité par Catherine Triomphe à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/retour-londres-pour-un-couronnement-presque-sans-faute</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/retour-londres-pour-un-couronnement-presque-sans-faute</guid>
      <pubDate>Fri, 12 May 2023 17:14:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: journal de bord d'une reporter au Soudan en guerre]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Tout a commencé un samedi. Menna Zaki est chez elle, d’où elle travaille, au cinquième et dernier étage très exposé d’un immeuble du centre de Khartoum, un quartier où vivent beaucoup d’expatriés. Elle s’est levée vers 8h00 et s’est préparé  un café...  </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33db3gz.jpg?itok=xKbTfWvO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33db3gz.jpg?itok=xKbTfWvO 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33db3gz.jpg?itok=FymgObe2 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33db3gz.jpg?itok=lDVWSEd7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33db3gz.jpg?itok=1uQft73q 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33db3gz.jpg?itok=UHI8oQAq 1245w" alt="image" />Khartoum, 16 avril 2023 (AFP )</div><p>Vers 9h00, elle a entendu “des déflagrations, des frappes qui résonnaient très fort”. “Et puis j’ai reçu des coups de fils inhabituels d’amis ici et ils m’ont dit qu’ils entendaient le même genre d'explosions”, nous a confié Menna Zaki cinq jours plus tard, alors qu'elle était encore chez elle. En bruit de fond, le même son lourd de la guerre.</p><p>Dans ces conditions, impossible de quitter l'immeuble. Menna Zaki, cheffe du bureau de l'AFP à Khartoum depuis décembre 2020 a partagé le sort de millions de citadins bloqués chez eux, parfois sans nourriture et sans eau, pendant des jours.</p><p>Installée dans un quartier où les combats faisaient rage, elle a dû organiser avec ses voisins un départ précipité et très compliqué... tout en continuant à rapporter les conséquences pour les civils du conflit entre le chef de facto de l’Etat, le général Abdel Fattah al-Burhane, et son second, Mohamed Hamdane Daglo, Hemedti, chef des Forces de soutien rapides (FSR), une  milice paramilitaire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dr3ka.jpg?itok=R0xYUIH7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dr3ka.jpg?itok=R0xYUIH7 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dr3ka.jpg?itok=qgmP9N70 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dr3ka.jpg?itok=Lv5RvJKG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dr3ka.jpg?itok=LI4c7iy2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dr3ka.jpg?itok=FKy4CNQI 1245w" alt="image" />Photo réalisée par l'Etat major français des armées, le 23 avril 2023 à Djibouti, lors de l'arrivée d'une centaine de personnes évacuées (AFP / Adj Laure-anne Maucorps Ep Derri)</div><p>Comme elle, des milliers de Soudanais et d’étrangers ont tout quitté, simplement pour sauver leur vie.  Un podcast en hommage à nos collègues soudanais restés dans le pays et à leurs familles. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dq888.jpg?itok=2UvB5Jdb" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dq888.jpg?itok=2UvB5Jdb 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dq888.jpg?itok=F8aXfbBg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dq888.jpg?itok=q1g2I8qO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dq888.jpg?itok=qAx8iXJf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ssudan/sudan-war-april-23/000_33dq888.jpg?itok=3NLoVD-e 1245w" alt="image" />Aéroport d'Amman, en Jordanie, le 24 avril 2023, arrivée de personnes fuyant les combats au Soudan.
 (AFP / Khalil Mazraawi)</div><p class="c3"><em>Réalisation: Michaëla Cancela-Kieffer, avec Menna Zaki.</em></p><p>Si vous souhaitez découvrir d'autres podcasts sur les coulisses de l'AFP et les récits de nos reporters et photographes sur le terrain écoutez notre playlist  <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil/playlist/les-dessous-du-fil">“Les Coulisses du Fil”</a>.  <em>​</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-journal-de-bord-dune-reporter-au-soudan-en-guerre</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-journal-de-bord-dune-reporter-au-soudan-en-guerre</guid>
      <pubDate>Sat, 29 Apr 2023 11:10:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les tombes d'enfants disparues, douleur enfouie des harkis]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>En mars 2023, des archéologues découvraient près d'Avignon un cimetière de fortune où avaient été enterrés, sans sépulture digne de ce nom,  des enfants de harkis: ils étaient morts dans un camp voisin, où leurs pères ayant combattu pour la France avaient été parqués avec leurs familles en fuyant l'Algérie. Lucie Peytermann, journaliste au Pôle international de l'AFP à Paris, raconte la longue enquête ayant mené à cette découverte,  nouveau chapitre tragique de l'histoire franco-algérienne.  </strong></p><p>"Bonjour Lucie. On a trouvé !"  Le 20 mars dernier, ce sms qui tombe comme une météorite sur mon portable me laisse sonnée. Mon regard reste aimanté sur mon téléphone, au milieu de l'effervescence de mon service. </p><p>A la joie et au soulagement que je ressens d'abord, succède le vertige des implications de cette nouvelle retentissante - mais douloureuse aussi - pour les familles harkis que je suis depuis trois ans et les associations dédiées à leur mémoire. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_324778t.jpg?itok=UAYhvwEE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_324778t.jpg?itok=UAYhvwEE 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_324778t.jpg?itok=EqQPXZ69 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_324778t.jpg?itok=dfGWn00o 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_324778t.jpg?itok=gYC741Rk 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_324778t.jpg?itok=uvCg09SZ 1245w" alt="image" />Des archéologues mènent des fouilles à proximité du camp harki de Saint-Maurice, le 28 février 2022. Leurs recherches seront fructueuses quelques semaines plus tard, avec la mise au jour d'un cimetière d'enfants le 20 mars 2023 (AFP / Pascal Guyot)</div><p>Ce 20 mars 2023, un cimetière de dizaines de tombes de bébés et d'enfants morts au début des années 1960 dans des camps de harkis situés à proximité,  puis enterrés à la va-vite sur un terrain militaire, sans sépulture décente, a été localisé à Saint-Maurice-l'Ardoise, à une vingtaine de kilomètres au nord d'Avignon. Oublié, abandonné pendant des décennies,  ce cimetière a été retrouvé grâce à des fouilles décidées par l'Etat français et menées par des archéologues de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). </p><p>"Nous avons la confirmation qu'il s'agit bien du cimetière recherché, puisque deux tombes, au moins, recèlent des ossements d'enfants", nous précise le 23 mars Patrice Georges-Zimmermann, l'un des deux archéologues ayant mené ces fouilles sans précédent en France.</p><p>Cette découverte est l'aboutissement pour moi de trois ans d'enquête, menée avec l'aide d'historiens et le travail inlassable d'associations dédiées à la mémoire des harkis, pour faire la lumière sur cette tragédie méconnue et ce scandale d'Etat. Tout du long, j'ai eu le sentiment d'être engagée dans une course contre la montre - les témoins encore vivants sont de plus en plus rares - et de vivre l'Histoire en marche.  </p><p>En septembre 2020, après huit mois d'investigations, j'avais écrit un premier article révélant l'existence de ce cimetière.  Ensuite, pendant plusieurs mois, beaucoup de gens s'étaient efforcés de m'expliquer qu'il était impossible de retrouver des ossements, a fortiori d'enfants, après tout ce temps. Et le gouvernement affirmait qu'il était hors de question d'ouvrir des fouilles.    </p><p>Mais les associations refusaient de lâcher l'affaire, et je continuais de mon côté à interroger régulièrement le secrétariat aux Anciens combattants et à la Mémoire. Et début 2022, je tombe des nues: le secrétariat d'Etat m'informe que le gouvernement a finalement décidé de mener ces fouilles.</p><p>Une première campagne est effectuée à l'hiver 2022 par les deux archéologues, sans résultat. Patrice Georges-Zimmermann reste néanmoins convaincu d'avoir identifié le site. La suite lui donnera raison: de nouvelles recherches, effectuées quelques centaines de mètres plus loin, mèneront à la découverte de mars dernier.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_33ct7g2_1.jpg?itok=-fRPWCYS" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_33ct7g2_1.jpg?itok=-fRPWCYS 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_33ct7g2_1.jpg?itok=jdT7WSJv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_33ct7g2_1.jpg?itok=Q0H6ErH2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_33ct7g2_1.jpg?itok=WR_3YbI- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_33ct7g2_1.jpg?itok=9i4rUnj1 1245w" alt="image" />Malika Tabti, à gauche, et son amie Nadia Ghouafria, au cimetière de Saint-Maurice où a été enterrée en 1963 la soeur de Malika, Le 6 avril 2023 (AFP / Nicolas TUCAT)</div><p><strong>Le 6 avril 2023</strong>, j’étais en reportage sur le site du cimetière avec Malika Tabti, 59 ans,  qui pour la première fois s’est retrouvée là où sa soeur, alors bébé - c'était en 1963 - a été inhumée, vraisemblablement morte de la rougeole. Elle et sa famille avaient tenté en vain de retrouver ce lieu, notamment dans les années 90.  Ce n'est qu'en lisant un de mes reportages de 2022 sur les fouilles qu'elle avait découvert l’existence de ce cimetière, situé au bord d'une route de campagne, et désormais annoncé par un panneau marqué "Terrain militaire".   </p><p>Le visage noyé de larmes, Malika a déposé des fleurs dans l’allée de tombes du cimetière, délimitée par des piquets, où reposent 31 personnes dont 30  jeunes enfants. Nous étions en contact depuis plus d’un an, et voir cette femme dynamique, très engagée dans son travail pour une association humanitaire, submergée de douleur, m'a ébranlée. J'avais moi aussi les larmes aux yeux. Tout au long de ce travail, j'ai souvent ressenti lourdement la responsabilité d'avoir replongé des familles comme celle de Malika dans un passé difficile. </p><p>Pendant les trois ans qu'a duré mon enquête, j'ai arpenté des kilomètres dans le sud de la France, recueilli des heures d'interviews souvent poignantes avec des familles et des témoins, et avec les passionnants historiens Abderahmen Moumen et Fatima Besnaci-Lancou. J'ai  accumulé des piles de carnets de notes, passé des jours à recouper des informations ou à assembler des feuilles A4 pour dessiner les correspondances entre les familles retrouvées ou à contacter à travers la France... Quelques nuits d'insomnies aussi, à gérer des informations confidentielles ou à peser mes mots sur un sujet qui reste ultra-sensible, 60 ans après la fin de la guerre d'Algérie.</p><p>Les harkis, ces Français musulmans recrutés comme auxiliaires de l'armée française pendant la guerre (1954-1962), sont, à l'issue du conflit, abandonnés par la France. Victimes de représailles et parfois de massacres en Algérie, environ 90.000 partent pour la France avec leurs familles.</p><p>A leur arrivée, ils sont parqués dans des "camps de transit et de reclassement" gérés par l'armée française – Saint-Maurice, Rivesaltes, Bias (au nord d’Agen), Bourg-Lastic (près de Clermont-Ferrand) , La Rye (sud de Poitiers) et le Larzac. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_326b2ny.jpg?itok=HXcst4CW" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_326b2ny.jpg?itok=HXcst4CW 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_326b2ny.jpg?itok=eKcuhwqB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_326b2ny.jpg?itok=mtNcXq7x 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_326b2ny.jpg?itok=CRQBtQNV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_326b2ny.jpg?itok=Cr2AZSMQ 1245w" alt="image" />Des centaines de Harkis rassemblés au camp de Rivesaltes, près de Perpignan, le 16 septembre 1962, après la proclamation de l'indépendance de l'Algérie (Photo AFP)</div><p>Ouverts aux harkis dans la précipitation en 1962, la plupart de ces camps sont fermés entre fin 62 et fin 64, et les familles relogées, parfois dans d’autres régions. Les camps de Bias et de Saint-Maurice, devenus des "cités d’accueil des rapatriés d’Algérie", ne fermeront eux qu’en décembre 1976, après une révolte des résidents, notamment des jeunes, qui dénonçaient un univers "carcéral" , avec barbelés et couvre-feu. </p><p>Ces camps connaissent une surmortalité infantile liée à des conditions de vie très dures: familles logées dans de simples tentes ou baraquements pendant des hivers 1962 et 63 particulièrement rigoureux, accouchements dans des conditions extrêmement précaires, fausses couches de mères affaiblies par les traumatismes de l'exil, maladies, etc...</p><p>Ainsi, le camp de Saint-Maurice, ouvert en octobre 1962 et prévu à l'origine pour 400 personnes, en accueille rapidement plus de 5.000, dont beaucoup de familles nombreuses, sous des tentes dans un premier temps.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174080.jpg?itok=emsw-Jqx" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174080.jpg?itok=emsw-Jqx 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174080.jpg?itok=E7xG-Gbw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174080.jpg?itok=9pDYrYXF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174080.jpg?itok=kjp214I- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174080.jpg?itok=hrrKYidj 1245w" alt="image" />Vue du camp de harkis de Saint-Maurice-l'Ardoise, le 22 juin 1975 (AFP / -)</div><p>Yahia, Abbas, Fatma, Omar, Malika, Saïd... : à l'échelle de la France, près de 200 nouveaux-nés ou jeunes enfants, au moins, sont décédés dans ces camps. Ils ont été enterrés par leurs proches, ou par des militaires, dans les camps mêmes ou dans des champs à proximité. Sans sépulture décente et, pour la grande majorité, sans plaque nominative, selon les récits d'historiens et les témoignages de familles que j'ai pu recueillir.</p><p>Ces cimetières de fortune ont ensuite disparu sous les herbes folles, les ronces ou les vignes... Avec le temps, les familles de harkis, relocalisées loin de ces lieux, ont enfoui au plus profond d'elles-mêmes les fantômes de ce passé traumatique.</p><p>J'avais parfois entendu des remarques pleines de préjugés ou de condescendance pour les harkis. Ça m'avait choquée, et j'avais décidé de m'intéresser de plus près à ce sujet. Informer sur le calvaire qu'ont vécu les familles des harkis à leur arrivée en France et le drame de ces enfants me paraît essentiel pour que notre société panse ses plaies et pour mieux vivre ensemble.  </p><p>En me documentant, je me suis rendu compte que sur les injustices et les combats menés ou restant à mener pour réparer cette mémoire, c'était surtout des hommes - les combattants harkis encore vivants, puis leurs fils devenus leaders ou porte-parole d'associations - qui s'exprimaient. Mais que l’on entendait presque jamais la parole des épouses et des filles de harkis: leur vécu à elles était passé sous silence.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174084.jpg?itok=OAgicBYh" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174084.jpg?itok=OAgicBYh 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174084.jpg?itok=I4ZUDc8P 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174084.jpg?itok=IZdkDRjT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174084.jpg?itok=Tc5S23MW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_arp1174084.jpg?itok=aWZfH_eU 1245w" alt="image" />Des femmes harkis posent avec leur bébé, le 22 juin 1975, dans la pièce de 2 X 4 mètres où elles vivent avec leur famille au camp de Saint-Maurice-l'Ardoise (Photo AFP) (AFP / -)</div><p><strong>A l’hiver 2020</strong>, je prends contact avec Abderahmen Moumen et découvre avec stupéfaction les travaux qu'il mène.</p><p>En 2015,  il avait été missionné par l'Office national des combattants et des victimes de guerre (ONaC-VG) pour retrouver un cimetière au sein de l'ancien camp harki de Rivesaltes, près de Perpignan. Grâce à un travail colossal, il a pu identifier en 2017 la zone du cimetière sur le terrain de cet ancien camp militaire. Mais contrairement au récent travail de fouilles mené à Saint-Maurice l’Ardoise, les tombes de ce cimetière, elles, n'ont pas encore été localisées.</p><p>J’ai compilé de nombreuses fois les statistiques qu'il m'avait confiées: j'ai pu établir que les morts de Rivesaltes étaient essentiellement des nourrissons. </p><p>Quant au camp de Saint-Maurice, mon intérêt pour ce lieu – sur lequel j’ai enquêté pendant plusieurs mois en 2020 – avait été piqué lors d’une réunion avec des responsables gouvernementaux  à Paris, où on m’avait recommandé de "ne pas m’intéresser particulièrement à ce site. "  J’ai pris contact avec les associations locales et en particulier avec Nadia Ghouafria, dont les parents harkis ont vécu dans les camps de Saint-Maurice et Lascours. </p><p>C'est elle qui a découvert dans des archives locales un dossier attestant de l'existence d’un cimetière, ainsi qu’un document édifiant pour les autorités françaises : le procès-verbal d'un gendarme rédigé en 1979 attestant que les autorités avaient eu connaissance de l'existence de ce cimetière mais n'en avaient délibérément pas informé les familles harkis. Scandale dans le scandale, les restes de neuf des 30 enfants qui y ont été enterrés ont été exhumés en 1979 dans des circonstances indéterminées, sans qu’on sache où ils ont été emportés, suscitant émoi et incompréhension des familles. C’est un des aspects sur lesquels je continue à travailler.</p><p>A plusieurs étapes de l'enquête, nous avons - avec mes collègues JRI Guillaume Bonnet et Ysis Percq - pu prendre la mesure des traumatismes vécus par ces familles de harkis, transmis sur plusieurs générations.</p><p>Comme avec Malika Tabti, le 6 avril dernier. Ou avec les soeurs et frère Dargaid, le 7 août 2020. Ces derniers n'avaient pu retenir leurs larmes en retrouvant, 57 ans après leur mort, les tombes - deux petits monticules de terre nue, sans noms - de leurs frères jumeaux dans le carré musulman du cimetière de Perpignan. Des jumeaux décédés peu après leur naissance à l'infirmerie du camp de Rivesaltes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_1wd4yb.jpg?itok=WV1ApIiT" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_1wd4yb.jpg?itok=WV1ApIiT 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_1wd4yb.jpg?itok=mIepBnqB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_1wd4yb.jpg?itok=UTbDvxAa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_1wd4yb.jpg?itok=B2r-43Tz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/harkis/000_1wd4yb.jpg?itok=zKEbbhOd 1245w" alt="image" />La famille Dargaid - en partant de la gauche Rahma, son frère Abdelkader et sa soeur Abessia - sur la tombe de leurs frères jumeaux morts en 1962, dans le carré musulman du cimetière de Perpignan, le 7 août 2020. (Photo AFP/Lionel BONAVENTURE)</div><p>Ou encore avec Hacène Arfi - figure de la lutte pour la cause harkie, qui fut le premier à dénoncer l'existence de cimetières sauvages - quand il m'a raconté avoir vu, à l'âge de six ans, en novembre 1962,  son père enterrer de ses mains son petit frère, mort-né dans le camp de Rivesaltes. Un père qui n'a jamais réussi ensuite à se souvenir du lieu précis de cette inhumation.</p><p>Depuis 2020, nos reportages ont contribué à une prise de conscience au sein du gouvernement.  L'ex-secrétaire d’Etat aux Anciens combattants Geneviève Darrieussecq a parlé en 2022 de  "faute de la République", estimant notamment "moralement anormal" que les familles n’aient pas été averties en 1979 de l’existence du cimetière de Saint Maurice. Et la question de ces cimetières fait désormais partie, pour le gouvernement, des questions importantes à traiter concernant la communauté harkie.</p><p>Ces dernières semaines, des familles qui parfois ignoraient tout du sort de leur frère ou soeur disparu bébé, ou qui cherchaient leurs tombes depuis des années, m'ont contactée. Avec une foule de questions, souvent douloureuses : que va décider le gouvernement pour ces cimetières d'enfants ?  Sanctuariser les sites ? Les réhabiliter en "vrais" cimetières? Autoriser de nouvelles fouilles pour prélever des ossements et procéder à des tests ADN pour identifier des enfants ?</p><p> La découverte du 20 mars 2023 marque l'aboutissement d'un processus. Des frères et soeurs peuvent maintenant entamer leur deuil, informer les rares parents encore vivants. Mais c'est aussi le début de nouveaux combats pour les familles et les associations, pour rendre enfin un hommage digne à ces enfants.  </p><p><em>Edité par Catherine Triomphe à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/les-tombes-denfants-disparues-douleur-enfouie-des-harkis</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/les-tombes-denfants-disparues-douleur-enfouie-des-harkis</guid>
      <pubDate>Fri, 21 Apr 2023 16:08:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Fusillades aux Etats-Unis: ces victimes dont on ne parle pas]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>A chaque fusillade aux Etats-Unis, des gens innocents se voient accusés d'en être les auteurs sur les réseaux sociaux. Retour sur ces victimes dont on ne parle pas, avec Bill McCarthy, journaliste au service d'investigation numérique de l'AFP à Washington.</strong></p><p>Sur les écrans de télévision du bureau de l'AFP à Washington, les dernières informations qui défilaient en boucle avaient un air de déjà-vu déprimant.</p><p>Un tireur lourdement armé, dont l'identité n'avait pas encore été établie, avait ouvert le feu dans une école, à Nashville, dans le Tennessee. Six noms - dont ceux de trois enfants de neuf ans - venaient de s'ajouter à la liste déjà interminable d'innocents tombés sous les balles aux Etats-Unis.</p><p>Chaque nouvelle tuerie m'affecte profondément - j'ai de la peine pour les victimes, leurs proches et leur entourage, submergés de chagrin. Mais aussi parce que je sais, de par mon expérience de fact-checkeur, que des gens au-dessus de tout soupçon vont être faussement accusés d'être des assassins, et leurs photos largement diffusées sur les réseaux.</p><p>J'ai vu le scénario se reproduire des dizaines de fois. A chaque tuerie, c'est un nouveau cycle de désinformation qui commence.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33cb2l9.jpg?itok=tIk5nKN8" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33cb2l9.jpg?itok=tIk5nKN8 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33cb2l9.jpg?itok=avfKw64P 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33cb2l9.jpg?itok=4MymZZ08 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33cb2l9.jpg?itok=5Rx0ytUm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33cb2l9.jpg?itok=bnST3NVV 1245w" alt="image" />Des élèves de la Covenant School de Nashville pleurent lors d'une cérémonie en hommage aux victimes de la fusillade dans l'école, le 29 mars 2023 (AFP / John Amis)</div><p>Après la fusillade à Michigan State University en février, un auteur vivant à plus de 1.000 kilomètres de là, dans le Massachusetts, sans  aucun lien avec l'évènement, s'est vu faussement accusé sur Twitter. Pour appuyer ses fausses affirmations, la personne à l'origine de cette infox est allée jusqu'à créér de toutes pièces un compte Facebook au nom de l'écrivain.</p><p>Quand un tueur a tiré sur des clients d'une boîte de nuit LGBTQ de Colorado Springs en novembre dernier, des photos ont circulé sur les réseaux qui prétendaient montrer et identifier l'assassin. Il s'agissait là encore de photos de gens sans aucun rapport avec l'évènement - dont un joueur professionnel de hockey.</p><p>Et après l'attaque contre une école à Uvalde, au Texas, en mai 2022, qui a fait 21 morts dont 19 enfants, des utilisateurs du forum 4chan, réputé pour imposer le moins de règles possibles à ses utilisateurs, sont allés récupérer des photos d'une femme transgenre sur le site Reddit pour l'accuser à tort de la tuerie.</p><p>Rebelote après la fusillade de Nashville. Des photos d'un acteur, d'une personne transgenre faisant du streaming vidéo, d'un jeune artiste vendant ses créations sur la plateforme Etsy, ou encore d'une personne militant pour les droits des transgenres dans l'Oklahoma ont inondé les réseaux, eux aussi faussement accusés.</p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/5f93fd5ab2481523a2c6b9a78398cb9d.jpeg?itok=Ci3BFQt5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/5f93fd5ab2481523a2c6b9a78398cb9d.jpeg?itok=Ci3BFQt5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/nashville/5f93fd5ab2481523a2c6b9a78398cb9d.jpeg?itok=LyFMEgAB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/nashville/5f93fd5ab2481523a2c6b9a78398cb9d.jpeg?itok=hqeYUZky 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/nashville/5f93fd5ab2481523a2c6b9a78398cb9d.jpeg?itok=MF8hNfTZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/nashville/5f93fd5ab2481523a2c6b9a78398cb9d.jpeg?itok=hH6x_K2L 1245w" alt="image" />Une photo postée sur Twitter identifiant faussement le tueur</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/4e69c8e0e5a114b1c97e5dcf3382c5aa.jpeg?itok=2Vj-O1uV" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/4e69c8e0e5a114b1c97e5dcf3382c5aa.jpeg?itok=2Vj-O1uV 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/nashville/4e69c8e0e5a114b1c97e5dcf3382c5aa.jpeg?itok=4UDM8cxd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/nashville/4e69c8e0e5a114b1c97e5dcf3382c5aa.jpeg?itok=n6c5_ltd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/nashville/4e69c8e0e5a114b1c97e5dcf3382c5aa.jpeg?itok=lT-iXpJs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/nashville/4e69c8e0e5a114b1c97e5dcf3382c5aa.jpeg?itok=weERIsX6 1245w" alt="image" />Une photo postée sur Twitter identifiant faussement le tueur</div></div><p class="clear"> </p><p>C'est évidemment humain de vouloir en savoir plus sur des évènements aussi tragiques. Le public est souvent avide de détails sur la personnalité du tueur. Le temps que la police mène son enquête et que les journalistes rassemblent les informations auprès de sources fiables crée une attente, qui génère inévitablement toutes sortes de spéculations - que des personnes mal intentionnées sont ravies d'exploiter et de propager en ligne.</p><p>Mais le tort qu'elles causent en agissant ainsi n'a rien de virtuel.</p><p>Dans le cas de Nashville, après que la police eut annoncé être intervenue sur une fusillade, j'ai fait une rapide recherche sur Twitter avec ces mots-clé: “le tueur de Nashville identifié". A en croire les dizaines de résultats qui se sont affichés, les autorités de Nashville avaient déjà identifié le criminel, une femme transgenre dénommée “Samantha Hyde”.</p><p>Sam Hyde, acteur américain, est un nom que nous fact-checkeurs connaissons bien. Tout comme des variations autour de son nom, comme “Samantha Hyde”, “Samuyil Hyde” ou encore “Samir Al-Hajeed”. Certaines personnes actives sur les réseaux pourraient ainsi nous faire croire que Hyde a été à l'origine d'innombrables drames ces dernières années.</p><p>En fait, tout a commencé par un “meme” sur 4chan, et depuis, son nom revient à chaque tragédie, comme un mauvais gag qui n'en finirait jamais.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33c74cq.jpg?itok=NYXZv_Tx" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33c74cq.jpg?itok=NYXZv_Tx 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33c74cq.jpg?itok=rRqUxuFb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33c74cq.jpg?itok=xfz-4SGk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33c74cq.jpg?itok=HmEPm2zR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/nashville/000_33c74cq.jpg?itok=vA95c11r 1245w" alt="image" />Une capture des images des caméras de surveillance de l'école de Nashville montrant le tueur à l'intérieur du bâtiment, le 27 mars 2023 (Photo fournie par la police de Nashville)</div><p>D'autres tweets, maintenant effacés, ont imputé la tuerie à Clara Sorrenti, une militante transgenre et streameuse de jeux vidéo connue en ligne sous le pseudonyme Keffals. Canadienne, elle a dû déménager l'an dernier après être devenue la cible d'une campagne de harcèlement en ligne.</p><p>Quelques heures après la fusillade de Nashville, la police locale a communiqué l'identité du criminel, abattu sur les lieux du crime: Audrey Hale, 28 ans, qui s'identifiait comme transgenre.</p><p>Mais cette information donnée par une source fiable n'a pas suffi à arrêter le flot de désinformation. Sur les réseaux, certains sont immédiatement partis chercher des photos de Hale, et en quelques minutes, Twitter et d'autres plateformes débordaient d'images prétendant lui correspondre.</p><p>Je me suis dépêché de les vérifier, en utilisant des moteurs de recherche permettant de retrouver l'origine d'une image tels que TinEye , et en scrutant les commentaires d'autres utilisateurs, en quête d'indices d'authenticité.</p><p>Certaines photos semblaient crédibles. Il y avait une photo diffusée par la police, une autre prise sur un profil LinkedIn présenté comme celui de Hale. Mais d'autres étaient clairement hors sujet.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/19e7422e9b8f0a7e9fc7cf2e6818dfe4.jpeg?itok=Xkm3kGtb" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nashville/19e7422e9b8f0a7e9fc7cf2e6818dfe4.jpeg?itok=Xkm3kGtb 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/nashville/19e7422e9b8f0a7e9fc7cf2e6818dfe4.jpeg?itok=-BrHnRYb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/nashville/19e7422e9b8f0a7e9fc7cf2e6818dfe4.jpeg?itok=J6HPs5QF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/nashville/19e7422e9b8f0a7e9fc7cf2e6818dfe4.jpeg?itok=AGV2pROr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/nashville/19e7422e9b8f0a7e9fc7cf2e6818dfe4.jpeg?itok=m4wlcWqu 1245w" alt="image" />A droite, une photo identifiant à tort un jeune de 19 ans comme le tueur de Nashville</div><p>Et puis je suis tombé sur une vidéo sur TikTok postée par un jeune de 19 ans.</p><p>"Il semble qu'on me prenne pour quelqu'un qui serait lié au drame survenu à Nashville aujourd'hui", disait-il. "Mais je n'ai rien à voir avec tout ça. J'habite en Pennsylvanie"</p><p>La photo de ce jeune homme, qui vend des oeuvres sur Etsy sous l'intitulé "AidenCreates", était déjà devenue virale, sous l'impulsion notamment de Donald Trump Junior, fils aîné de Donald Trump, très actif sur les réseaux. La désinformation le visant provenait vraisemblablement du fait qu' Aiden était - selon certaines sources - le prénom utilisé par Hale sur certains de ses comptes sur les réseaux.</p><p>Une autre photo, celle d'un militant de l'Oklahoma brandissant une pancarte appelant à respecter les droits des personnes transgenres, a aussi circulé largement sur les réseaux. Elle était présentée comme une photo de Hale, malgré les dénégations du photographe à l'origine de l'image.</p><p>Tous ces exemples illustrent une réalité qui paraît souvent accablante dans ces moments de crise : à savoir que la désinformation progresse presque toujours plus vite que les efforts engagés pour trier le vrai du faux.</p><p>La nuit de la fusillade de Michigan State University, la police a même reçu des appels de gens prêts à lui donner des tuyaux sur la base du faux compte Facebook créé au nom de l'écrivain du Massachusetts.</p><p>Et quand on essaie d'imaginer ce que les récentes percées de l'intelligence artificielle vont permettre en matière de désinformation, on a le vertige. La semaine dernière, une des images les plus virales sur les réseaux était une photo créée de toutes pièces avec des outils d'IA montrant le pape François en fashionista, portant lunettes de soleil et manteau de fourrure blanche.</p><p>Récemment, des centaines d'experts du secteur de la tech, dont Elon Musk, ont appelé à faire une pause dans les développements de l'IA, invoquant des "risques majeurs pour l'humanité".  Le même Elon Musk, propriétaire de Twitter, plateforme qui a commencé à assouplir les mesures qu'elle avait prises pour limiter la propagation de fausses informations...</p><p>Les conséquences de tout cela vont bien au-delà de la simple confusion. La vie des personnes accusées à tort peut basculer, dès lors que leur nom ou leur photo est associé à de tels meurtres.    </p><p>Dans sa <a href="https://youtube.com/shorts/NJeB6tZFKm0?feature=share">video</a> sur TikTok, le jeune homme qui vend ses créations sur Etsy appelait à l'aide, à défaut d'autres possibilités de recours. “Si vous voyez ma photo circuler sur les réseaux, sous quelque forme que ce soit, s'il vous plaît, signalez-le”, implorait-il.</p><p>Mais le mal était fait, et la vérité en avait encore pris pour son grade.</p><p><em>Edité par Arthur MacMillan à Washington, traduit par Catherine Triomphe à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/fusillades-aux-etats-unis-ces-victimes-dont-ne-parle-pas</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/fusillades-aux-etats-unis-ces-victimes-dont-ne-parle-pas</guid>
      <pubDate>Thu, 06 Apr 2023 15:14:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Et Staline décéda : retour sur un scoop]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, le bruit court que Staline est malade. La rumeur est invérifiable, mais on sait que "le petit père des peuples", né en décembre 1878 en Géorgie, se préoccupe beaucoup de sa santé : il se confie matin et soir aux soins de ses médecins particuliers et tous les deux jours, on lui administre une piqûre de "super-sérum" censé freiner le vieillissement.  </p><p>Au début des années 1950, ses apparitions publiques sont rares. Staline passe la plupart de son temps à sa datcha de Kountsevo, dans la banlieue de Moscou. En octobre 1952, il prend pour la dernière fois publiquement la parole pour clôturer les travaux du 19ème congrès du parti communiste de l'URSS, sans clarifier la question de sa succession. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp3351655.jpg?itok=qgvyl0q5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp3351655.jpg?itok=qgvyl0q5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp3351655.jpg?itok=kpmt1lQH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp3351655.jpg?itok=WgamuYjH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp3351655.jpg?itok=7ikaqE-m 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp3351655.jpg?itok=kNTMfzLv 1245w" alt="image" />La couverture du journal L'Humanité, organe du Parti Communiste français, le 4 mars 1953, après l'annonce de la dégradation de l'état de santé du "petit père des peuples"
 (AFP / -)</div><p>Nous sommes en pleine guerre froide. Les informations circulent mal entre les deux côtés du rideau de fer. Les journalistes étrangers en poste à Moscou ne peuvent pas transmettre instantanément les nouvelles, en raison de la censure et de la lenteur des transmissions. L'AFP a donc un service dédié aux "écoutes" russes, branché en permanence, depuis Paris, sur les émissions intérieures de Radio Moscou, et qui surveille aussi l'agence officielle Tass.</p><p>Parmi les journalistes de ce service, on trouve de nombreux émigrés russes, parfois éminents. Comme Arkady Stolypine, fils du Premier ministre du tsar Nicolas II, Piotr Stolypine, assassiné par un anarchiste à l'opéra de Kiev en 1911. </p><p>Tous savent qu'ils doivent être aux aguets. A l'aube du 4 mars 1953, le journaliste de permanence, M. Volokhine, est le premier à apprendre que la santé du tyran s'est soudainement dégradée. </p><p>Comme il le racontera dans une émission diffusée en novembre 1953 par la Radiodiffusion Télévision Française (RTF), "c'était une nuit absolument calme. J'écoute Radio Moscou, à 06H00. Je m'attendais à un éditorial absolument banal, comme il y en a tous les jours. Soudain, je m'aperçois qu'il y a simplement de la musique, qui dure jusqu'à 06h30  (...) Ca m'a paru bizarre, cette affaire-là. Il ne me restait plus que 10 minutes, j'allais m'en aller. C'est alors que j'entends la voix, cette voix terrible du speaker de la guerre de 41 à 45 de Radio Moscou  (...) J'ai compris seulement trois choses, qu'il annonce avec une voix de tonnerre : Staline. Hémorragie cérébrale. Paralysie côté droit." </p><p>"Radio Moscou était très parasitée (...) Je me précipite sur mon disque, je réécoute de nouveau : 10 mn après, j'ai réussi à reconstituer le texte, et 15 mn après, tout était fini, le communiqué était diffusé." </p><iframe frameborder="no" height="300" scrolling="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/1325653294&amp;color=%23ff5500&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=true&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false&amp;show_teaser=true&amp;visual=true" width="100%"> </iframe><p><a href="https://soundcloud.com/user-389477988" class="c3" target="_blank" title="Making-of AFP">Making-of AFP</a> · <a href="https://soundcloud.com/user-389477988/afp-operation-staline-v_mix1b" class="c3" target="_blank" title="Opération Staline à l'Agence France-Presse">Opération Staline à l'Agence France-Presse</a></p><p>Le communiqué disait précisément que "le généralissime Staline a eu une hémorragie cérébrale subite qui, ayant envahi les parties vitales du cerveau, a entraîné une paralysie de la jambe droite et du bras droit ainsi que la perte de la conscience et de la parole". </p><p>Les journalistes des écoutes sont dès lors en état d'alerte maximale, guettant toute nouvelle indication sur l'évolution de sa santé. Trois journalistes russophones et deux rédacteurs chargés de transmettre immédiatement le signal aux différents postes de transmission assurent une permanence 24/24. Une bande perforée à destination des téléscripteurs est préparée à l'avance.</p><p>Dans la nuit du 5 au 6 mars, Radio Moscou interrompt ses émissions habituelles. La voix grave et solennelle, un présentateur annonce qu'une information importante va être diffusée incessamment. Puis reprend la diffusion de musique classique, interrompue à plusieurs reprises, sans explication, pour laisser entendre uniquement le tic-tac d'une horloge... Peu après deux heures du matin, le programme musical est à nouveau interrompu. Un speaker annonce la nouvelle : Staline est mort.</p><p>Le journaliste qui a l'honneur et la responsabilité d'informer les rédactions du monde entier est le responsable des écoutes russophones, Alexis Schiray. Le premier "flash" qu'il envoie tient en deux mots :  "Staline décéda" - une formule au passé simple couramment utilisée à l'époque. Il est diffusé 5 secondes après l'annonce par Radio Moscou.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp2092830.jpg?itok=NxfcL3ct" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp2092830.jpg?itok=NxfcL3ct 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp2092830.jpg?itok=UZzyQd0U 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp2092830.jpg?itok=qoYnmV-1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp2092830.jpg?itok=Z-PWZAYq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp2092830.jpg?itok=rsBLitMX 1245w" alt="image" />Les premiers "flashes" de l'AFP annonçant la mort de Staline, le 6 mars 1953. (Photo AFP)</div><p>Un peu plus tard, dans le premier bulletin d'informations radio, précédé comme d'habitude de l'hymne soviétique, un speaker qui s'efforce de détacher chaque syllabe et parle avec une lenteur pesante donne lecture d'un communiqué officiel, annonçant la mort de Staline à 21H50 locales la veille, des suites d'une insuffisance du système respiratoire et des vaisseaux cardiaques.</p><p>Témoin de la lenteur des transmissions de l'époque, l'avance de l'AFP sur les agences de presse concurrentes, de quelques minutes à peine au départ, augmente avec la distance. Dans certaines régions d'Asie ou d'Amérique latine, elle dépasse une heure. Un écart énorme pour une information d'une telle importance.</p><p>La suite est dans les livres d'histoire : la dépouille mortelle est transférée à la Maison des Syndicats, dans le centre de Moscou. Dès 16H00, le 6 mars, les Soviétiques défilent pour rendre hommage au Maréchal qui les dirige depuis 1928. On estime que cinq millions de personnes au total défileront sur 10 kilomètres de file d'attente.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp1951075.jpg?itok=THMC-H5Y" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp1951075.jpg?itok=THMC-H5Y 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp1951075.jpg?itok=Z3vryFZ- 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp1951075.jpg?itok=_jpRLr4d 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp1951075.jpg?itok=DiT51a6z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_arp1951075.jpg?itok=L-_cQV0r 1245w" alt="image" />Des dignitaires de l'URSS marchent dans la procession qui accompagne le cercueil de Staline lors de ses funérailles, le 9 mars 1953
 (Photo by TASS / AFP) (AFP / -)</div><p>En coulisses, la bataille pour la succession de Staline commence. Nikita Khrouchtchev finira par l'emporter. Il ouvrira la voie à la déstalinisation et à la révélation progressive des persécutions perpétrées sous son règne, symbolisées par le système du goulag.  </p><p>En pleine guerre en Ukraine, la Russie de Vladimir Poutine semble aujourd'hui revenir en arrière. </p><p>En février, à la veille du 80e anniversaire de la victoire de Stalingrad, un buste de Staline a été inauguré à Volgograd, la ville des bords de la Volga qui fut le plus grand champ de bataille de la Seconde guerre mondiale. Baptisée Stalingrad en 1925, elle fut renommée Volgograd en 1961. </p><p>Depuis la chute de l'URSS, les autorités russes ont eu souvent une position ambivalente à l'égard de Staline : officiellement dénoncé pour la Terreur d'État qu'il a orchestrée depuis les années 1930 et jusqu'à sa mort, mais respecté pour son rôle dans la victoire de l'URSS sur l'Allemagne nazie. Un aspect de son règne mis en avant par Poutine depuis le début de la guerre en Ukraine, visant officiellement à "dé-nazifier" ce pays.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_334x799.jpg?itok=qQXAEFAO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_334x799.jpg?itok=qQXAEFAO 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_334x799.jpg?itok=WyCJ9B0N 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_334x799.jpg?itok=WImj1_O9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_334x799.jpg?itok=O6-1Bnsa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/et_staline_deceda/000_334x799.jpg?itok=rp55Lv_r 1245w" alt="image" />Des admirateurs de Staline déposent des fleurs sur sa tombe, sur la Place Rouge, le 21 décembre 2022 (AFP / Alexander Nemenov)</div><p><em class="c5">Sources: "Le Monde en direct", de Xavier Baron, livre sur l'histoire de l'AFP, et extrait d'une émission réalisée par Michel Droit pour la Radiodiffusion Télévision française (RTF) le 24 novembre 1953. Rédigé par Catherine Triomphe à Paris.</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/et-staline-deceda-retour-sur-un-scoop</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/et-staline-deceda-retour-sur-un-scoop</guid>
      <pubDate>Thu, 02 Mar 2023 16:02:06 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Après la douleur d'un père, la solidarité]]></title>
      <description><![CDATA[<div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem1.jpg?itok=7w1Gf5Oz" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem1.jpg?itok=7w1Gf5Oz 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem1.jpg?itok=byX5o-EW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem1.jpg?itok=AiTR4KBV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem1.jpg?itok=MscY8m2o 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem1.jpg?itok=eSVWfRYP 1245w" alt="image" />Mesut Hancer, au centre, sa femme Gulseren (2e en partant de la droite) et leurs enfants Beste (1ere à gauche), Ezgi (2e à gauche) et Berkay (à droite) dans leur nouvel appartement d'Ankara, le 25 février 2023 (AFP/ Adem Altan)</div><p>Dans les jours qui ont suivi la diffusion de la photo le 7 février, "j’ai reçu énormément de messages sur les réseaux sociaux", raconte Adem. Beaucoup de gens demandaient comment ils pourraient aider ce père en détresse.</p><p>Parmi ces messages, l'un est signé du fils de Mesut. "Il m’a dit : ‘c’est toi qui a fait cette photo ? C’est mon père et ma sœur’. Moi, je n’étais pas certain que ce soit bien le fils, et pas un mauvais canular, alors je lui ai demandé le numéro de son père. Je l’ai appelé et il m’a confirmé, 'Oui, je suis bien Mesut '.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/000_338p67y.jpg?itok=_EhNOQwW" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/000_338p67y.jpg?itok=_EhNOQwW 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/000_338p67y.jpg?itok=54fHjrzy 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/000_338p67y.jpg?itok=J0D661jF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/000_338p67y.jpg?itok=qessJFpH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/000_338p67y.jpg?itok=wawC2wB5 1245w" alt="image" />Mesut Hancer tient la main de sa fille de 15 ans, dans les décombre d'un immeuble à Kahramanmaras, en Turquie, le 7 février 2023
 (AFP / Adem Altan)</div><p>Mesut et Adem reprennent ainsi contact. "Mesut m’a dit qu’il allait venir à Ankara, qu'un homme d'affaires allait l’aider, lui et sa famille. Au début, l'homme d'affaires n’était pas chaud pour que je revoie Mesut. Mais finalement, l’un de ses conseillers m’a appelé et m’a donné le feu vert pour faire de nouveau des photos de Mesut et de sa famille". C'est ainsi qu'Adem a pu retrouver Mesut chez lui, dans son nouveau logement à Ankara, avec sa femme et ses trois enfants. </p><p>L'homme d'affaires en question, Nejat Gulseven, propriétaire de la chaîne de télévision privée TV 100, et son épouse, la chanteuse turque Ebru Yasar, ont fourni l'appartement. Ils ont aussi offert d'embaucher Mesut, boulanger jusqu'alors, comme employé de la chaîne. Il devait y débuter comme agent administratif le 1er mars. </p><p>Un artiste a lui offert un dessin représentant Irmak comme un ange à côté de son père. Il orne désormais le salon du nouvel appartement familial. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem2.jpg?itok=kW9roffX" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem2.jpg?itok=kW9roffX 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem2.jpg?itok=uNjCHV8t 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem2.jpg?itok=fEnVfqr- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem2.jpg?itok=OVN1-1d0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/nouvelles_photos_ademretrouvailles/adem2.jpg?itok=fLcHPGAZ 1245w" alt="image" />Mesut Hancer montre le tableau qu'un artiste lui a offert le montrant avec sa fille Irmak, 15 ans, représentée en ange, dans le nouveau logement qu'on lui a offert à Ankara, le 25 février 2023 (AFP/ Adem Altan)</div><p><em>Interview réalisée par Burcen Gercek à Ankara, et éditée par Catherine Triomphe à Paris.  </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/apres-la-douleur-dun-pere-la-solidarite</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/apres-la-douleur-dun-pere-la-solidarite</guid>
      <pubDate>Tue, 28 Feb 2023 16:36:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La douleur d'un père]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Photographe basé à Ankara, Adem Altan travaillait devant un immeuble effondré de Kahramanmaras, ville proche de l'épicentre du séisme qui a fait près de 22.000 morts, lorsqu'il a aperçu un homme en veste orange assis dans les décombres.</p><p>Mardi 7 février, au lendemain du désastre, aucune équipe de secours n'est encore arrivée sur place. Les habitants tentent eux-mêmes de dégager les décombres pour retrouver leurs proches.</p><p>L'homme en orange est immobile au milieu du tumulte, insensible à la pluie et au froid. Adem Altan se rend compte alors que l'homme, à une cinquantaine de mètres de lui, tient une main dans la sienne.</p><p>Il commence à "shooter" la scène: le père tenant la main de son enfant morte sans la lâcher, dans les décombres et la dévastation.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p67m.jpg?itok=SQeh5GWM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p67m.jpg?itok=SQeh5GWM 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p67m.jpg?itok=THMR6Muz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p67m.jpg?itok=AmOlblJM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p67m.jpg?itok=Wxx5b-nl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p67m.jpg?itok=mSMAp8ET 1245w" alt="image" />Mesut Hancer ne lâche pas la main de sa fille Irmak
 (AFP / Adem Altan)</div><p>Tandis qu'il prend les photos, l'homme le suit des yeux.  "Prends des photos de mon enfant",  murmure-t-il en direction du photographe, la voix cassée et tremblante.</p><p>Il lâche un instant la main pour montrer à Adem l'endroit où git sa fille de 15 ans. Avant de la reprendre aussitôt. "J'étais tellement touché à ce moment-là. J'avais les larmes aux yeux. Je me disais sans cesse, +Mon dieu, c'est une douleur insupportable+", raconte le photographe.</p><p>Adem lui demande alors son nom, ainsi que le nom de son enfant. "Ma fille, Irmak",  répond le père, Mesut Hancer. "Il parlait difficilement, à voix très basse. C'était difficile de lui poser davantage de questions alors que les habitants, autour, demandaient aux gens de rester silencieux pour pouvoir entendre les voix des survivants éventuels coincés sous les décombres", explique le photographe.</p><p>A ce moment-là, Adem se dit que que l'image résume bien la douleur des victimes du séisme. Sans pour autant imaginer l'impact qu'elle allait avoir.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p6du.jpg?itok=USMBV7f1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p6du.jpg?itok=USMBV7f1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p6du.jpg?itok=H11_gG5X 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p6du.jpg?itok=xVgemZuv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p6du.jpg?itok=VBtimXlr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/photos_dadem_altan_-_seisme/000_338p6du.jpg?itok=dsOJvCvJ 1245w" alt="image" />L'immeuble de Kahramanmaras où est morte Irmak (AFP / Adem Altan)</div><p>Reprise en Une par la presse du monde entier, du Wall Street Journal au journal argentin La Nacion, du Guardian au Brésilien O Globo - l'image est aussi devenue virale sur les réseaux sociaux, partagée des centaines de milliers de fois par des internautes bouleversés.</p><p>Photographe depuis 40 ans, dont 15 à l'AFP, Adem Altan a reçu des milliers de message du monde entier, exprimant leur solidarité et leur émotion face au chagrin de ce père orphelin. "Je pense que c'est une photo qui restera gravée dans les mémoires. Beaucoup m'ont dit qu'ils n'oublieront jamais cette image", confie-t-il. Lui non plus.</p><p><em>Blog écrit par Burcin Gercek à Gaziantep, avec Anne Chaon à Istanbul. Edité par Catherine Triomphe à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/la-douleur-dun-pere</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/la-douleur-dun-pere</guid>
      <pubDate>Fri, 10 Feb 2023 12:02:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: gardiennes de la mémoire de la Shoah]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Paris</strong> - Avec le temps qui file, les survivantes et les survivants de la Shoah sont de moins en moins nombreux. Près de six millions de Juifs ont été assassinés par les nazis.  Alors comment préserver cette mémoire et la transmettre aux générations futures ? Dans cet épisode hors-série de note podcast <strong><a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil">Sur le Fil</a></strong>, nous vous proposons une rencontre émouvante avec trois femmes, trois gardiennes de mémoire.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/image0.jpeg?itok=t-pxABcn" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/image0.jpeg?itok=t-pxABcn 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/image0.jpeg?itok=KIQpNp9m 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/image0.jpeg?itok=gJbaRrRu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/image0.jpeg?itok=MQioMsXA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/image0.jpeg?itok=wpR31izX 1245w" alt="image" />Ginette Kolinka, 98 ans, lors d'une intervention au collège Georges Politzer de Bagnolet, dans la banlieue parisienne, en janvier 2023 (AFP / Antoine Boyer)</div><p>D’abord <strong>Ginette Kolinka</strong>, l’une des dernières rescapées de la Shoah. Depuis des années, elle raconte, inlassablement, l’histoire de sa déportation dans les camps de la mort aux collégiens et lycéens. Ils deviennent ainsi des “passeurs de mémoire”. “Rappelez-vous, rappelez-vous que tout ce qui est arrivé, le point de départ, c’est la haine”, lance-t-elle un matin de janvier 2023 aux jeunes de classes de 3e d’un collège de Bagnolet en banlieue parisienne. “Je compte sur vous...”.</p><p>Notre deuxième gardienne de mémoire s’appelle <strong>Lior Lalieu-Smadja</strong>, elle a 52 ans, et travaille au Mémorial de la Shoah depuis plus de 20 ans. Chaque mardi, elle accueille, avec des bénévoles, les familles victimes de l’Holocauste. Elles viennent déposer des photos de famille et raconter leur histoire lors d'entretiens qui peuvent durer des heures. Le Mémorial a ouvert cette permanence dans les années 1990, pour “conserver les traces de vie de ces familles victimes de la Shoah”. </p><p>Grâce à ce travail de documentation, le Mémorial a récupéré près de 50.000 photos de famille. Aujourd’hui ce fonds est doté de plus de 300.000 photographies dont un tiers est disponible en ligne.     </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/000_par140606.jpg?itok=XDa9_ARX" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/000_par140606.jpg?itok=XDa9_ARX 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/000_par140606.jpg?itok=vYxvCTj9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/000_par140606.jpg?itok=aSPf54dq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/000_par140606.jpg?itok=tY1BOPIp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/podcasts_2023/shoah/000_par140606.jpg?itok=KdVeDtCa 1245w" alt="image" />(AFP / Eric Feferberg)</div><p>Ce mardi de janvier, <strong>Danielle</strong> est venue avec quelques photos de famille et plusieurs documents au Mémorial de la Shoah. “Je suis la fille d’un déporté du camp de concentration de l’île d’Aurigny qui est très peu connu”, explique-t-elle pour se présenter. Cette septuagénaire est venue pour transmettre la mémoire de son père Maurice, 100 ans, qui est toujours en vie.  </p><p class="c3"><strong>Réalisation : <a href="https://twitter.com/antoinebv?lang=en">Antoine Boyer</a>  AFP Audio</strong></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-gardiennes-de-la-memoire-de-la-shoah</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-gardiennes-de-la-memoire-de-la-shoah</guid>
      <pubDate>Sat, 28 Jan 2023 15:52:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Comment l'AFP a attrapé "le Serpent"]]></title>
      <description><![CDATA[<h3>Quand le tueur en série français Charles Sobhraj, surnommé "le Serpent", a été libéré de prison au Népal, les autorités locales ont tenté de l'expulser le plus discrètement possible du pays. Mais le journaliste vidéo de l'AFP Atish Patel a pu le pister et obtenir un entretien exclusif.</h3><p>Peu avant Noël 2022, par un jour calme au bureau de l'AFP à Tokyo où il travaille, Atish Patel voit son téléphone sonner. Il est loin d'imaginer que cet appel va le faire côtoyer 24 heures plus tard l'un des plus célèbres tueurs en série de la planète.</p><p>La Cour suprême du Népal vient par surprise d'ordonner la libération de Charles Sobhraj pour des raisons médicales et son expulsion vers la France sous 15 jours.</p><p>Celui qui a inspiré la série à succès diffusée sur Netflix "Le Serpent", un surnom qui lui vient de sa capacité à prendre d'autres identités pour échapper à la justice, était incarcéré depuis près de 20 ans au Népal, où il avait été reconnu coupable du double meurtre de touristes nord-américains commis en 1975. </p><p>Au total, Sobhraj est soupçonné d'une vingtaine de meurtres à travers l'Asie dans les années 1970, souvent des routards occidentaux qui voyageaient sur la piste des hippies. Se faisant passer pour un négociant en pierres précieuses, il se liait d'amitié avec ses victimes, avant de les droguer, de les voler et de les assassiner.</p><p>Le jour de sa libération, un journaliste de l'AFP à Katmandou, Sagar Ghimire, surveille la prison d'où le plus célèbre détenu du pays peut sortir à tout moment, pendant qu'Atish est envoyé en urgence au Népal.</p><p>Objectif: prendre le même avion que Sobhraj en route vers la France, en vue de l'interviewer à bord.<strong> </strong>Arrivé à Katmandou, Atish achète des cartes SIM à l'aéroport quand Sagar obtient la confirmation de l'itinéraire qu'il va prendre: un vol avec escale à Doha, décollant le jour même<strong>. </strong></p><p>Le bureau de l'AFP de New Delhi se charge aussitôt de réserver un billet pour Atish, qui ne bouge pas de l'aéroport.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_336238d.jpg?itok=sxLd1iVF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_336238d.jpg?itok=sxLd1iVF 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_336238d.jpg?itok=6t-GTG-d 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_336238d.jpg?itok=CT5egl9P 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_336238d.jpg?itok=BLQXrUIt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_336238d.jpg?itok=oPPAKCJK 1245w" alt="image" />La police népalaise escorte Charles Sobhraj dans l’aéroport de Katmandou, au Népal, le 23 décembre 2022, quelques heures avant le retour en France du tueur en série (AFP / Chandra Bahadur Ale Gorkha)</div><p>Sagar était devant la prison avec d'autres journalistes quand Sobhraj a été transféré à l'abri des caméras dans un centre d'immigration. Et quand l'heure vient de l'emmener à l'aéroport, les autorités népalaises déploient un leurre impressionnant: trois convois différents, chacun transportant un homme vêtu comme le Français et placé sous bonne garde. Aucun média n'a ainsi pu faire une photo des premiers moments de liberté du vrai "Serpent".</p><p>Atish n'avait que des images de 2014 pour identifier l'homme âgé aujourd'hui de 78 ans.</p><p>"Pendant que je faisais mon check-in, j'étais assez inquiet à l'idée de le rater, de ne pas pouvoir le reconnaître", explique-t-il.</p><p>Quelques minutes avant le décollage, Sobhraj apparaît enfin à la porte d'embarquement escorté par des policiers, portant le même type de casquette que sur les photos de 2014. </p><p>Atish commence immédiatement à filmer avec son smartphone, mais le personnel de sécurité l'interrompt et ses images sont effacées. Il lui faudra donc tenter le tout pour le tout dans l'avion. </p><p>Atish attend Sobhraj à l'avant de l'appareil. Quand il apparaît seul, le journaliste le filme et lui demande sans préambule: "Qu'est-ce que ça fait de se sentir libre?" "C'est génial", lui répond Sobhraj du tac au tac.</p><p>"Il n'avait pas l'air décontenancé, il était plutôt calme", se souvient Atish. Personne d'autre à bord ne semble avoir reconnu le "Serpent", en dépit de l’expression du visage, qui semble horrifié, d'une passagère assise à côté de lui quand Atish le prend en photo.</p><p>Le journaliste AFP s'empresse d'envoyer sa vidéo, ses photos et ses sons avant le décollage, tant qu'il a encore accès à internet. Ses images exclusives font immédiatement le tour du monde.</p><p>Le siège à côté d'Atish est vide: alors il propose à Sobhraj de venir le rejoindre pour discuter. "Et il accepte".</p><p>C'est seulement à ce moment-là qu'Atish se présente et lui donne sa carte de visite. Et Sobhraj devient "très bavard".</p><p>"C'est quelqu'un d'intéressant pour discuter. Il est intelligent, bien informé. Je peux comprendre comment des gens ont pu être attirés par lui", commente Atish. "On a parlé de TikTok, de la guerre en Ukraine, de la Coupe du monde, et même des récentes réprimandes de Xi Jinping envers Justin Trudeau concernant des fuites dans la presse" de leurs échanges au sommet du G20.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/GafHMbH0Fmg" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p>Né à Saïgon (aujourd'hui Hô Chi Minh-Ville) d'un père indien et d'une mère vietnamienne s'étant remariée ensuite avec un militaire français, Charles Sobhraj livre aussi des détails de ses années de détention au Népal. </p><p>Sa cellule avait une télévision 24 pouces avec 285 chaînes, un privilège que d'autres détenus n'avaient pas. Il avait aussi un coin cuisine et un accès occasionnel à un smartphone.</p><p>Il se montre plus taiseux en revanche sur les nombreux meurtres et tentatives de meurtres dont il est soupçonné et qui lui ont valu d’autres condamnations.</p><p>Sobhraj avait déjà été arrêté à New Delhi en 1976, où il était poursuivi pour deux meurtres, et emprisonné. Libéré en 1997, il s’était retiré à Paris - où il avait notamment été mis en examen pour empoisonnements par un juge de Bobigny, puis laissé libre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_334z4gj.jpg?itok=wDqrd4iJ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_334z4gj.jpg?itok=wDqrd4iJ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_334z4gj.jpg?itok=ELxbrc_k 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_334z4gj.jpg?itok=v7-umwZS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_334z4gj.jpg?itok=34zPvj7d 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_334z4gj.jpg?itok=zZdUzpCn 1245w" alt="image" />Le tueur en série français Charles Sobhraj quitte le palais de justice de Bobigny, près de Paris, le 8 avril 1997 (AFP / Jack Guez)</div><p>Il avait refait surface en 2003 au Népal, où il avait été repéré à Katmandou, arrêté, puis condamné à la prison à vie pour l'assassinat en 1975 de la touriste américaine Connie Jo Bronzich.</p><p>Dix ans plus tard, il avait aussi été reconnu coupable du meurtre du compagnon canadien de Mme Bronzich.</p><p>A Atish, il affirme qu'il est "innocent" et qu'il déteste qu'on l'appelle un tueur en série. Il confie même son intention de porter plainte contre la BBC et Netflix, qui ont diffusé la série "Le Serpent" dont il est très mécontent. Il en a vu quelques épisodes en prison. </p><p>Sobhraj a dit vouloir mettre "son énergie pour laver son nom", rapporte le journaliste.</p><p>Ce dernier connaissait le parcours mouvementé de Sobhraj en Inde, ayant visité par le passé la prison de haute sécurité de Tihar à New Delhi, d'où le "Serpent" s'était échappé en 1986 après avoir drogué ses gardiens, qu'il avait conviés à une fête dans sa cellule.</p><p>"La seule chose qu'il admet, c'est d'avoir glissé des calmants à des gens, pour leur voler leurs passeports", poursuit Atish.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/5PMYAop_zJU" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p>Sobhraj lui dit qu'il avait lui-même demandé à la police népalaise de tout faire pour qu’il n’ait pas à parler à la presse à sa sortie de prison. Et lors de leur escale à Doha, Atish l'entend se plaindre au téléphone du "casse-pieds" qui a réussi à le coincer dans l'avion.</p><p class="clear">Atish tourne encore quelques images de lui durant leur correspondance à Doha. Dans l'avion pour Paris, les deux ne s'assoient pas à côté.</p><p>Mais environ une heure avant l'arrivée en France, alors qu'Atish bâille distraitement en train de regarder la télévision dans son siège, une main apparaît soudain pour lui couvrir la bouche. "J'ai levé les yeux, et c'était lui".</p><p>Souriant, Charles Sobhraj s'asseoit une fois encore près d'Atish, visiblement désireux de bavarder de nouveau.</p><p>Toujours avec un fort accent français malgré des années d'emprisonnement à l'étranger, il se montre "affable", "charmeur", comme il est accusé d'avoir fait avec ses victimes autrefois.</p><p>"Il avait une sorte de charisme", témoigne Atish. "Il a presque 80 ans, mais il a une sorte d'énergie juvénile qui m'a marqué. Peut-être parce qu'il venait de passer près de 20 ans en prison et qu'il était heureux d'en être sorti".</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_33632q9.jpg?itok=zPJEcQrK" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_33632q9.jpg?itok=zPJEcQrK 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_33632q9.jpg?itok=Mh6Z-16z 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_33632q9.jpg?itok=hc3x0_1m 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_33632q9.jpg?itok=MSxS0-bZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nepal/000_33632q9.jpg?itok=dSPW_qJU 1245w" alt="image" />Charles Sobhraj en escale à l’aéroport de Doha lors de son voyage de retour en France, le 23 décembre 2022 
 (AFP / Atish Patel)</div><p>A Paris, Sobhraj est pris en charge par les autorités françaises dès son arrivée, là aussi pour lui éviter de parler aux médias qui le guettent. Atish, dont la mission était désormais terminée, pensait ne plus jamais être en contact avec Sobhraj.</p><div class="grid-left"><p>Mais le jour de Noël, il reçoit un message d'un numéro inconnu, puis un appel. C'était encore lui.</p><p>Sobhraj voulait raconter à Atish à quel point il avait été occupé le premier jour de son arrivée en France, avec des réunions concernant son prochain livre et un documentaire en préparation sur sa vie, des sollicitations de la presse...</p><p>Il envoie un nouveau message à Atish quelques jours plus tard pour lui souhaiter une bonne année.</p><p>"Je vais bien et je suis tellement occupé", écrit-il. "Ça fait du bien d'être occupé... Finalement!"</p><p><em class="c2">Sara Hussein, Etienne Balmer et Sagar Ghimire</em> <span><em>ont contribué à ce blog. Texte édité à Paris par Jessica Lopez.</em></span></p></div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/comment-lafp-attrape-le-serpent</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/comment-lafp-attrape-le-serpent</guid>
      <pubDate>Fri, 06 Jan 2023 15:30:06 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Sur le front ukrainien, les défis d'informer]]></title>
      <description><![CDATA[<div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32cj8bm.jpg?itok=rNNGEuBi" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32cj8bm.jpg?itok=rNNGEuBi 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32cj8bm.jpg?itok=jmn5nPG_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32cj8bm.jpg?itok=I-jeRI8h 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32cj8bm.jpg?itok=ubHf0daS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32cj8bm.jpg?itok=-7h6u_ZA 1245w" alt="image" />Un artilleur ukrainien tire sur les positions russes à l'aide d'un canon Caesar le 15 juin 2022, dans le Donbass (AFP / Aris Messinis)</div><p><em>En bientôt dix mois de guerre en Ukraine, l’AFP a organisé quelque 80 missions d’envoyés spéciaux pour aider son bureau permanent à Kiev à couvrir ce conflit d’une envergure inédite en Europe depuis la Seconde guerre mondiale.   </em></p><p><em>Venus du monde entier, ces envoyés spéciaux (texte, photo, vidéo), formés au reportage en milieux hostiles, effectuent des séjours prolongés dans les zones de combat de l’est et du sud de l’Ukraine, navigant à proximité des lignes de front.    </em></p><p><em>Dans ce blog, onze d’entre eux expliquent les difficultés auxquelles ils ont été confrontés, et comment leur regard sur ce conflit a évolué au fil de leurs séjours. </em></p><p class="c2"><strong>Travailler avec l’armée, “c’est compliqué” </strong></p><p>De nombreuses contraintes entravent au quotidien le travail des journalistes à proximité du front. Outre le danger, il faut composer avec l’armée ukrainienne, qui accorde - et parfois retire – les accréditations indispensables pour franchir les “checkpoints” permettant d’accéder aux localités proches des combats ou nouvellement reconquises.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329a3a6_0.jpg?itok=-u_o-sKI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329a3a6_0.jpg?itok=-u_o-sKI 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329a3a6_0.jpg?itok=LqI6Urld 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329a3a6_0.jpg?itok=vIlhVU9m 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329a3a6_0.jpg?itok=1yp0LVcO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329a3a6_0.jpg?itok=PWZGIvfp 1245w" alt="image" />Des soldats ukrainiens reçoivent de premiers soins au retour du front près de Kramatorsk, le 30 avril 2022 (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><p>“C’est très difficile de travailler”, résume Dimitar Dilkoff, photographe bulgare qui était basé à Moscou jusqu’à l’invasion russe, et qui enchaîne les séjours en Ukraine depuis.   </p><p>“Si vous prenez des images et que vous les publiez, l’autre camp peut parfois facilement repérer le lieu exact et bombarder cet endroit (…) Prendre une photo peut être très compliqué. Il me faut parfois beaucoup de temps pour expliquer que je ne veux pas l’utiliser tout de suite, que je la garde pour nos archives.”  </p><p>“Ils vous laissent enregistrer uniquement ce qu’ils veulent, ce qui illustre leurs succès”, dit aussi Aris Messinis, photographe de l’AFP à Athènes, qui a effectué plusieurs missions en Ukraine depuis 2014. “Quand ils subissent des pertes, ils ne permettent pas qu’on le voie, même si ce sont des blessés et non des morts. Ils ont peur de casser le moral de leurs troupes ou des civils.”  </p><p>“Il y a constamment la menace, si on va dans un endroit où ils ne veulent pas qu’on aille, si on parle de quelque chose dont ils ne veulent pas qu’on parle, de perdre notre accréditation”, souligne Dave Clark, journaliste basé à Bruxelles qui a couvert de nombreux conflits pour l’AFP depuis 20 ans. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ap6df.jpg?itok=RLjInl4q" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ap6df.jpg?itok=RLjInl4q 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ap6df.jpg?itok=fSBH6goC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ap6df.jpg?itok=wnhY1DJl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ap6df.jpg?itok=s4IgdVFh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ap6df.jpg?itok=cTfEZcwI 1245w" alt="image" />Soldats ukrainiens en difficulté dans le Donbass, le 21 mai 2022. Le photographe, Aris Messinis, a été chassé de la scène dès que les hommes ont vu qu'il avait un appareil photo. L'AFP a diffusé la photo sans préciser sa localisation (AFP / Aris Messinis)</div><p>En pratique, pour ne pas risquer de perdre des accréditations et protéger ses journalistes, l’AFP doit parfois attendre pour diffuser certaines images, ou ne pas préciser leur localisation exacte. Et parfois “ruser un peu” avec l’armée, dit Arman Soldin, journaliste reporter d’images (JRI) habituellement basé à Londres. </p><p>“Il faut trouver le bon équilibre, pousser le plus possible pour avoir accès, sans se griller avec les militaires”, résume Dylan Collins, JRI en poste à Beyrouth. Dans ce contexte, multiplier les séjours permet de se lier avec certaines unités, et d'obtenir des accès impossibles initialement.</p><p>Avec certaines brigades, “on a maintenant d’excellentes relations, soit avec des commandants soit avec de simples soldats. On les suit, on se tient au courant, on s’envoie des (messages sur) Signal”, dit Daphné Rousseau, reporter basée à Paris qui a effectué trois missions en Ukraine depuis février.  </p><p>Ces contacts ont notamment permis à une équipe de l’AFP d’accompagner en octobre une unité ukrainienne surnommée Cargo 200, spécialisée dans le ramassage de soldats morts, à Sviatoguirsk, dans la région de Donetsk. Ou encore de suivre en novembre une unité d’ambulanciers ramenant des blessés du front, près de Bakhmout, devenu le théâtre des affrontements les plus acharnés du Donbass.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ll48t.jpg?itok=2NxGKyXz" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ll48t.jpg?itok=2NxGKyXz 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ll48t.jpg?itok=9K8QZNP6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ll48t.jpg?itok=tjugsI7e 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ll48t.jpg?itok=rhU-wmWV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32ll48t.jpg?itok=p2_7cdK- 1245w" alt="image" />Des membres de l'unité ukrainienne "Cargo 200", chargée de ramasser les morts restés sur le terrain, au travail près de Sviatoguirsk, dans la région de Donetsk, le 16 octobre 2022
 (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p>Mais pour Emmanuel Peuchot, qui depuis octobre coordonne le bureau de l’AFP à Kiev, ces occasions sont trop rares pour rendre compte de “toute la violence”, de “la boucherie” de ce conflit. Dans cette guerre qui a réveillé le spectre d'une déflagration mondiale, aucun des deux camps n'a révélé précisément les pertes subies jusqu'ici.</p><p class="c2"><strong>Tensions avec les civils </strong></p><p>Les contacts avec les civils peuvent aussi être très tendus, surtout dans le Donbass, où la guerre dure depuis près de neuf ans et où de nombreux habitants sont pro-russes.  </p><p>Quelle que soit leur nationalité, les reporters de l’AFP ayant travaillé dans l’Est du pays ont, à un moment ou à un autre, eu affaire à des habitants hostiles. Ces derniers considèrent souvent les journalistes comme responsables des bombardements sur leur région. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32fr36j_0.jpg?itok=XnQTYC32" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32fr36j_0.jpg?itok=XnQTYC32 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32fr36j_0.jpg?itok=BkZURnyz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32fr36j_0.jpg?itok=xg6c79t_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32fr36j_0.jpg?itok=lUv3JUoU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32fr36j_0.jpg?itok=V6Bcg5hB 1245w" alt="image" />Ionut Iordachescu, JRI, court se mettre à l'abri lors d'un bombardement sur Bakhmout, le 31 juillet 2022, durant lequel un civil a menacé les journalistes avec un couteau (AFP / Bulent Kilic)</div><p>Bülent Kilic, photographe basé à Istanbul, et Ionut Iordachescu, JRI basé en Roumanie, ont connu un moment particulièrement tendu dans la localité quasi-constamment bombardée de Bakhmout, en août: alors qu’une bombe à fragmentation était tombée tout près de l’endroit où ils se trouvaient, un habitant s’est élancé vers eux avec un couteau.  </p><p>“C’était vraiment effrayant”, dit Ionut. “Mais je ne peux pas lui en vouloir. Ils vivent une situation très, très dure depuis longtemps, ils sont traumatisés.”</p><p>“Pour être honnête, quand les journalistes arrivent, ils espèrent qu’il va se passer quelque chose, peut-être voir des morts”, dit Bülent. “Attaquer avec un couteau, c’est inacceptable, mais être en colère, je peux comprendre.” </p><p>Heureusement, l’hostilité est loin d’être généralisée. Dylan évoque des habitants tellement habitués à l’artillerie qu’ils vont “s’arrêter pour répondre à vos questions”, malgré des tirs tout proches. Même dans des endroits comme Bakhmout, où “beaucoup de gens nous crient dessus, on trouve toujours des gens” qui veulent parler, dit Dave.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329c7jx.jpg?itok=AmYhMH-j" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329c7jx.jpg?itok=AmYhMH-j 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329c7jx.jpg?itok=VxttQz0p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329c7jx.jpg?itok=ZOEc7ibm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329c7jx.jpg?itok=vMgJfNUl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_329c7jx.jpg?itok=-26ucZ8k 1245w" alt="image" />Des civils évacués de la ville de Lyman, dans le Donbass, le 2 mai 2022, alors que la ville était quotidiennement bombardée
 (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><p class="c2"><strong>“Nuances” et équilibre des sources </strong></p><p>Dans l’est de l’Ukraine, le conflit est moins “manichéen” qu’à Kiev, Lviv ou Odessa, où le discours patriotique ukrainien est omniprésent, souligne Cécile Feuillâtre, journaliste basée au service international à Paris. Les frontières entre agresseur et agressé sont plus floues, “c’est ce qui rend le Donbass très intéressant, il y a des nuances”. </p><p>Frontières floues aussi parfois entre ceux étiquetés “collaborateurs” ou “patriotes” ukrainiens, selon Daphné. Lors d’un premier séjour, elle a rencontré à Lyman, dans le Donbass, une femme qu’un policier ukrainien avait présentée comme un pilier de la “résistance” face à l’offensive russe.</p><p>Au séjour suivant, elle apprenait que cette femme avait finalement collaboré avec les Russes et était partie en Russie.  Des “revirements” qui s’expliquent parfois par le simple besoin de recevoir de l’aide humanitaire. </p><p>Dans certaines villes récemment libérées, comme Kherson, la chasse aux “collaborateurs” crée parfois “une atmosphère très pesante”, souligne aussi Emmanuel. D’autant que souvent, c’est un sentiment d’ambivalence qui domine. Une partie des habitants “veulent juste que (la guerre) s’arrête”.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na73z.jpg?itok=m8Gy1djW" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na73z.jpg?itok=m8Gy1djW 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na73z.jpg?itok=G_YA4dsX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na73z.jpg?itok=SbBtB9Y6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na73z.jpg?itok=3ASYZO9P 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na73z.jpg?itok=-b6CdM2R 1245w" alt="image" />Des habitants dans un champ de pommes de terre du village de Zaritchne, dans le Donbass, le 10 novembre 2022. D'abord très remontée en voyant arriver une équipe de l'AFP, la femme en rouge s'est ensuite épanchée, estimant que l'Ukraine comme la Russie les avaient "abandonnés" (AFP / Bulent Kilic)</div><p>Recueillir des témoignages qui permettent de comprendre ces nuances prend du temps, a fortiori quand on travaille avec un interprète.      </p><p>Ils sont d’autant plus précieux que les reporters sont dans l’impossibilité d’aller documenter directement “l’autre côté” de l’histoire, le côté russe du front, comme le voudraient les règles de l’agencier sur l’équilibre des sources.  </p><p>“Bien sûr que je voudrais voir plus l’autre côté, mais c’est impossible”, dit Yasuyoshi Chiba, photographe basé à Nairobi. “Mais je pense qu’on fait à 100 % ce qu’on peut” pour équilibrer.    </p><p>Les autorités russes restreignent sévèrement l'accès à leur front. Malgré des demandes répétées et une présence permanente en Russie depuis des décennies, l'AFP n'a pu obtenir jusqu'ici de laissez-passer pour aller suivre les Russes au combat. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32882m9_1.jpg?itok=QOjcqsFa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32882m9_1.jpg?itok=QOjcqsFa 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32882m9_1.jpg?itok=jgIki7kc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32882m9_1.jpg?itok=TEo16qui 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32882m9_1.jpg?itok=HKWrqGlh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32882m9_1.jpg?itok=tTV7nx84 1245w" alt="image" />Un soldat russe dans le théâtre de Marioupol, le 12 avril 2022, près d'un mois après le bombardement du bâtiment où s'étaient réfugiés des centaines de civils. La photo a été prise pendant un voyage de presse organisé par l'armée russe (AFP / Alexander Nemenov)</div><p>Tout au plus ont-ils pu participer, au printemps, à quelques visites de villes “conquises” organisées par les autorités russes pour la presse, comme à Marioupol, Berdiansk ou Kherson, avant la reprise de cette dernière par les Ukrainiens.  </p><p>L’AFP a explicité, dans ses reportages, comment étaient organisées ces visites. Mais cette couverture lui a valu des commentaires “très énervés” des autorités ukrainiennes, souligne Dave.   </p><p>Ces critiques illustrent la guerre de l’information que se livrent les deux camps, qu’il faut constamment garder à l’esprit, souligne Daphné. Sept ans de couverture du conflit israélo-palestinien lui ont “beaucoup servi” pour ne pas se “faire happer par la communication de l’un ou de l’autre”, dit-elle.   </p><p>Dans ce domaine, les reporters sont aussi épaulés par les journalistes du service d'investigation numérique de l’AFP, qui vérifient, et régulièrement démontent, des informations trompeuses sur le conflit véhiculées sur les réseaux sociaux.  </p><p class="c2"><strong>Retour à Kiev</strong></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na8zn.jpg?itok=z0wjQC3o" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na8zn.jpg?itok=z0wjQC3o 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na8zn.jpg?itok=1nzgZnqn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na8zn.jpg?itok=UQpJwMnm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na8zn.jpg?itok=MJZODvQq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32na8zn.jpg?itok=ENcC3UA5 1245w" alt="image" />Scène de rue à Kiev pendant une coupure d'électricité, le 10 novembre 2022, après qu'une série de frappes russes eurent touché des infrastructures énergétiques
 (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p>En comparaison, Kiev - où les spéciaux de l’AFP finissent habituellement leur mission, pour prendre un train qui les ramènera en Pologne – est un autre monde. </p><p>Ceux qui ne connaissaient pas l’Ukraine avant-guerre se disent souvent frappés par l’ambiance de la capitale, très européenne, avec ses quartiers de “hipsters” comme à Paris ou Berlin, souligne Bülent.  </p><p>Depuis la reprise des frappes russes et leur cortège de coupures d’électricité, d’eau et de chauffage, la guerre est redevenue plus proche et Kiev a perdu le calme relatif qu’elle affichait encore au début de l’automne. En octobre, la première frappe par drone est survenue tout près de Chiba, dont les clichés ont fait le tour du monde.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32lk47b.jpg?itok=Qe7ni_JV" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32lk47b.jpg?itok=Qe7ni_JV 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32lk47b.jpg?itok=Ut6N5ZDv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32lk47b.jpg?itok=VrFnn1xC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32lk47b.jpg?itok=-g5r-wSB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32lk47b.jpg?itok=Q4ZZruO2 1245w" alt="image" />Un passant est à terre et un autre vacille lors de la première attaque au drone sur le centre de Kiev, le 17 octobre 2022 (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><p>Mais même s’il a dû travailler à la lueur d’une bougie lors de son dernier séjour fin novembre, Bülent a pu aller voir de jeunes Ukrainiens danser dans une boîte de nuit. C’était un des objectifs de son dernier séjour:  trouver “des images de gens qui s’embrassent, qui montrent leur amour. Car dans ces conditions, privés d’électricité, d’eau, avec des missiles qui frappent régulièrement, je vois que les jeunes cherchent refuge dans l’amour.” </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32vb6wz.jpg?itok=8LtFHxfF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32vb6wz.jpg?itok=8LtFHxfF 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32vb6wz.jpg?itok=7c-_IVaU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32vb6wz.jpg?itok=M0QxnqZQ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32vb6wz.jpg?itok=PUrsLV6Z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32vb6wz.jpg?itok=zFkuyo-o 1245w" alt="image" />Un jeune couple dans une boîte de nuit de Kiev, le 26 novembre 2022 (AFP / Bulent Kilic)</div><p>Comme les autres photographes, il espère capturer des moments qui resteront comme emblématiques de cette guerre, une fois la paix revenue.   </p><p>Mais personne ne s’attend à une paix rapide. Désormais familiarisés avec le front ukrainien, les spéciaux se préparent à y retourner, même si ce conflit qui dure ne fait plus autant la Une des médias occidentaux qu'au début. </p><p>“Je me sens coupable à la fin de chaque mission, car moi je peux repartir”, dit Chiba. “Les gens réfugiés dans les caves n’ont pas cette possibilité d’être libérés de la peur.”  </p><p>“Il y a une certaine fatigue de ce conflit et c’est normal, les gens ne peuvent pas rester connectés 24/24 à ce qui se passe en Ukraine”, dit Ionut. “Même mes amis en Roumanie, pourtant si proche de la frontière, s’intéressent moins à ce qui se passe. Mais cette lassitude, c’est un luxe que les Ukrainiens n’ont pas, nous devons continuer nos efforts et couvrir cette guerre sans relâche”. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32zj4rf.jpg?itok=HBDTaELV" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32zj4rf.jpg?itok=HBDTaELV 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32zj4rf.jpg?itok=Ql-6L7cz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32zj4rf.jpg?itok=NmkTPJWY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32zj4rf.jpg?itok=IQeTyfV8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/allers_retours_sur_le_front_ukrainien_dec2022/000_32zj4rf.jpg?itok=-mYmGwhY 1245w" alt="image" />Une nuée de corbeaux au-dessus de Kiev, le 6 décembre 2022 (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p><em>Propos recueillis par Catherine Triomphe </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/sur-le-front-ukrainien-les-defis-dinformer</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/sur-le-front-ukrainien-les-defis-dinformer</guid>
      <pubDate>Fri, 16 Dec 2022 15:30:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast : Qui a tué le journaliste Paul Guihard ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Des reporters de l’Agence France-Presse couvraient déjà, dans les années 1960, les luttes des Afro-Américains pour l’égalité de leurs droits et notamment les émeutes qui les avaient alors ponctuées. Un seul journaliste est mort durant ces années de lutte pour les droits civiques, et il travaillait pour l’AFP.  Paul Guihard, a été tué par balle, à bout portant, lors d’une émeute à Oxford, dans l’Etat du Mississippi, suscitée par l’arrivée d’un premier étudiant noir à l’université Ole Miss, James Meredith.   </p><p>A l'occasion du 60e anniversaire de ces événements, nous rediffusons <strong><em>“Who killed Paul Guihard?"</em>, </strong>un podcast en anglais en deux parties produit par Laurent Kalfala. La deuxième partie est à retrouver <a href="https://making-of.afp.com/podcast-qui-tue-paul-guihard-la-suite">ici</a>.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-03a-paul-guihard.jpg?itok=lBxazH6j" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-03a-paul-guihard.jpg?itok=lBxazH6j 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-03a-paul-guihard.jpg?itok=rVMjGlee 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-03a-paul-guihard.jpg?itok=yi-hrNX4 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-03a-paul-guihard.jpg?itok=ux-1TIwR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-03a-paul-guihard.jpg?itok=S3J_zj32 1245w" alt="image" />Paul Guihard</div><p><strong>Le dimanche 30 septembre 1962</strong>, le journaliste Paul Guihard et le photographe Sammy Schulman de l’Agence France-Presse s’envolent de New York, où sont basés, pour l’Etat du Mississippi, au coeur du sud-est américain. L’actualité vaut le déplacement: dans la petite ville universitaire d’Oxford, ils doivent couvrir un des moments forts de la lutte pour les droits civils aux Etats-Unis. James Meredith doit y faire son entrée à l’université, devenant ainsi le premier étudiant noir admis sur le campus, et la tension est à son comble. </p><p>La Garde nationale a été appelée en renfort pour assurer sa protection. Le monde retient son souffle. Plus de 300 journalistes ont fait le déplacement. <strong>Paul Guihard</strong> et <strong>Sammy Schulman</strong>, pour leur part, ne sont sans doute pas très inquiets car ils ne manquent pas d’expérience des situations dangereuses.</p><iframe frameborder="no" height="166" scrolling="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/688939408&amp;color=%23ff5500&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=true&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false&amp;show_teaser=true" width="100%"> </iframe><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-02-dossier.jpg?itok=0T_4EbSr" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-02-dossier.jpg?itok=0T_4EbSr 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-02-dossier.jpg?itok=yvRQdOXx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-02-dossier.jpg?itok=dIBx0UM8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-02-dossier.jpg?itok=GSxx2hIF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-02-dossier.jpg?itok=o5VeIpTM 1245w" alt="image" />(Photo Éric Baradat / AFP)</div><p class="c2"> </p><p dir="ltr"><strong>James</strong> <strong>Meredith</strong>, un vétéran de l'armée de l'air âgé de 29 ans, se battait depuis près d'un et demi devant les tribunaux pour être admis dans cette université, qui refusait les étudiants noirs.  <strong>Paul</strong>, un franco-anglais qui ne se séparait jamais de sa veste en tweed, avait servi dans l’armée britannique.  <strong>Sammy</strong>, installé à New York depuis plusieurs années avait couvert presque 20 ans plus tôt, le débarquement des alliés et la Libération de Paris en tant que photographe militaire américain. En ce dimanche de septembre, ils filent sans le savoir vers une tragédie.</p><p dir="ltr"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-04-kennedy.jpg?itok=laT2lhT7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-04-kennedy.jpg?itok=laT2lhT7 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-04-kennedy.jpg?itok=SOwLqrpj 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-04-kennedy.jpg?itok=Ux2z3rzn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-04-kennedy.jpg?itok=PruYzs0z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-04-kennedy.jpg?itok=66mW0pl2 1245w" alt="image" /></div><p dir="ltr" class="c2"><strong id="docs-internal-guid-06295c7b-7fff-6f92-77d1-b2f67cbed3ef">Photographie prise par Sammy Schulman le  10 décembre 1960, jour du baptême de John F. Kennedy junior</strong></p><p dir="ltr"> </p><p dir="ltr">Le 30 septembre 1962 donc, Schulman et Guihard font donc équipe pour couvrir les émeutes.  </p><p dir="ltr"><strong>Sidna Brower</strong>, la rédactrice en chef du « Mississippian », le journal de l’université, a ouvert les portes des locaux de son journal aux reporters qui couvrent l'événement. Schulman y développait ses clichés, dans la chambre noire, quand un étudiant a ouvert la porte …</p><p>Dans la soirée, le président John F. Kennedy s’était exprimé de manière solennelle, afin d’expliquer sa décision de déployer la Garde nationale pour accompagner Meredith. Alors même qu’il s’adressait aux Américains, les émeutes gagnaient le campus d’Ole Miss. Des centaines d’opposants à la cause des droits civils avaient déferlé, venus d’autres Etats du sud des Etats-Unis, bien décidés à mener <strong><em>“la dernière bataille de la guerre de sécession”</em></strong>, comme l’avaient écrit des reporters couvrant ces événements.</p><p>Non loin d’un dortoir du campus en proie aux échauffourées, un corps gisait à terre, sur le dos. C’était celui de Paul Guihard, découvert par un groupe d’étudiants qui, croyant à une crise cardiaque, tenta même de le ranimer. Dans l’obscurité, ils ne virent pas que sa veste en tweed était imbibée de sang. Guihard, avait été tué d’une balle dans le dos, tirée à moins d’un mètre.   </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-06-nyj-archive.png?itok=cxQlUTj_" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-06-nyj-archive.png?itok=cxQlUTj_ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-06-nyj-archive.png?itok=ZEXSf2Uu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-06-nyj-archive.png?itok=YbY8LL_0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-06-nyj-archive.png?itok=9EloRKg2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/correspondent/who_killed_paul_guihard/ep1/ep1-06-nyj-archive.png?itok=Cbq5Ituc 1245w" alt="image" /></div><p dir="ltr"> </p><p><strong><em>Who killed Paul Guihard ?</em> </strong>a été produit en<strong> </strong>2019 par Laurent Kalfala et l'équipe infographie interactive de l'AFP. Graphisme de Fred Bourgeais, illustrations de David Lory . Edition par Yana Dlugy et Michaëla Cancela-Kieffer. Images d’archives : Cecile Cadel. </p><p dir="ltr"><strong id="docs-internal-guid-92b387c7-7fff-849d-8a5f-21a7de6166e6">Avec <a href="https://olemiss.edu/people/kwickham?id=kwickham">Kathleen Wickham</a>, <a href="https://twitter.com/hankklibanoff">Hank Klibanoff</a>, Sidna Brower, Don Emmert, Michel Nouaillas et Francois Pelou. Archives sonores de la bibliothèque JFK et du film “Deux hommes à Manhattan” de Jean-Pierre Melville. Nos remerciements à Jeffery Reed de <a href="http://taprootaudiodesign.com/">Taproot Studio</a>.</strong></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-qui-tue-le-journaliste-paul-guihard</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-qui-tue-le-journaliste-paul-guihard</guid>
      <pubDate>Fri, 30 Sep 2022 12:08:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Regarder le monde brûler]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Alors que le monde est secoué par des vagues de chaleur, des sécheresses, des incendies et des inondations sans précédent, vous ressentez peut-être vous-même un sentiment croissant de malaise, voire de panique.</p><p>Pour moi, le "<a href="https://making-of.afp.com/climat-le-moment-oh-merde">moment Oh merde !</a>", c’est-à-dire le moment du déclic - quand j’ai ressenti dans mes tripes la gravité de la situation - s'est produit début 2009, deux ans après avoir commencé à couvrir pour l'Agence France-Presse les questions scientifiques et la géopolitique du changement climatique.</p><p>A l'époque, j'avais déjà rendu compte de tout un tas d'études évaluées par des pairs, parlé à des scientifiques, assisté aux sommets des Nations unies sur le climat et interviewé des habitants du Pacifique, dont les îles étaient en train de disparaître sous les flots.  Mais je n’avais pas encore réalisé qu’un réchauffement climatique incontrôlé allait chambouler le monde civilisé, je n’avais pas encore eu cette prise de conscience qui vous frappe tout à coup à l’estomac et vous coupe le souffle.</p><p>Ce coup de massue, il m'est tombé dessus lors d'une conférence à Oxford où un large éventail d'experts s’était vu demander d'imaginer une planète qui se serait réchauffée de quatre degrés Celsius. Le tableau qui en était ressorti était un cauchemar éveillé. J'ai eu l'impression de détenir un savoir terrifiant que les autres, d'une certaine façon, n'arrivaient pas à voir.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32et2lx.jpg?itok=BBduxyA1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32et2lx.jpg?itok=BBduxyA1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32et2lx.jpg?itok=XF7SHBou 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32et2lx.jpg?itok=vNvx8DEQ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32et2lx.jpg?itok=GYlHiSVL 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32et2lx.jpg?itok=32t2n-Um 1245w" alt="image" />Un pompier tente d'empêcher un immense feu de forêt de se propager près de Louchats, dans le sud-ouest de la France, le 17 juillet 2022 (Thibaud Moritz / AFP )</div><p>Ce qui est étrange, car le danger, présent et manifeste, du changement climatique est depuis longtemps très visible. Déjà à la fin du 19e siècle, Svante Arrhenius - le premier prix Nobel de chimie - avait prédit qu'un <a href="https://www.bbvaopenmind.com/en/science/leading-figures/svante-arrhenius-the-man-who-foresaw-climate-change/#:~:text=In%20it%2C%20Arrhenius%20concluded%20that,that%20takes%20place%20during%20glaciations">doublement du CO2 dans l'atmosphère</a> réchaufferait la planète de cinq degrés Celsius, une température invivable. Il n'était pas loin de la vérité.  Il avait même émis une hypothèse sur la façon dont cela pourrait se produire : en brûlant trop de charbon. </p><p>En 1969, le conseiller présidentiel américain et futur sénateur Patrick Moynihan déclarait à l'administration Nixon que le réchauffement climatique pourrait soulever les océans au point de noyer de grandes villes. "<a href="https://www.nixonlibrary.gov/sites/default/files/virtuallibrary/documents/jul10/56.pdf">Adieu New York</a>", écrivait-il dans un mémo. "Adieu Washington, par la même occasion."</p><p>En 1985, l'astrobiologiste <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Wp-WiNXH6hI&amp;t=211s">Carl Sagan</a> avertissait le Congrès américain : "nous léguons des problèmes extrêmement graves à nos enfants alors que le temps pour résoudre ces problèmes - si tant est qu'ils puissent être résolus –, c’est maintenant." Et en 1988, l'année même où James Hansen, scientifique du gouvernement américain, proclamait que le réchauffement de la planète avait commencé, les Nations unies créaient un corps de scientifiques bénévoles - le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) - chargé de tenir informés de la crise les dirigeants mondiaux.</p><p>Quatre ans plus tard, ces derniers étaient suffisamment alarmés pour élaborer un traité visant à lutter contre les "interventions humaines dangereuses pour le système climatique".</p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>Au travail, des collègues me reprochaient la prépondérance d'histoires négatives dans mes articles.  "Nous devons donner de l'espoir aux gens", disait l'un d'eux.</p>
</blockquote>
</aside><p>Et pourtant, la plupart des gens semblaient allègrement ignorer la comète meurtrière qui se dirigeait vers nous. Ils considéraient le changement climatique - pour peu qu'ils le voient - comme une menace évitable et future. Ma diète quotidienne, faite de rapports scientifiques et de projections d’impacts, m'empêchait de regarder ailleurs. Comme le dit Greta Thunberg : si vous regardez l'état de la science, comment pouvez-vous penser à autre chose ?</p><p>De temps en temps, je rencontrais une âme sœur, quelqu'un d'aussi calmement effrayé que moi par la direction que nous prenons.  Mais faire entendre un sentiment total d'effroi n'est pas quelque chose que l'on fait en bonne compagnie, alors je me réfrénais.  Mon seul espace de confiance était la maison, où - soir après soir, année après année - je détaillais les sinistres nouvelles de ma rubrique à ma femme résiliente. Mais il y avait des dégâts collatéraux : j’en frémis aujourd'hui quand je pense au fardeau que j'ai infligé à mes deux filles pendant qu'elles atteignaient l'âge adulte, surtout à la plus jeune.  </p><p>Au travail, des collègues me reprochaient la prépondérance d'histoires négatives dans mes articles.  "Nous devons donner de l'espoir aux gens", disait l'un d'eux. "Tu devrais te concentrer davantage sur les bonnes nouvelles."</p><p class="clear"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1fz0ir_2.jpg?itok=ED0XT93S" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1fz0ir_2.jpg?itok=ED0XT93S 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1fz0ir_2.jpg?itok=BTwspbZr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1fz0ir_2.jpg?itok=MjPH1_Ro 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1fz0ir_2.jpg?itok=lGmnWJni 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1fz0ir_2.jpg?itok=vnSUsuEy 1245w" alt="image" />Des enfants jouent sur de la glace fondue à cause du réchauffement climatique dans le delta du Yukon en Alaska, le 18 avril 2019 (Mark Ralston / AFP )</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1ln494.jpg?itok=cF_J4d5X" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1ln494.jpg?itok=cF_J4d5X 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1ln494.jpg?itok=voYVnVpK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1ln494.jpg?itok=cxrKRP-H 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1ln494.jpg?itok=ruKeEJzx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1ln494.jpg?itok=hCqeROcm 1245w" alt="image" />Un garçon enlevant du pétrole déversé sur la plage d'Itapuama à Cabo de Santo Agostinho, au Brésil, le 21 octobre 2019 (Leo Malafaia / AFP )</div></div><p class="clear"> </p><p class="clear"> </p><p class="clear">Mais il n'y a pas de bonnes nouvelles, du moins pas du côté de la nature ou de la science. </p><p class="clear">Depuis que le monde a décidé collectivement, il y a 30 ans, de régler le problème du climat et de sauver le règne du vivant, tous les indicateurs de la santé planétaire ont dramatiquement empirés. En 2009, les scientifiques ont déterminé neuf "<a href="https://www.nature.com/articles/461472a">limites planétaires</a>" à ne pas franchir. À l'époque, nous avions déjà dépassé la zone de sécurité pour trois d'entre elles : le réchauffement climatique, le taux d'extinction des espèces et l'excès d'azote dans l'environnement (provenant principalement des engrais). Aujourd'hui, nous en avons franchi six, voire sept. Nous recrachons dans l’atmosphère plus de gaz à effet de serre et de pollution de toutes sortes que jamais auparavant.</p><p>Les leitmotiv les plus courants, dans les milliers d'études sur le changement climatique et la dégradation de l'environnement que j'ai examinées au cours des 15 dernières années, sont "pire que nous le pensions", "plus rapide que nous le craignions".    </p><p>Ce qui passe aujourd'hui pour de bonnes nouvelles, ce sont ces objectifs "net zéro" -- annoncés dans un étalage de vertus par les pays et les entreprises -- mais qui reposent davantage sur la plantation d'arbres et des compensations de carbone douteuses que sur une réelle réduction des émissions.</p><p>Dans le domaine scientifique, un flot ininterrompu de projections basées sur l'hypothèse du "nous faisons tout ce qu'il faut" dessinent des voies fantaisistes vers un monde dans lequel la température moyenne à la surface de la Terre ne se réchaufferait jamais de plus de 1,5 degré Celsius par rapport aux niveaux de la fin du XIXe siècle (la température a augmenté de 1,2 °C jusqu'à présent, principalement au cours des 50 dernières années).</p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>Même si nous commençons à injecter des milliers de milliards de dollars pour résoudre le problème, les choses vont empirer - considérablement - avant de commencer à s'améliorer. </p>
</blockquote>
</aside><p>Ces scénarios pétris de bonnes intentions - destinés à montrer tant aux dirigeants qu'aux administrés que nous pouvons encore éviter le pire - sont présentés comme "techniquement réalisables", ce qui signifie qu'ils fonctionnent sur le papier. Mais pas vraiment dans le monde réel des intérêts particuliers et de la pression politique. </p><p>L'année dernière a également été marquée par un enthousiasme débordant pour des solutions de géo-ingénierie - <a href="https://ednh.news/fr/climat-extraire-le-co2-de-latmosphere-nest-plus-en-option/#:~:text=Selon%20une%20%C3%A9tude%20publi%C3%A9e%20en,par%20an%20d'ici%202050.">aspirer le CO2 de l'air</a>, atténuer le rayonnement solaire avec des écrans solaires stratosphériques - qui étaient rejetées il y a dix ans, considérées comme des mesures désespérées et de la dernière chance. C'est peut-être là où nous en sommes.</p><p>Dans son dernier rapport publié au début de l'année, le GIEC a indiqué noir sur blanc qu'il n'y aurait pas de salut climatique sans une contribution majeure de ces technologies et d'autres encore en gestation ou à l'état de prototype.  Nous faisons du patinage sur une glace de plus en plus mince.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9lz484.jpg?itok=5NsiWTaK" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9lz484.jpg?itok=5NsiWTaK 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9lz484.jpg?itok=QvODa9vv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9lz484.jpg?itok=ZScoLGSb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9lz484.jpg?itok=fnEJB5Rk 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9lz484.jpg?itok=k6MEjDiw 1245w" alt="image" />Un ours polaire sur des morceaux de banquise dans l'archipel russe François-Joseph, le 16 août 2021 (Ekaterina Anisimova / AFP )</div><p>Disons-le tout net : le plafond de 1,5 °C fixé par l'accord de Paris pour le réchauffement climatique est un mirage qui s'évapore à l'horizon frappé par la sécheresse. Nous allons le dépasser.  Est-ce que cela signifie la fin du monde ?  Bien sûr que non, mais l'ampleur des dégâts va dépendre de la gravité de notre incursion dans la zone de danger. </p><p>Au-delà d'un certain seuil - et personne ne sait exactement où il se situe - la planète elle-même accélérera considérablement le réchauffement et libérera d'importantes réserves de carbone qui réduiront à néant nos efforts déjà laborieux pour ralentir et finalement arrêter les émissions humaines.  Dans le même temps, nous détruisons rapidement les écosystèmes qui soutiennent la vie sur Terre.  Les océans, les forêts et les sols s'efforcent de maintenir les conditions stables qui ont fait de la Terre un lieu si hospitalier pour notre espèce au cours des 11.000 dernières années, et pourraient brusquement changer de cap et se diriger vers un <a href="https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.1810141115">nouvel équilibre de "serre"</a>, comme cela s'est déjà produit par le passé, préviennent les scientifiques.   </p><p>Ce n'est pas un monde dans lequel nous pouvons vivre. </p><p>Avec les catastrophes amplifiées par le changement climatiques qui se succèdent, la réalité commence à se faire durement sentir dans le monde entier.  Paradoxalement, c’est pour beaucoup rassurant. Les doutes persistants, longtemps entretenus par les grands groupes pétroliers, étant enfin dissipés, un plan Marshall pour le climat est certainement le seul choix rationnel qui nous reste.  Les politiciens sont éveillés, les marchés se sont réveillés.  Mais comprennent-ils vraiment que nous n'avons eu droit qu'à un faible avant-goût de nos impacts déjà incorporés par le système climatique ?  Même si nous commençons à injecter des milliers de milliards de dollars, d'euros et de yuans pour résoudre le problème, les choses vont empirer - considérablement - avant de commencer à s'améliorer. </p><p>Et ça, c'est le scénario optimiste.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_del6237343_2.jpg?itok=0k9jt1oJ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_del6237343_2.jpg?itok=0k9jt1oJ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_del6237343_2.jpg?itok=JRvabgLl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_del6237343_2.jpg?itok=nLsMey2y 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_del6237343_2.jpg?itok=rhlzRQ1i 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_del6237343_2.jpg?itok=eT3enP79 1245w" alt="image" />Un jeune Indien s'accroche à une ligne électrique après une inondation du Gange près d'Allahabad, le 6 août 2013 (Sanjay Kanojia / AFP )</div><p>On n'a pas non plus vraiment compris que la construction d'infrastructures massives pour se protéger contre les moussons irrégulières, les mois de chaleur mortelle, la montée des eaux, les sécheresses extrêmes et les inondations millénales n'est pas une stratégie viable, pas même dans les pays qui regorgent d'argent, de prouesses technologiques et d’une confiance absolue en leurs capacités.</p><p>Mais l'objet de cette complainte est un état d'esprit plus qu'un état de nature : ce que l'on ressent en travaillant dans ce que nous appelons affectueusement "la rubrique fin du monde". Comment porte-t-on ce fardeau ?</p><p>Cette question m'est souvent posée par mes étudiants dans les écoles de journalisme de Paris où j'enseigne. Parfois, j'y réponds par une plaisanterie - du lundi au vendredi, désespoir ; l'espoir, c'est pour le week-end. Ou bien je tente une réponse sérieuse, en expliquant en termes généraux comment les journalistes - et au premier chef les correspondants de guerre - érigent des pare-feu émotionnels contre la cruauté, la souffrance et l'injustice auxquelles ils sont confrontés.  Dans les régions déchirées par la guerre, les éditeurs de photos de l'AFP suivent une formation sur les traumatismes avant de trier les clichés présentant une violence trop explicite pour être publiés.</p><p>Pendant plus d'une douzaine d'années à cette rubrique, je me suis persuadé que ce goutte-à-goutte ininterrompu de sinistrose et de catastrophisme planétaires m'avait laissé émotionnellement indemne.  Le sens de ma mission était mon bouclier : aider les gens à comprendre que le fait de ne pas réparer les dommages causés entraînera des conséquences terribles et irréversibles.  Au fil des années, à la suite de la communauté scientifique, mes articles ont progressivement adopté le langage de la crise existentielle, mais je ne me suis que rarement permis de contempler réellement ce que cela signifiait de revivre l'intensité de mon déclic, ce "moment Oh merde !" originel. Lorsque cela m'arrivait, je serrais les dents jusqu'à ce que la tempête se calme et puis je continuais.     </p><p>Maintenant, le pare-feu s'effrite, et je ne sais pas comment le reconstruire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_qx2ul.jpg?itok=b428ha_j" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_qx2ul.jpg?itok=b428ha_j 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_qx2ul.jpg?itok=EX3eaL_Z 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_qx2ul.jpg?itok=tqfEaOhH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_qx2ul.jpg?itok=zyQwJCOd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_qx2ul.jpg?itok=2cip7Q08 1245w" alt="image" />Des baigneurs regardent un incendie de forêt près d'une plage de Saint-Tropez, dans le sud de la France, le 25 juillet 2017 (Valery Hache / AFP )</div><p>Rétrospectivement, c'est embarrassant de voir combien de temps il m'a fallu pour faire le lien.  Les crises d'anxiété, les nuits sans sommeil, les douleurs nerveuses invalidantes, les éclairs de colère - je les ai longtemps attribués à une constellation banale de problèmes d'argent, d'une opération ratée, de frustrations au travail et d'inquiétudes pour mes enfants.  Tous ces éléments étaient réels, mais ils n'étaient pas la seule cause.</p><p>La <a href="https://making-of.afp.com/lamour-et-la-peur-de-la-mort-aux-temps-du-coronavirus">confrontation avec le Covid</a> - et la prise de conscience de ma propre condition mortelle - au commencement de la pandémie début 2020, m'a obligé à réfléchir sérieusement aux grandes questions de la vie. J'ai retrouvé dès que possible et avec empressement la voie du journalisme au quotidien, mais quelque chose de fondamental avait bougé.  La même année, j'ai été nommé pour un nouveau prix international de journalisme environnemental, qui exigeait la rédaction d'un long essai expliquant pourquoi mon travail était important. Je n'ai pas gagné, mais l'exercice m'a fait réaliser à quel point ma vie avait été enveloppée par ce sujet, devenu une « breaking news » permanente.</p><p>J'ai commencé à consulter un spécialiste des douleurs chroniques, un ancien anesthésiste qui emprunte des outils à la psychanalyse pour aider ses patients à comprendre les sources de leurs souffrances physiques.  Cela a permis de déverrouiller des choses dans quelques recoins plus enfouis, mais le facteur déclenchant le plus évident est resté invisible pour moi.             </p><p>L'année suivante, j'ai à nouveau retenté ma chance pour le prix et j'ai <a href="https://www.afp.com/fr/lagence/communiques-de-presse/le-journaliste-de-lafp-marlowe-hood-remporte-un-prix-prestigieux-sur-lenvironnement">gagné</a>.  Ce fut une agréable surprise, car les journalistes des agences de presse sont rarement sous les feux de la rampe. Mais cela m'a également déstabilisé, pour des raisons que je n'arrive toujours pas à comprendre. À peu près à la même époque, j'ai commencé à réfléchir à ce que signifie vivre dans l'ombre grandissante de l'effondrement de l'environnement, tout comme ma génération s'était recroquevillée, enfant, sous les pupitres de l'école pour se préparer à <a href="https://www.history.com/news/duck-cover-drills-cold-war-arms-race">l'apocalypse nucléaire</a>. Mais je ne ressentais toujours rien d'intime là-dedans.</p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rk8hu.jpg?itok=ini3v-vI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rk8hu.jpg?itok=ini3v-vI 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rk8hu.jpg?itok=ACUwahDz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rk8hu.jpg?itok=NqL7GD14 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rk8hu.jpg?itok=oBixaBZI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rk8hu.jpg?itok=O4M3vfWK 1245w" alt="image" />Des manifestants simulent des funérailles à la nécropole de Glasgow pour symboliser l'échec de la conférence de l'ONU COP26, le 13 novembre 2021 (AFP / Paul Ellis)</div>  <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rf3x4.jpg?itok=PTWRutyp" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rf3x4.jpg?itok=PTWRutyp 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rf3x4.jpg?itok=LqvOO5M6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rf3x4.jpg?itok=ljrpNnMq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rf3x4.jpg?itok=hvMbud89 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_9rf3x4.jpg?itok=YUvkWgBM 1245w" alt="image" />Action de militants d'Extinction Rebellion (XR) lors de la COP26, à Glasgow en Ecosse, le 11 novembre 2021 (Andy Buchanan / AFP )</div></div><p class="clear"> </p><p>Il existe une littérature croissante sur le sujet, qui porte plusieurs noms : anxiété climatique, éco-anxiété ou, dans les cas extrêmes, "doomism" (catastrophisme, ndlr).  Katharine Hayhoe, une éminente climatologue qui voyage aux États-Unis et dans le monde entier pour aider les personnes préoccupées par le changement climatique à trouver du réconfort dans le militantisme, affirme que la prépondérance de ses détracteurs sur les médias sociaux est brusquement passée des climato-négationnistes aux prophètes de malheur, courroucés par son message d'optimisme et d'espoir. </p><p>Ces "doomistes", comme on les appelle, ont été fustigés par les climatologues et les militants qui les considèrent comme plus dangereux que les climato-sceptiques de la vieille école. Mais puisque ces mêmes experts crient sur tous les toits que nous sommes confrontés à une menace d’extinction, ils ne devraient pas être surpris si certaines personnes perdent les pédales.  Au moins, cela signifie qu'ils écoutent.         </p><p>Soyons clair : nous ne pouvons pas nous permettre de nous laisser submerger par les émotions que suscite la menace du changement climatique.  Les enjeux sont trop importants et le temps presse.  C'est pourquoi les personnes chargées de la communication stratégique sur le réchauffement de la planète - les Nations unies, les groupes écologistes, les scientifiques et, peut-être, les médias - sont sur la corde raide.</p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>Ce n'est pas mon travail - ni celui d'aucun journaliste - de fabriquer de l'espoir.  Le faire serait non seulement manipulateur, mais aussi intellectuellement malhonnête.</p>
</blockquote>
</aside><p>Ils veulent effrayer suffisamment les gens pour qu'ils prennent le problème au sérieux, mais pas trop pour qu'ils ne se sentent pas désespérés. Dans le même temps, ils veulent rassurer les gens sur la possibilité d'un avenir certain sur le plan climatique, mais juste ce qu'il faut pour ne pas tomber dans l'excès d'optimisme. </p><p>Je me suis retrouvé tiraillé par le même dilemme lorsque j'ai commencé à donner un cours sur le changement climatique.  J'ai immédiatement ressenti le poids des attentes des étudiants. Ils étaient comme des patients anxieux craignant un diagnostic, et j'étais le médecin leur disant de se préparer aux mauvaises nouvelles.  En plaisantant à moitié, j'ai commencé au début de chaque semestre par un "trigger warning", c'est-à-dire un message d'avertissement pour contenu potentiellement traumatisant. </p><p>Une brèche est apparue dans la sagesse populaire selon laquelle une plongée profonde dans la sinistrose climatique ne fait qu'inciter les gens à abandonner ou à détourner le regard.  En 2018, j'ai rencontré des membres fondateurs d’Extinction Rebellion (XR) alors naissante, qui utilisaient des actes flamboyants de désobéissance civile pour mettre en lumière l'inaction en matière de réchauffement climatique. Depuis, XR est présente dans le monde entier. </p><p>La formation commence par un cours accéléré sur la science du climat mettant en évidence la façon dont nous avons fait basculer la Terre dans une période rarissime d'extinction massive, qui n'épargne pas les humains.  Cela signifie qu'on peut s'autoriser à être émotionnellement bouleversé et à faire le deuil de ce qui est et de ce qui sera perdu.  "Aujourd'hui, je vois à peu près tout à travers le prisme du changement climatique", m'a confié un membre.  Les militants de XR, en d'autres termes, ne sont pas paralysés par leur profonde appréhension.  Au contraire, accepter et accueillir notre sombre avenir les a transformés en une armée de guerriers climatiques implacables.    </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1js3wb.jpg?itok=mLZ9GzuJ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1js3wb.jpg?itok=mLZ9GzuJ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1js3wb.jpg?itok=fF6eDG42 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1js3wb.jpg?itok=1qsi2Gld 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1js3wb.jpg?itok=RsH98A0v 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1js3wb.jpg?itok=ITAXLIJ2 1245w" alt="image" />Un agriculteur brésilien traverse une zone dévastée par un incendie dans une forêt tropicale près de Porto Velho, dans l'État de Rondonia, le 26 août 2019 (Carl De Souza / AFP )</div><p>À un niveau humain, je souhaite désespérément offrir une vision encourageante à mes étudiants et aux personnes qui lisent mes articles, à fournir les preuves que nous pouvons éviter – et que nous éviterons – le pire. Mais ce n'est pas mon travail - ni celui d'aucun journaliste - de fabriquer de l'espoir.  Le faire serait non seulement manipulateur, mais aussi intellectuellement malhonnête.</p><p>Cela peut aussi s'avérer contreproductif.  Étant donné le sentiment d’urgence que je ressens face à la crise climatique, j'aspire à dénoncer explicitement ce que je sais être nuisible ou erroné, et à défendre ce que je pense être la bonne ligne de conduite. Mais agir à partir de cette aspiration, quand bien même ce serait possible dans le cadre strict de l'AFP, serait une erreur.</p><p>"En fait, les journalistes en savent plus que quiconque - même que la plupart des scientifiques - sur l'ampleur réelle de la menace", m'a dit il y a quelques années l'écologiste Bill McKibben à qui je faisais part de ma frustration. "Mais si vous devenez un partisan, cela sera utilisé pour saper tout ce que vous écrivez", a ajouté l'auteur de "The End of Nature". </p><p>La justesse d'esprit, la neutralité - et surtout la perception de ces qualités - sont le fondement de notre crédibilité en tant qu'organes d'information. </p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>Plus que jamais, le monde a besoin d'un journalisme fondé sur des faits incontestables, même si les informations sont parfois ignorées ou déformées.</p>
</blockquote>
</aside><p>Notre cœur de métier comporte une analyse nuancée des raisons pour lesquelles quelque chose s'est produit (ou pourrait se produire), mais elle ne franchit pas la limite entre "ce qui est" et "ce qui devrait être". Plus que jamais, le monde a besoin d'un journalisme fondé sur des faits incontestables, même si les informations sont parfois ignorées ou déformées.</p><p>J'ai récemment interviewé un trio d'acteurs de premier plan dans le domaine du climat, sans me rendre compte à quel point j'étais inconsciemment à la recherche de conseils sur la façon de m'en sortir. Tous avaient été aux prises avec les problèmes qui me faisaient lentement perdre pied, et chacun avait des conseils de sagesse à partager.   </p><p>En tant que professeur des Sciences de la Terre, Johan Rockström a contribué à redéfinir la compréhension de notre relation avec la planète. Il est également un défenseur infatigable de l'action en faveur du climat, qu'il s'agisse de se faire entendre des élites mondiales à Davos ou de témoigner dans son émission spéciale <a href="https://www.netflix.com/title/81336476">"Breaking Boundaries"</a> sur Netflix.  Au cours d'une conversation sur son concept d'"espace de fonctionnement sûr" (Safe Operating Space, en anglais) pour l'activité humaine, je l'ai piégé avec une question personnelle.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/32hr2la.jpg?itok=jVL78p-U" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/32hr2la.jpg?itok=jVL78p-U 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/32hr2la.jpg?itok=yxqt_m0m 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/32hr2la.jpg?itok=fYqxH2eq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/32hr2la.jpg?itok=3qs0UKRP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/32hr2la.jpg?itok=14IyrDU9 1245w" alt="image" /></div> <p>"En 2009, nous avions déjà franchi trois limites planétaires, aujourd'hui nous en avons dépassé sept", lui ai-je dit. "Comment pouvez-vous ne pas vous sentir désespéré ?"</p><p>"Je me sens définitivement très, très inquiet et frustré", m’a-t-il répondu, un peu déstabilisé. "Au moment précis où nous avons besoin d'une biosphère résiliente, nous sommes en train de la perdre. Si nous nous éloignons trop des limites planétaires, les rétroactions de la Terre commenceront à amplifier notre trajectoire de manière irréversible vers un monde à quatre, cinq ou six degrés." Longue pause.</p><p>"Comment pouvons-nous rester concentrés de manière constructive sur la petite lueur qui est là ?" s’est-il interrogé, alors que j'étais suspendu à chacun de ses mots. "Pour commencer, quel choix avons-nous ?" Les sombres avertissements de Rockström ne sont rassurants que dans la mesure où ils confirment mes raisons d'être morose.  Et si je ne doute pas de la véracité du dicton de Churchill - "Je suis un optimiste ; cela ne me semble pas très utile d'être autre chose" - ce n'est guère suffisant pour me remonter le moral.</p><p>En revanche, passer deux heures avec l'invincible optimiste Katharine Hayhoe fut un véritable shoot d’endorphine. Comme Rockström, Hayhoe est une climatologue de haut niveau qui passe beaucoup de temps sur la route à répandre la Bonne Nouvelle de l'action climatique, notamment dans l'Amérique profonde. Travaillant en étroite collaboration avec des spécialistes des sciences sociales, son objectif primordial est de "faire en sorte que tous ceux qui sont inquiets s'activent... aujourd'hui, la plupart des gens sont déjà inquiets face au changement climatique. Mais nous ne savons pas quoi faire".</p></div><p>Hayhoe n'enjolive pas la situation : "Notre civilisation a été construite pour un climat qui n'existe plus. Chaque aspect de notre vie sur Terre est menacé par le changement climatique." Mais elle déborde d'optimisme et d'espoir, ce qui, précise-t-elle, n'est pas la même chose. Quand on n'a pas de soucis, on peut quand même être optimiste et penser que l'avenir sera aussi bon, voire meilleur. "On n'a besoin d'espoir que lorsque les choses ne vont pas bien. L'espoir vient de la souffrance", explique-t-elle.</p><p>Plusieurs sources abreuvent le réservoir d'espoir exceptionnellement grand de Mme Hayhoe : la science, une vision charitable de la nature humaine et sa profonde foi chrétienne.  "Grâce à la science, je sais viscéralement que ce que nous faisons a une incidence", confie-t-elle, notant qu'en l'espace d'une décennie les engagements en matière de réduction des émissions ont permis de ramener les projections de la température à la surface de la Terre à la fin du siècle de 5 °C à 3 °C par rapport à la référence préindustrielle. </p><p>Insuffisant, mais déjà une énorme différence. "La science montre que chaque petit morceau compte, et c'est en fait une chose plutôt encourageante".</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_gs8vt.jpg?itok=N6SKMnGj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_gs8vt.jpg?itok=N6SKMnGj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_gs8vt.jpg?itok=j57lRU_N 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_gs8vt.jpg?itok=h8nNz5cj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_gs8vt.jpg?itok=pvSgwHlH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_gs8vt.jpg?itok=pQBBsfV6 1245w" alt="image" />La climatologue Katharine Hayhoe s'entretient avec l'acteur Leonardo DiCaprio à Washington, le 3 octobre 2016 (Mandel Ngan / AFP )</div><p>Hayhoe pense qu'un déclic – un "moment Oh merde !" - collectif, provoqué par le type de catastrophes météorologiques extrêmes qui deviennent rapidement la nouvelle norme, fera passer l'action climatique à la vitesse supérieure.  "Si l'on tient compte de la façon dont les humains réagissent, socialement, aux catastrophes, nous pourrions atteindre l'objectif des 2°C", dit-elle, citant l'obtention du droit de vote et des droits civiques par les femmes comme des changements majeurs rendus possibles par une évolution rapide des valeurs.</p><p>Hayhoe a certainement raison de dire que ce sont les masses qui exigent et adoptent des changements profonds qui peuvent nous sauver, mais je ne partage pas sa confiance dans le fait que nos meilleurs anges prévaudront lorsque les choses deviendront vraiment difficiles. A d'autres égards toutefois, ses mots ont été une bouée de sauvetage.</p><p>Bien qu'elle ne s'appesantisse pas sur le sujet, la colère a clairement été un puissant moteur pour elle. Hayhoe et sa famille ont déménagé en Colombie lorsqu'elle avait neuf ans.  "En premier lieu, ce qui m'a poussée à devenir une scientifique du climat, c'est l'injustice de la situation", se souvient-elle, le changement climatique frappant le plus durement ceux qui en sont le moins responsables.  "Si vous vivez dans un pays à faible revenu, quand une catastrophe se produit, vous savez à quoi cela ressemble, et c'est très différent d'ici."</p><p>Ce que j'ai également trouvé réconfortant, c'est son idée simple selon laquelle vous n'avez pas à porter le fardeau seul.  "Il y a un million de mains sur le rocher, et si je devais retirer la mienne un petit moment, ce n'est pas grave - quelqu'un d'autre est là." Un muscle tendu en permanence à l'arrière de mon cou s'est alors un peu décontracté.</p><p>Mais c'est le troisième entretien qui m'a vraiment fait tourner la tête.  C'était comme une séance de psychanalyse, et je ne savais même pas que j'étais sur le divan.</p><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1nf7x0.jpg?itok=JjXKuvaX" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1nf7x0.jpg?itok=JjXKuvaX 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1nf7x0.jpg?itok=GwWmXvud 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1nf7x0.jpg?itok=a2lK0LdN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1nf7x0.jpg?itok=heNwyMUV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_1nf7x0.jpg?itok=rA-0W7ph 1245w" alt="image" />Des kangourous tentent d'échapper à un feu de brousse à Snowy Valley, en Australie, le 4 janvier 2020 (Saeed Khan / AFP)</div><p>Clover Hogan est une experte de l'anxiété climatique, et a créé une ONG - <a href="https://www.forceofnature.xyz/">Force of Nature</a> - en 2019 pour s'attaquer à ses conséquences, notamment chez les jeunes.  "Nous sommes confrontés non seulement à une crise climatique, mais aussi à une crise de santé mentale", m'a-t-elle dit alors que nous nous tenions au milieu d'enfants jouant dans un parc parisien.</p><p>La source de cette anxiété, a-t-elle rapidement compris, est autant le sentiment que l'humanité se dirige en somnambule vers le bord d'une falaise que ce qui pourrait se passer lorsque nous y arriverons.  "Nous menons des programmes qui aident les jeunes à convertir leur éco-anxiété en action".</p></div><p class="clear">Pendant son enfance dans l'Australie rurale, Hogan avait pour meilleure amie la nature. </p><p class="clear">Et en regardant des documentaires, elle a réalisé combien le monde qu'elle chérissait était menacé. Elle avait 11 ans. Elle s'est lancée dans l'activisme environnemental et, à 16 ans, elle s'est retrouvée au sommet de la COP21 à Paris. L'un des événements auxquels elle a assisté était un haut lieu de l’écoblanchiment, autrement dit du greenwashing: le Forum de l'innovation durable, financé par BMW, Coca Cola et Shell. "Je me souviens avoir pensé que c'était comme aller à une conférence sur le cancer du poumon sponsorisée par (le géant du tabac) Philip Morris", dit-elle. </p><p>Au début de son adolescence, Hogan a tenu l'éco-anxiété à distance en étant "implacablement optimiste, positive et déterminée."  Et puis, en novembre 2019, "tout s'est écroulé".  C'était l'année de "l'été noir" australien, des incendies incontrôlables qui ont réduit en cendres de grands pans de ses souvenirs d'enfance et environ deux milliards d'animaux sauvages. "J'ai commencé à pleurer spontanément", a déclaré Hogan. "Je pleurais en allant au travail... Je m'effondrais au milieu des réunions. Je faisais des rêves apocalyptiques."</p><p>"Je pense que le désespoir est la seule réponse rationnelle. Mais nous avons peur de ressentir la douleur et le déchirement du cœur. La peur est que si j'ouvre la porte à ce déchirement, alors je n'en sortirai jamais."  Cependant, lorsqu'elle a vu son pays en flammes, quelque chose a craqué. "J'ai dû m'abandonner à ce chagrin.  Mais ce faisant, j'ai trouvé une énorme quantité d'amour, de passion et de détermination, et j'ai compris qu'il ne s'agit pas de moi ou de vous, mais de tout le monde. Il s'agit de l'avenir de la planète."</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/EjA5GHJufZE" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p>Clover Hogan reproche aux journalistes comme moi d'avoir échoué dans leur couverture de la crise climatique.  Les médias ont (enfin) appris à tirer la sonnette d'alarme et à parler de l'ampleur du danger. "C'est comme être frappé par un train. Mais nous ne disposons pas des compétences, des connaissances ou des outils nécessaires pour nous demander ce que nous pouvons faire", m’a-t-elle dit. "Beaucoup de journalistes ne considèrent pas cela comme leur responsabilité ; ils considèrent que leur travail consiste à rapporter les faits de la manière la plus objective possible. Ils ne pensent pas à l'impact de ce qu'ils disent."</p><p>Dans ma quête de conseils climatiques, je me suis également tourné vers un vieil homme espiègle qui avait mis une tempête dans mon crâne lors d'une interview en 2009.  James Lovelock, qui est décédé cet été le jour de son 103e anniversaire, a inventé la machine qui a révélé que nous faisions par inadvertance des trous dans la couche d'ozone et qui a conçu une expérience pour la NASA afin de prouver que Mars est dépourvue de vie.</p><p>Mais on se souviendra surtout de lui pour Gaïa, sa théorie - révolutionnaire dans les années 1970 - selon laquelle la Terre est un système autorégulé qui tend vers la stabilité, une "planète vivante" dans laquelle tout joue un rôle. C'est pourquoi, par exemple, les océans et les forêts - qui s'efforcent de maintenir l'équilibre de la Terre - ont absorbé pendant des décennies la moitié de notre pollution au carbone, alors même que les émissions de CO2 augmentaient de plus de 50%.  Aujourd'hui, c'est du B.A.-ba des sciences de la Terre.  Mais Lovelock était également convaincu que Gaïa avait une finalité, une hypothèse qui reste très controversée.</p><p>"Je pense que le but est tout simplement de maintenir l'habitabilité, et que la sélection naturelle y veille. Toute espèce sur la planète qui affecte négativement le climat, affecte négativement sa propre progéniture et - selon le darwinisme - aura tendance à être éliminée", m’a-t-il expliqué.</p><p>Il y a longtemps que Lovelock a décidé que l'humanité avait raté le coche du changement climatique et que notre espèce était condamnée à voir son nombre diminuer considérablement.  Deux ans avant sa mort, son point de vue n'avait pas beaucoup changé.  "Si nous ne faisons pas quelque chose, nous serons retranchés de la planète", m'avait-il dit.</p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32ff2pr.jpg?itok=Dml7NR3g" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32ff2pr.jpg?itok=Dml7NR3g 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32ff2pr.jpg?itok=ms17sfsx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32ff2pr.jpg?itok=VaiMb_cx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32ff2pr.jpg?itok=TAsn90Fi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_32ff2pr.jpg?itok=WzWaG171 1245w" alt="image" />Une forêt brûlée près de Mariposa, en Californie, le 24 juillet 2022 (David Mcnew / AFP )</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_par2524357_1.jpg?itok=KOClqn03" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_par2524357_1.jpg?itok=KOClqn03 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_par2524357_1.jpg?itok=80jR87SV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_par2524357_1.jpg?itok=WD9-o5yK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_par2524357_1.jpg?itok=iXTMZvPz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/marlowe_climate_change/000_par2524357_1.jpg?itok=oWWPjqIt 1245w" alt="image" />Des volontaires tentent de dégager un barrage rempli de plastique près de Krichim, en Bulgarie, le 25 avril 2009 (Dimitar Dilkoff / AFP )</div></div><p class="clear"> </p><p class="clear"> </p><p>Lovelock adoptait une perspective olympienne - il aimait le point de vue depuis l'espace – pour contempler l'humanité, « ce pauvre acteur qui s’agite et parade une heure sur la scène » du monde. « Nous sommes comme d'autres espèces avant nous qui ont massivement changé l'environnement de la planète entière... Les photosynthétiseurs, lorsqu'ils ont produit de l'oxygène pour la première fois (il y a plus de 2,5 milliards d'années), étaient des organismes dévastateurs et nuisibles qui ont tué des pans entiers d'autres espèces. »</p><p>Puis les algues marines produisant un composé organique chargé de soufre, probablement à l'origine de la couche de glace qui a recouvert notre planète il y a plus de 650 millions d'années. "Et puis arrivent les humains avec une intelligence communicante", a-t-il ajouté. "Cela a eu des effets dévastateurs sur la planète, et nous en sommes témoins.  Mais si la planète peut s'adapter, et si nous pouvons nous adapter, cela pourrait finalement faire de Gaïa une planète intelligente, la première de la galaxie." </p><p>En d'autres termes, même si des milliards de nos semblables périssent, "ceux qui survivent pourraient avoir une meilleure planète pour vivre."</p><p>Alors, où est-ce que tout cela me mène ?  À un niveau personnel, je réalise que je ne peux plus que chroniquer, jour après jour, la destruction accélérée de la nature et la tempête climatique qui s'amorce, comme je l'ai fait depuis 2007.  Ce n'est pas de l'épuisement professionnel, du burn-out, c'est de l'auto-préservation.  Il y a maintenant une légion de reporters pour prendre ma place.  Je ne peux pas non plus me résoudre à croire, une fois de plus, que les négociations des Nations unies sur le climat déboucheront sur autre chose qu'une amère déception agrémentée de juste assez de progrès pour empêcher le processus de s'effondrer.</p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>Que vous le vouliez ou non, la réalité du changement climatique va empiéter sur nos vies, corps et âme. Accrochez-vous !</p>
</blockquote>
</aside><p>Le sommet des Nations unies sur le climat de Charm el-Cheikh - le 27e depuis 1995, et mon 11e - sera mon dernier.  Quant à la bataille entre l'espoir et le désespoir, je ne trouve aucun réconfort dans la vision de Lovelock d'un "bon Anthropocène" émergeant des ruines d'un monde ravagé par le climat, et je n'ai pas la moindre idée de ce que signifie partager la foi de Hayhoe, qui pense que nous parviendrons envers et contre tout à éviter la catastrophe.</p><p>Mais le pessimisme n'implique pas nécessairement de se retirer dans les Alpes et de relever le pont-levis.  Je suis toujours stimulé par la colère - contre les mensonges, les demi-mensonges, la cupidité, et surtout les souffrances supplémentaires qu'ils entraîneront dans un monde de plus en plus inégal et injuste.</p><p>"L'espoir est un verbe actif", a déclaré M. Hogan. "Nous continuons à nous précipiter vers l'effondrement du climat. C'est ce que dit la science.  Mais il faut être prêt à tenir les deux vérités, à tenir l'espoir et le désespoir dans le même souffle. Ce ne sont pas les extrémités polaires d'un spectre, c'est une seule et même chose."</p><p>Plus important encore, où tout cela vous mène-t-il, vous ?  Vous n'y avez peut-être pas beaucoup réfléchi, et vous n'en avez peut-être pas envie.  Mais que vous le vouliez ou non, la réalité du changement climatique va empiéter sur nos vies, corps et âme. Accrochez-vous !</p><p><em>Texte traduit en français par Benjamin Legendre et édité par Jessica Lopez</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/regarder-le-monde-bruler</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/regarder-le-monde-bruler</guid>
      <pubDate>Fri, 16 Sep 2022 18:06:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: Younès Boucif, de Rouen à Hollywood]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Notre série de podcasts <strong>Slow Fil</strong> part à la rencontre de <strong>Younès Boucif</strong>. Au printemps, il a crevé l'écran dans la série de Netflix sur le stand-up en France, <strong id="docs-internal-guid-e250b6e1-7fff-cf9a-03ef-70e003fb1f43">“</strong>Drôle<strong id="docs-internal-guid-c7337bee-7fff-01c6-c334-289214ee4d94">”</strong>.</p><p>Younès Boucif est acteur, mais - le saviez-vous ? - il est aussi rappeur, auteur de textes soignés, artiste éclectique qui a dans ses bagages deux master, en droit et en création littéraire. ll sera prochainement à l’affiche d’un film américain aux côtés de stars de Hollywood comme Laura Dern.</p><p>Dans cet entretien avec Antoine Boyer, Younès Boucif, qui met en avant ses origines algériennes, revient sur son parcours et son expérience en tant que jeune arabe dans le milieu du cinéma et dans la société française en général: <em>“Le racisme, il est latent en France (...) c’est quelque chose d’implicite, dans la façon de te parler, dans la manière de te toucher”</em>. Le rappeur de 27 ans évoque aussi son prochain album prévu pour  l’automne, qui parle beaucoup d’identité(s).</p><p>La série <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil/playlist/slow-fil">Slow Fil</a> est produite par l'équipe de la cellule audio de l'<a href="https://www.afp.com/">Agence France-Presse</a>. Pour ne manquer aucun entretien et écouter d'autres podcasts, abonnez-vous à <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil">Sur le Fil</a>, notre podcast d'actualité. </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-younes-boucif-de-rouen-hollywood</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-younes-boucif-de-rouen-hollywood</guid>
      <pubDate>Sun, 28 Aug 2022 18:16:08 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: Younès Boucif, de Rennes à Hollywood]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Notre série de podcasts <strong>Slow Fil</strong> part à la rencontre de <strong>Younès Boucif</strong>. Au printemps, il a crevé l'écran dans la série de Netflix sur le stand-up en France, <strong id="docs-internal-guid-e250b6e1-7fff-cf9a-03ef-70e003fb1f43">“</strong>Drôle<strong id="docs-internal-guid-c7337bee-7fff-01c6-c334-289214ee4d94">”</strong>.</p><p>Younès Boucif est acteur, mais - le saviez-vous ? - il est aussi rappeur, auteur de textes soignés, artiste éclectique qui a dans ses bagages deux master, en droit et en création littéraire. ll sera prochainement à l’affiche d’un film américain aux côtés de stars de Hollywood comme Laura Dern.</p><p>Dans cet entretien avec Antoine Boyer, Younès Boucif, qui met en avant ses origines algériennes, revient sur son parcours et son expérience en tant que jeune arabe dans le milieu du cinéma et dans la société française en général: <em>“Le racisme, il est latent en France (...) c’est quelque chose d’implicite, dans la façon de te parler, dans la manière de te toucher”</em>. Le rappeur de 27 ans évoque aussi son prochain album prévu pour  l’automne, qui parle beaucoup d’identité(s).</p><p>La série <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil/playlist/slow-fil">Slow Fil</a> est produite par l'équipe de la cellule audio de l'<a href="https://www.afp.com/">Agence France-Presse</a>. Pour ne manquer aucun entretien et écouter d'autres podcasts, abonnez-vous à <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil">Sur le Fil</a>, notre podcast d'actualité. </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-younes-boucif-de-rennes-hollywood</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-younes-boucif-de-rennes-hollywood</guid>
      <pubDate>Sun, 28 Aug 2022 10:00:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: ces algorithmes qui nous gouvernent]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La série de podcasts <strong>Slow Fil</strong> fait étape dans l'univers fascinant et parfois inquiétant des algorithmes avec <strong>Guillaume Chaslot</strong>, lanceur d'alerte sur les excès de la tech.</p><p>Cet ingénieur spécialiste en intelligence artificielle qui a notamment travaillé chez Google a vécu aux début des années 2010 à Los Angeles l'âge d'or de la tech, quand Google, YouTube ou encore Facebook se développaient à vive allure. L’ambiance était à l’euphorie et les développeurs comme Guillaume Chaslot pensaient qu’ils allaient changer le monde, en permettant à tous d’échanger et de s’instruire sans frontières.</p><p>Il s'est soucié très tôt des conséquences des algorithmes de recommandation de contenu des réseaux sociaux, réalisant qu'ils enfermaient les utilisateurs dans des "bulles de filtre", qui leur proposaient toujours les mêmes contenus.  En 2016, après avoir quitté Google, Guillaume Chaslot a réalisé que ces algorithmes favorisaient aussi des contenus toxiques  comme les théories du complot. Il a créé un robot informatique qui a permis de démontrer cette mécanique.  </p><p>Rendez-vous tous les samedi du mois d'août pour des entretiens en longueur avec des personnalités jeunes et inspirantes.  Le 27 août nous écouterons Younès Boucif, acteur et rappeur.  Pour ne manquer aucun entretien et écouter d'autres podcasts, abonnez-vous à <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil">Sur le Fil</a>, le podcast d'actualité de l'<a href="https://www.afp.com/">Agence France-Presse</a>.</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-ces-algorithmes-qui-nous-gouvernent</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-ces-algorithmes-qui-nous-gouvernent</guid>
      <pubDate>Sun, 21 Aug 2022 10:10:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: interview dans l'espace de Jessica Watkins, astronaute]]></title>
      <description><![CDATA[<div id="heading" class="second-nav ha-header-small ha-header-perspective ha-header-front nav-wrapper container group"><p>les coulisses de l'info</p></div><div id="post-wrapper" class="fullwidth ha-waypoint post-container"><div class="main-post"><p>In this screengrab provided by AFPTV on August 9, 2022, US astronaut Jessica Watkins speaks during an interview from the Columbus module of the International Space Station. - If you had a choice, which would you prefer: go to the Moon, or to Mars? This question, purely theoretical for the vast majority of people, resonates differently for Jessica Watkins, an astronaut at NASA. At 34, the American has her entire career ahead of her, and could very well be one of the first women to set foot on the Moon, in the coming years. (Photo by AFPTV / AFP) (AFP / -)</p><article role="article" data-article-type="" class="node node--article node--promoted node--full node--article--full format-standard full-content post type-post status-publish has-post-thumbnail hentry enable-pin-share selection-share-on node--full node--article--full format-standard full-content post type-post status-publish has-post-thumbnail hentry enable-pin-share selection-share-on"><div class="content-header-single"><p> Dimanche 14 août 2022</p></div><div class="article-entry clearfix"><p>Nous poursuivons la série de podcasts <strong>Slow Fil</strong> avec un entretien dans l'espace. A 34 ans, l'astronaute de la Nasa Jessica Watkins a répondu aux questions de l’AFP dans un entretien en apesanteur, depuis la Station Spatiale Internationale (ISS), 400 kilomètres au-dessus de nos têtes.</p><p>Cette géologue de formation pourrait bien atterrir un jour sur la Lune, voire sur Mars. <strong>Jessica Watkins</strong> est la première femme noire envoyée pour une longue mission sur l’ISS.</p><p>Jessica Watkins a grandi entourée des montagnes du Colorado, un Etat de l’ouest américain. Petite déjà, elle voulait  devenir astronaute. “Mais honnêtement, je n’ai jamais vraiment pensé que ça arriverait un jour”, confie-t-elle aujourd’hui. </p><p>Entretien réalisé par <strong>Lucie Aubourg</strong> et <strong>Antoine Boyer</strong>.  Pour écouter ces interviews et d'autres podcasts, abonnez-vous à <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil">Sur le Fil</a>, le podcast d'actualité de l'<a href="https://www.afp.com/">Agence France-Presse</a>.</p><p>On vous donne rendez-vous tous les samedi du mois d'août pour des entretiens en longueur. Le 20 août, nous recevrons Guillaume Chaslot, l'un des premiers lanceurs d'alertes sur les excès de la tech, pour plonger dans l'univers fascinant et parfois inquiétant des algorithmes.  Vous pouvez aussi retrouver tous les entretiens sur la playlist de <strong><a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil/playlist/slow-fil">Slow Fil</a></strong>. </p></div></article><p><a href="https://making-of.afp.com/podcast-slow-fil-recoit-emilienne-malfatto-romanciere-et-reporter-de-guerre" class="post prev-post">Article précédent
<h3 class="post-title">Podcast: Slow fil reçoit Emilienne Malfatto, romancière et reporter de guerre</h3>
</a></p></div></div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-interview-dans-lespace-de-jessica-watkins-astronaute</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-interview-dans-lespace-de-jessica-watkins-astronaute</guid>
      <pubDate>Sun, 14 Aug 2022 10:58:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: Slow fil reçoit Emilienne Malfatto, romancière et reporter de guerre]]></title>
      <description><![CDATA[<p>L'équipe de Sur le Fil, le podcast d'actualité de l'AFP, a créé une série pour l'été, <strong>Slow Fil</strong>, pour partir à la rencontre de personnalités inspirantes, qui ont déjà beaucoup accompli en dépit de leur jeune âge.</p><p>Notre première invitée est <strong>Emilienne Malfatto</strong>, écrivaine, reporter de guerre et photographe. A 32 ans elle a déjà décroché le prix Goncourt du premier roman en 2021 et le prix Albert Londres, la plus prestigieuse des récompenses pour les journalistes en France.  </p><p>Nous l'avons rencontrée au Jardin des Plantes de Montpellier, l'une des villes de cette journaliste nomade... et découvert une jeune femme débordante de vie, dont la joie tranche avec les sujets douloureux qu'elle évoque dans ses livres. </p><p>Pour écouter tous nos entretiens, abonnez-vous à <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil">Sur le Fil</a>, le podcast d'actualité de l'AFP. Rendez-vous tous les samedi du mois d'août ! Le 13 août, nous recevrons Jessica Watkins, astronaute américaine qui nous a fait l'honneur d'un entretien depuis la Station spatiale internationale. Vous pouvez aussi retrouver les entretiens sur la playlist de <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil/playlist/slow-fil">Slow Fil</a>. </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-slow-fil-recoit-emilienne-malfatto-romanciere-et-reporter-de-guerre</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-slow-fil-recoit-emilienne-malfatto-romanciere-et-reporter-de-guerre</guid>
      <pubDate>Sun, 07 Aug 2022 11:12:07 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Une conversation inachevée]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La dernière fois que j’ai vu Dom Phillips c’était le 30 avril, après un concert de Gilberto Gil, la légende de la musique brésilienne. Sans nous concerter, nous avions acheté des billets pour le voir à Salvador, charmante ville portuaire du nord-est du Brésil où il résidait.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32bz69l.jpg?itok=aIZxcljH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32bz69l.jpg?itok=aIZxcljH 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32bz69l.jpg?itok=5wgLqYdZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32bz69l.jpg?itok=Sci7oXlt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32bz69l.jpg?itok=156fcXhI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32bz69l.jpg?itok=5d-hixxo 1245w" alt="image" />Le journaliste britannique Dom Phillips à Waiki, village de la tribu des Yekuana, dans l’Etat de Roraima au Brésil, le 13 novembre 2019 (Joao LAET / AFP)</div><p>Le jour suivant, nous sommes sortis Dom, son épouse Alê, la mienne Raika, et moi. Il pleuvait quand nous sommes arrivés au restaurant, les tables de la terrasse étaient trempées. Ma femme et moi avions choisi l’endroit et j’ai pensé : « La soirée commence bien… » Mais la pluie s’est arrêtée et ce fut une soirée magique, nous étions très heureux d’être ensemble et nous avons beaucoup ri.</p><p>Nous sommes restés jusqu’à la fermeture. C’était super de pouvoir rattraper le temps perdu car je n’avais presque plus vu Dom depuis son déménagement de Rio à Salvador, où il s’était installé pour se rapprocher de la famille de son épouse.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tz.jpg?itok=-Nql8ksC" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tz.jpg?itok=-Nql8ksC 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tz.jpg?itok=ucfckKsq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tz.jpg?itok=0a4d7X5e 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tz.jpg?itok=M_TmzdJK 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tz.jpg?itok=BkSdQRsH 1245w" alt="image" />Une vue d’Atalaia do Norte, sur le fleuve Itaguai, dans l’Etat d’Amazonas au Brésil, le 9 juin 2022 (Joao Laet / AFP)</div><p>Nous avons parlé de nos projets. Il travaillait à un livre sur l’Amazonie et moi je projetais un nouveau voyage dans cette région. Comme souvent, on avait beaucoup de préoccupations en commun. Lui se préparait pour un voyage dans l’Acre, un Etat du nord du Brésil, pour voir une communauté indigène avec les derniers descendants des Incas. Moi, je m’apprêtais à filmer la vie des Kayapos, un peuple indigène qui défend son territoire des chercheurs d’or clandestins.</p><p>« Viens avec moi», lui ai-je dit. « Je ne peux pas, j’ai le livre », m’a-t-il répondu. « Il est quasiment terminé ». Nous avons alors pensé à de futures collaborations.</p><p>J'avais connu Dom en 2019, nous avions collaboré pour Le Guardian. Il écrivait un article sur la pratique très fréquente du "blanchiment de bétail", lorsque les ranchs auxquels les autorités environnementales ont interdit d'exporter leur bétail pour avoir détruit la forêt, transfèrent leurs bovins vers une ferme "propre", non frappée de sanction.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/9pp63r.jpg?itok=iGmmC8Hy" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/9pp63r.jpg?itok=iGmmC8Hy 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/9pp63r.jpg?itok=8fbIq-Xc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/9pp63r.jpg?itok=tj09rRI9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/9pp63r.jpg?itok=DpAEwFUT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/9pp63r.jpg?itok=h98IFJ-m 1245w" alt="image" />Du bétail sur une route de la ville amazonienne de Sao Felix do Xingu, dans l’Etat de Pará au Brésil, le 22 septembre 2021 (Mauro PIMENTEL / AFP)</div><p>Nous nous étions rendus à Sao Felix do Xingu, au cœur d’une région brésilienne d'élevage, pour visiter les ranchs sanctionnés afin de vérifier qu'ils étaient toujours en activité. Je prenais les photos.  C'était une histoire compliquée, car cette région peut être violente, sans loi, et les propriétaires de ranchs n'aiment généralement pas que des étrangers viennent fouiner.</p><p>En fait, couvrir les crimes environnementaux est dangereux dans toute l'Amazonie. Et la situation a empiré depuis l’élection de Jair Bolsonaro, dont le gouvernement a sapé les organismes de protection environnementale.</p><p>Ce fut notre premier voyage réalisé ensemble en Amazonie. Nous sommes devenus amis tout de suite. Nous partagions la même passion pour la forêt tropicale. Il vivait à Rio à l'époque et nous nous retrouvions souvent pour boire un verre dans des petits bars. Il connaissait toujours les endroits où la bière était la moins chère et la nourriture la meilleure.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yh.jpg?itok=5gWn-7Xj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yh.jpg?itok=5gWn-7Xj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yh.jpg?itok=HJyAvD9D 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yh.jpg?itok=qUY3wW7K 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yh.jpg?itok=GrqI5yTR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yh.jpg?itok=Czd0F1aD 1245w" alt="image" />Dom Philipps lors d’un reportage dans le village de Maloca Papií, dans l’Etat de Roraima au Brésil, le 16 novembre 2019 (Joao LAET / AFP)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yj.jpg?itok=iEulR2oT" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yj.jpg?itok=iEulR2oT 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yj.jpg?itok=NoH9ue8T 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yj.jpg?itok=-6rKypWs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yj.jpg?itok=zFvQcSYf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cl6yj.jpg?itok=onrRV6lG 1245w" alt="image" />Dom Philipps (au centre) lors d’un reportage dans le village de Maloca Papií, dans l’Etat de Roraima au Brésil, le 16 novembre 2019 (Joao LAET / AFP)</div></div><p class="clear">Dom était très chaleureux et avait un grand sens de l’humour. Je me souviens qu’il m’a un jour consolé quand aucun média ne voulait d’un de mes reportages : « João, certaines histoires sont comme ça : seuls nous les apprécions ».</p><p>Le dernier travail que nous avons fait ensemble, pour le Guardian, portait sur les mines d'or illégales qui détruisent la réserve indigène Yanomami, la plus grande du Brésil. C'était un voyage incroyable. Nous avons visité deux communautés qui avaient été envahies par les « garimpeiros », comme on appelle les chercheurs d'or, et nous nous sommes également rendus dans le camp minier. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/1k97yo.jpg?itok=xim07otF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/1k97yo.jpg?itok=xim07otF 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/1k97yo.jpg?itok=iyc-JJjU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/1k97yo.jpg?itok=8nKEiC9Z 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/1k97yo.jpg?itok=J67xByAv 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/1k97yo.jpg?itok=3BnMDsU- 1245w" alt="image" />Des chercheurs d'or répondent aux questions de l'AFP après une manifestation à Itaituba, dans l'Etat de Para au Brésil, le 13 septembre 2019 (Nelson ALMEIDA / AFP)</div><p>Dom voulait comprendre le point de vue des mineurs, car il ne les voyait pas comme des méchants mais comme de pauvres gens qui essayaient de gagner leur vie. Chaque fois qu’il écrivait une histoire sur quelque chose de négatif, il essayait de trouver un angle positif pour équilibrer. Cela a été une vraie leçon.</p><p>Le voyage que j'avais prévu lorsque j'ai rencontré Dom a duré quatre semaines, bien plus longtemps que je ne le pensais. À mon retour, il avait terminé son propre voyage et était reparti, cette fois avec l'expert des peuples indigènes Bruno Pereira, dans la vallée de Javari, à la frontière avec le Pérou et la Colombie.</p><p>Dom admirait son travail avec les peuples indigènes de cette région, qui compte la plus forte concentration de tribus non-contactées de la planète, car il les aidait à protéger leurs terres contre l'exploitation forestière et minière illégales et le braconnage.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32d46wa.jpg?itok=6O7x9OGN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32d46wa.jpg?itok=6O7x9OGN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32d46wa.jpg?itok=MVrbjgvJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32d46wa.jpg?itok=XU9fogvB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32d46wa.jpg?itok=Z5qJ38Uf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32d46wa.jpg?itok=2S47jg8q 1245w" alt="image" />Manifestation à Sao Paulo après le meurtre de Dom Phillips et Bruno Pereira, le 23 juin 2022 (Nelson ALMEIDA / AFP)</div><p>Je ne savais même pas que Dom était dans la vallée de Javari. Je l'ai découvert quand sa femme, Alê,  m'a appelé lundi 6 juin, paniquée. "João, j'ai besoin de ton aide", a-t-elle dit. "Je ne sais pas où est Dom. Il devrait déjà être rentré".</p><p>"Ne t’inquiète pas", lui ai-je répondu, "je reviens d'un voyage de quatre semaines qui était censé durer deux semaines, cela arrive en Amazonie."</p><p>"Mais il avait un téléphone satellite", m’a-t-elle dit. J'ai commencé alors à m'inquiéter moi aussi. S'il avait un téléphone satellite, il aurait dû être joignable. Quelque chose n'allait pas.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tq.jpg?itok=K9YompXZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tq.jpg?itok=K9YompXZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tq.jpg?itok=Iq7DTV-c 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tq.jpg?itok=VJxH7vYr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tq.jpg?itok=F_HmwUY0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ca8tq.jpg?itok=uCn9RSAZ 1245w" alt="image" />Un hélicoptère survole le 10 juin 2022 la zone d’Atalaia do Norte, sur le fleuve Itaguai, dans l’Etat d’Amazonas au Brésil, après la disparition du journaliste Dom Phillips et de l’expert Bruno Pereira (Joao LAET / AFP)</div><p>Le jour suivant, sa disparition était une nouvelle mondiale. L'AFP m'a appelé pour me demander si j'avais des photos de Dom.  Lors de nos voyages ensemble, nous prenions toujours des photos l’un de l'autre pour le plaisir. J'ai appelé Alê pour lui demander son accord avant la publication. "Certainement. Plus il y a de gens qui voient l'histoire, mieux c'est", m’a-t-elle répondu.  </p><p>Les photos ont été publiées dans le monde entier. J’ai toujours pensé que ces photos étaient comme des photos de famille. Et soudain, elles étaient partout.</p><p>Carl de Souza, le responsable AFP de la photographie au Brésil, m'a appelé le lendemain pour me demander de me rendre dans la vallée de Javari pour couvrir les recherches.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cc29x.jpg?itok=LXgJyYED" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cc29x.jpg?itok=LXgJyYED 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cc29x.jpg?itok=98SAjBJ9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cc29x.jpg?itok=44VM_ayX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cc29x.jpg?itok=O4Pu-pLd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cc29x.jpg?itok=7T9y7fCm 1245w" alt="image" />Une patrouille de policiers et de pompiers quitte Atalaia do Norte à la recherche de Bruno Pereira et Dom Phillips, le 11 juin 2022 (Joao LAET / AFP)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97z.jpg?itok=O7M_ufG8" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97z.jpg?itok=O7M_ufG8 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97z.jpg?itok=GPk0hM58 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97z.jpg?itok=YAHgGry_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97z.jpg?itok=QGDD-0II 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97z.jpg?itok=KmDev-nD 1245w" alt="image" />Recherches pour retrouver les corps de Dom Phillips et Bruno Pereira, à Atalaia do Norte, le 15 juin 2022 (Joao LAET / AFP)</div></div><p class="clear">Je suis freelance et en temps normal je suis heureux de recevoir une proposition de l'AFP, car c'est une grande agence qui a une portée mondiale. Mais cette fois je me suis senti triste, même si je ressentais le besoin d’y être.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zn.jpg?itok=ur2Md-61" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zn.jpg?itok=ur2Md-61 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zn.jpg?itok=jVk9UbPU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zn.jpg?itok=SUfDTXLl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zn.jpg?itok=y-z0HI7r 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zn.jpg?itok=iXmvO3Ki 1245w" alt="image" />Des membres de l'Union des peuples indigènes de la vallée du Javari participent aux recherches du journaliste Dom Phillips et de l'expert Bruno Pereira, le 13 juin 2022 (Joao LAET / AFP)</div><p>Je suis donc parti de Rio et j'ai suivi le même itinéraire que Dom avait emprunté une semaine auparavant : j'ai pris l'avion pour Manaus, puis pour Tabatinga, puis un bateau sur le fleuve Amazone, et enfin une voiture pour Atalaia do Norte, la ville d'où Bruno et lui étaient partis le 2 juin.</p><p>J'ai commencé à travailler tout de suite. Ce n'était pas facile, la forêt est dense et nous avons travaillé tous les jours. Nous étions sales et trempés de sueur jusqu'à tard dans la nuit.</p></div><p class="clear"> </p><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zk.jpg?itok=IkuUdLTI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zk.jpg?itok=IkuUdLTI 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zk.jpg?itok=9paby5CJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zk.jpg?itok=q9Sd1a68 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zk.jpg?itok=iEayWdVJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32cf7zk.jpg?itok=xTFiyJOA 1245w" alt="image" />Un membre de l'Union des peuples indigènes de la vallée du Javari participe aux recherches du journaliste Dom Phillips et de l'expert, le 13 juin 2022 (Joao LAET / AFP)</div><p>Une nuit, j'ai campé dans la forêt avec les volontaires indigènes qui menaient les recherches. J’essayais de garder de l'espoir mais j’avais des sentiments très mitigés et je pleurais tous les jours.</p><p>Il était difficile de savoir d’où les informations viendraient : des méandres des eaux brunes où se déroulaient les recherches, ou de la ville, où les enquêteurs interrogeaient les premiers suspects, des braconniers qui auraient pu vouloir se venger du travail de Bruno Pereira contre les crimes environnementaux sur les terres indigènes. Ironiquement, comme il l’avait fait pour les « garimpeiros », Dom voulait aussi raconter leur histoire.</p></div><p class="clear">Comme dans une grande partie de la région amazonienne, à Atalaia, la connexion internet se fait par satellite. Le maire, dont le bureau dispose de la meilleure connexion, a gentiment partagé son wifi avec les médias du monde entier qui étaient venus dans cette petite ville isolée.</p><p>Mais l'envoi de photos prenait des heures et celui de vidéos encore davantage. Il y a eu des moments où j'ai eu envie de m'arracher les cheveux en regardant l'indicateur du "pourcentage de téléchargement". Mon anxiété n'a pas rendu les choses plus faciles. Il y a eu des moments où j'ai cru que j'allais sombrer dans la dépression.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ch8w2.jpg?itok=fnSzCvLZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ch8w2.jpg?itok=fnSzCvLZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ch8w2.jpg?itok=FxcpCNYM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ch8w2.jpg?itok=FnUSx9-X 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ch8w2.jpg?itok=yG10MhH4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ch8w2.jpg?itok=KjjTem9R 1245w" alt="image" />Des agents de la police fédérale brésilienne lors des opérations de recherche des corps de Dom Phillips et Bruno Pereira, le 15 juin 2022, à Atalaia do Norte (Joao LAET / AFP)</div><p>Lentement, les pièces du puzzle ont commencé à se mettre en place. Les autorités, dirigées par une habile équipe de recherche indigène, ont d'abord trouvé le sac à dos de Dom, la carte d’assurance maladie de Bruno et d'autres effets personnels, puis ce qui ressemblait à une tombe, et enfin leurs corps.</p><p>C'est le genre de chose que vous ne voudriez jamais photographier. Mais en même temps, je voulais faire le travail du mieux que je pouvais, je m’étais engagé à couvrir l'histoire jusqu'au bout. J'étais l'un des premiers journalistes à arriver et l'un des derniers à repartir, plus de deux semaines plus tard.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97y.jpg?itok=mCpx4oxU" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97y.jpg?itok=mCpx4oxU 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97y.jpg?itok=OsY2fCbi 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97y.jpg?itok=nA3_zByg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97y.jpg?itok=hcQKQXkI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck97y.jpg?itok=zO9Ca8WE 1245w" alt="image" />Recherches pour retrouver les corps de Dom Phillips et Bruno Pereira, à Atalaia do Norte, le 15 juin 2022 (Joao LAET / AFP)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck96h.jpg?itok=-cI_lblY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck96h.jpg?itok=-cI_lblY 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck96h.jpg?itok=RBNmmHBO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck96h.jpg?itok=JlIkBPvR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck96h.jpg?itok=age-HgqS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ck96h.jpg?itok=vx86CA2R 1245w" alt="image" />La police fédérale arrive à Atalaia do Norte, le 15 juin 2022. (Joao LAET / AFP)</div></div><p class="clear">Mes photos ont été publiées dans le monde entier. Cela a été difficile à vivre.  Je suis heureux de ce succès, mais j'aurais aimé que ce soit pour une autre histoire. C'était comme un coup de pied dans l'estomac.</p><p class="clear"> </p><p>Je continue de penser à cette nuit à Salvador, quand Dom et moi étions sur le point de partir pour nos voyages respectifs en Amazonie. "Faites attention à vous deux", ont dit nos femmes. "A bientôt", nous nous sommes dit en nous serrant dans les bras pour se dire au revoir.</p><p>Nous étions censés nous retrouver pour partager les expériences de ces voyages. J’aurais aimé tout entendre de son voyage à la recherche des descendants des Incas. Il aimait l'histoire. Je suis sûr qu'il est revenu avec des histoires incroyables. Je voulais aussi lui raconter mon voyage avec les Kayapos, mes quatre semaines passées à vivre comme un chasseur-cueilleur dans la forêt tropicale, les photos incroyables que j'ai prises de guerriers indigènes arrêtant une bande de « garimpeiros ». Nous aurions eu tant de choses à nous dire.</p><p>Le plus dur, c'est cette conversation inachevée.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ce82k.jpg?itok=pNKnUvbg" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ce82k.jpg?itok=pNKnUvbg 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ce82k.jpg?itok=AUhDUKpb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ce82k.jpg?itok=IYxMCO7f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ce82k.jpg?itok=MPjJ5wt6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/32ce82k.jpg?itok=hschv6On 1245w" alt="image" />Le journaliste britannique Dom Phillips lors d'un reportage dans le village de Maloca Papiu, dans l'État de Roraima, au Brésil, le 15 novembre 2019 (Joao LAET / AFP)</div><p>Mais Dom voudrait que cette histoire finisse bien. Je préfère donc terminer en disant l’espoir que suscitent toutes ces communautés indigènes qui font tout pour sauver l'Amazonie face à un gouvernement hostile. Je vais passer le reste de ma vie à raconter cette histoire. J'ai maintenant une autre bonne raison de le faire.</p><p class="c2"><em>João Laet est photojournaliste au Brésil. Edition anglaise par Joshua Howat Berger à Rio de Janeiro. Edition française par Jessica Lopez.</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/une-conversation-inachevee</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/une-conversation-inachevee</guid>
      <pubDate>Thu, 07 Jul 2022 12:40:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Quand les secondes durent des heures]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Oli Scarff travaillait sur son ordinateur entre deux épreuves des Mondiaux de natation à Budapest quand il a réalisé qu'un drame était en train de se jouer. Prises à l'aide d'un robot télécommandé, ses photos subaquatiques exclusives du sauvetage de la nageuse américaine Anita Alvarez par sa coach Andrea Fuentes ont fait le tour du monde.</strong></p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32cz9rc.jpg?itok=Wzsv1_1h" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32cz9rc.jpg?itok=Wzsv1_1h 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_32cz9rc.jpg?itok=zgwIyJe9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_32cz9rc.jpg?itok=Ne8cE5MZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_32cz9rc.jpg?itok=wh68EOmM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_32cz9rc.jpg?itok=Y_nwfR2S 1245w" alt="image" />L'américaine Anita Alvarez en pleine compétition aux Mondiaux de natation, le 22 juin 2022, avant son malaise (AFP / Oli Scarff)</div><p><strong>Budapest –</strong> Mercredi 22 juin dans l'après-midi, les Championnats du monde de natation suivent leur cours dans le bassin du complexe Alfred-Hajos de Budapest, quand Anita Alvarez perd connaissance et coule à pic juste après avoir achevé sa performance en finale de natation synchronisée solo libre.</p><p>Oli Scarff est en tribune de presse, en train de trier les photos qu'il vient de prendre.</p><p>"Tout d'un coup, j'ai perçu une certaine agitation. J'ai levé la tête et vu que l'entraîneure d'Anita était dans l'eau. J'ai regardé vers où elle nageait et aperçu une forme sombre au fond de la piscine", témoigne-t-il.</p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8bd.jpg?itok=Yyskx86f" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8bd.jpg?itok=Yyskx86f 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8bd.jpg?itok=YNQIF47d 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8bd.jpg?itok=GcWr7AF_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8bd.jpg?itok=_DuNZ8mK 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8bd.jpg?itok=8zzVUMZs 1245w" alt="image" />(AFP / Oli Scarff)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nm_1.jpg?itok=MlVP2ivS" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nm_1.jpg?itok=MlVP2ivS 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nm_1.jpg?itok=4zhDkK61 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nm_1.jpg?itok=iD_xtBMT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nm_1.jpg?itok=YMFdPPXx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nm_1.jpg?itok=de5qdkIB 1245w" alt="image" /></div></div><p class="clear"> </p><p>Pour couvrir l'épreuve, ce Britannique de 41 ans, un des quatre photographes de l'AFP couvrant la compétition, a installé un appareil photo télécommandé au fond du bassin. Il a le réflexe de regarder l'écran de contrôle et de saisir le manette de jeu vidéo qui active l'appareil. </p><p>"Le robot était resté en position, je n'ai eu qu'à baisser un peu l'angle de prise de vue vers le fond de la piscine. Ensuite j'ai pu photographier tout le processus de sauvetage en manipulant le robot. J'ai probablement pris 100 photos…", indique-t-il.</p><p>Ses images du sauvetage sont reprises par une multitude de médias à travers le monde. Durant 24 heures, elles occupent cinq des six premières places des contenus les plus populaires sur Facebook parmi les grands médias occidentaux.</p><p>Elles montrent Anita Alvarez inanimée par trois mètres de fond, puis Andrea Fuentes la rejoignant, et enfin la hissant à la surface.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nn.jpg?itok=9lJi_wS6" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nn.jpg?itok=9lJi_wS6 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nn.jpg?itok=9JZnXn8U 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nn.jpg?itok=i2G7JJAd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nn.jpg?itok=8c1Td6mm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_32cz8nn.jpg?itok=QhW6t54O 1245w" alt="image" />L'entraineure américaine Andrea Fuentes (à gauche) porte secours à la nageuse Anita Alvarez (au centre) après son malaise lors des Mondiaux de natation à Budapest le 22 juin 2022. (AFP / Peter Kohalmi)</div><p>Développée par un photographe de l'AFP, François-Xavier Marit, depuis les Jeux olympiques d'Athènes de 2004, la pratique de la photographie subaquatique d'épreuves sportives a depuis été adoptée par plusieurs autres grands médias.</p><p>Mais ce jour-là, seul Oli Scarff est en place.</p><p>Pour autant, il fait le choix de ne pas diffuser immédiatement ses photos. "Je sentais que c'était une histoire importante, mais on ne savait pas dans quel état se trouvait Anita".</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32d73y8.jpg?itok=mVd_PMB3" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32d73y8.jpg?itok=mVd_PMB3 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_32d73y8.jpg?itok=BKm0OGHT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_32d73y8.jpg?itok=I79nOmvc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_32d73y8.jpg?itok=Wa1orsgz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_32d73y8.jpg?itok=CRneDDNz 1245w" alt="image" />La nageuse américaine Anita Alvarez (au centre) enlacée par ses coéquipières le 24 juin 2022 à Budapest, deux jours après son malaise dans la piscine lors d'une compétition des Mondiaux de natation (AFP / Peter Kohalmi)</div><p>Heureusement, "on a eu assez rapidement une annonce du speaker disant qu'Anita était en soins, puis un peu plus tard qu'elle allait bien et que son état était stable. C'est à ce moment qu'on a décidé de passer les images".</p><p>Sur la centaine de photo prises, il en conserve huit, couvrant toute la séquence. La sélection sera complétée par deux images prises hors de l'eau par un autre photographe de l'AFP, Peter Kohalmi.</p><p>Au moment de la prise de vue, Oli Scarff a fait le choix d'un plan large, qu'il a également maintenu au moment de l'édition. "J'ai décidé de ne pas zoomer dans la photo afin de montrer à quel point Anita était isolée au fond de la piscine", perdue dans un océan de bleu.</p><p>Acclamé pour son travail, Oli Scarff a aussi eu droit à un hommage de l'intéressée. "Au début, j'étais choquée. Je ne m'attendais pas à ce que quelque chose comme ça soit publié", a déclaré la nageuse américaine de 25 ans au quotidien espagnol El País. </p><p>"Mais ensuite, j'ai regardé les choses du bon côté. Maintenant, je trouve que les photos sont belles d'une certaine manière. Me voir comme ça sous l'eau, si paisible, si calme, et de voir Andrea plonger avec son bras tendu en essayant de m'atteindre, comme une super-héroïne…", a-t-elle ajouté. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_9gc6cg.jpg?itok=56qzn2Dz" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_9gc6cg.jpg?itok=56qzn2Dz 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_9gc6cg.jpg?itok=P_bZwKxH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_9gc6cg.jpg?itok=0tXqEr_R 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_9gc6cg.jpg?itok=LHGASxrE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_9gc6cg.jpg?itok=4f1g3-Xb 1245w" alt="image" />Un robot subaquatique renfermant un appareil photo télécommandé, installé par le photographe AFP François-Xavier Marit lors des Jeux Olympiques de Tokyo, le 26 juillet 2021 (AFP / Francois-Xavier Marit)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32d729z.jpg?itok=j9C9_DyN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_32d729z.jpg?itok=j9C9_DyN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_32d729z.jpg?itok=m7tmeuCZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_32d729z.jpg?itok=6Ai20Jk_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_32d729z.jpg?itok=rwMa5RpC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_32d729z.jpg?itok=e8G298x7 1245w" alt="image" />Le photographe de l'AFP Oli Scarff utilisant le robot subaquatique, le 24 juin 2022 lors des Mondiaux de natation à Budapest (AFP / Francois-Xavier Marit)</div><p>Basé dans le nord de l'Angleterre et collaborateur de l'AFP depuis 2014, Oli Scarff, n'en reste pas moins "secoué" par l'incident.</p><p>"Mon expérience m'a amené dans des endroits où il était un peu dangereux de faire des photos, mais on y est préparé mentalement. Là ce n'était pas le cas du tout, j'étais juste préparé à faire de belles photos et d'un coup d'un seul je me retrouve à photographier quelqu'un à deux doigts de perdre la vie."</p><p>"C'était choquant parce qu'on est passé sans transition de quelque chose de magnifique, la natation artistique, une performance athlétique incroyable qui donne des photos super, à une séquence où quelqu'un frôle la mort. Tout le monde regardait à travers le miroir de l'eau, mais moi je le voyais en toute netteté sur l'écran, en direct", rappelle-t-il.</p><p>Sitôt Anita Alvarez tirée de l'eau et jugée hors de danger, les épreuves se sont poursuivies. "Il y a eu une nageuse autrichienne puis une Grecque. Sa bande musicale était +The show must go on+. Juste après cet incident, ça faisait une effet assez étrange", souligne le photographe, qui a déjà couvert plusieurs grandes compétitions de natation par le passé.</p><p><em>Texte et interview par Philippe Schwab. Edition par Fiachra Gibbons et Jessica Lopez. </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/quand-les-secondes-durent-des-heures</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/quand-les-secondes-durent-des-heures</guid>
      <pubDate>Mon, 27 Jun 2022 15:16:13 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Confinés, testés, surveillés... : à Shanghai, deux mois de cauchemar "zéro Covid"]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Deux mois d'un confinement éreintant à Shanghai, prudemment levé cette semaine, ont transformé la mégapole la plus effervescente de Chine en une ville fantôme dystopique, où les habitants disent avoir souffert pour sauver la politique</strong> “<strong>zéro Covid</strong>”<strong> du gouvernement. </strong></p><p><strong>Shanghai -</strong> Tous les jours, avec mon chat, je me suis installée à la fenêtre pour observer une ville de 25 millions d'habitants réduite à un coin de rue, ma caméra constamment tournée vers cette unique ouverture, de deux mètres carrés, sur le monde extérieur. </p><p>A partir du 30 mars, cloîtrée à la maison, j'ai raconté le confinement draconien de Shanghai. Par la fenêtre ouverte, l'inquiétant silence était parfois rompu par les sirènes hurlantes des ambulances conduisant à l'hôpital des malades du Covid, et le chant des oiseaux dont on avait oublié l'existence dans le bourdonnement de cette grouillante mégapole. Dans la rue, seule<span> la</span> patrouille solitaire d'un policier en combinaison de protection, ou un rare ballet de livreurs circulant à scooter, rompaient cette étrange quiétude. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=RdkpObDS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=D0L2Rog- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=UFPY7Gqc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=LEvwPWzG 1245w" alt="image" />​Chambre avec vue (limitée): la caméra de Vivian Lin et son chat ((AFP / Vivian Lin))</div><p>Mais sur les réseaux sociaux et par téléphone, j'ai été témoin de la spirale vers le chaos de la ville chinoise la plus moderne, la plus internationale et la plus importante économiquement. De gens à court de nourriture, de patients non-Covid n'ayant pas accès aux soins médicaux urgents, et de l'éruption de la colère. Plus de deux ans après le début de la pandémie, la Chine reste en guerre contre un virus avec lequel le reste du monde essaie d'apprendre à vivre. Et ses habitants sont une préoccupation secondaire. </p><p>Ces deux derniers mois, Shanghai a été confrontée à la plus grosse vague de Covid en Chine depuis Wuhan en 2020. C'est aussi la plus grande menace à la politique de Pékin du “zéro Covid” : un vaste arsenal de mesures pour limiter les infections au minimum, depuis le traçage, les tests et l'isolement des cas positifs jusqu'à la mise en quarantaine de la population générale. Selon les données officielles, Shanghai a enregistré 25.000 cas par jour au pic de la vague épidémique en avril. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=psnMh1gE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=BXYhtHq5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=eJPPVJCY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=1du7BR6F 1245w" alt="image" />Des travailleurs en tenue de protection attendant d'intervenir après la détection de nouveaux cas de Covid à Shanghai le 14 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Le monde depuis mon téléphone </strong></p><p>En étant coincée chez moi, je n'ai bien-sûr pas vu tout cela personnellement. A la place, j'ai observé ce qui se passait à travers les yeux de millions d'autres sur les réseaux sociaux. Mes collègues et moi-même avons passé des centaines d'heures à écumer internet pour nous tenir au courant de tout, sans égards pour notre santé mentale. </p><p>Des posts sur le confinement ont inondé WeChat et Weibo, les principales plateformes de réseaux sociaux en Chine. Les gens ont partagé informations, images, vidéos, mèmes, et rumeurs entre amis et au sein de groupes, le tout sous l'oeil vigilant et permanent des censeurs chinois d'internet. Souvent, ce qui était jugé  “inapproprié” était immédiatement supprimé. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=v2qHHT_3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=uwHvXyFO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=_Xyra4pR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=rnpcxqTq 1245w" alt="image" />Le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Mais même sur l'internet chinois, beaucoup de posts sont devenus viraux. Une mère effondrée sanglotant près du corps de son enfant mort à qui on avait refusé selon elle un traitement médical; des bébés positifs au Covid séparés de leurs parents s'ils étaient négatifs; un chien Corgi battu à mort après le transfert de son propriétaire vers un centre de quarantaine; des chiens robots munis de mégaphones intimant aux gens de rester cloîtrés ou de se faire tester; des drones de surveillance; la colère contre les restrictions d'habitants tapant sur des casseroles et des pots depuis leurs balcons... </p><p>Certains épisodes viraux ont été immortalisés dans une vidéo intitulée “Voix d'avril” et publiée un soir très tard le mois dernier. Des internautes, en Chine et au-delà, ont abondamment partagé cette vidéo, et elle s'est répandue à une telle vitesse que les censeurs n'ont pu la supprimer.  Elle a maintenant quasiment disparu des réseaux sociaux en Chine mais elle peut toujours être visionnée sur YouTube avec des sous-titres en anglais.  </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UtJzvJBZZ4M" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"><strong>Comment en sommes-nous arrivés là ?</strong></p><p>Depuis 2020, le gouvernement central chinois a brandi une stratégie de “zéro Covid”, permettant de limiter le nombre officiel de décès à quelque 5.000 personnes, un bilan infime par rapport au million de morts atteint aux Etats-Unis. </p><p>Les autorités chinoises ont rapidement pris des mesures drastiques à chaque résurgence épidémique. Dans de nombreuses villes, cela s'est traduit par des confinements. Mais cela ne s'était jamais produit à Shanghai, épicentre de la finance et du commerce international en Chine. Les autorités à Shanghai avaient toujours opté pour une approche “quadrillée”, localisant les zones à risque pour des confinements courts et ciblés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=NrwuCpjH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=6I66gKe_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=LAYEdggI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=zTc-96aQ 1245w" alt="image" />Un responsable local contrôle le respect du confinement dans le district de Pudong, à Shanghai, le 8 mars 2022. (AFP / Hector Retamal)</div><p>A la mi-mars, il y avait 5.000 cas à Shanghai, un chiffre très élevé selon les normes chinoises. Mais même à ce moment-là, le gouvernement local avait dit : “Shanghai ne sera pas confinée, et elle n'a pas besoin d'être confinée”.</p><p>Alors que la pression montait de la part du gouvernement central à Pékin pour contrôler l'épidémie, Shanghai avait annoncé un confinement partiel en deux phases devant démarrer le 28 mars : quatre jours dans l'est (Pudong) puis quatre jours dans l'ouest (Puxi). Mais le 1er avril,  la première phase ne s'était pas achevée que la seconde commençait et Shanghai est entrée dans un confinement total. Poisson d'avril, avions-nous ri. Cela aura finalement duré deux mois. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PET5cC4RhSc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_les_habitants_de_shanghai_confines_les_rues_de_la_ville_desertes_afp" width="640"> </iframe><p>Shanghai n'était pas équipée pour gérer un confinement de cette ampleur. Par téléphone, mes collègues et moi-même avons parlé à tous ceux qui ont pris de plein fouet ce confinement: un fils désespéré dont la mère atteinte d'un cancer du poumon a été privée de séances de chimiothérapie faute de place à l'hôpital; un habitant envoyé en centre de quarantaine avec d'autres personnes testées positives alors qu'il venait de guérir du Covid, un employé confiné depuis le début dans son bureau...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=nsGF34sF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=NiWLj-Gd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=zrB3XQJ0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=ilwMWIoP 1245w" alt="image" />Des habitants montent à bord d'une ambulance dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"><strong id="docs-internal-guid-973d54d7-7fff-4691-6ea9-d542467b6a3c">‘Les Grands blancs’:  l'autorité sans visage</strong></p><p>J'ai vu peu de choses par ma fenêtre. Mais par chance, j'ai pu filmer quelques “Grands blancs” dans la rue en train de désinfecter, tester, patrouiller.</p><p>Les “Grands blancs” sont couverts des pieds à la tête d'une combinaison de protection anti-Covid blanche et bleue. Il peut s'agir de personnel médical, de volontaires, de travailleurs d'origine rurale ou même de la police. Sous cette tenue de protection homogène, le visage couvert d'un masque, les “Grands blancs” gèrent le confinement sous une même entité autoritaire sans nom ni identité. Ils sont des centaines de milliers et sont devenus le symbole de la pandémie à Shanghai, à la fois craints et respectés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=ctZQodpe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=gBdtnX4F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=BGkxYVzf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=orCDew5y 1245w" alt="image" />Des habitants du district de Jing' an à Shanghai se font tester contre le Covid le 4 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les “Grands blancs” s'exposent à des risques en faisant leur travail et sont de ce fait loués à la fois par les habitants et par la propagande pour leur rôle en première ligne : distribuer de la nourriture, dépister et transporter les malades. Mais au fil des jours, nous avons commencé à découvrir une autre facette. Des vidéos en ligne ont montré des “Grands blancs” bousculer violemment des habitants refusant de se plier aux ordres, donner des coups de pied dans des portes closes pour emmener de force des gens en quarantaine, traîner par le bras ou les jambes des gens en train de hurler pour les faire monter dans des bus.</p><p>Dans certains cas, il semble que la tenue de “Grand blanc” ait enhardi certains à faire des choses qu'ils n'auraient jamais faites si leur identité avait été connue.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=p8dXDzZ6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=lbD4KOzN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=A8W79VIg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=UpuhjfMM 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" déchargent un camion rempli de provisions à Shanghai (AFP / Str)</div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p dir="ltr" class="c2"><strong id="docs-internal-guid-579d9496-7fff-beea-75f8-db8a02c55107">Le confinement</strong></p><p>Selon la politique officielle, les communautés résidentielles dans lesquelles vivent la plupart des gens à Shanghai, doivent être confinées 14 jours si un seul cas de Covid y est recensé. Puis, théoriquement, le niveau de risque est abaissé et les gens peuvent sortir. Mais dans la réalité, très peu de gens ont l'autorisation de quitter leur résidence, pris dans l'étau de la bureaucratie chinoise. Les vrais gardiens de notre liberté de circulation sont une strate de cette bureaucratie, appelée “comité de quartier”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=yaqHDL1f 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=vAyX2TWu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=OBPCemvq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=fk1PGqDk 1245w" alt="image" />Photo prise derrière la clôture d'une résidence confinée dans le district de Jing'an à Shanghai le 19 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les confinements sont mis en oeuvre par les comités de quartier. Les politiques gouvernementales officielles sont en général strictes, détaillées et très claires, mais quand elles sont appliquées en bas de l'échelle bureaucratique, cela devient opaque. </p><p>Les comités de quartier font souvent appliquer les lois d'une manière plus conservatrice que la ligne officielle car cela les rassure. Et en matière de Covid, si un cas est recensé dans leur zone de compétence, ce sont eux qui portent le chapeau. Or personne ne veut être jugé responsable d'une faille à la politique “zéro Covid”.</p><p>Fin avril, lorsque Shanghai a annoncé que les gens à faible risque pouvaient sortir, certains comités de quartier ont commencé à remettre des laissez-passer permettant de quitter sa résidence, mais d'autres ont dit qu'une seule personne par foyer pouvait sortir une fois par jour. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=0ybmRFcv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=SmZVljFG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=tzAOn4kN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=roqB_RIg 1245w" alt="image" />Un habitant s'approvisionne en nourriture auprès d'un livreur à un checkpoint dans le district de Jing'an à Shanghai, le 13 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>La nourriture est vite devenue un problème, la plupart des habitants pensant que le confinement n'excéderait pas quatre jours. </p><p>Le gouvernement a distribué des vivres mais il y a eu des incohérences. Certains ont raconté avoir reçu une dizaine de colis de légumes frais, de viande, de nouilles, d'huile de cuisson, de papier toilette, quand d'autres n'ont eu que des légumes. Certains ont juste reçu des oeufs et des biscuits. D'autres sont tombés malades après avoir mangé de la nourriture périmée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=PNQ0iweR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=My6I3lD9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=iYvJN6vt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=qMRPFnEA 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Les apparences ont néanmoins été préservées. Des vidéos de propagande ont montré la distribution de généreux colis, des produits venant d'épiceries ont été livrés spécialement aux journalistes étrangers. </p><p>Pour s'approvisionner d'autres ont eu recours aux  achats groupés entre voisins. On pouvait acheter n'importe quoi à Shanghai, un réfrigérateur ou la carcasse d'un cochon entier, du moment qu'on atteignait une commande minimum. Même si personne n'était supposé quitter son domicile, les achats groupés étaient dans une zone grise. Les responsables de ces commandes devaient juste s'inscrire auprès des comités de quartier pour avoir la permission de réceptionner les produits et les distribuer, comme ces 100 bouteilles de vin que moi et mes voisins avions commandées...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=N8A-Qt8q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=BK_Wc3US 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=ZaVN9KnA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=kzrMlzKf 1245w" alt="image" />Des employés en tenue de protection empilant des cartons pour les livrer dans le district de Jing'an à Shanghai le 18 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c3">Dans un complexe résidentiel où vivent des milliers de personnes, un seul cas de Covid peut entraîner le confinement de tout le monde pour 14 jours supplémentaires. Et qu'est-ce qu'une communauté quand le maillon le plus faible devient votre ennemi ? Comme le confinement de chacun est défini par le comportement de tous les autres, il devient facile pour les voisins d'accuser les autres de la situation, surtout quand le confinement commence à taper sur les nerfs. </p><p class="c2"><strong>Les camps</strong></p><p>Pour beaucoup, la chose la plus terrifiante concernant le Covid ici, ce n'est pas la maladie en elle-même mais la perspective d'être expédié dans un sinistre et immense camp de quarantaine. Des vidéos ont montré des gens dormir dans des espaces exigus, avec des toilettes bouchées et qui débordent, des toits qui fuient et autres joyeusetés. Seuls les plus chanceux ont eu le droit à des chambres privées avec douche. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=rwnr--Pl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=bTa1UCsR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=WaT2WPB3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=s9hz25S1 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" dirigent des habitants vers un bus, dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Pendant le confinement, de nombreux camps de fortune ont été construits dans des stades, des chantiers de construction, et même sur le site du Grand Prix de Formule 1 de Shanghai. Des centaines de milliers de personnes contaminées sont passées par ces camps mal gérés, souvent dans des conditions épouvantables. Certains se sont même vus remettre des couvertures déjà utilisées, laissées par le précédent groupe de malades en quarantaine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=GC4MQtNr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=jiswpKfm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=ofk86Nj6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=zOxk2WBT 1245w" alt="image" />Un hôpital provisoire pour les malades du Covid à Shanghai (AFP / -)</div><p>Et ce n'est pas le pire. Récemment, une nouvelle politique a surgi, baptisée "quarantaine inversée". A savoir que les gens testés négatifs au Covid devaient être placés en quarantaine à la place de ceux testés positifs. Une femme que j'ai interviewée habitait dans une résidence où il y avait trop de cas positifs, résultat : les autorités ont transféré de force tous ceux qui n'avaient pas le Covid. Avant de partir, on avait dit à cette femme qu'elle serait logée dans un hôtel mais elle s'est retrouvée dans un centre de quarantaine. </p><p class="c2"><strong>Les tests</strong></p><p>Les tests PCR réguliers sont vite devenus une constante dans notre vie de confinés. C'est probablement le seul moment où la plupart des gens ont pu sortir de leur appartement et voir d'autres êtres humains. Il fallait se mettre en rangs, puis se faire tester par une nuée d'infirmiers mandatés pour aller dépister tous les habitants aux quatre coins de la ville. Au bout d'un mois de confinement, les gens se sont demandés si c'était à cause de ça que l'épidémie continuait de se répandre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=Lk8F9oRI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=dl2JgLzs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=vo-pQZNY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=qj3fvHmh 1245w" alt="image" />Un membre du personnel médical en train de pratiquer des tests anti-Covid dans une résidence du district de Pudong à Shanghai le 17 avril 2022 (AFP / Liu Jin)</div><p>Pour les autorités locales, ne pas parvenir à stopper une épidémie peut signer la fin d'une carrière politique. Mais elles ont peu d'outils à leur disposition en vertu de la politique rigide de “zéro Covid”. Que cette politique soit appliquée de manière efficace ou non, il est dans leur intérêt de se montrer autoritaire. Certains se sont faits tester une fois par semaine, d'autres tous les jours. Je connais même des gens qui ont été testés deux fois par jour en plusieurs occasions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=f25x-GZ0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=eORiS8eV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=gfeSRFLD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=9-FwLurZ 1245w" alt="image" />Tests anti-Covid dans une résidence du district de Jing' an à Shanghai le 1er avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les quelques minutes nécessaires au test étaient pour les habitants un bref moment de légèreté au cours duquel ils apparaissaient avec des tenues choisies avec soin, parfois décalées à dessein: on a vu sur les réseaux des photos de gens en smoking, en robe de mariée... Dans ma résidence, un ami est descendu en slip de bain -- la photo que j'ai prise de lui est devenue virale.</p><p class="c2"><strong>La sortie</strong></p><p class="c2"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=SsFvyt6p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=Wi-FgCaz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=72FluUKi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=xHfatgFK 1245w" alt="image" />Dans le district désert de Huangpu, à Shanghai le 17 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=b0s0P3S6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8OmJoyFX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8toNeXJq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=j7Cs6ou1 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">Beaucoup cherchent à quitter Shanghai; d'autres sont déjà partis. Certains étrangers vont quitter la Chine définitivement. Pour beaucoup, ce confinement aura été la goutte qui a fait déborder le vase après plus de deux ans de strictes restrictions de voyage dans et en dehors du pays. </p><p>Quand tout le monde a eu le droit de descendre dans le jardin partagé de notre résidence il y a quelques jours, l'événement a été fêté avec quelques bières. Pendant le confinement, un couple d'amis s'est marié dans l'enceinte de notre résidence, avec nos voisins pour témoins. C'est bien de voir un peu de positif. La fin totale du confinement semble encore loin mais se réjouir de petites victoires paraît la seule voie de sortie pour l'instant. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ctboKx4GAXo?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_en_chine_shanghai_reprend_vie_apres_deux_mois_de_confinement_afp" width="640"> </iframe><p><em>Mise en page et traduction par Béatrice Le Bohec à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/confines-testes-surveilles-shanghai-deux-mois-de-cauchemar-zero-covid-1</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/confines-testes-surveilles-shanghai-deux-mois-de-cauchemar-zero-covid-1</guid>
      <pubDate>Sat, 25 Jun 2022 14:30:21 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Confinés, testés, surveillés... : à Shanghai, deux mois de cauchemar "zéro Covid"]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Deux mois d'un confinement éreintant à Shanghai, prudemment levé cette semaine, ont transformé la mégapole la plus effervescente de Chine en une ville fantôme dystopique, où les habitants disent avoir souffert pour sauver la politique</strong> “<strong>zéro Covid</strong>”<strong> du gouvernement. </strong></p><p><strong>Shanghai -</strong> Tous les jours, avec mon chat, je me suis installée à la fenêtre pour observer une ville de 25 millions d'habitants réduite à un coin de rue, ma caméra constamment tournée vers cette unique ouverture, de deux mètres carrés, sur le monde extérieur. </p><p>A partir du 30 mars, cloîtrée à la maison, j'ai raconté le confinement draconien de Shanghai. Par la fenêtre ouverte, l'inquiétant silence était parfois rompu par les sirènes hurlantes des ambulances conduisant à l'hôpital des malades du Covid, et le chant des oiseaux dont on avait oublié l'existence dans le bourdonnement de cette grouillante mégapole. Dans la rue, seule<span> la</span> patrouille solitaire d'un policier en combinaison de protection, ou un rare ballet de livreurs circulant à scooter, rompaient cette étrange quiétude. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=RdkpObDS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=D0L2Rog- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=UFPY7Gqc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=LEvwPWzG 1245w" alt="image" />​Chambre avec vue (limitée): la caméra de Vivian Lin et son chat ((AFP / Vivian Lin))</div><p>Mais sur les réseaux sociaux et par téléphone, j'ai été témoin de la spirale vers le chaos de la ville chinoise la plus moderne, la plus internationale et la plus importante économiquement. De gens à court de nourriture, de patients non-Covid n'ayant pas accès aux soins médicaux urgents, et de l'éruption de la colère. Plus de deux ans après le début de la pandémie, la Chine reste en guerre contre un virus avec lequel le reste du monde essaie d'apprendre à vivre. Et ses habitants sont une préoccupation secondaire. </p><p>Ces deux derniers mois, Shanghai a été confrontée à la plus grosse vague de Covid en Chine depuis Wuhan en 2020. C'est aussi la plus grande menace à la politique de Pékin du “zéro Covid” : un vaste arsenal de mesures pour limiter les infections au minimum, depuis le traçage, les tests et l'isolement des cas positifs jusqu'à la mise en quarantaine de la population générale. Selon les données officielles, Shanghai a enregistré 25.000 cas par jour au pic de la vague épidémique en avril. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=psnMh1gE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=BXYhtHq5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=eJPPVJCY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=1du7BR6F 1245w" alt="image" />Des travailleurs en tenue de protection attendant d'intervenir après la détection de nouveaux cas de Covid à Shanghai le 14 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Le monde depuis mon téléphone </strong></p><p>En étant coincée chez moi, je n'ai bien-sûr pas vu tout cela personnellement. A la place, j'ai observé ce qui se passait à travers les yeux de millions d'autres sur les réseaux sociaux. Mes collègues et moi-même avons passé des centaines d'heures à écumer internet pour nous tenir au courant de tout, sans égards pour notre santé mentale. </p><p>Des posts sur le confinement ont inondé WeChat et Weibo, les principales plateformes de réseaux sociaux en Chine. Les gens ont partagé informations, images, vidéos, mèmes, et rumeurs entre amis et au sein de groupes, le tout sous l'oeil vigilant et permanent des censeurs chinois d'internet. Souvent, ce qui était jugé  “inapproprié” était immédiatement supprimé. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=v2qHHT_3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=uwHvXyFO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=_Xyra4pR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=rnpcxqTq 1245w" alt="image" />Le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Mais même sur l'internet chinois, beaucoup de posts sont devenus viraux. Une mère effondrée sanglotant près du corps de son enfant mort à qui on avait refusé selon elle un traitement médical; des bébés positifs au Covid séparés de leurs parents s'ils étaient négatifs; un chien Corgi battu à mort après le transfert de son propriétaire vers un centre de quarantaine; des chiens robots munis de mégaphones intimant aux gens de rester cloîtrés ou de se faire tester; des drones de surveillance; la colère contre les restrictions d'habitants tapant sur des casseroles et des pots depuis leurs balcons... </p><p>Certains épisodes viraux ont été immortalisés dans une vidéo intitulée “Voix d'avril” et publiée un soir très tard le mois dernier. Des internautes, en Chine et au-delà, ont abondamment partagé cette vidéo, et elle s'est répandue à une telle vitesse que les censeurs n'ont pu la supprimer.  Elle a maintenant quasiment disparu des réseaux sociaux en Chine mais elle peut toujours être visionnée sur YouTube avec des sous-titres en anglais.  </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UtJzvJBZZ4M" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"><strong>Comment en sommes-nous arrivés là ?</strong></p><p>Depuis 2020, le gouvernement central chinois a brandi une stratégie de “zéro Covid”, permettant de limiter le nombre officiel de décès à quelque 5.000 personnes, un bilan infime par rapport au million de morts atteint aux Etats-Unis. </p><p>Les autorités chinoises ont rapidement pris des mesures drastiques à chaque résurgence épidémique. Dans de nombreuses villes, cela s'est traduit par des confinements. Mais cela ne s'était jamais produit à Shanghai, épicentre de la finance et du commerce international en Chine. Les autorités à Shanghai avaient toujours opté pour une approche “quadrillée”, localisant les zones à risque pour des confinements courts et ciblés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=NrwuCpjH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=6I66gKe_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=LAYEdggI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=zTc-96aQ 1245w" alt="image" />Un responsable local contrôle le respect du confinement dans le district de Pudong, à Shanghai, le 8 mars 2022. (AFP / Hector Retamal)</div><p>A la mi-mars, il y avait 5.000 cas à Shanghai, un chiffre très élevé selon les normes chinoises. Mais même à ce moment-là, le gouvernement local avait dit : “Shanghai ne sera pas confinée, et elle n'a pas besoin d'être confinée”.</p><p>Alors que la pression montait de la part du gouvernement central à Pékin pour contrôler l'épidémie, Shanghai avait annoncé un confinement partiel en deux phases devant démarrer le 28 mars : quatre jours dans l'est (Pudong) puis quatre jours dans l'ouest (Puxi). Mais le 1er avril,  la première phase ne s'était pas achevée que la seconde commençait et Shanghai est entrée dans un confinement total. Poisson d'avril, avions-nous ri. Cela aura finalement duré deux mois. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PET5cC4RhSc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_les_habitants_de_shanghai_confines_les_rues_de_la_ville_desertes_afp" width="640"> </iframe><p>Shanghai n'était pas équipée pour gérer un confinement de cette ampleur. Par téléphone, mes collègues et moi-même avons parlé à tous ceux qui ont pris de plein fouet ce confinement: un fils désespéré dont la mère atteinte d'un cancer du poumon a été privée de séances de chimiothérapie faute de place à l'hôpital; un habitant envoyé en centre de quarantaine avec d'autres personnes testées positives alors qu'il venait de guérir du Covid, un employé confiné depuis le début dans son bureau...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=nsGF34sF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=NiWLj-Gd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=zrB3XQJ0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=ilwMWIoP 1245w" alt="image" />Des habitants montent à bord d'une ambulance dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"><strong id="docs-internal-guid-973d54d7-7fff-4691-6ea9-d542467b6a3c">‘Les Grands blancs’:  l'autorité sans visage</strong></p><p>J'ai vu peu de choses par ma fenêtre. Mais par chance, j'ai pu filmer quelques “Grands blancs” dans la rue en train de désinfecter, tester, patrouiller.</p><p>Les “Grands blancs” sont couverts des pieds à la tête d'une combinaison de protection anti-Covid blanche et bleue. Il peut s'agir de personnel médical, de volontaires, de travailleurs d'origine rurale ou même de la police. Sous cette tenue de protection homogène, le visage couvert d'un masque, les “Grands blancs” gèrent le confinement sous une même entité autoritaire sans nom ni identité. Ils sont des centaines de milliers et sont devenus le symbole de la pandémie à Shanghai, à la fois craints et respectés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=ctZQodpe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=gBdtnX4F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=BGkxYVzf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=orCDew5y 1245w" alt="image" />Des habitants du district de Jing' an à Shanghai se font tester contre le Covid le 4 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les “Grands blancs” s'exposent à des risques en faisant leur travail et sont de ce fait loués à la fois par les habitants et par la propagande pour leur rôle en première ligne : distribuer de la nourriture, dépister et transporter les malades. Mais au fil des jours, nous avons commencé à découvrir une autre facette. Des vidéos en ligne ont montré des “Grands blancs” bousculer violemment des habitants refusant de se plier aux ordres, donner des coups de pied dans des portes closes pour emmener de force des gens en quarantaine, traîner par le bras ou les jambes des gens en train de hurler pour les faire monter dans des bus.</p><p>Dans certains cas, il semble que la tenue de “Grand blanc” ait enhardi certains à faire des choses qu'ils n'auraient jamais faites si leur identité avait été connue.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=p8dXDzZ6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=lbD4KOzN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=A8W79VIg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=UpuhjfMM 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" déchargent un camion rempli de provisions à Shanghai (AFP / Str)</div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p dir="ltr" class="c2"><strong id="docs-internal-guid-579d9496-7fff-beea-75f8-db8a02c55107">Le confinement</strong></p><p>Selon la politique officielle, les communautés résidentielles dans lesquelles vivent la plupart des gens à Shanghai, doivent être confinées 14 jours si un seul cas de Covid y est recensé. Puis, théoriquement, le niveau de risque est abaissé et les gens peuvent sortir. Mais dans la réalité, très peu de gens ont l'autorisation de quitter leur résidence, pris dans l'étau de la bureaucratie chinoise. Les vrais gardiens de notre liberté de circulation sont une strate de cette bureaucratie, appelée “comité de quartier”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=yaqHDL1f 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=vAyX2TWu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=OBPCemvq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=fk1PGqDk 1245w" alt="image" />Photo prise derrière la clôture d'une résidence confinée dans le district de Jing'an à Shanghai le 19 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les confinements sont mis en oeuvre par les comités de quartier. Les politiques gouvernementales officielles sont en général strictes, détaillées et très claires, mais quand elles sont appliquées en bas de l'échelle bureaucratique, cela devient opaque. </p><p>Les comités de quartier font souvent appliquer les lois d'une manière plus conservatrice que la ligne officielle car cela les rassure. Et en matière de Covid, si un cas est recensé dans leur zone de compétence, ce sont eux qui portent le chapeau. Or personne ne veut être jugé responsable d'une faille à la politique “zéro Covid”.</p><p>Fin avril, lorsque Shanghai a annoncé que les gens à faible risque pouvaient sortir, certains comités de quartier ont commencé à remettre des laissez-passer permettant de quitter sa résidence, mais d'autres ont dit qu'une seule personne par foyer pouvait sortir une fois par jour. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=0ybmRFcv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=SmZVljFG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=tzAOn4kN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=roqB_RIg 1245w" alt="image" />Un habitant s'approvisionne en nourriture auprès d'un livreur à un checkpoint dans le district de Jing'an à Shanghai, le 13 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>La nourriture est vite devenue un problème, la plupart des habitants pensant que le confinement n'excéderait pas quatre jours. </p><p>Le gouvernement a distribué des vivres mais il y a eu des incohérences. Certains ont raconté avoir reçu une dizaine de colis de légumes frais, de viande, de nouilles, d'huile de cuisson, de papier toilette, quand d'autres n'ont eu que des légumes. Certains ont juste reçu des oeufs et des biscuits. D'autres sont tombés malades après avoir mangé de la nourriture périmée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=PNQ0iweR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=My6I3lD9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=iYvJN6vt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=qMRPFnEA 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Les apparences ont néanmoins été préservées. Des vidéos de propagande ont montré la distribution de généreux colis, des produits venant d'épiceries ont été livrés spécialement aux journalistes étrangers. </p><p>Pour s'approvisionner d'autres ont eu recours aux  achats groupés entre voisins. On pouvait acheter n'importe quoi à Shanghai, un réfrigérateur ou la carcasse d'un cochon entier, du moment qu'on atteignait une commande minimum. Même si personne n'était supposé quitter son domicile, les achats groupés étaient dans une zone grise. Les responsables de ces commandes devaient juste s'inscrire auprès des comités de quartier pour avoir la permission de réceptionner les produits et les distribuer, comme ces 100 bouteilles de vin que moi et mes voisins avions commandées...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=N8A-Qt8q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=BK_Wc3US 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=ZaVN9KnA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=kzrMlzKf 1245w" alt="image" />Des employés en tenue de protection empilant des cartons pour les livrer dans le district de Jing'an à Shanghai le 18 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c3">Dans un complexe résidentiel où vivent des milliers de personnes, un seul cas de Covid peut entraîner le confinement de tout le monde pour 14 jours supplémentaires. Et qu'est-ce qu'une communauté quand le maillon le plus faible devient votre ennemi ? Comme le confinement de chacun est défini par le comportement de tous les autres, il devient facile pour les voisins d'accuser les autres de la situation, surtout quand le confinement commence à taper sur les nerfs. </p><p class="c2"><strong>Les camps</strong></p><p>Pour beaucoup, la chose la plus terrifiante concernant le Covid ici, ce n'est pas la maladie en elle-même mais la perspective d'être expédié dans un sinistre et immense camp de quarantaine. Des vidéos ont montré des gens dormir dans des espaces exigus, avec des toilettes bouchées et qui débordent, des toits qui fuient et autres joyeusetés. Seuls les plus chanceux ont eu le droit à des chambres privées avec douche. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=rwnr--Pl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=bTa1UCsR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=WaT2WPB3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=s9hz25S1 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" dirigent des habitants vers un bus, dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Pendant le confinement, de nombreux camps de fortune ont été construits dans des stades, des chantiers de construction, et même sur le site du Grand Prix de Formule 1 de Shanghai. Des centaines de milliers de personnes contaminées sont passées par ces camps mal gérés, souvent dans des conditions épouvantables. Certains se sont même vus remettre des couvertures déjà utilisées, laissées par le précédent groupe de malades en quarantaine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=GC4MQtNr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=jiswpKfm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=ofk86Nj6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=zOxk2WBT 1245w" alt="image" />Un hôpital provisoire pour les malades du Covid à Shanghai (AFP / -)</div><p>Et ce n'est pas le pire. Récemment, une nouvelle politique a surgi, baptisée "quarantaine inversée". A savoir que les gens testés négatifs au Covid devaient être placés en quarantaine à la place de ceux testés positifs. Une femme que j'ai interviewée habitait dans une résidence où il y avait trop de cas positifs, résultat : les autorités ont transféré de force tous ceux qui n'avaient pas le Covid. Avant de partir, on avait dit à cette femme qu'elle serait logée dans un hôtel mais elle s'est retrouvée dans un centre de quarantaine. </p><p class="c2"><strong>Les tests</strong></p><p>Les tests PCR réguliers sont vite devenus une constante dans notre vie de confinés. C'est probablement le seul moment où la plupart des gens ont pu sortir de leur appartement et voir d'autres êtres humains. Il fallait se mettre en rangs, puis se faire tester par une nuée d'infirmiers mandatés pour aller dépister tous les habitants aux quatre coins de la ville. Au bout d'un mois de confinement, les gens se sont demandés si c'était à cause de ça que l'épidémie continuait de se répandre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=Lk8F9oRI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=dl2JgLzs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=vo-pQZNY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=qj3fvHmh 1245w" alt="image" />Un membre du personnel médical en train de pratiquer des tests anti-Covid dans une résidence du district de Pudong à Shanghai le 17 avril 2022 (AFP / Liu Jin)</div><p>Pour les autorités locales, ne pas parvenir à stopper une épidémie peut signer la fin d'une carrière politique. Mais elles ont peu d'outils à leur disposition en vertu de la politique rigide de “zéro Covid”. Que cette politique soit appliquée de manière efficace ou non, il est dans leur intérêt de se montrer autoritaire. Certains se sont faits tester une fois par semaine, d'autres tous les jours. Je connais même des gens qui ont été testés deux fois par jour en plusieurs occasions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=f25x-GZ0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=eORiS8eV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=gfeSRFLD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=9-FwLurZ 1245w" alt="image" />Tests anti-Covid dans une résidence du district de Jing' an à Shanghai le 1er avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les quelques minutes nécessaires au test étaient pour les habitants un bref moment de légèreté au cours duquel ils apparaissaient avec des tenues choisies avec soin, parfois décalées à dessein: on a vu sur les réseaux des photos de gens en smoking, en robe de mariée... Dans ma résidence, un ami est descendu en slip de bain -- la photo que j'ai prise de lui est devenue virale.</p><p class="c2"><strong>La sortie</strong></p><p class="c2"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=SsFvyt6p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=Wi-FgCaz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=72FluUKi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=xHfatgFK 1245w" alt="image" />Dans le district désert de Huangpu, à Shanghai le 17 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=b0s0P3S6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8OmJoyFX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8toNeXJq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=j7Cs6ou1 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">Beaucoup cherchent à quitter Shanghai; d'autres sont déjà partis. Certains étrangers vont quitter la Chine définitivement. Pour beaucoup, ce confinement aura été la goutte qui a fait déborder le vase après plus de deux ans de strictes restrictions de voyage dans et en dehors du pays. </p><p>Quand tout le monde a eu le droit de descendre dans le jardin partagé de notre résidence il y a quelques jours, l'événement a été fêté avec quelques bières. Pendant le confinement, un couple d'amis s'est marié dans l'enceinte de notre résidence, avec nos voisins pour témoins. C'est bien de voir un peu de positif. La fin totale du confinement semble encore loin mais se réjouir de petites victoires paraît la seule voie de sortie pour l'instant. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ctboKx4GAXo?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_en_chine_shanghai_reprend_vie_apres_deux_mois_de_confinement_afp" width="640"> </iframe><p><em>Mise en page et traduction par Béatrice Le Bohec à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/node/4038</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/node/4038</guid>
      <pubDate>Sat, 25 Jun 2022 14:12:24 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Confinés, testés, surveillés... : à Shanghai, deux mois de cauchemar "zéro Covid"]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Deux mois d'un confinement éreintant à Shanghai, prudemment levé cette semaine, ont transformé la mégapole la plus effervescente de Chine en une ville fantôme dystopique, où les habitants disent avoir souffert pour sauver la politique</strong> “<strong>zéro Covid</strong>”<strong> du gouvernement. </strong></p><p><strong>Shanghai -</strong> Tous les jours, avec mon chat, je me suis installée à la fenêtre pour observer une ville de 25 millions d'habitants réduite à un coin de rue, ma caméra constamment tournée vers cette unique ouverture, de deux mètres carrés, sur le monde extérieur. </p><p>A partir du 30 mars, cloîtrée à la maison, j'ai raconté le confinement draconien de Shanghai. Par la fenêtre ouverte, l'inquiétant silence était parfois rompu par les sirènes hurlantes des ambulances conduisant à l'hôpital des malades du Covid, et le chant des oiseaux dont on avait oublié l'existence dans le bourdonnement de cette grouillante mégapole. Dans la rue, seule<span> la</span> patrouille solitaire d'un policier en combinaison de protection, ou un rare ballet de livreurs circulant à scooter, rompaient cette étrange quiétude. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=RdkpObDS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=D0L2Rog- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=UFPY7Gqc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=LEvwPWzG 1245w" alt="image" />​Chambre avec vue (limitée): la caméra de Vivian Lin et son chat ((AFP / Vivian Lin))</div><p>Mais sur les réseaux sociaux et par téléphone, j'ai été témoin de la spirale vers le chaos de la ville chinoise la plus moderne, la plus internationale et la plus importante économiquement. De gens à court de nourriture, de patients non-Covid n'ayant pas accès aux soins médicaux urgents, et de l'éruption de la colère. Plus de deux ans après le début de la pandémie, la Chine reste en guerre contre un virus avec lequel le reste du monde essaie d'apprendre à vivre. Et ses habitants sont une préoccupation secondaire. </p><p>Ces deux derniers mois, Shanghai a été confrontée à la plus grosse vague de Covid en Chine depuis Wuhan en 2020. C'est aussi la plus grande menace à la politique de Pékin du “zéro Covid” : un vaste arsenal de mesures pour limiter les infections au minimum, depuis le traçage, les tests et l'isolement des cas positifs jusqu'à la mise en quarantaine de la population générale. Selon les données officielles, Shanghai a enregistré 25.000 cas par jour au pic de la vague épidémique en avril. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=psnMh1gE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=BXYhtHq5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=eJPPVJCY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=1du7BR6F 1245w" alt="image" />Des travailleurs en tenue de protection attendant d'intervenir après la détection de nouveaux cas de Covid à Shanghai le 14 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Le monde depuis mon téléphone </strong></p><p>En étant coincée chez moi, je n'ai bien-sûr pas vu tout cela personnellement. A la place, j'ai observé ce qui se passait à travers les yeux de millions d'autres sur les réseaux sociaux. Mes collègues et moi-même avons passé des centaines d'heures à écumer internet pour nous tenir au courant de tout, sans égards pour notre santé mentale. </p><p>Des posts sur le confinement ont inondé WeChat et Weibo, les principales plateformes de réseaux sociaux en Chine. Les gens ont partagé informations, images, vidéos, mèmes, et rumeurs entre amis et au sein de groupes, le tout sous l'oeil vigilant et permanent des censeurs chinois d'internet. Souvent, ce qui était jugé  “inapproprié” était immédiatement supprimé. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=v2qHHT_3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=uwHvXyFO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=_Xyra4pR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=rnpcxqTq 1245w" alt="image" />Le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Mais même sur l'internet chinois, beaucoup de posts sont devenus viraux. Une mère effondrée sanglotant près du corps de son enfant mort à qui on avait refusé selon elle un traitement médical; des bébés positifs au Covid séparés de leurs parents s'ils étaient négatifs; un chien Corgi battu à mort après le transfert de son propriétaire vers un centre de quarantaine; des chiens robots munis de mégaphones intimant aux gens de rester cloîtrés ou de se faire tester; des drones de surveillance; la colère contre les restrictions d'habitants tapant sur des casseroles et des pots depuis leurs balcons... </p><p>Certains épisodes viraux ont été immortalisés dans une vidéo intitulée “Voix d'avril” et publiée un soir très tard le mois dernier. Des internautes, en Chine et au-delà, ont abondamment partagé cette vidéo, et elle s'est répandue à une telle vitesse que les censeurs n'ont pu la supprimer.  Elle a maintenant quasiment disparu des réseaux sociaux en Chine mais elle peut toujours être visionnée sur YouTube avec des sous-titres en anglais.  </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UtJzvJBZZ4M" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"><strong>Comment en sommes-nous arrivés là ?</strong></p><p>Depuis 2020, le gouvernement central chinois a brandi une stratégie de “zéro Covid”, permettant de limiter le nombre officiel de décès à quelque 5.000 personnes, un bilan infime par rapport au million de morts atteint aux Etats-Unis. </p><p>Les autorités chinoises ont rapidement pris des mesures drastiques à chaque résurgence épidémique. Dans de nombreuses villes, cela s'est traduit par des confinements. Mais cela ne s'était jamais produit à Shanghai, épicentre de la finance et du commerce international en Chine. Les autorités à Shanghai avaient toujours opté pour une approche “quadrillée”, localisant les zones à risque pour des confinements courts et ciblés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=NrwuCpjH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=6I66gKe_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=LAYEdggI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=zTc-96aQ 1245w" alt="image" />Un responsable local contrôle le respect du confinement dans le district de Pudong, à Shanghai, le 8 mars 2022. (AFP / Hector Retamal)</div><p>A la mi-mars, il y avait 5.000 cas à Shanghai, un chiffre très élevé selon les normes chinoises. Mais même à ce moment-là, le gouvernement local avait dit : “Shanghai ne sera pas confinée, et elle n'a pas besoin d'être confinée”.</p><p>Alors que la pression montait de la part du gouvernement central à Pékin pour contrôler l'épidémie, Shanghai avait annoncé un confinement partiel en deux phases devant démarrer le 28 mars : quatre jours dans l'est (Pudong) puis quatre jours dans l'ouest (Puxi). Mais le 1er avril,  la première phase ne s'était pas achevée que la seconde commençait et Shanghai est entrée dans un confinement total. Poisson d'avril, avions-nous ri. Cela aura finalement duré deux mois. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PET5cC4RhSc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_les_habitants_de_shanghai_confines_les_rues_de_la_ville_desertes_afp" width="640"> </iframe><p>Shanghai n'était pas équipée pour gérer un confinement de cette ampleur. Par téléphone, mes collègues et moi-même avons parlé à tous ceux qui ont pris de plein fouet ce confinement: un fils désespéré dont la mère atteinte d'un cancer du poumon a été privée de séances de chimiothérapie faute de place à l'hôpital; un habitant envoyé en centre de quarantaine avec d'autres personnes testées positives alors qu'il venait de guérir du Covid, un employé confiné depuis le début dans son bureau...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=nsGF34sF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=NiWLj-Gd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=zrB3XQJ0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=ilwMWIoP 1245w" alt="image" />Des habitants montent à bord d'une ambulance dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"><strong id="docs-internal-guid-973d54d7-7fff-4691-6ea9-d542467b6a3c">‘Les Grands blancs’:  l'autorité sans visage</strong></p><p>J'ai vu peu de choses par ma fenêtre. Mais par chance, j'ai pu filmer quelques “Grands blancs” dans la rue en train de désinfecter, tester, patrouiller.</p><p>Les “Grands blancs” sont couverts des pieds à la tête d'une combinaison de protection anti-Covid blanche et bleue. Il peut s'agir de personnel médical, de volontaires, de travailleurs d'origine rurale ou même de la police. Sous cette tenue de protection homogène, le visage couvert d'un masque, les “Grands blancs” gèrent le confinement sous une même entité autoritaire sans nom ni identité. Ils sont des centaines de milliers et sont devenus le symbole de la pandémie à Shanghai, à la fois craints et respectés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=ctZQodpe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=gBdtnX4F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=BGkxYVzf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=orCDew5y 1245w" alt="image" />Des habitants du district de Jing' an à Shanghai se font tester contre le Covid le 4 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les “Grands blancs” s'exposent à des risques en faisant leur travail et sont de ce fait loués à la fois par les habitants et par la propagande pour leur rôle en première ligne : distribuer de la nourriture, dépister et transporter les malades. Mais au fil des jours, nous avons commencé à découvrir une autre facette. Des vidéos en ligne ont montré des “Grands blancs” bousculer violemment des habitants refusant de se plier aux ordres, donner des coups de pied dans des portes closes pour emmener de force des gens en quarantaine, traîner par le bras ou les jambes des gens en train de hurler pour les faire monter dans des bus.</p><p>Dans certains cas, il semble que la tenue de “Grand blanc” ait enhardi certains à faire des choses qu'ils n'auraient jamais faites si leur identité avait été connue.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=p8dXDzZ6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=lbD4KOzN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=A8W79VIg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=UpuhjfMM 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" déchargent un camion rempli de provisions à Shanghai (AFP / Str)</div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p dir="ltr" class="c2"><strong id="docs-internal-guid-579d9496-7fff-beea-75f8-db8a02c55107">Le confinement</strong></p><p>Selon la politique officielle, les communautés résidentielles dans lesquelles vivent la plupart des gens à Shanghai, doivent être confinées 14 jours si un seul cas de Covid y est recensé. Puis, théoriquement, le niveau de risque est abaissé et les gens peuvent sortir. Mais dans la réalité, très peu de gens ont l'autorisation de quitter leur résidence, pris dans l'étau de la bureaucratie chinoise. Les vrais gardiens de notre liberté de circulation sont une strate de cette bureaucratie, appelée “comité de quartier”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=yaqHDL1f 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=vAyX2TWu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=OBPCemvq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=fk1PGqDk 1245w" alt="image" />Photo prise derrière la clôture d'une résidence confinée dans le district de Jing'an à Shanghai le 19 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les confinements sont mis en oeuvre par les comités de quartier. Les politiques gouvernementales officielles sont en général strictes, détaillées et très claires, mais quand elles sont appliquées en bas de l'échelle bureaucratique, cela devient opaque. </p><p>Les comités de quartier font souvent appliquer les lois d'une manière plus conservatrice que la ligne officielle car cela les rassure. Et en matière de Covid, si un cas est recensé dans leur zone de compétence, ce sont eux qui portent le chapeau. Or personne ne veut être jugé responsable d'une faille à la politique “zéro Covid”.</p><p>Fin avril, lorsque Shanghai a annoncé que les gens à faible risque pouvaient sortir, certains comités de quartier ont commencé à remettre des laissez-passer permettant de quitter sa résidence, mais d'autres ont dit qu'une seule personne par foyer pouvait sortir une fois par jour. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=0ybmRFcv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=SmZVljFG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=tzAOn4kN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=roqB_RIg 1245w" alt="image" />Un habitant s'approvisionne en nourriture auprès d'un livreur à un checkpoint dans le district de Jing'an à Shanghai, le 13 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>La nourriture est vite devenue un problème, la plupart des habitants pensant que le confinement n'excéderait pas quatre jours. </p><p>Le gouvernement a distribué des vivres mais il y a eu des incohérences. Certains ont raconté avoir reçu une dizaine de colis de légumes frais, de viande, de nouilles, d'huile de cuisson, de papier toilette, quand d'autres n'ont eu que des légumes. Certains ont juste reçu des oeufs et des biscuits. D'autres sont tombés malades après avoir mangé de la nourriture périmée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=PNQ0iweR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=My6I3lD9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=iYvJN6vt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=qMRPFnEA 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Les apparences ont néanmoins été préservées. Des vidéos de propagande ont montré la distribution de généreux colis, des produits venant d'épiceries ont été livrés spécialement aux journalistes étrangers. </p><p>Pour s'approvisionner d'autres ont eu recours aux  achats groupés entre voisins. On pouvait acheter n'importe quoi à Shanghai, un réfrigérateur ou la carcasse d'un cochon entier, du moment qu'on atteignait une commande minimum. Même si personne n'était supposé quitter son domicile, les achats groupés étaient dans une zone grise. Les responsables de ces commandes devaient juste s'inscrire auprès des comités de quartier pour avoir la permission de réceptionner les produits et les distribuer, comme ces 100 bouteilles de vin que moi et mes voisins avions commandées...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=N8A-Qt8q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=BK_Wc3US 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=ZaVN9KnA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=kzrMlzKf 1245w" alt="image" />Des employés en tenue de protection empilant des cartons pour les livrer dans le district de Jing'an à Shanghai le 18 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c3">Dans un complexe résidentiel où vivent des milliers de personnes, un seul cas de Covid peut entraîner le confinement de tout le monde pour 14 jours supplémentaires. Et qu'est-ce qu'une communauté quand le maillon le plus faible devient votre ennemi ? Comme le confinement de chacun est défini par le comportement de tous les autres, il devient facile pour les voisins d'accuser les autres de la situation, surtout quand le confinement commence à taper sur les nerfs. </p><p class="c2"><strong>Les camps</strong></p><p>Pour beaucoup, la chose la plus terrifiante concernant le Covid ici, ce n'est pas la maladie en elle-même mais la perspective d'être expédié dans un sinistre et immense camp de quarantaine. Des vidéos ont montré des gens dormir dans des espaces exigus, avec des toilettes bouchées et qui débordent, des toits qui fuient et autres joyeusetés. Seuls les plus chanceux ont eu le droit à des chambres privées avec douche. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=rwnr--Pl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=bTa1UCsR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=WaT2WPB3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=s9hz25S1 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" dirigent des habitants vers un bus, dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Pendant le confinement, de nombreux camps de fortune ont été construits dans des stades, des chantiers de construction, et même sur le site du Grand Prix de Formule 1 de Shanghai. Des centaines de milliers de personnes contaminées sont passées par ces camps mal gérés, souvent dans des conditions épouvantables. Certains se sont même vus remettre des couvertures déjà utilisées, laissées par le précédent groupe de malades en quarantaine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=GC4MQtNr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=jiswpKfm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=ofk86Nj6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=zOxk2WBT 1245w" alt="image" />Un hôpital provisoire pour les malades du Covid à Shanghai (AFP / -)</div><p>Et ce n'est pas le pire. Récemment, une nouvelle politique a surgi, baptisée "quarantaine inversée". A savoir que les gens testés négatifs au Covid devaient être placés en quarantaine à la place de ceux testés positifs. Une femme que j'ai interviewée habitait dans une résidence où il y avait trop de cas positifs, résultat : les autorités ont transféré de force tous ceux qui n'avaient pas le Covid. Avant de partir, on avait dit à cette femme qu'elle serait logée dans un hôtel mais elle s'est retrouvée dans un centre de quarantaine. </p><p class="c2"><strong>Les tests</strong></p><p>Les tests PCR réguliers sont vite devenus une constante dans notre vie de confinés. C'est probablement le seul moment où la plupart des gens ont pu sortir de leur appartement et voir d'autres êtres humains. Il fallait se mettre en rangs, puis se faire tester par une nuée d'infirmiers mandatés pour aller dépister tous les habitants aux quatre coins de la ville. Au bout d'un mois de confinement, les gens se sont demandés si c'était à cause de ça que l'épidémie continuait de se répandre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=Lk8F9oRI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=dl2JgLzs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=vo-pQZNY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=qj3fvHmh 1245w" alt="image" />Un membre du personnel médical en train de pratiquer des tests anti-Covid dans une résidence du district de Pudong à Shanghai le 17 avril 2022 (AFP / Liu Jin)</div><p>Pour les autorités locales, ne pas parvenir à stopper une épidémie peut signer la fin d'une carrière politique. Mais elles ont peu d'outils à leur disposition en vertu de la politique rigide de “zéro Covid”. Que cette politique soit appliquée de manière efficace ou non, il est dans leur intérêt de se montrer autoritaire. Certains se sont faits tester une fois par semaine, d'autres tous les jours. Je connais même des gens qui ont été testés deux fois par jour en plusieurs occasions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=f25x-GZ0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=eORiS8eV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=gfeSRFLD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=9-FwLurZ 1245w" alt="image" />Tests anti-Covid dans une résidence du district de Jing' an à Shanghai le 1er avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les quelques minutes nécessaires au test étaient pour les habitants un bref moment de légèreté au cours duquel ils apparaissaient avec des tenues choisies avec soin, parfois décalées à dessein: on a vu sur les réseaux des photos de gens en smoking, en robe de mariée... Dans ma résidence, un ami est descendu en slip de bain -- la photo que j'ai prise de lui est devenue virale.</p><p class="c2"><strong>La sortie</strong></p><p class="c2"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=SsFvyt6p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=Wi-FgCaz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=72FluUKi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=xHfatgFK 1245w" alt="image" />Dans le district désert de Huangpu, à Shanghai le 17 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=b0s0P3S6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8OmJoyFX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8toNeXJq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=j7Cs6ou1 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">Beaucoup cherchent à quitter Shanghai; d'autres sont déjà partis. Certains étrangers vont quitter la Chine définitivement. Pour beaucoup, ce confinement aura été la goutte qui a fait déborder le vase après plus de deux ans de strictes restrictions de voyage dans et en dehors du pays. </p><p>Quand tout le monde a eu le droit de descendre dans le jardin partagé de notre résidence il y a quelques jours, l'événement a été fêté avec quelques bières. Pendant le confinement, un couple d'amis s'est marié dans l'enceinte de notre résidence, avec nos voisins pour témoins. C'est bien de voir un peu de positif. La fin totale du confinement semble encore loin mais se réjouir de petites victoires paraît la seule voie de sortie pour l'instant. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ctboKx4GAXo?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_en_chine_shanghai_reprend_vie_apres_deux_mois_de_confinement_afp" width="640"> </iframe><p><em>Mise en page et traduction par Béatrice Le Bohec à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/confines-testes-surveilles-shanghai-deux-mois-de-cauchemar-zero-covid-0</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/confines-testes-surveilles-shanghai-deux-mois-de-cauchemar-zero-covid-0</guid>
      <pubDate>Fri, 24 Jun 2022 11:40:08 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Confinés, testés, surveillés... : à Shanghai, deux mois de cauchemar "zéro Covid"]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Deux mois d'un confinement éreintant à Shanghai, prudemment levé cette semaine, ont transformé la mégapole la plus effervescente de Chine en une ville fantôme dystopique, où les habitants disent avoir souffert pour sauver la politique</strong> “<strong>zéro Covid</strong>”<strong> du gouvernement. </strong></p><p><strong>Shanghai -</strong> Tous les jours, avec mon chat, je me suis installée à la fenêtre pour observer une ville de 25 millions d'habitants réduite à un coin de rue, ma caméra constamment tournée vers cette unique ouverture, de deux mètres carrés, sur le monde extérieur. </p><p>A partir du 30 mars, cloîtrée à la maison, j'ai raconté le confinement draconien de Shanghai. Par la fenêtre ouverte, l'inquiétant silence était parfois rompu par les sirènes hurlantes des ambulances conduisant à l'hôpital des malades du Covid, et le chant des oiseaux dont on avait oublié l'existence dans le bourdonnement de cette grouillante mégapole. Dans la rue, seule<span> la</span> patrouille solitaire d'un policier en combinaison de protection, ou un rare ballet de livreurs circulant à scooter, rompaient cette étrange quiétude. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=RdkpObDS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=D0L2Rog- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=UFPY7Gqc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=LEvwPWzG 1245w" alt="image" />​Chambre avec vue (limitée): la caméra de Vivian Lin et son chat ((AFP / Vivian Lin))</div><p>Mais sur les réseaux sociaux et par téléphone, j'ai été témoin de la spirale vers le chaos de la ville chinoise la plus moderne, la plus internationale et la plus importante économiquement. De gens à court de nourriture, de patients non-Covid n'ayant pas accès aux soins médicaux urgents, et de l'éruption de la colère. Plus de deux ans après le début de la pandémie, la Chine reste en guerre contre un virus avec lequel le reste du monde essaie d'apprendre à vivre. Et ses habitants sont une préoccupation secondaire. </p><p>Ces deux derniers mois, Shanghai a été confrontée à la plus grosse vague de Covid en Chine depuis Wuhan en 2020. C'est aussi la plus grande menace à la politique de Pékin du “zéro Covid” : un vaste arsenal de mesures pour limiter les infections au minimum, depuis le traçage, les tests et l'isolement des cas positifs jusqu'à la mise en quarantaine de la population générale. Selon les données officielles, Shanghai a enregistré 25.000 cas par jour au pic de la vague épidémique en avril. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=psnMh1gE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=BXYhtHq5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=eJPPVJCY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=1du7BR6F 1245w" alt="image" />Des travailleurs en tenue de protection attendant d'intervenir après la détection de nouveaux cas de Covid à Shanghai le 14 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Le monde depuis mon téléphone </strong></p><p>En étant coincée chez moi, je n'ai bien-sûr pas vu tout cela personnellement. A la place, j'ai observé ce qui se passait à travers les yeux de millions d'autres sur les réseaux sociaux. Mes collègues et moi-même avons passé des centaines d'heures à écumer internet pour nous tenir au courant de tout, sans égards pour notre santé mentale. </p><p>Des posts sur le confinement ont inondé WeChat et Weibo, les principales plateformes de réseaux sociaux en Chine. Les gens ont partagé informations, images, vidéos, mèmes, et rumeurs entre amis et au sein de groupes, le tout sous l'oeil vigilant et permanent des censeurs chinois d'internet. Souvent, ce qui était jugé  “inapproprié” était immédiatement supprimé. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=v2qHHT_3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=uwHvXyFO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=_Xyra4pR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=rnpcxqTq 1245w" alt="image" />Le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Mais même sur l'internet chinois, beaucoup de posts sont devenus viraux. Une mère effondrée sanglotant près du corps de son enfant mort à qui on avait refusé selon elle un traitement médical; des bébés positifs au Covid séparés de leurs parents s'ils étaient négatifs; un chien Corgi battu à mort après le transfert de son propriétaire vers un centre de quarantaine; des chiens robots munis de mégaphones intimant aux gens de rester cloîtrés ou de se faire tester; des drones de surveillance; la colère contre les restrictions d'habitants tapant sur des casseroles et des pots depuis leurs balcons... </p><p>Certains épisodes viraux ont été immortalisés dans une vidéo intitulée “Voix d'avril” et publiée un soir très tard le mois dernier. Des internautes, en Chine et au-delà, ont abondamment partagé cette vidéo, et elle s'est répandue à une telle vitesse que les censeurs n'ont pu la supprimer.  Elle a maintenant quasiment disparu des réseaux sociaux en Chine mais elle peut toujours être visionnée sur YouTube avec des sous-titres en anglais.  </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UtJzvJBZZ4M" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"><strong>Comment en sommes-nous arrivés là ?</strong></p><p>Depuis 2020, le gouvernement central chinois a brandi une stratégie de “zéro Covid”, permettant de limiter le nombre officiel de décès à quelque 5.000 personnes, un bilan infime par rapport au million de morts atteint aux Etats-Unis. </p><p>Les autorités chinoises ont rapidement pris des mesures drastiques à chaque résurgence épidémique. Dans de nombreuses villes, cela s'est traduit par des confinements. Mais cela ne s'était jamais produit à Shanghai, épicentre de la finance et du commerce international en Chine. Les autorités à Shanghai avaient toujours opté pour une approche “quadrillée”, localisant les zones à risque pour des confinements courts et ciblés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=NrwuCpjH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=6I66gKe_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=LAYEdggI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=zTc-96aQ 1245w" alt="image" />Un responsable local contrôle le respect du confinement dans le district de Pudong, à Shanghai, le 8 mars 2022. (AFP / Hector Retamal)</div><p>A la mi-mars, il y avait 5.000 cas à Shanghai, un chiffre très élevé selon les normes chinoises. Mais même à ce moment-là, le gouvernement local avait dit : “Shanghai ne sera pas confinée, et elle n'a pas besoin d'être confinée”.</p><p>Alors que la pression montait de la part du gouvernement central à Pékin pour contrôler l'épidémie, Shanghai avait annoncé un confinement partiel en deux phases devant démarrer le 28 mars : quatre jours dans l'est (Pudong) puis quatre jours dans l'ouest (Puxi). Mais le 1er avril,  la première phase ne s'était pas achevée que la seconde commençait et Shanghai est entrée dans un confinement total. Poisson d'avril, avions-nous ri. Cela aura finalement duré deux mois. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PET5cC4RhSc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_les_habitants_de_shanghai_confines_les_rues_de_la_ville_desertes_afp" width="640"> </iframe><p>Shanghai n'était pas équipée pour gérer un confinement de cette ampleur. Par téléphone, mes collègues et moi-même avons parlé à tous ceux qui ont pris de plein fouet ce confinement: un fils désespéré dont la mère atteinte d'un cancer du poumon a été privée de séances de chimiothérapie faute de place à l'hôpital; un habitant envoyé en centre de quarantaine avec d'autres personnes testées positives alors qu'il venait de guérir du Covid, un employé confiné depuis le début dans son bureau...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=nsGF34sF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=NiWLj-Gd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=zrB3XQJ0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=ilwMWIoP 1245w" alt="image" />Des habitants montent à bord d'une ambulance dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"><strong id="docs-internal-guid-973d54d7-7fff-4691-6ea9-d542467b6a3c">‘Les Grands blancs’:  l'autorité sans visage</strong></p><p>J'ai vu peu de choses par ma fenêtre. Mais par chance, j'ai pu filmer quelques “Grands blancs” dans la rue en train de désinfecter, tester, patrouiller.</p><p>Les “Grands blancs” sont couverts des pieds à la tête d'une combinaison de protection anti-Covid blanche et bleue. Il peut s'agir de personnel médical, de volontaires, de travailleurs d'origine rurale ou même de la police. Sous cette tenue de protection homogène, le visage couvert d'un masque, les “Grands blancs” gèrent le confinement sous une même entité autoritaire sans nom ni identité. Ils sont des centaines de milliers et sont devenus le symbole de la pandémie à Shanghai, à la fois craints et respectés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=ctZQodpe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=gBdtnX4F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=BGkxYVzf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=orCDew5y 1245w" alt="image" />Des habitants du district de Jing' an à Shanghai se font tester contre le Covid le 4 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les “Grands blancs” s'exposent à des risques en faisant leur travail et sont de ce fait loués à la fois par les habitants et par la propagande pour leur rôle en première ligne : distribuer de la nourriture, dépister et transporter les malades. Mais au fil des jours, nous avons commencé à découvrir une autre facette. Des vidéos en ligne ont montré des “Grands blancs” bousculer violemment des habitants refusant de se plier aux ordres, donner des coups de pied dans des portes closes pour emmener de force des gens en quarantaine, traîner par le bras ou les jambes des gens en train de hurler pour les faire monter dans des bus.</p><p>Dans certains cas, il semble que la tenue de “Grand blanc” ait enhardi certains à faire des choses qu'ils n'auraient jamais faites si leur identité avait été connue.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=p8dXDzZ6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=lbD4KOzN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=A8W79VIg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=UpuhjfMM 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" déchargent un camion rempli de provisions à Shanghai (AFP / Str)</div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p dir="ltr" class="c2"><strong id="docs-internal-guid-579d9496-7fff-beea-75f8-db8a02c55107">Le confinement</strong></p><p>Selon la politique officielle, les communautés résidentielles dans lesquelles vivent la plupart des gens à Shanghai, doivent être confinées 14 jours si un seul cas de Covid y est recensé. Puis, théoriquement, le niveau de risque est abaissé et les gens peuvent sortir. Mais dans la réalité, très peu de gens ont l'autorisation de quitter leur résidence, pris dans l'étau de la bureaucratie chinoise. Les vrais gardiens de notre liberté de circulation sont une strate de cette bureaucratie, appelée “comité de quartier”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=yaqHDL1f 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=vAyX2TWu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=OBPCemvq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=fk1PGqDk 1245w" alt="image" />Photo prise derrière la clôture d'une résidence confinée dans le district de Jing'an à Shanghai le 19 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les confinements sont mis en oeuvre par les comités de quartier. Les politiques gouvernementales officielles sont en général strictes, détaillées et très claires, mais quand elles sont appliquées en bas de l'échelle bureaucratique, cela devient opaque. </p><p>Les comités de quartier font souvent appliquer les lois d'une manière plus conservatrice que la ligne officielle car cela les rassure. Et en matière de Covid, si un cas est recensé dans leur zone de compétence, ce sont eux qui portent le chapeau. Or personne ne veut être jugé responsable d'une faille à la politique “zéro Covid”.</p><p>Fin avril, lorsque Shanghai a annoncé que les gens à faible risque pouvaient sortir, certains comités de quartier ont commencé à remettre des laissez-passer permettant de quitter sa résidence, mais d'autres ont dit qu'une seule personne par foyer pouvait sortir une fois par jour. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=0ybmRFcv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=SmZVljFG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=tzAOn4kN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=roqB_RIg 1245w" alt="image" />Un habitant s'approvisionne en nourriture auprès d'un livreur à un checkpoint dans le district de Jing'an à Shanghai, le 13 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>La nourriture est vite devenue un problème, la plupart des habitants pensant que le confinement n'excéderait pas quatre jours. </p><p>Le gouvernement a distribué des vivres mais il y a eu des incohérences. Certains ont raconté avoir reçu une dizaine de colis de légumes frais, de viande, de nouilles, d'huile de cuisson, de papier toilette, quand d'autres n'ont eu que des légumes. Certains ont juste reçu des oeufs et des biscuits. D'autres sont tombés malades après avoir mangé de la nourriture périmée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=PNQ0iweR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=My6I3lD9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=iYvJN6vt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=qMRPFnEA 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Les apparences ont néanmoins été préservées. Des vidéos de propagande ont montré la distribution de généreux colis, des produits venant d'épiceries ont été livrés spécialement aux journalistes étrangers. </p><p>Pour s'approvisionner d'autres ont eu recours aux  achats groupés entre voisins. On pouvait acheter n'importe quoi à Shanghai, un réfrigérateur ou la carcasse d'un cochon entier, du moment qu'on atteignait une commande minimum. Même si personne n'était supposé quitter son domicile, les achats groupés étaient dans une zone grise. Les responsables de ces commandes devaient juste s'inscrire auprès des comités de quartier pour avoir la permission de réceptionner les produits et les distribuer, comme ces 100 bouteilles de vin que moi et mes voisins avions commandées...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=N8A-Qt8q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=BK_Wc3US 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=ZaVN9KnA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=kzrMlzKf 1245w" alt="image" />Des employés en tenue de protection empilant des cartons pour les livrer dans le district de Jing'an à Shanghai le 18 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c3">Dans un complexe résidentiel où vivent des milliers de personnes, un seul cas de Covid peut entraîner le confinement de tout le monde pour 14 jours supplémentaires. Et qu'est-ce qu'une communauté quand le maillon le plus faible devient votre ennemi ? Comme le confinement de chacun est défini par le comportement de tous les autres, il devient facile pour les voisins d'accuser les autres de la situation, surtout quand le confinement commence à taper sur les nerfs. </p><p class="c2"><strong>Les camps</strong></p><p>Pour beaucoup, la chose la plus terrifiante concernant le Covid ici, ce n'est pas la maladie en elle-même mais la perspective d'être expédié dans un sinistre et immense camp de quarantaine. Des vidéos ont montré des gens dormir dans des espaces exigus, avec des toilettes bouchées et qui débordent, des toits qui fuient et autres joyeusetés. Seuls les plus chanceux ont eu le droit à des chambres privées avec douche. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=rwnr--Pl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=bTa1UCsR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=WaT2WPB3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=s9hz25S1 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" dirigent des habitants vers un bus, dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Pendant le confinement, de nombreux camps de fortune ont été construits dans des stades, des chantiers de construction, et même sur le site du Grand Prix de Formule 1 de Shanghai. Des centaines de milliers de personnes contaminées sont passées par ces camps mal gérés, souvent dans des conditions épouvantables. Certains se sont même vus remettre des couvertures déjà utilisées, laissées par le précédent groupe de malades en quarantaine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=GC4MQtNr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=jiswpKfm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=ofk86Nj6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=zOxk2WBT 1245w" alt="image" />Un hôpital provisoire pour les malades du Covid à Shanghai (AFP / -)</div><p>Et ce n'est pas le pire. Récemment, une nouvelle politique a surgi, baptisée "quarantaine inversée". A savoir que les gens testés négatifs au Covid devaient être placés en quarantaine à la place de ceux testés positifs. Une femme que j'ai interviewée habitait dans une résidence où il y avait trop de cas positifs, résultat : les autorités ont transféré de force tous ceux qui n'avaient pas le Covid. Avant de partir, on avait dit à cette femme qu'elle serait logée dans un hôtel mais elle s'est retrouvée dans un centre de quarantaine. </p><p class="c2"><strong>Les tests</strong></p><p>Les tests PCR réguliers sont vite devenus une constante dans notre vie de confinés. C'est probablement le seul moment où la plupart des gens ont pu sortir de leur appartement et voir d'autres êtres humains. Il fallait se mettre en rangs, puis se faire tester par une nuée d'infirmiers mandatés pour aller dépister tous les habitants aux quatre coins de la ville. Au bout d'un mois de confinement, les gens se sont demandés si c'était à cause de ça que l'épidémie continuait de se répandre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=Lk8F9oRI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=dl2JgLzs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=vo-pQZNY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=qj3fvHmh 1245w" alt="image" />Un membre du personnel médical en train de pratiquer des tests anti-Covid dans une résidence du district de Pudong à Shanghai le 17 avril 2022 (AFP / Liu Jin)</div><p>Pour les autorités locales, ne pas parvenir à stopper une épidémie peut signer la fin d'une carrière politique. Mais elles ont peu d'outils à leur disposition en vertu de la politique rigide de “zéro Covid”. Que cette politique soit appliquée de manière efficace ou non, il est dans leur intérêt de se montrer autoritaire. Certains se sont faits tester une fois par semaine, d'autres tous les jours. Je connais même des gens qui ont été testés deux fois par jour en plusieurs occasions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=f25x-GZ0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=eORiS8eV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=gfeSRFLD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=9-FwLurZ 1245w" alt="image" />Tests anti-Covid dans une résidence du district de Jing' an à Shanghai le 1er avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les quelques minutes nécessaires au test étaient pour les habitants un bref moment de légèreté au cours duquel ils apparaissaient avec des tenues choisies avec soin, parfois décalées à dessein: on a vu sur les réseaux des photos de gens en smoking, en robe de mariée... Dans ma résidence, un ami est descendu en slip de bain -- la photo que j'ai prise de lui est devenue virale.</p><p class="c2"><strong>La sortie</strong></p><p class="c2"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=SsFvyt6p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=Wi-FgCaz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=72FluUKi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=xHfatgFK 1245w" alt="image" />Dans le district désert de Huangpu, à Shanghai le 17 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=b0s0P3S6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8OmJoyFX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8toNeXJq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=j7Cs6ou1 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">Beaucoup cherchent à quitter Shanghai; d'autres sont déjà partis. Certains étrangers vont quitter la Chine définitivement. Pour beaucoup, ce confinement aura été la goutte qui a fait déborder le vase après plus de deux ans de strictes restrictions de voyage dans et en dehors du pays. </p><p>Quand tout le monde a eu le droit de descendre dans le jardin partagé de notre résidence il y a quelques jours, l'événement a été fêté avec quelques bières. Pendant le confinement, un couple d'amis s'est marié dans l'enceinte de notre résidence, avec nos voisins pour témoins. C'est bien de voir un peu de positif. La fin totale du confinement semble encore loin mais se réjouir de petites victoires paraît la seule voie de sortie pour l'instant. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ctboKx4GAXo?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_en_chine_shanghai_reprend_vie_apres_deux_mois_de_confinement_afp" width="640"> </iframe><p><em>Mise en page et traduction par Béatrice Le Bohec à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/node/4037</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/node/4037</guid>
      <pubDate>Fri, 24 Jun 2022 11:30:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Confinés, testés, surveillés... : à Shanghai, deux mois de cauchemar "zéro Covid"]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Deux mois d'un confinement éreintant à Shanghai, prudemment levé cette semaine, ont transformé la mégapole la plus effervescente de Chine en une ville fantôme dystopique, où les habitants disent avoir souffert pour sauver la politique</strong> “<strong>zéro Covid</strong>”<strong> du gouvernement. </strong></p><p><strong>Shanghai -</strong> Tous les jours, avec mon chat, je me suis installée à la fenêtre pour observer une ville de 25 millions d'habitants réduite à un coin de rue, ma caméra constamment tournée vers cette unique ouverture, de deux mètres carrés, sur le monde extérieur. </p><p>A partir du 30 mars, cloîtrée à la maison, j'ai raconté le confinement draconien de Shanghai. Par la fenêtre ouverte, l'inquiétant silence était parfois rompu par les sirènes hurlantes des ambulances conduisant à l'hôpital des malades du Covid, et le chant des oiseaux dont on avait oublié l'existence dans le bourdonnement de cette grouillante mégapole. Dans la rue, seule<span> la</span> patrouille solitaire d'un policier en combinaison de protection, ou un rare ballet de livreurs circulant à scooter, rompaient cette étrange quiétude. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=RdkpObDS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=D0L2Rog- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=UFPY7Gqc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=LEvwPWzG 1245w" alt="image" />​Chambre avec vue (limitée): la caméra de Vivian Lin et son chat ((AFP / Vivian Lin))</div><p>Mais sur les réseaux sociaux et par téléphone, j'ai été témoin de la spirale vers le chaos de la ville chinoise la plus moderne, la plus internationale et la plus importante économiquement. De gens à court de nourriture, de patients non-Covid n'ayant pas accès aux soins médicaux urgents, et de l'éruption de la colère. Plus de deux ans après le début de la pandémie, la Chine reste en guerre contre un virus avec lequel le reste du monde essaie d'apprendre à vivre. Et ses habitants sont une préoccupation secondaire. </p><p>Ces deux derniers mois, Shanghai a été confrontée à la plus grosse vague de Covid en Chine depuis Wuhan en 2020. C'est aussi la plus grande menace à la politique de Pékin du “zéro Covid” : un vaste arsenal de mesures pour limiter les infections au minimum, depuis le traçage, les tests et l'isolement des cas positifs jusqu'à la mise en quarantaine de la population générale. Selon les données officielles, Shanghai a enregistré 25.000 cas par jour au pic de la vague épidémique en avril. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=psnMh1gE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=BXYhtHq5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=eJPPVJCY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=1du7BR6F 1245w" alt="image" />Des travailleurs en tenue de protection attendant d'intervenir après la détection de nouveaux cas de Covid à Shanghai le 14 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Le monde depuis mon téléphone </strong></p><p>En étant coincée chez moi, je n'ai bien-sûr pas vu tout cela personnellement. A la place, j'ai observé ce qui se passait à travers les yeux de millions d'autres sur les réseaux sociaux. Mes collègues et moi-même avons passé des centaines d'heures à écumer internet pour nous tenir au courant de tout, sans égards pour notre santé mentale. </p><p>Des posts sur le confinement ont inondé WeChat et Weibo, les principales plateformes de réseaux sociaux en Chine. Les gens ont partagé informations, images, vidéos, mèmes, et rumeurs entre amis et au sein de groupes, le tout sous l'oeil vigilant et permanent des censeurs chinois d'internet. Souvent, ce qui était jugé  “inapproprié” était immédiatement supprimé. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=v2qHHT_3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=uwHvXyFO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=_Xyra4pR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=rnpcxqTq 1245w" alt="image" />Le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Mais même sur l'internet chinois, beaucoup de posts sont devenus viraux. Une mère effondrée sanglotant près du corps de son enfant mort à qui on avait refusé selon elle un traitement médical; des bébés positifs au Covid séparés de leurs parents s'ils étaient négatifs; un chien Corgi battu à mort après le transfert de son propriétaire vers un centre de quarantaine; des chiens robots munis de mégaphones intimant aux gens de rester cloîtrés ou de se faire tester; des drones de surveillance; la colère contre les restrictions d'habitants tapant sur des casseroles et des pots depuis leurs balcons... </p><p>Certains épisodes viraux ont été immortalisés dans une vidéo intitulée “Voix d'avril” et publiée un soir très tard le mois dernier. Des internautes, en Chine et au-delà, ont abondamment partagé cette vidéo, et elle s'est répandue à une telle vitesse que les censeurs n'ont pu la supprimer.  Elle a maintenant quasiment disparu des réseaux sociaux en Chine mais elle peut toujours être visionnée sur YouTube avec des sous-titres en anglais.  </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UtJzvJBZZ4M" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"><strong>Comment en sommes-nous arrivés là ?</strong></p><p>Depuis 2020, le gouvernement central chinois a brandi une stratégie de “zéro Covid”, permettant de limiter le nombre officiel de décès à quelque 5.000 personnes, un bilan infime par rapport au million de morts atteint aux Etats-Unis. </p><p>Les autorités chinoises ont rapidement pris des mesures drastiques à chaque résurgence épidémique. Dans de nombreuses villes, cela s'est traduit par des confinements. Mais cela ne s'était jamais produit à Shanghai, épicentre de la finance et du commerce international en Chine. Les autorités à Shanghai avaient toujours opté pour une approche “quadrillée”, localisant les zones à risque pour des confinements courts et ciblés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=NrwuCpjH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=6I66gKe_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=LAYEdggI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=zTc-96aQ 1245w" alt="image" />Un responsable local contrôle le respect du confinement dans le district de Pudong, à Shanghai, le 8 mars 2022. (AFP / Hector Retamal)</div><p>A la mi-mars, il y avait 5.000 cas à Shanghai, un chiffre très élevé selon les normes chinoises. Mais même à ce moment-là, le gouvernement local avait dit : “Shanghai ne sera pas confinée, et elle n'a pas besoin d'être confinée”.</p><p>Alors que la pression montait de la part du gouvernement central à Pékin pour contrôler l'épidémie, Shanghai avait annoncé un confinement partiel en deux phases devant démarrer le 28 mars : quatre jours dans l'est (Pudong) puis quatre jours dans l'ouest (Puxi). Mais le 1er avril,  la première phase ne s'était pas achevée que la seconde commençait et Shanghai est entrée dans un confinement total. Poisson d'avril, avions-nous ri. Cela aura finalement duré deux mois. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PET5cC4RhSc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_les_habitants_de_shanghai_confines_les_rues_de_la_ville_desertes_afp" width="640"> </iframe><p>Shanghai n'était pas équipée pour gérer un confinement de cette ampleur. Par téléphone, mes collègues et moi-même avons parlé à tous ceux qui ont pris de plein fouet ce confinement: un fils désespéré dont la mère atteinte d'un cancer du poumon a été privée de séances de chimiothérapie faute de place à l'hôpital; un habitant envoyé en centre de quarantaine avec d'autres personnes testées positives alors qu'il venait de guérir du Covid, un employé confiné depuis le début dans son bureau...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=nsGF34sF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=NiWLj-Gd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=zrB3XQJ0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=ilwMWIoP 1245w" alt="image" />Des habitants montent à bord d'une ambulance dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"><strong>‘Les Grands blancs’:  l'autorité sans visage</strong></p><p>J'ai vu peu de choses par ma fenêtre. Mais par chance, j'ai pu filmer quelques “Grands blancs” dans la rue en train de désinfecter, tester, patrouiller.</p><p>Les “Grands blancs” sont couverts des pieds à la tête d'une combinaison de protection anti-Covid blanche et bleue. Il peut s'agir de personnel médical, de volontaires, de travailleurs d'origine rurale ou même de la police. Sous cette tenue de protection homogène, le visage couvert d'un masque, les “Grands blancs” gèrent le confinement sous une même entité autoritaire sans nom ni identité. Ils sont des centaines de milliers et sont devenus le symbole de la pandémie à Shanghai, à la fois craints et respectés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=ctZQodpe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=gBdtnX4F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=BGkxYVzf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=orCDew5y 1245w" alt="image" />Des habitants du district de Jing' an à Shanghai se font tester contre le Covid le 4 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les “Grands blancs” s'exposent à des risques en faisant leur travail et sont de ce fait loués à la fois par les habitants et par la propagande pour leur rôle en première ligne : distribuer de la nourriture, dépister et transporter les malades. Mais au fil des jours, nous avons commencé à découvrir une autre facette. Des vidéos en ligne ont montré des “Grands blancs” bousculer violemment des habitants refusant de se plier aux ordres, donner des coups de pied dans des portes closes pour emmener de force des gens en quarantaine, traîner par le bras ou les jambes des gens en train de hurler pour les faire monter dans des bus.</p><p>Dans certains cas, il semble que la tenue de “Grand blanc” ait enhardi certains à faire des choses qu'ils n'auraient jamais faites si leur identité avait été connue.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=p8dXDzZ6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=lbD4KOzN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=A8W79VIg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=UpuhjfMM 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" déchargent un camion rempli de provisions à Shanghai (AFP / Str)</div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p dir="ltr" class="c2"><strong>Le confinement</strong></p><p>Selon la politique officielle, les communautés résidentielles dans lesquelles vivent la plupart des gens à Shanghai, doivent être confinées 14 jours si un seul cas de Covid y est recensé. Puis, théoriquement, le niveau de risque est abaissé et les gens peuvent sortir. Mais dans la réalité, très peu de gens ont l'autorisation de quitter leur résidence, pris dans l'étau de la bureaucratie chinoise. Les vrais gardiens de notre liberté de circulation sont une strate de cette bureaucratie, appelée “comité de quartier”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=yaqHDL1f 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=vAyX2TWu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=OBPCemvq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=fk1PGqDk 1245w" alt="image" />Photo prise derrière la clôture d'une résidence confinée dans le district de Jing'an à Shanghai le 19 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les confinements sont mis en oeuvre par les comités de quartier. Les politiques gouvernementales officielles sont en général strictes, détaillées et très claires, mais quand elles sont appliquées en bas de l'échelle bureaucratique, cela devient opaque. </p><p>Les comités de quartier font souvent appliquer les lois d'une manière plus conservatrice que la ligne officielle car cela les rassure. Et en matière de Covid, si un cas est recensé dans leur zone de compétence, ce sont eux qui portent le chapeau. Or personne ne veut être jugé responsable d'une faille à la politique “zéro Covid”.</p><p>Fin avril, lorsque Shanghai a annoncé que les gens à faible risque pouvaient sortir, certains comités de quartier ont commencé à remettre des laissez-passer permettant de quitter sa résidence, mais d'autres ont dit qu'une seule personne par foyer pouvait sortir une fois par jour. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=0ybmRFcv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=SmZVljFG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=tzAOn4kN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=roqB_RIg 1245w" alt="image" />Un habitant s'approvisionne en nourriture auprès d'un livreur à un checkpoint dans le district de Jing'an à Shanghai, le 13 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>La nourriture est vite devenue un problème, la plupart des habitants pensant que le confinement n'excéderait pas quatre jours. </p><p>Le gouvernement a distribué des vivres mais il y a eu des incohérences. Certains ont raconté avoir reçu une dizaine de colis de légumes frais, de viande, de nouilles, d'huile de cuisson, de papier toilette, quand d'autres n'ont eu que des légumes. Certains ont juste reçu des oeufs et des biscuits. D'autres sont tombés malades après avoir mangé de la nourriture périmée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=PNQ0iweR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=My6I3lD9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=iYvJN6vt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=qMRPFnEA 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Les apparences ont néanmoins été préservées. Des vidéos de propagande ont montré la distribution de généreux colis, des produits venant d'épiceries ont été livrés spécialement aux journalistes étrangers. </p><p>Pour s'approvisionner d'autres ont eu recours aux  achats groupés entre voisins. On pouvait acheter n'importe quoi à Shanghai, un réfrigérateur ou la carcasse d'un cochon entier, du moment qu'on atteignait une commande minimum. Même si personne n'était supposé quitter son domicile, les achats groupés étaient dans une zone grise. Les responsables de ces commandes devaient juste s'inscrire auprès des comités de quartier pour avoir la permission de réceptionner les produits et les distribuer, comme ces 100 bouteilles de vin que moi et mes voisins avions commandées...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=N8A-Qt8q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=BK_Wc3US 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=ZaVN9KnA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=kzrMlzKf 1245w" alt="image" />Des employés en tenue de protection empilant des cartons pour les livrer dans le district de Jing'an à Shanghai le 18 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c3">Dans un complexe résidentiel où vivent des milliers de personnes, un seul cas de Covid peut entraîner le confinement de tout le monde pour 14 jours supplémentaires. Et qu'est-ce qu'une communauté quand le maillon le plus faible devient votre ennemi ? Comme le confinement de chacun est défini par le comportement de tous les autres, il devient facile pour les voisins d'accuser les autres de la situation, surtout quand le confinement commence à taper sur les nerfs. </p><p class="c2"><strong>Les camps</strong></p><p>Pour beaucoup, la chose la plus terrifiante concernant le Covid ici, ce n'est pas la maladie en elle-même mais la perspective d'être expédié dans un sinistre et immense camp de quarantaine. Des vidéos ont montré des gens dormir dans des espaces exigus, avec des toilettes bouchées et qui débordent, des toits qui fuient et autres joyeusetés. Seuls les plus chanceux ont eu le droit à des chambres privées avec douche. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=rwnr--Pl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=bTa1UCsR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=WaT2WPB3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=s9hz25S1 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" dirigent des habitants vers un bus, dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Pendant le confinement, de nombreux camps de fortune ont été construits dans des stades, des chantiers de construction, et même sur le site du Grand Prix de Formule 1 de Shanghai. Des centaines de milliers de personnes contaminées sont passées par ces camps mal gérés, souvent dans des conditions épouvantables. Certains se sont même vus remettre des couvertures déjà utilisées, laissées par le précédent groupe de malades en quarantaine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=GC4MQtNr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=jiswpKfm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=ofk86Nj6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=zOxk2WBT 1245w" alt="image" />Un hôpital provisoire pour les malades du Covid à Shanghai (AFP / -)</div><p>Et ce n'est pas le pire. Récemment, une nouvelle politique a surgi, baptisée "quarantaine inversée". A savoir que les gens testés négatifs au Covid devaient être placés en quarantaine à la place de ceux testés positifs. Une femme que j'ai interviewée habitait dans une résidence où il y avait trop de cas positifs, résultat : les autorités ont transféré de force tous ceux qui n'avaient pas le Covid. Avant de partir, on avait dit à cette femme qu'elle serait logée dans un hôtel mais elle s'est retrouvée dans un centre de quarantaine. </p><p class="c2"><strong>Les tests</strong></p><p>Les tests PCR réguliers sont vite devenus une constante dans notre vie de confinés. C'est probablement le seul moment où la plupart des gens ont pu sortir de leur appartement et voir d'autres êtres humains. Il fallait se mettre en rangs, puis se faire tester par une nuée d'infirmiers mandatés pour aller dépister tous les habitants aux quatre coins de la ville. Au bout d'un mois de confinement, les gens se sont demandés si c'était à cause de ça que l'épidémie continuait de se répandre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=Lk8F9oRI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=dl2JgLzs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=vo-pQZNY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=qj3fvHmh 1245w" alt="image" />Un membre du personnel médical en train de pratiquer des tests anti-Covid dans une résidence du district de Pudong à Shanghai le 17 avril 2022 (AFP / Liu Jin)</div><p>Pour les autorités locales, ne pas parvenir à stopper une épidémie peut signer la fin d'une carrière politique. Mais elles ont peu d'outils à leur disposition en vertu de la politique rigide de “zéro Covid”. Que cette politique soit appliquée de manière efficace ou non, il est dans leur intérêt de se montrer autoritaire. Certains se sont faits tester une fois par semaine, d'autres tous les jours. Je connais même des gens qui ont été testés deux fois par jour en plusieurs occasions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=f25x-GZ0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=eORiS8eV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=gfeSRFLD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=9-FwLurZ 1245w" alt="image" />Tests anti-Covid dans une résidence du district de Jing' an à Shanghai le 1er avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les quelques minutes nécessaires au test étaient pour les habitants un bref moment de légèreté au cours duquel ils apparaissaient avec des tenues choisies avec soin, parfois décalées à dessein: on a vu sur les réseaux des photos de gens en smoking, en robe de mariée... Dans ma résidence, un ami est descendu en slip de bain -- la photo que j'ai prise de lui est devenue virale.</p><p class="c2"><strong>La sortie</strong></p><p class="c2"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=SsFvyt6p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=Wi-FgCaz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=72FluUKi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=xHfatgFK 1245w" alt="image" />Dans le district désert de Huangpu, à Shanghai le 17 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=b0s0P3S6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8OmJoyFX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8toNeXJq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=j7Cs6ou1 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">Beaucoup cherchent à quitter Shanghai; d'autres sont déjà partis. Certains étrangers vont quitter la Chine définitivement. Pour beaucoup, ce confinement aura été la goutte qui a fait déborder le vase après plus de deux ans de strictes restrictions de voyage dans et en dehors du pays. </p><p>Quand tout le monde a eu le droit de descendre dans le jardin partagé de notre résidence il y a quelques jours, l'événement a été fêté avec quelques bières. Pendant le confinement, un couple d'amis s'est marié dans l'enceinte de notre résidence, avec nos voisins pour témoins. C'est bien de voir un peu de positif. La fin totale du confinement semble encore loin mais se réjouir de petites victoires paraît la seule voie de sortie pour l'instant. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ctboKx4GAXo?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_en_chine_shanghai_reprend_vie_apres_deux_mois_de_confinement_afp" width="640"> </iframe><p><em>Mise en page et traduction par Béatrice Le Bohec à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/node/4036</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/node/4036</guid>
      <pubDate>Fri, 24 Jun 2022 11:30:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Confinés, testés, surveillés... : à Shanghai, deux mois de cauchemar "zéro Covid"]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Deux mois d'un confinement éreintant à Shanghai, prudemment levé cette semaine, ont transformé la mégapole la plus effervescente de Chine en une ville fantôme dystopique, où les habitants disent avoir souffert pour sauver la politique</strong> “<strong>zéro Covid</strong>”<strong> du gouvernement. </strong></p><p><strong>Shanghai -</strong> Tous les jours, avec mon chat, je me suis installée à la fenêtre pour observer une ville de 25 millions d'habitants réduite à un coin de rue, ma caméra constamment tournée vers cette unique ouverture, de deux mètres carrés, sur le monde extérieur. </p><p>A partir du 30 mars, cloîtrée à la maison, j'ai raconté le confinement draconien de Shanghai. Par la fenêtre ouverte, l'inquiétant silence était parfois rompu par les sirènes hurlantes des ambulances conduisant à l'hôpital des malades du Covid, et le chant des oiseaux dont on avait oublié l'existence dans le bourdonnement de cette grouillante mégapole. Dans la rue, seule<span> la</span> patrouille solitaire d'un policier en combinaison de protection, ou un rare ballet de livreurs circulant à scooter, rompaient cette étrange quiétude. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=RdkpObDS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=D0L2Rog- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=UFPY7Gqc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=LEvwPWzG 1245w" alt="image" />​Chambre avec vue (limitée): la caméra de Vivian Lin et son chat ((AFP / Vivian Lin))</div><p>Mais sur les réseaux sociaux et par téléphone, j'ai été témoin de la spirale vers le chaos de la ville chinoise la plus moderne, la plus internationale et la plus importante économiquement. De gens à court de nourriture, de patients non-Covid n'ayant pas accès aux soins médicaux urgents, et de l'éruption de la colère. Plus de deux ans après le début de la pandémie, la Chine reste en guerre contre un virus avec lequel le reste du monde essaie d'apprendre à vivre. Et ses habitants sont une préoccupation secondaire. </p><p>Ces deux derniers mois, Shanghai a été confrontée à la plus grosse vague de Covid en Chine depuis Wuhan en 2020. C'est aussi la plus grande menace à la politique de Pékin du “zéro Covid” : un vaste arsenal de mesures pour limiter les infections au minimum, depuis le traçage, les tests et l'isolement des cas positifs jusqu'à la mise en quarantaine de la population générale. Selon les données officielles, Shanghai a enregistré 25.000 cas par jour au pic de la vague épidémique en avril. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=psnMh1gE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=BXYhtHq5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=eJPPVJCY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=1du7BR6F 1245w" alt="image" />Des travailleurs en tenue de protection attendant d'intervenir après la détection de nouveaux cas de Covid à Shanghai le 14 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Le monde depuis mon téléphone </strong></p><p>En étant coincée chez moi, je n'ai bien-sûr pas vu tout cela personnellement. A la place, j'ai observé ce qui se passait à travers les yeux de millions d'autres sur les réseaux sociaux. Mes collègues et moi-même avons passé des centaines d'heures à écumer internet pour nous tenir au courant de tout, sans égards pour notre santé mentale. </p><p>Des posts sur le confinement ont inondé WeChat et Weibo, les principales plateformes de réseaux sociaux en Chine. Les gens ont partagé informations, images, vidéos, mèmes, et rumeurs entre amis et au sein de groupes, le tout sous l'oeil vigilant et permanent des censeurs chinois d'internet. Souvent, ce qui était jugé  “inapproprié” était immédiatement supprimé. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=v2qHHT_3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=uwHvXyFO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=_Xyra4pR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=rnpcxqTq 1245w" alt="image" />Le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Mais même sur l'internet chinois, beaucoup de posts sont devenus viraux. Une mère effondrée sanglotant près du corps de son enfant mort à qui on avait refusé selon elle un traitement médical; des bébés positifs au Covid séparés de leurs parents s'ils étaient négatifs; un chien Corgi battu à mort après le transfert de son propriétaire vers un centre de quarantaine; des chiens robots munis de mégaphones intimant aux gens de rester cloîtrés ou de se faire tester; des drones de surveillance; la colère contre les restrictions d'habitants tapant sur des casseroles et des pots depuis leurs balcons... </p><p>Certains épisodes viraux ont été immortalisés dans une vidéo intitulée “Voix d'avril” et publiée un soir très tard le mois dernier. Des internautes, en Chine et au-delà, ont abondamment partagé cette vidéo, et elle s'est répandue à une telle vitesse que les censeurs n'ont pu la supprimer.  Elle a maintenant quasiment disparu des réseaux sociaux en Chine mais elle peut toujours être visionnée sur YouTube avec des sous-titres en anglais.  </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UtJzvJBZZ4M" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"><strong>Comment en sommes-nous arrivés là ?</strong></p><p>Depuis 2020, le gouvernement central chinois a brandi une stratégie de “zéro Covid”, permettant de limiter le nombre officiel de décès à quelque 5.000 personnes, un bilan infime par rapport au million de morts atteint aux Etats-Unis. </p><p>Les autorités chinoises ont rapidement pris des mesures drastiques à chaque résurgence épidémique. Dans de nombreuses villes, cela s'est traduit par des confinements. Mais cela ne s'était jamais produit à Shanghai, épicentre de la finance et du commerce international en Chine. Les autorités à Shanghai avaient toujours opté pour une approche “quadrillée”, localisant les zones à risque pour des confinements courts et ciblés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=NrwuCpjH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=6I66gKe_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=LAYEdggI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=zTc-96aQ 1245w" alt="image" />Un responsable local contrôle le respect du confinement dans le district de Pudong, à Shanghai, le 8 mars 2022. (AFP / Hector Retamal)</div><p>A la mi-mars, il y avait 5.000 cas à Shanghai, un chiffre très élevé selon les normes chinoises. Mais même à ce moment-là, le gouvernement local avait dit : “Shanghai ne sera pas confinée, et elle n'a pas besoin d'être confinée”.</p><p>Alors que la pression montait de la part du gouvernement central à Pékin pour contrôler l'épidémie, Shanghai avait annoncé un confinement partiel en deux phases devant démarrer le 28 mars : quatre jours dans l'est (Pudong) puis quatre jours dans l'ouest (Puxi). Mais le 1er avril,  la première phase ne s'était pas achevée que la seconde commençait et Shanghai est entrée dans un confinement total. Poisson d'avril, avions-nous ri. Cela aura finalement duré deux mois. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PET5cC4RhSc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_les_habitants_de_shanghai_confines_les_rues_de_la_ville_desertes_afp" width="640"> </iframe><p>Shanghai n'était pas équipée pour gérer un confinement de cette ampleur. Par téléphone, mes collègues et moi-même avons parlé à tous ceux qui ont pris de plein fouet ce confinement: un fils désespéré dont la mère atteinte d'un cancer du poumon a été privée de séances de chimiothérapie faute de place à l'hôpital; un habitant envoyé en centre de quarantaine avec d'autres personnes testées positives alors qu'il venait de guérir du Covid, un employé confiné depuis le début dans son bureau...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=nsGF34sF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=NiWLj-Gd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=zrB3XQJ0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=ilwMWIoP 1245w" alt="image" />Des habitants montent à bord d'une ambulance dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"><strong>‘Les Grands blancs’:  l'autorité sans visage</strong></p><p>J'ai vu peu de choses par ma fenêtre. Mais par chance, j'ai pu filmer quelques “Grands blancs” dans la rue en train de désinfecter, tester, patrouiller.</p><p>Les “Grands blancs” sont couverts des pieds à la tête d'une combinaison de protection anti-Covid blanche et bleue. Il peut s'agir de personnel médical, de volontaires, de travailleurs d'origine rurale ou même de la police. Sous cette tenue de protection homogène, le visage couvert d'un masque, les “Grands blancs” gèrent le confinement sous une même entité autoritaire sans nom ni identité. Ils sont des centaines de milliers et sont devenus le symbole de la pandémie à Shanghai, à la fois craints et respectés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=ctZQodpe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=gBdtnX4F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=BGkxYVzf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=orCDew5y 1245w" alt="image" />Des habitants du district de Jing' an à Shanghai se font tester contre le Covid le 4 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les “Grands blancs” s'exposent à des risques en faisant leur travail et sont de ce fait loués à la fois par les habitants et par la propagande pour leur rôle en première ligne : distribuer de la nourriture, dépister et transporter les malades. Mais au fil des jours, nous avons commencé à découvrir une autre facette. Des vidéos en ligne ont montré des “Grands blancs” bousculer violemment des habitants refusant de se plier aux ordres, donner des coups de pied dans des portes closes pour emmener de force des gens en quarantaine, traîner par le bras ou les jambes des gens en train de hurler pour les faire monter dans des bus.</p><p>Dans certains cas, il semble que la tenue de “Grand blanc” ait enhardi certains à faire des choses qu'ils n'auraient jamais faites si leur identité avait été connue.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=p8dXDzZ6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=lbD4KOzN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=A8W79VIg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=UpuhjfMM 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" déchargent un camion rempli de provisions à Shanghai (AFP / Str)</div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p dir="ltr" class="c2"><strong>Le confinement</strong></p><p>Selon la politique officielle, les communautés résidentielles dans lesquelles vivent la plupart des gens à Shanghai, doivent être confinées 14 jours si un seul cas de Covid y est recensé. Puis, théoriquement, le niveau de risque est abaissé et les gens peuvent sortir. Mais dans la réalité, très peu de gens ont l'autorisation de quitter leur résidence, pris dans l'étau de la bureaucratie chinoise. Les vrais gardiens de notre liberté de circulation sont une strate de cette bureaucratie, appelée “comité de quartier”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=yaqHDL1f 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=vAyX2TWu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=OBPCemvq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=fk1PGqDk 1245w" alt="image" />Photo prise derrière la clôture d'une résidence confinée dans le district de Jing'an à Shanghai le 19 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les confinements sont mis en oeuvre par les comités de quartier. Les politiques gouvernementales officielles sont en général strictes, détaillées et très claires, mais quand elles sont appliquées en bas de l'échelle bureaucratique, cela devient opaque. </p><p>Les comités de quartier font souvent appliquer les lois d'une manière plus conservatrice que la ligne officielle car cela les rassure. Et en matière de Covid, si un cas est recensé dans leur zone de compétence, ce sont eux qui portent le chapeau. Or personne ne veut être jugé responsable d'une faille à la politique “zéro Covid”.</p><p>Fin avril, lorsque Shanghai a annoncé que les gens à faible risque pouvaient sortir, certains comités de quartier ont commencé à remettre des laissez-passer permettant de quitter sa résidence, mais d'autres ont dit qu'une seule personne par foyer pouvait sortir une fois par jour. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=0ybmRFcv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=SmZVljFG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=tzAOn4kN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=roqB_RIg 1245w" alt="image" />Un habitant s'approvisionne en nourriture auprès d'un livreur à un checkpoint dans le district de Jing'an à Shanghai, le 13 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>La nourriture est vite devenue un problème, la plupart des habitants pensant que le confinement n'excéderait pas quatre jours. </p><p>Le gouvernement a distribué des vivres mais il y a eu des incohérences. Certains ont raconté avoir reçu une dizaine de colis de légumes frais, de viande, de nouilles, d'huile de cuisson, de papier toilette, quand d'autres n'ont eu que des légumes. Certains ont juste reçu des oeufs et des biscuits. D'autres sont tombés malades après avoir mangé de la nourriture périmée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=PNQ0iweR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=My6I3lD9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=iYvJN6vt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=qMRPFnEA 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Les apparences ont néanmoins été préservées. Des vidéos de propagande ont montré la distribution de généreux colis, des produits venant d'épiceries ont été livrés spécialement aux journalistes étrangers. </p><p>Pour s'approvisionner d'autres ont eu recours aux  achats groupés entre voisins. On pouvait acheter n'importe quoi à Shanghai, un réfrigérateur ou la carcasse d'un cochon entier, du moment qu'on atteignait une commande minimum. Même si personne n'était supposé quitter son domicile, les achats groupés étaient dans une zone grise. Les responsables de ces commandes devaient juste s'inscrire auprès des comités de quartier pour avoir la permission de réceptionner les produits et les distribuer, comme ces 100 bouteilles de vin que moi et mes voisins avions commandées...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=N8A-Qt8q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=BK_Wc3US 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=ZaVN9KnA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=kzrMlzKf 1245w" alt="image" />Des employés en tenue de protection empilant des cartons pour les livrer dans le district de Jing'an à Shanghai le 18 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c3">Dans un complexe résidentiel où vivent des milliers de personnes, un seul cas de Covid peut entraîner le confinement de tout le monde pour 14 jours supplémentaires. Et qu'est-ce qu'une communauté quand le maillon le plus faible devient votre ennemi ? Comme le confinement de chacun est défini par le comportement de tous les autres, il devient facile pour les voisins d'accuser les autres de la situation, surtout quand le confinement commence à taper sur les nerfs. </p><p class="c2"><strong>Les camps</strong></p><p>Pour beaucoup, la chose la plus terrifiante concernant le Covid ici, ce n'est pas la maladie en elle-même mais la perspective d'être expédié dans un sinistre et immense camp de quarantaine. Des vidéos ont montré des gens dormir dans des espaces exigus, avec des toilettes bouchées et qui débordent, des toits qui fuient et autres joyeusetés. Seuls les plus chanceux ont eu le droit à des chambres privées avec douche. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=rwnr--Pl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=bTa1UCsR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=WaT2WPB3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=s9hz25S1 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" dirigent des habitants vers un bus, dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Pendant le confinement, de nombreux camps de fortune ont été construits dans des stades, des chantiers de construction, et même sur le site du Grand Prix de Formule 1 de Shanghai. Des centaines de milliers de personnes contaminées sont passées par ces camps mal gérés, souvent dans des conditions épouvantables. Certains se sont même vus remettre des couvertures déjà utilisées, laissées par le précédent groupe de malades en quarantaine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=GC4MQtNr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=jiswpKfm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=ofk86Nj6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=zOxk2WBT 1245w" alt="image" />Un hôpital provisoire pour les malades du Covid à Shanghai (AFP / -)</div><p>Et ce n'est pas le pire. Récemment, une nouvelle politique a surgi, baptisée "quarantaine inversée". A savoir que les gens testés négatifs au Covid devaient être placés en quarantaine à la place de ceux testés positifs. Une femme que j'ai interviewée habitait dans une résidence où il y avait trop de cas positifs, résultat : les autorités ont transféré de force tous ceux qui n'avaient pas le Covid. Avant de partir, on avait dit à cette femme qu'elle serait logée dans un hôtel mais elle s'est retrouvée dans un centre de quarantaine. </p><p class="c2"><strong>Les tests</strong></p><p>Les tests PCR réguliers sont vite devenus une constante dans notre vie de confinés. C'est probablement le seul moment où la plupart des gens ont pu sortir de leur appartement et voir d'autres êtres humains. Il fallait se mettre en rangs, puis se faire tester par une nuée d'infirmiers mandatés pour aller dépister tous les habitants aux quatre coins de la ville. Au bout d'un mois de confinement, les gens se sont demandés si c'était à cause de ça que l'épidémie continuait de se répandre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=Lk8F9oRI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=dl2JgLzs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=vo-pQZNY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=qj3fvHmh 1245w" alt="image" />Un membre du personnel médical en train de pratiquer des tests anti-Covid dans une résidence du district de Pudong à Shanghai le 17 avril 2022 (AFP / Liu Jin)</div><p>Pour les autorités locales, ne pas parvenir à stopper une épidémie peut signer la fin d'une carrière politique. Mais elles ont peu d'outils à leur disposition en vertu de la politique rigide de “zéro Covid”. Que cette politique soit appliquée de manière efficace ou non, il est dans leur intérêt de se montrer autoritaire. Certains se sont faits tester une fois par semaine, d'autres tous les jours. Je connais même des gens qui ont été testés deux fois par jour en plusieurs occasions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=f25x-GZ0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=eORiS8eV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=gfeSRFLD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=9-FwLurZ 1245w" alt="image" />Tests anti-Covid dans une résidence du district de Jing' an à Shanghai le 1er avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les quelques minutes nécessaires au test étaient pour les habitants un bref moment de légèreté au cours duquel ils apparaissaient avec des tenues choisies avec soin, parfois décalées à dessein: on a vu sur les réseaux des photos de gens en smoking, en robe de mariée... Dans ma résidence, un ami est descendu en slip de bain -- la photo que j'ai prise de lui est devenue virale.</p><p class="c2"><strong>La sortie</strong></p><p class="c2"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=SsFvyt6p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=Wi-FgCaz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=72FluUKi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=xHfatgFK 1245w" alt="image" />Dans le district désert de Huangpu, à Shanghai le 17 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=b0s0P3S6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8OmJoyFX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8toNeXJq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=j7Cs6ou1 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">Beaucoup cherchent à quitter Shanghai; d'autres sont déjà partis. Certains étrangers vont quitter la Chine définitivement. Pour beaucoup, ce confinement aura été la goutte qui a fait déborder le vase après plus de deux ans de strictes restrictions de voyage dans et en dehors du pays. </p><p>Quand tout le monde a eu le droit de descendre dans le jardin partagé de notre résidence il y a quelques jours, l'événement a été fêté avec quelques bières. Pendant le confinement, un couple d'amis s'est marié dans l'enceinte de notre résidence, avec nos voisins pour témoins. C'est bien de voir un peu de positif. La fin totale du confinement semble encore loin mais se réjouir de petites victoires paraît la seule voie de sortie pour l'instant. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ctboKx4GAXo?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_en_chine_shanghai_reprend_vie_apres_deux_mois_de_confinement_afp" width="640"> </iframe><p><em>Mise en page et traduction par Béatrice Le Bohec à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/node/4034</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/node/4034</guid>
      <pubDate>Fri, 24 Jun 2022 11:30:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Confinés, testés, surveillés... : à Shanghai, deux mois de cauchemar "zéro Covid"]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Deux mois d'un confinement éreintant à Shanghai, prudemment levé cette semaine, ont transformé la mégapole la plus effervescente de Chine en une ville fantôme dystopique, où les habitants disent avoir souffert pour sauver la politique</strong> “<strong>zéro Covid</strong>”<strong> du gouvernement. </strong></p><p><strong>Shanghai -</strong> Tous les jours, avec mon chat, je me suis installée à la fenêtre pour observer une ville de 25 millions d'habitants réduite à un coin de rue, ma caméra constamment tournée vers cette unique ouverture, de deux mètres carrés, sur le monde extérieur. </p><p>A partir du 30 mars, cloîtrée à la maison, j'ai raconté le confinement draconien de Shanghai. Par la fenêtre ouverte, l'inquiétant silence était parfois rompu par les sirènes hurlantes des ambulances conduisant à l'hôpital des malades du Covid, et le chant des oiseaux dont on avait oublié l'existence dans le bourdonnement de cette grouillante mégapole. Dans la rue, seule<span> la</span> patrouille solitaire d'un policier en combinaison de protection, ou un rare ballet de livreurs circulant à scooter, rompaient cette étrange quiétude. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=WNoS4M_c 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=RdkpObDS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=D0L2Rog- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=UFPY7Gqc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/vivian_lin_home.jpg?itok=LEvwPWzG 1245w" alt="image" />​Chambre avec vue (limitée): la caméra de Vivian Lin et son chat ((AFP / Vivian Lin))</div><p>Mais sur les réseaux sociaux et par téléphone, j'ai été témoin de la spirale vers le chaos de la ville chinoise la plus moderne, la plus internationale et la plus importante économiquement. De gens à court de nourriture, de patients non-Covid n'ayant pas accès aux soins médicaux urgents, et de l'éruption de la colère. Plus de deux ans après le début de la pandémie, la Chine reste en guerre contre un virus avec lequel le reste du monde essaie d'apprendre à vivre. Et ses habitants sont une préoccupation secondaire. </p><p>Ces deux derniers mois, Shanghai a été confrontée à la plus grosse vague de Covid en Chine depuis Wuhan en 2020. C'est aussi la plus grande menace à la politique de Pékin du “zéro Covid” : un vaste arsenal de mesures pour limiter les infections au minimum, depuis le traçage, les tests et l'isolement des cas positifs jusqu'à la mise en quarantaine de la population générale. Selon les données officielles, Shanghai a enregistré 25.000 cas par jour au pic de la vague épidémique en avril. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=72SNO5oQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=psnMh1gE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=BXYhtHq5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=eJPPVJCY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32648eh.jpg?itok=1du7BR6F 1245w" alt="image" />Des travailleurs en tenue de protection attendant d'intervenir après la détection de nouveaux cas de Covid à Shanghai le 14 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Le monde depuis mon téléphone </strong></p><p>En étant coincée chez moi, je n'ai bien-sûr pas vu tout cela personnellement. A la place, j'ai observé ce qui se passait à travers les yeux de millions d'autres sur les réseaux sociaux. Mes collègues et moi-même avons passé des centaines d'heures à écumer internet pour nous tenir au courant de tout, sans égards pour notre santé mentale. </p><p>Des posts sur le confinement ont inondé WeChat et Weibo, les principales plateformes de réseaux sociaux en Chine. Les gens ont partagé informations, images, vidéos, mèmes, et rumeurs entre amis et au sein de groupes, le tout sous l'oeil vigilant et permanent des censeurs chinois d'internet. Souvent, ce qui était jugé  “inapproprié” était immédiatement supprimé. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=R71lOju5 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=v2qHHT_3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=uwHvXyFO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=_Xyra4pR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328n8nl.jpg?itok=rnpcxqTq 1245w" alt="image" />Le district de Jing'an à Shanghai le 21 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Mais même sur l'internet chinois, beaucoup de posts sont devenus viraux. Une mère effondrée sanglotant près du corps de son enfant mort à qui on avait refusé selon elle un traitement médical; des bébés positifs au Covid séparés de leurs parents s'ils étaient négatifs; un chien Corgi battu à mort après le transfert de son propriétaire vers un centre de quarantaine; des chiens robots munis de mégaphones intimant aux gens de rester cloîtrés ou de se faire tester; des drones de surveillance; la colère contre les restrictions d'habitants tapant sur des casseroles et des pots depuis leurs balcons... </p><p>Certains épisodes viraux ont été immortalisés dans une vidéo intitulée “Voix d'avril” et publiée un soir très tard le mois dernier. Des internautes, en Chine et au-delà, ont abondamment partagé cette vidéo, et elle s'est répandue à une telle vitesse que les censeurs n'ont pu la supprimer.  Elle a maintenant quasiment disparu des réseaux sociaux en Chine mais elle peut toujours être visionnée sur YouTube avec des sous-titres en anglais.  </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/UtJzvJBZZ4M" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"><strong>Comment en sommes-nous arrivés là ?</strong></p><p>Depuis 2020, le gouvernement central chinois a brandi une stratégie de “zéro Covid”, permettant de limiter le nombre officiel de décès à quelque 5.000 personnes, un bilan infime par rapport au million de morts atteint aux Etats-Unis. </p><p>Les autorités chinoises ont rapidement pris des mesures drastiques à chaque résurgence épidémique. Dans de nombreuses villes, cela s'est traduit par des confinements. Mais cela ne s'était jamais produit à Shanghai, épicentre de la finance et du commerce international en Chine. Les autorités à Shanghai avaient toujours opté pour une approche “quadrillée”, localisant les zones à risque pour des confinements courts et ciblés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=Vg1CClBB 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=NrwuCpjH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=6I66gKe_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=LAYEdggI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32749tv.jpg?itok=zTc-96aQ 1245w" alt="image" />Un responsable local contrôle le respect du confinement dans le district de Pudong, à Shanghai, le 8 mars 2022. (AFP / Hector Retamal)</div><p>A la mi-mars, il y avait 5.000 cas à Shanghai, un chiffre très élevé selon les normes chinoises. Mais même à ce moment-là, le gouvernement local avait dit : “Shanghai ne sera pas confinée, et elle n'a pas besoin d'être confinée”.</p><p>Alors que la pression montait de la part du gouvernement central à Pékin pour contrôler l'épidémie, Shanghai avait annoncé un confinement partiel en deux phases devant démarrer le 28 mars : quatre jours dans l'est (Pudong) puis quatre jours dans l'ouest (Puxi). Mais le 1er avril,  la première phase ne s'était pas achevée que la seconde commençait et Shanghai est entrée dans un confinement total. Poisson d'avril, avions-nous ri. Cela aura finalement duré deux mois. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/PET5cC4RhSc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_les_habitants_de_shanghai_confines_les_rues_de_la_ville_desertes_afp" width="640"> </iframe><p>Shanghai n'était pas équipée pour gérer un confinement de cette ampleur. Par téléphone, mes collègues et moi-même avons parlé à tous ceux qui ont pris de plein fouet ce confinement: un fils désespéré dont la mère atteinte d'un cancer du poumon a été privée de séances de chimiothérapie faute de place à l'hôpital; un habitant envoyé en centre de quarantaine avec d'autres personnes testées positives alors qu'il venait de guérir du Covid, un employé confiné depuis le début dans son bureau...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=lPXrt-YQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=nsGF34sF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=NiWLj-Gd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=zrB3XQJ0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329p34u.jpg?itok=ilwMWIoP 1245w" alt="image" />Des habitants montent à bord d'une ambulance dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"><strong id="docs-internal-guid-973d54d7-7fff-4691-6ea9-d542467b6a3c">‘Les Grands blancs’:  l'autorité sans visage</strong></p><p>J'ai vu peu de choses par ma fenêtre. Mais par chance, j'ai pu filmer quelques “Grands blancs” dans la rue en train de désinfecter, tester, patrouiller.</p><p>Les “Grands blancs” sont couverts des pieds à la tête d'une combinaison de protection anti-Covid blanche et bleue. Il peut s'agir de personnel médical, de volontaires, de travailleurs d'origine rurale ou même de la police. Sous cette tenue de protection homogène, le visage couvert d'un masque, les “Grands blancs” gèrent le confinement sous une même entité autoritaire sans nom ni identité. Ils sont des centaines de milliers et sont devenus le symbole de la pandémie à Shanghai, à la fois craints et respectés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=-RzoeBS1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=ctZQodpe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=gBdtnX4F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=BGkxYVzf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327m834.jpg?itok=orCDew5y 1245w" alt="image" />Des habitants du district de Jing' an à Shanghai se font tester contre le Covid le 4 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les “Grands blancs” s'exposent à des risques en faisant leur travail et sont de ce fait loués à la fois par les habitants et par la propagande pour leur rôle en première ligne : distribuer de la nourriture, dépister et transporter les malades. Mais au fil des jours, nous avons commencé à découvrir une autre facette. Des vidéos en ligne ont montré des “Grands blancs” bousculer violemment des habitants refusant de se plier aux ordres, donner des coups de pied dans des portes closes pour emmener de force des gens en quarantaine, traîner par le bras ou les jambes des gens en train de hurler pour les faire monter dans des bus.</p><p>Dans certains cas, il semble que la tenue de “Grand blanc” ait enhardi certains à faire des choses qu'ils n'auraient jamais faites si leur identité avait été connue.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=jkoFAFwj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=p8dXDzZ6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=lbD4KOzN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=A8W79VIg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327r8ef.jpg?itok=UpuhjfMM 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" déchargent un camion rempli de provisions à Shanghai (AFP / Str)</div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p dir="ltr" class="c2"><strong id="docs-internal-guid-579d9496-7fff-beea-75f8-db8a02c55107">Le confinement</strong></p><p>Selon la politique officielle, les communautés résidentielles dans lesquelles vivent la plupart des gens à Shanghai, doivent être confinées 14 jours si un seul cas de Covid y est recensé. Puis, théoriquement, le niveau de risque est abaissé et les gens peuvent sortir. Mais dans la réalité, très peu de gens ont l'autorisation de quitter leur résidence, pris dans l'étau de la bureaucratie chinoise. Les vrais gardiens de notre liberté de circulation sont une strate de cette bureaucratie, appelée “comité de quartier”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=VOY-7Gsk 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=yaqHDL1f 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=vAyX2TWu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=OBPCemvq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ag7gz.jpg?itok=fk1PGqDk 1245w" alt="image" />Photo prise derrière la clôture d'une résidence confinée dans le district de Jing'an à Shanghai le 19 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les confinements sont mis en oeuvre par les comités de quartier. Les politiques gouvernementales officielles sont en général strictes, détaillées et très claires, mais quand elles sont appliquées en bas de l'échelle bureaucratique, cela devient opaque. </p><p>Les comités de quartier font souvent appliquer les lois d'une manière plus conservatrice que la ligne officielle car cela les rassure. Et en matière de Covid, si un cas est recensé dans leur zone de compétence, ce sont eux qui portent le chapeau. Or personne ne veut être jugé responsable d'une faille à la politique “zéro Covid”.</p><p>Fin avril, lorsque Shanghai a annoncé que les gens à faible risque pouvaient sortir, certains comités de quartier ont commencé à remettre des laissez-passer permettant de quitter sa résidence, mais d'autres ont dit qu'une seule personne par foyer pouvait sortir une fois par jour. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=2CIFTc1p 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=0ybmRFcv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=SmZVljFG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=tzAOn4kN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_329z8dp.jpg?itok=roqB_RIg 1245w" alt="image" />Un habitant s'approvisionne en nourriture auprès d'un livreur à un checkpoint dans le district de Jing'an à Shanghai, le 13 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>La nourriture est vite devenue un problème, la plupart des habitants pensant que le confinement n'excéderait pas quatre jours. </p><p>Le gouvernement a distribué des vivres mais il y a eu des incohérences. Certains ont raconté avoir reçu une dizaine de colis de légumes frais, de viande, de nouilles, d'huile de cuisson, de papier toilette, quand d'autres n'ont eu que des légumes. Certains ont juste reçu des oeufs et des biscuits. D'autres sont tombés malades après avoir mangé de la nourriture périmée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=dNs5X7dj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=PNQ0iweR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=My6I3lD9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=iYvJN6vt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327p94c.jpg?itok=qMRPFnEA 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Les apparences ont néanmoins été préservées. Des vidéos de propagande ont montré la distribution de généreux colis, des produits venant d'épiceries ont été livrés spécialement aux journalistes étrangers. </p><p>Pour s'approvisionner d'autres ont eu recours aux  achats groupés entre voisins. On pouvait acheter n'importe quoi à Shanghai, un réfrigérateur ou la carcasse d'un cochon entier, du moment qu'on atteignait une commande minimum. Même si personne n'était supposé quitter son domicile, les achats groupés étaient dans une zone grise. Les responsables de ces commandes devaient juste s'inscrire auprès des comités de quartier pour avoir la permission de réceptionner les produits et les distribuer, comme ces 100 bouteilles de vin que moi et mes voisins avions commandées...  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=acaw3Pht 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=N8A-Qt8q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=BK_Wc3US 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=ZaVN9KnA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_32ac88p.jpg?itok=kzrMlzKf 1245w" alt="image" />Des employés en tenue de protection empilant des cartons pour les livrer dans le district de Jing'an à Shanghai le 18 mai 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c3">Dans un complexe résidentiel où vivent des milliers de personnes, un seul cas de Covid peut entraîner le confinement de tout le monde pour 14 jours supplémentaires. Et qu'est-ce qu'une communauté quand le maillon le plus faible devient votre ennemi ? Comme le confinement de chacun est défini par le comportement de tous les autres, il devient facile pour les voisins d'accuser les autres de la situation, surtout quand le confinement commence à taper sur les nerfs. </p><p class="c2"><strong>Les camps</strong></p><p>Pour beaucoup, la chose la plus terrifiante concernant le Covid ici, ce n'est pas la maladie en elle-même mais la perspective d'être expédié dans un sinistre et immense camp de quarantaine. Des vidéos ont montré des gens dormir dans des espaces exigus, avec des toilettes bouchées et qui débordent, des toits qui fuient et autres joyeusetés. Seuls les plus chanceux ont eu le droit à des chambres privées avec douche. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=dn1myl6H 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=rwnr--Pl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=bTa1UCsR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=WaT2WPB3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328h7vx.jpg?itok=s9hz25S1 1245w" alt="image" />Des "Grands blancs" dirigent des habitants vers un bus, dans le district de Jing'an à Shanghai, le 8 avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Pendant le confinement, de nombreux camps de fortune ont été construits dans des stades, des chantiers de construction, et même sur le site du Grand Prix de Formule 1 de Shanghai. Des centaines de milliers de personnes contaminées sont passées par ces camps mal gérés, souvent dans des conditions épouvantables. Certains se sont même vus remettre des couvertures déjà utilisées, laissées par le précédent groupe de malades en quarantaine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=KKUueSqA 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=GC4MQtNr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=jiswpKfm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=ofk86Nj6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327w8y3.jpg?itok=zOxk2WBT 1245w" alt="image" />Un hôpital provisoire pour les malades du Covid à Shanghai (AFP / -)</div><p>Et ce n'est pas le pire. Récemment, une nouvelle politique a surgi, baptisée "quarantaine inversée". A savoir que les gens testés négatifs au Covid devaient être placés en quarantaine à la place de ceux testés positifs. Une femme que j'ai interviewée habitait dans une résidence où il y avait trop de cas positifs, résultat : les autorités ont transféré de force tous ceux qui n'avaient pas le Covid. Avant de partir, on avait dit à cette femme qu'elle serait logée dans un hôtel mais elle s'est retrouvée dans un centre de quarantaine. </p><p class="c2"><strong>Les tests</strong></p><p>Les tests PCR réguliers sont vite devenus une constante dans notre vie de confinés. C'est probablement le seul moment où la plupart des gens ont pu sortir de leur appartement et voir d'autres êtres humains. Il fallait se mettre en rangs, puis se faire tester par une nuée d'infirmiers mandatés pour aller dépister tous les habitants aux quatre coins de la ville. Au bout d'un mois de confinement, les gens se sont demandés si c'était à cause de ça que l'épidémie continuait de se répandre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=pJatVFYN 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=Lk8F9oRI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=dl2JgLzs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=vo-pQZNY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_328g7pa.jpg?itok=qj3fvHmh 1245w" alt="image" />Un membre du personnel médical en train de pratiquer des tests anti-Covid dans une résidence du district de Pudong à Shanghai le 17 avril 2022 (AFP / Liu Jin)</div><p>Pour les autorités locales, ne pas parvenir à stopper une épidémie peut signer la fin d'une carrière politique. Mais elles ont peu d'outils à leur disposition en vertu de la politique rigide de “zéro Covid”. Que cette politique soit appliquée de manière efficace ou non, il est dans leur intérêt de se montrer autoritaire. Certains se sont faits tester une fois par semaine, d'autres tous les jours. Je connais même des gens qui ont été testés deux fois par jour en plusieurs occasions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=OXAQZqbZ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=f25x-GZ0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=eORiS8eV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=gfeSRFLD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_327e2ha.jpg?itok=9-FwLurZ 1245w" alt="image" />Tests anti-Covid dans une résidence du district de Jing' an à Shanghai le 1er avril 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Les quelques minutes nécessaires au test étaient pour les habitants un bref moment de légèreté au cours duquel ils apparaissaient avec des tenues choisies avec soin, parfois décalées à dessein: on a vu sur les réseaux des photos de gens en smoking, en robe de mariée... Dans ma résidence, un ami est descendu en slip de bain -- la photo que j'ai prise de lui est devenue virale.</p><p class="c2"><strong>La sortie</strong></p><p class="c2"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=ltgxh0Ga 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=SsFvyt6p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=Wi-FgCaz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=72FluUKi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lh.jpg?itok=xHfatgFK 1245w" alt="image" />Dans le district désert de Huangpu, à Shanghai le 17 mars 2022 (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=3JHY9Zq4 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=b0s0P3S6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8OmJoyFX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=8toNeXJq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-shanghai-lockdown-may22/000_326c2lf.jpg?itok=j7Cs6ou1 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">Beaucoup cherchent à quitter Shanghai; d'autres sont déjà partis. Certains étrangers vont quitter la Chine définitivement. Pour beaucoup, ce confinement aura été la goutte qui a fait déborder le vase après plus de deux ans de strictes restrictions de voyage dans et en dehors du pays. </p><p>Quand tout le monde a eu le droit de descendre dans le jardin partagé de notre résidence il y a quelques jours, l'événement a été fêté avec quelques bières. Pendant le confinement, un couple d'amis s'est marié dans l'enceinte de notre résidence, avec nos voisins pour témoins. C'est bien de voir un peu de positif. La fin totale du confinement semble encore loin mais se réjouir de petites victoires paraît la seule voie de sortie pour l'instant. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/ctboKx4GAXo?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="covid_en_chine_shanghai_reprend_vie_apres_deux_mois_de_confinement_afp" width="640"> </iframe>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/confines-testes-surveilles-shanghai-deux-mois-de-cauchemar-zero-covid</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/confines-testes-surveilles-shanghai-deux-mois-de-cauchemar-zero-covid</guid>
      <pubDate>Fri, 03 Jun 2022 17:44:10 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Welcome (back) to Hell: les blessures ravivées de Sarajevo]]></title>
      <description><![CDATA[<h3>Il y a trente ans démarrait le conflit le plus meurtrier à ce jour en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale: la guerre de Bosnie-Herzégovine. En trois ans, elle a fait plus de 100.000 morts. Comme pour beaucoup d’habitants de la région, la guerre en Ukraine a reveillé chez Sonia Bakaric, à l’époque correspondante à Zagreb, des souvenirs douloureux.  </h3><p><strong>Paris</strong> - Trente ans ont passé depuis le début de la guerre en Bosnie, le plus meurtrier des conflits qui ont découlé de l’éclatement de la Yougoslavie, mais les souvenirs de sa brutalité ne s’effaceront jamais de ma mémoire. </p><p>Ils sont ravivés par la guerre en Ukraine qui, pour les civils, rappelle en de nombreux points ce conflit au cœur de l’Europe. A une heure à vol d’oiseau de Sarajevo, ville qui a subi le plus long siège de l’histoire récente, la mort, les bombardements, la peur, la faim et l’exode sont de retour sur le continent. </p><p>Le même sort se répète pour civils et combattants en première ligne: villes pilonnées, populations déplacées, appels désespérés à l’aide de civils terrés dans des abris, soupçons d’exécutions sommaires, bombardements et frappes qui n’épargnent ni les écoles ni les hôpitaux.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_323v9g8.jpg?itok=u5RVIQko" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_323v9g8.jpg?itok=u5RVIQko 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_323v9g8.jpg?itok=Z0Jb6PZL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_323v9g8.jpg?itok=frCNl0P4 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_323v9g8.jpg?itok=Hz3_hGTg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_323v9g8.jpg?itok=aKossbG_ 1245w" alt="image" />La mairie de Sarajevo, illuminée avec les couleurs du drapeau ukrainien, le February 24, 2022, jour du démarrage de l'invasion russe de l'Ukraine (AFP / Elvis Barukcic)</div><p>Les souvenirs du printemps de 1992, quand la Bosnie-Herzégovine décide de se détacher du bloc yougoslave, refont surface.</p><p>A l'époque,  la crainte d'un conflit effroyable sur ce territoire avait gagné les esprits.  Les horreurs de la guerre qui fait déjà rage en Croatie et le soutien affiché aux serbes de Bosnie par l'armée de la République fédérale de Yougoslavie (JNA), font craindre des massacres à grande échelle dans ce territoire multiethnique où cohabitent aussi plusieurs religions: 43% de musulmans, 33% de Serbes orthodoxes, 17% de Croates catholiques... </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/001_uc8z5_jpeg.jpg?itok=5ICb5OZs" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/001_uc8z5_jpeg.jpg?itok=5ICb5OZs 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/001_uc8z5_jpeg.jpg?itok=htX3ZRz7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/001_uc8z5_jpeg.jpg?itok=eLVGU5uu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/001_uc8z5_jpeg.jpg?itok=NIteChEY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/001_uc8z5_jpeg.jpg?itok=wwKOdeaI 1245w" alt="image" /></div><p>La grande majorité de la population serbe de Bosnie refuse l’indépendance. Les musulmans et les Croates, eux, ne veulent plus vivre sous le diktat de Belgrade, cœur du pouvoir central yougoslave en Serbie. A cela s'ajoute la crainte que les familles soient déchirées, car on comptait en Bosnie de nombreux mariages mixtes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000101469423.jpg?itok=HwoqZdN3" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000101469423.jpg?itok=HwoqZdN3 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000101469423.jpg?itok=0Tm20sAX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000101469423.jpg?itok=iyieuvxJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000101469423.jpg?itok=3JbScNwY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000101469423.jpg?itok=KOYP_or0 1245w" alt="image" />"Volontaires" serbes sur la ligne de front, dans la bataille pour Vukovar, en Croatie, le 5 octobre 1991 (AFP / Marja Illic)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2890889.jpg?itok=1zCsxoIy" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2890889.jpg?itok=1zCsxoIy 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2890889.jpg?itok=0VZ04ft_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2890889.jpg?itok=hXW-Axjm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2890889.jpg?itok=brwx3Gig 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2890889.jpg?itok=GKv3Lzg1 1245w" alt="image" />Troupes serbes à 40 km de Zagreb, le 4 juillet 1991 (AFP / Joel Robine)</div><p>A l'époque, j'étais fraichement diplômée en droit international et européen à la Sorbonne et dès 1991, j'ai décidé de m'installer à Zagreb, en Croatie, comme “free-lance”. Française d’origine croato-bosnienne, j’ai plus tard intégré l’AFP, en tant que correspondante. Le bureau de Zagreb deviendra par la suite de facto notre bureau régional pour l'ex-Yougoslavie. J’y ai travaillé entre 1993 et l’année 2000.</p><p>Depuis Zagreb, je me suis rendue sur le terrain dans bien des villes pilonnées de la région: de Petrinja, Osijek, Nustar, puis Mostar, Bihac et Sarajevo… Je revois encore les visages de ma famille maternelle et de mes amis en Bosnie qui redoutaient une guerre terrible chez eux tout en espérant jusqu’au dernier moment que celle-ci les épargnerait quand même. La beauté lumineuse des vastes champs de pruniers en fleurs de mon enfance en Bosnie n’avait plus rien de rassurant. Nous retenions notre souffle.</p><p>Au printemps de 1992, les nouvelles de la région diffusées sur les volumineux postes de radio en bois aux écrans listant les capitales du monde résonnaient dans les maisons bosniaques et s’échappaient jusque dans les rues. Les visages des présentateurs des journaux télévisés étaient graves. Les rédactions du monde entier dépêchaient leurs “envoyés spéciaux”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385681.jpg?itok=hOSrmnqO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385681.jpg?itok=hOSrmnqO 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385681.jpg?itok=KInGH2K_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385681.jpg?itok=PQ6qAIj- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385681.jpg?itok=p5ci9PW3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385681.jpg?itok=5pxZdAuO 1245w" alt="image" />Soldats serbes déployés dans la région de Knin dans le sud de la Croatie, en février 1993 (AFP / Gabriel Bouys)</div><p class="clear"> </p><p>La guerre a commencé le 5 avril 1992, quand les habitants de Sarajevo sont descendus dans la rue pour crier leur attachement à la paix.</p><p>Ce jour-là, j'étais avec ma famille près de la ville de  Tuzla, dans le nord-est de la Bosnie, à une centaine de kilomètres. A l'époque, je faisais des aller-retour entre Paris et Zagreb en Croatie, terre paternelle, et la Bosnie, d'où était ma famille maternelle. A Tuzla, de nombreux voisins serbes étaient partis, comme en Croatie auparavant, et c'était très mauvais signe. Je me souviens avoir ramené des médicaments pour ma grand-mère malade, anticipant la guerre. <br /> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116792.jpg?itok=YckgZL6B" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116792.jpg?itok=YckgZL6B 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116792.jpg?itok=-bDdb_TB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116792.jpg?itok=bYhFUfUU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116792.jpg?itok=MQXabuxb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116792.jpg?itok=Y_h4vexQ 1245w" alt="image" />Frappe aérienne à Sarajevo, le 5 juin 1992 (AFP / Georges Gobet)</div><p>La manifestation pour la paix du 5 avril 1992 à Sarajevo, ville où la Première guerre mondiale a éclaté, a pris de l’ampleur au fil des heures. Le drapeau national yougoslave a été foulé au sol. Des groupes de Serbes encagoulés avaient déjà dressé des barricades, distillant la peur dans les quartiers.</p><p>Ce jour-là deux femmes, les premières victimes, Suada Dilberovic et Olga Sucic, sont fauchées par des tirs de snipers, ces francs-tireurs embusqués qui deviendront tristement célèbres à Sarajevo.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631778.jpg?itok=z_gPYmjw" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631778.jpg?itok=z_gPYmjw 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631778.jpg?itok=E5nzZii8 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631778.jpg?itok=R-q_cC9D 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631778.jpg?itok=rhzpEm_Y 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631778.jpg?itok=5IyDT7ve 1245w" alt="image" />Des soldats des forces spéciales de Bosnie ripostent après avoir été visés par des snipers serbes, le 6 avril 1992 à Sarajevo. Ce jour-là, les snipers ont tiré depuis le toît d'un hôtel et visé des manifestants qui marchaient pour la paix alors que des combats faisaient déjà rage entre Bosniaques et Serbes dans la ville. (AFP / Mike Persson)</div><p>Un monde s’effondre. La panique, la peur de mourir. Puis viendront les tirs d’artillerie, les bombardements par les forces serbes.</p><p>Des civils refusant de prendre parti quittent la ville tant qu’ils le peuvent. “Nous ne savons pas encore où nous allons partir” me disaient des amis serbes avec lesquels nous passions l’été sur la côte adriatique croate. Je ne les ai plus jamais revus. Derniers appels téléphoniques d’une vie d’avant.</p><p>Moins d'un mois plus tard, démarre le siège de Sarajevo. Le 2 mai, il y a tout juste trente ans, le blocus de la ville par les forces serbes devient total. Le siège durera 1.425 jours.  La population est prise au piège comme dans une souricière et commence à rejoindre les abris. Ce jour-là, la télévision locale diffuse son premier “direct” dramatique avec le président Alija Izetbegovic.  Il s'exprime par téléphone, depuis la caserne où la JNA, l'armée fédérale serbe,  le retient pendant 24 heures. Le lendemain, des soldats de la JNA tentent de prendre le contrôle de la présidence, avant d’être repoussés dans leur première offensive majeure dans plusieurs points de la capitale.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3131197.jpg?itok=6325oTCY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3131197.jpg?itok=6325oTCY 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3131197.jpg?itok=mlLMuWzG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3131197.jpg?itok=_SFoBO1S 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3131197.jpg?itok=5IedEDmZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3131197.jpg?itok=43BeVaDZ 1245w" alt="image" />Des tours jumelles en feu, dans le centre de Sarajevo, le 8 juin 1992 (AFP / Georges Gobet)</div><p>Ville de 350.000 habitants où vivaient en bonne intelligence musulmans, catholiques, orthodoxes et juifs, Sarajevo, réputée pour ses lumières, son architecture ottomane et austro-hongroise et la générosité de ses habitants, plonge sous un déluge d’acier.</p><p>Les forces serbes de Bosnie dirigées par leur chef militaire Ratko Mladic et leur chef politique Radovan Karadzic, un ancien psychiatre qui décrivait dans ses poèmes un “Sarajevo en flammes” assiègent la capitale sans répit. Le siège durera trois fois plus longtemps que celui de Stalingrad.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2002022866909_1.jpg?itok=i9qkr2vl" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2002022866909_1.jpg?itok=i9qkr2vl 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2002022866909_1.jpg?itok=_KbMZrBg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2002022866909_1.jpg?itok=aTC_8EgH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2002022866909_1.jpg?itok=d3dOmzTJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2002022866909_1.jpg?itok=kQyKwD14 1245w" alt="image" />Ratko Mladic (gauche), et Radovan Karadzic (droite), le 5 août 1993 à Pale, fief serbe (AFP / Michael Evstafiev)</div><p>Comme Marioupol en Ukraine, la ville est privée d’eau, d’électricité, de nourriture, de médicaments et sera pilonnée par des centaines d’obus et tirs d’artillerie depuis les hauteurs de la capitale tenues par les forces serbes. Quand j'écoute des témoignages d'Ukrainiens sur la guerre, j'ai l'impression d'écouter des cousins éloignés, leurs propos rappellent mot pour mot le vécu des victimes de la guerre en ex-Yougoslavie. </p><p>Une main inconnue a écrit sur un mur  “Welcome to hell” résumant le cauchemar de la guerre qui emportera 11.541 vies à Sarajevo et fera près de 60.000 blessés.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3993152.jpg?itok=kI4K4AWH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3993152.jpg?itok=kI4K4AWH 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3993152.jpg?itok=ll1D8pc3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3993152.jpg?itok=QWmWgtl5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3993152.jpg?itok=uSTjxzMt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp3993152.jpg?itok=9EPSgcAr 1245w" alt="image" />Graffitti en anglais sur l'avenue surmomée Sniper alley, l'allée des snipers, dans le centre de Sarajevo, le 24 août 1993: "Welcome to Hell", "bienvenu en enfer" (AFP / Gabriel Bouys)</div><p>Les carcasses de voitures empilées et criblées de balles deviennent de fragiles remparts derrière lesquels les habitants s’abritent lorsqu’ils s’aventurent dans les rues pour se ravitailler. Un large drap est tendu entre deux immeubles dans la rue du Maréchal Tito pour permettre aux civils d’échapper aux lunettes de visée des snipers.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7t8.jpg?itok=bqNJQxip" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7t8.jpg?itok=bqNJQxip 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7t8.jpg?itok=YUuBEfyf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7t8.jpg?itok=aEIqCsP6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7t8.jpg?itok=yqKAVzKT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7t8.jpg?itok=mPQFDK3w 1245w" alt="image" />Sarajevo, le 24 juin 1992 (AFP / Christophe Simon)</div><p>L’aide humanitaire est erratique, en dépit de la mise en place d'un pont aérien, une sorte de cordon ombilical qui devait relier les habitants de Sarajevo au reste du monde. Elle est souvent bloquée par les forces serbes qui empêchent l’atterrissage de vols humanitaires. Dans la ville assiégée, les femmes s’épuisent à inventer des recettes sans aliments ou presque.</p><p>Je me souviens des “pita” à la purée de pommes de terre ou fourrées d’une bouillie de riz agrémentées d’herbes sauvages cueillies dans des jardins ou parcs. Ou encore des quelques grains de chapelure mélangés à de la levure, de l'oignon et de l’eau travaillés en boulettes pour faire office de “viande”.... Et des fleurs ramassées dans parcs et jardins pour faire du thé et de leurs racines broyées pour en faire du “faux café”.</p><p>Des privations humiliantes pour une population qui avant la guerre se faisait un point d’honneur d’avoir une table riche en plats et spécialités.</p><p>Les enfants encore en âge de jouer ont le regard durci. Et comment ne pas évoquer aussi leurs grands-parents, angoissés quand ils viennent à manquer de médicaments pour traiter leurs maladies chroniques.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4ec.jpg?itok=mGS18BIo" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4ec.jpg?itok=mGS18BIo 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4ec.jpg?itok=LFnEi9sl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4ec.jpg?itok=tr-th_ln 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4ec.jpg?itok=6hhEhhou 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4ec.jpg?itok=chqwq2oT 1245w" alt="image" />Un enfant récupère de l'eau dans une flaque, s'abritant derrière une voiture, le 23 août 1993
 (AFP / Gabriel Bouys)</div><p>De nombreuses personnes tombent sous les balles des snipers en allant chercher de l’eau aux points de collecte, leurs corps hâtivement ramassés à l’arrière de voitures, conduites à vive allure jusqu’aux morgues des hôpitaux.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7r4.jpg?itok=LdZVSy3r" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7r4.jpg?itok=LdZVSy3r 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7r4.jpg?itok=qUHY3VZa 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7r4.jpg?itok=zaULb0Ex 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7r4.jpg?itok=afnIS_QH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tv7r4.jpg?itok=A3CLzEcR 1245w" alt="image" />Tempête de neige à Sarajevo, le 26 mars 1993 (AFP / Vincent Amalvy)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4dw.jpg?itok=KkSrz3pf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4dw.jpg?itok=KkSrz3pf 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4dw.jpg?itok=i18behUm 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4dw.jpg?itok=Z1ca_9XG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4dw.jpg?itok=l8Cy2k8D 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_8tu4dw.jpg?itok=ACjpRbKJ 1245w" alt="image" />Transport de bois dans le centre de Sarajevo, le 31 août 1993. (AFP / Gabriel Bouys)</div><p>Le froid glacial dans cette ville de montagne qui a accueilli les JO d’hiver en 1984  deviendra rapidement une autre source de souffrances pour la population, contrainte de brûler des livres faute de bois pour trouver un peu de chaleur. Certains ont enterré leurs morts dans des armoires faisant office de cercueils, le tout dans un ancien site olympique, parfois sous le feu de l’artillerie serbe, où les tombes se multipliaient à perte de vue.</p><p>Le siège de Sarajevo a fauché aveuglément riches, pauvres, intellectuels, ouvriers, enseignants, femmes, enfants et hommes devenus soldats pour combattre une des principales puissances armées en Europe à l’époque - la JNA dominée dans sa structure de commandement par les Serbes -  alors que la Bosnie était frappée par un embargo sur les armes.</p><p>Pendant toute cette période, les appels à l’aide internationale se sont multipliés. La population était incrédule face à l’incapacité du monde dit  “civilisé” à mettre un terme aux tueries. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1894478.jpg?itok=10q68Mx1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1894478.jpg?itok=10q68Mx1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1894478.jpg?itok=uRTveX0h 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1894478.jpg?itok=qktzQ9nR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1894478.jpg?itok=3Vhpd42X 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1894478.jpg?itok=kvU6CfTg 1245w" alt="image" />Hélicoptère et char des Nations unies non loin de l'aéroport de Tuzla, en Bosnie (AFP / Pascal Guyot)</div><p>Nombreux étaient ceux qui se levaient persuadés que chaque jour pourrait être le dernier, et décidaient pourtant de “rester en vie” coûte que coûte, comme un acte de résistance absolue.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_apw2002052446414.jpg?itok=sBPAKk8f" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_apw2002052446414.jpg?itok=sBPAKk8f 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_apw2002052446414.jpg?itok=xt-Q0cB7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_apw2002052446414.jpg?itok=Mn-wdnyS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_apw2002052446414.jpg?itok=zHaYgHtg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_apw2002052446414.jpg?itok=SFaINr_K 1245w" alt="image" />Deux jeunes femmes traversent une intersection au pas de course, par crainte des franc-tireurs. ( Archives de la guerre, sans date) (AFP / Pierre Verdy)</div><p>Comme ces femmes qui ont forcé l’admiration en affichant malgré tout une apparence soignée. Faute de produits de beauté, elles utilisaient pour leur visage une crème contre les brûlures à base d’huile de poisson, ou bien quelques gouttes d’huile d’olive pure puisées dans leurs dernières réserves. D’autres avaient recours à de vieux crayons de maquillage pour ombrer le coin de leurs paupières. Le bicarbonate de soude et des feuilles de menthe bouillies étaient utilisées comme déodorants.</p><p>Sur les autres lignes de front, la Bosnie ne connaissait aucun répit. Elle avait sombré dans une féroce campagne de nettoyage ethnique menée par les forces serbes : hommes exécutés sur le pas de leur porte devant leurs proches, massacres, villages en flammes. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631806.jpg?itok=Tx7-J7hW" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631806.jpg?itok=Tx7-J7hW 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631806.jpg?itok=CDI66Yli 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631806.jpg?itok=qqMY0qWy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631806.jpg?itok=46VfPnkl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_app2000070631806.jpg?itok=pCSq-2N_ 1245w" alt="image" />Un homme au chevet d'une femme blessée par un tir de mortier serbe, le 27 juin 1992 à Sarajevo, en route pour l'hôpital (AFP / Christophe Simon)</div><p>Les conquêtes territoriales serbes devaient aboutir à la création d’une “Grande Serbie”  avec l’unification des territoires sous leur contrôle en Croatie et en Bosnie au territoire de la Serbie mais elle ne verra jamais le jour, et finira en lambeaux. </p><p>Les Serbes de ces territoires vivaient comme au XVème siècle, sans électricité, eau et dépendaient pour la plupart de l’aide humanitaire, sans leurs amis ou voisins d’autrefois appartenant à une autre ethnie.  </p><p>Une autre “guerre dans la guerre” éclatera entre forces croates de Bosnie, appuyées par Zagreb, et forces bosniaques, majoritairement musulmanes, en 1993, conduisant à des affrontements violents comme à Mostar, où le <em>Stari Most</em> (le Vieux Pont), bijou architectural ottoman, a été détruit par des obus croates. Les civils sont là encore victimes de crimes et souffrances atroces. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116584.jpg?itok=zIf8LHyY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116584.jpg?itok=zIf8LHyY 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116584.jpg?itok=wKjrCJvP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116584.jpg?itok=oTuK53Sv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116584.jpg?itok=ASMD0AVk 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2116584.jpg?itok=daPN88Ue 1245w" alt="image" />Pont provisoire à Mostar, le 17 décembre 1995 (AFP / Pascal Guyot)</div><p>La Bosnie n’en finit pas d’être dépecée. Je revois les scènes d’exode de la population rurale et les images qui ont fait le tour du monde de camps de détention tenus par les Serbes comme à Omarska, dans le nord du pays.</p><p>Les combats dureront jusqu’au génocide à Srebrenica, ville placée sous protection de l’ONU dans l’est, où 8.000 hommes et adolescents musulmans ont été exécutés après la conquête serbe de la ville, en juillet 1995, dernier chapitre sanglant de la guerre en Bosnie.</p><p>Cette guerre, c’était comme une visite au cimetière qui ne finit jamais. Dans ce conflit, j’ai perdu des membres proches de ma famille, des amis. D’autres ont disparu sans laisser de traces. D’autres encore ont été grièvement blessés près de Sarajevo et évacués vers des destinations inconnues. Certains se sont exilés en Australie ou bien au Canada pour ne pas recevoir l’ordre de “tuer” un voisin ou un camarade d’enfance. Ma famille paternelle, en Croatie, a aussi été endeuillée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385692.jpg?itok=dp2jiWAj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385692.jpg?itok=dp2jiWAj 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385692.jpg?itok=vr6b6Acf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385692.jpg?itok=6nJchuBx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385692.jpg?itok=1wcvlhYO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp2385692.jpg?itok=Kn5W_GiZ 1245w" alt="image" />Un militaire croate réconforte une vieille femme dont la maison a été détruite dans un bombardement, en janvier 1992, en Croatie, où une guerre a déjà éclaté en 1991, les Serbes refusant l'indépendance. (AFP / David Brauchli)</div><p>A l’époque, les journalistes qui partaient sur le terrain sautaient dans le premier avion sans avoir un quelconque entraînement pour travailler en zone de guerre. Certains indépendants s'y rendaient avec toutes leurs économies, décidés à couvrir le premier conflit d'ampleur en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.</p><p>Comme en Ukraine, les équipes de l’AFP se relayaient sans relâche. En revanche, nous n’avions presque aucun gilet pare-balle ni casque. Et ceux qui en disposaient refusaient souvent de les porter car ils étaient à l’époque trop lourds pour courir. Ils étaient mal à l’aise à l’idée de porter leurs gilets en interviewant des civils sans protection.</p><p>Avec du scotch blanc, nous formions un grand sigle TV ou Press sur nos voitures pour nous identifier, une protection bien illusoire comme pour hurler aux belligérants “don’t shoot”... Faute de téléphone portable à l’époque, nous devions parfois parcourir de longues distances pour dicter nos informations d’un hôtel ou d’un bureau de poste, avant de repartir sur zone. Internet n’existait pas, les chaînes d’informations en continu étaient rares, et surtout américaines. Les reportages télé passaient généralement  aux heures du JT.</p><p> Je me souviens des  journalistes de radios, qui multipliaient leurs interventions à l’antenne pour crier au monde les horreurs de la guerre en Bosnie. Mais rien ne s’améliorait sur le terrain.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/LIoGhvHSdzY" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p>Rapidement, l’origine ethnique des journalistes locaux, dont je faisais partie, était devenue un réel danger. Je ne pouvais plus passer les “check-points ennemis”. Je n’étais plus une femme diplômée, une journaliste libre, j’étais réduite au rang d’ “éthnie” par des hommes en armes défigurés par la haine. Je devais me rabattre sur les zones qui n’étaient pas contrôlées par les forces serbes. </p><p>Nous étions confrontés aussi à la propagande des trois camps belligérants, serbe, croate et musulman. Il nous était impératif d’avoir d’autres sources, de recouper et de vérifier les informations. Je passais donc des journées entières à tenter de joindre au téléphone des sources internationales dans les zones assiégées, pour parler à des témoins, obtenir des confirmations.  </p><p>Cette période a été importante aussi pour de nombreuses femmes journalistes qui sont sorties de l’ombre et se sont affirmées dans la profession. La guerre n’était plus que l’affaire des hommes, à quelques exceptions notables près dans d’autres conflits. Malgré la concurrence, nous travaillions en bonne intelligence, en nous protégeant mutuellement.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/pb6UDsKcoUs?controls=0&amp;start=28" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p>Les civils, eux, nous attrapaient par le bras pour nous souffler <em>“Dites au monde ce qui se passe ici”.</em>  Mais aucune de nos innombrables dépêches ou photos n’aura finalement renversé le cours de la guerre en ex-Yougoslavie, qui aura aussi emporté les vies de plusieurs dizaines de journalistes. </p><p>Trois décennies après le début de la guerre en Bosnie, je garde encore en mémoire les images de femmes vacillant de douleur après la perte d’un enfant ou d’un proche qui suppliaient le ciel pour qu’ils  “ouvrent les yeux”. Je repense à l’odeur insupportable de la mort.</p><p>Et à toutes ces photos de mariage et de bonheur familial éparpillées dans les jardins.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1730470_0.jpg?itok=Tn-A_q_Y" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1730470_0.jpg?itok=Tn-A_q_Y 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1730470_0.jpg?itok=TjLjLjsV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1730470_0.jpg?itok=n-wSinBY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1730470_0.jpg?itok=9iyM3CLp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_arp1730470_0.jpg?itok=Ty-zJW00 1245w" alt="image" />A Srebrenica, le 25 avril 1993 
 
 (AFP / -)</div><p>La Bosnie d’avant-guerre n’existe plus depuis bien longtemps. L’accord de paix de Dayton ratifié en décembre 1995 a divisé le pays en deux entités constitutives, la République serbe d’une part et la Fédération croato-musulmane d’autre part.  Aujourd’hui, ces deux entités apparaissent plus éloignées que jamais et la méfiance est grande encore entre les peuples.</p><p>La guerre en Ukraine a réveillé des traumatismes enfouis chez des habitants à Sarajevo qui se sont rués dans les magasins pour faire des stocks de farine mais aussi pour acheter des capsules d’iode en cas d’attaque nucléaire.</p><p>Comme cet ancien vétéran qui <em>“regarde la guerre en Ukraine à la télévision”. “Les  immeubles et les maisons là-bas (en Ukraine) ressemblent aux nôtres, c’est comme si je regardais la guerre dehors depuis la fenêtre de ma cuisine. Le matin, je me réveille en hurlant après avoir fait des cauchemars. J’ai peur maintenant”,</em> m’a-t-il confié. Comme si l’état de “siège” était de retour dans les esprits.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_par6982683.jpg?itok=q9hx_iO-" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_par6982683.jpg?itok=q9hx_iO- 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_par6982683.jpg?itok=eSgyP6tr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_par6982683.jpg?itok=B-7-KV9D 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_par6982683.jpg?itok=Sni90WEC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bosnia-herzegovina/bosnia-war-30years-april22/000_par6982683.jpg?itok=_3dlmEzj 1245w" alt="image" />Ancienne position d'un sniper, sur les flancs du mont Trebevic ayant une vue plongeante sur la capitale 2 avril 2012 (AFP / Elvis Barukcic)</div><p class="c2"><em>Récit de <a href="https://twitter.com/bakaricsonia?lang=en">Sonia Bakaric</a>, journaliste au Desk francophone de l'<a href="http://afp.com">AFP</a> à Paris. Edition et mise en page, Michaëla Cancela-Kieffer</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/welcome-back-hell-les-blessures-ravivees-de-sarajevo</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/welcome-back-hell-les-blessures-ravivees-de-sarajevo</guid>
      <pubDate>Sun, 01 May 2022 09:08:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: coulisses de la présidentielle à l'AFP]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Paris</strong> - Antoine Boyer et Camille Kauffmann ont suivi pour Sur le Fil, le podcast d’actualité de l’AFP, les coulisses de la soirée électorale à l’agence. Au siège, c'est une soirée très spéciale. Plus d’une centaine de journalistes sont mobilisés, entre journalistes reporters d'image, spécialistes du service politique, datajournalistes, correspondants qui couvrent la nouvelle dans d'autres langues, photographes et éditeurs.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6383.jpg?itok=pqRTIpbh" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6383.jpg?itok=pqRTIpbh 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6383.jpg?itok=x_Wnfhfc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6383.jpg?itok=KPjMvyaZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6383.jpg?itok=1_VmMOlF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6383.jpg?itok=qKPAz_Q4 1245w" alt="image" />Antoine Boyer dans la salle des directs au siège de l'AFP, le 24 avril 2022 (AFP/ Michaëla Cancela )</div><strong id="docs-internal-guid-fa57496e-7fff-3c09-2cbb-eb6fecb6c1dd"> “</strong>C'est l'événement majeur qui remet les compteurs à zéro une fois tous les cinq ans”, résume Christophe Christophe Schmidt, le chef du service politique, où une quarantaine de journalistes sont mobilisés.<strong> “</strong>C'est une élection qui pèse très très lourd et pour l'Allemagne et pour l'Europe”, résume la correspondante du service allemand Ulrike Koltermann.<strong> “</strong>On attend de voir si Marine Le Pen va réussir son pari : devenir la première présidente française et d'extrême-droite, le dossier est assez suivi à l'étranger”, abonde Toni Cerda, le correspondant hispanophone.    <p>A 23h00 la pression est déjà retombée, la victoire d’Emmanuel Macron est nette et sans appel, mais dans un paysage tout aussi fracturé que lors de sa première élection en 2017. L’extrême droite dépasse pour la première fois les 40%.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w3vk.jpg?itok=pYTmYjnh" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w3vk.jpg?itok=pYTmYjnh 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w3vk.jpg?itok=-X2gtIRq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w3vk.jpg?itok=ZK9uXbJk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w3vk.jpg?itok=Q3pP89vm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w3vk.jpg?itok=7vPBb1sc 1245w" alt="image" />Le président Emmanuel Macron, après l'annonce de sa victoire au pied de la Tour Eiffel, au Champ de Mars à Paris, avec son épouse Brigitte Macron le 24 avril, 2022 (AFP / Ludovic Marin)</div><p>“Il n’y aura pas d’état de grâce dans ce mandat”, glisse Christophe Schmidt. Une nouvelle étape commence : un nouveau gouvernement va être nommé, des orientations seront données avant des élections législatives qui seront très importantes, en juin.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w68j.jpg?itok=dCk9umZT" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w68j.jpg?itok=dCk9umZT 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w68j.jpg?itok=QK5o0WE7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w68j.jpg?itok=PUVjrIaU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w68j.jpg?itok=NGFZ3D46 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/000_328w68j.jpg?itok=oRM6o0Jm 1245w" alt="image" />Manifestation à Nantes, dans la soirée du 24 avril 2022 (AFP / Loic Venance)</div><p>Camille Kauffmann et Antoine Boyer travaillent à la cellule audio de l'<a href="http://afp.com">AFP</a>. Pour découvrir la soirée en images, vous pouvez aussi regarder le résumé sur notre chaîne <a href="https://youtu.be/F34WfAKTFqA">YouTube</a>. Retrouvez sur <a href="https://factuel.afp.com/">AFP Factuel</a> toutes les vérifications réalisées pendant cette campagne par notre service investigation numérique.  <br /> </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6387.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x900"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6387.jpg?itok=7qt0M-r1" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Montage de l'épisode par Camille Kauffmann</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6388.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x900"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/politique-election2022-macron-lepen-april22/img_6388.jpg?itok=aVbeUx2Y" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Montage de l'épisode par Antoine Boyer</figcaption></figure></div><p class="c3"> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-coulisses-de-la-presidentielle-lafp</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-coulisses-de-la-presidentielle-lafp</guid>
      <pubDate>Mon, 25 Apr 2022 08:08:29 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Boutcha, ou la découverte de l'horreur]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Cela fait deux mois que la guerre a éclaté en Ukraine. Et les récits sur l'enfer vécu par les civils se succèdent. Vendredi, l'ONU a annoncé avoir documenté le meurtre de 50 civils à Boutcha. Samedi 2 avril, une équipe de l'AFP avait enfin pu se rendre dans cette ville en banlieue de Kiev.  C'était l'obsession de nombreux journalistes : savoir ce que vivaient les habitants restés dans ces villes de banlieue occupées par les troupes russes, impossibles d'accès et enfin libérées.  Danny Kemp, Ronaldo  Schemidt, et Nicolas Garcia, ont découvert l'horreur. Mais comment rapporter la nouvelle - qui fera le tour du monde - en respectant la dignité des victimes ? Dans ce billet de blog Danny Kemp nous livre ses réflexions et les milles questions qui l'ont hanté pendant et après ce reportage.</strong></p><p><strong>Boutcha -</strong> Nous en avons d’abord aperçu trois, gisant à terre comme des tas de chiffons. “Des corps”, a lancé quelqu’un dans la voiture. A peu près les seuls mots que l’on pouvait prononcer dans ces circonstances. Notre chauffeur a pilé et nous nous sommes précipités. Une longue route grise s’étirait devant nous sous un ciel ukrainien aux mêmes tonalités. Les corps de ces trois hommes étaient allongés à proximité de matériel de construction et de palettes en bois. En se rapprochant on distinguait les mains de l’un d’entre eux, attachées dans le dos. </p><p>Il a fallu un bon moment avant qu’au sein de l’équipe  que nous formions avec le photographe Ronaldo Schemidt, le vidéojournaliste Nicolas Garcia,  l’interprète, le conducteur et un conseiller en sécurité dont nous tairons les identités pour les protéger  – l’un de nous soit en mesure de lever les yeux vers le reste de la rue. </p><div class="warning"><p class="warning_text">Avertissement sur contenu </p><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3l8.jpg?itok=igYpjwsY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3l8.jpg?itok=igYpjwsY 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3l8.jpg?itok=ScluBJLy 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3l8.jpg?itok=-QPfpEKv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3l8.jpg?itok=-yRxyHRn 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3l8.jpg?itok=O2i3sAOR 1245w" alt="image" />Corps de civils éparpillés rue Yablonska à Boutcha, dans la périphérie de Kiev, le samedi 2 avril 2022 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><p>Quand nous l’avons fait, nous avons compris que ces trois corps n’étaient qu’un sombre présage. Où que nous portions notre regard, il y en avait d’autres. Cadavre après cadavre dans une rue jonchée de débris. Ce lieu solitaire était manifestement devenu l’enfer des habitants de Boutcha.</p><p>Je suis alors submergé par le choc et l’incrédulité. Cette scène ne peut être réelle, pensais-je. Et pourtant, elle l’était. J’ai regardé mes collègues et soudain l’instinct professionnel a repris le dessus, étrangement alimenté par la fatigue des trois semaines passées en Ukraine. Nous nous sommes mis au travail. Il était clair pour nous que c’était une mission importante car notre découverte  pourrait mener à des accusations de crimes de guerre. Nous comprenions qu’en tant que journalistes il nous appartenait de la faire connaître au monde et vite.</p><p>Ronaldo et Nicolas se sont saisis de leurs caméras pour documenter la scène en photo et vidéo: ces images seraient les éléments de preuve en corroborant d’autres, diffusées sur les réseaux sociaux. </p><div class="warning"><p class="warning_text">Avertissement sur contenu </p><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3up.jpg?itok=OHl5XFmc" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3up.jpg?itok=OHl5XFmc 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3up.jpg?itok=modxGrF8 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3up.jpg?itok=GSqo-_EA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3up.jpg?itok=eP9qpTOR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3up.jpg?itok=s7Rg7U-A 1245w" alt="image" />Un homme sans vie git en bordure d'une route à Boutcha, en périphérie de Kiev, à côté de son vélo, le 2 avril 2022 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><p>Nous savions à quel point il nous fallait être minutieux pour contrer les campagnes de désinformation que notre découverte pourrait déclencher – et elles sont bel et bien intervenues.</p><p>En revanche, nous n’avons pas anticipé l’indignation internationale contre la Russie provoquée par la diffusion des textes et images sur cette sinistre découverte; ni les appels à des sanctions renforcées contre le régime de Vladimir Poutine, ouvrant une nouvelle étape douloureuse de la guerre en Ukraine. </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q6zt.jpg?itok=mfCodRog" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q6zt.jpg?itok=mfCodRog 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q6zt.jpg?itok=MEyyH9__ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q6zt.jpg?itok=_umVzuqy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q6zt.jpg?itok=ihrV4yCZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q6zt.jpg?itok=S3XrGQwP 1245w" alt="image" />Conseil de sécurité de l'ONU consacré à l'Ukraine, le 5 avril. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, s'exprime à distance et fait projeter la photographie de l'homme à la bicyclette prise pas Ronaldo Schemidt 
 (AFP / Timothy A. Clary)</div><p>Nous cherchions depuis des jours à nous rendre dans les autrefois paisibles banlieues d’Irpin et Boutcha, lovées dans un paysage de pins au nord-ouest de Kiev. L’accès à cette zone était interdit à la presse depuis la mort du vidéojournaliste américain Brett Renaud, le 13 mars.  </p><p>“Ni” (Non) nous répondaient inlassablement les soldats qui tenaient le principal checkpoint filtrant l’accès, même après l’annonce de la libération des deux villes. Au point de passage, nous ne pouvions qu’entendre les lourdes détonations entraînées par des bombardements constants, nous interrogeant sur le sort des habitants coincés dans ces villes. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327g2cw.jpg?itok=J6KnuSeA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327g2cw.jpg?itok=J6KnuSeA 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327g2cw.jpg?itok=dH1Tq1yI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327g2cw.jpg?itok=FBze37bE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327g2cw.jpg?itok=L-Z0CmJg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327g2cw.jpg?itok=nReGKqZP 1245w" alt="image" />Un homme circule à vélo non loin d'un véhicule blindé russe calciné. Image aérienne prise en banlieue de Kiev, le 1er avril 2022 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>En changeant d’itinéraire nous avons enfin pu atteindre Irpin, enveloppée dans une brume de fin d’après-midi, en ce vendredi 1er avril. Nous avons découvert une ville aux immeubles en ruine, parsemée de voitures criblées de balles et de blindés russes calcinés, sans âme qui vive ou presque. </p><p>Le lendemain, un samedi froid, gris et brumeux, nous avons mis le cap sur Boutcha. La veille, nous avions découvert sur les réseaux sociaux des vidéos montrant une rue jonchée de corps, mais aucun journaliste n’avait encore pu pénétrer dans la ville pour vérifier la réalité de ces images. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q936.jpg?itok=dlmavrBF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q936.jpg?itok=dlmavrBF 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q936.jpg?itok=5Ynwh4Ax 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q936.jpg?itok=ta9JgMOa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q936.jpg?itok=BlKFxmvb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327q936.jpg?itok=EF9H-FyR 1245w" alt="image" />Opération de déminage à Boutcha, le 5 avril 2022, dans une rue où s'entassent débris et véhicules calcinés (AFP / Genya Savilov)</div><p>En traversant les rues dévastées de Boutcha, nous étions sur le qui-vive, craignant que les troupes russes n’aient pas complètement abandonné la ville. Dans un premier temps, nous avons recueilli des récits de survie. Comme celui de ce groupe de personnes âgées qui ont traversé l’occupation russe sans approvisionnement en nourriture ni eau courante ou électricité, pendant un mois. Des soldats ukrainiens commençaient tout juste à leur livrer des vivres. </p><p>Puis nous avons vu un corps à terre, à moitié recouvert par une couverture, à proximité d’une gare détruite par un bombardement. Un habitant au regard hagard, tirant nerveusement sur une cigarette, nous a menés jusqu’à un amas de terre. Selon lui, il s’agissait d’un charnier où l’on avait enterré quatre personnes tuées par les Russes, dans un jardin où trônait une croix en bois vert. </p><div class="warning"><p class="warning_text">avertissement sur contenu </p><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k2lh.jpg?itok=0vDAb2cH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k2lh.jpg?itok=0vDAb2cH 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k2lh.jpg?itok=i6GuKAVO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k2lh.jpg?itok=A3q8d5c9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k2lh.jpg?itok=d2U14U-N 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k2lh.jpg?itok=3Hyl0o2C 1245w" alt="image" />Charnier à l'arrière d'une église à Boutcha, en banlieue de Kiev, le 3 avril 2022 (AFP / Sergei Supinsky)</div><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><p>A ce stade, nous pensions avoir déjà assez d’éléments pour décrire le calvaire de Boutcha. Et pourtant. Notre chauffeur semblait avoir corroboré une autre scène aperçue sur les réseaux sociaux en s’entretenant avec des soldats et des habitants: selon eux, nous étions tout près d’une rue où gisaient de nombreux corps. L’homme à la cigarette a proposé de nous guider. Il arrive que ces pistes ne mènent à rien, mais il fallait vérifier. Nous revoilà donc dans la voiture. </p><div class="warning"><p class="warning_text">avertissement sur contenu </p><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k4ly.jpg?itok=8vrTiyMJ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k4ly.jpg?itok=8vrTiyMJ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k4ly.jpg?itok=sEKOkICp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k4ly.jpg?itok=Xa0cteqg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k4ly.jpg?itok=Szs9Fnqo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327k4ly.jpg?itok=lNIQDyqo 1245w" alt="image" />Un homme à terre, les bras attachés dans le dos, rue Yablonska à Boutcha, le 2 avril 2022 (AFP / Ronaldo Schemidt) (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><p>Comment un être humain peut-il paraître si inhumain ?  Le visage du premier cadavre, un homme en jean avec une parka à capuche marron, était tellement blanc et cireux qu’il paraissait irréel. Ce sont ses mains, attachées dans le dos avec un tissus blanc, qui m’ont ramené à la crue réalité de sa mort. Les plis de sa peau légèrement ridée, les ongles décolorés. Il était dans le premier groupe de victimes, le plus large: trois corps proches les uns des autres. Le bas du pantalon de l’un d’entre eux était légèrement relevé, laissant entrevoir une chaussette et sa peau violacée. C’était bien trop réel.  </p><p>Les reporters doivent parfois se faire violence pour réprimer une certaine pudeur face à l’intimité des personnes qu’ils rencontrent, et c’est aussi vrai face à la mort. Comment regarder de trop près ces hommes qui n’avaient plus le moyen de dire s’ils voulaient ou non être observés ?  Et puis soudain, on réalise que c’est le seul moyen pour tenter de comprendre les circonstances de leur mort et les tirer de l’anonymat.  Une première conclusion saute aux yeux: ils semblent tous être des civils.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327r2ln.jpg?itok=uM-IQQ7E" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327r2ln.jpg?itok=uM-IQQ7E 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327r2ln.jpg?itok=vniZOzOB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327r2ln.jpg?itok=UKZDrjnN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327r2ln.jpg?itok=LnCD4-3B 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327r2ln.jpg?itok=bTjaQpu4 1245w" alt="image" />Un soldat ukrainien inspecte une voiture au pare-brise criblé de balles, à Buda-Babynetska, dans le nord de Kiev, le 5 avril 2022 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Parmi les victimes, uniquement des hommes, adultes, d’âges différents. Tous semblent décédés depuis un moment. Leur peau est blafarde, affaissée et leurs doigts raidis. Mon expérience en matière de décès était jusque-là réduite, mais j’avais déjà pu observer des victimes tuées récemment et leur apparence n’était pas la même. </p><div class="warning"><p class="warning_text">avertissement sur contenu </p><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3uh.jpg?itok=whzmm9dG" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3uh.jpg?itok=whzmm9dG 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3uh.jpg?itok=ymRcnkgW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3uh.jpg?itok=eSRtwyog 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3uh.jpg?itok=kWWslwOx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3uh.jpg?itok=CiJO9lp2 1245w" alt="image" />Un homme sans vie git sur une route de Boutcha, en Ukraine, le 2 avril 2022 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><p>La mission d’un reporter dans ces circonstances est assez simple: il faut pendant réprimer ses sentiments face à la découverte de l’horreur absolue et se plonger dans l’observation clinique des victimes: les compter, les décrire.</p><p>J’ai arpenté la rue dans un sens puis dans l’autre au moins deux fois, tentant d’établir l’inventaire des victimes, perdant le compte en route car elles étaient trop nombreuses, avant de trouver un nouveau corps dans un jardin. J’ai finalement dû prendre des photos avec mon téléphone de chaque homme, pour ne pas me tromper. Au troisième passage, j’étais sur de mon décompte: il y en avait 20.  </p><p>Pour mes collègues Ronaldo et Nicolas,  cela a été encore plus dur. Comme l’a écrit le poète T.S. Eliot, “l’humanité ne peut encaisser qu’une petite dose de réalité”, et c’est l’un des paradoxes du photoreportage et du vidéojournalisme. Comment rapporter l’horreur sans être trop cru, de sorte que les gens ne “scrollent” pas sur leur portable pour passer à autre chose ?</p><p>Et comment préserver la dignité des victimes piétinée par leurs agresseurs ? Ce travail d’équilibriste sera quelques heures plus tard à la Une des grands journaux du monde et sur les chaînes d’info, avant d’être exhibé par des responsables politiques ukrainiens et étrangers pour évoquer le drame de Boutcha.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327y3gj.jpg?itok=Gnnzb4OH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327y3gj.jpg?itok=Gnnzb4OH 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327y3gj.jpg?itok=t2gtUyT4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327y3gj.jpg?itok=MJKxD8pg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327y3gj.jpg?itok=34n26DVS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327y3gj.jpg?itok=WCeXghvN 1245w" alt="image" />La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, le Premier ministre slovaque Eduard Heger (gauche) et le chef des Affaires étrangères de l’UE Josep Borrell (droite) face à un charnier à Boutcha, le 8 avril 2022 (AFP / Sergei Supinsky)</div><p>Malgré tous nos efforts, la réalité revenait nous frapper comme un boomerang alors que nous collections les informations en ce samedi gris et gelé. Me voilà assailli de questions. Qui étaient donc ces personnes que nous avions retrouvées à terre dans des pauses si différentes ?</p><p>Et ce vieil homme dont la tête reposait encore sur le rebord d’un trottoir jaune et blanc, yeux clos et jambes croisées, comme s’il faisait une sieste ? Et ces deux jeunes allongés côte à côte sur une flaque d’eau, dont l’un avait gardé les yeux ouverts semblant se perdre se perdre dans le ciel bleu ? Etaient-ils apparentés ? Ou de simples amis ? Et cet autre, parti une main dans la poche de sa veste noire comme s’il voulait attraper quelque chose au moment de sa mort ?</p><div class="warning"><p class="warning_text">avertissement sur contenu </p><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3ub.jpg?itok=ftXkTJCJ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3ub.jpg?itok=ftXkTJCJ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3ub.jpg?itok=J-blmlZ5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3ub.jpg?itok=JY73B_hy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3ub.jpg?itok=oYemrpat 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327h3ub.jpg?itok=bf1BNmJx 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><p>Puis, nous étions hantés par l’autre question évidente: comment étaient-ils morts et aux mains de qui?  Nous avons bien constaté des blessures à la tête pour deux d’entre eux. Rien pour les autres. Pourquoi un seul homme avait les mains liées dans le dos tandis que d'autres semblaient avoir été tués alors qu’ils tentaient d’effectuer des tâches du quotidien: trois hommes enchevêtrés dans leur vélo, dont un était encore agrippé à un fourre-tout noir, et les deux hommes côte à côte, tombés près de leurs sacs de courses ? La rue est recouverte de gravats et au moins une maison est détruite. Un bombardement a-t-il frappé le quartier ? Mais alors comment expliquer ces voitures criblées de balles ?</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t9f4.jpg?itok=npaGN_88" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t9f4.jpg?itok=npaGN_88 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t9f4.jpg?itok=T9jExGRb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t9f4.jpg?itok=5VmACGBU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t9f4.jpg?itok=BaQd1j3W 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t9f4.jpg?itok=Pu6M7ZtK 1245w" alt="image" />Tetiana Ustymenko, une habitante de Boutcha, en pleurs face à la tombe de son fils, enterré dans son jardin, 6 avril 2022 à Boutcha (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Toutes ces questions devraient encore attendre. Une poignée d'habitants sont passés par là, regardant à peine les cadavres, comme si la mort faisait désormais partie de leur routine. Nous ne sommes pas allés les interroger. Il était temps de diffuser la nouvelle, au plus vite: envoyer les photographies, les vidéos et les textes à nos “desks”, qui les éditeraient avant de les distribuer à nos abonnés dans le monde. Nous avons bien noté le nom de la rue: Yablonska.</p><p>L’alerte est tombée sur les “fils”, ces flux d’infos envoyés aux médias à 16h33, heure de Kiev: “Au moins 20 cadavres dans une rue à Boutcha, ville proche de Kiev venant d’être libérée”.</p><p>Les photographies et vidéos ont été diffusées dans la foulée. Nous avons donc simplement rapporté ce que nous avions vu, laissant à d’autres le soin de désigner les coupables. Les autorités ukrainiennes ont déclaré, un peu plus tard, que toutes les victimes de la rue Yablonska avaient été tuées par balles et que les forces russes avaient exécuté des centaines de personnes en se retirant, dont certaines étaient enterrées dans des fosses communes. </p><p>Des images satellite ont permis de démontrer que plusieurs corps gisaient dans cette rue depuis la mi-mars. Le site d’investigation Bellingcat a pour sa part publié des images de drône montrant un char visant un cycliste dans cette même rue.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/001_327p7pp_jpeg.jpg?itok=QR7LapYE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/001_327p7pp_jpeg.jpg?itok=QR7LapYE 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/001_327p7pp_jpeg.jpg?itok=lbJBTzzK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/001_327p7pp_jpeg.jpg?itok=lEZvGE3g 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/001_327p7pp_jpeg.jpg?itok=QSUbAXZ8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/001_327p7pp_jpeg.jpg?itok=L3oE77sw 1245w" alt="image" /></div><p>La Russie a contesté toutes ces accusations.           </p><p>Les événements de Boutcha ont donc rejoint la liste déjà longue des horreurs de la guerre en Ukraine. Des images et témoignages choquants avaient émergé quelques semaines plus tôt sur la ville assiégée de Marioupol, dans le sud, concernant Kharkiv, à l’est, ou encore Tcherniguiv, dans le nord. Mais Boutcha semble avoir ébranlé encore plus le monde. Est-ce parce que la découverte des corps de Yablonska a levé un coin du voile sur ce qui s’est produit pendant le huis-clos de ces villes sous occupation russe ? Ou la sidération face à ces corps sans vie dans une rue, au cœur de l’Europe de 2022 ?  </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/YSVTHYWXLM4" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p>Quelle que soit la réponse, le lendemain, une longue liste de pays occidentaux ont fait part de leur indignation, menaçant la Russie de nouvelles sanctions, et exigeant des enquêtes pour crimes de guerre. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres s’est dit “profondément choqué par les images de civils tués à Boutcha” tandis que le secrétaire d’Etat américain Antony Blinken a décrit l'effet de ces images “comme un coup de poing dans le ventre”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327z9q3.jpg?itok=AFaAxMG9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327z9q3.jpg?itok=AFaAxMG9 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327z9q3.jpg?itok=mUDP5bkh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327z9q3.jpg?itok=47Abiip2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327z9q3.jpg?itok=CtuZv1No 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327z9q3.jpg?itok=aQFyV029 1245w" alt="image" />Le chancelier autrichien Karl Nehammer (au centre) lors d’une cérémonie à la mémoire des victimes dans une église près de Kiev, le 9 avril, 2022 (AFP / Sergei Supinsky)</div><p>Une campagne visant à décrédibiliser ceux qui ont accusé la Russie d’être responsable de ces crimes, a aussi démarré sur les réseaux sociaux, suggérant même que la scène de la rue Yablonska avait été créée de toutes pièces par les forces ukrainiennes, et filmée, et assurant que certains corps bougeaient. En tant que journalistes nous sommes habitués à la désinformation. Mais c’est différent quand l’on a été témoin avec ses propres yeux. J’ai pu expliquer à l’équipe d’AFP Factuel, nos fact-checkeurs, que ces personnes étaient clairement mortes… et qu’aucune n’avait bougé.   </p><div class="warning"><p class="warning_text">avertissement sur contenu </p><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327n9un.jpg?itok=L3oJ73AI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327n9un.jpg?itok=L3oJ73AI 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327n9un.jpg?itok=dDlDzc-Z 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327n9un.jpg?itok=Pidd-lqQ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327n9un.jpg?itok=CuzwGoQA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327n9un.jpg?itok=1_a4XWyG 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><div class="warning"><p class="warning_text">avertissement sur contenu </p><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t69k.jpg?itok=i3yVzSD1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t69k.jpg?itok=i3yVzSD1 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t69k.jpg?itok=GwANpF9j 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t69k.jpg?itok=5hP2qJ5s 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t69k.jpg?itok=VhqUTnJl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t69k.jpg?itok=S_GPyUOS 1245w" alt="image" />Vérification de pièces d'identité retrouvées sur un corps par un médecin légiste, le 6 avril 2022 au cimetière de Boutcha, en Ukraine (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p class="warning_link"><a href="https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur" class="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><p>Savions-nous en ce samedi d’avril que nous étions en train de documenter un moment d’Histoire ? Tous les journalistes aiment à le penser. Mais dans cette rue grise, c’était les tragédies individuelles qui semblaient, pour nous, bien au-dessus de tout. J’aurais aimé raconter l’histoire de ces personnes. Qui étaient-elles, qu’avaient-elles fait de leurs vies, qui aimaient-elles, et plus simplement, comment sont-elles mortes ?</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327w2em.jpg?itok=od8_kEhE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327w2em.jpg?itok=od8_kEhE 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327w2em.jpg?itok=VJRndXbd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327w2em.jpg?itok=Z-g51Qg1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327w2em.jpg?itok=03mek6pP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327w2em.jpg?itok=NkZ-47AG 1245w" alt="image" />Prière face à une fosse commune à proximité de l'église Saint André de Boutcha, le 7 avril 2022 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Avec le temps, leurs histoires - et celles des milliers de personnes tuées selon les autorités ukrainiennes dans des circonstances similaires - pourraient être reconstituées dans le cadre d’une enquête menée pour crimes de guerre. D’autres collègues de l’AFP ont pris ma suite pour reconstituer les événements de Boutcha durant ce mois sinistre.</p><p>Il se trouve que je suis en temps normal basé à La Haye, le siège de la Cour pénale internationale, et que je pourrais être amené à couvrir une telle enquête pénale moi-même. Mais d’ici là, je vous livre donc ce témoignage. C’est tout ce que je peux offrir aux victimes à ce stade.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t7lm.jpg?itok=8tK9z1xu" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t7lm.jpg?itok=8tK9z1xu 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t7lm.jpg?itok=8cXVnI2n 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t7lm.jpg?itok=Y8XtiM40 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t7lm.jpg?itok=USyqg0Ty 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-killings-bucha-april22/000_327t7lm.jpg?itok=3RV0FZ5I 1245w" alt="image" />Manifestation à Berlin face à la chambre basse du Parlement contre les exactions dont la Russie est accusée en Ukraine le 6 avril 2022 (AFP / John Macdougall)</div><p class="c2"><em><a href="https://twitter.com/dannyctkemp?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor">Danny Kemp</a> est le directeur du bureau de l'<a href="http://afp.com">AFP</a> à La Haye. Edition: Fiachra Gibbons et Michaëla Cancela-Kieffer à Paris </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/boutcha-ou-la-decouverte-de-lhorreur</guid>
      <pubDate>Sun, 24 Apr 2022 08:14:12 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Ukraine, quand tout a basculé]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Kiev -</strong> Dans la nuit du 24 février 2022, Daniel Leal, photographe basé à Londres, s’endort tout habillé, à l’hôtel Ukraine de Kiev, sans même retirer ses lentilles de contact. Son sac avec ses boitiers et objectifs bien prêt. Un de ses collègues journalistes lui avait soufflé quelques heures plus tôt que c’était pour “cette nuit”. </p><p class="c2">“Comment dort-on quand on attend la guerre ? (...) j'enchaîne les cigarettes sur le balcon. Je regarde le ciel, guette un mouvement ou plutôt l'absence de mouvement. Je coince le téléphone sous mon oreiller et met un podcast, le frères Karamazov. L'appareil vibre à chaque notification et je les lis dans le noir…”, écrit, dans son journal personnel, Daphné Rousseau, journaliste arrivée en renfort de Paris  le 20 février.</p><p class="c2">Dmytro Gorshkov, rédacteur ukrainien qui travaille pour l’AFP à Kiev depuis 2013, lui, n’y croit pas. “Toute le monde pensait qu'on éviterait” la guerre. Il passe une soirée normale avec son épouse et son fils, chez lui, dans un quartier résidentiel du nord de la capitale...  </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4dp.jpg?itok=oVti38Lu" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4dp.jpg?itok=oVti38Lu 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4dp.jpg?itok=vxl2drFx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4dp.jpg?itok=7de87bH3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4dp.jpg?itok=yGqTgXKV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4dp.jpg?itok=l9mu3ZSL 1245w" alt="image" />Centre de Kiev, dans la nuit du 23 au 24 février, monument à l'indépendance. "J'aime l'Ukraine", disent les lettres lumineuses (AFP / Daniel Leal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">A l'inverse, à quelque 900 kilomètres de chez Dmytro Gorshkov, à Moscou, Antoine Lambroschini, chef de la rédaction du bureau, a “la boule au ventre”.</p><p class="c2">“J’étais convaincu que l'offensive russe pouvait intervenir à chaque instant, tout en espérant me tromper. Mon frère et sa famille, qui vivaient depuis près de six ans en Ukraine, venaient de quitter Kiev face à l'imminence d'un assaut. Ce soir-là, avec mon épouse Sofiya et des amis on se retrouve dans l'un de ces restos branchés de Moscou, un dîner où l'Ukraine est sur toutes les lèvres : <em>“Et tu crois vraiment? Mais non, c'est pas possible, pas en 2022!”.</em></p><p class="c2">“En fin de soirée, coup de fil de la veille de nuit mise en place par l'AFP pour l'occasion : les séparatistes pro-russes du Donbass ukrainien ont appelé Poutine et son armée à la rescousse.</p><p class="c2">Commence alors une longue nuit, nous nous dépêchons de rentrer ma femme et moi, puis avec ma collègue Ola Cicowlas, chacun chez soi,  nous écrivons les papiers qui s'imposent. Puis, un discours du président ukrainien Volodymyr Zelensky apparaît sur nos écrans”, poursuit Antoine Lambroschini.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t898.jpg?itok=hO-ZvHw8" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t898.jpg?itok=hO-ZvHw8 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t898.jpg?itok=HR4ud76a 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t898.jpg?itok=oYG7cDF8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t898.jpg?itok=HQQqUJ1N 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t898.jpg?itok=R3bQyzXu 1245w" alt="image" />Réunion urgente du président ukrainien Volodymyr Zelensky avec plusieurs membres du gouvernement, dans la nuit du 23 au 24 février. Photo transmise par la présidence ukrainienne (AFP / Handout)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“La mine grave, la voix ferme, avec des paroles émouvantes  adressées pour la première fois en russe au peuple russe, il lui demande de faire pression sur Vladimir Poutine pour empêcher le drame qui se profile.</p><p class="c2">L'heure est grave, et lorsque l'on se parle entre collègues, nos voix tremblent un peu, d'appréhension, de fatigue et d'émotion”. </p><p class="c2">“A 3H30 du matin - 01h30 à Paris -  les dernières dépêches sont sur le fil. On peut se coucher. Le sommeil est léger, quand à peine une heure et demi plus tard, Tom Loewe mon collègue à Hong Kong, me réveille. Chargé de la veille éditoriale pendant que les journalistes du bureau de Moscou dorment, il voit passer sur Twitter des messages inquiétants.</p><p class="c2">Quelque chose est en train de se passer à la frontière russo-ukrainienne, des sites spécialisés d'aviation font état d'avions de ligne faisant demi-tour en approchant l'Ukraine, d'une zone d'exclusion aérienne, des rumeurs d'explosions apparaissent.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u93p.jpg?itok=SNayzgB3" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u93p.jpg?itok=SNayzgB3 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u93p.jpg?itok=RGQ77IlI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u93p.jpg?itok=WF85dGYb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u93p.jpg?itok=W3a-ViZy 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u93p.jpg?itok=dpTOS6ZV 1245w" alt="image" />Site de FlightRadar montrant l'absence de vols au-dessus de l'Ukraine, le 24 février 2022 (AFP / Loic Venance)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Je réveille notre responsable en Ukraine, Ania Tsoukanova. 'Il se passe quelque chose', lui dis-je, 'je vais voir' répond-elle. Vers 05H40 du matin à Moscou, Vladimir Poutine est soudain à l'écran de la télévision. Je sais à quoi m'attendre, mon cœur bat à tout rompre.</p><p class="c2">Martial, assis à son bureau, il répète la litanie de reproches qu'il fait à l'Ukraine, à l'Occident, à l'Otan, dénonce un génocide de russophones par les soi-disant ‘nazis’ ukrainiens. Son regard fulmine, sa colère se sent. Glaçant.  J'attends l'annonce, un peu incrédule face à l'énormité de l'évènement auquel j'assiste seul, en pyjama, dans la nuit moscovite, pendant que ma femme, mes enfants dorment à quelques mètres de moi.</p><p class="c2">A part deux collègues de la vidéo et de la photo, je n'appelle personne du bureau de Moscou de peur de rater la phrase, l'alerte clé qui annoncera  à nos clients et au monde l'intervention russe chez son voisin, le premier conflit du genre en Europe depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. </p><p class="c2">'05H50 de Moscou, la voilà:  Poutine annonce une ‘opération militaire’ en Ukraine'.</p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/kKiwOwaTnTI?controls=0" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c2">L’alerte d’Antoine, validée par le hub de Hong Kong, qui veille normalement quand l’Europe dort, arrive dans les rédactions.  Des explosions sont entendues dans différentes villes. La guerre a bel et bien commencé.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_32696kw.jpg?itok=VkebUGa7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_32696kw.jpg?itok=VkebUGa7 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_32696kw.jpg?itok=66hd0zNA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_32696kw.jpg?itok=DClizYp6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_32696kw.jpg?itok=rcrLgIk- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_32696kw.jpg?itok=hAF2WsHd 1245w" alt="image" />Une colonne de fumée au-dessus de Kiev, le 16 mars 2022, alors que les attaques visant la capitale ukrainienne s'intensifient (AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Rapidement, le siège parisien de l’AFP est en effervescence. L’organisation d’une base arrière sûre a commencé depuis plusieurs jours. Un appartement est prêt dans une des villes les plus éloignées du front, Lviv, à l’ouest.</p><p class="c2">Karim Menasria, logisticien spécialiste des grands événements, vient tout juste de rentrer après 44 jours dans la bulle sanitaire des JO de Pékin. Il se prépare à repartir pour l’Ukraine avec un stock de gilets pare-balles, casques, groupes électrogènes et du matériel informatique.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/001_323t4q6_jpeg_standard.jpg?itok=EhoW0erR" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/001_323t4q6_jpeg_standard.jpg?itok=EhoW0erR 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/001_323t4q6_jpeg_standard.jpg?itok=pC_6pCW3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/001_323t4q6_jpeg_standard.jpg?itok=uebvQUnn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/001_323t4q6_jpeg_standard.jpg?itok=jEi5AZVA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/001_323t4q6_jpeg_standard.jpg?itok=jpmMA5nV 1245w" alt="image" />Situation le 24 février 2022</div><p class="c2">Tout sera chargé dans une voiture, achetée en Pologne, qu'il prend à Varsovie trois jours plus tard, avec à son bord aussi le reporter Emmanuel Duparcq et Colin Bertier, journaliste à l’AFPTV.  La voiture déborde, d’autant qu’ils emportent avec eux une vingtaine de jerricanes pour les remplir d’essence au cas où le carburant viendrait à manquer. </p><p class="c2">La priorité est d’envoyer des équipes sur le terrain, mais dans de bonnes conditions de sécurité. Les envoyés spéciaux déployés depuis début février sont rejoints par une nouvelle salve de renforts: vidéo journalistes, reporters chevronnés, photographes expérimentés. Plus de 20 personnes au total. Ils arrivent de Paris, Istanbul, Bucarest, Athènes, Moscou, Bucarest, Nicosie…</p><p class="c2">Le 24 à l’aube l’atmosphère à Kiev est celle d’une ville qui passe de la paix à la guerre. Sorti de l’hôtel à 5h30 du matin, gilet pare-balle et casque sur la tête, le photographe Daniel Leal observe les milliers d’habitants qui déambulent, semblant s’interroger sur la suite de leur vie. Des couples se regardent intensément, d’autres, peut-être encore sidérés, vont simplement travailler.</p><p class="c2"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4ry.jpg?itok=yzu4bHBe" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4ry.jpg?itok=yzu4bHBe 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4ry.jpg?itok=xlDZvPer 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4ry.jpg?itok=RAF6f5Q6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4ry.jpg?itok=x9WzIcLe 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4ry.jpg?itok=tNQ5zWvt 1245w" alt="image" />Kiev, au petit matin, le 24 février 2022 (AFP / Daniel Leal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4tl.jpg?itok=vVMK3mzQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4tl.jpg?itok=vVMK3mzQ 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4tl.jpg?itok=83Pecx9c 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4tl.jpg?itok=UgfHVkhi 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4tl.jpg?itok=qIoOfzvl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t4tl.jpg?itok=FGP8gw0r 1245w" alt="image" />Kiev, jeudi 24 février 2022, quelques heures après le début de la guerre (AFP / Daniel Leal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Au fil des heures, les habitants commencent à affluer vers les gares, avec enfants, chiens ou chats de compagnie dans les bras.</p><p class="c2">Ce matin-là, se souvient Daniel Leal, “les regards ont changé”. “Des familles en désespoir, des enfants en pleurs. Ils étaient en état de choc. Je m’identifiais avec les parents, et les enfants, parce que je suis père et que j’ai un enfant de sept ans, un autre de cinq et un troisième en route. Cela nous a tous pris par surprise, même moi. Je ne pouvais éviter de m’imaginer dans leur situation”. </p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/IClGsHlYpJI" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">Une atmosphère qui tranche avec son impression de la veille, quand il est arrivé à Kiev. “une ville très majestueuse, à  l'architecture de type soviétique (...) une ville magnifique, j’aimerais vraiment y aller avec ma famille un jour, avec des gens très gentils”. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t7d8.jpg?itok=I9dWlYOp" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t7d8.jpg?itok=I9dWlYOp 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t7d8.jpg?itok=RkqV83hg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t7d8.jpg?itok=AlgIXNcM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t7d8.jpg?itok=HduyOt-z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_323t7d8.jpg?itok=_RMDvGNB 1245w" alt="image" />(AFP / Daniel Leal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323v3k2.jpg?itok=EaFRJ_BO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323v3k2.jpg?itok=EaFRJ_BO 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323v3k2.jpg?itok=s_ZJFEOH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323v3k2.jpg?itok=Y3t47-St 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323v3k2.jpg?itok=slBHOoo_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323v3k2.jpg?itok=aeun22lm 1245w" alt="image" />Helena, une enseignante de 53 ans, aux abords d'un hôpital de la ville de Chuguiv, à quelque 500 kms à l'est de Kiev, bombardée dès le 24 février (AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Pendant ce temps, ses collègues ukrainiens sont dans la tempête.  “C’est leurs vies, leurs enfants, les réalisations de toute une vie”, qui sont en jeu, pense Daphné Rousseau. Le bureau de l’AFP à Kiev compte en temps normal six personnes, journalistes, photographes et personnel administratif. Chacun doit prendre ses décisions, rester ou partir. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6h8_0_0.jpg?itok=JyKyUou8" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6h8_0_0.jpg?itok=JyKyUou8 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6h8_0_0.jpg?itok=YpoEpqyx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6h8_0_0.jpg?itok=TA_M1pr1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6h8_0_0.jpg?itok=NdaeAt6t 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6h8_0_0.jpg?itok=oDo4hCkI 1245w" alt="image" />Soldats en alerte dans la région de Lugansk en Ukraine, le 24 février 2022 (AFP / Anatolii Stepanov)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Les hommes ukrainiens âgés de 18 à 60 ans ne peuvent en principe pas quitter l’Ukraine, sous peine d’être considérés comme des déserteurs. Le journaliste Dmytro Gorshkov, comme les deux photographes du bureau Sergeï Supinsky et Genya Savilov décident de ne pas quitter la capitale. Le journaliste convainc en revanche son épouse de partir vers l’ouest du pays avec leur fils de 14 ans. Il tient à sa ville, veut continuer à exercer son métier et doit veiller sur sa mère et sa grand-mère, de 89 ans, qui restent à Kiev. </p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324d7ub.jpg?itok=-9xoIH6a" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324d7ub.jpg?itok=-9xoIH6a 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324d7ub.jpg?itok=JAkpT6Ex 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324d7ub.jpg?itok=uEJbh3X6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324d7ub.jpg?itok=WmxKxLp4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324d7ub.jpg?itok=oE6DkgQf 1245w" alt="image" />Des enfants dans un train au départ de Lviv, à l'ouest de l'Ukraine, le 3 mars. Le train doit rejoindre une ville à la frontière slovaque (AFP / Daniel Leal)</div><p class="c2">Il avait été rejoint avant la guerre par d'autres reporters dont Dave Clark, basé à Bruxelles, qui a couvert de nombreux conflits et assure la coordination des opérations. Dmitry Zaks, anglophone et russophone arrivé d’Istanbul, est aussi là depuis plusieurs semaines. Pendant que le bureau se réorganise et que leurs collègues ukrainiens s'occupent de mettre leurs familles à l'abri, ils veille au grain avec Dave. </p><p class="c2">Comment raconter une guerre sur tant de fronts ? Plusieurs flancs d’un pays attaqués. Une grande puissance impliquée. Des marchés financiers affolés. Une menace nucléaire. A en oublier l’anniversaire des deux ans de pandémie, le 11 mars qui passe inaperçu.</p><p class="c2">“Beaucoup redoutent que la crise en Ukraine ne mène au plus grave conflit en Europe depuis 1945. Une intervention russe (...) pourrait entraîner le déplacement de jusqu’à cinq millions de personnes”, lit-on dans la grande synthèse de cette journée du 24 février, qui reprend les déclarations de l'ambassadrice américaine à l'ONU, Linda Thomas-Greenfield.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_323z7lx.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_323z7lx.jpg?itok=XzIILzCa" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">People coming from Ukraine descend from a ferry boat to enter Romania after crossing the Danube river at the Isaccea-Orlivka border crossing between Romania and Ukraine on February 26, 2022, as Ukrainians flee their country following Russia's invasion of Ukraine. (Photo by Daniel MIHAILESCU / AFP) (AFP / Daniel Mihailescu)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_324l3wb.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_324l3wb.jpg?itok=7Lgdd7Vv" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Ukrainian children wrapped in space blankets given by volunteers eat some food at the border with Poland in the border crossing of Zosin-Ustyluh, western Ukraine on March 6, 2022. - Over 1.5 million refugees have fled Ukraine in the week since the invasion by Russian on February 24, 2022, with over half going to Poland, according to the UN refugee agency. (Photo by Daniel LEAL / AFP) (AFP / Daniel Leal)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_326d33b.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_326d33b.jpg?itok=N-ir_exa" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">An elderly woman is seen holding a crutch as she waits for further transportation at the raiway station in Przemysl, Poland on March 17, 2022. - More than three million Ukrainians have fled across the border, mostly women and children, according to the UN. (Photo by Wojtek RADWANSKI / AFP) (AFP / Wojtek Radwanski)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_324c6e8.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x883"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_324c6e8.jpg?itok=D_eYCmzn" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A woman is comforted by a friend after arriving on a train from UkraineÃ­s border at BerlinÃ­s main train station on March 2, 2022. (Photo by Tobias SCHWARZ / AFP) (AFP / Tobias Schwarz)</figcaption></figure></div><p class="c2">Les envoyés spéciaux s’organisent. On se répartit le territoire à couvrir. On prépare la logistique et on évalue où aller. </p><p class="c2">A Kiev, des rumeurs d’infiltration de Russes hantent la ville. Se déplacer dans la capitale est compliqué. L’armée traque les infiltrés. Des habitants sont invités à répéter à voix haute un mot pour montrer qu’ils n’ont pas un accent russe, montrer patte blanche.  Ce mot, c’est “palyanytsa”. Une voyelle trop appuyée et c'est fini. En russe, c'est une “fraise”, en ukrainien, c'est le pain traditionnel connu de tous. </p><p class="c2"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32466za.jpg?itok=XTIf1bpP" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32466za.jpg?itok=XTIf1bpP 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32466za.jpg?itok=_dE_rfwo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32466za.jpg?itok=Y3e-FTxh 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32466za.jpg?itok=PUZeZrUd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32466za.jpg?itok=TH2Y31Bh 1245w" alt="image" />Contrôles de police à Kiev, le 27 février 2022 (AFP / Aris Messinis)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32434lb.jpg?itok=i0Zy5XNt" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32434lb.jpg?itok=i0Zy5XNt 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32434lb.jpg?itok=iHwIrjFQ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32434lb.jpg?itok=KPmxX4dd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32434lb.jpg?itok=Q9DoRIha 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_32434lb.jpg?itok=HtX4pHEX 1245w" alt="image" />Patrouille de l'armée sur la place Maidan à Kiev, le 27 février 2022 (AFP / Aris Messinis)</div></div><p class="clear"><br /> </p><p class="c2">Des équipes partent sur le front, ou les fronts. A Kharkiv, la deuxième ville du pays, Olena Ostaptchenko, une habitante, raconte au photographe Sergey Bobok qu’elle a l’impression de vivre dans un film “sur la seconde guerre mondiale”. </p><p class="c2">Sa ville sous les bombes, qui compte en temps normal 1,4 million d'habitants, est à 40 kilomètres de la frontière russe, en première ligne. Avec son fils et la compagne de ce dernier, elle vit “dans le couloir et la salle de bains”, qu’elle juge plus sûrs. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324q4t7.jpg?itok=SJNs53YD" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324q4t7.jpg?itok=SJNs53YD 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324q4t7.jpg?itok=gi0CGDFB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324q4t7.jpg?itok=nJtUyHv_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324q4t7.jpg?itok=k4y6v8Ij 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324q4t7.jpg?itok=Wvrc8Bl2 1245w" alt="image" />A Kharkiv, deuxième ville d'Ukraine à moins de 40 kms de la frontière russe, le 8 mars (AFP / Sergey Bobok)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324c2v7.jpg?itok=XuNzMbDb" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324c2v7.jpg?itok=XuNzMbDb 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324c2v7.jpg?itok=DERXgXUq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324c2v7.jpg?itok=YqXVrZot 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324c2v7.jpg?itok=fJTNZaW0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324c2v7.jpg?itok=BSik9nje 1245w" alt="image" />A Kharkiv, le 2 mars 2022 (AFP / Sergey Bobok)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">D'autres se rendent à Irpin, à seulement 8 km de Kiev, un des derniers verrous pour atteindre la capitale, pilonné par l’armée russe. Les photographies de bicoques en flammes dans un quartier de jardins ouvriers et le visage de désespoir de leurs habitants rapportées par le photographe Aris Messinis resteront dans les mémoires.</p><p class="c2"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324g373.jpg?itok=T7SsggzU" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324g373.jpg?itok=T7SsggzU 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324g373.jpg?itok=ediBLg71 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324g373.jpg?itok=I5CCgesI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324g373.jpg?itok=yvqu-_Sl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324g373.jpg?itok=WNm63L7a 1245w" alt="image" />Douleur d'une femme aux abords d'une maison en feu après un bombardement à Irpin, le 4 mars 2022 (AFP / Aris Messinis)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324g24q.jpg?itok=RWADtCHM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324g24q.jpg?itok=RWADtCHM 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324g24q.jpg?itok=hF_OVdWW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324g24q.jpg?itok=KmeQ4oJk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324g24q.jpg?itok=wrnz_pOt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324g24q.jpg?itok=SIRsxmg2 1245w" alt="image" />Yevghen Zbormyrsky, 49 ans, devant sa maison en feu à Irpin, dans la banlieue de Kiev, le 4 mars 2022 (AFP / Aris Messinis)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Chaque jour, les habitants traversent par centaines une rivière en jouant les équilibristes sur des planches en bois pour fuir les bombardements. Comme Oleksei Ivanovitch, 86 ans, qui ne voulait pas quitter sa maison, même quand les chars russes, venus du nord, ont bombardé et pris la ville voisine de Boutcha. “Ce sont mon fils et mon petit-fils qui m'ont dit de partir”, dit-il au bras de sa femme Oleksandra, 81 ans, au journaliste Emmanuel Duparcq.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324j3cy.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324j3cy.jpg?itok=gXm6Pfqq" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A woman is assisted by Ukrainian servicemen while people cross a destroyed bridge as they evacuate the city of Irpin, northwest of Kyiv, during heavy shelling and bombing on March 5, 2022, 10 days after Russia launched a military in vasion on Ukraine. (Photo by Aris Messinis / AFP) (AFP / Aris Messinis)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324m7wm_0.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-kiev/000_324m7wm_0.jpg?itok=cKGZWWXH" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A woman carrying her baby crosses a destroyed bridge as they flee the city of Irpin, northwest of Kyiv, on March 7, 2022. - Ukraine dismissed Moscow's offer to set up humanitarian corridors from several bombarded cities on Monday after it emerged some routes would lead refugees into Russia or Belarus. The Russian proposal of safe passage from Kharkiv, Kyiv, Mariupol and Sumy had come after terrified Ukrainian civilians came under fire in previous ceasefire attempts. (Photo by Dimitar DILKOFF / AFP) (AFP / Dimitar Dilkoff)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_32489ky.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-refugees/000_32489ky.jpg?itok=MqOdzoL_" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Civilians cross a river on a blown up bridge on KyivÃ­s northern front on March 1, 2022. - Defending capital Kyiv, the key priority Ukrainian president said. (Photo by ARIS MESSINIS / AFP) (AFP / Aris Messinis)</figcaption></figure></div><p class="c2">Daphné Rousseau fait équipe avec le traducteur Oleksei Obolenski, le chauffeur Pavlo Popovychenko, le JRI Dylan Collins et le photographe Dimitar Dilkoff pour se rendre plus à l’Est, à Tchernihiv, à 130 km de Kiev.  Ils croisent des milliers de véhicules.  “Ils ont tous placardé un panneau où l’on peut lire <em>enfants </em>sur la vitre”.</p><p class="c2">L'équipe arrive quelques minutes seulement après des frappes. “Tout brûle encore vraiment. Des bâtiments qui, soit, sont déjà complètement noircis, soit sont écrasés, soit sont encore en train de brûler”.</p><p class="c2">“C'est le moment où on comprend qu'il ne s’agit pas d’avancer et de livrer une bataille avec l’armée ukrainienne. Il s'agit d'écraser une ville. De la vider, de la terroriser et d'en faire partir les civils à tout prix. On se rend immédiatement sur le lieu de la frappe de la veille, qui a fait 47 morts. (...) C'est un champ de ruines… Et il y a un vent glacial qui balaie en plus cette scène d'apocalypse”, raconte Daphné Rousseau.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2ad.jpg?itok=3bWtOnML" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2ad.jpg?itok=3bWtOnML 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2ad.jpg?itok=pfHmb_OR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2ad.jpg?itok=J4TVpEHb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2ad.jpg?itok=rlVAURa9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2ad.jpg?itok=iYwYIqx_ 1245w" alt="image" />Tchernihiv, le 4 mars 2020 au lendemain d'un bombardement qui avait fait 47 morts (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2fj.jpg?itok=_trYhE5R" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2fj.jpg?itok=_trYhE5R 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2fj.jpg?itok=9Z9X4zpl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2fj.jpg?itok=oxTPVTjR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2fj.jpg?itok=ld9OuJHD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324h2fj.jpg?itok=xyxnveP8 1245w" alt="image" />Une école de Tchernihiv, en partie détruite par un bombardement, le 4 mars 2022 (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Puis “les frappes reprennent, des frappes d'artillerie au début (....) Et rapidement, on entend ce bruit, celui de deux avions de chasse russes, je n’avais encore jamais entendu ce bruit. Ils volent très, très bas, ils fendent l'air et là, on sait que ça va être de nouveau un tapis de bombes”. </p><p class="c2">Ils devront par la suite prendre une décision rapide, en quelques minutes seulement, de traverser “à 120 km/heure”, le seul pont permettant de quitter Tchernihiv, alors qu’une bombe vient de tomber à quelques centaines de mètres seulement.  “On a eu de la chance”.<br /></p><p class="c2">Pendant ce temps, à Paris et ailleurs dans le monde de nombreux services sont mobilisés, des correspondants diplomatiques, politiques, l’infographie, qui fait évoluer les cartes au fil des avancées russes, la documentation, les services d'édition des textes et des images dans toutes les langues, et bien sûr le service économique.</p><p class="c2">Des dizaines de sujets le concernent. “Que signifient les mesures annoncées pour “isoler” la Russie des systèmes de financement mondiaux?  Que change la fermeture de l’espace aérien russe pour l’aviation mondiale ? Comment l’Europe peut-elle se passer du gaz russe ? </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/001_32679gc_jpeg.jpg?itok=SNEcqdBv" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/001_32679gc_jpeg.jpg?itok=SNEcqdBv 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/001_32679gc_jpeg.jpg?itok=lkrVTzXx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/001_32679gc_jpeg.jpg?itok=6pqhrkJc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/001_32679gc_jpeg.jpg?itok=YWK5vjZy 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/001_32679gc_jpeg.jpg?itok=XKqtK_Id 1245w" alt="image" /></div><p class="c2"> </p><p class="c2">“L’équipe éco à Londres, qui centralise une bonne partie de la couverture des marchés du pétrole et des matières premières pour l’AFP, a passé le début du conflit presque à 100% en mode Ukraine”, explique Sophie Estienne, rédactrice en chef en charge de l’économie internationale. Un jour “on cherche des économistes, des historiens, des experts en géopolitique agricole”. Un autre “on décide de réaffecter des journalistes à temps plein pour une enquête sur les oligarques visés par les sanctions…”</p><p class="c2">Une “cellule Ukraine” globale, comprenant des journalistes parlant russe et ukrainien et travaillant sur plusieurs fuseaux horaires s’organise pour épauler les journalistes sur le terrain et rédiger des synthèses, dans le jargon AFP des “papiers généraux”, en s’appuyant également sur les “live” de l’AFPTV et le suivi des fact-checkers, qui traquent les images virales du conflit sur les réseaux, et démêlent le vrai du faux, vérifiant aussi les propos des uns et des autres, notamment de Vladimir Poutine. <br /> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324428u.jpg?itok=Wc9iubie" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324428u.jpg?itok=Wc9iubie 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324428u.jpg?itok=E0uVWowI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324428u.jpg?itok=z2WYgf39 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324428u.jpg?itok=jcOpNIiE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_324428u.jpg?itok=w9tiW7Gr 1245w" alt="image" />Un homme marche dans un champ de ruines, après une attaque au missile à Vasylkiv, non loin de Kiev le 27 février 2022 (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p class="c2">Près d'un mois après le début de l’offensive russe, les destructions sont déjà immenses dans de nombreuses villes sur le front: Tchernihiv, Kharkiv, Kherson.. et Marioupol, privée d’eau, d’électricité et de gaz.</p><p class="c2">Kiev, comme d’autres villes, est transfigurée. “La vie s’est arrêtée”, se souvient Daniel Leal. Il n’y a plus d’école. Les gens ne vont plus travailler. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_326c6eg.jpg?itok=xGI2WSMI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_326c6eg.jpg?itok=xGI2WSMI 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_326c6eg.jpg?itok=uv_WZP27 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_326c6eg.jpg?itok=DcIZFqWU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_326c6eg.jpg?itok=Ms1pobZu 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_326c6eg.jpg?itok=hFQd8_Kt 1245w" alt="image" />Vue aérienne d'un immeuble frappé par une roquette à Kiev, 17 mars 2022 (AFP / Fadel Senna)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“Nous nous sommes habitués aux check-points, aux longues queues pour accéder aux (rares) supermarchés ouverts et aux pharmacies. Les Ukrainiens sont extrêmement solidaires entre eux. Cela aide à surmonter cette situation”, témoigne Dmytro Gorshkov, qui avoue qu’il est parfois dur de couvrir en tant que journaliste, la souffrance des siens. “Nous espérons tous que cela ne sera pas trop long”. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_3248876.jpg?itok=3z4VvTFl" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_3248876.jpg?itok=3z4VvTFl 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_3248876.jpg?itok=-dHOa7CL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_3248876.jpg?itok=7A9kk51z 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_3248876.jpg?itok=65BOJ7Ql 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_3248876.jpg?itok=LQRpY1tE 1245w" alt="image" />Des habitants de Kiev font la queue pour accéder à un supermarché, le 1er mars 2022 (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Rentrer, ou tout simplement quitter un lieu, même en restant en Ukraine, n’est jamais facile pour les journalistes. </p><p class="c2">“Une image qui me reste de Tchernihiv, poursuit Daphné Rousseau, c’est celle d’un grand-père qui marchait au milieu des ruines avec son seau.. Il avait l’air complètement désorienté. Il  préparait sa cave pour y accueillir enfants et petits enfants, qui n'avaient pas réussi à s'organiser pour partir et qui pouvaient plus partir. Ils allaient s’enfermer dans cette cave jusqu'à ce qu'ils survivent ou que mort s'ensuive”.</p><p class="c2">“Il faut comprendre qu'il y a des civils qui ne peuvent pas partir soit parce qu'ils sont trop traumatisés, soit parce qu’ils n'arrivent pas à s'organiser. Quand on rentre le soir à l'hôtel, où on est quand même beaucoup plus en sécurité (...) on se dit qu'à cent kilomètres de là, on ne sait pas ce qui restera”.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324j2gu.jpg?itok=fpnUZfea" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324j2gu.jpg?itok=fpnUZfea 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324j2gu.jpg?itok=I0fjuPHM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324j2gu.jpg?itok=qk-crXXa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324j2gu.jpg?itok=zBzM8IkJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324j2gu.jpg?itok=0jnkjT52 1245w" alt="image" />Train en partance pour la Pologne, en garde de Lviv, en Ukraine, le 5 mars 2022 (AFP / Daniel Leal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Et rentrer chez soi, dans un pays en paix, après cette mission, est  dur aussi. “Quand tu retrouves ta réalité, se réadapter prend du temps”, explique Daniel Leal. “Cela n’arrive pas quand on revient des JO de Tokyo, mais en couvrant une guerre, cela fait cet effet. Ces sentiments je les avais eus en quittant la Syrie aussi. On se sent déçu, profondément déçu, perdu, triste, on a l’impression de ne pas en avoir fait assez, d’avoir pu faire plus, mieux”.  </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324b2l6.jpg?itok=2V8m9wOM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324b2l6.jpg?itok=2V8m9wOM 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324b2l6.jpg?itok=dOHTyIzo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324b2l6.jpg?itok=6QaZ_HeL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324b2l6.jpg?itok=iW4iAJ1i 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324b2l6.jpg?itok=MPiDOVpg 1245w" alt="image" />Réplique de la statue de la liberté, à Colmar (est de la France), recouverte d'un drapeau ukrainien (AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Dave Clark, qui a coordonné pendant un mois le travail des équipes sur place a senti quand il a quitté Kiev jeudi qu’il devait dire “à tout le monde”, qu’il serait “bientôt de retour”. “Mais en tant que coordinateur, j’ai aussi senti que je devais donner l’exemple”, et quitter l’Ukraine de bonne grâce. Car, comme le souligne Arman Soldin, journaliste de l’AFPTV basé à Londres reparti avec Dave Clark, les rotations entre équipes sont importantes.</p><p class="c2">“Dans la voiture qui nous menait vers la Pologne, je me suis rendu compte que nous étions tous fatigués physiquement, émotionnellement, et qu’il est  dangereux de ne pas souffler et prendre du recul”, explique Arman Soldin, même si “bien sûr, j’ai quitté l’Ukraine à contre-coeur”. Ces rotations permettent aussi à ceux qui rentrent d’être assistés psychologiquement.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_32686cp.jpg?itok=MANe5FBh" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_32686cp.jpg?itok=MANe5FBh 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_32686cp.jpg?itok=vPHe1bpu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_32686cp.jpg?itok=3frTs4Mu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_32686cp.jpg?itok=zrFi07FQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_32686cp.jpg?itok=6KqstItE 1245w" alt="image" />Kiev, le 15 mars 2022 (AFP / Fadel Senna)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Aujourd’hui la journaliste ukrainienne Olga Shylenko, qui travaillait pour l’AFP à Kiev depuis 2014, est accueillie par des amis non loin de Bruxelles, d'où elle travaille à distance. Elle se sent “terriblement coupable”. </p><p class="c2">“Je viens de participer à une réunion avec d’autres femmes ukrainiennes, et nous avons toutes exprimé la même chose. Nous nous sentons coupables de cette vie confortable, où nous n’avons pas besoin de vivre dans des caves. Nous aimerions être là bas, pour participer, mais nous sommes aussi des mamans”. </p><p class="c2">La nuit, elle fait des cauchemars. “Je rêve que je suis à Marioupol”, la ville portuaire qui vit un siège dramatique. Ses jumeaux de huit ans eux, sursautent quand l’aspirateur est déclenché, demandant si c’est “une sirène”, ou quand ils entendent “le bruit des avions”. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6tg.jpg?itok=wgrvv-Ao" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6tg.jpg?itok=wgrvv-Ao 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6tg.jpg?itok=qk6hKusP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6tg.jpg?itok=1v3cBcpI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6tg.jpg?itok=-UYl5Ax3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/ukraine-bombings/000_323u6tg.jpg?itok=2tbk9PQa 1245w" alt="image" />Les secours s'activent autour des restes d'un avion des forces armées ukrainiennes avec 14 personnes à bord, au sud de Kiev, le 24 février 2022 (AFP / Handout)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Sur le terrain, en ce début de guerre aux fronts mouvants, le danger reste partout. Et le bilan des victimes s’annonce lourd, même s’il n’existe pas de véritable chiffre officiel.</p><p class="c2">La journaliste Cécile Feuillatre, le photographe Bulent Kilic et Luana Sarmini, JRI,en ont fait l'amer constat en début de semaine, en visitant la principale morgue, débordée, du port de Mykolaïv, dans le sud, où les habitants ont tenu tête à l'armée russe. Samedi encore, ils ont rapporté la mort de dizaines de soldats dans une frappe visant une caserne militaire. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324x7dk.jpg?itok=4WuDKgyh" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324x7dk.jpg?itok=4WuDKgyh 415w, /sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324x7dk.jpg?itok=jGhRerMv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324x7dk.jpg?itok=twhe8Y9Q 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324x7dk.jpg?itok=kLY6bgOU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/ukraine/ukraine-russia-war-mar22/000_324x7dk.jpg?itok=c3_zlMPd 1245w" alt="image" />Funérailles d'une femme tuée dans le bombardement d'un cimetière à Mykolaiv, ville portuaire du sud (AFP / Bulent Kilic)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Pour la seule ville de Marioupol, les autorités locales estiment qu'au moins 2.000 civils ont péri. Depuis le début de l'invasion russe en Ukraine, au moins cinq journalistes ont été tués. </p><p class="c2">Etre sur le terrain au début d’un conflit c’est, pour civils et journalistes, “comme avancer à l’aveugle dans une pièce où ça tire de partout, sans savoir où on met les pieds”, raconte Daphné Rousseau.</p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/9SmRlnE2czk?controls=0" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">“On ne sait pas quelles sont les forces en présence, combien sont-elles et où ? À quelle distance et surtout, quel est l'armement utilisé ? Est-ce que cela sera des Grad, ces ces missiles qu'on redoute le plus ? Parce que ces salves, ça tombe dans tous les sens. Est ce que cela sera un commando russe qui a réussi à avancer sur 100 mètres et qui sera dans un fourré et qui va juste tirer ?” “C'est une roulette russe”. </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/ukraine-quand-tout-bascule</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/ukraine-quand-tout-bascule</guid>
      <pubDate>Sun, 20 Mar 2022 09:52:07 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Est de la RD Congo, incursion en zones troubles]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Loin des feux de l'actualité, en Afrique centrale, la République démocratique du Congo subit depuis des années violences et massacres commis par des dizaines de groupes armés. Alexis Huguet, correspondant texte, photo et vidéo pour l'AFP, sillonne depuis trois ans la région qui concentre ces atrocités: l’est du pays. Au coeur des conflits oubliés d’un pays riche en ressources naturelles et pourtant frappé par la pauvreté, il raconte ici les coulisses de ses reportages en zones troublées.</strong></p><p><strong>Kinshasa -</strong> Triste. C’est ainsi que je me sens après quatre semaines de reportage dans la province de l’Ituri, au milieu des conflits de l’est de la République démocratique du Congo.</p><p class="c2">Sur mon carnet de notes et dans les cartes mémoires de mes appareils photos: les visages et les témoignages des victimes, des bourreaux, des bourreaux-victimes, les récits de vies brisées, d’attaques et de représailles et d’une population en état de choc. Beaucoup de violence et d’incompréhension. L'injustice partout.</p><p class="c2">L’indignation et la rage me submergent quand je ferme les yeux. C’était mon troisième séjour en trois ans en Ituri et la situation n’a fait que dégénérer.</p><p class="c2"> </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_3.jpg?itok=F3YoYUUf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_3.jpg?itok=F3YoYUUf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_3.jpg?itok=cQOqQxbn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_3.jpg?itok=a_5DDHfy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_3.jpg?itok=99nfWS_g 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_3.jpg?itok=RRmBPUMj 1245w" alt="image" />Des membres d'un groupe armé dans le village de Masumbuko, en Ituri, le 18 septembre 2020 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Revenons en arrière. Après le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994, les dignitaires hutu du régime rwandais et l’armée, les mains pleines de sang, s’enfuient au Congo voisin. Des centaines de milliers de civils de leur ethnie les suivent, par peur de représailles du nouveau régime.</p><p class="c2">L’est du Congo, qui s’appelait encore Zaïre, vacille. Les représailles tant redoutées ne tardent pas à arriver. L’armée du nouveau régime rwandais de Paul Kagame pénètre avec fracas dans le pays.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c3" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/001_9t72jr_jpeg.jpg?itok=toN0UU3J" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/001_9t72jr_jpeg.jpg?itok=toN0UU3J 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/001_9t72jr_jpeg.jpg?itok=eY5F6K7q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/001_9t72jr_jpeg.jpg?itok=UPLdN-w4 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/001_9t72jr_jpeg.jpg?itok=U27gaZqW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/001_9t72jr_jpeg.jpg?itok=GYKy46pr 1245w" alt="image" /></div><p class="c2"> </p><p class="c2">L’est s’enfonce dans une spirale de violence, de rancoeur et de pillage des richesses. La région est morcelée, sous la coupe de puissantes milices, où les armées des pays voisins entrent et sortent comme bon leur semble.</p><p class="c2">Depuis, il y a des trêves, de nouvelles guerres, des mutineries, des cessez-le-feu. Il y a aussi eu des rêves de lendemains qui chantent.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_17.jpg?itok=-MKe8Hg-" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_17.jpg?itok=-MKe8Hg- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_17.jpg?itok=fQnJi-iP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_17.jpg?itok=6IWA8B65 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_17.jpg?itok=Ova9vqRn 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_17.jpg?itok=qzYcQmqo 1245w" alt="image" />Un milicien patrouille à Bukiringi, dans la province d'Ituri, le 6 janvier 2022 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Début 2019, peu après mon arrivée en RDC, un nouveau président, Félix Tshisekedi, prend la tête de cet immense pays de plus de 90 millions d'habitants. On se plaît à croire que la paix est enfin possible, après la première transition politique pacifique mettant fin aux 21 ans de règne des Kabila, père et fils. </p><p class="c2">Mais c’est la douche froide. Chaque mois, les victimes se comptent par centaines. Entre octobre 2019 et février 2022, plus de 4.500 civils ont été tués, selon le décompte du Baromètre sécuritaire du Kivu (KST, en anglais), un groupe de chercheurs présents dans l’est du Congo.</p><p class="c2">Plus d’une centaine de groupes armés sont actifs aujourd’hui dans l’est. Ils ont des origines différentes, des motivations différentes, des modes opératoires différents.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_30.jpg?itok=vc6rgeD-" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_30.jpg?itok=vc6rgeD- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_30.jpg?itok=9PrpBY4E 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_30.jpg?itok=CuNS1rgq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_30.jpg?itok=sjqbadgJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_30.jpg?itok=k0Kreudh 1245w" alt="image" />Des civils et des volontaires de la Croix-Rouge lors de l'inhumation le 4 février 2022 de 62 personnes déplacées, massacrées la nuit du 1er février en Ituri, dans l'est de la RD Congo (AFP / Jorkim Jotham Pituwa)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">En Ituri, l’armée, qui a obtenu les pleins pouvoirs dans la province en 2021 pour “éradiquer” les groupes armés, prétend maîtriser la situation. Pourtant, une dizaine de milices contrôlent encore des pans entiers de la zone et massacrent des civils au nez et à la barbe des militaires congolais et des Casques bleus des Nations unies - présents depuis vingt-deux ans dans le pays.</p><p class="c2">De l'autre côté, les rebelles, qui prétendent agir pour la défense de leurs communautés respectives, commettent aussi des crimes atroces contre ceux qu’ils considèrent être “les Autres”.</p><p class="c2">Devenus maîtres de pans entiers de territoires, ils imposent par la force des armes un régime de terreur également contre leurs propres familles: racket, pillages, viols, règlements de comptes... Ils s'en prennent parfois aussi aux humanitaires qui tentent de garder un accès aux villages reculés et apporter une aide aux centaines de milliers de personnes dans le besoin.</p><p class="c2">Que reste-t-il de positif ici ? Pas grand chose.</p><p class="c2">La situation était déjà catastrophique en novembre 2019, quand je suis venu pour la première fois documenter les attaques commises par les miliciens et l’armée dans les villages du territoire de Djugu, dans le nord-est du pays, proche de la frontière ougandaise. Mais tout est pire aujourd’hui. Bien pire…</p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_10.jpg?itok=ZYYyv77m" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_10.jpg?itok=ZYYyv77m 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_10.jpg?itok=DSCJpIfR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_10.jpg?itok=TIFx--0C 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_10.jpg?itok=H94Q_N4T 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_10.jpg?itok=ESphmuRV 1245w" alt="image" />Vue aérienne, le 21 décembre 2021, de camps de déplacés sur la colline de Rhoo, à 60 km de la capitale provinciale de l'Ituri, dans l'est de la RD Congo (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Des personnes déplacées à cause de la violence depuis 2018 ont dû fuir leurs camps après de récents massacres.</p><p class="c2">De nouvelles factions ont vu le jour, les processus de désarmement des groupes armés sont au point mort, des crimes contre des civils ont été commis par les militaires, alimentant encore un peu plus la défiance et la peur vis-à-vis de l’Etat.</p><p class="c2">Rare aspect positif: je peux encore me déplacer dans ces zones de l’est de la RDC pour récolter au plus près des événements images et témoignages des victimes et des belligérants, ce qui n’est plus le cas pour nombre de mes confrères et consoeurs dans d'autres zones de conflit, en Afrique et ailleurs.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_29.jpg?itok=K7Md1_1f" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_29.jpg?itok=K7Md1_1f 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_29.jpg?itok=pswUFruu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_29.jpg?itok=yiWaEJRJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_29.jpg?itok=US50Ok7S 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_29.jpg?itok=AoRRWrkF 1245w" alt="image" />Des femmes sur une route à Rethy, dans l'est de la RD Congo, le 14 janvier 2022 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Cette “liberté” de mouvement dans l’exercice de notre profession est due en partie au faible contrôle étatique dans les provinces troublées du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. J’ai la “chance” de pouvoir, dans la même journée de reportage, rencontrer les autorités le matin, interviewer un groupe armé l’après-midi puis passer la nuit sous une tente avec des familles qui viennent de fuir leurs maisons à la suite d’une énième attaque.</p><p class="c2">Pour comprendre comment on obtient les accès, il faut d’abord avoir à l’esprit que rien n’est vraiment cloisonné ici. Bon nombre de militaires sont d’anciens rebelles: ils ont donc toujours des contacts dans les milices et savent parfaitement comment le maquis fonctionne. Ils sont autant sources d’informations que des freins ou parfois même une menace.</p><p class="c2">Il faut sans cesse évaluer qui a intérêt à parler et qui a intérêt à ce que rien ne soit raconté.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_33.jpg?itok=Ex0PAgjW" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_33.jpg?itok=Ex0PAgjW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_33.jpg?itok=Dl5XZKGB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_33.jpg?itok=GYnfA3OH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_33.jpg?itok=fAbUNK2k 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_33.jpg?itok=MgxQ0F4g 1245w" alt="image" />Un Casque bleu regarde à l'extérieur d'un blindé, après avoir échappé à une embuscade d'un groupe armé, à Dhedja, le 19 décembre 2021 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">La société civile, les humanitaires, les Nations unies, les chercheurs… Tout le monde interagit avec les groupes armés. Et vice-versa. Il ne faut négliger aucun contact, entretenir des relations sur le long terme, respecter tout le monde, être humble, et ne jamais cesser d’apprendre, de fouiller, de chercher à assembler les pièces d’un puzzle infini qui mue aussitôt qu’il prend forme. </p><p class="c2">Je vis et travaille au Congo depuis plus de trois ans. J’ai consacré presque tout mon temps à faire des reportages sur les conflits dans l’est. J’ai rencontré des centaines de personnes, de tous bords. C’est grâce à ce réseau de confiance que je peux aujourd’hui m’aventurer dans des zones difficiles d’accès. Ce n’est pas sans risques. Même en prenant le maximum de précautions les choses peuvent mal tourner.</p><p class="c2">Ce fut le cas mi-décembre 2021, au cours d’un reportage sur une colline nommée Rhoo, au milieu du territoire de Djugu, où se sont regroupés près de 70.000 hommes, femmes et enfants pour chercher la protection de Casques bleus, après avoir fui d’autres camps de déplacés à proximité. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_20.jpg?itok=vZelyElF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_20.jpg?itok=vZelyElF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_20.jpg?itok=_0n5c5PK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_20.jpg?itok=N9HpUl57 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_20.jpg?itok=4U58QKfs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_20.jpg?itok=vdDVAI-6 1245w" alt="image" />Des déplacés dans le camp de Rhoo, à 60 km de la capitale provinciale de l'Ituri, Bunia, le 21 décembre 2021 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Ils y vivaient depuis plusieurs années et venaient d’être attaqués par les hommes armés de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), qui comme son nom ne l’indique pas, est une des plus meurtrières milices, structurée autour d’une secte religieuse, de l’est de la RDC.</p><p class="c2">Ces déplacés, qui vivent déjà dans des conditions de vie horribles, étaient traumatisés par le fait que les corps de leurs proches tués pourrissaient à l’air libre, dans un village à proximité de leur camp. Ils n’avaient pu être enterrés. Les deux précédentes tentatives s’étaient soldées par des tirs de la Codeco.</p><p class="c2">Une patrouille est organisée par les Casques bleus et j’embarque avec eux. L’objectif : que les volontaires de la Croix-Rouge locale puissent profiter d’un minimum de sécurité pour inhumer les corps et ensuite regagner le site de déplacés.</p><p class="c2">Ça a mal tourné.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_8.jpg?itok=jYBlqfw_" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_8.jpg?itok=jYBlqfw_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_8.jpg?itok=eMAbYBoB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_8.jpg?itok=_An2exmL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_8.jpg?itok=KVTviqXt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_8.jpg?itok=IoP0t5Ur 1245w" alt="image" />Des Casques bleus mettent à l'abri des volontaires de la Croix-Rouge et des civils après une embuscade dans le village de Dhedja le 19 décembre 2021 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Entre le deuxième et le troisième enterrement, faits à la hâte à l’endroit même des tueries, notre groupe est pris en embuscade par les Codeco. Nous étions à pied, à découvert, à l’extérieur du village. Il a fallu plus d’une demi-heure aux Casques bleus pour repousser les assaillants et nous regrouper dans les véhicules blindés. Heureusement, personne, en tous cas de notre convoi, n’a été touché par les tirs.</p><p class="c2">Subir cette embuscade m’a permis d’appréhender un peu mieux l'effroi que ressentent les habitants de ces villages quand ils sont pris pour cible par des miliciens cachés dans les maïs et les maisons en ruine.</p><p class="c2">Depuis fin novembre et les attaques qui ont fait plus de 100 morts autour de Rhoo, d’autres personnes ont perdu la vie en allant simplement chercher de l’eau ou quelques racines de manioc.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_14.jpg?itok=nHrDrITa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_14.jpg?itok=nHrDrITa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_14.jpg?itok=mDQa7uG2 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_14.jpg?itok=kr1cBPlR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_14.jpg?itok=lRyphaPR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_14.jpg?itok=9kql3ef_ 1245w" alt="image" />Des volontaires de la Croix-Rouge enterrent les corps de personnes tuées par des miliciens de la Codeco, dans le village de Dhedja, le 19 décembre 2021 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Je pourrais être en colère contre le groupe armé qui nous a tiré dessus, mais mon rôle n’est pas de porter de jugement. Mon rôle, en tous cas comme je le comprends, est d’aller voir tout le monde, avec le moins d'a priori possible. De donner la parole, de décrire et de raconter.</p><p class="c2">Trois semaines plus tard, je rencontrai donc les chefs de la Codeco (dont les hommes nous avaient tiré dessus) dans leur fief, pour tenter de comprendre leurs motivations, et surtout les raisons qui les poussent à commettre ces crimes effroyables : assassinats et mutilation à l’arme blanche sur les personnes les plus vulnérables, les enfants, les femmes enceintes, les vieillards, tous ceux qui ne courent pas assez vite quand ils sont attaqués.</p><p class="c2">Assis sur des bancs en bois dans l’enceinte de l’hôpital détruit d’un village, au coeur du territoire qu'ils contrôlent, les chefs, jeunes, sont intimidés par ma caméra tandis que je mène l’entretien.</p><p class="c2">Le porte-parole du groupe assume la responsabilité des attaques sur les camps de déplacés, arguant que ses hommes ont réagi aux “provocations” de miliciens d’une autre ethnie qui se cachent, selon lui, dans les camps.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_4.jpg?itok=T9Ma4gNA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_4.jpg?itok=T9Ma4gNA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_4.jpg?itok=RKTrGFf0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_4.jpg?itok=KGjLl4to 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_4.jpg?itok=D-EcysnP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_4.jpg?itok=i8UCo0hL 1245w" alt="image" />Des miliciens du groupe armé Codeco, le 19 septembre 2020 (AFP / Alexis Huguet)</div><p>Pour avoir accès à ces miliciens, il n’y pas de mode d’emploi. Chaque groupe armé a ses spécificités. Certains n’ont aucune envie de rencontrer des journalistes, certains ont peur, d’autres au contraire attendent désespérément que quelqu’un leur tende un micro.</p><p class="c2">Un dénominateur commun: on ne se pointe pas comme ça, la fleur au fusil - si je peux me permettre - dans les zones qu’ils contrôlent. Il faut des intermédiaires de confiance. Et cela peut prendre du temps pour les trouver et qu’ils aient eux-mêmes confiance à leur tour.</p><p class="c2">Il faut aussi rassurer les autorités sur le fait qu’il n’y a aucune collusion entre nous, les journalistes, et les miliciens. Mais je considère qu’à partir du moment où des hommes armés deviennent des acteurs majeurs de la vie du pays, il est de notre devoir de les rencontrer.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_15.jpg?itok=_mka5mQ1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_15.jpg?itok=_mka5mQ1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_15.jpg?itok=BtlbPEih 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_15.jpg?itok=15zGXkB8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_15.jpg?itok=OyU3JPP3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_15.jpg?itok=yhdfxtrb 1245w" alt="image" />Des miliciens dans leur base de Bukiringi, le 6 janvier 2022 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Avec quel moyen de transport se rendre pour aller interroger les victimes ou les rebelles, où dormir, combien de jours rester, quel plan de sortie au cas où les choses tournent mal, quelle est la plus-value en termes d’information comparée aux risques encourus?</p><p class="c2">Ce sont des questions qu’il faut évaluer à chaque fois avant un départ afin de limiter les risques. La règle principale, selon moi, et qui se renforce sans cesse au cours de ma petite expérience, est qu’il ne faut jamais se précipiter.</p><p class="c2">A l’AFP, nous avons cette chance de pouvoir prendre le temps et de passer parfois plusieurs semaines en reportage dans une même zone. C’est la meilleure garantie de ma sécurité. On ne “s’apprivoise” pas mutuellement avec ces personnes en une demi journée. Cela permet aussi d’avoir une vision plus large autour d’un évènement et une meilleure compréhension des enjeux.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_2.jpg?itok=0zK7afBt" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_2.jpg?itok=0zK7afBt 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_2.jpg?itok=U4WlRnH4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_2.jpg?itok=kUAE4oYy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_2.jpg?itok=AXNNtKk7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_2.jpg?itok=MJsd36XQ 1245w" alt="image" />Camion renversé au milieu de la route nationale 27, dans la province d'Ituri, le 16 septembre 2020 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Quand je ferme les yeux, je vois les silhouettes de ces ados dans le camp de Rhoo, qui jouent au foot à la tombée de la nuit, comme tous les jeunes du monde.</p><p class="c2">Je vois les yeux rieurs du Dr Tony Ukety, un ophtalmologue de la région qui a traversé ces décennies de conflit et qui se bat encore pour faire avancer la recherche médicale et créer de l’emploi dans le territoire de Djugu. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_34.jpg?itok=3ADPB7Ez" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_34.jpg?itok=3ADPB7Ez 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_34.jpg?itok=vQSKLclA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_34.jpg?itok=cstUbzwa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_34.jpg?itok=CDyAvs7Q 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_34.jpg?itok=HolVbQOk 1245w" alt="image" />Des adolescents jouent au foot dans le camp de déplacés de Rhoo, le 18 décembre 2021 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Je vois le colonel autoproclamé d’une milice de plus d’un millier d’hommes m’accueillir en short de sport et riant aux éclats devant sa maison familiale.</p><p class="c2">Je me souviens des apéros jusque tard dans la nuit dans des bouges sans lumière avec Joël et Thierry, laborantin et directeur d’hôpital, à se raconter nos vies comme si nous étions amis depuis toujours, comme si la distance qui nous sépare n’existait pas. Et tant d’autres…</p><p class="c2">Toutes ces personnes rencontrées, qui m’ont accueilli, qui se sont livrées, qui m’ont fait confiance, qui m’ont protégé. C’est grâce à eux et à leur humanité incroyable que je me réveille le matin avec le sourire aux lèvres. Malgré tout.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_21.jpg?itok=x3jzd_mC" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_21.jpg?itok=x3jzd_mC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_21.jpg?itok=7F6eDsCm 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_21.jpg?itok=kQIRlfTt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_21.jpg?itok=1g27b1ql 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/congo_rd/blog_ituri_feb2022/ituri_21.jpg?itok=Z0Rtrv43 1245w" alt="image" />Un homme subit un examen d'acuité visuelle, dans le cadre d'une étude menée par le Dr Tony Ukety, dans le village de Kanga, le 12 janvier 2022 (AFP / Alexis Huguet)</div><p class="c4"><em>Edition et mise en page par Béatrice Le Bohec à Paris </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/est-de-la-rd-congo-incursion-en-zones-troubles</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/est-de-la-rd-congo-incursion-en-zones-troubles</guid>
      <pubDate>Sun, 27 Feb 2022 13:50:13 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le Covid et rien d'autre]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>“Pour nous, journalistes qui avons couvert la pandémie, elle a aussi donné lieu à une expérience professionnelle unique: raconter la science en train de s'écrire sous nos yeux, à toute vitesse. Comment prédire que nous couvririons à la fois l'apparition d'une maladie inconnue de l'humanité puis la mise au point de ses vaccins?”. <a href="https://twitter.com/polrikr">Paul Ricard</a>, à la rubrique santé/médecine de l'AFP à Paris, raconte ses deux années à suivre en temps réel les recherches sur le Covid-19, tout en étant pressé de questions par son entourage, le prenant pour un “oracle”.</strong></p><p class="c2"><strong>Paris -</strong> “Il n'y aura pas beaucoup d'actu chaude, ça laissera plus de temps pour des sujets hors actualité”. C'est ce que je me suis dit en arrivant à la rubrique santé/médecine en mai 2017. Sacré flair (et je ne peux même pas blâmer les pertes d'odorat dues au Covid)!</p><p class="c2">Moins de trois ans plus tard éclatait la pandémie qui a bouleversé nos vies personnelles, partout dans le monde.</p><p class="c2"> </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_9.jpg?itok=KuenVaBo" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_9.jpg?itok=KuenVaBo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_9.jpg?itok=AcqUowq6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_9.jpg?itok=YnbSQ6n_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_9.jpg?itok=UAjvCKIt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_9.jpg?itok=Cgwvc3yD 1245w" alt="image" />Des soldats sud-coréens en tenue de protection pulvérisent du désinfectant dans un quartier commercial de Séoul, le 4 mars 2020 (AFP / Jung Yeon-je)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Pour nous, journalistes qui l'avons couverte, elle a aussi donné lieu à une expérience professionnelle unique: raconter la science en train de s'écrire sous nos yeux, à toute vitesse. Comment prédire que nous couvririons à la fois l'apparition d'une maladie inconnue de l'humanité puis la mise au point de ses vaccins?</p><p class="c2">Nous avons littéralement démarré d'une page blanche; relire aujourd'hui ce qu'on écrivait il y a deux ans donne l'impression qu'un siècle s'est écoulé.</p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_42.jpg?itok=2W6kBKS6" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_42.jpg?itok=2W6kBKS6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_42.jpg?itok=o58iyYNG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_42.jpg?itok=X-lcMB7J 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_42.jpg?itok=L4aklzks 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_42.jpg?itok=lWg7lmQK 1245w" alt="image" />Une unité de soins intensifs contre le Covid-19 dans un hôpital de Manaus, au Brésil, le 20 mai 2020 (AFP / Michael Dantas)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Sur le fil de nouvelles de l'AFP, la première mention de cette maladie qu'on n'appelait pas encore Covid date du 5 janvier 2020, avec une dépêche du bureau de Pékin: “Mystérieuse pneumonie en Chine: 59 cas, le Sras exclu”.</p><p class="c2">Mon premier papier depuis Paris remonte au 17 janvier suivant. La maladie avait alors fait deux morts en Chine et trois cas avaient été détectés à l'étranger (deux en Thaïlande et un au Japon).</p><p class="c2">Il s'agissait d'un article pour faire le point sur ce qu'on en savait alors: les spécialistes se demandaient à quel point cette maladie se transmettait entre humains, espéraient qu'elle serait moins grave que le Sras (800 morts et 8.000 cas dans le monde lors d'une épidémie en 2002-2003) et estimaient que la Chine avait plutôt fait preuve de transparence...</p><p class="c2">On sait ce que tout ça a finalement donné, et cet écart illustre bien le bond considérable des connaissances scientifiques depuis l'apparition du virus.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_55.jpg?itok=RYBQjnQk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_55.jpg?itok=RYBQjnQk 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_55.jpg?itok=QYIBFPTz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_55.jpg?itok=_-hTpkxJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_55.jpg?itok=uPHTpEFG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_55.jpg?itok=-Ii9qGvC 1245w" alt="image" />Un homme passe devant une sculpture dont les visages ont été masqués, devant un restaurant à Pékin, le 29 août 2021 (AFP / Wang Zhao)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Ce bond, c'est aussi la volte-face en France sur l'utilité des masques, d'abord déconseillés au grand public (l'une des raisons moins avouables étant toutefois la pénurie chez les soignants), puis recommandés, voire imposés, partout dans le monde à partir d'avril 2020.</p><p class="c2">C'est, encore, la prise de conscience courant 2020 du mode de transmission principal du virus: les aérosols, ces nuages de particules que nous émettons lorsque nous respirons, parlons ou crions et qui restent en suspension dans l'air.</p><p class="c2">C'est, enfin, la succession d'annonces tonitruantes des labos dans la course aux vaccins fin 2020, à grands coups de pourcentages d'efficacité toujours plus élevés.</p><p class="clear">Virologie, épidémiologie, immunologie... La pandémie nous a imposé une formation à marche forcée aux rudiments de ces disciplines, en se gardant de tout péché d'orgueil. Je suis journaliste et n'ai pas les compétences des spécialistes, mon travail est de les faire parler, pas de me substituer à eux.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_54.jpg?itok=usUPuBrE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_54.jpg?itok=usUPuBrE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_54.jpg?itok=pICn_O1Z 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_54.jpg?itok=W5ooO9KG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_54.jpg?itok=_ZC35GEC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_54.jpg?itok=mzDGFevX 1245w" alt="image" />Vue aérienne prise le 23 août 2021 de personnels désinfectant les alentours d'une école à Bozhou, en Chine (AFP / Str)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Cela peut sembler paradoxal mais cette incertitude toute neuve a impliqué de coller plus que jamais aux bonnes vieilles règles du journalisme d'agence. Faits, précision, équilibre.</p><p class="c2">Avec cet impératif: essayer de retranscrire toujours au plus près ce que disait la science à l'instant T, controverses incluses, en le vulgarisant pour le rendre compréhensible par le grand public.</p><p class="c2">Dès le début de la pandémie, il a fallu veiller à respecter un équilibre délicat: ne pas alarmer sans raison mais ne pas minorer les risques de cette maladie inédite, qui a fait plus de 5,6 millions de morts dans le monde. Cela paraît évident aujourd'hui avec deux ans de connaissances accumulées, ça l'était beaucoup moins début 2020.</p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_68.jpg?itok=DucPDGYF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_68.jpg?itok=DucPDGYF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_68.jpg?itok=r9dZARZK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_68.jpg?itok=O477oznA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_68.jpg?itok=ibxBpJBj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_68.jpg?itok=2Ya23uh2 1245w" alt="image" />Des membres de la famille d'une victime du Covid-19 dans un centre de crémation où affluent les corps de victimes, à New Delhi, le 16 avril 2021 (AFP / Jewel Samad)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Je me rappelle par exemple avoir soigneusement pesé les mots de mes premiers papiers sur un sujet anxiogène par excellence, la place des enfants dans l'épidémie, du point de vue des risques comme de la transmission (question qui n'est d'ailleurs toujours pas totalement tranchée).</p><p class="c2">Cela m'a souvent valu de me faire (gentiment) charrier par un collègue et ami de l'AFP, mais tout bien pesé, je ne peux pas lui donner complètement tort: jamais dans toute ma carrière je n'ai écrit autant de papiers juste pour dire “On n'en sait rien”.</p><p class="c2"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_38.jpg?itok=kvKJz2Fo" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_38.jpg?itok=kvKJz2Fo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_38.jpg?itok=8gBqKH9O 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_38.jpg?itok=DrXR8yl7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_38.jpg?itok=p7M5SJpZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_38.jpg?itok=gE8FqL6X 1245w" alt="image" />Des élèves déjeunent à la cantine dans des box individuels, mesure préventive contre la propagation du coronavirus, dans une école de Taipei, le 29 avril 2020 (AFP / Sam Yeh)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_36.jpg?itok=jiShrfRf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_36.jpg?itok=jiShrfRf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_36.jpg?itok=8S3g75PH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_36.jpg?itok=L-XI95bJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_36.jpg?itok=yEPxeea1 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_36.jpg?itok=gbHc_u6t 1245w" alt="image" />Une élève dont les parents sont membres du personnel hospitalier ou de la police accueillie dans une école officiellement fermée, à Toulouse, le 16 avril 2020 (AFP / Lionel Bonaventure)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">D'incertitudes levées en réponses partielles, j'ai fini par bien connaître le Covid, presque en temps réel.</p><p class="c2">En plus de mon travail, cela m'a aussi servi dans la vie. Dès la prise de pouvoir du très contagieux variant Delta en France à l'été 2021, je n'ai plus mis en intérieur que des masques FFP2, plus protecteurs que les chirurgicaux.</p><p class="c2">Idem pour l'aération des pièces closes, que j'ai conseillée très tôt à mes proches pour dissiper les nuages invisibles chargés de virus, comme de la fumée de cigarette, alors que les autorités tardaient à faire passer la consigne.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_16.jpg?itok=5ANSiBIM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_16.jpg?itok=5ANSiBIM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_16.jpg?itok=CItN_9mV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_16.jpg?itok=mnop0ira 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_16.jpg?itok=dOU2Tu3F 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_16.jpg?itok=GNulUPKE 1245w" alt="image" />Un employé d'une entreprise de nettoyage désinfecte une boîte aux lettres, dans une rue de Suresnes, près de Paris, le 18 mars 2020 (AFP / Thomas Samson)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_19.jpg?itok=ZUUh6jV-" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_19.jpg?itok=ZUUh6jV- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_19.jpg?itok=XpXek1Su 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_19.jpg?itok=ziNtJPO4 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_19.jpg?itok=qTB2HOHC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_19.jpg?itok=NxA0a_jf 1245w" alt="image" />Un homme se protégeant le visage avec un sac plastique sur la tête dans une rue de Paris le 21 mars 2020 (AFP / Franck Fife)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Pour autant, je n'ai jamais été très à l'aise les nombreuses fois où mon entourage m'a demandé de quoi seraient faites les semaines à venir, comme on attend un oracle.</p><p class="c2">De la même manière, ce bagage théorique n'a jamais fait complètement disparaître la peur de me tromper dans l'une des tâches les plus compliquées - et les moins visibles - de la rubrique: répondre aux demandes d'éclairage des bureaux du réseau mondial de l'AFP lorsqu'ils avaient besoin d'être guidés pour leurs propres articles. Le syndrome de l'imposteur...</p><p class="c2">C'est d'autant plus vrai que mon rapport professionnel avec le Covid est ambivalent, à la fois intime et distancié. L'essentiel de mon travail a été le décryptage et la vulgarisation scientifiques de la pandémie, mais je n'en ai pas couvert les aspects concrets sur le terrain, hôpitaux surchargés ou malades en réa.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_10_0.jpg?itok=pBi4Cd-9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_10_0.jpg?itok=pBi4Cd-9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_10_0.jpg?itok=o9orhRPK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_10_0.jpg?itok=HPTQOsG9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_10_0.jpg?itok=Au4phQtV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_10_0.jpg?itok=j2UE5jYC 1245w" alt="image" />Des soignants au chevet d'un patient à Wuhan, dans le centre de la Chine, le 11 mars 2020 (AFP / Str)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">C'est d'ailleurs sans doute ce qui m'a permis de ne jamais être psychologiquement affecté par cette couverture, toute anxiogène qu'elle ait pu être (en plus de la chance de ne pas avoir eu de cas dramatique dans mon entourage).</p><p class="c2">Simplement, l'effet de surprise des débuts, quand tout était nouveau, a fini par céder la place à une certaine routine. Alpha, Beta, Delta, Omicron, les variants passent mais charrient invariablement les mêmes questions.</p><p class="c2">La pandémie a aussi avalé tout le reste et pendant deux ans, je n'ai quasiment écrit que sur un seul sujet, ce qui est contre-nature pour un journaliste d'agence, même spécialisé. L'un des effets des vagues, épidémiques ou pas, c'est l'érosion.</p><p class="c2">Et après deux ans à traiter des études sur le Covid, je me sens un peu comme un kabbaliste qui lèverait les yeux de ses textes sacrés pour sortir respirer l'air du dehors...</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_58.jpg?itok=gu2tc95G" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_58.jpg?itok=gu2tc95G 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_58.jpg?itok=RjZldSUN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_58.jpg?itok=ayp00R0t 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_58.jpg?itok=o-A8lyNu 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_58.jpg?itok=Mw3K2lgZ 1245w" alt="image" />Un membre du personnel médical auprès d'un patient contaminé par le Covid-19, le 9 novembre 2021 dans un hôpital de Sofia, en Bulgarie (AFP / Nikolay Doychinov)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Cet air-là, j'en ai quand même profité plus que beaucoup d'autres à un moment unique, le confinement dur de mars/avril 2020.</p><p class="c2">Parce que la charge de travail et les besoins de coordination étaient lourds, je fais partie de la petite poignée de journalistes qui a décidé de continuer à aller au siège de l'AFP dans le centre de Paris plutôt que télétravailler. J'en remercie ici ma compagne, qui s'est arrêtée pendant plusieurs semaines pour s'occuper de nos enfants.</p><p class="c2">La plupart des gens conservent de cette période le souvenir d'un enfermement plus ou moins pénible. Pour moi, elle restera au contraire synonyme d'une liberté rare. Marcher sous le soleil printanier dans les rues de Paris anormalement désertes est un luxe dont j'avoue garder la nostalgie.</p><p class="c2">Ce silence à peine rompu par le pépiement des oiseaux, cette absence d'odeur de moteurs, cette impression d'une atmosphère claire et tranchante, de temps suspendu: mon trajet vers le travail était le travelling d'un film de science-fiction sur la fin de l'humanité, sans les zombies.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_30.jpg?itok=VgCv1HCi" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_30.jpg?itok=VgCv1HCi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_30.jpg?itok=ntntQUbK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_30.jpg?itok=ZtnGdmBF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_30.jpg?itok=rBHXBtoF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_30.jpg?itok=_ezStZ0k 1245w" alt="image" />Des canards près de la Comédie française, à Paris, pendant le premier confinement du pays, le 2 avril 2020 (AFP / Hassan Ayadi)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">L'une de mes seules rencontres dans la rue durant cette drôle de parenthèses est celle de deux jeunes policiers qui voulaient contrôler mon attestation de sortie. Je leur avais expliqué quel était mon métier et le contrôle s'était transformé en un cours accéléré sur les risques et la gravité de la maladie, pour répondre à leurs inquiétudes.</p><p class="c2">Mais la liberté absolue, c'est de s'être retrouvés à quatre ou cinq journalistes seulement au siège de l'AFP place de la Bourse, comme un petit commando. Là, nous étions Macaulay Culkin dans “Maman, j'ai raté l'avion”, seuls dans la grande maison familiale, passagers clandestins dans cet immense paquebot vide.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_18.jpg?itok=zKauLryy" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_18.jpg?itok=zKauLryy 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_18.jpg?itok=NzdurwSX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_18.jpg?itok=KL3MpbYr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_18.jpg?itok=knm8dioZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_18.jpg?itok=D-fE2qV0 1245w" alt="image" />Un employé de supermarché poussant un caddy rempli de courses dans une rue de Paris, le 20 mars 2020 (AFP / Ludovic Marin)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Pas de méprise: ces semaines ont été studieuses et nous n'avons pas fait les bêtises du petit garçon du film. Bon, pour être tout à fait transparent, il m'est quand même arrivé une fois ou deux de me détendre en tentant des records de vitesse à genoux sur un fauteuil de bureau à roulettes dans les longs plateaux déserts de l'Agence, comme Gaston Lagaffe ou les skaters américains de l'émission “Jackass”...</p><p class="c2">Cette période de travail intense et de liberté unique a créé un esprit de corps entre les gens qui l'ont vécue ensemble sur place. Ça n'est pas très glorieux, mais je n'ai pas pu m'empêcher d'éprouver un sentiment de dépossession fugace quand tout le personnel de l'AFP a regagné ses locaux, nos locaux, après ce long confinement.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_45.jpg?itok=QLr71f4k" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_45.jpg?itok=QLr71f4k 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_45.jpg?itok=5wEIO2nv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_45.jpg?itok=wiGyiIps 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_45.jpg?itok=q2sRVoAL 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_45.jpg?itok=ZZan0CkN 1245w" alt="image" />Des salariés dans un immeuble de bureaux du quartier de la Défense, près de Paris, le 2 novembre 2020 (AFP / Alain Jocard)</div><p class="clear"> </p><p class="c2">A l'heure de quitter la rubrique santé en vertu du très sain principe de rotation imposé par l'AFP, je voudrais livrer les principaux enseignements que j'en tire.</p><p class="c2">D'abord, Covid ou pas, cette rubrique est l'une de celles où la responsabilité journalistique est la plus lourde, car le sujet de la santé fait écho à des peurs viscérales chez le lecteur, pour lui, sa famille, ses enfants.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c3" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_61.jpg?itok=Z5-W1hOF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_61.jpg?itok=Z5-W1hOF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_61.jpg?itok=dvsouWID 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_61.jpg?itok=MjDZbNmO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_61.jpg?itok=V65gHgMW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_61.jpg?itok=Dbm0KRC5 1245w" alt="image" />Des mannequins représentant le variant Omicron, à Managua, au Nicaragua, le 27 décembre 2021 (AFP / Oswaldo Rivas)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Mal couvrir ces questions-là – maladies et recherche de traitements –, c'est risquer de provoquer autant de paniques infondées que de faux espoirs. C'est aussi une rubrique qui apporte beaucoup à qui l'occupe, et peut même parfois l'aider dans sa vie quotidienne.</p><p class="c2">Quand j'ai commencé, on m'a dit: “Tu vas voir, ça rend hypocondriaque”. Moi, cela m'a fait l'effet inverse: je sors de ces cinq années plein d'espoir dans les avancées de la médecine et plein d'admiration pour ces chercheurs et ces soignants qui font reculer tant de maladies.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_47.jpg?itok=jVOtdYvw" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_47.jpg?itok=jVOtdYvw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_47.jpg?itok=lvLDgHhw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_47.jpg?itok=neS6VLqT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_47.jpg?itok=Ya6lDZuE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_47.jpg?itok=W0Gdn80L 1245w" alt="image" />Des membres du personnel hospitalier d'une unité de soin intensive contre le Covid-19, à Prato, près de Florence, le 17 décembre 2020 (AFP / Alberto Pizzoli)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Ah, au fait, encore une chose: après être passé entre les gouttes pendant deux ans, j'ai fini par être testé positif au Covid pour la première fois ce 31 janvier. Mon dernier jour à la rubrique santé.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_41_0.jpg?itok=tgW2umaJ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_41_0.jpg?itok=tgW2umaJ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_41_0.jpg?itok=Bo3rUj0R 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_41_0.jpg?itok=xBglSu74 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_41_0.jpg?itok=ZXTKAlvo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/recit_deux_ans_de_pandemie_feb2022/pandemie_41_0.jpg?itok=eAjB3PJT 1245w" alt="image" />Une statue masquée sur la place du Trocadéro, à Paris, le 11 mai 2020 (AFP / Ludovic Marin)</div><p class="c2"><em>Récit par Paul Ricard à Paris, édition par Béatrice Le Bohec à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/le-covid-et-rien-dautre</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/le-covid-et-rien-dautre</guid>
      <pubDate>Sat, 05 Feb 2022 09:38:16 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Traduire les grossièretés: F***ing challenge !]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="ww-item image" id="wysiwyg"> </p><p class="c2"><strong>Washington -</strong> <em>“Son of a bitch</em></p><strong id="docs-internal-guid-78016d76-7fff-6366-3786-c815b21389b4"><em>”</em>,</strong><em>“Emmerder”</em>, <em>“shithole countries”</em>, ... Comment faire comprendre à un lecteur francophone une insulte proférée par un président américain ? Comment faire comprendre à un lecteur américain, espagnol ou argentin une grossièreté dite par le président français ?<strong>Sébastien Blanc</strong>, chef du desk francophone à Washington, raconte les vifs débats au sein de l'AFP pour traduire au plus près les noms d'oiseaux, langage fleuri et autres invectives lâchées par les hommes d'Etat, qui défrayent immanquablement la chronique et resteront dans les annales.<p class="c2">Il est 17h30 lundi 24 janvier et la “newsroom” de l'AFP à Washington est en ébullition: irrité par une question posée par un journaliste de Fox News, Joe Biden vient de lâcher les mots <em>“What a stupid son of a bitch”</em> dans le brouhaha d'une table ronde à la Maison Blanche.</p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/0jvpARiDlMc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="espece_de_connard_joe_biden_insulte_un_journaliste_afp" width="640"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c2">Qui n'a pas entendu un jour <em>“son of a bitch”</em>, ne serait-ce qu'au cinéma ? Les avis diffèrent toutefois sur son équivalent français. Un débat animé s'engage, mêlant des journalistes ayant le français ou l'anglais comme langue maternelle.</p>Même si<em>“bitch”</em>a davantage le sens de “chienne” ou de “salope”, certains sont partisans de la traduction apparemment la plus littérale possible: “Fils de pute”. Des piliers anglophones du bureau font alors valoir que “fils de pute” est, selon eux, nettement plus fort en français que<em>“son of a bitch”</em>en anglais.<p class="c2">Biden a réagi, assurent-ils, davantage par agacement, étant interpellé sur l'inflation -- un sujet qui plombe sa présidence -- que par hostilité personnelle à l'égard d'un journaliste, Peter Doocy, qui assume son rôle de poil à gratter conservateur. Ses joutes avec le président démocrate font d'ailleurs partie du paysage. </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_18.jpg?itok=Q2ajEEwh" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_18.jpg?itok=Q2ajEEwh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_18.jpg?itok=BROOuQ_r 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_18.jpg?itok=GQznCUOz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_18.jpg?itok=p02fR_ga 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_18.jpg?itok=Q-5wVs0p 1245w" alt="image" />Le président américain Joe Biden, vu à travers la lentille d'une caméra, lors d'une réunion à la Maison Blanche à Washington le 22 décembre 2021 (AFP / Brendan Smialowski)</div><p class="c2">Quelques-uns suggèrent donc de traduire l'insulte présidentielle par “mais quel con!” ou “espèce d'enfoiré”. D'autres plaident pour “gros connard”.</p><p class="c2">Face à un nom d'oiseau rare, le premier réflexe des journalistes des bureaux plurilingues de l'AFP est évidemment d'ouvrir un dictionnaire. Mais le dictionnaire ne marche pas toujours. Il existe par ailleurs une réticence naturelle à publier des mots choquants. La solution ? Répondre au mieux à la question suivante: “Qu'aurait, le plus vraisemblablement possible, dit en français cette personne, dans des circonstances identiques?”</p><p class="c2">On examine donc le contexte de ce <em>“What a stupid son of a bitch”</em>. L'échange n'a pas consisté en un face-à-face acrimonieux, Doocy ayant lancé sa question à la volée, tandis que les médias quittaient la salle. Biden donne plutôt l'impression d'avoir parlé dans sa barbe, sur un ton peu virulent, sans que cela excuse aucunement l'injure.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_24.jpg?itok=ATo5-0tg" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_24.jpg?itok=ATo5-0tg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_24.jpg?itok=2vBsQPK5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_24.jpg?itok=tVnvFtnm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_24.jpg?itok=vzA65VQS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_24.jpg?itok=5kpzhfYp 1245w" alt="image" />Le président Joe Biden, le 7 janvier 2022 à Washington (AFP / Mandel Ngan)</div><p class="c2">Enfin, on s'interroge sur l'épithète <em>“stupid”</em> placée avant <em>“son of a bitch”</em>, et le <em>“What a…”</em>: ces deux éléments ont-ils plutôt atténué ou accentué la charge ?</p><p class="c2">Une fois tout cela pesé, et sachant que le nécessaire choix serait forcément imparfait, l'AFP a écrit “espèce de connard”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_33.jpg?itok=7JnJlkOh" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_33.jpg?itok=7JnJlkOh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_33.jpg?itok=D7_vdWUi 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_33.jpg?itok=jNFgalnN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_33.jpg?itok=bMNozwbm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_33.jpg?itok=s5c3FiBA 1245w" alt="image" />Le président Joe Biden parle à la presse lors d'une visite dans un magasin à Washington, le 25 janvier 2022 (AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2">Ce moment en rappelle un autre récent, après qu'Emmanuel Macron a confié son désir d'“emmerder” les non-vaccinés. Un terme jugé peu présidentiel, et en tout cas inhabituel, qui a posé un défi de traduction aux journalistes anglophones de l'AFP à Paris.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_9w39vr.jpg?itok=vcIaPCYE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_9w39vr.jpg?itok=vcIaPCYE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_9w39vr.jpg?itok=XZuTUhUl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_9w39vr.jpg?itok=NaFP6fbX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_9w39vr.jpg?itok=EWbkbOJO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_9w39vr.jpg?itok=EOAdvzyW 1245w" alt="image" />Un manifestant brandissant une pancarte évoquant Emmanuel Macron, surnommé "'Jupîter", à Bordeaux le 13 janvier 2022 (AFP / Philippe Lopez)</div><p class="c2">La première dépêche en anglais sur le sujet contenait le verbe <em><strong id="docs-internal-guid-d821e0ec-7fff-a1d4-c716-98cce1cbb761">“</strong>hassle”</em>. Celui-ci a toutefois été jugé, a posteriori, trop timoré. Ont été suggérées les expressions <em>“fuck them over”</em>, <em>“make their life shit”</em> avant que la rédaction en chef ne tranche pour le verbe <em>“piss off”</em>.</p><p class="c2">En espagnol, les débats ont été les mêmes: <em>“molestar”,</em> qui veut aussi dire déranger<em> </em> était jugé trop léger et sans la nuance de vulgarité d’un mot dérivé de “merde”, surprenant dans les propos d’un chef d’Etat ; quant à <em>“joder”</em>, que le Larousse traduit par “baiser”, il ne veut pas dire la même chose en Espagne, en Colombie ou Argentine, où l'expression signifie aussi “déranger”...  Le verbe fut donc considéré un peu trop fort.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_13.jpg?itok=yV5suWVo" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_13.jpg?itok=yV5suWVo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_13.jpg?itok=tn6RxP0J 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_13.jpg?itok=GVE_acvS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_13.jpg?itok=qxdmNoqJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_13.jpg?itok=byXL2gkt 1245w" alt="image" />Emmanuel Macron lors du Congrès des maires à Paris, le 18 novembre 2021 (AFP / Thibault Camus)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Finalement, il a été décidé d’utiliser <em>“fastidiar”</em>, en sachant qu’il n’était pas tout à fait exact. Pour cette raison les journalistes espagnols ont décidé d’ajouter un paragraphe en disant que Macron avait dit textuellement “emmerder”, en mettant le mot en français, et en précisant qu’on pouvait aussi le traduire par <em>“molestar”</em>, <em>“joder”</em>, <em>“complicar la vida”</em>.  </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_25.jpg?itok=1hiZdLYa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_25.jpg?itok=1hiZdLYa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_25.jpg?itok=0GPCEmTv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_25.jpg?itok=GHURoS6N 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_25.jpg?itok=k3sEwtVB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_25.jpg?itok=DCC7xFAf 1245w" alt="image" />Des manifestants à Paris contre le pass sanitaire contre le Covid-19, le 8 janvier 2022 (AFP / Christophe Archambault)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_26.jpg?itok=G6cMwaKD" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_26.jpg?itok=G6cMwaKD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_26.jpg?itok=VzmaXQ66 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_26.jpg?itok=IKB5J-8K 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_26.jpg?itok=ec6tOHGJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_26.jpg?itok=8HutxOLO 1245w" alt="image" />Un manifestant brandissant une pancarte contre le pass sanitaire contre le Covid-19, à Paris, le 15 janvier 2022 (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Ces débats illustrent que, dans le domaine des jurons, insultes et autres expressions outrageantes, il est rare que s'impose une traduction reflétant exactement le degré de vulgarité et d'animosité voulu par le locuteur.</p><p class="c2">D'où les divergences d'appréciation, comme ce jour de mars 2020 où Biden - toujours lui - a lancé à un ouvrier, lors d'une étape de campagne: <em>“You're full of shit”</em>. Il a fallu trancher entre “tu dis que de la merde”, “tu te fous de ma gueule” et “tu racontes que des conneries”, option finalement retenue.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_31.jpg?itok=D9qdoTRQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_31.jpg?itok=D9qdoTRQ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_31.jpg?itok=OCXir1VW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_31.jpg?itok=lYfInD0a 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_31.jpg?itok=QbWTbIx- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_31.jpg?itok=yYT5vL6f 1245w" alt="image" />Le président Joe Biden lors d'une conférence à Washington le 21 janvier 2022 (AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Les difficultés de traduction ne se limitent bien entendu pas à l'anglais, au français et à l’espagnol, dans une agence qui compte également des fils d'information en arabe, portugais et allemand.</p><p class="c2">Les translittérations représentent une embûche tout aussi délicate. Rita Daou, cheffe des services en langue arabe de l'AFP, garde en mémoire le casse-tête qu'avait représenté celle du nom de famille de l'ancien Premier ministre français Jean-Marc Ayrault, signifiant “sa bite” en arabe.</p><p class="c2">Après maintes discussions, l'AFP avait décidé de l'écrire comme il se prononce. Mais cela n'avait pas duré: le ministère français des Affaires étrangères avait très vite publié un communiqué expliquant que le nom devait s'écrire et se prononcer avec le “lt” final, normalement muet.</p><p class="c2">Il faut noter qu' à Washington, en matière de grossièretés, les médias étrangers ont bénéficié d'un entraînement intensif depuis l'irruption de Donald Trump sur la scène politique. Qui a oublié la fameuse vidéo exhumée en 2016, dans laquelle le magnat immobilier se targuait de pouvoir “tout faire” avec les femmes, avec les fameux mots <em>“Grab 'em by the pussy”</em> ?</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/F4VvnB9F_cM" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">Des propos tellement vulgaires et machistes que l'AFP a, dans un premier temps, utilisé une périphrase -- “un mot très cru pour le sexe féminin”, a-t-on écrit -- avant de finalement traduire, à un niveau argotique équivalent, “choper (les femmes) par la chatte”.</p>Champion incontesté des outrages verbaux, Trump a ensuite imposé des plongées régulières dans les champs lexicaux les plus triviaux. En appliquant de surcroît un vocabulaire populaire à des sphères normalement considérées dignes de grand respect.<div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_6.jpg?itok=01iN-zfB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_6.jpg?itok=01iN-zfB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_6.jpg?itok=abba7LGR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_6.jpg?itok=5mCeFoTC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_6.jpg?itok=POiM9Cp3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_6.jpg?itok=_qcEVc4Q 1245w" alt="image" />Le président Donald Trump lors d'un rassemblement politique à Dalton, en Géorgie, le 4 janvier 2021 (AFP / Mandel Ngan)</div><p class="c2">Comme ces surnoms injurieux dont il a affublé sénateurs, magistrats et autres hauts responsables.</p><p class="c2">Concernant Hillary Clinton, l'AFP a traduit <em>“Crooked Hillary”</em> par “Hillary-la-Crapule”. Pour le sénateur Bernie Sanders, <em>“Crazy Bernie”</em> est devenu “Bernie le Dingue”.</p><p class="c2">Et que de discussions à l'AFP pour rendre compte le plus fidèlement possible de ces <em>“Sleazebag”</em> et <em>“Slimeball”</em> employés par le tribun républicain afin de qualifier une foule de personnalités ! “Ordure”, “Fumier”, “Salaud” ? Pour l'ex-chef du FBI, James Comey, on a traduit par “raclure”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_9.jpg?itok=aSrAyycD" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_9.jpg?itok=aSrAyycD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_9.jpg?itok=9v5rjSxN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_9.jpg?itok=J7Luzi2D 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_9.jpg?itok=HcZ2cz40 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_9.jpg?itok=D0FDyYRI 1245w" alt="image" />Des manifestants brandissant une caricature de Donald Trump dans les rues de New York le 9 janvier 2021 (AFP / Kena Betancur)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_7r2yk.jpg?itok=p6FX5G8y" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_7r2yk.jpg?itok=p6FX5G8y 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_7r2yk.jpg?itok=9EgGHW68 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_7r2yk.jpg?itok=F_XWziwP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_7r2yk.jpg?itok=zk4Sax2L 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/000_7r2yk.jpg?itok=hOXkHqEu 1245w" alt="image" />Caricature de Donald Trump lors d'un carnaval à Duesseldorf, en Allemagne, le 8 février 2016 (AFP / Patrik Stollarz)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Autre <em>“brain storming”</em> mémorable, la fois où Trump a brutalement qualifié son premier secrétaire d'Etat, Rex Tillerson, de <em>“dumb as a rock”</em>. La ligne “bête comme ses pieds” l'a finalement emporté sur “con comme un balai”, “stupide”, ou encore “bête comme un manche”.</p><p class="c2">La liste serait incomplète sans les “pays de merde” (<em>“Shithole countries”</em>) évoqués par Trump dans son langage si peu diplomatique.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_11.jpg?itok=-LUWAUzl" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_11.jpg?itok=-LUWAUzl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_11.jpg?itok=m6TxLoZb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_11.jpg?itok=rhOxePaM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_11.jpg?itok=XT7sBzoq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_11.jpg?itok=PjojxOvy 1245w" alt="image" />Un drapeau représentant Donald Trump lors d'un rassemblement de l'extrême droite à Portland, dans l'Oregon, le 22 août 2021 (AFP / Mathieu Lewis-rolland)</div><p class="c2">Donald Trump a surnommé la strip-teaseuse <em>“Horseface”</em>, une insulte qu'on entend rarement aux Etats-Unis. Perplexe, la rédaction francophone de l'agence a finalement opté pour un simple “Face de cheval”, tout aussi inusité en français.</p><p class="c2">Stormy Daniels a répliqué en restant sous la ceinture, par un: <em>“Game on, Tiny”</em>. L'AFP avait pudiquement traduit par “C'est parti, petite chose”, en précisant qu'il s'agissait d'une allusion à l'anatomie de l'homme d'affaires.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_1.jpg?itok=ErDVkPbx" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_1.jpg?itok=ErDVkPbx 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_1.jpg?itok=BdvG-OE6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_1.jpg?itok=RFty7rSu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_1.jpg?itok=BiVXvmtB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/traduire_les_insultes_feb2022/insultes_1.jpg?itok=5xaaaeNy 1245w" alt="image" />Vol d'oiseaux au dessus de la Maison Blanche à Washington, le 21 décembre 2020 (AFP / Samuel Corum)</div><p class="c3"><em>Ecrit par <a href="https://twitter.com/sebastienblanc">Sébastien Blanc</a> à Washington. Edition et mise en page par <a href="https://twitter.com/kermdelhi">Béatrice Le Bohec</a> à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/traduire-les-grossieretes-fing-challenge</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/traduire-les-grossieretes-fing-challenge</guid>
      <pubDate>Wed, 02 Feb 2022 18:56:15 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L'épreuve N°1 des JO de Pékin: la bulle]]></title>
      <description><![CDATA[<h4 class="c2">La première équipe technique de l’AFP est arrivée à Pékin le 11 janvier pour préparer la logistique de la couverture des Jeux olympiques d'hiver, du 4 au 20 février. Sans eux,  les dépêches, photos et vidéos des JO n'arriveraient jamais à nos abonnés. Mais pour se lancer dans les préparatifs, Karim Menasria, François-Xavier Marit et Antonin Thuillier ont du surmonter l'épreuve N°1, indispensable pour tous ceux qui participeront aux Jeux:  obtenir le sésame pour accéder à la draconienne bulle sanitaire mise en place par les autorités chinoises. Une épreuve qui a commencé en France. </h4><p class="c3"><strong>Pékin -</strong> “Nous venons d’atterrir à Beijing, ambiance lunaire … et un peu anxiogène…”: le jour se lève dans l’hiver pékinois, et François-Xavier Marit, de la Rédaction en chef technique à Paris, vient de débarquer avec Karim Menasria, en charge de la coordination technique, et Antonin Thuillier, photographe détaché à la “RedChef tech”, comme on dit dans le jargon de l’agence. </p><p class="c3"> </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_001.jpg?itok=Rv-9j3HT" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_001.jpg?itok=Rv-9j3HT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_001.jpg?itok=2QHAUkbY 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_001.jpg?itok=FBwnUP82 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_001.jpg?itok=ASfxbVJ9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_001.jpg?itok=-ggLqnSK 1245w" alt="image" />Des passagers aidés à remplir les formalités d'entrée en Chine par des employés en combinaison intégrale, à leur arrivée à l'aéroport international de Pékin, le 11 janvier 2022 (François Xavier MARIT / AFP)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">“Un Boeing 777 pour 50 personnes, uniquement les membres du CIO (Comité international olympique) et quelques journalistes. Comité d’accueil de Chinois en tenues de protection, du désinfectant pulvérisé partout dans un aéroport immense où nous sommes les seuls voyageurs”, raconte dans un mail François-Xavier Marit. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cf_0.jpg?itok=ud01Brnt" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cf_0.jpg?itok=ud01Brnt 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cf_0.jpg?itok=N8k7jv4l 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cf_0.jpg?itok=PJGQ2IEQ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cf_0.jpg?itok=jwUd0lMh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cf_0.jpg?itok=D-imoCdW 1245w" alt="image" />(AFP / Francois-Xavier Marit)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Ici et là, des silhouettes fantomatiques engoncées dans des combinaisons intégrales surgissent, dodelinent de la tête encapuchonnée, indiquent d’un geste le chemin à prendre dans le dédale de couloirs étincelants sous les néons.</p><p class="c3">Dans ce décor d’une blancheur froide où les visages des employés de l’aéroport disparaissent derrière d’épaisses visières, les voyageurs en manteaux et doudounes colorées semblent débarquer d’une autre planète.  Un seul sourire, placardé sur les murs: celui de la mascotte des JO, le petit panda Bing Dwen Dwen.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz3c4.jpg?itok=GWHraWfm" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz3c4.jpg?itok=GWHraWfm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz3c4.jpg?itok=al6UDQ78 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz3c4.jpg?itok=MkYDw6TU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz3c4.jpg?itok=8i9l-Fwz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz3c4.jpg?itok=1Cb1IdUH 1245w" alt="image" />(AFP / Wang Zhao)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">“Nouveaux tests PCR puis départ en bus pour notre hôtel… Bus désinfecté à la sortie de l’aéroport puis escorté par deux voitures de police”, poursuit François-Xavier, dans son message envoyé du bus flanqué d’un logo rouge “Beijing 2022”.  Le directeur du bureau de l’AFP à Pékin, Patrick Baert, salue l’arrivée de l’équipe par ces mots envoyés par mail: “Bonne chance pour les prochains tests…”.</p><p class="c3">Patrick Baert et les journalistes du bureau de Pékin connaissent par coeur la stratégie de la Chine depuis la découverte sur son sol des premiers cas de Covid-19 en décembre 2019: une stricte politique de “zéro Covid”, à coup de confinements sporadiques de quartiers entiers et de villes, de traçage des contacts via des applications mobiles et de tests répétitifs de grande ampleur.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vx7au.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vx7au.jpg?itok=DO57nXJj" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Opération de désinfection aux abords d'un centre commercial, à Xi'an, dans la province de Shaanxi (nord de la Chine) le 11 janvier 2022 (AFP / STR)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9ql9mx.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9ql9mx.jpg?itok=uVtZzRYq" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Test sur un enfant, le 29 octobre 2021 dans la ville de Zhangye (nord-ouest) (AFP / STR)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_8z94c8.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_8z94c8.jpg?itok=2wDPVa75" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Désinfection près d'un marché de Pékin, le 21 janvier 2021 (AFP / Noel Celis)</figcaption></figure></div><p class="c3">Depuis le début de la pandémie, le bilan officiel chinois reste de 4.636 morts et un peu plus de 100.000 malades confirmés. Mais à l’aube des JO, le climat se tend: de nouveaux foyers épidémiques sont apparus dans plusieurs villes chinoises; à Pékin, un premier cas du variant Omicron a été détecté moins de trois semaines avant le début des Jeux.</p><p class="c3">Pour cette première équipe de l’AFP venue avec 12 valises remplies de matériel de transmission, d’appareils photos et de robotique, la politique chinoise s’est imposée à eux avant même leur départ, depuis la France.</p><p class="c3">Par où commencer pour raconter la longue liste de procédures sanitaires à suivre pour maintenir à tout prix ces JO au moment où se répand à vitesse prodigieuse un variant beaucoup plus contagieux d’un virus qui a déjà fait près de 5,5 millions de morts dans le monde ?</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8pm.jpg?itok=p90VsBVH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8pm.jpg?itok=p90VsBVH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8pm.jpg?itok=8Yfo214Q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8pm.jpg?itok=uZpLXaoP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8pm.jpg?itok=hTGOkbVZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8pm.jpg?itok=NxIHmVMZ 1245w" alt="image" />Parc olympique de Pékin, le 4 janvier 2022 (AFP / Noel Celis)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Par le manuel envoyé à la presse: le “Media Playbook” (guide pratique pour les médias) rédigé par le CIO et le Comité organisateur chinois des JO, le “Beijing Organising Committee for Olympic Games (Bocog): 84 pages de règles, envoyées une première fois en novembre puis actualisées en décembre après l’annonce de la découverte d’Omicron par l’Afrique du sud et sa propagation fulgurante en Europe. </p><p class="c3">“Beijing, pour nous tous, ça commence maintenant. Nous devons tout faire pour que les athlètes ne soient pas privés de leur rêve olympique quelques jours avant leur départ. Les Playbooks n’énumèrent pas seulement des règles, ils déterminent dès maintenant un mode de vie”, assénait le 5 janvier le président du CIO Thomas Bach.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8g9.jpg?itok=U1ijgLmY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8g9.jpg?itok=U1ijgLmY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8g9.jpg?itok=T5qaTTd4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8g9.jpg?itok=m87llAxK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8g9.jpg?itok=nCfJ-OZG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vj8g9.jpg?itok=1EBAouq1 1245w" alt="image" />Aux abords du parc olympique de Pékin, installation de la clôture qui permettra la mise en place de la "bulle sanitaire", le 4 janvier 2022 (AFP / Noel Celis)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Un “mode de vie” fondé sur de multiples tests avant le départ, à l’arrivée, pendant le séjour mais surtout, le socle de tout le système: une mise sous cloche dès le pied posé à l’aéroport pour entrer dans une “bulle sanitaire”, aussi appelée “Green Zone”, comme dans une ville en guerre, sorte de monde parallèle sans interaction avec la population extérieure d’où il est impossible de s’extraire. </p><p class="c3">Le CIO, prévenant, conclut la liste de recommandations sanitaires par celle-ci: “Demandez l'aide de professionnels de la santé mentale si vous souhaitez discuter de votre expérience et des émotions que vous pourriez ressentir avant, pendant et après les Jeux”. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_32.jpg?itok=AW-j5gmf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_32.jpg?itok=AW-j5gmf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_32.jpg?itok=KNAlqMWy 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_32.jpg?itok=iQ-VLN4M 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_32.jpg?itok=v9RCB2on 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_32.jpg?itok=GBELH5xa 1245w" alt="image" />Des employés nettoient le sol près du Centre de presse situé à l'intérieur de la bulle sanitaire à Pékin, le 13 janvier 2022 (AFP / Francois-xavier Marit)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Avant leur départ, Karim, François-Xavier et Antonin ont dû prendre leur température pendant 14 jours et la noter sur une application dédiée. Être complètement vaccinés (pour ne pas effectuer une quarantaine de 21 jours à l’arrivée). Réaliser deux tests PCR 96 heures et 72 heures avant le départ dans l’un des deux laboratoires parisiens agréés par l’ambassade de Chine en France. Car la Chine a adressé aux pays du monde entier la liste des laboratoires certifiés par ses ambassades; les résultats des tests sont directement adressés au Comité d’organisation olympique chinois.</p><p class="c3">Les trois collaborateurs de l’AFP ont aussi été encouragés à pratiquer des autotests les jours sans test PCR, à limiter les contacts 14 jours avant le départ, et à ne plus fréquenter de lieux publics et bondés tels que les restaurants 5 jours avant. A la clé: deux “QR code” pour monter dans l’avion, une fois les tests négatifs et les nombreux documents administratifs remplis. Un “Green Health QR Code” et un “Customs Health Declaration QR Code”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c4" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9wk933.jpg?itok=R8KCCIuZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9wk933.jpg?itok=R8KCCIuZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9wk933.jpg?itok=WC5xCAVs 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9wk933.jpg?itok=ZGqTXYpx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9wk933.jpg?itok=4SYAPIrb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9wk933.jpg?itok=DQWyweyf 1245w" alt="image" />L'application obligatoire pour accéder au site des JO MY 2022 in Beijing (AFP / Francois-Xavier Marit)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">“Je ne suis pas sorti de chez moi à partir du 30 décembre”, résume Karim. “J’avais fait les courses avant pour le réveillon. Je me suis isolé sur mon temps de vacances pour que la préparation de la mission n’échoue pas. Choper le truc, c’est la catastrophe !”, dit-il.</p><p class="c3">Mais à l’arrivée à Pékin, justement: catastrophe ! Testé à la descente de l’avion comme tous les passagers, Karim reçoit le résultat une fois arrivé à l’hôtel: positif. “On m’a demandé à côté de qui j’avais voyagé dans l’avion, heureusement j’étais tout seul sur toute la rangée. J’ai été isolé dans ma chambre”, dit-il par téléphone depuis Pékin.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9v79ev.jpg?itok=FkTPXE7q" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9v79ev.jpg?itok=FkTPXE7q 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9v79ev.jpg?itok=0tZkQG7S 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9v79ev.jpg?itok=x1Ro0i-S 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9v79ev.jpg?itok=FmDTnqWO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9v79ev.jpg?itok=sBOAUaQi 1245w" alt="image" />Photographie d'une chambre du village olympique, le 24 décembre 2021 (AFP / Jade Gao)</div><p class="clear c3"> </p><p class="clear c3">“J’ai eu un deuxième test quelques heures plus tard et mon test était négatif. Je crois qu’ils étaient embêtés… Puis j’ai eu un troisième test le lendemain, qui a été très difficile: quand l’employée a enfoncé l'écouvillon, j’ai eu l’impression qu’il rentrait à l’intérieur du crâne, elle a gratté, gratté, gratté longtemps”.</p><p class="c3">Après trois jours d’isolement total, au 18e étage de leur hôtel réservé aux personnes accréditées pour les JO, avec vue sur une autoroute et des buildings, Karim a été déclaré négatif, et a pu sortir.</p><p class="c3">Enfin, sortir…  “On peut bouger dans la limite de ce qui est permis de faire”, résume Karim. Pas possible de sortir de l’enceinte de leur hôtel pour faire trois pas à l’extérieur ou aller en ville, tout est verrouillé.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cm.jpg?itok=V7rHq1s3" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cm.jpg?itok=V7rHq1s3 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cm.jpg?itok=DS1h8vmX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cm.jpg?itok=nfbYAAA6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cm.jpg?itok=kKswWJwt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cm.jpg?itok=WF1l13C6 1245w" alt="image" />Déploiement policier aux abords du village olympique de Pékin, le 13 janvier 2022 (AFP / Francois-Xavier Marit)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Pour se rendre sur les sites olympiques ou dans les centres de presse, les déplacements se font au sein de véhicules affectés uniquement pour eux. Quand il faut se rendre en train sur un site, un wagon spécial leur est réservé. “C’est quand même bizarre d’être dans un événement où on ne voit rien”, note Karim. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz797.jpg?itok=2UHqNUO-" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz797.jpg?itok=2UHqNUO- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz797.jpg?itok=bi3dfD_y 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz797.jpg?itok=9Ws-jzL3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz797.jpg?itok=9wfArQdh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vz797.jpg?itok=LYF-WucB 1245w" alt="image" />(AFP / Greg Baker)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Dans les couloirs de leur hôtel, comme dans les gigantesques centres de presse, des robots cylindriques blancs se baladent en propulsant du désinfectant. Des yeux, un nez et une bouche recouverte d’un masque sanitaire ont été dessinés dessus, leur conférant un étrange aspect animé. </p><p class="c3">Les autorités chinoises ont mis en place début janvier cette “bulle sanitaire” inédite, coupée du reste de la population de Pékin de près de 20 millions d’habitants. L’idée: que sportifs, volontaires, cuisiniers, chauffeurs et journalistes soient maintenus dans une “boucle fermée” pour prévenir tout contact entre eux et la population. Surtout pas d’interaction, quoi qu’il arrive ! </p><p class="c3"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/LuoLorZIodM" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c3"> </p><p class="c3">“En cas d'accident avec un véhicule officiel des JO d'hiver, il convient de garder une distance de sécurité, d'assurer votre protection et d'éviter tout contact avec le véhicule et les personnes à bord”, a indiqué la police à la population. </p><p class="c3">Outre le respect de cette “bulle sanitaire”, il faut continuer à prendre sa température tous les jours, faire un test PCR quotidien et attendre fébrilement le résultat. Toutes les données sont envoyées à “l'agent de liaison Covid”, une personne désignée au sein de l’AFP en contact avec les organisateurs chinois sur place.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cp.jpg?itok=csH_hyAH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cp.jpg?itok=csH_hyAH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cp.jpg?itok=hIsYhLSM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cp.jpg?itok=Xl-xNP-j 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cp.jpg?itok=aN038n4J 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9w37cp.jpg?itok=ykx-IOxq 1245w" alt="image" />Un garde, dans le centre de presse du village olympique, le 13 janvier 2022 (AFP / Francois-Xavier Marit)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">D’autres n’ont simplement pas réussi à rejoindre Pékin. “On en est au deuxième photographe qui ne part plus parce qu’il est positif, il faut trouver des remplaçants et refaire tous les papiers!”, s’étrangle Antonin Thuillier. Dans ces conditions, “pas de risque particulier”, constate Michael Ryan, le chef des réponses d'urgence de l'OMS.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vl7jh.jpg?itok=veqczgmj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vl7jh.jpg?itok=veqczgmj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vl7jh.jpg?itok=DiLgrpY1 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vl7jh.jpg?itok=cz2lCwyt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vl7jh.jpg?itok=RfhUEW9t 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9vl7jh.jpg?itok=ggoY2kZz 1245w" alt="image" />Parc olympique de Pékin, le 5 janvier 2022 (AFP / Noel Celis)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, reportés en août 2021 en raison de la pandémie, les organisateurs avaient demandé aux participants de s’engager pendant 14 jours à prendre les navettes dédiées pour aller sur les sites olympiques et à ne pas sortir du périmètre de leur hôtel, mais sans surveillance. Un test salivaire était pratiqué tous les deux jours. </p><p class="c3">“Au bout de 14 jours, c’était possible de se balader, d’aller au restaurant. On pouvait aller au Mont Fuji !”, regrette Karim. L’ambiance n’était cependant pas des plus festives. Les JO de Tokyo se sont déroulés sans public ou presque et sur fond de vives critiques concernant le risque de super-propagation du virus au sein de la population pouvant être provoquée par la contamination des participants. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9fc6b6.jpg?itok=8XXaa8ha" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9fc6b6.jpg?itok=8XXaa8ha 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9fc6b6.jpg?itok=qdeGgevX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9fc6b6.jpg?itok=Id-Qwhs3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9fc6b6.jpg?itok=6M-gOutL 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9fc6b6.jpg?itok=N8ZBpnaR 1245w" alt="image" />(AFP / Charly Triballeau)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Selon des données des autorités japonaises rendues publiques en décembre 2021, 33 personnes ont été testées positives parmi les 11.300 athlètes et il y a eu 464 cas positifs parmi les dizaines de milliers de parties prenantes accréditées. Mais ces cas positifs, assure Tokyo, ne se sont pas propagés au sein de la population. </p><p class="c3">Si la Chine a repris en partie le système instauré à Tokyo en accord avec le CIO, elle l’a considérablement musclé. “Les autorités chinoises ont déployé une toile d’araignée impressionnante”, note Vincent Amalvy, directeur “Grands événements” pour l’AFP.</p><p class="c3"> “Elles ont mis en place des hubs en accord avec toutes les compagnies aériennes, pour que des avions soient sortis du marché et destinés à transporter exclusivement les voyageurs se rendant aux JO. Leur système de hub, c’est inédit !”, souligne-t-il. Et de fait, la “bulle sanitaire” de Pékin commence dès le départ en avion.</p><p class="c3"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc498.jpg?itok=YMEYi81f" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc498.jpg?itok=YMEYi81f 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc498.jpg?itok=j9ulQbPn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc498.jpg?itok=DJpgfk5Z 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc498.jpg?itok=Xr-aEfeZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc498.jpg?itok=-2Zu1sQ2 1245w" alt="image" />Aéroport international de Pékin, le 30 juin 2020 (AFP / Nicolas Asfouri)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc48z.jpg?itok=17OrYcAt" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc48z.jpg?itok=17OrYcAt 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc48z.jpg?itok=1J_kX1cX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc48z.jpg?itok=jxrhiyp6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc48z.jpg?itok=AQu0E2z9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_1uc48z.jpg?itok=fsuhVhyu 1245w" alt="image" />Aéroport international de Pékin, le 30 juin 2020 (AFP / Nicolas Asfouri)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">Revers de la médaille: le prix de ces vols charters affrétés par la Chine. “3.500 euros un Paris-Pékin, jusqu’à 7.500 euros pour un voyage depuis les Etats-Unis !” Et pour ceux voyageant sur Air China: 2.000 euros la valise en soute… </p><p class="c3">“Les frais de voyage ont fait exploser notre budget”, reconnaît Vincent Amalvy. Il a fallu s’adapter avec notamment moins de départs de journalistes des Etats-Unis et plus d’Europe et d’Asie. Au total, ce sont 80 personnes de l’AFP, dont 22 photographes qui couvrent les JO. </p><p class="c3">Les autorités chinoises ont renoncé à vendre des billets au grand public, après avoir dans un premier temps annoncé que les spectateurs, uniquement résidents en Chine, seraient autorisés à applaudir les quelque 3.000 athlètes attendus.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9tv92r.jpg?itok=th2PPpuT" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9tv92r.jpg?itok=th2PPpuT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9tv92r.jpg?itok=xJllTzEg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9tv92r.jpg?itok=6VmI7M1I 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9tv92r.jpg?itok=bjRqsB2p 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_9tv92r.jpg?itok=qIvitlrb 1245w" alt="image" />Centre national de saut à ski à Zhangjiakou dans la province de Hebei, le 3 décembre 2021 (AFP / Wang Zhao)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Pour Karim, le contraste entre l’organisation de ces JO et les Jeux de 2008 à Pékin, sur lesquels il avait aussi travaillé, est saisissant.  “En 2008, c’était vraiment sympa. Les organisateurs étaient à l’écoute, ils essayaient d’aider et les sites étaient beaux. On avait même pu prendre des photos en étant sur le toit du stade. Aujourd’hui ce n’est plus possible, avec toutes les règles…</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_dv418807.jpg?itok=6R_mRPtp" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_dv418807.jpg?itok=6R_mRPtp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_dv418807.jpg?itok=1MGMhM90 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_dv418807.jpg?itok=xcixSeTH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_dv418807.jpg?itok=osEJfqbN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/000_dv418807.jpg?itok=ZRBzYSOx 1245w" alt="image" />Festivités pendant la cérémonie de clôture des JO de Pékin en 2008 (AFP / Peter Parks)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">“Sans interaction avec l’extérieur, malheureusement on attend d’avoir terminé notre travail et de rentrer chez nous. Je sais que j’ai un travail à faire, je le fais. Quand on a compris ça, il ne faut pas avoir d’état d’âme”, dit-il. Pour Vincent Amalvy, le déroulement logistique des JO ne va pas poser problème, ce qui va manquer, c’est “la notion de plaisir. Comme à Tokyo”. Mais à l’horizon, un espoir: les JO de Paris en 2024. Les “Jeux du renouveau”, veut-il croire, lorsque la pandémie ne sera plus qu’un mauvais souvenir.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_002.jpg?itok=cqOvJ4Ww" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_002.jpg?itok=cqOvJ4Ww 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_002.jpg?itok=nPvSLeQW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_002.jpg?itok=aWMp4jhc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_002.jpg?itok=AOcnTS2D 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/olympics_beijing_jan2022/jo_pekin_002.jpg?itok=UbrMoFlu 1245w" alt="image" />Karim Menasria, Antonin Thuillier et François-Xavier Marit dans le centre de presse, avant le début des Jeux olympiques d'hiver à Pékin, le 19 janvier 2022</div><p class="c5"> </p><p class="c5"><em>Récit et édition par Béatrice Le Bohec à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/lepreuve-ndeg1-des-jo-de-pekin-la-bulle</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/lepreuve-ndeg1-des-jo-de-pekin-la-bulle</guid>
      <pubDate>Sun, 23 Jan 2022 09:10:07 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[2021, en blogs et en images]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Notre Making-of se replonge dans les récits qui ont marqué l'année 2021, pour mieux comprendre les enjeux de 2022. Un voyage en images aussi, avec certaines des meilleures photos de l'année 2021 tirées du best of de notre rédaction en chef photo.</strong></p><p class="c2">Démarrer 2021 avec un grand sourire: c’est ce que nous a permis cette photographie de Bernie Sanders. Le sénateur démocrate américain, jambes et bras croisés, les mains bien au chaud dans des moufles en laine un peu trop grandes, assiste à la cérémonie d'investiture du démocrate Joe Biden, mercredi 20 janvier. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z74ca.jpg?itok=GfGaibL2" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z74ca.jpg?itok=GfGaibL2 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z74ca.jpg?itok=IjaQ6ThR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z74ca.jpg?itok=QecfMEWd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z74ca.jpg?itok=Mt5VrGI2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z74ca.jpg?itok=m0jDWNg6 1245w" alt="image" />Le sénateur démocrate Bernie Sanders, le 20 janvier 2021 lors de la cérémonie d'investitute de Joe Biden à Washington (AFP / Brendan Smialowski)</div><p class="c2"><br />Cette photographie est devenue si virale sur internet, qu'elle a écrasé, en popularité, toutes les autres images de ce jour historique.</p><p class="c2">Le photographe Brendan Smialowski a livré<strong> <a href="https://making-of.afp.com/les-moufles-de-bernie-coulisses-dune-photo">les coulisses de cette photographie</a></strong> - un récit qui se hisse sur le podiums de vos blogs préférés en 2021, à la <strong>deuxième </strong>place. Un peu plus tard, l’un de nos deux correspondants à la Maison Blanche, Sebastian Smith, <a href="https://making-of.afp.com/dernier-voyage-avec-trump">a pour sa part raconté son <strong>dernier voyage avec Donald Trump</strong></a>, <strong>dixième</strong> blog le plus lu de l'année.</p><p class="c3"><strong>Quand la démocratie américaine vacille</strong></p><p class="c2">C'est certainement les événements ayant  précédé la prise de fonction de  Joe Biden, lors de la proclamation par le Congrès des résultats de l'élection présidentielle, qui ont le plus marqué les esprits en début d'année.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8ya6mw.jpg?itok=K3Nv-GkB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8ya6mw.jpg?itok=K3Nv-GkB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8ya6mw.jpg?itok=8z75GvZt 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8ya6mw.jpg?itok=c3nW5EC2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8ya6mw.jpg?itok=1zH80y1N 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8ya6mw.jpg?itok=7i0iGDQi 1245w" alt="image" />Des partisans de Donald Trump entrés de force au Capitole, à Washington, le 6 janvier (AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Les images de l’assaut donné par des partisans de Donald Trump au temple de la démocratie américaine, le Capitole, le 6 janvier 2021, ont fait le tour du monde. Des symboles comme le bureau de la présidente de la Chambre des représentants Nancy Pelosi, sont piétinés. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=QwofgODi" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=QwofgODi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=lHtv6aau 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=oygGxQCo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=CYexcYcc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=yLpd6Kzp 1245w" alt="image" />Richard Barnett, un partisan de Donald Trump, les pieds sur le bureau de la présidente de la Chambre des représentants (Speaker of the house) Nancy Pelosi, le 6 janvier 2021 (AFP / Saul Loeb)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=azhaAA80" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=azhaAA80 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=-NxMRXyO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=yek4WN9_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=c_N5ygZz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=n7yyJQm_ 1245w" alt="image" />La police du Capitole pointe ses armes sur une porte vandalisée par des manifestants (GETTY IMAGES / AFP Drew Angerer)</div><p class="c2">“Même pendant la Guerre civile, les insurgés n'avaient pas violé l'enceinte de notre Capitole, la citadelle de notre démocratie”, a relevé le président Joe Biden en juillet. “Cela a provoqué une crise existentielle et un test pour savoir si notre démocratie pouvait survivre”. Cinq personnes sont mortes pendant l'assaut, dans des circonstances confuses. Des dizaines ont été blessées.</p><p class="c2">Cette journée, des photographes et reporters de l’AFP l’ont vécue “de l’intérieur” et racontée sur notre Making of, c'est d'ailleurs le <strong>cinquième</strong> récit le plus lu en 2021: <strong><a href="https://making-of.afp.com/quand-la-democratie-vacille">Quand la démocratie vacille</a></strong>. </p><p class="c2">Nous en retenons cette phrase, d'Olivier Douliery, éditeur photo à Washington, qui a dû se cacher avec un groupe de parlementaires:<em> </em>“Le groupe décide de se barricader. Je rentre avec eux. Ils prennent des fauteuils, des tables.. Et évitent de parler ou de faire le moindre bruit pour ne pas attirer l’attention des manifestants.  Au même moment nous apprenons par un texto qu’il y a eu un coup de feu”.</p><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong><span>Les vagues de la pandémie </span></strong></p><p class="c2">Pendant ce temps, la pandémie de Covid-19, n’offre pas de répit. En janvier, les Amériques et l’Europe sont aux prises avec une nouvelle vague... comme en ce début d'année 2022.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8zh7ld.jpg?itok=2BKqeEhB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8zh7ld.jpg?itok=2BKqeEhB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8zh7ld.jpg?itok=KBvp9z4q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8zh7ld.jpg?itok=c4zdz9Q7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8zh7ld.jpg?itok=5F-EcHIw 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8zh7ld.jpg?itok=DH6NXNsK 1245w" alt="image" />Unité de soins intensifs à l'hôpital Pierre-Benite de Lyon, le 25 janvier 2021 (AFP / Jeff Pachoud)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_92m873.jpg?itok=Z7oWfvD1" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_92m873.jpg?itok=Z7oWfvD1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_92m873.jpg?itok=jiHKrw3K 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_92m873.jpg?itok=WKgZu7tK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_92m873.jpg?itok=amkJqAU_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_92m873.jpg?itok=4DWZwFQM 1245w" alt="image" />Hôpital de campagne à Portimao, dans l'Algarve, au Portugal, le 9 février 2021 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p class="c3"> </p><p class="c2">La Chine, qui décrète des confinements très stricts au moindre nouveau cas,  met en place le premier pass sanitaire, une application qui vous suit partout, bien plus sévère que les pass instaurés en Europe quelques mois plus tard. <strong><a href="https://making-of.afp.com/passeport-sanitaire-la-mode-chinoise">Le pass sanitaire à la mode chinoise</a></strong>, de Sébastien Ricci, journaliste à Pékin, est <strong>le blog le plus lu de l'année</strong>. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dl7wb.jpg?itok=0aJxxV6X" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dl7wb.jpg?itok=0aJxxV6X 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dl7wb.jpg?itok=gFgcgMNx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dl7wb.jpg?itok=JVvDXxL7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dl7wb.jpg?itok=B-VTw3Is 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dl7wb.jpg?itok=OsgI83h9 1245w" alt="image" />Pékin, le 30 juin 2021, lors de célébrations pour les cent ans du Parti communiste chinois (AFP / Noel Celis)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">A Wuhan, la ville chinoise où les premiers cas sont apparus, en décembre 2020, semble pour sa part vouloir oublier. “Aujourd’hui, la vie a repris presque normalement à Wuhan. Mais il est difficile d’aborder la pandémie avec les habitants. Et si certains sont prêts à raconter leur expérience, ils demandent à ce que leur témoignage soit anonyme”, écrit en avril Laurie Chen, correspondante à Pékin après s’être rendue sur place pour couvrir la mission d’enquête de l’OMS sur place, qui s'est achevée sans véritables conclusions. <strong><a href="https://making-of.afp.com/amnesie-Wuhan">L'amnésie de Wuhan</a></strong> est à la <strong>neuvième</strong> place sur notre list de récits les plus lus.  </p><p class="c2">Au printemps, une nouvelle poussée épidémique touche particulièrement l’Asie du sud-est. Au plus fort de la pandémie, en mai, <strong>l'Inde</strong> enregistre quelque 4.000 décès par jour. Les  hôpitaux sont débordés et manquent d'oxygène, les crématoriums et les cimetières peinent à répondre à l'afflux de dépouilles.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99a7ef.jpg?itok=Itmxg8wP" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99a7ef.jpg?itok=Itmxg8wP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99a7ef.jpg?itok=QUgbYugg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99a7ef.jpg?itok=WFJI01YO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99a7ef.jpg?itok=vXE5ZuaE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99a7ef.jpg?itok=bfhR4j29 1245w" alt="image" />Un malade, réconforté par un membre de sa famille, à Ghaziabad, le 4 mai 2021 (AFP / Tauseef Mustafa)</div><p class="c2">La pandémie, qui a fait 5,4 millions de morts depuis 2020 selon des sources officielles -- sans doute deux ou trois fois plus selon l'OMS car les bilans sont incomplets -- a emporté 480.000 personnes en Inde au moins, troisième pays ayant eu le plus grand nombre de morts après les Etats-Unis et le Brésil. </p><p class="c2">Le pays le plus touché si l'on tient compte du nombre d'habitants reste cependant le Pérou.   </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt49x.jpg?itok=XQlfxkPa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt49x.jpg?itok=XQlfxkPa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt49x.jpg?itok=r2sl1SSO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt49x.jpg?itok=lH3bUzlN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt49x.jpg?itok=yRTqJ4Qi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt49x.jpg?itok=jMOTFhrD 1245w" alt="image" />Au Pérou, la course pour livrer le vaccin, emprunte tous les chemins, y compris ce pont de fortune au-dessus de la rivière Camana, dans le département d'Arequipa. Image du 2 juillet 2021 (AFP / Diego Ramos)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Depuis, les campagnes de vaccination ont avancé de manière très inégale. Selon les chercheurs de Our world in data, plus de 50% de la population mondiale a reçu au moins une dose de vaccin début 2022, mais seuls 8,9% des habitants des pays à faible revenu ont été vaccinés, même à minima.</p><p class="c3"> </p><p class="c3"><strong>Coup d'Etat en Birmanie</strong></p><p class="c2">L’année 2021, comme 2020, est marquée par un recul des libertés publiques et la poursuite des conflits.  En Birmanie, Le 1er février, l'armée arrête la cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi, assignée à résidence, mettant fin à une parenthèse démocratique de dix ans après près d'un demi-siècle de régime militaire. Ce putsch déclenche des manifestations violemment réprimées: plus de 1.100 civils sont tués et des milliers de contestataires emprisonnés. </p><div class="ww-item image"> <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_94c46m.jpg?itok=y3qPMptQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_94c46m.jpg?itok=y3qPMptQ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_94c46m.jpg?itok=WrfcBPmN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_94c46m.jpg?itok=qUkUAxeX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_94c46m.jpg?itok=FLmDW29E 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_94c46m.jpg?itok=onXdQUzJ 1245w" alt="image" />Funérailles d'une manifestante tuée le 3 mars 2021 (AFP / Str)</div></div><p class="c2">Parmi eux, on trouve beaucoup de jeunes qui veulent défendre leurs libertés,  commme le raconte Sophie Deviller, journaliste au bureau de Bangkok dans <strong><a href="https://making-of.afp.com/en-birmanie-la-jeunesse-resiste-la-junte">En Birmanie, la jeunesse résiste à la junte</a></strong>. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=4Si8CAgP" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=4Si8CAgP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=pQNsBlfv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=TPu7vEBL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=qMHShVRa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=_nw88wBr 1245w" alt="image" />6 février 2021 à Rangoun (AFP / Str)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=EcV9q9qZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=EcV9q9qZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=DJI315GS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=jLX-MqTc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=qhoIeqdM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=9bPP1I6b 1245w" alt="image" />5 février 2021 à Rangoun (AFP / Ye Aung Thu)</div></div><p class="clear"> </p><p class="clear c3"><strong> Alexeï Navalny, un an sous les verrous </strong></p><p class="clear c3"> </p><p class="c2">En Russie, l’opposant Alexeï Navalny est incarcéré à son retour à Moscou, après une convalescence de cinq mois en Allemagne, où il est soigné pour son empoisonnement au novichok.  Le 17 janvier 2022, il aura passé une année derrière les barreaux. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z238x.jpg?itok=oyroPHIt" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z238x.jpg?itok=oyroPHIt 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z238x.jpg?itok=HUCMs2Nh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z238x.jpg?itok=lNua3b_X 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z238x.jpg?itok=cHkccx_U 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_8z238x.jpg?itok=_L4Om4LS 1245w" alt="image" />L'opposant russe Alexeï Navalny au lendemain de son arrestation à l'aéroport de Moscou, le 18 janvier 2021 (AFP / Alexander Nemenov)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">L’AFP a consacré un podcast documentaire à son histoire et à celle de la répression qui s’abat en 2021 sur l’opposition russe, <strong><a href="https://podcast.ausha.co/poison-de-poutine">Le Poison de Poutine</a>, <a href="https://podcast.ausha.co/the-poisoning">The Poisoning</a> en anglais. </strong></p><p class="c3"><strong>Ethiopie: un an de conflit et un désastre humanitaire</strong></p><p class="c2">A l’autre bout du monde, un conflit se poursuit, au Tigré, en Ethiopie.  La guerre a éclaté fin  2020 après que le Premier ministre et Prix Nobel de la Paix Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré pour en destituer les autorités locales, issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui défiait son autorité. M. Abiy a proclamé la victoire fin 2020, après la prise de la capitale régionale Mekele. Mais en juin 2021, le TPLF a repris l'essentiel du Tigré et poursuivi son offensive dans les régions voisines de l'Amhara et de l'Afar.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt764.jpg?itok=RZw1RlPN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt764.jpg?itok=RZw1RlPN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt764.jpg?itok=nUgWgfrM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt764.jpg?itok=xAu24bXB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt764.jpg?itok=imYaejc6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9dt764.jpg?itok=8mrdTZ3S 1245w" alt="image" />Femmes de l'armée régulière éthiopienne, prisonnières à Mekele, bastion des rebelles, le 2 juillet 2021 (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Basé à Nairobi, Yasuyoshi Chiba, originaire du Japon, s’est vu décerner le prix de photographe d’agence de l’année par nos collègues du quotidien Britannique The Guardian pour son travail sur l’Ethiopie et d’autres reportages en 2021. </p><p class="c2"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9cz4vh.jpg?itok=UQBRGP6z" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9cz4vh.jpg?itok=UQBRGP6z 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9cz4vh.jpg?itok=8vkr8Qgz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9cz4vh.jpg?itok=ICkOzKEH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9cz4vh.jpg?itok=0fKJQnqq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9cz4vh.jpg?itok=fS3awMYB 1245w" alt="image" />Femme blessée à Togoga, non loin de Mekele, la capitale du Tigré, le 23 juin 2021 (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9d39vn.jpg?itok=rKKLyNk8" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9d39vn.jpg?itok=rKKLyNk8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9d39vn.jpg?itok=bkT0AhfP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9d39vn.jpg?itok=7GSGRiYf 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9d39vn.jpg?itok=XQR9RQcI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9d39vn.jpg?itok=GFpia20Q 1245w" alt="image" />Lem Lem Hailemariam, 40 ans, dont le genoux a été fracturé suite à un bombardement aérien sur son village de Togoga, donne le sein à son enfant, tout en étant soignée. (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">La guerre en Ethiopie a fait plusieurs milliers de morts, et plus de deux millions de déplacés, plongeant des centaines de milliers d'Ethiopiens dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.</p><p class="c3"> </p><p class="c3"><strong>Guerre entre le Hamas et Israël </strong></p><p class="c2">En Israël les tensions se sont poursuivies entre forces israéliennes et Palestiniens, débouchant sur une guerre éclair.  Le 3 mai, des heurts éclatent à Jérusalem-Est, secteur palestinien de la ville occupé par Israël, en marge d'une manifestation de soutien à des familles palestiniennes menacées d'éviction au profit de colons juifs. Des affrontements opposent ensuite Palestiniens et forces israéliennes sur l'esplanade des Mosquées ainsi qu'en Cisjordanie occupée.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99x76p.jpg?itok=9V2fvkor" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99x76p.jpg?itok=9V2fvkor 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99x76p.jpg?itok=eyxuII8q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99x76p.jpg?itok=FjuJZ-nC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99x76p.jpg?itok=IYH5Ia_o 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_99x76p.jpg?itok=2TO1xLUJ 1245w" alt="image" />Le système de défense israélien Dôme de fer en pleine action, le 14 mai 2021 (AFP / Anas Baba) (AFP / Anas Baba)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, lance à partir du 10 mai des salves de roquettes vers Israël qui réplique, donnant lieu à 11 jours de guerre entre les deux camps. 260 Palestiniens sont tués dans la bande de Gaza, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes font 13 morts, d'après l'armée.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=CX-_cakI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=CX-_cakI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=-DqexPBJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=Qzv_pesr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=QQZ0cxtH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=ui7M9GXp 1245w" alt="image" />Le bombardement de la tour Jala à Gaza, le 15 mai 2021 (AFP / Mahmud Hams)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong><a href="https://making-of.afp.com/je-vais-te-revoir-apres-la-guerre">Je vais te revoir après la guerre</a></strong>, de Guillaume Lavallée, directeur du bureau de Jérusalem, raconte ces onze jours interminables.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9ae97j.jpg?itok=vZkmbX-W" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9ae97j.jpg?itok=vZkmbX-W 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9ae97j.jpg?itok=258Zgg2p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9ae97j.jpg?itok=Trr0vVX9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9ae97j.jpg?itok=K3L0lAxQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9ae97j.jpg?itok=ayM6TyX0 1245w" alt="image" />Une enfant de la ville de Gaza, après le bombardement de son habitation, le 20 mai 2021 (AFP / Mohammed Abed)</div><p class="c3"> </p><p class="c3"><strong>Boko Haram, encore</strong></p><p class="c2">En Afrique leNigeria a continué à expérimenter en 2021 la violence de Boko Haram et d’autres groupes jihadistes implantés dans le nord du pays, où vivent 100 millions de personnes. Sophie Bouillon, en poste à Lagos pendant cinq ans, a tenu à faire le portrait de notre correspondant dans le Nord, Aminu Abubakar,  sans qui le drame des enfants kidnappés serait sans doute bien moins connu. <strong> <a href="https://making-of.afp.com/la-sentinelle-et-les-voleurs-denfants">La sentinelle et les voleurs d'enfants</a></strong>, est notre<strong> troisième</strong> blog le plus lu de l’année.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93x4al.jpg?itok=DFWB5IaZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93x4al.jpg?itok=DFWB5IaZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93x4al.jpg?itok=ATgLIP59 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93x4al.jpg?itok=DMFsjs5K 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93x4al.jpg?itok=6uuc9XLB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93x4al.jpg?itok=d2nE68fi 1245w" alt="image" />Humaira Mustapha, dont les deux filles ont été kidnappées fin février 2021 dans l'Etat de Zamfara (AFP / Kola Sulaimon)</div><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Le calvaire des Haïtiens</strong></p><p class="c2">Il est suivi d’un récit sur Haïti, dont le président a été assassiné par balle chez lui, le 7 juillet 2021, dans un pays gangréné par les gangs. Notre correspondante Amélie Baron a tenté de répondre aux mille questions qui lui étaient posées après l'assassinat du président Jovenel Moïse. Son récit permet de mieux comprendre les ressorts de la crise. <strong><a href="https://making-of.afp.com/haiti-poser-les-bonnes-questions">Haïti, poser les bonnes questions</a></strong>, est le <strong>quatrième</strong> le plus lu de l’année sur notre Making of.</p><p class="c2">Le photographe Paul Ratje, basé au Nouveau Mexique, a  documenté le drame de ces migrants haïtiens qui cherchent à échapper à un pays désormais sous la coupe réglée de gangs. Cette photographie, de gardes-frontières américains à cheval  tentant d’immobiliser un migrant à Del Rio, au Texas a fait le tour du monde. La série dont est issu ce cliché avait suscité une vague d’émotion aux Etats-Unis et fait réagir des responsables politiques ainsi que la Maison Blanche.</p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9n69l3.jpg?itok=4-4CqQwb" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9n69l3.jpg?itok=4-4CqQwb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9n69l3.jpg?itok=45yI_euh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9n69l3.jpg?itok=Tod8nUeV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9n69l3.jpg?itok=g66KyZjR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9n69l3.jpg?itok=_ega3LrD 1245w" alt="image" />Des membres de la garde-frontière américaine, à cheval, repoussent un migrant haïtien, non loin des rives du Rio Grande, au Texas, le 19 septembre 2021 (AFP / Paul Ratje)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Bien d'autres drames ont touché les migrants en 2021. Selon un bilan publié le 10 décembre 2021 par l'Organisation mondiale des migrations, au moins 4470 migrants ont péri en tentant de fuir la misère ou les guerres. Parmi ces victimes, on en compte beaucoup sur les routes migratoires vers et en Europe (2 720), soit l'année la plus meurtrière dans la région depuis 2018.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9rc72x_0.jpg?itok=N0kBsUgN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9rc72x_0.jpg?itok=N0kBsUgN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9rc72x_0.jpg?itok=AtpaGcfV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9rc72x_0.jpg?itok=qkJQqB-s 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9rc72x_0.jpg?itok=CPOjcvD0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9rc72x_0.jpg?itok=3I7Ym9tN 1245w" alt="image" />Une famille kurde originaire d'Irak, près de la frontière entre la Pologne et le Bélarus, côté polonais, le 9 novembre 2021. La famille, a expliqué avoir passé une vingtaine de jours dans la forêt et avoir été refoulée vers le Belarus au moins huit fois, (AFP / Wojtek Radwanski)</div><p class="c3"><br /> </p><p class="c3"><strong>Les JO de la pandémie </strong></p><p class="c2">Les JO de Tokyo, se tiennent du 23 juillet au 8 août, avec un an de retard. Malgré la crainte liée à la pandémie, la compétition majuscule du sport mondial aura, comme à l'accoutumée, accouché de champions (339 titres décernés au total), d'émotions, d'exploits, d'échecs, et d'images - même quasiment sans public dans les tribunes. </p><p class="c2">Simone Biles en aura été bien involontairement l'étendard. La superstar de la gymnastique, médaillée de bronze à la poutre, a révélé au monde ses tourments et ouvert la discussion sur toutes les formes de pression mentale que les sportifs subissent, souvent dès leur plus jeune âge. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9jl9hf.jpg?itok=DYgMaEFO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9jl9hf.jpg?itok=DYgMaEFO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9jl9hf.jpg?itok=WsJRRceG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9jl9hf.jpg?itok=BijMuqmf 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9jl9hf.jpg?itok=kzeb6S3C 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9jl9hf.jpg?itok=otwXvHq4 1245w" alt="image" />(AFP / Lionel Bonaventure)</div><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Le drame afghan</strong></p><p class="c2">A des milliers de kilomètres, au coeur de l'été afghan, des femmes craignent déjà, pendant ce temps, le retour des talibans,  pleurant les libertés qu’elles savent perdues d'avance. La journaliste <strong>Anne Chaon</strong>, a dressé le portrait de professionnelles, artistes ou intellectuelles, rencontrées des années plus tôt.  <strong><a href="https://making-of.afp.com/ces-femmes-qui-ont-tant-perdre-en-afghanistan">Ces femmes qui ont tant à perdre en Afghanistan</a></strong> est le <strong>septième</strong> blog le plus lu de l'année. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=a87q_7CZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=a87q_7CZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=DMLPBmyb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=r4WWujRB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=3qySQ5zF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=RNbiHEN1 1245w" alt="image" />Rada Akbar, à Kaboul, le 20 juin 2021 (AFP / Adek Berry)</div><p class="c2">“Passée la joie fébrile des retrouvailles, c'est l'anxiété des uns et la détresse des autres qui a pris le dessus. Dans l'incertitude et la peur de ce qui allait advenir, chacun tentait d'imaginer l'avenir et d'échafauder des plans pour déjouer le pire, de plus en plus proche”, écrit-elle.  Quinze jours après la publication de ce récit, Kaboul est tombée aux mains des talibans. </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9l86rx.jpg?itok=wdVLwJto" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9l86rx.jpg?itok=wdVLwJto 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9l86rx.jpg?itok=Xx7Utblk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9l86rx.jpg?itok=AWOOAwhk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9l86rx.jpg?itok=FQ09kVJ6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9l86rx.jpg?itok=ErtmsJQb 1245w" alt="image" />Des Afghans tentent désesperemment d'embarquer d'embarquer à bord d'un avion pour quitter Kaboul, le 16 juin 2021 (AFP / Wakil Kohsar)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Le 15 août, les talibans se sont emparés de la capitale, à l'issue d'une offensive éclair, vingt ans après avoir été chassés du pouvoir par une coalition internationale menée par les Etats-Unis. Un gigantesque pont aérien est mis en place dans l'urgence. En deux semaines, au moins 123.000 personnes, Afghans ou étrangers, sont évacuées.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ld4jz.jpg?itok=JoeAVWe4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ld4jz.jpg?itok=JoeAVWe4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ld4jz.jpg?itok=ffgYFkLQ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ld4jz.jpg?itok=zHZG8UUv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ld4jz.jpg?itok=9pA9nogA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ld4jz.jpg?itok=mAenM_WF 1245w" alt="image" />Opération d'évacuation par avion militaire américain, le 19 août 2021 (AFP / Shakib Rahmani)</div><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Mobilisation pour le climat</strong></p><p class="c2">Les incendies sont particulièrement intenses en 2021 dans les pays du pourtour de la Méditerranée orientale et centrale. La Turquie a été très touchée, mais aussi la Grèce, l'Italie, l'Albanie, la Macédoine du Nord, l'Espagne, l'Algérie et la Tunisie. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9kj2uz.jpg?itok=EGaF-nun" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9kj2uz.jpg?itok=EGaF-nun 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9kj2uz.jpg?itok=dfJwvMzi 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9kj2uz.jpg?itok=GGX8y03u 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9kj2uz.jpg?itok=S3La0Wnv 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9kj2uz.jpg?itok=Iq-ARfSI 1245w" alt="image" />Evacuation d'habitants du village de Limni, sur l'île d'Evia, en Grèce, le 6 août 2021 (AFP / Sotiris Dimitropoulos)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ku9bp.jpg?itok=kuwBoO2O" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ku9bp.jpg?itok=kuwBoO2O 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ku9bp.jpg?itok=YqfIN13x 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ku9bp.jpg?itok=WesoMu4y 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ku9bp.jpg?itok=qcqPaynE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ku9bp.jpg?itok=YsCib1VT 1245w" alt="image" />Incendie en Grèce, sur l'île d'Evia, le 8 août 2021. (AFP / Angelos Tzortzinis)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Des incendies ont aussi touché les régions occidentales de l'Amérique du Nord entre la fin juin et la fin août.  Aux Etats-Unis, la Californie a enregistré le deuxième plus vaste incendie de son histoire. Il a été baptisé Dixie, du nom de la route sur laquelle il a démarré.  </p><p class="c2">“Ça fait des années que je photographie les incendies mais j’avoue que Dixie, qui ravage la Californie depuis la mi-juillet, est un monstre,” nous écrit le photographe Josh Edelson. Afin de rendre compte de l’ampleur de la dévastation qui a frappé la commune de Greenville, il a créé une série de photos montrant avant et après le passage de l’incendie. A retrouver dans le blog <strong><a href="https://making-of.afp.com/apres-le-brasier">Après le brasier</a>,</strong> publié le 10 août.  Josh avait reçu le premier prix de la coalition CCNow (Covering climate now) pour sa couverture des incendies en 2020.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=pq1G7RHZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=pq1G7RHZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=d81wiZma 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=bXzAmhsw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=kmOl2mI8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=iyBXl3iS 1245w" alt="image" />(AFP/ Josh Edelson )</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Pendant l'été, les événements climatiques extrêmes s’enchaînent en Asie et en Europe, avec des inondations inhabituelles qui font plus de 200 morts en Belgique et en Allemagne. Une piqûre de rappel avant la grande conférence internationale consacrée à la lutte contre le réchauffement climatique, la COP26, qui s'est tenue à partir du 31 octobre à Glasgow. </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9fq6hf.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9fq6hf.jpg?itok=B8pls7yh" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A worker is seen during clearing work in front of the destroyed building of the country guest house 'Jaegerstuebchen' in Laach, part of the municipality of Mayschoss, district of Ahrweiler, western Germany, on July 23, 2021, about a week after heavy rain and floods caused major damage in the Ahr region. - In mid-July western Europe was hit by devastating floods after torrential rains that ravaged entire villages and left at least 209 people dead in Germany and Belgium, as well as dozens missing. The flooding also caused damage in Luxembourg, the Netherlands and Switzerland. (Photo by CHRISTOF STACHE / AFP) (AFP / Christof Stache)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9hh23h.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9hh23h.jpg?itok=D5t5S2pa" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A child wades through a flooded area using a makeshift raft at Maulovir Para, Cox's Bazar on July 30, 2021 after monsoon floods and landslides have cut off more than 300,000 people in villages across southeast Bangladesh and killed at least 20 people including six Rohingya refugees. (Photo by Tanbir MIRAJ / AFP) (AFP / Tanbir Miraj)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9f33zl_1.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9f33zl_1.jpg?itok=6k2lqqeV" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A picture taken on July 15, 2021 shows cars piled up by the water at a roundabout in the Belgian city of Verviers, after heavy rains and floods lashed western Europe, killing at least two people in Belgium. (Photo by François WALSCHAERTS / AFP) (AFP / Francois Walschaerts)</figcaption></figure></div><p class="c2">Du Bangladesh au Royaume-Uni en passant par le Nigéria, de nombreux jeunes engagés dans des mobilisations pour la planète font désormais face à un nouveau défi: surmonter l'impact de la climatique affecte leur santé mentale. Alors que la COP26 cristallise craintes et espoirs pour l’avenir. </p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/aks1mIbpko0" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Le procès d'un féminicide</strong></p><p class="c2">En 2021, le récit du procès à Vesoul (est de la France), de Jonathann Daval écrit par les journalistes Angela Schnaebele et Damien Stroka a aussi passionné nos lecteurs. Cet informaticien, était jugé pour le meurtre de sa femme Alexia. Après avoir montré le visage d'un veuf éploré pendant des mois, il avait été confondu par les gendarmes. Il a reconnu le meurtre de sa femme Alexia et a été condamné à 25 ans de réclusion en novembre 2020. <a href="https://making-of.afp.com/sur-le-banc-de-la-presse-au-proces-daval"><strong>Sur les bancs de la presse au procès Daval</strong></a>, est le <strong>sixième  </strong>blog le plus lu de l’année. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=y0LWPnDT" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=y0LWPnDT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=V4FOdA2m 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=vXYfS9_R 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=Cy6ZRWbP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=OLdZWCv9 1245w" alt="image" />Manifestation aux abords du tribunal de Vesoul, le 18 novembre 2020 (AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Le collectif féministe contre les violences sexistes et sexuelles #NousToutes a dénombré 113 féminicides en 2021 en France. </p><p class="c3"><strong>Bye Bye Merkel</strong></p><p>Le 8 décembre,  le social-démocrate Olaf Scholz a ouvert une nouvelle ère en Allemagne et en Europe en succédant  à la chancelière Angela Merkel, qui s'est effacée après 16 ans de pouvoir. La dirigeante conservatrice,  a presque égalé, à neuf jours près, le record de longévité de son mentor, Helmut Kohl (1982-1998).</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ne4h6_1.jpg?itok=paG807Fk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ne4h6_1.jpg?itok=paG807Fk 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ne4h6_1.jpg?itok=qoxqbg0m 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ne4h6_1.jpg?itok=xWh0FD1j 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ne4h6_1.jpg?itok=-WTBTm20 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9ne4h6_1.jpg?itok=csc2kbJ4 1245w" alt="image" />La chancelière allemande Angela Merkel dans le parc aux oiseaux de Marlow, en Allemagne, le 23 septembre 2021 (AFP / Georg Wendt)</div><p class="c3"><strong>Les enfants et TikTok </strong></p><p class="c2">Un détour dans l'univers des plus jeunes a aussi intéressé nos lecteurs, avec ce blog sur les actions de journalistes bénévoles pour éduquer des écoliers et collégiens aux médias et les aider à déjouer la désinformation.<em> </em></p><p class="c2">“Une des choses les plus compliquées pour nous, comme pour les enseignants, est de pouvoir leur transmettre des réflexes immuables et applicables sur tout support. Car leurs usages évoluent si vite, que forcément, on a toujours un train de retard. Alors qu’on commençait à peine à comprendre les ressorts de leur utilisation de Snapchat, TikTok est monté en force pendant le premier confinement en France, au printemps 2020”, écrit Sandra Laffont. Son récit se hisse à la<strong> huitième</strong> place de notre Best of. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_94z9yy.jpg?itok=tEFrdmqU" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_94z9yy.jpg?itok=tEFrdmqU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_94z9yy.jpg?itok=Agm6vZgA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_94z9yy.jpg?itok=TLa2rCsD 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_94z9yy.jpg?itok=X4Pc7J8V 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_94z9yy.jpg?itok=vZQcG3iz 1245w" alt="image" />Installation interactive à Tokyo en partie sponsoriée par TikTok, le 15 mars 2021 (AFP / Philip Fong)</div><p class="c2">TikTok, qui a dépassé cette année le milliard d'utilisateur mensuels actifs, “ça nous rend fous”, lui a dit l’un de ces jeunes élèves. <strong><a href="https://making-of.afp.com/tiktok-ca-nous-rend-fou">A retrouver ici </a></strong></p><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Rêves d'espace</strong></p><p class="c2">L'année 2021 a vu quelques grandes conquêtes spatiales. Deux pays, les Etats-Unis, en février, et la Chine, en mai, on par exemple fait attérir des rovers sur Mars.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9pg3dy.jpg?itok=otqaohU0" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9pg3dy.jpg?itok=otqaohU0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9pg3dy.jpg?itok=JgZ8vUPn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9pg3dy.jpg?itok=PC5p95ui 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9pg3dy.jpg?itok=ap1Ed9P0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_9pg3dy.jpg?itok=xfP70BsS 1245w" alt="image" />Des astronautes simulent une mission sur Mars, dans le désert du Negev, en Israël, le 10 octobre 2021 (AFP / Jack Guez)</div><p class="c2">L'année a également été marquée par l'avènement des vols privés spatiaux, très lucratifs, avec l'entrée dans la course des sociétés des milliardaires américains Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin), ainsi que de celle du Britannique Richard Branson (Virgin Galactic).</p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ZKUEocFCqrY" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c2">L'année s'est achevée sur le lancement de James Webb, le telescope spatial le plus puissant jamais conçu, le 25 décembre, par la fusée Arianne 5. L' observatoire spatial doit notamment permettre d'observer les premières galaxies, formées seulement environ 200 millions d'années après le Big Bang. Pour ce faire, il doit encore atteindre, en 2022, son orbite finale à... 1,5 million de kilomètres de la Terre. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93z9df.jpg?itok=WHlPdZpF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93z9df.jpg?itok=WHlPdZpF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93z9df.jpg?itok=ljqrRWpZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93z9df.jpg?itok=OYMY4Uhw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93z9df.jpg?itok=iEjlcTMo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2021/000_93z9df.jpg?itok=0dwKHntF 1245w" alt="image" />28 février 2021, Paris (AFP / Thomas Coex)</div><p class="c3"><em>Edition par Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</em></p><p class="c3"><em>Retrouvez l’année en vidéos <a href="https://www.youtube.com/watch?v=XhsTScbNxFI">sur notre chaîne YouTube</a>, et en sons, <a href="https://podcast.ausha.co/afpaudio-surlefil/2021-une-retrospective">sur notre podcast Sur le Fil</a>. Les 120 meilleures photos de l'année sont visibles sur afpforum.com, sous l'onglet <a href="https://www.afpforum.com/AFPForum/themes/ShowTheme.aspx?thi=3633512&amp;mui=3">retrospectives. </a>  A très bientôt, chers lectrices et lecteurs du Making-of de l'AFP. </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/2021-en-blogs-et-en-images</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/2021-en-blogs-et-en-images</guid>
      <pubDate>Sun, 09 Jan 2022 09:50:08 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L'histoire cachée]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>David Courbet, journaliste au bureau de Berlin savait qu'écrire  sur le procès du plus vieil accusé de crimes nazi serait une couverture marquante. Mais au fil des heures d’audience, c’est devenu une expérience profonde et personnelle, qui a fait remonter le passé, parfois enfoui, de ses deux familles franco-allemandes.  </strong></p><p class="c2">Berlin - <em>“L'Allemagne juge son plus vieil accusé de crimes nazis âgé de 100 ans”</em>:  quand ma cheffe de rédaction <strong>Hui Min Neo</strong> m'a demandé si je souhaitais couvrir ce procès, je n’ai pas hésité. Mieux que mes vieux livres d'histoire, c'était la possibilité de me glisser à ma petite échelle dans l’Histoire avec un grand H qui m’était offerte.</p><p class="c2">L’homme, <strong>Josef Schütz</strong>, aujourd'hui âgé de 101 ans, est accusé de complicité de meurtre dans au moins 3.518 cas pour avoir été l'un des gardes du camp de concentration de Sachsenhausen, à une trentaine de kilomètres au nord de Berlin, de 1942 à 1945. </p><p class="c2">Plusieurs dizaines de milliers de prisonniers périrent dans ce camp entre 1936, année de son ouverture, et sa libération par les soviétiques en avril 1945. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox29z.jpg?itok=odR97KnN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox29z.jpg?itok=odR97KnN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox29z.jpg?itok=tXgmDo2n 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox29z.jpg?itok=jsY6o20Z 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox29z.jpg?itok=-pbHe-lg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox29z.jpg?itok=QtaT09sQ 1245w" alt="image" />Entrée du camp de Sachsenhausen à Oranienbourg, devenu un mémorial, le 7 février 2020 (AFP / John Macdougall)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Selon le parquet allemand, l’ ex-sous-officier SS de la division “Totenkopf” (Tête de mort) aurait participé à des fusillades de prisonniers soviétiques. Il est aussi accusé d’avoir été complice de “meurtres systématiques” à l’aide gaz de type Zyklon B. Son procès s'est ouvert une semaine après celui d'Irmgard Furchner, 96 ans, ex-secrétaire d'un autre camp de concentration nazi qui avait tenté d'y échapper. Une rocambolesque histoire suivie par ma collègue <strong>Yannick Pasquet</strong>.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox1wt.jpg?itok=HT7lzgl5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox1wt.jpg?itok=HT7lzgl5 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox1wt.jpg?itok=fTZDGBZG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox1wt.jpg?itok=qXs0uYyB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox1wt.jpg?itok=c9gE4cGS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox1wt.jpg?itok=0XJaEgoJ 1245w" alt="image" />(AFP / John Macdougall)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Josef Schütz n’est pas accusé d’avoir <em>“tiré sur quelqu'un en particulier”</em> mais plutôt <em>“d'avoir contribué à ces actes par son travail de gardien et d'avoir été au courant que de tels meurtres avaient lieu dans les camps”</em>. Le centenaire aurait donc été l'un des rouages de de l’immense machine d'extermination nazie. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox295.jpg?itok=JrNCQTNy" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox295.jpg?itok=JrNCQTNy 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox295.jpg?itok=ty06WO9f 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox295.jpg?itok=3IUKh-HT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox295.jpg?itok=NVaHGBtB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1ox295.jpg?itok=r6QEKtzo 1245w" alt="image" />Intérieur d'un barraquement de l'ancien camp de concentration de Sachsenhausen à Oranienbourg en Allemagne, le 7 février 2020 (AFP / John Macdougall)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Nous voici donc le 7 octobre</strong>, date d'ouverture de ce procès pour l'Histoire. L’audience se tient dans un gymnase excentré de la ville de Brandebourg-sur-la-Havel. Le site a été choisi pour faciliter la venue de l’accusé, qui habite non loin, permettre aux visiteurs de garder leurs distances, Covid-19 oblige, et enfin pour accueillir les médias du monde entier accrédités pour l’occasion. L’AFP est le seul média français présent dans la salle. Je me sens responsable: si je commets une erreur, elle sera répercutée par les dizaines de médias clients de l’agence qui dépendent de nos contenus.</p><p class="c2">Vingt-deux audiences ont été planifiées jusqu’à début janvier. Fait rarissime en Allemagne, elles seront enregistrées “<em>pour leur caractère scientifique et leur intérêt historique</em>”.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa273.jpg?itok=ihjr_h_g" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa273.jpg?itok=ihjr_h_g 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa273.jpg?itok=qYhwhnQy 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa273.jpg?itok=nQuZl3d8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa273.jpg?itok=w2M40wNl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa273.jpg?itok=YH6miqe7 1245w" alt="image" />Le jour de l'ouverture du procès de Josef Schütz dans un gymnase de Brandebourg-sur-la-Havel, le 7 octobre 2021 (AFP / Tobias Schwarz)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Une fois dans la salle, la dimension historique de l’événement s’impose à moi... L’espace est immense. Les plaignants et leurs traducteurs siègent face à l’emplacement prévu pour l’accusé, de part et d’autre de la salle.</p><p class="c2">Le jury trône sur une immense tablée rappelant la Cène de Léonard de Vinci. Sauf qu’ici, seuls cinq magistrats feront office de Douze Apôtres. Face à eux: les journalistes arrivés du monde entier, des visiteurs dont de nombreux étudiants et des familles de victimes.</p><p class="c2">Une nuée de caméras entoure  brusquement un individu en chaise roulante. Il s’agit de <strong>Leon Schwarzbaum</strong>, 100 ans, survivant d’Auschwitz et de Sachsenhausen. La vue de l’homme, acteur malgré lui d’un épisode si sombre de l’histoire, m’intimide. Visage émacié et peau asséchée, il semble apeuré, dépassé. J’ose à peine imaginer les pensées qui le traversent. Il souhaite simplement que <em>“justice soit faite”</em>, me glisse-t-il.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa278.jpg?itok=XRbnh3GD" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa278.jpg?itok=XRbnh3GD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa278.jpg?itok=SP0uPFw7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa278.jpg?itok=Hupg-yrO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa278.jpg?itok=FgjouGbe 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa278.jpg?itok=FisGyp83 1245w" alt="image" />Le rescapé d'Auschwitz et de Sachsenhausen Leon Schwarzbaum, à son arrivée dans la salle d'audience, tenant une photo de sa famille, le 7 octobre 2021 (AFP / Tobias Schwarz)</div><p class="c2">Plus loin m’apparaît un visage plus familier, reconnaissable par les cheveux gris ébouriffés qui l’encadrent et ses petites lunettes rondes : l’infatigable “chasseur de nazis”  <strong>Thomas Walther</strong>.</p><p class="c2">Cet avocat allemand de 78 ans, ancien magistrat et procureur, occupe sa retraite à traquer les derniers représentants du national-socialisme. Selon lui, l'Allemagne a le devoir de juger les ex-nazis, même centenaires. Il est à l’origine de la jurisprudence allemande de 2011 permettant d’élargir aux simples exécutants du nazisme les poursuites judiciaires.</p><p class="c2">Depuis, toute personne impliquée de près ou de loin dans la “solution finale” risque des poursuites. Une façon pour la justice allemande de <em>“corriger tardivement une pratique longtemps clémente, voire bienveillante, vis-à-vis des criminels nazis”</em>, m’avait confié Guillaume Mouralis, directeur de recherche au CNRS.</p><p class="c2">L’ouverture de l’audience prend du retard et la tension monte. Les juges pénètrent enfin dans la salle. Tous les regards se tournent vers une table vide, derrière laquelle doit s’installer l’accusé. Deux ambulanciers font leur entrée, suivis d’un vieux monsieur à la démarche étrangement assurée malgré son déambulateur. Sa main est agrippée à une pochette cartonnée bleue derrière laquelle il dissimule son visage pour échapper aux caméras de photographes et vidéastes, autorisés à prendre quelques clichés à l’ouverture du procès.<br /> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27k.jpg?itok=2h11xFQd" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27k.jpg?itok=2h11xFQd 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27k.jpg?itok=LPU564yh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27k.jpg?itok=xmBup5T- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27k.jpg?itok=1jz-97bx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27k.jpg?itok=Sm2GjwZd 1245w" alt="image" />Josef Schütz dissimule son visage pour échapper aux caméras de photographes et vidéastes, autorisés à prendre quelques clichés à l’ouverture du procès, le 7 octobre 2021 (AFP / Tobias Schwarz)</div><p class="clear"> </p><p class="c2">La pochette cartonnée tombe, le silence dans la salle est absolu. J’observe ce vieil homme soigné aux cheveux blancs parfaitement peignés. Les traits sont tirés mais il présente très bien avec son pull gris à motifs cubiques multicolores. Il ne fait absolument pas son âge mais bien 20 de moins.</p><p class="c2">C’est la première fois que son visage apparaît en public et je ne peux m’empêcher de me sentir quelque peu déçu. Qu’il semble plus facile de s’imaginer les criminels de guerre, fussent-ils présumés comme c’est ici le cas, comme des êtres antipathiques et patibulaires! </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27e.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x806"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27e.jpg?itok=kKrYgQiP" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Defendant Josef S gets help from his lawyer Stefan Waterkamp (L) to hide his face behind a folder as he arrives for his trial in Brandenburg an der Havel, northeastern Germany, on October 7, 2021. - The 100-year-old former concentration camp guard will become the oldest person yet to be tried for Nazi-era crimes in Germany when he goes before court charged with complicity in mass murder. The suspect, identified as Josef S., stands accused of knowingly and willingly assisting in the murder of 3,518 prisoners at the Sachsenhausen camp in Oranienburg, north of Berlin, between 1942 and 1945. (Photo by Tobias Schwarz / AFP) (AFP / Tobias Schwarz)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27h.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x829"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_9pa27h.jpg?itok=2ObTCht3" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Defendant Josef S gets help from his lawyer Stefan Waterkamp (L) to hide his face behind a folder as he arrives for his trial in Brandenburg an der Havel, northeastern Germany, on October 7, 2021. - The 100-year-old former concentration camp guard will become the oldest person yet to be tried for Nazi-era crimes in Germany when he goes before court charged with complicity in mass murder. The suspect, identified as Josef S., stands accused of knowingly and willingly assisting in the murder of 3,518 prisoners at the Sachsenhausen camp in Oranienburg, north of Berlin, between 1942 and 1945. (Photo by Tobias Schwarz / AFP) (AFP / Tobias Schwarz)</figcaption></figure></div><p class="c2">Cela m'évoque le concept développé par la philosophe Hannah Arendt sur la “banalité du mal”: le mal ne réside pas dans l’extraordinaire mais bien dans les petites choses. </p><p class="c2">Dès ses premières prises de parole, pour décliner son identité et détailler quelque peu sa biographie, l’accusé s’exprime clairement et sans difficultés. Il se montre même joyeux, en évoquant son anniversaire: il soufflera sa <strong id="docs-internal-guid-a083a1fe-7fff-5ec9-0eb6-35426cd69560">“</strong><em>101e bougie le 16 novembre</em><strong id="docs-internal-guid-645f8690-7fff-8e05-12a4-026c279e8735">”.</strong> Des rires gênés se font entendre. Rapidement, son avocat précise que M. Schütz ne s’exprimera pas sur les faits qui lui sont reprochés, ni sur le contexte de l’époque.</p><p class="c2">Dès lors, en ce premier jour de procès tout comme le lendemain, il se contentera de détailler sa vie d’avant - à la ferme familiale, puis au sein de l’armée allemande - avant de redevenir après guerre, paysan puis serrurier. A peine glissera-t-il un rapide  </p><em><strong id="docs-internal-guid-7ff2a67a-7fff-e91e-ac71-8b14d7ca3e16">“</strong>je suis innocent</em><em><strong id="docs-internal-guid-1c2cedaf-7fff-15e2-5ec4-f4fe35eb7015">”</strong></em>  avant de se faire sermonner par son conseil, qui ne voulait pas qu’il en dise autant. Au grand dam des parties civiles qui, à défaut d’une autocritique, espéraient au moins entendre des regrets voire une demande de pardon.<div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1qn0tf.jpg?itok=pFobScKv" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1qn0tf.jpg?itok=pFobScKv 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1qn0tf.jpg?itok=I3oIKwv9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1qn0tf.jpg?itok=bJSlWoE6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1qn0tf.jpg?itok=WUf8Mcpk 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_1qn0tf.jpg?itok=aiFJUbrd 1245w" alt="image" />Vue de l'entrée de l'ancien camp de concentration de Sachsenhausen, à Oranienbourg, en Allemagne (AFP / Tobias Schwarz)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Si des mots de compassion permettraient de guérir certains maux plus profonds, ce procès n’a-t-il finalement pas lieu trop tard et avec un ersatz d’accusé ? Plusieurs de ses prédécesseurs accusés de crimes nazis traduits en justice avaient affirmé n’avoir fait que <em>“suivre les ordres”</em> sans autre choix possible. Partagera-t-il le même avis ? </p><p class="c2">Après plusieurs semaines d’audience, le vieil homme a continué à s’enfoncer dans son mutisme. Il est vrai que le national-socialisme ayant imprégné toute la société allemande à partir de 1933, s’y opposer n'eut sans doute pas été évident. Il n'y eut d'ailleurs qu'une poignée de résistants en Allemagne: parmi les plus connus, les étudiants du collectif de la</p><strong id="docs-internal-guid-ef31fd3d-7fff-994a-df14-9f4881d82fbf">“</strong>Rose blanche<strong id="docs-internal-guid-3c05137d-7fff-b65d-e668-24c6fa1d8520">”</strong>, exécutés pour avoir… distribué des tracts à l'université. <p class="c2">Les questions m’envahissent. Aurait-il pu au moins demander à changer de poste, de service, d'affectation ? N'est-ce pas facile de refaire l'histoire, tant d'années plus tard, en se drapant dans le camp du Bien alors que l'on ne sait pas quelle aurait été notre propre réaction dans ce cas de figure ? </p><p class="c2">Comme l’a démontré l'historien Robert Paxton dans “La France de Vichy”, l’Etat français a bien participé à la déportation des Juifs et peu de monde a résisté. Mais les parties civiles attendent des excuses: <em>“Je peux comprendre que, poussé par la peur des représailles, vous n'ayez pas déserté. Mais comment avez-vous pu dormir paisiblement pendant si longtemps ?”</em>, l’interpelle avec émotion le fils d’une victime, <strong>Christoffel Heijer</strong>, 84 ans.</p><p class="c2">Force est de constater que malheureusement, malgré les efforts de pédagogie et d'éducation sur cette étape sombre de l'histoire allemande, les langues ne s'y délient toujours pas aussi facilement. Le passé continue toujours de gêner, notamment les plus anciennes générations, comme l’explique l’historienne <strong>Barbara Stambolis</strong>: <em>“Cela fait partie de la vie humaine que toutes les personnes vieillissantes souhaitent énumérer rétrospectivement leurs bons souvenirs. Et que les personnes qui ont vécu des choses terribles doivent peut-être en oublier ou en couvrir certaines, car cela leur pèserait toute leur vie. Et parce qu'elles ont peur de le transmettre aux générations suivantes”. </em></p><p class="c2">J’en sais quelque chose de ma propre histoire personnelle : d'origine franco-allemande, j’ai grandi dans cette dualité historique avec un arrière-grand-père arrêté et déporté en Allemagne pour y effectuer son Service du Travail Obligatoire (STO) et de l’autre côté son homologue allemand… un recruteur local pour les futurs SS. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_arp1387219.jpg?itok=MHiRXgHR" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_arp1387219.jpg?itok=MHiRXgHR 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_arp1387219.jpg?itok=KyAM_qUL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_arp1387219.jpg?itok=y34At4nb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_arp1387219.jpg?itok=RWfmpOoj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_arp1387219.jpg?itok=-e1cUxoT 1245w" alt="image" />Le maréchal Philippe Pétain devant la Haute Cour de justice, lors de son procès pour intelligence avec l'ennemi, à l'issue duquel il fut condamné à mort le 15 août 1945 à l'âge de 89 ans. Vu son grand âge, la condamnation a été commuée en peine de réclusion à perpétuité. (AFP / -)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Ce dernier fait office de mouton noir dont personne ne souhaite parler dans la partie allemande de ma famille. Pourtant, savoir le pourquoi des choses paraît si intéressant: a-t-il eu le choix d'exercer cette activité ? Pourquoi l'avoir effectuée ? Qu'a-t-il réellement fait ? Tant de questions qui me tracassent mais auxquelles je n'ai jamais pu répondre. Quand je questionnais mes grands-parents à ce sujet, j’obtenais inlassablement la même réponse: <em>“Ce sont des histoires anciennes, oublions ce passé”.</em> </p><p class="c2">Même ma mère n’a jamais réellement su ce dont il était accusé. Elle se souvient d’un “adorable papi<strong>”</strong> qui passait beaucoup de temps avec elle, l’emmenant sur sa moto ou lui montrant ses ruches. Il continuera paisiblement sa vie jusqu’à sa retraite en tant que cordonnier. Ce n’est qu’à ses 30 ans, soit plus de 25 ans après le décès de son grand-père, que ma mère a appris l’existence de son passé trouble via un ancien camarade de classe: il aurait séjourné au moins un an dans la prison de Marbourg, dans la Hesse (ouest) après la guerre. Mais toujours aucun détail sur le pourquoi du comment…</p><p class="c2">Pour ma part, la seule image que j’en ai reste une photo en noir et blanc d’époque de lui, cachée derrière une porte dans un couloir peu visité chez ma grand-mère, désormais veuve: le visage froid, il pose dans une tenue sur laquelle est épinglé un “Reichsadler”, l'aigle impérial largement utilisé sous la période hitlérienne. Détail qui me fait froid dans le dos à chaque fois: mon aïeul porte une petite moustache rectangulaire parfaitement taillée qui rappelle celle du Führer...</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206753.jpg?itok=42ZdYV5m" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206753.jpg?itok=42ZdYV5m 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206753.jpg?itok=CCU_VRu- 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206753.jpg?itok=V4ot7_B- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206753.jpg?itok=l39_D3yG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206753.jpg?itok=o6T3y-qX 1245w" alt="image" />Adolf Hitler ovationné au Reichstag, le bâtiment du parlement, en mars 1938 in Berlin. (AFP / Ho)</div><p class="c2">Je n’en sais donc guère plus, ni des sources familiales donc ni des registres administratifs, l'Allemagne de l'ouest ayant tout fait pour cacher sous le tapis cet épisode funeste de son histoire. Elle avait de toute manière besoin des forces vives de la nation pour rebâtir le pays et faire face au nouvel ennemi communiste, comme me l’a expliqué l’historien Guillaume Mouralis.</p><p class="c2">J’ai ainsi toujours façonné ma personnalité à travers cette dualité historique, avec sa face claire et sa face sombre, celle de victime mais aussi de bourreau, de héros contre salaud. Si bien sûr j’ai choisi “mon camp”, je n’ai aucune honte à dire que ma partie allemande connaît un passé trouble, comme bon nombre de famille germaniques.</p><p class="c2">Mais c’est bien là que je m’aperçois finalement de l’utilité de tels procès et de mon métier: rappeler ce passé, sans cesse, sous toutes ses formes, notamment médiatiques. C’est dans ces moments-là que, me sentant utile, je suis vraiment fier d’exercer le journalisme.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206757.jpg?itok=W5urlPUF" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206757.jpg?itok=W5urlPUF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206757.jpg?itok=j-Geahc9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206757.jpg?itok=mQbg5G2A 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206757.jpg?itok=PXsCdvg4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/nazi-trial-nov21/000_apw2001082206757.jpg?itok=GibCbUpV 1245w" alt="image" />Adolf Hitler devant la tour Eiffel à Paris, le 23 juin 1940 en compagnie de l'architecte Albert Speer (gauche) et du sculpteur Arno Breker 
 (AFP / Ho / )</div><p class="c3"><em>Récit de<strong> </strong><a href="https://twitter.com/davidcourbet"><strong>David Courbet</strong></a> à Berlin. Edition et mise en page: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</em></p><p class="c2"> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/lhistoire-cachee</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/lhistoire-cachee</guid>
      <pubDate>Sun, 12 Dec 2021 09:24:13 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[“TikTok, ça nous rend fou...”]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2">L’éducation aux médias et à l’information (EMI) est une course contre la montre. En intervenant avec des collégiens et lycéens, on se demande souvent si ce n’est déjà pas trop tard. Ne sont-ils pas déjà enfermés dans leurs pratiques et dans une bulle d’algorithmes ? Alors on a eu envie d’aller voir les plus jeunes : les 9-10 ans. On se doutait que le chantier serait vaste, mais pas à ce point. </p><p class="c2">Par le biais de l’association <strong><a href="https://entreleslignes.media/">Entre les lignes</a></strong>, nous, journalistes de l’AFP et du groupe Le Monde, avons créé un collectif de plus de 200 journalistes qui interviennent avec des adolescents partout en France. Nous animons des ateliers d’éducation aux médias et tentons de développer l’esprit critique de ces jeunes publics. L’an dernier, nous avons décidé de mener une expérimentation dans cinq écoles primaires en région parisienne, à Marseille et dans un territoire rural, le département de l'Ain.</p><p class="c2"> </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/img_20210323_102910_resized_20211007_114423189.jpg?itok=kRGE5ASV" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/img_20210323_102910_resized_20211007_114423189.jpg?itok=kRGE5ASV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/img_20210323_102910_resized_20211007_114423189.jpg?itok=3IOgsfG5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/img_20210323_102910_resized_20211007_114423189.jpg?itok=zO7fbuWe 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/img_20210323_102910_resized_20211007_114423189.jpg?itok=SSK-jD5L 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/img_20210323_102910_resized_20211007_114423189.jpg?itok=7FSkaBkk 1245w" alt="image" />Atelier d'éducation aux médias à Pantin</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“C’était notre troisième séance avec cette classe de CM1 à Marseille et l’idée était de travailler sur la différence entre une information et une opinion. Comme d’habitude en début d’atelier, j’installe le matériel et teste les vidéos que je vais projeter. Quand soudain j’entends ‘Ah mais c’est Swan et Néo’, ‘Trop bien Swan et Néo’... Je me retourne et je leur demande qui connaît ces deux enfants YouTubeurs. Réponse unanime avec une forêt de doigts levés”, raconte <strong>Olivier Guillemain</strong>, cofondateur d’Entre les lignes.</p><p class="c2">Ces deux “kids”, stars de la plateforme avec 5,6 millions d’abonnés à leur chaîne, réalisent des vidéos avec l’aide de leur maman, où on les voit tester des produits, des jeux, des parcs d’attraction ou encore de la nourriture…</p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/TB3Mqg41izc" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c2">Ont-ils conscience qu’il s’agit potentiellement de publicités déguisées ? Qu’il est difficile de critiquer vraiment un produit quand on vous l’offre ? Que l’avis qu’ils donnent sur certains produits n’est pas forcément neutre ? Qu’ils gagnent beaucoup d’argent grâce à ces vidéos et aux “pouces levés” qu’ils réclament ? </p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>De fil en aiguille, les élèves finissent par convenir que sur YouTube, comme plus largement sur la toile, se fier à une seule opinion pour forger la sienne n’est pas suffisant. “Il faut avoir plusieurs sources Monsieur, c’est ça ?”, demande l’un deux. C’est tout à fait ça. Et c’est un bon début.</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Nous voilà partis dans une longue discussion, en tentant de ne pas diaboliser ces deux enfants. De fil en aiguille, les élèves finissent par convenir que sur YouTube, comme plus largement sur la toile, se fier à une seule opinion pour forger la sienne n’est pas suffisant. “Il faut avoir plusieurs sources Monsieur, c’est ça ?”, demande l’un deux. C’est tout à fait ça. Et c’est un bon début.</p><p class="c2">D’ailleurs, depuis l’an dernier, cette activité est considérée en France comme un travail et encadre les horaires et revenus de ces enfants influenceurs afin de mieux les protéger. </p><p class="c2">Une des choses les plus compliquées pour nous, comme pour les enseignants, est de pouvoir leur transmettre des réflexes immuables et applicables sur tout support. Car leurs usages évoluent tellement vite, que forcément, on a toujours un train de retard. Alors qu’on commençait à peine à comprendre les ressorts de leur utilisation de Snapchat, TikTok est monté en force pendant le premier confinement en France, au printemps 2020.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_8ze2b3.jpg?itok=VJrPJVTj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_8ze2b3.jpg?itok=VJrPJVTj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_8ze2b3.jpg?itok=kdYsCb0y 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_8ze2b3.jpg?itok=IKw89Y_C 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_8ze2b3.jpg?itok=mznhTkiA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_8ze2b3.jpg?itok=VvhRQ_rq 1245w" alt="image" />Les "influencers" sur TikTok Marco Bonetti et Davide Moccia, en plein enregistrement d'une vidéo à Milan, dans des studios TikTok en janvier 2021 (AFP / Miguel Medina)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Comme si la fermeture des écoles et le temps suspendu de cette période avait permis à l’application chinoise (propriété du groupe ByteDance) de s’implanter sur les écrans des adolescents français.  Mais aussi des plus petits, sans doute attirés par le côté très ludique de son usage initial de vidéos de play-back et de chorégraphie. D’ailleurs, en août dernier, une étude du cabinet spécialisé App Annie, soulignait que TikTok avait pris la place d'application mobile la plus téléchargée au monde en 2020, devant Facebook.</p><p class="c2">Toujours dans la même école, à Marseille, mais cette fois-ci dans une autre classe, cette tendance nous a été confirmée sur le terrain. Ils sont en CM2, ils ont entre 10 et 11 ans et désormais, l’application chinoise les attire plus que la plateforme de vidéos américaine. Et vous savez ce qui a changé pour eux ? Ils sont passés du statut “passif” de celui ou celle qui enchaîne des tunnels de vidéos à celui de “créateurs de contenus”. Et ça, ça change tout...</p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/_vKpaY0055Y" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c2">“J’aime toujours parler de leurs pratiques. Je leur demande donc ce qu’ils font sur Internet, s’ils utilisent des réseaux sociaux. Et là, un élève annonce avoir 13.100 abonnés sur TikTok et y passer toutes ses soirées de week-end, de 18h à 2h du matin. Autant d’abonnés à 10 ans, je suis sciée ! La maîtresse aussi visiblement. Il me donne son nom de compte et le soir je vais voir. Il publie des captures d’autres vidéos sans valeur ajoutée, il se filme en train d’ouvrir des cartes Pokemon.</p><p class="c2">Il republie aussi beaucoup de questions du type ‘Qui sauverais-tu ? Ta mère ou ta maîtresse ? Ton chien ou un voleur ? Un chat ou 100 euros ? Questions qui provoquent évidemment de nombreux commentaires d’autres internautes, comme s’il avait déjà l’art de susciter des clics sur des contenus accrocheurs”, raconte <strong>Sandra Laffont</strong>, journaliste de l’AFP à Marseille et cofondatrice d’Entre les lignes.</p><p class="c2">“À ce moment-là, je décide de faire un rapide sondage: parmi 28 élèves, 12 sont producteurs de contenus sur internet et cinq le font dans le dos de leurs parents. L’élève aux 13.100 abonnés est présenté par certains comme une “star” de TikTok. Petit rappel: normalement les réseaux sociaux sont interdits aux moins de 13 ans.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1p00jl.jpg?itok=ndcpD14w" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1p00jl.jpg?itok=ndcpD14w 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1p00jl.jpg?itok=ENf2XuJK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1p00jl.jpg?itok=e9o9TVOu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1p00jl.jpg?itok=fn8Uccdz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1p00jl.jpg?itok=e1jnl2Qk 1245w" alt="image" />Des jeunes en plein enregistrement d'une vidéo pour TikTok à Hyderabad, en Inde, le 14 février 2020 (AFP / Noah Seelam)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Quand tout à coup, un élève du fond de classe lève le doigt.</p><p class="c2">- Avant, j’avais TikTok mais c’est une énorme erreur. On ne se rend pas compte mais on fait défiler les vidéos et ça peut durer des heures et des heures alors que sur YouTube, parfois, je regarde des vidéos d’actualité.</p><p class="c2">Un autre enchaîne:</p><p class="c2">-  TikTok, ça nous rend fou... Tu t’inscris, tu te dis ça va être bien quand t’auras rien à faire. Tu regardes une vidéo, t’aimes bien, tu scrolles, tu regardes une autre vidéo et t’aimes de plus en plus et tu veux pas t’arrêter. C’est tellement dangereux que TikTok a mis une annonce toutes les 15 minutes quand tu scrolles qui te dit ‘Reposez-vous’. Moi, je préfère mille fois YouTube parce que les vidéos sont longues. Sur TikTok, les vidéos durent quelques secondes et si on aime trop les vidéos et qu’elles durent que quelques secondes, ça va être nul. Je regarde des vidéos drôles. Je veux désinstaller TikTok. Je n’en ai pas discuté avec mes parents mais je crois que je vais leur en parler.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_par7489555.jpg?itok=97iRy3e_" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_par7489555.jpg?itok=97iRy3e_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_par7489555.jpg?itok=FABQZa5b 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_par7489555.jpg?itok=x_raVcBU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_par7489555.jpg?itok=vLEB0OfX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_par7489555.jpg?itok=xo1NyZng 1245w" alt="image" />Une jeune fille devant YouTube, le 27 février 2013 à Chisseaux, près de Tours, dans le centre de la France (AFP / Alain Jocard)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">D’un côté, je me dis alors: est-ce qu’on en vient vraiment à faire la promotion de YouTube en classe ? De l’autre, j’ai l’impression que ces échanges entre élèves sont terriblement efficaces et vont sans doute tous les faire réfléchir”, rapporte Sandra.</p><p class="c2">On adore ces moments où on parle d’actualité avec eux, où la parole est libre et ils confient les sujets qui les préoccupent. Même si on est jamais à l’abri de se retrouver face à un sujet difficile à gérer. </p><p class="c2">“Le moment le plus marquant pour moi s'est déroulé au démarrage de la deuxième séance. Une rumeur avait commencé à circuler la veille dans l'école”, raconte <strong>Caroline Taix</strong>, journaliste au service fact checking à l’AFP.</p><p class="c2">Un homme habillé en ‘médecin de la peste’ (sic) portant une longue robe noire, un chapeau noir et un masque en forme de bec d'oiseau, s'était échappé d'une prison en Angleterre. Il avait traversé la Manche, peut-être à la nage (ils ne voyaient pas le problème), pour venir devant les écoles en France (celle de Pantin en particulier bien sûr) pour kidnapper et violer les enfants.  </p><p class="c2">- Je vous jure, Madame, que c'est vrai. Il y en a qui l'ont vu sur TikTok et YouTube, me disent-ils.</p><aside class="lquote"><blockquote>
<p>J'ai rappelé ce que nous avions évoqué (...)  d'où vient l'information/la rumeur ? La source est-elle fiable? Et simplement: cette histoire paraît-elle tenir debout ?</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">J'ai donc rappelé ce que nous avions évoqué lors de la première session. D'abord, d'où vient l'information/la rumeur ? La source est-elle fiable? Et simplement: cette histoire paraît-elle tenir debout ? Est-ce que vraiment un homme qui voudrait kidnapper des enfants en toute discrétion se déguiserait en ‘médecin de la peste’, surtout en cette période d’épidémie ?</p><p class="c2">La classe était clairement divisée. Le débat a été très riche, vif. L'enseignante était très impliquée mais semblait moins surprise que moi par cette rumeur folle: visiblement, ce n'était pas une première.</p><p class="c2">Je ne pensais pas que des “fausses nouvelles” aussi grotesques pouvaient circuler et être partagées dans les cours de récré. D'où l'utilité d'intervenir très tôt! Cela a permis une mise en pratique directe de tout ce qui avait été évoqué lors de la première intervention”, conclut Caroline.</p><p class="c2">L’an dernier, nous avons publié ici une <a href="https://making-of.afp.com/dans-les-smartphones-des-collegiens">immersion dans les smartphones des collégiens</a>, où nous alertions sur l'hyper-violence à laquelle ils sont confrontés sur Snapchat notamment. </p><p class="c2">Cette année, TikTok semble devenir un accélérateur redoutable des dangers numériques auxquels sont confrontés les plus petits, via des tablettes ou smartphones de seconde main souvent donnés par leurs parents et avec lesquels ils se connectent en wifi dans la solitude de leurs chambres. D’ailleurs, nous avons été assez étonnés du nombre d’écoliers ayant déjà un téléphone à cet âge. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1m27iz.jpg?itok=H6iLOFwr" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1m27iz.jpg?itok=H6iLOFwr 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1m27iz.jpg?itok=_EPxJHqk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1m27iz.jpg?itok=9Jh4N50A 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1m27iz.jpg?itok=Q-oATIYh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/000_1m27iz.jpg?itok=0IAHHXZS 1245w" alt="image" />Une jeune femme se prend en photo au Youseum, un Musée éphémère à Amsterdam, en novembre 2019 (AFP / Koen Van Weel)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“Il y a des choses que j’ignorais totalement sur les nouveaux réseaux, ils connaissent beaucoup plus de choses que moi. Et on sent que l’école n’est plus la préoccupation majeure pour beaucoup d’élèves, on sent qu’il y a un déplacement d’intérêt”, s’inquiète <strong>Lara Loss</strong>, enseignante de CM1 à Marseille. </p><p class="c2">“C’est de plus en plus jeune que les élèves sont confrontés aux réseaux sociaux et l’impact sur eux est un fléau, sur les enfants, sur leurs comportements et ce qu’ils apportent à l’école. Moi ce qui m’a marquée, choquée, c’est le temps qu’ils passent chez eux devant les écrans”, complète <strong>Fatma Djellel</strong>, enseignante en CM2. Pour elle, une des clés serait qu’on réussisse, enseignants et associations, à coconstruire une réponse éducative avec les parents.</p><p class="c2">Tout le monde est démuni face à ces usages, que la plupart des adultes ignorent et ne maîtrisent pas. Nous sentons nous-mêmes régulièrement les limites de nos interventions. L’éducation aux médias et à l’information n’est pas la seule réponse, mais a sans doute la possibilité de leur donner quelques armes d’autodéfense intellectuelle. </p><p class="c2">Car on l’a bien vu, même si les enfants ont tendance à confondre ce qui est important et ce qui leur plait, l'information et l'opinion, l'information et le divertissement, décrypter l’actualité avec eux provoque des échanges surprenants et qui nous font tous réfléchir, eux comme nous. </p><p class="c2">Face à une Une de Libération évoquant les violences faites aux femmes, un garçon de 10 ans d’une classe de CM2 de Pantin a posé un jour une question très simple à <strong>Marion Thibaut</strong>, désormais au bureau de l’AFP à Montréal : “Mais pourquoi des hommes frappent-ils leur femme ?” À ce moment précis, “tous me fixent intensément et attendent ma réponse, raconte Marion. Pas si simple de trouver les mots du tac au tac... Je me lance et puis les enfants enchaînent.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_4.jpg?itok=LWGu9A6g" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_4.jpg?itok=LWGu9A6g 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_4.jpg?itok=nPGJ_BKZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_4.jpg?itok=fJQSwsm8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_4.jpg?itok=TSXTZ112 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_4.jpg?itok=qaHgUmq4 1245w" alt="image" />Dessin réalisé pendant l'atelier caricature, lors d'une intervention en primaire</div><p class="c2"> </p><p class="c2">- Ah oui, certains aiment tellement leur femme qu’ils sont jaloux alors ils les frappent”, avance un garçon.</p><p class="c2">- Mais n’importe quoi, ce n’est pas de l’amour si tu tapes quelqu’un. </p><p class="c2">Avec leurs mots, ils lancent un vrai débat de société. Il y a encore peu de temps beaucoup de médias évoquaient ces questions en parlant de “crime passionnel”! </p><p class="c2">Comme leurs aînés collégiens et lycéens, les sujets sur les minorités, l’égalité femme-homme et l’environnement, sont clairement ceux qui les intéressent le plus. Et c’est très net quand ils doivent s’attaquer à l’épreuve de la caricature, a constaté Marion Thibaut pendant ses interventions. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_2.jpg?itok=DTwlZOGf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_2.jpg?itok=DTwlZOGf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_2.jpg?itok=-ZBFcwYn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_2.jpg?itok=eAaPmniO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_2.jpg?itok=eyw-AFW2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/caricature_marion_2.jpg?itok=O41k3UeM 1245w" alt="image" /></div><p class="c2"> </p><p class="c2">“Je suis surprise par l'intérêt qu'ils portent à Kamala Harris, la vice-présidente américaine, dont ils connaissent déjà assez bien le profil. En revanche, la crise sanitaire, ils sont déjà comme nous, ils ne veulent plus en entendre parler…”, complète <strong>Daphné Rousseau</strong>, journaliste à l’AFP au service des informations générales.</p><p class="c2">Pour elle, ces interventions en classe étaient une première. “J'ai bichonné mon premier atelier sur la hiérarchie de l'information où chaque groupe doit réaliser sa propre Une de journal. J’ai remué toute une soirée mes souvenirs du Bafa, préparé mes supports, ‘décomposé’ l'atelier en séquences les plus courtes et les plus dynamiques possibles.</p><p class="c2">“Vous avez 5 minutes pour trouver le nom de votre journal. Vous avez 6 minutes pour coller en Une, les trois informations les plus importantes du jour. Vous avez dix minutes pour ajouter trois informations qui vous tiennent à cœur en les dessinant et ajouter une publicité”, raconte Daphné.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_2.jpg?itok=C2778ixL" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_2.jpg?itok=C2778ixL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_2.jpg?itok=CtsVvrzk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_2.jpg?itok=Zt7PXk_y 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_2.jpg?itok=y_lLQWNM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_2.jpg?itok=CErqPBOX 1245w" alt="image" /></div><p class="c2"> </p><p class="c2">Les élèves de CM1-CM2 couraient partout, n’étaient pas d'accord, espionnaient l'équipe d'à côté. Au sol, une trentaine de journaux de la semaine se transformait peu à peu en tapis de papier journal froissé. La maîtresse semblait terrifiée. On rangera après…</p><p class="c2">Je passe entre les tables pour espionner leurs mini “confs de rédac” à cinq ou six.</p><p class="c2">- “Mais non, ça on va pas le mettre, personne connait, on s'en fout”, lance un élève.</p><p class="c2">- “Bah, c'est pour ça qu'on doit le mettre dans le journal alors”, répond du tac-au-tac une petite fille à son camarade.</p><p class="c2">“Il y a selon moi dans cette alchimie de l'info à hauteur d'enfant la légèreté, l'humour, la créativité et toute la sensibilité et la gravité du questionnement, une curiosité formidable, un véritable carburant pour les journalistes adultes que nous sommes”, confie Daphné Rousseau.</p><p class="c2">Nous sommes une dizaine à avoir mené ce “laboratoire” en primaire. Nous sommes ressortis à chaque fois regonflés à bloc de cette expérience avec des plus jeunes, convaincus qu’il fallait la poursuivre et l’amplifier.  Même si au final, nous ne sommes que de simples facilitateurs. Car nous l’avons bien vu, il suffit de leur mettre un peu de matière au tableau pour faire naître et grandir leur esprit critique.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_1.jpg?itok=WrKfr1_b" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_1.jpg?itok=WrKfr1_b 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_1.jpg?itok=9DZ_X9yx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_1.jpg?itok=i7xgSMJ5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_1.jpg?itok=-QhFlLll 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/youth-education-medias-jan2017/educ-medias-oct2021/atelier_une_ecole_marseille_1.jpg?itok=mTHBdFM7 1245w" alt="image" />Atelier d'éducation aux médias dans une école de Marseille</div><p class="c2"> </p><p class="c3"><em>Billet de blog écrit collectivement par <strong>Fabienne Bruere</strong> (ex-journaliste à l’AFP désormais cheffe de projet chez Entre les lignes), <strong>Olivier Guillemain</strong> (cofondateur d’Entre les lignes), <strong>Sandra Laffont</strong> (journaliste à l’AFP), <strong>Daphné Rousseau</strong> (journaliste à l’AFP); Caroline Taix (journaliste à l’AFP) et <strong>Marion Thibaut</strong> (journaliste à l’AFP) .  </em><em>La <a href="https://fondation.edf.com/">Fondation EDF</a> a financé ce laboratoire à l'école primaire.</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/tiktok-ca-nous-rend-fou</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/tiktok-ca-nous-rend-fou</guid>
      <pubDate>Sat, 09 Oct 2021 11:36:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les trésors cachés des années argentiques]]></title>
      <description><![CDATA[<h4 class="c2">L’AFP a dans ses entrailles des archives dignes d’un musée : plaques de verre, négatifs, anciennes planches bardées de commentaires à la plume… six millions de clichés argentiques, 15 millions de documents numériques. On y trouve de vrais regards d’auteur sur des décennies d’actualité. Une sélection des années argentiques, de 1944 à 1998, revit désormais hors les murs à travers trois expositions et bientôt chez les collectionneurs qui pourront acquérir des tirages uniques lors d’une première vente aux enchères, le 3 octobre. Voici le récit de la découverte de ces trésors cachés. </h4><p class="c3">C’est l’histoire d’un puits sans fond. Il se trouve dans un sous-sol de la Place de la Bourse à Paris. Pour s’y rendre, Il faut se couvrir, il y fait 18°C, hiver comme été. Dans un univers d’armoires carrousel métalliques, de boîtes grises ou noires bien rangées, sont entreposés des négatifs, des plaques en verre, des diapositives, des ektas, des planches contact. </p><p class="c3">Des retrouvailles, des victoires, des pavés, des baisers volés, des baignades d’enfants en goguette, le fracas des armes, le souffle des canons, des roulements de tambour, un air de clarinette à Broadway. </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp3925820.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x1664"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp3925820.jpg?itok=gOaMJy55" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Des Parisiens fêtent l'arrivée des soldats du 501e Régiment de chars de combat de la 2e Division Blindée, le 25 août 1944 devant l'Hôtel de ville (AFP / -)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_sapa990303274660_0.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x885"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_sapa990303274660_0.jpg?itok=FfLGUx3x" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Une Parisienne manifeste sa joie en embrassant le général De Gaulle, le 26 août 1944 sur les Champs Elysées à Paris, lors du défilé après la libération de la capitale. (AFP / -)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1fk3ia.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x847"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1fk3ia.jpg?itok=mypZJtiR" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Femme accusée d'avoir collaboré avec l'ennemi, forcée de parader dans les rues de Paris, le 20 août 1944 (AFP / )</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_p57km_0.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_p57km_0.jpg?itok=v0dfyil3" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Des étudiants lancent des pavés sur la police, le 6 mai 1968, rue Saint-Jacques, dans le Quartier latin, à Paris (AFP / )</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1n71j9.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x1800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1n71j9.jpg?itok=V8Hbq1qu" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Baignade à Villennes-sur-Seine organisée par l'Entraide française les enfants victimes de la guerre (AFP / -)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1oy7wj.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x1188"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1oy7wj.jpg?itok=Y4iZpejz" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Parade de la Garde royage britannique à Paris, le 6 avril 1957, avant la visite de la reine Elizabeth II (AFP / Intercontinentale )</figcaption></figure></div><p class="c3">Ces fenêtres sur notre humanité remontent jusqu’au début du siècle, et particulièrement à 1944, date fondatrice de l’Agence France-Presse, héritière de l’agence Havas. Elles ont été rapportées par des photographes souvent restés anonymes. Beaucoup dorment encore, non numérisées, dans leur boîte. Car si ces boîtes sont bien organisées par thèmes, années, organisations, personnalités... ce qu’elles contiennent n’est encore que partiellement inventorié.</p><p class="c3">Pour l’équipe de documentalistes photo qui en ont la garde, elles ressemblent donc à s’y méprendre à des coffres aux trésors, recelant mille pépites à tirer le l’oubli, comme cette incroyable image de Salvador Dali au zoo de Vincennes, aussi surréaliste que le grand peintre espagnol, ou le baiser d’une parisienne à De Gaulle après la Libération. </p><div id="wysiwyg" class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9839km.jpg?itok=lOOgteDg" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9839km.jpg?itok=lOOgteDg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9839km.jpg?itok=xNOvsXXq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9839km.jpg?itok=mh8td3Ro 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9839km.jpg?itok=BI3FPhsS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9839km.jpg?itok=uaM7PJn0 1245w" alt="image" />Salvador Dali peignant un rhinocéros, le 30 avril 1955 au zoo de Vincennes (AFP / )</div><p class="c3"> </p><p class="c3">L’équipe veille à leur conservation et a entrepris depuis le début des années 2000 une tâche de numérisation sans fin. “Avant les outils n’existaient pas”, explique <strong>Marie Wolfrom</strong>, cheffe de la documentation multimédia. Et face à l’ampleur de la tâche il a fallu trouver des aides extérieures.</p><p class="c3">“Nous avons obtenu en 2013 une subvention du ministère de la Culture pour co-financer la numérisation de toutes les planches photo argentiques et réaliser une sorte de catalogue numérique de nos photos des années 1930 à 1977”. Ce travail s’est achevé fin 2020.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ax7t9_0.jpg?itok=4IPthAGI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ax7t9_0.jpg?itok=4IPthAGI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ax7t9_0.jpg?itok=EVzzegw5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ax7t9_0.jpg?itok=o8NqWoJS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ax7t9_0.jpg?itok=s86aYGdu 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ax7t9_0.jpg?itok=nwyw2vcV 1245w" alt="image" />Non loin de l'oasis de Bou Saada, à 250 km au sud d'Alger, octobre 1946 (AFP / )</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Comme l’AFP est une agence de presse, c’est la plupart du temps l’actualité qui structure ce travail de numérisation: un anniversaire, un événement historique à remettre en contexte, un portrait à préparer et voilà la recherche dans les boîtes  lancée. “Par exemple quand l’entrée de Joséphine Baker au Panthéon a été annoncée, nous nous sommes replongés dans toutes nos collections pour numériser de nouvelles photos qui avaient pu être oubliées”. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9bk27z.jpg?itok=gvfxyeeE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9bk27z.jpg?itok=gvfxyeeE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9bk27z.jpg?itok=ZOOKQ_I9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9bk27z.jpg?itok=o7Wd2Hes 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9bk27z.jpg?itok=Iiaflrnb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_9bk27z.jpg?itok=teu6TYiz 1245w" alt="image" />La chanteuse Joséphine Baker embrasse son époux Jo Bouillon juste après les noces, le 3 juin 1947 au château des Milandes, en Dordogne (AFP / )</div><p class="c3"> </p><p class="c3"><strong>Stéphanie Roger</strong>, adjointe du service documentation en charge de la photo explique la suite : “On commence à peine à mesurer tout ce que nos archives contiennent! Trouver la photo et la numériser prend une heure ou deux. Mais ensuite la rendre pertinente peut prendre énormément de temps, car les photos les plus anciennes ne sont pas légendées. Pour les Accords de Paris par exemple, je n’ai pas pris beaucoup de temps à les légender, l’info est partout. Mais j’ai face à moi une photo des 24 Heures du Mans de 1951, et je ne sais pas qui est le pilote”. Parfois les recherches sont semblables à celles des fact-checkers: croiser des images pour identifier des lieux, croiser les sources. </p><p class="c3">C’est en allant à la pêche aux images sur la vie quotidienne des années 1940 à Paris, que la documentaliste <strong>Cécile Cadel</strong> a découvert l’un des grands trésors cachés de l’agence.  “J’ai eu envie de travailler sur un fonds qui traite les années 1944 à 1950, les toutes premières photos prises par les photographes de l’AFP en tant que tels. Il n’avait jamais été trop exploité parce qu’il était rébarbatif: il fallait décrypter des fiches cartonnées, écrites à la plume, dans une écriture assez illisible”.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1316rg.jpg?itok=CDtk09k7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1316rg.jpg?itok=CDtk09k7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1316rg.jpg?itok=z5tyGFb0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1316rg.jpg?itok=IFyz3hKq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1316rg.jpg?itok=ADfzCjqM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1316rg.jpg?itok=McVyTmlq 1245w" alt="image" />Place de la Concorde à Paris, le 28 janvier 1947 (AFP / )</div><p class="c3"> </p><p class="c3">“Je me suis mise à regarder tout ce qu’il y avait dans les boîtes de négatifs. Et c’est comme ça que je suis tombée sur les photos de la libération de Paris, et beaucoup de photos de l’immédiat après-guerre. Toute la reprise de la vie après la guerre!”</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_8zk7l9.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x1200"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_8zk7l9.jpg?itok=VGiLGwrl" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Des femmes européennes se baignent à Marrakesh, en avril 1946 (AFP / )</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ek8zg.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x847"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ek8zg.jpg?itok=w5oY7I65" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Baignade près du Pont d'Iéna à Paris, en juin 1946 (AFP / -)</figcaption></figure></div><p class="c3">Parmi ses découvertes, les images  d’<strong>Eric Schwab</strong>, un grand photographe ayant travaillé à l’AFP de 1944 à 1950, l’un des premiers à découvrir <a href="https://making-of.afp.com/eric-schwab-des-photographies-de-linhumain">l’horreur nazie au moment de la libération des camps</a>, avant de capturer dans son objectif New York, ses habitants, ses cabarets et ses jazzmen.  </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1t73cv.jpg?itok=ihk1UFUm" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1t73cv.jpg?itok=ihk1UFUm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1t73cv.jpg?itok=GDa1hfQZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1t73cv.jpg?itok=qHZrxgSc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1t73cv.jpg?itok=agQEWTV- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1t73cv.jpg?itok=OuZEOJk0 1245w" alt="image" />Chinatown, Janvier 1947 (AFP / Eric Schwab)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Cecile Cadel a découvert des centaines de photos de Schwab, dont 400 ont été numérisées depuis. En fouillant encore, elle a débusqué un “tapuscrit” où il explique  sa démarche: remonter la grande avenue de Broadway et explorer la ville de quartier en quartier. Puis, “j’ai fait un énorme travail de recherche pour identifier les lieux, c’était tout un voyage”. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1pl8f7.jpg?itok=259kmWeY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1pl8f7.jpg?itok=259kmWeY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1pl8f7.jpg?itok=kxxE8m8a 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1pl8f7.jpg?itok=Ypk3j2WR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1pl8f7.jpg?itok=pNFb-QG7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1pl8f7.jpg?itok=c8c7-j0- 1245w" alt="image" />Avenue de Broadway, Number One Broadway Building, 28 janvier 1947 (AFP / Eric Schwab)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">A l’époque, on ne gaspillait pas les films et la photo était celle d’une agence d’information au quotidien: on attendait du photographe qu’il prenne sa photo et file transmettre, rien de plus. Mais il y a dans les archives de vrais auteurs, avec un regard, un art du cadrage, de la composition, de la lumière, comme Eric Schwab. </p><p class="c3"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ps9z3.jpg?itok=sCCQZGTi" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ps9z3.jpg?itok=sCCQZGTi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ps9z3.jpg?itok=m98uTrle 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ps9z3.jpg?itok=pcCIKlrH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ps9z3.jpg?itok=6qBedoXJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1ps9z3.jpg?itok=KIYd6_K- 1245w" alt="image" />Danseuse dans la loge du Bal Tabarin nightclub à New York, en novembre 1946 (AFP / Eric Schwab)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1p32ww.jpg?itok=A7_0giEz" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1p32ww.jpg?itok=A7_0giEz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1p32ww.jpg?itok=9P8AONSV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1p32ww.jpg?itok=gtYNXpph 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1p32ww.jpg?itok=gRnYr0Ev 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1p32ww.jpg?itok=5V0H5i_w 1245w" alt="image" />Pause de danseuses dans une loge du Bal Tabarin nightclub de New York, en novembre 1946 (AFP / Eric Schwab)</div></div><p class="c3">“Il a une démarche particulière. On sent l’âme du photographe, son envie de découvrir la ville, son émerveillement. Cela faisait peu de temps qu’il était aux Etats-Unis, et cela transparaît dans les photos”. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_8pn3c3.jpg?itok=Qp825rGo" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_8pn3c3.jpg?itok=Qp825rGo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_8pn3c3.jpg?itok=ogdntD1n 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_8pn3c3.jpg?itok=qGm3rNab 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_8pn3c3.jpg?itok=Pt4VrHuY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_8pn3c3.jpg?itok=_PKRyMI_ 1245w" alt="image" />Cabaret à Harlem, à la fin des années 1940 (AFP / Eric Schwab)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">“Dans ce fonds il y a d’autres photos extraordinaires, qui rappellent Doisneau, ou Willy Ronis”, s’émerveille-t-elle.  </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1jg4ow.jpg?itok=Ipb6MmtU" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1jg4ow.jpg?itok=Ipb6MmtU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1jg4ow.jpg?itok=2r0X_9Ku 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1jg4ow.jpg?itok=xiv3GuAQ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1jg4ow.jpg?itok=tezwoG9C 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_1jg4ow.jpg?itok=COCtnWy4 1245w" alt="image" />A Coney Island, New York, "l'attraction du parachute", juin 1946 (AFP / Eric Schwab)</div><p class="c3">“Les archives, c’est l’intérieur du moteur”, résume <strong>Christophe Calais</strong>, journaliste au service photo, qui a exploré pendant des semaines l’ensemble du stock déjà numérisé, année par année, pas moins de 3.000 images rien que pour 1944 et de plus en plus ensuite… des centaines de milliers en 1998.  </p><p class="c3">“L’espérance de vie d’une photo dans un quotidien c’est 24h00, dans un hebdo huit jours mais après ça reste dans les archives. C’est comme du vin, ça va mûrir, vieillir, et avec le temps, le document d’information peut se muer en document d’histoire”. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp1759157.jpg?itok=IJW-Hedm" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp1759157.jpg?itok=IJW-Hedm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp1759157.jpg?itok=hFqTpxMD 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp1759157.jpg?itok=88PbOfMF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp1759157.jpg?itok=AXaxtg_3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp1759157.jpg?itok=ndX6FZRv 1245w" alt="image" />Le président Charles de Gaulle fait le signe de la victoire en s'adressant à la foule lors d'un discours sur son projet de nouvelle Constitution, le 4 septembre 1958 à Paris (AFP / Staff)</div><p class="c3">“Sachant que chaque image a déjà une raison d’être là, je me suis laissé porter dans cette exploration juste par la dimension photographique: les cadres, les compositions, les lumières. J’y ai trouvé beaucoup de photos qui sont en écho à des grandes images de l’histoire du photojournalisme, des images qui font référence aujourd’hui, au travail de classiques comme Robert Capa et Henri Cartier-Bresson jusqu’aux plus modernes”, explique cet ancien rédacteur en chef de l’agence Magnum.</p><p class="c3"> </p><p class="c3">Après ces semaines d’exploration Christophe Calais, Marielle Eudes, la directrice photo et le rédacteur en chef photo Stéphane Arnaud, ont choisi ensemble une sélection des 200 clichés, qui seront vendus aux enchères le 3 octobre, une vente dont le produit servira à approfondir encore l’exploration et la préservation de ce patrimoine. </p><p class="c3">“La difficulté était de porter un regard nouveau sur des photos que l'ont connaissait déjà pour la plupart et de déterminer parmi elles celles qui sorties de leur contexte d'actualité, toucherait un public de collectionneurs et au-delà”, explique <strong>Stéphane Arnaud</strong>. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2176030.jpg?itok=RNoIQ54X" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2176030.jpg?itok=RNoIQ54X 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2176030.jpg?itok=Uv5sNeCS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2176030.jpg?itok=Fgzx2V83 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2176030.jpg?itok=03yBVcp_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2176030.jpg?itok=ldmK3d3p 1245w" alt="image" />Des soldats viétnamiens aux abords du port de Kampong Som, au Cambodge, en plein processus de retrait des troupes vietnamiennes de ce pays, le 29 novembre 1987. (AFP / Kraipit Phanvut)</div><p class="c3">Mais avant d’en arriver là, un minutieux travail de restauration a été mené.  “A l’époque les photographes développaient dans des conditions de news pas possibles, y compris au fin fond de la brousse. La priorité était de vite transmettre pour alimenter la grande machine de l’information”, pas la préservation, explique Christophe Calais. Certains négatifs sont rayés, d’autres griffonnés.</p><p class="c3">Heureusement, l’agence dispose d’un labo photo maison, une expertise pointue et précieuse,  “qui peut faire revivre ces photos et donner des qualités d’images dignes des plus grandes galeries”, confie <strong>Marielle Eudes</strong>. </p><p class="c3"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_xy158.jpg?itok=SV0iW5g4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_xy158.jpg?itok=SV0iW5g4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_xy158.jpg?itok=mNgtvV1W 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_xy158.jpg?itok=N3ljTFLH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_xy158.jpg?itok=YgATwdVa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_xy158.jpg?itok=xh1o6ksj 1245w" alt="image" />Portrait de l'actrice grecque Irene Papa, en 1952 (AFP / INTERCONTINENTALE)</div><p class="c3">Les documents -- négatifs, diapos, duplis, belins, planches, tirages de l'époque -- passent par les mains de l’équipe de <strong>Philippe Driss</strong>, experts de l’image, maîtres es contrastes et températures de couleurs. Dans son labo, pas de “retouches”, c’est la règle d’or des agences de presse. “On repique”, autrement dit, après numérisation, on agrandit à l’extrême un vieux négatif pour bien voir tous ses détails et dégradations le mettre en conformité “avec sa réalité de l’époque, sa lumière, son ambiance, ses contrastes”.</p><p class="c3">“Certains négatifs ont des champignons, des rayures, des poussières incrustées dans la gélatine”, explique-t-il. Avant, quand le labo avait des carrelages et les laborantins des blouses blanches, cela se réparait “avec un petit pinceau, du gris film et de l'affaiblisseur”. Désormais, le même travail est fait de manière numérique, mais on ne transforme rien, on révèle. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2786248.jpg?itok=DousnFB7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2786248.jpg?itok=DousnFB7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2786248.jpg?itok=_AcaicFp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2786248.jpg?itok=XbHYdugB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2786248.jpg?itok=AQ7hVp2l 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2786248.jpg?itok=nWfHB7qR 1245w" alt="image" />Serge Gainsbourg brûlant un billet de 500 euros sur le plateau de l'émission 7 sur 7, le 11 mars 1984 (AFP / Philippe Wojazer)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_app2001080983346.jpg?itok=pjKeMaye" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_app2001080983346.jpg?itok=pjKeMaye 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_app2001080983346.jpg?itok=6aZP0tqG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_app2001080983346.jpg?itok=xDMYY0HP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_app2001080983346.jpg?itok=TAA8R8Xl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_app2001080983346.jpg?itok=pIAiFmCN 1245w" alt="image" />L'acteur Jean-Paul Belmondo sur le ring, dans les années 1960 (AFP / )</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Dans la sélection mise aux enchères, on trouve des images culte, des moments d'actualité emblématiques, des scoops, des faits divers, des scènes de la vie quotidienne et des célébrités. Elle s’arrête en 1998, année de la généralisation des boîtiers numériques à l’agence.<br /> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_sapa990115133500.jpg?itok=BGzoyX7X" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_sapa990115133500.jpg?itok=BGzoyX7X 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_sapa990115133500.jpg?itok=LTsEDr5h 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_sapa990115133500.jpg?itok=lyVtvDDk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_sapa990115133500.jpg?itok=qOOo2pCP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_sapa990115133500.jpg?itok=3SrFRlVn 1245w" alt="image" />Des blindés britanniques pendant la première guerre d'Irak, le 7 janvier 1991 dans le désert d'Arabie saoudite, en pleine offensive pour prendre une position iraquienne à l'accès rendu difficile par des mines. l'offensive terrestre alliée en territoire irakien “Tempête du désert” avait été lancée dix jours plus tard, le 17 janvier. 
 
 (AFP / Patrick Baz)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">“C’est un patrimoine qu’il faut faire vivre. Et c’est un patrimoine qui ne peut vivre que dans une extrême qualité sur les marchés premiums, de galeristes et de collectionneurs. La photo intéresse de plus en plus les collectionneurs. Les montrer par ce biais va aussi donner à voir au grand public la grande qualité et la richesse de la production photo de l’AFP”, résume Marielle Eudes.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2475789.jpg?itok=uNfAYnJD" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2475789.jpg?itok=uNfAYnJD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2475789.jpg?itok=HdVrkIdp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2475789.jpg?itok=fyQFZqf2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2475789.jpg?itok=TyDT2X35 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/annees-argentiques-sept21/000_arp2475789.jpg?itok=oLHwD6AG 1245w" alt="image" />Le réalisateur Alfred Alfred Hitchcock, en mai 1972 à Cannes (AFP / Ralph Gatti)</div><p class="c4">Trois expositions accompagnent à Paris cette vente aux enchères, à la galerie <strong><a href="https://www.fisheyegallery.fr/">Fisheye</a></strong>, la <strong><a href="https://www.weare.sh/">Maison We Are</a></strong> et la <strong><a href="https://galerie75faubourg.com/">Galerie 75Faubourg</a></strong>, jusqu’au 3 octobre 2021.</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/les-tresors-caches-des-annees-argentiques</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/les-tresors-caches-des-annees-argentiques</guid>
      <pubDate>Thu, 30 Sep 2021 12:20:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le chien enragé et les petits gallois]]></title>
      <description><![CDATA[<h4>Rachel O'Brien, rédactrice en chef adjointe du service vidéo de l'AFP, revient sur la légende qui a marqué son enfance: le périple de son arrière-arrière-grand-père à Paris, une histoire d'enfants courageux et d'innovation médicale, qui en dit long sur les privilèges des Européens du XXIème siècle, même en pleine pandémie. </h4><p><strong>Paris -</strong> Ce fut certainement  terrifiant. Un instant, les enfants s’amusaient gaiement et jouaient; et la seconde d'après, ils levaient les yeux et voyaient un chien de meute grognant, se ruer férocement sur eux, la langue salivante.</p><p dir="ltr">De toutes les histoires de ma grand-mère galloise bien aimée, celle sur le déchaînement du chien enragé était la plus glaçante. Au fil des ans, j’ai entendu ce récit datant de plus d’un siècle conté tant de fois! Mais c’est seulement avec la pandémie du Covid-19, alors que j’étais confinée à Paris et que je méditais sur cette maladie, que j’ai cherché à en savoir plus.</p><p dir="ltr">L'histoire commence en juillet 1899. L’oncle de ma grand-mère, au nom si merveilleux, Vavasor, alors âgé de six ans, jouait avec d’autres enfants du village de Pontarddulais, dans le sud du Pays-de-Galles. La petite localité située non loin des vallées galloises riches en charbon était alors en pleine transformation et en pleine expansion avec l’arrivée de travailleurs migrants.</p><p>Dans la chaleur étouffante de l'été, un chien <em>“enragé”</em> bondit dans la rue et s’attaqua de façon endiablée au groupe de gamins. Il infligea à Vavasor et ses amis de <em>“terribles blessures”</em>, selon les premiers comptes-rendus quelque peu sensationnalistes de la presse de l’époque en Grande-Bretagne.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_2.jpg?itok=a7Umg-zE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_2.jpg?itok=a7Umg-zE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_2.jpg?itok=D6ZNNE-9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_2.jpg?itok=K-9lh2LV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_2.jpg?itok=HLsKtw5M 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_2.jpg?itok=tyWz6TpT 1245w" alt="image" />Article du Manchester Evening News, le 27 juillet 1899 © The British Library Board - Tous droits réservés</div><p>Quelques jours plus tard, les articles ne faisaient plus état d’enfants borgnes mais les blessures restaient alarmantes : sept garçons et une fille, âgés de deux à dix ans, avaient bien été mordus. Vavasor était touché au bras. Deux jeunes garçons avaient des blessures au visage.</p><p>Leurs parents terrifiés craignaient la rage. A la fin du XIXème siècle, les gens connaissaient trop bien les conséquences potentiellement létales d’une morsure de chien et la lente agonie des malades, qui développent parfois, quand le stade de la maladie est avancé, une peur pathologique de l'eau. Le virus provoque une inflammation du cerveau et de la moelle épinière. Certains symptômes, comme les hallucinations et convulsions, annoncent une mort presque certaine.</p><p>Le corps du chien “enragé” de Pontarddulais fût envoyé à Londres pour y subir des examens et des consignes furent données localement pour museler les chiens, selon la presse. Mais que faire pour les enfants ?</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_3.jpg?itok=1TQfLAgj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_3.jpg?itok=1TQfLAgj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_3.jpg?itok=5HPDE9KB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_3.jpg?itok=CJW7pxi2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_3.jpg?itok=_y6OIKIY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_3.jpg?itok=sc-EaSn4 1245w" alt="image" />Chien enragé dans les rues de Londres, chassé par des habitants alors qu'il s'approche d'une femme au sol. Illustration de T.L.Busby datant de 1826 (Welcome Collection, domaine public)</div><p>Quatorze ans plus tôt, à Paris, Louis Pasteur testait avec succès et en toute discrétion, pour la première fois  sur l’homme, un vaccin contre la rage sur le jeune Joseph Meister, âgé de neuf ans et originaire d’Alsace, mordu par un chien enragé.</p><p>L'enfant n’avait pas grand-chose à perdre. En dix jours, il reçut 13 injections de moelles rabiques de lapin de moins en moins atténuées. Joseph ne développa jamais la rage et devint le premier être humain vacciné. La rage s’accompagnant d’une période d’incubation relativement longue, l’idée était donc de provoquer une immunité avant que la maladie ne prenne corps.</p><p>Deux mois plus tard et fort d’un deuxième succès sur un jeune berger de 15 ans aux morsures effroyables, Pasteur devait rendre sa découverte publique suscitant un intérêt mondial... et des critiques. Trois ans après, il inaugurait l’institut portant son nom, élargissant ses recherches aux maladies infectieuses et offrant gratuitement des inoculations de vaccin antirabique à des patients arrivés du monde entier.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_4_-_000_arp1922431.jpg?itok=dXT1Cihd" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_4_-_000_arp1922431.jpg?itok=dXT1Cihd 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_4_-_000_arp1922431.jpg?itok=kH7XTR2F 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_4_-_000_arp1922431.jpg?itok=4zRoH0aZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_4_-_000_arp1922431.jpg?itok=yj4wXbPX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_4_-_000_arp1922431.jpg?itok=K6LMGX6b 1245w" alt="image" />Portrait de Louis Pasteur, archives AFP (AFP )</div><p>Sa découverte <em>“allait changer la donne et a été entourée d’une énorme publicité”</em>, raconte l’actuel président de l’Institut Pasteur, le professeur Stewart Cole, depuis son bureau sur la rive gauche de Paris. Il se trouve que Stewart Cole est lui-même Gallois. <em>“Etant donné que la rage représentait à l’époque un énorme problème de santé publique, l’opinion publique française était immensément reconnaissante et sans doute fière aussi qu’un Français ait trouvé un si merveilleux traitement. Et cela a suscité beaucoup de dons financiers venant de l’extérieur”</em>. Même des dignitaires étrangers comme l’empereur Pedro II du Brésil allaient y contribuer.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_5_-_000_8ym2cp.jpg?itok=2qLCL5Pu" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_5_-_000_8ym2cp.jpg?itok=2qLCL5Pu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_5_-_000_8ym2cp.jpg?itok=msGAZw1N 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_5_-_000_8ym2cp.jpg?itok=zi0jTHFE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_5_-_000_8ym2cp.jpg?itok=CXnRNk5a 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_5_-_000_8ym2cp.jpg?itok=DC6JkwEZ 1245w" alt="image" />Mosaïque dans la crypte du Musée Pasteur, le 22 décembre 2020 (AFP / Stephane De Sakutin)</div><p>En 1899, Pasteur était déjà mort et considéré comme un héros, et son institut et ses traitements ayant sauvé des vies étaient suivis de près de l’autre côté de la Manche. Mais était-il prudent voire même nécessaire d’y envoyer les petits gallois ?</p><p>D’abord, se posait  la question de savoir si le chien était vraiment atteint par la rage. Plus d’une semaine après la féroce attaque, la presse assurait que les examens sur l’animal n’étaient pas encore concluants. La rage faisait très peur mais la mortalité chez les humains était faible dans l’Angleterre victorienne de l’époque. Le journal London Star assurait même que le traitement proposé par Pasteur présentait un <em>“risque sérieux”</em> pour les enfants.</p><p><em>“Il n’y a aucune preuve (…) que le chien avait la rage car il est bien connu que l’examen du cerveau n’est pas un test concluant”</em>, assurait un éditorial du London Star, cité par d’autres journaux.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_6.jpg?itok=PCbDMp6F" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_6.jpg?itok=PCbDMp6F 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_6.jpg?itok=_ZX_sV36 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_6.jpg?itok=N2uPchmi 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_6.jpg?itok=DVkYYwEz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_6.jpg?itok=DPunCjtj 1245w" alt="image" />Caricature publiée par le Western Mail, critiquant le sacrifice du "chien fou" et l'obligation de museler les chiens © The British Library Board. Tous droits réservés</div><p>D’autres sceptiques arguaient que la vie du chien aurait dû être préservée, seule manière de prouver qu’il avait bien la rage, même si on est en droit de se demander si ceux qui proféraient ces critiques avaientd déjà affronté un chien endiablé s’attaquant à des enfants.</p><p>Des responsables locaux recommandèrent en tout cas d’envoyer Vavasor et ses camarades à Paris, par précaution. Et un organisme local de bienfaisance  – c’était avant l’émergence de l’Etat-providence -- accepta de prendre en charge les frais.</p><p>Les petits touristes médicaux allaient alors entreprendre une expédition intimidante: près de 24 heures de voyage ferroviaire et maritime, suivies d’un traitement invasif d’une quinzaine de jours, trois semaines pour les garçons mordus au visage.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_7_-_000_arp1922437.jpg?itok=Z_9sRh83" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_7_-_000_arp1922437.jpg?itok=Z_9sRh83 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_7_-_000_arp1922437.jpg?itok=CXlY-soi 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_7_-_000_arp1922437.jpg?itok=IgVWuxf_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_7_-_000_arp1922437.jpg?itok=eote5RCv 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_7_-_000_arp1922437.jpg?itok=p8ItAPzs 1245w" alt="image" />Institut Pasteur, Novembre 1938 (AFP / -)</div><p>Pourquoi, en 1899, l’Angleterre n’avait-elle pas son propre institut ? La réponse est à trouver dans son nationalisme, m’explique le professeur d’histoire des sciences Michael Worboys. <em>“Les Britanniques ne voulaient pas d’un institut Pasteur local, qui aurait mis en évidence une supériorité de  la science française”</em>, assure M. Worboys, co-auteur d’un ouvrage historique sur la rage en Grande-Bretagne de 1830 à 2000.</p><p>La deuxième explication, ajoute-t-il, tient au mouvement très actif à l’époque contre l’expérimentation sur des animaux vivants qui était au cœur du travail en laboratoire de l’Institut Pasteur.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_8.jpg?itok=plwGCUUD" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_8.jpg?itok=plwGCUUD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_8.jpg?itok=G4_FhcGg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_8.jpg?itok=I95Mrc6N 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_8.jpg?itok=RSzuSCxx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_8.jpg?itok=39DT-OJX 1245w" alt="image" />Gravure sur bois datant de 1885, représentant Louis Pasteur (à gauche) qui observe la trépanation d'un lapin chloroformé dans le cadre de ses recherches pour trouver un vaccin contre la rage (Wellcome Collection, Domaine public)</div><p>Ce mouvement contre la vivisection prônait des traitements alternatifs, dont le système de Buisson, qui fût recommandé aux enfants gallois par le London Star.  <em>“En gros, vous plongez quelqu’un dans un bain turc pour en faire s’évaporer le 'poison'. Parfois, des gens mouraient de l’exposition extrême à la chaleur”</em>, explique Michael Worboys.</p><p>Il n’est dans ce contexte guère surprenant qu’arrivée la fin du XIXème siècle, les pèlerinages médicaux vers Paris de Britanniques mordus par des chiens et craignant d’avoir attrapé soient devenus fréquents.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_9.jpg?itok=d82gN8vs" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_9.jpg?itok=d82gN8vs 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_9.jpg?itok=T2QgN9yP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_9.jpg?itok=VrB1ZhsO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_9.jpg?itok=vKgcqcEB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_9.jpg?itok=qiJ3akgf 1245w" alt="image" />Lithographie représentant Louis Pasteur, par H. Meyer, octobre 1895 (Wellcome Collection, Domaine public)</div><p>Et c’est ainsi que les jeunes gallois partirent en train de la localité de Llanelli, une foule de parents et d’amis leur disant au revoir sur le quai de la gare. Pour les accompagner, il y avait le père de Vavasor, David Lloyd Morgan (mon arrière-arrière-grand-père), un pasteur. </p><p><em>“Nous sommes partis dans le meilleur état d’esprit possible même s’il s’agissait pour moi d’un voyage vers l’inconnu”</em>, disait-il au journal gallois le Western Mail. <em>“Personne, parmi nous, ne connaissait la France ni sa langue. Les gens et leurs coutumes nous étaient complètement étrangers”</em>.</p><p><br /> </p><div class="image image-full ww-item-full"><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_10.jpg?itok=40nbGEsl" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_10.jpg?itok=40nbGEsl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_10.jpg?itok=pX6Tj97r 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_10.jpg?itok=9PHkOYdb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_10.jpg?itok=AGUeqE1V 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_10.jpg?itok=klBVcj5m 1245w" alt="image" />The eight children who were bitten by the ‘mad dog’ and vaccinated in Paris (Newspaper image © The British Library Board. All rights reserved</div><br /> </div><p>Mais l’appréhension de David Lloyd Morgan ne faisait pas le poids face à sa crainte de voir son fils succomber à  la rage. <em>“J’avais peur au-delà de tout ce qui était imaginable. J'ai peut-être pris l’affaire trop au sérieux mais j’étais dans un triste état, sachant que mon fils en chair et en os avait peut-être cette horrible maladie et j'étais très conscient de l’agonie qu’elle engendre en poursuivant sa lente course mortelle”.</em></p><p><em>“J’ai dormi à ses côtés toutes les nuits depuis qu’il a été mordu. Avant de partir pour Paris, je me suis réveillé plusieurs fois en pleine nuit, sautant du lit, imaginant des chiens qui aboyaient et toutes sortes de bruits. Ce furent les nuits les plus épouvantables de ma vie”, disait-il.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_11.jpg?itok=MDfpfwKf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_11.jpg?itok=MDfpfwKf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_11.jpg?itok=_J9Y-7QR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_11.jpg?itok=Os7PLWTd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_11.jpg?itok=Co4GobKq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_11.jpg?itok=MjqZ628p 1245w" alt="image" />Le pasteur David Lloyd Morgan, qui accompagna les enfants à Paris (Photo fournie par Susan O’Brien)</div><p>En arrivant à l’institut, David Lloyd Morgan se dit cependant impressionné. <em>“Le Français de souche n’a aucun privilège de plus que les étrangers et les médecins sont courtois et attentifs avec tous ceux qui arrivent”</em>. Aux côtés des enfants, il y avait des soldats et même un officier arrivant d’Inde, l’un d’entre eux ayant été mordu par un chacal. Il se disait que même ces durs à cuire ressortaient du traitement blêmes.</p><p><em>“Cela n'était pas comme lorsque vous recevez votre injection anti-Covid avec une toute petite dose de vaccin”</em>, assure Michael Worboys. <em>“Là, on leur a injecté 5 à 10 millilitres. C’était plus comme une intervention chirurgicale moderne”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_12_-_000_8ym2qd.jpg?itok=bKfLzJCO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_12_-_000_8ym2qd.jpg?itok=bKfLzJCO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_12_-_000_8ym2qd.jpg?itok=sv1AfvBP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_12_-_000_8ym2qd.jpg?itok=xB8kh2qj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_12_-_000_8ym2qd.jpg?itok=jkn2wuS9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_12_-_000_8ym2qd.jpg?itok=yhqsDw36 1245w" alt="image" />Instruments médicaux exposés au Musée Pasteur (AFP / Stephane De Sakutin)</div><p>Le médecin français avait du mal à réconforter les enfants gallois appelés un à un à  déboutonner leur pantalon avant d’entrer dans la salle d’opération. <em>“Le patient était ensuite installé sur les genoux du médecin, ses jambes fermement ancrées entre les genoux du docteur et un assistant leur tenait les bras”</em>, racontait David Lloyd Morgan.</p><p><em>“Le docteur prenait alors un bon bout de chair dans l’abdomen, recevait la seringue (comme une aiguille) des mains de l’assistant et l’enfonçait de force dans la chair”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_13_-_arp1922441.jpg?itok=J66KWFIA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_13_-_arp1922441.jpg?itok=J66KWFIA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_13_-_arp1922441.jpg?itok=s8uTUMKv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_13_-_arp1922441.jpg?itok=e9kXYJS8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_13_-_arp1922441.jpg?itok=zzyFNIVc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_13_-_arp1922441.jpg?itok=9Tdm6jcF 1245w" alt="image" />Vaccination contre la rage, le 6 novembre 1938 à l'Institut Pasteur de Paris (AFP )</div><p>Le jeune Stanley Howells, 8 ans, fut le premier à subir le traitement, visiblement récalcitrant. <em>“En entendant leur camarade hurler, les autres enfants en concluaient que, comme pour les lapins, on était en train de le tuer”.</em></p><p>On peut comprendre que les petits s’en soient <em>“pris avec virulence”</em> au docteur mais ils sont néanmoins revenus stoïquement tous les jours pour traverser le même calvaire, certes amadoués par la promesse de fruits et de quelques pièces de monnaie, selon leur accompagnateur. <em>“Sans un bon stock de prunes, je ne sais pas comment on s’en serait sortis”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_14.jpg?itok=rKf6aws-" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_14.jpg?itok=rKf6aws- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_14.jpg?itok=pDIc1-WT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_14.jpg?itok=lec8_PIb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_14.jpg?itok=yyoRyDGH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_14.jpg?itok=eY7dnoxd 1245w" alt="image" />Dans les archives de l'Institut Pasteur, la fiche de vaccination de Vavasor Morgan, en août 1899 (Musée Pasteur)</div><p>C’est non sans délectation que j’ai retrouvé cette foison d’anecdotes en ligne dans les Archives nationales de la presse anglaise (British Newspaper Archives) dont une rare photographie des huit enfants ensemble où j’ai pu voir pour la première fois Vavasor, qui regarde la caméra revêtu d’un énorme collier victorien.</p><p>Les archivistes du Musée Pasteur ont aussi retrouvé les comptes-rendus de l’époque sur l’équipée du groupe d’enfants à Paris. Le docteur y notait leurs blessures, leur traitement quotidien et évoquait le sort du chien. </p><p>La fondation à but non lucratif a depuis prolongé les travaux de Pasteur en développant de nouveaux vaccins, en produisant un vaccin contre la typhoïde pour les soldats de la Première guerre mondiale, jusqu’à la découverte en 1983 du virus à l’origine du Sida. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_15_-_000_8za3uj.jpg?itok=ro7NXip9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_15_-_000_8za3uj.jpg?itok=ro7NXip9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_15_-_000_8za3uj.jpg?itok=uABAuwJ1 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_15_-_000_8za3uj.jpg?itok=TVel9EIL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_15_-_000_8za3uj.jpg?itok=xa-HY8lc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_15_-_000_8za3uj.jpg?itok=Ekai0JSt 1245w" alt="image" />Une technicienne de laboratoire travaillant sur le séquençage du génome du SARS-CoV-2 à l'Institut Pasteur, le 21 janvier 2021 (AFP / Christophe Archambault)</div><p>En 2020, l’institution a été la première organisation européenne a séquencer le génome complet du nouveau coronavirus, un pas crucial ayant permis aux scientifiques de développer et tester des traitements.</p><p>Mais en janvier, l’institut annonçait l’abandon de son principal projet de développement d’un candidat vaccin contre le Covid-19 après des essais cliniques non concluants, provoquant une grande déception en France.</p><p>Pour Stewart Cole, si l’institut est <em>“très fort”</em> notamment en épidémiologie, “<em>nous avons réalisé que nous n’avions pas atteint une masse critique suffisante s’agissant du développement de vaccins”.  “On doit s’efforcer (…) de se tourner vers l’avenir et d’anticiper ce qui nous attend et qui pourrait devenir la prochaine source d’une épidémie majeure ou d’une pandémie”</em>, dit-il.</p><p>Le Pays-de-Galles, qui compte 3 millions d’habitants, a été parmi les premiers au  monde à lancer une vaste campagne de vaccination contre le Covid-19.</p><p>Fin août, près de 80% de la population adulte au Royaume-Uni avait été vaccinée contre le virus, et près de 70% de celle de l’Union européenne, selon des statistiques officielles. On peut dire la même chose pour environ 3% de la population en Afrique, selon l’OMS. <em>“On doit être plus efficace que nous le sommes aujourd’hui”</em>, affirme Stewart Cole. <em>“Une telle disparité est choquante”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_16_-_000_97m9jr.jpg?itok=Ppdfgd-M" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_16_-_000_97m9jr.jpg?itok=Ppdfgd-M 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_16_-_000_97m9jr.jpg?itok=m3KsckX7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_16_-_000_97m9jr.jpg?itok=RgRqL3X1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_16_-_000_97m9jr.jpg?itok=F_Jy2q8e 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_16_-_000_97m9jr.jpg?itok=WHF3QD3X 1245w" alt="image" />Vaccination contre le Covid-19, au Pays-de-Galles, le 9 avril 2021 (AFP / Geoff Caddick)</div><p>Lorsque Vavasor a reçu son traitement, le fait que l’institut Pasteur pouvait administrer le vaccin à quiconque en avait besoin était salué à des centaines de kilomètres de là. <em>“Que les dernières découvertes sur le continent puissent être accessibles aux pauvres d’un petit village gallois témoigne de la rapidité des progrès de l’époque dans laquelle nous vivons”</em>, assurait un éditorial du Western Mail.</p><p>Les “braves petits celtes” retournèrent chez eux peu à peu en groupes séparés, le regard <em>“bien plus joyeux et heureux que lorsqu’ils étaient partis”</em>, au grand soulagement de leur familles, devenant de petites célébrités locales. <em>“S’ils ont bien versé quelques larmes et montré une certaine tendance à se dégonfler, ils n’en ont pas moins fait preuve d’un stoïcisme et d’un courage qui susciterait la jalousie de bon nombre de personnes plus âgées”</em>, relevait le South Wales Daily News. </p><p>Plus d’un siècle plus tard, alors qu’un virus d’un type très différent frappe sa petite communauté rurale dans le nord du Pays-de-Galles, ma mère de 70 ans – l’arrière-petite fille de David Lloyd Morgan – n’a eu qu’à rouler dix minutes en voiture pour recevoir en toute sécurité une injection du vaccin anti-Covid, dans le bras. Elle n’a pas eu besoin de prunes.</p><p>Ici à Paris, j’ai repensé aux aventures de mes ancêtres en prenant le métro pour aller me faire vacciner contre le Covid-19 à quelques kilomètres de chez moi - dans une grande salle d’un centre culturel non loin de la rue Pasteur - comme il y en a des milliers en France. <em>“Mais vous êtes allée si loin !”</em>, m'a lancé un voisin à mon retour dans notre quartier. Je lui ai fait part de mon désaccord.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c2" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_17.jpeg?itok=an5MLBhs" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_17.jpeg?itok=an5MLBhs 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_17.jpeg?itok=7FU0cNa2 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_17.jpeg?itok=Mb6i4iGV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_17.jpeg?itok=Uig_Sjfr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/uk/mad-dogs-pasteur-july21/picture_17.jpeg?itok=8VTUIf2q 1245w" alt="image" />Rachel O’Brien after her first Covid-19 jab, just outside central Paris</div><p class="c3"><em><strong>Récit</strong> de <a href="https://twitter.com/robr1?lang=en">Rachel O'Brien</a>. <strong>Traduction</strong>:  Léon Bruneau. <strong>Edition</strong>: Michaëla Cancela-Kieffer. Avec nos remerciements aux archives de la presse britannique, <a href="https://www.britishnewspaperarchive.co.uk/">The British Newspaper Archive</a>. (<a href="http://www.britishnewspaperarchive.co.uk">www.britishnewspaperarchive.co.uk</a>). </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/le-chien-enrage-et-les-petits-gallois</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/le-chien-enrage-et-les-petits-gallois</guid>
      <pubDate>Sun, 19 Sep 2021 11:16:07 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les Mohawks du 11-Septembre]]></title>
      <description><![CDATA[<h4 dir="ltr" class="c2">Au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 qui ont fait près de 3.000 morts  il y a tout juste 20 ans, un journal titrait <em>“The first day of the rest of our lives”</em>, le premier jour du reste de nos vies. Ces événements tragiques ont souvent supposé un tournant dans la vie de ceux qui les ont vécus.  <strong><a href="https://twitter.com/mmoutot?lang=en">Michel Moutot</a></strong>, à l’époque correspondant de l'AFP à New York, a lui découvert une nouvelle passion dans les cendres du World Trade Center: la littérature. Et son premier sujet, les Mohawks. </h4><p dir="ltr" class="c3"><strong>16 septembre 2001, Ground Zero</strong>. L'accès au site en flammes, où les sauveteurs s'acharnent à chercher des survivants qui n'existent pas, est strictement interdit à la presse. Comme les autres reporters, je tourne autour, à la recherche de témoignages.</p><p dir="ltr" class="c3"> </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c4" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=Mjsh3NIu" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=Mjsh3NIu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=8uKAzfXw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=q6rr-eP5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=eQ7lcVZv 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=ha_jtBe4 1245w" alt="image" />11 septembre 2001, World Trade Center (AFP / Doug Kanter)</div><p dir="ltr" class="c3">Le semi-remorque de MacDonald's, garé sur une place proche de la zone fermée, avec ses tables, ses chaises et ses hamburgers gratuits, est un bon spot. Policiers, pompiers et volontaires s'y assoient pour se reposer. J'y retrouve un officier rencontré la veille, qui avait accepté d'ignorer la consigne de ne pas parler aux journalistes.</p><p dir="ltr" class="c3">Il me fait un point des recherches, puis s'interrompt en voyant sortir un homme, tirant derrière lui la bonbonne à roulettes de sa torche à plasma. <em>“Ironworker”</em>, dit-il. Les monteurs d'acier, qui découpent au chalumeau les poutres entremêlées dans ce magma d'enfer. <em>“Sans eux, là-dedans, on ne pourrait rien faire”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=CKVDGMEl" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=CKVDGMEl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=So2bB9XM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=wLH55qGS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=nA0veMJp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=qPlfplGo 1245w" alt="image" />(AFP / Doug Kanter)</div><p dir="ltr" class="c3">Je m'approche de lui, l’homme fait près de deux mètres. Je lui demande s'il peut m'accorder deux minutes. Il baisse vers moi des yeux où se lit toute la fatigue du monde et répond <em>“No”</em> d'une voix grave. </p><p dir="ltr" class="c3">Il me tourne le dos et repart à pas lents. Une longue natte, grise de poussière, sort de son casque de chantier orné d’une plume d’aigle et lui arrive à la taille. <em>“Mohawk Indian”</em>, me dit le pompier. <em>“Ils font ce boulot depuis des générations. Il y a des chances que le père de ce gars ait construit les tours, dans les années 70”.</em></p><p dir="ltr" class="c3">Quelques mois plus tard, au début de 2002, quand le bureau peut commencer à traiter de sujets sans rapport direct avec les attentats du 11-Septembre, je suis intrigué par le titre d'une exposition au Musée des cultures autochtones. <a href="https://americanindian.si.edu/explore/exhibitions/item?id=619">“Booming out. The Mohawk indians build New York”. </a></p><p dir="ltr" class="c3">Quatre pièces, une série de panneaux, un film noir et blanc, des photos agrandies. Beaucoup de textes. L’histoire de la tribu. En 1886, un pont métallique doit être jeté sur le fleuve Saint-Laurent, à quelques kilomètres au Nord de Montréal. En échange de l’autorisation de construire une pile en terre indienne, on engage des membres de la tribu, des Mohawks de la réserve de Kahnawake.</p><p dir="ltr" class="c3">Les Iroquois, dont les Mohawks sont une branche, se nomment eux-mêmes “Hodinoso:ni<em>”</em>: “Bâtisseurs de longues maisons<em>”</em>. Charpentiers depuis des générations. Et Passer du bois au fer fut facile.</p><p dir="ltr" class="c3"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Ew3Bu7rt_Zg" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p dir="ltr" class="c3">“Construire fait partie de notre identité tribale” explique l’un d’eux, en légende d’une photo. Pendant vingt ans, une première génération de “travailleurs de l’acier” va édifier au Canada des ponts, puis les carcasses métalliques des premiers gratte-ciel.</p><p dir="ltr" class="c3">Ils apprennent à garder le pied sûr à cent mètres de hauteur, quand il faut cheminer en funambule sur des poutres de vingt centimètres de large; à ajuster à la main des poutrelles suspendues dans les airs par les grues puis à enfoncer à la masse des rivets chauffés dans des braseros de charbon.</p><p dir="ltr" class="c3">En 1916 une première équipe descend à New York. D’abord le Hell Gate Bridge (le pont des portes de l’Enfer), puis tous les autres et les immeubles de légende : Empire State Building, Chrysler Building, les Nations Unies.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=53HLUDIn" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=53HLUDIn 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=zx7kJz_l 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=8eTvTsg9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=vJMj4V6h 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=-_lUEDam 1245w" alt="image" />Vue de New York, le 12 septembre 2001 (AFP / Tannen Maury)</div><p dir="ltr" class="c3">En 1932 une photo entre dans l’histoire : la pause casse-croûte d’une dizaine d’ironworkers assis côte à côte, les pieds dans le vide, sur une poutre de ce qui va devenir le Rockfeller Center. Parmi eux, quatre Mohawks. </p><p dir="ltr" class="c3">L’exposition s’achève <a href="https://www.aswa.ca/documents/2186790/2548582/Booming+Out.pdf/81384386-8027-42dd-9b71-957ad647964d">sur la photo de George Gilbert</a>, un Mohican de Kahnawake, debout sur une poutre, comme suspendu en plein ciel. La légende : <em>“C’est comme être au sommet du monde. Quand tu es là-haut, tu vois tout Manhattan. Comme un aigle”. </em> En remontant au bureau, sur ma moto, je réfléchis au papier que je vais faire, comment je vais relier cette histoire si romanesque à la tragédie du 11 septembre. Bonne matière pour un papier mais aussi pour un roman. Une histoire pareille, un écrivain canadien ou américain l’a écrite, j’en suis certain. Je me fais une joie de la lire. </p><p dir="ltr" class="c3">Je boucle mon papier, que j’intitule “À New York, les marcheurs de ciel indiens”, l’envoie au bureau de Washington, pour relecture et diffusion. </p><p dir="ltr" class="c3">En voici un extrait: <em>“Beaucoup de gens croient que les Mohawks n'ont pas le vertige; ce n'est pas vrai”, assure Kyle Karonhiaktatie Beavais, un Kahnawake. “Nous avons aussi peur que le gars d'à côté. La différence, c'est que nous savons mieux l'apprivoiser. Nous avons aussi pour nous guider l'expérience des anciens. Et la responsabilité de former les jeunes. Il y a de la fierté à marcher sur l'acier”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=pxYgfPFO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=pxYgfPFO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=Yb_-VByp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=AfkPxyoa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=WqiIraI0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=nVw_Na-F 1245w" alt="image" />New York, sur le site du World Trade Center, le 25 juin 2012 (AFP / Timothy A. Clary)</div><p dir="ltr" class="c3">Et puis je me mets en quête, sur internet, de ce roman imaginaire que j’ai tant envie de lire. Je combine les mots-clefs, trouve des livres d’histoire, une monographie écrite par un ancien ironworker devenu universitaire, rien d'autre. Ce livre, l’histoire romancée des skywalkers mohawks, est introuvable. Je cherche pendant des semaines. Rien. Comment est-ce possible ? </p><p dir="ltr" class="c3">Deux ans plus tard, je rentre en France. Dans un des cartons du déménagement, une dizaine de livres. La tribu, son histoire, les témoignages de Ground Zero. Ce livre que j'aurais aimé lire, je vais essayer de l'écrire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=K3Z37bBa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=K3Z37bBa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=5sr2F9c7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=BogZpbs5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=HieYHlWR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=DuPEbOQI 1245w" alt="image" />Deux "ironworkers" au travail sur le site du One World Trade Center, le 30 avril 2012 (AFP / Mark Lennihan)</div><p dir="ltr" class="c3">Je pars à Montréal, passe trois jours à Kahnawake, étudie les archives de la tribu, rencontre trois anciens, bâtisseurs des Tours Jumelles. Et un matin de 2014, je tape : “La sueur me brûle les yeux”. Première phrase de mon premier roman, <a href="https://www.babelio.com/livres/Moutot-Ciel-dacier/675053">“Ciel d’acier”</a>.</p><p dir="ltr" class="c3">Vingt ans plus tard, alors que j’entame les derniers chapitres de mon quatrième roman je lève toujours la tête en passant, dans une ville américaine, devant un gratte-ciel en construction. Ils sont là, en équilibre sur les poutres de trente centimètres de large, à danser avec des poutres de quinze tonnes suspendues à leurs filins. <em>“Avec les aigles”</em>, comme ils disent.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=oBR0YZiB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=oBR0YZiB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=QJ7CDl5W 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=TzcAzMNV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=YFLWhtvM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=mEgCAgP4 1245w" alt="image" />World Trade Center Freedom Tower en construction, le 4 août 2011 (AFP / Don Emmert)</div><p dir="ltr" class="c3">Il y a quelques années, lors de la construction du dernier immeuble de ce qui est devenu le nouveau complexe qui a remplacé le World Trade Center, j’approche de la porte du chantier et demande à un contremaître si je peux parler à l’un des mohawks. Bien sûr, dit-il avant de lancer un appel dans son walkie-talkie.</p><p dir="ltr" class="c3">Cinq minutes plus tard un membre de la tribu, natif de Kahnawake, descend, intrigué. Sur son casque, en plus du traditionnel dessin de plume d’aigle, un autocollant : <em>“Sure you can trust the government. Ask an indian”,</em> Bien sur, vous pouvez faire confiance au gouvernement, posez la question à un Indien. </p><p dir="ltr" class="c3"><em>“Ah, vous étiez là, ce jour-là ? Moi, j’étais trop jeune. J’ai tout vu à la télé. Mais quand il a fallu rebâtir les tours de nos pères, j’ai tout fait pour en être. Une équipe, six hommes, comme d’habitude. Il n’était pas question que ces tours soient érigées sans nous. Nos ancêtres ont bâti l’Amérique, nous continuons”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=xQsNWiY7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=xQsNWiY7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=FTkT023P 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=Z8Lyi3HZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=D9V0vm3H 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=tYLACQL5 1245w" alt="image" />Vue sur One World Trade Center Freedom Tower, le 10 juin 2021. Inaugurée en 2014, la tour a 514 mètres de hauteur. (AFP / Ed Jones)</div><p class="c3"> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/les-mohawks-du-11-septembre</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/les-mohawks-du-11-septembre</guid>
      <pubDate>Sat, 11 Sep 2021 18:52:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les Mowhaks du 11-Septembre]]></title>
      <description><![CDATA[<h4 dir="ltr" class="c2">Au lendemain des attentats qui ont touché les tours jumelles du World Trade Center à New York, le Pentagone à Washington et un avion de ligne  en Pennsylvanie faisant près de 3.000 morts il y a tout juste 20 ans un journal titrait <em>“The first day of the rest of our lives”</em>, le premier jour du reste de nos vies.  Ces événements tragiques ont parfois supposé un tournant définitif pour ceux qui y ont survécu. <strong><a href="https://twitter.com/mmoutot?lang=en">Michel Moutot</a></strong>, à l’époque correspondant à New York, a découvert, dans les cendres du World Trade Center, son autre passion, la littérature. Et son premier sujet, les Mowhaks. </h4><p dir="ltr" class="c3"><strong>16 septembre 2001, Ground Zero</strong>. L'accès au site en flammes, où les sauveteurs s'acharnent à chercher des survivants qui n'existent pas, est strictement interdit à la presse. Comme les autres reporters, je tourne autour, à la recherche de témoignages.</p><p dir="ltr" class="c3"> </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c4" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=Mjsh3NIu" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=Mjsh3NIu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=8uKAzfXw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=q6rr-eP5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=eQ7lcVZv 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-19.jpg?itok=ha_jtBe4 1245w" alt="image" />11 septembre 2001, World Trade Center (AFP / Doug Kanter)</div><p dir="ltr" class="c3">Le semi-remorque de MacDonald's, garé sur une place proche de la zone fermée, avec ses tables, ses chaises et ses hamburgers gratuits, est un bon spot. Policiers, pompiers et volontaires s'y assoient pour se reposer. J'y retrouve un officier rencontré la veille, qui avait accepté d'ignorer la consigne de ne pas parler aux journalistes.</p><p dir="ltr" class="c3">Il me fait un point des recherches, puis s'interrompt en voyant sortir un homme, tirant derrière lui la bonbonne à roulettes de sa torche à plasma. <em>“Ironworker”</em>, dit-il. Les monteurs d'acier, qui découpent au chalumeau les poutres entremêlées dans ce magma d'enfer. <em>“Sans eux, là-dedans, on ne pourrait rien faire”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=CKVDGMEl" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=CKVDGMEl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=So2bB9XM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=wLH55qGS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=nA0veMJp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/september-11-2001-24.jpg?itok=qPlfplGo 1245w" alt="image" />(AFP / Doug Kanter)</div><p dir="ltr" class="c3">Je m'approche de lui, l’homme fait près de deux mètres. Je lui demande s'il peut m'accorder deux minutes. Il baisse vers moi des yeux où se lit toute la fatigue du monde et répond <em>“No”</em> d'une voix grave. </p><p dir="ltr" class="c3">Il me tourne le dos et repart à pas lents. Une longue natte, grise de poussière, sort de son casque de chantier orné d’une plume d’aigle et lui arrive à la taille. <em>“Mohawk Indian”</em>, me dit le pompier. <em>“Ils font ce boulot depuis des générations. Il y a des chances que le père de ce gars ait construit les tours, dans les années 70”.</em></p><p dir="ltr" class="c3">Quelques mois plus tard, au début de 2002, quand le bureau peut commencer à traiter de sujets sans rapport direct avec les attentats du 11-Septembre, je suis intrigué par le titre d'une exposition au Musée des cultures autochtones. <a href="https://americanindian.si.edu/explore/exhibitions/item?id=619">“Booming out. The Mohawk indians build New York”. </a></p><p dir="ltr" class="c3">Quatre pièces, une série de panneaux, un film noir et blanc, des photos agrandies. Beaucoup de textes. L’histoire de la tribu. En 1886, un pont métallique doit être jeté sur le fleuve Saint-Laurent, à quelques kilomètres au Nord de Montréal. En échange de l’autorisation de construire une pile en terre indienne, on engage des membres de la tribu, des Mohawks de la réserve de Kahnawake.</p><p dir="ltr" class="c3">Les Iroquois, dont les Mohawks sont une branche, se nomment eux-mêmes “Hodinoso:ni<em>”</em>: “Bâtisseurs de longues maisons<em>”</em>. Charpentiers depuis des générations. Et Passer du bois au fer fut facile.</p><p dir="ltr" class="c3"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Ew3Bu7rt_Zg" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p dir="ltr" class="c3">“Construire fait partie de notre identité tribale” explique l’un d’eux, en légende d’une photo. Pendant vingt ans, une première génération de “travailleurs de l’acier” va édifier au Canada des ponts, puis les carcasses métalliques des premiers gratte-ciel.</p><p dir="ltr" class="c3">Ils apprennent à garder le pied sûr à cent mètres de hauteur, quand il faut cheminer en funambule sur des poutres de vingt centimètres de large; à ajuster à la main des poutrelles suspendues dans les airs par les grues puis à enfoncer à la masse des rivets chauffés dans des braseros de charbon.</p><p dir="ltr" class="c3">En 1916 une première équipe descend à New York. D’abord le Hell Gate Bridge (le pont des portes de l’Enfer), puis tous les autres et les immeubles de légende : Empire State Building, Chrysler Building, les Nations Unies.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=53HLUDIn" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=53HLUDIn 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=zx7kJz_l 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=8eTvTsg9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=vJMj4V6h 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_apw2001091209909.jpg?itok=-_lUEDam 1245w" alt="image" />Vue de New York, le 12 septembre 2001 (AFP / Tannen Maury)</div><p dir="ltr" class="c3">En 1932 une photo entre dans l’histoire : la pause casse-croûte d’une dizaine d’ironworkers assis côte à côte, les pieds dans le vide, sur une poutre de ce qui va devenir le Rockfeller Center. Parmi eux, quatre Mohawks. </p><p dir="ltr" class="c3">L’exposition s’achève <a href="https://www.aswa.ca/documents/2186790/2548582/Booming+Out.pdf/81384386-8027-42dd-9b71-957ad647964d">sur la photo de George Gilbert</a>, un Mohican de Kahnawake, debout sur une poutre, comme suspendu en plein ciel. La légende : <em>“C’est comme être au sommet du monde. Quand tu es là-haut, tu vois tout Manhattan. Comme un aigle”. </em> En remontant au bureau, sur ma moto, je réfléchis au papier que je vais faire, comment je vais relier cette histoire si romanesque à la tragédie du 11 septembre. Bonne matière pour un papier mais aussi pour un roman. Une histoire pareille, un écrivain canadien ou américain l’a écrite, j’en suis certain. Je me fais une joie de la lire. </p><p dir="ltr" class="c3">Je boucle mon papier, que j’intitule “À New York, les marcheurs de ciel indiens”, l’envoie au bureau de Washington, pour relecture et diffusion. </p><p dir="ltr" class="c3">En voici un extrait: <em>“Beaucoup de gens croient que les Mohawks n'ont pas le vertige; ce n'est pas vrai”, assure Kyle Karonhiaktatie Beavais, un Kahnawake. “Nous avons aussi peur que le gars d'à côté. La différence, c'est que nous savons mieux l'apprivoiser. Nous avons aussi pour nous guider l'expérience des anciens. Et la responsabilité de former les jeunes. Il y a de la fierté à marcher sur l'acier”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=pxYgfPFO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=pxYgfPFO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=Yb_-VByp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=AfkPxyoa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=WqiIraI0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_was6618449.jpg?itok=nVw_Na-F 1245w" alt="image" />New York, sur le site du World Trade Center, le 25 juin 2012 (AFP / Timothy A. Clary)</div><p dir="ltr" class="c3">Et puis je me mets en quête, sur internet, de ce roman imaginaire que j’ai tant envie de lire. Je combine les mots-clefs, trouve des livres d’histoire, une monographie écrite par un ancien ironworker devenu universitaire, rien d'autre. Ce livre, l’histoire romancée des skywalkers mohawks, est introuvable. Je cherche pendant des semaines. Rien. Comment est-ce possible ? </p><p dir="ltr" class="c3">Deux ans plus tard, je rentre en France. Dans un des cartons du déménagement, une dizaine de livres. La tribu, son histoire, les témoignages de Ground Zero. Ce livre que j'aurais aimé lire, je vais essayer de l'écrire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=K3Z37bBa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=K3Z37bBa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=5sr2F9c7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=BogZpbs5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=HieYHlWR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/000_was6429305.jpg?itok=DuPEbOQI 1245w" alt="image" />Deux "ironworkers" au travail sur le site du One World Trade Center, le 30 avril 2012 (AFP / Mark Lennihan)</div><p dir="ltr" class="c3">Je pars à Montréal, passe trois jours à Kahnawake, étudie les archives de la tribu, rencontre trois anciens, bâtisseurs des Tours Jumelles. Et un matin de 2014, je tape : “La sueur me brûle les yeux”. Première phrase de mon premier roman, “Ciel d’acier”.</p><p dir="ltr" class="c3">Vingt ans plus tard, alors que j’entame les derniers chapitres de mon quatrième roman je lève toujours la tête en passant, dans une ville américaine, devant un gratte-ciel en construction. Ils sont là, en équilibre sur les poutres de trente centimètres de large, à danser avec des poutres de quinze tonnes suspendues à leurs filins. <em>“Avec les aigles”</em>, comme ils disent.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=oBR0YZiB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=oBR0YZiB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=QJ7CDl5W 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=TzcAzMNV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=YFLWhtvM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_was4135811.jpg?itok=mEgCAgP4 1245w" alt="image" />World Trade Center Freedom Tower en construction, le 4 août 2011 (AFP / Don Emmert)</div><p dir="ltr" class="c3">Il y a quelques années, lors de la construction du dernier immeuble de ce qui est devenu le nouveau complexe qui a remplacé le World Trade Center, j’approche de la porte du chantier et demande à un contremaître si je peux parler à l’un des mohawks. Bien sûr, dit-il avant de lancer un appel dans son walkie-talkie.</p><p dir="ltr" class="c3">Cinq minutes plus tard un membre de la tribu, natif de Kahnawake, descend, intrigué. Sur son casque, en plus du traditionnel dessin de plume d’aigle, un autocollant : <em>“Sure you can trust the government. Ask an indian”,</em> Bien sur, vous pouvez faire confiance au gouvernement, posez la question à un Indien. </p><p dir="ltr" class="c3"><em>“Ah, vous étiez là, ce jour-là ? Moi, j’étais trop jeune. J’ai tout vu à la télé. Mais quand il a fallu rebâtir les tours de nos pères, j’ai tout fait pour en être. Une équipe, six hommes, comme d’habitude. Il n’était pas question que ces tours soient érigées sans nous. Nos ancêtres ont bâti l’Amérique, nous continuons”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=xQsNWiY7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=xQsNWiY7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=FTkT023P 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=Z8Lyi3HZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=D9V0vm3H 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/sept-11-anniversary/sept11-20years-mohawks/000_9fm9kl.jpg?itok=tYLACQL5 1245w" alt="image" />Vue sur One World Trade Center Freedom Tower, le 10 juin 2021. Inaugurée en 2014, la tour a 514 mètres de hauteur. (AFP / Ed Jones)</div><p class="c3"> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/les-mowhaks-du-11-septembre</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/les-mowhaks-du-11-septembre</guid>
      <pubDate>Sat, 11 Sep 2021 14:42:07 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Après le brasier]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Je me trouvais à Greenville, dans le nord de la Californie, quand les flammes ont dévasté plus d’une centaine de maisons, réduisant en cendres des décennies de souvenirs dans ce qui est devenu l’un des pires incendies de forêt que l’Etat ait jamais connu.</p><p>J’ai découvert, en état de choc, le tas de débris fumants que furent la poste, la caserne des pompiers, la banque, le musée et plusieurs commerces entièrement consumés. Des carcasses d’animaux calcinés gisaient sur le bas-côté des routes et autour des maisons.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2ja.jpg?itok=g_HNZq16" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2ja.jpg?itok=g_HNZq16 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2ja.jpg?itok=f1Afzd_m 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2ja.jpg?itok=A4-E4h23 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2ja.jpg?itok=Sz38syse 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2ja.jpg?itok=nCWddfpV 1245w" alt="image" /></div><p>Je ne peux m’empêcher de me demander comment ceux qui sont restés sur place ont survécu à cette tempête de feu qui a déferlé sur la ville.</p><p>Ca fait des années que je photographie les incendies mais j’avoue que Dixie, qui ravage la Californie depuis la mi-juillet, est un monstre. Chaque année, l’Etat est traversé par des feux mais ceux que je vois se produire maintenant atteignent de nouveaux  extrêmes. Les  arbres et les buissons sont terriblement  secs à cause de la sécheresse sévère qui frappe la région et les températures sont plus élevées, les vents plus forts et l’ensemble de moins en moins hospitalier.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hv.jpg?itok=H2WmuaQ5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hv.jpg?itok=H2WmuaQ5 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hv.jpg?itok=k_6mfxsP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hv.jpg?itok=2SkDDDAN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hv.jpg?itok=ZacrHOkm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hv.jpg?itok=lRuZgi3j 1245w" alt="image" /></div><p>J’ai vu les pompiers mener de vains assauts avant d’être arrêtés à 100 mètres par des flammes hautes comme des tours, parvenant à sauver quelques maisons mais perdant la plupart des autres.</p><p>Vingt-quatre heures après avoir dévasté Greenville, le feu rugissait toujours. A un moment, il s’est divisé en quatre colonnes de fumées et de cendres, cernant la ville entière déjà incendiée. Les feux comme Dixie parviennent à créer leur propre climat, ce qui les rend d’autant plus imprévisibles.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hn.jpg?itok=CR7pYATq" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hn.jpg?itok=CR7pYATq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hn.jpg?itok=ZDolY8i0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hn.jpg?itok=96ulgsaS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hn.jpg?itok=C9DMA0sa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hn.jpg?itok=b7aMxN1Q 1245w" alt="image" /></div><p>C’est comme ça que je me suis retrouvé coincé sur une route, entre deux murs de flammes de près de 100 mètres de haut. Des murs de feu.</p><p>Sans savoir vers où  me diriger et sans pompiers en vue, j’ai été obligé de conduire à travers un corridor incandescent. En état d’urgence, j’ai commencé à penser à trouver un refuge et à quelle était la zone la plus sûre – même s’il n’y en avait aucune. Je devais juste foncer devant moi.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=pq1G7RHZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=pq1G7RHZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=d81wiZma 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=bXzAmhsw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=kmOl2mI8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2jv.jpg?itok=iyBXl3iS 1245w" alt="image" /></div><p>Le feu n’était pas alors la seule menace. Le vent puissant en était une autre. Des branches d’arbres en feu volaient de toutes parts sur mon camion, et j’ai cru que mon pare-brise allait éclater. Je traversais des braises rougeoyantes et j’ai croisé une tornade de cendres qui ne demandaient qu’à s’enflammer. Je naviguais dans une fumée si épaisse que je ne pouvais même pas apercevoir la signalisation au sol.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2yn.jpg?itok=wikdSwAg" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2yn.jpg?itok=wikdSwAg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2yn.jpg?itok=ktSQKRjB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2yn.jpg?itok=ftdupblJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2yn.jpg?itok=KpwznoiE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2yn.jpg?itok=I_tZqM-4 1245w" alt="image" /></div><p>Mais rien de tout cela ne constituait la principale menace.</p><p>Celle-là provenait des arbres énormes qui brûlent jusqu’aux racines avant de s’effondrer, brisés par le feu. On entend constamment leurs craquements sinistres et parfois ils tombent en travers de la route. Un arbre a ainsi atterri sur une équipe de pompiers, faisant des blessés parmi eux. Un autre s’est abattu juste devant moi alors que je prenais des photos du brasier.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2k3.jpg?itok=z87B9fWm" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2k3.jpg?itok=z87B9fWm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2k3.jpg?itok=kgXPn9oL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2k3.jpg?itok=QDGapeab 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2k3.jpg?itok=WOkITRRZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2k3.jpg?itok=GX1RtAIj 1245w" alt="image" /></div><p>Heureusement, j’ai acquis des années d’expérience et de connaissance des incendies, comment ils se comportent et comment ils évoluent. C’est ainsi que je sais comment me donner le maximum de chances de m’en sortir.</p><p>Les habitants des petites villes et communautés rurales sont vulnérables face aux feux et doivent souvent répondre à un ordre d’évacuation immédiat devant une menace imminente, comme c’était le cas à Greenville – ordre fondé, pour de bonnes raisons.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hb.jpg?itok=3CWDILv3" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hb.jpg?itok=3CWDILv3 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hb.jpg?itok=rW2qENup 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hb.jpg?itok=_qIgKNKl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hb.jpg?itok=8H3rZ6Ra 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2hb.jpg?itok=xfRdv70J 1245w" alt="image" /></div><p>Cette fois, en plus de la couverture de l’incendie je voulais essayer quelque chose de complètement nouveau, de lancer des séries « Avant/Après » pour montrer comme le feu peut être dévastateur. Le défi, bien sûr, était  d’anticiper ce qui risquait de brûler avant que ça ne disparaisse. Alors j’ai pris mes propres paris.</p><p>A Greenville, environ une semaine avant l’incendie de la ville, la fumée obscurcissait déjà le soleil et le ciel était devenu rouge foncé. C’est à ce moment-là que j’ai pris la plupart de mes photos « Avant ».  Je suis même rentré dans le bar où, en dépit de l’ordre d’évacuation, les habitants continuaient de boire et de jouer aux dés.</p><p>Ils ont survécu, pas le bar.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2gg.jpg?itok=T_njlDJQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2gg.jpg?itok=T_njlDJQ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2gg.jpg?itok=3k9pTwWi 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2gg.jpg?itok=L8ip2OSo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2gg.jpg?itok=jJhklKTj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/2021-august-california-fires/9kv2gg.jpg?itok=XthxZva3 1245w" alt="image" /></div><p>J’espère qu’avec cette série, les gens réaliseront l’intensité du danger que les incendies de forêt peuvent constituer. Surtout, j’espère que les histoires que je raconte avec mes photos donnent une juste représentation de ce que ça signifie de se trouver au milieu de telles tempêtes de feu.</p><p>Être tranquillement au bar à écluser des bières avec ses copains. Et une minute plus tard, voir sa ville entière réduite en cendres.</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/apres-le-brasier</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/apres-le-brasier</guid>
      <pubDate>Wed, 11 Aug 2021 16:46:07 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Ces femmes qui ont tant à perdre en Afghanistan]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2">J’ai  tout de suite pensé à elle. Quand il a été décidé de dresser une série de portraits de femmes qui avaient tout conquis par la force de leur combat, et tout à perdre d'un éventuel retour des talibans au pouvoir, Rada s'est imposée comme une évidence: forte personnalité, forte tête même, résolue au point d'en paraître parfois rugueuse, intransigeante, artiste libre, militante de la cause des femmes, sans jamais craindre de déranger.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=tSSVatk7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=tSSVatk7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=6oy0CngS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=qEkxFl2v 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=HPTCNh4X 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=x9xgL2uO 1245w" alt="image" />Rada Akbar (AFP / Adek Berry)</div><p class="c2">Je l'avais vue remettre en place sans ménagement diplomates, confrères et pseudo-experts qui lui demandaient ingénument - et au nom de quoi? - si elle était “vraiment représentative des femmes afghanes” </p><p class="c2">“En quoi le serais-je moins?”, rétorquait-elle alors, le regard noir. Sous-entendu: quelle image avez-vous imprimé dans votre psyché, dans quelle case la rangez-vous, la femme afghane?</p><aside class="lquote"><blockquote>
<p>Elle m'a d'abord demandé de continuer via la messagerie cryptée Signal. Puis il a fallu cinq heures de discussion  et l'intervention d'amies communes pour la convaincre de parler devant notre caméra. Rada avait peur.</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Aussi, son hésitation à mon premier appel m'a prise de court. Elle m'a d'abord demandé de continuer via la messagerie cryptée Signal. Puis il a fallu cinq heures de discussion en tête à tête et l'intervention d'amies communes pour la convaincre de parler devant notre caméra. Rada avait peur.</p><p class="c2">Le retour à Kaboul après presque trois ans d'absence était une fête. Une émotion véritable quand l'avion, avant de se poser, survole longuement les pics acérés noyés de poussière, des drapés plissés beiges comme autant de vagues minérales qui enserrent la ville et l'aéroport.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=LteHjtPM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=LteHjtPM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=mvaWm8Cf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=qAKnrwnb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=MWmvAsnC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=Db8_G0ej 1245w" alt="image" />(AFP / Joel Saget)</div><p class="c2">Mais passée la joie fébrile des retrouvailles, c'est l'anxiété des uns et la détresse des autres qui a pris le dessus. Dans l'incertitude et la peur de ce qui allait advenir, chacun tentait d'imaginer l'avenir et d'échafauder des plans pour déjouer le pire, de plus en plus proche. Ceux qui fin mai doutaient encore de vouloir partir commençaient fin juin les préparatifs et les démarches en espérant pouvoir s'échapper à temps. </p><p class="c2">Depuis, les talibans n'ont cessé de conquérir de nouveaux territoires. Et les échos qui parviennent des zones qu'ils occupent - le plus souvent sans avoir eu à combattre tant la lassitude de la guerre a gagné les rangs d'une armée mal formée, mal équipée, souvent impayée - n'ont fait qu'accroître la terreur de tout un pays qui se sent abandonné du reste du monde.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=mjf02tY4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=mjf02tY4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=sPABWRVm 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=1g3I7PUI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=0XhjdGHE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=qLKJEanC 1245w" alt="image" />Combattants talibans non loin de Gardez, dans la province de Paktia, en Afghanistan, en juillet 2017 (AFP / Faridullah Ahmadzai)</div><p class="c2">Dans les villes surtout, depuis près d'un an, tous ceux qui pensent, s'éduquent, militent, réfléchissent, écrivent, protestent, vivent avec une cible accrochée dans le dos: entre septembre 2020 et mai 2021, les autorités ont répertorié 180 assassinats ciblés de journalistes, magistrats, avocats, militants des droits humains et droits des femmes. Ils tombent sous les balles ou sautent sur les engins explosifs collés sous leur voiture. </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9696xq.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9696xq.jpg?itok=gCk5IOFc" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A security personnel is seen near a damaged vehicle after a blast in Kabul on March 18, 2021. (Photo by WAKIL KOHSAR / AFP) (AFP / Wakil Kohsar)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8tt86z.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8tt86z.jpg?itok=lFqde8YN" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Students search for their belongings in a room near the site where a suicide bomber blew himself up in Kawsar-e Danis education centre, in Kabul on October 25, 2020. - A suicide bomber struck near an education centre in the Afghan capital Kabul on October 24, killing at least 18 people in an attack claimed by the extremist Islamic State that rocked the conflict-wracked country. (Photo by WAKIL KOHSAR / AFP) (AFP / Wakil Kohsar)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8xh3zb.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8xh3zb.jpg?itok=RB2AqXfX" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A man stands besides broken window panes near the site of an attack in Kabul on December 20, 2020. - A car bomb targeting an Afghan lawmaker killed nine people and wounded more than a dozen in Kabul on December 20, officials said, the latest attack to rock the capital. (Photo by Zakeria HASHIMI / AFP) (AFP / Zakeria Hashimi)</figcaption></figure></div><p class="c2">Le NDS, les services de renseignement afghans, préviennent parfois ceux qui sont “sur la liste”. Les autres reçoivent des menaces, des coups de fils nocturnes, des “night notes”, petites notes de papier laissées nuitamment sur les portes, se sentent suivis.</p><p class="c2">Que la menace soit concrète ou supposée, le résultat est le même: chaque cible potentielle réduit ses déplacements, abandonne toute forme de routine, comme se rendre au club de gym, sortir dîner avec des amis...  <em>“Je me retourne sans cesse en marchant dans la rue”</em>, avoue le jeune directeur d'une radio qu'il dirige de chez lui depuis novembre dernier après avoir fermé ses bureaux.</p><p class="c2">Les talibans n'ont jamais revendiqué cette vague d'assassinats, mais il est clair, pour ceux qui se sentent visés, qu'ils font le ménage avant de prendre les villes et le pouvoir. Quant aux autorités, qui renâclent désormais à publier les statistiques à jour des assassinats, elles n'ont jamais conduit d'enquête - ni même promis de le faire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=vGPMqhMa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=vGPMqhMa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=56mZ4hfk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=kVz8Ck5J 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=Q3KnNsGO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=tABN2nD9 1245w" alt="image" />Peinture murale à Kaboul, le 22 septembre 2020 (AFP / Wakil Kohsar)</div><p class="c2">Quand j'appelle Rada, je contacte aussi d'autres femmes, universitaires, chercheuses... <em>“Je veux bien te parler mais pas d'images”.</em> L'une d'elles a été explicitement menacée sur Twitter. Certaines affirment qu'elles sont malades ou cas contact - le Covid frappe dur à ce moment là - d'autres sont déjà à l'étranger - et pas bien sûres de revenir, même si elles ne le disent pas. Rada, elle, hésite.</p><p class="c2">Elle a déjà dû s'enfuir toutes affaires cessantes pour se mettre à l'abri cet hiver, dans un pays proche. Elle est rentrée, malgré tout, pour terminer les préparatifs de son exposition annuelle à l'occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Mais elle en a fait un événement en ligne : <em>“Organiser un vernissage comme on le faisait les dernières années aurait été trop dangereux pour les visiteurs”.</em></p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c3" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=O0mny1Yz" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=O0mny1Yz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=-TaWXwOb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=9GaZTcJb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=4gxDy_ze 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=Yhl_4exg 1245w" alt="image" /></div><p class="c2">Elle aussi limite ses déplacements, sort au minimum, voit peu ses amis, ne dort jamais plus de deux ou trois nuits au même endroit et rarement chez elle. Sa voiture ne quitte plus son garage: elle pourrait servir à l'identifier. Une de ses meilleures amies, Fatima,  a été la première d'entre elles assassinée en juin 2020: alors qu'elle se rendait au travail, à la Commission indépendante des droits humains, un bombe placée sous sa voiture l'a tuée avec son chauffeur. Fatima, que ses amis appelaient Natasha, une reine des dance-floor titulaire de deux masters et parlant cinq langues, avait 24 ans; elle venait de regagner Kaboul après cinq ans d'études à l'étranger.</p><p class="c2">Ayant finalement accepté de prolonger l'interview devant la caméra, Rada a longuement hésité sur le lieu du tournage avant d'opter pour la maison d'une amie: un lieu où elle se sentirait en sécurité, mais aussi suffisamment “afghan” pour traduire l'attachement qu'elle porte à son pays. </p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>"Il n'y a aucune garantie de préserver les droits que nous avons conquis"</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Assise sur les <em>toshaks</em> (les gros coussins des salons afghans), elle exprime sa colère face au retrait accéléré des Américains, qui retirent leurs forces sans avoir posé de conditions à leur départ ni d'exigences aux talibans. <em>“Il n'y a aucune garantie de préserver les droits que nous avons conquis. Cet accord est une trahison qui légitime les talibans”</em>, s'insurge-t-elle.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=a87q_7CZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=a87q_7CZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=DMLPBmyb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=r4WWujRB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=3qySQ5zF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=RNbiHEN1 1245w" alt="image" />Rada Akbar, à Kaboul, le 20 juin 2021 (AFP / Adek Berry)</div><p class="c2">Elle évoque ces reines du passé, architectes et bâtisseuses, l'éducation qu'elle et ses sœurs ont reçues, par la volonté de leurs deux parents, père et mère, pourtant originaires d'une province rurale du nord.  Son indépendance, acquise, avec leur soutien.</p><p class="c2">Et soudain, son émotion déborde la mienne.  <em>“Aujourd'hui, c’est difficile de garder espoir. Chaque jour peut être le dernier. Et ce n'est pas que moi, on ressent tous la même chose. Que va-t-il se passer demain, serai-je encore vivante?”</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=jFUMqSra" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=jFUMqSra 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=8cBXI9wx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=vTqAIT5w 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=1nkCZdwJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=YrVd5YYB 1245w" alt="image" />Hommes en armes décidés à soutenir les forces afghanes contre les talibans, à Herat (ouest), le 9 juillet 2021 (AFP / Hoshang Hashimi)</div><p class="c2">La voir si bouleversée me fait monter les larmes aux yeux - ça ne m'était jamais arrivé en reportage, où que ce soit, même dans les pires conditions. Derrière la caméra, Justine cesse de filmer. Adek pose son appareil.  Le désespoir de Rada a pris possession de la pièce et donne corps à celui des Afghanes.</p><p class="c2">La Turquie lui a refusé un visa. La France, aux dernières nouvelles, semble lui tendre la main. Mais avant de partir, Rada veut mettre ses travaux à l'abri.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=dLdVrYXU" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=dLdVrYXU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=ikXXwT93 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=Yf_YmT9F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=Nehpkak6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=vBS4Dvu9 1245w" alt="image" />Mary Akrami, le 22 juin 2021 à Kaboul (AFP / Adek Berry)</div> <p>Deux autres femmes rencontrées pour cette série – <strong>Mary Akrami</strong>, qui a ouvert des abris pour les femmes qui fuient une famille ou un mari abusif et <strong>Laila Haidari</strong>, la</p><strong id="docs-internal-guid-5382c2ec-7fff-d89d-19e2-982f8a41d0fa">“</strong>mèredes drogués de Kabul auxquels elle offre un sevrage, des soins et une vie après la drogue -  doutent elles aussi de leur place future si l’Afghanistan retombe entre les mains des extrémistes.</div><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=sN7eSr-I" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=sN7eSr-I 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=WVqeD1eE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=960L-NSO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=Dqwf7QLO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=geYsqhs5 1245w" alt="image" />Laila Haidari, le 25 juin 2012 (AFP / Qais Usyan)</div><p>Certains experts et observateurs veulent croire que les talibans ont changé. Mais les témoignages qui parviennent des districts tombés entre leurs mains contredisent déjà cet optimisme : les femmes, forcément bâchées sous la burqa, sont aussitôt interdites de sorties non accompagnées, sans <em>marham,</em> le terme pour désigner un homme de la famille qui fait office de chaperon; les écoles de filles sont généralement fermées - ou réduites à quelques classes pour les moins de 12 ans. </p></div><p class="c2"> </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=fAN1mKfa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=fAN1mKfa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=IvYG3nNI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=lgA6MoEo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=mgow8DK5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=2kK__lVh 1245w" alt="image" />Route du district d' Arghandab à Kandahar, le 30 septembre 2020 (AFP / Wakil Kohsar)</div><p class="c2">Dans le sud, autour de Kandahar, leur ancien bastion, les insurgés soldent des comptes sanglants avec les employés du gouvernement considérés comme des traîtres.</p><p class="c2">Rada, Mary, Laila tremblent – et les hommes avec elles. Personne n’est aujourd’hui en mesure de les rassurer, de leur garantir qu’une nuit sans fin ne va pas s’abattre de nouveau sur l’Afghanistan. La seule question, pour les plus honnêtes, c’est  <em>quand</em>.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=ITaR1SgE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=ITaR1SgE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=MIhnL1GA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=pLI7ffM_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=EFDJ1Xm9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=78mzDlh7 1245w" alt="image" />Juillet 2021, le membre d'une milice luttant contre les talibans monte la garde, dans le district de Charkint, (province de Balkh) (AFP / Farshad Usyan)</div><p class="c4"><em>Récit: Anne Chaon. Mise en page: Michaëla Cancela-Kieffer</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/ces-femmes-qui-ont-tant-perdre-en-afghanistan</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/ces-femmes-qui-ont-tant-perdre-en-afghanistan</guid>
      <pubDate>Sun, 01 Aug 2021 15:12:07 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Ces femmes qui on tant à perdre en Afghanistan]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2">J’ai  tout de suite pensé à elle. Quand il a été décidé de dresser une série de portraits de femmes qui avaient tout conquis par la force de leur combat, et tout à perdre d'un éventuel retour des talibans au pouvoir, Rada s'est imposée comme une évidence: forte personnalité, forte tête même, résolue au point d'en paraître parfois rugueuse, intransigeante, artiste libre, militante de la cause des femmes, sans jamais craindre de déranger.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=tSSVatk7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=tSSVatk7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=6oy0CngS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=qEkxFl2v 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=HPTCNh4X 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9ly.jpg?itok=x9xgL2uO 1245w" alt="image" />Rada Akbar (AFP / Adek Berry)</div><p class="c2">Je l'avais vue remettre en place sans ménagement diplomates, confrères et pseudo-experts qui lui demandaient ingénument - et au nom de quoi? - si elle était “vraiment représentative des femmes afghanes” </p><p class="c2">“En quoi le serais-je moins?”, rétorquait-elle alors, le regard noir. Sous-entendu: quelle image avez-vous imprimé dans votre psyché, dans quelle case la rangez-vous, la femme afghane?</p><aside class="lquote"><blockquote>
<p>Elle m'a d'abord demandé de continuer via la messagerie cryptée Signal. Puis il a fallu cinq heures de discussion  et l'intervention d'amies communes pour la convaincre de parler devant notre caméra. Rada avait peur.</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Aussi, son hésitation à mon premier appel m'a prise de court. Elle m'a d'abord demandé de continuer via la messagerie cryptée Signal. Puis il a fallu cinq heures de discussion en tête à tête et l'intervention d'amies communes pour la convaincre de parler devant notre caméra. Rada avait peur.</p><p class="c2">Le retour à Kaboul après presque trois ans d'absence était une fête. Une émotion véritable quand l'avion, avant de se poser, survole longuement les pics acérés noyés de poussière, des drapés plissés beiges comme autant de vagues minérales qui enserrent la ville et l'aéroport.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=LteHjtPM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=LteHjtPM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=mvaWm8Cf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=qAKnrwnb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=MWmvAsnC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_del249568.jpg?itok=Db8_G0ej 1245w" alt="image" />(AFP / Joel Saget)</div><p class="c2">Mais passée la joie fébrile des retrouvailles, c'est l'anxiété des uns et la détresse des autres qui a pris le dessus. Dans l'incertitude et la peur de ce qui allait advenir, chacun tentait d'imaginer l'avenir et d'échafauder des plans pour déjouer le pire, de plus en plus proche. Ceux qui fin mai doutaient encore de vouloir partir commençaient fin juin les préparatifs et les démarches en espérant pouvoir s'échapper à temps. </p><p class="c2">Depuis, les talibans n'ont cessé de conquérir de nouveaux territoires. Et les échos qui parviennent des zones qu'ils occupent - le plus souvent sans avoir eu à combattre tant la lassitude de la guerre a gagné les rangs d'une armée mal formée, mal équipée, souvent impayée - n'ont fait qu'accroître la terreur de tout un pays qui se sent abandonné du reste du monde.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=mjf02tY4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=mjf02tY4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=sPABWRVm 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=1g3I7PUI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=0XhjdGHE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_qp8ey.jpg?itok=qLKJEanC 1245w" alt="image" />Combattants talibans non loin de Gardez, dans la province de Paktia, en Afghanistan, en juillet 2017 (AFP / Faridullah Ahmadzai)</div><p class="c2">Dans les villes surtout, depuis près d'un an, tous ceux qui pensent, s'éduquent, militent, réfléchissent, écrivent, protestent, vivent avec une cible accrochée dans le dos: entre septembre 2020 et mai 2021, les autorités ont répertorié 180 assassinats ciblés de journalistes, magistrats, avocats, militants des droits humains et droits des femmes. Ils tombent sous les balles ou sautent sur les engins explosifs collés sous leur voiture. </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9696xq.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9696xq.jpg?itok=gCk5IOFc" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A security personnel is seen near a damaged vehicle after a blast in Kabul on March 18, 2021. (Photo by WAKIL KOHSAR / AFP) (AFP / Wakil Kohsar)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8tt86z.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8tt86z.jpg?itok=lFqde8YN" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Students search for their belongings in a room near the site where a suicide bomber blew himself up in Kawsar-e Danis education centre, in Kabul on October 25, 2020. - A suicide bomber struck near an education centre in the Afghan capital Kabul on October 24, killing at least 18 people in an attack claimed by the extremist Islamic State that rocked the conflict-wracked country. (Photo by WAKIL KOHSAR / AFP) (AFP / Wakil Kohsar)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8xh3zb.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8xh3zb.jpg?itok=RB2AqXfX" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A man stands besides broken window panes near the site of an attack in Kabul on December 20, 2020. - A car bomb targeting an Afghan lawmaker killed nine people and wounded more than a dozen in Kabul on December 20, officials said, the latest attack to rock the capital. (Photo by Zakeria HASHIMI / AFP) (AFP / Zakeria Hashimi)</figcaption></figure></div><p class="c2">Le NDS, les services de renseignement afghans, préviennent parfois ceux qui sont “sur la liste”. Les autres reçoivent des menaces, des coups de fils nocturnes, des “night notes”, petites notes de papier laissées nuitamment sur les portes, se sentent suivis.</p><p class="c2">Que la menace soit concrète ou supposée, le résultat est le même: chaque cible potentielle réduit ses déplacements, abandonne toute forme de routine, comme se rendre au club de gym, sortir dîner avec des amis...  <em>“Je me retourne sans cesse en marchant dans la rue”</em>, avoue le jeune directeur d'une radio qu'il dirige de chez lui depuis novembre dernier après avoir fermé ses bureaux.</p><p class="c2">Les talibans n'ont jamais revendiqué cette vague d'assassinats, mais il est clair, pour ceux qui se sentent visés, qu'ils font le ménage avant de prendre les villes et le pouvoir. Quant aux autorités, qui renâclent désormais à publier les statistiques à jour des assassinats, elles n'ont jamais conduit d'enquête - ni même promis de le faire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=vGPMqhMa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=vGPMqhMa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=56mZ4hfk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=kVz8Ck5J 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=Q3KnNsGO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8qh2na_1.jpg?itok=tABN2nD9 1245w" alt="image" />Peinture murale à Kaboul, le 22 septembre 2020 (AFP / Wakil Kohsar)</div><p class="c2">Quand j'appelle Rada, je contacte aussi d'autres femmes, universitaires, chercheuses... <em>“Je veux bien te parler mais pas d'images”.</em> L'une d'elles a été explicitement menacée sur Twitter. Certaines affirment qu'elles sont malades ou cas contact - le Covid frappe dur à ce moment là - d'autres sont déjà à l'étranger - et pas bien sûres de revenir, même si elles ne le disent pas. Rada, elle, hésite.</p><p class="c2">Elle a déjà dû s'enfuir toutes affaires cessantes pour se mettre à l'abri cet hiver, dans un pays proche. Elle est rentrée, malgré tout, pour terminer les préparatifs de son exposition annuelle à l'occasion du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes. Mais elle en a fait un événement en ligne : <em>“Organiser un vernissage comme on le faisait les dernières années aurait été trop dangereux pour les visiteurs”.</em></p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c3" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=O0mny1Yz" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=O0mny1Yz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=-TaWXwOb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=9GaZTcJb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=4gxDy_ze 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/women-afghanistan-july21/001_9fd6tu_jpeg.jpg?itok=Yhl_4exg 1245w" alt="image" /></div><p class="c2">Elle aussi limite ses déplacements, sort au minimum, voit peu ses amis, ne dort jamais plus de deux ou trois nuits au même endroit et rarement chez elle. Sa voiture ne quitte plus son garage: elle pourrait servir à l'identifier. Une de ses meilleures amies, Fatima,  a été la première d'entre elles assassinée en juin 2020: alors qu'elle se rendait au travail, à la Commission indépendante des droits humains, un bombe placée sous sa voiture l'a tuée avec son chauffeur. Fatima, que ses amis appelaient Natasha, une reine des dance-floor titulaire de deux masters et parlant cinq langues, avait 24 ans; elle venait de regagner Kaboul après cinq ans d'études à l'étranger.</p><p class="c2">Ayant finalement accepté de prolonger l'interview devant la caméra, Rada a longuement hésité sur le lieu du tournage avant d'opter pour la maison d'une amie: un lieu où elle se sentirait en sécurité, mais aussi suffisamment “afghan” pour traduire l'attachement qu'elle porte à son pays. </p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>"Il n'y a aucune garantie de préserver les droits que nous avons conquis"</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Assise sur les <em>toshaks</em> (les gros coussins des salons afghans), elle exprime sa colère face au retrait accéléré des Américains, qui retirent leurs forces sans avoir posé de conditions à leur départ ni d'exigences aux talibans. <em>“Il n'y a aucune garantie de préserver les droits que nous avons conquis. Cet accord est une trahison qui légitime les talibans”</em>, s'insurge-t-elle.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=a87q_7CZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=a87q_7CZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=DMLPBmyb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=r4WWujRB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=3qySQ5zF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dk9np.jpg?itok=RNbiHEN1 1245w" alt="image" />Rada Akbar, à Kaboul, le 20 juin 2021 (AFP / Adek Berry)</div><p class="c2">Elle évoque ces reines du passé, architectes et bâtisseuses, l'éducation qu'elle et ses sœurs ont reçues, par la volonté de leurs deux parents, père et mère, pourtant originaires d'une province rurale du nord.  Son indépendance, acquise, avec leur soutien.</p><p class="c2">Et soudain, son émotion déborde la mienne.  <em>“Aujourd'hui, c’est difficile de garder espoir. Chaque jour peut être le dernier. Et ce n'est pas que moi, on ressent tous la même chose. Que va-t-il se passer demain, serai-je encore vivante?”</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=jFUMqSra" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=jFUMqSra 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=8cBXI9wx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=vTqAIT5w 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=1nkCZdwJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9eg3tg.jpg?itok=YrVd5YYB 1245w" alt="image" />Hommes en armes décidés à soutenir les forces afghanes contre les talibans, à Herat (ouest), le 9 juillet 2021 (AFP / Hoshang Hashimi)</div><p class="c2">La voir si bouleversée me fait monter les larmes aux yeux - ça ne m'était jamais arrivé en reportage, où que ce soit, même dans les pires conditions. Derrière la caméra, Justine cesse de filmer. Adek pose son appareil.  Le désespoir de Rada a pris possession de la pièce et donne corps à celui des Afghanes.</p><p class="c2">La Turquie lui a refusé un visa. La France, aux dernières nouvelles, semble lui tendre la main. Mais avant de partir, Rada veut mettre ses travaux à l'abri.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=dLdVrYXU" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=dLdVrYXU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=ikXXwT93 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=Yf_YmT9F 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=Nehpkak6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9dm7b8.jpg?itok=vBS4Dvu9 1245w" alt="image" />Mary Akrami, le 22 juin 2021 à Kaboul (AFP / Adek Berry)</div> <p>Deux autres femmes rencontrées pour cette série – <strong>Mary Akrami</strong>, qui a ouvert des abris pour les femmes qui fuient une famille ou un mari abusif et <strong>Laila Haidari</strong>, la</p><strong id="docs-internal-guid-5382c2ec-7fff-d89d-19e2-982f8a41d0fa">“</strong>mèredes drogués de Kabul auxquels elle offre un sevrage, des soins et une vie après la drogue -  doutent elles aussi de leur place future si l’Afghanistan retombe entre les mains des extrémistes.</div><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=sN7eSr-I" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=sN7eSr-I 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=WVqeD1eE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=960L-NSO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=Dqwf7QLO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_hkg7884591.jpg?itok=geYsqhs5 1245w" alt="image" />Laila Haidari, le 25 juin 2012 (AFP / Qais Usyan)</div><p>Certains experts et observateurs veulent croire que les talibans ont changé. Mais les témoignages qui parviennent des districts tombés entre leurs mains contredisent déjà cet optimisme : les femmes, forcément bâchées sous la burqa, sont aussitôt interdites de sorties non accompagnées, sans <em>marham,</em> le terme pour désigner un homme de la famille qui fait office de chaperon; les écoles de filles sont généralement fermées - ou réduites à quelques classes pour les moins de 12 ans. </p></div><p class="c2"> </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=fAN1mKfa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=fAN1mKfa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=IvYG3nNI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=lgA6MoEo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=mgow8DK5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_8r4384.jpg?itok=2kK__lVh 1245w" alt="image" />Route du district d' Arghandab à Kandahar, le 30 septembre 2020 (AFP / Wakil Kohsar)</div><p class="c2">Dans le sud, autour de Kandahar, leur ancien bastion, les insurgés soldent des comptes sanglants avec les employés du gouvernement considérés comme des traîtres.</p><p class="c2">Rada, Mary, Laila tremblent – et les hommes avec elles. Personne n’est aujourd’hui en mesure de les rassurer, de leur garantir qu’une nuit sans fin ne va pas s’abattre de nouveau sur l’Afghanistan. La seule question, pour les plus honnêtes, c’est  <em>quand</em>.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=ITaR1SgE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=ITaR1SgE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=MIhnL1GA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=pLI7ffM_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=EFDJ1Xm9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/000_9fb34e.jpg?itok=78mzDlh7 1245w" alt="image" />Juillet 2021, le membre d'une milice luttant contre les talibans monte la garde, dans le district de Charkint, (province de Balkh) (AFP / Farshad Usyan)</div><p class="c4"><em>Récit: Anne Chaon. Mise en page: Michaëla Cancela-Kieffer</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/ces-femmes-qui-tant-perdre-en-afghanistan</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/ces-femmes-qui-tant-perdre-en-afghanistan</guid>
      <pubDate>Sun, 01 Aug 2021 09:50:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Femmes photographes: Ina Fassbender]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2">La photojournaliste allemande Ina Fassbender avait 16 ans quand elle s’est saisie pour la première fois d’un appareil photo dans l’espoir de rapporter les secousses du monde. Dans son objectif, une manifestation antinucléaire à Hanau (Allemagne de l’ouest). Depuis, ses passions pour l’environnement et la photographie ont grandi ensemble, et cohabitent avec son goût pour la couverture d’événements sportifs. </p><p class="c3"><strong>D’où vient votre passion pour la photographie ? </strong></p><p class="c2">C’est une passion familiale, transmise de génération en génération. Mon père n’était pas photographe professionnel mais il adorait faire des photos, un hobby qu’il avait hérité de son père. J’ai grandi entourée de vieux appareils, qui trainaient partout chez nous. Nous aimions accompagner mon père dans le labo photo où il développait ses clichés. Et mes premières photographies remontent à mes dix ans, un jeu d’enfants avec mes quatre sœurs. Avec l'aînée, nous avons pris des centaines de photographies en faisant toutes sortes de grimaces et nous les avons développées nous-mêmes. </p><p class="c2">Après le lycée, j’ai fait des études de géographie puis j'ai bifurqué vers la mécanique. Mais ma vraie passion était ailleurs: c’était la photo. Quand ma soeur cadette est devenue photojournaliste, elle m’a dit, <em>Ina, tu pourrais devenir photographe de sports</em>. Et j’ai répondu: <em>d’accord!</em> alors que je ne savais rien sur le sujet. J’ai eu une opportunité en or, et c’est devenu une véritable passion. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_ina.jpg?itok=nZ5z-vl6" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_ina.jpg?itok=nZ5z-vl6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_ina.jpg?itok=Ohc0vORD 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_ina.jpg?itok=kvs2x9-2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_ina.jpg?itok=1AVjZWZd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_ina.jpg?itok=bQoj5EiD 1245w" alt="image" />Ina Fassbender, années 1980</div><p class="c2">Je travaillais dans une petite équipe ce qui m’a permis d’avoir assez rapidement des couvertures importantes. J’ai couvert des compétitions de Formule 1 partout dans le monde, j’ai voyagé à Paris pour Roland Garros ou encore à Barcelone pour les Jeux olympiques de 1992. Ma soeur était très fière de moi. Il nous arrivait de couvrir des événements ensemble, nous étions les soeurs photographes !</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9768xq.jpg?itok=MqxKzgKw" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9768xq.jpg?itok=MqxKzgKw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9768xq.jpg?itok=wf7o-IIB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9768xq.jpg?itok=3ch5BmKs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9768xq.jpg?itok=HWIUVc9W 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9768xq.jpg?itok=R_zCyvG5 1245w" alt="image" />(AFP / Ina Fassbender)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1nu9u7.jpg?itok=gatn3CUY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1nu9u7.jpg?itok=gatn3CUY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1nu9u7.jpg?itok=TEBWFQia 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1nu9u7.jpg?itok=UV2wI3c7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1nu9u7.jpg?itok=8kY54WyL 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1nu9u7.jpg?itok=GdrXGRRI 1245w" alt="image" />Le milieu de terrain suisse Denis Zakaria pendant un match de Bundesliga opposant l'équipe de Schalke 04 au Borussia Moenchengladbach, le 17 janvier 2020 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Sur quoi vous concentrez-vous aujourd’hui ? </strong></p><p class="c2">J’aime toujours autant la photographie sportive. Cela permet de saisir des émotions très fortes. De la plus grande des joies au désespoir le plus absolu. Je suis ravie de pouvoir faire partie de l’équipe  qui couvre les JO de Tokyo.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9g489h.jpg?itok=y-nOBeY8" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9g489h.jpg?itok=y-nOBeY8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9g489h.jpg?itok=_Oi-FjEa 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9g489h.jpg?itok=RXgNdFK_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9g489h.jpg?itok=04_uwDZI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9g489h.jpg?itok=lzpqMRYs 1245w" alt="image" />La gardienne de but de l'équipe de hockey néozélandaise Grace O'Hanlon pendant un match contre l'Argentine aux JO de Tokyo, le 25 juillet 2021 (AFP / Ina Fassbender)
 
 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Il y a au programme des sports que je n’ai pas couvert depuis longtemps, comme le hockey, le cyclisme ou encore l’athlétisme. Depuis que la pandémie de Covid-19 a éclaté, il n’y a plus eu que du football ! Et pendant les matchs les photographes ne pouvaient pas se déplacer, ils devaient travailler depuis un seul site, en espérant que toutes les actions importantes se dérouleraient de leur côté du stade !</p><p class="c3"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97z9nz.jpg?itok=Hbno2Z-j" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97z9nz.jpg?itok=Hbno2Z-j 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97z9nz.jpg?itok=Wwn3BX0F 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97z9nz.jpg?itok=6ooAPz9j 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97z9nz.jpg?itok=RK8ZyiHm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97z9nz.jpg?itok=MwTGZlG- 1245w" alt="image" />Le milieu de terrain de Dortmund Jude Bellingham (gauche) euphorique après son but marqué face à Manchester City en quarts de finale de la Ligue des Champions, le 14 avril 2021 à Dortmund (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c2">J’ai eu parfois beaucoup de chance, comme quand ce milieu de terrain de  Dortmund, Jude Bellingham a fêté son but en Ligue des champions en regardant tout droit dans ma caméra.</p><p class="c2">Avec d’autres sports, on peut se permettre d’être plus créatif aussi bien au niveau des angles que des temps de pose. A Roland Garros, on peut se déplacer sur une dizaine de spots. On peut attendre d’avoir la meilleure lumière et jouer avec; ou jouer avec les ombres et les rayons de soleil.   </p><p class="c2">J’adore aussi les reportages photo. Et j’aime capturer les situations telles qu’elles sont, en lumière naturelle, en me servant le moins possible du flash. Je prends le temps de parler avec les sujets pour gagner leur confiance. Les relations qui se créent avec les personnes que l’on rencontre en reportage sont souvent très spéciales: il se livrent sans vous connaître. On s’attache très facilement.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1oi847.jpg?itok=9NlCX5p2" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1oi847.jpg?itok=9NlCX5p2 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1oi847.jpg?itok=hW8ks9vL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1oi847.jpg?itok=t_AIvq0n 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1oi847.jpg?itok=WDHUstny 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1oi847.jpg?itok=lGJ_-FdF 1245w" alt="image" />Centrale à charbon à Niederaussem, dans l'ouest de l'Allemagne, le 29 janvier 2020 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">La crise environnementale est omniprésente dans mon travail depuis quelques années. Il est très important de montrer ce qui se passe et de susciter une prise de conscience.</p><p class="c2">Je m’intéresse aux conséquences de cette crise depuis l’adolescence. Quand j’avais 16 ans, je participais aux manifestations contre une centrale nucléaire à Hanau. Cela me rappelle les manifestations organisées par les jeunes de Fridays For Future d’aujourd’hui.. Mes premières photographies en tant que photojournaliste datent de cette époque. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7pw.jpg?itok=FzKoWDfY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7pw.jpg?itok=FzKoWDfY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7pw.jpg?itok=gFa_APHV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7pw.jpg?itok=svuGsuds 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7pw.jpg?itok=oLQHBL1f 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7pw.jpg?itok=W7zW5OGD 1245w" alt="image" />Vue aérienne de la forêt d'Iserlohn, dans l'ouest de l'Allemagne, le 11 juin 2021 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Les gens ont pris conscience de la crise depuis peu, avec les vagues de chaleur et les manifestations de Fridays for future. Et je pense que la photographie a un rôle très important à jouer pour attirer l’attention sur le réchauffement climatique. Il faut des images: ce qui échappe à la vue n'atteint pas l'esprit !</p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qv4b7.jpg?itok=UE5izuvx" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qv4b7.jpg?itok=UE5izuvx 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qv4b7.jpg?itok=1N_TNt54 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qv4b7.jpg?itok=wU8XIkZL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qv4b7.jpg?itok=01fkj-OM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qv4b7.jpg?itok=YkjFhd_s 1245w" alt="image" />Forêt d'Iserlohn, Allemagne de l'ouest, le 28 avril 2020 (AFP / Ina Fassbender)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7q9.jpg?itok=dbrouOu5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7q9.jpg?itok=dbrouOu5 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7q9.jpg?itok=0Mixzcwr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7q9.jpg?itok=w7yi99i_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7q9.jpg?itok=cFN25VtW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9bv7q9.jpg?itok=JABAyFf5 1245w" alt="image" />Forêt proche d'Iserlohn dans l'ouest de l'Allemagne, le 11 juin 2021 (AFP / Ina Fassbender)</div></div><p class="clear c2"> </p><p class="clear c2">J’ai notamment suivi l’évolution d’une forêt où j’aime bien me promener en vélo, la forêt d’Iserlohn. Les deux derniers étés ont été si secs que les arbres ont manqué d’eau. Ils ont aussi souffert d'une invasion de coléoptères très destructrice. Certains ont du être abattus.</p><p class="clear c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1rb09a.jpg?itok=qYa6ElMH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1rb09a.jpg?itok=qYa6ElMH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1rb09a.jpg?itok=f6O6d6BE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1rb09a.jpg?itok=mIEKky_H 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1rb09a.jpg?itok=NIyYKsZ5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1rb09a.jpg?itok=C7YR1XEQ 1245w" alt="image" />Vue aérienne d'une mine de charbon, le 8 mai 2020 (AFP / Ina Fassbender)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1ql4tc.jpg?itok=hxeLghdo" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1ql4tc.jpg?itok=hxeLghdo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1ql4tc.jpg?itok=vneWC9vv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1ql4tc.jpg?itok=CuATO5E0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1ql4tc.jpg?itok=q6fvqnWj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1ql4tc.jpg?itok=q3Bb8pa3 1245w" alt="image" />Séance photo dans un champ de tulipes le 14 avril 2020
 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c3"> </p><p class="c3"><strong>Quelle est la couverture qui vous a le plus marquée ?</strong></p><p class="c2">La pandémie. Quand tout a commencé, je me suis dit que je devrais tout donner dans cette couverture, car c’était l’Histoire avec un grand H qui se déroulait sous nos yeux. J’étais accro aux infos, jour et nuit. Je couvrais trois événements par jour et j’avais tant d’idées.. Si seulement les journées n’avaient pas eu que 24 heures !</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_96h7uh.jpg?itok=YTE2wS4X" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_96h7uh.jpg?itok=YTE2wS4X 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_96h7uh.jpg?itok=HgTT27dG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_96h7uh.jpg?itok=CRZ-b2w3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_96h7uh.jpg?itok=n_5N6cOx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_96h7uh.jpg?itok=_Elp-Ldc 1245w" alt="image" />Hôpital universitaire d'Essen, dans l'ouest de l'Allemagne, le 22 mars 2021 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c2">Je me suis rendue plusieurs fois dans les hôpitaux. Je garde un souvenir particulier en mémoire. Il y avait un patient âgé d’une trentaine d’années.. Et les soignants s’attendaient à ce qu’il meure. Il était si jeune et en bonne santé avant de passer par là… Quand je suis partie, j'en avais les larmes aux yeux. Je ne sais pas ce qu'il est devenu. On se rend dans ces services hospitaliers, accompagné d’un attaché de presse et puis on rentre chez soi. On ne sait plus rien sur la personne...</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qm2is.jpg?itok=KLyvumDn" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qm2is.jpg?itok=KLyvumDn 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qm2is.jpg?itok=DIMu1VmS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qm2is.jpg?itok=Es9IYkt1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qm2is.jpg?itok=8dHF8WFn 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1qm2is.jpg?itok=szrkNpeH 1245w" alt="image" />Hôpital universitaire d'Aachen, dans l'ouest de l'Allemagne, le 15 avril 2020 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c2">Mais j’ai découvert beaucoup d’initiatives encourageantes pendant cette étape. Comme cette boulangerie qui fabriquait des gâteaux ressemblant à du papier toilette, qui en a vendu des milliers !! </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q70d0.jpg?itok=4etOq9EQ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q70d0.jpg?itok=4etOq9EQ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q70d0.jpg?itok=R4aQFdkO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q70d0.jpg?itok=ewH47n2t 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q70d0.jpg?itok=137V4dMZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q70d0.jpg?itok=DJyLoXgk 1245w" alt="image" />Boulangerie Schuerener Backparadies à Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne le 26 mars 2020 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c2">Couvrir les inondations qui ont touché l’Allemagne fin juillet a été très marquant d’un point de vue émotionnel, en particulier quand je me suis rendue dans des zones touchées... à 40 km de ma ville natale. Je me suis sentie si impuissante. J’ai tenté de montrer le désastre… d’une certaine manière, c’était comme travailler dans une zone de guerre. Je n’ai pas caché mes émotions aux personnes que je rencontrais. Les gens voulaient me parler, ils prenaient le temps de me montrer leurs maisons détruites et de me raconter leurs histoires. Je me souviens de ce vieil homme, dans une chaise roulante, qui a échappé aux flots grâce à ses voisins. Ils se sont souvenus de lui juste à temps !</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9f34qg.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9f34qg.jpg?itok=rO5CTzjW" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Hagen (Allemagne), le 15 juillet 2021 (AFP / Ina Fassbender)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9f34qm.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9f34qm.jpg?itok=MMghhYg1" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Hagen (Allemagne), le 15 juillet 2021 (AFP / Ina Fassbender)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9ey76v.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x845"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9ey76v.jpg?itok=TXP0Nzmb" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Hagen (Allemagne), le 14 juillet 2021 (AFP / Ina Fassbender)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/flood2.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1236x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/flood2.jpg?itok=iLX7aCXK" alt="" /></a></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9f79cd.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_9f79cd.jpg?itok=OVOI1U6-" alt="" /></a></figure></div><p class="c3"> </p><p class="c3"><strong>Trois mots pour définir ton travail ?</strong></p><p class="c2">Préparation, responsabilité et honnêteté. La préparation est essentielle. Nous rencontrons toutes sortes de gens, des sportifs, des politiques, des économistes, des anonymes… je prends toujours soin d’enquêter sur les gens avant de les rencontrer, je fais des recherches en avance sur les personnes, les situations, les lieux... </p><div class="ww-item image"> <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q49jj.jpg?itok=Euni7d4W" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q49jj.jpg?itok=Euni7d4W 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q49jj.jpg?itok=6WjtJ-SJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q49jj.jpg?itok=A3BIBb-X 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q49jj.jpg?itok=vtkzWQV3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q49jj.jpg?itok=6Fr9OQkZ 1245w" alt="image" />Le cycliste allemand Ben Zwiehoff s'entraine chez lui, en plein confinement à Essen le 24 mars 2020 (AFP / Ina Fassbender)</div></div><p class="c2">J’ai choisi aussi le mot <strong>responsabilité</strong>, car elle est essentielle, encore plus de nos jours. Je me souviens, dans les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre, avoir pris en photo un homme qui avait imprimé le Coran sur du papier toilette. Je ne travaillais pas encore à l’AFP. Un débat s’était engagé avec mes collègues sur le fait de publier ou non ces images. Est-ce qu’elles mettraient la vie de cet homme en danger ? La décision de ne pas les diffuser a été prise car elles ne contenaient pas une information essentielle au regard des risques encourus. Personne ne se soucierait du sujet s’il n’y avait pas de photo. En revanche une photo peut complètement changer la donne. </p><p class="c2"><strong>L’honnêteté</strong> me paraît aussi indispensable. Il faut faire preuve de transparence sur la manière dont les photos vont être distribuées. Par exemple lorsque l’on fait des portraits d’enfants masqués à l’école. Même si les parents ont autorisé ces images je prend toujours le temps de discuter avec les enseignants en amont. Je leur explique clairement de quelle manière les photos sont utilisées mais je leur dit aussi que je ne peux pas le garantir à 100%. Parler aux personnes impliquées et s’assurer qu’elles comprennent ce qui est en jeu me paraît très important. </p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97n26m.jpg?itok=FRr1tXkr" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97n26m.jpg?itok=FRr1tXkr 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97n26m.jpg?itok=xsfKVo-H 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97n26m.jpg?itok=KoUsYevF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97n26m.jpg?itok=LiikCeFA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_97n26m.jpg?itok=LfmDlm1E 1245w" alt="image" />Enfant face à des cerisiers en fleurs, le 9 avril 2021 à Bonn (AFP / Ina Fassbender)
 (AFP / Ina Fassbender)</div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Etre une femme dans ce milieu, cela change quelque chose ?</strong></p><p class="c2">Etre une femme n’a pas eu d’impact sur mon travail. Ce qui compte au fond c’est de savoir qui a la meilleure photo. Ce qui compte, c’est le résultat. Je n’ai jamais eu de problèmes avec les hommes. Il arrive même qu’ils soient plus aimables avec moi, qu’ils me proposent de porter mon matériel <em>(rires...).</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_lk21417.jpg?itok=ocTcrNTc" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_lk21417.jpg?itok=ocTcrNTc 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_lk21417.jpg?itok=5UOiOa_X 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_lk21417.jpg?itok=aiB_rLYj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_lk21417.jpg?itok=Z7IooZom 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/thumbnail_lk21417.jpg?itok=RH6NJp2k 1245w" alt="image" />Ina Fassbender</div><p class="c2">Sauf peut-être quand j’attendais mon fils. Avant que je tombe enceinte, mon chef m’avait dit que j’aurais bientôt un travail à temps plein pour moi, et qu’il aimait beaucoup faire équipe avec moi. Mais quand je l’ai informé de l’heureux événement à venir, il a cessé de me donner des piges. C’était très dur, car il ne m’a pas dit clairement que je ne travaillerais plus. J’ai à nouveau eu du travail avec cet employeur -- c'était avant de travailler pour l'AFP --  quand le chef a changé. </p><p class="c3"> </p><p class="c3"><strong>Quels sont vos rêves pour l'avenir?</strong></p><p class="c2">Honnêtement, je n’ai pas de grand rêves… peut être est-ce dû au fait que je n’ai plus la vingtaine… Si vous m’aviez posé la question à l’époque, ma réponse aurait été différente. A mon âge, tout ce que je vis me convient. Mon travail actuel est la meilleure chose qui me soit arrivée en tant que photographe. Mon entourage professionnel est chaleureux, je peux travailler comme je l’entend et on me fait confiance. A ce stade, les belles relations me semblent plus importante que les rêves, plus importantes que d’aller quelque part ou de couvrir tel ou tel événement ! </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q972h.jpg?itok=_y1olT_D" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q972h.jpg?itok=_y1olT_D 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q972h.jpg?itok=fJwtPjJP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q972h.jpg?itok=wMH0seAw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q972h.jpg?itok=aXjWTE-o 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/ina-fassbender-july21/000_1q972h.jpg?itok=AxZM2yaQ 1245w" alt="image" />Cinéma de plein air à Essen, le 29 mars 2020 (AFP / Ina Fassbender)</div><p class="c3"><em>Interview par Eléonore Hughes à Paris. Traduction: Michaëla Cancela-Kieffer</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/femmes-photographes-ina-fassbender</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/femmes-photographes-ina-fassbender</guid>
      <pubDate>Sun, 25 Jul 2021 09:44:07 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Haïti, poser les bonnes questions]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2">Ces jours-ci, mon téléphone sonne sans cesse. “Pourquoi  Jovenel Moïse a-t-il été assassiné ?” me demandent inlassablement mes interlocuteurs, après la mort brutale du président haïtien, tué par balles à son domicile le 7 juillet.</p><p class="c2">Bannissez “pourquoi” de votre vocabulaire. C’est justement le conseil que je donnais un temps aux étrangers fraîchement arrivés en Haïti. Immanquablement, tous me demandaient aussitôt pourquoi. Après cette boutade, je leur expliquais qu’un “pourquoi” entraînerait quantité d’autres questions, qu’ils n’auraient pas le temps d’écouter et que la conversation s’achèverait inexorablement sur “Haïti, c’est compliqué”. </p><p><br /> </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c3" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/001_9e89qu_jpeg.jpg?itok=y3o_e-th" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/001_9e89qu_jpeg.jpg?itok=y3o_e-th 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/001_9e89qu_jpeg.jpg?itok=eR23z5F7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/001_9e89qu_jpeg.jpg?itok=qRyunv8x 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/001_9e89qu_jpeg.jpg?itok=LablOKB7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/001_9e89qu_jpeg.jpg?itok=9lqFPC_D 1245w" alt="image" /></div><p class="c2">Pourquoi une telle méconnaissance ?  Haïti est absente de nos livres d’histoire. Même à la faculté de Nantes, j’ai eu beau suivre des heures de cours magistral sur les guerres napoléoniennes, jamais je n’ai entendu les noms de Toussaint Louverture et de Jean-Jacques Dessalines, héros de la guerre d’indépendance menée contre la puissance coloniale française.  Ce n’est qu’en choisissant de consacrer ma maîtrise à la crise de la transition démocratique en Haïti que j’ai commencé à apprendre.</p><p class="c2">J’ai alors découvert que les plages paradisiaques prisées par la jet set internationale des années 1970 ne figuraient plus dans un aucun guide touristique mais qu’à moins de deux heures d’avion de Miami, le tourisme de masse avait conquis les deux-tiers Est du territoire qui a donné naissance à Haïti, l’île de Quisqueya, mieux connus sous le nom de République dominicaine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_19h754.jpg?itok=5HavghFm" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_19h754.jpg?itok=5HavghFm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_19h754.jpg?itok=Jot7_PGb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_19h754.jpg?itok=YqqrlaUu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_19h754.jpg?itok=ZY8mFq1E 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_19h754.jpg?itok=z3m7B-ym 1245w" alt="image" />Plage à proximité de la ville de Jacmel, à quelque 100 km au sud-ouest de Port-au-Prince (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Parce que l’histoire immédiate ne s’apprend pas dans les livres, j’ai décidé de me rendre à Port-au-Prince en février 2005. Mon premier voyage seule. Ma première sortie du continent européen. Un voyage crucial pour tenter de saisir la réalité d’un quotidien si éloigné du mien. Indispensable aussi pour interroger les témoins et acteurs de la crise politique d’alors. Celle qui venait de ramener Haïti à la Une des journaux: l’éviction du pouvoir du président Jean-Bertrand Aristide.</p><p class="c2">Ancien prêtre des bidonvilles, Titide avait été le premier dirigeant du pays élu au suffrage universel en 1990 mais, en février 2004, une rébellion armée et des manifestations populaires auront, avec l’appui des États-Unis et de la France, mis un terme avant l’heure à son deuxième mandat. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022832446.jpg?itok=a0VYLC05" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022832446.jpg?itok=a0VYLC05 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022832446.jpg?itok=c5kXGJr3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022832446.jpg?itok=iZT7mehx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022832446.jpg?itok=fMREudRA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022832446.jpg?itok=9nHylupC 1245w" alt="image" />Port-au-Prince, 28 février 2004 peu avant le départ de Jean-Bertrand Aristide, visible sur l'affiche (AFP / Yuri Cortez)</div><p class="c2">La radio c’est la vie. J’ai aussi appris dès le premier matin de mon séjour à Port-au-Prince que la différence entre la vie et la mort pouvait dépendre d’une minute d’écoute de la bande FM. Rien de plus rapide et efficace pour savoir dans quelles rues ou quels quartiers circulaient les chimères, les bandes armées pro-Aristide, qui sévissaient lors de ce premier séjour.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022932533.jpg?itok=f5doHojj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022932533.jpg?itok=f5doHojj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022932533.jpg?itok=LJ3AV2e7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022932533.jpg?itok=YkbyPA1A 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022932533.jpg?itok=gRbMjVhW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022932533.jpg?itok=nXAHbirW 1245w" alt="image" />Manifestation au lendemain du départ de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide dans les rues de Port-au-Prince, le 29 février 2004 (AFP / Jaime Razuri)</div><p class="c2">Tout est fait pour éviter de se compter parmi les victimes des violences. Depuis les longues rues non asphaltées de la plaine de Port-au-Prince où j’étais hébergée, aucune maison ne se devine derrière les interminables murs de parpaings gris.  Devant les hautes barrières d’entrée, ne pas descendre de sa voiture quitte à devoir klaxonner de longues minutes : ce comportement des Haïtiens que j’ai d’abord pris pour une aberration frisant l’exploitation du personnel de maison n’était qu’un réflexe rationnel de survie contre les enlèvements. </p><p class="c2">Autre fréquence, un soir, il a fallu moins d’une seconde à mon cerveau de jeune insouciante ayant grandi en France pour comprendre que, non, ces détonations que j’avais entendues n’étaient pas des pétards de feu d’artifice.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022732226.jpg?itok=OU-ZKL_C" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022732226.jpg?itok=OU-ZKL_C 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022732226.jpg?itok=uNbpSzmC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022732226.jpg?itok=zvk4XOdn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022732226.jpg?itok=7-9S_-ct 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2004022732226.jpg?itok=vNOm-t5n 1245w" alt="image" />Victime de violence à Port-au-Prince, le 27 février 2004 (AFP / Roberto Schmidt)</div><p class="c2">“Passez à la maison dimanche, on en parlera après la soupe”. Incarnation de l’hospitalité nationale dont les Haïtiens ont raison d’être fiers, l’historien Michel Hector a sur le champ accepté de répondre à mes questions, mais à domicile.  Sans le plus souvent d’électricité pour actionner les quelques petits ventilateurs, la chaleur des locaux de l’Ecole Normale Supérieure se prêtait bien moins aux longs débats sur le “pourquoi de la crise haïtienne” que l’ombre de son manguier. Car une fois vidée la grande marmite de soup joumou (merveille culinaire en lice pour devenir patrimoine immatériel de l’humanité), l’universitaire et quelques-uns de ses collègues et amis ont consacré des heures, plusieurs dimanches de suite, à m’instruire sur les protagonistes de la vie politique nationale, au final aussi peu stable que le courant fourni par l’EDH.</p><p class="c2">Lors de ma première visite dans le salon du sociologue Laënnec Hurbon je me souviens avoir demandé si les causes du mal développement socio-économique n’étaient pas liées à l’absence de justice.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_o952e.jpg?itok=rWOIZeTG" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_o952e.jpg?itok=rWOIZeTG 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_o952e.jpg?itok=n5UTHCT5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_o952e.jpg?itok=aeynB2Rm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_o952e.jpg?itok=iUAR0whP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_o952e.jpg?itok=Lzmkh2WA 1245w" alt="image" />Vue sur le quartier de Lavale de Bourdon à Port-au-Prince, le 9 mai 2017 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">“Poser cette question, c’est y répondre”, m'a-t-il dit. Le pays compte parmi ceux dans le monde où l’indice de perception de la corruption est le plus fort mais si vous demandez aux Haïtiens quels ont été les grands procès en la matière, immanquablement ils vous citeront toujours les deux mêmes  : le “Procès des timbres” (1975) et celui de la “Consolidation” (1905). </p><p class="c2">La justice, c’est de l’histoire ancienne…  Aujourd’hui les prisons sont surpeuplées d’hommes trop pauvres pour se payer un avocat qui pourra/voudra faire avancer leur dossier. Dans des conditions d’insalubrité innommables, ils attendent pendant des mois ou des années de voir un juge. Une torture sobrement étiquetée “détention préventive prolongée” dans les rapports annuels sur la situation des droits humains. En revanche sauf quelques très rares exceptions, jamais ceux qui ont les moyens ne passent par la case prison. Jamais ils ne se font arrêter. Jamais ils n’ont même à obéir aux ordres d’un policier qui tenterait de faire la circulation. File de gauche, circulez il n’y a rien à voir. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mk.jpg?itok=I0L9Yu_9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mk.jpg?itok=I0L9Yu_9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mk.jpg?itok=Yaaqu2Nh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mk.jpg?itok=tRiB1UlN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mk.jpg?itok=g0Pg8jqT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mk.jpg?itok=G-7jH5bD 1245w" alt="image" />Prison de Croix des Bouquets, en périphérie de Port-au-Prince, le 30 août 2019 (AFP / Chandan Khanna)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mb.jpg?itok=raLoC8J-" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mb.jpg?itok=raLoC8J- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mb.jpg?itok=0EeRV_bs 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mb.jpg?itok=q3L9Zz9R 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mb.jpg?itok=-qMSnJjP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1li2mb.jpg?itok=wppSWTfa 1245w" alt="image" />Prison de Croix des Bouquets, en périphérie de Port-au-Prince, le 30 août 2019 (AFP / Chandan Khanna) (AFP / Chandan Khanna)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Alors enquêter sur le détournement des budgets publics ou sur d’éventuelles fraudes électorales n’y pensez pas.  La Fontaine sous les tropiques, “selon que vous serez puissant ou misérable…”</p><p class="c2">Après un mois, je suis rentrée en France avec plus de matière qu’il ne fallait pour mon mémoire universitaire. Et j’avais aussi trouvé ma réponse à la question bateau que l’on pourrait me poser aux concours d’entrée aux écoles de journalisme : où vous voyez-vous dans 10 ans ? Correspondante pour la presse internationale en Haïti.</p><p class="c2">Il ne m’a pas fallu dix ans mais quatre mois après l’obtention de mon diplôme de l’école de journalisme de Bordeaux pour reprendre un vol pour Port-au-Prince. Aller simple cette fois.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_9ex7jx.jpg?itok=wllzcTcp" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_9ex7jx.jpg?itok=wllzcTcp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_9ex7jx.jpg?itok=d66XbCDK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_9ex7jx.jpg?itok=5z3-JdTx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_9ex7jx.jpg?itok=3z44hLVl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_9ex7jx.jpg?itok=TpJom3XC 1245w" alt="image" />Quartier de Petionville, Port-au-Prince, le 13 juillet 2021 (AFP / Valerie Baeriswyl)</div><p class="c2">Qu’importe si la valise que je comptais y poser m’a été volée avant même que je n’arrive chez mes hôtes : j’avais toujours avec moi mon sac à dos où j’avais entassé ordinateur, appareil photo et enregistreur. Nous étions exactement le 12 novembre 2009. J’ignorais que deux mois plus tard, ce même sac me servirait d’oreiller dans des nuits sans sommeil.</p><p class="c2"><strong>12 janvier.</strong> La date n’a pas besoin d’année.  Ce jour-là, le monde s’est rappelé qu’un pays s’appelait Haïti. A 16h53 pendant 35 secondes. Un séisme de magnitude 7 sur l’échelle de Richter et plus de 200.000 morts. Ce sont les chiffres. Les mots? Réfléchir à décrire l’indescriptible me fait toujours monter les larmes aux yeux. Les talentueux écrivains haïtiens dont ma complice cafiateuse Yanick Lahens ont retranscrit cet indicible mieux que je ne pourrais jamais le faire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2805607.jpg?itok=BG-Iwvsi" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2805607.jpg?itok=BG-Iwvsi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2805607.jpg?itok=D0QEkQev 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2805607.jpg?itok=HmHYIOww 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2805607.jpg?itok=sm1kOMKa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2805607.jpg?itok=BbVmB_gg 1245w" alt="image" />14 janvier 2010 à Port-au-Prince (AFP / Julien Tack)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129558.jpg?itok=iDmYYspl" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129558.jpg?itok=iDmYYspl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129558.jpg?itok=CrXyvAka 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129558.jpg?itok=1rTd9o8n 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129558.jpg?itok=xDifqB35 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129558.jpg?itok=-9lO1TwP 1245w" alt="image" />13 janvier 2010 à Port-au-Prince (AFP / Juan Barreto)</div><p class="c2">Cet après-12 janvier, sera dans l’immédiat, marqué par la lutte des Haïtiens contre les tonnes de béton qui venaient d’emprisonner leurs proches, sans parfois rien d’autre que leurs mains. L’immense majorité des vies épargnées des décombres le seront dans ces précieuses minutes, ces premières heures. Il faudra plus de deux jours à l’aide internationale pour coordonner ses secours à proximité du tarmac de l’aéroport où un tsunami médiatique venait également de déferler.</p><p class="c2">Cet après-12 janvier, m’a permis de prendre pleinement conscience de mon privilège de blanche. Devant la barrière d’entrée de l’hôpital général de Port-au-Prince, une trentaine d’Haïtiens souhaitent apporter de la nourriture à leurs proches soignés dans la cour (personne n’ayant vécu le séisme n’envisage encore de rentrer dans un bâtiment sans crainte). Plusieurs soldats américains leur bloquent l’accès. <em>“Back up, back up”</em>, scandent-ils laconiquement en repoussant le groupe avec leurs mitraillettes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2817704.jpg?itok=x8CRym5k" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2817704.jpg?itok=x8CRym5k 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2817704.jpg?itok=AU04VXe- 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2817704.jpg?itok=UPVFTBD3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2817704.jpg?itok=igH0zxGQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was2817704.jpg?itok=rbazI1uj 1245w" alt="image" />(AFP / Jewel Samad)</div><p class="c2">Un GI m’aperçoit et me fait signe de passer. J’avance en embarquant sous mon bras une infirmière qui se désespérait de ne pas parler anglais pour expliquer qu’elle venait travailler. Je rapporte sèchement l’information au soldat, encore plus jeune que moi. Comment puis-je être sûre qu’elle dise la vérité ? </p><p class="c2">Dans le chaos qu’est devenue sa vie, cette soignante avait pris soin de retrouver son badge estampillé HUEH (Hôpital de l'université d’Etat d’Haïti). Je hurlais presque sur ce type au regard masqué par des lunettes polarisées. Nous sommes entrées. Jamais ce soldat ne m’a demandé ce que moi, blanche, j'étais venue faire dans cet hôpital.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129557.jpg?itok=bya4PB85" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129557.jpg?itok=bya4PB85 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129557.jpg?itok=HHfNgner 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129557.jpg?itok=XN5OJLyB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129557.jpg?itok=BgoLzxtG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_mvd1129557.jpg?itok=0zSd6NeU 1245w" alt="image" />Le palais présidentiel, après le séisme, 13 janvier 2010 (AFP / Juan Barreto)</div><p class="c2">Haïti n’est pas compliquée. Il suffit de poser les bonnes questions.</p><p class="c2">Pourquoi les masques de tigres du carnaval de Jacmel ont-ils des crinières de lion ? Quand on habite au cœur de cette splendide baie des Caraïbes, pourquoi voudrait-on limiter sa créativité ?</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_lv15e.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_lv15e.jpg?itok=1YPrgqlf" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Haitian people with colorful masks take part in the Carnival of Jacmel, 95 km from Port-au-Prince, February 19, 2017. - The city, on southern coast of Haiti, renowned for its artcrafts, where during the carnival parade participants dance exhibiting the masks, mostly representing animals, made of papier machÃ, the tradition of the city. (Photo by HECTOR RETAMAL / AFP) (AFP / Hector Retamal)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was1256324.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x989"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_was1256324.jpg?itok=wfOMhUce" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Haitians in makeup participate in the National Carnival in Jacmel, a small southeastern port city 110 miles (177km) from Port-au-Prince in Haiti, 27 January 2008. AFP PHOTO/ Thony BELIZAIRE (Photo by THONY BELIZAIRE / AFP) (AFP / Thony Belizaire)</figcaption></figure></div><p class="c2">Pourquoi Jean-Claude Duvalier, l’ancien ado devenu dictateur suite au décès de son papa François se fait-il applaudir à son retour d’exil dans la ville où ses sbires ont violé, torturé et tué des années durant ? Parce que la majorité des jeunes qui saluent le cortège à travers Port-au-Prince n’étaient pas nés à l’époque des <em>tontons macoutes</em> et qu’on leur vante la fable d’une capitale où il faisait bon vivre, sans insécurité ni déchets dans les rues.        </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c4" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_app2000101971289.jpg?itok=BkMce3mH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_app2000101971289.jpg?itok=BkMce3mH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_app2000101971289.jpg?itok=m_7haZD6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_app2000101971289.jpg?itok=k1R2eb2v 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_app2000101971289.jpg?itok=3EQm5RwY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_app2000101971289.jpg?itok=Uwz-KqyC 1245w" alt="image" />Mariage de Jean-Claude Duvalier, le 27 mai 1980 (UPI / AFP)</div><p class="c2">Pourquoi des institutions privées et publiques ont pensé qu’il serait intelligent de financer l’installation d’une patinoire extérieure sous les tropiques ? Aaah, Haïti on Ice. Philippe Candeloro et Surya Bonaly en spectacle au stade de Port-au-Prince. Événement annoncé à coup de grandes affiches dans la ville. Reporté tant de fois qu’on avait arrêté de compter mais finalement, les équipements sont installés sur la pelouse. </p><p class="c2">Désastre économique et écologique car les génératrices tournent nuit et jour pour tenter l’impossible car “oui”, m’avait dit l’organisateur, “c’est difficile de faire tenir de la glace en plein soleil”. Quand la majorité des habitants n’a pas accès à l’électricité, le stade de l’indécence est depuis longtemps dépassé.</p><p class="c2">Rapatrié dans un petit gymnase Haïti on Ice se réduira à deux prestations de patineurs peu  connus et un accès illimité en journée à qui voulait s’essayer à la glisse.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hd3hv.jpg?itok=vzs8nEcE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hd3hv.jpg?itok=vzs8nEcE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hd3hv.jpg?itok=8BI0E7IU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hd3hv.jpg?itok=RgZni8Uo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hd3hv.jpg?itok=-wPq1sBY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hd3hv.jpg?itok=O9b_t1Tx 1245w" alt="image" />Tempête tropicale, le 21 octobre 2016. Les Caves, Haiti (AFP / Hector Retamal)</div><p>A l’inverse d’un tremblement de terre, les ouragans s’annoncent avant de tout dévaster. Au fil des saisons cycloniques, je suis devenue accro aux applications de prévisions météo. Je guette les trajectoires en espérant à chaque fois que les perturbations dévient de l’île et épargnent Haïti, tellement vulnérable aux inondations à cause de l’importante déforestation.</p><p><strong>En 2016, Matthew a frappé le pays de plein fouet</strong>. Avec mon collègue Hector Retamal nous avons pendant des jours longé la côte sud, pour rapporter à l’AFP les témoignages de ceux qui avaient tout perdu dans les rafales infernales.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gz8ol.jpg?itok=Ox8QNWB9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gz8ol.jpg?itok=Ox8QNWB9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gz8ol.jpg?itok=fgkDVBb5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gz8ol.jpg?itok=zw7gPoa3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gz8ol.jpg?itok=PGX898dI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gz8ol.jpg?itok=CKwAflSw 1245w" alt="image" />Vue aérienne de Port-Salut, après le passage de Matthew le 9 octobre 2016 (AFP / Nicolas Garcia)</div><p>Un jour, nous avons décidé de monter dans les mornes vers un petit village coupé du reste du pays, car un point avait été emporté par les eaux. Contre les consignes qui interdisent de franchir des cours d’eau, nous avons marché des heures en traversant à plusieurs reprises la rivière en crue. Avec de l’eau jusqu’à la taille, à m’agripper à mon collègue et notre guide du jour pour ne pas partir avec le courant, je me suis bien demandée si je n’étais pas devenue folle.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gv9wb.jpg?itok=6lxwr7W3" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gv9wb.jpg?itok=6lxwr7W3 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gv9wb.jpg?itok=qwP9YBay 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gv9wb.jpg?itok=biLLXOFB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gv9wb.jpg?itok=M9t4ZzXU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_gv9wb.jpg?itok=g0rIfucJ 1245w" alt="image" />5 octobre 2016, près de Petit Goave (AFP / Hector Retamal)</div><p>A l’arrivée, au village de Randelle, nous avons compris que la prise de risque était pertinente. Au milieu des maisons détruites, à cause des inondations, le choléra menaçait de tuer les habitants qui n’avaient pas été emportés par les eaux. Rapporter la situation de ces personnes était vital. Quand de retour au sec quelques heures plus tard, j’ai directement appelé plusieurs responsables politiques de la zone pour les informer de la situation, ils m’ont vainement répondu qu’ils ne pouvaient rien faire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hb4lb.jpg?itok=jKe3uCgj" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hb4lb.jpg?itok=jKe3uCgj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hb4lb.jpg?itok=RzWVfEJO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hb4lb.jpg?itok=inSCt7UC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hb4lb.jpg?itok=lDQn0cRc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_hb4lb.jpg?itok=CYo7FPeR 1245w" alt="image" />Malades manifestant des symptômes de cholera, à Randelle, le 19 octobre 2016 (AFP / Hector Retamal)</div><p>Aujourd’hui, je ne conseille plus aux étrangers de ne pas demander “pourquoi la crise en Haïti ?” car il y a quantité de questions à poser. </p><p>Pourquoi la justice ne s’enquiert pas de savoir comment des officiels haïtiens parviennent à se faire construire de splendides résidences alors qu’un nombre toujours grandissant de  citoyens vivent sous le seuil de pauvreté ? Pourquoi la révolution haïtienne n’a pas sa place dans les livres d’histoire à la suite des révolutions française et américaine ?</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_un62r.jpg?itok=bc4bfP1E" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_un62r.jpg?itok=bc4bfP1E 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_un62r.jpg?itok=_aTG6VaQ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_un62r.jpg?itok=ohMt9ivb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_un62r.jpg?itok=EsO_7vIB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_un62r.jpg?itok=_Xjr4eTE 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Pourquoi comme synonyme d’Haïti, certains médias choisissent systématiquement  “pays le plus pauvre de l’hémisphère nord”  (ce qui est discutable) alors que “première République noire de l’Histoire”  est une vérité pérenne et plus propice à entrevoir la place du pays dans le concert des Nations? </p><p>Pourquoi la France ne peut-elle pas restituer la dette de l’indépendance qu’Haïti a payée parce qu’elle avait gagné son indépendance en battant les troupes de Napoléon ? Pourquoi la police haïtienne réprime avec force des manifestations que des citoyens organisent contre l’insécurité ? </p><p>Pourquoi certains approvisionnements, à foison et sans peine apparente, en armes de guerre et munitions les gangs du pays où l’on ne fabrique aucun pistolet? Depuis le début de l'année, la mainmise des gangs sur Haïti s'est aggravée et les affrontements entre bandes poussent des milliers d'habitants à fuir certains quartiers pauvres de la capitale... </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1cz2jt.jpg?itok=jK_2QuF7" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1cz2jt.jpg?itok=jK_2QuF7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1cz2jt.jpg?itok=y7eadMas 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1cz2jt.jpg?itok=whyNx02k 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1cz2jt.jpg?itok=CTCCQGFm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_1cz2jt.jpg?itok=VDwfN8N_ 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p>Pourquoi les parquets financiers étrangers ne semblent pas se soucier des sommes folles siphonnées des comptes publics haïtiens et qui ne peuvent que transiter ou sinon atterrir dans leurs systèmes bancaires? </p><p>Pourquoi le pays a attendu juillet pour enfin recevoir ses premières doses de vaccin anti-Covid ?</p><p>Pourquoi le président s’est-il fait tuer dans sa chambre, dans la résidence sans doute la mieux protégée du pays sans que personne d’autre que son épouse ne soit blessée ?</p><p>Oui  “Haïti, c’est compliqué” et il faut continuer à poser sans relâche ces questions. Aux chefs haïtiens, à tous les échelons. Aux chefs blan (en créole tout non-Haitien est un blan, sans “c” quelle que soit sa couleur de peau).</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_vf395.jpg?itok=Az3NmeZX" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_vf395.jpg?itok=Az3NmeZX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_vf395.jpg?itok=gAJlsGNq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_vf395.jpg?itok=NH-as-Wa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_vf395.jpg?itok=edTgkkew 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_vf395.jpg?itok=Zn7ZZfkF 1245w" alt="image" />Port-au-Prince, le 25 décembre 2017 (AFP / Hector Retamal)</div><p>A certains diplomates de carrière autoproclamés experts es Haiti qui cumulent les “missions”, et gloussent parfois devant le surréalisme atteint par la crise, en oubliant que la dangerosité des rues de Port-au-Prince, qu’ils évitent en circulant dans leurs voitures blindées, leur fait bénéficier -cerise sur leurs déjà copieux salaires- de primes de risque supérieures au montant que gagne un policier, quand celui-ci parvient à toucher sa paie. </p><p>Il nous faut demander pourquoi car la jeunesse haïtienne qui ne demande qu’à vivre décemment dans son pays le mérite. “Le peuple souffre mais on vit. On exulte, on tombe, on se redresse, on continue, on crève de faim mais ça bouge et ça bouge tout le temps”.  Extrait d’interview de Toto Bissainthe, chanteuse et comédienne, 1984.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_lp6fu.jpg?itok=eEtUGTX9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_lp6fu.jpg?itok=eEtUGTX9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_lp6fu.jpg?itok=v4Ly-9lR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_lp6fu.jpg?itok=qmO2PZqW 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_lp6fu.jpg?itok=kOapEo1G 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/haiti/haiti-death-jovenel-july21/000_lp6fu.jpg?itok=QPlwXvxT 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c5"><em>Récit d'Amélie Baron, correspondante à Port-au-Prince. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/haiti-poser-les-bonnes-questions</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/haiti-poser-les-bonnes-questions</guid>
      <pubDate>Sun, 18 Jul 2021 09:48:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Au Mexique, voyage au pays où l'on vend des fillettes]]></title>
      <description><![CDATA[<strong id="docs-internal-guid-901766d5-7fff-c884-ec6c-8e85fec4914b">Metlatónoc - </strong>J’ai souvent parcouru la géographie de l’Etat mexicain de Guerrero, un territoire bordé par le Pacifique où se succèdent les pics montagneux et les vallées, terre d’agriculteurs pauvres en majorité indigènes. Cet Etat c'est aussi l’un des plus violents du pays. J'y ai réalisé de nombreux reportages sur le trafic de drogue, les disparus, les tueries et même sur une morgue. Je n’avais encore jamais abordé une pratique qui y est encore monnaie courante dans certains villages: la vente et l’achat de fillettes pour être mariées, cédées dès leurs premières règles.<p class="c2">J’avais lancé une première tentative, il y a quatre ans, en contactant plusieurs ONG, des travailleurs sociaux et des chercheurs. Ils étaient disposés à parler, mais beaucoup plus réservés à l’idée de nous mettre en relation avec les victimes.  </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kl.jpg?itok=pLBywBYC" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kl.jpg?itok=pLBywBYC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kl.jpg?itok=hGS84rQS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kl.jpg?itok=qvmNaHh4 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kl.jpg?itok=uum8pyh2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kl.jpg?itok=HhJgI007 1245w" alt="image" />L'innocence de l'enfance dans le village de Juquila Yuvinani, dans l'Etat de Guerrero, le 16 mai 2021 (AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">“C’est très délicat. D’une part parce que les victimes pourraient souffrir de représailles au sein de leurs communautés si elles parlent, mais aussi parce que nous perdrions leur confiance si les choses se passaient mal et du coup, elles ne seraient plus accompagnées”,  par notre ONG m’avait expliqué un de mes contacts après plusieurs conversations. </p><p class="c2">Nous avons donc renoncé momentanément au sujet, mais je sentais que j’avais l’obligation de l’aborder, comme une brique de plus dans le piètre bilan tristement célèbre du Mexique en termes de violences faites aux femmes.</p><p class="c3"><strong>L'opportunité </strong></p><p class="c2">L’opportunité s’est présentée il y a quelques semaines, quand j’ai su qu’une des ONG s’occupant de ces enfants, l'organisation de défense des droits humains Tlachinollán,  était très mécontente après un article paru dans un quotidien mexicain sur ce sujet, sans aucun témoignage de victimes. J’ai à nouveau contacté une source locale. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ke.jpg?itok=8MAT8Db4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ke.jpg?itok=8MAT8Db4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ke.jpg?itok=vyL5W0xy 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ke.jpg?itok=ju4IgzvY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ke.jpg?itok=dBR8Ptxr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ke.jpg?itok=ntJhA7-9 1245w" alt="image" />Le village de Juquila Yuvinani (AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">“L’Etat de Guerrero n’a rien à voir avec d’autres régions du pays connues pour la traite de femmes”, m’a-t-il dit. “Ici, les choses se passent en sous main”. “Si vous voulez écrire sur ce sujet, venez, venez parler avec les gens de La Montagne -- nom du territoire où se déroulent ces pratiques, observez comment ils vivent. Mais je ne suis pas sûr que les victimes vous parleront. Elles vivent toutes dans la crainte”.</p><p class="c2">J’ai finalement identifié une organisation dont les chercheurs avaient travaillé pendant six ans avec des communautés où l’on pratique l’achat-vente de fillettes en vue de leur mariage.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l3.jpg?itok=8iZ6uS4I" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l3.jpg?itok=8iZ6uS4I 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l3.jpg?itok=f0UqQDVX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l3.jpg?itok=wB9dALBv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l3.jpg?itok=5Ca5vEOg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l3.jpg?itok=Wy0YXtR3 1245w" alt="image" />Cristina Moreno, 18 ans et son enfant à Juquila Yuvinani, dans l'Etat de Guerrero, le 16 mai 2021 (AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Ici “on ne vend pas ouvertement des femmes, et nous ne voulons pas que ces communautés soient stigmatisées”, m’a encore prévenu un de ses dirigeants, qui m’a cependant aidée à trouver un traducteur de la langue régionale, le <em>mixtèque</em> ou <em>mixteco</em>, pour le voyage.</p><p class="c2">Nous avons formé équipe avec le photographe <strong>Pedro Pardo</strong>, connaisseur de Guerrero où il a vécu neuf ans,  et <strong>Amaranta Marentes</strong>, une vidéojournaliste. Pedro était enthousiaste. “J'avais très envie d’observer de près ce phénomène de La Montagne, une région très pauvre où les indices de développement humain sont parfois comparés à ceux de d’Afrique sub-saharienne”, m’a-t-il dit, en me précisant qu’il s’y était déjà rendu pour des reportages sur la culture de la fleur de pavot ou encore sur des rituels ancestraux. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ng.jpg?itok=zvjl1dzw" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ng.jpg?itok=zvjl1dzw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ng.jpg?itok=tkSvwjAp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ng.jpg?itok=Uux_AnEq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ng.jpg?itok=dEmdCv-Z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ng.jpg?itok=6VwP4SVJ 1245w" alt="image" />Une habitante de Juquila Yuvinani, met la tripaille à sécher; 16 mai 2021, Etat de Guerrero (AFP / Pedro PARDO)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kf.jpg?itok=cILIPf1l" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kf.jpg?itok=cILIPf1l 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kf.jpg?itok=xkkFBdf_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kf.jpg?itok=68DKBQg- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kf.jpg?itok=9rj9dkTJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kf.jpg?itok=SF8t62WA 1245w" alt="image" />Travail à la ferme d'enfants de Juquila Yuvinani, le 16 mai 2021 (AFP / Pedro PARDO)</div> </div><p class="clear"> </p><p dir="ltr" class="c2">Amaranta, elle, s’interrogeait à voix haute: “Je me demande comment je me sentirais si je savais qu’on avait payé pour moi, comme si j’étais un objet”. </p><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l6.jpg?itok=4Ut7AhQB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l6.jpg?itok=4Ut7AhQB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l6.jpg?itok=Z9qGUqyX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l6.jpg?itok=4dTJlF1G 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l6.jpg?itok=N2CgCuau 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6l6.jpg?itok=fnuCq4jk 1245w" alt="image" />Cristina Moreno, 18 ans, avec son bébé dans les bras à Juquila Yuvinani, dans l'Etat de Guerrero (AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">En moins de deux jours, nous avons organisé la logistique du voyage, comprenant, bien sûr, des mesures de sécurité: l'Etat de Guerrero, où ce trouve cette communauté d'indigènes Mixtèques, est dangeureux. Quatorze cartels de la drogue y sont implantés et le taux d'homicide annuel atteint 36 pour 100.000 habitants. Sa ville la plus peuplée, la station balnéaire d'Acapulco,  un temps prisée du tout-Hollywood,  y a connu une descente aux enfers.</p><p class="c2">Après sept heures de route, nous avons atteint Tlapa de Comonfort, à quelque 300 km de l'océan Pacifique, à l'intérieur des terres. Pour y arriver, il faut traverser une enfilade de montagnes, répondant au joli nom de Sommets de la Tentation, aux multiples et exubérantes nuances de vert.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nh.jpg?itok=4uUtd-N6" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nh.jpg?itok=4uUtd-N6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nh.jpg?itok=xz9zT84T 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nh.jpg?itok=qA1khJVk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nh.jpg?itok=k869y4CL 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nh.jpg?itok=xQqH4eXF 1245w" alt="image" /></div><p class="c2">Le lendemain, à l’aube, nous sommes partis pour <strong>Metlatónoc</strong>, la municipalité la plus pauvre de cet Etat de Guerrero. Il a fallu emprunter des routes étroites aux virages serrés, par chance, sans les pluies diluviennes qui s’abattent sur ces montagnes au printemps. Nous avons découvert un territoire enclavé, où 93% des habitants n'ont pas accès aux infrastructures de base telles que l’eau potable ou l'électricité et près de 60% n’arrivent pas à manger correctement, selon des données officielles.</p><p class="c2">Ici, loin de tout, la pratique de la vente de filletes est encore d'actualité dans une soixantaine de villages. Un cercle vicieux de violence pour ces futures femmes et d’appauvrissement des hommes.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6km.jpg?itok=CHG_SGHI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6km.jpg?itok=CHG_SGHI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6km.jpg?itok=B61_DyLj 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6km.jpg?itok=7IDMIh1U 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6km.jpg?itok=P-vYZ6gM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6km.jpg?itok=czh6KxQ2 1245w" alt="image" />(AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“Ces enfants deviennent extrêmement vulnérables. Une fois vendues, elles tombent dans une forme d’esclavage, au service de leurs nouvelles familles pour des tâches domestiques ou agricoles”, sans parler des “beaux-pères, qui parfois abusent d’elles sexuellement”, m’a expliqué Abel Barrera, un anthropologue, dirigeant de l’ONG Tlachinollan.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kb.jpg?itok=nDGLaVB6" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kb.jpg?itok=nDGLaVB6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kb.jpg?itok=JYSeW8wi 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kb.jpg?itok=X6H5mFKN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kb.jpg?itok=wURbY5R7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kb.jpg?itok=LrKVUydV 1245w" alt="image" />Enfant, chez elle, dans la commune de Juquila Yuvinani (AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">Les sommes  exigées par leurs pères, qui n’acceptent pour époux que des hommes de cette même région, vont de 2.000 à 18.000 dollars, selon les habitants qui ont accepté de nous parler. La vieille coutume de la dot, une manière de montrer à la famille la grande valeur de l'épouse, s'est dévoyée. </p><p class="c3"><strong>Frustration et impuissance </strong></p><p class="c2">Nous avons pris notre petit déjeuner dans une maisonnette aux murs recouverts de suie, pendant que les femmes s'activaient en cuisine, en murmurant en mixteco. Nous savions que nous ne pourrions pas nous fondre dans le paysage, passer inaperçus dans ce territoire de l’entre-soi.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ne.jpg?itok=a_7fyHG0" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ne.jpg?itok=a_7fyHG0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ne.jpg?itok=skfNoBmE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ne.jpg?itok=CXXVMs1h 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ne.jpg?itok=Itpt_B2W 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ne.jpg?itok=NVkCGAWE 1245w" alt="image" />(AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">Il faudrait alors, pour libérer la parole, savoir se montrer éminemment respectueux, se déplacer et parler lentement, avec un sourire discret et ne surtout pas, surtout pas fumer, ce qui est très mal vu ici, surtout pour les femmes.</p><p class="c2">Nous étions accompagnés d’un militant bilingue, Benito Mendoza, ce qui nous a grandement aidés. Grâce à lui, nous avons pu découvrir l’intimité de ces familles, qui en dépit de leur extrême pauvreté, tenaient à nous offrir ce qu’elles avaient des tortillas de mais, dures ou souples, tout juste préparées, et agrémentées de sel, de sauce piquante ou de chilis marinés. </p><p class="c2">Les témoignages de victimes sont rares, mais Eloina a bien voulu nous parler. Elle a eu beau supplier sa mère, rien n'y a fait. “Je ne veux pas que tu me vendes’’, lui avait-elle dit en larmes.  A 14 ans, la jeune fille, âgée aujourd'hui de 23 ans, a rejoint contre son gré la cohorte de celles qui sont cédées à de futurs époux.  “Ce sont les animaux qui sont vendus’’, s'insurge la jeune femme, une indigène mixtèque de la communauté de Juquila Yuvinani, dans la municipalité de Metlatónoc.</p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kr.jpg?itok=4UtAZppE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kr.jpg?itok=4UtAZppE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kr.jpg?itok=PpYoDUe6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kr.jpg?itok=3pmY1HCP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kr.jpg?itok=2myuB-Cx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kr.jpg?itok=TQc3rYp0 1245w" alt="image" />(AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">Nous avons parcouru avec Mendoza les villages de montagne de Yuvinani et Juquila Yuvinani, où l’art froid vous gifle le visage. Et interviewé autant d’hommes et de femmes que possible. Beaucoup d’hommes jeunes étaient prêts à parler de l’achat des filles, mais peu étaient disposés à le faire devant la caméra d’Amarante ou l’appareil photo de Pedro.</p><p class="c2">Les hommes aussi évoquaient leur frustration, leur sentiment d’impuissance, et se disaient victimes du système les obligeant à payer des sommes élevées pour pouvoir épouser l’élue de leur coeur. Ceux qui vendent leurs filles doivent ensuite payer à leur tour des dots pour marier les fils. </p><p class="c2">Pendant notre visite, notre traducteur m'expliquait que ce commerce était devenu une autre forme de subsistance, absurde, puisque ce qui fait la richesse des uns, entraîne la pauvreté des autres, des familles contraintes de s'endetter pour pouvoir marier leurs fils. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kw.jpg?itok=jhrXvlR8" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kw.jpg?itok=jhrXvlR8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kw.jpg?itok=6q35siRY 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kw.jpg?itok=72BRCN0s 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kw.jpg?itok=RspuVTHA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kw.jpg?itok=9O3TzSBB 1245w" alt="image" />(AFP / Pedro PARDO)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ka.jpg?itok=PIYBPeTi" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ka.jpg?itok=PIYBPeTi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ka.jpg?itok=c1X2wZcI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ka.jpg?itok=3tWz3yCX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ka.jpg?itok=mSlzuZD3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6ka.jpg?itok=kmhWpZza 1245w" alt="image" />(AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">Au point, disaient les hommes que j'ai interrogés, que dans certains cas, ce système d’achat-vente les avait obligés à travailler presque dans une situation d’esclavage dans les champs de tomate et de chilis du nord du Mexique ou des Etats-Unis pour rembourser la dette contractée. “Parfois, il nous faut partir avec les pères ou les frères pour que la dette soit remboursée plus vite”, m’a raconté l’un de ses hommes, avec un regard plein de colère.</p><p class="c2">De plus en plus de familles ne respectent plus cette tradition, mais sans jamais l’avouer, m’a expliqué Mendoza: elles peuvent sinon être victimes de violence.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nf.jpg?itok=qO9h1cIA" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nf.jpg?itok=qO9h1cIA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nf.jpg?itok=EUtz9Pmq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nf.jpg?itok=ahIFfZZr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nf.jpg?itok=sCco3R6e 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nf.jpg?itok=21Fay6Y1 1245w" alt="image" />Maurilia Julio, chez elle, le 16 mai 2021 (AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">Amaranta a gardé le souvenir d’une dame, Maurilia Julio, qui a expliqué timidement en préparant des tortillas, que cette pratique devrait être abandonnée. Pas question pour elle de vendre ses filles, car sinon, elles ne pourront plus rentrer à la maison si elles sont maltraitées par leur nouvelle famille. Et Amaranta de réaliser le sens de cette confidence: “Le fait d’être achetée, interdit à ces femmes de rentrer chez leurs parents” !</p><p class="c2">Après chaque récit, ma gorge était encore un peu plus nouée. Comment ne pas imaginer le destin tragique de ces petites filles que je voyais cachées dans les jupes de leurs mères ? </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nd.jpg?itok=FOYxnEML" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nd.jpg?itok=FOYxnEML 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nd.jpg?itok=oIoaaRm2 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nd.jpg?itok=O-O9JTd2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nd.jpg?itok=-7QDuifp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nd.jpg?itok=yIbh-QE3 1245w" alt="image" />Cristina Moreno, 18 ans, aux fourneaux (AFP / Pedro PARDO)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6k9.jpg?itok=_q0qZPKE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6k9.jpg?itok=_q0qZPKE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6k9.jpg?itok=--KSBTMU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6k9.jpg?itok=4j2JKFUj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6k9.jpg?itok=HP6kPpag 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6k9.jpg?itok=omGkc9zE 1245w" alt="image" />Jeux de fillettes à Juquila Yuvinani, le 16 mai 2021 (AFP / Pedro PARDO)</div></div><p class="c2"> </p><p class="clear c2"> </p><p class="clear c2">Un vieil homme nous a raconté comment il avait refusé de vendre ses filles, mais accepté d’acheter ses belles filles et la difficulté pour ses voisins d’accepter que cette tradition devait être abandonnée. </p><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nm.jpg?itok=G5_g7S_t" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nm.jpg?itok=G5_g7S_t 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nm.jpg?itok=Ti9fFZXN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nm.jpg?itok=K_yzlbsH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nm.jpg?itok=Hpm52bN5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6nm.jpg?itok=ZINucdhn 1245w" alt="image" />Virgilio Moreno, 72, en su casa de Juquila Yuvinani, Metlatónoc, el 16 de mayo de 2021 (AFP / Pedro PARDO)</div></div><p dir="ltr" class="c2"> </p><p dir="ltr" class="c2">Les yeux rougis Virgilio Moreno nous a priés de porter au-delà des montagnes l’histoire de la misère dans laquelle vivent ces communautés et d’attirer l’attention des autorités sur leur sort.</p><p class="c2">Au Mexique, on parle peu de cette tradition. Tout ce qui touche aux indigènes est un sujet que l'on traite avec beaucoup de prudence. Au nom du respect  pour leurs us et coutumes et leurs cultures ancestrales inscrit dans la Constitution, on laisse perdurer des abus.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kd.jpg?itok=2RElPIAC" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kd.jpg?itok=2RElPIAC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kd.jpg?itok=6ahsKAj0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kd.jpg?itok=kDsxJUSu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kd.jpg?itok=wBTplem2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/9aa6kd.jpg?itok=x2j8bWYW 1245w" alt="image" />(AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">Avant notre départ, Pedro et Amaranta devaient aussi ramener des images et nous avons pris position au bord d’un virage pour prendre des vues aériennes, quand soudain, une voiture s’est arrêtée à notre niveau, brusquement. Un homme en est descendu en colère, exigeant des explications.</p><p class="c2">J’ai tenté de m’approcher, pour l’assurer de notre respect pour sa communauté, et expliquer notre démarche mais Benito m’a demandé de garder le silence. Il s’est approché de lui et lui a parlé en mixteco, lui arrachant un sourire, qui m’a soulagée... </p><p class="c2">Après, il a fallu vite repartir pour rejoindre notre hôtel de Tlapa de Comonfort, à trois heures de route, avant la tombée de la nuit.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637m.jpg?itok=qOOVt8NH" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637m.jpg?itok=qOOVt8NH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637m.jpg?itok=-1o6bJJL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637m.jpg?itok=Y72qnYQD 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637m.jpg?itok=OvpjyQc- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637m.jpg?itok=5i0V3MK- 1245w" alt="image" />Tlapa de Comonfort, Etat de Guerrero, le 6 septembre 2020 (AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“Partez avant la nuit, de toutes manières personne ne vous parlera ici de cette coutume, qui au fond en attriste beaucoup”, nous a dit un habitant. Une fois à Tlapa de Comonfort, d’autres témoins ont évoqué la corruption des autorités locales qui ne font rien pour protéger les droits de ces fillettes et de leurs jeunes époux.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637y.jpg?itok=Dm6h1_oI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637y.jpg?itok=Dm6h1_oI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637y.jpg?itok=deBwtywe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637y.jpg?itok=4m-GTgKh 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637y.jpg?itok=CyRHJIOd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/8q637y.jpg?itok=kNssof_R 1245w" alt="image" />Tlapa de Comonfort, Etat de Guerrero, le 6 septembre 2020 (AFP / Pedro PARDO)</div><p class="c2">Je n'oublierai pas la voix brisée de cette mère, qui a préféré que son nom ne figure pas dans cet article. Elle a deux filles, dont une  adolescente. Et elle ne craint qu'une chose: qu'elles subissent son même sort si leur père décide de les vendre. Elle m'a laissé entendre qu'elle avait été abusée par son beau-père. Elle souriait douloureusement pour cacher sa tristesse et me disait sans y croire qu'elle tenterait d'apprendre la couture à ses filles. Pour qu'elles aient un moyen de subsistance et qu'elles puissent, un jour, décider de quitter leur mari si jamais elles étaient vendues. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/grupo.jpg?itok=jSidIDbP" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/grupo.jpg?itok=jSidIDbP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/grupo.jpg?itok=YMTGnb3H 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/grupo.jpg?itok=2F8o2aMF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/grupo.jpg?itok=f8Q6Cieo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/mexico/grupo.jpg?itok=lAeXXEi1 1245w" alt="image" /></div><p class="c3"> </p><p class="c3"><em>Récit de Jennifer González. Edition: Yanina Olivera Whyte à Montevideo. Version française: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/au-mexique-voyage-au-pays-ou-lon-vend-des-fillettes</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/au-mexique-voyage-au-pays-ou-lon-vend-des-fillettes</guid>
      <pubDate>Sun, 27 Jun 2021 09:20:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Femmes photographes: Angela Weiss]]></title>
      <description><![CDATA[<h4 class="c2"><strong>D’où vient ta passion ?</strong></h4><p class="c3">J’ai grandi dans un tout petit village en Allemagne et dès l’enfance j’étais fascinée par les livres photo. C’est à ces livres que j’ai consacré mes premiers salaires, comme employée d’une librairie, à l’âge de 16 ans.  Rien ne m’y prédestinait: mes parents étaient tous les deux des scientifiques. Mais j’avais quand même un oncle, photographe renommé à Berlin et je me souviens d’avoir parcouru une grande exposition qui lui était consacrée avec fascination.  A cette époque, je passais aussi des nuits blanches à regarder les Oscars. Le glamour de Hollywood m’électrisait.</p><p class="c3">J’ai finalement déménagé à Las Vegas au début des années 2000, je me suis inscrite à la fac, mais mon objectif était surtout d’avoir un visa étudiant pour pouvoir rester aux Etats-Unis ! J’ai pris l’option photographie. C’est là que j’ai commencé à passer du temps dans la pénombre d’un labo photo, en anglais on dit “dark room”, pour développer mes photographies. J’aimais photographier les shows et concerts de Las Vegas.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5f8.jpg?itok=CREwVsXf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5f8.jpg?itok=CREwVsXf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5f8.jpg?itok=8ZNVuocR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5f8.jpg?itok=tFo7BzM1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5f8.jpg?itok=EEIXS7sk 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5f8.jpg?itok=iC5UgImf 1245w" alt="image" />Jennifer Lopez et Shakira dansent ensemble pendant un concert à l'occasion d'un match de Super Bowl en février 2020 (AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3">J’appréciais cet environnement dynamique, avant le calme du labo photo où les images prenaient vie. Je savais déjà que je voulais me consacrer à une profession créative.  La photographie, comme la danse, permet de faire tant de choses! </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on77j.jpg?itok=Z70_Xlm9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on77j.jpg?itok=Z70_Xlm9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on77j.jpg?itok=hp85H8gx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on77j.jpg?itok=lDKLneFt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on77j.jpg?itok=vL4uweDe 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on77j.jpg?itok=HtkuX1U2 1245w" alt="image" />Concert de la Colombienne Shakira, pendant la mi-temps d'un match de Super Bowl à Miami, le 2 février 2020 (AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3">Quand j’ai commencé, la photographie argentique et digitale cohabitaient encore. J’ai donc appris à l’ancienne: shooter, cadrer, développer, imprimer. Cela impliquait beaucoup de calme, de concentration, pour moi, c’est une forme d’artisanat. Je suis très chanceuse d’être passée par cette étape et je crois que cela m’aide encore. On travaille davantage en profondeur, la photographie doit être prête à imprimer ou presque car elle est beaucoup plus dure à corriger à posteriori qu’aujourd’hui.</p><p class="c3">Je prenais en photo des danseurs et je me souviens de mes doutes: ai-je saisi le bon moment ou pas ? Et dans la paix du labo j’avais ma réponse, bien plus tard. Aujourd’hui, c’est tout l’inverse. Tout est instantané, La photo est téléchargée et vite, vite, elle parvient au client. Nous n’avons plus le temps de passer un long moment sur un cliché, et encore moins s’agissant de “breaking news”, ou de politique.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8c0qp.jpg?itok=cS31TNml" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8c0qp.jpg?itok=cS31TNml 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8c0qp.jpg?itok=ShYoL8UE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8c0qp.jpg?itok=kC_NnjKg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8c0qp.jpg?itok=flMCbhgu 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8c0qp.jpg?itok=d0jjcdVO 1245w" alt="image" />Leonardo DiCaprio pose avec l'Oscar du meilleur acteur, le 28 février 2016 (AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3">A l’AFP, pour de grands événements comme les Oscars ou les Jeux Olympiques, les images peuvent être  transmises presque instantanément, depuis les caméras, aux éditeurs photo au bureau. </p><p class="c3"> </p><h3 class="c4">Comment tout a commencé ? </h3><p class="c3">Mon vrai lancement dans le métier je le dois à… Madonna ! C’était en 2004, une de mes amies avait décroché un travail comme technicienne de lumière sur sa tournée et j’ai obtenu un pass pour l’accompagner. J’ai suivi la tournée sur une dizaine de concerts et son équipe m’a autorisée à prendre des photos. J’avais une caméra digitale assez basique. Son manager a dit: <em>“OK, tu peux prendre des photos, à condition de me les montrer après”</em>. Je couvrais les concerts et je montrais ensuite mes photographies aux danseurs et au manager, qui a décidé à son tour de les montrer à Madonna.</p><p class="c3">Madonna a aimé une des images et a décidé de l’acheter pour en faire une affiche. On m’a remis un contrat interminable auquel je ne comprenais rien - on y parlait de droits photos etc - mais elle a bien acheté ma photo et avec ça, j’ai pu acquérir ma première voiture !</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_18i026.jpg?itok=2kg66zpP" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_18i026.jpg?itok=2kg66zpP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_18i026.jpg?itok=RCfEy8nR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_18i026.jpg?itok=o9ZNPuzU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_18i026.jpg?itok=Lw4UcPyP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_18i026.jpg?itok=r_RTarFV 1245w" alt="image" />Madonna, aux MTV Video Music Awards, le 20 août 2018 (AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3">J’avais encore pourtant tout à apprendre sur la profession. J’ai vite compris qu’il y avait beaucoup de personnes très talentueuses et que je ne pouvais pas m’endormir sur ce succès. J’avais l’intention de déménager à Los Angeles et j’ai eu la chance d’obtenir un travail sur place comme pigiste chez Getty. Ma vie ressemblait alors à ce dont j’avais rêvé, enfant: un monde de tapis rouges, d’acteurs, de musiciens et de stars. <br /> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_11w3j7.jpg?itok=HOFoJfB_" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_11w3j7.jpg?itok=HOFoJfB_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_11w3j7.jpg?itok=IhdUPtYd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_11w3j7.jpg?itok=giV3Y-le 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_11w3j7.jpg?itok=54TR3SVd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_11w3j7.jpg?itok=WWZmZZyK 1245w" alt="image" />L'actrice Jennifer Lawrence, juste avant la cérémonie des Oscars, le 4 mars 2018 (AFP / Angela Weiss)</div><h3 class="c4"> </h3><h3 class="c4">Etre photographe de célébrités </h3><p class="c3">C’est un métier particulier, très lié à l’image et à la vie de ces personnalités. Plus elles sont connues, plus les droits ou “royalties” que l’on touche sur ces photographies sont élevées. Plus ces clichés sont uniques ou étonnants, plus on gagne de l’argent. Tout joue: un divorce récent, une naissance, la robe qu’elles portent, où une robe qui s’est déchirée dans le dos. </p><p class="c3">Aujourd’hui, ce n’est plus la même chose. Tout le monde a un téléphone portable et peut prendre cette photographie. Désormais, il faut avoir un regard. Saisir des instants qui ont échappé à d’autres. C’est beaucoup plus dur pour les free-lance. Aujourd’hui, pendant une tournée avec Madonna, ses danseurs et danseuses, la ou le manager, le maquilleur, ils auraient tous pris des photos en coulisses. Alors qui aurait eu besoin de mes images ?</p><p class="c3">Cette image de Lady Gaga, que j’ai photographiée à plusieurs reprises, est l'une de mes préférées en ce qui la concerne.</p><p class="c3"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady.jpg?itok=bKHLcSf4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady.jpg?itok=bKHLcSf4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady.jpg?itok=SmjoI1Tv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady.jpg?itok=5fDLKlyC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady.jpg?itok=coBe_a5g 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady.jpg?itok=JLzMYv4T 1245w" alt="image" /></div><p class="c3"> </p><p class="c3">C’est au mythique gala du Métropolitan museum of Arts (MET) à New York. C’est le plus fou des galas. Tout ce qui compte dans l’industrie de la mode, du cinéma et de la musique s’y donne rendez-vous. Cette photographie semble capturer un moment suspendu dans le temps, d’un calme absolu. Et pourtant, tout autour l'ébullition est à son comble. Les photographes crient: <em>“Retourne-toi ! Regarde par-dessus ton épaule !”</em></p><p class="c3">Ils hurlent car ils cherchent à avoir son regard face caméra pour que la star regarde la personne qui va voir cette photographie droit dans les yeux. Ce regard dans mon objectif est un véritable miracle. En plus, il y a la lumière du flash d’un autre collègue, qui tombe pile sur son visage. Cela donne une texture encore plus spéciale à la photo.</p><div class="ww-item image"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady2.jpg?itok=khL6XkfZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady2.jpg?itok=khL6XkfZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady2.jpg?itok=_Q1nkTGI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady2.jpg?itok=2tLv12mt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady2.jpg?itok=QWnCgnbu 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/lady2.jpg?itok=gOyg8jFP 1245w" alt="image" />(AFP/ Angela Weiss)</div><br /> </div><h3 class="c4"><strong>Trois mots</strong></h3><p class="c3">Les trois mots que je choisirais pour définir ma photographie sont simples: “<strong>diversité</strong>”, un mot très à la mode ces jours-ci mais qui la caractérise, il me semble. Il y a de tout: du reportage en lien avec l’actualité, de la photographie sportive, du divertissement. Mon deuxième mot préféré serait “<strong>organique</strong>” car j’aime montrer ce qui est, sans manipulation au moment de l’édition. Et enfin, “<strong>authentique</strong>”, car je veux qu’elle soit le plus proche possible de la réalité.</p><p class="c3"> </p><p class="c3">L’un de mes moments préférés plus récemment remonte à 2019, c’était mon premier reportage en dehors des Etats-Unis pour l’AFP. Je suis allée en Jamaïque pour suivre la première équipe féminine de football sélectionnée pour la Coupe du Monde. C’était une belle mission, j’ai pu passer plusieurs jours avec l’équipe, suivre ses entraînements. Il n’y avait pas de pelouse parfaite et le but était rafistolé avec des bouts de ficelle mais ces joueuses étaient si impliquées, elles travaillaient si dur pour y arriver, c’était impressionnant.</p><p class="c3"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p8.jpg?itok=KAmsryfO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p8.jpg?itok=KAmsryfO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p8.jpg?itok=v4CJMDna 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p8.jpg?itok=GwjjbIK6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p8.jpg?itok=iTBHeTHU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p8.jpg?itok=zc-82GhQ 1245w" alt="image" />Jamaïque, mai 2019 (AFP / Angela Weiss)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p6.jpg?itok=q-se92Ck" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p6.jpg?itok=q-se92Ck 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p6.jpg?itok=dCziktaj 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p6.jpg?itok=uUo8OuWl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p6.jpg?itok=xdUjOEvF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1gt8p6.jpg?itok=POtEVSg1 1245w" alt="image" />(AFP / Angela Weiss)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c3">A New York, je couvre tant de choses au quotidien qu’il m’arrive de ne plus savoir ce que j’ai fait la semaine d’avant. C’était une occasion de me concentrer sur une histoire, de prendre le temps de découvrir les gens.</p><h3 class="c4"> </h3><h3 class="c4">Premiers pas en politique</h3><p class="c3">Cette photographie représente une de mes premières incursions dans la photographie politique. C’était en 2016, le soir de l’élection de Donald Trump. J’étais assignée au quartier général de l’équipe d’Hillary Clinton et tout le monde était persuadé qu’elle allait gagner la présidentielle. Il a fallu se lever très tôt pour occuper le tout petit espace qui m’était réservé. J’imaginais la pluie de confetti qui tomberait sur la foule des supporters massés dans l’attente des résultats. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw7kh.jpg?itok=jEn03Erf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw7kh.jpg?itok=jEn03Erf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw7kh.jpg?itok=li0jpL6E 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw7kh.jpg?itok=TWYLGfHl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw7kh.jpg?itok=Q5iVf7ub 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw7kh.jpg?itok=9_GTX7zz 1245w" alt="image" />New York, 8 novemvre 2016 (AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Et puis tout d’un coup, les visages qui étaient rivés sur les écrans géants se sont assombris, certains pleuraient. C’était un moment très marquant. Depuis ma position, j’étais censée la prendre de dos, face à la foule, quand elle ferait son discours de victoire. Elle n’est jamais apparue ce soir-là. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw8vz.jpg?itok=j1rY1gkW" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw8vz.jpg?itok=j1rY1gkW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw8vz.jpg?itok=E2vxQfm8 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw8vz.jpg?itok=lGb6jQRy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw8vz.jpg?itok=ytxTsBDA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_hw8vz.jpg?itok=PPKMsv9x 1245w" alt="image" />(AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3">Ma vie de photographe a basculé lorsque la pandémie a éclaté. Eva, du desk photo à Washington m’a appelée et m’a dit: tous les shows ferment à Broadway, peux-tu y aller  ? J’ai compris que le divertissement allait disparaître, qu’il me faudrait m’adapter, très vite. Et puis deux autres photographes de l’équipe ont attrapé le Covid-19. J’ai pris mon vélo et j’ai commencé à parcourir New York, tout était vide, fantasmagorique. J’ai raconté avec ma caméra ces moments suspendus. </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1qi3af.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x763"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1qi3af.jpg?itok=prA-0ffQ" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Medical personnel moves a fence in front of refrigerated trucks serving as make shift morgues at Brooklyn Hospital Center on April 09, 2020 in New York City. - America's coronavirus epicenter of New York recorded a new single-day high of 799 COVID-19 deaths Thursday but Governor Andrew Cuomo said the rate of hospitalizations continued to fall. (Photo by Angela Weiss / AFP) (AFP / Angela Weiss)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1q42ks.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x771"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1q42ks.jpg?itok=-iTZFzcP" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A nearly empty Times Square is seen on March 23, 2020 in New York City. - Wall Street fell early March 23, 2020 as Congress wrangled over a massive stimulus package while the Federal Reserve unveiled new emergency programs to boost the economy including with unlimited bond buying. About 45 minutes into trading, the Dow Jones Industrial Average was down 0.6 percent at 19,053.17, and the broad-based S&amp;P 500 also fell 0.6 percent to 2,290.31 after regaining some ground lost just after the open. (Photo by Angela Weiss / AFP) (AFP / Angela Weiss)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1q42kt.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x807"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1q42kt.jpg?itok=5oTnR9fm" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A nearly empty Times Square is seen on March 23, 2020 in New York City. - Wall Street fell early March 23, 2020 as Congress wrangled over a massive stimulus package while the Federal Reserve unveiled new emergency programs to boost the economy including with unlimited bond buying. About 45 minutes into trading, the Dow Jones Industrial Average was down 0.6 percent at 19,053.17, and the broad-based S&amp;P 500 also fell 0.6 percent to 2,290.31 after regaining some ground lost just after the open. (Photo by Angela Weiss / AFP) (AFP / Angela Weiss)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1q843t.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1q843t.jpg?itok=ZYWinoTs" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A view of the Chrysler Building (rear) and empty street on March 27, 2020 in New York City. - The US now has more COVID-19 infections than any other country, and a record number of newly unemployed people, as the coronavirus crisis deepens around the world. (Photo by Angela Weiss / AFP) (AFP / Angela Weiss)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1pz3qq.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x882"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1pz3qq.jpg?itok=QUm2zV64" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A person plays basketball alone on March 17, 2020 in New York. (Photo by Angela Weiss / AFP) (AFP / Angela Weiss)</figcaption></figure></div><p class="c3"> </p><p class="c3">J’ai pu ensuite suivre Joe Biden en campagne. Quelques semaines avant l’élection présidentielle de novembre 2020, j’ai intégré le “pool” de presse qui voyageait avec le candidat. Je me suis sentie un peu comme une intruse car les gens qui voyageaient avec Biden se connaissaient tous depuis des années, et vivaient tous dans la capitale, contrairement à moi, qui suis basée à New York. Fréquenter des gens aussi talentueux de manière aussi rapprochée, permet d’apprendre beaucoup, très vite.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8tt6gr.jpg?itok=6dEmDuqU" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8tt6gr.jpg?itok=6dEmDuqU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8tt6gr.jpg?itok=5zI9vWiY 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8tt6gr.jpg?itok=SbKS8MYh 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8tt6gr.jpg?itok=swy_N8Ql 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8tt6gr.jpg?itok=2Wg6TYFB 1245w" alt="image" />(AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3">Couvrir une campagne a ses particularités: il faut anticiper et tenter de trouver des angles originaux. Tout va très vite. Quand l’avion se pose quelque part tu ne sais pas ce qui t’attend en termes de lumière, ou de météo par exemple.  Il faut descendre à toute allure de l’avion, se positionner au bon endroit, prendre la photo. Va-t-il s’arrêter ? Va-t-il parler ? On croise des foules, avec leurs pancartes... C’est très chaotique. Et ensuite, une fois de retour dans l’avion, on doit vite se dépêcher d’envoyer les images.</p><p class="c3">Il faut être très alerte, à tout instant. Je me souviens de la campagne en Pennsylvanie, un Etat qui était très disputé. Soudain, il y avait des centaines de supporteurs de Trump sur le parcours du convoi, et puis quelques minutes plus tard, c’était l’inverse, sur le site où devait se tenir un meeting de Joe Biden.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8r26kj.jpg?itok=-bWLFadL" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8r26kj.jpg?itok=-bWLFadL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8r26kj.jpg?itok=d4ouPZzV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8r26kj.jpg?itok=iyQnW9xg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8r26kj.jpg?itok=utsoJvqU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8r26kj.jpg?itok=HsNwmuJ8 1245w" alt="image" />Des supporters de Donald Trump regardent le premier débat télévisé entre le président sortant et Joe Biden, le 29 septembre 2020 (AFP / Angela Weiss)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8uh3hc_1.jpg?itok=hvJb0IaR" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8uh3hc_1.jpg?itok=hvJb0IaR 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8uh3hc_1.jpg?itok=zBrAvJou 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8uh3hc_1.jpg?itok=nMFFFDuC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8uh3hc_1.jpg?itok=WMPCC_Dd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8uh3hc_1.jpg?itok=FtA939rz 1245w" alt="image" />(AFP / Angela Weiss)</div><p class="clear"> </p><p class="clear c3">Mes années à couvrir les stars m’ont appris à réagir très vite. Quand un chanteur saute dans tous les sens pendant un concert… il faut être réactif. Et bien connaître le matériel avec lequel tu travailles. </p><p class="c3">Pour la soirée des résultats électoraux, l’AFP avait trois positions. Une se trouvait exactement en face de la scène et les deux autres sur les côtés. J’étais sur un des côtés. Je me suis dit, mince, j’ai un des emplacements les plus pourris, je ne vais avoir que le profil de Biden.</p><p class="c3"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8ut7uj_1.jpg?itok=e50mrTwN" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8ut7uj_1.jpg?itok=e50mrTwN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8ut7uj_1.jpg?itok=RLnWmSnJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8ut7uj_1.jpg?itok=aNKzhOqd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8ut7uj_1.jpg?itok=6CS5PpqQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8ut7uj_1.jpg?itok=4NpdgCQN 1245w" alt="image" />(AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3">Et puis il se trouvait derrière ces paravents en verre, et soudain j’ai vu la scène, à la fin de son discours, il remerciait la foule, il y avait cette lumière derrière lui, un spot, et le reflet de son visage dans le paravent. Cette image a été reprise en Une de nombreux médias. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8z74cj.jpg?itok=aYy2D1BE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8z74cj.jpg?itok=aYy2D1BE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8z74cj.jpg?itok=G_DCZ1OS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8z74cj.jpg?itok=sS31e9MG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8z74cj.jpg?itok=aawe961- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_8z74cj.jpg?itok=PKSs5Mn5 1245w" alt="image" />20 janvier 2021, avant la la cérémonie d'investiture de Joe Biden, de gauche à droite: Doug Emhoff, la vice-présidente Kamala Harris, la première dame Jill Biden, et le président américain Joe Biden sur les marches du Capitol à Washington (AFP / Angela Weiss)</div><p class="c5"><strong>Etre une femme photographe, c'est comment? </strong></p><p class="c3">Le photojournalisme reste un métier assez masculin. Pendant la campagne de Biden, nous avons soudain réalisé que le pool était composé de quatre femmes et deux hommes. Cela restait si surprenant que nous avons pris une photo du groupe !  A Los Angeles, quand j’ai démarré, le milieu de la photographie de divertissement était aussi plutôt masculin, un “boy’s club”. Les rares femmes qui travaillaient étaient très compétitives entre elles et travaillaient très dur. Elles allaient toujours un peu plus loin pour prouver leurs qualités. Aujourd’hui le reportage de guerre ou la couverture de troubles urbains reste aussi l’apanage des hommes. La mode, les tapis rouges, sont plus féminins. Je me demande pourquoi. Est-ce parce que certains pensent que ce ne sont pas des couvertures pour les femmes ?</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5bg.jpg?itok=Aa6GYTbW" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5bg.jpg?itok=Aa6GYTbW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5bg.jpg?itok=AeeWjWH9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5bg.jpg?itok=L_1YrwPu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5bg.jpg?itok=S6trn4oE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1on5bg.jpg?itok=M8lBqSQr 1245w" alt="image" />Jennifer Lopez en concert à Miami en février 2020 (AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Je ne pense pas qu’il y ait de différences entre les femmes photographes et les hommes. Cela dépend peut-être des sujets. Evidemment, s’il s’agit de prendre en photo une femme qui va passer par un avortement, il est possible qu’elle se sente plus en confiance, qu’elle ait la sensation qu’elle sera mieux comprise, qu’il y aura d’avantage d’empathie.  En revanche, pour un sujet chargé de "testostérone" un homme se demandera ce que je fais là !</p><p class="c3">Et inévitablement il y a un désavantage physique lié au poids des équipements. J’ai une anecdote concernant le fait d’être une femme photographe. Si cela n’avait pas été le cas, je n’aurais jamais obtenu cette photographie de l’ex-producteur de cinéma Harvey Weinstein, aucun homme n’aurait pu la prendre même ! </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1p686e.jpg?itok=11z3YRqB" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1p686e.jpg?itok=11z3YRqB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1p686e.jpg?itok=YP3QLc4p 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1p686e.jpg?itok=NVG6Z3zL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1p686e.jpg?itok=DdQwYnN- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_1p686e.jpg?itok=UbzK0Tvk 1245w" alt="image" />(AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Nous étions un groupe de femmes photographes et nous avons trouvé ces toilettes, pour femmes, au 16 ou au 17ème étage de la tour de New York où se tenait son procès pour agressions sexuelles. J’ai pris cette image au téléobjectif.  Tout le monde l’avait déjà eu entrant ou sortant du tribunal, et là, c'était un angle différent. </p><p class="c3">Désormais, j’aimerais prendre plus de temps sur certains sujets. Peut-être me spécialiser dans la photographie politique, ou l'environnement. Travailler sur les questions liées au changement climatique, me consacrer à quelque chose qui ait de l’impact. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_9cd66x.jpg?itok=VWJK9qJ4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_9cd66x.jpg?itok=VWJK9qJ4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_9cd66x.jpg?itok=AskmeuXT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_9cd66x.jpg?itok=KkjuvbC1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_9cd66x.jpg?itok=tntiNBSj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/angela-weiss-june21/000_9cd66x.jpg?itok=ZWKP5RNd 1245w" alt="image" />Un enfant joue avec des pigeons à Battery Park, à New York, le 16 juin 2021 (AFP / Angela Weiss)</div><p class="ww-item image c5"><em>Entretien avec Angela Weiss: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</em><br /> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/femmes-photographes-angela-weiss</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/femmes-photographes-angela-weiss</guid>
      <pubDate>Sun, 20 Jun 2021 09:36:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Je vais te revoir après la guerre]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Jérusalem/Bande de Gaza </strong>- Tout s'est précipité en quelques heures. Vendredi 7 mai à Jérusalem, après le coucher du soleil, nous étions à plonger nos doigts dans les feuilles de vigne farcies roulées à la main, à remplir nos assiettes de fattoush, de viande et de riz parfumés à la cardamome lorsque nos messageries WhatsApp se sont affolées: tensions à al-Aqsa!</p><p class="c2">Cela faisait des semaines que des manifestations nocturnes à Jérusalem-Est sur l’Esplanade des Mosquées rythmaient les nuits du photographe <strong>Ahmad Gharabli</strong>. Nous étions déjà sur les rotules, ce vendredi soir, le dernier du mois de jeûne du ramadan, et la promesse d'un narguilé après le repas, du calme sous l'abricotier à parler de la vie était le seul horizon envisagé. Mais le calme était rompu à chaque instant et Ahmad, épuisé, s'est levé et a lancé: je fonce à  al-Aqsa !</p><p class="c2"> </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99h9td.jpg?itok=qVUkaVwo" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99h9td.jpg?itok=qVUkaVwo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99h9td.jpg?itok=sNOETNzr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99h9td.jpg?itok=lJd2GHg3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99h9td.jpg?itok=zUOxRC7f 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99h9td.jpg?itok=3q_oaGNb 1245w" alt="image" />Affrontements entre manifestants palestiniens et forces de l'ordre, vendredi 7 mai sur l'Esplanade des Mosquées à Jérusalem (AFP / Ahmad Gharabli)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">On s'attendait à des manifestations musclées, à quelques blessés, mais pas à ce qui allait suivre. Dans la nuit, les bilans des heurts entre Palestiniens et la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées, troisième lieu saint de l'islam, point de départ de la deuxième Intifada, ont été très lourds. Le lendemain, samedi 8 mai, le Croissant-Rouge palestinien rapportait au moins 205 Palestiniens blessés, dont plus de 80 hospitalisés, en grande majorité sur l’esplanade. La police israélienne faisait état de 18 blessés dans ses rangs.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_9a287h.jpg?itok=ohzBCj25" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_9a287h.jpg?itok=ohzBCj25 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_9a287h.jpg?itok=Ky0CHmFk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_9a287h.jpg?itok=iSUIEMLN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_9a287h.jpg?itok=f-V2HG0d 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_9a287h.jpg?itok=ljrw4zC2 1245w" alt="image" />Echange tendu entre un Palestinien et un membre des forces de l'ordre israéliennes, à Jérusalem-Est, le 15 mai 2021 (AFP / Emmanuel Dunand)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Lundi 10 mai, tout a vrillé. Tout. “Guillaume, il y a des +clashs+ à al-Aqsa, il y a des blessés tout autour”, m'a dit Ahmad en me tirant de mon sommeil au petit matin. 100, 200, 300, 400, 500 blessés selon les secouristes. Sur notre fil, les alertes se succédaient.  Les hôpitaux débordaient en ce “Yom Yerushaleim”, “Jour de Jérusalem”, marquant selon le calendrier hébraïque la prise de la partie orientale de la Ville Sainte par Israël il y a plus d'un demi-siècle.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99n2kd.jpg?itok=jnXCyx86" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99n2kd.jpg?itok=jnXCyx86 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99n2kd.jpg?itok=4L0uCQ9c 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99n2kd.jpg?itok=_-7KCjbn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99n2kd.jpg?itok=VeVqSLwl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99n2kd.jpg?itok=5ggHEU1W 1245w" alt="image" />Blessé évacué par des secouristes palestiniens le 10 mai 2021, aux abords de l'Esplanade des Mosquées (AFP / Ahmad Gharabli)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Des milliers de jeunes juifs convergeaient vers la Vieille Ville et la crainte d’une escalade après les heurts les plus importants depuis des années à Jérusalem, était omniprésente. La ville retenait son souffle. Et puis en fin de journée, au loin, dans la bande de Gaza, le mouvement islamiste Hamas est entré dans la danse.</p><p class="c2">Vers 17H00, le Hamas a lancé un ultimatum à Israël, lui intimant de retirer ses forces de l'Esplanade des Mosquées dans l'heure. A 18H00, les sirènes se sont mises à hurler dans le sud d'Israël et à Jérusalem, cette ville symbole des trois grandes religions monothéistes située à une centaine de kilomètres seulement de Gaza, épargnée par les trois guerres entre le Hamas et Israël.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99x76p.jpg?itok=JF4c4E5C" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99x76p.jpg?itok=JF4c4E5C 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99x76p.jpg?itok=_ox8JU3e 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99x76p.jpg?itok=80R_pKx6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99x76p.jpg?itok=k1-G4jDv 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99x76p.jpg?itok=0dyHScxq 1245w" alt="image" />Le système de défense israélien Dôme de fer en pleine action, le 14 mai 2021 (AFP / Anas Baba)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Dans le sud israélien, les roquettes ont commencé à pleuvoir, interceptées pour la plupart par le bouclier anti-missile "Dôme de Fer". Celles qui ont échappé à la défense anti-aérienne ont abouti dans des champs ou se sont abattues sur des maisons.</p><p class="c2">Pendant les jours qui ont suivi, des centaines de roquettes ont continué à foudroyer le ciel, alors que des milliers de Palestiniens manifestaient encore en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Des villes “mixtes”, peuplées d’arabes israéliens et de juifs, se sont embrasées. A Lod, près de Tel Aviv, des habitants ont incendié la synagogue, en riposte à la mort d’un père de famille arabe, tué par balle lors de heurts.  </p><p class="c2">Après l’attaque du Hamas, Israël a répliqué dès la nuit du 10 au 11 mai. Se dirigeait-on vers une escalade de 48 heures comme les deux camps en ont l'habitude? Ou vers une nouvelle guerre, la quatrième guerre de Gaza ?  </p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/TeqHwdxyrEs" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">“J'ai quitté la maison, je suis allé au bureau, car nous y filmons en direct les frappes depuis la terrasse”, raconte <strong>Yahya Hassouna</strong>, le reporter vidéo de Gaza. “Ma femme m'appelait en pleurs. Je lui ai dit: je vais te revoir après la guerre (...) mais je ne voulais pas lui dire que j'étais sur le terrain, dans les hôpitaux, là où les bombes sont tombées. Le plus difficile pour un journaliste à Gaza, c'est la pression de la famille”.</p><p class="c2">“Mes parents, que je n’ai pas vu pendant dix jours, m'appelaient sans cesse: sois prudent, ne va pas dans des zones dangereuses, essaie de dormir, me disaient-ils. Et je répondais: tout va bien, je suis heureux. Ils savaient bien pourtant, eux qui vivent dans le centre de Gaza que ça bombardait de partout, ils entendaient, comme moi, les bombardements. Et ma femme m'implorait de rentrer à la maison”. </p><p class="c2">Le photographe <strong>Jack Guez</strong> a lui quitté les siens pour passer ses jours et ses nuits à Ashkelon, une ville israélienne proche de la bande de Gaza à laquelle le Hamas avait promis “un enfer”. </p><p class="c2">“C’était vraiment très intense. J’étais à l’hôtel, mais vu le nombre de bombardements et d’alertes à la roquette, impossible de fermer l'oeil. Tu entends les +boom+ et tu te dis,c’est bon ça n’a pas touché l’hôtel, pas cette fois-ci. Mais j’aurais très bien pu être victime d’une roquette dans ma chambre d’hôtel”.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p87x.jpg?itok=UrVeZWRf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p87x.jpg?itok=UrVeZWRf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p87x.jpg?itok=QkV3rtpN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p87x.jpg?itok=BfNdxdPG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p87x.jpg?itok=3YitrMSg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p87x.jpg?itok=PDyFLnZP 1245w" alt="image" />Des secouristes s'occupent de deux femmes en état de choc, dans un quartier visé par des tirs de roquettes à Ashkelon le 11 mai (AFP / Jack Guez)</div><p class="c2">Dans cette ville de près de 150.000 habitants, deux femmes ont été tuées, et une trentaine de personnes blessées dans  la seule journée, du 11 mai. </p><p class="c2">“Au volant, j’ai pendant onze jours oublié ma ceinture de sécurité, poursuit Jack Guez: histoire de pouvoir m’extirper rapidement de la voiture en cas de besoin car j’ai toujours en mémoire l’image de mes amis d’AP et Reuters qui, par le passé, ont pris un missile en pleine voiture". </p><p class="c2">“C’était bien plus intense que lors des précédentes guerres que j'avais couvertes: dans le passé, il m’est arrivé d’entendre le sifflement simultané de trois, quatre, cinq, six roquettes… mais là je me suis retrouvé littéralement sous des dizaines de roquettes. Par moments, le ciel semblait blanc tant elles étaient nombreuses, et je ne savais plus si je devais travailler ou me protéger. A une reprise, un débris est tombé sur mon épaule. Ces onze jours de guerre m’ont bien plus marqué que les quatre guerres précédentes”. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p9db.jpg?itok=Xci7Wy_z" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p9db.jpg?itok=Xci7Wy_z 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p9db.jpg?itok=ejwjy5nC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p9db.jpg?itok=rSDrarAA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p9db.jpg?itok=mm7bCB1O 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99p9db.jpg?itok=wf5D9URq 1245w" alt="image" />Une maison à Ashkelon, le 11 mai 2021 après des tirs de roquette en provenance de Gaza (AFP / Jack Guez)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99z8eg.jpg?itok=I6n9-M6d" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99z8eg.jpg?itok=I6n9-M6d 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99z8eg.jpg?itok=O6TBA-6B 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99z8eg.jpg?itok=Mn3irrRM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99z8eg.jpg?itok=X7slkJZh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99z8eg.jpg?itok=8t4_GQNm 1245w" alt="image" />Maison endommagée après des tirs de roquette à Sderot, le 15 mai (AFP / Jack Guez)</div><p class="c2"> “J’ai de la famille aux premières loges, dans une ville proche de Gaza. Alors dès que j’entendais une alerte concernant cette ville ma priorité était d'abord d’appeler mes gosses”, confie aussi  Jack Guez. </p><p class="c2">Avant “les attaques visaient un territoire très petit, le long de la frontière avec Gaza, les localités de Sderot et Ashkelon… Cette fois les roquettes atteignaient le nord de Tel Aviv, où j’ai ma  famille”, témoigne aussi le vidéojournaliste <strong>Nir Kafri</strong>. </p><p class="c2">“Au début de la guerre avec ma femme, nous devions rendre visite à des proches pour présenter nos condoléances, un deuil non lié à la guerre. Nous avons laissé nos filles à la maison. Sur la route, nous avons entendu les sirènes à la radio, qui égrenait aussi la liste des localités visées. Soudain ma femme a baissé la vitre de la voiture et m’a dit: j’entend les sirènes dehors ! Ce n’est pas la radio, il y a des roquettes tout autour de nous ! Nous nous sommes arrêtés, et là mes filles ont téléphoné. C’était comme un film de terreur, elles ne savaient pas quoi faire”.</p><p class="c2"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99r8bd.jpg?itok=A11D5XAf" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99r8bd.jpg?itok=A11D5XAf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99r8bd.jpg?itok=k3IHDdVn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99r8bd.jpg?itok=yn3DyXjB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99r8bd.jpg?itok=crhr6kMp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99r8bd.jpg?itok=cjkQXTzK 1245w" alt="image" />Des habitants de Tel-Aviv se réfugient sous un pont dans le centre de Tel-Aviv, par crainte de la dernière salve de roquettes lancée depuis Gaza, le 11 mai 2021 (AFP / Gil Cohen-magen)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99q4gr.jpg?itok=dr1uYh6e" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99q4gr.jpg?itok=dr1uYh6e 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99q4gr.jpg?itok=VCvdEvln 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99q4gr.jpg?itok=S0UKGTE6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99q4gr.jpg?itok=-9QO3Z14 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/westbank-israel-war-may21/000_99q4gr.jpg?itok=ZS0LOeNi 1245w" alt="image" />A Tel Aviv, alors que l'alerte a été donnée suite à de nouveaux tirs de roquette depuis Gaza, le 11 mai 2021 (AFP / Jack Guez)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Pendant ces onze jours, outre Nir Kafri et Jack Guez, une douzaine de photographes, reporters et vidéastes ont été mobilisés à Jérusalem, à Tel-Aviv, dans le nord du pays près de la frontière libanaise. Non sans danger parfois, car le "Dôme de Fer", avait beau intercepter des roquettes, il arrivait parfois que des débris tombent aussi ici et là, voire qu'une roquette ne fasse irruption dans leur ville.</p><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Guerre 360 degrés</strong></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a66xp.jpg?itok=o59E7JNU" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a66xp.jpg?itok=o59E7JNU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a66xp.jpg?itok=4XtMDKv9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a66xp.jpg?itok=twumBBCK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a66xp.jpg?itok=wRyNoPRh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a66xp.jpg?itok=O-jJfgsr 1245w" alt="image" />(AFP / Mahmud Hams)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Dans les guerres, souvent, les journalistes vont au front, puis rentrent le soir à l'hôtel, ou chez eux, selon s'ils sont parachutés ou vivent sur place.  Il y a donc <em>le front</em> et <em>l’arrière</em> et aussi parfois le ciel, avec les frappes aériennes. Mais Gaza c'est une guerre à 360 degrés. </p><p class="c2">Dans ce territoire enclavé, il n'y pas de position de repli. Pas d'avant, pas d'arrière. Uniquement la guerre tout autour, dans le ciel, et jusque sous terre avec les labyrinthes de tunnels du Hamas. Les journalistes de Gaza n'ont pas leurs familles au loin, protégées, immunisées. Elles vivent  sous les bombes comme eux, donnant lieu à une intense conciliation famille-travail-bombardements.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a38hy.jpg?itok=nsoFjGlG" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a38hy.jpg?itok=nsoFjGlG 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a38hy.jpg?itok=Yrlg9_6m 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a38hy.jpg?itok=U_xio85H 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a38hy.jpg?itok=SBlhw1Au 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a38hy.jpg?itok=WyElnTXJ 1245w" alt="image" />Une femme tente de retrouver des effets personnels après la destruction de sa maison à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 mai 2021 (AFP / Said Khatib)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“Aucun lieu n'était sûr. Ma famille vivait dans l'angoisse permanente, il fallait se rassurer à chaque heure. Cette peur, cette anxiété se mélangeaient à mon sens des responsabilités: il fallait que j'accomplisse mon travail de journaliste”, souligne <strong>Adel Zaanoun</strong>, reporter émérite qui répond en règle générale “<em>double tamam</em>”, doublement bien, lorsqu'on lui demande comme il va. Même, par réflexe, pendant la guerre. </p><p class="c2">“Au 7e jour, c'était le moment le plus difficile, lorsqu'un raid israélien a détruit la maison d'un voisin et que la mienne a été endommagée. Ma femme et mes enfants ont dû quitter les lieux”, poursuit-il. Des murs au rez-de-chaussée ont été éventrés, des vitres ont éclaté. La maison du voisin, qui avait reçu un appel de l'armée israélienne pour l'avertir de quitter les lieux, n'était plus qu'un tas de gravats entremêlés de souliers, vêtements et jouets. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ad6bd.jpg?itok=94-i3hn4" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ad6bd.jpg?itok=94-i3hn4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ad6bd.jpg?itok=w2u4pV9g 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ad6bd.jpg?itok=gsKiIarl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ad6bd.jpg?itok=W2Ouk7-D 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ad6bd.jpg?itok=I_AxuWTf 1245w" alt="image" />Gaza, le 20 mai 2021 (AFP / Mahmud Hams)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Quand la guerre a commencé <strong>Sakher Abou El Oun</strong>, le doyen du bureau, était déjà en deuil: il avait perdu son seul fils, Madhat, 13 ans, emporté par la maladie. Il était donc chez lui, en famille. “Les bombes pilonnaient mon quartier, al-Rimal, et nous vivions dans le fracas des bombardements qui faisaient trembler nos murs. L'anxiété était à son comble. Je n'ai pas honte de le dire: nous avons tous pris des sédatifs. Plusieurs maisons ont été prises pour cible, juste à côté de la mienne, il y a eu de nombreux morts parmi mes voisins”.</p><p class="c2">Las de ronger son frein chez lui, Sakher a repris le travail en pleine guerre pour aider ses collègues, et écrire un reportage sur son quartier détruit, puis un autre sur les enfants traumatisés. Dans son texte, il évoque ce gamin, copie quasi carbone de son fils décédé, qui répète: <em>“Ana khaïf, ana khaïf, ana khaïf”</em>. “J'ai peur, j'ai peur, j'ai peur”....</p><p class="c2"> </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9b82yv.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9b82yv.jpg?itok=5gUIFmwK" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Mahmud Hams)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9ae97j.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9ae97j.jpg?itok=KDlAlA_3" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Mohammed Abed)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_99z4af.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_99z4af.jpg?itok=T0OOCzxt" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Mohammed Abed)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9a38j8.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x797"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9a38j8.jpg?itok=xIXmaqAd" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 16 mai (AFP / Said Khatib)</figcaption></figure></div><p class="c2">En temps de guerre, voir des enfants en détresse suscite de vives réactions comme pour <strong>Mahmud Hams</strong>, photographe rompu aux terrains hostiles. </p><p class="c2">“Quand on va à la morgue et on y trouve des enfants, on pense aux siens. J’en ai vu un qui s’y rendait aussi. Quelqu'un lui a crié: ton père est mort. Le gamin ne le savait pas. Il a répondu: quoi?? Les larmes me sont montées aux yeux. Il m'arrive de pleurer en reportage mais j'essaie de le cacher, de rester professionnel. Mais j’ai aussi réalisé que c’est parfois nécessaire, tout contenir n'est pas une bonne chose. Nous sommes des humains, pas de la glace. Nous nous rendons dans les hôpitaux, nous allons là où il y a eu des bombardements, et nous constatons quand les gens sont extirpés vivants ou morts des gravats”.</p><p class="c2"><strong>Mohammed Abed</strong>, aussi habitué aux grands honneurs du photojournalisme, avait pleuré “une fois” pendant la guerre de Gaza, en 2014, dans la salle d'opérations d'un hôpital où un chirurgien traitait Yamin, un petit grand brûlé âgé de trois ans, seul survivant d'une frappe ayant fauché 20 membres de sa famille. Cette fois, il a pleuré deux fois. “J'ai pris la photo d'un jeune sur la rue Wehda qui cherchait des membres de sa famille dans les ruines, il s'était accroupi, la tête penchée sur les décombres et il criait:<em> Maman, Maman</em>. J'ai pleuré. Et j'ai encore pleuré lorsque ma fille m'a appelé. Elle, qui suit tout ce qui se passe via les réseaux sociaux, et m'envoyait sans cesse des messages pour me dire qu'elle avait peur, et j'avais peur pour elle”.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9a34b4.jpg?itok=Z566i47r" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9a34b4.jpg?itok=Z566i47r 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9a34b4.jpg?itok=vAj0C28Z 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9a34b4.jpg?itok=OwlDLqYs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9a34b4.jpg?itok=aPsbv3Lg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-kids-war-may21/000_9a34b4.jpg?itok=IVw81zC_ 1245w" alt="image" />Famille palestinienne tout juste admise à l'hôpital Al-Shifa après des bombardements, le 16 mai, sur la ville de Gaza (AFP / Mohammed Abed)</div><p class="c3"><strong>- La tour Jala - </strong></p><p class="c2">Le samedi 15 mai a peut-être marqué un tournant dans cette guerre-éclair. Au bout du fil à Gaza, Adel m'appelle. “AP et Al-Jazeera ont reçu l'ordre d'évacuer leur immeuble. Ils ont une heure pour quitter les lieux”. Les minutes défilent. Les reporters de l'agence américaine et de la chaîne qatarie emportent caméras et laptops et se précipitent à la sortie de l'immeuble, la tour “Jala”. </p><p class="c2">Devant ce bloc de béton s'étirant sur plus d'une dizaine d'étages, s'agglutinent des reporters présents dans la bande de Gaza, restée fermée aux journalistes étrangers pendant la durée des affrontements, pour filmer la scène. Boom, boom. L'édifice s'écroule comme un Jenga géant. Une idée émerge rapidement des journalistes à Gaza: héberger AP et Al-Jazeera. Les équipes se connaissent, s'apprécient. Le téléphone s'active entre Gaza, Jérusalem, Doha, Paris et New York. Et un appel est particulièrement critique: celui avec <strong>Ahmed Eissa</strong>, technicien du bureau de Gaza. La destruction de la tour où logeaient AP et Al-Jazeera, accueillait aussi des antennes clés pour la connexion internet.</p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=CX-_cakI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=CX-_cakI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=-DqexPBJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=Qzv_pesr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=QQZ0cxtH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9a28qq.jpg?itok=ui7M9GXp 1245w" alt="image" />Le bombardement de la tour Jala, le 15 mai 2021 (AFP / Mahmud Hams)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“La tour Jala est située juste à côté de chez moi. Quand l'avertissement est tombé, je devais rentrer chez moi pour m'occuper de mes enfants, de ma femme, de ma mère et de mon père, qui vivent dans le même immeuble que le mien. Mais je ne pouvais y aller:  je savais que si la tour s’effondrait nous aurions un désastre au bureau car on serait privé d'internet”, témoigne Ahmed Eissa.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9al3cr.jpg?itok=9vbiO6RY" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9al3cr.jpg?itok=9vbiO6RY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9al3cr.jpg?itok=q8R1W2By 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9al3cr.jpg?itok=B83psDb- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9al3cr.jpg?itok=A8ib9GAc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9al3cr.jpg?itok=4VGjtfyr 1245w" alt="image" />Combattant des Brigades de résistance nationale, le bras armé du Front démocratique de libération de la Palestine, à quelques mètres des décombres de la tour Jala, le 23 mai 2021 (AFP / Emmanuel Dunand)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">J'ai appelé mes proches et leur ai démandé d'ouvrir les fenêtres de l'appartement pour éviter qu'elles n’éclatent sous la pression de la déflagration. Je leur ai dit de partir, le plus loin possible. J'ai tendance à prévoir le pire. J'avais déjà mis en place au bureau un système de +back-up+ informatique en cas de crise. Nos deux premières liaisons internet ont sauté alors j'ai basculé sur la troisième et contacté notre fournisseur pour qu’il renforce le débit de cette unique connexion. Le soir même, AP, Al-Jazeera et l’équipe de l’AFP étions capables de diffuser en direct du bureau de l'AFP”.  </p><p class="c2">Vendredi 21 mai, avec le cessez-le-feu après 11 jours de bombardements sans répit sur Gaza, et 4.300 roquettes tirées sur le sud d'Israël, un semblant de normalité a repris, de quoi, aussi, mesurer les dégâts. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9af7rg.jpg?itok=5Pxaksr6" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9af7rg.jpg?itok=5Pxaksr6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9af7rg.jpg?itok=PRuCvLmg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9af7rg.jpg?itok=0MRY353h 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9af7rg.jpg?itok=6cck405N 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9af7rg.jpg?itok=hru8hVUi 1245w" alt="image" />Célébrations après l'annonce du cessez-le-feu, le 21 mai (AFP / Mohammed Abed)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">La guerre a tué 260 Palestiniens, dont plus d'une soixantaine d'enfants et d'adolescents et de nombreux combattants, selon les autorités locales. En Israël, 13 personnes ont été tuées, dont un garçon de six ans et une adolescente, selon les secouristes.  </p><p class="c2">A Gaza, un millier d'immeubles a été détruit, et des millions d'âmes, elles, semblent avoir pâti. “C'est comme si tous les bombardements aériens de la guerre de 2014 (50 jours) s'étaient condensés en 11 jours”, note le journaliste vidéo Yahya Hassouna. </p><p>Après la guerre pourtant, “ma femme m'a pris dans ses bras et m'a dit allons célébrer l'aïd”, fête marquant la fin du ramadan, qui a débuté à Gaza avec dix jours de retard.   </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ah3jk.jpg?itok=T8Oi88Ql" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ah3jk.jpg?itok=T8Oi88Ql 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ah3jk.jpg?itok=s-x-1mkk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ah3jk.jpg?itok=3H_iOWWO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ah3jk.jpg?itok=74MDQ809 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ah3jk.jpg?itok=dZyW-kDX 1245w" alt="image" />(AFP / Mahmud Hams)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Après le déluge de feu, vient la reconstruction, mais sans armées de “psy” sans doute nécessaires. “Après la guerre de 2014, il m'arrivait d'avoir des mauvaises passes, de pleurer. Et lorsqu'il y a des escalades militaires, des guerres éclairs, je suis de mauvaise humeur parce que les guerres passées se télescopent”, confie Mahmud Hams. Mais c'est une erreur de dire au docteur tout va bien, tout va bien pour moi, il faut au contraire parler”.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ak37g.jpg?itok=tNcjisAn" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ak37g.jpg?itok=tNcjisAn 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ak37g.jpg?itok=vhTiGYRE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ak37g.jpg?itok=vbd_L3-3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ak37g.jpg?itok=CO0UcShG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/israel/israel-war-may21/gaza-destructions-war-may21/000_9ak37g.jpg?itok=vgeVLSKJ 1245w" alt="image" />(AFP / Mahmud Hams)</div><p class="c3"><em>Récit de Guillaume Lavallée, avec nos journalistes en Israël et à Gaza. Edition:  Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/je-vais-te-revoir-apres-la-guerre</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/je-vais-te-revoir-apres-la-guerre</guid>
      <pubDate>Sat, 12 Jun 2021 20:40:07 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Sur le banc de la presse au Procès Daval]]></title>
      <description><![CDATA[<h4 class="c2">“Aux assises, où il est souvent question de sexe, de violence et de mort, le défi est de garder concentration et recul, garder la tête froide en somme. Par moments toutefois, garder la distance avec la souffrance de familles aux vies brisées est presque impossible”, écrivent <a href="https://twitter.com/angelaschnaeb?lang=en"><strong>Angela Schnaebele</strong></a> et <strong><a href="https://twitter.com/damien_sk">Damien Stroka</a></strong> dans ce récit sur leur couverture du procès Daval.</h4><p class="c3"><strong>VESOUL -</strong> Le rendez-vous dans la petite ville de Vesoul, modeste préfecture de Haute-Saône dans l’Est de la France, avait mobilisé depuis des semaines notre bureau.  L'Agence France-Presse (AFP) avait prévu de déployer pas moins de huit personnes, quotidiennement: deux photographes, deux vidéastes, deux dessinateurs de presse et deux rédacteurs texte, épaulés quotidiennement par les journalistes du bureau régional de Strasbourg. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va22z.jpg?itok=PAjsvQv2" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va22z.jpg?itok=PAjsvQv2 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va22z.jpg?itok=VcfGYYtq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va22z.jpg?itok=DMj81v8r 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va22z.jpg?itok=le367zti 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va22z.jpg?itok=xCjgBbpe 1245w" alt="image" />(AFP / Patrick Hertzog)</div><p class="c3">Il durerait dix jours, dans un bel édifice en pierre blanche ceinturé de barrières et protégé par des policiers. Et nous n’étions pas seuls. Au petit matin de ce 16 novembre 2020, des dizaines de journalistes d’une quarantaine de médias, s’appretaient à vivre ensemble une plongée dans l’insoutenable, un voyage dans l’intimité d’un couple, des images de jeunes mariés pimpants des débuts, à celles du corps supplicié et sans vie d’une femme, Alexia.  </p><p class="c3">C’était l’un des procès les plus attendus de l'année en France: la radiographie d’un petit couple de province “next door” en apparence sans histoires, en réalité complètement à la dérive: l’affaire Daval.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf8k8.jpg?itok=ZgTWOQ7P" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf8k8.jpg?itok=ZgTWOQ7P 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf8k8.jpg?itok=DuZ3S-Vb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf8k8.jpg?itok=3lBtfQEi 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf8k8.jpg?itok=gGIROd9Y 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf8k8.jpg?itok=dXYUYwzb 1245w" alt="image" />Les parents de Jonathann Daval et sa soeur devant le tribunal de Vésoul, le 18 novembre 2020 (AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c3">Depuis trois ans, et en plein mouvement MeToo, ce féminicide avait tenu en haleine la France toute entière, tant les rebondissements avaient été nombreux: disparition d'une prétendue joggeuse, découverte de son corps calciné, mari éploré finalement confondu, aveux suivis de multiples revirements, de l'absurde accusation de sa belle-famille à la pleine reconnaisance de l'acte, impulsif mais bel et bien volontaire, de tuer sa femme...</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_ty1av.jpg?itok=yhtYd4JL" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_ty1av.jpg?itok=yhtYd4JL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_ty1av.jpg?itok=4H_Ku_Hm 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_ty1av.jpg?itok=XnwuQ10N 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_ty1av.jpg?itok=fDK1PDxW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_ty1av.jpg?itok=RhhxXYc2 1245w" alt="image" />(AFP / Sebastien Bozon)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u05i8.jpg?itok=QOKQHNbI" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u05i8.jpg?itok=QOKQHNbI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u05i8.jpg?itok=DurlwgYX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u05i8.jpg?itok=Sqg5FVX2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u05i8.jpg?itok=xK3H99-1 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u05i8.jpg?itok=7zdErcJ0 1245w" alt="image" />Jonathann Daval et ses beaux-parents après une marche silencieuse pour Alexia, le 5 novembre 2017 (AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c3"><strong>Jonathann Daval</strong>, informaticien de 36 ans accusé de “meurtre sur conjoint”, devrait enfin livrer sa version finale devant la Cour d’assises sur la disparition et la mort par étranglement de son épouse Alexia, âgée de 29 ans, dans leur pavillon à Gray-la-Ville.</p><p class="c3">Pour les vidéastes et les photographes de l'AFP, la journée  a commencé tôt, vers 07H00, postés aux abords du bâtiment pour ne pas manquer l'arrivée du convoi de Jonathann Daval. Chaque jour, ils enchaînent d'interminables heures d’attente dans le froid pour saisir les apparitions des protagonistes de ce procès hors norme. En raison des mesures sanitaires ils ne pourront pas trouver refuge dans l'enceinte judiciaire.</p><p class="c3">Côté texte, en revanche, nous sommes admis à l’intérieur. Et lorsque nous pénétrons pour la première fois dans la salle des assises, une étrange sensation nous étreint, alors que nous nous apprêtons à vivre l’épilogue d’une affaire couverte de bout en bout par Angela.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va7z8.jpg?itok=2a6cu9tl" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va7z8.jpg?itok=2a6cu9tl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va7z8.jpg?itok=urunu1KB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va7z8.jpg?itok=_yYECbTL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va7z8.jpg?itok=_J6OQmVj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va7z8.jpg?itok=EW7I6-MJ 1245w" alt="image" />Ouverture du procès, les pièces à convicion sont posées sur une table, sous bonne garde (AFP / Patrick Hertzog)</div><p class="c3">La sonnette retentit, la cour fait son entrée. Familles, avocats, jurés, magistrats et journalistes, tout le monde est en apnée. Que nous réserve encore “l’affaire Daval” ?</p><p class="c3">Vêtu d’une marinière, amaigri et tendu, Jonathann Daval prend place, menotté et sous bonne escorte, dans le box des accusés. La silhouette est étriquée, on devine son visage émacié derrière le masque. On se prend à s'interroger : comment cette petite silhouette frêle a-t-elle été capable d'un tel déferlement de violence?</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va9uh.jpg?itok=W0wwBrOo" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va9uh.jpg?itok=W0wwBrOo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va9uh.jpg?itok=mlc3YaeW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va9uh.jpg?itok=3XXoyZ87 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va9uh.jpg?itok=odKDIQwa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va9uh.jpg?itok=XzQAVb72 1245w" alt="image" />(AFP / Benoit Peyrucq)</div><p class="c3">Le président Matthieu Husson lui promet “l'impartialité” : “Cette médiatisation... Oubliez tout cela, concentrez-vous sur les experts, regardez la cour et les jurés, ce sont eux qui vous jugeront”. Les mots font redescendre d'un coup la pression : ça y est, le procès est lancé.</p><p class="c3">Pour nous, journalistes d’agence de presse,  “agenciers” dans notre jargon, raconter un procès, ça n'est pas seulement livrer à la fin de la journée un compte-rendu d'audience. C'est aussi extraire sur le vif des débats les déclarations ou les instants les plus forts, les plus pertinents, ceux qui marquent une inflexion dans le cours du procès, et alimenter en informations fraîches les autres médias, ceux qui ne sont pas dans cette salle  aux boiseries solennelles, plusieurs fois par jour.</p><p class="c3">Pendant une semaine, nous vivrons au rythme, soutenu, des audiences. Aux assises, où il est souvent question de sexe, de violence et de mort, le défi est de garder concentration et recul, garder la tête froide en somme. Par moments toutefois, garder la distance avec la souffrance de familles aux vies brisées est presque impossible.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb7rm.jpg?itok=kDUoOdvM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb7rm.jpg?itok=kDUoOdvM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb7rm.jpg?itok=JgtcCqi9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb7rm.jpg?itok=limjHFbw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb7rm.jpg?itok=BV_qjhn3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb7rm.jpg?itok=B58qOYMn 1245w" alt="image" />(AFP / Benoit Peyrucq)</div><p class="c3">Comment ne pas être ébranlé par les photographies d’Alexia carbonisée ? Son visage tuméfié, brûlé, son corps rabougri par la chaleur de la crémation ? Ses parents et sa soeur n’ont pas tenu, quittant la salle d’audience pendant la projection. Elles s’avèrent insoutenables aussi pour l’accusé, recroquevillé dans son box, incapable de regarder en face l’horreur de son crime.  </p><p class="c3">Les assises, c'est aussi des intimités mises à nu, scrutées, des secrets dévoilés. La vie d'Alexia -- jeune Française “comme beaucoup d’autres” dixit son père -- n'y échappe pas. </p><p class="c3">On écoute sa soeur Stéphanie décrire à la barre d’une voix calme et presque berçante le douleureux désir d'enfant d'Alexia, doublement contrarié par son problème d’infertilité et l'impuissance de son époux, puis le parcours du combattant qu’est une PMA -- sa soeur et elle-même l’ont connu -- et la montagne russe émotionnelle qui l’accompagne: elle nous confie la joie de sa soeur lorsqu’elle tombe enfin enceinte, puis son chagrin infini quand une fausse couche lui arrache l’espoir d’un bonheur qui semblait enfin proche. Jonathann aussi en aura souffert.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=y0LWPnDT" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=y0LWPnDT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=V4FOdA2m 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=vXYfS9_R 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=Cy6ZRWbP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vf4db.jpg?itok=OLdZWCv9 1245w" alt="image" />Manifestation aux abords du tribunal de Vesoul, le 18 novembre 2020 (AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c3">Autant d'échos à nos vies, à celles des femmes et des hommes du jury, aux lectrices et lecteurs qui ont lu nos récits. Chacun d’entre nous peut s’identifier avec ce couple, ce petit couple universel, avant le point de rupture.</p><p class="c3">Les photos de leur mariage en évoquent tant d'autres : le cadre est provincial et champêtre, ils sourient face à l'objectif devant un château, sans doute loué pour l'occasion, ils improvisent un saut qu'on imagine de joie... On les imagine “bien ensemble”, avant d’être envahi par le sentiment d'un immense gâchis.​​ Comment ne pas refaire l’histoire. Et s'ils avaient eu un enfant ? S'ils s'étaient séparés ? A quoi ça tient, la destinée d'un couple ? </p><p class="c3">Aux assises, la vérité judiciaire se joue dans la salle, devant le président de la cour et les jurés. Mais durant le procès Daval, les débats se sont poursuivis sur les marches du tribunal. </p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vh7wp.jpg?itok=5WAoe5-U" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vh7wp.jpg?itok=5WAoe5-U 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vh7wp.jpg?itok=P_ZENm-R 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vh7wp.jpg?itok=KVuBKWrC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vh7wp.jpg?itok=KZR_a2S- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vh7wp.jpg?itok=3kgDhy12 1245w" alt="image" />(AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c3">Chaque jour, les proches d'Alexia et leurs avocats s'y expriment devant un mur de caméras et de micros, livrant quelques phrases distillées le matin à leur arrivée, puis pendant la journée à chaque suspension d'audience, et enfin le soir, à la fin des débats. Une omniprésence dans les médias qui leur vaudra une étrange animosité sur les réseaux sociaux.</p><p class="c3">Depuis le début de l’affaire, la mère d'Alexia, Isabelle Fouillot, est montée sans relâche au créneau pour défendre la mémoire de sa fille. Au matin du premier jour du procès, l'image de cette femme digne et combative, trois ans en arrière, nous revient : immobile dans un champ, elle regarde sidérée la battue citoyenne déclenchée pour retrouver Alexia, confiant déjà son angoisse aux médias.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_tu7au.jpg?itok=Qe-Q9_Ad" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_tu7au.jpg?itok=Qe-Q9_Ad 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_tu7au.jpg?itok=LGW_zkUY 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_tu7au.jpg?itok=CU1vBuLa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_tu7au.jpg?itok=RJ2BrZty 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_tu7au.jpg?itok=458S47ER 1245w" alt="image" />30 octobre 2017, battue citoyenne pour retrouver Alexia Daval, 29 ans (AFP / Philippe Desmazes)</div><p class="c3">Le jour de l'interpellation de leur gendre, Jean-Pierre et Isabelle Fouillot avaient refusé de croire à la culpabilité de cet homme qu'ils considéraient “comme un fils” qui a tant pleuré avec eux la mort de leur fille.</p><p class="c3">Au cours de l'instruction, ils lui ont pratiquement promis le pardon pour lui arracher des aveux sur les circonstances du meurtre. Puis, lors du procès, ils ont demandé pour lui “la peine maximale”. Le face-à-face entre Mme Fouillot et l'accusé restera l’un des moments les plus troublants du procès. Le silence est total, chacun retient son souffle lorsqu’elle s’avance à la barre.</p><p class="c3">Après avoir échoué à arracher à Jonathann d’ultimes aveux sur la mort de sa fille -- les parties civiles sont persuadées qu’il avait prémédité son geste et l’avait pour ce faire droguée droguée avec des médicaments -- Isabelle Fouillot abandonne subitement son ton maternant : “Je te souhaite un bon séjour en prison Jonathann”, assène-t-elle avant de tourner les talons. Sèche, glaçante, cette phrase résonnera longtemps dans nos têtes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vk39m.jpg?itok=aqViWNOk" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vk39m.jpg?itok=aqViWNOk 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vk39m.jpg?itok=KvhcGea5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vk39m.jpg?itok=6gtWjeFh 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vk39m.jpg?itok=XPCRBYpX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vk39m.jpg?itok=wVYE4PFe 1245w" alt="image" />Croquis d'audience de la mère d'Alexia, Isabelle Fouillot, s'adressant à son ancien gendre Jonathann Daval (AFP / Zziigg)</div><p class="c3"> </p><p class="c3">Une fois les audiences terminées, la couverture de "l'affaire Daval" se poursuit le soir à l'hôtel, pour écrire sur les enjeux de l'audience du lendemain. Chaque soir, nous nous y attelons studieusement dans nos chambres à la nuit tombée en picorant nos plateaux-repas, confinement oblige. </p><p class="c3">Jontahann Daval a deux visages : celui de l'enfant, puis de l'homme, effacé et discret qui inspire de la sympathie, voir de la pitié; et celui du mari qui frappe puis étrangle sa femme, trainant son corps “comme un sac à patates” (ce sont ses propres mots) dans une forêt où il le brûle. Avant de mentir à la France tout entière, pendant des mois.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q3.jpg?itok=AHAiYsEa" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q3.jpg?itok=AHAiYsEa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q3.jpg?itok=XmM4U0Sz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q3.jpg?itok=Pdrf0FQW 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q3.jpg?itok=UpQTdrb- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q3.jpg?itok=2Pct-sR9 1245w" alt="image" />Jonathann Daval et ses beaux parents, lors des funérailles, le 8 novembre 2017 (AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c3">Entre ces deux profils, nous oscilleront pendant une semaine au gré des prises de paroles des parties civiles et de la défense. C'est souvent le cas pendant un procès d'assises, où le jugement doit aussi tenir compte du contexte du crime, de la personnalité de l'auteur et des débats. La parole n'a jamais été le fort de cet enfant fragile que fut incontestablement Jonathann Daval, souffrant dans ses premières années de problèmes de surdité et d'un important retard de langage.</p><p class="c3">Pendant l'audience, il a laborieusement expliqué avoir étranglé son épouse “pour qu'elle se taise”, lors d'une dispute conjugale parce qu'elle voulait un “rapport sexuel” qu’il lui refusait. “La colère de toutes ces années est ressortie”, a-t-il dit. Inaudible pour la famille d'Alexia : “Sois un homme!”, lui intimera Isabelle Fouillot pendant l'audience, espérant encore obtenir quelques détails supplémentaires sur le soir du meurtre, en vain.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q4.jpg?itok=NkkEPHpC" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q4.jpg?itok=NkkEPHpC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q4.jpg?itok=JB4a6ZAM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q4.jpg?itok=QP-TkABa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q4.jpg?itok=qjLFjUKY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_9aj4q4.jpg?itok=woaSxqgx 1245w" alt="image" />(AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c3">“T’es pas un homme”, lui reprochait déjà Alexia, selon lui. La phrase cristallise tous les reproches de la jeune femme à son mari : son impuissance, la fuite permanente de Jonathann devant les conflits et les tentatives de discussion d'Alexia, seule dans sa quête de maternité. Jonathann Daval l’a maintes fois invoquée comme la phrase de trop qui aurait déclenché en lui la violence -- “j'ai fait cocotte-minute”, dira Daval.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va943.jpg?itok=-jDo_6Ji" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va943.jpg?itok=-jDo_6Ji 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va943.jpg?itok=iwuJEaak 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va943.jpg?itok=yfzwiNJ2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va943.jpg?itok=9WzsI0ei 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8va943.jpg?itok=ifeqvimf 1245w" alt="image" />Affiche déployée à proximité du tribunal, le 16 novembre 2020 (AFP / Patrick Hertzog)</div> <p>Les dépositions des experts psychologues et psychiatres, décrivent un accusé à la personnalité obsessionnelle, propice donc à ce genre d'explosions, nous permettant de saisir le mécanisme menant au passage à l'acte. Face à l'horreur d'un crime,​ il est étrange de se dire qu'on “comprend” un tel processus. Mais expliquer, n'est évidemment pas excuser. </p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb4j4.jpg?itok=CaCiU4Zm" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb4j4.jpg?itok=CaCiU4Zm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb4j4.jpg?itok=DDd7KES8 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb4j4.jpg?itok=E9G1tNuq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb4j4.jpg?itok=wB82LhBq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_8vb4j4.jpg?itok=WCoPcdRT 1245w" alt="image" />16 novembre 2020 à Vesoul (AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c3">Samedi 21 novembre 2020, après deux heures et demi de délibéré Jonathann Daval a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle. Un jugement accepté par tous. Une peine “juste” selon la défense, “à la hauteur de (ses) souffrances” pour les parties civiles.</p><p class="c3">Après le verdict, les proches d'Alexia répondent une dernière fois à la foule des médias. “Vous avez un mot pour Alexia ce soir?”. “Tout ça, c'était pour elle”, répondent en choeur Isabelle Fouillot et Stéphanie Gay. A leurs côtés, Jean-Pierre Fouillot acquiesce en silence, secoué par les sanglots. Masque oblige, ses yeux concentrent toute l'expressivité du visage : ils se crispent, s'embuent. Trois ans de douleur pure condensés en quelques secondes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u381n.jpg?itok=oiFgZwHR" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u381n.jpg?itok=oiFgZwHR 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u381n.jpg?itok=lAJvf_49 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u381n.jpg?itok=O4WWZDkN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u381n.jpg?itok=s4nSm5eT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_u381n.jpg?itok=tjb2aG28 1245w" alt="image" />(AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c4"> </p><p class="c4"><strong> Epilogue ?</strong></p><p class="c3">Nous croyions que ce verdict avait définitivement clos ce dossier judiciaire, l’un des plus médiatisés de ces dernières années en France. Mais un mois plus tard, juste avant Noël, le sismographe de l’affaire Daval a de nouveau oscillé, alimenté cette fois par des questions d’argent : d’ordinaire, en matière criminelle, elles n’intéressent pas, ou si peu, la presse.</p><p class="c3">Mais “l’affaire Daval”, décidément, n’est pas comme les autres, et la polémique a vite enflé autour des demandes de dédommagements formulées par la famille d’Alexia, jugées exorbitantes par les avocats du condamné. Les parties civiles (parents, soeur, oncles, tantes...) ont réclamé plus de 800.000 euros de dommages et intérêts à Jonathann Daval. Mardi 25 mai, la Cour d'assises de Haute-Saône a condamné Jonathann Daval à verser 165.000 euros à la famille d'Alexia, dont 130.000 à ses parents…. Mais ce n'est pas la fin de l'histoire: la famille va interjeter appel.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_1hk8n2.jpg?itok=JDPSnkc9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_1hk8n2.jpg?itok=JDPSnkc9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_1hk8n2.jpg?itok=HGTFAezq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_1hk8n2.jpg?itok=6OTHgduk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_1hk8n2.jpg?itok=VliiTZHN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/proces-daval-mai21/000_1hk8n2.jpg?itok=ZefTEkHW 1245w" alt="image" />Patrouille de gendarmerie non loin d'Esmoulins, lors de la reconstitution du crime le 17 juin 2019 (AFP / Sebastien Bozon)</div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/sur-le-banc-de-la-presse-au-proces-daval</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/sur-le-banc-de-la-presse-au-proces-daval</guid>
      <pubDate>Sun, 30 May 2021 09:26:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Cali, mon paradis colombien tourmenté ]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Cali -</strong> Je suis né à Cucuta, non loin du Venezuela, dans le nord de la Colombie. Mais j’habite depuis plus de treize ans à Cali, bien plus au sud, et j’adore.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6547899.jpg?itok=_N4yFf6n" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6547899.jpg?itok=_N4yFf6n 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6547899.jpg?itok=U5Yd1R-n 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6547899.jpg?itok=eM9K0lLA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6547899.jpg?itok=NroxqOPa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6547899.jpg?itok=tBjir1Ay 1245w" alt="image" />Rare vue d'une baleine à bosse; Parc national Uramba Bahia Malaga, sur l'Océan Pacifque, le 16 juillet 2013 (AFP / Luis Robayo)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/ph-was-was7733413.jpg?itok=HjADOZt5" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/ph-was-was7733413.jpg?itok=HjADOZt5 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/ph-was-was7733413.jpg?itok=JjCNEZu4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/ph-was-was7733413.jpg?itok=mCCzxJ1W 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/ph-was-was7733413.jpg?itok=YBnci3cE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/ph-was-was7733413.jpg?itok=kosWrAQo 1245w" alt="image" />Survol de pélican, Océan Pacifique, 16 juillet 2013 (AFP / Luis Robayo )</div><p class="c2">Le climat est parfait, 28°C en moyenne, les habitants sont aimables et la nature est spectaculaire. Il suffit de deux heures et demi de route pour atteindre le port de Buenaventura et le Pacifique, bien plus sauvage que la mer des Caraïbes, mais fascinant. Non loin de là, il y a une jungle tropicale, de belles plages, et puis les mythiques baleines à bosse qui viennent de l'Antarctique pour mettre bas... sans compter les nombreuses espèces d’oiseaux que ma fille Martina adore. </p><p class="c2">Dans le département de Cauca, plus au sud, on trouve de vastes plaines, au pied de la cordillère des Andes. Pour couronner le tout, depuis Cali, on peut se rendre dans le fameux Triangle du Café - le fameux Eje Cafetero - classé au patrimoine mondial de l’Unesco.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96r4zp.jpg?itok=PBzP290Z" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96r4zp.jpg?itok=PBzP290Z 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96r4zp.jpg?itok=5bkFT3LW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96r4zp.jpg?itok=tf4ax4EJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96r4zp.jpg?itok=qLu6sEtX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96r4zp.jpg?itok=ogVJrPsI 1245w" alt="image" />Non loin de Silvia, Cauca, le 9 mars 2021 (AFP / Luis Robayo )</div><p class="c2">La proximité du grand port de Buenaventura génère aussi beaucoup d'activité liée à l’import/export et l’économie y est aussi tirée par la culture de la canne à sucre. La population est variée: afros, indigènes, étrangers… La diversité culturelle est incroyable. Il fait donc bon vivre à Cali, dont les habitants sont joyeux. Ici c’est la capitale de la salsa !</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/vf3yd.jpg?itok=wLmtOEHO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/vf3yd.jpg?itok=wLmtOEHO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/vf3yd.jpg?itok=wQRZynVc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/vf3yd.jpg?itok=jcf3qyfc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/vf3yd.jpg?itok=66kjPWw8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/vf3yd.jpg?itok=r9RqRBT0 1245w" alt="image" />(AFP/ Luis Robayo)</div><p class="c2">Quand le processus de paix a démarré en 2012, la ville et  la région qui l’entoure ont semblé s’apaiser un temps. Mais la dissolution de la guérilla des Farc après l’accord de 2016 a généré un vide, occupé par d’autres acteurs armés. Les plantations de coca ont prospéré dans le département de Nariño et le Cauca voisin. Cali, troisième ville de Colombie, en pâtit inévitablement.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p8wy.jpg?itok=04PhnokZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p8wy.jpg?itok=04PhnokZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p8wy.jpg?itok=2rLIuoV5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p8wy.jpg?itok=m7Tpj2Kf 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p8wy.jpg?itok=qj-fHMPe 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p8wy.jpg?itok=Vm0C8kYw 1245w" alt="image" />Patrouille de soldats à Buenaventura, une ville dévastée par la violence, le 10 février 2021 (AFP/ Luis Robayo)</div> <p class="c2">Certains des groupes armés qui opèrent dans la région règlent aussi leurs comptes en zone urbaine, où se réfugient des milliers de déplacés qui fuient la violence des zones rurales, ainsi que des migrants et d’autres gens en quête d’une vie meilleure.</p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6544922.jpg?itok=rEnOGJLg" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6544922.jpg?itok=rEnOGJLg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6544922.jpg?itok=h2PMgj6R 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6544922.jpg?itok=h8yD0-QL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6544922.jpg?itok=4p828nLt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_mvd6544922.jpg?itok=eRN4HV_7 1245w" alt="image" />Membre d'un gang dans le quartier de Siloé, à Cali en 2013 (AFP / Luis Robayo)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">En couvrant les manifestations, j'entends la colère des Colombiens contre les politiques du gouvernement. La réforme fiscale qui a mis le feu aux poudres le 28 avril a été depuis retirée. Mais certains exigent désormais le départ pur et simple des dirigeants, auxquels ils reprochent de mépriser la classe moyenne… le tout alors que la pandémie a généré une grave crise économique.</p><p class="c2">A Cali, elle est palpable: plus d’un tiers de ses 2,2 millions d’habitants sont désormais touchés par la pauvreté.  Beaucoup de gens, sans emploi, survivent comme ils peuvent. Les banques font peu d’efforts, sans doute faute de pression du gouvernement, et les saisies de biens se multiplient.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1q25lg.jpg?itok=M6BrPh7n" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1q25lg.jpg?itok=M6BrPh7n 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1q25lg.jpg?itok=RimcEFeS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1q25lg.jpg?itok=Nor90o_5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1q25lg.jpg?itok=Y9ATZYQu 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1q25lg.jpg?itok=40lrr15k 1245w" alt="image" />Sans-abri à Cali, le 20 mars 2020 (AFP / Luis Robayo)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Avec la misère, arrive la délinquance, qui a énormément augmenté. Tu peux être attablé au restaurant et voir débarquer des types armés qui dépouillent en un clin d'oeuil tous les clients: téléphones, bijoux, argent. On hésite à s’installer en terrasse, par peur des voleurs à moto qui arrachent en quelques secondes tout ce qu’il peuvent. Le vrombissement des deux-roues fait sursauter les gens.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_98942v.jpg?itok=1TXRMBYq" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_98942v.jpg?itok=1TXRMBYq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_98942v.jpg?itok=qmVZkIBz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_98942v.jpg?itok=sZlC2Wdp 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_98942v.jpg?itok=_CzJiGnd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_98942v.jpg?itok=P-1O5yqY 1245w" alt="image" />Cali, 17 avril 2021 (AFP / Luis Robayo)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_989432.jpg?itok=HMU6TFic" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_989432.jpg?itok=HMU6TFic 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_989432.jpg?itok=KGmvGSaK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_989432.jpg?itok=UD-_xEjq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_989432.jpg?itok=b_89teJ8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_989432.jpg?itok=snhwzMQf 1245w" alt="image" />Cali, le 17 avril 2021 dans une ville encore sous couvre-feu sanitaire (AFP / Luis Robayo)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Je connais un homme qui a cumulé les malheurs. Il avait une boîte de salsa. Avec la pandémie, il a dû la fermer. Puis, il a été cambriolé: on lui a pris tout ce qui avait de la valeur. Il a fait une dépression, a perdu tout son capital. La salsa, c’est une industrie très importante pour cette ville, qui déplore désormais la fermeture de plusieurs lieux mythiques ouverts depuis trente ou quarante ans. Ils ne tenaient plus.</p><p class="c2">Le mouvement social à Cali, comme dans le reste du pays, rassemble des syndicats, des étudiants, des indigènes qui réclament plus d’équité. Il y a des jeunes, des personnes âgées, des femmes. Il me fait penser à d’autres manifestations que j’ai couvertes à Caracas, au Venezuela, il y a quelques années: les rues sont bloquées par des barricades, l’essence commence à manquer… On dirait un champ de bataille.</p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99b8bl.jpg?itok=J9DV4QYC" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99b8bl.jpg?itok=J9DV4QYC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99b8bl.jpg?itok=EagDgnto 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99b8bl.jpg?itok=B99Pccgc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99b8bl.jpg?itok=u0VRPlES 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99b8bl.jpg?itok=YpJcs_Rt 1245w" alt="image" />Cali, 3 mai 2021 (AFP / Luis Robayo)</div><p class="c2">Ce mouvement s’inscrit dans une troisième vague de manifestations en Colombie qui touche plusieurs villes, dont la capitale Bogota, depuis le 28 avril. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99v7ya.jpg?itok=VVbDPiaO" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99v7ya.jpg?itok=VVbDPiaO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99v7ya.jpg?itok=YKD-YV1Q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99v7ya.jpg?itok=JgJgl4nc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99v7ya.jpg?itok=IfTrF7CX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99v7ya.jpg?itok=mM2Wwj0C 1245w" alt="image" />Manifestation à Medellin, le 12 mai 2021 (AFP / Joaquin Sarmiento)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99d8fe.jpg?itok=JhNe6__P" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99d8fe.jpg?itok=JhNe6__P 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99d8fe.jpg?itok=-6_Fheo3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99d8fe.jpg?itok=AP40zGo3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99d8fe.jpg?itok=VW0z_nlq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99d8fe.jpg?itok=uTtHI6ie 1245w" alt="image" />Bogota, le 5 mai 2021 (AFP / Juan Barreto)</div></div><p class="c2">A Cali, la nuit la plus dure a été celle du 3 mai. J’entendais le bruit incessant des hélicoptères tournoyant au-dessus de la ville, des explosions, des tirs, les sirènes des ambulances. Vers 2 ou 3 heures du matin, le vacarme était encore fort.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99t2xp.jpg?itok=d7LZ5S4w" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99t2xp.jpg?itok=d7LZ5S4w 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99t2xp.jpg?itok=nrjj3yBA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99t2xp.jpg?itok=o1ug-lkI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99t2xp.jpg?itok=15dPPcbE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99t2xp.jpg?itok=i-7b0a3W 1245w" alt="image" />(AFP/ Luis Robayo)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Tout a commencé dans le quartier défavorisé de Siloé, à quelque dix pâtés de maison de chez moi. C’est une zone réputée dangereuse du fait de la présence de gangs. Des soldats et des policiers s’y sont déployés. Il y a eu des tirs, des forces de l’ordre blessées, des morts parmi les manifestants. J’ai photographié leurs proches, ces jeunes étaient des gens bien, qui manifestaient contre les inégalités. Ils avaient un travail, une famille, c’est très triste.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99a2um.jpg?itok=2xXm6-DE" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99a2um.jpg?itok=2xXm6-DE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99a2um.jpg?itok=x6LiLplY 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99a2um.jpg?itok=CRY5Z2T1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99a2um.jpg?itok=e7kI31yN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/99a2um.jpg?itok=CCMN-J9T 1245w" alt="image" />Veillée funèbre pour l'un des jeunes tué dans la nuit du 3 mai à Siloé (AFP/ Luis Robayo)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Selon une douzaine de témoins interrogés par mes collègues de l’AFP, des unités spéciales de la police et de l’armée ont chargé contre des manifestants pacifiques. Les bilans restent confus. Des sources officielles ont d’abord parlé de plus d’une vingtaine de morts depuis le début de cette troisième vague de manifestations en Colombie, quand des ONG assuraient qu’il y en avait plus de 40, la plupart à Cali.</p><p class="c2"> </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_9944b6.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_9944b6.jpg?itok=hMfxMRMf" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Manifestation à Cali, le 30 avril 2021 (AFP / Luis Robayo)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99a2fh.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99a2fh.jpg?itok=bx9RFtcr" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Cali, 3 mai 2021 (AFP / Luis Robayo)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99p899.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_99p899.jpg?itok=xYZmqvjJ" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Arrestation d'un manifestant à Cali, le 10 mai 2021 (AFP / Luis Robayo)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/colombia/98x6z9.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x768"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/98x6z9.jpg?itok=rkqR4gq6" alt="" /></a></figure></div><p class="c2"> </p><p class="c2">La peur dans la ville a aussi augmenté après une attaque contre un poste de santé, qui a fait plusieurs blessés. Puis, le 11 mai, le défenseur du peuple, entité publique de protection des droits humains, a fait état d’au moins 42 morts, ce qui fait de cette crise sociale, encore en cours, la plus sanglante de toutes celles qu’a vécu le pays depuis l’accord de paix de 2016 avec les Farc.</p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/tFud9Ueyxwg" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c2">Et oui, Cali est l’épicentre de tant de choses. C’est la capitale du sud-ouest colombien. Un point de passage entre les champs où l’on cultive la coca et le port de Buenaventura d’où la drogue, une fois conditionnée, est exportée vers les Etats-Unis et l’Amérique centrale. La situation s’est dégradée dans cette région du Cauca, au point qu’il est redevenu très dangereux de s’y rendre. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96g62d.jpg?itok=EH5vvJEs" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96g62d.jpg?itok=EH5vvJEs 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96g62d.jpg?itok=zQHD1AdM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96g62d.jpg?itok=y1DLVvGK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96g62d.jpg?itok=cKZQOZh2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/96g62d.jpg?itok=niT9cs_f 1245w" alt="image" />Foto aérienne d'un sous-marin "narco", le 21 mars 2021 (AFP/ Luis Robayo)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Après la signature de l’accord avec les Farc, l’économie s’était améliorée, mais nous faisons à nouveau marche arrière. Cali fait les frais de la situation. Ce qui m’a le plus marqué ces dernières années ce sont les funérailles de victimes de la violence croissante des différents groupes armés.</p><p class="c2"> </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1dc.jpg?itok=3OqEZP9q" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1dc.jpg?itok=3OqEZP9q 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1dc.jpg?itok=atz-PnDt 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1dc.jpg?itok=oIyGWDAW 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1dc.jpg?itok=VRam1oty 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1dc.jpg?itok=iPayWfcu 1245w" alt="image" />Gladys Betancourth, 51 ans avec la photo de son fils Oscar Obando, 24 ans tué lors d'une attaque armée, pendant une fête le 16 août 2020 (AFP / Luis Robayo)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1cm.jpg?itok=x0BaXtoW" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1cm.jpg?itok=x0BaXtoW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1cm.jpg?itok=pBWqEUhd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1cm.jpg?itok=PDtM9PO_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1cm.jpg?itok=x-lLLVXi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1wz1cm.jpg?itok=yg6mHE-b 1245w" alt="image" />Lucila Huila, 53 ans, pose avec la photo de son fils Esneider Collazos, 23 ans tué le 28 août 2020 (AFP / Luis Robayo)</div></div><p class="c2"> </p><p class="c2">Je pense encore à  cette indienne qui se trouvait à un poste de contrôle avec la garde indigène, qui tentait de sécuriser une route. Ils avaient intercepté une voiture qui semblait transporter une personne kidnappée et ont essuyé des tirs.  Je me souviens aussi des cérémonies pour une candidate à la mairie de Suarez, tuée en pleine campagne électorale parce qu’elle s’opposait aux champs de coca.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1jy92i.jpg?itok=2S1Dt8r2" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1jy92i.jpg?itok=2S1Dt8r2 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1jy92i.jpg?itok=opWi9D6V 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1jy92i.jpg?itok=kgl2sSDo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1jy92i.jpg?itok=-m1Uz3nK 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/colombia-cali-protest-robayo-may21/000_1jy92i.jpg?itok=SRZm7Xhi 1245w" alt="image" />Funérailles de Karina Garcia, candidate à la mairie de Suarez, le 2 septembte 2019 (AFP / Luis Robayo)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Cette année a été dure en raison de la pandémie et de la violence, mais ma profession reste ma passion. Elle me permet de découvrir de nouveaux univers, des personnes variées, des lieux incroyables… des situations parfois tristes, mais aussi heureuses. J’aime raconter ces histoires de vie et montrer au reste du monde ce qu’il se passe en Colombie. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p786.jpg?itok=QxWm1hlZ" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p786.jpg?itok=QxWm1hlZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p786.jpg?itok=xp3zGDFU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p786.jpg?itok=Osxl6vcr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p786.jpg?itok=LYADYm5d 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/colombia/92p786.jpg?itok=kIxjaYUp 1245w" alt="image" />(AFP / Luis Robayo )</div><p class="c3"><em>Récit de Luis Robayo. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/cali-mon-paradis-colombien-tourmente</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/cali-mon-paradis-colombien-tourmente</guid>
      <pubDate>Sat, 15 May 2021 09:38:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Un blog de Michèle: Couvrir l’ « Etat islamique »]]></title>
      <description><![CDATA[<div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/michele.jpg?itok=YUH7FyOR" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/michele.jpg?itok=YUH7FyOR 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/michele.jpg?itok=PuMp4ooi 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/michele.jpg?itok=tYteFIRb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/michele.jpg?itok=2back6W2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/michele.jpg?itok=2oIYR8L5 1245w" alt="image" /></div><p class="c2"><em>Les journalistes de l'agence ont appris avec une immense tristesse mardi 4 mai, la disparition à l’âge de 62 ans de <strong>Michèle Léridon</strong>, directrice de l'Information de l'AFP entre 2014 et 2019. Avec 37 ans de carrière à l’AFP, elle a marqué la rédaction par ses qualités humaines, son honnêteté intellectuelle et l’empreinte considérable qu’elle laisse sur la transformation de l’AFP mais aussi avec des combats menés sur la place des femmes et la lutte contre la désinformation. Le directeur de l’information Phil Chetwynd a souligné lors de notre conférence de rédaction quotidienne la  “force” qui la caractérisait, sa “clarté”  sur les questions déontologiques à l’ère du numérique. Elle a nous a laissé la charte de l’AFP et des règles sur les sources qui demeurent des références. </em></p><p class="c2"><em>Nous avons souhaité rediffuser aujourd'hui ce billet de blog publié en 2014 qui reflète pleinement  la finesse avec laquelle elle abordait les questions déontologiques, alors que se multipliaient les enlèvements et assassinats de journalistes, et que déferlaient les images de propagande pour le compte de l'organisation Etat islamique, toutes plus effroyables les unes que les autres, entraînant  des changements dans nos procédures de travail et une évolution de nos règles de fonctionnement.</em></p><p><strong>PARIS, 17 septembre 2014 –</strong> Les enlèvements et assassinats de journalistes en Syrie, en Irak ou en Afrique, le déferlement d’images de propagande effroyables déversées notamment par l’organisation « Etat islamique » nous conduisent à réaffirmer nos valeurs éthiques et nos règles éditoriales. Avec la difficulté permanente de garder l’équilibre entre le devoir d’informer et la nécessité d’assurer la sécurité de nos reporters, le souci de préserver la dignité des victimes exhibées par les extrémistes, et la nécessité de ne pas servir de relais à une propagande haineuse et ultraviolente.</p><p>Voici ce que les événements des derniers mois ont changé dans l’environnement de travail d’une agence de presse internationale comme l’AFP, et comment nous réagissons à ces changements.</p><h2 class="c3">Un conflit couvert à distance</h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/irak-front-ei.jpg?itok=Ph9AioeM" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/irak-front-ei.jpg?itok=Ph9AioeM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/irak/irak-front-ei.jpg?itok=GkIMKAbd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/irak/irak-front-ei.jpg?itok=X1u6KwI0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/irak/irak-front-ei.jpg?itok=yWQvRNx1 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/irak/irak-front-ei.jpg?itok=uZE7aI5W 1245w" alt="image" />Le front à Gwer, dans le nord de l'Irak, vu à travers la lunette d'un tireur Peshmerga le 15 septembre 2014 (AFP / JM Lopez)</div><p>En Syrie, nous sommes la seule agence de presse internationale à garder un bureau à Damas, tenu par des journalistes syriens. Nous continuons d’envoyer régulièrement depuis Beyrouth des reporters dans les zones contrôlées par le régime de Bachar al-Assad. Et nous continuons à couvrir le conflit du côté de la rébellion grâce à des pigistes locaux, qui vivent là et qui nous communiquent des informations, des photos et des vidéos sur ce qui se passe près de chez eux.</p><p>Depuis août 2013, nous avons cessé d’envoyer des journalistes non-syriens dans les zones tenues par la rébellion. La situation y est incontrôlable, beaucoup trop dangereuse. Un journaliste étranger s’aventurant dans ces zones de non droit court un risque immense de se faire enlever ou tuer, <a href="https://making-of.afp.com/james-foley-lhumaniste-courageux">comme James Foley,</a> collaborateur occasionnel de l’AFP, assassiné par l’EI en août dernier. Dans ces endroits, un journaliste n’est plus accueilli comme un témoin indépendant qui va rendre compte d’un conflit, montrer au monde les souffrances des populations locales, mais comme une cible, ou comme une marchandise monnayable à prix d’or.</p><h2 class="c3">Un pays dangereux d'un bout à l'autre</h2><p>Dans cette logique, nous refusons d'utiliser le travail des journalistes freelance qui se rendent dans des zones où l’AFP a décidé de ne pas se rendre. C’est une décision forte, et je ne sais pas si elle a été assez bien entendue, alors je la répète : si un journaliste free-lance se rend en Syrie et nous propose du matériel à son retour, nous ne l’utilisons pas. Les freelancers ont payé un lourd tribut au conflit syrien. Ils ne sont pas de la chair à canon. Nous ne voulons pas encourager des journalistes à prendre des risques inconsidérés.</p><p>Dans les zones de guerre, il existe en principe des poches de relative sécurité dans lesquelles un journaliste peut trouver refuge, transmettre, reprendre des forces. Mais en Syrie, il n’existe aucun havre de paix dans les zones contrôlées par la rébellion. Le pays est dangereux d’un bout à l’autre.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/syrie-nurreddine-zinki.jpg?itok=pizmFox3" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/syrie-nurreddine-zinki.jpg?itok=pizmFox3 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/irak/syrie-nurreddine-zinki.jpg?itok=uqQHLC6i 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/irak/syrie-nurreddine-zinki.jpg?itok=_CNVh6Cb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/irak/syrie-nurreddine-zinki.jpg?itok=O167H7pT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/irak/syrie-nurreddine-zinki.jpg?itok=dJJkmKVN 1245w" alt="image" />Des combattants de la faction rebelle syrienne modérée Nourredine al-Zinki, affiliée aux Frères musulmans et composée d'anciens de l'Armée syrienne libre, prennent position près d'Alep le 11 septembre 2014 (AFP / Baraa al-Halabi)</div><p>Nous continuons, en revanche, à dépêcher de nombreux reporters et à employer des freelancers en Irak et dans d’autres zones de guerre comme l’Ukraine, Gaza ou la Centrafrique. Parce qu’ une agence de presse ne peut arrêter de couvrir les conflits. Mais nous mettons tout en œuvre pour assurer le maximum de sécurité. D’abord en envoyant des journalistes qui ont suivi au préalable des stages spécifiques, encadrés par des experts en la matière, ensuite en assurant un suivi rigoureux du matériel de protection (casques, gilets pare-balles etc.) Nous insistons également sur la nécessité d’un briefing détaillé avant la mission du reporter et d’un débriefing ensuite.</p><h2> </h2><h2 class="c3">Un déluge d’images d’horreur</h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/000_nic6367568.jpg?itok=piecrSfw" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/000_nic6367568.jpg?itok=piecrSfw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/irak/000_nic6367568.jpg?itok=60pptSaO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/irak/000_nic6367568.jpg?itok=pFLZ0XGc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/irak/000_nic6367568.jpg?itok=QoeaancU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/irak/000_nic6367568.jpg?itok=b6QQDcYr 1245w" alt="image" />Dans une vidéo publiée le 2 septembre 2014, un militant de l'organisation Etat islamique (EI) agite un couteau devant la caméra avant de décapiter le journaliste américain Steven Sotloff (AFP / Site Intelligence Group / HO)</div><p>Avec l’organisation Etat islamique, nous sommes confrontés à une utilisation sans précédent de l’image à des fins de terreur. Comme nous l’avons vu, travailler dans les zones contrôlées par l’EI est pratiquement impossible pour les journalistes et autres observateurs indépendants. Les photos et vidéos de propagande diffusées par l’EI lui-même sont donc bien souvent les seules sources d’information disponibles pour avoir un aperçu de ce qui se passe dans le « califat ».</p><p>Ces photos et vidéos sont souvent effroyables, inhumaines : décapitations, crucifixions, tueries de masse… Il est très douloureux de les voir. A Nicosie, où est basé notre quartier général pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, et à Beyrouth, d’où est pilotée notre couverture de la Syrie, les journalistes chargés d’examiner ce type de matériel sont très éprouvés.</p><h2 class="c3">Rendre aux victimes leur dignité</h2><p>Mais les images de l’EI apportent des informations, surtout quand il est question d’otages. Il y a des vidéos qui sont des preuves de vie, d’autres qui sont des preuves de mort. Nous ne pouvons pas détourner le regard, ni nous abstenir d’en faire état. Cela soulève de nombreuses questions éditoriales et éthiques.</p><p>Notre premier réflexe, lorsque nous recevons par exemple une vidéo montrant la décapitation d’un otage, serait de ne rien diffuser afin de ne pas relayer la sanglante propagande de l’EI. Mais à partir du moment où ces images contiennent une information, nous sommes dans l’obligation, en tant qu’agence de presse, de les utiliser.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/alan-henning.jpg?itok=DRKYFc5b" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/alan-henning.jpg?itok=DRKYFc5b 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/irak/alan-henning.jpg?itok=VD7QPE3o 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/irak/alan-henning.jpg?itok=zukZVuJn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/irak/alan-henning.jpg?itok=NVl9CNdD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/irak/alan-henning.jpg?itok=hrORib8o 1245w" alt="image" />Le travailleur humanitaire britannique Alan Henning, actuellement détenu par l'organisation Etat islamique et menacé d'exécution, ici dans un camp de réfugiés à la frontière turco-syrienne à une date indéterminée (AFP / Foreign and Commonwealth Office)</div><p>Nous prenons pour cela un grand nombre de précautions. Un : toujours bien identifier la source des images, et expliquer qu’elles nous sont parvenues dans un contexte très particulier. Deux : ne pas entrer dans le jeu de la mise en scène. C’est la raison pour laquelle, contrairement à d’autres, l’AFP n’a diffusé aucune des vidéos des décapitations d’otages. Nous avons publié un très petit nombre d’images fixes extraites de ces vidéos en essayant de faire en sorte qu’elles soient le moins dégradantes possibles. Nous montrons le visage de la victime en plan serré, le visage du bourreau, et le visage de l’otage présenté comme la prochaine victime. Avec la dernière vidéo, qui montrait la décapitation du travailleur humanitaire britannique David Haines, rendre la photo la moins dégradante possible a été difficile, vu que l’assassin posait en permanence sa main sur le cou de l’otage.</p><p>Nous nous efforçons aussi de chercher et de publier des photos de la victime lorsqu’elle était libre, afin de lui rendre sa dignité.</p><h2 class="c3">« On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas »</h2><p>Toutes les rédactions sont confrontées à ces difficiles questions. Nous avons invité nos confrères français à en débattre à l’AFP. Le 11 septembre dernier, des dirigeants et journalistes de RFI, France 24, Radio France, RTL, des groupes Canal+ et Nouvel Obs, du quotidien La Croix, ainsi que l'historien des médias Patrick Eveno ont confronté leurs points de vue avec ceux des principaux responsables éditoriaux de notre agence. Nous avons aussi interrogé nos confrères de Reuters, AP, la BBC. Certains médias ont fait le choix de ne rien diffuser, tout en reconnaissant que passer ces informations sous silence pose aussi un problème car dans ce cas, on occulte une violence, une réalité, une actualité. « On ne pourra pas dire qu’on ne savait pas », est l’argument le plus souvent avancé pour justifier la diffusion des images de l’EI.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/decryptages/irak-eiil-prisonniers.jpg?itok=vO4xm0M0" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/decryptages/irak-eiil-prisonniers.jpg?itok=vO4xm0M0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/decryptages/irak-eiil-prisonniers.jpg?itok=1ZSrRUL7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/decryptages/irak-eiil-prisonniers.jpg?itok=5PqrhlwT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/decryptages/irak-eiil-prisonniers.jpg?itok=YxWI3DHs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/decryptages/irak-eiil-prisonniers.jpg?itok=8h-Qei6C 1245w" alt="image" />Des militants de l'EIIL agitant un drapeau au dessus des têtes de prisonniers sur le point d'être exécutés dans la province de Salaheddin, en Irak (AFP / HO / Welayat Salahuddin)</div><p class="c4"><em>Une image publiée sur un site web djihadiste le 14 juin 2014 montre des militants de l'EI agitant un drapeau au dessus des têtes de prisonniers sur le point d'être exécutés dans la province de Salaheddin, en Irak (AFP / HO / Welayat Salahuddin)</em></p><p>D’autres médias ont au contraire fait le choix de passer l’intégralité des vidéos des décapitations, avec les otages qui s’en prennent au président américain Barack Obama pour sa politique au Moyen-Orient. A l’AFP, nous nous interdisons complètement de diffuser des propos tenus sous la contrainte, par une personne sur le point de mourir.</p><p>Il n’y a pas de réponse idéale. Alors, notre choix, c’est d’être le plus sobre possible, de prendre un maximum de distance, ainsi que toutes les précautions pour <a href="https://making-of.afp.com/que-faire-des-photos-effroyables-dirak">ne pas tomber dans le piège des images trafiquées.</a> Chaque décision de publier ou de ne pas publier est prise au cas par cas, en fonction de l’intérêt informatif et du contexte.</p><p>Les images de l’EI sont partout sur internet. Un média peut utiliser cet argument aussi bien pour justifier la diffusion de ces images que pour ne pas les diffuser. A l’AFP, nous estimons que c’est notre rôle de faire un tri, une sélection dans les images. C’est ça, le journalisme. Si on diffuse une vidéo à nos clients uniquement parce qu’elle est disponible partout, nous perdons notre valeur.</p><p>D’un autre côté, le fait que les vidéos de l’EI soient largement disponibles évacue, pour nous, le problème de savoir s’il faut ou non les diffuser en tant que service à nos clients. Si un client veut absolument passer la vidéo dans son intégralité, il peut la trouver facilement, sans avoir besoin de l’AFP pour cela.</p><h2 class="c3">Comment appeler l’ « Etat islamique » ?</h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/ei-raqa-parade.jpg?itok=FuTqlsh9" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/irak/ei-raqa-parade.jpg?itok=FuTqlsh9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/irak/ei-raqa-parade.jpg?itok=q_dBIjpq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/irak/ei-raqa-parade.jpg?itok=iBpJ4UUe 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/irak/ei-raqa-parade.jpg?itok=51XGSzYD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/irak/ei-raqa-parade.jpg?itok=2Ikv2WKt 1245w" alt="image" />Une photo diffusée par l'organisation djihadiste Welayat Raqa le 30 juin 2014 montre des combattants de l'organisation Etat islamique paradent dans une rue de Raqa, en Syrie (AFP / HO / Welayat Raqa)</div><p>Nous avons décidé de ne plus employer telle quelle l’expression « Etat islamique ». Désormais, l’AFP utilisera l’expression « l’organisation Etat islamique » ou « le groupe Etat islamique ». Dans les titres des dépêches ou dans les « alertes », nous utiliserons si possible l’expression « djihadistes de l’EI ». </p><p>Une agence de presse internationale ne peut céder au « politiquement correct », ni aux pressions des uns et des autres pour que nous employions des termes tendancieux comme « terroristes » ou « égorgeurs ». Bien sûr, nous ne pouvons pas changer le nom de cette organisation si elle a décidé de s’appeler comme ça, ni employer quelque chose comme « organisation qui se fait appeler Etat islamique ». De même, le mot « Daesh », l’acronyme de l’EI en arabe qui a été choisi notamment par le gouvernement français pour désigner l’organisation, est difficilement compréhensible pour le plus grand nombre.</p><p>Nous jugeons que l’expression « Etat islamique » est inappropriée pour deux raisons : un, il ne s’agit pas d’un véritable Etat, avec des frontières et une reconnaissance internationale. Et deux, pour de nombreux musulmans, les valeurs dont se réclame cette organisation ne sont en rien « islamiques ». Le nom « Etat islamique » est donc susceptible d’induire le public en erreur.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/aaa-grand-format/etat-islamique-graphique.jpg?itok=w5AbOY3U" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/aaa-grand-format/etat-islamique-graphique.jpg?itok=w5AbOY3U 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/aaa-grand-format/etat-islamique-graphique.jpg?itok=20xFBA2U 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/aaa-grand-format/etat-islamique-graphique.jpg?itok=rbroAGdV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/aaa-grand-format/etat-islamique-graphique.jpg?itok=gWdASPu9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/aaa-grand-format/etat-islamique-graphique.jpg?itok=KEZTh-Lo 1245w" alt="image" /></div><p class="c4"><em>Michèle Léridon,  dont la disparition à l'âge de 62 ans a été annoncée mardi 4 mai 2021, a été la directrice de l'Information de l'AFP entre 2014 et 2019. En 2014, elle avait reçu pour cet article <a href="http://www.journalisme.com/les-assises/241-prix-des-assises/1455-glenn-greenwald-laureat-du-prix-des-assises-2014" rel="external" target="_blank">le prix "enquête et reportage"</a> lors des Assises internationales du journalisme à Metz.</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/un-blog-de-michele-couvrir-l-etat-islamique</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/un-blog-de-michele-couvrir-l-etat-islamique</guid>
      <pubDate>Tue, 04 May 2021 15:20:10 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le journalisme se remettra-t-il de la pandémie ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Paris -</strong> Insidieusement, la pandémie de coronavirus s’est attaquée à la pratique du journalisme. Début 2020, les événements annulés à la pelle, les accès interdits ou limités, les conférences de presse virtuelles et le télétravail sont devenus le quotidien des rédactions.</p><p class="c2">Les restrictions sanitaires, bien compréhensibles, ont bouleversé l’exercice de notre métier. Sont-elles parfois excessives, utilisées comme prétexte pour écarter les médias? Le doute s’est immiscé. A l’occasion de la <strong>Journée mondiale de la liberté de la presse,</strong> lundi, une inquiétude se fait jour: retrouverons-nous le plein accès aux événements que nous couvrions avant la pandémie? La liberté et la pluralité de l’information seront-elles aussi victimes du Covid-19?</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/municipal_worker_sprays_disinfectant_solution_on_afp_photographer_lakruwan_wanniarachchi_in_colombo.jpg?itok=C9sbW0G8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/municipal_worker_sprays_disinfectant_solution_on_afp_photographer_lakruwan_wanniarachchi_in_colombo.jpg?itok=NFoWUXKu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/municipal_worker_sprays_disinfectant_solution_on_afp_photographer_lakruwan_wanniarachchi_in_colombo.jpg?itok=BIt2ZoJt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/municipal_worker_sprays_disinfectant_solution_on_afp_photographer_lakruwan_wanniarachchi_in_colombo.jpg?itok=iH9-XWKR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/municipal_worker_sprays_disinfectant_solution_on_afp_photographer_lakruwan_wanniarachchi_in_colombo.jpg?itok=H_IkB637 1245w" alt="image" />Le photographe Lakruwan Wanniarachchi aspergé de désinfectant à Colombo en mars 2020 (AFP)</div><p class="c2">Le journalisme de qualité n’a jamais été aussi vital face à la déferlante de la désinformation sur le coronavirus. Malgré les difficultés sanitaires, les journalistes de l’AFP, comme beaucoup d’autres, ont fait leur métier sur le terrain pour rapporter les faits, bravant souvent leur angoisse face au désespoir des populations ou devant certains manifestants hostiles et sans masques. Toujours sur la base du volontariat, malgré la crainte de la contamination pour eux-mêmes ou leurs proches.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98w3yf.jpg?itok=GNIYnabH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98w3yf.jpg?itok=wSAS8Ecg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98w3yf.jpg?itok=SS8_K6pr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98w3yf.jpg?itok=HWVdiCQy 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98w3yf.jpg?itok=wnIJpDOV 1245w" alt="image" />Centre d'accueil pour personnes atteintes de Covid-19, le 28 avril 2021 à New Delhi (AFP / Prakash Singh)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98u63t.jpg?itok=goEZ-nja 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98u63t.jpg?itok=TIjDK07V 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98u63t.jpg?itok=_gVZZz0M 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98u63t.jpg?itok=o1k01xYz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98u63t.jpg?itok=ymlMCkOl 1245w" alt="image" />Rituel de crémation le 27 avril à New Delhi, en Inde, pays frapé par une catastrophique nouvelle vague de Covid-19 (AFP / Prakash Singh)</div><p class="c2">Etre dehors pour enquêter, informer au plus près, montrer, expliquer ce qui se cachait aux regards - un virus invisible, des faits confinés, une pandémie d’une ampleur si difficile à appréhender - a été notre obsession durant l’année écoulée.</p><p class="c2">Masques et lunettes de protection, parfois des tenues complètes, sont devenus l’équipement de base du reporter. Mais d’autres contraintes se sont vite généralisées: événements à huis clos, dans une bulle sanitaire, conférences de presse virtuelles, parfois très dirigées... Aperçu non exhaustif des restrictions imposées aux médias au temps du coronavirus, observées par des journalistes de l’AFP.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1q732b.jpg?itok=garPWb03 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1q732b.jpg?itok=Tsvl7YLF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1q732b.jpg?itok=AMXTXt5h 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1q732b.jpg?itok=ja1Kddmd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1q732b.jpg?itok=J0ILYU0r 1245w" alt="image" />Sommet virtuel du G20, le 26 mars 2020 (AFP / Gary Ramage)</div><p class="c3"><strong>Quelle info à huis-clos?</strong></p><p class="c2">Depuis un an, on ne compte plus les événements fermés aux médias qui se soldent par un simple communiqué, des photos et vidéos fournies par les organisateurs, des <em>hand-out</em> dans le jargon professionnel. Pas de questions, pas de contacts directs. Mais une communication hyper-calibrée qui laisse le goût amer de l’absence de transparence.</p><p class="c2">En Allemagne, “certains événements politiques tournent même au <em>show marketing</em>, avec diffusion d'interminables films d'auto-promotion, sans question du public ou de la presse”, relève le directeur du bureau de Berlin <strong>Yacine Le Forestier</strong>. Autre exemple: lorsque des ministres français se rendent en Algérie fin 2020, l’AFP n’a eu aucun accès. Le Covid est invoqué : communiqué officiel, pas d’image. Circulez!</p><p class="c2">Le sport, qui redémarre péniblement après des mois à l’arrêt, n’est pas épargné: “Nos équipes vidéo n'ont plus accès à la quasi-totalité des grands événements sportifs - Euro, JO, championnats de foot européens, Ligue des Champions, Six Nations… ”, où l’AFP limitait auparavant sa couverture vidéo aux entraînements et conférences de presse faute de détenir des droits de retransmission, explique <strong>Guillaume Rollin</strong>, rédacteur en chef vidéo sports.</p><p class="c2">“Le PSG a stoppé toute activité presse à son centre d’entraînement, tout se fait en virtuel par Zoom”, abonde <strong>Emmanuel Barranguet</strong>, reporter au pôle football.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1tw02d.jpg?itok=Rg2qtnbs 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1tw02d.jpg?itok=lwKopEI7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1tw02d.jpg?itok=gKjKU6h_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1tw02d.jpg?itok=OiB8H_MW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1tw02d.jpg?itok=8jzXyyZP 1245w" alt="image" />Kylian Mbappe à son arrivée au Camp des Loges, le centre d'entraînement du PSG près de Paris, le 22 juin 2020 (AFP / Franck Fife)</div><p class="c3"><strong>La loi du pool</strong></p><p class="c2">Pratique déjà répandue dans la profession avant le Covid, le “pool” permet de déléguer une couverture à un petit nombre de journalistes qui opèrent à tour de rôle et partagent gratuitement leur production avec les autres rédactions. Un système en vigueur depuis longtemps à la Maison Blanche pour les déplacements du président américain. Conséquence: tous les médias diffusent une production identique, réalisée par un journaliste, mais privée de la richesse des points de vue différents. </p><p class="c2">“Avec la pandémie, nous assistons à la généralisation des pools qui sont en train de devenir une norme”, relève <strong>Stéphane Arnaud</strong>, rédacteur en chef central photo. En vidéo, “l’accès à la parole publique est devenu très problématique”, avec souvent une seule caméra autorisée, déplore <strong>Mehdi Lebouachera</strong>, rédacteur en chef central vidéo. “Dans le meilleur des cas, le contenu est uniformisé pour tous les médias et dans le pire, la préférence est donnée à des médias choisis”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_96q9an.jpg?itok=ePxlrkpL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_96q9an.jpg?itok=NsJGOb-o 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_96q9an.jpg?itok=7uLkyoEE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_96q9an.jpg?itok=nEvTxbhC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_96q9an.jpg?itok=wydHJW2Y 1245w" alt="image" />Point de presse de Joe Biden à la Maison Blanche, le 25 mars 2021 (AFP / Jim Watson)</div><p class="c2">Aux Etats-Unis, les restrictions sanitaires ont eu pour principale conséquence de limiter les accès à Joe Biden pendant sa campagne. “Tous les événements étaient couverts par un pool, y compris les meetings de campagne qui étaient de toute façon de petite dimension”, souligne <strong>Hervé Rouach</strong>, rédacteur en chef pour l’Amérique du nord. Accès restreints aussi au Congrès et à la Maison Blanche : “Dans la salle de presse de la West Wing, dit-il, le nombre de places a été réduit afin de maintenir la distance entre les journalistes”, contraints à une rotation.</p><p class="c2">A Bruxelles, la loi du pool règne au Conseil européen et à la Commission : “Nous n'avons plus la possibilité de photographier Ursula Von Der Leyen, en dehors de rares apparitions en salle de presse. Dans le même temps, les canaux officiels et les réseaux sociaux des leaders sont remplis d'événements auxquels nous n'avons pas accès”, comme lorsque la présidente de la Commission se fait vacciner, souligne le photographe <strong>Kenzo Tribouillard</strong>. </p><p class="c2">En vidéo, “bien souvent, nous n'avons pas d'autre choix que de reprendre les flux institutionnels, tout accès nous étant impossible”, ajoute son collègue reporter d’images <strong>Kilian Fichou</strong>. Avant la pandémie, lors des sommets européens, des dizaines de journalistes pouvaient s'adresser aux chefs d'Etat, qui désormais délivrent “leur message face caméra à leur arrivée, dans un silence un peu irréel” . Difficile de faire la part du respect des mesures sanitaires et d’une tentation de limiter les accès à la presse. Mais, ajoute Kilian Fichou, “on a le sentiment que bon nombre de portes se sont fermées, et qu'elles vont être bien difficiles à rouvrir”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1ve0zz.jpg?itok=7-TouD5b 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1ve0zz.jpg?itok=qSL7xbYK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1ve0zz.jpg?itok=69dJ6kC1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1ve0zz.jpg?itok=AJreqozs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1ve0zz.jpg?itok=_SfML2UX 1245w" alt="image" />La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président français Emmanuel Macron avant le démarrage d'un sommet à Bruxelles, le 18 juillet 2020 (AFP / Francisco Seco)</div><p class="c2">En Allemagne, des journalistes ont été jusqu’à “faire la queue la nuit sur des matelas en mousse ou des sièges de camping” devant les tribunaux, pour couvrir des procès, a rapporté Reporters sans frontières (RSF).</p><p class="c2">“Nous regrettons que les pools soient systématiques désormais dans des endroits auparavant ouverts à tous ou presque”, même s’il est “difficile de contester l’argument sanitaire”, déplore <strong>Annie Thomas</strong>, rédactrice en chef France. Si la pratique du pool existe depuis longtemps à l’Elysée, elle est de plus en plus souvent imposée lors de visites ministérielles, y compris si l’événement se déroule en extérieur. Mais il arrive que des sessions de  “micro-tendus” soient proposées à des journalistes qui se retrouvent alors agglutinés dans la cohue.</p><p class="c2">Côté glamour, ce n’est pas mieux : aucun photographe ni reporter vidéo de l’AFP n'a été admis à la récente cérémonie des Oscars, couverte par un “pool” et des images “hand-out”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98r3ux.jpg?itok=cMj8Up2t 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98r3ux.jpg?itok=bTnl8X4V 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98r3ux.jpg?itok=UO1Vp6TY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98r3ux.jpg?itok=RppUXKmQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_98r3ux.jpg?itok=v2mZ5C74 1245w" alt="image" />Peter Spears, Frances McDormand, Chloe Zhao, Mollye Asher et Dan Janvey après avoir remporté l'Oscar du meilleur film pour Nomadland (AFP / POOL/ Chris Pizzello)</div><p class="c3"><strong>Faudra-t-il payer pour informer?</strong></p><p class="c2">Le pool s’est imposé aussi pour la photo sportive, de la Premier League anglaise, aux matches de l’équipe de France de football, tout comme la finale de Ligue des Champions et le futur Euro de football.</p><p class="c2">Lors des très populaires compétitions de cricket en Inde, les photographes n’ont pu couvrir certains matchs pourtant ouverts à leurs collègues texte et au public. Pour certains journalistes, “le Covid a donné l’excuse parfaite” aux autorités du cricket pour contrôler la production d’images avec des “hand-out”  et “en tirer un bénéfice commercial”, note le coordinateur Sports en Asie-Pacifique <strong>Talek Harris</strong>.   </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_9493hy.jpg?itok=sFprK1Kt 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_9493hy.jpg?itok=E13b6LAa 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_9493hy.jpg?itok=bNidIbc8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_9493hy.jpg?itok=jwuVLaPV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_9493hy.jpg?itok=BH7OWvTb 1245w" alt="image" />Match de cricket Angleterre Inde au Stade Narendra Modi à Motera, le 4 mars 2021 (AFP / Sajjad Hussain)</div><p class="c2">Aujourd’hui, une agence de presse comme l’AFP paie des journalistes et, le cas échéant, des frais techniques pour rechercher et collecter l’information. La charte de l’Agence interdit aux journalistes de payer leurs sources.</p><p class="c2">“Dans le monde du sport, l’image est un enjeu financier énorme. En télévision, seuls les détenteurs de droits ont accès aux événements et peuvent les filmer et les diffuser. La crainte est que ce schéma puisse maintenant s’appliquer aux photographes avec, en ligne de mire pour les organisateurs, la monétisation de la distribution et de la revente des photos”, s’inquiète Stéphane Arnaud. “Il faut s’attendre à des lendemains difficiles!”</p><p class="c3"><strong>Un contact distendu avec les sources</strong></p><p class="c2">Multiplier les sources est une des tâches essentielles des journalistes pour fournir l’information la plus complète possible. Acquérir de nouvelles sources au gré de l’actualité passe par des rendez-vous formels, mais aussi par des rencontres fortuites et informelles. Un exercice qui s’est singulièrement compliqué à l’ère de la distanciation physique et des visioconférences.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_xt76i.jpg?itok=cWTJU-vD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_xt76i.jpg?itok=qqFxaJeL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_xt76i.jpg?itok=J3k96UQL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_xt76i.jpg?itok=KWNRhoab 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_xt76i.jpg?itok=0euUB8na 1245w" alt="image" />L'ancien président américain Donald Trump à son arrivée au Forum économique de Davis, le 25 janvier 2018 (AFP / Fabrice Coffrini)</div><p class="c2">Sans ces accès directs aux sources, “comment fournir un nécessaire contrepoint aux communiqués débordant de bonnes intentions ou aux discours tellement lisses?”, questionne <strong>Aurélia End</strong>, rédactrice en chef chargée de l’économie internationale, habituée des G20 ou du Forum de Davos. La visioconférence, note-t-elle, “fait, littéralement, écran à tout, à tout sauf à la communication parfaitement maîtrisée. Le micro n’est ouvert qu’aux éléments de langage. Les questions des journalistes sont bien souvent soumises à l’avance et les relances sont rarement possibles”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8vl9bd.jpg?itok=KIw0Rd8V 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8vl9bd.jpg?itok=VgFBsi15 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8vl9bd.jpg?itok=i-QDXcTy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8vl9bd.jpg?itok=OH8s3u7S 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8vl9bd.jpg?itok=0vYrxMMj 1245w" alt="image" />Vladimir Poutine assiste au G20 organisé par l'Arabie Saoudite, le 21 novembre 2020 (AFP / Alexey Nikolsky)</div><p class="c2">Les conférences de presse en visio s’achèvent souvent par un “désolé, le temps est écoulé”, rapporte aussi un journaliste en poste dans le Golfe. “L’interface est une bénédiction pour l’hyper-contrôle de ces événements”.</p><p class="c2">“En football, le Covid-19 a signé l’acte de décès, peut-être définitif, d’un espace qui faisait tout le sel de la couverture de ce sport : la zone mixte”, où “les footballeurs pouvaient s’exprimer librement devant les micros tendus, sans le filtre d’un service communication”, regrette aussi <strong>Jean Decotte</strong>, coordinateur mondial pour le football.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_op8l2.jpg?itok=9kYtEWj0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_op8l2.jpg?itok=LcFksAYZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_op8l2.jpg?itok=EmAdLSPa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_op8l2.jpg?itok=_EroLJ5s 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_op8l2.jpg?itok=anRqVuqx 1245w" alt="image" />Zinédine Zidane et Cristiano Ronaldo célèbrent leur titre de champions d'Espagne après la victoire du Real Madrid face au Malaga CF en mai 2017 (AFP / Jose Jordan)</div><p class="c2">Cependant, les visioconférences présentent l’avantage d’être accessibles au plus grand nombre. Les écuries de F1 l’ont bien compris, permettant aux journalistes de s’entretenir avec les pilotes lors des Grand Prix aux accès limités.</p><p class="c2">Certains médias qui ne peuvent se déplacer à chaque Grand Prix apprécient de bénéficier d’ “un accès finalement plus large”, explique <strong>Raphaëlle Peltier</strong>, journaliste chargée des Sports mécaniques toujours présente sur les circuits, qui déplore toutefois des interviews de moindre qualité “car il est plus difficile de rebondir”. Et c’est bien en étant sur le terrain, au Grand Prix de Bahrein, que Raphaëlle Peltier a pu raconter en détail les 28 secondes du spectaculaire sauvetage du pilote accidenté Romain Grosjean.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8w62jf.jpg?itok=mS7K5dkT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8w62jf.jpg?itok=wq8hGeEL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8w62jf.jpg?itok=xcwXzre- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8w62jf.jpg?itok=j8xK_XDW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8w62jf.jpg?itok=J2YwATwn 1245w" alt="image" />L'accident de Romain Grosjean ç Barhein, le 29 novembre 2020 (AFP / Kamran Jebreili)</div><p class="c3"><strong>Un boulevard pour la désinformation</strong></p><p class="c2">Moins de latitude pour l’exercice du journalisme en réel, une communication sans filtre sur les réseaux sociaux: un boulevard s’est ouvert à la désinformation, désormais inépuisable sujet d’enquête dans l’univers virtuel. Plus de 80% des journalistes ont rapporté avoir été confrontés au moins une fois par semaine à une forme de désinformation, lors d’une vaste enquête du Centre international pour les journalistes (ICFJ) au début de la pandémie. Et 46% d’entre eux ont mis en cause des responsables politiques comme source de cette désinformation.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1wv2ek.jpg?itok=0uo7jUk6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1wv2ek.jpg?itok=qgacwoeK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1wv2ek.jpg?itok=CuHVIQPx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1wv2ek.jpg?itok=NZoQnVDq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1wv2ek.jpg?itok=aapFOJbP 1245w" alt="image" />Manifestation contra la vaccination d'enfants contre la grippe en août 2020 à Boston (AFP / Joseph Prezioso)</div> <p class="c2">“La pandémie a fourni un terreau fertile aux complotistes et aux anti-vaccins qui ont semé la confusion et amplifié leur message en jouant sur les peurs liées à la santé et sur les politiques sanitaires en constante évolution”, relève <strong>Sophie Nicholson</strong>, adjointe au rédacteur en chef Investigation numérique. Avec son réseau mondial unique d’une centaine de journalistes spécialisés, l’AFP a publié près de 3.300 articles de fact-checking sur le Covid en 18 langues depuis janvier 2020.</p><p class="c2">Un enjeu vital lorsque l’absorption de désinfectants toxiques est recommandée sur les réseaux, à l’instar de l’eau de javel conseillée par Donald Trump.</p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_97r22b.jpg?itok=hWfAwqAO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_97r22b.jpg?itok=k2EEkdJw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_97r22b.jpg?itok=vSHbICzC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_97r22b.jpg?itok=fD3x_iCM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_97r22b.jpg?itok=BzQTSts9 1245w" alt="image" />Manifestation contre la vaccination le 10 avri 2021 à Bucarest (AFP / Daniel Mihailescu)</div><p class="c3"><strong>Des rédactions fragilisées</strong></p><p class="c2">Que sont devenues nos rédactions vibrantes de débats d’idées, de questionnements critiques et de créativité? A l’heure du télétravail, qui nous prive de ces échanges, on en mesure avec nostalgie toute la richesse et la vitalité. Au gré des confinements, les journalistes sont isolés derrière leurs écrans, reliés par des messageries et conférences de rédaction virtuelles. En première ligne pour rapporter la mort, le désespoir, jour après jour, bon nombre de reporters ont aussi vu leurs défenses psychologiques habituelles céder.</p><p class="c2">Parmi les principales difficultés rencontrées au début de la pandémie, 70% des journalistes ont cité l’impact psychologique et émotionnel, devant le chômage ou les soucis financiers (67%) et la lourde charge de travail (64%), selon l’ICFJ.</p><p class="c2">A l’AFP, face au risque de stress, de dépression et de burn-out, une plateforme d’assistance psychologique a été mise en place pour tous les salariés dans le monde. Mais qu’en est-il des milliers de rédactions, free-lance et pigistes économiquement fragilisés par la pandémie?</p><p class="c3"><strong>Quelle information post-Covid?</strong></p><p class="c2">La pandémie a “provoqué une énorme fermeture des accès” au terrain et aux sources pour les journalistes, “pour une part légitime, quand il s'est agi de précautions sanitaires, mais aussi illégitime. Dans les deux cas, la question, c'est: ces accès seront-ils rouverts ?”, s'est alarmé le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire, soulignant que le Covid a représenté “une forme d'opportunité pour des Etats qui ont pu restreindre la liberté de la presse”. Selon RSF, l'exercice du journalisme est aujourd’hui “totalement ou partiellement bloqué” dans plus de 130 pays. S'y ajoutent les menaces directes, avec 50 journalistes tués en 2020 selon RSF. </p><p class="c2">Accès à l’information restreint, liberté et pluralité de la presse menacées : les ingrédients sont là pour affaiblir durablement l’exercice du journalisme.</p><p class="c2">“Le Forum de Davos et les sommets du G20 vont certainement reprendre”, estime Aurélia End. “Mais la presse sera-t-elle encore conviée, même à distance, même sous bonne garde, dans un centre de presse excentré? Ou restera-t-elle reléguée derrière les écrans, encore un peu plus loin de la réalité des jeux de pouvoir ?”</p><p class="c2">Après la tragédie du Covid, s’ouvrira la bataille pour regagner le terrain perdu sur la liberté d’informer. Avec obstination, sans naïveté. Si le fact-checking lutte contre les infox les plus virales lorsque le ver est déjà dans le fruit, le journalisme de terrain reste le meilleur rempart contre la désinformation.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8qr7my.jpg?itok=7vxTPkP9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8qr7my.jpg?itok=5pDuC1LU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8qr7my.jpg?itok=3JQ61EK1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8qr7my.jpg?itok=4z5nw_wv 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_8qr7my.jpg?itok=zg_jOgnt 1245w" alt="image" />(AFP / Justin Tallis)</div><p class="c2">Ce combat, c’est l’affaire de tous les journalistes, de tous les médias, mais aussi des gouvernements, des décideurs, de tous les citoyens attachés à l’un des piliers essentiels de la démocratie. Nous nous doutons bien que, comme tout un chacun, nous ne sortirons pas indemnes de ce traumatisme mondial. Mais gageons avec optimisme que, comme les mauvaises herbes, les journalistes s’attacheront à reprendre chaque interstice de liberté.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1p66x3.jpg?itok=UmEcGDaW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1p66x3.jpg?itok=TIcEG_G_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1p66x3.jpg?itok=H1sDeO85 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1p66x3.jpg?itok=jklS0qxN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/freedom-press-april21/000_1p66x3.jpg?itok=5UODGeWX 1245w" alt="image" />Manifestation à Manille pour la liberté de la presse, le 21 février 2020 (AFP / Basilio Sepe)</div><p class="c3"><em>Récit écrit par Sophie Huet, rédactrice en chef centrale, avec les contributions de la rédaction. </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/le-journalisme-se-remettra-t-il-de-la-pandemie</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/le-journalisme-se-remettra-t-il-de-la-pandemie</guid>
      <pubDate>Sun, 02 May 2021 19:34:07 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Ben Laden, son fantôme et les petits lapins]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Paris -</strong> Comment réagit-on quand arrive LE coup de fil, celui de LA nouvelle qu’on guette depuis des années ? A tâtons, quand il est très tôt le matin, ce 2 mai 2011 à Islamabad, et qu’elle vous tire du lit en plein sommeil... ? Au bout du fil, Jennie Matthew, n°2 du bureau, est comme à son habitude précise et concise : <em>“Washington called, they‘re about to announce they killed OBL in Pakistan”</em>. Ben Laden... ! Ça y est, on y est.</p><p class="c2">Pour moi, l’attente aura duré six ans, depuis 2005 et mes premiers pas dans la région, dans l’Afghanistan voisin, où la question de son sort, inconnu depuis sa fuite fin 2001, venait immanquablement ponctuer chaque briefing des forces de l’Otan.</p><p class="c2">Pour beaucoup, il se cachait sans doute de l’autre côté de la frontière, dans un repli montagneux des zones tribales pakistanaises, où même les Américains ne se risquent pas à envoyer des troupes au sol, préférant éliminer les jihadistes par tirs de drones.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=CoIGzIOm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=MrjIObns 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=caB27cha 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=lyAJfOgm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=0DNeUGN2 1245w" alt="image" />Afghanistan, au pied de la chaîne montagneuse où étaient positionnés des combattants d'Al-Qaïda en mars 2020 (AFP / Jewel Samad)</div><p class="c2">Après ce coup de fil, en sautant dans ma voiture, le reporter que je suis s’attend surtout, un peu résigné, à quelques intenses journées de bureau. Car les zones tribales, bien qu’à quelques heures de route, ne sont pas que dangereuses pour les journalistes étrangers: elles leur sont interdites, sous peine d’emprisonnement voire d’expulsion du pays par la puissante armée pakistanaise. Ce sont donc nos correspondants locaux sur place qui nous envoient des infos et images.</p><p class="c2">Au bureau d’Islamabad, on sent l’excitation des grands jours. Tout le monde arrive, y compris ceux qui devaient être en congés. On se sourit avec gourmandise en prévision de ces journées où le monde va avoir les yeux rivés sur le Pakistan.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_hkg4858138.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x789"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_hkg4858138.jpg?itok=uGi0w8io" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A newsboy sells newspapers with images and news featuring Osama Bin Laden's death at the Coastall road in Manila on May 3, 2011. TheUS has killed Al-Qaeda leader Osama bin Laden nearly 10 years after the September 11, 2001 attacks, US President Barack Obama said in a dramatic televised address. Philippine President Benigno Aquino ordered stepped up security around the country following the killing of Osama bin Laden, while hailing his death as a triumph over terrorism. AFP PHOTO/NOEL CELIS (Photo by NOEL CELIS / AFP) (AFP / Noel Celis)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_mvd1544740.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_mvd1544740.jpg?itok=3QfSbUrt" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A man reads a newspaper informing about the death of Osama bin Laden, at a newsstand in San Salvador, El Salvador on May 2, 2011. Al-Qaeda leader Osama bin Laden was shot dead deep inside Pakistan in a night-time helicopter raid by US covert forces, ending a decade-long manhunt for the mastermind of the September 11 attacks. Justice has been done, President Barack Obama declared in a dramatic televised address late Sunday, sparking raucous celebrations across the United States, after an operation that officials said lasted less than 40 minutes.AFP PHOTO/ Jose CABEZAS (Photo by Jose CABEZAS / AFP) (AFP / Jose Cabezas)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901512.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x1135"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901512.jpg?itok=w7uvZdK9" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A man looks at Newspaper front pages announcing the death of Al Qaeda leader Osama bin Laden May 2, 2011 in front of the Newseum in Washington, DC. AFP PHOTO/ Karen BLEIER (Photo by KAREN BLEIER / AFP) (AFP / Karen Bleier)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_hkg4855676.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_hkg4855676.jpg?itok=0OWGyzco" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">US Marines of Regiment Combat Team 1 (RCT 1) watch TV as President Barack Obama announces the death of Osama Bin Laden, at Camp Dwyer in Helman Province, on May 2, 2011. US President Barack Obama said on May 1, 2011 that justice had been done after the September 11, 2001 attacks with the death of Osama bin Laden, but warned that Al-Qaeda will still try to attack the US. AFP PHOTO / Bay ISMOYO (Photo by BAY ISMOYO / AFP) (AFP / Bay Ismoyo)</figcaption></figure></div><p class="c2">Tout le monde prend place autour des écrans de télé où, en direct de la Maison Blanche, Barack Obama commence son discours victorieux. Il annonce comme prévu la mort du fondateur d’Al-Qaïda, 54 ans, puis ajoute qu’il a été tué à Abbottabad.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/30XbF9SbDh0" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">Stupeur dans le bureau : il a bien dit <strong>Abbottabad</strong> ? Cette paisible ville de montagne, prisée des riches pakistanais ? Cette ville universitaire réputée, qui abrite également l’académie militaire de Kakul, le Saint-Cyr pakistanais ? Pour nous, reporters, la surprise est divine : la ville est très accessible, à une soixantaine de km à vol d’oiseau, une centaine en voiture, soit deux heures de route.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=_3aK1_jF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=Z8ABH0-w 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=rm5nsk0L 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=faoN4JVh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=EbJaw1zu 1245w" alt="image" />La photo historique du moment où l'opération visant Oussama Ben Laden est déclenchée suivie en direct depuis la "situation room" de la Maison Blanche, prise par le photographe de la Maison Blanche Pete de Souza. On y voit Barack Obama, son vice-président à l'époque Joe Biden (gauche), le secrétaire à la Défense Robert Gates (droite) et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton (2ème à droite) notamment. (AFP / Pete Souza)</div><p class="c2">Le chef de bureau, Emmanuel Giroud, le sourcil froncé de celui qui sait qu’il a de longues journées de coordination devant lui, se tourne vers moi: <em>“T’y vas ? Avec la photo, la vidéo”</em>. On part sur le champ, avec Aamir Qureshi (photo), Sajjad Tarakzai (texte) et Mélanie Bois (vidéo), sans repasser par chez nous.</p><p class="c2">Sur la route qui serpente en direction des montagnes du nord, on prend le temps de se réveiller un peu mieux, et de lire ce qui sort peu à peu de Washington, cette version officielle qui servira de base l’année suivante au film “Zero Dark Thirty”.</p><p class="c2">A savoir : Ben Laden, qui vivait là avec trois de ses femmes, une dizaine d’enfants et petits-enfants et deux gardes avec leurs familles, a été tué lors d’une opération commando des forces spéciales arrivées et reparties avec sa dépouille, vite immergée dans l’océan. Washington précise n’avoir pas informé le Pakistan par peur des fuites, le pays étant régulièrement soupçonné, notamment via son armée, de collusion avec des réseaux jihadistes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=NkuSFOLz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=buJ1VSpp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=Q_YqcVn1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=O1rHkEp0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=x9kGWhCz 1245w" alt="image" />Abbottabad le 27 janvier 2012 (AFP / Adnan Qureshi)</div><p class="c2">A l’arrivée dans la ville, excepté la majesté des reliefs qui annoncent les premiers contreforts de l’Himalaya, rien que de très commun au Pakistan : rues affairées, échoppes chatoyantes, défilé des clients en tenues longues traditionnelles. Mais on y sent une certaine tension, des regards qui s‘attardent plus sur les véhicules venus d’autres provinces, qui va crescendo à mesure que l’on s’approche du quartier de Bilal Town.</p><p class="c2">Le quartier frappe par son côté paisible et agréable, avec ses maisons récentes bâties entre deux champs de légumes et avec vue imprenable sur de vertes collines. Nous croisons rapidement cinq camions de l’armée pakistanaise qui emportent les débris d’un hélicoptère : l’un des appareils américains, qui s’est crashé lors du raid en butant sur un muret de la propriété qui abritait Ben Laden. On dégaine appareil photos et caméras, sans savoir que ce sera l’une des rares preuves matérielles que nous pourrons voir de l’intervention américaine.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=r1c2FlZ- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=8WZ84j39 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=Nip9Z3P2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=4AUEZikH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=XaUl5BxI 1245w" alt="image" />L'hélicoptère accidenté utilisé dans l'opération "Geronimo" contre Oussama Ben Laden (AFP / Str)</div><p class="c2">On nous désigne vite le complexe en question, avec sa grande bâtisse carrée blanche qui se distingue par sa hauteur (trois étages, contre deux pour les autres maisons du quartier), ses deux grandes cours et ses hauts murs d’enceintes (plus de 4 mètres) coiffés de barbelés.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=19-5947d 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=tzMW-Hq_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=hm7lzp33 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=_rwYQmKV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=muZq5Uoq 1245w" alt="image" />La dernière maison d'Oussama Ben Laden, au fond, 9 mai 2011 (AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">A notre arrivée, de la fumée s’échappe toujours de l’intérieur du complexe, sans doute des restes de l’hélicoptère endommagé, que les Américains, soucieux de laisser le moins d’informations possibles, ont détruit à coup de grenades avant de partir.</p><p class="c2">Très vite, un cordon militaire empêche de s’en approcher à moins de 100 mètres. Sur place, il faut aller très vite, profiter du fait que nous sommes les premiers médias étrangers à arrivés. Sur le petit marché du quartier, les habitants ne se font pas prier pour raconter ces trois quarts d’heure qui, la nuit précédente, ont semé la peur et précipité la ville dans une autre dimension.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=o8sBvEtX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=pvcHrYah 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=x9gtUV6c 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=yRpGuEt7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=EkIjn-9L 1245w" alt="image" />(AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">L’arrivée subite d’hélicoptères dans la nuit, un choc qui allume une “boule de feu” (en fait le crash d’un des appareils contre un mur du complexe), les explosions de portes, les tirs, les cris de femmes et d’enfants. Puis cette petite demi-heure de silence (où les Américains ont pris des documents et emporté le corps de Ben Laden), avant le nouveau vacarme du départ.</p><p class="c2">Les habitants sont inquiets. Leur petit paradis de tranquillité, soudain devenu un symbole du terrorisme aux yeux du monde mondial, est-il devenu un nouveau front de la guerre contre le terrorisme ? Ils sont aussi choqués et en colère : comment l’armée pakistanaise, garante de la sécurité, a-t-elle pu laisser ainsi les Américains souiller son sol impunément ?</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=KO12cBx8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=9D6fN6Og 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=KVXJJTUm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=4NYVFSq0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=ommQozuj 1245w" alt="image" />Les reporters Sajjad Tarakzai et Emmanuel Duparcq s'entretiennent avec des voisins de Ben Laden, un an plus tard, en avril 2012</div><p class="c2">Certains sont d’autant plus suspicieux que, racontent-ils, l’armée pakistanaise n’est arrivée sur place que bien après, au moins une demi-heure, après le départ des Américains, et pour dire aux gens de rester chez eux et ne pas s’en mêler. <em>“J’ai du mal à le croire, ça ressemble plus à un film, où à une sorte de jeu entre les Etats-Unis et le Pakistan”</em>, dit l’un d’eux.</p><p class="c2">Moins d’une heure après notre arrivée, le décor de l’affaire est planté, qui perdure encore aujourd’hui : au Pakistan, le sentiment d’humiliation domine, et bien peu seront ceux qui croiront au scénario annoncé par Washington. Certains crient au coup monté destiné à humilier le Pakistan, voire doutent de la présence de Ben Laden sur place, faute d’avoir vu sa dépouille, que les Américains disent avoir emporté et immergé dans l’océan juste après le raid.</p><p class="c2">D’autres soupçonnent un arrangement entre l’armée pakistanaise et Washington, qui lui verse chaque année des milliards de dollars d’aide à la lutte contre le terrorisme, un “cadeau” à Barack Obama, qui qualifiera la mort de Ben Laden de “jour le plus important” de sa présidence.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=pUh4p5sa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=l-a-hBmM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=_SO_ZwGW 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=Zd_B1Qcf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=GSg77v9E 1245w" alt="image" />Manifestation anti-américaine à Quetta (Pakistan), après l'annonce de la mort d'Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011 (AFP / Banaras Khan)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=hMWnRWVd 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=Vre5aW_W 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=_ygcotVu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=YWgZ02VX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=C_g9Mpbc 1245w" alt="image" />A Washington, le soir du 2 mai 2011, une foule célèbre la mort de l'ennemi numéro 1 des Etats-Unis aux abords de la Maison Blanche (AFP / Chris Kleponis)</div><p class="c2">Et ce n’est pas le silence imposé par l’armée, qui a arrêté certains des voisins et empêche les journalistes d’approcher, qui dissipe les doutes.</p><p class="c2">Même les policiers, appelés en renfort pour monter la garde devant la maison, en ont. Ben Laden ici ?  <em>“Je n’y crois pas une seconde, et personne n’y croit” </em> car, de toute façon, <em>“tout ça, c’est de la comédie !”</em>, nous confie l’un d’entre eux en nous priant de taire son nom.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=YgjaZiEc 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=zw-e-wsL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=BjJSuwJ7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=RAemRD0Z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=Bn6P-M3r 1245w" alt="image" />(AFP / Asif Hassan)</div><p class="c2">Les deux jours suivants, le cordon de sécurité se relâche, ce qui permet aux journalistes, désormais présents par dizaines, d’approcher les hauts murs de béton gris qui entourent la maison. Nous n’irons pas plus loin, car jamais l’intérieur du vaste complexe (les maisons de la famille et des gardes, la cour, le jardin potager) ne sera ouvert à la presse.</p><p class="c2">Les curieux affluent, viennent à la sortie du boulot se faire prendre en photo devant. Ils sont des centaines à venir profiter du cadre verdoyant et des couchers de soleil de Bilal Town, si bucoliques. Avant que l’armée ne siffle la fin de la récréation, et replace des barrages à pour maintenir à nouveau les curieux à plusieurs centaines de mètres.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=5n0EnVk1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=61ZVNmn- 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=i3fUv-6h 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=LUMhdGnb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=dETWVoEH 1245w" alt="image" />(AFP / Asif Hassan)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=4wCH8Cbg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=R11ZXVHE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=pdFi5WlO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=rjt92G9b 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=rPOSh-Km 1245w" alt="image" />(AFP / Asif Hassan)</div></div><p class="c2">Grâce à un tuyau d’un de nos journalistes, nous avons trouvé le premier soir refuge dans un hôtel récemment ouvert, donc peu connu. Une chance, quand la plupart des autres journalistes étrangers choisissent le Pearl Continental, connu pour son confort, mais aussi pour sa réputation de “nid d’espions” des services de renseignements.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=NKswSlTF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=JMot9EcW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=dM0jB2v7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=urpdcUxY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=Vch6TfRu 1245w" alt="image" />Jeux d'enfant à Abbottabad, le 7 mai 2011 (AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">Les premiers jours, ces derniers se contenteront de surveiller les médias, avant de les pousser peu à peu à quitter la ville pour arrêter de couvrir cette affaire peu glorieuse pour l’image du pays. Au début par des “conseils”  ou messages alarmistes - comme ce SMS qui annonce l’arrivée imminente en ville de “quatre kamikazes” prêts à se faire exploser pour venger Ben Laden - puis plus directement.</p></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Notre hôtel, lui, profite de ce premier afflux de clients imprévu, et se met en quatre pour l’équipe de l’AFP, qui grossit au fil des jours, entre renforts et relèves. Il nous laisse annexer tout son premier étage, dont le salon central devient notre bureau permanent.</p><p class="c2">Très vite une routine se met en place, pour déjouer les cordons de sécurité et recueillir le plus d’infos, témoignages et images possibles : départ vers 5h30 du matin pour Bilal Town, à un quart d’heure de route de là, pour arriver sur place avant 6h, lorsque les militaires, plus stricts, prennent la relève des policiers sur les barrages. Aamir et Mélanie aussi vite que possible le plein d’images.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=PEy13LIM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=9TMgdfA6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=FnDVb-PE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=KcQrDHa0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=0gxNEnY7 1245w" alt="image" />Gardes aux abords de la maison de Ben Laden à Abbottabad, le 4 mai 2011 (AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">Côté texte, avec <strong>Sajjad Tarakzai</strong>, puis <strong>Khurram Shahzad</strong>, aussi placides et avenants que rusés et débrouillards, nous jouons les résidents déambulant de la rue en tenues locale, longue chemise, pantalon bouffant et gilet sans manches, petit carnet discret au fond de la poche. Parfois les policiers ne font pas attention, n’en demandant pas trop, et ça passe.</p><p class="c2">Dans le cas contraire, on passe au mode, plus sportif, du <em>“1-2-3 soleil”</em> : dès qu’ils ne regardent plus dans notre direction, on tente de contourner le barrage par planques successives en se cachant derrière une voiture, un bosquet, ou en marchant accroupi dans des fossé de canal d’irrigation. Les confidences cachées de voisins nourriront les dépêches à partir de la matinée, les infos de forces de l’ordre et point des autorités un peu plus tard dans la journée.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/xTQdGNDX_Hw" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">Pendant dix jours, nous multiplions les reportages sur les doutes des habitants, le complexe qui abritait la maison, la discrétion de ses nombreux occupants, seuls les deux gardes pakistanais de Ben Laden, qui se faisaient appeler “Arshad et Tariq”  sortant faire les courses sans se mêler au reste de la population. Et si la taille de leur maison et leur retenue intrigue, le quartier reste cossu, policé et si peu jihadiste que personne ne posait de questions.</p><p class="c2">Nous récupérons des vidéos filmées par les policiers à l’intérieur de la maison, qui permettent de démentir des affirmations hâtives comme celles qui évoquent une maison luxueuse et ultra sécurisée. Le confort y était au contraire sommaire : sols en carrelage gris, placards et étagère de bois simple, mobilier basique.</p><p class="c2">Quant à la soi-disant haute sécurité, elle ne reposait, au-delà des hauts murs, que sur les deux gardes, légèrement armés. Pas d’internet, pas de téléphones portables, pas de réceptions ni visites. Pendant six ans, la stratégie de discrétion et d’équipement léger du dernier Ben Laden, apparemment physiquement affaibli, aura fonctionné avec succès.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=YCWeSfSK 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=EbdzvECb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=e5mB_BV9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=gEK0aaqU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=1XOoGOS1 1245w" alt="image" />(AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">Au bout de dix jours, les sujets se font plus rares et les services de renseignement, qui estiment que cette embarrassante séquence médiatique a assez duré, finissent par ordonner à tous les médias étrangers encore présents de quitter la ville, menaçant de les arrêter voire de les expulser du pays.</p><p class="c2">Débusqués sur le tard dans notre hôtel méconnu, nous finirons par partir nous aussi, laissant dans la maison d’Abbottabad, que le Pakistan rasera moins d’un an plus tard, des secrets qui perdurent encore, dix ans après, sur la longue cavale de Ben Laden et ses complicités.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=YO8kcmTu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=lPI1r5Nw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=1joOc--B 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=xOhfVZGm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=IdzOmS7M 1245w" alt="image" />(AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">L’un de nos derniers reportages envoyés d’Abbottabad expliquait que le chef d'Al Qaïda vivait, outre ses trois femmes et une ribambelle d'enfants, avec une centaine de poulets, deux vaches et un nombre indéterminé de lapins. Une sorte de “petit jihad dans la prairie” dont le raid américain a sonné le glas. Un solide travail d’investigation, à la hauteur de l’importance géopolitique cruciale du sujet, nous permettra d’établir que les vaches ont été emportées par les soldats pakistanais, et que les policiers se sont partagé les poulets. Malgré tous nos efforts, en revanche, nous ne parviendrons jamais à savoir ce qu'il est advenu des lapins du chef d'Al Qaïda.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=qRvsBItj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=cC06Mm-V 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=VZ4Ixrku 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=o-kMZYrs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=lbvav2nT 1245w" alt="image" />De gauche à droite et de haut en bas l'équipe : Asif Hassan (Photo), Emmanuel Duparcq (texte), Aamir Qureshi (photo), Khurram Shahzad (texte), Mélanie Bois (vidéo) et Saadberg (chauffeur) (AFP)</div><p><em>Récit: Emmanuel Duparcq à Paris. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/ben-laden-son-fantome-et-les-petits-lapins</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/ben-laden-son-fantome-et-les-petits-lapins</guid>
      <pubDate>Fri, 30 Apr 2021 21:00:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Ben Laden le fantôme et les petits lapins]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Paris -</strong> Comment réagit-on quand arrive LE coup de fil, celui de LA nouvelle qu’on guette depuis des années ? A tâtons, quand il est très tôt le matin, ce 2 mai 2011 à Islamabad, et qu’elle vous tire du lit en plein sommeil... ? Au bout du fil, Jennie Matthew, n°2 du bureau, est comme à son habitude précise et concise : <em>“Washington called, they‘re about to announce they killed OBL in Pakistan”</em>. Ben Laden... ! Ça y est, on y est.</p><p class="c2">Pour moi, l’attente aura duré six ans, depuis 2005 et mes premiers pas dans la région, dans l’Afghanistan voisin, où la question de son sort, inconnu depuis sa fuite fin 2001, venait immanquablement ponctuer chaque briefing des forces de l’Otan.</p><p class="c2">Pour beaucoup, il se cachait sans doute de l’autre côté de la frontière, dans un repli montagneux des zones tribales pakistanaises, où même les Américains ne se risquent pas à envoyer des troupes au sol, préférant éliminer les jihadistes par tirs de drones.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=CoIGzIOm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=MrjIObns 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=caB27cha 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=lyAJfOgm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_aph2002030484242.jpg?itok=0DNeUGN2 1245w" alt="image" />Afghanistan, au pied de la chaîne montagneuse où étaient positionnés des combattants d'Al-Qaïda en mars 2020 (AFP / Jewel Samad)</div><p class="c2">Après ce coup de fil, en sautant dans ma voiture, le reporter que je suis s’attend surtout, un peu résigné, à quelques intenses journées de bureau. Car les zones tribales, bien qu’à quelques heures de route, ne sont pas que dangereuses pour les journalistes étrangers: elles leur sont interdites, sous peine d’emprisonnement voire d’expulsion du pays par la puissante armée pakistanaise. Ce sont donc nos correspondants locaux sur place qui nous envoient des infos et images.</p><p class="c2">Au bureau d’Islamabad, on sent l’excitation des grands jours. Tout le monde arrive, y compris ceux qui devaient être en congés. On se sourit avec gourmandise en prévision de ces journées où le monde va avoir les yeux rivés sur le Pakistan.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_hkg4858138.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x789"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_hkg4858138.jpg?itok=uGi0w8io" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A newsboy sells newspapers with images and news featuring Osama Bin Laden's death at the Coastall road in Manila on May 3, 2011. TheUS has killed Al-Qaeda leader Osama bin Laden nearly 10 years after the September 11, 2001 attacks, US President Barack Obama said in a dramatic televised address. Philippine President Benigno Aquino ordered stepped up security around the country following the killing of Osama bin Laden, while hailing his death as a triumph over terrorism. AFP PHOTO/NOEL CELIS (Photo by NOEL CELIS / AFP) (AFP / Noel Celis)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_mvd1544740.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_mvd1544740.jpg?itok=3QfSbUrt" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A man reads a newspaper informing about the death of Osama bin Laden, at a newsstand in San Salvador, El Salvador on May 2, 2011. Al-Qaeda leader Osama bin Laden was shot dead deep inside Pakistan in a night-time helicopter raid by US covert forces, ending a decade-long manhunt for the mastermind of the September 11 attacks. Justice has been done, President Barack Obama declared in a dramatic televised address late Sunday, sparking raucous celebrations across the United States, after an operation that officials said lasted less than 40 minutes.AFP PHOTO/ Jose CABEZAS (Photo by Jose CABEZAS / AFP) (AFP / Jose Cabezas)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901512.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x1135"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901512.jpg?itok=w7uvZdK9" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A man looks at Newspaper front pages announcing the death of Al Qaeda leader Osama bin Laden May 2, 2011 in front of the Newseum in Washington, DC. AFP PHOTO/ Karen BLEIER (Photo by KAREN BLEIER / AFP) (AFP / Karen Bleier)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_hkg4855676.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_hkg4855676.jpg?itok=0OWGyzco" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">US Marines of Regiment Combat Team 1 (RCT 1) watch TV as President Barack Obama announces the death of Osama Bin Laden, at Camp Dwyer in Helman Province, on May 2, 2011. US President Barack Obama said on May 1, 2011 that justice had been done after the September 11, 2001 attacks with the death of Osama bin Laden, but warned that Al-Qaeda will still try to attack the US. AFP PHOTO / Bay ISMOYO (Photo by BAY ISMOYO / AFP) (AFP / Bay Ismoyo)</figcaption></figure></div><p class="c2">Tout le monde prend place autour des écrans de télé où, en direct de la Maison Blanche, Barack Obama commence son discours victorieux. Il annonce comme prévu la mort du fondateur d’Al-Qaïda, 54 ans, puis ajoute qu’il a été tué à Abbottabad.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/30XbF9SbDh0" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">Stupeur dans le bureau : il a bien dit <strong>Abbottabad</strong> ? Cette paisible ville de montagne, prisée des riches pakistanais ? Cette ville universitaire réputée, qui abrite également l’académie militaire de Kakul, le Saint-Cyr pakistanais ? Pour nous, reporters, la surprise est divine : la ville est très accessible, à une soixantaine de km à vol d’oiseau, une centaine en voiture, soit deux heures de route.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=_3aK1_jF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=Z8ABH0-w 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=rm5nsk0L 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=faoN4JVh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3901522.jpg?itok=EbJaw1zu 1245w" alt="image" />La photo historique du moment où l'opération visant Oussama Ben Laden est déclenchée suivie en direct depuis la "situation room" de la Maison Blanche, prise par le photographe de la Maison Blanche Pete de Souza. On y voit Barack Obama, son vice-président à l'époque Joe Biden (gauche), le secrétaire à la Défense Robert Gates (droite) et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton (2ème à droite) notamment. (AFP / Pete Souza)</div><p class="c2">Le chef de bureau, Emmanuel Giroud, le sourcil froncé de celui qui sait qu’il a de longues journées de coordination devant lui, se tourne vers moi: <em>“T’y vas ? Avec la photo, la vidéo”</em>. On part sur le champ, avec Aamir Qureshi (photo), Sajjad Tarakzai (texte) et Mélanie Bois (vidéo), sans repasser par chez nous.</p><p class="c2">Sur la route qui serpente en direction des montagnes du nord, on prend le temps de se réveiller un peu mieux, et de lire ce qui sort peu à peu de Washington, cette version officielle qui servira de base l’année suivante au film “Zero Dark Thirty”.</p><p class="c2">A savoir : Ben Laden, qui vivait là avec trois de ses femmes, une dizaine d’enfants et petits-enfants et deux gardes avec leurs familles, a été tué lors d’une opération commando des forces spéciales arrivées et reparties avec sa dépouille, vite immergée dans l’océan. Washington précise n’avoir pas informé le Pakistan par peur des fuites, le pays étant régulièrement soupçonné, notamment via son armée, de collusion avec des réseaux jihadistes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=NkuSFOLz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=buJ1VSpp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=Q_YqcVn1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=O1rHkEp0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del6092557.jpg?itok=x9kGWhCz 1245w" alt="image" />Abbottabad le 27 janvier 2012 (AFP / Adnan Qureshi)</div><p class="c2">A l’arrivée dans la ville, excepté la majesté des reliefs qui annoncent les premiers contreforts de l’Himalaya, rien que de très commun au Pakistan : rues affairées, échoppes chatoyantes, défilé des clients en tenues longues traditionnelles. Mais on y sent une certaine tension, des regards qui s‘attardent plus sur les véhicules venus d’autres provinces, qui va crescendo à mesure que l’on s’approche du quartier de Bilal Town.</p><p class="c2">Le quartier frappe par son côté paisible et agréable, avec ses maisons récentes bâties entre deux champs de légumes et avec vue imprenable sur de vertes collines. Nous croisons rapidement cinq camions de l’armée pakistanaise qui emportent les débris d’un hélicoptère : l’un des appareils américains, qui s’est crashé lors du raid en butant sur un muret de la propriété qui abritait Ben Laden. On dégaine appareil photos et caméras, sans savoir que ce sera l’une des rares preuves matérielles que nous pourrons voir de l’intervention américaine.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=r1c2FlZ- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=8WZ84j39 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=Nip9Z3P2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=4AUEZikH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_98d7qf.jpg?itok=XaUl5BxI 1245w" alt="image" />L'hélicoptère accidenté utilisé dans l'opération "Geronimo" contre Oussama Ben Laden (AFP / Str)</div><p class="c2">On nous désigne vite le complexe en question, avec sa grande bâtisse carrée blanche qui se distingue par sa hauteur (trois étages, contre deux pour les autres maisons du quartier), ses deux grandes cours et ses hauts murs d’enceintes (plus de 4 mètres) coiffés de barbelés.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=19-5947d 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=tzMW-Hq_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=hm7lzp33 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=_rwYQmKV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476493.jpg?itok=muZq5Uoq 1245w" alt="image" />La dernière maison d'Oussama Ben Laden, au fond, 9 mai 2011 (AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">A notre arrivée, de la fumée s’échappe toujours de l’intérieur du complexe, sans doute des restes de l’hélicoptère endommagé, que les Américains, soucieux de laisser le moins d’informations possibles, ont détruit à coup de grenades avant de partir.</p><p class="c2">Très vite, un cordon militaire empêche de s’en approcher à moins de 100 mètres. Sur place, il faut aller très vite, profiter du fait que nous sommes les premiers médias étrangers à arrivés. Sur le petit marché du quartier, les habitants ne se font pas prier pour raconter ces trois quarts d’heure qui, la nuit précédente, ont semé la peur et précipité la ville dans une autre dimension.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=o8sBvEtX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=pvcHrYah 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=x9gtUV6c 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=yRpGuEt7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475061.jpg?itok=EkIjn-9L 1245w" alt="image" />(AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">L’arrivée subite d’hélicoptères dans la nuit, un choc qui allume une “boule de feu” (en fait le crash d’un des appareils contre un mur du complexe), les explosions de portes, les tirs, les cris de femmes et d’enfants. Puis cette petite demi-heure de silence (où les Américains ont pris des documents et emporté le corps de Ben Laden), avant le nouveau vacarme du départ.</p><p class="c2">Les habitants sont inquiets. Leur petit paradis de tranquillité, soudain devenu un symbole du terrorisme aux yeux du monde mondial, est-il devenu un nouveau front de la guerre contre le terrorisme ? Ils sont aussi choqués et en colère : comment l’armée pakistanaise, garante de la sécurité, a-t-elle pu laisser ainsi les Américains souiller son sol impunément ?</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=KO12cBx8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=9D6fN6Og 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=KVXJJTUm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=4NYVFSq0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/emd_sjd_abbott_zain.jpg?itok=ommQozuj 1245w" alt="image" />Le reporter Sajjad Tarakzai et Emmanuel Duparcq s'entretiennent avec des voisins de Ben Laden, un an plus tard, en avril 2012</div><p class="c2">Certains sont d’autant plus suspicieux que, racontent-ils, l’armée pakistanaise n’est arrivée sur place que bien après, au moins une demi-heure, après le départ des Américains, et pour dire aux gens de rester chez eux et ne pas s’en mêler. <em>“J’ai du mal à le croire, ça ressemble plus à un film, où à une sorte de jeu entre les Etats-Unis et le Pakistan”</em>, dit l’un d’eux.</p><p class="c2">Moins d’une heure après notre arrivée, le décor de l’affaire est planté, qui perdure encore aujourd’hui : au Pakistan, le sentiment d’humiliation domine, et bien peu seront ceux qui croiront au scénario annoncé par Washington. Certains crient au coup monté destiné à humilier le Pakistan, voire doutent de la présence de Ben Laden sur place, faute d’avoir vu sa dépouille, que les Américains disent avoir emporté et immergé dans l’océan juste après le raid.</p><p class="c2">D’autres soupçonnent un arrangement entre l’armée pakistanaise et Washington, qui lui verse chaque année des milliards de dollars d’aide à la lutte contre le terrorisme, un “cadeau” à Barack Obama, qui qualifiera la mort de Ben Laden de “jour le plus important” de sa présidence.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=pUh4p5sa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=l-a-hBmM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=_SO_ZwGW 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=Zd_B1Qcf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6244758.jpg?itok=GSg77v9E 1245w" alt="image" />Manifestation anti-américaine à Quetta (Pakistan), après l'annonce de la mort d'Oussama Ben Laden, le 2 mai 2011 (AFP / Banaras Khan)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=hMWnRWVd 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=Vre5aW_W 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=_ygcotVu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=YWgZ02VX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_was3900099.jpg?itok=C_g9Mpbc 1245w" alt="image" />A Washington, le soir du 2 mai 2011, une foule célèbre la mort de l'ennemi numéro 1 des Etats-Unis aux abords de la Maison Blanche (AFP / Chris Kleponis)</div><p class="c2">Et ce n’est pas le silence imposé par l’armée, qui a arrêté certains des voisins et empêche les journalistes d’approcher, qui dissipe les doutes.</p><p class="c2">Même les policiers, appelés en renfort pour monter la garde devant la maison, en ont. Ben Laden ici ?  <em>“Je n’y crois pas une seconde, et personne n’y croit” </em> car, de toute façon, <em>“tout ça, c’est de la comédie !”</em>, nous confie l’un d’entre eux en nous priant de taire son nom.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=YgjaZiEc 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=zw-e-wsL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=BjJSuwJ7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=RAemRD0Z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476734.jpg?itok=Bn6P-M3r 1245w" alt="image" />(AFP / Asif Hassan)</div><p class="c2">Les deux jours suivants, le cordon de sécurité se relâche, ce qui permet aux journalistes, désormais présents par dizaines, d’approcher les hauts murs de béton gris qui entourent la maison. Nous n’irons pas plus loin, car jamais l’intérieur du vaste complexe (les maisons de la famille et des gardes, la cour, le jardin potager) ne sera ouvert à la presse. Les curieux affluent, viennent à la sortie du boulot se faire prendre en photo devant. Ils sont des centaines à venir profiter du cadre verdoyant et des couchers de soleil de Bilal Town, si bucoliques. Avant que l’armée ne siffle la fin de la récréation, et replace des barrages à pour maintenir à nouveau les curieux à plusieurs centaines de mètres.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=5n0EnVk1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=61ZVNmn- 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=i3fUv-6h 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=LUMhdGnb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475679.jpg?itok=dETWVoEH 1245w" alt="image" />(AFP / Asif Hassan)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=4wCH8Cbg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=R11ZXVHE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=pdFi5WlO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=rjt92G9b 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475680.jpg?itok=rPOSh-Km 1245w" alt="image" />(AFP / Asif Hassan)</div></div><p class="c2">Grâce à un tuyau d’un de nos journalistes, nous avons trouvé le premier soir refuge dans un hôtel récemment ouvert, donc peu connu. Une chance, quand la plupart des autres journalistes étrangers choisissent le Pearl Continental, connu pour son confort, mais aussi pour sa réputation de “nid d’espions” des services de renseignements.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=NKswSlTF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=JMot9EcW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=dM0jB2v7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=urpdcUxY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del476179.jpg?itok=Vch6TfRu 1245w" alt="image" />Jeux d'enfant à Abbottabad, le 7 mai 2011 (AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">Les premiers jours, ces derniers se contenteront de surveiller les médias, avant de les pousser peu à peu à quitter la ville pour arrêter de couvrir cette affaire peu glorieuse pour l’image du pays. Au début par des “conseils”  ou messages alarmistes - comme ce SMS qui annonce l’arrivée imminente en ville de “quatre kamikazes” prêts à se faire exploser pour venger Ben Laden - puis plus directement.</p></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Notre hôtel, lui, profite de ce premier afflux de clients imprévu, et se met en quatre pour l’équipe de l’AFP, qui grossit au fil des jours, entre renforts et relèves. Il nous laisse annexer tout son premier étage, dont le salon central devient notre bureau permanent.</p><p class="c2">Très vite une routine se met en place, pour déjouer les cordons de sécurité et recueillir le plus d’infos, témoignages et images possibles : départ vers 5h30 du matin pour Bilal Town, à un quart d’heure de route de là, pour arriver sur place avant 6h, lorsque les militaires, plus stricts, prennent la relève des policiers sur les barrages. Aamir et Mélanie aussi vite que possible le plein d’images.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=PEy13LIM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=9TMgdfA6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=FnDVb-PE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=KcQrDHa0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_par6249264.jpg?itok=0gxNEnY7 1245w" alt="image" />Gardes aux abords de la maison de Ben Laden à Abbottabad, le 4 mai 2011 (AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">Côté texte, avec <strong>Sajjad Tarakzai</strong>, puis <strong>Khurram Shahzad</strong>, aussi placides et avenants que rusés et débrouillards, nous jouons les résidents déambulant de la rue en tenues locale, longue chemise, pantalon bouffant et gilet sans manches, petit carnet discret au fond de la poche. Parfois les policiers ne font pas attention, n’en demandant pas trop, et ça passe.</p><p class="c2">Dans le cas contraire, on passe au mode, plus sportif, du <em>“1-2-3 soleil”</em> : dès qu’ils ne regardent plus dans notre direction, on tente de contourner le barrage par planques successives en se cachant derrière une voiture, un bosquet, ou en marchant accroupi dans des fossé de canal d’irrigation. Les confidences cachées de voisins nourriront les dépêches à partir de la matinée, les infos de forces de l’ordre et point des autorités un peu plus tard dans la journée.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/xTQdGNDX_Hw" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">Pendant dix jours, nous multiplions les reportages sur les doutes des habitants, le complexe qui abritait la maison, la discrétion de ses nombreux occupants, seuls les deux gardes pakistanais de Ben Laden, qui se faisaient appeler “Arshad et Tariq”  sortant faire les courses sans se mêler au reste de la population. Et si la taille de leur maison et leur retenue intrigue, le quartier reste cossu, policé et si peu jihadiste que personne ne posait de questions.</p><p class="c2">Nous récupérons des vidéos filmées par les policiers à l’intérieur de la maison, qui permettent de démentir des affirmations hâtives comme celles qui évoquent une maison luxueuse et ultra sécurisée. Le confort y était au contraire sommaire : sols en carrelage gris, placards et étagère de bois simple, mobilier basique. Quant à la soi-disant haute sécurité, elle ne reposait, au-delà des hauts murs, que sur les deux gardes, légèrement armés. Pas d’internet, pas de téléphones portables, pas de réceptions ni visites. Pendant six ans, la stratégie de discrétion et d’équipement léger du dernier Ben Laden, apparemment physiquement affaibli, aura fonctionné avec succès.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=YCWeSfSK 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=EbdzvECb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=e5mB_BV9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=gEK0aaqU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/000_del475396.jpg?itok=1XOoGOS1 1245w" alt="image" />(AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">Au bout de dix jours, les sujets se font plus rares et les services de renseignement, qui estiment que cette embarrassante séquence médiatique a assez duré, finissent par ordonner à tous les médias étrangers encore présents de quitter la ville, menaçant de les arrêter voire de les expulser du pays.</p><p class="c2">Débusqués sur le tard dans notre hôtel méconnu, nous finirons par partir nous aussi, laissant dans la maison d’Abbottabad, que le Pakistan rasera moins d’un an plus tard, des secrets qui perdurent encore, dix ans après, sur la longue cavale de Ben Laden et ses complicités.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=YO8kcmTu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=lPI1r5Nw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=1joOc--B 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=xOhfVZGm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/obl-cricket.jpg?itok=IdzOmS7M 1245w" alt="image" />(AFP / Aamir Qureshi)</div><p class="c2">L’un de nos derniers reportages envoyés d’Abbottabad expliquait que le chef d'Al Qaïda vivait, outre ses trois femmes et une ribambelle d'enfants, avec une centaine de poulets, deux vaches et un nombre indéterminé de lapins. Une sorte de “petit jihad dans la prairie” dont le raid américain a sonné le glas. Un solide travail d’investigation, à la hauteur de l’importance géopolitique cruciale du sujet, nous permettra d’établir que les vaches ont été emportées par les soldats pakistanais, et que les policiers se sont partagé les poulets. Malgré tous nos efforts, en revanche, nous ne parviendrons jamais à savoir ce qu'il est advenu des lapins du chef d'Al Qaïda.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=qRvsBItj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=cC06Mm-V 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=VZ4Ixrku 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=o-kMZYrs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/pakistan/pakistan-binladen-10years-april21/afpabbottmai2011-2.jpg?itok=lbvav2nT 1245w" alt="image" />De gauche à droite et bas en haut, l'équipe : Asif Hassan (Photo), Emmanuel Duparcq (texte), Aamir Qureshi (photo), Khurram Shahzad (texte), Mélanie Bois (vidéo) et Saadberg (chauffeur) (AFP)</div><p><em>Récit: Emmanuel Duparcq à Paris. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/ben-laden-le-fantome-et-les-petits-lapins</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/ben-laden-le-fantome-et-les-petits-lapins</guid>
      <pubDate>Fri, 30 Apr 2021 18:46:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le Liban de Layal]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2">“Jamais je n'aurai cru qu'un jour viendrait ou, en temps de paix, des survivants de la guerre me diraient qu'il y a pire que la guerre et encore plus effrayant que le bruit de ses canons. Mais, dans un pays englué depuis l'automne 2019 dans la dépression économique, il y a désormais la peur de la faim, de la pauvreté absolue”, écrit <strong><a href="https://twitter.com/LayalAFP">Layal Abou Rahal</a></strong>, directrice adjointe du bureau de Beyrouth, alors qu'autour d'elle beaucoup de Libanais assurent vivre des jours plus sombres que pendant la longue guerre civile.</p><p class="c2"><strong>Beyrouth -</strong> Je n’ai pas vécu la guerre civile. Je n'ai pas connu les abris dans les sous-sol où se réfugiaient les voisins pour se protéger des obus et des bombardements. Née en 1983, mon enfance s'est déroulée dans un petit village miraculeusement épargné par les combats, sur le flanc des montagnes boisées du sud libanais.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_nic480100.jpg?itok=xnGLpzOX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_nic480100.jpg?itok=v7uHkX2i 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_nic480100.jpg?itok=QpYgj_mf 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_nic480100.jpg?itok=PMOQ848q 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_nic480100.jpg?itok=OdDXfiyf 1245w" alt="image" />(AFP / Joseph Eid)</div><p class="c2">Mais comme tout le monde, j'ai grandi avec les récits de mes parents, de la famille, des amis rencontrés à Beyrouth, tous marqués par 15 années de combats sanglants entre des milices qui faisaient la loi et multipliaient les exactions.</p><p class="c2">Les livres, les articles, les documentaires sont légion. J'ai entendu le témoignage de certains anciens combattants qui, quand les armes se sont tues en 1990, se sont engagés pour construire une paix ô combien fragile.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1323572.jpg?itok=ejTK5Y98 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1323572.jpg?itok=K7jOYa11 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1323572.jpg?itok=ngS365ay 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1323572.jpg?itok=Uwq3CRBQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1323572.jpg?itok=L3IkLB0I 1245w" alt="image" />Attentat à la voiture piégée, le 8 août 1986 à Beyrouth (AFP / Khalil Dehaini)</div><p class="c2">Il y a aussi mon mari, un enfant de cette génération de la guerre qui a grandi à Beyrouth. Elie avait deux ans quand les combats ont commencé, 17 quand ils ont pris fin.</p><p class="c2">Ces jours-ci, c'est souvent avec un sourire amusé qu'il me regarde perdre patience et m'énerver, quand on fait la queue à la pharmacie, à la boulangerie, ou au supermarché. Et c'est souvent l'occasion pour lui de me raconter des souvenirs de son enfance: quatre déménagements, deux années scolaires de retard à cause des combats, des soirées dans les abris à compter les obus qui tombaient, la queue et l'attente interminable pour un sac de pain, une bonbonne de gaz ou faire le plein d'eau potable.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1287362.jpg?itok=_H8LoRUg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1287362.jpg?itok=Gpl1fTY_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1287362.jpg?itok=XW1bgC74 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1287362.jpg?itok=fQyrWML1 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_arp1287362.jpg?itok=ZKHKnCL8 1245w" alt="image" />15 Novembre 1976, dans le centre de Beyrouth, après plus d'un an de guerre civile (AFP / Xavier Baron)</div><p class="c2">Depuis que j'ai choisi le journalisme comme profession, j'ai couvert plus d'une crise dans ce petit Liban où 18 communautés religieuses font le pari d’un vivre-ensemble précaire, sur 10.452 kilomètres carrés coincés entre la Méditerranée et la montagne. Bien souvent, ces crises sont la conséquence directe d'une guerre civile qui s'est terminée par une loi d'amnistie générale, mais sans réconciliation réelle.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz83f.jpg?itok=oMZ7Exv6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz83f.jpg?itok=GliBTrmJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz83f.jpg?itok=TAfxYP_0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz83f.jpg?itok=awRLFfTn 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz83f.jpg?itok=asxADBGk 1245w" alt="image" />Beyrouth, le 4 septembre 2020 (AFP / Joseph Eid)</div><p class="c2">Mardi, le pays marquait le 46e anniversaire du début du conflit. Dans nos dépêches, nous écrivons que le 13 avril 1975, les premiers affrontements ont éclaté entre partis chrétiens et factions palestiniennes appuyées par des partis de gauche et musulmans.</p><p class="c2">En 15 ans de combats, plus de 150.000 personnes ont été tuées. Beyrouth est devenu un vaste champ de ruines. Du jour au lendemain, des lignes de front sont venues séparer les voisins, les familles, les amis. Les massacres se sont succédé. Les kidnappings sur la base de l'appartenance religieuse sont devenus monnaie courante. Il suffisait d'un peu de malchance, de se retrouver au mauvais checkpoint au mauvais moment.</p><p class="c2">Des centaines de milliers de Libanais ont fui le pays, venant grossir les rangs d'une diaspora toujours plus nombreuse, à la recherche d'un semblant de normalité et d'un futur sûr pour leur progéniture.</p><p class="c2">Jamais je n'aurai cru qu'un jour viendrait ou, en temps de paix, des survivants de la guerre me diraient qu'il y a pire que la guerre et encore plus effrayant que le bruit de ses canons. Mais, dans un pays englué depuis l'automne 2019 dans la dépression économique, il y a désormais la peur de la faim, de la pauvreté absolue.</p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1tn9me.jpg?itok=kF6wWdpz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1tn9me.jpg?itok=JYpJSOiR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1tn9me.jpg?itok=RgkWoNak 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1tn9me.jpg?itok=qCusbiYA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1tn9me.jpg?itok=GrEi9lmR 1245w" alt="image" />Tripoli, le 17 juin 2020 (AFP / Ibrahim Chalhoub)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16l.jpg?itok=GAKJ6WBP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16l.jpg?itok=33CYExnL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16l.jpg?itok=zUaUiBxR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16l.jpg?itok=kFl081D5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16l.jpg?itok=_QnMQzvt 1245w" alt="image" />A Saïda, au sud de Beyrouth, le 18 juin 2020 (AFP / Mahmoud Zayyat)</div></div><pre class="clear c3"><em>Photos prises dans le cadre d'une série sur "les frigos vides du Liban"</em>
</pre><p class="c2">C'est ce que m'a confié il y a quelques jours Abla Barotta, 58 ans. Remise de ses blessures de l'explosion meurtrière et criminelle du 4 août dans le port de Beyrouth --elle l'appelle “l'explosion de la corruption”--, elle m’accueille dans son petit appartement de Mar Mikhaël, qui a pu être rénové grâce à des ONG -l'Etat est lui aux abonnés absents.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/97g8yr.jpg?itok=vn9zcr19 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/97g8yr.jpg?itok=Yp6-Qien 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/97g8yr.jpg?itok=9q8f-Rzr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/97g8yr.jpg?itok=oJjiKZt7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/97g8yr.jpg?itok=l_jVknce 1245w" alt="image" />Abla Barotta, 58 ans, chez elle, le 6 avril 2021 (AFP / Anwar Amro)</div><p class="c2">“C'est mieux de mourir tué par un obus, au moins on ne souffre pas. L'obus vient et c'est fini, tandis que nous on meurt tous les jours à petit feu”, assure-t-elle. Pendant la guerre “notre vie était meilleure, malgré la peur des obus”. “On entendait les bombardements, on se cachait dans la maison ou dans les abris. Mais, aujourd'hui, comment se cacher de la faim? De la situation économique? Du Covid? De nos dirigeants?”, s'interroge cette veuve, maman de trois enfants.</p><p class="c2">Je l'écoute. Elle n'est pas seule à partager cette opinion. Nombreux sont les Libanais qui en sont arrivés à penser que les jours noirs de la guerre, les bombardements et les exactions des milices, étaient peut-être plus cléments qu'un quotidien marqué par l'effondrement économique et la “galère”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zq2ac_0.jpg?itok=JcuLwEaq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zq2ac_0.jpg?itok=cncjkbxK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zq2ac_0.jpg?itok=499WcwYX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zq2ac_0.jpg?itok=1jwmJwJj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zq2ac_0.jpg?itok=3iSwLlGH 1245w" alt="image" />Manifestation à Tripoli contre la dégradation de l'économie et la classe dirigeante (AFP / Joseph Eid)</div><p class="c2">Parmi eux, il y a aussi ma belle-mère, qui depuis le début de la crise ne cesse de répéter qu'elle n'a jamais vu ça, jamais vécu une telle “peur de l'inconnu”. Je lui ai récemment rendu visite, alors qu'elle venait à peine de se remettre du Covid. La télévision diffusait la conférence de presse d'un responsable, mais personne n'a jugé bon de hausser le volume. “Tout ce qu'ils disent depuis des années, c'est des mensonges”, avait-elle maugréé.</p><p class="c2">Une grande partie de la population a perdu toute confiance en la classe politique -- dominée depuis des décennies par les mêmes familles, voire les anciens seigneurs de guerre qui ont troqué le treillis militaire pour le costume-cravate, enchaînant les postes au gouvernement et au Parlement. A l'automne 2019, un soulèvement populaire inédit a secoué le pays. Des dizaines de milliers de manifestants ont battu le pavé pour dénoncer des conditions de vie difficiles, mais aussi la corruption et l'incompétence des dirigeants.<br /> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8tk3gz.jpg?itok=hER4ZSRr 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8tk3gz.jpg?itok=ZclP5CpL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8tk3gz.jpg?itok=dwFR_T0K 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8tk3gz.jpg?itok=jWyAOnoi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8tk3gz.jpg?itok=LZRsEBoV 1245w" alt="image" />Un homme brandi le drapeau libanais, symbole de la révolution d'octobre 2019, lors d'une manifestation un an plus tard, le 20 octobre 2020 (AFP / -)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/9462kk_0.jpg?itok=siPU1gn0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/9462kk_0.jpg?itok=m4aL1A8U 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/9462kk_0.jpg?itok=8b2Ysz90 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/9462kk_0.jpg?itok=YBBU_8Lt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/9462kk_0.jpg?itok=KwhVtb6v 1245w" alt="image" />Manifestation à Beyrouth, le 2 mars 2021 (AFP / Anwar Amro)</div><p class="c2">Mais la mobilisation s'est essoufflée. L'enthousiasme des débuts a cédé la place à la désillusion. Le scénario du pire a été largement dépassé. En cause: la dépréciation de la livre libanaise, l'inflation galopante, des dizaines de milliers de licenciements, les baisses de salaire, la pandémie. Il y a aussi les restrictions bancaires draconiennes, qui de fait empêchent les déposants de disposer librement de leurs économies. Et les files d'attente interminables devant les boulangeries, les pharmacies, les stations essence.</p><p class="c2">Enfin, l'explosion du 4 août 2020 au port, qui a fait plus de 200 morts, 6.500 blessés, et ravagé des quartiers entiers de Beyrouth. La tragédie de trop, pour des Libanais déjà à genoux. Traumatisés à jamais.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wb9ic.jpg?itok=vl3QCw-v 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wb9ic.jpg?itok=XdRofNBl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wb9ic.jpg?itok=S5PelSPW 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wb9ic.jpg?itok=jU6E-ulS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wb9ic.jpg?itok=bTV8fqvd 1245w" alt="image" />Beyrouth, 6 août 2020 (AFP / Patrick Baz)</div><p class="c2">Certains sont partis. Des médecins, des architectes, des jeunes diplômés. Ils vont en Europe, en Amérique du Nord, dans les pays du Golfe, en Egypte. comme les générations précédentes durant la guerre. Ceux qui restent sont entièrement absorbés par la nécessité de subvenir aux besoins de leur famille, remplir le frigidaire, payer les frais de scolarité des enfants. Pendant ce temps, les politiciens semblent sur une autre planète. Aucune mesure concrète ne semble capable d'enrayer l'effondrement.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wa785.jpg?itok=FJXnJ5Kw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wa785.jpg?itok=0-6XJkce 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wa785.jpg?itok=Jprv-Eep 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wa785.jpg?itok=aIv4qtJX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wa785.jpg?itok=HTnzVqlu 1245w" alt="image" />Le 5 Août 2020, dans le quartier de Mar Mikhael à Beyrouth (AFP / Patrick Baz)</div><p class="c2">Je n'ai pas vécu la guerre, mais les scènes de notre quotidien ne sont pas sans rappeler ces images d'archives diffusées en boucle par les télévisions à l'approche de la commémoration du 13 avril. La crise a évidemment changé le mode de vie des Libanais. Et surtout de cette classe moyenne, autrefois habituée aux loisirs, aux restaurants, aux voyages estivaux à Chypre, en Turquie ou en mer rouge, à la voiture dernier modèle --. Aujourd'hui, 55% des plus de quatre millions de Libanais vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 4 dollars par jour, selon l'ONU.<br /> </p><div class="ww-item image"> <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zk97c.jpg?itok=5BfJqOH_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zk97c.jpg?itok=G95S6i6t 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zk97c.jpg?itok=BrQmSkxX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zk97c.jpg?itok=xea5UV4O 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_8zk97c.jpg?itok=Dn7hoE7m 1245w" alt="image" />(AFP / Joseph Eid)</div></div><p class="c2">Craignant des pénuries et l'inflation, des proches et des amis ont transformé une pièce de leur appartement en entrepôt où ils stockent des couches, du lait pour bébé, des détergents. Dans les supermarchés, certains produits ne sont plus disponibles ou ne sont plus importés, à cause du rationnement des dollars. Des rixes ont eu lieu dans des supermarchés entre des clients à la recherche de produits subventionnés, comme l'huile ou le riz.</p><p class="c2">Aller au supermarché est devenu une torture. Comment ne pas ressentir une certaine culpabilité quand on voit un papa qui veut convaincre son fils d'acheter un café de moins bonne qualité car moins cher? Ou une femme qui remet sur l'étagère une bouteille d'huile: son prix équivaut à un quart du salaire minimum?</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_9438hr.jpg?itok=dyG0mbYb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_9438hr.jpg?itok=LVFC05Ce 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_9438hr.jpg?itok=XClI4Rwi 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_9438hr.jpg?itok=HOqUe4Tl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_9438hr.jpg?itok=v22Z_qeJ 1245w" alt="image" />Maya Ibrahimshah organise ses stocks pour des distributions de vivres, le 23 février 2021 (AFP / Joseph Eid)</div> <p class="c2">Il y a quelques semaines, je suis allée faire des courses, pour moi et mes parents, qui vivent à l'extérieur de Beyrouth. A la caisse, une cliente quadragénaire piaffait d'impatience derrière moi. Elle n'avait que quelques produits, mon chariot était quasi-plein. Tandis que la caissière faisait passer mes affaires, la cliente n'a pas pu s'empêcher de commenter, à voix haute: “Certains vivent dans le luxe et n'ont pas honte, pendant que d'autres meurent de faim”. Cela m'a fait l'effet d'un coup de tonnerre. </p></div><p class="c2"> </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16g.jpg?itok=5GTbHMr7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16g.jpg?itok=aA0Oii_J 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16g.jpg?itok=dd70yoRQ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16g.jpg?itok=f-oR7pJs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/empty-fridge-june20/000_1to16g.jpg?itok=zH_b_0sW 1245w" alt="image" />A Saïda, au sud de Beyrouth, le 16 juin 2020. Photo prise dans le cadre d'une série sur "les frigos vides du Liban" (AFP / Mahmoud Zayyat)</div><p class="c2">J'ai ressenti un mélange de colère, de gêne et de tristesse. Je ne savais pas si je devais me justifier ou non. J'ai poussé mon chariot. En sortant, j'ai baissé mon masque pour prendre une profonde inspiration, luttant pour retenir mes larmes. Fille de la classe moyenne, j'ai grandi dans une famille de cinq personnes. Mon père, instituteur pendant 45 ans, a pris sa retraite en 2019. Aujourd'hui sa pension vaut à peine 200 dollars.</p><p class="c2">Mon frère, employé de banque, peine à couvrir les besoins de sa famille. Il y a quelques années notre soeur a choisi d'aller vivre à Dubaï avec son mari. Quelques jours plus tard, j'étais avec une amie qui travaille pour une ONG internationale et qui est payée en dollar. Elle me parle de son sentiment de culpabilité, alors que ce salaire la protège de l'inflation et lui permet de conserver un niveau de vie confortable, pendant que d'autres proches sont empêtrés dans la crise.</p><p class="c2">Comme c'est le cas dans de nombreuses familles, elle essaye de les aider autant que possible. Mais jusqu'à quand? “La situation ne fait qu'empirer”, soupire-t-elle.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_app2000061623562_0.jpg?itok=W9pEwyNU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_app2000061623562_0.jpg?itok=LgeEenjW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_app2000061623562_0.jpg?itok=NZxxoShj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_app2000061623562_0.jpg?itok=vA8yVbwj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_app2000061623562_0.jpg?itok=JTSbrVrv 1245w" alt="image" />Beyrouth, au début des années 1970, avant que la guerre civile n'éclate en 1975 (AFP)</div><p class="c2">Ceux qui ont connu le Liban des années soixante gardent un souvenir nostalgique de cette époque souvent qualifiée d'âge d'or, avant la guerre civile et les crises à répétition. Sur Facebook, Jihad, un ami universitaire, expliquait récemment qu'au moins pendant la guerre les Libanais savaient qu'un jour le conflit prendrait fin.</p><p class="c2">Mais aujourd'hui “il n'y a pas d'espoir. Le pays, tel que nous l'avons connu, est fini”, écrit-il. Le pire au Liban c'est peut-être ce désespoir et cette désillusion qui règnent en maître, dans un pays réputé pour son goût de la flambe et des fêtes délirantes, même durant les périodes les plus ardues. Aujourd'hui, même ceux qui ont de la chance reconnaissent avoir perdu “le goût de la vie”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz80c.jpg?itok=SzS9EPAv 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz80c.jpg?itok=U_u7I6fI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz80c.jpg?itok=FDQWvt1D 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz80c.jpg?itok=cxyd2IIx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1wz80c.jpg?itok=7MvYXwWj 1245w" alt="image" />Beyrouth, le 4 septembre 2020 (AFP / Joseph Eid)</div><p class="c2">Il y a deux semaines, mon amie Oumaïma, infirmière dans un prestigieux hôpital de Beyrouth, m'informait qu'elle allait déménager en Arabie saoudite. “Je déteste l'idée de partir. Mais je n'ai plus la force de continuer”, me disait-elle. “Ce n'est pas pour avoir un meilleur salaire, mais ici mon moral dépérit”. “Nos parents ont vécu la guerre des obus et des balles, et nous vivons la guerre de la faim”, confiait récemment une autre amie, maman d'un petit garçon. “Mais l'important c'est que nos enfants ne restent pas dans ce dépotoir”, lançait-elle. Elle parlait évidemment de ce Liban que l'on surnommait autrefois la Suisse du Moyen-Orient.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1tm4zf.jpg?itok=c-qc8wFV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1tm4zf.jpg?itok=23LhpI8- 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1tm4zf.jpg?itok=5pnwjESw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1tm4zf.jpg?itok=Wx3opP8F 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/lebanon/layal-blog-lebanon/000_1tm4zf.jpg?itok=Gakgs6A0 1245w" alt="image" />(AFP / Patrick Baz)</div><p class="c4"><em>Texte de <a href="https://twitter.com/LayalAFP">Layla Abou Rahal</a> traduit de l'arabe par <a href="https://twitter.com/tonygabriel1">Tony Gamal Gabriel</a> à Beyrouth. Mise en page: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/le-liban-de-layal</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/le-liban-de-layal</guid>
      <pubDate>Sun, 18 Apr 2021 08:58:11 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L'amnésie de Wuhan]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Pékin-</strong> En février, je suis allée à Wuhan pour couvrir la mission des experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) venus enquêter sur l’origine du coronavirus. Et je me suis rendu compte d’une chose : les habitants de la mégapole chinoise n’avaient pas la tête à faire le deuil des victimes du Covid-19 en général, et du docteur Li Wenliang, en particulier.</p><p class="c2">Ce médecin a, parmi les premiers, prévenu des ravages du virus qui a tué près de trois millions de personnes à travers le monde.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/9243ku.jpg?itok=a65AHVKH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/9243ku.jpg?itok=CezLEum1 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/9243ku.jpg?itok=2Kzd3Jff 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/9243ku.jpg?itok=u9k19EyD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/9243ku.jpg?itok=m7i4RSrD 1245w" alt="image" />Arrivée de la mission d'experts de l'OMS à l'Institut de virologie de Wuhan (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Ses avertissements répétés concernant le Sars-Cov2 ont valu à Li Wenliang d’accéder au statut de lanceur d’alerte, mais aussi de subir le courroux des autorités chinoises. La photo qui le représentait malade, alité, un masque à oxygène sur le visage, a eu un retentissement mondial. Il est mort du Covid le 7 février 2020. Coïncidence, la visite des experts de l’OMS a correspondu avec le premier anniversaire de son décès.</p><p class="c2">Un an après, j’ai été frappée de ce que les habitants de Wuhan, où le virus a été identifié pour la première fois, ne parlaient pratiquement pas du Covid et que les autorités faisaient tout pour qu’il en soit ainsi.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1oc6yg.jpg?itok=2ndm6Jdn 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1oc6yg.jpg?itok=f4sm3aUw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1oc6yg.jpg?itok=xt2lQAjo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1oc6yg.jpg?itok=nS9pnO-O 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1oc6yg.jpg?itok=O8W3DqWp 1245w" alt="image" />Arrivée d'un malade à l'hôpital de la Croix-Rouge à Wuhan, en janvier 2020, en pleine poussée épidémique
 
 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Pour preuve, des collègues m’ont rapporté avoir vu des gardes rembarrer un homme venu apporter des fleurs à l’hôpital où Li Wenliang travaillait, afin de lui rendre hommage.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/000_1ot76u.jpg?itok=soBNjXHh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/000_1ot76u.jpg?itok=EW6TPeXF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/000_1ot76u.jpg?itok=ZFXfUv8f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/000_1ot76u.jpg?itok=NsrXyAyJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/000_1ot76u.jpg?itok=GJ4mDUcX 1245w" alt="image" />Fleurs à la mémoire de Li Wenliang, le 7 février 2020 aux abords d'un bâtiment de l'hôpital central de Wuhan (AFP / Str)</div><p class="c2">Pourtant, c’est peu dire que Wuhan a payé un prix élevé à la pandémie. Les 11 millions d’habitants de cette immense ville du centre de la Chine ont été placés en confinement strict pendant 76 jours à partir du mois de janvier 2020. Des familles entières ont été décimées par la maladie.</p><p class="c2">Un habitant, qui a officié comme chauffeur volontaire pendant la pandémie, m’a raconté comment certains de ses collègues faisaient la navette entre les hôpitaux et les crématoriums avec pour chargement les corps de personnes décédées du Covid. Que de journées épuisantes sur ces routes vides, où voitures et camions étaient à touche-touche avant la pandémie.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=K1TuK3nh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=KfrgAtoa 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=Ngtwhfmj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=AGGunAL7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=DSOWlJjn 1245w" alt="image" />Wuhan, le 26 janvier 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">En cette période d’avant les vaccins, le chauffeur ne pouvait compter que sur son hygiène irréprochable et un régime strict à base d’herbes médicinales chinoises pour tenir le virus à distance.</p><p class="c2">Et pourtant. Un an après le confinement, cet homme, ce chauffeur, est l’une des rares personnes à s’exprimer ouvertement. “Autour de nous, beaucoup de gens sont très réticents” à parler de la pandémie, m’a expliqué un sexagénaire. “Ils disent : +La vie est belle ! Pourquoi t’entêtes-tu à en parler ?+”.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zb6dt.jpg?itok=TZDo3YV3 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zb6dt.jpg?itok=8FmK-LjG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zb6dt.jpg?itok=bh469Hd0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zb6dt.jpg?itok=mpd2-X1l 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zb6dt.jpg?itok=qml6Zk2B 1245w" alt="image" />"La vie est belle, pourquoi parler de la pandémie ?" (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Wuhan m’a fait l’impression d’une ville tacitement divisée entre ceux qui préfèrent oublier et ceux qui veulent se souvenir.</p><p class="c2">A quoi cela tient-il ? Un avocat m’a expliqué que, pour les tenants de l’oubli, il est important de “ne plus jamais évoquer les douloureux souvenirs pour se concentrer sur d’autres choses, comme les bons repas ou les beaux paysages”.</p><p class="c2">Après des mois de délicates négociations et de pressions internationales, Pékin a finalement accepté en mai 2020 qu’une mission venue de l’étranger tente de mettre au clair comment le virus est passé de l’animal à l’être humain.</p><p class="c2">Las, entre retards et complications de tous ordres, la mission a mis un temps infini avant d’être effectivement lancée. La Chine a, par exemple, refusé d’accueillir des enquêteurs sur son sol par deux fois, mettant en avant des tests positifs au coronavirus et des problèmes de visas.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/_0KHGQBC8wQ?controls=0" title="YouTube video player" width="560"> </iframe><p class="c2">Une fois arrivés à Wuhan en janvier, le plus dur restait à faire pour les analystes: comment accomplir leur travail de fourmi (qui consistait tout de même à remonter le fil de la pire pandémie qu’ait connue l’humanité depuis le début du siècle), tout en ne fâchant pas leurs hôtes ?</p><p class="c2">Comme souvent lors des événements intensément suivis par les médias venus du monde entier, le point d’orgue a été la conférence de presse finale du 9 février. Pour l’occasion, les accès au complexe hôtelier Hilton avaient été bouclés et des dizaines de gardes en civil envoyés patrouiller à toute heure du jour et de la nuit.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92d49x.jpg?itok=c8uhbPrb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92d49x.jpg?itok=dfztcdKz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92d49x.jpg?itok=sz6lpthK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92d49x.jpg?itok=8yrU-LAl 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92d49x.jpg?itok=d6Nf3Hpb 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zu8p6.jpg?itok=s94sC0vb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zu8p6.jpg?itok=jNotUcR1 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zu8p6.jpg?itok=8Sgr6T0I 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zu8p6.jpg?itok=cnvGbiAe 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8zu8p6.jpg?itok=Z3y6V9Dp 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div>Y</div><p class="clear"> </p><p class="c2">Après un retard d’une heure -- les autorités chinoises et les enquêteurs étrangers ayant chacun fixé une heure différente -- le chef de la délégation de scientifiques chinois a brûlé la politesse à ses hôtes en parlant abondamment des résultats. A l’en croire, il n’y avait “pas assez de preuves” pour dire si le coronavirus s’était propagé à Wuhan avant décembre 2019. A partir de ces déclarations, tout le monde était fixé : les Chinois entendaient bien rester maîtres de la parole chez eux.</p><p class="c2">Les experts internationaux ont, eux, préféré la diplomatie et la prudence dans leurs interventions, se cantonnant à des hypothèses sur l’origine du virus. Jugeant “hautement improbable” la théorie d’une fuite d’un laboratoire à Wuhan, ils ont néanmoins été incapables d’identifier l’animal responsable de la maladie. Et tout le monde ne paraît pas convaincu.</p><p class="c2">Fin mars, le patron de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a demandé une nouvelle enquête avec des experts spécialisés pour revenir sur l’hypothèse d’une fuite de laboratoire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92k3xe.jpg?itok=9uJdUHPy 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92k3xe.jpg?itok=6CSrKdiF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92k3xe.jpg?itok=pSA8X-zC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92k3xe.jpg?itok=f9VKiQWF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/92k3xe.jpg?itok=f7HK3-B- 1245w" alt="image" />Conférence de presse finale, le 9 février à Wuhan (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Aujourd’hui, la vie a repris presque normalement à Wuhan. Mais il est difficile d’aborder la pandémie avec les habitants. Et si certains sont prêts à raconter leur expérience, ils demandent à ce que leur témoignage soit anonyme.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8z22bh.jpg?itok=PVVEr9fC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8z22bh.jpg?itok=kKitl6U4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8z22bh.jpg?itok=W310Z7fg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8z22bh.jpg?itok=7jItcJvm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/8z22bh.jpg?itok=sqKDolpo 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Prenez madame Zhong, une dame âgée. Son fils est mort pendant la pandémie. Même en Chine, les gens n’ont aucune idée de ce que leurs compatriotes de Wuhan ont enduré pendant le confinement, explique-t-elle. “Ils ne connaissent que la propagande sur la victoire chinoise contre le virus et le nombre de vies sauvées”, dit-elle.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1t88li.jpg?itok=YrljySWF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1t88li.jpg?itok=TzvvUcH1 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1t88li.jpg?itok=slGv5D8Y 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1t88li.jpg?itok=NNeHRxoa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1t88li.jpg?itok=hCcqNuSO 1245w" alt="image" />Marché nocturne à Wuhan, en juin 2020 (AFP)</div><p class="c2">Pour une autre habitante, une intellectuelle celle-là, les traumatismes vécus par les Chinois les plus âgés ont engendré une sorte d’oubli volontaire institutionnalisé. “Les catastrophes survenues dans le passé, que ce soit la Révolution culturelle ou la Grande famine, ont laissé une empreinte psychologique qui consiste à dire : +On est toujours en vie et c’est déjà ça. Il ne faut pas trop y penser +”, raisonne-t-elle.</p><p class="c2">Cet “oubli institutionnel” laisse aujourd’hui des traces bien perceptibles jusque dans les rites qui entourent le deuil.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1q07ci.jpg?itok=8mWhXEGw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1q07ci.jpg?itok=TdjvczMg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1q07ci.jpg?itok=tN2ururj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1q07ci.jpg?itok=GU6Z2hhp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1q07ci.jpg?itok=H3SD-f5X 1245w" alt="image" />(AFP / STR)</div><p class="c2">A Wuhan et dans la province du Hubei, les proches des défunts ont l’habitude de faire des offrandes à leurs morts autour du Nouvel an lunaire. Au moment de quitter la ville, j’ai d’ailleurs doublé une longue file de véhicules près d’un cimetière. Postés à des stands improvisés en bord de route, des vendeurs proposaient des chrysanthèmes et de l’encens, entre autres offrandes. </p><p class="c2">J’ai appris plus tard que les recherches avec les mots-clefs “chrysanthèmes de Wuhan”  et “marché aux fleurs” de Wuhan avaient été censurées sur le réseau social chinois Weibo, après qu’une flambée de la demande de ces fleurs a créé une pénurie dans certains quartiers de la ville.</p><p class="c2">En voyant les habitants de Wuhan en deuil face aux tombes de leurs proches, je me demandais s’ils avaient aussi une pensée pour le docteur Li Wenliang et pour tous ceux qui ont péri pendant la pandémie. Mais ils pleuraient seuls. Et l’enquête de l’OMS ne leur a pas permis de tourner la page.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1pn4f5.jpg?itok=_q_8tmN- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1pn4f5.jpg?itok=6Yh7DTI5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1pn4f5.jpg?itok=Q6W7-B_2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1pn4f5.jpg?itok=DMhKwKTP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/2021-mar-wuhan/1pn4f5.jpg?itok=nj_vX-pn 1245w" alt="image" />Opération de désinfection d'une église à Wuhan, en mars 2020 (AFP)</div><p class="c3"><em>Edition: Sean Gleeson à Hong Kong et Roland Lloyd-Parry à Paris. Traduction au français: Guillaume Decamme. </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/amnesie-Wuhan</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/amnesie-Wuhan</guid>
      <pubDate>Sun, 11 Apr 2021 09:14:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Femmes photographes: Cristina Quicler]]></title>
      <description><![CDATA[<p><a href="https://www.instagram.com/cristinaquicler/?hl=en"><strong>Cristina Quicler</strong></a>raconte l'Andalousie pour l'AFP depuis 2002. Elle a reçu en 2020 le prix Andalousie de journalisme pour l'une des photographies présentées dans ce blog. Cet entretien s'inscrit dans une série de rendez-vous avec des femmes photojournalistes à  l'AFP.</p><p class="c2"><strong>D'où vient votre passion pour la photographie ? </strong></p><p>Pour préparer cet entretien, je viens de me plonger dans des années de photographies, et j'ai été très émue. J'en suis encore secouée ! Dans chaque photographie, je vois ma vie. Mon histoire de photographe a démarré dans l’enfance. Je vivais alors dans le nord de l’Espagne, à Vigo, au bord de l’Atlantique, avec ma mère et mon premier frère. Mon père était professeur à Séville, et il nous retrouvait pour les vacances. Lors de l’un de ses passages, il m’a offert un appareil photo Kodak Instamatic noir et gris. Mes premiers clichés datent d’une visite au zoo de Vigo avec mon père mais ce n’était qu’un jeu. Il a cependant déposé en moi la graine d’une passion qui a grandi des années plus tard. Mon père était un passionné de photo, de musique et de sciences. Il a transmis chacune de ses passions à ses trois enfants. J’ai hérité de la première.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_par1027179.jpg?itok=foQcdPgg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_par1027179.jpg?itok=uiLtPGLa 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_par1027179.jpg?itok=avbZzzs_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_par1027179.jpg?itok=2_EvH_6Q 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_par1027179.jpg?itok=g4TF6ry_ 1245w" alt="image" />Spectacle à l'occasion du salon international du cheval de Séville, le 21 novembre 2006 (AFP / Cristina Quicler)</div><p>Il était toujours armé d’une caméra Super 8, et passait sa vie à nous photographier. J’ai encore en tête le souvenir de films en noir et blanc où l’on voit ma mère s’agaçer et froncer le sourcil en s’exclamant: “Encore ?!”. J’ai grandi sous l’objectif de mon père. Mais ses clichés étaient familiaux: anniversaires, repas de famille, promenades au parc. Aujourd’hui j’imagine qu’il se constituait ainsi un stock de souvenirs, qu’il gardait précieusement pour les heures où il serait seul à Séville, sans nous, et ainsi pouvoir se convaincre qu’il avait bien une famille.  </p><p>J’ai grandi en Galice et j’y ai mené une existence assez solitaire, où j’avais beaucoup de temps pour méditer. A 16 ans, nous nous sommes finalement tous installés avec mon père près de Séville. Vigo était une ville petite, mais vivante: avec ses bus, le brouhaha des discothèques et soudain je me retrouvais dans un petit village, Tomares. Quand j’ouvrais la fenêtre de ma chambre… je voyais des vaches et des oliviers ! </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1gy904.jpg?itok=-_C-ZpZD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1gy904.jpg?itok=Y0UVyrjt 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1gy904.jpg?itok=t2ItsEWW 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1gy904.jpg?itok=aDuk0pKt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1gy904.jpg?itok=xlE9LB5Y 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div><p>Le changement était radical, mais m’a fait le plus grand bien d’un point de vue émotionnel. En Galice, j’étais tournée vers l’intérieur, tandis que l’Andalousie me donnait l’énergie d’extérioriser ce que j’avais en moi. J’ai ensuite fait des études d’image et de son. J’aimais le cinéma, choisir des plans, créer des scènes… En fin de compte c’était comme peindre, colorier. Mais mon passage par la télévision m’a déçue. Mon compagnon à l'époque, Marcelo del Pozo, photographe chez Reuters, m’a inspirée. J’ai commencé à le suivre sur certaines couvertures, et puis j’ai décroché un travail de photographe dans un quotidien local.</p><p>Je n’étais pourtant pas complètement conquise. Je voulais travailler pour une agence de presse internationale car je savais que là, je pourrais couvrir une grande variété de sujets, enquêter et proposer des reportages. Je savais que les éditeurs photo, en agence, étaient délicats et respectaient le travail des photographes. J’ai finalement commencé à travailler régulièrement pour l’AFP en 2002.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_o32r8.jpg?itok=ZbB-kE5H 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_o32r8.jpg?itok=Kpjga8DI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_o32r8.jpg?itok=CutNr_1K 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_o32r8.jpg?itok=sDAuk487 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_o32r8.jpg?itok=qOISCd7Z 1245w" alt="image" />Corrida à la Maestranza de Séville, en mai 2017 (AFP / Cristina Quicler)</div><p class="c2"><strong>Trois mots pour définir votre travail ?</strong></p><p>Créativité, expression, empathie ! <strong>Expression</strong> car dans mes photos, je projette mon être, mes fantaisies et mes peurs. La réalité est ce qu’elle est mais dans une image il y a aussi la projection de celui qui la crée. Un journaliste se doit d’être neutre, mais son être se retrouve toujours dans ses écrits. Pour moi la photographie c’est de la <strong>création</strong>: chacune de ces photos m’appartient, je les traite avec tendresse, je les édite avec soin, c’est ce que je ressens pour chacune des images que j’ai prises depuis vingt ans.  L’<strong>empathie</strong> c'est parce que je m’identifie aux personnes, aux lieux, et même aux objets. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_sp5up.jpg?itok=BX59pwVU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_sp5up.jpg?itok=qz1mRTvN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_sp5up.jpg?itok=dL7gbajg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_sp5up.jpg?itok=L9fcorKc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_sp5up.jpg?itok=Jop2ptn3 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div><p>Cette photographie incarne bien cette idée. C’est un “<em>burladero</em>”, cette barrière en bois qui sépare l’arène des gradins, derrière laquelle les toreros peuvent se réfugier. Pour moi, elle représente la lutte pour la survie de la bête. Elle porte les traces de la charge du taureau, de ses cornes, de son sang. Je me sens en empathie avec ce morceau de bois. Le jour où je l’ai prise, j’ai attendu la fin de la corrida: je voulais absolument faire cette photo. Depuis ma position, de l’autre côté de l’arène, j’avais observé la scène et il m’a semblé que cette planche en bois peint symbolisait tout ce que j’avais vécu.</p><p>Je ne sais pas si je pourrais changer de travail. Comment pourrais-je m’exprimer autrement ? Plus j’avance, plus je découvre des points communs avec les peintres, avec des artistes que je n’avais jamais étudié. J’aime de plus en plus la peinture ! En Galice j’ai grandi dans une famille de peintres. Dans la maison de vacances, tous peignaient, je tombais sur des tableaux aux quatre coins de la maison. Les impressionnistes, la peinture romantique, tous: je fond !</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_8pn6jf.jpg?itok=MPR0KW0Q 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_8pn6jf.jpg?itok=kPDjF6gy 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_8pn6jf.jpg?itok=HErjBrur 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_8pn6jf.jpg?itok=gkYYMYw7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_8pn6jf.jpg?itok=QAH1vY_p 1245w" alt="image" />Cour d'école à Mairena, près de Séville, où l'on aperçoit une reproduction de Guernica, la toile de Picasso, le 10 septembre 2020 (AFP / Cristina Quicler)</div><p>Il m’arrive de me sentir très proche de certains peintres, comme Goya par exemple, mais dans son époque la plus folle. J’aime quand les peintres se laissent aller, qu’ils sont en contact avec leur être profond, qu’ils osent exprimer leurs démons et leurs sentiments.</p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1jn13i.jpg?itok=3vQBti4B 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1jn13i.jpg?itok=efAHjJ7b 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1jn13i.jpg?itok=8Hncon0a 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1jn13i.jpg?itok=sMT9SuPO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1jn13i.jpg?itok=EnnAaYSN 1245w" alt="image" />Procession pour la vierge du Rocio, à Huelva (Andalousie), en août 2019. Cristina Quicler a remporté le prix Andalousie de journalisme en 2020 pour cette photographie (AFP / Cristina Quicler)</div><p>Cette photo je l’ai prise de nuit, elle représente la procession du Rocio, il y a comme un halo plus clair, c’est la condensation provoquée par la respiration des pèlerins, mêlée à la poussière qui se dégage de la terre, éclairée par les lumières de tracteurs. J’ai senti que les pèlerins ne faisaient qu’un, ils étaient comme un être vivant qui respiraient et passait par là, près de moi. </p><p class="c2"><strong>Que représente l'Andalousie pour vous ?</strong></p><p>Je sens une grande responsabilité en tant que photographe d’agence internationale. Je représente à la fois l’AFP et l’Andalousie, à travers chaque reportage que je réalise sur ses fêtes et ses traditions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv277888.jpg?itok=_xsvPg2O 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv277888.jpg?itok=2sImTC1c 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv277888.jpg?itok=JImNo0eU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv277888.jpg?itok=wpaZPfp_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv277888.jpg?itok=iLrBFqSX 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div><p>Je tiens beaucoup à cette photo, c’est un défilé de mode, elle incarne l’Andalousie du flamenco, de la feria. J’aime ces pétales de roses qui jonchent le sol. J’ai cherché à fusionner les volants de la robe de flamenca et les roses, tout en laissant poindre les chaussures dorées et le verni rouge des pieds. </p><p>La lumière de l'Andalousie m'a permis de transcender mes ombres intérieures. La Galice est dans mon cœur, ce sont mes racines maternelles, elle m’a apporté la sensibilité, c’est ma mère. L’Andalousie, c’est mon oxygène, la lumière qui m’aide à lutter et à élever mes filles, c’est la terre qui m’offre mon travail, et plein d’autres possibilités. C’est comme mon diamant, c’est mon père. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv1458052.jpg?itok=JoLBbvpZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv1458052.jpg?itok=igH_JIla 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv1458052.jpg?itok=_dBu0yIw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv1458052.jpg?itok=OInwCKKx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv1458052.jpg?itok=rCc7rnn9 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div><p>Cette photographie en particulier, choisie pour la Une de ce blog, représente une feria, à Séville, un moment de liberté, de bonheur, deux amoureux qui s'embrassent pendant que les gens se promènent, insouciants. J’ai ressenti une grande nostalgie du monde d’avant la pandémie en sélectionnant certaines images. </p><p class="c2"><strong>Comment travaillez-vous vos photos ?</strong></p><p>J’aime jouer avec les ombres et la lumière. Le blanc et le noir. Je ne prépare rien à l’avance, je me jette à l’eau et je créé mes images en répondant à l’appel de la lumière. Il n’y a pas d’ombre sans lumière. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1384pr.jpg?itok=377WZnQd 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1384pr.jpg?itok=97EGZUtM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1384pr.jpg?itok=sUiEK6Xt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1384pr.jpg?itok=cEa4xR6Y 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1384pr.jpg?itok=SlzrTnx6 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_138529.jpg?itok=jUGnKTdw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_138529.jpg?itok=6J6pzJVV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_138529.jpg?itok=b9PApRRX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_138529.jpg?itok=ilxKljKQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_138529.jpg?itok=74xkxMoX 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div><p>J’aime aussi dépeindre l’absurdité, l’ambigüité.  L'image qui suit par exemple, montre un pénitent dans son costume un dimanche de Rameaux, les gens sont endimanchés et c’est moi qu’ils regardent. Elle m’a amusée. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_13628a.jpg?itok=Wy1gz1Ff 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_13628a.jpg?itok=biLEGB3s 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_13628a.jpg?itok=R-Ilraj1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_13628a.jpg?itok=byzlEVYw 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_13628a.jpg?itok=b_6y3Ws2 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div><p class="c2"> </p><p class="c2"><strong>Que veut dire être une femme photographe ?</strong></p><p>On ne peut que rendre hommage à ces femmes qui ont lutté pour nous, qui ont du déployer tant d’efforts pour être respectées, écoutées. C’est grâce à elles que nous pouvons aujourd’hui travailler librement et continuer aussi à nous battre contre les injustices que beaucoup de femmes subissent encore et pour les générations qui viennent.  Dans mon travail, je ne me sens pas différente. Si ! Il m’arrive souvent de chausser des talons pour travailler: je suis de petite taille, c’est pratique pour les conférences de presse. C’est un avantage: si j’étais un homme, je ne pourrais pas porter de talons <em>(rires)</em>. Porter le matériel, surtout les téléobjectifs dont nous nous servons pour les couvertures sportives par exemple c’est dur. Mais il en serait autant pour un homme peu sportif. J’ai beaucoup souffert physiquement, je n’ai pas pris soin de moi, j’ai des problèmes de dos. Maintenant, je tente d’alerter les plus jeunes.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bf.jpg?itok=pYweVcTm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bf.jpg?itok=v9C_PlE_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bf.jpg?itok=a7XN_IKh 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bf.jpg?itok=2Hfhwrt_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bf.jpg?itok=q8ddrl9p 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bt.jpg?itok=YEm26juH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bt.jpg?itok=lvrupkvx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bt.jpg?itok=pGERtcJy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bt.jpg?itok=8ZoIthZo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_1ql3bt.jpg?itok=kIWaIQWo 1245w" alt="image" />(AFP / Cristina Quicler)</div></div><p class="clear"> </p><p> Comme mère célibataire de deux filles, c’est compliqué. Surtout les week ends de foot, quand on travaille jusqu’à minuit ou une heure du matin. Là je me dis “Mais qu’est ce que je fais là ?” Mes filles sont ballotées ici et là, je dois demander des services.  Chaque jour est comme une course d’obstacles, la vie tient à un fil, tu ne sais pas ce que tu gagnes et sur quoi tu vas travailler. </p><p>A l’avenir… mon rêve est de voyager avec mes filles.. Leur offrir la connaissance des êtres humains qui habitent cette planète et produire des reportages qui puissent aussi servir à des fins humanitaires.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv257985.jpg?itok=B3RgaoiM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv257985.jpg?itok=EoyQAmEo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv257985.jpg?itok=L0Ff14KA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv257985.jpg?itok=-038mSKj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/women-cristina-quickler-april21/000_dv257985.jpg?itok=mmniVijg 1245w" alt="image" />Salon international du cheval de Séville, le 20 novembre 2007 (AFP / Cristina Quicler)</div><p class="c2"><em>Entretien et traduction: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/femmes-photographes-cristina-quicler</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/femmes-photographes-cristina-quicler</guid>
      <pubDate>Mon, 05 Apr 2021 08:56:06 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La sentinelle et les voleurs d'enfants]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Lagos -</strong> Lorsqu’elle avait 8 ans, la fille d’<strong>Aminu Abubakar</strong>, le correspondant de l’AFP à <strong>Kano</strong>, la deuxième ville du Nigeria, a demandé à son papa pourquoi il travaillait tout le temps. <em>“Je lui ai expliqué que j’avais besoin de dire aux gens dans le monde ce qu’il se passe ici”</em>, raconte le journaliste, la voix posée. </p><p class="c2">“Ici” pour Aminu, c’est tout le Nord du Nigeria: environ 100 millions de personnes, douze années de conflit entre l’armée et <strong>Boko Haram</strong>, trois zones de graves troubles sécuritaires, des millions de déplacés, et à peu près tous les records en termes d’extrême pauvreté, de crise humanitaire et de violences.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1dq7kw.jpg?itok=orNPBL4j 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1dq7kw.jpg?itok=5Hm0v2Oe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1dq7kw.jpg?itok=hawBKyoJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1dq7kw.jpg?itok=guigm8re 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1dq7kw.jpg?itok=iK8Oco_9 1245w" alt="image" />Policier en patrouille dans le village de Unguwar Busa, dans l'Etat de Kaduna, après une tuerie ayant fait plus de 130 victimes dans la région en février 2019 (AFP / Cristina Aldehuela)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1hf393.jpg?itok=iN7Z-Xpj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1hf393.jpg?itok=h12zGBD3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1hf393.jpg?itok=lkepJ6s8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1hf393.jpg?itok=QrL_LrXe 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_1hf393.jpg?itok=VwBUu-YG 1245w" alt="image" />Enfant peule dans l'Etat de Kaduna (nord ) en avril 2019 (AFP / Luis Tato)</div><p class="c2">Nous, au bureau de l’AFP, nous sommes <em>“dans le Sud”</em>. A Lagos, mégalopole économique et culturelle bouillonnante. La vie à Lagos n’est ni facile, ni reposante, et elle est parfois dangereuse aussi, mais pour les Lagosiens, <em>“le Nord”</em> reste aussi étranger qu’un lointain pays. Et pour l’AFP, Aminu Abubakar, qui vient de fêter ses cinquante ans, est sa sentinelle. <em>“Je ne peux pas aller me coucher sans être sûr que tout est calme”</em>, m’a-t-il un jour confié.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/93u7w4-standard.png?itok=WoxYCv75 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/93u7w4-standard.png?itok=tBwnBGfo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/93u7w4-standard.png?itok=u8fwyQBo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/93u7w4-standard.png?itok=qx4Oc_zY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/93u7w4-standard.png?itok=qpl7TTEJ 1245w" alt="image" /></div><p class="c2"> </p><p class="c2">Au bureau de Lagos, malgré toute l’admiration et le respect que nous portons à notre correspondant à Kano depuis déjà 21 ans, on redoute de voir le nom d’Aminu s'afficher sur nos téléphones. On sait qu’en général ça n'annonce rien de bon et que la nuit va être courte.</p><p class="c2">Je me souviens très bien du <strong>31 décembre 2016</strong>, mon premier nouvel an de permanence au Nigeria. <strong>A 23h50</strong>, alors que je m'apprêtais à sabler  le champagne et que les premiers feux d’artifices coloraient le ciel de Lagos, Aminu m’a envoyé une dépêche à éditer et à traduire: </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/nigeriadepeche.jpg?itok=64Lc_-MU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/nigeriadepeche.jpg?itok=bkVvTUgU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/nigeriadepeche.jpg?itok=_43rkGcv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/nigeriadepeche.jpg?itok=JKJwBwPa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/nigeriadepeche.jpg?itok=XpZWr-Gl 1245w" alt="image" /></div><p class="c2">On pensait à peu près avoir couvert tout en termes d’atrocités. Des usines à bébés, où les femmes sont enfermées pour procréer, des déflagrations au gaz, des enfants kamikazes, des massacres à grande échelle... Mais depuis trois mois, l’horreur a encore gravi un nouvel échelon.  En effet, une grande partie de notre quotidien de journalistes consiste désormais à couvrir des kidnappings de masse d’enfants… contre rançon. Des bandes criminelles enlèvent des centaines d’élèves, d’étudiants, d’adolescents innocents, au hasard… Tout ça pour de l’argent.  </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pz.jpg?itok=OFAY4BPM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pz.jpg?itok=ULRb7lTc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pz.jpg?itok=-eLj0GNJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pz.jpg?itok=7iJZeqXz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pz.jpg?itok=pS7y0kHW 1245w" alt="image" />Le dortoir vide de l'école de Kankara (nord-ouest), le 15 décembre 2020 (AFP / Kola Sulaimon)</div><p class="c2">Le premier, début décembre à <strong>Kankara, dans l’Etat de Katsina</strong>, où 344 jeunes garçons ont été enlevés par des hommes armés, a été un électrochoc pour nous tous.</p><p class="c2">Bien sûr, il y avait eu <strong>Chibok</strong> en 2014: 276 lycéennes enlevées par les jihadistes de Boko Haram, ce n’est pas rien… On aurait dû être préparés. Mais quand Aminu nous a envoyé la première vidéo de demande de rançons filmée par leurs ravisseurs, nous avons découvert que ceux que nous appelions jusque-là “les lycéens” étaient des petits garçons… Ils devaient avoir entre 8 et 13 ans. Ils avaient l’air absolument épuisés, les yeux apeurés, le visage recouvert de poussière et de griffures. Comment aurions-nous pu nous préparer à cela? </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x987r.jpg?itok=TdYqeix1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x987r.jpg?itok=JxSEmz1Z 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x987r.jpg?itok=Zn9hH3Zc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x987r.jpg?itok=6GsyA3JE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x987r.jpg?itok=Ag0E3GaO 1245w" alt="image" />Le père d'un enfant kidnappé, le 16 décembre 2020 (AFP / Kola Sulaimon)</div><p class="c2"><strong>Kola Sulaimon</strong> (photographe), <strong>John Okunyomih</strong> (vidéojournaliste), nos correspondants à Abuja, sont partis aux premières heures en avion pour rejoindre Aminu à Kano, puis ont roulé plusieurs heures vers Kankara, dans le nord-ouest du Nigeria. L’équipe y est restée près d’une semaine, le temps de la libération des enfants, entourée de parents anxieux, en colère, et de quelques dizaines d’autres élèves qui avaient réussi à s’échapper après l’attaque.</p><p class="c2"><em>“Nous avons interviewé un garçon qui s’était enfui, il me montrait ses pieds ensanglantés parce que les bandits les avaient forcés à marcher pieds nus toute la nuit”</em>, raconte John, JRI pour l’AFP depuis plus de trois ans. <em>“Emotionnellement, c'était difficile parce que j’ai deux filles de 10 et 13 ans, et pendant toute l’interview je me disais que ça aurait pu être elles. Je suis journaliste, bien sûr, mais je suis un être humain, je suis aussi un père de famille. Et aujourd’hui, au Nigeria, en tant que parents, on a peur pour nos enfants.”</em></p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xd7g8.jpg?itok=G0ULTOjz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xd7g8.jpg?itok=KlVl4Fem 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xd7g8.jpg?itok=A0KpEJx4 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xd7g8.jpg?itok=UXBGrZCs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xd7g8.jpg?itok=icPFUGE3 1245w" alt="image" />(AFP / Kola Sulaimon)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xf36b.jpg?itok=HHw8j4FD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xf36b.jpg?itok=M5105fYA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xf36b.jpg?itok=kdNoWwua 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xf36b.jpg?itok=UVjn11V_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8xf36b.jpg?itok=5bzkikml 1245w" alt="image" />Retour des enfants, épuisés, le 18 décembre 2020 à Kankara (nord-ouest du Nigeria) (AFP / Kola Sulaimon)</div><p class="c2">Je n’étais pas sur le terrain, mais je me souviens très bien aussi de cette interview. Elle m’avait serré le coeur. Nous, ces entretiens on les reçoit comme ça. Par mail ou par message WhatsApp pour actualiser nos dépêches, sans connaître le contexte. Nous ne sommes pas directement confrontés à la tristesse et l’impuissance des parents. Et quand bien même, la violence est là, toujours. L’inquiétude pour l’équipe sur place est permanente, pour leur sécurité évidemment, mais aussi pour la difficulté psychologique à couvrir ce genre de tragédie. <br /> </p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4b8.jpg?itok=tGoagZQR 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4b8.jpg?itok=xrW6WPkT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4b8.jpg?itok=lnf1xMIu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4b8.jpg?itok=LfYMpRux 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4b8.jpg?itok=0xl_N4-e 1245w" alt="image" />Salle de classe désertée après l'enlèvement de plus de 250 jeunes filles dans l'Etat de Zamfara, à Jangebe, fin février 2021 (AFP / Kola Sulaimon)</div><p class="c2"><strong>Fin février, lors du kidnapping de Zamfara</strong>, lorsque 279 jeunes adolescentes ont été à nouveau enlevées, le témoignage d’un père m’a particulièrement marqué. L’homme disait qu’il aurait préféré que ses deux filles soient mortes, plutôt que de les savoir entre les mains des “bandits”. Nous avons même hésité à la glisser dans la dépêche. Est-ce qu’un lecteur en France, en Allemagne ou au Japon pourrait comprendre cette douleur si grande sans juger ce père de famille ? </p></div><p class="c2">Je me demandais bien comment Aminu, John et Kola avaient réagi eux-aussi devant une telle confession. Bien entendu, en tant que reporters, nous avons tous été, un jour ou l’autre, face à des situations humainement difficiles. Mais rencontrer un père qui explique souffrir tellement de ne pas savoir où sont ses filles, ce qu’elles vivent, ce qu’elles subissent, qu’il préfèrerait qu’elles soient mortes... Non, ça, sincèrement, je ne sais pas comment je l’aurais supporté.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93a9mx.jpg?itok=BwFdGSzB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93a9mx.jpg?itok=mjnVgnhX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93a9mx.jpg?itok=8EDl8_3D 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93a9mx.jpg?itok=NDpWWtds 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93a9mx.jpg?itok=g3BPdotQ 1245w" alt="image" />(AFP / Kola Sulaimon)</div><p class="c2">Je leur ai demandé comment ils faisaient pour tenir le choc. Pourquoi ils nous avaient tout de suite dit qu'ils voulaient repartir sur le terrain pour couvrir ce troisième kidnapping de masse en moins de deux mois. <em>“Après Kankara (le 1er enlèvement, début décembre), j’étais submergé de tristesse. C’était dur de me relever de ça, j’étais vidé”</em>, m’a expliqué Kola, talentueux photographe nigérian de 32 ans. <em>“Mais je me sens responsable d’une mission pour tous ceux qui ont été enlevés. Je me dis que ça pourrait être mon frère, ma soeur, mon ami, et leur esprit me donne la force d’avancer”</em>, raconte le jeune homme.</p><p class="c2"><em>“La route pour arriver jusqu’au village de Jangebe n’était pas facile et elle est dangereuse, on risquait nous même de nous faire kidnapper, mais je gardais la pensée de la douleur des parents dans mon coeur pour me donner du courage.”</em><br /> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pf.jpg?itok=vUHoqpIo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pf.jpg?itok=dgYJBZpO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pf.jpg?itok=dCmb1J3o 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pf.jpg?itok=mlSwep96 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_8x83pf.jpg?itok=7sorPArQ 1245w" alt="image" />Des proches des enfants enlevés à Kankara, le 15 décembre 2020 (AFP / Kola Sulaimon)</div><p class="c2">Lorsque l’équipe de l’AFP est arrivée dans le village, les habitants, en colère, bloquaient la route à tous les journalistes. L’un d’eux avait même dû être envoyé à l’hôpital après avoir essuyé des jets de pierres. La situation sécuritaire était extrêmement tendue. <em>“Les habitants reprochaient aux journalistes d’être à la botte du pouvoir et de minimiser l’enlèvement”</em>, explique Aminu. <em>“On a dû leur expliquer que nous étions des journalistes pour une agence de presse internationale, et qu’il était dans leur intérêt de nous parler, que plus ils témoigneraient, plus le monde serait au courant de ce qu’il se passe et plus le gouvernement serait obligé d’intervenir.”</em></p><p class="c2">Après un long moment de discussion avec les chefs de la communauté, l’équipe a pu finalement s’entretenir avec une mère de famille. <em>“C’était difficile, elle pleurait beaucoup”,</em> se souvient Aminu<em>. “Au début, on ne voulait pas trop insister, mais elle nous a dit qu’en fait, ça lui faisait du bien de parler, qu’elle se sentait soulagée.”</em></p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4al.jpg?itok=0e0bArf7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4al.jpg?itok=hXJcEvYc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4al.jpg?itok=OeI-yAxN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4al.jpg?itok=FIc38LOS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_93x4al.jpg?itok=3Szt6LTA 1245w" alt="image" />Humaira Mustapha, dont les deux filles ont été kidnappées fin février dans l'Etat de Zamfara (AFP / Kola Sulaimon)</div><p class="c2">La photographie de cette femme prise par <strong>Kola Suleiman</strong>, les yeux fermés remplis de larmes, a fait le tour du monde. De nombreuses ONGs et grandes figures internationales, jusqu’au pape, ont condamné cet acte ignoble, forçant le gouvernement de l’Etat de Zamfara à reconnaître l’attaque et à agir vite. Et comme à Kankara, quelques jours plus tard, les 279 jeunes lycéennes ont été relâchées, après des négociations avec les criminels -et vraisemblablement une rançon versée. </p><p class="c2"><em>“C’était un grand moment”</em>, rapporte Aminu, qui n’a quasiment pas dormi pendant quatre nuits, pendu aux rumeurs d’une libération imminente. <em>“Mes yeux étaient aussi lourds que des pierres, mais j’étais heureux et fier. En tant que journaliste, nous avons un impact sur la vie des gens, nous ne pouvons pas prendre ce métier à la légère.”</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_9437ju.jpg?itok=TwrqfGzc 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_9437ju.jpg?itok=pGuGt1jP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_9437ju.jpg?itok=6T6DpptS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_9437ju.jpg?itok=sX7UJjzx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_9437ju.jpg?itok=MVZ-LPDo 1245w" alt="image" />Les jeunes filles, libres, le 2 mars 2021 (AFP / Aminu Abubakar)</div><p class="c2">Quelques jours à peine après Jangebe, il y a eu une autre attaque sur un autre lycée, puis une autre encore sur une école primaire. Il y en a tellement, qu’on perd même le fil. Entre nous, au bureau, il y a débat. Le kidnapping de masse à Kaduna de la mi-mars est-il le 5e ou le 6e enlèvement d’écoliers des derniers mois? Quid de celui de la mi-décembre, où 80 garçons avaient été kidnappés le temps d’une nuit? Doit-on le compter? Peut-on écrire “énième” enlèvement dans le titre? Ou doit-on mettre “l’un des nombreux”? Est-ce qu’il faut, ou non, alerter s’ils sont moins de cinquante enfants enlevés?</p><p class="c2">Voilà désormais les questions que nous nous posons. Trente-neuf  lycéens et leurs professeurs, puis trois enseignants, ont été enlevés il y a deux semaines, à Kaduna, un autre Etat du nord du Nigeria. L’AFP en a parlé, bien sûr. Mais nous avons décidé de ne pas faire une <em>alerte</em>, ces informations urgentes qui apparaissent en rouge chez nos abonnés et parfois défilent sur les écrans télé. Aucune équipe n’est partie sur place, comme c’est le cas d’ailleurs, de la plupart des médias internationaux. </p><p class="c2"><br />Nous sommes face à un jeu d’équilibriste éditorial: une couverture importante de chaque enlèvement ne risque-t-il pas d’en encourager d’autres ? De servir la stratégie de communication de l’horreur, menée consciemment par ces groupes criminels ? Jusqu’où iront-ils pour se faire entendre, pour choquer l’opinion publique mondiale, et donc, pour demander toujours plus d’argent?<br /> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_eq8ew.jpg?itok=0fdptrFY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_eq8ew.jpg?itok=qjcIhU2y 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_eq8ew.jpg?itok=eDTDyb6O 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_eq8ew.jpg?itok=dCetIzO3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_eq8ew.jpg?itok=Bqt_xOD0 1245w" alt="image" />Image tirée d'une vidéo diffusée par Boko Haram en 2016, montrant des écolières enlevées en 2014 à avril Chibok (AFP / Ho)</div><p class="c2">Les 39 personnes enlevées à Kaduna sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs. Le 22 mars, leurs proches ont manifesté pour protester contre l’inaction des autorités. Ils ont bloqué les routes, et portaient des pancartes espérant que le monde voit leur souffrance et leurs pleurs. “<em>Nous vous supplions, Dieu, d'avoir pitié de nous, d'aider à sauver nos enfants, de toucher le coeur de leurs ravisseurs</em>”, implorait une mère vêtue de noir, les deux mains levées vers le ciel, en signe de supplication. Mais les images n’ont pas fait le tour du monde. </p><p class="c2">Aminu Abubakar, lui, monte toujours la garde, et au moment où j’écris ces lignes, il vérifie l’information sur deux massacres, l’un de 15 personnes et l’autre de 8 dans le centre et le nord du pays. <em>“Il faut en parler, car c’est en exposant ces crimes que des personnes pourront être tenues pour responsables de la situation sécuritaire dans le pays. L’AFP a cette force”</em>, défend ce fils de transporteur routier passionné par l'information dès l'adolescence, au point d'avoir abandonné des études de chimie pour se rediriger vers le journalisme.</p><p class="c2">Mais le plus grand souvenir journalistique de ce père de famille nombreuse, n’est ni un massacre, ni un kidnapping. C’est le portrait d’un jeune bricoleur de 24 ans, qui avait réalisé dans la cour de son université un hélicoptère 4-places avec des vieilles pièces de voiture et de moto. <em>“Grâce à mon article, il a été remarqué et il a eu une bourse pour faire des études d’ingénieur en Angleterre”</em>, m’a raconté Aminu avec fierté. <em>“Comme quoi, tu vois. Je ne raconte  pas que des histoires tristes!”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_par1479035.jpg?itok=CywUvDzx 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_par1479035.jpg?itok=RZB7cYIn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_par1479035.jpg?itok=WNx_cpFL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_par1479035.jpg?itok=YLmXx7Qf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/nigeria/kids-kidnaping-march21/000_par1479035.jpg?itok=a-5rIwOo 1245w" alt="image" />Moubarak Abdoullahi et son hélicoptère, à Kano, le 22 août 2017 (AFP / Pius Utomi Ekpei)</div><p class="c3"><em>Récit: Sophie Bouillon. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer </em><br /> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/la-sentinelle-et-les-voleurs-denfants</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/la-sentinelle-et-les-voleurs-denfants</guid>
      <pubDate>Sun, 28 Mar 2021 10:10:05 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Manaus, sans oxygène]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Manaus (Brésil) -</strong> Ma ville, Manaus, nichée au coeur de la forêt amazonienne, a vécu un cauchemar. La première vague de Covid-19 qui l'a frappée en 2020 a été si dévastatrice, au point qu'en avril les cadavres s'empilaient dans les camions frigorifiques, avant d'être enterrés dans des fosses communes. Des chercheurs ont espéré que ce désastre nous apporterait, au moins, une forme d'immunité collective. Mais mi-janvier, la deuxième vague a balayé ces espoirs. Un variant plus contagieux et capable de réinfecter des personnes contaminées, guettait chacun d'entre nous. </p><p class="c2">Cette fois, et comme tant d’autres personnes dans ma ville capitale de l’Etat brésilien d’Amazonas, j'étais à mon tour en première ligne, non plus comme photojournaliste, mais pour tenter d’apporter une aide médicale à un proche au bord de l'asphyxie à la maison.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4et.jpg?itok=xpbfPhXq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4et.jpg?itok=vrh6bdYd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4et.jpg?itok=bMoZ1L_N 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4et.jpg?itok=vw51JLnc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4et.jpg?itok=KoXIZTga 1245w" alt="image" />(AFP/ Michael Dantas )</div><p class="c2">Il s'agissait de ma belle-mère, <strong>Dilza Maria Rodrigues</strong>, âgée de 71 ans. Quand les premiers symptômes du Covid-19 l'ont touchée, elle s'est installée chez nous, afin que nous puissions prendre soin d'elle. Son état s'est dégradé si vite que notre médecin de famille a recommandé une hospitalisation immédiate en soins intensifs. Nous sommes allés d’hôpital en hôpital, cette même course désespérée que j’avais suivie en tant que photographe tant de fois depuis l’apparition de la pandémie il y a un an au Brésil.</p><p class="c2">Dilza avait un besoin vital d’oxygène. Nous avons donc acheté une petite cartouche qui pouvait l’aider pour quelques heures, et sommes partis en quête d’un hôpital et de bonbonnes.  Les habitants de Manaus étaient désespérément à la recherche d’oxygène pour leurs proches, frappant à la porte de services de santé saturés.</p><p class="c2">La mort était partout –  à tel point qu’on voyait dans les cimetières des alignements de cercueils en attente d’inhumation.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_93r7nk1.jpg?itok=46j4_1E1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_93r7nk1.jpg?itok=rmRqeXlc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_93r7nk1.jpg?itok=71RmlI2x 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_93r7nk1.jpg?itok=4TNJpqmk 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_93r7nk1.jpg?itok=TCyLxcOx 1245w" alt="image" />(AFP / Michael Dantas)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zd4ba.jpg?itok=YIH8a-Ep 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zd4ba.jpg?itok=e2xvW-VN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zd4ba.jpg?itok=vS0YvaGk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zd4ba.jpg?itok=hDi71s8G 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zd4ba.jpg?itok=GJmLPGMa 1245w" alt="image" />(AFP/ Michael Dantas )</div><p class="c2">Jamais je n’oublierai le jour où j’ai rencontré <strong>José Moreira</strong>, un homme de 90 ans, et les siens. Je faisais des photos pour un reportage sur un groupe de bénévoles qui aidaient des familles à trouver de l’oxygène. Ils en ont apporté une pour maintenir José en vie. Il était très pâle. Les tuyaux et valves ont été mis en place aussi vite que possible. En quelques minutes, José a repris des couleurs. L’espace d’un instant, on a pu sentir un souffle d’espoir flotter dans la maison.  Puis, soudain, quelqu’un a poussé un cri. Nous nous sommes précipités dans la chambre. C’était sa petite-fille Débora Garcia. Elle pratiquait un massage cardiaque. Mais il était déjà trop tard. Le vieux a rendu son dernier soupir sous mes yeux.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8yp88v.jpg?itok=_Nz36ghj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8yp88v.jpg?itok=P2qQF73_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8yp88v.jpg?itok=2jGWQGd7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8yp88v.jpg?itok=TubdwUOc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8yp88v.jpg?itok=g5iA1Qci 1245w" alt="image" />(AFP/ Michael Dantas )</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Et maintenant l’histoire était entrée dans ma propre maison. J’avais une personne gravement malade du coronavirus chez moi. Avec ma femme, Juliana Milagres, nous avons improvisé une infirmerie dans l’une de nos chambres, semblable à toutes celles que j’avais photographiées à travers Manaus pour tenter de compenser les failles d’un système de santé en perdition.</p><p class="c2">J’ai toujours été proche de ma belle-famille et de Dilza. Nous avons des souvenirs heureux d’avant la pandémie, des souvenirs de repas en commun ou de promenades en ville... Ils semblent désormais si lointains... J'avais une chance, dans le malheur: je n’avais à m’occuper que d’un seul patient.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/9294ur.jpg?itok=NP36bxVW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/9294ur.jpg?itok=PFXTYzER 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/9294ur.jpg?itok=UwjWVA-o 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/9294ur.jpg?itok=sD2BbCrD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/9294ur.jpg?itok=5h_iKO3E 1245w" alt="image" />Dilza Maria Pereira Rodrigues, 71, ma belle-mère, de retour à la maison après 15 jours à l'hôpital (AFP / Michael Dantas)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Récemment, j’ai photographié  deux étudiantes, Laura et Laís de Souza Chaves, âgées de 25 et 23 ans, qui s’occupaient simultanément de huit personnes de leur famille.</p><p class="c2">Au plus fort de la crise, une bonbonne de 50 litres a pu coûter au marché noir six fois son prix normal de 1.000 réais (150 euros).  Elles ont donc dû emprunter 6.000 réais (environ 900 euros) pour en acquérir, quand le salaire minimum au Brésil s'élève tout juste à 1.100 réais.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ep.jpg?itok=7d_lRMH_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ep.jpg?itok=qMXWqBac 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ep.jpg?itok=4RR0Vzum 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ep.jpg?itok=RTKUidKy 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ep.jpg?itok=Kj1wFv34 1245w" alt="image" />(AFP / Michael Dantas)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ee.jpg?itok=66qIHHoo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ee.jpg?itok=3FWeR5er 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ee.jpg?itok=JKXXYypC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ee.jpg?itok=zjLduvlj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_8yv4ee.jpg?itok=8qd86x0t 1245w" alt="image" />(AFP / Michael Dantas)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Parmi leurs malades installés dans une infirmerie de fortune à domicile, il y avait leur père, <strong>Márcio Moraes</strong>, un aide-soignant de 43 ans, qui se battait pour sa propre vie après avoir tenté d’en préserver de nombreuses autres. </p><p class="c2">Avec tous ces membres de la même famille luttant pour respirer, il n’y avait pas assez de bonbonnes d’oxygène. Les deux sœurs m’ont expliqué que le plus affreux a été de décider qui avait le plus besoin d’oxygène. Pendant qu’un malade pouvait respirer, un autre voyait ses forces l’abandonner.  <em>«J’ai une attaque de panique à chaque fois que quelqu’un prononce le mot oxygène»</em>, m’a dit Lais. <em>«Je me mets à  trembler de tout mon corps ».</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94u4pm.jpg?itok=2NgbjYa0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94u4pm.jpg?itok=PFtxIp41 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94u4pm.jpg?itok=bMywRNYU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94u4pm.jpg?itok=qf8Pcoy- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94u4pm.jpg?itok=PQxU80Gb 1245w" alt="image" />Marcio Moraes, 43 ans, chez lui à Manaus, le 28 janvier 2021 (AFP / Michael Dantas)</div><p class="c2">Le 14 janvier fut l'un des jours les plus sombres. Les hôpitaux de Manaus étaient officiellement à court d’oxygène. Des gens mouraient partout. Nous avons vu disparaître brutalement beaucoup d’amis ou de connaissances.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zc6gr.jpg?itok=OeDCwaWV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zc6gr.jpg?itok=ZDQG52ka 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zc6gr.jpg?itok=bB2mzWat 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zc6gr.jpg?itok=fvCqYDqr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/8zc6gr.jpg?itok=f7SqSDNZ 1245w" alt="image" />(AFP/ Michael Dantas )</div><p class="c2">Dans certains endroits, des gens ont monté des tentes pour prodiguer des soins aux malades. J’en ai visité deux : Tenda Uapi, qui prenait en charge des  indigènes et Tenda da Salvação, une installation de fortune avec des grands rideaux de plastique dans la cour d ‘une église évangélique.</p><p class="c2">Lorsque je rentrais chez moi, j'étais face à cette même réalité photographiée mille fois: la quête d’un lit d’hôpital, d’oxygène et de soignants pour assister ma belle-mère.</p><p class="c2">J'ai à mon tour été grossir les files d’attente devant les locaux de la compagnie qui remplissait les bonbonnes dans la ville. C’est là même que j’ai rencontré <strong>Josimauro da Silva</strong>, un mécanicien de 57 ans. Il a été contaminé et hospitalisé en janvier. Mais après avoir passé la nuit dans le couloir, comme  100 autres patients attendant d’être pris en charge, il a appelé sa fille et lui a dit: <em>«Sors-moi d’ici dès que tu peux, sinon je vais mourir là »</em>.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/mechanic3.jpg?itok=zkw5iEXj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/mechanic3.jpg?itok=h0UT1X_H 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/mechanic3.jpg?itok=rWfoBuLZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/mechanic3.jpg?itok=rUs3idb5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/mechanic3.jpg?itok=PsEUTs2p 1245w" alt="image" />(AFP/ Michael Dantas)</div><p class="c2">Il n’y avait plus assez de lits, d’oxygène ni de médecins pour faire face à tant de malades en même temps, lui a-t-il expliqué. Sa fille de 22 ans, Jessica da Silva, s’est donc occupée de lui à domicile. Elle a dû trouver 20 bonbonnes de gaz de 50 litres lors des trois premières semaines. Jessica n'a pu payer les factures que grâce à des dons d’amis ou de proches.<br /> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94m6jq.jpg?itok=8OIkyLlV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94m6jq.jpg?itok=1kPkwzMo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94m6jq.jpg?itok=76RlPncs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94m6jq.jpg?itok=7-e9ua0Q 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/brazil/manus-feb-2021/000_94m6jq.jpg?itok=VCgrBTPd 1245w" alt="image" />Dilza Maria Pereira Rodrigues (AFP / Michael Dantas)</div><p class="c2">Ma belle-mère, elle, a enfin trouvé un lit d'hôpital, où elle est restée 15 jours. Quand elle en est sortie, elle n'a pas retrouvé sa mère  Zila Maria Brandão, 98 ans, et sa sœur, Socorro dos Santos, 78 ans, toutes deux emportées par le coronavirus pendant ce laps de temps. Dilza a quitté l'hôpital le 30 janvier, mais huit jours plus tard elle a dû être hospitalisée de nouveau.</p><p class="c2">Elle a survécu au virus, mais en garde de graves séquelles. Ses poumons ont été touchés à plus de 80%, ont expliqué les médecins, et elle a attrapé une infection bactérienne. La dernière chose que ma belle-mère voulait était d'y retourner mais elle n’a pas pu y échapper: Dilza a passé 17 jours supplémentaires à l’hôpital pour les séquelles du Covid-19, avant de revenir chez nous, en convalescence.</p><p class="c2">Je suis reparti dans les rues faire des photos dès qu’elle s’est sentie mieux. J’ai besoin de raconter ces histoires-là, celles des bénévoles et des membres de la famille qui, comme moi et mes proches, avons tout fait pour maintenir les nôtres en vie.</p><p class="c2">Ma femme a dû arrêter de travailler pour s’occuper de sa mère et aussi de son fils de 14 ans, également atteint par le virus.  La vie est vraiment difficile, mais nous attendons des jours meilleurs. Nous allons gagner cette bataille. Et notre famille sera de nouveau en bonne santé.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/1hzmiAvg-LY?controls=0" width="560"> </iframe><p class="c3"><em>Texte traduit par Pascale Trouillaud. Edition: Mauro Pimentel, Josh Berger. Mise en page: Yanina Oliveira, Michaëla Cancela</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/manaus-sans-oxygene</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/manaus-sans-oxygene</guid>
      <pubDate>Sun, 21 Mar 2021 09:26:06 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Femmes photographes: Patricia de Melo Moreira]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Paris -</strong> <em>“Qui a peur des femmes photographes ?” Le Musée de l’Orangerie et le Musée d’Orsay à Paris posaient la question il y a cinq ans dans une grande exposition mettant en avant le rôle fondamental, mais souvent ignoré, des femmes dans l’histoire de la photographie.</em></p><p><em>Depuis les origines de la photographie (officiellement née en 1839) les femmes se sont emparé de la boîte noire, ont investi  l’espace public, voyagé dans des terres inconnues, posé leur regard sur le monde,  couvert des guerres, inventé de nouvelles techniques, fait preuve de génie ou d’avant-gardisme artistique... Pourtant les noms d’une grande majorité d’entre elles restent inconnus. Les femmes sont restées dans l’ombre de l’histoire, peu visibles, effacées. Pour combler des lacunes majeures et révéler les oublis, lisez absolument le superbe ouvrage collectif publié en novembre aux éditions Textuel, <a href="https://www.editionstextuel.com/livre/une-histoire-mondiale-des-femmes-photographes">Une histoire mondiale des femmes photographes</a>.</em></p><p><em>En hommage à toutes ces femmes, à Frances Benjamin Johnston, Alice Shalek, Elizabeth « Lee » Miller, Gerda Taro, Eva Arnold, Dorothea Lange, Françoise Huguier, Sabine Weiss, etc... à toutes celles qui ont suivi et à toutes celles qui arpentent constamment tous les terrains du monde appareil à la main, l'AFP lance une série d’entretiens avec ses femmes photographes. Nous commençons par <a href="https://www.instagram.com/patmmoreira/?hl=en">Patricia de Melo Moreira</a>, basée à Lisbonne, sélectionnée en 2020 dans la liste  prestigieuse des meilleurs photographes d’agence de l'année du quotidien The Guardian. </em></p><p><em>Marielle Eudes, directrice de la Photographie à l'AFP. </em></p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8uw9yj_0.jpg?itok=U6e0FsvG 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8uw9yj_0.jpg?itok=xlBhtTzu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8uw9yj_0.jpg?itok=aDeVWv4J 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8uw9yj_0.jpg?itok=mlds7Kvm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8uw9yj_0.jpg?itok=X_GK-rQx 1245w" alt="image" />Lisbonne, le 9 novembre 2020 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p class="c2"><strong>Quelle est l'histoire de votre passion pour la photographie ?</strong></p><p>C’est une passion qui remonte à l’enfance. J’ai ce souvenir de mon père, feuilletant des Life Magazine soigneusement conservés. Je me souviens précisément de l’instant où il m’a dit à quel point une photographie pouvait résumer un moment décisif de l’Histoire. </p><p>Je me souviens aussi des  mille questions que je posais à mon père. Je devais avoir huit ou neuf ans... J’ai ensuite partagé cette passion avec lui; je lui offrais des livres de photo pour la fête des pères. J’ai ce souvenir de conversations avec lui sur Robert Capa, sur des images de guerre. Mon père m’a fait découvrir les photojournalistes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1465229.jpg?itok=32p_D5w8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1465229.jpg?itok=KSlN0AdG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1465229.jpg?itok=yltvB5cz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1465229.jpg?itok=IfsTNoLQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1465229.jpg?itok=DICLZU6a 1245w" alt="image" />Lors d'une exposition consacrée à Robert Capa, le 30 avril 2013: le mythique cliché sur la guerre civile espagnole, The falling soldier (AFP / Gabriel Bouys)</div><p>A l’adolescence, j’utilisais mon argent de poche pour m’abonner à National Geographic ! Et nous avons toujours cette passion en commun, même s’il n’a pas approuvé, dans un premier temps, ce choix de carrière. Il me disait <em>“C’est un rêve, mais cela ne te donnera aucune stabilité dans la vie”</em>!  Je me suis entêtée et nous avons eu plus d’une discussion. Il a fini par lâcher prise. A 18 ans, j’ai commencé des études universitaires de photographie documentaire. Je savais déjà que je voulais avoir un métier qui me permette d’aller à la rencontre des autres et découvrir différents monde, de l’intérieur.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9em.jpg?itok=V4FnoMcP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9em.jpg?itok=NHJmE71N 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9em.jpg?itok=UQH2tu1I 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9em.jpg?itok=0HXSZ1UT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9em.jpg?itok=Ea1nmxd0 1245w" alt="image" />Lisbonne, la ville de Patricia, le 15 janvier 2021 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>J’avais soif de photo, j’étais complètement ouverte à tous les genres: la photo de mode, la photographie créative… Je me suis spécialisée dans le photojournalisme car j’ai vite découvert que c’était là où j’étais meilleure. Je travaillais dans un centre commercial pour payer mes études, et le reste du temps, ma vie tournait autour de la photo: sur le terrain et dans le labo, puisqu’à l’époque on développait encore nous pellicules.  J'ai travaillé pour plusieurs médias portugais, avant de rejoindre l'AFP, en 2009. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1uc7x5_0.jpg?itok=h_5wPKiU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1uc7x5_0.jpg?itok=BbBY1xVv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1uc7x5_0.jpg?itok=qLUxT8Go 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1uc7x5_0.jpg?itok=CqEmJbZI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1uc7x5_0.jpg?itok=M_5b3y9N 1245w" alt="image" />Faubourgs de Lisbonne, le 30 juin 2020 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p class="c2"><strong>Trois mots qui résument vos photographies  ?</strong></p><p>La question est difficile !! Simple, émotionnelle, profonde. Simple car je n’ai pas recours à des techniques trop sophistiquées. Je ne triche pas sur la lumière par exemple. Je joue avec la lumière des lieux, même quand elle n’est pas idéale. Émotionnelle parce que je cherche toujours à capturer les sentiments des personnes que je photographie. Je tente de prendre le temps d’écouter les personnes pour comprendre ce qu’elles ressentent. Mais l’émotion peut correspondre aussi à une atmosphère: des rues solitaires pendant la pandémie par exemple. Je tente de jouer avec la lumière par exemple pour transmettre le sentiment qui plane sur la ville. La profondeur: parce que j’espère créer de la conscience, susciter une réflexion.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9e2.jpg?itok=g2TMB_Dg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9e2.jpg?itok=g6CRv7g5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9e2.jpg?itok=14KqXPMz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9e2.jpg?itok=3VaQpL70 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yt9e2.jpg?itok=yGlMCG9E 1245w" alt="image" />Lisbonne, 15 janvier 2021 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>Mais il me semble surtout très important d’être honnête. Je tente de ne pas avoir une idée préconçue de mes couvertures. Je sais que je peux m’attendre à une chose et que sur place, tout peut être très différent. Il faut rapporter les événements tels qu’ils sont. C’est ça le photojournalisme.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8tn3mg.jpg?itok=mLhdkdPu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8tn3mg.jpg?itok=oPTNSIhV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8tn3mg.jpg?itok=CJwwo7NO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8tn3mg.jpg?itok=b0Svo8bm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8tn3mg.jpg?itok=An9bkjrT 1245w" alt="image" />Hôpital Sao Joao de Porto, 22 octobre 2020 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>Nous avons été par exemple à de nombreuses reprises dans des hôpitaux qui étaient en théorie saturés. Nous pensions que nous allions voir des soignants épuisés. Or ce n’est pas ce que nous avons observé. Ils étaient totalement en contrôle, concentrés. La première fois que j’ai été dans un hôpital, je m’attendais à voir du stress, de l’épuisement… et c’était le contraire. Je me suis sentie soulagée, protégée. </p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c3" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yc2tn.jpg?itok=EncTkSko 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yc2tn.jpg?itok=5Wj1JBMj 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yc2tn.jpg?itok=dlCnz78m 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yc2tn.jpg?itok=gn_eDSLP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8yc2tn.jpg?itok=pNOjWlo1 1245w" alt="image" />7 janvier 2021, aux abords de l'hôpital Santa Maria de Lisbonne (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>J’aime particulièrement couvrir les questions sociales et culturelles. Je tente de bien enquêter en amont. Par exemple, lorsque l’on m’a demandé d’assurer la couverture de la loi sur l’adoption par les couples gay au Parlement portugais, j’ai préféré couvrir l’histoire en allant à la rencontre de couples qui avaient déjà adopté et qui attendaient cette loi avec impatience.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1676852.jpg?itok=FockE4gr 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1676852.jpg?itok=VWJkcmNV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1676852.jpg?itok=XSsO9yqJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1676852.jpg?itok=EkuVLto2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_dv1676852.jpg?itok=SZ0IRFEL 1245w" alt="image" />Matilde, et, dans la voiture, sa fille Carolina et sa compagne Olga le 23 février 2014 à Lisbonne (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>C’était passionnant, j’ai passé du temps avec quatre ou cinq couples et leurs enfants. J’aime entrer dans la vie des gens; les rencontrer, je me sens privilégiée. C’est l’histoire humaine qui m’intéresse le plus. Pas seulement la fragilité des êtres humains, mais aussi les moments de joie, de célébration.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8wd9ee.jpg?itok=OjF1Jlh- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8wd9ee.jpg?itok=dPbPa34V 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8wd9ee.jpg?itok=MTXe_EHb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8wd9ee.jpg?itok=h5cb6XDa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_8wd9ee.jpg?itok=dbg6Y79X 1245w" alt="image" />Chanteur de fado, Lisbonne, le 27 novembre 2020 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>En se laissant le temps d’approcher les gens pour qu’ils soient eux-mêmes, on peut montrer que chaque personne est unique. J’aime rentrer chez moi et sentir que je me suis enrichie au contact des autres, tout en me disant que ceux qui regarderont mes photographies auront la même sensation: qu’elles leur apportent de l’information, mais aussi des émotions, à titre personnel.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1hg79k.jpg?itok=atXfB_p1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1hg79k.jpg?itok=OSYrbUVM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1hg79k.jpg?itok=rBsd1gvb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1hg79k.jpg?itok=Tchz_SWY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1hg79k.jpg?itok=9VKn6pao 1245w" alt="image" />Célébration collective de mariages à Lisbonne, le 12 juin 2019 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>Quand on travaille pour une agence de presse, sur du breaking news, ce n’est pas toujours facile. Il faut aller vite, être précis, avoir les photographies des moments clef, mais cela m’a rendue aussi plus agile.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ds58o.jpg?itok=uEYrurk5 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ds58o.jpg?itok=y7ADhfYn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ds58o.jpg?itok=7latFxPG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ds58o.jpg?itok=9oVfweVY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ds58o.jpg?itok=dIyacdOE 1245w" alt="image" />(AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p class="c2"><strong>Etre une femme photographe, qu'est ce que cela veut dire ?</strong></p><p>Je veux être traitée sur un pied d’égalité, donc je ne veux pas croire que nous sommes différentes. Mais il arrive que nous soyons parfois perçues comme plus vulnérables, plus fragiles, certains pensent malheureusement que les femmes photographes ne peuvent pas assurer certaines couvertures. Pour certains, le photojournalisme est un métier d’hommes car il implique des risques. C’est encore un stéréotype que nous devons surmonter. Je n’ai jamais été ouvertement victime de ce stéréotype, mais cela m’est arrivé, de manière plus subtile, par exemple lorsque je couvre le foot. Soudain, on s’aperçoit que je travaille pour l’Agence France-Presse avec surprise ! </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1f25x4.jpg?itok=-mdvvcXb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1f25x4.jpg?itok=lBCxoIkb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1f25x4.jpg?itok=W_Qkzd_4 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1f25x4.jpg?itok=bl7kTToi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1f25x4.jpg?itok=0BAxsNbK 1245w" alt="image" />(AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>Je ne suis pas seule dans les stades, il y a d’autres femmes photographes qui couvrent le foot au Portugal, par exemple le club de Lisbonne Benfica, a une femme photographe, mais elles sont peu nombreuses. </p><p>Etre une femme a des avantages, en particulier quand on photographie d’autres femmes. Il est plus facile de les saisir dans l’intimité, elles ne se sentent pas menacées, elles se sentent davantage en confiance. </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_par7158550.jpg?itok=9qIKpKqk 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_par7158550.jpg?itok=-jD1eF9H 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_par7158550.jpg?itok=Z9JWgSFG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_par7158550.jpg?itok=1QwK7NSN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_par7158550.jpg?itok=BzPMWuby 1245w" alt="image" />Des femmes se préparent pour la parade de Saint Anthony à Lisbonne, le 12 juin 2012 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>Je préférerais qu’il n’y ait pas de journée des droits de la femme car cela voudrait dire que les inégalités sont surmontées. En tous cas ce n’est pas une journée pour offrir des fleurs ou faire de la publicité. C’est une journée pour rappeler que nous devons prendre des mesures. Tout le monde, pas seulement les femmes. Et à tous les niveaux, y compris dès l’école. Nous devons dire aux enfants que beaucoup de femmes dans le monde n’ont pas encore les mêmes opportunités, les mêmes salaires, la même sécurité physique. Il y a encore tant d’inégalités, et depuis toujours… </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ri1qo.jpg?itok=-Phm2u2x 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ri1qo.jpg?itok=VcTb7lex 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ri1qo.jpg?itok=KwiSNbhI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ri1qo.jpg?itok=3Z2T9F2- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1ri1qo.jpg?itok=INIw-91g 1245w" alt="image" />(AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p class="c2"><strong>La couverture qui vous a le plus marqué </strong></p><p>C’est certainement la tragédie de Pedrogao Grande, le terrible incendie de forêt où plus de 60 personnes ont péri en juin 2017. Les incendies de forêt sont récurrents au Portugal en été; mais les Portugais n’étaient pas préparés à ce drame. Couvrir ces incendies était particulièrement éprouvant, aussi bien d’un point de vue physique que moral. Je me souviens du jour où cela a commencé, je couvrais la Gay pride à Lisbonne, il faisait plus de 40°C et il y a eu un orage sec, qui a décuplé la force de l'incendie.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_po15w.jpg?itok=w6P_onZl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_po15w.jpg?itok=MPX5ZWOo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_po15w.jpg?itok=PtPVVkRI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_po15w.jpg?itok=MwtzQRcf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_po15w.jpg?itok=SzH5k_vy 1245w" alt="image" />18 juin 2017, non loin de Figueiro dos Vinhos, au Portugal (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_pp4id.jpg?itok=MlfpElCe 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_pp4id.jpg?itok=vf2Ql76T 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_pp4id.jpg?itok=i1SNgO6S 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_pp4id.jpg?itok=JQvreuNo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_pp4id.jpg?itok=z46GZJaG 1245w" alt="image" />(AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>Quand nous sommes arrivés, le feu avait déjà ravagé les lieux. Une fumée épaisse réduisait la visibilité. Nous avons travaillé presque 48 heures d’affilée. Près de 50 personnes, dont des enfants, sont mortes dans leurs voitures en tentant de fuir. Il ne restait que les voitures calcinées. Ils ne restait que leurs cendres. Je me souviendrai toujours des survivants qui avaient besoin de partager leurs histoires, de leurs efforts pour aider les autres, de leur combat vain pour sauver leurs maisons et leurs animaux, de leur sidération alors que les flammes emportaient toute leur vie en quelques heures. Une femme m'a montré les sceaux d'eau qu'elle avait tenté de porter jusqu'aux voitures en flammes, en pleurant. Elle se sentait coupable. Ces images restent en moi, et même lorsque je me promène en forêt j’y pense. Je ne pourrais pas avoir une maison dans la forêt ! </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1iz1al.jpg?itok=KkScsKb1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1iz1al.jpg?itok=iMR2Osf3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1iz1al.jpg?itok=qfzg12qD 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1iz1al.jpg?itok=rCZnfXOi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_1iz1al.jpg?itok=C7DGbw9V 1245w" alt="image" />Incendie à Macao, dans le centre du Portugal, le 21 juillet 2019 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p class="c2"><strong>Le dernier sujet qui vous a passionné </strong></p><p>C’était un voyage aux Açores, début mars. Nous sommes allés sur l’île de Corvo, la plus petite de l’archipel, au milieu de l’Atlantique, à plus de 1.800 kilomètres du continent.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wg.jpg?itok=2F_lELH- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wg.jpg?itok=b8fCiP6E 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wg.jpg?itok=Qce5d_ox 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wg.jpg?itok=g-kgagFs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wg.jpg?itok=7vSspa5B 1245w" alt="image" />Vila do Corvo, archipel des Açores, le 11 mars 2021 (AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p>L'île compte a moins de 400 habitants, très exactement 384. Ils n’ont eu qu’un seul cas de Covid, un cas importé, en janvier: une personne qui s’était rendue sur le continent. Nous avons couvert la campagne de vaccination sur place.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8xb.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8xb.jpg?itok=V2rvgHVi" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Local guide Fernando Camara, 67, is pictured on the rearview mirror of his van during a ride through the island of Corvo, in Azores on March 10, 2021. - With occasional shortages of petrol and fruit, Corvo is no stranger to the pitfalls of isolation -- but its remoteness has had one major advantage: the smallest island of the Azores archipelago off the Portuguese coast has been spared from the pandemic sweeping the rest of the globe. (Photo by PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP) (AFP / Patricia De Melo Moreira)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wr.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wr.jpg?itok=imF7e89C" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">The abandoned vessel Perola do Corvo (Corvo's Pearl) is pictured on land on Corvo Island in Azores on March 10, 2021. - With occasional shortages of petrol and fruit, Corvo is no stranger to the pitfalls of isolation -- but its remoteness has had one major advantage: the smallest island of the Azores archipelago off the Portuguese coast has been spared from the pandemic sweeping the rest of the globe. (Photo by PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP) (AFP / Patricia De Melo Moreira)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8xf.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8xf.jpg?itok=IQ8Z7tlx" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Brazilian baker Diego Stone, who has already taken the two doses of the COVID-19 vaccine, hugs his son David, who has not been immunized yet, at their house on Corvo Island, Azores on March 11, 2021. - With occasional shortages of petrol and fruit, Corvo is no stranger to the pitfalls of isolation -- but its remoteness has had one major advantage: the smallest island of the Azores archipelago off the Portuguese coast has been spared from the pandemic sweeping the rest of the globe. (Photo by PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP) (AFP / Patricia De Melo Moreira)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wh.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wh.jpg?itok=txT9yswS" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Maria Odete, 76, one of the few residents on Corvo island who has not been inoculated with the COVID-19 vaccine yet, poses at her house in Vila do Corvo in Azores on March 11, 2021. - With occasional shortages of petrol and fruit, Corvo is no stranger to the pitfalls of isolation -- but its remoteness has had one major advantage: the smallest island of the Azores archipelago off the Portuguese coast has been spared from the pandemic sweeping the rest of the globe. (Photo by PATRICIA DE MELO MOREIRA / AFP) (AFP / Patricia De Melo Moreira)</figcaption></figure></div><p>Nous avons pu vivre sans masque ! Les gens nous regardaient étrangement et on a compris que c’était parce que nous étions masqués, alors nous l’avons enlevé -- nous avions été testés, bien sûr, avant le départ.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wm.jpg?itok=MQfmsURO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wm.jpg?itok=KSeAh9w3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wm.jpg?itok=8fvmHvkN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wm.jpg?itok=5KMd1sRa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wm.jpg?itok=4CPFIjuL 1245w" alt="image" />(AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8x4.jpg?itok=U1al2bqx 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8x4.jpg?itok=cBD_orxp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8x4.jpg?itok=C26tK3Ye 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8x4.jpg?itok=QC3j-dsW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8x4.jpg?itok=KtsPolgF 1245w" alt="image" />(AFP / Patricia De Melo Moreira)</div></div><p>C’était étrange de retourner au restaurant  dans un petit local où nous n’étions pas du tout loin les uns des autres. Je me sentais bizarre. Le deuxième jour, nous étions accoutumés. Nous en avons profité pour remplir nos poumons d’air frais avant de retourner à Lisbonne. Profiter de la nature, après deux mois de confinement dans la capitale, était merveilleux.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wj.jpg?itok=sFEXZm1i 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wj.jpg?itok=bLeTdcqA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wj.jpg?itok=2RolFCKs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wj.jpg?itok=7UMpuSlZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/women-photographers-afp/patricia-de-melo-mar21/000_94x8wj.jpg?itok=VCo39jbE 1245w" alt="image" />(AFP / Patricia De Melo Moreira)</div><p class="c2"><em>Entretien et traduction: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris </em><br /> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/femmes-photographes-patricia-de-melo-moreira</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/femmes-photographes-patricia-de-melo-moreira</guid>
      <pubDate>Sat, 20 Mar 2021 09:16:04 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La mémoire intacte de Fukushima et du Tohoku]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Tokyo - Le 11 mars 2011</strong>, l'un des plus forts séismes jamais enregistrés au monde ébranlait le nord-est du Japon, entraînant un tsunami dévastateur et l'accident nucléaire de Fukushima, le pire depuis Tchernobyl en 1986. L'AFP à Tokyo s'était immédiatement mobilisée, et depuis dix ans ses journalistes sillonnent régulièrement le <strong>Tohoku</strong>, la grande région meurtrie par ce triple désastre qui a fait plus de 18.500 morts et disparus.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-012.jpg?itok=zWzmYZ_8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-012.jpg?itok=VnVkNb3u 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-012.jpg?itok=fv8I2_fP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-012.jpg?itok=Nn6cmA9b 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-012.jpg?itok=iuiFwCMu 1245w" alt="image" />La vague du tsunami déborde le mur censé protéger la petite ville de Miyako, le 11 mars 2011. (AFP / Jiji Press)</div><p class="c2">Quatre journalistes du bureau s'étaient rendus dans le Tohoku dès le début de la catastrophe: les rédacteurs <strong>Shingo Ito</strong> et <strong>Hiroshi Hiyama</strong>, le photographe <strong>Kazuhiro Nogi</strong> puis, un mois plus tard, <strong>Harumi Ozawa</strong>, rédactrice devenue journaliste vidéo par la suite. Voici leurs témoignages sur ce qu'ils ont vu et ressenti à l'époque, croisés avec leurs impressions d'aujourd'hui.</p><p class="c2"> </p><h3 class="c3">La "ligne" mortelle du tsunami<br /> </h3><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4699275.jpg?itok=N84S0Yt9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4699275.jpg?itok=7d7wWYxh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4699275.jpg?itok=3ti1pZt2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4699275.jpg?itok=XCZBmKq9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4699275.jpg?itok=MeKWacy_ 1245w" alt="image" />Rikuzentakata, dans la préfecture d'Iwate, le 17 mars 2011 (AFP / Kazuhiro Nogi)</div><p class="c2"><strong>Kazuhiro Nogi</strong> était dans le métro à Tokyo quand le séisme de magnitude 9,0 s'est déclenché à 14H46 (05H46 GMT): <em>“C'était une secousse d'une violence que je n'avais jamais connue auparavant”</em>.</p><p class="c2"><em>“Le tremblement de terre était si fort que je ne pouvais pas marcher droit”</em>, se souvient le photographe. Arrivé dans la rue, il a vu tanguer les gratte-ciel alors que les convulsions de la terre se poursuivaient.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_del459169.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x579"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_del459169.jpg?itok=VhlKVHWV" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A pedestrian walks through the remains of buildings in Minamisanriku, Miyagi prefecture on March 15, 2011, following a massive earthquake and tsunami on March 11. Japan's government has urged people against panic-buying of food and supplies, as the country grapples with an earthquake and tsunami and resulting nuclear crisis. AFP PHOTO/KAZUHIRO NOGI (Photo by KAZUHIRO NOGI / AFP) (AFP / Kazuhiro Nogi)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4680440.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x763"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4680440.jpg?itok=jWTiLR-m" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">An elder couple looks at a collapsed house damage after being hit by a tsunami in Minamisoma, Fukushima Prefecture on March 12, 2011. More than 1,000 people were feared dead and authorities warned a meltdown may be under way at a nuclear plant Saturday after a monster tsunami devastated a swathe of northeast Japan. AFP PHOTO / KAZUHIRO NOGI (Photo by KAZUHIRO NOGI / AFP) (AFP / Kazuhiro Nogi)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4708487.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4708487.jpg?itok=oYeOTAf_" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A survivor stares into her destroyed home in the debris of Yamada town, Iwate prefecture on March 19, 2011 over a week after the March 11 tsunami and earthquake devastated northeastern Japan. Just under 7,200 have been confirmed killed, lost to the tsunami or interred in the wreckage of buildings. Sick and hungry survivors of the disaster are enduring desperate and bitterly cold conditions in the northeast. AFP PHOTO / KAZUHIRO NOGI (Photo by KAZUHIRO NOGI / AFP) (AFP / Kazuhiro Nogi)</figcaption></figure></div><p class="c2">Il est parti le jour même pour gagner le nord-est du Japon, arrivant le lendemain dans la zone de <strong>Minamisoma</strong>, dans le département de <strong>Fukushima</strong>. <em>“Un paysage de désolation, submergé par l'eau de l'océan, est soudain apparu devant nos yeux”</em>.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4855814.jpg?itok=zbqsA4UM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4855814.jpg?itok=EXjTOIOo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4855814.jpg?itok=Tkc5rMdc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4855814.jpg?itok=4_DP1Vk6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4855814.jpg?itok=B4b4kO7r 1245w" alt="image" />Minamisoma, préfecture de Fukushima, le 2 mai 2011 (AFP / Yoshikazu Tsuno)</div><p class="c2"><strong>Hiroshi Hiyama</strong> était avec lui, en costume-cravate et chaussures de ville, n'ayant pas eu le temps de se changer avant de partir en mission. Quand ils sont arrivés devant la mairie de Minamisoma, tout avait l'air en ordre, mais après avoir roulé encore un peu en direction de la côte, <em>“la ville s'est soudain arrêtée”</em>, se rappelle Hiroshi.</p><p class="c2"><em>“C'était comme si Dieu avait tracé une ligne et décidé de détruire avec l'eau tout ce qui était à l'est”</em> de ce marquage, selon lui. Ce point limite atteint par le gigantesque raz-de-marée a aussi frappé Shingo Ito: <em>“J'avais l'impression que +la ligne+ séparait le paradis de l'enfer”</em>.</p><p class="c2"><em>“La boue recouvrait tout. Les routes étaient noyées, les ponts effondrés, les digues détruites (...). La configuration des localités ne correspondait plus à ce que les cartes indiquaient”</em>, ajoute Shingo.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-head-002.jpg?itok=TJWZuB8J 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-head-002.jpg?itok=xELWUK9W 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-head-002.jpg?itok=n-piTK-Z 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-head-002.jpg?itok=OoA3rMYa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-head-002.jpg?itok=27AyP_xV 1245w" alt="image" />Préfecture de Fukushima, non loin de Minamisoma, en plein tsunami, 11 mars 2011 (AFP / JIJI PRESS / Sadatsugu Tomizawa)</div><p class="c2"><strong>Harumi Ozawa</strong> s'était elle déjà rendue dans la région en 2010, dans la foulée d'une précédente alerte au tsunami après un grave tremblement de terre au Chili.</p><p class="c2">Dans le gymnase d'une école servant de refuge à <strong>Minamisanriku</strong>, dans le département de Miyagi, Harumi avait alors parlé à une femme âgée qui avait perdu son bébé cinquante ans plus tôt en fuyant un tsunami - déjà. Elle pensait l'avoir bien fixé sur son dos, mais le petit garçon a probablement glissé de son kimono pendant qu'elle courait pour échapper aux vagues.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4791796.jpg?itok=L2GTXr3v 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4791796.jpg?itok=5JYy1udo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4791796.jpg?itok=KDd6JRBT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4791796.jpg?itok=opzdtDGX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4791796.jpg?itok=sdnkWQuk 1245w" alt="image" />Des enfants prennent leur repas sur un parking à Minamisanriku, dans la préfecture de Miyagi, le 12 avril 2011 (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><p class="c2">Minamisanriku a été dévasté par le tsunami de 2011. Quand Harumi est retournée sur place, elle a repensé à la femme âgée qu'elle avait rencontrée au refuge l'année précédente, mais ne l'a pas retrouvée. <em>“J'ai appris que l'eau avait atteint le sommet de la colline où l'école était située. Le gymnase tenait à peine debout”.</em></p><p class="c4"> </p><h3 class="c3">Hantés par les radiations</h3><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_949334.jpg?itok=vTPK_pDZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_949334.jpg?itok=fN8jfiMJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_949334.jpg?itok=oK6RdMq2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_949334.jpg?itok=6_CefCj5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_949334.jpg?itok=FMZ1JxfD 1245w" alt="image" />(AFP / Handout)</div><p>Le lendemain du séisme et du tsunami, un pompier est accouru devant <strong>Hiroshi Hiyama</strong> et <strong>Kazuhiro Nogi</strong>: <em>“La centrale nucléaire”</em>, leur a-t-il dit, en mimant une explosion avec son poing.</p><p class="c2">Les deux journalistes sont aussitôt repartis en voiture, jusqu'à atteindre un petit commerce à environ 20 kilomètres de la centrale de Fukushima Daiichi, où un poste de télévision était allumé.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/001_94q6av_jpeg.jpg?itok=3xz-q2_F 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/001_94q6av_jpeg.jpg?itok=zTYhJ0bc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/001_94q6av_jpeg.jpg?itok=J16t6hmb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/001_94q6av_jpeg.jpg?itok=ZOfDfWja 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/001_94q6av_jpeg.jpg?itok=OBqK0d0R 1245w" alt="image" /></div><p class="c2"> </p><p class="c2"><em>“Il est difficile de concevoir une situation où un présentateur télé vous informe que vous êtes au milieu d'un accident nucléaire”</em>, raconte Hiroshi. “<em>J'ai vérifié plusieurs fois la carte pour m'assurer que je me trouvais en dehors d'un rayon de 20 km</em>” autour de la centrale. <em>“Je pensais à ma femme enceinte et à notre garçon de deux ans”.</em></p><p class="c2"><strong>Shingo Ito</strong> n'avait lui pas immédiatement connu la menace des radiations, jusqu'au jour où il s'est retrouvé dans une ferme abandonnée dans une zone interdite de Fukushima, où des vaches étaient mortes de faim ou de maladie.</p><p class="c2"><em>“J'ai senti une peur invisible pour la première fois, quelque chose que l'on ne peut ni voir, ni sentir, avec seulement l'alarme d'un compteur Geiger pour alerter du danger”,</em> se souvient-il.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg6956785.jpg?itok=hl1f18Wr 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg6956785.jpg?itok=k6K-yj0g 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg6956785.jpg?itok=DVsPxDLX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg6956785.jpg?itok=A7Dzweeb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg6956785.jpg?itok=mnXjwlIu 1245w" alt="image" />Des responsables de la compagnie Tokyo Electric Power Co (TEPCO) exploitant Fukushima Daiichi et des journalistes, aux abords de la centrale en février 2012 (AFP / Issei Kato)</div><h3 class="c3"> </h3><h3 class="c3">Témoigner de l'insoutenable</h3><p class="c2">En avril 2011, <strong>Harumi Ozawa</strong> s'est approché d'un homme assis sur un gros rocher charrié sur la côte par le tsunami, et qui fixait l'océan. <em>“Il n'avait pas l'air de m'avoir entendue, ni même d'avoir remarqué ma présence”.</em> Quelqu'un lui a alors expliqué que l'homme avait perdu sa belle-fille et trois petits-enfants dans le désastre.</p><p class="c2"><em>“Je me souviens encore de la scène avec le ciel bleu,  l'océan, et mon incapacité à pouvoir aborder ce vieil homme tant mon coeur tremblait</em>”, dit Harumi.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-008.jpg?itok=W2b9ebt9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-008.jpg?itok=vSL16oYd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-008.jpg?itok=sh-kAunb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-008.jpg?itok=MTFXd0JG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-008.jpg?itok=gdyD8iso 1245w" alt="image" />14 mars 2011 à Watari, dans la préfecture de Miyagi (AFP / Jiji Press)</div><p class="c2">Certains de ses collègues se sont aussi parfois sentis paralysés dans de telles situations. <strong>Shingo Ito</strong> s'est trouvé un jour en face d'une femme qui pleurait à genoux devant le corps d'un membre de sa famille à terre, recouvert d'une couverture. <em>“J'aurais dû lui parler (...). Mais je suis juste resté planté à côté d'elle pendant un long moment, en tenant mon enregistreur d'une main tremblante”</em>, se souvient-il. <em>“C'est la partie la plus dure de notre travail”.</em></p><p class="c2"><strong>Kazuhiro Nogi</strong> se sentait mal à l'aise en couvrant le désastre: <em>“Après tout, nous gagnons notre vie à prendre des photos de ceux qui ont souffert”. “Mais il est vrai aussi que cette période m'a appris l'empathie et l'objectivité, ainsi que la gestion de mes émotions, des leçons que j'ai pu appliquer en couvrant d'autres catastrophes naturelles par la suite”</em>.</p><h3 class="c3">Traumatisés</h3><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4739188.jpg?itok=K_1w4yD_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4739188.jpg?itok=9JoWZjkV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4739188.jpg?itok=stIAM1xO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4739188.jpg?itok=TQ8AoZJ8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg4739188.jpg?itok=fXIiAHxE 1245w" alt="image" />Yukiko Kometa, 74 ans, face à sa maison détruite par le séisme suivi du tsunami, le 27 mars 2011 à Noda, dans la préfecture d'Iwate (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><p class="c2"><strong>Kazuhiro Nogi</strong> avait été particulièrement frappé à l'époque par l'administrateur d'un hôpital de la région qui lui expliquait la difficulté de soigner des blessés avec du sable dans leurs poumons, provenant de l'eau de mer qu'ils avaient avalée. Ce responsable n'avait pas encore pu joindre ses proches pour s'assurer qu'ils étaient sains et saufs.</p><p class="c2"><em>“Il devait prioriser son travail à l'hôpital (...) mais il était rongé par l'inquiétude”</em> pour les siens, se souvient Kazuhiro. <em>“J'ai pensé: +Et moi? Est-ce que je serais capable de travailler plutôt que de protéger ma propre famille?+”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-020.jpg?itok=EveLo65q 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-020.jpg?itok=MyrhDSVw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-020.jpg?itok=JPtqktKG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-020.jpg?itok=tzqMY6Dr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/tsunami-anniversaire-2017/japan-tsunami-anniversary-020.jpg?itok=Hl0t3oCa 1245w" alt="image" />Otsuchi, 16 avril 2011. (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><p class="c2"><strong>Shingo Ito</strong> s'était vite habitué à la vision surréaliste des bateaux échoués sur les toits, mais être confronté à la mort était <em>“</em>une autre affaire<em>”</em> . <em>“Je ne peux toujours pas oublier l'odeur, et les drapeaux rouges fichés dans le sol et flottants dans la brise marine, qui indiquaient les emplacements des corps retrouvés” .</em></p><p class="c2">Un soir, <em>“sur le chemin du retour vers notre hôtel, nous étions tous silencieux dans la voiture, en partie parce que nous étions épuisés, et en partie parce que nous étions traumatisés, du moins c'était mon cas”</em>, confie-t-il. <em>“J'avais presque envie de hurler. La nuit, une scène horrible m'est revenue, et je me suis réveillé trempé de sueur dans ma chambre d'hôtel”.</em></p><h3 class="c3">Retour lourd en émotions</h3><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9472dk.jpg?itok=A2cUn2h2 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9472dk.jpg?itok=E3Lsb4-q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9472dk.jpg?itok=JT5TaAQ5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9472dk.jpg?itok=TnA0YTkB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9472dk.jpg?itok=n2IM-Em_ 1245w" alt="image" />8 février 2021, Nayuta Ganbe, rescapé du tsunami, face à l'océan à Higashimatsushima, dans la préfecture de Miyagi (AFP / Behrouz Mehri)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9494h9.jpg?itok=McHGrekJ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9494h9.jpg?itok=zMpkLd9o 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9494h9.jpg?itok=4worfRsv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9494h9.jpg?itok=FQrbx8nJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_9494h9.jpg?itok=TZ2mORpr 1245w" alt="image" />Noda, dans la préfecture d'Iwate, le 27 février 2021 (AFP / Charly Triballeau)</div><p class="c2">Les journalistes de l'AFP sont régulièrement revenus dans le Tohoku sur la décennie écoulée. Pour <strong>Harumi Ozawa</strong>, chacun de ses séjours a été chargé d'émotions, y compris son dernier dans le département de Fukushima cette année: <em>“Pour la première fois de ma carrière, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer”.</em></p><p class="c2"><em>“Un homme de 83 ans nous a raconté comment il avait perdu sa femme dans les eaux tourbillonnantes du tsunami. Bien qu'il l'agrippait avec ses bras, son corps a glissé et elle a été happée”.</em></p><p class="c2">Plus tard, <em>“il ne pouvait pas chercher le corps”,</em> car sa femme gisait dans une zone interdite d'accès à cause des radiations. Quand ses restes ont enfin pu être récupérés, ils étaient déjà en état de décomposition. Un officier de police lui a montré une photo du corps, mais celui-ci ne ressemblait en rien à l'épouse qu'il avait connue. L'homme a été tellement horrifié qu'il a demandé au policier de brûler immédiatement la photo.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_93z7yq.jpg?itok=fBOTg8eG 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_93z7yq.jpg?itok=-hPY52tx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_93z7yq.jpg?itok=gHDn6ok_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_93z7yq.jpg?itok=P6xPt8Yn 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_93z7yq.jpg?itok=pVzCb5n2 1245w" alt="image" />Ofunato, le 4 mars 2011 et le 4 mars 2021 (AFP / Toshifumi Kitamura)</div><p class="c2"><strong>Hiroshi Hiyama</strong> a ressenti cette année le contraste entre le spectacle de la reconstruction de la région et ses propres souvenirs. <em>“Toutes ces nouvelles constructions sont bâties là où près de 20.000 personnes sont mortes ou restent disparues. C'était comme si une souffrance collective et le malheur des familles locales étaient enterrés profond, cachés derrière la façade du nouveau Tohoku”.</em></p><p class="c4"> </p><p class="c4"><strong>Espoir</strong></p><p class="c2"><strong>Shingo Ito</strong> se réjouit de suivre au fil des ans les pérégrinations d'Akira Sato, un pasteur baptiste qui avait dû abandonner en 2011 son église près de la centrale de Fukushima Daiichi et en rebâtir une nouvelle un peu plus loin, mais qui rêve toujours de se réinstaller dans l'ancienne, peut-être dès l'an prochain si les restrictions sont levées.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2x8.jpg?itok=qnkpomOO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2x8.jpg?itok=tJc-ew05 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2x8.jpg?itok=qIBULq0f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2x8.jpg?itok=Utm0WITc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2x8.jpg?itok=i-zIQtHo 1245w" alt="image" />Akira Sato dans son ancienne chapelle dans la zone interdite de Tomioka, dépendant de la préfecture de Fukushima le 27 février 2021 (AFP / Philip Fong)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2d7.jpg?itok=ZOCBdJkb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2d7.jpg?itok=p1oOZaYP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2d7.jpg?itok=aOwjOTJZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2d7.jpg?itok=DRuwxywZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_94j2d7.jpg?itok=U0YCGUI- 1245w" alt="image" />Le pasteur Akira Sato dans sa nouvelle église baptiste à Iwaki, le 26 février 2021 (AFP / Philip Fong)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2"><em>“Nous avons beaucoup d'histoires tristes de Fukushima, mais celle-ci est encourageante”</em>, estime Shingo. <em>“J'espère voir le prochain chapitre à l'avenir”</em>. Pour <strong>Hiroshi Hiyama</strong>, le Tohoku ne peut se résumer seulement à la tragédie de 2011, soulignant la beauté de la nature dans cette région et ses produits agricoles réputés. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/dYtH5n_w5Rk?controls=0" width="560"> </iframe><p class="c2"><em>“L'océan là-bas, si vous trouvez le bon endroit, est à couper le souffle”,</em> dit-il. La région aujourd'hui est aussi <em>“la preuve de la résilience des humains. Le Tohoku n'est pas que tristesse. C'est aussi un lieu de joie”</em>.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg9578252.jpg?itok=NHaCHjVK 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg9578252.jpg?itok=2n1R2Q6g 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg9578252.jpg?itok=e3xfjJqs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg9578252.jpg?itok=8TpxmMF3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/japan/fukushima-10years-march21/000_hkg9578252.jpg?itok=YC1Enr1M 1245w" alt="image" />Chaine humaine de près de 200 personnes à Iwaki, dans la préfecture de Fukushima, le 8 mars 2014 (AFP / Str)</div><p class="c4">Récit de Sara Hussein. Traduction par Etienne Balmer. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer</p><p class="c2"> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/la-memoire-intacte-de-fukushima-et-du-tohoku</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/la-memoire-intacte-de-fukushima-et-du-tohoku</guid>
      <pubDate>Sun, 14 Mar 2021 09:02:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Une bouteille à la mer]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Berlin -</strong> Sonja est entrée dans ma vie par une heureuse coïncidence, en plein cœur de la pandémie. Comme souvent au cours de cette année de solitude hyper connectée, son message m’est parvenu via Twitter.</p><p class="c2">L’auteur de ce premier message, <strong>Benjamin Preiss</strong>, est un confrère, journaliste australien tombé par hasard <a href="https://making-of.afp.com/quand-lhistoire-ne-vous-lache-pas">sur un de mes blogs</a> écrits pour l’AFP dans lequel je raconte le trajet que j'emprunte chaque matin à travers Berlin.</p><p class="c2">Ce récit, je l’ai écrit en janvier 2017, une période difficile pour moi en tant qu’Américaine, après la campagne électorale profondément conflictuelle qui venait de conduire Donald Trump à la Maison Blanche. Installée en Allemagne sous le premier mandat de Bill Clinton et les dernières années d’Helmut Kohl, j’attendais depuis longtemps l’occasion d’écrire quelque chose d’un peu personnel sur le paysage mémoriel de Berlin qui confronte les passants aux fantômes du passé.</p><p class="c2"> </p><p class="c2">L’élément déclencheur de mon récit se trouvait juste devant ma porte : deux <strong>“Stolpersteine”,</strong> ces petits pavés de bronze incrustés dans la chaussée et les trottoirs en mémoire des victimes de l’Holocauste. Littéralement <em>les pierres sur lesquelles on trébuche</em>, ces Stolpersteine sont considérés comme le plus grand monument dispersé au monde: plus de 75.000 de ces pavés de mémoire sont désormais incrustés dans les pavements à travers l’Europe.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/92k7ju.jpg?itok=6pRgETnS 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/92k7ju.jpg?itok=VPaAzoxI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/92k7ju.jpg?itok=VtS9sRpE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/92k7ju.jpg?itok=2XwB5CxH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/92k7ju.jpg?itok=WjCojIwn 1245w" alt="image" />(AFP Deborah Cole)</div><p class="c2">“Nos Stolpersteine”, comme nous les appelons avec mon mari allemand en prenant soin d’eux, ont été scellés en mémoire de l’arrière-grand-mère de Benjamin et de sa grand tante, Taube et Lotte Ibermann. Elles vivaient au rez-de-chaussée de notre immeuble entre 1939 et 1941, année où elles ont été conduites dans un centre de rétention pour Juifs, puis déportés et assassinés par les Nazis dans le ghetto de Lodz, en Pologne occupée. Sonja Cowan, la grand-mère de Benjamin, était la deuxième fille de Taube, et la soeur cadette de Lotte, mais elle avait fui et gagné la Grande-Bretagne dès 1939, avant que la famille emménage à cet endroit.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/threesisters.jpg?itok=5RRXvB4M 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/threesisters.jpg?itok=-Jw7eQHk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/threesisters.jpg?itok=TQoyyJ1Z 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/threesisters.jpg?itok=B6RYGWo_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/threesisters.jpg?itok=ynhG5rQS 1245w" alt="image" />Lotte (gauche), Sonja, et Ursula portant des robes à col marin cousues par leur mère (Photo prêtée par Sonja Cowan)</div><p class="c2">Quelques années plus tard, comme un message glissé dans une bouteille à la mer, mon histoire a touché un rivage inespéré à l’autre bout de la terre. </p><p class="c2">Benjamin et sa famille subissaient alors à Melbourne un confinement autrement plus draconien que les restrictions que nous vivions en Allemagne. On s'est dit qu'on avait hâte de pouvoir reprendre les voyages transcontinentaux afin de se rencontrer pour de bon. En souvenir de sa grand tante allemande Lotte, il a appelé sa fille Charlotte me confiait-il encore. Et aussi que Sonja, malgré ses 97 ans, voulait absolument me parler. Je n’en croyais pas ma chance. J’ai essuyé avec soin notre Stolpersteine, posé en 2010, et envoyé une photo à Benjamin.</p><p class="c2">Benjamin <a href="https://plus61j.net.au/australia/many-kids-like-didnt-ask-questions-just-went/">avait déjà raconté avec émotion</a> le sauvetage de Sonja grâce à un Kinderstransport, un plan d’évacuation qui a permis de mettre à l’abri en Angleterre les enfants soustraits à l’Allemagne et à l’Europe occupées par les Nazis. Mais la famille espérait en apprendre davantage sur ce destin singulier par l’intermédiaire de cette étrangère qui leur posait des questions.</p><p class="c2">Un dimanche matin de début septembre, à Berlin, j’ai rencontré Sonja sur Zoom pour la première fois. Elle paraissait 20 ans de moins que son âge dans son petit haut pastel, ses lèvres maquillées d’une touche de rose. Sa fille Lorraine, qui vit avec elle, l’avait aidée à régler l’ordinateur et la secondait quand peinait à entendre. Mais une fois lancée, la conversation a coulé de source.<br /> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z9.jpg?itok=dgn7tlWa 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z9.jpg?itok=APMwxB_r 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z9.jpg?itok=dJs4FpWx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z9.jpg?itok=Vw1_WJZV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z9.jpg?itok=gwfC6yL6 1245w" alt="image" />Sonja, sa fille Sandra, son petit-fils Benjamin et Deborah Cole (AFP/ Deborah Cole)</div><p class="c2">Je voulais écouter ses souvenirs sur notre quartier et comprendre comment la perte de sa famille et de son pays d’origine avaient décidé du cours de sa vie. Vivre à Berlin conduit à réaliser que toute chose se désagrège et que parfois, rien ne subsiste malgré l’espoir.</p><p class="c2">Partout les démocraties semblent vulnérables aujourd’hui. Tout ceci m’a amené à me demander comment Sonja, l’une des dernières survivantes de l’Holocauste dont le nombre décroit à grande vitesse, avait vécu cette vie berlinoise qu’elle voyait se déliter, subrepticement d’abord, jusqu'à l'effondrement brutal.</p><p class="c2"><em>“Je n'ai plus beaucoup de temps devant moi. Je vis plutôt au jour le jour surtout maintenant que je suis eingesperrt (enfermée)”,</em> a-t-elle soufflé avec une pointe d'ironie.  Sonja avait un humour très australien combiné à ce sens des réalités qui trahit immédiatement tout Berlinois. Par deux fois elle était revenue dans sa ville depuis la guerre, une fois avec son mari quand elle avait 70 ans et de nouveau pour son 90è anniversaire. </p><p class="c2">J’ai ressenti une grande joie en la découvrant si en forme et en apprenant qu’elle avait mené une vie riche, entourée d’une famille aimante, avide d'en apprendre davantage sur son passé. Elle parlait de ses proches en disant “<em>mein Vermögen</em>”, ma bonne fortune.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/parents.jpg?itok=H0HDGKyp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/parents.jpg?itok=Bx7XU7VB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/parents.jpg?itok=YKL3ZYsf 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/parents.jpg?itok=_MrV0Lsi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/parents.jpg?itok=Y0huJuVB 1245w" alt="image" />Sonja et ses parents Toni et Leo (Photo de Sonja Cowan)</div><p class="c2"><strong>Sonja est née en 1923</strong>, deuxième des trois filles d’une famille juive pratiquante de Berlin. Ses parents originaires de Pologne parlaient le yiddish et l’allemand avec un fort accent d’Europe de l’Est qui les signalait immédiatement comme des immigrés. </p><p class="c2">Son père fut emporté par un infarctus quand elle était encore enfant, laissant derrière lui sa femme enceinte, Taube, aussi surnommée Toni, une couturière qui s’est démenée pour assurer un toit et le couvert à sa progéniture. <em>“Je n’ai pas eu une bonne vie, enfant”</em>, m’a confié Sonja, se souvenant de journées entières à accompagner sa mère sur le marché en plein air du quartier de Kreuzberg pour vendre les chemises qu’elle confectionnait.  </p><p class="c2">Quand elle avait le temps, Sonja jouait sur les pelouses du parc de Hasenheide. Le bruit des avions de l’aéroport de Tempelhof, tout proche, est encore présent dans sa mémoire.</p><p class="c2">Après l’accession au pouvoir des Nazis, quand elle avait 10 ans, Sonja fut expulsée de l’école publique et contrainte de rejoindre une institution juive. Enfant, sa grande soeur venait la chercher à l'école, se souvient-elle, en évoquant une de ces promenades avec Lotte qui lui avait amené une noix de coco, dont elles ont partagé l'eau avec une paille. <em>“Elle avait de grands yeux adorables, un joli sourire et portait toujours des boucles d’oreilles, depuis qu’elle était bébé”</em>, a-t-elle confié avec tendresse. Il arrivait que leur mère Toni rentre très tard du travail... et la famille filait alors au lit sans manger. Puis, les voyous hitlériens qui surgissaient de partout ont commencé à harceler et intimider les juifs dans la rue. <em>“Quand on voyait les Nazis arriver, on se cachait derrière les grandes portes (des immeubles). On ne voulait pas crier +Heil Hitler+”.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9ze.jpg?itok=5yYI63jJ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9ze.jpg?itok=cTMQ9C9S 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9ze.jpg?itok=SUDavc4Z 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9ze.jpg?itok=n3_vQkWH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9ze.jpg?itok=6Gb6GHfO 1245w" alt="image" />Lotte et Sonja (Photo appartenant à Sonja Cowan)</div><p class="c2"><strong>Le 10 novembre 1938</strong>, quand a eu lieu la Nuit de Cristal, durant laquelle les boutiques appartenant aux Juifs et les synagogues ont été attaquées et les citoyens terrorisés, Sonja était déjà loin, dans un camp sioniste de Steckelsdorf à l'ouest de Berlin, préparant les jeunes à l'émigration en Palestine en leur apprenant notamment l'agriculture. </p><p class="c2">Sa mère l’y avait envoyée,  dans l’espoir de faciliter son départ, et dans le cadre d’un plan pour assurer la survie de la famille.  <em>“Ma mère voulait qu’on se retrouve tous en Israël”.</em> Bien que citadine, Sonja s’était bien adaptée au travail de la ferme:  <em>“J’adorais ça. On grimpait dans les arbres pour cueillir des cerises”</em>. A cette époque elle fit aussi une rencontre à couper le souffle avec un officier SS qui la prit pour un membre des Jeunesses Hitlériennes et lui proposa de la raccompagner: comme elle avait encore une longue route devant elle, elle accepta d’enfourcher l’arrière de sa moto.</p><p class="c2">Après la Nuit de Cristal, le programme d’évacuation des enfants juifs d’Allemagne fut lancé le <strong>Kindertransport</strong>. En mai 1939, la jeune soeur de Sonja, Ursula,  hébergée dans un orphelinat car leur mère était trop pauvre pour la garder à la maisonn avait a embarqué à bord d’un train, destination le Royaume-Uni. Puis, <strong>en août 1939</strong>, les responsables du camp sioniste convoquèrent Sonja, lui annonçant son départ immédiat vers l’Angleterre. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonjathree.jpg?itok=cW3dCqFH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonjathree.jpg?itok=oh3qiDwu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonjathree.jpg?itok=UrMYD7_S 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonjathree.jpg?itok=ffu3droc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonjathree.jpg?itok=IqivhBp8 1245w" alt="image" />Sonja (gauche), Lotte et Ursula, avant le départ de cette dernière pour le Royaume Uni, en mai 1939 (Photo appartenant à Sonja Cowan)</div><p class="c2">Interrogée par mes soins sur le courage dont elle a dû faire preuve pour un tel voyage, elle a esquivé la question. <em>“Je suis quelqu’un qui prend les choses comme elles viennent, tout ce qui se présente”</em>, m’a-t-elle répondu. Par chance, elle avait tout juste de 16 ans, l’âge limite pour profiter du voyage qui allait lui sauver la vie. Pour Lotte, sa soeur aînée, il était déjà trop tard. Toni, femme pieuse et dévouée, qui portait le poids du monde sur ses épaules, a donné une brève poignée de main à sa fille sur le quai de la station Friedrichstraße. Ce fut leur dernier échange de regards.</p><p class="c2">Les deux années suivantes, Sonja fut ballottée de refuges en centres d'accueil, avant d'atterrir dans une ferme-école pour enfants juifs en Ecosse où elle a retrouvé Ursula au bout d'un an. Le voyage entre le nord du pays de Galles et l’Ecosse fut difficile. Elle ne parlait <em>“pas un mot”</em> d'anglais et la jeune fille qu'elle était devait s'en remettre à la bienveillance des gens croisés. <em>“Je ne ferais jamais ça aujourd'hui”</em>, m'a-t-elle glissé avec un sourire entendu.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up c3" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonja.jpg?itok=1Bh_tYFh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonja.jpg?itok=EXIsrziD 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonja.jpg?itok=8YjNLsQZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonja.jpg?itok=tI69FXvF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/sonja.jpg?itok=IKNqKbKq 1245w" alt="image" />Sonja Cowan, à 16 ans (Photo appartenant à Sonja Cowan)</div><p class="c2">Pour échapper à un sort de domestique, Sonja a décidé à 18 ans de rejoindre l'armée britannique et de servir comme magasinière jusqu'à la fin de la guerre. Elle décrit ses premier jours de service comme les plus heureux de sa vie avec, pour la première fois, le sentiment d'appartenir à un corps, avec un objectif, après tant d'années d'errance et de fuite.</p><p class="c2">Mais ce fut aussi l'époque où les lettres de sa mère et de Lotte cessèrent de lui parvenir. Les Nazis les avaient expédiées dans le <strong>ghetto de Lodz</strong>, le plus grand de Pologne après celui de Varsovie. Des décennies plus tard, Sonja apprendra, avec l'aide du Musée Juif de Berlin, que c'est là qu'elles ont été tuées.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_par2004082907791.jpg?itok=lVenGYhA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_par2004082907791.jpg?itok=V0JRAB9R 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_par2004082907791.jpg?itok=2LKgUyz6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_par2004082907791.jpg?itok=ZluMuhvJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_par2004082907791.jpg?itok=WBQ7w7nf 1245w" alt="image" />Musée du ghetto de Lodz (AFP / Janek Skarzynski)</div><p class="c2">Après la guerre, Sonja est retournée à <strong>Glasgow</strong> vivre dans une famille juive. Ils l'appelaient <em>“la petite réfugiée”</em>. Un jour, un jeune homme appelé Ralph Cohen, également un ancien de l'armée britannique, est venu se présenter. Des décennies plus tard elle savoure encore le romantisme de cette première rencontre. Après qu'elle lui a ouvert la porte en robe de chambre et annoncé qu'elle était sur le point de se laver les cheveux, il a répondu: <em>“Je vais le faire pour vous, je suis coiffeur”</em>. Une histoire d'amour venait de naître, celle qui l'a ancrée dans la vie et l'a soutenue après tant de terreur et de chagrin: dans l’année qui suivit ils étaient mariés.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/wedding.jpg?itok=Z-u2N2Cj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/wedding.jpg?itok=pcU_78E9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/wedding.jpg?itok=89rfz9UB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/wedding.jpg?itok=IabbysZn 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/wedding.jpg?itok=u9VSSWg6 1245w" alt="image" />Sonja et Ralph Cowan lors de leur mariage à Glasgow en 1946 (Photo appartenant à Sonja Cowan)</div><p class="c2">Comme sa mère avant elle, Sonja a eu trois filles. Pour échapper à l'antisémitisme, la famille a changé son nom de Cohen en Cowan. Puis Ralph, las du mauvais temps écossais et du manque d'opportunités professionnelles, a suggéré un déménagement à l'autre bout du monde: l'Australie. Si souvent déracinée dans sa vie et heureuse en ménage, Sonja se trouvait prête pour un nouveau changement d'horizon. A <strong>Melbourne</strong>, bien qu'installés parmi des rescapés de l'Holocauste, ils abordaient rarement le sujet à la maison. <em>“Ca me perturbe encore de voir à la télévision des reportages sur les camps de concentration, ce genre de choses... C'est toujours aussi douloureux”.</em></p><p class="c2">Après la guerre, la soeur de Sonja, Ursula, s'est mariée à Londres. Des années plus tard, elle a émigré aux Etats-Unis où elle est décédée quand elle avait dans les 70 ans.</p><p class="c2">Dans la douceur dorée de l'automne berlinois, Sonja et moi nous sommes parlé à trois reprises; chaque fois des membres de sa famille se sont joints à nous sur Zoom. Grâce à son étonnante résistance, ce furent de longues et riches conversations, balayant de nombreux sujets. Nous avons beaucoup ri aussi. Sonja avait des fous-rires quand je disais “Stallschreiberstraße”, le nom imprononçable de la rue où elle était allée à l'école. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z8.jpg?itok=MWdMf-5j 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z8.jpg?itok=XSjq3BSr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z8.jpg?itok=bkUUxP0i 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z8.jpg?itok=qiINh2-o 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/8zt9z8.jpg?itok=H3W5DUe6 1245w" alt="image" />Sonja Cowan, le jour de son 97ème anniversaire ((Photo appartenant à S. Cowan))</div><p class="c2">Elle m'a parlé de la frustration du confinement. Le rabbin l'appelait bien de temps à autre, en particulier pour les fêtes juives, mais la vie au fond de son impasse avait pris le tour d'une routine fastidieuse. <em>“Pas de bal!”</em> plaisantait-elle.</p><p class="c2">Quand j'ai parlé de Sonja au Pr Aleida Assmann, spécialiste allemande de la mémoire collective, elle m'a expliqué que le créateur des Stopersteine, Gunter Demnig, voulait inventer une “sculpture sociale”: un concept emprunté à l'artiste Joseph Beuys, que le quotidien britannique The Guardian a récemment comparé à <em>“un vaste mémorial de l'Holocauste”.</em> “<em>Un souvenir ainsi déposé à votre porte en fait surgir d'autres, de manière inattendue,  jaillissant d'une plaque de laiton pour se répandre dans le monde entier via les réseaux numériques”</em>, a-t-elle remarqué.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_yc08u.jpg?itok=h7B0eFkP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_yc08u.jpg?itok=PPiNKO91 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_yc08u.jpg?itok=NyP5XWzq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_yc08u.jpg?itok=zHXNdPAY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_yc08u.jpg?itok=Z1QBZsgj 1245w" alt="image" />(AFP / Tobias Schwarz)</div><p class="c2">La philosophe américaine Susan Neiman, fille d'une militante juive des droits civiques, qui a grandi dans le Sud profond aux Etats-Unis, a publié en 2019 un livre judicieux, “Learning From the Germans”  (“Apprendre des Allemands”) dans lequel elle avance que le travail de mémoire qu'ils ont effectué à propos de l'Holocauste devrait inspirer les Américains pour affronter l'héritage toxique de l'esclavage.</p><p class="c2">J'ai demandé à l'historienne américaine Jill Lepore, de passage à Berlin en octobre 2019, à quoi pourrait ressembler une authentique culture de la mémoire en Amérique. <em>“Nous n'avons pas, aux Etats-Unis, cette tradition de vérité et réconciliation - ni de réelle reconnaissance publique des atrocités de l'esclavage ou de la conquête, ni des atrocités des lois ségrégationnistes Jim Crow”</em>, a-t-elle noté. <em>“Parmi les raisons qui l'entravent, pour moi, c'est que tout ça n'est pas complètement terminé”</em>, a-t-elle ajouté, en écho aux violences policières, à la discrimination et à l'incarcération massive de citoyens noirs.</p><p class="c2">Deux semaines après la terrifiante attaque du Capitole à Washington par les partisans de Trump, le 6 janvier, dont certains ont posé devant les caméras avec un gigantesque drapeau confédéré et, pour l'un d'eux, un abominable sweatshirt marqué “Camp Auschwitz”, Joe Biden et Kamala Harris ont prêté serment. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_94f3fd.jpg?itok=x082xI8L 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_94f3fd.jpg?itok=DjDcHn7L 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_94f3fd.jpg?itok=lV5DtWvU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_94f3fd.jpg?itok=AC7F8Eeo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/000_94f3fd.jpg?itok=n2S56W_a 1245w" alt="image" />Amanda Gorman pendant la cérémonie d'investiture de Joe Biden et Kamala Harris à Washington (AFP / Alex Wong)</div><p class="c2">J'ai pensé à Sonja et à tant d'autres victimes de l'Holocauste en écoutant la jeune Amanda Gorman, 22 ans, électrifier le monde avec un poème célébrant la culture mémorielle. Un vers, en particulier, a résonné en moi: <em>“Être Américain, c'est plus qu'une fierté dont on hérite. C'est entrer dans le passé et voir comment le réparer”</em>. On entre parfois dans le passé par hasard, grâce à une Stoplersteine qui crée des connexions, et par la technologie qui relie à travers le monde des étrangers avec une histoire à partager.</p><p class="c2">Immobilisée dans Berlin par les restrictions dues au coronavirus, j'ai arpenté des milliers de fois ces rues que j'évoquais dans mon blog, il y a quatre ans. Ces endroits paraissent les mêmes mais ils sont transformés. Les Stolpersteine que j'ai piétinés sans égard, avec une valise à roulettes parfois, ont désormais un visage et une histoire. Mes propriétaires sont ouverts à l'idée d'accrocher des photos de Toni et de Lotte dans notre entrée. Hilmar, mon mari “geek”, aimerait aussi créer un code QR pour permettre aux passants d'écouter sur leurs téléphones portables nos échanges avec Sonja. 2020 me laisse beaucoup de souvenirs que j'aimerais effacer, mais aussi quelques-uns que je veux préserver. L'un d'eux, c'est Sonja et Hilmar entonnant ensemble <a href="https://www.youtube.com/watch?v=Vbw53GO2JGI">“<em>Heidenröslein</em>”</a>, “Petite Rose”, un poème de Goethe sur une musique de Schubert. </p><p class="c2">Plus de 80 ans après les avoir appris, les paroles chantaient toujours sur la langue de Sonja, hommage à l'Allemagne “terre de poètes et de penseurs”. Une notion qui n'est pas sans rappeler l'exceptionnalisme américain - qui voudrait que les Etats-Unis occupent une place à part dans le monde. Un rêve dont ils n'ont cessé de s'écarter, avant d'y renoncer d'un coup.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/capture_decran_2021-03-08_a_16.01.02.png?itok=yIP4t_Bi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/capture_decran_2021-03-08_a_16.01.02.png?itok=RB8wSs8g 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/capture_decran_2021-03-08_a_16.01.02.png?itok=lPRgiZ8p 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/capture_decran_2021-03-08_a_16.01.02.png?itok=_4pvoHJY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/germany/berlin-history-encounter-feb21/capture_decran_2021-03-08_a_16.01.02.png?itok=cVJL0IOe 1245w" alt="image" /></div><p class="c4">Récit écrit par Deborah Cole en anglais. Traduction: Anne Chaon. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/une-bouteille-la-mer</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/une-bouteille-la-mer</guid>
      <pubDate>Fri, 12 Mar 2021 07:50:09 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Passeport sanitaire, à la mode chinoise]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Pékin -</strong> C'est le rituel dont en Chine il est désormais difficile de s'affranchir: scanner un code-barres avec son téléphone et montrer patte blanche, avec une appli qui délivre un laissez-passer “vert”, synonyme de bonne santé.</p><p class="c2">A l'entrée d'un immeuble, d'un commerce ou d'un parc; pour prendre l'avion, le train ou un taxi; ou tout simplement pour rentrer chez soi, mieux vaut ne pas avoir sa batterie déchargée. Les applis de traçage n'ont jamais été aussi envahissantes, dans une Chine pourtant largement remise du Covid depuis le printemps dernier. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qf073.jpg?itok=BgjeDK8W 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qf073.jpg?itok=hCYBMJnP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qf073.jpg?itok=FbEvSzIx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qf073.jpg?itok=FkfzchJ8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qf073.jpg?itok=454NWIRX 1245w" alt="image" />Vérification de code QR à la gare de Wuhan, la ville du centre de la Chine où le nouveau coronavirus a été identifié pour la première fois, en décembre 2019. Photo du 6 avril 2020. (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Les nouveaux cas recensés chaque jour s'y comptent désormais sur les doigts de la main. Mais le nombre de contrôles des "codes santé" atteint lui un niveau sans précédent.</p><p class="c2">Combien de fois par jour dois-je me plier à l'exercice?  Je ne les compte plus, tant les codes QR et leurs mosaïques à scanner sont omniprésents. Avant l'épidémie en Chine, on scannait surtout pour payer avec son téléphone, un geste devenu banal même dans les contrées les plus reculées où le cash a quasiment disparu. Désormais ces codes sont aussi associés à la lutte contre le Covid.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qy4o3.jpg?itok=_pJyMIuG 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qy4o3.jpg?itok=akppI1vl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qy4o3.jpg?itok=ddZ8B43d 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qy4o3.jpg?itok=-2ZD7ElF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qy4o3.jpg?itok=3Nou4DVd 1245w" alt="image" />(AFP / Greg Baker)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1t97h9.jpg?itok=o_C2oWzl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1t97h9.jpg?itok=u3BRpywo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1t97h9.jpg?itok=3bRe7DtJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1t97h9.jpg?itok=qOhIo_ra 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1t97h9.jpg?itok=C6g2yUWZ 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">Réservations de billets ou d'hôtels, géolocalisation, lieux de paiement: le téléphone portable s'avère un redoutable mouchard sanitaire, qui peut virer au rouge s'il borne près d'un foyer de contamination. Le gouvernement central peut ainsi disposer de données collectées sur l’ensemble des lieux visités, par quartiers, sur 14 jours. </p><p class="c2">Différents systèmes plus ou moins complexes sont en place, l'un d'entre eux étant associé à la très populaire application <strong>WeChat</strong> du géant <strong>Tencent</strong>, l'équivalent chinois de Whatsapp. Il suffit d'activer une option santé dans WeChat pour lancer son appli de traçage. C'est cette application qui va générer un code QR que je devrais montrer pour pouvoir accéder à un certain nombre de lieux. Si le code est vert, je peux passer.</p><p class="c2">En revanche s'il est rouge, je devrais rebrousser chemin et être mis 14 jours en quarantaine. L'application calcule mon statut en fonction des lieux où je me suis rendu. Le fait par exemple d'avoir été près d'un foyer de contamination peut faire de moi une <em>persona non grata</em>. Elle a mille usages et peut également être demandée en cas de test de dépistage. Si le résultat est positif, mon QR code sera donc rouge. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ULeVIUNGShs" width="560"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c2">Scanner un code QR à l'entrée d'un immeuble n'est pas sans conséquences: à Pékin, l'appli est directement associée à mon numéro d'identité. Et chaque fois que je scanne, je laisse une trace numérique de mon passage. </p><p class="c2">En Chine, chaque résidence est surveillée et fait en principe l'objet de contrôles sanitaires (prise de température et parfois formulaire à remplir). <strong>Mes déplacements, les plus anodins soient-ils comme le fait de rendre visite à un ami, sont donc connus.</strong></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qg67m.jpg?itok=xfd3vlic 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qg67m.jpg?itok=blZkMpVI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qg67m.jpg?itok=m14TmJcg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qg67m.jpg?itok=xBe0EtzC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qg67m.jpg?itok=4QKI4vOq 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><aside class="lquote"><blockquote>
<p>Personne ne me force à avoir une appli de traçage. Mais dans les faits, il est devenu impossible de vivre sans.</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Personne ne me force à avoir une appli de traçage. Mais dans les faits, il est devenu impossible de vivre sans. J'en ai fait l'expérience un jour à l'entrée de l'immeuble qui abrite les bureaux de l'AFP à Pékin. Avec un brin de mauvaise foi à un point de contrôle, j'ai dégainé mon vieux téléphone Nokia 3210, vestige d'une époque où l'internet sans fil et les selfies n'existaient pas. Un vigile a voulu m'aider. </p><p class="c2">Décontenancé, le gardien a tenu à vérifier par lui-même qu'il n'était pas possible de scanner un code QR avec un téléphone ne disposant pas d'appareil photo.  Et pendant cinq longues minutes, ce vigile et ses collègues ne sauront que faire de <em>“l'étranger avec son portable trop vieux”</em>.</p><p dir="ltr"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1v609p.jpg?itok=LgnTPCZI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1v609p.jpg?itok=NOQcotGL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1v609p.jpg?itok=YZ9FFkEE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1v609p.jpg?itok=qe7wnJs4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1v609p.jpg?itok=BXaq7exy 1245w" alt="image" />(AFP / Wang Zhao)</div><p class="c2">Car me laisser rentrer, c'est prendre un risque sanitaire et, pour eux, s'attirer de potentielles brimades.  </p><p class="c2"><em>“Mais comment ferait une personne âgée sans smartphone?”</em>, me demandais-je, tout en tentant de garder mon sérieux devant une telle scène. Profitant de la confusion, je suis entré dans l'immeuble. Cinq minutes plus tard, le bureau recevait un appel pour signaler l'incident et m'ordonner de fournir un code santé valide. Je ne sais pas si ce test a servi de cas d'école, toujours est-il qu'au nouvel aéroport international de Pékin un panneau invite désormais les passagers sans portable ni code santé à prendre contact avec une hôtesse d'accueil. <em>“Tu ne pourrais plus faire ta blague”</em>, m'a fait remarquer une amie chinoise, en pouffant de rire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8rl8rj.jpg?itok=jHU-30EI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8rl8rj.jpg?itok=jtEWTvGp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8rl8rj.jpg?itok=3sg6CvzT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8rl8rj.jpg?itok=pHqYiYS_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8rl8rj.jpg?itok=2zCZ5K_K 1245w" alt="image" />(AFP / Str)</div><p class="c2">En Chine, les (rares) personnes qui ne disposent pas de téléphone ou les enfants en bas âge se voient remettre un code QR... à accrocher autour du cou. Il contient toutes les informations sur leur identité ainsi que leur adresse. Lors d'un contrôle, les autorités peuvent ainsi s'assurer que les individus ne proviennent pas d'une zone dite à risque. </p><p class="c2">Dans l'un des pays les plus connectés au monde et où les questions de vie privée autour des données rencontrent peu d'intérêt, les géants du web et les opérateurs téléphoniques n'ont aucun mal à suivre à la trace les déplacements des Chinois.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1tl2k1.jpg?itok=KybDnLRc 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1tl2k1.jpg?itok=wnFHuFIZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1tl2k1.jpg?itok=C1zbqnhG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1tl2k1.jpg?itok=HhlvmXUQ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1tl2k1.jpg?itok=X4c0mqXu 1245w" alt="image" />Marché de nuit à Shenyang, dans la province de Liaoning, le 16 juin 2020 (AFP / STR)</div><p class="c2">Le système a permis aux voyages d'un bout à l'autre du pays de reprendre. Mais <strong>les vacances ont des allures de parcours du combattant</strong>.</p><aside class="lquote"><blockquote>
<p>Le système a permis aux voyages d'un bout à l'autre du pays de reprendre. Mais les vacances ont des allures de parcours du combattant.</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Avant d'embarquer sur un vol intérieur, les compagnies aériennes exigent un code santé spécifique. Lors d'un transit, il faut parfois en présenter un autre et à l'arrivée un troisième code est demandé. A chaque fois, il faut remplir sur son téléphone un formulaire électronique.  Problème: bien souvent le système n'est pas prévu pour les détenteurs de passeport étranger. Et lorsqu'on est pressé, mieux vaut ne pas tomber sur des vigiles trop zélés.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8up36t.jpg?itok=Qjg5bvEo 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8up36t.jpg?itok=v-use6Tz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8up36t.jpg?itok=LMXnMUV7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8up36t.jpg?itok=CToOL3Z8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8up36t.jpg?itok=Xo45v4RL 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Les différentes réglementations sanitaires au niveau local compliquent également considérablement les déplacements. Certains hôtels refusent ainsi des voyageurs qui ne peuvent justifier d'un test de dépistage - mais la règle n'est pas toujours clairement indiquée et peut varier en fonction du personnel.</p><p class="c2">Voyager c'est donc naviguer dans l'inconnu.  Après l'apparition d'un foyer à Pékin l'été dernier, je suis immédiatement devenu un suspect à 1.800 km de là dans le sud-ouest de la Chine. Et mon hôtel de m'indiquer que je devais immédiatement me mettre à l'isolement pendant deux semaines. Pour éviter une quarantaine forcée, j'ai dû rentrer en catastrophe à Pékin et renoncer à mes vacances.</p><p class="c2">Pour éviter les désagréments, nombreux sont ceux à ne pas être partis durant les congés du Nouvel an lunaire (11-17 février cette année).</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg67i.jpg?itok=onPOPXRN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg67i.jpg?itok=GEQm8VQo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg67i.jpg?itok=2RqVcfJL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg67i.jpg?itok=8kNdJgm5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg67i.jpg?itok=MZb3endG 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Pour quitter Pékin, il fallait présenter un test PCR négatif. Et deux autres étaient exigés au retour dans la capitale... avec le risque de devoir en plus effectuer une quarantaine obligatoire à la maison.</p><p class="c2">Voyager en Chine est désormais un “casse-tête administratif”, peste un expatrié. J'ai parfois l'impression que l'épidémie a considérablement renforcé la surveillance en Chine.  Un clic sur mon code santé et les autorités peuvent déterminer avec une relative précision les endroits que j'ai fréquentés au cours des 14 derniers jours.</p><p class="c2">Comme tout bon Français il m'arrive de pester intérieurement contre un énième contrôle de code santé “qui entrave ma liberté”. J'ai aussi la désagréable sensation d'être encore plus épié dans mes moindres mouvements. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qx7sf.jpg?itok=HnSP7vyO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qx7sf.jpg?itok=BZgqspa4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qx7sf.jpg?itok=8sLJvKus 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qx7sf.jpg?itok=hKdkiaQ5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_1qx7sf.jpg?itok=TzKgjaa4 1245w" alt="image" />(AFP / Greg Baker)</div><p class="c2">Mais la <strong>plupart des Chinois se prêtent volontiers au jeu du traçage</strong>. Pendant la fête du Nouvel an lunaire, j'étais surpris de voir que tous sans exception scannaient un code à l'entrée d'un centre commercial de Pékin, alors qu'il n'y avait aucun vigile pour leur imposer de le faire. </p><p class="c2">Les applis de traçage sont <em>“le prix à payer pour retrouver une liberté”</em> face au virus et un semblant de vie normale, estime l'un de mes amis chinois. Et c'est aussi <em>“un geste simple pour se protéger”</em>, m'explique-t-il. Sur le plan sanitaire, ce système a indéniablement fait ses preuves. A chaque apparition du virus, il permet d'identifier rapidement les cas contacts et d'isoler si nécessaire un quartier ou un immeuble spécifique.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8zm2wx.jpg?itok=pcZ1fA4E 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8zm2wx.jpg?itok=RAHm_V-k 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8zm2wx.jpg?itok=-1XqB7K3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8zm2wx.jpg?itok=0Yu2DgNn 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_8zm2wx.jpg?itok=l75NrXC4 1245w" alt="image" />Quartier bouclé pour une désinfection à Shanghaï, après la détection de plusieurs cas de Covid-19, en janvier 2021 (AFP / Str)</div><p class="c2">La Chine qui était fin 2019 en première en ligne face à l'épidémie de coronavirus est aujourd'hui l'un des rares pays à avoir retrouvé un rythme de vie quasi pré-pandémie, grâce également au port généralisé du masque et à des tests de dépistages massifs.</p><p class="c2">Mais sous couvert de lutte contre le virus, les applis de traçage couplées au tentaculaire réseau de caméras du pays peuvent devenir pour le pouvoir un redoutable outil de surveillance.  Au printemps dernier, la presse avait rapporté le cas d’un homme en fuite depuis 24 ans et qui avait fini par se rendre aux autorités : sans smartphone ni appli de traçage, il lui était devenu impossible de se déplacer, d’entrer dans un magasin ou d’être embauché sur des chantiers.</p><p class="c2">Elles peuvent aussi s'avérer un instrument de discrimination. A Wuhan, un temps épicentre de l'épidémie et aujourd'hui ville qualifiée de <em>“</em>plus sûre du monde<em>”</em> par ses habitants, je n'ai pu entrer en discothèque. Pas à cause de ma tenue ou de mon âge. Mais de mon code santé: il indiquait pour origine Pékin où - à plus de 1.000 km - un foyer de contagion venait d'être signalé.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_92r7wv.jpg?itok=b431mDbb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_92r7wv.jpg?itok=-LpdwVVO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_92r7wv.jpg?itok=FIhw4ig0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_92r7wv.jpg?itok=sbGKA7XY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/china-qrcode-covid-march21/000_92r7wv.jpg?itok=UIG5xIzO 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c3"><em>Récit: Sébastien Ricci. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/passeport-sanitaire-la-mode-chinoise</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/passeport-sanitaire-la-mode-chinoise</guid>
      <pubDate>Sat, 06 Mar 2021 11:56:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[En Birmanie, la jeunesse résiste à la junte]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Bangkok -</strong> En Birmanie, la colère a pris le dessus. Depuis début février,  les Birmans manifestent massivement contre le coup d'Etat de l'armée. Cette semaine encore, ils sont descendus par milliers dans la rue, assurant qu'ils se battront "jusqu'au bout".  Dix ans après l'avènement de la démocratie qui a remplacé un demi-siècle de dictature, les jeunes en particulier ne veulent plus céder. Récit en images.  </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3wa.jpg?itok=liIjrZd1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3wa.jpg?itok=RBzAF7PD 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3wa.jpg?itok=J5J5Zzj_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3wa.jpg?itok=3yySAno6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3wa.jpg?itok=eWU3XOEE 1245w" alt="image" />(AFP / Ye Aung Thu)</div><p class="c2">Le 6 novembre 2020, les Birmans ont célébré les deuxièmes élections libres de l'histoire de ce jeune pays, remportées par la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti de la prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.</p><p class="c2">Les bruits de bottes se sont faits entendre rapidement: pendant des semaines l'armée, peu disposée à céder davantage de pouvoir au LND, a lancé des accusations de fraude électorale... comme Donald Trump aux Etats-Unis. Fin janvier le chef de l'armée Min Aung Hlaing, <strong>MAH</strong> sur les affiches des manifestants, a  laissé entendre que la Constitution, prévoyant un partage du pouvoir entre généraux et civils pourrait être révoquée. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9222wf.jpg?itok=Ctx0yLbC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9222wf.jpg?itok=6G1LIOrt 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9222wf.jpg?itok=CorAoGVT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9222wf.jpg?itok=QYCsruq0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9222wf.jpg?itok=I6qQfJsf 1245w" alt="image" />(AFP / STR)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9227tu.jpg?itok=1-JB_yPr 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9227tu.jpg?itok=yZepH-XP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9227tu.jpg?itok=KnplmZHA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9227tu.jpg?itok=e5XCtgOM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9227tu.jpg?itok=3j5SvGNm 1245w" alt="image" />(AFP / STR)</div></div><p class="c2">La séance inaugurale du nouveau Parlement n'a pas pu se tenir.  <strong>Le 1er février au petit matin, </strong>des soldats ont pris position près de la résidence des députés. L'armée a bloqué les axes autour de Naypyidaw, la capitale, avant de couper les programmes de télévision pour annoncer l'instauration d'un état d'urgence. Au même moment, partout dans le pays, les communications étaient fortement perturbées. </p><p class="c2"><strong>A 6h34 locale, l'AFP diffusait une première "alerte"</strong> faisant état de l'arrestation de la cheffe de facto du gouvernement Aung San Suu Kyi. Dans la foulée, l'accès à l'aéroport international de Rangoun,  la capitale économique, était bloqué:  le manuel du parfait coup d'Etat. Puis les blindés sont apparus dans les rues.</p><p class="c2">Bien que très critiquée à l'étranger pour sa gestion de la crise des musulmans royingyas, victimes des exactions de l'armée, Aung San Suu Kyi, reste très populaire pour  une majorité de la population. Les Birmans, ont vite commencé à protester, nuitamment, avec casseroles et autres instruments à percussion, pour marquer leur mécontentement. Au départ, ils n'étaient qu'une poignée...</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9229d4.jpg?itok=WLB4huqV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9229d4.jpg?itok=p-ioAnbD 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9229d4.jpg?itok=bKjlfH_T 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9229d4.jpg?itok=9WZUOoP5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9229d4.jpg?itok=juWMxKmh 1245w" alt="image" />Rangoun, le 2 février 2021, premières manifestations contre les militaires (AFP / Str)</div><p class="c2">Le mouvement a pris de l'ampleur en moins de 48h00.  En Birmanie, on a l'habitude de faire un maximum de bruit pour chasser les mauvais esprits des maisons et des villages, et ici, les démons ce sont les militaires a expliqué à un de nos journalistes Thinzar Shunlei, un manifestant.  Sur les balcons, on entonne<em> </em>“<em>Kabar Ma, Kyay Bu</em>”<em>,</em> “<em>Nous n'oublierons pas jusqu'à la fin du monde</em>”<em>,</em> un air popularisé lors du soulèvement populaire de 1988.  </p><p class="c2"> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_926869.jpg?itok=kACBeime 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_926869.jpg?itok=cEcuYCX- 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_926869.jpg?itok=hru_XKR0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_926869.jpg?itok=wl9npxEZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_926869.jpg?itok=Nhyp37Ai 1245w" alt="image" />3 février 2021 à Rangoun (AFP)</div><p class="c2"><strong>Le 3 février,</strong> les appels à la résistance se multiplient, relayés sur Facebook, principal moyen de communication dans le pays, où un “mouvement de désobéissance civile” rassemble en quelques heures 160.000 abonnés. “Honte à l'armée”, “les militaires sont des voleurs”, y lit-on.  Assignée à résidence dans la capitale Naypyidaw, “Mère Suu”, exhorte la population “à ne pas accepter le coup d'Etat”. </p><p class="c2">Les fonctionnaires, à commencer par les soignants, adulés dans ce pays qui avait enregistré début février plus de 140.000 cas de coronavirus, prennent la tête de la contestation, avant d'être suivis par d'autres professions.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9246fc.jpg?itok=DgAsUFpX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9246fc.jpg?itok=AIdDm6an 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9246fc.jpg?itok=k3lZTs-0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9246fc.jpg?itok=K6Lva5pF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9246fc.jpg?itok=TiyIX1X3 1245w" alt="image" />Les soignants de l'hôpital général de Rangoun, font le salut des manifestants, le 3 février 2021 (AFP / Str)</div><p class="c2">Le salut à trois doigts, imaginé par la série américaine dystopique Hunger Games, adopté par les militants pro-démocratie en Thaïlande, devient un symbole de résistance en Birmanie. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d2bf.jpg?itok=A3OnR4lz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d2bf.jpg?itok=muRmnTNl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d2bf.jpg?itok=YF3VmM3m 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d2bf.jpg?itok=spZR3fLD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d2bf.jpg?itok=lz2z7f_k 1245w" alt="image" />(AFP / Ye Aung Thu)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92682c_0.jpg?itok=l9m1XIEY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92682c_0.jpg?itok=ftssiZft 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92682c_0.jpg?itok=ekKXj3xy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92682c_0.jpg?itok=7Hm_XJvm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92682c_0.jpg?itok=oEM4dff3 1245w" alt="image" />(AFP / Str)</div></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=EcV9q9qZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=DJI315GS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=jLX-MqTc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=qhoIeqdM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92b8y7.jpg?itok=9bPP1I6b 1245w" alt="image" />5 février 2021 à Rangoun (AFP / Ye Aung Thu)</div><p class="clear c2">Rapidement, d'autres corps de métier emboitent le pas aux corps médical, et le font savoir.  Le 8 février, <strong>les appels à une grève générale se multiplient</strong>. Ouvrier, paysans, enseignants, ingénieurs, contrôleurs aériens, cheminots... rejoignent le mouvement.</p><p class="clear"> </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92a7jd.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x784"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92a7jd.jpg?itok=C6U1p8mf" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Fonctionnaires du ministère du Travail, le 5 février 2021 (AFP / Str)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92k79g.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92k79g.jpg?itok=RiHbEeoa" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Avocats, le 9 février 2021 à Naypyidaw (AFP / Str)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92g6ke.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92g6ke.jpg?itok=eMbd7v7B" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Moines bouddhistes, le 8 février 2021 (AFP / Str)</figcaption></figure></div><p class="c2">Des milliers d'étudiants et d'enseignants se rassemblent aussi à Rangoun. <strong>Le 7 quelque 100.000 contestataires défilent à Rangoun, la capitale économique.</strong> Ils sont aussi des dizaines milliers à Mandalay, la deuxième ville du pays, et à Naypyidaw, la capitale administrative.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=4Si8CAgP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=pQNsBlfv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=TPu7vEBL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=qMHShVRa 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92d3ch.jpg?itok=_nw88wBr 1245w" alt="image" />6 février 2021 à Rangoun (AFP / Str)</div><p class="c2">La Birmanie est un pays jeune. Près de la moitié de sa population a moins de 24 ans.  La jeunesse n'a pas connu la répression sanglante de la révolte de 1988, qui avait fait environ 3.000 morts.  Les nombreux jeunes qui ont voté pour la première fois le 6 novembre, n'ont plus l'intention de voir leur bulletin piétiné. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u24b.jpg?itok=_fXG2df- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u24b.jpg?itok=7-VjYkoc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u24b.jpg?itok=uQ5f5JeJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u24b.jpg?itok=LR6hakjM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u24b.jpg?itok=jM3rvW-x 1245w" alt="image" />(AFP / Sai Aung Main)</div><p class="c2">Si la terrible épuration dont ont été victimes les musulmans rohingyas en 2017 n'avait pas eu lieu, le bilan de dix ans de démocratie serait positif.  Le niveau de vie a augmenté: un tiers des habitants vit sous le seuil de pauvreté, contre presque la moitié avant l'ouverture du pays en 2011. </p><p class="c2">Le pays s'est ouvert, exposant ses habitants à d'autres cultures, et aux réseaux sociaux, notamment à partir de 2013, quand le pays a pu commencer à disposer d'un bon accès à internet.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/LNCFSabFlrU" width="560"> </iframe><p class="c2">En dépit des coupures d'internet, les manifestants ont su contourner la censure, en utilisant des VPN ou des cartes SIM étrangères. Les images des manifestations montrent jour après jour, ces nouveaux birmans, si différents de leurs grands-parents coupés du monde pendant 49 ans.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u27e.jpg?itok=UELkJN2u 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u27e.jpg?itok=uUbltGr_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u27e.jpg?itok=G0CxYz9I 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u27e.jpg?itok=nxaOsSZ1 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92u27e.jpg?itok=nl19oueW 1245w" alt="image" />(AFP / Sai Aung Main)</div><p class="c2">Fans de Facebook, Instagram et TikTok, ils se déguisent et n'hésitent pas à afficher leurs revendications en anglais, rapidement relayées en ligne par d'autres jeunes en Thaïlande ou encore à Hong Kong.  Leurs pancartes insolentes moquent “MAH”, le chef de l'armée, comme sur cette affiche où une manifestante assure le détester davantage que “ses règles”. </p><p class="c2">Certains dénoncent aussi l'accaparement des richesses, dans ce pays qui déborde de ressources naturelles, à commencer par le jade, ou encore le pétrole et le gaz, carburants extraits principalement par la compagnie française Total et gérés par des conglomérats contrôlés par l'armée.</p><p class="c2">L'armée a aussi des intérêts dans les secteurs de la banque, des transports, de l'industrie textile, du tourisme.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92t6vk.jpg?itok=jn2Qtj53 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92t6vk.jpg?itok=t_ys1r_s 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92t6vk.jpg?itok=asruhIMk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92t6vk.jpg?itok=zASPOOKA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92t6vk.jpg?itok=FAiA_MCo 1245w" alt="image" />(AFP / )</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m76v.jpg?itok=Ic2hBihS 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m76v.jpg?itok=xWEeAUN2 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m76v.jpg?itok=CbkYbQ95 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m76v.jpg?itok=C1vYAfEA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m76v.jpg?itok=SlTkANo1 1245w" alt="image" />(AFP / Ye Aung Thu)</div></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m3qc.jpg?itok=mu8Vwb0r 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m3qc.jpg?itok=EXrQej5Z 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m3qc.jpg?itok=3wRc8vDy 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m3qc.jpg?itok=gL-su49O 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92m3qc.jpg?itok=zbC2K5Gk 1245w" alt="image" />(AFP / Ye Aung Thu)</div><p><br /> </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92q4e3.jpg?itok=NvYk_APm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92q4e3.jpg?itok=naAQ_W5h 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92q4e3.jpg?itok=XnXQwGlH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92q4e3.jpg?itok=CLFg7Cyx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92q4e3.jpg?itok=zCAT7Y6K 1245w" alt="image" />Manifestants sur le lac Inle, dans l'Etat de Shan en Birmanie, le 11 février 2021 (AFP / )</div><p class="c2">Au côté des jeunes, les médiums et sorciers birmans, ont aussi rejoint les cortèges, en porte-paroles des <strong>Nats</strong>, les 37 divinités vénérées en Birmanie,  où l'animisme et les superstitions cohabitent avec le Bouddhisme. Les esprits de l'au-delà sont fâchés, ont-ils fait savoir aux généraux: <em>“Les Nats ne veulent pas d'un régime militaire”.</em>  </p><p><strong> </strong></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92w4p6.jpg?itok=dUhlQswN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92w4p6.jpg?itok=OqZkgM6g 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92w4p6.jpg?itok=_kUaSnMA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92w4p6.jpg?itok=JUnSEgVV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_92w4p6.jpg?itok=5FZNbnPe 1245w" alt="image" />Manifestation de devins à Rangoun, le 11 février 2021 (AFP / Str)</div><p class="c2">Depuis le putsch, plus de 400  personnes ont été arrêtées et restent en détention, selon une ONG qui assiste les détenus politiques: des responsables politiques, des militants et des représentants de la société civile, y compris des journalistes, des médecins, des étudiants.  Les coupures nocturnes des communications font craindre une nouvelle répression. Dimanche, dans le nord du pays, plusieurs personnes ont été blessées. </p><p class="c2">En réaction aux vagues d'arrestations noctures, des patrouilles citoyennes veillent, installant des sacs de sable ici, alertant avec des casseroles ailleurs, pour rendre plus difficile une éventuelle intervention des forces de l'ordre. </p><div class="image image-full ww-item-full"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9376cm.jpg?itok=z8POPxHu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9376cm.jpg?itok=3UAE585b 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9376cm.jpg?itok=FhA8kjg- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9376cm.jpg?itok=chqdI5z_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_9376cm.jpg?itok=IRncLE4- 1245w" alt="image" />(AFP / Ye Aung Thu)</div><p class="c2">Le rapporteur des Nations unies Tom Andrews a pour sa part été informé de l'envoi de soldats  “depuis des régions périphériques vers Rangoun”, qui pourraient aussi être le signe d'une répression imminente. <strong>Aung Sang Suu Kyi</strong>, 75 ans, reste assignée à résidence et passible de poursuites pour “détention illégale de talkie-walkies” ou encore “violation de la loi sur la gestion des catastrophes naturelles”.</p><p class="c2">Mercredi, les manifestations sont encore descendus dans les rues. “Aidez-nous à sauver la Birmanie”, ont-ils crié à Naypyidaw, la capitale administrative.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_93482x.jpg?itok=gBml3tDT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_93482x.jpg?itok=KBYuvvlT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_93482x.jpg?itok=0tctEcIF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_93482x.jpg?itok=seP-aiV9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/burma/coup-images-feb21/000_93482x.jpg?itok=jJDe-mH- 1245w" alt="image" />(AFP / )</div><p class="c3"><em>Ce récit a été réalisé grâce au travail de l'ensemble de notre équipe à Rangoun, mobilisée jour et nuit depuis le 1er février pour couvrir la révolte de la jeunesse birmane. </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/en-birmanie-la-jeunesse-resiste-la-junte</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/en-birmanie-la-jeunesse-resiste-la-junte</guid>
      <pubDate>Thu, 18 Feb 2021 12:38:06 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Bagdad ne tient pas en un titre]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>“Quand je suis arrivé en Irak en 2017, je me disais bien qu'il y avait forcément quelque chose de magique”, écrit Ali Choukeir, ancien correspondant à Baghdad. Quatre ans, des révoltes, quelques attentats et bien des drames plus tard, voici son au revoir à un pays auquel il s'est attaché pour toujours.</strong></p><p><strong>Badgdad -</strong> En Irak, il y a une vieille blague que tout le monde connaît. L'histoire se déroule dans les années 90, au pire moment de l'embargo international contre le régime de Saddam Hussein. Un grand magicien indien s’est déplacé en Irak pour démontrer tous ses pouvoirs. Mais un militaire est sceptique: <em>“Une famille qui vit tout un mois avec un salaire qui ne dépasse pas un dollar, tu appelles ça comment?”</em>. <em>“OK, ça, c'est de la vraie magie”</em>, est obligé de répondre le magicien.</p><p>Pour moi, ça c'est l'Irak. Depuis 1.400 ans, ses habitants ont toujours dû trouver des trucs et astuces pour survivre aux tempêtes. Quand je suis arrivé en Irak en 2017, je me disais bien qu'il y avait forcément quelque chose de magique.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1tc23x.jpg?itok=DaFvPWjF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1tc23x.jpg?itok=5195Ski8 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1tc23x.jpg?itok=exOAl_9P 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1tc23x.jpg?itok=xco1VCee 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1tc23x.jpg?itok=-x8Q9W6I 1245w" alt="image" />(AFP / Hussein Faleh)</div><p>Comment les Irakiens auraient-ils survécu autrement à la guerre avec l'Iran, l'invasion du Koweït et la guerre du Golfe, l'invasion américaine d’il y a près de 20 ans et, juste avant mon arrivée, la percée du groupe Etat islamique (EI)?</p><p>Pour moi, l’Irak avait aussi un parfum d’enfance, mon enfance au Liban. Ali Baba et les 40 voleurs, Shéhérazade et le sultan Shahryar qui lui réclame des histoires, Aladdin... tous les contes qui peuplaient mes jeunes années, tirés des Mille et une nuits, se déroulaient donc... en Irak!</p><p>Le pays est aussi le berceau du grand poète Moutannabi, que j'ai lu, et c'est dans la fameuse rue Moutannabi que j'ai siroté des thés au café <strong>Chahbandar</strong> vieux d'un siècle, avec l'impression d'être assis au beau milieu d'un livre d'histoire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6343928.jpg?itok=tLo158xX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6343928.jpg?itok=HfdtKlZU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6343928.jpg?itok=Q_JGUaAH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6343928.jpg?itok=IpOUqLqs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6343928.jpg?itok=zx3ykI0G 1245w" alt="image" />(AFP / Ahmad Al-rubaye)</div><p>Il y a aussi la musique: Zyriab et ses écoles de musique toujours là, les percussionnistes de Bassora et les champions irakiens des gammes arabes... De tout cela, j'avais entendu parler avant mon arrivée. Mais j'ai été ébloui par les récits qui m'en ont été faits par les Irakiens, poètes et héritiers des civilisations qui se sont succédées sur le sol de la Mésopotamie antique.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1ax1u8.jpg?itok=ejFfjIZh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1ax1u8.jpg?itok=DT_sVFdF 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1ax1u8.jpg?itok=QjCrbW1G 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1ax1u8.jpg?itok=cJTroMv8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1ax1u8.jpg?itok=z95JNc3A 1245w" alt="image" />(AFP / Sabah Arar)</div><p>Comme journaliste, j'ai dû suivre au quotidien une actualité souvent meurtrière, qui a laissé des traces bien au-delà des frontières du pays. </p><p>Mon premier voyage en Irak date de l'automne 2016, pour prêter main-forte aux collègues dans la couverture de la bataille pour la reconquête de Mossoul, l'ancienne “capitale” de l'EI dans le Nord.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1ou.jpg?itok=lUGndwan 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1ou.jpg?itok=lHQuUixV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1ou.jpg?itok=bZsYx2MJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1ou.jpg?itok=pdYQxOEb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1ou.jpg?itok=qiFyOSPJ 1245w" alt="image" />Mossoul, 5 juillet 2017 (AFP / Fadel Senna)</div> <p>J’y suis retourné peu après m'être installé en Irak en juin 2017.</p><p>Là, moi, le journaliste libanais qui a grandi dans la guerre, j'ai vécu un choc énorme. La violence, les déplacés, c'était terrible.</p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1pr.jpg?itok=JSSKVKwF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1pr.jpg?itok=6nESjmnq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1pr.jpg?itok=4kpnSsCe 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1pr.jpg?itok=nM7jUzfz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_qb1pr.jpg?itok=J6WycBio 1245w" alt="image" />Mossoul, le 5 juillet 2017 pendant les combats pour la reprise de la ville aux forces de l'Etat islamique (EI) (AFP / Fadel Senna)</div><p>Je garde en moi le souvenir de Tabarek, cette fillette de neuf ans, encore étonnée d'avoir pu échapper avec sa grand-mère aux griffes des hommes en noir du "califat" auto-proclamé. <em>“Les jihadistes ont tué mon père et ma mère et ma soeur handicapée ont été blessées”</em>, m'a-t-elle raconté.</p><p>J'ai dû retenir mes larmes. Mais aujourd'hui encore, je ne peux réprimer un sourire quand je revois ses yeux s'illuminer alors qu’elle ouvrait délicatement l'emballage d'un chocolat. Une gourmandise qu’elle n’avait pas goûté depuis trois ans.</p><p>Ces rescapés qui arrivaient par vagues avaient tous un désir qu'ils avaient dû réprimer depuis des années. Comme ce vieil homme qui a dégusté la cigarette qu'il m'avait réclamée. <em>“Celle-là, elle vaut au moins un million de dollars”</em>, m'a-t-il glissé, malicieux. Ou comme Ahmed et Souheib, ces adolescents qui ont enfin pu taper dans un ballon de foot sans risquer des coups de fouet, l’EI ayant interdit ce sport.</p><p>La “victoire” sur l’EI, proclamée le 10 <strong>décembre 2017</strong>, c’était aussi cette somme de petits détails, incarnant la “libération”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6517813.jpg?itok=L14mFzwN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6517813.jpg?itok=lfimoyYl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6517813.jpg?itok=EDrEQWrE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6517813.jpg?itok=yqNUUV_a 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_nic6517813.jpg?itok=ArTPKi_t 1245w" alt="image" />A l'entrée de Ramadi, à 100 km à l'ouest de Bagdad, le 9 décembre 2015, pancarte de l'Etat islamique (EI) qui s'était emparé de la ville en début d'année (AFP / Ahmad Al-rubaye)</div><p>En Irak, j'ai aussi appris les “private jokes” des Irakiens. A Mossoul, au passage de notre voiture Toyota Land Cruiser, j'entendais murmurer un prénom féminin sans comprendre. En fait ici, les voitures ont des surnoms. Le Land Cruiser c’est “Monica” comme Monica Lewinsky, stagiaire à la Maison Blanche qui avait eu une liaison avec Bill Clinton. </p><p>Si la plaisanterie peut faire sourire, à Mossoul, elle était aussi synonyme d’effroi, car les jihadistes embarquaient les condamnés à mort à bord de “Monicas”.</p><p>La présidence de Bill Clinton n'est pas la seule qui ai laissé sa trace dans le langage populaire. Les voitures Chrysler sont surnommées “Obama”, parce que l'ancien président américain Barack Obama en a conduit une à une époque.</p><p>Leïla Alaoui, grande actrice égyptienne, Pikachu, le Pokémon, ou Cheikh Zayed, fondateur des Emirats Arabes Unis sont aussi devenus, ici des noms de voitures...</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_q56rr.jpg?itok=xwmcAW3I 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_q56rr.jpg?itok=g9qE5z5a 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_q56rr.jpg?itok=lMtugbO_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_q56rr.jpg?itok=5CIm28d0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_q56rr.jpg?itok=8wgI_Dt9 1245w" alt="image" />Mossoul, le 2 juillet 2017 vue sur les décombres de la mosquée où Abou Bakr al-Baghdadi avait prononcé son premier sermon en tant que dirigeant de l'Etat islamique (EI) (AFP / Ahmad Al-rubaye)</div><p>Sur le front de Tell Afar, dans la région de Mossoul, j'ai découvert la voiture “Houthiya”, un pick-up que les Irakiens ont vu les rebelles yéménites, les Houthis, utiliser à la télévision et ont décidé de renommer après eux.  En Irak, elle est devenue la signature du Hachd al-Chaabi, regroupement d'anciens paramilitaires ayant combattu l'EI.</p><p>A Tell Afar, j'ai appris beaucoup de choses. J'y ai passé douze jours à la dure. Sous 50 degrés. Et sans douche disponible au front. J'ai appris à me nourrir exclusivement de concombres et de yaourt et à me baigner là où je le pouvais: en l'occurrence dans une petite fabrique de glace pour rafraîchir les troupes!</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/T1GqA-6KNbw?controls=0" width="560"> </iframe><p>Mais la guerre n’est jamais loin et même dans les moments de détente, elle se rappelle au souvenir de tous.</p><p>Tout d'un coup, autour de moi, j'ai vu tous les combattants se pétrifier: un appel à la prière s'est élevé du village tout juste repris. Les jihadistes seraient-ils de retour? La peur était sur tous les visages. Mais alors que l'appel continuait, le muezzin a lancé une phrase que seuls les chiites prononcent. C'est bon, nous étions en sécurité, les jihadistes --sunnites-- n'étaient bel et bien plus les maîtres des lieux.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_tl8o1.jpg?itok=hXV_Y4C0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_tl8o1.jpg?itok=7fF7Eh3C 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_tl8o1.jpg?itok=u7dG94-J 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_tl8o1.jpg?itok=mcA_Qm_P 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_tl8o1.jpg?itok=OZAuxsb3 1245w" alt="image" />Manifestation de Kurdes irakiens à Erbil, capitale du Kurdistan irakien, le 21 octobre 2017 (AFP / Safin Hamed)</div><p>En <strong>septembre 2017</strong>, j'étais à Kirkouk pour le référendum d'indépendance kurde. Dans cette zone disputée, surnommée la “Jérusalem du Kurdistan”, la tension était à son comble. Face aux esprits échauffés, j'ai parfois changé mon prénom -- mon nom est Ali, le nom du gendre du prophète, figure fondatrice du chiisme-- pour ne pas être associé au camp des chiites et m'attirer des problèmes...</p><p>En revanche, il est arrivé que mon prénom et ma nationalité m'ouvrent toutes les portes en Irak --où les chiites sont majoritaires dans la population comme en politique.</p><p>J'ai aussi vécu deux soulèvements, ou “Intifadas”, comme disent les gens ici. Le premier, à <strong>l'été 2018</strong>. Alors que la planète entière suivait la Coupe du monde de foot, moi, j'avais les yeux rivés sur Bassora et des manifestations qui ont mis la cité pétrolière à feu et à sang. Fan de foot, j'ai eu bien du mal à regarder la finale France-Croatie entre coupures d'internet --  technique favorite des autorités pour museler les protestataires -- et appels à mes collègues pour transmettre les informations!</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_18x84f.jpg?itok=WwZdShbu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_18x84f.jpg?itok=evhlUjUn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_18x84f.jpg?itok=suBJstUd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_18x84f.jpg?itok=QR4Jsn0J 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_18x84f.jpg?itok=9KLUtZSb 1245w" alt="image" />Un manifestant à Bassora, le 7 septembre 2018 (AFP / Haidar Mohammed Ali)</div><p>Et la deuxième, à l<strong>'automne 2019</strong>, la “Révolution d'octobre”. Aujourd'hui finie, elle a changé à jamais le visage du pays.</p><p>En une nuit, l'Etat a tremblé sur ses fondations: les hommes armés ont pris le pouvoir. Le reste n'est qu'une succession de tueries, d'enlèvements et de menaces. Au total, près de 600 morts, 30.000 blessés et toujours aucun résultat des enquêtes officielles.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mc2cp.jpg?itok=DfBC5xcR 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mc2cp.jpg?itok=BkZLKu3U 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mc2cp.jpg?itok=52cgyTx8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mc2cp.jpg?itok=vpeRsqJj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mc2cp.jpg?itok=3096sfgG 1245w" alt="image" />Bassora, le 17 novembre 2019 (AFP / Hussein Faleh)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mh52r.jpg?itok=fumP5zJD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mh52r.jpg?itok=KtLAm6XI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mh52r.jpg?itok=utDm3AO3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mh52r.jpg?itok=VtCD3Ejy 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mh52r.jpg?itok=jBXLoM3L 1245w" alt="image" />Bagdad, le 22 novembre 2019 (AFP / Ahmad Al-rubaye)</div></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mz4i7.jpg?itok=kmcsMq2h 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mz4i7.jpg?itok=fwTp7NWI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mz4i7.jpg?itok=NeXIcA0Y 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mz4i7.jpg?itok=0U8libi4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1mz4i7.jpg?itok=4uPivNv3 1245w" alt="image" />Manifestation à Najaf, le 11 décembre 2019 (AFP / Haidar Hamdani)</div><p>Quand nous pensions que la situation allait se calmer, <strong>début 2020</strong>... le général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant irakien Abou Mehdi al-Mouhandis ont été tués par une frappe de drone ordonnée par Donald Trump, le 3 janvier ! Nous nous préparions à la guerre totale. Et nous avons finalement eu... le Covid-19!</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1p66ti.jpg?itok=Xn0EozGv 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1p66ti.jpg?itok=nmOXTyeM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1p66ti.jpg?itok=X5YmeeZC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1p66ti.jpg?itok=VSvz26jq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/baghdad-farewell-feb21/000_1p66ti.jpg?itok=CuqhzORI 1245w" alt="image" />(AFP / Haidar Hamdani)</div><p>Sept mois sans pouvoir quitter Bagdad. De quoi resserrer les liens entre journalistes, déjà habitués à se fréquenter souvent en temps normal. J'ai mis à profit mes talents de cuisinier pour nourrir la plupart d'entre eux, et en premier lieu mes collègues de l'AFP, car à Bagdad, nous vivons tous ensemble dans la même maison. </p><p>J'ai aussi dû répondre aux questions gênantes des confrères irakiens. <em>“On a une place Beyrouth à Bagdad, alors pourquoi n'y a-t-il pas de place Bagdad à Beyrouth?”</em>, m'a ainsi lancé mon ami Mustafa, correspondant du Washington Post.</p><p>A force de les fréquenter, j'ai fini par devenir moi aussi, un peu Irakien. Il y a des mots en arabe qui resteront. Je répond maintenant <em>“khouch”</em>, <em>“bien”</em> en Irakien, quand on me demande comment ça va. Et <em>“tetdalal”</em>, <em>“avec plaisir”</em> en irakien, quand on me prie de faire quelque chose.</p><p>A quelques jours de mon départ, je me disais que finalement, les souvenirs agréables l'emportent toujours, même si ce pays est ravagé par la violence. Mais la réalité m'a rattrapé. Ou plutôt les balles qui ont transpercé le corps de notre ami Hicham al-Hachémi, spécialiste international des jihadistes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/hisham-death-obit-july2020/000_1us1ad.jpg?itok=XVZ5TNHn 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/hisham-death-obit-july2020/000_1us1ad.jpg?itok=x0I8ANWS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/hisham-death-obit-july2020/000_1us1ad.jpg?itok=NaOuH5xl 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/hisham-death-obit-july2020/000_1us1ad.jpg?itok=W_UxUTlD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/hisham-death-obit-july2020/000_1us1ad.jpg?itok=wE26JW18 1245w" alt="image" />Hommage à Hicham al-Hachémi le 7 juillet 2020 à Bagdad, Place Tahrir (AFP / Ahmad Al-rubaye)</div><p>Nous savions que le danger n'était jamais loin. Mais là, il s'est rapproché plus près et plus vite que nous aurions pu l'imaginer. Le choc, les larmes... Après avoir écrit tant d'articles le citant, ce fut compliqué d'écrire un article annonçant sa mort.</p><p>Et surtout, avec cette nouvelle, Bagdad a perdu un peu de son éclat pour moi. Mais la magie du vieux sage indien flotte encore dans l’air. Envers et contre tout, une fois qu'on a vécu à Bagdad, on garde toujours une question en tête: “Quand y retournerai-je?”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/tigris.jpg?itok=Fjzm1iSM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/tigris.jpg?itok=XvTf9ZaV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/tigris.jpg?itok=k1vlrspG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/tigris.jpg?itok=f_qbw4c6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/iraq/tigris.jpg?itok=RgXE6agF 1245w" alt="image" />(AFP/ Ali Choukeir)</div><p class="c2"><em>Récit d'Ali Choukeir traduit par Sarah Benhaida à Bagdad. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris. </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/bagdad-ne-tient-pas-en-un-titre</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/bagdad-ne-tient-pas-en-un-titre</guid>
      <pubDate>Sat, 13 Feb 2021 09:38:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[En Bolivie, sur les terres du lithium]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Uyuni (Bolivia)</strong> - C'est un voyage pour s'évader, vraiment, sans réseau, sans accès à internet, où l'on n'existe plus que pour soi et ses compagnons de route... Les paysages sont si étranges qu'ils ne semblent pas de ce monde. La conséquence heureuse d'un reportage sur le retour d'Evo Morales sur ses terres, après un an d'exil en Argentine, qui m'ont notamment menée jusqu'à Uyuni, cette ville aux immenses réserves de lithium sur laquelle l'ancien dirigeant fonde encore tant d'espoirs. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6101.jpg?itok=9WuXFkx6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6101.jpg?itok=z14_FP76 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6101.jpg?itok=o9AK7ZBU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6101.jpg?itok=ds-pQbWe 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6101.jpg?itok=812PiobC 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Avec le photographe Ronaldo Schemidt et le journaliste reporter d'images Carlos Reyes, nous avons parcouru bien des lieux  d'Amérique latine dans le cadre de nos missions pour l'AFP. Mais cette fois, nous avons eu le sentiment d'être immergés dans une superproduction cinématographique, tant les paysages nous coupaient le souffle.</p><p>Evo Morales a commencé son périple à  Villazón, une petite ville proche de la frontière argentine. Le voyage était conçu comme un <em>road trip</em> triomphal en convoi, avec une centaine de voitures. Il devait le mener jusqu'à Chimoré, au coeur de la Bolivie <em>cocalera</em>, où l'on vit de la culture de la feuille de coca.</p><p>Des milliers de paysans ou de mineurs, presque tous indigènes - avec 41% des 11,5 millions d'habitants la Bolivie est l'un des pays d'Amérique latine qui compte la plus grande population indigène -  l'ont attendu pendant des heures dans les différentes villes traversées, répétant à chaque fois la même chose :  <em>“Evo est comme nous”.</em> Vêtus de leurs costumes traditionnels, ils ont agité la whipala, le drapeau aux sept couleurs représentant les communautés andines.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gf.jpg?itok=Mt5pDFWM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gf.jpg?itok=Fq8z2X0m 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gf.jpg?itok=yWPQ2Fmm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gf.jpg?itok=rPbBjzae 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gf.jpg?itok=4mN0Om8A 1245w" alt="image" />L'attente d'Evo Morales, à Atocha, en Bolivie (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Les trois étapes principales du périple étaient Uyuni, sur les hauts plateaux, Orinoca, ville natale d'Evo Morales, et  Chimoré, dans le centre du pays, où s'est forgée sa carrière politique. C'est aussi Chimoré qui l'a reccueilli, quand, chassé du pouvoir, il s'y est arrêté avant de partir pour le Mexique puis l'Argentine, fin 2019.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83y.jpg?itok=Y_qeXel7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83y.jpg?itok=J0cLURgV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83y.jpg?itok=QRk_dD4d 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83y.jpg?itok=hDFQ0lkX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83y.jpg?itok=STE8QGvN 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Pour notre part, nous avons atterri à Cochabamba (nord), depuis Buenos Aires. Les frontières terrestres étant fermées pour cause de pandémie, c'était la seule porte d'entrée. Puis, nous devions rejoindre Evo Morales à Villazón, à plus de 1.000 km au sud.</p><p>Un défi: à plus de 4,000 d'altitude, des montées, des descentes, des virages, encore des virages, des plateaux, des vallées, des pics montagneux et des déserts...</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gh.jpg?itok=PyaO_-lE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gh.jpg?itok=YO_Vmg-x 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gh.jpg?itok=q8kW_vao 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gh.jpg?itok=RUZH7M-J 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gh.jpg?itok=19XcKJ38 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Heureusement, nous avions pu embaucher un chauffeur bolivien. Les accidents sont monnaie courante. Nous sommes ensuite repartis vers le nord, en sens inverse, mais cette fois avec le convoi.</p><p>A Villazón, une ville frontalière, Evo Morales est donc rentré à pied au pays accompagné du président argentin Alberto Fernandez.  </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83r.jpg?itok=5PY5js9t 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83r.jpg?itok=6-F_2aeu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83r.jpg?itok=fO7IVLNY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83r.jpg?itok=JDkrcCjF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy83r.jpg?itok=JQzBeOG8 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2ge.jpg?itok=eHXjYRTd 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2ge.jpg?itok=-ituDk93 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2ge.jpg?itok=YqbN-pYS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2ge.jpg?itok=KIcufSlp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2ge.jpg?itok=7sGrdXaD 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>C'est ensuite qu'il a rejoint <strong>Uyuni</strong> avec son convoi. Il était déjà minuit, mais des centaines d'habitants l'attendaient encore. Ici, sous son mandat, l'éclairage public a été installé, un aéroport et des routes qui ont mis fin à l'isolement d'Uyuni ont été construits.  <em>“Merci beaucoup mes frères et soeurs, c'est grâce à vos voix que j'ai pu rentrer... Que viva Bolivia” !,</em> a-t-il dit  à la foule.</p></div><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_8ux3rd.jpg?itok=8dseTpeB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_8ux3rd.jpg?itok=cxKYzI_d 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_8ux3rd.jpg?itok=rJkKLxVN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_8ux3rd.jpg?itok=AwSqWrYu 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_8ux3rd.jpg?itok=X7wZGYwD 1245w" alt="image" />Evo Morales à Uyuni, en Bolivie, le 10 novembre 2020 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p class="clear">Uyuni, 30.000 habitants, ancienne étape du Dakar et haut lieu du tourisme déserté pour cause de pandémie, se préparait depuis des jours à l'arrivée de Morales. </p><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd6585102.jpg?itok=LuZGKqKb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd6585102.jpg?itok=vHeu-7BZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd6585102.jpg?itok=Ia5lE8pI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd6585102.jpg?itok=W0VOhylq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd6585102.jpg?itok=nWYpPljo 1245w" alt="image" />Dans le centre d'Uyuni, lors du passage du Rallye Dakar, en janvier 2014 (AFP / Franck Fife)</div><p class="clear">J'y ai eu le sentiment de parcourir une ville oubliée du monde, enfouie dans le passé. Le paysage était lunaire, sans arbres, royaume de chiens errants. Les rues, larges et poussiéreuses, y sont conçues pour laisser passer les camions. </p><p class="clear"> </p><p class="clear">Et puis soudain, nous avons vu le salar d'Uyuni. Situé sur les hauts plateaux andins, le salar figure sur tous les guides des sites d'Amérique latine qu'il faut avoir vu au moins une fois dans sa vie. Il n'existe aucune autre étendue de sel située à si haute altitude, 3.600 mètres, et occupant une plus grande superficie. C'est aussi la plus vaste réserve connue de lithium au monde, 21 millions de tonnes selon des calculs officiels. </p><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6327.jpg?itok=F4CcBQ3x 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6327.jpg?itok=Zm_X9qHC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6327.jpg?itok=lPPZFhn- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6327.jpg?itok=CyQAkmCC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6327.jpg?itok=ND9ckuMg 1245w" alt="image" />(AFP/ Ronaldo Schemidt)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6353.jpg?itok=H0B07x71 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6353.jpg?itok=1RtV_7BT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6353.jpg?itok=tfnNh3Os 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6353.jpg?itok=ZPzXWlvJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6353.jpg?itok=MJuK5BQI 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Une habitante rencontrée sur place nous a expliqué que la magie se produit lors de la saison des pluies, entre décembre et mars. La fine couche d'eau de pluie qui stagne sur le sel, provoque un effet miroir, au point que l'on croit marcher sur les nuages. </p><p>Lors de notre visite, le désert de sel était parsemé de petits monticules ici et là et de figures craquelées, hexagonales, hasards de l'évaporation de l'eau. Le soleil brûlait, rendu encore plus féroce par la réverberation de ses rayons sur le sel. La nuit, en revanche, le froid était intense.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6425.jpg?itok=916ACWCE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6425.jpg?itok=Gpu5gLg0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6425.jpg?itok=8h-bA8Nz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6425.jpg?itok=yrf0y-B5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6425.jpg?itok=xoGRC4nE 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Pour Evo Morales, président de Bolivie entre 2006 et 2019, ce salar revêt une importance particulière. Ce sont, selon lui, ses réserves de lithium qui ont motivé “le coup d'Etat” qui l'a visé après la crise politique et les accusations de fraude électorale qui ont secoué les élections de 2019.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6152.jpg?itok=hm47SGoi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6152.jpg?itok=FYksxR08 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6152.jpg?itok=h6Lf8GS8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6152.jpg?itok=iv0WZ4B- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6152.jpg?itok=YGAc7JPc 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Le salar  entouré de montagnes, dont le volcan Tunupa, a par endroits une profondeur de 120 mètres, soit une dizaine de couches de sel, d'épaisseurs variables, entre deux et dix mètres chacune. Entre  chaque couche se glisse une eau qui deviendra ensuite saumure. La couche supérieure est solide: les 4x4 du rallye Dakar y transitent sans souci. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6402.jpg?itok=es7vKk4V 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6402.jpg?itok=VvvUAASw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6402.jpg?itok=oJbXFo0a 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6402.jpg?itok=I96BNU8Y 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6402.jpg?itok=dgslXOW8 1245w" alt="image" />Salar de Uyuni, Bolivia (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Le lithium, c'est l'obsession de Morales. Vingt-quatre heures après son retour en Bolivie, il a d'ailleurs déjà donné rendez-vous à la presse pour parler exclusivement d'un projet d'industrialisation du lithium, minerai indispensable pour les batteries qui équipent des millions d'ordinateurs portables, téléphones et voitures électriques. Le lithium prend différentes formes, dont le carbonate de lithium, un sel incolore, qui est utilisé dans les batteries de type Li-ion.  </p><p>Le chef aymara assure que l'arrivée à la présidence bolivienne de son ancien ministre de l'Economie Luis Arce, va relancer les projets qu'ils n'ont pas réussi à mener quand il dirigeait le pays.</p><p><em>“A qui appartiennent les ressources naturelles ? aux peuples sous administration de leur Etat ? Ou aux intérêts privés, au nom du pillage des multinationales?”</em>,  demande Morales lors d'une prise de parole dans l'un des hotels face au salar. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy9yl.jpg?itok=8gXxXYY- 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy9yl.jpg?itok=uxmkEDar 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy9yl.jpg?itok=161Am393 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy9yl.jpg?itok=HlE2pdrR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/8uy9yl.jpg?itok=Mt1qYuBd 1245w" alt="image" />Evo Morales à Orinoca, en Bolivie, le 10 novembre 2020 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gc.jpg?itok=AJa1BOtX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gc.jpg?itok=1zYGH06H 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gc.jpg?itok=BIuUxdCK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gc.jpg?itok=QA5YTr4D 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/8ux2gc.jpg?itok=ClOBB2Pv 1245w" alt="image" />En attendant Evo Morales, à Santa Rosa, Bolivie, le 9 novembre 2020 (AFP / Ronaldo Schemidt)</div></div><p class="clear">Le lithium nourrit depuis des années les espoirs de la Bolivie, un pays dont 40% des habitants sont pauvres. Mais la corruption, une mauvaise gestion, et la crise politique ont eu raison de ces projets. Un important contrat signé sous la présidence de Morales avec l'Allemagne n'a jamais abouti. Deux autres, passés avec la Russie et une entreprise chinoise sont paralysés par la crise sanitaire.</p><p class="clear"> </p><p><em>“Nous sommes convaincus que deux ou trois pays seulement seront amenés à fixer le prix du lithium au niveau mondial. C'est une question de souveraineté, c'est entre nos mains ”,</em> assure encore Morales. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1073435.jpg?itok=72kaoCdC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1073435.jpg?itok=2TsvLp8A 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1073435.jpg?itok=Ins3ErRO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1073435.jpg?itok=Iw3dl3SU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1073435.jpg?itok=KVQ6cHzI 1245w" alt="image" />Lors d'un voyage à Uyuni, le 29 octobre 2009, déjà, la promesse de l'industrialisation du lithium. (AFP / Aizar Raldes)</div><p>Le prix de cet “or blanc”,  indispensable aussi aux pays riches a flambé ces dernières années. Entre 2008-2015 il était en moyenne de 4.300 dollars la tonne. En 2018 il a atteint un sommet, à 16.500 dollars.</p><p>Les cours ont ensuite chuté en raison d'une offre trop importante sur ce marché où l'Argentine, deuxième pays ayant les plus importantes réserves (19 millions de tonnes), et le Chili, le troisième (neuf millions), forment avec la Bolivie le “triangle du lithium”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1623709.jpg?itok=q3ZGgnlO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1623709.jpg?itok=M82KHbyq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1623709.jpg?itok=744vwk9O 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1623709.jpg?itok=wnoHodP1 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/bolivia/000_mvd1623709.jpg?itok=9zmRt3oJ 1245w" alt="image" />Projet pilote d'industrialisation du lithium à Uyuni, le 14 juillet 2011 (AFP / Aizar Raldes)</div><p>Mais Benny Hinojosa, une vendeuse rencontrée à Uyuni, ne croit plus au miracle.  <em>“L'ancien président nous a dit qu'il va lancer un nouveau plan de développement, mais il n'ont rien fait, en douze ans”</em>, dit-elle. </p><p>Avant notre départ, la guide Jenny Mamani, 28 ans, nous conseille de faire une halte au cimetière de trains et locomotives abandonnés qui se trouve aux abords de la ville d'Uyuni. C'est une des attractions touristiques les plus prisées. Des vestiges de l'époque où l'on exploitait ici des mines d'or, d'argent et d'étain notamment.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/rsa_6181.jpg?itok=TqXbsGqY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/rsa_6181.jpg?itok=iN4jnpR3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/rsa_6181.jpg?itok=fEk_Tkgz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/rsa_6181.jpg?itok=hYHKO35i 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/rsa_6181.jpg?itok=dPFGMiHu 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>Elle nous confie qu'ici, à la fin du XIXe siècle, quand l'industrie minière vivait son âge d'or, on a construit la première ligne de chemin de fer de toute la Bolivie, qui reliait Uyuni, à la ville côtière d'Antofagasta, à 650 km au sud-ouest, sur le Pacifique. Après la guerre du Pacifique qui opposa le Chili au Pérou et à la Bolivie (1879-1929), le Chili a annexé le département d'Atacama, où se trouve Antofagasta, et privé la Bolivie de son accès la mer. </p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6249.jpg?itok=uZG8ZxeX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6249.jpg?itok=u2oSDV1A 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6249.jpg?itok=nM479ZyP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6249.jpg?itok=sTsdEHiD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/rsa_6249.jpg?itok=RNEms0Aj 1245w" alt="image" />(AFP / Ronaldo Schemidt)</div><p>J'ai senti que je voyageais dans le passé, dont il ne restait que ce tas de trains rouillés.  Et je me suis dit, que pour beaucoup d'habitants d'Uyuni, le projet du lithium... pourrait subir le même sort. Un rêve de progrès, suivi d'une mort prématurée, que l'on accepte avec fatalisme, à l'image de l'inscription trouvée sur l'une des locomotives: <em>“Ainsi va la vie”</em>.</p><p class="c2">Ecoutez ici le podcast sur l'ensemble du voyage (en Espagnol) </p><iframe frameborder="no" height="300" scrolling="no" src="https://w.soundcloud.com/player/?url=https%3A//api.soundcloud.com/tracks/948865324&amp;color=%236c6c5c&amp;auto_play=false&amp;hide_related=false&amp;show_comments=true&amp;show_user=true&amp;show_reposts=false&amp;show_teaser=true&amp;visual=true" width="100%"> </iframe><p><a href="https://soundcloud.com/user-182659674" class="c3" target="_blank" title="Yanina Olivera">Yanina Olivera</a> · <a href="https://soundcloud.com/user-182659674/podcast-el-regreso-de-evo-morales-a-bolivia" class="c3" target="_blank" title="Podcast - El regreso de Evo Morales a Bolivia">Podcast - El regreso de Evo Morales a Bolivia</a></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/en-bolivie-sur-les-terres-du-lithium</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/en-bolivie-sur-les-terres-du-lithium</guid>
      <pubDate>Sun, 07 Feb 2021 21:14:06 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les moufles de Bernie, coulisses d'une photo]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une image culte. Des milliers de mèmes et un festival de créativité. La photographie du sénateur américain Bernie Sanders, jambes et bras croisés, les mains au chaud dans des moufles en laine un peu trop grands en pleine cérémonie d'investiture du démocrate Joe Biden mercredi 20 janvier est devenue un phénomène si viral sur internet, où “Bernie” avait déjà bonne presse, qu'elle a écrasé, en popularité, toutes les autres images de ce jour historique. </p><p>Bernie s'est soudain retrouvé sur la lune avec Neil Armstrong, à la conférence de Yalta avec Churchill, Staline et Roosevelt, en haut d'un gratte-ciel de New York, les jambes se balançant dans le vide, ou encore en compagnie des protagonistes de Forrest Gump... </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p>L'original, on le doit au photographe de l'AFP <a href="https://twitter.com/b_smialowski"><strong>Brendan Smialowski</strong></a>. Photographe au bureau de Washington depuis 2012, Brendan n'imaginait pas, évidemment, que cette photographie deviendrait un phénomène planétaire. “Comment aurais-je pu m'en douter?”, dit-il. “Bien sûr, en la prenant, je me suis dit que cela valait la peine, mais au-delà de ça... ?”   </p><p>Bernie Sanders, 79 ans, est socialiste et fier de l'être dans un pays où ce mot reste décrié. Il a été deux  fois candidat à l'élection présidentielle américaine, sans réussir à se qualifier lors des primaires démocrates.  Pour ses fans, son originalité fait partie de son charme. A tel point que le hashtag #Feelthebern a dépassé #Biden le jour de l'investiture.    </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p>La journée avait commencé tôt pour Brendan, l'un des photographes responsables de la couverture de la prestation de serment de Joe Biden, sans doute le jour le plus important de l'année aux Etats-Unis. Il s'était levé à 4h00 du matin, histoire d'arriver à temps pour passer tous les contrôles de sécurité prévus dans le centre-ville, transformé en camp retranché.  </p><p>Brendan devait couvrir le carré VIP, et avait passé sa matinée les yeux rivés sur les gradins, guettant notamment les moindres faits et gestes des sénateurs républicains Ted Cruz et Josh Hawley, accusés d'avoir encouragé une foule de supporters de Donald Trump à prendre d'assaut le Congrès américain pour empêcher la validation de l'élection de Joe Biden. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=gy_O0pSi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=HtqKaKTt 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=YM0DXfUx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=MXc-1Ecx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=YdAp3gaZ 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><p>Quand Brendan a aperçu Sanders, la matinée touchait à sa fin. L'homme politique avait aussi été photographié par Olivier Douliery,  se déplaçant ici et là, mais il était alors installé tranquillement sur une chaise, maintenant la distance de sécurité devenue de rigueur en ces temps de pandémie.</p><p>“C'était un morceau de vie sympathique. Bernie, égal à lui-même, un homme bien dans sa peau,  facile à percer quand on l'observe. la manière dont il est vêtu à ce moment là, sa parka marron, les moufles, on voit bien qu'il n'est pas là pour un fashion show… Il est juste, au boulot. C'était dans son planning du jour, après il enchainerait sur l'activité suivante”. Click. Brendan a bien cadré sa photo et appuyé sur le déclencheur avant de l'envoyer au desk d'édition. Sans plus.   </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=fM7XJgWe 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=zngAdvF4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=7JnI6QkZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=M6ra91sP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=uzxQZmZN 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><p>“C'est une image assez simple finalement. La beauté réside dans la simplicité de cet instant”. En quelques heures, pendant que Brendan continuait à documenter la cérémonie d'investiture du 46e président des Etats-Unis, la photographie a été partagée des milliers de fois, devenant l'un des souvenirs marquants de cette journée. L'image de l'homme et ses moufles trop grands, reprise et transformée en multiples mèmes, a dépassé en popularité celle de la super star Lady Gaga entonnant l'hymne américain ou encore celle Kamala Harris, première femme vice-présidente des Etats-Unis.   </p><p>Les gants de Sanders avaient pourtant déjà eu leur petit succès. Des comptes Twitter y étaient consacrés. Mais cet événement planétaire, les a propulsées au rang d'objet culte. C'est une enseignante du Vermont, dans le nord-est des Etats-Unis, <a href="https://twitter.com/vtawesomeness">Jen Ellis</a>, qui les lui a offertes, après les avoir tricotées elle-même en recyclant de la laine et des bouteilles en plastique. “Il y avait déjà eu des mèmes sur les moufles, j'ai surfé sur une vague déjà existante”, s'amuse Brendan.     </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=Ml5EH3Ad 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=9J4DjSRZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=rVuhTH2f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=OdLyCuC0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=xjZRCA7j 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p>Sur le moment, cependant, c'était pour Brendan une photo de plus de cette journée trépidante où il avait peu de temps pour travailler sur la composition de ses images.</p><p>Quand il a le temps, Brendan aime réfléchir avant d'appuyer sur le déclencheur, et s'assure que ses photographies racontent une histoire et poussent les gens à réfléchir.  Ce n'est pas le genre de travail que l'on peut faire pendant une cérémonie d'investiture.  “Dans ces cas, je sais que ma mission est avant tout de m'assurer que l'on a de bonnes photographies, puissantes, qui permettent à ceux qui n'assistent pas à la cérémonie d'avoir une idée de son déroulement”. </p><p>Ce n'est pas la première photo virale de Brendan cependant. Peu après l'investure de Donald Trump, il a saisi cet instant où la conseillère <a href="https://twitter.com/kellyannepolls">Kellyanne Conway</a>, déchaussée, s'est installée comme si elle était chez elle sur un canapé beige du Bureau ovale. Elle vient tout juste de prendre une photo, avec son téléphone portable, des dirigeants des principales universités noires américaines rassemblés par le président.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=gJJGdBWb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=ixAyzuNf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=gnbIdL8u 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=66YhMmJD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=D1vgqnOj 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=q3lzHFuX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=fWZt3a_B 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=ORJmuLCr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=iEKMcwXt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=vmrMVX5h 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div></div><p>Une autre image, d'une cycliste faisant un doigt d'honneur au cortège de Donald Trump, <a href="https://twitter.com/julibriskman/status/1039900730625286144?s=20">Juli Briskman</a>, avait également fait le tour de la toile. </p><p>“Ce qui est sympa avec les mèmes de Bernie, c'est qu'ils sont joyeux. Les deux autres photographies ont donné lieu à des commentaires assez désagréables”, avoue Brendan.  La cycliste avait perdu son emploi... mais elle avait finalement obtenu un mandat local un an plus tard.  Que penser des mèmes alors Brendan ? “J'aime que l'on respecte le travail des photojournalistes, mais c'est aussi amusant de voir à quel point les gens peuvent être créatifs !”  </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/les-moufles-de-bernie-coulisses-dune-photo</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/les-moufles-de-bernie-coulisses-dune-photo</guid>
      <pubDate>Mon, 25 Jan 2021 00:12:09 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les mitaines de Bernie, coulisses d'une photo]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une image culte. Des milliers de mèmes et un festival de créativité. La photographie du sénateur américain Bernie Sanders, jambes et bras croisés, les mains au chaud dans des mitaines en laine un peu trop grandes en pleine cérémonie d'investiture du démocrate Joe Biden mercredi 20 janvier est devenue un phénomène si viral sur internet, où “Bernie” avait déjà bonne presse, qu'elle a écrasé, en popularité, toutes les autres images de ce jour historique. </p><p>Bernie s'est soudain retrouvé sur la lune avec Neil Armstrong, à la conférence de Yalta avec Churchill, Staline et Roosevelt, en haut d'un gratte-ciel de New York, les jambes se balançant dans le vide, ou encore en compagnie des protagonistes de Forrest Gump... </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p>L'original, on le doit au photographe de l'AFP <a href="https://twitter.com/b_smialowski"><strong>Brendan Smialowski</strong></a>. Photographe au bureau de Washington depuis 2012, Brendan n'imaginait pas, évidemment, que cette photographie deviendrait un phénomène planétaire. “Comment aurais-je pu m'en douter?”, dit-il. “Bien sûr, en la prenant, je me suis dit que cela valait la peine, mais au-delà de ça... ?”   </p><p>Bernie Sanders, 79 ans, est socialiste et fier de l'être dans un pays où ce mot reste décrié. Il a été deux  fois candidat à l'élection présidentielle américaine, sans réussir à se qualifier lors des primaires démocrates.  Pour ses fans, son originalité fait partie de son charme. A tel point que le hashtag #Feelthebern a dépassé #Biden le jour de l'investiture.    </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p>La journée avait commencé tôt pour Brendan, l'un des photographes responsables de la couverture de la prestation de serment de Joe Biden, sans doute le jour le plus important de l'année aux Etats-Unis. Il s'était levé à 4h00 du matin, histoire d'arriver à temps pour passer tous les contrôles de sécurité prévus dans le centre-ville, transformé en camp retranché.  </p><p>Brendan devait couvrir le carré VIP, et avait passé sa matinée les yeux rivés sur les gradins, guettant notamment les moindres faits et gestes des sénateurs républicains Ted Cruz et Josh Hawley, accusés d'avoir encouragé une foule de supporters de Donald Trump à prendre d'assaut le Congrès américain pour empêcher la validation de l'élection de Joe Biden. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=gy_O0pSi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=HtqKaKTt 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=YM0DXfUx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=MXc-1Ecx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=YdAp3gaZ 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><p>Quand Brendan a aperçu Sanders, la matinée touchait à sa fin. L'homme politique avait aussi été photographié par Olivier Douliery,  se déplaçant ici et là, mais il était alors installé tranquillement sur une chaise, maintenant la distance de sécurité devenue de rigueur en ces temps de pandémie.</p><p>“C'était un morceau de vie sympathique. Bernie, égal à lui-même, un homme bien dans sa peau,  facile à percer quand on l'observe. la manière dont il est vêtu à ce moment là, sa parka marron, les mitaines, on voit bien qu'il n'est pas là pour un fashion show… Il est juste, au boulot. C'était dans son planning du jour, après il enchainerait sur l'activité suivante”. Click. Brendan a bien cadré sa photo et appuyé sur le déclencheur avant de l'envoyer au desk d'édition. Sans plus.   </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=fM7XJgWe 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=zngAdvF4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=7JnI6QkZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=M6ra91sP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=uzxQZmZN 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><p>“C'est une image assez simple finalement. La beauté réside dans la simplicité de cet instant”. En quelques heures, pendant que Brendan continuait à documenter la cérémonie d'investiture du 46e président des Etats-Unis, la photographie a été partagée des milliers de fois, devenant l'un des souvenirs marquants de cette journée. L'image de l'homme et ses mitaines trop grandes, reprise et transformée en multiples mèmes, a dépassé en popularité celle de la super star Lady Gaga entonnant l'hymne américain ou encore celle Kamala Harris, première femme vice-présidente des Etats-Unis.   </p><p>Les mitaines de Sanders avaient pourtant déjà eu leur petit succès. Des comptes Twitter y étaient consacrés. Mais cet événement planétaire, les a propulsées au rang d'objet culte. C'est une enseignante du Vermont, dans le nord-est des Etats-Unis, <a href="https://twitter.com/vtawesomeness">Jen Ellis</a>, qui les lui a offertes, après les avoir tricotées elle-même en recyclant de la laine et des bouteilles en plastique. “Il y avait déjà eu des mèmes sur les mitaines, j'ai surfé sur une vague déjà existante”, s'amuse Brendan.     </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=Ml5EH3Ad 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=9J4DjSRZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=rVuhTH2f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=OdLyCuC0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=xjZRCA7j 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p>Sur le moment, cependant, c'était pour Brendan une photo de plus de cette journée trépidante où il avait peu de temps pour travailler sur la composition de ses images.</p><p>Quand il a le temps, Brendan aime réfléchir avant d'appuyer sur le déclencheur, et s'assure que ses photographies racontent une histoire et poussent les gens à réfléchir.  Ce n'est pas le genre de travail que l'on peut faire pendant une cérémonie d'investiture.  “Dans ces cas, je sais que ma mission est avant tout de m'assurer que l'on a de bonnes photographies, puissantes, qui permettent à ceux qui n'assistent pas à la cérémonie d'avoir une idée de son déroulement”. </p><p>Ce n'est pas la première photo virale de Brendan cependant. Peu après l'investure de Donald Trump, il a saisi cet instant où la conseillère <a href="https://twitter.com/kellyannepolls">Kellyanne Conway</a>, déchaussée, s'est installée comme si elle était chez elle sur un canapé beige du Bureau ovale. Elle vient tout juste de prendre une photo, avec son téléphone portable, des dirigeants des principales universités noires américaines rassemblés par le président.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=gJJGdBWb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=ixAyzuNf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=gnbIdL8u 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=66YhMmJD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=D1vgqnOj 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=q3lzHFuX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=fWZt3a_B 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=ORJmuLCr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=iEKMcwXt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=vmrMVX5h 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div></div><p>Une autre image, d'une cycliste faisant un doigt d'honneur au cortège de Donald Trump, <a href="https://twitter.com/julibriskman/status/1039900730625286144?s=20">Juli Briskman</a>, avait également fait le tour de la toile. </p><p>“Ce qui est sympa avec les mèmes de Bernie, c'est qu'ils sont joyeux. Les deux autres photographies ont donné lieu à des commentaires assez désagréables”, avoue Brendan.  La cycliste avait perdu son emploi... mais elle avait finalement obtenu un mandat local un an plus tard.  Que penser des mèmes alors Brendan ? “J'aime que l'on respecte le travail des photojournalistes, mais c'est aussi amusant de voir à quel point les gens peuvent être créatifs !”  </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/les-mitaines-de-bernie-coulisses-dune-photo</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/les-mitaines-de-bernie-coulisses-dune-photo</guid>
      <pubDate>Sat, 23 Jan 2021 19:32:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les mitaines et les mèmes de Bernie]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une image culte. Des milliers de meme et un festival de créativité. La photographie du sénateur américain Bernie Sanders, jambes et bras croisés, les mains au chaud dans des mitaines en laine un peu trop grandes en pleine cérémonie d'investiture du démocrate Joe Biden mercredi 20 janvier est devenue un phénomène si viral sur internet, où “Bernie” avait déjà bonne presse, qu'elle a écrasé, en popularité, toutes les autres images de ce jour historique. </p><p>Bernie s'est soudain retrouvé sur la lune avec Neil Armstrong, à la conférence de Yalta avec Churchill, Staline et Roosevelt, en haut d'un gratte-ciel de New York, les jambes se balançant dans le vide, ou encore en compagnie des protagonistes de Forrest Gump... </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p>L'original, on le doit au photographe de l'AFP <a href="https://twitter.com/b_smialowski"><strong>Brendan Smialowski</strong></a>. Photographe au bureau de Washington depuis 2012, Brendan n'imaginait pas, évidemment, que cette photographie deviendrait un phénomène planétaire. “Comment aurais-je pu m'en douter?”, dit-il. “Bien sûr, en la prenant, je me suis dit que cela valait la peine, mais au-delà de ça... ?”   </p><p>Bernie Sanders, 79 ans, est socialiste et fier de l'être dans un pays où ce mot reste décrié. Il a été deux  fois candidat à l'élection présidentielle américaine, sans réussir à se qualifier lors des primaires démocrates.  Pour ses fans, son originalité fait partie de son charme. A tel point que le hashtag #Feelthebern a dépassé #Biden le jour de l'investiture.    </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p>La journée avait commencé tôt pour Brendan, l'un des photographes responsables de la couverture de la prestation de serment de Joe Biden, sans doute le jour le plus important de l'année aux Etats-Unis. Il s'était levé à 4h00 du matin, histoire d'arriver à temps pour passer tous les contrôles de sécurité prévus dans le centre-ville, transformé en camp retranché.  </p><p>Brendan devait couvrir le carré VIP, et avait passé sa matinée les yeux rivés sur les gradins, guettant notamment les moindres faits et gestes des sénateurs républicains Ted Cruz et Josh Hawley, accusés d'avoir encouragé une foule de supporters de Donald Trump à prendre d'assaut le Congrès américain pour empêcher la validation de l'élection de Joe Biden. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=gy_O0pSi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=HtqKaKTt 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=YM0DXfUx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=MXc-1Ecx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=YdAp3gaZ 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><p>Quand Brendan a aperçu Sanders, la matinée touchait à sa fin. L'homme politique avait aussi été photographié par Olivier Douliery,  se déplaçant ici et là, mais il était alors installé tranquillement sur une chaise, maintenant la distance de sécurité devenue de rigueur en ces temps de pandémie.</p><p>“C'était un morceau de vie sympathique. Bernie, égal à lui-même, un homme bien dans sa peau,  facile à percer quand on l'observe. la manière dont il est vêtu à ce moment là, sa parka marron, les mitaines, on voit bien qu'il n'est pas là pour un fashion show… Il est juste, au boulot. C'était dans son planning du jour, après il enchainerait sur l'activité suivante”. Click. Brendan a bien cadré sa photo et appuyé sur le déclencheur avant de l'envoyer au desk d'édition. Sans plus.   </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=fM7XJgWe 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=zngAdvF4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=7JnI6QkZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=M6ra91sP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=uzxQZmZN 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><p>“C'est une image assez simple finalement. La beauté réside dans la simplicité de cet instant”. En quelques heures, pendant que Brendan continuait à documenter la cérémonie d'investiture du 46e président des Etats-Unis, la photographie a été partagée des milliers de fois, devenant l'un des souvenirs marquants de cette journée. L'image de l'homme et ses mitaines trop grandes, reprise et transformée en multiples mèmes, a dépassé en popularité celle de la super star Lady Gaga entonnant l'hymne américain ou encore celle Kamala Harris, première femme vice-présidente des Etats-Unis.   </p><p>Les mitaines de Sanders avaient pourtant déjà eu leur petit succès. Des comptes Twitter y étaient consacrés. Mais cet événement planétaire, les a propulsées au rang d'objet culte. C'est une enseignante du Vermont, dans le nord-est des Etats-Unis, <a href="https://twitter.com/vtawesomeness">Jen Ellis</a>, qui les lui a offertes, après les avoir tricotées elle-même en recyclant de la laine et des bouteilles en plastique. “Il y avait déjà eu des mèmes sur les mitaines, j'ai surfé sur une vague déjà existante”, s'amuse Brendan.     </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=Ml5EH3Ad 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=9J4DjSRZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=rVuhTH2f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=OdLyCuC0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=xjZRCA7j 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p>Sur le moment, cependant, c'était pour Brendan une photo de plus de cette journée trépidante où il avait peu de temps pour travailler sur la composition de ses images.</p><p>Quand il a le temps, Brendan aime réfléchir avant d'appuyer sur le déclencheur, et s'assure que ses photographies racontent une histoire et poussent les gens à réfléchir.  Ce n'est pas le genre de travail que l'on peut faire pendant une cérémonie d'investiture.  “Dans ces cas, je sais que ma mission est avant tout de m'assurer que l'on a de bonnes photographies, puissantes, qui permettent à ceux qui n'assistent pas à la cérémonie d'avoir une idée de son déroulement”. </p><p>Ce n'est pas la première photo virale de Brendan cependant. Peu après l'investure de Donald Trump, il a saisi cet instant où la conseillère <a href="https://twitter.com/kellyannepolls">Kellyanne Conway</a>, déchaussée, s'est installée comme si elle était chez elle sur un canapé beige du Bureau ovale. Elle vient tout juste de prendre une photo, avec son téléphone portable, des dirigeants des principales universités noires américaines rassemblés par le président.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=gJJGdBWb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=ixAyzuNf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=gnbIdL8u 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=66YhMmJD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=D1vgqnOj 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=q3lzHFuX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=fWZt3a_B 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=ORJmuLCr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=iEKMcwXt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=vmrMVX5h 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div></div><p>Une autre image, d'une cycliste faisant un doigt d'honneur au cortège de Donald Trump, <a href="https://twitter.com/julibriskman/status/1039900730625286144?s=20">Juli Briskman</a>, avait également fait le tour de la toile. </p><p>“Ce qui est sympa avec les mèmes de Bernie, c'est qu'ils sont joyeux. Les deux autres photographies ont donné lieu à des commentaires assez désagréables”, avoue Brendan.  La cycliste avait perdu son emploi... mais elle avait finalement obtenu un mandat local un an plus tard.  Que penser des mèmes alors Brendan ? “J'aime que l'on respecte le travail des photojournalistes, mais c'est aussi amusant de voir à quel point les gens peuvent être créatifs !”  </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/les-mitaines-et-les-memes-de-bernie</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/les-mitaines-et-les-memes-de-bernie</guid>
      <pubDate>Sat, 23 Jan 2021 19:26:08 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les mitaines de Bernie]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une image culte. Des milliers de meme et un festival de créativité. La photographie du sénateur américain Bernie Sanders, jambes et bras croisés, les mains au chaud dans des mitaines en laine un peu trop grandes en pleine cérémonie d'investiture du démocrate Joe Biden mercredi 20 janvier est devenue un phénomène si viral sur internet, où “Bernie” avait déjà bonne presse, qu'elle a écrasé, en popularité, toutes les autres images de ce jour historique. </p><p>Bernie s'est soudain retrouvé sur la lune avec Neil Armstrong, à la conférence de Yalta avec Churchill, Staline et Roosevelt, en haut d'un gratte-ciel de New York, les jambes se balançant dans le vide, ou encore en compagnie des protagonistes de Forrest Gump... </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p>L'original, on le doit au photographe de l'AFP <a href="https://twitter.com/b_smialowski"><strong>Brendan Smialowski</strong></a>. Photographe au bureau de Washington depuis 2012, Brendan n'imaginait pas, évidemment, que cette photographie deviendrait un phénomène planétaire. “Comment aurais-je pu m'en douter?”, dit-il. “Bien sûr, en la prenant, je me suis dit que cela valait la peine, mais au-delà de ça... ?”   </p><p>Bernie Sanders, 79 ans, est socialiste et fier de l'être dans un pays où ce mot reste décrié. Il a été deux  fois candidat à l'élection présidentielle américaine, sans réussir à se qualifier lors des primaires démocrates.  Pour ses fans, son originalité fait partie de son charme. A tel point que le hashtag #Feelthebern a dépassé #Biden le jour de l'investiture.    </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p>La journée avait commencé tôt pour Brendan, l'un des photographes responsables de la couverture de la prestation de serment de Joe Biden, sans doute le jour le plus important de l'année aux Etats-Unis. Il s'était levé à 4h00 du matin, histoire d'arriver à temps pour passer tous les contrôles de sécurité prévus dans le centre- ville, transformé en camp retranché.  </p><p>Brendan devait couvrir le carré VIP, et avait passé sa matinée les yeux rivés sur les gradins, guettant notamment les moindres faits et gestes des sénateurs républicains Ted Cruz et Josh Hawley, accusés d'avoir encouragé une foule de supporters de Donald Trump à prendre d'assaut le Congrès américain pour empêcher la validation de l'élection de Joe Biden. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=gy_O0pSi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=HtqKaKTt 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=YM0DXfUx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=MXc-1Ecx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74lf.jpg?itok=YdAp3gaZ 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><p>Quand Brendan a aperçu Sanders, la matinée touchait à sa fin. L'homme politique avait aussi été photographié par Olivier Douliery,  se déplaçant ici et là, mais il était alors installé tranquillement sur une chaise, maintenant la distance de sécurité devenue de rigueur en ces temps de pandémie.</p><p>“C'était un morceau de vie sympathique. Bernie, égal à lui-même, un homme bien dans sa peau,  facile à percer quand on l'observe. la manière dont il est vêtu à ce moment là, sa parka marron, les mitaines, on voit bien qu'il n'est pas là pour un fashion show… Il est juste, au boulot. C'était dans son planning du jour, après il enchainerait sur l'activité suivante”. Click. Brendan a bien cadré sa photo et appuyé sur le déclencheur avant de l'envoyer au desk d'édition. Sans plus.   </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=fM7XJgWe 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=zngAdvF4 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=7JnI6QkZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=M6ra91sP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ca.jpg?itok=uzxQZmZN 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><p>“C'est une image assez simple finalement. La beauté réside dans la simplicité de cet instant”. En quelques heures, pendant que Brendan continuait à documenter la cérémonie d'investiture du 46e président des Etats-Unis, la photographie a été partagée des milliers de fois, devenant l'un des souvenirs marquants de cette journée. L'image de l'homme et ses mitaines trop grandes a dépassé en popularité celle de la super star Lady Gaga entonnant l'hymne américain ou encore celle Kamala Harris, première femme vice-présidente des Etats-Unis.   </p><p>Les mitaines de Sanders avaient pourtant déjà eu leur petit succès. Des comptes Twitter y étaient consacrés. Mais cet événement planétaire, les a propulsées au rang d'objet culte. C'est une enseignante du Vermont, dans le nord-est des Etats-Unis, <a href="https://twitter.com/vtawesomeness">Jen Ellis</a>, qui les lui a offertes, après les avoir tricotées elle-même en recyclant de la laine et des bouteilles en plastique. “Il y avait déjà eu des meme sur les mitaines, j'ai surfé sur une vague déjà existante”, s'amuse Brendan.     </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=Ml5EH3Ad 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=9J4DjSRZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=rVuhTH2f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=OdLyCuC0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z74ag.jpg?itok=xjZRCA7j 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p>Sur le moment, cependant, c'était pour Brendan une photo de plus de cette journée trépidante où il avait peu de temps pour travailler sur la composition de ses images.</p><p>Quand il a le temps, Brendan aime réfléchir avant d'appuyer sur le déclencheur, et s'assure que ses photographies racontent une histoire et poussent les gens à réfléchir.  Ce n'est pas le genre de travail que l'on peut faire pendant une cérémonie d'investiture.  “Dans ces cas, je sais que ma mission est avant tout de m'assurer que l'on a de bonnes photographies, puissantes, qui permettent à ceux qui n'assistent pas à la cérémonie d'avoir une idée de son déroulement”. </p><p>Ce n'est pas la première photo virale de Brendan cependant. Peu après l'investure de Donald Trump, il a saisi cet instant où la conseillère <a href="https://twitter.com/kellyannepolls">Kellyanne Conway</a>, déchaussée, s'est installée comme si elle était chez elle sur un canapé beige du Bureau ovale. Elle vient tout juste de prendre une photo, avec son téléphone portable, des dirigeants des principales universités noires américaines rassemblés par le président.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=gJJGdBWb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=ixAyzuNf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=gnbIdL8u 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=66YhMmJD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h9.jpg?itok=D1vgqnOj 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=q3lzHFuX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=fWZt3a_B 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=ORJmuLCr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=iEKMcwXt 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_m52h6.jpg?itok=vmrMVX5h 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div></div><p>Une autre image, d'une cycliste faisant un doigt d'honneur au cortège de Donald Trump, <a href="https://twitter.com/julibriskman/status/1039900730625286144?s=20">Juli Briskman</a>, avait également fait le tour de la toile. </p><p>“Ce qui est sympa avec les meme de Bernie, c'est qu'ils sont joyeux. Les deux autres photographies ont donné lieu à des commentaires assez désagréables”, avoue Brendan.  La cycliste avait perdu son emploi... mais elle avait finalement obtenu un mandat local un an plus tard.  Que penser des meme alors Brendan ? “J'aime que l'on respecte le travail des photojournalistes, mais c'est aussi amusant de voir à quel point les gens peuvent être créatifs”, répond-il.  </p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/les-mitaines-de-bernie</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/les-mitaines-de-bernie</guid>
      <pubDate>Sat, 23 Jan 2021 18:56:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Dernier voyage avec Trump]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Washington D.C. -</strong>  Il ne lui restait plus que 180 minutes. Le président de la première puissance mondiale Donald J. Trump a gravi les marches de la passerelle d’accès à Air Force One, dont l’élégante silhouette s’imposait dans l’aube glacée de ce 20 janvier.</p><p class="c2">C’était un voyage comme aucun autre: vers la chaleur de la Floride, à bord d’un luxueux Boeing 747 doté d’une cuisine cinq étoiles et d’une technologie permettant de déclencher une guerre nucléaire, si nécessaire. Cette fois, en aller simple: de Washington D.C. à Palm Beach, vers un avenir  incertain, voire désagréable.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92rh.jpg?itok=AjPmdXtE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92rh.jpg?itok=ZUjrEU2Y 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92rh.jpg?itok=wdAAvvee 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92rh.jpg?itok=30V2lPau 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92rh.jpg?itok=TIbAeVba 1245w" alt="image" />(AFP / Alex Edelman)</div><p class="c2">Sur la base de aérienne d’Andrews, où le rutilant long courrier présidentiel l’attendait, Donald Trump a bien eu les honneurs militaires: 21 coups de canon, le tapis rouge, les accords de la fanfare militaire. En marchant dans ses pas pour ce dernier voyage à bord d’Air Force One, je me disais que bientôt tout ce décorum, dont l’avion est le symbole suprême, disparaîtrait. Et je m’interrogeais: comment se sentait-il ? </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69v2.jpg?itok=6AlrfXwX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69v2.jpg?itok=91B5LYtE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69v2.jpg?itok=FzNkfhGM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69v2.jpg?itok=d3vu-2YH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69v2.jpg?itok=R_5T1piJ 1245w" alt="image" />(AFP / Mandel Ngan)</div><p class="c2">Trump a toujours projeté l’image de l’homme le plus sûr de lui au monde. Et pourtant il était là, à quelques mètres de moi, quittant Washington en disgrâce. Cette cérémonie militaire n’était qu’un cache-misère, tout comme son dernier discours face à quelques centaines de supporters, bien moins nombreux que prévu.  <em>“Belle vie à vous, on se verra bientôt”</em>, a-t-il déclaré, sans vraiment convaincre.</p><p class="c2">Le milliardaire américain quittait la présidence des Etats-Unis sur une défaite, après un seul mandat, abandonné par ses alliés les plus précieux et visé par une nouvelle mise en accusation, une première dans l’histoire des présidents américains, accusé d’avoir encouragé ses supporters à prendre d’assaut le Congrès. Son taux de popularité, à 34%, atteignait aussi un minimum historique, autre triste record qu’il voulait sans doute oublier. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z729n.jpg?itok=J-SxyMJA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z729n.jpg?itok=l3ealhde 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z729n.jpg?itok=qV4YXiAg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z729n.jpg?itok=1YCtcWaX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z729n.jpg?itok=in7D15eP 1245w" alt="image" />(AFP / Mandel Ngan)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69p2.jpg?itok=2rWYfJis 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69p2.jpg?itok=8NIHNyMU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69p2.jpg?itok=ct_CszS8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69p2.jpg?itok=Yf0gJ89u 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z69p2.jpg?itok=Ge0tuLGW 1245w" alt="image" />Dernier voyage de Donald et Melania Trump à bord de Marine One (AFP / Mandel Ngan)</div><p class="c2">Sans doute le pire des châtiments pour un type habitué à ironiser sur les “losers”.   Ses dernières heures comme 45e président des Etats-Unis il les a donc vécues dans cet avion, et non avec le tout-Washington pour la prise de fonction de son adversaire, le démocrate Joe Biden qu’il a choisi de bouder, un fait inédit depuis 150 ans.</p><p class="c2">Il fallait vite partir en Floride. Et la raison de cet empressement était simple. Trump voulait effectuer l'ensemble du voyage à bord des moyens de transport régaliens: l’hélicoptère de Marine One entre la Maison Blanche et la base d’Andrews, le Boeing d’Air Force One jusqu’en Floride et enfin la limousine officielle pour rejoindre sa résidence de luxe de Mar-a-Lago, à Palm Beach. Il fallait être présidentiel jusqu’au bout et le tout avant midi, car comme Cendrillon, les attributs du pouvoir se déroberaient à lui à l’heure exacte de la prestation de serment de Joe Biden.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z82yy.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z82yy.jpg?itok=NQ68Dy0R" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Alex Edelman)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z68mn.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z68mn.jpg?itok=HXVyqK7V" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Alex Edelman)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z77f8.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x812"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z77f8.jpg?itok=a-oRMOb0" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Eva Marie Uzcategui)</figcaption></figure></div><p class="c2"> </p><p class="c2">J’avais un espoir: que durant les deux heures de vol, il vienne à l’arrière de l’appareil, où sont réservés les quelques sièges pour la presse présidentielle et discute avec nous comme il l’avait souvent fait par le passé. Des minutes volées d’échanges informels où je comptais lui demander quels étaient ses sentiments. Découragé ? Rongé par le remords ? Nostalgique, animé par un désir de vengeance ? Utiliserait-il le temps du vol pour une salve d’appels enragés à ses amis de plus en plus rares? Ou en profiterait-il pour prendre de la hauteur et méditer sur la fin d’une étape… Je savais que pour ma part, c’est ce que je ferais.</p><p class="c2"> </p><p class="c3"><strong>Test positif </strong></p><p class="c2">Pour Trump, c’était le dernier vol de sa présidence. Pour moi, le premier voyage depuis que j’avais contracté la maladie de Covid-19. Oui, j’ai commencé l’année 2021 par un test positif au Covid: je devais réaliser un reportage sur Joe Biden dans l'Etat du Delaware, à Rehoboth Beach, et j’avais dû faire un test à la demande de son équipe. Je suis rentré immédiatement chez moi et me suis réfugié dans mon “basement”, un entresol aménagé comme on en a souvent aux Etats-Unis, le mien donnant sur un petit jardin à l’arrière de la maison. Je me sentais bien, au point de douter du résultat : peut-être un faux positif? </p><p class="c2">Mais 24 heures plus tard, le virus a gagné du terrain. J’étais alors à peine doué de raison. Puis deux jours plus tard, ma santé s’est améliorée. J’ai cependant dû rester en quarantaine encore dix jours, trépignant de ne pouvoir être sur le terrain quand une foule de supporters de Trump en colère a envahi le Capitole, le 6 janvier.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe.jpg?itok=-R7K7Qzg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe.jpg?itok=ruRR0neC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe.jpg?itok=HC-MZLQR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe.jpg?itok=jA2ozk-C 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe.jpg?itok=Gac6XrIG 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div><p class="c2">J’avais déjà couvert des révoltes et soulèvements, en Russie, dans les pays de l’ex Union soviétique, ou encore au Brésil; j’avais déjà vu des parlements envahis, voire, dans le Caucase, des insurrections et la guerre. J’ai dû écrire des centaines d’articles sur des tyrans, des autocrates corrompus, des chefs de guerre en colère, la violence policière, des policiers mutins, des assassins, des agitateurs populistes et autres déclinaisons sur le thème de la république bananière. </p><p class="c2">Et là ? Un événement s’inscrivant dans cette lignée se produisait à quelques kilomètres à peine de chez moi et j’en étais réduit à m’occuper de la mangeoire à oiseaux!</p><p class="c2"> </p><h3 class="c4">Green zone  </h3><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z6929.jpg?itok=iaoM540Q 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z6929.jpg?itok=7ilHTG-J 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z6929.jpg?itok=o7UvGp4f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z6929.jpg?itok=QpJHl0GV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z6929.jpg?itok=6GR7w7sl 1245w" alt="image" />(AFP / Alex Edelman)</div><p class="c2"><strong>Air Force One a décollé en trombe</strong>, comme une voiture de truands après un braquage de banque. C’est toujours comme ça. C’est sans doute l’une des sensations les plus agréables lorsque l’on voyage à bord de l’avion présidentiel. Pas d’attente en piste, derrière une longue file d’appareils prêts à s’envoler. D’ailleurs on ne doit pas souffrir non plus les annonces de cabine sur la ceinture de sécurité. On peut même rester debout, au risque quand même d’être projeté… contre la porte des toilettes à l'arrière. Pendant que les faubourgs de Washington se faisaient de plus en plus petits, il m’a semblé que la tornade des dernières semaines aussi s’apaisait...</p><p class="c2">Je m'étais levé à 3h00 du matin pour rejoindre la base aérienne d’Andrews, et j’avais découvert une capitale américaine transformée en camp retranché, avec la sensation de traverser une frontière internationale sous haute tension.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z2262.jpg?itok=e-mnxRse 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z2262.jpg?itok=52No4s_A 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z2262.jpg?itok=m_oslIGS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z2262.jpg?itok=wSNuzWvP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z2262.jpg?itok=9XjgHyr2 1245w" alt="image" />(AFP / Eric Baradat)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z49gv.jpg?itok=DymXvFj0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z49gv.jpg?itok=_F5l9Szm 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z49gv.jpg?itok=RGlalwiu 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z49gv.jpg?itok=go7lAeN2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z49gv.jpg?itok=TSjzkU6d 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div><p class="c2">A l’aube, mon Uber m’avait déposé à l’entrée de la “zone verte”, puis j’avais marché dans les rues de la “zone rouge”, où les patrouilles étaient visibles. J’ai enfin franchi les portes du saint des saints, la Maison Blanche, à 5h30, après avoir passé encore un autre filtre. Durant ce court périple, j’ai croisé des hommes en tenue de camouflage, d’autres vêtus de noir, armés également, et enfin des civils, eux aussi armés. Tout le monde semblait porter des armes, à l’exception du petit groupe de journalistes qui étaient du rendez-vous.</p><p class="c2">Désormais j’avais pris place à l’arrière d’Air Force One dans un fauteuil large et confortable. Du café et un petit déjeuner délicieux typique du sud, <em>“Southern style steak, oeufs et polenta”,</em>  m’attendaient… enfin, à moins que le président n’ait décidé de venir nous parler ! Je me suis détendu… il prendrait bien un petit déjeuner lui aussi… Je m’amusais de cet envol après ma quatorzaine dans un entresol, à récupérer, comme un prisonnier, les plateaux de vivres laissés par mes proches sur le pas de la porte. Mais qui sait, peut-être le contraste n’était-il pas si étrange ? </p><p class="c3"> </p><p class="c3"><strong>Les</strong> <em>“<strong>basements</strong>”<strong>  </strong></em></p><p class="c2">Après-tout, l’année 2020 pourrait être racontée comme une somme d’histoires d’entresols. Trump par exemple avait été évacué de toute urgence dans le bunker de la Maison Blanche, le 29 mai, au plus fort des manifestations contre les violences policières visant les Afro-Américains, lorsque les émeutes avaient gagné Lafayette Square, à quelques encablures de la Maison Blanche.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=iAxD1Q8t 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=Fy1uKqHX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=hYz_mEm3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=I62gNqd7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=0IKjeIjs 1245w" alt="image" />Manifestation à Lafayette Park à Washington D.C., le 5 juin 2020 (AFP / Roberto Schmidt)</div><p class="c2">Trump n’était pas vraiment en danger, mais la décision prise par le Secret service, sa garde rapprochée, témoignait d’une situation de plus en plus hors de contrôle et du manque de contact du président avec les réalités du pays. Le 6 janvier au Congrès, des parlementaires, leurs assistants et des journalistes avaient aussi dû être évacués vers les tunnels du Capitole après l’irruption d’une foule en colère. Là, le danger semblait bien réel. </p><p class="c2">2020 c’est aussi l’entresol de Joe Biden, le plus réputé de tous. Son “basement”, est devenu un état-major de campagne confinée. Les Républicains y voyaient la preuve d’une candidature promise à l’échec. Ils assuraient que Joe Biden, “l’homme caché”, avait peur d’affronter Trump. Que son staff le gardait sous cloche pour éviter qu’il ne trébuche -- ses gaffes sont légendaires. Insistant sur l’âge de l’ancien viceprésident de Barack Obama, 78 ans, ils se moquaient de son manque d’énergie. “Pendant que je parcours le pays, Joe dort dans son entresol”, s’esclaffait Trump.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_1t56vm.jpg?itok=joOdzu-w 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_1t56vm.jpg?itok=0iDz-zNq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_1t56vm.jpg?itok=O_S2V9Cb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_1t56vm.jpg?itok=3hie-ApN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_1t56vm.jpg?itok=r0Bk5Ibx 1245w" alt="image" />(AFP / David J. Phillip)</div><p class="c2">Mais l’histoire de la cave de Biden s’est terminée autrement. Il se dégageait de ses prises de parole depuis son “basement”, une ambiance familiale, cosy, sans doute apaisante en ces temps si troublés. Les livres, les photographies, le drapeau américain que l’on devinait derrière lui, évoquaient un homme bien. Les problèmes techniques qui faisaient rire ses opposants le rapprochaient des Américains, épuisés par les conférences Zoom et les problèmes de wifi saturé. Au final, le gars de l’entresol a raflé la mise en ramenant à la réalité le milliardaire propriétaire de gratte-ciels.</p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><h3 class="c4">Le voyage  </h3><p class="c2">Trump n’est jamais venu nous parler. Un des rares assistants encore avec lui nous a expliqué qu’il s’était enfermé avec sa famille pendant tout le voyage. Je ne saurais donc pas s’il se sentait découragé ou gagné par les questionnements philosophiques.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92re.jpg?itok=SoU7Va8D 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92re.jpg?itok=LRDKJZhS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92re.jpg?itok=rsVy5nXo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92re.jpg?itok=wMQJD8cg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92re.jpg?itok=z7THx1OI 1245w" alt="image" />(AFP / Alex Edelman)</div><p class="c2">Mais le saurais-je jamais ? Trouver la Vérité sur cet homme singulier a toujours été un défi. Et pas uniquement sur les quelque 30.000 déclarations fausses ou trompeuses qui lui sont attribuées par l’équipe, épuisée, des fact-checkers du Washington Post. Aussi parce que Donald Trump est de ces personnes si ouvertes en apparence qu’elles sont impossible à percer. </p><p class="c2">En tant que correspondant à la Maison Blanche, j’avais été surpris d’observer qu’il était exactement comme l’homme que j’avais découvert sur les écrans. Trump, une bête de scène, chaotique, aimant la vantardise, l’intimidation et souvent, avouons-le, divertissante, était identique dans des contextes plus intimes. Le Trump haranguant des foules de milliers de supporters en délire, n’avait rien de différent de l’homme qui s’entretenait régulièrement avec une dizaine de reporters dans le bureau ovale de la Maison Blanche.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/campagne-trump-fev20/000_1mz1ky.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/campagne-trump-fev20/000_1mz1ky.jpg?itok=K-DeVr17" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Brendan Smialowski)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/campagne-trump-fev20/000_1f69lo.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/campagne-trump-fev20/000_1f69lo.jpg?itok=gSfYuLzm" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Nicholas Kamm)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/campagne-trump-fev20/000_18x75m.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x787"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/campagne-trump-fev20/000_18x75m.jpg?itok=79XbJBSy" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Nicholas Kamm)</figcaption></figure></div><p class="c2">Comment expliquer cependant que cet homme si expressif n’ai jamais exprimé le moindre doute ou regret ou une quelconque forme d’introspection. Comment savoir ce qu’il ressentait dans son for intérieur ? Était-il sincère, comme il le semblait ou juste comme un acteur habité par son rôle au point d’y être enfermé ? Je ne le saurais sans doute jamais.</p><p class="c3"><strong>Le collector </strong></p><p class="c2">L’avion s’est posé à West Palm Beach à 10h54  du matin, puis le cortège présidentiel -- une trentaine de voitures transportant la garde rapprochée du chef de l’Etat - sécurité, service médical, spécialistes des communications, officier transportant la valise nucléaire etc -- s’est ébranlé vers Mar-a-Lago.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae61031.jpg?itok=7fWM2f4a 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae61031.jpg?itok=4B1tjpqK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae61031.jpg?itok=dF0yPv32 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae61031.jpg?itok=MjHVbj5I 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae61031.jpg?itok=mOYsTqR1 1245w" alt="image" />(AFP / Alex Edelman)</div><p class="c2">La taille du cortège était toujours aussi impressionnante. Mais nous sentions déjà le changement de règne s’opérer. Avant de descendre, j’ai pris soin de ne pas oublier deux boîtes de M&amp;Ms customisées avec l’écusson de la Maison Blanche et la signature de Donald Trump. J’en prend à chaque fois, c’est un cadeau sympathique. Désormais c’est un collector. </p><p class="c2">Je me suis interrogé: quelqu’un en voudra ? Donald Trump ne va pas s’en aller. Il restera présent dans le paysage politique américain. Il pourrait même resusciter, à la faveur d’une nouvelle campagne présidentielle en 2024. Mais son destin pourrait aussi être à l'opposé. Il pourrait s’enfoncer misérablement dans un méandre de poursuites judiciaires et de problèmes liés à ses affaires. Le pire pour un homme ayant un égo aussi démesuré serait, finalement, de devenir un <em> has-been</em>. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/RMf0ro1FJoM" width="560"> </iframe><p class="c2">En nous approchant de Mar-a-Lago, une foule un peu plus fournie l’attendait le long de la route pour lui mettre du baume au cœur. Ces fans sont sa base, celle de personnes qui ont cru à ses mensonges sur un complot orchestré par Joe Biden, si grand que la moitié du pays serait impliquée, pour lui “voler” la présidentielle, mais si sophistiqué qu’aucune preuve n’a pu être retrouvée.  <em>“We love you!”</em>, scandaient-ils au passage du cortège, qui a ralenti pour le plus grand des plaisirs du président. </p><p class="c2">A Washington, <strong>Biden a prêté serment à 11h48. </strong> Trump a rejoint sa résidence, 17 minutes plus tôt, profitant presque jusqu’au dernier instant de ses privilèges de président. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z82rb.jpg?itok=KPsSMDHO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z82rb.jpg?itok=iK8xS6Ny 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z82rb.jpg?itok=nKOlj-Qh 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z82rb.jpg?itok=oZ9_ThWg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z82rb.jpg?itok=SBanm440 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2">En effet, à 11h48 tapantes, le carrosse n’était plus que citrouille. Air Force One reviendrait à vide pour se mettre à disposition de son nouveau locataire. L’accès aux codes de la bombe nucléaire, lui étaient réservés. Trump, n’était plus qu’un citoyen ordinaire. Et nous, la petite suite de journalistes couvrant la Maison Blanche, n’avions plus qu’à nous débrouiller pour rentrer chez nous, privés comme lui de tout transport officiel.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92tr.jpg?itok=42OFmfc_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92tr.jpg?itok=ZynEPbeS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92tr.jpg?itok=n4YMcF9i 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92tr.jpg?itok=PE0XsPmF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z92tr.jpg?itok=IHhAquUF 1245w" alt="image" />(POOL/ AFP / Andrew Harnik)</div><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z9394.jpg?itok=Qk0TkoT4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z9394.jpg?itok=SH2C72cm 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z9394.jpg?itok=WTbGtMnN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z9394.jpg?itok=51RiJ_cD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z9394.jpg?itok=hNQj3Ml5 1245w" alt="image" />(AFP / Jim Watson)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z93j9.jpg?itok=DnVdSmik 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z93j9.jpg?itok=KUtvbFMV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z93j9.jpg?itok=qQvxF_b9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z93j9.jpg?itok=tUzXsJqg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z93j9.jpg?itok=0xTep9i3 1245w" alt="image" />(AFP / Patrick T. Fallon)</div></div><p class="clear c2"> </p><p class="clear c2">J’ai couvert deux ans de mandat Trump. Certains de mes confrères avaient eux couvert tout le mandat, quatre ans. C’était fini et nous étions en état de choc à cette idée. </p><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z89tx.jpg?itok=2JjTxQJT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z89tx.jpg?itok=l9zqcBXu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z89tx.jpg?itok=QJ7JniqA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z89tx.jpg?itok=tTlyrlp6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/000_8z89tx.jpg?itok=ctX6sApw 1245w" alt="image" />(AFP / Jim Watson)</div><p class="c2">Parfois, il nous avait semblé que le règne de Donald serait sans fin. Ce n’est pas une remarque positive, ou négative, mais juste factuelle: par moments, l’ensemble des médias, du pays, et même du monde semblaient embarqués dans les psychodrames de Trump, sans trouver aucune autre réalité dans laquelle se réfugier. Mais là c’était vraiment fini.</p><p class="c2">Il ne nous restait plus qu’à trouver un bon vieux taxi pour l’aéroport, attendre patiemment à l’embarquement, écouter les messages de sécurité et attendre que l’avion ait le feu vert pour décoller. Pas de coups d’œil non plus vers l’avant de l’appareil pour voir apparaître Donald Trump. Mais une nouvelle aventure était au rendez-vous, un nouveau périple pour moi, et l’Amérique. Et il me tardait de connaître la suite.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae60494.jpg?itok=H82geYOI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae60494.jpg?itok=DKTzxsrC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae60494.jpg?itok=cdyBP1Xh 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae60494.jpg?itok=XP0gcB44 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/trump-leaves-jan21/_ae60494.jpg?itok=JOBArhUa 1245w" alt="image" />Sebastian Smith, on January 20, 2021 (AFP/ Alex Edelman)</div><p class="c3"><em>Récit de Sebastian Smith à Washingon D.C. Traduction et édition Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/dernier-voyage-avec-trump</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/dernier-voyage-avec-trump</guid>
      <pubDate>Fri, 22 Jan 2021 19:42:06 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[A Madrid, une parenthèse de joie]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Madrid -</strong> Pour l'Andalou que je suis  la neige est toujours synonyme d’exotisme et de douceur. Mais à Madrid, j’ai aussi découvert sous le magnifique manteau blanc, la douleur.. et la résilience. Obéissant à une sorte d’incrédulité toute hispanique, peu s’étaient préparés à “la tempête de neige du siècle”, annoncée pourtant depuis des jours par les services météorologiques nationaux pour la capitale espagnole.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf442.jpg?itok=rNpqcvci 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf442.jpg?itok=k652fAND 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf442.jpg?itok=Iz48azzb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf442.jpg?itok=9AapygXO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf442.jpg?itok=osQcrWQi 1245w" alt="image" />(AFP / Benjamin Cremel)</div><p class="c2">A commencer par les autorités locales, sidérées et débordées par les plus fortes chutes neiges enregistrées depuis sept décennies.</p><p class="c2">Tout avait démarré comme un conte de Noël après l’heure, le jeudi 7 janvier, au-lendemain de la fête des rois mages si importante en Espagne. Une célébration un peu grise cette année, sans ses traditionnelles parades de mages qui font trépigner de joie les enfants, interdites pour cause de pandémie. Quand j’ai vu les premiers flocons tomber, mon premier réflexe a été de me précipiter au Retiro, l’emblématique parc situé dans le centre de la ville. Je ne voulais en aucun cas rater la vue de cette neige fraîche et poudreuse sur ses magnoliers. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf3zr.jpg?itok=cre1gi4G 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf3zr.jpg?itok=_yOG_aCP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf3zr.jpg?itok=WrPh8Jx3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf3zr.jpg?itok=35aWv6A_ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf3zr.jpg?itok=rvfG5d5Y 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><p class="c2">En fin d’après-midi, les Madrilènes ont profité d’une brève accalmie pour faire comme moi: je les ai vus y parcourir émerveillés les jardins, faire les photos de rigueur, avec une affection toute particulière pour le Palais de Cristal, une structure de verre et de métal datant du XIXème siècle, désormais recouverte d’une fine couche de poudre blanche lui conférant un halo magique.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8ye2zg.jpg?itok=iRcijW53 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8ye2zg.jpg?itok=5qd-jJPp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8ye2zg.jpg?itok=Hr5dY_T8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8ye2zg.jpg?itok=dSBl5aHR 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8ye2zg.jpg?itok=EEydm40z 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yc37j.jpg?itok=jhVXJzhB 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yc37j.jpg?itok=awl90-EO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yc37j.jpg?itok=G7tnvABo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yc37j.jpg?itok=ghQgvv0E 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yc37j.jpg?itok=EheTXzSb 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><p class="c2">Puis les chutes de neige ont repris vendredi matin à partir de 11h00, recouvrant trottoirs et voitures, sans pour autant freiner le rythme de la capitale.  Vers 19h00, circuler devenait cependant compliqué en voiture. Mission impossible pour trouver un taxi. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf99l.jpg?itok=zmiwQNkW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf99l.jpg?itok=DqNdC-Vi 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf99l.jpg?itok=q6UMDK9G 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf99l.jpg?itok=5HwkoO-u 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf99l.jpg?itok=Hh8pzWMt 1245w" alt="image" />(AFP / Pierre-philippe Marcou)</div><p class="clear c2">J’ai eu alors l’impulsion de relire le livre d’Esther, vingt-et-unième livre de la Bible hébraïque, un des volumes historiques de l’Ancien testament dans la tradition chrétienne. Le récit raconte comment la jeune reine juive et son oncle Mardochée transforment ce qui devait être un jour tragique d’extermination du peuple juif et de deuil en un triomphe, et même un jour de fête. Un récit où le sort change soudainement, contenant, c’était mon intuition, toute la dualité de cette parenthèse de joie au milieu de cette crise incroyable du coronavirus dont nous ne savons pas quand nous pourrons sortir. </p><p class="clear c2"> </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf8z8.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf8z8.jpg?itok=8VDdkRIE" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Pierre-philippe Marcou)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf94n.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf94n.jpg?itok=vOn3m_ck" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Pierre-philippe Marcou)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf8zk.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf8zk.jpg?itok=7FOZq3uC" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Pierre-philippe Marcou)</figcaption></figure></div><p class="c2">Après 22h00 vendredi 8 janvier, Madrid était comme ensorcelée par la neige. La Porte d’Alcala, symbole de la ville, attirait les couples et groupes qui s’y prenaient en photo et s’amusaient de voir certains habitants déjà armés de batons de ski. J’ai vu des familles vénézuéliennes organiser des appels vidéos avec les proches restés au pays pour leur montrer en direct <em>“la nieve!”</em>, ce spectacle si insolite pour elles. L'allégresse régnait dans le centre de Madrid. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86d.jpg?itok=gTU-REyr 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86d.jpg?itok=py16PWY- 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86d.jpg?itok=pH0iKwgF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86d.jpg?itok=MoE0cnwC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86d.jpg?itok=0skSHamu 1245w" alt="image" />Puerta del Sol, 9 janvier 2021 (AFP / Gabriel Bouys)</div><p class="c2">Non loin de là, la statue de la déesse Cybèle, face à la mairie, d’habitude lieu de rendez-vous des aficionados du Real Madrid pour y fêter la victoire, avait elle aussi sa couronne blanche.</p><aside class="cquote"><blockquote>
</blockquote>
</aside><p class="c2">En remontant vers la Gran Via, un groupe avait improvisé une bataille rangée de boules de neige, rejoint par des dizaines d’inconnus. Un homme avait chaussé ses skis et dans le quartier d’Hortaleza un autre se promenait sur un traineau tiré par ses cinq chiens. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf42j.jpg?itok=45D65h7F 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf42j.jpg?itok=QMMO0UoG 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf42j.jpg?itok=r7ezayip 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf42j.jpg?itok=Ij2SoaPe 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf42j.jpg?itok=OdHX1WBX 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><p class="c2">Soudain, tout était oublié. La pandémie, la Mort qui avait martyrisé Madrid pendant ses mois de printemps, emportant des milliers d'êtres chers. Le temps était comme suspendu. C’était l’heure des rires, de la surprise et même de la fête.</p><pre class="c3"><em>(AFP/ Jaime Alekos)</em></pre><p class="c2">Les flocons ont continué à tomber sans discontinuer, toute la nuit. Samedi matin, le chaos était déjà évident. Les principaux axes que sont la Castellana, Serrano, Velazquez ou le Paseo du Prado, étaient recouverts d’un demi-mètre de neige. L’aéroport fermé. Les images de la nuit montraient aussi des centaines de conducteurs bloqués dans leurs véhicules. Des milliers d’arbres gisaient à terre après avoir croulé sous le poids de la neige, arrachés parfois à la racine. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf87n.jpg?itok=LnCmwlnn 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf87n.jpg?itok=s7uQiojC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf87n.jpg?itok=61VajdgO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf87n.jpg?itok=OBrnIgsg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf87n.jpg?itok=k1L-Hq_k 1245w" alt="image" />(AFP / Oscar Del Pozo)</div><p class="c2">Dans les supermarchés encore ouverts -- beaucoup sont restés fermés tant les communications étaient difficiles -- la panique a gagné les acheteurs: il fallait vite faire des provisions, beaucoup de provisions, pour se préparer à toute éventualité. Des rayonnages se sont vidés, comme en mars, juste avant le grand confinement, l’un des plus stricts d’Europe.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88g.jpg?itok=WK8nhFLD 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88g.jpg?itok=p65LjYrg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88g.jpg?itok=IMUhoSkM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88g.jpg?itok=VWaySyDT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88g.jpg?itok=ZYO_2n0v 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><p class="c2">Mais les Madrilènes avaient décidé qu’ils continueraient à s’accorder un répit, le temps d’un week-end. La vue restait d’une beauté à couper le souffle, une collection d’estampes de paysages urbains autrement anodins devenus sublimes, certains semblant déambuler dans le même état d’émerveillement qui devait habiter Aureliano Buendía, le protagoniste de Cent ans de solitude, quand son père lui a fait découvrir la glace. Dans la rue, les bonhommes blancs font florès.</p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86r.jpg?itok=oa084Fdt 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86r.jpg?itok=mJflh0gR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86r.jpg?itok=lMi59IcF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86r.jpg?itok=sbK-KdpG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf86r.jpg?itok=_hU7It95 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88q.jpg?itok=wz-D87jb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88q.jpg?itok=5XnCIKS6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88q.jpg?itok=-M2wmHM- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88q.jpg?itok=dAMD8hd4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf88q.jpg?itok=3MzIn-hM 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div></div><p class="clear c2">Face au Congrès des Députés, en plein coeur du Madrid historique, les deux lions de bronze qui gardent son entrée, <a href="https://twitter.com/AlvarVillalobos/status/1347949590729863172?s=20">sont aveuglés par la neige</a>. Un groupe de jeunes s’affaire autour d’une immense boule de neige pour la faire rouler, <a href="https://twitter.com/AlvarVillalobos/status/1347948290671783937?s=20">comme un Sisyphe moderne</a>, qu’il faut imaginer heureux, en suivant les recommandations toujours pertinentes d’Albert Camus.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7lc.jpg?itok=VfWq30Tf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7lc.jpg?itok=C3GlKSdg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7lc.jpg?itok=JPLwIUSi 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7lc.jpg?itok=n82_nO3s 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7lc.jpg?itok=RmKk9mBD 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><p class="c2">La jouissance collective atteint son paroxysme dimanche, sous un soleil radieux. Peu importe la présence des camions  verts de l'Unité militaire de secours, parfaitement inhabituelle: les Madrilènes envahissent <a href="https://twitter.com/AlvarVillalobos/status/1348241763715215361?s=20">l’artère centrale</a> qui traverse la ville du nord au sud, la Castellana, où se risquent de très rares voitures. Certains en profitent même pour cultiver leur talent, comme cet artiste anonyme qui a laissé un éphémère buste féminin en plein milieu de l’avenue.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/busto_femenino.jpg?itok=M2ZuWCiv 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/busto_femenino.jpg?itok=WeiEWfg3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/busto_femenino.jpg?itok=2l7X3P-M 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/busto_femenino.jpg?itok=0QXiHiIu 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/busto_femenino.jpg?itok=70Wz9Iis 1245w" alt="image" />(AFP/ Alvaro Villalobos)</div><p class="c2">Après la neige, le gel. Une historique vague de froid s’abat sur la capitale espagnole, située sur un plateau à plus de 600 mètres d’altitude. Moins 10°C dans la nuit, un record de froid depuis cinquante ans. Le thermomètre est descendu jusqu’à - 25 °C ailleurs en Espagne ! </p><p class="c2">La joyeuse poudreuse s’est transformée en tapis de redoutable glace sur les trottoirs et rues de la ville. Lundi et mardi plus de 2.000 personnes ont été admises aux urgences pour des traumatismes et autres fractures, alors que les hôpitaux devaient déjà faire face au début de la troisième vague de Covid-19, dans un pays où la pandémie a coûté plus de 50.000 vies.</p><p class="c2">Des milliers de foyers ont été privés d’eau et de courant, comme à la <a href="https://twitter.com/AlvarVillalobos/status/1349393437196513284?s=20">Cañada Real</a>, l’un des plus grands bidonvilles d’Europe, en périphérie de la capitale, au point de nécessiter une aide humanitaire.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yn2p4.jpg?itok=zeZE-kAZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yn2p4.jpg?itok=bIo6f1P0 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yn2p4.jpg?itok=SwcXbfUs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yn2p4.jpg?itok=b3F7ZiWf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yn2p4.jpg?itok=MIYG4NR9 1245w" alt="image" />Juan Manuel Fernandez, 12 ans, et Ainara Fernandez, 7 ans à La Canada Real, le 12 janvier 2021 (AFP / Jaime Alekos)</div><p class="c2">La circulation de voitures et piétons a presque cessé, ne reprenant que très progressivement au fil de la semaine. Et pendant que les politiques continuaient à s’écharper autour des responsabilités de ce désordre, employés municipaux et voisins armés de pelles, balais, râteaux et chasse-neiges tentaient de nettoyer la ville. </p><p class="c2">La neige gelée impossible à déloger, de vraies petites montagnes de gravats, me faisait désormais penser.. à un champ de ruines. Une impression encore renforcée par les milliers de branches d’arbres jonchant les trottoirs et les centaines de sacs poubelle à l’abandon, les services municipaux n’ayant pu passer. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj6zn.jpg?itok=7Ye7NTX9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj6zn.jpg?itok=DhVLrtNS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj6zn.jpg?itok=Xb8KI_1R 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj6zn.jpg?itok=A2rjQDet 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj6zn.jpg?itok=8udKgorh 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yr38b.jpg?itok=moXdq092 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yr38b.jpg?itok=tKtR97em 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yr38b.jpg?itok=GLTeR6Ck 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yr38b.jpg?itok=4A08r7DG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yr38b.jpg?itok=7UBzd75R 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj94z.jpg?itok=MKMTiKLN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj94z.jpg?itok=axWjjZYr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj94z.jpg?itok=Ax8hzR8g 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj94z.jpg?itok=9N0d0Ygo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yj94z.jpg?itok=8Wb8kxUJ 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><p>C’est alors qu’affleurent à nouveau dans la mémoire les images de cette ville esseulée et fantasmagorique du confinement. Avec une petite différence: le souvenir d’une beauté éphémère.  </p></div><p class="clear c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7k8.jpg?itok=6tmfUbSP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7k8.jpg?itok=Fb1zt_q_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7k8.jpg?itok=Hnjp-Bjr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7k8.jpg?itok=iiWEtXq2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/espagne/madrid-snow-jan21/000_8yf7k8.jpg?itok=vbzjRGa1 1245w" alt="image" />(AFP / Gabriel Bouys)</div><p class="c2">“C’est un peu comme avec la pandémie. Les  gens ne peuvent plus sortir, ni rien faire”, constatait, mardi, Abel Vacas, un homme de 40 ans armé d’une pelle, en tentant de dégager la neige sur le pas de la porte de la papeterie où travaillait sa femme.</p><p class="c2">Après la brève frénésie de consommation de Noël, les petits commerces étaient une fois encore durement touchés cette semaine, peu ayant pu ouvrir. Mais si il y a bien une chose qui caractérise le petit commerçant de Madrid c’est sa résilience et son stoïcisme si castillans. Dans le quartier de Prosperidad -'la Prospe', como disent les Madrilènes -- Emiliano de Diego, vendeur vétéran de vins et liqueurs, m’a raconté comment, pendant le confinement, il avait ouvert “tous les jours”. Et la neige ne viendra pas à bout de sa force de caractère. “C’est à la vie ou à la mort. Depuis l’enfance je sais que c’est au prix du sacrifice, du sang et du feu. Et sinon, rien n’est possible”.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/PTGf3fWdBgM" width="560"> </iframe><p class="c4">Récit: Alvaro Villalobos à Madrid. Traduction et édition: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/madrid-une-parenthese-de-joie</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/madrid-une-parenthese-de-joie</guid>
      <pubDate>Sat, 16 Jan 2021 10:54:15 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Quand la démocratie vacille]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Washington -</strong> Mercredi au petit matin, un grand jour de couverture se préparait et le bureau de l'AFP à Washington: pas moins de 17 reporters texte, vidéo et photographes sur le terrain pour couvrir un des rites les plus importants de la démocratie américaine:, la proclamation par le Congrès des résultats de l'élection présidentielle américaine.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya2dm.jpg?itok=dbgAYWLJ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya2dm.jpg?itok=p7EVxz-N 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya2dm.jpg?itok=FbubGVZq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya2dm.jpg?itok=jJHMhHBJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya2dm.jpg?itok=KSia2Zdw 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><p class="c2"><strong>Vers 9H00</strong>, les photographes <a href="https://www.instagram.com/saulloeb/?hl=fr"><strong>Saul Loeb</strong></a> et  <a href="https://www.instagram.com/olivier_douliery/"><strong>Olivier Douliery</strong></a> passaient les contrôles d’accès du Congrès. “Ma mission était de couvrir la procédure de validation des résultats”, explique Saul, photographe de 37 ans spécialisé dans la couverture politique maintes fois primé, qui a déjà vu passer trois présidents américains. “Je me souviens des deux gardes à l’entrée, qui soulignaient à quel point tout était calme. Je n’ai dû passer que les contrôles habituels, pas de check points supplémentaires… alors que normalement, quand tous les leaders des deux chambres sont là,  la sécurité est renforcée”. </p><p class="c2">A l'intérieur, le tout Washington: 435 membres de la Chambre des représentants, les délégués de Washington DC, les représentants des autres territoires, 100  sénateurs et leurs escouades d'attachés parlementaires…</p><p class="c2">A quelques encablures, Donald Trump avait lui donné rendez-vous à ses partisans, arrivés par milliers y compris de Georgie, à plus de 1.000 kms de là, pour “défendre” leur président. Le milliardaire américain avait jusque-là continué à crier sans relâche à la fraude refusant d'admettre la victoire à l’élection présidentielle du démocrate Joe Biden. Au point de reprendre à son compte leur slogan “<em>stop the steal</em>”, “arrêtez le vol”. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya4zz.jpg?itok=Mta2RLRK 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya4zz.jpg?itok=WMbcxWnK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya4zz.jpg?itok=GE4tFmOM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya4zz.jpg?itok=4WArOzre 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya4zz.jpg?itok=ZDoVJKA9 1245w" alt="image" />(AFP / Mandel Ngan)</div><p class="c2">Alors que Saul et Olivier prenaient position au Congrès, le photographe <a href="https://twitter.com/robertoindelhi"><strong>Roberto Schmidt</strong></a> et la journaliste reporter d'images <strong><a href="https://twitter.com/AgnesBun">Agnes Bun</a></strong>, avaient rejoint les partisans de Trump: “Il y avait des milliers de personnes, beaucoup d’énergie, la plupart sans masques. Quand Trump est arrivé ils étaient extatiques et puis il a parlé, parlé, parlé et les a invités à marcher vers le Capitole”, témoigne Roberto. </p><p class="c2">Le discours avait été précédé d’autres interventions de fidèles de Trump, comme l’ancien maire de New York Rudy Giuliani, qui avait chauffé à blanc la foule avant sa marche pour “sauver l’Amérique”. Certains de ces militants électrisés, les journalistes de l’AFP comme <strong><a href="https://twitter.com/elodiecuzin">Elodie Cuzin</a>,</strong> chargée de la politique américaine connaissent bien ces militants se revendiquant de la mouvance d’extrême droite.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z3.jpg?itok=t3fGBTHI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z3.jpg?itok=Rv1odn8a 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z3.jpg?itok=wvaCBhUE 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z3.jpg?itok=IFu15Fec 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z3.jpg?itok=Qypz6REa 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div><p class="c2">Il y avait notamment<strong> </strong>un<strong><a href="https://twitter.com/elodiecuzin/status/1347287442743812096?s=20"> </a></strong>homme affublé d’une coiffe de bison qui deviendra un des protagonistes, en images, de l’émeute : <strong><a href="https://twitter.com/elodiecuzin/status/1347287442743812096?s=20">Jake Angeli</a></strong> avait déjà été aperçu à de nombreuses reprises lors de manifestations pro-Trump à Phoenix, dans l'Arizona. Comme l’a raconté <a href="https://twitter.com/ivancouronne"><strong>Ivan Couronne</strong></a>, il se présente comme “un de soldat numérique de QAnon, la mouvance complotiste dont Donald Trump est le héros et qui a vu l'intrusion de mercredi comme un triomphe”. D’autres se qualifient de “nationalistes blancs”, ou “libertariens”. </p><p class="c2">“<em>Nous sommes des patriotes, sur le front en Arizona, qui voulons amener notre énergie positive à (Washington)”</em>, écrivait Jake Angeli dans un message posté en décembre sur le réseau social des ultra-conservateurs Parler.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/gK9fX3adKM8" width="560"> </iframe><p class="c2">“<em>On va marcher sur Pennsylvania Avenue, on va se rendre au Capitole</em>” leur a dit Donald Trump vers 13h10 (...). L’objectif, expliquait-il à ses supporters, est de convaincre Mike Pence, son vice-président chargé d’annoncer le vainqueur de prendre la bonne décision en refusant de se plier au protocole. “<em>Nous ne voulons pas que notre élection soit volée… J’espère que Mike va faire ce qui est correct</em>”. </p><p class="c2">A la mi-journée, <strong>Roberto</strong> s'était éloigné quelques instants pour transmettre ses photos: “Et puis j’ai entendu des bruits de détonations, alors je suis retourné à vive allure vers le Congrès. J’ai vu comment la foule renversait les  barrières qui entouraient le bâtiment où les estrades pour la cérémonie d’investiture de Joe Biden le 20 janvier étaient déjà installées. Il n’y avait pas assez de policiers.” </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8j6.jpg?itok=_w-S5V_8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8j6.jpg?itok=Iitu6xkV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8j6.jpg?itok=v3Re2VmY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8j6.jpg?itok=GR3rIp4M 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8j6.jpg?itok=aR3Ob65E 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb37d.jpg?itok=h5-3Z9gk 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb37d.jpg?itok=rDfhGG9H 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb37d.jpg?itok=SM3RAONF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb37d.jpg?itok=dRPrPTkd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb37d.jpg?itok=eFY-Y3h4 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div><p class="c2">“J’ai rapidement cherché une position en hauteur, d’où je pourrais montrer ce qui se passait. Du côté de la façade principale, Il y a plusieurs terrasses successives, et ils franchissaient un niveau après l’autre, pendant que certains escaladaient les échafaudages des estrades”. </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8jx.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8jx.jpg?itok=32kCzTsp" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Trump supporters clash with police and security forces as they invade the Inauguration platform of the US Capitol in Washington, DC on January 6, 2021. - Demonstrators breeched security and entered the Capitol as Congress debated the a 2020 presidential election Electoral Vote Certification. (Photo by ROBERTO SCHMIDT / AFP) (AFP / Roberto Schmidt)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8ja.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8ja.jpg?itok=R8KVw0c_" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Trump supporters clash with police and security forces as they invade the Inauguration platform of the US Capitol in Washington, DC on January 6, 2021. - Demonstrators breeched security and entered the Capitol as Congress debated the a 2020 presidential election Electoral Vote Certification. (Photo by ROBERTO SCHMIDT / AFP) (AFP / Roberto Schmidt)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8kb.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8kb.jpg?itok=-TARg4hU" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Supporters of US President Donald Trump protest as they storm the US Capitol on January 6, 2021, in Washington, DC. - Demonstrators breeched security and entered the Capitol as Congress debated the a 2020 presidential election Electoral Vote Certification. President-elect Joe Biden denounced the storming of the US Capitol as an insurrection and demanded President Donald Trump go on television to call an end to the violent siege. (Photo by ROBERTO SCHMIDT / AFP) (AFP / Roberto Schmidt)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8jv.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8jv.jpg?itok=6LbKAds5" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Trump supporters clash with police and security forces as they invade the Inauguration platform of the US Capitol in Washington, DC on January 6, 2021. - Demonstrators breeched security and entered the Capitol as Congress debated the a 2020 presidential election Electoral Vote Certification. (Photo by ROBERTO SCHMIDT / AFP) (AFP / Roberto Schmidt)</figcaption></figure></div><p class="c2">“J’ai couvert un nombre incalculable de meetings de Trump et généralement, la plus grande menace c’est que la plupart des supporters ne portent pas de masque. Mais là, j’ai senti que c’était différent”, témoigne de son côté la journaliste reporter d'images <strong>Agnes Bun</strong>: avant même de s’approcher du Capitole, ils étaient agités. Les partisans du président n’arrêtaient pas d’insulter les journalistes, qualifiés de <em>fake press</em>, quand ce n’était pas un crachat ou des insultes racistes notamment à l’égard de journalistes aux traits asiatiques”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2x6.jpg?itok=Q0dRDT56 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2x6.jpg?itok=5Ie2hmFR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2x6.jpg?itok=ZyD6PvvG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2x6.jpg?itok=Z36W0jVV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2x6.jpg?itok=dbjNIz_0 1245w" alt="image" />(AFP / Alex Edelman)</div><p class="c2">“Française d’origine asiatique, j’étais de plus en plus mal à l’aise, presque rassurée de pouvoir me cacher derrière mon masque. Quand ils ont commencé à courir vers le Capitole, je n’en croyais pas mes yeux. Je me disais: la police va les repousser ! Et je voyais le contraire se produire.. et puis j’ai capturé le moment où ils entraient”.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/K254eqOUVCY?controls=0&amp;start=1" width="560"> </iframe><p class="c2"> </p><p class="c2">Agnes, rejointe par la JRI <a href="https://twitter.com/ddesobeau?lang=fr"><strong>Diane Desobeau</strong></a> pour ne pas être seule face à une foule hostile, a ensuite vu comment les manifestants entouraient un groupe de journalistes, dont bon nombre ont dû prendre la fuite, laissant caméras, trépieds et micros derrière eux. La reporter <strong>Camille Camdessus</strong> a ensuite vu comment ils s'acharnaient sur le matériel, <strong><a href="https://twitter.com/CCamdessus/status/1346944338782285824?s=20">une scène qu'elle a filmée</a></strong>. “J’ai rarement vu autant de haine contre la presse”, dit Agnes.</p><p class="c2">A l’intérieur <strong>Saul Loeb</strong> avait profité d’une suspension de séance pour aller transmettre ses clichés, quand soudain les hauts parleurs ont diffusé un message d’alerte dans tout le bâtiment. <em>“Réfugiez-vous où vous êtes. Fermez la porte et ne bougez pas”</em>, a-t-il entendu.  Les manifestants, venaient d'entrer, par l'avant et l'arrière du Congrès, suivis par Roberto, qui avait escaladé avec eux un échafaudage. </p><p class="c2"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8kr.jpg?itok=sw9Wap8L 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8kr.jpg?itok=bfyjxE4u 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8kr.jpg?itok=1z_LCwo2 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8kr.jpg?itok=sxp_5MbM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8kr.jpg?itok=6zp9EeUx 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe_0.jpg?itok=-EegEyXk 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe_0.jpg?itok=VqpbWdBV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe_0.jpg?itok=M3oI7-nv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe_0.jpg?itok=RfWRCLTH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8pe_0.jpg?itok=jmEW_ZU5 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div></div><p class="c2">“J’étais dans un bureau pour la presse au troisième étage, nous avons entendu un bruit sourd et lourd et.. évidemment, nous avons fait le contraire de ce qui était demandé et couru vers l’origine du bruit, au 2ème”, se souvient Saul. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6xh.jpg?itok=G--ZeYbh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6xh.jpg?itok=P-ut1vF8 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6xh.jpg?itok=ExeBmgFx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6xh.jpg?itok=XaWDamcO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6xh.jpg?itok=9RYBODGr 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p>“Quand je suis arrivé au niveau de la Rotonde centrale, ce lieu symbolique situé entre la chambre des représentants et le Sénat, des centaines de supporters l’avaient envahie. </p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7xv.jpg?itok=4mSiX7ee 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7xv.jpg?itok=sSemDB3A 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7xv.jpg?itok=6s68M2eO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7xv.jpg?itok=95WIYfBS 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7xv.jpg?itok=c-W4dz0I 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div> <p class="c2">Des jeunes et des vieux, beaucoup accoutrés comme s’ils appartenaient à une milice, avec des vêtements militaires et des casquettes rouges de la campagne <em>Maga </em>(Make america great again) de Donald Trump. Ils envahissaient l’immeuble et criaient. Je n’avais jamais vu une scène pareille aux Etats-Unis, je me disais: <em>This is really bad</em>, cela ne sent pas bon. Mon téléphone n’arrêtait pas de sonner: des messages de mes chefs, de ma famille, qui savaient tous que j’étais là et s’inquiétaient”.     </p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6yk.jpg?itok=Y1DIro2E 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6yk.jpg?itok=LpymS-Jn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6yk.jpg?itok=hasprIAA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6yk.jpg?itok=GSGRmt-y 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6yk.jpg?itok=1T2Vw7Hq 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6mw.jpg?itok=yoa_guIZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6mw.jpg?itok=ES7WaLZT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6mw.jpg?itok=AfeqTNDr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6mw.jpg?itok=WZaJJZQF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya6mw.jpg?itok=8ir_mpxW 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2">Pendant ce temps, la police évacuait la chambre des représentants et le Sénat à toute allure, des scènes capturées par deux photographes de l'agence Getty, partenaire de l'AFP.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=azhaAA80 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=-NxMRXyO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=yek4WN9_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=c_N5ygZz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931265.jpg?itok=n7yyJQm_ 1245w" alt="image" />La police du Capitole pointe ses armes sur une porte vandalisée par des manifestants (GETTY IMAGES / AFP Drew Angerer)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294930420.jpg?itok=4SOV0S2V 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294930420.jpg?itok=JpbUSNsd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294930420.jpg?itok=26JNmQY5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294930420.jpg?itok=LW9pemkV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294930420.jpg?itok=IONqTvhE 1245w" alt="image" />Pendant ce temps, d'autres agents évacuent à toute allure les parlementaires (GETTY IMAGES / AFP / Drew Angerer)</div></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931398.jpg?itok=AU7DzWG6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931398.jpg?itok=QxNB4TX9 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931398.jpg?itok=bLFe5Bst 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931398.jpg?itok=4y331G6a 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/063_1294931398.jpg?itok=b1N91I4e 1245w" alt="image" />(GETTY IMAGES / AFP / Win Mcnamee)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">“Il y avait aussi beaucoup de rumeurs, sur ce qui se passait à l’extérieur”, se souvient <strong>Olivier Douliery</strong>, également en mission au Congrès ce jour-là. Avant que le bâtiment ne soit bouclé pour rétablir l'ordre, “j’ai décidé de chercher un endroit pour photographier la foule à l’extérieur et trouver un autre point de vue. Je frappais aux portes. A un moment donné je me suis aventuré dans un escalier en colimaçon, qui débouchait sur un couloir sans issue et j'y ai trouvé un bureau qui avait une position idéale, centrale, pour photographier la foule”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7dr.jpg?itok=YUfKvYWK 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7dr.jpg?itok=iKuicaSj 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7dr.jpg?itok=hBYVJICn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7dr.jpg?itok=MJy1pcI3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7dr.jpg?itok=_T4budZj 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><p class="c2">Puis il tente de rejoindre Saul. "Là j’entends des voix, des cris. Les manifestants, armés de drapeaux pro-Trump sont déjà dans l’escalier en colimaçon. Ils montent ! Je décide de rebrousser chemin pour prévenir au plus vite la quinzaine de personnes -- des employés parlementaires -- qui se trouvaient dans les bureaux au bout de l’escalier”. “Ils arrivent, ils montent !”</p><p class="c2">“Le groupe décide de se barricader. Je rentre avec eux. Ils prennent des fauteuils, des tables.. Et évitent de parler ou de faire le moindre bruit pour ne pas attirer l’attention des manifestants.  Au même moment nous apprenons par un texto qu’il y a eu un coup de feu. On ne sait pas trop ce qu’il se passe.  Une télé est branchée sur CNN, mais pour rester discrets le son a été coupé. D’ailleurs, CNN, qui diffusait des images de l’intérieur s’est arrêtée, c’était devenu trop dangereux pour son équipe.  J’étais bloqué là. Je me suis dit que je ratais plein de choses ! Et puis j’ai réfléchi, puisque je suis ici, avec eux, c’est ce que je vais raconter”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb496.jpg?itok=HCMxVLs6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb496.jpg?itok=2jNdlPIB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb496.jpg?itok=8_OmzklT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb496.jpg?itok=qgqhQkIr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb496.jpg?itok=k5o6gSRu 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb497.jpg?itok=64u4gV5h 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb497.jpg?itok=oZ0k9lz3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb497.jpg?itok=dJ04qwes 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb497.jpg?itok=EDsD2I-S 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb497.jpg?itok=cVURj_jk 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><p class="c2">Les images d’Olivier, comme celles de Saul, ont fait le tour du monde.  Pendant que Saul photographiait les manifestants, Olivier, lui aussi rôdé aux couvertures politiques, racontait ce qui se passait derrière les portes des bureaux où le tout-Washington s’était réfugié. Le b.aba des manuels de journalisme: il faut pouvoir raconter l’action et la réaction. </p><p class="c2">Saul, profite de sa connaissance du Congrès pour aller au contact des manifestants: “J’avais l’avantage de connaître les lieux comme ma poche. Je connaissais les passages secrets. Je me suis dirigé vers la Chambre des représentants. Les militants que j’avais vu se photographiaient dans la rotonde ou ailleurs, impressionnés par les lieux. Ils ne semblaient pas avoir un grand plan.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8wa.jpg?itok=nC6N3SQ2 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8wa.jpg?itok=SOJBoRut 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8wa.jpg?itok=3YFe_yci 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8wa.jpg?itok=ak6Ni4JM 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8wa.jpg?itok=dTUwbO6M 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2">Et puis je me suis rendu <strong>dans les bureaux de Nancy Pelosi</strong>, la présidente de la Chambre des représentants. Le troisième personnage de l’Etat par ordre d’importance ! J’y ai vu des militants qui regardaient les écrans que les attachés parlementaires n’ont pas éteint dans leur fuite, les téléphones laissés sur les tables, les courriers et papiers peut-être confidentiels qui trainaient. Une femme s'était même permis d’allumer une cigarette. Ils sont une dizaine et se comportent comme si ces lieux leurs appartenaient. Et puis il y a ce type, qui s’est installé au bureau de Nancy Pelosi, les pieds sur la table”. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=QwofgODi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=lHtv6aau 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=oygGxQCo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=CYexcYcc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7nv.jpg?itok=yLpd6Kzp 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2">Cette photo, incarnant l’affront à un des symboles de la démocratie américaine, a été reprise par des centaines de médias dans le monde, y compris les grandes chaînes américaines. Un manifestant a laissé un mot, menaçant: <em>Nous ne ferons pas marche arrière.</em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7p4.jpg?itok=XitsXDOv 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7p4.jpg?itok=u34b9Dr3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7p4.jpg?itok=HP2ITN_4 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7p4.jpg?itok=NbuD3oMW 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya7p4.jpg?itok=YEeMt2QO 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">Depuis son bureau barricadé, Olivier transmet aussi des photos. “De temps en temps je regardais par la fenêtre, et je voyais des manifestants qui escaladaient de partout. A un moment donné nous avons entendu de nouvelles détonations, sans doute de tirs de gaz lacrymogènes. Puis est arrivée la confirmation d’un premier mort, une manifestante. L’ambiance dans ces bureaux était étrange. Personne ne parlait. Chacun était dans son coin sur son téléphone. Soudain, c’était le calme à l’extérieur. Et puis, un peu plus tard, nous avons entendu de nouveaux cris. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb487.jpg?itok=VXCB3SnS 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb487.jpg?itok=JTtaAgxo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb487.jpg?itok=7M1SdTfz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb487.jpg?itok=61dr6nfw 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb487.jpg?itok=HH_hneb7 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z9.jpg?itok=gZVCD1kN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z9.jpg?itok=lagC7Kri 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z9.jpg?itok=4VRvhN0H 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z9.jpg?itok=G_TmiL88 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2z9.jpg?itok=J4xgrHAd 1245w" alt="image" />(AFP / Olivier Douliery)</div><p class="c2"><em>Police ! Police ! Ouvrez.</em> Les gens autour de moi hésitaient: et si c’était des manifestants se faisant passer pour des policiers ? Décision est prise d’ouvrir. On retire les canapés. Et des policiers en tenue de combat du FBI font irruption en criant: <em>Les mains en l’air !!</em> Moi, je continue quand même à shooter, la scène était surréaliste. Ils passaient dans tous les bureaux à la recherche de manifestants. Ils nous demandent nos accréditations et nous font tous sortir. Nous passons par un tunnel étroit, très nombreux, escortés par des policiers surarmés qui ont au préalable sécurisé les voies d’évacuation”. </p><p class="c2">Est-ce qu’ils préparaient un coup, un mot employé par certains médias mercredi soir ?</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8nc.jpg?itok=Y9xPDCix 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8nc.jpg?itok=oJDp_hjn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8nc.jpg?itok=1FsXha96 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8nc.jpg?itok=7oXouTeB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8nc.jpg?itok=_iZNdqti 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div><p class="c2">“Certainement pas”, répond Roberto Schmidt, habitué des guerres et conflits: “Dehors ils voulaient manifestement semer la pagaille, mais personne ne s’attendait à ce qu’ils franchissent les cordons de police. Quand ils ont vu le peu de résistance des policiers, cela les a poussés à continuer. En les voyant déambuler dans le Congrès que beaucoup n’avaient jamais vu, cela m’a fait penser à une couverture en Haiti, il y a des années: une foule avait envahi un hôtel de luxe. Tout ce que les gens voulaient c’était se baigner dans la piscine ! </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8je.jpg?itok=gRt1PFwv 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8je.jpg?itok=MZ5PctJp 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8je.jpg?itok=06YIN6jB 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8je.jpg?itok=cThLcr3e 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8ya8je.jpg?itok=OPN0mskk 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><p class="c2">Peu à peu les forces de l’ordre ont repris le contrôle. Ils les repoussaient 10-15 mètres en arrière, puis faisaient une pause.</p><p class="c2">“La démocratie américaine est fragile, mais cela n’a rien de surprenant. Pendant des années, des politiques ont laissé se développer ce mouvement, lui ont donné de l’oxygène. La réalité de l’Amérique profonde n’a rien de nouveau, elle a juste envahi Washington ce jour-là. Ici les gens vivent comme dans une bulle, ils ignorent ce qui se passe dans le monde, pensent que l’Amérique est grande, attaquée seulement par des ennemis extérieurs. Et là, ils sont choqués, ils disent: +<em>this comes from within+</em>, l’ennemi est à l’intérieur”, estime Roberto Schmidt, un germano-colombien de 54 ans qui a  remporté plusieurs prix de photographie.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb3vq.jpg?itok=Z_hclv4E 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb3vq.jpg?itok=bPIRpXdT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb3vq.jpg?itok=AflBqgKe 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb3vq.jpg?itok=kRGpEEwA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb3vq.jpg?itok=eT3_UO0f 1245w" alt="image" />(AFP / Getty Images / Drew Angerer)</div><p class="c2">Une fois le Congrès sécurisé, Saul Loeb et Olivier Douliery ont pour leur part regagné la séance où les élus ont décidé de terminer la certification des votes de la présidentielle, quoi qu’il en coûte. Le vice-président Mike Pence n’a pas cédé aux pressions de Donald Trump et il a confirmé, comme c’est l’usage, l’élection de Joe Biden comme 46ème président des Etats-Unis, vainqueur par 306 voix de grands électeurs contre 232. Et celle de Kamala Harris, première femme noire accédant à la vice-présidence, contre lui-même Mike Pence. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb7at.jpg?itok=jBOfjo-d 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb7at.jpg?itok=Ah4Q-n3u 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb7at.jpg?itok=73OCMYei 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb7at.jpg?itok=uTWLxOIE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb7at.jpg?itok=wd4ksHQF 1245w" alt="image" />Les urnes avec les voix des représentants du collège électoral, transportée en vue de leur certification après la reprise de la séance (AFP / Olivier Douliery)</div><p class="c2">“Finalement, le processus n’a été retardé que de quelques heures”, constate Saul, l’action des manifestants ayant produit un effet contraire à celui recherché: paradoxalement, un certain nombre de représentants républicains, choqués par les événements, ont renoncé à contester le vote.</p><p class="c2">Les équipes de l’AFP ont petit à petit plié bagage, entre 4h00 et six heures du matin, dans le froid de la nuit hivernale de Washington, où un couvre-feu avait été imposé. Le Congrès est désormais entouré de barrières de 2,5 mètres de haut.. Comme la Maison Blanche, qui s’était barricadée, il y a quelques mois, face au mouvement Black Lives Matter. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2yl.jpg?itok=G-DAKWJI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2yl.jpg?itok=1qjELPxv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2yl.jpg?itok=lUth-Pow 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2yl.jpg?itok=VaIAKDOq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-politics/congress-invasion-jan21/000_8yb2yl.jpg?itok=JU5VFyxv 1245w" alt="image" />(AFP / Brendan Smialowski)</div><p class="c4">Récit écrit à partir des témoignages de Saul Loeb, Olivier Douliery, Roberto Schmidt et Agnes Bun  à Washington DC. Edition et mise en page: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris.</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/quand-la-democratie-vacille</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/quand-la-democratie-vacille</guid>
      <pubDate>Fri, 08 Jan 2021 19:50:06 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Bye Bye 2020]]></title>
      <description><![CDATA[<h2 class="c2">Destination Virus</h2><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=UHJpDW7a 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=UPq3Iz_Q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=gCFuiQ87 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=npqwd1l6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=rG5FDB7X 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg6xs.jpg?itok=7WFBiwoI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg6xs.jpg?itok=rIvhtR_k 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg6xs.jpg?itok=Ww2sQ4uD 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg6xs.jpg?itok=zNZy_Pmw 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg6xs.jpg?itok=2gQ6Ipk8 1245w" alt="image" />Aurevoirs à Wuhan, entre des infirmières venues en renfort depuis la province de Jilin (en rouge) et leurs collègues qui restent dans la ville, le 8 avril 2020, quand le confinement dans la ville chinoise a été levé. (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c3">Cette photo prise <strong>le 30 janvier 2020 à Wuhan, dans le centre de la Chine</strong> par Hector Retamal est devenue emblématique. Le 23 janvier, après la découverte d'un nouveau coronavirus qui provoque des pneumonies atypiques, la ville de onze millions d'habitants est littéralement coupée du monde, ses habitants n'ayant plus le droit d'en sortir. Les étrangers qui y vivent doivent la fuir à bord d'avions humanitaires. La peur s'installe. Hector, Sébastien Ricci, Leo Ramirez, Patrick Baert ont raconté dans <strong><a href="https://making-of.afp.com/destination-virus">Destination Virus</a></strong>, puis <a href="https://making-of.afp.com/352-le-matin-pekin-tout-va-bien"><strong>35,2 le matin, à Pékin tout va bien</strong></a> ce scénario dystopique et pourtant réel. Hector Retamal, s'est ensuite rendu une demi-douzaine de fois à Wuhan pour témoigner <strong><a href="http://making-of-adm.afp.com/quatre-saisons-wuhan">de son retour à la vie</a>.</strong> </p><p class="c3"> </p><h2 class="c2">La descente aux enfers</h2><p class="c3"><strong>Au printemps,</strong> l'épidémie s'étend en Asie, puis en Europe. Cette photographie de Paolo Miranda, a été prise le 13 mars 2020 à l'hôpital de Crémone, en Lombardie. Elle montre le désespoir des soignants, épuisés. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1q19l2.jpg?itok=5z5t6NxH 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1q19l2.jpg?itok=Z7CUhOIf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1q19l2.jpg?itok=93GFPKm- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1q19l2.jpg?itok=tSoIQm0x 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1q19l2.jpg?itok=Dknu4y2R 1245w" alt="image" />(AFP / Paolo Miranda)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/mulhouse-covid-may20/000_1pz0to.jpg?itok=3dY2tvqI 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/mulhouse-covid-may20/000_1pz0to.jpg?itok=jm5nD3mJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/mulhouse-covid-may20/000_1pz0to.jpg?itok=h34kQaTq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/mulhouse-covid-may20/000_1pz0to.jpg?itok=EPcY0iBh 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/sante/mulhouse-covid-may20/000_1pz0to.jpg?itok=cQZkApn8 1245w" alt="image" />Evacuation sanitaire depuis l'hôpital Emile Muller de Mulhouse, dans l'est de la France, le 17 mars 2020 (AFP / Sebastien Bozon)</div><p class="c3"><strong><a href="https://making-of.afp.com/8-janvier-loms-il-y-un-siecle">L'OMS</a></strong> annonce le 11 mars que le monde fait  face à une pandémie.  Pour Sébastien Bozon, photographe basé dans l'est de la France, c'est <strong><a href="https://making-of.afp.com/mulhouse-descente-aux-enfers-et-retour">la descente aux enfers</a></strong>,<strong> le récit le plus lu cette année.</strong> Le journalisteMarlowe Hood, hospitalisé, décrit pour sa part comment le virus l'a réduit à "une masse fiévreuse et tremblante en moins d'une heure"... et <strong><a href="https://making-of.afp.com/lamour-et-la-peur-de-la-mort-aux-temps-du-coronavirus"> sa peur de la mort.</a></strong></p><h2 class="c2">Résilience </h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1qx3py.jpg?itok=XtLxUu0y 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1qx3py.jpg?itok=xIwi2KDE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1qx3py.jpg?itok=jwpSHVsp 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1qx3py.jpg?itok=1uwPjwyk 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1qx3py.jpg?itok=2Ofw0R5z 1245w" alt="image" />(AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg1v6.jpg?itok=paEp0Hix 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg1v6.jpg?itok=DyLMtqxM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg1v6.jpg?itok=ZSX7onAF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg1v6.jpg?itok=92qNaeK8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qg1v6.jpg?itok=Gfo_xVP5 1245w" alt="image" />A La Havane, l'athlète Alejandro Lopez s'entraîne sur son toit, le 7 avril 2020 (AFP / Yamil Lage)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/india/farewell-india-nov20/000_1rf105.jpg?itok=8RitTukV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/india/farewell-india-nov20/000_1rf105.jpg?itok=AlTQecZD 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/india/farewell-india-nov20/000_1rf105.jpg?itok=075iI4NT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/india/farewell-india-nov20/000_1rf105.jpg?itok=ZSLbnUd5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/india/farewell-india-nov20/000_1rf105.jpg?itok=uV6FkQJj 1245w" alt="image" />Migrants aux abords de la gare de New Delhi le 12 mai 2020 (AFP / Sajjad Hussain)</div><p class="c3">Les danseurs  de la compagnie de ballet du Bolshoi à Moscou, Igor Tsvirko et Margarita Shrainer s'entrainent chez eux <strong>le 29 avril 2020</strong>. Dans le monde, plus de la moitié de l'humanité est soumise à des mesures réduisant sa liberté de circulation. Une <strong><a href="https://making-of.afp.com/lhistoire-qui-bouleverse-toutes-nos-vies">histoire qui bouleverse toutes nos vies</a></strong> comme l'a écrit le directeur de l'Information Phil Chetwynd.  Beaucoup travaillent chez eux pendant que d'autres, notamment les JRI comme Hassan Ayadi, de l'AFPTV, qui témoignent de <strong><a href="https://making-of.afp.com/dedansdehors-journalistes-video-aux-temps-du-confinement">ce monde du dehors qui nous échappe.   </a></strong></p><p class="c3">Benjamin Massot se rend au <strong><a href="https://making-of.afp.com/seul-au-mont-saint-michel">Mont Saint-Michel, vide</a></strong>.Dans les campagnes Guillaume Bonnet observe<strong> <a href="https://making-of.afp.com/la-grande-evasion">le printemps qui s'installe sans spectateurs, ou presque. </a> <a href="https://making-of.afp.com/linde-dans-la-peau">En Inde, l'un des pays les plus durement touchés</a></strong>, des centaines de milliers de travailleurs sans emploi parcourent à pied des milliers de kilomètres sous un soleil de plomb, la faim au ventre, pour rentrer dans leurs villages, l'un des derniers souvenirs d'Alexandre Marchand.  </p><h2 class="c2"> </h2><h2 class="c2">Black Lives Matter</h2><p class="c3"><strong>Le 25 mai 2020, George Floyd</strong>, un quadragénaire noir américain, meurt asphyxié sous le genou d'un policier blanc. Sur une vidéo devenue virale on entend sa voix qui s'étrangle et murmure <em>I can't breathe</em>, (je ne peux pas respirer). Sa mort déclenche le mouvement <strong>Black Lives Matter</strong> qui dénonce le racisme systémique et réclame des réformes. Le mouvement, dont Jihan Ammar et les journalistes de l'AFPTV à Washington ont parlé <strong><a href="https://making-of.afp.com/black-lives-matter-derriere-la-camera">dans un récit émouvant</a></strong>, s'étend bien au-delà des Etats-Unis.</p><p class="c3"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=iAxD1Q8t 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=Fy1uKqHX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=hYz_mEm3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=I62gNqd7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1sy0ik.jpg?itok=0IKjeIjs 1245w" alt="image" />(AFP / Roberto Schmidt)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1t58qz.jpg?itok=OxjySRMu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1t58qz.jpg?itok=kDw21nZX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1t58qz.jpg?itok=dyuvPsj_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1t58qz.jpg?itok=XQjA2jk8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1t58qz.jpg?itok=I1piyXUw 1245w" alt="image" />Dakar, le 9 juin 2020 (AFP / John Wessels)</div><h2 class="c2">Pandémie de désinformation </h2><p class="c3">La peur du virus s'accompagne de toutes sortes de rumeurs. Les fausses nouvelles en lien avec le nouveau coronavirus explosent et occupent partout dans le monde les fact-checkeurs de l'AFP, comme en témoigne Julie Charpentrat et Rachel Blundy, dans <strong><a href="https://making-of.afp.com/face-la-pandemie-de-fausses-nouvelles">Face à la pandémie de fausses nouvelles.</a></strong> La <strong><a href="https://making-of.afp.com/dans-les-smartphones-des-collegiens">désinformation touche les plus jeunes</a></strong> sans filtre comme en témoigne le texte de Sandra Laffont.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qd1u3.jpg?itok=B55nD7Av 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qd1u3.jpg?itok=imALP666 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qd1u3.jpg?itok=mKRhhzsk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qd1u3.jpg?itok=NBi422sN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/afp-special/000_1qd1u3.jpg?itok=7iKznqPB 1245w" alt="image" />Campagne d'information en Indonésie, menée par des policiers déguisés en nouveau coronavirus sur l'île de Java, le 3 avril 2020
 (AFP / Juni Kriswanto)</div><p class="c3"> </p><h2 class="c2">Hong Kong, clap de fin</h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1uf0el.jpg?itok=39hSDFzq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1uf0el.jpg?itok=-rc-BFV6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1uf0el.jpg?itok=P0_xBtQR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1uf0el.jpg?itok=zEqByK1O 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1uf0el.jpg?itok=YBagu8LX 1245w" alt="image" />(AFP / Dale De La Rey)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/hong-kong/wallace-award-july20/005_hong_kong_a_popular_revolt.jpg?itok=h3M3A5hg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/hong-kong/wallace-award-july20/005_hong_kong_a_popular_revolt.jpg?itok=CmXG0gMz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/hong-kong/wallace-award-july20/005_hong_kong_a_popular_revolt.jpg?itok=6y_MRv5w 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/hong-kong/wallace-award-july20/005_hong_kong_a_popular_revolt.jpg?itok=-3G5FhPZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/hong-kong/wallace-award-july20/005_hong_kong_a_popular_revolt.jpg?itok=PmnoZmLj 1245w" alt="image" />Place Edinburgh dans le district central, manifestation pour remercier le président américain Donald Trump après la signature d'une loi imposant un examen annuel des libertés publiques à Hong Kong le 28 novembre 2019. (AFP / Anthony Wallace)</div><p class="c3"><strong>Fin juin la Chine adopte une nouvelle loi sur la sécurité nationale</strong> qui s'impose à Hong Kong, un territoire qui aurait du jouir d'une demi autonomie jusqu'en 2047. Un an après la naissance d'un nouveau mouvement de contestation pour réclamer de vraies garanties des libertés à Hong Kong, la repression s'abat sur l'île. Des figures du mouvement sont emprisonnées. Quatorze photographes, coordonnés par Anthony Wallace, ont pris part à la couverture de ces manifestations. Anthony Wallace a dédié les prix reçus pour ses photos<strong><a href="https://making-of.afp.com/anthony-wallace"> au bureau de l'AFP à Hong Kong</a> </strong>Ailleurs dans le monde, la démocratie a aussi reculé, comme en témoigne un rapport de Freedom House: plus de 80 pays ont régressé en matière de droits et libertés, à l'ombre de la pandémie. </p><h2 class="c2">Beyrouth, ville martyre</h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wa6eo.jpg?itok=VhkP_a-r 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wa6eo.jpg?itok=pyPG0iqx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wa6eo.jpg?itok=Id2q6q4j 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wa6eo.jpg?itok=kTEPbeO0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wa6eo.jpg?itok=5FQsxzM1 1245w" alt="image" />(AFP / Anwar Amro)</div><p class="c3"><strong>Le 4 août 2020,</strong> une gigantesque explosion fait plus de 200 morts et au moins 6.500 blessés à Beyrouth. Le port est détruit et des quartiers entiers de la capitale sont dévastés. La déflagration a été déclenchée par l'incendie d'un entrepôt abritant des tonnes de nitrate d'ammonium sans aucune précaution. Elle met à terre une économie déjà aux abois, dont ont témoigné les photographes du bureau avec leur émouvante série sur <strong><a href="https://making-of.afp.com/les-frigos-vides-du-liban">les frigos vides du Liban</a></strong>, pays où près de la moitié des habitants vit sous le seuil de pauverté.</p><h2 class="c2"><strong>Planète en feu</strong></h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-disasters/california-wildfires-sep20/000_8pl8jx.jpg?itok=aGMKWtxA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-disasters/california-wildfires-sep20/000_8pl8jx.jpg?itok=KTrqskFU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-disasters/california-wildfires-sep20/000_8pl8jx.jpg?itok=kAREhn8I 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-disasters/california-wildfires-sep20/000_8pl8jx.jpg?itok=vZsfsau8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/us-disasters/california-wildfires-sep20/000_8pl8jx.jpg?itok=gvlyx0CG 1245w" alt="image" />Bidwell Bar Bridge, à proximité de Lake Oroville, en Californie, le 9 septembre 2020 (AFP / Josh Edelson)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1nf7x0.jpg?itok=XkXlPo7F 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1nf7x0.jpg?itok=csE1Ee4X 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1nf7x0.jpg?itok=UUDSNFZz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1nf7x0.jpg?itok=6FVGhwnU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1nf7x0.jpg?itok=ij6ScZxL 1245w" alt="image" />(AFP / Saeed Khan)</div><p class="c3">L'année 2020 a commencé pour <strong>l'Australie</strong> avec d'immenses incendies alimentés par des températures record qui ont brûlé une surface plus grande que le Portugal. Des milliards d'animaux ont péri. Pendant l'été, après des températures caniculaires, c'est <strong>l'Ouest des Etats-Unis</strong>, en particulier la Californie et l'Oregon, qui a vécu des incendies dévastateurs. <strong><a href="https://making-of.afp.com/vraiment-le-pire-est-venir">Vraiment, le pire est encore à venir ?</a></strong> s'est interrogé Peter Parks, photographe en Australie, tandis que Josh Edelson, basé en Californie et spécialiste de la couverture des incendies, avouait, dans son blog <strong><a href="https://making-of.afp.com/36-heures-en-enfer">36 heures en enfer</a></strong>, n'avoir jamais rien vu de semblable. <strong><a href="https://making-of.afp.com/quelquun-nous-ecoute">Quelqu'un nous écoute ?</a></strong> s'est interrogé en octobre Mauro Pimentel, basé à Rio, après avoir couvert les incendies au <strong>Pantanal, au Brésil, </strong>plus grande zone humide de la planète.</p><h3 class="c4"> </h3><h2 class="c2">Fuir les guerres  </h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta7c8.jpg?itok=M1yybRGp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta7c8.jpg?itok=K6CxgVpf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta7c8.jpg?itok=LVv6ojU- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta7c8.jpg?itok=OPedemB0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta7c8.jpg?itok=KWEnIUeW 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gc.jpg?itok=tuD3gdE3 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gc.jpg?itok=yZOyywJf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gc.jpg?itok=J3giNM6f 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gc.jpg?itok=bh6T5VPT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gc.jpg?itok=1vRRfIqa 1245w" alt="image" />(AFP / Karen Minasyan)</div><p class="c3">En 2020, malgré le virus, les guerres et conflits se sont poursuivis. Déclenchée <strong>le 27 septembre</strong>, la guerre au <strong>Nagorny Karabakh</strong>, a fait des milliers de morts dans ce petit territoire montagneux à 5.000 kms de Londres et 2.000 d'Istanbul, revendiqué par l'Arménie et l'Azerbaïdjan.  Aux morts du conflit, comme cet homme enterré le 17 octobre 2020, se sont ajoutées les victimes du Covid-19, <strong><a href="https://making-of.afp.com/au-karabakh-la-guerre-et-le-virus">un ennemi silencieux et omniprésent dans les caves</a></strong> où les habitants rencontrés par des journalistes de l'AFP fuyaient les bombardements.</p><p class="c3">La guerre a aussi provoqué la <strong>fuite de dizaines de milliers d'Ethiopiens qui ont afflué vers le Soudan</strong>, après le lancement d'une opération militaire dans la région dissidente du Tigré (nord), le 4 novembre. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_8wy4uk.jpg?itok=GE7KbrH2 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_8wy4uk.jpg?itok=CUPGdeEI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_8wy4uk.jpg?itok=ty6_2dex 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_8wy4uk.jpg?itok=5XZDdBpH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_8wy4uk.jpg?itok=Qs4z3Pfr 1245w" alt="image" />11 décembre 2020, arrivée de réfugiés qui fuient la guerre en Ethiopie, Etat de Gedaref, au Soudan (AFP / Yasuyoshi Chiba)</div><p class="c3">Dans <strong>l'ouest de la France</strong>, Clément Melki, Sameer al-Doumy et Thomas Bernardi ont rencontré d'autres migrants, fuyant la guerre et la misère et partagé pendant trois semaines <strong><a href="https://making-of.afp.com/un-bout-de-chemin-ensemble">le quotidien de quatre réfugiés décidés à tenter la traversée de la Manche,</a></strong> coûte que coûte. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8t8_0.jpg?itok=U0WinYlX 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8t8_0.jpg?itok=R_oDonyQ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8t8_0.jpg?itok=2LtCCxlU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8t8_0.jpg?itok=ivpH04i0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8t8_0.jpg?itok=a7huOu3X 1245w" alt="image" />(AFP / Sameer Al-doumy)</div><h2 class="c2">Trump s'en va </h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wu28n.jpg?itok=Iwc4omxq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wu28n.jpg?itok=ohW_K-z6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wu28n.jpg?itok=4h7ddHxY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wu28n.jpg?itok=hDfhvYDH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/misc/year_best_of/bestof-2020/000_1wu28n.jpg?itok=NnoA8W0n 1245w" alt="image" />(AFP / Saul Loeb)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8ut7uj.jpg?itok=X9euFRzx 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8ut7uj.jpg?itok=8sOpy1zO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8ut7uj.jpg?itok=Xb8Wb8nV 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8ut7uj.jpg?itok=6h1dE3Fo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8ut7uj.jpg?itok=HY9g-ujq 1245w" alt="image" />(AFP / Angela Weiss)</div><p class="c3">Toute l'année, <a href="https://podcast.ausha.co/twenty-twenty-les-etats-unis-face-au-coronavirus"><strong>le podcast TwentyTwenty d'Antoine Boyer</strong></a> a fait la chronique de la campagne présidentielle américaine, secouée par le nouveau coronavirus et le mouvement Black Lives Matter, une année électorale à nulle autre pareille.  Un de ses derniers épisodes nous plonge dans la rédaction de l'AFP à Washington, pour <strong><a href="https://making-of.afp.com/podcast-coulisses-dune-nuit-electorale-washington">une nuit électorale trépidante.</a></strong></p><p class="c3"><strong>Voici les dix récits les plus lus en 2020: <a href="https://making-of.afp.com/au-bresil-le-paradis-perdu-des-photographes-de-la-maree-noire">Au Brésil, le paradis perdu des photographes de la marée noire</a> (récit de 2019); <a href="https://making-of.afp.com/mulhouse-descente-aux-enfers-et-retour">Mulhouse, descente aux enfers et retour;</a> <a href="https://making-of.afp.com/dans-les-smartphones-des-collegiens">Dans les smartphones des collégiens</a> ; <a href="https://making-of.afp.com/lhistoire-qui-bouleverse-toutes-nos-vies">L'histoire qui bouleverse toutes nos vies</a>;  <a href="https://making-of.afp.com/face-la-pandemie-de-fausses-nouvelles">Face à la pandémie de fausses nouvelles</a>; <a href="https://making-of.afp.com/destination-virus">Destination: Virus</a>; <a href="https://making-of.afp.com/linde-dans-la-peau">L'Inde dans la peau</a>; <a href="https://making-of.afp.com/36-heures-en-enfer">36 heures en enfer</a>; <a href="https://making-of.afp.com/lamour-et-la-peur-de-la-mort-aux-temps-du-coronavirus">L'amour et la mort aux temps du coronavirus</a>; <a href="https://making-of.afp.com/352-le-matin-pekin-tout-va-bien">35,2 le matin tout va bien</a>. </strong></p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/d6u7zDtAWh4?controls=0" width="560"> </iframe><p class="c3"> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/bye-bye-2020</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/bye-bye-2020</guid>
      <pubDate>Fri, 01 Jan 2021 16:54:08 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Ces collègues cachés dans les bibliothèques]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Paris -</strong> Dimitri Marguerite était un journaliste d’agence de presse prometteur. Cultivé, un brin idéaliste, refusant de se laisser enfermer, lui qui s’était reconverti après une première carrière de lobbyiste adorait les enquêtes minutieuses. Il se rêvait romancier. Il nous a hélas quittés trop tôt, tué dans un accident de la route à 26 ans, en 2016.</p><p>Dimitri n’existe pas. C’est un personnage de fiction, le protagoniste de <em>Comédies françaises</em>, huitième roman d’<strong>Éric Reinhardt</strong> paru fin août chez Gallimard, récompensé (ex aequo) le 17 novembre du prix du roman français des Inrocks. Enfin la consécration littéraire pour nous, soutiers de l’information? Dimitri, en vérité, n’est pas le premier “agencier” de l’histoire du roman. Il a de nombreux prédécesseurs, qu’on ne rencontrera que dans la littérature.</p><p>Dans <em>L’Hiver de la grande solitude</em> en 1971, l’Albanais <strong>Ismaïl Kadaré</strong> fait atterrir à Tirana un reporter de l’AFP spécialiste du Bloc de l’Est. Il n’a pas d’autre nom que «le journaliste français de l’AFP» ou «le correspondant de l’AFP». Un peu arrogant, parfois naïf, se débrouillant avec le russe à une époque où l’Albanie prépare son schisme avec l’URSS, ce personnage secondaire du roman hésite dans sa description des tiraillements entre deux régimes communistes sur le point de rompre l’un avec l’autre. Doit-il rester prudent, ou dire franchement la gravité de cette crise diplomatique? </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/afp_robertmugabe.jpg?itok=Ls2OU623 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/afp_robertmugabe.jpg?itok=QkUFZ51F 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/afp_robertmugabe.jpg?itok=NQI2-eYo 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/afp_robertmugabe.jpg?itok=IaRiALS- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/afp_robertmugabe.jpg?itok=dsaOOiHJ 1245w" alt="image" />(AFP / David Lory)</div><p>Le journaliste est souvent le témoin idéal des soubresauts de l'Histoire. Comme Philippe Lormeau, auquel <strong>Joël Raguénès</strong> donne vie dans dans <em>L’Instinct du prédateur</em> en 2011. Correspondant de l’Agence France-Presse, il se rend au <strong>Zimbabwe</strong> pour interviewer son président, Robert Mugabe, alors octogénaire.</p><p>Le roman s'attarde longuement sur le face à face tendu pendant lequel ce journaliste expérimenté s’interroge sur les risques qu’il prend à chaque fois qu’une de ses questions pourrait froisser son interlocuteur. Lormeau, aspirant romancier lui aussi, un brin naïf, y apparaît comme un bon connaisseur de la géopolitique africaine.</p><p>«J’ai choisi un journaliste de l'AFP parce que pour moi ce sont les plus sérieux des journalistes, et parce que ce sont eux qui s'occupent des questions internationales. Lormeau est le personnage que je préfère dans ce livre. Le roman raconte l’histoire de trois amis d’enfance, dont deux sont rivaux en affaires et en amour. Lui, le troisième, essaie d'éviter qu'ils se rentrent dedans. Je retranscris des choses qui me sont arrivées en Afrique à travers des héros imaginés. J’ai travaillé dans certains pays où j'ai été interdit de séjour, d’autres où j'ai été arrêté, où j’ai vu des amis se faire dépouiller… Quand il interroge Mugabe, évidemment que Lormeau a peur qu’il lui arrive quelque chose. Personne ne sait où il part pour cette interview: il n’a pas le choix, on l’emmène. Des aventures comme ça, tous les journalistes en vivent quand ils sont en poste en Afrique. C'est un métier que je n'aurais pas aimé exercer, tellement il faut faire attention de savoir où on met les pieds», confie l’auteur.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-ii-joelraguenes.jpg?itok=l_fSfJhE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-ii-joelraguenes.jpg?itok=RfdTqfOv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-ii-joelraguenes.jpg?itok=VnRqECd5 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-ii-joelraguenes.jpg?itok=lttJQtpF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-ii-joelraguenes.jpg?itok=itPIP7Fc 1245w" alt="image" />(AFP / David Lory)</div><p>En 2011 également, <strong>Roland C. Wagner</strong> introduit une journaliste AFP dans son uchronie sur l’Algérie, <em>Rêves de gloire</em>, où le général de Gaulle a été tué dans l’attentat du Petit-Clamart, et Alger est devenue au XXIe siècle une enclave française autonome au milieu d’une Algérie indépendante. Elle s’appelle Sabine, et elle explique: «D’habitude, je suis dans les bureaux au siège de Paris, mais le correspondant d’Alger a dû rentrer en France précipitamment et on m’a proposé d’assurer l’intérim jusqu’à son retour».</p><p>Curieuse, vive, voulant profiter des plaisirs nocturnes d’Alger, Sabine est déterminée dans son métier. L’auteur évoque dans sa fiction une agence qui «avait heureusement recouvré son indépendance par rapport au pouvoir» après avoir été «pendant deux décennies la voix servile de son maître, reproduisant avec une fidélité exemplaire la propagande du Président-Général». Dans la réalité, une loi de 1957 a consacré son indépendance éditoriale.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iii-marclambron.jpg?itok=HAO1NLob 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iii-marclambron.jpg?itok=5RbQm-Lh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iii-marclambron.jpg?itok=zno9BiDS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iii-marclambron.jpg?itok=MJdXCb7O 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iii-marclambron.jpg?itok=Wxnz2VCo 1245w" alt="image" />(AFP / David Lory)</div><p><strong>Marc Lambron</strong>, dans <em>Étrangers dans la nuit</em>, en 2001, met également en scène un journaliste de l’AFP passé par Alger, Jacques Carrère. Il a commencé en Indochine en 1953 et finira au Sud-Vietnam en 1967, où travaille son collègue Brovelli, correspondant permanent à Saïgon (l’actuelle Hô Chi Minh-Ville). Dans des mémoires fictionnels, d’un style sobre et riche en détails véridiques comme il convient à sa profession, Carrère relit ses notes de 1960, époque où il est en poste à Rome. «J’écrivais des dépêches très factuelles pour l’AFP. Ce sont des écoles de la coupe». Ce qui est juste, d’autant plus à cette époque où les limitations des moyens de transmission obligeaient à peser chaque mot.</p><aside class="lquote"><blockquote>
<p>L'idée du reporter AFP est naturelle (...) Tous ces types-là avaient d'assez belles gueules, ils sont entre le GI et l'écrivain</p>
</blockquote>
</aside><p>«Quand on veut faire un roman cinétique comme celui-là, qui raconte les années 1960 à Rome, à New York, au Vietnam, l'idée du reporter AFP est naturelle», explique l'académicien. Il y a une mythologie du grand reporter, comme Bodard, Lartéguy, Schoendoerffer. Tous ces types-là avaient d'assez belles gueules, ils sont entre le GI et l'écrivain. C'est un très bon alibi pour faire se promener le personnage dans le monde entier. Et l’AFP à cette époque c’est de la presse écrite, donc on peut lui prêter des qualités d'écriture à la Joseph Kessel ou Yves Courrière, qui sont les modèles (...) De mes romans c'est celui qui a été le plus traduit, en russe par exemple, ce qui avait été une bonne surprise».</p><p>L’AFP est aussi entrée dans la littérature américaine populaire grâce au roman d’espionnage de <strong>David Ignatius</strong>, <em>Body of Lies</em> (2007), traduit par <em>Une vie de mensonges</em>. «Un article de l’Agence France-Presse fut le premier à révéler qu’Alice Melville avait un petit ami qui occupait le poste des questions politiques à l’ambassade américaine. L’AFP citait sans le nommer un diplomate occidental». </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iv-davidignatius.jpg?itok=UgB6pfFE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iv-davidignatius.jpg?itok=Kw_n4RnQ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iv-davidignatius.jpg?itok=nY7PITwp 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iv-davidignatius.jpg?itok=DsLkNduD 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-iv-davidignatius.jpg?itok=AuRxRMEd 1245w" alt="image" /></div><p class="clear">Le traducteur français, curieusement, enlève le trait d’union qu’Ignatius, par ailleurs journaliste réputé, avait eu raison de mettre à France-Presse. <em>Body of Lies</em> a été adapté au cinéma, avec Leonardo DiCaprio, sous le titre <em>Mensonges d’État.</em> Je suis allé vérifier: l’AFP n’est pas mentionnée dans le film.</p><p>Je ne résiste pas au plaisir, enfin, de citer <em>Le Silence des vivants</em> de <strong>Jacques Baudouin</strong>. Il fut, il y a une vingtaine d’années, le premier écrivain et éditeur que je rencontrai, moi qui avais grandi dans un endroit où on n’en croisait jamais. Ce thriller de 2013 contient une dépêche AFP, amusante à lire avec l'œil du professionnel. Elle commence par:</p><p><em><strong>LEAD : Six Français assassinés en République démocratique du Congo</strong> – Un correspondant de l’AFP sur place rapporte qu’un groupe de géologues et d’ingénieurs français aurait été assassiné au Nord-Kivu, province septentrionale de la République démocratique du Congo. Leurs corps auraient été découverts sur le site d’une mine de coltan. </em></p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-v-jacquesbaudouin.jpg?itok=ycyBlTTQ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-v-jacquesbaudouin.jpg?itok=lOfKg2TC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-v-jacquesbaudouin.jpg?itok=knaJloFN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-v-jacquesbaudouin.jpg?itok=d6YmVC2j 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-v-jacquesbaudouin.jpg?itok=1gFvFF87 1245w" alt="image" />(AFP/ David Lory)</div><p>Le romancier ne s’en tire pas si mal dans cet exercice très normé qu’est la dépêche d’agence. «Quand j'étais au cabinet de Bernard Kouchner au Quai d’Orsay, j'ai souffert à cause de dépêches AFP! À cause de certains leads [premiers paragraphes] qui étaient orientés ou malvenus… Mais bon, je sais bien qu’il faut qu’un lead soit accrocheur. (...) C'est un exercice où je me suis beaucoup amusé. <em>Le Silence des vivants</em> est un roman d'espionnage mais pas seulement, il montre aussi les coulisses du pouvoir. Il avait bien marché, notamment il avait beaucoup amusé certains diplomates».</p><p>C’est là que Reinhardt se montre original. Son Dimitri Marguerite ne ressemble en rien aux correspondants mythiques du XXe siècle: il débute, parmi la masse des journalistes du siège parisien. <strong>Éric Reinhardt</strong> m’en a parlé en marge du festival littéraire Correspondances à Manosque.</p><aside class="rquote"><blockquote>
<p>Je voulais un parcours de méritocratie républicaine, le poste de journaliste m’a semblé assez pertinent</p>
</blockquote>
</aside><p>«Je savais, compte tenu de la thématique du livre, qu’il y aurait beaucoup d’ironie, de sarcasme, d’attaques, et je trouvais intéressant que ces charges ironiques, et donc un peu simplificatrices, soient émises par un personnage de 27 ans. Il est libre, très sincère, très engagé dans ce qu’il fait. Comme je souhaitais que ce personnage ait un parcours assez élitiste, tout en étant issu de la classe moyenne, pas de la bourgeoisie, car vraiment je voulais un parcours de méritocratie républicaine, le poste de journaliste m’a semblé assez pertinent», explique l'écrivain,  qui doit aussi ses connaissances sur l'AFP à sa «très grande amie» Véronique Decoudu, correspondante de guerre au Vietnam et en Yougoslavie notamment.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-i-ericreinhardt.jpg?itok=vJNgnhrJ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-i-ericreinhardt.jpg?itok=S2svr-Lc 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-i-ericreinhardt.jpg?itok=81fBjsnL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-i-ericreinhardt.jpg?itok=sH7AH2cc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/litterature-journalistesafp-dec20/livre-i-ericreinhardt.jpg?itok=hMY1t4Qi 1245w" alt="image" />(AFP / David Lory)</div><p>«Il y a quelque chose d’important pour moi, c’est d’être vraisemblable et crédible pour ceux que ça concerne directement. C’est vraiment obsessionnel (…) Le principal c’est de poser un cadre, et s’il avait été journaliste au Nouvel Obs, on m’aurait dit: au Nouvel Obs, à 27 ans? Et comme il n’y a pas de scène véritablement à l’AFP, puisque je suis hors champ, je n’ai même pas éprouvé le besoin d’y aller, dans les bureaux».</p><p>Effectivement, pas un détail ne transparaît de l’environnement dans lequel travaille Dimitri. Il faut croire que nos open spaces, notre désordre prosaïque de carnets de notes et de crayons, de dossiers de presse et de livres, de tasses à café, d’écrans et de câbles électriques, tels qu’on les voit dans certains films hollywoodiens, ne valent pas pour la littérature les scènes d’action d’un journaliste de terrain.</p><p class="c2"><em><strong><a href="https://www.instagram.com/p/CIyX5kKnnCc/">David Lory,</a></strong> graphiste au service Infographie et innovation a réalisé les illustrations, des peintures à l'huile, pour accompagner ce récit. </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/ces-collegues-caches-dans-les-bibliotheques</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/ces-collegues-caches-dans-les-bibliotheques</guid>
      <pubDate>Wed, 30 Dec 2020 20:48:08 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Notre huis-clos avec les stars du sport]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2">Comme d’habitude, la musique retentit à fond dans les tribunes, un peu toujours les mêmes morceaux, quelle que soit l’enceinte. Les rubricards foot de l’agence consultés ont la playlist en tête, bien claire: <a href="https://youtu.be/SwYN7mTi6HM">Jump</a>, de Van Halen,  le célèbre <a href="https://www.uefa.com/uefachampionsleague/news/022d-0e1636f1244a-c916aa410dad-1000--sing-along-to-the-anthem/">hymne de la Ligue des champions</a> sur tous les matches de Coupe d'Europe, ou encore le <a href="https://youtu.be/Udt-9J8nzGE">Cant del Barça</a> au Camp Nou.</p><p class="c2">Dans ma zone c’est souvent <a href="https://youtu.be/FM7MFYoylVs">Something just like this</a> (The Chainsmokers/Coldplay) et plus récemment <a href="https://www.youtube.com/watch?v=tEXEg6w6BMg">Oh Man</a> (Jain).</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xg8ly.jpg?itok=I29hsCfh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xg8ly.jpg?itok=GLrGGstT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xg8ly.jpg?itok=CEzU824e 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xg8ly.jpg?itok=61Ru1We8 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xg8ly.jpg?itok=e2_Jyu1O 1245w" alt="image" />Match Seville FC Real Valladolid FC au stade Ramon Sanchez Pizjuan à Séville 19 décembre 2020 (AFP / Cristina Quicler)</div><p class="c2">Sur le terrain, les joueurs finissent leur échauffement, puis rentrent au vestiaire pour les derniers préparatifs et la cérémonie d’entrée sur le terrain. Pas d’enfants pour les accompagner, pas de poignée de main. Chacun se met vite en place, l’arbitre siffle le coup d’envoi… et un silence de mort s’abat sur le stade.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1rr6ys.jpg?itok=2JQy8aLp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1rr6ys.jpg?itok=0nNuHG8n 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1rr6ys.jpg?itok=VB6kPk1N 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1rr6ys.jpg?itok=5t4Nd-eq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1rr6ys.jpg?itok=FFl08kdO 1245w" alt="image" />Cologne, Allemagne, 17 mai 2020 (AFP / Lars Baron)</div><p class="c2">Depuis le mois de juin la scène se répète, de Rome à Berlin, du Final 8 de Ligue des champions cet été à Lisbonne jusqu’aux grandes affiches de Premier League. </p><p class="c2">Et dans les stades français, le huis clos généralisé est arrivé avec le reconfinement fin octobre. Auparavant, les jauges à 5.000 personnes avaient maintenu un peu d’ambiance, celles à 1.000 avaient conservé un semblant de vie dans les travées. Le huis clos, c’est encore autre chose.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8uc3hg.jpg?itok=yvXvGCcu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8uc3hg.jpg?itok=BQhVHiWa 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8uc3hg.jpg?itok=6q98iVOi 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8uc3hg.jpg?itok=782KW-E3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8uc3hg.jpg?itok=CsNB-lBr 1245w" alt="image" />Match à huis-clos Stade Rennais Football Club / Stade Brestois29 au Roazhon Park, à Rennes le 31 octobre 2020 (AFP / Jean-francois Monier)</div><p class="c2">Coordinatrice sportive pour la région Grand ouest, j’ai découvert ça à l’occasion d’un Rennes-Brest en tout tout petit comité le weekend de la Toussaint. Un derby breton sans l’odeur des galettes-saucisses qui grillent devant le stade, sans les binious qui répètent autour, sans même un petit « <em>Bro gozh ma zadou</em> » (« Vieux pays de mes ancêtres », l’hymne breton) avant l’entrée des joueurs sur le terrain, c’est d’une tristesse… Et rebelote le lendemain, avec Angers-Nice sous la bruine, à l’ombre des grues du chantier de la tribune principale du stade. </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xj38j.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x902"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xj38j.jpg?itok=oFQR3KwL" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Photographers work before the start of the Spanish league football match between SD Eibar and Real Madrid CF at the Ipurua stadium in Eibar on December 20, 2020. (Photo by ANDER GILLENEA / AFP) (AFP / Ander Gillenea)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xj39r.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x777"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xj39r.jpg?itok=OZJgoxz_" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Journalists work before the start of the Spanish league football match between SD Eibar and Real Madrid CF at the Ipurua stadium in Eibar on December 20, 2020. (Photo by ANDER GILLENEA / AFP) (AFP / Ander Gillenea)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/img_20200905_204133_resized_20201218_044118985.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x677"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/img_20200905_204133_resized_20201218_044118985.jpg?itok=NvOhU3s8" width="200" height="132" alt="" /></a></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/oscar.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/oscar.jpg?itok=0t15oa9q" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A TV camera operator works during the Spanish league football match between Club Atletico de Madrid and Elche CF at the Wanda Metropolitano stadium in Madrid on December 19, 2020. (Photo by OSCAR DEL POZO / AFP) (AFP / Oscar Del Pozo)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xg7y8.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x799"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8xg7y8.jpg?itok=zIsM3Aig" width="200" height="132" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">A photographer works during the Spanish league football match between Sevilla FC and Real Valladolid FC at the Ramon Sanchez Pizjuan stadium in Seville on December 19, 2020. (Photo by CRISTINA QUICLER / AFP) (AFP / Cristina Quicler)</figcaption></figure></div><p class="c2">A Angers, comme dans une poignée d’autres stades de Ligue 1, le club a par la suite tenté de rompre ce silence avec des enregistrements de supporters. Des clubs de handball ou de basket ont aussi maintenu leurs animations musicales, avec un speaker qui commente la partie et scande tout seul « Dé-fense, dé-fense ! ». </p><p class="c2">Les supporteurs sont devenus une<a href="https://twitter.com/realmadrid/status/1341845857633755138">bande-son uniforme</a> répétée à chaque mi-temps, aux variations d’intensité complètement déconnectées de ce qui se passe sur le terrain.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1wd208_0.jpg?itok=gwo-i7MW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1wd208_0.jpg?itok=17sk3wbm 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1wd208_0.jpg?itok=5GM3RB0g 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1wd208_0.jpg?itok=nJ4X4nax 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1wd208_0.jpg?itok=4SBHNBNE 1245w" alt="image" />Aymeric Laporte (Manchester City) et Luka Jovic (Real Madrid) , en huitième de finale de la Ligue des Champions à Manchester, le 7 août 2020 (AFP / Dave Thompson)</div><p class="c2">Et c’est là que réside le vrai problème pour moi. Comme les comptes-rendus de match doivent être envoyés aux clients dans le quart d’heure suivant le coup de sifflet final, il faut écrire pendant la 2e période, en se fiant au grondement des supporters pour relever la tête quand les actions se précisent. Heureusement, les envolées des camarades des radios en direct ont pris le relais. Dans le silence ambiant, nous n’en manquons plus une miette.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vm2lz.jpg?itok=D6F2SGIJ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vm2lz.jpg?itok=Er2uTHK3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vm2lz.jpg?itok=6hoJZXlL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vm2lz.jpg?itok=nl8ocYmV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vm2lz.jpg?itok=MWMoxPcw 1245w" alt="image" />Reece James (Chelsea), Match Liverpool/ Chelsea à Liverpool, le 22 juillet 2020 (AFP / Laurence Griffiths)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8vm839.jpg?itok=lPu9GcCY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8vm839.jpg?itok=FOETxNOL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8vm839.jpg?itok=E1Nfkqgw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8vm839.jpg?itok=q6GleJ5W 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8vm839.jpg?itok=0_I7mxRf 1245w" alt="image" />Cristiano Ronaldo (Juventus) le 21 novembre 2020 après son second but lors de la 8eme journée de série A 
 (AFP / Miguel Medina)</div></div><p class="clear">En revanche, les mesures sanitaires ont eu raison des buffets dans les salles de presse, et même souvent des salles de presse elles-mêmes. Et avec elles, ces petits moments d’échanges avec les confrères avant les matches, si utiles pour prendre la température d’un club qu’on n’a pas le temps de suivre dans la semaine. Dorénavant, chacun a droit à un petit casse-croûte individuel à sa place, à bonne distance des autres.</p><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vt2lu.jpg?itok=YZZQrlec 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vt2lu.jpg?itok=XLg7d82O 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vt2lu.jpg?itok=KMexqizx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vt2lu.jpg?itok=IB572o8R 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_1vt2lu.jpg?itok=gzwZbKBr 1245w" alt="image" />David Silva (Manchester City) et Todd Cantwell (Norwich City) jouent devant un écran de supporteurs à Manchester, le 26 juillet 2020 (AFP / Peter Powell)</div><p class="c2">Ceci dit, à part dans les stades où la tribune de presse est très en hauteur, le silence nous permet désormais d’entendre les éclats de voix sur le terrain. Les cris de douleur, les cris de rage, les encouragements, les invectives, les consignes… <strong><a href="https://twitter.com/antoinemaignan?lang=fr">Antoine Maignan</a></strong>, journaliste à la rubrique football à Paris, a ainsi découvert Hugo Lloris sous un nouveau jour lors du match de l’équipe de France à Solna (Suède) en septembre. « On comprend tout de suite beaucoup mieux pourquoi il porte le brassard de capitaine : sans arrêt il replace, il corrige, il encourage, il motive. +Sortez, sortez !+ ou +Adri, plus près !+ à Adrien Rabiot… » En ce sens, le huis clos nous apporte quelque chose de nouveau. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26m4.jpg?itok=MNnJB-9S 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26m4.jpg?itok=VEL86Ybb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26m4.jpg?itok=j9O46MoP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26m4.jpg?itok=NdVsg8Ya 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26m4.jpg?itok=V8DT4fOX 1245w" alt="image" />Marie-Antoinette Katoto pendant le match France Australie à Guingamp, le 27 novembre 2020 (AFP / Damien Meyer)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26mh.jpg?itok=Xj7pu9wY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26mh.jpg?itok=9PWaL37n 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26mh.jpg?itok=O13r5EPr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26mh.jpg?itok=QrYBnYhz 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8w26mh.jpg?itok=cA2N_guc 1245w" alt="image" />27 novembre 2020 (AFP / Damien Meyer)</div><p class="c2">Et en Autriche en octobre pour l'équipe de France féminine, on a  remarqué que c'était l'adjoint Eric Blahic qui replaçait les joueuses bruyamment et non la sélectionneuse Corinne Diacre, plus discrète sur le banc.</p><p class="c2">Sans le huis clos, le match PSG-Basaksehir le 8 décembre n’aurait probablement pas eu le même retentissement. Depuis la tribune de presse, personne n’a entendu le quatrième arbitre roumain Sebastian Coltescu dire « negru » (« noir » en roumain) pour désigner l’entraîneur assistant du club turc Pierre Achille Webo. Mais dans un stade comble, cela aurait peut-être aussi échappé au banc stambouliote, de la même manière que les précédents épisodes de racisme ont souvent été difficiles à distinguer sans un visionnage en boucle des images de télévision. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wq62u.jpg?itok=SH6Mqj-8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wq62u.jpg?itok=zjc5gJXd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wq62u.jpg?itok=aOFbmNGJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wq62u.jpg?itok=mWV51Ext 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wq62u.jpg?itok=4-TgKAjw 1245w" alt="image" />Match Paris Saint-Germain (PSG) / Istanbul Basaksehir FK au Parc des Princes le 8 décembre 2020. En jaune, l'arbitre roumain Ovidiu Hategan (AFP / Franck Fife)</div><p class="c2">En revanche, <strong><a href="https://twitter.com/ahontang?lang=fr">Alexis Hontang</a></strong> et <strong><a href="https://twitter.com/AdrienVicente">Adrien Vicente</a></strong>, qui couvraient le match pour l’AFP, n’ont rien manqué de la réaction fulgurante de l’encadrement et des joueurs: « <em>Why you said negro?</em>" ("Pourquoi vous avez dit +nègre+?". Coincés dans leur tribune de presse sans même un retour vidéo, ils ont ensuite dû tendre l’oreille pour écouter les commentateurs télé tout près, qui avaient, eux, accès aux images et au son du bord du terrain. Deux heures de confusion, face à la pelouse vide et dans un silence de cathédrale, avant l’officialisation du report du match.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wt2v4.jpg?itok=h91P5WsT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wt2v4.jpg?itok=vGZNupcV 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wt2v4.jpg?itok=38thHtWz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wt2v4.jpg?itok=Pu5y61mE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8wt2v4.jpg?itok=K2DmA3TS 1245w" alt="image" />Suite du match Paris Saint-Germain (PSG) / Istanbul Basaksehir FK au Parc des Princes le 9 décembre 2020 (AFP / Franck Fife)</div><p class="c2">Quand les joueurs ne sont pas sur le terrain, l’accès à toute information est en effet devenu encore plus difficile. Le huis clos est devenu la règle pour les entraînements en semaine et les zones mixtes où l’on pouvait essayer de les alpaguer à la sortie du stade après les matches ont disparu. Dans le meilleur des cas, les journalistes sont confinés en salle de conférence de presse, où les équipes choisissent quels joueurs envoyer leur parler, quand elles en envoient.</p><p class="c2">Souvent aussi, nous nous retrouvons bloqués en tribune de presse à essayer de poser nos questions à un entraîneur ou à un joueur connecté sur Zoom depuis les entrailles du stade, ou qui nous parle au téléphone via un groupe WhatsApp en faisant les 100 pas sur le terrain à 15 m devant nous. Dans le pire des cas, nous n’avons droit qu’à une vidéo YouTube où l’on voit entraîneurs et joueurs répondre à nos questions lues par le staff. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Elive6aAtKA" width="560"> </iframe><p class="c2"><strong><a href="https://twitter.com/HutchisonPeter">Peter Hutchison</a></strong>, journaliste au bureau de New York, a découvert ce mélange d’intimité et de distance en couvrant l’US Open de tennis début septembre. En l’absence des 23.000 bouillonnants spectateurs new-yorkais, les journalistes pouvaient entendre le souffle de Serena Williams sur le court et n’avaient pas besoin de jouer des coudes pour apercevoir les joueurs à l’entraînement. « On se sentait comme à une exhibition privée, intime, des meilleurs joueurs de tennis du monde ». Pour autant, impossible de les approcher: toutes les conférences de presse ou interview avaient lieu sur Zoom.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw6qm.jpg?itok=BEyzPcv_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw6qm.jpg?itok=tFRMbtnJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw6qm.jpg?itok=XUUP3maY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw6qm.jpg?itok=nzYwB-v4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw6qm.jpg?itok=_tn7WfRC 1245w" alt="image" />(AFP / Martin Bureau)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw9tg_1.jpg?itok=o6FmLr8O 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw9tg_1.jpg?itok=IiNpWBUP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw9tg_1.jpg?itok=xPSzRG9V 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw9tg_1.jpg?itok=YT7urLrH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_8qw9tg_1.jpg?itok=4zq4pvdg 1245w" alt="image" />Rafael Nadal, à Roland Garros le 28 septembre 2020
 (AFP / Martin Bureau)</div><p class="c2">Ces interviews en visioconférence ont aussi changé la donne pour <strong><a href="https://twitter.com/jldafp">Jean-Louis Doublet</a></strong>, journaliste chargé des sports mécaniques. Ainsi Jack Miller, pilote de moto australien très drôle et disert en conférence, passe beaucoup moins bien en vidéo, tandis que son confrère français Johann Zarco, plutôt timide en face à face, se montre nettement plus à l’aise en vidéo. </p><p class="c2">Surtout, les mesures sanitaires ont enfermé les journalistes dans une bulle qui se déplace de Grand Prix en Grand Prix, sans jamais croiser les équipes. « Avant, tu allais prendre un café chez l’un ou chez l’autre, tu croisais les pilotes derrière leur camion… Maintenant c’est tout par visio, que tu sois à 1.500 km ou dans la pièce à côté. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_s30fr.jpg?itok=POoGcGV6 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_s30fr.jpg?itok=G7bN31eZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_s30fr.jpg?itok=xHXjdsOv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_s30fr.jpg?itok=ywhEg4X9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/societe-sport-loisirs/sport-nopublic-covid-dec20/000_s30fr.jpg?itok=uxd26FdT 1245w" alt="image" />Le public célèbre la Scuderia Ferrari à Monza, le 23 septembre 2017
 (AFP / Andrej Isakovic)</div><p class="c2">Et sans public, on fait des milliers de kilomètres pour voir toujours le même Grand Prix. On retrouve à chaque fois les mêmes acteurs, les mêmes camions. Les publics italien, mexicain ou allemand réagissent de manières différentes et c’est cela qui donne une patte à chaque circuit. Les 24 heures du Mans sans les frites, les saucisses et les concerts, ce n’est plus Le Mans. Monza sans le public italien, c’est juste une masse de ciment dans une forêt sombre, comme un mausolée ».</p><p class="c3">Récit Fanny Carrier avec les journalistes du service des sports. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer à Paris.</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/notre-huis-clos-avec-les-stars-du-sport</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/notre-huis-clos-avec-les-stars-du-sport</guid>
      <pubDate>Thu, 24 Dec 2020 14:58:19 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Quand l'histoire se termine bien]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Paris -</strong> Écrire une histoire digne d’un conte de fées contemporain, cela n’arrive pas tous les jours.  J’ai eu vent de la nouvelle alors que je venais tout juste de prendre mes fonctions à Paris,  comme adjointe en charge de notre agenda en ligne. </p><p class="c2">Je l'ai appris par un Whatsapp. La famille irakienne que j’avais suivie avec le photographe <strong><a href="https://www.instagram.com/aris.messinis/?hl=fr">Aris Messinis</a></strong> et la vidéo reporter <strong><a href="https://twitter.com/vieillenioc?lang=fr">Celine Jankowiak</a></strong> sur les routes et chemins cahoteux de six pays Européens en 2015, en pleine crise migratoire, avait obtenu le droit d’asile aux Pays Bas: le pays des merveilles pour eux.</p><p class="c2">La torture de l’attente des papiers étaient enfin terminée. Dans la  grande salle de rédaction proche de la Place de la Bourse à Paris où je travaille, je trépignais de joie et d’émotion et racontais l’histoire à qui voulait l’entendre. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-62.jpg?itok=SzPKLK1L 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-62.jpg?itok=Ng9JkLBf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-62.jpg?itok=5R_lpjrg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-62.jpg?itok=ZTVMNGdE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-62.jpg?itok=Zyx4kPbX 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">“Il faut que tu ailles les voir et que tu écrives cette histoire”, a réagi <strong>Deborah Pasmantier</strong>, en charge des grands formats, qui, dès le début m’avait encouragée à suivre cette épopée sur le long terme. Je ne pouvais être plus d’accord.</p><p class="c2">Alors la vaillante équipe formée par Aris, Céline et moi-même s’est reformée, le temps d’une dernière visite --  est-ce la dernière ? --  à cette famille à laquelle nous nous étions bien attachés. J’ai repassé mentalement le film de notre rencontre. </p><p class="c2">Le soleil se levait sur  Gevgelija, un village tranquille de Macédoine du Nord. Le 3 septembre 2015, des centaines de personnes venant en majorité de Syrie, d’Afghanistan et d’Irak se serraient, espérant aborder un train après une traversée désespérée, de l’est de la Méditerranée vers l’Europe. Objectif: la Serbie, étape suivante de leur interminable périple vers l’Europe, où ils espéraient une vie meilleure.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/serene_29.jpg?itok=VKRt36XN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/serene_29.jpg?itok=O16mIXjD 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/serene_29.jpg?itok=Vpy7UAk7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/serene_29.jpg?itok=KRFkRzBi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/serene_29.jpg?itok=EhpH-aT2 1245w" alt="image" /></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-train-5.jpg?itok=_9nRa0Qv 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-train-5.jpg?itok=ZP8k479I 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-train-5.jpg?itok=GAdQkpPz 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-train-5.jpg?itok=M00cTtJp 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-train-5.jpg?itok=eQciTD8b 1245w" alt="image" />( AFP/ Aris Messinis)</div><p class="c2">C’était le début de “la route des Balkans”, empruntée par 760.000 personnes cette année-là.</p><p class="c2">Dans la foule: des vieillards, des mères et leurs nouveaux-nés, des amputés de guerre, des amoureux main dans la main et beaucoup, beaucoup de familles avec leurs enfants. Alors que je prenais frénétiquement des notes, Aris et Céline s’étaient approchés d’un jeune père avec son enfant dans les bras, suivi de son épouse, une jolie brune aux cheveux ramassés en chignon.</p><p class="c2">“Serene, va leur parler. Cette famille, il faut qu’on la suive”, m’a dit Aris, photojournaliste chevronné, en me montrant Ahmad, Alia et Adam, alors âgé de quatre mois. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-31.jpg?itok=AAiptYv1 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-31.jpg?itok=5Jctul-j 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-31.jpg?itok=W2dj_pHF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-31.jpg?itok=VopvgHqC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-31.jpg?itok=4008lJ3h 1245w" alt="image" />(AFP/ Aris Messinis)</div><p class="c2">Aris, Celine et moi nous étions retrouvés quelques jours plus tôt à Thessalonique et avions déjà décidé de suivre une famille sur cette route des Balkans. Comme l’avait fait remarquer Céline, c’était la manière de donner à voir la réalité humaine qu’aucune statistique sur cette gigantesque vague migratoire - la plus importante depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, ne pouvait traduire. </p><p class="c2">Je n’étais pas sûre que nous y arriverions. Il fallait trouver une famille capable non seulement de braver le danger de mort pendant la traversée mais disposée aussi à partager sa douloureuse histoire.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-40.jpg?itok=fm6v_iF0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-40.jpg?itok=2ZYH6csN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-40.jpg?itok=H3XwZb5y 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-40.jpg?itok=K_a4ptEA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-40.jpg?itok=m6T--RFE 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">Et ils étaient là. J’ai tenu à bien m’assurer qu’ils étaient vraiment partants. Je leur ai dit qu’ils seraient filmés et photographiés maintes fois. J’ai expliqué à Ahmad et Alia que je leur poserai une foule de questions et qu’il faudrait être clair s’ils souhaitaient que certaines de leurs réponses restent confidentielles. </p><p class="c2">Ils ont dit oui, sans hésiter. Après tout, ils n’avaient rien à cacher et seraient heureux de partager la route avec nous. C’était le premier geste de générosité d’une longue série. </p><p class="c2">Ont-ils aussi pensé que la présence d’une équipe de reporters internationaux les protégerait? Peut-être bien, mais, je suis persuadée qu’ils voulaient avant tout montrer au monde que la migration est intrinsèque à la condition humaine et que ceux qui y sont contraints méritent d’être traités avec respect et dignité. Qui ne ferait pas tout ce qui est en son pouvoir pour offrir à son enfant paix et liberté ?</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-38.jpg?itok=QTX5PRS7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-38.jpg?itok=pdzxmtgr 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-38.jpg?itok=Eot_VjyH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-38.jpg?itok=DuC5rCa4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/correspondent/migrants/serene_s_letter/alia-ahmad-adam-38.jpg?itok=cOH80Hvw 1245w" alt="image" />(AFP/ Aris Messinis)</div><p class="c2">Nous avons donc traversé l’Europe, dans les pas d’Ahmad, Alia et Adam, un pas de course. En bus, en train, dans des taxis de passeurs, ou à pied, nuitamment, profitant comme tous les clandestins, de l’obscurité. Sur le trajet, nous avons tout partagé. Et doucement, le trio est devenu “notre famille”.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/periple-adam-graphique.jpg?itok=t_Yrmupl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/periple-adam-graphique.jpg?itok=-cmvRh8_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/periple-adam-graphique.jpg?itok=gAGdYPXp 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/periple-adam-graphique.jpg?itok=i6DaK_zO 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/periple-adam-graphique.jpg?itok=tpIFTje8 1245w" alt="image" /></div> <p class="c2">Tous les journalistes qui ont couvert la guerre ou des crises humanitaires le savent: les situations extrêmes rapprochent les êtres, même lorsque des nations entières se déchirent. L’empathie, l’intuition, la confiance deviennent parfois les conditions de la survie. </p></div><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugies-allemagne-alia.jpg?itok=WvZVvbWP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugies-allemagne-alia.jpg?itok=BK4xJLvw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugies-allemagne-alia.jpg?itok=IWAPC4Ak 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugies-allemagne-alia.jpg?itok=g_ght0st 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugies-allemagne-alia.jpg?itok=CPEBne2I 1245w" alt="image" />(AFP/ Aris Messinis)</div><p class="c2">Nous ne savions pas où nous mènerait le voyage et ce qu’il adviendrait de “notre famille”. Cinq ans plus tard, je regarde en arrière, et la vue depuis le petit pavillon neerlandais de Duiven où ils habitent désormais, me paraît limpide: ils devaient réussir, c’était leur destin. </p><p class="c2">Ils ont surmonté tant d’obstacles pour gagner le droit à un refuge, à une vie en sécurité dans ce pays où ils avaient déjà des parents. Et ils forment une si belle famille, au sens propre et figuré. Ils méritaient un happy end.</p><p class="c2">Mais d’autres, avec autant de mérite, n’ont pas eu cette chance. Certains se sont noyés, engloutis à jamais dans l’oubli de la Méditerranée. D’autres croupissent encore dans des camps en Grèce, en Italie, en Espagne ou ailleurs.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-germany-3.jpg?itok=70TU3XF_ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-germany-3.jpg?itok=3-NLH1Il 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-germany-3.jpg?itok=7N78-IhR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-germany-3.jpg?itok=ocBXwrCL 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-germany-3.jpg?itok=vG3sG83C 1245w" alt="image" />(AFP/ Aris Messinis)</div><p class="c2"> </p><p class="c2">La différence entre ces destinées tient à un fil. “Juste de la chance, de la pure chance”, résume Ahmad.  Les idéaux humanistes de l’Europe, une source d’inspiration pour des millions de personnes dans le monde,  déjà ébranlés par la vague de populismes, semblent bien mal en point.</p><p class="c2">Notre rencontre avec un passeur originaire du Kurdistan iraquien, regard vert et T-shirt violet, à la frontière serbo-hongroise, fut l’un des instants mémorables de cette expédition. Notre famille voulait éviter à tout prix d’être détectée par les autorités hongroises, craignant d’être enfermée dans un camp avec un billet pour nulle part.</p><p class="c2">Après avoir dépensé des sommes astronomiques pour sa traversée vers l’Europe, Ahmad et Alia ont donc encore investi 300 euros pour franchir la frontière clandestinement. Puis, une fois passés, ils dont dû payer leur dîme à un autre homme, un chauffeur de taxi aux bras tatoués d’insignes nazi, qui les a conduits jusqu’à Budapest.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-35.jpg?itok=e9ubGLnG 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-35.jpg?itok=89oVllvz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-35.jpg?itok=yaan5CLI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-35.jpg?itok=IvW267JH 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/alia-ahmad-adam-35.jpg?itok=Adi2jkq9 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">Une fois dans la capitale hongroise, ils ont erré comme des âmes en peine. Aucun hôtel, ou même bordel, ne les acceptait. Cette nuit-là, le petit Adam a dormi dans la rue, lové dans les bras de ses parents. Alia, qui avait tout fait pour garder le calme jusque-là sans rien laisser transparaître de ses angoisses, a fondu en larmes sur la chaussée.</p><p class="c2">J’avais à l’époque écrit mon malaise de voir une famille si attachante traitée si indignement. Comme d’autres journalistes, j’avais déjà traversé ici ou là des frontières de manière clandestine. Mais je n’avais jamais imaginé que je suivrais les pas d’un passeur pour entrer en Europe. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-17.jpg?itok=auVfFlPC 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-17.jpg?itok=BxrD1zHb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-17.jpg?itok=TWydGuA9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-17.jpg?itok=o3A8tdPd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-17.jpg?itok=osK1uGqw 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-20.jpg?itok=LJ9UjwcQ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-20.jpg?itok=MJyrBSBj 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-20.jpg?itok=2NDH5_dZ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-20.jpg?itok=Ex3KroK9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/refugees-macedonia-20.jpg?itok=Pzo1DrwP 1245w" alt="image" />( AFP / Aris Messinis)</div><br /> </div><p class="c2">J’ai ressenti le fossé qui nous séparait de cette famille. Si j'avais été arrêtée par la police hongroise, j’aurais tout au plus eu des soucis passagers, mais pour eux ? C’était la fin du voyage.</p><p class="c2">Nous, journalistes nés au Royaume-Uni, en France et en Grèce étions en mission pour une agence de presse internationale. Eux, étaient nés en Irak et fuyaient pour survivre. Soudain j’ai ressenti dans ma chair à quel point la sensation d’être libre et en sécurité -- exactement ce qu’Ahmad et Alia souhaitaient pour  Adam -- était précieuse.</p><p class="c2">En tant que journalistes, nous avons aussi le devoir de garder une certaine distance émotionnelle par rapport à nos sujets. C’est la seule manière de préserver notre d’objectivité et notre neutralité, piliers de la crédibilité de notre travail. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/makingof/migrants_liveblog/serene-assir-header1.jpg?itok=rbIgbp90 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/makingof/migrants_liveblog/serene-assir-header1.jpg?itok=jmFsQZ0V 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/makingof/migrants_liveblog/serene-assir-header1.jpg?itok=E_BFHzFs 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/makingof/migrants_liveblog/serene-assir-header1.jpg?itok=kqfH3aFX 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/makingof/migrants_liveblog/serene-assir-header1.jpg?itok=lwLufvxd 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">Mais il faut parfois s’approcher, autant que l’on peut, des histoires humaines pour faire du bon travail.  Toucher du doigt l’injustice et la souffrance, ne laisse cependant pas indemne. Aris a écrit en novembre 2015 un billet pour ce blog, où il raconte comment il a laissé sa caméra pour se jeter à la mer et éviter la noyade à des migrants au large de la Grèce. Je suis honorée de travailler avec lui. L’objectivité est capitale, mais l’idée même d’assister à une tragédie en restant les bras croisés me paraît déroutante.</p><p class="c2">Notre mission a démarré comme un reportage classique. Nous étions d’ailleurs loin d’être les seuls journalistes sur la route des Balkans à l’automne 2015. En revanche, de pouvoir suivre cette famille ensuite, pendant cinq ans, fut un privilège.</p><p class="c2">En décembre 2015, nous avons pu leur rendre visite dans un centre d’accueil de la ville de Leeuwarden, aux Pays-Bas. Leurs conditions de vie étaient dures dans ce centre d’expositions transformé en refuge temporaire où s'entassaient des centaines de personnes qui s’attendaient à être accueillies les bras ouverts en Europe. Sans papiers, ils vivaient toujours avec la peur d'être renvoyés en Irak.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/_hwlHrAhLEc?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="lodyssee_dune_famille_de_refugies_se_poursuit_aux_pays-bas" width="640"> </iframe><p class="c2">Nous sommes restés en contact avec eux, notamment via WhatsApp, avec l’accord de l’AFP. Ahmad a partagé avec nous les détails de son premier entretien de demande de titre de séjour avec les autorités néerlandaises, et sa colère face aux deux rejets consécutifs de sa demande d’asile, lui qui avait déjà survécu à la guerre et à un attentat à Bagdad. </p><p class="c2">Ahmad nous a aussi envoyé des photos d’Alia, qui en perdait les cheveux. Mais dans mon téléphone il y avait aussi de temps à autre des images d’Adam, qui grandissait… ce petit bout de vie qui avait appris à marcher en passant de centre d'accueil en refuge temporaire avec ses parents. </p><p class="c2">Quand ses parents ont obtenu leur premier titre de séjour, en août 2019, il avait déjà quatre ans et se préparait pour sa première rentrée scolaire. </p><p class="c2">Quand nous sommes allés les voir à Duiven, un an plus tard, nous avons été reçus comme si nous faisions partie de la famille. Ce fut une courte visite, et nous avons tourné pendant de longues heures, mais quelle joie partagée, quels éclats de rire l’ont ponctuée.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later09.jpg?itok=WxuaVtkl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later09.jpg?itok=7p4Zzdug 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later09.jpg?itok=ep3U_yJF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later09.jpg?itok=O854SAUb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later09.jpg?itok=p527Yn01 1245w" alt="image" />(AFP/ Aris Messinis)</div><p class="c2">Alors que Céline et moi interviewions Ahmad dans le salon, Aris jouait aux Lego avec Adam. Lorsque j’ai vu Adam partir sur son vélo à l’école, je n’ai pu réprimer les larmes. Leur rêve s’était réalisé et je me sentais si fière d’avoir pu vivre ce moment.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later37.jpg?itok=u-4Sa_Ev 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later37.jpg?itok=1gNSj0Z7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later37.jpg?itok=Y_8yAA7K 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later37.jpg?itok=3QoEiTKq 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later37.jpg?itok=xMOJXdxv 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">Le pire était derrière eux, enfin. Ahmad et Alia, devenus officiellement ce qu’ils avaient toujours été, des réfugiés, pouvaient désormais se consacrer à perfectionner leur néerlandais et devenir indépendants financièrement. Être réfugié ne veut pas dire être citoyen d’un pays à part entière: ils ne peuvent pas voter par exemple et donc exercer leurs droits démocratiques dans leur nouveau pays d’accueil.<br /> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later15.jpg?itok=1vLjfeuA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later15.jpg?itok=lkPkYApd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later15.jpg?itok=9M9VVv_n 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later15.jpg?itok=WDJPM2RK 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later15.jpg?itok=fpuomdxU 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">Mais je suis sûre qu’ils y arriveront, armés de leur bravoure et de leur persistance. Pour moi ces deux-là ne sont pas des victimes, mais des héros des temps modernes, qui ont refusé de se résigner. </p><p class="c2">Alors qu’ils allaient prendre le bateau reliant la Turquie à la Grèce, et tenter cette traversée où tant d’autres avaient disparu en cet été 2015, Alia a dit à son mari: “On vivra ensemble ou on mourra ensemble”.  </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later08.jpg?itok=-waAmeIU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later08.jpg?itok=wIzBsweH 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later08.jpg?itok=iRiv4NUc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later08.jpg?itok=5yU-5Kxs 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later08.jpg?itok=r9T1C2kg 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later22.jpg?itok=IJm1faQY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later22.jpg?itok=94WZCzSh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later22.jpg?itok=hA9pU489 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later22.jpg?itok=4N_CrPTB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later22.jpg?itok=8o3YEYdf 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div></div><p class="c2">Ils savaient que la route serait longue et minée. Mais qu'il leur fallait faire preuve de courage pour leur enfant. Le futur les attend, dans une tranquille bourgade des Pays Bas, loin des dangers de leur chère ville de Bagdad.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later05.jpg?itok=YzpRHVAS 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later05.jpg?itok=JTcXhPNa 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later05.jpg?itok=qQA1WC2V 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later05.jpg?itok=RoB1UbRJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/refugees/alia-ahmad-adam/iraqi_family_5_years_later05.jpg?itok=oflnzUiW 1245w" alt="image" />(AFP/ Aris Messinis)</div><p class="c3">Récit: Serene Assir. Photos: Aris Messinis. Vidéo: Céline Jankowiak. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/quand-lhistoire-se-termine-bien</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/quand-lhistoire-se-termine-bien</guid>
      <pubDate>Wed, 16 Dec 2020 16:26:12 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Une cage à oiseaux et un Printemps arabe]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Tunis -</strong> Nous avons retrouvé  dix ans après, l'homme à la cage, dont la photographie était devenue l'un des symboles de la révolution de jasmin en Tunisie, le premier des Printemps arabes. Retour sur ces journées qui ont changé la Tunisie, racontées notamment par le photographe et son sujet.</p><p class="c2">Le 14 janvier 2011, <strong>Wadii Jelassi,</strong> un jeune chômeur, avait eu vent par le bouche à oreille d’une mobilisation dans le centre de Tunis. Un appel à la grève avait aussi été lancé.</p><p class="c2">Collage d'affiches critiquant le régime, manifestations: malgré les risques de ces opérations, lui et quelques amis étaient souvent partants. Ils en voulaient au clan Trabelsi, les proches de la seconde épouse du dictateur Zine el Abidine Ben Ali, accusés de s'approprier des terres de leur quartier.</p><p class="c2">Wadii Jelassi vient d'Ennahli, une zone arborée à la périphérie de Tunis, où des résidences cossues ont grignoté la nature et les terres domaniales, sans pour autant permettre à la population locale de se loger dignement. Il est né dans une construction informelle en bordure d'autoroute, devenue au fil des ans une coquette maison à deux étages, mais sa rue n'a ni trottoirs, ni tout-à-l'égout, ni existence officielle.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8td.jpg?itok=o1qvdNre 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8td.jpg?itok=wn2BifSf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8td.jpg?itok=v1g-AiJf 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8td.jpg?itok=sS-6dBVN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8td.jpg?itok=AlZaMDOO 1245w" alt="image" />Le quartier de Wadii Jelassi, le 14 janvier 2011 (AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">Marginalisés par le régime, la plupart des habitants du quartier sont restés néanmoins prudemment éloignés de la politique, même quand des soulèvements ont commencé à secouer l'intérieur du pays, après l'immolation de <strong>Mohamed Bouazizi</strong>, un vendeur ambulant de fruits et légumes harcelé par la police à Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010.</p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/QU__c_5SfwU" width="560"> </iframe><p class="c2">Les manifestations qui avaient commencé à Sidi Bouzid s'étendent dans le reste du pays, réprimées dans le sang. La révolte se mue peu à peu en révolution, portée notamment par les robes noires, les avocats. </p><p class="c2">"Je ne disais pas à mes parents quand je sortais (militer ou manifester) ils n'aimaient pas cela, ils avaient peur pour moi", se souvient Wadii Jelassi. Sa maman, Zina, analphabète, fait des ménages et son père, aujourd'hui retraité, était chauffeur pour une entreprise. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710138.jpg?itok=2f29J8V9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710138.jpg?itok=P51gPdJg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710138.jpg?itok=8PjNwydR 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710138.jpg?itok=AZkJWQO0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710138.jpg?itok=q_EL5fPJ 1245w" alt="image" />14 janvier 2011, avenue Habib Bourguiba à Tunis (AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">Après avoir décroché de l'école à 14 ans, Wadii Jelassi avait travaillé dans une entreprise de fabrication d'aluminium, qu'il avait quittée car le salaire de 180 dinars mensuels (100 euros à l'époque) ne lui permettait pas d'être autonome. Comme Mohamed Bouazizi, il vivotait.</p><p class="c2">Restauration, bâtiment, animation, commerce: il avait enchaîné les petits boulots et rencontré un avocat de gauche, opposant au régime, qui l'avait fait entrer dans le monde des militants politiques.</p><p class="c2"> </p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3682488.jpg?itok=kOXAfuDF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3682488.jpg?itok=PYSN8vDw 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3682488.jpg?itok=fCx34XHJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3682488.jpg?itok=qpBp-BqG 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3682488.jpg?itok=EE61ULgP 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><p>Pour les manifestations, "on se coordonnait par téléphone, pour se donner rendez-vous, on se disait <em>on va boire un café ici ou là</em>, sans plus de détails", explique Wadii Jelassi, qui avait alors 21 ans et de la colère à revendre.</p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3699061.jpg?itok=9V7JJFoR 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3699061.jpg?itok=hVp2Q017 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3699061.jpg?itok=rKMczjuF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3699061.jpg?itok=nNstUF62 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3699061.jpg?itok=v7elxAjD 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2"><strong>Le 14 janvier</strong>, c'est à pied et une cage à oiseaux à la main qu'il a rejoint les foules rassemblées sur l'avenue Bourguiba, coeur de la capitale et du pouvoir.</p><p class="c2">"Quand on me demandait où j'allais avec ma cage, je disais que j'allais au marché de Moncef Bey", raconte-il. Après 23 ans d'un régime policier qui avait étouffé la moindre critique à coup d'arrestations et de contrôles policiers kafkaïens, la peur cédait le pas à la colère. "On savait qu'il pouvait y avoir des morts. Mais mon seul souci, c'était de dire que la Tunisie avait été en cage pendant 23 ans".</p><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710265.jpg?itok=DPE5pGoZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710265.jpg?itok=vVCzAZwJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710265.jpg?itok=VBG5FjEt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710265.jpg?itok=gvbolYJx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710265.jpg?itok=Wvfce36t 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><p>Pendant ce temps,  le photographe de l'AFP <strong>Fethi Belaid</strong> suivait les premiers manifestants défilant à Tunis autour d'avocats de gauche.</p><p>"Vers midi j'étais allé à l'Agence tunisienne de communication extérieure, l"ATCE", organe de propagande du régime qui censurait allègrement l'internet, se souvient Fethi. "Paradoxalement, c'était de là qu'on diffusait les images qui informaient le monde des manifestations en cours, car c'était le seul endroit où il y avait de l'internet stable".</p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710326.jpg?itok=5xyUblzL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710326.jpg?itok=ZDTaiwdS 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710326.jpg?itok=uCOH7iWb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710326.jpg?itok=QjBzIXrb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710326.jpg?itok=oYhwgccK 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710606.jpg?itok=w1n8wZJb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710606.jpg?itok=Evczaym3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710606.jpg?itok=Bw4TdGHI 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710606.jpg?itok=O_sdCvnd 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710606.jpg?itok=26xR1VFv 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">"J'avais des portraits de jeunes le poing levé, hurlant contre le régime, on hésitait à publier cela", souligne-t-il. Quand il retourne à son tour sur l'avenue Bourguiba vers 14h00, il n'en revient pas: "Les cordons de policiers qui protégeaient le ministère de l'Intérieur avaient cédé et des manifestants étaient sur les grilles, et certains photographes avaient même escaladé la façade du ministère pour prendre des photos, c'était incroyable".</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710865.jpg?itok=JnUd5omi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710865.jpg?itok=HSryg7dv 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710865.jpg?itok=RWdEv4Au 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710865.jpg?itok=MdWGp3fr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710865.jpg?itok=JCXGaVyV 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">Après presque 20 ans à photographier la Tunisie pour le quotidien gouvernemental La Presse puis pour l'AFP, Fethi n'avait jamais vu de telles manifestations. </p><p class="c2">Pendant longtemps, son pain quotidien était la couverture des activités du leader palestinien Yasser Arafat, en exil en Tunisie jusqu'en 1995, les sommets internationaux, visites de chefs d'Etat étrangers, ou encore les matches de foot.</p><p class="c2">Entré dans la photo à 21 ans après des études aux Beaux Arts, ce fils de militaire, quadragénaire jovial, avait ses accès au Palais présidentiel tunisien et aux négociations palestiniennes. Mais il avait aussi couvert, dans des conditions périlleuses, les prémices de la révolution.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3704083.jpg?itok=3zN4SYrA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3704083.jpg?itok=igBKnUYz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3704083.jpg?itok=XUxclUgx 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3704083.jpg?itok=psrDFxZC 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3704083.jpg?itok=Nl1JWdYj 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3703620.jpg?itok=bJj2CXCu 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3703620.jpg?itok=ozTLsEJJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3703620.jpg?itok=rU4dbQtA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3703620.jpg?itok=BMThV-t7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3703620.jpg?itok=z6wPxHAo 1245w" alt="image" />Une femme pleure face à la préfecture de Sidi Bouzid, le 10 janvier 2010 (AFP / Fethi Belaid)</div><p>Ses images de manifestations anti-régime fin décembre 2010 et d'émeutes à Régueb (ouest) début janvier, sont parmi les premières photos de presse des soulèvements qui allaient sonner le glas de plusieurs régimes de la région.</p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710185.jpg?itok=-CyG5uQO 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710185.jpg?itok=d1Shd1Td 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710185.jpg?itok=FKfMFxTq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710185.jpg?itok=1gP-OWxr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710185.jpg?itok=H-21Q88m 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">Arrivé devant le ministère de l'Intérieur, centre névralgique du pouvoir, le journaliste cherche en catastrophe un endroit pour prendre de bonnes images de cette marée humaine sans précédent. "Les confrères étaient mieux placés que moi, mais je me suis fait de la place en grimpant sur des bacs à fleur".</p><p class="c2">C'est à ce moment-là qu'il a vu "ce gars debout sur les épaules de son ami, brandissant une cage".  "J'ai juste eu le temps de faire six clichés au 80/200, puis il est redescendu, et il s'est perdu dans la foule". </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710854.jpg?itok=OnvMyb71 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710854.jpg?itok=XY695o1X 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710854.jpg?itok=P5CqZwAg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710854.jpg?itok=izucOPLx 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710854.jpg?itok=sXhUiOXR 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">"Faire une photo journalistique c'est souvent rendre hommage au hasard", reconnaît Fethi. Mais difficile de publier les images sur le champ: les gaz lacrymogènes ne tardent pas à pleuvoir, et les journalistes repliés à l'ATCE pour envoyer leurs photos en sont chassés car on peut voir depuis ses fenêtres des policiers en train de casser des voitures.</p><div class="ww-item image"> <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8vn3de.jpg?itok=VJnEUH5Y 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8vn3de.jpg?itok=JrQjJ_5u 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8vn3de.jpg?itok=s1g4Fa2K 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8vn3de.jpg?itok=u3h-g0SE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8vn3de.jpg?itok=yGCB0LgO 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div></div><p class="c2">​L'atmosphère est lourde. "C'était la débandade", se souvient le photographe. "Mes collègues regardaient en silence une photo de flammes obscurcissant le portrait de Ben Ali, et puis l'un d'eux a dit : <em>Ben Ali, c'est fini, envoie la photo</em>". "Ce genre de photo, si Ben Ali n'était pas tombé, ça risquait de me valoir de la prison, tellement elle résumait cette journée", dont on ne savait pas encore qu'elle aboutirait à la fin du régime, souligne Fethi.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710708.jpg?itok=VawLRBoN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710708.jpg?itok=Nx-4By7P 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710708.jpg?itok=K_uHwJpm 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710708.jpg?itok=5zdNnWf9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710708.jpg?itok=spZCr5ct 1245w" alt="image" />14 janvier 2011, la fumée s'élève suite à un feu en marge d'échauffourées entre manifestants et forces de l'ordre. Le président Ben Ali a quitté le pays ce jour-là (AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">Il envoie ce soir-là des dizaines d'images historiques - la foule des manifestants, les blindés en plein Tunis, le siège du parti présidentiel, le RCD, assailli.</p><p class="c2">Quelques heures plus tard, la télévision annonce que Ben Ali a quitté le pays.  Sur les plateaux de télévision à travers le monde, les émissions spéciales fleurissent sur ce qu'on commençait à appeler la révolution du Jasmin. Nombre d'entre elles montrent en arrière-plan la photo de Wadii et de sa cage.</p><p class="c2">Fethi a ressenti "le soulagement de pouvoir publier ces photos sans trop de crainte: les dernières semaines avant le 14 janvier, c'était devenu difficile de travailler, le chef de la police m'avait pris à partie, et franchement on a eu peur".</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710328.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x808"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710328.jpg?itok=UdmrcCqW" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Fethi Belaid)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3731043.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3731043.jpg?itok=qFVx6kp3" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Fred Dufour)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710744.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x828"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3710744.jpg?itok=WMYS-R6c" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Fethi Belaid)</figcaption></figure></div><p class="c2"><strong>Pour le reste des journalistes du bureau de l'AFP</strong> à Tunis, les dernières années du règne de Ben Ali avaient été marquées par des convocations, et intimidations. Des policiers étaient entrés par effraction au domicile de la directrice en 2005 utilisant du gaz anesthésiant, et un autre directeur arrivé depuis peu avait été expulsé après une fausse accusation d’agression sexuelle dans un parking à Tunis, en 1995.</p><p class="c2">Alors que la contestation montait en cette fin d'année 2010, les menaces s'étaient intensifiées, devenant ouvertes, et obligeant à peser chaque mot de chaque dépêche pour pouvoir continuer à parler de l’opposition sans risquer la fermeture du bureau.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3720992.jpg?itok=6r3ohbqG 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3720992.jpg?itok=Etxs0rux 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3720992.jpg?itok=RAkAn1ZM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3720992.jpg?itok=EycoxlCP 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3720992.jpg?itok=JIOYvAya 1245w" alt="image" />Manifestation le 18 janvier 2011 à Tunis contre le parti du président Ben Ali (AFP / Fred Dufour)</div><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3711081.jpg?itok=gcnzjPwi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3711081.jpg?itok=uSPXPOPA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3711081.jpg?itok=DQSXRumM 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3711081.jpg?itok=WPX81NHI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3711081.jpg?itok=mm1cTavO 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">Quand à Wadii, dès 2011, sa photo a été affichée partout. "Lorsque Béji Caïd Essebsi, chargé de gérer la transition, est devenu Premier ministre, son bras droit l'offrait à ses  invités", se souvient Fethi. "Même Carrefour en vendait des reproductions pirates."</p><p class="c2">Fethi a fini par rencontrer son éphémère modèle quelques années après la révolution, par l'intermédiaire de connaissances communes dans le monde politique. Il suit de loin en loin le sort de Wadii, qui apparaît de temps en temps sur les plateaux télévisés tunisiens.</p><p class="c2">Le jeune homme à la cage est devenu un symbole de la révolution tunisienne - à tel point que le président Kais Saied lui a rendu hommage le soir de son élection, en octobre 2019.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8v63c9.jpg?itok=be4GJ7Oi 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8v63c9.jpg?itok=zq0nqjy3 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8v63c9.jpg?itok=2EpLjWas 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8v63c9.jpg?itok=vMtLhXOB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_8v63c9.jpg?itok=yZNdcdWi 1245w" alt="image" />Dix ans plus tard, Wadii Jelassi pose avec une colombe, le 22 janvier 2020 (AFP / Fethi Belaid)</div><p class="c2">"Il ne faut pas que les politiciens, ni les Tunisiens oublient ce jeune qui a fait sortir l'oiseau de la cage", a lancé solennellement cet universitaire, porté au pouvoir par un électorat jeune et fidèle aux idéaux de la révolution. "L'oiseau n'y retournera pas, même s'il est patraque -- il est entré dans l'histoire", a-t-il poursuivi avec lyrisme.</p><p class="c2">Wadii Jelassi a eu la chair de poule en entendant cet hommage qu'il connaît par coeur, et il a préparé deux petites cages symboliques à offrir au président. Mais si la démocratisation se poursuit, "la fête est finie", souligne Wadii. Le trentenaire n'est plus chômeur, mais il est resté vivre chez ses parents avec son épouse et sa fille, et le quartier vit toujours au rythme des coupures d'eau et des inondations.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8tj.jpg?itok=78KsUSOt 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8tj.jpg?itok=eTi4vmju 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8tj.jpg?itok=iWKXCSna 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8tj.jpg?itok=RV3Quo4j 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8tj.jpg?itok=guipAW-n 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8ta.jpg?itok=bQbFLtz8 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8ta.jpg?itok=cllnYADQ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8ta.jpg?itok=s-FyT-Br 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8ta.jpg?itok=ewNAz5aY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/8wv8ta.jpg?itok=o7Du6Qqu 1245w" alt="image" />(AFP / Fethi Belaid)</div></div><p class="c2">Les habitants ont fait une collecte et repeint eux-mêmes le tunnel piéton sous l'autoroute qui rejoint l'école - mais quand il pleut, l'eau dévale les rues en pente raide, et force les enfants à patauger pieds nus jusqu'à l'école. Employé précaire dans la grande distribution, Wadii peine à boucler ses fins de mois et à concrétiser son rêve de faire du théâtre et des films.</p><p class="c2">Il a monté en 2019 une pièce sur la révolution, avec la photo du 14 janvier en toile de fond. Un téléfilm tunisien a mis en scène ce jeune manifestant à la cage -- avec un autre acteur pour l'incarner.</p><p class="c2">"Nous étions pauvres et  enfermés. Maintenant, nous ne sommes plus enfermés -- mais comment veux-tu être vraiment libre quand tu ne peux même pas avoir un vrai chez toi", lance-t-il, saisissant dans sa cage une colombe qui roucoule discrètement sur le palier.  "Ma liberté, ça serait d'avoir un logement dans un quartier avec des canalisations pour les égouts, de l'électricité stable".</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3723906.jpg?itok=1DetdwXg 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3723906.jpg?itok=TRCrrZOY 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3723906.jpg?itok=vXta_NI8 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3723906.jpg?itok=cl5IpjgZ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/tunisia/arab-spring-anniversary-dec20/000_par3723906.jpg?itok=5yXCcCbn 1245w" alt="image" />(AFP / Martin Bureau)</div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/une-cage-oiseaux-et-un-printemps-arabe</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/une-cage-oiseaux-et-un-printemps-arabe</guid>
      <pubDate>Sat, 12 Dec 2020 12:12:05 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: Joe Biden, le phénix]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="second-nav ha-header-small ha-header-perspective ha-header-front nav-wrapper container group"><p>les coulisses de l'info</p></div><div class="fullwidth  ha-waypoint post-container"><div class="main-post"><p>Democratic presidential nominee Joe Biden gestures after speaking during election night at the Chase Center in Wilmington, Delaware, early on November 4, 2020. - Democrat Joe Biden said early Wednesday he believes he is on track to defeating US President Donald Trump, and called for Americans to have patience with vote-counting as several swing states remain up in the air.We believe we are on track to win this election, Biden told supporters in nationally broadcast remarks delivered in his home city of Wilmington, Delaware, adding: It ain't over until every vote is counted. (Photo by ANGELA WEISS / AFP) (AFP / Angela Weiss)</p><article role="article" data-article-type="" class="node node--article node--promoted node--full node--article--full format-standard full-content post type-post status-publish has-post-thumbnail hentry enable-pin-share selection-share-on"><div class="content-header-single"><p><a href="https://making-of.afp.com/antoine-boyer" target="_blank">Antoine Boyer</a> Dimanche 8 novembre 2020</p></div><div class="article-entry clearfix"><p>Après quatre nuits et trois jours de rebondissements et de suspens, le verdict est tombé : Joe Biden sera bien le 46e président des Etats-Unis. L’élection du démocrate de 77 ans est le couronnement d’une vie marquée par les épreuves. Joe Biden, l’enfant de la Pennsylvanie industrielle, ancien sénateur puis vice-président de Barack Obama accède enfin à la fonction suprême.</p><p><strong>Twenty Twenty</strong> dresse le portrait du futur locataire de la Maison Blanche.  Un épisode co-animé par <strong><a href="https://twitter.com/antoinebv?lang=en">Antoine Boyer</a></strong> et <strong><a href="https://twitter.com/salimab_l?lang=fr">Salima Belhadj</a></strong>, la cheffe adjointe de l'AFPTV aux Etats-Unis, avec <strong><a href="https://twitter.com/elodiecuzin?ref_src=twsrc%5Egoogle%7Ctwcamp%5Eserp%7Ctwgr%5Eauthor">Elodie Cuzin</a></strong>, correspondante à Washington chargée de la politique américaine. </p><p class="c3">Composition musicale: Léna Chinchio </p></div></article><div class="container" id="popular-post"><div class="item"><div class="feature-holder"><a href="https://making-of.afp.com/podcast-coulisses-dune-nuit-electorale-washington"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/image_348x278/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8uj2zq.jpg?itok=bxtDDIDh" width="348" height="278" alt="" /></a></div><p></p><h3><a href="https://making-of.afp.com/podcast-coulisses-dune-nuit-electorale-washington">Podcast: coulisses d'une nuit électorale à Washington</a></h3></div><div class="item"><div class="feature-holder"><a href="https://making-of.afp.com/podcast-aux-urnes-lamerique"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/image_348x278/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8tn8r4.jpg?itok=smDq-6O0" width="348" height="278" alt="" /></a></div><p></p><h3><a href="https://making-of.afp.com/podcast-aux-urnes-lamerique">Podcast: aux urnes l'Amérique !</a></h3></div><div class="item"><div class="feature-holder"><a href="https://making-of.afp.com/podcast-joe-biden-vengera-t-il-la-defaite-dhillary-clinton"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/image_348x278/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_ix7s5.jpg?itok=CMBpY3vF" width="348" height="278" alt="" /></a></div><p></p><h3><a href="https://making-of.afp.com/podcast-joe-biden-vengera-t-il-la-defaite-dhillary-clinton">Podcast: Joe Biden vengera-t-il la défaite d'Hillary Clinton ?</a></h3></div><div class="item"><div class="feature-holder"><a href="https://making-of.afp.com/podcast-et-si-trump-contestait-la-presidentielle"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/image_348x278/public/medias/aa_new_posts/us-trump-media-104.jpg?itok=1FcusD7q" width="348" height="278" alt="" /></a></div><p></p><h3><a href="https://making-of.afp.com/podcast-et-si-trump-contestait-la-presidentielle">Podcast: et si Trump contestait la présidentielle ?</a></h3></div><div class="item"><div class="feature-holder"><a href="https://making-of.afp.com/podcast-lenfance-de-joe-biden"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/image_348x278/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/twentytwenty-21-july20/000_1wi8gd.jpg?itok=HgtMlvOM" width="348" height="278" alt="" /></a></div><p></p><h3><a href="https://making-of.afp.com/podcast-lenfance-de-joe-biden">Podcast: l'enfance de Joe Biden</a></h3></div><div class="item"><div class="feature-holder"><a href="https://making-of.afp.com/podcast-cherche-vice-presidente-pour-battre-trump"><img src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/image_348x278/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/twentytwenty-21-july20/000_1pr0an.jpg?itok=hFfV4Al5" width="348" height="278" alt="" /></a></div><p></p><h3><a href="https://making-of.afp.com/podcast-cherche-vice-presidente-pour-battre-trump">Podcast: cherche vice-présidente pour battre Trump</a></h3></div></div><p><a href="https://making-of.afp.com/au-karabakh-la-guerre-et-le-virus" class="post next-post">Article suivant
<h3 class="post-title">Au Karabakh, la guerre et le virus</h3>
</a> <a href="https://making-of.afp.com/podcast-coulisses-dune-nuit-electorale-washington" class="post prev-post">Article précédent
<h3 class="post-title">Podcast: coulisses d'une nuit électorale à Washington</h3>
</a></p></div></div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-joe-biden-le-phenix</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-joe-biden-le-phenix</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:31 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast: coulisses d'une nuit électorale à Washington]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Notre podcast préféré <strong>Twenty Twenty</strong> s'est transformé pour une nuit en <strong>Making of</strong>, pour nous raconter les coulisses de la nuit électorale historique au sein de la rédaction de l'AFP à Washington... Un podcast haletant d'<a href="https://twitter.com/antoinebv?lang=en">Antoine Boyer</a> sur une élection aux multiples rebondissements , en pleine pandémie de coronavirus. </p><p>Les journalistes de l'AFP aux Etats-Unis préparaient depuis des mois la couverture de ce scrutin, en allant à la rencontre des électeurs aux quatre coins du pays, en approfondissant sur les dossiers cruciaux, en organisant les équipes TV pour être en direct le jour J depuis une vingtaine de villes américaines et en suivant pas à pas le démocrate Joe Biden et le républicain Donald Trump.</p><p>Pendant que nos photographes aux Etats-Unis diffusaient, en une seule nuit, plus de 1.300 images, les <a href="https://factuel.afp.com/list/all/all/all/38560/13">fact-checkers</a> étaient mobilisés pour démentir les fausses nouvelles avant qu'elles ne deviennent virales et nos datajournalistes veillaient pour actualiser en direct les résultats sur une carte interactive.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8tn8r4.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8tn8r4.jpg?itok=phnZsKnc" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Ariana Drehsler)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8un4jp.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8un4jp.jpg?itok=LIiytT9p" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Chandan Khanna)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8ul2xr.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8ul2xr.jpg?itok=b2ki8jni" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Eric Baradat)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8uh8h7.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8uh8h7.jpg?itok=E2nIpec7" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Ricardo Arduengo)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8uj3dj.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8uj3dj.jpg?itok=6WVRsCRd" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Mandel Ngan)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8uk8qh.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x812"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8uk8qh.jpg?itok=v_0X5hVI" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Jim Watson)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8un778.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8un778.jpg?itok=BXYRuteM" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Ronda Churchill)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8un4r2.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/twenty_twenty/trump-biden-oct20/000_8un4r2.jpg?itok=9nxU7qBQ" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Brendan Smialowski)</figcaption></figure></div><p>Mais au petit matin le 4 novembre, le suspense était toujours aussi intense et on ne savait toujours pas qui de Joe Biden ou Donald Trump serait le prochain président des Etats-Unis. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/zWC5ypa1o2o" width="560"> </iframe>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-coulisses-dune-nuit-electorale-washington</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-coulisses-dune-nuit-electorale-washington</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:31 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Au Karabakh, la guerre et le virus]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Stepanakert -</strong> Le son métallique des rafales d’armes automatiques et le fracas des bombardements se sont tus au Nagorny Karabakh après six semaines d'une guerre éclair dans ce petit territoire montagneux à 5.000 km de Londres et 2.000 d’Istanbul, objet d’une dispute entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan depuis des siècles. </p><p class="c2">L'Azerbaïdjan a repris le contrôle d'une partie de ce territoire séparatiste qui lui avait échappé après un autre conflit sanglant entre 1988 et 1994. La guerre déclenchée le 27 septembre a opposé ses troupes à celles de l'Arménie, qui soutient cette terre peuplée essentiellement d'Arméniens. Les hostilités ont fait plus de 2.300  morts, mais le nombre de victimes est sans doute bien plus élevé, l'Azerbaïdjan taisant ses pertes militaires. Le président russe Vladimir Poutine a affirmé le 13 novembre que les combats avaient fait plus de 4.000 morts et 8.000 blessés. </p><p class="c2">A partir du 30, l’AFP a envoyé plusieurs équipes de reporters via Bakou en Azerbaïdjan, et Erevan, en Arménie. Il fallait être sur le terrain des deux côtés de la ligne de front. Treize journalistes s'y sont rendus au total:  rédacteurs, photographes et vidéojournalistes. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta4ju.jpg?itok=VyJW1eLm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta4ju.jpg?itok=QY8aBYY1 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta4ju.jpg?itok=MI0BffFe 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta4ju.jpg?itok=B99VgXyA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta4ju.jpg?itok=v9dVAbdt 1245w" alt="image" />A Gandja, ville contrôlée par l'Azerbaïdjan, le 17 octobre 2020, après la chute d'un missile (AFP / Bulent Kilic)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37d4.jpg?itok=rrQlBjmT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37d4.jpg?itok=6J77t_k_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37d4.jpg?itok=LFniNw3E 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37d4.jpg?itok=Guq2MuhA 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37d4.jpg?itok=7dZMsF0D 1245w" alt="image" />A Stepanakert, capitale du Haut Karabakh, soutenu par l'Arménie, dans une cave, le 14 octobre 2020 (AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">Dans leurs valises, l’équipement de routine: gilets pare-balles, casques, téléphones satellitaires, kits de premier secours.  Des deux côtés du front, à <strong>Stepanakert</strong>, capitale du Nagorny Karabakh, ou encore à <strong>Gandja</strong> à 150 km au nord, en territoire contrôlé par l’Azerbaïdjan, secoués par des des bombardements incessants, <strong>soldats et civils ont péri par dizaines</strong>, jour après jour. Deux journalistes du quotidien Le Monde, Allan Kaval et le Rafael Yaghobzadeh, ont aussi été grièvement blessés le 1er octobre.  </p><p><img height="464" width="600" class="Array lazyload blur-up" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/001_8uu7dq_jpeg_1.jpg" alt="" title="" /></p><p class="c2"><strong>Pendant ce temps le Covid-19 avançait</strong>, indifférent aux lignes de front et nationalités, gagnant du terrain au-delà des zones de combats.  Pour échapper à la guerre, il y des règles de base: se réfugier dans les caves, scruter les trouées laissées par les bombardements sur les façades des immeubles. Si c’est l’ouest, on s’abrite du coté du bâtiment le moins exposé à l’est, et ainsi de suite, raconte le photographe <strong><a href="https://twitter.com/kilicbil?lang=fr">Bulent Kilic</a></strong>, qui a couvert cette guerre du côté azerbaïdjanais. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Hoa7-dChDs8" width="560"> </iframe><p class="c2">On peut aussi guetter le positionnement de la défense antiaérienne, quand les roquettes arrivent, complète le vidéojournaliste <strong><a href="https://twitter.com/dirkademir">Kadir Demir</a></strong>. Mais pour échapper au Covid, les consignes sont bien différentes: les lieux fermés et mal ventilés où la densité de population est très forte, comme les caves, sont à éviter à tout prix...</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz49z.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz49z.jpg?itok=vfsOlsKH" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Centre d'accueil pour réfugiés à Erevan (Arménie)
 (AFP / Karen Minasyan)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz4tr.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x801"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz4tr.jpg?itok=jehf68V6" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Karen Minasyan)</figcaption></figure></div><p class="c2">Et sur le terrain, pendant ces longues semaines de bombardements incessants, la maladie semblait un sujet presque futile. “Nous étions partis avec un bon stock de masques et quelques bouteilles de gel hydroalcoolique”, se souvient Kadir, arrivé le 8 octobre  avec Bulent avant d’être rejoint par le reporter <strong><a href="https://twitter.com/dmitryzaksafp?lang=fr">Dmitry Zaks</a></strong> à Mingachevir, en territoire sous contrôle azerbaïdjanais.  “Mais on était plutôt sur une couverture de conflit classique. On se disait plutôt est-ce que le gilet pare-balles va servir ?”, se souvient Bulent. </p><p>“Personne dans la ville, ou dans les tranchées, ne portait de masque”, y compris les journalistes, confie le reporter <strong><a href="https://twitter.com/emmanuelp_afp?lang=fr">Emmanuel Peuchot</a></strong>, envoyé spécial de l'autre côté de la ligne de front, à Stepanakert, la capitale séparatiste du Nagorny Karabakh.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu36b.jpg?itok=OEqMp9dL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu36b.jpg?itok=P6YVi8BQ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu36b.jpg?itok=Sdtz-mEG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu36b.jpg?itok=39F0HpYB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu36b.jpg?itok=4cPofhrC 1245w" alt="image" />Sur la ligne de front, avec les forces arméniennes au Nagorny Karabakh, le 22 octobre 2020 (AFP / Aris Messinis)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8r72w6.jpg?itok=aPfDxHiV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8r72w6.jpg?itok=TIV9eW01 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8r72w6.jpg?itok=fSfTXzBr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8r72w6.jpg?itok=fPKTNBp0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8r72w6.jpg?itok=Fbh5WNGY 1245w" alt="image" />Martouni (Nagorny Karabakh), le 1er octobre 2020 (AFP / Handout)</div></div><p class="c2">“Inconsciemment, il y avait peut-être le sentiment que porter ce masque était indécent, dérisoire, alors que des habitants à Stepanakert restaient malgré les bombardements, malgré la mort qui rôdait au-dessus des têtes quand les drones invisibles survolaient la ville, de jour, de nuit, quand les sirènes d'alerte déchiraient le silence pour avertir de frappes soudaines, n'importe où. Comment porter ce masque sur la ligne de front où la mort peut frapper brutalement à chaque instant ?”</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu34h.jpg?itok=cO4GhG9c 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu34h.jpg?itok=2XqDlMrC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu34h.jpg?itok=L9TdAoFa 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu34h.jpg?itok=2tqQQntY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tu34h.jpg?itok=jCW_TIuj 1245w" alt="image" />Sur le front, du côté des troupes arméniennes le 25 octobre 2020 (AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">“Le virus, au début je n’y pensais pas du tout… en tous cas pas avant la première roquette tombée sur Gandja, sur des habitations. Il y avait énormément de monde autour de nous, les secouristes, les habitants. Alors, j’ai remis mon masque. Un moyen d’évacuer la pression face à ce que je voyais: les corps extraits des décombres, les gens inquiets, les familles en pleurs...  c’est comme si je me raccrochais à un truc que je connaissais”, témoigne Kadir, qui, comme le reste des envoyés spéciaux, a couvert d’autres conflits, notamment en Syrie: “Tu dévies un peu ton stress sur autre chose. Le masque, en un sens me rassurait”. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39r.jpg?itok=oI3LTTAy 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39r.jpg?itok=f--wBS5j 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39r.jpg?itok=dnjyx37k 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39r.jpg?itok=SuMmvPas 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39r.jpg?itok=4MsRyRjD 1245w" alt="image" />Recherche de disparus à Gandja (Azerbaïdjan), le 17 octobre 2020 (AFP / Bulent Kilic)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39z.jpg?itok=sp5EkIA4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39z.jpg?itok=ULNxOO99 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39z.jpg?itok=KElCDmVq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39z.jpg?itok=Hb4f5S8F 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39z.jpg?itok=ghnq_jGe 1245w" alt="image" />Recherche de disparus après un bombardement à Gandja (Azerbaïdjan), le 17 octobre 2020 (AFP / Bulent Kilic)</div></div><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39t.jpg?itok=-dDlYgBb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39t.jpg?itok=A7h4x85i 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39t.jpg?itok=wZ0Mtgi6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39t.jpg?itok=MMw3AE2U 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta39t.jpg?itok=Kgr4Who0 1245w" alt="image" />Recherche de disparus après un bombardement à Gandja, en territoire contrôlé par l'Azerbaïdjan le 17 octobre 2020 (AFP / Bulent Kilic)</div><p class="c2">“Quand des roquettes tombent sur la ville, les gens se disent sans doute qu’ils ont d’autres priorités. Ils n’ont qu’une seule chose en tête. Ils me disent tous +on veut notre terre libérée+”, poursuit Kadir.</p><p class="c2">A Stepanakert, les reporters de l'AFP partagent le quotidien des habitants qui n’ont pas fui et se réfugient dans les caves.  Les conditions sont rudes: matelas à même le sol, humidité, lumière blafarde au plafond. Emmanuel Peuchot y rencontre la dirigeante d’un laboratoire d’analyses de la ville, qui se rend auprès des habitants pour les tester.  Selon la directrice du labo, Lusine Tovmasyan, <strong>40 à 60% des personnes sont testées positives</strong>.  Une médecin de l’hôpital central, pense elle que 90% des habitants ont le Covid.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq8nw.jpg?itok=_no3birq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq8nw.jpg?itok=rNc09Kz5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq8nw.jpg?itok=gIsh2xNp 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq8nw.jpg?itok=Q2SpI4vj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq8nw.jpg?itok=wgc2rYF3 1245w" alt="image" />Dans une cave à Stepanakert, le 23 octobre 2020 (AFP / Aris Messinis)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8uc6zz.jpg?itok=zmmARatK 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8uc6zz.jpg?itok=ZJLZj9kf 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8uc6zz.jpg?itok=4Ez0RVm6 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8uc6zz.jpg?itok=e0hMKhs0 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8uc6zz.jpg?itok=d4Vq15q7 1245w" alt="image" />Dans une cave à Choucha (Nagorny Karabakh), le 1er novembre 2020 (AFP / Karen Minasyan)</div></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq968.jpg?itok=QNeozgAW 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq968.jpg?itok=AabhWUd8 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq968.jpg?itok=UeDmv9Ap 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq968.jpg?itok=lIlXPzI3 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tq968.jpg?itok=k2yJWzBL 1245w" alt="image" />(AFP / Aris Messinis)</div><p class="c2">Le 19 octobre, l’équipe en territoire contrôlé par l’Azerbaïdjan découvre qu’un journaliste avec lequel elle a partagé une voiture a contracté la maladie. A l’hôtel, les autorités locales annoncent qu’ils seront testés dès le lendemain. Le premier résultat est négatif.  </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gp.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x801"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gp.jpg?itok=LPFP1PIw" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Habitants du Nagorny Karabakh réfugiés à Erevan en Arménie (AFP / Karen Minasyan)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ue77t.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x801"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ue77t.jpg?itok=OhD0HXDo" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Des habitants se réfugient dans une garderie de Stepanakert, le 2 novembre 2020 (AFP / Karen Minasyan)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gc.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8tr7gc.jpg?itok=7fklHemG" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Karen Minasyan)</figcaption></figure></div><p class="c2">Pour les reporters, il y a la crainte d’être infectés à leur tour, et celle de contaminer les habitants. “Ces questions me hantaient. Je me disais, et si quelqu’un l’attrape à cause de nous ? A qui l’ai-je passé, ai-je contaminé quelqu’un ? Il y avait des personnes âgées, dans les caves que nous visitions”, se souvient Bulent.   </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz3bt.jpg?itok=guM9Yf_k 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz3bt.jpg?itok=XSCuJUAq 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz3bt.jpg?itok=zxjHgASd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz3bt.jpg?itok=RXVV48sn 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rz3bt.jpg?itok=Ea6F8HRT 1245w" alt="image" />Des femmes à l'abri des bombardements dans une cave, à Terter (Azerbaïdjan) (AFP / Bulent Kilic)</div><p class="c2">Deux jours plus tard, le 23, le couperet tombe: sur les six occupants du véhicule partagé avec le journaliste malade, trois autres sont testés positifs, dont Kadir Demir. Fin octobre, ce sera au tour d’Emmanuel Peuchot, qui l'a appris en découvrant les résultats d'un test obligatoire effectué à l'aéroport Charles-de-Gaulle à sa descente d'avion, en rentrant d’Erevan.</p><p class="c2">“Le problème est qu'avec le Covid, nous menons une guerre sur deux fronts”, avait confié à <strong><a href="https://making-of.afp.com/herve-bar">Hervé Bar</a></strong> un haut fonctionnaire rencontré à Erevan, dont le père, médecin dans un hôpital du Nagorny Karabakh, a été emporté par la maladie.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rv2yj.jpg?itok=3FNfB881 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rv2yj.jpg?itok=30J2FrfU 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rv2yj.jpg?itok=IpRIL5G7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rv2yj.jpg?itok=CiNjAZdb 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8rv2yj.jpg?itok=d4PvZbDa 1245w" alt="image" />(AFP / Bulent Kilic)</div><p class="c2">A Bakou, Kadir reçoit l’ordre d’attendre dans sa chambre l’arrivée des médecins dépêchés par les autorités. “Je n’avais pas le choix. On m’a emmené dans un hôpital de campagne en préfabriqué, à une demi heure de Bakou, près de la mer Caspienne”. Il a interdiction de quitter le pays tant que la maladie n’est pas passée. Il partage une chambre propre et spartiate avec deux autres journalistes. Il passe la maladie sans trop de souffrances, physiques du moins, et peut finalement quitter le pays le 4 novembre. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/ocDR8s4_4zY" width="560"> </iframe><p class="c2">Rentré chez lui à Istanbul il  appelle sa famille en France, près d’Orléans, et lui dit la vérité. Non il n’était pas à Bakou en attendant un entretien avec la présidence, mais hospitalisé. Quand on est sur un terrain de guerre… on ne raconte pas tout à ses proches, même si les risques encourus à l’hôpital étaient en réalité moindres que dans les tranchées. “A l'hôpital, ils voulaient faire très attention à nous, car nous étions venus pour couvrir leur conflit. Ils étaient aux petits soins, même si les chambres vides se sont vite remplies: femmes avec enfants, personnes âgées et personnes obèses”, souligne-t-il. </p><p class="c2">A Paris, Emmanuel Peuchot, convalescent, pense surtout aux morts de la guerre, dont on parle bien moins que du Covid. “Dans le  Nagorny Karabakh, ce qui tue le plus c'est la guerre, pas le Covid, la priorité c'est la guerre, pas le Covid, il faut d'abord survivre à la guerre, pas au Covid”. Sur place, les scuds, roquettes, drones tueurs et l’invisible coronavirus se livrent une concurrence macabre.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta8uk.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta8uk.jpg?itok=Q5p3YnIu" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Funérailles à Gandja, Azerbaïdjan, le 17 octobre 2020 (AFP / Bulent Kilic)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta7jk.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ta7jk.jpg?itok=zvOw8Seq" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Stepanakert, le 17 octobre 2020 (AFP / Aris Messinis)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ru626.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x835"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ru626.jpg?itok=yhZA-tlE" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Erevan, 10 octobre 2020 (AFP / Karen Minasyan)</figcaption></figure></div><p class="c2">Les troupes d'Azerbaïdjan ont gagné du terrain, jusqu'à s'emparer dimanche 9 novembre de Choucha, une ville stratégique, dressée sur une montagne à 15 km de Stepanakert, désertée par la plupart des habitants. Dans la nuit qui a suivi, le Premier ministre arménien a annoncé la signature d'un accord de fin des hostilités avec son homologue azerbaïdjanais.  Il a suscité la colère de nombreux habitants de la capitale arménienne, Erevan. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2j8.jpg?itok=UqUIBs9T 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2j8.jpg?itok=XoOPx8q8 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2j8.jpg?itok=czhSkURY 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2j8.jpg?itok=SliTXF4T 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2j8.jpg?itok=BIRXCGZA 1245w" alt="image" />(AFP / Karen Minasyan)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2hl.jpg?itok=oMt7QcUV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2hl.jpg?itok=Z7FH16yn 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2hl.jpg?itok=sVcYFqOg 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2hl.jpg?itok=F8DXjGG9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8ux2hl.jpg?itok=HZe_9cz7 1245w" alt="image" />Manifestation à Erevan (Arménie), le 10 novembre 2020 (AFP / Karen Minasyan)</div><p class="c2">Les armes semblent s'être tues mais en Azerbaïdjan l’épidémie de nouveau coronavirus flambe, avec plus de mille cas par jour depuis fin octobre, selon des données officielles. Plus de 900 personnes y ont été emportées par la maladie. Depuis début novembre, le bilan dépasse la dizaine de morts chaque jour. En Arménie aussi: plus de 2.000 cas sont rapportés quotidiennement depuis le début du mois, et déjà plus de 1.700 morts.  Cette guerre-là se poursuit. </p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37vr.jpg?itok=NvAhdf6O 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37vr.jpg?itok=YldUnjlk 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37vr.jpg?itok=AMtFlN_1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37vr.jpg?itok=OEVKTRbm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/azerbaijan/azerbaijan-armenia-nagorni-covid/000_8t37vr.jpg?itok=B78LnAjY 1245w" alt="image" />Stepanakert, le 14 octobre, soldat blessé traité dans la cave d'une clinique (AFP / Aris Messinis)</div><p class="c3">Récit: Kadir Demir, Bulent Kilic et Emmanuel Peuchot. Edition et mise en page: Michaëla Cancela-Kieffer</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/au-karabakh-la-guerre-et-le-virus</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/au-karabakh-la-guerre-et-le-virus</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:30 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Podcast Twenty Twenty, dernier numéro]]></title>
      <description><![CDATA[<div id="heading" class="second-nav ha-header-small ha-header-perspective ha-header-front nav-wrapper container group"><p>les coulisses de l'info</p></div><div id="post-wrapper" class="fullwidth  ha-waypoint post-container"><div class="main-post"><p>(AFP / Angela Weiss)</p><article role="article" data-article-type="" class="node node--article node--promoted node--full node--article--full format-standard full-content post type-post status-publish has-post-thumbnail hentry enable-pin-share selection-share-on"><div class="content-header-single"><p>Mercredi 18 novembre 2020</p></div><div class="article-entry clearfix"><p><strong>Twenty Twenty</strong>, c’est comme Capri, c’est fini. Et à la fin, c’est Joe Biden qui l'emporte. Pour conclure cette saison présidentielle, le podcast de l’AFP made in America a rappelé les électeurs rencontrés sur la route de la Maison Blanche. <strong><a href="https://twitter.com/antoinebv?lang=en">Antoine Boyer</a></strong> leur a posé quelques questions: qu’attendent-ils, qu’espèrent-ils, que craignent-ils d’une présidence Biden ? Réponses dans cet ultime épisode de Twenty Twenty. </p><p class="c3">Composition musicale: Léna Chinchio.</p><p class="c3">Bravo et bon vent Antoine Boyer !</p></div></article><p><a href="https://making-of.afp.com/mon-pere-le-vaccin-et-moi" class="post next-post">Article suivant
<h3 class="post-title">Mon père, le vaccin et moi</h3>
</a> <a href="https://making-of.afp.com/le-prix-de-leffort" class="post prev-post">Article précédent
<h3 class="post-title">Le prix de l'effort</h3>
</a></p></div></div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/podcast-twenty-twenty-dernier-numero</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/podcast-twenty-twenty-dernier-numero</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:29 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le prix de l'effort]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Paris -</strong> 2020 touche à sa fin et nous voilà partis dans nos archives pour répertorier les grands moments de cette année charnière, marquée par la pandémie. Les images ne manquent pas. Les équipes de l'AFPTV ont continué à enregistrer les soubresauts de notre planète, au plus près de ses habitants.</p><p class="c2">A Wuhan, en Chine, en réanimation à Paris, sur les toits des villes ou au coeur des incendies en Amazonie, au chevet des icebergs du Groenland, avec les foules de manifestants aux Etats-Unis, à Santiago du Chili ou à Bagdad: nos vidéojournalistes n'ont jamais renoncé au terrain, même s'ils ont du s'armer de patience pour respecter un protocole sanitaire strict. Grâce à eux, l'AFP a décroché <strong>le prix de la meilleure agence, décerné par l'Association for international broadcasting</strong> (AIB). </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="390" src="https://www.youtube.com/embed/8ACUtY_YxeA?wmode=opaque" title="through_a_human_lens_afp_wins_news_agency_of_the_year_at_the_aib_awards_afp" width="640"> </iframe><p class="c2">Ce film, qui retrace nos couvertures les plus fortes d<strong>e juin 2019 à juin 2020</strong>, nous a valu cette récompense. Créés en 1993, les prix internationaux de l'AIB mettent en valeur le meilleur du journalisme et des productions de télévision, radio, audio et numérique.  </p><p class="c3">Montage: <a href="https://twitter.com/mlebouachera?lang=fr">Mehdi Lebouachera</a>, Rédacteur en chef vidéo Monde. </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/le-prix-de-leffort</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/le-prix-de-leffort</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:29 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Un bout de chemin ensemble]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Lille (France)</strong> -  “Lorsque Walid et ses compagnons atteignent les eaux britanniques sur leur petit canot pneumatique en cette matinée ensoleillée de septembre, la joie que nous ressentons pour lui se mêle instantanément à l’incertitude: que va-t-il se passer pour lui désormais?”. </p><p class="c2">C’est un rite de passage : tout journaliste du bureau de Lille (nord de la France) est forcément amené à couvrir la thématique migratoire à Calais. Les immenses grilles surmontées de barbelés visibles le long de l’autoroute, destinées à empêcher les incursions dans les camions ou les ferries rejoignant l’Angleterre, restent la première image qu’on perçoit de la ville, quatre ans après le démantèlement de sa “Jungle” où 8.000 exilés avaient bâti leurs abris de fortune.</p><p class="c2">  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1qd41h.jpg?itok=gqJswEpp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1qd41h.jpg?itok=2_0kZswB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1qd41h.jpg?itok=ttMvmZyk 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1qd41h.jpg?itok=BUh-kfns 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1qd41h.jpg?itok=gs3MA6zh 1245w" alt="image" />3 avril 2020, Calais (AFP / Denis Charlet)</div><p class="c2">Cela n’a en rien freiné les passages, qui ne cessent de se multiplier. En 2020, plus de 7.000 personnes ont tenté la dangereuse traversée de la Manche, cinq fois plus qu’en 2019. Les autorités semblent débordées face à l’ampleur du phénomène. </p><p class="c2">Voilà plusieurs mois que nous souhaitons réaliser un reportage au long cours sur les traversées de migrants entre la France et la Grande-Bretagne. Mais comment traiter ce sujet sensible, si souvent abordé par le seul prisme des chiffres? Nos demandes à la préfecture maritime pour un reportage à bord d’une patrouille de sauvetage en mer ont toutes été refusées. Rapidement, nous imaginons suivre une famille d’exilés dans leur périple, depuis la France jusqu’à leur arrivée en Grande-Bretagne. Nous avons à cœur d’aborder le sujet à travers une histoire humaine, sans voyeurisme.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1wl78x.jpg?itok=fBGQ76lw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1wl78x.jpg?itok=uEWdMieA 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1wl78x.jpg?itok=lplAX9SP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1wl78x.jpg?itok=PaAwrFat 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_1wl78x.jpg?itok=aShF1Wra 1245w" alt="image" />Regards sur la mer, près du village de Tardinghen, sur une plage souvent utilisée par les migrants 13 août 2020 (AFP / Sameer Al-doumy)</div><p class="c2">Avec <strong><a href="https://twitter.com/thomasbernardi5">Thomas Bernardi</a></strong>, Journaliste reporter d'images au bureau de Lille, et <strong><a href="https://www.instagram.com/sameer_aldoumy/?hl=fr">Sameer Al-Doumy</a></strong>, photographe syrien basé à Caen sans lequel nous n’aurions jamais pu mener ce projet, nous entamons cette immersion pour une durée encore indéterminée.</p><p class="c2">Notre premier réflexe est de contacter les associations, qui nous invitent à assister à une distribution de nourriture à Grande-Synthe. Située à une quarantaine de kilomètres de Calais, cette commune attire surtout des familles originaires du Moyen-Orient. Nous n’apportons ni caméra, ni appareil photo car nous savons que par crainte de voir leur nom exposé, les exilés ont tendance à fuir les journalistes, qu’ils perçoivent comme un danger pour leur anonymat. </p><p class="c2">Nous y rencontrerons <strong>Walid</strong>, un Koweitien de 29 ans, ainsi que <strong>Falah</strong>, quinquagénaire irakien, et ses deux filles, <strong>Arwa et Rawane</strong>. Arrivés il y a une semaine, ils logent tous sous une tente chancelante, nichée dans un sous-bois en bordure d’une voie ferrée.  </p><p class="c2">Déchets, emballages plastique et tubes vides jonchent le sol. Une poêle carbonisée, abandonnée par les précédents occupants, leur permet tout juste de réchauffer les dons des associations -du riz à chaque repas. Autour d’un thé noir, nous leur expliquons notre projet. Les échanges, exclusivement en arabe, sont conduits par Sameer. Ils acceptent d’être filmés et suivis après une longue discussion. Mais il va falloir briser la glace: les premiers contacts, bien que cordiaux, sont réservés. Walid et Falah nous assurent que la traversée est proche, leur passeur doit les appeler d’ici la fin de la semaine. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8pv49d.jpg?itok=v6X0gVYd 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8pv49d.jpg?itok=Iyx1lTKK 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8pv49d.jpg?itok=8GqFace3 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8pv49d.jpg?itok=-VhKs8_z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8pv49d.jpg?itok=IpttpHvm 1245w" alt="image" />Falah, et sa fille Arwa, 10 ans, le 10 septembre 2020 (AFP / Sameer Al-doumy)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232f.jpg?itok=8kNbhSXq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232f.jpg?itok=VDJSU1eR 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232f.jpg?itok=l7y-ueny 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232f.jpg?itok=G3iluAEY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232f.jpg?itok=ez5ScN9t 1245w" alt="image" />Falah et ses deux filles, le 10 septembre 2020 à proximité de Dunkirk, dans le nord de la France (AFP / Sameer Al-doumy)</div></div><p class="c2">En attendant, nous les suivons dans leur vie quotidienne: ramassage du bois, distributions alimentaires où il faut jouer des coudes pour récupérer un encas, lessive et bain de fortune dans le canal proche... Walid, cheveux de jais et barbe de trois jours, est plus loquace que son compagnon de route. Réservé et craintif, Falah est surtout préoccupé par le diabète de son aînée, qui l’oblige à trouver de l’insuline chaque jour auprès de médecins et ONG. Une épuisante course contre la montre. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232h.jpg?itok=YDO31fv0 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232h.jpg?itok=L-bc-MqE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232h.jpg?itok=X52th05X 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232h.jpg?itok=y3l3Yt5i 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232h.jpg?itok=V7zmOcq1 1245w" alt="image" />La fille aînée de Falah, Rawane, le 2 septembre 2020 (AFP / Sameer Al-doumy)</div><p class="c2">Le matin, nous partageons notre petit-déjeuner avec eux, devant la tente. Autour des croissants, la discussion est parfois laborieuse  mais ces moments simples nous permettent de tisser, petit à petit, une relation de confiance. Nous essayons d’en savoir plus sur leur parcours et les raisons qui les poussent vers l’Angleterre. Comme des milliers d’autres, ils semblent aimantés par ce pays où “travailler sera plus simple” et s'en remettent à Dieu pour le reste.</p><p class="c2"><strong>Du haut de ses dix ans, Arwa, elle, ne quitte jamais son sourire</strong> malgré les conditions éprouvantes. Elle semble vivre dans sa bulle. Un jour, elle essaye même notre caméra avec un air malicieux, ersatz de jeu pour tromper l’attente. Un pincement nous serre le coeur à l’idée furtive que dans quelques heures, elle sera peut-être ballottée par les flots au milieu de la Manche. </p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232p.jpg?itok=V03Q9Sqm 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232p.jpg?itok=K1YvBUag 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232p.jpg?itok=O5MH2nlw 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232p.jpg?itok=uFBidfu2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232p.jpg?itok=2J2SwR8K 1245w" alt="image" />Arwa et Rawan le 2 septembre 2020 (AFP / Sameer Al-doumy)</div><p class="c2">Par temps clair, la nuit tombée, nous arpentons les plages de Calais, Sangatte ou Escalles. Entre les dunes de sable, on aperçoit régulièrement des objets abandonnés par les migrants: ici, un jogging, là une chaussure ou un duvet fatigué.  Les gendarmes que nous croisons confirment que des tentatives de passage sont en cours. Dans la nuit, c’est un véritable jeu du chat et de la souris qui se joue entre policiers, migrants et passeurs. </p><p class="c2">Parallèlement, il faut  trouver un moyen d’accompagner Walid et Falah sur la Manche. <strong>L’idée de faire la traversée avec eux se pose.</strong> Mais il est pour nous hors de question de financer un réseau criminel à hauteur de plusieurs milliers d'euros pour faire la traversée. Il nous faudra trouver notre propre bateau et éviter ces trafiquants  que Sameer a pu photographier à l'aube sur la plage. Les pêcheurs que nous contactons refusent les uns après les autres; beaucoup craignent d’avoir des problèmes. Un loueur nous rit même au nez en nous exhortant à abandonner notre reportage. “Laissez tomber ! C’est même pas la peine, vous ne trouverez personne!”, nous lâche-t-il. </p><p class="c2">Alors <strong>nous écumons les  bars où pêcheurs et marins ont leurs habitudes</strong>. Début septembre, après trois jours de négociations acharnées, nous parvenons finalement à trouver un petit bateau. Deux loups de mer aguerris seront nos capitaines.  Les étoiles sont alignées : Walid nous confirme que la traversée est pour ce soir.  Nous sommes sur le qui-vive. Mais l’attente est infructueuse, et le groupe rentre à l’aube, dépité: les contrôles étaient trop nombreux. </p><div class="grid-with-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8th.jpg?itok=CmDHZxAr 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8th.jpg?itok=HXKo1g9H 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8th.jpg?itok=h_quzY2b 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8th.jpg?itok=psKeX2es 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8th.jpg?itok=xfuBR0-n 1245w" alt="image" />(AFP / Sameer Al-doumy)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8tf.jpg?itok=Thlkjoi4 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8tf.jpg?itok=kXazQSQj 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8tf.jpg?itok=aMERJ1fv 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8tf.jpg?itok=Ey3vLKvV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8qg8tf.jpg?itok=M5WIrqSd 1245w" alt="image" />(AFP / Sameer Al-doumy)</div></div><p class="c2"><br />Après une mauvaise nuit blanche à même le pont, nous voilà tous les trois frustrés, presque démoralisés de revenir à la case départ. Le reportage nous semble plus que jamais compromis. Mais nous mesurons aussitôt combien notre émotion est dérisoire: passage ou pas, notre avenir, à nous, n’est pas en jeu. Tout juste effleurons-nous une infime partie du long et périlleux périple de ces anonymes qui abandonnent tout dans l’espoir d’une vie meilleure.Pendant des jours, il faut attendre, encore et encore.</p><p class="c2"><em>“Demain, Inchallah”</em>, répète chaque jour l’intermédiaire de Walid à l’autre bout du fil. Les jours passent. Lassé et impatient, Walid décide de changer de passeur. Falah, qui a payé en avance, est coincé. Après des mois de vie commune, les deux hommes se séparent dans une ambiance tendue. </p><p class="c2">Sur la vie de chacun,  nous n’apprendrons que des bribes. <strong>Falah a fui l'Irak en 2015</strong>, époque où le groupe Etat islamique était en pleine expansion. De Kerbala (sud de Bagdad), il a rallié à pied la Turquie, la Grèce, puis la Macédoine et la Croatie. En pleine vague migratoire en Europe, l'Allemagne ouvrait alors ses portes  à près de 900.000 migrants avant de refermer ses frontières. Les deux dernières années passées dans ce pays lui ont donné le sentiment éphémère d’avoir trouvé une terre d'accueil. Mais l'échec de ses demandes d'asile l'a poussé à reprendre la route.</p><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2329.jpg?itok=c_AIivZb 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2329.jpg?itok=l9_v1PNu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2329.jpg?itok=tdpSHMFp 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2329.jpg?itok=ysYtl2RN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2329.jpg?itok=G4_dmzJW 1245w" alt="image" />(AFP / Sameer Al-doumy)</div></div><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232t_0.jpg?itok=MtCSPoTY 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232t_0.jpg?itok=q5E69mm2 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232t_0.jpg?itok=DJoEJ-hr 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232t_0.jpg?itok=Sc-g06PN 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232t_0.jpg?itok=NDvwRSZC 1245w" alt="image" />Walid, le 4 septembre 2020 (AFP / Sameer Al-doumy)</div></div><p class="clear c2"><strong>Walid</strong>, <strong>exilé depuis 2018,</strong> est un "Bidoune", ces Bédouins originaires du Koweït apatrides de génération en génération. Sans passeport, les Bidoune n'ont ni le statut de ressortissant national ni celui d'étranger dans leur propre pays, et sont donc privés de tout droit politique, social ou économique. Passé également par la Grèce Walid est aujourd'hui déçu par l'Union européenne qui "ne te donne rien et finit par t'expulser".</p><p class="c2"><strong>Le jour de la traversée finit par arriver.</strong> Dans l’après-midi, des groupes entiers quittent le camp de Grande-Synthe, munis d’un sac poubelle où ils cachent leur gilet de sauvetage, pour aller faire la queue devant les arrêts de bus et rejoindre leur point de départ. Ici, pas de forces de l’ordre pour les bloquer. Nous sentons que la traversée est imminente. Après avoir confié à Walid un téléphone qui lui permettra de partager avec nous sa position en temps réel, nous embarquons sur le bateau dès 21h00. Nous passons la nuit au large, afin de ne pas rater le départ de Walid, qui s'est caché avec son groupe entre les dunes et arbustes de la plage. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232q_0.jpg?itok=aQ6jubAT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232q_0.jpg?itok=BTYCbfoX 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232q_0.jpg?itok=ABKZm9lK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232q_0.jpg?itok=PYx9vIbm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q232q_0.jpg?itok=2vwdNHlB 1245w" alt="image" />Les forces de l'ordre patrouillent sur la plage de Sangatte, dans le nord de la France, le 1er septembre 2020 (AFP / Sameer Al-doumy)</div><p class="c2"> </p><div class="grid-left"> <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/gps_2.png?itok=_uidK8ml 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/gps_2.png?itok=Z9vED4xd 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/gps_2.png?itok=cih7FyhO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/gps_2.png?itok=G0qNYFDg 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/gps_2.png?itok=YuChkF0q 1245w" alt="image" /></div><p class="c2">Les faisceaux des lampes des gendarmes balayent la plage, à quelques mètres à peine de l'endroit où ils attendent leur passeur. Dans la nuit du 10 au 11 septembre, scotchés à notre écran, et grâce aux partages de position envoyés par Walid à Sameer sur WhatsApp nous les voyons se déplacer au gré de l’avancée des patrouilles. <strong>Vers sept heures, le signal est lancé</strong>. Le canot de Walid prend la mer. Au loin, une ombre s’avance vers nous dans l’aube, pour devenir de plus en plus nette. </p></div><p class="c2">Ils sont une quinzaine entassés sur ce pneumatique, dont des femmes et des enfants, après une nuit blanche dans le froid humide de la côte d’Opale. Même à distance, l’inquiétude se lit sur les visages mais aucun d’eux ne semble vraiment apeuré. Au contraire, nous sommes frappés par le sang froid qui se dégage de la scène. Certains esquissent même quelques sourires tandis que le canot sillonne l’eau à 5 km/h.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zk.jpg?itok=J86uY0SN 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zk.jpg?itok=BIm7CFjE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zk.jpg?itok=qlm7ahNK 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zk.jpg?itok=7hB8yQXV 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zk.jpg?itok=E8ebNdiH 1245w" alt="image" />11 septembre 2020, le départ (AFP / Sameer Al-doumy)</div><p class="c2">Une fois en mer, seule une panne moteur inquiète les migrants: la priorité des autorités étant de sauvegarder la vie humaine, elle n’interviennent en mer qu’en cas de détresse et ne tentent pas de les arrêter. Toute intervention en mer peut en effet créer un accident. Les manœuvres de grands bateaux peuvent être dangereuses, entrainer de grandes vagues et faire chavirer l’embarcation, où amener des migrants qui ne savent pas nager à se jeter à l'eau.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2322.jpg?itok=95gGHDve 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2322.jpg?itok=uNL6IhPo 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2322.jpg?itok=lBo4q5MX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2322.jpg?itok=g6p2nVhf 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q2322.jpg?itok=b3YxreHC 1245w" alt="image" />11 septembre 2020, le départ (AFP / Sameer Al-doumy)</div><p class="c2">Nous suivons le canot à distance, pour pouvoir raconter cette traversée, en sachant que nous appellerons les secours avec la radio au moindre problème. De temps à autre, Walid agite la main ou lève le pouce pour nous dire que tout va bien. Dans leur périple, lui et ses compagnons ont de la chance: même par beau temps, la mer est rarement aussi calme. </p><p class="c2">Aux alentours de 10H00, le bateau traverse l’invisible frontière maritime séparant les eaux territoriales françaises de celles du Royaume uni. Voilà les eaux britanniques ! Walid et ses compagnons exultent en levant les bras au ciel. Après trois heures en mer entre cargos et ferries, et même quelques dauphins et un phoque, l’émotion nous saisit en voyant ce grand gaillard s’éloigner. L’Angleterre lui réserve-t-elle un avenir plus doux? Hélas, nous sommes loin d’en être convaincus.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zt.jpg?itok=KiGuSwBV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zt.jpg?itok=UNdedG5n 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zt.jpg?itok=0Z2fFVcL 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zt.jpg?itok=eMAuA2et 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/migrants-manche-oct20/000_8q22zt.jpg?itok=jH4oDhlq 1245w" alt="image" />(AFP / Sameer Al-doumy)</div><p class="c2">Le moment est venu pour nous de rebrousser chemin mais l’histoire n’est pas terminée. De l’autre côté du Channel, au port de Douvres, une équipe de l'AFP a aussi fait le déplacement pour filmer l'arrivée<strong>.</strong> Sur le groupe Whatsapp, nous leur envoyons notre dernière position et des indications pour reconnaître le bateau de Walid parmi les autres arrivés ce jour là.</p><p class="c2">Les réfugiés débarquent finalement trois heures plus tard, épuisés  mais heureux d’avoir atteint leur but, aussitôt pris en charge par les autorités britanniques.  Nous n’aurons plus de nouvelles de Falah, mais nous avons appris qu'il a finalement réussi à traverser avec ses filles.  Quant à Walid, il a repris contact avec nous depuis un centre de rétention au nord de Londres, où il este resté quatre jours avant d'être transféré dans un hotel « confortable », en attendant les démarches pour sa demande d’asile. De retour à Lille, nous nous plongeons dans trois semaines d’images, avec le sentiment puissant d’avoir, plus que jamais, de la chance. </p><p class="c2"> </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/hEvESXB9PpE?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="entre_les_mains_de_dieu_traverser_la_manche_a_tout_prix_afp" width="640"> </iframe><p class="c3">Récit de <a href="https://twitter.com/ClementMlk">Clément Melki</a>, <a href="https://twitter.com/ThomasBernardi5">Thomas Bernardi</a> et <a href="https://twitter.com/SameerAlDoumy">Sameer al-Doumi</a>. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer. </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/un-bout-de-chemin-ensemble</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/un-bout-de-chemin-ensemble</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:29 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Un an dans l'océan des drames intimes]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Paris -</strong> Pourquoi tant de féminicides en France? Il y a un an, l'AFP lançait un projet d'ampleur inédite sur ce sujet brûlant. Retour sur une immersion au long cours dans les drames intimes de ce pays.</p><p class="c2">Nous les avons rappelés ces derniers jours, à l'approche du 1er anniversaire de notre “Projet Féminicides”, dont ils furent deux des grands témoins. Au bout du fil, les voix chaleureuses et empathiques de <strong>Lucien Douib</strong>, le père de Julie, tuée en 2019 par son ex-compagnon en Corse, et <strong>Morgane Seliman</strong>, survivante de graves violences conjugales.</p><p class="c2">A l'automne 2019, nous étions allés les interviewer chez eux - lui dans son pavillon de Seine-et-Marne, elle dans son appartement des Hauts-de-Seine - carnet en main et caméra au poing, quelques semaines avant la publication de notre grande enquête, en novembre, à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination des violences faites aux femmes.</p><p class="c2">Sous leur véranda baignée de soleil, Lucien et son épouse Violette nous avaient raconté l'histoire de leur fille Julie, leur douleur constante, la culpabilité de n'avoir pu anticiper ce qui allait se passer, leur acharnement à se mobiliser pour éviter la mort, “parfois si prévisible”, d'autres femmes. Une matinée dense et émouvante, entre force du combat et deuil infini.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8et.jpg?itok=mYQR4kHs 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8et.jpg?itok=FZVVeHcx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8et.jpg?itok=2YpM9C0_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8et.jpg?itok=wJwh1_Y2 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8et.jpg?itok=Cf8F47c6 1245w" alt="image" />Hommage à Julie Douib, le 9 mars 2019 (AFP / Lucas Barioulet)</div><p class="c2">Le récit de Morgane, 36 ans, a lui aussi résonné en nous longtemps après. La frêle trentenaire avait elle aussi pris le temps de nous raconter son histoire de survivante. </p><p class="c2">Ces “ce soir, je te défonce” qu'il lui glissait des heures avant de la frapper, parfois jusqu'à l'évanouissement; ce jour de 2013 où, après des années d'humiliations, d'isolement et de “raclées” nocturnes, la peur de mourir a pris le dessus sur toutes les autres et elle s'est enfuie pour le dénoncer. Aujourd'hui, elle donne des conférences dans les lycées sur les ravages des <strong>violences conjugales</strong>, dont près de 220.000 femmes sont victimes chaque année.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_par8337534.jpg?itok=brBM4Gw9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_par8337534.jpg?itok=je8I2ula 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_par8337534.jpg?itok=xLcG0VVc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_par8337534.jpg?itok=euHgkfKc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_par8337534.jpg?itok=05sSn6_4 1245w" alt="image" />Morgane Seliman en 2015 après la parution de son livre, "Il m'a vole ma vie" (AFP / Charly Triballeau)</div><p class="c2">Depuis un an et demi, la mobilisation sans précédent des associations féministes et des proches de victimes - relayée de manière inédite par les médias et le gouvernement - a sensibilisé le grand public aux violences conjugales et à leur stade ultime, les féminicides, terme qui désigne de plus en plus les meurtres de femmes par leurs conjoints ou ex conjoints.</p><div class="grid-left"> <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1oz85s.jpg?itok=LJhNSD4V 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1oz85s.jpg?itok=-Cr_yp7i 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1oz85s.jpg?itok=RlmOtHzP 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1oz85s.jpg?itok=5uVwDdl4 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1oz85s.jpg?itok=TI0LQj92 1245w" alt="image" />(AFP / Lionel Bonaventure)</div><p>A l'AFP, l'idée d'une enquête de grande envergure que nous avons appelée <strong>“le Projet Féminicides”</strong> a germé au printemps 2019, entre journalistes étonnés de voir passer inexorablement sous leurs yeux des affaires de femmes tuées.  </p><p>L'occasion pour certains de découvrir qu'en France aujourd'hui, une femme meurt ainsi tous les trois jours, selon les chiffres officiels. Et de s'interroger: qu'est-ce qui fait que ce chiffre reste stable d'année en année?</p></div><p class="clear">Début mars 2019, <strong>la fille de Lucien Douib, Julie, 34 ans</strong>, avait été tuée en Corse par son ex-compagnon et père de ses deux enfants, qui ne supportait pas la séparation du couple. Sa disparition avait été suivie de deux marches blanches en Corse et dans la ville de ses parents en Seine-et-Marne.</p><p class="clear"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8m0.jpg?itok=Rht_lgYp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8m0.jpg?itok=cOTLpy17 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8m0.jpg?itok=tIdGiEoC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8m0.jpg?itok=2IciaMtF 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1ee8m0.jpg?itok=WJErPHgf 1245w" alt="image" />(AFP / Lucas Barioulet)</div><p class="c2">Un 30e cas de “féminicide par compagnon ou ex” en deux mois, avait alors dénoncé le <strong><a href="https://fr-fr.facebook.com/feminicide/">collectif féministe</a></strong> éponyme, qui recense ces meurtres au quotidien depuis 2016, soit une femme tuée tous les deux jours.  Soudain, ce sujet, qui mobilise depuis des années notamment l’Amérique latine et l’Espagne, devient également central en France, porté par la lame de fond MeToo.</p><p class="c2">Début juillet, les associations féministes et proches de victimes de féminicides multiplient manifestations et sit-in. Le gouvernement promet un grand débat sur le sujet, le “Grenelle des violences conjugales”. C’est à la même époque que l'AFP met en branle son “Projet Féminicides”, un dispositif inédit dans notre histoire, qui mobilise les équipes partout en France pour recenser et illustrer chacun de ces meurtres. Il est demandé à tous les bureaux et services de faire une dépêche pour chaque féminicide confirmé.</p><p class="c2">Notre objectif est d'établir un décompte actualisé au jour le jour, alors que les chiffres officiels sont généralement annoncés plus de six mois après la fin de l'année concernée. </p><p class="c2"> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41dz.jpg?itok=FtdUOS__ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41dz.jpg?itok=EzYMBPLP 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41dz.jpg?itok=nppUb_XA 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41dz.jpg?itok=VNpKzNwU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41dz.jpg?itok=aRI6K7FF 1245w" alt="image" />Manifestation au cimetière de Montparnasse à Paris, le 5 octobre 2019 (AFP / Lucas Barioulet)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1jx9b1.jpg?itok=xRmwSOFS 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1jx9b1.jpg?itok=f8yaCGOe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1jx9b1.jpg?itok=7dbBM7qt 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1jx9b1.jpg?itok=FKvbMPoc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1jx9b1.jpg?itok=R8TbnbK- 1245w" alt="image" />Manifestation à Paris, le 1er septembre 2019 (AFP / Zakaria Abdelkafi)</div></div><p class="c2">Pour “compter” les féminicides, un travail colossal est demandé aux bureaux locaux de l'AFP en France: vérifier auprès de sources fiables -- autorités, enquêteurs, familles --  les circonstances exactes de chaque cas présumé recensé par le collectif féministe ou par les médias locaux. Et récolter pour chacun une dizaine de critères: âges, professions, lieu du crime, arme employée, suicide postérieur de l'auteur, violences antérieures signalées, qui serviront à réaliser une étude statistique...</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/001_1mg5lz_jpeg.jpg?itok=MQN0bkJe 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/001_1mg5lz_jpeg.jpg?itok=6p6ojiZz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/001_1mg5lz_jpeg.jpg?itok=x-qkxKYC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/001_1mg5lz_jpeg.jpg?itok=-Xjv75vk 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/001_1mg5lz_jpeg.jpg?itok=OStcA99x 1245w" alt="image" /></div><p class="c2">Les éléments recueillis par les bureaux sont transmis à notre équipe de datajournalistes  qui centralise au jour le jour le tableau évolutif des données. Combien de meurtres par arme à feu? Combien de morts chez les plus de 65 ans? Combien de suicides ensuite? Les réponses nous guideront ensuite dans nos choix de sujets, et nous fourniront de quoi appuyer les témoignages d'experts et remettre en contexte les récits de féminicides.</p><aside class="cquote"><blockquote>
<p class="c3">Une femme tous les trois jours</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Elle nourrira aussi un grand format interactif  <strong><a href="https://interactive.afp.com/features/Une-femme-tous-les-trois-jours_597/">“Une femme tous les 3 jours”</a></strong> rassemblant les données, enseignements et témoignages les plus significatifs ainsi que des détails sur chaque meurtre.</p><p class="c2">En parallèle, une dizaine de journalistes sont mobilisés pour rédiger les récits fouillés qui donnent à voir les histoires humaines et les visages qui se cachent derrière ces chiffres: ils et elles mènent un patient travail d’approche des familles de victimes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1wv4t8.jpg?itok=4lnIrGOM 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1wv4t8.jpg?itok=-jj16YB5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1wv4t8.jpg?itok=-MUepAXb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1wv4t8.jpg?itok=_upHL68Z 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1wv4t8.jpg?itok=_0q5xRao 1245w" alt="image" />Manifestation le 31 août 2019 à Paris (AFP / Christophe Archambault)</div><p class="c2">A Toulouse, <strong><a href="https://twitter.com/catboitard?lang=fr">Catherine Boitard</a></strong> se penche sur la mort de <strong>Christelle</strong>, mère de quatre enfants, poignardée à mort à 32 ans à Perpignan par le compagnon qu'elle s'apprêtait à quitter. Elle se rappelle des entretiens “éprouvants”, pour elle et surtout pour les proches de la victime, “qui se sentaient coupables de ne pas être intervenus alors qu'ils connaissaient ses problèmes” de couple. “Elle leur avait intimé de ne pas en parler, en leur assurant qu'elle allait gérer”.</p><p class="c2"><strong><a href="https://making-of.afp.com/sandra-laffont">Sandra Laffont</a></strong>, à Lyon, se souvient des sœurs et cousines de <strong>Bernadette</strong>, tuée par son conjoint Gilou le 7 juillet à Villeurbanne, qui se sont réunies pour trouver “la plus belle photo d'elle qu'ils pouvaient nous donner”. Et du sentiment mitigé qu'elle a ressenti: “Publier son visage est une façon de lui rendre hommage. Mais la seule chose qu'on risque de retenir de cette femme dans la mémoire numérique, c'est sa qualité de victime, ce qui est terriblement injuste pour elle”.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/kzscMUwXOB0?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="feminicides_a_la_rencontre_de_victimes_et_de_ceux_qui_combattent_afp_enquete" width="640"> </iframe><p class="c2">A Paris, les journalistes de la “cellule féminicides” qui gèrent le projet multiplient les entretiens avec les associations de proches de victimes, les autorités, des avocats, mais aussi les psychiatres experts qui décryptent les mécanismes de ces crimes. Au fil des entretiens les mêmes scénarios apparaissent, soulignant les logiques et ressorts qui conduisent ces hommes de cultures et milieux parfois bien différents à tuer leurs femmes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi52z.jpg?itok=hkhxZMgL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi52z.jpg?itok=DbYloxsb 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi52z.jpg?itok=m1jSUKBW 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi52z.jpg?itok=m8Pwg5El 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi52z.jpg?itok=lLct4vS- 1245w" alt="image" />Manifestation à Paris, le 23 novembre 2019 (AFP / Dominique Faget)</div><p class="c2">Ils soulignent la deuxième dimension des féminicides, derrière le crime: la question du genre, qui montre que, dans les couples hétérosexuels, le meurtre par conjoint ou ex reste de loin l'apanage des hommes, quatre fois plus nombreux à tuer leurs conjointes que l'inverse.</p><p class="c2">Tous évoquent l'importance, au-delà des circonstances particulières à chaque couple, du contexte culturel de tradition patriarcale et de domination masculine, qui nourrit chez bon nombre d'auteurs le refus de voir leurs conjointes les quitter ou s'émanciper de leur autorité.</p><p class="c2">Les entretiens avec les psychiatres sont souvent fascinants. Un matin de début octobre dans un petit bureau de l’université de Paris-Assas, le psychiatre Gérard Lopez nous retrace ainsi l'histoire de Dracula, le vampire qui brouille les pistes et manipule ses victimes pour les contrôler et in fine les tuer “comme pas mal de conjoints meurtriers”.</p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>“Le jour même, son mari avait reçu les papiers du divorce, et elle avait tout préparé pour partir. Sur place, les enquêteurs ont découvert une valise toute prête”.</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Au bureau de l'AFP à Metz, <strong><a href="https://twitter.com/murielleka?lang=fr">Murielle Kasprzak</a></strong>, s'est penchée sur deux cas de féminicides. “Ce qui m'a le plus marquée, ce sont ces nouveaux départs que ces deux femmes souhaitaient ardemment, pour différentes raisons. Toutes deux ont perdu la vie juste parce que leur mari ou compagnon ne l'ont pas accepté”. </p><p class="c2">La journaliste a encore des “frissons” en repensant à l'une des deux victimes, <strong>Mariette</strong>, 61 ans, étranglée par son époux. “Le jour même, son mari avait reçu les papiers du divorce, et elle avait tout préparé pour partir. Sur place, les enquêteurs ont découvert une valise toute prête”.</p><div class="grid-left"> <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1pq6bf.jpg?itok=9IhDw66Q 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1pq6bf.jpg?itok=Ct83j8w6 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1pq6bf.jpg?itok=zMIucHWn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1pq6bf.jpg?itok=hSzmvhNY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1pq6bf.jpg?itok=9DjoRY7l 1245w" alt="image" />Manifestation au Mexique, premier pays à avoir intégré la notion de féminicide dans son droit (AFP / Isaac Guzman)</div><p>Le terme “féminicide” -- littéralement “le meurtre d'une femme parce qu'elle est femme” -- vise à reconnaître cette dimension culturelle et genrée. Datant des années 1970, il a gagné du terrain dans de nombreux pays d'Amérique latine. </p><p dir="ltr">Mais cette approche, dérangeante dans ce qu'elle dit parfois de notre société, reste parfois contestée, et nous avons régulièrement eu des débats sur le sujet, y compris parfois au sein de la rédaction.</p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_8ru8yp.jpg?itok=L-O7dZuk 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_8ru8yp.jpg?itok=PSvaXvR_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_8ru8yp.jpg?itok=Kh-fSmJ0 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_8ru8yp.jpg?itok=M-FjqL0q 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_8ru8yp.jpg?itok=UqP4eGe_ 1245w" alt="image" />Manifesfation à Guatemala City, le 10 octobre 2020 (AFP / Johan Ordonez)</div><aside class="rquote"><blockquote>
<p>Dans la plupart des cas, le scénario du féminicide ne fait pas de doute pour les enquêteurs</p>
</blockquote>
</aside><p class="c2">Dans la plupart des cas, le scénario du féminicide ne fait pas de doute pour les enquêteurs: le meurtrier est rapidement arrêté ou se suicide ou tente de se suicider. Mais pour d'autres, plus douteux, la présomption d'innocence doit continuer à s'appliquer.</p><p class="c2">Prudence et standards AFP obligent, certains cas non confirmés seront mis en attente, d'autres seront écartés. Le chiffre sera toujours précédé de la mention “au moins” pour bien montrer qu'il s'agit d'un chiffre minimum appelé à augmenter. </p><p class="c2">Nos conclusions statistiques confirment les témoignages de spécialistes et les tendances fortes qui caractérisent les féminicides: la séparation comme première cause, la volonté de tuer manifeste vu l'emploi massif d'armes à feu ou blanches, le fort taux de suicide ou tentative de suicide des auteurs après le meurtre. Mais aussi la présence fréquente de violences antérieures dans le couple et de signalements aux autorités (plaintes notamment) restés sans effets, la part méconnue des personnes âgées qui représentent près d’un quart des cas, le sort des enfants, victimes collatérales multi-traumatisées et à l'avenir parfois incertain.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mk1do.jpg?itok=YX1lHrpL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mk1do.jpg?itok=Ouc1-wU5 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mk1do.jpg?itok=BgR6WecC 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mk1do.jpg?itok=7I2JcLys 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mk1do.jpg?itok=crgDb-16 1245w" alt="image" />(AFP / Lionel Bonaventure)</div><p class="c2">A la mi-décembre 2019, nous pouvons annoncer avec certitude que le nombre de féminicides en 2019, près de 120, dépassera celui de 2018. Et ce neuf mois avant la publication des chiffres officiels par le gouvernement, qui, temps de l'enquête oblige, seront eux nécessairement plus élevés et complets.</p><p class="c2">Notre méthodologie prudente ne sera pas du goût de tout le monde, notamment du collectif féministe qui nous soupçonne de minimiser le phénomène, et de défendre ainsi “la vieille culture du patriarcat”. De l'autre côté du spectre, certains, tout aussi rares, ont estimé que nous en faisions beaucoup sur ce sujet qui stigmatise selon eux trop les hommes.</p><p class="c2">Fin 2019, nous dénombrons au moins 126 féminicides confirmés, d'autres cas sont en attente. Huit mois plus tard, en août, le ministère de l'Intérieur annoncera en avoir recensé au total 146 cette année-là, soit une hausse de 20% par rapport à 2018. Un écart avec nos données lié au “temps de l'enquête” et au fait que certains cas n'avaient pas été annoncés par les autorités au moment des faits.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi7h4.jpg?itok=FikUbvFp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi7h4.jpg?itok=e9sUquLO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi7h4.jpg?itok=bhY_TXkU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi7h4.jpg?itok=G_P-5A1k 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1mi7h4.jpg?itok=-UlYahV2 1245w" alt="image" />(AFP / Clement Mahoudeau)</div><p class="c2">Les difficultés récurrentes rencontrées pour récolter rapidement certaines informations, parfois nourries par les silences d'autorités judiciaires pas toujours à l'aise avec ces affaires, nous empêchent d'avoir un décompte aussi complet et à jour que nous le souhaiterions. Ainsi nous avons décidé d'arrêter le décompte progressif à la fin de 2020. </p><p class="c2">Ces derniers mois, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures réclamées depuis longtemps par les associations et familles de victimes, notamment le déploiement de premiers bracelets anti-rapprochement et une hausse des places d'hébergement pour les femmes devant fuir leur domicile.</p><p class="c2"><strong>Lucien Douib</strong> s'en réjouit, même s'il souligne que trop de femmes battues sont “encore en danger car elles restent chez elles pour ne pas abandonner leurs enfants et ne savent pas où aller”. Il y aura des féminicides "tant que celles qui vont porter plainte ressortent des commissariats ou des gendarmeries sans être protégées”, estime-t-il : “Le chemin reste long”.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41ei.jpg?itok=FFJx-GNT 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41ei.jpg?itok=nUKzwYEh 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41ei.jpg?itok=3KBt2rSS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41ei.jpg?itok=SIZxoyP5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/infogenes/feminicides-nov20/000_1l41ei.jpg?itok=IV6jWKaU 1245w" alt="image" />(AFP / Lucas Barioulet)</div><p class="c2">Où en est-on un an plus tard ? Le confinement décrété au printemps pour lutter contre la pandémie de Covid-19 a entraîné une importante hausse des signalements de violences subies par les femmes et les enfants à leur domicile.</p><p class="c2">Les féminicides semblent pourtant à la baisse. Depuis le début de l'année 2020, l'AFP en a recensé au moins 71, et une dizaine d'affaires sont encore “en attente” de confirmation. On ne peut pas pour autant en tirer des conclusions, il faudrait plusieurs années de décrue pour confirmer une tendance.</p><p class="c2">“On en parle davantage, et ça aide à faire changer les mentalités, à repérer les signes avant-coureurs”,  se félicite <strong>Morgane Seliman</strong>, de plus en plus sollicitée <strong><a href="https://www.facebook.com/MorganeSeliman/">sur sa page Facebook</a></strong>: “Des gens qui me soutiennent, mais aussi des demandes de conseils de mères inquiètes pour leurs filles qui subissent beaucoup dans leur couple”. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/Tfj-1hIZXOU" width="560"> </iframe><p class="c2">A l’AFP, nous allons continuer à rapporter chaque féminicide dont nous aurons connaissance, une médiatisation indispensable à la prise de conscience de ce fléau. </p><p class="c3">Récit: <strong><a href="https://twitter.com/eduparcq?lang=fr">Emmanuel Duparcq</a></strong> et <strong><a href="https://twitter.com/jessloesc?lang=fr">Jessica Lopez</a></strong>.  Edition et mise en page : <strong><a href="https://twitter.com/michaelacancela">Michaëla Cancela-Kieffer  </a></strong></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/un-dans-locean-des-drames-intimes</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/un-dans-locean-des-drames-intimes</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:28 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Mon père, le vaccin et moi]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2">Dans la course effrénée pour trouver un vaccin contre le nouveau coronavirus, les essais cliniques sont fondamentaux. Pour valider l'efficacité du produit et écarter d'éventuels effets secondaires graves, il faut des dizaines de milliers de personnes prêtes à jouer les cobayes. La correspondante de l'AFP à Miami, Leila Macor, en fait partie. Leila a participé aux essais de phase 3 de Moderna, la société de biotechnologie américaine qui a annoncé lundi 16 novembre que son vaccin expérimental contre le Covid-19 était efficace à presque 95%. </p><p class="c2"><strong>Miami -</strong> Parmi les milliers de personnes emportées par la maladie de Covid-19 au Chili, en juillet, il y avait un sculpteur italo-vénézuélien, de 92 ans. Il est parti en quelques jours, dans sa maison de retraite de Santiago. C'était mon père, Aldo Macor. Il est décédé trois semaines avant le début des essais cliniques lancés par Pfizer et Moderna. Il est parti seul, comme meurent les gens qui succombent à ce virus. Si seul que dans son délire, il était convaincu qu'il avait été enlevé.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/img_4072.jpg?itok=v5GEGUHZ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/img_4072.jpg?itok=MM6KQHRe 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/img_4072.jpg?itok=mEsJb4IU 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/img_4072.jpg?itok=qmwU7q8i 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/img_4072.jpg?itok=d_H58zcD 1245w" alt="image" />Aldo Macor, photo prêtée par Leila Macor</div><p class="c2">Pendant que mes frères, ma mère et moi essayions de faire face à la perte, je devais affronter une autre réalité: Miami, et l'Etat de Floride en général, étaient devenus de nouveaux épicentres du virus qui avait tué mon père. Et mon travail, c'était aussi de couvrir cette histoire et les autres morts.</p><p class="c2">De par mon métier, qui m'exposait davantage, mon profil intéressait les chercheurs. Et l'idée de participer à mon niveau à la lutte contre cette plaie qui tuait les nôtres et bouleversait nos vies était suffisamment cathartique pour que j'essaie. J'en parlai à des amis et des proches. Tous m'aidèrent à conclure que le risque d'un potentiel effet indésirable d'un vaccin pour une asthmatique comme moi serait moindre que le risque d'attraper la maladie de Covid-19.</p><p class="c2">Deux jours après avoir écrit un reportage pour l'AFP sur le début des essais cliniques de phase 3 en Floride, je frappai de nouveau à la porte du centre, mais cette fois comme objet d'étude.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8vd4w9.jpg?itok=EUtR6T7n 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8vd4w9.jpg?itok=JvpeTifC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8vd4w9.jpg?itok=fRd2-7h9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8vd4w9.jpg?itok=RmoFX6lI 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8vd4w9.jpg?itok=6ijY-x5c 1245w" alt="image" />(AFP / Leila Macor)</div><p class="c2">Les Research Centers of America à Hollywood (au nord de Miami), participaient aux essais de Pfizer et de Moderna. Un jour l'un, un jour l'autre. J'y suis allée un mardi: ce fut Moderna. En parallèle, des dizaines d'autres centres dans le pays recrutaient eux aussi des volontaires. N'importe qui pouvait se porter candidat, à condition d'être davantage exposé au risque de contamination que la moyenne de la population: le personnel sanitaire, les chauffeurs de taxi et les journalistes étaient notamment sur la liste. </p><p class="c2">On m'a mis un autocollant avec mon nom dessus et on m'a emmenée dans un cabinet de consultation, où on m'a expliqué ce que je lirais plus tard dans un document de 22 pages: deux doses allaient m'être administrées et je recevrais 2.400 dollars sur les deux ans qu'allait durer l'essai.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/leilapeque.jpg?itok=RkCYj4px 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/leilapeque.jpg?itok=gnqEa7kg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/leilapeque.jpg?itok=kwYxZL7b 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/leilapeque.jpg?itok=UFsi-H5P 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/leilapeque.jpg?itok=NSubnc-2 1245w" alt="image" />(AFP / Leila Macor)</div><p class="c2">On m'a dit à quels effets secondaires je devais m'attendre: douleur autour du point d'injection, fièvre, frissons. Nous étions 30.000 volontaires, divisés en deux groupes: une moitié recevrait le vaccin, l'autre un placebo.</p><p class="c2">"Même nous, nous ne savons pas lequel est lequel", m'a dit l'infirmière quand j'ai essayé de savoir si j'allais recevoir un placebo. Seul le laboratoire Moderna le saura au moment de l'analyse des données. "Et si je me fais tester pour les anticorps?", ai-je demandé. Cela ne donnera pas nécessairement de résultat correct, a-t-elle répondu. "L'incertitude va me tuer!", me suis-je exclamée.</p><p class="c2">L'infirmière a alors levé les yeux, me disant très sérieusement: "Les placebos sont aussi importants que les vaccins. Impossible de faire l'essai sans le groupe témoin. Vous êtes en train d'aider l'humanité, quel que soit" votre groupe. Je me suis sentie coupable d'en faire une obsession, et j'ai arrêté de poser la question.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o9.jpg?itok=KmA574uh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o9.jpg?itok=_hty_gBT 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o9.jpg?itok=UvV4esGc 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o9.jpg?itok=WBFu4Py- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o9.jpg?itok=iMk9bJb0 1245w" alt="image" />Heather Lieberman, une bénévole de 28 ans, dans la sale d'attente (AFP / Chandan Khanna)</div><p class="c2">J'ai aussi eu droit à des prises de sang: de quoi remplir six ou huit éprouvettes, j'ai perdu le compte. Et j'ai du passer un test de grossesse. Mes interlocuteurs ont été très fermes sur la prise nécessaire de contraceptifs: "On ne connaît pas encore l'effet du vaccin sur le foetus", m'a-t-on répété.</p><p class="c2">Puis deux personnes sont venues avec le vaccin dans une glacière. Ou le placebo, donc. Elles ont ri quand je leur ai demandé de me laisser prendre une photo de l'injection. Ce qui pour moi était un moment historique n'était pour elles qu'un mardi ordinaire.</p><p class="c2">Ce ne fut pas douloureux. On m'a ensuite emmenée dans une salle d'attente et gardée sous observation pendant une demi-heure. Trois ou quatre bénévoles regardaient leur téléphone. Une infirmière cubaine portait une cape, la cape rouge de Superman.</p><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o1.jpg?itok=_JScvdXU 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o1.jpg?itok=5b8zwwLj 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o1.jpg?itok=0umkoa1c 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o1.jpg?itok=wd0xm-nB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7o1.jpg?itok=8NSr6Mgk 1245w" alt="image" />(AFP / Chandan Khanna)</div><p class="c2">"Pourquoi la cape?", lui ai-je demandé. "Parce qu'ici nous sommes tous des héros, ma chérie", m'a-t-elle dit. On m'a offert plusieurs autocollants, un t-shirt et un masque, tous portant le message "Covid Warriors" (Guerriers du Covid) et un dessin montrant un super-héros combattant le virus. J'ai ensuite du télécharger une application conçue pour l'étude, où je dois à l'occasion renseigner ma température et mes symptômes.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7ny.jpg?itok=ZtmFqG2P 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7ny.jpg?itok=YcjQ_Y-H 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7ny.jpg?itok=YWX5fXp_ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7ny.jpg?itok=ZfuLK0of 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_1wh7ny.jpg?itok=wTtHRK90 1245w" alt="image" />Marilein Camacho et sa cape de Superman (AFP / Chandan Khanna)</div><p class="c2">Une fois à la maison, le point d'injection me faisait un peu mal. M'avait-on bel et bien administré le vaccin? J'ai passé les trois jours qui ont suivi à surfer sur internet pour tenter de savoir si une injection de sérum physiologique (dont est fait le placebo) pouvait provoquer de la douleur. Sans trouver de réponse claire.</p><p class="c2">La seconde dose me fut administrée un mois plus tard, mi-septembre. La douleur était plus vive et pendant deux jours le point d'injection resta chaud et enflammé.</p><p class="c2">J'ai depuis couvert deux meetings de Donald Trump. J'ai voulu par exemple interviewer, dans un endroit fermé, des partisans du président sortant niant la gravité du coronavirus. Ils ne portaient pas de masque et ne respectaient pas la distance de sécurité.</p><p class="c2">J'ai également assisté à un meeting du milliardaire à Tampa. J'ai dû retirer mon masque pour pouvoir "connecter" avec les gens et qu'ils me parlent sincèrement. Je dois avouer que cela m'a rendue un peu nerveuse, sachant leur position sur la maladie et la probabilité, qu'ils soient, de ce fait, contaminés. Cela m'a attristée aussi: beaucoup de partisans de Trump participant à ce meeting étaient âgés. Un homme asthmatique de 70 ans m'a dit: "Cela vaut le coup de prendre le risque d'être contaminé si c'est pour voir mon président".<br /> </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u723u.jpg?itok=M4Ypax6n 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u723u.jpg?itok=-PsSih0w 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u723u.jpg?itok=PP3Eq36b 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u723u.jpg?itok=Q2JKXlmB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u723u.jpg?itok=YmiFLF1l 1245w" alt="image" />Partisans de Donald Trump, lors d'un meeting à Tampa, en Floride, le 29 octobre 2020 (AFP / Ricardo Arduengo)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u68dz.jpg?itok=t7h5j-pF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u68dz.jpg?itok=NM4wgHmW 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u68dz.jpg?itok=GQJO6H91 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u68dz.jpg?itok=OftNJxtL 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/usa/florida-vaccine-nov22/000_8u68dz.jpg?itok=3CC_P_V4 1245w" alt="image" />Donald et Melania Trump à Tampa, Floride, le 29 octobre 2020 (AFP / Brendan Smialowski)</div></div><p class="c2">Participer à l'essai clinique a été pour moi une manière de faire mon travail de deuil. Pour mon père et pour le monde fou que le virus nous laissait. Aussi petite qu'elle soit, c'était la seule arme que je pouvais brandir.</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/mon-pere-le-vaccin-et-moi</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/mon-pere-le-vaccin-et-moi</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:28 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Quatre saisons à Wuhan]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c2"><strong>Wuhan (Chine)</strong> - Avant le grand cataclysme, j’avais déjà été à Wuhan, pour couvrir… un tournoi de basket-ball. La ville m’avait semblée gigantesque... et c’est vrai, onze millions de personnes y habitent, plus qu’à Mexico City, New York ou Paris. </p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry223.jpg?itok=-_Zm69iL 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry223.jpg?itok=i5UJ2upI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry223.jpg?itok=-iEdwhWe 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry223.jpg?itok=rFLo5rEK 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry223.jpg?itok=0Pb6DHbh 1245w" alt="image" />Photo aérienne prise le 16 avril 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Je me souviens d'un début de crise sanitaire en sourdine à la <strong>mi-janvier.</strong> Quand tout a commencé, j’étais à Shanghaï où ma mère, une cousine et son fiancé étaient venus me rendre visite depuis le Chili. J’étais un peu inquiet, mais je me demandais surtout s’ils auraient des difficultés à quitter la Chine pour rentrer chez nous. Puis, les masques ont fait leur apparition dans les rues de la ville. </p><h2 class="c3">L'hiver</h2><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=K1TuK3nh 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=KfrgAtoa 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=Ngtwhfmj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=AGGunAL7 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oe1rp_1.jpg?itok=DSOWlJjn 1245w" alt="image" />Wuhan, le 26 janvier 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Quelques jours plus tard, j’ai senti que l'apparition de ce nouveau virus provoquant des détresses respiratoires pouvait devenir une grande histoire. Alors que j’allais vers la gare pour rejoindre Wuhan, mon portable a sonné. Dans la nuit, les autorités avaient annoncé que la ville serait bouclée. Mes chefs craignaient que je ne puisse plus en sortir. Ils ont tenté de me dissuader de me rendre dans ce qui semblait être l'épicentre de la maladie. Je les ai rassurés, évoquant mon expérience passée de la couverture de l'épidémie de choléra en Haïti. Quand je suis arrivé à Wuhan, après quatre heures de train grande vitesse, personne ou presque ne descendait pour s’arrêter dans la ville…</p><div class="ww-item image"> <div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1of81a.jpg?itok=hoxGPiQV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1of81a.jpg?itok=78hKT1bN 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1of81a.jpg?itok=U-rD918G 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1of81a.jpg?itok=h7L73vMj 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1of81a.jpg?itok=e29AqhZL 1245w" alt="image" />Banlieue de Wuhan, dans la province chinoise de Hubei, 27 janvier 2020 (AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="c2">Avec mes collègues <strong><a href="https://twitter.com/leoramirezafp?lang=fr">Leo Ramirez</a></strong> et <a href="http://@SebRicciAFP"><strong>Sébastien Ricci</strong>,</a> j’ai découvert une ville fantôme, où la peur avait gagné les habitants. Des policiers nous disaient de rentrer à l’hôtel: “C’est dangereux de rester dans la rue”. La crainte était palpable dans l’air. J'ai en tête cette image d'habitants, enfermés chez eux, qui nous regardaient depuis la fenêtre. J’ai dû croiser quatre ou cinq personnes dans ce quartier, en deux heures, rien du tout pour une mégalopole de cette taille.</p><p class="c2">Le choc est vraiment arrivé quand nous nous sommes rendus aux abords des hôpitaux. Les gens faisaient la queue dehors et à l'intérieur. Ils avaient amené leurs tabourets. Et plus étrange encore, ils venaient vers moi et tiraient sur mon bras pour que je rentre, pour voir. Ils voulaient me montrer ce qui se passait, une réaction complètement inhabituelle en Chine. J’avais des préventions à les suivre, non par peur du virus mais par crainte d’attirer l’attention des gardes de l'hôpital et qu'ils appellent la police. Je suis quand même rentré brièvement et j’ai pu voir à quel point la situation était compliquée; la saturation des hôpitaux était évidente.  </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oa3i5.jpg?itok=FGiAlmia 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oa3i5.jpg?itok=B9wO8R28 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oa3i5.jpg?itok=WWgB-PiJ 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oa3i5.jpg?itok=Du3aPLm- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oa3i5.jpg?itok=0vzhiqma 1245w" alt="image" />Hôpital de la Croix-Rouge à Wuhan. La salle d'attente. 24 janvier 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oc6s1.jpg?itok=ZvWwGlCw 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oc6s1.jpg?itok=MbCdDl4K 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oc6s1.jpg?itok=Z_YBsZKn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oc6s1.jpg?itok=0l2g0Kcr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oc6s1.jpg?itok=r4zg0rj5 1245w" alt="image" />Hôpital de la Croix-Rouge à Wuhan, province de Hubei. 25 janvier 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c4"><strong> </strong></p><p class="c4"><strong>Ensuite, il y a eu cette image emblématique.</strong></p><p class="c4"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=UHJpDW7a 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=UPq3Iz_Q 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=gCFuiQ87 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=npqwd1l6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/virus-wuhan-feb20/000_1oj2l4_1.jpg?itok=rG5FDB7X 1245w" alt="image" />Wuhan, 30 janvier 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Nous n'avons jamais su de quoi cet homme était mort, même si nous avons tenté d'obtenir des informations. Mais l'image du cadavre de ce vieil homme resté sur la chaussée et de l'agitation autour de lui incarnait la crise plus que tout autre.</p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1oj2m8.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1oj2m8.jpg?itok=7CDTQUqq" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Hector Retamal)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1oj2m2.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1oj2m2.jpg?itok=cFbOUuDv" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Hector Retamal)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1oj2mn.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1oj2mn.jpg?itok=q-sOQI26" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Hector Retamal)</figcaption></figure></div><p class="c2">Nous avons quitté Wuhan à bord d’un vol de rapatriement sanitaire français le 31 janvier à destination de Marseille, <strong><a href="https://making-of.afp.com/destination-virus">un récit que nous avons fait sur le blog</a></strong>. Il a fallu passer par une quarantaine, en France… avant de revenir en Asie, mi février. </p><p class="c2"> </p><h2 class="c3">Le printemps </h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qm6xx.jpg?itok=fz_QvTBt 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qm6xx.jpg?itok=Qugjj7uZ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qm6xx.jpg?itok=SPqyKQZH 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qm6xx.jpg?itok=FzgiHM_t 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qm6xx.jpg?itok=Dd_C_3it 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Le 24 février, j’étais de retour à Shanghaï, où heureusement je n’ai pas dû effectuer de nouvelle quarantaine. J’ai quand même du attendre quelques jours  à l’hôtel, le temps de savoir si je devais à nouveau m'isoler. Lorsque je suis finalement rentré chez moi, des membres du “comité local de quartier” m’attendaient et m’ont posé des questions. Jour après jour nous devions nous soumettre à une prise de température pour accéder à l'immeuble.</p><p class="c2"><strong>Quand je suis retourné  pour la première fois à Wuhan fin mars</strong>, juste après la ré-ouverture de la ville, j'ai assisté aux adieux entre ceux qui étaient venus aider, notamment des soignants, et les habitants de la ville.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg72x.jpg?itok=vLrh5Jcj 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg72x.jpg?itok=xZQaGDnu 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg72x.jpg?itok=DvnqzdEp 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg72x.jpg?itok=nAwnD8Bi 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qg72x.jpg?itok=tGW1YXe2 1245w" alt="image" />Une soignante de la province de Jilin (au centre), dit au revoir à ses collègues de Wuhan avant de décoller de l'aéroport de la ville, le 8 avril.
 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Dans les rues,  la peur du virus était encore palpable. Certaines personnes restaient d'ailleurs chez elles.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ql026.jpg?itok=bm7cjcYS 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ql026.jpg?itok=p5UrOSWJ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ql026.jpg?itok=fcPcx3yj 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ql026.jpg?itok=2EXvpLz5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ql026.jpg?itok=2xSNmw9g 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Mais <strong>la vie reprenait peu à peu ses droits. </strong>Wuhan, est une ville immense où les gens sont aimables. C'est une ville carrefour, au coeur de la province de Hubei, qui elle-même relie l’est et l’ouest de la Chine, le nord et le sud. Irriguée par le grand fleuve Yangtsé, à mi-chemin entre Pékin et Canton, elle est relativement riche. </p><p class="clear c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rk6sa.jpg?itok=VyYV2wD7 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rk6sa.jpg?itok=8NG3gJ8C 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rk6sa.jpg?itok=HPMgND3g 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rk6sa.jpg?itok=wkM_OQbm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rk6sa.jpg?itok=XiG8sH7m 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf3bd.jpg?itok=DAd0AEsP 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf3bd.jpg?itok=OBO_vjad 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf3bd.jpg?itok=73gtBLX1 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf3bd.jpg?itok=ECBPj87q 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf3bd.jpg?itok=p3UD6ItP 1245w" alt="image" />12 mai 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">On y trouve des dizaines de centres de recherche scientifique et d’ingénierie biologique, comme les laboratoires dont on a tant parlé autour du coronavirus, des industries minières; on y produit des voitures, de l’acier, du textile...  C’est aussi une zone importante de production agricole: coton, céréales, pisciculture… Le Hubei c’est le “pays du poisson et du riz”, qui s’est développé à l’ombre du grand barrage des Trois-Gorges. </p><p class="c2">Et s’il y a un endroit où il faut se rendre, c’est les berges. La vie de la ville semble se structurer autour du fleuve. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lc.jpg?itok=zDd77H2K 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lc.jpg?itok=7qobchbL 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lc.jpg?itok=3ztZKm-- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lc.jpg?itok=_8HKaAvL 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lc.jpg?itok=Njh9gw2v 1245w" alt="image" />8 avril 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Wuhan, pour moi, c’est comme un mini-Shanghaï, elle est moderne, et au bord d’un fleuve… mais sans doute plus accueillante.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sf8sz.jpg?itok=R3ziAQ3x 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sf8sz.jpg?itok=6dazLcgC 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sf8sz.jpg?itok=SLSELjAO 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sf8sz.jpg?itok=UT7bO8H9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sf8sz.jpg?itok=YIVuefDm 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">Il y a aussi de nombreux parcs, où les gens aiment se promener,  faire de l’exercice... danser.  Ses habitants font beaucoup de sport.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qp0oy.jpg?itok=mOh4gZqp 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qp0oy.jpg?itok=OpnpPO7v 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qp0oy.jpg?itok=ju3N4Z57 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qp0oy.jpg?itok=qWwygCV6 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qp0oy.jpg?itok=pLUHJB8k 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6e2.jpg?itok=iWjxB90D 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6e2.jpg?itok=5ByGnadE 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6e2.jpg?itok=hkWS8ke- 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6e2.jpg?itok=9yCrx060 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6e2.jpg?itok=KKut0Qfe 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">A Shanghaï en revanche certaines personnes craignent que les étrangers reviennent de pays où le virus est encore actif et nous évitent. Parfois, quand je vais prendre l’ascenseur, les gens ne veulent pas monter avec moi. A Wuhan, les gens me saluent et viennent spontanément me parler, me poser des questions. Dès le printemps je me suis lié d'amitié avec des personnes rencontées sur les rives du fleuve. C'est aussi là que j'ai photographié les danseurs. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf7ai.jpg?itok=3xO69RSl 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf7ai.jpg?itok=6fN1PeFx 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf7ai.jpg?itok=FFj_aXJ9 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf7ai.jpg?itok=TtOHt2oU 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1rf7ai.jpg?itok=TXf3jZPX 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sd7wu.jpg?itok=OvX3KeWV 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sd7wu.jpg?itok=bJ8Qn39n 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sd7wu.jpg?itok=98_sDs2b 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sd7wu.jpg?itok=RRPp0Klo 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1sd7wu.jpg?itok=zsSoezgP 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qk661_0.jpg?itok=yoFAGuDf 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qk661_0.jpg?itok=cIqBvYoM 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qk661_0.jpg?itok=dZlG4aAN 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qk661_0.jpg?itok=thhMHGA5 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qk661_0.jpg?itok=E6ExO2U8 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><h2 class="c3"><strong> L'été</strong></h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1v64za.jpg?itok=GaBV_nNQ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1v64za.jpg?itok=j4qVEg88 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1v64za.jpg?itok=88dH9x7E 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1v64za.jpg?itok=GCf0S0et 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1v64za.jpg?itok=F5XkILxQ 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">J’aime être proche des gens, me faire accepter, gagner leur confiance. Qu’ils se sentent à l’aise, prennent le temps de parler. Comment entrer dans la vie des autres si je ne leur donne pas accès à la mienne ? Je l’ai appris en Haïti où la vie est si dure et les gens vivent avec rien. A Wuhan, je n’ai pas cherché à être invisible; je veux que les gens sachent ce que je fais et qu’ils comprennent pourquoi je suis là. Je ne cache pas mon appareil photo.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6p0.jpg?itok=M2C2qh5Y 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6p0.jpg?itok=F4ZjWND_ 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6p0.jpg?itok=FH4JGScX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6p0.jpg?itok=poqlWTWc 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6p0.jpg?itok=sDFclxJu 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">C’est là que tout commence. Je n’aime pas les photos volées et si on me demande d’effacer, je le fais.  Après un reportage, je me demande toujours ce que les gens sont devenus. Cette année à Wuhan m’a permis de revoir certaines personnes et de m’assurer qu’elles allaient bien.  J’ai apprécié de pouvoir voir l’évolution de la ville au fil des mois.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6oj.jpg?itok=g8fenLn9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6oj.jpg?itok=NuWADa7k 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6oj.jpg?itok=A4rP8zr7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6oj.jpg?itok=dqEnDfVm 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6oj.jpg?itok=sirwYZMB 1245w" alt="image" />5 août 2020, au bord du lac de l'Est à Wuhan (AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6ob.jpg?itok=VDKjkvfq 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6ob.jpg?itok=0w5lvX8l 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6ob.jpg?itok=wpUxmtAn 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6ob.jpg?itok=sqYsAmwY 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6ob.jpg?itok=5UOGZWx_ 1245w" alt="image" />5 août 2020, lac de l'Est à Wuhan (AFP / Hector Retamal)</div></div><p class="clear"> </p><p class="c2">J’ai même été en discothèque ! Elle était pleine, tout comme un festival de musique. Les Chinois aiment la fête. Wuhan est d’ailleurs une ville jeune, avec beaucoup d’étudiants. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu264.jpg?itok=X6gVEBO2 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu264.jpg?itok=TNspQqHl 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu264.jpg?itok=fcmG1MbD 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu264.jpg?itok=3dLTA-h1 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu264.jpg?itok=fRoPuOR3 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6f6.jpg?itok=wad0GRiv 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6f6.jpg?itok=iuxifU_R 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6f6.jpg?itok=Okhll066 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6f6.jpg?itok=CZ2nXoou 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1we6f6.jpg?itok=0HL2wTpe 1245w" alt="image" />Festival de musique de Wuhan le 4 août 2020 (AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><h2 class="c3">L' automne</h2><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j0.jpg?itok=SQvLECBA 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j0.jpg?itok=-yaTW5jO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j0.jpg?itok=8DGQyA2n 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j0.jpg?itok=oS5pOVqr 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j0.jpg?itok=BDvio5pF 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j7.jpg?itok=ipGjKbAz 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j7.jpg?itok=tBiIdwwB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j7.jpg?itok=goBDCHkG 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j7.jpg?itok=HuZcdE_F 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1wz2j7.jpg?itok=1XGPMwMV 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">J’ai cherché les traces de la pandémie… et n’ai rien vu.  j’ai vraiment eu la sensation que la ville avait presque retrouvé un cours normal. En revanche, <strong>la douleur de la perte était bien là</strong>. Plus de 4.000 habitants sont morts, concentrant l'essentiel du bilan officiel des décès liés au nouveau coronavirus en Chine. Nous y avons notamment rencontré Liu Pei'en, qui s'est converti au bouddhisme pour tenter de redonner un sens à sa vie après la disparition de son père. Ou Zhong Hanneng, qui a perdu son fils, et n'arrive plus à dormir. Elle veut poursuivre les autorités locales. </p><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8pm6cj.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8pm6cj.jpg?itok=Gh69mCf4" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">(AFP / Hector Retamal)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8w73dy.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8w73dy.jpg?itok=z9emSIBT" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Liu Pei'en devant le portrait de son père, emporté en janvier 2020 par la maladie de Covid-19. (AFP / Hector Retamal)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8w73d7.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x798"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8w73d7.jpg?itok=XyUz7ifB" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Zhong Hanneng a perdu son fils, et elle en a perdu aussi le sommeil (AFP / Hector Retamal)</figcaption></figure></div><p class="c2">A l'automne, les rues étaient bondées et les centres commerciaux débordés. Dès que le soleil sortait, les gens étaient dehors. </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qt8g7.jpg?itok=6OKGX5s9 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qt8g7.jpg?itok=qJOCXABO 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qt8g7.jpg?itok=iXS3Gzo7 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qt8g7.jpg?itok=cmklQtGT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qt8g7.jpg?itok=3jjhAiH_ 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><div class="grid-left"><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lu.jpg?itok=I2-uT8Ha 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lu.jpg?itok=DQ9kOH9J 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lu.jpg?itok=IXxZln2k 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lu.jpg?itok=zgmUtOA- 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_8qu9lu.jpg?itok=KGlHqbPI 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2">La seule chose qui n’est pas revenue ce sont les étrangers…! Lors de mon dernier voyage, fin novembre, j'ai du en voir deux en une semaine, alors qu'avant ils étaient très nombreux...</p><p class="c2">La peur du virus, en revanche, est encore là. A l’hôtel on m’a demandé le certificat de test négatif et le code QR de santé. </p></div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1x08p8.jpg?itok=WxzRIXME 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1x08p8.jpg?itok=biga7JQ7 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1x08p8.jpg?itok=k94ejMRi 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1x08p8.jpg?itok=zQoob2-V 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1x08p8.jpg?itok=AKLCIQsI 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry6sp.jpg?itok=qeHmr7ip 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry6sp.jpg?itok=xQXkf0XY 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry6sp.jpg?itok=A3LaqUtd 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry6sp.jpg?itok=zJql5cJJ 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1ry6sp.jpg?itok=yIcOIwvr 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c2"><strong>Le code QR</strong> est individuel et il est délivré par les autorités sanitaires: ce code contient des informations collectées via le téléphone, sur les lieux où l’on s’est rendu, si on a été proche d’une personne malade.  Et il détermine ainsi si l’on est en bonne santé.  On peut te le demander pour accéder à un centre commercial par exemple. </p><p class="clear c2">Dans certains endroits, on continue aussi à contrôler la température directement, ou via une caméra thermique. La vie a repris, mais le contrôle strict mis en place avec la pandémie est toujours en vigueur...</p><p class="clear c2"> </p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qh64p.jpg?itok=FFr65c6e 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qh64p.jpg?itok=MBVFizgB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qh64p.jpg?itok=JHbadbYS 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qh64p.jpg?itok=wI9h5SOE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/china/wuhan-covid-oneyear-dec20/000_1qh64p.jpg?itok=ZGfBIaJX 1245w" alt="image" />(AFP / Hector Retamal)</div><p class="c4">Récit: Hector Retamal à Wuhan. Edition: Michaëla Cancela-Kieffer <br /> </p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/quatre-saisons-wuhan</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/quatre-saisons-wuhan</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:27 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Valéry Giscard d'Estaing et l'accordéon]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Paris -</strong> Plus jeune président de la Vème République lorsqu'il est élu en <strong>1974</strong>, Valéry Giscard d'Estaing, mort le 2 décembre à l'âge de 94 ans, se voulait l'incarnation d'une modernité triomphante, issue du centre-droit libéral et démocrate-chrétien qui a bâti l'Europe d'après-guerre.</p><p>Elu président à 48 ans, il bat sur le fil François Mitterrand et devient le premier non-gaulliste à s'emparer de l'Élysée dans une France qui enterre les Trente-Glorieuses et digère mai-68.  Dans nos archives nous avons retrouvé les images qui illustrent ce changement d'époque.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002011541724.jpg?itok=kiOvathJ 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002011541724.jpg?itok=6PYL1eod 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002011541724.jpg?itok=YgkW1xfb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002011541724.jpg?itok=NDqtl3kK 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002011541724.jpg?itok=snMkG1Ek 1245w" alt="image" />Valéry Giscard d'Estaing, alors ministre des Finances en pleine partie de football, le 4 juin 1973 (AFP)</div><p>Son élection a fait souffler un vent de liberté sur le pays, après les présidences de Charles de Gaulle et Georges Pompidou. Aux réformes progressistes comme l'abaissement de la majorité à 18 ans ou la dépénalisation de l'avortement, le nouveau président ajoute un style inédit.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1322280.jpg?itok=PxDVFYf5 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1322280.jpg?itok=wO898gMB 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1322280.jpg?itok=ZLJJ2xTb 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1322280.jpg?itok=YyYTrYtT 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1322280.jpg?itok=aC0ZYuhb 1245w" alt="image" />(AFP / -)</div><p>VGE s'affiche au ski ou sur un terrain de football, et n'hésite pas à convoquer sa fille sur ses affiches de campagne ou son épouse Anne-Aymone lors de vœux télévisés pour la nouvelle année.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1884962.jpg?itok=HHNO9N2Y 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1884962.jpg?itok=bVuPamoI 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1884962.jpg?itok=4zxvGvxF 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1884962.jpg?itok=OCUFGNCK 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_arp1884962.jpg?itok=_iED8xmH 1245w" alt="image" />Bain de mer à Saint-Jean-de-Luz en août 1965 pour l'opération "vacances" (AFP )</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_par2003071128876.jpg?itok=xqm6qMuF 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_par2003071128876.jpg?itok=tVrZEBEz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_par2003071128876.jpg?itok=vwaODtTq 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_par2003071128876.jpg?itok=1HiY2k9s 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_par2003071128876.jpg?itok=-YDZSflj 1245w" alt="image" />Au ski à Courchevel dans les Alpes, le 16 février 1976 (AFP / -)</div><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002100772538.jpg?itok=_Maqb_qE 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002100772538.jpg?itok=umAyLw3r 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002100772538.jpg?itok=HGnR_a89 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002100772538.jpg?itok=MoBFHfS9 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_app2002100772538.jpg?itok=SNZ4C0yK 1245w" alt="image" />14 décembre 1977, avec la chanteuse Mireille Mathieu (AFP / )</div><p><strong>Daniel Janin,</strong> un photographe de l’AFP aujourd’hui à la retraite, a raconté en 2017 à l’occasion du tournage d’une série vidéo intitulée “Mémoires de campagnes”, ses souvenirs de Valery Giscard d’Estaing et de la présidentielle de 1974.</p><p>Au début des années 1970, les couvertures photo du monde politique étaient encore très institutionnelles, avec des images souvent très classiques mais Daniel avait découvert à l’occasion d’une visite à Montmorency, un ministre qui changeait les règles. </p><p>En pleine campagne, il  monte aussi sur scène pour un duo avec l’accordéoniste Yvette Horner. La photo de Giscard et de son accordéon allait participer à révolutionner le mode de communication des hommes politiques.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" frameborder="0" height="309" src="https://player.vimeo.com/video/486759300?color=ffffff" width="550"> </iframe><p dir="ltr">L'Auvergnat s'invite également chez les Français pour dîner, ouvre l'Elysée à des éboueurs maliens pour un petit-déjeuner de Noël, renouvelant une communication politique encore très cadenassée. Le très officiel ORTF est supprimé quelques mois après son arrivée au pouvoir.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_sapa990810826150.jpg?itok=L1OV9z8x 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_sapa990810826150.jpg?itok=Sx7qfUtz 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_sapa990810826150.jpg?itok=No7TrxjX 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_sapa990810826150.jpg?itok=2ZDn56QE 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_sapa990810826150.jpg?itok=UVv7jQCc 1245w" alt="image" />(AFP / -)</div><p>Après des débuts prometteurs, VGE connaît une première crise avec la démission de son Premier ministre, Jacques Chirac, en 1976. Initiateur du "G7", le club des dirigeants des pays les plus riches, il donne une impulsion décisive à l'axe franco-allemand aux côtés du chancelier Helmut Schmidt.</p><p>Le ralentissement économique consécutif au choc pétrolier, les affaires - suicide suspect de son ministre Robert Boulin, diamants offerts par le président centrafricain Bokassa - ainsi qu'une inflexion de sa politique, plus conservatrice et économiquement austère, pèsent sur sa popularité.</p><div class="ww-item image"><img class="lazyload blur-up" src="" srcset="/sites/default/files/styles/list_xs/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_8wd2nk.jpg?itok=76X-4DJy 415w, ,/sites/default/files/styles/list_s/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_8wd2nk.jpg?itok=OrFU7BFg 568w, /sites/default/files/styles/list_m/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_8wd2nk.jpg?itok=XmvxBQIT 668w, /sites/default/files/styles/list_l/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_8wd2nk.jpg?itok=s1qk2UaB 888w, /sites/default/files/styles/list_xl/public/medias/aa_new_posts/countries/france/politique-social/vge-necrologie-dec20/000_8wd2nk.jpg?itok=e1_or127 1245w" alt="image" />(AFP / Derrick Ceyrac)</div><p><strong>Le 10 mai 1981</strong>, il échoue à se faire réélire face à François Mitterrand, qui recueille plus d'un million de voix de plus que lui et devient le premier président de gauche de la Ve République instaurée en 1958.</p><p>Interview vidéo: Laurent Kalfala. Récit réalisé à partir d'extraits du portrait de Valéry Giscard d'Estaing écrit par Claire Gallen et Paul Aubriat.</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/valery-giscard-destaing-et-laccordeon</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/valery-giscard-destaing-et-laccordeon</guid>
      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 02:02:27 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L&#039;ombre qui s&#039;étend]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Istanbul</strong> --Quand on travaille en Turquie comme correspondant étranger, c’est sous une ombre imposante. Celle d’un homme de 64 ans et 1,85 mètre, toujours très vigoureux. Au pouvoir depuis 15 ans, il l’exercera encore cinq ans, ou peut-être dix, après sa victoire aux élections du 24 juin. Recep Tayyip Erdogan.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img alt="Turkish flags flutter nest to a huge portrait of Turkey's President and leader of the Justice and Development Party (AKP) Recep Tayyip Erdogan as he gives a speech during an AKP pre-election rally in Yenikapi Square in Istanbul on June 17, 2018." class="adaptive-image lazy c2" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-101.jpg?itok=XthJyvs2" />(AFP / Aris Messinis)</div><p>Malgré tous mes efforts pour découvrir une « vraie Turquie », au-delà de la politique, -et dans ce pays à l’attirante diversité, ce peut être aussi bien sur une plage ensoleillée de la mer Egée, dans une maison de thé d’Anatolie ou une forêt humide sur la mer noire-, il est difficile d’échapper à la domination d’Erdogan sur son pays. Non seulement son visage vous surveille, du haut des affiches annonçant un prochain meeting ou un nouveau projet, ou sa voix sort du poste de télévision, mais la population ne cesse de parler de « Tayyip ».</p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                           <strong>Au centre de toutes les conversations</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Il est au centre de toutes les conversations, des cafés branché d’Istanbul aux maisons de thé dans les jardins d’une mosquée, quels que soient les avis à son égard. Les différences d’opinion divisent les familles et amis, parfois jusqu’à la rupture. Pour ses partisans, Erdogan n’est rien moins que le sauveur de la Turquie, l’homme qui l’a fait se tenir au plus haut de son histoire post-ottomane, et a vaincu la tentative de putsch qui le visait le 15 juillet 2016. Pour ses adversaires, Erdogan mène la Turquie sur un sentier économique et politique dangereux, en ayant dirigé la purge la plus large, incluant l’arrestation de journalistes et d’opposants politiques.</p><div class="ww-item image"><img alt="A man reads a newspaper a day after the Presidential and parliamentary elections in Istanbul on June 25, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-113.jpg?itok=sWoPNWyE" />Au lendemain des élections parlementaire et présidentielle, à Istanbul, le 25 juin 2018. (AFP / Aris Messinis)</div><p>J’ai été témoin une fois dans un aéroport provincial d’un affrontement entre ces deux camps. Un partisan d’Erdogan écoutait un discours du président avec le haut-parleur de son téléphone portable. « Coupez ça, je ne peux pas lire tranquillement » lui a lancé un autre homme. « J’ai parfaitement le droit d’écouter mon président », a rétorqué le premier. La sécurité a dû intervenir.</p><aside class="rquote"><blockquote>
<p>                        <strong>"Notre nation a gagné"</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Après sa victoire aux élections de juin 2018, qui lui procure un mandat aux pouvoirs renforcés et une majorité parlementaire avec l’appui des nationalistes, sa domination ne peut que s’intensifier et l’ombre qu’il fait porter sur le pays grandir d’autant.</p><p>Son portrait est omniprésent à Istanbul, grâce à une pratique inédite en Turquie, la propagande post-électorale… « Notre nation a gagné, la Turquie a gagné, merci Istanbul ! », claironne une affiche.</p><div class="ww-item image"><img alt="A worker slices meat as he stands in the window of a Turkish restaurant under a portrait of Turkish President Recep Tayyip Erdogan on Taksim Square in Istanbul on June 20, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-301.jpg?itok=-jHFWcd2" />Affiche de Recep Tayyip Erdogan se reflétant dans la vitrine d'un restaurant turc sur la place Taksim, à Istanbul le 20 juin 2018. (AFP / Bulent Kilic)</div><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                                          <strong>Une journée type </strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Ma journée type démarre de façon assez classique. Le réveil sonne, les mouettes crient sur le toit, une corne de brume résonne sur le Bosphore, il peut aussi y avoir un appel à la prière et dans la rue on entend les premières conversations des habitants. Je me frotte les yeux et me prépare à une nouvelle journée. Je saisis mon téléphone pour y vérifier <a href="https://tccb.gov.tr/" target="_blank">un site internet bien connu : tccb.gov.tr</a>. C’est celui de la présidence et c’est là que tôt chaque matin, dans un petit espace en haut à gauche, est publié l’agenda quotidien d’Erdogan.</p><div class="ww-item image"><img alt="A woman stands on the shore of the Bosphorus river's Golden Horn at Karakoy district as the Suleymaniye Mosque silhouettes against the evening sky, in Istanbul on January 25, 2016." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/scarred-istanbul-jan2016/turkey-unrest-lifestyle-005.jpg?itok=9LT-bAGH" />La Corne d'Or, l'estuaire d'Istanbul, avec la mosquée Süleymaniye. 2016.
 (AFP / Ozan Kose)</div><p>En tant que correspondant d’agence de presse, Erdogan est incontournable. Il est, pour emprunter le terme d’un ex-chef d’Etat d’un autre pays, un « hyperprésident ».</p><aside class="lquote"><blockquote>
<p>                              <strong>"Eyyyyy!"</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Il peut délivrer plusieurs discours en une journée. Entrecoupés de rencontres avec des chefs d’Etat, accueillis avec tous les honneurs à Ankara. Et pourquoi ne pas terminer par une interview télévisée en fin de soirée? La voix d’Erdogan touche tout ce qui se passe en Turquie, ainsi que la façon dont le pays est perçu à l’extérieur.</p><p>C’est bien l’objectif recherché. Erdogan domine à la télévision, qui reste la principale source d’information pour une majorité de Turcs. Sa voix familière résonne de partout, des transmissions en direct sur les téléphone mobiles, par les fenêtres, depuis les cafés. « Eyyyyy ! » clame-t-il, en utilisant cette interjection turque traditionnelle (« Hééé !»). Dans sa bouche elle présage d’une attaque verbale contre quelque chose, que ce soit l’Union européenne ou les Etats-Unis (même si sa rhétorique anti-occidentale n’était pas si proéminente pendant la campagne électorale), ou contre un adversaire politique.  </p><div class="ww-item image"><img alt="Intervention du président turc lors d'une manifestation contre la mort de Palestiniens à la frontière de Gaza avec Israël. Istanbul, le 18 mai 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-300.jpg?itok=dl1I9IxC" />Intervention du président turc lors d'une manifestation contre la mort de Palestiniens à la frontière de Gaza avec Israël. Istanbul, le 18 mai 2018. (AFP / Ozan Kose)</div><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                                                          <strong>En direct</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Quand c’est du direct, toutes les chaînes d’information interrompent leurs programmes pour le retransmettre. Pendant la campagne électorale, son principal adversaire, Muharrem Ince, s’est bien vu accorder un temps de parole, mais bien moindre qu’Erdogan.</p><p>Je suis resté sans voix devant la télévision publique TRT quand elle n’a pas accordé une seconde de diffusion en direct du dernier meeting de campagne d’Ince à Istanbul, en lui préférant des images d’archives d’anciens présidents turcs. En représailles, Ince a demandé aux reporters de la chaîne de quitter sa conférence de presse post-électorale.</p><p>D’autres ont été encore plus mal traités. Meral Aksener, chef du parti nationaliste anti-Erdogan, a eu droit à si peu de temps d’antenne que des analystes ont suggéré que certains de ses électeurs potentiels au cœur du pays n’étaient même pas été au courant de sa candidature.</p><div class="ww-item image"><img alt="Muharrem Ince, Presidential candidate of Turkey's main opposition Republican People's Party (CHP), delivers a speech from the roof of a bus during a campaign meeting in Istanbul on June 10, 2018, ahead of the Turkish presidential and parliamentary electio" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-100.jpg?itok=f9wJxTyo" />Muharrem Ince, candidat à la présidentielle du principal parti d'opposition CHP prononce un discours de campagne du toit d'un bus pendant un meeting à Istanbul le 10 juin 2018. (AFP / Yasin Akgul)</div><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                  <strong>Les parallèles et différences entre Erdogan et Poutine</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Avant d’arriver en Turquie en 2014, j’avais travaillé plus de cinq ans en Russie. J’ai toujours été fasciné par les carrières politiques parallèles d’Erdogan et de son homologue russe Vladimir Poutine.</p><p>Ces similarités sont bien réelles. Deux hommes dans la soixantaine qui ont tiré des Etats post-impériaux d’une situation économique difficile et leur ont donné plus de poids sur la scène internationale, aux dépens de leur relation avec les pays occidentaux.</p><aside class="rquote"><blockquote>
<p>         <strong>L'image d'un homme fort et provocateur</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>On peut dire que leur popularité découle en grande partie de leur image d’homme fort et provocateur dans des pays qui ont toujours la nostalgie d’un tel chef après l’effondrement des empires.</p><p>Mais il y aussi des différences entre les deux hommes, dont on parle moins et qui doivent autant à leurs caractères personnels qu’à ceux de leurs cultures respectives.</p><p>D’abord Poutine parle beaucoup moins qu’Erdogan. Il donne rarement des discours en dehors de ceux réservés aux grands événements. A l’inverse son homologue turc peut en délivrer jusqu’à trois par jour, de plus d’une heure… Pendant la campagne électorale il en a délivré des dizaines à travers le pays, alors que Poutine pour sa dernière présidentielle n’en a pas prononcé un seul.   </p><div class="ww-item image"><img alt="Russian President Vladimir Putin (L) speaks to Turkish President Recep Tayyip Erdogan (R) as they attend a press conference on October 10, 2016 in Istanbul." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-303.jpg?itok=1LjAcKF4" />Le président russe Vladimir Poutine avec son homologue turc lors d'une conférence de presse à Istanbul le 10 octobre 2016. 
 (AFP / Ozan Kose)</div><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                                      <strong>Lutte et couronnement</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Le fait est qu’en dépit des inégalités flagrantes de traitement des candidats pendant la campagne, Erdogan a affronté une véritable concurrence, au point que des analystes ont sérieusement envisagé un deuxième tour. A l’inverse, la réélection de Poutine en 2018 a pris des airs de couronnement. Et pour cause.</p><p>La Turquie est presque équitablement partagée entre partisans et adversaires d’Erdogan, qui a terminé avec 52,6% de suffrages en sa faveur. Pour sa part Poutine a emporté plus de 76% des votes, et même en prenant en compte la suppression de toute opposition dans le pays, on peut affirmer sans crainte qu’il bénéficie d’un soutien sans faille d’une large majorité d'électeurs russes.</p><aside class="rquote"><blockquote>
<p>                    <strong>"Tamam": "Assez"</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>A l'inverse, Erdogan n’a pas ménagé ses efforts et a dû déployer tout l’éventail de son talent pour arriver à ses fins. Son adversaire, Ince, a lâché ses coups en dénonçant l’action du président dans tous les domaines, et en faisant tomber plusieurs tabous.</p><p>Comme n’importe quel politicien occidental, Erdogan n’a pas été à l’abri d’une gaffe : quand il a promis qu’il démissionnerait si la Turquie en avait « assez » de lui, le mot turc «tamam » est devenu viral sous forme de hashtag, avant d’être repris comme slogan par l’opposition. Poutine n’a pas eu d’effort à faire, et la seule personne qui aurait pu le critiquer le plus efficacement sur les grands sujets, l’activiste anti-corruption Alexeï Navalny, a été déclaré inéligible, de façon controversée, à cause d’une condamnation. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="Erdogan's supporters listen to him speak in Yenikapi Square in Istanbul, June 17, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-103.jpg?itok=o7U3Gglv" />Des partisanes d'Erdogan pendant un discours prononcé sur la place Yenikapi, à Istanbul, le 17 juin 2018. (AFP / Aris Messinis)</div><div class="ww-item image"><img alt="Supporters of Muharrem Ince, presidential candidate of Turkey's main opposition Republican People's Party (CHP), hold a giant Turkish flag during an election rally in Istanbul on June 23, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-105.jpg?itok=e-DA3MAh" />Meeting électoral de soutien à Muharrem Ince candidat à la présidentielle du principal parti d'opposition CHP. Istanbul, 23 juin 2018. (AFP / Bulent Kilic)</div></div><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                                                     <strong>Le juste équilibre</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Couvrir la Turquie nécessite, et nécessitera dans les années qui viennent, de trouver le juste équilibre entre procurer à Erdogan la place prééminente que sa position mérite sans réduire l’image du pays à celle d’un seul homme. Il est vital de montrer les nuances de la situation, derrière les titres accrocheurs. Le soutien à Erdogan n’est pas uniforme à travers le pays, loin de là. Dans la province de Bayburt, en Anatolie au nord-est, il a obtenu 82% des suffrages mais à Kirklareli, en Thrace, il n’a pas atteint 30%.   </p><p>A Istanbul, où j’habite, l’équilibre est si parfait qu’il a emporté exactement 50,00% des suffrages. En dix minutes de taxi on peut passer d’un quartier où il est adoré à un autre où il est détesté. A Ankara, la capitale, il l’a emporté avec 52,5%. De surcroit Erdogan va devoir gouverner avec un allié nationaliste encombrant, son propre parti, l’AKP, n’ayant pas atteint la majorité absolue.</p><div class="ww-item image"><img alt="A supporter of the Turkish president and leader of the Justice and Development Party (AKP), takes a photograph on her mobile phone during his address at an AKP pre-election rally in Yenikapi Square in Istanbul on June 17, 2018." height="800" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-102.jpg?itok=PqzXVTDd" />(AFP / Aris Messinis)</div><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                                          <strong>Foot, holdings et Erdogan</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Enfin, aussi puissant Erdogan soit-il avec ses nouveaux pouvoirs, d’autres facteurs, souvent passés sous silence, contribuent non moins au fonctionnement du pays.</p><p>Comme le réseau de clubs sportifs, bien connus pour le football, qui sont une composante clé de la société. Ou comme le vaste réseau de holdings industrielles, qui ne s’aventurent pas à des commentaires politiques, mais ont d’énormes intérêts dans les secteurs de l’énergie ou des biens de consommation. Ils ont peut-être fabriqué le réfrigérateur de votre cuisine ou le pantalon que vous portez.</p><p>Pour ma part, je sais que tant que je travaillerais en Turquie, mon premier geste de la journée sera, pendant que les mouettes crient et les cornes de brume résonnent sur le Bosphore, de vérifier sur le site tccb.gov.tr ce qu’Erdogan a prévu de faire ce jour-là.</p><div class="ww-item image"><img alt="Silhouettes are seen through a Turkish flag as people react outside the Justice and Development Party (AKP) headquarters in Istanbul, on June 24, 2018, during the Turkish presidential and parliamentary elections." height="799" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/turkey/vote-june-2018/turkey-politics-vote-112.jpg?itok=uykNpIAl" />(AFP / Yasin Akgul)</div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/lombre-qui-setend</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/lombre-qui-setend</guid>
      <pubDate>Fri, 13 Jul 2018 12:07:50 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[De Russie... avec le sourire]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Nijni Novgorod (Russie)</strong> -- Mon chauffeur de taxi, Sergueï, insistait pour me conduire à un endroit où je ne le lui avais pas demandé de m’emmener.</p><p>Avec sa carrure de taureau, son crâne rasé et son mètre quatre-vingt-dix, il a dirigé sa voiture sur les bords d’un lotissement, s’est garé avant de sortir du véhicule et de me demander mon téléphone portable.</p><p>C’était mon deuxième jour de couverture du Mondial en Russie.</p><div class="ww-item image"><img alt="The moon shines behind a lamp post shaped as a soccer ball next to the Nizhny Novgorod Stadium in Nizhny Novgorod, on June 26, 2018 during the Russia 2018 World Cup tournament." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-1.jpg?itok=hy4mn7Q-" />La lune prise derrière un lampadaire ayant la forme d'un ballon de football, près du stade de Nijni-Novgorod, le 26 juin 2018, pendant le Mondial-2018. (AFP / Johannes Eisele)</div><p>Je voulais visiter le stade, flambant neuf pour un coût de 290 millions de dollars, qui devait accueillir six matchs.</p><p>Mais Sergueï avait une autre idée en tête.</p><p>« Ne vous inquiétez pas, ça ne prendra pas dix minutes », m’a-t’il affirmé, pendant que j’essayais de comprendre où nous nous trouvions et si je pourrai m’en échapper facilement le as échéant.</p><p>Il a alors pointé du doigt vers un petit mur, et derrière vers la plus belle vue du stade qu’on puisse trouver dans toute la ville. Puis avec l’appareil photo de mon téléphone, il a saisi des images souvenir.</p><div class="ww-item image"><img alt="The stadium at Nizhny Novgorod, June, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun103.jpg?itok=nPf1jRX_" />Nijni Novgorod et son stade, derrière la rivière Oka avec la Volga à droite. Juin 2018. 
 (AFP / Johannes Eisele)</div><p>Pour couronner le tout, après la visite du stade, il m’a ramené à mon hôtel en insistant pour un nouvel arrêt, cette fois pour me faire découvrir la bière locale. « La meilleure du coin », a-t’il claironné avec un grand sourire.  Mes tentatives pour lui en offrir une se sont heurtées à un refus poli, au motif qu’il conduisait.</p><p>En une virée de 30 minutes à travers la ville, la gentillesse et l’enthousiasme de Sergueï ont fait s’envoler toutes les interrogations que j’avais encore à la perspective d’un séjour d’un mois en Russie. Elles m’ont aussi donné un avant-goût de ce à quoi m’attendre et fait honte d’avoir imaginé le pire. </p><div class="ww-item image"><img alt="A view on the stadium in Nizhyny Novgorod, with the cathedral of Alexander Nevskyi in front. June, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun102.jpg?itok=m3c5XowT" />Le stade de Nijni Novgorod avec la cathédrale Alexandre Nevski devant, juin 2018. (AFP / Johannes Eisele)</div><div class="ww-item image"><img alt="France's team players take part in a training session of France's national football team at the Nizhny Novgorod Arena in Nizhny Novgorod, on July 5, 2018, on the eve of the Russia 2018 World Cup quarter final football match between France and Uruguay. /" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-0001.jpg?itok=FyoYkdIB" />Les joueurs de l'équipe de France s'entraînent dans le stade de Nijni Novgorod le 5 juillet 2018, à la veille de leur quart-de-finale contre l'Uruguay. (AFP / Franck Fife)</div><p>Etant donné le mauvais état des relations entre la Russie et une bonne partie du monde occidental, il était naturel que les citoyens de ce dernier aient craint de faire le déplacement. J’ai eu la franche impression qu’ils se trouvaient en infériorité numérique par rapport aux fans sud-américains.</p><p>Pour un passionné de foot comme moi, une telle couverture a toujours été une perspective exaltante. Mais avant de m’embarquer pour la Russie les avertissements de mes proches ont surclassé les marques d’enthousiasme. Je suis britannique et les relations entre nos deux pays sont exécrables en ce moment. </p><div class="ww-item image"><img alt="man takes a photo of his girlfriend on the bank of the Volga river in the city of Nizhny Novgorod on July 5, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-0003.jpg?itok=-XcAl5g5" />Sur les bords de la Volga, à Nijni Novgorod, le 5 juillet 2018. (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p>Les Russes ont l’habitude de demander : »Otkouda ? » (D’où êtes-vous ?) aux gens qu’ils rencontrent.</p><p>Je m’y étais préparé, entraîné même.</p><p>Et à mon arrivée j’ai répondu avec toute l’assurance possible : « Ya Irlandski » (Je suis Irlandais). Personne ne trouverait à y redire, tout le monde adorant les irlandais, parce qu’ils incarnent l’opposé de mon pays natal.</p><p>Après quelques jours, rassuré par le bon accueil qu’on m’avait réservé, j’ai rétabli la vérité avec « Ya Angliski ». Et je n’ai pas cessé de le revendiquer depuis. Je me suis même amusé avec. Parce que l’accueil des Russes a été fantastique.</p><div class="ww-item image"><img alt="Happy locals in Moscow, July 1, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun120.jpg?itok=pE9ZcwyN" />Supporter de l'équipe de Russie, Moscou, 1er juillet 2018. 
 (AFP / Konstantin Chalabov)</div><p>Les efforts des habitants de Nijni-Novgorod ont été remarquables, allant d'une indulgence amusée face aux tentatives maladroites d’un étranger de s’essayer à la langue russe – je ne sais toujours pas ce qu’il y a de si drôle quand je demande un sac dans un supermarché, mais si j’étais comédien je garderai certainement ce numéro en poche-, à la prévenance d’une babouchka dans un musée m’avertissant des risques que je courrais à marcher avec un lacet défait, ou des efforts déployés pour qu’un collègue attrape un taxi.</p><div class="ww-item image"><img alt="A street vendor sells espresso machine made coffee on a street in the center of Nizhny Novgorod on July 4, 2018. Nizhny Novgorod will host the quarter-final football match of the FIFA World Cup 2018 between Uruguay and France on July 6. / A" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-04.jpg?itok=2q3S3M6x" />Vendeur de boissons ambulant dans le centre de Nijni Novgorod, le 4 juillet 2018. (AFP / Mladen Antonov)</div><p>L’engouement pour la Russie a remplacé la crainte que nous en avions. Et chacun de s’émerveiller sur la propreté des rues, sur le fait que personne ne se fasse écraser en descendant à l’arrêt du tram au milieu de la rue, et sur la qualité des restaurants géorgiens et ouzbeks.</p><p>J’ai entendu des considérations identiques dans la bouche de collègues se trouvant dans d’autres villes mais l’accueil que j’ai reçu à Nijni Novgorod avait une saveur particulière.</p><div class="ww-item image"><img alt="A picture taken on June 19, 2018 shows a Lenin statue reflected in a puddle in the city of Nizhny Novgorod, during of the Russia 2018 World Cup football tournament. / AFP PHOTO / Johannes EISELE" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-01.jpg?itok=x64-1MB-" />Statue de Lénine. Nijni Novgorod, 19 juin 2018. (AFP / Johannes Eisele)</div><p>La ville était « fermée » à l’époque soviétique, c’est à dire interdite aux étrangers. Les habitants se rappellent qu’avant 1991 les touristes obtenaient une vue fugitive de cet endroit mystérieux dans des croisières nocturnes sur la Volga jusqu’à Strelka, l’endroit où elle rencontre l’Oka, la rivière qui traverse la ville.</p><p>La légende veut que jusqu’en 1970 il n’existait pas de plan des rues de la cité.  </p><p>Chaque incursion dans la ville peut se transformer en voyage dans ce passé. Comme ce lieu célèbre qu’est le minuscule appartement qu’occupait le dissident soviétique et prix Nobel de la paix Andreï Sakharov dans les années 1980.</p><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-300.jpg?itok=TDTdz1HX" alt="" />Dans le musée Sakharov à Nijni Novgorod (Photo courtesy of David Harding)</div><p>Ses moindres faits et gestes étaient surveillés, et son domicile fouillé régulièrement pour empêcher toute forme de contact avec l’étranger. L’endroit, transformé en petit musée, fait face à un McDonald’s.</p><div class="ww-item image"><img alt="Two policemen guard on a street in the center of Nizhny Novgorod on July 4, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-03.jpg?itok=-LIvPDas" />Policiers en faction dans une rue de Nijni Novgorod. 4 juillet 2018. (AFP / Mladen Antonov)</div><p>Une vision étonnante pour un touriste, mais sans doute pas autant que celle des habitants devant l’échantillon de visiteurs qui a envahi leur ville pendant le Mondial.</p><p>Et quel échantillon. Quelqu’un qui ne serait jamais sorti de Nijni et se ferait une opinion des visiteurs sur la seule observation de leur aspect en tirerait la conclusion que les Suédois passent leur journée dans des t-shirts jaunes, match ou pas...</p><div class="ww-item image"><img alt="Swedish fans stand outside Nizhny Novgorod Stadium while arriving for the Russia 2018 World Cup Group F football match between Sweden and South Korea in Nizhny Novgorod on June 18, 2018." height="800" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun106.jpg?itok=7fDdcILM" />(AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p>...que les croates se déplacent en groupes, y compris pour le petit-déjeuner ; que les Argentins sont des personnages tragiques (ce qui est peut-être vrai) ...</p><div class="ww-item image"><img alt="Uruguay fans cheer in central Nizhny Novgorod on July 5, 2018, on the eve of the Russia 2018 World Cup quarter final football match between France and Uruguay." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-0002.jpg?itok=ioTafiSS" />Fans argentins dans le centre de Nijni Novgorod le 5 juillet 2018, à la veille du quart-de-finale France-Uruguay. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><p>...et que les Panaméens sont les gens les plus heureux du monde (ce qui est aussi sans doute vrai ).</p><div class="ww-item image"><img alt="A Panama fan poses before the Russia 2018 World Cup Group G football match between England and Panama at the Nizhny Novgorod Stadium in Nizhny Novgorod on June 24, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun112.jpg?itok=qJmku83o" />Un supporter du Panama avant le match contre l'Angleterre, à Nijni Novgorod, le 24 juin 2018. (AFP / Johannes Eisele)</div><p>Les habitants m’ont assuré que cet afflux de visiteurs n’avait généré aucun problème. « J’imagine que les gens d’une autre génération ne sont pas aussi ouverts que nous le sommes », a dit Ksenia, une jeune russe de 27 ans parlant trois langues. « Pour eux c’est plus difficile de parler avec des étrangers, mais pour nous c’est beaucoup plus facile ».  </p><div class="ww-item image"><img alt="Boys play football next to a statue of Vladimir Lenin, the founder of the Soviet Union, in a park in Nizhny Novgorod on July 1, 2018. /" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun-02.jpg?itok=U_BaV0r9" />Enfants jouant au foot sous l'oeil d'une statue de Lénine, à Nijni Novgorod, le 1er juillet 2018. (AFP / Johannes Eisele)</div><p>Ivan, 35 ans, a expliqué pour sa part que le problème venait plus de la diversité des langues que du mélange avec des étrangers : « Beaucoup de temps est passé depuis l’époque où la ville était fermée ».</p><p>En tout cas, même les russes ont remarqué la différence.</p><p>Le quotidien Vedomosti s’est félicité de voir des Russes souriants et joyeux, en se demandant ce qui se passerait après le départ du « cirque » du Mondial le 15 juillet.</p><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun115.jpg?itok=qHrLgKwH" alt="" />Supporters russes. Nijni Novgorod, juin 2018.
 (AFP / Dimitar Dilkoff)</div><p>Pour ceux qui y ont brièvement séjourné, comme moi, ça a été comme de vivre dans une jolie bulle confortable.</p><p>Un moment au cours duquel vous vous levez le matin en pensant moins aux mauvaises nouvelles qui surviennent dans le monde qu’au plan de jeu qu’adopteront ce jour-là  la Suisse, le Sénégal ou la Corée du sud. </p><p>Bien sûr, j’ai suffisamment de métier pour savoir que ce sentiment ne durera pas, et qu’aussitôt rentrés à la maison une controverse, quelque qu’elle soit, concernant le Mondial éclatera, et qu’il faudra plus qu’un arbitrage vidéo pour que le pays hôte et ma patrie se réconcilient.</p><p>Mais pour ces quelques semaines de foot, ce séjour aura été ce que personne n’envisageait : un vrai plaisir.</p><div class="ww-item image"><img alt="Children play atop a Soviet T-34 tank at a local military museum in Nizhny Novgorod on May 21, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-fun/wc2018-russia-fun100.jpg?itok=Z3KsjtVM" />Jeu d'enfants sur un char T-34 de l'époque soviétique, au musée militaire de Nijni Novgorod, le 21 mai 2018. (AFP / Mladen Antonov)</div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/de-russie-avec-le-sourire</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/de-russie-avec-le-sourire</guid>
      <pubDate>Fri, 13 Jul 2018 12:07:50 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[A la verticale du Mondial]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Ekaterinbourg, Kaliningrad, Nijni-Novgorod, Samara, Saint-Pétersbourg, Sotchi (Russie) --  </strong>Ils sont deux, avec une vue unique au monde sur le Mondial de football. Les photographes <strong>Kirill Kudryavtsev</strong> et <strong>Jewel Samad</strong> ont un accès exclusif aux passerelles de certains stades de Russie. Un travail à la verticale du terrain qui fournit un angle original pour saisir l'action. Candidat sujet au vertige, s'abstenir. </p><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-001.jpg?itok=fJ9Z_CkP" alt="" />Vue du stade Samara Arena, pendant le match Brésil-Mexique, le 2 juillet 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><h2>                                        Jewel Samad</h2><h3><strong>         Photographe, responsable photo Asie du Sud basé à Bangkok</strong></h3><p>Tant que je suis le jeu à travers le viseur de mon appareil tout va bien. Je ne suis pas sujet au vertige pourtant, mais quand je regarde le terrain sous moi avec mes seuls yeux la tête me tourne.</p><div class="ww-item image"><img alt="Japan's goalkeeper Eiji Kawashima (L) stops a shot on goal by Belgium's defender Thomas Meunier (C) during the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Belgium and Japan at the Rostov Arena in Rostov-On-Don on July 2, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-006.jpg?itok=gNyBbJAP" />Le gardien de but japonais Eiji Kawashima arrête un tir du défenseur belge Thomas Meunier (en maillot rouge) dans le stade de Rostov-sur-le-Don le 2 juillet 2018. (AFP / Jewel Samad)</div><p>Cela fait une drôle d’impression de suivre 20 types qui courent, à plus d’une dizaine d’étages en dessous de vous.</p><p>Certaines de ces images sont très fortes, parce qu’on n’a pas l’habitude de voir l’action sous cet angle. D'ordinaire les photographes suivent l'action depuis le terrain, à hauteur d'homme. </p><div class="ww-item image"><img alt="ance's forward Kylian Mbappe (R) scores a goal during the Russia 2018 World Cup Group C football match between France and Peru at the Ekaterinburg Arena in Ekaterinburg on June 21, 2018. / A" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-009.jpg?itok=rA0Kr73W" />But de l'attaquant français Kylian Mbappé contre le Pérou, à Ekaterinbourg, le 21 juin 2018. (AFP / Jewel Samad)</div><p>Pour arriver jusque-là il m’a fallu d’abord obtenir un certificat. A Bangkok, un formateur m’a appris stout ce que je pouvais et ne devais pas faire, comment s’habiller pour que rien ne tombe, et comment utiliser l’équipement de sécurité. Après je suis passé à la pratique avec un casque, un baudrier et des mousquetons sur une tour.    </p><p>Je peux accéder à la passerelle du stade environ deux heures avant le match. La sécurité m’ouvre l’accès, et à partir de là je suis tout seul.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="Spain's goalkeeper David De Gea concedes the third goal during the Russia 2018 World Cup Group B football match between Portugal and Spain at the Fisht Stadium in Sochi on June 15, 2018. / AFP PHOTO / Jewel SAMAD /" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-003.jpg?itok=BpNSTZdq" />Le gardien espagnol David De Gea encaisse un troisième but du Portugal le 15 juin 2018 au Fisht Stadium de Sotchi. (AFP / Jewel Samad)</div><div class="ww-item image"><img alt="Germany's goalkeeper Manuel Neuer reacts after conceding during the Russia 2018 World Cup Group F football match between Germany and Sweden at the Fisht Stadium in Sochi on June 23, 2018. / AFP" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-014.jpg?itok=VswI9G9O" />Le gardien allemand Manuel Neuer encaisse un but de la Suède au Fisht Stadium de Sotchi le 23 juin 2018. (AFP / Jewel Samad)</div></div><p class="clear">Au mieux, j’ai juste un escalier à grimper. C’est plus délicat au stade d’Ekaterinbourg où l’accès à la passerelle se fait par une échelle. Avec un sac à dos pesant 20 kilos sur le dos et l’appareil photo autour du cou, j’ai gravi chaque échelon avec une pause.  </p><p>Une fois sur la passerelle, tout est plus simple. J’y suis bien sécurité. Certaines font tout le tour du toit et donc du terrain en dessous. D’autres sont plus compliquées, comme celle de Sotchi, qui est très haute. Mes photos sont envoyées en temps réel au desk d’édition.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="Brazil's midfielder Casemiro (L) and Switzerland's defender Fabian Schaer react after a shock during the Russia 2018 World Cup Group E football match between Brazil and Switzerland at the Rostov Arena in Rostov-On-Don on June 17, 2018. / AFP PHOTO" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-004.jpg?itok=d9q4V-OM" />Choc entre le milieu de terrain brésilien Casemiro (à gauche) et le défenseur suisse Fabian Schaer, au stade Rostov Arena le 17 juin 2018. (AFP / Jewel Samad)</div><div class="ww-item image"><img alt="Brazil's forward Neymar reacts after beeing tackled by Switzerland's midfielder Valon Behrami during the Russia 2018 World Cup Group E football match between Brazil and Switzerland at the Rostov Arena in Rostov-On-Don on June 17, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-006.jpg?itok=Wj-zaUa4" />L'attaquant brésilien Neymar après un tacle du milieu de terrain suisse Valon Behrami, au Rostov Arena le 17 juin 2018. (AFP / Jewel Samad)</div></div><p class="clear"> Pour tenir le coup, j’emporte avec moi des fruits secs et de l’eau, mais je dois faire attention à ne pas trop boire, parce qu’il n’y aucun endroit pour satisfaire un besoin naturel. Et il est hors de question de redescendre avant la fin du match.</p><p>En général je reste au-dessus d’une moitié de terrain avant de changer de côté à la mi-temps. Ou bien je passe tout le match en surplomb du banc de la meilleure équipe. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="Belgium's players celebrate their second goal during the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Belgium and Japan at the Rostov Arena in Rostov-On-Don on July 2, 2018" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-008.jpg?itok=EEhXMeCs" />Les joueurs belges fêtent leur deuxième but égalisateur contre le Japon, au stade Rostov Arena, le 2 juillet 2018. (AFP / Jewel Samad)</div><div class="ww-item image"><img alt="Belgium's midfielder Marouane Fellaini (L) celebrates with Belgium's midfielder Axel Witsel after scoring his team's second goal during the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Belgium and Japan at the Rostov Arena in Rostov-On-Don on" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-009.jpg?itok=60YBwwsF" />Le milieu de terrain Marouane Fellaini (à gauche) rejoint par son équipier Axel Witsel après son but d'égalisation contre le Japon. Rostov-sur-le-Don, 2 juillet 2018. (AFP / Jewel Samad)</div></div><p class="clear">La prise de vue est toute une affaire. Avec la distance je suis oblige d’utiliser une longue focale de 500mm. Ça fait six kilos autour du cou rien que pour l’objectif, qui pèsent lourd sur les cervicales à la fin du match.</p><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-04.jpg?itok=ppuofjd9" alt="" />Le photographe Jewel Samad sur la passerelle du stade d'Ekaterinbourg avant le début de la rencontre France-Pérou, le 21 juin 2018. (D.R.)</div><p>Pour éviter toute chute, j’ai deux sangles de sécurité qui relient l’objectif et le boîtier à la rambarde de la passerelle. Je porte des pantalons avec des poches zippées, pour être sûr que rien ne puisse tomber sur un spectateur ou un joueur en dessous.</p><p>On m’a affirmé que depuis cette hauteur, même une pièce de monnaie pourrait faire très mal à quelqu’un.   </p><div class="ww-item image"><img alt="Argentina's forward Lionel Messi (L) and Nigeria's midfielder John Obi Mikel compete for the ball during the Russia 2018 World Cup Group D football match between Nigeria and Argentina at the Saint Petersburg Stadium in Saint Petersburg on June 26, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-018.jpg?itok=lzq4jCvb" />L'attaquant argentin Lionel Messi (à gauche) à la lutte avec le milieu de terrain nigérian John Obi Mikel, au stade de Saint-Pétersbourg le 26 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-010.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-010.jpg?itok=vFB6KtPR" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">L'attaquant français Kylian Mbappé (à gauche) prend de vitesse le défenseur péruvien Miguel Trauco, à Ekaterinbourg le 21 juin 2018. (AFP / Jewel Samad)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-016.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-016.jpg?itok=IqlJY8tg" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">L'attaquant du Sénégal, Mbaye Niang (à droite) à la lutte pour la balle avec le défenseur japonais Gen Shoji, à Ekaterinbourg, le 24 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-01.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-01.jpg?itok=KL6-3TDx" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">L'attaquant allemand Julian Brandt (à gauche) contre le milieu de terrain suédois Jimmy Durmaz, le 23 juin 2018 à Sotchi. (AFP / Jewel Samad)</figcaption></figure></div><h2>                                   François-Xavier Marit</h2><h3>                    Référent photo à la rédaction en chef technique</h3><p>Il y a eu d’abord un gros travail de préparation avec les organisateurs, et de nombreuses visites, sans savoir si au final nous obtiendrions les autorisations de travailler depuis les toits des stades.</p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/BYbA-uDLi9k?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="js1_5919" width="640"> </iframe><pre>          Vidéo du photographe Jewel Samad prise depuis la passerelle du stade d'Ekaterinbourg</pre><p>On nous a aussi fait comprendre qu’en cas d’accord les procédures bureaucratiques seraient assez lourdes.</p><p>Je n’imaginais pas alors qu’il nous faudrait remplir plus de 300 demandes d’accès. Une pour chaque match, pour chaque stade et pour chaque photographe impliqué. Au final nous sommes la seule agence à avoir suivi ce parcours d’obstacles jusqu’au bout.   </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="Portugal's forward Ricardo Quaresma kicks the ball during the Russia 2018 World Cup Group B football match between Portugal and Spain at the Fisht Stadium in Sochi on June 15, 2018. /" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-002.jpg?itok=KvkK6loS" />L'attaquant portugais Ricardo Quaresma pendant le match Portugal-Espagne au Fisht Stadium de Sotchi, le 15 juin 2018. (AFP / Jewel Samad)</div><div class="ww-item image"><img alt="Portugal's forward Cristiano Ronaldo controls the ball during the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Uruguay and Portugal at the Fisht Stadium in Sochi on June 30, 2018. / AFP PHOTO / Kirill KUDRYAVTSEV / RESTRICTED TO EDITORIAL USE" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-021.jpg?itok=YWN8SNdP" />L'attaquant portugais Cristiano Ronaldo pendant le match Portugal-Uruguay, au Fisht Stadium de Sotchi, le 30 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div></div><p class="clear">Certains stades nous ont refusé l’accès, d’autres nous l’ont accordé, parfois au dernier moment, après un refus initial. Il a fallu aussi trouver un photographe habilité au travail en hauteur avec un harnais. Il existe même une norme pour ça, la NR35…</p><div class="ww-item image"><img alt="Japan's goalkeeper Eiji Kawashima stops the ball during the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Belgium and Japan at the Rostov Arena in Rostov-On-Don on July 2, 2018. / AFP" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-007.jpg?itok=7iMzOjxQ" />Arrêt du gardien japonais Eiji Kawashima pendant le match Japon-Belgique, à la Rostov Arena de Rostov-sur-le-Don le 2 juillet 2018. (AFP / Jewel Samad)</div><p>Pour assurer nos arrières nous avons déployé des boitiers-remote (déclenchés à distance) et des boitiers-robots (pilotés à distance). Ils nous seront très utiles au stade Loujniki à Moscou, où aura lieu la finale, et dont l’accès au toit nous a été refusé par la sécurité russe. Les deux boitiers-robots sont à l’aplomb de chaque but. Ils sont pilotés avec des joysticks depuis le centre de presse, à deux stations de métro du stade.</p><div class="ww-item image"><img alt="Brazil's forward Neymar reacts in front of referee Cesar Ramos during the Russia 2018 World Cup Group E football match between Brazil and Switzerland at the Rostov Arena in Rostov-On-Don on June 17, 2018. / AFP PHO" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-007.jpg?itok=jBcTgpfc" />L'attaquant brésilien Neymar face à l'arbitre Cesar Ramos, pendant le match Brésil-Suisse à Rostov-sur-le-Don le 17 juin 2018. (AFP / Jewel Samad)</div><h2>                                        Kirill Kudryavtsev</h2><h3>                                          Photographe basé à Moscou</h3><div class="ww-item image"><img alt="Argentina's forward Lionel Messi celebrates his goal during the Russia 2018 World Cup Group D football match between Nigeria and Argentina at the Saint Petersburg Stadium in Saint Petersburg on June 26," class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-1.jpg?itok=s3OjE_ob" />L'attaquant argentin Lionel Messi fête son but contre le Nigéria, au stade de Saint-Pétersbourg le 26 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><p>Je suis en route pour Sotchi, depuis Kaliningrad. Je suis impatient de découvrir le stade, parce que c’est le plus haut avec celui de Saint-Pétersbourg.</p><div class="ww-item image"><img alt="Uruguay's forward Edinson Cavani celebrates after scoring a second goal during the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Uruguay and Portugal at the Fisht Stadium in Sochi on June 30," class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-024.jpg?itok=PlykBQY6" />L'attaquant uruguayen Edinson Cavani fête son deuxième but contre le Portugal au Fisht Stadium de Sotchi le 30 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><p>J’ai une certaine expérience de la hauteur grâce aux lancements spatiaux… J’y ai déjà couvert trois à quatre lancements de la fusée Soyouz depuis Baïkonour. Et pour cela il faut aller installer des appareils-photo à télécommande sur une tour près du pas de tir, avant le décollage, et les récupérer après.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="Portugal's forward Cristiano Ronaldo (R) gestures next to Uruguay's forward Edinson Cavani during the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Uruguay and Portugal at the Fisht Stadium in Sochi on June 30, 2018. /" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-023.jpg?itok=2TeeWdGm" />L'attaquant portugais Cristiano Ronaldo (à droite) aux côtés de son alter ego uruguayen Edinson Cavani, au Fisht Stadium de Sotchi le 30 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><div class="ww-item image"><img alt="Portugal's forward Cristiano Ronaldo (R) hugs Uruguay's forward Edinson Cavani during the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Uruguay and Portugal at the Fisht Stadium in Sochi on June 30, 2018. /" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-026.jpg?itok=tOLWMxpq" />Ronaldo aide son adversaire Cavani, blessé au mollet, à quitter le terrain, à Sotchi le 30 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div></div><p class="clear">J’avais l’entraînement, et maintenant j'ai l’équipement. C’est la première fois que je grimpe avec un casque. A première vue la mission fait un peu peur, mais honnêtement, c’est facile à faire en toute sécurité. Même dans le stade le plus impressionnant, à Saint-Pétersbourg, qui a une hauteur incroyable, avec une passerelle qui court sur le bord du toit.</p><p>Quand je me penche il faut que je fasse vraiment attention parce que je surplombe directement les spectateurs. Je n’ose même pas imaginer ce qui se passerait si je laissais tomber quelque chose.</p><div class="ww-item image"><img alt="Brazil's players celebrate at the end of the Russia 2018 World Cup round of 16 football match between Brazil and Mexico at the Samara Arena in Samara on July 2, 2018. / AFP PHOTO / Kirill KUDRYAVTSEV / RESTRICTED TO EDITORIAL USE - NO MOBILE PUSH ALERTS/D" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-005.jpg?itok=MlGYqpcX" />Les joueurs brésiliens célèbrent leur victoire contre le Mexique qui les qualifie pour les quarts de finale. Samara Arena, le 2 juillet 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><p>Il y a une règle essentielle à respecter quand on travaille en hauteur, c’est de ne surtout pas se presser. Il faut exécuter chaque geste lentement et en restant concentré. C’est un peu comme l’escalade, toute précipitation est interdite.</p><p>Quand j’arrive sur la passerelle, j’ai les mains moites. Il faut que je m’adapte à cet environnement, au vide, au vent. Je m’assieds et je prends le temps de m’habituer à l'endroit avant de commencer à travailler.</p><div class="ww-item image"><img alt="Croatia's forward Ante Rebic (L) vies Argentina's defender Marcos Acuna during the Russia 2018 World Cup Group D football match between Argentina and Croatia at the Nizhny Novgorod Stadium in Nizhny Novgorod on June 21, 2018." class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-011.jpg?itok=tNR-Q8nX" />L'attaquant croate Ante Rebic (à gauche) lutte pour le ballon dans les airs avec le défenseur argentin Marcos Acuna, au stade de Nijni-Novgorod, le 21 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</div><div class="afp-gallery" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageGallery"><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-019.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-019.jpg?itok=blAL9xyu" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Le gardien de but belge Thibaut Courtois s'impose face à l'attaquant anglais Jamie Vardy, au Kaliningrad Stadium le 28 juin 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-002.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical2-002.jpg?itok=rTHiOGAj" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Le milieu de terrain mexicain Hector Herrera (à gauche) contre l'attaquant brésilien Neymar, au stade Samara Arena le 2 juillet 2018. (AFP / Kirill Kudryavtsev)</figcaption></figure><figure itemprop="associatedMedia" itemscope="itemscope" itemtype="http://schema.org/ImageObject"><a href="https://making-of.afp.com/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-025.jpg" itemprop="contentUrl" data-size="1200x800"><img itemprop="thumbnail" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/gallery/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-025.jpg?itok=BojL_pkn" alt="" /></a>
<figcaption itemprop="caption description">Le gardien de but portugais Rui Patricio encaisse un deuxième but de l'Uruguay, au Fisht Stadium de Sotchi le 30 juin 2018. f (AFP / Kirill Kudryavtsev)</figcaption></figure></div><p>Pour la suite de la compétition j’ai hâte de me trouver à Nijni-Novgorod. C’est l’un de mes favoris parce que la lumière qui y pénètre crée des ombres intéressantes sur le terrain. Malheureusement je n’y ai couvert que des matches en soirée. Je sais que je dois y être pour une rencontre prévue à 5 heures de l’après-midi.</p><p>Dans tous les cas, j’adore travailler depuis une telle hauteur. Cela fait un peu peur au début, mais la position procure des angles de prises de vue incroyables.</p><div class="ww-item image"><img alt="France's defender Lucas Hernandez warms up before the Russia 2018 World Cup Group C football match between France and Peru at the Ekaterinburg Arena in Ekaterinburg on June 21, 2018. /" class="adaptive-image lazy" src="https://correspondent.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/russia/wc2018-vertical-jul18/russia-wc2018-vertical-008.jpg?itok=Id0ePG0O" />Le défenseur français Lucas Hernandez s'échauffe avant le match contre le Pérou, le 21 juin 2018, à Ekaterinbourg. (AFP / Jewel Samad)</div><p><em>Ce billet de blog a été écrit avec <a href="https://twitter.com/pcelerier" target="_blank">Pierre Célérier</a> à Paris. </em></p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/la-verticale-du-mondial</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/la-verticale-du-mondial</guid>
      <pubDate>Fri, 13 Jul 2018 12:07:50 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La guerre, la faim et le choléra]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Sanaa</strong> -- Every day when I leave the house, I say goodbye to my family as if it is the last time I am seeing them. Because it very well could be.</p><p>I live in Sanaa, the capital of Yemen -- a land of deserts, mountains and tribes that has been wracked by war, malnutrition and disease so much that the UN has declared it the scene of the worst humanitarian disaster in the world. That’s because the past handful of years has seen a dizzying maelstrom of regional and local groups fighting each other. And we -- the people who live here -- are caught in the middle.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img height="800" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of-adm.afp.com:80/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/yemen/war-cholera-mar2018/yemen-conflict-cholera-112.jpg?itok=VNve0rAi" alt="" />A man stands next to the Yemeni criminal investigations unit in the capital Sanaa on February 5, 2018, a day after the building was hit in an air raid.
 (AFP / Mohammed Huwais)</div><p>Yemen has had its problems for years, but I suppose the descent into the abyss began in 2014. That’s when Houthi rebels overran much of the country, including the capital Sanaa, where I live.</p><p>The Houthis were Shiites backed by Iran, an arch-rival of Sunni Saudi Arabia. So a year later, the Saudis assembled a coalition and started a campaign of air strikes to chase the Houthis out. They also set up a blockade of air and sea ports, which has meant that aid groups haven’t been able to bring aid into the country, which was already one of the world’s poorest.</p><p>Spicing up the mix of these two regional behemoths fighting for influence, you have some Al-Qaeda groups that have set up camp in parts of the country. And if that wasn’t enough, a few weeks back, you had separatists running the government out of Aden, the port city where it has had its base since being chased out of Sanaa by the Houthis.</p><div class="ww-item image"><img height="874" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of-adm.afp.com:80/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/yemen/war-cholera-mar2018/yemen-conflict-cholera-101.jpg?itok=tvc-JN_D" alt="" />Yemeni fighters loyal to the government backed by the Saudi-led coalition fighting in the country ride in the back of a pickup truck with mounted heavy machine gun while closing in on a suspected location of an Al-Qaeda in the Arabian Peninsula (AQAP) leader during their the offensive in the Mesini Valley in the vast province of Hadramawt on February 21, 2018.
 (AFP / Saleh Al-obeidi)</div><aside class="cquote"><blockquote>
<p class="c2"><strong>I expect death</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>What is it like for ordinary people to live in such circumstances? When I go out in the morning, I expect death. I cannot go out of my house after 9:00 pm because it’s too dangerous.</p><p>When fire erupts in neighborhoods, the children start to scream. Their parents, terrified that there will be an airstrike, grab them and rush downstairs of their buildings, either to the first or ground floors.</p><p>When you get caught in clashes like the government and Houthis in Sanaa or government and separatists in Aden, civilians are left without water, or power, or any way to get food. They can’t get to hospitals. They cower in their buildings, terrified to go out because they are not sure who is allied with whom outside.</p><div class="ww-item image"><img height="800" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of-adm.afp.com:80/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/yemen/war-cholera-mar2018/yemen-conflict-cholera-104.jpg?itok=vOUX7uzp" alt="" />Smoke billows behind a building in the Yemeni capital Sanaa on December 3, 2017, during clashes between Huthi rebels and supporters of Yemeni ex-president Ali Abdullah Saleh. (AFP / Mohammed Huwais)</div><p>Or there are the random acts of death, like an air strike that can hit anyplace, even a funeral hall, like <a href="https://correspondent.afp.com/when-heart-bleeds" target="_blank">the one in October 2016</a> that killed 140 people and wounded 500 others. Since the start of the Saudi-led campaign, more than 9,000 people have died in the country.</p><p>If that wasn’t enough misery, you have the humanitarian situation. Since the Saudi coalition imposed a blockade of air and sea ports in 2015, aid has been slow to trickle into the country. Which has led to malnutrition. There are people starving in parts of Yemen.</p><div class="ww-item image"><img height="800" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of-adm.afp.com:80/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/yemen/war-cholera-mar2018/yemen-conflict-cholera-105.jpg?itok=U9OW7lMz" alt="" />A malnourished Yemeni child receives treatment at a hospital in the Yemeni port city of Hodeidah on December 3, 2017. (AFP / Abdo Hyder)</div><p>And that’s when the cholera came. There are now more than a million cases of cholera in the country and some 2,200 people dead of the disease. That’s one of the world’s worst epidemics of the past decade.</p><p>The disease spreads because of the severe economic situation and also because of a lack of education among many people.</p><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img height="800" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of-adm.afp.com:80/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/yemen/war-cholera-mar2018/yemen-conflict-cholera-102.jpg?itok=R72NDa5i" alt="" />Yemeni children fill jerrycans with safe drinking water from a donated water-tank in the capital Sanaa on July 2, 2017.
 (AFP / Mohammed Huwais)</div><p>I once knew a family. One of their kids got sick, but they didn’t realize that he had cholera, they just thought he was sick, so they didn’t take him to the hospital and then he died.</p><p>Then there are people who realize that their children have cholera, but they can’t them to the hospital because they just can’t reach it.</p><p>I always remind my family to keep a lookout for the signs of the disease.</p></div><p class="clear">The conflict in Yemen will end sooner or later. Because a start always has an end. Though there are people who think it will go on forever. I just wonder how many people will have to suffer and die before it does.</p><p class="clear"> </p><p><em>This blog was written with <a href="https://twitter.com/aleeharissi" target="_blank">Mohamad Ali Harissi</a> in Dubai and <a href="https://twitter.com/yanadlugy" target="_blank">Yana Dlugy</a> in Paris.</em></p><div class="ww-item image"><img height="800" width="1200" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of-adm.afp.com:80/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/yemen/war-cholera-mar2018/yemen-conflict-cholera-108.jpg?itok=H68t_3jB" alt="" />A malnourished Yemeni child receives treatment at a hospital in the Yemeni port city of Hodeidah on December 19, 2017.
 (AFP / Abdo Hyder)</div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/la-guerre-la-faim-et-le-cholera</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/la-guerre-la-faim-et-le-cholera</guid>
      <pubDate>Fri, 09 Mar 2018 06:03:25 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Jour de poussière *]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Kaboul/Mazar-i-Sharif (Afghanistan) -- </strong>D'un coup les têtes se sont tournées vers les tribunes. Non que le spectacle du Bouzakchi soit interdit aux femmes, pas formellement en tout cas, simplement les Afghanes n'y vont pas.</p><p>Alors des étrangères, même couvertes, parmi les turbans, ça crée une distraction. Mais sitôt la carcasse remise en jeu, le spectacle, le vrai, revient sur le sable gris du vaste terrain en lisière de Mazar-i-Sharif.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img alt="In this photograph taken on December 15, 2017, Afghan horsemen compete during a game of the traditional sport of Buzkashi in Mazar-i-Sharif." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-006.jpg?itok=EURYsNoT" />Bouzkachi. Mazar-i-Sharif, Afghanistan. 15 décembre 2017. (AFP / Farshad Usyan)</div><p>Avec la poussière soulevée par les centaines de sabots, les cris et les sifflements des courtes cravaches en cuir, les hennissements d'excitation et de colère, les rires de la foule et les notes du musicien qui égrène les noms des cavaliers en contant leurs exploits, comme un commentateur de foot, au rythme de son dembera**: "Gulbuddin a marquééééé! il empoche 1.500 afghanis (22 dollars) et un téléphoooooonne!", dddrrumm, dddrrumm, dddrrummm... </p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                          <strong>Le souffle de l'Histoire et de la légende</strong></p>
</blockquote>
</aside><div class="afp_video_player" data-file="/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/mmd-vd_20180228_ace_afg_traditionequitation_mmv1148894_tfr_fr.mp4" data-image="/sites/default/files/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/mmd-vd_20180228_ace_afg_traditionequitation_mmv1148894_tfr_fr.jpg" data-width="60%" data-height="360" id="afp_player_52449"><img class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/mmd-vd_20180228_ace_afg_traditionequitation_mmv1148894_tfr_fr.jpg?itok=ijD4PIRP" alt="" /></div><p>Dans ces notes sèches, rythmées au tambour, dans les émanations musquées des encolures en sueur et la poussière qui montent de la piste, passent le souffle de l'Histoire et la légende. Quand on a lu Kessel, c'est pour "Les Cavaliers" qu'on est ici. Grâce à lui que tant sont venus à l'Afghanistan comme en pèlerinage. Ou pour Omar Sharif, le regard ourlé de khôl, lancé au grand galop sous les yeux de son père (Jack Pallance) dans l'adaptation du roman qu'en fit John Frankenheimer (The Horsemen).</p><div class="ww-item image"><img alt="In this photograph taken on November 7, 2017 Afghan horsemen compete in the traditional sport of Buzkashi in Badakhshan province." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-001.jpg?itok=9kqp3ODG" />Province du Badakhshan, dans le nord de l'Afghanistan. 7 novembre 2017. (AFP / Sharif Shayeq)</div><p>Je ne sais plus quelle image préconçue j'avais du pays en y arrivant: les montagnes sèches et acérées, cimetière des soldats soviétiques, les profils tranchants des moudjahidines, l'abomination des burqas aussi.</p><aside class="rquote"><blockquote>
<p>                         <strong>"Les Cavaliers"</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Un peu de tout ça et les merveilleuses roses afghanes, multiples et parfumées qu'on retrouve même aux checkpoints, couvées par des soldats dépenaillés. Mais aussi ce souvenir, lointain et brumeux, d'une séance de cinéma où déferlaient sur l'écran les sabots exaltés des "Cavaliers". </p><aside class="lquote"><blockquote>
<p>                 <strong>Une liberté inouïe</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Ce que j'aime le plus, vraiment le plus, dans notre métier, c'est <a href="http://www.lepoint.fr/monde/afghanistan-les-chevaux-du-bouzkachi-betes-de-scene-et-de-guerre-16-01-2018-2186933_24.php" target="_blank">cette liberté inouïe qu'il nous donne de satisfaire notre curiosité</a>. De décrocher un téléphone pour annoncer: "Bonjour, quand pourrais-je vous rencontrer?" Privilège supplémentaire ici, le statut d'étrangère surpasse celui du genre - étrangère avant d'être femme, dans une société qui continue de les marginaliser et de les tenir hors de l'espace public.</p><div class="ww-item image"><img alt="This photo taken on December 1, 2017 shows Afghan spectators watching horsemen compete in the traditional sport of buzkashi on the outskirts of Kabul." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-018.jpg?itok=kMo8BhmB" />Spectateurs d'un jeu de Bouzkachi, à Kaboul, le 1er décembre 2017. (AFP / Wakil Kohsar)</div><p>C'est ainsi que nous nous sommes retrouvés un clair matin de novembre chez Haji Mohammad Sharif Salahi, président de la fédération de bouzkachi pour la province de Balkh, dans le nord. Il nous attendait pour le petit déjeuner, avec du thé et des fruits secs, dans son jardin encore fleuri à Mazar-i-sharif, face à ses chevaux.</p><aside class="rquote"><blockquote>
<p>                  <strong>Des cracks lustrés, nerveux</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>L'idée était de raconter ces montures - des étalons exclusivement, toujours soucieux de s'imposer - qui peuvent valoir des dizaines de milliers de dollars, objets de tous les soins et de toutes les attentions, mieux nourris que leurs saïs (palefreniers). Des cracks lustrés, nerveux, brossés quotidiennement, douchés tous les deux jours - un vrai luxe. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="This photo taken on November 8, 2017 shows an Afghan man, who takes care of horses used to play the traditional sport of buzkashi, walking with a horse in Mazar-i-Sharif." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-010.jpg?itok=y3s9git7" />Un "saïs" (palefrenier) mène un alezan, à Mazar-i-Sharif, le 8 novembre 2017. (AFP / Farshad Usyan)</div><div class="ww-item image"><img alt="This photo taken on November 8, 2017 shows an Afghan man, who takes care of horses used to play the traditional sport of buzkashi, sweeping a horse stable in Mazar-i-Sharif." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-011.jpg?itok=PADztSQm" />Un saîs et son cheval, Mazar-i-Sharif, 8 novembre 2017. (AFP / Farshad Usyan)</div></div><p class="clear"> </p><p>Le président, en chapan de soie (pensez au manteau de l'ex-président Hamid Karzai) et toque d’astrakan gris, un énorme rubis à la main gauche et une lourde turquoise à l'annulaire droit, s’est révélé un hôte charmant et disert, gardant en poche un poème recopié sur un papier fripé à la gloire de ses chevaux. </p><p>Quand il l'a déplié pour nous le lire - longue recension des caractéristiques physiques recherchées chez un cheval: "S'il a trois jambes blanches, surtout passe ton chemin" - son alezan flamboyant a pris la pose pour les objectifs de Rateb Noori (vidéo) et Farshad Usyan (photo)), l'antérieur droit posé sur la pointe du sabot, légèrement en avant. Comme un danseur en pause, un rien aguicheur. "Il a du style, c'est bien" a aussitôt approuvé son maître. </p><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                                    <strong>Le cheval fait partie de la famille</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Il a conclu en nous expliquant que le cheval faisait partie de la famille, comme un enfant. Et qu'il ne lui manquait que la parole pour nous ressembler tout à fait. </p><p>Plus tard, le président - un homme de petite taille et plus tout jeune - s'est fait hisser sur son "Jerand" (l'alezan en persan), porté comme un enfant par son saïs pour atteindre la selle, juchée à 1,85 m de hauteur.</p><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-020.jpg?itok=L1scl7AG" alt="" />Haji Mohammad Sharif Salahi, président de la fédération de bouzkachi pour la province de Balkh, avec son alezan et son saïs (palefrenier) Amir Khan. Le 6 novembre 2017. (Photo courtesy of Anne Chaon)</div><p>Un symbole de pouvoir relativement récent, m'a expliqué Louis Meunier, excellent cavalier français et fou de Kessel arrivé avec ses rêves au prétexte d'une ONG dans les années 2002 ("Les Cavaliers afghans", Babelio, 2014).</p><p>Seul étranger - à ma connaissance, mais je ne l'écrirais pas pour l'AFP - à avoir intégré une équipe de bouzkachi afghan.</p><p>"Le cheval est devenu un objet de spéculation, un outil politique pour montrer sa force" regrettait-il.</p><p>D'où selon lui ce goût nouveau pour les chevaux immenses, faits pour impressionner : "Stéréotypés en bêtes de guerre". </p><p>J'ai donc soumis l'affaire à mon premier chef à l'AFP, le merveilleux Alain Faudeux, surnommé F2.</p><p>Quand je suis entrée à l’agence il revenait tout juste d’Afghanistan, avec franchissement de la passe de Khyber dans la neige, depuis le Pakistan, sous la menace des Mig soviétiques.</p><p>Ex-directeur du bureau d'Islamabad, il reste un fin écuyer qui s'étonne que les "chopendoz" (cavaliers) s'imposent de tels vertiges quand il s'agit de s'emparer d'une proie au sol...</p></div><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                                                <strong>Bête de guerre</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>"J’ignorais qu’il y en eût de si grands dans la région. Les ramassages ne doivent pas s'en trouver facilités" m'a-t-il lâché, en se remémorant aussitôt "un gris trapu d’1,58 m au garrot, qui n’avait jamais été entrainé aux rudesses du Bouz. Il avait bien le caractère que tu décris. Une Américaine, dont je n’aurais pu concurrencer les moyens, avait perdu une bouchée de cuir chevelu en lui tournant le dos pendant qu’elle le négociait". C'est ainsi qu'il l'acquit. Bête de guerre...</p><div class="ww-item image"><img alt="In this photograph taken on December 15, 2017, Afghan militia soldiers walk as horsemen compete in the traditional sport of Buzkashi in Mazar-i-Sharif." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-008.jpg?itok=omlmCqN7" />Des membres d'une milice locale, lors d'un bouzkachi à Mazar-i-Sharif, le 15 décembre 2017. (AFP / Farshad Usyan)</div><p>Bouzkachi: littéralement, trainer la chèvre - un veau (plus noble?) en l'occurrence: décapité, éviscéré, rempli de sable, c'est ce sac velu de plus de 50 kilos que s'arrachent les chopendoz.</p><p>Une fois la bête soulevée, calée entre la cuisse et la selle, ils parcourent le terrain jusqu'à virer un poteau tout au fond avant de revenir déposer le trophée dans le "cercle de justice" (halal), tracé à la craie devant la tribune et les turbans moirés des VIP en grand appareil.</p><div class="ww-item image"><img alt="In this photograph taken on December 15, 2017, Afghan horsemen compete during a game of the traditional sport of Buzkashi in Mazar-i-Sharif." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-009.jpg?itok=RzY386ZM" />Mazar-i-Sharif, Afghanistans, 15 décembre 2017. (AFP / Farshad Usyan)</div><p>Sur leur parcours ils sont le plus souvent interceptés par des dizaines, des centaines de centaures tout aussi déterminés à leur arracher la bête, prêts à les cravacher ou à les faire tomber. Les chevaux ne se gênent pas non plus pour jouer des sabots et des dents afin de se tailler une place dans la mêlée, tout en se cabrant pour s'ouvrir la voie.</p><p>En novembre, la saison avait dû être retardée en raison de la chaleur anormale des journées. Mais le premier bouzkachi approchait et nous avions suivi les saïs au petit jour, trottinant dans l'aube bleutée en soulevant de fins nuages de poussière au pied de l'Hindou Kouch, dont les derniers contreforts séparent Mazar-i-Sharif de Kaboul, via le col de Salang.</p><div class="ww-item image"><img alt="This photo taken on December 1, 2017 shows Afghan horsemen competing during a game of the traditional sport of buzkashi on the outskirts of Kabul." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-014.jpg?itok=VwLSkMBS" />Banlieue de Kaboul, 1er décembre 2017. (AFP / Wakil Kohsar)</div><p>Le plus jeune, un des fils du président, s'amusait à cabrer l'alezan de son père dans le contre-jour pour nous faire plaisir. Le chef des saïs, le sage Amir Khan qui connait si bien les équidés qu'il s'en méfie - "Ô mon frère! Ces chevaux sont des démons" - menait la troupe en voltes régulières. Pas de galop surtout. Il faut que les champions arrivent sur le terrain au bord de la crise de nerfs.</p><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img alt="In this photograph taken on November 7, 2017 Afghan horsemen compete in the traditional sport of Buzkashi in Badakhshan province." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-002.jpg?itok=t-djIkgl" />Province du Badakhshan, nord-est de l'Afghanistan, 7 novembre 2017. (AFP / Sharif Shayeq)</div><p>C'est à ce compte qu'au grand bouzkachi du vendredi, quand plusieurs centaines de chevaux sont réunis, ils se présentent tout frémissants le nez en l'air, avalant la poussière à grandes foulées, agitant les rubans rouges noués dans leurs crins pour éloigner le mauvais sort.</p><p>Dans la carrière qui borde le terrain, passés les contrôles de gardes surarmés, les petits palefreniers qui rêvent de la gloire des chopendoz se lancent au grand galop en se frôlant, pieds en avant dos en arrière.</p><p>Les étalons excités en profitent pour se balancer ruades et coups de dents.</p><p>C'est sauvage.</p><p>Rude. </p><p>Devant la tribune les cavaliers s'approchent, torse nu sous le chapan rembourré, ceinturé comme un kimono.</p><p>Le pantalon molletonné entré dans des bottes de sept lieues en cuir épais et talonnées, afin de garder le pied coincé dans l'étrier quand ils se penchent jusqu'à terre.</p><p>Certains glissent des planchettes dans la botte pour protéger les tibias. </p></div><aside class="cquote"><blockquote>
<p>                                <strong>Une vaste collection de galures</strong></p>
</blockquote>
</aside><p>Coquetterie plus que protection, ils arborent une vaste collection de galures dont les plus étonnants, à côté des châles noués et des toques traditionnelles en astrakan bordé de loup, sont des casques de tankistes soviétiques en nylon bourrelé gris, dépouillés de leurs écouteurs. Histoire de rappeler qu'on a ici la mémoire longue et le pardon chiche.</p><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-022.jpg?itok=KYbNestu" alt="" />Participants à un bouzkachi. Mazar-i-sharif, le 9 février 2018. (Photo courtesy of Anne Chaon)</div><p>Les chutes sont rares mais les coups, fréquents. Beaucoup, cavaliers et montures, ressortent des trois heures de jeu balafrés et marqués, les mains et parfois les joues entaillées. </p><p>Quand un chopendoz se retrouve jeté à terre au cœur de la mêlée - comme un pack de rugby, mais avec des sabots - qui enserre la carcasse, la musique et le jeu s'arrêtent. Mais pas quand un groupe de cavaliers s'explique juste sous la tribune à coups de cravache: la notion de "penalty" n'existe pas. L'un des arbitres vient bien quémander un conseil mais personne n'intervient...   </p><div class="ww-item image"><img alt="This photo taken on December 1, 2017 shows an Afghan man walking with children as horsemen compete in the traditional sport of buzkashi on the outskirts of Kabul." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-019.jpg?itok=aTccMdo3" />Le "cercle de justice", en blanc, où doit être déposée la carcasse portée par le cavalier. Kaboul, 1er décembre 2017. (AFP / Wakil Kohsar)</div><p>En revanche le président nous a vus et salués de loin, il sait ainsi que nous avons honoré son invitation et notre promesse de revenir, à l'hiver. Dans les gradins, notre présence a cessé d'émouvoir.</p><div class="ww-item image"><img alt="This photo taken on November 8, 2017 shows Afghan men riding horses in Mazar-i-Sharif." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/afghanistan/buzkashi-mars18/afghanistan-buzkashi-header-003.jpg?itok=U8E-sPCZ" />Cavaliers. Mazar-i-Sharif. 8 novembre 2017. (AFP / Farshad Usyan)</div><p>* Titre emprunté à l'écrivain-journaliste Jean-Pierre Perrin, "<a href="http://www.gallimard.fr/Catalogue/Table-Ronde/Vermillon/Jours-de-poussiere" target="_blank">Jours de Poussière: choses vues en Afghanistan</a>" (La Table Ronde, 2003)</p><p>**Dembera: guitare d'Asie centrale au long cou</p>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/jour-de-poussiere</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/jour-de-poussiere</guid>
      <pubDate>Wed, 07 Mar 2018 08:03:18 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[&quot;Si je reste vivant&quot;: chroniques de la Ghouta]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Depuis le 18 février les forces du régime syrien ont intensifié leurs bombardements sur une partie de la Ghouta orientale, une enclave abritant près de 400.000 personnes, qui échappe à son contrôle depuis 2012 et est tenue par des groupes principalement islamistes et jihadistes.</p><p>Au 5 mars, le bilan de cette campagne de bombardements s'élevait à plus de 740 civils tués, dont au moins 170 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme.  Elle a servi de préparation à un assaut en cours sur l’enclave, qui se trouve à portée de mortier de la capitale syrienne.  </p><p><strong>Abdulmonam Eassa</strong>, un photographe local dont les images prises pour l’AFP chroniquent cette offensive, raconte ici quelques unes de ces journées, telles qu’il les a vécues.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img alt="A Syrian man carries an infant rescued from the rubble of buildings following government bombing in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on February 19, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb19101.jpg?itok=GR7U2m67" />Un secouriste évacue un enfant tiré des gravats d'un immeuble, après une frappe aérienne, à Hamouria, Ghouta orientale, le 19 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><p><br /> </p><h4 class="c2">Lundi 19 février</h4><p>Les frappes sur la Ghouta font 127 morts.</p><p><em>Une bombe est tombée tout près aujourd’hui. Je suis allé voir. Toute la zone semblait avoir été calcinée.</em></p><p><em>Pendant les premières secondes, vous croyez qu’il n’y a pas de morts, vous ne voyez que les cendres et les destructions. Parce que les gens se cachent dès qu’ils entendent le bruit d’une roquette ou d’un avion. Les premiers signes de vie apparaissent rapidement. Je vois une femme sortir d’un immeuble détruit avec ses quatre enfants. Ils crient. Un des enfants tient un carnet de notes, ou un livre, peut-être un coran, je ne sais plus.</em></p><div class="ww-item image"><img alt="A Syrian woman and children run for cover amid the rubble of buildings following government bombing in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on February 19, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb19-700.jpg?itok=0wlofK-S" />Une femme et ses enfants cherchent un abri après un bombardement dans leur quartier, à Hamouria, Ghouta orientale, 19 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><p><em>Les volontaires de la défense civile syrienne, connus sous le nom de « casques blancs », arrivent et commencent à dégager les gravats. J’en vois l’un d’eux avec un enfant dans les bras. Je suis choqué que quelqu’un d’aussi jeune soit blessé.</em></p><aside class="lquote"><blockquote>
<p><em>Que dois-je faire? Venir à son aide ou continuer à prendre des photos? C'est une question que je me pose tout le temps.</em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Je continue à prendre des photos, et à vérifier ce que ça donne sur l’écran de mon appareil, quand je remarque mon beau-frère sur l'une d'elles, qui me regarde. Il se tient debout près de la porte d’un immeuble, semblant hurler à l’aide. Il est blessé. Je ne l'ai même pas reconnu en photographiant la scène. Que dois-je faire? Venir à son aide ou continuer à prendre des photos ? C'est une question que je me pose tout le temps.</em></p><p><em>Je suis sur le point de partir quand je vois un casque blanc portant un enfant dans ses bras. Je réalise que c’est le fils d’un ami. Je le prends et fonce à l’hôpital Il s’accroche fort à moi. Quand nous sommes à l’intérieur, j'essaie de le prendre en photo mais il ne veut pas me lâcher la main. Je me dégage et il continue de me tendre le bras. Je me rends compte que je pleure.</em></p><div class="ww-item image"><img alt="A Syrian child injured in government bombing cries as he receives treatment at make-shift hospital in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on February 19, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb19-701.jpg?itok=xsA3yY8r" />Ghouta orientale, 19 février 2018. 
 (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><p><br /><em>Je rentre vers chez moi une demi-heure plus tard, à environ 700 mètres de là. Après avoir fait à peine 200 mètres, je me rends compte que le quartier où je vis a été frappé. Je suis pris d’un accès de panique. Ma famille habite ici. A–t’elle été touchée ?</em></p><aside class="rquote"><blockquote>
<p><em>Un de mes amis. Il a une vilaine blessure à la tête. Il est mort. Nous devons le laisser ici car il faut amener à l’hôpital des enfants qui ont été blessés.</em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Je me presse avant de constater que l’immeuble où habitent mes sœurs et d'autres proches a été la cible d’une frappe. L’endroit est noyé dans la poussière. Je ne vois rien. La peur m’envahit un peu plus au fur et à mesure que je m’approche. J’abandonne ma moto au milieu de la rue et me précipite dans ma maison. Je rencontre un de mes frères. «Maman est vivante ? ». « Oui ». « Est-ce que tout le monde va bien ? ». « Oui », me répond mon frère. En lâchant un soupir de soulagement je remarque du coin de l’œil un corps étendu au sol. C'est celui d'un de mes amis. Il a une vilaine blessure à la tête. Il est mort. Nous devons le laisser ici car il faut amener à l’hôpital des enfants qui ont été blessés. Je n’arrive pas à prendre des photos de ce genre de scène.</em></p><p><em>Je regarde dans la rue et je remarque une femme avec une blessure au visage. Je réalise avec horreur que c’est une de mes sœurs. Elle saigne. Deux autres femmes de la famille se tiennent à ses côtés, blessées elles aussi. J’essaie de calmer ma sœur, qui est sans chaussures. Je propose de la porter, mais elle me dit qu’elle ira nu pieds. Je l’emmène à l’hôpital, avant de transporter ma mère et des proches à Daraya (un village de la Ghouta). Puis je retourne voir ce qui reste de notre maison.</em></p><aside class="lquote"><blockquote>
<p><em>Après ce que j’ai vécu, plus rien ne peut m’atteindre.</em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Les portes et les fenêtres ont volé en éclat. En regardant autour de moi je réalise que je n’ai plus peur de la mort. Il y a un avion dans le ciel. Il peut frapper à tout moment. Je n’ai pas peur. Après ce que j’ai vécu, plus rien ne peut m’atteindre.</em></p><div class="ww-item image"><img alt="Syrian civilians look at the rubble following government bombing in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on February 19, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb19103.jpg?itok=MmRXjytc" />Hamouria, des civils s'aventurent dans les rues après des frappes aériennes, le 19 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><aside class="rquote"><blockquote>
<p><em>Et si mes proches devaient périr et que je vive ? Comment vivrai-je avec cette douleur ?</em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Nous passons la nuit dans une autre maison. Personne ne trouve vraiment le sommeil. Pendant que je note ces mots, j’entends les avions dans le ciel. L’immeuble tremble. Mes pensées s’entrechoquent dans ma tête. Et si mes proches devaient périr et que je vive ? Comment vivrai-je avec cette douleur ? Je sors.</em></p><h4 class="c2">Mardi 20 février</h4><p>Les attaques sur la Ghouta orientale font 128 morts civils, dont 29 enfants. Un autre hôpital, à Arbin, a été neutralisé.</p><p>"Aucun mot ne rendra justice aux enfants tués, à leurs mères, leurs pères, à ceux qui leur sont chers", écrit un responsable de l’Unicef, Geert Cappelaere, dans un communiqué contenant cette unique phrase.  </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="Members of the Syrian civil defence evacuate an injured civilian from an area hit by a reported regime air strike in the rebel-held town of Saqba, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on February 20, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb20103.jpg?itok=KzErhair" />Evacuation d'un civil, Saqba, Ghouta orientale, 20 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><div class="ww-item image"><img alt="Members of the Syrian civil defence evacuate an injured civilian on a stretcher from an area hit by a reported regime air strike in the rebel-held town of Saqba, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on February 2" class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb20105.jpg?itok=O-P-VsDJ" />Saqba, 20 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div></div><p class="clear"><em>Je me rends dans un hôpital parce que je sais que la situation y est terrible. Personne n’a rien mangé de la journée. J’entre dans une salle. Elle est pleine de corps. Certains sont morts la veille, mais n’ont pu encore être enterrés, d’autres sont morts aujourd’hui.</em></p><div class="warning"><p class="warning_text">Graphic images</p><p class="warning_link"><a href="#" id="open_warning">Afficher</a></p></div><div class="warning_section"><div class="ww-item image"><img alt="The bodies of civilians who were killed in Syrian army bombardment on the town of Hamouria in the rebel-held enclave of Eastern Ghouta are seen lying on the ground at a make-shift morgue the morning after the attacks on February 20, 2018" class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb20101.jpg?itok=doZZ_lQf" />Des corps de civils tués dans des bombardements, entreposés dans une morgue improvisée dans un hôpital de Hamouria, dans la Ghouta orientale, le 20 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><p class="clear"><br /> </p><p class="warning_link"><a href="#" id="close_warning">Masquer</a></p><hr class="warning_end" /></div><p><em>Je vole quelques heures de sommeil, dans l’hôpital. Je sais que demain cette sinistre routine va reprendre. Des avions, des frappes, des barils d'explosifs, des civils touchés, l’horreur, reconnaître des gens qu’on aime, blessés ou tués. Mais j’ai encore de la force. Je peux encore sortir et prendre des photos. Je ne sais pas trop comment… et pourtant  j’y arrive.</em></p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img alt="A picture taken on February 20, 2018 shows a Russian air force Sukhoi Su-34 fighter jet flying over the sky in the rebel-held town of Arbin, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb20106.jpg?itok=DCOMoP-b" />Un Sukhoi Su-34 des forces russes, au dessus du village d'Arbin, dans la Ghouta orientale, le 20 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><div class="ww-item image"><img alt="A picture taken on February 20, 2018 shows smoke plumes rising following a reported regime air strike in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb20102.jpg?itok=e4UI8OHN" />A Hamouria, 20 février 2018, pendant des frappes aériennes. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div></div><p class="clear"> </p><h4 class="c2">Mercredi 21 février</h4><p>Les avions du régime larguent une multitude de bombes. "L'enfer sur terre", lâche ce jour-là le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.</p><p><em>Je me rends dans le quartier de Saqba après une frappe au baril d’explosifs. Une femme et ses enfants pleurent. Un homme est coincé entre deux murs d’un immeuble détruit. Au même moment, un deuxième baril d’explosifs tombe à deux rues de là. Je n’arrive plus à me concentrer. Comme si mon cerveau était prisonnieir d'un épais nuage…</em></p><aside class="rquote"><blockquote>
<p><em>Il y a un garçon et une fille coincés entre deux cloisons d’un immeuble détruit. Leurs jambes pendent dans le vide.</em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Je retourne vers mon quartier. Un avion russe l’a frappé. Des gens crient. Ils ne savent comment affronter une situation comme celle-ci. J’en ai une petite expérience, parce que mon travail consiste à documenter la mort et la destruction. Je m’approche d’un immeuble. Il y a un garçon et une fille coincés entre deux cloisons d’un immeuble détruit. Leurs jambes pendent dans le vide. Je vérifie que l’endroit est sûr. Et puis je tire le garçon de là. Et ensuite la fille.</em></p><p><span> </span><em>Je grimpe sur le toit pour avoir une vue d’ensemble. Tout brûle. On dirait que tous les endroits sont bombardés, -Saqba, Misraba, Douma, Kafr Batna-, et que tout brûle.</em></p><div class="ww-item image"><img alt="Smoke and dust are seen following a reported regime air strike in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus on February 21, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb21-100.jpg?itok=HARpKBVr" />Juste après une frappe aérienne. Hamouria. Ghouta orientale. 21 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><p><em>Des voisins hurlent que d’autres enfants se trouvent sous les ruines. Je range mon appareil photo et j’essaie d’atteindre l’endroit qu’ils indiquent. Un coup j’aide à dégager une personne, un autre coup je prends des photos. C’est selon, sans règle précise. Des volontaires de la Défense civile disent qu’il y a un enfant coincé, mais quand nous le trouvons il y a aussi son père. Ce dernier est mort étouffé. L’enfant est vivant.</em></p><div class="ww-item image"><img alt="EDITORS NOTE: Graphic content / Syrians rescue a child following a reported regime air strike in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus on February 21, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb21-101.jpg?itok=M25di6bu" />Un enfant est tiré des décombres d'un immeuble après une frappe aérienne à Hamouria, Ghouta orientale, le 21 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><h4 class="c2">Jeudi 22 février</h4><p>La chancelière allemande Angela Merkel appelle à la fin du « massacre » en Syrie. Le Conseil de sécurité de l’ONU échoue à adopter une résolution sur un cessez-le-feu face à l’objection de la Russie, alliée du régime syrien, qu’elle aide militairement.</p><aside class="lquote"><blockquote>
<p><em>Cela fait quatre jours maintenant que les bombardements n’ont pas cessé. Tout le monde a peur.</em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Je suis debout à 06h00 du matin. C’est calme. Il y a des destructions partout. Des gens apparaissent dans les rues, pour constater les dégâts et essayer de trouver un peu de nourriture. Une demi-heure plus tard, surgit le bruit que tout le monde redoute. Celui d’un avion dans le ciel. Ça commence à tomber. Les gens retournent en courant à leurs abris. Cela fait quatre jours maintenant que les bombardements n’ont pas cessé. Tout le monde a peur.</em></p><p><em>Des casques blancs apportent des soins à un homme. « Où est mon sac de farine ? J’en ai besoin ! », crie le blessé, surpris par une frappe pendant qu’il faisait une course.</em></p><p><em>Chaque personne rencontrée semble chercher un proche, il y a beaucoup de disparus. Certains sont morts sans doute, d’autres se cachent probablement. Comment savoir?</em></p><div class="ww-item image"><img alt="Syrian children stand amidst debris in Hamouria, in the rebel-held besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus on February 22, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb22-100.jpg?itok=DZcclD12" />Dans le quartier de Hamouria, Ghouta orientale, 22 février 2018. 
 (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><p><br /><em>Je n’ai pas d’électricité. Ma priorité est d‘en trouver pour charger les batteries de mon appareil photo et de mon ordinateur portable. Sans eux, je ne suis plus bon à rien.  </em></p><aside class="rquote"><blockquote>
<p><em> La situation est désespérée. Que Dieu nous vienne en aide.</em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Le nombre de martyrs a passé les plus de 300. Les hôpitaux ne comptent pas le nombre de leurs morts et blessés. Des gens sont encore coincés sous des tas de gravats. Les volontaires de la Défense civile font de leur mieux, mais certains quartiers sont inaccessibles à cause de la violence des bombardements. La situation est désespérée. Que Dieu nous vienne en aide.</em></p><p><em>Il est 03h00 de l’après-midi et les avions n’ont pas cessé leurs bombardements. Aucun quartier n’est épargné. Les Casques blancs sont à la peine. Bon nombre de leurs véhicules sont inutilisables. C’est très compliqué.</em></p><div class="ww-item image"><img alt="A Syrian man checks the site of Syrian government bombardments in Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus on February 22, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb22-101.jpg?itok=LbXML3Us" />Ghouta orientale, 22 février 2018. (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><h4 class="c2">Vendredi 23 février</h4><p>Le Conseil de sécurité de l’ONU reporte un vote sur un cessez-le-feu.</p><aside class="lquote"><blockquote>
<p><em>Toute la zone est en train d‘être rasée. Il n’y a plus de rues. </em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Les gens sont terrés dans des abris. Tout le monde est en état de choc. Nous ne comprenons rien à ce qui arrive. Plus rien ne fonctionne. Je mesure à quel point ces quatre jours de bombardements ont tout bouleversé. Toute la zone est en train d‘être rasée. Il n’y a plus de rues. Elles sont couvertes de poussière et de débris. Seules les ambulances s’y aventurent.</em></p><div class="ww-item image"><img alt="A civil Defence volunteer, known as the White Helmets, checks the site of a regime air strike in the rebel-held town of Saqba, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus, on February 23, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb23-101.jpg?itok=fOH1iqLU" />Ghouta orientale, juste après une frappe aérienne, 23 février 2018.
 (AFP / Abdulmonam Eassa)</div><p><br /> </p><aside class="rquote"><blockquote>
<p><em>S’il vous plait, que quelqu’un fasse cesser ce carnage.</em></p>
</blockquote>
</aside><p><em>Ça ne sert sans doute à rien de pleurer, mais aujourd’hui je pleure. Je ne trouve rien d'autre à dire. S’il vous plait, que quelqu’un fasse cesser ce carnage! S’il vous plait, quelqu’un doit arrêter ça!</em></p><p><em>Et la vie continue. Aujourd’hui on a sorti quatre enfants de dessous un immeuble complètement effondré. Ces choses que j’ai vues, je ne les oublierai jamais. Si je reste vivant.    </em></p><aside class="lquote"><blockquote>
<p><em>Ces choses que j’ai vues, je ne les oublierai jamais. Tant que je serai vivant</em></p>
</blockquote>
</aside><p>Le samedi 24 février, le Conseil de sécurité de l’ONU a approuvé une résolution appelant à un cessez-le-feu « sans délai ». Les frappes ont continué.</p><p>Lundi 5 mars, un premier convoi d’aide humanitaire, affrété par les Nations-Unies, est entré dans l’enclave. La Russie affirme observer une pause quotidienne de cinq heures dans les opérations pour permettre son acheminement. Dimanche, le président syrien Bachar al-Assad a déclaré que l’offensive militaire contre l’enclave « doit se poursuivre ».</p><p><em>Ce billet de blog a été écrit avec <a href="https://twitter.com/Samar_Hazboun" target="_blank">Samar Hazboun</a> à Nicosie et <a href="https://twitter.com/yanadlugy" target="_blank">Yana Dlugy</a> à Paris.</em></p><div class="ww-item image"><img alt="A picture shows the scene following a reported regime air strike in the rebel-held town of Hamouria, in the besieged Eastern Ghouta region on the outskirts of the capital Damascus on February 21, 2018." class="adaptive-image" src="https://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/syria/ghouta-diary-feb2018/syria-ghouta-diary-feb23-100.jpg?itok=W-qrJNQ9" />Dans le quartier de Hamouria, dans la Ghouta orientale, le 21 février 2018.
 (AFP / Abdulmonam Eassa)</div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/si-je-reste-vivant-chroniques-de-la-ghouta</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/si-je-reste-vivant-chroniques-de-la-ghouta</guid>
      <pubDate>Mon, 05 Mar 2018 04:03:18 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le dernier survivant]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Grand-Lahou (Côte d'Ivoire) -- </strong>En voulant fuir le bruit infernal de la mégalopole abidjanaise et de ses nombreux embouteillages, je suis tombé sur le dernier occupant de « l’île aux chimpanzés », Ponso. Mon petit voyage d’agrément s’est transformé en reportage après avoir réveillé les lointains souvenirs d’un collègue photographe.</p><p>Pour mes vacances d’août j’ai voulu retourner à Grand-Lahou, une petite ville sur l'Atlantique, dont une partie a été ensevelie par les flots et l'érosion côtière. Cette bande de terre au milieu de l'eau me semblait le cadre idéal pour fuir le stress et surtout profiter de la mer, moins agitée, et de sa plage moins fréquentée que Grand-Bassam, la station balnéaire, proche d'Abidjan.</p><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img alt="Members of family cross the Bandama river aboard a boat on November 3, 2016 near the city of Grand-Lahou, southwestern Ivory Coast" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivoryoast-chimpanze-3.jpg?itok=A-oj2eNx" />La lagune proche de Grand-Lahou, 3 novembre 2016. (AFP / Issouf Sanogo)</div><p><br />Comme je suis féru d'histoire et amoureux de la nature, c’est aussi l'occasion de découvrir le vieux "Lahou", l’ancien comptoir où des missionnaires blancs débarquèrent en 1920 pour évangéliser l'ouest ivoirien.</p><p>Avec ma voiture, je relie sous un soleil radieux les 152 kilomètres qui séparent Abidjan et Grand-Lahou. A l'hôtel "Le Ravin", je rencontre la propriétaire, Françoise Stephenson, une franco-américaine installée là depuis 1990.</p><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img alt="Fishermen cast their nets close to the shore of Grand Lahou on November 3, 2016." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivoryoast-chimpanze-2.jpg?itok=92tsAfRT" />Pêcheurs près de Grand-Lahou, 3 novembre 2016. (AFP / Issouf Sanogo)</div><p>La sexagénaire me raconte son arrivée comme vacancière dans cette belle cité et me fait part des merveilles touristiques à découvrir. Je me rendrai compte plus tard qu’elle joue un rôle dans l’histoire de Ponso.</p><p>Je me rends à Lahou Kpanda, le village de l'autre côté de la lagune, connu comme le "vieux Lahou". Objectif du vacancier que je suis: ramasser des coquillages et objets anciens,notamment des bouteilles de limonades et des vases en porcelaine datant des années 1940 que rejettent l’océan et revoir les vieilles pierres et maisons coloniales menacées par les flots. </p><p>Chemin faisant, je remarque un panneau de bois invitant à découvrir "l'île aux chimpanzés ». Accroché à une maisonnette, il est barré d'une large flèche indiquant la direction à suivre.</p></div><p class="clear"> Très intrigué, je m'empresse à rejoindre l'endroit: un cul-de-sac cahoteux débouchant sur le fleuve. Il abrite un restaurant en paille à l'abandon, à côté d'une maison.</p><p>Tout à coup un cri se fait entendre. </p><div class="ww-item image"><img alt="Ponso, the only surviving chimpanzee of a colony of 20 apes, sits in a tree on Chimpanzee Island near the town of Grand Lahou, Ivory Coast, on August 18, 2017." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivorycoast-chimpanze-005.jpg?itok=6r9Jd83x" />Ponso, sur son île près de Grand-Lahou, le 18 août 2017. (AFP / Issouf Sanogo)</div><p> Sur une petite île, à quelques dizaines de mètres à peine, un énorme chimpanzé et un jeune homme de 20 ans se donnent des accolades et jouent sans se préoccuper de ce qui les entoure.</p><p> La fascination pour ce spectacle insolite se mêle à une légitime curiosité journalistique. J'attends le retour de ce jeune homme -Junior, comme je l'apprendrai par la suite-, pour qu'il m'en dise plus sur sa relation fusionnelle avec cet animal.  </p><p> C’est son père, Germain, 60 ans, qui me raconte l'histoire de ce grand singe solitaire, que l’on imagine abandonné là, ou même puni. Il faisait partie d’un groupe de 20 primates arrivés en 1993 du Liberia, utilisés pour une recherche médicale sur le cancer. Ils se sont adaptés au fil des années à leur nouveau habitat sans être inquiétés, ni par les riverains, ni par des chasseurs.</p><p>Le père de Germain qui les avait accueillis sur l'île, avait été formé à les entretenir, les soigner et les protéger. </p><div class="ww-item image"><img alt="Germain Djenemaya Koidja, a carer paid for by the association Les Amis de Ponso (Friends of Ponso), interacts with Ponso, the only surviving chimpanzee of a colony of 20 apes, on Chimpanzee Island near the town of Grand Lahou, Ivory Coast, on August 18, 2" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivorycoast-chimpanze-001.jpg?itok=VNIeCCiy" />Ponso et son protecteur, Germain Djenemaya Koidja, 18 août 2017. (AFP / Issouf Sanogo)</div><p>L’histoire réveille des souvenirs. </p><p> J'appelle aussitôt mon collègue photographe <a href="https://twitter.com/IssoufSanogo6" target="_blank">Issouf Sanogo</a>, qui me rafraichit la mémoire. Dans les années 1990, nous avons effectué ensemble un reportage sur l'immense parc forestier d'Azagny, qui jouxte l'île sur laquelle vit Ponso. Aidés par des agents des eaux et forêt nous avons navigué sur le fleuve et approché l'île où étaient alors réfugiés une dizaine de ces primates.</p><p> Issouf est surpris d’apprendre qu'il reste un unique survivant! </p><div class="ww-item image"><img alt="Germain Djenemaya Koidja, a carer paid for by the association Les Amis de Ponso (Friends of Ponso), interacts with Ponso, the only surviving chimpanzee of a colony of 20 apes, on Chimpanzee Island near the town of Grand Lahou, Ivory Coast, on August 18, 2" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivorycoast-chimpanze-003.jpg?itok=R1i8YvvR" />(AFP / Issouf Sanogo)</div><p> Le premier protecteur des singes, le père de Germain, a constaté leur disparition progressive, avec des morts subites et inexpliquées, et malgré le suivi des chercheurs qui les avaient transférés là.</p><p> On a soupçonné des morsures de serpents, qui infestent cette forêt dense et inhospitalière, ou encore des braconniers, la chair de chimpanzé étant prisée par de nombreux Ivoiriens.</p><p>Toujours est-il qu’ils n’étaient plus que quatre à vivre sur l'île au début des années 2010.</p><p> Après le décès de son père, qui a pris soin de le former à l’apprivoisement de ces animaux, Germain vit un drame en 2015, quand les chimpanzés dont il assurait la protection vont subitement mourir à leur tour, pour ne laisser qu'un survivant: Ponso.</p><div class="ww-item image"><img alt="Ponso, the only surviving chimpanzee of a colony of 20 apes, sits in a tree on the island of Chimpanzee Island near the town of Grand Lahou, Ivory Coast, on August 18, 2017." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivorycoast-chimpanze-006.jpg?itok=mT2vstXq" />Ponso, 18 août 2017. (AFP / Issouf Sanogo)</div><p> Ponso a porté le deuil de sa famille pendant trois jours, refusant de manger et rejetant toutes les visites, selon le témoignage de son guide. Il s'était renfermé dans une solitude profonde.</p><p> Ce n’est pas qu’une belle histoire. Ponso est attachant bien sûr, mais son sort reflète aussi la disparition dramatique des chimpanzés dans un pays qui en comptait la plus grande population en Afrique.</p><p> Estimé à "plus de 15.000" en 2002, le nombre de ceux vivant dans les forêts tropicales le long de la frontière entre la Côte d'Ivoire et le Liberia a plongé ces dernières années pour atteindre "moins de 1.000", selon les chiffres de la Fondation pour les chimpanzés sauvages de la WCF.</p><p> La zone a été sinistrée par des années de guerre civile au Liberia (1989-2003, quelque 250.000 morts), contribuant ainsi à la disparition de ces singes, avec le braconnage et la destruction de leur habitat naturel, conséquence de déboisements sauvages et incontrôlés.</p><div class="ww-item image"><img alt="The director of the Wild Chimpanzee Foundation (WCF), Ilka Herbinger (not pictured), shows chimpanzee skulls at the home of a family, which worships chimps, in the village of Douably on March 19, 2008 in the Tai National Park, 400 kms west of Abidjan, whe" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivorycoast-chimpanze-0001.jpg?itok=nxhonOMf" />Des crânes de chimpanzés dans un village de l'ouest de la Côte d'Ivoire, parc national Tai, le 19 mars 2008. (AFP / Kambou Sia)</div><p> Revenu à l’hôtel tenu par Françoise Stephenson, je découvre son rôle dans l'histoire de Ponso quand elle sort un album photos où il figure à ses côtés. Amère, elle m’explique avoir plaidé pour qu'on lui envoie deux autres congénères. </p><p>L’aventure a tourné court. Ponso les a tués car il ne les admettait pas comme membres de sa famille. Les chimpanzés ont une organisation sociale bien hiérarchisée. Ce sont des animaux territoriaux, qui vivent en clan. En matière d’intrus ils ne tolèrent généralement que les femelles.</p><p> Sans se décourager, Françoise a pris la tête d'un comité de sauvegarde des chimpanzés. Elle a convaincu la vétérinaire française, spécialiste des primates, Estelle Ramada de s'occuper de Ponso. Avec Germain, Estelle a permis de maintenir en vie le vieux singe solitaire.</p><p> Deux semaines plus tard après ma rencontre avec Germain et Françoise, je retourne à Grand Lahou, non plus en qualité que vacancier mais de reporter avec mes collègues Issouf Sanogo et Évelyne Aka de la vidéo. </p><iframe allowfullscreen="allowfullscreen" class="media-youtube-player" frameborder="0" height="360" src="https://www.youtube.com/embed/57bE7cd66kM?wmode=opaque&amp;modestbranding=1&amp;rel=0&amp;showinfo=0&amp;theme=light&amp;color=white&amp;autohide=1" title="cote_divoire_ponso_dernier_survivant_de_lile_aux_chimpanzes" width="640"> </iframe><p>Le temps d'une interview et d'<a href="http://www.ladepeche.fr/article/2017/09/24/2651779-cote-ivoire-ponso-dernier-survivant-ile-chimpanzes.html" target="_blank">un reportage,</a> je me suis tout de suite pris d'affection pour Ponso. Sa solitude dans cette végétation luxuriante m'a considérablement attristé. J'ai aussi compris que ce singe dont on dit qu'il partage 90% de nos gènes avait aussi besoin de tendresse, d'amour et de considération.</p><p>Pour moi, le projet initial devrait consister à la création d'un sanctuaire pour abriter ces primates, au lieu d'un île qui s'est avérée dangereuse voire meurtrière. </p><p>Interviewer Germain est chose aisée, mais filmer Ponso est une autre histoire. Il faut s'approcher de l'île en canoé alors que la plupart des membres de l'équipe ne savent pas nager!!! Seule une minorité d'Ivoiriens le sait, la natation n'étant pas enseignée à l'école. </p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivorycoast-chimpanze-009.jpg?itok=Nn3Kl6Q1" alt="" />La JRI Evelyne Aka et le photographe Issouf Sanogo, du bureau d'Abidjan, à Grand-Lahou, le 18 août 2017. (Christophe Koffi)</div><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivorycoast-chimpanze-01.jpg?itok=p_YOhBa4" alt="" />Le tuteur de Ponso, Germain Djénémaya Koidja (à gauche), et Christophe Koffi, le 18 août 2017 (Issouf Sanogo)</div></div><p class="clear"> </p><p> Ponso brise une branche dans un grand éclat de bruit qui fait sursauter Evelyne et Issouf, sur la barque qui se met aussitôt à tanguer. C'est la "peur de sa vie" pour Evelyne qui a quand même connu les violences postélectorales dans le pays en 2010-2011.  </p><p> Mais c'est avec un grand sourire aux lèvres que nous regagnons la terre ferme, convaincus d'avoir réalisé une "mission impossible".</p><div class="ww-item image"><img alt="Ponso, the only surviving chimpanzee of a colony of 20 apes, is pictured on Chimpanzee Island near the town of Grand Lahou, Ivory Coast, on August 18, 2017" class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/ivory_coast/chimpanze-oct17/ivorycoast-chimpanze-007.jpg?itok=6_5Yox1U" />Ponso, 18 août 2017. (AFP / Issouf Sanogo)</div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/le-dernier-survivant</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/le-dernier-survivant</guid>
      <pubDate>Thu, 02 Nov 2017 06:11:17 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Interdit d&#039;entrer]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Paris -- </strong>Quand le rédacteur en chef m'a appelé pour me proposer de faire un reportage sur les coulisses du Crazy Horse, le temple de l’effeuillage à Paris, je n'ai pas hésité car je savais que l’occasion ne se représenterait pas de sitôt, si ce n’est jamais.</p><p>Avec l’agence mon ordinaire tourne autour des sujets politiques, sociaux, sportifs et occasionnellement people. Mais je connais bien ce cabaret pour y avoir officié dans une vie antérieure, il y a quelques années, quand je suis arrivé dans la capitale.<br />Je devais photographier les spectateurs juste avant le début du show, leur coupe de champagne en main, imprimer les photos dans l'arrière-salle et essayer de les leur vendre à l'entracte.</p><div class="grid-no-margin"><div id="wysiwyg" class="ww-item image"><img alt="A picture shows the entrance of the backstage of the Parisian cabaret Crazy Horse on September 16, 2017 in Paris." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-017.jpg?itok=Y3v3lmAA" />Crazy Horse, Paris, 16 septembre 2017 (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)</div><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-004.jpg?itok=-NrAYBGR" alt="" />Des danseuses du Crazy Horse assistent dans la salle à une répétition de leurs collègues, le 15 septembre 2017. (Geoffroy Van der Hasselt)</div></div><p class="clear"> </p><p>Je connais donc les codes, la façon de s’habiller et de se tenir dans cet endroit. J’y ai souvent arpenté les coulisses, mais sans jamais accéder au coeur du cabaret: les loges des danseuses!</p><p>J’en avais juste entendu dire que l’endroit est assez petit. Effectivement, à part un grand espace où trois filles peuvent se maquiller de concert, les autres sont étroites et anonymes, si ce n’est pour les photos de famille, d'amis ou d’animaux domestiques collées aux cloisons. Une autre pièce, dont un immense canapé en arc de cercle occupe l’espace, permet aux Crazy girls de se détendre entre les représentations.</p><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-003.jpg?itok=UJgzObA3" alt="" />Dans les loges du Crazy Horse, 15 septembre 2017 (Geoffroy Van der Hasselt)</div><p>Elles m’ont tout de suite mis à l'aise. Elles ont été pleines de spontanéité, de joie de vivre et d'entrain, même si ce n’était pas leur première séance de ce genre. La différence étant que celle-ci n’avait pas été commandée par le Crazy Horse pour assurer sa promotion.</p><p>Comme c’était un reportage, pas question de diriger les filles en leur demandant de prendre telle ou telle pose, dans telle ou telle tenue. Je me suis retrouvé en position de spectateur, derrière mon objectif.</p><div class="grid-no-margin"><div class="ww-item image"><img class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-002.jpg?itok=DcJZDd3G" alt="" />Danseuse du Crazy Horse, dans les loges du cabaret, le 15 septembre 2017 (Geoffroy Van der Hasselt)</div><div class="ww-item image"><img alt="Dancers sit in the backstage of the Parisian cabaret Crazy Horse on September 15, 2017 in Paris." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-006.jpg?itok=cQk-nfpP" />Dans les loges du cabaret, 15 septembre 2017. (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)</div></div><p class="clear"> </p><p>La plupart des effeuilleuses se sont révélées assez détendues pour m'accueillir dans leur intimité. Une seule n’a pas été très loquace et pour cause, elle ne parle pas encore français car arrivée de Russie il y a peu.</p><p>Elle n'a pas encore de nom de scène car elle est en formation pour trois mois. On lui en proposera un, censé correspondre à sa personnalité et à sa manière de danser, à l’issue. Elle pourra refuser la première proposition, si elle ne lui plaît pas, mais devra accepter la deuxième. Dans les rangs on compte entre autres Lava Stratosphère, Martha Von Krupp, Dekka Dance, Enny Gmatic, Starlette O’Ara ou encore Trauma Tease.</p><div class="ww-item image"><img alt="Dancers perform Baby buns on the stage of the Parisian cabaret Crazy Horse on September 14, 2017 in Paris." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-02.jpg?itok=LuQIHjco" />Pendant le spectacle, 14 septembre 2017. (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)</div><p>Elles forment une véritable troupe, avec une réelle complicité, non-simulée, des amitiés visibles et beaucoup de rires et de sourires. J'espère que l'on  ressent cette énergie communicative sur les photos.</p><p>En vrai professionnelles de l'image qu'elles doivent renvoyer, elles savent très bien se mettre en valeur.</p><div class="ww-item image"><img alt="Dancers get ready in the backstage of the Parisian cabaret Crazy Horse on September 15, 2017 in Paris." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-015.jpg?itok=zBVcafE_" />Avant le spectacle, dans les loges, 15 septembre 2017. (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)</div><p>Je suis plutôt grand, 1m95, mais j'ai été frappé par leur taille, surtout quand elles sont perchées sur de haut talons! Les critères de sélection sont draconiens. Leurs corps doit respecter une proportion d’un tiers – deux tiers pour les longueurs respectives du buste et des jambes. La distance entre la pointe des deux seins doit être de 21cm et celle du nombril au pubis de 13cm.</p><p>Les ressemblances entre elles s’arrêtent là. Elles ont chacune leur personnalité, un look qui leur est propre et ce petit «je ne sais quoi» que le fondateur de la maison, Alain Bernardin, pensait déceler chez elles. Ce sont toutes des sportives accomplies, mais ça se remarque plus chez certaines, très musclées.</p><div class="ww-item image"><img alt="Dancers listen to stage and production director, Svetlana Konstantinova, on the stage of the Parisian cabaret Crazy Horse on September 15, 2017 in Paris." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-009.jpg?itok=zA9BlS01" />Les danseuses écoutent leur directrice de scène Svetlana Konstantinova. 15 septembre 2017. (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)</div><p>En coulisses, l'ambiance devient vite un peu fofolle. Elles redeviennent sérieuses pour la répétition, quand elles se mettent en cercle autour de la chorégraphe pour écouter ses consignes sur les numéros qu’elles vont travailler ce jour-là par petits groupes: un tableau entier, ou juste un petit passage, en tenue de sport.</p><div class="grid-right"><div class="ww-item image"><img alt="A dancer poses in the backstage of the Parisian cabaret Crazy Horse on September 15, 2017 in Paris." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-007.jpg?itok=rmXh8LII" />Dans les coulisses, sous les perruques, 15 septembre 2017. (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)</div><p>Inlassablement elles vont répéter le mouvement jusqu’à satisfaction de la directrice de scène, Svetlana.</p><p>Elle est originaire de Russie, ce qui facilite la communication avec les filles originaires de l'Est de l'Europe.</p><p>Celles qui ne sont pas en train de répéter s'asseyent à la place des spectateurs.</p><p>Les plus aguerries prodiguent leurs conseils aux autres.</p><p>La discipline est assez rigoureuse. Avec un système de pointeuse hérité d’un incident remontant à l’époque du fondateur.</p><p>Deux danseuses étaient allées faire un tour en boîte de nuit sur les Champs-Elysées entre deux représentations. Elles n'ont pas vu l'heure passer et manquaient à l’appel au moment de monter sur scène.</p><p>Le bureau d’Alain Bernardin, où il concevait les numéros avec l'aide d'un chorégraphe et où il faisait passer les castings, n’a pas bougé depuis sa disparition il y a plus de vingt ans.</p><p>Une porte dérobée permet d'y accéder, ou d’en sortir, sans être vu...  </p></div><p class="clear">Depuis que la famille du fondateur a vendu le mythique établissement de l'avenue Georges V, ce sont principalement des femmes qui font tourner la boutique. Elles perpétuent cette mise en scène de danseuses quasiment nues, habillées par des seuls jeux de lumière.   </p><div class="ww-item image"><img alt="A dancer performs during the show Undress to kill on the stage of the Parisian cabaret Crazy Horse on September 14, 2017 in Paris." class="adaptive-image lazy" src="http://making-of.afp.com/sites/default/files/styles/adaptative/adaptive-image/public/medias/aa_new_posts/countries/france/arts-culture/crazy-horse-oct17/offbeat-dancer-france-012.jpg?itok=cqOKCmBn" />Pendant le spectacle, au Crazy Horse, le 14 septembre 2017. (AFP / Geoffroy Van Der Hasselt)</div>]]></description>
      <link>https://making-of.afp.com/interdit-dentrer</link>
      <guid>https://making-of.afp.com/interdit-dentrer</guid>
      <pubDate>Fri, 27 Oct 2017 05:10:19 +0200</pubDate>
    </item>
  </channel>
</rss>
