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    <title>Le Monde Big Browser</title>
    <description>Big Browser - Découvrez gratuitement tous les articles, les vidéos et les infographies de la rubrique Big Browser sur Le Monde.fr.</description>
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      <title><![CDATA[Le « pull moche de Noël », une tradition qui n’a pas toujours été sarcastique]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2016/12/13/0/0/2725/2245/664/0/75/0/00a4e55_32349-15jdsct.5stgfogvi.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2016/12/13/0/0/2725/2245/1328/0/45/0/00a4e55_32349-15jdsct.5stgfogvi.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2016/12/13/0/0/2725/2245/664/0/75/0/00a4e55_32349-15jdsct.5stgfogvi.jpg 664w" alt="Dans les années 1980, le pull de Noël a commencé à être manufacturé, imitant les pulls faits à la main." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2016/12/13/0/0/2725/2245/664/0/75/0/00a4e55_32349-15jdsct.5stgfogvi.jpg" alt="Dans les années 1980, le pull de Noël a commencé à être manufacturé, imitant les pulls faits à la main." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Dans les années 1980, le pull de Noël a commencé à être manufacturé, imitant les pulls faits à la main. PAUL J. RICHARDS / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Le « pull moche de Noël » est une tradition qui s’installe petit à petit en France, où l’on organise des « fêtes du pull moche de Noël »(<em>« ugly christmas sweater party »</em>) au bureau ou avec ses amis. Comme de nombreuses traditions de fin d’année, celle-ci vient du monde anglo-saxon.</p><p class="article__paragraph">Mais le chandail en question n’a pas toujours été suivi de l’adjectif« moche ». Avant d’être qualifié ainsi, ce qui est une façon de s’assurer que tout le monde a compris le sarcasme, le pull de Noël était une tradition familiale tout à fait « premier degré » : on offrait, à Noël, des pulls tricotés à la main, avec des motifs en lien avec la saison festive : rennes, flocons, bonhommes de neige, sapins.</p><p class="article__paragraph">Qu’on ne s’y trompe pas, le pull de Noël était déjà d’un goût un peu particulier, un peu enfantin et régressif. Mais quand une grand-mère ou une tante avait passé plusieurs jours à le tricoter, on portait son pull sans broncher. Dans les années 1980, le pull de Noël a commencé à être manufacturé en masse, imitant à dessein les pulls faits à la main : gros motifs, couleurs criardes et laine épaisse.</p><h2 class="article__sub-title">Un prix décerné en fin de soirée</h2><p class="article__paragraph">En 2002, deux étudiants de Vancouver (Canada) organisent une <em>« ugly christmas sweater party »</em>, une fête du pull moche de Noël, <a href="http://nowthatsugly.com/party/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">tradition qui perdure depuis dans la ville</a>. Tout le monde doit venir avec un pull de Noël, désormais ironique, et le prix du pull le plus moche est décerné en fin de soirée.</p><p class="article__paragraph">On le porte tout en montrant qu’on perçoit bien son côté kitsch et loin des normes du bon goût. Le concept s’exporte au monde de l’entreprise, où l’on organise massivement des fêtes du pull moche de Noël. En général, la chose est documentée en images, si l’on en croit Google (<a href="https://www.google.fr/search?q=ugly+christmas+sweater+party+office&amp;espv=2&amp;biw=1574&amp;bih=923&amp;source=lnms&amp;tbm=isch&amp;sa=X&amp;ved=0ahUKEwjHreCK_fDQAhUCWxoKHYNtDUgQ_AUIBigB" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">attention les couleurs piquent un peu les yeux</a>).</p><p class="article__paragraph">La paternité de l’usage ironique du « pull moche de Noël » est cependant disputée aux étudiants canadiens par une héroïne de cinéma : Bridget Jones. A moins que ce ne soit elle qui leur ait donné l’idée. Dans <em>Le Journal de Bridget Jones</em> (2001), l’héroïne croise le futur-homme-de-sa-vie-même-si-c’est-compliqué au buffet de Noël de ses parents. Marc Darcy arbore un pull à tête de renne, et Bridget Jones est tout de suite beaucoup moins emballée.</p><h2 class="article__sub-title">Humour ou élitisme un peu hypocrite ?</h2><p class="article__paragraph">Quelle qu’en soit la véritable origine, il y a désormais une Journée internationale du pull de Noël, le 21 décembre. <a href="http://www.vox.com/2014/12/23/7440779/ugly-christmas-sweater-parties" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Comme le souligne <em>Vox</em></a>, il existe des <em>ugly sweaters</em> <a href="http://www.fanatics.com/Ugly_Sweaters" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">portant la mascotte d’équipes de football américain</a> et même <a href="http://www.vogue.com/6058487/chic-ugly-holiday-sweaters/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">des articles du magazine <em>Vogue</em></a> vous expliquant pourquoi il faut avoir son propre chandail moche. Mais tout le monde ne comprend pas forcément cette ironie.</p><p class="article__paragraph">La journaliste de <em>Vox</em> raconte que, il y a quelques années, sa tante a raconté pendant les préparatifs de Noël que <em>« dans les grandes villes, les gens portent des pulls de Noël uniquement pour s’en moquer »</em>. Elle avait entendu parler de cette mode à la télévision. La tante en question confectionnait chaque année des pulls de Noël assortis pour les enfants de la famille et ne voyait pas le problème. La scène se passe évidemment dans une petite ville du Nebraska, loin des fêtes de New York ou de San Francisco.</p><p class="article__paragraph">Ceux qui portent ironiquement leur pull de Noël feraient donc preuve, selon <em>Vox,</em> d’un élitisme un peu hypocrite. <em>« On s’autorise la lubie d’un pull de Noël rigolo, tout en insistant sur le fait que, bien sûr, nous ne sommes pas le genre de personne qui pourrait acheter et apprécier un tel objet au premier degré. »</em></p><p class="article__paragraph">Et de regretter qu’on ne puisse pas profiter, sincèrement, de la <em>« magie de Noël »</em> sans avoir à organiser des soirées décalées pour bien montrer qu’on est au-dessus de tout ça.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 16 Dec 2022 10:19:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[IVG : comment les mères américaines abordent la remise en cause du droit à l’avortement avec leurs filles]]></title>
      <description><![CDATA[<section class="article__content dec_contenu"><div class="grasdecodeurs d_titre">Plus d’une vingtaine d’Etats pourraient revenir sur le droit à l’avortement</div>
<p class="d_texte">Cette carte présente les 50 Etats américains selon que leur législation locale est protectrice ou non pour le droit à l’avortement, selon le <a href="https://reproductiverights.org/maps/what-if-roe-fell/" target="_blank">Center for Reproductive Rights</a>.</p>
</section><section class="article__content dec_contenu"><div class="titre_leg">Droit local à l’avortement :</div>
</section>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2022/05/19/je-devais-en-parler-a-mes-enfants-comment-les-meres-americaines-abordent-la-remise-en-cause-du-droit-a-l-avortement-avec-leurs-filles_6126830_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 19 May 2022 17:13:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Un lapsus de George W. Bush qualifie l’invasion de l’Irak d’« injustifiée », avant de se reprendre et d’évoquer l’Ukraine]]></title>
      <description><![CDATA[<noscript>
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</noscript>Un lapsus de George W. Bush qualifie l’invasion de l’Irak d’« injustifiée », avant de se reprendre et d’évoquer l’Ukraine<noscript>
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<section id="habillagepub" class="article article--single article--iso article--content"><section class="zone zone--article old__zone"><section class="article__wrapper"><article class="article__content old__article-content-single"><p class="article__paragraph">Joe Biden n’est pas le seul à s’empêtrer dans ses propos. Après avoir dit du président Volodymyr Zelensky qu’il était le <em>« <a href="https://www.instagram.com/p/CdMJYfuvR_w/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Churchill de notre époque</a> »</em>, l’ancien président américain George W. Bush a commis un lapsus. Mercredi 18 mai, le 43<sup>e</sup> président des Etats-Unis a qualifié de <em>« brutale »</em> et d’<em>« injustifiée »</em> l’invasion de… <em>« l’Irak »</em>, avant de se reprendre et d’expliquer qu’il voulait parler de l’invasion russe de l’Ukraine.</p><p class="article__paragraph">George W. Bush a fait ces déclarations à l’occasion d’un discours prononcé mercredi à Dallas, durant lequel il critiquait le système politique russe. <em>« Le résultat est une absence de freins et de contrepoids en Russie, et la décision d’un seul homme de lancer une invasion totalement injustifiée et brutale de l’Irak »</em>, a déclaré George W. Bush, avant de se reprendre et de secouer la tête. <em>« Je veux dire, de l’Ukraine. »</em> Il a mis son erreur sur le compte de son âge – 75 ans –, ce qui a fait rire son auditoire.</p><p class="article__paragraph">Alors que George W. Bush était président, les Etats-Unis ont envahi l’Irak, le 20 mars 2003, justifiant leur décision par la présence d’armes de destructions massives dans le pays, armes qui n’ont jamais été trouvées. Le conflit a fait des centaines de milliers de morts et un nombre plus important de déplacés.</p><p class="article__paragraph">Les déclarations de George W. Bush sont vite devenues virales sur les réseaux sociaux, récoltant plusieurs millions de vues sur Twitter et ont fait réagir. <a href="https://twitter.com/HNadim87/status/1527146501205594113" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Hussain Nadim</a>, un spécialiste de la géopolitique originaire du Pakistan, a tweeté : <em>« Dans l’histoire américaine, pendant l’espace de deux brèves secondes, la vérité a prévalu ! »</em>, tandis que l’écrivain américain <a href="https://twitter.com/scottsantens/status/1527132282305355778" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Scott Santens</a> a commenté : <em>« La plus grande erreur de tous les temps à propos de l’une des plus grandes erreurs de tous les temps. »</em></p></article></section></section></section></main>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 19 May 2022 11:14:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[A Boutcha, exécutions, viols et meurtres aveugles : l’enquête du « New York Times » sur les crimes de guerre]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2022/04/11/0/0/8640/5760/664/0/75/0/6f0555a_09f545c383d54c058abfa90fb661cfb3-09f545c383d54c058abfa90fb661cfb3-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2022/04/11/0/0/8640/5760/1328/0/45/0/6f0555a_09f545c383d54c058abfa90fb661cfb3-09f545c383d54c058abfa90fb661cfb3-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2022/04/11/0/0/8640/5760/664/0/75/0/6f0555a_09f545c383d54c058abfa90fb661cfb3-09f545c383d54c058abfa90fb661cfb3-0.jpg 664w" alt="Des sacs mortuaires sont alignés dans le cimetière de Boutcha alors qu’ont lieu des obsèques, le 11 avril 2022." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2022/04/11/0/0/8640/5760/664/0/75/0/6f0555a_09f545c383d54c058abfa90fb661cfb3-09f545c383d54c058abfa90fb661cfb3-0.jpg" alt="Des sacs mortuaires sont alignés dans le cimetière de Boutcha alors qu’ont lieu des obsèques, le 11 avril 2022." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Des sacs mortuaires sont alignés dans le cimetière de Boutcha alors qu’ont lieu des obsèques, le 11 avril 2022. RODRIGO ABD / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il est des travaux journalistiques qu’il convient de lire, de saluer, et de partager, surtout, avec le plus grand nombre. D’autant plus en période de guerre, lorsque l’affrontement se déroule aussi sur le terrain de la communication. Le <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2022/04/11/world/europe/bucha-terror.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">grand format du <em>New York Times</em> consacré au massacre de Boutcha est de ceux-là</a>.</p><p class="article__paragraph">Dans un long article, écrit par Carlotta Gall et enrichi des photos de Daniel Berehulak, le quotidien américain documente les crimes qui ont été commis dans cette ville située au nord-ouest de Kiev, où de <a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/04/05/guerre-en-ukraine-ce-que-l-on-sait-du-massacre-de-boutcha_6120745_4355770.html">très nombreux corps de civils ont été trouvés</a> après le retrait des troupes russes, au début d’avril. <em>« Nous sommes allés à Boutcha, avons documenté des douzaines de meurtres de civils, interviewé de nombreux témoins et suivi des enquêteurs sur place pour prendre la mesure des atrocités commises par les Russes »</em>, annonce le journal, sous trois photos, en pleine largeur, de cadavres, de bâtiments soufflés et de fosse commune.</p><p class="article__paragraph"><em>« Boutcha est un paysage d’horreurs »</em>, prévient encore l’article, dont les auteurs rapportent également les crimes sur une carte de Boutcha, donnant à voir que ceux-ci ont été perpétrés à travers toute la ville. <em>« Les preuves montrent que les Russes ont tué imprudemment et parfois de manière sadique, en partie par esprit de vengeance. »</em></p><h2 class="article__sub-title">« Ils ont tiré sur mon fils. J’aurais préféré que ce soit moi »</h2><p class="article__paragraph">Le quotidien américain révèle notamment la présence, en plus des soldats armés, des bombes et des chars qui tiraient à vue, de snipers partout dans Boutcha. Selon le journal, les forces russes avaient installé une base dans une résidence derrière le lycée principal de la ville. <em>« Le 5 mars, un sniper russe a commencé à tirer sur tout ce qui bougeait au sud de ce lycée »</em>, écrit le <em>New York Times</em>.</p><p class="article__paragraph">Comme le fils d’Ivan. <em>« Ils ont tiré sur mon fils. J’étais à côté de lui. J’aurais préféré que ce soit moi »</em>, raconte cet habitant, qui était sorti se promener avec son fils dans la rue Yablonska (<em>« la rue des Pommiers »</em>). Après une nuit d’agonie, il est mort tôt le lendemain matin, laissant derrière lui un fils de 8 ans et une fille d’un an. Sa famille l’a enterré dans le jardin : <em>« C’est très difficile d’enterrer son enfant. Je ne le souhaiterais pas à mon pire ennemi. »</em></p><p class="article__paragraph">Cette rue Yablonska, dans laquelle le fils d’Ivan a été abattu, est rapidement devenue la route la plus mortelle pour les passants, relève le <em>New York Times</em>. Un homme circulant à vélo y a aussi été tué, comme le montre <a href="https://twitter.com/bellingcat/status/1511284174921076736" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">une vidéo filmée par un drone et partagée par le groupe international d’enquêteurs Bellingcat</a>. Au 11 mars, il y avait <a href="https://www.nytimes.com/2022/04/04/world/europe/bucha-ukraine-bodies.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">au moins onze cadavres</a> jonchant cette rue et ses trottoirs.</p><h2 class="article__sub-title">« Un cas [de sévices sexuels] parmi d’autres »</h2><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2022/04/09/0/0/2500/1667/664/0/75/0/e55f60b_277330748-v4c3903.jpg" alt="La police de Boutcha procède à l’identification d’un mort, près d’un angle de la rue Ivana-Franka, le 7 avril 2022." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">La police de Boutcha procède à l’identification d’un mort, près d’un angle de la rue Ivana-Franka, le 7 avril 2022. LAURENT VAN DER STOCKT POUR «LE MONDE»</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Après le retrait des troupes russes de la région de Kiev et du nord de l’Ukraine, Volodymyr Shepitko, âgé de 66 ans et qui avait trouvé refuge avec sa famille dans une cave, a trouvé sa maison mise à sac. Des soldats l’avaient occupée – ces derniers avaient fait fuir les habitants pour prendre possession des habitations situées à proximité de leurs bases – et l’avaient transformée en immense poubelle, des détritus et des bouteilles de bière vides jonchant le sol.</p><p class="article__paragraph">Et dans une cave sous l’abri de jardin, son neveu a trouvé le corps d’une femme, rapporte le journal américain. <em>« Par terre, les jambes écartées, elle portait un manteau de fourrure et rien d’autre. »</em> Elle a été tuée d’une balle dans la tête. Des emballages déchirés de préservatifs, ainsi qu’un préservatif usagé, ont été retrouvés par les policiers. <em>« Un cas</em> [de sévices sexuels] <em>parmi tant d’autres »</em>, a répondu au journal la commissaire aux droits de l’homme de l’assemblée ukrainienne, Lyudmyla Denisova.</p><p class="article__paragraph">Selon de nombreux habitants interrogés par le quotidien, <em>« plus la guerre avançait, plus l’humeur et le comportement des troupes russes devenait affreux »</em>. Toujours d’après les récits des témoins croisés à Boutcha, certains actes de violence revêtaient une dimension cynique, ils étaient faits pour terroriser. Les forces russes étaient également particulièrement suspicieuses envers les hommes en âge de combattre, les accusant d’être des membres des forces de défense ukrainiennes. Le neveu de Natalya Oleksandrova en fut une victime. Emmené pour quarante-huit heures d’interrogatoire, selon les dires des soldats qui l’ont enlevé, il n’est jamais revenu et a été trouvé mort, après le départ des Russes, dans un sous-sol.</p><h2 class="article__sub-title">Très grande majorité de civils parmi les tués</h2><p class="article__paragraph">Originaire de Moldavie et installée en Ukraine depuis dix ans, Marta Kirmichi, a parlé à son mari pour la dernière fois à la mi-mars. Il avait quitté le domicile familial, près de Tchernihiv, un mois plus tôt pour rejoindre son lieu de travail, un chantier de construction d’un nouvel ensemble immobilier à Boutcha. Dans le courant du mois de mars, il avait réussi à joindre sa femme à deux reprises pour lui dire qu’il était encore vivant. Puis, plus rien.</p><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2022/04/11/0/0/8640/5760/664/0/75/0/7fb1a9d_1649685628002-232170.jpg" alt="Oleg, 56 ans, pleure sa mère Inna, 86 ans, tuée à Boutcha, dans la banlieue de Kiev, le 10 avril 2022." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Oleg, 56 ans, pleure sa mère Inna, 86 ans, tuée à Boutcha, dans la banlieue de Kiev, le 10 avril 2022. RODRIGO ABD / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Au début d’avril, elle découvre, avec le reste du monde, les premières photos des hommes tués, jonchant la rue Yablonska, près de palettes et de matériaux de construction, certains les mains liées. M<sup>me</sup> Kirmichi l’a reconnu immédiatement. Son mari était couché face contre terre. Elle a retrouvé un peu d’espoir après avoir remarqué plus tard, sur une autre photo, qu’il ne gisait plus aux côtés des autres corps. Elle veut croire que, blessé, il a été transporté à l’hôpital, mais elle était toujours sans nouvelles de lui à la mi-avril.</p><p class="article__paragraph">Selon le <em>New York Times</em>, quelque 360 personnes ont été retrouvées mortes en un seul week-end, à Boutcha et dans ses environs immédiats. Parmi elles, plus de 250 avaient été tuées par des balles ou des éclats d’obus, et faisaient l’objet d’une enquête pour crimes de guerre, selon le procureur de la ville, Ruslan Kravchenko.</p><p class="article__paragraph">Beaucoup d’autres sont mortes de faim – comme au moins six personnes âgées dans un hospice abandonné, a constaté le journal américain –, de froid ou du manque de médicaments et de médecins. Les morts étaient en très grande majorité des civils : seuls deux membres de l’armée ukrainienne figuraient parmi les victimes à Boutcha, a affirmé un responsable du cimetière de la ville. Les autorités ont rassemblé plusieurs milliers de photos et vidéos de ces crimes, déposées sur un site du gouvernement ukrainien créé pour l’occasion, <a href="https://warcrimes.gov.ua/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Warcrimes.gov.ua</a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 12 Apr 2022 17:51:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Guerre en Ukraine : ce que dévoilent les communications des soldats russes sur des fréquences radio non sécurisées]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2022/03/25/0/0/3500/2394/664/0/75/0/3361a73_1648215160429-000-323z99m.jpeg" srcset="https://img.lemde.fr/2022/03/25/0/0/3500/2394/1328/0/45/0/3361a73_1648215160429-000-323z99m.jpeg 1328w, https://img.lemde.fr/2022/03/25/0/0/3500/2394/664/0/75/0/3361a73_1648215160429-000-323z99m.jpeg 664w" alt="De la fumée s’élève d’un char russe détruit par les forces ukrainiennes sur le bord d’une route dans l’oblast de Louhansk, le 26 février 2022." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2022/03/25/0/0/3500/2394/664/0/75/0/3361a73_1648215160429-000-323z99m.jpeg" alt="De la fumée s’élève d’un char russe détruit par les forces ukrainiennes sur le bord d’une route dans l’oblast de Louhansk, le 26 février 2022." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">De la fumée s’élève d’un char russe détruit par les forces ukrainiennes sur le bord d’une route dans l’oblast de Louhansk, le 26 février 2022. ANATOLII STEPANOV / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph"><em>« Nos avions de chasse commencent à bombarder dans dix minutes. Vous m’avez compris ? »</em> Le destinataire russe qui reçoit cette transmission radio d’un soldat sur le front ukrainien a bien reçu l’information – et il n’est pas le seul. Les soldats ukrainiens et tous ceux qui savent intercepter des communications radio non sécurisées ont pu l’entendre aussi. L’armée russe a beau être l’une des plus puissantes du monde, elle utilise des ondes radio publiques (et donc accessibles à qui veut écouter) pour certaines de ses communications stratégiques sur le champ de bataille.</p><p class="article__paragraph">Comme <a href="https://www.liberation.fr/checknews/est-il-vrai-quon-peut-ecouter-les-communications-de-larmee-russe-en-ukraine-20220309_LXKB3VFRGVDJ7CYJRSXSUKNG2U/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’expliquait déjà <em>Libération</em> le 9 mars</a>, des images du terrain montrent depuis plusieurs semaines que les soldats russes utilisent des radios civiles non protégées. Plusieurs radioamateurs – des spécialistes ou des volontaires à même de capter, grâce à des récepteurs radio, des échanges diffusés sur des ondes libres – ont ainsi pu écouter et enregistrer des communications de l’armée russe.</p><p class="article__paragraph">Le <a href="https://www.nytimes.com/video/world/europe/100000008266864/russia-army-radio-makariv.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>New York Times</em> s’en est procuré une centaine</a> concernant les batailles autour de Makariv, à la fin de février, à l’ouest de Kiev. Recoupés avec des vidéos et des témoignages sur le terrain, ils mettent en lumière une forme d’impréparation, voire d’amateurisme, des forces russes aux premiers jours du conflit.</p><h2 class="article__sub-title">Imprudence aussi des généraux</h2><p class="article__paragraph">Le quotidien américain a publié dans <a href="https://www.youtube.com/watch?v=gOmYi96cU1M" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">une vidéo, mercredi 23 mars</a>, des extraits de ces échanges lors desquels des unités russes dévoilent, sur des fréquences non sécurisées, des renseignements stratégiques sur leurs actions militaires, en cours ou à venir, ou sur leurs positions. L’un annonce donc l’attaque imminente d’avions de chasse. Un autre déclare que son unité <em>« se retire de Motyjyn »</em> en abandonnant un véhicule blindé <em>« endommagé »</em>.</p><p class="article__paragraph"><em>« Décision a été prise de retirer toutes les unités russes du quartier résidentiel, l’artillerie va cibler la zone »</em>, prévient un autre soldat russe sur les ondes, dévoilant publiquement l’ordre explicite de viser une zone d’habitation. Selon le <em>New York Times,</em> des habitants de Makariv et des environs ont confirmé que les Russes avaient bien tiré sans distinction sur leurs maisons. <em>« Il pourrait s’agir d’un crime de guerre »</em>, écrit Christiaan Triebert, l’un des auteurs de l’enquête.</p><p class="article__paragraph">L’usage de ces communications non cryptées n’est pas l’apanage de simples soldats et a de lourdes conséquences pour les forces de Vladimir Poutine. Selon le <em>New York Times</em>, des généraux ont aussi utilisé des radios et des téléphones non sécurisés, ce qui aurait permis aux forces ukrainiennes de traquer, de localiser et de tuer au moins l’un d’entre eux.</p><h2 class="article__sub-title">Brouillage des Ukrainiens</h2><p class="article__paragraph">Ces enregistrements, dans lesquels des soldats pris sous le feu des balles, parfois paniqués et au bord des larmes, lancent des appels à l’aide, sont également accablants pour l’image de l’armée russe. Ils corroborent par ailleurs les vidéos de chars en panne ou de soldats sans ravitaillement qui ont surpris nombre d’analystes au début du conflit. <em>« Besoin urgent de ravitaillement en carburant, eau et nourriture »</em>, réclame ainsi une unité proche de Makariv, à la fin de février.</p><p class="article__paragraph">Dans ces communications transparaissent les défaillances organisationnelles et logistiques des forces russes. En témoigne cet échange tendu entre deux unités :</p><p class="article__cite"><em>« – YUG-95 : Demande soutien aérien à Lampas, depuis hélicoptère, vous me recevez ?</em></p><p class="article__cite"><em>– BURAN-30 : YUG-95, reçu. Je n’arrive pas à joindre Lampas.</em></p><p class="article__cite"><em>– YUG-95 : Reçu. Essayez encore, essayez encore. Les gars souffrent. »</em></p><p class="article__paragraph">Une demi-heure plus tard, le même YUG-95 s’adresse de nouveau à BURAN-30 : <em>« Vous avez oublié le putain de soutien aérien ! Vous avez oublié, putain ! »</em></p><p class="article__paragraph">Cette utilisation de fréquences radio non protégées est la porte ouverte aux interceptions, mais aussi aux brouillages et aux interférences, ce dont les forces ukrainiennes ne se sont pas privées. Dans <a href="https://www.liberation.fr/international/pourquoi-tout-le-monde-peut-ecouter-les-echanges-strategiques-de-larmee-russe-en-ukraine-20220322_LSPBZ72IDVC4JGZB35A5DPNGQ4/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">des échanges publiés par <em>Libération</em></a>, on entend par exemple l’hymne ukrainien diffusé au milieu d’un échange entre unités russes. Dans ceux du <em>New York Times,</em> BURAN-30, visiblement en difficulté, demande une <em>« solution de repli »</em>. C’est un Ukrainien qui lui répond : <em>« Rentre chez toi, Buran. Mieux vaut être un déserteur qu’un fertilisant. »</em></p><p class="article__paragraph">Selon le média américain, les Russes ont compris leurs erreurs et passent désormais davantage par un langage codé et des téléphones sécurisés, mais certaines de leurs communications sont toujours accessibles. Preuve que, si la pénible avancée des Russes en Ukraine doit beaucoup à la résistance du pays attaqué, elle n’est pas étrangère, tant s’en faut, aux fragilités internes des forces de Moscou.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2022/03/25/guerre-en-ukraine-ce-que-devoilent-les-communications-des-soldats-russes-sur-des-frequences-radio-non-securisees_6119162_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 25 Mar 2022 15:48:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Disney espère faire revivre son rêve de cité utopique avec « Storyliving »]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">A ceux qui ont grandi dans l’univers « rassurant » de Walt Disney, ont été biberonnés à <em>La Petite Sirène</em> et au <em>Roi Lion</em> et n’en sont pas revenus, Disney propose de ne surtout rien changer. Le groupe de médias, de divertissement et de tourisme a levé le voile, mercredi 16 février, sur son concept de « <a href="https://thewaltdisneycompany.com/disney-launches-new-business-to-develop-residential-communities/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Storyliving by Disney</a> ».</p><p class="article__paragraph">Le groupe prévoit de construire des résidences réservées aux fans de Disney. Un premier quartier résidentiel de 1 900 logements – maisons individuelles et appartement –, imaginé par l’équipe de Walt Disney Imagineering, qui a conçu l’ensemble des parcs à thème Disney, devrait ouvrir ses portes dans la vallée de Coachella, plus précisément à Rancho Mirage. C’est dans cette localité du comté de Riverside, à environ 180 kilomètres de Los Angeles, que Walt Disney possédait une maison de vacances.</p><p class="article__paragraph"><em>« Il existe une demande incroyable pour tout ce qui concerne Disney. Nos fans continuent de chercher de nouvelles façons d’interagir avec nous, de faire en sorte que Disney fasse partie de leur vie »</em>, a expliqué au quotidien <a href="https://eu.usatoday.com/story/travel/experience/theme-parks/2022/02/16/disney-getting-into-residential-housing-market-storyliving/6811164001/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>USA Today</em></a> Josh D’Amaro, le président des parcs, expériences et produits Disney. Avec un endroit comme Cotino, <em>« vous pouvez faire partie de Disney tout le temps »</em>, ajoute-t-il.</p><p class="article__paragraph">Surtout, précise-t-il, <em>« les résidents seront des participants actifs dans les histoires ».</em> C’est le principe même du « storyliving ». A la différence du « storytelling », qui consiste à raconter des histoires pour mieux vendre, que ce soit un objet ou un projet, le storyliving consiste à vivre cette histoire, permet d’impliquer activement les participants, en leur offrant une expérience inoubliable.</p><h2 class="article__sub-title">Le prix des maisons n’a pas encore été annoncé</h2><p class="article__paragraph">Ici, pas d’animation, de manège ou de personnages à grandes oreilles. Toutefois, les résidents pourront s’inscrire à des activités encadrées par des <em>talents</em> – on les appelle <a href="https://disneylandparis-news.com/nos_engagements/experience-cast-member/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Cast Members, chez Disney</a> – et avoir accès à des équipements comme un club-house au bord d’un lagon artificiel avec une plage privée… moyennant des frais supplémentaires. Cotino devrait aussi accueillir un hôtel, des centres d’affaires et de restauration et les visiteurs pourront acheter un laissez-passer d’une journée pour y accéder.</p><p class="article__paragraph">Si la date de début des travaux et le prix des maisons n’ont pas encore été annoncés, ce nouveau quartier résidentiel proposera notamment une zone réservée aux plus de 55 ans. <em>« Les baby-boomers partent à la retraite et vont s’installer dans des communautés de retraités »</em>, explique Daryl Fairweather, économiste en chef chez Redfin, une société de courtage immobilier sise à Seattle, citée par <em>USA Today</em>. <em>« Pourquoi pas dans une communauté de l’univers Disney ? »</em>. En regardant les <a href="https://www.storylivingbydisney.com/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">images</a> mises en ligne par le groupe, on mange, on trinque, on fait du yoga, on vit, on respire Disney, dans une version light, sans oreilles de Mickey.</p><p class="article__paragraph">Qu’importe d’ailleurs si, pour ce projet, Disney ne met pas directement la main à la pâte. Le groupe s’associe pour l’occasion à DMB Development. Cette société de promoteurs immobiliers a construit un certain nombre de quartiers résidentiels de luxe, comme <a href="https://dmbinc.com/community/silverleaf/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Silverleaf, en Arizona</a> (<em>« un havre privé d’une grâce et d’un raffinement rares »</em>), et <a href="https://kukuiula.com/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Kukui’ula à Hawaï</a> (<em>« un endroit pour les familles exigeantes qui cherchent un équilibre entre le luxe et décontraction et la beauté impressionnante de l’île »</em>).</p><p class="article__paragraph">Ce n’est toutefois pas la première fois que Disney s’aventure dans l’immobilier. Avec Cotino, le groupe pourra essayer de concrétiser EPCOT (Experimental Prototype Community of Tomorrow ou prototype expérimental d’une communauté du futur), son projet de ville imaginé par Walt Disney dans les dernières années de sa vie, dont il existe une version édulcorée intégrée au Disney World, en Floride.</p><p class="article__paragraph">Dans les années 1990, Disney avait également fondé <a href="https://journals.openedition.org/cybergeo/1147?lang=en&amp;source=post_page---------------------------" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Celebration</a>, une ville nouvelle censée être idéale, mélangeant les communautés, située dans le Comté d’Osceola, en Floride, à proximité de Disney World. Mais le projet n’a pas atteint ses objectifs d’intégration, de mixité, comme le relevait le <a href="https://www.nytimes.com/2001/09/23/us/failed-disney-vision-integrated-city.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>New York Times</em></a> en 2001. Puis en 2010, la ville a connu <a href="https://www.theguardian.com/world/2010/dec/03/disney-celebration-second-violent-death" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">deux morts violentes</a>. En 2020, un père de famille y a tué <a href="https://edition.cnn.com/2020/01/15/us/florida-celebration-family-killings/index.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">sa femme et ses trois enfants</a>.</p><h2 class="article__sub-title">Des avantages et des inconvénients pour les résidents</h2><p class="article__paragraph">En 2016, le <a href="https://www.wsj.com/articles/leaks-and-mold-are-ruining-the-disney-magic-in-celebration-florida-1479249246" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>Wall Street Journal</em></a> (<em>WSJ</em>) s’intéressait d’ailleurs aux malfaçons et la piètre qualité des matériaux choisis pour la construction de cette ville idéale : il faut dire que l’association des copropriétaires cherchait à faire prendre en charge les travaux de réhabilitation par la société qui a repris la gestion de Celebration en 2004. « <em>Nous avons acheté des cabines sur le</em> Titanic<em> »</em>, confiait alors, désabusé, l’un des résidents de Celebration au <em>WSJ</em>. <em>« Il n’y a plus autant d’implication ou de cohésion dans le quartier »</em>, expliquait Jim Siegal, un habitant de Celebration, cité par le <a href="https://nypost.com/2022/02/16/disney-adults-never-have-to-grow-up-with-storyliving-housing/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>New York Post </em></a>:<em>« Si je peux dire les choses crûment, la ville est envahie par les touristes… et par les gens des environs à la recherche de quelque chose à faire ».</em></p><p class="article__paragraph">En 2010, Disney a également créé <a href="https://radiodisneyclub.fr/golden-oak-walt-disney-world-resort/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Golden Oak</a>, un projet de communauté résidentielle, plus réduit et haut de gamme, situé, là encore, à Disney World. Pour y accéder, il faut être un des neveux de l’oncle Picsou : le prix moyen y est de l’ordre de <a href="https://www.today.com/home/yes-you-can-actually-live-disney-world-here-s-how-t85526" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">2 millions de dollars</a> (environ 1,8 million d’euros).</p><p class="article__paragraph">Les choses se passeront-elles mieux à Cotino ? Ted Weill, le maire de Rancho Mirage, la ville sur laquelle doit naître le projet, explique au <a href="https://eu.desertsun.com/story/news/local/rancho-mirage/2022/02/16/disney-storyliving-cotino-homes-building-rancho-mirage-club/6801192001/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>Desert Sun</em></a>, le quotidien de la région de Palm Springs et de la vallée de Coachella, qu’il s’attend à quelques récriminations (concernant notamment la circulation, le bruit, la criminalité, l’utilisation de l’eau...) de la part de ses administrés. Néanmoins, il estime qu’un bon nombre d’entre elles ont été prises en compte et résolues dans le <a href="https://ranchomirageca.gov/our-city/city-departments/planning/section-31/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rapport d’impact environnemental</a> en 2019.</p><p class="article__paragraph">Par ailleurs, Daryl Fairweather explique à <em>USA Today</em> qu’il est probable que Disney contrôle étroitement sa ville nouvelle. Ce qui pourrait présenter des avantages comme des inconvénients pour les résidents. <em>« Pas de bar tapageur au coin de la rue ou de musique désagréable venant des voisins »</em>, souligne-t-elle. <em>« Mais cela se ferait au détriment de votre liberté personnelle. »</em> Cela ne conviendra pas à tout le monde, mais certains inconditionnels de Disney, qui apprécient la marque et les valeurs de la société, pourraient se réjouir de la mise en place d’une communauté bien organisée.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2022/02/17/disney-espere-faire-revivre-son-reve-de-cite-utopique-avec-storyliving_6114140_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 17 Feb 2022 18:58:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Comment les gifs ont été ringardisés]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph"><em>« A chaque fois que je vois quelqu’un poster un</em> “<em>reaction gif</em>”<em>, je sais immédiatement que cette personne a plus de 33 ans. »</em> <a href="https://twitter.com/jennygzhang/status/1377331908258897921" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">La petite phrase est drôle, mais cruelle</a> et avait déclenché l’ire de milliers de personnes sur Twitter il y a quelques mois.</p><p class="article__paragraph">Pourtant, il va falloir s’y résoudre. <a href="https://www.huffingtonpost.fr/entry/lemoji-pleure-de-rire-ringard-sur-les-reseaux-sociaux_fr_602bd14ac5b680717eea7789" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Après l’émoji qui pleure de rire</a>, c’est au tour d’un autre emblème des années 2010 d’être ringardisé. <em>« Désolé, les gifs sont désormais pour les boomers »</em>, <a href="https://www.vice.com/en/article/z3nzb4/gifs-are-for-boomers-now" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">avance <em>Vice</em></a>, dans un article consacré à la perte de prestige de ce format d’image animée (<a href="https://www.youtube.com/watch?v=CBtKxsuGvko" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">qu’on prononce « jif »</a>), né dans les années 1980 et revenu sur le devant de la scène au début des années 2010 — <a href="https://www.nouvelobs.com/les-internets/20121114.OBS9327/gif-elu-mot-de-l-annee-5-raisons-d-applaudir.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">c’était d’ailleurs le mot de l’année en 2012</a> pour les lexicographes des dictionnaires d’Oxford University Press.</p><p class="article__paragraph"><em>« Vous n’avez pas à chercher trop loin pour trouver des tweets ou des vidéos sur TikTok qui se moquent des gifs, réservés aux personnes âgées – eh oui, aujourd’hui, les vieux, ce sont aussi les millénials »,</em> raconte la journaliste Amelia Tait sur le site américain. <em>« Avec montée en popularité des mèmes</em> [<a href="https://www.lemonde.fr/technologies/article/2012/05/01/le-meme-ou-l-art-du-detournement-humoristique-sur-internet_1693705_651865.html">des objets culturels repris et détournés</a>] <em>et d’Instagram, les gifs sont devenus plus rares et sont passés de mode »</em>, témoigne une productrice de podcasts londonienne de 28 ans interrogée par nos confrères.</p><iframe src="https://giphy.com/embed/Vekuh5ATS6oXPVsij7" width="480" height="400" frameborder="0" class="giphy-embed" allowfullscreen="allowfullscreen"> </iframe><p class="article__paragraph">Mais comment le gif, si populaire et omniprésent dans nos différentes messageries, est-il devenu si ringard ? En fait, argue <em>Vice</em>, c’est justement cette popularité qui a causé sa perte. Pendant des années, le gif était un secret partagé par ce qui était finalement un petit groupe d’utilisateurs. Certains les créaient eux-mêmes. D’autres les consignaient assidûment dans des dossiers, après des heures passées à chiner, <a href="https://mashable.com/article/history-of-the-gif" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">notamment sur Tumblr</a>, pour ressortir la perle rare au bon moment afin d’exprimer une humeur précise, une réaction.</p><h2 class="article__sub-title">Démocratisation</h2><p class="article__paragraph">Puis, Google a créé un filtre spécial en 2013 pour les chercher. Des bases de données de gifs sont également apparues, rendant le travail de recherche plus simple. C’est d’ailleurs en 2013 qu’est née Giphy, la plus célèbre de toutes. Ces gigantesques bibliothèques – qui ont rendu le « gif de réaction » si commun que <a href="https://siecledigital.fr/2016/05/12/marques-giphy-opportunites-perspectives-davenir/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">des marques ont créé leurs propres images prêtes à être reprises</a>, pour un peu de publicité facile — ont fini par être intégrées à des messageries grand public comme WhatsApp et sur les réseaux sociaux comme Facebook, soucieux d’ajouter de nouvelles fonctionnalités. <em>« Le bouton gif sur Twitter ? Il fonctionne (en partie) grâce à Giphy. Facebook ? On retrouve Giphy. Les claviers de téléphone ? Pareil. Les applications de messagerie ? Evidemment. Les e-mails ? Bien sûr. Tinder ? Oui. Slack ? Evidemment… »,</em> <a href="https://www.popularmechanics.com/technology/a21457/the-gif-is-dead-long-live-the-gif/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">résumait le site Popular Mechanics</a>, en 2018. Ce n’est pas un hasard si <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/05/15/facebook-met-la-main-sur-la-plate-forme-de-gifs-giphy_6039824_4408996.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Facebook a déboursé 400 millions de dollars pour acheter Giphy</a> en 2020.</p><p class="article__paragraph"><em>Vice</em> souligne par ailleurs que de nombreux papas, de nombreuses mamans, ainsi que des grands-parents ont, eux aussi, découvert les joies du partage de gif lors des confinements. En avril 2020, <a href="https://yougov.co.uk/topics/resources/articles-reports/2020/04/13/gif-usage-has-gone-33-last-month-giphy-provides" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Giphy avait d’ailleurs annoncé une hausse de 33 %</a> de l’utilisation des gifs par rapport au mois précédent.</p><p class="article__paragraph">Cette démocratisation s’est cependant faite sans une partie de la population plus jeune, qui n’a pas voulu reprendre les codes de personnes plus âgées : <em>« La génération Z pense peut-être que les gifs sont révérés par les millénials mais, en même temps, de nombreux millénials commencent à voir les gifs comme les jouets des boomers »</em>, avance <em>Vice.</em></p><p class="article__paragraph">D’autant que chez ces derniers, certains ont été écœurés de voir de nouvelles personnes adopter les gifs sans s’investir autant qu’ils avaient pu le faire par le passé. <em>« Cette démocratisation crée un sentiment de dégoût chez des gens qui se voient comme des</em> “<em>insiders</em>”<em>. C’est quelque chose de central dans le processus de production culturel sur Internet depuis des années »</em>, explique Whitney Phillips, professeure de communication à l’université de Syracuse (New York).</p><h2 class="article__sub-title">« Mauvaise tentative de blague »</h2><p class="article__paragraph">Ce phénomène n’est pas limité aux gifs. Dans son livre <em>This Is Why We Can’t Have Nice Things</em> (« Voici pourquoi nous ne pouvons avoir des choses agréables », MIT Press, 2015, non traduit), l’enseignante racontait ainsi <a href="https://books.google.fr/books?id=B4weBwAAQBAJ&amp;pg=PA144&amp;lpg=PA144#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">le désarroi de certains internautes qui voyaient leurs mèmes être vidés de tout sens</a> au fil de leur diffusion, et notamment lors de leur arrivée sur Facebook.</p><p class="article__paragraph">Les gifs sont aussi parfois vus comme une façon un peu paresseuse de répondre, explique à <em>Vice</em> une professeure de cyberpsychologie à l’université d’Edge Hill. Pour la productrice de podcasts londonienne citée par <em>Vice,</em> poster un gif en réaction à quelque chose ressemble à <em>« une mauvaise tentative de blague. Comme si une personne n’était pas assez originale pour trouver quelque chose de drôle toute seule ».</em> D’autant que comme le rappelle Whitney Phillips, <em>« plus il y a de gifs et moins ils sont considérés comme des petits bonbons ou des cadeaux que l’on offre. Désormais, il suffit juste de cliquer sur le bouton de recherche et de taper un mot ».</em></p><iframe src="https://giphy.com/embed/NEvPzZ8bd1V4Y" width="459" height="480" frameborder="0" class="giphy-embed" allowfullscreen="allowfullscreen"> </iframe><p class="article__paragraph">C’est également cela qui explique que les mêmes gifs ressortent encore et encore. C’est d’ailleurs l’argument qu’avance le journalisteaméricain Casey Newton, spécialiste des technologies, pour expliquer, en partie, la perte de côté « cool » du gif : <em>« Je pense que l’une des raisons pour lesquelles les gens pensent que les gifs sont un truc de vieux est que le résultat des recherches sur Twitter fait tout le temps ressortir les six ou sept mêmes et rien d’autre. »</em></p><p class="article__paragraph">Alors faut-il abandonner le gif ? Pas nécessairement, argue Jenny Zhang, qui avait provoqué l’ire de milliers d’utilisateurs sur Twitter avec son message en mars 2021 : <em>« Vous pouvez vous exprimer comme vous voulez en ligne tant que c’est sain. Il faut juste que vous sachiez que des personnes plus jeunes vont peut-être penser que vous avez plus de 33 ans »</em>, <a href="https://slate.com/podcasts/icymi/2021/04/gen-z-millennial-war-skinny-jeans-middle-parts-reaction-gifs" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">déclarait-elle, amusée, en avril 2021, dans un podcast de <em>Slate</em></a>.</p><p class="article__paragraph">Et pour celles et ceux qui ne veulent pas l’abandonner, il y a peut-être un signe d’espoir. Car comme dans la mode, sur Internet, tout est cyclique. D’autant que le gif n’en serait pas à sa première résurrection. Comme le conclut <em>Vice</em>, <em>« peut-être que les hauts et les bas de la popularité du gif sont un miroir ironique du format lui-même, destiné à se répéter sans fin. »</em> En boucle, en boucle, en boucle.</p><iframe src="https://giphy.com/embed/t8XCE4i6qHvWbboRCo" width="480" height="263" frameborder="0" class="giphy-embed" allowfullscreen="allowfullscreen"> </iframe>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2022/01/20/comment-les-gifs-ont-ete-ringardises_6110306_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 20 Jan 2022 18:55:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Jean-Michel Blanquer à Ibiza : Twitter, soupape de décompression et terrain d’expression d’une colère sourde]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2022/01/13/0/0/5000/3333/664/0/75/0/d1fbf9b_5326677-01-06.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2022/01/13/0/0/5000/3333/1328/0/45/0/d1fbf9b_5326677-01-06.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2022/01/13/0/0/5000/3333/664/0/75/0/d1fbf9b_5326677-01-06.jpg 664w" alt="Des manifestants réclamaient la démission du ministre de l'éducation, lors du mouvement de grève nationale des enseignants, soutenu par les parents d'élèves, le 13 janvier 2022 (ici à Marseille)." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2022/01/13/0/0/5000/3333/664/0/75/0/d1fbf9b_5326677-01-06.jpg" alt="Des manifestants réclamaient la démission du ministre de l'éducation, lors du mouvement de grève nationale des enseignants, soutenu par les parents d'élèves, le 13 janvier 2022 (ici à Marseille)." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Des manifestants réclamaient la démission du ministre de l'éducation, lors du mouvement de grève nationale des enseignants, soutenu par les parents d'élèves, le 13 janvier 2022 (ici à Marseille). CLEMENT MAHOUDEAU / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph"><em>« Monsieur le ministre, c’est des vagues qu’on entend derrière vous ? »</em> Cette question, ce n’est pas <em>Le Parisien</em> qui l’a posée à Jean-Michel Blanquer <a href="https://www.leparisien.fr/societe/covid-19-a-lecole-tests-capteurs-co2-le-protocole-sanitaire-devoile-par-jean-michel-blanquer-02-01-2022-AHXD7DWDPJC7FIQJLUZT25I5VY.php?ts=1642457997514" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">lors d’un entretien publié le 2 janvier sur le protocole sanitaire à la veille de la rentrée scolaire</a>, réalisé alors que le ministre était encore en vacances à Ibiza, aux Baléares (Espagne). Cette question, c’est un internaute sur Twitter qui l’a imaginée avec malice, quelques heures à peine <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/170122/omicron-blanquer-annonce-le-nouveau-protocole-dans-les-ecoles-depuis-ibiza" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">après les révélations de <em>Mediapart</em></a> sur ce lieu de villégiature. Révélations qui sont venues bousculer encore un peu plus un ministre de l’éducation, déjà fragilisé par sa gestion de la crise sanitaire à l’école.</p><p class="article__paragraph">Dès la publication de cette information, qui a vivement fait réagir des professeurs, lesquels ont <a href="https://www.lemonde.fr/societe/live/2022/01/13/greve-du-13-janvier-a-l-ecole-suivez-notre-journee-speciale_6109267_3224.html">manifesté en nombre jeudi</a>, ainsi que des parents d’élèves dont les enfants ont dû subir <a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/01/13/protocole-sanitaire-a-l-ecole-19-modifications-des-regles-en-moins-de-deux-ans_6109359_4355770.html">dix-neuf modifications de protocole en deux ans</a>, le réseau social a fait office, mardi 18 janvier, de soupape de décompression face au chaos organisationnel et communicationnel du gouvernement. Non sans créativité ni espièglerie.</p><h2 class="article__sub-title">Impréparation hasardeuse</h2><p class="article__paragraph">Sur les réseaux sociaux, tout va parfois très vite. D’habiles internautes ont notamment rapidement modifié une capture d’écran de la page Wikipédia consacrée au ministre de l’éducation, l’amendant – sans que la page Web originale soit toutefois changée – à grands coups de <em>« jet-setteur, haut fonctionnaire et télétravailleur des Baléares »</em>.</p><p class="article__paragraph">Au-delà du ministre, c’est tout un gouvernement, qui tentait jusque-là de faire bloc derrière M. Blanquer, qui a été la cible de moqueries, à l’instar du porte-parole, Gabriel Attal :</p><p class="article__paragraph">Autre source intarissable de moqueries sur Twitter, le désormais fameux protocole sanitaire dans les écoles. Depuis le 3 janvier, lorsqu’un cas de Covid-19 est rapporté, tous les écoliers de la classe concernée doivent se soumettre à trois tests de dépistage du SARS-CoV-2 pour pouvoir revenir en classe.</p><p class="article__paragraph">A l’origine, le premier de ces trois tests devait être antigénique ou PCR, avant deux autotests. Puis, face au tollé suscité, <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2022/01/10/jean-castex-annonce-une-simplification-du-protocole-sanitaire-dans-les-ecoles_6108934_823448.html">le gouvernement a annoncé, le 10 janvier, que les trois vérifications pouvaient être effectuées par autotests</a>, écourtant les files d’attente devant les pharmacies mais n’allégeant pas pour autant la charge des parents et des enseignants. Des changements soudains dans lesquels beaucoup voient l’impréparation, voire l’incompétence du gouvernement, imaginant en réaction des protocoles sanitaires alambiqués.</p><h2 class="article__sub-title">Nouvelle mobilisation prévue pour jeudi</h2><p class="article__paragraph">Le réseau social pouvait aussi être mardi le lieu d’une colère plus sourde, parfois dénuée de tout amusement. Certains ont ainsi tenu à rapporter leur quotidien, plongés dans la préparation d’une rentrée de janvier perturbée par la cinquième vague de Covid-19 et le très contagieux variant Omicron, alors que Jean-Michel Blanquer était en vacances.</p><p class="article__paragraph">Alors que le gouvernement a voulu jouer l’apaisement après la grève massive de l’éducation nationale le 13 janvier – suivie par 38,4 % des enseignants du premier degré, selon le ministère et 75 % selon les syndicats –, cette dernière sortie médiatique pourrait bien constituer un argument de plus en faveur d’une <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/01/17/crise-sanitaire-nouvel-appel-a-la-greve-jeudi-dans-les-ecoles-colleges-et-lycees_6109807_3224.html">nouvelle journée de mobilisation, déjà annoncée pour jeudi</a>.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2022/01/18/jean-michel-blanquer-a-ibiza-twitter-soupape-de-decompression-et-terrain-d-expression-d-une-colere-sourde_6109971_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 18 Jan 2022 17:09:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Les mères, grandes absentes des photos de famille]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2022/01/14/0/0/2304/1536/664/0/75/0/f83728a_73802726-juliane-liebermann-o-rku3aqnsw-unsplash.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2022/01/14/0/0/2304/1536/1328/0/45/0/f83728a_73802726-juliane-liebermann-o-rku3aqnsw-unsplash.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2022/01/14/0/0/2304/1536/664/0/75/0/f83728a_73802726-juliane-liebermann-o-rku3aqnsw-unsplash.jpg 664w" alt="" width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2022/01/14/0/0/2304/1536/664/0/75/0/f83728a_73802726-juliane-liebermann-o-rku3aqnsw-unsplash.jpg" alt="" /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">JULIANE LIEBERMAN / UNSPLASH</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Dans son engagement féministe, Laura Vallet a une pratique simple : compter la place des femmes dans les différents pans de la société. Dans son métier, la bibliothécaire, spécialisée en littérature jeunesse et <a href="https://lalicorneetsesbouquins.wordpress.com/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">blogueuse sur ce thème</a>, compte régulièrement la part de filles et de garçons dans les fictions, questionnant la façon dont chacun est représenté. Dans son intimité, la mère de famille de 35 ans a récemment compté ses apparitions dans l’album familial.</p><p class="article__paragraph"><em>« Sur les 450 photos que j’ai triées, mon mari apparaît deux fois plus que moi aux côtés de nos enfants »</em>, souligne la mère d’un garçon de 9 ans et d’une fille de 6 ans, qui apparaît seulement une fois toute seule. <em>« J’ai ressenti un profond agacement de ne figurer sur aucune photo du quotidien alors que j’en fais autant partie »</em>, commente Laura, qui apparaît principalement sur <em>« les photos rituelles »</em> réalisées chaque année par un tiers sur leur lieu de mariage.</p><p class="article__paragraph">Vécu intime ou énième manifestation de la charge mentale et émotionnelle qui incombe le plus souvent aux femmes ? Pour corroborer son intuition, Laura a publié, lundi 3 janvier, sur Twitter, une question laconique : <em>« Mères de famille : on vous prend en photo, vous ? »</em> Près de 400 réponses, comme autant de <em>« moi non plus »</em>. <em>« Ça a résonné chez beaucoup de femmes, je ne m’y attendais pas »</em>, confie-t-elle.</p><p class="article__paragraph"><em>« Dès lors que l’on soulève un sujet, on fait émerger une nouvelle réalité de la charge mentale et émotionnelle »</em>, constate-t-elle, évoquant, dans le cas précis, <em>« le fait de prendre des photos, de les trier, de créer des albums pour permettre à la famille de se construire son récit familial »</em>.</p><p class="article__paragraph">Pour Illana Weizman, sociologue et autrice de <em>Ceci est mon post-partum</em> (Marabout, 2021), cette illustration de la charge émotionnelle est loin d’être anodine. <em>« Ça participe à la charge qui incombe aux mères dans à peu près tous les domaines de la parentalité, aux émotions, aux souvenirs »</em>, estime la militante féministe sur le site <a href="https://www.madmoizelle.com/vous-avez-remarque-a-quel-point-les-meres-ne-sont-pas-sur-les-photos-de-famille-1229347" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Madmoizelle</a>, selon qui l’engouement autour de ce tweet met en lumière <em>« un système où la mère est toujours lésée, où elle doit toujours penser à tout. »</em></p><p class="article__paragraph">Un constat partagé par Claudine Veuillet-Combier et Emmanuel Gratton, psychologues et chercheurs à l’université d’Angers et auteurs de<em> Photographies de familles contemporaines, perspectives croisées entre sociologie et psychanalyse</em> (Presses universitaires de Rennes, 2021). <em>« On observe que ce sont souvent les femmes qui gèrent le patrimoine familial, qui prennent les photos, les classent, les commentent et les partagent »</em>, analyse Claudine Veuillet-Combier, interrogée par <a href="https://www.franceinter.fr/societe/ces-femmes-qui-se-rendent-compte-qu-elles-n-apparaissent-jamais-sur-les-photos-de-famille" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">France Inter</a>.</p><p><strong>Il vous reste 57.54% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.</strong></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2022/01/15/les-meres-grandes-absentes-des-photos-de-famille_6109567_4832693.html</link>
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      <pubDate>Sat, 15 Jan 2022 05:33:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[La crevette, championne de l’opposition à Jair Bolsonaro]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2022/01/05/0/0/5472/3648/664/0/75/0/7b107e3_672ceba91e4c4cd59c3effb7c4594614-672ceba91e4c4cd59c3effb7c4594614-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2022/01/05/0/0/5472/3648/1328/0/45/0/7b107e3_672ceba91e4c4cd59c3effb7c4594614-672ceba91e4c4cd59c3effb7c4594614-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2022/01/05/0/0/5472/3648/664/0/75/0/7b107e3_672ceba91e4c4cd59c3effb7c4594614-672ceba91e4c4cd59c3effb7c4594614-0.jpg 664w" alt="Jair Bolsonaro à sa sortie de la clinique Vila Nova Star de Sao Paulo, le 5 janvier 2022." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2022/01/05/0/0/5472/3648/664/0/75/0/7b107e3_672ceba91e4c4cd59c3effb7c4594614-672ceba91e4c4cd59c3effb7c4594614-0.jpg" alt="Jair Bolsonaro à sa sortie de la clinique Vila Nova Star de Sao Paulo, le 5 janvier 2022." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Jair Bolsonaro à sa sortie de la clinique Vila Nova Star de Sao Paulo, le 5 janvier 2022. MARCELO CHELLO / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">En janvier 2002, le président George W. Bush, s’évanouissait l’espace d’un instant, <a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/2002/01/15/le-president-bush-victime-d-un-bref-evanouissement_4224223_1819218.html">estourbi par un bretzel</a>. Vingt ans plus tard, c’est au tour du président brésilien, Jair Bolsonaro, de connaître un début d’année… difficile. Il a entamé l’année 2022 par un séjour express à l’hôpital privé de Vila Nova Star de Sao Paulo, cloué au lit par sa goinfrerie et un système digestif fragile. Depuis qu’il a été <a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/09/06/bresil-le-candidat-d-extreme-droite-a-la-presidentielle-legerement-blesse-a-l-arme-blanche_5351425_3222.html">poignardé à l’intestin en septembre 2018</a>, en pleine campagne pour l’élection présidentielle, M. Bolsonaro a subi au moins quatre opérations chirurgicales du système digestif. La dernière remonte au mois de juillet 2021.</p><p class="article__paragraph">Hospitalisé en urgence tôt lundi matin, il a obtenu son « bon de sortie », mercredi. Atteint d’une obstruction partielle du transit intestinal, le chef de l’Etat s’est rétabli sans avoir eu besoin d’être opéré. Mais son chirurgien Antonio Luiz Macedo, qui l’a opéré à plusieurs reprises depuis l’attentat, a rappelé dans <a href="https://oglobo.globo.com/politica/estou-morrendo-coisa-esta-ruim-disse-bolsonaro-ao-medico-sobre-dor-que-sentiu-da-obstrucao-intestinal-antes-da-internacao-2-25342549" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un entretien au journal <em>O Globo</em></a> que son patient s’est retrouvé à l’hôpital à cause d’<em>« une crevette avalée sans être mâchée »</em> dimanche.</p><p class="article__paragraph">Cette information a mis en joie les opposants au président d’extrême droite. Sur les réseaux sociaux, certains affirment que ces petits crustacés boulottés par Bolsonaro sont <em>« antifascistes »</em>, comme l’écrit le site d’information <em><a href="https://www.poder360.com.br/midia/motivo-de-internacao-de-bolsonaro-vira-meme-nas-redes-sociais/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Poder360</a>.</em> Aquiles Lins, un journaliste du site d’information de gauche <em>Brasil24/7</em> a publié un tweet montrant le crustacé, prêt à <em>« commencer la révolution ».</em></p><p class="article__paragraph">Certains, comme le blog satirique <em><a href="https://blogs.oglobo.globo.com/sensacionalista/post/se-camarao-causou-internacao-de-bolsonaro-imagina-lula-diz-especialista.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Sensacionlista</a>,</em> n’ont pas résisté au jeu de mot basé sur le nom de l’ancien président Luiz Inácio Lula da Silva… En portugais, Lula signifie <em>« calamar »</em>.</p><p class="article__paragraph"><em>« Depuis, la crevette a été érigée en héros national et symbole de l’antifascisme, et fleurit un nombre infini de blagues, de logos et divers visuels détournés »</em>, écrit sur Twitter Barbara Serrano, maîtresse de conférence à l’Université Paris Saclay.</p><p class="article__paragraph">A l’image de <em>Sensacionalista</em> qui a repris une célèbre affiche datée des années 1970 en remplaçant le slogan <em>« Soit un marginal, sois un héros »</em>, par <em>« Sois une crevette, soit un héros »</em>.</p><p class="article__paragraph">La députée communiste Alice Portugal s’est contentée d’écrire : <em><em>« Il y a des choses qu’ils [les supporteurs de Bolsonaro] ne digèrent pas. »</em></em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2022/01/07/la-crevette-championne-de-l-opposition-a-jair-bolsonaro_6108613_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2022/01/07/la-crevette-championne-de-l-opposition-a-jair-bolsonaro_6108613_4832693.html</guid>
      <pubDate>Fri, 07 Jan 2022 18:01:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[En Ecosse, les victimes des chasses aux sorcières bientôt officiellement innocentées]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Elles furent accusées de gâcher les récoltes, de se changer en animaux pour commettre leurs méfaits, voire de danser avec le diable. En Europe, entre le XVI<sup>e</sup> et le XVIII<sup>e</sup> siècle, des milliers de femmes et, plus rarement, d’hommes ont été jugés pour sorcellerie. De façon quasi systématique, ces procès aboutissaient à une condamnation à mort. Les historiens parlent de <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2017/09/30/le-grand-retour-des-sorcieres_5193952_3232.html">200 000 procès en sorcellerie</a> et de 50 000 à 100 000 femmes brûlées.</p><p class="article__paragraph">En Ecosse, la chasse aux sorcières a été particulièrement virulente. <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2019-10-03/the-witch-hunts-of-scotland-mapped" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Selon un article de <em>CityLab</em></a>, publié en octobre 2019, le nombre de personnes accusées de sorcellerie y est <em>« quatre à cinq fois supérieur à la moyenne européenne »</em>. Aujourd’hui, près de trois siècles après l’abrogation du Witchcraft Act (loi sur la sorcellerie), en 1736, des militants sont sur le point d’obtenir des excuses officielles au nom des quelque 3 837 personnes – dont 84 % des femmes – jugées pour sorcellerie. On estime qu’environ deux tiers d’entre elles ont péri sur le bûcher.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.thetimes.co.uk/article/scotland-prepares-pardon-for-the-witches-it-executed-mf6txwc0v" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Le <em>Sunday Times</em> rapporte</a> qu’après une campagne de deux ans menée par le groupe des <a href="https://www.witchesofscotland.com/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Sorcières d’Ecosse</a>, un projet de loi visant à innocenter les accusés a été déposé au Parlement écossais et a obtenu le soutien du gouvernement dirigé par la première ministre Nicola Sturgeon. <em>« Il est juste que ce tort soit réparé, que ces personnes qui ont été criminalisées, pour la plupart des femmes, soient pardonnées »</em>, a commenté la députée Natalie Don, à l’origine de ce texte, qui devrait être voté d’ici l’été 2022.</p><p class="article__paragraph">En 2001, une initiative similaire a permis à la Chambre des représentants du Massachusetts, aux Etats-Unis, de proclamer l’innocence des victimes des procès des sorcières de Salem. Entre 1692 et 1693, cette série de procès a entraîné l’arrestation d’une centaine de personnes ainsi que l’exécution de quatorze femmes et de six hommes.</p><p class="article__paragraph">En Ecosse, les procès de sorcellerie commencèrent après le vote du Witchcraft Act, en 1563. Avant cette date, quelques jugements sont attestés, mais ils sont rares. La première chasse aux sorcières débuta en 1590. Le roi d’Ecosse Jacques VI, qui deviendra par la suite Jacques I<sup>er</sup> d’Angleterre, se rendit en bateau à Copenhague pour rencontrer sa future épouse, la princesse Anne, la sœur du roi du Danemark. Au retour, le navire fut pris dans une tempête. On accusa différentes personnes d’avoir tenté de faire sombrer le navire du roi. Finalement, plus d’une centaine de supposées sorcières furent arrêtées à North Berwick, une ville portuaire du nord-est de l’Ecosse. Beaucoup avouèrent sous la torture avoir rencontré le diable et cherché à tuer le roi. Environ 70 personnes furent jugées.</p><p class="article__paragraph">Jacques VI s’est particulièrement intéressé à la question. Il a même rédigé un traité, <em><a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Daemonologie#cite_note-1" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Daemonologie</a></em>, en 1597, dans lequel il encourage la chasse aux sorcières :</p><p class="article__cite">« L’inquiétante abondance, dans notre pays, à notre époque, de ces détestables esclaves du diable, les sorcières et les enchanteurs, m’incite à vous écrire cette note (…) pour éliminer le doute (…) que de telles attaques de Satan sont assurément pratiquées, et que ses instruments méritent la punition la plus sévère. »</p><p class="article__paragraph">Au fil du temps, l’intérêt du roi pour le sujet s’est étiolé. Malgré tout, plusieurs grandes séries de procès se sont déroulées pendant le reste de son règne et bien après.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.theguardian.com/uk-news/2021/dec/19/executed-witches-scotland-pardons-witchcraft-act" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Le <em>Guardian</em> cite</a> d’autres cas bien connus de procès en sorcellerie. Celui de Lilias Adie, par exemple, accusée notamment d’avoir jeté un sort à un voisin pour lui provoquer la gueule de bois. Condamnée à mort, elle succombe en prison en 1704. Issobell Young, elle, a été jugée, étranglée puis brûlée sur le bûcher en 1629. Un garçon d’écurie l’avait accusée de s’être transformée en hibou et d’avoir participé à des sabbats.</p><p class="article__paragraph">Le site des Sorcières d’Ecosse souligne que les attributs traditionnellement associés aux sorcières – balais, chaudrons, chats noirs et chapeaux noirs pointus – étaient également donnés aux <em>alewives</em>, le nom des femmes qui brassaient de la bière. Le balai servait à informer les consommateurs que de la bière était en vente, le chaudron à la fabriquer, le chat à éloigner les souris et le chapeau à les distinguer au marché.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/12/20/en-ecosse-les-victimes-des-chasses-aux-sorcieres-bientot-officiellement-innocentees_6106826_4832693.html</link>
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      <pubDate>Mon, 20 Dec 2021 17:02:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Bros’, restaurant italien étoilé au Michelin, étrillé dans une critique devenue virale]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">C’est une critique à la tronçonneuse, à la hauteur de sa déception. Geraldine DeRuiter, une blogueuse américaine de Seattle, a publié un compte rendu acide de son repas avec sept de ses amis chez Bros’, <a href="https://guide.michelin.com/fr/fr/puglia/lecce/restaurant/bros" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un restaurant étoilé par le Guide Michelin</a>, tenu par Floriano Pellegrino et Isabella Poti à Lecce, dans les Pouilles, en Italie, le 29 octobre.</p><p class="article__paragraph">Le titre de son récit, publié le 8 décembre, annonce la couleur, dézinguant <em>« <a href="https://everywhereist.com/2021/12/bros-restaurant-lecce-we-eat-at-the-worst-michelin-starred-restaurant-ever/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">le pire restaurant étoilé Michelin de tous les temps</a> »</em>. Repéré par Helen Rosner, chroniqueuse culinaire du <em>New Yorker,</em> qui l’a partagé sur Twitter, le texte, au vitriol, est vite devenu viral.</p><h2 class="article__sub-title">« Tout avait un goût de poisson »</h2><p class="article__paragraph">Il faut reconnaître que Geraldine DeRuiter n’y va pas avec le dos de la cuillère. Elle décrit la salle de Bros’ comme un <em><em>« bunker souterrain où l’on s’attendrait à être interrogé après la disparition du fils de l’ambassadeur ».</em></em> Elle évoque ensuite une succession de… 27 plats, qui a duré plus de quatre heures.</p><p class="article__paragraph">Entre <em>« morceaux de papier comestibles »</em> et <em>« verres de vinaigre »</em>, <em>« il n’y avait rien approchant d’un vrai repas »</em>, note-t-elle. <em>« Tout avait un goût de poisson, même les plats sans poisson. Et presque tout, y compris les nouilles, qui étaient de loin le plat le plus copieux (…) était servi froid. »</em> <a href="https://www.pellegrinobrothers.it/en/bros/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">La carte du restaurant</a> ne propose pourtant qu’un menu en huit plats, à 130 euros par personne et un menu dégustation en treize plats, à 200 euros par personne.</p><p class="article__paragraph">Dans sa critique, elle se demande si elle n’a pas la berlue. <em>« J’ai vérifié sur Trip Advisor. Certains (…) ont eu de la viande, des raviolis et plus d’une tranche de pain »</em>. Sur <a href="https://www.tripadvisor.com/Restaurant_Review-g194791-d9725946-Reviews-Bros-Lecce_Province_of_Lecce_Puglia.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Trip Advisor</a>, justement, les commentaires font le grand écart entre la <em>« Véritable expérience culinaire »</em>, ou une <em>« Nourriture brillante,</em> [un] <em>service brillant,</em> [qui] <em>mérite 10 points »</em> et un <em>« RÉPUGNANT ! A EVITER A TOUT PRIX ! »</em> ou encore un client se demandant <em>« comment ils obtiennent une étoile Michelin ».</em> Dans son billet, Geraldine DeRuiter feint de chercher des excuses au restaurant :</p><p class="article__cite"><em>« Peut-être que le personnel a manqué de nourriture ce soir-là. Peut-être ont-ils confondu notre table avec celle de leur ex-amant. Peut-être qu’ils étaient ivres… »</em></p><h2 class="article__sub-title">Un dessert dans la bouche du chef</h2><p class="article__paragraph">Elle décrit un personnel qui contribue à la bizarrerie de l’expérience : <em>« Les serveurs ne vous expliqueront pas ce qui se passe. Ils ne le feront pas en italien. Ils ne le feront pas en anglais ».</em> Ils ne tiendront pas plus compte des allergies des convives.</p><p class="article__paragraph">Cerise sur le gâteau, le « dessert » : une mousse d’agrumes, servie dans un récipient en plâtre représentant… la bouche du chef Floriano Pellegrino. <em>« En l’absence d’ustensiles, on nous a dit de lécher</em> [la mousse] <em>dans la bouche du chef »</em>. Le « récipient » – appelé Limoniamo Floriano – est aussi vendu, <a href="https://www.pellegrinobrothers.it/en/product/limoniamo-floriano/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">moyennant 58 euros, dans la boutique du restaurant</a>. A la fin du repas, Lisa Paasche, une des convives, qui <em>« tremblait légèrement à cause de l’hypoglycémie »,</em> a fini par s’écrier : <em>« Putain, ils ne nous ont pas nourris. »</em></p><p class="article__paragraph">Puis vient la douloureuse. <em>« Le repas a coûté trois fois plus cher que tout ce que nous avons pu manger pendant notre voyage »,</em> note Geraldine. <em>« Ne mangez pas ici. Je ne le dirai jamais assez. C’est à lui seul l’un des pires gaspillages d’argent de toute ma carrière d’écrivain gastronomique et de voyageur »,</em> conclut-elle.En guise de souvenirs, Geraldine et ses amis sont repartis avec des ballons gonflables floqués au nom du restaurant et une photo Polaroid avec le chef, Floriano Pellegrino, que Lisa Paasche a publié esur Twitter.</p><h2 class="article__sub-title">La critique est facile, l’art est difficile</h2><p class="article__paragraph">Après la publication de cette critique, le chef italien a été sollicité par le Today Show (de la chaîne NBC), pour un droit de réponse. Il a publié une « <a href="https://www.documentcloud.org/documents/21152082-declaration-by-chef-floriano-pellegrino" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">déclaration</a> » de trois pages, qui n’a pas manqué de faire glousser Geraldine : <em>« C’EST AUSSI RIDICULE QUE VOUS AURIEZ ESPÉRÉ »</em>, a-t-elle écrit sur Twitter, en majuscules.</p><p class="article__paragraph">Dans son explication, Floriano Pellegrino essaie de remettre les choses… à plat. <em>« Qu’est-ce que l’art ? Et la nourriture ? Qu’est-ce qu’un chef ? Qu’est-ce qu’un client ? Qu’est-ce que le bon goût ? Qu’est-ce qui est beau ? Qu’est-ce qu’un homme sur un cheval ? »,</em> poursuit-il, dans une démonstration qui s’appuie sur la comparaison entre la cuisine et l’art (et, en l’occurrence, sur plusieurs représentations de cavaliers, d’un simple dessin à une peinture plus abstraite).</p><p class="article__paragraph"><em>« L’art contemporain ne vous donne pas de réponses, mais vous propose de grandes questions. La cuisine contemporaine devrait faire de même. Un chef ne doit pas offrir des réponses faciles, mais vous mettre au défi avec des questions intéressantes.</em> (…) <em>Ici, chez Bros’, nous nous efforçons chaque jour d’être avant-gardistes »,</em> justifie-t-il.</p><p class="article__paragraph">Dans un article publié mardi 14 décembre, <a href="https://www.instagram.com/lucaiaccarinoto/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Luca Iaccarino, qui <em>« mange, voyage et écrit »</em></a> pour le <em><a href="https://www.corriere.it/cook/news/21_dicembre_14/peggior-ristorante-stellato-sempre-caso-bros-diritto-critica-replica-7e736700-5c3e-11ec-bffd-a5b591fe54d1.shtml" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Corriere della Sera</a>,</em> essaie de concilier les différents points de vue. Il rappelle que Floriano Pellegrino et Isabella Poti sont <em>« les enfants terribles de la cuisine »</em> italienne – en mai, <em><a href="https://www.repubblica.it/il-gusto/2021/05/31/news/a_floriano_pellegrino_e_isabella_poti_il_premio_l_innovazione_in_cucina-303400152/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">La Reppublica</a></em> décrivait leur cuisine comme un mélange d<em>e « créativité, d’avant-garde et d’imagination et de traditions »</em> –, qui <em>« ont fait de la provocation leur mode de vie, pas seulement en cuisine ».</em></p><p class="article__paragraph">Il ajoute que les provocateurs doivent admettre qu’ils peuvent scandaliser, et donne en cela raison à Geraldine DeRuiter. <em>« Son avis était brillant, raisonné, pas comme ceux qui mettent un point sur Tripadvisor car ils n’ont pas trouvé de place »</em>, écrit le critique italien.</p><p class="article__paragraph">Mais il n’est pas dupe non plus. En s’en prenant à Bros’, à Floriano Pellegrino et Isabella Poti, la blogueuse américaine créée la polémique à peu de frais surun étoilé Michelin. <em>« A mon humble avis, la méthode Michelin (…) c’est comme la démocratie : ce n’est pas le système parfait, mais le meilleur que je connaisse »,</em> estime Iaccarino.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://guide.michelin.com/fr/fr/puglia/lecce/restaurant/bros" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Sur son site, le Michelin explique avoir attribué son étoile à Bros’</a>en raison de ses <em>« plats innovants et surprenants, auxquels la touche finale est souvent apportée à table dans un esprit théâtral ».</em> Et de prévenir : <em>« Une adresse aussi créative qu’exubérante ! »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/12/14/bros-restaurant-italien-etoile-au-michelin-etrille-dans-une-critique-devenue-virale_6106055_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 14 Dec 2021 20:58:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[En Allemagne, tomber en sortant du lit pour faire du télétravail est désormais considéré comme un accident du travail]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">La scène est devenue d’une grande banalité avec la pandémie de Covid-19, mais elle se passe plusieurs mois avant que le monde ne commence à se confiner, le 17 septembre 2018. Un Allemand sort de sa chambre à coucher pour se rendre dans son bureau, situé un étage plus bas, et commencer sa journée par un peu de télétravail.</p><p class="article__paragraph">Cet homme, dont l’histoire est relatée par plusieurs médias dont l’Agence France-Presse, est chef régional des ventes de R GmbH, la division voitures de sport de Volkswagen. Et il commence toujours ses journées de la même manière, allant travailler directement, sans passer par la case petit déjeuner, détail qui a son importance. Mais, ce jour-là, patatras : lorsqu’il emprunte l’escalier en colimaçon qui relie la chambre au bureau, il glisse, se casse une jambe et se fracture une vertèbre thoracique.</p><h2 class="article__sub-title">Trajet professionnel</h2><p class="article__paragraph">L’association professionnelle pour le commerce et la logistique des marchandises a refusé de couvrir cet accident. La victime ne l’a pas entendu de cette oreille et a saisi la justice. En première instance, le tribunal social d’Aix-la-Chapelle a considéré que son premier trajet matinal entre le lit et son bureau à domicile était un trajet professionnel, donc assuré comme un accident du travail.</p><p class="article__paragraph">En appel, le tribunal social d’État de Rhénanie-du-Nord-Westphalie l’a considéré comme un acte préparatoire qui précède uniquement l’activité réelle et a estimé qu’il n’était pas couvert par l’assurance.</p><p class="article__paragraph">Mais le 8 décembre, le <a href="https://www.bsg.bund.de/SharedDocs/Downloads/DE/Terminvorschauen/2021_43_Terminvorschau.pdf?__blob=publicationFile&amp;v=3" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Tribunal social fédéral</a> (Bundessozialgericht, abrégé en BSG, situé à Kassel), qui traite du droit social en Allemagne et est l’une des cinq juridictions suprêmes allemandes, a confirmé la décision initiale du tribunal social. Tomber en sortant du lit en se rendant à son bureau pour faire du télétravail peut bien être considéré comme un accident du travail.</p><p class="article__paragraph">Le BSG a déclaré que <em>« le premier trajet matinal du lit au bureau à domicile</em> [était] <em>un itinéraire de travail assuré »</em>. Il a estimé que : <em>« Le plaignant a subi un accident de travail lorsqu’il est tombé en se rendant à son bureau à domicile le matin. »</em> Ce jugement prend toute sa signification en raison du recours accru au télétravail en Allemagne pour faire face à l’épidémie de Covid-19.</p><h2 class="article__sub-title">« La couverture d’assurance s’exécute »</h2><p class="article__paragraph">Le <a href="https://www.bsg.bund.de/SharedDocs/Pressemitteilungen/DE/2021/2021_37.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">BSG explique dans un communiqué</a> que sa décision <em>« sert à la sécurité et à la protection de la santé des employés lors de l’aménagement et de l’exploitation des lieux de travail ».</em> Le tribunal ajoute que <em>« si l’activité assurée est exercée au domicile de l’assuré ou en un autre lieu, la couverture d’assurance s’exécutedans la même mesure que lorsque l’activité est exercée dans les locaux de l’entreprise »</em>.</p><p class="article__paragraph">Enfonçant le clou, le jugement précise que la loi s’applique aux <em>« postes de télétravail »</em>, qui sont des <em>« postes de travail informatiques installés en permanence par l’employeur dans l’espace privé des salariés »</em>.Reste la question du <em>« petit déjeuner »</em> mentionnée par le tribunal social fédéral, sans plus d’explication. Selon <a href="https://www.versicherungsbote.de/id/4904155/Gesetzliche-Unfallversicherung-Auch-Weg-vom-Bett-zum-Homeoffice-ist-versichert/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Versicherungsbote</a>, une publication spécialisée dans l’assurance, et <a href="https://stadt-bremerhaven.de/homeoffice-weg-vom-bett-ins-arbeitszimmer-ist-gesetzlich-unfallversichert/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un blogueur spécialisé dans la technologie</a>, il semble que pour le BSG le salarié n’est couvert que pour le trajet par lequel il se rend <em>« au travail »</em>, laissant penser qu’un crochet par la cafetière ou la théière pourrait annuler cette garantie.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/12/10/en-allemagne-tomber-en-sortant-du-lit-pour-faire-du-teletravail-est-desormais-considere-comme-un-accident-du-travail_6105594_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Dec 2021 18:45:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L’émission « Sesame Street », qui en est à son 4 591e épisode aux Etats-Unis, va accueillir sa première marionnette asiatique]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/11/15/0/0/5472/3648/664/0/75/0/caba880_a63332225b7d481b97c9c48bb0961451-a63332225b7d481b97c9c48bb0961451-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/11/15/0/0/5472/3648/1328/0/45/0/caba880_a63332225b7d481b97c9c48bb0961451-a63332225b7d481b97c9c48bb0961451-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/11/15/0/0/5472/3648/664/0/75/0/caba880_a63332225b7d481b97c9c48bb0961451-a63332225b7d481b97c9c48bb0961451-0.jpg 664w" alt="Ernie et Ji-Young, la nouvelle marionnette de « Sesame Street »." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/11/15/0/0/5472/3648/664/0/75/0/caba880_a63332225b7d481b97c9c48bb0961451-a63332225b7d481b97c9c48bb0961451-0.jpg" alt="Ernie et Ji-Young, la nouvelle marionnette de « Sesame Street »." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Ernie et Ji-Young, la nouvelle marionnette de « Sesame Street ». NOREEN NASIR / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Elle en est à son… 4 591<sup>e</sup> épisode. Depuis le 10 novembre 1969, l’émission éducative pour enfants <em>« Sesame Street »</em> de la chaîne PBS est devenue incontournable aux Etats-Unis, et plusieurs générations ont grandi, accompagnées par Toccata, Ernest et Bart, Macaron (<em><em>« Cookie Monster »</em></em>) ou Elmo.</p><p class="article__paragraph">Au fil des années, elle a abordé la tolérance, la diversité, <a href="https://youtu.be/Iph6Sj44Zpo" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’homoparentalité, en juin 2021</a>, mais aussi des catastrophes réelles telles que les <a href="https://youtu.be/EyC4lG0IliU" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">attentats du 11-Septembre</a> et l’ouragan Katrina (2005). Et, cinquante-deux ans après ses débuts, la série va accueillir Ji-Young, sa première marionnette américaine d’origine coréenne.</p><p class="article__paragraph">Agée de 7 ans, elle a deux passions : jouer de la guitare électrique et faire du skateboard. Elle fera ses débuts dans <em>« See Us Coming Together : A Sesame Street Special »</em>, une émission spéciale pour Thanksgiving, le 25 novembre.</p><p class="article__paragraph">Pour sa première apparition, elle ne se contentera pas de partager son amour pour le rock, le kickflip (une figure de skateboard) ou le tteokbokki (un plat coréen). L’émission suivra ses pérégrinations lors d’une « Fête des voisins » au cours de laquelle elle sera rejointe par d’autres célébrités d’origine asiatique, comme la star du tennis japonaise Naomi Osaka, l’actrice américaine d’origine indienne Padma Lakshmi ou l’acteur canadien d’origine chinoise Simu Liu.</p><h2 class="article__sub-title">Lutter contre le racisme antiasiatique</h2><p class="article__paragraph">Surtout, Ji-Young jouera un rôle dans la lutte contre les préjugés dont sont victimes les Asiatiques aux Etats-Unis : dans cet épisode, elle sera confrontée au racisme lorsqu’on lui dira de <em>« rentrer chez elle</em> [dans son pays]<em> »</em> (<em>« Go Home »</em>, une <a href="https://www.nbcnews.com/news/us-news/olympic-athlete-sakura-kokumai-targeted-anti-asian-rant-park-n1263616" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">insulte régulièrement utilisée</a> contre les Américains d’origine asiatique).</p><p class="article__paragraph">Son apparition intervient après près deux ans de violence accrue à l’égard de la communauté des Américains d’origine asiatique et des îles du Pacifique, à la suite, essentiellement, de l’apparition de la pandémie de Covid-19 qui a réanimé les préjugés antiasiatiques et a culminé <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/17/etats-unis-au-moins-huit-morts-apres-trois-fusillades-dans-des-salons-de-massage-a-atlanta-et-ses-environs_6073400_3210.html">avec trois fusillades</a> dans <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/19/aux-etats-unis-la-communaute-asiatique-sous-le-choc-apres-les-tueries-d-atlanta_6073676_3210.html">la région d’Atlanta</a>, en mars 2021.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://sesamestreetincommunities.org/activities/proud-of-your-eyes/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">En juin 2021, dans l’épisode « Proud of Your Eyes »</a>, Alan Muraoka, acteur américain d’origine japonaise qui, dans l’émission, possède le magasin Hooper’s Store, et la marionnette Wes étaient déjà venus en aide à Analyn, une jeune Américaine d’origine philippine qui avait été harcelée à cause de ses yeux bridés.</p><h2 class="article__sub-title">Création accélérée</h2><p class="article__paragraph">Dans un <a href="https://www.sesameworkshop.org/press-room/press-releases/sesame-workshop-introduces-new-sesame-street-muppet-and-announces-special" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">communiqué</a>, Kay Wilson Stallings, vice-présidente exécutive de la création et de la production de Sesame Workshop, la maison de production de la série, explique que la création de Ji-Young et la diffusion de cet épisode répondent aux objectifs que s’est fixés la série : <em>« donner aux enfants et aux familles, quelle que soit leur origine, les moyens de valoriser leur identité »</em>. Il s’inscrit aussi dans le cadre du projet <a href="https://www.sesameworkshop.org/press-room/press-releases/coming-together-standing-racism-cnnsesame-street-town-hall-kids-and" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Coming Together</a>, lancé en juin 2020 par la chaîne CNN et « Sesame Street », quelques jours après <a href="https://www.lemonde.fr/mort-de-george-floyd/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">le meurtre de George Floyd</a> par Derek Chauvin, un policier blanc, le 25 mai 2020.</p><p class="article__paragraph">Alors que la création de nouveaux personnages prend en général au moins deux ans, Ji-Young a vu le jour en quelques mois. Pour Kathleen Kim, qui va manipuler la marionnette, il était essentiel que Ji-Young ne soit pas victime d’une forme d’indifférenciation. Elle explique à l’agence Associated Press (AP) : <em>« C’est quelque chose que tous les Américains d’origine asiatique ont vécu. Ils</em> [les Américains] <em>nous rangent dans la case “asiatique”. Il était donc très important qu’elle soit spécifiquement américaine d’origine coréenne, pas seulement coréenne, mais qu’elle soit née ici. »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/11/16/l-emission-sesame-street-va-accueillir-sa-premiere-marionnette-asiatique_6102311_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/11/16/l-emission-sesame-street-va-accueillir-sa-premiere-marionnette-asiatique_6102311_4832693.html</guid>
      <pubDate>Tue, 16 Nov 2021 18:20:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les premiers tacos avec des piments de l’espace au menu de la Station spatiale internationale]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/11/03/0/0/5568/3712/664/0/75/0/655e888_226355825-iss066e023273-orig.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/11/03/0/0/5568/3712/1328/0/45/0/655e888_226355825-iss066e023273-orig.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/11/03/0/0/5568/3712/664/0/75/0/655e888_226355825-iss066e023273-orig.jpg 664w" alt="Thomas Pesquet posant avec l’un des poivrons cultivés dans la Station spatiale internationale, le 29 octobre 2021." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/11/03/0/0/5568/3712/664/0/75/0/655e888_226355825-iss066e023273-orig.jpg" alt="Thomas Pesquet posant avec l’un des poivrons cultivés dans la Station spatiale internationale, le 29 octobre 2021." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Thomas Pesquet posant avec l’un des poivrons cultivés dans la Station spatiale internationale, le 29 octobre 2021. NASA</figcaption></figure><p class="article__paragraph"><a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Taco_Tuesday" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Ce n’était pas mardi</a>, et pourtant, les astronautes de la Station spatiale internationale (ISS) ont eu droit à une soirée tacos, vendredi 29 octobre. Et pas n’importe quels tacos : des tacos de l’espace. Car, pour la première fois de l’histoire, en plus du bœuf, des tomates réhydratées et des artichauts, ils ont pu y intégrer des piments qu’ils ont fait pousser à bord de l’ISS, comme l’a tweeté l’astronaute américaine Megan McArthur.</p><p class="article__paragraph">Quelques heures plus tôt, <a href="https://twitter.com/ISS_Research/status/1454100673772019718" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">la Station spatiale internationale avait effectivement annoncé</a> sur son compte Twitter que les astronautes avaient cueilli leur première récolte de piments verts. Ces piments sont le résultat d’une expérience – « Plant Habitat-04 » – organisée par la NASA dans la station pendant près de quatre mois. <a href="https://images.nasa.gov/details-iss065e163669" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Après avoir été arrosés</a> pour lancer l’expérience le 12 juillet, les piments ont ensuite pu grandir dans <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/espace/systeme-solaire/un-nouveau-systeme-de-culture-pour-la-station-spatiale-internationale_111060" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un petit système de culture de la taille d’un four à micro-ondes.</a></p><p class="article__paragraph">Les piments choisis pour l’expérience sont des piments NuMex Española Improved, une variété hybride que l’on trouve généralement dans la région de la vallée de Hatch, dans le sud du Nouveau-Mexique, aux Etats-Unis.Après deux années à étudier les diverses possibilités, les chercheurs ont déterminé que <em>« ces poivrons formaient la meilleure combinaison en matière de performance et de saveur sur les près de deux douzaines testés »,</em> assurait Matt Romeyn, le responsable de cette opération, dans une vidéo mise en ligne par la NASA en juillet.</p><p class="article__paragraph">Comme le rappelle <a href="https://www.npr.org/2021/11/02/1051428046/astronauts-grew-green-chile-on-the-space-station-and-made-themselves-space-tacos?t=1635925816609" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">le site de la radio publique américaine NPR</a>, ce n’est pas la première fois que des astronautes parviennent à faire pousser des aliments dans l’espace : ils avaient ainsi réussi à <a href="https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2015/08/11/la-premiere-laitue-de-l-espace-au-menu-de-la-station-spatiale-internationale_5991374_4832693.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">récolter des laitues</a> et <a href="https://twitter.com/ISS_Research/status/1415345646001741824" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">des radis</a> par le passé. Selon Matt Romeyn, les chercheurs se limitent pour le moment <em>« à des cultures qui n’ont pas besoin de trop d’espace ou de traitement intensif ».</em></p><p class="article__paragraph">Pour autant, souligne-t-il, cette expérience était <em>« l’une des plus complexes jamais menées sur des plantes à bord de la station en raison de la longue période de germination des piments</em> [<a href="https://www.nasa.gov/mission_pages/station/research/experiments/explorer/Investigation.html#id=8276" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">qui va de dix à quatorze jours</a>] <em>et de la durée de leur croissance</em> [de quatre-vingt-dix à cent vingt jours]<em> »</em>. Si une partie des piments a bien été consommée par les astronautes (notamment pour avoir des retours sur leur goût), une autre sera analysée à son retour sur Terre. Une deuxième récolte est prévue pour le mois de décembre.</p><p class="article__paragraph">Si cette histoire de tacos de l’espace peut sembler anodine au premier abord, la NASA souligne qu’elle constitue une étape supplémentaire dans la planification de missions de longue durée, comme un voyage vers la Lune ou vers Mars. <em>« C’est important parce que la nourriture que les astronautes consomment doit être aussi bonne que le reste de leur équipement. Pour réussir à envoyer des gens vers Mars et à les ramener sur Terre, il faudra non seulement les aliments les plus nutritifs possibles, mais aussi ceux qui ont le meilleur goût »</em>, <a href="https://www.nasa.gov/feature/chile-peppers-start-spicing-up-the-space-station" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">expliquait ainsi LaShelle Spencer</a>, scientifique à la tête du projet, en juin dernier.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.nasa.gov/content/plant-habitat-04" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Dans une publication détaillant les objectifs de la mission</a>, la NASA rappelait ainsi que les plats préparés à l’avance finissent par perdre certains de leurs nutriments clés avec le temps, notamment la vitamine C, que l’on trouve en grande quantité dans… les piments testés. <em>« Faire pousser des végétaux pleins de couleurs dans l’espace peut avoir des bénéfices à la fois physiques et psychologiques sur le long terme »</em>, assurait par ailleurs Matt Romeyn, avant le début de l’expérience<em>. « Nous découvrons que faire pousser des plantes et des végétaux avec des couleurs et des odeurs aide au bien-être des astronautes. »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/11/03/les-premiers-tacos-avec-des-piments-de-l-espace-au-menu-de-la-station-spatiale-internationale_6100823_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 03 Nov 2021 16:39:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Les météorologistes à court de noms pour désigner les ouragans de l’année]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/11/03/166/0/2400/1599/664/0/75/0/e76f76e_423635818-000-9mr636.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/11/03/166/0/2400/1599/1328/0/45/0/e76f76e_423635818-000-9mr636.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/11/03/166/0/2400/1599/664/0/75/0/e76f76e_423635818-000-9mr636.jpg 664w" alt="L’image satellite de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) montre la tempête tropicale Nicholas, au large des côtes de l’Etat américain du Texas, le 13 septembre 2021." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/11/03/166/0/2400/1599/664/0/75/0/e76f76e_423635818-000-9mr636.jpg" alt="L’image satellite de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) montre la tempête tropicale Nicholas, au large des côtes de l’Etat américain du Texas, le 13 septembre 2021." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">L’image satellite de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) montre la tempête tropicale Nicholas, au large des côtes de l’Etat américain du Texas, le 13 septembre 2021. HANDOUT / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il y a eu plus d’ouragans en Atlantique en 2021 que de noms à leur attribuer. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a épuisé la liste des vingt et un noms dont elle dispose chaque année pour désigner ces phénomènes météorologiques. Pour la deuxième fois en deux ans et pour la troisième fois dans l’histoire, le dernier nom de la liste a été donné. Il a été attribué à la tempête subtropicale Wanda qui s’est formée samedi 30 octobre.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/09/07/irma-harvey-jose-comment-sont-nommes-les-ouragans_5182473_4355770.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">L’OMM tient, depuis 1953, six listes de vingt et un prénoms</a>, qu’elle attribue, par roulement annuel,aux ouragans. Ces tempêtes reçoivent leur nom par ordre alphabétique avec,depuis 1979, une alternance de prénoms féminins et masculins. Les noms commençant par les lettres Q, U, X, Y et Z sont exclus, considérés comme <em>« peu courants et difficiles à comprendre en anglais, espagnol, français ou portugais, langues parlées en Amérique du Nord, en Amérique centrale et dans les Caraïbes »</em>, explique le <em><a href="https://www.nytimes.com/2021/03/18/us/storms-greek-alphabet.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em>. Lorsqu’un ouragan est meurtrier ou coûteux, son nom disparaît de la liste, qui est alors modifiée. <em>« Il serait inconvenant d’utiliser son nom pour une autre tempête »</em>, justifie l’<a href="https://public.wmo.int/fr/d%C3%A9nomination-des-cyclones-tropicaux" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">OMM</a>. Ainsi, Katrina a été retirée de la liste, tout comme Irma, <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/09/06/irma-l-ouragan-le-plus-puissant-jamais-enregistre-dans-l-atlantique_5181793_3244.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’ouragan le plus puissant jamais enregistré dans l’Atlantique</a>.</p><p class="article__paragraph">Jusqu’au début des années 2000, la liste annuelle des noms était suffisante, écrit le <em><a href="https://www.washingtonpost.com/weather/2021/10/26/atlantic-hurricane-season-names-2021/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Washington Post</a></em>. <em>« Traditionnellement, le 19 novembre, nous nommons notre quatorzième tempête »,</em> a déclaré la météorologue de <a href="https://edition.cnn.com/2021/11/01/weather/weather-news-subtropical-storm-wanda-hurricane-update-drought-relief-aurora-wxn/index.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">CNN</a> Allison Chinchar. En 2005, pour la première fois, la liste a été épuisée. Cette année-là, vingt-sept tempêtes avaient été enregistrées, dont l’ouragan Katrina, qui avait provoqué la mort de plus de 1 800 personnes à La Nouvelle-Orléans (Louisiane). En 2020, un nouveau record de trente tempêtes a été enregistré. <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/09/23/il-y-a-tellement-d-ouragans-cette-annee-que-l-onu-a-epuise-les-prenoms-disponibles-pour-les-nommer_6053221_3244.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">La liste a donc été à nouveau épuisée</a>.</p><p class="article__paragraph">Il est <em>« probable que cette situation se reproduise à l’avenir »</em>, estimait l’OMM dans un <a href="https://public.wmo.int/fr/medias/communiqu%C3%A9s-de-presse/le-comit%C3%A9-des-ouragans-de-lomm-retire-des-noms-de-cyclones-tropicaux-et" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">communiqué,</a> en mars. Le comité des ouragans de l’OMM a, dans cette perspective, adopté une <a href="https://public.wmo.int/en/media/news/supplemental-list-of-tropical-cyclone-names-raiv" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">liste complémentaire</a> de noms en cas d’épuisement de la liste initiale, qui pourrait être utilisée dès cette année. La saison des ouragans atlantiques s’étend approximativement entre le 1<sup>er</sup> juin et le 30 novembre. Si un prochain ouragan se forme d’ici là, il devrait donc s’appeler Adria.</p><p class="article__paragraph">Comment expliquer cette accélération du nombre d’ouragans ? <em>« Les liens entre les ouragans et le changement climatique sont de plus en plus évidents,</em> rappelle le <em><a href="https://www.nytimes.com/article/tropical-storm-wanda-hurricane.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em>. <em>Si la planète se réchauffe, on peut s’attendre à ce que les ouragans soient plus forts au fil du temps et à ce que les tempêtes les plus puissantes soient plus fréquentes. »</em></p><p class="article__paragraph">Brian McNoldy, expert en ouragans pour la chaîne météorologique Capital Weather Gang, nuance cette explication dans le <em><a href="https://www.washingtonpost.com/weather/2021/10/26/atlantic-hurricane-season-names-2021/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Washington Post</a></em>.Selon lui, l’amélioration de la technologie des satellites météorologiques permet aussi de <em>« capter davantage de tempêtes “marginales” qu’il y a quelques décennies »</em>. Et donc de multiplier celles qui seront nommées, <em>« notamment de faibles tempêtes et de courte durée qui n’ont pas d’impact sur terre »</em>, précise le journal américain. C’est le cas de Wanda qui ne devrait pas avoir de répercussion sur terre, <a href="https://www.baynews9.com/fl/tampa/weather/2021/10/08/tracking-wanda" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">selon les prévisions météorologiques</a>.</p><p class="article__paragraph">Ces faibles tempêtes,nombreuses cette année, <em>« pourraient bien trouver leur origine dans le changement climatique causé par l’homme »</em>, admet toutefois M. McNoldy. Car <em>« un océan plus chaud pourrait expliquer que cet environnement qui aurait été peu propice à la formation de tempêtes il y a plusieurs décennies le devienne, marginalement, et que donc on commence à voir ces phénomènes apparaître à des endroits où ils n’existaient pas auparavant »</em>, note l’expert.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 03 Nov 2021 15:43:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Comment le « chemin de Traverse » de Harry Potter s’est retrouvé sur un panneau de circulation de Paris]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/10/29/0/0/1527/900/664/0/75/0/0228975_96210615-capture.PNG" srcset="https://img.lemde.fr/2021/10/29/0/0/1527/900/1328/0/45/0/0228975_96210615-capture.PNG 1328w, https://img.lemde.fr/2021/10/29/0/0/1527/900/664/0/75/0/0228975_96210615-capture.PNG 664w" alt="Le « Chemin de traverse », figurant sur une photo de mars 2021 de Google Street View." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/10/29/0/0/1527/900/664/0/75/0/0228975_96210615-capture.PNG" alt="Le « Chemin de traverse », figurant sur une photo de mars 2021 de Google Street View." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le « Chemin de traverse », figurant sur une photo de mars 2021 de Google Street View.</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Elle est à trois pas du lycée Diderot. La place Rhin-et-Danube, dans le 19<sup>e</sup> arrondissement de Paris, rend hommage à la 1<sup>re</sup> armée française, qui s’illustra pendant la seconde guerre mondiale lors de la campagne d’Italie, du débarquement de Provence, puis combattit sur le Rhin et le Danube. Mais depuis quelque temps – plusieurs mois ou années, nul ne sait vraiment – elle rend hommage, à sa façon, à la saga Harry Potter, de la romancière britannique J. K. Rowling.</p><p class="article__paragraph">Sur la photo de la place visible sur le site Google Street View, le panneau indicateur de la ville de Paris planté devant le Café parisien donne la direction de la piscine G. Hermant, du parc des Buttes-Chaumont, du cimetière de la Villette, du bureau de poste de la rue Goubet et du… « chemin de Traverse ». Légèrement de guingois, il pointe vers le ciel, sans donner de réelle direction.</p><h2 class="article__sub-title">Panneau déplacé à la demande du patron du café</h2><p class="article__paragraph">Mais au fil du temps, le panneau a fini par perdre de sa superbe : le chemin de Traverse est atteint de flaccidité et pointe vers le sol. Une vidéo mise en ligne le 26 octobre montre des agents de la ville de Paris en train de le remplacer par un nouveau panneau, flambant neuf, sous les rires des quelques personnes présentes.</p><p class="article__paragraph">L’auteur de la vidéo raconte qu’à l’origine, il s’agit d’<em>« une blague d’étudiants de cinéma »</em>. En effet, la Diagon Alley – le « chemin de Traverse », dans la traduction française – fait bel et bien référence à la célèbre ruelle où les sorciers viennent faire leurs achats. On y retrouve un assortiment de restaurants, magasins et d’autres curiosités. L’un des chemins d’accès se trouve derrière le pub pour sorciers connu sous le nom de Chaudron baveur (Leaky Cauldron).</p><p class="article__paragraph">Contactée <a href="https://actu.fr/ile-de-france/paris_75056/video-comment-un-panneau-vers-le-chemin-de-traverse-d-harry-potter-s-est-retrouve-a-paris_46005901.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">par ActuParis</a>, la Ville de Paris a expliqué pourquoi elle a procédé au remplacement du panneau. Un agent de la ville a cru <em>« qu’il s’agissait d’un panneau indiquant une promenade touristique »</em> ; il a alors <em>« pris l’initiative de signaler le panneau dégradé et de le faire changer »</em>. Et d’ajouter : <em>« Cela montre la réactivité des agents, qui ont fait leur travail rapidement, comme souvent d’ailleurs. »</em></p><p class="article__paragraph">La réalité est plus prosaïque. Selon <a href="https://www.bfmtv.com/paris/replay-emissions/bonsoir-paris/paris-un-faux-panneau-chemin-de-traverse-pris-au-serieux-par-la-mairie-de-paris_VN-202110270478.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">BFM Paris</a>, le panneau a été conçu par un collectif de street-art du 19<sup>e</sup> arrondissement, accroché il y a quelques années. <em><a href="https://www.lefigaro.fr/culture/les-sorciers-francais-ont-decouvert-un-chemin-de-traverse-dans-le-xixe-arrondissement-de-paris-20211029" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Le Figaro</a></em> rapporte qu’<em>« il y a plus d’un mois, le propriétaire du</em> [Café Parisien] <em>a demandé à la Mairie de Paris le déplacement du panneau qui encombrait sa terrasse »</em>. La voirie a refait le panneau à l’identique, y compris donc la direction du « chemin de Traverse », et l’a planté sur le terre-plein séparant les deux sens de la rue David-D’Angers. Le quotidien ajoute que le propriétaire du Café parisien a conservé le panneau. Sylia, sa fille, explique : <em>« Il fait partie du décor maintenant, tout le monde y est habitué, nous y comprit, on va l’exposer en hauteur. »</em></p><h2 class="article__sub-title">Moquerie des opposants à la maire de Paris</h2><p class="article__paragraph">Les opposants à Anne Hidalgo s’en sont donné à cœur joie, à coup de messages reprenant <a href="https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/05/le-hashtag-saccageparis-relance-le-debat-sur-la-proprete-de-la-capitale-francaise_6075604_4832693.html">le hashtag #SaccageParis</a>, régulièrement <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/10/11/a-paris-les-anti-hidalgo-passent-des-reseaux-sociaux-a-la-manifestation-classique_6097877_823448.html">utilisé par les adversaires de la maire socialiste de la capitale</a>. Le conseiller régional Pierre Liscia, porte-parole de Soyons libres, le mouvement de Valérie Pécresse, relaie la vidéo initiale agrémentée d’un <em>« Dites-moi que c’est un fake #SaccageParis ».</em></p><p class="article__paragraph">En retour, William The island, ancien candidat à l’émission de téléréalité The Island, lui répond : <em>« Vous utilisez ma vidéo pour des fins politiques avec le #SaccageParis alors que l’histoire en elle-même est plutôt mignonne #choupinou #mignon #ParisEstMagique #harrypotter #chemindetraverse. »</em></p><p class="article__paragraph">Au sens propre, l’expression « chemin de traverse » signifie « raccourci ». Dans <em>Madame Bovary,</em> Gustave Flaubert écrit, en 1857, <em>« Charles, à la neige à la pluie, chevauchait par les chemins de traverse ».</em> En 1933, Georges Simenon écrivait dans <em>Le Relais d’Alsace</em> : <em>« Quand on a choisi une route, on la suit, et l’on ne regarde pas les chemins de traverse avec envie… »</em>. Au sens figuré, elle signifie « expédient » : « Il est fréquent de prendre des chemins de traverse pour moins souffrir », écrivait Simone Pacot, dans <em>L’Evangélisation des profondeurs</em> (1997).</p><p class="article__paragraph"><em><a href="https://www.lepoint.fr/insolite/harry-potter-un-mysterieux-panneau-chemin-de-traverse-a-paris-28-10-2021-2449666_48.php" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Le Point</a></em> relève en tout cas que les <em>« employés municipaux n’ont pas mis le panneau dans un sens aléatoire. Ils l’ont dirigé vers un “vrai” chemin de traverse, une allée piétonne, ouverte aux vélos, de l’autre côté de la place » :</em> la rue Francis Ponge, écrivain et poète qui fréquenta le groupe surréaliste.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/10/29/comment-le-chemin-de-traverse-de-harry-potter-s-est-retrouve-sur-un-panneau-de-circulation-de-paris_6100361_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/10/29/comment-le-chemin-de-traverse-de-harry-potter-s-est-retrouve-sur-un-panneau-de-circulation-de-paris_6100361_4832693.html</guid>
      <pubDate>Fri, 29 Oct 2021 15:20:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La justice américaine accorde des droits aux hippopotames de Pablo Escobar]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/10/25/0/0/3744/2314/664/0/75/0/8b6c8dd_cad0b60b73ba45f28821325dd9fcd602-cad0b60b73ba45f28821325dd9fcd602-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/10/25/0/0/3744/2314/1328/0/45/0/8b6c8dd_cad0b60b73ba45f28821325dd9fcd602-cad0b60b73ba45f28821325dd9fcd602-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/10/25/0/0/3744/2314/664/0/75/0/8b6c8dd_cad0b60b73ba45f28821325dd9fcd602-cad0b60b73ba45f28821325dd9fcd602-0.jpg 664w" alt="Des hippopotames barbotant à la Hacienda Napoles, l’ancien ranch de Pablo Escobar, en février 2021." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/10/25/0/0/3744/2314/664/0/75/0/8b6c8dd_cad0b60b73ba45f28821325dd9fcd602-cad0b60b73ba45f28821325dd9fcd602-0.jpg" alt="Des hippopotames barbotant à la Hacienda Napoles, l’ancien ranch de Pablo Escobar, en février 2021." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Des hippopotames barbotant à la Hacienda Napoles, l’ancien ranch de Pablo Escobar, en février 2021. FERNANDO VERGARA / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Ses hippopotames sont une part de l’héritage de Pablo Escobar que personne ne s’empresse de revendiquer. Au début des années 1980, El Patrón, le baron de la drogue, a importé de manière illégale quatre hippopotames, pour agrémenter la ménagerie privée de son ranch en Colombie, la Hacienda Napoles. Mais après sa mort, le 2 décembre 1993, les autorités colombiennes ont décidé qu’il serait trop coûteux de les prendre en charge. Elles les ont tout simplement abandonnés à leur sort.</p><p class="article__paragraph">La nature étant généreuse, le troupeau a crû pour atteindre la taille respectable de 80 têtes : c’est désormais la plus grande colonie d’hippopotames hors d’Afrique. Mais ces bestiaux ont fini par devenir envahissants. Non contents de batifoler dans le ranch, ils se sont déplacés au gré de leurs envies et représentent une double menace pour l’environnement – leurs déjections modifient la chimie et les niveaux d’oxygène des cours d’eau – et les populations.</p><p class="article__paragraph">Sous ses airs débonnaires, ce pachyderme est tout sauf paisible : il défend jalousement son territoire et, à l’occasion, peut tuer des humains – 500 morts par an, soit cinq fois plus que le lion. Au point qu’une étude publiée en janvier par la revue scientifique <em><a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0006320720309812" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Biological Conservation</a></em> a recommandé l’abattage du troupeau de Don Pablo, l’un des nombreux surnoms de Pablo Escobar.</p><h2 class="article__sub-title">Empêcher la prolifération</h2><p class="article__paragraph">Domingo Gómez Maldonado, un avocat colombien, défenseur des animaux, ne l’entend pas de cette oreille. En juillet, il a déposé un recours devant la justice colombienne pour obtenir leur grâce. La Colombie reconnaît certains droits aux animaux : pour les tribunaux colombiens, ce sont des « êtres sensibles », comme le rappelait au printemps la juriste Macarena Montes Franceschini dans un article du <em><a href="https://www.jstor.org/stable/10.5406/janimalethics.11.1.0036" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Journal of Animal Ethics</a></em>.</p><p class="article__paragraph">En 2018, un tribunal colombien a même accordé, dans une décision historique, le statut de personne morale à une partie de la forêt amazonienne, contraignant le gouvernement colombien à mettre fin à la déforestation dans la région.</p><p class="article__paragraph">Les autorités colombiennes ont donc changé leur fusil d’épaule et opté pour une solution plus douce : la stérilisation. Après avoir castré de manière traditionnelle onze bestiaux, Cornare – l’organisation régionale de protection de l’environnement qui mène le projet – a choisi une autre méthode, <a href="https://www.cornare.gov.co/noticias-corporativas/inicia-piloto-experimental-de-inmunocastracion-con-gonacon-en-24-de-los-hipopotamos-del-magdalena-medio/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">la stérilisation chimique</a>, démarche soutenue financièrement et techniquement par les Etats-Unis. Néanmoins, l’organisation admet qu’elle tâtonne : <em>« Le processus reste complexe, puisque les experts suggèrent de donner trois doses, sur la base d’études et des comparaisons faites avec d’autres grands animaux, comme les chevaux. »</em></p><h2 class="article__sub-title">Loi permettant de réclamer une déposition américaine</h2><p class="article__paragraph">Depuis la mi-octobre, plus d’une vingtaine de ces mammifères ont reçu des fléchettes leur injectant du <a href="https://www.aphis.usda.gov/wildlife_damage/nepa/risk_assessment/11-gonacon.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">GonaCon</a>, un vaccin contraceptif mis au point par le ministère de l’agriculture américain. C’est la raison pour laquelle l’association <a href="https://aldf.org/article/animals-recognized-as-legal-persons-for-the-first-time-in-u-s-court/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Animal Legal Defense Fund (ALDF)</a> a saisi la justice américaine en application de <a href="https://www.law.cornell.edu/uscode/text/28/1782" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’article 1 782 du titre 28 du Code des Etats-Unis</a>. Cette loi fédérale permet à <em>« une personne intéressée »</em> de réclamer une déposition américaine dans un litige à l’étranger.</p><p class="article__paragraph">En l’espèce, il s’agissait de recueillir, au nom de la <em>« communauté d’hippopotames vivant dans la rivière Magdalena »,</em> l’avis des docteurs Elizabeth Berkeley et Richard Berlinski. Ces deux vétérinaires américains de l’ONG Animal Balance, spécialisés dans la stérilisation, ont été sollicités pour appuyer le recours de Domingo Gómez Maldonado contre l’utilisation du GonaCon. Ce contraceptif a été développé pour lutter contre la prolifération du cerf à queue blanche de Colombie (du nom du fleuve Columbia, aux Etats-Unis) avant d’être utilisé avec succès sur d’autres espèces… Mais il n’a pas été testé sur <em>Hippopotamus amphibius</em>.</p><p class="article__paragraph">A la place, les deux vétérinaires recommandent l’utilisation du PZP, un contraceptif utilisé avec succès chez les hippopotames dans les zoos. <em>« On ne sait pas si l’utilisation du</em> [GonaCon] <em>par le gouvernement colombien sera sûre et efficace, et on ne sait pas non plus combien d’hippopotames le gouvernement a encore l’intention de tuer »</em>, a écrit l’ALDF dans un communiqué.</p><h2 class="article__sub-title">Des droits pour les animaux aux Etats-Unis</h2><p class="article__paragraph">Dans son <a href="https://docs.justia.com/cases/federal/district-courts/ohio/ohsdce/1:2021mc00023/261265/2" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">ordonnance du 15 octobre</a>, la juge Karen Litkovitz, de la cour fédérale de l’Ohio, a accédé à la demande de l’ONG. Il s’agit du premier exemple concret d’une cour américaine autorisant les animaux à exercer un droit légal en leur propre nom. <em>« C’est une étape cruciale dans la lutte</em> (…) <em>pour reconnaître que les animaux ont des droits exécutoires »</em>, s’est réjoui Stephen Wells, directeur exécutif de l’ALDF.</p><p class="article__paragraph"><em>« Ce jugement n’aura pas d’effet en Colombie car il n’est valable que sur le territoire</em> [américain]<em>. Ce seront les autorités colombiennes qui décideront du sort des hippopotames et non les autorités américaines »</em>, affirme Camilo Burbano Cifuentes, professeur de droit pénal à l’université Externado de Colombie, cité par le <em><a href="https://www.theguardian.com/world/2021/oct/25/pablo-escobar-colombian-hippos-granted-rights-interested-persons-us-court" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Guardian</a></em>.</p><p class="article__paragraph">La Colombie et les Etats-Unis ne sont pas les seuls à reconnaître des droits aux animaux. En Europe, <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/31/l-animal-dans-le-droit-a-la-fois-chose-et-sujet_5278936_3232.html">la France</a>, mais aussi l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche et le Portugal ont déjà modifié leur code civil pour reconnaître le caractère vivant et sensible des animaux.</p><p class="article__paragraph">En France, constatant que la protection animale n’est pas incarnée politiquement en France, le député (La République en marche) Loïc Dombreval a rendu, en juin 2020, un rapport sur le <a href="https://agriculture.gouv.fr/bien-etre-des-animaux-de-compagnie-et-des-equides-loic-dombreval-remet-son-rapport-au-ministre-de" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">« Bien-être des animaux de compagnie et des équidés »</a>, dans lequel il suggère de créer une sorte de défenseur des droits ou un secrétariat d’Etat dédié à la condition animale, voire un délégué interministériel.</p><p class="article__paragraph">En Espagne, un tribunal de Madrid a fait un pas dans cette direction. Considérant que les animaux sont des <em>« êtres vivants doués de sensibilité »</em> et non plus de simples <em>« biens »</em>, un juge a accordé la garde partagée d’un chien aux deux membres d’un couple séparé, le juge ayant considéré que tous deux sont « coresponsables » et « cogardiens » de l’animal, rapporte la chaîne espagnole <a href="https://www.rtve.es/noticias/20211026/sentencia-custodia-compartida-perro/2203220.shtml" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">RTVE.es</a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 28 Oct 2021 19:16:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Pour avoir sa statue à Londres, il vaut mieux être un animal qu’une femme admirable]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/10/27/0/0/5958/3957/664/0/75/0/d28518b_124198777-000-dv1344004.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/10/27/0/0/5958/3957/1328/0/45/0/d28518b_124198777-000-dv1344004.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/10/27/0/0/5958/3957/664/0/75/0/d28518b_124198777-000-dv1344004.jpg 664w" alt="Inauguration du buste rendant hommage à Noor Inayat Khan, en présence de la princesse Anne, à Londres, le 8 novembre 2012." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/10/27/0/0/5958/3957/664/0/75/0/d28518b_124198777-000-dv1344004.jpg" alt="Inauguration du buste rendant hommage à Noor Inayat Khan, en présence de la princesse Anne, à Londres, le 8 novembre 2012." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Inauguration du buste rendant hommage à Noor Inayat Khan, en présence de la princesse Anne, à Londres, le 8 novembre 2012. LEON NEAL / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Où sont les femmes ? <a href="https://www.bloomberg.com/news/articles/2016-02-24/the-gender-gap-in-historic-sculptures-and-public-art" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">De Washington</a> <a href="https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-rue89-culture/20160915.RUE3834/statues-parisiennes-ou-sont-les-femmes.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">à Paris</a> en passant <a href="https://www.ft.com/content/2f9137c6-49ff-11e7-a3f4-c742b9791d43" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">par l’Inde</a>, leur sous-représentation dans l’espace public n’est plus à démontrer. Mais Londres est la première ville à en prendre la mesure. Sans grande surprise, une étude publiée le 21 octobre par l’organisation culturelle britannique <a href="https://artuk.org/discover/stories/revealing-the-facts-and-figures-of-londons-statues-and-monuments" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Art UK</a> révélait que l’immense majorité des quelque 1 100 statues ornant l’espace public de la capitale du Royaume-Uni était dédiée à des hommes. Plus surprenant en revanche, alors qu’une cinquantaine d’entre elles rendent hommage à des femmes célèbres, près du double – 8 % – sont consacrées… à des animaux. Les personnes de couleur, elles, ne représentent que 1 % des sculptures de la mégalopole, et les femmes de couleur 0,2 %.</p><h2 class="article__sub-title">Les femmes sous représentées</h2><p class="article__paragraph">Depuis quatre ans, Art UK s’efforce de dresser un inventaire des statues londoniennes dans le cadre d’un vaste projet de recherche, financé en partie par la mairie travailliste. <em>« Ce sont les hommes qui ont écrit l’Histoire. (…) Les accomplissements des femmes ont été rendus invisibles quand bien même elles réalisaient des choses incroyables »</em>, expliquait en 2017, dans un entretien au site <a href="https://www.equaltimes.org/pourquoi-les-statues-de-femmes#.YXlQ3p5ByUk" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Equaltimes.org</a>, Bee Rowlatt, autrice et présidente d’une campagne visant à rendre hommage à Mary Wollstonecraft, l’une des pionnières du féminisme anglais.</p><p class="article__paragraph">Terri Bell-Halliwell, fondatrice d’<a href="https://www.invisiblewomen.org.uk/theresults" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">inVISIBLEwomen</a>, une organisation qui milite pour l’égalité de figuration des sexes dans l’espace public, y voyait une marque subliminale du patriarcat <em>« nous convaincant tous que les hommes sont les seuls à mériter d’être admirés »</em>. D’autant, ajoute-t-elle, que ce manque de représentation de modèles féminins méritants fait en sorte que les femmes et les filles se sentent <em>« marginalisées et peu reconnues »</em>.</p><p class="article__paragraph">Selon <a href="https://www.invisiblewomen.org.uk/vitalstatistics" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">les statistiques d’inVISIBLEwomen</a>, les statues d’hommes sont seize fois plus nombreuses que celles des femmes : <em>« Et si l’on excluait la reine Victoria de l’équation, les chiffres seraient bien pires. »</em> En 2020, la Public Statues and Sculpture Association a ainsi commencé à lister toutes les statues de femmes, à l’exception des membres de la famille royale. Pour l’heure, elle n’en a dénombré que <a href="https://pssauk.org/women/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">119 statues</a> à travers le Royaume-Uni.</p><p class="article__paragraph">Dans le sillage du mouvement Black Lives Matter (« Les vies noires comptent ») et la mort de l’Afro-Américain George Floyd fin mai 2020, questionnement et introspection ont essaimé au Royaume-Uni autour du passé colonial du pays et de sa représentation dans l’espace public. En juin 2020, à Bristol, des manifestants ont déboulonné la statue d’<a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/08/deboulonnee-a-bristol-par-des-manifestants-une-statue-d-un-marchand-d-esclaves-va-sans-doute-finir-au-musee_6042155_3210.html">Edward Colston</a>, un marchand d’esclaves du XVII<sup>e</sup> siècle, et l’ont jetée dans la rivière Avon.</p><h2 class="article__sub-title">Améliorer la diversité</h2><p class="article__paragraph">C’est dans ce contexte de crispation que le maire de Londres, Sadiq Khan, a annoncé en <a href="https://www.london.gov.uk/press-releases/mayoral/mayor-announces-members-of-landmark-commission" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">février 2021</a> la création d’une <a href="https://www.london.gov.uk/what-we-do/arts-and-culture/commission-diversity-public-realm" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Commission pour la diversité dans le domaine public</a>. Cette dernière dispose d’une enveloppe d’un million de livres sterling (environ 1,182 million d’euros) pour créer de nouveaux monuments qui <em>« reflètent mieux la diversité de la capitale et les réalisations de tous ceux qui ont contribué au succès de la ville ».</em></p><p class="article__paragraph">Mais pour le conservateur Jacob Rees-Mogg, le leader de la Chambre des communes – le ministre chargé des relations avec la Chambre des communes au sein du gouvernement –, cette commission n’est autre qu’un <a href="https://www.bbc.com/news/uk-england-london-56027813" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">ramassis de <em>« gauchistes cinglés »</em></a> déterminé à détruire le patrimoine local. Qu’importe si Aindrea Emelife, historienne de l’art de 27 ans, l’un des membres de la commission, avait bien insisté auprès du quotidien <a href="https://www.theguardian.com/uk-news/2021/feb/09/londons-new-diversity-commission-will-not-tear-down-statues" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>The Guardian</em></a> : <em>« Il n’est pas question d’abattre des statues. »</em></p><p class="article__paragraph">Il n’en reste pas moins que, même lorsqu’il s’agit de célébrer des femmes, Londres a longtemps fait preuve de conservatisme. La capitale a certes su évoluer en honorant Mary Seacole, une infirmière jamaïco-écossaise connue pour son engagement personnel au cours de <a href="https://www.lemonde.fr/europe/portfolio/2014/03/07/crimee-la-premiere-des-guerres-qui-fut-photographiee_4379146_3214.html">la guerre de Crimée</a> et l’une des rares femmes de couleur à avoir une statue, ou <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/09/28/londres-honore-noor-inayat-khan-heroine-musulmane-de-la-seconde-guerre-mondiale_6053838_3210.html">Noor Inayat Khan</a>, musulmane d’origine indienne envoyée en mission en France par le SOE (Special Operations Executive, une branche des services secrets britanniques pendant la seconde guerre mondiale). Capturée, elle a été exécutée au camp de concentration de Dachau.</p><p class="article__paragraph">Depuis 2008, une sculpture représentant le buste de <a href="https://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/12/09/les-espionnes-de-churchill_3527626_3208.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Violette Szabó</a>, elle aussi résistante française et agent du SOE, se trouve à l’extérieur du Lambeth Palace, en face du palais de Westminster. En 2014, trois ans après la mort de la chanteuse, une statue d’<a href="https://www.theguardian.com/music/2014/sep/14/amy-winehouse-statue-unveiled-camden-london" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Amy Winehouse</a> a été inaugurée dans le marché de Camden en présence de ses parents.</p><h2 class="article__sub-title">Paris aussi essaie de rattraper son retard</h2><p class="article__paragraph">De l’autre côté du Channel, la situation n’est pas meilleure. Paris compte plusieurs centaines de statues érigées dans l’espace public, représentant très majoritairement des personnages masculins.</p><p class="article__paragraph">Pour une <a href="https://www.lemonde.fr/livres/article/2005/12/15/berty-albrecht-l-heroine-de-combat_721511_3260.html">Berty Albrecht</a>, l’une des six femmes compagnons de la Libération, ou une Maryse Bastié, aviatrice française, l’essentiel des quelque cinquante femmes illustres représentées dans la capitale est constitué par des personnages historiques – cinq Jeanne d’Arc, deux sainte Geneviève – des figures mythologiques et allégoriques – comme la République ou la justice –, ou George Sand, Sarah Bernhardt, Edith Piaf et Dalida.</p><p class="article__paragraph">Comme Londres, Paris compte rendre justice à des femmes oubliées : le 26 septembre 2020, la maire socialiste, Anne Hidalgo, a inauguré un jardin en hommage à Solitude, héroïne historique de la résistance des esclaves, qui a lutté contre le rétablissement de l’esclavage en Guadeloupe à la fin du XVIII<sup>e</sup> siècle. Une statue devrait suivre : la première rendant hommage à une femme noire.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/10/27/pour-avoir-sa-statue-a-londres-il-vaut-mieux-etre-un-animal-qu-une-femme-admirable_6100128_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 27 Oct 2021 19:29:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Les mésaventures d’un influenceur Instagram pour évacuer des Afghans de Kaboul]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/08/16/0/0/2373/1689/664/0/75/0/206dee7_7871a4cc0790411b80a8f3f82c455540-7871a4cc0790411b80a8f3f82c455540-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/08/16/0/0/2373/1689/1328/0/45/0/206dee7_7871a4cc0790411b80a8f3f82c455540-7871a4cc0790411b80a8f3f82c455540-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/08/16/0/0/2373/1689/664/0/75/0/206dee7_7871a4cc0790411b80a8f3f82c455540-7871a4cc0790411b80a8f3f82c455540-0.jpg 664w" alt="Image satellite de l’aéroport de Kabul, le lundi 16 août 2021." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/08/16/0/0/2373/1689/664/0/75/0/206dee7_7871a4cc0790411b80a8f3f82c455540-7871a4cc0790411b80a8f3f82c455540-0.jpg" alt="Image satellite de l’aéroport de Kabul, le lundi 16 août 2021." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Image satellite de l’aéroport de Kabul, le lundi 16 août 2021. PLANET LABS INC. / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Ça partait d’une bonne intention. Le 17 août, après avoir vu les <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/21/afghanistan-les-evacuations-se-poursuivent-des-milliers-de-familles-devant-l-aeroport-de-kaboul_6092006_3210.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">scènes de chaos des premières évacuations sur l’aéroport de Kaboul,</a> Tommy Marcus, un influenceur américain sur Instagram connu sous le nom de « <a href="https://www.instagram.com/quentin.quarantino/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Quentin Quarantino</a> », demande à ses 690 000 abonnés d’alors (ils sont 825 000 aujourd’hui) de l’aider et de participer à « Flyaway ».</p><p class="article__paragraph">Cette opération est destinée à évacuer quelque 300 Afghans, des <em>« avocats des droits humains, champions des droits des femmes et de la communauté LGBTQ +, journalistes, personnel de liaison du gouvernement, artistes et interprètes »</em>, présentés comme des <em>« cibles »</em> des talibans.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.instagram.com/tgmarc/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Tommy Marcus</a> prévoit un budget de 550 000 dollars (environ 475 000 euros), soit 1 500 dollars(1 300 euros) par passager, de quoi affréter deux vols pour Kaboul. Mais la page <a href="https://www.gofundme.com/f/flyaway-emergency-afghan-rescue-mission" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">GoFundMe</a> qu’il a créée explose les compteurs et atteint rapidement la somme de 7,2 millions de dollars (6, 2 millions d’euros). Le <img src="https://scontent-lcy1-1.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/e35/s480x480/240472609_4073193052790872_8126888755348777021_n.jpg?_nc_ht=scontent-lcy1-1.cdninstagram.com&_nc_cat=104&_nc_ohc=lP7FUJIvX7YAX88Stlh&edm=ALY_pVYBAAAA&ccb=7-4&oh=f5e44339551cec56fe61290583e1dca9&oe=61666AD6&_nc_sid=1ffb93" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/CTBEJkssETy/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">25 août, il écrit</a> :</p><p class="article__cite"><em>« Je suis heureux (et soulagé) de pouvoir vous l’annoncer : l’opération Flyaway a permis l’évacuation de 350 Afghans au cours des dernières heures. »</em></p><h2 class="article__sub-title">Façade d’une opération montée par d’autres</h2><p class="article__paragraph">C’est presque trop beau. Au point que le <em><a href="https://www.washingtonpost.com/investigations/flyaway-afghanistan-rescue-quentin-quarantino/2021/09/29/2e94666a-1b22-11ec-bcb8-0cb135811007_story.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Washington Post</a></em> – qui s’est lui aussi démené avec le <a href="https://www.nytimes.com/2021/08/19/business/afghanistan-news.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>New York Times</em> et le <em>Wall Street Journal</em></a> pour évacuer de Kaboul leurs collaborateurs et leurs familles – finit par s’intéresser, fin septembre, aux exploits de Tommy Marcus et Flyaway. Première découverte : Tommy Marcus n’est que la partie émergée de l’affaire. L’opération a été imaginée par deux anciens militaires, Sheffield Ford et Karen Kraft. Le premier dirige Raven Advisory, une entreprise de sécurité, et la seconde est la présidente de Veterans in Media and Entertainment (<a href="https://vmeconnect.org/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">VME</a>), un réseau d’anciens combattants qui travaillent dans les médias et le divertissement.</p><p class="article__paragraph">Devant l’avancée des talibans et l’effondrement de l’Afghanistan, les deux anciens militaires veulent participer au pont aérien. Ils font appel à Tommy Marcus, célébrité qui s’est manifestée pour sauver des Afghans menacés. Face aux records de dons recueillis par Flyaway, GoFundMe conseille à Flyaway de se mettre en relation avec une ONG, en l’occurrence l’International Women’s Media Foundation (IWMF), basée à Washington.</p><h2 class="article__sub-title">Difficultés en bout de piste</h2><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/08/17/0/0/2417/1612/664/0/75/0/b41ab5d_ecd94c514c8b4899a1f5aa58586e01ad-4f6461ce33db4cb0bc185a9464973a0a-0.jpg" alt="Des centaines d’Afghans aux abords des pistes de l’aéroport de Kaboul, le 16 août 2021." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Des centaines d’Afghans aux abords des pistes de l’aéroport de Kaboul, le 16 août 2021. SHEKIB RAHMANI / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Mais rapidement, l’opération va être confrontée à une série de tracasseries. Flyaway affrète deux avions qui restent bloqués en Europe, car ils ne sont pas assurés pour voler en Afghanistan. Les opérations sont encore freinées quand IWMF n’est pas autorisée à accéder aux sommes collectées sur GoFundMe, cette fois pour payer deux vols partant de Kaboul.Finalement, c’est Brandee Barker, ancienne cadre de Facebook qui avance quelque 545 000 dollars. Mais lorsque, le 24 août, les organisateurs parviennent enfin à faire décoller un appareil, celui-ci n’emporte que 51 personnes et repart avec 300 places vides, une partie des passagers n’ayant pu franchir les contrôles de sécurité.</p><p class="article__paragraph">Selon le <em>Washington Post</em>, Flyaway a dépensé 3,3 millions de dollars (2,8 millions d’euros)… pour des vols finalement annulés et pour lesquels l’organisation n’a pas reçu de remboursement. Selon l’ancien militaire Sheffield Ford, Flyaway bénéficie cependant d’un crédit pour des vols à venir. L’essentiel de l’argent – soit 2,8 millions de dollars (2,4 millions d’euros) –, a été versé à Kiwijet, une entreprise de location d’avions dirigée par un homme d’affaires néo-zélandais que les autorités américaines soupçonnent de fraude.</p><p class="article__paragraph">Au final, Flyaway a dépensé plus de 5,2 millions de dollars (4,5 millions d’euros) pour ne parvenir à évacuer que… 435 Afghans. Et les organisateurs reconnaissent que la plupart de ceux qui ont été aidés sont partis sur des vols payés par les contribuables américains ou d’autres organisations. Le gigantesque pont aérien mis en place par les Etats-Unis et leurs alliés a en tout permis d’évacuer plus de 120 000 étrangers et Afghans désireux de fuir le nouveau régime.</p><h2 class="article__sub-title">« Far West caritatif »</h2><p class="article__paragraph">Près de 770 000 dollars (666 000 euros) collectés pour Flyaway doivent toutefois être utilisés pour d’autres opérations d’évacuation et l’organisation a versé 1,2 million de dollars (1,04 million d’euros) à l’IWMF.</p><p class="article__paragraph">Pour sa part, Laurie Styron, directrice exécutive de l’American Institute of Philanthropy, compare les campagnes de crowdfunding comme celle de Flyway à un <em>« Far West caritatif »</em>, et ajoute que les influenceurs devraient plutôt inciter leurs <em>followers</em> à soutenir les ONG dont c’est le métier.</p><p class="article__paragraph">Qu’importe, <a href="https://www.lemonde.fr/international/live/2021/08/31/depart-des-troupes-americaines-d-afghanistan-quelles-consequences-sur-la-place-des-etats-unis-dans-le-monde-posez-vos-questions-a-notre-journaliste_6092896_3210.html">depuis le départ des derniers soldats américains, dans la nuit du 30 août,</a> Flyaway affirme avoir permis à 84 Afghans de quitter l’Afghanistan lors de deux vols en septembre. Dans un entretien avec le <em>Washington Post</em>, Tommy Marcus explique que l’organisation continue d’aider des Afghans à partir : « <em>Des gens sont en vie grâce à Flyaway. … Malgré le chaos qui a entouré (l’opération), il n’y a pas de regrets. »</em> Il a fermé la page GoFundMe le 29 août.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/10/08/les-mesaventures-d-un-influenceur-instragram-pour-evacuer-des-afghans-de-kaboul_6097603_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 08 Oct 2021 10:39:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Centre de rétention pour migrants, l’autre visage de la base américaine de Guantanamo]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/09/23/0/0/3000/2019/664/0/75/0/b19d6e9_963583779-ap-9112050118.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/09/23/0/0/3000/2019/1328/0/45/0/b19d6e9_963583779-ap-9112050118.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/09/23/0/0/3000/2019/664/0/75/0/b19d6e9_963583779-ap-9112050118.jpg 664w" alt="Des réfugiés haïtiens dans le hangar de McCalla dans la base navale de Guantanamo, le 5 décembre 1991." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/09/23/0/0/3000/2019/664/0/75/0/b19d6e9_963583779-ap-9112050118.jpg" alt="Des réfugiés haïtiens dans le hangar de McCalla dans la base navale de Guantanamo, le 5 décembre 1991." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Des réfugiés haïtiens dans le hangar de McCalla dans la base navale de Guantanamo, le 5 décembre 1991. CHRIS O'MEARA / ASSOCIATED PRESS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Retour à la case départ pour Guantanamo ? <a href="https://sam.gov/opp/147ad51255e34b4aae79e5b297f4ea88/view" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Le 17 septembre</a>, l’administration Biden a déposé une petite annonce, <a href="https://www.nbcnews.com/politics/immigration/biden-admin-seeks-contractor-run-migrant-detention-facility-gitmo-guards-n1279886" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">repérée par la chaîne NBC News,</a> sur le site SAM. gov sur lesquels sont publiés les marchés publics du gouvernement fédéral.</p><p class="article__paragraph">Elle cherche un entrepreneur privé capable de gérer le Guantanamo Migrant Operations Center (MOC), un centre de rétention pour migrants installé sur la base navale américaine de Guantanamo Bay, à Cuba, pour le compte de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE),l’agence du département américain de la sécurité intérieure (DHS) en charge du contrôle des frontières. La date limite pour déposer un dossier a été fixée au 1<sup>er</sup> octobre.</p><p class="article__paragraph">Le centre de rétention <a href="https://www.globaldetentionproject.org/countries/americas/united-states/detention-centres/924/guantanamo-migrant-operations-center" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">se situe à quelques dizaines de mètres de la prison de Guantanamo</a> où, dans les mois qui ont suivi le 11-Septembre, l’armée américaine a enfermé, à la hâte, et au mépris de leurs droits, des centaines d’hommes soupçonnés de liens avec Al-Qaïda. Trente-neuf personnes y sont toujours détenues, certaines ont obtenu la promesse d’une libération qu’elles attendent toujours, d’autres l’espèrent.</p><p class="article__paragraph">Aux côtés de ces lieux symboliques des dérives américaines dans la lutte contre le terrorisme, pourraient donc bientôt s’installer des migrants. L’annonce précise que le futur MOC, composé de tentes et des lits de camp, devra avoir une capacité d’accueil de 120 personnes, mais n’hébergera, en moyenne, qu’une vingtaine de personnes. Elle ajoute que le prestataire devra être capable d’ériger des installations provisoires pouvant héberger jusqu’à 400 personnes. Il doit pouvoir mettre à disposition au moins 50 gardes non armés, mobilisables dans les 24 heures. Enfin, au moins 10 % du personnel doit parler couramment l’espagnol et le créole haïtien.</p><h2 class="article__sub-title">Douloureux souvenirs</h2><p class="article__paragraph">Aux Etats-Unis,la publication de cet appel d’offres est venue réveiller de douloureux souvenirs et des questions, alors que des milliers <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/08/31/pour-les-haitiens-la-tentation-risquee-de-l-exil_6092917_3210.html">de migrants haïtiens</a> affluent à la <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/21/les-etats-unis-heurtes-par-les-images-de-gardes-frontieres-a-cheval-repoussant-des-migrants_6095412_3210.html">frontière sud des Etats-Unis</a>, fuyant leur pays qui subit une triple crise économique, sécuritaire et sanitaire, aggravée par l’incertitude liée à <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/09/16/en-haiti-l-enquete-sur-l-assassinat-de-jovenel-moise-s-enlise-dans-les-conflits-politiques_6094829_3210.html">l’assassinat du président Jovenel Moïse</a> et au <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/08/30/regardez-regardez-ou-on-dort-en-haiti-le-desespoir-de-ceux-qui-ont-tout-perdu-dans-le-seisme_6092776_3244.html">tremblement de terre du 14 août</a>.</p><p class="article__paragraph">Cet appel d’offres rappelle une autre fonction que la base deGuantanamo assure depuis une quarantaine d’années : celle de centre de rétention et de renvoi des aspirants à l’entrée aux Etats-Unis. Située sur la côte sud-est de Cuba, elle est frontalière d’Haïti dont elle n’est séparée que par deux détroits de la mer des Caraïbes. Le journaliste <a href="https://books.google.fr/books?id=6VvaDwAAQBAJ&amp;pg=PA175&amp;lpg=PA175&amp;dq=St.+Joseph+ship+guantanamo&amp;source=bl&amp;ots=rU-lKeja3k&amp;sig=ACfU3U1xf-aT9Mh-zihcwB52KvvtBNE0Cg&amp;hl=fr&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwjj77Ww6JTzAhWEzIUKHS0hCAQQ6AF6BAgjEAM#v=onepage&amp;q=St.%20Joseph%20ship%20guantanamo&amp;f=false" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">John Washington</a> rappelle dans <em>The Dispossessed : A Story of Asylum at the US-Mexico Border and Beyond</em> (« Les Dépossédés, une histoire de l’asile à la frontière américano-mexicaine et au-delà ») (Verso, 2020,non traduit<em>)</em> qu’en 1977, le <em>St. Joseph</em>, un navire transportant 101 Haïtiens espérant gagner les Bahamas et une vie meilleure, s’est dérouté vers Guantanamo pour réparer une avarie. La marine américaine a accueilli le navire, mais au lieu d’aider aux réparations, elle l’a saisi et a tenté de renvoyer les passagers en Haïti par avion.</p><p class="article__paragraph">Sous la présidence de George H. W. Bush (1989-1993), l’administration américaine a utilisé Guantanamo comme centre de rétention. Entre 1991 et 1993, elle y a retenu plusieurs milliers de demandeurs d’asile haïtiens qui cherchaient à rejoindre la Floride – jusqu’à 12 000 – , au nom du « <a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2010/01/04/les-seropositifs-peuvent-a-nouveau-sejourner-aux-usa_1287455_3222.html">HIV Ban</a> ». Entre 1987 et 2010, cette réglementation, appliquée alors par le procureur général (ministre de la justice) de l’époque, William Barr – qui a aussi été celui de Donald Trump – restreignait l’entrée sur le territoire américain pour les personnes vivant avec le VIH.</p><p class="article__paragraph">A l’époque, les réfugiés et les défenseurs du droit d’asile avaient saisi la justice pour dénoncer la manière dont ils étaient traités et, en <a href="https://scholar.google.com/scholar_case?case=5038551305181637298&amp;hl=en&amp;as_sdt=6&amp;as_vis=1&amp;oi=scholarr" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">juin 1993, le juge du district de New York</a> s’était rangé de leur côté, déclarant que la prétendue <em>« mission humanitaire »</em> de Guantanamo n’était <em>« rien de plus qu’un camp de prisonniers séropositifs ».</em> Il avait obtenu que les réfugiés soient libérés.</p><h2 class="article__sub-title">« Zone de non-droit »</h2><p class="article__paragraph">La base a de nouveau été utilisée par l’armée américaine en 1994, dans le cadre de l’opération Sea Signal, pour répondre à l’afflux de migrants cubains et haïtiens qui tentaient d’obtenir l’asile aux États-Unis. Entre 1996 et 2015, 417 migrants ont transité par ce camp et ont été réinstallés dans des pays tiers, écrivait en septembre 2015 le <a href="https://s3.documentcloud.org/documents/2772373/Guantanamo-MOC-Fact-Sheet-as-of-Sept-2015.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">bureau de la population, des réfugiés et des migrations du département d’État</a>.Selon <a href="https://www.globaldetentionproject.org/countries/americas/united-states/detention-centres/924/guantanamo-migrant-operations-center" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">le Global Detention Project</a>, le centre de détention de Guantanamo n’a plus accueilli de migrants depuis 2017. Donald Trump a rêvé d’y renvoyer des migrants, écrit <a href="https://www.nytimes.com/2018/09/05/opinion/trump-white-house-anonymous-resistance.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Miles Taylor</a>,un ancien membre de son administration, dans un livre intitulé <em><a href="https://www.theguardian.com/us-news/2019/nov/13/trump-proposed-sending-undocumented-migrants-to-guantanamo-anonymous-book-claims" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">A Warning</a></em> (« un avertissement ») (Twelve, 2019, non traduit). Joe Biden pourrait exaucer son vœu.</p><p class="article__paragraph"><em>« Envoyer des réfugiés dans un endroit connu pour être une zonede non-droits est la dernière chose que l’administration Biden devrait faire »</em>, <a href="https://www.npr.org/2021/09/23/1039950240/biden-contractor-migrant-facility-guantanamo" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">a réagi Eleanor Acer</a>, directrice de la protection des réfugiés à l’ONG Human Rights First. <em>« Il s’agit d’une nouvelle tentative flagrante pour échapper aux procédures concernant la protection des droits de l’homme et des réfugiés des États-Unis. »</em></p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.nbcnews.com/politics/immigration/biden-admin-seeks-contractor-run-migrant-detention-facility-gitmo-guards-n1279886" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Sollicité par la chaîne NBC News</a>, le DHS assure que la parution de l’annonce intervient en vue du renouvellement ducontrat pour la gestion du camp, passé en 2002, qui arrive à échéance en 2022. Voulant couper court à la polémique naissante, Marsha Espinosa, responsable des affaires publiques pour le DHS, a tenu à rappeler, jeudi 23 septembre, sur Twitter que <em>« le DHS n’envoie pas et n’enverra pas les ressortissants haïtiens qui arrivent à notre frontière sud à Guantanamo Bay »</em>,ajoutant que l’appel d’offres n’a aucun rapport avec la <a href="https://twitter.com/MCatronDHS/status/1440838245416271877" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">situation actuelle à la frontière</a>.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/09/24/centre-de-retention-pour-migrants-l-autre-visage-de-la-base-americaine-de-guantanamo_6095904_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 24 Sep 2021 15:51:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Face aux « fausses fraudes », la Russie invente une fausse opération de police]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Les autorités russes ont une explication à l’apparition de <a href="https://twitter.com/benvtk/status/1439490239383408647" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dizaines de vidéos en ligne montrant des fraudes</a> aux élections législatives du 17 au 19 septembre : une sinistre manipulation orchestrée dans un studio installé pour l’occasion à Moscou. Ce scénario a été présenté, samedi 18 septembre, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=jcqeDDB47uU&amp;t=2474s" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dans les très solennels locaux de la Commission électorale centrale</a>.</p><p class="article__paragraph">Ce jour-là, une vidéo apparemment tournée par la police y est diffusée comme un document exceptionnel. On voit l’arrivée d’agents dans un appartement de la capitale. Là, un groupe d’individus apeurés sur un divan, du matériel d’enregistrement et, dans un coin, une urne et des bulletins de vote. Le tout doit servir à tourner, donc, de <em>« fausses fraudes »</em> à diffuser ensuite sur Internet. Des photos d’Alexeï Navalny sont également retrouvées dans la « planque ».</p><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/09/20/0/0/2560/1600/664/0/75/0/7329d14_739000519-image.png" alt="Lors de la présentation devant la Commission électorale centrale, le 18 septembre 2021." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Lors de la présentation devant la Commission électorale centrale, le 18 septembre 2021. D.R.</figcaption></figure><p class="article__paragraph"><em>« Voilà comment se fabriquent ces fakes »</em>, commente la présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova, connue pour avoir estimé que les élections russes étaient <em>« les plus démocratiques au monde »</em>. Son adjoint confirme et évoque une opération de <em>« déstabilisation »</em>. La télévision publique prend rapidement le relais. Sur Rossia-24, on apprend que les personnes interpellées sont passées aux aveux. L’un d’eux aurait été payé 10 000 roubles (115 euros), on a trouvé dans son téléphone le contact d’un adjoint d’Alexeï Navalny.</p><h2 class="article__sub-title">Figurants professionnels</h2><p class="article__paragraph">L’histoire aurait pu s’arrêter là. Mais alertée par le caractère peu naturel de la scène, la rédaction russophone de la BBC a poussé les recherches. En passant leurs visages dans simple un logiciel de reconnaissance d’images accessible en ligne, <a href="https://www.bbc.com/russian/news-58618027" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">elle a retrouvé, sur les réseaux sociaux, deux des participants du complot</a>. Leurs profils montrent que les deux sont… des figurants professionnels. Offres de services, photos de tournage, tout est là. D’autres photos les montrent à des rassemblements politiques pro-gouvernementaux – les deux aspects ne s’excluant pas puisque ces rassemblements mobilisent souvent des personnes payées ou amenées par leur entreprise.</p><p class="article__paragraph">A la BBC, Maria (dont le nom de famille n’est pas dévoilé) assure qu’elle a été appelée précisément pour un travail de figurante. Avant l’arrivée de la police, on lui aurait expliqué qu’elle participait à une vidéo promouvant le scrutin et qu’elle aurait à lire un texte sur le vote dans le contexte de pandémie.</p><p class="article__paragraph">Egalement interrogés par la BBC, deux membres de la Commission électorale ont été incapables de dire par quel biais ils avaient reçu la vidéo montrant l’intervention de la police. M<sup>me</sup> Panfilova a maintenu dimanche que le document était authentique mais que les détails ne pouvaient être dévoilés <em>« pour les besoins de l’enquête »</em>. La police de Moscou, elle, ne fait pas mention du raid dans ses rapports d’activité.</p><p class="article__paragraph">Les vidéos – bien réelles – montrant des fraudes dans les bureaux de vote sont devenues un classique des élections russes et une source d’embarras récurrent pour le pouvoir. Elles sont apparues après 2012, quand le pouvoir a décidé de calmer une contestation post-électorale en installant des webcams dans les bureaux de vote, accessibles à tous les citoyens. Un genre est né, celui des vidéos de bourrages d’urnes acrobatiques, dans lesquels les responsables de la fraude, souvent membres des commissions électorales, agissent dans les positions les plus diverses, parfois en tentant de se dissimuler, parfois visage découvert face à la caméra.</p><p class="article__paragraph">Pour le scrutin de septembre, une modification avait été annoncée début août, au cœur de l’été : les caméras ne seraient désormais plus accessibles qu’aux seules équipes de campagne, et sur demande ad hoc. Après avoir avancé l’argument budgétaire, les autorités avaient expliqué que <em>« l’Occident »</em> pourrait utiliser ce système pour <em>« créer et diffuser de fausses fraudes grâce à l’intelligence artificielle »</em>.</p><h2 class="article__sub-title">Fausse formation électorale</h2><p class="article__paragraph">Avec ce système, le nombre d’yeux disponibles a certes diminué, mais sans empêcher l’apparition de vidéos de fraudes, relayées par les observateurs de plusieurs partis politiques. La plus partagée de ce scrutin législatif 2021 est celle, venue de la ville sibérienne de Kemerovo, d’un <a href="https://twitter.com/novaya_gazeta/status/1439268141427736581" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">électeur compulsif</a>, caché derrière un drapeau.</p><p class="article__paragraph">Une autre manœuvre avait déjà été entreprise en amont du vote pour disqualifier par avance d’éventuelles accusations de falsifications. Des vidéos apparues sur une chaîne Telegram liée au Kremlin, puis diffusées plus largement grâce à des journalistes de RT, montraient les coulisses d’une soi-disant mission de formation électorale. <a href="https://twitter.com/benvtk/status/1437854734552023043" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">La formatrice y expliquait aux participants</a>, l’air très jeunes et montrés de dos, que <em>« puisque nous ne serons pas capables de montrer beaucoup de vraies fraudes</em> (…)<em>, notre but est de rendre cette élection illégitime »</em>. La méthode : provoquer des scandales en se faisant expulser des bureaux de vote, mode opératoire détaillé dans <em>« un livret qui vous attend à la sortie »</em>.</p><p class="article__paragraph">Sur le tableau, derrière la formatrice, on pouvait voir le sigle de la mission d’observation de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Celle-ci ne participait toutefois pas à l’observation du scrutin russe de cette année, après la tentative de Moscou de limiter sa délégation à soixante personnes. La formatrice, elle, était décrite comme une membre de l’organisation de supervision électorale Golos, active depuis 2000 et déclarée « agent de l’étranger » au mois d’août. Le nom comme le visage de cette « formatrice » étaient parfaitement inconnus.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/09/20/face-aux-fausses-fraudes-la-russie-invente-une-fausse-operation-de-police_6095367_4832693.html</link>
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      <pubDate>Mon, 20 Sep 2021 20:28:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Créer des hybrides de mammouth laineux pour lutter contre les effets du changement climatique]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/09/13/0/0/3000/1996/664/0/75/0/e832164_5635176-01-06.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/09/13/0/0/3000/1996/1328/0/45/0/e832164_5635176-01-06.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/09/13/0/0/3000/1996/664/0/75/0/e832164_5635176-01-06.jpg 664w" alt="La société Colossal veut créer un « éléphant résistant au froid avec tous les traits biologiques fondamentaux » du mammouth, une espèce qui s’est éteinte il y a 4 000 ans." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/09/13/0/0/3000/1996/664/0/75/0/e832164_5635176-01-06.jpg" alt="La société Colossal veut créer un « éléphant résistant au froid avec tous les traits biologiques fondamentaux » du mammouth, une espèce qui s’est éteinte il y a 4 000 ans." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">La société Colossal veut créer un « éléphant résistant au froid avec tous les traits biologiques fondamentaux » du mammouth, une espèce qui s’est éteinte il y a 4 000 ans. NATALIA KOLESNIKOVA / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">« Mammoutheau » ? « Eléphantmouth » ? « Hibernatus » ? Personne ne sait comment s’appelleront les premiers bébés qui sortiront des incubateurs de <a href="https://colossal.com/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Colossal</a>. Cette entreprise américaine a annoncé, lundi 13 septembre, avoir levé 15 millions de dollars (soit plus de 12,6 millions d’euros) non pour ressusciter le mammouth laineux mais pour créer un <em>« éléphant résistant au froid avec tous les traits biologiques fondamentaux »</em> de cette espèce qui s’est il y a 4 000 ans.</p><p class="article__paragraph">Créée par George Church, l’un des pionniers du séquençage génétique, et l’entrepreneur Ben Lamm, la firme Colossal ambitionne <em>« seulement »</em> de créer une espèce hybride : les éléphants d’Asie (<em>Elephas maximus</em>) et les mammouths laineux (<em>Mammuthus primigenius</em>) <a href="https://www.nature.com/articles/456330a?platform=hootsuite" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">partagent un ancêtre</a> <a href="https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/le-mammouth-laineux-cousin-germain-de-l-elephant-d-asie_3976" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">commun</a> et ont un <a href="https://colossal.com/mammoth/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">ADN similaire à 99,6 %</a>.</p><p class="article__paragraph">L’intérêt de ces néopachydermes ? Ceux-ci pourraient aider à <em>« restaurer des écosystèmes disparus »</em> qui eux-mêmes contribueront « <em>à stopper voire à inverser les effets du changement climatique »</em>, détaille l’entreprise américaine. Elle espère ainsi redonner vie aux prairies arctiques, qui permettent de capter le dioxyde de carbone et de supprimer le méthane, deux gaz à effet de serre.</p><p class="article__paragraph">Le magazine <em><a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/mammoth-elephant-hybrids-could-be-created-within-the-decade-should-they-be" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">National Geographic</a></em> rapporte qu’en 2012 et 2013, George Church a rencontré le chercheur russe Sergueï Zimov. Ce dernier développe depuis plusieurs décennies l’idée d’un parc du Pléistocène <a href="https://www.nytimes.com/2017/12/05/opinion/adapt-climate-change.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dans le nord de la Sibérie</a>, où il entend reconstituer l’environnement des grandes steppes tel qu’il existait il y a plusieurs milliers d’années. Ce que M. Zimov redoute : la libération dans l’atmosphère de grandes quantités de méthane et de dioxyde de carbone lors du dégel du permafrost dans la région.</p><h2 class="article__sub-title">Pionnier du séquençage génétique</h2><p class="article__paragraph">George Church, lui, est tout sauf un émule du docteur Frankenstein – qui assemble un être vivant avec des parties de chairs mortes – ou de John Parker Hammond, le PDG d’InGen, qui dans les premiers films de la série cinématographique <em>Jurassic Park</em> donne vie à des dinosaures grâce à la génétique pour les besoins d’un parc d’attractions.</p><p class="article__paragraph">Professeur à Harvard et au Massachusetts Institute of Technology (MIT), à Cambridge (Massachusetts), il est l’un des pionniers du séquençage génétique, connu pour avoir inventé des moyens de lire et éditer l’ADN.</p><p class="article__paragraph"><em>« Détenteur de plusieurs dizaines de brevets, créateur de nombreuses start-up, il a cosigné l’un des premiers articles montrant l’utilisation de Crispr, un système révolutionnaire d’édition des génomes, pour modifier des cellules souches humaines ou végétales »</em>, écrivait <em><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/08/08/george-church-le-debat-ethique-sur-l-utilisation-de-crispr-a-ete-embrouille_4979961_1650684.html">Le Monde</a></em> à son propos, en 2016.</p><h2 class="article__sub-title">Des années de recherche</h2><p class="article__paragraph">En 2013, lors <a href="https://youtu.be/oTH_fmQo3Ok" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">d’une conférence TedEx, M. Church évoquait l’hybridation d’espèces éteintes</a>. <a href="https://www.nytimes.com/2008/11/20/science/20mammoth.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Des recherches dont le <em>New York Times</em></a> s’était déjà fait l’écho, cinq ans plus tôt. Depuis, il dirige une équipe utilisant la méthode de l’ADN Crispr (« ciseau génétique ») pour chercher à insérer des gènes de mammouth laineux dans le génome d’un éléphant d’Asie.</p><p class="article__paragraph">En 2016, il expliquait au <em><a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2016/08/08/george-church-le-debat-ethique-sur-l-utilisation-de-crispr-a-ete-embrouille_4979961_1650684.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Monde</a></em> que son projet consistait à modifier légèrement ces derniers <em>« pour leur donner accès à des écosystèmes, comme l’Arctique, où ils seraient moins en conflit avec les humains ».</em> L’année suivante, il annonçait avoir <a href="https://www.newscientist.com/article/2121503-can-we-grow-woolly-mammoths-in-the-lab-george-church-hopes-so/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">introduit quelques éléments d’ADN de mammouth dans des cellules d’éléphant d’Asie</a> : un peu de fourrure par ici, de la graisse par là – caractéristiques toujours utiles pour résister au froid.</p><p class="article__paragraph">Un an plus tard, accompagné d’Eriona Hysolli, une de ses anciennes élèves, il s’est rendu au <a href="https://www.s-vfu.ru/en/university/mammoth/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Musée des mammouths à Yakoutsk</a>, en Sibérie, pour prélever des échantillons de tissus de ces pachydermes disparus. Avec cette fois l’ambition assumée de modifier l’ADN des éléphants.</p><h2 class="article__sub-title">Trouver un utérus</h2><p class="article__paragraph">Il reste quelques détails pratiques à régler, et pas des moindres, reconnaît l’intéressé, dans le <em><a href="https://www.nytimes.com/2021/09/13/science/colossal-woolly-mammoth-DNA.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em>. Notamment celui de la gestation : quel utérus choisir pour assurer la genèse d’un hybride pesant une centaine de kilos, sachant que chez l’éléphant d’Asie, elle dure de dix-huit à vingt-deux mois ? Après avoir envisagé d’avoir recours à des mères de substitution, l’équipe de Colossal a décidé de fabriquer une matrice artificielle, tapissée de tissu utérin cultivé à partir de cellules souches.</p><p class="article__paragraph"><em>« Des tas de problèmes vont se poser lors de ce processus »</em>, fait valoir auprès du <em>New York Times</em> Beth Shapiro, paléogénéticienne à l’université de Santa Cruz, au sud de San Francisco, en Californie, et autrice de <em><a href="https://youtu.be/xO043PSBnKU" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">How to Clone a Mammoth</a></em> (2015, Princeton University Press). Dès 2016, Matthew Cobb, professeur de zoologie à l’université de Manchester, s’inquiétait ainsi dans les colonnes du journal britannique <em><a href="https://www.theguardian.com/science/2017/feb/16/woolly-mammoth-resurrection-scientists?xid=PS_smithsonian" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">The Guardian</a></em> : <em>« Le mammouth n’était pas simplement un ensemble de gènes, c’était un animal social, comme l’éléphant d’Asie moderne. Que se passera-t-il lorsque l’hybride éléphant-mammouth naîtra ? Comment sera-t-il accueilli par les éléphants ? »</em></p><p class="article__paragraph">Avec ce projet, Colossal se positionne sur le sujet <a href="https://www.lemonde.fr/series-d-ete/article/2021/08/23/le-couagga-de-louis-xvi-un-drole-de-zebre_6092138_3451060.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">encore très débattu de la « désextinction »</a> (<em>re-wilding</em>, en anglais) : la volonté, ou le fantasme, de ressusciter une espèce disparue. <em>« Notre objectif n’est pas seulement de ramener le mammouth. (…) Si vous prenez cette boîte à outils</em> [l’édition des génomes, pour modifier des cellules souches]<em>, vous avez tous les instruments à votre disposition pour empêcher l’extinction ou pour sauvegarder des espèces en danger critique de disparition »</em>, explique Ben Lamm, l’autre tête du projet, au site <a href="https://techcrunch.com/2021/09/13/how-colossal-sold-investors-on-a-quest-to-resurrect-a-woolly-mammoth/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">TechCrunch</a>.</p><p class="article__paragraph">L’annonce de Colossal intervient d’ailleurs quelques jours après que <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/09/04/liste-rouge-de-l-uicn-pres-de-30-des-especes-etudiees-sont-menacees_6093415_3244.html">l’Union internationale de conservation de la nature (UICN)</a> a publié l’actualisation de son baromètre de l’état du vivant sur la planète : sur les 138 374 espèces répertoriées, 38 543, soit quelque 28 %, sont classées dans les différentes catégories dites « menacées ».</p><p class="article__paragraph">Les travaux de George Church et Ben Lamm n’en sont qu’à leurs débuts, rappelle <em><a href="https://www.nationalgeographic.com/science/article/mammoth-elephant-hybrids-could-be-created-within-the-decade-should-they-be" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">National Geographic</a></em>. Les premiers pachydermes hybrides ne devraient pouvoir arpenter la toundra que dans plusieurs années… S’il en reste d’ici là.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/09/14/creer-des-hybrides-de-mammouth-laineux-pour-lutter-contre-les-effets-du-changement-climatique_6094649_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 14 Sep 2021 18:58:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[A New York, deux expositions rendent hommage aux chiens du 11-Septembre, « soutien émotionnel aux sauveteurs et aux familles des victimes »]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/09/07/0/0/2048/1598/664/0/75/0/0025351_382287889-000-apw2001091209902.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/09/07/0/0/2048/1598/1328/0/45/0/0025351_382287889-000-apw2001091209902.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/09/07/0/0/2048/1598/664/0/75/0/0025351_382287889-000-apw2001091209902.jpg 664w" alt="Des sauveteurs accompagnés d’un chien, à la recherche de survivants, dans les ruines du World Trade Center, à New York, le 12 septembre 2001." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/09/07/0/0/2048/1598/664/0/75/0/0025351_382287889-000-apw2001091209902.jpg" alt="Des sauveteurs accompagnés d’un chien, à la recherche de survivants, dans les ruines du World Trade Center, à New York, le 12 septembre 2001." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Des sauveteurs accompagnés d’un chien, à la recherche de survivants, dans les ruines du World Trade Center, à New York, le 12 septembre 2001. MARCOS TOWNSEND / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Ils s’appelaient Bretagne, Coby, Guiness, Ricky, Trakr, Riley… Pendant les jours qui ont suivi les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, ces goldens retrievers, bergers allemands, labradors ou rat terriers ont arpenté les ruines des tours jumelles du World Trade Center, à New York, à la recherche de survivants.</p><p class="article__paragraph"><em>« Nous espérions trouver des centaines de personnes ensevelies dans les décombres »</em>, raconte au <em><a href="https://www.nytimes.com/2021/08/30/arts/design/the-dogs-of-9-11.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em> Chris Selfridge, le maître de Riley, un golden retriever qui a contribué à localiser les corps de plusieurs pompiers. Depuis le 1<sup>er</sup> septembre, l’exposition <em>9/11 Remembered: Search &amp; Rescue Dogs</em>, au musée de la fédération canine des Etats-Unis, l’<a href="https://www.akc.org/expert-advice/news/the-legacy-of-9-11-dogs/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">American Kennel Club</a>, à New York, rend hommage au rôle-clé de ces chiens de sauvetage.</p><p class="article__paragraph">Après l’effondrement des tours jumelles, des centaines d’équipes de secouristes venues des quatre coins du pays, épaulées par des chiens, se sont rendues sur les lieux pour tenter de trouver des survivants dans les décombres. Naturellement, les premiers sur place faisaient partie de la police de New York : ils sont arrivés à la tour sud quinze minutes seulement après son effondrement et s’y sont relayés douze heures par jour, pendant une dizaine de jours.</p><p class="article__paragraph">Debra Tosch, ancienne directrice de la National Disaster Search Dog Foundation, estime qu’environ trois cents équipes de recherche se sont rendues à New York après la catastrophe. Mais seulement une centaine d’entre elles était préparée à ce type de scénario. <em>« Beaucoup d’équipes avaient des chiens dressés pour retrouver des personnes disparues dans la nature, non pour retrouver des victimes ensevelies sous une montagne de métal tordu, de verre, de décombres fumants, entourés de bruits urbains »</em>, raconte-t-elle.</p><h2 class="article__sub-title">L’odyssée de Trakr</h2><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/09/07/0/0/1992/1334/664/0/75/0/dab826e_302194404-ap-01091302058.jpg" alt="James Symington et Trakr, le 13 septembre 2001, dans les décombres du World Trade Center." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">James Symington et Trakr, le 13 septembre 2001, dans les décombres du World Trade Center. STEPHEN CHERNIN / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Pourtant, le sauvetage de Genelle Guzman, vingt-sept heures après la chute de la tour sud – elle est la dernière des trente survivants du World Trade Center – a été possible grâce à Trakr, un berger allemand de la police canadienne. Après les attentats, son maître, James Symington, a pris la route depuis la Nouvelle-Ecosse, pour apporter son aide à ses homologues américains… sans attendre le feu vert de sa hiérarchie.</p><p class="article__paragraph">Arrivés à New York dans la nuit du 11 au 12 septembre, Trakr et son maître ont détecté un signe de vie sous les décombres vers 6 ou 7 heures du matin<em>.</em> Les pompiers ont creusé et ont trouvé Genelle Guzman, sous une dizaine de mètres de gravats.Ironie de l’histoire : lorsque ses supérieurs l’ont vu à la télévision participer aux opérations de sauvetage, James Symington <a href="https://web.archive.org/web/20090201185053/http://dogsinthenews.com/issues/0110/articles/011002a.htm" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">a été suspendu pour avoir quitté son poste sans autorisation</a> – l’intéressé finira par quitter les forces de l’ordre canadiennes.</p><p class="article__paragraph">Après la mort de Trakr, en 2009, son maître l’a fait… <a href="https://www.theguardian.com/world/2009/jun/18/trakr-dog-september-11-clone" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">cloner</a>. Parmi les chiots éprouvettes, l’un d’eux a été baptisé Deja Vu, les autres Trustt, Valour, Prodigy et Solace. L’ancien policier expliquait alors vouloir en faire des chiens de recherche et de sauvetage, à l’instar de leur pourvoyeur d’ADN :</p><p class="article__cite"><em>« S’ils font preuve de la même intelligence, du même courage et de la même détermination que lui, ils contribueront à sauver d’autres vies. »</em></p><h2 class="article__sub-title">La liste des animaux héroïques de « Time »</h2><p class="article__paragraph"><a href="https://web.archive.org/web/20110324102419/http://www.time.com/time/specials/packages/article/0,28804,2059858_2059863_2060232,00.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">En 2011, le magazine <em>Time</em></a> avait, lui aussi, salué la mémoire du berger allemand, le faisant figurer dans sa liste des animaux héroïques, aux côtés notamment de Bucéphale, le cheval d’Alexandre le Grand.</p><p class="article__paragraph">Depuis janvier 2020, le 9/11 Memorial &amp; Museum, à Manhattan, avait déjà commencé à rendre hommage à ces héros méconnus du 11-Septembre, à travers le travail de la photographe Charlotte Dumas, qui a réalisé en 2011 les portraits de quinze des canidés ayant participé aux recherches dans les décombres des tours. L’exposition <em><a href="https://www.911memorial.org/visit/museum/exhibitions/k-9-courage" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">K-9 Courage</a></em> avait été rapidement affectée par la pandémie de Covid-19 mais reste visible jusqu’au printemps 2022.</p><p class="article__paragraph">Dans le texte de présentation de l’exposition, le musée rappelle que les équipes cynophiles ont, par leur présence, <em>« apporté un soutien émotionnel aux sauveteurs et aux familles »</em>. <a href="https://wach.com/news/nation-world/therapy-dogs-that-helped-after-the-parkland-school-shooting-are-back-to-help-in-surfside" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Depuis, leur rôle s’est développé</a> : des dizaines de chiens sont intervenus après le passage de <a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2005/08/31/l-ouragan-katrina-a-fait-des-centaines-de-morts-et-inonde-la-nouvelle-orleans_684015_3222.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’ouragan Katrina</a> (Louisiane, 2005), la <a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/02/27/apres-la-tuerie-de-parkland-la-nra-sous-pression_5263080_3222.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">fusillade de Parkland</a> (2018), ou l’<a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/07/27/effondrement-de-surfside-en-floride-la-derniere-victime-ayant-ete-identifiee-le-bilan-s-etablit-a-98-morts_6089639_3210.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">effondrement d’un immeuble à Surfside</a>, en juin, événements qui ont endeuillé la Floride.</p><p class="article__paragraph">Ces animaux apportent, au-delà de leur aide concrète, un réconfort précieux pour les victimes et leur entourage, à l’image de Bretagne, la dernière des « chiens du 11-Septembre », <a href="https://www.today.com/pets/never-forget-last-9-11-ground-zero-search-dog-dies-t96676" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">morte en 2016 à l’âge de 17 ans</a> : ce golden retriever retraité du secourisme huit ans plus tôt officiait depuis comme chienne d’aide à la lecture dans une école primaire du Texas. Sa dépouille <a href="https://www.akc.org/expert-advice/news/a-heros-goodbye-for-9-11-search-dog-bretagne/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">avait eu les honneurs du drapeau américain</a>… comme les autres héros de cette tragédie.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/09/10/a-new-york-deux-expositions-rendent-hommage-aux-chiens-du-11-septembre-soutien-emotionnel-aux-sauveteurs-et-aux-familles-des-victimes_6094158_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Sep 2021 12:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Photographié bébé sur l’album « Nevermind » de Nirvana, adulte il porte plainte contre le groupe]]></title>
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</noscript>Photographié bébé sur l’album « Nevermind » de Nirvana, adulte il porte plainte contre le groupe<noscript>
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<main role="main" class="main LeMondeMain main--free">
<section id="habillagepub" class="article article--single article--iso article--content"><section class="zone zone--article old__zone"><section class="article__wrapper"><article class="article__content old__article-content-single"><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/08/25/0/0/2100/1400/664/0/75/0/6210db2_153692386-nevermindcover.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/08/25/0/0/2100/1400/1328/0/45/0/6210db2_153692386-nevermindcover.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/08/25/0/0/2100/1400/664/0/75/0/6210db2_153692386-nevermindcover.jpg 664w" alt="Pochette de l’album « Nevermind », de Nirvana." width="664" height="443" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/08/25/0/0/2100/1400/664/0/75/0/6210db2_153692386-nevermindcover.jpg" alt="Pochette de l’album « Nevermind », de Nirvana." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Pochette de l’album « Nevermind », de Nirvana. GEFFEN</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Ayant contribué à l’une des pochettes d’album les plus iconiques, Spencer Elder, photographié nu lorsqu’il était âgé de 4 mois afin d’illustrer <em>Nevermind</em> de Nirvana, a porté plainte contre le groupe de rock, rapporte le tribunal de Californie, confirmant une information du magazine américain <em><a href="https://variety.com/2021/music/news/nirvana-baby-nevermind-lawsuit-1235048465/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Variety</a>.</em> Son avocat, Robert Y. Lewis, considère que cette photographie présente des éléments de pornographie infantile. Les parties génitales de son client étant visibles, il apparaît comme un « travailleur du sexe », selon l’avocat.</p><p class="article__paragraph">« <em>Le groupe a usé de cette pornographie infantile en plaçant Spencer Elder comme élément central de leur stratégie promotionnelle »,</em> peut-on lire dans la plainte déposée. <em>« L’enfant pose de manière sexuellement provocante dans le but de faire gagner en notoriété le groupe, augmenter ses ventes et attirer l’attention médiatique »,</em> a souligné l’avocat, ajoutant que le photographe de l’époque avait capturé plusieurs clichés de Spencer, un choix alternatif d’image étant donc possible.</p><p class="article__paragraph">Aujourd’hui âgé de 30 ans, Spencer Elder avait célébré les 10<sup>e</sup>, 17<sup>e</sup>, 20<sup>e</sup> et 25<sup>e</sup> anniversaires de l’album en <a href="https://nypost.com/2016/09/23/nirvana-baby-recreates-iconic-album-cover-25-years-later/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">recréant la pochette culte</a>. Il confiait toutefois dans plusieurs interviews être partagé entre la « célébrité » liée à la couverture de l’album et le sentiment d’avoir été exploité. <em>« C’est à la fois cool et étrange de faire partie de quelque chose dont je ne me souviens pas »,</em> confiait-il au <em>New York Post</em> en 2016.</p><p class="article__paragraph">En dehors d’une somme de 200 dollars (environ 170 euros) remise à ses parents pour réaliser le cliché, pour lequel ils n’auraient signé aucune décharge, précise la plainte, Elden n’a jamais été indemnisé pour cette photo. L’homme avait alors essayé d’entrer en contact à plusieurs reprises avec différents membres du groupe, sans succès. <em>« C’est difficile de ne pas être frustré quand on voit tout l’argent que ça a généré »,</em> déclarait le trentenaire en 2016, qui réclame aujourd’hui au moins 150 000 dollars (environ 128 000 euros) de dommages et intérêts.</p><p class="article__paragraph">Au moment de la sortie de l’album en 1991, la pochette était perçue comme une critique du capitalisme, le bébé nageant vers un billet de banque accroché à un hameçon de canne à pêche, pour lequel il semble sourire.</p></article></section></section></section></main>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 25 Aug 2021 17:34:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Dix ans après son vol, un Picasso et un Mondrian retrouvés dans une forêt en Grèce]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/29/0/0/3500/2334/664/0/75/0/28d27b2_ggg-cb04-greece-paintings-0629-11.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/06/29/0/0/3500/2334/1328/0/45/0/28d27b2_ggg-cb04-greece-paintings-0629-11.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/06/29/0/0/3500/2334/664/0/75/0/28d27b2_ggg-cb04-greece-paintings-0629-11.jpg 664w" alt="Les deux tableaux dérobés : la toile de Picasso, intitulée « Tête de femme » (1939), et celle de Piet Mondrian, le « Moulin » (1905)." width="3500" height="2334" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/29/0/0/3500/2334/664/0/75/0/28d27b2_ggg-cb04-greece-paintings-0629-11.jpg" alt="Les deux tableaux dérobés : la toile de Picasso, intitulée « Tête de femme » (1939), et celle de Piet Mondrian, le « Moulin » (1905)." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les deux tableaux dérobés : la toile de Picasso, intitulée « Tête de femme » (1939), et celle de Piet Mondrian, le « Moulin » (1905). COSTAS BALTAS / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Le mystère aura duré près de dix ans. Les autorités grecques ont annoncé, mardi 29 juin, avoir récupéré un tableau de Pablo Picasso (1881-1973) et un autre de Piet Mondrian (1872-1944) <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2012/01/09/un-picasso-et-un-mondrian-voles-a-la-pinacotheque-d-athenes_1627578_3214.html">qui avaient été dérobés à la Pinacothèque nationale d’Athènes, en 2012</a>. Les œuvres ont été retrouvées – intactes – dans le ravin d’une forêt située à environ quarante-cinq kilomètres au sud-est de la capitale grecque.</p><p class="article__paragraph">Dans cette affaire, les nerfs des conservateurs du musée ont été mis à rude épreuve jusqu’au bout : la toile du maître espagnol Pablo Picasso, intitulée <em>Tête de femme</em> (56 × 40 cm, 1939), est malencontreusement tombée par terre lors de la conférence de presse de présentation… Un homme s’est précipité pour la ramasser et la remettre en place, sans toutefois mettre de gants.</p><p class="article__paragraph">Le casse n’a pas été commis par une équipe de cambrioleurs professionnels, mais par un maçon grec de 49 ans. Ce dernier a été arrêté et a avoué être l’auteur du vol. Il a été placé en détention provisoire. On ignore comment la police est remontée jusqu’à lui. Le cambriolage avait initialement été attribué à deux personnes, mais la police a fait savoir que le maçon n’avait vraisemblablement aucun complice.</p><p class="article__paragraph">De nombreux commentaires ont fuité dans la presse locale et l’avocat du suspect, M<sup>e</sup> Sakis Kehagioglu, a confirmé une grande partie des informations divulguées par les médias grecs, <a href="https://www.nytimes.com/2021/07/01/world/europe/greece-picasso-mondrian-stolen-art.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rapporte le <em>New York Times</em></a>. L’homme, dont l’identité reste pour le moment inconnue, aurait dit aux policiers qu’il regrettait <em>« profondément »</em> son acte, qu’il a qualifié de <em>« plus grosse erreur de</em> [sa] <em>vie »</em>. Le maçon aurait également assuré être un passionné d’art et n’avoir jamais eu l’intention de vendre les tableaux. Néanmoins, selon des historiens de l’art néerlandais et italiens cités par des médias grecs, des tentatives de ventes auraient bien eu lieu.</p><p class="article__paragraph">Selon la ministre de la culture grecque, Lina Mendoni, la toile de Picasso aurait de toute façon été <em>« impossible »</em> à vendre en raison de l’inscription manuscrite de l’artiste mentionnant au dos du tableau : <em>« Pour le peuple grec hommage de Picasso »</em>. L’artiste avait offert ce tableau à la Grèce en 1949 pour saluer sa résistance contre le nazisme durant l’occupation de 1941-1944. L’autre tableau dérobé est le <em>Moulin</em> (35 × 44 cm, 1905), du peintre néerlandais Piet Mondrian, l’un des pionniers de l’abstraction.</p><h2 class="article__sub-title">Le cambriolage a duré sept minutes</h2><p class="article__paragraph">Après avoir avoué, le suspect a conduit les policiers dans la forêt <a href="https://www.youtube.com/watch?v=x2wv1efTLZU" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">où les toiles étaient cachées dans une mallette</a>. Selon les médias locaux, l’homme avait déplacé les tableaux à cet endroit en mai, après avoir lu dans la presse que la police pourrait être sur une piste. Avant cela, il avait gardé les tableaux chez un parent à qui il rendait fréquemment visite pour les admirer.</p><p class="article__paragraph">Une troisième œuvre avait été volée en 2012 : un dessin sur papier de l’artiste italien Guglielmo Caccia dit « Il Moncalvo » (1568-1625), représentant l’extase d’un saint. Mais le dessin, endommagé pendant le vol, a été jeté, selon le suspect.</p><p class="article__paragraph">Le cambriolage, qui avait duré sept minutes à peine, avait été préparé de longue date. Au cours des six mois précédant le vol, l’homme s’était rendu à la Pinacothèque nationale d’Athènes plus de cinquante fois afin d’étudier les lieux, le comportement des gardiens ainsi que l’emplacement des fenêtres et des caméras. <em>« Je connaissais toutes les habitudes des gardiens, le moment où les équipes changeaient, qui fumait, qui sortait dans le jardin »</em>, a raconté le maçon lors de son audition, ajoutant :</p><p class="article__cite"><em>« Et c’est comme ça que j’ai décidé de faire le braquage. (…) Je ne savais pas quelle œuvre j’allais prendre, juste que j’en voulais une. »</em></p><p class="article__paragraph">Le jour J est choisi au hasard. Le 8 janvier 2012, vêtu de noir et équipé de quelques outils – un marteau, un burin et un couteau – l’homme attend la fermeture du musée, à 21 heures, avant de s’y introduire en passant par un balcon dont les portes ne sont pas sécurisées.</p><h2 class="article__sub-title">Un système de sécurité obsolète</h2><p class="article__paragraph">Un rapport des autorités grecques avait par la suite établi que le système de sécurité du musée, installé en 1992, n’avait bénéficié d’aucune amélioration depuis 2000. Le ministre de l’intérieur de l’époque avait évoqué des protections <em>« inexistantes »</em>. Plusieurs zones du musée étaient hors de portée des caméras et les piles des alarmes, absentes ou usées, entraînaient régulièrement le déclenchement intempestif des sonneries. En outre, le musée était en sous-effectif au moment du vol en raison d’une grève du personnel.</p><p class="article__paragraph">Lorsqu’il déclenche une alarme par inadvertance en ouvrant une porte, le voleur décide de changer de plan : il va volontairement faire sonner l’alarme plusieurs fois, mais sans entrer dans le bâtiment, pour tromper la vigilance des gardiens. <em>« C’était le meilleur moyen de commettre le vol, en faisant croire aux gardiens qu’il y avait un problème technique avec les alarmes »</em>, a déclaré le suspect à la police. Finalement, vers 4 heures, après s’être faufilé et avoir rampé de pièce en pièce, il arrive dans la galerie.</p><p class="article__paragraph">Son récit laisse entende qu’il est tombé sur son butin presque par accident : <em>« Je me suis levé et je me suis retrouvé devant le tableau de Picasso »</em>, a-t-il affirmé, ajoutant qu’il l’a tout simplement retiré du mur puis de son cadre avant de faire de même avec le Mondrian et le Caccia. Repéré, il est ensuite pris en chasse par un gardien mais parvient à lui échapper. Dans sa fuite, il a abandonné une autre œuvre de Mondrian qu’il avait subtilisée. Un vol simple et audacieux qui pourrait valoir à son auteur jusqu’à dix ans de prison.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 06 Jul 2021 16:27:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Une Médaille d’honneur au caporal Woodson : mobilisation pour récompenser à titre posthume un héros noir d’Omaha Beach]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/457/639/664/0/75/0/4d13ef0_461833109-woodson-portrait.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/457/639/1328/0/45/0/4d13ef0_461833109-woodson-portrait.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/457/639/664/0/75/0/4d13ef0_461833109-woodson-portrait.jpg 664w" alt="Portrait officiel de Waverly B. Woodson Jr dans son uniforme de la 1re armée, avec le grade de sergent." width="457" height="639" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/457/639/664/0/75/0/4d13ef0_461833109-woodson-portrait.jpg" alt="Portrait officiel de Waverly B. Woodson Jr dans son uniforme de la 1re armée, avec le grade de sergent." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Portrait officiel de Waverly B. Woodson Jr dans son uniforme de la 1re armée, avec le grade de sergent. FAMILLE WOODSON ET LINDA HERVIEUX</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Un général, quatre membres du Congrès, une écrivaine…, voilà qui devrait permettre de reconnaître à sa juste valeur la bravoure de Waverly B. Woodson Jr. Cet infirmier afro-américain est l’un des héros méconnus d’Omaha Beach où il débarqua, le 6 juin 1944, que l’armée américaine s’est évertuée à oublier.</p><p class="article__paragraph">Ce n’est pas tous les jours que le général Thomas S. James Jr monte en première ligne. Le commandant de la First United States Armya pris la plume dans le <em><a href="https://www.washingtonpost.com/opinions/2021/06/20/77-years-later-still-seeking-appropriate-honor-heroic-black-medic-d-day/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Washington Post</a></em>, le 20 juin, pour réparer l’injustice faite au caporal Waverly B. Woodson Jr : <em>« Plus que toute autre,</em> [son] <em>histoire m’a ému et brisé le cœur »</em>, écrit-il en évoquant le manque de loyauté de l’institution à laquelle il appartient vis-à-vis de ce soldat noir.</p><p class="article__paragraph"><em>« L’histoire a largement oublié les quelque deux mille soldats noirs qui se trouvaient à Omaha Beach et Utah Beach le 6 juin 1944 »</em>, souligne <a href="http://www.lindahervieux.com/the-320th-blog/2015/9/3/waverly-b-woodson-jr" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Linda Hervieux, autrice</a> de <em>Forgotten : The Untold Story of D-Day’s Black Heroes, at Home and at War</em> (Harper Collins Publishers, en anglais), dans lequel elle évoque notamment le parcours du caporal Woodson. <em>Le Monde</em> rappelait en 2009 que 143 soldats noirs sont enterrés au cimetière de Colleville-sur-Mer (Calvados), surplombant Omaha Beach.</p><h2 class="article__sub-title">Face aux nazis et à la ségrégation raciale</h2><p class="article__paragraph">L’injustice subie par Waverly B. Woodson est le reflet de la ségrégation raciale au sein de la société américaine. Né à Philadelphie, en Pennsylvanie, il est empêché de faire des études de médecine et s’engage, avec son frère Eugene, le 15 décembre 1942, dans l’armée. Admis dans une école de formation des officiers, il ne peut exercer cette fonction de commandement : en vertu des lois Jim Crow (promulguées par les Etats du Sud pour entraver l’effectivité des droits constitutionnels des Afro-Américains, acquis au lendemain de la guerre de Sécession), un Noir ne peut alors pas commander des soldats blancs.</p><p class="article__paragraph">Il suit une formation d’infirmier avant d’être incorporé au 320<sup>th</sup> Barrage Balloon Battalion, la seule unité combattante composée de Noirs – commandée par des officiers blancs –, à participer au Débarquement. Avant même d’atteindre la plage, la péniche où il se trouve est touchée par un obus. Il est blessé à l’aine et dans le bas du dos. Il y reçoit les premiers soins et atteint la plage, où il parvient à installer un poste de secours. Pendant les trente heures qui suivent, il va extraire des balles, panser des blessures, transfuser du plasma, amputer un pied, réanimer quatre hommes en train de se noyer.</p><p class="article__paragraph">Dans la foulée, son supérieur le recommande pour la Distinguished Service Cross, la deuxième plus importante médaille de l’armée, décernée à toute personne qui s’est distinguée par un acte héroïque. Au Royaume-Uni, le général John C. H. Lee estime que les actions de Woodson méritent plus, à savoir la Medal of Honor (Médaille d’honneur), la plus haute distinction militaire américaine, remise par le président des Etats-Unis. L’armée qui lui a refusé un poste d’officier publie un communiqué faisant l’éloge d’un <em>« modeste soldat noir américain »</em> qui a <em>« aidé à soigner plus de deux cents blessés sur les plages du Débarquement en France »</em>.</p><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/23/0/0/1593/4961/664/0/75/0/218044a_419674615-1944-08-26-pittsburgh-courier.jpg" alt="Un extrait du « Pittsburgh Courier » du 26 août 1944, racontant les exploits de quatre soldats noirs, dont Waverly Woodson." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un extrait du « Pittsburgh Courier » du 26 août 1944, racontant les exploits de quatre soldats noirs, dont Waverly Woodson. WWW.NEWSPAPERS.COM</figcaption></figure><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/2550/3300/664/0/75/0/9624031_620450757-army-release.jpg" alt="Un rapport de l’armée décrivant les actions de Waverly Woodson sur Omaha Beach." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un rapport de l’armée décrivant les actions de Waverly Woodson sur Omaha Beach. LINDA HERVIEUX</figcaption></figure><p class="article__paragraph"><a href="https://www.newspapers.com/image/?clipping_id=46182482&amp;fcfToken=eyJhbGciOiJIUzI1NiIsInR5cCI6IkpXVCJ9.eyJmcmVlLXZpZXctaWQiOjQwMDU2Nzk3LCJpYXQiOjE2MjQyOTAzNDAsImV4cCI6MTYyNDM3Njc0MH0.DTCXyMFeD0ol0mRnCiEEWQcRYbHxBDU-b-cK9VAOaYc" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">La presse afro-américaine</a> raconte ses exploits et voit en lui le <em>« héros numéro un du Débarquement »</em>, rappelle Linda Hervieux. La journalistea déniché une note rédigée par le département de la guerre de 1944 à l’intention de la Maison Blanche, signalant que le caporal Woodson mérite la Médaille d’honneur et suggère que le président <em>« la lui remette personnellement »</em>. Cette distinction est censée récompenser <em>« la bravoure et l’intrépidité au péril de la vie du soldat, au-delà de l’appel du devoir. C’est ni plus ni moins ce que Woodson a fait à Omaha Beach »</em>, souligne le général dans le <em>Washington Post</em>.</p><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/2550/3300/664/0/75/0/6825fa7_715298267-woodson-note.jpg" alt="Une note envoyée à la Maison Blanche demandant la Medal of honor pour Waverly Woodson." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Une note envoyée à la Maison Blanche demandant la Medal of honor pour Waverly Woodson. LINDA HERVIEUX</figcaption></figure><p class="article__paragraph">L’infirmier ne reçoit finalement que la Bronze Star, la quatrième plus haute distinction pour bravoure, héroïsme et mérite de l’armée américaine, ainsi que la Purple Heart, parce qu’il a été blessé. <em>« La seule raison pour ne pas lui attribuer la Médaille d’honneur tient au racisme dans les rangs de l’armée en 1944 »</em>, observe Linda Hervieux. <em>« Il est quasiment certain que Waverly B. Woodson s’est vu refuser la plus haute récompense</em> (…) <em>en raison de sa couleur de peau »,</em> acquiesce le général Thomas S. James<em>.</em> En effet, sur les 472 Médailles d’honneur décernées pendant la seconde guerre mondiale, aucune n’a été remise à un soldat noir. Pourtant, sur les plus de 16 millions de soldats américains, plus 1,5 million était Afro-Américains.</p><p class="article__paragraph">Après la guerre, Waverly Woodson rentre chez lui, mais aucune école de médecine n’accepte les Noirs. Réserviste, il est rappelé pour la guerre de Corée et doit former au combat des médecins militaires. Lorsqu’il arrive à son lieu d’affectation, les officiers se rendent compte qu’il est Noir, il est réaffecté. Il reste dans l’armée jusqu’en 1952 et la quitte avec le grade de sergent-chef, avant de travailler pour le centre médical militaire américain de Walter Reed, puis les Instituts américains de la santé.</p><h2 class="article__sub-title">Reconnaissance par la France, soutien d’élus au Congrès</h2><p class="article__paragraph">La reconnaissance viendra tardivement. En 1994, lorsque la France invite trois vétérans américains aux cérémonies du 50<sup>e</sup> anniversaire du Débarquement pour leur remettre des médailles commémoratives. Waverly Woodson est l’un d’entre eux. <em>« Je suppose que cela le dérangeait un peu que son propre pays ne l’ait jamais honoré comme l’ont fait les Français »</em>, dit sa femme, Joann. <em>« Il était très fier d’avoir été invité »</em>, rappelle Linda Hervieux. En 2009, un de ses frères d’armes, William Dabney, reçoit la Légion d’honneur.</p><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/640/512/664/0/75/0/3704c9c_779406491-joann-waverly2.jpg" alt="Waverly Woodson et sa femme Joann, vers 1994, époque à laquelle il a reçu la médaille commémorative décernée par la France." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Waverly Woodson et sa femme Joann, vers 1994, époque à laquelle il a reçu la médaille commémorative décernée par la France. FAMILLE WOODSON / LINDA HERVIEUX</figcaption></figure><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/640/427/664/0/75/0/d6f1c0a_989411593-french-medal.jpg" alt="Joann Woodson montre le médaillon du « 50e anniversaire des débarquements et de la libération de la France », remise lors de la célébration, en France, en 1994." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Joann Woodson montre le médaillon du « 50e anniversaire des débarquements et de la libération de la France », remise lors de la célébration, en France, en 1994. LINDA HERVIEUX</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Waverly Woodson est mort le 12 août 2005 à l’âge de 83 ans, sans avoir reçu la Médaille qui a été réclamée pour lui. L’armée a expliqué que son dossier n’a pu être réexaminé, car en 1973, de nombreuses archives de la seconde guerre mondiale ont été détruites dans l’incendie du centre des archives du personnel de l’armée, à Saint-Louis (Missouri).</p><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/22/0/0/640/427/664/0/75/0/5029357_289687549-woodsongrave1.jpg" alt="Joann Woodson, sur la tombe de son mari, Waverly B. Woodson Jr. (3 août 1922-12 août 2005), au cimetière militaire d’Arlington, en Virginie." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Joann Woodson, sur la tombe de son mari, Waverly B. Woodson Jr. (3 août 1922-12 août 2005), au cimetière militaire d’Arlington, en Virginie. LINDA HERVIEUX</figcaption></figure><p class="article__paragraph">En plus de Linda Hervieux qui a contribué à faire connaître son histoire, le sénateur démocrate du Maryland, Chris Van Hollen, se démène depuis 2015 pour faire reconnaître les mérites du sergent-chef Woodson. Avec un collègue républicain, il a déposé, en septembre 2020 un <a href="https://www.congress.gov/bill/116th-congress/senate-bill/4535" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">projet de loi</a> visant à autoriser le président à lui décerner la Médaille d’honneur. Une <a href="https://www.congress.gov/bill/116th-congress/house-bill/8194" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">initiative identique</a> a été présentée à la Chambre par deux élus démocrates du Maryland.</p><p class="article__paragraph">S’ils sont votés et ratifiés, Waverly B. Woodson rejoindra sept autres soldats noirs de ce conflit à qui le <a href="https://www.nytimes.com/1997/01/14/us/medals-of-honor-awarded-at-last-to-black-world-war-ii-soldiers.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">président Clinton</a> a remis, tardivement, la Médaille d’honneur, en 1997. Sa femme, Joann prévoit d’en faire don au National Museum of African American History and Culture.</p><p class="article__paragraph"><em>« L’armée a beaucoup changé depuis 1944 »</em>, reprend, dans sa tribune, le général Thomas S. James, qui a succédé au lieutenant-général Stephen Twitty, un général noir. <em>« Pourtant, elle a encore du chemin à parcourir. Reconnaître enfin la valeur de Woodson en dirait long sur la diversité des hommes et des femmes qui portent notre uniforme aujourd’hui. »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/06/24/une-medaille-d-honneur-au-caporal-woodson-mobilisation-pour-recompenser-a-titre-posthume-un-heros-noir-d-omaha-beach_6085561_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 24 Jun 2021 17:47:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Déjà rescapé d’un crash, un pêcheur américain survit après avoir été « avalé » par une baleine]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/12/0/0/3075/2050/664/0/75/0/04e788e_5975809-01-06.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/06/12/0/0/3075/2050/1328/0/45/0/04e788e_5975809-01-06.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/06/12/0/0/3075/2050/664/0/75/0/04e788e_5975809-01-06.jpg 664w" alt="Une baleine à bosse dans le parc national naturel d’Uramba Bahia Malaga, en Colombie, en 2018." width="3075" height="2050" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/12/0/0/3075/2050/664/0/75/0/04e788e_5975809-01-06.jpg" alt="Une baleine à bosse dans le parc national naturel d’Uramba Bahia Malaga, en Colombie, en 2018." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Une baleine à bosse dans le parc national naturel d’Uramba Bahia Malaga, en Colombie, en 2018. MIGUEL MEDINA / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">L’histoire ne dit pas si Michael Packard est un homme pieux. Mais il y a fort à parier que ce pêcheur de homard de 56 ans a eu l’occasion d’entendre l’histoire biblique de Jonas… au moins au cours des derniers jours. Car s’il n’est pas resté <em>« <a href="https://lire.la-bible.net/lecture/Jonas/2/Array" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">trois jours et trois nuits</a> »</em> dans le ventre d’un gros poisson, il a vécu une histoire assez similaire avec un cétacé, <a href="https://eu.capecodtimes.com/story/news/2021/06/11/humpback-whale-catches-michael-packard-lobster-driver-mouth-proviencetown-cape-cod/7653838002/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">racontée par le <em>Cape Cod Times</em></a><em>.</em></p><p class="article__paragraph">Installé dans le village de Provincetown, dans le Massachusetts, sur la Côte est des Etats-Unis, il commence, vendredi 11 juin, sa deuxième plongée au large de Herring Cove Beach, où, avec Josiah Mayo, son coéquipier, ils ont jeté l’ancre de leur navire, le <em>Ja’n J</em>.</p><p class="article__paragraph">Les deux hommes ont déjà remonté 50 kg de homards et Michael Packard est reparti à la recherche d’autres crustacés. Autour d’eux, une flottille de pêcheurs taquine le bar. Bref, une journée ordinaire pour cet homme-grenouille, qui pratique cette activité depuis quarante ans. Il nage à environ 15 mètres de profondeur, observant les différents maillons de la chaîne alimentaire : lançons, bars… Jusqu’au moment où il sent un choc violent et tout devient noir.</p><h2 class="article__sub-title">« C’est fini, je vais mourir »</h2><p class="article__paragraph">L’espace d’un instant, il croit son heure venue, pensant avoir été avalé par un des grands requins blancs qui abondent dans ces eaux. Après quelques secondes pourtant, il constate avec surprise qu’il n’a pas été dévoré, n’est pas blessé, ne souffre pas, et qu’il n’y a aucune rangée de dents autour de lui.</p><p class="article__paragraph">Un soulagement de courte durée : le plongeur comprend que, s’il ne se trouve pas dans la gueule d’un requin, c’est qu’il est dans celle d’une baleine ; et celle-ci commence à serrer les muscles pour essayer de l’engloutir. <em>« Je me suis dit : “</em>OK, il n’y a aucun moyen d’en sortir, c’est fini, je vais mourir” », a ensuite raconté le pêcheur au <em><a href="https://eu.capecodtimes.com/story/news/2021/06/11/humpback-whale-catches-michael-packard-lobster-driver-mouth-proviencetown-cape-cod/7653838002/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Cape Cod Times</a></em>. Il pense alors à sa famille, à ses deux garçons de 12 et 15 ans. Harnaché de son équipement de plongée, il commence à se débattre. La baleine, elle, ne parvenant pas à l’ingurgiter, refait surface – elle ne se nourrit d’ordinaire que de plancton et de petits poissons. <em>« J’ai vu de la lumière, elle secouait la tête en tous sens et je me suis retrouvé dans l’eau »</em>, poursuit-il.</p><p class="article__paragraph">A bord du <em>Ja’n J,</em> Josiah Mayo a bien constaté que les bulles d’air de Michael Packard ont disparu et que la mer est agitée de violents tourbillons. Et soudain, une créature apparaît à la surface. <em>« J’ai immédiatement pensé que c’était une rencontre avec un requin, éventualité à laquelle nous nous préparions depuis des années »</em>, a-t-il confié au <em><a href="https://www.nytimes.com/2021/06/12/us/humpback-whale-lobster-diver-cape-cod.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em>.</p><p class="article__paragraph">Il voit alors la queue, puis la tête d’une baleine… qui recrache son collègue. Le mammifère parti, il hisse Michael Packard à bord du bateau avec l’aide d’un autre pêcheur<em>.</em> Les premiers mots bafouillés par le plongeur furent : <em>« Elle a essayé de me manger ! »</em> Dans un post publié sur <a href="https://www.facebook.com/groups/provincetowncommunityspace/permalink/5604243856312389/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Facebook</a>, après être sorti de l’hôpital, le plongeur a précisé qu’il était resté dans la gueule de l’animal pendant 30 ou 40 secondes.</p><h2 class="article__sub-title">Des interactions rares et accidentelles</h2><p class="article__paragraph"><em>« C’est un accident rarissime »</em>, a expliqué dans un <a href="https://coastalstudies.org/13712-2/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">communiqué Jooke Robbins</a>, spécialiste des baleines à bosse au Center for Coastal Studies de Provincetown. Selon la scientifique, les déclarations du plongeur laissent penser qu’il a été avalé par erreur par un jeune spécimen – mesurant tout de même une dizaine de mètres –, qui avait déjà été repéré au large de la ville. Lorsqu’elles mangent, les baleines ouvrent leur bouche en grand et celle-ci se gonfle comme un parachute, bloquant la vision du cétacé vers l’avant.</p><p class="article__paragraph">Les baleines à bosse sont fréquentes dans cette zone, où elles chassent des bancs de petits poissons qu’elles engloutissent, utilisant leurs fanons pour filtrer l’eau avant de les avaler. <em>« Mais si un plongeur ou un filet de pêche se trouve directement sur son chemin, la baleine ne peut la détecter ou l’éviter »</em>, précise Jooke Robbins.</p><p class="article__paragraph">Les interactions entre les baleines à bosse et les humains sont rares et surtout accidentelles. <em>« Lorsque nous entrons dans l’eau, nous entrons dans leur habitat. Cet incident rappelle aux nageurs, plongeurs, kayakistes et autres plaisanciers qu’il faut rester vigilant et éviter les baleines, dans la mesure du possible »,</em> poursuit le chercheur.</p><p class="article__paragraph">Personne n’a entendu parler de ce genre de rencontres, fait valoir auprès du <em><a href="https://www.nytimes.com/2021/06/12/us/humpback-whale-lobster-diver-cape-cod.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em> Charles Mayo – le père de Josiah Mayo est également chercheur au Center for Coastal Studies. Il évoque le récit d’une femme qui a été <a href="https://youtu.be/D47wdwwYo94" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">entraînée vers le fond par un globicéphale noir</a> et celle, invraisemblable, de <a href="https://timesmachine.nytimes.com/timesmachine/1896/11/17/issue.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">James Bartley, un baleinier, qui, en 1891</a>, aurait été retrouvé vivant dans le ventre d’une baleine.</p><h2 class="article__sub-title">Un homme chanceux</h2><p class="article__paragraph">Lorsque la baleine a réalisé que le plongeur n’était pas comestible, elle a réagi comme le ferait un humain qui aurait accidentellement avalé une mouche, ajoute Charles Mayo : <em>« Elle a arrêté de manger et a recraché la nourriture. »</em> D’autant que, s’il est déjà extrêmement rare d’avoir l’occasion d’entrer dans la gueule d’une baleine, il serait impossible d’aller plus loin dans son œsophage, celui-ci étant trop étroit pour avaler un humain. Les seules blessures occasionnées par ces cétacés aux hommes le sont avec leur queue ou lorsqu’ils bondissent hors de l’eau et retombent sur eux.</p><p class="article__paragraph">Dans son malheur, Michael Packard a eu beaucoup de chance : il aurait pu souffrir d’une perte d’audition, a estimé un médecin de l’hôpital de Cape Cod interrogé par le <em><a href="https://nypost.com/2021/06/12/cape-cod-lobsterman-swallowed-by-whale-also-survived-plane-crash/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Post</a></em> : <em>« Il est remonté de 15 mètres de profondeur en vingt à quarante secondes et ne présentait aucun signe de barotraumatisme</em> [lésion des tissus de l’oreille provoquée par une variation de pression].<em> »</em></p><p class="article__paragraph">Ce n’est pas la première fois que Michael Packard est miraculé. <a href="https://apnews.com/article/6e053182ce91688e6426f41947219940" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">En novembre 2001</a>, il se trouvait dans un petit avion qui s’est écrasé au Costa Rica, tuant le pilote, le copilote et un passager ; lui et quatre autres passagers ont été retrouvés par les secours, après deux nuits passées dans la jungle. Un médecin qui les a examinés à l’époque a déclaré qu’il n’aurait pas survécu une nuit de plus sur le site du crash.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 14 Jun 2021 21:19:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Aux Etats-Unis, bataille pour des noms d’oiseaux plus inclusifs]]></title>
      <description><![CDATA[<noscript>
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</noscript>Aux Etats-Unis, bataille pour des noms d’oiseaux plus inclusifs<noscript>
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<section id="habillagepub" class="article article--single article--content"><section class="zone zone--article zone--article-premium old__zone"><section class="article__wrapper article__content--restricted-media article__wrapper--premium"><article class="article__content old__article-content-single"><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/10/0/0/5809/3872/664/0/75/0/1982741_03fe5e2e89cf4d6ea7231da5c95a5aa3-6cbb5788c24d452ca33055ad5065d1bc-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/06/10/0/0/5809/3872/1328/0/45/0/1982741_03fe5e2e89cf4d6ea7231da5c95a5aa3-6cbb5788c24d452ca33055ad5065d1bc-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/06/10/0/0/5809/3872/664/0/75/0/1982741_03fe5e2e89cf4d6ea7231da5c95a5aa3-6cbb5788c24d452ca33055ad5065d1bc-0.jpg 664w" alt="Une étude réalisée en 2011 par le Fish and Wildlife Service recensait 93 % d’ornithologues blancs, contre 4 % de noirs (ici, observation d’oiseaux dans le Maryland, le 28 avril 2021)." width="5809" height="3872" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/10/0/0/5809/3872/664/0/75/0/1982741_03fe5e2e89cf4d6ea7231da5c95a5aa3-6cbb5788c24d452ca33055ad5065d1bc-0.jpg" alt="Une étude réalisée en 2011 par le Fish and Wildlife Service recensait 93 % d’ornithologues blancs, contre 4 % de noirs (ici, observation d’oiseaux dans le Maryland, le 28 avril 2021)." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Une étude réalisée en 2011 par le Fish and Wildlife Service recensait 93 % d’ornithologues blancs, contre 4 % de noirs (ici, observation d’oiseaux dans le Maryland, le 28 avril 2021). CAROLYN KASTER / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Déboulonnage des statues de <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/19/etats-unis-a-richmond-le-deboulonnage-d-une-statue-contrarie-par-des-interets-particuliers_6043479_3210.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">généraux confédérés</a>, <a href="https://www.axios.com/commission-renaming-army-bases-makeover-39b8983d-60b8-496b-9e26-78b5de6874bb.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">bases militaires</a>, <a href="https://www.austinmonitor.com/stories/2020/07/austin-will-start-renaming-parks-streets-creeks-and-anything-else-that-honors-white-supremacy/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rues</a> et <a href="https://edition.cnn.com/2020/12/14/us/cleveland-washington-native-american/index.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">équipes sportives</a> rebaptisées… La mort de l’Afro-Américain <a href="https://www.lemonde.fr/mort-de-george-floyd/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">George Floyd</a>, au printemps 2020, sous le genou du policier blanc <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/04/21/l-amerique-soulagee-par-le-verdict-historique-dans-l-affaire-george-floyd_6077501_3210.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Derek Chauvin</a> a donné le coup d’envoi à un mouvement visant à confronter les Etats-Unis aux symboles de leur passé raciste, esclavagiste et colonial.</p><p class="article__paragraph">Cette onde de choc a fini par toucher l’un des derniers bastions de la suprématie blanche : l’ornithologie. Cette branche de la zoologie, qui a pour objet l’étude des oiseaux et est encore pratiquée par une large majorité d’amateurs, est aujourd’hui en pleine introspection, comme l’illustre <a href="https://americanornithology.org/english-bird-names/community-congress-english-bird-names/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un récent séminaire de l’American Ornitological Association</a> (Société américaine d’ornithologie, AOS), consacré <a href="https://youtu.be/84GchnXInb8" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">aux noms vernaculaires des oiseaux d’Amérique du Nord</a>.</p><p class="article__paragraph">L’AOS, institution fondée en 1883, a été bousculée en août 2020 par une tribune publiée par Jordan Rutter et Gabriel Foley dans le <em><a href="https://www.washingtonpost.com/opinions/2020/08/04/american-bird-names-colonialism-audubon" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Washington Post</a>,</em> appelant à décoloniser l’ornithologie. Les deux ornithologues écrivent alors notamment que <em>« le colonialisme entache les noms vernaculaires de plusieurs oiseaux</em> [qui] <em>à ce titre doivent être modifiés ».</em></p><p class="article__paragraph"><em>« En Amérique du Nord, il n’y a que des hommes blancs</em> – <em>et quelques femmes blanches</em> – <em>dont le nom a été donné à des oiseaux</em> [et à d’autres espèces]<em>. Beaucoup parmi eux étaient des personnages ignobles, même selon les critères du XIX<sup>e</sup> siècle. Ils représentent une période de l’histoire coloniale et d’exploitation dont beaucoup de gens ressentent encore les effets »</em>, précise Jordan Rutter au <em>Monde</em>.</p><p class="article__paragraph">Parallèlement, les deux ornithologues ont lancé le site <a href="https://birdnamesforbirds.wordpress.com/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Bird Names for Birds</a> qui rappelle que le nom d’un oiseau peut décrire son apparence, son comportement, son habitat, son chant ou le nom d’une personne… Mais qu’un nom honorifique ne décrit rien de l’oiseau ou même de l’histoire : il sert juste à honorer quelqu’un. Le site répertorie <a href="https://docs.google.com/spreadsheets/d/1Q_IJTLYWe0WWmMZueSftKUTJ4wTyuTYTeLk7ELiGiUY/edit#gid=2072416291" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">plus 150 oiseaux dont les noms sont liés à des personnages <em>« problématiques »</em></a>, comme <a href="https://birdnamesforbirds.wordpress.com/historical-profiles/profiles-a-z/hammond-william-alexander/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">William Alexander Hammond</a>, <a href="https://birdnamesforbirds.wordpress.com/historical-profiles/profiles-a-z/bachman-john/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">John Bachman</a> ou <a href="https://birdnamesforbirds.wordpress.com/historical-profiles/profiles-a-z/townsend-john-kirk/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">John Kirk Townsend</a>.</p><p class="article__paragraph">Ce dernier a donné son nom au Townsend’s Solitaire (<em>Myadestes townsendi</em>, Solitaire de Townsend) et au Townsend’s Warbler (<em>Setophaga townsendi</em>, Paruline de Townsend). Non content d’explorer l’Ouest américain, cet ornithologue a pillé les crânes des tombes amérindiennes dans les années 1840, pour apporter sa pierre à la phrénologie et au racialisme, pseudosciences portées <a href="https://books.google.fr/books?hl=en&amp;lr=&amp;id=VX5PAQAAMAAJ&amp;oi=fnd&amp;pg=PA1&amp;dq=crania+americana&amp;ots=GZ3YI4GVIP&amp;sig=LEzInuEfrrQhkbpbZyYXEB6jM7A&amp;redir_esc=y#v=onepage&amp;q=townsend&amp;f=false" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">par son ami, le médecin et anthropologue Samuel George Morton</a>.</p><p><strong>Il vous reste 62.2% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.</strong></p></article></section><aside class="aside__article old__aside"><section class="friend"><section class="friend"></section></section></aside></section></section></main><section class="paywall"><section class="paywall__container"><section id="js-paywall-content" class="paywall__content"><section id="js-paywall-options-container" class="paywall__option-container old__paywall-container"><section class="paywall__option old__paywall-option"><p class="paywall__option-desc">Accédez à <strong>tous les contenus du Monde</strong> en illimité.</p></section><section class="paywall__option old__paywall-option"><p class="paywall__option-desc">Soutenez <strong>le journalisme d’investigation et une rédaction indépendante</strong>.</p></section><section class="paywall__option old__paywall-option"><p class="paywall__option-desc">Consultez le <strong>journal numérique et ses suppléments, chaque jour avant 13h</strong>.</p></section></section></section><p></p><h3 class="paywall__articles-title old__paywall-articles-title">Dans la même rubrique</h3><p></p><h3 class="paywall__articles-title old__paywall-articles-title">Les abonnés lisent aussi...</h3></section></section>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/06/10/aux-etats-unis-bataille-pour-des-noms-d-oiseaux-plus-inclusifs_6083604_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 10 Jun 2021 12:27:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[En Chine, la grande vadrouille d’un troupeau d’éléphants à travers le Yunnan]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph article__paragraph--lf"><em>« Une, deux, une, deux, une, deux</em>… <em>La patrouille des éléphants, s’achemine pesamment, la trompe en avant, les oreilles au vent… »</em> On ne sait pas vraiment s’ils avancent en suivant ce refrain tiré du <em>Livre de la Jungle</em> des studios Disney ou même s’ils ont une revendication, mais depuis mercredi 2 juin, un troupeau de 15 éléphants d’Asie (<em>elephas maximus</em> à ne pas confondre avec <em>loxodonta africana</em>, l’éléphant de savane et <em>loxodonta cyclotis</em>, l’éléphant des forêts d’Afrique) rôde à la périphérie de Kunming, ville de près de 8 millions d’habitants et capitale de la province du Yunnan, dans le sud de la Chine. Ils se trouvent à quelque 500 kilomètres de leur dernier domicile connu, la réserve naturelle de Mengyangzi dans la préfecture autonome de Xishuangbanna, au fin fond de la province du Yunnan.</p><p class="article__paragraph article__paragraph--lf">Le troupeau n’a encore blessé personne, mais les autorités chinoises ont pris les devants. A Kunming et dans la ville voisine de Yuxi, 675 policiers ont été déployés, accompagnés d’une soixantaine de véhicules de secours, épaulés par une douzaine de drones de surveillance, rapportait le <em><a href="https://www.scmp.com/news/people-culture/trending-china/article/3135726/after-500km-journey-herd-15-elephants-closing" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">South China Morning Post</a></em> (<em>SCMP</em>) le 2 juin. Elles ont aussi demandé aux habitants de Kunming d’éviter de laisser traîner des aliments dans leur jardin.</p>
<h2 class="article__sub-title">Périple entamé en 2020</h2>
<p class="article__paragraph article__paragraph--lf">Car il ne faut pas prendre ces pachydermes à la légère. Selon <a href="http://www.xinhuanet.com/english/2020-08/19/c_139302139.htm" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’agence Chine nouvelle</a>, entre 2011 à 2019, plus de 4 600 accidents impliquant des éléphants d’Asie ont eu lieu dans le Xishuangbanna : plus de 8 000 hectares de cultures ont été détruits, et ils auraient commis pour plus de 100 millions de yuans de dégâts (environ 12 millions d’euros) et, surtout, tué une cinquantaine de personnes. Et, depuis les 40 derniers jours, la petite troupe qui s’est fait la belle depuis de la réserve de Mengyangzi est accusée d’avoir <em>« détruit 55,7 hectares de récoltes, occasionnant des pertes estimées à 6,8 millions de yuans »</em>, affirment les autorités du Yunnan, citées par le <em>SCMP</em>.</p>
<figure class="article__media article__media--default"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/04/0/0/2625/3500/630/0/75/0/7b2a6db_297383397-351867.jpg" alt="Le troupeau d’éléphants d’Asie photographié dans une rue d’Eshan, dans la province du Yunnan en Chine, le 27 mai 2021." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le troupeau d’éléphants d’Asie photographié dans une rue d’Eshan, dans la province du Yunnan en Chine, le 27 mai 2021. ESHAN COUNTY FANG YUAN CAR CARE / via REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph article__paragraph--lf">Becky Shu Chen, une consultante de la Zoological Society of London qui a étudié l’interaction éléphant-homme et qui travaille avec Ahimsa Campos-Arceiz, spécialiste des éléphants de la réserve de Xishuangbanna, revient sur leur étonnant voyage. <em>« Ils ont commencé à sortir de la réserve naturelle et à prendre la direction du nord au mois de mars 2020 et sont arrivés dans le comté de Mojiang</em>. <em>C’est là qu’un éléphanteau est né, en décembre. Ils sont restés sur place pendant quatre mois. Puis le troupeau a repris sa route vers le nord au mois d’avril »</em>, explique-t-elle au <em>Monde.</em> Il est à noter que les éléphants sont partis à 17, mais deux d’entre eux ont rebroussé chemin.</p>
<p class="article__paragraph article__paragraph--lf">Depuis quelques semaines, leur épopée enflamme les réseaux sociaux chinois, où les commentaires humoristiques abondent, relève le <em>South China Morning Post</em> : <em>« Ils veulent probablement assister à la réunion de la Conférence des Nations unies sur la biodiversité à Kunming »</em>, a écrit un commentateur sur le réseau social <a href="https://weibo.com/2161876737/KimTgp7Ch?refer_flag=1001030103_&amp;type=comment#_rnd1622798848909" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Weibo</a>. Becky Shu Chen ajoute que la population a donné un surnom à cette petite troupe. <em>« Ils l’appellent</em> “<em>petit nez cassé</em>”[小断鼻, en chinois, mot-clé repris sur <a href="https://s.weibo.com/weibo/%25E5%25B0%258F%25E6%2596%25AD%25E9%25BC%25BB?topnav=1&amp;wvr=6&amp;b=1" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Weibo pour les désigner</a>]<em>, car un des éléphanteaux a perdu une partie de sa trompe. »</em></p>
<h2 class="article__sub-title">Les humains empiètent sur le domaine des éléphants…</h2>
<p class="article__paragraph article__paragraph--lf">Il n’y a actuellement aucune explication scientifique solide pour expliquer ce déplacement sur plusieurs centaines de kilomètres. <em>« Il n’est pas rare que les éléphants errent en dehors de leurs réserves et occupent lentement de nouvelles zones, mais ce troupeau en particulier est surprenant »,</em> reprend Becky Shu Chen. Ainsi, en janvier 2018, un éléphant isolé est parti en vadrouille, franchissant un poste frontière pour se rendre à Luang Namtha, au Laos, avant de revenir en Chine, confirme le <em><a href="https://www.scmp.com/news/china/society/article/2131051/no-passport-no-worries-elephant-makes-predawn-border-run-china" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">SCMP</a></em>.</p>
<figure class="article__media article__media--default"><img src="https://img.lemde.fr/2021/05/29/0/0/5000/3334/630/0/75/0/b411b0c_ef633d881c494860bb9d1c0d87df975c-ef633d881c494860bb9d1c0d87df975c-0.jpg" alt="Préparation d’un drone mis en service pour effectuer la surveillance du troupeau d’éléphants, dans le comté d’Eshan, le 29 mai 2021." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Préparation d’un drone mis en service pour effectuer la surveillance du troupeau d’éléphants, dans le comté d’Eshan, le 29 mai 2021. Hu Chao / AP</figcaption></figure><figure class="article__media article__media--default"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/02/0/0/5000/3333/630/0/75/0/14d76f8_d839c59abe9f49dda7e302c3bc178dd6-b09e5f565be04e7ea215582a5502f624-0.jpg" alt="Le troupeau d’éléphants d’Asie photographié dans le comté d’Eshan, en Chine, le 28 mai 2021." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le troupeau d’éléphants d’Asie photographié dans le comté d’Eshan, en Chine, le 28 mai 2021. Hu Chao / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph article__paragraph--lf">La chercheuse émet néanmoins quelques hypothèses : les éléphants d’Asie sont une espèce qui habite principalement l’Asie du Sud et du Sud-Est et sont considérés comme en voie de disparition. A ce titre, ils figurent sur la <a href="https://www.iucnredlist.org/fr/species/7140/45818198" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">liste rouge des espèces menacées de l’Union internationale pour la conservation de la nature depuis 1986</a>.</p>
<p class="article__paragraph article__paragraph--lf">En Chine où ils sont strictement protégés, ils seraient environ 300, vivant essentiellement au sud du Yunnan. Ils vivent dans d’immenses réserves dans lesquelles ils se déplacent à leur gré à la recherche de nourriture et en fonction des saisons. <em>« Mais l’augmentation de la déforestation depuis les années 1980, pour faire place à des terres agricoles et principalement à des plantations de caoutchouc, a entraîné une réduction et une fragmentation de leur domaine. Désormais, ils se déplacent à travers des zones agricoles peuplées »,</em> ajoute la chercheuse.</p>
<h2 class="article__sub-title">… qui le leur rendent bien</h2>
<p class="article__paragraph article__paragraph--lf">Selon elle, les éléphants d’Asie se sont adaptés à cette évolution de leur environnement. A mesure que leur population croît et que les besoins en nourriture augmentent, ils élargissent leur aire de répartition : <em>« L’extension de terres agricoles et des plantations sur leur territoire équivaut, pour eux, à la découverte d’une immense confiserie dans laquelle ils savent qu’ils vont trouver d’énormes quantités d’aliments faciles d’accès. »</em></p>
<div class="article__video-container">
<p class="article__paragraph article__paragraph--lf">Becky Shu Chen rappelle néanmoins quelques évidences : <em>« Nous conseillons aux personnes qui ne les connaissent pas de leur laisser de l’espace et de ne pas les approcher : ce sont des animaux sauvages et ils peuvent être dangereux, en particulier lorsqu’ils sont accompagnés de jeunes. Nous conseillons également aux autorités d’allouer davantage de ressources et d’attention aux communautés qui vivent à côté d’eux, pour qu’ils puissent coexister de manière sûre. »</em> Mais pour elle, le voyage des « petits nez cassés » <em>« nécessitera une enquête plus approfondie »</em>.</p>
</div>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/06/04/en-chine-la-grande-vadrouille-d-un-troupeau-d-elephants-a-travers-le-yunnan_6082896_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/06/04/en-chine-la-grande-vadrouille-d-un-troupeau-d-elephants-a-travers-le-yunnan_6082896_4832693.html</guid>
      <pubDate>Fri, 04 Jun 2021 17:35:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L’utilisation de drones tueurs en Libye réveille le spectre de robot de combats autonomes]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/03/0/0/2056/1240/664/0/75/0/bdb8604_657361800-kargu2.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/06/03/0/0/2056/1240/1328/0/45/0/bdb8604_657361800-kargu2.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/06/03/0/0/2056/1240/664/0/75/0/bdb8604_657361800-kargu2.jpg 664w" alt="Un drone Kargu-2, du constructeur turc STM." width="2056" height="1240" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/03/0/0/2056/1240/664/0/75/0/bdb8604_657361800-kargu2.jpg" alt="Un drone Kargu-2, du constructeur turc STM." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un drone Kargu-2, du constructeur turc STM. STM</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Ce n’est pas une scène tirée de <em>2001, l’Odyssée de l’espace</em>, de <em>I, Robot</em> ou de <em>Terminator</em>. Pour la première fois dans l’histoire des conflits, des robots de combat pourraient avoir attaqué des humains de manière totalement autonome, affirme <a href="https://www.newscientist.com/article/2278852-drones-may-have-attacked-humans-fully-autonomously-for-the-first-time/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un article du <em>New Scientist</em> publié le 27 mai</a>.</p><p class="article__paragraph">En se basant sur <a href="https://undocs.org/S/2021/229" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un rapport du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU)</a> datant du 8 mars, l’hebdomadaire scientifique décrit comment des drones militaires autonomes se sont rendus sur une zone de combat, ont sélectionné des cibles avant de les attaquer, sans l’intervention d’un opérateur humain.</p><h2 class="article__sub-title">Enquête sur une utilisation en Libye</h2><p class="article__paragraph">Le <a href="https://undocs.org/fr/S/2021/229" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">paragraphe 63</a>, page 19 de ce rapport de 556 pages, décrit l’opération « Tempête de paix » lancée le 27 mars 2020 par le premier ministre libyen, Faïez Sarraj. Cette dernière lui a permis de repousser les forces du maréchal Khalifa Haftar, dont les <em>« convois de logistique et les unités</em> […] <em>qui battaient en retraite ont été pourchassés et pris à partie à distance par des drones de combat ou des systèmes d’armes létaux autonomes</em> [SALA en français, LAWS en anglais pour “<em>lethal autonomous weapons systems</em>”], <em>tels que le Kargu-2 de STM et d’autres munitions rôdeuses. Les systèmes d’armes létaux autonomes avaient été programmés pour attaquer des cibles, sans qu’il soit besoin d’établir une connexion des données entre l’opérateur et la munition, et étaient donc réellement en mode d’autoguidage automatique »</em>, écrit le rapport.</p><p class="article__paragraph">Les « munitions rôdeuses » sont aussi appelées «<em> loitering munitions</em> », ou LM, en anglais, ou encore « drones kamikazes ». Ces drones aériens qui contiennent un explosif survolent le champ de bataille et peuvent détruire des cibles en plongeant sur elles.Le Kargu-2 est, quant à lui, un drone de fabrication turque. Ces engins de 7 kilos volent à 72 kilomètres par heure, ont une endurance de trente minutes et un rayon d’action de 5 kilomètres. Ils sont équipés d’une charge explosive et peuvent être pilotés par un humain ou fonctionner de façon autonome, à l’aide de caméras <em>« dotées d’une intelligence artificielle qui repère et identifie les cibles »</em>, explique encore le <em>New Scientist</em>.</p><p class="article__paragraph">Son utilisation serait une innovation. Depuis une vingtaine d’années, les armées et des groupes <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/13/au-yemen-les-rebelles-houthistes-jouent-l-escalade_6073018_3210.html">comme les rebelles houthistes au Yémen</a> utilisent des drones pour la reconnaissance ou l’attaque. <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2015/06/18/le-bilan-mitige-de-la-guerre-des-drones-menee-par-washington_4656964_3210.html">Les Etats-Unis notamment y ont massivement recours</a>, contre Al-Qaida, sa filiale dans la péninsule arabique (AQPA), les talibans pakistanais, les talibans afghans, les groupes islamistes somaliens Al-Chabab ou au Sahel. Mais ils sont toujours contrôlés par un opérateur.</p><p class="article__paragraph">Dernièrement, en 2020, dans le cadre du conflit avec l’Arménie, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/10/07/haut-karabakh-l-azerbaidjan-se-felicite-du-renfort-des-drones-de-son-allie-turc_6055100_3210.html">le ministère de la défense azerbaïdjanais</a> s’est vanté d’avoir infligé de <em>« lourdes pertes en hommes et en matériel militaire »</em> à l’adversaire. Interrogé par une chaîne de télévision turque, le président azerbaïdjanais, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/22/en-azerbaidjan-l-autocrate-aliev-rendu-populaire-par-la-guerre_6067228_3210.html">Ilham Aliev</a>, déclarait que <em>« grâce à la technologie fine des drones turcs, armés ou non armés, nous avons évité des pertes humaines »</em>.</p><h2 class="article__sub-title">Quel degré d’autonomie ?</h2><p class="article__paragraph">Jack McDonald, chercheur au King’s College de Londres, souligne les imprécisions du rapport de l’ONU. Dans une série de messages sur <a href="https://twitter.com/jackmcd83/status/1397873670186541063" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Twitter, il estime</a> qu’<em>« aucun indice ne permet de savoir si les drones de combat »</em> et les <em>« munitions rôdeuses « ont frappé des personnes ou des véhicules »</em>. Il ajoute qu’il est impossible de savoir quel était leur <a href="https://twitter.com/jackmcd83/status/1397873674431180800" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">degré d’autonomie</a>.</p><p class="article__paragraph">De son côté, Ulrike Franke, chercheuse au Conseil européen des relations internationales spécialisée sur les drones et l’intelligence artificielle, confirme ces imprécisions au <em>Monde</em>. <em>« Le rapport n’entre pas dans le détail des armes autonomes. Il note simplement la présence de “munitions rôdeuses”, en particulier le système Kargu-2, aux côtés d’autres systèmes militaires, tels que des drones armés, sur le théâtre libyen, et indique que des “munitions rôdeuses” ont été utilisées dans une attaque contre un convoi</em>, explique-t-elle. <em>Ce que le rapport ne fait pas</em> – <em>et ne peut pas faire</em> –, <em>c’est évaluer le degré d’autonomie du système, c’est-à-dire le degré de surveillance ou de contrôle humain. »</em></p><p class="article__paragraph">La chercheuse ajoute : <em>« Ce qui n’est pas clair pour moi, c’est la raison pour laquelle l’incident décrit dans le rapport est devenu un tel sujet d’actualité, étant donné que nous savons depuis un certain temps que les “munitions rôdeuses” ont été utilisées dans plusieurs conflits. »</em></p><p class="article__paragraph">En effet, <a href="https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2016/04/08/de-mysterieux-drones-kamikazes-au-dessus-du-haut-karabakh_5991964_4832693.html">lors d’affrontements en 2016</a> avec l’Azerbaïdjan, Artsrun Hovhannisyan, porte-parole du ministère de la défense arménien, évoquait l’usage <em>« d’un drone de type Harop, fabriqué en Israël »</em>, qui, <em>« plutôt que de contenir une charge explosive, est lui-même la munition »</em> et <em>« attaque ses cibles en s’autodétruisant dessus »</em> lors de l’attaque contre les forces du maréchal Khalifa Haftar.</p><h2 class="article__sub-title">Débat à l’ONU, inquiétude des ONG</h2><p class="article__paragraph">Pour la chercheuse, la nouveauté du rapport de l’ONU tient à son aspect académique : <em>« Il considère les “munitions rôdeuses” comme des systèmes d’armes létaux autonomes. Cela mérite d’être souligné dans la mesure où les Nations unies débattent depuis 2014, dans le cadre de la convention sur certaines armes classiques, de la place des systèmes d’armes autonomes létaux et sur la question de savoir si leur utilisation doit être réglementée, limitée ou interdite. »</em></p><p class="article__paragraph">Face au risque qu’ils représentent, <a href="https://www.amnesty.fr/controle-des-armes/actualites/10-raisons-pour-interdire-les-robots-tueurs" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Amnesty International</a> ou <a href="https://www.hrw.org/fr/topic/armes/robots-tueurs" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Human Rights Watch</a> (HRW) ont lancé une <em>« campagne contre les robots tueurs »</em>,affirmant qu’il est <em>« douteux que les armes totalement autonomes soient capables de respecter les normes du droit international humanitaire, notamment les règles de distinction, de proportionnalité et de nécessité militaire »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/06/03/l-utilisation-de-drones-tueurs-en-libye-reveille-le-spectre-de-robot-de-combats-autonomes_6082724_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/06/03/l-utilisation-de-drones-tueurs-en-libye-reveille-le-spectre-de-robot-de-combats-autonomes_6082724_4832693.html</guid>
      <pubDate>Thu, 03 Jun 2021 18:40:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Du métro de New York à celui de Tokyo, à chaque ville sa propre « signature » de microbes]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2020/05/02/0/0/3500/2333/664/0/75/0/fa00979_GDN_HEALTH-CORONAVIRUS-FRANCE_0502_1B.JPG" srcset="https://img.lemde.fr/2020/05/02/0/0/3500/2333/1328/0/45/0/fa00979_GDN_HEALTH-CORONAVIRUS-FRANCE_0502_1B.JPG 1328w, https://img.lemde.fr/2020/05/02/0/0/3500/2333/664/0/75/0/fa00979_GDN_HEALTH-CORONAVIRUS-FRANCE_0502_1B.JPG 664w" alt="Près de 4 800 échantillons ont été récoltés dans soixante villes, dont Paris, avec des écouvillons frottés sur diverses surfaces : tourniquets, distributeurs de tickets, bancs des stations de métro, ou barres des wagons de métro." width="3500" height="2333" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2020/05/02/0/0/3500/2333/664/0/75/0/fa00979_GDN_HEALTH-CORONAVIRUS-FRANCE_0502_1B.JPG" alt="Près de 4 800 échantillons ont été récoltés dans soixante villes, dont Paris, avec des écouvillons frottés sur diverses surfaces : tourniquets, distributeurs de tickets, bancs des stations de métro, ou barres des wagons de métro." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Près de 4 800 échantillons ont été récoltés dans soixante villes, dont Paris, avec des écouvillons frottés sur diverses surfaces : tourniquets, distributeurs de tickets, bancs des stations de métro, ou barres des wagons de métro. BENOIT TESSIER / THO</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il existe des microbes et des virus dans les transports en commun : cela n’a rien de surprenant, encore moins depuis l’irruption du Covid-19 dans nos vies. Ce qui l’est davantage est que chaque ville possède sa propre empreinte microbienne, une signature qui lui est spécifique, comme le révèle une étude <a href="https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(21)00585-7" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">parue le 26 mai dans la revue scientifique <em>Cell</em></a>. Le mélange de micro-organismes n’est donc pas le même à Paris, Tokyo, Londres, Sydney ou Rio de Janeiro.</p><p class="article__paragraph"><em>« Donnez-moi votre chaussure et, si je la séquence, je pourrais probablement vous dire d’où vous venez dans le monde »</em>, assure <a href="https://www.nytimes.com/2021/05/26/science/microbes-subway-metasub-mason.html?smid=tw-share" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">au <em>New York Times</em></a> Christopher E. Mason, le généticien qui a dirigé cette recherche à grande échelle. Avec cette étude, qui a mobilisé 900 chercheurs et volontaires, les scientifiques parviennent désormais à identifier d’où provient un échantillon avec une précision de 88 %.</p><p class="article__paragraph">Si vous empruntez le métro à New York, par exemple, il y a de fortes chances pour que le cocktail de micro-organismes retrouvé sous votre semelle soit riche en <em>« Carnobacterium inhibens </em>», une bactérie productrice d’acide lactique très tolérante aux basses températures, note <a href="https://www.sciencemag.org/news/2021/05/cities-have-their-own-distinct-microbial-fingerprints" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">la revue <em>Science</em></a>. De façon plus générale, la composition des profils microbiens des transports des villes d’Amérique du Nord et d’Europe diffère de ceux d’Asie de l’Est, tandis que les transports urbains plus proches de l’équateur ont une plus grande diversité microbienne que ceux qui en sont éloignés. Géographie, climat ou encore mode de vie… Les chercheurs souhaitent à présent comprendre quels sont les facteurs qui donnent à chaque ville sa « signature » spécifique.</p><h2 class="article__sub-title">Atlas des « écosystèmes microbiens »</h2><p class="article__paragraph">Pour arriver à ces premières trouvailles, les chercheurs du consortium international <a href="http://metasub.org/about/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">MetaSUB</a> (Metagenomics and Metadesign of Subways and Urban Biomes) ont réalisé des prélèvements dans les transports en commun de près de soixante villes et sur les six continents pendant deux ans, de 2015 à 2017. Près de 4 800 échantillons ont été récoltés avec des écouvillons frottés sur des tourniquets, aux distributeurs de tickets, sur les bancs des stations de métro, ou même sur les barres des wagons de métro. Et pour les villes qui ne disposent pas de réseau souterrain, les prélèvements ont été réalisés dans les bus et les trains.</p><p class="article__paragraph">En plongeant dans les entrailles des centres urbains, l’équipe de scientifiques a trouvé <em>« une étendue et un trésor de nouvelles formes de vie »</em>, estime Christopher E. Mason, à l’origine du consortium MetaSUB. <em>« Les balustrades et les bancs de nos villes ont parfois autant, voire plus de diversité que ce que vous trouvez dans une forêt tropicale »</em>, ajoute le professeur de génétique, physiologie et biophysique à l’université new-yorkaise Weill Cornell Medicine.</p><p class="article__paragraph">Avec ces milliers d’écouvillons, les chercheurs sont parvenus à créer un atlas des <em>« écosystèmes microbiens dans les zones urbaines »,</em> disponible en <em>« open data » </em>: tout le monde peut <a href="http://metasub.org/map/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">y accéder librement</a>. <em>« Ces données seront analysées pendant des décennies »</em>, se réjouit Adam Roberts, microbiologiste à la Liverpool School of Tropical Medicine, interrogé par <a href="https://www.sciencemag.org/news/2021/05/cities-have-their-own-distinct-microbial-fingerprints" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>Science</em></a>. Pour Erica Hartmann, microbiologiste à l’université Northwestern citée par le <em>New York Times</em>, cette recherche est un formidable apport scientifique : <em>« C’est énorme. Le nombre d’échantillons et la diversité géographique des échantillons… C’est sans précédent. »</em></p><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/06/02/0/0/1898/963/664/0/75/0/3a3ad8b_424314710-paris.jpg" alt="Le résultat de ces prélèvements, effectués entre 2015 et 2017, sont disponibles en « open data ». Ici, l’un des échantillons récupérés à Paris, à la gare d’Austerlitz." />
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le résultat de ces prélèvements, effectués entre 2015 et 2017, sont disponibles en « open data ». Ici, l’un des échantillons récupérés à Paris, à la gare d’Austerlitz.</figcaption></figure><h2 class="article__sub-title">Pas forcément des agents pathogènes</h2><p class="article__paragraph">Mais siles chercheurs du consortium international ont été en mesure d’identifier 4 246 espèces de micro-organismes déjà connues, leurs découvertes ne s’arrêtent pas là. Près de 11 000 virus et 748 bactéries jamais référencés jusqu’alors ont également été repérées après extraction et séquençage de l’ADN de chaque échantillon. Une nouveauté qui nécessite maintenant des recherches plus poussées pour connaître leur impact sur notre santé. <em>« La crise du Covid-19 a mis en évidence la nécessité d’une surveillance microbienne étendue »</em>, <a href="https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(21)00585-7?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS0092867421005857%3Fshowall%3Dtrue" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">peut-on lire dans l’étude</a>, qui poursuit :</p><p class="article__cite">La cartographie génétique microbienne des environnements urbains donnera des outils aux responsables de la santé publique pour évaluer les risques, cartographier les épidémies et caractériser génétiquement les espèces problématiques.</p><p class="article__paragraph">La grande majorité des organismes repérés présentent peu de risques néanmoins pour les humains, estiment les experts. Si le fonctionnement et la source de beaucoup de ces microbes restent inconnus, il n’y a pas de quoi s’en soucier, selon David Danko, le directeur de la bio-informatique pour MetaSUB. Les microbes font partie de notre quotidien et nous sommes perpétuellement à leur contact. <em>« Ils appartiennent à l’écosystème dans lequel nous vivons en tant qu’humains »</em>, rappelle-t-il encore. <em>« La plupart d’entre eux ne sont pas des agents pathogènes, ils sont probablement inoffensifs et certains peuvent en fait être bénéfiques »</em>, explique Noah Fierer, microbiologiste à l’université du Colorado à Boulder.</p><p class="article__paragraph">En attendant d’en savoir plus, l’équipe de chercheurs, armée de tampons stériles et de tubes de prélèvement, continue sa récolte dans les métros du monde entier. Ils prévoient d’étendre leurs recherches aux eaux usées, <a href="https://www.newscientist.com/article/2278624-cities-like-london-and-tokyo-have-their-own-unique-microbiomes/#ixzz6w3aS46k5" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">nous apprend <em>New Scientist</em></a>. Ce travail sur les « signatures urbaines » des micro-organismes doit se poursuivre afin de comprendre comment ces derniers influencent notre santé et pourrait, <em>in fine,</em> se voir utilisé dans les enquêtes médico-légales.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/06/02/du-metro-de-new-york-a-celui-de-tokyo-a-chaque-ville-sa-propre-signature-de-microbes_6082553_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 02 Jun 2021 17:14:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Le surprenant et fructueux trafic international de cactus]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/05/21/0/0/3872/2592/664/0/75/0/cecddd4_458766149-000-par8292610.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/05/21/0/0/3872/2592/1328/0/45/0/cecddd4_458766149-000-par8292610.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/05/21/0/0/3872/2592/664/0/75/0/cecddd4_458766149-000-par8292610.jpg 664w" alt="Un cactus Eriosyce chilensis en fleur, photographié au Chili en octobre 2007." width="3872" height="2592" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/05/21/0/0/3872/2592/664/0/75/0/cecddd4_458766149-000-par8292610.jpg" alt="Un cactus Eriosyce chilensis en fleur, photographié au Chili en octobre 2007." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un cactus Eriosyce chilensis en fleur, photographié au Chili en octobre 2007. PABLO GUERRERO / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">C’était en février 2020. Après avoir reçu un « tuyau », les carabiniers italiens ont fait une descente chez un certain Andrea Piombetti, un collectionneur et vendeur de cactus bien connu à Senigallia, une ville sur la côte Adriatique. C’était le début de l’opération Atacama – du nom du désert chilien – visant à démanteler un trafic international de… cactus, écrit le <em><a href="https://www.nytimes.com/2021/05/20/science/cactus-trafficking-chile.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em>. En novembre 2020, une opération du même type a visé un <a href="https://www.ansa.it/marche/notizie/2020/11/18/scoperto-traffico-di-cactus-in-via-destinzione-denunce_1c0508b1-7355-4aa7-b28f-5e928fc7ffcf.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">autre trafiquant de cactus</a>, installé un peu plus au nord, à Rimini.</p><p class="article__paragraph">Dans une serre de fortune chez M. Piombetti, les gendarmes italiens ont découvert environ un millier de Copiapoa et d’Eriosyce, des cactus originaires du Chili, dont le commerce est interdit, en vertu de la <a href="https://cites.org/fra/disc/text.php" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Convention sur le commerce international des espèces de faune</a> et de flore sauvages menacées d’extinction (Convention on International Trade of Endangered Species ou CITES), aussi appelée Convention de Washington.</p><p class="article__paragraph">Ce n’était pas la première fois que M. Piombetti a maille à partir avec les carabiniers. En 2013, lors d’une descente, ils avaient saisi chez lui une cargaison de six cents cactus chiliens. Mais l’affaire n’avait pas eu aucune suite judiciaire, en raison de retards dans la procédure et de la prescription.</p><h2 class="article__sub-title">Les cactus plus menacés que les mammifères et les oiseaux</h2><p class="article__paragraph">Depuis quelques années, le cactus a remplacé le ficus : le <em><a href="https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2017/may/31/cactus-cool-cartier-designer-plants" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Guardian</a></em> en 2017 et le <em><a href="https://www.newyorker.com/magazine/2019/07/01/what-is-it-with-millennials-and-cactuses" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New Yorker</a></em> deux ans plus tard décrivent l’engouement pour celui qui est devenu la plante d’intérieur par excellence du « millénial ». Mais certains amateurs fortunés ne se contentent pas des espèces vendues dans les jardineries ou chez les spécialistes ayant pignon sur rue.</p><p class="article__paragraph">En effet, il en va des cactus comme des <a href="https://www.climats-bourgogne.com/fr/qu-est-qu-un-climat_5.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">climats du vignoble de Bourgogne </a>: de nombreuses espèces sont très localisées. On ne les trouve, par exemple, que sur certaines falaises calcaires abruptes du Mexique, sur une seule parcelle sablonneuse de moins d’un kilomètre carré sur la côte du Pérou, ou au fin fond du Texas.</p><p class="article__paragraph">De fait, les cactus sont encore plus menacés que les mammifères et les oiseaux et figurent sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (l’UICN). <em>« A l’heure actuelle, 31 % des espèces de cactus sont menacées d’extinction </em>», écrivait <a href="https://www.iucn.org/fr/content/le-commerce-illegal-contribue-a-placer-les-cactus-parmi-les-especes-les-plus-menacees-au-monde-liste-rouge-de-luicn" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’UICN en 2015</a>. <em>« La destruction de son habitat, l’industrie de l’horticulture et le commerce illégal de manière générale sont désignés comme responsables du déclin du <a href="https://www.futura-sciences.com/planete/definitions/classification-vivant-taxon-264/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">taxon</a> »</em>, note de son côté le <a href="https://www.wwf.fr/especes-prioritaires/cactus" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">WWF</a>.</p><h2 class="article__sub-title">Trafic mondial méconnu</h2><p class="article__paragraph">Les espèces rares sont difficiles voire impossibles à acheter légalement. C’est la raison pour laquelle s’est développé un trafic international, qui n’a rien à envier à la contrebande d’os de tigres, de l’ivoire, d’écailles de pangolin et de corne de rhinocéros. Mais ce commerce illégal est largement ignoré, en raison de la <em>« cécité végétale »</em>, le biais cognitif qui tend à ignorer les espèces végétales.</p><p class="article__paragraph">Pourtant, régulièrement les services douaniers ou de protection de la nature annoncent des prises qui ne donnent qu’une idée imprécise de cette contrebande. Ainsi, en <a href="https://www.douane.gouv.fr/actualites/saisie-roissy-de-369-cactus-proteges-et-menaces-dextinction" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">septembre 2016, les douanes françaises</a> ont annoncé avoir intercepté 369 cactus appartenant à onze espèces différentes de cactus très rares et protégées, dont la valeur était estimée à près de 80 000 euros.</p><p class="article__paragraph">A la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, les différentes agences fédérales américaines luttent contre le trafic d’êtres humains et de drogue. Mais pas seulement. En juin 2019, un <a href="https://qz.com/1657884/us-border-security-busts-german-smuggling-endangered-cactus-seeds/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">couple de touristes allemands a été arrêté à l’aéroport de Denver</a>, accusé d’avoir tenté de rapporter chez lui des graines de cactus en voie de disparition. En février 2021, <a href="https://www.mpi.govt.nz/news/media-releases/cactus-smuggler-sentenced-for-importing-illegal-plants/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">les autorités néo-zélandaises annonçaient la condamnation</a> d’une femme accusée de contrebande de plantes succulentes et de cactus en voie de disparition, entre la Nouvelle-Zélande et la Chine.</p><p class="article__paragraph">En Arizona, les Saguaros, majestueux cactus arborescents, qui sont l’attraction du parc national du même nom, sont aussi la cible de trafiquants, rappelle le <a href="https://www.geo.fr/environnement/en-arizona-haro-sur-le-trafic-de-cactus-geants-199649" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">magazine </a><em><a href="https://www.geo.fr/environnement/en-arizona-haro-sur-le-trafic-de-cactus-geants-199649" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Géo</a></em>. Pour ce cactus, la valeur est surtout déterminée par la taille (environ 200 dollars les trente centimètres) : <em>« Mais, dès que le cactus a plusieurs bras et prend sa forme très prisée de candélabre, le prix s’envole. Il oscille alors entre 5 000 et 10 000 dollars, au point que certains propriétaires l’incluent dans leur assurance habitation. »</em></p><p class="article__paragraph">Pourtant, une fois qu’ils sont passés entre les mailles du filet, on les trouve facilement dans des magasins de plantes de luxe au Japon, sur eBay, Instagram, Etsy ou Facebook, relève le <em>New York Times</em>.</p><h2 class="article__sub-title">Renvoyer les cactus au Chili</h2><p class="article__paragraph">L’opération Atacama a permis de retracer une partie du parcours des cactus de M. Piombetti. Selon les enquêteurs, il s’est rendu sept fois au Chili, la dernière fois en décembre 2019, où il a ramassé des cactus à proximité du Parc national Pan de Azúcar.</p><p class="article__paragraph">Puis il a envoyé des plantes en Grèce et en Roumanie, où les services des douanes sont moins sourcilleux, ou vers le Japon. Selon les autorités, la prise de février 2020 est évaluée à près de 1,2 million de dollars au marché noir (plus de 980 000 euros).</p><p class="article__paragraph">Généralement, les cactus confisqués sont détruits par les autorités italiennes, sauf lorsqu’il s’agit d’espèces rares, poursuit le <em>New York Times</em>. Après le raid des carabiniers, les cactus ont été entreposés au département de botanique de l’université de Milan. Mais en raison de leurs besoins spécifiques, les conserver en Italie revenait à les laisser mourir.</p><p class="article__paragraph">Fin 2020, le jardin botanique de Milan, l’UICN et un amateur de plantes de Baltimore (Maryland) ont payé les frais nécessaires au voyage retour des cactus vers le Chili. A la fin du mois d’avril, 844 cactus ont retrouvé leur terre natale, une centaine étaient morts et 84 sont restés à Milan pour être étudiés.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 21 May 2021 17:12:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Crise migratoire : Juan Francisco Valle, le garde civil qui a sauvé un nourrisson de la noyade à Ceuta]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/05/19/0/0/6192/4128/664/0/75/0/1a3cfa6_5817570-01-06.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/05/19/0/0/6192/4128/1328/0/45/0/1a3cfa6_5817570-01-06.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/05/19/0/0/6192/4128/664/0/75/0/1a3cfa6_5817570-01-06.jpg 664w" alt="Image fournie le 18 mai 2021 par la garde civile espagnole montrant Juan Francisco Valle, un plongeur Groupe spécial pour les activités sous-marines sauvant un nourrison des eaux de la Méditerranée." width="6192" height="4128" /><noscript><img src="https://img.lemde.fr/2021/05/19/0/0/6192/4128/664/0/75/0/1a3cfa6_5817570-01-06.jpg" alt="Image fournie le 18 mai 2021 par la garde civile espagnole montrant Juan Francisco Valle, un plongeur Groupe spécial pour les activités sous-marines sauvant un nourrison des eaux de la Méditerranée." /></noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Image fournie le 18 mai 2021 par la garde civile espagnole montrant Juan Francisco Valle, un plongeur Groupe spécial pour les activités sous-marines sauvant un nourrison des eaux de la Méditerranée. HANDOUT / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Plus que les adolescents marocains escaladant le brise-lames, le déploiement de blindés espagnols ou les tirs de grenades lacrymogènes en direction des migrants, c’est l’image de Juan Francisco Valle, un plongeur de la garde civile espagnole sauvant, mardi 18 mai, un nourrisson des eaux de la Méditerranée qui illustre le mieux la grave crise migratoire et diplomatique entre l’Espagne et le Maroc.</p><p class="article__paragraph">Depuis le 17 mai, profitant <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/05/18/l-entree-massive-de-migrants-a-ceuta-provoque-une-crise-diplomatique-entre-l-espagne-et-le-maroc_6080616_3212.html">d’un relâchement des contrôles frontaliers du côté marocain</a>, des milliers de personnes ont essayé de rejoindre la plage de Tarajal à Ceuta, enclave espagnole sur le continent africain, qui n’est qu’à 200 mètres à la nage de la frontière avec le Maroc. Mais ce qu’ignorent les migrants, c’est que nager habillé est épuisant.</p><h2 class="article__sub-title">Le « héros de Jerez »</h2><p class="article__paragraph">Dans <em><a href="https://elpais.com/espana/2021-05-19/el-guardia-civil-que-rescato-al-bebe-en-el-mar-estaba-helado-frio-no-gesticulaba.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">El Pais</a></em>, Juan Francisco Valle, surnommé « Juanfran » raconte qu’il a sauté dans l’eau dès qu’il a vu que la mère et le bébé allaient se noyer s’il ne les aidait pas. Lorsque le <em>« héros de Jerez »</em> [Jerez de la Frontera, en Adalousie], comme l’appelle <em><a href="https://www.lavanguardia.com/local/sevilla/20210519/7467045/heroe-jerez.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">La Vanguardia</a></em>, l’a récupéré sur le dos de sa mère, le nourrisson – dont on ignore le sexe – était rigide et blanc et il ne savait pas s’il était vivant ou mort. Depuis, les autorités espagnoles ont annoncé que l’enfant et sa mère étaient sains et saufs, sans donner plus de précisions.</p><p class="article__paragraph">L’action de « Juanfran » a rempli sa ville natale de fierté. Sur Twitter, Antonio Saldaña, le responsable du Parti populaire de Jerez, a posté un message :</p><p class="article__cite"><em>« Au milieu de tout, du chaos, il y a un HEROS, un ange sans ailes qui, sans hésitation, se jette à la mer et met sa vie au service du destin, pour sauver un bébé. Son nom est Juan Francisco Valle. C’est un plongeur et de JEREZ !!! VIVE LA GARDE CIVILE !!! »</em>.</p><p class="article__paragraph">« Juanfran » raconte à <em>El Pais</em> qu’il avait pratiquement passé les deux jours dans l’eau avec ses compagnons, ajoutant n’avoir « <em>dormi que huit ou dix heures au total depuis dimanche »</em> et ne plus savoir combien de personnes ils ont secourues pendant ces deux jours.</p><p class="article__paragraph">Avant de rejoindre la garde civile il y a 12 ans, « Juanfran » était plongeur dans la marine. A 41 ans, il est l’un des huit membres qui composent le Groupe spécial pour les activités sous-marines (GEAS) de Ceuta. Il assure qu’ils sont formés pour faire face <em>« à presque toutes les situations en mer »</em>. Leur travail habituel consiste à récupérer les corps de personnes qui se sont noyées en mer, dans les marais ou les rivières.</p><h2 class="article__sub-title">« Avec mes collègues nous avons sauvé des vies »</h2><p class="article__paragraph">Mais dans un <a href="https://www.rtve.es/noticias/20210519/guardia-civil-salva-bebe-cruz-roja-migrante-abrazo/2091030.shtml" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">entretien avec la chaîne publique RTVE</a>, il raconte qu’il n’a jamais rien vécu de tel : <em>« C’est une frontière, avec ce que cela implique. Mais on n’avait rien vu d’aussi intense. »</em> Interrogé par <a href="https://www.lasexta.com/programas/al-rojo-vivo/entrevistas/habla-guardia-civil-que-rescato-bebe-ceuta-estaba-frio-sabia-estaba-vivo_2021051960a4fedc2903f300011536b4.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">La Sexta</a> (la sixième chaîne de télévision espagnole), il exprime sa satisfaction :</p><p class="article__cite"><em>« Ces jours-ci, avec mes collègues, nous avons sauvé des vies. »</em></p><p class="article__paragraph"><em>« Nous nous sommes occupés des personnes qui, selon nous, risquaient de ne pas arriver sur la plage côté espagnol »</em>, détaille le plongeur à <em>El Pais</em>. Il décrit une situation dramatique :</p><p class="article__cite"><em>« Certains étaient sur des jouets flottants, d’autres harnachés avec n’importe quoi, comme des bouteilles vides. Certains portaient des gilets de sauvetage mal ajustés, qui, au lieu de leur maintenir la tête à la surface, la leur maintenaient sous l’eau. Et il y avait beaucoup de pères et de mères avec leurs enfants accrochés comme ils le pouvaient sur leur dos. »</em></p><p class="article__paragraph">Raison pour laquelle il a choisi d’accompagner et de secourir ceux qui étaient le plus en difficulté, comme la mère de ce bébé.</p><p class="article__paragraph">Selon le plongeur, lui et ses collègues ont connu des moments difficiles, lundi et mardi, à l’aube quand <em>« des dizaines de personnes d’origine subsaharienne ont commencé à sauter à l’eau. Nous avons eu du mal à les repérer dans l’eau, la nuit, en raison de leur peau foncée… On ne les a pas vus, on ne sait pas s’ils avaient des enfants »</em>, déplore-t-il.</p><p class="article__paragraph">Même si le dénouement est plus heureux, l’image n’est pas sans rappeler <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/09/04/refugies-une-photo-pour-ouvrir-les-yeux_4744650_3214.html">le sort d’Aylan Kurdi</a>, cet enfant syrien de 3 ans, retrouvé mort noyé sur une plage de Bodrum, en Turquie, le 2 septembre 2015, alors qu’il tentait de rejoindre l’Europe avec ses parents et son frère. De son côté, la garde civile signale que, malgré ses efforts, elle n’a pas pu sauver un jeune migrant qui s’est noyé mardi.</p><p class="article__paragraph">Depuis lundi 17 mai, quelque 8 000 personnes ont rejoint Ceuta. Parmi elles, 5 600 ont déjà été expulsées vers le Maroc, selon un chiffre publié mercredi par la préfecture de Ceuta<em>.</em> Jeudi matin, le calme était revenu des deux côtés de la frontière.</p><p class="article__paragraph">Cette vague migratoire inédite a pour toile de fond la crise diplomatique majeure entre Madrid et Rabat, qui ne décolère pas depuis l’arrivée le mois dernier en Espagne, pour y être soigné, <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/23/sahara-occidental-le-chef-du-front-polisario-soigne-du-covid-19_6077760_3212.html">du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario</a>, ennemi juré du Maroc.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/05/20/crise-migratoire-juan-francisco-valle-le-garde-civil-qui-a-sauve-un-nourrisson-de-la-noyade-a-ceuta_6080905_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 20 May 2021 18:14:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[En Belgique, il déplace une borne frontière… et repousse la frontière avec la France]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">L’agriculteur pensait qu’il pouvait, incognito, agrandir son terrain de quelques mètres. C’était sans compter sur des passionnés français, véritables sentinelles de l’histoire locale, qui recensent les marquages historiques de la relation franco-belge, et des limites posées entre voisins. Une affaire qui, il y a deux siècles, aurait pu virer à l’incident diplomatique.</p><p class="article__paragraph">En Belgique, un agriculteur, propriétaire de terres qui bordent la France, a récemment déplacé la vieille borne en pierre qui marque l’emplacement précis de la frontière, grignotant un peu de la superficie du village français de Bousignies-sur-Roc (Nord). Et repoussant de fait les limites du pays, au mépris d’un traité international de 1820.</p><p class="article__paragraph">David Lavaux, le bourgmestre (maire) belge d’Erquelinnes, où est domicilié l’audacieux propriétaire, a confirmé les informations rapportées par des médias locaux du nord de la France, <a href="https://www.lavoixdunord.fr/992266/article/2021-04-27/bousignies-sur-roc-il-deplace-une-borne-frontiere-et-viole-le-traite-de-courtrai" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dont <em>La Voix du Nord</em>.</a></p><p class="article__paragraph">Ce résident belge, agriculteur, devenu récemment propriétaire de plusieurs hectares en bordure du bois de Bousignies (France), voulait visiblement profiter du calme des lieux pour agrandir encore son terrain, rapporte l’élu belge à l’Agence France-Presse (AFP). <em>« Reculer la borne de 2 mètres 20, évidemment ça agrandissait sa propriété »</em>, dit David Lavaux. Cet agriculteur était a priori gêné pour passer avec son tracteur, explique de son côté Aurélie Welonek, maire de Bousignies-sur-Roc, le village côté français, <a href="https://www.francebleu.fr/infos/insolite/le-village-de-bousignies-sur-roc-plus-petit-depuis-qu-un-agriculteur-belge-a-deplace-la-borne-1619777502" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">citée par France Bleu Nord</a>.</p><p class="article__paragraph">L’agriculteur en a aussi profité pour <em>« repositionner sa clôture sur des arbres qui appartiennent au bois de Bousignies »</em>, selon l’élue française. Par la même occasion, le Belge a fait perdre en superficie la commune de Bousignies-sur-Roc. <em>« Ce à quoi il ne s’attendait pas, c’est que cette borne avait été géolocalisée avec beaucoup de précision en 2019. Il a donc été facile de prouver qu’elle avait bougé »</em>, poursuit M. Lavaux.</p><p class="article__paragraph">La découverte, qui remonte à un mois environ, est en effet due à des passionnés français qui recensent ces marques historiques de la relation franco-belge. Ce sont eux qui, au cours d’une chasse au trésor dans le bois, se sont aperçus du forfait, rapporte <em>La Voix du Nord.</em> « <em>J’ai tout de suite eu l’impression que la borne frontière, située tout au bout du bois, avait bougé</em> », <a href="https://www.lavoixdunord.fr/992266/article/2021-04-27/bousignies-sur-roc-il-deplace-une-borne-frontiere-et-viole-le-traite-de-courtrai" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">raconte l’un d’eux au quotidien régional</a>.</p><p class="article__paragraph">Sur ces bornes en pierre a été gravé une date, <em>« 1819 »</em>, année de leur création, avec sur les faces latérales un <em>« F »</em> pour le royaume de France et, de l’autre côté, un <em>« N »</em> (Nederland) pour celui des Pays-Bas.</p><p class="article__paragraph">La Belgique, créée en 1830, n’existait pas encore à l’époque comme royaume indépendant. Après la défaite de Napoléon I<sup>er </sup>en 1815 à Waterloo, au sud de Bruxelles, le territoire était revenu sous la domination de la couronne néerlandaise.</p><p class="article__paragraph">En 1820, un traité dit « des limites » est signé à Courtrai (dans l’actuelle Belgique néerlandophone) pour inscrire noir sur blanc ce tracé de frontière… Qui n’avait, semble-t-il, pas bougé jusqu’au geste malheureux de cet agriculteur belge d’Erquelinnes.</p><p class="article__paragraph">Mais selon David Lavaux, un rendez-vous a été fixé avec le propriétaire pour lui demander de réparer son forfait rapidement. <em>« On va avoir un contact avec lui avant la fin de la semaine. On va lui demander de remettre la borne à son emplacement initial. S’il le fait, on n’en parle plus »</em>, a assuré l’élu. Dans le cas contraire, l’affaire pourrait remonter jusqu’au ministère des affaires étrangères français.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/05/04/en-belgique-il-deplace-une-borne-frontiere-et-repousse-la-frontiere-avec-la-france_6079113_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 04 May 2021 20:54:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Quand une partie de dames vire à l’incident diplomatique entre Varsovie et Moscou]]></title>
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</noscript>Quand une partie de dames vire à l’incident diplomatique entre Varsovie et Moscou<noscript>
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<section id="habillagepub" class="article article--single article--iso article--content"><section class="zone zone--article old__zone"><section class="article__wrapper"><article class="article__content old__article-content-single"><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/28/0/0/3500/2523/664/0/75/0/a6f7dc2_ppp-kac101-poland-russia-draughts-0428-11.JPG" srcset="https://img.lemde.fr/2021/04/28/0/0/3500/2523/1328/0/45/0/a6f7dc2_ppp-kac101-poland-russia-draughts-0428-11.JPG 1328w, https://img.lemde.fr/2021/04/28/0/0/3500/2523/664/0/75/0/a6f7dc2_ppp-kac101-poland-russia-draughts-0428-11.JPG 664w" alt="La Polonaise Natalia Sadowska face à la Russe Tamara Tansykkuzhina, le 28 avril, lors des Championnat du monde de jeu de dames." width="3500" height="2523" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/28/0/0/3500/2523/664/0/75/0/a6f7dc2_ppp-kac101-poland-russia-draughts-0428-11.JPG" alt="La Polonaise Natalia Sadowska face à la Russe Tamara Tansykkuzhina, le 28 avril, lors des Championnat du monde de jeu de dames." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">La Polonaise Natalia Sadowska face à la Russe Tamara Tansykkuzhina, le 28 avril, lors des Championnat du monde de jeu de dames. KACPER PEMPEL / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il en faut normalement beaucoup pour décontenancer Tamara Tansykkuzhina, sextuple championne du monde russe du jeu de dames, plus encore pour lui faire perdre une partie. Alors qu’elle disputait, mardi 27 avril, à Varsovie, la quatrième manche (sur neuf) pour le titre des Championnats du monde à sa concurrente polonaise Natalia Sadowska, l’apparition soudaine d’un officiel polonais, venu décrocher le drapeau de la joueuse russe, a fait vaciller le jeu, <a href="https://www.theguardian.com/world/2021/apr/29/draughts-match-nearly-triggers-diplomatic-incident-between-poland-and-russia" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rapporte le quotidien britannique <em>The Guardian.</em></a></p><p class="article__paragraph">Ne réagissant pas dans un premier temps, la championne du monde relève finalement la tête, visiblement désorientée, et finira par perdre la manche. La raison de cette intervention ? <em>« L’Agence mondiale antidopage</em> [dont la Fédération mondiale du jeu de dames a signé le code] <em>a interdit aux athlètes russes de concourir sous leurs couleurs nationales lors des compétitions internationales jusqu’en décembre 2022, car la Russie ne respecte pas les règlements sur les contrôles antidopage »</em>, rapporte <em>The Guardian.</em></p><p class="article__paragraph"><em>« Nous étions vraiment sous pression »</em>, a expliqué à l’agence Reuters Jacek Pawlicki, l’homme qui a retiré le drapeau russe, tout en reconnaissant qu’il aurait été souhaitable d’éteindre les caméras pour que son action ne soit pas diffusée. <em>« J’imagine que beaucoup de Russes sont bouleversés, et j’en suis vraiment désolé »</em>, a-t-il ajouté.</p><p class="article__paragraph">L’incident n’a en effet pas manqué de provoquer l’ire de Moscou, virant à l’incident diplomatique. Le président du Comité olympique russe, Stanislav Pozdniakov, a qualifié l’événement de <em>« grossière erreur »</em>. <em>« La défaite de Tamara Tansykkuzhina est largement due à l’incident »</em>, a quant à lui estimé le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.</p><p class="article__paragraph">Damian Reszka, président de la Fédération polonaise de jeu de dames, a tenté d’apaiser la situation, présentant ses excuses à Moscou, non sans souligner que les organisateurs étaient obligés de se conformer aux règles sportives internationales.</p><p class="article__paragraph"><em>« Par solidarité avec sa concurrente, Sadowska a ensuite enlevé son drapeau polonais »</em>, rappelle le quotidien britannique. Les deux femmes se sont retrouvées le 1<sup>er</sup> mai pour la septième manche. C’était jusqu’alors la joueuse polonaise qui dominait la partie.</p></article></section></section></section></main><section id="js-survey-message" class="message__survey"><p class="message__survey-description">Votre avis sur nos contenus nous intéresse.</p><p><a id="js-survey-trigger" href="https://www.lemonde.fr" class="button button--orange message__cta-survey">RépondreDonnez-nous votre avis</a></p></section>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/05/03/quand-une-partie-de-dames-vire-a-l-incident-diplomatique-entre-varsovie-et-moscou_6078947_4832693.html</link>
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      <pubDate>Mon, 03 May 2021 17:36:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[En Autriche, les tests du Covid-19 partent en sucettes pour les enfants]]></title>
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</noscript>En Autriche, les tests du Covid-19 partent en sucettes pour les enfants<noscript>
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<section id="habillagepub" class="article article--single article--iso article--content"><section class="zone zone--article old__zone"><section class="article__wrapper"><article class="article__content old__article-content-single"><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/29/0/0/4377/3180/664/0/75/0/1471154_5689933-01-06.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/04/29/0/0/4377/3180/1328/0/45/0/1471154_5689933-01-06.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/04/29/0/0/4377/3180/664/0/75/0/1471154_5689933-01-06.jpg 664w" alt="Un enfant se fait tester au Covid-19 avec une sucette développée par le laboratoire de l’hôpital Kaiser-Franz-Joseph de Vienne, le 28 avril." width="4377" height="3180" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/29/0/0/4377/3180/664/0/75/0/1471154_5689933-01-06.jpg" alt="Un enfant se fait tester au Covid-19 avec une sucette développée par le laboratoire de l’hôpital Kaiser-Franz-Joseph de Vienne, le 28 avril." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un enfant se fait tester au Covid-19 avec une sucette développée par le laboratoire de l’hôpital Kaiser-Franz-Joseph de Vienne, le 28 avril. JOE KLAMAR / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Une simple sucette à mettre dans la bouche pendant quatre-vingt-dix secondes : dans certaines crèches autrichiennes, les enfants sont désormais testés au Covid-19 <em>via</em> une solution ludique et inédite pour contrôler la propagation du virus. Dans un jardin d’enfants du centre de Vienne, les élèves, un brin timides, se sont livrés cette semaine à cet exercice indolore, pour des résultats connus en quinze minutes.</p><p class="article__paragraph">Pour prévenir une hausse des cas parmi les enfants, catégorie d’âges non vaccinée, un laboratoire autrichien au sein de l’hôpital Kaiser-Franz-Joseph de Vienne a eu l’idée de développer cette nouvelle technique salivaire, après avoir déjà conçu la méthode du gargarisme aujourd’hui très répandue dans ce pays alpin de 8,9 millions d’habitants. Une étude est actuellement menée dans cinq crèches portant sur des enfants âgés entre un et six ans pour déterminer la fiabilité de la méthode et envisager un déploiement plus large. A une heure de la capitale autrichienne, la région de Burgenland a, d’ores et déjà, commandé 35 000 tests.</p><p class="article__paragraph">Même si le risque de contamination est plus faible chez les tout-petits, le variant initialement détecté en Angleterre touche autant les enfants que les adultes, selon des experts. L’objectif est donc de <em>« surveiller les infections »</em> et d’offrir <em>« une alternative judicieuse »</em> aux prélèvements invasifs dans le nez et la gorge, expliquent les autorités régionales.</p><p class="article__paragraph">Des lettres ont été envoyées aux parents pour les informer que des tests gratuits seraient fournis trois fois par semaine et la réaction a été plutôt positive. <em>« Il est logique d’avoir des contrôles plus stricts dans le secteur de l’éducation »</em>, estime Dominik Krotschek, papa d’un garçon de trois ans. <em>« Cela ne pose vraiment pas de problème : nous l’avons encore fait aujourd’hui et ça a bien fonctionné »</em>, dit-il, un peu déçu toutefois que les tests ressemblent plus à un <em>« gros coton-tige »</em> qu’à un bonbon aux couleurs alléchantes. Les gourmands devront passer leur tour : ces tests sont sans sucre et dépourvus de la moindre saveur.</p></article></section></section></section></main><section id="js-survey-message" class="message__survey"><p class="message__survey-description">Votre avis sur nos contenus nous intéresse.</p><p><a id="js-survey-trigger" href="https://www.lemonde.fr" class="button button--orange message__cta-survey">RépondreDonnez-nous votre avis</a></p></section>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/29/en-autriche-les-tests-du-covid-19-partent-en-sucettes-pour-les-enfants_6078541_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 29 Apr 2021 18:44:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Vladislav Ivanov, héro de la téléréalité chinoise malgré lui]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">La seule fois où il a souri, c’est quand il a été éliminé. Vladislav Ivanov est devenu une star de la téléréalité chinoise « à l’insu de son plein gré ». Malgré son air placide, ses moues boudeuses et ses prestations sans conviction, ce Russe de 27 ans, originaire de Vladivostok, a été propulsé parmi les 25 finalistes de l’émission « Produce Camp 2021 », autrement appelée « Chuang 2021 ». Il s’agit de l’adaptation par le <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/01/25/le-chinois-tencent-de-plus-en-plus-present-dans-la-fintech_6027196_3234.html">géant chinois des réseaux sociaux et des jeux vidéo Tencent</a> de « Produce 101 », un télécrochet créé par le groupe de médias sud-coréen CJ E&amp;M Corporation.</p><p class="article__paragraph">Le principe de l’émission est simple : elle réunit 90 chanteurs venus des quatre coins du monde – Chine, Thaïlande, Japon, Ukraine, Etats-Unis, etc. – qui s’affrontent pendant plusieurs semaines (entre le 17 février et le 24 avril) sur Tencent Video pour donner naissance au boys band INTO1 (Into One, en anglais). « Produce Camp 2021 » a été l’émission <a href="https://www.bbtnews.com.cn/2021/0424/394213.shtml" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">la plus regardée en Chine depuis le début de l’année</a>.</p><p class="article__paragraph">La participation de Vladislav Ivanov est fortuite, rapporte le <span><em><a href="https://www.scmp.com/lifestyle/entertainment/article/3130548/russian-model-wows-audiences-chinese-boy-band-show-he-says" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">South China Morning Post</a></em></span>. Alors qu’il travaille dans le marketing et fait le mannequin à ses heures perdues, son ami <a href="https://www.instagram.com/ivanwang123/?hl=fr" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Ivan Wang</a>, directeur général de King Enterprises Group, une agence d’artistes, lui demande d’être le chaperon et traducteur chinois de deux artistes japonais de l’agence qui participent à l’émission. <em>« Les producteurs ont remarqué que je parlais couramment le mandarin et ils ont pensé que j’étais pas mal, alors ils m’ont demandé si je voulais faire un essai et</em> “<em>expérimenter un nouveau mode de vie</em>” <em>»</em>, explique-t-il <a href="https://youtu.be/Pqs6pqgiTf4" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dans une séquence</a> de l’émission.</p><p class="article__paragraph">Il accepte de participer sans passer par la phase des auditions et se choisit comme nom de scène Lelush – d’après Lelouch Lamperouge, un personnage de sa série animée japonaise préférée, <em>Code Geass : Lelouch of the Rebellion</em>. Après une première prestation, il confie qu’il <a href="https://youtu.be/6Z-_JNcaCls" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">n’a jamais rêvé de devenir membre d’un boysband</a>, et qu’il ne sait ni chanter ni danser : <em>« Je commence maintenant à regretter ma décision »,</em> confie-t-il alors.</p><p class="article__paragraph">Vladislav Ivanov s’attend à être éliminé après la première émission, mais sa personnalité et son humour noir – il dit qu’il va <a href="https://twitter.com/luminneverdie/status/1386476297350750212" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">se pendre pour s’échapper</a> et <a href="https://twitter.com/kingandbeggar/status/1386127214824116236" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">échafaude un plan pour s’évader du studio</a>, où les candidats de l’émission sont enfermés et filmés en permanence sur l’île de Hainan – font au contraire de lui une célébrité improbable. Ses fans payent des publicités dans une douzaine de villes chinoises et appellent à voter pour lui, demandant à ce qu’il vive <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/05/31/en-matiere-de-gouvernance-les-entreprises-chinoises-ont-choisi-l-absence-de-droit_5469937_3232.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">selon la règle du « 996 »</a>, c’est-à-dire de 9 heures du matin à 9 heures du soir, 6 jours sur 7, la norme dans les entreprises de la tech chinoise.</p><p class="article__paragraph">A l’issue du <a href="https://youtu.be/lNzFeTCBZYg" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">deuxième tour, il déclare</a> :</p><p class="article__cite"><em>« J’ai gagné aujourd’hui, mais pour moi, j’ai encore perdu. Je ne veux pas faire partie du groupe. Mes rêves sont de faire des dessins, de profiter de la liberté et d’être un mannequin. »</em></p><p class="article__paragraph">Mais il apprend à ses dépens qu’on ne quitte pas une émission à sa guise : il y est lié par un contrat. A plusieurs reprises, il déclare ne pas vouloir continuer et implore le public d’arrêter de voter pour lui, afin qu’il puisse rentrer chez lui. Lors d’une séance de questions-réponses, le <a href="https://youtu.be/rKD66vg-7Wo" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">14 mars, il lance</a> :</p><p class="article__cite"><em>« Les autres</em> [concurrents] <em>veulent obtenir un A, je veux obtenir un F, car il représente la liberté</em> [Freedom]. <em>»</em></p><p class="article__paragraph">Paradoxalement, son interprétation volontairement terne d’un rap en russe renforce sa popularité et <a href="https://youtu.be/0-FZRFEGsB4" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">il demande à ses supporters d’arrêter de voter pour lui</a> :</p><p class="article__cite"><em>« Je crois que mes fans doivent respecter ma volonté de ne pas faire partie d’un boysband. »</em></p><p class="article__paragraph">Certains téléspectateurs ont suggéré qu’il adoptait cette attitude pour se démarquer des autres candidats trop lisses, formatés par l’industrie musicale, jouant tous dans le même registre, mais sa maquilleuse a confirmé à un <a href="https://m.weibo.cn/status/4628843623351582" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">influenceur chinois</a> que son passage dans l’émission lui pesait vraiment.</p><p class="article__paragraph">Le 18 avril, son fanclub annonce qu’il va enfin <em>« respecter le choix de Lelush »</em> et arrêter sa campagne de soutien. Le 24 avril, il est éliminé. Le lendemain, il poste un message à son 1,5 million de followers sur la plate-forme <a href="https://m.weibo.cn/status/4629927523521329" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Weibo</a> pour les remercier de l’avoir laissé quitter l’émission.</p><p class="article__paragraph">La Russie s’est émue de son sort et le mot-dièse #FreeLelush est apparu sur les réseaux sociaux. Après son élimination, l’ambassade de Russie a écrit sur Weibo : <em>« Félicitations, reposez-vous bien »</em>. Certains médias russes ont écrit que Vladislav Ivanov avait été assailli par la foule à l’aéroport de Pékin au moment où il quittait le pays ; d’autres ont dit qu’il restait, pour devenir mannequin.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/28/vladislav-ivanov-hero-de-la-telerealite-chinoise-malgre-lui_6078386_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 28 Apr 2021 17:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Accusée d’avoir oublié de rendre une cassette VHS en 1999, elle se retrouve avec un casier judiciaire]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Après des années de galère, Caron McBride vient seulement de comprendre pourquoi il lui était si difficile de garder un travail. La faute à un casier judiciaire comportant un « détournement de fonds », dont elle vient d’apprendre l’existence. Son méfait ? N’avoir jamais rendu une cassette vidéo VHS (pour Video Home System) empruntée dans un vidéoclub de l’Oklahoma (Etats-Unis), en 1999.</p><p class="article__paragraph">La VHS en question n’a rien d’un chef-d’œuvre primé aux Oscars, ni d’un bien précieux. Il s’agit d’une copie de l’épisode pilote de la sitcom américaine <em>Sabrina, l’apprentie sorcière</em> (<em>Sabrina The Teenage Witch !</em>), un téléfilm diffusé sur la chaîne de télévision Showtime trois ans auparavant, en 1996.</p><p class="article__paragraph">C’est en essayant de changer son nom sur son permis, en avril 2021, après s’être mariée au Texas, que la quinquagénaire apprend les accusations de détournement de fonds à son encontre. Afin d’en savoir plus sur l’origine de son casier judiciaire, la femme de 52 ans doit appeler un numéro… qui se révèle être le bureau du district du procureur de Cleveland (Oklahoma). <em>« J’ai pensé que j’allais faire une crise cardiaque »</em>, raconte Caron McBride à la journaliste Erika Stanish, <a href="https://okcfox.com/news/local/oklahoma-woman-charged-with-felony-for-not-returning-vhs-tape-21-years-ago" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">de la chaîne locale américaine Kokh Fox 25</a>.</p><p class="article__paragraph">Elle n’en croit pas ses oreilles lorsqu’une femme lui explique alors que toute cette histoire concerne une cassette vidéo qu’elle aurait louée voilà plus de deux décennies de cela. <em>« J’ai dû lui faire répéter tant je pensais qu’elle se moquait de moi »</em>, ajoute l’Américaine.</p><p class="article__paragraph">Ces dernières années, Caron McBride s’était faite licencier à plusieurs reprises de différents emplois et croit enfin comprendre pourquoi :</p><p class="article__cite"><em>« A chaque fois que [mes employeurs] devaient vérifier mes antécédents judiciaires, ils devaient tomber sur ces mots : “détournements de fonds”. »</em></p><p class="article__paragraph">Elle ne se rappelle pourtant pas avoir loué un jour cette cassette. D’autant que <em>« ce genre de programme télévisé n’est pas ma tasse de thé »</em>, explique-t-elle. La quinquagénaire ne voit qu’une seule explication à cette histoire rocambolesque : en 1999, elle vivait avec un homme qui avait deux filles âgées d’une dizaine d’années, et pense que son compagnon d’alors est allé chercher cette cassette pour elles, sans jamais la rendre.</p><p class="article__paragraph">Le vidéoclub où la cassette avait été empruntée, Movie Place, située dans la ville de Norman (Oklahoma), a fermé ses portes en 2008. Les années passant, les VHS ont progressivement toutes disparu, ringardisées par les DVD, le streaming, puis par les plates-formes de vidéo à la demande (VOD) comme Netflix ou Amazon Prime.</p><p class="article__paragraph">La mésaventure de Caron McBride aura toutefois fait réagir certains acteurs de la série, comme Melissa Joan Hart, qui jouait la jeune sorcière de Riverdale, Sabrina, qui a posté une capture d’écran d’un quotidien local <a href="https://www.instagram.com/p/COETyj0FNN4/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">sur son compte Instagram</a> samedi avec un émoji de femme qui hausse les épaules. On a connu prise de position plus engagée, diront certains…</p><p class="article__paragraph">La médiatisation de l’affaire aura néanmoins été utile. Samedi, les poursuites ont fini par être abandonnées par le comté de Cleveland, après examen du dossier. Le greffier du tribunal a reçu l’ordre de radier l’acte d’accusation, a annoncé la journaliste Erika Stanish <a href="https://twitter.com/Erika_Stanish/status/1385758418523230211" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dans un tweet samedi</a>. Caron McBride va enfin pouvoir tenter d’oublier cette affaire et retrouver une vie normale. Mais pas certain qu’elle fête cela en regardant un jour l’épisode pilote de <em>Sabrina, la sorcière</em>, même s’il est désormais disponible <a href="https://www.youtube.com/watch?v=D72PJN1FsFM" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">sur YouTube.</a></p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 28 Apr 2021 14:21:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[En Allemagne, des vidéos d’acteurs ironisant sur les restrictions sanitaires font polémique]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/27/0/0/1800/1200/664/0/75/0/cf7d923_907407771-montage-acteurs2.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/04/27/0/0/1800/1200/1328/0/45/0/cf7d923_907407771-montage-acteurs2.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/04/27/0/0/1800/1200/664/0/75/0/cf7d923_907407771-montage-acteurs2.jpg 664w" alt="Les acteurs Gianna Valentina Bauer, Christian Ehrich, Christine Sommer et Felix Klare font partie des comédiens ayant participé à l’opération." width="1800" height="1200" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/27/0/0/1800/1200/664/0/75/0/cf7d923_907407771-montage-acteurs2.jpg" alt="Les acteurs Gianna Valentina Bauer, Christian Ehrich, Christine Sommer et Felix Klare font partie des comédiens ayant participé à l’opération." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les acteurs Gianna Valentina Bauer, Christian Ehrich, Christine Sommer et Felix Klare font partie des comédiens ayant participé à l’opération.</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Au moment où l’Allemagne <a href="https://experience.arcgis.com/experience/478220a4c454480e823b17327b2bf1d4" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">approche du seuil des 82 000 morts du Covid-19</a>, les vidéos d’Ulrike Folkerts, Meret Becker, Ulrich Tukur, Volker Bruch, Wotan Wilke Möhring et Jan Josef Liefers, stars locales du petit et du grand écran, font grincer des dents. Dans des saynètes de moins de deux minutes, mises en ligne jeudi 22 avril sur un site créé notamment par le cinéaste munichois Bernd K. Wunder et intitulé <a href="https://allesdichtmachen.de/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">#allesdichtmachen</a> (<em>« fermez tout »</em> ou <em>« éteignez tout »</em>), une cinquantaine d’acteurs évoquent avec ironie les mesures prises outre-Rhinpour lutter contre le SARS-CoV-2.</p><p class="article__paragraph"><em>« Pendant un an, j’ai eu peur, mais maintenant je sens que ma peur s’apaise, et cela me fait peur »</em>, déclare Volker Bruch. Et celui qui incarne le commissaire Gereon Rath dans la série <em>Babylon Berlin</em> d’ajouter :</p><p class="article__cite"><em>« Ne nous laissez pas seuls, cher gouvernement, il est si important que nous ayons à nouveau peur. »</em></p><p class="article__paragraph">Dans une autre vidéo, <a href="https://youtu.be/ha6MZcWz2y4" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Richy Müller</a>, le commissaire Thorsten Lannert dans la série <em>Tatort</em>, montre comment il inspire dans un sac en plastique et expire dans un autre pour éviter de créer des aérosols, tandis qu’<a href="https://youtu.be/h3zzkAStun0" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Heike Makatsch</a> (Mia, dans le film <em>Love Actually</em> en 2003) refuse d’ouvrir la porte de son appartement aux livreurs de nourriture, <em>« pour faire preuve de responsabilité »</em>.</p><h2 class="article__sub-title">Une aubaine pour les corona-sceptiques</h2><p class="article__paragraph">Ces vidéos se voulaient avant tout satiriques et cherchaient à refléter la fatigue des citoyens allemands, alors que le pays est entré le 24 avril dans une nouvelle phase de durcissement des restrictions, y compris la mise en œuvre de couvre-feux nocturnes au niveau national. Mais elles ont trouvé un écho inattendu. <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/30/en-allemagne-l-ex-patron-du-renseignement-embarrasse-la-cdu_5504478_3210.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Hans-Georg Maassen</a>, l’ancien patron du renseignement intérieur allemand démis de ses fonctions et accusé de collusion avec l’extrême droite, <a href="https://twitter.com/HGMaassen/status/1385323308321751048" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">a ainsi écrit sur Twitter</a> : <em>« Génial. Un artiste contre la gestion du Corona »</em>, en référence au comédien Jan Joseph Liefers. <a href="https://twitter.com/JoanaCotar/status/1385342909210316805" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Joana Cotar, députée du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD</a>) au Bundestag a, elle aussi, applaudi aux propos de l’acteur sur le réseau social :</p><p class="article__cite"><em>« Voilà une manifestation intelligente. »</em></p><p class="article__paragraph">La série de vidéos et ses fans non désirés ont déclenché un torrent de réactions, <a href="https://www.instagram.com/p/COAMReTAsr8/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">de l’acteur Kida Khodr Ramadan</a> à <a href="https://www.instagram.com/p/CODm1LYq09d/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’urgentiste et blogueuse Carola Holzner</a>, connue en ligne sous le nom de « Doc Caro », en passant par l’humoriste Jan Bohmermann. Ce dernier a conseillé aux acteurs de regarder un documentaire diffusé sur la chaîne ARD montrant le quotidien d’une unité de soins intensifs de l’hôpital de la Charité à Berlin. <em>« C’est la seule vidéo que vous devriez regarder si vous rencontrez des problèmes avec les restrictions corona »</em>, a-t-il écrit sur Twitter.</p><p class="article__paragraph">Le Centre éducatif Anne Frank situé dans le quartier de Dornbusch, à Francfort-sur-le-Main, où Anne Frank est née en 1929, a également exprimé son inquiétude <a href="https://twitter.com/BS_AnneFrank/status/1385536583986814978" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dans une série de tweets</a>, dénonçant un glissement vers une forme de révisionnisme. Outre l’utilisation du terme « coronazi » par Bernd K. Wunder dans un post Instagram aujourd’hui invisible, dans une de ses vidéos, le réalisateur Dietrich Brüggemann déclare ainsi :</p><p class="article__cite"><em>« Après 75 années paisibles, nous sommes depuis longtemps à court d’histoires, nous en avons besoin de nouvelles (…) alors</em> [chers politiciens] <em>laissez</em> [l’histoire] <em>déraper ! »</em></p><p class="article__paragraph">Des propos pouvant être interprétés comme une manière de relativiser la Shoah et les massacres de la seconde guerre mondiale.</p><p class="article__paragraph">L’affaire a même fait réagir jusqu’au gouvernement. Si <a href="https://www.faz.net/aktuell/feuilleton/medien/jens-spahn-zur-aktion-allesdichtmachen-17308434.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Jens Spahn, le ministre de la santé</a>, s’est dit ouvert à une discussion, trouvant <em>« normal »</em> et <em>« souhaitable »</em> qu’il y ait <em>« des critiques et des questions sur les mesures et le contexte »</em>, la <a href="https://www.zeit.de/news/2021-04/22/schauspieler-sorgen-mit-internetaktion-fuer-aufsehen" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">ministre de la culture, Monika Grütters</a>, aurait pour sa part souhaité <em>« beaucoup plus d’empathie pour les personnes touchées par le coronavirus ou qui travaillent dur dans le système de santé »</em>.</p><h2 class="article__sub-title">« Naïf »</h2><p class="article__paragraph">Alors les comédiens ont tenté de se justifier ou de rétropédaler, tant bien que mal : Jan Josef Liefers s’est ainsi expliqué lors de l’émission <a href="https://youtu.be/GYVY_C1jMP8" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">3nach9</a> : <em>« Le chagrin et la souffrance ne se trouvent pas seulement du côté des malades, mais aussi du côté de ceux qui commencent vraiment à souffrir de ces mesures et qui ne sont pas vraiment représentés »,</em> a-t-il fait valoir, en faisant référence aux restaurateurs, aux cinémas ou aux acteurs.</p><p class="article__paragraph">Dans un exercice d’équilibriste, Heike Makatsch a de son côté exposé sur son compte <a href="https://www.instagram.com/heikemakatsch/?hl=fr" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Instagram</a> avoir voulu engager une discussion sur la gestion de la crise sanitaire. Elle a aussi pris soin de rappeler qu’elle ne soutenait pas l’extrême droite et ne minimisait pas la situation.</p><p class="article__paragraph">Vendredi 23 avril, <a href="https://www.n-tv.de/leute/Ich-war-blauaeugig-article22511095.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dans une interview avec la chaîne de télévision NTV</a>, Richy Müller a admis pour sa part avoir été <em>« naïf »,</em> avouant qu’il ne connaissait pas Bernd K. Wunder, le cinéaste à l’origine de l’initiative : <em>« Je ne lui ai jamais parlé. Ce n’est que ce matin que j’ai découvert que dans le passé, il avait traité des gens (…) de</em> “<em>coronazis</em>”.<em> »</em> Comme d’autres acteurs, Richy Müller a demandé à ce que sa vidéo soit supprimée du site. Mardi 27 avril, il n’en restait que 33 sur les 53 initialement mises en ligne.</p><p class="article__paragraph">De son côté, Bernd K. Wunder, celui par lequel le scandale est arrivé, a publié samedi un texte <a href="https://www.focus.de/politik/schauspieler-aktion-gegen-regierung-wir-leugnen-corona-nicht-jetzt-spricht-der-mann-hinter-dem-bizarren-protestvideo_id_13223152.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">repris</a> et <a href="https://www.berliner-zeitung.de/news/mitinitiator-von-allesdichtmachen-corona-massnahmen-diskutieren-li.154864" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">commenté</a> dans la presse. Il explique qu’il ne nie ni l’existence du Covid-19 ni le danger qu’il représente, mais justifie le cours à la satire et l’ironie pour donner matière à réflexion autour des mesures prises pour lutter contre la pandémie. Et il rappelle, lui aussi, qu’il ne soutient pas l’AfD.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 27 Apr 2021 20:30:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Avec Timelapse, Google Earth remonte près de quarante ans de transformation de la Terre en images satellites]]></title>
      <description><![CDATA[<noscript>
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</noscript>Avec Timelapse, Google Earth remonte près de quarante ans de transformation de la Terre en images satellites<noscript>
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<section id="habillagepub" class="article article--single article--iso article--content"><section class="zone zone--article old__zone"><section class="article__wrapper"><article class="article__content old__article-content-single"><p class="article__paragraph">La fonte de la calotte glaciaire du Groenland, la disparition de la forêt amazonienne, l’expansion urbaine de Dubaï… En partenariat avec la NASA et l’Agence spatiale européenne (ESA), Google a développé un outil permettant de visualiser plus de trente ans d’évolution de la planète en 3D. La fonctionnalité Timelapse de Google Earth, mise en ligne jeudi 15 avril, met notamment en lumière l’impact du changement climatique depuis 1984<em>.</em></p><p class="article__paragraph">La <a href="https://earthengine.google.com/timelapse/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">fonctionnalité</a>, qui recense vingt millions d’images satellites, est accessible sur Google Earth. L’entreprise américaine a regroupé en cinq grands thèmes l’évolution de la planète ces trente-sept dernières années : métamorphose des forêts, beauté fragile, réchauffement planétaire, expansion urbaine et sources d’énergie.</p><p class="article__paragraph">Grâce à l’outil Timelapse, l’internaute peut ainsi parcourir l’ensemble du globe et constater qu’aucun endroit n’est préservé par ces mutations. En Amérique du Nord, le glacier Columbia se réduit peu à peu.</p><p class="article__paragraph">En Amérique du Sud, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=irENQHec18w&amp;list=PLLW-qoCMKQsyf26po-pZ_EJzPqk9Oqqn9&amp;index=8" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">les grandes étendues vertes</a> de la forêt amazonienne laissent place à une terre brunâtre.</p><p class="article__paragraph">Sur <a href="https://www.youtube.com/watch?v=WDdsm4vpBp8" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">les images satellites prises en Utah</a>, aux Etats-Unis, l’exploitation minière rogne d’année en année sur les montagnes. Entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=EzMmKfRNmXQ" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">la mer d’Aral disparaît</a> progressivement, ensevelie par le sable.</p><p class="article__paragraph">Aux Emirats arabes unis, Dubaï progresse sur la mer.</p><p class="article__paragraph">La fonctionnalité est accessible via un navigateur web en se rendant directement sur Google Earth. Aussi, pour suivre l’évolution de sites particuliers, <a href="https://www.youtube.com/playlist?list=PLLW-qoCMKQsyf26po-pZ_EJzPqk9Oqqn9" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">une liste de lecture YouTube</a> propose à ce jour 290 vidéos de paysages emblématiques. L’une d’elles nous situe en France et permet de voir la construction de la centrale solaire de Cestas, près de Bordeaux.</p></article></section></section></section></main><section id="js-survey-message" class="message__survey"><p class="message__survey-description">Votre avis sur nos contenus nous intéresse.</p><p><a id="js-survey-trigger" href="https://www.lemonde.fr" class="button button--orange message__cta-survey">RépondreDonnez-nous votre avis</a></p></section>]]></description>
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      <pubDate>Sat, 17 Apr 2021 15:38:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Pénurie de nains de jardin au Royaume-Uni après les confinements successifs]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/17/0/0/5362/3543/664/0/75/0/ef3e447_346137766-pns-900563567.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/04/17/0/0/5362/3543/1328/0/45/0/ef3e447_346137766-pns-900563567.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/04/17/0/0/5362/3543/664/0/75/0/ef3e447_346137766-pns-900563567.jpg 664w" alt="Les Britanniques aiment depuis le XIXe siècle placer ces petits personnages barbus au cœur de leur jardin." width="5362" height="3543" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/17/0/0/5362/3543/664/0/75/0/ef3e447_346137766-pns-900563567.jpg" alt="Les Britanniques aiment depuis le XIXe siècle placer ces petits personnages barbus au cœur de leur jardin." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les Britanniques aiment depuis le XIXe siècle placer ces petits personnages barbus au cœur de leur jardin. ALAIN LE BOT / PHOTONONSTOP / ALAIN LE BOT / PHOTONONSTOP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Les jardineries du Royaume-Uni sont confrontées à un problème de taille. Dommage collatéral du confinement – qui a laissé aux Britanniques tout le loisir de s’occuper de leur carré de verdure – et du blocage du canal de Suez, le royaume subit une pénurie de nains de jardin. C’est une histoire qui fait sourire, révélée jeudi 15 avril <a href="https://www.bbc.com/news/uk-england-gloucestershire-56748561" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">par la BBC</a>, alors que les <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/17/la-pandemie-de-covid-19-a-fait-au-moins-3-millions-de-morts-dans-le-monde_6077132_3244.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dernières nouvelles sur le front de la pandémie</a> ne sont pas réjouissantes.</p><p class="article__paragraph">Les Britanniques aiment depuis le XIX<sup>e</sup> siècle placer ces petits personnages barbus au cœur de leur jardin. Et alors que le nombre des jardiniers en herbe a considérablement augmenté avec les confinements successifs instaurés au Royaume-Uni pour lutter contre l’épidémie de coronavirus – dont <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/04/12/coronavirus-dans-le-monde-nicolas-maduro-annonce-que-le-venezuela-va-produire-un-vaccin-cubain_6076424_3244.html">l’Angleterre vient à peine de sortir</a> –, l’offre en nains de jardin n’a pas suivi.</p><h2 class="article__sub-title">Pas de nains de jardin « depuis six mois »</h2><p class="article__paragraph"><em>« Nous n’avons malheureusement pas vu de nains depuis six mois ! »</em>, s’est exclamé Ian Byrne, qui dirige un magasin de jardinage, et ce <em>« quel que soit leur type</em> – <em>plastique, pierre ou céramique »</em>. Le gérant du Highfield Garden World (dans l’ouest de l’Angleterre) a ainsi expliqué à la BBC qu’après une <em>« hausse massive »</em> des ventes, son entreprise était en train de contacter ses fournisseurs en Europe et en Chine afin de résoudre des <em>« problèmes d’approvisionnement »</em>.</p><p class="article__paragraph">Selon lui, à cela s’ajoute <em>« la grande sollicitation des jardineries. Selon les chiffres de mars 2021, nous avons enregistré 97 % de travail supplémentaire par rapport à 2019 »</em>. Et d’ajouter que la pénurie ne touche pas seulement les magasins de jardinage britanniques mais aussi ceux de l’Europe entière.</p><h2 class="article__sub-title">Retards de livraison après le blocage du canal de Suez</h2><p class="article__paragraph">Mais pour le directeur général de la Garden Centre Association, Iain Wylie, la pénurie s’explique aussi par l’embouteillage du fret maritime créé le mois dernier par <a href="https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/03/28/ce-que-l-on-sait-des-operations-de-sauvetage-de-l-ever-given-au-sixieme-jour-de-blocage-du-canal-de-suez_6074764_3212.html">le blocage du canal de Suez par le navire <em>Ever-Given</em> pendant une semaine entière</a>. <em>« Les meubles de jardin, les décorations – et donc les nains de jardin</em> – <em>sont bloqués dans les conteneurs »</em>, a-t-il expliqué.</p><p class="article__paragraph">Le géant suédois de l’ameublement Ikea a déclaré le mois dernier qu’il avait connu des problèmes d’approvisionnement similaires en raison de la forte demande et des problèmes d’expédition. Selon la société de données maritimes Lloyd’s List, le blocage du canal de Suez a empêché chaque jour le passage de cargaisons estimées à 9,6 milliards de dollars (8 milliards d’euros) entre l’Asie et l’Europe.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/17/penurie-de-nains-de-jardin-au-royaume-uni-apres-les-confinements-successifs_6077134_4832693.html</link>
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      <pubDate>Sat, 17 Apr 2021 13:48:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Quartier de Paris recherche deux statues disparues depuis sept ans : style Art Déco, 10 tonnes chacune]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Il s’agit de deux fontaines massives de dix tonnes chacune. Depuis 1935, elles décoraient le carrefour de la porte de la Chapelle (Paris XVIII<sup>e</sup>). En 2014, en prévision de la construction de la ligne de tramway T3, ces constructions de style Art Déco ont été déposées. Il était question de les réinstaller une fois que les travaux seraient achevés.</p><p class="article__paragraph">Problème : alors que le tram a bel et bien été mis en service, <em>« les édifices, eux, ont mystérieusement disparu »</em>, <a href="https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75018/la-mysterieuse-disparition-des-enormes-fontaines-de-la-porte-de-la-chapelle-09-04-2021-EQUDDPCY7VHQNBA34U657SYFFM.php" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rapporte <em>Le Parisien</em></a>, vendredi 9 avril. Comment peut-on égarer deux fontaines aussi monumentales ? Où sont-elles entreposées ? Ont-elles été volées ? Ont-elles été détruites ? Le mystère reste, à ce jour, entier.</p><p class="article__paragraph">Longtemps réclamées par les riverains après la fin des travaux, en 2018, les fontaines avaient ensuite été un peu oubliées… Mais récemment, elles se sont rappelé à la mémoire des habitants du quartier, à l’occasion d’une grande consultation publique lancée par la Ville et intitulée « Quel aménagement pour la porte de la Chapelle ? »</p><p class="article__paragraph">Lors d’une réunion publique sur cette consultation, le 22 mars, Olivier Ansart, le président de l’Association pour le suivi de l’aménagement du Paris Nord-Est (ASA-PNE), a interpellé Emmanuel Grégoire (PS), le premier adjoint de la maire de Paris, Anne Hidalgo, sur ce sujet. Réponse : les fontaines restent introuvables, mais on cherche.</p><p class="article__paragraph">Même son de cloche de la part du maire (PS) du XVIII<sup>e</sup>, Eric Lejoindre. <em>« La direction de la voirie et des déplacements</em> (DVD) <em>a commencé à faire des recherches »</em>, assure-t-il au <em>Parisien</em>. L’élu se montre toutefois assez dubitatif quant à leur éventuelle réinstallation : <em>« Elles étaient tout de même très, très, monumentales</em>…<em> »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/09/quartier-de-paris-recherche-deux-statues-disparues-depuis-sept-ans-style-art-deco-10-tonnes-chacune_6076144_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 09 Apr 2021 11:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Cabosses de cacao, œufs de tinamou et le soleil pour seule boussole : l’aventure d’un pilote perdu dans la forêt amazonienne]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/07/0/0/1198/1194/664/0/75/0/50eca3e_101343793-antoniosenainsta.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/04/07/0/0/1198/1194/1328/0/45/0/50eca3e_101343793-antoniosenainsta.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/04/07/0/0/1198/1194/664/0/75/0/50eca3e_101343793-antoniosenainsta.jpg 664w" alt="Le pilote Antonio Sena (au centre), au début du mois de mars, avec les cueilleurs de noix qui l’ont recueilli, dans l’Etat du Para, au Brésil." width="1198" height="1194" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/07/0/0/1198/1194/664/0/75/0/50eca3e_101343793-antoniosenainsta.jpg" alt="Le pilote Antonio Sena (au centre), au début du mois de mars, avec les cueilleurs de noix qui l’ont recueilli, dans l’Etat du Para, au Brésil." /></p>
</noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le pilote Antonio Sena (au centre), au début du mois de mars, avec les cueilleurs de noix qui l’ont recueilli, dans l’Etat du Para, au Brésil. ANTONIO SENA</figcaption></figure><p class="article__paragraph">C’est une histoire digne des heures glorieuses de l’Aéropostale et, pourtant, elle ne remonte qu’à quelques semaines. Un pilote brésilien s’est perdu durant trente-six jours dans la forêt amazonienne entre janvier et mars 2021. Victime d’une panne de moteur de son Cessna, Antonio Sena, pilote confirmé de 36 ans, s’est écrasé à la fin du mois de janvier au nord du fleuve Amazone, dans l’Etat du Para. Grâce à <em>« Dieu »</em>, dit-il, et aux palmiers et aux arbres à açaï qui amortissent le choc, il sort indemne du crash. L’homme loue aussi les « <em>longues heures d’entraînement »</em> et son <em>« expérience ». « Cela m’a permis de rester calme »,</em> a-t-il confié au <em>Figaro</em> <a href="https://www.lefigaro.fr/international/l-odyssee-du-pilote-perdu-36-jours-dans-la-foret-amazonienne-20210406" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">qui a relaté son histoire mardi 6 avril.</a></p><p class="article__paragraph">Du calme, il va lui en falloir un plein réservoir, car l’homme n’est alors qu’au début de son odyssée. Son monomoteur s’est abîmé dans une zone presque inhabitée. Autour de lui, une immensité verte : de la forêt, de la forêt et encore de la forêt, vierge qui plus est. Il est tombé au cœur de la réserve biologique Maicuru, classée pour sa biodiversité exceptionnelle. Mais Antonio Sena sait qu’elle abrite une vie clandestine : les mines d’or illégales y <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2019/08/08/deforestation-record-au-bresil-le-jeu-dangereux-de-jair-bolsonaro_5497563_3244.html">prospèrent.</a> C’est justement l’une d’elles qu’il devait ravitailler en fuel et en matériel avec son appareil.</p><p class="article__paragraph">Pas question pourtant pour le pilote de s’aventurer dans la forêt. Après tout, il a réussi à envoyer un signal de détresse juste avant son atterrissage forcé. Quelqu’un l’a forcément intercepté. Il n’y a plus qu’à attendre les secours, croit-il alors. Il passera sept jours dans l’ombre de la carcasse de son Cessna. Sept nuits d’angoisse. <em>« Je ne dormais pratiquement pas, j’étais en alerte tout le temps, je finissais par tomber de fatigue. Encore aujourd’hui, j’essaie de contrôler mon sommeil bouleversé par toute cette période »,</em> raconte-t-il au quotidien. C’est bruyant la biodiversité, surtout à la nuit tombée, lorsque toute la population animale et végétale de la forêt semble décidée à donner de la voix.</p><h2 class="article__sub-title">« Mes priorités : l’eau, l’abri, le feu »</h2><p class="article__paragraph">Le jour, Antonio Sena traque des bruits plus rassurants, ceux des avions militaires qui vont bien finir par le trouver, veut-il croire. En voilà un justement, il l’a vu, c’est certain… Hélas ! <em>« Quand j’ai vu qu’il ne repassait pas, j’ai compris qu’il ne reviendrait pas. C’est à ce moment que j’ai commencé à planifier mon départ à pied »,</em> se souvient-il.</p><p class="article__paragraph">Antonio se met en route, glanant ce qu’il peut dans la carcasse de l’avion : eau, pain, soda, lampe torche, etc. Avec le soleil pour seule boussole. <em>« Mes priorités ont toujours été l’eau, l’abri et le feu »,</em> se souvient Antonio.</p><h2 class="article__sub-title">Au menu, cabosses de cacao, œufs de tinamou et fruits</h2><p class="article__paragraph">Ça tombe bien, le pilote avait suivi auparavant un stage de survie dans la forêt tropicale. <em>« Je mangeais ce que je trouvais durant ma marche. Je ne me suis jamais arrêté pour chercher de quoi manger, essayer de chasser »</em>, dit-il. Au menu, cabosses de cacao, œufs de tinamou, fruits et eau de pluie et des rivières. L’homme perdra 25 kilos, mais il tient bon jusqu’à ce qu’il tombe sur un campement de cueilleurs de noix, qui seront son salut. Antonio découvrira qu’il n’a marché que 28 kilomètres en un mois.</p><p class="article__paragraph">De son expérience, Antonio Sena tire un lien nouveau avec la forêt. « <em>Aujourd’hui, j’ai une admiration encore plus grande pour la forêt parce qu’elle m’a sauvé. Si j’étais tombé dans le désert ou la mer, je n’aurais pas survécu aussi longtemps. Si j’ai réussi à survivre, c’est grâce à la forêt. »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/07/cabosses-de-cacao-ufs-de-tinamou-et-le-soleil-pour-seule-boussole-l-aventure-d-un-pilote-perdu-dans-la-foret-amazonienne_6075854_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 07 Apr 2021 12:24:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Une version soviétique du « Seigneur des anneaux » datant de 1991 exhumée]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Trente ans après son unique diffusion à la télévision, une adaptation soviétique du <em>Seigneur des anneaux</em> que l’on croyait disparue a été exhumée et publiée sur YouTube la semaine dernière, ravissant les fans russophones de J. R. R. Tolkien.</p><p class="article__paragraph">Basé sur <em>La Communauté de l’Anneau</em>, premier volet de la célèbre saga,et <a href="https://360tv.ru/news/tekst/ekranizatsija-tolkina/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">diffusé les 13 et 14 avril 1991</a> par la télévision de Léningrad, aujourd’hui Saint-Pétersbourg, <em>Khraniteli</em> (« Les Gardiens » en français) est réalisé en Union soviétique.</p><p class="article__paragraph">Diffusé dix ans avant la trilogie cinématographique à succès de Peter Jackson, ce film à petit budget est <em>« aussi absurde et monstrueux que divin et magnifique »</em>, <a href="https://www.theguardian.com/world/2021/apr/05/soviet-tv-version-lord-of-the-rings-rediscovered-after-30-years" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">pointe le <em>Guardian</em></a>. A cette époque, il vient de réaliser <em>Meet the Feebles</em> (1989) et s’apprête à sortir <em><a href="https://youtu.be/Ytg1JFrI2AA" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Dead Alive</a></em> (1992), film gore parodique qui lui vaudra le Grand Prix du festival d’Avoriaz du film fantastique. Le Néo-Zélandais ne s’est pas encore penché sur la trilogie.</p><p class="article__paragraph">La réalisatrice Natalia Serebryakova, elle, livre une version rudimentaire et parfois absurde du monde fictif de la <em>Terre du Milieu</em>, <em>« nombre de scènes ressemblant davantage à une production théâtrale qu’à un long métrage »</em>, selon nos confrères britanniques. La bande-son n’arrange rien à l’affaire : composée par Andreï Romanov, l’un des fondateurs du groupe de rock Aquarium – qui fait aussi office de narrateur –, elle renforce l’ambiance délicieusement kitsch du film.</p><p class="article__paragraph">Mises en ligne <a href="https://www.youtube.com/watch?v=oLevCLNnLmg" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">sur YouTube</a> les 27 et 28 mars par la Pétersbourg TV-5, le successeur de la chaîne publique Léningrad, les deux parties du film totalisent près de 850 000 vues ce mardi 6 avril.</p><p class="article__paragraph">En 1991, l’URSS finit de se disloquer, et <em>Khraniteli</em> est à l’image de la débâcle soviétique. <em>« Des costumes absurdes, des maquillages lamentables, pas direction d’acteur, aucun travail de montage… tout cela évoque un pays en train de s’effondrer »</em>, dépeint l’artiste russe Irina Nazarova, <a href="https://www.bbc.com/news/world-europe-56641258" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">auprès de la BBC</a><em>.</em></p><p class="article__paragraph">Plus que le film lui-même, ce sont les conditions dans lesquelles le tournage a été réalisé qui retiennent l’attention, note-t-elle<em>. « Il a été tourné sans l’aide de personne. A l’époque, les gens pouvaient attendre leur salaire pendant six mois et ne savaient pas comment nourrir leurs enfants. »</em> <em>« Il n’y avait que quatre chevaux pour camper les Nazguls, pour donner l’impression qu’ils étaient huit, il fallait les faire repasser une deuxième fois dans le cadre », témoigne</em> Valery Dyachenko, qui joue alors le rôle de Frodon, sur <a href="https://www.5-tv.ru/news/337669/uslovia-nebogatye-rossijskij-frodo-dacnenko-otom-kak-snimali-hranitelej/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">la chaîne russe 360°</a>.</p><p class="article__paragraph">Les fans russes de Tolkien ont longtemps cherché <em>Khraniteli</em> dans les archives, sans parvenir à mettre la main dessus, comme l’expliquait la revue <em><a href="https://www.mirf.ru/kino/drugie-ekranizatsii-tolkina/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">World of Fantasy</a></em>, en 2016.</p><p class="article__paragraph">Le <em>Guardian</em> rappelle que l’intérêt pour l’écrivain britannique a émergé en Russie peu après la sortie des trois tomes du <em>Seigneur des anneaux</em>, à partir de 1954. Mais la trilogie qui raconte l’alliance d’hommes, d’elfes et de nains luttant contre une puissance orientale totalitaire était perçue comme une allégorie du conflit entre l’individualisme occidental et le totalitarisme communisme, ce qui lui a valu d’être interdit par les autorités soviétiques.</p><p class="article__paragraph">Dans les années 1960, une version abrégée, baptisée <em>L’histoire de l’anneau,</em> circule secrètement en Union soviétique. Elle est suivie de traductions distribuées sous forme de <em>samizdat</em>, ces ouvrages diffusés clandestinement sous forme polycopiée ou ronéotypée. Il faudra attendre 1982 pour que paraisse officiellement une version expurgée de <em>La Communauté de l’anneau,</em> traduite par Vladimir Muravyov et Andrey Kistyakovsky. Après l’effondrement de l’URSS, plusieurs traductions de la trilogie sont publiées.</p><p class="article__paragraph">Selon <em>World of Fantasy</em>, ce n’était pas la première adaptation de l’œuvre de Tolkien à la télévision soviétique. En 1985, la chaîne de Léningrad avait diffusé <em>Le Voyage fantastique de Monsieur Bilbo Sacquet, le Hobbit »,</em> une adaptation à petit budget avec des danseurs de ballet de l’actuel théâtre Mariinsky et un narrateur moustachu incarnant Tolkien.</p><p class="article__paragraph">Le site signale qu’en 1991, un projet de dessin animé inspiré de son œuvre, intitulé <em>Le Trésor sous la montagne</em>, a été lancé puis abandonné. De l’aventure, il ne reste que six minutes disponibles en ligne.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/06/une-version-sovietique-du-seigneur-des-anneaux-datant-de-1991-exhumee_6075760_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 06 Apr 2021 18:56:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le hashtag #SaccageParis relance le débat sur la propreté de la capitale française]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">La propreté est un problème… récurrent pour Paris. En 2019, le quotidien britannique <em><a href="https://www.theguardian.com/world/2019/sep/22/paris-dirty-image-litter-dog-mess" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">The Guardian</a></em> décrivait la capitale comme <em>« l’homme sale de l’Europe »</em>. A croire que deux ans plus tard, les choses n’ont pas changé ; depuis le 21 mars, le compte Twitter <a href="https://twitter.com/PanamePropre" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">@PanamePropre</a>, dont l’auteur reste anonyme, se plaît à titiller Anne Hidalgo, la maire socialiste de Paris, sur cet épineux sujet – et sur celui des aménagements – en publiant et relayant une série de clichés et vidéos, parfois anciens, accompagnées du hashtag #SaccageParis.</p><p class="article__paragraph">Dans sa biographie, le compte aux près de 6 000 abonnés se présente comme <em>« humaniste »,</em> rejette les <em>« extrêmes »</em> et affirme :</p><p class="article__cite"><em>« Nous n’acceptons plus #Paris encrassée et enlaidie. RT photos et vidéos accablantes. »</em></p><p class="article__paragraph">Dans la foulée, plus de 24 000 tweets ont été publiés accompagnés de ce mot-clé et évoquent les « <a href="https://twitter.com/FaridBenlagha/status/1378843936190513161" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">pistes cyclables immondes</a> », « <a href="https://twitter.com/EricKlein_/status/1378601761578049539" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’état de délabrement généralisé</a> », les « <a href="https://twitter.com/DidierRykner/status/1377897005717069825" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">déjections d’oiseaux datant d’au moins trois semaines</a> »…</p><h2 class="article__sub-title">Auteur anonyme</h2><p class="article__paragraph">Contacté par <em><a href="https://www.leparisien.fr/paris-75/saccageparis-le-coup-de-colere-contre-l-etat-de-paris-gronde-sur-les-reseaux-sociaux-03-04-2021-8430608.php" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Le Parisien</a></em>, l’auteur du compte assure être <em>« Parisien depuis vingt ans »</em> et avoir <em>« vu la ville se dégrader depuis l’arrivée d’Anne Hidalgo à la tête de l’Hôtel de Ville ».</em> Il se défend pourtant d’appartenir à un quelconque parti politique :</p><p class="article__cite"><em>« J’ai une cinquantaine d’années. Je suis cadre dans le privé. Je voyage beaucoup à l’étranger. Je ne suis encarté dans aucun parti. J’ai été proche autrefois de l’UDF. Je suis un progressiste modéré dans mon expression. Certains diront que l’extrême droite ou la droite est derrière. Je peux vous dire que j’ai reçu aussi de nombreux messages de gens de gauche qui partagent ma colère. »</em></p><p class="article__paragraph">De son côté, Pierre Liscia, ex-élu du 18<sup>e </sup>arrondissement et porte-parole du <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/11/14/municipales-a-paris-libres-presente-sa-therapie-de-choc-en-vue-d-une-alliance-avec-lr_6019183_823448.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">mouvement Libres !</a> de Valérie Pécresse a <a href="https://twitter.com/PierreLiscia/status/1378312591496347649" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">nié être le propriétaire du compte</a>, dans un message publié sur Twitter samedi 3 avril <em>:</em></p><p class="article__cite"><em>« Une rumeur circule sur Twitter selon laquelle je serais l’instigateur du hashtag #SaccageParis (…). A mon grand regret, je ne le suis pas. En revanche, Paris est bel et bien devenue une honte pour la France. »</em></p><h2 class="article__sub-title">L’opposition s’en saisit</h2><p class="article__paragraph">Sans surprise, l’opposition à la maire de Paris s’est engouffrée dans la brèche : <em>« Face au déni de réalité de l’équipe municipale, nous exigeons la tenue immédiate d’un Conseil de Paris exceptionnel consacré aux problèmes de propreté et de salubrité à Paris »</em>, a écrit la maire (LR) du 7<sup>e </sup>arrondissement, <a href="https://twitter.com/datirachida/status/1378785728080007170" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Rachida Dati, dimanche soir, sur Twitter</a>.</p><p class="article__paragraph"><em>« Nous ne pouvons rester sourds à l’appel spontané des Parisiennes et des Parisiens. La Fédération LR de Paris demande une séance de conseil de Paris dédiée à la propreté afin de lancer un grand plan de salubrité publique, qui devient une urgence humaine et sanitaire ! »,</em> écrit pour sa part la députée européenne <a href="https://twitter.com/AgnesEvren/status/1378799478384263168" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Agnès Evren</a>, vice-présidente des Républicains, présidente de la Fédération LR Paris et conseillère de Paris.</p><p class="article__paragraph">La présidente du Rassemblement national <a href="https://twitter.com/MLP_officiel/status/1378222538912841728" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Marine Le Pen</a> ne se prive pas à son tour d’étriller la maire, écrivant sur Twitter : <em>« La dégradation de notre si belle capitale par l’équipe Hidalgo est une souffrance nationale qui ne doit laisser aucun Français indifférent. »</em></p><p class="article__paragraph">Car cette campagne monte en puissance au moment où Anne Hidalgo, possible candidate à l’élection présidentielle, lance sa plate-forme Idées en commun dans <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/03/17/hidalgo-lance-sa-plate-forme-politique-et-consolide-son-dispositif-de-campagne_6073514_823448.html">la perspective de 2022</a>.</p><h2 class="article__sub-title">« Campagne de dénigrement », selon la mairie</h2><p class="article__paragraph">La bataille se déroulant sur les réseaux sociaux, <a href="https://twitter.com/Paris/status/1378788092614750211" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">les équipes de la mairie ont réagi, dimanche soir</a>, affirmant que <em>« la Ville de Paris subit une campagne de dénigrement via #saccageparis »</em>, ajoutant que <em>« comme toutes les villes de France, Paris est confrontée à des incivilités et à des problèmes de régulation de l’espace public »</em>, relevant que <em>« certaines photos postées sont anciennes ou prises avant le passage des équipes de la propreté »,</em> qui <em>« sont actuellement réduit[e]s de 10 % en raison de la propagation du virus Covid-19 (cas contact ou agents porteurs), ce qui peut entraîner des retards de traitement ».</em></p><p class="article__paragraph">Dans <a href="https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-75004/saccageparis-la-mairie-de-paris-contre-attaque-04-04-2021-8430644.php" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">le <em>Parisien,</em> Jérôme Coumet, le maire (DVD) du 8<sup>e</sup></a>, vient au secours de la Mairie : <em>« Je me promène beaucoup dans Paris mais je n’ai pas l’impression que la ville est saccagée. Je vois des arbres en fleurs, des jardins entretenus, et de nouvelles jardinières bordent l’avenue des Gobelins »</em>. Lui aussi voit derrière ce hashtag, <em>« une campagne orchestrée par des comptes proches de la droite et d’opposants à la maire de Paris »</em>. Il tranche : <em>« Mais ce n’est pas cette une polémique à deux balles qui va la déstabiliser »</em>.</p><p class="article__paragraph">Pour sa part, @PanamePropre assure travailler sur « <em>un manifeste sur Paris 2030 ». « Nous voulons que Paris redevienne une des grandes et belles capitales du monde où il fait bon vivre, où l’on se déplace à vélo, mais où on ne fait pas la guerre aux voitures, où l’on se sent en sécurité »,</em> a-t-il expliqué au <em>Parisien.</em></p><p class="article__paragraph">Avant Anne Hidalgo, <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/08/26/le-casse-tete-de-la-proprete-a-paris_5176789_3244.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Bertrand Delanoë</a> avait essuyé les mêmes reproches. En 2001, Yves Contassot, adjoint au maire PS Bertrand Delanoë pour la propreté de la Ville de Paris jusqu’en 2008, réclamait six cents agents de propreté supplémentaires. En 1982, Jacques Chirac, alors maire de la capitale, faisait de la propreté des rues de la ville lumière sont dada et lançait <a href="https://www.lemonde.fr/blog/binaire/2018/04/01/apres-la-moto-crotte-le-robot-crotte-autonome/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">la Chiraclette, la célèbre moto-crotte</a>à l’assaut des déjections canines maculant les trottoirs. Près de quarante ans plus tard, la capitale semble faire du surplace. En 2019, répondant au <em>Guardian</em>, la maire rappelait que la propreté est aussi <em>« <a href="https://twitter.com/Anne_Hidalgo/status/1176023899726897152" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un problème d’éducation</a> »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/05/le-hashtag-saccageparis-relance-le-debat-sur-la-proprete-de-la-capitale-francaise_6075604_4832693.html</link>
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      <pubDate>Mon, 05 Apr 2021 12:12:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Henry Every, le pirate le plus recherché du XVIIe siècle, refait surface en Nouvelle-Angleterre]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/01/0/0/4500/2999/664/0/75/0/06d5ecb_95437a9e587345faa249423cb24ec84d-95437a9e587345faa249423cb24ec84d-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/04/01/0/0/4500/2999/1328/0/45/0/06d5ecb_95437a9e587345faa249423cb24ec84d-95437a9e587345faa249423cb24ec84d-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/04/01/0/0/4500/2999/664/0/75/0/06d5ecb_95437a9e587345faa249423cb24ec84d-95437a9e587345faa249423cb24ec84d-0.jpg 664w" alt="Trois pièces trouvées par Jim Bailey, dont une pièce frappée au Yémen en 1693." width="4500" height="2999" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/01/0/0/4500/2999/664/0/75/0/06d5ecb_95437a9e587345faa249423cb24ec84d-95437a9e587345faa249423cb24ec84d-0.jpg" alt="Trois pièces trouvées par Jim Bailey, dont une pièce frappée au Yémen en 1693." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Trois pièces trouvées par Jim Bailey, dont une pièce frappée au Yémen en 1693. STEVEN SENNE / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Une pièce en argent frappée au Yémen en 1693 avec des inscriptions en arabe découverte en 2014 dans un verger de Middletown, dans le Rhode Island (Etats-Unis), par Jim Bailey, un chercheur de trésor amateur, éclaire d’un nouveau jour l’un des <em>cold case</em> les plus retentissant du… XVII<sup>e</sup> siècle.</p><p class="article__paragraph">Retour en arrière. Le 7 septembre 1695, le pirate anglais Henry Every – appelé <em>« Long Ben »</em>, le <em>« roi des pirates »</em> ou le <em>« plus grand des pirates »</em> – et son équipage à bord de <em>Fancy</em> attaquent et s’emparent du <em>Ganj-i-Sawai.</em> Le navire revenait du pèlerinage à la Mecque et faisait route entre Mocha, au Yémen, et Surat, en Inde.</p><p class="article__paragraph">Le <em>Ganj-i-Sawai</em> appartenait à Aurangzeb, aussi connu sous le nom d’Âlamgir I<sup>er</sup>, souverain de <a href="https://www.lemonde.fr/arts/article/2017/04/10/exposition-l-age-d-or-des-moghols-et-des-maharajahs_5108727_1655012.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’Empire moghol de 1658 à 1707</a> et, à ce titre, l’un des hommes les plus puissants du monde. Il transportait, outre sa fille et sa suite, quelque 500 000 pièces d’or et d’argent ainsi qu’une quantité colossale d’or et de pierreries. Le tout est aujourd’hui évalué à quelque 91,9 millions de livres, soit plus de 107 millions d’euros, rapporte le <em><a href="https://www.dailymail.co.uk/sciencetech/article-9425875/Ancient-coins-solve-mystery-murderous-1600s-pirate.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Daily Mail</a></em>.</p><p class="article__paragraph">Après une orgie de pillage, de viol et de massacre, Henry Every et son équipage prennent la direction de l’île Bourbon (La Réunion) où ils procèdent au partage du butin, chaque homme recevant l’équivalant de 1 000 livres (de 100 000 à 150 000 euros).</p><h2 class="article__sub-title">Représailles</h2><p class="article__paragraph">La nouvelle de cet acte de piraterie fait le tour du monde et menace les affaires de l’Angleterre, et plus particulièrement celles de la <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2013/11/01/la-longue-histoire-du-the-une-boisson-universelle_3506942_3234.html">Compagnie britannique des Indes orientales</a>, la BEIC. En guise de représailles, mais aussi pour leur protection face au risque d’émeutes, le gouverneur de Surat fait arrêter tous les sujets anglais. De son côté, Aurangzeb ordonne la fermeture de quelques fabriques de la BEIC, fait emprisonner les Britanniques qui les dirigent et menace d’attaquer la ville de Bombay pour expulser les Anglais de l’Inde.</p><p class="article__paragraph">A Londres, le Parlement déclare les pirates <em>« Hostis humani generis »</em> (littéralement « ennemi de l’humanité ») : toutes les nations ont le droit – même le devoir – de juger, voire d’exécuter sommairement tout pirate britannique capturé. La tête du capitaine Every est mise à prix, et la commission du commerce (le Board of trade) coordonne ce qui est désormais connu comme la première chasse à l’homme mondiale.</p><p class="article__paragraph">Certains des membres de l’équipage du <em>Fancy</em> décident de rester à l’Ile Bourbon, les autres mettent le cap sur les Bahamas, considérées comme un havre de pirates. Avant de mettre les voiles, le capitaine Every achète des esclaves qu’il compte utiliser comme main-d’œuvre et monnaie d’échange.</p><h2 class="article__sub-title">Poursuite jusqu’aux Bahamas</h2><p class="article__paragraph">Après quelques mois de voyage, le <em>Fancy</em> jette l’ancre en mars 1696 près d’Eleuthera, une île dans l’archipel des Bahamas. Pour brouiller les pistes, Every se fait passer auprès du gouverneur pour le capitaine Henry Bridgeman, marchands d’esclaves sans licence commerciale en provenance d’Afrique. Il achète le silence des autorités locales et promet de leur laisser, en prime, son navire paré au combat et chargé de poudre. Utile pour repousser une incursion de la marine française.</p><p class="article__paragraph">Lorsque le gouverneur est interrogé par la Royal Navy et la Compagnie des Indes orientales à propos d’Every, il se défausse… puis alerte Every et son équipage, leur permettant de quitter l’île avant qu’ils ne puissent être appréhendés.</p><figure class="article__media">
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/04/01/0/0/5677/3785/664/0/75/0/6ae4328_cfbf92ee36dc41d2a0f78fbe0b20aaa1-cfbf92ee36dc41d2a0f78fbe0b20aaa1-0.jpg" alt="Jim Bailey et son détecteur de métaux, à Warwick, dans le Rhode Island." /></p>

<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Jim Bailey et son détecteur de métaux, à Warwick, dans le Rhode Island. STEVEN SENNE / AP</figcaption></figure><h2 class="article__sub-title">« Presque du blanchiment d’argent »</h2><p class="article__paragraph">C’est à peu près là que se perd la trace de Long Ben. Sa piste disparaît en 1696, sans que l’on sache s’il a changé de nom, s’est retiré sur une île des Caraïbes, en Grande-Bretagne ou en Irlande, riche ou fauché, s’il est mort en 1699 ou 1714.</p><p class="article__paragraph">Pour Jim Bailey, le chercheur de trésor qui a présenté ses découvertes dans <em>The Colonial Newsletter</em>, une publication de la American Numismatic Society, ces pièces de monnaies arabes – au fil des ans, une quinzaine de pièces ont été trouvées au Massachusetts, dans le Connecticut et en Caroline du Nord – sont la preuve que le capitaine, ou un membre de son équipage, se sont rendus dans les colonies américaines. Il y auraient dépensé une partie de leur butin, à une époque où les sujets de sa majesté étaient plus occupés à étendre leur emprise sur les Treize colonies qu’à commercer avec l’empire Moghol.</p><p class="article__paragraph"><em>« Certains membres de l’équipage</em> [du capitaine Every] <em>ont pu s’installer en Nouvelle-Angleterre et s’intégrer »,</em> confirme à l’agence <a href="https://www.theguardian.com/science/2021/apr/01/arabian-coins-found-in-us-may-unlock-17th-century-pirate-mystery" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Associated Press l’archéologue de l’Etat du Connecticut, Sarah Sportman</a>, et dépensé leur butin. <em>« C’était presque du blanchiment d’argent ! »</em></p><p class="article__paragraph">Le trésor du capitaine Every n’a pas fini de faire rêver : le navire pirate Playmobil 3750 commercialisé en 1990 arborait son pavillon ; il servait de trame au jeu vidéo <em><a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/05/05/on-a-teste-uncharted-4-a-thief-s-end-la-superproduction-crepusculaire-du-jeu-video_4914202_4408996.html">Uncharted 4 : A Thief’s End</a></em>, à un épisode de la série « Doctor Who » (<em>La Marque noire,</em> le troisième épisode de la sixième saison de la deuxième série de la série télévisée britannique). Enfin, il aurait inspiré le personnage de Gol D. Roger dans le manga <em>One Piece.</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/04/02/henry-every-le-pirate-le-plus-recherche-du-xviie-siecle-refait-surface-en-nouvelle-angleterre_6075415_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 02 Apr 2021 18:05:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Un mafieux italien de la ’Ndrangheta arrêté à cause de ses tatouages visibles dans des vidéos de cuisine]]></title>
      <description><![CDATA[<noscript>
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</noscript>Un mafieux italien de la ’Ndrangheta arrêté à cause de ses tatouages visibles dans des vidéos de cuisine<noscript>
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<section id="habillagepub" class="article article--single article--iso article--content"><section class="zone zone--article old__zone"><section class="article__wrapper"><article class="article__content old__article-content-single"><figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1920/1052/664/0/75/0/a1e3d1f_gdn-italy-mafia-tattoos-0330-11.JPG" srcset="https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1920/1052/1328/0/45/0/a1e3d1f_gdn-italy-mafia-tattoos-0330-11.JPG 1328w, https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1920/1052/664/0/75/0/a1e3d1f_gdn-italy-mafia-tattoos-0330-11.JPG 664w" alt="Des agents d’Interpol escortent Marc Feren Claude Biart, à Boca Chica, en République dominicaine, le 24 mars." width="1920" height="1052" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1920/1052/664/0/75/0/a1e3d1f_gdn-italy-mafia-tattoos-0330-11.JPG" alt="Des agents d’Interpol escortent Marc Feren Claude Biart, à Boca Chica, en République dominicaine, le 24 mars." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Des agents d’Interpol escortent Marc Feren Claude Biart, à Boca Chica, en République dominicaine, le 24 mars. ITALIAN POLICE / ITALIAN POLICE VIA REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Sous le soleil de Boca, station balnéaire de République dominicaine, quoi de mieux que des petits plats italiens légers pour accompagner un cocktail à la plage ? Marc Feren Claude Biart, un Italien de 53 ans, partageait sur YouTube ses meilleures recettes <em>made in Italy</em> depuis les Caraïbes. Les spectateurs de ses vidéos, dans lesquelles il ne montre jamais son visage, ignoraient cependant une chose : les explications culinaires étaient données par un ancien membre de <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/13/350-accuses-400-avocats-et-900-temoins-coup-d-envoi-du-maxi-proces-contre-la-ndrangheta-la-puissante-mafia-calabraise_6066069_3210.html">la mafia calabraise, la ’Ndrangheta</a>.</p><p class="article__paragraph">C’est aussi ce qui l’a perdu : Marc Feren Claude Biart a été arrêté le 24 mars dans sa villa de Boca Chica et a été extradé à Milan cinq jours plus tard. Presque devenu un fantôme pour les autorités depuis sa fuite de l’Italie en 2014, des enquêtes sur les médias et réseaux sociaux ont permis de retrouver sa trace. Ce sont les tatouages sur ses bras, visibles sur les vidéos, qui ont remis les enquêteurs sur ses traces, a détaillé la police italienne <a href="https://www.interno.gov.it/it/ndrangheta-arresto-due-latitanti-allestero-francesco-pelle-e-marc-feren-claude-biart" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">dans un communiqué</a>.</p><p class="article__paragraph">Connu pour avoir collaboré avec le clan Cacciola de la ’Ndrangheta, Marc Feren Claude Biart était poursuivi pour association criminelle, notamment trafic de cocaïne aux Pays-Bas. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt émis en 2014 par un juge de Reggio de Calabre.Il s’était installé au Costa Rica puis en République dominicaine, où il menait une vie très tranquille avec sa compagne, en veillant à ne surtout pas attirer l’attention. Dans son quartier d’expatriés italiens, ses voisins le décrivent comme plutôt timide et discret, un « étranger » pour eux, selon le communiqué de la police.</p><p class="article__paragraph">Les forces de police de onze pays collaborent pour lutter contre cette mafia. Deux autres de ses membres ont ainsi également étéretrouvés en mars. Arrêté au Portugal, Francesco Pelle était hospitalisé dans une clinique lisboète, après avoir contracté le Covid-19. Considéré comme l’un des fugitifs les plus dangereux d’Italie, il avait été condamné à la prison à perpétuité pour un attentat commis à San Luca, une commune de Calabre. Quelques jours plus tôt, le 12 mars, c’est à Barcelone que Giuseppe Romeo était arrêté pour avoir acheminé des tonnes de cocaïne en Europe.</p><p class="article__paragraph">Basée en Calabre, région la plus au sud de la péninsule italienne, la ’Ndrangheta est considérée comme la mafia la plus puissante, notamment en raison du contrôle qu’elle exerce sur le trafic de cocaïne en Europe. Présente sur tous les continents, elle a détrôné Cosa Nostra, la mafia sicilienne, devenant ainsi l’organisation criminelle la plus importante d’Italie.</p></article></section></section></section></main><section id="js-survey-message" class="message__survey"><p class="message__survey-description">Votre avis sur nos contenus nous intéresse.</p><p><a id="js-survey-trigger" href="https://www.lemonde.fr" class="button button--orange message__cta-survey">RépondreDonnez-nous votre avis</a></p></section>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/03/31/un-mafieux-italien-de-la-ndrangheta-arrete-a-cause-de-ses-tatouages-visibles-dans-des-videos-de-cuisine_6075125_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 31 Mar 2021 14:32:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Goutte de sang, références au diable : les « Satan Shoes » du rappeur Lil Nas X font scandale aux Etats-Unis]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1395/933/664/0/75/0/5f109ea_823257019-lil-nas-x.PNG" srcset="https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1395/933/1328/0/45/0/5f109ea_823257019-lil-nas-x.PNG 1328w, https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1395/933/664/0/75/0/5f109ea_823257019-lil-nas-x.PNG 664w" alt="Le rappeur américain Lil Nas X présente les « Satan Shoes » créées avec la société MSCHF." width="1395" height="933" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1395/933/664/0/75/0/5f109ea_823257019-lil-nas-x.PNG" alt="Le rappeur américain Lil Nas X présente les « Satan Shoes » créées avec la société MSCHF." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le rappeur américain Lil Nas X présente les « Satan Shoes » créées avec la société MSCHF.</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Une basket noire, une croix rouge sur la languette, un pentagramme en bronze accroché aux lacets, et surtout une semelle remplie d’un intriguant liquide rouge… Le tout mis en avant sur une page Internet à dominante noire et rouge, à la typographie sanguinolente et à grand renfort d’imageries médiévales représentant des crânes, des corps nus et décharnés, sans oublier quelques serpents. Plus de doute, c’est bien au diable qu’il est ici fait référence.</p><p class="article__paragraph">La mise en vente de ces « Satan Shoes » (« chaussures sataniques »), lundi 29 mars, par la société MSCHF, en partenariat avec Lil Nas X, fait scandale aux Etats-Unis. Le rappeur américain vient de sortir <a href="https://www.youtube.com/watch?v=6swmTBVI83k" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>MONTERO (Call Me By Your Name)</em>, dans le clip duquel</a> il effectue une danse lascive sur les cuisses… du diable.</p><p class="article__paragraph">Dans cette opération marketing, rien n’a été laissé au hasard. Le nombre limité de paires de chaussures, déjà : 666 – communément appelé le « nombre de la Bête » selon la Bible. Le prix, ensuite : 1 018 dollars (environ 860 euros). Pourquoi ? Petit indice imprimé en rouge en bas de la chaussure : <em>« Luke 10:18 »</em>. Eh oui, il est là fait référence au verset de l’Evangile selon Saint-Luc : <em>« Jésus leur dit : Je voyais Satan tomber du ciel comme un éclair. »</em> L’étoile inversée à cinq branches (le pentagramme, donc), est quant à elle parfois considérée comme un symbole satanique.</p><p class="article__paragraph">Et enfin, dans la semelle, ce liquide rouge vermillon qui attire l’œil… et dont on nous gratifie d’un petit GIF animé du plus bel effet sur la <a href="https://satan.shoes/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">boutique en ligne</a>. Sa composition ? 60 centimètres cubes d’encre rouge et… une goutte de sang humain. Oui oui, du vrai sang. Et même le sang de six des employés de MSCHF (<a href="https://www.nytimes.com/2021/03/28/style/nike-satan-shoes-lil-Nas-x.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">c’est en tout cas ce qu’affirme la société au <em>New York Times</em></a>).</p><figure class="article__media">
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/30/0/0/1886/953/664/0/75/0/0b5f509_249309855-site-vente-ok.png" alt="Capture d’écran du site de vente en ligne des « Satan Shoes » de MSCHF et Lil Nas X." /></p>

<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Capture d’écran du site de vente en ligne des « Satan Shoes » de MSCHF et Lil Nas X.</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Le moment lui aussi est important : nous sommes à la veille de Pâques, fête célébrant la résurrection du Christ, porteuse de l’espérance du salut. <em>« C’est le mal et l’hérésie et je prie pour que les chrétiens se lèvent contre cela »,</em> <a href="https://twitter.com/pastormarkburns/status/1375918475403739152?s=20" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">a réagi sur Twitter</a> le médiatique pasteur évangélique Mark Burns, partisan de l’ancien président républicain Donald Trump.</p><p class="article__paragraph">Sur son compte Twitter, Lil Nas X, <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2019/07/30/record-de-longevite-americaine-pour-l-improbable-tube-old-town-road_5494747_3246.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">connu pour son tube <em>Old Town Road</em></a> (2019), a partagé <a href="https://twitter.com/LilNasX/status/1376239443409956867?s=20" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">des scènes de sermon</a> consacrées à ses chaussures. Il s’est également amusé du fait que la chaîne de télévision conservatrice Fox News lui consacre un sujet. <em>« Nous sommes engagés dans un combat pour sauver l’âme de notre nation</em>, <a href="https://twitter.com/govkristinoem/status/1376239196709478400?s=20" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">a quant à elle tweeté</a>, dimanche, la gouverneure républicaine du Dakota du Sud, Kristi Noem. <em>Nous devons nous battre avec acharnement,</em> (…) <em>intelligemment. Nous devons gagner. »</em></p><p class="article__paragraph">Ce modèle limité est en réalité une reprise d’une basket Air Max 97 fabriquée par Nike. MSCHF et Lil Nas X se sont donc aussi attiré les foudres de l’équipementier. Nike a assigné la petite société devant un tribunal fédéral civil de Brooklyn, demandant la suspension de la livraison des chaussures (qui ont toutes été vendues en quelques heures) et des dommages et intérêts.</p><p class="article__paragraph"><em>« Les Satan Shoes ont été produites sans l’accord de Nike ou son autorisation</em>, a affirmé l’équipementier. <em>Nike n’est en aucun cas associé à ce projet. »</em> Le groupe souligne que le modèle est source de confusion et que des appels au boycott de Nike ont déjà été lancés. MSCHF n’en est pas à son coup d’essai, ils avaient déjà sorti en 2019 des « Jesus Shoes », un modèle Air Max 97 blanc contenant de l’eau bénite.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/03/30/goutte-de-sang-references-au-diable-les-satan-shoes-du-rappeur-lil-nas-x-font-scandale-aux-etats-unis_6075010_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 30 Mar 2021 18:06:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Etats-Unis : Aaron Appelhans, premier shérif noir du Wyoming]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/24/0/0/3000/2414/664/0/75/0/e38285b_39744526-ap-21043670483297.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/03/24/0/0/3000/2414/1328/0/45/0/e38285b_39744526-ap-21043670483297.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/03/24/0/0/3000/2414/664/0/75/0/e38285b_39744526-ap-21043670483297.jpg 664w" alt="Aaron Appelhans a bien conscience qu’il n’est que l’un des quelque 650 Noirs qui vivent dans le comté d’Albany. Ici à Laramie (Wyoming), le 3 février 2021." width="3000" height="2414" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/24/0/0/3000/2414/664/0/75/0/e38285b_39744526-ap-21043670483297.jpg" alt="Aaron Appelhans a bien conscience qu’il n’est que l’un des quelque 650 Noirs qui vivent dans le comté d’Albany. Ici à Laramie (Wyoming), le 3 février 2021." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Aaron Appelhans a bien conscience qu’il n’est que l’un des quelque 650 Noirs qui vivent dans le comté d’Albany. Ici à Laramie (Wyoming), le 3 février 2021. MEAD GRUVER / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il ne se passe en général pas grand-chose à Laramie, la grande ville du comté d’Albany, dans le sud-est du Wyoming (Etats-Unis). Cette enclave démocrate, dans laquelle résident un peu plus de 32 000 habitants, sur les 38 000 du comté, accueille la seule université de l’Etat. Il y a une dizaine d’années, elle a été désignée par <em><a href="https://laramielive.com/money-magazine-recognizes-laramie-as-a-great-place-to-retire/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Money Magazine</a></em> comme l’une des destinations idéales pour prendre sa retraite aux Etats-Unis : les impôts y sont peu élevés et il y a de l’espace, à foison.</p><p class="article__paragraph">Fin 2020, la promotion d’Aaron Appelhans n’est toutefois pas passée inaperçue. A l’âge de 39 ans, il a prêté serment devant la juge Tori Kricken et a pris la direction du département du shérif du comté d’Albany. Il est ainsi devenu le premier shérif noir depuis que le Wyoming a été admis dans l’Union, il y a cent trente et un ans, le 10 juillet 1890. Une nomination symbolique à plus d’un titre.</p><h2 class="article__sub-title">« L’Etat de l’égalité »</h2><p class="article__paragraph">A peine nommé, Aaron Appelhans a essuyé un <a href="https://twitter.com/CliffW08950229/status/1339979381305995266" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">tweet raciste de Cyrus Western</a>, un élu républicain de l’Etat. Face au tollé, celui-ci lui a présenté des excuses. <em>« Je savais que cela allait arriver, cela ne m’a pas surpris</em>, <a href="https://www.nytimes.com/2021/03/22/us/wyoming-black-sheriff-appelhans.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">raconte le nouveau shérif au <em>New York Times</em></a>. <em>C’est quelque chose que j’ai eu à gérer tout au long de ma vie. Malheureusement, j’y suis habitué. »</em></p><p class="article__paragraph">Le Wyoming, parfois appelé « l’Etat de l’égalité », parce qu’il a été le premier du pays, en 1869, à accorder aux femmes le droit de vote et d’exercer des fonctions officielles, est aussi l’un des Etats les plus « blancs » des Etats-Unis. Et il <em>« reste très raciste »</em>, confirme <a href="https://apnews.com/article/shootings-police-wyoming-laramie-2857d4f5b5f5112e9b8b1876ad63a619" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">auprès de l’agence Associated Press</a> Stephen Latham, président pour l’Etat de la National Association for the Advancement of Colored People, l’organisation américaine de défense des droits civiques.</p><p class="article__paragraph">Aaron Appelhans n’est que l’un des quelque 650 Noirs qui vivent dans le comté d’Albany. Au sein du service qu’il dirige – 42 agents dont cinq femmes –, il est le seul policier noir. Le comté ne dénombre, à part lui, que deux autres policiers noirs.</p><p class="article__paragraph">Le Wyoming est également l’un des Etats américains les plus conservateurs : 21 de ses 23 comtés ont voté pour Donald Trump lors des élections du 3 novembre, <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2020/11/03/us/elections/results-wyoming.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">le président sortant l’emportant avec 69,9 % des voix</a>. C’est par ailleurs à Laramie que Matthew Shepard, un étudiant, avait été torturé et assassiné en raison de son homosexualité, en 1998. Son meurtre avait profondément marqué les esprits. Il était alors devenu le symbole de toutes les victimes de violences homophobes.</p><h2 class="article__sub-title">L’image ternie du service</h2><p class="article__paragraph">Originaire du Colorado, Aaron Appelhans s’est installé à Laramie il y a vingt ans. Il y a occupé divers postes au sein des forces de police locales et n’a pas fait campagne pour devenir shérif. Il a été nommé par les responsables du comté d’Albany le 11 décembre, pour prendre le relais et terminer le mandat du shérif David O’Malley, rappelle <a href="https://edition.cnn.com/2021/02/20/us/wyoming-black-sheriff-trnd/index.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">CNN</a>. Son défi : rétablir la confiance entre la population et les forces de l’ordre locales, empoisonnée par deux affaires récentes, explique le <em><a href="https://www.nytimes.com/2021/03/22/us/wyoming-black-sheriff-appelhans.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em>.</p><p class="article__paragraph">Son prédécesseur a été poussé à la démission après la mort de Robbie Ramirez, abattu de <a href="https://www.wyomingpublicmedia.org/post/autopsy-indicates-ramirez-was-shot-twice-back" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">trois balles, dont deux dans le dos</a>, lors d’un contrôle routier en novembre 2018 par Derek Colling, un adjoint du shérif. Selon sa famille, Robbie Ramirez ne représentait pourtant aucune menace et souffrait de troubles mentaux. A la suite des faits, le shérif adjointn’a fait l’objet d’aucune poursuite. Un grand jury a refusé en 2019 de le poursuivre pour homicide involontaire. Il appartient toujours au service de police, à un poste où il est moins en contact avec le public.</p><p class="article__paragraph">La famille de M. Ramirez a intenté un procès au comté d’Albany, lui réclamant <a href="https://laramielive.com/notice-of-20m-lawsuit-filed-in-wyoming-deputy-shooting/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">20 millions de dollars</a>, arguant que les antécédents de Derek Colling n’ont pas été vérifiés avant d’être embauché dans le Wyoming. Il avait été licencié par la police de Las Vegas après avoir été impliqué dans deux fusillades mortelles et, plus tard, avoir violemment battu un homme qui avait essayé de le filmer en train d’intervenir.</p><p class="article__paragraph">Le bureau du shérif fait par ailleurs l’objet d’un autre procès, intenté par un étudiant de l’université du Wyoming qui accuse deux adjoints d’avoir fait pression sur lui pour qu’il retire une plainte.</p><h2 class="article__sub-title">Manque de diversité</h2><p class="article__paragraph">Dans ce contexte, le shérif Appelhans admet qu’il a hésité avant d’accepter ce poste. Lors d’une interview sur <a href="https://denver.cbslocal.com/2021/02/18/aaron-appelhans-first-black-sheriff-wyoming/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">CBS</a>, il a rappelé combien sa profession avait encore du chemin à parcourir pour être plus inclusive. <em>« Traditionnellement, les forces de l’ordre attirent toujours les mêmes personnes »</em>, explique le shérif, faisant référence aux hommes blancs. </p><p class="article__paragraph">Les disparités raciales dans les bureaux des shérifs sont la règle, même dans les Etats où la population non blanche est importante, relève l’ONG <a href="https://wholeads.us/wp-content/uploads/2020/06/reflectivedemocracy-americassheriffs-06.04.2020.pdf" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Reflective Democracy Campaign</a>. Les hommes blancs occupent 90 % des 3 000 postes de shérif aux Etats-Unis, alors qu’ils ne représentent que 30 % de la population. Seuls 5 % des shérifs à l’échelle nationale sont afro-américains. Selon les données les plus récentes, plus de 20 Etats du pays n’avaient élu aucun shérif noir.</p><p class="article__paragraph"><em>« Bien sûr, quelqu’un aurait dû occuper ce poste plus tôt, mais il faut bien commencer quelque part »</em>, a expliqué M. Appelhans sur CBS. A son poste, il aura le dernier mot sur le recrutement : il entend embaucher davantage d’officiers noirs, latinos et féminins. S’il veut conserver son poste lors des élections 2022, Il devra faire campagne. Il a deux années pour convaincre.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/03/24/etats-unis-aaron-appelhans-premier-sherif-noir-du-wyoming_6074338_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 24 Mar 2021 18:40:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Le méliphage régent australien oublie son chant d’amour, au risque de l’extinction]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/17/0/0/2754/1836/664/0/75/0/0bf7a51_77ab6d03fc084c988f2f6be049653a49-90e67bcb0a98448da6c4aeb7c90c2b00-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/03/17/0/0/2754/1836/1328/0/45/0/0bf7a51_77ab6d03fc084c988f2f6be049653a49-90e67bcb0a98448da6c4aeb7c90c2b00-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/03/17/0/0/2754/1836/664/0/75/0/0bf7a51_77ab6d03fc084c988f2f6be049653a49-90e67bcb0a98448da6c4aeb7c90c2b00-0.jpg 664w" alt="Il ne restait plus que de 350 à 400 méliphages régents en 2018, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui l’a classé sur sa liste rouge." width="2754" height="1836" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/17/0/0/2754/1836/664/0/75/0/0bf7a51_77ab6d03fc084c988f2f6be049653a49-90e67bcb0a98448da6c4aeb7c90c2b00-0.jpg" alt="Il ne restait plus que de 350 à 400 méliphages régents en 2018, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui l’a classé sur sa liste rouge." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Il ne restait plus que de 350 à 400 méliphages régents en 2018, selon l’Union internationale pour la conservation de la nature, qui l’a classé sur sa liste rouge. MURRAY CHAMBERS / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Pour le méliphage régent (<em>anthochaera phrygia</em>), le plus compliqué n’est pas d’apprendre à voler, mais bien d’apprendre à chanter. Cette espèce de passereaux endémique d’Australie qui appartient à la famille des méliphagidés – des oiseaux qui se nourrissent essentiellement de nectar – vit dans l’extrême sud-est du Queensland, la quasi-totalité de la Nouvelle-Galles-du-Sud et le nord-est de l’Etat de Victoria.</p><p class="article__paragraph">Autrefois <em>« <a href="https://www.theguardian.com/environment/2019/nov/04/why-im-voting-no-1-regent-honeyeater-in-the-australian-bird-of-the-year-poll" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">assez commun</a> »</em>, sa population s’est effondrée, en raison de la sécheresse, de la détérioration de son habitat, de l’éclaircissement des zones boisées pour promouvoir l’agriculture et de la concurrence alimentaire d’autres espèces. Il ne restait plus que de 350 à 400 individus en 2018, selon l’<a href="https://www.iucnredlist.org/species/22704415/130992272" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Union internationale pour la conservation de la nature</a>, qui l’a classé sur sa liste rouge – ce qui en fait une <em>« espèce en danger critique »</em>. Et encore, c’était avant les gigantesques incendies de 2019 qui ont causé la destruction de son habitat et rendu encore plus précaire la situation des quelques centaines de spécimens restants.</p><p class="article__paragraph">Entre 2015 et 2019, une équipe dirigée par Ross Crates, chercheur à la Fenner School of Environment and Society de l’Université nationale australienne de Canberra et membre du Groupe de recherche sur les oiseaux menacés a tenté de les recenser, raconte le <em><a href="https://www.theguardian.com/environment/2021/mar/17/how-an-endangered-australian-songbird-regent-honeyeater-is-forgetting-its-love-songs" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Guardian</a>. « Ils sont si rares et la zone dans laquelle ils sont susceptibles de nicher est si vaste que nous cherchions une aiguille dans une botte de foin »</em>, explique-t-il à la <a href="https://www.bbc.com/news/science-environment-56417544" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">BBC</a>.</p><h2 class="article__sub-title">« Perte de culture vocale »</h2><p class="article__paragraph">Au cours de leurs travaux publiés dans <em><a href="https://royalsocietypublishing.org/doi/10.1098/rspb.2021.0225" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Proceedings of the Royal Society B</a></em>, l’un des deux journaux scientifiques publiés par la Royal Society, les chercheurs se sont rendu compte que les vocalises des méliphages régents sont aussi devenues moins complexes qu’auparavant et qu’elles ne ressemblaient plus vraiment à celles qui avaient été enregistrées dans les années 1980.</p><p class="article__paragraph">Le site encyclopédique <a href="https://www.oiseaux.net/oiseaux/meliphage.regent.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">oiseaux.net</a> écrit que leur chant <em>« consiste en un mélange assez compliqué de sonneries profondes, de notes qui enflent, de bruits inarticulés et légèrement trillés »</em>. Au lieu du <em>« crescendo de gazouillis gutturaux »</em> les chercheurs australiens ont constaté que leur chant a fini pas par ressembler à celui d’autres espèces, rapporte le <em><a href="https://www.thetimes.co.uk/article/the-regent-honeyeater-a-wild-songbird-singing-itself-into-extinction-jp8vnhqds" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Times.</a></em></p><p class="article__paragraph">En effet, chez cet oiseau, l’apprentissage du « langage » – le chant en l’occurrence – ne se fait pas en famille, comme dans la plupart des espèces. Les jeunes mâles n’apprennent pas à chanter pour séduire leur future compagne auprès de leur père. Au contraire, celui-ci cesse pratiquement de vocaliser quand les œufs ont éclos, pour ne pas attirer l’attention sur les oisillons. Pour s’exprimer, les jeunes mâles vont devront quitter le nid et apprendre auprès d’autres mâles adultes.</p><p class="article__paragraph">Mais en raison de la faible densité de la population de méliphages régents, un nombre croissant de jeunes mâles manquent de repères. Selon les scientifiques, environ un quart d’entre eux ne parviennent pas à trouver de congénères susceptibles de les prendre sous leur aile pour ce compagnonnage. Ils finissent par apprendre au contact des autres oiseaux et par imiter le chant d’autres espèces comme le polochion criard, le grand réveilleur ou le coucou.</p><p class="article__paragraph">Loin d’être une démonstration d’habileté ou une ruse pour éviter d’être pris à partie par d’autres espèces plus nombreuses ou plus agressives comme certains scientifiques l’ont imaginé, cette évolution serait plutôt le symptôme d’une <em>« perte de culture vocale »</em>, écrit Ross Crates. Et un méliphage régent qui ne chante pas <em>« correctement »</em> est beaucoup moins à même de rencontrer l’âme sœur. <em>« Les femelles ont tendance à éviter de s’accoupler et de nicher avec les mâles qui chantent mal »</em>, explique le chercheur dans le <em><a href="https://www.thetimes.co.uk/article/the-regent-honeyeater-a-wild-songbird-singing-itself-into-extinction-jp8vnhqds" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Times</a></em>.</p><h2 class="article__sub-title">Contribution au maintien des forêts d’eucalyptus</h2><p class="article__paragraph">Dans le cadre d’un programme de reproduction en captivité mené par la <a href="https://taronga.org.au/animals/regent-honeyeater" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Taronga Conservation Society</a>, avant une réintroduction dans la nature, M. Crates et ses collègues mettent à l’épreuve le résultat de leurs découvertes.</p><p class="article__paragraph">Pendant des années, de jeunes méliphages régents élevés en captivité ont écouté des enregistrements de leurs congénères sauvages diffusés par des haut-parleurs situés dans leurs volières, mais il s’avère que le résultat n’est pas probant. Pour les faire progresser, l’équipe a décidé de placer deux adultes capturés dans la nature dans des volières voisines pour qu’ils transmettent aux jeunes mâles les rudiments de la séduction, car l’avenir de l’espèce est important pour l’Australie.</p><p class="article__paragraph">En effet, ces oiseaux contribuent au maintien des forêts d’eucalyptus : en se délectant du nectar que produisent toute l’année l’<em>eucalyptus albens</em>, l’<em>eucalyptus sideroxylon</em> et l’<em>eucalyptus leucoxylon</em>, ils aident à leur pollinisation et fournissant une nourriture et un habitat essentiel pour de nombreuses autres espèces.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 18 Mar 2021 11:35:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Le projet SpaceX d’Elon Musk n’est pas le bienvenu pour les Papous de l’île de Biak, en Indonésie]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Sous le soleil, exactement. Et plus précisément, à un degré au sud de l’Equateur et face à l’océan Pacifique. Le milliardaire Elon Musk pouvait difficilement rêver d’un meilleur emplacement pour Starlink, son projet d’Internet à haut débit depuis l’espace destiné à couvrir en priorité les zones isolées ou mal connectées.</p><p class="article__paragraph">A la mi-décembre 2020, le président indonésien Joko Widodo a officiellement invité en Indonésie le patron de SpaceX et de Tesla à construire une base de lancement pour ses fusées sur la petite île de Biak, terre Papoue rattachée à l’Indonésie en 1963.</p><p class="article__paragraph"><em>« L’Indonésie dispose de plusieurs zones situées près de l’équateur. Le coût du lancement de SpaceX serait plus bas, parce que ses satellites n’auraient pas besoin de manœuvrer pour ajuster leur orbite à l’équateur »</em>, a justifié Jodi Mahardi, porte-parole du ministère coordinateur des affaires maritimes et des investissements.</p><h2 class="article__sub-title">Les Papous pas consultés</h2><p class="article__paragraph">Sauf que les Papous de Biak n’ont pas vraiment leur mot à dire. La population de cette île qui rejette l’autorité de Djakarta depuis son annexion n’a pas été consultée, rapporte le <em><a href="https://www.theguardian.com/world/2021/mar/10/anger-after-indonesia-offers-elon-musk-papuan-island-for-spacex-launchpad" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Guardian</a></em>. Elle y est même opposée, craignant un désastre pour son environnement et son mode de vie.</p><p class="article__paragraph">Un chef tribal de l’île, Manfun Sroyer, évoque les risques de déforestation, la présence militaire indonésienne, et explique craindre que les Papous ne soient forcés de quitter leurs maisons. <em>« Ce centre spatial se construira aux dépens de nos terrains de chasse traditionnels, endommageant la nature dont dépend notre mode de vie »</em>, explique-t-il.</p><p class="article__paragraph">Un porte-parole du gouvernement indonésien tente de balayer ces inquiétudes, expliquant au <em>Guardian</em> que l’Institut national de l’aéronautique et de l’espace indonésien (le Lapan) a consulté les autorités locales. <em>« Le gouvernement provincial de Papouasie considère que la construction du centre spatial à Biak fera du district de Biak Numfor une plaque tournante et aura des répercussions économiques positives pour le gouvernement régional et la communauté locale »,</em> assure-t-il.</p><h2 class="article__sub-title">Projets spatiaux</h2><p class="article__paragraph">Les Papous ont pourtant bien des raisons de s’inquiéter car Elon Musk n’est pas le seul sur les rangs pour s’installer sur l’île. Dans les années 1980, le Lapan y a construit une zone de 100 hectares afin d’installer une base spatiale, rappelle le <em><a href="https://www.thejakartapost.com/news/2019/11/12/indonesia-to-build-the-nations-first-spaceport-in-papua.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Djakarta Post</a></em>. L’emplacement est idéal pour lancer des satellites en orbite basse et permettre un temps de réponse plus rapide que celui des satellites de télécommunications traditionnels, qui volent en orbite géostationnaire à 36 000 km.</p><p class="article__paragraph">D’ailleurs depuis une vingtaine d’années, la Russie s’intéresse aussi à Biak. A partir de 2006, l’Indonésie et l’agence russe Roscosmos ont commencé à discuter de la possibilité de lancer un satellite depuis l’île ; et en 2019, le Lapan a officiellement confirmé le projet de construction d’un site de lancement, les premiers vols étant attendus en 2024.</p><p class="article__paragraph">S’ils craignent de voir s’installer Elon Musk et ses fusées, les Papous redoutent aussi et surtout les autorités indonésiennes. <em>« Si nous protestons, nous serons immédiatement arrêtés »</em>, confirme Manfun Sroyer, qui rappelle qu’en 2002, les opposants à un site de lancement russe ont été arrêtés pour être interrogés.</p><h2 class="article__sub-title">Souvenir du massacre de Biak</h2><p class="article__paragraph">Biak revêt une importance stratégique pour l’armée indonésienne, qui y a construit des bases navales, militaires et aériennes. Sur l’île, le souvenir de la tuerie de Biak est encore bien présent. Au début du mois de juillet 1998, elle fut le site de l’un des <a href="https://www.theguardian.com/world/2013/dec/13/west-papuans-tortured-killed-and-dumped-at-sea-tribunal-hears" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">pires massacres</a> de l’histoire de la présence <a href="https://www.survivalinternational.fr/actu/9862" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">indonésienne en Papouasie occidentale</a>, lorsque des dizaines de civils ont été torturés et tués et leurs corps jetés en mer par les forces de sécurité indonésiennes, après que des militants ont hissé l’Etoile du matin, drapeau de la Papouasie occidentale indépendante.</p><p class="article__paragraph">Tineke Rumkabu, une survivante de ce massacre, voudrait qu’Elon Musk comprenne que son projet n’est pas le bienvenu sur l’île. <em>« En tant que Sud-Africain, vous savez ce qu’est l’apartheid, le meurtre de populations noires. Si vous installez votre entreprise ici, vous soutenez directement le génocide indonésien des Papous »</em>, confie-t-elle au <em>Guardian</em>.</p><p class="article__paragraph">Les projets du patron de SpaceX et de Tesla en Indonésie ne se limitent pas à l’espace : avec Joko Widodo, Elon Musk a aussi discuté des opportunités d’investissements pour Tesla : l’Indonésie dispose d’importantes réserves de nickel et de cuivre, métaux indispensables pour <a href="https://www.cnbc.com/2021/02/05/indonesia-received-an-investment-proposal-from-tesla-official-says.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">les batteries de ses véhicules</a>.</p><p class="article__paragraph">Les Papous ne sont pas les seuls à s’inquiéter de l’arrivée d’Elon Musk. Le conseil municipal du village de Saint-Senier-de-Beuvron, 350 habitants, dans la Manche, a dit non le 7 décembre au nom du principe de précaution au projet d’installation de neuf dômes que la société Sipartech, sous-traitant de SpaceX, voudrait implanter dans un champ dans le cadre du projet Starlink.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/03/15/le-projet-spacex-d-elon-musk-n-est-pas-le-bienvenu-pour-les-papous-de-l-ile-de-biak-en-indonesie_6073217_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/03/15/le-projet-spacex-d-elon-musk-n-est-pas-le-bienvenu-pour-les-papous-de-l-ile-de-biak-en-indonesie_6073217_4832693.html</guid>
      <pubDate>Mon, 15 Mar 2021 17:45:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Quand Lego s’en prend à deux vendeurs de jouets allemands]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/10/0/0/4884/3220/664/0/75/0/a1d2cb3_5367258-01-06.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/03/10/0/0/4884/3220/1328/0/45/0/a1d2cb3_5367258-01-06.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/03/10/0/0/4884/3220/664/0/75/0/a1d2cb3_5367258-01-06.jpg 664w" alt="Si la crise sanitaire a entraîné la fermeture temporaire d’usines en Chine et au Mexique, entraînant une hausse des coûts de livraison, le groupe établi à Billund, dans l’ouest du Danemark, dit avoir augmenté sa part de marché mondiale." width="4884" height="3220" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/03/10/0/0/4884/3220/664/0/75/0/a1d2cb3_5367258-01-06.jpg" alt="Si la crise sanitaire a entraîné la fermeture temporaire d’usines en Chine et au Mexique, entraînant une hausse des coûts de livraison, le groupe établi à Billund, dans l’ouest du Danemark, dit avoir augmenté sa part de marché mondiale." /></p>
</noscript>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Si la crise sanitaire a entraîné la fermeture temporaire d’usines en Chine et au Mexique, entraînant une hausse des coûts de livraison, le groupe établi à Billund, dans l’ouest du Danemark, dit avoir augmenté sa part de marché mondiale. JOHANNES EISELE / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Lego ne connaît pas la crise. Le groupe de jouets danois a annoncé, mercredi 10 mars, un bénéfice net en hausse de 19 % en 2020, à 9,9 milliards de couronnes (1,3 milliard d’euros), et un chiffre d’affaires de 43,7 milliards de couronnes, en hausse de 13 % (5,8 milliards d’euros). Si la crise sanitaire a entraîné la fermeture temporaire d’usines en Chine et au Mexique, entraînant une hausse des coûts de livraison, le groupe établi à Billund, dans l’ouest du Danemark, dit avoir augmenté sa part de marché mondiale.</p><p class="article__paragraph">Pourtant, le géant danois du jouet n’est pas serein. Lego, qui se veut ludique et sympathique avec ses petits bonhommes à tête jaune et ses briques colorées, n’hésite pas à recourir à la menace et à l’intimidation. La cible de son courroux : deux vendeurs de jouets allemands évoqués par le quotidien berlinois <em><a href="https://www.tagesspiegel.de/themen/reportage/pr-desaster-fuer-weltkonzern-lego-bringt-die-treuesten-fans-gegen-sich-auf/26934832.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Tagesspiele</a></em>, celui du milieu des affaires <em><a href="https://www.handelsblatt.com/unternehmen/handel-konsumgueter/spielwarenhersteller-lego-haengt-die-konkurrenz-deutlich-ab-und-kaempft-mit-harten-bandagen/26985150.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Handelsblatt</a></em> ou le quotidien régional <em>Neue Westfälisch.</em></p><h2 class="article__sub-title">Conteneur bloqué</h2><p class="article__paragraph">Le premier, Thorsten Klahold, 47 ans, est le patron de Steingemachtes (« fait en pierres »), un magasin de jouets à Paderborn, dans l’est du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Il y vend toutes sortes de briques emboîtables.</p><p class="article__paragraph">M. Klahold est surtout un influenceur,connu depuis 2017 grâce à <a href="https://www.youtube.com/channel/UCERQK9uhCLXg2xHqar1afCw" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">sa chaîne YouTube Johnny’s World</a>, sur laquelle il présente, commente et assemble pour ses plus de 65 000 abonnés toutesles nouveautés du jouet en briques, comme la <a href="https://youtu.be/IsVoey1eRfs" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">forge médiévale de Lego</a>, la <a href="https://youtu.be/ggE6zkAix-o" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">base spatiale de Qman</a> ou un <a href="https://youtu.be/pT4QVetNhVk" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">personnage du jeu vidéo Halo par Mega Construx</a>.</p><p class="article__paragraph">C’est là que le bât blesse : dans son magasin, il vend aussi les marques alternatives à la célèbre firme danoise, comme ses cousines chinoises fabriquées par Qman. Récemment, un conteneur de cette dernière, qui lui était destiné, a été bloqué par les douanes après <em>« qu’un requérant non spécifié eut déclaré aux douanes que les marchandises pouvaient constituer une violation du droit d’auteur »</em>, rapporte <em>Handelsblatt</em>. Sur sa chaîne YouTube, M. Klahold explique qu’il a eu le fin mot de l’histoire lorsqu’il a reçu un courrier des douanes <a href="https://www.youtube.com/watch?v=AHQ1jHvM1Hw" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">confirmant que Lego était derrière la saisie.</a></p><h2 class="article__sub-title">A qui appartient le terme « Lego » ?</h2><p class="article__paragraph">Il n’est pas le seul à avoir maille à partir avec les avocats de Lego. Thomas Panke, 40 ans, possède également un magasin de jouets et <a href="https://www.youtube.com/c/HeldderSteine/videos?view=0&amp;sort=dd&amp;shelf_id=0" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">une chaîne YouTube</a>. Située à Francfort, sa boutique s’appelle Held der Steine (« héros des pierres »). Elle aussi est spécialisée dans l’univers Lego. En janvier 2019, un courrier envoyé par un cabinet d’avocats mandaté par la firme lui demandait de supprimer plusieurs vidéos de sa chaîne YouTube dans lesquelles il désignait des produits concurrents sous le terme de « Lego ».</p><p class="article__paragraph">Pour le géant danois, propriétaire de la marque, il s’agirait d’une violation de ses droits, ce qui divise les juristes, affirme le <em>Tagesspiele.</em> Certains estiment que le terme « Lego »est devenu un terme générique pour désigner des jouets de construction du même type, tout comme le nom de marque « Jeep » a fini par désigner un véhicule tout-terrain, et« Walkman » l’appareil à cassette pour écouter de la musique.</p><p class="article__paragraph">Thomas Panke estime pour sa part que l’origine de l’action des Danois est à trouver ailleurs, dans certaines de ses vidéos diffusées sur sa chaîne, à laquelle 665 000 personnes sont abonnées. Dans l’une d’elles, vue par plus de 3 millions personnes, il décrivait la <a href="https://youtu.be/G1i9-Rm5vUc" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Bugatti Chiron de Lego comme <em>« une déception à 370 euros »</em></a><em>.</em> Pendant longtemps, il n’a vendu que des produits Lego avant d’en devenir l’un des critiques les plus virulents, affirmant que l’entreprise essaie de <em>« prendre un maximum d’argent à ses clients pour des produits dont la qualité ne cesse de se détériorer »</em>. Pas plus répréhensible que les propos des milliers d’influenceurs qui postent chaque jour sur YouTube des commentaires plus ou moins élogieux sur les téléphones, appareils photos, jeux vidéo ou voitures qu’ils testent.</p><h2 class="article__sub-title">Effet Streisand</h2><p class="article__paragraph">Lego ne l’entend pas de cette oreille. Tant pis si ces procédures montrent la face obscure de l’univers du jouet, un <a href="https://www.toyassociation.org/ta/research/data/global/toys/research-and-data/data/global-sales-data.aspx" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">marché mondial estimé à 90 milliards de dollars en 2019</a>, selon la Toy Association, et écornent l’image de Lego qui en est l’un des poids lourds, avec Mattel, Hasbro, Bandai Namco et Spin Master. Tant pis aussi si, comme le remarque le <em>Tagesspiele,</em> plus Lego s’évertue à poursuivre ceux qui portent atteinte à ses droits, plus la société attire l’attention sur ses détracteurs et apparaît sous un jour moins sympathique, provoquant un « <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2013/10/31/le-buzz-que-l-on-ne-voulait-pas_3506528_3246.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">effet Streisand</a> », un retour de boomerang non désiré.</p><p class="article__paragraph">Depuis qu’il a eu affaire aux avocats de Lego, la chaîne de Thomas Panke a gagné des dizaines de milliers d’abonnés, note le quotidien berlinois. Et il n’hésite plus à faire l’éloge des concurrents réputés moins chers pour une qualité identique, comme BlueBrixx, un fabricant allemand sis à Flörsheim, près de Francfort. Thorsten Klahold présente même dans les pages duquotidien régional <em><a href="https://www.nw.de/nachrichten/panorama/22949598_Paderborner-Experte-Das-sind-die-Top-7-Alternativen-zu-Lego-Steinen.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Neue Westfälische</a></em> ses alternatives préférées : Cobi, Qman, Mega Construx, Semba, Wange, Kazi et Bikku.</p><p class="article__paragraph"><em>« Le brevet, qui, jusqu’ici, protégeait la petite brique à huit plots de Lego, bascule dans le domaine public (…). Cette fin du monopole signe l’arrivée massive de concurrents et de copies des sets originaux »,</em> note la chaîne de magasins de jouets JouéClub, qui <a href="https://www.joueclub.fr/contenu/les-concurrents-et-copies-de-lego.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rappelle que Lego fait face à la concurrence depuis le début des années 1990</a>. La firme danoise a essayé de garder son droit de propriété intellectuelle sur la forme de la brique. Mais en 2010, un arrêt de la <a href="https://ec.europa.eu/commission/presscorner/detail/fr/CJE_10_91" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Cour européenne de justice</a> a rendu un jugement défavorable au groupe considérant que le produit inventé par la société ne <em>«remplit qu’une fonction technique (…) et ne peut être enregistré comme marque protégée »</em>.</p><p class="article__paragraph">Malgré la concurrence, la marque fait plus que résister, grâce à ses licences – <em>Star Wars</em>, <em>Harry Potter</em>, etc. – sa diversification – films, jeux vidéo –, et à la fidélité des clients. Mais elle continue de se méfier des petits vendeurs de jouet.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/03/12/quand-lego-s-en-prend-a-deux-vendeurs-de-jouets-allemands_6072914_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 12 Mar 2021 15:37:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Pourquoi le beurre canadien ne ramollit pas ? La polémique du « Buttergate » pointe l’utilisation de l’huile de palme]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2015/08/11/0/0/4890/3000/664/0/75/0/7d8b0a1_CRC06_BRITAIN-FARMING-MILK_0811_11.JPG" srcset="https://img.lemde.fr/2015/08/11/0/0/4890/3000/1328/0/45/0/7d8b0a1_CRC06_BRITAIN-FARMING-MILK_0811_11.JPG 1328w, https://img.lemde.fr/2015/08/11/0/0/4890/3000/664/0/75/0/7d8b0a1_CRC06_BRITAIN-FARMING-MILK_0811_11.JPG 664w" alt="Administrée aux vaches comme complément alimentaire, l’huile de palme est utilisée depuis des décennies pour augmenter leur production de lait et sa teneur en matières grasses." width="4890" height="3000" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2015/08/11/0/0/4890/3000/664/0/75/0/7d8b0a1_CRC06_BRITAIN-FARMING-MILK_0811_11.JPG" alt="Administrée aux vaches comme complément alimentaire, l’huile de palme est utilisée depuis des décennies pour augmenter leur production de lait et sa teneur en matières grasses." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Administrée aux vaches comme complément alimentaire, l’huile de palme est utilisée depuis des décennies pour augmenter leur production de lait et sa teneur en matières grasses. RUSSELL CHEYNE / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Amis bretons et normands, passez votre chemin : cet article risque de heurter votre sensibilité. Depuis plusieurs semaines, les Canadiens ont un problème de beurre. Trop dur, il s’étale mal sur les tartines et met du temps à fondre dans la poêle.</p><p class="article__paragraph">Ce que les médias locaux nomment désormais le <a href="https://winnipeg.citynews.ca/2021/02/25/canadians-say-butter-has-been-getting-harder-and-harder-but-whats-behind-the-change-in-consistency/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">« Buttergate »</a> est parti d’un <a href="https://twitter.com/dinnerwithjulie/status/1357746758919483393" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">tweet</a> posté le 5 février par la cuisinière et autrice de livres de recettes Julie Van Rosendaal. <em>« Il y a quelque chose qui cloche avec notre approvisionnement en beurre (…). Vous avez remarqué qu’il n’est plus mou à température ambiante ? »</em>, interroge-t-elle.</p><p class="article__paragraph">De nombreux internautes ont répondu par l’affirmative : au petit-déjeuner, il faut désormais des biscotos en tungstène ou, à défaut, se rabattre sur la confiture.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.theglobeandmail.com/life/food-and-wine/article-is-your-butter-not-as-soft-as-it-used-to-be-the-pandemic-and-our-urge/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Dans une tribune</a> publiée le 20 février sur le site du quotidien canadien <em>The Globe and Mail</em>, Julie Van Rosendaal suggère qu’une augmentation de la consommation de beurre depuis le début de la pandémie de Covid-19 a entraîné des changements dans l’alimentation du bétail – les éleveurs cherchant à optimiser leur rendement et leur production. D’après elle, le principal suspect de cette épidémie de beurre trop dur n’est autre que l’huile de palme.</p><p class="article__paragraph">Les Canadiens n’ont pas échappé au confinement ainsi qu’à la généralisation du télétravail, et ils ont eux aussi cuisiné plus de plats maison. Résultat : la demande de beurre est en hausse de 12 % sur l’année 2020, selon Dairy Farmers of Canada (les représentants des producteurs laitiers), <a href="https://www.bbc.com/news/world-us-canada-56175784?piano-adblock" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rapporte le site de la BBC</a>. C’est là que l’huile de palme entre en jeu. Administrée aux vaches comme complément alimentaire, elle est utilisée depuis des décennies pour augmenter leur production de lait et sa teneur en matières grasses. Depuis l’été dernier, des centaines de fermiers canadiens ont eu recours à cette technique.</p><p class="article__paragraph">L’Association des transformateurs laitiers du Canada, la voix nationale du secteur, créée en 2003, a assuré au site <em><a href="https://www.realagriculture.com/2021/02/lets-talk-about-butterfat-palm-oil-and-customer-feedback/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Real Agriculture</a></em> qu’il n’y a eu aucun changement dans la production de beurre, ni dans la réglementation nationale sur les ingrédients.</p><p class="article__paragraph">Peu de recherches ont été faites sur l’impact de l’huile de palme sur les produits laitiers. Néanmoins, les experts affirment que le beurre fabriqué à partir de lait issu de vaches nourries avec de l’huile de palme a un point de fusion plus élevé et que, par conséquent, il peut être plus difficile à étaler à température ambiante.</p><p class="article__paragraph"><em>« On estime qu’environ 30 % des producteurs laitiers canadiens adoptent cette pratique pour respecter leurs quotas de production lucratifs »</em>, dit Sylvain Charlebois, directeur scientifique du Laboratoire de recherche en sciences analytiques agroalimentaires à l’université Dalhousie, dans une tribune publiée dans <em><a href="https://www.journaldequebec.com/2021/02/15/buttergate-un-contrat-moral-brise" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Le Journal de Québec</a>.</em> Et d’ajouter :</p><p class="article__cite"><em>« Il n’y a rien d’illégal à donner de l’huile de palme aux vaches laitières, et rien n’empêche les producteurs laitiers de le faire. Mais c’est de l’huile de palme fabriquée à l’autre bout du monde, et nous connaissons tous l’impact de cette huile sur l’environnement. »</em></p><p class="article__paragraph">En effet, selon un <a href="https://books.google.fr/books?id=GG5n2ZmjFFgC&amp;lpg=PP1&amp;hl=fr&amp;pg=PA43#v=onepage&amp;q&amp;f=false" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rapport</a> de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la culture du palmier à huile serait responsable de 17 à 27 % des déforestations en Indonésie, et 80 % en Malaisie. La culture de cette plante, qui ne pousse que dans la zone équatoriale, entre en conflit avec la forêt dense. Par ailleurs, la forte concentration en acides gras saturés de l’huile de palme peut provoquer des maladies cardiovasculaires, mais ces mêmes acides (qui se trouvent dans d’autres aliments comme le fromage ou la viande) augmentent le bon cholestérol.</p><p class="article__paragraph">Pour Sylvain Charlebois, <em>« une telle pratique</em> [de la part des producteurs laitiers] <em>serait éthiquement et moralement répréhensible, et elle pourrait compromettre la réputation de l’industrie »</em>. <em>« Etant donné que les Canadiens subventionnent maintenant la production laitière, ils méritent le meilleur beurre que l’industrie puisse fournir. Surtout, avec un tel constat, le contrat moral entre les consommateurs et l’industrie est brisé »</em>, conclut-il.</p><p class="article__paragraph">Les Producteurs laitiers du Canada ont répondu en soulignant que les produits à base d’huile de palme <em>« contribuent à donner de l’énergie aux vaches »</em> et qu’<em>« aucun effet indésirable n’a été identifié à la suite de leur utilisation dans les rations alimentaires »</em> des bovins. Le groupe de lobbyistes ajoute toutefois qu’il compte réunir un comité d’experts (composé de divers acteurs du secteur, y compris des consommateurs) pour répondre à ces préoccupations.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/03/05/pourquoi-le-beurre-canadien-ne-ramollit-pas-la-polemique-du-buttergate-pointe-l-utilisation-de-l-huile-de-palme_6072099_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 05 Mar 2021 15:49:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Quand la marine suédoise prenait des bancs de harengs pour des sous-marins russes]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2014/10/19/0/0/5752/3835/664/0/75/0/90ff34f_d20c20687e694bc3ac287d230c808c09-d20c20687e694bc3ac287d230c808c09-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2014/10/19/0/0/5752/3835/1328/0/45/0/90ff34f_d20c20687e694bc3ac287d230c808c09-d20c20687e694bc3ac287d230c808c09-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2014/10/19/0/0/5752/3835/664/0/75/0/90ff34f_d20c20687e694bc3ac287d230c808c09-d20c20687e694bc3ac287d230c808c09-0.jpg 664w" alt="Un navire de la marine royale suédoise à la recherche d’un hypothétique sous-marin russe, en octobre 2014, aux alentours de Stockholm." width="5752" height="3835" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2014/10/19/0/0/5752/3835/664/0/75/0/90ff34f_d20c20687e694bc3ac287d230c808c09-d20c20687e694bc3ac287d230c808c09-0.jpg" alt="Un navire de la marine royale suédoise à la recherche d’un hypothétique sous-marin russe, en octobre 2014, aux alentours de Stockholm." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un navire de la marine royale suédoise à la recherche d’un hypothétique sous-marin russe, en octobre 2014, aux alentours de Stockholm.
Marko Saavala/AP
</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Leur présence avait été détectée au large de Törefjärden, de Sundsvall, de Karlskrona, à Hävringebukten, au large d’Oxelösund, autour de Kanholmsfjärden dans l’archipel de Stockholm… Régulièrement, depuis le début des années 1960, des sous-marins soviétiques, puis russes, ont hanté les eaux suédoises.</p><p class="article__paragraph">Car la neutralité de la Suède – qui, en refusant toute alliance, espère rester à l’écart d’éventuels conflits – n’empêche pas les intrusions. Ainsi, le 27 octobre 1981, le S-363, un sous-marin de la classe Whiskey, appartenant à la flotte de la Baltique de la Marine soviétique et désigné sous le nom de code U137, s’échoua à environ 10 kilomètres de Karlskrona, l’une des principales bases navales suédoises. Moscou avança alors qu’il s’agissait d’une malencontreuse erreur de navigation, que le sous-marin s’était égaré à la suite d’une défaillance de son compas gyroscopique. L’engin resta échoué pendant une dizaine de jours avant d’être dégagé par des remorqueurs suédois et escorté dans les eaux internationales pour être remis aux Soviétiques.</p><p class="article__paragraph">Cette mésaventure n’empêcha pas la marine de l’URSS de venir à nouveau <a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1984/03/03/les-sous-marins-non-identifies-sont-de-retour_3015193_1819218.html">rôder dans les eaux suédoises</a>, poussant Stockholm à déployer un réseau de bouées acoustiques destinées à écouter tous signaux suspects venant des profondeurs.</p><h2 class="article__sub-title">Le mystère des bulles</h2><p class="article__paragraph">En 1996, constatant que l’activité sous-marine n’avait pas cessé avec la fin de la guerre froide, la Svenska marinen – la Marine royale suédoise – convia Magnus Wahlberg, professeur au département de biologie à l’université du Danemark du Sud, à écouter les sons enregistrés afin de les identifier, dans une salle secrète de sa base de Bergen, à Stockholm.</p><p class="article__paragraph">Le 19 février, il est revenu sur<a href="https://www.wnycstudios.org/podcasts/radiolab/articles/red-herring" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">l’affaire au micro de WNYC</a>, une radio de New York. Magnus Wahlberg a expliqué qu’il s’attendait à entendre des sons comme dans les films, le « ping » d’un sous-marin qui aurait été détecté ou celui de ses hélices : <em>« Mais pas du tout ! On aurait dit quelqu’un qui fait frire du bacon, des petites bulles d’air libérées dans l’eau. »</em></p><p class="article__paragraph">Avec Hakan Westenberg, un collègue suédois, ils penchent alors pour un son d’origine animale. Leurs recherches les mènent aux harengs : lorsqu’ils se déplacent, ces poissons forment de gigantesques bancs qui peuvent atteindre plusieurs kilomètres carrés et jusqu’à 20 mètres d’épaisseur. Surtout, ils disposent d’une vessie natatoire reliée à leur canal anal. Ils peuvent remplir d’air cette poche pour se déplacer en profondeur, afin de compenser la pression de l’eau. Et ce sont les bruits produits quand ils évacuent le surplus de gaz pour remonter à la surface qui peuvent être détectés par les appareils d’enregistrement. La marine suédoise connaissait les signatures sonores des baleines, phoques et autres morses, mais n’avait pas envisagé que de si petits poissons puissent faire un tel raffut.</p><p class="article__paragraph">En 2002, Magnus Wahlberg et Hakan Westenberg publient les résultats de leurs recherches sur les <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0990744003000172?via%3Dihub" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">sons émis par les harengs</a>. En 2004, leur travail est couronné d’<a href="https://www.improbable.com/ig-about/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">un prix Ig Nobel</a> de biologie – prix parodique du Nobel décerné chaque année à dix recherches scientifiques qui paraissent loufoques ou anodines –, avec les Canadiens Ben Wilson et Lawrence Dill et l’Ecossais Robert Batty, <a href="https://www.researchgate.net/publication/8604190_Pacific_and_Atlantic_herring_produce_burst_pulse_sounds" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">qui ont mené une étude semblable</a>.</p><h2 class="article__sub-title">Bouée météo</h2><p class="article__paragraph">Malgré cette découverte, la Suède annonce régulièrement qu’elle détecte des intrus dans ses eaux territoriales. La dernière fois, c’était le 17 octobre 2014. Le ministère de la défense annonçait le lancement d’une opération dans l’archipel de Stockholm afin d’identifier des <em>« activités sous-marines étrangères »</em>. La marine suédoise expliquait alors avoir obtenu des informations de trois témoins oculaires crédibles différents. Une photo, <a href="https://www.forsvarsmakten.se/sv/aktuellt/2014/10/bilder-fran-operationsomradet/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">publiée par la presse</a>, montrait une forme fine et verticale émergeant d’un bouillonnement d’eau. Des transmissions cryptées envoyées sur une fréquence radio d’urgence utilisée par les unités russes avaient été enregistrées et les sources des transmissions avaient été identifiées comme étant un sous-marin et un site militaire dans la région de Kaliningrad, enclave russe sur les bords de la Baltique.</p><p class="article__paragraph">En 2019, le journal <em><a href="https://www.svd.se/bekraftade-ubaten-var-signal-till-smhis-havsboj" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Svenska Dagbladet</a></em> conclut pourtant que les signaux radio interceptés ne provenaient pas plus d’un sous-marin que dans les années 1990. Cette fois, ils étaient, semblent-ils, émis par une bouée météorologique suédoise défectueuse.</p>]]></description>
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      <pubDate>Sat, 27 Feb 2021 16:30:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La NASA révèle les ravages de l’orpaillage au Pérou]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/02/15/0/0/720/600/664/0/75/0/53c3a83_847696117-iss064e016203zm.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/02/15/0/0/720/600/1328/0/45/0/53c3a83_847696117-iss064e016203zm.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/02/15/0/0/720/600/664/0/75/0/53c3a83_847696117-iss064e016203zm.jpg 664w" alt="Le cliché, réalisé à l’aide d’un téléobjectif de 400 mm depuis la Station spatiale internationale, laisse apparaître les « rivières d’or »." width="720" height="600" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/02/15/0/0/720/600/664/0/75/0/53c3a83_847696117-iss064e016203zm.jpg" alt="Le cliché, réalisé à l’aide d’un téléobjectif de 400 mm depuis la Station spatiale internationale, laisse apparaître les « rivières d’or »." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le cliché, réalisé à l’aide d’un téléobjectif de 400 mm depuis la Station spatiale internationale, laisse apparaître les « rivières d’or ».</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Du XV<sup>e</sup> au XVII<sup>e</sup> siècle, les conquistadors ont cherché les cités d’or légendaires. A présent, du Pérou au Brésil, en passant par la Colombie, le Surinam ou encore la Guyane française, les « garimpeiros », les orpailleurs clandestins, rêvent eux aussi de trouver l’Eldorado. Ils explorent les cours d’eau à la recherche de la moindre pépite, déboisant des hectares de forêts primaires, décimant les écosystèmes en y déversant des litres de mercure qui empoisonnent les sols et les rivières.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://earthobservatory.nasa.gov/images/147891/gold-rush-in-the-peruvian-amazon" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Une photo, diffusée le 7 février par l’agence spatiale américaine (NASA)</a>, prise par un astronaute de la Station spatiale internationale le 24 décembre à 420 kilomètres d’altitude au-dessus de la région de Madre de Dios et du rio Inambari, dans le sud-est du Pérou, met en évidence les ravages de l’orpaillage illégal, en révélant ces « rivières d’or » qui défigurent l’Amazonie.</p><p class="article__paragraph">Ce cliché, réalisé à l’aide d’un téléobjectif de 400 mm, laisse apparaître un paysage de cratères remplis d’une eau dorée, qui sont autant de bassins creusés par des « garimpeiros », ces mineurs qui défient les autorités en prospectant les rivières afin de récolter quelques grammes d’or.</p><p class="article__paragraph">Leurs chantiers de prospections, d’ordinaire cachés des regards des satellites par la couverture nuageuse ou apparaissant ocre ou gris, ont été exceptionnellement révélés grâce aux reflets des rayons du soleil. Chacun de ces bassins est entouré de zones où la forêt a été défrichée à coup de bulldozer. Ces étendues déboisées suivent le cours d’anciennes rivières où des sédiments, dont de l’or, ont été déposés.</p><p class="article__paragraph">Le Pérou en est le sixième producteur mondial, avec environ 140 tonnes par an, dont une partie vient de ces mines illégales. L’essentiel provient de la région de Madre de Dios, située dans le sud-est du pays, à la frontière avec la Bolivie et le Brésil. Au cours des trente-cinq dernières années, le nombre de chantiers illégaux créés par ces mineurs à la recherche de petits dépôts d’or alluvial dans l’Amazonie péruvienne a augmenté de 670 %, rapporte un <a href="https://advances.sciencemag.org/content/6/48/eabd4953" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">groupe de chercheurs péruviens et américains</a>.</p><h2 class="article__sub-title">Déforestation et pollution au mercure</h2><p class="article__paragraph">L’image satellite montre aussi la petite ville de Nueva Arequipa, située sur le trajet de la route interocéanique du Sud, laquelle traverse l’Amérique du Sud du Brésil au Pérou, reliant l’Atlantique au Pacifique. Inaugurée en 2011, cette autoroute était initialement destinée à faire décoller le commerce et le tourisme entre les deux pays. Dans la pratique, elle ne contribue qu’à l’accélération de la déforestation, en permettant aux orpailleurs de se déplacer d’un chantier à l’autre, autant de zones de non-droit qui alimentent toutes sortes de trafics.</p><figure class="article__media">
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/02/15/0/0/4210/2787/664/0/75/0/c3c1b7a_691813063-000-1dn0gf.jpg" alt="Vue aérienne d’une zone déboisée de la région Madre de Dios, pendant l’opération Mercure, en février 2019, destinée à lutter contre l’orpaillage clandestin." /></p>

<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Vue aérienne d’une zone déboisée de la région Madre de Dios, pendant l’opération Mercure, en février 2019, destinée à lutter contre l’orpaillage clandestin.
CRIS BOURONCLE / AFP
</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Des dizaines de milliers de personnes tentent de gagner leur vie grâce à cette activité illégale qui, en plus d’être responsable de la déforestation, pollue la région, en raison de l’utilisation du mercure. Les « garimpeiros » utilisent ce métal, liquide à température ambiante, afin d’amalgamer les paillettes d’or qu’ils arrachent aux sables des rivières.</p><p class="article__paragraph">Le mélange obtenu est alors chauffé à plus de 400 °C afin de récupérer le métal précieux. Le <a href="https://www.wwf.fr/espaces-prioritaires/guyane/orpaillage-illegal" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Fonds mondial pour la nature</a> (WWF) rapporte que les orpailleurs opérant en Guyane utilisent en moyenne 1,3 kg de mercure pour récupérer 1 kg d’or. <a href="https://advances.sciencemag.org/content/6/48/eabd4953" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Jusqu’en 2017</a>, près de 180 tonnes de mercure étaient ainsi utilisées chaque année dans l’exploitation illégale de l’or. Ce mercure, une fois évaporé, va <a href="https://www.societechimiquedefrance.fr/Mercure.html#:~:text=Le%20mercure%20est%20un%20m%C3%A9tal,vaporisation%20%C3%A0%20356%20%C2%B0C.&amp;text=Le%20mercure%20est%20le%20seul,sous%20forme%20Hg%C2%B0%2C%20monoatomique." target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">polluer l’environnement</a> :</p><p class="article__cite"><em>« Lorsqu’il intègre les milieux aquatiques, des bactéries transforment</em> [le mercure] <em>en méthylmercure, composé facilement assimilable par les êtres vivants et neurotoxique puissant. La contamination mercurielle, à la fois d’origine naturelle et liée aux pratiques aurifères illégales, peut ainsi se concentrer le long des chaînes alimentaires aquatiques, atteignant des concentrations particulièrement importantes dans la chair des poissons carnivores. Il en découle une contamination des populations locales dont c’est la nourriture quotidienne. »</em></p><h2 class="article__sub-title">La réaction des autorités</h2><p class="article__paragraph">En 2017, le Pérou a signé la <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/08/16/la-convention-internationale-sur-le-mercure-entre-en-vigueur_5172902_3244.html#xtor=AL-32280270">Convention de Minamata</a> sur le mercure. Lancé par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et signé par 128 Etats, ce texte cherche à <em>« protéger la santé humaine et l’environnement contre les émissions et rejets anthropiques de mercure et de composés du mercure »</em>, comme l’explique son préambule.</p><p class="article__paragraph">Pour se mettre en conformité avec cet engagement, le Pérou a lancé au début de l’année 2019 « l’opération Mercure » en partenariat avec Usaid, l’agence des Etats-Unis pour le développement international. Elle vise la prospection illégale et s’est d’abord focalisée sur la région de La Pampa, épicentre de cette activité qui jouxte la réserve nationale Tambopata, dont l’écosystème est menacé.</p><p class="article__paragraph">En 2020, les autorités ont étendu leurs opérations en direction d’autres zones d’orpaillage illégal de la région et ont annoncé que l’activité avait <a href="https://maaproject.org/2020/gold-mining-peru/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">diminué de 78 %</a>, mais continuait à menacer des zones fragiles, comme le montre justement la NASA.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/02/16/la-nasa-revele-les-ravages-de-l-orpaillage-au-perou_6070143_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 16 Feb 2021 13:26:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Marjorie Taylor Greene, l’élue républicaine ultraconservatrice pro-QAnon qui hérisse jusqu’à son propre parti]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/29/0/20/3459/2306/664/0/75/0/0087bbe_fw1-usa-congress-greene-0129-1a.JPG" srcset="https://img.lemde.fr/2021/01/29/0/20/3459/2306/1328/0/45/0/0087bbe_fw1-usa-congress-greene-0129-1a.JPG 1328w, https://img.lemde.fr/2021/01/29/0/20/3459/2306/664/0/75/0/0087bbe_fw1-usa-congress-greene-0129-1a.JPG 664w" alt="Marjorie Taylor Greene porte un masque sur lequel est écrit « Trump Won » (« Trump a gagné »), le 3 janvier 2021, lors de la session de rentrée de la Chambre des représentants." width="3459" height="2306" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/29/0/20/3459/2306/664/0/75/0/0087bbe_fw1-usa-congress-greene-0129-1a.JPG" alt="Marjorie Taylor Greene porte un masque sur lequel est écrit « Trump Won » (« Trump a gagné »), le 3 janvier 2021, lors de la session de rentrée de la Chambre des représentants." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Marjorie Taylor Greene porte un masque sur lequel est écrit « Trump Won » (« Trump a gagné »), le 3 janvier 2021, lors de la session de rentrée de la Chambre des représentants. ERIN SCOTT / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">C’était au mois d’août 2020, elle venait de remporter la primaire du Parti républicain en Géorgie et <a href="https://twitter.com/realdonaldtrump/status/1293525010523578375" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Donald Trump a tweeté</a> qu’il voyait en elle l’une des <em><a href="https://www.scmp.com/news/world/united-states-canada/article/3097172/marjorie-taylor-greene-future-republican-star" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">« futures étoiles »</a></em> de la formation. Quelques semaines plus tard, le 3 novembre, Marjorie Taylor Greene est entrée à la Chambre des représentants, élue par 14<sup>e</sup> district de Géorgie, dans le nord-ouest rural de l’Etat. Elle fait désormais partie des partisans les plus ardents de l’ancien président, de ceux qui ne regrettent rien, droits dans leurs bottes, alors même que Donald Trump s’est retiré à Mar-a-Lago, en Floride, et laisse planer le doute sur son avenir.</p><p class="article__paragraph">Tandis que le Parti républicain essaie de tourner la page du magnat de l’immobilier, en quelques semaines, cette femme de 46 ans monopolise le devant de la scène, malgré une série d’avertissements venus de son propre camp, <a href="https://www.axios.com/marjorie-taylor-greene-qanon-2621093b-13f1-491d-8256-366436171793.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">rapporte le média <em>Axios</em></a>.</p><p class="article__paragraph">Sa présence au Congrès ne passe pas inaperçue. Lors de la première session parlementaire, le 3 janvier, elle arborait ainsi un masque sur lequel était écrit <em>« Trump Won »</em> (« Trump a gagné »). Ne cachant pas ses affinités avec la mouvance complotiste QAnon, elle avait par ailleurs tweeté à la mi-janvier que les <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/18/twitter-suspend-provisoirement-le-compte-d-une-elue-de-l-ultra-droite-americaine_6066608_3210.html">élections sénatoriales de Géorgie étaient entachées de fraude</a>, ce qui lui avait valu quelques heures de suspension de son compte.</p><p class="article__paragraph">Vendredi 29 janvier, une de ses collègues démocrates à la Chambre, la députée du Missouri Cori Bush, a annoncé sur la chaîne <a href="https://www.msnbc.com/the-reidout/watch/-i-m-here-to-do-a-job-cori-bush-recounts-how-marjorie-taylor-greene-berated-her-100256325759?cid=sm_npd_ms_tw_ma" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">MSNBC</a> qu’elle avait été obligée d’éloigner son bureau de celui de Marjorie Greene pour des raisons de <em>« sécurité ».</em> Lors d’une rencontre dans les couloirs du Capitole, M<sup>me</sup> Bush a demandé à M<sup>me</sup> Greene et son équipe de respecter les consignes de port du masque, ce à quoi elle s’est entendue répondre qu’elle ne devait pas… encourager à la violence en soutenant le mouvement Black Lives Matter.</p><p class="article__paragraph">Cori Bush a précisé qu’elle déménageait son bureau, non par <em>« peur »</em> de M<sup>me</sup> Greene mais parce qu’elle veut pouvoir travailler sans passer son temps à vérifier <em>« si une suprémaciste blanche du Congrès, du nom de Marjorie Taylor Greene… ne conspire pas contre nous ».</em></p><h2 class="article__sub-title">Une succession de dérapages</h2><p class="article__paragraph">Avant son arrivée au Capitole, Marjorie Taylor Greene avait commencé à faire des vagues. Sur ses réseaux sociaux, ses prises de positions sont un véritable catalogue des thèses complotistes. En juin 2020, <em><a href="https://www.politico.com/news/2020/06/17/house-republicans-condemn-gop-candidate-racist-videos-325579" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Politico</a></em> rapportait qu’elle avait publié des heures de vidéos sur Facebook dans lesquelles elle multipliait les commentaires racistes, islamophobes et antisémites, affirmant notamment que les Noirs <em>« sont tenus en esclavage par le Parti démocrate »</em>, et que George Soros, un <em>« méga donateur juif démocrate, est un nazi »</em>.</p><p class="article__paragraph">A propos du <a href="https://www.mediamatters.org/congress/qanon-candidate-marjorie-taylor-greene-911-conspiracy-theorist-who-claimed-theres-no" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">11-Septembre</a>, elle estimait qu’il n’y a aucune preuve qu’un avion s’était écrasé sur le Pentagone. En janvier 2019, elle « likait » un commentaire sur Facebook qui suggérait <a href="https://edition.cnn.com/2021/01/26/politics/marjorie-taylor-greene-democrats-violence/index.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">d’assassiner, la speaker de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi</a>, avant quelques mois plus tard, de poster une photo <a href="https://twitter.com/laureniscooking/status/1301897349237669889/photo/1" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">d’elle armée d’un fusil d’assaut</a> la présentant comme <em>« le pire cauchemar »</em> d’Alexandria Ocasio-Cortez, Rashida Tlaid, Ilhan Omar, trois élues démocrates honnies par le Parti républicain.</p><p class="article__paragraph">De leur côté, les survivants de la fusillade de 2018 au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride (<a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/02/14/une-fusillade-en-cours-dans-un-lycee-en-floride_5257071_3222.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">17 morts</a>), viennent de demander au Parti républicain de la condamner publiquement pour avoir suggéré que cette tuerie était un coup monté pour porter atteinte au 2<sup>e</sup> amendement. Une vidéo récemment mise en ligne la montre, aux abords du Capitole, en train de provoquer <a href="https://twitter.com/davidhogg111/status/1354545905425330178" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">David Hogg</a>, un des survivants qui est devenu l’une des <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/24/la-generation-mass-shooting-cette-jeunesse-americaine-contre-les-ventes-d-armes_5275838_3232.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">figures de proue du mouvement luttant contre le lobby des armes à feu.</a> Pour enfoncer le clou, March for Our Lives, groupe formé après la tuerie et qui œuvre à la prévention de la violence armée, a publié sur <a href="https://twitter.com/AMarch4OurLives/status/1355282566748762114" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Twitter</a> une déclaration d’un mot à l’intention de M<sup>me</sup> Greene, <em>« Démissionnez »</em> et a lancé une <a href="https://twitter.com/AMarch4OurLives/status/1354833689264402436" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">pétition dans ce sens</a>.</p><p class="article__paragraph">De son côté, la <a href="https://www.rjchq.org/rjc_statement_on_rep_marjorie_taylor_greene" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Republican Jewish Coalition</a> a publié un communiqué condamnant le comportement de l’élue et rappelant qu’elle s’opposait à sa candidature en 2020, <em>« en raison de ses discours »</em> et de <em>« sa promotion des théories complotistes »</em>. En effet, dans un message exhumé par le site <em><a href="https://www.mediamatters.org/facebook/marjorie-taylor-greene-penned-conspiracy-theory-laser-beam-space-started-deadly-2018" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">Media Matters</a></em>, elle insinuait <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/11/12/la-californie-desarmee-face-aux-incendies-geants_5382352_3244.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">que le Camp Fire</a>, un incendie dévastateur qui a ravagé la Californie à l’automne 2018, aurait pu être déclenché par des rayons solaires dirigés depuis l’espace par des travaux de l’entreprise Solaren, qui a noué un partenariat avec le fournisseur d’énergie Pacific Gas and Electric (PG &amp; E), dont l’un des membres du conseil d’administration est également vice-président de la banque d’affaires Rothschild. Qu’importe si l’enquête a conclu qu’il avait été déclenché par des câbles électriques appartenant à <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/12/19/apres-les-incendies-en-californie-la-compagnie-d-electricite-menacee-de-nationalisation_6023393_3234.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">PG &amp; E</a>.</p><h2 class="article__sub-title">Une épine dans le pied du Parti républicain</h2><p class="article__paragraph">Ces révélations ont poussé Jimmy Gomez, un élu démocrate de Californie, à présenter une résolution demandant son <a href="https://gomez.house.gov/news/documentsingle.aspx?DocumentID=2222" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">expulsion du Congrès</a> ; une <a href="https://edition.cnn.com/2021/01/29/politics/congress-marjorie-taylor-greene-expulsion-list/index.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">cinquantaine de ses collèges</a> se sont dits prêts à la soutenir mais la démarche a peu de chances de réussir. Si la Constitution permet deux chambres du Congrès de sanctionner leurs membres (<a href="https://history.house.gov/Institution/Origins-Development/Discipline/" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">article I, clause 5, section II</a>), l’expulsion de l’un d’eux nécessite une majorité des deux tiers pour être adoptée. Cette procédure a été utilisée <a href="https://edition.cnn.com/2021/01/28/politics/congress-expulsion-what-to-know/index.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">vingt fois dans l’histoire, rappelle CNN</a>, la dernière fois en <a href="https://edition.cnn.com/2002/ALLPOLITICS/07/24/traficant.expulsion/index.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">2002</a>.</p><p class="article__paragraph">Deux autres élues démocrates, Nikema Williams et Sara Jacobs, prévoient d’introduire une résolution visant à censurer M<sup>me</sup> Greene. Cette procédure est plus facile à mettre en œuvre et ne nécessite qu’une majorité simple pour être adoptée. Mais la sanction pourrait avoir l’effet inverse de ce qui est recherché. La républicaine pourrait bien porter cette marque d’infamie comme un badge d’honneur, prouvant qu’elle est la victime de l’establishment qu’elle critique justement.</p><p class="article__paragraph">Nancy Pelosi a appelé Kevin McCarthy, le chef des républicains à la Chambre à prendre ses responsabilités, comme il l’avait fait en janvier 2019, lorsqu’il avait <a href="https://www.nytimes.com/2019/01/14/us/politics/steve-king-white-supremacy.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">sanctionné Steve King</a>, représentant de l’Iowa qui avait défendu ouvertement le suprémacisme blanc.</p><p class="article__paragraph">Il en faut plus pour faire reculer l’élue. M<sup>me</sup> Greene a répondu aux critiques par le défi : <em>« Je ne reculerai jamais. Je n’abandonnerai jamais »</em>, a-t-elle écrit, vendredi 29 janvier, sur Twitter. Ajoutant un avertissement inquiétant aux membres de son parti : <em>« Si les républicains se dégonflent, laissent les démocrates et les médias m’éliminer, ils risquent d’ouvrir la porte à l’élimination de tous les républicains. »</em></p><p class="article__paragraph">Dans un éditorial, le <em><a href="https://www.nytimes.com/2021/01/31/opinion/marjorie-taylor-greene-gop.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">New York Times</a></em> apostrophait le Parti républicain, suggérant que Marjorie Taylor Greene a largement dépassé les bornes et qu’il est temps de réagir. Mitch McConnell, le chef des républicains au Sénat, qui s’y est essayé, vient d’en faire les frais. Lundi 1<sup>er</sup> février, il l’a, sans la nommer, qualifiée de <em>« cancer »</em> pour la formation. <em>« La personne qui a suggéré qu’il n’y avait peut-être pas d’avion qui s’était écrasé sur le Pentagone le 11-Septembre, que les épouvantables fusillades dans les écoles avaient été mises en scène, que les Clinton sont responsables du crash de l’avion de JFK Jr. ne vit pas dans le monde réel »</em>,a fait valoir le sénateur du Kentucky dans un communiqué adressé au média <em><a href="https://thehill.com/homenews/house/536850-mcconnell-says-taylor-greene-a-cancer-to-gop-country" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">The Hill</a></em>.</p><p class="article__paragraph">Pique à laquelle l’intéressée a répliqué vertement : <em>« Le vrai cancer du Parti républicain, ce sont les républicains faibles qui ne savent que perdre avec grâce. C’est pourquoi nous sommes en train de perdre notre pays. »</em></p><p class="article__paragraph">Le chef des républicains à la Chambre, Kevin McCarthy, devrait essayer à son tour de la raisonner. Et risquer de diviser un peu plus le Parti.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 02 Feb 2021 16:58:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les wombats font des excréments en forme de cube et on sait enfin pourquoi]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/02/01/0/0/4752/3168/664/0/75/0/4420f3d_417391111-ap-20017654841029.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/02/01/0/0/4752/3168/1328/0/45/0/4420f3d_417391111-ap-20017654841029.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/02/01/0/0/4752/3168/664/0/75/0/4420f3d_417391111-ap-20017654841029.jpg 664w" alt="Les wombats, qui ont une mauvaise vue mais un bon odorat, communiqueraient entre eux avec leurs excréments." width="4752" height="3168" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/02/01/0/0/4752/3168/664/0/75/0/4420f3d_417391111-ap-20017654841029.jpg" alt="Les wombats, qui ont une mauvaise vue mais un bon odorat, communiqueraient entre eux avec leurs excréments." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les wombats, qui ont une mauvaise vue mais un bon odorat, communiqueraient entre eux avec leurs excréments. Susan Montoya Bryan / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Le wombat est un petit marsupial dodu d’une trentaine de kilos, mi-marmotte, mi-blaireau, qui vit dans les forêts montagneuses d’Australie. D’apparence pataude, il peut, quand il se sent menacé, faire des « sprints » à 40 km/h pendant quatre-vingt-dix secondes. Autre particularité : son arrière-train est doté d’un « bouclier » (une plaque cartilagineuse très dure) qui lui permet de protéger l’entrée de son terrier.</p><p class="article__paragraph">C’est tout ? Eh non ! Le wombat se distingue aussi par la forme cubique de ses excréments. Aucun autre animal n’a cette spécificité. Les éthologues s’interrogent depuis de nombreuses années sur cet étrange phénomène biologique. Le mystère vient d’être levé.</p><p class="article__paragraph">Les crottes de wombats prennent leur forme cubique dès l’intestin – et non juste avant leur point de sortie, comme on le pensait auparavant –, selon une étude publiée le 28 janvier dans la revue scientifique <a href="https://pubs.rsc.org/en/content/articlelanding/2021/sm/d0sm01230k?_ga=2.74870482.1540968914.1612175920-1885040251.1612175920#!divAbstract" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>Soft Matter</em></a> et relayée par le quotidien britannique <a href="https://www.theguardian.com/world/2021/jan/29/box-seat-scientists-solve-the-mystery-of-why-wombats-have-cube-shaped-poo" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre"><em>The Guardian</em></a>. Des résultats préliminaires <a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/11/18/le-wombat-et-ses-etranges-crottes-cubiques_5385284_1650684.html" target="_blank" rel="noopener" title="Nouvelle fenêtre">avaient été présentés en 2018</a>, mais les conclusions de l’étude étaient alors incomplètes.</p><p class="article__paragraph">Jusqu’à présent, plusieurs hypothèses, parfois farfelues, avaient été avancées pour tenter d’expliquer cette bizarrerie : un sphincter anal de forme carrée ; une compression des matières fécales entre les os pelviens ; l’existence de muscles supplémentaires dans l’intestin ; ou encore l’idée surprenante selon laquelle les wombats modelaient eux-mêmes leurs fèces pour leur donner une forme cubique.</p><p class="article__paragraph">Le projet débute il y a quatre ans, lorsque Scott Carver, spécialiste australien de la faune sauvage et coauteur de l’étude, dissèque un cadavre de wombat euthanasié après avoir été percuté par une voiture. Il remarque alors la présence des fameuses crottes cubiques dans le dernier mètre des boyaux de l’animal. En haut de l’intestin, en revanche, les excréments sont encore liquides. Reste à comprendre comment un tube mou peut produire des cubes.</p><p class="article__paragraph">L’équipe de chercheurs décide alors d’étudier de plus près les parois intestinales du marsupial, en particulier leur capacité à se contracter. Les scientifiques découvrent alors d’importantes variations d’épaisseur des muscles de l’intestin. Ce dernier n’est pas uniformément élastique : il possède deux zones souples et deux zones plus rigides.</p><p class="article__paragraph">C’est donc la « contraction rythmique » de ces différents muscles, couplée au dessèchement des matières fécales dans la dernière partie du côlon, qui permettent au wombat de fabriquer des crottes en forme de cubes, conclut l’équipe de chercheurs.</p><p class="article__paragraph">On connaît donc maintenant le comment. Reste à savoir le pourquoi de cette incongruité intestinale. Selon Scott Carver, une explication serait que les wombats, qui ont une mauvaise vue mais un odorat très développé, communiqueraient entre eux avec leurs excréments. Ils déféqueraient à certains endroits plutôt qu’ailleurs pour marquer leur territoire ou pour signaler un danger. La forme cubique de leurs fèces les empêcherait tout simplement de rouler, évitant ainsi au message de se « perdre ».</p><p class="article__paragraph">Cette étude, pour le moins originale, peut prêter à rire. Mais pour Scott Carver, cette façon de fabriquer des cubes à partir d’un tube souple pourrait être appliquée à d’autres domaines, comme le secteur de la santé ou de l’industrie.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 01 Feb 2021 16:17:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Pas de Flash… pas de trains : le réseau ferroviaire d’une métropole chinoise immobilisé pendant plus de vingt heures]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/27/0/0/2890/1927/664/0/75/0/381333e_5101474-01-06.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/01/27/0/0/2890/1927/1328/0/45/0/381333e_5101474-01-06.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/01/27/0/0/2890/1927/664/0/75/0/381333e_5101474-01-06.jpg 664w" alt="L’apparition d’un tel blocage en Chine, dont le gouvernement investit massivement pour parvenir à une souveraineté technologique dans le numérique, souligne l’étendue de la diffusion de certains logiciels propriétaires et les conséquences concrètes des choix stratégiques, pris de manière unilatérale, des développeurs de logiciels." width="2890" height="1927" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/27/0/0/2890/1927/664/0/75/0/381333e_5101474-01-06.jpg" alt="L’apparition d’un tel blocage en Chine, dont le gouvernement investit massivement pour parvenir à une souveraineté technologique dans le numérique, souligne l’étendue de la diffusion de certains logiciels propriétaires et les conséquences concrètes des choix stratégiques, pris de manière unilatérale, des développeurs de logiciels." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">L’apparition d’un tel blocage en Chine, dont le gouvernement investit massivement pour parvenir à une souveraineté technologique dans le numérique, souligne l’étendue de la diffusion de certains logiciels propriétaires et les conséquences concrètes des choix stratégiques, pris de manière unilatérale, des développeurs de logiciels. STR / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Le jour ne s’est pas encore levé à Dalian, dans le nord de la Chine, mercredi 13 janvier, quand des <em>« sourires sont apparus sur tous les visages »</em> des employés du principal dépôt ferroviaire de la ville. Depuis plus de vingt heures, tous les trains de la métropole de 6,7 millions d’habitants sise <a href="https://www.openstreetmap.org/?mlat=39.44&amp;mlon=122.27&amp;zoom=5#map=9/39.8233/122.4042">sur les côtes du golfe de Corée</a> étaient immobilisés à quai. Les techniciens viennent de remettre en marche la toute petite partie de leur réseau informatique, à l’origine du désordre, tombée en panne après un événement malheureux : l’arrêt <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/07/26/l-inevitable-disparition-de-flash-player-ancien-logiciel-phare-du-web_5165176_4408996.html">programmé <strong>le 12 janvier</strong> depuis plusieurs mois</a> du logiciel Adobe Flash Player.</p><p class="article__paragraph">La bataille fut épique, la victoire héroïque : le récit, publié en direct sur les réseaux sociaux chinois Weibo et WeChat, en est mémorable. <em>« Après plus de vingt heures de combat, personne ne s’est plaint, personne n’a abandonné. Nous avons</em> <em>fait de notre espoir le carburant de nos progrès »</em>, s’extasie le dernier des seize messages <a href="https://web.archive.org/web/20210114132505/https://mp.weixin.qq.com/s/4ICWRoIb6tki4JXmkswEyg">publiés par l’autorité de transport de la ville</a>.</p><p class="article__paragraph">Acteur central du Web des années 2000, <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/12/31/avec-la-disparition-d-adobe-flash-une-page-de-l-histoire-du-web-se-tourne_6064869_4408996.html">souvent moqué pour sa lourdeur et critiqué pour ses failles de sécurité</a>, Flash était utilisé par un programme de gestion des trains de Dalian pour afficher, sur les navigateurs Web de certains techniciens, les horaires et déplacements des rames afin de prévoir des manœuvres d’aiguillages. En l’absence d’accès aux prévisions, tout le trafic a été suspendu : <em>« Le système informatique a cessé d’afficher les pages et en trente minutes tout le dépôt a connu le même problème »</em>, note le premier message, publié à 8 h 16 sur les deux plates-formes, le 13 janvier.</p><h2 class="article__sub-title">Dépendance aux logiciels « propriétaires »</h2><p class="article__paragraph">La panique apparente des ingénieurs de Dalian a rapidement déclenché l’ire d’internautes chinois, au point que la publication a été supprimée. Comment une organisation d’une telle taille peut-elle être paralysée par un logiciel obsolète depuis plusieurs années et dont <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/12/31/avec-la-disparition-d-adobe-flash-une-page-de-l-histoire-du-web-se-tourne_6064869_4408996.html">la disparition a été annoncée dès 2017 </a>? L’épisode illustre en tout cas la dépendance de nombreuses administrations aux logiciels dits <em>« propriétaires »</em>, dont le code est privé et protégé par le droit d’auteur.</p><p class="article__paragraph">Les cheminots de Dalian n’ont pas pêché par archaïsme, comme <a href="https://hk.appledaily.com/china/20210116/VXRBXZVXNFCS3GFUATBVRUHBGA/">l’ont rapidement moqué plusieurs</a> commentateurs : c’est en installant de nouveaux ordinateurs, plus récents, qu’a été intégrée dans le réseau une version de Flash comprenant l’interruption programmée – et impossible à contourner – des services le 12 janvier. Le groupe américain Adobe, propriétaire du logiciel, a par ailleurs développé, en prévision de son extinction, <a href="https://www.flash.cn/notice/notice?id=143">un dérivé de son programme spécialement pour la Chine</a> et valable jusqu’en 2023. Seulement, les développeurs originels de l’interface de gestion des trains ont quitté l’entreprise et l’outil n’a pas été maintenu.</p><p class="article__paragraph">Dans des secteurs industriels amenés à fonctionner sans pause pendant de longues durées, les pannes informatiques liées aux difficultés de mises à jour ne sont pas rares : les responsables de l’aéroport de Paris-Orly avaient, par exemple, été forcés de maintenir tous les avions au sol pendant plus d’une demi-heure, en 2015, à cause d’un ordinateur où était installée <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2015/11/11/une-panne-informatique-a-l-aeroport-d-orly-liee-a-windows-3-1_4807479_4408996.html">une version de Windows datant de 1992</a>.</p><h2 class="article__sub-title">D’anciennes versions installées en urgence</h2><p class="article__paragraph">Pour permettre un retour à la normale, les techniciens chinois ont dû installer d’anciennes versions des systèmes d’exploitations et de Flash dans lesquelles l’interruption du logiciel n’avait pas encore été programmée – une pratique amenée à être temporaire puisque interdite par Adobe. C’est ce processus qui a pu <em>« prendre du temps à mettre en place pour des employés qui n’ont pas de larges compétences en informatique »</em>, <a href="https://www.donews.com/article/detail/4660/27263.html">soutient un article de l’agence Do News</a> en prenant la défense de la difficile gestion de crise des autorités de Dalian.</p><p class="article__paragraph">L’apparition d’un tel blocage en Chine, dont le gouvernement investit massivement pour parvenir à une souveraineté technologique dans le numérique, souligne l’étendue de la diffusion de certains logiciels propriétaires et les conséquences concrètes des choix stratégiques, pris de manière unilatérale, des développeurs de logiciels.</p><p class="article__paragraph">En France, une administration a fait le choix de se passer des outils des leaders mondiaux du secteur pour ne pas se soumettre aux mises à jour non désirées : la gendarmerie nationale, qui a développé, dès la fin des années 2000, <a href="https://linuxfr.org/news/la-gendarmerie-nationale-migre-vers-ubuntu">un système d’exploitation libre, GendBuntu</a>, aujourd’hui installé sur plus de 77 000 de ses ordinateurs.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 28 Jan 2021 12:51:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Joe Biden investi président : la nouvelle décoration du bureau Ovale met à l’épreuve la « special relationship » entre Washington et Londres]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/22/0/0/3500/2335/664/0/75/0/950fd5c_pppwas982-usa-biden-0122-11.JPG" srcset="https://img.lemde.fr/2021/01/22/0/0/3500/2335/1328/0/45/0/950fd5c_pppwas982-usa-biden-0122-11.JPG 1328w, https://img.lemde.fr/2021/01/22/0/0/3500/2335/664/0/75/0/950fd5c_pppwas982-usa-biden-0122-11.JPG 664w" alt="Les bustes de Rosa Parks et d’Abraham Lincoln dans le bureau Ovale, à la Maison Blanche, le 21 janvier 2021." width="3500" height="2335" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/22/0/0/3500/2335/664/0/75/0/950fd5c_pppwas982-usa-biden-0122-11.JPG" alt="Les bustes de Rosa Parks et d’Abraham Lincoln dans le bureau Ovale, à la Maison Blanche, le 21 janvier 2021." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les bustes de Rosa Parks et d’Abraham Lincoln dans le bureau Ovale, à la Maison Blanche, le 21 janvier 2021. JONATHAN ERNST / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Mais où est passé le buste de Winston Churchill ? Lorsque Joe Biden a ouvert le bureau Ovale à la presse, mercredi 20 janvier, pour son premier jour à la Maison Blanche, le changement a immédiatement sauté aux yeux… des tabloïds britanniques.</p><p class="article__paragraph">Le bureau Ovale symbolise la puissance et la majesté de la fonction présidentielle américaine. En y entrant, Joe Biden comme tous ses prédécesseurs a récupéré les affaires en cours et imprimé sa marque sur la décoration : celle-ci doit refléter sa personnalité, le type de présidence qu’il entend mener, et l’inspirer, un peu, parce que les journées vont être chargées.</p><p class="article__paragraph">La déco de Joe Biden, c’est l’inventaire à la Prévert de l’histoire des Etats-Unis : face au <em>Resolute desk</em> (le bureau présidentiel), il a accroché le portrait du président Franklin D. Roosevelt, référence à la crise des années 1930. Il est entouré de ceux de George Washington, du secrétaire au trésor Alexander Hamilton, des présidents Thomas Jefferson et Abraham Lincoln. Il a ajouté celui de Benjamin Franklin, pour montrer qu’il croit en la science. A côté, il a posé une pierre de Lune, hommage aux missions spatiales et écho au retour <a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2019/04/02/la-nasa-rappelle-ses-objectifs-des-astronautes-sur-la-lune-en-2024-puis-sur-mars-en-2033_5444883_1650684.html">prévu en 2024 sur le satellite de la Terre</a>.</p><p class="article__paragraph">Et puis, il y a les bustes : Abraham Lincoln, Martin Luther King, Robert F. Kennedy et Rosa Parks, références aux combats pour les droits civiques. Mais quid de celui de Winston Churchill, l’allié indéfectible de Roosevelt pendant la seconde guerre mondiale, celui qui le premier a évoqué la <em>special relationship</em>, ces liens diplomatiques, économiques, militaires et culturels très étroits entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis ?</p><figure class="article__media">
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/21/0/0/6000/4000/664/0/75/0/ab0d7da_764d001c9a814a3cbb3a7c752f4302ea-764d001c9a814a3cbb3a7c752f4302ea-0.jpg" alt="Le portrait de Franklin D. Roosevelt entouré, de gauche à droite,  dans le sens des aiguilles d’une montre de George Washington, Alexander Hamilton, Thomas Jefferson et Abraham Lincoln." /></p>

<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le portrait de Franklin D. Roosevelt entouré, de gauche à droite,  dans le sens des aiguilles d’une montre de George Washington, Alexander Hamilton, Thomas Jefferson et Abraham Lincoln. Alex Brandon / AP</figcaption></figure><h2 class="article__sub-title">« L’Affront fait à Churchill »</h2><p class="article__paragraph">Une certaine presse anglaise comme le <em><a href="https://www.thesun.co.uk/news/13805172/biden-oval-office-redo-beau-trump-churchill-chavez/">Sun</a></em>, qui défend bec et ongles la « britannitude », s’insurge contre cet <em>« affront fait à Churchill » (« Churchill snub »</em>). Le <em><a href="https://www.dailymail.co.uk/news/article-9171789/Joe-Biden-removes-bust-Winston-Churchill-Oval-Office.html">Daily Mail</a></em> s’étrangle et trouve <em>« très inquiétant »</em> que le buste ait été remplacé <em>« par le socialiste de gauche, César Chávez »</em>, leader syndical paysan américain et militant des droits civiques. Nigel Farage, le héraut du « Brexit » et soutien malheureux de Donald Trump, estime que ce retrait est <em>« une gifle pour les Britanniques et toute perspective de bonnes relations »</em>.</p><p class="article__paragraph">Ce n’est pas la première fois que le Royaume-Uni s’interroge sur les tribulations du buste à la Maison Blanche. En pleine campagne pour le Brexit et à l’occasion de la visite de Barack Obama en avril 2016, Boris Johnson, alors maire de Londres, publiait une tribune aux relents raciste dans <em><a href="https://www.thesun.co.uk/archives/politics/1139354/boris-johnson-uk-and-america-can-be-better-friends-than-ever-mr-obama-if-we-leave-the-eu/">The Sun</a></em>. ll écrivait que le président <em>« mi-Kenyan »</em> l’avait peut-être retiré parce qu’il nourrissait <em>« une aversion ancestrale pour l’Empire britannique, dont Churchill avait été un fervent défenseur »</em>.</p><figure class="article__media">
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/21/0/0/1786/1191/664/0/75/0/266944c_97bfeed42d7645dd8f957d76d68004e9-97bfeed42d7645dd8f957d76d68004e9-0.jpg" alt="Le buste de Cesar Chavez derrière le bureau de Joe Biden." /></p>

<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le buste de Cesar Chavez derrière le bureau de Joe Biden. Alex Brandon / AP</figcaption></figure><h2 class="article__sub-title">Pas un, mais deux bustes</h2><p class="article__paragraph">Mais ce qu’ignorait visiblement M. Johnson, c’est qu’il y a deux bustes du « vieux lion » à Washington. Ils ont tous les deux été créés par le sculpteur Jacob Epstein. A la fin de la seconde guerre mondiale, en août 1945, il a été chargé par le War Artists Advisory Committee de créer un buste de l’ancien premier ministre britannique, rappellent le <em><a href="https://www.washingtonpost.com/news/fact-checker/wp/2017/01/23/heres-the-real-story-about-the-churchill-bust-in-the-oval-office/">Washinton Post</a></em> et <a href="https://edition.cnn.com/2021/01/21/politics/winston-churchill-bust-oval-office/index.html">CNN</a>. Mais personne ne sait vraiment combien ont été fondus : dix, douze ou seize.</p><p class="article__paragraph">L’un d’eux a été donné au président Lyndon B. Johnson le 6 octobre 1965. Mais il a dû être restauré et, en juillet 2001, Tony Blair a fait prêter celui de la résidence de l’ambassadeur britannique à Washington à George W. Bush. Ce buste resté dans le bureau Ovale jusqu’au départ du républicain avant d’être rendu aux autorités britanniques.</p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/GorTXg9-Te8" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"> </iframe><p class="article__paragraph">Le buste appartenant à la Maison Blanche n’est pas pour autant tombé aux oubliettes. Sous la présidence de Barack Obama, il était placé à l’extérieur du burau Ovale, dans la salle des Traités, pièce qui fait partie des appartements privés de la famille présidentielle. En avril 2016, lors de son voyage à Londres, <a href="https://www.bbc.com/news/uk-politics-36112694">Barack Obama</a> avait répondu aux sous-entendus de Boris Johnson, sans jamais le nommer. <em>« J’aime ce type »</em>, a-t-il déclaré (<em>à 41,32 minutes dans la vidéo ci-dessus</em>) à propos du buste, ajoutant : <em>« Il n’y a pas beaucoup de tables où l’on peut mettre des bustes. Sinon, elles commencent à avoir l’air un peu encombré. »</em></p><p class="article__paragraph">Après son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump avait ramené le buste dans le bureau Ovale, peu avant ses <a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/01/29/les-questions-que-vous-vous-posez-sur-le-decret-anti-immigration-de-donald-trump_5071007_3222.html">décrets anti-immigration, le « Muslim Ban » et le « Travel Ban »</a>. Le <em><a href="https://www.theguardian.com/artanddesign/jonathanjonesblog/2017/jan/31/jacob-epstein-immigrant-ban-winston-churchill-oval-office-donald-trump">Guardian</a></em> relevait que Jacob Epstein incarnait tout ce que Trump détestait. Né à New York en 1880, il était le fils de réfugiés juifs de Pologne émigrés aux Etats-Unis pour fuir la misère et les persécutions.</p><p class="article__paragraph">Mais même au Royaume-Uni, l’aura dont jouit Winston Churchill n’est plus ce qu’elle était. Une statue de l’ex-premier ministre, près du Parlement, a été <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/13/black-lives-matter-le-monde-du-foot-rend-hommage-a-george-floyd-londres-se-prepare-a-des-manifestations-sous-tension_6042759_3210.html">taguée de l’inscription « raciste »</a>lors d’une manifestation du mouvement Black Lives Matter, en juin 2020, suite à la mort de George Floyd. <a href="https://twitter.com/borisjohnson/status/1271388180193914880">Boris Johnson a condamné cette action</a>, la qualifiant d’<em>« absurde et de honteuse »</em>, ajoutant qu’il était impossible d’essayer de changer les actions et les pensées de ceux qui, il y a des décennies, ont dirigé le pays.</p><p class="article__paragraph">Au moment où les liens <a href="https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/11/27/les-racines-irlandaises-de-joe-biden-font-de-l-ombre-a-londres_6061279_4500055.html">familiaux entre Joe Biden et l’Irlande</a> font craindre au Royaume-Uni un affaiblissement de la <em>special relationship</em>, le 10 Downing Street a décidé de ne pas réagir à cette affaire de buste. Dans un communiqué envoyé à la presse, un porte-parole a répondu que <em>« c’est bien sûr au président de décorer le bureau Ovale comme il le souhaite »</em>. La Maison Blanche n’a pas fait non plus de commentaire.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/01/22/la-nouvelle-decoration-du-bureau-ovale-met-a-l-epreuve-la-special-relationship-entre-washington-et-londres_6067277_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 22 Jan 2021 18:34:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Comment les moufles de Bernie Sanders ont fait sensation lors de l’investiture américaine]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/21/0/0/4296/2932/664/0/75/0/1d28eee_5068676-01-06.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/01/21/0/0/4296/2932/1328/0/45/0/1d28eee_5068676-01-06.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/01/21/0/0/4296/2932/664/0/75/0/1d28eee_5068676-01-06.jpg 664w" alt="Bernie Sanders et ses moufles, pendant la cérémonie d’investiture de Joe Biden, mercredi 20 janvier, à Washington." width="4296" height="2932" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/21/0/0/4296/2932/664/0/75/0/1d28eee_5068676-01-06.jpg" alt="Bernie Sanders et ses moufles, pendant la cérémonie d’investiture de Joe Biden, mercredi 20 janvier, à Washington." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Bernie Sanders et ses moufles, pendant la cérémonie d’investiture de Joe Biden, mercredi 20 janvier, à Washington. BRENDAN SMIALOWSKI / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">En plus d’être une fête, un spectacle, une cérémonie, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/19/pour-l-investiture-de-joe-biden-a-washington-un-cordon-sanitaire-et-securitaire_6066823_3210.html">l’investiture d’un président</a> américain est aussi un concours d’élégance. Le site du magazine <em><a href="https://www.vogue.com/article/bernie-sanders-vermont-mittens-teacher-burton-jacket-repeat-outfit">Vogue</a></em> a relevé que la vice-présidente, Kamala Harris, était habillée en Christopher John Rogers, sa belle-fille, Ella Emhoff, portait un manteau Miu Miu et une robe Batsheva, tandis que Michelle Obama était vêtue d’un ensemble signé Sergio Hudson… Et puis Bernie Sanders est apparu : jambes et bras croisés, le sénateur du Vermont portait un masque de protection jetable, une banale parka marron et… des moufles tricotées mains, « artisanales ».</p><p class="article__paragraph">Fashion faux pas ? Pas vraiment. De toutes les images de l’investiture de Joe Biden, mercredi 20 janvier, c’est sûrement la plus marquante. Dionne Warwick, qui chantait <em>What The World Needs Now</em> en 1966 ne s’y est pas trompée. La chanteuse a publié une photographie de l’ex-candidat à l’investiture démocrate portant ses moufles accompagnés d’un commentaire un brin envieux : <em>« ça a l’air chaud ».</em> Normal, il faisait à peine 6 <sup>o</sup>C, avec un léger vent. Surtout, Washington et le reste du monde tournaient la page Trump. Un peu de douceur et de chaleur n’ont jamais fait de mal.</p><p class="article__paragraph">Interrogé par CBS News sur sa tenue, Bernie Sanders a répondu par le bon sens : <em>« Dans le Vermont, nous savons ce qu’est le froid. Et nous ne sommes pas vraiment préoccupés par les questions de mode. Nous voulons juste rester au chaud. »</em></p><p class="article__paragraph">Cette explication est arrivée trop tard : une partie de la twittosphère avait déjà commencé à poster des mèmes montrant le sénateur et ses moufles dans tous les endroits et toutes les situations imaginables, de <em>Games of Thrones</em>, au <em>Lunch Atop a Skyscraper</em>. Les « fashionistas » se sont plutôt demandé où il avait déniché ces moufles.</p><p class="article__paragraph">La réponse est simple : c’est Jen Ellis, une enseignante dans le primaire à Essex Junction, dans la banlieue de Burlington, la plus grande ville du Vermont, qui les a fabriquées. Elle a raconté au <em><a href="https://www.washingtonpost.com/technology/2021/01/20/bernie-sanders-mittens-inauguration-parka-coat/">Washington Post</a></em> que <em>« parmi les choses qu’elle aime, il y a Bernie Sanders, son métier d’enseignante et les moufles »</em>. Jean Ellis est dans la <em>team</em> moufles : <em>« Il y a un débat sur la question de savoir si les moufles sont meilleures que les gants</em> [pour garder les mains au chaud]<em>, et je suis évidemment dans le camp de ceux qui pensent que les moufles sont meilleures. »</em></p><h2 class="article__sub-title">Des moufles de campagne</h2><p class="article__paragraph">Si le monde entier les a découverts mercredi 20 janvier, ce n’est pourtant pas la première fois que Bernie Sanders les exhibait. Il suffisait d’ouvrir les yeux : pendant la campagne pour la primaire démocrate et pour l’édition 2020 de la Women’s March, à Portsmouth (New Hampshire), les moufles du sénateur de 79 ans ont commencé à faire sensation. Un <a href="https://twitter.com/BerniesMittens">compte parodique</a> a vu le jour sur Twitter avec une « biographie » expliquant que <em>« seules ces moufles sont capables de contrôler les gestes intempestifs des mains de Bernie ».</em></p><p class="article__paragraph">En 2020, <em><a href="https://www.sevendaysvt.com/vermont/those-mittens-bernie-sanders-wears-campaigning-are-made-in-vermont/Content?oid=29469937">Seven Days</a></em>, un hebdomadaire alternatif du Vermont, revenait sur leur histoire et racontait que Jen Ellis les fabrique pour les vendre sur des marchés artisanaux ou pour les donner à des amis. Il y a trois ans, elle en a tricoté pour le personnel de la garderie où elle déposait Helen, sa fille. L’établissement étant dirigé par Liza Driscoll, la belle-fille de Bernie Sanders, elle en a fait une paire supplémentaire pour le sénateur, accompagnée du message <em>« je crois en vous, j’ai toujours cru en vous et j’espère que vous allez encore vous présenter »</em>.</p><p class="article__paragraph">Dans le <em>Washington Post</em>, Jen Ellis ajoute : <em>« En tant qu’enseignante dans le public, je vois à quel point ce qu’il raconte sur l’annulation de la dette scolaire et l’éducation gratuite est important. »</em></p><p class="article__paragraph">Jen Hellis ne cache pas sa joie de les voir mises en avant lors de l’investiture de Joe Biden, qu’elle a regardée à la télévision avec sa fille. <em>« Ces moufles ont été fabriquées avec la machine à coudre que ma mère m’a donnée quand j’avais 12 ans, avec la laine des pulls dont les gens se sont débarrassés et de la laine polaire, qui est un matériau recyclé. Et elles ont fait tout le chemin jusqu’à l’investiture… Je n’en reviens pas »,</em> a-t-elle raconté à la chaîne locale MyNBC5.</p><p class="article__paragraph">Depuis cet accès de célébrité, la messagerie de Jen Hellis croule sous les demandes. Mais alors que la pandémie de coronavirus a entraîné l’annulation des foires artisanales, elle a cessé d’en assembler.</p><h2 class="article__sub-title">Parka marron</h2><p class="article__paragraph">Ce n’est pourtant pas la première fois qu’une des pièces de la garde-robe de Bernie Sanders fait réagir la twittosphère. La parka marron du sénateur lors de l’investiture avait déjà suscité l’intérêt. Dans une vidéo postée le 31 décembre 2019, Bernie Sanders la portait et lançait <em>« I’m once again asking for your financial support »</em>, demandant le soutien de ses partisans pour financer sa campagne. La formule avait été reprise et détournée.</p><p class="article__paragraph">Mercredi, Jane O’Meara Sanders, la femme du sénateur, a raconté l’histoire de cette parka fabriquée par la marque de snowboards Burton, dont le siège est dans le Vermont. Le fils de M<sup>me</sup> Sanders, Dave Driscoll, y a travaillé et la lui avait achetée pour Noël. Sur Twitter, elle a ajouté <em>« doudoune du Vermont, moufles du Vermont, bon sens du Vermont »</em>. Et ce n’est pas la première fois que Bernie Sanders portait une <a href="https://www.racked.com/2017/1/20/14342456/bernie-sanders-inauguration-parka">veste Burton</a>. C’était déjà le cas, il y a quatre ans, pour l’investiture de Donald Trump.</p><p class="article__paragraph">L’acteur Bradley Whitford (de la série <em>The West Wing</em>) a d’ailleurs <a href="https://twitter.com/BradleyWhitford/status/1352034292914860035">répondu</a> à la chanteuse Dionne Warwick, en rappelant pourquoi Bernie Sander reste populaire : <em>« L’une des raisons pour lesquelles les gens aiment @SenSanders c’est parce qu’ils savent qu’il aurait porté exactement la même chose s’il avait été président. »</em></p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 21 Jan 2021 19:13:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Donald Trump rompra-t-il la tradition de la note manuscrite sur le bureau Ovale ?]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2018/08/27/0/0/4814/3210/664/0/75/0/68e8f40_eb007320194740a6a4494dcddcb480b3-eb007320194740a6a4494dcddcb480b3-0.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2018/08/27/0/0/4814/3210/1328/0/45/0/68e8f40_eb007320194740a6a4494dcddcb480b3-eb007320194740a6a4494dcddcb480b3-0.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2018/08/27/0/0/4814/3210/664/0/75/0/68e8f40_eb007320194740a6a4494dcddcb480b3-eb007320194740a6a4494dcddcb480b3-0.jpg 664w" alt="Le 45e président des Etats-Unis, Donald Trump, dans le bureau Ovale, en août 2018." width="4814" height="3210" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2018/08/27/0/0/4814/3210/664/0/75/0/68e8f40_eb007320194740a6a4494dcddcb480b3-eb007320194740a6a4494dcddcb480b3-0.jpg" alt="Le 45e président des Etats-Unis, Donald Trump, dans le bureau Ovale, en août 2018." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le 45e président des Etats-Unis, Donald Trump, dans le bureau Ovale, en août 2018. Evan Vucci / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Ce mercredi 20 janvier, le 45<sup>e</sup> président des Etats-Unis, Donald Trump, n’assistera pas à la cérémonie d’investiture de son successeur, le démocrate Joe Biden. Par son absence, le Républicain − dont le mandat prend officiellement fin à midi − va ainsi rompre avec une tradition démocratique ininterrompue depuis mars 1869, quand Andrew Jonhson avait boudé la passation des pouvoirs avec Ulysses S. Grant. Et, révèle l’agence Associated press (AP), le magnat de l’immobilier pourrait aussi mettre en péril une autre tradition, moins connue, du changement de locataire de la Maison Blanche : celle des petites notes manuscrites laissées sur le bureau Ovale par le dirigeant sortant pour son successeur.</p><p class="article__paragraph">Cette dernière est née en janvier 1989, lorsque le républicain Ronald Reagan, qui s’apprêtait à quitter les lieux après deux mandats à la tête de l’Etat fédéral, voulu laissé un message à George H. W. Bush. Le 40<sup>e</sup> président des Etats-Unis s’était alors saisi d’un bloc-notes sur lequel figurait un dessin de l’humoriste Sandra Boynton. On y voyait un éléphant – symbole du Parti républicain dont les deux hommes étaient issus – affalé sur le ventre, des dindes sur son dos et cette phrase : <em>« Don’t let the turkeys get you down »</em> (<em>« Ne laisse pas les dindes t’atteindre »</em>).</p><h2 class="article__sub-title">Un petit rituel ininterrompu depuis trente-deux ans</h2><p class="article__paragraph">Une allusion au dicton <em>« It’s hard to soar like an eagle when you’re surrounded by turkeys »</em> (<em>« Il est difficile de s’élever comme un aigle quand on est entouré de dindes »</em>), dont l’idée étant que ceux qui vous entourent, qu’il s’agisse de collègues, de proches, voire dans ce cas précis de vos administrés, peuvent parfois vous empêcher de donner le meilleur de vous-même. <em>« Cher George, tu auras des moments où tu voudras utiliser ce papier à lettre. Eh bien, n’hésite pas »</em>, avait alors, entre autres, griffonné Ronald Reagan. Ainsi naquit un petit rituel, ininterrompu depuis trente-deux ans.</p><p class="article__paragraph">Comme le rappelle AP, les notes laissées sont frappantes de simplicité, surtout au regard de l’ampleur de la tâche qui incombe au locataire de la Maison Blanche. <em>« Mais elles sont aussi remarquables par leur camaraderie et leur objectif commun »</em>, poursuit l’agence de presse. Un élément d’autant plus appréciable que, depuis la passation de 1989, aucun président sortant n’était issu du même parti que son successeur. En 2017, <a href="https://www.nytimes.com/2017/01/20/us/politics/letters-from-presidents-to-successors.html">le quotidien <em>The New York Times</em></a> avait publié trois de ces notes.</p><p class="article__paragraph">Ainsi, malgré une défaite amère contre le démocrate Bill Clinton en 1992, George H. W. Bush a suivi l’exemple de Ronald Reagan : <em>« Je ne suis pas très doué pour donner des conseils ; mais ne laissez pas les critiques vous décourager ou vous faire dévier de votre route »</em>, avait alors écrit le Républicain, avant de conclure : <em>« Votre succès est maintenant le succès de notre pays. Je vous encourage de tout cœur. Bonne chance. »</em> Des mots si touchants qu’Hillary Clinton, alors première dame, avait confié par la suite qu’ils lui avaient arraché quelques larmes.</p><p class="article__paragraph">En 2000, ce fut ainsi au tour de Bill Clinton de laisser un message au fils de George H. W. Bush, l’ancien gouverneur du Texas, George W. Bush. <em>« Les charges que vous devez dorénavant porter sont grandes, mais souvent exagérées »</em>, lui avait-il écrit, avant d’ajouter : <em>« La joie pure de faire ce que vous croyez être juste est inexprimable. »</em></p><h2 class="article__sub-title">« Des occupants temporaires de ce bureau »</h2><p class="article__paragraph">Dans sa propre lettre au président Barack Obama huit ans plus tard, le Républicain, lui, avait choisi de mettre son prédécesseur en garde : <em>« les critiques vont faire rage »</em>. Vos <em>« </em>“<em>amis</em>” <em>vous décevront »</em>, le prévenait-il, mais <em>« quoi qu’il arrive, vous serez inspiré par le caractère et la compassion des personnes que vous dirigez »</em>. Ses filles, les jumelles Jenna et Barbara, 27 ans, avaient, quant à elles, laissé un petit guide pour les enfants du nouveau couple présidentiel, Malia et Sasha, alors âgées de 10 et 7 ans. Elles leur livraient une série de recommandations pour bien profiter de leur expérience à la Maison Blanche. Parmi ces dernières : <em>« Glissez sur la rampe du solarium »</em> ou encore <em>« Quand votre père jettera le premier lancer pour les Yankees</em> [une autre tradition présidentielle, qui remonte à 1910, veut qu’un président en exercice lance au moins une fois la première balle d’une rencontre de la ligue de base-ball]<em>, allez au match »</em>.</p><p class="article__paragraph"><em>« C’est un bureau unique, sans plan clair de réussite, donc je ne sais pas si un conseil de ma part sera particulièrement utile »</em>, écrivait de son côté, en 2017, Barack Obama à Donald Trump. Le 44<sup>e</sup> président des Etats-Unis y ajoutait ces lignes, rétrospectivement prophétiques au terme du mandat du magnat de l’immobilier :</p><p class="article__cite"><em>« Nous ne sommes que des occupants temporaires de ce bureau. Cela fait de nous les gardiens de ces institutions et traditions démocratiques – comme l’Etat de droit, la séparation des pouvoirs, l’égalité de protection et les libertés civiles – pour lesquelles nos ancêtres se sont battus et ont saigné (…) C’est à nous de laisser ces instruments de notre démocratie au moins aussi forts que nous les avons trouvés. »</em></p><p class="article__paragraph">Et de conclure pourtant : <em>« Michelle et moi vous souhaitons, à vous et à Melania, le meilleur alors que vous vous lancez dans cette grande aventure, et sachez que nous sommes prêts à vous aider de toutes les manières possibles. »</em></p><figure class="article__media">
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/18/0/0/5192/3461/664/0/75/0/b0fa30e_21127000-ap-17022725647104.jpg" alt="Accompagné du vice-président Mike Pence (à droite), Donald Trump tient la lettre que lui a laissé son prédécesseur Barack Obama, à Washngton, le 22 janvier 2017." /></p>

<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Accompagné du vice-président Mike Pence (à droite), Donald Trump tient la lettre que lui a laissé son prédécesseur Barack Obama, à Washngton, le 22 janvier 2017. Andrew Harnik / AP</figcaption></figure>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 18 Jan 2021 18:33:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[La disparition du corbeau Merlina, censé protéger la couronne britannique, inquiète]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2019/05/17/0/0/3500/2334/664/0/75/0/ad291b8_RAV003_BRITAIN-TOWEROFLONDON-_0517_11.JPG" srcset="https://img.lemde.fr/2019/05/17/0/0/3500/2334/1328/0/45/0/ad291b8_RAV003_BRITAIN-TOWEROFLONDON-_0517_11.JPG 1328w, https://img.lemde.fr/2019/05/17/0/0/3500/2334/664/0/75/0/ad291b8_RAV003_BRITAIN-TOWEROFLONDON-_0517_11.JPG 664w" alt="L’éleveur Christopher Skaife et un jeune corbeau, à la Tour de Londres, le 14 mai 2019." width="3500" height="2334" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2019/05/17/0/0/3500/2334/664/0/75/0/ad291b8_RAV003_BRITAIN-TOWEROFLONDON-_0517_11.JPG" alt="L’éleveur Christopher Skaife et un jeune corbeau, à la Tour de Londres, le 14 mai 2019." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">L’éleveur Christopher Skaife et un jeune corbeau, à la Tour de Londres, le 14 mai 2019. HANDOUT / Historic Royal Palaces</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Selon la <a href="https://www.hrp.org.uk/tower-of-london/whats-on/the-ravens/#gs.qmbrqz">légende</a>, <em>« si les corbeaux de la Tour de Londres sont perdus ou s’envolent, la Couronne tombera et le Royaume-Uni avec elle »</em>. C’est avec cette épée de Damoclès au-dessus de la tête que les Britanniques recherchent activement Merlina, la cheffe du groupe des volatiles censé protéger le pays.</p><p class="article__paragraph">Le corvidé <em>« n’a pas été vu à la Tour depuis plusieurs semaines, et son absence prolongée nous indique qu’il est peut-être malheureusement mort »</em>, a annoncé le compte Twitter de la Tour de Londres, mercredi 13 janvier. Comme pour conjurer le mauvais sort, l’institution s’est empressée d’ajouter que la forteresse bâtie à partir de 1066, à l’époque de la conquête normande, abrite encore sept corbeaux, soit <em>« un de plus que les 6 requis ».</em></p><p class="article__paragraph">Si l’on en croit la légende, c’est à Charles II (1630-1685) que l’on doit l’introduction des corbeaux, qui doivent être au nombre de six sur le site à tout moment. Pour les forcer à rester, une de leurs ailes est même taillée, bien que cela ne les empêche pas vraiment de s’envoler.</p><h2 class="article__sub-title">Un corbeau fantasque, au service de Sa Majesté</h2><p class="article__paragraph">Christopher Skaife, le sixième maître des corbeaux – et à ce titre responsable de leur bien-être –, décrit Merlina comme un animal singulier, solitaire, presque fantasque, entré au service de Sa Majesté en 2007. <em>« C’est un oiseau à l’esprit libre »</em>, a-t-il expliqué à la radio <a href="https://www.theguardian.com/uk-news/2021/jan/14/tower-of-london-raven-missing-feared-dead">BBC4</a>. Avant de revenir sur les circonstances de sa disparition : <em>« C’était juste avant Noël, avant le confinement, nous</em> “<em>mettions les corbeaux au lit</em>” [dans leur volière]<em>, et elle n’est pas revenue. Je suis son copain et généralement elle revient, mais pas cette fois. »</em></p><p class="article__paragraph">Dans son autobiographie <em>The Ravenmaster : My Life with the Ravens at the Tower of London</em> (éd. Farrar, Straus &amp; Giroux, 2018, non traduit), Christopher Skaife décrivait la relation qu’il entretenait avec Merlina : <em>« Elle aime jouer avec des bâtons, faire des roulades en avant »</em> ou encore imiter le cri des mouettes <em>« pour les ennuyer »</em>. Il précisait : <em>« Je la considère comme la princesse de la Tour parce qu’elle refuse de fréquenter d’autres corbeaux ou de dormir avec les autres dans l’enclos à l’épreuve des renards que je leur ai fait construire lorsque je suis devenu maître des corbeaux, en 2011. »</em> Gourmande, il lui arrivait d’aller réclamer des chips aux visiteurs du site.</p><p class="article__paragraph">Le <em><a href="https://www.dailymail.co.uk/news/article-9142755/Raven-Tower-London-feared-died.html?ito=social-twitter_dailymailUK">Daily Mail</a></em> explique qu’il arrive aux corbeaux de s’aventurer au-delà des murs de la forteresse qui abrite les joyaux de la couronne britannique. Mais en général, ils rentrent à la nuit tombée. En 2011, un corbeau, Munin, est allé faire un tour jusqu’à Greenwich, à une dizaine de kilomètres de la Tour, avant de revenir une semaine plus tard. En 1981, un certain <a href="https://www.historic-uk.com/HistoryMagazine/DestinationsUK/Tower-Ravens/">Grog</a> s’est fait la belle, pour de bon. Il a été vu pour la dernière fois devant un pub de l’East End, le Rose and Punchbowl.Après vingt-et-un ans au service de Sa Majesté, Grog avait manifestement senti qu’il avait besoin de changer de décor.</p><h2 class="article__sub-title">Un corbeau en réserve</h2><p class="article__paragraph">Il arrive aussi que les oiseaux se fassent tout simplement dévorer, comme en 2013, lorsque <a href="https://www.telegraph.co.uk/news/uknews/theroyalfamily/10407729/Tower-of-London-upgrades-security-after-fox-kills-two-ravens.html">Jubilee et Gripp</a> furent boulottés par un renard. D’où la cage dans laquelle ils dorment désormais.</p><p class="article__paragraph">Mais qu’importe les défections ou les renards. Au cours des dernières années, Jubilee, Harris, Gripp, Rocky et Erin ont rejoint la Tour. Ils y sont arrivés en tant que poussin, fournis par <a href="https://www.thetimes.co.uk/article/a-new-raven-at-the-tower-d0grhxnsx">Martin Harris</a>, éleveur dans le Somerset (mort en 2016), tandis que Poppy et Georgie y sont nés dans le cadre d’un nouveau programme.</p><p class="article__paragraph">Le séjour leur réussit plutôt bien : alors que les corbeaux sauvages vivent généralement de dix à quinze ans, certains résidents de la Tour ont atteint l’âge de 40 ans. Mais d’autres ne s’adaptent pas et sont renvoyés à l’éleveur : ce fut le cas de <a href="https://www.bbc.com/news/uk-england-somerset-18611229">Pearl</a>, qui a été maltraitée par ses congénères et a fini par retrouver M. Harris, en 2011.</p><p class="article__paragraph">Quant à la légende des corbeaux censés protéger la monarchie, <a href="https://www.theguardian.com/uk/2004/nov/15/britishidentity.artsandhumanities">Geoff Parnell</a>, historien officiel de la Tour de Londres, a tenté de lui tordre le cou en 2004. Leur présence sur le site remonterait à l’époque victorienne, lorsque les Yeomen Warders, les gardiens chargés de gérer et de faire visiter les lieux, se seraient entichés de ces oiseaux. Que ce soit vrai ou non, il est du devoir de Christopher Skaife de veiller sur le royaume, a-t-il expliqué à la BBC.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/01/14/la-disparition-du-corbeau-merlina-cense-proteger-la-couronne-britannique-inquiete_6066301_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 14 Jan 2021 20:43:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Cela fait désormais un siècle que des gens se font couper en deux… pour les besoins de la magie]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Sur la scène du Finsbury Park Empire Theatre de Londres, le 17 janvier 1921, l’illusionniste anglais P. T. Selbit − de son vrai nom Percy Thomas Tibbles − invite Betty Barker, son assistante, à grimper dans une boîte en bois. A l’intérieur, la jeune femme est attachée par une corde au cou, à la cheville et au poignet. Une fois le couvercle refermé, le magicien se munit d’une grande scie à main et s’affaire… Quelques longues minutes plus tard, stupeur : sous les yeux ébahis du public, Berry Barker sort indemne du processus. Le tour connaît un succès immédiat.</p><p class="article__paragraph"><em>« C’est une idée très simple, claire et facilement perceptible comme étant impossible »</em>, avance Will Houstoun, un magicien en résidence au sein du département de chirurgie de l’Imperial College, interrogé par <a href="https://www.theguardian.com/stage/2021/jan/10/magic-circle-100-years-sawing-people-in-half">le quotidien britannique <em>The Guardian</em></a>. D’autant, explique-t-il, que ce numéro <em>« offre un énorme potentiel de développement et de réinvention »</em>.</p><p class="article__paragraph">Aujourd’hui, le tour est devenu aussi emblématique dans l’imaginaire populaire de la magie que l’inlassable lapin blanc extrait d’un chapeau haut-de-forme. La naissance même du concept de la « femme coupée en deux » reste, elle, plus floue. Le tour fut en effet décrit dès 1858 dans les <em>Confidences</em> de Jean-Eugène Robert-Houdin, le père de la magie moderne. Selon ce dernier, on le doit à un illusionniste appelé Torrini, qui en aurait réalisé une première version devant le Pape Pie VII en 1809. Mais, à ce jour, il n’a toujours pas été établi que Torrini ait réellement existé et que ladite présentation devant le souverain poncif eut lieu. C’est donc bien le 17 janvier 1921 qui marque officiellement l’émergence d’une illusion exécutée, depuis un siècle désormais, par un nombre incalculable de magiciens à travers le monde.</p><h2 class="article__sub-title">Bataille judiciaire</h2><p class="article__paragraph">Le tour fut même repris dès l’été 1921, quand le magicien américain Horace Goldin en proposa une interprétation encore plus spectaculaire, en faisant dépasser la tête et les pieds de son assistante de la boîte durant toute la durée du numéro. Peu de temps après, le même homme pousse encore le dispositif en troquant la scie à mains par une scie circulaire. Mais surtout, il fit protéger de nombreuses appellations de sa performance auprès de la Vaudeville Managers Association, instance réglementant alors cette branche du divertissement aux Etats-Unis, tant et si bien que quand le magicien Selbit entama une tournée outre-Atlantique, il dû se résoudre à appeler son spectacle « The Divided Woman » (« la femme divisée »).</p><p class="article__paragraph">Le Londonien a bien tenté de poursuivre Horace Goldin pour lui <em>« avoir volé son tour »</em>, mais ses poursuites ont échoué : le tribunal a estimé que la version de l’Américain était suffisamment différente du spectacle initial. Face à cet échec judiciaire et à un succès en demi-teinte au pays de l’oncle Sam, P. T. Selbit décide de rentrer prématurément au Royaume-Uni en 1922, où il s’efforce alors de recréer l’émulation autour de sa « femme sciée ». Il élaborera par la suite une série d’illusions, toujours autour du même thème : dans l’une d’elles, il étirait, pressait puis passait une femme… par le chas d’une aiguille, <a href="https://artefake.fr/p-t-selbit/">détaille sur son site l’association de promotion de l’art magique, ArteFake</a>.</p><p class="article__paragraph">Au-delà de devenir un classique de la magie, le numéro initial de l’Anglais − et l’incroyable écho auprès du public qu’il reçut − participera à la diffusion du stéréotype de l’assistante glamour à laquelle le prestidigitateur fait subir toutes sortes de sévices, fait valoir le créateur d’illusions et historien de la magie moderne Jim Steinmeyer dans l’ouvrage <em>Art and Artifice : And other essays of illusion</em> (Carroll &amp; Graf, 2006).</p><p class="article__paragraph">Il faut dire qu’à l’époque, les sociétés occidentales sont traversées par le mouvement des suffragettes, comme le rappelle au <em>Guardian</em> le président du Magic Circle, Noel Britten :</p><p class="article__cite">« Pour chaque personne qui trouvait formidable que les femmes obtiennent le droit de vote, il y avait d’autres personnes qui trouvaient formidable qu’une femme soit mise dans une boîte et sciée en deux. »</p><h2 class="article__sub-title">Hommes coupés en deux</h2><p class="article__paragraph">L’histoire raconte même que P. T. Selbit proposa une coquette somme à l’une des figures de proue du mouvement, Christabel Pankhurst, pour qu’elle lui serve d’assistante pour le tour. Sans surprise, son offre fut déclinée par l’intéressée.</p><p class="article__paragraph">Précisons toutefois que, au-delà de la dimension sexiste, le recours à une assistance féminine pour ce type de numéro relevait aussi de considérations pratiques : la moindre corpulence et la souplesse des femmes étant alors deux éléments primordiaux.</p><p class="article__paragraph">Il aura tout de même fallu attendre l’arrivée de <a href="https://www.dorothydietrich.com/">la magicienne américaine Dorothy Dietrich</a> à la fin des années 1980 pour que les hommes, eux aussi, commencent à se faire couper en deux. Depuis, plusieurs illusionnistes se sont prêtées au jeu, dont l’Australienne Sue-Anne Webster, qui n’a pas hésité à user de la tronçonneuse avec son mari et également magicien, Tim Ellis.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/01/13/cela-fait-desormais-un-siecle-des-gens-se-font-couper-en-deux-pour-les-besoins-de-la-magie_6066114_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 13 Jan 2021 12:51:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[« John “Ziziman” Dillermand », le dessin animé danois pour enfants qui fait scandale]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/08/0/0/1645/650/664/0/75/0/2a75a84_830754133-dillemand.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2021/01/08/0/0/1645/650/1328/0/45/0/2a75a84_830754133-dillemand.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2021/01/08/0/0/1645/650/664/0/75/0/2a75a84_830754133-dillemand.jpg 664w" alt="John Dillermand passe la tondeuse, à distance." width="1645" height="650" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/08/0/0/1645/650/664/0/75/0/2a75a84_830754133-dillemand.jpg" alt="John Dillermand passe la tondeuse, à distance." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">John Dillermand passe la tondeuse, à distance. Capture d'écran DR</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il a le <em>« zizi le plus long au monde »</em>. S’il était question de l’aguiche d’un film porno, ça ne choquerait personne. Mais quand il s’agit du héros d’un programme pour enfants âgés de 4 à 8 ans et diffusé par le service public au Danemark, il y a de quoi tiquer. Même dans un pays scandinave connu pour son progressisme.</p><p class="article__paragraph"><em>John Dillermand</em> – « John homme-zizi », pourrait-on traduire – est un programme humoristique d’animation diffusé depuis le 2 janvier 2020 sur Ramasjang, la chaîne enfants de l’organisme danois de radio-télévision publique, Danmarks Radio (DR), l’équivalent de France Télévisions. A l’instar de la série et des films britanniques <em>Wallace et Gromit</em>, il a été réalisé en stop motion avec de la patte à modeler. En l’espace de cinq jours, son générique totalise déjà près de 800 000 vues sur YouTube.</p><p class="article__paragraph">Les <a href="https://www.dr.dk/drtv/episode/john-dillermand_-john-dillermand_227290">treize épisodes, de cinq minutes chacun</a>, mettent en scène le quotidien d’un homme moustachu et maladroit, même s’il essaie de faire le bien autour de lui. A la manière d’Inspecteur Gadget et de son <em>« go-go-gadget au bras »</em>, son sexe peut s’avérer bien pratique : il s’allonge pour allumer un barbecue, passer la tondeuse, ou se transformer en rotor d’hélicoptère afin de voler dans les airs.</p><p class="article__paragraph">Sa salopette rayée de rouge et de blanc s’adapte (bien heureusement) à sa morphologie encombrante qui rappelle la queue du Marsupilami. Il lui arrive de se servir de ce « superpouvoir » pour réparer une de ses bêtises, faire la circulation ou encore sauver des enfants des griffes d’un lion. En gros, il n’y a <em>« rien qu’il ne peut pas faire »</em> avec son pénis, peut-on même entendre dans la chanson du générique.</p><p class="article__paragraph">Généreux, curieux, souvent naïf, Dillermand se retrouve malgré tout dans de drôles de situations… car il n’arrive pas tout le temps à contrôler son sexe. Parfois, celui-ci casse un vase, chipe le cornet de glace d’un enfant, ou encore vole l’argent de musiciens de rue.</p><h2 class="article__sub-title">Les populistes critiquent, mais également des féministes</h2><p class="article__paragraph">Depuis la diffusion et la mise en ligne des épisodes début janvier, la <a href="https://www.facebook.com/drramasjang/community/?ref=page_internal">page Facebook de la chaîne de télévision</a> est devenue un champ de bataille entre pro et anti <em>Dillermand</em>. Des dizaines de parents Danois disent éclater de rire avec leurs enfants devant le programme humoristique, tandis que d’autres trouvent la série problématique pour les plus petits. <em>« C’est le programme le plus répugnant et le moins approprié pour les enfants depuis longtemps »</em>, s’insurge par exemple une internaute, parmi des dizaines de critiques acerbes et d’appels à la démission des responsables.</p><p class="article__paragraph">La polémique a même pris un tour politique lorsque le député d’extrême droite Morten Messerschmidt s’est emparé du sujet. « <em>Je ne pense pas que regarder les parties génitales des hommes adultes devrait être transformé en quelque chose de commun pour les enfants. C’est ça le service public ? »</em>, a critiqué l’élu du Parti populaire danois (Dansk Folkeparti) <a href="https://www.facebook.com/MortenMesserschmidt/posts/3998732030194343">sur Facebook</a>. Il faut dire que le groupe d’audiovisuel public DR est l’une des cibles préférées des populistes depuis plusieurs années ; l’occasion était trop belle.</p><h2 class="article__sub-title">« Perpétuation d’une société patriarcale »</h2><p class="article__paragraph">Mais les reproches à l’égard du dessin animé ne sont pas circonscrits aux conservateurs. Les féministes s’insurgent, eux aussi. Dans une société danoise secouée par le phénomène de libération de la parole des femmes victimes d’agressions sexistes et sexuelles #MeToo à rebours, comment réagir à l’idée d’un personnage masculin qui n’arriverait pas à contrôler son pénis ? Cette série favorise-t-elle la « culture du viol » ?</p><p class="article__paragraph">Le choix d’organes génitaux masculins géants par les créateurs de la série interroge par exemple l’au­trice danoise Anne-Lise Mars­trand-Jørgen­sen. <em>« Seuls les pénis sont drôles ? (…) Je suis épuisée de la domination mondiale du pénis. Devrions-nous simplement rire de nos stéréotypes sexuels tout en reproduisant les mêmes vieilles histoires sur le sexe ? »</em>, déplore encore l’autrice <a href="https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=10159122199027299&amp;id=536777298">dans un post Facebook</a>.</p><p class="article__paragraph">Christian Groes, professeur et chercheur sur le genre à l’université de Roskilde (ouest du Danemark), craint aussi que la célébration du pouvoir des organes génitaux masculins ne fasse encore reculer l’égalité femmes-hommes. <em>« Cela perpétue l’idée d’une société patriarcale et normalise une</em> “<em>culture de vestiaires</em>”<em>… qui a été utilisée pour excuser beaucoup de mauvais comportements de la part des hommes. C’est censé être drôle, c’est donc considéré comme inoffensif. Mais ce ne l’est pas »</em>, <a href="https://www.theguardian.com/world/2021/jan/06/john-dillermand-denmark-launches-childrens-tv-show-man-giant-penis">dit-il au quotidien britannique <em>The Guardian</em></a><em>.</em></p><p class="article__paragraph">Certains défendent malgré tout <em>Dillermand,</em> comme Erla Heine­sen Højs­ted, une psychologue clini­cienne qui travaille avec les enfants :</p><p class="article__cite"><em>« L’émis­sion dépeint un homme impul­sif et pas toujours en contrôle, qui fait des erreurs – comme le font les enfants –, mais Diller­mand (…) assume la respon­sa­bi­lité de ses actes. Lorsqu’une femme de l’émis­sion lui dit qu’il doit garder son pénis dans son panta­lon, par exemple, il l’écoute. Il est respon­sable. »</em></p><h2 class="article__sub-title">La télévision danoise connue pour repousser les limites</h2><p class="article__paragraph">Pour montrer qu’ils avaient envisagé les critiques à venir, la société de production Made By Us et le créateur de la série, Jacob Ley, ont fait savoir qu’ils avaient recruté une psychologue pour enfants pour travailler en amont sur la série, en coopérant avec l’ONG danoise d’éducation sexuelle « Sex &amp; Samfund » (« Sexe et société »).</p><p class="article__paragraph"><em>John Dillermand</em> doit se regarder avec les yeux d’un enfant, est persuadée la psychologue pour enfants Margrethe Brun Hansen, qui a lu le scénario pour s’assurer que ces derniers n’interprètent rien de travers, <a href="https://www.dr.dk/om-dr/nyheder/ny-animationsserie-til-ramasjang-udspringer-af-boerns-nysgerrighed">dit-elle sur le site Internet de DR </a>:</p><p class="article__cite"><em>« Les enfants plus petits aiment être nus, explorer ce qui les entoure, comme eux-mêmes. Ils jouent à des jeux de docteur, s’examinent, et les enfants rient aux éclats quand ils disent</em> “<em>pet</em>” <em>et</em> “<em>pénis</em>”.<em> »</em></p><figure class="article__media">
<p><img src="https://img.lemde.fr/2021/01/08/0/0/1711/660/664/0/75/0/c7e120f_707681619-dillermand2.jpg" alt="John Dillermand aide les enfants à traverser... en se servant de son sexe comme d'une barrière." /></p>

<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">John Dillermand aide les enfants à traverser... en se servant de son sexe comme d'une barrière.</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Pour l’instant, la chaîne n’a pas prévu de déprogrammer le dessin animé. Selon la télévision publique danoise Ramasjang, « <em>c’est une tâche importante de pouvoir raconter des histoires sur le corps ». « Avec la série, nous reconnaissons la curiosité naissante</em> [des jeunes enfants] <em>pour le corps et les organes génitaux, ainsi que l’embarras et le plaisir du corps »</em>, s’est défendu le groupe dans un communiqué, avant de dire qu’il aurait tout aussi bien pu créer un programme <em>« sur une femme sans contrôle sur son vagin »</em>.</p><p class="article__paragraph">Ce n’est pas la première fois que l’audiovisuel public danois est critiqué pour repousser les limites des programmes pour enfants et pour adolescents, comme le note <a href="https://www.dr.dk/nyheder/kultur/se-listen-john-og-hans-megalange-dillermand-er-ikke-det-foerste-boerne-tv-der-har?cid=soc_instagram_dr_ramasjang_post_rbbqf191&amp;fbclid=IwAR33R1GvR6aU6ZXqp6_oPiMK2ZnbxDRYgvDe6U5sWTWpaItZSKNd8HoqJsA">un article de DR.dk</a>. En 2019, dans l’émission « Ultra jette les vêtements » (en danois : « Ultra smider tøjet ») des ados de 11 à 13 ans posaient des questions à propos de corps d’adultes qui posaient nus devant eux. La chaîne DR Ultra défendait ainsi l’idée que cela favorisait l’acceptation de tous les corps. L’émission punk pour enfants <a href="https://www.dr.dk/drtv/serie/onkel-rejes-heavyband_67094">« Onkel Rejes Heavyband »</a> avait été au centre des critiques en 2018, tandis que six ans auparavant, les conservateurs avaient sursauté lorsqu’un personnage de « Gepetto News » avait révélé son amour du travestissement. La télévision danoise n’a pas fini de faire parler d’elle au-delà de ses frontières.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2021/01/08/john-ziziman-dillermand-le-dessin-anime-danois-pour-enfants-qui-fait-scandale_6065670_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 08 Jan 2021 19:17:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[La playlist 2020 de la rédaction du « Monde.fr »]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2020/12/30/0/0/3000/2000/664/0/75/0/6934ee8_92215890-playlist.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2020/12/30/0/0/3000/2000/1328/0/45/0/6934ee8_92215890-playlist.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2020/12/30/0/0/3000/2000/664/0/75/0/6934ee8_92215890-playlist.jpg 664w" alt="Les pochettes d'albums de Dua Lipa, Médine, Tame Impala, 13 Organisé, et Working Men’s Club." width="3000" height="2000" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/12/30/0/0/3000/2000/664/0/75/0/6934ee8_92215890-playlist.jpg" alt="Les pochettes d'albums de Dua Lipa, Médine, Tame Impala, 13 Organisé, et Working Men’s Club." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les pochettes d'albums de Dua Lipa, Médine, Tame Impala, 13 Organisé, et Working Men’s Club. Capture d'écran</figcaption></figure><p class="article__paragraph">S’il y a bien quelque chose dont on aura eu besoin pendant cette année 2020, c’est de s’immerger dans le son pour oublier la crise du Covid-19 et les confinements. Des tubes pour apaiser les cœurs et les corps, d’autres chansons pour nous aider à supporter la solitude et l’enfermement. Des centaines d’heures de musique pour avoir l’impression de voyager, pour expurger nos angoisses, ou tout simplement se défouler.</p><p class="article__paragraph">A la fin du mois de février, lorsque les rassemblements de plus de « 5 000 personnes en milieu confiné » ont été interdits en raison de l’épidémie due au coronavirus, <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/03/01/coronavirus-quels-sont-les-concerts-et-spectacles-annules_6031437_3246.html">les annulations de concerts et de festivals se sont succédé</a>. Les jours passant, la jauge s’est encore réduite et l’espoir que les festivals d’été aient bien lieu s’est lui aussi progressivement évanoui. A la mi-mars, lorsque le confinement a été annoncé, les amoureux de musique, comme ceux qui travaillent pour que ces évènements aient lieu, ont vite compris qu’il allait falloir attendre longtemps pour revoir des fosses pleines de fans en transe.</p><p class="article__paragraph">Alors, en attendant, au printemps, on vous a mis à contribution en vous demandant de nous partager <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/05/10/les-playlists-du-confinement-et-du-deconfinement-des-lecteurs-du-monde_6039234_3246.html">vos playlists du confinement</a>. De leur côté, pour patienter avant de retrouver la scène, certains artistes ont bricolé des performances depuis leur salon, diffusées sur les réseaux sociaux. Dans cette année unique, <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/11/27/les-concerts-live-sur-internet-au-diapason-avec-les-fans_6061434_3246.html">on n’aura jamais assisté à autant de « lives » en ligne</a>, qu’ils soient gratuits ou payants ; on aura même parfois dansé dans des <a href="https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2020/06/01/les-discotheques-virtuelles-ou-l-essence-de-la-fete_6041350_4500055.html">« discothèques en ligne »</a>.</p><p class="article__paragraph">Plus minoritaires, des concerts ont été <a href="https://www.huffingtonpost.fr/entry/2020-lannee-des-drive-in-a-toutes-les-sauces_fr_5fe9e166c5b6ff747982c758">accessibles en voiture</a> (en espérant que la mode du « drive-in » ne soit que très momentanée), tandis que <a href="https://www.lesinrocks.com/2020/06/11/musique/musique/video-coronavirus-la-solution-geniale-des-flaming-lips-pour-continuer-a-se-produire/">le chanteur des Flaming Lips a enfin mis à profit ces bulles gonflables</a> avec lesquelles il lui arrivait depuis quelques années de donner des concerts.</p><p class="article__paragraph">Cette année « noire » aura aussi vu émerger <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/10/16/comment-musictoo-libere-la-parole-dans-la-musique_6056360_3246.html?fbclid=IwAR2UcEZS8f17wA-zBp3wMby30m5TD21DmGrJ9-RlYZwyyTfl1yrinxcoGqs">un mouvement inédit de libération de la parole des victimes d’agressions sexistes et sexuelles</a> pendant l’été. Prolongement de la vague #metoo, qui avait secoué le monde du cinéma en 2017, le hashtag #musictoo <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/12/30/musictoo-numerique-feminisation-la-grande-mue-des-majors-du-disque_6064783_3246.html">a provoqué des remous</a> dans le monde de la musique.</p><p class="article__paragraph">Cloués par les restrictions, les gérants de discothèque, les DJ et producteurs de musique électronique ont, eux, amèrement constaté le fossé qui sépare le ministère de la culture du monde de la nuit. Pendant que les disquaires ont tenté de s’organiser <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/11/07/les-disquaires-face-au-reconfinement_6058877_3246.html">pour survivre malgré deux confinements</a>, les festivals ont essayé de se projeter vers l’été 2021 et l’idée que la vie pourra reprendre son cours.</p><p class="article__paragraph">Mais c’est long dix mois. Dix mois sans jouer des coudes pour arriver au premier rang, sans vibrer et chanter à tue-tête le refrain de votre artiste ou groupe préféré avec des inconnus, sans frissonner de la tête aux pieds à cause de la puissance d’une voix, d’un flow, d’un rythme, d’un instrument, ou de tout cela à la fois.</p><p class="article__paragraph">Alors pour patienter, on a plus que jamais besoin de partager de la musique encore et encore, <a href="https://www.lemonde.fr/m-perso/article/2020/12/23/apres-tout-ca-on-s-embrassera-et-surtout-on-dansera_6064286_4497916.html?fbclid=IwAR3TMIPyQMaOet4sDlZxRulbcHBK8vngmeAHEYzPW-ZvAo1ADqa-Tg_e6eM">pour garder l’étincelle</a>. Une trentaine de membres de notre équipe ont réfléchi aux chansons sorties en 2020 qui ont marqué leur année et vous proposent donc leur sélection subjective de quatre ou cinq morceaux.</p><p class="article__paragraph"><strong>Notre playlist est disponible sur YouTube :</strong></p><iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/videoseries?list=PLcS4p-cp1yhLOG87PQ_KD24WAlrm_v57m" frameborder="0" allowfullscreen="allowfullscreen"> </iframe><p class="article__paragraph"><strong>Les 126 morceaux sont aussi dans <a href="https://open.spotify.com/playlist/3ZNaqhGWOBIK91oOt0J9WU?si=6Q2EwYEdSMutXuHlmnPWQQ">une playlist Spotify</a> :</strong></p><p class="article__paragraph">Et voici, dans le désordre, les choix des journalistes qui ont participé à l’élaboration de cette playlist.</p><p><strong>Brice Laemle</strong></p><p class="article__paragraph">La Femme - <em>Disconnexion</em></p><p class="article__paragraph">Robert Smith &amp; Gorillaz - <em>Strange Timez</em></p><p class="article__paragraph">Crack Cloud - <em>Ouster Stew</em></p><p class="article__paragraph">Working Men’s Club - <em>Valleys</em></p><p class="article__paragraph">Chloé et Vassilena Serafimova - <em>Balani</em></p><p><strong>Hélène Bekmezian</strong></p><p class="article__paragraph">BTS - <em>Dynamite</em></p><p class="article__paragraph">Djomb - <em>Bien ou quoi</em></p><p class="article__paragraph">Millie B - <em>M to the B</em></p><p class="article__paragraph">Drake - <em>Flip the switch</em></p><p class="article__paragraph">Cardi B &amp; Megan Thee Stallion - <em>WAP</em></p><p><strong>Grégor Brandy</strong></p><p class="article__paragraph">Waxahatchee - <em>Lilacs</em></p><p class="article__paragraph">Tame Impala - <em>Borderline</em></p><p class="article__paragraph">Sylvan Esso - <em>Ring</em></p><p class="article__paragraph">Taylor Swift - <em>The 1</em></p><p class="article__paragraph">Soccer Mommy - <em>Circle the Drain</em></p><p><strong>William Audureau</strong></p><p class="article__paragraph">Grandaddy - <em>RIP Coyote Condo #5</em></p><p class="article__paragraph">The HU - Sad But True</p><p class="article__paragraph">Teho Teardo - <em>Cadence féminine</em></p><p class="article__paragraph">Option géniale - <em>Internet</em></p><p class="article__paragraph">Will Ferrell, My Marianne - <em>Volcano Man</em></p><p><strong>Florian Reynaud</strong></p><p class="article__paragraph">Dua Lipa - <em>Physical</em></p><p class="article__paragraph">The Strokes - <em>Ode to the Mets</em></p><p class="article__paragraph">Ava Max - <em>Kings &amp; Queens</em></p><p class="article__paragraph">13 Organisé - <em>Tout a changé</em></p><p class="article__paragraph">Taylor Swift (ft Bon iver) - <em>Exile</em></p><p><strong>Corentin Lamy</strong></p><p class="article__paragraph">Neil Young - <em>Separate Ways</em></p><p class="article__paragraph">Tame Impala - <em>Breathe Deeper</em></p><p class="article__paragraph">The Lemon Twigs - <em>No One Holds You Closer (Than The One You Haven’t Met)</em></p><p class="article__paragraph">Eels - <em>Dark and Dramatic</em></p><p class="article__paragraph">Nick Mason’s Saucerful of Secrets - 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      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/12/30/la-playlist-2020-de-la-redaction-du-monde-fr_6064846_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/12/30/la-playlist-2020-de-la-redaction-du-monde-fr_6064846_4832693.html</guid>
      <pubDate>Wed, 30 Dec 2020 18:23:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L’homme de Néandertal a peut-être hiberné pour survivre au froid extrême]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2020/12/22/0/0/7569/4724/664/0/75/0/2a299da_545000087-000-dv800885.jpg" srcset="https://img.lemde.fr/2020/12/22/0/0/7569/4724/1328/0/45/0/2a299da_545000087-000-dv800885.jpg 1328w, https://img.lemde.fr/2020/12/22/0/0/7569/4724/664/0/75/0/2a299da_545000087-000-dv800885.jpg 664w" alt="Un crâne d’« Homo heidelbergensis », trouvé à Sima de los Huesos en 1992 et exposé au Musée de l’évolution humaine, à Burgos (Espagne), en 2010." width="7569" height="4724" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/12/22/0/0/7569/4724/664/0/75/0/2a299da_545000087-000-dv800885.jpg" alt="Un crâne d’« Homo heidelbergensis », trouvé à Sima de los Huesos en 1992 et exposé au Musée de l’évolution humaine, à Burgos (Espagne), en 2010." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un crâne d’« Homo heidelbergensis », trouvé à Sima de los Huesos en 1992 et exposé au Musée de l’évolution humaine, à Burgos (Espagne), en 2010. CESAR MANSO / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Les jours sont courts. Le temps est gris. Il commence à faire froid et sortir du lit peut sembler un véritable calvaire. A la manière des marmottes ou des loirs, certains resteraient bien en boule à dormir sous la couette en attendant le retour du printemps. C’est le principe de l’hibernation, un état d’hypothermie régulée qui permet à certains animaux de préserver leur énergie pendant les longs mois d’hiver. La chauve-souris hiberne ; le hérisson aussi ; et même le crapaud et la tortue. Alors pourquoi pas nous ?</p><p class="article__paragraph">En fait, il y a fort longtemps, les premiers êtres humains ont peut-être, eux aussi, hiberné. C’est la conclusion d’une étude parue en décembre <a href="https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0003552120300832">dans la revue scientifique <em>L’Anthropologie</em></a>. Des fossiles découverts à Sima de los Huesos (« le gouffre aux ossements »), une grotte du nord de l’Espagne, suggèrent que nos lointains ancêtres ralentissaient leur métabolisme et dormaient pendant des mois pour supporter le froid extrême des hivers il y a des centaines de milliers d’années.</p><p class="article__paragraph">La Sima de los Huesos contient des os d’hommes primitifs qui auraient vécu il y a plus de 400 000 ans. Les paléoanthropologues pensent qu’il s’agit des premiers Néandertaliens. Les nombreux fragments humains présents sur ce site en font la principale source d’information sur cette période en Europe. Par le passé, d’importantes découvertes ont été faites dans cette grotte, <a href="https://www.lemonde.fr/sciences/article/2013/12/09/l-ebouriffant-adn-d-un-ancetre-de-400-000-ans_3527986_1650684.html">contribuant à débroussailler un peu plus notre arbre généalogique</a>.</p><p class="article__paragraph">Cette fois, les scientifiques affirment que les lésions observées sur les squelettes sont les mêmes que celles présentes sur les os des animaux qui hibernent, <a href="https://www.theguardian.com/science/2020/dec/20/early-humans-may-have-survived-the-harsh-winters-by-hibernating">détaille le <em>Guardian</em></a><em>.</em> Leur croissance osseuse aurait ainsi été perturbée pendant plusieurs mois chaque année, en l’occurrence pendant les mois les plus froids.</p><p class="article__paragraph">Les auteurs de l’étude estiment que ces premiers humains se sont trouvés <em>« dans des états métaboliques qui les ont aidés à survivre pendant de longues périodes dans des conditions frigorifiques avec des réserves de nourriture limitées et suffisamment de réserves de graisse corporelle »</em>. Ils ajoutent que cette <em>« stratégie d’hibernation aurait été la seule solution pour eux afin de survivre en devant passer des mois dans une grotte à cause du froid ».</em></p><p class="article__paragraph">Les chercheurs reconnaissent que leurs conclusions peuvent <em>« ressembler à de la science-fiction »</em> mais ils soulignent que de nombreux mammifères, y compris des primates, hibernent. C’est le cas par exemple des lémuriens et des galagos. <em>« Cela suggère que la base génétique et la physiologie d’un tel hypométabolisme pourraient être préservées chez de nombreuses espèces de mammifères, y compris l’homme »</em>, écrivent-ils.</p><p class="article__paragraph">On pourrait objecter que les Inuits ou les Samis – deux peuples pourtant confrontés à des conditions climatiques extrêmes – n’hibernent pas. Alors comment expliquer que les habitants de la Sima de los Huesos, eux, auraient hiberné ?</p><p class="article__paragraph">L’explication des scientifiques est simple : selon eux, les poissons gras et la graisse de renne permettent à ces peuples autochtones de se nourrir tout au long de l’hiver. Ainsi, ils n’ont pas à hiberner. A l’inverse, il y a un demi-million d’années, la péninsule ibérique était trop aride pour fournir assez de nourriture à Néandertal… qui a dû trouver un plan B.</p><p class="article__paragraph">L’hypothèse de l’hibernation est intéressante mais elle doit encore être vérifiée. Le paléoanthropologue britannique Chris Stringer souligne que les grands mammifères, comme les ours par exemple, n’hibernent pas vraiment : ils « hivernent » car ils ne peuvent pas abaisser suffisamment leur température corporelle.</p><p class="article__paragraph">Contrairement à l’hibernation, qui implique une véritable léthargie et une diminution importante de la température, l’hivernation est entrecoupée de nombreux réveils et s’accompagne d’une hypothermie modérée. Les organes vitaux restent ainsi à une température normale pour réagir en cas de danger. Or, si Neandertal hivernait plutôt que d’hiberner, les besoins énergétiques de son cerveau seraient restés importants, ajoutant ainsi un nouveau problème de survie pendant cette phase de torpeur.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/12/22/l-homme-de-neandertal-a-peut-etre-hiberne-pour-survivre-au-froid-extreme_6064254_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 22 Dec 2020 18:21:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[A Pékin, la « chorégraphie » d’un artiste pour esquiver la surveillance]]></title>
      <description><![CDATA[<figure class="article__media"><img src="https://img.lemde.fr/2019/03/14/0/0/3500/2334/664/0/75/0/dfa3629_GGGSHA13_CHINA-SECURITY_0314_11.JPG" srcset="https://img.lemde.fr/2019/03/14/0/0/3500/2334/1328/0/45/0/dfa3629_GGGSHA13_CHINA-SECURITY_0314_11.JPG 1328w, https://img.lemde.fr/2019/03/14/0/0/3500/2334/664/0/75/0/dfa3629_GGGSHA13_CHINA-SECURITY_0314_11.JPG 664w" alt="La Chine abrite 18 des 20 villes les plus surveillées au monde, et plus de la moitié des caméras de surveillance utilisées dans le monde, selon une étude du site technologique britannique Comparitech." width="3500" height="2334" /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2019/03/14/0/0/3500/2334/664/0/75/0/dfa3629_GGGSHA13_CHINA-SECURITY_0314_11.JPG" alt="La Chine abrite 18 des 20 villes les plus surveillées au monde, et plus de la moitié des caméras de surveillance utilisées dans le monde, selon une étude du site technologique britannique Comparitech." /></p>
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<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">La Chine abrite 18 des 20 villes les plus surveillées au monde, et plus de la moitié des caméras de surveillance utilisées dans le monde, selon une étude du site technologique britannique Comparitech. ALY SONG / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">La scène s’est déroulée dans l’après-midi du 26 octobre, à Pékin. Une dizaine de piétons, adultes et enfants porteurs de sangles réfléchissantes, zigzaguent, s’accroupissent, se penchent en avant ou rasent les murs dans Xingfu Dajie, la <em>« rue du bonheur »</em>, dans le centre de Pékin.</p><p class="article__paragraph">Ils ne répétaient pas une scène d’un film de Jacques Tati ou du prochain <em>Mission Impossible.</em> Ils participaient au projet <em>Un mouvement disparu,</em> une performance de l’artiste Deng Yufeng destinée à montrer aux Pékinois comment échapper aux caméras de surveillance omniprésentes, rapportent le <em><a href="https://www.scmp.com/lifestyle/arts-culture/article/3111120/surveillance-china-artist-who-hides-security-cameras-beijing">South China Morning Post</a></em> (<em>SCMP</em>) et le magazine en ligne <em><a href="https://www.sixthtone.com/news/1006432/how-to-evade-big-brother-an-artists-guide">Sixth Tone</a></em> (un média d’Etat).</p><p class="article__paragraph">Après avoir recruté des volontaires – certains parents sont venus avec leurs enfants pour leur montrer <em>« quelque chose qu’on ne peut pas apprendre à l’école »</em> –, Deng Yufeng les a guidés sur un parcours qu’il avait préalablement repéré. Il leur a fallu plus de deux heures pour parcourir les 1 100 mètres de l’itinéraire. <em>« C’était tellement plus difficile que je le pensais. Une fois dans la rue, il devient impossible de ne pas remarquer les caméras. Je me demande maintenant constamment qui est assis dans une pièce quelque part et vous regarde traverser la ville »</em>, a relaté l’un des volontaires, surnommé Ge, au site <em><a href="https://www.sixthtone.com/news/1006432/how-to-evade-big-brother-an-artists-guide">Sixth Tone</a>.</em></p><h2 class="article__sub-title">Menaces sur la vie privée</h2><p class="article__paragraph">C’est précisément la réaction que Deng Yufeng espérait. Depuis plusieurs années, l’artiste essaie de mettre en garde ses concitoyens contre l’essor des technologies qui menacent leur vie privée, notamment en raison des nombreuses fuites de données personnelles. En 2018, il avait fait scandale à Wuhan, avec <a href="https://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/chine-une-expo-montre-les-donnees-personnelles-de-346-000-personnes-avant-detre">l’exposition <em>Secrets,</em></a>censurée deux jours après son vernissage. Il y dévoilait 346 000 données personnelles achetées au marché noir, dressant autant de « portraits d’utilisateurs », constitués de leur nom et prénom, adresse, numéro de téléphone, informations bancaires, etc.</p><p class="article__paragraph">Après les menaces sur la confidentialité des données sur Internet, Deng Yufeng s’est intéressé à la question de la surveillance collective. La Chine abrite dix-huit des vingt villes les plus surveillées au monde et plus de la moitié des caméras de surveillance utilisées dans le monde, selon une étude du site technologique britannique <a href="https://www.comparitech.com/vpn-privacy/the-worlds-most-surveilled-cities/">Comparitech</a>. Dans la capitale, Pékin, on compte environ 56 caméras pour 1 000 personnes et même 120 pour 1 000 dans la ville de Taiyuan (contre 2,44 pour 1 000 à Paris par exemple).</p><p class="article__paragraph">Pour réaliser son projet, l’artiste a passé deux mois en reconnaissance, à prendre des photos de la rue, à en mesurer la largeur, à dresser une carte répertoriant toutes les caméras présentes, identifiant leurs spécifications pour déterminer leur champ de vision. Puis, il a mis au point une « chorégraphie » pour tenter d’éviter de passer dans leur champ. Il ajoute qu’il a été surpris par la vitesse à laquelle le nombre de caméras augmente. <em>« Lorsque je suis retourné dans la rue deux semaines après ma première visite, d’autres avaient été installées. J’ai dû ajuster mon itinéraire pour en tenir compte. »</em></p><h2 class="article__sub-title">Contre les dynamiques du pouvoir</h2><p class="article__paragraph"><em>« En outre, ces caméras sont équipées de la technologie de reconnaissance faciale, que les autorités défendent dans le cadre de leurs efforts pour devenir un leader mondial en matière d’intelligence artificielle »</em>, relève l’artiste. Cela étant, il dit comprendre une partie du discours des autorités qui affirment que ces scanners faciaux sont nécessaires pour prévenir la criminalité et utiles pour protéger la santé publique pendant la pandémie.</p><p class="article__paragraph">Avec cette performance, Deng Yufeng estime ne pas remettre en question les entreprises derrière le système de surveillance, mais le gouvernement et les dynamiques du pouvoir. <em>« Elles imprègnent notre espace public. Lorsque nous nous déplaçons dans un espace urbain – par exemple, lorsque nous traversons une rue – notre corps est discipliné et contrôlé par des panneaux et des feux de circulation </em>», explique-t-il à <em>Sixth Tone.</em> Avec <em>Un mouvement disparu</em>, il s’agit de renverser la situation : plutôt que d’agir comme les caméras le veulent, pourquoi ne pas disparaître ? <em>« C’est héroïque – et stoïcien – parce que c’est agir contre l’ensemble du système »,</em> assure l’artiste.</p><h2 class="article__sub-title">Un combat inégal</h2><p class="article__paragraph">Deng Yufeng n’est pas le seul à se préoccuper des questions de vie privée en Chine, rapporte le <em>SCMP</em>. Au mois de mars, <a href="https://www.scmp.com/abacus/tech/article/3104512/facial-recognition-data-leaks-rampant-across-china-covid-19-pushes">Lao Dongyan</a>, une professeure à l’université Tsinghua de Pékin, s’est battue contre l’installation de caméras dotées de technologie de reconnaissance faciale.</p><p class="article__paragraph">En novembre de 2019, <a href="https://www.scmp.com/tech/big-tech/article/3110981/chinese-court-orders-wildlife-park-delete-facial-recognition-data">Guo Bing</a>, un professeur de droit de l’université de Zhejiang a poursuivi un parc animalier de Hangzhou, qui avait installé une technologie de reconnaissance faciale à son entrée. Le professeur affirmait que cette technologie pouvait être utilisée pour <em>« voler son identité ».</em> Fin novembre, un tribunal a ordonné au parc animalier de supprimer les données de reconnaissance faciale du professeur et l’a condamné à lui verser 1 038 yuans (131 euros). Une première en Chine.</p><p class="article__paragraph">Au quotidien, Deng Yufeng cherche presque inconsciemment à repérer les caméras de surveillance et les évite. Et lorsqu’il s’inscrit sur les réseaux sociaux, il utilise intentionnellement des données personnelles incorrectes. <em>« Mais je sais que ces mesures n’ont qu’un effet très limité. »</em> Après cette performance, il lui est impossible de savoir s’il a réussi à <em>« disparaître »</em>, car le public n’a aucun moyen de vérifier les images enregistrées par les caméras de surveillance. Il reconnaît néanmoins que le combat est inégal et qu’il est presque impossible d’être complètement invisible. <em>« Le mieux que l’on puisse faire est d’éviter de se faire scanner le visage. »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/12/08/a-pekin-la-choregraphie-d-un-artiste-pour-esquiver-la-surveillance_6062649_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 17:37:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[« Syndrome de La Havane » : l’origine du mal mystérieux se déplace de Cuba à Moscou]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2015/08/14/207/0/4257/2831/688/0/60/0/c06944d_5111595-01-06.jpg" alt="La réouverture de l’ambassade des Etats-Unis à La Havane, le 14 août 2015." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2015/08/14/207/0/4257/2831/688/0/60/0/c06944d_5111595-01-06.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">La réouverture de l’ambassade des Etats-Unis à La Havane, le 14 août 2015. PABLO MARTINEZ MONSIVAIS / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">C’est la fin d’un mystère. Enfin, presque. Entre 2016 et 2018, une cinquantaine de diplomates américains et canadiens, ainsi que des membres de leurs familles, <a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/09/29/washington-rappelle-ses-diplomates-a-cuba-ou-un-mysterieux-mal-touche-son-ambassade_5193798_3222.html">ont souffert de fortes migraines, d’acouphènes, de troubles visuels et cognitifs ou de problèmes d’équilibre et de vertiges</a>.</p><p class="article__paragraph">Washington et Ottawa n’ont pas réussi à établir la cause de ces troubles, et l’administration Trump a refusé de s’exprimer publiquement sur le sujet. Chacun y est allé de son interprétation pour expliquer ces phénomènes désormais connus sous le nom de « syndrome de La Havane » : certains y ont vu des attaques acoustiques, d’autres ont évoqué le bruit de <a href="https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2019/01/08/derriere-les-attaques-acoustiques-contre-les-diplomates-americains-a-cuba-le-chant-du-grillon_5406208_4832693.html">grillons</a> qui s’accouplent bruyamment, ou l’effet d’un <a href="https://www.reuters.com/article/us-cuba-diplomats-canada/neurotoxin-may-have-caused-diplomats-illness-in-cuba-study-idUSKBN1W42QU">pesticide</a> utilisé pour détruire les moustiques porteurs du <a href="https://www.lemonde.fr/sante/article/2016/02/02/zika-dix-questions-sur-un-virus-qui-inquiete_4857580_1651302.html">virus Zika</a>, quand ce n’était pas un trouble psychologique résultant de la vie dans l’environnement stressant des ambassades installées dans des pays hostiles.</p><p class="article__paragraph">Sollicitée par le département d’Etat, l’Académie des sciences de Washington a rendu en août <a href="https://beta.documentcloud.org/documents/20420427-diplomats-report">un rapport</a> sur ce « syndrome » qui a été rendu public le 5 décembre, à la demande de sénateurs américains. Sur près de 80 pages, un comité réunissant dix-neuf spécialistes couvrant les champs de l’audition, des maladies neurologiques, etc., explique que <em>« l’énergie de radiofréquence dirigée et pulsée »</em> est <em>« le mécanisme le plus plausible »</em> pour expliquer ce phénomène.</p><h2 class="article__sub-title">Vertige postural-perceptif persistant</h2><p class="article__paragraph">Au moins 45 de ces personnes alors présentes à Cuba ont été évaluées ou traitées au Center for Brain Injury and Repair de l’université de Pennsylvanie, où les médecins ont estimé qu’ils avaient subi une lésion cérébrale de source externe. A partir de leurs récits – sensation de douleur, de pression, de bruit venant d’une direction particulière ou se produisant à un endroit précis d’une pièce –, les chercheurs ont déterminé qu’il ne pouvait s’agir que de sources d’énergie à micro-ondes courantes, comme celles émanant d’un téléphone portable.</p><p class="article__paragraph">Mais, parce qu’il y a un « mais », l’Académie des sciences souligne qu’il y a des failles dans son rapport. Les patients ne signalent pas tous les mêmes symptômes et la variabilité des incidents laisse ouverte l’influence possible de <em>« facteurs psychologiques et sociaux »</em>. Elle ajoute que certaines victimes pourraient être atteintes d’un état appelé <em>« vertige postural-perceptif persistant »</em>, un trouble du système nerveux qui produit une sensation prolongée de vertige ou d’instabilité.</p><p class="article__paragraph">Enfin, l’Académie souligne qu’elle a été dans l’impossibilité d’accéder à tous les travaux de recherche, certains étant classifiés. Ce que ne manque pas de souligner le département d’Etat dans un communiqué publié après la publication du document rappelant que divers facteurs <em>« limitent la portée du rapport »</em>, sans toutefois <em>« en diminuer la valeur »</em>.</p><h2 class="article__sub-title">Du syndrome de La Havane à la main de Moscou</h2><p class="article__paragraph">Surtout, ce « syndrome de La Havane » a aussi été observé ces dernières années par des diplomates américains et des agents de la CIA à… Canton et Moscou, rapportent le <em><a href="https://www.nytimes.com/2020/10/19/us/politics/diplomat-attacks-havana-syndrome.html?action=click&amp;module=RelatedLinks&amp;pgtype=Article">New York Times</a></em> et le magazine <em><a href="https://www.gq.com/story/cia-investigation-and-russian-microwave-attacks">GQ</a></em>. Des officiers de la CIA en déplacement pour discuter de la lutte contre les opérations secrètes de la Russie avec les services de renseignement étrangers, ont rapporté les mêmes phénomènes. Et, graduellement, les soupçons se sont déplacés de La Havane vers Moscou.</p><p class="article__paragraph">Si l’Académie des sciences ne désigne pas de responsable, il faut lire ses conclusions entre les lignes. Elle rappelle que <em>« d’importantes recherches »</em> ont été menées sur la technologie des radiofréquences pulsées <em>« en Russie/URSS »</em>, et que des <em>« militaires des pays communistes ont été exposés à des radiations de micro-ondes »</em>.</p><p class="article__paragraph">Ainsi, en 1979, le <em><a href="https://www.nytimes.com/1979/05/30/archives/soviet-halts-microwaves-aimed-at-us-embassy.html">New York Times</a></em> rapportait que l’URSS avait cessé de <em>« bombarder »</em> l’ambassade américaine à Moscou de micro-ondes, afin de faciliter une rencontre entre le président américain Jimmy Carter et Leonid Brejnev, le secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique. Dans un document datant de 2014, cité par <a href="https://www.nytimes.com/2020/10/19/us/politics/diplomat-attacks-havana-syndrome.html?action=click&amp;module=RelatedLinks&amp;pgtype=Article">le quotidien</a> new-yorkais, la <a href="https://int.nyt.com/data/documenthelper/202-nsastatement/665ff9158ffa09ed1e91/optimized/full.pdf#page=1">NSA</a> évoquait une arme micro-ondes utilisée par un <em>« pays hostile »</em>, qui ne serait autre que… la Russie.</p><p class="article__paragraph">Fidèle à sa tradition, Moscou a nié toute implication. Fin août 2017, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des affaires étrangères, qualifiait toute insinuation concernant le rôle de Moscou d’<em><a href="https://www.mid.ru/en/kommentarii_predstaviteley/-/asset_publisher/7gVir6Z7EIX8/content/id/2850802#25">« absolument absurde et bizarre »</a></em>. Un an plus tard, le porte-parole de l’ambassade de Russie à Washington parlait <em><a href="https://twitter.com/RusEmbUSApress/status/1033186801161261057">« d’hystérie collective »</a></em>.</p><p class="article__paragraph">Mais si en représailles au « syndrome de La Havane » l’administration Trump a <a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2017/10/03/attaques-mysterieuses-a-cuba-washington-expulse-quinze-diplomates-cubains_5195664_3222.html">expulsé des diplomates cubains</a>, histoire de détricoter un peu plus l’héritage diplomatique de Barack Obama, elle n’a pas réagi lorsque des diplomates et des agents de renseignement ont été pris pour cible à Canton ou à Moscou. Pour ne pas entraver les négociations commerciales avec la Chine ou remettre la question de l’ingérence russe qui reste attachée à la présidence Trump, suppute le <em>New York Times</em>.</p><p class="article__paragraph">Si tous les regards sont braqués vers Moscou, Pékin n’est pas en reste. Lors d’affrontements avec des soldats indiens, l’armée chinoise aurait utilisé des armes à micro-ondes pour repousser ses adversaires, rapporte le <em><a href="https://www.thetimes.co.uk/article/china-turns-ladakh-battleground-with-india-into-a-microwave-oven-6tlwtrtzz">Times</a></em>. Mark Lenzi, un agent de sécurité diplomatique atteint du « syndrome de La Havane » alors qu’il travaillait à Canton au début de 2018, critique le comportement du département d’Etat, qui a nié et dissimulé <em>« des faits scientifiques et médicaux gênants »</em>. Lui et d’autres victimes se demandent désormais quelles suites le président élu Joe Biden et son candidat au poste de secrétaire d’Etat, Antony Blinken, donneront à ce rapport dans lequel l’Académie des sciences s’interroge sur la capacité du gouvernement américain à détecter et à contrer ces attaques.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/12/08/syndrome-de-la-havane-l-origine-du-mal-mysterieux-se-deplace-de-cuba-a-moscou_6062550_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 08 Dec 2020 00:18:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Une fin de conte de fées parfaite » : comment deux loutres britanniques ont trouvé l’amour sur Internet]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/12/07/0/0/5123/3415/688/0/60/0/f7e4088_583976288-pns-769028874.jpg" alt="Un couple de loutres cendrées dans le zoo de Vienne, en Autriche." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/12/07/0/0/5123/3415/688/0/60/0/f7e4088_583976288-pns-769028874.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un couple de loutres cendrées dans le zoo de Vienne, en Autriche. Christian Handl/ImageBroker/Photononstop</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Veuf, Harris a retrouvé l’amour et le goût de vivre grâce à Internet. Jusqu’ici, rien de très original. A cela près qu’Harris est une loutre cendrée, aussi appelée loutre asiatique ou loutre naine d’Asie. De la taille d’un gros chat (mais cent fois plus mignonne, selon certaines sources) cette espèce se distingue par son épais pelage gris brun sur la majeure partie du corps, et crème au niveau du museau et du cou. Cette excellente nageuse, menacée et considérée comme vulnérable, vit en eau douce, dans des rivières.</p><p class="article__paragraph">Harris, lui, ne vit pas en rivière mais en captivité. Il était l’un des pensionnaires du <a href="https://sealsanctuary.sealifetrust.org/en/">Cornish Seal Sanctuary</a>, un sanctuaire animalier situé dans le sud-ouest de l’Angleterre. Depuis la mort de sa compagne, Abricot, le petit mustélidé était <em>« complètement perdu »</em>, selon ses soigneurs, <a href="https://www.thecut.com/2020/12/lonely-otters-in-england-find-love-through-online-dating.html">cités par <em>The Cut</em></a>. Dans la nature, les loutres naines d’Asie vivent en groupes familiaux généralement composés d’une douzaine d’individus. Surtout, elles vivent en couple et sont monogames tout au long de leur vie.</p><p class="article__paragraph">Non, décidément, la vie de célibataire n’était pas faite pour le pauvre Harris. Afin de remédier à cette triste situation, ses gardiens ont créé exprès pour lui un site de rencontres baptisé Fishing for Love (la pêche à l’amour). <em>« Je suis très attentif, j’aime les câlins et je sais très bien écouter »</em>, <a href="https://www.sealsanctuary.co.uk/html/pressrelease20200928css.html">pouvait-on lire sur le profil d’Harris</a>, dûment accompagné d’une photographie avantageuse (nonchalamment allongé sur un rocher et le regard braqué sur l’objectif).</p><p class="article__paragraph">Et ça a marché ! Très vite, Harris a « matché » avec Pumpkin (citrouille, en anglais), une femelle qui se sentait, elle aussi, très seule depuis la mort de son compagnon, prénommé Eric. Seul hic : la potentielle dulcinée vivait au <a href="https://www.visitsealife.com/scarborough/">Sea Life Scarborough</a>, un aquarium situé sur la côte Est de l’Angleterre, à plus de 600 kilomètres.</p><p class="article__paragraph">A l’impossible nul n’est tenu. Pour rendre un premier « date » possible, l’équipe du Cornish Seal Sanctuary a organisé le voyage d’Harris. Car chez les loutres cendrées, c’est la femelle qui domine. C’est elle, par exemple, qui délimite son espace au moyen de glandes situées à la base de sa queue. Pour que ça colle entre ces deux-là, le mieux était donc d’introduire Harris sur le territoire de Pumpkin. Ensuite, il ne restait plus qu’à croiser les doigts.</p><p class="article__paragraph">Les soigneurs savaient qu’ils prenaient un risque mais – miracle ! – les petits mammifères se sont tout de suite plu. Entre les deux loutres, <em>« tout baigne »</em>, s’amuse le Sea Life Scarborough. Harris et Pumpkin ont passé leurs premiers rancards à trottiner dans l’enclos en restant constamment côte à côte. L’un de leurs rendez-vous s’est même conclu par un très romantique baiser sur la truffe, <a href="https://www.bbc.com/news/uk-england-cornwall-55160644">comme on peut le voir sur cette photo</a>.</p><p class="article__paragraph">Puisque les petites bêtes sont devenues inséparables, Harris a emménagé chez son amoureuse. <em>« Après une période extrêmement triste pour Pumpkin et l’équipe de soigneurs de Scarborough, nous sommes ravis d’annoncer que non seulement Pumpkin est de nouveau heureuse, mais aussi qu’Harris s’est très bien installé et qu’il fait déjà partie de la famille »</em>, a assuré le conservateur du centre, Todd German.</p><p class="article__paragraph">Ce <em>happy end</em>, digne des meilleures comédies romantiques britanniques, laisse toutefois un goût un peu amer aux employés du Cornish Seal Sanctuary qui ont dû se séparer de leur loutre. <em>« Il nous manque beaucoup</em>, a reconnu sa conservatrice, Tamara Cooper. <em>Mais après tout ce que Pumpkin et Harris ont traversé en perdant leur partenaire, c’est une fin de conte de fées parfaite. »</em> La suite dira s’ils vécurent heureux et eurent beaucoup de loutrons.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/12/07/une-fin-de-conte-de-fees-parfaite-comment-deux-loutres-britanniques-ont-trouve-l-amour-sur-internet_6062508_4832693.html</link>
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      <pubDate>Mon, 07 Dec 2020 16:01:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Digga D, le rappeur qui fait valider ses sons et vidéos par la police britannique]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/12/04/0/0/640/640/688/0/60/0/5179536_662716325-9dfb93166096d25f4629c32c5c19a4ae-640x640x1.jpg" alt="Le rappeur britannique Digga D." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/12/04/0/0/640/640/688/0/60/0/5179536_662716325-9dfb93166096d25f4629c32c5c19a4ae-640x640x1.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le rappeur britannique Digga D. CAROLINE INTERNATIONAL</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il n’a que 20 ans, mais il doit déjà se réinventer, se reconstruire. Et pas n’importe comment : sous le regard de Scotland Yard. Le rappeur Digga D – de son vrai nom Rhys Herbert – doit soumettre avant diffusion ses « sons » et vidéos à la police, qui vérifie qu’ils n’incitent pas à la violence.</p><p class="article__paragraph">Cette situation particulière trouve son origine <a href="https://www.bbc.com/news/uk-england-london-44442133">dans l’arrestation de Digga D en novembre 2017, puis sa condamnation en 2018</a>. Les 1011, un groupe de Ladbroke Grove (quartier de Londres) dont il faisait partie, étaient sur le point d’attaquer avec machettes et couteaux de combat les 12 World, un groupe de Shepherd’s Bush (un autre quartier). En cause : la diffusion d’une vidéo sur YouTube dans laquelle les membres du 12 World s’en prenaient – verbalement – à la grand-mère d’un des membres des 1011.</p><h2 class="article__sub-title">Hécatombe d’adolescents poignardés</h2><p class="article__paragraph">Digga D est l’un des rappeurs les plus connus de la scène « drill » londonienne. La « drill » est un sous-genre du hip hop, né à Chicago au début des années 2010. Ses thèmes principaux – la violence, les trafics divers, la guerre de gangs – sont déclinés à longueur de clips où les artistes apparaissent le plus souvent masqués et armés. La « drill music » est au cœur d’une hécatombe d’adolescents poignardés et, depuis 2015, la police de Londres surveille les vidéos qui incitent à la violence et n’hésite pas à <a href="https://www.bbc.com/news/newsbeat-44281586">demander à YouTube de les retirer</a>.</p><p class="article__paragraph">Un documentaire, intitulé <em><a href="https://www.bbc.co.uk/bbcthree/article/144838d0-6be6-4fdb-a919-0a38811741c3">Defending Digga D</a></em> et diffusé par la chaîne de télévision BBC 3, a suivi Digga D après sa libération au mois de mai. Interdit de séjour dans son quartier, porteur d’un bracelet électronique, il a été assigné à résidence à Norwich, à près de 200 km de Londres, sa ville natale. Il doit purger une peine de cinq ans de mise à l’épreuve.</p><h2 class="article__sub-title">Textes et images validés avant leur diffusion</h2><p class="article__paragraph">Mais ce n’est pas tout. Digga D fait l’objet d’une ordonnance de comportement criminel (<em>Criminal Behaviour Order,</em> ou CBO). Aux termes de ce jugement, il n’est pas autorisé à diffuser ses « sons » ou ses vidéos sans en informer la police et le service de contrôle judiciaire. Si ses textes ou ses vidéos incitent ou encouragent à la violence, il peut être renvoyé en prison. De même, il lui est interdit d’entrer en contact avec une vingtaine de personnes, amis d’école, de son quartier ou membres de son ancien gang.</p><p class="article__paragraph">En 2018, le surintendant Kevin Southworth expliquait la démarche des autorités vis-à-vis de Digga D : <em>« Lorsqu’un genre musical est utilisé pour provoquer, inciter ou conduire à des actes de violence, cela devient du ressort de la police. Nous ne sommes pas là pour tuer l’expression artistique de quiconque, mais nous sommes là pour empêcher que des gens soient tués. »</em></p><p class="article__paragraph">Cecilia Goodwin, l’avocate de l’artiste est réaliste sur les états de service de son client, dont les démêlés avec la police ont commencé lorsqu’il avait 8 ans. <em>« Je pense que</em> [Digga] <em>était un criminel, qu’il a pris certaines décisions dans son passé, qui étaient vraiment mauvaises. Mais cela ne veut pas dire qu’il est perdu pour la société. »</em></p><p class="article__paragraph">Le rappeur explique qu’il a appris à vivre avec cette contrainte. <em>« Ça a l’air dur, mais je m’y suis habitué maintenant »</em>, explique-t-il. Avant de sortir un son, Cecilia Goodwin doit passer les paroles au crible. Par exemple, pour le morceau intitulé <em>Woi,</em> publié en juillet 2020 et vu plus de 13 millions de fois sur YouTube, il a dû lui expliquer chacune des références du texte. Notamment le passage <em>« Jump out, try put him in a coffin »</em> (<em>« Bondis, essaie de le mettre dans un cercueil »</em>) . <em>« C’est une figure de danse, c’est sur YouTube, <a href="https://knowyourmeme.com/memes/put-em-in-a-coffin">c’est un mème</a>, c’est sur TikTok »,</em> explique Digga.</p><p class="article__paragraph">Dans un moment d’introspection, Digga D admet regretter certaines choses. Mais il est aussi conscient qu’il ne peut pas revenir en arrière et changer le cours de l’histoire. <em>« J’ai appris de mes erreurs. Je ne serais pas où je suis aujourd’hui sans elles, mais je ne suis pas quelqu’un qui aime vivre dans le passé. J’aime aller de l’avant et je pense beaucoup à l’avenir. »</em></p><p class="article__paragraph">Son avocate n’a pas perdu confiance : <em>« J’espère vraiment qu’il va abandonner le style de vie qu’il avait avant, qu’il vivra sans violence, sans menace de violence, sans police et sans probation. Je pense vraiment qu’il peut y arriver. »</em></p><p class="article__paragraph">Il se sait aussi constamment surveillé. Au mois de juin, il a participé à un rassemblement en soutien au mouvement Black Lives Matter. Il a posté une photo de lui avec une pancarte rappelant que « les vies noires comptent ». Il a tweeté que la police et les services de probation se sont rappelés à lui, en durcissant les conditions de sa mise à l’épreuve.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://twitter.com/FinesseForeva/status/1272190362468179973">Certains soutiens du rappeur</a> ont noté une différence de traitement avec Paul Golding, le chef de file du parti nationaliste Britain First. Ce dernier, malgré ses <a href="https://www.theguardian.com/politics/2020/may/20/britain-first-leader-paul-golding-convicted-under-terrorism-law">condamnations</a>, a pu apparaître sans être inquiété, lors d’une manifestation consécutive à la mort de George Floyd, où <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/06/13/black-lives-matter-le-monde-du-foot-rend-hommage-a-george-floyd-londres-se-prepare-a-des-manifestations-sous-tension_6042759_3210.html">antiracistes et militants d’extrême droite se sont affrontés.</a></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/12/04/digga-d-le-rappeur-qui-fait-valider-ses-sons-et-videos-par-la-police-britannique_6062226_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/12/04/digga-d-le-rappeur-qui-fait-valider-ses-sons-et-videos-par-la-police-britannique_6062226_4832693.html</guid>
      <pubDate>Fri, 04 Dec 2020 17:42:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[L’éléphant Happy va-t-il être reconnu comme une personne ?]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/11/19/0/0/4507/2919/688/0/60/0/1ca8aa7_523989664-ap-20051025597119.jpg" alt="L’éléphant Happy dans son enclos du zoo du Bronx, à New York, en octobre 2018." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/11/19/0/0/4507/2919/688/0/60/0/1ca8aa7_523989664-ap-20051025597119.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">L’éléphant Happy dans son enclos du zoo du Bronx, à New York, en octobre 2018. Bebeto Matthews / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Depuis près de quinze ans, Happy, un éléphant âgé aujourd’hui de 49 ans, vit dans une profonde solitude dans un enclos verdoyant du zoo du Bronx. Loin de la Thaïlande où il aurait été capturé bébé au début des années 1970, avec six autres éléphanteaux, comme le rapportait <a href="https://www.nytimes.com/2015/06/28/nyregion/the-bronx-zoos-loneliest-elephant.html">le <em>New York Times</em></a> il y a quelques années<em>.</em></p><p class="article__paragraph">La situation difficile de Happy a attiré l’attention d’associations pour la défense des droits des animaux, dont le Nonhuman Rights Project (<a href="https://www.nonhumanrights.org/">NhRP</a>). En octobre 2018, l’organisation a poursuivi le zoo du Bronx, pour demander qu’il soit transféré dans un sanctuaire d’éléphants dans le Tennessee et contester sa détention illégale, tout en exigeant la reconnaissance de la personnalité juridique de l’animal et de son droit à la liberté corporelle.</p><p class="article__paragraph">Happy est ainsi entré en février dans l’histoire en étant l’un des premiers animaux à avoir une audience d’habeas corpus – une procédure dont l’enjeu est de définir si l’animal peut être légalement reconnu comme une personne, et non comme un bien. Pour cela, le NhRP soutient que Happy est un être très intelligent et <a href="https://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=6412620&amp;t=1605805180509">conscient de lui-même</a>. Après <a href="https://gothamist.com/news/judge-rules-bronx-zoos-happy-elephant-not-unlawfully-imprisoned">une première décision d’un juge</a> estimant que l’éléphant n’était pas <em>« détenu illégalement »,</em> un nouveau jugement doit intervenir en appel, jeudi 19 novembre.</p><h2 class="article__sub-title">« Un être très intelligent »</h2><p class="article__paragraph">Le zoo a assuré à plusieurs reprises ces dernières années que Happy avait un contact <em>« tactile et auditif »</em> avec les autres éléphants du zoo. Ce que l’association NhRP juge insuffisant. <em>« Nos experts disent que, comme tous les éléphants, Happy est un être autonome qui a évolué pour marcher 20 kilomètres ou plus par jour en tant que membre d’un grand groupe social multigénérationnel</em>, expliquait Steven M. Wise, fondateur et président du NhRP, dans un communiqué en 2015. <em>L’intégralité de l’espace dédié aux éléphants dans le zoo équivaut à un pour cent de l’espace qu’il parcourait en une seule journée dans la nature.</em> »</p><p class="article__paragraph">Happy n’a pas toujours vécu seul. Pendant près de 25 ans, il a grandi avec Grumpy. Le zoo avait d’autres éléphants, tous gardés deux par deux. En juillet 2002, Happy et Grumpy furent placés dans une enceinte avec un autre couple, Maxine et Patty. Patty et Maxine ont chargé Grumpy, qui est tombé et a dû être euthanasié suite à ses blessures. Happy fut alors plongé dans un long isolement.</p><h2 class="article__sub-title">Un précédent pour les autres animaux</h2><p class="article__paragraph">Plus que le bien-être de Happy, la question ouvre un débat plus large : est-il juste de garder en captivité des animaux intelligents et complexes comme les éléphants ?</p><p class="article__paragraph">Outre la situation de Happy, l’idée est aussi de créer un précédent judiciaire pour d’autres animaux. Car la défense de l’éléphant n’est pas le premier contact du NhRP avec les tribunaux. Parmi ses clients, on retrouve également trois éléphants du Connecticut et quatre chimpanzés. Jusqu’ici, les tentatives de Steven M. Wise de libérer trois chimpanzés et trois autres éléphants ont échoué. Mais le cas de Happy pourrait changer tout cela.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/11/19/l-elephant-happy-va-t-il-etre-reconnu-comme-une-personne_6060399_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 19 Nov 2020 18:20:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[En Nouvelle-Zélande, le kiwi au centre d’une grossière fraude électorale]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/11/11/0/0/1237/1227/688/0/60/0/3ec3631_135079272-apteryx-owenii-0.jpg" alt="Le kiwi d’Owen est la plus petite espèce de kiwi. Il mesure environ 25 cm de haut et pèse environ 1,3 kg." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/11/11/0/0/1237/1227/688/0/60/0/3ec3631_135079272-apteryx-owenii-0.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le kiwi d’Owen est la plus petite espèce de kiwi. Il mesure environ 25 cm de haut et pèse environ 1,3 kg. G.D. Rowley</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il est dodu et duveteux. Il fait la taille d’un petit poulet, a des ailes atrophiées et un long bec. Doté d’un plumage gris-brun, il a un peu la forme d’une poire. Surtout, il est à l’origine d’une fraude électorale massive. Il s’agit du <a href="https://www.birdoftheyear.org.nz/little-spotted-kiwi">kiwi pukupuku</a>, également appelé kiwi d’Owen, la plus petite <a href="https://www.saiga-voyage-nature.fr/fr/blog/infographie-sur-le-kiwi-un-oiseau-exceptionnel-a-plus-d-un-titre">des cinq espèces</a> de kiwis répertoriées en Nouvelle-Zélande.</p><p class="article__paragraph">Comme tous les ans depuis 2005, les habitants de cet archipel du Pacifique sont invités à voter par Internet, du 2 au 15 novembre, pour élire l’« oiseau de l’année ». Pour <a href="https://www.forestandbird.org.nz/">Forest &amp; Bird</a>, l’association environnementale à l’origine de ce concours, l’objectif est de sensibiliser les Néo-Zélandais à la protection de la faune et de la biodiversité : le pays compte plus de deux cents espèces d’oiseaux indigènes, dont beaucoup sont menacées ou en voie d’extinction.</p><p class="article__paragraph">Le mode de scrutin est le même que celui utilisé pour les élections locales : chaque votant peut choisir jusqu’à cinq espèces, classées par ordre de préférence. L’année dernière, <a href="https://www.google.com/search?q=manchot+antipode&amp;rlz=1C1GCEA_enFR906FR907&amp;source=lnms&amp;tbm=isch&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwju-PbjqfrsAhURnVwKHcwaAOUQ_AUoAXoECB8QAw&amp;biw=1920&amp;bih=937">le manchot antipode</a>, aussi connu sous le nom de manchot à œil jaune, était arrivé en tête des suffrages. En 2018, c’est <a href="https://www.lemonde.fr/planete/video/2018/10/15/un-pigeon-qui-s-enivre-elu-oiseau-de-l-annee-en-nouvelle-zelande_5369786_3244.html">le kereru</a>, un pigeon sauvage connu pour s’enivrer en avalant des fruits fermentés, qui avait gagné l’élection.</p><p class="article__paragraph">Lundi matin, <a href="https://www.google.com/search?q=toroa&amp;rlz=1C1GCEA_enFR906FR907&amp;source=lnms&amp;tbm=isch&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwi62piTr_rsAhWIZMAKHQvAA9cQ_AUoAXoECBoQAw&amp;biw=1920&amp;bih=937">le toroa</a> (l’albatros des antipodes) et <a href="https://www.google.com/search?q=kakapo&amp;rlz=1C1GCEA_enFR906FR907&amp;source=lnms&amp;tbm=isch&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwjbvtmcr_rsAhWFlFwKHWq3BpQQ_AUoAnoECB4QBA&amp;biw=1920&amp;bih=937">le kakapo</a> (un perroquet nocturne incapable de voler) étaient bien partis pour l’emporter, <a href="https://www.nytimes.com/2020/11/10/world/asia/new-zealand-bird-of-the-year-2020.html">rapporte le <em>New York Times</em></a>. Mais dans la nuit du lundi 9 au mardi 10 novembre, la machine électorale s’est enrayée : plus de 1 500 bulletins frauduleux ont été enregistrés en faveur du kiwi. Ces voix – qui ont été retirées depuis – ont brièvement propulsé le volatile emblématique du pays en première position.</p><p class="article__paragraph">C’est Yvan Richard, un « data scientist » du cabinet de conseil Dragonfly, qui a découvert le pot aux roses. Son entreprise, basée à Wellington, s’était portée volontaire pour surveiller le déroulement du vote. En réalité, la tricherie n’a pas été difficile à repérer car les fraudeurs n’ont pas été très discrets. <em>« Quand un oiseau obtient un très grand nombre de voix au milieu de la nuit, et qu’il passe du milieu du peloton au sommet du classement, c’est le signe qu’il se passe quelque chose »</em>, a expliqué Edward Abraham, le fondateur de Dragonfly.</p><h2 class="article__sub-title">Un emblème national</h2><p class="article__paragraph"><em>« C’est un peu décevant que des gens décident de tester leurs petites arnaques technologiques sur l’“oiseau de l’année” »</em>, a regretté Laura Keown, la porte-parole du concours, <a href="https://www.rnz.co.nz/national/programmes/afternoons/audio/2018772148/voter-fraud-in-bird-of-the-year">sur Radio New Zealand</a>. Personne n’a revendiqué ce « hack » électoral, et on ignore qui pourrait en être à l’origine. <em>« Je ne sais pas quel genre de personne pourrait faire ça, mais je me plais à penser qu’il s’agit de quelqu’un qui aime vraiment les oiseaux indigènes »</em>, a ajouté M<sup>me </sup>Keown. </p><p class="article__paragraph"><em>« En tant qu’emblème national d’Aotearoa</em> [le nom maori pour désigner la Nouvelle-Zélande]<em>, le kiwi d’Owen incarne les valeurs de démocratie, d’équité, d’égalité et d’honnêteté des Néo-Zélandais. Nous ne tolérons pas les votes illégaux en faveur de notre mignon petit oiseau »</em>, a également mis en garde la porte-parole du concours.</p><p class="article__paragraph">Le kiwi d’Owen était autrefois le plus commun des kiwis. Aujourd’hui, il a presque totalement disparu des îles principales de Nouvelle-Zélande. Les 1 900 spécimens restants vivent sur l’île de Kapiti, un sanctuaire pour oiseaux situé au sud-ouest de l’île du Nord. Ils y sont à l’abri de leurs nombreux prédateurs : chats, cochons, rats, hermines, opossums… Le kiwi pukupuku est désormais classé « quasi-menacé » par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).</p><p class="article__paragraph">Cette tentative de fraude n’est pas la première dans l’histoire de l’« oiseau de l’année ». En 2015, deux adolescentes avaient créé plus de deux cents fausses adresses mail pour essayer de faire gagner <a href="https://www.google.com/search?q=Glaucope+cendr%C3%A9&amp;rlz=1C1GCEA_enFR906FR907&amp;source=lnms&amp;tbm=isch&amp;sa=X&amp;ved=2ahUKEwj99euo0vrsAhWDDmMBHah7DTUQ_AUoAnoECBgQBA&amp;biw=1920&amp;bih=937">le kokako</a> (ou glaucope cendré), connu pour son chant extrêmement puissant et varié. Et en 2017, l’aigrette à face blanche, un petit héron au plumage clair, avait temporairement bénéficié des votes de bots informatiques.</p><h2 class="article__sub-title">« ARRÊTEZ DE COMPTER »</h2><p class="article__paragraph">Cette année, un autre micmac électoral pourrait, peut-être, s’ajouter au « kiwi Gate ». D’après les derniers résultats, le toroa et le kakapo restent au coude-à-coude. Mais, <a href="https://twitter.com/VoteToroa/status/1324471811665350657">sur Twitter</a>, le compte VoteToroa, qui soutient l’albatros des antipodes, a affirmé dès le 5 novembre que l’élection était jouée, et que son candidat l’avait emporté haut la main :</p><p class="article__cite">« ARRÊTEZ DE COMPTER. @VoteToroa a officiellement gagné l’#OiseauDeLAnnée2020. Plus besoin de compter, l’affaire est dans le sac. »</p><p class="article__paragraph">Accusé par un autre utilisateur d’avoir bourré les urnes, <a href="https://twitter.com/VoteToroa/status/1325595635278467072?s=20">VoteToroa a répondu</a> :</p><p class="article__cite">« Les toroas sont connus pour voler à travers le monde et nous avons beaucoup de voix en provenance du Chili et d’autres endroits de l’océan Pacifique. Ce sont des bulletins de vote TOTALEMENT légaux et VALIDES. »</p><p class="article__paragraph">Ça ne vous rappelle personne, <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1324032541544927233?s=20">cet entêtement</a> et <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1324353932022480896?s=20">cette mauvaise foi</a> ?</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/11/11/en-nouvelle-zelande-le-kiwi-au-centre-d-une-grossiere-fraude-electorale_6059372_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 11 Nov 2020 16:45:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[En une phrase, le boys band BTS provoque la colère des internautes chinois]]></title>
      <description><![CDATA[<figure>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/30/0/0/3319/2213/688/0/60/0/79795ae_ba6f8ff7b7494f3aae1c2e180b55934f-ba6f8ff7b7494f3aae1c2e180b55934f-0.jpg" alt="image" /></p>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Cette controverse intervient avant l’entrée en Bourse, à Séoul, le 15 octobre, de Big Hit Entertainment, le label musical de BTS. AHN YOUNG-JOON/AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Il n’est pas facile de faire rimer K-pop, histoire et diplomatie. C’est ce que viennent de découvrir les rois de la pop sud-coréenne (K-pop) BTS. Le septuor – dont le nom est l’abréviation de Bangtan Sonyeondan, qui signifie <em>« boy-scout résistant aux balles » –</em> s’est vu remettre, le 7 octobre, le prix General James A. Van Fleet, et a réussi à se mettre à dos une partie de ses fans chinois.</p><p class="article__paragraph">Cette récompense, qui porte le nom du général commandant les forces américaines et de l’ONU entre 1951 et 1953 en Corée, a été remise au groupe par la <a href="https://www.koreasociety.org/">Korea Society</a>, qui fait la promotion des relations américano-coréennes. Elle récompense chaque année des personnalités sud-coréennes ou américaines contribuant au rapprochement entre les deux pays. En août, BTS est devenu le premier groupe 100 % sud-coréen à arriver en tête des hits aux Etats-Unis, avec leur nouveau tube, <em>Dynamite</em>.</p><p class="article__paragraph">Durant un discours préenregistré en anglais, RM, le chanteur de BTS a rendu hommage à <em>« l’histoire douloureuse que nos deux nations partagent et aux sacrifices d’innombrables hommes et femmes »</em>.</p><p class="article__paragraph">Cette allusion à la guerre de Corée, qui a débuté il y a soixante-dix ans, a mis le feu aux poudres : des internautes chinois reprochent aux stars sud-coréennes d’oublier dans leur hommage les milliers de combattants chinois qui ont été tués au cours des trois années du conflit.</p><h2 class="article__sub-title">Tenir compte des sentiments de tous les fans</h2><p class="article__paragraph">Selon la propagande du Parti communiste chinois (PCC), ce sont les Etats-Unis qui sont responsables de la guerre de Corée (1950-1953), pas le leader nord-coréen Kim Il-sung qui a envahi la Corée du Sud, le 25 juin 1950. Le conflit s’est achevé sur un armistice plutôt qu’un traité de paix, et son bilan est loin de faire le consensus, notamment celui concernant le <a href="http://www.china.org.cn/china/2010-06/28/content_20365659.htm">nombre des victimes du côté chinois</a>, dont les troupes ont combattu aux côtés des forces nord-coréennes, contre celles de Corée du Sud, des Etats-Unis et de l’ONU.</p><p class="article__paragraph">Certains fans chinois de BTS se sont offusqués de la déclaration du groupe : <em>« Si vous voulez gagner de l’argent en Chine, vous devez tenir compte des sentiments de vos fans chinois »</em>, commente l’un d’eux sur le réseau social Weibo, où un hashtag que l’on pourrait traduire par <em>« BTS insulte la Chine »</em> rencontrait un franc succès dimanche et lundi, rapporte <em><a href="https://variety.com/2020/music/news/bts-big-hit-entertainment-korean-war-china-1234802041/">Variety</a></em>. D’autres sont plus compréhensifs : <em>« Ils ont exprimé leur amour à la Chine et aux fans chinois à de nombreuses reprises »</em>, explique un fan au <em><a href="https://www.globaltimes.cn/content/1203151.shtml">Global Times</a></em>, un quotidien contrôlé par le PCC.</p><p class="article__paragraph">La Chine utilise régulièrement les médias d’Etat pour attiser la colère contre les entreprises, les célébrités ou les gouvernements étrangers qui prennent des mesures qui déplaisent à Pékin. En 2019, Pékin avait décidé de suspendre la diffusion de matchs <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2019/10/08/tweet-polemique-sur-hongkong-la-nba-s-excuse-aupres-de-la-chine-et-provoque-un-tolle-aux-etats-unis_6014613_3210.html">NBA après le Tweet</a> d’un dirigeant de l’équipe de basket de Houston à propos de la contestation populaire à Hongkong. Les retransmissions ont repris cette semaine.</p><p class="article__paragraph">Des produits dérivés liés à l’image de BTS – du constructeur automobile sud-coréen Hyundai, de Samsung Electronics et de la marque de sport FILA – ont disparu des sites Internet de commerce électronique chinois, notamment Tmall.com et JD. com.</p><p class="article__paragraph">Dans une série de Tweet, Joshua Wong, l’une de figures de proue de la contestation à Hongkong, a critiqué l’emballement de la propagande nationaliste de Pékin.</p><p class="article__paragraph">Interrogé sur la controverse, le porte-parole du ministère chinois des affaires étrangères, Zhao Lijian, a déclaré : <em>« Nous devrions poursuivre ensemble notre objectif de prendre l’histoire comme un miroir, affronter l’avenir, chérir la paix et promouvoir l’amitié. »</em></p><h2 class="article__sub-title">Entrée en bourse</h2><p class="article__paragraph">Cette controverse intervient avant l’entrée en bourse, à Séoul, le 15 octobre, de Big Hit Entertainment., le label musical de BTS, avec une offre publique valorisant le groupe à plus de 4 milliards de dollars (3,4 milliards d’euros). Le prix d’introduction sera de 135 000 wons (environ 100 euros) par action a annoncé le groupe, fin septembre, dans son document de référence. Avec cette entrée en bourse, les sept membres du groupe vont devenir des actionnaires multimillionnaires. Le PDG de Big Hit, Bang Si-hyuk, leur a en effet distribué, en septembre, 68 385 actions chacun, ce qui représente 8 millions de dollars (soit environ 6,8 millions d’euros) au prix de l’offre.</p><p class="article__paragraph">Selon une étude gouvernementale publiée plus tôt au mois de septembre, <em>Dynamite</em>, le tube de BTS pourrait à lui seul générer plus de 1,4 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros) pour l’économie sud-coréenne et des milliers de nouveaux emplois.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 14 Oct 2020 16:29:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Football : pour le SC Fribourg, un nouveau stade à 76 millions d’euros… et l’interdiction d’y jouer à cause du bruit]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/19/0/0/3860/2573/688/0/60/0/90d8652_7975a1e9a2c041de80546270a5219a37-7975a1e9a2c041de80546270a5219a37-0.jpg" alt="Les joueurs du SC Fribourg lors du match de Bundesliga contre le VfB Stuttgart, à Stuttgart, en Allemagne, le 19 septembre." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/19/0/0/3860/2573/688/0/60/0/90d8652_7975a1e9a2c041de80546270a5219a37-7975a1e9a2c041de80546270a5219a37-0.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les joueurs du SC Fribourg lors du match de Bundesliga contre le VfB Stuttgart, à Stuttgart, en Allemagne, le 19 septembre. Matthias Schrader / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Le chantier n’est pas encore terminé que la sanction, elle, est déjà tombée. Le SC Fribourg, club pensionnaire de la Bundesliga − l’élite du football allemand − devra s’armer de patience avant de pouvoir fouler la pelouse de son nouveau stade dans le cadre du championnat outre-Rhin.</p><p class="article__paragraph">La livraison de l’enceinte flambant neuve avait déjà été repoussée à plusieurs reprises et le retard s’était accentué avec les mesures prises pour lutter contre l’épidémie de Covid-19. Mais aujourd’hui, si les hommes de l’entraîneur Christian Streich voient s’éloigner la perspective d’une inauguration prochaine, la crise sanitaire n’en est pas la principale responsable.</p><p class="article__paragraph">Le 16 septembre, le tribunal administratif (VGH) du Bade-Wurtemberg a en effet donné raison aux riverains du nouveau stade, qui avaient porté plainte, craignant d’être dérangés par le bruit. Epilogue de cette querelle de voisinage : le SC Fribourg s’y voit interdit de matchs tous les soirs après 20 heures et toute rencontre dominicale, entre 13 heures et 15 heures, est également proscrite… Soit aux heures où, traditionnellement, les matchs ont justement lieu.</p><p class="article__paragraph">La justice a bien accordé une dérogation pour les rencontres de Coupe nationale, et celles de Coupe d’Europe. Mais, comble de la malchance : la formation a loupé de peu la qualification pour l’épreuve continentale. Le nouveau stade, dont le coût total est estimé à 76 millions d’euros <a href="https://www.faz.net/2.1802/verwaltungsgericht-freitagabends-keine-bundesliga-in-freiburg-16954614.html">selon le quotidien <em>Frankfurter Allgemeine Zeitung</em></a>, est donc quasi inutilisable.</p><p class="article__paragraph"><em>« C’est une farce qui dure depuis longtemps »</em>, <a href="https://www.t-online.de/sport/fussball/bundesliga/id_88577034/sc-freiburg-spielverbot-am-freitagabend-und-sonntagmittag-im-neuen-stadion.html">souligne l’agence de presse SID</a>, qui rappelle que la première décision de justice dans ce dossier remonte à octobre 2019. Déjà, le VGH avait statué que le club ne serait autorisé à utiliser l’enceinte que de manière limitée. <em>« L’affaire avait déjà été largement médiatisée et elle était devenue une curiosité juridique »</em>, <a href="https://www.welt.de/sport/fussball/bundesliga/article215778084/SC-Freiburg-Gericht-verbietet-erneut-Spiele-im-neuen-Stadion.html">fait valoir le quotidien <em>Die Welt</em></a>. La décision du tribunal avait en effet été rendue sur la base de réglementations de pollution sonore en vigueur en 2017… Or, celles-ci avaient été modifiées et ajustées.</p><p class="article__paragraph">Le club, lui, a fait part de son incompréhension quant à l’interdiction temporaire des matchs du soir dans sa nouvelle arène. D’autant que c’est par un référendum local que les habitants de Fribourg avaient validé, en février 2015, la construction du stade. Située en lieu et place de l’ancien aéroport de la ville, l’enceinte dequelque 35 000 places <a href="https://www.scfreiburg.com/news/das-ist-das-neue-sc-stadion">a été conçue dans une logique écoresponsable</a> (récupération des eaux de pluie, panneaux solaires ou encore utilisation de matériaux recyclés).</p><p class="article__paragraph">Pour l’instant, le SC Fribourg continuera à jouer ses matchs à domicile au Schwarzwald-Stadion, lestade de la Forêt-Noire, <a href="https://www.spiegel.de/sport/fussball/sc-freiburg-freitagabends-keine-bundesliga-im-neuen-stadion-a-76c5b4ae-d342-4c49-b7d0-2c33e3c38001">résume <em>Der Spiegel</em></a>. C’est l’une des enceintes les plus prisées d’Europe, ses 24 000 places affichant généralement complet. Elle est aussi connue pour sa ferveur populaire, les supporteurs du club étant <em>« réputés pour être l’un des publics les plus bruyants d’Allemagne »</em>, <a href="https://www.eurosport.fr/football/bundesliga/2019-2020/terrain-en-pente-ecolo-bientot-la-fin-pour-latypique-schwarzwald-stadion-de-fribourg_sto7791626/story.shtml">rappelait Eurosport</a> en juillet.</p><p class="article__paragraph">Le stade de la Forêt-Noire avait déjà été au cœur de querelles de voisinage : il <em>« </em>est dans un quartier très huppé de la ville. Il y a la rivière Dreisam qui coule juste derrière l’enceinte, il y a la Forêt-Noire tout autour. C’est ce qui fait que les gens qui habitent dans ce quartier l’ont choisi : pour être tranquille. Alors quand ils voient un pèlerinage de 24 000 personnes tous les quinze jours pour venir au match… »,racontait ainsi au site sportif Patrick Guillou, consultant pour BeIN Sports et originaire de la ville.</p><p class="article__paragraph">Depuis la mi-septembre, le public a fait progressivement son retour dans les gradins de la Bundesliga, à la faveur d’une phase de test de six semaines qui permet aux clubs d’accueillir 20 % de la capacité de leur stade.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/09/25/football-pour-le-sc-fribourg-un-nouveau-stade-a-76-millions-d-euros-et-l-interdiction-d-y-jouer-a-cause-du-bruit_6053666_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 25 Sep 2020 22:02:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Avec son classement des « 500 meilleurs albums de tous les temps », le magazine « Rolling Stone » prend le virage de la diversité]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/25/0/0/935/623/688/0/60/0/dd962f5_416534721-capture-d-e-cran-2020-09-25-a-16-36-18.png" alt="Illustration du classement « RS 500 » du magazine « Rolling Stone »." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/25/0/0/935/623/688/0/60/0/dd962f5_416534721-capture-d-e-cran-2020-09-25-a-16-36-18.png" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Illustration du classement « RS 500 » du magazine « Rolling Stone ». ROLLING STONE MAGAZINE</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Cinquante ans après la séparation des Fab Four, la <em>« Beatlemania a mordu la poussière »</em>, comme le chantaient les Clash en 1979, dans leur titre <em><a href="https://youtu.be/EfK-WX2pa8c">London Calling</a></em>. <em>Rolling Stone</em>, le magazine américain emblématique de la contre-culture des années 1970, a publié, mardi 22 septembre, une nouvelle version <a href="https://www.rollingstone.com/music/music-lists/best-albums-of-all-time-1062063/arcade-fire-%ef%bb%bffuneral-1062733/">de ce que sa rédaction considère comme les « 500 meilleurs albums de tous les temps »</a>, le « RS 500 »<em>.</em> Et, alors que les Beatles occupaient auparavant cinq des 15 premières places, ils n’en obtiennent désormais plus que deux, leur album <em>Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band</em> cédant la place à <em>What’s Going On</em>, de Marvin Gaye, sur la première marche du podium.</p><p class="article__paragraph">Le premier RS 500 a été publié en 2003. C’est une sorte d’équivalent musical du Fortune 500, le classement des 500 premières entreprises américaines : il définit le canon de ce qu’il est pertinent d’écouter selon <em>Rolling Stone</em>. <em>« Au fil des ans, ce Top 500 est devenu la rubrique la plus lue</em> – <em>et la plus commentée</em> – <em>de l’histoire du magazine »</em>, écrit la rédaction en présentant sa liste. Et d’ajouter que le classement a été consulté plus de 63 millions de fois sur le site, rien qu’en 2019. Lors de son lancement, le classement est immédiatement critiqué : trop de testostérone, trop de rock, dépassé, car coincé dans les années 1960-1970 et centré sur l’univers anglo-américain.</p><p class="article__paragraph">Si l’on compare les 50 premiers d’aujourd’hui aux 50 premiers de 2003 (la liste a été légèrement revue en 2012), on constate que le classement original ne comprenait que trois albums enregistrés par des musiciennes, la première étant Joni Mitchell, avec <em>Blue</em>. Elle pointait à la 30<sup>e</sup> place, suivie par le <em>Tapestry</em>, de Carole King (36<sup>e</sup>), et <em>Horses,</em> de Patti Smith (44<sup>e</sup>).</p><p class="article__paragraph">La liste de 2003 ne comptait également qu’une douzaine d’albums de musiciens noirs, de Robert Johnson à Bob Marley, en passant par Chuck Berry, James Brown, Jimi Hendrix, Miles Davis et John Coltrane. Mais aucun album de Nina Simone, Aretha Franklin, Billie Holliday ou Ella Fitzgerald. Un seul album de hip-hop figurait enfin dans les 50 premiers : <em>It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back</em>, de Public Enemy, qui se classait à la 48<sup>e</sup> place.</p><h2 class="article__sub-title">Nouvelle sélection plus inclusive</h2><p class="article__paragraph">Les choses ont changé en 2020 : quelque 154 albums entrent dans ce Top 500 revisité, dont 86 albums du XXI<sup>e</sup> siècle, et le classement comprend désormais trois fois plus d’albums de hip-hop que celui de 2003. La nouvelle sélection se veut plus diversifiée, inclusive.</p><p class="article__paragraph">Le passage en tête du classement de l’album <em>What’s Going On</em>, de Marvin Gaye, en est un exemple. Le contexte explosif de l’époque – l’album est sorti en 1971 –, marqué par les brutalités policières, les ghettos en ébullition, les questions écologiques ou la guerre du Vietnam, trouve un écho dans l’actualité des Etats-Unis de 2020.</p><p class="article__paragraph">Quant au <em>Blue</em> de Joni Mitchell, il remonte de la 30<sup>e</sup> à la 3<sup>e</sup> place, tandis que le <em>Songs in the Key of Life</em> de Stevie Wonder se classe 4<sup>e</sup>, et que <em>The Miseducation of Lauryn Hill</em>, de Lauryn Hill, clôture le Top 10. <em>Thriller</em>, de Michael Jackson, arrive en 12<sup>e</sup> position, suivi de <em>I Never Loved a Man the Way I Love You</em>, d’Aretha Frankin. Un trio d’albums hip-hop vient clore le classement des 20 premiers : <em>It Takes a Nation of Millions to Hold Us Back</em>,dePublic Enemy, (17<sup>e</sup>), <em>My Beautiful Dark Twisted Fantasy</em>, de Kanye West (18<sup>e</sup>), et <em>To Pimp a Butterfly</em>, de Kendrick Lamar (19<sup>e</sup>).</p><p class="article__paragraph">Dans les 50 premières places du classement, on compte désormais les albums de sept femmes – neuf si l’on compte <em>Rumours</em>, de Fleetwood Mac (7<sup>e</sup>) et <em>The Velvet Underground &amp; Nico</em> (23<sup>e</sup>) –, et 24 albums d’artistes afro-américains, mais seulement trois de femmes noires.</p><h2 class="article__sub-title">« Aucune liste n’est définitive »</h2><p class="article__paragraph"><em>« Aucune liste n’est définitive : les goûts changent, de nouveaux genres émergent, l’histoire de la musique ne cesse de se réécrire,</em> justifie la rédaction. <em>Nous avons donc décidé de refaire la liste de nos plus grands albums en partant de zéro. Pour ce faire, nous avons reçu et compilé les listes des 50 meilleurs albums de plus de 300 artistes, producteurs, critiques et personnalités de l’industrie musicale. »</em></p><p class="article__paragraph">Parmi les <a href="https://www.rollingstone.com/music/music-news/voters-500-greatest-albums-list-1062225/">membres de ce jury</a> figurent ainsi Beyoncé, Billie Eilish, Taylor Swift, Brittany Howard, du groupe Alabama Shakes, Adam Horovitz, des Beastie Boys, Kevin Shields, de My Bloody Valentine, Lars Ulrich, de Metallica, des membres de U2, Rufus Wainwright ou encore Raekwon, du Wu-Tang Clan.</p><p class="article__paragraph">Reste que l’édition 2020 du RS 500 prête elle aussi le flanc à la critique. Procéder à un classement par album, par exemple, a-t-il encore du sens à l’heure du streaming et des playlists ? Lorsque le premier RS 500 a été publié, il était déjà de bon ton de disserter sur la <em>« mort de l’album »</em>. <em>« L’album</em> – <em>et surtout la sortie de l’album</em> – <em>est plus pertinent que jamais »</em>, estime pourtant la rédaction, tout en se disant consciente qu’il <em>« est de plus en plus difficile de se lancer dans un projet de ce type à une époque où les goûts sont partagés et fragmentés ».</em> </p><p class="article__paragraph">Par ailleurs, si le magazine a su renouveler cette liste et la rendre plus diverse, il ne s’éloigne pas vraiment de l’univers de la musique en langue anglaise : dans ses colonnes, point d’<em>Histoire de Melody Nelson</em>, de Serge Gainsbourg, par exemple, ou de titre d’Ennio Morricone.</p><p class="article__paragraph">Pour se consoler, il est toujours possible d’explorer le classement, tout aussi discutable, de l’hebdomadaire musical britannique <em>NME</em>, qui, en 2013, a lui aussi publié son catalogue des <em>« <a href="https://www.nme.com/photos/the-500-greatest-albums-of-all-time-100-1-1426116">500 plus grands albums de tous les temps</a> »</em>. Ou de se pencher sur les listes concoctées par Pitchfork, le site qui fait office d’arbitre des élégances en matière de rock indépendant, et qui propose des listes plus éclectiques de 100 à 200 albums pour chaque décennie depuis les <a href="https://pitchfork.com/features/lists-and-guides/the-200-best-albums-of-the-1960s/">années 1960</a>.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/09/25/avec-son-classement-des-500-meilleurs-albums-de-tous-les-temps-le-magazine-rolling-stone-prend-le-virage-de-la-diversite_6053653_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 25 Sep 2020 19:01:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Vissarion, le « messie » autoproclamé de Sibérie, derrière les barreaux]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/22/0/0/3000/2086/688/0/60/0/f3d63e3_5375906-01-06.jpg" alt="Capture d’écran d’une vidéo de 2009 montrant Vissarion au milieu de ses fidèles." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/22/0/0/3000/2086/688/0/60/0/f3d63e3_5375906-01-06.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Capture d’écran d’une vidéo de 2009 montrant Vissarion au milieu de ses fidèles. ALEXANDER NEMENOV / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Comme Jésus, il a été emmené par des soldats. Mais la comparaison s’arrête là. Vissarion, le « messie »sibérien, qui depuis le milieu des années 1990 présidait aux destinées de quelques milliers de disciples le considérant comme la réincarnation de Jésus-Christ, ne vivra pas sa « Passion », au sens biblique du terme. Ce gourou aux airs d’icône russe a été interpellé, mardi 22 septembre, par des policiers russes accompagnés de membres du FSB (le principal successeur du KGB soviétique), armés et casqués, comme le précise le site <em><a href="https://tayga.info/159626">Taïga Info</a></em>.</p><p class="article__paragraph">A la fin du XX<sup>e</sup> siècle, Vissarion s’était retranché avec des fidèles dans une zone isolée de Sibérie pour en faire une sorte d’arche de Noé destinée à sauver l’humanité d’un cataclysme provoqué par l’homme. Mais c’est par les cieux, <a href="https://youtu.be/P8DWpX5rSUQ">dans un hélicoptère de l’armée</a>, qu’il a rejoint la prison où il a été placé en détention provisoire pour deux mois sur décision d’un tribunal de Novossibirsk (Sibérie occidentale).</p><p class="article__paragraph">Deux de ses proches ont connu le même sort. Les trois hommes sont accusés d’avoir utilisé la secte pour extorquer de l’argent à leurs disciples, d’avoir exercé des <em>« violences psychologiques »</em> sur eux, entraînant des <em>« dommages graves à la santé »</em>. L’agence russe <a href="https://www.interfax.ru/russia/728006">Interfax</a> ajoute que des perquisitions et des auditions de ses fidèles ont eu lieu au cours du mois de février dans le cadre d’affaires de corruption et de fraude.</p><h2 class="article__sub-title">« Vissarion, Jésus-Christ revenu »</h2><p class="article__paragraph">Vissarion, de son vrai nom Sergueï Torop, est né le 14 janvier 1961 à Krasnodar, dans l’ouest de la Russie. A l’âge de 18 ans, il entame son service militaire obligatoire dans l’Armée rouge. Pendant deux ans, il va travailler sur des chantiers de construction en Mongolie. Il devient ensuite ouvrier métallurgiste dans une usine à Minoussinsk, en Sibérie orientale, avant d’officier comme agent de la circulation, fonction qu’il occupe pendant cinq ans. En 1989, au moment où l’Union des Républiques socialistes soviétiques commence à vaciller, il perd son emploi.</p><p class="article__paragraph">Sergueï Torop a alors une révélation. Nous sommes en 1991. Il renaît sous le nom de « Vissarion, Jésus-Christ revenu » et commence à prêcher. Il ne prétend pas être Dieu, il se contente de transmettre le <em>« verbe de Dieu »</em>. En 1994, il s’installe à Tiberkoul, dans la taïga. Un an plus tard, il enregistre auprès des autorités russes l’Eglise du Dernier Testament et commence la publication de plusieurs tomes de sa théologie.</p><p class="article__paragraph">Des fidèles rejoignent la secte, vendant tous leurs biens avant de commencer à vivre dans une ère nouvelle, qu’ils datent de la naissance de Vissarion, en 1961. Ils abolissentNoël, remplacé par le 14 janvier, jour de naissance du fondateur. Mais la plus grande célébration de l’année tombe le 18 août, date anniversaire du premier sermon de Vissarion en 1991.</p><h2 class="article__sub-title">Collectivisme, bouddhisme et écologie</h2><p class="article__paragraph">Sa religion mélange allègrement des éléments de l’Eglise orthodoxe russe, du bouddhisme, du collectivisme, des croyances apocalyptiques, le tout mâtiné de valeurs écologiques. Au sein de la communauté, ils suivent des lois strictes, sont végétariens et n’ont le droit de consommer ni tabac, ni alcool. L’argent est banni.</p><p class="article__paragraph">En 2002, le <em><a href="https://www.theguardian.com/world/2002/may/24/russia.iantraynor">Guardian</a></em> décrivait ainsi le périple pour rejoindre la communauté :</p><p class="article__cite"><em>« Pour trouver Vissarion, il faut prendre l’avion à Moscou puis voler 3 700 km vers l’est, jusqu’à la ville d’Abakan, dans le sud de la Sibérie, au nord de la frontière avec la Mongolie. Ensuite, il faut rouler pendant six heures sur des routes en mauvais état, qui traversent une suite de villages. Puis la route se termine par une série de cratères. Il faut alors marcher à travers des tourbières, s’enfoncer dans la boue et la glace jusqu’aux genoux pendant trois heures avant d’atteindre une dernière pente pour rejoindre le</em> “<em>sauveur</em>”<em>, une heure d’ascension sur un chemin de montagne raide. »</em></p><p class="article__paragraph">Pendant des siècles, la Sibérie a attiré <em>« les sectaires, les farfelus et les anticonformistes »</em>, rappelait à l’occasion le quotidien britannique.</p><figure>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/22/0/0/3500/2755/688/0/60/0/c5ec29c_mos-russia-religion-sect-0922-11.JPG" alt="image" /></p>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Vissarion conduisant une cérémonie, en 2010. Ilya Naymushin / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Le « messie » a six enfants issus de deux mariages. Il a répudié sa première femme et s’est remarié avec une jeune fille de 19 ans, qui vivait à ses côtés depuis l’âge de 7 ans. Aujourd’hui, la communauté regroupe près de 5 000 fidèles, qui vivent en autarcie autour des villages de Petropavlovka et Cheremshanka. Néanmoins, le nombre réel de ses disciples est inconnu, car la communauté recrute au-delà des frontières de la Russie, en Allemagne notamment, où les <a href="http://www.vissarion.info/">écrits de Vissarion sont traduits</a>.</p><p class="article__paragraph">En France, le nom de l’Eglise du Dernier Testament apparaît dans plusieurs rapports. <em>« La période de la</em> “<em>Perestroïka</em>” [nom donné aux réformes économiques et sociales menées par le président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev d’avril 1985 à décembre 1991] <em>et les années 1990 ont vu déferler sur la Russie une vague très importante d’organisations à caractère sectaire profitant du desserrement de l’étau idéologique communiste et athée »</em>, écrivait <a href="https://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/Rapport_Miviludes_2007.pdf">la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) dans son rapport de 2007</a> (page 133).</p><p class="article__paragraph">En 2009, la <a href="https://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/Rapport_Miviludes_2007.pdf">Miviludes soulignait</a> – toujours à propos de la Russie – que <em>« plusieurs groupes, d’inspiration</em> “<em>naturiste</em>” <em>ou fondés sur la pratique de diètes sévères, font aujourd’hui l’objet de signalement, comme Vissarion »</em> (page 146).</p><h2 class="article__sub-title">Une secte surveillée</h2><p class="article__paragraph">L’Eglise orthodoxe russe a toujours suivi de près les activités de l’Eglise du Dernier Testament. En 1999, Alexandre Dvorkin, un de ses responsables chargé de surveiller les sectes, expliquait au <em><a href="https://www.theguardian.com/world/1999/may/30/theobserver6">Guardian</a></em> : <em>« Je vois des ressemblances frappantes entre ce que fait Vissarion aujourd’hui et ce que Jim Jones a fait avec son Temple du peuple il y a un peu plus de 20 ans. »</em> Le <a href="https://www.lemonde.fr/vous/article/2008/01/18/jim-jones-la-folie-meurtriere-d-un-gourou_1000881_3238.html">18 novembre 1978</a>, 918 membres de cette secte américaine sont morts au Guyana, au cours d’un suicide de masse ordonné par le gourou.</p><p class="article__paragraph"><em>« Une croyance fondamentale des vissarionites est qu’une grande inondation approche, et quand elle surviendra, seuls ceux qui appartiennent à la secte survivront. Les survivants sortiront de “La Terre Promise”, comme ils appellent leur territoire, pour repeupler la Terre et l’Univers »</em>, racontait en 2015 la photographe allemande <a href="https://www.calvertjournal.com/tiles/show/4710/ecopolis-tiberkul-julia-sellman-siberian-jesus-photography">Julia Sellman</a>, qui a documenté le quotidien de la communauté.</p><p class="article__paragraph">En attendant l’inondation et en l’absence de leur gourou, les fidèles peuvent toujours se rabattre sur les autres prophètes qui, à travers le monde, du Japon au Brésil, sont convaincus d’être le messie.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/09/23/vissarion-le-messie-autoproclame-de-siberie-derriere-les-barreaux_6053354_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 23 Sep 2020 19:23:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Population en manque de voyage et secteur aérien en crise : bienvenue à bord des vols direction nulle part]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Il n’aura fallu qu’une petite dizaine de minutes pour écouler les 134 billets, en dépit d’un prix variant entre 500 et 2 300 euros. <em>« C’est probablement le vol qui s’est vendu le plus rapidement de l’histoire de Qantas »</em>, s’étonnait d’ailleurs le président-directeur général de la compagnie australienne, Alan Joyce. Car si le vol QF787, qui doit décoller de Sydney le 10 octobre, va survoler plusieurs joyaux océaniens comme la grande barrière de corail ou encore le rocher sacré d’Uluru, il atterrira, sept heures plus tard… exactement au même endroit.</p><p class="article__paragraph">Depuis plusieurs semaines, des vols« sans destination » se multiplient – notamment en Asie. En juillet, China Airlines, compagnie sise à Taïwan, avait ainsi proposé à la population en mal de voyage de « faux » vols, <a href="https://www.reuters.com/article/us-health-coronavirus-taiwan-airport-idUSKBN2430RV">raconte l’agence de presse Reuters</a>. Cartes d’embarquement, mais aussi contrôles des passeports et consignes de sécurité à bord, tout y était… A ceci près que l’avion n’avait jamais quitté le tarmac. En août, la compagnie avait réajusté l’expérience en effectuant, cette fois, deux véritables vols depuis Taipei.</p><p class="article__paragraph">Le même mois, une autre compagnie taïwanaise, Eva Air, a affrété l’un de ses jets aux couleurs du personnage de fiction Hello Kitty, au départ et à l’atterrissage de l’aéroport international Taoyuan. Au programme : 2 h 45 de vol à une altitude de 20 000 à 25 000 pieds au-dessus de Taïwan et de l’archipel japonais des Ryūkyū. Fin août, c’est la compagnie nippone All Nippon Airways (ANA) qui proposait un vol panoramique de 90 minutes à bord d’un de ses A380 : les passagers ayant droit à une expérience de type «<em> station balnéaire hawaïenne »</em> à l’aéroport et à bord de l’appareil, qui assure normalement la liaison entre Tokyo et Honolulu.</p><p class="article__paragraph">La Royal Brunei Airlines, compagnie nationale de ce petit Etat situé sur l’île de Bornéo, offrait quant à elle un circuit touristique <em>« Dine &amp; Fly »</em> de 85 minutes. <a href="https://borneobulletin.com.bn/2020/08/unique-dining-tour-in-the-sky-experience-2/">D’après le <em>Borneo Bulletin</em></a>, les 99 places disponibles pour le premier vol se sont vendues en 48 heures. Depuis, la compagnie en a affrété d’autres. Et le succès semble toujours au rendez-vous. Un des passagers <a href="https://www.vice.com/en_us/article/y3z7xb/what-its-like-taking-a-flight-to-nowhere">interrogé par le magazine <em>Vice</em></a> racontait ainsi que l’ensemble des billets en classe affaires pour le « vol » du 20 septembre avait déjà été vendu avant même le 1<sup>er</sup> du mois.</p><p class="article__paragraph">S’il reconnaît que l’expérience peut sembler incongrue, voire <em>« ridicule »</em>, Willy Kong, lui, ne regrette pas les 93 euros que lui a coûtés son billet :</p><p class="article__cite">« Beaucoup de gens peuvent avoir l’impression que monter dans un avion, c’est juste pour vous emmener d’un point A à un point B. Pour moi, être dans un avion est en fait l’une des parties les plus excitantes de l’expérience. »</p><p class="article__paragraph">Le jeune homme n’avait pas quitté le sol de son pays depuis le mois de février, alors quand les réservations pour les <em>« Dine &amp; Fly »</em> ont ouvert, <em>« la démangeaison de voyager à nouveau s’est fait sentir – même si c’est juste d’être à nouveau dans un avion et de voyager vers</em> “<em>nulle part</em>”<em> »</em>, détaille-t-il.</p><p class="article__paragraph">Chen Shu Tze a déboursé 200 euros pour monter à bord d’un vol de la compagnie à bas coût Tigerair Taiwan et survolé l’île de Jeju, en Corée du Sud. Les billets, qui s’accompagnent d’un bon valable un an pour un aller-retour de Taïwan vers la Corée, se sont écoulés en 4 minutes. <em>« La pandémie a un impact dévastateur sur le tourisme et l’industrie aérienne, je veux aider à relancer l’économie, et l’avion me manque »</em>, <a href="https://www.reuters.com/article/us-asia-airlines-flights/travellers-snap-up-asian-airlines-scenic-flights-to-nowhere-idUSKBN2673PI?il=0">a expliqué cette ingénieure de 44 ans, à Reuters</a>.</p><p class="article__paragraph">Le secteur a en effet été durement impacté par la crise sanitaire. Alors que des restrictions de circulation sont encore en vigueur dans de nombreux pays, <a href="https://www.statista.com/statistics/1104036/novel-coronavirus-weekly-flights-change-airlines-region/">le site Statistica</a> fait état d’une baisse de 48 % des vols réguliers dans le monde pour la semaine du 21 septembre 2020, par rapport à la même période de l’an passé. Le retour aux niveaux prépandémie ne devrait intervenir qu’en 2024.</p><p class="article__paragraph">En juin, <a href="https://www.iata.org/contentassets/060a388cfde24a83b7f38fda101a2239/2020-06-09-01-fr.pdf">l’Association internationale du transport aérien (IATA) déclarait</a> ainsi que <em>« l’année 2020 sera la pire de l’histoire de l’aviation »</em>, avec des pertes estimées à plus de 84 milliards de dollars (71 milliards d’euros). En Europe, plusieurs compagnies, à l’instar d’Air France-KLM ou de l’allemande Lufthansa, ont reçu des fonds de leur gouvernement de tutelle pour éviter l’effondrement. Certaines autres, comme Virgin Atlantic ou Thai Airways, ont déjà déposé leur bilan.</p><p class="article__paragraph">A Singapour, où il n’existe aucune liaison intérieure, la situation est délicate : en juillet, le transport de passagers au sein du groupe Singapore Airlines (SIA) – qui comprend SIA, sa branche régionale SilkAir et la compagnie aérienne à bas prix Scoot – a chuté de 98,6 % par rapport à 2019. Le 10 septembre, le groupea fait savoir qu’il allait licencier environ 2 400 employés dans la cité-Etat et à l’étranger, <a href="https://www.todayonline.com/singapore/sia-group-axes-2400-workers-singapore-and-overseas-almost-9-its-workforce?cid=h3_referral_inarticlelinks_03092019_todayonline">rapporte le journal local anglophone <em>Today</em></a>.</p><p class="article__paragraph">Alors, comment générer des revenus pour atténuer les pertes ? C’est avec ce souci en tête que les dirigeants du groupe SIA ont envisagé de mettre en place, à leur tour, des vols vers nulle part. D’autant que cette solution présente plusieurs avantages indéniables : faire voler les appareils, s’assurer que les pilotes ne perdent pas la main, mais aussi mobiliser des équipages qui seraient autrement au chômage technique.</p><p class="article__paragraph">Mais c’est sur le plan environnemental que le bât blesse : avec ou sans destination, l’avion reste un moyen de transport polluant. Ainsi, à Singapour, <a href="https://www.todayonline.com/singapore/movie-screenings-cockpit-tours-grounded-planes-among-counter-proposals-sias-flights">un appel à contribution citoyenne à l’initiative d’associations écologistes</a> a permis de mettre au jour plusieurs centaines de contre-propositions pour que la SIA puisse générer des revenus complémentaires, sans avoir à faire décoller ses avions du tarmac. La compagnie australienne Qantas a, quant à elle, promis qu’elle paierait pour compenser les émissions de carbone de son vol panoramique depuis Sydney – bien que les critiques aient noté que cela ne réduirait pas réellement les émissions.</p><p class="article__paragraph">L’industrie aéronautique a généré 915 millions de tonnes d’émissions de carbone en 2019, ce qui représente <a href="https://www.stac.aviation-civile.gouv.fr/fr/environnement/aviation-pollution-atmospherique">2 % des émissions mondiales</a> de gaz à effet de serre. <a href="https://www.tai.org.au/sites/default/files/P894%20Grounded%20-%20Aviation%20Emissions%20during%20Covid-19%20%5BWEB%5D_0.pdf">Une étude de l’Australia Institute</a>, un groupe de réflexion sur l’environnement, prévoit que les émissions pourraient diminuer de 38 % cette année en raison des vols annulés par la crise sanitaire.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/09/22/population-en-manque-de-voyage-et-secteur-aerien-en-crise-bienvenue-a-bord-des-vols-direction-nulle-part_6053207_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 22 Sep 2020 19:44:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[A Hongkong, la recherche de la « vraie Mulan »]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/01/0/0/5760/3840/688/0/60/0/7e82c48_5243568-01-06.jpg" alt="L’activiste pro-démocratie hongkongaise, Agnes Chow, face aux médias à la sortie du commissariat de Tai Po, à Hongkong, le 2 septembre." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/09/01/0/0/5760/3840/688/0/60/0/7e82c48_5243568-01-06.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">L’activiste pro-démocratie hongkongaise, Agnes Chow, face aux médias à la sortie du commissariat de Tai Po, à Hongkong, le 2 septembre. ISAAC LAWRENCE / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Héroïne de beaucoup d’enfants, Mulan, apparue dans un poème chinois du VI<sup>e</sup> siècle et popularisée par le film d’animation de Disney de 1998, fait rêver par son courage, sa dévotion et ses talents de guerrière. A l’occasion de la sortie d’une nouvelle adaptation de son histoire, en prises de vues réelles (disponible sans surcoût le 4 décembre 2020 sur Disney +), le personnage imaginaire a pris différents visages ces dernières semaines.</p><p class="article__paragraph">Il y a d’abord celui de Liu Yifei. L’actrice américaine, née à Wuhan (Chine), a été choisie parmi un millier de candidates, en novembre 2017. Une décision qui avait été largement saluée à l’époque, beaucoup d’observateurs voyant dans ce choix une façon d’éviter le <em>whitewashing</em>, un biais de l’industrie hollywodienne consistant à préférer un casting blanc, même pour incarner des personnages de couleur. Présentée comme une actrice à succès en Chine, parlant couramment anglais car élevée en partie aux Etats-Unis, Liu Yifei semblait être une option idéale.</p><p class="article__paragraph">Cette nouvelle adaptation de Disney s’est néanmoins très vite trouvée des détracteurs l’accusantde servir la propagande du gouvernement chinois. Comme le note le quotidien britannique <em><a href="https://www.theguardian.com/film/2019/jul/08/mulan-trailer-is-a-dismal-sign-disney-is-bowing-to-china-anti-democratic-agenda">The Guardian</a></em>, la jeune adolescente rebelle refusant <em>« une vie d’épouse parfaite pour se transformer en la femme féroce qu’elle voulait être »</em> semble être devenue, devant les caméras de la réalisatrice Niki Caro, <em>« solennelle, résolue »</em>, une <em>« guerrière robotique »</em>. Une image dénaturée, selon les critiques, d’une Mulan transformée en marionnette du patriotisme exacerbé du régime chinois.</p><p class="article__paragraph">Ces critiques ont trouvé un écho particulier du côté de Hongkong. Surtout depuis que Liu Yifei a publiquement soutenu les forces de l’ordre hongkongaises, en août 2019, alors que la police a réprimé, pendant de longs mois, les manifestants prodémocratie sur le territoire semi-autonome. Sur le réseau social chinois Weibo, l’actrice a ainsi écrit : <em>« Je soutiens également la police de Hongkong. Vous pouvez me passer à tabac maintenant. »</em> Une sortie qui a déclenché, sur les réseaux sociaux, un appel au boycott du nouveau remake de Disney, Liu Yifei étant accusée de trahir leur vision de l’héroïne qu’elle incarne au cinéma.</p><p class="article__paragraph">Si la polémique autour du personnage de Mulan a refait surface un an après, à l’été 2020, c’est d’abord parce que la sortie du film a subi les aléas liés au nouveau coronavirus : elle a été retardée puis finalement réservée à la plate-forme Disney + le 4 septembre. Mais surtout parce que la controverse s’est faite plus prégnante encore avec <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/08/11/les-hongkongais-se-mobilisent-apres-l-arrestation-de-deux-figures-du-mouvement-democratique_6048673_3210.html">l’arrestation, le 10 août, d’Agnes Chow, une militante prodémocratie de 23 ans</a>.</p><p class="article__paragraph">La jeune femme a été détenue pour <em>« collusion avec des pouvoirs étrangers »</em>, en vertu de la <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/07/08/a-hongkong-la-loi-de-securite-nationale-brouille-l-avenir-de-l-internet-libre_6045597_3210.html">nouvelle loi de sécurité nationale à Hongkong</a>, imposée le 30 juin par la Chine comme réponse aux manifestations. Ce texte constitue une restriction importante des droits des Hongkongais, punissant la sécession, la subversion, le terrorisme et la collusion avec l’étranger d’une peine de prison de dix ans minimum. Et met globalementun terme à l’existence de Hongkong en tant que territoire libre. Ainsi, les libertés de parole, de la presse ou encore le droit de se rassembler et de manifester sont dorénavant strictement encadrés par le pouvoir.</p><p class="article__paragraph">Quelques heures après son arrestation, de nombreux messages de soutien à Agnes Chow ont circulé sur les réseaux sociaux, sous le hashtag #freeChow. Et si elle a finalement été libérée, les internautes l’ont néanmoins investie d’une nouvelle mission : comme le rapporte le quotidien américain <em><a href="https://www.nytimes.com/2020/08/13/world/asia/agnes-chow-mulan-hong-kong.html?searchResultPosition=6">The New York Times</a></em>, Agnes Chow est devenue la <em>« vraie Mulan »</em> ou encore <em>« notre Mulan »</em> aux yeux des Hongkongais. Celle, en substance, qui se bat pour son pays, comme la légende du VI<sup>e</sup> siècle le raconte.</p><p class="article__paragraph">Le soutien à Agnes Chow a rapidement atteint la Thaïlande et ses propres manifestants prodémocratie, <a href="https://www.theguardian.com/world/2020/sep/04/pro-democracy-boycott-of-disneys-mulan-builds-online-via-milkteaalliance">comme le raconte <em>le Guardian</em></a>. Les groupes militants des deux pays se sont ainsi retrouvés sur le hashtag #milkteaalliance (ou « l’alliance du thé au lait »), référence à l’amour mutuel des deux territoires pour cette boisson. Des luttes qui se ressemblent et se mêlent, avec un visage commun : celui d’Agnes Chow en Mulan.</p><p class="article__paragraph">A la fois fille dévouée épargnant à son père malade d’aller combattre, guerrière patriotique prête à défendre son peuple quoi qu’il lui en coûte, adolescente intrépide prête à décevoir sa famille en préférant le combat et l’aventure à la vie rangée d’épouse, symbole féministe d’émancipation et outil de propagande nationaliste, Mulan a toujours fait l’objet d’interprétations divergentes, <a href="https://thediplomat.com/2020/09/who-is-the-real-mulan/">comme le note le magazine <em>The Diplomat</em></a><em>.</em> La bataille d’images entre les défenseurs de l’actrice Liu Yifei et les manifestants hongkongais est la dernière en date d’une guerre d’appropriation autour du personnage.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/09/08/a-hongkong-la-recherche-de-la-vraie-mulan_6051405_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 08 Sep 2020 11:54:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Ces images de l’explosion d’Hiroshima qui n’en étaient pas]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Le 6 août 1945, la première bombe atomique enrichie en uranium est lâchée par l’armée américaine sur la ville d’Hiroshima, dans l’ouest du Japon, faisant au total 140 000 morts. Trois jours plus tard, la ville de Nagasaki est rasée par un deuxième bombardement nucléaire, au plutonium cette fois. Plus de 70 000 personnes perdent la vie dans un immense nuage, sa forme de champignon gravée dans tous les esprits. Une image spectaculaire qui réserve encore des mystères, soixante-quinze ans plus tard.</p><p class="article__paragraph">Selon <a href="https://twitter.com/dwnews/status/1297326045679427585">une enquête de la radio-télévision publique allemande Deutsche Welle</a>, la célèbre séquence vidéo du bombardement d’Hiroshima, utilisée depuis des décennies dans les médias et documentaires du monde entier, montrerait en fait le bombardement de Nagasaki. C’est pendant qu’il faisait des recherches pour un reportage sur l’anniversaire des 75 ans de l’attaque nucléaire que le journaliste Amien Essif explique avoir découvert que l’agence de photo Getty proposait deux photographies identiques, indiquant qu’il s’agissait pour la première du bombardement d’Hiroshima, et pour la seconde de celui de Nagasaki.</p><p class="article__paragraph">En creusant davantage, M. Essif a remarqué que de nombreux articles et vidéos, publiés par exemple <a href="https://edition.cnn.com/videos/us/2012/08/04/intv-dutch-van-kirk.cnn">par CNN</a> ou son propre média, la Deutsche Welle, utilisaient les mêmes images pour illustrer les deux bombardements. <em>Le Monde</em> ne fait pas exception, faisant correspondre par exemple <a href="https://www.youtube.com/watch?time_continue=29&amp;v=9PARlF1tKfg&amp;feature=emb_logo">dans cette vidéo</a> la déflagration générée par Little Boy, la bombe larguée sur Hiroshima, avec des images montrant en réalité l’explosion de Fat Man, lâchée sur Nagasaki. Amien Essif a donc voulu remonter à la source.</p><h2 class="article__sub-title">Une bobine de film unique</h2><p class="article__paragraph">Un groupe très restreint de personnes était au courant des attaques avant qu’elles aient lieu, il existe donc peu d’images d’archives du moment précis. Amien Essif a retrouvé trois photographies du nuage atomique surplombant Hiroshima, prises par des militaires américains et un anonyme. Celles-ci révèlent un nuage de fumée plus petit, et séparé de sa colonne.</p><p class="article__paragraph">Bernard Waldman, un physicien américain qui se trouvait à bord d’un avion d’observation, était chargé de filmer l’explosion d’Hiroshima. Mais à cause de l’humidité, <a href="https://www.atomicheritage.org/profile/bernard-waldman">son film n’a jamais pu être développé</a>. Selon la Deutsche Welle, c’est en fait la séquence tournée par un autre scientifique,Harold M. Agnew, qui constitue aujourd’hui l’unique bobine de film connue montrant le bombardement d’Hiroshima. Conservée par la Hoover Institution, aux Etats-Unis, elle révèle des images peu connues et tremblantes d’un nuage moins impressionnant que le célèbre champignon atomique de Nagasaki.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.hoover.org/news/harold-melvin-agnew">Sur son site</a>, la Hoover Institution explique que si Harold M. Agnew avait filmé lui-même l’explosion d’Hiroshima, il avait en revanche confié des caméras à des soldats afin qu’ils filment Nagasaki depuis le ciel. Ce qui pourrait expliquer pourquoi il existe davantage d’images montrant la deuxième explosion, sous différents angles.</p><h2 class="article__sub-title">Une confusion volontaire ?</h2><p class="article__paragraph">Une autre séquence vidéo supposée montrer le bombardement d’Hiroshima, et publiée notamment par BBC, PBS et Russia Today, a paru encore plus suspecte à Amien Essif. Filmée de loin, elle montre un nuage atomique qui parait beaucoup plus puissant que celui de la bombe d’Hiroshima. Il s’agirait en réalité du premier test américain d’une bombe à hydrogène en 1956, soit douze ans plus tard, dans l’atoll de Bikini (îles Marshall, océan Pacifique). Pourtant, cette séquence fut bien utilisée dans un film de British Pathé datant de 1964 intitulé <em><a href="https://www.britishpathe.com/video/flashback-to-hiroshima-atom-drop">Flashback to the Hiroshima Atom Drop</a></em> et continue d’être distribuée par certaines agences.</p><p class="article__paragraph">La première fausse utilisation de la séquence de Nagasaki que M. Essif ait pu retrouver, quant à elle, figure dans les archives nationales américaines sous l’intitulé « E-6 10 SEC (Inside The Enola Gay) », daté de 1945, <a href="http://www.aparchive.com/metadata/youtube/1aa4c681b6cf5b85d3f940c1af67325b">selon l’Associated Press</a>.</p><p class="article__paragraph">Le gouvernement américain aurait-il utilisé la vidéo du champignon nucléaire de Nagasaki, plus impressionnante, à des fins de propagande ? La bombe au plutonium était en effet beaucoup plus puissante, explique Paul Ham, auteur du livre <em>Hiroshima Nagasaki : la véritable histoire des bombardements atomiques et de leurs conséquences</em> (Doubleday, 2012, en anglais), dans une interview à la Deutsche Welle :</p><p class="article__cite"><em>« Les Etats-Unis étaient certainement très déterminés à montrer l’immense puissance de cette arme, pour forcer les Japonais à se rendre. »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/08/25/ces-images-de-l-explosion-d-hiroshima-qui-n-en-etaient-pas_6049901_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 25 Aug 2020 17:57:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Pour avoir des cheveux « parfaits », Donald Trump est prêt à assouplir une loi sur la consommation d’eau]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/08/13/0/0/4000/2716/688/0/60/0/f07825a_397639728-000_1FY5O1.jpg" alt="Le président américain Donald Trump sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, D.C., le 26 avril 2019." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/08/13/0/0/4000/2716/688/0/60/0/f07825a_397639728-000_1FY5O1.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Le président américain Donald Trump sur la pelouse sud de la Maison Blanche à Washington, D.C., le 26 avril 2019. MANDEL NGAN / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Où placer la frontière entre les réglementations de l’Etat et les libertés individuelles ? Pour Donald Trump, la bonne réponse semble se situer à l’entrée de sa salle de bain. Jeudi 13 août, le département de l’énergie américain a accédé à une demande insistante du président républicain depuis plusieurs mois : il a proposé d’augmenterle débit d’eau des pommeaux de douches, régi par une loi sur l’énergie votée en 1992 et renforcée par l’administration Obama.</p><p class="article__paragraph">Aujourd’hui, le filet d’eau en est réduit à « <em><a href="https://youtu.be/NHo7aKgHo-s?t=80">goutter, goutter, goutter</a></em> », a dénoncé M. Trump lors de plusieurs de ses meetings. En visite dans une usine du groupe <a href="https://twitter.com/atrupar/status/1291467075383439366?s=20">Whirpool de l’Ohio</a>, le 6 août, comme depuis <a href="https://www.whitehouse.gov/briefings-statements/remarks-president-trump-rolling-back-regulations-help-americans/">la Maison Blanche à la mi-juillet</a>, le constat est le même : <em>« Vous prenez une douche, l’eau ne coule pas</em>.<em> »</em> D’ailleurs, dans les lavabos, <em>« l’eau ne sort pas »</em> non plus, et il faut parfois s’y reprendre <em>« à dix ou quinze fois »</em> pour tirer la chasse d’eau aux toilettes.</p><p class="article__paragraph"><em>« Résultat</em>, affirmait Donald Trump <a href="https://www.youtube.com/watch?v=NHo7aKgHo-s&amp;feature=youtu.be&amp;t=80">au mois de janvier</a>, <em>vous restez</em> [dans la douche] <em>cinq fois plus longtemps</em>. <em>Vous utilisez probablement plus d’eau et c’est une expérience très désagréable. Alors, nous allons nous débarrasser des limiteurs et vous allez avoir toute la pression. »</em></p><h2 class="article__sub-title">« Un pommeau de douche » est « un pommeau de douche »</h2><p class="article__paragraph">Suivant les consignes présidentielles, le département de l’énergie a ouvert, jeudi 13 août, une nouvelle bataille dans la guerre réglementaire menée sur la définition même de ce qu’est un <em>« pommeau de douche »</em> au regard de la loi fédérale. Explications : <a href="https://www.congress.gov/bill/102nd-congress/house-bill/776">voté par le Congrès en 1992</a>, l’<em>Energy Policy Act</em> impose que la pression des pommeaux installés dans toutes les douches et baignoires des foyers américains soit limitée à 9,5 litres par minutes. Le texte vise notamment à réduire le gâchis d’eau aux Etats-Unis, avec l’ambition de réduire la dépendance énergétique du pays aux importations.</p><p class="article__paragraph">La mesure entre en application dès 1994 mais, pendant plus de quinze ans, certains fabricants et distributeurs de douches contournent l’esprit de la règle en ajoutant un, deux, voire trois jets à l’intérieur des cabines. Une pratique justifiée, selon eux, par le fait que, pris individuellement, chaque pommeau respecte le plafond légal.</p><p class="article__paragraph">En 2011, l’administration Obama se fend d’<a href="https://www.energy.gov/sites/prod/files/gcprod/documents/Showerhead_Guidancel.pdf">un avis réglementaire</a> après avoir reçu plusieurs signalementsde ces abus. Le document recadre l’interprétation du texte de loi : <em>« Il a toujours été de l’avis du département de l’énergie que quand le Congrès a utilisé</em> [en 1992] <em>le terme “un pommeau”, il voulait bien dire “un pommeau” »</em>, précise le département de l’énergie, illustrant son propos d’un schéma digne d’un test de Rorschach.</p><figure>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/08/13/0/0/580/178/688/0/60/0/cf08d2a_77919996-pommeaudedouche.PNG" alt="image" /></p>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Plusieurs pommeaux, ou un seul ? En 2011, le département de l’énergie de l’administration Obama a décidé de considérer comme « un pommeau » l’ensemble des jets présents dans une cabine de douche, réduisant ainsi le débit total utilisable. Department of energy / US Governement</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Depuis, le plafond de 9,5 litres s’applique donc pour la pression de l’ensemble de la douche. Quand trois jets sont installés, leur débit total ne peut dépasser cette limite, et <a href="https://www.federalregister.gov/documents/2020/08/13/2020-15749/energy-conservation-program-test-procedure-for-showerheads">la nouvelle règle proposée par l’administration Trump</a> explique sans détour vouloir revenir sur cette évolution : <em>« chaque pommeau dans un produit contenant plusieurs pommeaux serait pris séparément pour déterminer sa conformité avec la réglementation »</em>, précise le texte<em>.</em> Il fait l’objet d’une enquête publique de six semaines, ouverte jeudi et à l’issue de laquelle l’agence décidera – ou non – d’adopter la mesure.</p><h2 class="article__sub-title">« J’ai ces beaux cheveux, il me faut beaucoup d’eau »</h2><p class="article__paragraph">Donald Trump, qui n’a jamais précisé le nombre ou la localisation des logements dans lesquels <em>« l’eau ne coule pas »</em> aux Etats-Unis, se plaît à répéter qu’il est lui-même victime du phénomène : <em>« J’ai ces beaux cheveux, il me faut beaucoup d’eau</em> [pour les laver]<em> »</em>, lançait-t-il en janvier. <em>« Mes cheveux, je ne sais pas vous, mais ils doivent être parfaits</em> [après la douche]<em> »</em>, a de nouveau insisté le président, en juillet, lors d’une intervention au titre évocateur : <em>« Réduire les réglementations pour aider tous les Américains »</em>.</p><p class="article__paragraph">Une telle prise de position peut aussi séduire la partie la plus libérale de l’électorat républicain, traditionnellement opposée aux tentatives de régulation initiées par Washington. <em>« La violence d’Etat par le biais des réglementations fédérales a été menée délibérément pour affaiblir notre capacité à être propres et à rester en bonne santé »</em>, estimait, en 2015, la conservatrice Fondation pour l’éducation économique, dans <a href="https://fee.org/articles/how-we-destroyed-indoor-plumbing/">un billet consacré au débit d’eau dans les salles de bains</a>. <em>« C’est l’une des idées les plus stupides qu’ait eu le Congrès »</em>, considérait plus laconiquement, <a href="https://cei.org/studies-point/flush-anger-should-washington-regulate-toilets">dès 1998</a>, un chercheur associé à l’Institut de la compétitivité des entreprises, autre opposant à la réglementation.</p><h2 class="article__sub-title">« Pas de demande du public »</h2><p class="article__paragraph">Plusieurs associations de consommateurs, interrogées jeudi par l’agence Associated Press (AP), estiment, au contraire, <em>« qu’il n’y a pas de demande du public ni de besoin de changement »</em> sur ce sujet. <em>« Vous pourriez avoir jusqu’à 40 litres d’eau par votre pommeau par minute, ce qui vous propulserait sans doute en dehors de votre salle de bains »</em>, souligne à AP Andrew deLaski, responsable de l’Appliance Standards Awareness Project, collectif spécialisé dans les économies d’énergie.</p><p class="article__paragraph">En étudiant un échantillon de 12 499 pommeaux de douche, représentatif de ceux utilisés aux Etats-Unis, le département de l’énergie a estimé que 74 % des équipements utilisaient moins de 7,5 litres d’eau par minute, soit 20 % de moins que les standards fédéraux en vigueur – sans que le manque de pression ne devienne un sujet de mécontentement au niveau national. Aux Américains déçus de leur cabine de douche, Andrew deLaski propose deux solutions alternatives au changement de réglementation : s’assurer de la bonne pression du réseau d’eau dans leur logement, et bien vérifier que leur pommeau de douche n’est pas, en réalité, défectueux.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 13 Aug 2020 19:55:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Pendant le confinement au Pérou, « toutes les trois heures, une femme disparaissait »]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/07/23/0/0/4827/3175/688/0/60/0/a0c9f23_71c736cf8e2140b689a6191923279d0e-2de4d71e08cb4ab29027a996c73aa0b3-0.jpg" alt="« Christ, espoir pour la vie », peut-on lire sur ce graffiti, à Lima, au Pérou, le jeudi 23 juillet." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/07/23/0/0/4827/3175/688/0/60/0/a0c9f23_71c736cf8e2140b689a6191923279d0e-2de4d71e08cb4ab29027a996c73aa0b3-0.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">« Christ, espoir pour la vie », peut-on lire sur ce graffiti, à Lima, au Pérou, le jeudi 23 juillet. Martin Mejia / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph"><em>« Qui se soucie des 915 Péruviennes disparues pendant le confinement ? »,</em> interrogeait, le 21 juillet, <a href="https://convoca.pe/agenda-propia/covid-19-quien-le-importa-las-915-peruanas-desaparecidas-durante-la-cuarentena">le site d’investigations péruvien <em>Convoca</em></a>. La disparition de femmes est un problème endémique au Pérou, mais le phénomène s’est accentué à la faveur de la crise sanitaire due à la pandémie de Covid-19.</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.defensoria.gob.pe/quienes-somos/">Selon le Défenseur du peuple</a> – équivalent du Défenseur des droits en France – entre le 16 mars et le 30 juin, les autorités ont perdu la trace de 309 adultes et 606 mineures. Le nombre moyen de cas quotidien est passé de cinq à huit.</p><p class="article__paragraph"><em>« Toutes les trois heures, une femme disparaissait</em>, résume <em>Convoca. Un chiffre qui mettrait n’importe quel pays du monde en alerte, à l’exception du Pérou, où la violence contre les femmes semble être naturalisée. »</em></p><p class="article__paragraph"><em>« Nous devons savoir ce qui leur est arrivé »</em>, a ainsi tonné le Défenseur du peuple, Walter Gutierrez, <a href="https://rpp.pe/peru/actualidad/coronavirus-en-peru-walter-gutierrez-defensor-del-pueblo-exhorto-al-ejecutivo-sincerar-cifras-de-otros-problemas-del-pais-covid-19-noticia-1282772">à la radio RPP.</a> <em>« Comment peuvent-elles être portées disparues alors que tout l’espace public a été occupé par la police et l’armée ? Il n’y avait ni aéroport en service, ni transport. La police ne nous a donné aucune explication »</em>, a déploré Eliana Revollar, son adjointe aux droits des femmes.</p><p class="article__paragraph">Face à la situation économique devenue intenable pour certains ménages, des centaines de personnes <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/04/16/au-perou-des-centaines-de-personnes-se-lancent-sur-les-routes-dans-un-pays-confine_6036796_3210.html">s’étaient lancées sur les routes, malgré le confinement obligatoire</a>.</p><h2 class="article__sub-title">Un cadre juridique mais pas d’outil efficace</h2><p class="article__paragraph">Certaines femmes et jeunes filles sont réapparues depuis la levée du confinement, le 1<sup>er</sup> juillet. Il est cependant impossible d’en connaître le nombre avec certitude, de même que celui correspondant à celles manquant toujours à l’appel.</p><p class="article__paragraph">En théorie, le Pérou dispose <a href="http://chsalternativo.org/personas-desaparecidas/">d’un cadre juridique structurant les recherches des personnes disparues</a>, en vertu d’une loi du 11 juillet 2003, qui ordonnait la création d’un registre national d’informations destiné à centraliser tous les cas de disparition. Mais, dix-sept ans plus tard, cet outil n’a toujours pas été mis sur pied.</p><p class="article__paragraph">En outre, il n’existe aucune plate-formeen ligne, ouverte aux institutions publiques et privées ainsi qu’à la société civile, pour faciliter le travail de recherche en relayant, entre autres, les avis de recherche.</p><p class="article__paragraph"><em>« Nous n’avons pas de ligne active 114</em> [la ligne téléphonique d’assistance unique pour les cas de personnes disparues, <a href="https://www.gob.pe/institucion/mtc/noticias/18160-mtc-aprueba-norma-que-habilita-numeros-de-facil-recordacion-en-casos-de-desaparicion-de-personas-atencion-de-emergencias-y-orientacion-al-usuario-en-telecomunicaciones">annoncée pourtant fin août 2018 par le gouvernement</a>]<em>, ni de système de messagerie textuelle pour envoyer des avertissements de recherche sur les téléphones »</em>, déplore auprès de <em>Convoca</em> Katherine Soto, de l’Association des femmes disparues du Pérou.</p><p class="article__cite"><em>« Nous n’avons pas de registre des personnes disparues, ni de banque d’ADN. »</em></p><h2 class="article__sub-title">« Résistance à enquêter »</h2><p class="article__paragraph">Durant les trois mois et demi de confinement, les forces de l’ordre péruviennes se sont efforcées de garantir le respect des mesures prises par le gouvernement pour freiner la propagation du SARS-CoV-2, à l’origine de la pandémie de Covid-19. Les enquêtes sur les femmes disparues ont donc été reléguées au second plan ; de même que les restrictions de déplacements ont rendu plus difficile le dépôt d’une plainte. Selon M. Gutierrez, aujourd’hui, <em>« une prise de conscience transversale des effets de la pandémie est nécessaire ».</em></p><p class="article__paragraph">D’autant qu’<em>« il y a une résistance à enquêter sur ces affaires »</em>, juge Eliana Revollar auprès de l’Agence France-presse<em>.</em> D’après les associations féministes, la police et les procureurs estiment le plus souvent que ces disparitions relèvent de départs volontaires du foyer, indépendamment du nombre élevé de féminicides, mais aussi de la traite des êtres humains et de la prostitution forcée sur le continent, <a href="https://pysnnoticias.com/mas-de-900-mujeres-desaparecieron-en-el-peru-durante-la-cuarentena/">rappelle le site <em>Pueblo y Sociedad Noticias.</em></a></p><p class="article__paragraph">Katherine Soto, elle, appelle à des actions concrètes du gouvernement, arguant que faute de données sur la disparition des femmes (statistiques, facteurs de disparition, variables, lieux) et de pouvoir analyser les cas, elles deviennent invisibles et n’obtiennent jamais justice.</p><h2 class="article__sub-title">L’affaire Solsiret Rodríguez</h2><p class="article__paragraph">En début d’année, l’opinion publique péruvienne avait été secouée par l’épilogue tragique de l’affaire Solsiret Rodriguez Aybar, dont le corps mutilé a été retrouvé trois ans et demi après sa disparition à Callao, une ville voisine de Lima, la capitale du Pérou.</p><p class="article__paragraph">La jeune femme, qui étudiait la sociologie à l’université nationale Federico Villarreal, était une militante du mouvement <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ni_una_menos">Ni una menos</a> (« pas une de moins »), <a href="https://mag.elcomercio.pe/historias/solsiret-rodriguez-desaparicion-muerte-asesinos-investigacion-protestas-todo-sobre-caso-kevin-villanueva-andrea-aguirre-nnda-nnlt-noticia/?ref=ecr">rappelle dans un long récit le quotidien <em>El Comercio</em></a>.</p><p class="article__paragraph">Le 24 août 2016, son compagnon portait plainte contre elle pour abandon présumé de son domicile. Deux jours plus tard, les parents de la jeune femme tentaient, eux, de signaler sa disparition, mais la police avait alors refusé de prendre leur déposition : selon les agents, le plus probable était que Solsiret Rodriguez avait quitté le domicile avec un autre homme.</p><p class="article__paragraph">La disparition est finalement enregistrée le 1<sup>er</sup> septembre 2016, mais aucune enquête n’est menée et il aura fallu attendre la nomination d’un nouveau procureur, en février 2020, pour que les premières arrestations aient lieu.</p><p class="article__paragraph">Pourquoi a-t-il fallu attendre si longtemps ? <em>« </em>[Les autorités] <em>n’en avaient rien à faire »</em>, dénonçait alors sur Twitter Carlos Leon Moya, chroniqueur à <em>La Mula</em>,site de « journalisme citoyen » péruvien.</p><p class="article__paragraph">Le Pérou a pourtant ratifié le traité issu de <a href="https://www.cidh.oas.org/Basicos/French/m.femme.htm">la convention interaméricaine de Belem do Para de 1994</a>, pour la prévention, la sanction et l’élimination de la violence contre les femmes, qui établit que les Etats ont l’obligation de mettre en place des mécanismes pour prévenir les disparitions, en réduire les risques et renforcer les moyens de réponse immédiate. Dans le cas contraire, ils deviennent responsables <em>« par omission active »</em>, insiste <em>Convoca</em>.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/28/pendant-le-confinement-au-perou-toutes-les-trois-heures-une-femme-disparaissait_6047532_4832693.html</link>
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      <pubDate>Tue, 28 Jul 2020 18:33:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Entre sollicitude et théorie du complot, aux racines de #freebritney]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/07/17/0/0/1667/1112/688/0/60/0/0c2c8cc_886473692-063_627311314.jpg" alt="Britney Spears, lors d’un show, à Los Angeles (Californie), le 2 décembre 2016." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/07/17/0/0/1667/1112/688/0/60/0/0c2c8cc_886473692-063_627311314.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Britney Spears, lors d’un show, à Los Angeles (Californie), le 2 décembre 2016. CHRISTOPHER POLK/AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Son crâne, rasé, est resté gravé dans les mémoires. Nous sommes le 16 février 2007 et Britney Spears débute, sous les flashs des paparazzis, une année jalonnée de séjours en maisons de repos et de passages devant les tribunaux, qui aboutira notamment à la perte de la garde de ses deux enfants. La suite, peu photogénique, est en revanche moins connue : le 1<sup>er</sup> février 2008, Britney Spears, 27 ans, est placée <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2008/02/02/britney-spears-placee-sous-curatelle_1006699_3246.html">sous la tutelle de son père</a>, Jamie Spears, et d’un avocat, Andrew Wallet. Le premier est chargé de veiller aux bonnes fréquentations et aux choix de carrière de sa fille, le second gère la fortune de la star, désormais estimée à 51 millions d’euros.</p><p class="article__paragraph">Cette tutelle, qui devait initialement durer jusqu’à la fin de l’année 2008, est toujours d’actualité. La justice a souhaité la pérenniser jusqu’à ce que la star présente des <em>« signes d’amélioration durable de son état mental ».</em> Une condition non remplie jusqu’ici, selon la justice, malgré l’indéniable productivité de l’artiste – quatre albums et autant de tournées en douze ans. A l’approche d’une nouvelle audition judiciaire, le 22 juillet, ses fans se sont mobilisés autour du mot-clé #freebritney pour faire connaître et faire cesser cette situation, jugée inique. Au point de submerger, depuis le début de l’été, les réseaux sociaux, de <a href="https://twitter.com/hashtag/freebritney?f=live">Twitter</a> à <a href="https://www.tiktok.com/tag/freebritney?lang=fr">TikTok</a>, en passant par <a href="https://www.facebook.com/hashtag/freebritney">Facebook</a> et <a href="https://www.instagram.com/explore/tags/freebritney/?hl=fr">Instagram</a>.</p><h2 class="article__sub-title">La naissance du hashtag</h2><p class="article__paragraph">S’il émerge à nouveau aujourd’hui, le mot-clé #freebritney n’a rien de nouveau. Il trouve sa première occurrence le 20 février 2009, sur BreatheHeavy.com, un blog à succès fondé par un fan, Jordan Miller. Ce jour-là, il relaie la transcription de notes audio attribuées à la star, où celle-ci affirme que son père l’aurait menacé de ne plus voir ses enfants si elle n’acceptait pas la mise sous tutelle. <em>« Ces pistes sonores doivent être diffusées dès maintenant, pour que le monde entier connaisse la douleur et le combat que mène actuellement Britney »,</em> écrit le blogueur, avant de conclure par <em>« Free Britney !</em> [libérez Britney !]<em> »</em>.</p><p class="article__paragraph">Le mot d’ordre commence alors son cheminement sur les réseaux sociaux. En juillet 2009, il apparaît sur Twitter, sous la plume d’un fan brésilien, Eduardo Pereira. <em>« Britney Spears doit pouvoir reprendre le contrôle légal de sa vie, libère-toi, ma chérie ! #freebritney »,</em> <a href="https://twitter.com/eduasp/status/2759722776">écrit-il</a>. Le hashtag tarde cependant à faire des émules. Cette année-là, on compte moins d’une centaine d’occurrences de #freebritney sur Twitter.</p><p class="article__paragraph">Malgré un usage régulier du mot-clé par certains fans, le mouvement ne prend réellement que dix ans plus tard. Le 4 janvier 2019, la star <img src="https://scontent-frt3-2.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/sh0.08/e35/p640x640/47586135_312547512711672_9203643700123594406_n.jpg?_nc_ht=scontent-frt3-2.cdninstagram.com&_nc_cat=1&_nc_ohc=30GLn2lEOGkAX9ofbPO&oh=dfd32d695c2e7d0c0b91d5fc2a262965&oe=5F4077C6" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/BsOGMGIAXLe/">annonce repousser à une date indéfinie</a> la série de concerts en résidence qu’elle devait donner au Park MGM de Las Vegas (Nevada). Elle affirme avoir besoin de consacrer <em>« son énergie à prendre soin de sa famille »</em>, rappelant les graves problèmes de santé de son père fin 2018.</p><p class="article__paragraph">Quelques jours après cette annonce, les publications cessent sur son compte Instagram, qui fourmille habituellement de selfies, de roses et de citations inspirantes. Spears ne reprendra la parole que trois mois plus tard, pour réagir aux propos du site people <em>TMZ</em> annonçant qu’elle se trouve en maison de repos, durement affectée par la mauvaise santé de son père. <em>« Nous avons tous besoin de prendre un peu de “temps pour soi” :) »,</em> <img src="https://scontent-frx5-1.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/sh0.08/e35/s640x640/54513772_643087692797878_1418918361577674101_n.jpg?_nc_ht=scontent-frx5-1.cdninstagram.com&_nc_cat=110&_nc_ohc=lPOaeqW7-HgAX-9NT31&oh=030ba072eea7cb3e59d704eb02c7be11&oe=5F415BC4" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/BvziBzUgQoz/">écrit-elle</a>. L’annonce de son séjour et son silence alarment ses fans.</p><h2 class="article__sub-title">Le temps de la rumeur</h2><p class="article__paragraph">En janvier, <a href="https://britneysinstagram.libsyn.com/">Britney’s Gram</a>, un podcast consacré à l’analyse du compte Instagram de Spears, évoque de possibles <em>« mégaconspirations »</em>, sans plus de précision. En avril, cette même source affirme avoir reçu un message d’une personne ayant travaillé pour le cabinet d’avocat gérant les tutelles de la star. Cette fois, les accusations sont claires : le père de Britney Spears aurait fait interner sa fille et annuler ses concerts afin de la réprimander, parce qu’elle ne souhaitait plus prendre ses médicaments.</p><p class="article__paragraph">L’information n’est pas vérifiée, mais elle préoccupe certains fans, qui se mettent alors à chercher dans les messages de la star des appels à l’aide. L’usage du smiley « :) » dans sa publication sur le nécessaire <em>« temps pour soi »</em> est un signe que cette amatrice d’émojis « ? » n’a pas écrit ce message, s’inquiètent certains. Au début de l’été, un fan demande à Britney de porter du jaune dans une vidéo pour faire savoir si elle a besoin d’aide. Début juillet, la star arbore un <img src="https://scontent-frt3-2.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/sh0.08/e35/p640x640/106502336_950034238802859_5265637364823996483_n.jpg?_nc_ht=scontent-frt3-2.cdninstagram.com&_nc_cat=1&_nc_ohc=OniMPf0_MOMAX8XYyFd&oh=8a66d35944362fef8a0c49e881f15e45&oe=5F1A6345" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/CCJ1EmZgSnG/">boléro flashy sur Instagram</a>, accompagné de la légende :</p><p class="article__cite">« LA VACHE ? ! !!!! Mon fleuriste m’a fait une surprise aujourd’hui en me faisant un bouquet de toutes les couleurs ???….. J’étais tellement excitée que j’ai mis mon haut jaune préféré et il fallait que je vous le MONTRE ???⭐️⭐️⭐️ ! !!! »</p><p class="article__paragraph">Le hashtag #freebritney est relancé, et avec lui de nouvelles demandes de signes de la part de Britney. Signes que certains fans retrouvent dans les publications de la star – que ce soit le <a href="https://twitter.com/BritneyHiatus/status/1283566551946280960">port d’une tenue noire</a> ou <a href="https://www.facebook.com/jordan.colston.3/posts/2650102661912902">bleue</a> ou encore le <a href="https://twitter.com/rebecascarlete/status/1282449270537428993">tracé du numéro d’appel d’urgence aux Etats-Unis (le 911)</a> par ses cils.</p><p class="article__paragraph">Les dénégations de Spears ne suffisent pas à calmer les inquiétudes. Dès la sortie du podcast, en avril, <img src="https://scontent-frt3-2.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/sh0.08/e35/s640x640/57348353_993180964221732_609715135039192794_n.jpg?_nc_ht=scontent-frt3-2.cdninstagram.com&_nc_cat=1&_nc_ohc=7Dtl3yIn9kkAX8_3S8L&oh=75299d1b0e50e2f6b706eaca7346b018&oe=5F1A5AEB" /></p><p><img src="https://scontent-frt3-2.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/sh0.08/e35/s640x640/57348353_993180964221732_609715135039192794_n.jpg?_nc_ht=scontent-frt3-2.cdninstagram.com&_nc_cat=1&_nc_ohc=7Dtl3yIn9kkAX8_3S8L&oh=75299d1b0e50e2f6b706eaca7346b018&oe=5F1A5AEB" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/BwnqpG5g7qn/">la star demande à ses fans</a> de <em>« ne pas croire tout ce</em> [qu’ils lisent] <em>et ce</em> [ils entendent]<em> ».</em></p><p class="article__paragraph">Un <em>« biais de confirmation »</em> classique chez ceux qui adhèrent à des thèses complotistes, analyse Marie Peltier, historienne et spécialiste du complotisme :</p><p class="article__cite">« Tout ce qui peut confirmer la croyance complotiste va être pris tel quel, comme une information vérifiée, à l’image des choix de tenues de la star. Tout ce qui va contrevenir à cette croyance – comme ses déclarations selon lesquelles elle a d’elle-même annulé son show et demandé à aller en maison de repos – va être ignoré ou va être retourné pour participer au récit : “Elle n’aurait pas pu dire autre chose sans être sanctionnée par son père”. »</p><p class="article__paragraph">Ce type de thèse, ajoute Marie Peltier, <em>« prospère particulièrement bien dans des situations où les personnes ont peu d’informations et ont besoin de donner du sens à ce à quoi ils assistent »</em>.</p><h2 class="article__sub-title">Une situation confuse</h2><p class="article__paragraph">La situation est effectivement plus floue que les publications virales de certains ne semblent l’indiquer. <a href="https://www.nytimes.com/2019/05/17/arts/music/britney-spears-conservatorship-mental-health.html">Comme le rappelait</a> le <em>New York Times</em> en 2019, <em>« les détails de la tutelle de Spears n’ont pas été rendus publics, pas plus que son état mental ou son diagnostic »</em>.</p><p class="article__paragraph">Une publication d’une fan <a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2898619423583731&amp;set=a.432761896836175&amp;type=3&amp;theater">sur Facebook</a> <a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=2898619423583731&amp;set=a.432761896836175&amp;type=3&amp;theater">le 10 juillet</a>, partagée plus de 400 000 fois et largement reprise <img src="https://scontent-frt3-1.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/e35/s480x480/107533411_338426730485238_4711628902800285898_n.jpg?_nc_ht=scontent-frt3-1.cdninstagram.com&_nc_cat=106&_nc_ohc=mDb5P9EO9cEAX_e-GRl&oh=d0a93d646162db6e73e1cad20523cc27&oe=5F40B6DE" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/CCp_tfjpks3/">sous d’autres formats ailleurs</a>, laisse ainsi entendre que la star n’est – entre autres – pas autorisée à parler de sa tutelle sans l’accord de son père. Une affirmation démentie par le documentaire <em>Britney : for the Record</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/vous/article/2012/04/13/britney-for-the-record_1685058_3238.html">sorti en novembre 2008</a> en vue de la promotion de son album <em>Circus</em>. La star y exprimait très directement son mécontentement quant à la tutelle à laquelle elle est soumise : <em>« Quand tu vas en prison, tu sais quand tu vas sortir. Mais là, cette situation n’a pas de fin. »</em></p><p class="article__paragraph">De même, si la chanteuse ne peut pas embaucher un avocat sans l’accord de ses tuteurs, comme l’indiquent les publications virales, cela ne l’empêche pas de pouvoir demander à la justice la fin de sa tutelle. C’est ce qui s’est produit en mai 2019 et qui aboutira à l’audience du 22 juillet.</p><h2 class="article__sub-title">L’engagement</h2><p class="article__paragraph">En avril, au plus fort des rumeurs, Britney Spears <img src="https://scontent-frt3-2.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/sh0.08/e35/s640x640/57348353_993180964221732_609715135039192794_n.jpg?_nc_ht=scontent-frt3-2.cdninstagram.com&_nc_cat=1&_nc_ohc=7Dtl3yIn9kkAX8_3S8L&oh=75299d1b0e50e2f6b706eaca7346b018&oe=5F1A5AEB" /></p><p><img src="https://scontent-frt3-2.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/sh0.08/e35/s640x640/57348353_993180964221732_609715135039192794_n.jpg?_nc_ht=scontent-frt3-2.cdninstagram.com&_nc_cat=1&_nc_ohc=7Dtl3yIn9kkAX8_3S8L&oh=75299d1b0e50e2f6b706eaca7346b018&oe=5F1A5AEB" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/BwnqpG5g7qn/">remerciait sur Instagram</a> ses fans pour leur <em>« amour et</em> [leur] <em>dévouement incroyables »</em>, tout en ajoutant : <em>« Ma situation est unique, mais je vous promets que je fais du mieux que je peux à ce stade ???</em> (…). <em>Ce dont j’ai besoin en ce moment, c’est d’un peu d’intimité. »</em></p><p class="article__paragraph">Pour la sémiologue des médias Virginie Spies, l’intense engagement des fans dans le mouvement #FreeBritney, tempéré par l’artiste dans sa publication d’avril, est un signe de l’époque :</p><p class="article__cite">« Les people ont pris la main sur leur communication, via les réseaux sociaux. Il n’y a plus de médiation entre le fan et son idole, comme pendant l’âge d’or de la presse people. Le fan a le sentiment de tisser un lien personnel avec le people, de partager son quotidien. Les médias, eux, lorsqu’ils n’ont pas accès aux “paparazzades”, sont désormais contraints de se contenter de relater ce qui se passe sur Instagram. »</p><p class="article__paragraph">Nous n’aurions pas mieux dit.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/22/entre-sollicitude-et-theorie-du-complot-aux-racines-de-freebritney_6046915_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 22 Jul 2020 09:27:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Pour la première fois de leur histoire, les gardes de la Tour de Londres menacés par des suppressions de postes]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/07/21/0/0/5472/3648/688/0/60/0/2608de6_925927531-AP_16279707238382.jpg" alt="Les « Beefeaters » étaient initialement chargés de la protection des joyaux de la Couronne britannique et de la surveillance des prisonniers." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/07/21/0/0/5472/3648/688/0/60/0/2608de6_925927531-AP_16279707238382.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les « Beefeaters » étaient initialement chargés de la protection des joyaux de la Couronne britannique et de la surveillance des prisonniers. Matt Dunham / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Après 500 ans de services, eux aussi risquent de connaître le chômage. Les trente-sept gardes de la Tour de Londres, à la tenue de cérémonie rouge et or et au chapeau noir, comptent parmi les icônes du Royaume-Uni. Mais cela ne suffira pas à les protéger : certains d’entre eux s’apprêtent à perdre leur emploi, la pandémie ayant affecté les revenusdu célèbre monument dont ils ont la charge.</p><p class="article__paragraph">C’est la première fois que les gardes de la Tour font face à une suppression de postes. Deux d’entre eux avaient déjà connu un licenciement, en 2009, après le harcèlement dénoncé par Moira Cameron, première femme à être devenue garde de la Tour deux ans plus tôt.</p><p class="article__paragraph"><em>« C’est une situation absolument sans précédent</em> […] <em>ce sont des équipes de grande valeur, les circonstances nous ont mis dans cette position. Ce n’est pas un choix »,</em> précise le communiqué publié lundi 20 juillet par Historic Royal Palaces (HRP, pour « palais royaux historiques »), l’association qui emploie les gardes.</p><h2 class="article__sub-title">Départs volontaires… ou contraints</h2><p class="article__paragraph">La suppression de certains postes fait partie des mesures économiques prises par la Tour de Londres à cause de la crise du Covid-19. <em>« Nous avons pris toutes les mesures possibles pour sécuriser notre situation financière, mais nous devons en faire davantage pour survivre sur le long terme. Nous n’avons simplement pas d’autre choix que de réduire nos charges salariales. »</em></p><p class="article__paragraph">Le bâtiment, fermé au publicle 20 mars pendant près de quatre mois, a généré, de fait, moins de recettes. L’association HRP est autofinancée et 80 % de ses revenus de l’année dernière provenaient des visiteurs. Le coronavirus a donc porté <em>« un coup dévastateur »</em> à sa trésorerie, constate John Barnes, son directeur général. La Tour de Londres a pu rouvrir seulement le 10 juillet dernier.</p><p class="article__paragraph">HRP dit avoir mis en place un plan de départs volontaires en juin, clôturé la semaine dernière. L’organisme n’a pas communiqué le nombre de gardes s’étant manifestés. Si aucun d’eux ne se présente, il devra envisager des départs contraints.</p><p class="article__paragraph"><em>« Si des gardes devaient être licenciés, nous prendrons des mesures pour que la transition se fasse en douceur, et ferons en sorte qu’ils bénéficient des délais de préavis nécessaires »</em>, a ajouté HRP.</p><p class="article__paragraph">Les gardes n’ont pas encore officiellement réagi à cette annonce. En 2019, estimant leur retraite menacée, ils avaient troqué leur tenue traditionnelle pour des gilets jaunes <a href="https://www.ouest-france.fr/europe/grande-bretagne/londres/les-gardes-de-la-tour-de-londres-font-greve-et-enfilent-un-gilet-jaune-6144792">lors d’une grève</a>. Ils n’avaient alors pas manifesté depuis 55 ans.</p><h2 class="article__sub-title">Médaille d’ancienneté et de bonne conduite</h2><p class="article__paragraph">Les gardes de la Tour de Londres, aussi appelés <em>Yeomen Warders</em> et connus par leur surnom de <em>Beefeaters</em> (« mangeurs de bœuf », car ils pouvaient en manger autant qu’ils le souhaitaient à la table du roi, <a href="https://www.hrp.org.uk/tower-of-london/whats-on/meet-the-yeoman-warders/#gs.atd4vd">avance HRP</a>) étaient initialement chargés de la protection des joyaux de la Couronne britannique et de la surveillance des prisonniers. La Tour de Londres n’abritant plus de détenus depuis longtemps, le rôle des Beefeaters a beaucoup évolué. Ils constituent à eux seuls une des attractions des lieux, guidant les visiteurs dans leurs tenues traditionnelles et posant sur quasiment toutes les photos souvenir de ce lieu, dans lequel ils vivent.</p><p class="article__paragraph">C’est également à eux que revient la tâche de nourrir les corbeaux pensionnaires de la Tour de Londres. Une croyance veut que si ces corbeaux disparaissent, la Couronne tombera et entraînera le pays dans sa chute – chaque oiseau a donc des ailes raccourcies, et des corbeaux « de rechange » sont prévus en cas de désertion.</p><p class="article__paragraph">D’après le <a href="https://www.hrp.org.uk/tower-of-london/whats-on/meet-the-yeoman-warders/#gs.atd4vd">site officiel de HRP</a>, les origines des <em>Yeomen Warders</em> remontent au règne d’Edward IV (1461-1483). Ils appartenaient initialement aux <em>Yeomen of the Guard</em>, chargés de protéger le roi, avant qu’Henri VIII ne décide, au XVI<sup>e</sup> siècle, de les affecter à la protection de la Tour de Londres. Pour pouvoir porter le célèbre uniforme, un Beefeaterdoit avoir servi au moins 22 ans dans les forces armées britanniques, au rang d’adjudant ou de sous-officier supérieur. Les candidats doivent également détenir une médaille d’ancienneté et de bonne conduite s’ils souhaitent avoir l’opportunité de vivre et de travailler à la Tour de Londres. L’édifice, construit aux alentours de 1078 par Guillaume le Conquérant, est désormais visité par plus de trois millions de personnes par an – quand le Covid ne s’en mêle pas.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/21/pour-la-premiere-fois-de-leur-histoire-les-gardes-de-la-tour-de-londres-menaces-par-des-suppressions-de-postes_6046868_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/21/pour-la-premiere-fois-de-leur-histoire-les-gardes-de-la-tour-de-londres-menaces-par-des-suppressions-de-postes_6046868_4832693.html</guid>
      <pubDate>Tue, 21 Jul 2020 20:58:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Comment le fait d’acheter des haricots Goya est devenu un acte politique aux Etats-Unis]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Les haricots de la colère. On pourrait aisément surnommer ainsi les conserves Goya Foods, particulièrement prisées par la communauté latino-américaine, tant elles déchaînent en ce moment les passions aux Etats-Unis. Tout commence le jeudi 9 juillet quand le petit-fils du fondateur et PDG de la marque, Robert « Bob » Unanue, affiche son soutien à Donald Trump, depuis la Maison Blanche. <em>« Nous sommes tous bénis d’avoir un dirigeant comme Donald Trump »</em>, déclare-t-il : <em>« c’est un admirable bâtisseur »</em>. La phrase a instantanément provoqué un tollé sur les réseaux sociaux.</p><ul class="article__unordered-list"><li>
<h2>#BuyGoya ou #BoycottGoya, les « pour » et les « contre » s’affirment en ligne</h2>
</li>
</ul><p class="article__paragraph">Goya a conquis l’Amérique et dégage un chiffre d’affaires annuel de 1,5 milliard de dollars. Mais le récent soutien affiché au 45<sup>e</sup> président des Etats-Unis pourrait affecter les résultats du numéro un sur le marché. Dans la communauté hispanique, cible première de Goya, quelques-uns défendent bien la marque, avec des tweets incluant le mot-clé #BuyGoya (#AchetezGoya).</p><p class="article__paragraph"><sup><em>« Les latinos disent un grand NON au socialisme ! NON à Biden. Oui à Trump. Oui à la LIBERTE ! »</em></sup></p><p class="article__paragraph">Mais le président américain ne bénéficie pas d’une très bonne opinion chez tous les Américains d’origine hispanique, faute notamment à sa politique migratoire et à ses affirmations sur les immigrants mexicains – <em>« </em>[Ils vont] <em>apporter de la drogue. Ils apportent du crime. Ce sont des violeurs </em>», avait-il déclaré pendant la campagne présidentielle de 2016. Beaucoup appellent donc au boycott de la marque avec le hashtag #BoycottGoya (ou encore #Goyaway, jeu de mot avec <em>« go away »</em>, <em>« allez-vous-en »</em>).</p><p class="article__paragraph"><sup><em>« Mon supermarché est à court de haricots. Il ne reste que des Goya, personne n’en achète ! » ; « Continuez ! »</em></sup></p><p class="article__paragraph">Le boycott dépasse les frontières américaines et les communautés latines de toute l’Amérique rejoignent le mouvement.</p><p class="article__paragraph">(« <em>Ma famille latino vous soutient, d’aussi loin que je me souvienne. Nous vous avons acheté des produits à la boutique du coin bien avant que vous soyez en vente dans les grandes surfaces. C’est comme cela que vous nous remerciez ? Je ne me suis jamais senti aussi trahi par une marque dans ma vie. Vous approuvez notre propre oppression ».</em></p><p class="article__paragraph"><em>« Absolument ! Toute ma famille a soutenu Goya et nous ne le ferons plus. Cela dépasse les Etats-Unis. J’habite au Canada et toute ma famille et mes amis latinos n’utiliseront plus leurs produits. C’est une gifle en plein visage ».</em></p><p class="article__paragraph">Robert Unanue a refusé de s’excuser et a affirmé sur <a href="https://www.foxnews.com/media/goya-boycott-trump-praise-ceo-fox-friends">FoxNews</a> que le mouvement #BoycottGoya était une tentative d’atteinte à <em>« sa liberté d’expression »</em>.</p><ul class="article__unordered-list"><li>
<h2>Le vote de la communauté latino-américaine, un enjeu électoral</h2>
</li>
</ul><p class="article__paragraph"><em>« Une simple marque d’aliments en conserve raconte mieux l’Amérique qui s’apprête à voter que n’importe quelle analyse géopolitique »,</em> remarque ce lundi le journaliste Anthony Bellanger sur France Inter. La scission provoquée par l’affaire révèle un enjeu électoral : le vote des Latino-Américains lors de la prochaine présidentielle américaine. Cette réaction forte pourrait avoir de lourdes conséquences pour Trump, candidat à sa réélection.</p><p class="article__paragraph">Alors qu’il ne recueille seulement qu’entre 5 % et 10 % d’opinions favorables auprès de la population afro-américaine, 25 % des Latinos le soutiennent. Or les Latino-Américains représentent 18 % de la population américaine, un chiffre non négligeable à l’approche d’une élection. Ils sont nombreux dans les Etats du sud comme l’Arizona, le Nevada ou la Floride, connus pour être des <em>« swing states »</em>, des Etats qui ne sont pas traditionnellement acquis aux démocrates ni aux républicains, et dont l’électorat peut « basculer » (<em>swing</em>) d’un bord à l’autre à chaque élection.</p><p class="article__paragraph">Espérant récolter l’approbation de cette communauté, les proches du président des Etats-Unis s’affichent désormais sur les réseaux sociaux, boîte de conserve à la main. Comme sa fille et conseillère, Ivanka Trump, qui a ravivé la polémique avec un Tweet reprenant le slogan de Goya Foods, le 15 juillet :</p><p class="article__paragraph"><sup><em>« Si c’est Goya, c’est que c’est bon. »</em></sup></p><p class="article__paragraph">Donald Trump lui-même a posté mercredi sur Instagram une <a href="https://www.instagram.com/p/CCrAzKiBFUQ/?utm_source=ig_web_copy_link">photographie le mettant en scène</a>, derrière le bureau ovale, entouré de produits Goya.</p><p class="article__paragraph">Plus tôt dans la journée, il avait <a href="https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1283370156341760001">tweeté</a>, à propos des ventes de la marque : <em>« La campagne de dénigrement de la gauche radicale s’est retournée contre elle, les gens achètent en masse ! »</em> Du côté de l’opposition, la démocrate Alexandria Ocasio-Cortez a précisé dans un Tweet ironique qu’elle cherchait désormais à préparer son propre <em>adobo</em> (marinade qui assaisonne la cuisine portoricaine) sans avoir à passer par la marque Goya.</p><p class="article__paragraph"><sup><em>« Oh regardez, c’est le son que je fais quand je tape sur Google</em> “<em>comment préparer votre propre Adobo</em>”. <em>»</em></sup></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/20/comment-le-fait-d-acheter-des-haricots-goya-est-devenu-un-acte-politique-aux-etats-unis_6046746_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/20/comment-le-fait-d-acheter-des-haricots-goya-est-devenu-un-acte-politique-aux-etats-unis_6046746_4832693.html</guid>
      <pubDate>Mon, 20 Jul 2020 15:56:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Coronavirus : le masque que vous portez est-il le produit du travail forcé des Ouïgours ?]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/02/06/0/0/3000/2000/688/0/60/0/eac4c3d_5122458-01-06.jpg" alt="Un ouvrier fabrique des masques de protection dans une usine de Qingdao, dans la province orientale du Shandong, en Chine, le 6 février." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/02/06/0/0/3000/2000/688/0/60/0/eac4c3d_5122458-01-06.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un ouvrier fabrique des masques de protection dans une usine de Qingdao, dans la province orientale du Shandong, en Chine, le 6 février. STR,STR / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Et si le masque que vous portez pour vous protéger du coronavirus était le produit d’un travail forcé ? C’est la question que <a href="https://www.nytimes.com/2020/07/19/world/asia/china-mask-forced-labor.html">soulève le quotidien <em>The New York Times</em> dans une enquête</a> mise en ligne dimanche 19 juillet. Sur la base d’une centaine de vidéos des autorités chinoises, mais aussi de photographies, de documents gouvernementaux, ou encore de suivis de cargaisons, le journal révèle comment Pékin a contraint de nombreux Ouïgours et d’autres membres de minorités ethniques musulmanes de Chine à rejoindre ses usines de fabrication d’équipement de protection individuelle (PPE, <em>personal protective equipment</em>), utilisés dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19.</p><p class="article__paragraph">Selon les chiffres de l’Administration nationale chinoise des produits médicaux, cités par le journal : avant la crise sanitaire, seules quatre entreprises du Xinjiang, immense territoire semi-désertique situé dans le nord-ouest du pays, produisaient des PPE. Au 30 juin, elles étaient 51. Et, <em>« au moins »</em> 17 d’entre elles participent au programme de rééducation par le travail mis en place par Pékin il y a quelques années, insiste le <em>New York Times</em>.</p><p class="article__paragraph">Les Ouïgours constituent l’un des 56 groupes ethniques du pays, dont les Han sont l’ethnie majoritaire. Ils représentent près de la moitié des 25 millions de personnes vivant dans le Xinjiang. La zone a été le théâtre de plusieurs attentats meurtriers, attribués par les autorités chinoises à des séparatistes et des islamistes.</p><p class="article__paragraph">C’est dans ce contexte que Pékin a mis en place, il y a quelques années, <a href="https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/10/16/musulmans-internes-la-chine-contre-attaque-dans-les-medias_5370079_3216.html">un programme de rééducation par le travail</a>. Officiellement, son objectif est de permettre à la population de la région de trouver un emploi et de l’éloigner ainsi de toute tentation extrémiste ou terroriste.</p><p class="article__paragraph">Dans ce cadre, le gouvernement a facilité le transfert massif de citoyens ouïgours et d’autres minorités ethniques du Xinjiang vers des usines situées dans tout le pays. Là, les nouvelles recrues sont astreintes à l’apprentissage du mandarin et elles déclarent leur allégeance au drapeau lors de cérémonies hebdomadaires.</p><p class="article__paragraph">Sollicité par le <em>New York Times</em>, le porte-parole de l’ambassade de Chine aux Etats-Unis a expliqué que ce programme aide <em>« les résidents locaux à sortir de la pauvreté grâce à l’emploi et à mener une vie satisfaisante »</em>.</p><p class="article__paragraph">Mais pour les défenseurs des droits de l’humain, derrière le programme loué par Pékin se cache en réalité un <em><a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/11/14/en-chine-le-nouvel-archipel-du-goulag-des-ouigours_5383177_3232.html">« nouvel archipel du goulag »</a>.</em> Les « centres de formation professionnelle » sont, disent-ils, l’instrument d’une politique féroce <a href="https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/05/25/en-chine-l-internement-massif-de-ouigours-pour-reeducation-confirme-par-une-etude_5304787_3216.html">d’internement, d’endoctrinement et de travail forcé</a> <a href="https://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2018/05/25/en-chine-l-internement-massif-de-ouigours-pour-reeducation-confirme-par-une-etude_5304787_3216.html">des minorités musulmanes</a><em>,</em> d’ailleurs régulièrement pointée du doigt par la communauté internationale.</p><p class="article__paragraph">Car Pékin a déterminé des quotas de travailleurs, et de lourdes pénalités sont encourues par ceux qui refusent de coopérer, rendant la notion de volontariat toute relative. <a href="https://www.aspi.org.au/report/uyghurs-sale">Un rapport du centre de réflexion Australian Strategic Policy Institute (ASPI)</a>, publié le 1<sup>er</sup> mars, dévoilait ainsi que 27 usines ont fait travailler sous la contrainte des milliers de Ouïgours. Parmi ces usines figuraient des sous-traitants de 83 grandes marques internationales, comme Apple, Nike, Adidas, Bosch, ou encore Alstom…</p><p class="article__paragraph">Selon l’étude, entre 2017 et 2019 plus de 80 000 personnes ont été transférées hors du Xinjiang pour venir grossir les rangs des ouvriers à travers la Chine, certaines ayant été préalablement internées dans des camps de détention.</p><p class="article__paragraph"><em>« Tout est régi par la loi de l’offre et de la demande »</em>, résume, de son côté, <em>The New York Times</em>, qui précise que si la majorité des biens produits dans ces usines sont destinés au marché domestique, certains se sont toutefois retrouvés aux Etats-Unis, ou encore au Brésil.</p><p class="article__paragraph">La France n’est pas directement citée dans cette enquête, mais elle a été le récipiendaire <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/03/27/600-millions-de-masques-l-objectif-du-pont-aerien-en-preparation-entre-la-chine-et-la-france_6034705_3210.html">de centaines de millions de masques</a> en provenance de Chine durant la pandémie. Encore au cours de ces dernières semaines, des cargaisons sont arrivées à Dunkerque, Nantes ou en Ile-de-France, notamment pour reconstituer les stocks stratégiques dans le pays.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/20/coronavirus-le-masque-que-vous-portez-est-il-le-produit-du-travail-force-des-ouigours_6046743_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/20/coronavirus-le-masque-que-vous-portez-est-il-le-produit-du-travail-force-des-ouigours_6046743_4832693.html</guid>
      <pubDate>Mon, 20 Jul 2020 15:36:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les émojis au cœur de batailles de représentation]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2019/05/31/0/0/3500/2334/688/0/60/0/9073bcd_0F8H6IIfK2aGLjcfXFX3DrfO.jpg" alt="Un ballon-émoji gonflé par des manifestants devant le siège californien de Facebook lors de l’assemblée annuelle des actionnaires, le 30 mai 2019." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2019/05/31/0/0/3500/2334/688/0/60/0/9073bcd_0F8H6IIfK2aGLjcfXFX3DrfO.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un ballon-émoji gonflé par des manifestants devant le siège californien de Facebook lors de l’assemblée annuelle des actionnaires, le 30 mai 2019. STEPHEN LAM / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">On les pensait frivoles, avec leurs couleurs bariolées et leurs traits simples. Les émojis, ces pictogrammes utilisés dans les messages électroniques, sont pourtant au cœur de batailles tout à fait sérieuses, qui touchent aux questions de représentation des personnes, des cultures et des territoires. Toutes ont le même enjeu : convaincre le consortium Unicode, l’association à but non lucratif qui veille aux standards internationaux d’adoption de symboles, de se ranger à leur point de vue. Car une fois tranchée l’adoption ou la modification d’un émoji, Google, Apple, Facebook, Samsung, Microsoft, IBM et Twitter, entreprises toutes membres du consortium, l’adopteront sur leur plate-forme. Retour sur ces principaux affrontements, à l’occasion de la journée mondiale des émojis. Une journée fixée le 17 juillet… comme l’indique l’émoji calendrier ?.</p><ul class="article__unordered-list"><li>
<h2>Représenter les personnes</h2>
</li>
</ul><p class="article__paragraph"><em>« Pourquoi y a-t-il quatre émojis pour figurer les différents états d’une boîte aux lettres mais rien pour représenter un demi-milliard de femmes</em> [voilées] <em>? »</em> C’est la question posée en septembre 2016 par Rayouf Alhumedhi, une adolescente saoudienne, au consortium Unicode. L’adoption ne s’est pas faite sans heurts, certains internautes <a href="https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2017/11/17/une-lyceenne-celebree-pour-son-emoticone-voilee_5216466_4497186.html">voyant dans son initiative l’expression d’un nouvel islam politique</a> ou critiquant l’adoubement par la culture numérique globalisée d’une vision rigoriste de la religion.</p><p class="article__paragraph"><em>« Au moment même où j’ai proposé cette émoticône, je savais que des réactions négatives allaient venir. J’ai conscience du fait que certaines femmes subissent des pressions pour porter le voile et il est important de les aider. Toutefois, beaucoup de musulmanes, comme moi, choisissent délibérément de mettre un hidjab »,</em> <a href="https://time.com/5003930/most-influential-teens-2017/">a-t-elle expliqué</a> au magazine <em>Time</em>. Après avoir reçu le soutien de l’influent forum de discussion Reddit et d’une ancienne journaliste du <em>New York Times,</em> Jennifer 8. Lee, elle obtient gain de cause à l’été 2017.</p><p class="article__paragraph">Des batailles similaires ont eu lieu pour demander l’inclusion d’émojis représentant des <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/05/11/google-propose-des-emoji-pour-valoriser-les-femmes-dans-le-monde-professionnel_4917457_4408996.html">femmes travaillant dans diverses professions en 2016</a>, là où il n’existait jusqu’alors que des représentations de leurs collègues masculins, <a href="https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2015/02/24/apple-ethnicise-ses-emoticones_5999388_4832693.html">des personnes non-blanches en 2015</a> et des <a href="https://www.lemonde.fr/technologies/article/2014/03/29/vers-davantage-de-diversite-dans-les-emoji_4391850_651865.html">couples homosexuels en 2012.</a></p><ul class="article__unordered-list"><li>
<h2>Représenter les territoires</h2>
</li>
</ul><p class="article__paragraph">Il était devenu, mi-janvier, le sujet le plus discuté en France sur Twitter : <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/01/13/l-emoji-drapeau-breton-debarque-mais-seulement-sur-twitter-et-pour-un-temps-limite_6025738_4408996.html">l’émoji du drapeau breton</a>. Depuis 2018, la région Bretagne et l’association. bzh (qui gère l’extension éponyme) réclament au consortium Unicode la création de cet émoji. <em>« Mais le dossier est en suspens, comme pas mal d’autres concernant des drapeaux »</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/01/13/l-emoji-drapeau-breton-debarque-mais-seulement-sur-twitter-et-pour-un-temps-limite_6025738_4408996.html">expliquait au <em>Monde</em></a> Loïz Fily, chef de projet émoji au sein de. bzh. <em>« Le consortium souhaitait qu’on prouve l’utilité de l’émoji, qu’on prouve qu’il y a une demande, il nous a demandé de le tester sur une plate-forme. »</em></p><p class="article__paragraph">C’est désormais chose faite. <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/01/13/l-emoji-drapeau-breton-debarque-mais-seulement-sur-twitter-et-pour-un-temps-limite_6025738_4408996.html">Lundi 13 janvier</a>, l’association. bzh et la région Bretagne ont demandé à Twitter, contre rémunération, qu’un émoji Gwenn ha Du – le nom du drapeau breton – s’affiche chaque fois qu’un hashtag #emojiBZH ou #GwennHaDu était utilisé, et ce jusqu’au 9 février. L’association avait prévu de déposer fin mars un nouveau dossier, renforcé par cette expérience. Réponse en 2021.</p><p class="article__paragraph">La Bretagne est loin d’être la seule à s’être lancée dans la bataille. En 2018, <a href="https://www.isula.corsica/assemblea/docs/2018O2379-deliberation.pdf">un rapport de l’Assemblée de Corse</a> prévoyait la création d’une telle miniature <a href="https://twitter.com/TonioAlbertini/status/1068221634069315584">pour 52 800 euros</a>. Dans <a href="https://www.leparisien.fr/societe/la-guerre-de-l-emoji-regional-aura-t-elle-lieu-04-12-2018-7960389.php"><em>Le Parisien</em></a>, Eric Ferrari, directeur de la transformation et de l’aménagement numérique de la Corse, justifiait ce choix comme <em>« une façon de se faire reconnaître dans l’univers d’aujourd’hui »</em> : <em>« Il est important d’avoir un symbole identitaire de la Corse dans le monde. »</em> Pour l’heure, le budget prévisionnel n’a pas encore été dépensé, a fait savoir <a href="https://france3-regions.francetvinfo.fr/corse/corse-du-sud/emoji-drapeau-breton-cartonne-quand-emoji-corse-1775415.html">Eric Ferrari à France 3 Corse</a>. Et d’ajouter : <em>« Le projet est toujours dans les tuyaux bien qu’ayant subi une petite polémique à l’époque sur le montant du crédit de communication. »</em></p><p class="article__paragraph">Outre la Bretagne et la Corse, le Pays basque, la Normandie et la Catalogne ont exprimé leur intérêt de voir leur drapeau ainsi immortalisé en ligne.</p><ul class="article__unordered-list"><li>
<h2>Représenter les cultures culinaires</h2>
</li>
</ul><p class="article__paragraph">Tacos, pizza, même combat. Le consortium Unicode est régulièrement accusé de représenter des mets culinaires dans leur forme industrielle, irrespectueuse des traditions culinaires. <a href="https://www.change.org/p/unicode-inc-the-pizza-emoji-is-awful-let-s-change-it/c">Dès 2017,</a> une pétition demandait ainsi au consortium Unicode de cesser de représenter le plat national italien dans sa version américaine – couverte d’une épaisse couche de fromage jaunâtre, avec quatre tranches de pepperoni –, pour lui préférer sa version traditionnelle – sauce tomate, mozzarella, basilic. Demande, pour l’heure, sans effet.</p><p class="article__paragraph">En 2015, c’est la sortie de l’émoji tacos, <a href="https://www.facebook.com/The-Universe-Demands-a-Taco-Emoji-257886524274677/?ref=page_internal">vivement réclamé</a>, qui a suscité le tollé. La miniature, représentant une crêpe rigide, avec quelques feuilles de salade, cubes de tomates et du steak haché, ressemble trait pour trait aux représentations de tacos de la chaîne de restauration américaine Taco Bell. L’entreprise s’était d’ailleurs impliquée dans la campagne de lobbying visant à demander la création de cet émoji, bien consciente de l’opportunité marketing. Cette bataille n’a été ni gagnée ni perdue par des tenants du taco mexicain. Seul Apple a <a href="https://www.lataco.com/won-apples-new-taco-emoji-now-authentic-taco/">entendu leur critique en 2016</a>, décidant unilatéralement d’adapter son émoji pour montrer cette fois une tortilla de maïs mou, enserrant des brins de coriandre, des morceaux d’oignon et de la viande marinée.</p><p class="article__paragraph">On l’aura compris, l’émoji culinaire est souvent représenté par la version industrielle du plat… qui se confond souvent avec sa version états-unienne, où siège le consortium. C’est ainsi que l’émoji raclette, proposé par des journalistes du <em>Monde</em> au consortium, <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/03/02/pourquoi-vous-n-aurez-jamais-d-emoji-raclette-dans-votre-smartphone_5430435_4408996.html">a été refusé en février 2019</a>… là où l’émoji fondue, proposé par nos confrères suisses de <em>20 Minuten</em> a été <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/02/01/emoji-raclette-episode-ii-pourquoi-un-emoji-fondue-lui-a-ete-prefere_6028088_4408996.html">retenu l’année d’après.</a></p><p class="article__paragraph"><em>« La raclette ne figure même pas dans le</em> Oxford Encyclopedia of Food &amp; Drink in America<em>, l’encyclopédie de référence,</em><a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/02/01/emoji-raclette-episode-ii-pourquoi-un-emoji-fondue-lui-a-ete-prefere_6028088_4408996.html">expliquait en début d’année</a> au <em>Monde</em> Loïc Bienassis, historien à l’Institut européen d’histoire et des cultures de l’alimentation. <em>Alors qu’il y a eu, entre les années 1950 et 1970, un engouement chez les classes moyennes américaines pour ce qu’on appelait les “fondue parties”, alors</em> <em>en sachets, boîtes de conserve ou caquelons. »</em> A charge donc pour les défenseurs de la raclette de l’exporter outre-Atlantique.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/17/les-emojis-au-c-ur-de-batailles-de-representation_6046552_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 17 Jul 2020 18:25:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Aux Etats-Unis, deux coiffeuses atteintes du Covid-19 évitent une contamination massive grâce au port du masque]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">La mésaventure, d’abord présentée comme une forme d’inconséquence, est finalement devenue un exemple de civisme concernant le port du masque. Alors qu’elles présentaient des symptômes de Covid-19, deux coiffeuses du Missouri ont continué leur activité, recevant près de 140 clients et clientes, raconte le <em><a href="https://www.nytimes.com/2020/07/14/health/coronavirus-hair-salon-masks.html`">New York Times</a></em>. L’affaire, qui laissait craindre une contamination massive dans la ville de Springfield, n’a donné lieu à aucun cas de Covid-19.</p><p class="article__paragraph">Le port du masque a largement contribué à éviter la propagation du SARS-CoV-2 dans le salon de coiffure, comme le confirme une étude publiée mardi 14 juillet, qui démontre en particulier l’efficacité du masque dans les lieux publics clos. Les conclusions des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC), qui ont réalisé l’étude, vont dans le sens d’un usage très large du masque de protection, présenté par les scientifiques comme <em>« un élément essentiel du dispositif de prévention sanitaire »</em>.</p><p class="article__paragraph">L’affaire débute le 12 mai, lorsque l’une des coiffeuses du salon Great Clips, à Springfield, ressent une gêne respiratoire, l’un des symptômes du Covid-19. Elle continue pourtant à travailler, jusqu’à ce que sa collègue développe les mêmes troubles trois jours plus tard. Ce n’est que le 20 mai, soit plus d’une semaine après la déclaration des premiers symptômes, que la première coiffeuse reçoit un test positif au Covid-19, contraignant sa collègue à se faire dépister à son tour. Deux jours plus tard, le même résultat tombe.</p><h2 class="article__sub-title">67 tests négatifs</h2><p class="article__paragraph">Dans cette ville de 170 000 habitants, où peu de cas de Covid-19 ont été recensés, les inquiétudes grandissent concernant le risque d’une contamination massive. Alors que l’établissement avait rouvert deux semaines auparavant – à l’instar de l’ensemble des salons de coiffure de cet Etat conservateur –, le Great Clips a dû fermer pendant trois jours. Le temps nécessaire pour désinfecter les lieux et identifier les clients potentiellement exposés au virus.</p><p class="article__paragraph">Au total, 139 personnes ont été prises en charge par l’une des deux professionnelles, lors de rendez-vous qui duraient entre 15 et 45 minutes. Les clients, répartis à peu près également entre hommes et femmes, sont âgés de 21 à 93 ans, avec une moyenne d’âge de 52 ans. Tous se sont vu proposer un test de dépistage et un suivi médical poussé. Les 67 personnes ayant accepté le test ont présenté des résultats négatifs. Quant aux autres, elles n’ont pas développé de symptômes dans les deux semaines suivantes.</p><p class="article__paragraph"><em>« Les clients ont été invités à s’auto-isoler pendant quatorze jours et ont été quotidiennement appelés ou contactés par message ; aucun n’a signalé de signes ou de symptômes de Covid-19 »,</em> rapportent les auteurs de l’étude. Le reste du personnel a, lui aussi, été placé en quarantaine pendant deux semaines.</p><p class="article__paragraph">Comment expliquer que ces clients n’aient présenté aucun symptôme ? Pour les chercheurs des CDC, le masque <em><em>« semble avoir joué un rôle important dans la lutte contre la propagation de l’épidémie »</em></em>.</p><p class="article__paragraph">Pendant leurs interactions avec la clientèle, les deux employées portaient un masque, un modèle en coton à deux couches pour la première, un modèle similaire ou un masque de type chirurgical pour la seconde. Une écrasante majorité de leurs clients portaient, eux aussi, des masques pendant qu’ils se faisaient coiffer. Entre les rendez-vous et en l’absence de clients, les deux collègues ne se couvraient toutefois pas le visage lors de leurs échanges, précise les auteurs du rapport.</p><h2 class="article__sub-title">Changement des mentalités</h2><p class="article__paragraph">Une affaire qui a incité les habitants de Springfield à porter davantage le masque, selon les autorités de la ville. Matt Morrow, président de la chambre de commerce de la région de Springfield, assure au <em><a href="https://www.washingtonpost.com/business/2020/06/17/masks-salons-missouri/">Washington Post</a></em>: <em>« Davantage de personnes portent des masques en public ces derniers jours. »</em> Clay Goddard, directeur du département de la santé de Springfield, a, lui aussi, constaté <em>« un changement dans la pratique »</em>. Plutôt sceptique concernant l’utilité du masque, M. Goddard se décrit désormais comme un <em>« fervent défenseur »</em> du masque.</p><p class="article__paragraph">Aux Etats-Unis, comme dans de nombreux pays, son usage fait encore l’objet de controverses. Dans les premières semaines de la pandémie, de nombreux responsables américains avaient écarté la nécessité de porter des masques en dehors des hôpitaux, rapporte le <em>Washington Post</em>. Sous pression depuis des semaines pour donner l’exemple face à l’explosion de la pandémie de Covid-19, <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/12/coronavirus-donald-trump-porte-un-masque-de-protection-en-public-pour-la-premiere-fois_6045973_3244.html">Donald Trump a été vu pour la première fois</a>, samedi 11 juillet, portant un masque de protection en public.</p><p class="article__paragraph">Dans l’ensemble du pays, le débat reste animé. Dans le comté d’Orange, en Californie, face à l’opposition de la population, les responsables locaux ont annulé leur décret rendant le masque obligatoire, rapporte encore le <em>Washington Post,</em> dans son article intitulé « L’épidémie qui n’a pas eu lieu ». Le mois dernier, le gouverneur de l’Ohio, Mike DeWine, est revenu sur sa décision d’exiger le port de masque dans les magasins après avoir, lui aussi, fait face à une fronde des habitants de son Etat.</p><p class="article__paragraph">En France, où <a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2020/05/03/coronavirus-comment-le-discours-des-autorites-sur-les-masques-a-largement-change_6038522_4355770.html">le discours des autorités sur les masques</a> a largement changé durant la crise sanitaire, <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/16/en-mayenne-le-gouvernement-veut-rendre-le-masque-obligatoire-sans-attendre-le-1er-aout_6046327_3244.html">le masque sera obligatoire</a> dans les lieux publics clos dès la semaine prochaine. Une mesure répondant à l’appel de nombreux scientifiques. Quatorze médecins ont notamment interpellé les pouvoirs publics sur ce sujet dans une tribune intitulée « Masqués mais en liberté ! », samedi 11 juillet dans <em><a href="https://www.leparisien.fr/societe/sante/dans-une-tribune-des-medecins-reclament-le-masque-obligatoire-dans-les-lieux-publics-clos-11-07-2020-8351421.php">Le Parisien</a></em>.</p><p class="article__paragraph">Pour les scientifiques des CDC, cette étude renforce leur conviction que le port du masque freine la propagation du Covid-19. <em>« L’adoption généralisée de politiques exigeant de se couvrir le visage dans les lieux publics doit être envisagée pour réduire l’impact et la magnitude d’éventuelles nouvelles vagues de Covid-19 »,</em> concluent-ils.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/17/aux-etats-unis-deux-coiffeuses-atteintes-du-covid-19-evitent-une-contamination-massive-grace-au-port-du-masque_6046501_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/17/aux-etats-unis-deux-coiffeuses-atteintes-du-covid-19-evitent-une-contamination-massive-grace-au-port-du-masque_6046501_4832693.html</guid>
      <pubDate>Fri, 17 Jul 2020 12:11:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le monde du Scrabble s’interroge sur l’interdiction des insultes racistes et sexistes en compétition]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/04/23/0/0/6720/4480/688/0/60/0/217c15a_-c4bmSlq7GCMhlO2krvrh_7-.jpg" alt="Partie de Scrabble dans l’Eure, pendant l’épidémie de Covid-19." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/04/23/0/0/6720/4480/688/0/60/0/217c15a_-c4bmSlq7GCMhlO2krvrh_7-.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Partie de Scrabble dans l’Eure, pendant l’épidémie de Covid-19. PhilippPhilippe Lissac/Godong / Photononstop</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Le monde du Scrabble se déchire autour d’une question de vocabulaire. Jusqu’ici rien de surprenant. Sauf que ces mots interrogent en profondeur notre société : faut-il supprimer les insultes raciales et anti-LGBT + des tournois et des dictionnaires officiels ? Le débat a été ouvert par la ligue nord-américaine de Scrabble, qui a annoncé son intention de bannir <a href="https://scrabbleplayers.org/w/Slurs">225 mots</a> insultants ou discriminatoires ayant trait au genre, à l’origine ethnique ou à l’orientation sexuelle de la liste des termes utilisés en compétition.</p><p class="article__paragraph">C’est un champion du jeu de société, <a href="http://www.scrabbleplayers.org/w/Cesar_Del_Solar">Cesar del Solar</a>, qui a soulevé la question en demandant à la North American Scrabble Players Association (NASPA) de proscrire l’utilisation de ces mots en tournoi, au premier rang desquels le fameux <em>« N word »</em>, expression remplaçant le terme <em>« nigger »</em> (« nègre ») aux Etats-Unis. Sa requête s’inscrit dans le contexte du mouvement Black Lives Matter, déclenché par la mort de Georges Floyd aux Etats-Unis, qui questionne le rôle du langage dans la propagation des clichés racistes.</p><h2 class="article__sub-title">« Il n’est pas difficile de retirer 238 mots »</h2><p class="article__paragraph">Interpellé par des posts sur le sujet publiés par plusieurs joueurs sur un groupe Facebook, le président de la NASPA, John Chew, leur a répondu dans <a href="http://www.icontact-archive.com/archive?c=1384631&amp;f=6038&amp;s=14937&amp;m=289409&amp;t=42bfeecf990f5ae04e8a9ea793c9a29e79393ee2e6b4b72ecef1a231ef1a0fa9">le bulletin officiel</a> de la ligue qu’il n’est « <em>pas difficile de retirer 238 mots</em> [les 225 termes ciblés plus leurs déclinaisons]<em>, qui ont tous des significations offensantes </em>» et que cette décision, si elle est entérinée, pourrait être effective le 1<sup>er</sup> septembre 2020.</p><p class="article__paragraph">Dans un <a href="https://news.trust.org/item/20200706164221-w8e85/">entretien à l’agence de presse Reuters</a>, John Chew a développé sa pensée :</p><p class="article__cite">« On nous dit, quand on entre pour la première fois dans un club de Scrabble, que les mots n’ont pas de signification sur un plateau de Scrabble. La plupart des gens l’acceptent sans problème. Mais d’autres n’acceptent pas que le “N word” soit traité comme s’il n’avait aucune signification. Ces gens finissent par ne plus faire partie de notre communauté, et c’est un problème fondamental que nous devons régler. »</p><p class="article__paragraph">Le sujet a été longuement débattu, par courrier électronique et via l’application de visioconférence Zoom, par les membres de l’association de Scrabble. John Chew a aussi appelé les internautes – membres ou non de la ligue – à donner leurs avis sur <a href="https://scrabble.formstack.com/forms/removing_slurs">une page</a> dédiée. « <em>Le Conseil consultatif examinera attentivement les réponses avant de prendre une décision</em> », précise-t-il.</p><h2 class="article__sub-title">« Les insultes ne sont autorisées sous aucune forme »</h2><p class="article__paragraph">A la suite de cet examen, John Chew pourrait annoncer la suppression dès le 1<sup>er </sup>septembre 2020 de toutes les insultes racistes, homophobes ou transphobes de la liste de mots autorisés dans les clubs et tournois officiels, si le conseil consultatif le juge nécessaire. Mais il ne cache pas que son avis personnel est arrêté, <a href="https://www.nytimes.com/2020/07/07/sports/scrabble-racial-slurs-tournaments.html">à en croire ses déclarations</a> au <em>New York Times</em> :</p><p class="article__cite">« Quand des gens meurent dans les rues dans un contexte de tensions raciales et que ce mot [N word] a encore tant de pouvoir, il faut se dire que nous jouons à un simple jeu et que nous devons faire ce que nous pouvons pour aider, à notre façon. »</p><p class="article__paragraph">Hasbro, la société qui possède les droits du Scrabble en Amérique du Nord, a d’ores et déjà apporté son soutien à cette initiative. La porte-parole de la société américaine, Julie Duffy, a ainsi déclaré au <em><a href="https://www.nytimes.com/2020/07/07/sports/scrabble-racial-slurs-tournaments.html">New York Times</a></em> qu’une note figurera sur le règlement du jeu vendu au grand public précisant <em>« que ces insultes ne sont autorisées sous aucune forme de jeu »</em>.</p><p class="article__paragraph">Alors que la NASPA contrôle la liste de mots autorisés pour les tournois, Hasbro fournit le lexique qui constitue la base de toutes les versions de Scrabble<em>.</em> Avec ce soutien, les mots interdits pourraient donc également être supprimés des versions numériques du jeu ou des jeux sous licence qui exploitent le dictionnaire officiel du Scrabble.</p><h2 class="article__sub-title">« C’est juste un mot »</h2><p class="article__paragraph">Ce n’est pas la première fois que Hasbro supprime des mots du jeu. L’Anti-Defamation League (« Ligue antidiffamation »), une organisation non-gouvernementale américaine, avait déjà réussi à faire pression pour supprimer des termes antisémites du dictionnaire officiel dans les années 1990.</p><p class="article__paragraph">Cette initiative ne fait cependant pas l’unanimité parmi les joueurs et les membres de la NASPA. <em>« C’est juste un mot. Le simple fait de le jouer sur un plateau de Scrabble ne veut pas dire que le joueur entend être offensant »</em>, a réagi auprès de Reuters le joueur nigérian Wellington Jighere, champion du monde 2015, et actuel 8<sup>e</sup> joueur mondial.</p><p class="article__paragraph">« <em>Le contexte dans lequel nous faisons usage de ces mots est important,</em> explique au <em>Monde</em> Stefan Fatsis, auteur du livre sur le monde du Scrabble <em>Word Freak : Heartbreak, Triumph, Genius, and Obsession in the World of Competitive Scrabble Player</em> (2001, non traduit).<em>Pendant une compétition, le sens des mots ne compte pas. Surtout que les mots ne sont pas prononcés à haute voix et ils ne sont jamais dirigés contre un adversaire ».</em></p><p class="article__paragraph">L’auteur a conscience que les termes insultants ne perdent pas leur sens pour autant, mais s’interroge sur la portée réelle de leur bannissement d’un jeu : « <em>Rendre certains mots inéligibles à un jeu de société</em> – <em>les supprimer des dictionnaires ou interdire les livres qui les incluent</em> – <em>ne les fera pas disparaître, ni les sentiments qu’ils portent. </em>»</p><h2 class="article__sub-title">« Coller aux évolutions de la société »</h2><p class="article__paragraph">De ce côté de l’Atlantique, la Fédération française de Scrabble (FFSc) réédite son dictionnaire tous les quatre ans. «<em> L’idée est de coller aux évolutions de la société »,</em> explique au <em>Monde</em> Marie-Odile Panau, présidente de la FFSc. Mais les mots racistes comme « négro » ou « chinetoque » n’ont été supprimés que récemment, dans la huitième édition de <em><a href="https://www.fisf.net/officiel-du-scrabble/presentation.html">L’Officiel du Scrabble</a></em> (ODS) publiée par Larousse en juin 2020.</p><p class="article__paragraph">« <em>Cette décision n’est pas en lien avec l’actualité, notre comité débattait de ce sujet sensible depuis de nombreuses années</em>, explique au <em>Monde</em> Florian Lévy, président du comité de rédaction du dictionnaire depuis 2006. <em>Longtemps, nous ne souhaitions qu’il ne soit touché aux termes à connotation raciste qu’en cas d’obligation absolue par Larousse, l’éditeur de l’</em>ODS<em>, qui peut toujours brandir son veto éditorial. »</em></p><p class="article__paragraph">Plusieurs insultes, telles que <em>« salope », « ritale » ou « enculer »,</em> figurent toujours dans le dictionnaire papier de l’<em>ODS</em> : « <em>On ne peut quand même pas éditer une version allégée du dictionnaire dont on aurait banni tous ces termes. D’ailleurs, où fixer la limite entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas ? »,</em> interroge Florian Lévy:</p><p class="article__cite"><em>« Le lexique est à l’image de la vie : le meilleur y côtoie souvent le pire. Nos dictionnaires de référence se contentent d’observer l’évolution de la langue et d’enregistrer ce qu’il se dit. On a parfaitement le droit de déplorer la présence de tels mots dans le lexique, on a encore plus le droit de ne pas les utiliser dans son propre discours, mais on ne peut pas en nier l’existence »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/07/09/le-monde-du-scrabble-s-interroge-sur-l-interdiction-des-insultes-racistes-et-sexistes-en-competition_6045737_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 09 Jul 2020 14:51:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Thé et œufs brouillés mettent à l’épreuve la « special relationship » entre Londres et Washington]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/06/25/17/0/2546/1697/688/0/60/0/3d941f9_bn5IOjYNglLdC_Y-Wf-SxDSL.jpg" alt="En Angleterre, on ne plaisante pas avec le thé ! « Tea time », pour le premier ministre Boris Johnson, en 2019." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/06/25/17/0/2546/1697/688/0/60/0/3d941f9_bn5IOjYNglLdC_Y-Wf-SxDSL.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">En Angleterre, on ne plaisante pas avec le thé ! « Tea time », pour le premier ministre Boris Johnson, en 2019. DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Elle aurait pu dire <em>« Oops !… I Did It Again »</em>, s’excuser, mais non, rien. Elle récidive et même elle semble y prendre goût. Début juin, Michelle, alias Jchelle36, une infirmière américaine originaire de Caroline du Nord vivant au Royaume-Uni, a montré sur l’application TikTok comment préparer une tasse de <em>« thé britannique ».</em> <em>« Massacrer »</em> serait plus correct.</p><p class="article__paragraph">Dans cette vidéo, elle demande à l’une de ses filles de remplir d’eau – aux 2/3 – un mug qu’elle réchauffe au micro-onde pendant une minute. Elle complète le mug avec du lait, largue un sachet de thé dans le breuvage et arrose généreusement le tout de sucre en poudre, et mélange avant d’ajouter : <em>« Et c’est comme ça qu’on fait un thé chaud »</em>.</p><p class="article__paragraph">S’il est difficile de mesurer le sérieux de la mère de famille (premier degré ou pure provocation ?), sa vidéo a été vue plus de 1 million de fois sur TikTok, 2 millions de fois sur Twitter. Et a provoqué un tollé : certains parlent <em>« <a href="https://twitter.com/NickStevenson63/status/1270037807344553985">d’abomination </a>»</em>, <em>« <a href="https://twitter.com/Johnedwarddiver/status/1270042170494509057">d’action terroriste </a>»</em>, d’autres constatent qu’elle a <em>« <a href="https://twitter.com/Chrisballingall/status/1270334813543768064">raté toutes les étapes </a>»</em> de la préparation de sa tasse de thé.</p><h2 class="article__sub-title">Le Foreign Office fait de la pédagogie</h2><p class="article__paragraph">Face aux réactions, le Foreign office, le Bureau des affaires étrangères, est entré dans la danse. On ne plaisante pas avec le thé. Le 22 juin, Karen Pierce, l’ambassadrice britannique à Washington a posté une vidéo humoristique et pédagogique rappelant que <em>« la relation anglo-américaine est définie par le thé »</em>.</p><p class="article__paragraph">Elle fait référence à la Boston Tea Party de 1773, l’un des épisodes fondateurs de la Révolution américaine qui a conduit à l’indépendance des Etats-Unis. Les colons du Massachusetts, furieux contre les impôts imposés par Londres, déversèrent la cargaison de thé de bateaux dans le port de Boston.</p><p class="article__paragraph">L’ambassadrice insiste sur l’importance de la bouilloire dans la préparation et fait intervenir « trois experts militaires » (British Army, Royal Navy et Royal Air Force) qui montrent comment faire une <em>« véritable tasse de thé britannique »</em>, avec un sachet de thé, du sucre et du lait. Bien loin des errances de Michelle et de son micro-onde.</p><h2 class="article__sub-title">Les serial killeuses du thé</h2><p class="article__paragraph">Car Michelle n’est pas à son coup d’essai : sur TikTok – Twitter, Instagram, et sur sa chaîne <a href="https://www.youtube.com/channel/UC_UQF2t1LEcY3Rg8ijcuMow">YouTube</a> –, elle déploie ses talents culinaires et partage des vidéos de sa <em>« Traveling Family Of Five »</em>. Elle a plusieurs fois partagé la vision très personnelle qu’à sa famille de la préparation du thé.</p><p class="article__paragraph">Ainsi, le 4 mai, elle a présenté la recette de sa fille qui consiste à mélanger une tasse de thé instantané Lipton, deux tasses de boisson sucrée lyophilisée Tang (saveur orange), une demi-tasse de <a href="https://www.myamericanmarket.com/fr/country-time-lemonade-citronnade-en-poudre">limonade en poudre Country Time</a>, deux tasses de sucre, deux cuillères à café de cannelle et une cuillère à café de clous de girofle. Elle en mélange quelques cuillères dans une grande tasse, préalablement passée au micro-onde, comme il se doit.</p><p class="article__paragraph">En cherchant bien, elle propose aussi une version étonnante du « <a href="https://www.tiktok.com/@jchelle36/video/6799698934886452486">thé à l’américaine </a>». Mais pourquoi insister ?</p><h2 class="article__sub-title">Le massacre des œufs brouillés</h2><p class="article__paragraph">Dans une vidéo publiée le 20 juin sur TikTok, elle en a remis une couche. Cette fois, elle s’attaque à l’<em>English Breakfast </em>: elle montre comment préparer un <em>« petit-déjeuner anglais classique »</em>. <em>« Après mes dernières vidéos, j’ai eu beaucoup de questions qui me demandaient d’essayer un petit-déjeuner anglais</em>, se justifie-t-elle. <em>Alors aujourd’hui, je vais vous faire des œufs anglais ! »</em> Des œufs brouillés, donc.</p><p class="article__paragraph">Dans cette vidéo de trente-six secondes, elle sort les œufs du réfrigérateur – contrairement aux Britanniques, les Américains les mettent au frais –, les casse dans un bol, ajoute du sel, du poivre. Jusqu’ici, on pourrait parler d’un sans-faute. Puis la recette part en territoire inconnu : elle ajoute de la crème fouettée et du sucre à la mixture. Ensuite, elle enfourne le tout au micro-ondes pendant deux minutes.</p><p class="article__paragraph">Rappelons que la <em>« recette parfaite d’œufs brouillés »</em> du cuisinier <a href="https://www.bbcgoodfood.com/recipes/perfect-scrambled-eggs-recipe">Bill Granger sur le site de la BBC</a> ne mentionne nulle part la présence de crème fouettée, encore moins de sucre. Du lait ou de la crème, à la limite.</p><h2 class="article__sub-title">« Nous devons extrader cette femme »</h2><p class="article__paragraph">La vidéo a été visionnée plus de 533 800 fois sur TikTok et diversement commentée. Le <em><a href="https://www.dailymail.co.uk/femail/food/article-8446383/American-woman-causes-outrage-recipe-British-eggs-whipped-cream-sugar.html">Daily Mail</a></em> cite notamment l’écrivain Owen Jones, qui écrit, non sans humour : <em>« Nous devons extrader cette femme et lui faire un procès. »</em> Qu’importe si elle habite au Royaume-Uni.</p><p class="article__paragraph">Un certain @tobyh45 l’interpelle sur Twitter et lui rappelle les bases de la préparation du thé et des œufs brouillés : <em>« Pourquoi faites-vous cela ? Personne n’a jamais fait d’œufs comme ça. Vous avez aussi ruiné la préparation du thé ! 1) Faire bouillir de l’eau. 2) Verser sur le sachet de thé. 3) Laissez-le infuser pendant une à deux minutes. 3) Retirer le sachet de thé. 4) Ajouter du lait. C’est tout ! Comment pouvez-vous faire de quelque chose d’aussi simple un tel foutoir ? »</em></p><p class="article__paragraph">Pour les œufs brouillés : <em>« 1) Chauffer une petite quantité d’huile dans une poêle. 2) Casser les œufs. 3) Mélanger pour briser les œufs. 4) Ajouter du poivre et du sel. 5) Une petite quantité de lait si vous êtes fantaisiste. C’est tout ! Pas de sucre. ? Qui t’a fait souffrir au point que tu ne réussisses pas une recette de base que mes enfants savent préparer depuis qu’ils ont 8 ans ? »</em></p><p class="article__paragraph">De ce côté-ci de la Manche, on aurait tort de glousser des expériences de Jchelle36. Edward Llewellyn, l’ambassadeur britannique à Paris rappelle à son pays d’accueil l’importance du thé dans la culture britannique.</p><p class="article__paragraph">Dans une vidéo publiée le 23 juin, il rend hommage à Karen Pierce qui insiste sur l’importance de la bouilloire et nous rappelle l’importance du nuage de lait. D’accord pour un thé noir, mais pour un thé vert ou un thé blanc ?</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 25 Jun 2020 19:04:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Le « lamphone », ou l’espionnage une conversation en observant l’ampoule d’une pièce]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2017/01/25/2134/5/2826/1888/688/0/60/0/c278385_23922-o818w6.mu5wzbbj4i.jpg" alt="Les ampoules LED offrent un rapport signal/bruit qui est environ 6,3 fois celui d’une ampoule à incandescence et 70 fois celui d’une ampoule fluorescente." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2017/01/25/2134/5/2826/1888/688/0/60/0/c278385_23922-o818w6.mu5wzbbj4i.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Les ampoules LED offrent un rapport signal/bruit qui est environ 6,3 fois celui d’une ampoule à incandescence et 70 fois celui d’une ampoule fluorescente. SEBASTIEN BOZON / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">James Bond, Jason Bourne ou OSS 117… c’est un peu du passé. Quand les services de renseignement recrutent, ils ne cherchent pas seulement des barbouzes, ils cherchent plutôt des têtes bien faites et accessoirement des <em>gamers</em> et des <em>hackers</em>. Rangez le pistolet avec silencieux, l’appareil photo miniature, la semelle cachant une lame, sortez l’ordinateur portable et accessoirement… le télescope.</p><p class="article__paragraph">Ben Nassi, Yaron Pirutin, Adi Shamir, Yuval Elovici et Boris Zadov, des chercheurs de l’université israélienne Ben-Gourion du Néguev et de l’Institut Weizmann des sciences, ont annoncé la mise au point d’une nouvelle technique d’espionnage – on parle sobrement d’écoute à distance –, qu’ils appellent <em><a href="https://www.nassiben.com/lamphone">« lamphone »</a></em>. Cette technique permettrait à toute personne possédant un ordinateur portable, un télescope et un capteur électro-optique (d’une valeur de quelques centaines d’euros) d’écouter, en temps réel, tous les sons émis dans une pièce située à distance, pourvu qu’elle soit éclairée.</p><p class="article__paragraph">Les longueurs d’onde émises lors d’une conversation produisent d’infimes vibrations qui entraînent à leur tour d’infimes variations de luminosité. En mesurant ces minuscules changements de luminosité, les chercheurs montrent qu’il est possible de capter les sons, assez clairement pour discerner le contenu des conversations ou même reconnaître un morceau de musique.</p><h2 class="article__sub-title">Vibrations de quelques centaines de microns</h2><p class="article__paragraph"><em><em>« Tout son présent dans la pièce peut être récupéré sans qu’il soit nécessaire de pirater quoi que ce soit et sans dispositif dans la pièce. I</em>l suffit d’avoir une ligne de mire sur une ampoule suspendue, et c’est tout <em>»</em></em>, explique Ben Nassi, chercheur en sécurité. Lui et ses collègues prévoient de présenter leurs conclusions à la conférence Black Hat sur la sécurité de l’information, du 1<sup>er</sup> au 6 août, à Las Vegas (Nevada).</p><p class="article__paragraph">Lors de leurs expériences, les chercheurs ont placé une série de télescopes, avec des lentilles de 10, 20 et 35 centimètres, à environ 25 mètres de l’ampoule d’une pièce cible, et ont placé l’oculaire de chaque télescope devant un capteur électro-optique. Ils ont ensuite utilisé un convertisseur analogique-numérique pour changer les signaux électriques de ce capteur en informations numériques.</p><p class="article__paragraph">Dans la pièce cible, ils diffusaient des enregistrements de discours et de musiques et transmettaient les informations recueillies par leur installation à un ordinateur portable qui les analysait. Les chercheurs ont découvert que les vibrations de l’ampoule – de l’ordre de quelques centaines de microns – en réponse aux mouvements du son étaient enregistrables comme des changements mesurables dans la lumière que le capteur percevait.</p><p class="article__paragraph">Après avoir traité le signal recueilli par un logiciel capable de filtrer le bruit, ils ont pu reconstituer les sons enregistrés dans la pièce : <a href="https://www.nassiben.com/lamphone">sur leur site</a>, ils proposent l’extrait d’un discours dans lequel Donald Trump dit <em>« We will make America great again »</em> de manière suffisamment audible pour qu’il puisse être transcrit par l’API Cloud Speech de Google. Ils proposent également deux enregistrements dans lesquels il est possible de distinguer<em> Let It Be,</em> des Beatles, et <em>Clocks,</em> de Coldplay, tous deux reconnus par l’application Shazam.</p><h2 class="article__sub-title">Une nouvelle forme d’attaque possible</h2><p class="article__paragraph">Dan Boneh, informaticien et cryptographe de Stanford, cité par <a href="https://www.wired.com/story/lamphone-light-bulb-vibration-spying/">Wired</a>, affirme que cette technique représente une nouvelle forme d’attaque par <em>« canal latéral »</em>, c’est-à-dire une attaque qui profite d’une fuite involontaire d’informations pour voler des secrets.</p><p class="article__paragraph">La technique n’est pourtant pas infaillible. Lors de leurs essais, les chercheurs ont utilisé une ampoule suspendue, et il n’est pas certain qu’une ampoule montée dans une lampe fixe vibre suffisamment pour produire le même type de signal audio.</p><p class="article__paragraph">Les enregistrements de voix et de musiques qu’ils ont utilisés lors de leurs essais étaient également plus forts que la conversation humaine moyenne, les haut-parleurs étant réglés à leur volume maximum. Par ailleurs, les ampoules LED offrent un rapport signal/bruit qui est environ 6,3 fois celui d’une ampoule à incandescence et 70 fois celui d’une ampoule fluorescente.</p><p class="article__paragraph">Mais les chercheurs expliquent avoir utilisé un capteur électro-optique et un convertisseur analogique-numérique relativement bon marché, et qu’ils auraient pu passer à un modèle plus coûteux pour capter des conversations plus discrètes.</p><h2 class="article__sub-title">Un espionnage en temps réel</h2><p class="article__paragraph">Ils ne sont pas non plus les premiers à montrer qu’il est possible d’écouter aux portes avec les yeux. En 2014, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT), de Microsoft et d’Adobe ont mis au point un « microphone visuel » : en analysant la vidéo enregistrée par un télescope d’un objet qui capte des vibrations – un sac de chips ou une plante d’intérieur, par exemple –, ils ont pu reconstruire la parole et la musique.</p><p class="article__paragraph">L’un des chercheurs du groupe, l’informaticien Yuval Elovici a aussi travaillé sur la technique de <em>hack brightness</em>, qui permet de capter en vidéo les changements imperceptibles à l’œil nu de la luminosité des écrans LCD, permettant de dérober des documents et des fichiers sur des ordinateurs non connectés. Aussi pratique soit-il, ce « microphone visuel » ne permet pas d’agir dans l’urgence, relèvent les chercheurs israéliens. Idem pour le <em>hack brightness</em>.</p><p class="article__paragraph">La lamphone, en revanche, permet un espionnage en temps réel. <em><em>« Lorsque vous l’utilisez en temps réel, vous pouvez réagir immédiatement plutôt que de perdre l’occasion d’intervenir »</em></em>, soutient Ben Nassi. Il prend aussi soin d’affirmer que s’ils publient leurs résultats, c’est pour faire comprendre aux services de renseignement et à leurs éventuelles cibles qu’il est désormais possible d’espionner et d’être espionné en direct. <em><em>« Nous voulons sensibiliser les gens à ce type d’attaque</em></em>, explique-t-il.<em><em> Nous ne sommes pas là pour fournir des outils. »</em></em></p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 22 Jun 2020 16:15:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« I Just Wanna Live » : Keedron Bryant, 12 ans, signe avec Warner pour sa chanson symbole après la mort de George Floyd]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">C’est l’une de ces belles histoires à l’américaine qui font rêver le monde entier. Alors que les Etats-Unis sont traversés par une vague de manifestations et de violences depuis la mort de George Floyd, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/30/george-floyd-le-doux-geant-tue-par-la-police-americaine_6041287_3210.html">Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier blanc, Derek Chauvin,</a> le 25 mai à Minneapolis (Minnesota), un jeune chanteur prodige de 12 ans vient de signer avec la major Warner Records pour sa chanson <em>I Just Wanna Live</em> (je veux juste vivre), devenue un symbole.</p><p class="article__paragraph">Au lendemain de la mort de George Floyd, Keedron Bryant a posté sur Instagram une courte vidéo où il chante a cappella des paroles simples et fortes qui ont immédiatement touché le public et ont rendu la vidéo virale. <em>« Je suis un jeune homme noir faisant tout ce que je peux</em> (…) <em>je veux juste vivre »,</em> chante le jeune garçon, sur des paroles écrites par sa mère.</p><p class="article__paragraph">Johnnetta Bryant, pasteur de 38 ans, <a href="https://apnews.com/52fec1dac4293fdccdc438c371fd00be">a déclaré à l’agence Associated Press</a> que regarder la vidéo de George Floyd mourant alors qu’un policier lui pressait le cou avec le genou <em>« l’a frappée au cœur », « parce que je suis la mère d’un fils noir. J’ai un mari noir. J’ai des frères noirs, des oncles, des cousins, des amis noirs ».</em></p><p class="article__paragraph">Cette chanson est désormais un symbole des difficultés à être un jeune Afro-Américain aujourd’hui et la vidéo a été vue plus de 3,3 millions de fois sur Instagram. <em>« Il est injuste que les Noirs ne puissent pas sortir et profiter de la vie et vivre sans avoir peur que quelque chose leur arrive, alors c’était un peu triste de chanter ces paroles</em>, a déclaré Keedron Bryant. <em>Mais</em> [il y a] <em>encore l’espoir que nous pouvons changer le monde. »</em></p><p class="article__paragraph"><img src="https://scontent-bru2-1.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/e35/101404901_278382303298912_5405068583406160488_n.jpg?_nc_ht=scontent-bru2-1.cdninstagram.com&_nc_cat=104&_nc_ohc=vvIHi6JfsUYAX9N8Tct&oh=33142b9a1d211765801c232b0f898e64&oe=5EEEB380" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/CAxyXWOAPiL/">Barack Obama</a> lui-même a visionné la vidéo du jeune garçon, envoyée par un ami pour exprimer sa <em>« frustration » </em>: <em>« Mon ami et Keedron viennent peut-être de milieux différents, mais leur détresse est la même. Je la partage ainsi que des millions d’autres »</em>, a écrit l’ex-président le 29 mai. D’autres grands noms ont relayé la vidéo, comme le basketteur<img src="https://scontent-bru2-1.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/e35/101512822_140943670861127_5890011604673781608_n.jpg?_nc_ht=scontent-bru2-1.cdninstagram.com&_nc_cat=1&_nc_ohc=QVfufX1-LmYAX-QjKFo&oh=296934c16b89e9903a658658eeafb081&oe=5EEF2B79" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/CAtM4MCgEdN/">LeBron James,</a> la chanteuse <img src="https://scontent-bru2-1.cdninstagram.com/v/t51.2885-15/e35/100903153_562904647981391_4030113579394776434_n.jpg?_nc_ht=scontent-bru2-1.cdninstagram.com&_nc_cat=111&_nc_ohc=aMxvWl2lfMwAX917d7z&oh=199f7e93fd33beddffa2309f91949c43&oe=5EEEF026" /></p><p><a href="https://www.instagram.com/p/CAsc_w7ABiz/">Janet Jackson</a> et l’actrice de <em>Twelve Years a Slave</em> (de Steve McQueen, 2013), Lupita Nyong’o.</p><p class="article__paragraph">La performance de Keedron Bryant, qui s’était fait connaître cette année en apparaissant dans l’émission de variétés « Little Big Shots » sur NBC, a été remarquée par le producteur de musique Dem Jointz, qui a notamment travaillé avec Christina Aguilera ou Rihanna. Celui-ci a proposé de <em>« créer de la musique autour de sa voix » </em>: <em>« Il y avait tellement d’énergie provenant de la vidéo que c’était facile »</em>, a-t-il même précisé.</p><p class="article__paragraph">C’est cette version remaniée qui sort vendredi 19 juin en single. Cette date ne doit rien au hasard : Warner Records a fait coïncider sa sortie avec Juneteenth, le Jour de l’émancipation, qui commémore la libération des derniers esclaves aux Etats-Unis. Pour éviter toute accusation de récupération, Warner a annoncé reverser les bénéfices de la chanson à la National Association for the Advancement of Colored People.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/06/19/i-just-wanna-live-keedron-bryant-12-ans-signe-avec-warner-pour-sa-chanson-symbole-apres-la-mort-de-george-floyd_6043464_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 19 Jun 2020 14:44:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Une femme » sort de l’ombre grâce à Wikipédia]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph"><a href="https://www.lamontagne.fr/gueret-23000/actualites/une-femme-a-la-tete-de-850-pompiers-en-creuse_13800697/">« Une femme à la tête de 850 pompiers en Creuse »</a>, écrit <em>La Montagne</em>, mercredi 17 juin ; <a href="https://www.lepoint.fr/monde/la-nasa-nomme-une-femme-a-la-direction-des-vols-habites-12-06-2020-2379626_24.php">« La NASA nomme une femme à la direction des vols habités »</a>, renchérit <em>Le Point,</em> une semaine plus tôt. <em>Le Monde</em> vient certes de <a href="https://twitter.com/LeMonde_correct/status/1267039290577555457">donner son imprimatur au terme « autrice »</a>, mais titrait, le 25 mai, <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/05/25/une-femme-candidate-pour-succeder-au-cardinal-barbarin-comme-eveque-de-lyon_6040704_3224.html">« Une femme candidate pour succéder au cardinal Barbarin comme évêque de Lyon »</a>, reléguant Anne Soupa, puisque c’est d’elle qu’il s’agit, dans le sous-titre de l’article.</p><p class="article__paragraph">Après le mot-dièse #unefemme et le compte @PepiteSexiste apparus sur Twitter, pour dénoncer les travers des médias et du marketing, « Une femme » a depuis quelques semaines <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Pastiches/Une_femme">sa propre page – parodique – sur Wikipédia</a>, recensant ainsi toutes ses professions, activités ou distinctions.</p><p class="article__paragraph">Avec #unefemme et @PepiteSexiste, les utilisateurs et utilisatrices repèrent les articles utilisant <em>« une femme »</em> dans leur titraille et ironisent sur la construction : <em>« Prénom : Une ; Nom : Femme </em>», et notent qu’<em>« une femme »</em> a un emploi du temps vraiment très chargé. La charge mentale est à son comble, le burn-out n’est pas loin.</p><p class="article__paragraph">La page Wikipédia « Une femme » va plus loin. Elle rappelle qu’<em>« une femme »</em> est cosmopolite : lituanienne, française, belge, britannique, iranienne, japonaise, éthiopienne, namibienne, sénégalaise, suisse, américaine et grecque. Dans la vie, elle est journaliste, personnalité politique, chercheuse, dirigeante d’entreprise, officier, pasteur, diplomate, secrétaire générale, patronne du <em>Financial Times</em> ou pilote d’avion de chasse… Et rappelle aussi <a href="https://www.lexpress.fr/actualite/societe/une-femme-meurt-tous-les-2-jours-battue-par-son-conjoint_2061932.html">une triste réalité</a> : elle <em>« meurt tous les 2 jours battue par son conjoint </em>».</p><h2 class="article__sub-title">Les femmes essentialisées, invisibilisées</h2><p class="article__paragraph"><em>« C’est une façon amusante de dénoncer cette formule générale qui essentialise, invisibilise les femmes »</em>, relève Marine Périn, de Prenons la Une, association féministe de femmes journalistes, fondée en 2014 sous forme de collectif, qui œuvre <em>« pour une meilleure représentation des femmes dans les médias et l’égalité dans les rédactions »</em>. <a href="https://www.lemonde.fr/festival/article/2019/08/31/marion-vaquero-la-traque-aux-pepites-sexistes-du-marketing_5504855_4415198.html?utm_medium=Social&amp;utm_source=Twitter#Echobox=1567408891">Marion Vaquero</a>, la fondatrice de @PepiteSexiste, confirme :</p><p class="article__cite">« Cette page, de part le ton humoristique (ou devrais-je dire tragicomique), sous lequel elle présente le phénomène d’invisibilisation des femmes, est une méthode efficace pour faire prendre conscience aux gens de la différence de traitement entre les femmes et les hommes dans les médias. Alors qu’elles sont encore sous-représentées, le fait de ne pas nommer les femmes lorsqu’on cite leurs accomplissements accentue ce phénomène d’invisibilisation. »</p><p class="article__paragraph">Cette page Wikipedia s’en prend essentiellement à une forme de paresse dans les titres publiés par les médias. Les personnalités féminines n’y sont parfois évoquées qu’en tant que « femme » qui devient docteur honoris causa de l’université de Paris, découvre le coronavirus, décroche la médaille Fields, pilote des avions furtifs de combat dans l’US Air Force ou dirige les vols habités à la NASA… Souvent, son nom ne vient qu’après, presque à regret, pour montrer que « la femme » en question s’impose dans un univers dominé par les hommes.</p><h2 class="article__sub-title">Un biais sexiste</h2><p class="article__paragraph"><em>« Les médias s’en tiennent à ces cas jugés exceptionnels. Imaginerait-on titrer un article par</em> “<em><em>Un homme nommé…”</em> »,</em> juge Marine Périn, qui dénonce un biais sexiste. Elle note que souvent l’article est anglé sur autre chose, le CV ou l’histoire de la personne. Les quelques fois où il s’agit «<em> d’un homme »</em>, il est plutôt précédé ou suivi du qualificatif <em>« ivre »</em> (et généralement, il <em>« mord »</em> quelqu’un, de préférence, <a href="https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/dordogne-un-jeune-homme-de-20-ans-mord-un-gendarme-lors-d-un-controle-routier-1480010354">un gendarme</a>). Marion Vaquero abonde :</p><p class="article__cite"><em>« La presse écrite a encore beaucoup à faire concernant l’égalité femmes-hommes, et cela passe par le fait de parler des actions réalisées par les femmes, de leur expertise, leurs positions. Bien entendu, cela implique également de nommer ces femmes : imaginons qu’une femme soit interviewée sur un chaîne d’actualité et que la légende</em> [le bandeau] <em>ne mentionne pas son nom mais “une femme”, cela serait ridicule, voire insultant. »</em></p><p class="article__paragraph">Ce biais a été avancé par la critique américaine Katha Pollitt dans un article du <em><a href="https://www.nytimes.com/1991/04/07/magazine/hers-the-smurfette-principle.html">New York Times</a></em> en 1991, qui évoque le syndrome (ou principe) de la Schtroumpfette, défini comme celui de la surreprésentation (volontaire ou inconsciente) des protagonistes masculins dans les œuvres de fiction, comme le <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/08/26/jeux-video-peu-a-peu-on-s-eloigne-du-fameux-principe-de-la-schtroumpfette_5176955_4408996.html">jeu vidéo</a> par exemple, au détriment des protagonistes féminins.</p><p class="article__paragraph">Marine Périn rappelle que, pour sortir de ces travers sexistes, il serait plus simple de mettre le prénom et le nom ainsi que la fonction de la personne dont parle l’article. C’est ce pour quoi milite l’association dans ses actions de formation auprès des écoles de journalisme, en rappelant les bonnes pratiques pour un traitement équilibré de l’information. <em>« Il faut éviter de commencer à parler d’une femme en évoquant son physique, sa vie de famille. Là encore, le ferait-on avec un homme ? »</em></p><h2 class="article__sub-title">Invisibilisation des minorités</h2><p class="article__paragraph">Cette prise de conscience peut d’ailleurs être associée au combat des féministes pour une juste utilisation des mots lorsque les médias publient des articles sur les violences faites aux femmes (par exemple, parler de féminicides et non de « drame familial »), ajoute Marion Vaquero.</p><p class="article__paragraph">Il existe pourtant des exceptions à cette dérive sexiste, mais il faut être connue. Le 8 juin 2016, <em><a href="https://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2016/06/08/hillary-clinton-premiere-femme-candidate-a-la-presidence_4942714_829254.html">Le Monde</a></em> écrit sur <em>« Hillary Clinton, première femme candidate à la présidence »</em>, tandis qu’un mois plus tard, <a href="https://www.franceinter.fr/monde/hillary-clinton-premiere-femme-candidate-a-la-presidence-des-etats-unis">France Inter</a> dresse le portrait de <em>« Hillary Clinton, première femme candidate à la présidence des Etats-Unis »</em>.</p><p class="article__paragraph">Les femmes ne sont pas les seules à subir cette invisibilisation. <em>« Les minorités sont, elles aussi, essentialisées »</em>, poursuit Marine Périn. De fait, « un homme noir » et « un <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/01/20/un-afro-americain-donnera-pour-la-premiere-fois-son-nom-a-un-porte-avions-de-l-us-navy_6026588_3210.html">Afro-Américain</a>… » sont deux expressions qui font florès dans les titres des médias. La page pastiche <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Pastiches/Un_noir">« Un noir »</a> vient aussi de voir le jour sur Wikipédia et rappelle que titrer un article peut s’avérer périlleux, comme l’illustre ce titre de <em><a href="https://www.francetvinfo.fr/monde/usa/etats-unis-une-femme-blanche-denonce-de-facon-mensongere-un-noir-a-la-police-elle-provoque-la-colere-sur-les-reseaux-sociaux-et-se-fait-licencier_3982255.html">Franceinfo</a> </em>: <em>« Etats-Unis : une femme blanche dénonce de façon mensongère un Noir à la police, elle provoque la colère sur les réseaux sociaux et se fait licencier. »</em></p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/06/17/une-femme-sort-de-l-ombre-grace-a-wikipedia_6043208_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 17 Jun 2020 20:33:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Irene Triplett, la dernière pensionnée de la guerre de Sécession est morte]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/06/08/339/2/2997/1999/688/0/60/0/c0c398a_QwIEK6o5CSzNxDwX8lHeQlpm.jpg" alt="Un chirurgien s’apprête à amputer la jambe d’un soldat dans un hôpital de fortune de l’armée de l’Union, à Gettysburg (Pennsylvanie." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/06/08/339/2/2997/1999/688/0/60/0/c0c398a_QwIEK6o5CSzNxDwX8lHeQlpm.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">Un chirurgien s’apprête à amputer la jambe d’un soldat dans un hôpital de fortune de l’armée de l’Union, à Gettysburg (Pennsylvanie. ASSOCIATED PRESS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Elle était le dernier lien entre l’Amérique contemporaine et la guerre de Sécession. Irene Triplett est morte, dimanche 31 mai, dans une maison de retraite de Wilkesboro, en Caroline du Nord, rapportent l’entreprise locale de pompes funèbres <a href="https://www.millerfuneralservice.com/obituaries/Irene-Triplett?obId=14945980">Miller Funeral Service</a> et… le <em><a href="https://www.wsj.com/articles/last-person-to-receive-a-civil-war-era-pension-dies-11591141193">Wall Street Journal</a></em>. Elle avait 90 ans.</p><p class="article__paragraph">Irene est la dernière personne ayant un lien avec ce conflit que les Etats-Unis ne parviennent toujours pas à digérer, cent cinquante-cinq ans après sa fin : tous les mois, elle recevait 73,13 dollars (65 euros) de l’administration des vétérans, soit un total de 877,56 dollars (775 euros) par an. C’était la « récompense » pour la défection de son père, Moses Triplett, du camp des Sudistes avant la bataille de Gettysburg (1863).</p><p class="article__paragraph">Irene Triplett est née soixante-sept ans après cette bataille, le 9 janvier 1930, dans l’Amérique de la Grande Dépression et de la Prohibition, dans le comté de Wilkes, en Caroline du Nord. Elle est la fille d’Elida Hall et de Moses Triplett.</p><h2 class="article__sub-title">Sudiste puis Nordiste</h2><p class="article__paragraph">Moses est né en 1846, dans le comté de Watauga (Caroline du Nord). Il a 16 ans lorsque commence la guerre de Sécession (12 avril 1861-9 mai 1865) qui fit plus de 600 000 morts dans les deux camps. Aux débuts du conflit, il combat aux côtés de l’armée confédérée : dans le 53<sup>e</sup> régiment d’infanterie de Caroline du Nord, puis dans le 26<sup>e</sup> régiment d’infanterie de Caroline du Nord. Souvent malade, il passe l’essentiel de son temps à l’hôpital. Et puis, le 26 juin 1863, le voilà signalé comme déserteur. Il évite ainsi la bataille de Gettysburg (1<sup>er</sup> au 3 juillet 1863), tournant de la guerre au cours de laquelle 734 des 800 hommes du 26<sup>e</sup> régiment d’infanterie de Caroline du Nord <a href="http://www.26nc.org/History/26th-Regimental-History/26th%20NC%20Regimental%20History.pdf">sont tués (86), blessés (502)</a> ou capturés.</p><p class="article__paragraph">Mais dans la région de Caroline du Nord d’où est originaire Moses Triplett, une partie de la population soutient les abolitionnistes et héberge des déserteurs de l’armée confédérée. Il réapparaît le 1<sup>er</sup> août 1864, à Knoxville, dans le Tennessee, où il rejoint le 3<sup>e</sup> régiment d’infanterie à cheval de Caroline du Nord (armée de l’Union). Les « Kirk’s Raiders », du nom du colonel George Washington Kirk qui les menait, s’illustrent dans des actions de guérilla contre les troupes confédérées. Plus tard George Washington Kirk fera la chasse au Ku Kux Klan.</p><h2 class="article__sub-title">Une pension réclamée vingt ans après la guerre</h2><p class="article__paragraph">Revenu chez lui, Moses Triplett fut considéré comme un paria, un traître. Mais, portant toujours un revolver à la ceinture et n’hésitant pas à s’en servir, il inspirait la crainte. En 1885, il demande une pension, au titre de son service dans l’armée de l’Union. Elle lui est accordée l’année suivante. De sa relation avec sa première femme, Mary, on ne sait rien, tout juste qu’ils n’ont aucune descendance et qu’elle meurt en 1920.</p><figure>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/06/08/0/0/2048/1614/688/0/60/0/cfb817b__e4fgOnzWg2iRPaHWqWnOxVY.JPG" alt="image" /></p>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="true">En 1886, Moses Triplett obtient une pension d’invalidité, dont bénéficiera sa fille Irene, jusqu’à la fin de sa vie. pibzedog</figcaption></figure><p class="article__paragraph">En 1924, il se marie avec Elida Hall. Elle a 34 ans, souffre de problèmes mentaux, lui en a 83. Ces unions entre un vétéran qui touche une pension et une femme beaucoup plus jeune ne sont pas rares : lui offre un maigre revenu, elle prend soin de lui. Ils auront cinq enfants : Phema, Patsy, et Billie Coolidge meurent, seule Irene et Everette survivent.</p><p class="article__paragraph">Comme sa mère, Irène souffre d’un handicap : elle est atteinte de troubles cognitifs. En 2014, elle racontait au <em><a href="https://www.wsj.com/articles/veterans-benefits-live-on-long-after-bullets-stop-1399640525?tesla=y">Wall Street Journal</a></em> qu’elle avait eu une enfance difficile, battue par ses enseignants et ses parents à la maison. A l’école, elle est l’objet de moquerie de la part des élèves au sujet de son père, le <em>« traître »</em>. Elle abandonne l’école en sixième année, incapable de lire ou d’écrire correctement. Elle raconte que <em>« si elle ne sombre pas dans l’alcool, très jeune, elle commence à mâcher du tabac ».</em> Une habitude qui ne la lâchera plus.</p><p class="article__paragraph">Moses Triplett meurt en 1938 à l’âge de 92 ans, quelques jours après avoir assisté à une réunion d’anciens combattants de la guerre Sécession, à laquelle participait le président Franklin Roosevelt, sur le champ de bataille de Gettysburg.</p><p class="article__paragraph">La mère et la fille vivent ensemble pendant quelques années dans un foyer pour pauvres du comté de Wilkes. A la mort de sa mère, en 1967, Irene Triplett devient bénéficiaire de la pension de son père, en raison de son handicap. Elle ne s’est jamais mariée, et a été placée dans plusieurs maisons de soins, ses frais étant couverts par le Medicaid (l’assurance maladie aux individus et aux familles à faible revenu et ressources) et la pension d’invalidité de son père.</p><h2 class="article__sub-title">Un conflit qui façonne encore les Etats-Unis</h2><p class="article__paragraph">Plus de soixante ans après la mort du dernier vétéran de la guerre de Sécession, <a href="https://timesmachine.nytimes.com/timesmachine/1959/05/30/80581618.html?pageNumber=2">Walter Washington Williams</a>, Stephanie McCurry, historienne de la guerre de Sécession à l’université de Columbia, à New York, explique au <em><a href="https://www.washingtonpost.com/history/2020/06/04/she-was-last-american-collect-civil-war-pension-7313-month-she-just-died/">Washington Post</a></em> qu’à la lumière du meurtre de George Floyd et des manifestations à travers les Etats-Unis, la mort d’Irene Triplett est le symbole d’un passé qui <a href="https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2015/04/10/aux-etats-unis-les-blessures-a-vif-de-la-guerre-de-secession_4613714_3222.html">semble révolu, mais qui continue à façonner l’Amérique</a>.</p><p class="article__paragraph">Le débat sur l’héritage du passé esclavagiste du pays, symbolisé par les nombreux monuments à la gloire de l’armée confédérée lors de la guerre de Sécession en est la meilleure illustration. Ainsi, le gouverneur démocrate de Virginie, Ralph Northam, vient d’annoncer son intention de déboulonner <em>« le plus vite possible »</em> la statue du commandant en chef de l’armée sudiste, le général Robert Edward Lee, qui trône encore à Richmond, la capitale de l’Etat (et des confédérés pendant la guerre de Sécession). <em>« En 2020, nous ne pouvons plus honorer un système qui était basé sur l’achat et la vente d’êtres humains »</em>, a expliqué le gouverneur sur <a href="https://twitter.com/GovernorVA/status/1268564724586819584">Twitter</a>, le 4 juin.</p><p class="article__paragraph">Outre les anciens combattants des guerres menées par les Etats-Unis depuis le début du XX<sup>e</sup> siècle – et leurs ayants droit – le département des anciens combattants verse des prestations de retraite liées à la guerre hispano-américaine de 1898 à trente-trois conjoints survivants et à dix-huit enfants.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/06/08/irene-triplett-la-derniere-pensionnee-de-la-guerre-de-secession-est-morte_6042173_4832693.html</link>
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      <pubDate>Mon, 08 Jun 2020 18:35:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Avec le déconfinement, le retour bienfaisant du « small talk »]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/06/02/0/0/4976/3450/688/0/60/0/dbb2878_5759034-01-06.jpg" alt="Les conclusions de l’anthropologue Robin Dunbar sont sans appel : deux tiers de nos discussions n’ont aucun sens." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/06/02/0/0/4976/3450/688/0/60/0/dbb2878_5759034-01-06.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="“true“">Les conclusions de l’anthropologue Robin Dunbar sont sans appel : deux tiers de nos discussions n’ont aucun sens. BERTRAND GUAY / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Comme un pied de nez du ciel. Mercredi soir, après des jours de grand soleil et un début de déconfinement poussif, il a plu des cordes sur une bonne partie de la France. Prises d’assaut depuis leur réouverture, mardi, les terrasses ont été désertées en moins de temps qu’il n’en faut pour dire : <em>« Ah, tiens, il pleut. »</em> Remballez les tables et les chaises, sortez les K-Way. Depuis hier soir, donc, la météo, on en parle beaucoup. Que ce soit à la machine à café du travail qu’on vient de retrouver ou sur les réseaux sociaux :</p><p class="article__paragraph">Soyons honnêtes : on a déjà vu plus intéressant comme sujet de discussion. Mais avouez que ça a aussi un côté sympa, presque rassurant, de parler de la pluie et du beau temps, d’échanger des banalités et des platitudes, de faire des commentaires insignifiants… Bref, de faire ce que les anglophones appellent du <em>small talk</em> (« de la petite conversation »).</p><h2 class="article__sub-title">Trouver des points d’entente</h2><p class="article__paragraph">Sympathique, le retour de la conversation banale est même vital. <a href="https://www.nytimes.com/2020/05/27/opinion/coronavirus-small-talk.html">Comme le notait le <em>New York Times</em></a><em>,</em> fin mai, le <em>small talk</em> a disparu pendant plus de deux mois. Fini le blabla inoffensif, terminés les bavardages insouciants. Les rues se sont vidées, nos vies sociales aussi. Et toutes nos discussions – sur Skype ou avec nos « co-confinés » – se sont focalisées sur la gravité de la pandémie et ses conséquences : courbes de progression du virus, crise économique mondiale, peur d’une deuxième vague… Dans un climat d’angoisse généralisée, impossible, ou presque, de renouer avec la légèreté du <em>small talk.</em></p><p class="article__paragraph">Comment ça va ? Quoi de neuf ? Que répondre à ces interrogations, si banales en temps normal ? A ces questions d’habitude balayées par un automatique « Bien, et toi ? », même si ce n’est pas vrai. Personne ne commence une discussion en parlant de ses problèmes de couple, d’argent ou de travail. A supposer que vous puissiez parler de ces choses-là avec votre interlocuteur, vous allez d’abord prendre la peine d’évoquer sa nouvelle coupe de cheveux ou vos difficultés à trouver une place de parking.</p><p class="article__paragraph">Les « conversations confinées » étaient peut-être plus « vraies », plus « authentiques », parce qu’elles permettaient d’évacuer ses émotions profondes sans s’encombrer de faux-semblants. Mais c’est oublier un peu vite que le <em>small talk,</em> précisément par son caractère futile, constitue en fait un rouage essentiel dans les interactions humaines.</p><p class="article__paragraph">Pour la linguiste américaine Deborah Tannen, professeure à l’université Georgetown (Washington, DC), interrogée par le <em>New York Times,</em> l’échange de banalités est la preuve que nous sommes désireux d’être sympathiques les uns avec les autres et d’établir une connivence. Cela permet aussi de trouver des points d’entente à moindres frais : quand on parle de la météo, on est rarement en désaccord. Et si on se parlait uniquement pour dire des choses importantes, les discussions seraient en réalité très limitées, explique la linguiste.</p><h2 class="article__sub-title">Les singes aussi font du « small talk »</h2><p class="article__paragraph">En fait, faire du <em>small talk,</em> cela revient tout simplement à signifier à son interlocuteur, quelle que soit sa culture : « Je suis comme toi. » Il sert à nous rapprocher. <a href="https://www.courrierinternational.com/article/societe-le-confinement-tue-le-small-talk">Comme le souligne</a> la journaliste An Olaerts, du quotidien belge <em>De Standaard,</em> le <em>small talk</em> est une sorte de brouhaha qui <em>« nous confirme la présence de nos semblables »</em> et nous permet de nous réfugier dans la voix des autres. C’est une petite musique sociale qui nous berce.</p><p class="article__paragraph">L’anthropologue britannique Robin Dunbar a montré que même les singes parlent pour ne rien dire, souligne l’article de <em>De Standaard </em>: comme nous, ils émettent parfois des sons simplement pour entretenir du lien social. Robin Dunbar a également analysé un vaste corpus de conversations humaines. Ses conclusions vont dans le même sens que celles de Deborah Tannen : deux tiers de nos discussions n’ont pas d’utilité apparente. En cela, nous sommes bel et bien des animaux sociaux.</p><p class="article__paragraph">Assez paradoxalement, nous avons donc abandonné le <em>small talk</em> à un moment où nous avions pourtant un fort besoin d’interactions. Pendant le confinement, l’anxiété et inquiétude l’ont emporté sur la nécessité d’avoir des échanges frivoles. C’est pourquoi, se remettre à parler de la météo, c’est un des signes d’un retour à la normale. Et ça, contrairement à la pluie, on ne va pas s’en plaindre.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/06/04/avec-le-deconfinement-le-retour-bienfaisant-du-small-talk_6041793_4832693.html</link>
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      <pubDate>Thu, 04 Jun 2020 19:29:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[L’alligator Saturne, le « dernier prisonnier de guerre allemand », est mort au zoo de Moscou]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="article__paragraph">Il a tout connu, ou presque. <em>« Saturne, notre alligator du Mississippi, est mort de vieillesse le 22 mai »,</em> a annoncé le zoo de Moscou, dans un communiqué publié samedi soir. Il est parti <em>« à l’âge respectable d’environ 84 ans »</em>, après avoir vécu <em>« une vie longue et riche en événements »</em>, précise le communiqué, affirmant que dans la nature ces alligators ne vivent qu’entre trente et cinquante ans.</p><p class="article__paragraph">Né aux Etats-Unis en 1936, capturé dans la foulée, Saturne est ensuite transféré au Jardin zoologique de Berlin. C’est là qu’il traverse la seconde guerre mondiale, et notamment les bombardements des 22 et 23 novembre 1943. Le 22 novembre, en moins d’un quart d’heure, 30 % des animaux du zoo périssent. Le lendemain, c’est l’aquarium qui est détruit, tuant entre 20 et 30 crocodiles et alligators. C’est à cette occasion que Saturne se fait la belle et entre dans la clandestinité. Il ne refait surface qu’en 1946 lorsqu’il est capturé par des soldats britanniques. Qu’a-t-il fait pendant ces années de guerre, notamment marquées par le siège de Berlin par l’Armée rouge ? Mystère.</p><p class="article__paragraph">Comme la plupart des autres animaux ayant survécu, il est emmené à Leipzig, en zone d’occupation soviétique. Saturne est ensuite transféré à Moscou en juillet 1946. Et là, <em>« presque aussitôt, un mythe est né, selon lequel il aurait fait partie de la collection personnelle d’Hitler »,</em> poursuit le zoo de Moscou. C’est le fardeau le plus lourd que Saturne ait eu à porter, note le <em><a href="https://www.tagesspiegel.de/berlin/brach-im-zweiten-weltkrieg-aus-berliner-zoo-aus-84-jaehriger-alligator-saturn-in-moskau-gestorben/25854790.html">Tagesspiegel</a></em>, dans sa nécrologie du reptile.</p><p class="article__paragraph"><em>« Saturne, pour nous, c’est tout une époque</em> (…)<em>. Il nous a rejoints après la victoire</em> [sur l’Allemagne nazie] <em>et a célébré avec nous les 75 ans de cette victoire »,</em> ajoute encore le zoo. En 2005, le magazine allemand <em><a href="https://www.stern.de/panorama/wissen/natur/kriegsbeute-saturn-kinder-duerfen-ihn-auch-schon-mal-piesacken-3294264.html">Stern</a></em> consacrait un reportage au <em>« dernier prisonnier de guerre allemand »,</em> indiquant notamment que les détails sur son arrivée en Russie étaient inconnus, tous les documents relatifs à son transfert ayant été détruits lorsque les bureaux du zoo ont brûlé, dans les années 1950.</p><p class="article__paragraph">Qu’importe, pas rancunier, <em>« le zoo de Moscou a eu l’honneur d’abriter Saturne pendant soixante-quatorze ans et a fait tout son possible pour soigner l’honorable alligator de la manière la plus attentionnée possible »,</em> reprend le zoo, omettant de signaler qu’il a échappé de peu à la mort, dans les années 1980, lorsqu’une partie du toit de son enclos s’effondre. Il a été plusieurs fois blessé par des jets de projectiles.</p><p class="article__paragraph">Ses gardiens rappellent qu’il était capricieux lorsqu’il s’agissait des repas – refusant de s’alimenter pendant plusieurs mois – et adorait se faire masser avec une brosse.</p><p class="article__cite"><em>« C’était un grand bonheur de pouvoir être à côté de lui, de regarder dans ses yeux. Nous espérons que nous ne l’avons pas déçu. »</em></p><p class="article__paragraph">Même s’il a eu une compagne, connue sous le nom de Shipka, Saturne ne laisse aucune descendance connue.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/05/24/l-alligator-saturne-le-dernier-prisonnier-de-guerre-allemand-est-mort-au-zoo-de-moscou_6040594_4832693.html</link>
      <guid>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/05/24/l-alligator-saturne-le-dernier-prisonnier-de-guerre-allemand-est-mort-au-zoo-de-moscou_6040594_4832693.html</guid>
      <pubDate>Sun, 24 May 2020 12:03:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Comment Churchill a craint que de Gaulle annonce la victoire des alliés avant les principaux intéressés]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/05/07/0/0/2361/1832/688/0/60/0/b98eaf9_szzBAihyUm7cPK53Ja7VKb2-.jpg" alt="Le général Pierre Koenig et le général Charles de Gaulle se serrent la main en présence du premier ministre britannique, Winston Churchill, lors des cérémonies du 11 novembre 1944, à l'Arc de Triomphe, à Paris." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/05/07/0/0/2361/1832/688/0/60/0/b98eaf9_szzBAihyUm7cPK53Ja7VKb2-.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="“true“">Le général Pierre Koenig et le général Charles de Gaulle se serrent la main en présence du premier ministre britannique, Winston Churchill, lors des cérémonies du 11 novembre 1944, à l'Arc de Triomphe, à Paris. AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">De tous les alliés de Winston Churchill, le général de Gaulle est peut-être celui qu’il jugeait le plus imprévisible. En 2006, <em>Le Monde</em> évoquait la publication récente d’archives gouvernementales britanniques donnant <em>« force détails sur l’animosité, souvent vive, du premier ministre à l’encontre du chef de la France libre ».</em></p><p class="article__paragraph">Quatorze ans plus tard, de nouveaux documents mis en ligne par les <a href="http://filestore.nationalarchives.gov.uk/pdfs/small/cab-65-50-wm-45-59-22.pdf">Archives nationales britanniques</a>, à la veille du 75<sup>e</sup> anniversaire de la fin de la deuxième guerre mondiale, illustrent le fait que jusqu’aux dernières heures du conflit en Europe, le premier ministre britannique ne savait sur quel pied danser avec le général de Gaulle, rappelle le <em><a href="https://www.theguardian.com/world/2020/may/06/ve-day-churchill-feared-de-gaulle-would-declare-victory-early">Guardian</a></em>.</p><p class="article__paragraph">Le compte rendu d’une réunion du cabinet de Winston Churchill, à Downing Street, à Londres, le 7 mai 1945 à 18 h 30, rappelle qu’à l’issue d’une longue négociation, le premier ministre britannique, le président américain, Harry Truman, et le dirigeant soviétique, Joseph Staline, ont convenu que l’annonce officielle de la fin de la guerre en Europe par les <em>« trois grandes puissances »</em> aurait lieu le 8 mai à 9 heures, à Washington, 15 heures à Londres et 16 heures à Moscou.</p><p class="article__paragraph">Dans les faits, la fin des hostilités avait été signée dans la nuit du 7 mai, à 2 h 41, à Reims. Le général américain Walter B. Smith et le général Ivan Sousloparov, représentant de l’Union soviétique, ont signé l’acte de reddition militaire qui entérine la capitulation sans condition du III<sup>e</sup> Reich. Il stipule que les armes doivent se taire à <em>« 23 h 01 heures d’Europe centrale le 8 mai ».</em> Le général François Sevez, chef d’état-major du général de Gaulle, a été invité au dernier moment à contresigner le document, en tant que témoin. Staline, qui a pris Berlin, demande immédiatement qu’une nouvelle signature ait lieu, cette fois à l’Est. Elle aura lieu le 8 mai, à Berlin. C’est elle que l’histoire retient.</p><p class="article__paragraph">Mais Winston Churchill a bien perçu un problème potentiel, selon les nouveaux documents mis en ligne : Charles de Gaulle.</p><p class="article__cite"><em><em>« Le cabinet de guerre a été informé que le général de Gaulle avait l’intention d’annoncer la reddition allemande lors d’une émission diffusée à 20 heures ce soir-là [le 7 mai]. »</em></em></p><p class="article__paragraph">Pour éviter que de Gaulle ne devance les trois alliés, les Britanniques conviennent qu’il faut l’associer à l’annonce, sans être certains du résultat.</p><p class="article__cite"><em><em>« Il a été convenu que le général de Gaulle devait être informé du plan de synchronisation des annonces par les gouvernements du Royaume-Uni, des Etats-Unis et de l’URSS et il lui a été conseillé de reporter la sienne à une heure correspondante, le 8 mai. Cependant, s’il n’était pas disposé à suivre ce conseil, aucune pression supplémentaire ne pourrait être exercée sur lui. »</em></em></p><p class="article__paragraph">De Gaulle accepte finalement de reporter son discours au 8 mai.</p><p class="article__paragraph">De son côté, Winston Churchill annonce aux Britanniques : <em><em>« Nous pouvons nous permettre une brève période de réjouissance, mais n’oublions pas un instant les efforts et les peines qui nous attendent. »</em></em> Il rappelle que la guerre se poursuit dans le Pacifique sans perspective de reddition du Japon.</p><p class="article__paragraph">Le <em>Guardian</em> évoque un autre document, qui <em>« révèle une cause possible de la maladresse de De Gaulle » </em>: un télégramme diplomatique détaillant une conversation entre l’ambassadeur de Grande-Bretagne en France, Alfred Duff Cooper, et Gaston Palewski, le chef de cabinet du général de Gaulle.</p><p class="article__paragraph">Charles de Gaulle <em>« était de mauvaise humeur hier, car il venait d’être informé par l’ambassadeur des Etats-Unis que Cologne ne serait pas dans la zone d’occupation française</em> [en Allemagne]. <em>De Gaulle attache une importance énorme à Cologne pour des raisons stratégiques qu’il m’a récemment expliquées à l’aide d’une carte »</em>, explique l’ambassadeur dans cette retranscription.</p><p class="article__paragraph">Il ajoute, parlant toujours du général de Gaulle : <em>« Je lui ai dit que les zones d’occupation ne préjugeaient pas, pour ce que j’en ai compris, des discussions sur les frontières et j’ai ajouté qu’il devrait vraiment être reconnaissant aux troupes britanniques et américaines d’occuper le plus d’espace possible en Allemagne. »</em> De fait, Winston Churchill a bataillé, en février, lors de la conférence de Yalta avec Roosevelt et Staline, pour qu’une zone d’occupation soit attribuée à la France à partir de zones occupées par les Américains et les Britanniques, question entérinée lors de la conférence de Potsdam, en juillet et août.</p><p class="article__paragraph">Un télégramme envoyé le 8 mai par Winston Churchill à l’ambassadeur Duff Cooper portant les sceaux « personnel » et « top secret » illustre également l’incertitude du premier ministre vis-à-vis du général de Gaulle. Il lui écrit :</p><p class="article__cite"><em>« Nous devons discuter de la visite du général ici plus tard. Il se pourrait bien que je puisse aller le voir un de ces jours lors d’un voyage en France, mais je souhaiterais être prévenu à l’avance s’il ne me claquera pas la porte au nez, ou s’il la barricadera ou la verrouillera. »</em></p><p class="article__paragraph">Dans le compte rendu du cabinet britannique, il apparaît que de Gaulle n’est pas le seul à avoir voulu éventer l’annonce de la reddition allemande. Le général américain Eisenhower a signalé qu’il serait impossible de garder la nouvelle de la capitulation secrète jusqu’au 8 mai, car les ordres de cessations des combats seraient diffusés « en clair » aux troupes allemandes pendant la journée du 7 mai.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/05/08/comment-churchill-a-craint-que-de-gaulle-annonce-la-victoire-des-allies-avant-les-principaux-interesses_6039042_4832693.html</link>
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      <pubDate>Fri, 08 May 2020 07:03:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Après la « Grande Famine » de 1847, les Irlandais volent au secours des Amérindiens touchés par le coronavirus]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/04/21/0/0/2400/1614/688/0/60/0/0155eb9_18658b623da4471ca4687d4a789cffab-18658b623da4471ca4687d4a789cffab-0.jpg" alt="A Monument Valley, en territoire Navajo, des automobilistes font la queue pour un dépistage du Covid-19, le 17 avril." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/04/21/0/0/2400/1614/688/0/60/0/0155eb9_18658b623da4471ca4687d4a789cffab-18658b623da4471ca4687d4a789cffab-0.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="“true“">A Monument Valley, en territoire Navajo, des automobilistes font la queue pour un dépistage du Covid-19, le 17 avril. Kristin Murphy / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph"><em>« Go raibh maith agat », « Eire remembers. Mile buiochas », « From Ireland, 170 years later, the favour is returned ! »</em> ou encore <em>« With love from Ireland »</em>… Sur la page du site de collecte de fonds GoFundMe du <a href="https://www.gofundme.com/f/NHFC19Relief?utm_source=twitter&amp;utm_medium=social&amp;utm_campaign=m_pd+share-sheet">Navajo &amp; Hopi Families Covid-19 Relief Fund</a>, les messages de soutien et d’encouragement se succèdent, en anglais mais aussi en gaélique.</p><p class="article__paragraph">Lancé le 18 mars par le Rural Utah Project Education Fund, ce fonds de secours fait appel au financement participatif. Il est destiné à venir en aide aux familles des peuples amérindiens d’Amérique du Nord Navajo et Hopi, très durement touchés par le coronavirus en raison notamment de leurs conditions de vie très précaires. La nation Navajo a ainsi l’un des plus hauts taux de prévalence du Covid-19 des Etats-Unis. Mercredi 6 mai, les dons atteignaient plus de 2,4 millions de dollars (environ 2,2 millions d’euros).</p><p class="article__paragraph">Depuis quelques jours, nombre de ces donateurs ont des noms à consonance irlandaise. <em>« Plusieurs dons récents font référence à la grande famine en Irlande de 1845 »</em>, remarquait, lundi, Vanessa Tulley, l’une des animatrices de ce projet. Il y a près de 170 ans, l’arrivée du mildiou dans l’île ravagea les cultures de pommes de terre, provoquant la mort d’un million de personnes entre 1845 et 1852. Cette famine déclencha une vague de départs sans précédent, notamment vers l’Amérique : en dix ans, l’Irlande perdit un quart de sa population, chutant de 8 à 6 millions.</p><h2 class="article__sub-title">Première crise humanitaire médiatisée</h2><p class="article__paragraph">Cette catastrophe humanitaire eut des répercussions jusqu’aux Etats-Unis et provoqua un mouvement de solidarité peu connu. Cette famine fut en effet l’une des <a href="https://www.irishcentral.com/roots/irish-famine-sparked-international-fundraising-237694651">premières crises humanitaires médiatisée</a>. Des fonds affluèrent depuis la garnison de Calcutta, de la prison de Sing Sing (New York), d’anciens esclaves britanniques de Jamaïque, de la Barbade ou de Saint-Christophe-et-Niévès ou encore de condamnés sur un navire prison à Londres. Mais également de peuples amérindiens.</p><p class="article__paragraph">En mars <a href="http://www.choctawnation.com/bond-remains-strong-between-choctaw-and-irish">1847, la nation Choctaw</a> parvint ainsi à réunir 170 dollars (environ 4 500 euros d’aujourd’hui) pour aider les Irlandais. Ces fonds furent envoyés d’abord au Memphis Irish Relief Committee, puis au General Irish Relief Committee de la ville de New York, d’où ils parvinrent en Irlande.</p><p class="article__paragraph">Les Choctaw décidèrent de lancer cette collecte après avoir eux-mêmes traversé l’épreuve de la « Piste des larmes » (« Trail of Tears »), qui désigne leur expulsion forcée entre 1831 et 1838 du Mississipi vers l’Oklahoma, tandis que leurs terres étaient remises à des colons européens, en application de l’Indian Removal Act.</p><h2 class="article__sub-title">« Nous sommes devenus des âmes sœurs »</h2><p class="article__paragraph">Quelque 170 ans plus tard, des citoyens irlandais ont donc décidé de venir en aide à deux autres nations amérindiennes dévastées par la pandémie. <a href="https://www.nytimes.com/2020/05/05/world/coronavirus-ireland-native-american-tribes.html?action=click&amp;module=Top%20Stories&amp;pgtype=Homepage">Gary Batton, chef de la nation Choctaw, a déclaré que sa tribu était</a> <em>« heureuse</em> – <em>et pas du tout surprise</em> – <em>d’apprendre que les Irlandais viennent à leur tour à l’aide des nations Navajo et Hopi</em>. <em>Nous sommes devenus des âmes sœurs avec les Irlandais depuis la “famine de la pomme de terre”.</em> <em>Nous espérons que les Irlandais, les Navajos et les Hopis développeront des amitiés durables, comme nous l’avons fait. »</em></p><p class="article__paragraph">Depuis, le lien entre l’Irlande et les Indiens d’Amérique ne s’est jamais distendu. En 1919, Eamon de Valera, considéré comme le « père » de la République d’Irlande, a été nommé chef honoraire par la tribu des Ojibwe-Chippewa (qui vit entre le Michigan et le Montana, aux Etats-Unis, et de l’ouest du Québec à l’est de l’Ontario, au Canada), qui a vu en lui le <em>« représentant d’une nation opprimée à une autre »</em>.</p><p class="article__paragraph">Diarmaid Ferriter, historien à l’University College Dublin et coauteur, avec l’écrivain Colm Toibin, du livre <em>The Irish Famine</em>, rappelle que le souvenir du don des Choctaw a été ravivé lors de la commémoration du 150<sup>e</sup> anniversaire de la Grande Famine, en 1995. Mary Robinson, la présidente de la République d’Irlande, avait alors rendu visite aux Choctaw pour les remercier.</p><p class="article__paragraph">En 2017, une grande sculpture en acier inoxydable a été inaugurée à Midleton, dans le comté de Cork, en Irlande, <a href="https://www.irishtimes.com/news/ireland/irish-news/cork-sculpture-recalls-generosity-of-choctaw-nation-during-famine-1.3118580">appelée « Kindred Spirits »</a> (esprits frères), pour symboliser cette histoire commune.L’année suivante, le premier ministre irlandais, Leo Varadkar, s’est également rendu en Oklahoma pour annoncer la mise en place d’un programme de bourses permettant aux membres de la communauté de Choctaw de venir étudier en Irlande. <em>« La famine n’a jamais été oubliée, et elle a rendu les Irlandais plus susceptibles de faire cause commune avec d’autres personnes marginalisées »</em>, <a href="https://www.nytimes.com/2020/05/05/world/coronavirus-ireland-native-american-tribes.html?action=click&amp;module=Top%20Stories&amp;pgtype=Homepage*">résume l’historien</a>.</p><p class="article__paragraph">Vanessa Tulley, membre du Rural Utah Project Education Fund, a écrit le 3 mai sur la page GoFuMe : <em>« C’est une période sombre de l’histoire pour notre nation (…). Les actes de générosité de nos ancêtres sont remerciés près de 200 ans plus tard. »</em></p><h2 class="article__sub-title">Les Amérindiens sévèrement touchés par la pandémie</h2><figure>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/04/14/0/0/3500/2625/688/0/60/0/4222985_HFS-GDN-103_HEALTH-CORONAVIRUS-USA-NAVAJO_0414_11.JPG" alt="image" /></p>
<figcaption class="article__legend" aria-hidden="“true“">Dans la réserve indienne Navajo, à Shiprock, au Nouveau-Mexique, le 8 avril. ANDREW HAY / REUTERS</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Avec une population de 170 000 habitants, la nation Navajo a enregistré <a href="https://navajotimes.com/coronavirus-updates/covid-19-across-the-navajo-nation/">2 474 cas et 73 décès</a> confirmés dus au coronavirus et les autorités craignent que le pic des infections ne soit encore à venir. Selon les épidémiologistes, <a href="https://www.irishtimes.com/news/health/coronavirus/coronavirus-irish-donate-to-hard-hit-native-americans-to-repay-famine-aid-1.4245807">la forte prévalence de maladies comme l’asthme, les maladies cardiaques, l’hypertension et le diabète</a>, la rareté de l’eau courante – <a href="https://www.npr.org/sections/health-shots/2016/04/10/473547227/for-the-navajo-nation-uranium-minings-deadly-legacy-lingers?t=1588770158486">les nappes phréatiques ont été polluées</a> par l’extraction de l’uranium qui a servi à bâtir l’arsenal nucléaire des Etats-Unis – et la cohabitation au sein de chaque foyer de plusieurs générations ont permis au virus de se propager avec une rapidité exceptionnelle.</p><p class="article__paragraph">La collecte de ces fonds doit permettre la mise en place d’un réseau de points de distribution de nourriture, d’eau et de savon, et des fournitures qui sont essentielles, 38 % des habitants de la réserve vivant sous le seuil de pauvreté.</p><p class="article__paragraph">Au-delà des communautés Navajo et Hopi, le <em><a href="https://www.theguardian.com/us-news/2020/apr/24/us-native-americans-left-out-coronavirus-data">Guardian</a></em> rapporte que dans de nombreux Etats, les Amérindiens ne sont pas comptabilisés dans les statistiques démographiques mesurant l’impact du coronavirus sur les différentes communautés : ils n’entrent pas dans une catégorie spécifique comme les Blancs, Noirs, Latinos ou Asiatiques, mais dans la catégorie « autres ».</p><p class="article__paragraph">Les services de santé de l’Arizona ont <a href="https://indiancountrytoday.com/news/arizona-16-percent-of-covid-19-deaths-are-native-americans-b-n3zYNsgUGFHiFSZpzPxg">rapporté</a> que les Amérindiens représentaient 16 % des décès liés au Covid-19 dans l’Etat, bien qu’ils n’y représentent que 6 % de la population. Au <a href="http://nmindepth.com/2020/04/12/native-americans-make-up-31-of-new-mexico-covid-19-cases/">Nouveau-Mexique</a>, les Amérindiens représentent moins de 10 % de la population mais plus du tiers des cas de Covid-19. <a href="https://www.nbcnews.com/news/us-news/native-american-health-center-asked-covid-19-supplies-they-got-n1200246">NBC News</a> rapporte par ailleurs que le Seattle Indian Health Board a demandé des tests au département de santé publique de la ville et a reçu à la place… des sacs mortuaires.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/05/06/apres-la-grande-famine-de-1847-les-irlandais-volent-au-secours-des-amerindiens-touches-par-le-coronavirus_6038881_4832693.html</link>
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      <pubDate>Wed, 06 May 2020 18:03:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Avec la moitié de l’humanité confinée, les vibrations de la Terre sont plus perceptibles]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/03/30/0/0/2983/1988/688/0/60/0/dd0d895_d893f47c60024727833ac1db9d7bf73f-d893f47c60024727833ac1db9d7bf73f-0.jpg" alt="A Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, le 30 mars." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/03/30/0/0/2983/1988/688/0/60/0/dd0d895_d893f47c60024727833ac1db9d7bf73f-d893f47c60024727833ac1db9d7bf73f-0.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="“true“">A Suresnes, dans les Hauts-de-Seine, le 30 mars. CHRISTOPHE ENA / AP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Dans les rues vidées de passants, le chant des oiseaux se fait plus marqué : <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/30/coronavirus-quels-pays-sont-confines_6034936_3244.html">avec plus de la moitié de la population mondiale invitée à rester chez elle</a> dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, la nature a repris de la voix. Le confinement a eu pour effet de mettre en sourdine notre brouhaha quotidien et de pouvoir mieux percevoir un bruit imperceptible par nos oreilles : celui de la Terre.</p><p class="article__paragraph">Depuis quelques semaines, les vibrations au sol se sont drastiquement réduites, et avec elles ce que les spécialistes appellent le <em>« bruit sismique ».</em> Ce phénomène décrit les ondes provoquées par les activités humaines, comme le trafic ou l’industrie, et celles dues à des causes naturelles, à l’instar des phénomènes atmosphériques, comme le vent ou encore des vagues océaniques, qui provoquent de légers mouvements de la croûte terrestre.</p><p class="article__paragraph">A Paris, un sismomètre est installé dans la cave du pavillon Curie de l’Institut de physique du globe de Paris (IPGP) pour enregistrer les tremblements de la Terre. Cet outil, qui relève en continu les déplacements du sous-sol parisien avec une précision de l’ordre du nanomètre, <a href="http://www.ipgp.fr/fr/confinement-sismometre-de-lipgp">a capté la « signature » de l’activité humaine</a> depuis le début du mois de mars et son évolution depuis la mise en place du confinement. Et, depuis le 17 mars, les sismologues notent <a href="https://twitter.com/claudiodsf/status/1246529689491058691/photo/1">une baisse importante de la courbe</a>.</p><p class="article__paragraph">Bien que les effets des sources prises individuellement puissent être faibles, le « bruit sismique » d’ensemble produit un bourdonnement qui réduit la capacité des sismologues à détecter d’autres signaux se produisant à la même fréquence. Et s’il s’agit d’une composante habituelle des sismogrammes (le tracé des sismographes), ce bruit de fond n’en est pas moins perçu comme une forme de pollution par les experts, dans la mesure où il peut cacher les soubresauts de la Terre.</p><p class="article__paragraph">Dans un article publié le 31 mars <a href="https://www.nature.com/articles/d41586-020-00965-x">dans la revue scientifique <em>Nature</em></a>, plusieurs sismologues se sont donc réjouis d’avoir pu détecter d’infimes activités sismiques de notre planète. Le géologue et sismologue Thomas Lecocq, de l’Observatoire royal de Belgique, a été le premier à en faire état : à Bruxelles, le bruit sismique ambiant a chuté de 30 % à 50 %.</p><p class="article__paragraph">Le constat est le même aux quatre coins du globe. Comme à Los Angeles (Californie), la deuxième ville la plus peuplée des Etats-Unis avec près de 19 millions d’habitants.</p><p class="article__paragraph">Le bruit sismique a diminué <em>« d’environ 25 % »</em>, voire <em>« jusqu’à plus de 50 % »</em> à Paris ou à Strasbourg, <a href="https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/confinement-le-bruit-sismique-a-diminue-d-environ-25-voire-jusqu-a-plus-de-50-a-paris-ou-strasbourg-constate-un-sismologue_3913327.html">a résumé, lundi 13 avril sur Franceinfo,</a> Jérôme Vergne, sismologue à l’Ecole et l’Observatoire des sciences de la Terre, à Strasbourg :</p><p class="article__cite"><em>« Cela nous permet déjà de voir mieux les tout petits séismes, c’est-à-dire qu’avant ils étaient cachés dans les vibrations ambiantes.</em> Une faille sismique, si elle est active, elle crépite. Des crépitements de toute petite magnitude. Et plus on en détecte, plus on est capable de connaître ces failles sismiques qui, un jour, pourraient générer des séismes plus importants. »</p><p class="article__paragraph"><a href="https://www.rtbf.be/info/regions/detail_confinement-quand-on-peut-mieux-ecouter-la-terre-et-ses-mouvements?id=10480460">Interrogé par la RTBF</a>, le Thomas Lecocq souligne que la réduction du <em>« bruit sismique »</em> n’est pas <em>« en soi »</em> exceptionnelle : <em>« Cette diminution s’observe aussi par exemple pendant les vacances d’hiver. »</em> Mais elle est inédite par sa durée et sa permanence :</p><p class="article__cite">« Entre la nuit et le jour, il y a une moins grande différence et on reste à un niveau beaucoup plus bas que d’habitude. (…) A ma connaissance, c’est la première fois que l’on observe ce phénomène aux quatre coins du monde, à peu près en même temps. »</p><p class="article__paragraph">Si les mesures de confinement se poursuivent, les détecteurs sismiques installés dans les lieux où l’activité humaine est généralement importante seront plus performants que d’habitude pour capter les lieux des répliques de tremblements de terre, résume dans la revue <em>Nature</em> Andy Frassetto, sismologue à l’Incorporated research institutions for seismology, à Washington DC : <em>« Vous obtiendrez un signal avec moins de bruit au sommet, ce qui vous permettra d’extraire un peu plus d’informations de ces événements. »</em></p><p class="article__paragraph">La diminution du bruit pourrait aussi profiter aux sismologues qui utilisent les vibrations de fond naturelles, comme celles des vagues qui s’écrasent, pour sonder la croûte terrestre. L’activité volcanique et les variations de la nappe phréatique influant sur leur vitesse de déplacement, les scientifiques peuvent étudier ces événements en surveillant le temps qu’il faut à une vague pour atteindre un détecteur donné. Et une diminution du bruit provoqué par l’homme pourrait accroître la sensibilité des détecteurs à des fréquences similaires.</p><p class="article__paragraph">Mais surtout, conclut Thomas Lecocq, elle montre que l’on baisse <em>« notre influence sur l’environnement sismique de nos villes. (…). On a peut-être aussi des choses à réfléchir en termes d’environnement de manière générale »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2020/04/13/avec-la-moitie-de-l-humanite-confinee-les-vibrations-de-la-terre-sont-plus-perceptibles_6036470_4832693.html</link>
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      <pubDate>Mon, 13 Apr 2020 18:15:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Pied-pong, soutifs et morpion-croquettes : sur Twitter, l’humour grinçant du confinement]]></title>
      <description><![CDATA[<figure><img src="https://img.lemde.fr/2020/03/24/0/0/4697/3125/688/0/60/0/0d0cd8a_Gjo69j7vxoF9ExdIxiTz8Hcw.jpg" alt="« Je t’aime mais de loin », sur la fenêtre d’un appartement, à Rennes, le 24 mars." /><noscript>
<p><img src="https://img.lemde.fr/2020/03/24/0/0/4697/3125/688/0/60/0/0d0cd8a_Gjo69j7vxoF9ExdIxiTz8Hcw.jpg" alt="image" /></p>
</noscript><figcaption class="article__legend" aria-hidden="“true“">« Je t’aime mais de loin », sur la fenêtre d’un appartement, à Rennes, le 24 mars. DAMIEN MEYER / AFP</figcaption></figure><p class="article__paragraph">Ce n’est que le début, et <a href="https://twitter.com/search?q=confinement%20%22trop%20long%22&amp;src=typed_query&amp;f=live">c’est déjà trop long</a>. Alors que la France entame son huitième jour de confinement, mardi 24 mars, la patience s’émousse dans nombre de foyers. Enfermés chez soi, avec un accès illimité à une prise électrique pour recharger son téléphone ou son ordinateur et avec un peu de chance, un bon forfait Internet : le cocktail idéal pour raconter ses malheurs sur Twitter.</p><p class="article__paragraph">Dans ces cas de promiscuité forcée, le premier des malheurs est, sans surprise : la famille. Cette famille que l’on redécouvre, qui nous redécouvre, nous juge, <a href="https://twitter.com/JeanHugon3/status/1240977480657383424">questionne nos engagements politiques</a> et <a href="https://twitter.com/sirenefeministe/status/1239824819761352704">comprend encore moins notre métier</a>, maintenant qu’elle nous voit l’exercer toute la journée.</p><p class="article__paragraph">Sans parler des enfants qui <a href="https://twitter.com/ibi2714/status/1239468250037211136">ne comprennent pas vraiment le concept du télétravail</a> qui consiste à être là, mais pas tout à fait présent non plus.</p><p class="article__paragraph">Bref, la famille, on l’aime, mais à petite dose et, dans ces conditions, même la plus aimante des mamans serait prête à sacrifier une bonne centaine d’euros pour voir disparaître les mômes de leur champ de vision.</p><h2 class="article__sub-title">Pied-pong et morpion-croquettes</h2><p class="article__paragraph">Pour tuer le temps – et calmer les nerfs –, chacun rivalise d’ingéniosité selon ses moyens, ses passions et son besoin d’activité physique. Qui peut juger ce voisin qui s’est lancé dans un <a href="https://twitter.com/ROM1LeFrancc/status/1241359571156942849">Paris-Roubaix entre les toilettes</a> et le salon, <a href="https://twitter.com/Andriragettli/status/1241776703770447877">cet autre qui a transformé son appartement</a> en salle d’entraînement pour cascadeur, ou encore <a href="https://twitter.com/groussebarbe/status/1240332639913086976">ces deux dignes inventeurs du « pied-pong » </a>?</p><p class="article__paragraph">C’est aussi le moment de s’essayer à de nouvelles choses, avec un succès discutable, comme jouer au <a href="https://twitter.com/Gauddd/status/1241664082547220480">morpion-croquettes avec son chien</a> ou <a href="https://twitter.com/duboismorgane8/status/1241415342825619461">développer ses talents de crêpier</a> (on vous déconseille les deux).</p><p class="article__paragraph">Le plus simple et le plus prudent restant de ne, tout simplement, rien faire, ce qui malgré les apparences demande tout de même <a href="https://twitter.com/SindyOfficiel/status/1240927268232482816">une certaine discipline</a>.</p><p class="article__paragraph">Car, au plus fort du grand chamboulement, on pourra toujours compter sur les indéboulonnables fondamentaux de la nature humaine, qui – maintenant plus que jamais – gardera toujours <a href="https://twitter.com/justdefunes/status/1242030628520046593">un œil méfiant sur ses voisins</a>, continuera à voir d’un mauvais œil <a href="https://twitter.com/Philotroll/status/1238729663289196544">la pizza à l’ananas</a>, quelles que soient les conditions d’accès aux denrées alimentaires, et ne gagnera sans doute jamais totalement la bataille de l’homme <a href="https://twitter.com/_TheBitchIsBack/status/1240219456355414017">contre l’imprimante</a>.</p><h2 class="article__sub-title">« On est d’accord qu’on remettra plus jamais de soutifs »</h2><p class="article__paragraph">Mais le confinement, c’est aussi le temps du questionnement, de l’introspection, de profiter de ces moments où l’on se retrouve seul face à soi-même, en pyjama, sans avoir eu de contact humain depuis plusieurs jours, et où l’on se pose de vraies questions : faudra-t-il vraiment remettre un soutien-gorge quand on retournera à la vie civilisée ? Visiblement, les quelque 15 000 personnes ayant « aimé » <a href="https://twitter.com/PenelopeB/status/1241029457860837376">le point de vue de la dessinatrice Pélénope Bagieu</a> (<em>sic</em>) semblent penser que non.</p><p class="article__paragraph">Et faudra-t-il vraiment reprendre cette habitude si française – <a href="https://twitter.com/BrilManon/status/1240270391781855232">et si peu comprise par les étrangers</a> – de la bise ? C’est cette fois plus de 60 000 personnes qui semblent penser que <a href="https://twitter.com/BrilManon/status/1240270391781855232">non, merci, ça va aller</a>.</p><p class="article__paragraph">Alors, que restera-t-il de ces longues semaines d’enfermement ? Des familles éclatées, des sous-vêtements dans un tiroir, des traditions chamboulées ? Ou peut-être juste le récit de <a href="https://twitter.com/YoshhTV/status/1240794393784864771">nos sorties épiques au supermarché</a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 24 Mar 2020 13:12:00 +0100</pubDate>
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