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    <title>Médias Libres | La séléction de Basta!</title>
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      <title><![CDATA[La mer et les océans, symboles de la crise climatique et de l'inaction politique]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une nouvelle alerte scientifique montre la fragilité du principal courant marin qui traverse l’Atlantique (l’Amoc, pour circulation méridienne de retournement de l’Atlantique). Venant de l’équateur avec son climat plus tropical, il permet d’adoucir le climat européen et limite les sécheresses au Sahel. Du fait du réchauffement climatique, cette circulation océanique pourrait s’affaiblir considérablement d’ici 2100 et bouleverser le climat européen et nord-africain. Mais inutile d’attendre la fin du siècle pour constater les effets très concrets que produisent pollutions et réchauffement sur les mer et les littoraux, que décrivent plusieurs médias indépendants internationaux.</p><p>Dans le petit port de Ksibet Mediouni, en Tunisie <em>« la baie était l’une des plus belles »</em> du pays, <a href="https://inkyfada.com/fr/2026/04/01/maree-rouge-a-monastir-quand-la-mer-disparait-sous-nos-yeux/" class="spip_out" rel="external">soupire un pêcheur</a> auprès du média tunisien <em>*Inkyfada*</em>. Aujourd’hui, des nappes auburn s’y étendent sur plusieurs kilomètres. Car <em>« chaque année, des milliers de poissons morts sont rejetés sur le rivage »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-niveau-des-mers-monte-rapidement">« Le niveau des mers monte rapidement »</h2><p>Le média tunisien décrit la <em>« convergence de facteurs aggravants »</em> à l’origine de cette catastrophe : le réchauffement climatique, la présence d’industries <em>« voraces en eau »</em> et l’intervention humaine sur le littoral favorisent cette marée rouge qui transforme la mer <em>« en un milieu saturé où la décomposition de la matière organique absorbe l’oxygène restant, neutralisant toute possibilité de vie marine régénératrice »</em>. Ce phénomène empoisonne l’écosystème marin, mais aussi les personnes qui vivent à proximité.</p><p><em>« Il y a des moments dans l’histoire où une crise longtemps considérée comme lointaine se révèle intime, immédiate et profondément humaine. L’élévation du niveau de la mer est l’un de ces moments »</em>, <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/apr/07/sea-level-rise-health-crisis-christiana-figueres" class="spip_out" rel="external">rappelle quant à elle la diplomate costaricaine Christiana Figueres</a> dans les colonnes du <em>*Guardian*</em>. Là encore, l’impact du changement climatique sur nos océans touche la planète entière, y compris sur la terre ferme.</p><p>L’ancienne responsable de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques souligne : <em>« Ceux qui subissent les conséquences les plus précoces et les plus graves de ces bouleversements sont, dans leur grande majorité, ceux qui ont le moins contribué à les provoquer. Aujourd’hui, le niveau des mers monte rapidement dans un monde déjà marqué par les inégalités, le colonialisme et l’exclusion économique »</em>, insiste la femme sud-américaine.</p><h2 class="spip" id="Un-cout-que-le-monde-entier-devra-payer">Un coût que le monde entier devra payer</h2><p>L’action humaine sur les mers empire cette situation. En Tunisie, le média <em>*Blue TN*</em> <a href="https://bluetunisia.com/sharks-nets-mercury-tunisias-hidden-fishing-cost/" class="spip_out" rel="external">tente d’évaluer l’impact</a> de la pêche industrielle sur les écosystèmes au large des côtes du pays. <em>« Le long des côtes tunisiennes, la pêche a changé, non seulement dans ses méthodes, mais aussi dans ses motivations. Les filets maillants ne font plus de distinction. Les chalutiers raclent les fonds marins au mépris de la loi. »</em></p><p>Le site indépendant tunisien conclut dans son enquête : <em>« Les chiffres témoignent d’une pression croissante. Les pêcheurs évoquent la pénurie. Les scientifiques parlent d’effondrement. Entre les deux se trouve un système où la survie économique et la survie écologique s’opposent de plus en plus. »</em></p><p><em>*Mongabay*</em> <a href="https://news.mongabay.com/2026/04/10-of-the-ocean-is-protected-now-just-20-more-to-go/" class="spip_out" rel="external">appelle à l’action pour protéger les océans</a> : <em>« Alors que l’objectif mondial est de protéger 30 % des océans d’ici 2030, les experts soulignent que les efforts doivent s’intensifier considérablement : pour atteindre cet objectif, il faudra protéger, d’ici quatre ans, une superficie équivalente à celle de l’océan Indien. »</em> Sans action politique, accepter de déséquilibrer, décimer, détruire ces écosystèmes marins au nom du profit aura, en bout de course, un coût que le monde entier devra payer.</p>]]></description>
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      <pubDate>Sat, 18 Apr 2026 08:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Devenir une place de village » : ce restaurant solidaire normand mêle cuisine bio et projet social]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Laurence n’aime pas le trajet qui la mène à la Cité de l’alimentation. <em>« Prendre ma voiture, rouler le matin sur le périphérique de Caen, cela me rappelle ma vie d’avant »</em>, confie-t-elle. La quadragénaire vient pourtant une à deux fois par mois à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen, pour s’investir dans le lieu associatif consacré au bien-manger.</p><p>Avant, Laurence avait une autre vie, d’employée de banque. Mais elle a été frappée par un burn-out, puis un cancer. Aujourd’hui, en cette matinée du mois de mars, elle est venue préparer des lasagnes et faire la vaisselle, le tout bénévolement. <em>« J’aime bien la vaisselle, c’est un moment où on discute</em>, glisse-t-elle. <em>Le concept, c’est comme à la maison, avec de la bienveillance, de la mixité, et beaucoup d’échanges. Il y a de nombreux accidentés de la vie ici. »</em></p><div class="spip_document_22681 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="132" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/devanture.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2249923725 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1774538447 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776337569 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776334891 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776339460 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776335591 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776336299 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776336436 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776339461 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776338009 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776339461 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776333815 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776339462 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1774555082 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/devanture.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="L'entrée de la Cité de l'alimentation, la devanture est rouge et blanche." aria-describedby="by22681-47d0d296100b9860102c0dd6b88594b7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776334797 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776335886 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/devanture.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22681-47d0d296100b9860102c0dd6b88594b7">Coincée entre des barres d’immeubles, la Cité de l’alimentation dénote dans le centre-ville d’Hérouville-Saint-Clair.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>À sa manière, Laurence incarne bien l’une des raisons d’être de <a href="https://www.citedelalimentation.fr/" class="spip_out" rel="external">la Cité de l’alimentation</a>, un lieu créé pour tisser du lien autour de la cuisine tout en étant un véritable restaurant, situé dans cette ville nouvelle de la banlieue de Caen, faite d’architecture bétonnée et sortie de terre dans les années 1960.</p><p>Hérouville-Saint-Clair est <a href="https://www.ouest-france.fr/normandie/herouville-saint-clair-14200/pauvrete-a-herouville-la-ville-ne-peut-pas-et-ne-doit-pas-accueillir-toute-la-misere-sociale-8e0f4b34-74b1-11ed-a624-3ce68ebc51cd" class="spip_out" rel="external">une des communes les plus pauvres</a> du Calvados. Au niveau politique, la ville est dirigée depuis 2001 par un maire de centre droit, Rodolphe Thomas, qui vient d’<a href="https://www.francebleu.fr/normandie/calvados-14/herouville-saint-clair/municipales-2026-a-herouville-saint-clair-rodolphe-thomas-reelu-des-le-premier-tour-1315620" class="spip_out" rel="external">être réélu dès le premier tour</a> après avoir mené une campagne où il s’en est notamment <a href="https://www.lepoulpe.info/a-herouville-saint-clair-la-riposte-aberrante-brutale-et-tous-azimuts-du-maire" class="spip_out" rel="external">pris au média local indépendant <em>Le Poulple</em></a>.</p><h2 class="spip" id="Cuisine-mobile-a-velo">Cuisine mobile à vélo</h2><p>Ici, il n’y a presque pas de commerces de proximité ni de cafés. La Cité de l’alimentation fait figure d’exception. <em>« Nous aimerions devenir une espèce de place de village avec différentes structures, mais aussi avec beaucoup de formation »</em>, présente l’un des créateurs du lieu, Clément Charlot. La Cité a ouvert en 2024 dans les locaux d’un ancien lycée.</p><div class="spip_document_22683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="87" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c322273900 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1774545013 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1774538450 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776334754 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776338505 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776336299 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776334427 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776336871 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776335456 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776338507 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776333815 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776334231 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1774555267 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Cinq personnes échangent dans une cuisine collective, on voit des plats au premier plan." aria-describedby="by22683-5ff0d49ee692922f4db038a510411c55" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776337582 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776335888 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22683-5ff0d49ee692922f4db038a510411c55">Dix bénévoles sont aux fourneaux pour préparer une quarantaine de repas.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p><em>« Un des points de départ du projet, c’était la question de comment agir pour que les gens mangent mieux</em>, explique le fondateur. <em>De là, il a fallu se projeter économiquement. »</em> Avant la Cité de l’alimentation, Clément Charlot est passé par l’associatif, la coutellerie et, surtout, la restauration. L’association donne aussi des ateliers de cuisine ouverts à toutes et tous plusieurs fois par semaine. Elle peut également se délocaliser, via une cuisine mobile à vélo.</p><p>Un fil rouge lie toutes ces activités culinaires : travailler uniquement avec des produits bio et provenant de producteurs locaux (hors ingrédients exotiques). <em>« Tout est bio ici, c’est central, comme le local. À mes yeux, il n’y a pas d’autres alternatives »</em>, souligne l’homme.</p><div class="spip_document_22685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="31" data-legende-lenx=""><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/gros_plan.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3710473970 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1774538451 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776344050 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776335647 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776339650 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776334992 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776336299 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776336505 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776338873 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776338806 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776335252 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776338615 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776335281 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1774555512 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Des mains et des ustensiles de cuisines en gros plan." aria-describedby="by22685-b01d7933b23b5cc5b5e5719c21f8a738" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776335676 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776335890 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22685-b01d7933b23b5cc5b5e5719c21f8a738">Dans la cuisine.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Pas-de-cauchemar-en-cuisine">Pas de cauchemar en cuisine</h2><p>En milieu de matinée, trouver un café à Hérouville-Saint-Clair sans aller au centre commercial n’est pas chose aisée. Mais entre les murs de l’ancien lycée hôtelier où a pris place la Cité de l’alimentation, on s’agite autour de Benjamin, cuisinier salarié. L’association de la Cité de l’alimentation emploie aujourd’hui six personnes à temps plein. Ce jour-là, il y a aussi une dizaine de bénévoles qui s’affairent sous l’œil bienveillant du jeune chef. Passé par des restaurants étoilés, il a choisi ce lieu pour travailler autrement.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« En cuisine, c’est très militaire avec une logistique parfois millimétrée</em>, explique le chef. <em>Cela crée des problèmes. Les horaires à rallonge, les cinglés qui mettent une pression de fou et se déchargent sur les employés... On peut faire autrement, quelque chose de bien, de construit et de cohérent sans cette pression. »</em> Mener sa cuisine autrement, dans de meilleures conditions, c’est ce que la Cité de l’alimentation permet à Benjamin.</p><div class="spip_document_22686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="72" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/feuilletes.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1236504527 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1774538454 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776342842 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776340019 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776337057 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776335409 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776336546 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776334400 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776334360 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776340990 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776345267 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776339926 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1774555658 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Un plant soigné au premier plan, quatre personnes au second plan." aria-describedby="by22686-c81a9895dc59f5bc539f42028c092038" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776337546 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776335892 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22686-c81a9895dc59f5bc539f42028c092038">Un feuilleté à l’endive au menu du restaurant associatif.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Au menu du jour du restaurant, on trouve notamment des feuilletés aux endives en entrée, une blanquette de poulet, et une tarte aux fruits. De son côté, Najib prépare à la boulangerie plusieurs kilos de pain pour la journée, d’autant qu’il y a aussi de la vente à emporter. <em>« Je viens trois fois par semaine</em>, explique l’homme de 65 ans, qui a passé un CAP de cuisinier avant sa retraite. <em>C’était un défi pour moi, peut-être mon dernier diplôme, mais maintenant, la boulangerie m’intéresse beaucoup. »</em></p><p>Tandis que Fanny prépare la salle à manger, un atelier dédié aux champignons a lieu dans une autre pièce. Ce jour-là, neuf personnes ont payé 25 euros pour deux heures d’atelier et le repas final. Les langues se délient entre les cuissons et l’on parvient à discuter des effets possibles de la sauce soja sur la santé des femmes. <em>« La cuisine, ça touche tout le monde et même à des choses intimes »</em>, sourit Virginie, qui anime l’atelier.</p><h2 class="spip" id="Tarif-solidaire">Tarif solidaire</h2><p>Quand midi arrive, les clients aussi. Une quarantaine de couverts sont servis en moins de deux heures à une clientèle variée, des professionnels en pause déjeuner aux retraités du quartier. Le menu est à 16 euros, quatre euros supplémentaires si l’on choisit le tarif « solidaire », afin d’aider la structure.</p><div class="spip_document_22687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="138" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/reinsertion.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3327320528 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1774627205 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1774538456 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776340293 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776334454 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776338658 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776336117 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776335918 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776336583 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776346524 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776342329 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776341288 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776338713 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776337031 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1774555682 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Une femme au dessus d'une casserole au premier plan, deux hommes parlent au second plan, dans une cuisine collective. Tous portent un tablier violet." aria-describedby="by22687-931a7a7ef45c13cbe3a495c2b749705a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776336336 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776334250 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22687-931a7a7ef45c13cbe3a495c2b749705a">De nombreux bénévoles sont en transition de vie. Certains sont envoyés par des structures de réinsertion ou France Travail.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p><em>« Environ 60 % des personnes choisissent le tarif solidaire, c’est énorme »</em>, note le cofondateur, Clément Charlot. Après deux ans d’existence du lieu, il dresse un premier bilan : <em>« Tout ce qui est traiteur, restaurant, ça reste plutôt facile à gérer. L’argent qu’on essaie de gagner, c’est pour développer de nouveaux projets. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Mieux-manger-pour-bien-vieillir-premier-Ehpad-France-cuisine-100-pourcent-local-bio-fait-maison">Mieux manger pour bien vieillir : le premier Ehpad de France à cuisiner presque 100 % local et bio</a></aside><p>Dans les prochaines années, le lieu veut ainsi créer une boulangerie, une conserverie, voire une laiterie, pour un coût global de plusieurs millions d’euros. <em>« C’est complètement réalisable si les collectivités sont à nos côtés »</em>, assure Clément Charlot. La région Normandie est partenaire du projet, tout comme le fonds de dotation de Biocoop. L’association reçoit aussi des aides de l’État avec le programme « Mieux manger pour tous ». Il lui est impossible de se passer de soutiens financiers publics pour l’instant, même si son objectif, à terme, est d’être totalement indépendante.</p><p>Ce type de projet associatif, qui place l’alimentation au centre, comme outil politique et social, se développe à travers la France. Il y a Les Halles de la transition, à Toulouse, tiers-lieu écologique avec un espace de restauration. Ou encore le Beau tiers-lieu, à Nantes.</p><div class="spip_document_22684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="140" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/elie.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3618948262 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1774538457 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/elie.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/elie.jpg?1776346881 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/elie.jpg?1776335158 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1776338110 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1776335559 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/elie.jpg?1776334537 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/elie.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/elie.jpg?1776336035 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1776337630 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1776336789 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1774555723 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/elie.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Une jeune femme pèse de la farine en cuisine." aria-describedby="by22684-3def630f37a203b573684964b8651a54" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/elie.jpg?1776335672 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/elie.jpg?1776336439 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/elie.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22684-3def630f37a203b573684964b8651a54">Actuellement en reconversion, Elie hésite à s’engager dans la cuisine de manière professionnelle. En attendant, elle apprend.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Dans la cuisine d’Hérouville-Saint-Clair, la cloche donne le rythme des assiettes à garnir. Deux femmes originaires du Nigeria gèrent les commandes et deux femmes afghanes finalisent les desserts. La diversité est à l’image d’Hérouville-Saint-Clair, qui compte une soixantaine de nationalités parmi ses habitants.</p><h2 class="spip" id="Le-plein-de-benevoles">Le plein de bénévoles</h2><p>Ce jeudi, la capacité d’accueil maximale est atteinte aux fourneaux, bien que l’équipe aimerait davantage de bénévoles encore. <em>« Aujourd’hui, nous avons sept bénévoles et trois personnes en formation via des organismes de réinsertion ou France Travail</em>, précise le chef du jour, Benjamin. <em>La cuisine a un côté cathartique pour tout le monde »</em>, ajoute-t-il.</p><div class="spip_document_22688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="77" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/clientsjpg.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3785807044 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1774627205 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1774538458 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776335226 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776334232 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776335524 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1776343370 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1776338588 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1776336447 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776338598 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776334867 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776336490 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1774555824 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="La salle du restaurant, des clients attablés au pied d'un large escalier en colimaçon, une femme à la caisse au téléphone au premier plan." aria-describedby="by22688-6e4c470a9d6baef20e0708911d0960a2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776337546 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776336786 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22688-6e4c470a9d6baef20e0708911d0960a2">Le jour de notre reportage, le restaurant a servi 40 couverts.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Dans le groupe, plusieurs personnes sont sans emploi, souvent dans un moment de transition. <em>« J’essaie de venir une fois par semaine car je suis au chômage depuis fin décembre et en attente de formation</em>, explique Elie, la trentaine. <em>Malheureusement, le planning de volontaires ici est souvent complet. »</em> <em>« C’est difficile de dire à quelqu’un qui a envie d’être bénévole qu’il ne peut venir qu’une fois par mois</em>, déplore Clément Charlot. <em>D’autant que les gens viennent ici pour se reconstruire un peu. Mais si on monte à 300 couverts, est-ce que ce serait encore convivial ? »</em></p><p>La fin du service approche, l’ambiance se détend un peu plus encore. Les bénévoles repartent avec un repas ou le partagent avec le reste de l’équipe. Pour Laurence, il est temps de prendre le chemin du retour, en repassant par le périphérique de Caen. Peut-être le cœur plus léger qu’à l’aller.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 16 Apr 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Loi « simplification » : 8 mesures qui détricotent nos droits sociaux et environnementaux]]></title>
      <description><![CDATA[<p>C’est la fin d’un long parcours parlementaire. La loi « simplification de la vie économique des entreprises » (aussi connue sous le nom de « loi Pacte 2 ») a été adoptée par l’Assemblée nationale à 275 voix contre 225, ce 14 avril. Cette loi aboutit à une mesure emblématique : la suppression d’une mesure écologique majeure, <a href="https://basta.media/zfe-sont-elles-anti-pauvres-et-anti-travailleurs">les zones à faible émission</a> (ZFE).</p><p>Mais bien d’autres mesures régressives sont contenues dans les 87 articles d’un texte « fourre-tout » : il institutionnalise un nouveau lobby patronal ; supprime plusieurs organismes publics pourtant utiles sur la santé, la protection de l’environnement ou l’accès à la culture ; dérégule l’emploi des jeunes apprentis dans un contexte où les accidents du travail des moins de 25 ans augmentent ; ou affaiblit la possibilité pour les salariés de reprendre leur entreprise lors d’une cession.</p><p>Une « simplification » qui <em>« cache un désir de dérégulation, notamment sur le plan des droits des travailleurs et des consommateurs, ainsi que de notre législation environnementale »</em>, résume le député Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste). Le projet de loi a été voté grâce à l’appui de LR et du RN, après .</p><p>Annoncé fin 2023, le parcours législatif du texte été perturbé par les soubresauts politiques, en particulier la dissolution, au printemps 2024 – il se trouvait alors en lecture au Sénat – puis les débats sur le budget et les élections municipales.</p><p>La loi adoptée ce 14 avril par les députés comprend divers articles qui soulèvent plusieurs points d’alerte, <a href="https://basta.media/loi-de-simplification-pour-eux-les-interets-des-entreprises-doivent-primer">comme nous l’avions relevé il y a un an</a>. <em>Basta!</em> vous propose donc un décryptage des 8 mesures principales, pour mieux comprendre ce qui nous attend.</p><h3 class="spip" id="t1-La-fin-des-lt-lt-zones-a-faible-emissions-limitant-la-pollution-de-nbsp">1 - La fin des « zones à faible émissions » limitant la pollution de l’air</h3><p>C’était un sujet majeur sur le plan écologique : le texte prévoit l’abrogation des zones à faibles émissions (ZFE) ou zones à faibles émissions mobilités (ZFE-M), qui excluent de certains secteurs urbanisés, à certaines heures, les véhicules les plus polluants. Une quarantaine d’agglomérations étaient jusqu’ici concernées par cette législation. La loi vise sa suppression pure et simple alors qu’il s’agissait, pourtant, d’une mesure pour faire face à la pollution de l’air votée lors du premier quinquennat Macron. Instaurer des ZFE s’inscrit également dans une politique plus large pour diminuer la dépendance à la voiture thermique, donc au pétrole.</p><p><em>« Les ZFE sont une solution efficace pour réduire la pollution de l’air en ville, en interdisant aux véhicules les plus polluants d’y circuler, ce qui accélère le renouvellement du parc automobile et surtout en proposant des services accrus de transports en commun »</em>, a rappelé <a href="https://www.fne-aura.org/communiques/region/zero-pointe-pour-les-attaques-contre-les-zfe/" class="spip_out" rel="external">France Nature Environnement</a>. Les supprimer revient, selon l’ONG à <em>« condamner les populations des grandes agglomérations à continuer de souffrir quotidiennement de la pollution de l’air et d’en mourir prématurément »</em>.</p><p>L’article 15 ter, qui abroge ces ZFE, est issu d’un amendement du Rassemblement national et du parti Les Républicains. Pour éviter le blocage d’une partie de son camp (Renaissance) ainsi que du MoDem – en plus de la gauche –, le gouvernement a tenté mardi de proposer un amendement de compromis qui laissait aux collectivités le choix de créer ces ZFE. Sans succès. La victoire revient bien à la version des RN et LR, qui ont célébré sous un tonnerre d’applaudissements son adoption hier, <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/04/14/projet-de-loi-de-simplification-le-parcours-chaotique-d-un-texte-fourre-tout_6679913_823448.html" class="spip_out" rel="external">rapporte <em>Le Monde</em></a>. La gauche, ainsi qu’une partie du camp gouvernemental, place désormais ses derniers espoirs dans un retoquage du Conseil constitutionnel.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/zfe-sont-elles-anti-pauvres-et-anti-travailleurs">Zones à faibles émissions : cette mesure écologique pénalise-t-elle les plus pauvres ?</a></aside><h3 class="spip" id="t2-Promouvoir-les-projets-industriels-au-detriment-de-l-objectif-zero-nbsp">2 - Promouvoir les projets industriels au détriment de l’objectif zéro artificialisation</h3><p>Le texte de loi issu de la CMP et adopté hier par les députés assouplit les contraintes du zéro artificialisation nette (ZAN) au profit de grands projets industriels, en suivant, sur ce point, la ligne du Sénat. <em>« Il s’agit d’une mesure forte et d’un signal important en faveur de la réindustrialisation de notre pays et de la relocalisation d’activités stratégiques »</em>, s’est félicité Yves Bleunven, rapporteur pour le Sénat (Union Centriste).</p><p>Pour rappel, la loi sur le ZAN prévoit de réduire massivement la consommation d’espaces naturels dans les projets fonciers, pour atteindre un objectif de zéro artificialisation nette en 2050. Le but : préserver la biodiversité, mais aussi limiter les inondations favorisées par des terrains aplanis, sans arbres ni végétation.</p><p>Les zones artificialisées couvrent aujourd’hui <a href="https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/download/publication/publie/Pri2501/Primeur2025-1_TERUTI.pdf" class="spip_out" rel="external">près de 10 % du territoire métropolitain</a>, soit deux fois plus qu’en 1982. Le rythme s’est infléchi ces dernières années, notamment depuis l’adoption de la loi ZAN en 2021, mais la France perd toujours près de 30 000 hectares d’espaces naturels par an et la loi ne cesse d’être assouplie. Preuve en est, une fois de plus.</p><p>La modification contenue dans l’article 15 visait, initialement, à faciliter l’implantation des data centers. Tous les investisseurs industriels porteurs de <em>« projets d’intérêt national majeur et d’intérêt d’envergure nationale et européenne »</em>, comme le résume Stéphane Travert, rapporteur pour l’Assemblée nationale (Ensemble pour la République), seront désormais exemptés du décompte ZAN. Cette <a href="https://artificialisation.developpement-durable.gouv.fr/mesurer-la-consommation-despaces/cartographie-des-projets-denvergure-nationale" class="spip_out" rel="external">définition légale</a> englobe les projets de construction liés au secteur nucléaire, ferroviaire, pénitentiaire, fluvial, maritime, électrique, ou tout projet déclaré d’utilité publique par un décret en Conseil d’État ou par arrêté ministériel.</p><p>Certains parlementaires s’inquiètent de n’avoir pu consulter aucune étude d’impact préalable à ce genre d’assouplissement forcément néfaste pour l’environnement. L’article 15 adopté hier met également à mal l’objectif de zéro artificialisation nette de la loi Climat.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="t3-La-suppression-d-instances-publiques-de-sante-ou-pour-la-culture">3 - La suppression d’instances publiques de santé ou pour la culture</h3><p>Le texte de loi retient l’essentiel des suppressions de comités, observatoires, conseils prévues initialement. Au passage, ce sont des centaines d’emplois qui passent à la trappe, dans des champs allant du droit du travail à la protection de l’environnement en passant par la prévention de la santé publique. Si les parlementaires se sont aisément accordés sur certains organismes publics, inactifs de longue date, d’autres demeurent importants pour le débat public.</p><p>Pour en donner quelques exemples : côté santé publique, ce serait la fin de la Conférence de prévention étudiante, chargée du suivi des actions de soins, dépistage, vaccination auprès des étudiants et qui avait la mérite d’associer à la réflexion les associations et syndicats étudiants.</p><p>Ou encore, de la commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé publique et d’environnement, qui a rendu <a href="https://www.alerte-sante-environnement-deontologie.fr/deontologie-et-alertes-en-sante-publique-et-environnement/travaux/avis-rendus/" class="spip_out" rel="external">de nombreux avis</a> sur des sujets importants comme les pesticides en agriculture, le dépistage du cancer du sein ou encore la sûreté nucléaire. Cette commission indépendante recevait des signalements de la société civile, notamment de lanceurs d’alerte, via sa plateforme en ligne, jusqu’à la <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/11/05/quand-l-instance-de-traitement-des-alertes-en-sante-et-environnement-lance-l-alerte-sur-sa-propre-situation_6377749_3244.html" class="spip_out" rel="external">désactivation</a> de celle-ci, fin 2024 par le ministère de la Transition écologique, ardemment dénoncée par ceux qui y siègent.</p><p>Sur le plan de la protection de l’environnement encore, les commissions départementales de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers seront supprimées. Ces commissions regroupaient des représentants de l’État, des professions agricoles, des chasseurs ainsi que des associations de protection.</p><p>Côté culture, le Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle est aussi voué à disparaître. Son rôle était de travailler auprès des collectivités pour encourager la présence des artistes dans les classes, le développement de projets culturels ou encore les sorties éducatives dans les théâtres, musées, médiathèques… La sénatrice socialiste Sylvie Robert, qui y siège, <a href="https://www.telerama.fr/enfants/pourquoi-supprimer-le-haut-conseil-de-l-education-artistique-et-culturelle-serait-une-tres-mauvaise-idee-7024299.php" class="spip_out" rel="external">défend auprès de <em>Télérama</em></a> <em>« une instance qui a été très active et qui continue de l’être aux côtés des collectivités territoriales pour valoriser et accompagner l’éducation artistique et culturelle »</em>.</p><p>En outre, le projet de loi crée une nouvelle clause d’extinction : toute instance consultative est créée pour une durée de trois ans, renouvelable seulement si celle-ci parvient à faire preuve de son utilité.</p><h3 class="spip" id="t4-Un-nouveau-lt-lt-lobby-officiel-du-patronat">4 - Un nouveau « lobby officiel » du patronat</h3><p>À rebours de toutes ces suppressions, une nouvelle instance doit être créée : le Haut Conseil à la simplification. La CMP s’est entendue sur le retour de cette instance, chargée d’évaluer toute nouvelle proposition de loi à l’aune de ses impacts sur les entreprises, pourtant rejetée par les députés.</p><p>Ce Haut Conseil à la simplification aura un président nommé en conseil des ministres, un représentant pour chaque taille d’entreprise (grande, intermédiaire, moyenne, petite, micro), nommé à chaque fois par le Premier ministre sur conseil des organisations patronales, ainsi qu’un député, un sénateur, un membre du Conseil d’État. Excluant les organisations syndicales, il a été fortement plébiscité par les organisations patronales, comme le Medef.</p><p>Il est donc perçu comme pro-patronal et rappelle, par certains aspects, le fameux Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), créé par Elon Musk aux États-Unis en vue d’opérer des coupes budgétaires. <em>« Cela revient, à mon sens, à instaurer une espèce de lobby officiel, chargé de contrôler notre travail – la loi – aux frais de l’État, afin de s’assurer d’une simplification maximale, en réalité au détriment du droit du travail, du droit de l’environnement et de la protection sanitaire »</em>, résume la députée Anne Stambach-Terrenoir (LFI).</p><h3 class="spip" id="t5-lt-lt-Une-attaque-sans-precedent-contre-les-conseils-economiques-nbsp">5 - « Une attaque sans précédent » contre les conseils économiques et sociaux régionaux</h3><p>Les Ceser, les conseils économiques et sociaux régionaux, sont également attaqués. Une centaine de représentants de syndicats, associations, organisations étudiantes et patronales siègent dans ces assemblées chargées de proposer, évaluer et conseiller les politiques publiques régionales. Leur mandat est renouvelé tous les six ans. Ces conseils mènent des études, organisent des débats et remettent des avis avec des propositions concrètes aux autorités régionales.</p><p>Les sénateurs estiment leur action peu utile. A l’inverse de grandes associations, comme la Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF), l’un des plus importants réseaux pour les droits des femmes, décliné sur tous les territoires. La fédération estime que <em>« la disparition de ces instances constituerait un coup d’arrêt à la participation des corps intermédiaires à la vie démocratique locale »</em>. Ses fédérations régionales sont ainsi présentes dans tous les Ceser : <em>« Cela permet de faire entendre la voix des femmes, y compris des plus vulnérables et marginalisées, de rendre visibles les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes, et d’alimenter les politiques publiques régionales par leur expertise de terrain »</em>, défend le réseau.</p><p>Or, dans la copie de la CMP adoptée hier par les députés, l’État laisse désormais au bon vouloir des régions leur suppression. L’existence d’un Ceser dépendrait dorénavant d’une délibération du conseil régional, à la demande du président de Région. Ce sera évidemment loin de se produire partout.</p><p><em>« Une attaque sans précédent et inacceptable »</em>, a réagi ce lundi la CGT. Les Ceser <em>« portent l’expression de la société civile organisée, notamment des organisations syndicales de salarié·es et d’employeurs et des associations. Leurs propositions et leurs recommandations sont larges et relaient des paroles citoyennes, de travailleuses et travailleurs »</em>, rappelle leur communiqué.</p><p><em>« Leur expertise est une richesse qui éclaire la décision publique. S’en priver, c’est contester le rôle du dialogue et de la délibération collective dans le processus de décision démocratique »</em>, alerte de son côté la CFDT, dans un communiqué dédié également.</p><h3 class="spip" id="t6-Une-derogation-de-plus-dans-l-embauche-des-apprentis">6 - Une dérogation de plus dans l’embauche des apprentis</h3><p>Le texte de loi supprime aussi une obligation de l’employeur dans le cadre de l’apprentissage. Jusqu’ici, l’emploi d’un apprenti ne peut se faire que si, au préalable, l’employeur <em>« déclare à l’autorité administrative prendre les mesures nécessaires à l’organisation de l’apprentissage et s’il garantit que l’équipement de l’entreprise, les techniques utilisées, les conditions de travail, de santé et de sécurité, les compétences professionnelles et pédagogiques ainsi que la moralité des personnes qui sont responsables de la formation sont de nature à permettre une formation satisfaisante »</em>. Cette obligation figurant dans le Code du travail a été supprimée.</p><p>Pour rappel, les accidents du travail sont 2,5 fois plus fréquents chez les moins de 25 ans, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). En 2024, 22 salariés de moins de 25 ans sont morts au travail d’après le recensement de l’Assurance maladie, paru fin 2025.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Stagiaires-apprentis-tres-jeunes-adultes-qui-meurent-au-travail-agriculture">Ces stagiaires, apprentis et très jeunes adultes qui meurent au travail</a></aside><h3 class="spip" id="t7-Des-lt-lt-batons-dans-les-roues-des-salaries-qui-veulent-reprendre-nbsp">7 - Des « bâtons dans les roues » des salariés qui veulent reprendre leur entreprise</h3><p>L’article 6 du projet de loi modifie l’obligation de consulter les salariés préalablement à une cession d’entreprise. Une telle consultation, jusqu’ici obligatoire, peu importe la taille de l’entreprise, permettait aux salariés de pouvoir proposer eux-mêmes une offre de reprise, en coopérative par exemple.</p><p>Le texte supprime l’obligation d’information des salariés pour toutes les entreprises de plus de cinquante salariés. Argument principal : il existe déjà une consultation obligatoire du CSE (comité social et économique) pour les entreprises de cette taille. La suppression de cette obligation d’informer les salariés jugée <em>« surabondante »</em> par la sénatrice et rapporteure Catherine Di Folco (Les Républicains), est donc défendue comme une <em>« simplification opportune »</em>.</p><p>Quant à celles qui ont moins de cinquante salariés (et donc, pas de CSE), le texte de la CMP réduit de deux mois à un mois le délai de consultation des salariés. <em>« En ce moment, des centaines de plans de licenciement sont en cours. Pourquoi mettre des bâtons dans les roues aux salariés qui veulent reprendre leur entreprise ? »</em> interrogeait déjà dans nos colonnes, l’an dernier, Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT. <em>« Avec un tel article, la reprise de Duralex en coopérative n’aurait pas pu se faire »</em>, complétait Patrick Privat, secrétaire confédéral de Force ouvrière.</p><h3 class="spip" id="t8-Moins-de-controle-sur-les-groupements-d-employeurs">8 - Moins de contrôle sur les groupements d’employeurs</h3><p>La loi dérégule un peu plus les groupements d’employeurs – lorsque plusieurs employeurs se regroupent en une seule société pour mutualiser la main-d’œuvre, en mettant à disposition les salariés entre leurs différentes entreprises. D’abord, lorsqu’un groupement d’employeurs se constitue, il ne sera plus obligé d’en informer l’inspection du travail.</p><p>Aujourd’hui, ceux qui cherchent à se regrouper alors qu’ils n’ont pas la même convention collective doivent choisir l’application d’une seule de ces conventions collectives, puis doivent passer par une déclaration à l’autorité administrative, qui peut alors refuser le groupement si celui-ci ne respecte pas les dispositions légales. Désormais, il n’y aura plus cette déclaration ni cette possibilité pour l’autorité administrative de s’y opposer.</p><p>L’un des risques principaux est la « fausse mutualisation », une forme de détournement du dispositif pouvant s’apparenter à du <a href="https://www.avocats-valenciennes.com/la-fausse-mutualisation-dans-les-groupements-demployeurs-causes-et-consequences-de-lexclusion/" class="spip_out" rel="external">prêt illicite de main-d’œuvre</a>. Concrètement : quand un groupement met à disposition un salarié pour une seule entreprise adhérente, et que la structure du groupement permet uniquement d’esquiver certaines obligations sur le licenciement, la période d’essai ou encore sur les seuils sociaux. Conscient des <em>« dérives »</em> possibles, en particulier depuis que les grandes entreprises (et plus seulement les TPE-PME) ont accès à ce modèle, le Conseil économique social et environnemental (Cese) <a href="https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Rapports/2018/2018_27_groupement_employeurs.pdf" class="spip_out" rel="external">rappelait en 2018</a> l’importance de l’<em>« observation extérieure »</em> et de la <em>« régulation ».</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Loi-Yadan-tout-comprendre-a-la-controverse-atteintes-aux-libertes-antisemitisme-magali-Lafourcade-CNCDH">Loi Yadan : tout comprendre à ce texte « dramatique pour tous les mouvements sociaux »</a></aside><p>Sur le plan de la concentration des entreprises aux mains d’un seul propriétaire, les seuils de chiffre d‘affaires à partir duquel une telle opération de concentration doit être notifiée à l’Autorité de la concurrence sont relevés.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/loi-simplification-ZFE-apprentis-artificialisation-8-mesures-qui-detricotent-droits-sociaux-environnement</link>
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      <pubDate>Wed, 15 Apr 2026 17:19:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Loi Yadan : tout comprendre à ce texte « dramatique pour tous les mouvements sociaux »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>En pleine guerre israélo-étasunienne contre l’<a href="https://basta.media/nous-sommes-dans-le-noir-apres-l-iran-la-guerre-jusqu-ou">Iran</a> et le Liban et alors que le <a href="https://www.ohchr.org/sites/default/files/documents/hrbodies/hrcouncil/sessions-regular/session60/advance-version/a-hrc-60-crp-3.pdf" class="spip_out" rel="external">crime de génocide se poursuit en Palestine</a>, peu de temps après que le Parlement israélien a adopté une législation instituant la <a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/310326/le-parlement-israelien-instaure-un-regime-de-peine-capitale-raciste" class="spip_out" rel="external">peine de mort pour les Palestiniens</a> accusés de meurtre « terroriste », c’est un texte au centre de l’attention médiatique qui arrive dans l’Hémicycle français ce 16 avril : la loi dite Yadan, qui prétend lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme ».</p><p>Cette <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/lutter_formes_renouvelees_antisemitisme" class="spip_out" rel="external">proposition de loi</a> est portée depuis novembre 2024 par Caroline Yadan, députée de la huitième circonscription des Français établis hors de France, ex-membre du parti Renaissance et actuelle membre d’Ensemble pour la République. Le texte propose notamment d’élargir les notions de <em>« provocation à des actes terroristes »</em> en sanctionnant désormais aussi ce qui relèverait d’une provocation <em>« implicite »</em>, punissable de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. De même, le texte sanctionne toute personne formulant <em>« une négation, une minoration ou une banalisation »</em> de ces actes, et les propos appelant <em>« à la destruction d’un État reconnu par la République française »</em>.</p><p>Des voix critiques se sont élevées ces dernières semaines pour fustiger une instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme, une criminalisation du soutien à la Palestine, ou encore des risques de dérives avec la difficulté pour un magistrat de juger ce type de provocation « implicite », un concept juridiquement flou. Une pétition citoyenne s’opposant à la proposition de loi a recueilli 700 000 signatures, ouvrant la possibilité d’être examinée en séance publique à l’Assemblée nationale. Mais la commission des lois vient d’y couper court en « classant » la pétition, ce mercredi 15 avril (30 députés favorables au classement, contre 21). <a href="https://basta.media/Petition-loi-Duplomb-le-mepris-du-gouvernement-pour-les-2-millions-de-signataires" class="spip_in">Comme pour la pétition contre la loi Duplomb</a>, la mobilisation citoyenne n’aura donc pas officiellement voix au chapitre demain, lors de l’examen.</p><p>Dans le même temps, la hausse des actes antisémites est un fait documenté par différentes instances, dont la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), organe indépendant qui <a href="https://www.cncdh.fr/actualite/lutte-contre-le-racisme-lantisemitisme-et-la-xenophobie-la-cncdh-publie-son-rapport-2024" class="spip_out" rel="external">mesure chaque année</a> depuis 1990, l’évolution des attitudes et des préjugés racistes, antisémites et xénophobes.</p><p>Après une année 2023 <em>« marquée par une explosion des actes racistes, et en particulier des actes antisémites »</em>, le nombre d’actes racistes enregistrés en 2024 <em>« atteint un niveau inédit depuis le début de la collecte des données »</em>, relève ainsi la CNCDH.</p><p>Alors, comment faire face ? Pour Magali Lafourcade, magistrate et secrétaire générale de la CNCDH, la proposition de loi Yadan est une réponse non seulement contre-productive mais qui plus est, dangereuse. D’autres leviers d’action devraient être privilégiés. Voici son éclairage.</p><p><strong><em>Basta!</em> : Dans son exposé des motifs, la proposition de loi Yadan fait le constat de la forte hausse des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023 et d’une « forme renouvelée d’antisémitisme ». Dans quelle mesure la CNCDH partage-t-elle ce constat ?</strong></p><p><strong>Magali Lafourcade :</strong> D’abord, les chiffres présentés dans la proposition de loi sont ceux du ministère de l’Intérieur, pas ceux de la CNCDH. Ce sont les chiffres de la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT) qui sont utilisés : des faits remontés du terrain, pour lesquels il n’y a pas encore de jugement judiciaire. ll faut les <a href="https://orientxxi.info/France-La-loi-Yadan-et-l-instrumentalisation-des-chiffres-de-l-antisemitisme" class="spip_out" rel="external">prendre avec une certaine précaution</a>, d’autant qu’ils recoupent très imparfaitement les chiffres du SSMSI, qui est le service statistique du ministère. Néanmoins, nous partageons ce même diagnostic : il y a une explosion des actes antisémites dans notre pays qui, quand on les rapporte à la taille de la minorité concernée, est assez effroyable.</p><div class="spip_document_22761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="195" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/photo_2-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c679278545 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776251939 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776252056 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776251582 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776253897 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776255711 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776256868 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776252495 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776253007 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776251965 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252669 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252789 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776256867 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776251817 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776256867 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776171611 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252138" width="960" height="1440" alt="Magali Lafourcade" aria-describedby="by22761-1b41b4fa0a77ae925dd0f1666045e71e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252674 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252396 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252138 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22761-1b41b4fa0a77ae925dd0f1666045e71e">Magali Lafourcade, magistrate, secrétaire générale de la CNCDH, autrice de <em>La Justice en procès. Les populistes à l’assaut de l’Etat de droit</em> (Les Petits matins, janvier 2026)
Fleurine Pospiech
</figcaption></figure></div><p>Ceci étant, il y a dans l’exposé des motifs de la proposition de loi un grand nombre de choses contraires au cadre constitutionnel, au cadre républicain. Il est très dérangeant de voir écrit, dans une proposition de loi soutenue par le gouvernement, <em>« la communauté juive »</em>. Notre article 1<sup class="typo_exposants">er</sup> de la Constitution affirme que tous les citoyens sont égaux devant la loi <em>« sans distinction d’origine, de race ou de religion »</em>.</p><p>Cette conception universaliste est fondamentale. Historiquement et constitutionnellement, c’était une manière pour la France de rompre définitivement avec la période de Vichy, en affirmant qu’il n’y a qu’une seule communauté nationale : la communauté française. Et qu’il n’y aura plus jamais à définir ce qu’est un Juif, ou si être juif relève d’une religion, d’une race ou d’une origine, comme l’avaient fait les lois de Vichy.</p><p>Ce principe de rejet de tout référentiel ethnoracial est consacré dans la Constitution de 1946, puis dans la Constitution de 1958 avec quasiment les mêmes termes. Parler de <em>« la communauté juive »</em> en première page d’un texte de loi de la République française, est donc très préoccupant. L’exposé des motifs renforce cette impression de rupture avec l’universalisme au fondement du pacte républicain, en prenant le risque de nourrir un amalgame entre les Juifs de France et la politique menée par le gouvernement d’Israël.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Où se situe précisément dans le texte cet amalgame et pourquoi estimez-vous qu’il renforce, à l’inverse de l’objectif affiché, les préjugés antisémites ?</strong></p><p>La définition de l’antisémitisme à laquelle le texte de loi se réfère est celle de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), laquelle précise que l’antisémitisme <em>« peut se manifester par des attaques à l’encontre de l’État d’Israël lorsque celui-ci est perçu comme une collectivité juive »</em>. Le texte de loi estime qu’il faut dépasser le caractère non contraignant de cette définition, et l’exposé des motifs affirme que <em>« cette haine de l’État d’Israël est consubstantielle à la haine des Juifs »</em>. Ce texte nourrit l’idée d’une solidarité entre les Juifs de France et la politique menée par le gouvernement actuel d’Israël. Cela nuit à la lutte même contre l’antisémitisme.</p><p>Il y a en effet trois grands préjugés qui structurent l’antisémitisme depuis longtemps : l’idée que les Juifs auraient un rapport particulier à l’argent ; l’idée que les Juifs auraient un rapport particulier au pouvoir (« lobby juif », « complot mondial », etc.) ; et, enfin, l’idée que les Juifs formeraient un groupe à part, dont la réalité du patriotisme est à questionner.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Ce texte nourrit l’idée d’une solidarité entre les Juifs de France et la politique menée par le gouvernement actuel d’Israël »</p>
</aside><p>C’est cela, le préjugé de la double allégeance. À l’époque de l’affaire Dreyfus, il y avait déjà cette idée que les Juifs sont des apatrides, qu’ils ne sont pas des Français comme les autres, et potentiellement des traîtres à la patrie.</p><p>La CNCDH, en sa qualité de rapporteur national indépendant sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, a constaté que le préjugé antisémite de la double allégeance est celui qui, dans le contexte post-7 octobre 2023, a le plus progressé. Au lieu de nourrir cet amalgame, le législateur et le gouvernement devraient rappeler que les Juifs de France ne sont en rien comptables ou responsables de la politique menée par Benjamin Netanyahou.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-librairie-violette-and-co-perquisitionnee-a-paris-une-derive-autoritaire">La librairie Violette and Co perquisitionnée à Paris : « Une dérive autoritaire inédite »</a></aside><p><strong>N’était-il pas tout de même nécessaire de se doter de nouveaux outils législatifs pour faire face à la montée des violences antisémites ?</strong></p><p>Cette loi n’apporte rien sur le plan judiciaire de la lutte contre l’antisémitisme et risque de nourrir les amalgames. Je connais bien la jurisprudence, car c’est moi qui forme les magistrats sur la lutte contre la haine. Les magistrats ont bien compris qu’il est de plus en plus fréquent que la critique de la politique de l’État d’Israël soit un prétexte pour porter un discours ou des actes qui relèvent de l’antisémitisme. Ils savent débusquer, en analysant le propos ou l’acte dans son contexte, le fait que, derrière la critique antisioniste, il peut s’agir d’antisémitisme. Les exemples de condamnations sont nombreux.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Il faudrait pouvoir afficher la décision de condamnation pour injure raciste ou provocation à la haine sur les sites des entrepreneurs de la haine, ou leurs réseaux sociaux »</p>
</aside><p>Face à l’explosion des propos et des actes antisémites, il y aurait bien d’autres choses à faire sur le plan judiciaire. D’abord, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris est archi sous-dimensionné. Pour lutter contre un phénomène infractionnel, c’est moins la sévérité de la peine qui est efficace pour dissuader, que la certitude d’être pris. Il faut donc lutter contre le sentiment d’impunité en augmentant massivement le taux de réponse pénale aux discours et actes de haine. S’agissant de la haine en ligne, le bannissement numérique prévu par le Code pénal est techniquement compliqué à mettre en œuvre par les tribunaux. Les responsables politiques devraient s’employer à lever ces contraintes.</p><p>De la même manière, il faudrait pouvoir afficher la décision de condamnation pour injure raciste ou provocation à la haine sur les sites internet des entrepreneurs de la haine, ou les comptes des réseaux sociaux des auteurs de discours de haine.</p><p><strong>Le texte créé la notion de provocation « même implicitement » à des actes de terrorisme, dans son article premier. Il sanctionne également les propos publics présentant des actes de terrorisme comme une « légitime résistance ». Qu’est-ce que ces notions élargies changent, au juste, pour les juges ?</strong></p><p>Il risque d’y avoir des effets de bord que les gens n’ont pas forcément repérés, mais que les experts des Nations unies, la CNCDH, la Ligue des droits de l’homme, la FIDH <em>[Fédération internationale pour les droits humains, ndlr]</em> et tout un tas d’organisations ont très bien vu… C’est le fait que cette loi pourrait, si elle était votée, se retourner contre les mouvements associatifs et plus particulièrement écologistes.</p><p>Imaginons <a href="https://basta.media/70-heures-garde-a-vue-action-Lafarge-On-m-a-demande-pourquoi-je-possedais-livre-de-recettes-vegan-temoignage">une action de désobéissance civile dans une cimenterie</a>, avec la destruction de sacs de ciment, et que le ministre l’Intérieur qualifie cette action <em>« d’écoterroriste »</em>, que les services antiterroristes interpellent les activistes et qu’une enquête soit ouverte pour « terrorisme ».</p><p>La notion de « terrorisme » reste floue et la proposition de loi Yadan ne prévoit pas d’attendre qu’une condamnation pour « terrorisme » soit prononcée pour que puisse être poursuivie ou condamnée pour apologie du terrorisme, toute personne, chercheur, universitaire, militant du climat, avocat, journaliste, qui viendrait contextualiser cette action de désobéissance civile. Avec cette proposition de loi, ces personnes pourraient être condamnées pour avoir minoré, relativisé ou présenté ces actions comme relevant d’une <em>« légitime résistance »</em>.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Cette loi pourrait se retourner contre les mouvements associatifs et plus particulièrement écologistes »</p>
</aside><p>Le danger de ce texte se situe vraiment dans son atteinte disproportionnée aux libertés publiques : la liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté de manifestation. La liberté académique aussi, car cela concerne aussi tous les chercheurs et universitaires qui vont travailler sur certains mouvements sociaux ayant des formes un peu radicales d’expression. La liberté de la presse également, comme l’a relevé <a href="https://rsf.org/fr/france-la-proposition-de-loi-yadan-fait-peser-un-risque-sur-l-exercice-du-journalisme" class="spip_out" rel="external">Reporters sans frontières</a>.</p><p>Nous avons l’habitude de ces effets de bord des lois de répression. Souvenons-nous de la <a href="https://basta.media/Loi-separatisme-principes-republicains-libertes-fondamentales-associations-religions-cultes">loi « confortant le respect des principes de la République »</a>, dite aussi loi contre le « séparatisme », qui imposait aux associations de souscrire au Contrat d’engagement républicain. L’objectif affiché était de lutter contre l’islamisme. En pratique, cette mesure a été largement détournée de cet objet pour entraver l’action d’associations écologistes ou leur retirer leurs subventions.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Loi-separatisme-principes-republicains-libertes-fondamentales-associations-religions-cultes">La loi « séparatisme » concernera l’ensemble du monde associatif et tous les cultes</a></aside><p><strong>L’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, dans un entretien avec <a href="https://www.humanite.fr/monde/antisemitisme/loi-yadan-la-provocation-implicite-au-terrorisme-ca-va-etre-de-larbitraire-avec-marc-trevidic" class="spip_out" rel="external">« L’Humanité »</a>, rappelle qu’il existe déjà une « pratique extensive du délit d’apologie du terrorisme » avec un « régime un peu à part du droit commun » et que la proposition de loi Yadan viendrait, en quelque sorte « creuser ce fossé ». Si ces largesses existent déjà dans la pratique, la proposition de loi Yadan constitue-t-elle vraiment un tournant dans la criminalisation du mouvement écologiste et social ?</strong></p><p>Il y a déjà une analyse très extensive qui est faite aujourd’hui du délit d’apologie du terrorisme, en effet. Mais je pense que, là, nous changeons vraiment de paradigme. Il y a une double rupture : c’est un texte de loi qui va nuire à de grandes libertés fondamentales, et risque de surcroît de nourrir le préjugé antisémite de la double allégeance.</p><p>Prenant conscience de ces dangers, des députés attachés à notre cadre constitutionnel républicain ont annoncé qu’ils ne voteraient pas le texte, certains ont même retiré leur soutien à la proposition de loi. Il est probable que, si ce texte est adopté, ce soit grâce aux voix du Rassemblement national.</p><p>Trois rapporteurs spéciaux des Nations unies ont également détaillé, sur onze pages, les nombreuses atteintes que ce texte de loi peut porter au Pacte international sur les droits civils et politiques, que la France a ratifié et qui est juridiquement contraignant.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Il est probable que, si ce texte est adopté, ce soit grâce aux voix du Rassemblement national »</p>
</aside><p>Le vocabulaire utilisé est très fort : ces rapporteurs spéciaux affirment être <em>« alarmés »</em> – un mot rare dans le langage diplomatique – par l’élargissement de l’infraction de provocation au terrorisme, qui <em>« aggrave le caractère vague de la loi avec le risque d’interprétation discrétionnaire et de l’application arbitraire »</em>.</p><p><strong>Quelles sont donc les alternatives qu’il faudrait privilégier pour renforcer la lutte contre le racisme et les discriminations ?</strong></p><p>Élisabeth Borne, alors Première ministre, avait présenté en 2023 un Plan national d’action de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine, avec une dizaine de ministres pour un portage politique fort. La CNCDH en est l’évaluateur. Or, notre bilan est très sévère. Les ministères ont très insuffisamment exécuté ce Plan.</p><p>Ce désengagement du gouvernement est d’autant plus préoccupant que, depuis le 7 octobre 2023, les actes racistes, et singulièrement antisémites, explosent. La CNCDH a relevé que, malgré ce contexte très préoccupant, certains ministères, comme le ministère de l’Intérieur, ont purement et simplement décidé d’abandonner des mesures du Plan. Cela pose un problème démocratique dès lors que ce Plan avait été co-construit avec la société civile.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/le-plan-du-gouvernement-contre-la-haine-anti-lgbt-est-extremement-decevant">Le plan du gouvernement contre la haine anti-LGBT+ est « extrêmement décevant », déplore la CNCDH</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/7ab0ffa1ba1d8c5aeb091663d05cdc-548f3.jpg?1776251567" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une personne marchant sur les couleurs LGBTQI+ peintes au sol" /></aside><p>Dans ce contexte de désengagement politique dans la lutte contre toutes les formes de racisme, cette proposition de loi Yadan pourrait être perçue comme une manière gratuite de dire « on fait quelque chose ». Le tout, au détriment de nos libertés publiques, et au risque de nourrir le préjugé antisémite de la double allégeance. Pour vraiment lutter contre l’antisémitisme, nos responsables politiques pourraient s’attacher à mettre en œuvre les mesures du plan national d’action.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Loi-Yadan-tout-comprendre-a-la-controverse-atteintes-aux-libertes-antisemitisme-magali-Lafourcade-CNCDH</link>
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      <pubDate>Wed, 15 Apr 2026 13:14:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Santé mentale en prison : « Le sécuritaire prime sur la place du soin »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>David Sechter est psychiatre, Laura Tabet psychologue. Tous deux travaillent pour le service médico-psychologique régional de Nantes. Ils dépendent de l’hôpital public de la ville mais exercent leurs missions dans un lieu bien particulier, éloigné des regards : le centre pénitentiaire de Nantes.</p><p>Le premier au sein de la maison d’arrêt, laquelle est au bord de l’implosion, avec 200 % d’occupation, soit quelque 1007 détenus au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2026 pour… 508 places. La seconde assure ses consultations au sein du centre de détention, où sont incarcérés les détenus condamnés à une peine supérieure à deux ans, ainsi que dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs. Tous les deux, comme l’ensemble des soignants du service médico-psychologique régional, affrontent quasi quotidiennement une vague de souffrance psychique et de dégradation de la santé mentale qui submerge les prisons françaises.</p><p>Les soignants, médecins ou infirmiers et infirmières, animent dans les prisons des groupes thérapeutiques, y assurent des rendez-vous avec psychologues ou psychiatres, ou dans le cadre de soins et de prévention en addictologie. La tâche est d’ampleur. Dans l’environnement clos du milieu carcéral, rixes, crises clastiques (où le patient devient violent) ou suicidaires, consommation de stupéfiants et décompensations sont monnaie courante.</p><div class="spip_document_22702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="163" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3494523624 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776144468 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776143089 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1775810874 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776150643 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776143611 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776146088 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776150643 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776145978 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776147089 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776144072 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776144972 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776144442 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776143336 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776144280 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1774951298 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1774951604" width="960" height="640" alt="Vue du centre pénitentiaire de Nantes avec son mirador et ses murs en béton." aria-describedby="by22702-be944dca3a0e925728d22e16ec3436ba" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776143446 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776144165 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1774951604 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22702-be944dca3a0e925728d22e16ec3436ba">La maison d’arrêt de Nantes est au bord de l’implosion, avec 200 % d’occupation, soit quelque 1007 détenus au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2026 pour… 508 places.
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p><em>« Le contexte anxiogène lié à la prison peut favoriser les décompensations, là où la personne aurait peut-être continué à être stable à l’extérieur</em>, explique le psychiatre David Sechter. <em>On peut aussi avoir du mal à délivrer un traitement car le patient craint d’être trop sédaté, là il a besoin de "rester sur ses gardes". »</em> Tant bien que mal, dans un contexte où les personnes sont d’une grande vulnérabilité, lui et ses collègues tentent de faire du soin une expérience positive.</p><h2 class="spip" id="Des-troubles-jusqu-a-dix-fois-superieurs-en-prison">Des troubles jusqu’à dix fois supérieurs en prison</h2><p>Les patients nécessitant un accompagnement psy, et qui le souhaitent, sont reçus en consultation de trente minutes environ par le psychiatre dans son bureau, à raison d’une douzaine de personnes par jour. Troubles de la personnalité, maladies psychiatriques, troubles anxiodépressifs, addictions… Certains étaient déjà suivis avant et sont au fait de leur pathologie. <em>« Mais pour d’autres, on découvre parfois un trouble non traité, ou bien des personnes qui se sont automédicamentées »</em>, précise le psychiatre.</p><p>Les soignants observent que l’immense majorité des détenus souffrent d’un ou plusieurs antécédents d’addictions. Quant aux troubles psychiatriques, ils sont quatre à dix fois supérieurs en prison que dans la population générale. Le nombre de détenus ayant été exposés, pendant l’enfance, à au moins un traumatisme (négligence ou abus) est énorme, selon l’étude « <a href="https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/sante-mentale-en-population-carcerale-resultats-de-l-etude-nationale-et" class="spip_out" rel="external">Santé mentale en population carcérale</a> », publiée en février 2023. C’est le cas pour 98 % des hommes participants à l’étude et 99 % des femmes.</p><div class="spip_document_22703 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="271" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1794168838 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776144568 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776143122 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1775810875 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776148504 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776143812 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776144721 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776144034 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776150352 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776149385 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776147191 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776143760 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776146353 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776159657 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776144412 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1774951301 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1774951604" width="960" height="640" alt="L'entrée du quartier maison d'arrêt du centre pénitentiaire de Nantes" aria-describedby="by22703-b4d6681616382b376cd5c4d2901140b3" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776143455 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776146154 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1774951604 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22703-b4d6681616382b376cd5c4d2901140b3">Les troubles psychiatriques sont quatre à dix fois supérieurs en prison que dans la population générale. Quasiment tous les détenus ont été exposés, pendant l’enfance, à au moins un traumatisme (négligence ou abus) : 98 % des hommes et 99 % des femmes.
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p>Cette surprésence des psychotraumas nécessite un accompagnement de qualité, aussi dans la perspective de la sortie de prison, de la réinsertion, de la protection des personnes elles-mêmes et de la sécurité d’autrui. La même étude révèle qu’un tiers des hommes détenus et près de six femmes sur dix <em>« sont considérés comme modérément à gravement malades »</em> en matière psychique lors de leur libération, avec notamment un risque suicidaire important.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="La-surpopulation-engendre-trafics-et-violences">La surpopulation engendre trafics et violences</h2><p>Mais aujourd’hui, les psychiatres, psychologues, infirmiers et infirmières du service médico-psychologique régional n’arrivent plus à suivre. D’autant que les services publics de santé « à l’extérieur », à commencer par l’hôpital public et ses services de psychiatrie, sont eux aussi exsangues. Le suivi des patients-détenus se révèle de plus en plus compliqué. <em>« La surpopulation engendre trafics et violences. Or, cette violence du milieu peut aussi favoriser les troubles psychiatriques</em>, note David Sechter. <em>Sans compter le parcours chaotique des personnes et l’omniprésence de psychotraumas. C’est pourtant ces derniers qu’il faut absolument traiter. »</em></p><div class="spip_document_22704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="278" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c600454758 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776144134 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776143159 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1775810879 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776176096 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776148921 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776146535 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776160947 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776145130 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776152967 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776170124 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776147805 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776189079 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776143949 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776171206 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1774951539 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1774951604" width="960" height="1440" alt="Portrait de David Sechter" aria-describedby="by22704-35f6cf3bccc855ed4ba50aa1ec83cdeb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776143468 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776143794 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1774951604 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22704-35f6cf3bccc855ed4ba50aa1ec83cdeb"><em>« La surpopulation engendre trafics et violences. Or, cette violence du milieu peut aussi favoriser les troubles psychiatriques</em>, note le psychiatre David Sechter. <em>Sans compter le parcours chaotique des personnes et l’omniprésence de psychotraumas. »</em>
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p>Dans le contexte de surpopulation, <em>« le fait d’avoir deux fois plus de patients espace évidemment les rendez-vous de suivi. À quel moment ne devient-on pas maltraitants nous-mêmes ? »</em> s’interroge David Sechter. Quant aux groupes thérapeutiques, l’équipe de la maison d’arrêt de Nantes n’a plus le temps de les mettre en place.</p><p>On compte en France, au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2026, 86 229 détenus pour 63 613 places de prison : <a href="https://www.humanite.fr/societe/droits-des-prisonniers/surpopulation-carcerale-darmanin-veut-plus-de-places-de-prison-pour-enfermer-toujours-plus" class="spip_out" rel="external">une surpopulation record</a>, particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt (plus de 160 %) avec plus de deux détenus dans une cellule d’une place. Celle de Nantes peut parfois compter trois ou quatre détenus dans un même espace.</p><p>Cet établissement dispose d’un hôpital de jour permettant d’accueillir une vingtaine de patients dans une unité d’hébergement spécifique de la maison d’arrêt, pour une prise en charge soignante du lundi au vendredi. Les patients qui y sont suivis font face à une souffrance psychique aiguë, le but étant de permettre la stabilisation de la personne avant sa sortie. Ils restent en moyenne un mois et demi dans cet hébergement spécifique, plus sécurisant pour eux.</p><p>La surpopulation en maison d’arrêt et la prévalence des troubles psychiques massifs rejaillissent sur le centre de détention, pour les détenus avec des peines de plus de deux ans, où travaille la psychologue Laura Tabet. Le centre de détention était jusqu’alors relativement épargné par la surpopulation, contrairement aux maisons d’arrêt. Le temps long de la peine, la plus grande liberté de mouvement à l’intérieur, l’emploi du temps rythmé, y permettaient jusqu’ici un suivi individualisé assez solide.</p><p>C’en est terminé. <em>« Aujourd’hui, le turn-over des détenus commence ici aussi à nous poser problème. Avant, au centre de détention, il restait aux détenus au minimum trois années de peine à purger. Mais la surpopulation et le turn-over en maison d’arrêt sont tels que certains arrivent ici pour six mois</em>, explique Laura Tabet. <em>En prison, plus tu crées de turn-over, plus tu crées de la panique. Ce qui engendre davantage de consignes sécuritaires, et vient aggraver un environnement déjà anxiogène. Cela dégrade considérablement la santé mentale des personnes. »</em></p><p>Le centre compte 480 détenus. Normalement, entre ceux qui sortent après avoir purgé leur peine, et ceux qui y arrivent à la suite de leur condamnation, le renouvellement est d’un tiers par an. Désormais, la proportion de « nouveaux » atteint les deux tiers, témoigne la psychologue. Cette tentative de « désencombrement » de la maison d’arrêt a des conséquences sur le travail des soignants et la qualité des soins. <em>« Des cellules solo ont été doublées. Les courtes peines sont inadaptées à la vie d’un centre de détention, ce qui crée davantage d’incidents, de bagarres, et donc plus de mesures sécuritaires »</em>, observe la psychologue.</p><p><em>« Normalement, le centre de détention est une sorte de village où les gens circulent, <a href="https://basta.media/travail-en-prison-reinsertion-ou-exploitation">vont à l’atelier pour travailler</a>, en promenade. Mais l’ambiance dégradée a davantage sectorisé et rigidifié les règles. Pour les longues peines, c’est très dur. Leurs besoins fondamentaux d’espace, de relative liberté, pour pouvoir tenir sur la durée, sont mis à mal. C’est un drame pour eux. Ils sont de plus en plus mal »</em>, énumère-t-elle. Signe d’une ambiance qui se tend, depuis le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mars, les surveillants du centre de détention nantais sont équipés de bombes lacrymogènes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/travail-en-prison-paye-la-moitie-du-smic-sur-un-siege-ejectable">Travail en prison : payé la moitié du Smic, sur un « siège éjectable »</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Des-sorties-sans-aucune-solution">« Des sorties sans aucune solution »</h2><p>Là encore, les projets de réinsertion et l’accompagnement vers la sortie en pâtissent. <em>« On n’a plus le temps de penser le soin, ni la réinsertion d’ailleurs. Les projets de sortie ne peuvent pas suivre. Notre équipe n’est pas pensée pour ce temps court, et on se retrouve avec des sorties sans aucune solution »</em>, déplore Laura Tabet.</p><div class="spip_document_22705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="260" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c381949553 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776144714 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776143242 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1775810884 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776152983 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776145567 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776153410 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776148981 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776144695 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776146942 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776147082 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776161847 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776150463 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776144993 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776153844 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1774951721 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776142826" width="960" height="1440" alt="Portrait de Laura Tabet" aria-describedby="by22705-9e8f14a1f71605709aa110966db5c5c1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776143468 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776151154 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776142826 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22705-9e8f14a1f71605709aa110966db5c5c1">« Des cellules solo ont été doublées. Les courtes peines sont inadaptées à la vie d’un centre de détention, ce qui crée davantage d’incidents, de bagarres, et donc plus de mesures sécuritaires », observe la psychologue Laura Tabet.
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p>Les activités dont pouvaient bénéficier les détenus se réduisent comme peau de chagrin. <em>« Avant, il y avait beaucoup d’ateliers d’artistes, de concerts à l’intérieur de la prison. On avait aussi un marathon, un tournoi de pétanque, de foot. Cela tend à disparaître, il n’y a plus de souplesse, de créativité. Tout ça est pourtant nécessaire à la réinsertion. Il ne faut pas oublier que ce qui répare le mieux, c’est le lien ! »</em></p><p>Les sorties collectives ont été réduites, voire ont quasiment disparu, sur décision du ministère de l’Intérieur. Ces activités, avec l’accès aux parloirs, sont pourtant considérées <em>« comme facteur de protection de la santé mentale »</em>, rappelait l’étude « Santé mentale en population carcérale », qui relevait qu’un tiers des détenus hommes et plus de la moitié des femmes n’avaient pas accès, par exemple, aux activités sportives.</p><p>En tant que soignants en milieu carcéral, Laura Tabet et David Sechter, comme nombre de leurs collègues, sont là par choix, non par défaut. Ce qui ne les empêche pas de se demander : comment composer avec un milieu qui entasse sans considération, au mépris de la santé mentale des personnes ? Comment mettre en place un soin de qualité à effectif constant malgré des conditions de vie indignes et une surpopulation démentielle, qui sont autant de constats <a href="https://oip.org/communique/conditions-indignes-de-detention-la-france-de-nouveau-condamnee-par-la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme/" class="spip_out" rel="external">condamnés à de nombreuses reprises par la Cour européenne des droits humains (CEDH)</a> ?</p><p>David Sechter est également membre de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, qui bataille pour défendre la qualité des espaces de soin en prison. <em>« Il y a aussi un manque d’effectifs côté personnel pénitentiaire, un manque de moyens humains important, du personnel qui bouge beaucoup et donc ne connaît pas les détenus, et inversement, ce qui crée trop d’arbitraire</em>, dit-il. <em>On nous demande d’intervenir sur cette violence, mais elle est iatrogène, propre au système, et nous, soignants, on n’est pas là pour soigner le système, mais des gens. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-sortie-de-prison-est-un-impense-des-politiques-penales-et-penitentiaires">« La sortie de prison est un impensé des politiques pénales et pénitentiaires »</a></aside><p>Ce cercle vicieux – surpopulation, violences, mesures sécuritaires, dégradation des conditions de détention, aggravation des problématiques de santé mentale – ne semble pas préoccuper les politiques, qui continuent de prôner la mise en détention comme seule solution, sans trop s’intéresser au sujet, pourtant crucial, de la réinsertion une fois la peine effectuée. En témoigne le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a évoqué en janvier 2026 <a href="https://www.humanite.fr/societe/prison/projet-de-prisons-hopitaux-on-ne-peut-pas-demander-aux-medecins-detre-les-complices-de-la-derive-securitaire-du-gouvernement" class="spip_out" rel="external">un projet de « prisons hôpitaux »</a>, qui, pour l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, serait <em>« une nouvelle attaque au modèle intégratif français de soin aux personnes détenues défini par la réforme de 1994 »</em>.</p><div class="spip_document_22706 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="286" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1291524124 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776144801 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776143335 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1775810886 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776150513 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776151197 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776151703 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776148483 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776150515 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776147857 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776143614 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776144813 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776151335 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776145366 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776147830 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1774952122 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776143152" width="960" height="640" alt="Mur d'enceinte du centre pénitentiaire" aria-describedby="by22706-f3e1d671354a9a2e553358c11c3acdda" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776143468 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776152039 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776143152 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22706-f3e1d671354a9a2e553358c11c3acdda">Ce cercle vicieux – surpopulation, violences, mesures sécuritaires, dégradation des conditions de détention, aggravation des problématiques de santé mentale – ne semble pas préoccuper les politiques, qui continuent de prôner la mise en détention comme seule solution.
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p><em>« Aujourd’hui, le sécuritaire prime sur le programme de soin</em>, dénonce David Sechter. <em>La direction pénitentiaire en vient même à nous imposer parfois certains détenus pour l’hôpital de jour, alors même qu’ils vont venir perturber les autres, qui sont déjà en grande souffrance. On voit parfois des détenus qui ont encore les menottes aux poignets. Ce n’est pas ça faire du soin de qualité. Le soin c’est à nous, soignants, de définir ce que c’est et comment on le fait ! »</em></p><p>Pour autant, si les soignants de Nantes souhaiteraient réussir à débloquer quelques nouveaux postes pour les épauler, ils ne veulent pas en faire une priorité, au risque de normaliser une situation scandaleuse. <em>« Le soin et les personnes à soigner sont mieux à l’extérieur »</em>, rappelle David Sechter. <em>« C’est le principe même d’incarcérer de plus en plus qu’il faut traiter</em>, analyse de son côté la psychologue Laura Tabet. <em>Aujourd’hui c’est un pansement, mais il faut venir questionner les réponses sociétales et politiques qui sont uniquement répressives. Il faut se reposer la question : quelle est la fonction de l’incarcération ? La question de l’accompagnement doit se faire avant. C’est ça qui fait le lit du passage à l’acte. »</em></p><p>La situation actuelle des centres pénitentiaires français, que la CEDH qualifie d’<em>« inhumaine et dégradante »</em>, devrait poser la question de l’attention accordée à la santé mentale des détenus et, plus largement, de l’intérêt de la détention tout court. Là se trouve sans doute le véritable débat de société à avoir.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 14 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Prix de l'essence : la colère monte dans les entreprises]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La CGT-Aides à domicile a sorti la calculette : <em>« En 2021, le prix moyen à la pompe était de 1,50 euro. Aujourd’hui il est de 2,10 euros, soit 40 % d’augmentation. »</em> Sur la même période, l’indemnité kilométrique touchée par ces salariées – <a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-06/ER1341-Embargo%20%285%29.pdf" class="spip_out" rel="external">93 % sont des femmes</a> – est passée de 35 centimes à 38 centimes. Soit une revalorisation de seulement 8,5 %, actée dans la convention collective.</p><p><em>« Il va bientôt falloir payer pour travailler »</em>, soupire Jeanne, aide à domicile dans les Pyrénées-Orientales, qui souhaite rester anonyme car sa situation professionnelle est <em>« assez tendue »</em>. Elle est salariée de l’association Aide à domicile en milieu rural (ADMR), une structure qui emploie 400 à 450 salariées dans son département et plus de 94 000 en France. Chaque jour, elle accompagne les personnes âgées, ou en situation de handicap, fait les courses, aide à l’habillage, à la toilette et parcourt 100 à 120 kilomètres. <em>« Soit environ un plein par semaine. »</em> Avec la hausse des prix du carburant, <em>« c’est devenu intenable »</em>, estime-t-elle.</p><p>Depuis le début des attaques états-uniennes et israéliennes contre l’Iran, les frappes en réponse, par l’Iran, d’installations énergétiques dans des pays du Golfe et le blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, les prix du carburant ont explosé. Sur le terrain, les aides à domiciles <a href="https://www.change.org/p/hausse-du-carburant-nous-refusons-de-payer-pour-travailler" class="spip_out" rel="external">poussent un cri d’alarme</a>.</p><p>Il n’est qu’en partie entendu. L’association ADMR est très dépendante des subventions du Département, elles-mêmes conditionnées par celles de l’État. En mars, les aides à domicile de cette structure ont obtenu, dans plusieurs département, comme l’Hérault, la Seine-Maritime, la Haute-Saône ou le Doubs, une hausse de quelques centimes de leur indemnité kilométrique. <em>« Dans les Pyrénées-Orientales, nous avons un rendez-vous avec le Département mi-avril. Nous en attendons beaucoup »</em>, poursuit Jeanne.</p><p>Les aides à domicile ne sont pas les seules à être particulièrement exposées à la hausse des prix du carburant. Les infirmières libérales, les moniteurs d’auto-école ou encore les chauffeurs de taxi réclament aussi une aide de la puissance publique.</p><p>Mais le gouvernement rechigne à agir, rappelant un contexte budgétaire serré. Le 27 mars, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/carburants-pres-de-70-millions-d-euros-d-aides-pour-les-transporteurs-routiers-les-pecheurs-et-les-agriculteurs-3670318" class="spip_out" rel="external">a seulement débloqué 70 millions</a> d’euros pour avril. La somme est destinée aux marins-pêcheurs, aux agriculteurs et aux chauffeurs routiers.</p><p>Le 7 avril, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a laissé entendre que des aides seraient bientôt à l’ordre du jour pour d’autres professions, notamment les aides-soignantes et les aides à domicile. Mais rien pour l’ensemble des consommateurs. La ministre a rejeté tout blocage des prix.</p><h2 class="spip" id="Des-solutions-possibles-du-cote-des-patrons">Des solutions possibles du côté des patrons</h2><p>L’État et les distributeurs de carburant sont les seuls en mesure de bloquer les prix à la pompe. TotalEnergies a d’ailleurs tenté un <a href="https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/energie/le-gazole-bloque-a-2-25-euro-le-litre-l-essence-a-1-99-euro-totalenergies-reconduit-des-ristournes-sur-les-prix-a-la-pompe-jusqu-a-fin-avril_AV-202604070512.html" class="spip_out" rel="external">coup commercial</a> en plafonnant, dans ses stations, les prix à 1,99 euro le litre pour l’essence et 2,25 euros pour le gazole jusqu’à fin avril.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Mais les employeurs ne sont pas non plus dépourvus de moyens d’action. Dans divers secteurs, des salariés insistent pour qu’ils actionnent les leviers en leur possession. Cela peut passer par l’augmentation de l’indemnité d’éloignement, qui concerne les salariés qui habitent loin de leur domicile, des augmentations de salaire ou encore la mise en place du télétravail.</p><p>Chez <a href="https://www.cfdt-asf.com/flambee-des-carburants-la-cfdt-interpelle-la-drh-et-demande-des-mesures-concretes/" class="spip_out" rel="external">Vinci autoroutes</a>, la CFDT demande une réévaluation des primes d’éloignement et le développement du télétravail. Même demande chez Michelin. <em>« Cette situation est d’autant plus préoccupante que certaines catégories n’ont bénéficié d’aucune augmentation salariale cette année »</em>, appuie, dans une lettre à la direction de Michelin, Nicolas Robert, délégué syndical central de Sud.</p><p>Aux Finances publiques, Solidaires, syndicat majoritaire, ironise sur l’attitude de la direction, qui refuse toute mesure pour pallier l’augmentation du prix du carburant. <em>« [Nos interlocuteurs], que nous découvrons […] spécialistes de la situation internationale, indiquent même à nos représentantes et représentants que la situation ne va pas durer... et donc ne considèrent pas cela comme un problème »</em>, écrit le syndicat dans <a href="https://solidairesfinancespubliques.org/vie-des-agents/carriere/remuneration/7344-hausse-du-prix-du-carburant-sans-directive-nationale-les-inegalites-entre-agents-saccentuent-a-la-dgfip.html" class="spip_out" rel="external">un communiqué</a> du 7 avril. Solidaires Finances publiques revendique la mise en place exceptionnelle du télétravail sur tout le territoire ainsi que la réouverture des négociations salariales.</p><p>Si la contestation se limite souvent à des courriers et des communiqués, de premiers rassemblements interprofessionnels voient aussi le jour. Dans le Loiret, la CGT a organisé cinq rassemblements le 8 avril. À Dijon, Solidaires appelle à manifester devant la préfecture le 14 avril.</p><h2 class="spip" id="Benefices-des-groupes-petroliers">Bénéfices des groupes pétroliers</h2><p>Les demandes qui ont émergé dans les entreprises ont conduit les confédérations syndicales à poser des revendications nationales face à la hausse du carburant. Pour la CGT et Solidaires, un triptyque est répété : blocage des prix, augmentation générale des salaires, taxation des superprofits. En vain, pour l’heure.</p><p>La stratégie est différente du côté de la CFDT, qui demande <a href="https://www.cfdt.fr/upload/media-library/2026/04/08/f99ba5ed-ad40-4ac0-a76e-11333d9b9f01.pdf" class="spip_out" rel="external">que les aides ciblent</a> <em>« celles et ceux qui n’ont pas d’autres alternatives que de prendre leur véhicule personnel pour se rendre au travail »</em>. Des demandes plus conformes aux volontés du gouvernement.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Engrais-GNR-La-guerre-au-Moyen-Orient-rappelle-la-fragilite-du-modele-agricole-dominant">La guerre au Moyen-Orient rappelle la fragilité du modèle agricole dominant</a></aside><p>Enfin, la CGT et Solidaires pointent la responsabilité des grands groupes pétroliers, qui réalisent des profits colossaux depuis le début de la guerre. <a href="https://www.greenpeace.fr/espace-presse/rapport-depuis-le-debut-du-conflit-en-iran-les-compagnies-petrolieres-engrangent-814-millions-deuros-de-profits-de-guerre-par-jour-dans-lunion-europeenne/" class="spip_out" rel="external">Une étude</a> publiée par l’ONG Greenpeace conclut que <em>« les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires par jour depuis le début de la guerre »</em>.</p><p>Pour le seul mois de mars, ces superprofits représentent environ 2,5 milliards d’euros. TotalEnergies aurait particulièrement profité de cette situation. <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/des-mouvements-exceptionnellement-eleves-comment-totalenergies-a-profite-du-chaos-petrolier-au-moyen-orient-1582684" class="spip_out" rel="external">Anticipant la fermeture du détroit d’Ormuz</a>, la multinationale française a acheté des barils en masse avant l’explosion des prix. <em>« Un profit exceptionnel d’un milliard de dollars en mars en spéculant sur la guerre et la hausse des prix »</em>, <a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/signez-la-petition-pour-taxer-les-super-profits-petroliers" class="spip_out" rel="external">dénonce l’association Attac</a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 13 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[En Hongrie, malgré les attaques, les médias indépendants tiennent bon]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pour Reporters sans frontières, les élections législatives hongroises du dimanche 12 avril <a href="https://rsf.org/fr/rsf-en-hongrie-un-mois-avant-une-%C3%A9lection-qui-d%C3%A9terminera-lavenir-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse-en" class="spip_out" rel="external">vont déterminer</a> <em>« l’avenir de la liberté de la presse en Europe et au-delà »</em>. Car au cours des 16 années que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a passé à la tête du pays, la Hongrie a chuté du 23<sup class="typo_exposants">e</sup> au 68<sup class="typo_exposants">e</sup> rang du classement de la liberté de la presse de l’ONG. C’est que, depuis son arrivée au pouvoir, Orbán et son parti le Fidesz n’ont cessé de s’en prendre aux médias et à leur indépendance.</p><p>Juste après les élections de 2010 qui l’ont portée à la tête du pays, <em>« la coalition menée par le Fidesz a profité de sa supermajorité parlementaire des deux tiers pour adopter de nouvelles lois sur les médias qui ont fondamentalement reconfiguré le paysage médiatique hongrois »</em>, soulignent des chercheurs hongrois et états-uniens dans un rapport sur <a href="https://www.law.nyu.edu/rule-law-lab/hungary-media-report" class="spip_out" rel="external">la répression des médias en Hongrie</a>.</p><p>Puis, en 2018, le gouvernement hongrois a créé la Fondation de presse et de médias d’Europe centrale (Kesma). Ce qui a permis de regrouper près de 500 médias pro-gouvernementaux sous un seul toit. Le gouvernement a exempté cette fusion de tout examen en matière de concurrence et de pluralisme des médias en invoquant l’<em>« intérêt stratégique national »</em>.</p><h2 class="spip" id="Une-liste-noire-des-medias">Une liste noire des médias</h2><p>En décembre 2023, le Parlement hongrois a adopté une « loi sur la protection de la souveraineté », qui a institué un bureau gouvernemental doté de larges pouvoirs pour enquêter sur toute personne qui, d’après les autorités, servirait des intérêts étrangers ou menacerait la souveraineté nationale. Cette autorité s’en est aussi prise à des médias.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>En mai 2025, le Parlement hongrois a introduit un autre projet de loi aux formulations vagues, intitulé « Transparence dans la vie publique », qui permettrait au gouvernement de mettre sur liste noire, de priver de financement et de soumettre à un contrôle financier renforcé toute organisation qu’il désignerait comme <em>« une menace pour la souveraineté hongroise »</em>. Bien que le projet n’ait pas été adopté, il continue de constituer un danger pour les médias indépendants, le Premier ministre Viktor Orbán ayant publiquement confirmé l’intention du gouvernement de le promulguer en loi.</p><h2 class="spip" id="Espionnage-de-journalistes">Espionnage de journalistes</h2><p>Aux lois s’ajoute la surveillance des journalistes. En 2021, le média indépendant d’investigation <em>Direkt36</em> a révélé que des journalistes, des avocats, des personnalités de l’opposition et même de hauts fonctionnaires gouvernementaux avaient été <a href="https://www.direkt36.hu/en/tag/pegasus/" class="spip_out" rel="external">ciblés par le logiciel espion Pegasus</a>. Le média a également montré que le gouvernement hongrois avait acheté, via une société intermédiaire liée au ministère de l’Intérieur, ce logiciel de cyberespionnage commercialisé par une entreprise israélienne.</p><p>Depuis dix ans, des campagnes de dénigrement coordonnées sont également organisées contre des médias. Ces campagnes sont <em>« menées par des politiciens du gouvernement, des médias alignés sur l’État et des acteurs affiliés »</em>, pointe le rapport sur la répression des médias en Hongrie. Les médias critiques et les journalistes sont régulièrement qualifiés d’<em>« agents étrangers »</em> ou d’<em>« usines à fausses nouvelles »</em>, et accusés d’agir contre les intérêts nationaux.</p><p>Ces trois dernières années, les dénigrements sont devenus plus systématiques. Le Bureau de protection de la souveraineté, créé par la loi de 2023, a ouvert des enquêtes <a href="https://english.atlatszo.hu/2025/11/12/sovereignty-protection-office-witness-in-court-contradictions-and-false-statements-about-atlatszo/" class="spip_out" rel="external">visant le média indépendant <em>Átlátszó</em></a>, présentant son travail comme une menace pour la souveraineté nationale et exigeant l’accès à des données confidentielles.</p><p>En octobre 2025, le média indépendant <em>Telex</em> et le Centre d’investigation slovaque Ján Kuciak ont révélé que des entités liées au Bureau de protection de la souveraineté avaient financé <a href="https://telex.hu/direkt36/2024/03/01/how-orban-flooded-central-europe-with-millions-of-online-ads-during-election-season" class="spip_out" rel="external">des campagnes publicitaires sur Facebook</a> ciblant des journalistes indépendants et des ONG.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/hongrie-plusieurs-medias-se-sont-prepares-a-partir-si-orban-gagne-elections">Hongrie : « Plusieurs médias se sont préparés à partir si Orbán gagne »</a></aside><h2 class="spip" id="Un-mecanisme-fiscal-pour-financer-des-medias">Un mécanisme fiscal pour financer des médias</h2><p>Malgré tout, des médias indépendants ont réussi à survivre en Hongrie. Parmi les principaux médias indépendants hongrois figurent les déjà cités <em>Telex</em>, <em>Direkt36</em>, <em>Átlátszó</em>, mais aussi <em>24.hu</em>, <em>HVG</em>, <em>444</em>, <em>Partizán</em>, <em>Magyar Hang</em>, <em>Válasz Online</em>, <em>Klubrádió</em>, <em>Magyar Narancs</em>, ainsi que quelques médias locaux en ligne. Ils sont soutenus par des structures de propriété et des modèles de financement innovants. Un élément central de cet écosystème est un mécanisme fiscal hongrois qui permet aux citoyens d’affecter 1 % de leur impôt sur le revenu à des organisations à but non lucratif, y compris des médias.</p><p>Ce mécanisme a fourni aux médias indépendants une source de revenus modeste mais stable, indépendante du gouvernement. La plupart des médias indépendants s’appuient aussi sur des campagnes de dons, des abonnements de lecteurs et des subventions de fondations ou d’organisations internationales.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/en-hongrie-malgre-les-attaques-les-medias-independants-tiennent-bon</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[En Hongrie, malgré les attaques, les médias indépendants tiennent bon]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pour Reporters sans frontières, les élections législatives hongroises du dimanche 12 avril <a href="https://rsf.org/fr/rsf-en-hongrie-un-mois-avant-une-%C3%A9lection-qui-d%C3%A9terminera-lavenir-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse-en" class="spip_out" rel="external">vont déterminer</a> <em>« l’avenir de la liberté de la presse en Europe et au-delà »</em>. Car au cours des 16 années que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a passé à la tête du pays, la Hongrie a chuté du 23<sup class="typo_exposants">e</sup> au 68<sup class="typo_exposants">e</sup> rang du classement de la liberté de la presse de l’ONG. C’est que, depuis son arrivée au pouvoir, Orbán et son parti le Fidesz n’ont cessé de s’en prendre aux médias et à leur indépendance.</p><p>Juste après les élections de 2010 qui l’ont portée à la tête du pays, <em>« la coalition menée par le Fidesz a profité de sa supermajorité parlementaire des deux tiers pour adopter de nouvelles lois sur les médias qui ont fondamentalement reconfiguré le paysage médiatique hongrois »</em>, soulignent des chercheurs hongrois et états-uniens dans un rapport sur <a href="https://www.law.nyu.edu/rule-law-lab/hungary-media-report" class="spip_out" rel="external">la répression des médias en Hongrie</a>.</p><p>Puis, en 2018, le gouvernement hongrois a créé la Fondation de presse et de médias d’Europe centrale (Kesma). Ce qui a permis de regrouper près de 500 médias pro-gouvernementaux sous un seul toit. Le gouvernement a exempté cette fusion de tout examen en matière de concurrence et de pluralisme des médias en invoquant l’<em>« intérêt stratégique national »</em>.</p><h2 class="spip" id="Une-liste-noire-des-medias">Une liste noire des médias</h2><p>En décembre 2023, le Parlement hongrois a adopté une « loi sur la protection de la souveraineté », qui a institué un bureau gouvernemental doté de larges pouvoirs pour enquêter sur toute personne qui, d’après les autorités, servirait des intérêts étrangers ou menacerait la souveraineté nationale. Cette autorité s’en est aussi prise à des médias.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>En mai 2025, le Parlement hongrois a introduit un autre projet de loi aux formulations vagues, intitulé « Transparence dans la vie publique », qui permettrait au gouvernement de mettre sur liste noire, de priver de financement et de soumettre à un contrôle financier renforcé toute organisation qu’il désignerait comme <em>« une menace pour la souveraineté hongroise »</em>. Bien que le projet n’ait pas été adopté, il continue de constituer un danger pour les médias indépendants, le Premier ministre Viktor Orbán ayant publiquement confirmé l’intention du gouvernement de le promulguer en loi.</p><h2 class="spip" id="Espionnage-de-journalistes">Espionnage de journalistes</h2><p>Aux lois s’ajoute la surveillance des journalistes. En 2021, le média indépendant d’investigation <em>Direkt36</em> a révélé que des journalistes, des avocats, des personnalités de l’opposition et même de hauts fonctionnaires gouvernementaux avaient été <a href="https://www.direkt36.hu/en/tag/pegasus/" class="spip_out" rel="external">ciblés par le logiciel espion Pegasus</a>. Le média a également montré que le gouvernement hongrois avait acheté, via une société intermédiaire liée au ministère de l’Intérieur, ce logiciel de cyberespionnage commercialisé par une entreprise israélienne.</p><p>Depuis dix ans, des campagnes de dénigrement coordonnées sont également organisées contre des médias. Ces campagnes sont <em>« menées par des politiciens du gouvernement, des médias alignés sur l’État et des acteurs affiliés »</em>, pointe le rapport sur la répression des médias en Hongrie. Les médias critiques et les journalistes sont régulièrement qualifiés d’<em>« agents étrangers »</em> ou d’<em>« usines à fausses nouvelles »</em>, et accusés d’agir contre les intérêts nationaux.</p><p>Ces trois dernières années, les dénigrements sont devenus plus systématiques. Le Bureau de protection de la souveraineté, créé par la loi de 2023, a ouvert des enquêtes <a href="https://english.atlatszo.hu/2025/11/12/sovereignty-protection-office-witness-in-court-contradictions-and-false-statements-about-atlatszo/" class="spip_out" rel="external">visant le média indépendant <em>Átlátszó</em></a>, présentant son travail comme une menace pour la souveraineté nationale et exigeant l’accès à des données confidentielles.</p><p>En octobre 2025, le média indépendant <em>Telex</em> et le Centre d’investigation slovaque Ján Kuciak ont révélé que des entités liées au Bureau de protection de la souveraineté avaient financé <a href="https://telex.hu/direkt36/2024/03/01/how-orban-flooded-central-europe-with-millions-of-online-ads-during-election-season" class="spip_out" rel="external">des campagnes publicitaires sur Facebook</a> ciblant des journalistes indépendants et des ONG.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Hongrie-elections-Orban-Controle-audiovisuel-public-Cela-peut-arriver-en-France-RN">Prise de contrôle des grands médias par Orbán : « Cela peut arriver en France avec le RN ou en Allemagne avec l’AfD »</a></aside><h2 class="spip" id="Un-mecanisme-fiscal-pour-financer-des-medias">Un mécanisme fiscal pour financer des médias</h2><p>Malgré tout, des médias indépendants ont réussi à survivre en Hongrie. Parmi les principaux médias indépendants hongrois figurent les déjà cités <em>Telex</em>, <em>Direkt36</em>, <em>Átlátszó</em>, mais aussi <em>24.hu</em>, <em>HVG</em>, <em>444</em>, <em>Partizán</em>, <em>Magyar Hang</em>, <em>Válasz Online</em>, <em>Klubrádió</em>, <em>Magyar Narancs</em>, ainsi que quelques médias locaux en ligne. Ils sont soutenus par des structures de propriété et des modèles de financement innovants. Un élément central de cet écosystème est un mécanisme fiscal hongrois qui permet aux citoyens d’affecter 1 % de leur impôt sur le revenu à des organisations à but non lucratif, y compris des médias.</p><p>Ce mécanisme a fourni aux médias indépendants une source de revenus modeste mais stable, indépendante du gouvernement. La plupart des médias indépendants s’appuient aussi sur des campagnes de dons, des abonnements de lecteurs et des subventions de fondations ou d’organisations internationales.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Hongrie-elections-Fidesz-liberte-de-la-presse-medias-independants-contre-pouvoirs</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Hongrie : « Plusieurs médias se sont préparés à partir si Orbán gagne »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em></strong>  : <strong>Vous alertez sur <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/05/en-hongrie-un-paysage-mediatique-sous-le-controle-du-pouvoir_6610590_3234.html" class="spip_out" rel="external">une « capture » des médias</a> par le pouvoir en Hongrie depuis l’arrivée au pouvoir de Viktor Orbán et de son parti, le Fidesz, en 2010. Comment est-ce arrivé ?</strong></p><div class="spip_document_22740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="141" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><picture class="adapt-img-wrapper c4037570987 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/583/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775578277 1166w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 960w, local/adapt-img/583/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 1166w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/583/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 875w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 720w, local/adapt-img/583/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 875w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775740750 583w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg" width="583" height="583" alt="Photo de Gábor Polyák." aria-describedby="by22740-7e3bb324a4292f1eb1a695458577655d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 480w, local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 583w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22740-7e3bb324a4292f1eb1a695458577655d">Gábor Polyák est professeur de droit des médias à l’université hongroise de Pécs et dirige les recherches à l’ONG Mertek Media Minotor.
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Gábor Polyák</strong> : Deux lois sur les médias ont été adoptées dès 2010. Les principales conséquences de ces lois ont été la mainmise du gouvernement sur tous les organismes de régulation des médias, comme le Conseil des médias, composé depuis de membres proches du parti d’Orbán.</p><p>Cet organisme a attribué un nombre considérable de fréquences à des stations de radio affiliées au Fidesz et a autorisé les médias affiliés au Fidesz à réaliser toutes les acquisitions, comme celles de médias régionaux, que le Conseil des médias était censé contrôler.</p><p>Le gouvernement contrôle aussi l’organisation qui chapeaute les médias publics. Ces médias ont clairement permis au Fidesz d’exercer une influence politique sans entrave.</p><p>Nous sommes dans la dernière semaine de la campagne électorale avant les législatives, et les médias publics hongrois n’ont jamais invité le chef de l’opposition. Il existe pourtant des règles sur l’impartialité de l’information politique dans les médias publics, mais elles sont bafouées depuis seize ans. Le Fidesz a bâti un empire médiatique public et privé, financé par des fonds publics.</p><p><strong>Des milliardaires ou des oligarques jouent-ils aussi un rôle dans cette mainmise du pouvoir sur les médias ?</strong></p><p>Derrière la plus grande chaîne de télévision privée, on retrouve par exemple l’homme d’affaires Lőrinc Mészáros [<a href="https://basta.media/Milliardaires-Inegalites-Davos-Hongrie-Orban-Meszeros" class="spip_in">première fortune de Hongrie</a>]. Mais son argent provient de l’État hongrois, à travers des marchés publics. Les oligarques de Russie, au début du mandat de Poutine, constituaient une sorte de contrepoids à Poutine. En Hongrie, ce sont des éléments du système. Orbán décide de l’utilisation des fonds, les dirigeants et les propriétaires de ces sociétés affiliées au Fidesz tirent leur pouvoir et leurs ressources uniquement d’Orbán.</p><p><strong>Dans le même temps, on a vu en Hongrie l’essor de nombreux médias indépendants, comme <a href="https://english.atlatszo.hu/" class="spip_out" rel="external"><em>Átlátszó</em></a>, <a href="https://www.direkt36.hu/en/" class="spip_out" rel="external"><em>Direkt36</em></a>, <a href="https://telex.hu/english" class="spip_out" rel="external"><em>Telex</em></a>, <em>444</em>. Comment ces médias survivent-ils dans cette situation ?</strong></p><p>La liste des médias indépendants de Hongrie semble en effet assez longue. Cependant, il faut savoir que plusieurs de ces médias ont été fondés par d’anciens journalistes issus de médias qui sont passés sous le giron du Fidesz. Leurs journalistes ont créé de nouveaux médias parce qu’il n’était plus possible de poursuivre leur travail autrement.</p><p>L’équipe d’investigation la plus nombreuse des médias indépendants est celle de <em>Direkt36</em>. Elle a, par exemple, publié des articles sur l’utilisation des services secrets hongrois contre le parti d’opposition Tisza. Son équipe est issue d’<em>Origo</em>, un média en ligne hongrois auparavant détenu par l’entreprise allemande Deutsche Telekom. En 2015, Deutsche Telekom l’a vendu à une société clairement affiliée au Fidesz. Et aujourd’hui, Origo est l’une des pires machines de propagande du pays.</p><p>Ces journalistes ont dû acquérir des compétences en gestion et trouver des moyens de financer ces médias. Ce fut un long processus d’apprentissage, tant pour les journalistes que pour le public. Les deux parties ont finalement réussi à s’adapter.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On sait que le logiciel de cyberespionnage Pegasus a été utilisé contre des journalistes hongrois et aussi contre des propriétaires de médias »</p>
</aside><p>Car, si vous avez besoin d’informations fiables, vous devez payer pour cela aujourd’hui en Hongrie. Les dons et les abonnements sont maintenant monnaie courante dans le milieu des médias indépendants hongrois.</p><p>Ces médias ont également dû apprendre à rédiger des demandes de subventions européennes et pour d’autres subventions internationales. Ils sont devenus très bons pour obtenir ce type de financement. Mais cela a aussi ouvert la voie au gouvernement hongrois pour affirmer que ces médias étaient financés depuis l’étranger, en les appelant les <em>« médias du dollar »</em>.</p><p><strong>Les médias indépendants étaient-ils particulièrement visés par le projet de loi du gouvernement « contre les organisations financées par l’étranger » annoncé l’an dernier, mais qui n’a, pour l’heure, pas été voté ?</strong></p><p>Si le projet présenté l’an dernier avait été adopté, la loi aurait interdit à toutes les organisations, non seulement aux médias, mais aussi aux ONG, de percevoir tout type de revenus étrangers. Le texte interdisait également aux banques de transférer l’argent provenant de l’étranger. Orbán a annoncé que, si le Fidesz gagnait dimanche, il finaliserait cette loi.</p><p><strong>Le gouvernement s’en est-il également pris aux médias indépendants par d’autres moyens ?</strong></p><p>On sait que le logiciel de cyberespionnage Pegasus a été utilisé <a href="https://www.lemonde.fr/projet-pegasus/article/2021/07/18/en-hongrie-le-pouvoir-vise-les-journalistes-et-les-patrons-de-presse_6088653_6088648.html" class="spip_out" rel="external">contre des journalistes hongrois</a> et aussi contre des propriétaires de médias. Mais l’arme la plus efficace du Fidesz, c’est d’abord l’indifférence. Face aux révélations médiatiques sur leurs abus, ils font comme si ça n’existait pas.</p><p>Je pense que de nombreux électeurs du Fidesz n’ont jamais entendu parler des scandales majeurs liés du Fidesz, comme le recours aux services secrets contre le candidat d’opposition Peter Magyar ou l’influence russe dans la campagne hongroise. Et, même s’ils en ont entendu parler, peut-être qu’ils n’y croient pas. Car Orbán et l’ensemble du Fidesz ne cessent de répéter que ce qui est publié par <em>Direkt36</em>, par <em>Telex</em> ou par d’autres médias indépendants, ne peut pas être vrai.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-hongrie-et-l-europe-pourrait-elle-enfin-se-debarrasser-de-viktor-orban">La Hongrie, et l’Europe, pourront-elles enfin se débarrasser de Viktor Orbán ?</a></aside><p><strong>Pensez-vous que l’Union européenne (UE) en a fait assez pour lutter contre le contrôle des médias par le pouvoir en Hongrie ?</strong></p><p>Non, l’UE ne s’est pas montrée prête à lutter contre cette situation. Dès 2013, nous avons alerté auprès des instances de l’UE, déposé des plaintes, mais cela n’a rien donné. Un règlement européen sur la liberté des médias, European Media Freedom Act, <a href="https://www.touteleurope.eu/societe/qu-est-ce-que-l-acte-europeen-sur-la-liberte-des-medias-european-media-freedom-act/" class="spip_out" rel="external">est entré en vigueur en 2024</a>. Mais ce règlement est en réalité très faible.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Sans justice indépendante, les médias ne suffisent pas »</p>
</aside><p>Et le gouvernement et le parlement hongrois ne font rien pour le transposer. Je pense que la Commission européenne ne comprend pas ce qui se passe ici en Hongrie. Or, cela peut arriver partout. Cela s’est produit en Pologne, ça peut arriver en France, si le parti de Le Pen arrive au pouvoir, ou en Allemagne avec l’AfD.</p><p><strong>Voyez-vous des parallèles entre la Hongrie et d’autres pays ?</strong></p><p>En Pologne, le gouvernement du parti PiS de Kaczyński comptait, parmi ses conseillers, des proches d’Orbán, notamment <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/11/26/en-pologne-le-gouvernement-conservateur-suit-l-exemple-du-hongrois-viktor-orban_4818013_3214.html" class="spip_out" rel="external">sur les questions liées aux médias</a>. En République tchèque, le cas de Babiš [<em><a href="https://basta.media/milliardaires-inegalites-Davos-Babis-tcheque-ministre-lobbying" class="spip_in">un industriel milliardaire</a> devenu Premier ministre de 2017 à 2025, puis de nouveau depuis décembre 2025, ndlr]</em> est un peu différent, car il d’abord pris le contrôle de médias avant d’accéder au pouvoir politique, tandis qu’Orbán a fait l’inverse. Mais l’exemple slovaque est également très similaire de la Hongrie.</p><p>Une différence majeure réside dans le fait que seul Orbán a pu disposer d’une majorité des deux tiers au Parlement, ce qui lui a permis d’adopter une nouvelle constitution assortie de lois sur les médias.</p><p><strong>Aujourd’hui, l’opposition hongroise semble en mesure de gagner. Espérez-vous un changement de cap pour la liberté de la presse si le parti d’opposition Tisza l’emporte ?</strong></p><p>Si Tisza parvient à obtenir la majorité des deux tiers, ils pourront alors adopter de nouvelles lois sur les médias, mettre en place de nouvelles autorités de régulation, réformer la Cour constitutionnelle, etc. S’ils n’obtiennent pas la majorité des deux tiers, la situation pourrait ressembler fortement à celle de la Pologne, où le nouveau gouvernement n’a pas pu mener de véritables réformes législatives car il est bloqué par le président de la République. Aujourd’hui, en Hongrie, la Cour constitutionnelle ne fonctionne qu’avec des membres nommés par le Fidesz, des personnes 100 % loyales à Orbán.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Qualifieriez-vous Tisza de parti conservateur ou de centre droit ?</strong></p><p>Peter Magyar, à la tête de Tisza, est un homme relativement conservateur. Mais l’électorat qui soutient Tisza et Peter Magyar est très hétérogène. Orbán, lui, a commencé comme un libéral, puis est devenu conservateur et, depuis 2010, c’est un mix populiste de droite et de gauche. Il prend des décisions qui pourraient être communistes et d’autres qui sont d’extrême droite.</p><p>Tisza est plutôt conservateur du fait de la personnalité du leader du parti, mais c’est aussi un parti démocratique. Aujourd’hui, en Hongrie, la question est : voulons-nous la démocratie ou l’autocratie ? Le Fidesz représente l’autocratie. Si Orbán gagne encore une fois, l’autocratisation du pays va continuer.</p><p><strong>Voyez-vous un risque, si le Fidesz l’emporte, que les médias indépendants hongrois doivent quitter le pays, comme l’ont fait des médias biélorusses et russes depuis 2022 ?</strong></p><p>Plusieurs se sont déjà préparés à partir si le Fidesz gagne, car ils n’ont pas d’autres options. Dans cette situation, aujourd’hui, que l’opposition soit conservatrice, sociale-démocrate ou libérale, c’est un problème de second ordre. Le principal enjeu est de revenir à la démocratie. À la prochaine élection, ce sera différent.</p><p><strong>Que diriez-vous aux médias d’autres pays d’Europe, que faut-il faire pour éviter une telle situation ?</strong></p><p>Les journalistes ne sont pas des héros qui pourraient défendre seuls la démocratie. Sans justice indépendante, les médias ne suffisent pas. Et nous sommes partout dans un moment difficile pour les journalistes. Je pense qu’il faut parler de ce qu’est le journalisme. Des gens qui commentent les débats publics sur TikTok, des politiques qui ont des chaînes YouTube, ce ne sont pas des journalistes. Le travail d’investigation basé sur des informations équilibrées n’est pas gratuit. Et si on ne paie pas pour ça, quelqu’un d’autre paiera, et essaiera ainsi d’influencer les décisions éditoriales.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/hongrie-plusieurs-medias-se-sont-prepares-a-partir-si-orban-gagne-elections</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Prise de contrôle des grands médias par Orbán : « Cela peut arriver en France avec le RN ou en Allemagne avec l'AfD »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em></strong>  : <strong>Vous alertez sur <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/05/en-hongrie-un-paysage-mediatique-sous-le-controle-du-pouvoir_6610590_3234.html" class="spip_out" rel="external">une « capture » des médias</a> par le pouvoir en Hongrie depuis l’arrivée au pouvoir de Viktor Orbán et de son parti, le Fidesz, en 2010. Comment est-ce arrivé ?</strong></p><div class="spip_document_22740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="141" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><picture class="adapt-img-wrapper c4037570987 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775797937 960w, local/adapt-img/583/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775578277 1166w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 960w, local/adapt-img/583/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 1166w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/583/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775797696 875w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 720w, local/adapt-img/583/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 875w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775797577 480w, local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775740750 583w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg?1775797250" width="583" height="583" alt="Photo de Gábor Polyák." aria-describedby="by22740-ccab0615251abce73c862a2989dff4c2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 480w, local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg?1775797250 583w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22740-ccab0615251abce73c862a2989dff4c2">Gábor Polyák est professeur de droit des médias à l’université hongroise de Pécs et dirige les recherches à l’ONG Mertek Media Minotor.
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Gábor Polyák</strong> : Deux lois sur les médias ont été adoptées dès 2010. Les principales conséquences de ces lois ont été la mainmise du gouvernement sur tous les organismes de régulation des médias, comme le Conseil des médias, composé depuis de membres proches du parti d’Orbán.</p><p>Cet organisme a attribué un nombre considérable de fréquences à des stations de radio affiliées au Fidesz et a autorisé les médias affiliés au Fidesz à réaliser toutes les acquisitions, comme celles de médias régionaux, que le Conseil des médias était censé contrôler.</p><p>Le gouvernement contrôle aussi l’organisation qui chapeaute les médias publics. Ces médias ont clairement permis au Fidesz d’exercer une influence politique sans entrave.</p><p>Nous sommes dans la dernière semaine de la campagne électorale avant les législatives, et les médias publics hongrois n’ont jamais invité le chef de l’opposition. Il existe pourtant des règles sur l’impartialité de l’information politique dans les médias publics, mais elles sont bafouées depuis seize ans. Le Fidesz a bâti un empire médiatique public et privé, financé par des fonds publics.</p><p><strong>Des milliardaires ou des oligarques jouent-ils aussi un rôle dans cette mainmise du pouvoir sur les médias ?</strong></p><p>Derrière la plus grande chaîne de télévision privée, on retrouve par exemple l’homme d’affaires Lőrinc Mészáros [<a href="https://basta.media/Milliardaires-Inegalites-Davos-Hongrie-Orban-Meszeros" class="spip_in">première fortune de Hongrie</a>]. Mais son argent provient de l’État hongrois, à travers des marchés publics. Les oligarques de Russie, au début du mandat de Poutine, constituaient une sorte de contrepoids à Poutine. En Hongrie, ce sont des éléments du système. Orbán décide de l’utilisation des fonds, les dirigeants et les propriétaires de ces sociétés affiliées au Fidesz tirent leur pouvoir et leurs ressources uniquement d’Orbán.</p><p><strong>Dans le même temps, on a vu en Hongrie l’essor de nombreux médias indépendants, comme <a href="https://english.atlatszo.hu/" class="spip_out" rel="external"><em>Átlátszó</em></a>, <a href="https://www.direkt36.hu/en/" class="spip_out" rel="external"><em>Direkt36</em></a>, <a href="https://telex.hu/english" class="spip_out" rel="external"><em>Telex</em></a>, <em>444</em>. Comment ces médias survivent-ils dans cette situation ?</strong></p><p>La liste des médias indépendants de Hongrie semble en effet assez longue. Cependant, il faut savoir que plusieurs de ces médias ont été fondés par d’anciens journalistes issus de médias qui sont passés sous le giron du Fidesz. Leurs journalistes ont créé de nouveaux médias parce qu’il n’était plus possible de poursuivre leur travail autrement.</p><p>L’équipe d’investigation la plus nombreuse des médias indépendants est celle de <em>Direkt36</em>. Elle a, par exemple, publié des articles sur l’utilisation des services secrets hongrois contre le parti d’opposition Tisza [<em>derrière lequel tous les partis d’opposition se sont rangés pour ces élections</em>]. Son équipe est issue d’<em>Origo</em>, un média en ligne hongrois auparavant détenu par l’entreprise allemande Deutsche Telekom. En 2015, Deutsche Telekom l’a vendu à une société clairement affiliée au Fidesz. Et aujourd’hui, Origo est l’une des pires machines de propagande du pays.</p><p>Ces journalistes ont dû acquérir des compétences en gestion et trouver des moyens de financer ces médias. Ce fut un long processus d’apprentissage, tant pour les journalistes que pour le public. Les deux parties ont finalement réussi à s’adapter.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On sait que le logiciel de cyberespionnage Pegasus a été utilisé contre des journalistes hongrois et aussi contre des propriétaires de médias »</p>
</aside><p>Car, si vous avez besoin d’informations fiables, vous devez payer pour cela aujourd’hui en Hongrie. Les dons et les abonnements sont maintenant monnaie courante dans le milieu des médias indépendants hongrois.</p><p>Ces médias ont également dû apprendre à rédiger des demandes de subventions européennes et pour d’autres subventions internationales. Ils sont devenus très bons pour obtenir ce type de financement. Mais cela a aussi ouvert la voie au gouvernement hongrois pour affirmer que ces médias étaient financés depuis l’étranger, en les appelant les <em>« médias du dollar »</em>.</p><p><strong>Les médias indépendants étaient-ils particulièrement visés par le projet de loi du gouvernement « contre les organisations financées par l’étranger » annoncé l’an dernier, mais qui n’a, pour l’heure, pas été voté ?</strong></p><p>Si le projet présenté l’an dernier avait été adopté, la loi aurait interdit à toutes les organisations, non seulement aux médias, mais aussi aux ONG, de percevoir tout type de revenus étrangers. Le texte interdisait également aux banques de transférer l’argent provenant de l’étranger. Orbán a annoncé que, si le Fidesz gagnait dimanche, il finaliserait cette loi.</p><p><strong>Le gouvernement s’en est-il également pris aux médias indépendants par d’autres moyens ?</strong></p><p>On sait que le logiciel de cyberespionnage Pegasus a été utilisé <a href="https://www.lemonde.fr/projet-pegasus/article/2021/07/18/en-hongrie-le-pouvoir-vise-les-journalistes-et-les-patrons-de-presse_6088653_6088648.html" class="spip_out" rel="external">contre des journalistes hongrois</a> et aussi contre des propriétaires de médias. Mais l’arme la plus efficace du Fidesz, c’est d’abord l’indifférence. Face aux révélations médiatiques sur leurs abus, ils font comme si ça n’existait pas.</p><p>Je pense que de nombreux électeurs du Fidesz n’ont jamais entendu parler des scandales majeurs liés du Fidesz, comme le recours aux services secrets contre le candidat d’opposition Peter Magyar ou l’influence russe dans la campagne hongroise. Et, même s’ils en ont entendu parler, peut-être qu’ils n’y croient pas. Car Orbán et l’ensemble du Fidesz ne cessent de répéter que ce qui est publié par <em>Direkt36</em>, par <em>Telex</em> ou par d’autres médias indépendants, ne peut pas être vrai.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-hongrie-et-l-europe-pourrait-elle-enfin-se-debarrasser-de-viktor-orban">La Hongrie, et l’Europe, pourront-elles enfin se débarrasser de Viktor Orbán ?</a></aside><p><strong>Pensez-vous que l’Union européenne (UE) en a fait assez pour lutter contre le contrôle des médias par le pouvoir en Hongrie ?</strong></p><p>Non, l’UE ne s’est pas montrée prête à lutter contre cette situation. Dès 2013, nous avons alerté auprès des instances de l’UE, déposé des plaintes, mais cela n’a rien donné. Un règlement européen sur la liberté des médias, European Media Freedom Act, <a href="https://www.touteleurope.eu/societe/qu-est-ce-que-l-acte-europeen-sur-la-liberte-des-medias-european-media-freedom-act/" class="spip_out" rel="external">est entré en vigueur en 2024</a>. Mais ce règlement est en réalité très faible.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Sans justice indépendante, les médias ne suffisent pas »</p>
</aside><p>Et le gouvernement et le parlement hongrois ne font rien pour le transposer. Je pense que la Commission européenne ne comprend pas ce qui se passe ici en Hongrie. Or, cela peut arriver partout. Cela s’est produit en Pologne, ça peut arriver en France, si le parti de Le Pen arrive au pouvoir, ou en Allemagne avec l’AfD.</p><p><strong>Voyez-vous des parallèles entre la Hongrie et d’autres pays ?</strong></p><p>En Pologne, le gouvernement du parti PiS de Kaczyński comptait, parmi ses conseillers, des proches d’Orbán, notamment <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/11/26/en-pologne-le-gouvernement-conservateur-suit-l-exemple-du-hongrois-viktor-orban_4818013_3214.html" class="spip_out" rel="external">sur les questions liées aux médias</a>. En République tchèque, le cas de Babiš [<em><a href="https://basta.media/milliardaires-inegalites-Davos-Babis-tcheque-ministre-lobbying" class="spip_in">un industriel milliardaire</a> devenu Premier ministre de 2017 à 2025, puis de nouveau depuis décembre 2025, ndlr]</em> est un peu différent, car il d’abord pris le contrôle de médias avant d’accéder au pouvoir politique, tandis qu’Orbán a fait l’inverse. Mais l’exemple slovaque est également très similaire de la Hongrie.</p><p>Une différence majeure réside dans le fait que seul Orbán a pu disposer d’une majorité des deux tiers au Parlement, ce qui lui a permis d’adopter une nouvelle constitution assortie de lois sur les médias.</p><p><strong>Aujourd’hui, l’opposition hongroise semble en mesure de gagner. Espérez-vous un changement de cap pour la liberté de la presse si le parti d’opposition Tisza l’emporte ?</strong></p><p>Si Tisza parvient à obtenir la majorité des deux tiers, ils pourront alors adopter de nouvelles lois sur les médias, mettre en place de nouvelles autorités de régulation, réformer la Cour constitutionnelle, etc. S’ils n’obtiennent pas la majorité des deux tiers, la situation pourrait ressembler fortement à celle de la Pologne, où le nouveau gouvernement n’a pas pu mener de véritables réformes législatives car il est bloqué par le président de la République. Aujourd’hui, en Hongrie, la Cour constitutionnelle ne fonctionne qu’avec des membres nommés par le Fidesz, des personnes 100 % loyales à Orbán.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Qualifieriez-vous Tisza de parti conservateur ou de centre droit ?</strong></p><p>Peter Magyar, à la tête de Tisza, est un homme relativement conservateur. Mais l’électorat qui soutient Tisza et Peter Magyar est très hétérogène. Orbán, lui, a commencé comme un libéral, puis est devenu conservateur et, depuis 2010, c’est un mix populiste de droite et de gauche. Il prend des décisions qui pourraient être communistes et d’autres qui sont d’extrême droite.</p><p>Tisza est plutôt conservateur du fait de la personnalité du leader du parti, mais c’est aussi un parti démocratique. Aujourd’hui, en Hongrie, la question est : voulons-nous la démocratie ou l’autocratie ? Le Fidesz représente l’autocratie. Si Orbán gagne encore une fois, l’autocratisation du pays va continuer.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Hongrie-elections-Fidesz-liberte-de-la-presse-medias-independants-contre-pouvoirs">En Hongrie, malgré les attaques, les médias indépendants tiennent bon</a></aside><p><strong>Voyez-vous un risque, si le Fidesz l’emporte, que les médias indépendants hongrois doivent quitter le pays, comme l’ont fait des médias biélorusses et russes depuis 2022 ?</strong></p><p>Plusieurs se sont déjà préparés à partir si le Fidesz gagne, car ils n’ont pas d’autres options. Dans cette situation, aujourd’hui, que l’opposition soit conservatrice, sociale-démocrate ou libérale, c’est un problème de second ordre. Le principal enjeu est de revenir à la démocratie. À la prochaine élection, ce sera différent.</p><p><strong>Que diriez-vous aux médias d’autres pays d’Europe, que faut-il faire pour éviter une telle situation ?</strong></p><p>Les journalistes ne sont pas des héros qui pourraient défendre seuls la démocratie. Sans justice indépendante, les médias ne suffisent pas. Et nous sommes partout dans un moment difficile pour les journalistes. Je pense qu’il faut parler de ce qu’est le journalisme. Des gens qui commentent les débats publics sur TikTok, des politiques qui ont des chaînes YouTube, ce ne sont pas des journalistes. Le travail d’investigation basé sur des informations équilibrées n’est pas gratuit. Et si on ne paie pas pour ça, quelqu’un d’autre paiera, et essaiera ainsi d’influencer les décisions éditoriales.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Hongrie-elections-Orban-Controle-audiovisuel-public-Cela-peut-arriver-en-France-RN</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Pas de pédés en Vendée » : la résistance d'un couple de profs victime de menaces homophobes en terres RN]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Au commencement, il y a l’injure »</em>, écrit le philosophe Didier Eribon dans ses <em>Réflexions sur la question gay</em> (Fayard, 1999). Pour Alain et Hugo*, ça a débuté en octobre 2024 par un tag sur la porte d’entrée : <em>« Pas de pédés en Vendée »</em>. Puis, une menace, dans un courrier déposé directement dans leur boîte aux lettres deux semaines après : <em>« Pas d’homos en Vendée ni dans nos écoles sinon… »</em> Visiblement bien informé, le corbeau homophobe sait que ce couple résidant dans la petite commune de Lairoux, au sud de La Roche-sur-Yon (Vendée), est composé d’un instituteur et d’un enseignant en lycée. Il a également une idée précise de leurs routines, horaires, et de l’agencement de la maison comme du terrain.</p><p>De ça, Hugo et Alain ont été persuadés quand ils ont constaté, dans la matinée du 14 novembre 2024, une intrusion dans leur cour et leur domicile. Des bombes de peintures provenant de l’atelier d’Hugo ont été utilisées pour taguer des façades extérieures. <em>« PD dégagez d’ici »</em>, ont-ils notamment pu y lire, comme si les précédents messages n’avaient pas été assez clairs. La violence est encore montée d’un cran, avec le saccage d’une partie de leur propriété : <em>« À l’intérieur, c’était du massacre. La table en verre était cassée, les tableaux jetés par terre, les granulés éventrés au cutter… Ils ont aussi ouvert les robinets d’eau, qu’ils ont laissée couler »</em>, décrit Hugo.</p><p>Pour l’homme, qui est rentré chez lui à midi, <em>« cela s’est forcément fait juste après notre départ »</em>. Assis à ses côtés autour de leur table à manger, son compagnon Alain poursuit : <em>« Rien n’avait été pris, ça a vraiment été saccagé pour faire du mal. On ne pensait pas qu’une telle chose pouvait arriver. Du jour au lendemain, notre vie a basculé. »</em></p><div class="spip_document_22715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2287939797 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp?1775723668 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp?1775053773 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp?1775055579 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg?1775651202" width="960" height="640" alt="Hugo* montrant sur son ordinateur une photo du saccage dû à une intrusion au domicile du couple, le 14 novembre 2024." aria-describedby="by22715-dbdd394071ed50bffd01e21a2a823643" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg?1775651202 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22715-dbdd394071ed50bffd01e21a2a823643">Hugo montrant une photo du saccage après une intrusion au domicile du couple, le 14 novembre 2024.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="lt-lt-La-peur-d-une-attaque-plus-violente">« La peur d’une attaque plus violente »</h2><p>Les deux hommes, installés ensemble à Lairoux depuis huit ans, appréciaient jusqu’alors la tranquillité des lieux. <em>« On vivait comme à la campagne. On laissait la barrière ouverte, la voiture dormait dehors… »</em> témoigne Hugo. Mais fin décembre 2024, la carrosserie de leur véhicule a aussi été rayée, d’un <em>« PD »</em> et <em>« PD DEGAGES D’ICI »</em> (sic). <em>« Aujourd’hui, on ferme tout à clé, on vérifie tout trois fois avant de partir, je regarde souvent dans mon rétroviseur pour voir si quelqu’un me suit… Je suis sur mes gardes en permanence »</em>, confie Alain. Le couple a installé des caméras et mis en place de nouvelles habitudes. Le premier qui rentre le soir vérifie tout. Et, en l’absence de nouvelles attaques, imprévisibles car aléatoires, le second reçoit un <em>« RAS »</em>, synonyme de soulagement.</p><div class="spip_document_22754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="80" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-09_a_10.05_45.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2979580282 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 1440w, local/adapt-img/954/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 1908w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 1440w, local/adapt-img/954/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 1908w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 1080w, local/adapt-img/954/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp?1775727738 1431w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 1080w, local/adapt-img/954/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 1431w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 720w, local/adapt-img/954/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp?1775727296 954w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/954/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png" width="954" height="954" alt="" aria-describedby="by22754-978ec613b9a3955ee34822442398f1a7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 720w, local/adapt-img/954/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 954w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22754-978ec613b9a3955ee34822442398f1a7">Tag retrouvé sur la porte d’entrée du domicile du couple en octobre 2024.
© DR
</figcaption></figure></div><p>Hugo et Alain vivent désormais <em>« dans la peur d’une attaque plus violente »</em>. Le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> octobre 2025, ils ont reçu une nouvelle lettre anonyme de menaces brûlée sur les côtés, représentant deux cercueils. <em>« Ma crainte, c’est qu’ils foutent un jour le feu à la maison »</em>, confie Alain, qui ne dort plus que d’une oreille. D’autant que les menaces ne s’arrêtent pas là.</p><p>Le 19 novembre 2025, un nouveau courrier homophobe est envoyé, cette fois au lycée Atlantique de Luçon, où exerce Hugo. En janvier et février 2026, des tags du même acabit seront aussi découverts dans les toilettes de l’établissement, mentionnant le nom de l’enseignant, accolé aux termes <em>« PD »</em> et <em>« pédophile »</em>. Devant ce lycée public polyvalent, l’incompréhension demeure pourtant. Deux élèves rapportent être <em>« choquées »</em>, tandis qu’une mère d’étudiante en CAP se dit <em>« hallucinée »</em> qu’il soit encore possible de recevoir ce type de menace.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-probleme-est-avant-tout-politique">« Le problème est avant tout politique »</h2><p>Alors, comment expliquer une telle haine ? Il y a bien quelques tensions avec les voisins d’à côté, mais, dans l’ensemble, <em>« les gens du quartier sont révoltés et nous soutiennent »</em>, assure Alain. Dans cette commune de 600 habitants, le couple s’est toujours montré discret : <em>« On ne s’est jamais exposé, on n’a jamais montré qu’on était ensemble. Vu le contexte actuel, c’était pour se préserver »</em>, reconnaît Alain, pour qui <em>« le problème est avant tout politique »</em>.</p><p>En mai 2019, une quinzaine de jeunes hommes, arborant pour certains le logo de la Manif pour tous, saccageait un stand du centre LGBT de La Roche-sur-Yon, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. <a href="https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/au-moins-10-etudiants-de-l-ices-identifies-dans-l-enquete-sur-l-action-homophobe-a-la-roche-sur-yon-1558367971" class="spip_out" rel="external">Au moins dix d’entre eux</a> étaient étudiants à l’Institut catholique d’études supérieures (ICES), créé par Philippe de Villiers, et qualifié de <em>« verrue mère de toute l’extrême droite vendéenne »</em> <a href="https://sudeducation85.org/lextreme-droite-et-ses-allie%C2%B7es-en-vendee/" class="spip_out" rel="external">par Sud Éducation 85</a>.</p><div class="spip_document_22713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="78" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3917086872 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp?1775723669 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp?1775053778 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp?1775055589 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg?1775651236" width="960" height="632" alt="L'entrée du lycée Atlantique de Luçon, où exerce Hugo. Une grande grille verte en fer forgé surplombée du nom de l'établissement et d'une couronne." aria-describedby="by22713-b66191cfb387d3fe2c0d5b357b238b7c" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg?1775651236 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22713-b66191cfb387d3fe2c0d5b357b238b7c">L’entrée du lycée Atlantique de Luçon, où exerce Hugo.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Dans ce département, <a href="https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-herbiers-85500/reportage-rarete-en-vendee-cette-commune-na-pas-place-lextreme-droite-en-tete-aux-europeennes-0ea8ee40-27ed-11ef-98cf-40d5bb3b7742" class="spip_out" rel="external">seules six communes</a> n’ont pas placé Jordan Bardella en tête lors des élections européennes de juin 2024. Lairoux n’en fait pas partie. Le Rassemblement national (RN) y a obtenu 36 % des voix. Même succès aux dernières élections législatives, plaçant le RN à 51 % au second tour ; et à la présidentielle de 2022, où Marine Le Pen y a obtenu 55 % des suffrages devant Emmanuel Macron. D’où le choix du maire, selon Hugo et Alain, de <em>« taire cette situation »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vieillir-ensemble-sans-avoir-peur-d-etre-discrimine-une-nouvelle-maison-pour-seniors-LGBTQI">Vieillir ensemble « sans avoir peur d’être discriminé » : une maison pour seniors LGBTQI+</a></aside><p><em>« On voulait que ça bouge au niveau local, que les politiques tapent du poing sur la table, mais on a compris que c’était compliqué dans le coin, ils essaient de ménager tout le monde »</em>, déplore Hugo. Cédric Guinaudeau, jeune maire sans étiquette de 35 ans, qui s’affiche notamment <a href="https://www.facebook.com/cedric.guinaudeau.5/posts/pfbid0L3kKysA77bNuPcKnpmt1mGCeGv1XvptaqxwDQF4UbYsqsMnzZHh8UPnX5AuMaSQgl" class="spip_out" rel="external">en compagnie de Bruno Retailleau</a> sur ses réseaux sociaux, a été réélu le 22 mars dernier. Sa liste « Ensemble, poursuivons l’optimisme » était la seule à se présenter.</p><p>Optimistes, Hugo et Alain ont du mal à le rester, face au manque de soutien qu’ils ont, selon eux, reçu de la part de Cédric Guinaudeau. Le 15 novembre 2024, l’édile leur adresse pourtant un courrier par mail, condamnant <em>« ces actes homophobes »</em>, et assurant être à leur disposition <em>« pour toute action commune »</em>. <a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1001015702067348&amp;set=pb.100064767816668.-2207520000&amp;type=3" class="spip_out" rel="external">Un communiqué</a> est également publié sur les réseaux sociaux de la mairie, condamnant des <em>« actes homophobes répétés »</em>, qui <em>« n’ont pas leur place à Lairoux comme ailleurs ».</em> Même <a href="https://www.facebook.com/photo?fbid=1310541937781388&amp;set=pb.100064767816668.-2207520000" class="spip_out" rel="external">soutien public affiché le 11 décembre 2025</a> : <em>« J’ai accueilli les victimes en mairie en présence de notre député Pierre Henriet et condamné avec la plus grande fermeté ces attaques empreintes de haine et destinées à terroriser deux de nos habitants »</em>, écrit Cédric Guinaudeau.</p><div class="spip_document_22714 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="130" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1085003791 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp?1775723672 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp?1775053782 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp?1775055598 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg?1775651321" width="960" height="640" alt="La mairie de Lairoux et sa salle communale, arborant la devise &quot;Liberté, égalité, fraternité&quot;. Derrière, une église." aria-describedby="by22714-8235a41b3474a08d53ec7c28af7d4b19" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg?1775651321 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22714-8235a41b3474a08d53ec7c28af7d4b19">La mairie de Lairoux et sa salle communale, arborant la devise « Liberté, égalité, fraternité ».
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p><em>« C’est parce qu’on a nous-mêmes fait un courrier au député que cette rencontre a été organisée »</em>, commente le couple, qui dénonce un soutien de façade. Alain et Hugo regrettent que l’édile, qui se déplace souvent <em>« pour des choses banales »</em> d’après eux, n’ait jamais frappé à leur porte. Sollicité par <em>Basta!</em>, ce dernier a fait savoir, via son secrétariat, qu’il n’était pas disponible pour un entretien.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Tres-soutenus-par-l-Education-nationale">« Très soutenus » par l’Éducation nationale</h2><p>À l’inverse, Alain et Hugo estiment avoir été <em>« très soutenus »</em> par l’Éducation nationale. Le suicide de Caroline Grandjean le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre 2025, soit deux mois avant la réception du courrier menaçant au lycée Atlantique de Luçon, a-t-il pu jouer ? Cette directrice d’une petite école du Cantal était victime depuis deux ans d’injures et menaces lesbophobes. Alors que l’institutrice avait plusieurs fois dénoncé le manque de soutien de sa hiérarchie, ainsi que de la mairie du village, une enquête administrative a, début février, reconnu <em><a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/06/suicide-de-caroline-grandjean-l-enquete-administrative-revele-un-manque-de-soutien-du-ministere-l-institution-n-a-pas-toujours-fait-bloc-avec-elle_6665689_3224.html" class="spip_out" rel="external">« une défaillance institutionnelle »</a></em> de l’Éducation nationale.</p><p>Du côté du couple de Lairousiens, deux <em>« faits établissement »</em> ont été déclarés dès le 2 octobre par leurs directions respectives. Cet outil permet, grâce à une application nationale sécurisée, de faire remonter des faits préoccupants aux autorités de l’Éducation nationale. Hugo loue par ailleurs le comportement exemplaire de la directrice académique, qui n’a pour l’heure pas fait suite à nos demandes d’interviews : <em>« Elle m’a appelé directement après la réception du courrier au lycée. Et le lendemain, elle faisait le déplacement au sein de l’établissement »</em>, relève l’enseignant.</p><p>Du côté de son école, Alain a reçu deux visites d’un inspecteur académique. <em>« Ça fait du bien, ça nous permet de tenir le coup »</em>, témoigne-t-il. Cet instituteur préfère taire le nom de son établissement, situé dans un petit village : <em>« Vu les tags et courriers assimilant les homosexuels à des pédophiles, c’est une bombe si ça se sait sur mon lieu de travail, je n’aurai plus qu’à partir »</em>, craint-il. Alain dit avoir aussi été reçu par le maire du village : <em>« Il ne comprenait pas que je ne lui en ai pas parlé, mais je n’avais pas envie de prendre une deuxième claque »</em>, rapporte-t-il.</p><p>L’édile de Luçon, où se situe le lycée d’Hugo, lui, <em>« n’a jamais eu un mot de soutien »</em>, selon le couple. Contactée, cette municipalité répond à <em>Basta!</em> que <em>« Dominique Bonnin, ancien maire de Luçon</em> [divers droite, ndlr]<em>, n’avait pas mis en place de mesures spécifiques sur la commune, en réaction à ces événements tragiques, considérant que la gestion des lycées relève uniquement de la Région [...]. Si un soutien a été apporté au couple par l’ancien maire, celui-ci a été adressé à titre privé et non public »</em>, précise l’actuel directeur de cabinet.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/nous-sommes-dans-une-zone-grise-personne-ne-peut-nous-aider-etre-queer-en">« Nous sommes dans une zone grise, personne ne peut nous aider » : être queer en Ukraine occupée</a></aside><h2 class="spip" id="Nouvelle-lettre-anonyme">Nouvelle lettre anonyme</h2><p><em>« Toujours bien accueilli à la gendarmerie »</em>, le couple est désormais inscrit sur le fichier des personnes en danger, et bénéficie de la protection fonctionnelle. C’est la brigade de recherche de la gendarmerie de Fontenay-le-Comte (Vendée) qui est chargée de l’enquête. Mais, malgré dix plaintes à ce jour, aucun auteur n’a été interpellé. La moitié a pour l’heure été classée sans suite, les autres étant toujours en cours, pour « menace de mort commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime ». Le parquet n’a pas donné suite à nos questions à ce sujet.</p><div class="spip_document_22752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="66" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-09_a_10.01_42.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c249822236 png loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp?1775727749 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp?1775727303 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22752-7fd55780e3498c6ca21bbd145fbb4f86" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22752-7fd55780e3498c6ca21bbd145fbb4f86">Un courrier anonyme reçu par le couple début novembre 2024.
© DR
</figcaption></figure></div><p>Le 24 mars, les deux hommes ont reçu une nouvelle lettre anonyme visant les <em>« PD de Lairoux »</em> ainsi que les enseignants du lycée et de l’école. <em>« Le ton et la gravité de ce courrier marquent encore un cran supplémentaire par rapport aux précédents »</em>, nous alertent-ils. Or, ils déplorent de nouveau n’avoir <em>« reçu aucun message de soutien, ni mail ni prise de contact claire de la part du maire »</em>, qui <em>« leur a fait envoyer son nouveau premier adjoint »</em>.</p><p>Dans un mail qui nous est adressé, Alain et Hugo s’impatientent : <em>« Depuis de longs mois, nous avons le sentiment de devoir sans cesse alerter, relancer, rendre visibles des faits que d’autres préfèreraient contourner ou taire. Cette situation est épuisante humainement, mais elle est aussi politiquement révélatrice. Car au fond, la question est simple : face à des actes graves, qui assume publiquement ? Qui protège clairement ? Qui nomme les choses ? »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Pour-l-instant-on-resiste">« Pour l’instant, on résiste »</h2><p>Devenus du jour au lendemain <em>« l’attraction du village »</em>, les deux hommes <em>« n’ont jamais vu autant de gens qui promenaient leur chien »</em> devant chez eux. <em>« Mais on n’a pas eu plus de dénigrements »</em>, se console Hugo. Avant que son compagnon nuance : <em>« On n’a pas eu plus de soutien pour autant… Je pense qu’on dérange plus qu’autre chose. »</em> Aux abords de leur domicile, leurs voisins affirment n’avoir rien vu ni entendu. <em>« Je trouve ça déplorable. Qui peut bien leur en vouloir ? C’est leur vie »</em>, réagit auprès de <em>Basta!</em> une dame qui se promène avec sa petite-fille. D’autres se montrent plus réservés : <em>« Ça ne me regarde pas, je ne m’en occupe pas »</em>, nous répond une femme qui nous ferme la porte au nez.</p><p>À ce jour, seule la communauté de communes Sud Vendée Littoral et son président, Nicolas Vannier, ont permis, localement, un dialogue politique <em>« constructif et positif »</em>, estiment Alain et Hugo. Contactée, celle-ci assure qu’elle <em>« prend ce sujet avec le plus grand sérieux »</em> : <em>« Les personnes concernées ont été reçues et écoutées par le président, qui leur a exprimé toute son attention et qui a ensuite sollicité les services. Une réflexion est en cours pour déterminer quelles actions de prévention pourraient être menées pour sensibiliser la population aux situations de harcèlement. »</em> Ensemble, ils envisagent la mise en place, à l’automne, d’une action intercommunale contre l’homophobie et les discriminations, dont le couple a déjà listé le cadre et les objectifs.</p><p>Soutenus par les associations Stop Homophobie et SOS Homophobie, Alain et Hugo sont passés en quelques mois de la discrétion la plus totale à un engagement assumé. Pour eux, il n’est pas question de déménager. <em>« Pour aller où ? Et comment on serait accueillis ? On ne sait pas »</em>, répond le premier. <em>« Il est hors de question de céder. Pour l’instant, on résiste. Pour que ça n’arrive pas à d’autres »</em>, ajoute son compagnon.</p><p>*Leurs prénoms ont été modifiés à leur demande pour préserver leur anonymat.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 09 Apr 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[La FNSEA veut en finir avec le principe de précaution]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Supprimer le principe de précaution »</em> et le remplacer par le <em>« principe d’innovation »</em>. C’est la dernière « trouvaille » d’Arnaud Rousseau, président de la FNSEA lors du 80<sup class="typo_exposants">e</sup> congrès du syndicat agricole qui s’est tenu à Caen, en Normandie, du 31 mars au 2 avril. L’idée semble si bonne que la FNSEA aimerait que les candidats à l’élection présidentielle l’intègrent dans leurs programmes et qu’ils envisagent une <em>« impérieuse réforme constitutionnelle »</em>.</p><p>En effet, pourquoi s’embarrasser d’un principe qui invite à la prudence quant à l’usage de produits ou procédés potentiellement dangereux ? Et ce, alors même que les dommages sanitaires de nos modes de développement ne cessent de croître, particulièrement dans le domaine agricole. <a href="https://www.nature.com/articles/s44360-026-00087-0" class="spip_out" rel="external">Une étude très solide publiée fin mars</a> dans la revue <em>Nature Health</em> vient de mettre en évidence un important surrisque de cancer dans les territoires exposés aux pesticides....</p><p>Le principe de précaution a été introduit dans la Constitution française en 2005, via la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/charte-de-l-environnement" class="spip_out" rel="external">charte de l’environnement</a>. Il impose que, lorsqu’un dommage risque d’<em>« affecter de manière grave et irréversible l’environnement »</em>, les autorités publiques doivent veiller à <em>« une évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ».</em></p><p>C’est en vertu de ce principe que le <a href="https://www.senat.fr/leg/ppl25-330-avis-ce.pdf" class="spip_out" rel="external">Conseil d’État recommande</a> une meilleure évaluation des risques pour la santé et l’environnement de l’acétamipride et du flupyradifurone. L’utilisation de ces deux pesticides est interdite en France depuis 2018, mais le sénateur Laurent Duplomb demande leur réautorisation, dans le cadre d’une nouvelle proposition de loi (dite Duplomb 2) pour les cultures de betteraves, cerises, noisettes et pommes.</p><h2 class="spip" id="La-loi-Duplomb-2-non-conforme-au-principe-de-precaution">La loi Duplomb 2 non conforme au principe de précaution</h2><p>Pour rappel, la disposition la plus décriée de la première loi Duplomb en 2025, qui prévoyait la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, avait été <a href="https://basta.media/Ces-mesures-loi-Duplomb-passees-inapercues-qui-avancent-en-coulisses" class="spip_in">censurée par le Conseil constitutionnel le 7 août</a> dernier. Ce qui n’empêche pas Laurent Duplomb de revenir à la charge.</p><p>En amont de l’examen de la proposition de loi Duplomb 2, un avis a donc été demandé au Conseil d’État par le président du Sénat, Gérard Larcher. <em>« Les risques et incidences [de l’acétamipride et du flupyradifurone] ne sont que partiellement connus »</em>, précisent les juges du Conseil d’État dans leur <a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-attenuer-une-surtransposition-relative-a-l-utilisation-de-produits-phytopharmaceutiques-afin-d-eviter-la-d" class="spip_out" rel="external">avis rendu le 26 mars</a>. Ils notent <em>« des lacunes de données persistantes pour la santé humaine comme pour les incidences environnementales des deux substances visées »</em>, notamment en matière d’<em>« impacts liés aux expositions chroniques et de long terme »</em>. En bref : les juges estiment que les garanties scientifiques ne sont pas assez robustes pour utiliser sans risques l’acétamipride et le flupyradifurone.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Par ailleurs, l’acétamipride est <em>« suspectée d’être reprotoxique »</em>. À ces doutes s’ajoutent quelques certitudes peu rassurantes : ainsi, le flupyradifurone est une <em>« substance considérée comme persistante dans l’environnement où elle reste présente pendant plusieurs années et se dégrade notamment en acide difluoroacétique (DFA), un composé chimique appartenant à la famille des PFAS »</em>.</p><p>Le Conseil d’État évoque également <em>« le risque d’effet aggravé en cas de synergie avec d’autres produits phytosanitaires »</em>. C’est précisément ce risque d’exposition à de multiples pesticides que l’étude de <em>Nature Health</em> met clairement en évidence pour les cancers du système digestif, du poumon, de la peau, de l’ovaire, de l’endomètre, du col de l’utérus ou du rein.</p><h2 class="spip" id="Derriere-le-principe-d-innovation-les-industriels-de-la-chimie">Derrière le principe d’innovation, les industriels de la chimie</h2><p>Mais qu’importent ces dommages pour la santé et l’environnement puisqu’il faut <em>« déverrouiller la porte du progrès »</em>, selon Arnaud Rousseau. Son credo, le « principe d’innovation », n’est pourtant pas très nouveau. Il commence même franchement à dater puisqu’il a été inventé par l’European Risk Forum, un think tank financé par les industriels du tabac, de la chimie, des pesticides, ainsi que des pétroliers, créé dans les années 1990, comme l’avait raconté <a href="https://basta.media/a-bruxelles-la-vie-des-personnes-est-moins-prioritaire-que-la-bonne-sante-de-l">la journaliste d’investigation Stéphane Horel dans son livre <em>Intoxication</em></a>, publié en 2016.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/de-fillon-a-macron-offensive-generale-contre-le-principe-de-precaution-aux">De Fillon à Macron : offensive générale contre le principe de précaution aux dépens de la santé publique</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/88e585fd55a3f6477bfbb14ef67f73-8277c.jpg?1775651489" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p><em>« Le principe de précaution, c’est un peu notre seul joker éthique contre le libre marché tout puissant</em>, nous disait-elle alors. <em>Et c’est la raison pour laquelle les industriels sont bien décidés à le faire disparaître. »</em> Au niveau européen, <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/12/16/le-principe-d-innovation-entre-dans-la-loi-europeenne_5398455_3244.html?search-type=classic&amp;ise_click_rank=3" class="spip_out" rel="external">ils ont gagné en 2018</a>. En France, ils font des tentatives régulières, plus ou moins grossières.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/La-FNSEA-veut-en-finir-avec-le-principe-de-precaution</link>
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      <pubDate>Thu, 09 Apr 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Affaire Cédric Prizzon : derrière le fait divers, des assassinats masculinistes]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Cédric Prizzon, la quarantaine, est très actif sur Facebook et TikTok. Il se filme, interpellant l’animateur Cyril Hanouna ou l’ancien garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti, filme son ex-compagne devant la sortie de l’école, ou bien crache son venin contre celle qu’il traite de <em>« folle »</em> et de <em>« criminelle »</em>. Quand Cédric Prizzon est arrêté au Portugal, le 24 mars, cela fait déjà plusieurs jours que son ex-compagne, Audrey, et sa compagne actuelle, Angela, ainsi que leurs enfants, ont disparu en Aveyron. Sa cavale meurtrière se termine avec la découverte des corps d’Angela et d’Audrey, alors que, dans sa voiture, l’ancien policier avait caché plusieurs plaques d’immatriculation, de faux papiers d’identité et 17 000 euros en liquide, sans doute pour disparaître.</p><div class="spip_document_22744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="307" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-02_105843.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c465151878 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp 960w, local/adapt-img/640/20x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp?1775654877 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 960w, local/adapt-img/640/20x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp 720w, local/adapt-img/640/15x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 720w, local/adapt-img/640/15x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp 480w, local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp?1775637114 640w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png" width="640" height="640" alt="" aria-describedby="by22744-818fa8eb81c1e02ddfc50dd814141cd5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 480w, local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 640w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22744-818fa8eb81c1e02ddfc50dd814141cd5">Cédric Prizzon était très actif sur Facebook et TikTok. Il se filme, interpellant l’animateur Cyril Hanouna ou l’ex-garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti, filme son ex-compagne devant la sortie de l’école, qu’il traite de <em>« folle »</em> et de <em>« criminelle »</em>.
Capture d’écran du compte TikTok
</figcaption></figure></div><p>L’histoire de la séparation d’Audrey et Cédric Prizzon ressemble à beaucoup d’autres : un conflit autour de la garde alternée de leur fils, qui se transforme en violences. En 2021, déjà, Cédric Prizzon enlève son fils, avant d’être retrouvé deux mois plus tard. Il écope de neuf mois de prison, transformés en surveillance électronique à domicile ; et son droit de garde lui est retiré. Désormais, il ne peut plus voir son fils qu’en présence des services sociaux. Dès lors, Cédric Prizzon multiplie les posts, les vidéos, et manifeste devant la mairie de Vailhourles, dans l’Aveyron, tout en alertant les médias.</p><p>En 2023, il est de nouveau condamné, cette fois à 18 mois de prison et deux ans de sursis probatoire pour le harcèlement de son ex-compagne sur les réseaux sociaux. Il manifeste alors devant l’Hôtel de Ville de Villefranche-de-Rouergue, toujours dans l’Aveyron, et mène une grève de la faim devant le tribunal de Rodez. Son <em>« combat [...] d’un père pour son fils »</em> est <a href="https://www.centrepresseaveyron.fr/2023/03/24/aveyron-a-vailhourles-le-combat-devant-la-justice-dun-pere-pour-son-fils-11083772.php" class="spip_out" rel="external">relaté dans la presse locale</a>.</p><p>Cédric Prizzon porte un bracelet électronique jusqu’en octobre 2025, et ses publications violentes en ligne ne diminuent pas. Ses condamnations pour harcèlement, violences (en 2021 et 2024) et non-représentation d’enfant ne sont pas évoquées dans la presse. Sur ses réseaux sociaux, il prévient : <em>« J’ai encore eu des messages de papas qui n’ont pas vu leur enfant depuis un an et demi. C’est une honte. S’il le faut, je vais foutre le bordel au niveau national. »</em></p><h2 class="spip" id="Derriere-les-lt-lt-droits-des-peres-la-domination-masculine">Derrière les « droits des pères », la domination masculine</h2><p>Les mouvements des « droits des pères » sont les représentants historiques du masculinisme : sous couvert de protester contre les inégalités en matière de garde d’enfants lors d’une séparation, des associations accusent la justice d’être gangrénée par les femmes et les féministes.</p><div class="spip_document_22745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="261" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/prizzon_cpa.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3352954176 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 1440w, local/adapt-img/883/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp?1775654878 1766w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 1440w, local/adapt-img/883/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 1766w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 1080w, local/adapt-img/883/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 1325w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 1080w, local/adapt-img/883/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 1325w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 720w, local/adapt-img/883/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp?1775637627 883w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/883/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png" width="883" height="883" alt="" aria-describedby="by22745-d84745e5c06b459e1c8cc7775fc2403a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 720w, local/adapt-img/883/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 883w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22745-d84745e5c06b459e1c8cc7775fc2403a">Cédric Prizzon manifeste alors devant l’Hôtel de Ville de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) en 2023, après avoir été condamné à 18 mois de prison et deux ans de sursis probatoire pour le harcèlement de son ex-compagne sur les réseaux sociaux.
Capture d’écran
</figcaption></figure></div><p><a href="https://www.acfas.ca/communaute/profil/gwenola-sueur" class="spip_out" rel="external">Gwénola Sueur, doctorante en sociologie à l’université de Bretagne occidentale</a>(UBO), montre dans son mémoire de recherche que ces associations, nées dans les années 1970, <em>« revendiquent l’affaire du forcené de Cestas comme l’acte fondateur des mouvements des pères »</em>. En février 1969, André Fourquet, 38 ans, <a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/02/15/andre-fourquet-resiste-toujours-un-medecin-et-un-officier-de-gendarmerie-ont-tente-en-vain-de-lui-faire-quitter-sa-maison-assiegee_3059798_1819218.html" class="spip_out" rel="external">se retranche dans sa ferme</a>avec ses deux enfants. Séparé de la mère, Fourquet avait déjà enlevé ses enfants deux ans plus tôt, donnant lieu à quinze jours de négociation avec les gendarmes. En 1969, il finira par tuer ses enfants et se suicider. <em>« Un militant historique du mouvement des pères, Philippe Guidal, quand est créé le site Paternet</em>[site historique rassemblant les associations des droits des pères, ndlr]<em>, archive des articles sur Cestas »</em>, ajoute Gwénola Sueur. Les groupes de pères commencent à manifester devant le tribunal de Rouen en 1973.</p><p>Par la suite, une nuée d’associations et quelques collectifs essaiment : le MCMP (Mouvement de la condition masculine paternelle), puis le MCM (Mouvement de la condition masculine) en 1975 ; Les enfants du dimanche en 1981 ; L’enfant et son père, nouveau mouvement de la condition paternelle en 1983. Les années 1990 et 2000 voient naître la célèbre SOS Papa ; mais aussi Père, mère, enfant ; Urgence papa ; L’enfant et son droit ; Justice papa... La liste est longue. La notoriété de ces associations grandit à la faveur des actions d’envergure menées par certaines, comme SOS Papa : en 2013, des membres de l’association se retrouvent <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/070813/les-peres-grues-adeptes-des-actions-coup-de-poing-et-du-masculinisme" class="spip_out" rel="external">sous le feu des projecteurs</a>, parmi lesquels Serge Charnay, qui se perche sur une grue à 40 mètres de hauteur, à Nantes.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Syndrome-d-alienation-parentale">« Syndrome d’aliénation parentale »</h2><p>En 2023, Cédric Prizzon rejoint le groupe Facebook « Papa en colère ». <em>« Ma folle d’ex m’a donné deux coups de couteau dans le ventre avec amnésie, toujours en liberté, 50 faux dépôts de plaintes »</em>, vociférait-il en septembre 2023 dans une publication aujourd’hui supprimée. Sur ce groupe « Papa en colère », qui compte plus de 30 000 membres, on peut lire, au sujet de l’expertise psychiatrique parfois demandée : <em>« Madame gros trouble narcissique… Le JAF</em> [juge aux affaires familiales] <em>a juste demandé à madame de voir un médecin pour se soigner... mais a laissé l’enfant avec la mère complètement cinglée. »</em> Un autre père écrit, désabusé : <em>« Ne vous laissez pas abattre par une juge inhumaine, il y en a plein, à croire qu’elles ont choisi d’être juges pour flinguer les papas. Ne serait-ce pas elles qui auraient un problème avec leurs pères. Je me pose la question… »</em></p><p>Sur ce groupe, les pères en colère font également mention incessante du « syndrome d’aliénation parentale », notion non reconnue par la communauté scientifique, qui décrirait le processus par lequel un parent (souvent la mère) manipulerait son enfant pour le détourner de l’autre parent (souvent le père). Ce « syndrome » est largement convoqué par les associations des droits des pères, régulièrement pour nier des violences sexuelles ou intrafamiliales, présentant la mère comme manipulatrice et aliénante. En 2018, une note d’information a été mise en ligne sur le site intranet de la direction des affaires civiles et du sceau du ministère de la Justice pour <em>« informer les magistrats du caractère controversé et non reconnu du syndrome d’aliénation parentale »</em>, <a href="https://www.senat.fr/amendements/2022-2023/401/Amdt_2.html" class="spip_out" rel="external">indique le Sénat</a>. Comme le rappelle la chercheuse et <a href="https://x.com/boadiceenne3/status/2037846491583144230?s=20" class="spip_out" rel="external">spécialiste du masculinisme Stéphanie Lamy</a>, <em>« l’idéologie promue dans le milieu radical masculiniste des pères enragés n’est pas seulement de la haine des femmes, mais aussi celle de l’autorité de la justice qui contreviendrait selon eux à l’autorité "naturelle" des pères »</em>.</p><h2 class="spip" id="Une-rhetorique-victimaire-comme-strategie">Une rhétorique victimaire comme stratégie</h2><p>Pourtant, les pères en colère bénéficient d’une forme de sympathie dans les médias. <em>« Jusqu’au début des années 2000, la rhétorique de défense des droits des hommes et des pères était plus frontale. Depuis la mise à l’agenda politique de certains enjeux féministes, ça devient plus compliqué de porter des revendications explicites en faveur des droits des hommes »</em>, constate Edouard Leport, sociologue, et auteur du livre <em><a href="https://www.editions-msh.fr/livre/les-papas-en-danger/" class="spip_out" rel="external">Les papas en danger ?</a> Des pères à l’assaut des droits des femmes</em> (Éditions de la maison des sciences de l’Homme, 2022), issu de sa thèse sur les groupes de pères séparés. <em>« De fait, la rhétorique de ces groupes change : ils vont parler de la protection et de la défense des enfants, d’égalité parentale, de coparentalité… pour donner une représentation positive »</em>, ajoute le sociologue.</p><p>C’est tout le message déployé par les pères séparés qui se perchent sur les grues à Nantes, réclamant la <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/221117/garde-alternee-systematique-les-dangers-du-projet" class="spip_out" rel="external">garde alternée par défaut</a> en cas de séparation. <em>« Ils se décrivent comme des pères qui veulent s’investir plus, qui en seraient empêchés »</em>, détaille Edouard Leport. Cette rhétorique consolide leur position victimaire, alors que la réalité statistique est tout autre : dans 82 % des cas de séparation, il n’y pas de litige concernant le mode de garde. Et si les mères sont plus nombreuses à obtenir la garde, c’est souvent parce que les pères ne la demandent pas.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/contre-les-feminicides-un-combat-mondial">Contre les féminicides : un combat mondial</a></aside><p>Cette position victimaire, Cédric Prizzon continue de l’adopter, même en détention. Devant le tribunal Vila Nova de Foz Côa, au Portugal, il a déclaré être <em>« la vraie victime »</em>. Lors de ses manifestations dans l’Aveyron, il répétait qu’<em>« en France, être père est un crime »</em>. Sur ses réseaux sociaux, il accusait son ex-compagne de tentative de meurtre, et affirmait se battre pour son fils, en <em>« danger »</em> auprès d’elle. <em>« Ce sont des hommes qui pouvaient se prendre en photo devant l’ex-domicile de madame, aller en camping-car avec d’autres groupes de pères pour harceler son ex-conjointe, ou même aller devant des centres d’hébergement pour femmes victimes de violences conjugales pour faire des espèces de manifestations »</em>, liste la sociologue Gwénola Sueur.</p><p>Dans ses recherches, Gwénola Sueur écrit d’ailleurs que <em>« l’identité collective des groupes de pères se construit autour de l’héroïsation de certains de leurs membres [...], conjuguée à la mise en avant de leur souffrance »</em>. Cinq décennies plus tôt, un ouvrage de référence pour cette sphère masculinste, <em>Le livre noir du divorce</em>, publié en 1973 par l’association Didhem (Défense des intérêts des divorcés hommes et de leurs enfants mineurs), considérait le divorce comme un <em>« parricide social »</em> et une <em>« malédiction jetée par la société démagogiquement féministe »</em>. Si le discours de surface a changé, le fond reste le même.</p><p><em>« Et ils ont gagné. Dans les tribunaux de la famille, quand une mère dévoile des violences conjugales, quand un enfant dévoile des violences sexuelles, incestueuses notamment, ou des maltraitances, la mère est considérée comme malveillante »</em>, par les avocats des pères et les groupes de pères, constate Pierre-Guillaume Prigent, docteur en sociologie à l’université de Bretagne occidentale, qui travaille sur ces mouvements. Ils s’appuient notamment sur la loi du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale, qui garantit l’égalité de principe entre parents et indique que la résidence alternée est le mode idéal qui garantit la coparentalité – une loi dont les associations de droits des pères s’arrogent la paternité.</p><h2 class="spip" id="Lobbying-politique">Lobbying politique</h2><p>L’affaire Cédric Prizzon n’est pas un simple fait divers. C’est un cas d’école. <em>« Il y a tous les ingrédients : un ancien policier, père en colère, qui a fait des actions devant un tribunal, qui a eu des condamnations… C’est presque une caricature. Et dans ce dossier, la justice a l’air d’avoir réagi à la mesure des enjeux, à chaque étape. Sauf dans la protection de son ex-conjointe et de sa nouvelle compagne »</em>, analyse Edouard Leport.</p><p>D’autant que ces mouvements ne veulent pas se satisfaire de la loi de 2002, et continuent leur lobbying politique. En février 2025, <a href="https://defendre-les-enfants.eu/actualites/20250212-rencontre-entre-un-representant-de-defendre-les-enfants-et-papa-en-colere-avec-la-presidente-de-lassemblee-nationale-yael-braun-pivet/" class="spip_out" rel="external">un membre actif du groupe « Papa en colère »</a>et du collectif Défendre les enfants, se targuait d’avoir pu rencontrer Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale. Au cours de cet entretien, il affirme avoir abordé la défiscalisation de la pension alimentaire et la proposition de loi 819 sur « la garde partagée égalitaire », qui vise à instaurer la garde alternée par défaut en cas de désaccord entre les parents. Ces revendications ne sont pas nouvelles, selon Edouard Leport, Gwénola Sueur et Pierre-Guillaume Prigent. Ces associations sont régulièrement auditionnées dans les discussions parlementaires sur les sujets du divorce, de la justice ou de la famille.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/masculinisme-Francis-Dupuis-Deri-discours-de-la-crise-de-la-masculinite-vehicule-souvent-memes-faussetes">« Le discours de la crise de la masculinité véhicule souvent les mêmes faussetés »</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Ils-alimentent-la-culture-du-viol">« Ils alimentent la culture du viol »</h2><p>Ces associations exercent une certaine influence politique, au prix de l’invisibilisation de leur violence dans le débat médiatique. De Cestas à Cédric Prizzon, le mouvement des pères est peu inquiété au sujet de sa violence. Alors même que ces groupes <em>« défendent et transmettent des analyses, des cadrages masculinistes sur les questions des violences sexistes et sexuelles, faites aux femmes et enfants »</em>, explique Edouard Leport. <em>« Ils alimentent la culture du viol, et peuvent aller jusqu’à donner des outils pour échapper à des condamnations »</em>, ajoute le sociologue.</p><p>À travers leur rhétorique, les pères en colère martèlent que la violence conjugale serait surestimée, qu’elle toucherait autant les hommes que les femmes, et que les hommes seraient notamment principalement victimes de violences psychologiques… Sans parler d’une culture de l’impunité, qui justifie les comportements violents.</p><p>Dans un passé pas si lointain, ces associations allaient jusqu’à se rassembler dans les cimetières pour rendre hommage aux pères qui ont tué leurs enfants, rappelle Gwénola Sueur. Avant d’ajouter : <em>« Donc oui, historiquement, les associations de pères sont des associations ultraviolentes. »</em></p><p>Outre le forcené de Cestas, on peut citer plusieurs autres affaires de violence liées aux mouvements des droits des pères : en 2009, Fabrice Devaux, membre de SOS Papa, est condamné à 6 ans de prison pour avoir projeté l’assassinat de la mère de ses enfants. Il avait proposé à trois reprises 30 000 euros à des tiers pour faire <em>« disparaître »</em> son ex-compagne.</p><p>En 2015, le site Paternet rapporte une affaire glaçante, d’un père qui s’est jeté sous un train avec son fils, laissant un communiqué : <em>« Je quitte ce monde aujourd’hui avec mon fils car nous vivons dans une société sclérosée où une femme a le droit de donner la vie sans la moindre retenue ou garde-fou, puis de prendre son enfant et sa vie à un homme, et ce avec l’appui de la justice. »</em> En 2016, Bruno Barthet se retranche chez lui, armé, pour dénoncer <em>« l’injustice vécue par les pères séparés »</em>, comme le rappelle la chercheuse Stéphanie Lamy dans son livre <em>La Terreur masculiniste</em> (Éditions du détour, 2024).</p><h2 class="spip" id="Un-terrorisme-masculiniste">Un terrorisme masculiniste ?</h2><p>Stéphanie Lamy est d’ailleurs <a href="https://www.change.org/p/affaire-c%C3%A9dric-prizzon-nous-exigeons-la-saisine-du-pnat-terrorismemasculiniste" class="spip_out" rel="external">à l’origine d’une pétition</a> appelant à ce que le Parquet national antiterroriste (PNAT) se saisisse du double féminicide d’Audrey et Angela. <em>« La saisine du PNAT est, dans l’affaire Cédric Prizzon, cruciale. Elle engage la qualification des faits, y compris dans leur traitement médiatique, en reflète la nature réelle et conditionne les moyens d’enquête mobilisés »</em>, affirme-t-elle. Cette qualification permettrait, selon elle, des enquêtes plus poussées sur le milieu des pères séparés, de renforcer la protection des victimes, et d’ouvrir des droits pour les familles de victimes. <em>« Des membres des associations pionnières revendiquent des actions violentes comme reproduire Cestas, faire du chantage au suicide, recourir aux armes ou déposer des engins explosifs dans les tribunaux, n’est-ce pas du terrorisme ? »</em> interroge Gwénola Sueur.</p><p>Olivier Christen, le procureur national antiterroriste, a annoncé, le 3 avril, ne pas se saisir de cette affaire en dépit des demandes de plusieurs militantes féministes et du Haut Conseil à l’égalité. <em>« Les organes rattachés au gouvernement ne peuvent faire pression de quelque façon que ce soit sur la justice pour décider quelle qualification doit être donnée à des faits »</em>, a-t-il répondu, le Haut Conseil dépendant du Premier ministre. L’an passé, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, affirmait : <em>« La DGSI [direction générale de la sécurité intérieure] a un bureau de suivi des masculinistes, des “incel” comme il y en a pour l’ultradroite, l’ultragauche, les islamistes radicaux. »</em> Les incels sont ces hommes « célibataires involontaires » qui rejettent la faute sur les femmes et développent des discours anti-féministes et misogynes. D’autres groupes masculinistes, comme les mouvements des droits des pères, ne sont donc pas « suivis ».</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/On-pense-etre-le-meilleur-mec-anti-patriarcal-alors-qu-on-rejoue-masculinite-dominante-interview-Quentin-Delval">« On pense être le meilleur mec anti-patriarcal alors qu’on rejoue une masculinité dominante »</a></aside><p>Dans leurs recherches, Pierre-Guillaume Prigent et Gwénola Sueur documentent pourtant la banalité des argumentaires masculinistes des droits des pères. <em>« Ce sont des centaines de femmes qui nous ont raconté ça pendant des années : elles n’ont même pas porté plainte, parce qu’elles n’avaient aucun espoir que ça aboutisse. Parce que cinq ou six ans après la séparation, l’ex-conjoint continue de les harceler, d’exercer un contrôle coercitif »</em>, rappelle Pierre-Guillaume Prigent. Les chercheurs nuancent : à force de trop se concentrer sur les cas particuliers, comme Cédric Prizzon, on occulte la violence masculine ordinaire. <em>« Une violence plus diffuse, plus difficile à documenter »</em>, selon Gwénola Sueur. Et donc plus difficile à détecter, même par la justice.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 08 Apr 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Les macronistes veulent ouvrir la voie à un 1er-Mai travaillé dès 2026]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Travailler plus, travailler plus, travailler plus encore. Ce mot d’ordre martelé par les macronistes depuis 2017 – et par la droite depuis plus longtemps encore – s’apprête à faire une nouvelle victime : la journée internationale de lutte des travailleurs du 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai.</p><p>Le groupe Renaissance à l’Assemblée nationale compte profiter de sa niche parlementaire pour faire adopter une proposition de loi, initiée par la droite sénatoriale et votée par la chambre haute le 3 juillet 2025. Celle-ci est présentée par ses défenseurs comme un simple outil de sécurisation juridique pour des boulangers et des fleuristes qui ouvriraient leurs portes avec des salariés volontaires le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai. Dans un premier temps, le groupe Les Républicains avait tenté, en vain, de la faire voter lors de sa niche parlementaire le 22 janvier 2026. Mais les débats s’étaient éternisés sur plusieurs autres de ses propositions de loi et ce texte-ci n’avait pas pu être abordé avant la fin de la journée.</p><p>La volonté de déroger au seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré aurait pu en rester là. Mais c’était sans compter sur la volonté du camp présidentiel – qui avait déjà engagé une procédure accélérée sur ce texte – de grignoter quelques droits sociaux supplémentaires. Dès le 29 janvier, Gabriel Attal, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, faisait savoir qu’il reprendrait cette proposition de loi à son compte.</p><h2 class="spip" id="Vers-la-fin-du-1er-Mai-ferie-obligatoirement-chome">Vers la fin du 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai férié, obligatoirement chômé ?</h2><p><em>« On nous parle du petit boulanger du coin et du fleuriste, mais ils peuvent déjà ouvrir le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai. En réalité, cette loi est faite pour profiter aux grandes enseignes : Interflora, Carrefour, la Fnac, Marie Blachère »</em>, explique la numéro un de la CGT, Sophie Binet, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux du syndicat.</p><p>Mais que prévoit précisément la <a href="https://www.senat.fr/leg/tas24-164.html" class="spip_out" rel="external">proposition de loi</a> « visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai » ? Elle modifie le Code du travail afin de permettre l’emploi de salariés ce jour-là dans plusieurs secteurs d’activité. Jusqu’ici, les exceptions ne concernaient que les établissements et services qui, <em>« en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail »</em>, comme une partie des transports, le secteur de la santé, les hôtels, certains lieux culturels et quelques rares industries.</p><p>Le texte issu du Sénat qui sera proposé au vote le 10 avril ajoute <em>« les établissements assurant, à titre principal, la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate »</em>, ainsi que <em>« les autres établissements dont l’activité exclusive est la vente de produits alimentaires au détail »</em>. Tous les commerces dits de bouche sont concernés : boucheries et poissonneries, par exemple, de même que les épiceries et l’ensemble de la restauration.</p><p>Le législateur a également prévu une exception pour <em>« les établissements exerçant, à titre principal, une activité de vente de fleurs naturelles »</em> et ceux <em>« exerçant, à titre principal, une activité culturelle »</em>. En tout, <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/1er-mai/travail-le-1er-mai-toutes-les-intox-du-patronat-demasquees" class="spip_out" rel="external">selon les calculs du quotidien <em>L’Humanité</em></a> ce seraient 1,5 million de salariés qui seraient concernés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="L-illusion-du-volontariat-et-de-la-surremuneration">L’illusion du volontariat et de la surrémunération</h2><p>Il s’agit <em>« d’une loi Carrefour-Interflora »</em>, dénonçait déjà Thomas Vacheron, auprès de <em>Basta!</em> au moment de la niche parlementaire des Républicains en janvier. Donner une dérogation <em>« aux magasins à prédominance alimentaire permettrait aux moyennes surfaces d’ouvrir, comme cela avait été le cas sur le travail du dimanche, où une partie des rayons étaient obstrués pour qu’il n’y ait que la partie alimentaire d’ouverte »</em>, alerte le secrétaire confédéral de la CGT.</p><p>De leur côté, les partisans de la proposition de loi assurent donner des garanties aux salariés. Le travail le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai dans ces secteurs d’activité sera conditionné à un accord écrit du salarié et ouvrira droit à une majoration salariale. Une illusion de garanties, estiment <a href="https://alloparlement.fr/images/Courrier.pdf" class="spip_out" rel="external">huit syndicats</a> qui, dans un courrier commun destiné à l’ensemble des députés, expliquent que le volontariat <em>« n’existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail »</em>.</p><p>Pour eux, <em>« comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salarié·es à travailler le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai sous peine de licenciement, ou de non-recrutement pour les nouvelles et nouveaux salarié·es »</em>. Quant à l’avantage d’être payé double le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai, avancé par les promoteurs du projet, il n’y croient pas plus. <em>« À chaque fois qu’un principe est entamé, les dérogations s’étendent progressivement jusqu’à devenir la règle […], une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être »</em>, préviennent les syndicats.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Travailler-le-1er-mai-C-est-ce-que-propose-une-loi-soutenue-par-droite-et-l-extreme-droite">Travailler le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai ? La proposition de loi que les députés s’apprêtent à voter</a></aside><h2 class="spip" id="Un-consensus-des-macronistes-a-l-extreme-droite">Un consensus des macronistes à l’extrême droite</h2><p>Des salariés supplémentaires devront-ils travailler le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai prochain ? Ce n’est pas exclu. Avec la procédure accélérée choisie par le gouvernement pour ce texte, une seule lecture par chambre suffit à l’adoption de la proposition de loi. Ainsi, si elle est adopté le 10 avril par l’Assemblée nationale sans amendements, elle pourrait techniquement bénéficier d’une promulgation et d’un décret d’application avant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai 2026. À l’inverse, si des amendements sont intégrés, les textes issus des deux chambres du Parlement nécessiteront une commission mixte paritaire qui renverrait la validation d’un texte harmonisé à après le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai 2026.</p><p>Reste à savoir si les députés l’entérineront. Et, sur ce point, les débats en commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale en janvier dernier laissent entrevoir une adoption très probable. En plus du soutien des groupes Les Républicains et Renaissance, qui ont inscrit ce texte dans leur niche parlementaire, le gouvernement pourra compter sur ses alliés du groupe Horizons, ainsi que le MoDem qui déclarait <em>« saluer cette initiative »</em> et qu’il <em>« voterait cette proposition de loi de bon sens »</em> lors de la <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/commissions-permanentes/affaires-sociales/actualites/permettre-aux-salaries-de-certains-etablissements-et-services-de-travailler-le-1er-mai-deblocage-exceptionnel-de-la-participation-et-de-l-interess" class="spip_out" rel="external">séance en commission</a>. De plus, le Rassemblement national et son allié de l’UDR n’ont pas fait mystère de leur soutien à l’initiative.</p><p>L’extrême droite soutiendra également la proposition de loi dans la niche parlementaire macronistes. Le député ciottiste Éric Michoux y voyait même, pendant la séance en commission, une occasion de revanche sur les <em>« gauchos »</em> accusés de <em>« détruire la valeur travail »</em> et de <em>« n’aimer ni le travail ni les travailleurs »</em>. Quant au Rassemblement national, il a affirmé plus sobrement ce jour-là qu’il voterait la proposition de loi en l’état.</p><h2 class="spip" id="Mobilisation-syndicale-express">Mobilisation syndicale express</h2><p>Malgré le consensus du camp présidentiel à l’extrême droite, les syndicats ne veulent pas s’avouer vaincus d’avance. En plus du courrier à l’ensemble des députés dont ils se sont fendus pour les exhorter à ne pas <em>« remettre en cause plus d’un siècle d’histoire sociale et de conquêtes collectives »</em>, ils font la promotion du site <a href="https://alloparlement.fr/" class="spip_out" rel="external">Alloparlement</a> auprès des salariés afin qu’ils interpellent leur député pour qu’il ne valide pas le texte. De plus, la CGT, la FSU et Solidaires appellent à un rassemblement devant l’Assemblée nationale le 10 avril à partir de 8 h 30.</p><p>À côté des actions en direction des parlementaires, plusieurs mobilisations ont été lancées. En Côte-d’Or, la CGT a organisé un rassemblement vendredi dernier à Beaune devant la permanence du député Rassemblement national, favorable à l’extension du travail le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai. À Saint-Étienne, les syndicats CFDT, CGT, FO, FSU, CFE-CGC, Unsa, Solidaires, et CNT appellent à un rassemblement le 10 avril à midi sur la place Jean-Jaurès. La CGT a fait de même dans l’Aveyron, à Rodez et Millau le mardi 7 avril.</p><p>À Amiens, ce sont une cinquantaine de salariés de l’équipementier automobile Valeo qui ont débrayé mercredi dernier pour protester contre l’organisation du travail des équipes de nuit, à l’occasion du 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai. Une illustration grandeur nature de l’intérêt du patronat pour une multiplication des exceptions au 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai obligatoirement chômé.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 08 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Pourquoi les épidémies animales se multiplient : ce qui a changé c'est « la dégradation de l'environnement »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les éleveuses et éleveurs sont confrontés au quotidien à des épidémies animales qui pourraient s’étendre à nouveau avec le retour du printemps. La France est placée en risque élevé de grippe aviaire depuis octobre dernier. Des exploitations agricoles, actuellement confrontées à la tuberculose bovine doivent recourir à l’abattage total de leur troupeau, notamment en Côte-d’Or, dans le Calvados et l’Orne.</p><p>Quelques foyers de maladie hémorragique épizootique subsistent dans la Sarthe. Cette maladie infectieuse due à un virus est transmise exclusivement par des moucherons, les mêmes que ceux de la fièvre catarrhale ovine. Si la France est pour l’heure indemne de peste porcine africaine, les cas se multiplient dans les pays voisins, en Italie, en Allemagne, ou en Espagne. Nombre d’éleveuses et d’éleveurs redoutent également le retour de la dermatose nodulaire contagieuse en France continentale.</p><p>Pour comprendre l’accélération des épidémies animales dont une partie se transmettent aux humains, et identifier les pistes pour les prévenir, Hélène Soubelet, docteure vétérinaire et directrice générale de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, nous a accordés un entretien, alors que la France accueille à Lyon le One Healh Summit, censé se pencher sur « les santés des humains, des animaux et des écosystèmes » qui « sont interdépendantes ». Ce sommet qui rassemble États, acteurs publics ou privés, scientifiques et société civile, « vise à mieux coordonner les politiques publiques pour répondre aux enjeux sanitaires, alimentaires et environnementaux ».<br class="autobr" />
 <br class="autobr" /><strong><em>Batsa !</em> : Est-ce que la multiplication des maladies animales vous surprend ?</strong></p><p><strong>Hélène Soubelet :</strong> De nombreuses études constatent une augmentation des maladies, notamment infectieuses, dans la majorité des espèces – animaux domestiques et chez les humains. Plusieurs phénomènes se juxtaposent.</p><div class="spip_document_22694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="125" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3617588082 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp?1774872660 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp?1775554285 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg" width="960" height="1440" alt="portrait en noir et blanc de Hélène Soubelet" aria-describedby="by22694-50119d42d97059baa3fa918273b8e88f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22694-50119d42d97059baa3fa918273b8e88f">Hélène Soubelet est docteure vétérinaire et directrice générale de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.
© DR
</figcaption></figure></div><p>D’abord le phénomène de l’émergence des maladies. Un pathogène – présent soit dans l’environnement soit dans une espèce animale – va se transmettre à individu d’une autre espèce. Si c’est entre deux espèces sauvages, ça passe inaperçu. En revanche, si c’est transmis à l’humain ou à une espèce domestique, ça va se voir. Or il y a de moins en moins d’animaux sauvages et de plus en plus d’humains, donc les maladies sont plus visibles.</p><p>Pour que la maladie devienne une épidémie, il faut qu’il y ait transmission, du virus, du champignon, ou de la bactérie, entre des individus de l’espèce atteinte, entre bovins par exemple. Les maladies infectieuses humaines sont pour 70 % des zoonoses, c’est à dire des maladies transmises de l’animal à l’homme.</p><p>La troisième phase, c’est la pandémie. Quand l’épidémie locale touche d’autres régions dans le monde. Nos modes de vies hyperconnectés, via les déplacements d’humains, d’animaux sauvages ou de produits animaux ou végétaux, favorisent les pandémies.</p><p><strong>Qu’est-ce qui explique l’accélération de ces épidémies ces dernières années ?</strong></p><p>Un des facteurs explicatif important est la dégradation de l’environnement, qui favorise les contacts entre espèces et défavorise les phénomène de régulation des maladies. On bouleverse tellement notre environnement qu’on augmente le risque de rompre les équilibres des écosytèmes. La déforestation est très connue pour bouleverser les équilibres des patho-systèmes, c’est à dire les relations entre l’hôte, le pathogène et éventuellement des espèces non cibles. Elle favorise par exemple, et en fonction des contextes, les émergences de cas de paludismes ou de maladie de Lyme.</p><p>Les maladies augmentent aussi parce que les humains et leurs animaux domestiques sont présents dans tous les milieux, y compris les moins explorés comme les forêts tropicales, les montagnes, les zones humides, les déserts. Soit on transporte nos propres virus dans un milieu sauvage, ce qui peut entraîner des mortalités animales, soit on se contamine avec des virus et des bactéries présents dans l’environnement, ce qui peut générer des mortalités humaines, par exemple Ebola, ou animales, la peste porcine africaine.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Pourquoi les élevages sont-ils particulièrement touchés ?</strong></p><p>L’élevage joue un rôle déterminant dans les dynamiques épidémiologiques d’émergence de nouvelles maladies. La domestication a transformé des espèces sauvages en espèces avec des caractéristiques et des modalités de vie qui sont parfois très éloignées de leurs conditions naturelles. Ça les rend vulnérables, plus sensibles. Elles développent moins de défenses immunitaires, moins de capacité à se protéger.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/comment-les-multinationales-font-main-basse-sur-la-reproduction-animale">Comment les multinationales font main basse sur la reproduction animale</a></aside><p>Sur le plan génétique, les animaux actuels sont issus de lignées relativement homogènes. Les conduites d’élevage ont aussi tendance à être identiques. Un virus ou une bactérie adapté à une génétique ou à un type d’élevage va pouvoir se propager rapidement d’élevage en élevage : il va être dans des conditions connues pour lui. La phase de contamination est donc beaucoup plus rapide. Les élevages sont des amplificateurs d’un certain nombre de pathogènes, dès lors qu’ils arrivent à y pénétrer. C’est pour cela que les mesures de biosécurité sont très importantes en élevage industriel.</p><p><strong>Un rapport de 2025 de l’Organisation mondiale de la santé animale cite justement <a href="https://www.woah.org/app/uploads/2025/05/la-situation-mondiale-de-la-sante-animale.pdf" class="spip_out" rel="external">l’intensification des échanges commerciaux</a> comme facteur influençant la propagation et la prévalence des maladies…</strong></p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Le système alimentaire mondialisé a augmenté la vulnérabilité des animaux »</p>
</aside><p>Ces échanges vont en effet permettre de transmettre plus facilement des pathogènes. Les animaux sont à la fois plus sensibles et mis dans des conditions de vie plus stressantes lorsqu’ils sont transportés par camions ou placés en allotement [regroupement d’animaux provenant de différents élevages en fonction de critères économiques, ndlr].</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/personnel-revolte-passagers-choques-veaux-vivants-transportes-bateau-Normandie-Manche-Brittany-Ferries">Personnel « révolté », passagers « choqués » : des veaux vivants transportés par bateau en Normandie</a></aside><p>Le stress, la promiscuité, parfois les mauvais traitements favorisent les infections : si un pathogène circule, les animaux vont plus facilement l’attraper, le développer et le transmettre. Le système alimentaire mondialisé a augmenté la vulnérabilité des animaux face à ces divers pathogènes.</p><p><strong>Quel est le rôle du changement climatique ?</strong></p><p>Le changement climatique modifie lui aussi les équilibres. Il peut notamment favoriser certains vecteurs comme les insectes, qui peuvent transmettre des bactéries ou des virus. Ces vecteurs peuvent bouger, coloniser d’autres régions et apporter avec eux leurs pathogènes. Il y a là un risque que ces pathogènes s’adaptent à leur nouvel environnement.</p><p><strong>Y a t-il un facteur qui joue un rôle plus important dans l’accélération des épidémies animales ?</strong></p><p>C’est la combinaison de tous les facteurs évoqués qui accélèrent les émergences et les rend plus probables : dégradation de l’environnement, élevages intensifs, animaux génétiquement identiques, sans accès à l’herbe et confinés en bâtiment... Si on ne travaille pas sur les facteurs d’émergence, les maladies vont se propager – y compris chez les humains.</p><p><strong>Qu’en est-il des travaux pour augmenter l’immunité globale des élevages ?</strong></p><p>Augmenter l’immunité globale de l’élevage pourrait aider à améliorer la lutte contre les maladies. Les vétérinaires y travaillent dans le cadre des infections parasitaires par exemple. Le niveau d’immunité des animaux peut augmenter lorsqu’on les confronte à des virus, bactéries, champignons ou parasites. Mais, il faut accepter qu’il y ait des infections et parfois des mortalités, avant que cette immunité ne se mette parfaitement en place. Et c’est long : cela peut prendre plusieurs générations.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Sommes-d-abattre-leurs-vaches-en-bonne-sante-pour-que-la-France-continue-d-exporter-tuberculose-bovine">Sommés d’abattre leurs vaches en bonne santé pour que la France continue d’exporter</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/900438cbe49c353732f235288c4f80-8657f.jpg?1764758472" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un homme debout, en combinaison de travail, verse un seau d'aliments à ses vaches au milieu d'un pré" /></aside><p>Malheureusement, aujourd’hui, la plupart des systèmes d’élevage ne peuvent pas prendre ce risque et aucun soutien public n’existe pour favoriser ce genre de processus. Dans certains cas, la circulation d’un pathogène peut aussi faire perdre le statut indemne du pays entier, ou d’une région, ce qui nuit aux échanges internationaux...</p><p>Sur le long terme, c’est une stratégie intéressante dans un objectif de prévention et de résilience, mais la plupart du temps, le contexte est celui de la crise. Dans ce cas, les autorités se voient contraintes de mettre en place des mesures de gestion pour éteindre la crise tout de suite, en particulier avec le recours à l’abattage total.</p><p><strong>Que pensez-vous des mesures d’abattage total ?</strong></p><p>En France, les autorités choisissent souvent cette voie car c’est une façon sûre et simple de stopper la progression d’une maladie. Mais évidemment, leur perspective est une perspective nationale, qui peut s’opposer à celle des éleveurs ou éleveuses d’un territoire.</p><p>Cette mesure découle d’une décision politique. Car derrière la maladie, en plus de la problématique de gestion de l’élevage lui même, il y a des problématiques commerciales.</p><p>En France, nous pouvons nous permettre l’abattage total, car nous sommes un pays riche, qui peut indemniser les éleveurs et éleveuses. Dans les pays d’Afrique confrontés aux mêmes maladies - tuberculose, fièvre aphteuse, grippe aviaire... - les animaux ne sont pas abattus, car sans aides publiques, ce serait mettre les élevages en trop grandes difficultés économiques. Par conséquent, ces élevages infectés subissent des mortalités et les mesures sanitaires consistent essentiellement à confiner, éliminer les animaux malades pour éviter la contamination des cheptels et des aliments, en stérilisant ou pasteurisant le lait par exemple.</p><p><strong>Les autorités françaises ont toutefois accepté de mener des expérimentations de <a href="https://agriculture.gouv.fr/prevention-des-maladies-animales-lexperimentation-sur-la-biosecurite-dans-les-elevages-de-plein-air" class="spip_out" rel="external">biosécurité adaptées dans des élevages de plein air</a>, pour trouver des mesures alternatives au confinement des animaux. Est-ce la preuve que les choses bougent ?</strong></p><p>Je salue cela car il faut qu’on trouve des modalités pour gérer différemment des épidémies, qui seront en augmentation dans le futur. Je pense aussi que ces modalités vont passer par une transformation de l’agriculture en augmentant l’immunité des animaux, en évitant d’avoir la même race partout dans le monde, en retrouvant une alimentation et des conditions de vie plus naturelles pour les animaux... Arrêter, en France, la course aux rendements, des animaux toujours plus productifs en toujours moins de temps, est un des points clé de la transformation d’un élevage intensif fragile vers un élevage extensif résilient.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Certaines recherches proposent d’arrêter de se focaliser sur le seul rendement »</p>
</aside><p>Peut-être que la clé serait de regarder dans quelles conditions on peut augmenter le revenu des éleveurs par la transition des systèmes d’élevages pour produire moins mais mieux, en terme de pratiques et de qualité des produits. Certaines recherches qui font le lien entre économie et biodiversité proposent comme mesure d’arrêter de se focaliser sur le seul rendement, qui peut être un indicateur très délétère. Car il est, paradoxalement, rarement corrélé à de meilleurs revenus, une meilleure qualité de vie et une plus grande satisfaction des éleveurs et éleveuses.</p><p>Ce changement d’indicateur n’a l’air de rien, mais il est essentiel, car il participerait d’un changement de vision de ce que nous demandons collectivement à nos filières de production : produire plus ou produire mieux ? Nourrir le monde à bas prix ou générer un revenu décent pour les producteurs ? Ces questions sont essentielles, elles poussent à réfléchir collectivement à l’élevage de demain.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Pourquoi-les-epidemies-animales-se-multiplient-degradation-environnement</link>
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      <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Loi contre la fraude sociale : « Une brique de plus dans le durcissement vis-à-vis des plus pauvres »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em> : Après son examen à l’Assemblée nationale, le projet de loi <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N52985" class="spip_out" rel="external">relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales</a> est soumis au vote des députés ce 7 avril. Votre association ATD Quart monde le critique. Pourquoi ?</strong></p><div class="spip_document_22732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="102" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/geoffroy_renimel.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c948010595 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp?1775235098 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp?1775323878 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg" width="960" height="960" alt="Portrait de Geoffroy Renimel" aria-describedby="by22732-b95a7710634953f80095cadd28ca3709" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22732-b95a7710634953f80095cadd28ca3709">Geoffrey Renimel, délégué national de l’association ATD Quart Monde de lutte contre la pauvreté.
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Geoffrey Renimel</strong> : Il faut déjà poser le contexte dans lequel s’inscrit cette loi. La pauvreté <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/07/07/la-pauvrete-et-les-inegalites-au-plus-haut-depuis-trente-ans_6619650_3224.html" class="spip_out" rel="external">est au plus haut en France</a> depuis 30 ans. 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. On a eu <a href="https://basta.media/comment-expliquer-la-hausse-des-expulsions-locatives" class="spip_in">plus 30 000 expulsions locatives en 2025</a>, une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente…</p><p>Pour nous, cette loi est une brique de plus dans un durcissement vis-à-vis des plus pauvres, en cours depuis des années. Et c’est aussi la concrétisation des discours sur l’assistanat qui ont prospéré et qui, maintenant, se traduisent dans des lois.</p><p>Dans cette loi « contre les fraudes sociales et fiscales », le volet contre la fraude sociale est disproportionné par rapport à celui qui concerne la fraude fiscale. Pourtant, la fraude sociale est sans commune mesure avec la fraude fiscale en termes de montants.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/loi-contre-la-fraude-fiscale-et-sociale-haro-sur-les-chomeurs-les-allocataires">Loi contre la fraude fiscale et sociale : haro sur les chômeurs, les allocataires du RSA et des minimas sociaux</a></aside><p>La fraude sociale, c’est 14 milliards d’euros annuels, dont 4 milliards de fraudes aux prestations sociales. Dans le débat public, il y a souvent cette idée fausse que la fraude sociale, c’est la fraude aux prestations sociales, la fraude des allocataires, avec un regard très dur sur les allocataires notamment de minima sociaux. Quand on regarde de plus près, au final, la fraude des allocataires, c’est peu.</p><p><strong>La plus grande partie concerne la fraude des entreprises sur les cotisations sociales ?</strong></p><p>Exactement. Et la fraude fiscale est estimée entre 80 et 120 milliards d’euros par an. Ce qui est assez insupportable dans le débat public, c’est qu’il y a une mise en équivalence entre la fraude sociale et la fraude fiscale, alors que les proportions ne sont pas du tout les mêmes. Toutes les fraudes sont condamnables, mais il faut regarder la réalité, et mesurer les conséquences sociales de ce volet tout répressif à l’encontre des allocataires.</p><p><strong>Quelles sont les mesures de ce projet de loi les plus contestables selon vous, dans la version finale présentée à l’Assemblée nationale ?</strong></p><p>Nous avons des inquiétudes sur <a href="https://projetarcadie.com/fraudes-projet-poches-precaires/" class="spip_out" rel="external">les échanges de données personnelles</a> des allocataires entre les administrations, pour le traitement algorithmique de détection des fraudes. L’envers du décor, c’est qu’à un moment, les interlocuteurs des allocataires ne savent même plus expliquer comment la décision a été prise.</p><p>Il faut des agents de service public qui peuvent comprendre la complexité des situations. Quand il y a sanctions, des gens se retrouvent sans ressources. Ce n’est pas une décision à prendre à légère, et encore moins à laisser prendre par un algorithme.</p><p>Il y a aussi des mesures sur le durcissement des sanctions. Or, des sanctions existent déjà. Pour nous, ajouter de la sanction supplémentaire, ce n’est pas la solution. Le Conseil national de lutte contre les exclusions <a href="https://solidarites.gouv.fr/avis-du-cnle-sur-la-loi-pour-le-plein-emploi-pour-une-securisation-des-droits-et-des-ressources-des-allocataires-du-rsa" class="spip_out" rel="external">a lui-même souligné</a> que, vis-à-vis des personnes les plus pauvres, la sanction était inefficace.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le député du Rassemblement national David Magnier <a href="https://www.humanite.fr/politique/assemblee-nationale/projet-de-loi-anti-fraude-un-amendement-anti-pauvres-du-rn-adopte-avec-la-complicite-de-la-droite-et-de-la-macronie" class="spip_out" rel="external">a fait voter un amendement</a> qui prévoit d’augmenter les pénalités et impose des amendes plancher qui correspondent au triple des montants indûment perçus. En cas de récidive, ça peut aller jusqu’à cinq fois le montant concerné. Pour des gens qui sont en situation de pauvreté, clairement, c’est disproportionné. Au bout de la troisième infraction, les droits sociaux sont suspendus. Ça veut dire que les gens se retrouvent vraiment sans rien.</p><p>Par ailleurs, un article de la loi, l’article 28, prévoit qu’une simple suspicion de fraude, fondée sur des « indices sérieux », peut entraîner la suspension des allocations pendant trois mois, sur décision administrative. En gros, c’est France Travail qui peut, sur la base d’indices, suspendre à titre conservatoire le versement des allocations chômage. Qu’est-ce qu’un « indice sérieux » ? Ce n’est pas précisé.</p><p><strong>Quel a été le rôle du RN dans le durcissement du projet ?</strong></p><p>Le projet était déjà assez dur à l’origine puis après les discussions au Sénat, et déjà très disproportionné entre fraude sociale et fraude fiscale au niveau des mesures consacrées à l’une et à l’autre. Le Rassemblement national a pesé pour augmenter les sanctions contre les allocataires. C’est ce qui est porté par ce parti depuis longtemps : durcir les contrôles, avec un regard très sévère sur les plus précaires.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/un-robin-des-bois-a-l-envers-le-rn-prend-aux-pauvres-pour-donner-aux-riches">Un Robin des bois à l’envers : le RN prend aux pauvres pour donner aux riches</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/dead1832bc95d48ebcd228cdfe642e-2655d.png?1751389662" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Visuel avec Le Pen et Bardella : &quot;Taxer un peu plus les très très hauts revenus?&quot;, &quot;Heu... on n'a pas d'avis&quot;" /></aside><p><strong>Cela fait déjà des années que des nouvelles mesures viennent toujours plus sanctionner les allocataires de minima sociaux ?</strong></p><p>Il y a eu la <a href="https://basta.media/Reforme-RSA-intensification-sanctions-attaquee-devant-Conseil-Etat" class="spip_in">loi plein emploi de 2023</a>, qui prévoyait plus de sanctions sur le RSA, avec suspension de l’allocation pendant des périodes pouvant aller jusqu’à quatre mois. Si quelqu’un ne se présente pas à un rendez-vous, l’allocation peut être coupé. On a vu des situations comme cela.</p><p>Je pense aussi à la loi Kasbarian, qui a facilité les expulsions locatives. C’était une loi dite « anti-squat », mais en fait, les situations de squat identifiées sont marginales. La lame de fond derrière, c’est que cela facilite les expulsions locatives. Et c’est ce qui s’est passé, elles ont beaucoup augmenté. Après, il y a aussi eu des mesures prises pour soutenir les plus pauvres ces dernières années. Mais ça a toujours été des primes ponctuelles, comme au moment du Covid.</p><p>La prochaine étape, ce sera l’allocation sociale unifiée, <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/240326/les-dessous-inquietants-de-la-future-allocation-de-solidarite-unifiee-annoncee-comme-indolore" class="spip_out" rel="external">fusionnant RSA, prime d’activité et aides au logement</a>. Nous sommes très inquiets sur le sujet.</p><p>Nous avions mis comme ligne rouge qu’il n’y ait pas les APL dans cette allocation. Car les APL, c’est une politique du logement et pas une politique de minima sociaux. Ce n’est pas la même finalité. Mais elles sont finalement incluses. Et dans l’ébauche de loi qu’on a pu consulter, il est indiqué que tous les paramètres seront décidés par décrets, pas par le Parlement. Donc, les parlementaires risquent de voter sur quelque chose sans connaître les conséquences réelles. C’est une réforme d’ampleur. Elle est présentée comme une réforme technique, mais est au final très politique.</p><p><strong>Certains départements font du zèle sur le contrôle des allocataires du RSA, [comme le Finistère-10450]. C’est un phénomène général ?</strong></p><p>Pour nous, cela montre que la loi est mal fichue, parce qu’elle ouvre la porte à des applications différenciées entre les départements. Ce qui se passe dans le Finistère a été fortement médiatisé, mais il y a d’autres exemples dans le Nord par exemple. Nous sommes en train de collecter des données sur les différentes situations.</p><p><strong>Les politiques qui défendent le durcissement des sanctions sur les minima sociaux le légitime souvent en disant qu’il faut pousser les gens à sortir de la dépendance aux allocations. Que pensez-vous de ce discours ?</strong></p><p>L’accompagnement vers le travail, c’est très bien. Mais les moyens ne sont pas mis sur l’accompagnement, ils sont mis sur le contrôle. Et ce discours sur les gens qui se complairaient dans les minima sociaux, c’est complètement faux.</p><p>La première chose que les gens nous disent, c’est « je ne vis pas, je survis ». Il y a évidemment une aspiration à une vie meilleure qui passe par l’envie d’une réalisation professionnelle. Sauf que la réalité, c’est que les gens, quand ils font une formation, deux formations, trois formations avec France Travail et que ça n’aboutit pas sur du boulot, ils se découragent aussi.</p><p>Et il faut aussi souligner que les taux de non recours aux aides est très élevé. Beaucoup de gens ont droit à certaines prestations mais ne les demandent pas. Pour le RSA, par exemple, c’est à peu près 33 % de non recours. Sur d’autres prestations, ça peut monter à 50 %, comme sur le minimum vieillesse.</p><p><strong>Comment l’expliquez-vous ?</strong></p><p>Il y a des études sur ce phénomène du non recours. Parmi les raisons mises en avant, il y a le manque d’information, la complexité des démarches, et le numérique. Et aussi la crainte de ne pas bien faire les choses et qu’il y ait des indus, ainsi que la peur d’être stigmatisé, surtout pour le RSA.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Sentiment-d-etre-mise-a-nue-dans-le-finistere-une-paysanne-renonce-RSA-pour-preserver-sa-sante-mentale">« J’ai eu le sentiment d’être mise à nu » : dans le Finistère, une paysanne renonce à son RSA pour préserver sa santé mentale</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1f91e9bfb746550fc41321dd27912b-f2f1c.jpg?1774947957" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une femme portant une petite chèvre dans ses bras." /></aside><p>Être au RSA, ce n’est pas facile à vivre, alors que c’est un minimum social qui est fait pour vous soutenir quand on n’a aucune ressource. Ce n’est pas une honte. Notre société devrait plutôt se demander : quand il y a des gens qui sont dans cette situation, que fait-on pour les soutenir, les accompagner vers un travail, vers une formation qualifiante.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La Hongrie, et l'Europe, pourront-elles enfin se débarrasser de Viktor Orbán ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Après 16 ans au pouvoir à verrouiller les institutions et à museler les voix dissidentes, à l’issue du vote du 12 avril, Viktor Orbán pourrait perdre son poste de Premier ministre de la Hongrie. C’est du moins ce que montrent les sondages, qui placent en tête le parti d’opposition, de centre-droit, « Respect et liberté », « Tisza » en hongrois, qui pourrait obtenir une majorité à l’assemblée nationale hongroise. <a href="https://444.hu/2026/04/01/21-kutatokozpont-nyilik-az-ollo-a-tisza-es-a-fidesz-kozott-magyarek-a-ketharmad-hataran" class="spip_out" rel="external">Dans la dernière ligne droite</a> avant le scrutin législatif, <em>« l’écart entre Tisza et Fidesz s’est creusé »</em>, analyse le média hongrois <em>*444*</em>.</p><p>Mais Orbán ne compte pas abandonner le pouvoir si facilement. La campagne électorale a été entachée de manipulations. Fin mars, un scandale surnommé « Orbángate » a éclaté après <a href="https://taz.de/Aufregung-in-Ungarn-um-Orban-Gate/!6166731/" class="spip_out" rel="external">les révélations d’un ancien policier</a>, Bence Szabó. <em>« Szabó affirme avoir trouvé des preuves que les services de renseignement intérieurs hongrois ont tenté d’infiltrer les systèmes informatiques du parti d’opposition Tisza, dirigé par Péter Magyar »</em>, rapporte le journal allemand <em>*Taz*</em>. L’homme affirme que cet ordre <em>« ne pouvait provenir que d’un haut responsable du gouvernement Orbán actuel ».</em></p><h2 class="spip" id="Destruction-des-services-publics-et-fraude-electorale">Destruction des services publics et fraude électorale</h2><p>Au-delà de ces manigances, depuis 2010, le chef du gouvernement hongrois a participé à la destruction des services publics du pays, dénonce <em>*Direkt36*</em>. <a href="https://www.direkt36.hu/en/bezart-korhazi-ajtok-rejtik-el-a-magyar-egeszsegugy-erosodo-valsagat/" class="spip_out" rel="external">L’état actuel des hôpitaux</a>, par exemple, reflète <em>« de graves problèmes dans le secteur de la santé »</em>, écrit le médis hongrois. Des services hospitaliers entiers ferment faute de personnel soignant qualifié, alors même que le nombre de patients ne diminue pas.</p><p>Un documentaire du média, <a href="https://www.direkt36.hu/en/itt-az-elozetes-a-csapda-cimu-uj-direkt36-filmhez/" class="spip_out" rel="external">appelé « Le Piège »</a>, parle justement du sort <em>« des services publics qui ont un impact fondamental sur la vie des gens lorsque la priorité du gouvernement n’est pas de les développer mais d’étendre le pouvoir économique »</em> des proches du Premier ministre.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Un-soutien-de-Moscou-comme-de-Washington">Un soutien de Moscou comme de Washington</h2><p>En dehors de la Hongrie aussi, les réseaux de soutien à Viktor Orbán sont puissants. L’extrême droite européenne, d’abord, mais aussi les milieux du pouvoir aux États-Unis et en Russie. Le Kremlin a trouvé en Orbán un allié au sein de l’Union européenne. Le gouvernement hongrois, main dans la main avec la Russie, a œuvré pour <em>« retirer de la liste européenne des oligarques, entreprises et banques russes faisant l’objet de sanctions »</em>, <a href="https://vsquare.org/kremlin-hotline-hungary-colluded-with-russia-to-delist-sanctioned-oligarchs-companies-and-banks/" class="spip_out" rel="external">a révélé <em>*Vsquare*</em></a>.</p><p><em>« Il est rare que des élections en Europe centrale et orientale suscitent un tel intérêt à l’échelle mondiale, ou donnent lieu à une campagne dans laquelle des camps politiques américain et russe se rangent ouvertement derrière le même candidat »</em>, remarque <em>*The Guardian*</em>. Mais cela pourrait jouer en défaveur de l’actuel Premier ministre, <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/mar/31/viktor-orban-us-russian-support-hungary-iran-war-voters" class="spip_out" rel="external">écrit le quotidien britannique</a> : <em>« Le soutien étranger peut être une arme à double tranchant. S’il peut renforcer l’image d’Orbán en tant qu’acteur mondial, il risque aussi d’aliéner les électeurs qui se méfient des ingérences extérieures. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/la-hongrie-et-l-europe-pourrait-elle-enfin-se-debarrasser-de-viktor-orban</link>
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      <pubDate>Mon, 06 Apr 2026 08:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Violences policières : Islam, schizophrène, violenté lors d'une perquisition]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10459 c-content_text texte surlignable"><p>Le matin du 17 mars 2026, des policiers perquisitionnent la maison d’une famille à Ivry-sur-Seine. Mais l’opération policière tourne à la violence. L’aîné, Islam, âgé de 24 ans et atteint d’un handicap mental, aurait été frappé et tasé à plusieurs reprises alors qu’il dormait. Basta! est allé à la rencontre de la famille</p></div><div><p class="c-cartouche-publication mb-1">, modifié <time datetime="2026-04-03T08:35:40Z">le 3 avril 2026 à 10h35</time></p>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/handicap">Handicap</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/discriminations">Discriminations</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=violences-policieres-islam-handicape-violente-lors-d-une-perquisition?var_fav=article-10459" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 17:55:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Violences policières : Islam, handicapé, violenté lors d'une perquisition]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10459 c-content_text texte surlignable"><p>Le matin du 17 mars 2026, des policiers perquisitionnent la maison d’une famille à Ivry-sur-Seine. Mais l’opération policière tourne à la violence. L’aîné, Islam, âgé de 24 ans et atteint d’un handicap mental, aurait été frappé et tasé à plusieurs reprises alors qu’il dormait. Basta! est allé à la rencontre de la famille</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/handicap">Handicap</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/discriminations">Discriminations</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=violences-policieres-islam-handicape-et-violente-lors-d-une-perquisition?var_fav=article-10459" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 17:55:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Un jeune tabassé par la police lors d'une perquisition infructueuse à Ivry]]></title>
      <description><![CDATA[<p>De sa chambre, Islam revient les mains pleines de figurines de voitures, au milieu desquelles s’est glissé un Spider-Man. Il s’assied en tailleur sur le tapis moelleux du salon familial pour y faire rouler Flash McQueen, la célèbre voiture rouge parlante du film <em>Cars</em>. Ce jeune homme de 24 ans, atteint de schizophrénie et reconnu handicapé à 80 % par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées), est un grand fan de ce dessin animé, dont il connaît les répliques par cœur. Les voitures sont l’une de ses passions, surtout celles des pompiers et des policiers : <em>« Il a toujours aimé la police : plus jeune, il imitait souvent le bruit de leurs sirènes »</em>, se souvient Ali, l’un des membres de sa famille. <em>« Maintenant, tout est différent. »</em></p><p>Depuis une semaine, Islam répète en boucle qu’il a <em>« peur que la police revienne »</em>. Mardi 17 mars, peu avant 7 h 30, une vingtaine d’agents de police forcent au bélier l’entrée de la maison occupée sur trois étages par sa famille, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Islam dort encore. C’est seulement vers 9 heures qu’un véhicule de l’association qui le prend en charge doit le récupérer en bas de chez lui pour l’emmener jusqu’à son accueil de jour, où il a trouvé une place après son parcours dans un IME (institut médico-éducatif).</p><div class="spip_document_22720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="289" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c246379458 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775142440 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775127074 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775146504 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775150264 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775145718 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775146547 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775142801 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775142684 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775150265 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775148745 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775146797 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775144706 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775150265 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775126457 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775142392" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22720-401397164c36d83dd65bdce8460fe86b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775147785 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775150266 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775142392 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22720-401397164c36d83dd65bdce8460fe86b">Islam, un jeune homme de 24 ans atteint de schizophrénie et porteur d’un handicap, a été violemment frappé lors d’une intervention policière dans la maison familiale, le 17 mars. Il a subi des blessures à l’oreille, à la main, sur le visage et d’autres parties du corps.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>En entendant le fracas, sa mère Eliza, puis ses deux petits frères Bilal et Imam, 19 et 22 ans, se dirigent vers la porte d’entrée, où ils se présentent aux forces de l’ordre. Les agents sont armés, cagoulés pour certains, arborant des boucliers. Les deux frères sont menottés et descendus dans la cour intérieure du bâtiment, suivis par leur mère qui demande en vain des explications.</p><h2 class="spip" id="Reveille-par-un-coup-de-Taser">Réveillé par un coup de Taser</h2><p>Là-haut, dans l’appartement, demeurent au moins six agents, selon les témoignages de la famille. Le salon, habituellement minutieusement rangé, avec ses vases sur le meuble de télévision, son bouquet de roses bleues et rouges et sa généreuse corbeille de fruits sur la table à manger, est mis sens dessus dessous par la perquisition.</p><p>Au bout du couloir principal, la chambre d’Islam : il est réveillé par quatre agents, qui lui donnent un premier coup de Taser. Au moins l’un d’entre eux – qu’il décrit comme <em>« grand et métisse »</em> –, le frappe dans la foulée.</p><div class="spip_document_22721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="223" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2002686402 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775142440 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775127077 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775144856 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775147303 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775152643 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775146603 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775142801 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775142683 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775150604 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775146156 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775147460 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775150012 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775146520 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775126459 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775142392" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22721-4d3e7d1e707c103139a132374435909b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775150109 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775143852 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775142392 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22721-4d3e7d1e707c103139a132374435909b">Bilal, le jeune frère d’Islam, montre l’aiguille et les fils du pistolet à impulsion électrique (Taser) qui ont atteint son aîné lors de l’intervention policière survenue à leur domicile d’Ivry-sur-Seine.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« J’étais en train de dormir, d’un coup ils sont venus, un monsieur m’a tapé. Il m’a déchiré la bouche. Il m’a déchiré aussi l’oreille, avec un coup de crosse ou de matraque. Tu vois, ici »</em>, montre-t-il. Plusieurs points de suture referment les plaies noircies de son oreille et de sa lèvre. <em>« Ils m’ont tapé. Viens voir ici, il y a des taches de sang »</em>, nous guide-t-il jusqu’à la porte d’entrée de sa chambre. Là, sur l’encadrement de la porte, apparaissent des traces de sang séché. Le t-shirt et le jogging gris qu’il portait pour dormir en sont encore maculés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Du-sang-partout">« Du sang partout »</h2><p>Effrayé, Islam n’a qu’un réflexe : <em>« Je voulais ma mère. »</em> Eliza se souvient encore des cris de son fils : <em>« Il hurlait “maman, maman, maman !” »</em>, raconte cette femme de 46 ans, d’une voix très douce, nouée par l’envie de pleurer. Elle affirme avoir répété <em>« c’est mon fils, il est handicapé ! »</em> sans avoir été écoutée ni autorisée à aller voir. Les cris d’Islam parviennent aussi à ses deux frères, depuis la fenêtre de la salle de bains, qui donne sur la cour intérieure où ils sont retenus, menottés.</p><p>C’est dans cette salle de bains, attenante à la chambre, qu’Islam est en effet traîné après avoir essayé de sortir de sa chambre. Et de nouveau frappé. <em>« Il y avait du sang partout dans la salle de bains. Puis, ils l’ont forcé à s’essuyer le visage. Après, il a couru, ils l’ont plaqué au sol, juste là »</em>, désigne Bilal en montrant le couloir principal qui mène vers l’entrée. Le calvaire d’Islam ne s’arrête pas là : maintenu au sol contre la moquette du couloir, le jeune homme dit avoir subi un étranglement, et de nouveaux coups de Taser.</p><div class="spip_document_22722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c245469616 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775127082 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775164666 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775156524 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775146094 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775146698 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775142806 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775142723 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775147202 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775148765 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775143737 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775149066 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775146385 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775126461 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775142381" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22722-19641763423ee4185b65d087acb61a13" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775144468 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775146755 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775142381 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22722-19641763423ee4185b65d087acb61a13">Billal montre les vêtements qu’Islam portait ce jour-là, sur lesquels sont visibles des traces de sang.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Au total, <em>« ils m’ont mis quatre coups de Taser »</em>, répète-t-il en boucle, en montrant sa cuisse gauche, puis sa main gauche, qui porte encore, dix jours après, la marque de la décharge électrique. La famille a conservé un aiguillon de Taser oublié sur place par la police, taché de sang. Les photos prises le jour même confirment des blessures au visage, au dos, à la cuisse, au poignet et à la main.</p><h2 class="spip" id="Des-petites-soeurs-temoins-impuissantes">Des petites sœurs témoins impuissantes</h2><p>La scène a aussi des témoins directs : les quatre petites sœurs d’Islam, âgées de 9 à 18 ans. Leur chambre donne sur ce couloir, et fait face à la salle de bains. Réveillées par des agents qui <em>« essaient de casser la porte, j’ouvre et je dis : “Entrez, c’est une chambre.” À peine la porte ouverte, un monsieur avec un pistolet a dit : “Mettez-vous à terre !” avec son pistolet vers nous »</em>, raconte Lezina, la plus grande. Les quatre sœurs se regroupent, assises sur le lit central, surveillées par deux agents, interdites de toucher à leurs téléphones.</p><p>Mais la porte reste grande ouverte et les sœurs voient soudain leur frère, <em>« la bouche en sang, poussé dans le couloir »</em> par d’autres policiers. <em>« Après ça, ils l’ont tasé »</em>, chuchote Tanzila, 9 ans, en jouant du bout des doigts avec une peluche rose accrochée à son collier pailleté. <em>« Le problème, c’est que je sais pas pourquoi ils ont frappé mon frère handicapé. Moi, si j’étais à leur place, si j’étais policier, j’aurais vu sa tête, je l’aurais laissé »</em>, souffle-t-elle. Ses sœurs protestent d’ailleurs en choeur : <em>« On a crié : “Il est handicapé !” »</em> explique Samira, 16 ans. <em>« Un policier qui nous surveillait a dit : “Ah, c’est lui le schizophrène ?”, il l’a répété à son collègue dans le couloir, qui a dit : “Ah, c’est lui ? Ah, trop tard, je l’ai déjà tasé." »</em></p><div class="spip_document_22723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="234" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c683938542 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775127981 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775144298 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775154983 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775160117 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775146783 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775142850 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775142773 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775144481 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775150854 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775146229 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775144358 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775155403 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775127149 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775142573" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22723-ac7a059483be30d49e74553c3b965920" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775146142 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775145755 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775142573 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22723-ac7a059483be30d49e74553c3b965920">La plus jeune sœur d’Islam a 9 ans. Le 17 mars, elle était en train de se réveiller dans la « chambre des filles » quand les policiers sont entrés. Elle a été témoin des violences perpétrées sur son frère.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Islam est ensuite descendu, menotté, aux côtés de ses frères. Dans l’escalier, il assure que les agents lui ont donné de nouveaux coups et ont cogné sa tête contre les murs. <em>« Je l’ai vu arriver en sang, oreille arrachée, visage défiguré</em>, se souvient Imam, le troisième frère. <em>J’ai demandé tout de suite : “Qui a fait ça ?” Le grand métis m’a regardé et m’a dit : “Tu vas faire quoi sinon ?” Un autre m’a dit : “Ça fait 35 ans qu’on fait ce métier”. Je lui ai répondu : “Nous ça fait 15 ans qu’on vit là, on a jamais eu de problèmes, c’est la première fois qu’on vit ça.” »</em></p><p>Six points de suture seront nécessaires pour recoudre l’oreille droite d’Islam, trois pour sa lèvre, indiquent ses certificats médicaux. Sur la cuisse gauche et les pommettes, les certificats mentionnent des érythèmes (rougeurs cutanées), ainsi qu’une inflammation au niveau de la mâchoire. Islam est dispensé de scolarité pendant cinq jours.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/violences-policieres-peut-on-mourir-d-un-controle-de-police">Violences policières : Peut-on mourir d’un contrôle de police ?</a></aside><h2 class="spip" id="Abdelaziz-14-ans-lt-lt-J-avais-peur-qu-il-tire-sur-ma-maman">Abdelaziz, 14 ans : « J’avais peur qu’il tire sur ma maman »</h2><p>Pourquoi les policiers ont-ils débarqué en force dans cette maison ? Ce jour-là, selon nos informations, les policiers sont à la recherche d’un cousin de la famille, mineur, domicilié dans le département voisin, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et impliqué dans une affaire judiciaire pour laquelle une personne aurait été écrouée dans les jours qui ont suivi.</p><p><em>« Généralement, quand on déploie une opération d’une telle envergure, on sait que la personne recherchée est là. Il y a son téléphone qui borne précisément ici, ou toute autre preuve de présence. C’est rare de se tromper à ce point. Cette opération policière est catastrophique »</em>, commente l’avocate de la famille, Camille Vannier. Les quatorze membres de la famille d’Islam présents ce jour-là, dont aucun n’est poursuivi en lien avec cette affaire, ont tous indiqué qu’aucune explication ne leur a été donnée.</p><div class="spip_document_22724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="182" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c6663836 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775127987 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775153775 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775145787 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775147551 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775146902 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775144540 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775142834 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775154722 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775159252 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775146522 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775144603 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775146184 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775127153 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775142573" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22724-ca880d745b0fab13892b1bb017cebfd3" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775151092 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775149011 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775142573 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22724-ca880d745b0fab13892b1bb017cebfd3">Imam tient dans ses bras sa petite cousine de huit mois, dont le père a été plaqué à terre et menotté pendant l’intervention et la mère repoussée dans une chambre.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Au rez-de-chaussée vivent Laetitia, son mari Ali et son beau-frère Youssouf : ce sont les premiers à voir les agents débarquer. Youssouf dit avoir été réveillé par <em>« une claque au visage »</em> et menotté avant même d’avoir pu décliner son identité, qui n’était à l’évidence pas celle du mineur recherché. <em>« Les policiers sont entrés armés, j’ai eu peur pour ma fille de 8 mois qui dormait dans notre chambre. Ils étaient là, juste à côté d’elle avec leurs armes »</em>, raconte Laetitia, repoussée dans une chambre à part tandis que son mari Ali était mis à terre et menotté. <em>« Je les ai suppliés de me laisser auprès de ma fille, je leur ai dit qu’elle n’avait que 8 mois, ils n’en n’avaient rien à faire. »</em></p><p>À l’étage supérieur vit Khava, la tante d’Islam, avec ses deux fils. Cette femme souriante, aux fines lunettes rectangulaires, parle à peine quelques mots de français. Quand les agents pénètrent à l’intérieur de son domicile avec leurs armes et lui ordonnent de se mettre à terre, elle lève les mains, mais ne comprend pas. Abdelaziz, son garçon de 14 ans, arrive inquiet derrière elle. En voyant le policier braquer son arme sur sa mère qui ne comprend pas l’ordre, une seule pensée traverse le garçon : <em>« j’avais peur qu’il tire sur ma maman. »</em> D’une voix à peine audible, les yeux baissés, cet adolescent au visage poupin raconte avoir été à son tour forcé de s’allonger par terre, une arme pointée sur lui. Le tout dure deux ou trois longues minutes, selon le fils et sa mère. <em>« J’avais surtout peur pour ma maman, et pour mon cousin à l’étage »</em>, raconte Abdelaziz, qui dit avoir lui aussi prévenu les policiers du handicap d’Islam.</p><div class="spip_document_22725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="150" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1005348508 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775127995 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775145508 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775145835 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775146384 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775146993 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775144635 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775142880 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775146658 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775148611 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775144297 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775153357 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775147232 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775127155 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775142569" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22725-9364a68aa97fe1bfa2ac27eaad0c52f6" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775144602 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775147972 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775142569 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22725-9364a68aa97fe1bfa2ac27eaad0c52f6">Le cousin d’Islam a 14 ans. Il était présent lors de l’intervention de police et a eu peur pour sa mère, qui ne parle pas français.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Plainte-pour-violences-volontaires-avec-facteurs-aggravants">Plainte pour violences volontaires, avec facteurs aggravants</h2><p>Une plainte contre X a été déposée le 25 mars auprès du parquet de Créteil pour « violences volontaires, aggravées par le fait qu’elles ont été commises en réunion, avec usage d’armes, sur une personne vulnérable, par plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ».</p><p>Aucun motif de perquisition ne peut justifier de tels comportements, insiste l’avocate Camille Vannier. <em>« Quel que soit le cadre légal de cette intervention, des violences de cette nature sont toujours inacceptables. Même s’il s’était agi de la personne recherchée, il s’agit là de violences volontaires, pas de légitime défense. En l’occurrence, dans le cas d’Islam, c’est de la sauvagerie à l’encontre d’un jeune homme particulièrement vulnérable, dont nul ne pouvait ignorer l’état. »</em></p><div class="spip_document_22726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="101" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c891105802 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775128001 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775144029 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775149861 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775156588 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775147057 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775144703 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775142924 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775163022 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775145188 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775148296 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775143794 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775155518 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775127156 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775142037" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22726-58e77bacfa50d275c1fbf577a8622ba6" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775202722 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775144173 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775142037 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22726-58e77bacfa50d275c1fbf577a8622ba6">La maison où réside la famille, à Ivry-sur-Seine, à proximité de la gare du RER C.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Car, à plusieurs reprises, avant même les violences, des membres de la famille ont alerté sur le handicap d’Islam. Aux deux étages inférieurs, dans lesquels les agents ont pénétré en premier, au moins deux disent les avoir prévenus. Puis Eliza, la mère d’Islam, affirme les avoir informés d’emblée – <em>« j’ai un fils handicapé en train de dormir »</em> – lorsque les agents sont montés à sa porte. Elle dit avoir montré la carte d’invalidité d’Islam, mais avoir été poussée à ce moment-là par les agents pour rentrer dans le domicile et menotter ses deux premiers fils.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Tue-par-la-police-Babacar-Gueye-violences-policieres-legitime-defense-enquete-reconstitution">« Les policiers auraient pu le désarmer s’ils l’avaient voulu » : retour sur la mort de Babacar Gueye</a></aside><p>Dès que ceux-ci ont été amenés en bas, <em>« on a prévenu nous aussi : “Attention, on a un frère handicapé là-haut !”</em> raconte Bilal. <em>J’ai même entendu un agent dans le couloir crier : “Les gars, il y a un handicapé” pour que ses collègues à l’étage entendent »</em>, rapporte-t-il. <em>« Ensuite, j’ai entendu mes sœurs crier, puis mon frère hurler. Je ne l’avais jamais entendu crier comme ça. »</em></p><p>Sollicités, la préfecture de police, le ministère de l’Intérieur et le parquet de Créteil n’ont, pour l’heure, pas répondu aux questions de <em>Basta!</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Il-est-tombe-dans-l-escalier-la-version-alternative">« Il est tombé dans l’escalier » : la version alternative</h2><p>En plus de la plainte concernant Islam, l’avocate a également saisi le Défenseur des droits au sujet des <em>« manquements déontologiques périphériques à ce déferlement de violences sur la personne d’Islam »</em>. La saisine mentionne <em>« des termes déplacés et des violences sur certains des membres de la famille, alors même que l’opération d’ampleur s’est avérée être une erreur »</em>. De fait, les forces de l’ordre ont appelé les pompiers pour qu’ils prennent en charge Islam, puis sont parties, sans emmener personne.</p><p>À l’hôpital, alors qu’Eliza se tient à ses côtés, le pompier explique à la médecin des urgences qu’Islam <em>« est tombé dans l’escalier »</em>. La mère de famille intervient, scandalisée, pour mentionner les violences. Contactés, les pompiers n’ont pas donné suite à nos demandes de précisions sur ces faits. Eliza, elle, reste très marquée par les événements. <em>« Patiente venue pour choc émotionnel suite à une erreur de la police ce matin vers 7 heures avec son fils qui a été frappé [...]. Elle a des marques de sang sur sa robe et son voile, qui seraient à son fils. Elle est arrivée avec des pleurs, angoisse à la poitrine »</em>, note son certificat médical émis le jour même.</p><div class="spip_document_22727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="181" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2413848468 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775128006 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775153343 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775148370 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775146390 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775146034 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775144848 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775143007 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775144848 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775153392 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775150532 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775146593 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775149529 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775127165 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775142448" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22727-8558114986000a23e6f91478b25c1e2d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775144015 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775148138 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775142448 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22727-8558114986000a23e6f91478b25c1e2d">Eliza, la mère d’Islam, dans la cuisine de la maison de trois étages occupée par la famille. Celle-ci a porté plainte après les violences commises par les agents.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« Je ne savais pas qui appeler pour m’aider. La police ? »</em> se désespère Eliza. La mère de famille parvient à joindre leur ancien travailleur social, devenu un ami, qui l’aide à constituer un dossier avec l’avocate Camille Vannier. En posant sa main sur son cœur, la mère de famille lâche : <em>« Si, en France, il y a des lois solides, alors, que ces quatre-là soient punis d’avoir frappé mon fils. Je ne trouverai la paix qu’à ce moment-là. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-traumatismes-de-la-guerre-en-Tchetchenie-ravives">Les traumatismes de la guerre en Tchétchénie ravivés</h2><p>À celle qui assume seule la charge de ses enfants, avec un salaire de femme de chambre dans un hôtel parisien, la médecin de l’hôpital prescrit quinze jours d’arrêt de travail. Mais aussi quinze jours de Xanax et un suivi par une psychologue. Car l’intervention a ravivé d’anciens traumatismes. <em>« J’ai fui la guerre en Tchétchénie, les soldats russes »</em>, raconte Eliza, qui subissait à cette époque de violentes intrusions à son domicile. Aux agents français, elle a dit : <em>« Vous êtes comme les soldats russes ! Ça, ce n’est pas la police... Rentrez calmement, expliquez-nous… Respectez les femmes, respectez les enfants ! Ils ne m’ont fait aucune excuse en partant. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/fatou-dieng-face-aux-violences-policieres-ne-rien-faire-etait-impossible">Fatou Dieng : face aux violences policières, « ne rien faire était impossible »</a></aside><p>Depuis son arrivée en France en 2010, Eliza avait réussi à se sentir en sécurité chez elle. Chaque soir, elle enlevait son voile et revêtait un pyjama. Mais, depuis le 17 mars, <em>« je n’arrive plus à dormir en pyjama</em>, confie-t-elle. <em>J’ai peur d’être surprise en pleine nuit. Je dors tout habillée, sur le canapé, comme ça »</em>, explique-t-elle en se recroquevillant sur un coin du sofa, les deux bras serrés autour d’un coussin.</p><p>Islam, lui, nous répète qu’il a <em>« mal au coeur »</em>, qu’il a lui aussi peur que les policiers reviennent en pleine nuit. Bilal a installé un matelas près de son lit afin de rassurer son grand frère et qu’il puisse dormir. <em>« La dernière fois, vers 3 heures du matin, il se posait des questions tout seul dans le noir : "pourquoi ils m’ont tapé", "c’est pas moi", "j’ai rien fait". Des fois, en pleine nuit, il vient près de moi pour me tenir la main. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Un-jeune-tabasse-par-la-police-lors-d-une-perquisition-infructueuse-a-Ivry</link>
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      <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Islam, 24 ans, handicapé et violenté par la police : « C'est de la sauvagerie »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>De sa chambre, Islam revient les mains pleines de figurines de voitures, au milieu desquelles s’est glissé un Spider-Man. Il s’assied en tailleur sur le tapis moelleux du salon familial pour y faire rouler Flash McQueen, la célèbre voiture rouge parlante du film <em>Cars</em>. Ce jeune homme de 24 ans, atteint de schizophrénie et reconnu handicapé à 80 % par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées), est un grand fan de ce dessin animé, dont il connaît les répliques par cœur. Les voitures sont l’une de ses passions, surtout celles des pompiers et des policiers : <em>« Il a toujours aimé la police : plus jeune, il imitait souvent le bruit de leurs sirènes »</em>, se souvient Ali, l’un des membres de sa famille. <em>« Maintenant, tout est différent. »</em></p><p>Depuis une semaine, Islam répète en boucle qu’il a <em>« peur que la police revienne »</em>. Mardi 17 mars, peu avant 7 h 30, une vingtaine d’agents de police forcent au bélier l’entrée de la maison occupée sur trois étages par sa famille, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Islam dort encore. C’est seulement vers 9 heures qu’un véhicule de l’association qui le prend en charge doit le récupérer en bas de chez lui pour l’emmener jusqu’à son accueil de jour, où il a trouvé une place après son parcours dans un IME (institut médico-éducatif).</p><div class="spip_document_22720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="289" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c246379458 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775127074 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775126457 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22720-1e9c4ac04bcaa8f071518ee41a54ef6e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22720-1e9c4ac04bcaa8f071518ee41a54ef6e">Islam, un jeune homme de 24 ans atteint de schizophrénie et porteur d’un handicap, a été violemment frappé lors d’une intervention policière dans la maison familiale, le 17 mars. Il a subi des blessures à l’oreille, à la main, sur le visage et d’autres parties du corps.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>En entendant le fracas, sa mère Eliza, puis ses deux petits frères Bilal et Imam, 19 et 22 ans, se dirigent vers la porte d’entrée, où ils se présentent aux forces de l’ordre. Les agents sont armés, cagoulés pour certains, arborant des boucliers. Les deux frères sont menottés et descendus dans la cour intérieure du bâtiment, suivis par leur mère qui demande en vain des explications.</p><h2 class="spip" id="Reveille-par-un-coup-de-Taser">Réveillé par un coup de Taser</h2><p>Là-haut, dans l’appartement, demeurent au moins six agents, selon les témoignages de la famille. Le salon, habituellement minutieusement rangé, avec ses vases sur le meuble de télévision, son bouquet de roses bleues et rouges et sa généreuse corbeille de fruits sur la table à manger, est mis sens dessus dessous par la perquisition.</p><p>Au bout du couloir principal, la chambre d’Islam : il est réveillé par quatre agents, qui lui donnent un premier coup de Taser. Au moins l’un d’entre eux – qu’il décrit comme <em>« grand et métisse »</em> –, le frappe dans la foulée.</p><div class="spip_document_22721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="223" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2002686402 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775127077 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775126459 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22721-86f04283f80ca8416736574b8ea9a95a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22721-86f04283f80ca8416736574b8ea9a95a">Bilal, le jeune frère d’Islam, montre l’aiguille et les fils du pistolet à impulsion électrique (Taser) qui ont atteint son aîné lors de l’intervention policière survenue à leur domicile d’Ivry-sur-Seine.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« J’étais en train de dormir, d’un coup ils sont venus, un monsieur m’a tapé. Il m’a déchiré la bouche. Il m’a déchiré aussi l’oreille, avec un coup de crosse ou de matraque. Tu vois, ici »</em>, montre-t-il. Plusieurs points de suture referment les plaies noircies de son oreille et de sa lèvre. <em>« Ils m’ont tapé. Viens voir ici, il y a des taches de sang »</em>, nous guide-t-il jusqu’à la porte d’entrée de sa chambre. Là, sur l’encadrement de la porte, apparaissent des traces de sang séché. Le t-shirt et le jogging gris qu’il portait pour dormir en sont encore maculés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Du-sang-partout">« Du sang partout »</h2><p>Effrayé, Islam n’a qu’un réflexe : <em>« Je voulais ma mère. »</em> Eliza se souvient encore des cris de son fils : <em>« Il hurlait “maman, maman, maman !” »</em>, raconte cette femme de 46 ans, d’une voix très douce, nouée par l’envie de pleurer. Elle affirme avoir répété <em>« c’est mon fils, il est handicapé ! »</em> sans avoir été écoutée ni autorisée à aller voir. Les cris d’Islam parviennent aussi à ses deux frères, depuis la fenêtre de la salle de bains, qui donne sur la cour intérieure où ils sont retenus, menottés.</p><p>C’est dans cette salle de bains, attenante à la chambre, qu’Islam est en effet traîné après avoir essayé de sortir de sa chambre. Et de nouveau frappé. <em>« Il y avait du sang partout dans la salle de bains. Puis, ils l’ont forcé à s’essuyer le visage. Après, il a couru, ils l’ont plaqué au sol, juste là »</em>, désigne Bilal en montrant le couloir principal qui mène vers l’entrée. Le calvaire d’Islam ne s’arrête pas là : maintenu au sol contre la moquette du couloir, le jeune homme dit avoir subi un étranglement, et de nouveaux coups de Taser.</p><div class="spip_document_22722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c245469616 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775127082 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775126461 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22722-e4cf2ce354252bd0466d4bb40b4ff987" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22722-e4cf2ce354252bd0466d4bb40b4ff987">Billal montre les vêtements qu’Islam portait ce jour-là, sur lesquels sont visibles des traces de sang.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Au total, <em>« ils m’ont mis quatre coups de Taser »</em>, répète-t-il en boucle, en montrant sa cuisse gauche, puis sa main gauche, qui porte encore, dix jours après, la marque de la décharge électrique. La famille a conservé un aiguillon de Taser oublié sur place par la police, taché de sang. Les photos prises le jour même confirment des blessures au visage, au dos, à la cuisse, au poignet et à la main.</p><h2 class="spip" id="Des-petites-soeurs-temoins-impuissantes">Des petites sœurs témoins impuissantes</h2><p>La scène a aussi des témoins directs : les quatre petites sœurs d’Islam, âgées de 9 à 18 ans. Leur chambre donne sur ce couloir, et fait face à la salle de bains. Réveillées par des agents qui <em>« essaient de casser la porte, j’ouvre et je dis : “Entrez, c’est une chambre.” À peine la porte ouverte, un monsieur avec un pistolet a dit : “Mettez-vous à terre !” avec son pistolet vers nous »</em>, raconte Lezina, la plus grande. Les quatre sœurs se regroupent, assises sur le lit central, surveillées par deux agents, interdites de toucher à leurs téléphones.</p><p>Mais la porte reste grande ouverte et les sœurs voient soudain leur frère, <em>« la bouche en sang, poussé dans le couloir »</em> par d’autres policiers. <em>« Après ça, ils l’ont tasé »</em>, chuchote Tanzila, 9 ans, en jouant du bout des doigts avec une peluche rose accrochée à son collier pailleté. <em>« Le problème, c’est que je sais pas pourquoi ils ont frappé mon frère handicapé. Moi, si j’étais à leur place, si j’étais policier, j’aurais vu sa tête, je l’aurais laissé »</em>, souffle-t-elle. Ses sœurs protestent d’ailleurs en choeur : <em>« On a crié : “Il est handicapé !” »</em> explique Samira, 16 ans. <em>« Un policier qui nous surveillait a dit : “Ah, c’est lui le schizophrène ?”, il l’a répété à son collègue dans le couloir, qui a dit : “Ah, c’est lui ? Ah, trop tard, je l’ai déjà tasé." »</em></p><div class="spip_document_22723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="234" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c683938542 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775127981 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775127149 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22723-9f66e53824b80b9daddcf5ce1f11812f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22723-9f66e53824b80b9daddcf5ce1f11812f">La plus jeune sœur d’Islam a 9 ans. Le 17 mars, elle était en train de se réveiller dans la « chambre des filles » quand les policiers sont entrés. Elle a été témoin des violences perpétrées sur son frère.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Islam est ensuite descendu, menotté, aux côtés de ses frères. Dans l’escalier, il assure que les agents lui ont donné de nouveaux coups et ont cogné sa tête contre les murs. <em>« Je l’ai vu arriver en sang, oreille arrachée, visage défiguré</em>, se souvient Imam, le troisième frère. <em>J’ai demandé tout de suite : “Qui a fait ça ?” Le grand métis m’a regardé et m’a dit : “Tu vas faire quoi sinon ?” Un autre m’a dit : “Ça fait 35 ans qu’on fait ce métier”. Je lui ai répondu : “Nous ça fait 15 ans qu’on vit là, on a jamais eu de problèmes, c’est la première fois qu’on vit ça.” »</em></p><p>Six points de suture seront nécessaires pour recoudre l’oreille droite d’Islam, trois pour sa lèvre, indiquent ses certificats médicaux. Sur la cuisse gauche et les pommettes, les certificats mentionnent des érythèmes (rougeurs cutanées), ainsi qu’une inflammation au niveau de la mâchoire. Islam est dispensé de scolarité pendant cinq jours.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/violences-policieres-peut-on-mourir-d-un-controle-de-police">Violences policières : Peut-on mourir d’un contrôle de police ?</a></aside><h2 class="spip" id="Abdelaziz-14-ans-lt-lt-J-avais-peur-qu-il-tire-sur-ma-maman">Abdelaziz, 14 ans : « J’avais peur qu’il tire sur ma maman »</h2><p>Pourquoi les policiers ont-ils débarqué en force dans cette maison ? Ce jour-là, selon nos informations, les policiers sont à la recherche d’un cousin de la famille, mineur, domicilié dans le département voisin, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et impliqué dans une affaire judiciaire pour laquelle une personne aurait été écrouée dans les jours qui ont suivi.</p><p><em>« Généralement, quand on déploie une opération d’une telle envergure, on sait que la personne recherchée est là. Il y a son téléphone qui borne précisément ici, ou toute autre preuve de présence. C’est rare de se tromper à ce point. Cette opération policière est catastrophique »</em>, commente l’avocate de la famille, Camille Vannier. Les quatorze membres de la famille d’Islam présents ce jour-là, dont aucun n’est poursuivi en lien avec cette affaire, ont tous indiqué qu’aucune explication ne leur a été donnée.</p><div class="spip_document_22724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="182" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c6663836 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775127987 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775127153 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22724-4776b0e1ea8a705899b8d3f4f7a04b46" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22724-4776b0e1ea8a705899b8d3f4f7a04b46">Imam tient dans ses bras sa petite cousine de huit mois, dont le père a été plaqué à terre et menotté pendant l’intervention et la mère repoussée dans une chambre.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Au rez-de-chaussée vivent Laetitia, son mari Ali et son beau-frère Youssouf : ce sont les premiers à voir les agents débarquer. Youssouf dit avoir été réveillé par <em>« une claque au visage »</em> et menotté avant même d’avoir pu décliner son identité, qui n’était à l’évidence pas celle du mineur recherché. <em>« Les policiers sont entrés armés, j’ai eu peur pour ma fille de 8 mois qui dormait dans notre chambre. Ils étaient là, juste à côté d’elle avec leurs armes »</em>, raconte Laetitia, repoussée dans une chambre à part tandis que son mari Ali était mis à terre et menotté. <em>« Je les ai suppliés de me laisser auprès de ma fille, je leur ai dit qu’elle n’avait que 8 mois, ils n’en n’avaient rien à faire. »</em></p><p>À l’étage supérieur vit Khava, la tante d’Islam, avec ses deux fils. Cette femme souriante, aux fines lunettes rectangulaires, parle à peine quelques mots de français. Quand les agents pénètrent à l’intérieur de son domicile avec leurs armes et lui ordonnent de se mettre à terre, elle lève les mains, mais ne comprend pas. Abdelaziz, son garçon de 14 ans, arrive inquiet derrière elle. En voyant le policier braquer son arme sur sa mère qui ne comprend pas l’ordre, une seule pensée traverse le garçon : <em>« j’avais peur qu’il tire sur ma maman. »</em> D’une voix à peine audible, les yeux baissés, cet adolescent au visage poupin raconte avoir été à son tour forcé de s’allonger par terre, une arme pointée sur lui. Le tout dure deux ou trois longues minutes, selon le fils et sa mère. <em>« J’avais surtout peur pour ma maman, et pour mon cousin à l’étage »</em>, raconte Abdelaziz, qui dit avoir lui aussi prévenu les policiers du handicap d’Islam.</p><div class="spip_document_22725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="150" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1005348508 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775127995 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775127155 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22725-ff30ff18e566e39eedcf19daa59369c2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22725-ff30ff18e566e39eedcf19daa59369c2">Le cousin d’Islam a 14 ans. Il était présent lors de l’intervention de police et a eu peur pour sa mère, qui ne parle pas français.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Plainte-pour-violences-volontaires-avec-facteurs-aggravants">Plainte pour violences volontaires, avec facteurs aggravants</h2><p>Une plainte contre X a été déposée le 25 mars auprès du parquet de Créteil pour « violences volontaires, aggravées par le fait qu’elles ont été commises en réunion, avec usage d’armes, sur une personne vulnérable, par plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ».</p><p>Aucun motif de perquisition ne peut justifier de tels comportements, insiste l’avocate Camille Vannier. <em>« Quel que soit le cadre légal de cette intervention, des violences de cette nature sont toujours inacceptables. Même s’il s’était agi la personne recherchée, il s’agit là de violences volontaires, pas de légitime défense. En l’occurrence, dans le cas d’Islam, c’est de la sauvagerie à l’encontre d’un jeune homme particulièrement vulnérable, dont nul ne pouvait ignorer l’état. »</em></p><div class="spip_document_22726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="101" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c891105802 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775128001 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775127156 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775142037" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22726-f3486dcb489c5c4c04f62eb2492c9e92" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775142037 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22726-f3486dcb489c5c4c04f62eb2492c9e92">La maison où réside la famille, à Ivry-sur-Seine, à proximité de la gare du RER C.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Car, à plusieurs reprises, avant même les violences, des membres de la famille ont alerté sur le handicap d’Islam. Aux deux étages inférieurs, dans lesquels les agents ont pénétré en premier, au moins deux disent les avoir prévenus. Puis Eliza, la mère d’Islam, affirme les avoir informés d’emblée – <em>« j’ai un fils handicapé en train de dormir »</em> – lorsque les agents sont montés à sa porte. Elle dit avoir montré la carte d’invalidité d’Islam, mais avoir été poussée à ce moment-là par les agents pour rentrer dans le domicile et menotter ses deux premiers fils.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Tue-par-la-police-Babacar-Gueye-violences-policieres-legitime-defense-enquete-reconstitution">« Les policiers auraient pu le désarmer s’ils l’avaient voulu » : retour sur la mort de Babacar Gueye</a></aside><p>Dès que ceux-ci ont été amenés en bas, <em>« on a prévenu nous aussi : “Attention, on a un frère handicapé là-haut !”</em> raconte Bilal. <em>J’ai même entendu un agent dans le couloir crier : “Les gars, il y a un handicapé” pour que ses collègues à l’étage entendent »</em>, rapporte-t-il. <em>« Ensuite, j’ai entendu mes sœurs crier, puis mon frère hurler. Je ne l’avais jamais entendu crier comme ça. »</em></p><p>Sollicités, la préfecture de police, l’Interieur et le parquet de Créteil n’ont, pour l’heure, pas répondu aux questions de <em>Basta!</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Il-est-tombe-dans-l-escalier-la-version-alternative">« Il est tombé dans l’escalier » : la version alternative</h2><p>En plus de la plainte concernant Islam, l’avocate a également saisi le Défenseur des droits au sujet des <em>« manquements déontologiques périphériques à ce déferlement de violences sur la personne d’Islam »</em>. La saisine mentionne <em>« des termes déplacés et des violences sur certains des membres de la famille, alors même que l’opération d’ampleur s’est avérée être une erreur »</em>. De fait, les forces de l’ordre ont appelé les pompiers pour qu’ils prennent en charge Islam, puis sont parties, sans emmener personne.</p><p>À l’hôpital, alors qu’Eliza se tient à ses côtés, le pompier explique à la médecin des urgences qu’Islam <em>« est tombé dans l’escalier »</em>. La mère de famille intervient, scandalisée, pour mentionner les violences. Contactés, les pompiers n’ont pas donné suite à nos demandes de précisions sur ces faits. Eliza, elle, reste très marquée par les événements. <em>« Patiente venue pour choc émotionnel suite à une erreur de la police ce matin vers 7 heures avec son fils qui a été frappé [...]. Elle a des marques de sang sur sa robe et son voile, qui seraient à son fils. Elle est arrivée avec des pleurs, angoisse à la poitrine »</em>, note son certificat médical émis le jour même.</p><div class="spip_document_22727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="181" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2413848468 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775128006 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775127165 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22727-83452f97b66577c4f9d631128d80e877" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22727-83452f97b66577c4f9d631128d80e877">Eliza, la mère d’Islam, dans la cuisine de la maison de trois étages occupée par la famille. Celle-ci a porté plainte après les violences commises par les agents.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« Je ne savais pas qui appeler pour m’aider. La police ? »</em> se désespère Eliza. La mère de famille parvient à joindre leur ancien travailleur social, devenu un ami, qui l’aide à constituer un dossier avec l’avocate Camille Vannier. En posant sa main sur son cœur, la mère de famille lâche : <em>« Si, en France, il y a des lois solides, alors, que ces quatre-là soient punis d’avoir frappé mon fils. Je ne trouverai la paix qu’à ce moment-là. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-traumatismes-de-la-guerre-en-Tchetchenie-ravives">Les traumatismes de la guerre en Tchétchénie ravivés</h2><p>À celle qui assume seule la charge de ses enfants, avec un salaire de femme de chambre dans un hôtel parisien, la médecin de l’hôpital prescrit quinze jours d’arrêt de travail. Mais aussi quinze jours de Xanax et un suivi par une psychologue. Car l’intervention a ravivé d’anciens traumatismes. <em>« J’ai fui la guerre en Tchétchénie, les soldats russes »</em>, raconte Eliza, qui subissait à cette époque de violentes intrusions à son domicile. Aux agents français, elle a dit : <em>« Vous êtes comme les soldats russes ! Ça, ce n’est pas la police... Rentrez calmement, expliquez-nous… Respectez les femmes, respectez les enfants ! Ils ne m’ont fait aucune excuse en partant. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/fatou-dieng-face-aux-violences-policieres-ne-rien-faire-etait-impossible">Fatou Dieng : face aux violences policières, « ne rien faire était impossible »</a></aside><p>Depuis son arrivée en France en 2010, Eliza avait réussi à se sentir en sécurité chez elle. Chaque soir, elle enlevait son voile et revêtait un pyjama. Mais, depuis le 17 mars, <em>« je n’arrive plus à dormir en pyjama</em>, confie-t-elle. <em>J’ai peur d’être surprise en pleine nuit. Je dors tout habillée, sur le canapé, comme ça »</em>, explique-t-elle en se recroquevillant sur un coin du sofa, les deux bras serrés autour d’un coussin.</p><p>Islam, lui, nous répète qu’il a <em>« mal au coeur »</em>, qu’il a lui aussi peur que les policiers reviennent en pleine nuit. Bilal a installé un matelas près de son lit afin de rassurer son grand frère et qu’il puisse dormir. <em>« La dernière fois, vers 3 heures du matin, il se posait des questions tout seul dans le noir : "pourquoi ils m’ont tapé", "c’est pas moi", "j’ai rien fait". Des fois, en pleine nuit, il vient près de moi pour me tenir la main. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/islam-24-ans-handicape-et-violente-par-la-police-c-est-de-la-sauvagerie</link>
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      <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Cadmium : pourquoi les Français sont les plus contaminés en Europe et comment faire autrement]]></title>
      <description><![CDATA[<p>En résumé :</p><ul class="spip" role="list"><li>La population française est parmi la plus contaminée au cadmium en Europe, à cause d’un laisser-faire des gouvernements depuis plus d’une décennie.</li>
<li>Ces surdoses de cadmium concernent les enfants comme les adultes et ont de lourdes conséquences sur la santé, provoquant notamment une augmentation des cancers.</li>
<li>L’excès de cadmium est dû aux engrais chimiques utilisés dans les champs et reste ensuite présent dans de nombreux aliments, en particulier ceux à base de céréales (pain, pâtes, céréales du petit-déjeuner...), ou les pommes de terre.</li>
<li>Pourtant, il est possible de réduire drastiquement l’usage de cadmium, en encadrant mieux les pratiques agro-industrielles et en favorisant l’agriculture biologique.</li>
<li>Là encore, l’extrême droite s’y oppose, préférant, de fait, laisser les cancers se multiplier plutôt que de réguler l’agriculture.</li>
</ul><p><em>Cliquez sur les questions ci-dessous pour en savoir plus.</em><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre1" class="spip_ancre">Qu’est-ce que le cadmium ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre2" class="spip_ancre">Surexposition au cadmium : que dit le nouveau rapport de l’Anses ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre3" class="spip_ancre">Quels sont les principaux aliments contaminés au cadmium ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre4" class="spip_ancre">Pourquoi la population française est-elle plus exposée au cadmium ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre5" class="spip_ancre">Quelles conséquences sur la santé ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre6" class="spip_ancre">Derrière la teneur en cadmium, quels enjeux géopolitiques ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre7" class="spip_ancre">Que compte faire le gouvernement français ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre8" class="spip_ancre">Comment réduire la quantité d’engrais phosphatés utilisés ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre9" class="spip_ancre">L’agriculture bio est-elle une alternative ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre10" class="spip_ancre">Quels aliments privilégier à l’échelle individuelle ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre11" class="spip_ancre">Pourquoi l’extrême droite s’oppose-t-elle à l’interdiction de la majorité des engrais phosphatés ?</a></p><h2 class="spip" id="Qu-est-ce-que-le-cadmium">Qu’est-ce que le cadmium ?</h2><p>Le cadmium est un métal naturellement présent dans les sols, qui s’accumule et pénètre dans les végétaux, principalement par la racine. Mais les activités agricoles contribuent fortement à augmenter sa présence dans l’environnement.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Le-cadmium-engrais-cancerogene-notoire-present-dans-les-cereales-et-les-viennoiseries">Le cadmium, un cancérogène notoire, présent dans les céréales et les viennoiseries</a></aside><p>On retrouve notamment du cadmium, sous forme de fines particules, dans les engrais minéraux phosphatés. Ces fertilisants issus de roches riches en phosphore, sont très utilisés en agriculture dite « conventionnelle » pour soutenir les rendements. En France, les engrais minéraux phosphatés représentent près de <a href="https://www.anses.fr/fr/system/files?file=VSR2015SA0140.pdf" class="spip_out" rel="external">la moitié des apports de cadmium sur les sols agricoles français</a>. <em>« Le cadmium est présent dans l’alimentation et peut provoquer, entre autres maladies, un risque accru de cancer »</em>, alertait <em>Basta!</em> dès 2023.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Surexposition-au-cadmium-que-dit-le-nouveau-rapport-de-l-Anses">Surexposition au cadmium : que dit le nouveau rapport de l’Anses ?</h2><p>La population française, enfants comme adultes, est bien trop exposée au cadmium. C’est la conclusion de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a évalué l’ensemble des sources et voies d’exposition à ce métal lourd, dans son <a href="https://www.anses.fr/system/files/ERCA-2023-AUTO-0150-RA.pdf" class="spip_out" rel="external">rapport publié le 25 mars</a>. <em>« L’alimentation est de loin la source majeure d’exposition, représentant jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse »</em>, souligne l’agence.</p><p>Les enfants sont particulièrement exposés : un quart d’entre eux dépassent la dose journalière tolérable par ingestion pour le cadmium, selon les résultats de la <a href="https://www.anses.fr/fr/content/acrylamide-elements-traces-metalliques-lalimentation-exposition-preoccupante" class="spip_out" rel="external">troisième étude de l’alimentation totale (EAT3)</a>.</p><p>La dernière étude nationale de biosurveillance Esteban, menée entre 2014 et 2016 par Santé publique France, a également révélé que près de la moitié de la population de 18 à 60 ans dépasse le seuil de concentration critique de cadmium dans les urines. Ainsi, chez les adultes français, l’imprégnation moyenne au cadmium mesurée a quasiment doublé en dix ans, si l’on se réfère à l’étude nationale Nutrition Santé menée en 2006-2007.</p><p><em>« Si les niveaux d’exposition actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population »</em>, <a href="https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-agir-des-present-la-source-de-la-contamination-des-sols" class="spip_out" rel="external">explique Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise à l’Anses</a>, compte tenu du caractère bioaccumulable du cadmium dans l’organisme.</p><p>La situation est encore plus critique pour les fumeurs : du fait de l’apport supplémentaire lié au tabac – une plante exigeante en phosphore –, l’imprégnation est nettement plus élevée à tous les âges.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Quels-sont-les-principaux-aliments-contamines-au-cadmium">Quels sont les principaux aliments contaminés au cadmium ?</h2><p>L’exposition repose sur un cumul d’aliments du quotidien. Les aliments les plus contributeurs sont à la fois des produits fréquemment consommés et contaminés par le cadmium, notamment certains produits céréaliers, relève l’Anses : céréales du petit-déjeuner, pains, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, riz et blé ainsi que les pommes de terre et certains légumes (notamment racinaires, comme les carottes, navets, radis...).</p><p>Le rapport de l’Anses ne distingue pas la teneur en cadmium des produits bio et non bio, alors même que plusieurs études ont montré que <a href="https://basta.media/alimentation-bio-et-sante-ce-que-dit-la-science" class="spip_in">les céréales bio ont moins de cadmium</a>, par exemple.</p><div class="spip_document_22701 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="406" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c50590795 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp?1774967148 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp?1775033313 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png" width="960" height="460" alt="graphique sur la contribution moyenne (en %) des groupes d'aliments à l'imprégnation au cadmium" aria-describedby="by22701-7ac14243d9f336969403447737e0c49b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22701-7ac14243d9f336969403447737e0c49b">Comment lire le tableau : pour les bébés de 4 à 6 mois, les préparations infantiles 1<sup class="typo_exposants">er</sup> âge (petits pots, etc.) sont responsables à 76 % de la contamination au cadmium, et les céréales infantiles à hauteur de 23 %. Pour les plus de 45 ans, c’est le pain qui en est responsable à hauteur de 21 %, les pommes de terres et tubercules pour 13 % ou les viennoiseries et gâteaux à hauteur de 5 %.
© Anses, 2026
</figcaption></figure></div><p><em>« L’imprégnation débute dès la période prénatale et se poursuit dès les premiers mois de vie, alors que les 1000 premiers jours de la vie de l’enfant sont déterminants pour le reste de son existence »</em>, <a href="https://www.linkedin.com/posts/beno%C3%AEt-biteau-32508082_cadmium-les-autorit%C3%A9s-sanitaires-exhortent-activity-7442594249549811712-YtCa/?originalSubdomain=fr" class="spip_out" rel="external">souligne le député écologiste Benoît Biteau</a>.</p><p>Chez les bébés de moins d’un an, l’expertise pointe le fait que les préparations infantiles de premier âge et les pots de légumes constituent <em>« la principale source alimentaire à l’imprégnation humaine au cadmium »</em>.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Pourquoi-la-population-francaise-est-elle-plus-exposee-au-cadmium">Pourquoi la population française est-elle plus exposée au cadmium ?</h2><p>Chez les adultes français, l’imprégnation moyenne au cadmium est <em>« trois fois supérieure à celle des adultes américains et plus de deux fois à celle des adultes italiens »</em>, selon une <a href="https://www.asef-asso.fr/actualite/journee-mondiale-de-lenvironnement-5-juin-les-medecins-liberaux-se-mobilisent-pour-informer-et-alerter-la-population-sur-les-enjeux-de-sante-environnementale-et-notamment-le-cadmium/" class="spip_out" rel="external">tribune des médecins libéraux publiée en juin 2025</a>. Ces données figurent dans <a href="https://www.santepubliquefrance.fr/docs/impregnation-de-la-population-francaise-par-le-cadmium.-programme-national-de-biosurveillance-esteban-2014-2016" class="spip_out" rel="external">l’étude Esteban</a> publiée en 2021. Chez les enfants français, l’imprégnation est <em>« quatre fois supérieure à celle des enfants américains ou allemands, par exemple »</em>, ajoutent les médecins.</p><p>Comment expliquer cette surcontamination en France, comparé aux voisins européens ? C’est que l’industrie agroalimentaire française est autorisée à laisser plus de cadmium dans les engrais qu’elle utilise et donc dans les aliments qu’elle fabrique (90 milligrammes par kilo d’engrais phosphatés). Ailleurs en Europe, la limite maximale – adoptée en 2019 – est bien inférieure (60 mg). Certains pays européens ont même anticipé un durcissement des normes : la Finlande et la Slovaquie, par exemple, appliquent un seuil de 20 mg/kg, soit plus de quatre fois inférieur à la limite française.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Quelles-consequences-sur-la-sante">Quelles conséquences sur la santé ?</h2><p>Le cadmium est reconnu depuis 2012 comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction par le Centre international de recherche sur le cancer. Il entraîne aussi chez l’humain des atteintes rénales et une fragilité osseuse à la suite d’une exposition prolongée, notamment par voie orale, selon <a href="https://www.anses.fr/fr/system/files?file=VSR2015SA0140.pdf" class="spip_out" rel="external">un avis de l’Anses publié en 2019</a>.</p><p>Un <a href="https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acs.est.2c07611" class="spip_out" rel="external">article scientifique en 2023</a> souligne que les personnes les plus exposées au cadmium présentent d’importants surrisques de cancers. Parmi ces cancers : celui du pancréas, dont l’incidence explose. Elle a plus que doublé ces 15 dernières années en France. 6000 nouveaux cas étaient diagnostiqués en 2006, 12 000 en 2012 et <a href="https://www.ligue-cancer.net/questce-que-le-cancer/les-types-de-cancer/cancer-du-pancreas" class="spip_out" rel="external">15 000 en 2023</a>. <em>« En 2019 déjà, <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31078004/" class="spip_out" rel="external">une étude a documenté un surrisque de cancer du pancréas</a> pour les personnes les plus exposées au cadmium »</em>, précisait Pierre Souvet, médecin et président de l’Association Santé Environnement France, à <em>Basta!</em> <a href="https://basta.media/Le-cadmium-engrais-cancerogene-notoire-present-dans-les-cereales-et-les-viennoiseries" class="spip_in">lors de notre précédente enquête</a>.</p><p>Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7312803/" class="spip_out" rel="external">publication italienne de 2020</a> fait également état d’un nombre impressionnant d’effets sanitaires du cadmium : dommages au niveau des reins, du foie, des systèmes osseux et cardiovasculaire, troubles du cycle menstruel, malformations chez l’embryon, effets mutagènes…</p><p>Une étude a montré qu’en France, en Belgique et en Espagne, <em>« environ 23 % des cas d’ostéoporose chez la femme <a href="https://www.anses.fr/system/files/ERCA-2023-AUTO-0150-RA.pdf" class="spip_out" rel="external">sont attribuables à cette exposition</a>, avec une projection pouvant aller jusqu’à 34 % de femmes affectées d’ici à 2040 si les niveaux d’exposition ne diminuent pas »</em>, insiste l’Anses.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Derriere-la-teneur-en-cadmium-quels-enjeux-geopolitiques">Derrière la teneur en cadmium, quels enjeux géopolitiques ?</h2><p>La France importe la quasi-totalité de ses engrais phosphatés du Maroc, l’une des principales réserves de phosphore dans le monde. Or, <em>« le gisement marocain d’origine sédimentaire est plus riche en cadmium que certains gisements de Russie ou des États-Unis »</em>, <a href="https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/cadmium-pourquoi-les-francais-sont-trois-a-quatre-fois-plus-exposes-a-cette-pollution-que-leurs-voisins-europeens-2432324.html" class="spip_out" rel="external">explique Sylvain Pellerin</a>, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).</p><p>Les autres pays européens s’approvisionnent eux aussi en engrais phosphatés au Maroc, mais également auprès de la Finlande, de la Norvège ou de la Russie, où la teneur en cadmium du phosphore est moins élevée. Les détracteurs d’une limite basse, soit à 20 mg, affirment que cela risque d’accroître la dépendance aux importations russes.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Que-compte-faire-le-gouvernement-francais">Que compte faire le gouvernement français ?</h2><p>L’Anses recommande en premier lieu d’appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les engrais minéraux phosphatés. Comme dans son avis de 2019, l’agence recommande de <em>« ne pas dépasser un flux d’apport de 2g de cadmium par hectare et par an »</em>. Pour cela, elle recommande une teneur maximale de 20mg de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique dans les engrais minéraux phosphatés.</p><p>Dans la foulée de la publication de l’Anses, le ministère de l’Agriculture a annoncé le 25 mars que la diminution serait progressive, passant de 90 milligrammes par kilogramme actuellement à 60 mg/kg en 2027, c’est-à-dire le niveau préconisé par l’Union européenne. Le seuil passerait ensuite à 40 mg/kg en 2030, puis à 20 mg/kg avant 2038 – soit le niveau recommandé par l’Anses – sous réserve d’<em>« une étude d’impact favorable »</em>. Des projets de décrets et d’arrêtés sur ce sujet <em>« ont été soumis en février au Conseil d’État, qui doit rendre ses conclusions d’ici avril »</em>, et devraient ensuite être publiés <em>« dans la foulée »</em>, précise le ministère.</p><p><em>« Attendre autant, c’est criminel, selon moi, au regard des recommandations des agences sanitaires et de l’urgence du problème »</em>, <a href="https://vert.eco/articles/cadmium-ca-fait-30-ans-quon-connait-les-risques-et-pourtant-les-pouvoirs-publics-ne-font-rien-desespere-le-depute-benoit-biteau" class="spip_out" rel="external">a réagi le député écologiste Benoît Biteau</a> auprès du média <em>Vert</em>.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><p>Le groupement des industriels du secteur des engrais, France Fertilisants, a communiqué le 25 mars sur « les efforts » de la filière. L’organisation note depuis 1988 une réduction d’environ 70 % de l’usage des engrais minéraux phosphatés en France. Le chercheur Sylvain Pellerin, de l’Inrae, confirme que <em>« les épandages d’engrais phosphatés <a href="https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/cadmium-pourquoi-les-francais-sont-trois-a-quatre-fois-plus-exposes-a-cette-pollution-que-leurs-voisins-europeens-2432324.html" class="spip_out" rel="external">ont été divisés par quatre depuis les années 1990 »</a>. Cette trajectoire n’est toutefois pas suffisante.</em></p><p>L’Anses recommande en plus une <em>« évolution des pratiques agricoles »</em>. Certaines techniques permettent, par exemple, de mobiliser le phosphore déjà présent dans les sols afin d’éviter de nouveaux apports. L’Inrae préconise ainsi d’<a href="https://www.inrae.fr/actualites/moitie-du-phosphore-disponible-sols-agricoles-lechelle-mondiale-provient-engrais-mineraux" class="spip_out" rel="external">intégrer du lupin blanc ou du sarrasin</a> dans les rotations de cultures. L’institut conseille également de favoriser le retour des haies pour limiter l’érosion des sols, et de privilégier des apports en matières organiques comme le fumier ou le compost.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="L-agriculture-bio-est-elle-une-alternative">L’agriculture bio est-elle une alternative ?</h2><p><em>« Les agriculteurs et agricultrices biologiques privilégient les engrais organiques et effluents d’élevage »</em>, indique la Fédération nationale de l’agriculture biologique, la Fnab. L’organisation regrette, <a href="https://www.fnab.org/cadmium-la-bio-mise-injustement-dans-le-meme-sac-que-le-conventionnel/" class="spip_out" rel="external">dans un communiqué publié le 31 mars</a>, que la bio soit <em>« injustement mise dans le même sac que le conventionnel »</em> par l’Anses. <em>« Le rapport de l’Anses laisse penser que les mêmes règles s’appliquent aux bios et aux conventionnels concernant le cadmium. Or, la réglementation bio impose des seuils limites 30 % plus bas pour les phosphates miniers »</em>, ajoute la Fnab.</p><p>Le cahier des charges de l’agriculture biologique est en effet aligné sur la limite de 60 mg/kg de cadmium de la réglementation européenne, contre les 90 mg/kg en vigueur en France pour le conventionnel.</p><p>Surtout, dans son expertise, l’Anses indique que <em>« le phosphate naturel est utilisé dans de nombreuses exploitations en agriculture biologique »</em>. Or, une étude conduite par Arvalis, l’institut technique des grandes cultures françaises, à laquelle <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/03/30/cadmium-les-autorites-sanitaires-accusees-d-avoir-ignore-des-elements-en-faveur-du-bio_6675434_3244.html" class="spip_out" rel="external">le quotidien <em>Le Monde</em> a eu accès</a> conclut le contraire dans ses résultats préliminaires.</p><p>L’étude a consisté à observer les pratiques de fertilisation des sols menées sur 175 parcelles bio entre 2017 et 2021 : sur 866 situations documentées, une seule a employé du phosphate naturel. Ce dernier n’est donc quasiment pas utilisé par les agriculteurs bio français.</p><p>La Fnab demande à l’Anses d’ajouter ces précisions à son expertise <em>« afin de garantir une juste information des pouvoirs publics et des consommateurs »</em>.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Quels-aliments-privilegier-a-l-echelle-individuelle">Quels aliments privilégier à l’échelle individuelle ?</h2><p><em>« La réduction de l’exposition au cadmium passe avant tout par des actions collectives sur les sources de contamination, notamment les sols agricoles »</em>, précise l’Anses. Elle recommande toutefois de limiter la consommation de produits à base de blé sucrés et salés, tels que les céréales du petit-déjeuner, gâteaux et biscuits. Elle invite aussi à introduire plus de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé, comme les pâtes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/alimentation-bio-et-sante-ce-que-dit-la-science">Alimentation bio et santé : ce que dit la science</a></aside><p>Quid des aliments cultivés en agriculture biologique ? <em>« Plusieurs études concluent à une moins forte teneur en cadmium des aliments bio mais sont écartées par l’Anses sans explication précise »</em>, regrette la Fédération nationale de l’agriculture biologique. Interrogée à ce sujet par <em>France Info</em>, l’Anses dit vouloir <em>« rester prudente »</em> et précise qu’elle n’exclut pas de mener, <em>« dans un futur proche, une étude comparative »</em> <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/le-vrai-ou-faux/le-vrai-ou-faux-du-lundi-30-mars-2026-2946219" class="spip_out" rel="external">entre le bio et le conventionnel</a>, sur leur impact sur la santé des Français.</p><p>En l’occurrence, <a href="https://etude-nutrinet-sante.fr/" class="spip_out" rel="external">une étude existe déjà, Nutrinet</a>. Celle-ci est de mieux en mieux documentée : elle suit une cohorte de plus de 100 000 adultes en France depuis 2009 et a révélé une <a href="https://basta.media/alimentation-bio-et-sante-ce-que-dit-la-science" class="spip_in">diminution de 25 % du risque de cancer</a> observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio comparés aux non-consommateurs.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Pourquoi-l-extreme-droite-s-oppose-t-elle-a-l-interdiction-de-la-majorite-nbsp">Pourquoi l’extrême droite s’oppose-t-elle à l’interdiction de la majorité des engrais phosphatés ?</h2><p>Le Rassemblement national a refusé en commission de l’Assemblée nationale, le 4 février dernier, de voter pour une <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion-eco/l17b2430_rapport-fond#" class="spip_out" rel="external">proposition de loi visant à protéger l’alimentation des contaminations au cadmium</a>. Le texte, porté par le député écologiste Benoît Biteau, préconise l’interdiction des engrais phosphatés pollués au cadmium à compter du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2027. Hervé de Lépinau, député RN, s’est dit favorable à <em>« la responsabilité individuelle »</em> et opposé à toute contrainte sur l’économie agricole. Malgré tout, la proposition de loi de Benoît Biteau pourrait être examinée dans l’hémicycle en mai prochain.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 01 Apr 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Comment expliquer la hausse des expulsions locatives ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10456 c-content_text texte surlignable"><p>En 2025, 30 500 familles ont été expulsées de leur logement par la police selon le Conseil national des commissaires de justice. C’est un chiffre qui a augmenté de 25% en une année et doublé en 10 ans. Mais comment expliquer cette augmentation des expulsions locatives ? Explications avec le sociologue Camille François.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/expulsions-locatives">Expulsions locatives</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/logement">Logement</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=comment-expliquer-la-hausse-des-expulsions-locatives?var_fav=article-10456" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 31 Mar 2026 17:40:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Loi contre la fraude fiscale et sociale : haro sur les chômeurs, les allocataires du RSA et des minimas sociaux]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les débats ont repris à l’Assemblée nationale sur <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N52985" class="spip_out" rel="external">le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales</a>. Les députés doivent étudier près de 400 amendements jusqu’au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> avril, après une première séance de discussion les 25 et 26 février, interrompues pour cause de campagne pour les élections municipales.</p><p>Le texte vise à mieux détecter et mieux sanctionner ces fraudes qui constituent une « atteinte directe au pacte républicain », pointait le dossier de presse du projet législatif, au moment de sa présentation en conseil des ministres en octobre dernier.</p><p>Il s’agit de <em>« muscler le jeu face à des fraudeurs qui n’ont aucun état d’âme »</em>, disait son rapporteur, le sénateur (centriste) Olivier Henno, lors du passage du texte au Sénat en novembre. Et ce – nous étions alors en plein débat sur le budget – afin de <em>« garantir l’acceptabilité des mesures d’effort demandées aux Français en luttant davantage contre ceux qui ne respectent pas les règles du jeu »</em>. Et au passage <em>« mieux récupérer »</em> plusieurs milliards d’euros dans les finances publiques.</p><h2 class="spip" id="Rien-pour-lutter-contre-la-fraude-fiscale">Rien pour lutter contre la fraude fiscale</h2><p>Le Parlement va-t-il ainsi enfin s’attaquer aux dizaines de milliards d’euros qui échappent, via les paradis fiscaux et des montages financier complexes, à l’effort commun en faveur de l’intérêt général ? Aucunement. La future loi <em>« ne contient pas de réforme d’ampleur des outils de lutte contre les fraudes sociales et fiscales »</em>, relevait le Conseil d’État dans son avis.</p><p>Plutôt fourre-tout, le projet concerne autant le crime organisé, le travail dissimulé, la formation professionnelle, le transport sanitaire que les victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Et cible surtout les chômeurs, les personnes au RSA, ou à revenus modestes et en situation de handicap...</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le texte demeure <em>« très orienté vers la lutte contre la fraude sociale »</em>, <a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/article/un-projet-de-loi-contre-les-fraudes-sociales-beaucoup-et-fiscales-un-peu" class="spip_out" rel="external">regrette l’Observatoire de la justice fiscale</a>, qui appelle le gouvernement à <em>« ne pas se tromper de cible »</em>. Sur les 23 mesures étudiées par l’association, quatre concernent la fraude fiscale et le blanchiment tandis que 16 s’attaquent à ladite fraude sociale. Trois sont communes aux deux fraudes. Les deux préjudices ne sont pourtant ni de la même nature – percevoir indûment des allocations pour joindre les deux bouts ne s’apparente pas tout à fait à éviter l’impôt par des montages financiers – ni du même ordre de grandeur…</p><p>Dernier exemple en date, la révélation que plus de 13 000 familles millionnaires, redevables de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), donc propriétaire d’un patrimoine supérieur à 1,3 million d’euros, <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/18/ces-13-335-millionnaires-qui-ne-paient-aucun-impot-sur-le-revenu_6667239_823448.html" class="spip_out" rel="external">ne payaient aucun impôt sur le revenu</a>. Mais ce ne sont pas ces personnes fortunées que visent le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. C’est bien sur les chômeurs indemnisés ou les personnes percevant l’allocation adulte handicapée que vont porter les efforts de contrôle.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-chomeur-n-est-pas-un-fraudeur">« Le chômeur n’est pas un fraudeur »</h2><p>S’il reste <em>« très difficile d’évaluer précisément l’ampleur de la fraude fiscale, qui repose par définition sur des comportements dissimulés »,</em> selon le Conseil d’analyse économique, le manque à gagner fiscal oscillerait entre 80 et 100 milliards d’euros. Pour la fraude sociale : c’est autour de 15 milliards par an, sachant que la moitié de celle-ci provient d’employeurs qui sous-déclarent les cotisations sociales à l’Urssaf, ou de quelques escroqueries massives, comme, dans le cas de l’assurance-maladie, <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/fraudes-a-la-caisse-d-assurance-maladie-pour-58-millions-d-euros-sept-mises-en-examen-9199425" class="spip_out" rel="external">l’affaire des fausses facturations de soins dentaires par des centres de santé fictifs</a>.</p><p>Du côté des prestations sociales (RSA, allocations chômage ou même retraite), le plus gros poste de fraude s’élève à moins de 10 % des sommes distribuées, <a href="https://www.alternatives-economiques.fr/la-fraude-sociale-met-elle-la-secu-en-peril/00116766" class="spip_out" rel="external">comme le rappelle <em>Alternatives Économiques</em></a>. La fraude au chômage représente, elle, environ 110 millions d’euros sur 36 milliards d’euros d’allocations versées en 2024, soit une part minime de 0,3 %. <em>« C’est la démonstration que le chômeur n’est pas un fraudeur »,</em> soutient Christophe Moreau, membre du bureau national du syndicat FSU-Emploi. Cet élu au conseil économique et social central de France Travail voit dans le projet de loi, une nouvelle occasion de <em>« taper sur les plus pauvres »</em>.</p><p>À commencer par contrôler les revenus des auto-entrepreneurs bénéficiant du RSA. Ou en permettant aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) d’échanger des informations pour contrôler la fraude à l’allocation adulte handicapé (AAH), pourtant très marginale (1,46 % de l’ensemble des prestations, pour 1,3 million d’allocataires).</p><p>Donner aux administrations sociales - Caisse nationale d’assurance maladie, Caisse nationale des allocations familiales et France Travail - les <em>« mêmes moyens que la direction des finances publiques »,</em> voilà l’esprit général de loi. Ainsi que <em>« renforcer la coopération entre les administrations fiscales, douanières et sociales »</em>.</p><h2 class="spip" id="France-Travail-is-watching-you">France Travail is watching you !</h2><p>En langage administratif, ce partage d’informations s’appelle un « droit de communication ». Instauré en 2008, il permet aux agents de vérifier auprès d’un tiers les informations déclarées par l’allocataire. Et depuis des années, les diverses bases de données « communiquent » de plus en plus.</p><p>Les auditeurs de l’ex-Pôle Emploi, chargés de lutter contre ces manquements, disposent déjà d’accès aux comptes bancaires ou fournisseurs d’énergie des fraudeurs présumés. La création de France Travail en janvier 2025 a permis aux organismes d’insertion sociales (Cap Emploi, missions locales…) de mutualiser les données de chaque inscrit sur la plateforme.</p><p>Le témoignage de Gaëlle, agricultrice près de Brest et allocataire du RSA en attendant que son activité génère suffisamment de revenus, est édifiant <a href="https://basta.media/Sentiment-d-etre-mise-a-nue-dans-le-finistere-une-paysanne-renonce-RSA-pour-preserver-sa-sante-mentale" class="spip_in">sur la manière dont ce type de contrôles peut se muer en harcèlement institutionnel</a>. Le projet de loi ouvre la voie pour étendre ce type de contrôle à toute personne indemnisée ou allocataire d’un minima social.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Sentiment-d-etre-mise-a-nue-dans-le-finistere-une-paysanne-renonce-RSA-pour-preserver-sa-sante-mentale">« J’ai eu le sentiment d’être mise à nue » : dans le Finistère, une paysanne renonce à son RSA pour préserver sa santé mentale</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1f91e9bfb746550fc41321dd27912b-f2f1c.jpg?1774947957" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une femme portant une petite chèvre dans ses bras." /></aside><p>Cela n’a pas empêché la sénatrice LR de l’Isère Frédérique Puissat de faire adopter un amendement en commission des affaires sociales, permettant aux agents de France Travail : l’accès fichier des compagnies aériennes, au registre des français établis hors de France, aux opérateurs de téléphonie ou encore de traiter les données de connexion des inscrits sur la plateforme.</p><p>Pourquoi savoir si les assurés voyagent ou ouvrent des comptes à l’étranger ? <em>« C’est toujours ce présupposé que les gens vont s’actualiser au bled ou ailleurs pour toucher leurs allocations au soleil »,</em> raille Christophe Moreau en référence à des chômeurs, pistés sur les réseaux sociaux ou des travailleurs immigrés accusés de toucher leurs indemnités sans vivre en France. <em>« En plus, c’est absurde ! Il suffit de prendre un VPN pour faire croire qu’on se connecte en France »,</em> ajoute le syndicaliste. Ces deux dernières mesures introduites par le Sénat ont été annulées par les députés.</p><h2 class="spip" id="Des-lt-lt-manquements-deliberes-peu-verifiables">Des « manquements délibérés » peu vérifiables</h2><p>Pour percevoir une allocation, il faut résider de façon stable et effective en France, <a href="https://www.actu-juridique.fr/social/lallocation-daide-au-retour-a-lemploi-un-droit-incompatible-avec-la-residence-a-letranger-du-salarie-prive-demploi/" class="spip_out" rel="external">avait tranché la Cour de cassation</a> en 2018. Dans le même esprit, la loi prévoit que le versement des indemnités chômage s’effectue exclusivement sur des comptes domiciliés en France ou en pays de la zone euro.</p><p>Une mesure ni <em>« nécessaire, ni appropriée »</em>, <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/avis-sur-le-projet-de-loi-relatif-la-lutte-contre-les-fraudes-sociales-et-fiscales-973" class="spip_out" rel="external">a jugé le Défenseur des droits</a> dans son avis sur le projet de loi, au nom du principe de non-discrimination. Car <em>« le contrôle de la condition de résidence en France peut se faire par d’autres moyens »</em>. En clair, pas besoin de cette nouvelle loi pour contrôler le respect des conditions de résidence.</p><p>Autre mesure prévue par le législateur : la possibilité de procéder directement sur le compte de l’assuré à des saisies administratives pour retenir la totalité des versements à venir d’allocations chômage, en cas d’indus engendrés par un « manquement délibéré ou manœuvres frauduleuses ». Comme l’a repéré <a href="https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2025/11/09/au-senat-on-transforme-france-travail-en-big-brother" class="spip_out" rel="external">sur son blog l’économiste Michel Abhervé</a>, cette formulation, « susceptible d’interprétation » ne figurait pas dans l’étude d’impact de la loi. Le Conseil d’État a donc <a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/au-gouvernement/avis-sur-le-projet-de-loi-relatif-a-la-lutte-contre-les-fraudes-sociales-et-fiscales" class="spip_out" rel="external">suggéré de ne pas retenir</a>cette mesure envisagée car <em>« aucun élément (…) ne permet d’apprécier l’importance des situations, vraisemblablement marginales »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Des-risques-d-atteintes-aux-droits">« Des risques d’atteintes aux droits »</h2><p>Pour les chômeurs indemnisés, les cas de « fraude » sont le plus souvent le fait de fausses déclarations, de documents erronés ou d’une mauvaise actualisation de son activité professionnelle ou générant de trop perçus. En pratique, la distinction entre irrégularités volontaires et erreurs <em>« peut être difficile à opérer »</em>, <a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20200908-rapport-Lutte-contre-fraudes-prestations-sociales_0.pdf" class="spip_out" rel="external">estimait en 2020 la Cour des comptes</a>. Dans le même sens, le Défenseur de droits recommande plutôt <em>« d’harmoniser les qualifications utilisées »</em>, entre erreurs, manquements délibérés ou pas, ou fraudes avérées, pour éviter un grand <em>« risque d’incertitude juridique »</em>.</p><p>Au contraire, le projet de loi prévoit de suspendre le versement de l’indemnité chômage ou de l’allocation en cas de simple suspicion. <em>« Tout cela participe à un contrôle renforcé des plus démunis »,</em> regrettait Christophe Moreau. D’autant que <em>« dès qu’il y a suspicion, on suspend l’allocation. Il n’y a aucune présomption d’innocence ce qui est contraire à notre justice »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/des-gilets-jaunes-controles-par-la-caf-apres-un-signalement-policier">Des gilets jaunes contrôlés par la CAF après un signalement policier</a></aside><p>Résultat, le médiateur de France Travail voit le nombre de recours exploser ces dernières années, avec plus de 60 000 sollicitations en 2025. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré en février que le gouvernement pourrait être favorable <a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/260226/fraude-sociale-et-fiscale-l-assemblee-la-gauche-ferraille-contre-un-projet-de-loi-juge-desequi" class="spip_out" rel="external">à des amendements venus de la gauche</a> pour <em>« maintenir le reste à vivre des allocataires le temps de la suspension conservatoire »</em>. </p><p>Pour la défenseure des droit Claire Hédon, cette <em>« focalisation exclusivement répressive »</em> présente <em>« des risques d’atteintes aux droits et libertés »</em> et <em>« d’aggraver le phénomène de non-recours</em> [quand des citoyens renoncent à faire valoir leurs droits, ndlr] <em>aujourd’hui bien plus massif que la fraude sociale elle-même »</em>…</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/loi-contre-la-fraude-fiscale-et-sociale-haro-sur-les-chomeurs-les-allocataires</link>
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      <pubDate>Tue, 31 Mar 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Payés moins de 6 euros de l'heure, accidents, agressions : une étude alerte sur le sort des livreurs]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Moins de 6 euros l’heure. C’est le revenu moyen des livreurs des plateformes de livraison (Deliveroo, Uber, Stuart, JustEat...), au sujet desquelles une nouvelle étude d’ampleur, <em>Santé-Course</em>, <a href="https://www.medecinsdumonde.org/actualite/enquete-livreurs/" class="spip_out" rel="external">vient de paraître</a>, mardi 31 mars. Pour ce travail, 1000 livreurs ont été interrogés à Paris et Bordeaux par Médecins du monde, l’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), avec l’appui de la Maison des coursiers à Paris, <a href="https://basta.media/maison-des-livreurs-un-peu-de-repit-pour-travailleurs-plateformes-Uber-Deliveroo" class="spip_in">la Maison des livreurs à Bordeaux</a> et CoopCycle pour la faire circuler parmi les premiers concernés.</p><p>Le millier de livreurs interrogés gagne en moyenne 1480 euros bruts par mois pour 63 heures de travail par semaine. Auquel il faut soustraire l’achat et l’entretien du matériel, ainsi que le paiement des cotisations à l’Urssaf (20% des revenus) pour ceux qui sont propriétaires de leur compte d’auto-entrepreneur.</p><p>Ceux qui, en raison de leur situation administrative irrégulière, empruntent le compte Urssaf d’un tiers, reversent en moyenne à celui-ci 528 euros par mois, chiffre l’étude. <em>C’est 150 euros la semaine qu’il faut reverser, même en été quand il n’y a pas beaucoup de commandes »</em>, confirme Paco*, livreur à Paris depuis dix ans, qui a travaillé un temps sous un faux profil. Quel que soit leur statut, c’est là leur unique source de revenus. Impossible de dégager du temps pour un autre emploi sachant que huit livreurs sur dix travaillent <em>« au moins six jours par semaine »</em>.</p><h2 class="spip" id="Un-livreur-sur-deux-a-des-symptomes-depressifs">Un livreur sur deux a des symptômes dépressifs</h2><p>Les répercussions de cette précarité, couplée au rythme de travail intensif, sont multiples sur la santé physique et mentale. La dimension psychique a rarement été documentée, pourtant, la conclusion est accablante : un livreur sur deux présente des <em>« symptômes de dépression modérée à sévère »</em>, d’après l’étude. Le taux est quasiment le même (45 %) pour ceux déclarant éprouver une <em>« détresse psychologique modérée à grave »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/maison-des-livreurs-un-peu-de-repit-pour-travailleurs-plateformes-Uber-Deliveroo">À la Maison des livreurs, un peu de répit pour les travailleurs ubérisés</a></aside><p>En outre, la moitié des livreurs interrogés souffrent de troubles du sommeil. Cette souffrance psychique est une évidence : <em>« Les livreurs ne vivent pas : ils se battent au quotidien,</em> considère Paco. <em>On est à fond dans le travail, il n’y a pas de vie à côté »</em>. <em>« Ne pas voir sa famille le soir, ne faire que travailler, cela vous coupe de vos proches, de vos enfants. Cela participe au mal-être psychique »</em>, pointe Jonathan L’Utile Chevallier, co-coordinateur de la Maison des livreurs à Bordeaux qui accompagne près de 600 livreurs adhérents.</p><p><em>« La santé mentale et la dépression, au départ c’est beaucoup ça notre problème. Après viennent le mal au dos, les douleurs aux genoux »</em>, expose Youssouf Kamara, livreur à Bordeaux depuis 2020, et président de l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs.</p><h2 class="spip" id="Mal-au-dos-aux-genoux-aux-poignets">Mal au dos, aux genoux, aux poignets</h2><p>Les  troubles musculo-squelettiques sont en effet <em>« très  prévalents  parmi les livreurs »</em>, décrit l’étude co-coordonnée par Médecins du monde. Au cours du mois précédent l’enquête, 36 % des livreurs interrogés ont ressenti des douleurs dans le bas du dos, 30 % dans le haut du dos, 22 % aux épaules, 20 % aux poignets, aux mains et   aux genoux. Parmi les autres symptômes physiques moins connus, en l’absence d’accès régulier à des toilettes, 32 % des livreurs déclarent des troubles urinaires réguliers.</p><p><em>« Est-ce qu’on doit tout vous dire ? »</em> s’interroge Youssouf Kamara en marquant une pause, avant de lâcher : <em>« On souffre aussi de faiblesse sexuelle. »</em> <em>« C’est tabou, beaucoup ont honte, mais c’est un vrai sujet »</em>, insiste Ibrahim Ouattara, co-coordinateur de la Maison des livreurs bordelaise, l’un des enquêteurs de l’étude. Ne pas aller bien mentalement n’aide pas, mais aussi, très concrètement : <em>« 12 heures d’affilée sur une selle, sans vélo homologué, sans siège adapté : les testicules sont écrasées, cela a des conséquences aussi sur le périnée… »</em></p><p>Le recours aux soins est rendu difficile par la précarité économique et l’isolement social. Parmi le millier de livreurs interrogés par l’étude, 98 % sont des personnes immigrées, 68 % n’ont pas de titre de séjour et sont contraints de louer un compte appartenant à une personne tierce. Un livreur sur trois a renoncé  à  des soins  de santé  alors qu’il en avait besoin  au cours de l’année : la majorité pour des <em>« problèmes » de papiers »</em>, les autres faute d’argent pour pouvoir se les payer.</p><h2 class="spip" id="t23-accidents-mortels-depuis-2019">23 accidents mortels depuis 2019</h2><p>Ces conditions précaires d’exercice dans lesquelles les livreurs sont maintenus sont autant de facteurs accidentogènes. <em>« Tu risques d’avoir des accidents sans même t’en rendre compte</em>, explique Youssouf Kamara. <em>Tu es sur ton vélo, au milieu de centaines de voitures, et tu es en train de penser à autres chose : est-ce qu’il y aura suffisamment de commandes pour rentrer à la maison, comment faire pour avoir un titre de séjour, pour nourrir ta famille, tout ça... Puis tu acceptes une commande, ça te dit 7 euros pour 10 kilomètres, déjà c’est mal payé mais bon… Tu valides et c’est encore pire parce que ça passe à 13 kilomètres… Parfois c’est 3 euros pour 10km… Tu es encore plus énervé tout seul sur ton vélo »</em>, déroule le livreur dans un flot de paroles.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Quel que soit leur véhicule, 59 % des livreurs interrogés ont déjà subi au moins un accident. La Maison des livreurs de Bordeaux a pour sa part recensé 23 accidents mortels de livreurs depuis 2019 dans la presse - autant dire que la liste n’est pas exhaustive. <em>« Ces travailleurs pauvres sont pris en étau entre les soucis administratifs et la pression des plateformes. Les plateformes abusent de leur situation administrative précaire pour mal les rémunérer, les pousser à la prise de risques »</em>, souligne Jonathan L’Utile Chevallier.</p><h2 class="spip" id="La-gestion-benevole-des-accidents-du-travail">La gestion bénévole des accidents du travail</h2><p>Le problème, c’est qu’il n’existe pas de reconnaissance d’accidents du travail, du fait de la non-reconnaissance du statut de salarié. Deliveroo, Uber et d’autres proposent simplement des assurances à souscrire pour les volontaires via leurs partenaires privilégiés (Axa en ce qui concerne Uber, par exemple). Pour ceux qui y souscrivent, les conditions imposées en termes de délais, documents à fournir et circuit de déclaration créent un parcours du combattant.</p><p>La Maison des livreurs bordelaise aide les coursiers à naviguer dans ce jargon administratif, mais les succès sont rares. <em>« J’accompagne un livreur Deliveroo qui a eu un accident grave en octobre 2024. Deliveroo France a envoyé son dossier à un prestataire en Belgique, qui l’a envoyé à un prestataire à Londres, qui l’a envoyé à un autre à Cardiff. Tout le monde se renvoie tous la balle. On a fini par saisir le Défenseur des droits »</em>, soupire Jonathan L’Utile Chevallier. À ce jour, le livreur en question, qui souffre de douleurs quotidiennes depuis l’accident, n’a reçu que 580 euros d’indemnité.</p><p>Le coordinateur de la Maison des livreurs mentionne un autre cas emblématique d’un coursier qui, suite à son accident, a fait <em>« cinq semaines de coma. Ses proches n’avaient pas ses codes d’accès à son compte Deliveroo. Tout était hors délai pour sa déclaration. Il est aujourd’hui handicapé à vie et il n’a rien. »</em> Les livreurs les plus précaires travaillant sous fausse identité sont, eux, exclus d’office. Paco a subi une opération au genou en 2018, après une chute en pleine livraison à Paris. <em>« Je n’ai pas eu d’indemnité car je travaillais sous l’identité d’un autre »</em>, confie-t-il.</p><p>Alors les livreurs s’organisent entre eux, bénévolement. À Bordeaux, l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs a créé une astreinte téléphonique d’urgence, disponible 24 heures sur 24. Lorsqu’un accident est signalé, même en plein milieu de la nuit, le collectif se rend sur place. <em>« Quand il pleut, je peux avoir dans la nuit deux ou trois appels pour des accidents »</em>, rapporte Youssouf Kamara, le président. En 2025, son équipe d’astreinte a porté secours en quelques minutes à un livreur de 23 ans : <em>« Les médecins nous ont dit “vous lui avez sauvé la vie” »</em>.</p><h2 class="spip" id="Management-algorithmique-qui-pousse-a-prendre-des-risques">Management algorithmique qui pousse à prendre des risques</h2><p>Le management algorithmique des plateformes, basé sur le recours à une intelligence artificielle pour optimiser les courses, n’aide pas à réduire le taux d’accidents. Bien au contraire. D’après l’étude de Médecins du monde, 74% des livreurs se considèrent obligés de suivre les instructions par peur d’être déconnectés de la plateforme. De quoi générer <em>« du stress et un épuisement qui participe à la souffrance au travail »</em>, commente Martin Toraille, médiateur en santé à Médecins du monde.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/les-travailleurs-uberises-Uber-Deliveroo-plateformes-reconnus-salaries-au-niveau-europeen-on-a-gagne-entretien-Leila-Chaibi-LFI">Travailleurs ubérisés : « Les avancées obtenues en Europe, jamais on ne les aurait eues en France sous Macron »</a></aside><p>Face aux instructions de l’algorithme, <em>« les livreurs sont contraints de développer des stratégies d’adaptation (accélération, augmentation des plages horaires, etc.) pouvant aller jusqu’à affecter négativement leur santé physique et mentale, ainsi que leur vie sociale et affective »</em>, pointait déjà l’Agence nationale de la sécurité sanitaire <a href="https://www.anses.fr/sites/default/files/AP2021-SA-0045RA_0.pdf" class="spip_out" rel="external">dans un rapport mars 2025</a>. <em>« On subit la loi des plateformes. C’est leurs tarifs, leurs horaires, leur contrôle permanent »</em>, résume Paco.</p><p>La peur de la déconnexion pousse d’autant plus à prendre des risques que les clôtures de compte sont sont quasiment impossibles à contester. Il existe bien un formulaire de réclamation, <em>« mais on ne sait jamais quel client a envoyé un commentaire négatif, ni ce qui nous vaut la sanction »</em>, soupire Jonathan L’Utile Chevallier. En trois ans de réclamations contre des clôtures de compte suivies par la Maison des livreurs, aucune n’a abouti.</p><h2 class="spip" id="Agressions-verbales-racisme-et-chantage-sexuel">Agressions verbales, racisme et chantage sexuel</h2><p>Cette relation désincarnée aux gestionnaires des plateformes empêche la prise en considération d’une autre réalité pesante : les agressions et discriminations. Six livreurs sur dix déclarent avoir déjà été exposés à une agression verbale de la part de clients ou de restaurateurs. La même proportion raconte avoir déjà subi des discriminations ; un quart  mentionne une agression physique.</p><p><em>« Il y a aussi les clients et clientes qui proposent une passe, un rapport sexuel</em>, alerte Ibrahim Ouattara, le co-coordinateur de la Maison des livreurs et co-enquêteur pour l’étude. <em>Si le livreur refuse, son compte reçoit un commentaire négatif : automatiquement vous êtes déconnecté. »</em></p><p>Ces abus graves de la clientèle sont permis par les plateformes, estime Jonathan L’Utile Chevallier. <em>« On accompagne régulièrement des livreurs qui se sont pris des points négatifs parce que la clientèle a demandé à être livrée dans son lit… Ou à aller chercher ses clopes, ou à descendre ses poubelles</em>, liste-t-il. <em>Mais chez Uber ou Deliveroo, personne ne montre une once de début d’intérêt sur ces sujets. Seul le business compte. »</em></p><h2 class="spip" id="L-espoir-d-une-directive-europeenne">L’espoir d’une directive européenne</h2><p>D’ici la fin de l’année, la France doit retranscrire dans sa législation une directive européenne <a href="https://basta.media/les-travailleurs-uberises-Uber-Deliveroo-plateformes-reconnus-salaries-au-niveau-europeen-on-a-gagne-entretien-Leila-Chaibi-LFI" class="spip_in">adoptée en novembre 2024</a> qui vise à une meilleure régulation des plateformes. Celle-ci inclut une présomption d’emploi pour les livreurs, ce qui renverse la charge de la preuve. Jusqu’ici, ce sont les travailleurs qui poursuivaient individuellement leurs entreprises en justice pour obtenir une reconnaissance de la relation de subordination, donc du salariat.</p><p>C’est arrivé <a href="https://basta.media/il-a-gagne-100-000-euros-et-sera-bientot-unique-livreur-salarie-deliveroo" class="spip_in">en juillet 2025 dans le cas de Deliveroo</a>. L’entreprise a été condamnée en appel pour avoir mis à la porte un livreur en 2020. Le juge a aussi déterminé que le livreur devrait être réintégré comme salarié. Deliveroo avait déjà été <a href="https://rapportsdeforce.fr/ici-et-maintenant/deliveroo-une-condamnation-historique-041913422" class="spip_out" rel="external">condamné en 2022</a> pour <em>« travail dissimulé »</em>.</p><p>Si la directive européenne constitue a priori une avancée, <em>« en réalité, tout dépendra de son application concrète</em>, mesure Médecins du monde. <em>Une transposition “a minima” pérenniserait le statut de travail ubérisé.  À l’inverse, une application “large” pourrait améliorer les conditions de travail des livreurs »</em>, en obligeant les plateformes à prévenir les risques professionnels, à ouvrir la possibilité du salariat, ou encore à valider la prise en charge des accidents du travail via l’Assurance maladie.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/il-a-gagne-100-000-euros-et-sera-bientot-unique-livreur-salarie-deliveroo">Il a gagné 100 000 euros et sera bientôt l’unique livreur salarié de Deliveroo</a></aside><p><em>« En Espagne, il y a eu la loi Rider de 2021 ; en Belgique, ils ont mis un minimum de rémunération ; aux Pays-Bas, il y a eu une condamnation quant à l’utilisation des données des travailleurs</em>, liste Jonathan L’Utile Chevallier. <em>C’est la France qui est en retard pour protéger ses livreurs. »</em> En attendant, lorsque la météo est mauvaise et que les clients restent chez eux, ce sont bien les livreurs qui continuent d’assurer le pic de commandes.</p><p>L’hiver dernier, à Paris, <em>« il y avait de la neige, les bus scolaires étaient interdits de rouler. Mais nous, les plateformes nous proposaient des tarifs à la hausse pour nous inciter à sortir »</em>, se souvient Paco. À Bordeaux, <em>« il faisait moins 10 degrés, avec des plaques de verglas partout,</em> se souvient Jonathan L’Utile Chevallier. <em>Des livreurs se sont fait déconnecter leurs comptes parce que leurs burgers sont arrivés froids. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Payes-moins-de-6-euros-de-l-heure-accidents-agressions-une-etude-alerte-sur-le-sort-des-livreurs</link>
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      <pubDate>Tue, 31 Mar 2026 11:45:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Payés moins de 6 euros de l'heure, accidents, agressions : une étude alerte sur le sort des livreurs]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Moins de 6 euros l’heure. C’est le revenu moyen des livreurs des plateformes de livraison (Deliveroo, Uber, Stuart, JustEat...), au sujet desquelles une nouvelle étude d’ampleur, <em>Santé-Course</em>, <a href="https://www.medecinsdumonde.org/actualite/enquete-livreurs/" class="spip_out" rel="external">vient de paraître</a>, mardi 31 mars. Pour ce travail, 1000 livreurs ont été interrogés à Paris et Bordeaux par Médecins du monde, l’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), avec l’appui de la Maison des coursiers à Paris, <a href="https://basta.media/maison-des-livreurs-un-peu-de-repit-pour-travailleurs-plateformes-Uber-Deliveroo" class="spip_in">la Maison des livreurs à Bordeaux</a> et CoopCycle pour la faire circuler parmi les premiers concernés.</p><p>Le millier de livreurs interrogés gagne en moyenne 1480 euros bruts par mois pour 63 heures de travail par semaine. Auquel il faut soustraire l’achat et l’entretien du matériel, ainsi que le paiement des cotisations à l’Urssaf (20% des revenus) pour ceux qui sont propriétaires de leur compte d’auto-entrepreneur.</p><p>Ceux qui, en raison de leur situation administrative irrégulière, empruntent le compte Ursaff d’un tiers, reversent en moyenne à celui-ci 528 euros par mois, chiffre l’étude. <em>C’est 150 euros la semaine qu’il faut reverser, même en été quand il n’y a pas beaucoup de commandes »</em>, confirme Paco*, livreur à Paris depuis dix ans, qui a travaillé un temps sous un faux profil. Quel que soit leur statut, c’est là leur unique source de revenus. Impossible de dégager du temps pour un autre emploi sachant que huit livreurs sur dix travaillent <em>« au moins six jours par semaine »</em>.</p><h2 class="spip" id="Un-livreur-sur-deux-a-des-symptomes-depressifs">Un livreur sur deux a des symptômes dépressifs</h2><p>Les répercussions de cette précarité, couplée au rythme de travail intensif, sont multiples sur la santé physique et mentale. La dimension psychique a rarement été documentée, pourtant, la conclusion est accablante : un livreur sur deux présente des <em>« symptômes de dépression modérée à sévère »</em>, d’après l’étude. Le taux est quasiment le même (45 %) pour ceux déclarant éprouver une <em>« détresse psychologique modérée à grave »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/maison-des-livreurs-un-peu-de-repit-pour-travailleurs-plateformes-Uber-Deliveroo">À la Maison des livreurs, un peu de répit pour les travailleurs ubérisés</a></aside><p>En outre, la moitié des livreurs interrogés souffrent de troubles du sommeil. Cette souffrance psychique est une évidence : <em>« Les livreurs ne vivent pas : ils se battent au quotidien,</em> considère Paco. <em>On est à fond dans le travail, il n’y a pas de vie à côté »</em>. <em>« Ne pas voir sa famille le soir, ne faire que travailler, cela vous coupe de vos proches, de vos enfants. Cela participe au mal-être psychique »</em>, pointe Jonathan L’Utile Chevallier, co-coordinateur de la Maison des livreurs à Bordeaux qui accompagne près de 600 livreurs adhérents.</p><p><em>« La santé mentale et la dépression, au départ c’est beaucoup ça notre problème. Après viennent le mal au dos, les douleurs aux genoux »</em>, expose Youssouf Kamara, livreur à Bordeaux depuis 2020, et président de l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs.</p><h2 class="spip" id="Mal-au-dos-aux-genoux-aux-poignets">Mal au dos, aux genoux, aux poignets</h2><p>Les  troubles musculo-squelettiques sont en effet <em>« très  prévalents  parmi les livreurs »</em>, décrit l’étude co-coordonnée par Médecins du monde. Au cours du mois précédent l’enquête, 36 % des livreurs interrogés ont ressenti des douleurs dans le bas du dos, 30 % dans le haut du dos, 22 % aux épaules, 20 % aux poignets, aux mains et   aux genoux. Parmi les autres symptômes physiques moins connus, en l’absence d’accès régulier à des toilettes, 32 % des livreurs déclarent des troubles urinaires réguliers.</p><p><em>« Est-ce qu’on doit tout vous dire ? »</em> s’interroge Youssouf Kamara en marquant une pause, avant de lâcher : <em>« On souffre aussi de faiblesse sexuelle. »</em> <em>« C’est tabou, beaucoup ont honte, mais c’est un vrai sujet »</em>, insiste Ibrahim Ouattara, co-coordinateur de la Maison des livreurs bordelaise, l’un des enquêteurs de l’étude. Ne pas aller bien mentalement n’aide pas, mais aussi, très concrètement : <em>« 12 heures d’affilée sur une selle, sans vélo homologué, sans siège adapté : les testicules sont écrasées, cela a des conséquences aussi sur le périnée… »</em></p><p>Le recours aux soins est rendu difficile par la précarité économique et l’isolement social. Parmi le millier de livreurs interrogés par l’étude, 98 % sont des personnes immigrées, 68 % n’ont pas de titre de séjour et sont contraints de louer un compte appartenant à une personne tierce. Un livreur sur trois a renoncé  à  des soins  de santé  alors qu’il en avait besoin  au cours de l’année : la majorité pour des <em>« problèmes » de papiers »</em>, les autres faute d’argent pour pouvoir se les payer.</p><h2 class="spip" id="t23-accidents-mortels-depuis-2019">23 accidents mortels depuis 2019</h2><p>Ces conditions précaires d’exercice dans lesquelles les livreurs sont maintenus sont autant de facteurs accidentogènes. <em>« Tu risques d’avoir des accidents sans même t’en rendre compte</em>, explique Youssouf Kamara. <em>Tu es sur ton vélo, au milieu de centaines de voitures, et tu es en train de penser à autres chose : est-ce qu’il y aura suffisamment de commandes pour rentrer à la maison, comment faire pour avoir un titre de séjour, pour nourrir ta famille, tout ça... Puis tu acceptes une commande, ça te dit 7 euros pour 10 kilomètres, déjà c’est mal payé mais bon… Tu valides et c’est encore pire parce que ça passe à 13 kilomètres… Parfois c’est 3 euros pour 10km… Tu es encore plus énervé tout seul sur ton vélo »</em>, déroule le livreur dans un flot de paroles.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Quel que soit leur véhicule, 59 % des livreurs interrogés ont déjà subi au moins un accident. La Maison des livreurs de Bordeaux a pour sa part recensé 23 accidents mortels de livreurs depuis 2019 dans la presse - autant dire que la liste n’est pas exhaustive. <em>« Ces travailleurs pauvres sont pris en étau entre les soucis administratifs et la pression des plateformes. Les plateformes abusent de leur situation administrative précaire pour mal les rémunérer, les pousser à la prise de risques »</em>, souligne Jonathan L’Utile Chevallier.</p><h2 class="spip" id="La-gestion-benevole-des-accidents-du-travail">La gestion bénévole des accidents du travail</h2><p>Le problème, c’est qu’il n’existe pas de reconnaissance d’accidents du travail, du fait de la non-reconnaissance du statut de salarié. Deliveroo, Uber et d’autres proposent simplement des assurances à souscrire pour les volontaires via leurs partenaires privilégiés (Axa en ce qui concerne Uber, par exemple). Pour ceux qui y souscrivent, les conditions imposées en termes de délais, documents à fournir et circuit de déclaration créent un parcours du combattant.</p><p>La Maison des livreurs bordelaise aide les coursiers à naviguer dans ce jargon administratif, mais les succès sont rares. <em>« J’accompagne un livreur Deliveroo qui a eu un accident grave en octobre 2024. Deliveroo France a envoyé son dossier à un prestataire en Belgique, qui l’a envoyé à un prestataire à Londres, qui l’a envoyé à un autre à Cardiff. Tout le monde se renvoie tous la balle. On a fini par saisir le Défenseur des droits »</em>, soupire Jonathan L’Utile Chevallier. À ce jour, le livreur en question, qui souffre de douleurs quotidiennes depuis l’accident, n’a reçu que 580 euros d’indemnité.</p><p>Le coordinateur de la Maison des livreurs mentionne un autre cas emblématique d’un coursier qui, suite à son accident, a fait <em>« cinq semaines de coma. Ses proches n’avaient pas ses codes d’accès à son compte Deliveroo. Tout était hors délai pour sa déclaration. Il est aujourd’hui handicapé à vie et il n’a rien. »</em> Les livreurs les plus précaires travaillant sous fausse identité sont, eux, exclus d’office. Paco a subi une opération au genou en 2018, après une chute en pleine livraison à Paris. <em>« Je n’ai pas eu d’indemnité car je travaillais sous l’identité d’un autre »</em>, confie-t-il.</p><p>Alors les livreurs s’organisent entre eux, bénévolement. À Bordeaux, l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs a créé une astreinte téléphonique d’urgence, disponible 24 heures sur 24. Lorsqu’un accident est signalé, même en plein milieu de la nuit, le collectif se rend sur place. <em>« Quand il pleut, je peux avoir dans la nuit deux ou trois appels pour des accidents »</em>, rapporte Youssouf Kamara, le président. En 2025, son équipe d’astreinte a porté secours en quelques minutes à un livreur de 23 ans : <em>« Les médecins nous ont dit “vous lui avez sauvé la vie” »</em>.</p><h2 class="spip" id="Management-algorithmique-qui-pousse-a-prendre-des-risques">Management algorithmique qui pousse à prendre des risques</h2><p>Le management algorithmique des plateformes, basé sur le recours à une intelligence artificielle pour optimiser les courses, n’aide pas à réduire le taux d’accidents. Bien au contraire. D’après l’étude de Médecins du monde, 74% des livreurs se considèrent obligés de suivre les instructions par peur d’être déconnectés de la plateforme. De quoi générer <em>« du stress et un épuisement qui participe à la souffrance au travail »</em>, commente Martin Toraille, médiateur en santé à Médecins du monde.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/les-travailleurs-uberises-Uber-Deliveroo-plateformes-reconnus-salaries-au-niveau-europeen-on-a-gagne-entretien-Leila-Chaibi-LFI">Travailleurs ubérisés : « Les avancées obtenues en Europe, jamais on ne les aurait eues en France sous Macron »</a></aside><p>Face aux instructions de l’algorithme, <em>« les livreurs sont contraints de développer des stratégies d’adaptation (accélération, augmentation des plages horaires, etc.) pouvant aller jusqu’à affecter négativement leur santé physique et mentale, ainsi que leur vie sociale et affective »</em>, pointait déjà l’Agence nationale de la sécurité sanitaire <a href="https://www.anses.fr/sites/default/files/AP2021-SA-0045RA_0.pdf" class="spip_out" rel="external">dans un rapport mars 2025</a>. <em>« On subit la loi des plateformes. C’est leurs tarifs, leurs horaires, leur contrôle permanent »</em>, résume Paco.</p><p>La peur de la déconnexion pousse d’autant plus à prendre des risques que les clôtures de compte sont sont quasiment impossibles à contester. Il existe bien un formulaire de réclamation, <em>« mais on ne sait jamais quel client a envoyé un commentaire négatif, ni ce qui nous vaut la sanction »</em>, soupire Jonathan L’Utile Chevallier. En trois ans de réclamations contre des clôtures de compte suivies par la Maison des livreurs, aucune n’a abouti.</p><h2 class="spip" id="Agressions-verbales-racisme-et-chantage-sexuel">Agressions verbales, racisme et chantage sexuel</h2><p>Cette relation désincarnée aux gestionnaires des plateformes empêche la prise en considération d’une autre réalité pesante : les agressions et discriminations. Six livreurs sur dix déclarent avoir déjà été exposés à une agression verbale de la part de clients ou de restaurateurs. La même proportion raconte avoir déjà subi des discriminations ; un quart  mentionne une agression physique.</p><p><em>« Il y a aussi les clients et clientes qui proposent une passe, un rapport sexuel</em>, alerte Ibrahim Ouattara, le co-coordinateur de la Maison des livreurs et co-enquêteur pour l’étude. <em>Si le livreur refuse, son compte reçoit un commentaire négatif : automatiquement vous êtes déconnecté. »</em></p><p>Ces abus graves de la clientèle sont permis par les plateformes, estime Jonathan L’Utile Chevallier. <em>« On accompagne régulièrement des livreurs qui se sont pris des points négatifs parce que la clientèle a demandé à être livrée dans son lit… Ou à aller chercher ses clopes, ou à descendre ses poubelles</em>, liste-t-il. <em>Mais chez Uber ou Deliveroo, personne ne montre une once de début d’intérêt sur ces sujets. Seul le business compte. »</em></p><h2 class="spip" id="L-espoir-d-une-directive-europeenne">L’espoir d’une directive européenne</h2><p>D’ici la fin de l’année, la France doit retranscrire dans sa législation une directive européenne <a href="https://basta.media/les-travailleurs-uberises-Uber-Deliveroo-plateformes-reconnus-salaries-au-niveau-europeen-on-a-gagne-entretien-Leila-Chaibi-LFI" class="spip_in">adoptée en novembre 2024</a> qui vise à une meilleure régulation des plateformes. Celle-ci inclut une présomption d’emploi pour les livreurs, ce qui renverse la charge de la preuve. Jusqu’ici, ce sont les travailleurs qui poursuivaient individuellement leurs entreprises en justice pour obtenir une reconnaissance de la relation de subordination, donc du salariat.</p><p>C’est arrivé <a href="https://basta.media/il-a-gagne-100-000-euros-et-sera-bientot-unique-livreur-salarie-deliveroo" class="spip_in">en juillet 2025 dans le cas de Deliveroo</a>. L’entreprise a été condamnée en appel pour avoir mis à la porte un livreur en 2020. Le juge a aussi déterminé que le livreur devrait être réintégré comme salarié. Deliveroo avait déjà été <a href="https://rapportsdeforce.fr/ici-et-maintenant/deliveroo-une-condamnation-historique-041913422" class="spip_out" rel="external">condamné en 2022</a> pour <em>« travail dissimulé »</em>.</p><p>Si la directive européenne constitue a priori une avancée, <em>« en réalité, tout dépendra de son application concrète</em>, mesure Médecins du monde. <em>Une transposition “a minima” pérenniserait le statut de travail ubérisé.  À l’inverse, une application “large” pourrait améliorer les conditions de travail des livreurs »</em>, en obligeant les plateformes à prévenir les risques professionnels, à ouvrir la possibilité du salariat, ou encore à valider la prise en charge des accidents du travail via l’Assurance maladie.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/il-a-gagne-100-000-euros-et-sera-bientot-unique-livreur-salarie-deliveroo">Il a gagné 100 000 euros et sera bientôt l’unique livreur salarié de Deliveroo</a></aside><p><em>« En Espagne, il y a eu la loi Rider de 2021 ; en Belgique, ils ont mis un minimum de rémunération ; aux Pays-Bas, il y a eu une condamnation quant à l’utilisation des données des travailleurs</em>, liste Jonathan L’Utile Chevallier. <em>C’est la France qui est en retard pour protéger ses livreurs. »</em> En attendant, lorsque la météo est mauvaise et que les clients restent chez eux, ce sont bien les livreurs qui continuent d’assurer le pic de commandes.</p><p>L’hiver dernier, à Paris, <em>« il y avait de la neige, les bus scolaires étaient interdits de rouler. Mais nous, les plateformes nous proposaient des tarifs à la hausse pour nous inciter à sortir »</em>, se souvient Paco. À Bordeaux, <em>« il faisait moins 10 degrés, avec des plaques de verglas partout,</em> se souvient Jonathan L’Utile Chevallier. <em>Des livreurs se sont fait déconnecter leurs comptes parce que leurs burgers sont arrivés froids. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/payes-moins-de-6-euros-de-l-heure-accidents-agressions-une-etude-alerte-sur-le</link>
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      <pubDate>Tue, 31 Mar 2026 11:45:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Face aux 3250 suppressions de postes dans l'Éducation nationale, les enseignants en grève le 31 mars]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les conséquences du budget 2026 commencent à se préciser dans l’Éducation nationale. 3256 suppressions de postes d’enseignants – 1891 dans les écoles et 1365 dans les collèges et lycées – sont programmées pour la prochaine rentrée scolaire. S’y ajoute l’absence de revalorisation salariale, malgré un retour annoncé de l’inflation et un niveau de rémunération des professeurs des écoles et du secondaire toujours inférieur en France à bien des pays européens.</p><p>Alors que de nombreuses mobilisations ont déjà eu lieu dans plusieurs académies depuis le mois de février, cinq syndicats de l’Éducation nationale (FSU, Unsa, CFDT, CGT et SUD) appellent les enseignants du premier et du second degré à une semaine de mobilisation du 30 mars au 3 avril, ainsi qu’à une journée de grève ce mardi 31 mars.</p><h2 class="spip" id="Une-carte-des-suppressions-de-postes">Une carte des suppressions de postes</h2><p><em>« On est dans la phase de concrétisation des effets du budget 2026 sur la prochaine rentrée scolaire »</em>, indique Caroline Chevé, secrétaire générale de la FSU. Académie par académie, un comité social d’administration annonce la répartition des postes – les créations comme les suppressions – pour la rentrée suivante dans les établissements du second degré. Dans les écoles, le dévoilement de la carte scolaire 2026-2027, repoussé à après le second tour des élections municipales, se dessine depuis quelques jours.</p><p><em>« Alors que seraient envisagées moins d’une vingtaine d’ouvertures de classes à Marseille et à peine une quarantaine hors Marseille, le nombre de fermetures pourrait être de plus de 40 à Marseille et de plus de 70 hors Marseille »</em>, s’inquiète le SNUipp des Bouches-du-Rhône. Au total, le solde resterait nettement négatif : une vingtaine de classes en moins dans la cité phocéenne, une trentaine à l’échelle départementale.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Même alarme dans l’académie de Toulouse. Le premier syndicat dans le primaire évoque la fermeture de 165 classes dans le premier degré, conséquence de la suppression de 94 postes d’enseignants. Aucune académie n’échappe à une réduction des moyens du service public d’éducation. Pour informer les agents de l’Éducation nationale, le SNUipp-FSU a édité une <a href="https://www.snuipp.fr/actualites/posts/rentree-2026-l-ecole-primaire-en-etat-de-choc" class="spip_out" rel="external">carte des suppressions de poste par académie</a> dans le primaire et le SNES-FSU a établi une <a href="https://poitiers.snes.edu/rentree-2026-suppression-demplois-cest-encore-pire-que-prevu/" class="spip_out" rel="external">comptabilité similaire pour le second degré</a>. Les académies de Lille et Bordeaux figurent parmi les plus touchées avec, au total, 435 suppressions de postes d’enseignants dans la première et 285 dans la seconde.</p><p><em>« Nous sommes dans le moment où les collègues prennent conscience des conséquences. Depuis quelque temps on a des mobilisations locales par académie ou par établissement. L’idée était d’avoir une semaine d’action avec une journée de grève qui soit commune »</em>, explique Caroline Chevé.</p><h2 class="spip" id="Sortir-des-greves-en-ordre-disperse">Sortir des grèves en ordre dispersé</h2><p>Fin janvier, une grève a affecté les écoles d’Ille-et-Vilaine à l’appel de plusieurs syndicats, soutenus par les parents d’élèves de la FCPE. En plus du <a href="https://basta.media/handicap-bataille-pour-l-ecole-inclusive">manque récurrent d’AESH pour accueillir les élèves en situation de handicap</a>, la mobilisation trouve sa source dans l’annonce de 97 postes d’enseignants supprimés dans les écoles de l’académie de Rennes. Même cause, mêmes effets en région parisienne, où la découverte du nombre de postes supprimés a entraîné une journée de grève le 17 février dans le primaire comme dans le secondaire. Si, dans le secondaire, des postes sont créés dans les académies de Créteil et Versailles, elles perdent chacune plus d’une centaine de postes de professeurs des écoles.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/education-premieres-mobilisations-face-aux-milliers-de-suppressions-de-postes">Éducation : premières mobilisations face aux milliers de suppressions de postes</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/14ae867b499ccc09c821559e89ca32-c7fbf.jpg?1774796248" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une cour d'école avec des enfants et des adultes sur une aire de jeux." /></aside><p>Au début du mois de mars, c’était au tour de la communauté éducative de l’académie de Lille, l’une des plus concernées, de se mettre en grève à l’appel du SNES-FSU. Là aussi, la protestation est centrée sur les suppressions de postes, fustigeant l’argument avancé par l’exécutif d’une baisse de la démographie dans le primaire pour justifier d’une réduction du nombre d’enseignants.</p><p><em>« Le gouvernement applique une règle mécanique de suppressions d’emplois en fonction du nombre d’élèves, règle qu’il n’a jamais appliquée quand le nombre d’élèves augmentait »</em>, rappelle la secrétaire générale de la FSU. Le syndicat assure que 8865 postes ont été supprimés depuis huit ans dans le second degré, pendant que 8 000 élèves supplémentaires étaient accueillis.</p><h2 class="spip" id="Anticiper-sur-le-budget-2027">Anticiper sur le budget 2027</h2><p>Souvent, depuis le mois de février, les mobilisations surgissent établissement par établissement, au plus près des suppressions annoncées de postes, d’options d’enseignement ou de classes. La semaine dernière encore, l’école maternelle Michelet à Toulouse était en grève à 100 % pour protester contre la fermeture d’une de ses quatre classes.</p><p>Pour les syndicats, la semaine d’action et la journée de grève nationale du 31 mars ont pour objectif de peser sur les choix du gouvernement. <em>« On est à un tel niveau de difficulté pour préparer les rentrées qu’on cherche à obtenir des mesures d’urgence »</em>, précise Caroline Chevé. Mais il s’agit également de préparer l’avenir : <em>« C’est aussi une manière de poser des jalons parce qu’on a conscience que le débat budgétaire pour l’année 2027 va arriver assez tôt. On veut en appeler à l’opinion et reconstruire des dynamiques de mobilisation en prévision d’une nouvelle phase d’austérité dans l’éducation. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Face-aux-3250-suppressions-de-postes-dans-l-Education-nationale-les-enseignants-en-greve-le-31-mars</link>
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      <pubDate>Mon, 30 Mar 2026 16:30:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[« J'ai eu le sentiment d'être mise à nue » : dans le Finistère, une paysanne renonce à son RSA pour préserver sa santé mentale]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Entourée de treize hectares de terres, la petite ferme se niche en contrebas d’un sommet des montagnes Noires, qui surplombe la rade de Brest, dans le Finistère. C’est là que vit Gaëlle, avec son fils, son compagnon et ses chèvres, dont elle transforme le lait en fromage qu’elle vend sur les marchés ou sur les étals de magasins bio.</p><p>Attablée dans la pièce principale, ses deux chiennes à ses pieds, Gaëlle fait défiler les messages sur l’écran de son téléphone portable. Elle s’arrête sur l’un d’eux : <em>« Je me réveille en pleine nuit en pleurs. La situation est juste insupportable »</em>, lit-elle à voix haute. Ces mots sont destinés à son assistante sociale. Gaëlle les lui a envoyés en novembre dernier après avoir ouvert un énième courrier cacheté du conseil départemental, la menaçant de suspendre ses droits au revenu de solidarité active, son RSA.</p><p>Le contrôle dont Gaëlle fait alors l’objet s’inscrit dans le contexte du « plan d’action RSA » engagé depuis 2022 par le président du conseil départemental, Maël de Calan (divers droite), qui a permis au Finistère d’enregistrer une <a href="https://www.finistere.fr/le-conseil-departemental/les-grands-plans/plan-rsa/" class="spip_out" rel="external">baisse spectaculaire du nombre de bénéficiaires</a> du minima social : en quatre ans, ils ont diminué de près d’un quart.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Harcelement-moral-institutionnel">« Harcèlement moral institutionnel »</h2><p>D’après la collectivité, cette baisse serait, pour une large part, le <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/160326/six-allocataires-du-rsa-et-la-cgt-attaquent-le-president-du-departement-du-finistere-pour-harcelement-mora" class="spip_out" rel="external">résultat de retours à l’emploi</a>. Mais des <a href="https://www.liberation.fr/economie/social/on-tape-sur-les-plus-faibles-dans-le-finistere-limpitoyable-chasse-aux-precaires-20250730_ECBYR4QBSFBPXHOYPSTQV37E3E/?redirected=1" class="spip_out" rel="external">allocataires livrent une tout autre version</a> : mis bout à bout, leurs témoignages suggèrent une politique délibérée de contrôles abusifs, visant à l’augmentation des suspensions de droits, des radiations et <a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/260326/plan-rsa-dans-le-finistere-niveau-humiliation-le-coaching-coche-toutes-les-cases" class="spip_out" rel="external">du non-recours</a>. Parmi les concerné·es, des chômeur·ses, mais aussi des artisan·es ou des <a href="https://splann.org/finistere-paysans-rsa/" class="spip_out" rel="external">paysan·es, qui, à l’image de Gaëlle</a>, n’ont pas « retrouvé un emploi », mais se sont précarisé·es plus encore.</p><p>Dernièrement, certain·es d’entre eux se sont organisé·es pour dénoncer cette politique : le 3 mars, la CGT et six allocataires parties civiles ont adressé une <a href="https://www.liberation.fr/economie/social/dans-le-finistere-des-allocataires-du-rsa-se-levent-contre-des-controles-irrealistes-et-un-harcelement-moral-institutionnel-20260304_VBMP24FYMJDHFG7BCD2K2EKFQQ/?redirected=1530#mailmunch-pop-1146266" class="spip_out" rel="external">citation à comparaître pour « harcèlement moral institutionnel »</a> à Maël de Calan et au directeur chargé de l’économie, de l’insertion et du logement au département, Romain Chantelot. Contacté par <em>Basta!</em> le service presse du département n’a pas répondu à nos questions, mais auprès de <em>Mediapart</em>, Maël de Calan <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/160326/six-allocataires-du-rsa-et-la-cgt-attaquent-le-president-du-departement-du-finistere-pour-harcelement-mora" class="spip_out" rel="external">récuse tout harcèlement et dénonce des <em>« attaques abusives »</em></a>. Ce lundi 30 mars, les deux hommes ou leurs conseils sont attendus au tribunal correctionnel de Brest, où sera fixée la date de l’audience sur le fond.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Justifier-d-un-cadeau-d-anniversaire-pour-son-fils">Justifier d’un cadeau d’anniversaire pour son fils</h2><p>Pour l’heure, dix-huit témoignages ont été versés au dossier, parmi lesquels celui de Gaëlle, qui s’ajoutent à ceux des six parties civiles. Tous font état de contrôles particulièrement tatillons, où chaque entrée et sortie d’argent est scrutée à l’euro près. Une allocataire s’est ainsi vu tenue de justifier de remboursements de proches après des courses en commun ; une autre, d’avoir centralisé une cagnotte pour un anniversaire. Une troisième se serait entendu dire par un contrôleur que la dispense d’engager une action juridique à l’encontre de son ex-compagnon pour le paiement de la pension alimentaire de leur fils pouvait être révoquée à tout moment – le RSA, <em>« c’est de l’argent public, […] ce n’est pas au département de payer [...]. C’est au père de votre enfant de subvenir à ses besoins. »</em></p><p><em>« Je pourrais me reconnaître dans chacun d’eux »</em>, soupire Gaëlle, le visage fermé. Pour elle, les ennuis ont commencé au printemps dernier. Au mois de mai 2025, elle reçoit un premier courrier qui l’informe qu’elle fait l’objet d’un contrôle et lui intime, sous peine de suspension de son RSA, de fournir <em>« quatre mois de relevés bancaires »</em>. <em>« De bonne volonté »</em>, la paysanne s’exécute. Elle imprime un à un les éléments demandés, et les renvoie en version papier, comme indiqué.</p><p>Deux mois passent. Arrive un second courrier qui la somme cette fois de justifier d’un nombre conséquent d’opérations. Certaines soulèvent pourtant <em>a priori</em> peu de questions, comme la part de RSA couple qu’elle reverse à son conjoint actuel, cette prestation conjugalisée étant versée par la mutualité sociale agricole (MSA) sur le compte de Gaëlle. D’autres, plus ponctuelles, sont néanmoins limpides : parmi les mouvements bancaires qui alertent la collectivité, figure un virement de 200 euros, effectué par les parents de la paysanne et… <em>« intitulé “Bon anniversaire”, suivi du prénom de mon fils</em>, précise Gaëlle. <em>C’est ridicule »</em>, cingle-t-elle.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Soit-tu-dors-pas-la-nuit-soit-tu-plantes-ta-boite">« Soit tu dors pas la nuit, soit tu plantes ta boîte »</h2><p>Pour chaque opération, elle doit fournir une explication sur papier libre, justificatifs à l’appui, notamment l’acte de naissance de son fils, mais aussi une attestation de ses parents pour le cadeau d’anniversaire de l’enfant, assortie de la photocopie de leurs deux pièces d’identité. Une attestation, émanant de la banque et garantissant qu’aucune opération n’a été effectuée sur un compte est aussi attendue, poursuit Gaëlle. Problème : l’établissement bancaire ne fournit pas ce type de document. En pleine période de production, la paysanne perd une semaine à batailler au téléphone pour que la banque fasse une exception ; à rassembler les preuves de sa bonne foi.</p><p>Le dossier bouclé, elle le renvoie à l’administration. Gaëlle confie : <em>« J’ai eu le sentiment d’être mise à nue. Et pendant ce temps, qui s’occupe de tes chèvres ? Soit tu dors pas la nuit pour constituer le dossier, soit tu plantes ta boîte. »</em></p><p>La réponse du département intervient trois mois plus tard : le contrôle est étendu aux 20 mois précédents. En question : de nouveaux éléments concernant la dissolution du groupement agricole d’exploitation en commun (Gaec) que Gaëlle avait monté avec son ex-compagnon, et dont le compte a été clôturé. <em>« On entre dans la quatrième dimension</em>, s’anime Gaëlle. <em>À ce moment-là, pour moi, le terme de harcèlement commence à prendre tout son sens. »</em></p><p>Gaëlle n’est pas la seule victime de cette inflation des demandes du département, qui exige des pièces de plus en plus nombreuses et complexes. <em>« En plaçant délibérément les allocataires dans une situation de quasi-impossibilité matérielle de répondre aux demandes formulées dans les délais imposés, le département organise de manière habituelle la survenance de décisions de suspension du RSA, lesquelles ne sanctionnent pas une carence de l’allocataire, mais l’échec programmé d’une procédure excessivement contraignante »</em>, peut-on lire dans la citation à comparaître.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/des-gilets-jaunes-controles-par-la-caf-apres-un-signalement-policier">Des gilets jaunes contrôlés par la CAF après un signalement policier</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Ils-sont-payes-pour-ca-ils-trouveront-forcement-une-erreur">« Ils sont payés pour ça, ils trouveront forcément une erreur »</h2><p>Face à ce <em>« rouleau compresseur administratif »</em>, Gaëlle finit par craquer. Elle consulte son médecin, qui lui prescrit des antidépresseurs et un arrêt de travail. <em>« Tout bascule, tu mets le doigt dans un engrenage. Je me suis dit : c’est à celui qui lâche le premier. Eux, ils sont payés pour ça, ils trouveront forcément une erreur. »</em></p><p>Pour la paysanne, le troisième courrier agit comme un déclic. À son assistante sociale, Gaëlle écrit : <em>« Je ne répondrai pas à ce courrier. […] Je ne fais pas l’aumône, je suis juste ce qu’on peut appeler une travailleuse pauvre. »</em> De fait, elle travaille à temps <em>« plus que plein »</em>, tient sa comptabilité, fait des choix prudents. Simplement, les choses se sont <em>« gâtées »</em> quand elle s’est séparée du père de son fils, à qui elle a dû rembourser ses parts du Gaec en plus d’essuyer une sécheresse. <em>« Je me suis retrouvée avec un emprunt sur dix ans et une trésorerie à zéro »</em>, retrace-t-elle.</p><p>C’est sur les conseils de son assistante sociale que Gaëlle s’est résolue à demander le RSA. Depuis, pour la paysanne, <a href="https://reporterre.net/Agriculteurs-au-RSA-quand-le-travail-ne-suffit-plus-pour-vivre" class="spip_out" rel="external">l’allocation permettait de tenir</a> en attendant des jours meilleurs – qu’elle espère toujours voir venir avec la fin prochaine d’un prêt et l’augmentation progressive de sa production.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Neuf-millions-de-personnes-vivent-sous-le-seuil-de-pauvrete-le-retour-de-la-faim-en-France-aide-alimentaire-agroindustrie-inflation">Neuf millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté : le retour de la faim en France ?</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Au-moins-je-protege-ma-sante-mentale">« Au moins, je protège ma santé mentale »</h2><p>D’ici là, elle a fait le calcul. 500 euros de RSA pour deux chaque mois, ça fait 250 euros chacun. S’ils lui sont <em>« sucrés »</em> faute de réponse de sa part, elle les trouvera ailleurs ou elle fera sans. Tant pis si elle doit travailler plus encore ; se serrer davantage la ceinture. <em>« Au moins, je protège ma santé mentale »</em>, tranche-t-elle. La toiture fuit mais la réfection attendra ; les vacances avec son fils aussi.</p><p>Prendre ce risque est une décision coûteuse, mais Gaëlle pondère : <em>« J’ai un potager, je produis du lait, du fromage, je fais du troc sur les marchés, je sais qu’on aura à manger et que ce n’est pas le cas de tous ceux qui se sont retrouvés dans cette situation. »</em></p><p>Le couperet est finalement tombé début mars : quatre mois de suspension, avant, sans doute, la radiation.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Faire-artificiellement-baisser-les-chiffres">« Faire artificiellement baisser les chiffres »</h2><p>Combien sont-ils à avoir jeté l’éponge comme Gaëlle ? Difficile à dire, beaucoup ayant refusé de témoigner par peur des conséquences, assure-t-elle.</p><p>Reste que <em>« cette politique systématique n’est pas l’expression d’un simple contrôle de la compatibilité de la situation de l’allocataire avec son droit à bénéficier du RSA</em>, peut-on lire dans la citation à comparaître adressée à Maël de Calan et Romain Chantelot. <em>Elle caractérise une volonté claire de harceler les allocataires afin que ces derniers finissent par renoncer au bénéfice du RSA, permettant ainsi au département du Finistère de faire artificiellement baisser les chiffres afférents au nombre d’allocataires. »</em></p><p>Gaëlle espère que la justice tranchera en leur faveur, pour que cesse ce qu’elle considère comme <em>« l’instrumentalisation d’un droit »</em>. En attendant, la paysanne a à faire. Suivie de près par Okla et Oma, ses deux chiennes, elle nous raccompagne dans la cour de la ferme. Les chèvres ont mis bas il y a peu, et les petits ont faim.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Sentiment-d-etre-mise-a-nue-dans-le-finistere-une-paysanne-renonce-RSA-pour-preserver-sa-sante-mentale</link>
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      <pubDate>Mon, 30 Mar 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[En Haute-Garonne, le département ne veut plus écouter les personnes handicapées]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« J’ai dû donner un maximum de détails sur ma maladie devant une vingtaine d’inconnus, alors que, même devant mes proches, je la minimise. Je trouve ça injuste. »</em> Ce 18 mars, Marie* revient d’une <a href="https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/glossaire/cdaph" class="spip_out" rel="external">commission des droits et de l’autonomie des personnes handicapées (CDAPH</a>), à Toulouse. Cette instance, présente dans tous les départements, est chargée de décider des aides attribuées aux personnes handicapées. Pour Marie, il s’agit d’une décision importante, qui peut améliorer considérablement son quotidien.</p><p>Elle est atteinte d’une sclérose en plaques depuis 16 ans, se déplace en fauteuil depuis un an. Son conjoint est devenu son aidant et l’assiste au quotidien. <em>« Je ne peux plus éplucher les légumes ou aller aux toilettes seule la nuit. Il faut qu’il soit là »</em>, témoigne Marie. Depuis 2022, elle a droit à une prestation de compensation du handicap (PCH), qui lui octroie 106 heures mensuelles pour dédommager son aidant familial, à hauteur d’un demi-Smic horaire, soit 4,78 euros net de l’heure.</p><p>Mais en novembre, alors qu’elle effectue un renouvellement de sa demande concernant cette prestation, la commission départementale ne lui alloue plus que 40 heures mensuelles. <em>« Cela ne correspond pas à ma vie »</em>, s’indigne Marie. Refusant la décision, elle dépose un recours. C’est ainsi qu’elle s’est retrouvée ce mois-ci à défendre son dossier en personne. <em>« Je crois que j’ai réussi à me faire entendre. Ils m’ont dit que j’aurai la réponse dans deux ou trois semaines »</em>, dit-elle.</p><h2 class="spip" id="Reproduction-des-inegalites">Reproduction des inégalités</h2><p>Créées par la loi de 2005 sur le handicap, les commissions des droits et de l’autonomie des personnes handicapées sont devenues centrales dans la vie des personnes. Leurs décisions s’appuient sur une équipe pluridisciplinaire (professionnels de santé, assistantes sociales, ergothérapeutes, psychologues…). Mais ce ne sont pas ces professionnels qui sont censés prendre les décisions d’attribution des prestations. Dans les commissions, les associations de personnes handicapées ont aussi leur mot à dire.</p><p><em>« Lorsqu’une personne vient défendre son dossier, on est plus à même de comprendre ce qu’elle dit. Parce qu’on le vit aussi. Mais c’est aussi une commission qui reproduit des inégalités, notamment de classe sociale. Il y a ceux qui ne sont pas à l’aise à l’oral, ceux qui, par pudeur, n’osent pas dire qu’ils ont besoin de quelqu’un pour faire leur toilette intime et à qui on attribue finalement moins d’heures que ce dont ils ont besoin »</em>, explique Odile Maurin, qui siège à la commission de Haute-Garonne pour l’association Handi-Social.</p><p>Or, fin 2025 le pouvoir de décision des associations de personnes handicapées siégeant dans cette commission a été considérablement amoindri en Haute-Garonne. À tel point que 24 de leurs 28 représentants ont dénoncé, mi-février, un <em>« 49.3 »</em> de la part de Christine Courade, présidente de la commission et conseillère départementale socialiste. Le 49.3, c’est cet article de la Constitution qui permet au gouvernement de faire adopter un projet de loi sans vote à l’Assemblée nationale.</p><p>Parmi les associations qui se sont soulevées : l’APF-France handicap 31, Handi-Social, AmiPlégiques, ou encore France Cérébrolésion. Provisoirement, elles ont décidé de voter contre les décisions de l’équipe pluridisciplinaire lorsque celles-ci leur sont soumises sans examen individuel des dossiers.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-departement-a-forcement-le-dernier-mot">« Le département a forcément le dernier mot »</h2><p>Aujourd’hui, <em>« lorsqu’une décision de la commission concernant une prestation compensatoire du handicap ne convient pas à une personne, elle a la possibilité de venir défendre son dossier en personne »</em>, explique Catherine Cousergue, membre du groupement pour l’insertion des personnes handicapées, une association. C’est ce qu’a fait Marie.</p><p><em>« Les membres de la commission cherchent alors un consensus. Il est suivi d’un vote. Mais ça, c’était avant, désormais, <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000037551569" class="spip_out" rel="external">le département utilise l’article R241-27</a> du Code de l’action sociale et des familles, ce qui permet aux représentants du département d’avoir toujours la majorité. C’est légal, mais ça n’avait jamais été appliqué en plus de vingt ans »</em>, dénonce Odile Maurin. C’est cet article du Code de l’action sociale que les associations qualifient de 49-3, car il impose la décision du département.</p><p><em>« Notre présence en commission ne rime plus à rien puisque le département a forcément le dernier mot »</em>, déplore Catherine Cousergue, du groupement pour l’insertion des personnes handicapées. Pour les associations frondeuses, cette dérive <em>« s’accompagne de multiples violations du cadre légal et réglementaire »</em>, écrivent-elles <a href="https://www.pepsup.com/resources/documents/ARTICLES/000/211/548/2115486/DOCUMENT/260218_AssosCDAPH31_lettre_ouverte_a_Vincini_CD31_sur_CDAPH_dysfonctionnt_vdef.pdf" class="spip_out" rel="external">dans une lettre ouverte</a> au président du département, le 18 février 2026.</p><p>La situation a également interpellé le député LFI de Haute-Garonne Christophe Bex, qui a envoyé un courrier au président du département le 19 mars et appuyé la demande de rencontre des associations. Il reste sans réponse à ce jour. Par ailleurs, Handi-Social et le groupement pour l’insertion des personnes handicapées rappellent avoir attaqué le règlement intérieur de la CDAPH 31 au tribunal administratif dès le 30 avril 2025.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Un-des-derniers-moyens-d-action">« Un des derniers moyens d’action »</h2><p>Si elle questionne l’attention portée au fonctionnement démocratique de la commission par le département de Haute-Garonne, l’utilisation de l’article contesté du Code de l’action sociale concerne en fait une part infime des dossiers examinés. <em>« Sur 1000 à 1500 demandes traitées chaque semaine, seules une à deux personnes sont en capacité de venir défendre leur dossier »</em>, précise Catherine Cousergue. Odile Maurin complète : <em>« Mais le risque, c’est qu’on perde un des derniers moyens d’action que l’on avait ! »</em></p><p>Car, en réalité, la commission ne consulte vraiment qu’une minorité des dossiers qui lui sont soumis. En Haute-Garonne, l’essentiel des évaluations est fait via une pratique dite de « listing » : des tableaux établis par les salariés de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), le guichet unique d’accès aux droits et prestations sur le handicap. Ces tableaux sont ensuite soumis aux membres de la commission. Les documents présentent simplement les taux d’acceptation des différentes aides sociales proposées par l’équipe pluridisciplinaire de la MDPH.</p><p>Les listes sont votées en bloc par la commission, sans présentation individuelle des demandes et de leur évaluation. Ainsi, le pouvoir d’allouer ou non des aides est transféré de la commission départementale à l’équipe pluridisciplinaire, censée se cantonner à un rôle d’expertise et de conseil.</p><p>Selon nos informations, en mars 2026, sur 168 premières demandes de prestation compensatoire du handicap, 67 ont été refusées par l’équipe pluridisciplinaire. Parmi les éconduits, seuls ceux formulant un recours administratif ont une chance de voir leur dossier réellement examiné par la commission. <em>« Et c’est une infime minorité »</em>, explique Odile Maurin.</p><p>En Haute-Garonne, la pratique des listings est en place depuis 2006. <em>« On s’en accommodait car on se disait qu’on ne pouvait pas traiter tous les dossiers un par un, et qu’on pouvait toujours en rattraper certains lors des recours. Mais ce temps est révolu avec l’utilisation du 49.3 »</em>, soutient Odile Maurin. La pratique des listings fait d’ailleurs partie des points du règlement intérieur de la CDAPH 31 attaqués par Handi-Social et le groupement pour l’insertion des personnes handicapées au tribunal. De son côté, le département de Haute-Garonne a proposé un groupe de travail sur la question aux associations de personnes handicapées.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Malgre-deconjugalisation-AAH-Caf-accuse-fraude-un-homme-handicape-en-couple">Thierry, « handicapé fraudeur » à qui la CAF réclame 30 000 euros parce qu’il est en couple</a></aside><h2 class="spip" id="Moins-de-dossiers">Moins de dossiers</h2><p>La pratique est loin de se limiter à la Haute-Garonne. <em>« Là-bas, ils sont courageux, donc ils contestent. Mais dans la Drôme, c’est dans le règlement intérieur depuis plusieurs années »</em>, témoigne José Sisa, président de l’association Citoyenneté défense handicap et membre de la CDAPH de la Drôme. Dans ce département moins peuplé que la Haute-Garonne, la commission traite 40 000 à 50 000 dossiers par an. <em>« Il est aussi arrivé que la vice-présidente utilise le "49-3" »</em>, continue le militant associatif.</p><p>Au-delà de se demander si des listes doivent ou non être établies, c’est leur contenu qui interroge. Dans la Creuse, une pratique très encadrée des listes existait jusqu’en novembre 2024. Dans un département très peu peuplé, où environ 3500 dossiers sont soumis à la CDAPH chaque année, ces listes ne contenaient que les cas les plus évidents quand les autres étaient tous examinés par la CDAPH.</p><p>Depuis, une expérimentation a été mise en place. <em>« Le but de cette expérimentation était de diminuer le temps mobilisé tant pour les personnes qui préparent les dossiers que pour les membres de la CDAPH »</em>, explique un rapport de la commission exécutive de la MDPH de la Creuse, que <em>Basta!</em> a pu consulter. Bilan : <em>« Cette expérimentation a permis de diminuer de près d’un tiers le nombre de dossiers présentés en CDAPH »</em>, acte la commission exécutive.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Aller-toujours-plus-vite-et-faire-des-economies">« Aller toujours plus vite et faire des économies »</h2><p><em>« On fait confiance à l’équipe pluridisciplinaire, qui fait un travail sérieux. Mais la CDAPH ne doit pas fonctionner uniquement sur la confiance, sinon elle se transforme en simple chambre d’enregistrement »</em>, défend Savannah Anselme, membre de la CDAPH de la Creuse pour l’association APF-France Handicap.</p><p>La confiance, c’est justement ce qui s’est rompu en Haute-Garonne. <em>« On a le sentiment qu’ils ont besoin d’aller toujours plus vite et de faire des économies. On leur répond : "pas sur le dos des personnes handicapées, pas dans une commission qui décide littéralement de notre vie" »</em>, prévient Odile Maurin. En 2025, la PCH représente environ un quart des 252,74 millions d’euros de budget dédiés par le département de Haute-Garonne aux personnes en situation de handicap.</p><p>En 2025, le budget primitif du département a stagné (1,9 milliard d’euros), en lien avec la <a href="https://basta.media/budget-barnier-ccure-austerite-on-est-en-train-hypothequer-avenir-Michael-Zemmour">politique d’austérité</a> mise en place à l’échelle nationale. Cela implique-t-il une baisse des droits pour les personnes handicapées en 2026 ? Le département de Haute-Garonne ne nous a pas répondu à cette heure.</p><p>*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressée.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/En-Haute-Garonne-le-departement-ne-veut-plus-ecouter-les-personnes-handicapees-PCH</link>
      <guid>https://basta.media/En-Haute-Garonne-le-departement-ne-veut-plus-ecouter-les-personnes-handicapees-PCH</guid>
      <pubDate>Mon, 30 Mar 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Pesticides : Comment le Rassemblent national s'oppose à la protection de l'eau potable]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10451 c-content_text texte surlignable"><p>En France, en 2024, presque 30% des habitants ont consommé de l’eau non-conforme. C’est à dire de l’eau qui contenait des pesticides au delà des seuils autorisés. En parallèle, les factures d’eau ont augmenté de 16 % depuis 2023. En cause : la hausse des coûts de dépollution liés aux pesticides. Et pourtant, les députés RN s’opposent à la protection des captages d’eau.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/ressources-en-eau">Ressources en eau</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/pesticides">Pesticides</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/extremes-droites">Droites extrêmes</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/Agriculture">Agriculture</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=pesticides-comment-le-rassemblent-national-s-oppose-a-la-protection-de-l-eau?var_fav=article-10451" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
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      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 16:39:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Pesticides : Comment le Rassemblement national s'oppose à la protection de l'eau potable]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10451 c-content_text texte surlignable"><p>En France, en 2024, presque 30% des habitants ont consommé de l’eau non-conforme. C’est à dire de l’eau qui contenait des pesticides au delà des seuils autorisés. En parallèle, les factures d’eau ont augmenté de 16 % depuis 2023. En cause : la hausse des coûts de dépollution liés aux pesticides. Et pourtant, les députés RN s’opposent à la protection des captages d’eau.</p></div><div><p class="c-cartouche-publication mb-1">, modifié <time datetime="2026-03-27T15:53:24Z">à 16h53</time></p>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/ressources-en-eau">Ressources en eau</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/pesticides">Pesticides</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/extremes-droites">Droites extrêmes</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/Agriculture">Agriculture</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=Pesticides-Comment-le-Rassemblement-national-s-oppose-a-la-protection-de-l-eau-potable?var_fav=article-10451" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
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      <pubDate>Fri, 27 Mar 2026 16:39:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Pourquoi les 2000 infirmières du réseau Asalée travaillent sans être payées depuis deux mois]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Depuis deux mois, Mélanie Molis, infirmière à Alès (Gard), va soigner ses patients sans être payée. <em>« Ce jeudi 26 mars, ça fera 57 jours sans salaire »</em>, confie t-elle à <em>basta!</em>. Mélanie fait partie des 2050 infirmières de l’association Asalée qui ne perçoivent plus de salaire depuis fin janvier. En cause : la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam), qui finance les missions de l’association Asalée à hauteur de 100 millions d’euros par an, a suspendu la subvention depuis décembre dernier.</p><p><em>« Financièrement, c’est dur, et il y a aussi beaucoup de colère »</em>, témoigne Mélanie qui travaille au sein de l’association depuis 2019. <em>« Cette suppression des financements, ce n’est pas entendable. Nous avons été hyper présents pendant le Covid. Avec Asalée, on a réussi à maintenir du lien avec le territoire, on n’a pas lâché nos patients. Et là, on a l’impression de se faire cracher dessus. »</em></p><p>Comment en sommes-nous arrivés là ?</p><h2 class="spip" id="Prendre-du-temps-avec-les-patients">Prendre du temps avec les patients</h2><p>Le dispositif Asalée, acronyme de « Action de santé libérale en équipe », est né en 2004 dans les Deux-Sèvres, à l’initiative d’un médecin généraliste. Ce dernier faisait face à l’afflux de patients atteint de maladies chroniques comme le diabète, les risques cardiovasculaires ou les broncho-pneumopathies. Le dispositif a consisté à mettre en place un binôme médecin-infirmière pour améliorer la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques. Cet accompagnement en équipe, qui n’était à l’origine qu’une expérimentation, est d’abord devenu un dispositif régional, puis national depuis quatorze ans. Il regroupe désormais 2050 infirmiers et 9000 médecins à travers la France.</p><div class="spip_document_22676 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="212" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2705586776 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp?1774451168 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png@.webp?1774457904 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png?1774458040" width="960" height="960" alt="carte des implantations du réseau Asalée" aria-describedby="by22676-1dd83f7ef9e7b9c036325247b46e91a2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/carte_implantation_reseau_asalee.png?1774458040 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22676-1dd83f7ef9e7b9c036325247b46e91a2">Le dispositif Asalée rassemble actuellement 2050 infirmières déléguées à la santé publique (IDSP) et 9000 médecins généralistes (MG), avec près de 3000 implantations en métropole et dans les Outre-Mer.
© Asalée
</figcaption></figure></div><p><em>« On suit aussi le surpoids de l’enfant, on repère les troubles cognitifs »</em>, ajoute Mélanie Molis. Installée avec quatre médecins libéraux, elle reçoit les patients à son cabinet. La spécificité de son travail, c’est le temps passé avec les patients. <em>« Je bloque des créneaux horaires de 50 minutes par rendez-vous</em>, illustre l’infirmière. <em>C’est de là que découle l’efficacité du travail. Les gens ont le temps de parler d’eux, d’aller au fond des choses. Un lien thérapeutique se met en place. »</em> Avant de rejoindre Asalée, elle travaillait aux urgences.</p><p>Mélanie a désormais davantage le temps d’aider le patient à comprendre son traitement, à l’accompagner lors d’un arrêt du tabac ou dans un changement de régime alimentaire. Elle prend le temps d’expliquer et de répondre aux questions que les patients n’osent pas toujours poser aux médecins.</p><p>Les consultations sont variées pour une prise en charge globale et personnalisée. Certaines infirmières du réseau Alisée organisent par exemple des marches, des ateliers de remise en mouvement ou des ateliers pour la mémoire.</p><h2 class="spip" id="Pourquoi-l-Assurance-maladie-a-coupe-les-fonds">Pourquoi l’Assurance maladie a coupé les fonds ?</h2><p>L’association Asalée est financée à 95 % par l’Assurance maladie au travers de conventions conclues entre l’association, la Caisse nationale d’assurance maladie et la CPAM79 (Caisse primaire d’assurance maladie des Deux-Sèvres, département d’implantation historique de l’association). Et ce, depuis dix ans. Mais le 28 janvier dernier, dans un courrier à l’association, le directeur général de la Cnam annonce brutalement la suspension du versement des subventions de décembre 2025. En parallèle, la convention qui lie l’assurance maladie à l’association Asalée n’est pas renouvelée pour l’année 2026.</p><p>Se basant <a href="https://www.igas.gouv.fr/controle-de-la-gestion-et-du-deploiement-du-dispositif-asalee" class="spip_out" rel="external">sur un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales</a> (Igas) de juillet 2025, la Cnam reproche à Asalée des dysfonctionnements de gouvernance (absence de pilotage financier, opacité comptable), des irrégularités multiples et des conflits d’intérêts relatifs aux prestataires choisis. Ces dysfonctionnements seraient incompatibles avec la poursuite d’un financement public. Le rapport listait 38 recommandations à mettre en place d’ici fin 2025 pour assainir la gestion de l’association.</p><p>Or, <em>« plus de six mois après la remise du rapport de l’Igas, nous ne pouvons que constater que l’association n’est pas à jour du paiement de ses cotisations sociales, ne s’est pas mise en situation de respecter les règles élémentaires de la commande publique comme celles liées à la prévention des conflits d’intérêts »</em>, <a href="https://www.infirmiers.com/profession-ide/actualite-sociale/en-conflit-ouvert-avec-la-cnam-lassociation-asalee-menace-de-saisir-la-justice" class="spip_out" rel="external">accuse la Caisse nationale d’Assurance maladie dans son courrier de janvier 2026</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Deux-versions-s-affrontent">Deux versions s’affrontent</h2><p>L’association Asalée, présidée par le médecin Margot Bayart, ancienne vice-présidente du syndicat de généralistes MG France, estime pourtant avoir répondu aux demandes de l’Igas. Surveillée par un commissaire aux comptes indépendant, l’association réfute les soupçons de conflit d’intérêts dans les marchés. Lors d’une conférence de presse en ligne, il y a deux semaines, Margot Bayart a rappelé que l’association <a href="https://www.youtube.com/watch?v=0rQsRrVIHFk" class="spip_out" rel="external">s’était vu imposer un comité de surveillance</a> à partir de 2021, au risque, dans le cas contraire, de ne pas voir sa convention renouvelée.</p><p>Or, la gouvernance de ce comité était majoritairement assurée par l’Assurance maladie, avec six voix sur huit (Cnam, CPAM79, direction de la Sécurité sociale). <em>« Jamais ce comité n’a approuvé nos comptes puisqu’il ne s’est jamais réuni et maintenant, on nous reproche de ne pas les avoir publiés. C’est une inversion accusatoire »</em>, dénonce Margot Bayart. Ce comité de surveillance a d’ailleurs été dissous le 23 décembre 2025, à la demande de l’Igas qui pointait son inefficacité.</p><p><em>« On marche sur la tête</em>, regrette Mélanie Molis qui tente de comprendre le conflit. <em>Comment la Cnam peut-elle reprocher des dysfonctionnements à notre association alors même qu’elle avait des pouvoirs dans le comité de surveillance ? Ils se foutent de nous ! »</em> dénonce l’infirmière.</p><h2 class="spip" id="Concilier-prevention-et-rentabilite">Concilier prévention et rentabilité ?</h2><p>Mélanie peine à comprendre cet acharnement. <em>« Notre système est rentable. Les études réalisées ont montré que pour 1 euro investi dans Asalée, 30 euros sont économisés sur les dépenses de santé »</em>, insiste l’infirmière. En accompagnant à l’arrêt du tabac, à la reprise d’exercice physique, à la prévention sur la malbouffe, les infirmières de l’association réalisent un travail de prévention qui permet des gains à la Sécurité sociale. <em>« Quelqu’un qui est en meilleure santé, c’est quelqu’un qui est mieux dans sa famille, dans son travail, partout. La prévention, c’est la base d’une population qui va bien »</em>, défend l’infirmière.</p><p>La mise en cessation de paiement de l’association début mars fait redouter à Mélanie <em>« des volontés de récupération du système Asalée au profit de groupes financiers »</em>. Jusqu’à maintenant, Asalée est sous le statut d’association loi 1901, avec une gouvernance aux mains des soignants. <em>« Je n’ai jamais eu de meilleure condition de travail que depuis que j’ai rejoint l’association. Je suis écoutée, je suis soutenue dans ce que je fais, j’ai le temps avec mes patients, je suis en collaboration avec des médecins qui me font confiance »</em>, résume la professionnelle de santé. Salariée à 35 heures, elle perçoit 2500 euros nets mensuels, après 25 ans de carrière comme infirmière et sept ans dans l’association.</p><p>Le fonctionnement de gouvernance horizontale de l’association est également pointé du doigt dans le rapport de l’Igas qui considère <em>« l’organisation mal adaptée (...) à une structure nationale de taille intermédiaire quasi intégralement financée par des fonds publics »</em>. Un projet de transformation en société coopérative d’intérêt collectif (Scic) est porté par des membres de l’association pour sortir de la dépendance au financement par l’Assurance maladie et conforter cette gouvernance aux mains des soignants.</p><div class="spip_document_22675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="269" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1034696684 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp?1774451338 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png@.webp?1774457908 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png?1774458040" width="960" height="472" alt="plusieurs femmes se retrouvent autour d'une table" aria-describedby="by22675-d54401bfb8cebdd0bd700b60c6d650c9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_documentaire_asalee_reunion_de_secteur.png?1774458040 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22675-d54401bfb8cebdd0bd700b60c6d650c9">Extrait du documentaire Asalée. Cette séquence relate une réunion de secteur. Des groupes géographiquement proches se retrouvent régulièrement (toutes les quatre à six semaines) pour partager les pratiques et faire vivre une gouvernance pluriprofessionnelle.
© Asalée
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Audience-le-27-mars">Audience le 27 mars</h2><p>Afin que les salaires des 2050 professionnelles de santé soient versés, l’association Asalée avait déposé un premier référé pour obtenir le déblocage du financement du mois de décembre 2025, puis lancé une autre procédure pour assurer la continuité de ses activités en janvier et février. En vain.</p><p>Le 5 mars, l’association a finalement déposé une cessation des paiements et saisi le tribunal des activités économiques de Paris afin d’obtenir l’ouverture d’une procédure de redressement judiciaire. La présidente d’Asalée a précisé auprès de l’AFP que cette procédure visait à <em>« obtenir la nomination d’un administrateur pour faire le point sur notre situation, sur les créances de la part de la Caisse d’assurance maladie et les dettes de l’association »</em>, et pour <em>« protéger les salariés »</em>. En obtenant le placement en redressement judiciaire, la procédure doit permettre, via le fonds de garantie des créances des salariés, de payer les 2000 infirmières et infirmiers de l’association. L’audience doit avoir lieu ce vendredi 27 mars.</p><p><a href="https://www.assurance-maladie.ameli.fr/presse/2025-03-06-cp-asalee" class="spip_out" rel="external">Dans un communiqué du 6 mars, la Caisse nationale d’assurance maladie</a> se dit <em>« prête à reprendre le chemin d’une contractualisation qui permettrait la nouvelle attribution d’une subvention pluriannuelle, dès lors que les conditions »</em> rappelées dans le courrier du 19 janvier <em>« le permettront »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Une-vision-du-soin">« Une vision du soin »</h2><p>Interrogée à l’Assemblée nationale, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, <a href="https://videos.assemblee-nationale.fr/video.18465441_69c2d33da0ea3.questions-au-gouvernement---mardi-24-mars-2026-24-mars-2026" class="spip_out" rel="external">a répondu le 24 mars</a> que le paiement des salaires <em>« devrait intervenir très rapidement »</em> après l’audience du 27 mars. <em>« Si des difficultés de paiement devaient survenir, des solutions d’accompagnement sont d’ores et déjà étudiées pour ces professionnels en difficulté »</em>, a t-elle précisé, tout en assurant vouloir <em>« assurer la continuité du dispositif Asalée »</em>, qui a été <em>« médicalement évalué et est efficace »</em>.</p><p>Les infirmières du réseau Asalée ont prévu de se mobiliser ce 26 mars à Paris. <em>« Des délégations vont essayer d’aller rencontrer les autorités qui sont censées répondre de notre salaire et de notre fonctionnement »</em>, explique Mélanie Molis. Une <a href="https://www.change.org/p/soutenir-asalee-pour-garantir-sa-p%C3%A9rennit%C3%A9" class="spip_out" rel="external">pétition en soutien à Asalée est également en ligne</a>. Elle demande la signature d’une convention pluriannuelle afin d’assurer un financement stable et pérenne.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/si-on-ferme-nos-1400-patients-iront-ou-les-centres-de-sante-participatifs-pour">« Si on ferme, nos 1400 patients iront où ? » : les centres de santé participatifs pour l’instant sauvés</a></aside><p>Mélanie Molis s’interroge sur la suite. <em>« Que va t-il se passer si on sauve le dispositif tout en réformant l’association ? J’ai plein de collègues qui disent : moi, si c’est pas Asalée, je vais changer de métier. Personnellement, je me pose la question. Je me suis tellement fait broyer... Là, je suis bien avec mes patients, je vois des résultats. Ce n’est pas seulement un emploi que nous défendons, c’est une vision du soin. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Pourquoi-les-2000-infirmieres-du-reseau-Asalee-travaillent-sans-etre-payees-depuis-deux-mois</link>
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      <pubDate>Thu, 26 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Taxer les milliardaires pour financer la santé : un référendum citoyen lancé en Californie]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Si la « taxe Zucman » n’a, pour l’instant, pas vu le jour en France, l’idée de taxer la fortune des ultrariches continue de circuler par-delà les frontières. La « taxe Zucman » visait à imposer à 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Une proposition similaire pourrait être adoptée d’ici la fin de l’année en… Californie, l’État des États-Unis qui concentre le plus de milliardaires. La taxe pourrait même être mise en place sous l’effet d’un référendum d’initiative citoyenne, une "<em>ballot initiative</em>".</p><p>C’est le syndicat régional du secteur de la santé (le Service Employees International Union – United Healthcare Workers West) qui a déposé cette proposition de loi en décembre. L’objectif : mettre en place à la fin de l’année 2026 un impôt exceptionnel de 5 % sur la fortune des quelque 200 milliardaires que compte la Californie. Il s’agirait d’un prélèvement ponctuel et unique, visant à compenser les réductions budgétaires prévues dans le budget fédéral de cette année.</p><h2 class="spip" id="t200-milliardaires-concernes">200 milliardaires concernés</h2><p><em>« Les milliardaires ont obtenu un allègement fiscal considérable en juillet 2025 grâce à l’adoption des réductions d’impôts au niveau fédéral prévues dans la loi surnommée “Big Beautiful Bill” »</em>, soulignent <a href="https://billionairetaxnow.org/" class="spip_out" rel="external">les porteurs de cette initiative</a>. Le budget fédéral voulu par le président Trump a largement allégé les impôts des plus riches en prévoyant des coupes budgétaires, notamment dans la santé et l’éducation.</p><p>En conséquence, la Californie et ses plus de 39 millions d’habitants risquent de voir des services fermer dans les hôpitaux, particulièrement dans les zones rurales, et de perdre jusqu’à 145 000 emplois dans la santé. À moins que l’État de Californie ne comble le trou. C’est justement ce que propose le syndicat avec cette taxe.</p><p>Selon les calculs de l’économiste français Emmanuel Saez, professeur à l’université californienne de Berkeley et qui accompagne l’initiative, cette taxe exceptionnelle sur les 0,0005 % des Californiens les plus riches, soit 200 personnes environ, rapporterait 100 milliards de dollars (86 milliards d’euros). Payable en cinq fois, elle engendrerait pour l’État de Californie 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros) d’argent public en plus par an pendant cinq ans. <em>« Soit une augmentation de ses recettes fiscales de près de 10 % »</em>, <a href="https://gabrielzucman.substack.com/p/et-si-la-revolution-fiscale-mondiale" class="spip_out" rel="external">explique l’économiste Gabriel Zucman</a>. L’initiative veut allouer 90 % des recettes de cet impôt exceptionnel à la santé et 10 % à l’éducation et à l’aide alimentaire.</p><h2 class="spip" id="Un-referendum-en-novembre">Un référendum en novembre</h2><p>Pour soumettre le texte au vote populaire, le syndicat doit récolter au moins 874 641 signatures (8 % du corps électoral californien) d’ici juin. Le texte fera ensuite l’objet d’un référendum lors des élections de mi-mandat, le 4 novembre. Si une majorité d’électrices et d’électeurs se prononcent pour, la proposition de loi est adoptée, sans passer par la chambre législative de l’État de Californie.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le mois dernier, l’initiative a dépassé le seuil d’un quart du total de signatures nécessaires. Les signaux semblent donc au vert pour obtenir l’ensemble des signatures avant l’été. En tout cas, la proposition a reçu le soutien de poids du sénateur de la gauche du Parti démocrate Bernie Sanders. Dans le même temps, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, lui, s’y oppose.</p><p><em>« Ça révèle encore une fois une forme de fracture idéologique au sein du Parti démocrate. L’aile centriste représentée par Gavin Newsom est très proche des intérêts de la Silicon Valley »</em>, analyse Quentin Parrinello, directeur des politiques publiques à l’Observatoire européen de la fiscalité (EU Tax Observatory), qui suit de près l’initiative californienne. Ceci dit, la proposition est soutenue par l’élu démocrate au Congrès du district qui couvre la Silicon Valley, Ro Khanna.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/imposition-ultrariches-au-secours-les-riches-vont-partir-Attac-budget">Imposition des ultrariches : au secours, les riches vont partir !</a></aside><h2 class="spip" id="Pas-d-exil-fiscal-possible">Pas d’exil fiscal possible</h2><p>Cette taxe concernerait une proportion infime des Californiens. <em>« On parle ici d’une taxe exceptionnelle de 5 % sur les milliardaires, pas sur les centi-millionnaires (qui ont un patrimoine de plus de 100 millions d’euros) comme c’était proposé avec la taxe Zucman en France</em>, précise Quentin Parrinello. <em>Cela vise vraiment le haut du haut du panier. Et c’est un impôt simple à comprendre. Dans le cadre d’un référendum, c’est un véritable atout. »</em></p><p>Des garde-fous seraient mis en place pour éviter l’exil fiscal des milliardaires concernés : la résidence fiscale est prise en compte au moment où l’initiative est formellement annoncée. Les milliardaires devront donc payer même s’ils ont quitté l’État au cours de l’année 2026 pour fuir cette loi.</p><p>Pour Quentin Parrinello, si l’initiative est adoptée, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres taxes similaires sur la fortune des milliardaires, ailleurs aux États-Unis et au-delà. <em>« Le fait que les fortunes soient peu taxées est un problème mondial, en France, aux États-Unis, mais aussi au Brésil, en Inde… Lorsque vous avez un très gros patrimoine, il est facile de structurer ce patrimoine pour qu’il génère très peu de revenus taxables »</em>, explique-t-il. Résultat : <em>« Les milliardaires aux États-Unis payent moins d’impôt qu’un américain moyen »</em>, résume le responsable de l’Observatoire européen de la fiscalité.</p><p>Dans cette période de coupes budgétaires, <em>« plusieurs territoires américains sont en train de réfléchir <a href="https://www.pbs.org/newshour/nation/how-some-states-are-reviving-a-push-to-tax-the-rich" class="spip_out" rel="external">à des augmentations d’impôts</a> sur les hauts revenus et le patrimoine, comme la ville de New York avec son nouveau maire Zohran Mamdani, l’État du New Jersey, le Massachusetts. Et il y a des initiatives dans d’autres pays. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-milliardaires-depensent-des-millions-pour-ne-pas-payer">Les milliardaires dépensent des millions pour ne pas payer</h2><p>En plus de la France, où la taxe Zucman a été discutée lors des débats sur le budget fin 2025, l’imposition des ultrariches intéresse le Danemark, où la candidate socialiste aux élections législatives du 24 mars a mis au centre de sa campagne <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/04/au-danemark-le-retablissement-de-l-impot-sur-la-fortune-au-c-ur-des-legislatives_6669537_3210.html" class="spip_out" rel="external">la taxation des plus riches</a>. <em>« Le sujet est aussi discuté au Brésil, en Belgique… Peut-être que ce sera effectivement la Californie qui sera le premier domino »</em>, ajoute Quentin Parrinello.</p><p>En attendant, les Californiens les plus fortunés font évidemment du lobbying pour que la loi ne passe pas. Certains milliardaires de la tech comme Peter Thiel, patron de Palantir, et l’un des fondateurs de Google, Larry Page <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/08/billionaire-tax-california" class="spip_out" rel="external">ont annoncé quitter la Californie</a> à cause de cette initiative. Et les plus riches ont versé des millions de dollars pour financer des campagnes contre la mesure. L’autre cofondateur de Google, Sergey Brin, a par exemple <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/mar/18/google-sergey-brin-california-billionaire-tax" class="spip_out" rel="external">donné 45 millions de dollars</a> pour faire obstacle à cet impôt, qui lui couterait bien plus. Début février, les opposants à la taxe <a href="https://www.latimes.com/california/story/2026-02-07/march-for-billionaires-rally-in-san-francisco" class="spip_out" rel="external">ont même essayé d’organiser</a> une « marche pour les milliardaires » à San Francisco. Au final, ils n’étaient qu’une douzaine.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Taxer-les-milliardaires-pour-financer-la-sante-un-referendum-citoyen-lance-en-Californie</link>
      <guid>https://basta.media/Taxer-les-milliardaires-pour-financer-la-sante-un-referendum-citoyen-lance-en-Californie</guid>
      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Une taxe exceptionnelle pour financer la santé : la proposition qui fait paniquer les 200 milliardaires californiens]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Si la « taxe Zucman » n’a, pour l’instant, pas vu le jour en France, l’idée de taxer la fortune des ultrariches continue de circuler par-delà les frontières. La « taxe Zucman » visait à imposer à 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. Une proposition similaire pourrait être adoptée d’ici la fin de l’année en… Californie, l’État des États-Unis qui concentre le plus de milliardaires. La taxe pourrait même être mise en place sous l’effet d’un référendum d’initiative citoyenne, une "<em>ballot initiative</em>".</p><p>C’est le syndicat régional du secteur de la santé (le Service Employees International Union – United Healthcare Workers West) qui a déposé cette proposition de loi en décembre. L’objectif : mettre en place à la fin de l’année 2026 un impôt exceptionnel de 5 % sur la fortune des quelque 200 milliardaires que compte la Californie. Il s’agirait d’un prélèvement ponctuel et unique, visant à compenser les réductions budgétaires prévues dans le budget fédéral de cette année.</p><h2 class="spip" id="t200-milliardaires-concernes">200 milliardaires concernés</h2><p><em>« Les milliardaires ont obtenu un allègement fiscal considérable en juillet 2025 grâce à l’adoption des réductions d’impôts au niveau fédéral prévues dans la loi surnommée “Big Beautiful Bill” »</em>, soulignent <a href="https://billionairetaxnow.org/" class="spip_out" rel="external">les porteurs de cette initiative</a>. Le budget fédéral voulu par le président Trump a largement allégé les impôts des plus riches en prévoyant des coupes budgétaires, notamment dans la santé et l’éducation.</p><p>En conséquence, la Californie et ses plus de 39 millions d’habitants risquent de voir des services fermer dans les hôpitaux, particulièrement dans les zones rurales, et de perdre jusqu’à 145 000 emplois dans la santé. À moins que l’État de Californie ne comble le trou. C’est justement ce que propose le syndicat avec cette taxe.</p><p>Selon les calculs de l’économiste français Emmanuel Saez, professeur à l’université californienne de Berkeley et qui accompagne l’initiative, cette taxe exceptionnelle sur les 0,0005 % des Californiens les plus riches, soit 200 personnes environ, rapporterait 100 milliards de dollars (86 milliards d’euros). Payable en cinq fois, elle engendrerait pour l’État de Californie 20 milliards de dollars (17 milliards d’euros) d’argent public en plus par an pendant cinq ans. <em>« Soit une augmentation de ses recettes fiscales de près de 10 % »</em>, <a href="https://gabrielzucman.substack.com/p/et-si-la-revolution-fiscale-mondiale" class="spip_out" rel="external">explique l’économiste Gabriel Zucman</a>. L’initiative veut allouer 90 % des recettes de cet impôt exceptionnel à la santé et 10 % à l’éducation et à l’aide alimentaire.</p><h2 class="spip" id="Un-referendum-en-novembre">Un référendum en novembre</h2><p>Pour soumettre le texte au vote populaire, le syndicat doit récolter au moins 874 641 signatures (8 % du corps électoral californien) d’ici juin. Le texte fera ensuite l’objet d’un référendum lors des élections de mi-mandat, le 4 novembre. Si une majorité d’électrices et d’électeurs se prononcent pour, la proposition de loi est adoptée, sans passer par la chambre législative de l’État de Californie.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le mois dernier, l’initiative a dépassé le seuil d’un quart du total de signatures nécessaires. Les signaux semblent donc au vert pour obtenir l’ensemble des signatures avant l’été. En tout cas, la proposition a reçu le soutien de poids du sénateur de la gauche du Parti démocrate Bernie Sanders. Dans le même temps, le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, lui, s’y oppose.</p><p><em>« Ça révèle encore une fois une forme de fracture idéologique au sein du Parti démocrate. L’aile centriste représentée par Gavin Newsom est très proche des intérêts de la Silicon Valley »</em>, analyse Quentin Parrinello, directeur des politiques publiques à l’Observatoire international de la fiscalité, qui suit de près l’initiative californienne. Ceci dit, la proposition est soutenue par l’élu démocrate au Congrès du district qui couvre la Silicon Valley, Ro Khanna.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/imposition-ultrariches-au-secours-les-riches-vont-partir-Attac-budget">Imposition des ultrariches : au secours, les riches vont partir !</a></aside><h2 class="spip" id="Pas-d-exil-fiscal-possible">Pas d’exil fiscal possible</h2><p>Cette taxe concernerait une proportion infime des Californiens. <em>« On parle ici d’une taxe exceptionnelle de 5 % sur les milliardaires, pas sur les centi-millionnaires (qui ont un patrimoine de plus de 100 millions d’euros) comme c’était proposé avec la taxe Zucman en France</em>, précise Quentin Parrinello. <em>Cela vise vraiment le haut du haut du panier. Et c’est un impôt simple à comprendre. Dans le cadre d’un référendum, c’est un véritable atout. »</em></p><p>Des garde-fous seraient mis en place pour éviter l’exil fiscal des milliardaires concernés : la résidence fiscale est prise en compte au moment où l’initiative est formellement annoncée. Les milliardaires devront donc payer même s’ils ont quitté l’État au cours de l’année 2026 pour fuir cette loi.</p><p>Pour Quentin Parrinello, si l’initiative est adoptée, elle pourrait ouvrir la voie à d’autres taxes similaires sur la fortune des milliardaires, ailleurs aux États-Unis et au-delà. <em>« Le fait que les fortunes soient peu taxées est un problème mondial, en France, aux États-Unis, mais aussi au Brésil, en Inde… Lorsque vous avez un très gros patrimoine, il est facile de structurer ce patrimoine pour qu’il génère très peu de revenus taxables »</em>, explique-t-il. Résultat : <em>« Les milliardaires aux États-Unis payent moins d’impôt qu’un américain moyen »</em>, résume le responsable de l’Observatoire européen de la fiscalité.</p><p>Dans cette période de coupes budgétaires, <em>« plusieurs territoires américains sont en train de réfléchir <a href="https://www.pbs.org/newshour/nation/how-some-states-are-reviving-a-push-to-tax-the-rich" class="spip_out" rel="external">à des augmentations d’impôts</a> sur les hauts revenus et le patrimoine, comme la ville de New York avec son nouveau maire Zohran Mamdani, l’État du New Jersey, le Massachusetts. Et il y a des initiatives dans d’autres pays. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-milliardaires-depensent-des-millions-pour-ne-pas-payer">Les milliardaires dépensent des millions pour ne pas payer</h2><p>En plus de la France, où la taxe Zucman a été discutée lors des débats sur le budget fin 2025, l’imposition des ultrariches intéresse le Danemark, où la candidate socialiste aux élections législatives du 24 mars a mis au centre de sa campagne <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/04/au-danemark-le-retablissement-de-l-impot-sur-la-fortune-au-c-ur-des-legislatives_6669537_3210.html" class="spip_out" rel="external">la taxation des plus riches</a>. <em>« Le sujet est aussi discuté au Brésil, en Belgique… Peut-être que ce sera effectivement la Californie qui sera le premier domino »</em>, ajoute Quentin Parrinello.</p><p>En attendant, les Californiens les plus fortunés font évidemment du lobbying pour que la loi ne passe pas. Certains milliardaires de la tech comme Peter Thiel, patron de Palantir, et l’un des fondateurs de Google, Larry Page <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/jan/08/billionaire-tax-california" class="spip_out" rel="external">ont annoncé quitter la Californie</a> à cause de cette initiative. Et les plus riches ont versé des millions de dollars pour financer des campagnes contre la mesure. L’autre cofondateur de Google, Sergey Brin, a par exemple <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/mar/18/google-sergey-brin-california-billionaire-tax" class="spip_out" rel="external">donné 45 millions de dollars</a> pour faire obstacle à cet impôt, qui lui couterait bien plus. Début février, les opposants à la taxe <a href="https://www.latimes.com/california/story/2026-02-07/march-for-billionaires-rally-in-san-francisco" class="spip_out" rel="external">ont même essayé d’organiser</a> une « marche pour les milliardaires » à San Francisco. Au final, ils n’étaient qu’une douzaine.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 25 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Pourquoi les écologistes ont perdu les élections municipales]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong>Lors du dernier scrutin municipal, en 2020, on avait parlé de « vague verte » avec la victoire dans plusieurs grandes villes. Six ans plus tard, il ne reste plus que Lyon, Grenoble et Tours à être dirigées par une majorité écologiste. Comment qualifier ce résultat pour les écologistes ?</strong></p><p>On peut parler d’un désaveu, voire même d’un échec. Ce n’est en tout cas pas à la hauteur de leurs ambitions. Dans une élection où beaucoup de maires sortants ont été réélus, ils ont nettement moins bénéficié de cette prime au sortant que les autres, si l’on considère Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Besançon, auxquelles on peut aussi ajouter Annecy – même si le maire sortant ne se représentait pas –, Colombes (Hauts-de-Seine) ou Bègles (Gironde) <em>[dirigée par les écologistes depuis 1989 avec l’élection, à l’époque, de Noël Mamère, ndlr]</em>.</p><div class="spip_document_22670 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="413" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/a8/ed1bdd6557120713ee81f1b2a214bd.jpg?1774353468" width="480" height="480" alt="" aria-describedby="by22670-544e9e33826a86651eb95590aa8b289f" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22670-544e9e33826a86651eb95590aa8b289f">Simon Persico est politiste, spécialiste de l’écologie politique. Il avait codirigé pour la Fondation de l’écologie politique un bilan à mi-mandat des mairies dirigées par un exécutif écologiste, publié dans le cadre d’une note intitulée <a href="https://www.fondationecolo.org/publication/note-vers-un-ecologisme-municipal/" class="spip_out" rel="external">« Vers un écologisme municipal ? Promesses de campagne et action politique des mairies vertes en France »</a>. Il est aujourd’hui directeur de Sciences Po Grenoble.
DR
</figcaption></figure></div><p>Ils ne confirment donc qu’une minorité de leurs victoires inédites de 2020 – ce qui tend par ailleurs à confirmer que cette précédente élection municipale était un peu une exception, avec une participation en baisse et un abstentionnisme différentiel, où les personnes âgées sont moins allées voter pour des raisons sanitaires.</p><p>Les écologistes perdent là un certain nombre de positions de pouvoir, notamment la métropole de Lyon, dont on parle peu alors que c’est un levier important en termes de transformation des politiques publiques. Ils restent une force essentiellement périphérique au niveau national, comme l’avaient déjà montré les élections européennes de 2024 <em>[Europe écologie avait attiré 5,5 % des voix, ndlr]</em>. C’est un parti qui n’est pas considéré comme suffisamment puissant, ou suffisamment crédible. D’un point de vue électoral, il n’a pas réussi à acquérir le statut qu’a pu avoir jadis le PS – et qui explique que les socialistes parviennent à conserver des positions de force là où ils sont implantés – ni celui de La France insoumise (LFI) désormais, avec un socle capable de se mobiliser de façon assez systématique.</p><p><strong>Comment analysez-vous cet échec, quelles en sont les causes ?</strong></p><p>À ce stade, je ne peux formuler que des hypothèses, car il faudrait mener un travail d’analyse en profondeur. Il y a peut-être, d’abord, un problème d’enracinement social. Les écologistes restent assez minoritaires dans la société française. Ils ont conquis le pouvoir dans ces villes sans avoir nécessairement une large assise sociale, ni les forces militantes qui aident à forger une légitimité importante auprès de la population. Je ne suis pas sûr qu’ils aient vraiment profité de cet exercice du pouvoir pour élargir leur base sociale et s’enraciner, comme jadis certaines forces politiques avaient su le faire avec la société civile, pour en faire des alliés et des relais sur le terrain. Il faudrait regarder le nombre d’adhérents au parti écologiste dans les villes qu’il gouverne, mais je ne crois pas qu’il ait sensiblement augmenté. Ce facteur n’est pas propre aux écologistes d’ailleurs. Les partis politiques français attirent peu.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Plus l'écologie est matérialisée par des politiques publiques et des transformations profondes, plus elle devient clivante »</p>
</aside><p>Ensuite, il ne faut pas sous-estimer le niveau d’opposition politique qu’ils ont eu à affronter, pendant ce mandat. Les écologistes sont devenus en 2020 une force politique qui peut gouverner, au moins au niveau local. Cela change la nature de la menace qu’ils représentent et donc l’hostilité à leur encontre. Le niveau de conflictualité a augmenté au moment même où le souffle de l’écologie politique est un peu retombé. La dynamique n’est pas la même qu’il y a six ans, avec les mobilisations et les marches pour le climat, autour de Greta Thunberg, la pétition de l’Affaire du siècle <em>[lancée par des ONG pour de véritables politiques climatiques et qui avait recueilli plus d’un million de signatures, ndlr]</em>, etc. Aujourd’hui, l’écologie apparaît moins comme une priorité dans l’opinion publique. On est dans une séquence moins favorable, où l’écologie est devenue un sujet plus clivant.</p><p><strong>Pourquoi est-ce devenu clivant alors même que les conséquences du dérèglement climatique se font de plus en plus concrètement sentir ?</strong></p><p>Parce que l’écologie devient quelque chose d’opérationnel, est matérialisée par des politiques publiques qui engagent des transformations profondes. Pendant longtemps, l’écologie est restée un enjeu assez consensuel, au fond : qui peut dire qu’il est contre un air pur, contre une eau propre, pour le réchauffement climatique ? On a longtemps expliqué que tout le monde avait à y gagner. Mais on se rend compte à présent, quand <a href="https://basta.media/zfe-sont-elles-anti-pauvres-et-anti-travailleurs">on met en place les ZFE (zones à faible émission)</a>, la politique de zéro artificialisation nette pour en finir avec la bétonisation, ou des politiques de transition énergétique, par exemple, que cela a des conséquences concrètes pour un certain nombre d’intérêts.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les politiques de transition font des perdants, pas seulement du côté de Bolloré ou des classes les plus riches »</p>
</aside><p>Les politiques publiques de transition font des perdants, mais pas seulement du côté de Bolloré ou des classes les plus riches. L’acceptabilité sociale d’un certain nombre de mesures n’a peut-être pas été assez travaillée. Cette nouvelle conflictualité a pu être instrumentalisée par tout un ensemble de groupes organisés – des filières économiques, des industries, des promoteurs immobiliers, etc. – qui voient leurs intérêts directement remis en cause par ces politiques de transition écologique. C’est tout l’enjeu de la façon dont ces sujets vont être politisés dans le débat public.</p><p>Prenez la question agricole, c’est un très bon exemple : on peut certainement considérer que les intérêts d’une très large majorité de la population sont du côté d’une transition du modèle agricole dominant. Pour autant, la minorité en colère est suffisamment puissante pour obtenir des relais politiques et médiatiques qui leur permettent de cadrer le débat d’une façon défavorable à la protection du vivant, à la qualité de notre alimentation et même au sort d’une majorité d’agriculteurs. Et à la fin, si on fait un sondage, la grande majorité dit soutenir les revendications des agriculteurs…</p><p><strong>C’est comme ça que s’est notamment installé le mantra autour de « l’écologie punitive », qui a la dent dure. Les écologistes pêchent-ils dans leur façon d’y répondre ?</strong></p><p>Il ne faut pas sous-estimer le fait qu’ils ne luttent pas tout à fait à armes égales, ne serait-ce que par rapport à la machine publicitaire et médiatique. C’est très dur de lutter contre le récit productiviste, au sens de l’accumulation des biens, des services, de l’accélération des déplacements, de l’augmentation générale du confort matériel et du niveau de vie (mais pas forcément de sa qualité). On hérite d’un modèle promu depuis plus d’un siècle, qui bénéficie de moyens considérables pour cela et qui continue de susciter une réaction naturellement positive.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/municipales-2026-l-extreme-droite-multiplie-par-trois-le-nombre-de-villes-sous">Municipales 2026 : l’extrême droite multiplie par trois le nombre de villes sous son contrôle</a></aside><p>Face à la promesse de l’abondance comme moteur de transformation sociale, ce n’est pas si facile de réenchanter l’idéal de sobriété… On a encore trop l’impression de « perdre » quelque chose, et l’écologie se voit accuser de porter une logique de privation qui apparaît comme punitive, voire réactionnaire. On l’a bien vu avec les polémiques autour du sapin de Noël à Bordeaux ou du Tour de France à Lyon, au début de leur mandat : dans le fond, ce sont des propositions assez évidentes d’un point de vue écologiste, fidèles à leur représentation du monde et soutenues d’ailleurs par les associations engagées sur ces questions-là. Mais elles sont apparues comme des erreurs de communication politique, iconoclastes voire insensées aux yeux des principaux acteurs politiques et médiatiques.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Face à la promesse de l’abondance comme moteur de transformation sociale, ce n’est pas si facile de réenchanter l’idéal de sobriété »</p>
</aside><p>Regardez les chiffres d’affaires du secteur de la publicité, de l’ordre de 10 milliards d’euros : dans notre société du spectacle, l’écologie reste quand même une bataille culturelle particulièrement difficile à mener ! Sans parler de tous ceux pour qui ces revendications apparaissent complètement décalées face à l’enjeu de satisfaire les besoins les plus élémentaires, et pour qui cela n’a juste aucun sens de parler de « sobriété ».</p><p><strong>Sur le fond, quel bilan tirez-vous de ce dernier mandat pour les écologistes à la tête de grandes municipalités : ont-ils tenu leur promesse, mis en œuvre des politiques suffisamment ambitieuses et contribué à définir ce à quoi pourrait ressembler un « écologisme » municipal ?</strong></p><p>C’est dur de dresser un tableau exhaustif de ces dix expériences municipales. Mon impression, c’est que c’est plutôt le cas : on peut considérer qu’ils ont globalement fait ce pour quoi ils avaient été élus, et transformé leur ville dans la perspective qu’ils défendaient. Mais force est de constater, comme l’avait démontré l’institut Ipsos dans une <a href="https://www.ipsos.com/fr-fr/municipales-2026-quelles-perspectives-dans-les-villes-de-lest-de-la-france" class="spip_out" rel="external">enquête sur les villes dirigées par des écologistes</a> dans l’Est de la France en janvier, que les électeurs semblaient malgré tout déçus et que ce bilan n’a pas toujours été apprécié.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Ces stratégies d’union avec LFI n’ont guère porté leurs fruits pour les écologistes »</p>
</aside><p>Ce n’est pas forcément propre aux écologistes, les chercheurs Isabelle Guinaudeau et Emiliano Grossman ont démontré que <a href="https://www.sciencespo.fr/centre-etudes-europeennes/fr/actualites/en-france-tenir-ses-promesses-electorales-ne-rapporte-rien/" class="spip_out" rel="external">le respect des promesses électorales n’était pas une garantie</a> de succès auprès des électeurs. On en revient à l’enjeu d’élargir le périmètre de sa base électorale, ce que les écologistes ne sont pas suffisamment parvenus à faire.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Municipales-toulouse-pourquoi-la-gauche-unie-a-perdu">Municipales : pourquoi la gauche unie a perdu à Toulouse</a></aside><p><strong>Que nous indiquent ces résultats à un an de l’élection présidentielle : La France insoumise est-elle la grande gagnante de ce scrutin ? L’union de la gauche est-elle encore une issue envisageable face à l’essor du vote Rassemblement national (RN) ?</strong></p><p>Il est difficile d’y voir clair au sujet de ces stratégies d’alliance à géométrie variable. À la différence de précédentes élections municipales, ce scrutin a surtout été guidé par des logiques locales, pas tant une logique nationale. Mais ce qu’on peut constater, c’est que ces stratégies d’union avec LFI n’ont guère porté leurs fruits pour les écologistes. En tout cas, elles ne leur ont pas permis de l’emporter à Besançon, Poitiers ou Strasbourg… Si ces alliances étaient certainement nécessaires – sans elles, c’est sûr qu’il ne pouvait pas y avoir victoire – elles sont donc loin d’être suffisantes.</p><p>C’est pour moi l’un des autres enseignements de ce scrutin : il semble que La France insoumise fasse effectivement figure de repoussoir pour une partie des électeurs du centre gauche. À force que tout le monde – je dis bien, tout le monde – s’amuse à nourrir cette stratégie conflictuelle et polarisante, cela finit par produire des effets auprès des électeurs. Quand on tape sans cesse sur le coin de la division et du clivage, d’un côté par Glucksmann, de l’autre par Mélenchon, à la fin, on finit par véritablement fendre la bûche en deux. On en est à peu près là, aujourd’hui, à gauche.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/pourquoi-les-ecologistes-ont-perdu-les-elections-municipales</link>
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      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 15:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Mobilisons-nous pour que les printemps cessent d'être silencieux »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les printemps se font silencieux.</p><p><a href="https://www.cnrs.fr/fr/presse/lintensification-de-lagriculture-est-lorigine-de-la-disparition-des-oiseaux-en-europe" class="spip_out" rel="external">Les oiseaux disparaissent</a>, les abeilles et les insectes <a href="https://www.mnhn.fr/fr/le-declin-des-insectes-met-en-peril-le-vivant" class="spip_out" rel="external">pollinisateurs meurent par milliards</a>, les fleurs sauvages se font plus rares, et c’est notre survie qui est en jeu. Les pesticides contaminent tous les milieux, <a href="https://www.igas.gouv.fr/prevenir-et-maitriser-les-risques-lies-la-presence-de-pesticides-et-de-leurs-metabolites-dans-leau-destinee-la-consommation-humaine" class="spip_out" rel="external">l’eau</a>, <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/20/des-dizaines-de-tonnes-de-pesticides-presentes-dans-les-nuages-au-dessus-de-la-france_6641938_3244.html" class="spip_out" rel="external">l’air</a>, la terre, ils provoquent l’effondrement de la biodiversité, ils ont des impacts catastrophiques et généralisés sur la santé humaine.</p><p>L’abandon des pesticides de synthèse est une nécessité vitale.</p><p><a href="https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/" class="spip_out" rel="external">Les rapports de l’INSERM sont clairs</a> : les pesticides ont des effets neurotoxiques, perturbateurs endocriniens et cancérigènes, chez des adultes de plus en plus jeunes, mais aussi chez les enfants, alors que le discours dominant se focalise sur la responsabilité de l’alcool et du tabac.</p><p>L’évaluation des pesticides au sein de l’union Européenne et des États membres, est scandaleusement faussée car elle ne prend en compte ni la totalité des coformulants ni les effets cocktail et ne s’appuie pas sur la recherche scientifique actuelle. Le principe de précaution inscrit dans la charte de l’environnement et adossé à notre constitution exige une transformation complète des politiques publiques en matière de santé environnementale et de protection de la biodiversité.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Les firmes productrices de pesticides et leurs lobbyistes nous mentent.</p><p>Non, les pesticides ne sont pas indispensables pour nourrir l’humanité. La faim dans le monde est due aux inégalités socio-économiques historiques mondiales, <a href="https://basta.media/Alimentation-pourquoi-produire-plus-ne-resoudra-pas-la-faim-dans-le-monde" class="spip_in">ce n’est pas un problème de quantité</a>. La production alimentaire mondiale est près de 1,5 fois supérieure aux besoins alimentaires des 8 milliards d’êtres humains et c’est 30% de la production agricole mondiale qui est perdue ou gaspillée. De plus, les scientifiques proposent des <a href="https://www.inrae.fr/actualites/agriculture-europeenne-pesticides-2050" class="spip_out" rel="external">pistes de sortie des pesticides de synthèse</a> qui sont largement ignorées par le gouvernement.</p><p>La souveraineté alimentaire doit passer avant la défense des intérêts des géants de l’agro-industrie.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Ce-que-recouvre-vraiment-la-souverainete-alimentaire-Via-Campesina-droit-pays-developper-capacite-produire-alimentation-respect-diversite-culturelle">Ce qu’est vraiment la souveraineté alimentaire, au contraire de ce que prétend le gouvernement</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/4d2e3f97325892864a9f8312eb3039-7c1cd.jpg?1749541912" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>La souveraineté alimentaire a été définie par le mouvement international La Via Campesina, comme <em>« le droit des peuples à une alimentation saine et culturellement appropriée, produite par des méthodes écologiquement saines et durables, et leur droit de définir leurs propres systèmes alimentaires et agricoles  »</em>. En France, la souveraineté alimentaire devrait être protégée par la Loi Egalim qui n’a pas du tout été appliquée à la hauteur de l’enjeu.</p><p>Toutes les filières peuvent produire sans pesticides de synthèse.</p><p>Les rendements​​​​​​​ parfois plus faibles en agriculture biologique ne peuvent être invoqués compte tenu de la surproduction actuelle. Des alternatives offrent la possibilité aux producteurs et aux productrices d’être autonomes et souvent de réduire leur coût de production. Elles doivent être reconnues. Nos savoir-faire rendent injustifiable l’empoisonnement des sols, de l’eau, de l’air, de l’ensemble de la population mondiale et de tout le vivant, sous le supposé prétexte de nous nourrir.</p><p>L’État est coupable.</p><p><a href="https://paris.cour-administrative-appel.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/la-cour-reconnait-la-responsabilite-de-l-etat-dans-l-existence-d-un-prejudice-ecologique-resultant-de-l-usage-des-produits-phytopharmaceutiques" class="spip_out" rel="external">La cour d’appel de Paris a condamné l’État français</a> le 3 septembre 2025 pour sa responsabilité dans l’effondrement de la biodiversité et pour son inaction. Malgré cela, l’État français, irresponsable, permet la réintroduction de pesticides dangereux comme les néonicotinoïdes avec les lois Duplomb et les lois d’orientation agricole, tandis que les cancers, les pathologies chroniques et auto-immunes explosent sur nous comme sur nos enfants. La France reste muette face à la dérégulation dramatique de la protection environnementale proposée par la Commission Européenne via l’Omnibus « sécurité alimentaire ».</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Des-pesticides-autorises-de-maniere-illimitee-en-Europe-2300-scientifiques-alertent-Omnibus">Des pesticides autorisés de manière illimitée en Europe : 2300 scientifiques alertent</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/fdf9ea10cfa7224b9c542be3fc4835-28c41.jpg?1770914800" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="des manifestants tiennent une pancarte &quot;pesticides sous évalués, nature et santé en danger&quot;" /></aside><p>Les associations et les collectifs organisateurs de la Marche exigent une sortie des pesticides de synthèse.</p><p>Celle-ci ne pourra s’élaborer que dans le cadre d’une réorientation des pratiques agricoles en concertation avec les professionnel.les de l’agriculture, de l’alimentation, les organisations de protection de l’environnement, les citoyen.nes, les élu.es, et la recherche scientifique. Elle impose une réforme profonde de la politique agricole commune (PAC) pour soutenir financièrement cette transition.</p><p>D’ailleurs, le rapport du Haut-Commissariat à la Stratégie et au Plan récemment paru, même s’il minimise certains problèmes (aux dires même des signataires dans les conclusions du rapport), contient des recommandations essentielles pour soutenir l’agriculture biologique, protéger les produits agricoles européens de la concurrence déloyale, protéger la ressource en eau avec l’interdiction complète des pesticides dans les aires de protection des captages et protéger la santé des agricultrices et des agriculteurs.</p><p>L’agriculture biologique et paysanne repose aussi sur des principes de justice, de coopération, et de solidarité entre les peuples.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pesticides-interdits-en-europe-commercialises-ailleurs-colonialisme-chimique">« Des pesticides sont interdits en Europe mais exportés à l’étranger » </a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/06eecd4099f0f6428e97209c3b30e5-bc198.jpg?1751882070" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Elle exige la sortie du colonialisme chimique et donc l’interdiction de la production et de l’exportation honteuse vers le reste du monde, notamment le Sud global, des molécules jugées trop dangereuses et interdites dans l’Union Européenne. Les gouvernements européens, la Commission européenne, toutes les agences et institutions doivent cesser de louvoyer et prendre leurs responsabilités car de nombreux points de non-retour sont en passe d’être franchis. Il en va de la possibilité même de vie sur Terre.</p><p>À l’occasion de la journée mondiale de la santé, mobilisons-nous pour que les printemps cessent d’être silencieux.</p><div class="spip_document_22629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_photo_verticale"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1051757992 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp?1773841816 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png" width="960" height="1357" alt="Affiche de l'événement Marche pour un printemps bruyant" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/affiche_a2_printemps_bruyant_2026_vert_clair_.width-1000.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a></figure></div><p>Rendez-vous à Paris, au métro Grands Boulevards, à 14h, le samedi 4 avril 2026 pour la Marche Printemps Bruyant.</p><p>Exigeons la planification dès maintenant de l’arrêt de la production et de l’usage des pesticides de synthèse.</p><p>Exigeons un accompagnement des agricultrices et agriculteurs pour leur permettre d’arrêter l’usage de ces pesticides de synthèse.</p><p>Exigeons justice et réparation pour les victimes des pesticides, en métropole et dans les Outre-mer, notamment du chlordécone.</p><p>Exigeons une conférence citoyenne pour élaborer un projet permettant de nourrir sans détruire, conciliant production, conditions de travail décentes, santé et respect de l’environnement.</p><p><strong>–</strong> La liste des organisations signataires est <a href="https://extinctionrebellion.fr/blog/2026/02/23/appel-pour-la-marche-du-samedi-4-avril-2026-mobilisation-contre-les-pesticides.html" class="spip_out" rel="external">à retrouver sur le site d’Extinction Rebellion</a></p><p><strong>–</strong> <a href="https://framaforms.org/samedi-4-avril-2026-marche-printemps-bruyant-appel-a-mobilisation-contre-les-pesticides-1771580401" class="spip_out" rel="external">le lien pour pouvoir signer l’appel</a></p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 07:30:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[PFAS : à la rencontre de celles et ceux qui luttent pour faire cesser leur production]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« On a tous des PFAS dans le sang. »</em> Face à la caméra de Stenka Quillet et Quentin Noirfalisse, la journaliste d’investigation Stephane Horel qui a <a href="https://foreverpollution.eu/map/" class="spip_out" rel="external">évalué l’ampleur de la pollution à l’échelle européenne</a>, l’assure : <em>« Il n’y a aujourd’hui plus un seul être humain qui n’a pas de PFAS dans le sang. »</em> Le <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/121437-000-A/tous-empoisonnes-le-fleau-des-pfas/" class="spip_out" rel="external">documentaire <em>Tous empoisonnés, le fléau des PFAS</em></a> rappelle que ces molécules surnommées « polluants éternels » sont partout : dans les sols de nos jardins, dans l’eau que nous buvons, dans l’air que nous respirons, et donc dans nos organismes.</p><p>Si le constat est terrifiant, nombreux sont ceux qui ne se résignent pas. Ce film va à la rencontre des victimes de PFAS, et de celles et ceux qui luttent pour faire cesser leur production. Si l’Europe vient de se rendre compte de la catastrophe, un avocat aux États-Unis avait lancé l’alerte à la fin du 20<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle. <em>« Sans Robert Bilott, nous ne serions peut-être pas au courant du scandale des PFAS »</em> soulignent les co-réalisateurs.</p><p>Sollicité en 1998 par un fermier qui lui demande de comprendre ce qui décime son troupeau de vaches, l’avocat enquête sur l’usine voisine, DuPont. Depuis les années 1950, l’entreprise fabrique du Teflon, l’antiadhésif des poêles qui n’attachent pas. Après avoir obtenu par voie de justice les études confidentielles réalisées par l’industriel, Robert Bilott découvre que l’entreprise connaissait depuis les années 60 la toxicité du PFOA, un polluant éternel utilisé pour fabriquer le Téflon. L’alerte de l’avocat sur les PFAS va mettre 25 ans pour émerger en Europe. Le combat de Robert Bilott avait été raconté dans le film <em>Dark Waters</em>, sorti en 2019. Grâce à cet homme, <em>« le PFOA vient tout juste d’être interdit sur notre continent et a été officiellement classé cancérogène »</em> salue le documentaire <em>Tous empoisonnés</em> bientôt visible sur Arte.</p><h2 class="spip" id="Lanceuses-et-lanceurs-d-alerte-a-l-honneur">Lanceuses et lanceurs d’alerte à l’honneur</h2><p>Les co-réalisateurs Stenka Quillet et Quentin Noirfalisse mettent aussi à l’honneur celles et ceux qui participent en Europe, et notamment en France, à faire émerger les pollutions aux PFAS. Le documentaire nous emmène à Salindres, dans le Gard, épicentre de la pollution du TFA qui entre dans la composition de certains médicaments et pesticides.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/geant-chimie-solvay-deni-polluants-eternels-contamination-PFAS">Le géant de la chimie Solvay dans le déni face aux polluants éternels déversés dans la nature</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/109fbe4f6569947a58944635c43537-8c61c.jpg?1773830003" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un homme prélève de l'eau au bord d'une rivière." /></aside><p>Les prélèvements dans les rivières réalisés fin 2023 par les militant·es de l’organisation Générations futures, en aval de l’usine Solvay qui produit des TFA, révèlent des concentrations cinq fois supérieures à la limite instituée par les Pays-Bas. Ces informations ont conduit la presse à s’emparer du sujet et à interpeller autant les industriels que les responsables politiques.</p><p>Alors que les autorités publiques françaises tardent à réagir, les riverains peuvent compter sur l’appui de scientifiques, dans toute l’Europe. Stenka Quillet et Quentin Noirfalisse se rendent en Norvège où le chimiste Hans Peter Arp essaie d’alerter sur les dangers du TFA. <em>« Il existe désormais des preuves indiquant que le TFA pourrait être reprotoxique</em>, appuie le scientifique. <em>Il est très important de savoir s’il y a eu des effets sur la santé de la population locale [de Salindres]. Et cela nécessiterait des études. Ce qui est clair c’est qu’on ne fait rien pour empêcher l’accumulation fulgurante de cette molécule synthétique, alors qu’on n’a même pas eu le temps d’en évaluer correctement les risques. »</em></p><div class="spip_document_22626 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="91" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c267322509 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp?1773996641 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp?1773830383 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg?1774332049" width="960" height="540" alt="un homme vêtu d'une blouse blanche dans son laboratoire" aria-describedby="by22626-8978492c7df3513c66cc686855a00d5b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hans_peter_arp_-_chimiste_universite_d_oslo_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions.jpg?1774332049 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22626-8978492c7df3513c66cc686855a00d5b">Hans Peter Arp, chimiste à l’université d’Oslo.
© Brotherfilms et Dancing Dog productions
</figcaption></figure></div><p>Certaines victimes ne sont plus là pour témoigner mais ont considérablement fait avancer le combat pour l’interdiction des PFAS. À 15 ans, Amara Strande, habitante de Minneapolis (États-Unis), s’est vu diagnostiquer un cancer du foie très rare, lié aux PFAS. Elle a passé les derniers mois de sa vie à se battre pour faire changer la législation, et a témoigné au Parlement du Minnesota.</p><p>Le 24 avril 2024, la « loi Amara » interdisant onze catégories de produits contenant des PFAS a été votée dans cet État américain du Midwest. Amara est décédée à 20 ans, juste avant l’adoption de cette loi qui porte son nom. <em>« Elle savait qu’il était trop tard pour elle. Mais elle voulait s’assurer que j’allais vivre en sécurité même si elle, elle allait mourir »</em>, se souvient sa sœur cadette dans une séquence du film.</p><h2 class="spip" id="Victoires-judiciaires">Victoires judiciaires</h2><p>Certains osent aussi affronter en justice les industriels pollueurs pour les obliger à financer la dépollution. C’est le cas de Lori Swanson, ancienne procureure générale du Minnesota. Elle a lancé une procédure judiciaire en 2010 contre la multinationale 3M, qui a pollué l’eau potable avec son usine de production de PFAS de l’Est de Minneapolis. Après huit ans de procédures, la multinationale a accepté de payer 850 millions de dollars pour la contamination des eaux souterraines. Malgré les attaques subies, Lori Swanson a également décidé de rendre publiques les pièces à conviction. 3M a alors fait face à une avalanche de procès pour lesquels la multinationale a déboursé près de 12 milliards de dollars.</p><p>En Italie, c’est un collectif de mères, les « Mamme No PFAS », qui a assigné en justice les anciens dirigeants de Miteni, une usine locale de production de PFAS. <em>« Nous avons choisi ce nom parce qu’en 2017, nous avons découvert des PFAS dans le sang de nos enfants et dans le nôtre »</em>, confie Cristina Cola, membre du collectif. Ses deux enfants ont un taux de PFOA dix fois trop élevé d’après la valeur de référence italienne. <em>« Les Mamme no Pfas sont nés de la colère qui nous envahissait toutes à ce moment là et aussi du manque de réponses »</em>, dit-elle.</p><div class="spip_document_22627 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="152" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c341597151 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp?1773996641 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp?1773830388 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg" width="960" height="720" alt="des femmes arborant des T-shirt avec le taux de PFOA dans une salle d'audience" aria-describedby="by22627-7159cd616350747e4e95f97966eba4be" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/italie_-_attente_de_verdict_contre_l_industriel_de_pfas_c_brotherfilms_et_dancing_dog_productions_.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22627-7159cd616350747e4e95f97966eba4be">En Italie, le collectif des Mamme no PFAS dans l’attente du verdict contre un industriel producteur de PFAS.
© Brotherfilms et Dancing Dog productions
</figcaption></figure></div><p>À l’issue d’une longue procédure, lancée en 2019, le procès pénal s’est ouvert en 2025 à Vicence, en Vénétie. Les dirigeants sont poursuivis pour « désastre environnemental » et « empoisonnement des eaux ». L’intervention lors de ce procès de Robert Bilott va être décisive pour établir la chaîne de responsabilités ayant conduit à ce scandale environnemental et sanitaire. Le 26 juin 2025, la Cour d’assises italienne a condamné onze anciens dirigeants de l’entreprise Miteni à des peines de prison allant de 2 à 17 ans, et a condamné l’entreprise à plus de 64 millions d’euros d’indemnisations pour la région de Vénétie et pour le ministère de l’Environnement italien.</p><p>Stenka Quillet et Quentin Noirfalisse sont présents pour filmer cette première décision de justice européenne et la forte émotion qui envahit le tribunal. <em>« C’est notre victoire à nous toutes</em>, souffle Cristina Cola. <em>Notre histoire montre que rien n’est impossible et qu’on n’est jamais trop petit pour agir. »</em></p><p>Cette décision relative à une contamination massive aux PFAS intervient alors que, depuis trois ans, les actions en justice contre des industriels de la chimie se multiplient en France. Autant d’avancées législatives, pénales ou scientifiques racontées dans ce documentaire, qui font naitre l’espoir que l’industrie chimique sera bientôt obligée de renoncer à produire ces molécules.</p><p><strong>–</strong> <em>Tous empoisonnés - Le fléau des PFAS</em>, à voir le 31 mars 2026 sur Arte Thema à 21H (et en replay dès le 24 mars).</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/PFAS-a-la-rencontre-de-celles-et-ceux-qui-luttent-pour-faire-cesser-leur-production-documentaire</link>
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      <pubDate>Tue, 24 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Municipales 2026 : l'extrême droite multiplie par trois le nombre de villes sous son contrôle]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le Rassemblement national (RN) sort-il renforcé des élections municipales 2026 ? Assurément oui, même s’il ne réalise pas un raz de marée. Le parti à la flamme triple le nombre de communes dont il aura la gestion pendant les six prochaines années. En 2020, le RN ne l’emportait que dans dix-sept villes, dont sept de plus de 20 000 habitant·es. Cette fois-ci, il se place à la tête de 62 municipalités, comme <a href="https://basta.media/70-villes-pourraient-basculer-a-l-extreme-droite-le-22-mars" class="spip_in"><em>Basta!</em> l’entrevoyait au lendemain du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> tour</a>, en comptant les communes où ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR), le parti d’Éric Ciotti, scission des Républicains (LR), l’ont emporté.</p><p>Ce scrutin lui offre-t-il une dynamique favorable en vue de la présidentielle ? Ce n’est pas garanti. Même si le scrutin municipal est proche de l’élection reine de 2027, il conserve ses spécificités. La personnalité du maire ou des prétendants à la mairie est prépondérante, au-delà des étiquettes partisanes. Les enjeux locaux y dominent souvent les enjeux nationaux.</p><h2 class="spip" id="La-meilleure-moisson-du-Rassemblement-national-malgre-des-echecs">La meilleure moisson du Rassemblement national malgré des échecs</h2><p>Dès le premier tour, le Rassemblement national est parvenu à faire réélire ses maires sortants à Perpignan (50,61%), Beaucaire (60,37%), Hénin-Beaumont (77,71%) ou encore à Fréjus (51,33%). Il y a ajouté avec ses alliés de l’UDR une dizaine de communes. Ce dimanche 22 marsn à l’occasion du second tour, Éric Ciotti l’emporte à Nice, avec 48,54 % des voix, 10 points devant son challenger Christian Estrosi. C’est la première fois que l’extrême droite prend une ville aussi importante, la cinquième de France en nombre d’habitants. L’ancien maire de Nice entre 1995 et 2008, Jacques Peyrat, avait été longtemps membre du Front national (FN) – et député des Alpes-Maritimes – mais avait quitté le parti lepéniste avant de se présenter à Nice.</p><p>Le RN/FN conquiert également plusieurs villes moyennes de plus de 30 000 habitant·es, comme Montauban, Carcassonne, Liévin, Agde, Menton, Carpentras, Castres. Enfin, une trentaine de communes de moins de 30 000 habitant·es tombent dans l’escarcelle du RN ou de ses alliés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>À côté de ces succès, le RN échoue à Marseille. Son candidat, Franck Allisio recueille 40,73 % des suffrages, 13 points derrière Benoît Payan, à la tête d’une liste d’union de la gauche qui a bénéficié du désistement du candidat de La France insoumise Sébastien Delogu. Pour autant, le candidat d’extrême droite a progressé de près de 20 000 voix entre les deux tours.</p><p>Même échec à Nîmes, où le candidat communiste l’a emporté en devançant de 3 points Julien Sanchez, du RN (37,52%). La ville de Toulon a aussi échappé à l’extrême droite, qui l’avait déjà dirigée entre 1995 et 2001. Sa candidate est arrivée en seconde position avec 47,65 % des suffrages face à Josée Massi (Divers droite). Le RN perd également Villers-Cotterêts (Aisne), face à une candidate centriste, ville qui abrité la Cité internationale de la langue française, qu’il avait conquise en 2020.</p><h2 class="spip" id="Le-grand-remplacement-de-la-droite-dans-le-Sud-est">Le grand remplacement de la droite dans le Sud-est</h2><p>Même s’il échoue à emporter la ville de Marseille, le Rassemblement national aspire les voix de la droite. Sa représentante, Martine Vassal, arrive en troisième place à 5,31 %. Au premier tour, elle n’avait enregistré que 12,41 % des voix, dans une ville pourtant administrée par la droite de Jean-Claude Gaudin entre 1995 et 2020.</p><p>Dans les Alpes-Maritime, en plus de la ville de Nice, traditionnellement à droite, le RN l’emporte au second tour à Menton et à Peymeinade. Dans le département voisin du Var, Toulon n’a pas basculé au RN et fait mentir l’idée selon laquelle l’électorat de droite basculerait forcément à l’extrême droite, mais trois communes voisines de l’arsenal ont élu un maire UDR allié du RN : La Seyne-sur-Mer, Six-Fours-les-Plages et La Valette-du-Var. Dans les Bouches-du-Rhône, Rognac et Tarascon passent au RN.</p><p>Enfin, quatre communes du Vaucluse, dont Carpentras, passent dans le giron du parti à la flamme. Dans ce département, le RN se paie même le luxe de ravir la ville d’Orange au maire, et fondateur d’un mouvement d’extrême droite local, Jacques Bompard. En tout, ce dimanche 22 mars, ce sont quatorze communes qui ont été remportées par le RN et ses alliés dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur qui s’additionnent aux sept gagnées au premier tour.</p><h2 class="spip" id="Le-RN-progresse-encore-dans-le-Nord">Le RN progresse encore dans le Nord</h2><p>La région Hauts-de-France constitue l’autre grande terre d’élection du RN, avec un électorat plus populaire que dans le Sud-est. Le RN n’y a pas réalisé la moisson escomptée. Il a échoué à prendre les mairies de Lens et de Douai qu’il visait. Mais de très peu à Douai, où le candidat RN n’a que 154 voix de retard sur la liste d’union de la gauche. En revanche, il renforce son implantation autour des communes déjà acquises dans le Pas-de-Calais, lors des élections municipales précédentes.</p><p>Il parvient à l’emporter à Liévin (53,58 %) devant une liste d’union de la gauche. En plus de cette ville de 31 000 habitants, il s’installera à l’hôtel de ville dans cinq nouvelles communes autour de Hénin-Beaumont et de Bruay-la-Buissière, remportées dès le premier tour. Avec une commune gagnée en plus dans l’Oise, ce sont en tout quatorze communes que le RN gérera dans la région des Hauts-de-France.</p><h2 class="spip" id="L-influence-du-RN-grignote-des-territoires">L’influence du RN grignote des territoires</h2><p>La progression du Rassemblement national ne se limite pas aux régions Provence-Alpes-Côte-d’Azur et Hauts-de-France. En Occitanie et dans le Grand Est où le RN enregistre souvent de bons scores électoraux, l’extrême droite a ravi plusieurs villes. Dans les Pyrénées-Orientales, le RN l’emporte dans trois communes autour de Perpignan : à Rivesaltes, Canohès et Elne.</p><p>Dans l’Aude voisine où l’ensemble des députés sont déjà RN, c’est la ville de Carcassonne qui est tombée entre ses mains. Pour finir, Agde dans l’Hérault, Bagnols-sur-Cèze dans le Gard et Castres dans le Tarn rejoignent la listes des villes qui basculent. Dans le Grand Est, la Moselle et la Meurthe-et-Moselle fournissent trois communes de plus au parti de Jordan Bardella, dont Saint-Avold. Enfin, la commune de Wittelsheim, près de Mulhouse bascule également. A Metz, l’une des rares villes de plus de 100 000 habitant.e.s où il était en mesure de se maintenir (dans le cadre d’une quadrangulaire), il ne progresse pas entre les deux tours, plafonnant à 17%.</p><p>Plus surprenant, le Rassemblement a enregistré des victoires dans des territoires moins traditionnellement acquis. Dans le Loiret (centre), le RN gagne la ville de Montargis (15 000 habitant.e.s), dans une triangulaire très serrée avec une avance de 59 voix sur la liste de de gauche et 91 voix sur le candidat divers-droite. Il l’emporte aussi à Vierzon (25 000 habitant.e.) dans le Cher et, plus à l’Ouest, à La Flèche (15 000 habitant.e.s) dans la Sarthe. Autant de petites villes éloignées des dynamiques économiques, sociales et culturelles qui caractérisent les plus grandes agglomérations.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/municipales-l-enjeu-cache-du-senat-pour-le-rn-et-lfi">Le Sénat, l’autre enjeu des municipales pour le RN et LFI</a></aside><p>A l’inverse, le RN continue de faire des scores très faibles dans les métropoles. A l’exception de la ville de Nice, via l’UDR, de Toulon ou de Marseille, il n’était pas présent au second tour dans la plupart des villes de plus de 200 000 habitant comme Lyon, Nantes, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Montpellier et Rennes. Mais il serait présomptueux d’en tirer quelque conclusion que ce soit : l’élection présidentielle de 2027 ne se gagnera pas exclusivement dans les métropoles.</p><p>Le RN fait ainsi élire environ 3000 conseillers municipaux, ce qui devrait <a href="https://basta.media/municipales-l-enjeu-cache-du-senat-pour-le-rn-et-lfi" class="spip_in">l’aider à constituer un groupe au sénat</a>, lors de son renouvellement en septembre.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Municipales : pourquoi la gauche unie a perdu à Toulouse]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Notre campagne a été une démonstration de force, on s’est senti porté par un mouvement »</em>. Debout sur une chaise, devant un bar de centre-ville toulousain, François Piquemal tente de réconforter les près de 300 sympathisants qui espéraient le voir devenir le premier maire insoumis de Toulouse ce 22 mars 2026.</p><p>Parmi eux, nombre de militants associatifs ou syndicaux. Ils constituent le gros des troupes de François Piquemal, par ailleurs ancien militant de l’association Droit au logement. <em>« On a les boules. Tout va continuer comme avant, les associations du centre-ville vont continuer à toucher des subventions mais pas celles des quartiers populaires… »</em>, déplore Maël Chéry de l’association de culture hip-hop Toulouse est en feu.</p><p>La victoire de la liste d’union des gauches, rassemblant du PS jusqu’au NPA, semblait pourtant possible. Au premier tour, les deux principales listes de gauche cumulaient 24 000 voix d’avance sur leur concurrent de droite. Alors que le contexte politique national rendait les fusions PS-LFI incertaines, les deux candidats ont fusionné immédiatement dans la nuit du premier tour le 15 mars. Assuré d’avoir une place de président de la métropole toulousaine en cas de victoire, François Briançon ; le candidat socialiste, s’est impliqué pleinement dans la campagne insoumise d’entre deux tours, solidaire jusque dans la soirée de défaite.</p><p>Car, pour la troisième fois consécutive, c’est Jean-Luc Moudenc qui emporte la mairie de Toulouse. Avec 53,9% des voix, il réalise soit une hausse spectaculaire des suffrages exprimés en sa faveur entre les deux tours. De son côté, la liste d’union des gauches peine à empiler les électorats. Alors que les deux listes de gauche agrégeaient 82 519 voix au premier tour, la liste unifiée remporte seulement 78 925 voix, soit un effritement de plus de 4%. Elle ne semble pas non plus bénéficier de la hausse de participation qui passe de 56,5% à 62,5% dans la ville rose entre les deux tours.</p><p>Comment expliquer un tel retournement ? Pour Jean-Luc Moudenc, l’argumentaire est tout trouvé. <em>« J’avais prévenu que nous ferions face à nous la gauche mélenchoniste. Ce n’est pas une gauche ordinaire, le mélenchonisme c’est une rupture avec les valeurs de la République et les Toulousains l’ont bien senti »</em>, déclare-t-il, tout juste réélu, <a href="https://www.ladepeche.fr/2026/03/22/municipales-2026-a-toulouse-jean-luc-moudenc-reelu-je-nai-jamais-craint-la-defaite-sa-premiere-declaration-13287033.php" class="spip_out" rel="external">auprès de <em>La Dépêche du Midi</em></a>. Il n’est pas le seul à avoir usé de cet argument. Carole Delga, présidente socialiste de la région Occitanie, <a href="https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/municipales-2026-carole-delga-ne-soutient-pas-la-liste-de-fusion-lfi-ps-a-toulouse-face-a-jean-luc-moudenc_64004892.html" class="spip_out" rel="external">a elle aussi désavoué</a> cette union des gauches, gênée par la présence des insoumis.</p><p>Les électeurs de la gauche la plus centriste auraient-ils refusé de voter pour un candidat estampillé La France insoumise ? <em>« Entre les deux tours, dans les porte-à-portes, il y a eu des gens qui expliquaient avoir voté pour François Briançon au premier tour et qui voulaient aller voter pour Jean-Luc Moudenc au second. Mais cela représentait quand même très peu d’électeurs. Leur arguments étaient déconnectés du contexte toulousain. Ils nous disaient ne pas partager les valeurs de LFI. On essayait de remettre du concret, de leur montrer que les deux projets municipaux étaient très proches »</em>, explique Lionel militant, d’Archipel citoyen.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Lors de la campagne municipale de 2020, cette liste citoyenne avait rassemblé la gauche non socialiste à Toulouse. Elle est depuis <a href="https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/municipales-2026-a-toulouse-archipel-citoyen-devient-un-parti-politique_59704881.html" class="spip_out" rel="external">devenue un parti politique</a> et a appelé à voter pour le candidat PS au premier tour des élections municipales de cette année préférant, <em>« tenter d’agréger les électeurs de centre gauche »</em>, rapporte Lionel. Elle a ensuite mené la campagne de François Piquemal au second tour.</p><p>Dans les trois bureaux de vote qui ont le plus voté pour François Briançon au premier tour de ces élections municipales, la liste de la gauche unie a réuni entre 6% et 12% de voix en moins au second tour que la somme des voix listes PS et LFI. Ce qui laisse soupçonner une légère défection des électeurs du candidat socialiste. Mais cette érosion est loin d’expliquer à elle seule la sur-mobilisation de l’électorat de Jean-Luc Moudenc au second tour.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Nos-adversaires-ont-ete-plus-forts-que-nous">« Nos adversaires ont été plus forts que nous »</h2><p>Debout au milieu de la foule, Salah Amokrane a besoin de cinq minutes avant de répondre aux interviews. <em>« Laissez-moi digérer un peu »</em>, s’excuse <a href="https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/municipales-2026-a-toulouse-salah-amokrane-et-l-assemblee-des-quartiers-rejoignent-francois-piquemal-lfi_62834062.html" class="spip_out" rel="external">ce militant toulousain historique de l’Assemblée des quartiers</a>, élu conseiller municipal à Toulouse entre 2001 et 2008 <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Motiv%C3%A9s_!" class="spip_out" rel="external">grâce à la campagne des Motivé-e-s</a>. On le retrouve peu après : <em>« La dynamique de la campagne a été bonne dans les quartiers populaires, qui ont voté pour Piquemal. Mais nos adversaires ont été plus forts que nous, ils ont des moyens que nous n’avons pas »</em>, soupire-t-il.</p><p>Le militant, égrène : <em>« Les syndicats patronaux ont appelé à faire barrage à LFI. Il y a aussi eu <a href="https://actu.fr/occitanie/toulouse_31555/municipales-2026-350-personnalites-de-toulouse-appellent-a-voter-pour-jean-luc-moudenc-voici-la-liste_64012621.html" class="spip_out" rel="external">une tribune de 350 personnalités</a>, dont des anciens rugbymen célèbres ou des chefs étoilés, qui ont appelé à voter pour Jean-Luc Moudenc. »</em> Dans l’entre deux tours, la Confédération des petites et moyennes entreprises de Haute-Garonne (CPME 31) <a href="https://gazette-du-midi.fr/au-sommaire/entreprises/municipales-2026-a-toulouse-en-cas-de-victoire-lfi-medef-et-cpme-alertent-sur" class="spip_out" rel="external">a appelé à voter pour le maire sortant</a>, quand l’antenne haut-garonnaise du Medef a vivement critiquée l’alliance PS-LFI, jugée <em>« contre nature »</em>. Ces syndicats patronaux se sont notamment inquiétés de l’impact d’une élection de François Piquemal sur l’aéronautique toulousain.</p><p>Salah Amokrane accuse aussi un tract <em>« distribué il y a trois jours à peine »</em>, dit-il. Signé par l’Union des étudiants juifs de France (UEJF), le flyer met en cause « les tendances antisémites » présumées de plusieurs colistiers de François Piquemal, dont Salah Amokrane lui-même. <em>« Alors que j’ai passé 40 ans de ma vie à lutter contre le racisme et l’antisémitisme ! »</em>, s’indigne cet ancien soutien de la campagne présidentielle de Benoît Hamon en 2017.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Droite-radicalisee">« Droite radicalisée »</h2><p>L’accusation d’antisémitisme qui pèse sur Jean-Luc Mélenchon a rejailli sur la campagne toulousaine et affecté le moral des candidats de gauche. Le 19 mars, alors qu’ils rendaient hommage aux victimes des attentats de Mohammed Merah, qui a assassiné en 2012 à Toulouse deux militaires, puis trois enfants un enseignant devant une école juive, François Piquemal, François Briançon, ou encore un militant du collectif juif décolonial Tsedek, par ailleurs ancien élève de l’établissement scolaire frappé par le terroriste, ont été violemment pris à parti par des personnes présentes dans la foule. <em>« Collabo  ! Collabo  ! Fasciste anti‐juif  ! Pourriture  ! »</em>, ont crié les provocateurs, <a href="https://www.mediacites.fr/municipales-2026/toulouse/2026/03/20/insultes-crachat-coups-et-menaces-de-mort-a-toulouse-la-campagne-derape-sous-les-yeux-passifs-du-maire-candidat/" class="spip_out" rel="external">rapportent nos confrères de <em>Médiacités Toulouse</em></a>.</p><p>Dans un communiqué, les candidats de la liste d’union des gauches ont dénoncé des menaces de mort, des crachats et des violences physiques. <em>« Plusieurs élus et candidats de la majorité de Jean-Luc Moudenc ont approuvé, encouragé et relayé ces comportements »</em>, poursuit le communiqué. François Piquemal a depuis annoncé <a href="https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse/municipales-2026-a-toulouse-le-candidat-de-l-union-de-la-gauche-va-porter-plainte-apres-avoir-ete-pris-a-partie-3564868" class="spip_out" rel="external">vouloir déposer plainte</a>.</p><p>Lors d’une conférence de presse donnée le même jour, le candidat insoumis dénonce une <em>« campagne de caniveau »</em>, menée sous l’œil passif de Jean-Luc Moudenc. <em>« Il se présente comme un candidat de centre droit, alors que c’est la droite radicalisée »</em>, insiste François Piquemal. Dans l’entre-deux-tour, le maire sortant qui se présente comme l’héritier de Dominique Baudis <a href="https://www.francebleu.fr/occitanie/haute-garonne-31/toulouse/municipales-2026-a-toulouse-jean-luc-moudenc-est-confiant-j-ai-tout-laisse-dans-mon-bureau-au-capitole-6917812" class="spip_out" rel="external">n’a pas boudé</a> le soutien des partis d’extrême droite tels que le Rassemblement national et Reconquête, qui n’ont pas passé la barre des 10% au premier tour dans la ville rose.</p><h2 class="spip" id="Jean-Luc-Moudenc-cameleon-politique">Jean-Luc Moudenc, caméléon politique</h2><p>Longtemps identifié <a href="https://www.lefigaro.fr/elections/presidentielles/jean-luc-moudenc-le-maire-lr-macron-compatible-de-toulouse-votera-pour-pecresse-20220223" class="spip_out" rel="external">comme « Macron compatible »</a>, cet ancien adhérent des Républicains, parti qu’il a quitté en 2022 sous prétexte de « droitisation », est en réalité un caméléon politique. <a href="https://www.ladepeche.fr/article/2012/11/16/1490652-moudenc-defilera-contre-le-mariage-gay.html" class="spip_out" rel="external">Soutien de La Manif pour Tous en 2012</a>, il n’hésite pas à tisser des liens avec l’extrême droite quand le besoin électoral s’en fait sentir. Lors de la campagne 2026, il est allé jusqu’à <a href="https://www.mediacites.fr/municipales-2026/toulouse/2026/03/05/a-toulouse-le-coup-de-main-de-jean-luc-moudenc-a-la-liste-du-parti-deric-zemmour/" class="spip_out" rel="external">aider la liste Reconquête</a> à trouver des colistier pour affaiblir le RN, qui aurait pu lui prendre des voix au deuxième tour, explique <em>Médiacités Toulouse</em>.</p><p>En octobre 2025, une plainte pour détournement de fonds publics et financement illicite de campagne a été déposée par l’association Anticor contre Jean‐Luc Moudenc. Une enquête préliminaire <a href="https://www.mediacites.fr/breve/toulouse/2025/10/06/le-parquet-dauch-ouvre-une-enquete-preliminaire-sur-laffaire-moudenc/" class="spip_out" rel="external">est en cours</a> au parquet d’Auch. En cause : le maire de Toulouse est soupçonné de s’être servi d’agents de la collectivité pour mener sa campagne de 2020. L’affaire a été révéle en juin par le média local <em>Médiacités</em>, qui va devoir continuer à enquêter sur l’édile pendant les six prochaines années.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 23 Mar 2026 09:26:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Municipales 2026 : Paris, Marseille, Lyon restent à gauche, le RN prend des villes moyennes]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Dimanche, plusieurs médias indépendant ont suivi la soirée électorale en direct, dont <a href="https://www.politis.fr/articles/2026/03/municipales-suivez-le-second-tour-en-direct/" class="spip_out" rel="external">Politis</a>, <a href="https://www.humanite.fr/direct_content_feed/municipales-2026-suivez-en-direct-les-resultats-du-second-tour" class="spip_out" rel="external">L’Humanité</a>, et <a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/200326/second-tour-des-municipales-notre-emission-en-direct" class="spip_out" rel="external">Mediapart</a>, <a href="https://lesjours.fr/obsessions/municipales-2026/ep13-live-second-tour/" class="spip_out" rel="external"><em>Les Jours</em></a>, <em>Rue89Strasbourg</em>, <em>Rue89Bordeaux</em>, <em>Rue89Lyon</em> et les déclinaisons locales de <em>Médiacités</em>.</p><p>À Paris, en attendant les résultats <em>L’Humanité</em> <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/elections-municipales/municipales-2026-a-paris-une-election-clivee-par-le-vote-de-classe" class="spip_out" rel="external">analysait comment l’élection</a> a été <em>« clivée par le vote de classe »</em>, en allant interroger des électeuri·ces du très cossu 16<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement et du plus populaire 19<sup class="typo_exposants">e</sup>.</p><h2 class="spip" id="Paris-Marseille-Lyon-restent-a-gauche">Paris, Marseille, Lyon restent à gauche</h2><p>La capitale reste finalement à gauche, Emmanuel Grégoire l’emportant devant Rachida Dati. Marseille reste aussi à gauche avec Benoît Payan, le gagnant l’emporte là encore sans alliance avec LFI, alors qu’on craignait un passage de la ville à l’extrême droite. <em>« Mais les cas de figure sont différents : dans la capitale, Emmanuel Grégoire gagne malgré la présence de Sophia Chikirou ; à Marseille, Benoît Payan gagne après le désistement de Sébastien Delogu »</em>, précise <em>Les Jours</em>. <em>« À Lyon, Grégory Doucet met un KO technique à Jean-Michel Aulas »</em>, écrit aussi le magazine. L’écologiste Grégory Doucet l’emporte sur le divers droite et ancien patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas par 53,1 % contre 46,9 %.</p><h2 class="spip" id="Des-victoires-de-la-gauche-avec-ou-sans-LFI">Des victoires de la gauche avec ou sans LFI</h2><p>À Rennes, la candidate de la gauche hors LFI est réélue maire. À Nantes, l’alliance de gauche avec LFI derrière la maire Johanna Rolland garde la ville. Blois, Le Mans, Rouen restent aux mains des socialistes. La liste d’union des gauches l’emporte à Lille sans LFI. Et Saint-Étienne bascule à gauche, là aussi sans alliance avec LFI. À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann alliée au second tour au candidat centriste Horizons semble emporter, dimanche soir, la ville face à la maire écologiste sortante alliée à LFI.</p><h2 class="spip" id="Victoires-et-defaites-de-la-France-insoumise">Victoires et défaites de la France insoumise</h2><p>La France insoumise emporte la ville de Roubaix, après avoir emporté celle de Saint-Denis au premier tour la semaine dernière. À La Réunion, le candidat à la mairie du Tampon soutenu par La France insoumise, Alexis Chaussalet, a également remporté le second tour des municipales. Le candidat LFI Aly Diouara a gagné à La Courneuve.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Mais LFI échoue à Limoges, qui reste à droite. Le candidat Les Républicains Guillaume Guérin l’emporte devant la liste d’union de la gauche menée par l’Insoumis Damien Maudet. <em>« Malgré un accord au forceps entre Damien Maudet et le PS au terme du premier tour, c’est bien le candidat Les Républicains Guillaume Guérin qui l’emporte. Le RN est sous la barre des 5 %, contre plus de 12 % au premier tour. Un effet barrage face à LFI ? »</em> interroge <em>L’Humanité</em>. <em>« Les gauches irréconciliables n’existent pas »</em>, <a href="https://www.politis.fr/articles/2026/03/municipales-suivez-le-second-tour-en-direct/" class="spip_out" rel="external">a réagi de son côté Damien Maudet</a>. Un autre enseignement, selon le candidat LFI, <em>« c’est qu’à chaque fois que la gauche tapera sur la gauche, elle fera gagner la droite. »</em></p><p>Toulouse ne sera pas non plus insoumise. Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, divers droite, l’emporte devant le candidat insoumis François Piquemal, qui avait fusionné avec les autres listes de gauche après le premier tour. Maintenant, <em>« une question stratégique va se poser à gauche : est-ce que les alliances avec la France insoumise ont permis un second tour efficace »</em>, analyse dimanche soir le journaliste de <em>Mediapart</em> Ilyes Ramdani.</p><h2 class="spip" id="Des-villes-qui-passent-a-droite">Des villes qui passent à droite</h2><p>C’est la douche froide à Poitiers pour la liste citoyenne d’union des gauches qui avait remporté la ville en 2020. Six ans plus tard, la droite prend les rênes de la ville, alors même que la maire sortante, Léonore Moncond’huy, s’était classée en tête au premier tour. À Bordeaux, l’ancien ministre macroniste Thomas Cazenave s’impose d’une courte tête face au maire sortant écologiste Pierre Hurmic. À Besançon aussi, la droite reprend la ville, face à la maire écologiste sortante. En Bretagne, la gauche perd Saint-Brieuc, qui passe à droite, <a href="https://www.humanite.fr/direct_content_feed/municipales-2026-suivez-en-direct-les-resultats-du-second-tour" class="spip_out" rel="external">et Brest</a>, où <em>« le candidat de la droite et du centre Stéphane Roudaut arriverait en tête avec 55% des voix, loin devant le maire sortant François Cuillandre »</em>, écrit <em>L’Humanité</em>.</p><p>Au Havre, Édouard Philippe, ancien premier ministre, reste maire en l’emportant devant le candidat communiste d’union des gauches.</p><h2 class="spip" id="Le-RN-perd-a-Nimes-et-Toulon-mais-prend-des-villes-moyennes">Le RN perd à Nîmes et Toulon, mais prend des villes moyennes</h2><p>Le RN n’aura donc pas Marseille. Et <em>« le Rassemblement national n’aura pas Nîmes »</em> non plus, se réjouit <em>Politis</em>. Là-bas, <em>« l’union de la gauche, portée par le communiste Vincent Bouget, réussit à mettre fin à un quart de siècle de règne de l’ancien sénateur Les Républicains, Jean-Paul Fournier. »</em></p><p>Échec pour le RN également à Toulon. La députée du RN Laure Lavalette est battue au second tour. C’est la maire sortante, Josée Massi, divers droite, qui l’emporte, alors que Laure Lavalette était arrivée en tête du premier tour avec plus de 42 % des suffrages. <em>« C’est une défaite cinglante pour l’extrême droite, donnée gagnante tout au long de la campagne et qui se voyait déjà à l’hôtel de ville de cette commune qu’elle a dirigée entre 1995 et 2001 »</em>, analyse <em>Les Jours</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/municipales-l-enjeu-cache-du-senat-pour-le-rn-et-lfi">Le Sénat, l’autre enjeu des municipales pour le RN et LFI</a></aside><p>En revanche, l’extrême droite emporte Liévin, 30 000 habitants, dans le Pas-de-Calais, face au candidat de l’union de la gauche Jérôme Darras. Ainsi que Carcassonne, où le député RN Christophe Barthès l’emporte avec 39,6 % des suffrages face à la socialiste Alix Soler-Alcaraz qui s’était pourtant alliée avec le maire sortant à l’issue du premier tour. Le RN a aussi gagné dans une série de villes moyennes : Castres, Montargis, Vierzon, La Flèche, Agde, Carpentras, Tarascon, Saint-Avold…</p><p>Au-delà des communes, ces victoires auront des effets sur les élections sénatoriales de septembre, <a href="https://basta.media/municipales-l-enjeu-cache-du-senat-pour-le-rn-et-lfi">expliquait <em>basta!</em> la semaine dernière</a>. <em>« Dans le bassin du Nord, qui élit beaucoup de sénateurs, dans le Sud, etc, on va avoir des élections qui vont permettre un sénateur RN en plus »</em>, prédit le chercheur Étienne Ollion dans l’émission électorale de Mediapart. Il n’est donc <em>« pas impossible qu’on se retrouve avec un groupe RN au Sénat »</em> en septembre.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/municipales-2026-paris-marseille-lyon-restent-a-gauche-le-rn-prend-des-villes</link>
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      <pubDate>Sun, 22 Mar 2026 22:44:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Municipales : Paris, Marseille, Lyon restent à gauche, le RN prend des villes moyennes]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Dimanche, plusieurs médias indépendant ont suivi la soirée électorale en direct, dont <a href="https://www.politis.fr/articles/2026/03/municipales-suivez-le-second-tour-en-direct/" class="spip_out" rel="external">Politis</a>, <a href="https://www.humanite.fr/direct_content_feed/municipales-2026-suivez-en-direct-les-resultats-du-second-tour" class="spip_out" rel="external">L’Humanité</a>, et <a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/200326/second-tour-des-municipales-notre-emission-en-direct" class="spip_out" rel="external">Mediapart</a>, <a href="https://lesjours.fr/obsessions/municipales-2026/ep13-live-second-tour/" class="spip_out" rel="external"><em>Les Jours</em></a>, <em>Rue89Strasbourg</em>, <em>Rue89Bordeaux</em>, <em>Rue89Lyon</em> et les déclinaisons locales de <em>Médiacités</em>.</p><p>À Paris, en attendant les résultats <em>L’Humanité</em> <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/elections-municipales/municipales-2026-a-paris-une-election-clivee-par-le-vote-de-classe" class="spip_out" rel="external">analysait comment l’élection</a> a été <em>« clivée par le vote de classe »</em>, en allant interroger des électeuri·ces du très cossu 16<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement et du plus populaire 19<sup class="typo_exposants">e</sup>.</p><h2 class="spip" id="Paris-Marseille-Lyon-restent-a-gauche">Paris, Marseille, Lyon restent à gauche</h2><p>La capitale reste finalement à gauche, Emmanuel Grégoire l’emportant devant Rachida Dati. Marseille reste aussi à gauche avec Benoît Payan, le gagnant l’emporte là encore sans alliance avec LFI, alors qu’on craignait un passage de la ville à l’extrême droite. <em>« Mais les cas de figure sont différents : dans la capitale, Emmanuel Grégoire gagne malgré la présence de Sophia Chikirou ; à Marseille, Benoît Payan gagne après le désistement de Sébastien Delogu »</em>, précise <em>Les Jours</em>. <em>« À Lyon, Grégory Doucet met un KO technique à Jean-Michel Aulas »</em>, écrit aussi le magazine. L’écologiste Grégory Doucet l’emporte sur le divers droite et ancien patron de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas par 53,1 % contre 46,9 %.</p><h2 class="spip" id="Des-victoires-de-la-gauche-avec-ou-sans-LFI">Des victoires de la gauche avec ou sans LFI</h2><p>À Rennes, la candidate de la gauche hors LFI est réélue maire. À Nantes, l’alliance de gauche avec LFI derrière la maire Johanna Rolland garde la ville. Blois, Le Mans, Rouen restent aux mains des socialistes. La liste d’union des gauches l’emporte à Lille sans LFI. Et Saint-Étienne bascule à gauche, là aussi sans alliance avec LFI. À Strasbourg, la socialiste Catherine Trautmann alliée au second tour au candidat centriste Horizons semble emporter, dimanche soir, la ville face à la maire écologiste sortante alliée à LFI.</p><h2 class="spip" id="Victoires-et-defaites-de-la-France-insoumise">Victoires et défaites de la France insoumise</h2><p>La France insoumise emporte la ville de Roubaix, après avoir emporté celle de Saint-Denis au premier tour la semaine dernière. À La Réunion, le candidat à la mairie du Tampon soutenu par La France insoumise, Alexis Chaussalet, a également remporté le second tour des municipales. Le candidat LFI Aly Diouara a gagné à La Courneuve.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Mais LFI échoue à Limoges, qui reste à droite. Le candidat Les Républicains Guillaume Guérin l’emporte devant la liste d’union de la gauche menée par l’Insoumis Damien Maudet. <em>« Malgré un accord au forceps entre Damien Maudet et le PS au terme du premier tour, c’est bien le candidat Les Républicains Guillaume Guérin qui l’emporte. Le RN est sous la barre des 5 %, contre plus de 12 % au premier tour. Un effet barrage face à LFI ? »</em> interroge <em>L’Humanité</em>. <em>« Les gauches irréconciliables n’existent pas »</em>, <a href="https://www.politis.fr/articles/2026/03/municipales-suivez-le-second-tour-en-direct/" class="spip_out" rel="external">a réagi de son côté Damien Maudet</a>. Un autre enseignement, selon le candidat LFI, <em>« c’est qu’à chaque fois que la gauche tapera sur la gauche, elle fera gagner la droite. »</em></p><p>Toulouse ne sera pas non plus insoumise. Le maire sortant, Jean-Luc Moudenc, divers droite, l’emporte devant le candidat insoumis François Piquemal, qui avait fusionné avec les autres listes de gauche après le premier tour. Maintenant, <em>« une question stratégique va se poser à gauche : est-ce que les alliances avec la France insoumise ont permis un second tour efficace »</em>, analyse dimanche soir le journaliste de <em>Mediapart</em> Ilyes Ramdani.</p><h2 class="spip" id="Des-villes-qui-passent-a-droite">Des villes qui passent à droite</h2><p>C’est la douche froide à Poitiers pour la liste citoyenne d’union des gauches qui avait remporté la ville en 2020. Six ans plus tard, la droite prend les rênes de la ville, alors même que la maire sortante, Léonore Moncond’huy, s’était classée en tête au premier tour. À Bordeaux, l’ancien ministre macroniste Thomas Cazenave s’impose d’une courte tête face au maire sortant écologiste Pierre Hurmic. À Besançon aussi, la droite reprend la ville, face à la maire écologiste sortante. En Bretagne, la gauche perd Saint-Brieuc, qui passe à droite, <a href="https://www.humanite.fr/direct_content_feed/municipales-2026-suivez-en-direct-les-resultats-du-second-tour" class="spip_out" rel="external">et Brest</a>, où <em>« le candidat de la droite et du centre Stéphane Roudaut arriverait en tête avec 55% des voix, loin devant le maire sortant François Cuillandre »</em>, écrit <em>L’Humanité</em>.</p><p>Au Havre, Édouard Philippe, ancien premier ministre, reste maire en l’emportant devant le candidat communiste d’union des gauches.</p><h2 class="spip" id="Le-RN-perd-a-Nimes-et-Toulon-mais-prend-des-villes-moyennes">Le RN perd à Nîmes et Toulon, mais prend des villes moyennes</h2><p>Le RN n’aura donc pas Marseille. Et <em>« le Rassemblement national n’aura pas Nîmes »</em> non plus, se réjouit <em>Politis</em>. Là-bas, <em>« l’union de la gauche, portée par le communiste Vincent Bouget, réussit à mettre fin à un quart de siècle de règne de l’ancien sénateur Les Républicains, Jean-Paul Fournier. »</em></p><p>Échec pour le RN également à Toulon. La députée du RN Laure Lavalette est battue au second tour. C’est la maire sortante, Josée Massi, divers droite, qui l’emporte, alors que Laure Lavalette était arrivée en tête du premier tour avec plus de 42 % des suffrages. <em>« C’est une défaite cinglante pour l’extrême droite, donnée gagnante tout au long de la campagne et qui se voyait déjà à l’hôtel de ville de cette commune qu’elle a dirigée entre 1995 et 2001 »</em>, analyse <em>Les Jours</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/municipales-l-enjeu-cache-du-senat-pour-le-rn-et-lfi">Le Sénat, l’autre enjeu des municipales pour le RN et LFI</a></aside><p>En revanche, l’extrême droite emporte Liévin, 30 000 habitants, dans le Pas-de-Calais, face au candidat de l’union de la gauche Jérôme Darras. Ainsi que Carcassonne, où le député RN Christophe Barthès l’emporte avec 39,6 % des suffrages face à la socialiste Alix Soler-Alcaraz qui s’était pourtant alliée avec le maire sortant à l’issue du premier tour. Le RN a aussi gagné dans une série de villes moyennes : Castres, Montargis, Vierzon, La Flèche, Agde, Carpentras, Tarascon, Saint-Avold…</p><p>Au-delà des communes, ces victoires auront des effets sur les élections sénatoriales de septembre, <a href="https://basta.media/municipales-l-enjeu-cache-du-senat-pour-le-rn-et-lfi">expliquait <em>basta!</em> la semaine dernière</a>. <em>« Dans le bassin du Nord, qui élit beaucoup de sénateurs, dans le Sud, etc, on va avoir des élections qui vont permettre un sénateur RN en plus »</em>, prédit le chercheur Étienne Ollion dans l’émission électorale de Mediapart. Il n’est donc <em>« pas impossible qu’on se retrouve avec un groupe RN au Sénat »</em> en septembre.</p>]]></description>
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      <pubDate>Sun, 22 Mar 2026 22:44:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Guerre Pakistan-Afghanistan : un conflit meurtrier passé sous les radars]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le 27 février, le Pakistan a bombardé Kaboul, accusant l’Afghanistan, gouverné par les talibans, d’abriter les combattants du groupe Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), les talibans pakistanais, responsables d’attaques contre l’armée pakistanaise. Depuis, bombardements et escarmouches épisodiques se poursuivent.</p><div class="spip_document_19742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="143" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/png/indes-international_portrait--emma.png" width="325" height="325" alt="Portrait dessiné de la journaliste Emma Bougerol" aria-describedby="by19742-62e1c489985dfa536d3ad11c4b9d207a" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by19742-62e1c489985dfa536d3ad11c4b9d207a">L’édito international d’Emma Bougerol. Pour découvrir notre revue de presse « Chez les indés - International », <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">inscrivez-vous ici.</a>
</figcaption></figure></div><p>Début mars, le média indien <em><strong>The Wire</strong></em> <a href="https://thewire.in/world/dont-forget-the-other-war-going-on-just-east-of-iran-between-afghanistan-and-pakistan" class="spip_out" rel="external">s’inquiétait de l’impact de ce conflit</a>, peu médiatisé à l’heure de la guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël : <em>« Reste à voir si la situation va s’aggraver davantage. Si tel est le cas, il se pourrait bien qu’après les États-Unis, ce soit au tour du Pakistan de découvrir que l’Afghanistan est le cimetière des empires »</em>, commente Manoj Joshi, membre du think tank indien Observer Research Foundation.</p><p>Deux semaines après le début de la guerre, les victimes étaient principalement civiles, <a href="https://taz.de/Krieg-Pakistan-Afghanistan/!6161833/" class="spip_out" rel="external">écrit le journal allemand <strong><em>Taz</em></strong></a> , précisant que <em>« 55 % des victimes étaient des femmes et des enfants »</em>. Le média ajoute : <em>« Les combats ont déplacé plus de 115 000 personnes en Afghanistan et 3000 au Pakistan. »</em> 160 000 personnes ont également été privées de l’aide alimentaire des Nations unies, qui ont dû suspendre leurs distributions en raison des combats dans certaines zones.</p><p>Le 17 mars, une frappe sur un centre médical à Kaboul <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/mar/18/pakistan-hopes-cost-airstrikes-taliban-protect-terror-attacks" class="spip_out" rel="external">a tué 400 personnes</a>. L’Afghanistan a accusé le Pakistan du bombardement. <em>« Islamabad a qualifié cette affirmation de propagande, affirmant que les cibles étaient des "infrastructures militaires et terroristes” »</em>, écrit <strong><em>The Guardian</em></strong> . <em>« La stratégie pakistanaise consiste à imposer un coût si élevé au gouvernement taliban qu’il soit contraint de prendre des mesures pour empêcher les attaques provenant d’Afghanistan »</em>, précise le journal britannique. Cette stratégie <em>« comporte le risque d’une escalade de la violence. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Cette guerre est le résultat de tensions qui durent depuis des années entre les deux pays. Ou plutôt, précise <strong><em>The Conversation</em></strong> , <em>« il s’agit d’un conflit entre le Pakistan et le gouvernement taliban »</em>, <a href="https://theconversation.com/pakistan-and-the-afghan-taliban-avoid-a-deeper-war-for-now-but-how-long-can-the-peace-hold-267843" class="spip_out" rel="external">expliquait le chercheur Amin Sakial</a> fin 2025, alors qu’éclatait ce qui était vu comme <em>« les affrontements militaires les plus violents entre les deux pays voisins depuis plusieurs années »</em>. Le Pakistan <em>« ne peut s’en prendre qu’à lui-même pour les difficultés auxquelles il est confronté face aux talibans afghans. Il a en effet encouragé et soutenu les talibans en tant que groupe terroriste pendant près de trente ans</em>, ajoutait l’universitaire. <em>Le régime taliban en Afghanistan est archaïque et fragile. Il doit être renversé, mais c’est une affaire qui concerne le peuple afghan, et non le Pakistan. Les interventions étrangères en Afghanistan n’ont pas porté leurs fruits par le passé. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/guerre-pakistan-afghanistan-un-conflit-meurtrier-passe-sous-les-radars</link>
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      <pubDate>Sat, 21 Mar 2026 08:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Que fait l'Etat français pour combattre la haine anti-LGBTI ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10438 c-content_text texte surlignable"><p>Publié le 10 juillet 2023 par le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, et par la Dilcrah, le plan national « contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ » était le quatrième de ce type depuis 2012. Présentée comme une « politique prioritaire du gouvernement », la lutte contre « la haine et les discriminations anti-LGBT+ » était censée se déployer dans « des actions concrètes et ambitieuses ». Pourtant, dans une évaluation communiquée aux pouvoirs publics ce 20 mars, la Commission nationale consultative des droits de l’homme dresse un bilan très sévère de ce plan gouvernemental.</p></div><div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=que-fait-l-etat-francais-pour-combattre-la-haine-anti-lgbti?var_fav=article-10438" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/que-fait-l-etat-francais-pour-combattre-la-haine-anti-lgbti</link>
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      <pubDate>Fri, 20 Mar 2026 18:53:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Pierre Charbonnier : « Les États-Unis sont en train de se transformer en pétromonarchie »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em></strong>  : <strong>Avec la guerre menée par les États-Unis et Israël en Iran, conflit qui s’étend au Moyen-Orient, le détroit d’Ormuz bloqué, une possible crise pétrolière et gazière, on a l’impression qu’on découvre à nouveau que le monde entier est encore dépendant des énergies fossiles. Un peu comme en 2022, avec la guerre en Ukraine et la suspension des exportations de gaz russe…</strong></p><div class="spip_document_22633 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="289" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/pierre-charbonnier.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2927603957 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp?1773851673 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg@.webp?1773929075 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg?1773911292" width="960" height="960" alt="Portrait de Pierre Charbonnier" aria-describedby="by22633-252d9eec2c3feca3bd067f508fe29ace" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/d6/b668f27f4ec31df87708a260fc097a.jpg?1773911292 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22633-252d9eec2c3feca3bd067f508fe29ace">Pierre Charbonnier, philosophe, agrégé et docteur en philosophie, est chargé de recherches au CNRS et enseignant à Sciences Po. Il est notamment l’auteur de <em>La Fin d’un grand partage</em> (CNRS, 2015), d’<em>Abondance et liberté</em> (La Découverte, 2020), et de <em>La Coalition climat</em> (Seuil, 2025).
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Pierre Charbonnier</strong> : On a effectivement l’impression que l’histoire se répète, même s’il y a des différences entre 2022 et 2026. C’est un deuxième choc pétrolier en quatre ans qui touche l’économie mondiale, et en particulier l’économie des pays importateurs de pétrole.</p><p>Il est évident que les énergies fossiles sont des vecteurs de chaos géopolitique et climatique, et que la sortie de cette dépendance est une urgence de première priorité. L’idée qu’il faut décarboner l’économie pour des raisons de sécurité qui sont alignées avec des raisons climatiques et sociales, on l’entend d’ailleurs à nouveau aujourd’hui, comme en 2022. C’est <a href="https://www.youtube.com/watch?v=2k1XUHzPI5M" class="spip_out" rel="external">le discours du secrétaire d’État à l’Énergie et à la Neutralité carbone</a> britannique Ed Miliband. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez l’a dit aussi. Après une période de <em>backlash</em>, 2026, c’est un peu, en raison des soubresauts géopolitiques, le retour de la légitimité réaliste de la décarbonation. Même s’il s’agit pour l’instant essentiellement de discours, car les mesures transformatrices réelles n’ont pas encore été prises.</p><p><strong>Dans votre livre <em>Vers l’écologie de guerre. Une histoire environnementale de la paix</em> (La Découverte, 2024), vous analysez le système de paix qui s’est constitué après 1945 sur <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/l-idee/l-ecologie-de-guerre-selon-pierre-charbonnier-4685743" class="spip_out" rel="external">une disponibilité des énergies fossiles</a>, qui a servi de socle à la prospérité économique et à la prévention des conflits. Comment comprendre alors, aujourd’hui, les discours selon lesquels il faut sortir des fossiles pour se protéger de la guerre, pas seulement pour arrêter de détruire le climat ?</strong></p><p>Après 1945 s’est mis en place un pacte entre productivisme industriel, donc fossile, et construction de partenariats technologiques commerciaux, essentiellement sous l’égide des États-Unis. C’était un programme à la fois de reconstruction d’après-guerre, d’intégration économique mondiale et de constitution d’un bloc social majoritaire qui gravite autour de l’industrie et des classes ouvrières pour créer une coalition fossile à l’échelle internationale.</p><div class="spip_document_22634 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="111" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3432704000 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/800/20x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp?1773851679 1600w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg 1440w, local/adapt-img/800/20x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg 1600w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/800/15x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp 1200w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg 1080w, local/adapt-img/800/15x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg 1200w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/800/10x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg@.webp?1773929075 800w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/800/10x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg?1773911292" width="800" height="1304" alt="Couverture du livre" aria-describedby="by22634-3ce414e9d0bc1bf653478dd48a5cc4ee" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg 720w, local/adapt-img/800/10x/IMG/jpg/ecologie_de_guerre.jpg?1773911292 800w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22634-3ce414e9d0bc1bf653478dd48a5cc4ee"><a href="https://www.editionsladecouverte.fr/vers_l_ecologie_de_guerre-9782348072215" class="spip_out" rel="external"><em>Vers l’écologie de guerre. Une histoire environnementale de la paix</em></a>, Pierre Charbonnier, La Découverte, 2024.
</figcaption></figure></div><p>Cette période est en train de s’éloigner derrière nous dans le rétroviseur. Puisqu’aujourd’hui, les principaux dirigeants qui veulent maintenir la centralité des énergies fossiles sont très loin d’être démocrates, et très loin d’être des agents de la stabilité internationale.</p><p>Trump n’arrête pas de dire qu’il veut la paix, mais il veut une paix conditionnée à l’élimination des moyens de défense de tous les pays du monde qui ne sont pas alignés sur lui. Ça a commencé avec le Venezuela, ça continue avec l’Iran. On ne sait pas quelle sera la prochaine victime de cette stratégie. Dans ce contexte, les promesses de « paix de carbone » sont aujourd’hui devenues totalement obsolètes.</p><p><strong>Le retour de Trump au pouvoir aux États-Unis marque une différence de taille entre la situation de 2022, quand débutait la guerre à grande échelle en Ukraine, et aujourd’hui…</strong></p><p>Il y a quatre différences principales qui se déclinent. Le premier aspect, le plus énorme, c’est le fait qu’en 2022, ce que j’appelle l’écologie de guerre concernait surtout l’Europe, essentiellement avec les sanctions européennes contre les importations du gaz russe. Aujourd’hui, on pourrait presque dire qu’on est face à une écologie de guerre totale, une écologie de guerre mondiale. Au lieu d’un, on a deux fronts. Car la guerre en Ukraine n’est pas terminée, les sanctions sur le gaz russe sont toujours là. S’ajoute à ça la fermeture du détroit d’Ormuz qui contracte encore la disponibilité des ressources fossiles.</p><p>Alors, dans l’immédiat, on se dit que la mesure à prendre, c’est de chercher la réouverture du détroit pour que le marché se décontracte et qu’on retrouve des prix du pétrole et du gaz acceptables. Mais on a eu une crise des fossiles en 2022, on en a eu une maintenant, il y en aura d’autres. La confrontation entre les grandes puissances est aujourd’hui de plus en plus médiatisée par l’instrumentalisation des énergies fossiles. Ce qui se passe en ce moment n’est pas un accident. Nous faisons face à la globalisation de l’usage stratégique des ressources fossiles dans la guerre. Avec un impact socio-économique lui aussi d’ampleur, à mon avis, plus importante qu’en 2022.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le Japon, la Corée du Sud, par exemple, sont des pays très dépendants de ces exportations de fossiles et particulièrement dépendants de l’approvisionnement via le détroit d’Ormuz. Ces pays subissent aujourd’hui un choc similaire à celui que l’Europe a connu en 2022. Des pays du Sud sont aussi touchés, le Vietnam, le Bangladesh, qui est en train de <a href="https://www.reuters.com/sustainability/boards-policy-regulation/bangladesh-secures-diesel-supplies-amid-major-energy-disruptions-sources-say-2026-03-10/" class="spip_out" rel="external">prendre des mesures d’urgence</a>, les Philippines. Il y a là une opportunité d’extension du front géographique de la coalition pour le climat en raison de cette instabilité de l’approvisionnement fossile.</p><p>Une autre différence, c’est la révolution totale dans notre rapport aux USA depuis le retour de Trump au pouvoir. Les États-Unis sont en train de se transformer en une espèce de pétromonarchie. Trump s’entoure d’équipes de plus en plus restreintes, de plus en plus liées à sa famille, de plus en plus liées à ses financeurs directs.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« L'Espagne adopte la position la plus cohérente : une transition rapide pour sortir de la dépendance aux fossiles et un découplage géopolitique d'avec les États-Unis »</p>
</aside><p>En Europe, nous sommes en situation de dépendance militaire et énergétique face aux États-Unis, une dépendance énergétique d’ailleurs accrue depuis le choc russe, avec plus d’importations de gaz naturel liquéfié états-unien. Et l’Europe se retrouve aujourd’hui plus isolée qu’elle ne l’était en 2022, sauf si des pays comme le Japon, la Corée et quelques autres nous rejoignent dans le constat de cette dépendance toxique.</p><p>Par ailleurs, l’Union européenne court aussi le risque d’une fragmentation sur la question énergétique. La dirigeante italienne Giorgia Meloni tente d’utiliser le contexte actuel pour obtenir un assouplissement de la taxe carbone. L’Espagne, pendant ce temps, est le pays qui adopte la position à mon avis la plus cohérente : une transition rapide pour sortir de la dépendance aux fossiles et un découplage géopolitique total d’avec les États-Unis. Il y a un vrai risque d’éclatement, en tout cas d’accroissement des divergences internes à l’Union, qui s’est déjà produit en 2022 mais qui a été alors assez bien maîtrisée. Là, on revient dans une phase dangereuse de polarisation interne de l’Union.</p><p><strong>Que peuvent faire les États contre la hausse des prix de l’énergie ?</strong></p><div class="spip_document_22635 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="101" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3413097989 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp?1773851682 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg@.webp?1773933551 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg?1773911292" width="960" height="1457" alt="Couverture du livre" aria-describedby="by22635-d8a95b028e20bed30063e39dbce23ff7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/la_coalition_climat.jpg?1773911292 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22635-d8a95b028e20bed30063e39dbce23ff7"><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/la-coalition-climat-pierre-charbonnier/9782021534498" class="spip_out" rel="external"><em>La Coalition climat. Travail, planète et politique au XXI<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle</em></a>, Pierre Charbonnier, Seuil, 2025.
</figcaption></figure></div><p>En 2022, l’État français, notamment, avait dépensé beaucoup d’argent pour protéger les consommateurs contre l’augmentation des prix à la pompe. Aujourd’hui, je pense que ces mesures ne seront pas prises à nouveau. C’est ce qui a l’air de se dégager. Est-ce qu’on va laisser les prix exploser jusqu’à, peut-être, s’exposer à des mouvements de type Gilets jaunes ? Ou est-ce que, ce qui serait à mon avis la solution la plus intéressante, on utilise le fait que les compagnies pétrolières sont en train d’engranger des profits énormes pour les taxer, et que cet argent serve à des aides à la décarbonation, du leasing social <em>[<a href="https://www.ecologie.gouv.fr/leasing-social" class="spip_out" rel="external">location de véhicules électriques à moindre coût</a>, ndlr]</em>, de l’équipement ferroviaire, etc. Ce serait une stratégie de plus long terme.</p><p><strong>Mais on peut avoir une voiture électrique, se chauffer avec un pompe à chaleur plutôt qu’au gaz ou au fioul, une commune peut même avoir mis en place un réseau de chaleur géothermique, cela ne protège pas de l’impact global d’un choc pétrolier, qui se répercute sur l’ensemble de l’économie. La situation actuelle remet-elle en cause la pertinence des politiques de transition climatique basées sur l’action locale, qui se font à petite échelle ?</strong></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Engrais-GNR-La-guerre-au-Moyen-Orient-rappelle-la-fragilite-du-modele-agricole-dominant">La guerre au Moyen-Orient rappelle la fragilité du modèle agricole dominant</a></aside><p>Vous êtes d’autant moins touchés par l’impact économique de la crise pétrolière que vous êtes sortis de la dépendance aux fossiles. Mais effectivement, on va, par exemple, avoir un problème monumental dans les mois qui viennent avec l’inflation des prix des marchandises alimentaires, à cause de l’indisponibilité des engrais produits à partir de matières premières dont l’approvisionnement <a href="https://basta.media/Engrais-GNR-La-guerre-au-Moyen-Orient-rappelle-la-fragilite-du-modele-agricole-dominant" class="spip_in">est aussi entravée par le blocage du détroit d’Ormuz</a>. Il y a des impacts indirects de la crise pétrolière contre lesquels ne sont pas non plus protégés les gens qui ont une pompe à chaleur ou une voiture électrique. Ils sont seulement protégés contre l’impact direct de l’augmentation des prix du gaz et du pétrole.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Il n'y a aujourd'hui aucune raison, ni d'ordre stratégique ni d'ordre économique, pour retarder la décarbonation de l'économie »</p>
</aside><p>En revanche, de manière plus générale, une architecture industrielle et technologique qui, par exemple, va produire des engrais avec des solutions d’électrification bas carbone, va quand même être moins impactée par une crise pétrolière. Ce qui est vrai à l’échelle des biens de consommation domestiques et résidentiels l’est aussi à l’échelle d’un système industriel global. Mais décarboner le système industriel prend plus de temps, suppose plus d’interventions publiques, de planification, de choix technologiques, etc. Cela ne se fait pas d’une année à l’autre, mais ça reste l’objectif.</p><p><strong>Vous mentionniez la position de l’Espagne, qui vise à la fois à la décarbonation et adopte une position géopolitique d’indépendance vis-à-vis des États-Unis. Pensez-vous qu’il faut repenser la transition climatique pour la replacer dans le cadre de la sécurité globale ?</strong></p><p>Tout à fait. Donald Trump a très bien compris que nous étions largement dépendants d’importations d’hydrocarbures et que nous étions en parallèle dépendants de l’offre états-unienne de sécurité. Je pense que, de l’autre côté, Pedro Sánchez a très bien compris que la question des technologies numériques, de l’énergie, et aussi de la politique régionale au Moyen-Orient, sont différents aspects d’une même question : quelle est la nature de notre relation avec les États-Unis qui est en train de nous proposer un modèle de vassalisation ? Face à cette dépendance, il ne suffit pas de décider qu’on en sort. Il faut mettre les moyens pour le faire. Il n’y a aujourd’hui aucune raison, ni d’ordre stratégique ni d’ordre économique, pour retarder la décarbonation de l’économie.</p><p><strong>Que répondez-vous aux critiques sur votre concept d’écologie de guerre, selon lesquelles cette notion participerait d’une certaine manière d’une militarisation de l’écologie ?</strong></p><p>Mon propos, avec le concept d’écologie de guerre, n’est pas de promouvoir la guerre. Le fait que des guerres se produisent, ce n’est pas de mon fait. Penser la dimension stratégique de la décarbonation dans un contexte où des guerres se produisent, ce n’est pas dire que la guerre, c’est bien.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/pierre-charbonnier-les-etats-unis-sont-en-train-de-se-transformer-en-petromonarchie-guerre-Iran-crise-petroliere</link>
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      <pubDate>Fri, 20 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le plan du gouvernement contre la haine anti-LGBT+ est « extrêmement décevant », déplore la CNDH]]></title>
      <description><![CDATA[<p>C’est une évaluation au vitriol que la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) présente cette semaine. L’instance, mandatée en tant que rapporteur national indépendant sur les droits LGBTI+, n’a pas de mots assez durs pour qualifier le « plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ (2023-2026) », mis en œuvre par le gouvernement. Comme seul point positif, la CNCDH <em>« salue l’existence »</em> d’un tel plan.</p><p>Pour le reste : <em>« absence de coordination »</em>, <em>« manque criant d’ambition »</em>, <em>« caractère chaotique de la consultation des associations »</em>, <em>« absence d’objectifs chiffrés, de budgétisation et de temporalité »</em>, des mesures <em>« anecdotiques »</em>, <em>« floues »</em>, <em>« inopérables »</em> ou <em>« déjà existantes »</em> sont autant de critiques formulées par ce <em>« bilan extrêmement décevant »</em>, auquel <em>Basta!</em> a eu accès avant sa présentation aux pouvoirs publics, ce vendredi 20 mars.</p><p>Publié le 10 juillet 2023 par le ministère de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, et par la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la <a href="https://www.egalite-femmes-hommes.gouv.fr/plan-national-pour-legalite-contre-la-haine-et-les-discriminations-anti-lgbt-2023-2026" class="spip_out" rel="external">haine anti-LGBT+ (Dilcrah), ce plan</a> était le quatrième de ce type depuis 2012. Présentée dans le communiqué de presse de l’époque comme une <em>« politique prioritaire du gouvernement »</em>, la lutte contre <em>« la haine et les discriminations anti-LGBT+ »</em> était censée se déployer dans <em>« des actions concrètes et ambitieuses »</em>.</p><p>Les choses avaient très mal commencé, puisque ce plan avait été présenté avant même la publication de l’évaluation du plan précédent, comme le rappelle l’avis de la CNCDH. Cette dernière était déjà très critique : <em>« La CNCDH dresse un constat sans appel : le gouvernement ne tient pas ses engagements pour réaliser l’égalité effective pour les personnes LGBTI. La CNCDH critique à la fois le fond – la mise en œuvre trop parcellaire du plan 2020-2023 et la reconduite de nombreuses mesures dans le plan suivant –, que la forme – la prise en compte fictive de la société civile, les trop faibles ressources mobilisées et l’absence d’outils d’évaluation »</em>, <a href="https://www.cncdh.fr/actualite/lutte-contre-la-haine-et-les-discriminations-anti-lgbti-la-cncdh-rend-une-evaluation-tres" class="spip_out" rel="external">notait l’instance</a>. Les pouvoirs publics auraient été plus avisés de prendre en compte ces remarques pour l’élaboration du plan 2023-2026 : à en croire le nouvel avis de la CNCDH, les mêmes problèmes persistent. En pire.</p><h2 class="spip" id="Des-associations-sollicitees-lt-lt-pour-la-forme">Des associations sollicitées « pour la forme »</h2><p>Les nombreuses critiques émises sur les modalités de conception du plan, et en particulier la manière de consulter les associations, sont toujours d’actualité. La CNCDH fustige <em>« le caractère précipité du processus »</em>. Trois ans plus tard, <em>« la phase de consultation des acteurs de la société civile demeure un point de crispation »</em>, selon l’instance. Un <em>« tri »</em> se serait opéré pour leurs auditions : certaines associations n’ont même pas été sollicitées – notamment celles émanant d’espaces ruraux et périurbains ainsi que des outre-mer, ou celles jugées trop revendicatives.</p><p>Invitées à faire part à la Dilcrah de leurs propositions, elles n’ont eu aucun retour. Leurs revendications <em>« ne se sont reflétées au sein des quelque 117 mesures du plan que de manière très marginale, nourrissant l’impression d’un processus purement formel »</em>, selon la CNCDH. <em>« Aucune de nos recommandations n’a été prise en compte »</em>, confirme à <em>Basta!</em> Giovanna Rincón, présidente d’Acceptess-T, association d’entraide communautaire trans. Et ce, alors qu’<em>« une grande partie des mesures prévues par le plan repose sur la mobilisation du milieu associatif »</em>, met en avant la CNCDH.</p><p>Plus que cela : sollicitées uniquement <em>« pour la forme »</em>, les associations <em>« semblent être considérées comme des adversaires par les pouvoirs publics »</em>, s’inquiète auprès de <em>Basta!</em> le rapporteur de l’avis, Denis Quinqueton. La CNCDH s’alarme ainsi de nombreux témoignages de <em>« coupes-sanctions »</em> pouvant être interprétées <em>« comme une forme de “chantage à la subvention” »</em>.</p><h2 class="spip" id="Un-plan-qui-lt-lt-ne-prend-pas-la-mesure-des-violences-subies">Un plan qui « ne prend pas la mesure des violences subies »</h2><p>Anaïs Perrin-Prevelle, directrice de l’association OUTrans, qui ne touche que de faibles financements de la Dilcrah, résume : <em>« Quasiment rien n’a été fait avec nous. On est plutôt clairement sur un plan qui s’est fait contre nous. »</em> Résultat : <em>« Il en ressort un contenu en décalage avec les attentes des personnes concernées et des mesures trop souvent irréalisables »</em>, regrette la CNCDH.</p><p>Plusieurs préoccupations majeures des communautés LGBTI+ sont ainsi quasiment absentes. Si le plan comporte quelques avancées, telles que l’inclusion des personnes seniors et en situation de handicap, la CNCDH constatei que, <em>« quand ils ne sont pas complètement omis, certains publics sont marginalisés »</em>.</p><p>L’organisation indépendante regrette ainsi le <em>« manque criant d’ambition concernant les personnes trans, la minimisation des réalités vécues par les personnes intersexes, ainsi que l’invisibilisation des personnes lesbiennes, bisexuelles et pansexuelles. En somme, elle constate que le plan ne prend pas la mesure des violences subies par les personnes LGBTI+ dans leur diversité, ni ne tient compte des discriminations intersectionnelles dont elles sont victimes. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Ils-ont-ecarte-les-questions-trans">« Ils ont écarté les questions trans »</h2><p>La question centrale du changement d’état civil et du droit à l’autodétermination n’est pas mentionnée. La CNCDH <em>« s’alarme de ce qu’aucune mesure ne porte sur la santé des personnes trans »</em>, ni sur leurs droits reproductifs, alors même qu’elles <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/051123/pma-pour-les-personnes-trans-le-grand-flou" class="spip_out" rel="external">n’ont pas été prises en compte dans la loi dite « PMA pour toutes »</a>.</p><p><em>« Il y a eu un choix complètement arbitraire. Ils ont écarté les questions trans, qui avaient un chapitre autonome dans le précédent plan. Et ce, alors qu’on est dans une période de</em> backlash <em>intense, où les discriminations augmentent »</em>, se désole Anaïs Perrin-Prevelle. Les personnes trans sont pourtant au croisement de très nombreuses discriminations et problématiques, elles aussi aux abonnés absents : <em>« Le plan ne parle pas des personnes trans sans papiers, de l’augmentation des OQTF (obligations de quitter le territoire français), du travail du sexe, très peu du VIH/Sida… Il ne prend pas en compte les réalités multifactorielles qui produisent la précarité et la persécution des personnes trans »</em>, regrette Giovanna Rincón d’Acceptess-T.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-L-indigence-de-certaines-mesures">« L’indigence » de certaines mesures</h2><p>Les personnes LGBTI+ étrangères vivant en France ne sont ainsi tout simplement pas évoquées, alors que plusieurs associations comme l’Ardhis, l’Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et trans à l’immigration et au séjour, les suivent particulièrement, et qu’elles risquent souvent d’être persécutées dans leur pays d’origine. La CNCDH dit être <em>« particulièrement frappée de constater l’absence de mesure à destination des personnes LGBTI+ en situation de migration ou de demande d’asile »</em>, pourtant <em>« dans une situation de particulière vulnérabilité »</em>.</p><p>Autre sujet crucial et pourtant absent : l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Elle représente pourtant <em>« le socle indissociable des droits LGBTI+ »</em>, rappelle la CNCDH. Sachant que sa mise en œuvre, attaquée de toutes parts, est loin d’être effective, comme nous l’avions montré <a href="https://basta.media/education-a-la-vie-affective-et-a-la-sexualite-carences-de-l-etat-essor-du">dans un dossier sur <em>Basta!</em></a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Programme-evars-education-vie-affective-relationnelle-planning-familial-discretement-ecarte-des-ecoles">Programme Evars : le Planning familial discrètement écarté des écoles</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1485f83f6e59be7d05993e2ecd25e3-2c488.jpg?1767692660" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un ou une élève vue de dos, un crayon à la main. Sur sa table se trouve une copie montrant le schéma de l'appareil reproducteur masculin." /></aside><p>Parmi les autres publics invisibilisés, la CNCDH <em>« s’indigne de l’indigence des mesures du plan concernant les personnes intersexes, puisque trois seulement les concernent directement »</em>, et relèvent exclusivement du domaine de la santé, sans mentionner les discriminations, pourtant nombreuses, que ces personnes subissent. Tandis que le plan 2016 comprenait de manière explicite l’arrêt des mutilations intersexes, celui de 2023 marque un réel recul, aux yeux de Loé, membre du Collectif intersexe activiste (CIA).</p><p><em>« Alors que les mobilisations intersexes sont plus fortes que jamais, et que de plus en plus de voix de personnes concernées s’élèvent pour dénoncer les interventions chirurgicales et hormonales non consenties qu’elles ont subies étant mineures, la Dilcrah semble devenir de plus en plus timide à s’engager sur ces violations de droits humains »</em>, déplore le CIA. Si la loi bioéthique de 2021 et l’arrêté de bonnes pratiques associé de 2022 ont permis certaines avancées, celles-ci restent largement insuffisantes, <a href="https://cia-oiifrance.org/communique-le-collectif-intersexe-activiste-appelle-a-marcher-pour-une-reelle-interdiction-des-mutilations-intersexes-en-france/" class="spip_out" rel="external">pointent le collectif</a>comme la CNCDH.</p><p>Quant aux personnes lesbiennes, bisexuelles et pansexuelles, elles n’apparaissent qu’une fois, dans une mesure visant à <em>« mieux accompagner les femmes lesbiennes et bisexuelles dans leur parcours de santé »</em>, dont la CNCDH souligne <em>« le caractère vague »</em>. Un flou général qui fait dire à l’instance que ce plan semble <em>« se limiter à des mesures d’affichage, visant à promouvoir l’image d’une société française inclusive »</em>. Autrement formulé par Anaïs Perrin-Prevelle : <em>« Ce plan, c’est plus de la com’ qu’autre chose, et plus ça avance, plus les plans le sont, c’est de pire en pire. »</em></p><p>Le rapporteur Denis Quinqueton constate ainsi que <em>« l’une des difficultés de ce plan, qui nous a sauté aux yeux quand on l’a relu, c’est que, pour l’administration qui l’a produit, il a une vocation déclarative : ils font passer le message qu’ils sont gentils avec les personnes LGBTI+ »</em>. Résultat : <em>« Il y a un certain nombre de mesures mal évaluables, et qu’on ne peut même pas mettre en œuvre car ce sont uniquement de bonnes intentions »</em>, ajoute-t-il. La CNCDH pointe, en outre, une <em>« absence d’objectifs chiffrés, de budgétisation et de temporalité »</em>. Le nombre important de formations annoncées <em>« contraste avec l’absence d’un financement dédié »</em>, donne-t-elle en exemple.</p><p>Un comité de suivi semestriel devait s’assurer de la mise en œuvre du plan, en étroite relation avec les ministères concernés, la société civile et les institutions publiques. Mais ledit comité ne s’est réuni qu’une seule fois, en mai 2025, et <em>« aucun ministère n’a pris ça au sérieux »</em>, déplore Anaïs Perrin-Prevelle, qui n’a été contactée que par celui de l’Enseignement supérieur et de la recherche, et celui des Sports. Pointant une <em>« défaillance de l’exercice »</em>, la CNCDH regrette l’absence de consultation des ministères et des institutions publiques : <em>« La Dilcrah n’investit vraiment pas le champ de la coordination des acteurs. C’est pourtant dans son intitulé : c’est une délégation interministérielle »</em>, critique Denis Quinqueton.</p><p>En conclusion, la CNCDH dresse <em>« un bilan extrêmement décevant de la mise en œuvre des mesures prévues »</em>. <em>« En effet, à peine 20 % des mesures ont été pleinement réalisées, tandis que deux tiers n’ont pas été réalisées ou ne l’ont été que de façon insuffisante »</em>, met-elle en avant. Quant à son précédent avis, il n’a tout simplement pas été pris en compte, même a posteriori, regrette-t-elle</p><p>Les 129 recommandations qu’elle formule dans cette nouvelle évaluation le seront-elles cette fois ? Plusieurs associations, qui se montraient auparavant volontaires, pourraient en tout cas ne plus avoir envie de participer à cette <em>« mascarade »</em>, dont elles n’attendent plus rien. À l’image d’Acceptess-T : <em>« On n’a pas été auditionné pour le nouveau plan, mais on est assez réticent,</em> confie sa directrice Giovanna Rincón. <em>Si c’est juste pour participer à une espèce d’agenda administratif de remplissage de calendrier, on n’a plus de temps à perdre. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/le-plan-du-gouvernement-contre-la-haine-anti-lgbt-est-extremement-decevant</link>
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      <pubDate>Fri, 20 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Violences policières : Peut-on mourir d'un contrôle de police ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10426 c-content_text texte surlignable"><p>« Il n’y a aucune chance de mourir si on ne fuit pas un contrôle de police ». La rédaction de Basta! a reçu de nombreux messages semblables à l’occasion des 20 ans de la mort de Zyed et Bouna. Mais qu’en disent vraiment les chiffres ?</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/discriminations">Discriminations</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=violences-policieres-peut-on-mourir-d-un-controle-de-police?var_fav=article-10426" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Hexane : Un solvant toxique dans nos assiettes ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10433 c-content_text texte surlignable"><p>Vous avez peut être déjà entendu parler de l’hexane. C’est un solvant pétrochimique, dangereux pour la santé humaine, utilisé dans l’industrie agroalimentaire pour extraire l’huile des graines oléagineuses comme les graines de tournesol, de colza ou de soja.</p><p>Sauf que selon un rapport publié en septembre 2025 par Greenpeace, on retrouve des résidus d’hexane dans notre alimentation quotidienne. Et au cœur de ce scandale, l’ONG pointe du doigt la place centrale qu’occupe le groupe agroindustriel Avril. Il est dirigé par Arnaud Rousseau qui est aussi président du syndicat agricole majoritaire : la FNSEA.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/agro-industrie">Agro-industrie</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/alimentation-516">Alimentation</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/toxiques">Toxiques</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=hexane-un-solvant-toxique-dans-nos-assiettes?var_fav=article-10433" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/hexane-un-solvant-toxique-dans-nos-assiettes</link>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[À la Hague, manifestation contre le projet « Aval du Futur » d'Orano]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10425 c-content_text texte surlignable"><p>Le weekend des 18, 19 et 20 juillet se tenait Haro, festival de rencontres et de mobilisation organisé par Piscines nucléaires stop contre le projet « Aval du Futur » de l’entreprise Orano. Ce projet prévoit l’installation, sur le plateau de la Hague, d’une nouvelle usine de retraitement, d’une usine de fabrication de Mox, (pour Mixed Oxide fuel), un type de combustible nucléaire, et de trois bassins d’entreposage de combustibles usés.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/nucleaire">Nucléaire</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/betonisation-et-grands-projets-contestes">Bétonisation</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=a-la-hague-manifestation-contre-le-projet-aval-du-futur-d-orano?var_fav=article-10425" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/a-la-hague-manifestation-contre-le-projet-aval-du-futur-d-orano</link>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Mais qui s'oppose à la loi Duplomb ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10434 c-content_text texte surlignable"><p>Signatures artificiellement gonflées par des « robots » et mépris de la part du gouvernement... Malgré des preuves scientifiques et un large soutien, les signataires de la pétition contre la loi Duplomb ne sont pas entendus et parfois délégitimés.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/sante-environnementale">Santé environnementale</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/pesticides">Pesticides</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=mais-qui-s-oppose-a-la-loi-duplomb?var_fav=article-10434" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/mais-qui-s-oppose-a-la-loi-duplomb</link>
      <guid>https://basta.media/mais-qui-s-oppose-a-la-loi-duplomb</guid>
      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Les représailles de l'extrême droite après la mort de Quentin Deranque]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10432 c-content_text texte surlignable"><p>Depuis l’homicide du néofasciste Quentin Deranque, LFI et l’« extrême gauche » sont prises à partie. Des menaces et dégradations visent des militants antifascistes, des insoumis, mais aussi des syndicalistes. Ces représailles inquiètent.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/extremes-droites">Droites extrêmes</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-extreme-droite">Violences d’extrême droite</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=les-represailles-de-l-extreme-droite-apres-la-mort-de-quentin-deranque?var_fav=article-10432" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/les-represailles-de-l-extreme-droite-apres-la-mort-de-quentin-deranque</link>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le combat de Sophie contre les crèches privées People & Baby]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10431 c-content_text texte surlignable"><p>Educatrice de jeunes enfants, Sophie est en conflit avec son ancien employeur People &amp; Baby depuis seize ans. Elle entendait faire reconnaître des faits de discrimination syndicale, lors d’une audience le 3 février 2025 devant la Cour d’Appel de Renvoi. Elle est toujours en attente de la décision.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/travail">Travail</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/conditions-de-travail">Conditions de travail</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/lanceurs-alerte">Lanceurs d’alerte</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=le-combat-de-sophie-contre-les-creches-privees-people-baby?var_fav=article-10431" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Dénoncer le harcèlement moral et sexuel à la SNCF]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10430 c-content_text texte surlignable"><p>Cheminote depuis plus de 30 ans, Valéria Peix a dénoncé en interne le harcèlement moral et sexuel que lui faisait subir un collègue. Pour avoir refusé de faire une médiation avec l’auteur des faits, la SNCF l’a fait changer de poste. Devant la justice, Valéria a été reconnue victime de harcèlement moral et SNCF réseau a été condamné pour ses manquements. Valéria et sa collègue Christine Salque ont créé l’association Stop harcèlement ferroviaire pour recueillir la parole de leurs collègues et les aider face à l’entreprise.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/travail">Travail</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-sexuelles">Violences sexuelles</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=denoncer-le-harcelement-moral-et-sexuel-a-la-sncf?var_fav=article-10430" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Enquête : les pratiques de Shiva, entreprise de ménage premium]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10429 c-content_text texte surlignable"><p>L’entreprise de ménage à domicile Shiva ne devrait être qu’un intermédiaire entre des aides ménagères et des particuliers. Des témoignages montrent que l’entreprise se comporterait plutôt comme un employeur, sans en accepter les responsabilités face aux abus.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/travail">Travail</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/conditions-de-travail">Conditions de travail</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=enquete-les-pratiques-de-shiva-entreprise-de-menage-premium?var_fav=article-10429" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Des gilets jaunes contrôlés par la CAF après un signalement policier]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10428 c-content_text texte surlignable"><p>Chaque année, des milliers de contrôle de la CAF sont déclenchés sur signalement des forces de l’ordre. C’est possible depuis 2010, grâce à un dispositif qui permet à un gendarme ou un policier de demander à une institution sociale, comme la CAF ou France Travail, de cibler un contrôle sur une personne. Le tout pour « lutter contre la fraude aux prestations sociales ».</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/caf">Caf</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/mesures-liberticides">Mesures liberticides</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/securites-et-protections-sociales">Sécurités et protections sociales</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=des-gilets-jaunes-controles-par-la-caf-apres-un-signalement-policier?var_fav=article-10428" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/des-gilets-jaunes-controles-par-la-caf-apres-un-signalement-policier</link>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Punaises de lit : son appartement inhabitable depuis deux ans]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10427 c-content_text texte surlignable"><p>Depuis plus de deux ans, Sophie est sans domicile fixe. Suite à un traitement insecticide contre les punaises de lit, elle a du fuir son logement parisien pour protéger sa santé. Elle se bat aujourd’hui pour que son calvaire soit reconnu par la justice.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/pollutions">Pollutions</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/sante-environnementale">Santé environnementale</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=punaises-de-lit-son-appartement-inhabitable-depuis-deux-ans?var_fav=article-10427" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/punaises-de-lit-son-appartement-inhabitable-depuis-deux-ans</link>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 12:09:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Municipales : l'enjeu caché du Sénat pour le RN et LFI]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La bataille des municipales ne se résume pas aux enjeux, aussi importants soient-ils, du contrôle des exécutifs locaux ou d’un test politique, à un an de l’élection présidentielle. En septembre, la moitié des 348 sièges du Sénat sera renouvelée. L’issue de cette élection dépend directement du résultat des municipales. Les sénateurs ne sont pas élus au suffrage universel direct. Ils le sont par un collège de grands électeurs, dans lequel les élus municipaux sont prépondérants.</p><p>Le Rassemblement national (RN) n’a que trois sénateurs à ce jour. De son côté, la France insoumise n’en a aucun, faute d’implantation locale et d’un accord accepté par les autres forces de gauche en 2023, lors du dernier renouvellement de 170 membres du Palais du Luxembourg. Pour ces deux formations politiques, les élections municipales représentent une opportunité de s’installer dans la chambre haute du Parlement. Voire, d’y constituer un groupe pour peser davantage dans les débats.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Dans la perspective des sénatoriales, pour LFI comme pour le RN, l’objectif est de s’assurer un maximum d’élus municipaux.</p><h2 class="spip" id="Se-maintenir-au-second-tour">Se maintenir au second tour</h2><p><em>« Lorsque nous sommes qualifiés pour le second tour, nous nous maintiendrons. […] Partout où le contexte local le permet, le RN tend la main aux listes de droite sincères, aux listes indépendantes et à tous ceux qui refusent à la fois le désordre de l’extrême gauche et la dilution dans le macronisme »</em>, déclarait Jordan Bardella, quelques minutes après 20 heures, au soir du premier tour des élections municipales.</p><p>L’éventualité de désistements au second tour étant clairement écartée, seules deux stratégies sont envisagées par le parti lepéniste : le maintien des listes qui ont dépassé les 10 % des votes exprimés et sont qualifiées pour le second tour ou la fusion avec des listes concurrentes de droite. Avec, dans les deux cas, l’assurance d’avoir des conseillers municipaux RN)élus.</p><p>La stratégie n’est pas très différente pour La France insoumise (LFI), qui a appelé à la constitution de fronts antifascistes en vue de fusionner ses listes avec celles d’autres candidats de gauche. Lorsque les fusions se révèlent impossibles, le maintien reste la règle, à l’exception de Marseille où le coût politique serait trop lourd s’il permettait au RN de remporter la seconde ville de France.</p><p><em>« Faisons la fusion de nos listes en mesure de se qualifier au second tour »</em>, avait proposé Manuel Bompard dimanche soir. <em>« Les appels au désistement des listes de gauche, s’ils étaient suivis d’effet, offrirait le chemin de la victoire de la droite et de l’extrême droite, car seule la mobilisation de l’ensemble des électrices et des électeurs qui ont fait des choix différents au premier tour peut l’empêcher. Cela nécessite que chaque liste de premier tour soit représentée au second tour dans les listes de rassemblement »</em>, a expliqué le coordinateur de La France insoumise. Une option qui augmentera très significativement le nombre d’élus municipaux LFI.</p><p>En septembre, les maires et les conseillers municipaux fraîchement élus représenteront 95 % des quelque 162 000 grands électeurs appelés à élire 178 sénateurs. Concrètement, tous les conseillers municipaux des villes de plus de 9000 habitants votent pour les sénatoriales, alors que, pour les communes plus petites, <a href="https://www.senat.fr/connaitre-le-senat/role-et-fonctionnement/college-electoral-senatorial.html#c8063" class="spip_out" rel="external">le nombre de grands électeurs varie</a> de un à quinze selon la taille du conseil municipal. Le reste des grands électeurs est composé de députés, de sénateurs sortants et de conseillers régionaux et départementaux.</p><p>Dans chaque département concerné par un renouvellement des sièges, un collège de grands électeurs votera pour les listes en présence à bulletin secret. Le nombre de sénateurs par département dépend du nombre d’habitants. La Lozère n’élit qu’un seul sénateur, le Rhône en élit sept. Le mode de scrutin diffère également selon le nombre de sièges par département. Il s’agit d’un scrutin majoritaire à deux tours pour les départements ne comptant qu’un ou deux sénateurs, mais d’un scrutin proportionnel à un tour, plus avantageux pour le RN, lorsqu’il y a au moins trois sièges à pourvoir.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-provence-laboratoire-de-l-alliance-entre-la-droite-et-l-extreme-droite">La Provence, « laboratoire de l’alliance entre la droite et l’extrême droite »</a></aside><h2 class="spip" id="Le-RN-veut-un-groupe-au-Senat">Le RN veut un groupe au Sénat</h2><p>Le Rassemblement national n’a pas fait mystère de ses prétentions pour les sénatoriales : tripler son nombre d’élus et obtenir un groupe. En plus des nombreux conseillers municipaux RN que sa progression électorale va lui permettre d’obtenir, le parti à la flamme avait proposé, en amont de la campagne, une « Charte municipale » consistant à <a href="https://basta.media/la-provence-laboratoire-de-l-alliance-entre-la-droite-et-l-extreme-droite">apporter son soutien à des listes de droite ou sans étiquette</a> en échange d’un soutien pour la présidentielle et les sénatoriales.</p><p>Ces accords discrets pourraient peser au moment du vote à bulletin secret pour le renouvellement de la moitié du Sénat en septembre. Et ainsi, participer à redessiner les rapports de force à la chambre haute pour la période 2026-2029. En plus des trois élus que le parti d’extrême droite a obtenu en 2023, il pourrait ajouter les sept élus qui lui manquent pour constituer un groupe.</p><p>Si dans les départements peu peuplés qui n’envoient qu’un ou deux sénateurs, ses chances sont maigres du fait du mode de scrutin majoritaire à deux tours, plusieurs gros départements, dont le mode de scrutin est à la proportionnelle, pourraient fournir des élus au RN. C’est le cas des Bouches-du-Rhône, où huit sénateurs sont à élire en septembre ; mais aussi du Var, avec quatre sénateurs à renouveler ; des Alpes-Maritimes, où cinq postes sont à pourvoir ; ainsi que du Vaucluse et du Gard, avec trois sénateurs à nommer. Seule ombre au tableau pour le Rassemblement national, les Haut-de-France, où il a conquis plusieurs communes, a déjà renouvelé ses sénateurs en 2023.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/municipales-l-enjeu-cache-du-senat-pour-le-rn-et-lfi</link>
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      <pubDate>Thu, 19 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Pesticides : comment l'alliance des droites va faire augmenter nos factures d'eau potable]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Leur joie a éclaté au retrait du texte intitulé « Protéger l’eau potable ». Les députés du Rassemblement national (RN) et de la Droite républicaine ont multiplié les sous-amendements, les rappels au règlement et les suspensions de séance pour empêcher l’examen de la <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/_proteger_eau_portable_17e" class="spip_out" rel="external">proposition de loi de Jean-Claude Raux</a>, député Écologiste et Social, le 12 février dernier. Le texte tenait en deux petits articles et partait d’un constat : <a href="https://www.igas.gouv.fr/prevenir-et-maitriser-les-risques-lies-la-presence-de-pesticides-et-de-leurs-metabolites-dans-leau-destinee-la-consommation-humaine" class="spip_out" rel="external">depuis 1980, 14 300 captages d’eau ont été fermés</a>, dont environ 4600 – soit plus d’un tiers – en raison de pollutions aux pesticides ou aux nitrates.</p><p>Sur les 32 800 captages qui demeurent aujourd’hui, et sur lesquels repose l’alimentation en eau potable de la France, <a href="https://amorce.asso.fr/actualite/protection-des-captages-les-collectivites-s-inquietent-d-un-manque-d-ambition-et-de-moyens-pour-resoudre-les-captages-prioritaires-et-sensibles" class="spip_out" rel="external">environ un tiers est affecté par des pollutions</a>. En 10 ans, plus de 1000 captages ont été déclarés « prioritaires » en matière de protection, avec des dépassements répétés des valeurs limites sur certaines pollutions d’origine agricole. La plupart des <a href="https://basta.media/metabolites-pesticides-herbicides-eau-potable-ARS-analyses-metolachlore-filtre-a-charbon" class="spip_in">dépassements constatés sont liés à des pesticides et leurs métabolites</a>.</p><p>La proposition de Jean-Claude Raux prévoyait donc de procéder à la délimitation des aires d’alimentation des 1100 captages prioritaires : là où l’eau ruisselle ou s’infiltre pour alimenter le captage. Puis, d’interdire sur cette zone les épandages de pesticides de synthèse et des engrais azotés minéraux à l’horizon 2030.</p><p><em>« Quand près de 20 millions de Françaises et de Français ont bu au moins une fois en 2024 une <a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/bilan_qualite_pesticides_2024.pdf" class="spip_out" rel="external">eau dépassant les seuils de qualité pour les pesticides</a>, nous ne sommes plus dans un débat idéologique ou partisan. Nous sommes face à une urgence démocratique et sanitaire »</em>, interpellait le député écologiste. Comment les députés du RN ont-ils justifié leur opposition à ce texte ?</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Foutez-la-paix-a-nos-agriculteurs">« Foutez la paix à nos agriculteurs ! »</h2><p>L’offensive est d’abord venue des rangs de la Droite républicaine. <em>« Ce que proposent les écologistes aujourd’hui, ce n’est pas une politique de protection de l’eau, mais une nouvelle couche de normes –⁠ une de plus ! »</em> tance le député Pierre-Henri Carbonnel. Tour à tour, ses collègues parlent d’<em>« écologie punitive »</em>, <em>« hors sol »</em>, qui punirait <em>« toujours les mêmes : nos agriculteurs »</em>. Une logorrhée reprise en boucle par les députés RN traitant « les écolos » de <em>« fossoyeurs de l’agriculture française »</em>.</p><div class="spip_document_22621 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="185" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c546102056 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp?1773742487 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg@.webp?1773828647 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg" width="960" height="1200" alt="facture pour la dépollution de l'eau potable" aria-describedby="by22621-52db5d218c427fc8f0ee32eaded201d2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/facture_eau_potable_ufc_que_choisir.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22621-52db5d218c427fc8f0ee32eaded201d2">Plus d’un milliard d’euros par an sont dépensés pour la seule dépollution des pesticides et des nitrates, payés presque exclusivement par les consommateurs, dénonce l’UFC-Que choisir.
</figcaption></figure></div><p>Dans ces conditions, que proposent les députés d’extrême droite pour fournir de l’eau potable non polluée aux administrés ? <em>« Au lieu de stigmatiser une profession, il serait plus logique d’accompagner plus efficacement les collectivités en les aidant à moderniser leurs unités de traitement de l’eau potable »</em>, lance le député RN des Vosges Sébastien Humbert. Les usagers et collectivités apprécieront, puisque c’est précisément sur eux que pèsent les factures, de plus en plus élevées, des dépollutions.</p><p>Le coût du traitement de l’eau contaminée par les pesticides, les PFAS (polluants éternels) et les engrais azotés est estimé entre 750 millions et 1,3 milliard d’euros par an, selon un <a href="https://temis.documentation.developpement-durable.gouv.fr/docs/Temis/0070/Temis-0070550/19342.pdf" class="spip_out" rel="external">rapport du Commissariat général au développement durable</a> publié en 2011. Cette estimation date de quinze ans. Or, le nombre de substances recherchées a augmenté, ce qui fait automatiquement croître les coûts de dépollution.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pesticides-eau-robinet-couteux-casse-tete-pour-elus-locaux">Pesticides dans l’eau du robinet : un coûteux casse-tête pour les élus locaux</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/041c9e10136afc667cc3486a649b5e-380ed.jpg?1773753495" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Résultat, les factures d’eau ont <a href="https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-la-goutte-de-trop-eau-ras-le-bol-de-payer-pour-la-pollution-des-autres-n171904/" class="spip_out" rel="external">augmenté de 16 % depuis 2023</a>. Pour des organisations comme l’UFC-Que choisir, <em>« dépolluer ne suffit plus. Il faut empêcher la contamination avant qu’elle n’atteigne nos captages »</em>.</p><p>C’était précisément l’enjeu de la proposition de loi de Jean-Claude Raux : agir à la source en supprimant les pollutions pour protéger les captages, plutôt que de gérer l’urgence crise après crise, en investissant toujours davantage dans des usines de traitement de plus en plus coûteuses.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Malhonnetete-intellectuelle-du-RN">« Malhonnêteté intellectuelle du RN »</h2><p>Tout au long des quatre heures de discussions, les députés RN ont préféré se concentrer sur les chiffres qui évacuent le problème. <em>« La qualité de l’eau en France est largement suffisante »,</em> estime ainsi Sébastien Humbert. <em>En 2023, 98,4 % de la population a été alimentée par une eau conforme sur le plan microbiologique. »</em></p><p>L’argument est absurde : en évoquant la conformité de l’eau sur le plan microbiologique, Sébastien Humbert fait référence à l’absence de bactéries de type <em>Escherichia coli</em>, qui peut causer des intoxications alimentaires et des infections. Mais cela n’a rien à voir avec la pollution aux pesticides, causes de cancers, qui est l’objet de la proposition de loi. L’argument a fait bondir l’association Générations futures, qui dénonce <em><a href="https://www.generations-futures.fr/actualites/retrait-ppl-eau/" class="spip_out" rel="external">« la malhonnêteté intellectuelle du Rassemblement national »</a></em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La proposition de loi visait en outre, non pas à interdire l’agriculture dans les aires d’alimentation des captages, mais à favoriser des changements de pratiques agricoles à ces endroits-là. Le RN n’a observé aucune nuance sur le sujet, quitte à brandir des données fallacieuses. <em>« Si cette proposition de loi était adoptée, 20 % des terres agricoles françaises ne seraient plus cultivables. Cette superficie équivaut à celle de la Corée du Nord »</em>, a déclaré Emmanuel Blairy, député RN du Pas-de-Calais, l’une des zones critiques en matière de contamination aux pesticides.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/FNSEA-entrave-un-projet-qui-protege-eau-potable-pollutions-pesticides">La FNSEA entrave un projet qui protège l’eau potable des pollutions aux pesticides</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/6bba4dcf039e5480c634fe6b22cd1e-35b2d.jpg?1773753496" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p><em>« Quelque 20 % de la surface agricole utile française étant classés zone de captage sensible, une telle interdiction [des pesticides de synthèse et engrais azotés minéraux] entraînerait une baisse de productivité de 20 % à 40 % pour nos agriculteurs »</em>, a abondé son collègue Sébastien Humbert. Or, selon les données du ministère de la Transition écologique, <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/12/23/pesticides-des-collectivites-locales-denoncent-le-blocage-des-negociations-autour-de-la-protection-des-captages-d-eau-potable_6659260_3244.html" class="spip_out" rel="external">jusqu’à 4 % de la surface agricole utile seraient concernés par la mesure</a> – et non 20 % comme l’affirme le syndicat agricole FNSEA. </p><h2 class="spip" id="Denigrement-du-bio">Dénigrement du bio</h2><p>L’argument de la baisse de production est également trompeur. Actuellement, seulement <a href="https://www.fnab.org/eau-potable-lagriculture-biologique-une-solution-incontournable-face-a-lurgence/" class="spip_out" rel="external">7 % des surfaces situées dans les aires d’alimentation de captage</a> sont conduites en agriculture biologique. Or, les députés du RN comme ceux de la Droite républicaine sont convaincus que le passage à l’agriculture biologique sur ces aires, entraînerait des baisses de production. Le secteur agricole serait ainsi mis <em>« en danger de mort économique »</em>. Cette prise de position n’est pas très étonnante, puisque <a href="https://basta.media/pour-le-beton-les-pesticides-les-canicules-et-la-malbouffe-voila-comment-votent-les-deputes" class="spip_in">les votes des députés RN sont toujours en faveur des pesticides</a>.</p><p>Sauf que le point de vue de l’extrême droite sur l’agriculture biologique est bien éloigné de ce qu’il se passe sur le terrain. 115 agriculteurs et agricultrices cultivant plus de 17 300 hectares (dont 58 % en agriculture biologique) sont par exemple engagés aux côtés d’Eau de Paris (<a href="https://basta.media/boire-l-eau-du-robinet-a-paris-risque-d-exposition-a-des-pollutions-ou-acte" class="spip_in">nous en parlions déjà dans ce grand format publié il y a dix ans</a>). Entre 2015 et 2023, les surfaces en bio ont été multipliées par quatre sur toutes les aires d’alimentation de captage d’Eau de Paris, passant de 2 800 à 11 800 hectares. La <a href="https://www.eaudeparis.fr/sites/default/files/2024-12/CP%20-%20Les%20dispositifs%20daides%20agricoles%20mis%20en%20place%20par%20Eau%20de%20Paris%20ont%20permis%20une%20r%C3%A9duction%20de%2077%25%20la%20quantit%C3%A9%20de%20pesticides%20utilis%C3%A9s_0.pdf" class="spip_out" rel="external">quantité de pesticides utilisés a été réduite en 2023 de 77 %</a>, l’équivalent de 55 tonnes de substances actives de pesticides évitées.</p><div class="spip_document_22623 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="391" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3755732936 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1773753000 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1773828818 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg" width="960" height="640" alt="deux femmes arbirent le t-shirt Cancer Colère et prennent la parole" aria-describedby="by22623-7ef8459ad9168cb5c461210e9ec1fea4" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/nord-sur-erdre_rassemblement_eau_cancer_colere_credit_nolwenn_weiler.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22623-7ef8459ad9168cb5c461210e9ec1fea4"><em>« On a envie de se battre aux côtés des paysans</em>, lance Diane, qui a fait face à un cancer du sein à 36 ans. <em>On demande un moratoire contre les pesticides. »</em> Elle était accompagnée, ce 11 février 2026 à Nort-sur-Erdre (Loire-Atlantique), de plusieurs membres de Cancer Colère, aux côtés de paysans et paysannes des groupements bio et de la Confédération paysanne.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><p>Pour parvenir à se passer des intrants chimiques, les exploitations agricoles bénéficient d’un accompagnement technique, d’aides financières et de débouchés. En retour, la prévention des pollutions coûte trois fois moins cher que leur traitement curatif, selon les calculs d’Eau de Paris. La proposition de loi pensée par Jean-Claude Raux prévoyait précisément des mesures d’accompagnement au changement de pratiques, sous forme, notamment, de paiements pour services environnementaux.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pour-le-beton-les-pesticides-les-canicules-et-la-malbouffe-voila-comment-votent-les-deputes">Pour le béton, les pesticides et la malbouffe : voilà comment votent les députés RN</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/39a9bf403c59007bfe522857783455-b4a0d.png?1751374109" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Visuel avec Marine Le Pen et Jordan Bardella, avec le texte suivant : &quot;Protéger la population des polluant éternels ? On est contre !&quot;" /></aside><p>Mais au terme de quatre heures d’obstruction des débats par le RN et Les Républicains, le député écologiste a fini par retirer sa proposition de loi. <em>« Ne venez pas nous raconter que vous protégez les Français ! Un jour, il vous faudra rendre des comptes. Nous paierons demain le prix de l’inaction »</em>, a-t-il déclaré, le 12 février, les yeux rivés sur les députés du RN et de la droite. <em>« Nos compatriotes le paieront, à travers leurs factures. Ils se diront que, décidément, une partie des parlementaires préfère les profits de l’agrochimie à leur santé. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/pesticides-comment-l-alliance-des-droites-va-faire-augmenter-nos-factures-d-eau</link>
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      <pubDate>Wed, 18 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Au large du détroit d'Ormuz, les marins du monde entier risquent leur vie, leur syndicat tente d'alerter]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Ils sont 20 000 marins coincés depuis des jours, voire plus de deux semaines, autour du détroit d’Ormuz, qui relie le golfe Persique au golf d’Oman. L’Iran a fait cesser la circulation dans le couloir maritime depuis début mars, en réponse à l’attaque états-unienne et israélienne débutée le 28 février. Environ <a href="https://www.itfseafarers.org/en/news/itf-condemns-killing-and-targeting-innocent-civilian-seafarers-strait-hormuz-designated" class="spip_out" rel="external">1000 navires sont à présent bloqués</a> dans le golfe Persique. Plusieurs ont été ciblés par des tirs, des missiles ou des drones. Comme le 6 mars, où quatre marins d’un navire marchand émirati <a href="https://www.imo.org/en/mediacentre/pressbriefings/pages/imo-secretary-general-statement-strait-of-hormuz-seafarer-deaths-unacceptable.aspx" class="spip_out" rel="external">sont morts lors d’une attaque</a>.</p><p>Le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mars, déjà, un marin avait été tué à bord d’un pétrolier immatriculé aux îles Marshall, <a href="https://www.reuters.com/world/crew-member-killed-after-projectile-hits-mkd-vyom-tanker-off-oman-manager-says-2026-03-01/" class="spip_out" rel="external">touché par un projectile</a> alors qu’il naviguait au large d’Oman. Le même jour, un missile tombait sur un autre transporteur, tuant là encore un marin et faisant plusieurs blessés dans l’équipage. Un autre marin a été tué le 11 mars dans la zone. L’Organisation maritime internationale (OMI), organisme des Nations unies, <a href="https://www.imo.org/en/mediacentre/hottopics/pages/middle-east-highlighted-incidents.aspx" class="spip_out" rel="external">a recensé dix-sept attaques</a> de navires marchands depuis début mars dans la zone.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Des-travailleurs-sans-lien-avec-le-conflit">« Des travailleurs sans lien avec le conflit »</h2><p><em>« Au moins six navires de marchandises ont été touchés par des projectiles dans le détroit d’Ormuz au cours des dernières 48 heures, et un porte-conteneurs a également été touché au large des côtes des Émirats arabes unis »</em>, alertait encore vendredi 13 mars la Fédération internationale des ouvriers du transport, l’ITF, qui représente les marins.</p><p><em>« Une fois de plus, les marins sont placés en danger direct dans un conflit dont ils ne sont pas responsables</em>, <a href="https://www.itfseafarers.org/en/news/itf-condemns-killing-and-targeting-innocent-civilian-seafarers-strait-hormuz-designated" class="spip_out" rel="external">dénonce aussi le secrétaire général de l’organisation</a>, le Britannique Stephen Cotton. <em>Trop souvent ces dernières années, nous avons vu des marins civils devenir les victimes collatérales de la guerre – que ce soit en mer Noire, en mer Rouge ou aujourd’hui dans le détroit d’Ormuz. Ce sont des travailleurs, souvent originaires des pays du Sud, loin de leur pays et sans aucun lien avec les conflits qui se déroulent autour d’eux »</em>, dit-il. <em>« Il y a des bombes qui tombent, des navires qui brûlent et des marins qui tombent à l’eau »</em>, déplore aussi Claire Flécher, sociologue, autrice d’<a href="https://www.editionsladecouverte.fr/auteur/claire_flecher-10011794.html" class="spip_out" rel="external"><em>À bord des géants des mers. Ethnographie embarquée de la logistique globalisée</em></a> (La Découverte, 2023), une enquête au long cours sur la marine marchande et le travail à bord de navires.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Les marins sont des travailleurs civils, employés par des entreprises privées qui font souvent circuler les bateaux sous des pavillons dits de complaisance, l’équivalent des paradis fiscaux pour le commerce maritime. Les navires sont alors immatriculés dans des pays à moindre régulation, comme le Panama, le Liberia ou les Îles Marshall. La majorité des marins sont de nationalité philippine, indienne, indonésienne, russe, ukrainienne… et sont souvent recrutés par des sous-traitants et des intermédiaires. Ce système ne facilite pas le respect de leurs droits.</p><p><em>« Les marins ne doivent en aucun cas être exposés à des risques militaires ni servir de monnaie d’échange dans des conflits géopolitiques. Leur sécurité doit primer sur toute considération commerciale »</em>, insistait la fédération ITF, le 2 mars, alors que plusieurs navires civils avaient déjà été visés. Chaque jour depuis que les États-Unis et Israël ont lancé leur opération contre l’Iran, le service d’assistance de l’ITF reçoit des demandes de marins en quête de conseils, en particulier sur leur droit au rapatriement ou leur droit de refuser de naviguer.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Les-marins-francais-vont-pouvoir-etre-rapatries">« Les marins français vont pouvoir être rapatriés »</h2><p>Début mars, l’ITF et le Joint Negotiating Group – l’organisation représentant les employeurs, des armateurs du monde entier – ont conjointement déclaré la zone du détroit d’Ormuz, du golfe Persique et du golf d’Oman, <em>« à haut risque »</em>, déclenchant ainsi la mise en œuvre de mesures de protection renforcées pour les marins. Les armateurs doivent, par exemple, veiller à informer les travailleurs des navires du niveau de sécurité et à échanger avec les équipages pour limiter les risques. La désignation de zone « à haut risque » doit aussi permettre aux marins de refuser de naviguer dans le périmètre.</p><p>Le 5 mars, la classification est <a href="https://www.itfseafarers.org/en/news/joint-itf-jng-statement-designation-warlike-operations-area-strait-hormuz" class="spip_out" rel="external">passée au seuil supérieur</a>, en « zone d’opérations militaires », là encore dans une décision conjointe des deux organisations. Ceci implique une prime équivalente au salaire de base pour naviguer dans la zone. L’indemnité est aussi doublée en cas de décès du marin ou d’invalidité. Le 13 mars, les deux organisations ont même décidé d’étendre les mesures de protection aux marins naviguant au large des côtes israéliennes en cas d’attaque de navire.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/metoo-marine-marchande-des-affaires-genavir-il-y-en-a-plein-d-autres">MeToo de la marine marchande : « Des affaires Genavir, il y en a plein d’autres »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/4d9d0057a11a5bb2a360b4129c2434-cfa35.jpg?1763647179" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Dessin représentant une femme marin sur un bateau, la nuit. Au second plan, un homme se dirige vers elle dans l'ombre." /></aside><p><em>« Il s’agit seulement d’un communiqué, les deux organisations y rappellent le droit, la Convention du travail maritime et divers accords</em>, tempère Claire Flécher. <em>Après, ce droit peut être difficile à mettre en œuvre du fait de la diversité juridique sur les navires. J’imagine que les marins français vont pouvoir être rapatriés s’ils le souhaitent. Pour les marins gérés par des intermédiaires, ça va être un peu moins évident. Et s’il faut faire circuler du pétrole, la voix des marins philippins risque d’être peu écoutée »</em>, regrette la chercheuse. Pour la Fédération des ouvriers du transport, <em>« la seule solution véritable, c’est la désescalade »</em>. Et non pas de payer davantage les marins pour qu’ils naviguent au péril de leur vie.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/au-large-du-detroit-d-ormuz-les-marins-du-monde-entier-risquent-leur-vie-leur-syndicat-alerte</link>
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      <pubDate>Tue, 17 Mar 2026 17:00:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Relance du RPR, création d'un label : le succès relatif des subterfuges du RN pour séduire la droite provençale]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le pourtour méditerranéen demeure la zone où l’extrême droite progresse le plus. Mais ce n’est pas le raz-de-marée annoncé. En Provence, le jeu d’alliances mis en place par le Rassemblement national (RN) avec la droite s’est avéré plus ou moins payant, malgré quelques nettes victoires. Si le parti à la flamme enregistre certains de ses plus gros succès des municipales sur la côte méditerranéenne, c’est avant tout via des candidats ouvertement RN.</p><p>On retiendra du premier tour l’élection de David Rachline à Fréjus ou la prise de Cagnes-sur-Mer à la droite. Mais aussi la percée fulgurante de Franck Allisio à Marseille, au coude-coude avec le candidat de l’union de la gauche Benoît Payan, avec 35 % ; ainsi que de la députée RN Laure Lavalette, arrivée première à Toulon avec 42 % des voix. Plusieurs listes d’« union de l’extrême droite » sont également arrivées en tête à Rognac, Menton (loin devant Louis Sarkozy), Draguignan, et surtout à Nice, où Eric Ciotti, le président de l’Union des droites pour la République (UDR), allié du RN, devance le maire sortant Christian Estrosi avec 43 % des suffrages. Mais les tentatives du RN pour s’allier des transfuges venus des Républicains (LR) n’ont pas porté les fruits espérés, malgré la multiplication des faux-nez politiques en ce sens.</p><p>En janvier 2025, l’ex-LR désormais délégué départemental du RN, Franck Allisio, sortait de son chapeau une <em>« alliance RN - UDR - RPR »</em>. Du nom de l’ancien parti chiraquien, le Rassemblement pour la république (RPR), avait été récupéré deux ans plus tôt par l’actuel challenger à la mairie de Marseille, en vue de rassembler des élus de terrain de droite et d’extrême droite. Franck Allisio annonçait dans le même temps la création d’un « label » à l’échelle locale : « La Provence qu’on aime ». Proposant à certains candidats de droite le soutien du RN en échange de plusieurs engagements, celui-ci <a href="https://nicepresse.com/municipales-en-region-paca-comment-le-rassemblement-national-seduit-une-partie-de-la-droite-traditionnelle/" class="spip_out" rel="external">aurait séduit 45 candidats</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Municipales-reindustrialiser-sans-polluer-reconquerir-le-vote-ouvrier-la-delicate-equation-pour-la-gauche-Fos-sur-mer">Réindustrialiser sans polluer, reconquérir le vote ouvrier : la délicate équation de la gauche à Fos-sur-Mer</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/b96b105c83846817eff7de37fed2da-4a3fe.jpg?1773399637" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Vue sur la ZIP (zone industrialo-portuaire) de Fos-sur-mer depuis la plage jouxtant le port de plaisance. A droite des habitations, à gauche la mer, et sur la côte au fond, plusieurs usines fumantes et des lignes à haute tension." /></aside><p>À ce jour, seuls quatre l’ont pourtant rendu public en plus de Christophe Gonzalez à Rognac, déjà encarté RN, avec des résultats en demi-teinte par rapport à ceux escomptés. Certains n’officialiseront leur soutien qu’après les municipales, avait néanmoins précisé Allisio - ce que nous attendons toujours.</p><p>À Fos-sur-Mer, le candidat de droite Philippe Maurizot ne serait peut-être pas arrivé en tête du premier tour s’il n’avait pas souscrit à ce fameux label. Avec 34 % des suffrages, cet ex-Les Républicains profite ainsi de la guerre <a href="https://basta.media/Municipales-reindustrialiser-sans-polluer-reconquerir-le-vote-ouvrier-la-delicate-equation-pour-la-gauche-Fos-sur-mer">que se mènent sur la commune les deux candidats de gauche</a>, Rémi Esnault et Jean-Michel Leroy, arrivés respectivement à 30 et 26 % à l’issue du premier tour. Après d’intenses pourparlers, une triangulaire aura finalement lieu le 22 mars dans cette ville industrielle.</p><p>Selon plusieurs sources, les discussions entre Rémi Esnault et Jean-Michel Leroy n’ont pas permis d’aboutir à un accord. Ce dernier a finalement préféré s’allier avec le centriste Jean Fayolle, arrivé en quatrième position (8 %). Un choix fustigé par ses adversaires. A commencer par Nathalie Hetsch, colistière de Rémi Esnault, qui assure à <em>Basta!</em> représenter <em>« la seule liste de gauche au second tour »</em>. Du côté de Philippe Maurizot, on s’estime trahi : <em>« Pour Jean-Michel Leroy, nous n’étions pas d’extrême droite... jusqu’à dimanche soir. Il a préféré un mariage contre-nature ! »</em>, lance Isabelle Rouby, collisitère de M. Maurizot.</p><div class="spip_document_22548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="111" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc0708.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1781695392 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772518199 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772519542 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772203243 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772533789 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772518285 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772529100 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772517831 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772523098 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772461783 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772518663 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772529402 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772523549 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772521569 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772520615 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772194170 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772188261" width="960" height="640" alt="Le candidat de droite Phillipe Maurizot dans son local de campagne. Il porte un jean et une veste marron. Sur la gauche figure un petit drapeau bleu-blanc-rouge." aria-describedby="by22548-ea50deb9fbff06f5c25e61f9548d9329" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772517929 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772520446 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772188261 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22548-ea50deb9fbff06f5c25e61f9548d9329">Le candidat de droite Phillipe Maurizot (ex-LR, soutenu par le RN) dans son local de campagne.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Dans la ville voisine de Marignane, le binôme de Franck Allisio à la présidence du RPR, Eric Le Dissès, est aussi arrivé largement en tête. Sous une étiquette divers droite, celui qui avait parrainé Eric Zemmour à la présidentielle de 2022 a été réélu dès le premier tour à 77 %.</p><p>L’extrême droite a aussi visé juste avec Fabien Bravi, qui travaillait auparavant pour Renaud Muselier (Renaissance) et Martine Vassal (LR) à la métropole - laquelle est arrivée en troisième position au premier tour des municipales à Marseille. Désormais délégué général de « La Provence qu’on aime », le transfuge de droite a pris la deuxième place à Vitrolles (avec 36 %), derrière le candidat divers gauche (à 41 %).</p><p>L’adhésion à « La Provence qu’on aime » n’aura cependant pas permis à Daniel Salenc de remporter la mairie de La Ciotat face à un candidat divers droite élu dès le premier tour avec 57 % des voix. Malgré le soutien du RN, il reste loin derrière, à 18 %. Même constat à Carry-le-Rouet, où s’opposaient quatre candidats « divers droite ». Parmi eux, Jean-Christophe Trapy, ayant souscrit au « label » et <a href="https://basta.media/la-provence-laboratoire-de-l-alliance-entre-la-droite-et-l-extreme-droite">qui affirmait à Basta!</a> être soutenu par l’UDR, le RPR et le RN, n’arrive qu’en troisième position avec 21 %. Plus à l’Est, à La Destrousse, Christine Ponnavoy, a, elle, été largement devancée par le candidat divers-centre Michel Lan, qui obtient 61 %. À Port-de-Bouc, bénéficiant du soutien du RPR et du RN, Pascal Spanu n’a pas fait le poids face au communiste Laurent Belsola . Dans ce bastion ouvrier, le PCF domine encore largement, avec 70 % des voix.</p><p>Du côté des candidats de droite ayant refusé une alliance avec le RN, beaucoup étaient donnés perdants. Et pourtant… À Istres, Robin Prétot, qui a dû faire face à un candidat RN après son refus d’être soutenu par le parti d’extrême droite, arrive loin devant. Il obtient ainsi 42 %, devant le maire divers gauche sortant, quand son concurrent RN Damien Broc peine à dépasser les 19 %.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-provence-laboratoire-de-l-alliance-entre-la-droite-et-l-extreme-droite">La Provence, « laboratoire de l’alliance entre la droite et l’extrême droite »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/80119ab0ee8d4fbb3f6573b6b36be8-89e0e.jpg?1773670626" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Malgré le succès très relatif du label « La Provence qu’on aime », cette multiplication des étiquettes d’extrême droite <em>« envoie des signaux aux différentes catégories de l’électorat de droite »</em> qui peuvent participer à leur basculement, y compris au second tour, met en garde Christèle Lagier, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université d’Avignon, spécialisée sur le vote RN dans le Sud-Est. Et même si une mairie n’est pas gagnée, l’extrême droite pourra compter sur nombre de conseillers municipaux, soit directement RN, soit bienveillants vis-à-vis du parti lepéniste, qui constituent autant de futurs électeurs pour les élections sénatoriales.</p><p>Cela s’inscrit ainsi dans une stratégie plus globale d’alliance officielle, parfois officieuse, qui selon elle fonctionne. <em>« Franck Allisio ne s’appuie pas que là-dessus, mais aussi sur de bonnes ententes avec des élus de droite qui ne vont pas lui mettre de bâtons dans les roues, et sur des appels répétés à Martine Vassal… »</em>, décrit la sociologue. Dès ce lundi 16 mars, le patron local du RN a ainsi appelé la candidate LR à le <em>« rejoindre »</em> pour le second tour des municipales à Marseille. Elle a décliné, mais que feront ses électeurs et électrices ?</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 17 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Cinq ans qu'on enchaîne des PSE » : en crise, Bosch ferme deux nouveaux sites en France]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pour Laurent Doriat, délégué CGT de l’usine Bosch de Moulins, dans l’Allier, la décision rendue par le tribunal judiciaire de la ville le 2 mars est claire : <em>« La justice nous a donné raison. »</em> Les salariés de l’équipementier automobile avaient saisi le juge pour contester un transfert en cours de leur production vers une usine allemande, en prévision de la fermeture du site français. Le juge a affirmé qu’il fallait consulter le comité social et économique du site avant d’opérer ainsi.</p><p>C’est un peu de temps de gagné pour négocier un plan social acceptable. Car, fin janvier, la direction française de Bosch a annoncé la fermeture du site de Moulins, qui fabrique des composants électroniques pour l’industrie automobile, et la suppression de ses 270 emplois. <em>« On ne s’y attendait pas</em>, indique Laurent Doriat. <em>On avait du boulot pour deux ans, on pouvait encore tenir. »</em> Mais partout en France, Bosch supprime des emplois par centaines ces dernières années.</p><div class="spip_document_22609 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="126" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4222964281 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp?1773311885 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg@.webp?1773401036 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg" width="960" height="541" alt="Une femme parle avec des hommes en chasubles rouge et avec des drapeaux de la CGT, un homme filme." aria-describedby="by22609-1d320a29509399b9d4a8245a98c2456e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/bosch_sophie_binet.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22609-1d320a29509399b9d4a8245a98c2456e">La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet est venue soutenir les salariés de l’usine Bosch de Moulins, fin janvier.
©CGT
</figcaption></figure></div><p><em>« Ça fait quatre, cinq ans qu’on enchaîne des PSE</em> [“plans de sauvegarde de l’emploi”, des plans sociaux, ndlr]<em>, des restructurations, des fermetures de site de Bosch en France</em>, explique Choukri Errachidi, élu syndical CFDT à Bosch et secrétaire du CSE (comité social et économique) central de Bosch France. <em>Il y a eu un site à Saint-Ouen, fermé en 2024, où travaillaient une trentaine de personnes. Ensuite, il y a eu le site de Mondeville. »</em> L’usine du Calvados a cessé la production fin 2025. Le PSE s’étendant sur des mois, les quelque 400 salariés seront licenciés officiellement en juin prochain.</p><h2 class="spip" id="Les-plans-sociaux-s-enchainent">Les plans sociaux s’enchaînent</h2><p>L’an dernier, Bosch a aussi annoncé vouloir réduire les effectifs de son usine de Rodez (Aveyron), après l’abandon d’un projet de transport frigorifique fonctionnant à l’hydrogène. Ici, l’objectif est de n’avoir plus que 350 salariés d’ici à 2030, contre plus de 550 l’année dernière. Au début des années 2000, 2500 personnes <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/10/10/a-rodez-la-lente-agonie-de-l-usine-bosch-et-ses-composants-automobiles_6645654_3234.html" class="spip_out" rel="external">travaillaient dans cette usine</a>, et encore <a href="https://www.francebleu.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-occitanie/l-usine-bosch-de-rodez-premier-employeur-prive-de-l-aveyron-ne-comptera-plus-que-350-salaries-en-2030-7742930" class="spip_out" rel="external">plus de 1200 en 2021</a>. Cette année, en même temps que Moulins, un bureau d’étude de Bosch à Vénissieux, près de Lyon, va également fermer, mettant près de 40 personnes de plus à la porte.</p><p><em>« Je vois les effectifs fondre comme neige au soleil</em>, se désole Alain Goudjil, coordinateur CGT pour Bosch France, salarié de l’entreprise depuis 30 ans. <em>On était plus de 10 000 il y a 25 ans, aujourd’hui on est autour de 3000-4000 »</em> avec les sites encore en activité et les filiales françaises de Bosch (Gaggenau, ELM Leblanc et Rexroth).</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« C’est la première fois que ça arrive que deux sites soient fermés en même temps</em>, ajoute Choukri Errachidi. <em>Et la direction nous a imposé un agenda court pour négocier le PSE »</em>. Le PSE commun aux deux sites a été finalisé durant la deuxième semaine de mars. <em>« La décision du tribunal a permis de mettre la pression sur les négociations, et de gagner des choses sur les préretraites, les primes. Et nous avons réussi à obtenir qu’il n’y ait pas de départ avant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2027, ce qui peut grossir la proportion de personnes qui pourront partir en préretraite</em>, rapporte Alain Goudjil. <em>Au niveau des indemnités de départ, Bosch paie. Ils n’ont pas d’argent pour investir dans de nouveaux projets mais peuvent sortir des millions d’euros pour détruire des emplois. Car ce PSE reste un outil de destruction de l’emploi, alors que le groupe fait des milliards de bénéfices »</em>, dénonce le représentant CGT. Bosch a enregistré <a href="https://www.bosch-presse.de/pressportal/de/de/bosch-stellt-im-schwierigen-geschaeftsjahr-2025-weichen-fuer-zukunft-280835.html" class="spip_out" rel="external">un bénéfice de 1,7 milliard d’euros</a> en 2025, après 3,1 milliards en 2024.</p><div class="spip_document_22610 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="39" data-legende-lenx="x"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2762938052 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp?1773311891 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg@.webp?1773401041 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg" width="960" height="720" alt="Une banderole sur laquelle il est écrit &quot;Je suis viré&quot; est accrochées sur la grille d'une usine Bosch, il y a aussi quatre drapeaux de la CGT." aria-describedby="by22610-ca4bc5ba29779d9ba481d4738a9ab501" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/je_suis_vire.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22610-ca4bc5ba29779d9ba481d4738a9ab501">Devant l’usine Bosch de Moulins.
©CGT
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="t13-000-suppressions-d-emplois-en-Allemagne">13 000 suppressions d’emplois en Allemagne</h2><p>Ces nouveaux plans sociaux arrivent dans un contexte où Bosch supprime aussi des milliers d’emplois en Allemagne. Fin 2025, la multinationale employait un peu plus de <a href="https://www.bosch-presse.de/pressportal/de/de/bosch-stellt-im-schwierigen-geschaeftsjahr-2025-weichen-fuer-zukunft-280835.html" class="spip_out" rel="external">412 000 personnes dans le monde</a>, contre près de 418 000 <a href="https://www.bosch.com/de/unternehmen/zahlen-und-fakten/" class="spip_out" rel="external">un an plus tôt</a>. Ils sont 123 000 salariés en Allemagne. Mais en 2024, Bosch avait annoncé supprimer 9000 postes outre-Rhin, puis, l’année dernière, 13 000 suppressions de plus en Allemagne d’ici à 2030. Sur tous les sites allemands de l’entreprise, le puissant syndicat IG Metall tente de sauver le maximum d’emplois. <em>« IG Metall a du pain sur la planche</em>, constate Alain Goudjil. <em>Et dans ce cadre, Moulins était en concurrence avec le site allemand de Blaichach »</em>, en Bavière, également touché par des suppressions de postes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vague-licenciements-patronat-a-montre-son-incapacite-a-reindustrialiser-le-pays">Vague de licenciements : « Le patronat a montré son incapacité à réindustrialiser le pays »</a></aside><p><em>« Les dirigeants de Bosch en Allemagne et en France disent que les suppressions d’emplois sont dues à l’arrêt du diesel et des moteurs thermiques. Mais, normalement, un grand groupe comme Bosch devrait avoir anticipé ça. Surtout que la politique européenne de réduction des moteurs thermiques, on ne vient pas de la découvrir</em>, critique Choukri Errachidi, de la CFDT. <em>Les emplois supprimés par Bosch ici, en Europe, surtout en Europe de l’Ouest où on est considéré comme à haut coût, sont transférés en Asie, en particulier vers l’Inde »</em>, dénonce aussi le représentant syndical.</p><p>Pendant ce temps, dans l’Allier, Laurent Doriat s’attend à ce que ce <em>« soit compliqué »</em> pour beaucoup de ses collègues de retrouver du travail dans la région après la fermeture de leur usine. <em>« Pour les moins vieux, les collègues de 45, 50, 55 ans, ce sera difficile. »</em> Lui-même a travaillé 30 ans dans l’usine de Moulins et va se retrouver licencié. Il lui reste 13 ans avant la retraite.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 17 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[70 villes pourraient basculer à l'extrême droite le 22 mars]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Quels enseignements peut-on tirer de ce 1<sup class="typo_exposants">er</sup> tour des élections municipales ? Rappelons, tout d’abord, qu’il s’agit de scrutins locaux, avec autant de configurations que de communes, avec chacune leurs contextes spécifiques, la personnalité propre aux candidats et candidates. Difficile, donc, de dresser un état des lieux précis des rapports de force nationaux. D’autant que, dans de nombreuses petites communes, les étiquettes politiques sont effacées. Les résultats offrent cependant une photographie du paysage politique et des évolutions à l’œuvre, six mois avant des élections sénatoriales et, surtout, un an avant le scrutin présidentiel.</p><p>Premier enseignement : malgré le rôle très concret que peuvent jouer les maires et leurs équipes dans la vie de leurs administré·es, l’abstention est forte. Un peu plus d’un·e électeur·ice sur deux (environ 57 %) s’est déplacé·e pour voter. La défiance vis-à-vis de la politique demeure conséquente.</p><h2 class="spip" id="Le-RN-garde-ou-conquiert-22-villes-des-le-1er-tour">Le RN garde ou conquiert 22 villes dès le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> tour</h2><p>La menace d’extrême droite reste, pour le moment, concentrée dans les zones de force traditionnelles du FN/RN : le pourtour méditerranéen et le nord de la France. C’est là que le RN et ses alliés parviennent désormais à aspirer une large partie de l’électorat de droite, parfois <a href="https://basta.media/la-provence-laboratoire-de-l-alliance-entre-la-droite-et-l-extreme-droite" class="spip_in">à l’aide de subterfuges plus ou moins efficaces</a>. Sur les 22 villes que le RN/FN garde ou conquiert dès le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> tour, dix communes se trouvent sur le pourtour méditerranéen et sept dans les Hauts-de-France. Là où un maire sortant RN ou affilié se représentait, il l’emporte souvent de manière très large, comme à Bruay-La-Buissière (Pas-de-Calais) avec 82 % des voix, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) avec près de 78 % des voix, Beaucaire (Gard) avec 60 %, ou encore Perpignan (Pyrénées-Orientales) et Fréjus (Var) avec un peu plus de 50 % des voix. A cette liste, s’ajoutent des villes gagnées par des maires d’extrême droite qui n’appointent pas forcément au RN, comme Béziers (Hérault), avec Robert Ménard réélu avec près de 65% des voix. Dans plusieurs de ces villes, les politiques antisociales, <a href="https://basta.media/A-Frejus-ville-RN-une-betonisation-frenetique-peu-soucieuse-des-risques-lies-au-changement-climatique">de bétonisation</a> ou de <a href="https://basta.media/henin-beaumont-maire-RN-attaque-un-syndicaliste">répression syndicale menées par le RN</a> avaient été dénoncées par le mouvement associatif. Sans effet, semble-t-il, sur l’électorat.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>C’est dans ces deux zones également que se situe la majorité des nouvelles villes conquises par le RN dès le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> tour, dont quelques surprises : dans le Sud-Est, Lançon-Provence (Bouches-du-Rhône) et Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) sont prises à la droite et Vauvert (Gard) est prise à la gauche. Dans le Pas-de-Calais, ce sont principalement des villes de gauche qui basculent à l’extrême droite, dont Harnes, Houdain, Marles-les-Mines, ou Loison-sous-Lens, ville qui avait pourtant plébiscité son maire socialiste (avec 75 % des voix) en 2020, où le RN, absent du précédent scrutin, l’a emporté avec 21 voix d’avance. Une bascule similaire s’est produite à Harfleur (8000 habitant·es), en banlieue du Havre (Seine-Maritime) : <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/seine-maritime/havre/ca-laisse-un-gout-amer-a-10-voix-pres-tony-lepretre-le-candidat-d-extreme-droite-fait-tomber-le-bastion-communiste-d-harfleur-pres-du-havre-3316860.html" class="spip_out" rel="external">un candidat du parti d’extrême droite</a> Les Patriotes (la formation de l’ex-RN/FN Florian Philippot) ravit la mairie communiste avec 10 voix d’avance.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/A-Frejus-ville-RN-une-betonisation-frenetique-peu-soucieuse-des-risques-lies-au-changement-climatique">À Fréjus, ville RN, une bétonisation frénétique peu soucieuse des risques climatiques</a></aside><h2 class="spip" id="Environ-70-villes-risquent-d-etre-ravies-par-le-RN">Environ 70 villes risquent d’être ravies par le RN</h2><p>Une dizaine de communes ont une très forte probabilité d’être remportées par l’extrême droite, là encore en Provence et en Occitanie principalement, dont deux villes de plus de 100 000 habitant·es, Nice et Toulon. Dans la première, le maire sortant de droite Christian Estrosi ne devra sa survie face à Éric Ciotti (UDR, allié au RN) que si le front républicain fonctionne et qu’une bonne partie de l’électorat de gauche se reporte sur sa liste au second tour. Orange (Vaucluse) restera d’extrême droite : la ville voit s’affronter Jacques Bompard, du mouvement local d’extrême droite Ligue du Sud, au candidat RN. Agde (30 000 habitant·es), dans l’Hérault, dirigée par un centriste, devrait également basculer aux mains du RN.</p><p>Dans une soixantaine d’autres villes, l’extrême droite est en mesure de l’emporter, si une partie de l’électorat de droite se reporte sur elle. 23 bascules possibles se situent sur le pourtour méditerranéen, dont Nîmes ou Carcassonne (Aude), 11 dans les Hauts-de-France, dont Douai (Nord).</p><p>Le « lepénisme municipal » reste ainsi principalement cantonné dans le sud-est et le nord de la France. Il commence cependant à essaimer ailleurs, en particulier dans le Grand Est, avec une dizaine de communes à risque.</p><h2 class="spip" id="Succes-insoumis-et-de-la-gauche-urbaine">Succès insoumis et de la gauche urbaine</h2><p>Face à ce péril, où en est la gauche ? Elle demeure, toutes tendances confondues, très forte dans les grandes villes. Le backlash écologiste, prédit par plusieurs sondages, n’a pas vraiment eu lieu. Les écologistes, qui avaient profité de la faiblesse du PS pour conquérir plusieurs grandes villes en 2020, résistent à Lyon, Bordeaux, Tours, Poitiers ou Besançon, même si leur réélection se jouera, parfois de manière serrée, au second tour. La victoire y dépendra du report des autres électorats de gauche, en particulier de celui de La France insoumise.</p><p>C’est l’autre enseignement de ce scrutin : les insoumis, qui avaient délaissé l’enjeu municipal en 2020, ont, globalement, réussi leur pari de se présenter de manière autonome face au reste de la gauche, même quand celle-ci se présentait de manière unie. Et ce, malgré la campagne politicomédiatique de diabolisation dont le mouvement fait l’objet, en particulier depuis la <a href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">mort du militant néofasciste Quentin Deranque</a> et les controverses provoquées par le chef du parti, Jean-Luc Mélenchon, accusé de jouer avec des références antisémites.</p><p>Parmi les réussites, la prise de Saint-Denis, la plus grande ville d’Île-de-France (150 000 habitant·es) après Paris, ravie au PS dès le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> tour ; la très probable conquête de Roubaix ainsi que de Toulouse, où une alliance avec la liste rassemblant les autres forces de gauche est en passe d’être nouée ; à Limoges, où LFI emmène une liste d’union en mesure de l’emporter face à la droite ; ou encore à Lille, où LFI fait jeu égal avec l’héritier de Martine Aubry (PS).</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Forces-vives-le-mouvement-citoyen-qui-relance-la-participation-politique-des-quartiers-populaires-de-Marseille">Les quartiers populaires de Marseille veulent « sortir de la relation clientéliste avec les partis »</a></aside><h2 class="spip" id="A-Lyon-Toulouse-ou-Limoges-les-gauches-parviennent-a-s-allier">A Lyon, Toulouse ou Limoges, les gauches parviennent à s’allier</h2><p>Parmi les échecs relatifs : à Evry-Courcouronnes (Essonne), la députée insoumise locale n’a pas réussi à empêcher la réélection du maire sortant centriste. Et, au vu des autres scores réalisés dans les grandes villes, où LFI est forte électoralement, ceux des député·es Sophia Chikirou, à Paris, et Sébastien Delogu, à Marseille, apparaissent décevants. Ils y sont arrivé·es respectivement en 3<sup class="typo_exposants">e</sup> et 4<sup class="typo_exposants">e</sup> position. C’est peut-être ce qui distingue les différents types de campagnes menées par LFI : une campagne de terrain et plutôt respectueuse de ses adversaires de gauche à Toulouse, par exemple ; agressive et parfois mensongère à leur encontre à Paris ou Marseille. L’électorat de gauche les a ainsi possiblement sanctionnées différemment.</p><p>Dans nombre de ces grandes villes le second tour sera tendu. La réussite de la gauche au second tour dépendra de sa capacité à s’allier, à rassembler, et à faire preuve de responsabilités en cas de désaccord, quelles que soient leurs étiquettes. À Grenoble, par exemple, <a href="https://basta.media/Grenoble-Laurence-Ruffin-lance-sa-candidature-pour-les-prochaines-municipales">Laurence Ruffin</a> devra compter sur le report de l’électorat des autres candidats de gauche (dont LFI) pour empêcher le retour d’Alain Carignon (LR). A Lyon, Toulouse ou Limoges, des accords ont été conclus entre LFI et les autres forces de gauche.</p><p>Mais à Marseille, malgré la menace de l’extrême droite, le socialiste Benoît Payan a refusé la main tendu par son adversaire insoumis, et donc tout accord, au risque que ce dernier maintienne sa liste. Reste à voir si les Marseillais et Marseillaises qui refusent de voire leur ville dirigée par l’extrême droite montreront, eux, un sens des responsabilités plus grand face à ces inconséquences.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Lumir-Lapray-face-a-l-essor-du-vote-RN-il-faut-a-tout-prix-resyndicaliser-les-campagnes">Lumir Lapray : face à l’essor du vote RN, « il faut à tout prix resyndicaliser les campagnes »</a></aside><p>Les résultats du second tour diront si c’est le cas ou non. En attendant, deux France semblent se regarder en chien de faïence : celle qui bascule de plus en plus à l’extrême droite, dans le sud-est, le nord et l’est de la France ; et celle de la majorité des grandes agglomérations qui s’y refuse. Entre les deux, près d’un·e électeur·ice sur deux se contente d’observer. Qu’en sera-t-il en 2027 ?</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/70-villes-pourraient-basculer-a-l-extreme-droite-le-22-mars</link>
      <guid>https://basta.media/70-villes-pourraient-basculer-a-l-extreme-droite-le-22-mars</guid>
      <pubDate>Mon, 16 Mar 2026 17:14:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[La Provence, « laboratoire de l'alliance entre la droite et l'extrême droite »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Située au nord-ouest de Marseille, Rognac fait office de véritable figure de proue du grand rassemblement voulu par l’extrême droite. En remportant les municipales partielles anticipées dans cette commune de 12 500 habitants en 2024, Christophe Gonzalez est devenu le premier maire Rassemblement national (RN) des Bouches-du-Rhône depuis 30 ans. Tandis que le RN présente dans toute la France <a href="https://basta.media/municipales-face-au-risque-RN-Rassemblement-national-les-mobilisations-se-multiplient?fbclid=IwY2xjawQgmsVleHRuA2FlbQIxMABicmlkETFTenFTc210SjRoQ1o1c21Kc3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHguX07otRG7Fu-HUgfz6s5-tvGX2Ko0N_lri2BJSRigSiA67gH4RQKr7cqCp_aem_BalLjzKOMZcmvw5w_DY7oA">plus de 600 listes cette année</a>, le maire sortant de Rognac est en passe d’être rejoint par de nombreux autres prétendants. Sauf que cette fois-ci, ces derniers avancent en partie masqués.</p><p>Sous les applaudissements de Franck Allisio, ex-Les Républicains désormais député et délégué départemental du RN, et actuel candidat à la mairie de Marseille, <a href="https://www.laprovence.com/article/region/2137531187066715/a-rognac-christophe-gonzalez-devient-le-premier-maire-rn-des-bouches-du-rhone-depuis-30-ans" class="spip_out" rel="external">Christophe Gonzalez assurait, le jour de son élection</a>, vouloir <em>« rassembler quelles que soient les convictions politiques »</em>. Il n’a jamais été si près du but, à la faveur d’un grand brouillage des étiquettes politiques, dont Franck Allisio est le principal chef d’orchestre. L’extrême droite locale multiplie ainsi les faux-nez pour accueillir des transfuges de la droite : à l’Union des droites pour la République (UDR) d’Éric Ciotti, s’ajoutent un label, « La Provence qu’on aime », et la résurrection du RPR (Rassemblement pour la République), l’ancien parti chiraquien, récupéré par le RN/FN local. Objectif : présenter, <em>« dans chaque commune du département des Bouches-du-Rhône, une liste aux municipales »</em> ou soutenir <em>« un maire sortant s’il adhère aux valeurs que nous portons »</em>, <a href="https://le-rpr.fr/la-provence-quon-aime-le-temps-de-la-clarification-est-venu/" class="spip_out" rel="external">explique Christophe Gonzalez</a>.</p><h2 class="spip" id="Label-Provence-et-RPR-la-strategie-lt-lt-tres-offensive-du-RN">Label Provence et RPR : la stratégie « très offensive » du RN</h2><p>Ce 15 mars, le maire sortant de Rognac se présentera donc non seulement sous l’étiquette du RN, mais aussi celle de l’UDR d’Éric Ciotti (lui-même candidat à Nice), du Rassemblement pour la République (RPR), et du label « La Provence qu’on aime » – également initié par Franck Allisio. Le RN espère ainsi s’assurer une présence dans la moitié des 119 communes des Bouches-du-Rhône, dont plusieurs sont situées aux alentours de Rognac, sur le pourtour de l’étang de Berre, une des plus grandes réserves d’eau salée d’Europe, <a href="https://basta.media/Municipales-reindustrialiser-sans-polluer-reconquerir-le-vote-ouvrier-la-delicate-equation-pour-la-gauche-Fos-sur-mer">où se concentrent de multiples enjeux industriels et écologiques</a>.</p><p>Après s’être battu autour de l’héritage de l’ancien parti de Jacques Chirac – notamment avec le président ex-LR et aujourd’hui Renaissance de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca), Renaud Muselier –, Franck Allisio annonçait en 2023 <em>« la refondation »</em> du RPR. Il embarquait alors dans l’aventure Éric Le Dissès, le maire divers droite – lui aussi ex-LR – de Marignane. Deux ans plus tard, le décidément très actif patron départemental du RN lançait le label « La Provence qu’on aime », visant à attirer toujours plus à droite. En échange de l’adhésion à ce « label », et sous couvert de respecter un certain nombre d’engagements, des aspirants candidats s’assurent ainsi le soutien – ou plutôt la non-concurrence – du RN.</p><p>Car dans ce département, le parti à la flamme a raflé neuf sièges de députés sur seize en 2024. Marine Le Pen y est arrivée en tête du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> tour de l’élection présidentielle de 2022, avec 26,25 %. <em>« Si j’avais un candidat RN en face de moi, je pouvais rester à la maison »</em>, reconnaît ainsi Philippe Maurizot, prétendant divers droite à Fos-sur-Mer ayant souscrit au fameux label. Dans sa circonscription, le député RN Emmanuel Fouquart, répertorié par <em>StreetPress</em> comme « brebis galeuse » du parti <a href="https://www.streetpress.com/sujet/1772624322-municipales-carte-150-brebis-galeuses-rassemblement-national-extreme-droite-candidats-elections-bardella" class="spip_out" rel="external">pour ses propos sur les personnes migrantes, la justice ou les vaccins contre le Covid</a>, avait obtenu 62 % au second tour des législatives anticipées. Le même, désormais candidat à Martigues, pourrait bien faire basculer un bastion communiste à l’extrême droite. <em>« C’est une stratégie très offensive mais dans un contexte où le RN est en position de force »</em>, analyse Christèle Lagier, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université d’Avignon, spécialisée sur le vote RN dans le Sud-Est. <em>« Le RN joue sur le brouillage des repères. S’agissant de la relance du RPR, on ne pouvait pas faire plus fort »</em>, poursuit-elle.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Peu-de-candidats-officiels-de-lt-lt-La-Provence-qu-on-aime">Peu de candidats officiels de « La Provence qu’on aime »</h2><p>Outre Christophe Gonzalez (par ailleurs déjà RN), il semble que seuls quatre candidats aient adhéré au label « La Provence qu’on aime », selon notre décompte et <a href="https://marsactu.fr/la-provence-quon-aime-comment-loperation-seduction-du-rn-a-manque-sa-cible/" class="spip_out" rel="external">celui de <em>Marsactu</em></a>. Celles et ceux à avoir rendu publique leur adhésion sont ainsi rares : l’ex-LR Philippe Maurizot à Fos-sur-Mer, le candidat à La Ciotat Daniel Salenc, Jean-Christophe Trapy à Carry-le-Rouet et la candidate à La Destrousse Christine Ponnavoy (elle aussi déjà encartée au RN). Sans pour autant mentionner ce fameux label, Jean-Christophe Trapy affirme ainsi à <em>Basta!</em> être soutenu par l’UDR, le RPR et le RN, et avoir aussi signé – <a href="https://www.frequencenautique.com/article/2028-municipales-a-la-ciotat-daniel-salenc-s-affiche-sous-un-nouveau-label-ecologiste-pour-2026.html" class="spip_out" rel="external">comme Daniel Salenc</a> – la charte « Écologie &amp; Modernisme » de Pierre-Gilles Tronconi, président du mouvement UMP-Écologie bleue, qui promeut <em>« une écologie de droite »</em>. <em>« Avec les candidats “La Provence qu’on aime”, les électeurs savent où ils vont ! »</em> vantait en 2025 Christophe Gonzalez, qui promettait davantage de <em>« clarté »</em>. À l’approche du premier tour des municipales, rien n’est moins sûr…</p><p>D’autres candidats, comme Pascal Spanu à Port-de-Bouc, entretiennent ainsi le flou : <em>« Notre liste n’est pas étiquetée, mais je serai soutenu par le RPR, qui est un allié du RN, donc je pense avoir aussi le soutien de Franck Allisio et du RN »</em>, décrit cet ancien membre de l’UMP. <em>« Je ne rentrais dans la bataille qu’à une condition, c’était celle de ne pas avoir à me battre avec des amis à moi. Tout le monde a compris la vision et la stratégie et on s’est mis d’accord »</em>, explique-t-il.</p><p>La stratégie en question, c’est la fameuse union des droites autour de l’extrême droite. Selon <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/03/11/le-ps-denonce-un-pacte-du-deshonneur-de-lr-avec-l-extreme-droite-pour-les-elections-municipales_6670551_823448.html" class="spip_out" rel="external">un décompte du Parti socialiste</a>, 575 candidats et candidates qui figuraient sur des listes de droite lors des municipales de 2020 se présentent désormais sur une liste d’extrême droite en 2026, parmi lesquels 45 têtes de liste. La région Paca arrive, de très loin, en première position, avec 138 candidats et candidates ayant basculé à l’extrême droite <a href="https://assets.nationbuilder.com/laruchesocialiste/pages/43520/attachments/original/1773249386/DP_MUNICIPALES26.pdf?1773249386" class="spip_out" rel="external">selon le PS</a>. Et gare à celles et ceux qui ne se prêtent pas au jeu.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Une-droite-qui-ne-tient-pas-sa-droite">« Une droite qui ne tient pas sa droite »</h2><p>À Istres, le candidat LR Robin Prétot <em>« refuse de rejoindre le RN »</em>, explique-t-il à <em>Basta!</em>, et a décliné le label. La réaction du parti à la flamme a été immédiate, avec un candidat maison <em>« parachuté »</em> depuis Orange. <em>« Je suis très ami avec Robin Prétot et je lui souhaite de gagner, mais à mon avis c’est mort pour lui »</em>, commente Philippe Maurizot, qui <em>« assume à 200 % »</em> d’avoir pris le label pour sa liste à Fos.</p><div class="spip_document_22614 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="139" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc0935.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4030653606 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp?1773409323 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg@.webp?1773411707 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg?1773399641" width="960" height="640" alt="Philippe Maurizot, candidat divers droite &quot;La Provence qu'on aime&quot; à Fos-sur-Mer, dans son local de campagne. Un monsieur au crâne dégarni au regard dur, veste marron, avec derrière son affiche de campagne et le logo de La Provence qu'on aime." aria-describedby="by22614-63f752d09f19f6760b2c0afa6dc7e20a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0935.jpg?1773399641 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22614-63f752d09f19f6760b2c0afa6dc7e20a">Philippe Maurizot, candidat divers droite « La Provence qu’on aime », à Fos-sur-Mer, dans son local de campagne.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Dans les Bouches-du-Rhône, plus personne n’hésite à s’approprier les thèmes de prédilection de l’extrême droite. <em>« Non mais vous avez vu le débat à Marseille ? Martine Vassal nous sort maintenant une devise pétainiste, c’est pathétique ! »</em> fustige Jean-Philippe Garcia, ex-candidat de gauche à Port-de-Bouc, à propos de la présidente de la métropole Aix-Marseille-Provence, candidate divers droite à la mairie de Marseille, qui <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/20/municipales-a-marseille-martine-vassal-reprend-et-assume-la-devise-petainiste-travail-famille-patrie-en-plein-debat-televise_6667517_823448.html" class="spip_out" rel="external">a récemment repris à son compte la devise « Travail, famille, patrie »</a>. Face à <em>« une droite qui ne tient pas sa droite »</em>, selon la sociologue Christèle Lagier, Jean-Philippe Garcia pointe également le rôle de la gauche dans l’ascension locale du RN : <em>« J’ai annoncé le retrait de ma candidature parce que j’ai toujours combattu l’extrême droite et je considère qu’il y a là un vrai danger. Le RN peut mettre n’importe quel guignol en tête de liste, il fera minimum 25 % parce que, pendant des années, on a nourri ça »</em>, met en garde cet ancien directeur de cabinet à Rognac.</p><p><a href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">L’inversion des valeurs</a> actuellement à l’œuvre dans les champs médiatiques et politiques prend aussi racine en Provence. À Fos, Philippe Maurizot estime que <em>« LFI est bien plus dangereux que le RN »</em>. Même le candidat PS Jean-Michel Leroy assure que son <em>« principal adversaire n’est pas Philippe Maurizot »</em>, pourtant soutenu par l’extrême droite. <em>« Il faut arrêter de parler de l’extrême droite et aller sur le fond. C’est pour ça qu’on n’a pas de tabou, qu’on parle sécurité et immigration »</em>, ajoute le socialiste.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Municipales-reindustrialiser-sans-polluer-reconquerir-le-vote-ouvrier-la-delicate-equation-pour-la-gauche-Fos-sur-mer">Réindustrialiser sans polluer, reconquérir le vote ouvrier : la délicate équation de la gauche à Fos-sur-Mer</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/b96b105c83846817eff7de37fed2da-4a3fe.jpg?1773399637" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Vue sur la ZIP (zone industrialo-portuaire) de Fos-sur-mer depuis la plage jouxtant le port de plaisance. A droite des habitations, à gauche la mer, et sur la côte au fond, plusieurs usines fumantes et des lignes à haute tension." /></aside><p>Dans ce département où, décidément, toutes les cartes se brouillent, Il n’est pas rare que des candidats estampillés de gauche misent à fond sur la sécurité, tandis que d’autres plutôt très à droite défendent l’immigration. Passé du PS à l’Union du centre et des écologistes (UCE), Christian Amiraty, qui se présente à Marignane contre Éric Le Dissès, soutenu par le RN, présente ainsi son programme : <em>« En matière de sécurité je suis enclin à porter la parole de Robert Ménard</em> [maire d’extrême droite à Béziers, ndlr]<em>, et en matière d’éducation je suis admirateur des principes de Jules Ferry. »</em> Le candidat « La Provence qu’on aime » Jean-Christophe Trapy affirme quant à lui : <em>« Pour moi l’immigration est un sujet démagogique, parce que 90 % des immigrés sont nés sur le sol français et sont français »</em>. À Port-de-Bouc, Pascal Spanu assure enfin à <em>Basta!</em> : <em>« Je ne me sens pas réactionnaire. La grande cause de mon mandat c’est le logement. Donc, ce n’est pas vraiment un programme d’hyper droite. »</em></p><h2 class="spip" id="Portes-tournantes-entre-droite-et-extreme-droite">Portes tournantes entre droite et extrême droite</h2><p>Autre spécificité de la région Paca : c’est aussi là où le plus grand nombre de « transfuges » viennent de l’extrême droite pour se présenter sur des listes de droite « classique », d’après le décompte du PS. <em>« Il apparaît donc que, lorsqu’un député RN s’implante dans une circonscription, les listes RN ou [divers droite]/LR/UDI évoluent au profit de l’étiquette la plus pertinente pour l’emporter en fonction de l’opportunité et de la réalité territoriale »</em>, et ce <em>« afin de maximiser le nombre d’élus »</em>, note le PS. La maîtresse de conférences en sciences politiques Christèle Lagier connaît bien le sujet : <em>« Dans le Sud-Est, on voit très bien, par le biais d’enquêtes qualitatives, qu’il y a des allers-retours assez fréquents entre la droite et l’extrême droite. »</em></p><p>Pour certains, ces alliances semblent toutefois avoir leurs limites. Ex-conseiller municipal RN à Vitrolles, Philippe Sanchez n’a pas été investi par son parti, au profit d’un « techno » venu de la droite : Fabien Bravi, qui travaillait auparavant pour Renaud Muselier (Renaissance) et Martine Vassal (LR) à la métropole, et désormais délégué général de « La Provence qu’on aime ». <em>« Je n’ai pas été reconduit pour la simple et bonne raison que Franck Allisio a voulu mettre un parachuté, un ami à lui de LR »</em>, fulmine Philippe Sanchez, qui dit ne pas avoir renouvelé son adhésion au RN. <em>« C’est une baronnie qui se met en place et personne ne s’en rend compte. Il place tous ses amis »,</em> lâche-t-il à propos de Franck Allisio. Quant au RPR et à « la Provence qu’on aime », ils en prennent aussi pour leur grade : <em>« Ça ne vaut rien, c’est que de la com’, de l’électoralisme pour récupérer un maximum de voix et être élu »</em>, accuse-t-il.</p><h2 class="spip" id="Poser-lt-lt-les-bases-des-echeances-a-venir">Poser « les bases des échéances à venir »</h2><p>Le soutien du RN ne se fait bien sûr pas sans contrepartie. <em>« Le label “La Provence qu’on aime !”, c’est la garantie pour les électeurs comme pour les colistiers du respect d’un certain nombre d’engagements, qui seront formalisés dans une charte »</em>, <a href="https://le-rpr.fr/la-provence-quon-aime-le-temps-de-la-clarification-est-venu/" class="spip_out" rel="external">écrivait Christophe Gonzalez en janvier 2025</a>. Si aucun n’a confirmé à Basta avoir signé une quelconque charte, plusieurs candidats, parmi lesquels Jean-Christophe Trapy, affirment avoir pris <em>« plusieurs engagements forts »</em>, comme l’embauche de policiers municipaux. Seul Philippe Maurizot assure n’en avoir promis aucun : <em>« Tout ça c’est des non-dits »</em>, défend-il.</p><p>Sur le papier, ces engagements font écho aux <em>« valeurs »</em> <a href="https://le-rpr.fr/" class="spip_out" rel="external">décrites sur le site du RPR</a>. Mais également à une <a href="https://rassemblementnational.fr/communiques/municipales-2026-le-rn-lance-une-charte-de-soutien" class="spip_out" rel="external"><em>« charte d’engagement politique »</em></a> publiée par le RN en décembre dernier, et inspirée du label de Franck Allisio, selon Philippe Maurizot. Le RN n’a répondu à aucune de nos questions à ce propos. Proposée aux candidats qui, sans être investis par le RN, sollicitent son soutien, la charte prévoit le respect de treize engagements. En position numéro sept : <em>« Adopter une gestion en bon père de famille »</em> – expression supprimée du Code civil en 2014 en raison de son caractère patriarcal et anachronique, et qui figure aussi dans les engagements du « label ».</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Lumir-Lapray-face-a-l-essor-du-vote-RN-il-faut-a-tout-prix-resyndicaliser-les-campagnes">Lumir Lapray : face à l’essor du vote RN, « il faut à tout prix resyndicaliser les campagnes »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/17dcf9d6859ffe5d7c83d60bf56140-56aec.jpg?1773417617" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Si le RN mise autant sur les municipales, c’est que, dans ces élections, se joue déjà un enjeu national. <em>« L’alliance Allisio-Le Dissès, ce n’est pas autre chose que : “Franck, je t’aide à être député et toi tu m’aides à être nouveau maire de Marignane, et en septembre 2026 tu fais de moi un sénateur” »</em>, met en avant Christian Amiraty, opposant de Le Dissès à Marignane. En tant que grands électeurs, les candidats soutenus par le RN doivent aussi <em>« s’engager à soutenir et appeler à voter pour la liste soutenue par le Rassemblement national »</em> aux élections sénatoriales, mais aussi à <em>« parrainer le candidat soutenu par le Rassemblement national »</em> pour l’élection présidentielle. Le label comme la relance du RPR sont finalement <em>« de vrais coups politiques »</em>, estime Christèle Lagier : <em>« Le Sud-Est est un laboratoire pour l’alliance entre la droite et l’extrême droite. Il s’est opéré sur ce territoire une expérimentation qu’on observe aujourd’hui au plan national »</em>, analyse la spécialiste. Ainsi, <em>« même si les gens n’adhèrent pas au label, cela pose les bases des échéances à venir »</em>, prévient-elle.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 17:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[La maison mère d'Yves Rocher doit indemniser six ex-salariés licenciés pour avoir créé un syndicat en Turquie]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une année de lutte en Turquie, quatre années de procédure en France et <em>« une victoire en demi-teinte »</em>. C’est ainsi que les associations Sherpa, ActionAid et le syndicat turc Petrol-İş qualifient, dans un communiqué commun publié jeudi 12 mars, la décision rendue le jour même par le tribunal judiciaire de Paris. La juridiction a condamné les Laboratoires de biologie végétale Yves Rocher, maison mère du groupe, pour manquement à son devoir de vigilance à la suite de licenciements massifs dans une filiale turque.</p><p>Les deux associations françaises et le syndicat accompagnaient en justice 81 anciens salariés licenciés il y a huit ans par Kozan Kozmétik, une filiale du groupe dont l’usine était située à une trentaine de kilomètres d’Istanbul.</p><h2 class="spip" id="Repression-antisyndicale-massive">Répression antisyndicale massive</h2><p>Au printemps 2018, la tentative du syndicat de la chimie Petrol-İş, nouvellement implanté dans l’usine, d’ouvrir des négociations sur des conditions de travail jugées indignes se solde par <a href="https://rapportsdeforce.fr/linternationale/yves-rocher-licenciement-de-120-salaries-de-sa-filiale-turque-pour-affiliation-a-un-syndicat-06051941" class="spip_out" rel="external">une vague de licenciements</a>.</p><p>Quatorze salariés syndiqués sont d’abord congédiés. Le 11 mai, six autres sont licenciés à leur tour. Puis, le 15 mai, 65 travailleuses et travailleurs supplémentaires sont débarqués pour avoir manifesté leur désaccord. Au total, 130 des 400 salariés du site – principalement des femmes – sont mis à la porte de l’usine en quelques mois.</p><p>La lutte pour leur réintégration durera plus d’un an. Pendant plus de 300 jours, les ouvrières et ouvriers licenciés tiennent un piquet de grève devant l’usine. La mobilisation bénéficie d’un large mouvement de soutien dans le pays. Son slogan fait mouche, bien au-delà de la Turquie : « Ce n’est pas le maquillage, mais la résistance qui embellit. »</p><h2 class="spip" id="Condamnation-inedite-en-vertu-du-devoir-de-vigilance">Condamnation inédite en vertu du devoir de vigilance</h2><p>Huit ans plus tard, leur résistance et leur endurance auront en partie porté leurs fruits. La 34ᵉ chambre du tribunal judiciaire de Paris a condamné le groupe de cosmétiques à verser à six plaignants 8 000 euros de dommages et intérêts en réparation du préjudice moral et économique, ainsi que 40 000 euros au syndicat Petrol-İş. Les associations obtiennent, elles, un euro symbolique.</p><p><a href="https://www.tribunal-de-paris.justice.fr/sites/default/files/2026-03/CP%202026.03.12%20-%2034%C3%A8me%20chambre.pdf" class="spip_out" rel="external">Dans son jugement</a>, le tribunal estime que la société mère du groupe n’a pas respecté ses obligations prévues par la loi sur le devoir de vigilance, adoptée en 2017. Les juges considèrent que les plans de vigilance 2017 et 2018 étaient défaillants, notamment parce qu’ils ne comportaient aucune analyse des risques concernant les filiales du groupe.</p><p>Selon la décision, l’entreprise disposait pourtant d’informations suffisantes pour identifier le risque d’une atteinte grave à la liberté syndicale dans son usine turque. Les magistrats estiment qu’un plan de vigilance correctement élaboré aurait pu permettre d’éviter les licenciements antisyndicaux subis par les salariés.</p><p><em>« Ce sont des personnes qui ont eu énormément de courage, qui se sont battues en manifestant devant l’usine pendant plus d’un an, puis en engageant cette procédure qui a durée plusieurs années »</em>, souligne Lucie Chatelain, responsable contentieux et plaidoyer de l’association Sherpa.</p><p>Pour elle, la décision démontre l’utilité du dispositif juridique adopté en France : <em>« cela a été permis par la loi sur le devoir de vigilance, preuve que ça peut permettre de responsabiliser les entreprises »</em>. Mais la satisfaction reste relative. <em>« La réparation n’est pas prononcée pour la majorité des salariés qui étaient à nos côtés »</em>, ajoute-t-elle.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Une-victoire-partielle">Une victoire partielle</h2><p>Le tribunal a en effet écarté de la procédure 72 autres anciens salariés, qui avaient accepté un protocole d’indemnisation avec la filiale turque en mars 2019, puis trois supplémentaires pour manque d’éléments caractérisant leur préjudice. Après plus d’un an de mobilisation devant l’usine, certains d’entre eux avaient fini par accepter un accord transactionnel.</p><p>Dans leur communiqué, les organisations rappellent les conditions dans lesquelles cet accord avait été conclu. <em>« Ce n’est qu’après plus de 300 jours de manifestation épuisante devant l’usine, et au prix d’une renonciation à leur demande de réintégration, que certain·es salarié·es ont reçu une indemnité »</em>, soulignent-elles.</p><p>Pour autant, <em>« c’est la première fois qu’une entreprise multinationale est condamnée à réparer les dommages causés par ses activités à l’étranger »</em>, se satisfait Lucie Chatelain. Pour Rıza Köse, responsable des relations internationales de Petrol-İş, ce jugement constitue néanmoins un précédent important : <em>« Il s’agit d’une première mondiale dans ce domaine, qui crée un précédent majeur. Yves Rocher a été condamné par un tribunal français pour avoir violé les droits des travailleurs à s’organiser et à mener des négociations collectives en Turquie. »</em></p><p>Mais le responsable syndical regrette lui aussi que la sanction reste limitée. <em>« Nous estimons que les droits des 72 travailleurs qui se sont battus pour la liberté d’association et le droit à la négociation collective dans cette affaire n’ont pas été pleinement respectés. À cet égard, cette décision constitue une victoire partielle. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/garde-a-vue-proces-et-100-000-euros-demandes-pour-un-mail-syndical-Solutec-informatique">Garde à vue, procès, et 100 000 euros demandés pour un mail syndical : le calvaire d’un ingénieur informatique</a></aside><h2 class="spip" id="Outil-juridique-encore-en-construction">Outil juridique encore en construction</h2><p>Adoptée en 2017, la loi relative au devoir de vigilance des sociétés mères et entreprises donneuses d’ordre concerne les entreprises françaises d’au moins 5 000 salariés sur le territoire national, filiales incluses, ou d’au moins 10 000 salariés dans le monde.</p><p>Elle impose à ces groupes d’élaborer, publier et mettre en œuvre des mesures d’identification et de prévention des risques d’atteintes aux droits humains et aux libertés fondamentales, à la santé et à la sécurité des personnes, ainsi qu’à l’environnement.</p><p>Avant cette décision visant le groupe Rocher, La Poste avait été la première entreprise sanctionnée, fin 2023, sur le fondement de cette loi. Mais l’opérateur postal, dont la condamnation a été confirmée en appel en juin 2025, n’avait pas eu de dommages et intérêts à verser et les manquements qui lui étaient reprochés concernaient ses filiales sur le territoire national.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/le-long-combat-de-sophie-lanceuse-d-alerte-des-creches-privees-people-baby">Le long combat de Sophie, lanceuse d’alerte des crèches privées People &amp; Baby</a></aside><h2 class="spip" id="Plus-de-contentieux-attendus">Plus de contentieux attendus</h2><p>La décision contraignante pour le groupe Rocher rendue ce jeudi pourrait ouvrir la voie à d’autres condamnations sur le devoir de vigilance. Une dizaine de dossiers concernant de grands groupes français doivent encore être examinés par les tribunaux, dont plusieurs d’ici la fin de l’année.</p><p>Le 25 juin prochain, la justice rendra notamment sa décision dans l’affaire visant TotalEnergies, dont l’audience s’est tenue les 19 et 20 février devant le tribunal judiciaire de Paris. Il s’agit du premier contentieux climatique en France visant à contraindre une multinationale pétrolière à cesser sa contribution à l’aggravation du changement climatique.</p><p>Autre dossier lié aux enjeux climatiques pour lequel une décision est attendue d’ici la fin de l’année 2026 : celui visant BNP Paribas. Le groupe bancaire est mis en cause pour son soutien financier à de nouveaux projets pétroliers, que les associations requérantes jugent incompatible avec les objectifs de lutte contre le réchauffement climatique.</p><p>Un autre contentieux majeur concerne Casino, poursuivi pour sa chaîne d’approvisionnement en bœuf au Brésil. Les organisations à l’origine de la procédure accusent l’enseigne de contribuer, via ses fournisseurs, à la déforestation de l’Amazonie et à l’accaparement de territoires autochtones. L’audience sur le fond de cette affaire devrait se tenir avant la fin de l’année.</p><p>Alors que les procédures se multiplient, l’avenir du devoir de vigilance se joue aussi à l’échelle européenne où la droite et l’extrême droite ont œuvré pour en réduire la portée. La directive européenne adoptée en 2024 a ainsi été largement détricotée en fin d’année dernière avec l’adoption, par les eurodéputés, du <a href="https://rapportsdeforce.fr/pas-de-cote/les-multinationales-realisent-lunion-des-droites-europeennes-pour-detricoter-le-devoir-de-vigilance-111425979" class="spip_out" rel="external">paquet législatif dit omnibus</a>.</p><p>Un signal inquiétant, au moment où les premières décisions de justice commencent à tester la capacité réelle de ce nouvel outil juridique à contraindre les multinationales à répondre des atteintes aux droits humains commises dans leurs chaînes de production mondialisées.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/yves-rocher-devra-indemniser-six-de-ses-ex-salaries-licencies-pour-avoir-creer-un-syndicat-en-Turquie-devoir-de-vigilance</link>
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      <pubDate>Fri, 13 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[À Lyon, une grande marche contre le racisme en réponse à la manifestation néofasciste pour Quentin Deranque]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« La manifestation va rappeler que Lyon n’est pas la ville des nazillons mais celle de la Résistance et de la Marche [pour l’égalité et contre le racisme] de 1983 »</em>, soutient Khadidja Lahlali, militante antiraciste au sein du collectif <a href="https://pactelyonrespirable.fr/" class="spip_out" rel="external">Pacte Lyon respirable</a>.</p><p>Avec plus de cinquante organisations antiracistes, syndicales, écologistes ou encore des partis politiques, elle appelle à une « grande marche citoyenne antiraciste et antifasciste » dans les rues de Lyon ce samedi 14 mars. Ce jour-là, des manifestations contre le racisme et en faveur du droit des étrangers auront lieu <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil" class="spip_out" rel="external">dans plus de 100 communes</a>. Dans la capitale des Gaules, <a href="https://www.actionjusticeclimatlyon.fr/14mars" class="spip_out" rel="external">la marche</a> prend une tonalité bien particulière.</p><p>Locaux dégradés, mosquée taguée, <a href="https://www.rue89lyon.fr/2026/03/03/notre-benevole-peur-centre-lgbti-lyon-cible-extreme-droite/" class="spip_out" rel="external">centre LGBTI+ victime d’une caméra cachée de l’extrême droite</a>… Depuis le 14 février et <a href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">la mort de Quentin Deranque</a>, militant d’extrême droite radicale mortellement blessé à la suite d’une confrontation avec des militants antifascistes, à Lyon, celles et ceux qui s’opposent à l’extrême droite sont <a href="https://basta.media/Agression-menaces-et-calomnies-les-represailles-de-l-extreme-droite-apres-la-mort-de-Quentin-D">mis sous pression dans la ville</a>.</p><p>Apogée de cette séquence de tensions : la manifestation néofasciste du 21 février, qui a réuni 3000 personnes, dont <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/dans-la-marche-pour-quentin-deranque-a-lyon-des-figures-majeures-de-l-ultradroite-francaise-3303462.html" class="spip_out" rel="external">les principaux chefs des groupuscules les plus racistes</a>, antisémites et réactionnaires de France. <a href="https://www.bfmtv.com/police-justice/info-bfmtv-marche-pour-quentin-deranque-a-lyon-deux-enquetes-ouvertes-apres-des-saluts-nazis-et-des-injures-racistes_AN-202602230568.html" class="spip_out" rel="external">Deux enquêtes</a> ont été ouvertes par le parquet de Lyon après des injures racistes et des saluts nazis observés durant la manifestation.</p><p><em>« Voir ces militants racistes déverser leur haine dans les rues de Lyon sous les yeux de la préfète et du ministère de l’Intérieur a été un tournant. C’est cette prise de conscience qui fait qu’il y a autant d’organisations qui s’impliquent dans la marche »</em>, explique Khadidja Lahlali. La militante rappelle <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4197017-20260121-pourquoi-famille-ismael-retrouve-etang-tenue-ecart-enquete-ouverte-meurtre-raciste" class="spip_out" rel="external">la mort d’Ismaël Aali</a>, 20 ans, retrouvé mort le 6 janvier 2026 dans un étang à Loire-sur-Rhône, à une trentaine de kilomètres de Lyon. Un homme est mis en examen pour meurtre à caractère raciste. <em>« Cela saute aux yeux qu’il y a un deux poids deux mesures face à la mort. Pour lui, il n’y a pas eu de minute de silence à l’Assemblée nationale »</em>, conclut la militante.</p><p>Pour marquer le coup, les organisateurs et organisatrices souhaitent une journée massive et <em>« familiale »</em>. Ils ont ainsi récolté le soutien d’artistes ou de militants, tels que le rappeur Médine, la prix Nobel de littérature Annie Ernaux, ou encore les militants Youcef Sekimi et Malika Boumediene, impliqués dans la grande Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La Journée internationale de lutte pour l’élimination de la haine raciale, autour de laquelle se déroulent habituellement les marches contre le racisme, <a href="https://www.un.org/fr/observances/end-racism-day" class="spip_out" rel="external">aura lieu le 21 mars</a>. <em>« Mais on a voulu organiser nos manifestations dès le 14 mars pour intervenir dans la lutte contre l’extrême droite pendant les municipales »</em>, explique Mathieu Pastor. Pour ce militant de la Marche des solidarités, en charge de l’organisation de la manifestation parisienne, la menace est réelle : <em>« On n’a jamais vu autant de militants du Rassemblement national et de Reconquête sur les marchés à Paris et on sait que de grandes villes, comme Marseille ou Nice, pourraient tomber dans les mains de l’extrême droite »</em>, poursuit-il. De fait, selon la <a href="https://basta.media/La-carte-des-cinquante-villes-qui-pourraient-basculer-extreme-droite-elections-municipales">carte interactive réalisée par <em>StreetPress</em></a>, une cinquantaine de villes pourraient basculer à l’extrême droite lors des élections municipales 2026.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Agression-menaces-et-calomnies-les-represailles-de-l-extreme-droite-apres-la-mort-de-Quentin-D">Agression, menaces et calomnies : les représailles de l’extrême droite après la mort de Quentin D.</a></aside><p>Le second tour de ces élections devrait aussi être marqué par la lutte contre le racisme, puisque d’autres manifestations sont en préparation en vue du 21 mars. La CGT appelle déjà à <a href="https://www.cgt.fr/comm-de-presse/contre-le-racisme-et-la-xenophobie-mobilisons-nous" class="spip_out" rel="external">se mobiliser entre le 14 et le 21 mars</a> partout en France.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">Mort de Quentin D. à Lyon : « L’antifascisme est aujourd’hui instrumentalisé »</a></aside><p>Outre la lutte électorale contre l’extrême droite, les marches des solidarités mettent au cœur de leur combat la lutte contre le racisme et les violences policières. La manifestation parisienne est d’ailleurs co-organisée par le réseau d’entraide justice et vérité, mené par <a href="https://basta.media/fatou-dieng-face-aux-violences-policieres-ne-rien-faire-etait-impossible">Fatou Dieng, sœur de Lamine Dieng</a>, Franco-Sénégalais de 25 ans mort en 2007 après avoir été maintenu dans un fourgon de police, attaché et asphyxié sous le poids de cinq fonctionnaires agenouillés sur lui pendant plus de vingt minutes. Dix-neuf ans plus tard, le 14 janvier 2026, dans le même quartier, c’est un travailleur mauritanien, El Hacen Diarra, qui est décédé en garde à vue <a href="https://www.index.ngo/enquetes/mort-del-hacen-diarra-un-troisieme-policier-participait-il-au-plaquage-ventral/" class="spip_out" rel="external">à la suite de son interpellation et d’un possible plaquage ventral</a>.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/a-lyon-une-grande-marche-contre-le-racisme-en-reponse-a-la-manifestation</link>
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      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 17:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[À Lyon, une grande marche contre le racisme en réponse à la manifestation néofasciste pour Quentin Deranque]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« La manifestation va rappeler que Lyon n’est pas la ville des nazillons mais celle de la Résistance et de la Marche [pour l’égalité et contre le racisme] de 1983 »</em>, soutient Khadidja Lahlali, militante antiraciste au sein du collectif <a href="https://pactelyonrespirable.fr/" class="spip_out" rel="external">Pacte Lyon respirable</a>.</p><p>Avec plus de cinquante organisations antiracistes, syndicales, écologistes ou encore des partis politiques, elle appelle à une « grande marche citoyenne antiraciste et antifasciste » dans les rues de Lyon ce samedi 14 mars. Ce jour-là, des manifestations contre le racisme et en faveur du droit des étrangers auront lieu <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/accueil" class="spip_out" rel="external">dans plus de 100 communes</a>. Dans la capitale des Gaules, <a href="https://www.actionjusticeclimatlyon.fr/14mars" class="spip_out" rel="external">la marche</a> prend une tonalité bien particulière.</p><p>Locaux dégradés, mosquée taguée, <a href="https://www.rue89lyon.fr/2026/03/03/notre-benevole-peur-centre-lgbti-lyon-cible-extreme-droite/" class="spip_out" rel="external">centre LGBTI+ victime d’une caméra cachée de l’extrême droite</a>… Depuis le 14 février et <a href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">la mort de Quentin Deranque</a>, militant d’extrême droite radicale mortellement blessé à la suite d’une confrontation avec des militants antifascistes, à Lyon, celles et ceux qui s’opposent à l’extrême droite sont <a href="https://basta.media/Agression-menaces-et-calomnies-les-represailles-de-l-extreme-droite-apres-la-mort-de-Quentin-D">mis sous pression dans la ville</a>.</p><p>Apogée de cette séquence de tensions : la manifestation néofasciste du 21 février, qui a réuni 3000 personnes, dont <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/rhone/lyon/dans-la-marche-pour-quentin-deranque-a-lyon-des-figures-majeures-de-l-ultradroite-francaise-3303462.html" class="spip_out" rel="external">les principaux chefs des groupuscules les plus racistes</a>, antisémites et réactionnaires de France. <a href="https://www.bfmtv.com/police-justice/info-bfmtv-marche-pour-quentin-deranque-a-lyon-deux-enquetes-ouvertes-apres-des-saluts-nazis-et-des-injures-racistes_AN-202602230568.html" class="spip_out" rel="external">Deux enquêtes</a> ont été ouvertes par le parquet de Lyon après des injures racistes et des saluts nazis observés durant la manifestation.</p><p><em>« Voir ces militants racistes déverser leur haine dans les rues de Lyon sous les yeux de la préfète et du ministère de l’Intérieur a été un tournant. C’est cette prise de conscience qui fait qu’il y a autant d’organisations qui s’impliquent dans la marche »</em>, explique Khadidja Lahlali. La militante rappelle <a href="https://www.20minutes.fr/societe/4197017-20260121-pourquoi-famille-ismael-retrouve-etang-tenue-ecart-enquete-ouverte-meurtre-raciste" class="spip_out" rel="external">la mort d’Ismaël Aali</a>, 20 ans, retrouvé mort le 6 janvier 2026 dans un étang à Loire-sur-Rhône, à une trentaine de kilomètres de Lyon. Un homme est mis en examen pour meurtre à caractère raciste. <em>« Cela saute aux yeux qu’il y a un deux poids deux mesures face à la mort. Pour lui, il n’y a pas eu de minute de silence à l’Assemblée nationale »</em>, conclut la militante.</p><p>Pour marquer le coup, les organisateurs et organisatrices souhaitent une journée massive et <em>« familiale »</em>. Ils ont ainsi récolté le soutien d’artistes ou de militants, tels que le rappeur Médine, la prix Nobel de littérature Annie Ernaux, ou encore les militants Youcef Sekimi et Malika Boumediene, impliqués dans la grande Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La Journée internationale de lutte pour l’élimination de la haine raciale, autour de laquelle se déroulent habituellement les marches contre le racisme, <a href="https://www.un.org/fr/observances/end-racism-day" class="spip_out" rel="external">aura lieu le 21 mars</a>. <em>« Mais on a voulu organiser nos manifestations dès le 14 mars pour intervenir dans la lutte contre l’extrême droite pendant les municipales »</em>, explique Mathieu Pastor. Pour ce militant de la Marche des solidarités, en charge de l’organisation de la manifestation parisienne, la menace est réelle : <em>« On n’a jamais vu autant de militants du Rassemblement national et de Reconquête sur les marchés à Paris et on sait que de grandes villes, comme Marseille ou Nice, pourraient tomber dans les mains de l’extrême droite »</em>, poursuit-il. De fait, selon la <a href="https://basta.media/La-carte-des-cinquante-villes-qui-pourraient-basculer-extreme-droite-elections-municipales">carte interactive réalisée par <em>StreetPress</em></a>, une cinquantaine de villes pourraient basculer à l’extrême droite lors des élections municipales 2026.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Agression-menaces-et-calomnies-les-represailles-de-l-extreme-droite-apres-la-mort-de-Quentin-D">Agression, menaces et calomnies : les représailles de l’extrême droite après la mort de Quentin D.</a></aside><p>Le second tour de ces élections devrait aussi être marqué par la lutte contre le racisme, puisque d’autres manifestations sont en préparation en vue du 21 mars. La CGT appelle déjà à <a href="https://www.cgt.fr/comm-de-presse/contre-le-racisme-et-la-xenophobie-mobilisons-nous" class="spip_out" rel="external">se mobiliser entre le 14 et le 21 mars</a> partout en France.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">Mort de Quentin D. à Lyon : « L’antifascisme est aujourd’hui instrumentalisé »</a></aside><p>Outre la lutte électorale contre l’extrême droite, les marches des solidarités mettent au cœur de leur combat la lutte contre le racisme et les violences policières. La manifestation parisienne est d’ailleurs co-organisée par le réseau d’entraide justice et vérité, mené par <a href="https://basta.media/fatou-dieng-face-aux-violences-policieres-ne-rien-faire-etait-impossible">Fatou Dieng, sœur de Lamine Dieng</a>, Franco-Sénégalais de 25 ans mort en 2007 après avoir été maintenu dans un fourgon de police, attaché et asphyxié sous le poids de cinq fonctionnaires agenouillés sur lui pendant plus de vingt minutes. Dix-neuf ans plus tard, le 14 janvier 2026, dans le même quartier, c’est un travailleur mauritanien, El Hacen Diarra, qui est décédé en garde à vue <a href="https://www.index.ngo/enquetes/mort-del-hacen-diarra-un-troisieme-policier-participait-il-au-plaquage-ventral/" class="spip_out" rel="external">à la suite de son interpellation et d’un possible plaquage ventral</a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 17:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Lumir Lapray : face à l'essor du vote RN, « il faut à tout prix resyndicaliser les campagnes »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Au début des années 2020, Lumir Lapray fait le choix de revenir vivre pendant quelques années sur les terres de son enfance, dans le hameau de Proulieu, dans la plaine de l’Ain. Là, la militante écologiste découvre le pouvoir d’attraction qu’exerce désormais le Rassemblement national auprès d’une partie de plus en plus importante de ses proches. Loin de tout jugement de valeur, elle raconte cette réalité et tente d’en comprendre les leviers dans un livre publié à l’automne, <em>« Ces gens-là ». Plongée dans cette France qui pourrait tout faire basculer</em> (Payot).</p><p>À l’heure où l’extrême droite entend renforcer son assise locale lors des prochaines élections municipales, rencontre avec une « activiste rurale » bien déterminée à ne pas abandonner le vote populaire des campagnes au Rassemblement national. Lumir Lapray, 33 ans, travaille aujourd’hui <a href="https://www.victoirespopulaires.fr/" class="spip_out" rel="external">pour le mouvement Victoires populaires</a>, où elle coordonne le programme Village Academy, qui vise à aider des listes de gauche à se constituer et à faire campagne dans les petites communes rurales.</p><p><strong><em>Basta! :</em> À travers les différents témoignages que vous partagez dans votre livre, vous montrez que le vote RN en milieu rural n’exprime pas nécessairement une vision du monde fascisante, raciste et radicalisée, appelant à devenir hégémonique. <em>« Les gens ne discutent pas ‘‘grand remplacement’’ au petit déjeuner »</em>, affirmiez-vous même <a href="https://www.youtube.com/watch?v=3yZ0nGm6W58" class="spip_out" rel="external">dans une précédente interview, l’an passé</a>...</strong></p><div class="spip_document_22604 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="356" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026_03_06_lumir_lapray-portrait_romain-guede_0904.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2191635054 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773314361 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773313491 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773238092 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773315112 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773319070 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773317077 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773315203 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773228015 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg?1773313925" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22604-8c99e2340b7b3ca15d348ead73f55e6d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg?1773313893 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg?1773313925 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22604-8c99e2340b7b3ca15d348ead73f55e6d">Lumir Lapray, 33 ans, est militante écologiste, autrice de <em>« Ces gens-là ». Plongée dans cette France qui pourrait tout faire basculer</em> (Payot, septembre 2025) et travaille actuellement <a href="https://www.victoirespopulaires.fr/" class="spip_out" rel="external">pour le mouvement Victoires populaires</a>, qui a pour ambition de <em>« faire gagner la gauche et les écologistes aux municipales »</em>.
© Romain Guédé / Basta!
</figcaption></figure></div><p><strong>Lumir Lapray :</strong> Attention, je ne dis pas pour autant que cette vision n’existe pas ! Je ne nie pas que certains sont radicalisés dans une idéologie d’extrême droite, qui fait du racisme et du masculinisme – parce que ces deux dimensions sont intrinsèquement liées – leur prisme principal de rapport au monde. Par contre, ils ne représentent pas la majorité. Il y a toujours eu des gens qui se socialisaient dans la haine, au sein de groupuscules néonazis ou fascisants. Moi-même j’ai côtoyé plus jeune des personnes qui écoutaient Légion 88 <em>[groupe de rock néonazi, emblématique des mouvements skinheads et dissous dans les années 1990, ndlr]</em>. La différence, c’est que ces gens-là se sentent désormais plus autorisés à s’exprimer.</p><p>Dans mon village de l’Ain, avant, les électeurs de Jean-Marie Le Pen, ils la fermaient. Maintenant, c’est un peu la « fête du slip », on peut dire des trucs qu’on n’aurait jamais osé dire avant. Il y a un relâchement du contrôle social, une sorte d’autorisation globale à balancer des dingueries sans que ça ne gêne plus personne, le racisme n’apparaît plus comme un stigmate collectif. Pour moi, il y a évidemment une grande responsabilité des médias : quand on voit des chaînes de propagande comme CNews, qui parle d’immigration 365 jours sur 365, et quand on voit les énormités qui peuvent y être débitées – en janvier dernier, <a href="https://www.humanite.fr/politique/arno-klarsfeld/sur-cnews-arno-klarsfeld-appelle-a-des-rafles-contre-les-oqtf" class="spip_out" rel="external">un invité a quand même osé y parler de <em>« rafle »</em></a> <em>[appelant à en organiser contre des personnes étrangères en situation irrégulière, ndlr]</em>– forcément ça finit par infuser. Et il n’y a plus de raison de s’embarrasser à mâcher ses mots ensuite, au PMU.</p><p>Sans compter que, dans le même temps, la quasi-totalité de la droite est en train de céder idéologiquement aux mots et à la vision de l’extrême droite. Quand j’écoute Laurent Wauquiez aujourd’hui, il faut m’expliquer en quoi il est différent du RN… Or, chez nous, la majorité des gens votent à droite, donc il ne faut pas s’étonner s’ils finissent par suivre le même glissement. Le poisson pourrit par la tête. Il y a un réseau de propagande politique et médiatique qui est parfaitement organisé, et financé, dont l’unique but est de coloniser les esprits avec tous ces discours. Faites un tour dans un Relay en gare, pour vous en rendre compte : bon courage pour y trouver le début d’une idée de gauche… On est face à une petite minorité radicalisée qui fait campagne et ouvre grand la fenêtre d’Overton <em>[métaphore qui désigne les idées et les pratiques considérées par l’opinion publique comme plus ou moins acceptables, ndlr]</em> pour normaliser les idées d’extrême droite, en disant tout haut ce que certains pensaient tout bas. L’augmentation du vote RN est une résultante de cela.</p><p><strong>Mais quel en est le ressort principal, si ce n’est le racisme ou la xénophobie ?</strong></p><p>Il peut y avoir plein de raisons différentes, mais ce que j’identifie le plus chez moi, c’est la colère, sourde, qui vient de cette impression d’échec au grand jeu du capitalisme. Il y a un vrai sentiment d’injustice, les gens se disent : je suis toutes les règles, sans tricher – c’est-à-dire que je travaille dur, dans des métiers à forte pénibilité et avec de faibles revenus, sans me mettre en arrêt maladie, je paie mes impôts, je m’endette, etc. – mais, à la fin, je me retrouve toujours en difficulté pour payer mes factures ou offrir une semaine de vacances à mes enfants.</p><p>On se rend compte que la promesse de s’en sortir au seul mérite de sa force de travail ne fonctionne pas. Il y a des expressions qui reviennent régulièrement : cette impression d’être « ras-la-gueule » ou « sur le fil », en permanence. Il y a de vraies difficultés matérielles et objectives qui nourrissent ainsi le sentiment d’être un « perdant ». Et le Rassemblement national sait très bien prospérer sur cette forme d’insécurité et de précarité, en jouant sur des catégories un peu fourre-tout qui créent un grand flou artistique.</p><p>Quand le RN dit « on taxe trop les patrons », je vois tous mes potes autoentrepreneurs, qui filent 200 balles par mois à l’Urssaf alors qu’ils en gagnent 800, approuver… sauf qu’en fait, on ne parle pas d’eux, mais de Bernard Arnault ! Tout le monde n’est pas le même patron, de même qu’un céréalier en grandes cultures n’est pas le même agriculteur qu’un éleveur bio sous la menace de devoir <a href="https://basta.media/Dermatose-nodulaire-comprendre-la-crise-agricole-en-dix-points">abattre son troupeau à cause de la DNC</a> <em>[dermatose nodulaire contagieuse, maladie qui touche les bovins, ndlr]</em>. Mais peu importe, tant qu’on parvient à faire croire aux gens au bas de l’échelle qu’on défend leurs intérêts. C’est là où le RN est particulièrement fort : il sait parler aux perdants pour leur dire <em>« avec nous, vous serez des gagnants ! »</em>. Tout de suite, la honte se trouve comme magnifiée, catalysée en une énergie beaucoup plus positive. Et ça, c’est exactement ce qu’on n’arrive pas à faire à gauche.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Diriez-vous, <a href="https://basta.media/interview-nicolas-renahy-Le-premier-parti-de-la-classe-ouvriere-c-est-abstention" class="spip_in">comme le sociologue Nicolas Renahy</a>, que le RN a su, en quelques sortes, réactiver une certaine forme de « conscience de classe » ?</strong></p><p>Oui, et ce, tout en ayant compris qu’il fallait reconstruire ce sentiment d’appartenance autour du refus de faire partie des perdants. Nous, à gauche, on reste bloqué autour du mantra <em>« damnés de la terre, unissez-vous ! »</em> Sauf que personne n’a envie d’être assimilé à un damné de la terre, ça ne vend pas du rêve. Les gens veulent garder la face, c’est une question de dignité et d’estime de soi. Et ça, le RN l’a très bien compris, en détournant la responsabilité vers d’autres boucs émissaires.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/interview-nicolas-renahy-Le-premier-parti-de-la-classe-ouvriere-c-est-abstention">« Le premier parti de la classe ouvrière, aujourd’hui, c’est l’abstention »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/e3e002ffd55cfe00d5ef59232b6d4a-56da4.png?1773228014" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un homme se tient debout en marge d'une manifestation, une cigarette à la bouge, regarder vers sa droite. A côté de lui se trouve une pancarte sur laquelle il est écrit « Borne to be à la retraite à 2000 euros nets »." /></aside><p>En substance, c’est comme s’il disait : aujourd’hui, vous êtes des perdants, mais ce n’est pas de votre faute, c’est la faute des Arabes, des migrants, des musulmans et de tout ce système qui permet aux derniers d’en profiter sur votre dos. Ce discours du « eux contre nous » fonctionne très bien, il permet de se sentir à nouveau valorisé. On a perdu la bataille des alliances : aujourd’hui, face à un monde insécurisant, les petites classes moyennes et populaires ne se disent plus que leurs alliés objectifs, ce sont les derniers en bout de chaîne, derrière eux.</p><p><strong>Pour comprendre ce mouvement, vous racontez également un certain isolement, en observant la perte des liens collectifs et des réseaux de solidarité sur votre territoire d’attache.</strong></p><p>Pour moi, le cœur du problème, c’est l’atomisation de notre société. On ne fait plus vraiment communauté. Au contraire, nos villages deviennent des additions de foyers, où l’on se replie sur un cercle familial ou amical de plus en plus restreint. Le psychologue Jonathan Haidt propose une distinction entre les sociétés « sociocentrées », où la notion de groupe prime, et les sociétés beaucoup plus individualistes. Et, bien qu’on aime se raconter que les milieux ruraux ont conservé cette infrastructure sociocentrée, où les liens entre les habitants sont supposément plus faciles et courants – ce qui est par ailleurs l’un des arguments qui attire notamment ceux qu’on appelle les « néoruraux » – la réalité, c’est qu’on connaît de moins en moins ses voisins.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Tout le monde parle de ses problèmes de salaire mais plus personne ne parle des syndicats ; tout le monde parle de maladies mais plus personne ne s’intéresse à la Sécu »</p>
</aside><p>Comme tout le monde, on a été bouffé par le capitalisme et par ces nouvelles organisations du travail. Cette grande individualisation des modes de vie m’a beaucoup marquée, et elle n’est pas sans conséquences sur la manière dont on politise nos problèmes du quotidien. Tout le monde parle de ses problèmes de salaire mais plus personne ne parle des syndicats ; tout le monde parle de maladies professionnelles mais plus personne ne s’intéresse à la Sécu. Le rapport à la notion même de service public tend à s’effriter. Et on voit bien les conséquences que cela peut avoir vis-à-vis des systèmes de solidarité que l’on cherche à défendre : pourquoi tendre la main à d’autres quand vous finissez par croire que vous vous êtes faits tout seul, et que personne ne vous a défendu ? Et ce n’est certainement pas le fruit du hasard, le système a été pensé de la sorte.</p><p>Je prends l’exemple de la création du parc industriel de la plaine de l’Ain dans les années 1970, qui est un cas magistral d’atomisation des classes populaires et de destruction de l’unité ouvrière. Il faut relire les prospectus envoyés par l’architecte politique de ce projet, Guy de La Verpillière, ancien maire-député-sénateur-conseiller général de la droite : pour convaincre ses amis industriels de venir s’installer après Mai-68, il leur proposait de transformer les usines en PME pour limiter le risque de syndicats et leur promettait un grand plan d’accession à la propriété parce que, je cite, <em>« quand on est propriétaire, on ne fait pas grève »</em>.</p><p><strong>Vous rendez plusieurs fois hommage aux Gilets jaunes, sans qui vous n’auriez « jamais fait ce voyage de retour » dans l’Ain. Vous écrivez : « Le mouvement des Gilets jaunes m’avait convaincue que c’était dans ma France, celle des ronds-points, des lotissements et des barbecues, qu’on pouvait faire bouger les choses ». Pourquoi ?</strong></p><p>C’est un mouvement qui m’a beaucoup inspiré, politiquement. D’abord parce qu’il a représenté une véritable expérience collective qui a permis de marquer comme une pause avec cette fameuse logique individualiste. Ce sont des milliers d’hommes et de femmes qui ont soudain pris conscience qu’ils n’étaient pas seuls à perdre au jeu du capitalisme, qu’il y avait une responsabilité structurelle à leur échec et qu’ils pouvaient ainsi s’unir pour y faire face, malgré des profils et des métiers différents. Ça a été comme une thérapie collective, en quelque sorte. Ils nous ont montré qu’il y avait encore, dans nos campagnes, une vraie soif de justice et d’égalité.</p><p>Et puis j’ai trouvé fascinante cette attraction-répulsion que le mouvement a fini par jouer au sein de la population, à mesure que les Gilets jaunes assumaient une conflictualité de plus en plus forte avec le pouvoir. On a vu toute une partie des gens se désolidariser, souvent par quête de respectabilité, pour ne pas passer pour des « casseurs ». Dès que les Gilets jaunes ont commencé à sérieusement menacer l’ordre établi, plein de gens ont pris leur distance, pour ne pas y être associés.</p><p>Il y a beaucoup à dire de cette mise à distance, dans laquelle on a retrouvé beaucoup de fantasmes sur ce « eux » qui seraient principalement des « assistés », qui ne respectent pas les règles du jeu, et qui ne peuvent donc pas se plaindre s’ils perdent, à la fin. On retrouve cette notion de fierté, cette volonté d’être du côté de ceux qui travaillent et qui méritent, et de ne surtout pas être assimilés aux « perdants ». Je crois que la gauche a tout intérêt à comprendre ce qui se joue du côté de ces émotions-là. Le sentiment d’insécurité, aujourd’hui, c’est d’abord la peur de perdre et la peur d’avoir honte.</p><p><strong>Sur quels thèmes, autour de quels enjeux, la gauche peut-elle aujourd’hui reconstruire ou réhabiliter des sentiments de fierté ?</strong></p><p>Sur un sentiment d’appartenance, sur le fait d’être un participant, un contributeur d’un projet collectif. Pour pouvoir être fiers de ce qu’on fait et non de ce qu’on est, comme ce que vend le RN – être fier d’être né français, c’est de la fierté parfaitement passive, aucun mérite derrière ça ! Le camp progressiste doit proposer des fiertés actives : faire vivre son village, transmettre aux jeunes, cultiver une terre, être au soutien du troisième âge, etc. Trouver sa place dans un collectif, quel qu’il soit – une association, une mairie, un syndicat de parents d’élèves – c’est un motif de fierté immense. Cette notion d’appartenance me paraît capitale.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Ce que vend le RN – être fier d’être né français, c’est de la fierté parfaitement passive, aucun mérite derrière ça ! »</p>
</aside><p>C’est intéressant de constater que, dans les territoires où il y a une identité régionale forte, par exemple en Bretagne ou au Pays basque, le vote RN est moins fort. Je pense qu’on doit aujourd’hui reconstruire une identité rurale capable de se réapproprier un certain nombre de valeurs chères aux classes populaires – être quelqu’un sur qui compter, qui participe à la vie de la communauté et contribue au pot commun, bref être un travailleur, au sens collectif du terme, pas un passager clandestin.</p><p>Je sais que ça en fera hurler certains, mais pour moi, ce sont profondément des valeurs de gauche. Aujourd’hui, on a un problème avec la valeur travail, parce qu’on s’est focalisé sur l’enjeu de la réduction du temps de travail, dans la lutte contre l’exploitation capitaliste. Mais on doit redevenir le camp des travailleurs, au sens de : quelle est notre utilité sociale, que fait-on pour l’intérêt général et la vie de la communauté ? Sinon, on ne peut pas comprendre pourquoi la gauche n’est plus considérée comme le camp de la justice.</p><p>Cela paraît lunaire quand on y réfléchit, mais c’est la réalité : aujourd’hui, la gauche est plutôt vue comme le camp de l’injustice, parce qu’elle veut donner à des gens qui ne travaillent pas, offrir les mêmes droits à des gens qui débarquent, etc. Comme le dit mon amie Mélanie : quand l’État prend des milliers d’euros d’impôt pour les donner à des paresseux, est-ce que c’est juste ? Ce désalignement entre la demande de justice sociale et le vote de gauche était très marqué chez les Gilets jaunes, qui portaient des revendications généralement classées à gauche, comme le retour de l’ISF ou l’augmentation du Smic. Et, pour autant, la plupart s’affirmait « ni de droite ni de gauche », et on sait qu’un certain nombre d’entre eux a ensuite voté RN…</p><p><strong>Vous parliez de refaire collectif : dans votre livre, vous nous emmenez sillonner les quelques cafés et PMU qui résistent encore, autour de chez vous. Or, <a href="https://www.cepremap.fr/2026/01/quand-les-bars-tabacs-ferment-lerosion-du-lien-social-local-et-la-progression-du-vote-dextreme-droite-en-france/" class="spip_out" rel="external">une étude récente</a> montre justement que la fermeture des bars-tabacs favorisait l’essor du vote RN.</strong></p><p>Bien sûr, on en revient à l’enjeu de l’atomisation de notre société. Les lieux de brassages, tels que je pouvais encore les connaître de mon temps, par exemple avec les bals, disparaissent les uns après les autres. Et avec eux, disparaissent aussi toutes ces voix qui proposaient une lecture collective et politique du monde, qui permettaient de faire sens de toutes ces humiliations, hontes et violences qui peuplent nos vies. On ne se retrouve plus tous ensemble au PMU, au loto ou à la fête du boudin du village. C’est pour ça que je milite aussi ardemment pour resyndicaliser les campagnes, par exemple dans le secteur des entrepôts et de la logistique, qui brasse beaucoup de mondes très différents.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Forces-vives-le-mouvement-citoyen-qui-relance-la-participation-politique-des-quartiers-populaires-de-Marseille">Les quartiers populaires de Marseille veulent « sortir de la relation clientéliste avec les partis »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/7c2e1f6280798399058d0928edb95f-a0bdc.jpg?1773235835" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Le syndicalisme est une manière de repolitiser notre quotidien, c’est-à-dire de formuler qui sont les responsables de nos problèmes et comment et avec qui les résoudre. C’est précisément ce qu’ont également permis les Gilets jaunes, de s’inscrire dans un collectif qui te dit <em>« ouais, c’est la merde, mais c’est pas toi le coupable, c’est tout un système derrière, et on va s’organiser ensemble pour obtenir des victoires qui changent le cours de nos vies »</em>. C’est comme ça qu’on peut renverser le stigmate de la honte. Parce que, si tu ne bases ta propre fierté que sur ta capacité à jouer un jeu – le capitalisme – où les dés sont pipés dès le départ… forcément, à la fin, tu t’exposes à la honte en permanence. Tant qu’on n’acceptera pas de se dire qu’on fait partie des perdants mais qu’on est loin d’être les seuls, on ne parviendra pas à se mobiliser contre nos véritables adversaires.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Lumir-Lapray-face-a-l-essor-du-vote-RN-il-faut-a-tout-prix-resyndicaliser-les-campagnes</link>
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      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Lumir Lapray : dans les zones rurales, le RN « sait parler aux perdants »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Au début des années 2020, Lumir Lapray fait le choix de revenir vivre pendant quelques années sur les terres de son enfance, dans le hameau de Proulieu, dans la plaine de l’Ain. Là, la militante écologiste découvre le pouvoir d’attraction qu’exerce désormais le Rassemblement national auprès d’une partie de plus en plus importante de ses proches. Loin de tout jugement de valeur, elle raconte cette réalité et tente d’en comprendre les leviers dans un livre publié à l’automne, <em>« Ces gens-là ». Plongée dans cette France qui pourrait tout faire basculer</em> (Payot).</p><p>À l’heure où l’extrême droite entend renforcer son assise locale lors des prochaines élections municipales, rencontre avec une « activiste rurale » bien déterminée à ne pas abandonner le vote populaire des campagnes au Rassemblement national. Lumir Lapray, 33 ans, travaille aujourd’hui <a href="https://www.victoirespopulaires.fr/" class="spip_out" rel="external">pour le mouvement Victoires populaires</a>, où elle coordonne le programme Village Academy, qui vise à aider des listes de gauche à se constituer et à faire campagne dans les petites communes rurales.</p><p><strong><em>Basta! :</em> À travers les différents témoignages que vous partagez dans votre livre, vous montrez que le vote RN en milieu rural n’exprime pas nécessairement une vision du monde fascisante, raciste et radicalisée, appelant à devenir hégémonique. <em>« Les gens ne discutent pas ‘‘grand remplacement’’ au petit déjeuner »</em>, affirmiez-vous même <a href="https://www.youtube.com/watch?v=3yZ0nGm6W58" class="spip_out" rel="external">dans une précédente interview, l’an passé</a>...</strong></p><div class="spip_document_22604 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="356" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026_03_06_lumir_lapray-portrait_romain-guede_0904.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2191635054 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773238092 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg@.webp?1773228015 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22604-7d5002984645cfe941f4440cdb318456" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e8/6c3a17714fa0e3051182546b4635a0.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22604-7d5002984645cfe941f4440cdb318456">Lumir Lapray, 33 ans, est militante écologiste, autrice de <em>« Ces gens-là ». Plongée dans cette France qui pourrait tout faire basculer</em> (Payot, septembre 2025) et travaille actuellement <a href="https://www.victoirespopulaires.fr/" class="spip_out" rel="external">pour le mouvement Victoires populaires</a>, qui a pour ambition de <em>« faire gagner la gauche et les écologistes aux municipales »</em>.
© Romain Guédé / Basta!
</figcaption></figure></div><p><strong>Lumir Lapray :</strong> Attention, je ne dis pas pour autant que cette vision n’existe pas ! Je ne nie pas que certains sont radicalisés dans une idéologie d’extrême droite, qui fait du racisme et du masculinisme – parce que ces deux dimensions sont intrinsèquement liées – leur prisme principal de rapport au monde. Par contre, ils ne représentent pas la majorité. Il y a toujours eu des gens qui se socialisaient dans la haine, au sein de groupuscules néonazis ou fascisants. Moi-même j’ai côtoyé plus jeune des personnes qui écoutaient Légion 88 <em>[groupe de rock néonazi, emblématique des mouvements skinheads et dissous dans les années 1990, ndlr]</em>. La différence, c’est que ces gens-là se sentent désormais plus autorisés à s’exprimer.</p><p>Dans mon village de l’Ain, avant, les électeurs de Jean-Marie Le Pen, ils la fermaient. Maintenant, c’est un peu la « fête du slip », on peut dire des trucs qu’on n’aurait jamais osé dire avant. Il y a un relâchement du contrôle social, une sorte d’autorisation globale à balancer des dingueries sans que ça ne gêne plus personne, le racisme n’apparaît plus comme un stigmate collectif. Pour moi, il y a évidemment une grande responsabilité des médias : quand on voit des chaînes de propagande comme CNews, qui parle d’immigration 365 jours sur 365, et quand on voit les énormités qui peuvent y être débitées – en janvier dernier, <a href="https://www.humanite.fr/politique/arno-klarsfeld/sur-cnews-arno-klarsfeld-appelle-a-des-rafles-contre-les-oqtf" class="spip_out" rel="external">un invité a quand même osé y parler de <em>« rafle »</em></a> <em>[appelant à en organiser contre des personnes étrangères en situation irrégulière, ndlr]</em>– forcément ça finit par infuser. Et il n’y a plus de raison de s’embarrasser à mâcher ses mots ensuite, au PMU.</p><p>Sans compter que, dans le même temps, la quasi-totalité de la droite est en train de céder idéologiquement aux mots et à la vision de l’extrême droite. Quand j’écoute Laurent Wauquiez aujourd’hui, il faut m’expliquer en quoi il est différent du RN… Or, chez nous, la majorité des gens votent à droite, donc il ne faut pas s’étonner s’ils finissent par suivre le même glissement. Le poisson pourrit par la tête. Il y a un réseau de propagande politique et médiatique qui est parfaitement organisé, et financé, dont l’unique but est de coloniser les esprits avec tous ces discours. Faites un tour dans un Relay en gare, pour vous en rendre compte : bon courage pour y trouver le début d’une idée de gauche… On est face à une petite minorité radicalisée qui fait campagne et ouvre grand la fenêtre d’Overton <em>[métaphore qui désigne les idées et les pratiques considérées par l’opinion publique comme plus ou moins acceptables, ndlr]</em> pour normaliser les idées d’extrême droite, en disant tout haut ce que certains pensaient tout bas. L’augmentation du vote RN est une résultante de cela.</p><p><strong>Mais quel en est le ressort principal, si ce n’est le racisme ou la xénophobie ?</strong></p><p>Il peut y avoir plein de raisons différentes, mais ce que j’identifie le plus chez moi, c’est la colère, sourde, qui vient de cette impression d’échec au grand jeu du capitalisme. Il y a un vrai sentiment d’injustice, les gens se disent : je suis toutes les règles, sans tricher – c’est-à-dire que je travaille dur, dans des métiers à forte pénibilité et avec de faibles revenus, sans me mettre en arrêt maladie, je paie mes impôts, je m’endette, etc. – mais, à la fin, je me retrouve toujours en difficulté pour payer mes factures ou offrir une semaine de vacances à mes enfants.</p><p>On se rend compte que la promesse de s’en sortir au seul mérite de sa force de travail ne fonctionne pas. Il y a des expressions qui reviennent régulièrement : cette impression d’être « ras-la-gueule » ou « sur le fil », en permanence. Il y a de vraies difficultés matérielles et objectives qui nourrissent ainsi le sentiment d’être un « perdant ». Et le Rassemblement national sait très bien prospérer sur cette forme d’insécurité et de précarité, en jouant sur des catégories un peu fourre-tout qui créent un grand flou artistique.</p><p>Quand le RN dit « on taxe trop les patrons », je vois tous mes potes autoentrepreneurs, qui filent 200 balles par mois à l’Urssaf alors qu’ils en gagnent 800, approuver… sauf qu’en fait, on ne parle pas d’eux, mais de Bernard Arnault ! Tout le monde n’est pas le même patron, de même qu’un céréalier en grandes cultures n’est pas le même agriculteur qu’un éleveur bio sous la menace de devoir <a href="https://basta.media/Dermatose-nodulaire-comprendre-la-crise-agricole-en-dix-points">abattre son troupeau à cause de la DNC</a> <em>[dermatose nodulaire contagieuse, maladie qui touche les bovins, ndlr]</em>. Mais peu importe, tant qu’on parvient à faire croire aux gens au bas de l’échelle qu’on défend leurs intérêts. C’est là où le RN est particulièrement fort : il sait parler aux perdants pour leur dire <em>« avec nous, vous serez des gagnants ! »</em>. Tout de suite, la honte se trouve comme magnifiée, catalysée en une énergie beaucoup plus positive. Et ça, c’est exactement ce qu’on n’arrive pas à faire à gauche.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Diriez-vous, <a href="https://basta.media/interview-nicolas-renahy-Le-premier-parti-de-la-classe-ouvriere-c-est-abstention" class="spip_in">comme le sociologue Nicolas Renahy</a>, que le RN a su, en quelques sortes, réactiver une certaine forme de « conscience de classe » ?</strong></p><p>Oui, et ce, tout en ayant compris qu’il fallait reconstruire ce sentiment d’appartenance autour du refus de faire partie des perdants. Nous, à gauche, on reste bloqué autour du mantra <em>« damnés de la terre, unissez-vous ! »</em> Sauf que personne n’a envie d’être assimilé à un damné de la terre, ça ne vend pas du rêve. Les gens veulent garder la face, c’est une question de dignité et d’estime de soi. Et ça, le RN l’a très bien compris, en détournant la responsabilité vers d’autres boucs émissaires.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/interview-nicolas-renahy-Le-premier-parti-de-la-classe-ouvriere-c-est-abstention">« Le premier parti de la classe ouvrière, aujourd’hui, c’est l’abstention »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/e3e002ffd55cfe00d5ef59232b6d4a-56da4.png?1773228014" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un homme se tient debout en marge d'une manifestation, une cigarette à la bouge, regarder vers sa droite. A côté de lui se trouve une pancarte sur laquelle il est écrit « Borne to be à la retraite à 2000 euros nets »." /></aside><p>En substance, c’est comme s’il disait : aujourd’hui, vous êtes des perdants, mais ce n’est pas de votre faute, c’est la faute des Arabes, des migrants, des musulmans et de tout ce système qui permet aux derniers d’en profiter sur votre dos. Ce discours du « eux contre nous » fonctionne très bien, il permet de se sentir à nouveau valorisé. On a perdu la bataille des alliances : aujourd’hui, face à un monde insécurisant, les petites classes moyennes et populaires ne se disent plus que leurs alliés objectifs, ce sont les derniers en bout de chaîne, derrière eux.</p><p><strong>Pour comprendre ce mouvement, vous racontez également un certain isolement, en observant la perte des liens collectifs et des réseaux de solidarité sur votre territoire d’attache.</strong></p><p>Pour moi, le cœur du problème, c’est l’atomisation de notre société. On ne fait plus vraiment communauté. Au contraire, nos villages deviennent des additions de foyers, où l’on se replie sur un cercle familial ou amical de plus en plus restreint. Le psychologue Jonathan Haidt propose une distinction entre les sociétés « sociocentrées », où la notion de groupe prime, et les sociétés beaucoup plus individualistes. Et, bien qu’on aime se raconter que les milieux ruraux ont conservé cette infrastructure sociocentrée, où les liens entre les habitants sont supposément plus faciles et courants – ce qui est par ailleurs l’un des arguments qui attire notamment ceux qu’on appelle les « néoruraux » – la réalité, c’est qu’on connaît de moins en moins ses voisins.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Tout le monde parle de ses problèmes de salaire mais plus personne ne parle des syndicats ; tout le monde parle de maladies mais plus personne ne s’intéresse à la Sécu »</p>
</aside><p>Comme tout le monde, on a été bouffé par le capitalisme et par ces nouvelles organisations du travail. Cette grande individualisation des modes de vie m’a beaucoup marquée, et elle n’est pas sans conséquences sur la manière dont on politise nos problèmes du quotidien. Tout le monde parle de ses problèmes de salaire mais plus personne ne parle des syndicats ; tout le monde parle de maladies professionnelles mais plus personne ne s’intéresse à la Sécu. Le rapport à la notion même de service public tend à s’effriter. Et on voit bien les conséquences que cela peut avoir vis-à-vis des systèmes de solidarité que l’on cherche à défendre : pourquoi tendre la main à d’autres quand vous finissez par croire que vous vous êtes faits tout seul, et que personne ne vous a défendu ? Et ce n’est certainement pas le fruit du hasard, le système a été pensé de la sorte.</p><p>Je prends l’exemple de la création du parc industriel de la plaine de l’Ain dans les années 1970, qui est un cas magistral d’atomisation des classes populaires et de destruction de l’unité ouvrière. Il faut relire les prospectus envoyés par l’architecte politique de ce projet, Guy de La Verpillière, ancien maire-député-sénateur-conseiller général de la droite : pour convaincre ses amis industriels de venir s’installer après Mai-68, il leur proposait de transformer les usines en PME pour limiter le risque de syndicats et leur promettait un grand plan d’accession à la propriété parce que, je cite, <em>« quand on est propriétaire, on ne fait pas grève »</em>.</p><p><strong>Vous rendez plusieurs fois hommage aux Gilets jaunes, sans qui vous n’auriez « jamais fait ce voyage de retour » dans l’Ain. Vous écrivez : « Le mouvement des Gilets jaunes m’avait convaincue que c’était dans ma France, celle des ronds-points, des lotissements et des barbecues, qu’on pouvait faire bouger les choses ». Pourquoi ?</strong></p><p>C’est un mouvement qui m’a beaucoup inspiré, politiquement. D’abord parce qu’il a représenté une véritable expérience collective qui a permis de marquer comme une pause avec cette fameuse logique individualiste. Ce sont des milliers d’hommes et de femmes qui ont soudain pris conscience qu’ils n’étaient pas seuls à perdre au jeu du capitalisme, qu’il y avait une responsabilité structurelle à leur échec et qu’ils pouvaient ainsi s’unir pour y faire face, malgré des profils et des métiers différents. Ça a été comme une thérapie collective, en quelque sorte. Ils nous ont montré qu’il y avait encore, dans nos campagnes, une vraie soif de justice et d’égalité.</p><p>Et puis j’ai trouvé fascinante cette attraction-répulsion que le mouvement a fini par jouer au sein de la population, à mesure que les Gilets jaunes assumaient une conflictualité de plus en plus forte avec le pouvoir. On a vu toute une partie des gens se désolidariser, souvent par quête de respectabilité, pour ne pas passer pour des « casseurs ». Dès que les Gilets jaunes ont commencé à sérieusement menacer l’ordre établi, plein de gens ont pris leur distance, pour ne pas y être associés.</p><p>Il y a beaucoup à dire de cette mise à distance, dans laquelle on a retrouvé beaucoup de fantasmes sur ce « eux » qui seraient principalement des « assistés », qui ne respectent pas les règles du jeu, et qui ne peuvent donc pas se plaindre s’ils perdent, à la fin. On retrouve cette notion de fierté, cette volonté d’être du côté de ceux qui travaillent et qui méritent, et de ne surtout pas être assimilés aux « perdants ». Je crois que la gauche a tout intérêt à comprendre ce qui se joue du côté de ces émotions-là. Le sentiment d’insécurité, aujourd’hui, c’est d’abord la peur de perdre et la peur d’avoir honte.</p><p><strong>Sur quels thèmes, autour de quels enjeux, la gauche peut-elle aujourd’hui reconstruire ou réhabiliter des sentiments de fierté ?</strong></p><p>Sur un sentiment d’appartenance, sur le fait d’être un participant, un contributeur d’un projet collectif. Pour pouvoir être fiers de ce qu’on fait et non de ce qu’on est, comme ce que vend le RN – être fier d’être né français, c’est de la fierté parfaitement passive, aucun mérite derrière ça ! Le camp progressiste doit proposer des fiertés actives : faire vivre son village, transmettre aux jeunes, cultiver une terre, être au soutien du troisième âge, etc. Trouver sa place dans un collectif, quel qu’il soit – une association, une mairie, un syndicat de parents d’élèves – c’est un motif de fierté immense. Cette notion d’appartenance me paraît capitale.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Ce que vend le RN – être fier d’être né français, c’est de la fierté parfaitement passive, aucun mérite derrière ça ! »</p>
</aside><p>C’est intéressant de constater que, dans les territoires où il y a une identité régionale forte, par exemple en Bretagne ou au Pays basque, le vote RN est moins fort. Je pense qu’on doit aujourd’hui reconstruire une identité rurale capable de se réapproprier un certain nombre de valeurs chères aux classes populaires – être quelqu’un sur qui compter, qui participe à la vie de la communauté et contribue au pot commun, bref être un travailleur, au sens collectif du terme, pas un passager clandestin.</p><p>Je sais que ça en fera hurler certains, mais pour moi, ce sont profondément des valeurs de gauche. Aujourd’hui, on a un problème avec la valeur travail, parce qu’on s’est focalisé sur l’enjeu de la réduction du temps de travail, dans la lutte contre l’exploitation capitaliste. Mais on doit redevenir le camp des travailleurs, au sens de : quelle est notre utilité sociale, que fait-on pour l’intérêt général et la vie de la communauté ? Sinon, on ne peut pas comprendre pourquoi la gauche n’est plus considérée comme le camp de la justice.</p><p>Cela paraît lunaire quand on y réfléchit, mais c’est la réalité : aujourd’hui, la gauche est plutôt vue comme le camp de l’injustice, parce qu’elle veut donner à des gens qui ne travaillent pas, offrir les mêmes droits à des gens qui débarquent, etc. Comme le dit mon amie Mélanie : quand l’État prend des milliers d’euros d’impôt pour les donner à des paresseux, est-ce que c’est juste ? Ce désalignement entre la demande de justice sociale et le vote de gauche était très marqué chez les Gilets jaunes, qui portaient des revendications généralement classées à gauche, comme le retour de l’ISF ou l’augmentation du Smic. Et, pour autant, la plupart s’affirmait « ni de droite ni de gauche », et on sait qu’un certain nombre d’entre eux a ensuite voté RN…</p><p><strong>Vous parliez de refaire collectif : dans votre livre, vous nous emmenez sillonner les quelques cafés et PMU qui résistent encore, autour de chez vous. Or, <a href="https://www.cepremap.fr/2026/01/quand-les-bars-tabacs-ferment-lerosion-du-lien-social-local-et-la-progression-du-vote-dextreme-droite-en-france/" class="spip_out" rel="external">une étude récente</a> montre justement que la fermeture des bars-tabacs favorisait l’essor du vote RN.</strong></p><p>Bien sûr, on en revient à l’enjeu de l’atomisation de notre société. Les lieux de brassages, tels que je pouvais encore les connaître de mon temps, par exemple avec les bals, disparaissent les uns après les autres. Et avec eux, disparaissent aussi toutes ces voix qui proposaient une lecture collective et politique du monde, qui permettaient de faire sens de toutes ces humiliations, hontes et violences qui peuplent nos vies. On ne se retrouve plus tous ensemble au PMU, au loto ou à la fête du boudin du village. C’est pour ça que je milite aussi ardemment pour resyndicaliser les campagnes, par exemple dans le secteur des entrepôts et de la logistique, qui brasse beaucoup de mondes très différents.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Forces-vives-le-mouvement-citoyen-qui-relance-la-participation-politique-des-quartiers-populaires-de-Marseille">Forces vives, le mouvement citoyen qui relance la participation politique des quartiers populaires de Marseille</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/7c2e1f6280798399058d0928edb95f-a0bdc.jpg?1773235835" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Le syndicalisme est une manière de repolitiser notre quotidien, c’est-à-dire de formuler qui sont les responsables de nos problèmes et comment et avec qui les résoudre. C’est précisément ce qu’ont également permis les Gilets jaunes, de s’inscrire dans un collectif qui te dit <em>« ouais, c’est la merde, mais c’est pas toi le coupable, c’est tout un système derrière, et on va s’organiser ensemble pour obtenir des victoires qui changent le cours de nos vies »</em>. C’est comme ça qu’on peut renverser le stigmate de la honte. Parce que, si tu ne bases ta propre fierté que sur ta capacité à jouer un jeu – le capitalisme – où les dés sont pipés dès le départ… forcément, à la fin, tu t’exposes à la honte en permanence. Tant qu’on n’acceptera pas de se dire qu’on fait partie des perdants mais qu’on est loin d’être les seuls, on ne parviendra pas à se mobiliser contre nos véritables adversaires.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Ce que la guerre au Moyen-Orient dit des fragilités de notre système alimentaire]]></title>
      <description><![CDATA[<p>+ 40 %. Soit 400 euros de plus pour 1000 litres par rapport au prix habituel du gazole agricole (GNR, qui bénéficie d’exemption de taxes). Voilà le montant qui s’est affiché, le 7 mars, sur la facture de Nicolas Clair, éleveur de la plaine du Forez, dans la Loire.</p><div class="spip_document_22596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="95" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2970140405 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/959/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773063164 1918w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 1440w, local/adapt-img/959/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 1918w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/959/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp 1439w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 1080w, local/adapt-img/959/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 1439w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773078773 959w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg" width="959" height="1035" alt="Carte du détroit d'Ormuz (ou Hormuz)" aria-describedby="by22596-fb9a4560bc9d7bccd06d405e603e205d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 720w, local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg 959w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22596-fb9a4560bc9d7bccd06d405e603e205d">Carte du détroit d’Ormuz, au sud de l’Iran.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> Kilyann Le Hen via <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/Strait_of_Hormuz#/media/File:Strait_of_hormuz_full.jpg" class="spip_out" rel="external">Wikimedia commons</a>
</figcaption></figure></div><p>Ces hausses brutales des prix du gazole agricole ont été observées un peu partout dans l’Hexagone ces derniers jours. L’inquiétude gagne le monde agricole car le gazole représente entre 5 à 10 % des charges des exploitations. Les regards sont aussi rivés sur les engrais, dont les prix s’envolent, alors qu’ils constituent de 10 à 20 % des charges.</p><p>La cause de ces hausses ? La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz depuis le 28 février, en réponse aux attaques des États-Unis et d’Israël. C’est par ce détroit, situé au large de la côte sud de l’Iran, que circulent bon nombre de marchandises, ainsi qu’un cinquième du pétrole brut et du gaz transportés dans le monde par voie maritime. La guerre au Moyen-Orient vient ainsi rappeler les fragilités du système alimentaire mondial, dépendant des énergies fossiles.</p><h2 class="spip" id="Dependance-au-petrole-et-au-gaz">Dépendance au pétrole et au gaz</h2><p>Les engrais de synthèse constituent une préoccupation majeure. Entre un quart et un tiers du commerce mondial des matières premières utilisées dans la fabrication des engrais transite par ce détroit, souligne <a href="https://www.theguardian.com/business/2026/mar/05/big-burden-for-farmers-gulf-shipping-crisis-threatens-food-price-shock" class="spip_out" rel="external">le quotidien britannique <em>The Guardian</em></a>. C’est notamment le cas de l’ammoniac et de l’azote, deux composants essentiels de nombreux engrais de synthèse.</p><div class="spip_document_22366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="165" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/sophie_chapelle-2-3-2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2351129956 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457014 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457057 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768293894 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461117 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459446 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459227 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457491 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768458440 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768305019 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22366-2fe380fed1a1577665ba1f706aecfcdb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457187 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22366-2fe380fed1a1577665ba1f706aecfcdb">Voici l’édito de notre newsletter « On en Agro ! », par Sophie Chapelle. Pour la découvrir en intégralité et pour la recevoir gratuitement, <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">c’est par là</a>.
</figcaption></figure></div><p>Le gaz fossile représente également entre 60 % et 80 % du coût de production des engrais azotés. Or, plusieurs usines dans le golfe Persique ont été fermées ces derniers jours. Le Qatar a ainsi fermé Ras Laffan, <a href="https://www.transitionsenergies.com/gnl-qatar-remettre-en-marche-installations-prendra-semaines/" class="spip_out" rel="external">le plus grand centre industriel de production de GNL</a> (gaz naturel liquéfié) après une attaque de drones.</p><p>Le conflit actuel pourrait aussi avoir un impact énorme sur la production d’urée – l’un des engrais les plus plébiscités au monde – qui se fait avant tout à l’aide de gaz naturel, abondant dans les pays du Golfe. L’Iran est le quatrième exportateur mondial d’urée. Et, comme plus d’un tiers (35 %) des exportations mondiales d’urée transitent par le détroit d’Ormuz, le prix de ces engrais est passé de <a href="https://www.reussir.fr/grandes-cultures/prix-des-engrais-la-guerre-iran-israel-usa-provoque-une-hausse-du-prix-de-luree" class="spip_out" rel="external">505 à 580 euros la tonne depuis fin février</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Sortir-de-la-dependance-aux-engrais-chimiques">Sortir de la dépendance aux engrais chimiques</h2><p>Le modèle agricole dominant est un colosse aux pieds d’argile. Environ la moitié de la production alimentaire mondiale dépend de l’azote synthétique. Sans ces engrais, les rendements chuteraient fortement, souligne <em>The Guardian</em>. <em>« Les pénuries qui en résulteraient feraient grimper les prix des produits de base, tels que le pain, les pâtes et les pommes de terre, et rendraient l’alimentation animale plus coûteuse »</em>, ajoute le quotidien britannique.</p><p>La sécurité alimentaire de la France est <em>« à la merci des aléas mondiaux »</em>, alertait déjà l’organisation Les Amis de la Terre, dans un <a href="https://www.amisdelaterre.org/wp-content/uploads/2023/11/energies-fossiles-dans-nos-assiettes-vdef4-web.pdf" class="spip_out" rel="external">document publié en novembre 2023</a>. <a href="https://www.info.gouv.fr/upload/media/content/0001/09/7ae0f66dc755fa17e9a39eb6803da6e6f5310ba4.pdf" class="spip_out" rel="external">La France importe plus de 80 % de ses engrais</a>, constate aussi le gouvernement dans un rapport publié en mars 2024.</p><p>Une large part de ces engrais provient de pays hors de l’Union européenne. Cela crée une double dépendance, à la fois aux pays tiers et aux énergies fossiles, qui servent à fabriquer les engrais de synthèse. Le rapport du gouvernement observe également que certaines régions agricoles sont plus dépendantes aux engrais de synthèse, particulièrement celles en grandes cultures, comme les Hauts-de-France, où l’élevage tend à disparaître.</p><p>Cette situation met en lumière <em>« l’intérêt agronomique de la présence de l’élevage sur un territoire »</em>, ajoute ce rapport. Les déjections animales fournissent en effet de la matière organique, sous forme de fumier par exemple, qui constituent une ressource alternative aux engrais de synthèse. Or, ce sont les fermes d’élevage qui peinent le plus à trouver des repreneurs en France.</p><h2 class="spip" id="D-autres-pratiques-agricoles-possibles">D’autres pratiques agricoles possibles</h2><p>Bonne nouvelle : sortir l’agriculture de la dépendance aux engrais de synthèse est possible. L’agriculture biologique parvient précisément à se passer complètement des engrais chimiques – c’est d’ailleurs l’un de ses fondements.</p><p>De nombreuses études montrent qu’il est possible de nourrir l’Europe en quantité suffisante sans recours aux engrais chimiques, comme cet article de la <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-017-01410-w" class="spip_out" rel="external">revue scientifique <em>Nature</em> en 2017</a>, le <a href="https://www.iddri.org/sites/default/files/PDF/Publications/Catalogue%20Iddri/Etude/201809-ST0918-tyfa_0.pdf" class="spip_out" rel="external">scénario « Ten Years For Agroecology in Europe » (Dix ans pour l’agroécologie en Europe) de l’Institut du développement durable et des relations internationales en 2018</a>, ou bien encore ces <a href="https://www.paris-centre.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/une-agriculture-biologique-pour-nourrir-leurope-en-2050#:~:text=Selon%20une%20%C3%A9tude%20men%C3%A9e%20par,envisag%C3%A9%20repose%20sur%20trois%20leviers" class="spip_out" rel="external">études du CNRS en 2021</a> et <a href="https://revue-sesame-inrae.fr/peut-on-se-passer-des-engrais-azotes-de-synthese/" class="spip_out" rel="external">en 2022</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien">De moins en moins de fermes, de plus en plus grandes (et le Mercosur n’arrange rien)</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/198db01ca332f4ecb8c7c6b62c170f-d297d.jpg?1765383188" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="une femme porte une pancarte &quot;Mercosur droit dans le mur&quot; avec un autocollant &quot;notre travail a un prix&quot;" /></aside><p>Il s’agit donc, à la fois, de soutenir financièrement l’agriculture biologique (comme c’est déjà le cas pour <a href="https://basta.media/Le-secteur-agroalimentaire-ses-pollutions-sa-malbouffe-sous-perfusion-argent-public" class="spip_in">l’agriculture conventionnelle dépendante des milliards d’euros publics</a>) et, plus largement, les pratiques agricoles qui produisent sans engrais de synthèse, d’accompagner les transitions et de donner envie de s’installer. Car relever le défi d’une véritable souveraineté alimentaire ne pourra se faire dans un contexte de précarité économique et sociale des agricultrices et agriculteurs.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Ce-que-la-guerre-au-Moyen-Orient-dit-des-fragilites-de-notre-systeme-alimentaire-mondial</link>
      <guid>https://basta.media/Ce-que-la-guerre-au-Moyen-Orient-dit-des-fragilites-de-notre-systeme-alimentaire-mondial</guid>
      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La guerre au Moyen-Orient rappelle la fragilité du modèle agricole dominant]]></title>
      <description><![CDATA[<p>+ 40 %. Soit 400 euros de plus pour 1000 litres par rapport au prix habituel du gazole agricole (GNR, qui bénéficie d’exemption de taxes). Voilà le montant qui s’est affiché, le 7 mars, sur la facture de Nicolas Clair, éleveur de la plaine du Forez, dans la Loire.</p><div class="spip_document_22596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="95" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2970140405 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295481 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295481 1440w, local/adapt-img/959/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773063164 1918w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295481 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295481 1440w, local/adapt-img/959/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295481 1918w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295482 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295482 1080w, local/adapt-img/959/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295482 1439w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295482 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295482 1080w, local/adapt-img/959/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295482 1439w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295482 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295483 720w, local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773078773 959w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295419" width="959" height="1035" alt="Carte du détroit d'Ormuz (ou Hormuz)" aria-describedby="by22596-1cc483ddcf2075e0bc3db93253470253" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295483 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295483 720w, local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295419 959w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22596-1cc483ddcf2075e0bc3db93253470253">Carte du détroit d’Ormuz, au sud de l’Iran.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> Kilyann Le Hen via <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/Strait_of_Hormuz#/media/File:Strait_of_hormuz_full.jpg" class="spip_out" rel="external">Wikimedia commons</a>
</figcaption></figure></div><p>Ces hausses brutales des prix du gazole agricole ont été observées un peu partout dans l’Hexagone ces derniers jours. L’inquiétude gagne le monde agricole car le gazole représente entre 5 à 10 % des charges des exploitations. Les regards sont aussi rivés sur les engrais, dont les prix s’envolent, alors qu’ils constituent de 10 à 20 % des charges.</p><p>La cause de ces hausses ? La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz depuis le 28 février, en réponse aux attaques des États-Unis et d’Israël. C’est par ce détroit, situé au large de la côte sud de l’Iran, que circulent bon nombre de marchandises, ainsi qu’un cinquième du pétrole brut et du gaz transportés dans le monde par voie maritime. La guerre au Moyen-Orient vient ainsi rappeler les fragilités du système alimentaire mondial, dépendant des énergies fossiles.</p><h2 class="spip" id="Dependance-au-petrole-et-au-gaz">Dépendance au pétrole et au gaz</h2><p>Les engrais de synthèse constituent une préoccupation majeure. Entre un quart et un tiers du commerce mondial des matières premières utilisées dans la fabrication des engrais transite par ce détroit, souligne <a href="https://www.theguardian.com/business/2026/mar/05/big-burden-for-farmers-gulf-shipping-crisis-threatens-food-price-shock" class="spip_out" rel="external">le quotidien britannique <em>The Guardian</em></a>. C’est notamment le cas de l’ammoniac et de l’azote, deux composants essentiels de nombreux engrais de synthèse.</p><div class="spip_document_22366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="165" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/sophie_chapelle-2-3-2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2351129956 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457014 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457057 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768293894 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461117 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459446 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459227 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457491 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768458440 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768305019 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22366-52156d5ec458f9fe6df41249eee7bff3" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457187 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22366-52156d5ec458f9fe6df41249eee7bff3">Voici l’édito de notre newsletter « On en Agro ! », par Sophie Chapelle. Pour la découvrir en intégralité et pour la recevoir gratuitement, <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">c’est par là</a>.
</figcaption></figure></div><p>Le gaz fossile représente également entre 60 % et 80 % du coût de production des engrais azotés. Or, plusieurs usines dans le golfe Persique ont été fermées ces derniers jours. Le Qatar a ainsi fermé Ras Laffan, <a href="https://www.transitionsenergies.com/gnl-qatar-remettre-en-marche-installations-prendra-semaines/" class="spip_out" rel="external">le plus grand centre industriel de production de GNL</a> (gaz naturel liquéfié) après une attaque de drones.</p><p>Le conflit actuel pourrait aussi avoir un impact énorme sur la production d’urée – l’un des engrais les plus plébiscités au monde – qui se fait avant tout à l’aide de gaz naturel, abondant dans les pays du Golfe. L’Iran est le quatrième exportateur mondial d’urée. Et, comme plus d’un tiers (35 %) des exportations mondiales d’urée transitent par le détroit d’Ormuz, le prix de ces engrais est passé de <a href="https://www.reussir.fr/grandes-cultures/prix-des-engrais-la-guerre-iran-israel-usa-provoque-une-hausse-du-prix-de-luree" class="spip_out" rel="external">505 à 580 euros la tonne depuis fin février</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Sortir-de-la-dependance-aux-engrais-chimiques">Sortir de la dépendance aux engrais chimiques</h2><p>Le modèle agricole dominant est un colosse aux pieds d’argile. Environ la moitié de la production alimentaire mondiale dépend de l’azote synthétique. Sans ces engrais, les rendements chuteraient fortement, souligne <em>The Guardian</em>. <em>« Les pénuries qui en résulteraient feraient grimper les prix des produits de base, tels que le pain, les pâtes et les pommes de terre, et rendraient l’alimentation animale plus coûteuse »</em>, ajoute le quotidien britannique.</p><p>La sécurité alimentaire de la France est <em>« à la merci des aléas mondiaux »</em>, alertait déjà l’organisation Les Amis de la Terre, dans un <a href="https://www.amisdelaterre.org/wp-content/uploads/2023/11/energies-fossiles-dans-nos-assiettes-vdef4-web.pdf" class="spip_out" rel="external">document publié en novembre 2023</a>. <a href="https://www.info.gouv.fr/upload/media/content/0001/09/7ae0f66dc755fa17e9a39eb6803da6e6f5310ba4.pdf" class="spip_out" rel="external">La France importe plus de 80 % de ses engrais</a>, constate aussi le gouvernement dans un rapport publié en mars 2024.</p><p>Une large part de ces engrais provient de pays hors de l’Union européenne. Cela crée une double dépendance, à la fois aux pays tiers et aux énergies fossiles, qui servent à fabriquer les engrais de synthèse. Le rapport du gouvernement observe également que certaines régions agricoles sont plus dépendantes aux engrais de synthèse, particulièrement celles en grandes cultures, comme les Hauts-de-France, où l’élevage tend à disparaître.</p><p>Cette situation met en lumière <em>« l’intérêt agronomique de la présence de l’élevage sur un territoire »</em>, ajoute ce rapport. Les déjections animales fournissent en effet de la matière organique, sous forme de fumier par exemple, qui constituent une ressource alternative aux engrais de synthèse. Or, ce sont les fermes d’élevage qui peinent le plus à trouver des repreneurs en France.</p><h2 class="spip" id="D-autres-pratiques-agricoles-possibles">D’autres pratiques agricoles possibles</h2><p>Bonne nouvelle : sortir l’agriculture de la dépendance aux engrais de synthèse est possible. L’agriculture biologique parvient précisément à se passer complètement des engrais chimiques – c’est d’ailleurs l’un de ses fondements.</p><p>De nombreuses études montrent qu’il est possible de nourrir l’Europe en quantité suffisante sans recours aux engrais chimiques, comme cet article de la <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-017-01410-w" class="spip_out" rel="external">revue scientifique <em>Nature</em> en 2017</a>, le <a href="https://www.iddri.org/sites/default/files/PDF/Publications/Catalogue%20Iddri/Etude/201809-ST0918-tyfa_0.pdf" class="spip_out" rel="external">scénario « Ten Years For Agroecology in Europe » (Dix ans pour l’agroécologie en Europe) de l’Institut du développement durable et des relations internationales en 2018</a>, ou bien encore ces <a href="https://www.paris-centre.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/une-agriculture-biologique-pour-nourrir-leurope-en-2050#:~:text=Selon%20une%20%C3%A9tude%20men%C3%A9e%20par,envisag%C3%A9%20repose%20sur%20trois%20leviers" class="spip_out" rel="external">études du CNRS en 2021</a> et <a href="https://revue-sesame-inrae.fr/peut-on-se-passer-des-engrais-azotes-de-synthese/" class="spip_out" rel="external">en 2022</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien">De moins en moins de fermes, de plus en plus grandes (et le Mercosur n’arrange rien)</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/198db01ca332f4ecb8c7c6b62c170f-d297d.jpg?1765383188" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="une femme porte une pancarte &quot;Mercosur droit dans le mur&quot; avec un autocollant &quot;notre travail a un prix&quot;" /></aside><p>Il s’agit donc, à la fois, de soutenir financièrement l’agriculture biologique (comme c’est déjà le cas pour <a href="https://basta.media/Le-secteur-agroalimentaire-ses-pollutions-sa-malbouffe-sous-perfusion-argent-public" class="spip_in">l’agriculture conventionnelle dépendante des milliards d’euros publics</a>) et, plus largement, les pratiques agricoles qui produisent sans engrais de synthèse, d’accompagner les transitions et de donner envie de s’installer. Car relever le défi d’une véritable souveraineté alimentaire ne pourra se faire dans un contexte de précarité économique et sociale des agricultrices et agriculteurs.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Engrais-GNR-La-guerre-au-Moyen-Orient-rappelle-la-fragilite-du-modele-agricole-dominant</link>
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      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[La guerre au Moyen-Orient rappelle la fragilité du modèle agricole dominant]]></title>
      <description><![CDATA[<p>+ 40 %. Soit 400 euros de plus pour 1000 litres par rapport au prix habituel du gazole agricole (GNR, qui bénéficie d’exemption de taxes). Voilà le montant qui s’est affiché, le 7 mars, sur la facture de Nicolas Clair, éleveur de la plaine du Forez, dans la Loire.</p><div class="spip_document_22596 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="95" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2970140405 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295481 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295481 1440w, local/adapt-img/959/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773063164 1918w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295481 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295481 1440w, local/adapt-img/959/20x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295481 1918w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295482 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295482 1080w, local/adapt-img/959/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295482 1439w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295482 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295482 1080w, local/adapt-img/959/15x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295482 1439w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295482 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773295483 720w, local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg@.webp?1773078773 959w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295419" width="959" height="1035" alt="Carte du détroit d'Ormuz (ou Hormuz)" aria-describedby="by22596-cf921f406a635176a068e346c5ca1bf3" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295483 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295483 720w, local/adapt-img/959/10x/IMG/jpg/detroit_ormuz.jpg?1773295419 959w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22596-cf921f406a635176a068e346c5ca1bf3">Carte du détroit d’Ormuz, au sud de l’Iran.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> Kilyann Le Hen via <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/Strait_of_Hormuz#/media/File:Strait_of_hormuz_full.jpg" class="spip_out" rel="external">Wikimedia commons</a>
</figcaption></figure></div><p>Ces hausses brutales des prix du gazole agricole ont été observées un peu partout dans l’Hexagone ces derniers jours. L’inquiétude gagne le monde agricole car le gazole représente entre 5 à 10 % des charges des exploitations. Les regards sont aussi rivés sur les engrais, dont les prix s’envolent, alors qu’ils constituent de 10 à 20 % des charges.</p><p>La cause de ces hausses ? La fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz depuis le 28 février, en réponse aux attaques des États-Unis et d’Israël. C’est par ce détroit, situé au large de la côte sud de l’Iran, que circulent bon nombre de marchandises, ainsi qu’un cinquième du pétrole brut et du gaz transportés dans le monde par voie maritime. La guerre au Moyen-Orient vient ainsi rappeler les fragilités du système alimentaire mondial, dépendant des énergies fossiles.</p><h2 class="spip" id="Dependance-au-petrole-et-au-gaz">Dépendance au pétrole et au gaz</h2><p>Les engrais de synthèse constituent une préoccupation majeure. Entre un quart et un tiers du commerce mondial des matières premières utilisées dans la fabrication des engrais transite par ce détroit, souligne <a href="https://www.theguardian.com/business/2026/mar/05/big-burden-for-farmers-gulf-shipping-crisis-threatens-food-price-shock" class="spip_out" rel="external">le quotidien britannique <em>The Guardian</em></a>. C’est notamment le cas de l’ammoniac et de l’azote, deux composants essentiels de nombreux engrais de synthèse.</p><div class="spip_document_22366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="165" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/sophie_chapelle-2-3-2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2351129956 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457014 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457057 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768293894 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461117 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459446 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459227 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457491 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768458440 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768305019 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22366-5558a9a587ef9f90bb1d1b61122fa83f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457187 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22366-5558a9a587ef9f90bb1d1b61122fa83f">Voici l’édito de notre newsletter « On en Agro ! », par Sophie Chapelle. Pour la découvrir en intégralité et pour la recevoir gratuitement, <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">c’est par là</a>.
</figcaption></figure></div><p>Le gaz fossile représente également entre 60 % et 80 % du coût de production des engrais azotés. Or, plusieurs usines dans le golfe Persique ont été fermées ces derniers jours. Le Qatar a ainsi fermé Ras Laffan, <a href="https://www.transitionsenergies.com/gnl-qatar-remettre-en-marche-installations-prendra-semaines/" class="spip_out" rel="external">le plus grand centre industriel de production de GNL</a> (gaz naturel liquéfié) après une attaque de drones.</p><p>Le conflit actuel pourrait aussi avoir un impact énorme sur la production d’urée – l’un des engrais les plus plébiscités au monde – qui se fait avant tout à l’aide de gaz naturel, abondant dans les pays du Golfe. L’Iran est le quatrième exportateur mondial d’urée. Et, comme plus d’un tiers (35 %) des exportations mondiales d’urée transitent par le détroit d’Ormuz, le prix de ces engrais est passé de <a href="https://www.reussir.fr/grandes-cultures/prix-des-engrais-la-guerre-iran-israel-usa-provoque-une-hausse-du-prix-de-luree" class="spip_out" rel="external">505 à 580 euros la tonne depuis fin février</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Sortir-de-la-dependance-aux-engrais-chimiques">Sortir de la dépendance aux engrais chimiques</h2><p>Le modèle agricole dominant est un colosse aux pieds d’argile. Environ la moitié de la production alimentaire mondiale dépend de l’azote synthétique. Sans ces engrais, les rendements chuteraient fortement, souligne <em>The Guardian</em>. <em>« Les pénuries qui en résulteraient feraient grimper les prix des produits de base, tels que le pain, les pâtes et les pommes de terre, et rendraient l’alimentation animale plus coûteuse »</em>, ajoute le quotidien britannique.</p><p>La sécurité alimentaire de la France est <em>« à la merci des aléas mondiaux »</em>, alertait déjà l’organisation Les Amis de la Terre, dans un <a href="https://www.amisdelaterre.org/wp-content/uploads/2023/11/energies-fossiles-dans-nos-assiettes-vdef4-web.pdf" class="spip_out" rel="external">document publié en novembre 2023</a>. <a href="https://www.info.gouv.fr/upload/media/content/0001/09/7ae0f66dc755fa17e9a39eb6803da6e6f5310ba4.pdf" class="spip_out" rel="external">La France importe plus de 80 % de ses engrais</a>, constate aussi le gouvernement dans un rapport publié en mars 2024.</p><p>Une large part de ces engrais provient de pays hors de l’Union européenne. Cela crée une double dépendance, à la fois aux pays tiers et aux énergies fossiles, qui servent à fabriquer les engrais de synthèse. Le rapport du gouvernement observe également que certaines régions agricoles sont plus dépendantes aux engrais de synthèse, particulièrement celles en grandes cultures, comme les Hauts-de-France, où l’élevage tend à disparaître.</p><p>Cette situation met en lumière <em>« l’intérêt agronomique de la présence de l’élevage sur un territoire »</em>, ajoute ce rapport. Les déjections animales fournissent en effet de la matière organique, sous forme de fumier par exemple, qui constituent une ressource alternative aux engrais de synthèse. Or, ce sont les fermes d’élevage qui peinent le plus à trouver des repreneurs en France.</p><h2 class="spip" id="D-autres-pratiques-agricoles-possibles">D’autres pratiques agricoles possibles</h2><p>Bonne nouvelle : sortir l’agriculture de la dépendance aux engrais de synthèse est possible. L’agriculture biologique parvient précisément à se passer complètement des engrais chimiques – c’est d’ailleurs l’un de ses fondements.</p><p>De nombreuses études montrent qu’il est possible de nourrir l’Europe en quantité suffisante sans recours aux engrais chimiques, comme cet article de la <a href="https://www.nature.com/articles/s41467-017-01410-w" class="spip_out" rel="external">revue scientifique <em>Nature</em> en 2017</a>, le <a href="https://www.iddri.org/sites/default/files/PDF/Publications/Catalogue%20Iddri/Etude/201809-ST0918-tyfa_0.pdf" class="spip_out" rel="external">scénario « Ten Years For Agroecology in Europe » (Dix ans pour l’agroécologie en Europe) de l’Institut du développement durable et des relations internationales en 2018</a>, ou bien encore ces <a href="https://www.paris-centre.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/une-agriculture-biologique-pour-nourrir-leurope-en-2050#:~:text=Selon%20une%20%C3%A9tude%20men%C3%A9e%20par,envisag%C3%A9%20repose%20sur%20trois%20leviers" class="spip_out" rel="external">études du CNRS en 2021</a> et <a href="https://revue-sesame-inrae.fr/peut-on-se-passer-des-engrais-azotes-de-synthese/" class="spip_out" rel="external">en 2022</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien">De moins en moins de fermes, de plus en plus grandes (et le Mercosur n’arrange rien)</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/198db01ca332f4ecb8c7c6b62c170f-d297d.jpg?1765383188" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="une femme porte une pancarte &quot;Mercosur droit dans le mur&quot; avec un autocollant &quot;notre travail a un prix&quot;" /></aside><p>Il s’agit donc, à la fois, de soutenir financièrement l’agriculture biologique (comme c’est déjà le cas pour <a href="https://basta.media/Le-secteur-agroalimentaire-ses-pollutions-sa-malbouffe-sous-perfusion-argent-public" class="spip_in">l’agriculture conventionnelle dépendante des milliards d’euros publics</a>) et, plus largement, les pratiques agricoles qui produisent sans engrais de synthèse, d’accompagner les transitions et de donner envie de s’installer. Car relever le défi d’une véritable souveraineté alimentaire ne pourra se faire dans un contexte de précarité économique et sociale des agricultrices et agriculteurs.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Agriculture et alimentation : ce que peuvent faire les communes]]></title>
      <description><![CDATA[<p class="c-cartouche-chapo crayon article-chapo-10408 chapo surlignable">Protéger les terres et les sources d’eau, approvisionner les cantines avec des aliments bio et locaux, sont autant de leviers entre les mains des équipes municipales. Basta! vous emmène en Loire-Atlantique et en Charente-Maritime où les mairies agissent pour protéger leurs habitant·es des pesticides et installer un maximum de paysan·nes. Ce qui ne plait pas à tout le monde.</p><div class="c-cartouche-credits d-flex justify-content-between border-top"><div class="c-cartouche-tools"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=agriculture-et-alimentation-ce-que-peuvent-faire-les-communes?var_fav=article-10408" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 11 Mar 2026 12:28:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Je n'imaginais pas que ce serait aussi exigeant » : cinq novices en politique racontent leur mandat]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La France compte près de 460 000 conseillères et conseillers municipaux, parmi lesquels nombre ne sont pas forcément membres d’une formation politique. Ils et elles ont choisi de consacrer une partie de leur temps à l’intérêt général et de contribuer à faire vivre la démocratie locale, souvent dans l’ombre du maire. Nous nous sommes rendus dans la ville d’Auray (Morbihan), 15 000 habitants, où une liste citoyenne l’a emporté en 2020, avec une grande promesse : oui, il est encore possible de faire de la politique autrement. Pour quels résultats et quels enseignements, six ans plus tard ? Cinq « novices » en politique, toutes et tous élus d’Auray et en charge de différents dossiers, racontent ici leur toute première expérience d’élu et dressent le bilan de leur mandat.</p><p><strong>« L’expérience d’élu est fascinante, je n’imaginais pas que ce serait aussi exigeant »,</strong></p><p>Gurvan Nicol, 49 ans, libraire</p><div class="spip_document_22588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="112" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/0d/515fca83914b449aaf12ac1b7201bb.jpg?1772808187" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22588-05d9eb7d3d0fecd58b48cebe5fdd866a" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22588-05d9eb7d3d0fecd58b48cebe5fdd866a">Gurvan Nicol, 49 ans, est libraire et conseiller municipal délégué à la valorisation de la langue bretonne.
DR
</figcaption></figure></div><p>À l’origine, je n’étais pas très chaud pour m’engager dans cette aventure, en 2020. Venant d’un milieu plutôt anar, la rigidité des institutions ne m’inspirait rien de bon. Et puis, en tant qu’indépendantiste breton convaincu, ça n’allait pas de soi de devenir un élu de la République française ! Mais le programme que l’on proposait, avec un vrai volet social, et la détestation de la droite au pouvoir, ont fini par me convaincre – nécessité fait loi, comme on dit. Notre fonctionnement, très collectif et horizontal, également : si nous avions opté pour un modèle de gouvernance classique, je crois que j’aurais vite tourné les talons…</p><p>Au contraire, nous nous sommes inspirés des modèles de sociocratie pour prendre, tous ensemble et au consentement, toutes les grandes décisions qui nous engageaient politiquement. Et, la plupart du temps, ça a très bien marché. Je me souviens d’une fois où, sur la question des feux d’artifice du 14 juillet – est-ce qu’on continue, est-ce qu’on arrête ? –, on s’est résolu à un vote, en désespoir de cause, en l’absence de consensus (au final, on organise ce feu d’artifice une fois tous les deux ans). Aujourd’hui, quand je regarde ce que l’on a fait, par exemple sur nos politiques de logement – avec le déploiement du BRS <em>[<a href="https://www.actionlogement.fr/guides/acheter-un-bien-immobilier/comprendre-bail-reel-solidaire" class="spip_out" rel="external">bail réel solidaire</a>, qui permet à des familles aux revenus modestes d’accéder à la propriété, ndlr]</em> ou <a href="https://basta.media/logement-alerte-villes-fantomes">la législation anti-Airbnb notamment</a> – je me dis qu’il n’y a rien que je renie.</p><p>L’expérience d’élu est fascinante, je n’imaginais pas que ce serait aussi exigeant, il y a tellement de choses à gérer, avec des réunions tout le temps : il faut visiter les équipements municipaux, assister aux conseils d’administration, etc. Et cela ne m’a pas forcément rassuré sur le niveau de dépolitisation de nos concitoyens : les intérêts individuels priment très souvent sur le bien commun, les administrés veulent tout, tout de suite, se révélant souvent d’une grande mauvaise foi… Tu froisses du monde en permanence, c’est très ingrat. Pourquoi vouloir prolonger l’aventure, alors ? Pareil, je me suis beaucoup questionné, cela n’allait pas de soi, j’étais résolument pour le mandat unique au départ. Mais nous ne sommes pas tant à repartir sur un nouveau mandat, seul un tiers de l’équipe actuelle se représente, au final. Et je pense qu’il est utile de ne pas repartir complètement de zéro… là encore, nécessité fait loi.</p><p><strong>« Dans le contexte politique actuel, je suis fière de nos avancées concrètes »</strong>,<br class="autobr" />
Marie Le Crom, 40 ans, enseignante</p><div class="spip_document_22592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="176" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/20/6db6039afc0f17bf3be0ab50b36231.jpg?1773051910" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22592-a98aa8334d1e86b644bf35d7467bbe1f" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22592-a98aa8334d1e86b644bf35d7467bbe1f">Marie Le Crom, 40 ans, enseignante spécialisée en école primaire, est 1<sup class="typo_exposants">re</sup> adjointe à la démocratie participative, à la politique de la ville, et à l’égalité femmes-hommes.
DR
</figcaption></figure></div><p>Personnellement, j’ai pris la décision de ne pas me représenter, notamment pour des raisons professionnelles. Je viens de prendre un nouveau poste, et la fonction d’élu prend énormément de temps, ce qui oblige à mettre sa carrière un peu de côté – à Auray, tous les adjoints se sont ainsi engagés à passer à temps partiel. Et je ne veux pas non plus devenir une professionnelle de la politique, c’est important de garder un métier à côté, de prendre soin de sa vie de famille, etc.</p><p>Pour autant, je me prépare à vivre ce choix comme un deuil, tant cette expérience fut riche et intense. Pour moi, ce fut d’abord une aventure humaine extrêmement forte, et fondatrice. L’histoire d’un groupe de 24 personnes <em>[nombre d’élus de la majorité, ndlr]</em> qui ont appris à vivre ensemble et à prendre des décisions importantes pendant six ans. Au départ, on était seulement reliés par un ensemble de valeurs qu’on partage en commun, et par une même envie de faire bouger les choses dans le bon sens, sans qu’il existe entre nous de relations hiérarchiques, familiales ni même forcément amicales – même si, évidemment, au bout d’un moment, des liens plus forts peuvent se construire. C’est assez inédit, je n’ai pas souvenir d’autres expériences collectives équivalentes.</p><p>On s’est parfois engueulé, et parfois même fort, mais on a toujours continué à se voir trois à quatre fois par semaine, et à grandir ensemble sur tout un tas de sujets. Tout le monde est monté en compétences. Quand on parle du pouvoir municipal, on pense souvent à la personne avec l’écharpe, à la tête de la commune, mais nous, nous avons vraiment tenu à construire ce mandat en équipe. Cela a parfois bousculé les services municipaux, qui étaient habitués à ce que la décision vienne plus vite, et de façon beaucoup plus descendante.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Pouvoir inscrire son gamin au club de foot parce que cela ne coûtera pas plus de dix euros par an, c’est très significatif pour certaines familles ! »</p>
</aside><p>En fait, cela interroge plus largement sur la posture de l’élu. Je crois qu’il y a un certain dévoiement à ce sujet : les élus sont là pour donner des orientations politiques et faire vivre un collectif d’agents municipaux <em>[350 au total, à Auray, pour 15 000 habitants, ndlr]</em>, mais pas pour trouver des solutions techniques à tous les problèmes que l’on nous fait remonter au quotidien dans la rue ! Ça, c’est précisément le rôle des services techniques de la ville. Et puis, l’échelon municipal est intéressant dans la mesure où il offre un certain poids politique. Il permet de mener des projets qui touchent directement les gens au quotidien, avec des résultats concrets.</p><p>Je pense au centre social que l’on a monté, ou à ce qu’on a pu mettre en place comme tarification des services de la ville, sur les pratiques sportives et culturelles, par exemple : pouvoir inscrire son gamin au club de foot parce que la licence ne leur coûtera pas plus que dix euros par an, c’est très significatif pour certaines familles ! Les gens ont besoin qu’on prenne en compte leurs difficultés, et elles sont souvent d’abord financières.</p><p>Je suis aussi très fière de ce qu’on a fait sur la question des violences faites aux femmes : on a pu ouvrir, en collaboration avec les services de l’État, des logements pour les femmes victimes de violence, avec des prises en charge financières et psychologiques. Et on a accompagné la création d’un collectif d’associations qui anime toute une semaine d’événements sur le sujet, avec du public qui vient de partout en Bretagne. Je suis très heureuse d’avoir pu créer les conditions pour que tout le monde continue à travailler ensemble sur un tel sujet. Dans le contexte politique actuel, ce sont des avancées très concrètes, et très importantes.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>« Quand les habitants viennent te voir, c’est rarement pour te féliciter, il faut y être préparé »</strong>, Stéphane Renault, 48 ans, chargé d’études en aménagement urbain</p><div class="spip_document_22593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="139" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/43/bd29a69740dd0b494303a7961d0ce9.jpg?1773052501" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22593-868eabae65d8b5c293bb6eac356ecf48" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22593-868eabae65d8b5c293bb6eac356ecf48">Stéphane Renault, 48 ans, chargé d’études en aménagement urbain, est 8<sup class="typo_exposants">e</sup> adjoint délégué au cadre de vie et à la transition écologique.
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</figcaption></figure></div><p>Quand les habitants viennent te voir, c’est rarement pour te féliciter, et il faut y être préparé, parce que ce n’est pas toujours facile. On nous dit souvent : « Il n’y a qu’à faire ! » Ok, mais c’est souvent bien plus long et compliqué qu’on ne veut bien le croire, tout ne se fait pas comme ça du jour au lendemain... La municipalité n’est pas toute seule. Les moyens et les compétences sont de plus en plus du côté des intercommunalités, aujourd’hui. Et le temps de la commande publique n’est pas le même selon qu’on agit à l’échelle municipale ou à l’échelle intercommunale, ce qui est parfois difficile à faire comprendre. Il faut savoir composer avec les communes voisines, avec d’autres majorités politiques et ancrées sur des territoires différents. Cela apprend le sens du compromis – à la fois entre nous, au sein de notre majorité, mais aussi, et surtout, avec toutes les communes voisines qui deviennent de fait des partenaires.</p><p>Sur les 24 municipalités que regroupe la communauté de communes AQTA (Auray Quiberon Terre Atlantique), il n’y en avait que trois ou quatre avec une majorité marquée à gauche, ce qui ne nous a pas empêchés de très bien travailler ensemble. Le CLS <em>[contrat local de santé, qui a pour but d’adapter les politiques de santé nationales aux territoires, ndlr]</em>, la mise en place de pistes cyclables, l’épicerie sociale et solidaire : tous ces projets ont été montés et portés avec la communauté de communes. De même que le réseau de chaleur urbain, alimenté par une chaudière biomasse : c’est un projet de souveraineté énergétique qui nous tenait à cœur, mais que nous n’aurions jamais eu les moyens financiers de mettre en place seuls – un kilomètre de réseau, ça coûte 2 millions d’euros… On a donc monté une SPL, une société publique locale, pour porter le développement de ce projet qui devrait alimenter près de la moitié des communes de l’interco, à terme.</p><p>La complexité du millefeuille administratif s’illustre dans tous ces acronymes et tous ces sigles qu’il faut apprendre à maîtriser – le Scot, le Sage, etc. Cela nécessite un temps d’adaptation. C’est aussi pour ça que je tiens à m’engager dans un second mandat, pour poursuivre tout le travail qui a été amorcé et pouvoir en percevoir le résultat effectif. Un premier mandat n’est pas de trop pour absorber et digérer toutes les connaissances que mobilise une fonction d’élu !</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/faire-deliberer-les-citoyens-est-une-maniere-de-lutter-contre-derives-autoritaristes-fascistes-Tristant-Rechid">« Faire délibérer les citoyens est une manière de lutter contre les dérives autoritaristes et fascistes »</a></aside><p><strong>« La gouvernance, ça se cultive, il faut en parler, comme dans un couple ! »</strong>,<br class="autobr" />
Adeline Agueneau, 43 ans, architecte</p><div class="spip_document_22594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="97" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/96/0e3200235a56e910de72830f3e435f.jpg?1773053169" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22594-8913d71e7c74f305fb952a0d6335dd4f" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22594-8913d71e7c74f305fb952a0d6335dd4f">Adeline Agueneau, 43 ans, est architecte et conseillère municipale déléguée aux tiers-lieux.
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</figcaption></figure></div><p>En fait, les citoyens se comportent souvent comme des consommateurs, ils sont très demandeurs de services. Mais ce n’est pas un dû, c’est quelque chose que l’on doit construire et financer ensemble. La collectivité, c’est eux ! Moi, au début du mandat, je ne pouvais plus aller au PMU sans me faire insulter ou entendre des réflexions, c’était assez pénible… Pour autant, je suis hyper fière de ce que l’on a pu mettre en place, notamment avec notre grand projet autour de l’alimentation, pour lequel on a monté une ferme publique de maraîchage et construit une cuisine centrale pour les cantines scolaires. On a su articuler ces grands enjeux de santé et d’environnement avec de vraies politiques sociales, autour de l’inclusion et du handicap, en développant, par exemple, des dispositifs de soutien aux sans-abris et en travaillant sur les logements d’urgence.</p><p>Quand je me suis lancée dans cette aventure, je n’avais pas d’attentes particulières en matière de gouvernance, je n’y étais pas spécialement formée et je ne voyais pas non plus le conseil municipal comme un lieu propice à ce genre d’expérimentation... Et pourtant, je me suis vite prise au jeu. C’est devenu un sujet qui m’anime énormément dans ma vie de tous les jours. Aujourd’hui, je regrette presque que l’on n’ait pas su pousser plus loin encore cette exigence. C’est un vrai combat à mener, car toute la société te pousse à revenir dans des formes de verticalité, avec une sorte de « pyramidalisation » très hiérarchique.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Je suis hyper fière de ce que l’on a pu mettre en place, notamment avec notre grand projet autour de l’alimentation »</p>
</aside><p>Six ans de mandat, c’est long : à l’usure, nous n’avons peut-être pas été assez vigilants sur notre propre pratique, et à la fin, on se rend compte qu’il y a des voix – souvent masculines – qui s’imposent plus que d’autres, comme dans tout groupe humain… La gouvernance, ça se cultive, il faut en parler, comme dans un couple ! Aujourd’hui, je suis un peu déçue de cela, je ressens moins de stimulation dans l’élan collectif de départ et je suis sûrement moins encline à supporter tous les sacrifices que demande une fonction d’élue. Car c’est tout de même beaucoup de temps pris sur nos vies personnelles, familiales, amicales et professionnelles !</p><p><strong>« Je considère que chaque citoyen devrait se trouver en posture d’élu, au moins une fois dans sa vie »</strong>, Jean-François Guillemet, 43 ans, formateur</p><div class="spip_document_22595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="161" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/6c/6b3ccc8ee5152c72428884f4ea2665.jpg?1773053169" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22595-010712a971ae4c1ab5b79966c4a557a6" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22595-010712a971ae4c1ab5b79966c4a557a6">Jean-François Guillemet, 43 ans, formateur au Crij (Centre régional information jeunesse) de Bretagne, est 2<sup class="typo_exposants">e</sup> adjoint délégué aux cultures et au patrimoine.
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</figcaption></figure></div><p>Moi non plus, je ne repars pas. C’est d’ailleurs plus facile en tant qu’homme, puisqu’on est sûr de trouver des remplaçants… Il faudra quand même s’interroger collectivement sur ce constat que la majorité des hommes souhaitent faire un deuxième mandat, quand la majorité des femmes souhaitent s’arrêter. En démocratie, il me semble important de savoir laisser la place. C’est une façon de tester les projets qu’on a initiés, et de voir ce que cela donne quand c’est piloté par d’autres personnes. Et puis, c’est le fondement même de notre démarche, depuis le début : montrer qu’une municipalité peut fonctionner autrement et que les 33 élus du conseil municipal n’ont pas vocation à confisquer le pouvoir pendant six ans.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On est devenu l’une des premières communes de France à adopter une tarification au coefficient familial pour les places de spectacle »</p>
</aside><p>C’était notre mantra, « faire avec » plutôt que « faire pour ». À la délégation culture, on a appliqué ça à différents chantiers, comme la programmation de notre grand centre culturel. Avant, c’était le programmateur de la ville qui choisissait l’exposition annuelle ; maintenant, il est accompagné d’un jury composé d’habitants tirés au sort et d’artistes qui y ont déjà exposé. Cela change la nature des expositions choisies. On a aussi revu la politique tarifaire des salles de spectacle, en concertation avec un groupe d’habitants. C’est comme ça qu’on est devenu l’une des premières communes de France à adopter une tarification au coefficient familial pour les places de spectacle, parce qu’on s’est rendu compte que les tarifs classiques ne garantissaient pas toujours la meilleure équité – une famille monoparentale qui gagne le Smic n’avait le droit à aucune réduction alors qu’elle peut parfois gagner bien moins qu’un chômeur !</p><p>En partant du besoin de garder la même assiette de recettes pour la ville, on a donc cherché à proposer une tarification plus juste, qui favorise l’accessibilité à certaines catégories de population. Après, il y a toujours l’épreuve du réel : en tant qu’élu, on arrive avec nos grandes idées – et tant mieux, il le faut – mais, parfois, les agents nous rappellent à la technicité des dossiers, à ce qu’il est concrètement possible de faire ou pas. Sur cette politique tarifaire, par exemple, on a bien été obligé de s’arrêter sur un certain nombre de tranches, avec les limites que cela comporte, parce qu’on ne pouvait pas sortir 800 tarifs différents pour les 800 spectateurs, le logiciel ne sait pas faire ça…</p><p>En fait, pour le dire simplement, on ne peut pas appliquer les méthodes d’éducation populaire à toutes les politiques publiques, tout le temps. C’est une tout autre posture professionnelle pour les agents que de construire la décision avec les habitants, cela chamboule les pratiques. C’est plus enrichissant mais c’est aussi bien plus chronophage, et il faut bien que la machine continue de tourner, par ailleurs. Tout ce qu’on a mis en place n’est certainement pas parfait, mais je crois qu’on l’a fait avec la plus grande sincérité, et avec les moyens et les compétences dont on disposait à Auray. C’est précisément pour se confronter à cette épreuve du réel que je considère que chaque citoyen devrait se trouver en posture d’élu, au moins une fois dans sa vie.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/https-basta-media-je-n-imaginais-pas-que-ce-serait-aussi-exigeant-cinq-novices-en-politique-racontent-leur-mandat-municipales</link>
      <guid>https://basta.media/https-basta-media-je-n-imaginais-pas-que-ce-serait-aussi-exigeant-cinq-novices-en-politique-racontent-leur-mandat-municipales</guid>
      <pubDate>Wed, 11 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« En démocratie, il est important de savoir laisser la place » : des élus « citoyens » racontent leur mandat]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La France compte près de 460 000 conseillères et conseillers municipaux, parmi lesquels nombre ne sont pas forcément membres d’une formation politique. Ils et elles ont choisi de consacrer une partie de leur temps à l’intérêt général et de contribuer à faire vivre la démocratie locale, souvent dans l’ombre du maire. Nous nous sommes rendus dans la ville d’Auray (Morbihan), 15 000 habitants, où une liste citoyenne l’a emporté en 2020, avec une grande promesse : oui, il est encore possible de faire de la politique autrement. Pour quels résultats et quels enseignements, six ans plus tard ? Cinq « novices » en politique, toutes et tous élus d’Auray et en charge de différents dossiers, racontent ici leur toute première expérience d’élu et dressent le bilan de leur mandat.</p><p><strong>« L’expérience d’élu est fascinante, je n’imaginais pas que ce serait aussi exigeant »,</strong></p><p>Gurvan Nicol, 49 ans, libraire</p><div class="spip_document_22588 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="112" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/0d/515fca83914b449aaf12ac1b7201bb.jpg?1772808187" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22588-7bb7ac497ffb76589a81e4a89df5a2a4" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22588-7bb7ac497ffb76589a81e4a89df5a2a4">Gurvan Nicol, 49 ans, est libraire et conseiller municipal délégué à la valorisation de la langue bretonne.
DR
</figcaption></figure></div><p>À l’origine, je n’étais pas très chaud pour m’engager dans cette aventure, en 2020. Venant d’un milieu plutôt anar, la rigidité des institutions ne m’inspirait rien de bon. Et puis, en tant qu’indépendantiste breton convaincu, ça n’allait pas de soi de devenir un élu de la République française ! Mais le programme que l’on proposait, avec un vrai volet social, et la détestation de la droite au pouvoir, ont fini par me convaincre – nécessité fait loi, comme on dit. Notre fonctionnement, très collectif et horizontal, également : si nous avions opté pour un modèle de gouvernance classique, je crois que j’aurais vite tourné les talons…</p><p>Au contraire, nous nous sommes inspirés des modèles de sociocratie pour prendre, tous ensemble et au consentement, toutes les grandes décisions qui nous engageaient politiquement. Et, la plupart du temps, ça a très bien marché. Je me souviens d’une fois où, sur la question des feux d’artifice du 14 juillet – est-ce qu’on continue, est-ce qu’on arrête ? –, on s’est résolu à un vote, en désespoir de cause, en l’absence de consensus (au final, on organise ce feu d’artifice une fois tous les deux ans). Aujourd’hui, quand je regarde ce que l’on a fait, par exemple sur nos politiques de logement – avec le déploiement du BRS <em>[<a href="https://www.actionlogement.fr/guides/acheter-un-bien-immobilier/comprendre-bail-reel-solidaire" class="spip_out" rel="external">bail réel solidaire</a>, qui permet à des familles aux revenus modestes d’accéder à la propriété, ndlr]</em> ou <a href="https://basta.media/logement-alerte-villes-fantomes">la législation anti-Airbnb notamment</a> – je me dis qu’il n’y a rien que je renie.</p><p>L’expérience d’élu est fascinante, je n’imaginais pas que ce serait aussi exigeant, il y a tellement de choses à gérer, avec des réunions tout le temps : il faut visiter les équipements municipaux, assister aux conseils d’administration, etc. Et cela ne m’a pas forcément rassuré sur le niveau de dépolitisation de nos concitoyens : les intérêts individuels priment très souvent sur le bien commun, les administrés veulent tout, tout de suite, se révélant souvent d’une grande mauvaise foi… Tu froisses du monde en permanence, c’est très ingrat. Pourquoi vouloir prolonger l’aventure, alors ? Pareil, je me suis beaucoup questionné, cela n’allait pas de soi, j’étais résolument pour le mandat unique au départ. Mais nous ne sommes pas tant à repartir sur un nouveau mandat, seul un tiers de l’équipe actuelle se représente, au final. Et je pense qu’il est utile de ne pas repartir complètement de zéro… là encore, nécessité fait loi.</p><p><strong>« Dans le contexte politique actuel, je suis fière de nos avancées concrètes »</strong>,<br class="autobr" />
Marie Le Crom, 40 ans, enseignante</p><div class="spip_document_22592 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="176" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/20/6db6039afc0f17bf3be0ab50b36231.jpg?1773051910" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22592-284b63f6dc75ee9ab4712742be98dc88" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22592-284b63f6dc75ee9ab4712742be98dc88">Marie Le Crom, 40 ans, enseignante spécialisée en école primaire, est 1<sup class="typo_exposants">re</sup> adjointe à la démocratie participative, à la politique de la ville, et à l’égalité femmes-hommes.
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</figcaption></figure></div><p>Personnellement, j’ai pris la décision de ne pas me représenter, notamment pour des raisons professionnelles. Je viens de prendre un nouveau poste, et la fonction d’élu prend énormément de temps, ce qui oblige à mettre sa carrière un peu de côté – à Auray, tous les adjoints se sont ainsi engagés à passer à temps partiel. Et je ne veux pas non plus devenir une professionnelle de la politique, c’est important de garder un métier à côté, de prendre soin de sa vie de famille, etc.</p><p>Pour autant, je me prépare à vivre ce choix comme un deuil, tant cette expérience fut riche et intense. Pour moi, ce fut d’abord une aventure humaine extrêmement forte, et fondatrice. L’histoire d’un groupe de 24 personnes <em>[nombre d’élus de la majorité, ndlr]</em> qui ont appris à vivre ensemble et à prendre des décisions importantes pendant six ans. Au départ, on était seulement reliés par un ensemble de valeurs qu’on partage en commun, et par une même envie de faire bouger les choses dans le bon sens, sans qu’il existe entre nous de relations hiérarchiques, familiales ni même forcément amicales – même si, évidemment, au bout d’un moment, des liens plus forts peuvent se construire. C’est assez inédit, je n’ai pas souvenir d’autres expériences collectives équivalentes.</p><p>On s’est parfois engueulé, et parfois même fort, mais on a toujours continué à se voir trois à quatre fois par semaine, et à grandir ensemble sur tout un tas de sujets. Tout le monde est monté en compétences. Quand on parle du pouvoir municipal, on pense souvent à la personne avec l’écharpe, à la tête de la commune, mais nous, nous avons vraiment tenu à construire ce mandat en équipe. Cela a parfois bousculé les services municipaux, qui étaient habitués à ce que la décision vienne plus vite, et de façon beaucoup plus descendante.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Pouvoir inscrire son gamin au club de foot parce que cela ne coûtera pas plus de dix euros par an, c’est très significatif pour certaines familles ! »</p>
</aside><p>En fait, cela interroge plus largement sur la posture de l’élu. Je crois qu’il y a un certain dévoiement à ce sujet : les élus sont là pour donner des orientations politiques et faire vivre un collectif d’agents municipaux <em>[350 au total, à Auray, pour 15 000 habitants, ndlr]</em>, mais pas pour trouver des solutions techniques à tous les problèmes que l’on nous fait remonter au quotidien dans la rue ! Ça, c’est précisément le rôle des services techniques de la ville. Et puis, l’échelon municipal est intéressant dans la mesure où il offre un certain poids politique. Il permet de mener des projets qui touchent directement les gens au quotidien, avec des résultats concrets.</p><p>Je pense au centre social que l’on a monté, ou à ce qu’on a pu mettre en place comme tarification des services de la ville, sur les pratiques sportives et culturelles, par exemple : pouvoir inscrire son gamin au club de foot parce que la licence ne leur coûtera pas plus que dix euros par an, c’est très significatif pour certaines familles ! Les gens ont besoin qu’on prenne en compte leurs difficultés, et elles sont souvent d’abord financières.</p><p>Je suis aussi très fière de ce qu’on a fait sur la question des violences faites aux femmes : on a pu ouvrir, en collaboration avec les services de l’État, des logements pour les femmes victimes de violence, avec des prises en charge financières et psychologiques. Et on a accompagné la création d’un collectif d’associations qui anime toute une semaine d’événements sur le sujet, avec du public qui vient de partout en Bretagne. Je suis très heureuse d’avoir pu créer les conditions pour que tout le monde continue à travailler ensemble sur un tel sujet. Dans le contexte politique actuel, ce sont des avancées très concrètes, et très importantes.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>« Quand les habitants viennent te voir, c’est rarement pour te féliciter, il faut y être préparé »</strong>, Stéphane Renault, 48 ans, chargé d’études en aménagement urbain</p><div class="spip_document_22593 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="139" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/43/bd29a69740dd0b494303a7961d0ce9.jpg?1773052501" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22593-69b5b0d6072513f765ba2c9aafcfc003" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22593-69b5b0d6072513f765ba2c9aafcfc003">Stéphane Renault, 48 ans, chargé d’études en aménagement urbain, est 8<sup class="typo_exposants">e</sup> adjoint délégué au cadre de vie et à la transition écologique.
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</figcaption></figure></div><p>Quand les habitants viennent te voir, c’est rarement pour te féliciter, et il faut y être préparé, parce que ce n’est pas toujours facile. On nous dit souvent : « Il n’y a qu’à faire ! » Ok, mais c’est souvent bien plus long et compliqué qu’on ne veut bien le croire, tout ne se fait pas comme ça du jour au lendemain... La municipalité n’est pas toute seule. Les moyens et les compétences sont de plus en plus du côté des intercommunalités, aujourd’hui. Et le temps de la commande publique n’est pas le même selon qu’on agit à l’échelle municipale ou à l’échelle intercommunale, ce qui est parfois difficile à faire comprendre. Il faut savoir composer avec les communes voisines, avec d’autres majorités politiques et ancrées sur des territoires différents. Cela apprend le sens du compromis – à la fois entre nous, au sein de notre majorité, mais aussi, et surtout, avec toutes les communes voisines qui deviennent de fait des partenaires.</p><p>Sur les 24 municipalités que regroupe la communauté de communes AQTA (Auray Quiberon Terre Atlantique), il n’y en avait que trois ou quatre avec une majorité marquée à gauche, ce qui ne nous a pas empêchés de très bien travailler ensemble. Le CLS <em>[contrat local de santé, qui a pour but d’adapter les politiques de santé nationales aux territoires, ndlr]</em>, la mise en place de pistes cyclables, l’épicerie sociale et solidaire : tous ces projets ont été montés et portés avec la communauté de communes. De même que le réseau de chaleur urbain, alimenté par une chaudière biomasse : c’est un projet de souveraineté énergétique qui nous tenait à cœur, mais que nous n’aurions jamais eu les moyens financiers de mettre en place seuls – un kilomètre de réseau, ça coûte 2 millions d’euros… On a donc monté une SPL, une société publique locale, pour porter le développement de ce projet qui devrait alimenter près de la moitié des communes de l’interco, à terme.</p><p>La complexité du millefeuille administratif s’illustre dans tous ces acronymes et tous ces sigles qu’il faut apprendre à maîtriser – le Scot, le Sage, etc. Cela nécessite un temps d’adaptation. C’est aussi pour ça que je tiens à m’engager dans un second mandat, pour poursuivre tout le travail qui a été amorcé et pouvoir en percevoir le résultat effectif. Un premier mandat n’est pas de trop pour absorber et digérer toutes les connaissances que mobilise une fonction d’élu !</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/faire-deliberer-les-citoyens-est-une-maniere-de-lutter-contre-derives-autoritaristes-fascistes-Tristant-Rechid">« Faire délibérer les citoyens est une manière de lutter contre les dérives autoritaristes et fascistes »</a></aside><p><strong>« La gouvernance, ça se cultive, il faut en parler, comme dans un couple ! »</strong>,<br class="autobr" />
Adeline Agueneau, 43 ans, architecte</p><div class="spip_document_22594 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="97" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/96/0e3200235a56e910de72830f3e435f.jpg?1773053169" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22594-9a2080158497fd61a5f4b359801b13a2" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22594-9a2080158497fd61a5f4b359801b13a2">Adeline Agueneau, 43 ans, est architecte et conseillère municipale déléguée aux tiers-lieux.
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</figcaption></figure></div><p>En fait, les citoyens se comportent souvent comme des consommateurs, ils sont très demandeurs de services. Mais ce n’est pas un dû, c’est quelque chose que l’on doit construire et financer ensemble. La collectivité, c’est eux ! Moi, au début du mandat, je ne pouvais plus aller au PMU sans me faire insulter ou entendre des réflexions, c’était assez pénible… Pour autant, je suis hyper fière de ce que l’on a pu mettre en place, notamment avec notre grand projet autour de l’alimentation, pour lequel on a monté une ferme publique de maraîchage et construit une cuisine centrale pour les cantines scolaires. On a su articuler ces grands enjeux de santé et d’environnement avec de vraies politiques sociales, autour de l’inclusion et du handicap, en développant, par exemple, des dispositifs de soutien aux sans-abris et en travaillant sur les logements d’urgence.</p><p>Quand je me suis lancée dans cette aventure, je n’avais pas d’attentes particulières en matière de gouvernance, je n’y étais pas spécialement formée et je ne voyais pas non plus le conseil municipal comme un lieu propice à ce genre d’expérimentation... Et pourtant, je me suis vite prise au jeu. C’est devenu un sujet qui m’anime énormément dans ma vie de tous les jours. Aujourd’hui, je regrette presque que l’on n’ait pas su pousser plus loin encore cette exigence. C’est un vrai combat à mener, car toute la société te pousse à revenir dans des formes de verticalité, avec une sorte de « pyramidalisation » très hiérarchique.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Je suis hyper fière de ce que l’on a pu mettre en place, notamment avec notre grand projet autour de l’alimentation »</p>
</aside><p>Six ans de mandat, c’est long : à l’usure, nous n’avons peut-être pas été assez vigilants sur notre propre pratique, et à la fin, on se rend compte qu’il y a des voix – souvent masculines – qui s’imposent plus que d’autres, comme dans tout groupe humain… La gouvernance, ça se cultive, il faut en parler, comme dans un couple ! Aujourd’hui, je suis un peu déçue de cela, je ressens moins de stimulation dans l’élan collectif de départ et je suis sûrement moins encline à supporter tous les sacrifices que demande une fonction d’élue. Car c’est tout de même beaucoup de temps pris sur nos vies personnelles, familiales, amicales et professionnelles !</p><p><strong>« Je considère que chaque citoyen devrait se trouver en posture d’élu, au moins une fois dans sa vie »</strong>, Jean-François Guillemet, 43 ans, formateur</p><div class="spip_document_22595 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="161" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/6c/6b3ccc8ee5152c72428884f4ea2665.jpg?1773053169" width="320" height="320" alt="" aria-describedby="by22595-85a01d6bf24421f66b55579f2b3c55bf" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22595-85a01d6bf24421f66b55579f2b3c55bf">Jean-François Guillemet, 43 ans, formateur au Crij (Centre régional information jeunesse) de Bretagne, est 2<sup class="typo_exposants">e</sup> adjoint délégué aux cultures et au patrimoine.
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</figcaption></figure></div><p>Moi non plus, je ne repars pas. C’est d’ailleurs plus facile en tant qu’homme, puisqu’on est sûr de trouver des remplaçants… Il faudra quand même s’interroger collectivement sur ce constat que la majorité des hommes souhaitent faire un deuxième mandat, quand la majorité des femmes souhaitent s’arrêter. En démocratie, il me semble important de savoir laisser la place. C’est une façon de tester les projets qu’on a initiés, et de voir ce que cela donne quand c’est piloté par d’autres personnes. Et puis, c’est le fondement même de notre démarche, depuis le début : montrer qu’une municipalité peut fonctionner autrement et que les 33 élus du conseil municipal n’ont pas vocation à confisquer le pouvoir pendant six ans.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On est devenu l’une des premières communes de France à adopter une tarification au coefficient familial pour les places de spectacle »</p>
</aside><p>C’était notre mantra, « faire avec » plutôt que « faire pour ». À la délégation culture, on a appliqué ça à différents chantiers, comme la programmation de notre grand centre culturel. Avant, c’était le programmateur de la ville qui choisissait l’exposition annuelle ; maintenant, il est accompagné d’un jury composé d’habitants tirés au sort et d’artistes qui y ont déjà exposé. Cela change la nature des expositions choisies. On a aussi revu la politique tarifaire des salles de spectacle, en concertation avec un groupe d’habitants. C’est comme ça qu’on est devenu l’une des premières communes de France à adopter une tarification au coefficient familial pour les places de spectacle, parce qu’on s’est rendu compte que les tarifs classiques ne garantissaient pas toujours la meilleure équité – une famille monoparentale qui gagne le Smic n’avait le droit à aucune réduction alors qu’elle peut parfois gagner bien moins qu’un chômeur !</p><p>En partant du besoin de garder la même assiette de recettes pour la ville, on a donc cherché à proposer une tarification plus juste, qui favorise l’accessibilité à certaines catégories de population. Après, il y a toujours l’épreuve du réel : en tant qu’élu, on arrive avec nos grandes idées – et tant mieux, il le faut – mais, parfois, les agents nous rappellent à la technicité des dossiers, à ce qu’il est concrètement possible de faire ou pas. Sur cette politique tarifaire, par exemple, on a bien été obligé de s’arrêter sur un certain nombre de tranches, avec les limites que cela comporte, parce qu’on ne pouvait pas sortir 800 tarifs différents pour les 800 spectateurs, le logiciel ne sait pas faire ça…</p><p>En fait, pour le dire simplement, on ne peut pas appliquer les méthodes d’éducation populaire à toutes les politiques publiques, tout le temps. C’est une tout autre posture professionnelle pour les agents que de construire la décision avec les habitants, cela chamboule les pratiques. C’est plus enrichissant mais c’est aussi bien plus chronophage, et il faut bien que la machine continue de tourner, par ailleurs. Tout ce qu’on a mis en place n’est certainement pas parfait, mais je crois qu’on l’a fait avec la plus grande sincérité, et avec les moyens et les compétences dont on disposait à Auray. C’est précisément pour se confronter à cette épreuve du réel que je considère que chaque citoyen devrait se trouver en posture d’élu, au moins une fois dans sa vie.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/En-democratie-il-est-important-de-savoir-laisser-la-place-des-elus-citoyens-racontent-leur-mandat</link>
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      <pubDate>Wed, 11 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Ces maires qui ont tenté de restreindre le droit de grève (en vain)]]></title>
      <description><![CDATA[<p>L’épaisse liasse de papier a été déposée au service juridique de la mairie de Toulouse. Fin décembre 2025, 850 agents municipaux adressent un recours à leur employeur, Jean-Luc Moudenc, maire de la ville (divers droite) et président de la métropole, pour qu’il leur verse des indemnités. Ils lui réclament 4 millions d’euros pour… les avoir <em>« empêchés de travailler »</em>. <em>« Si la mairie ne rembourse pas, il se peut que nous passions par le tribunal administratif »</em>, dit Elisa Rives, représentante syndicale de SUD-Collectivités territoriales en Haute-Garonne.</p><p>Cette situation cocasse a pourtant une cause très sérieuse. Depuis mars 2021, le directeur général des services de la ville a émis une note de service restreignant le droit, non pas de travailler, mais de faire grève. Cette dernière imposait aux agents un délai de prévenance de 48 heures et une journée complète de retenue sur salaire pour toute heure de grève posée. Environ 6000 agents municipaux travaillant dans les services jugés essentiels – écoles, crèches, restaurants pour seniors, cuisines centrales ou encore collecte des ordures ménagères – sont directement concernés. Soit la moitié du personnel de la mairie et de la métropole.</p><p><em>« Lorsque des agents de catégorie C</em>, [statut qui concerne la majorité de la fonction publique, qui exige le moins de diplômes, et donc est moins bien rémunéré, ndlr] <em>comme nous, font une journée de grève, ils perdent aux alentours de 70 €. Faire grève une heure, c’est seulement une dizaine d’euros. Cette note de service nous empêchait de bloquer la cantine du midi ou le goûter du soir en posant seulement une heure ou deux de grève. On perdait un vrai impact dans les négociations avec notre employeur »</em>, témoigne Benjamin, agent spécialisé des écoles maternelles (Atsem) à la mairie de Toulouse et syndiqué SUD. <em>« Pendant 4 ans, on a vraiment vu le nombre de grévistes décroître »</em>, abonde Elisa Rives.</p><p>La cour administrative d’appel de Toulouse <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/toulouse-depuis-4-ans-on-a-illegalement-limite-la-capacite-de-greve-des-agents-101525746" class="spip_out" rel="external">juge finalement cette note de service irrégulière</a> en octobre 2025. En cause : la collectivité n’a consulté ni les syndicats ni les élus municipaux avant d’émettre ladite note de service, comme le prévoit la loi. <em>« On s’est retrouvé avec des agents qui ont été obligés de ne pas travailler toute une journée alors qu’ils ne souhaitaient faire qu’une heure de grève. On demande donc à l’employeur de rembourser les heures pendant lesquelles les agents n’ont pas pu travailler par sa faute »</em>, explique Elisa Rives.</p><p>De son côté, la mairie de Toulouse n’a pas souhaité aller jusqu’au Conseil d’État pour contester la décision du tribunal administratif. Elle n’a pas non plus réagi aux 850 recours indemnitaires, préférant se faire discrète en cette période d’élections municipales.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Restreindre-le-droit-de-greve-dans-les-mairies-de-gauche">Restreindre le droit de grève... dans les mairies de gauche</h2><p>La démarche du syndicat SUD à Toulouse est, à notre connaissance, inédite. Contrairement aux notes de service restreignant le droit de grève qui, elles, se sont multipliées depuis 2019. À l’époque, la loi de transformation de la fonction publique, voulue par le gouvernement d’Édouard Philippe, est votée. Outre une harmonisation de la durée légale du travail dans les collectivités, qui aboutit bien souvent à son allongement, son article 56 permet aux élus des collectivités territoriales de limiter le droit de grève au nom de <em>« la continuité du service public »</em>.</p><p>Si les élus demeurent libres de s’en saisir ou non, plusieurs maires de grandes villes, tels que Grégory Doucet à Lyon (écologiste), Benoît Payan à Marseille (Printemps marseillais), Michaël Delafosse à Montpellier (PS) ou encore Jean-Luc Moudenc à Toulouse (divers droite), sautent sur l’occasion. Au centre de leur cible : les grèves d’une heure ou deux.</p><p><em>« Lorsque notre majorité commence son mandat à Lyon en 2020, on avait un lourd historique de désorganisation du service par les grèves d’une heure ou deux. En 2019-2020, 89 écoles sur 204 avaient connu au moins 3 semaines complètes de grève ou plus. Cela constituait un lourd dérangement pour les familles et, comme j’avais la continuité du service public à cœur, je ne pouvais pas m’en satisfaire »</em>, explique Laurent Bosetti, 4<sup class="typo_exposants">e</sup> adjoint à la ville de Lyon, en charge de la promotion des services publics. L’élu <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/mairie-de-lyon-petit-manuel-ecolo-pour-casser-une-greve-090110905" class="spip_out" rel="external">va jusqu’à parler de <em>« prise d’otage »</em></a> des familles pour évoquer ces grèves de quelques heures.</p><p>À la rentrée de septembre 2021, une large intersyndicale (CGT, SUD, Unsa, CFDT, CFTC, FO) appelle à la grève chez les agents de la municipalité lyonnaise pour s’opposer à la perte de trois jours de congés dans le cadre de la loi de 2019. Laurent Bosetti, alors membre de La France insoumise (il a récemment rejoint L’Après, un mouvement fondé par des élus et militants écartés par LFI) produit une note de service imposant un délai de prévenance de 48 heures et obligeant à faire grève du début à la fin de leur service.</p><p>Il faudra attendre décembre 2022 pour que le tribunal administratif de Lyon, saisi par la CGT, <a href="https://www.doctrine.fr/d/TA/Lyon/2022/TAF3CBDF8516B7A553BE94" class="spip_out" rel="external">casse</a>, comme à Toulouse, cette note de service que les magistrats jugent <em>« entachée d’incompétence »</em>. <a href="https://marseille.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/encadrement-du-droit-de-greve-dans-les-ecoles-et-les-creches-de-la-commune-de-marseille" class="spip_out" rel="external">Ce scénario se répète à Marseille</a> le 21 octobre 2022 et <a href="https://justice.pappers.fr/decision/041ade69025afe34c16435b5f229727ea52c5c5b" class="spip_out" rel="external">à Montpellier</a> le 31 octobre 2025.</p><p>Tous les tribunaux qui ont cassé les décisions de ces maires ont globalement mis en cause deux aspects. Premièrement, le non-respect du dialogue social avec les syndicats, pourtant obligatoire pendant un an, et qui doit être suivi d’une délibération du comité social territorial (CST), l’instance consultative des fonctionnaires territoriaux. Toutefois, si ces consultations sont obligatoires, l’avis des syndicats reste consultatif. Un maire peut toujours décider de faire voter en conseil municipal un texte unanimement rejeté par ces derniers. Deuxièmement, les tribunaux ont pointé du doigt la limitation du droit de grève à tous les agents des services concernés, <em>« indépendamment d’une appréciation de la possibilité d’un risque de désordre manifeste »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/rassemblement-a-henin-beaumont-pour-denoncer-la-repression-syndicale-de-la">Rassemblement à Hénin-Beaumont pour dénoncer la répression syndicale de la mairie RN</a></aside><h2 class="spip" id="Un-certain-autoritarisme">Un certain autoritarisme</h2><p>Les décisions des différents tribunaux administratifs soulignent ainsi une forme d’autoritarisme des maires employeurs, et ce, tous bords confondus. <em>« Au départ on se disait que c’était la droite, connue pour s’attaquer au droit de grève, qui allait le restreindre. Mon impression est que cela a plutôt été le cas. Mais on a aussi des contre-exemples de collectivités de droite qui n’y ont pas touché et de mairies de gauche qui se sont engouffrées dans la brèche »</em>, souligne Coline Barrois, membre du comité exécutif de la fédération CGT-Services publics.</p><p>Plus encore que la question de la couleur politique de la majorité municipale en place, la taille de la commune joue fortement dans le choix de restreindre ou non le droit de grève des agents. Dans les collectivités qui comptent moins de 50 agents, les comités sociaux territoriaux sont délocalisés dans des centres de gestion. <em>« Cela veut dire qu’il n’y a pas d’instance de représentation du personnel sur place. Si un directeur général des services établit une note restreignant le droit de grève, il est probable que les syndicats n’en entendent jamais parler. D’autant plus que certains informent simplement leurs agents par mail »</em>, explique Sylvie Assailly, secrétaire fédérale SUD-CT.</p><p>À l’inverse, certaines grandes villes comme Paris (PS), Nantes (PS), Bordeaux (Écologistes) ou encore Lille (PS) n’ont pas tenté de restreindre le droit de grève. <em>« Elles sont plus exposées, elles ne veulent pas forcément rentrer en conflit avec leurs agents, ce qui donnerait une mauvaise image »</em>, analyse Coline Barrois, de la CGT.</p><h2 class="spip" id="Et-dans-les-mairies-d-extreme-droite">Et dans les mairies d’extrême droite ?</h2><p>À Béziers, la restriction du droit de grève est <em>« une question de bon sens »</em>, <a href="https://www.bfmtv.com/politique/limitation-du-droit-de-greve-en-periode-de-vacances-scolaires-c-est-une-question-de-bon-sens-affirme-robert-menard_VN-202402180438.html" class="spip_out" rel="external">déclarait</a> Robert Ménard en 2024 sur le plateau de BFM TV. Dès janvier 2022, le maire d’extrême droite a émis une note de service empêchant les agents jugés essentiels de faire grève moins d’une journée. Celle-ci est toujours en vigueur, la CGT de la ville ne l’ayant attaqué au tribunal administratif qu’en février 2026. <em>« On ne doute pas que le tribunal administratif finira par la casser, mais sur un contentieux au fond, le délai d’audience est d’un an voire un an et demi »</em>, estime Régis Constants, avocat de la CGT à Béziers.</p><p>Les maires d’extrême droite n’ont pas nécessairement besoin de notes de service pour décourager les grévistes. À Perpignan, ville dirigée par Louis Aliot (RN) – par ailleurs <a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/politique/proces-du-rn-louis-aliot-bien-que-condamne-a-3-ans-dineligibilite-conserve-sa-mairie-de-perpignan" class="spip_out" rel="external">condamné en première instance</a> dans l’affaire des assistants parlementaires du FN –, <em>« aucune note de service de ce genre n’a été émise. Il faut dire que les grèves sont rares »</em>, rapporte Guillhem Vaulato, secrétaire général de la CGT des agents territoriaux de Perpignan. <em>« Depuis 2020, on a posé seulement une douzaine de préavis de grève, tous adossés à des préavis nationaux. Même au plus fort de la grève contre la réforme des retraites, le 19 janvier 2023, il y avait environ 300 grévistes sur 2200 agents permanents »</em>, explique-t-il.</p><p>Même constat à Hénin-Beaumont, dans le Pas-de-Calais, où une stratégie d’intimidation refroidit les velléités de grève. <em>« On a toujours la possibilité de faire une heure de grève, mais cela arrive très rarement »</em>, raconte Djelloul Kheris. Ce syndicaliste SUD-Collectivités territoriales se souvient de la dernière tentative de grève locale dans la municipalité tenue par le RN depuis 2014. En mai 2021, 33 agents des services techniques s’étant engagés à faire grève <a href="https://www.lavoixdunord.fr/1014487/article/2021-05-28/henin-beaumont-des-agents-techniques-ont-debraye-une-heure-pour-plus-de-dialogue" class="spip_out" rel="external">contre la perte de RTT</a>, seuls 7 sont allés au bout. <em>« Les élus municipaux étaient venus jusqu’au local des services de la grève pour observer et voir qui était là. C’était de l’intimidation »</em>, se remémore-t-il. <em>« Le RN gouverne aussi les municipalités par la peur »</em>, soutient celui qui a récemment échappé à <a href="https://basta.media/henin-beaumont-maire-RN-attaque-un-syndicaliste">une sanction disciplinaire à l’initiative de son édile, Steeve Briois</a>.</p><h2 class="spip" id="Vigilance-post-elections">Vigilance post-élections</h2><p>Après avoir vu sa note de service retoquée, Laurent Bosetti, l’élu lyonnais, a initié une séquence de dialogue social d’un an avec les syndicats. <em>« Elle comprenait deux volets : l’amélioration des conditions de travail et la question du droit de grève. Toujours dans l’optique de limiter les fermetures de cantines le midi, nous avons proposé une nouvelle modalité d’encadrement du droit de grève. Finalement elle n’a pas été acceptée par les syndicats et nous y avons renoncé »</em>, détaille l’élu.</p><p>En réalité, la loi n’empêche en rien d’établir une nouvelle note de service qui définit précisément les besoins en matière de continuité du service public, tout en respectant la consultation des syndicats. L’avis du CST ne valant pas véto, une majorité municipale pourra toujours la voter. Il est donc probable que, les élections municipales derrière eux, les maires se saisissent de nouveau de la loi de 2019 pour restreindre le droit de grève.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 10 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Forces vives, le mouvement citoyen qui relance la participation politique des quartiers populaires de Marseille]]></title>
      <description><![CDATA[<p>De petits immeubles de deux ou trois étages aux murs ocres, jaunes ou rouge pastel, quelques arbres et un coq qui chante : difficile d’imaginer que la cité de la Paternelle, aux allures de village, a été un <em>drive</em> du trafic de drogue pendant plusieurs années, et le théâtre de règlements de comptes sanglants. C’était pourtant le quotidien des habitant·es de cet ensemble HLM atypique du 14<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Marseille, dans les quartiers nord, jusqu’en 2023, quand une opération de « pilonnage » policier a poussé le réseau à se déplacer vers d’autres quartiers. Ce mardi de février, sur les coups de midi, des dames chargées de marmites et de gâteaux arrivent au compte-goutte dans un local associatif situé en haut de la cité de 168 logements.</p><p><em>« On organise un dernier déjeuner tous ensemble avant le ramadan, qui doit commencer demain »</em>, fait savoir Fadela Hadjadji, présidente de l’association Jeunes Renaissance. Créée par le frère de cette dernière, Hacène, pour aider les jeunes de la Paternelle à trouver des perspectives, la petite structure a diversifié ses activités après le décès de celui-ci en 2019. <em>« On a des groupes de paroles, on fait de l’aide aux devoirs pour les enfants, ou pour les tâches informatiques, des ateliers parents-enfants le mercredi… et des temps conviviaux comme aujourd’hui »</em>, énumère Fadela. <em>« Et là, on voudrait faire un joli jardin avec des palmiers et des tables »</em>, ajoute-t-elle dans un sourire, en désignant une butte en escalier au-dessus de deux terrains de boules récemment aménagés. <em>« Les hommes du quartier viennent y jouer le soir »</em>, raconte la quinquagénaire, qui travaille comme standardiste et a toujours vécu à la Paternelle.</p><div class="spip_document_22579 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="81" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3119427957 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp?1773042216 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg@.webp?1772795524 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22579-b67a2183dde94a9b4c1f6b9046691467" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fadela_hadjadji_marseille.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22579-b67a2183dde94a9b4c1f6b9046691467">Fadela Hadjadji, présidente de l’association Jeunes Renaissance.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Un peu plus loin, un gamin tape dans un ballon entre les grillages du petit city stade. Même si Fadela assure que le réseau de narcotrafiquants ne s’en prenait pas aux habitant·es, la vie quotidienne était moins paisible dans la cité il y a trois ans. <em>« On revit »</em>, lâche Adeline*, mère de famille du quartier voisin, qui se souvient de <em>« la boule au ventre »</em> qu’elle avait chaque jour quand son fils passait devant le point de deal pour se rendre au collège.</p><p>Comme près de 150 autres acteurs associatifs des quartiers populaires de Marseille, Fadela Hadjadji a rejoint le mouvement Forces vives en début d’année. <em>« Ce sont des gens de terrain, qui connaissent les problématiques »</em>, assure-t-elle. <em>« Ce qui m’intéresse, c’est que nos enfants réussissent, que les habitants soient bien logés, et qu’on lutte contre les discriminations : je n’arrive pas à accepter que mes neveux, en 2026, subissent le racisme que moi j’ai subi »</em>, pose la présidente de la seule et unique association de la Paternelle, au milieu des enfants qui courent et jouent en attendant le repas.</p><div class="spip_document_22582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="126" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c33505967 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp?1773042217 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg@.webp?1772795526 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22582-99b663becd22b81133b4f3f0bf46976b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/asso_jeune_renaissance_quartier_nord_marseille.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22582-99b663becd22b81133b4f3f0bf46976b">Adeline* et Khalida dans la cuisine de l’association Jeunes Renaissance, dans les quartiers nord de Marseille
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Elle espère que le syndicat des associations de proximité, que Forces vives vient de créer, va aider les petites structures comme la sienne à obtenir <em>« le droit à la parole »</em>. Le réseau que le nouveau mouvement citoyen tisse depuis un an dans les quartiers populaires est déjà un moyen de rompre avec une certaine solitude. <em>« Aujourd’hui on est souvent isolé, chacun dans notre quartier, on ne se connaît pas forcément entre associations. Si on se met ensemble, on peut avoir plus de force pour demander des subventions, un local… Pour se faire entendre. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Laboratoire-citoyen">Laboratoire citoyen</h2><p>De l’autre côté de la table, Sandro Piscopo hoche la tête, tout en dégustant la chorba préparée par Souad, l’une des habituées de l’association de Fadela. Le quadragénaire ne vit pas à la Paternelle ni dans les quartiers nord, mais il les connaît bien pour y avoir de la famille et des amis. Il a aussi fait du porte-à-porte en juin 2024 dans cette partie de la ville, au sein du mouvement Réserve citoyenne, pour inciter les électeurs <a href="https://basta.media/Entre-ecoute-et-humilite-militants-Nouveau-Front-populaire-poursuivent-mobilisation-Reserve-citoyenne-Marseille" class="spip_in">à voter pour le Nouveau Front populaire lors du second tour des législatives</a>. C’est d’ailleurs lors d’un événement à l’Après M, restaurant solidaire des quartiers nord, auquel participait un groupe de la Réserve citoyenne, qu’il a rencontré Belaid Aroun, l’un des initiateurs de Forces vives.</p><div class="spip_document_22586 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="184" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c153263776 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg@.webp?1772795528 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22586-e3fd17f6aa0ebef714705133809bde7f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/quartier_la_paternelle_marseille.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22586-e3fd17f6aa0ebef714705133809bde7f">Devant le local de l’association Jeunes Renaissance, à la Paternelle (14<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Marseille) qui a été un drive du trafic de drogue pendant plusieurs années.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Depuis quelques mois, Sandro travaille comme animateur de « table de quartier » pour l’association Avec nous, dans plusieurs cités des quartiers nord, et consacre une bonne partie de son temps à l’aventure Forces vives. <em>« Au niveau politique, l’objectif est d’avancer vers une réelle représentation des habitants des quartiers populaires parmi les élus, pour sortir de la relation clientéliste avec les partis »</em>, explique-t-il. <em>« Au-delà de l’élection, ça passe par une gouvernance partagée, via des conseils de quartier, pour que les habitants participent directement aux décisions prises. »</em></p><p>De fait, l’horizon de Forces vives – qui n’a pas constitué de liste – va bien au-delà du scrutin municipal. En organisant leur premier meeting le 14 janvier, les acteurs sociaux et militants associatifs du mouvement ont voulu profiter du coup d’accélérateur qu’offre la campagne. Ce premier événement public, dans une salle de mariage du 14<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement, a rassemblé plus de 600 personnes et boosté la visibilité de Forces vives. Entre novembre et janvier, ses membres ont par ailleurs sillonné les quartiers nord – où l’abstention est très forte – pour inciter les habitants à s’inscrire sur les listes électorales, arguant notamment du risque RN, dont le candidat marseillais est crédité d’environ 30 % d’intentions de vote.</p><p>En parallèle, le mouvement citoyen a proposé aux deux principales listes de gauche en lice pour la mairie des 13<sup class="typo_exposants">e</sup>-14<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissements, celle du Printemps marseillais (union du PS, PCF, Les Écologistes et Générations derrière le maire sortant Benoît Payan) et de LFI, de s’unir pour mettre en œuvre un laboratoire citoyen dans ce secteur, qui totalise 160 000 habitants. <em>« C’était une proposition du Printemps marseillais de 2020, mais ils ne l’ont jamais appliquée »</em>, rappelle Sandro. <em>« Nous demandions aussi la tête de liste et 8 places éligibles pour les membres de Forces vives »</em>, précise-t-il.</p><div class="spip_document_22585 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="116" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c363388047 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg@.webp?1772795535 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22585-61a809381cdd5ee1912ce6c1343f7dd0" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/association_jeune_renaissance_marseille.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22585-61a809381cdd5ee1912ce6c1343f7dd0">Après le repas, Rajaa, salariée de Jeunes Renaissance, discute avec des habituées de l’association.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Face au refus des deux appareils politiques, affirmant par ailleurs être en phase avec la quasi-totalité des propositions du collectif, Forces vives décide de n’apporter son soutien à aucune liste pour le premier tour, tout en invitant ses membres à se mobiliser partout où le RN menace de prendre le pouvoir. <em>« Et nous allons bien sûr appeler à nouveau à l’union des listes de gauche pour le second tour »</em>, fait savoir Sandro. La mairie des 13<sup class="typo_exposants">e</sup>-14<sup class="typo_exposants">e</sup>, déjà passée par le RN entre 2014 et 2020, pourrait de nouveau basculer à l’extrême droite. D’autant plus que cinq listes de gauche s’y présentent.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Entre-ecoute-et-humilite-militants-Nouveau-Front-populaire-poursuivent-mobilisation-Reserve-citoyenne-Marseille">« Écoute et humilité » : Les nouveaux militants Front populaire poursuivent la mobilisation sur le terrain</a></aside><h2 class="spip" id="Sortir-du-piege-clienteliste">Sortir du piège clientéliste</h2><p>Si l’accord espéré entre LFI et le Printemps marseillais n’a pas eu lieu, certaines figures du mouvement citoyen ont été largement courtisées par les différentes listes. Quatre ont fini par céder, avec l’espoir de <em>« faire bouger les choses de l’intérieur »</em>, rejoignant le Printemps marseillais pour trois d’entre elleux et LFI pour l’une, dans les deux secteurs des quartiers nord, 13<sup class="typo_exposants">e</sup>-14<sup class="typo_exposants">e</sup> d’un côté et 15<sup class="typo_exposants">e</sup>-16<sup class="typo_exposants">e</sup> de l’autre. <em>« On ne renie pas celles et ceux qui ont décidé de rejoindre des listes, évidemment. On sait qu’on se retrouvera après l’élection »</em>, assure Sandro, sans nier que ces « recrutements » créent des tensions au sein du mouvement.</p><p>Belaid Aroun, le directeur du centre social de la Maurelle (13<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement), près de Frais-Vallon, s’étonne de s’être même vu proposer une place éligible pour la mairie centrale sur la liste du Printemps marseillais, comme sur celle des Insoumis. Mais, à 38 ans, celui qui est l’un des initiateurs de Forces vives estime qu’il <em>« a le temps »</em>. <em>« Pour moi, le comment on est élu est aussi important que le pourquoi »</em>, insiste cet enfant des quartiers nord, qui y a toujours vécu. <em>« Les partis politiques ont du mal à accepter une approche vraiment démocratique, qui signifie une perte de contrôle pour eux »</em>, juge-t-il. Son ambition est de refonder la relation entre les habitant·es des quartiers populaires de Marseille et la politique, régie par le système clientéliste depuis au moins un demi-siècle. Avec le municipalisme en ligne de mire. Et tant pis si on le taxe d’idéaliste.</p><div class="spip_document_22580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="113" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1855731891 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg@.webp?1772795539 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22580-c67706cf2557a016c857f49957ab98d1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/belaid_aroun_marseille.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22580-c67706cf2557a016c857f49957ab98d1">Belaid Aroun, directeur du centre social de la Maurelle et l’un des initiateurs de Forces vives.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Certains lui reprochent aussi de négliger le risque RN qui menace Marseille. <em>« On a déjà eu le RN à la mairie de secteur, donc on peut témoigner de ce que c’est. Mais on s’est aussi fait trahir par les partis »</em>, estime-t-il. Comme beaucoup d’acteurs sociaux des quartiers populaires, Belaid Aroun n’a pas une grande confiance envers les appareils politiques.</p><p>D’autres figures des quartiers nord ont en revanche décidé cette fois-ci de rallier la majorité sortante de gauche, en grande partie pour lutter contre la candidature RN, à l’image du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci (Les Écologistes), qui fait campagne sous protection policière après le meurtre de son frère Mehdi en novembre, ou d’Hanifa Taguelmint, ancienne de la marche pour l’égalité de 1983, qui était engagée avec LFI lors des municipales de 2020.</p><div class="spip_document_22587 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="210" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1805996416 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg@.webp?1772795541 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22587-b27073d059c0f7bfe2b7eede26b23972" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/quartier_nord_marseille_centre_social.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22587-b27073d059c0f7bfe2b7eede26b23972">Le réseau Forces vives incite les habitants à s’inscrire sur les listes électorales, arguant notamment du risque RN, dont le candidat est crédité d’environ 30 % d’intention de vote à Marseille.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Pour ce qui est du clientélisme, en sortir n’est évidemment pas une mince affaire : il s’agit de décomposer un système qui, au moins depuis l’après-guerre, organise les rapports entre les pouvoirs locaux et les populations les plus précaires de la ville, selon une logique de faveurs et de vassalité. Même si ce système est moins puissant aujourd’hui que dans les années 1980, quand les institutions locales étaient plus riches et avaient davantage de logements et d’emplois à distribuer à leurs « clients », il persiste encore et toujours. <em>« Pour les associations, obtenir un local ou le renouvellement de telle subvention implique aussi, parfois, d’éviter toute critique vis-à-vis de l’institution ou du responsable politique local »</em>, rappelle Belaid. <em>« Ils jouent sur la division : l’union des associations qu’on essaie de mettre en place, c’est le cauchemar du système clientéliste. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/municipales-face-au-risque-RN-Rassemblement-national-les-mobilisations-se-multiplient">Municipales : face au risque RN, les mobilisations se multiplient</a></aside><h2 class="spip" id="Risque-RN-et-trahison-des-partis">Risque RN et trahison des partis</h2><p>Dans le local de Jeunes Renaissance, à la Paternelle, les habituées boivent le thé en papotant. Les élections municipales suscitent peu d’intérêt. <em>« Les élus, on ne les voit jamais, sauf pendant les élections. Moi, je les rembarre ! »</em> rigole Adeline, tout en précisant avoir croisé Benoît Payan quelques fois dans le quartier. <em>« Il a fait des choses quand même »</em>, ajoute-t-elle. Malgré les désillusions, elle estime que <em>« le droit de vote c’est important, surtout pour les femmes »</em>. Sa voisine Lilly* est d’accord, mais se plaint des <em>« promesses non tenues »</em> des politiques. <em>« À chaque élection, ils prennent mon numéro, mais personne ne me contacte après »</em>, renchérit Khalida, qui attend un logement adapté à la maladie de son fils depuis des années. <em>« S’ils me donnent une maison je vote, sinon je vote pas ! »</em> lance-t-elle. Adeline réagit : <em>« Mais c’est ça le clientélisme ! Donner quelque chose en échange de ton vote, c’est pas la démocratie ! »</em></p><p>Changer de logiciel dans la manière d’envisager la politique dans les quartiers populaires prendra forcément du temps, après des décennies de clientélisme, d’abandon ou de trahison par les partis. Les membres de Forces vives en ont bien conscience. <em>« Il va nous falloir un siècle pour balayer le système clientéliste mis en place sous Defferre</em> [en référence à Gaston Defferre, socialiste plusieurs fois ministre, député et maire de Marseille de 1953 à 1986, ndlr]<em> »</em>, soupire Fatima Mostefaoui, militante associative engagée depuis 30 ans dans son quartier des Flamants, et fondatrice de l’association Avec nous.</p><div class="spip_document_22584 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="109" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c239718749 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg@.webp?1772795549 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22584-36e99a4e0c870ec0003b41e7403925d8" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marseille_quartier_nord_petit_seminaire.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22584-36e99a4e0c870ec0003b41e7403925d8">Le quartier du Petit Séminaire (13<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement), proche du centre social de la Maurelle.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Elle fait partie de celleux, chez Forces vives, qui ont sauté le pas en s’engageant sur une liste électorale, en l’occurrence celle du Printemps marseillais dans les 13<sup class="typo_exposants">e</sup>-14<sup class="typo_exposants">e</sup>. <em>« Quand je vois des gens beaucoup plus jeunes que moi qui s’engagent dans le secteur, ça me donne de l’espoir »</em>, assure la quinquagénaire. Même son de cloche chez Belaid Aroun. <em>« En 2024, j’ai emmené des jeunes de la Paternelle et de la Simiane au conseil municipal de secteur. Quand ils ont vu le niveau des élus locaux, ils m’ont dit : “Mais on peut prendre leur place si on veut !” Et trois d’entre eux ont depuis rejoint les rangs du PC »</em>, raconte-t-il. Une nouvelle génération s’engage à Marseille, confirme-t-il, et il en est l’un des représentants.</p><p>Forces vives est loin d’être le premier mouvement citoyen prônant la participation des habitants à se créer à Marseille. En 2020, le Pacte démocratique s’était lancé avec le même discours, jusqu’à la formation d’une liste commune avec LFI et EELV dans les 13<sup class="typo_exposants">e</sup>-14<sup class="typo_exposants">e</sup>. <em>« C’était mal calibré, et l’engagement électoral avec les partis a été vécu comme une trahison »</em>, juge aujourd’hui Belaid. Les artisans de Forces vives, à l’inverse, s’emploient à éviter cette explosion en vol qui avait mis un terme à la dynamique du Pacte démocratique. <em>« Certains vont sur les listes et d’autres pas, mais surtout, on prépare la suite »</em>, insiste Sandro.</p><p>Pour faire vivre les thématiques chères au mouvement dans la campagne électorale, Forces vives propose ainsi aux candidats de signer une charte pour les associations de proximité. <em>« Ces petites structures pallient les manques des institutions dans les quartiers populaires, donc il faut leur donner les moyens de faire ce travail, en dehors d’une dépendance clientéliste »</em>, souligne Sandro. Des Flamants à la Paternelle, en passant par la Castellane et Frais-Vallon, toutes les Forces vives – et bon nombre d’habitant·es – s’accordent sur ce « programme ».</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Forces-vives-le-mouvement-citoyen-qui-relance-la-participation-politique-des-quartiers-populaires-de-Marseille</link>
      <guid>https://basta.media/Forces-vives-le-mouvement-citoyen-qui-relance-la-participation-politique-des-quartiers-populaires-de-Marseille</guid>
      <pubDate>Mon, 09 Mar 2026 11:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Saviez-vous que la loi oblige les maires à organiser la résilience alimentaire ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>72 heures d’avance d’approvisionnement alimentaire. Voilà ce que nous avons en France ! Trois jours d’avance. Et, ces 72 heures ne sont pas forcément en magasin et rapidement disponibles. Elles sont pour l’essentiel sur les routes, dans les camions. Trois jours et après ? Oui, et après que se passe-t-il à partir du 4<sup class="typo_exposants">e</sup> jour ? Faut-il attendre les émeutes pour réagir ? Ces questions doivent être posées. En effet, notre modèle de ravitaillement (producteurs-industriels-distributeurs) est fragile et vulnérable. Un colosse aux pieds d’argile.</p><p>Il est tout à fait raisonnable d’imaginer une catastrophe météorologique (tempête-inondation-neige…), une défaillance technologique, partielle ou totale, sur notre territoire, une attaque terroriste ou plus simplement une cyber-attaque. Autre question qui se présente devant de tels risques potentiels : sommes-nous prêts ? La réponse est évidemment non !</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/comment-conquerir-la-souverainete-alimentaire-en-france-relocalisation-circuits-courts-agriculture-locale">« Nos territoires ne sont autonomes sur rien » : comment parvenir à la souveraineté alimentaire en France</a></aside><p>A l’occasion des élections municipales qui se présentent devant nous, certaines associations telles les <a href="https://resiliencealimentaire.org/" class="spip_out" rel="external">Greniers d’abondance (territoires fertiles)</a>, SOS maires, l’Association des mairies démocrates de France (AMDF), Dicrimocratie ou des réseaux comme Smartrézo ou autre mouvement comme Hulcoq, interpellent les candidats sur la situation alimentaire de notre pays, des conséquences et proposent des solutions pour affronter ce risque majeur, car une fracture dans l’approvisionnement alimentaire nous ferait vivre un quotidien insoutenable.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Tout-est-organise-pour-diminuer-le-nombre-de-ceux-qui-nourrissent">« Tout est organisé pour diminuer le nombre de ceux qui nourrissent »</h2><p>C’est la paix civile qui est tout d’abord menacée ! Osons imaginer qu’à l’issue de trois jours, il n’y ait plus de nourriture de disponible… C’est face à cette affreuse perspective, plausible, que nombre de concitoyens se sont regroupés afin de réfléchir et de répondre à ce défi.</p><p>Chaque commune française voit son nombre d’agricultrices et agriculteurs baisser vertigineusement. En parallèle, un nombre en constante augmentation d’hectares de terres agricoles sont inexploitées et retournent à la friche (2,5 millions d’hectares actuellement en friches en France). Chaque jour en moyenne, deux agriculteurs se suicident faute de revenus dû à une injuste répartition de la valeur entre producteurs, industriels et distributeurs. 30 % des agriculteurs ont moins que le RSA pour vivre soit 642,52 euros par mois.</p><p>Il y a dans tout cela un paradoxe terrifiant. Une absence de sécurité alimentaire d’un côté et de l’autre tout est organisé pour diminuer le nombre de ceux qui nourrissent !</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien">De moins en moins de fermes, de plus en plus grandes (et le Mercosur n’arrange rien)</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/198db01ca332f4ecb8c7c6b62c170f-d297d.jpg?1765383188" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="une femme porte une pancarte &quot;Mercosur droit dans le mur&quot; avec un autocollant &quot;notre travail a un prix&quot;" /></aside><p>Au-delà de l’agriculture, il ne faut pas être naïf. La concordance des accords de libre-échange et de la digitalisation de l’économie profitent essentiellement aux GAFAM et aux grandes entreprises. Cela détruit notre agriculture et fait des ravages auprès de nos petits artisans, petits commerçants et des petits industriels tant cette organisation est avide d’argent. En définitive, tout notre tissu social et économique est laminé. De plus en plus de personnes sont laissées sur le bas-côté de la prétendue « modernité ».</p><p>Nous nous retrouvons en situation de danger extrême, en situation de survie. Pour s’en convaincre, il suffit de regarder l’état de délabrement de nos campagnes, de certains quartiers de nos villes et structures administratives communales. Nous assistons à la désagrégation de notre société.</p><h2 class="spip" id="Organiser-la-resilience-alimentaire">Organiser la résilience alimentaire</h2><p>C’est devant ce constat lamentable que les associations pré-citées s’organisent et réagissent. Leurs actions s’appuient sur l’article 3 de la loi 2004-811 de la modernisation de la sécurité civile. Cette loi « oblige » les maires à organiser cette résilience alimentaire à partir de la relocalisation territoriale de l’alimentation. Pour ce faire, les maires s’appuient sur le Document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM) qui est lui-même le prolongement du Plan communal de sauvegarde (PCS).</p><p>L’action consiste à recenser les possibilités qu’offre chaque territoire afin de subvenir rapidement et durablement à l’approvisionnement alimentaire de chaque citoyen en cas de crise majeure. Le schéma d’action est finalement surprenant, car le maire retrouve tout le sens de sa mission, de son engagement auprès de ses administrés, à l’heure où justement nombre de maires doivent déléguer leurs responsabilités et pouvoirs d’actions à une entité supra-communale (communauté de communes).</p><p>Mais, c’est justement, ce retour aux fondamentaux de notre démocratie qui permet l’action et l’application au mieux de la loi. Le but de la démarche étant, bien sûr, de redonner du revenu aux agriculteurs en leur donnant la possibilité de faire leurs factures, pour qu’ils pérennisent leurs exploitations et qu’ils sécurisent l’alimentation de leurs contemporains.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Se-saisir-du-DICRIM-de-sa-commune">Se saisir du DICRIM de sa commune</h2><p>Actuellement, la plus grande partie de notre alimentation est produite hors de notre territoire de vie, d’où la précarité du système. L’action s’appuierait sur une alimentation locale, bio si possible, dans le but d’apporter une nourriture saine, abondante et facilement accessible à chacun.</p><p>Le coût de la « malbouffe » en France est estimé par l’INSEE à 49 milliards d’euros pour la sécurité sociale. Par cette action, les agriculteurs retrouveraient un sens à leur métier. Ils seraient producteurs de nourriture et pas seulement de minerais. Nous pourrions commencer par les cantines scolaires et les restaurations collectives, « hauts lieux de sociabilisation », comme le soulignent les animateurs des Greniers d’abondance via les Plans d’alimentation territoriaux (PAT).</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Le-secteur-agroalimentaire-ses-pollutions-sa-malbouffe-sous-perfusion-argent-public">Le secteur agroalimentaire, ses pollutions et sa malbouffe sous perfusion d’argent public</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/5860e78362fed2f38a8c577e589b96-2ffce.jpg?1753278286" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>C’est exactement là qu’intervient le mouvement Hulcoq en cartographiant les lieux de productions locales et de les mettre en lien avec les consommateurs par leur plate-forme numérique. D’autres mouvements font de même. Outre l’agriculture et l’alimentation, c’est une dynamique qui se mettrait en place, car les répercussions sont immenses : occupation de l’espace de nos campagnes, économique, sociale, sociétale, de nombreuses créations d’emplois dans l’agriculture, le commerce, l’artisanat, la petite industrie et dans le tertiaire.</p><p>Quant aux artisans, petits commerçants et petits industriels leur avenir est menacé, bien souvent leur seule perspective est de disparaître. Une société solidaire et en cohésion verrait le jour. Pour mener à bien ces initiatives cela suppose la mise en place d’une logistique de collecte des produits agricoles, de petites unités de transformation et de magasins d’approvisionnement alimentaires locaux.</p><p>Au travers de ces actions ce qui se profile, en filigrane, c’est une relocalisation d’une partie de notre économie. Et, ce n’est pas une utopie, c’est même une alternative crédible au mondialisme. Une économie où chacun retrouve sa place, une économie au service de toutes et tous, une économie humaine. C’est le chemin que nous devons emprunter dans le dessein de recréer une société apaisée et de perspective, sans quoi…</p><p>Désormais, il appartient à chacun d’entre nous de se saisir du DICRIM de sa commune, que l’on trouve en mairie, et de le porter dans un premier temps auprès des candidat·es aux élections municipales et dans un deuxième temps d’inviter les heureux élus à agir.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 09 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Nous sommes dans le noir » : après l'Iran, la guerre jusqu'ou ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="spip_document_20647 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="145" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/indes-international_portrait--rachel.jpg" width="321" height="322" alt="Portrait de Rachel Knaebel" aria-describedby="by20647-7cbe23c5af39c8bed87df624b7ac9d97" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by20647-7cbe23c5af39c8bed87df624b7ac9d97">L’édito international de Rachek Knaebel. Pour découvrir notre revue de presse « Chez les indés - International », <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">inscrivez-vous ici.</a>
</figcaption></figure></div><p><em>« Nous sommes dans l’ignorance totale, alors que la télévision d’État annonce que l’Iran est sur le point de conquérir Tel-Aviv et Washington. »</em> Milad Alavi est journaliste et vit en Iran. Mercredi 4 mars, sur X (ex-Twitter), il relate comment il a passé six heures à tenter de se connecter à Internet. Il y est finalement parvenu à l’aide d’un fichier VPN envoyé par un ami, <a href="https://iranwire.com/en/news/149906-we-are-in-the-dark-reporter-describes-six-hour-battle-to-get-online/" class="spip_out" rel="external">peut-on lire sur le média iranien en exil <em><strong>Iran Wire</strong></em></a> . Alors que l’attaque militaire menée par les États-Unis et Israël sur l’Iran dure depuis samedi 28 février, en Iran, <em>« nous sommes dans le noir »</em>, rapporte le journaliste.</p><p>Un autre média iranien en exil, <em><strong>Zamaneh</strong></em> , basé à Amsterdam, <a href="https://en.radiozamaneh.com/37834/" class="spip_out" rel="external">faisait le point, le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mars, sur les événements</a>, après la mort, la veille, du guide suprême iranien Ali Khamenei. <em>« Après l’annonce de l’assassinat de Khamenei, le corps des gardiens de la révolution a promis que son offensive “la plus dévastatrice” allait débuter immédiatement. Ce message laisse présager une escalade plutôt qu’un apaisement. »</em> Depuis, <em>Zamaneh</em> n’a plus publié.</p><p>Et cette nouvelle guerre au Moyen-Orient s’est étendue au-delà de l’Iran. Israël vise à nouveau le Hezbollah au Liban, dont à Beyrouth. Des <a href="https://www.lorientlejour.com/article/1497535/en-carte-les-frappes-israeliennes-sur-le-liban-dans-la-nuit-du-4-au-5-mars.html" class="spip_out" rel="external">frappes documentées</a> par le média libanais <em><strong>L’Orient-Le Jour</strong></em> . L’Iran a lancé des attaques aériennes sur Doha, Dubaï, en Arabie saoudite, en Azerbaïdjan, et jusqu’à une base militaire britannique qui se trouve à Chypre.</p><h2 class="spip" id="Deja-un-millier-de-morts">Déjà un millier de morts</h2><p>Les forces iraniennes bloquent aussi le détroit d’Ormuz, un point de passage central du commerce mondial, faisant craindre une explosion des prix du pétrole et du gaz, ainsi que des denrées alimentaires. <em>« La chaîne d’approvisionnement mondiale en engrais pourrait être gravement perturbée si l’Iran maintient la fermeture du détroit d’Ormuz, ce qui suscite des inquiétudes quant à la production agricole et la sécurité alimentaire »</em>, <a href="https://www.theguardian.com/business/2026/mar/05/big-burden-for-farmers-gulf-shipping-crisis-threatens-food-price-shock" class="spip_out" rel="external">alerte le média britannique <em><strong>The Guardian</strong></em></a> .</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le conflit a déjà fait un millier de morts en Iran depuis le début des frappes, selon les estimations internationales, dont des écolières dans un bâtiment bombardé dans le sud du pays. Il y a aussi des victimes au Liban, et dans les pays du Golfe. <em>« À ce jour, au moins douze pays ont été bombardés, et un missile iranien approchant l’espace aérien turc a été intercepté »</em>, <a href="https://www.turkeyrecap.com/p/iranian-dissidents-in-turkey-torn" class="spip_out" rel="external">détaille <em><strong>Turkey Recap</strong></em></a> . <em>« Les dissidents iraniens vivant en Turquie ont des sentiments mitigés à propos de la guerre</em>, constate aussi le média turc. <em>Beaucoup se sont réjouis de la mort de Khamenei, mais ils et elles s’inquiètent pour leurs familles et leurs amis qui vivent sous les bombardements. »</em></p><h2 class="spip" id="Chez-les-Iraniens-la-peur-domine">Chez les Iraniens, la peur domine</h2><p>En outre, certains dissidents réfugiés en Turquie sont menacés d’expulsion. C’est le cas de Saeid, qui a accepté d’être envoyé en Azerbaïdjan pour ne pas être expulsé vers l’Iran, où il risque la prison, voire même une exécution. L’homme n’est pas optimiste quant à la suite des événements. <em>« Supposons que seulement 10 % de la population soutienne le régime. Cela représente 9 millions de personnes. Elles sont toutes armées. Si les manifestations reprennent, elles iront tirer sur tout le monde »</em>, s’inquiète-t-il.</p><p>Mais de Los Angeles à Londres en passant par Berlin ou Paris, des Iraniennes et Iraniens en exil ont fêté l’attaque à ses débuts, alors qu’en janvier encore, le régime tuait des milliers, peut-être des dizaines de milliers, de personnes qui protestaient contre le pouvoir.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/ni-mollahs-ni-shah-les-iraniennes-en-exil-veulent-la-democratie">« On vit en direct les massacres » : face à la répression, des Iraniennes témoignent</a></aside><p><em>« Beaucoup ne comprennent pas pourquoi nous célébrons les frappes »</em>, <a href="https://taz.de/Berliner-Iranerinnen-ueber-den-Krieg/!6158809/" class="spip_out" rel="external">disait, le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mars au média allemand</a> la <em><strong>Taz</strong></em> , un Iranien de Berlin. <em>« Les derniers mois ont été politiquement les pires de ma vie</em>, ajoutait une Iranienne. <em>Avec cette attaque, la coalition américano-israélienne a imposé à notre peuple un nouvel acte de violence brutale. Je suis contre l’intervention militaire, mais aussi contre le régime qui tue des gens. Cette guerre n’est pas la nôtre. »</em> Elle est en train de devenir celle du monde entier.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 06 Mar 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l'extrême »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Des fémonationalistes qui échangent avec des néonazis. »</em> C’est ainsi que le député La France insoumise Ugo Bernalicis a défini le collectif identitaire Némésis, le 24 février à l’Assemblée nationale. Son parti demande la dissolution de ce mouvement, qui était à l’origine d’une manifestation, le 12 février, contre la venue de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Sollicité pour assurer ce jour-là le service d’ordre de Némésis, Quentin Deranque, 23 ans, a été mortellement frappé dans le cadre d’affrontements avec des militants antifascistes, dont plusieurs ex-membres ou sympathisants du groupe la Jeune Garde, cofondé par le député insoumis Raphaël Arnault.</p><p>Depuis sa création en 2019, Némésis a pour l’habitude d’infiltrer chaque année des manifestations de gauche et féministes. Ce collectif, qui avait indiqué son intention de s’imposer une nouvelle fois dans les cortèges prévus pour la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, a finalement annoncé y renoncer ce jeudi 5 mars. Quelques jours plus tôt, plusieurs syndicats et associations, parmi lesquels Attac, le Planning familial ou la CGT, avaient demandé, dans une <a href="https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/communiques/lettre-ouverte-a-laurent-nunez-nous-demandons-linterdiction-de-la-presence-de-nemesis-aux-manifestations-du-8-mars/" class="spip_out" rel="external">lettre ouverte au ministère de l’Intérieur</a> Laurent Nuñez, d’interdire Némésis dans les cortèges du 8 mars. Le collectif, qui organisera à la place son propre rassemblement, dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, ne partage <em>« absolument pas les revendications du mouvement féministe, notamment en matière de droit à l’avortement »</em>, précisent les organisations. Bien qu’il se définisse lui-même comme <em>« féministe »</em>, Némésis est avant tout présenté par l’ensemble des médias comme <em>« fémonationaliste »</em>. Que recouvre, au juste, ce qualificatif ?</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">Mort de Quentin D. à Lyon : « L’antifascisme est aujourd’hui instrumentalisé »</a></aside><h2 class="spip" id="L-instrumentalisation-des-droits-des-femmes">L’instrumentalisation des droits des femmes</h2><p><a href="https://www.jstor.org/stable/10.5406/historypresent.2.2.0184" class="spip_out" rel="external">Conceptualisé dès 2012 par Sara R. Farris</a>, professeure de sociologie à la Goldsmiths University de Londres, le terme « fémonationalisme » est une contraction de <em>« nationalisme féministe et fémocratique »</em>. Soit, un terme définissant <em>« à la fois la manière dont les partis politiques nationalistes instrumentalisent les idées féministes, mais aussi dont les fémocrates et certaines féministes se sont alliées avec des politiques nationalistes et chauvinistes, particulièrement dans le cadre de campagnes anti-islam »</em>, décrit la chercheuse. Les <em>« fémocrates »</em> désignent, selon elle, les tenantes d’un féminisme institutionnel.</p><p>Autrement dit, le concept de fémonationalisme est utilisé pour désigner l’instrumentalisation des droits des femmes au service de politiques racistes et anti-immigration. Celui-ci est librement inspiré de l’homonationalisme, concept forgé quelques années plus tôt par Jasbir K. Puar, professeure au département de Women’s &amp; Gender Studies de l’université de Rutgers, dans le New Jersey. En 2007, cette théoricienne queer états-unienne désignait ainsi l’homonationalisme comme l’instrumentalisation, par l’extrême droite, des revendications LGBTQIA+ à des fins racistes et xénophobes.</p><p>Dans les deux cas, les violences sexistes et sexuelles, l’homophobie ou les discriminations de genre ou d’orientation sexuelle sont considérées comme l’apanage d’hommes étrangers, principalement musulmans, issus d’Afrique et du Moyen-Orient. Présentés comme des dangers en puissance au sein de sociétés occidentales prétendument progressistes, ces derniers imposeraient notamment aux femmes le port du voile, seraient les principaux auteurs de violences sexistes, sexuelles et LGBTphobes – <a href="https://voxeurop.eu/fr/migration-violence-sexuelle-correlation/" class="spip_out" rel="external">ce que contredisent plusieurs études statistiques</a>.</p><p><em>« Les recherches ont montré à maintes reprises que, dans la grande majorité des cas, la violence sexiste implique une personne proche de la victime (un mari, un petit ami, un ami, une connaissance). En d’autres termes, les femmes subissent des violences dans leur foyer, leur famille et leur entourage. Et pourtant, des groupes comme Némésis tentent de nous faire croire que le foyer est sûr, et que ce qui se trouve à l’extérieur, à savoir la rue peuplée d’hommes migrants, est dangereux »</em>, met en avant Sara R. Farris.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Nemesis-aux-abonnes-absents-sur-les-plus-grandes-affaires-de-VSS">Némésis aux abonnés absents sur les plus grandes affaires de VSS</h2><p>Dans son livre dédié au sujet, <em><a href="https://www.librairie-des-femmes.fr/livre/9782849509630-au-nom-des-femmes-femonationalisme-les-instrumentalisations-racistes-du-feminisme-sara-r-farris/" class="spip_out" rel="external">Au nom des femmes : « fémonationalisme », les instrumentalisations racistes du féminisme</a></em>, traduit en France en 2021 aux éditions Syllepse, Sara R. Farris a choisi de se concentrer sur trois pays : les Pays-Bas, l’Italie et la France. Ce n’est pas un hasard : <em>« Je pense que la France est le plus important exemple de fémonationalisme, pour un certain nombre de raisons »</em>, explique-t-elle. La chercheuse prend l’exemple du Rassemblement national (RN) : <em>« Une des principales stratégies de Marine Le Pen depuis le début pour normaliser le FN, le rendre plus acceptable et</em> mainstream<em>, est précisément de soutenir des idées pour les droits des femmes. Mais ce qui est intéressant, c’est qu’elle le fait pour stigmatiser les musulmans, l’islam et les migrants. »</em></p><p>C’est exactement dans cette lignée que s’inscrit le collectif Némésis, qui représente <em>« assurément un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême »</em>, décrit Sara R. Farris à <em>Basta!</em>. <em>« Nous dénonçons les violences faites aux femmes, mais à la différence des féministes</em> mainstream<em>, nous n’avons pas peur de nommer les agresseurs »</em>, <a href="https://fr.tipeee.com/collectif-nemesis/description" class="spip_out" rel="external">défend ainsi le collectif</a>. <a href="https://www.collectif-nemesis.com/manifeste" class="spip_out" rel="external">Sur son site Internet</a>, ses objectifs ethnonationalistes sont clairs : <em>« défendre les femmes occidentales »</em>, <em>« dénoncer l’impact dangereux de l’immigration de masse sur les femmes occidentales »</em>, ou encore <em>« promouvoir la civilisation européenne »</em>.</p><p><em>« Leur fémonationaliste est à son paroxysme car elles ne prétendent même pas, à ma connaissance, se soucier des femmes musulmanes comme le font d’autres formations d’extrême droite ou les féministes libérales. En d’autres termes, elles affirment avec force qu’elles ne s’intéressent qu’aux femmes blanches françaises, qu’elles considèrent comme des victimes à sauver des hommes non blancs et non français »</em>, soulève Sara R. Farris. Némésis n’apporte ainsi son soutien public qu’aux femmes blanches victimes d’hommes issus de l’immigration, le collectif étant aux abonnés absents lorsque les agresseurs se nomment Dominique Pelicot ou Joël Le Scouarnec, alors qu’il s’agit là des plus importantes affaires de violences sexuelles et de pédocriminalité que la France ait connues depuis longtemps.</p><p>Magali Della Sudda, directrice de recherche au CNRS et notamment autrice des <em><a href="https://horsdatteinte.org/livre/les-nouvelles-femmes-de-droite/" class="spip_out" rel="external">Nouvelles femmes de droite</a></em> (Hors d’atteinte, 2022) poursuit : <em>« Par conséquent, au lieu de concevoir ces violences sexistes et sexuelles comme le produit d’un système patriarcal, de la domination masculine, ou d’un rapport social de genre, elles les perçoivent comme une forme de patriarcat d’importation, qui serait amené par cette immigration non occidentale et l’islam. »</em></p><h2 class="spip" id="Des-groupes-aux-strategies-lt-lt-tres-agressives">Des groupes aux stratégies « très agressives »</h2><p>Des collectifs du même type existent en Europe, comme Women’s Safety Initiative au Royaume-Uni. Ces petits groupes de jeunes femmes d’extrême droite ont pour point commun de mener <em>« une campagne médiatique très agressive »</em>, constate Sara R. Farris. Sans défendre elles-mêmes ouvertement un usage de la violence, les membres fondatrices de Némésis, comme sa présidente Alice Cordier, sont proches de mouvances identitaires et néofascistes impliquées dans plusieurs faits de violences, comme la Cocarde, Génération identitaire ou le GUD. Elles entretiennent également des liens avec Reconquête et le RN, parti pour lequel plusieurs membres de Némésis ont été assistantes parlementaires. Alice Cordier, qui a fait ses armes au sein du mouvement nationaliste et royaliste l’Action française, œuvre en outre depuis des années au rapprochement de ces groupuscules avec les sphères institutionnelles, et à abattre les frontières entre la droite conservatrice et l’extrême droite. Elle est notamment passée par l’Institut de formation politique (IFP), qui vise à former les cadres d’extrême droite de demain, et bénéficie <a href="https://basta.media/une-carte-inedite-des-nouveaux-apotres-de-l-extreme-droite-ces-associations" class="spip_in">du soutien financier du milliardaire ultraconservateur Pierre-Édouard Stérin</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/une-carte-inedite-des-nouveaux-apotres-de-l-extreme-droite-ces-associations">Une carte inédite des « nouveaux apôtres de l’extrême droite », ces associations soutenues par Stérin</a></aside><p>N’hésitant pas à organiser des guets-apens pour agresser des militants antifascistes, <a href="https://www.humanite.fr/politique/antifa/dans-les-conversations-secretes-entre-nemesis-et-des-neonazis-pour-agresser-des-militants-de-gauche-a-lyon" class="spip_out" rel="external">comme l’a démontré <em>L’Humanité</em></a>, Némésis assume des <em>« actions coup de poing »</em>, comme d’autres groupes nationalistes avant elles.</p><p>Magali Della Sudda soulève néanmoins la spécificité de ce collectif français, qui revendique sur son site <em>« plus de 400 militantes actives »</em> en France et en Europe : <em>« Némésis va se focaliser sur le terrain idéologique et politique. Comme elles sont peu nombreuses, elles vont avoir pour stratégie d’utiliser la force de leurs adversaires, que sont les féministes, et, depuis quelques mois, La France insoumise, en faisant irruption dans leurs rassemblements et en produisant des visuels qui vont leur permettre de construire un récit qui va être repris dans les médias »</em>.</p><p>En imposant leur narratif autour de la mort de Quentin Deranque bien au-delà de leurs médias alliés habituels, tels que ceux de la sphère Bolloré, les activistes de Némésis ont cette fois <em>« réussi à franchir des frontières qu’elles avaient du mal à dépasser auparavant dans le champ médiatique »</em>, constate Magali Della Sudda.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 06 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Vendangeurs exploités en Champagne : la condamnation pour traite d'êtres humains confirmée]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Trois ans après qu’une cinquantaine de travailleurs, dont beaucoup sans-papiers, ont été exploités dans le vignoble champenois, parfois sans même être payés, la justice a confirmé en partie les condamnations de celles et ceux qui se sont rendus coupables de traite d’êtres humains, travail dissimulé et emploi d’étrangers sans autorisation. Ce 4 mars, la cour d’appel de Reims a confirmé la peine de quatre ans de prison, dont deux ferme, de la dirigeante de la société de prestations viticoles Anavim (aujourd’hui dissoute).</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Comme-un-esclave-industrie-Champagne-jugee-pour-traite-des-etres-humains">« Comme un esclave » : L’industrie du Champagne jugée pour traite des êtres humains</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/175ada7b8d563a2381f18b18f8e97c-441fb.jpg?1768302975" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un avocat de dos entre les bancs pleins d'une salle de tribunal" /></aside><p>Cette quadragénaire, Svetlana Goumina, originaire du Kirghizstan, avait reçu le soutien du youtubeur d’extrême droite Vincent Lapierre dans un reportage, relayé par des sites affiliés. Les sociétés de prestataires de service comme la sienne, Anavim, se sont démultipliées ces dernières années, notamment hors de France. Elles fournissent une large partie des 120 000 travailleurs qui viennent chaque année pour les vendanges. De la main-d’œuvre à bas coût, dont le recrutement se base sur une concurrence organisée entre travailleurs d’Afrique de l’Ouest et d’Europe de l’Est, tandis que les locaux délaissent ce travail difficile, devenu trop mal rémunéré.</p><p>La confirmation de la condamnation <em>« est une bonne chose »</em>, salue José Blanco, secrétaire général de la CGT-Champagne. <em>« Sans peine de prison malheureusement, ces prestataires ne s’arrêteraient pas dans leurs mauvaises pratiques »,</em> estime-t-il. Les deux hommes de main de Svetlana Goumina, chargés notamment du recrutement et du transport des travailleurs, ont vu leur peine légèrement allégée à un an de prison avec sursis (contre trois ans, dont un ferme en première instance). En revanche, la société du viticulteur ayant fait appel à Anavim pour vendanger, la SARL Cerseuillat de la Gravelle, a été relaxée en appel. La dernière étape pour les saisonniers exploités se jouera devant les prud’hommes : la plupart n’ont reçu <a href="https://www.theguardian.com/global-development/2024/dec/23/france-champagne-growers-allegations-trafficking-court-case-vineyard-workers" class="spip_out" rel="external">aucun salaire, ou un salaire minime</a> par rapport à ce qui leur avait été promis.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Depuis les vendanges de 2023, où les conditions de travail délétères ont été mises en lumière par ces syndicalistes et par les médias, après la mort de cinq vendangeurs et cette affaire de traite d’êtres humains, l’ensemble du vignoble champenois est sous pression. <em>« On commence à voir des prestataires qui construisent des logements pour leurs vendangeurs. On voit que tout doucement, ça avance »</em>, se satisfait José Blanco.</p><p>Sur le terrain, lors des vendanges 2024, <em>Basta!</em> avait pu constater la plus grande réactivité des autorités face aux alertes, notamment dans le démantèlement des campements insalubres et illégaux destinés aux vendangeurs. Reste que les abus en matière de droit du travail se poursuivent, plus discrètement. Notre équipe avait par exemple rencontré <a href="https://basta.media/Vignobles-de-Champagne-vendange-saisonniers-payes-sous-le-Smic-horaires-a-rallonge">des saisonniers polonais payés en dessous du Smic</a>. C’est que la régulation des sociétés qui fournissent cette main d’œuvre demeure trop faible : <em>« Il n’y a pas de prérequis : n’importe qui peut ouvrir une société de prestation de services, sans rien connaître au champagne ni au droit du travail »</em>, expliquait Philippe Cothenet, secrétaire général adjoint de l’intersyndicale CGT Champagne.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Vignobles-de-Champagne-vendange-saisonniers-payes-sous-le-Smic-horaires-a-rallonge">Dans les vignobles de Champagne, des saisonniers payés sous le Smic avec des horaires à rallonge</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/da9611bc1e94cb8b9d424419200a4b-00de0.jpg?1750669756" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Dans cette cascade de sous-traitance, il reste aussi difficile de retracer les responsabilités des donneurs d’ordre, à l’image de la SARL du viticulteur relaxé en appel. Sans parler des maisons de champagne, à qui le raisin est livré. Jusqu’ici, ces marques de luxe ont été protégées des procès qui émergent ces dernières années. <em>« Ce procès doit marquer un tournant »</em> pour <em>« attirer l’attention du monde entier sur ce qu’il se passe réellement en Champagne »</em>, espérait tout de même Maxime Cessieux, l’avocat de la CGT de la Marne et de la fédération agroalimentaire et forestière, lors de l’audience de première instance. En n’oubliant pas que ces pratiques abusives se déroulent aussi dans d’autres vignobles, moins médiatiques, <em>« comme dans l’Aube ou dans le Bordelais »</em>, conclut José Blanco.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/vendangeurs-exploites-en-champagne-la-condamnation-pour-traite-d-etres-humains</link>
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      <pubDate>Thu, 05 Mar 2026 18:10:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Grève féministe et solidarité au-delà des frontières : où manifester le 8 mars]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Sans les femmes, tout s’arrête ! »</em> Le mot d’ordre sonne comme un avertissement. À l’appel d’une centaine d’associations, de collectifs et de syndicats réunis au sein du mouvement <a href="https://www.grevefeministe.fr/" class="spip_out" rel="external">Grève féministe</a>, plus d’une centaine de manifestations et d’événements sont annoncés le 8 mars, partout en France. À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le mouvement appelle à une grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation.</p><p><em>« Il y aura moins de personnes en grève cette année un dimanche, même si, dans les métiers à prédominance féminine comme la santé, le commerce ou l’hôtellerie-restauration, beaucoup de personnes travaillent ce jour-là »</em>, prévient Julie Ferrua, une des porte-parole de Solidaires. Avec l’ensemble des syndicats français, elle porte cette année la revendication d’une transposition dans le droit français de la directive européenne sur la transparence des rémunérations. Un texte qui permettrait de mettre en évidence les différences de salaires entre les femmes et les hommes, comme entre les métiers féminisés et ceux qui ne le sont pas. Et ainsi servir de socle à la revendication syndicale « à travail égal, salaire égal ».</p><p>Or, en la matière, de nombreux progrès restent à réaliser. <em>« Les inégalités salariales sont toujours extrêmement importantes. Elles sont de presque 22 % au détriment des femmes et même de 30 % si on comptabilise les privés d’emploi »</em>, indique Myriam Lebkiri, référente du collectif Femmes-mixité de la CGT, à l’occasion d’une conférence de presse organisée ce mercredi 4 mars. Ces inégalités se creusent encore au moment de la retraite, puisque les écarts de pension grimpent à 38 %, selon la syndicaliste.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Une-centaine-de-rassemblements-pour-le-8-mars">Une centaine de rassemblements pour le 8 mars</h2><p>À Paris, le rendez-vous est fixé dès 11 heures, place de Stalingrad, où se tiendra un village féministe. Plusieurs des thèmes de la journée y seront abordés sous la forme de débats : questions internationales, danger de l’extrême droite, égalité salariale et impact de l’austérité sur les droits des femmes. Le défilé s’élancera, lui, à 14 heures et sera rejoint par la <a href="https://coordfeministe.wordpress.com/" class="spip_out" rel="external">Coordination féministe</a>, une seconde coalition féministe composée de plusieurs dizaines de collectifs locaux.</p><p>L’ensemble des grandes métropoles seront également le lieu de défilés durant le week-end. Et dans certaines localités, ceux-ci seront, comme à Paris, associés à des villages féministes, afin d’occuper l’espace public tout au long de la journée. Mais les grandes villes ne sont pas les seules à se mobiliser. D’Auch (Gers) à Morlaix (Finistère) en passant par Soissons (Aisne), de nombreuses villes moyennes (<a href="https://www.grevefeministe.fr/mobilisations/" class="spip_out" rel="external">voir la carte</a>) verront défiler des cortèges ce dimanche.</p><h2 class="spip" id="L-extreme-droite-n-est-pas-feministe">L’extrême droite n’est pas féministe</h2><p>Au-delà des revendications portées chaque 8 mars, cette nouvelle édition de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes met l’accent sur deux enjeux particulièrement liés à l’actualité. D’abord, la solidarité féministe au-delà des frontières. De l’Afghanistan à l’Iran, de la Palestine à l’Ukraine ou au Rojava syrien, les femmes sont confrontées à des régimes ultra-oppressifs, à des apartheids de genre, à la multiplication des guerres ou à des interventions impérialistes.</p><p>Ensuite, le combat contre l’extrême droite, dont la progression en France est un sujet d’alerte. <em>« Dès que le conservatisme arrive au pouvoir, les premiers droits qui sont attaqués, ce sont les droits des femmes, des personnes LGBT, mais également le droit à l’avortement »</em>, rappelle Sarah Durocher, présidente du Planning familial. Et les exemples sont légion, que ce soit aux États-Unis, en Argentine, en Pologne ou en Italie.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Greve-feministe-et-solidarite-au-dela-des-frontieres-ou-manifester-le-8-mars</link>
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      <pubDate>Thu, 05 Mar 2026 16:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Face aux inégalités et pour une solidarité féministe au-delà des frontières : où manifester le 8 mars]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Sans les femmes, tout s’arrête ! »</em> Le mot d’ordre sonne comme un avertissement. À l’appel d’une centaine d’associations, de collectifs et de syndicats réunis au sein du mouvement <a href="https://www.grevefeministe.fr/" class="spip_out" rel="external">Grève féministe</a>, plus d’une centaine de manifestations et d’événements sont annoncés le 8 mars, partout en France. À l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, le mouvement appelle à une grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation.</p><p><em>« Il y aura moins de personnes en grève cette année un dimanche, même si, dans les métiers à prédominance féminine comme la santé, le commerce ou l’hôtellerie-restauration, beaucoup de personnes travaillent ce jour-là »</em>, prévient Julie Ferrua, une des porte-parole de Solidaires. Avec l’ensemble des syndicats français, elle porte cette année la revendication d’une transposition dans le droit français de la directive européenne sur la transparence des rémunérations. Un texte qui permettrait de mettre en évidence les différences de salaires entre les femmes et les hommes, comme entre les métiers féminisés et ceux qui ne le sont pas. Et ainsi servir de socle à la revendication syndicale « à travail égal, salaire égal ».</p><p>Or, en la matière, de nombreux progrès restent à réaliser. <em>« Les inégalités salariales sont toujours extrêmement importantes. Elles sont de presque 22 % au détriment des femmes et même de 30 % si on comptabilise les privés d’emploi »</em>, indique Myriam Lebkiri, référente du collectif Femmes-mixité de la CGT, à l’occasion d’une conférence de presse organisée ce mercredi 4 mars. Ces inégalités se creusent encore au moment de la retraite, puisque les écarts de pension grimpent à 38 %, selon la syndicaliste.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Une-centaine-de-rassemblements-pour-le-8-mars">Une centaine de rassemblements pour le 8 mars</h2><p>À Paris, le rendez-vous est fixé dès 11 heures, place de Stalingrad, où se tiendra un village féministe. Plusieurs des thèmes de la journée y seront abordés sous la forme de débats : questions internationales, danger de l’extrême droite, égalité salariale et impact de l’austérité sur les droits des femmes. Le défilé s’élancera, lui, à 14 heures et sera rejoint par la <a href="https://coordfeministe.wordpress.com/" class="spip_out" rel="external">Coordination féministe</a>, une seconde coalition féministe composée de plusieurs dizaines de collectifs locaux.</p><p>L’ensemble des grandes métropoles seront également le lieu de défilés durant le week-end. Et dans certaines localités, ceux-ci seront, comme à Paris, associés à des villages féministes, afin d’occuper l’espace public tout au long de la journée. Mais les grandes villes ne sont pas les seules à se mobiliser. D’Auch (Gers) à Morlaix (Finistère) en passant par Soissons (Aisne), de nombreuses villes moyennes (<a href="https://www.grevefeministe.fr/mobilisations/" class="spip_out" rel="external">voir la carte</a>) verront défiler des cortèges ce dimanche.</p><h2 class="spip" id="L-extreme-droite-n-est-pas-feministe">L’extrême droite n’est pas féministe</h2><p>Au-delà des revendications portées chaque 8 mars, cette nouvelle édition de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes met l’accent sur deux enjeux particulièrement liés à l’actualité. D’abord, la solidarité féministe au-delà des frontières. De l’Afghanistan à l’Iran, de la Palestine à l’Ukraine ou au Rojava syrien, les femmes sont confrontées à des régimes ultra-oppressifs, à des apartheids de genre, à la multiplication des guerres ou à des interventions impérialistes.</p><p>Ensuite, le combat contre l’extrême droite, dont la progression en France est un sujet d’alerte. <em>« Dès que le conservatisme arrive au pouvoir, les premiers droits qui sont attaqués, ce sont les droits des femmes, des personnes LGBT, mais également le droit à l’avortement »</em>, rappelle Sarah Durocher, présidente du Planning familial. Et les exemples sont légion, que ce soit aux États-Unis, en Argentine, en Pologne ou en Italie.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Face-aux-inegalites-salariales-pour-une-solidarite-feministe-au-dela-des-frontieres-ou-manifester-le-8-mars</link>
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      <pubDate>Thu, 05 Mar 2026 16:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Remplacer chaque agriculteur qui part en retraite par des jeunes : le défi (presque) réussi d'une commune rurale]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Comment maintenir une activité agricole, et les emplois qui vont avec, sur son territoire ? Le défi est de taille alors que <a href="https://basta.media/De-moins-en-moins-de-fermes-de-plus-en-plus-grandes-et-le-Mercosur-n-arrange-rien" class="spip_in">la France perd 10 000 fermes en moyenne chaque année</a>. À Plessé, commune d’environ 5000 habitant·es en Loire-Atlantique, au nord de Nantes, élu·es et citoyen·nes ont décidé de mettre en place une « politique agricole communale », également appelée PAC – en clin d’œil à la politique agricole commune européenne, qui tend plutôt à faire diminuer le nombre de paysan·nes en poussant à l’agrandissement. <em>« On parle aussi de Paac pour "politique agricole et alimentaire communale" »</em>, précise Chantal Deniaud de <a href="https://www.agriculturepaysanne.org/CAP44-ADEAR-de-Loire-Atlantique" class="spip_out" rel="external">CAP 44</a>, une structure qui a accompagné le projet pendant plusieurs années. </p><p>Installée depuis quatre ans comme floricultrice, Anne estime que cette volonté politique locale a été <em>« un vrai soutien »</em>. En 2021, la parcelle de cinq hectares qu’elle avait repérée pour s’installer lui est passée sous le nez, raflée par un concurrent qui a surenchéri. Informée de ses déboires, la commune de Plessé a décidé de préempter le terrain, ce qui a permis à Anne de postuler à nouveau et de finalement obtenir la parcelle où elle s’est officiellement installée.</p><div class="spip_document_22568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="152" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_9703.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3304340581 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp?1772616257 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_9703.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_9703.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_9703.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_9703.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_9703.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_9703.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_9703.jpg@.webp?1772621027 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_9703.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22568-0622c8734a6270f1b73ed6d7dca2eeb5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_9703.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_9703.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_9703.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22568-0622c8734a6270f1b73ed6d7dca2eeb5">Anne, floricultrice, a installé son activité de culture et de vente de fleurs grâce à la politique agricole communale menée à Plessé.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><p>En cette fin d’hiver 2026, dans son atelier de confection, les bouquets de fleurs séchées s’alignent sur le plan de travail et sur des fils suspendus. Au champ, pour le moment, l’activité est plutôt calme. Mais bientôt, les tulipes <em>« vont débouler »</em> et ce sera parti pour des mois de cueillettes, plantations, semis, désherbage... jusqu’en décembre. Le rythme est soutenu mais le quotidien convient à cette ancienne salariée de Biocoop, qui avait à cœur de devenir productrice agricole. <em>« Depuis un an, mon conjoint Tristan travaille avec moi. L’idée, c’est de produire suffisamment pour qu’il puisse devenir salarié. »</em></p><h2 class="spip" id="Renouveler-les-generations">Renouveler les générations</h2><p><em>« Pour toutes les communes rurales, l’enjeu du renouvellement des générations est ultra-important »</em>, dit Rémi Beslé, adjoint au maire en charge de l’agriculture, et lui-même exploitant agricole. La moitié des 400 000 agriculteur·ices doivent partir à la retraite ces prochaines années. <em>« On s’est donc demandé ce que l’on pouvait faire, même si ce n’est pas notre compétence principale. »</em></p><div class="spip_document_22571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="118" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2__remi_besle.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1444363892 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp?1772616259 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg@.webp?1772621035 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22571-bdeb1d6031fd4fea9793569a5fa56d0f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/cc/6f6dccb4d515ac7727873c6d152b8f.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22571-bdeb1d6031fd4fea9793569a5fa56d0f">Rémi Beslé, adjoint en charge de l’agriculture à la mairie de Plessé, lui-même exploitant agricole.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><p>Les réflexions ont été menées au cœur du comité agriculture-alimentation, modéré par un élu référent mais où peuvent venir les <em>« volontaire investis à Plessé »</em>. <em>« Ce sont les non-élus qui viennent réfléchir ou travailler avec nous</em>, détaille le conseiller municipal. <em>Nous devons, ensemble, répondre à la question suivante : "Et vous, que feriez-vous pour la commune ?" »</em></p><p>Ce fonctionnement en comités ouverts – il en existe aussi sur l’enfance-jeunesse, la vie associative, le logement ou encore l’économie locale – entend inclure un maximum de profils, pour croiser les talents et les mondes qui peuplent la commune. La même méthode a été adoptée pendant la campagne électorale de 2020 pour élaborer le programme de la jeune équipe qui a été élue. La liste, portée par un collectif citoyen, <a href="https://www.telerama.fr/debats-reportages/municipales-2026-comment-ca-va-la-democratie-participative-a-plesse-au-nord-de-nantes-7029964.php" class="spip_out" rel="external">avait désigné Aurélie Mézière comme tête de liste</a>. La commune est devenue un laboratoire de renouveau démocratique.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Ce sont les idées qui ont émergé lors de notre premier comité agriculture-alimentation qui ont donné notre Paac »</em>, reprend Rémi Beslé. <em>« Nous avons d’abord voulu établir un rapide état des lieux, comme une photographie de l’activité agricole et de ses acteurs. CAP 44 nous a aidés. »</em> Toutes les personnes de 55 ans qui, dans les 5 ou 10 ans, allaient devoir lâcher leurs fermes ont été contactées pour savoir si elles avaient déjà réfléchi à la transmission. <em>« On leur a demandé si elles avaient un repreneur »</em>, décrit Chantal Deniaud. Parmi les réponses <em>« il y avait celles qui disaient “c’est bon, j’ai quelqu’un”, celles qui nous demandaient de venir pour en discuter, et d’autres qui nous ont sommé de nous mêler de nos affaires »</em>, raconte-t-elle.</p><h2 class="spip" id="Transmettre-un-processus-long">Transmettre : un processus long</h2><p><em>« Les fermes sont un mélange d’activités professionnelles et personnelles, il peut y avoir beaucoup d’affectif. C’est important de se préparer, car c’est long de transmettre. On conseille de s’y pencher cinq ans avant le départ en retraite mais peu de personnes le font »</em>, explique Chantal Deniaud. Pour elle, l’avantage du dispositif proposé par la commune de Plessé, c’est la possibilité de bénéficier d’un soutien pour celles et ceux qui le souhaitent.</p><p>Et il y a plusieurs manières d’accompagner les futur·es retraité·es de l’agriculture, une fois qu’ils et elles ont été reçu·es et qu’un rétroplanning jusqu’au départ en retraite a été discuté. Surtout quand la ou le repreneur potentiel de l’exploitation ne souhaite pas forcément produire les mêmes cultures, ou que la question du relogement, hors de la ferme, se pose.</p><div class="spip_document_22563 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="232" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_9780.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3331748043 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_9780.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/674/20x/IMG/jpg/img_9780.jpg@.webp?1772616261 1348w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_9780.jpg 960w, local/adapt-img/674/20x/IMG/jpg/img_9780.jpg 1348w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_9780.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/674/15x/IMG/jpg/img_9780.jpg@.webp 1011w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_9780.jpg 720w, local/adapt-img/674/15x/IMG/jpg/img_9780.jpg 1011w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_9780.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/674/10x/IMG/jpg/img_9780.jpg@.webp?1772625222 674w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/674/10x/IMG/jpg/img_9780.jpg" width="674" height="1200" alt="" aria-describedby="by22563-59e6a3d0496376b84598a14f7cba9a57" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_9780.jpg 480w, local/adapt-img/674/10x/IMG/jpg/img_9780.jpg 674w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22563-59e6a3d0496376b84598a14f7cba9a57">La commune de Plessé (Loire-Atlantique), 5000 habitants et 92 fermes, a mis en place une politique agricole locale pour facilité les reprises de fermes, ainsi qu’une régie municipale pour la restauration scolaire.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><p>Parallèlement à cet accompagnement des cédants, la commune s’est mise à communiquer auprès des porteur·ses de projets, pour les informer du soutien apporté aux jeunes installé·es ou en voie de l’être. <em>« On a mis en place des cafés installations, toujours avec CAP 44, pour que cédants et aspirants agricoles puissent se rencontrer</em>, précise Rémi Beslé. <em>Cela a créé une effervescence et attiré un certain nombre de porteurs de projets. Mais nous sommes loin, bien sûr, d’être acteurs de toutes les installations qui ont eu lieu au cours de notre mandat. »</em></p><p>26 personnes se sont installées comme agriculteur·ices à Plessé entre 2020 et 2026, soit l’équivalent du nombre de départs à la retraite, ce qui est (très) rare dans les campagnes, où l’on observe un plan social accéléré, avec des dizaines de milliers de départs non remplacés.</p><p>Autre initiative pour offrir des débouchés aux productions agricoles locales : la mise en place d’une régie municipale pour la restauration scolaire, avec la préparation et la livraison de 450 repas par jour dans les quatre écoles communales, afin de remplacer le prestataire privé qui s’en occupait auparavant. Plats et menus des cantines se planifient désormais avec les producteurs locaux en fonction des saisons. Quatre personnes travaillent aujourd’hui en CDI sur cette régie. <em>« On avait déjà une cuisine équipée que nous avons dû améliorer avec l’achat d’un four, l’aménagement d’un espace de lavage et d’un espace pour les entrées froides. Ça nous a coûté environ 80 000 euros »</em>, explique Marion, l’une des salariées de la régie.</p><p>Des petits-déjeuners entre jeunes agriculteur·ices installé·es et des apéros de jeunes retraité·es sont aussi organisés pour que chacun·e puisse dire et savoir comment se passent les premières années de retraite. <em>« L’idée, c’est aussi de voir comment les retraités peuvent rester actifs sur la commune, éventuellement en allant donner des coups de main dans les fermes »</em>, décrit Rémi Beslé.</p><h2 class="spip" id="Un-vivier-agricole-lt-lt-hyper-solidaire">Un vivier agricole « hyper solidaire »</h2><p>Fille du pays, Anne apprécie que <em>« l’équipe considère l’agriculture comme partie prenante de l’attractivité économique du territoire. »</em> <em>« Avec plus de 90 fermes et environ 150 travailleurs (chefs d’exploitation, salariés sur les fermes et salariés des Cuma</em> [petite coopérative de mutualisation du matériel agricole, ndlr]<em>), l’agriculture est un vrai enjeu économique »</em>, confirme Rémi Beslé. </p><p><em>« On se sent soutenus</em>, reprend Anne. <em>Souvent, les élus me commandent des fleurs pour les mariés qui passent à la mairie et pour le repas des aînés. »</em> Elle évoque aussi la solidarité de ses collègues maraîcher·es qui l’ont aidée à monter ses serres, et le travail en cours pour mutualiser des outils. <em>« C’est un milieu hyper solidaire. Tout le monde se soude. C’est vraiment important. »</em> Ce vivier agricole solidaire, composé de petites fermes, plutôt en bio, est ce qui a permis à la PAC locale de prospérer. Avant même qu’elle soit mise en place, après 2020, le territoire de Plessé était connu pour son dynamisme agricole.</p><p>Cette ambiance a attiré Pol, ancien documentariste radio à la recherche d’une ferme d’élevage, arrivé sur la commune grâce à une annonce publiée dans le journal de la Confédération paysanne. <em>« Je connaissais le coin, je savais qu’il était dynamique et qu’il y avait une forte densité de fermes bio. »</em> La rencontre avec celui qui cherche alors à céder sa ferme, Philippe, un éleveur de vache laitière proche de la retraite, achève de le séduire. <em>« La parcelle me plaisait, toute la ferme était en location, logement compris. »</em></p><p>Cette configuration permet à Pol de limiter les investissements de départ mais aussi de <em>« se protéger des tentations de spéculation lors de la cession »</em>. Après quelques négociations avec les propriétaires, membres d’une riche famille d’investisseurs immobiliers rennais, il s’installe dans le logement de la ferme quelques mois avant de devenir officiellement agriculteur, en janvier 2023. Il travaille aujourd’hui avec un associé, autrefois installé sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. C’est <a href="https://basta.media/Biolait-groupement-producteurs-lait-alternative-multinationale-Lactalis" class="spip_in">Biolait, une alternative à la multinationale Lactalis</a> qui protège davantage ses producteur·ices, qui vient collecter le lait.</p><div class="spip_document_22562 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="156" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_9771.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1147033995 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp?1772616314 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_9771.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_9771.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_9771.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_9771.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_9771.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_9771.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_9771.jpg@.webp?1772621055 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_9771.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22562-5f794d5adc86077a4abe481e446c881d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_9771.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_9771.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_9771.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22562-5f794d5adc86077a4abe481e446c881d">Pol, ancien documentariste radio à la recherche d’une ferme d’élevage, a remplacé un agriculteur qui partait en retraite en janvier 2023.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="La-limite-de-la-propriete-privee">La limite de la propriété privée</h2><p><em>« Nous n’avons pas tout résolu, bien sûr</em>, nuance Remi Beslé, <em>et nous n’avons pas réussi à sauver toutes les fermes. Trois sont parties à l’agrandissement, avec plusieurs centaines d’hectares à chaque fois. »</em> <em>« La Paac permet de faire venir des porteurs de projets</em>, reprend Pol. <em>Cela fonctionne bien en termes de communication positive à propos de l’activité agricole. En ce moment, c’est déjà pas mal. »</em> L’éleveur se dit <em>« outré »</em> du <em>leitmotiv</em> de celles et ceux qui défendent <a href="https://basta.media/Ces-mesures-loi-Duplomb-passees-inapercues-qui-avancent-en-coulisses" class="spip_in">la loi Duplomb et l’usage de pesticides</a> en affirmant qu’il n’y a <em>« pas d’interdiction sans solution »</em>. <em>« C’est insupportable pour nous d’entendre cela</em>, dit Pol. <em>Des solutions, il y en a partout dans nos fermes. »</em></p><p><em>« En matière de foncier, le pouvoir des communes reste limité</em>, ajoute Pol. <em>Les élus se heurtent à la propriété individuelle. »</em> Avec plusieurs collègues, ils défendent le développement d’un outil de portage foncier qui permettrait de mettre à l’abri de la spéculation les terres cédées par un départ à la retraite, en attendant qu’un·e nouvel·le agriculteur·ice se présente. C’est ce que fait d’ores et déjà <a href="https://www.youtube.com/watch?v=X8PmQY4FW0k" class="spip_out" rel="external">la société coopérative d’intérêt collectif (Scic) Nord Nantes/Champs à venir</a>. <em>« On a des fermes avec un cédant qui n’a pas toujours de repreneur connu</em>, explique Chantal Deniaud. <em>Donc, on appuie sur pause, en attendant de trouver un porteur de projet. La Scic va voir les propriétaires, elle signe les baux et se charge de l’entretien temporairement. »</em> Les primes de la PAC (l’européenne) et la revente des fourrages rendent possible un équilibre financier approximatif. Le tout permet d’éviter l’agrandissement.</p><p>Autre suggestion des agricultrices et agriculteurs locaux : la mise en place de mécanismes de protection des terres agricoles contre le boisement, qu’affectionnent les propriétaires privés urbains amateurs de chasse. Mais qui, outre la réduction des terres à cultiver, fait prospérer les sangliers et autres cervidés ravageurs de cultures et de prairies.</p><p>Reste à savoir jusqu’où la prochaine municipalité réussira à aller, car ses interventions en matière agricole ne sont pas toujours bien vues. <em>« Ce n’est pas du goût de tout le monde</em>, concède Remi Beslé. <em>Et nous n’avons pas la certitude d’être réélus. Les chambres d’agriculture voient ça d’un mauvais œil. D’autres nous disent qu’il faut laisser le monde agricole tranquille. Mais nous insistons pour que la gestion des terres agricoles soit transparente. Il faut dire et redire que le foncier agricole est un bien commun. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Remplacer-chaque-agriculteur-qui-part-en-retraite-par-des-jeunes-le-defi-presque-reussi-d-une-commune-rurale</link>
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      <pubDate>Thu, 05 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Des activistes autochtones empêchent la privatisation des fleuves amazoniens au profit de multinationales]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Cela fait 33 jours de résistance, et aujourd’hui nous sortons victorieux de ce combat avec la grande nouvelle : le décret 12.600/2025 a été abrogé. »</em> C’est ainsi que le Conseil indigène Tapajós Arapiuns (Cita) a salué sur les réseaux sociaux, le 23 février, l’abrogation par le gouvernement brésilien d’un décret synonyme de privatisation des fleuves d’Amazonie.</p><p>Cette victoire <em>« est le résultat de la force collective des peuples autochtones, des rivières et des communautés traditionnelles qui n’ont pas reculé face aux menaces qui pèsent sur nos territoires et nos eaux. Nos rivières ne sont pas une marchandise : elles sont la vie, la culture et l’avenir »</em>, ont déclaré les militants à Santarém, ville au cœur de l’Amazonie brésilienne, au confluent du fleuve Amazone et de l’immense rivière Rio Tapajós.</p><h2 class="spip" id="Un-decret-pense-pour-les-geants-agro-industriels">Un décret pensé pour les géants agro-industriels</h2><p>Le <a href="https://www.planalto.gov.br/ccivil_03/_ato2023-2026/2025/decreto/D12600.htm" class="spip_out" rel="external">décret en question, n°12.600, a été signé par le président Luiz Inácio Lula da Silva</a> et promulgué en août 2025. Il prévoit, de fait, la privatisation de vastes cours d’eau amazoniens au profit d’entreprises et multinationales privées. Le décret vise ainsi à placer <em>« des tronçons des fleuves Tapajós, Madeira et Tocantins sous le régime du Programme national de privatisation (PND) du Brésil, ouvrant la voie à la privatisation des services dits d’entretien de la navigation, notamment des opérations de dragage destructrices</em> [opération consistant à enlever les sédiments présents dans le fond d’un cours d’eau, ndlr] <em> »</em>, <a href="https://amazonwatch.org/fr/news/2026/0210-indigenous-peoples-maintain-indefinite-blockade-of-cargill-on-the-tapajos-river" class="spip_out" rel="external">selon l’organisation Amazon Watch</a>. Cette mesure ouvrait ainsi la voie à une concession de plus de 3000 kilomètres de voies navigables qui aurait été gérée par le privé, sur une période variant de douze à quinze ans selon les fleuves, <a href="https://reporterre.net/Privatiser-les-fleuves-d-Amazonie-la-menace-qui-plane-sur-les-peuples-autochtones" class="spip_out" rel="external">précise un article du média <em>Reporterre</em></a>. En échange de l’entretien des fleuves, ces entreprises auraient récolté un péage sur la navigation.</p><p>Ce décret autorisait également la construction de ports sur ces vastes rivières de l’Amazonie pour le transport de céréales, comme le soja et le maïs, dont le Brésil est le premier exportateur mondial. Parmi les principaux bénéficiaires de ce projet figure la multinationale américaine Cargill. Basée dans le Minnesota, elle est l’une des plus grosses multinationales de négoce de matières premières et agricoles au monde, et possède des activités logistiques dans tout le Brésil, où elle emploie environ 11 000 personnes.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Une grande partie du soja et du maïs cultivés au Brésil transitent par l’usine Cargill de Santarém, avant d’être transportés sur des navires pour l’exportation vers l’estuaire de l’Amazone, puis l’Amérique du Nord, l’Europe ou l’Asie. La construction de ports agro-industriels à Santarém aurait ouvert la voie à l’intensification de la déforestation et à un risque de pollutions majeures des rivières et fleuves environnants, <a href="https://basta.media/polluees-menacees-deplacees-ces-communautes-amazoniennes-aux-prises-avec-des" class="spip_in">comme cela se passe en aval</a>. C’est précisément le site de Santarém qu’ont ciblé les militants autochtones.</p><h2 class="spip" id="Occupation-pacifique-d-un-lieu-strategique">Occupation pacifique d’un lieu stratégique</h2><p>Ces fleuves sont des lieux de vie ancestraux pour des dizaines de milliers de personnes qui redoutent la privatisation, mais aussi l’appauvrissement de la qualité de l’eau, voire sa pollution. Or, le décret a été <em>« promulgué sans consultation libre, préalable et éclairée, comme l’exige la convention n° 169 de l’Organisation internationale du travail, de laquelle le Brésil est signataire »</em>, <a href="https://amazonwatch.org/fr/news/2026/0210-indigenous-peoples-maintain-indefinite-blockade-of-cargill-on-the-tapajos-river" class="spip_out" rel="external">observe Amazon Watch</a>. Le gouvernement fédéral avait bien promis la tenue de consultations sur le projet, mais il a prématurément lancé un appel d’offres pour le dragage du fleuve Tapajós, le 23 décembre dernier.</p><p><em>« La manifestation a été déclenchée par le projet du gouvernement de confier des travaux de dragage à des entreprises spécialisées le long du tronçon Santarém-Itaituba du fleuve Tapajós, à proximité de sites archéologiques et de lieux sacrés pour le peuple Munduruku »</em>, précise Amazon Watch. Les manifestations menées par les autochtones débutent un mois plus tard, le 22 janvier, au terminal céréalier de Cargill à Santarém, un lieu stratégique pour les acteurs de l’agronégoce.</p><p>L’occupation se veut pacifique et se décline d’abord par des blocages à l’entrée et à la sortie des camions du terminal. Au bout de quinze jours de manifestations, le gouvernement annonce, le 6 février, la <a href="https://midiaindigena.com.br/news/06/02/2026/governo-suspende-edital-de-dragagem-no-tapajos-e-cria-grupo-interministerial-mas-mantem-decreto-no-12-600-2025/" class="spip_out" rel="external">suspension de l’appel d’offres</a> pour le dragage du fleuve Tapajos <em>« face à la mobilisation des peuples indigènes et [...] en signe de dialogue »</em>.</p><p>La mesure est jugée insuffisante par les mouvements, qui n’y voient qu’un répit temporaire, alors même qu’ils réclament l’annulation définitive du décret. <em>« En pratique, c’est une réponse qui tente de nous renvoyer chez nous sans nous accorder ce que le mouvement considère comme le minimum : l’annulation du processus de dragage, l’abrogation du décret 12 600/2025 et une garantie de consultation de bonne foi avant toute mesure »</em>, déclare <a href="https://amazonwatch.org/fr/news/2026/0210-indigenous-peoples-maintain-indefinite-blockade-of-cargill-on-the-tapajos-river" class="spip_out" rel="external">Alessandra Korap, dirigeante munduruku</a>.</p><h2 class="spip" id="Durcissement-des-actions">Durcissement des actions</h2><p>Au fil des jours, d’autres modes d’action prennent le relais. <em>« La semaine dernière, des militants autochtones ont intercepté et pris d’assaut une barge céréalière se dirigeant vers le port. Cette semaine, ils ont lancé une action par voie maritime contre le terminal de Cargill, qu’ils ont occupé pendant plusieurs jours, perturbant ainsi les activités de l’entreprise américaine »</em>, relate <a href="https://www.theguardian.com/environment/2026/feb/27/the-river-won-how-campaigners-in-brazilian-amazon-stopped-privatisation-of-waterway" class="spip_out" rel="external">le quotidien britannique <em>The Guardian</em></a>.</p><p>Un tournant s’opère le 21 février. Affirmant réagir à un ordre judiciaire qui vise à les déloger, les occupants pénètrent dans les locaux de Cargill et occupent les bureaux où se trouvent les systèmes de surveillance. <em>« Tant que le décret n’est pas abrogé, nous restons ici »</em>, déclare Alessandra Korap le soir même à l’AFP. Dans un communiqué, Cargill indique l’interruption des activités du terminal, évoquant des <em>« épisodes violents découlant d’un différend en cours entre les autorités gouvernementales (brésiliennes) et les communautés autochtones »</em>.</p><blockquote class="instagram-media c14" data-instgrm-captioned="" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/reel/DVHm0GsgGVl/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" data-instgrm-version="14">
<div class="c13"><p>Voir cette publication sur Instagram</p><p class="c12"><a href="https://www.instagram.com/reel/DVHm0GsgGVl/?utm_source=ig_embed&amp;utm_campaign=loading" class="c11" target="_blank">Une publication partagée par 푾풆’풆’풆풏풂 푻풊풌풖풏풂  (@weena_tikuna)</a></p></div>
</blockquote><p>Deux jours plus tard, Guilherme Boulos, chef du secrétariat de la présidence brésilienne, annonce l’abrogation du décret. <em>« Les populations autochtones manifestent depuis plus de 30 jours, remettant en question le décret et soulignant les effets qu’il pourrait avoir sur leurs communautés »</em>, déclare-t-il. Cette abrogation marque une grande victoire pour les peuples autochtones.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/eliane-brum-le-centre-du-monde-est-la-ou-se-trouve-la-vie-pas-la-ou-se-trouvent-les-marches-Amazonie-Cop30">« Seule une fraction minoritaire de l’humanité est à l’origine du bouleversement climatique »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/b302f474408b528ed7c77afa2f967f-26e99.jpg?1762775513" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Eliane Brum, adossé à un arbre en Amazonie" /></aside><p><em>« Ce qui se passe dans le Tapajós donne au Brésil l’occasion de choisir une voie différente de celle destructrice engendrée par la monoculture du soja et les exportations de matières premières</em>, estime <a href="https://amazonwatch.org/fr/news/2026/0210-indigenous-peoples-maintain-indefinite-blockade-of-cargill-on-the-tapajos-river" class="spip_out" rel="external">Pedro Charbel, militant d’Amazon Watch</a> au Brésil. <em>La résistance continue des peuples autochtones montre qu’il est encore temps pour le gouvernement brésilien de privilégier la sociobiodiversité et la souveraineté alimentaire plutôt que les profits des grandes entreprises et des milliardaires. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Bresil-Des-activistes-autochtones-empechent-la-privatisation-des-fleuves-amazoniens-Cargill</link>
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      <pubDate>Wed, 04 Mar 2026 17:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« J'étais comme toi avant » : quand des travailleurs immigrés font le « sale boulot » dans les centres de rétention]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le gouvernement veut atteindre <a href="https://www.interieur.gouv.fr/actualites/communiques-de-presse/augmentation-de-capacite-des-centres-de-retention-administrative" class="spip_out" rel="external">3000 places en centres de rétention administrative</a> (CRA) en 2027. Soit le double des capacités qui existaient à l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron en 2017. Ce « plan CRA » en cours implique des extensions et la construction de nouveaux centres (à Dijon, Oissel, Nantes, Béziers, Aix-en-Provence, Goussainville, Nice, Olivet, Mérignac, Mayotte, Dunkerque).</p><p>Pour rappel, ces centres de rétention servent à enfermer les personnes étrangères considérées comme étant en situation irrégulière ou devant être expulsées. Les personnes y sont placées d’abord sur simple décision administratives (pendant quatre jours maximum) puis la mesure d’enfermement peut être prolongée sur décision de justice pendant 26 jours, puis pendant encore 30 jours.</p><p>Ces projets d’extension et de construction se font dans le cadre de partenariats public-privé, l’État déléguant une partie de la gestion à des entreprises privées. À l’intérieur des CRA, des prestataires privés interviennent aussi pour des missions de plus en plus étendues. La sous-traitance du contrôle migratoire demeure pourtant un angle mort du débat public.</p><p>Dans son ouvrage <a href="https://www.editionsladecouverte.fr/comme_on_les_enferme-9782348082580" class="spip_out" rel="external"><em>Comme on les enferme</em></a> (La Découverte, février 2026), la sociologue Louise Tassin met enfin cette question sur la table. Grâce à une plongée inédite dans le quotidien d’un CRA francilien, son enquête de terrain met en lumière celles et ceux que l’on ne voit jamais : les employé·es de ces entreprises. Une main-d’œuvre en grande majorité immigrée, précaire, dont la trajectoire sociale a souvent croisé celle des étranger·es retenu·es. Entretien.</p><p><strong>Basta! : À quel point la sous-traitance est-elle développée dans les centres de rétention ?</strong></p><div class="spip_document_22554 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="173" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/tassin_louise_portrait_mg_7442.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c258887707 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp?1772547311 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg@.webp?1772552909 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg" width="960" height="960" alt="Portrait de Louise Tassin" aria-describedby="by22554-85861123811053f0ef2285aef457d9ca" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/3f/6799e0b69496683ddcf5ce9b4d86e6.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22554-85861123811053f0ef2285aef457d9ca">Louise Tassin est sociologue, postdoctorante au Centre européen de sociologie et de science politique de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne/CNRS.
©Catherine Chevallier
</figcaption></figure></div><p><strong>Louise Tassin</strong> : Le contrôle migratoire a été construit historiquement comme une prérogative régalienne, un enjeu de souveraineté. La lutte contre l’immigration irrégulière est érigée en emblème de la fermeté des gouvernements. À chaque campagne électorale, à chaque fait divers impliquant un étranger extracommunautaire, des objectifs d’expulsion et d’OQTF <em>[obligation de quitter le territoire français, ndlr]</em> sont brandis comme autant de promesses d’autorité. J’ai donc été très surprise de constater l’ampleur de l’externalisation au privé.</p><p>Depuis le milieu des années 2000, chaque CRA fait l’objet d’un marché public. Cette mise en marché s’est faite de manière progressive et discrète. Progressive, parce qu’elle a d’abord concerné le nettoyage et la restauration, puis, peu à peu, les activités se sont étendues. Discrète, parce que ces changements n’ont fait l’objet d’aucun débat public, d’aucune médiatisation, contrairement à la privatisation de la prison. Or il y a justement une circulation d’acteurs privés entre ces deux univers.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/je-vais-a-l-ecole-je-fais-tout-ce-que-la-france-me-demande-et-j-ai-une-oqtf">« Je vais à l’école, je fais tout ce que la France me demande, et j’ai une OQTF ! »</a></aside><p><strong>Qui sont ces acteurs privés intervenant en rétention ?</strong></p><p>Le leader actuel des prestations de services dans les CRA est l’entreprise Gepsa, partenaire privilégié de l’administration pénitentiaire. En 2025, Gepsa gère 15 CRA sur 20 en France hexagonale. Les entreprises impliquées dans les CRA sont aussi des filiales de multinationales comme Engie, Vinci, Compass, Sodexo.</p><p>Les acteurs privés occupent aujourd’hui une place centrale dans l’organisation des CRA. Dans le centre où j’ai mené mon enquête, ils assurent non seulement le nettoyage et la restauration, mais aussi une mission d’« accueil », selon son appellation officielle. Concrètement, les prestataires font l’intermédiaire entre le personnel et les retenu·es, dont ils gèrent la vie quotidienne.</p><p>Dans certains CRA, cela va encore plus loin : à Marseille, l’entreprise Gepsa est chargée de la sécurité incendie et du transport des retenu·es sous escorte policière. Tout cela laisse augurer d’une tendance qui va vers toujours plus d’externalisation. D’autant que ces prestataires externalisent eux-mêmes certains services, comme le nettoyage ou la préparation des repas à des sociétés spécialisées. Cela entraîne des chaînes de sous-traitance en cascade.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/travail-en-prison-paye-la-moitie-du-smic-sur-un-siege-ejectable">Travail en prison : payé la moitié du Smic, sur un « siège éjectable »</a></aside><p><strong>Vous avez réussi à obtenir l’autorisation, rare, de passer plusieurs mois dans un CRA francilien. Vous y êtes entrée avec l’intention de documenter le travail des policiers mais, en découvrant l’importance des salarié·es du privé dans le quotidien du CRA, vous avez finalement braqué votre projecteur sur elles et eux... Qui sont ces petites mains de la sous-traitance ?</strong></p><p>Les équipes employées par les prestataires de services sont constituées quasi exclusivement d’immigré·es ou de descendant·es d’immigré·es. On y retrouve d’ancien·nes sans-papiers et des étranger·es au titre de séjour provisoire, notamment des étudiant·es. Donc, des personnes aux trajectoires très proches de celles des personnes retenues.</p><p>Ce constat révèle, d’une manière édifiante, les contradictions des politiques migratoires françaises. Pour faire le « sale boulot » que personne d’autre ne veut faire, les basses besognes des politiques d’expulsion, on a besoin des étranger·es. Ils constituent une main-d’œuvre flexible, corvéable, assignée à des conditions de travail dégradées.</p><div class="spip_document_22557 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="112" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-03-03_a_12.50_29.png" width="478" height="781" alt="couverture du livre" aria-describedby="by22557-9a2f263188683c7ae1c5c5899b2fd880" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22557-9a2f263188683c7ae1c5c5899b2fd880"><a href="https://www.editionsladecouverte.fr/comme_on_les_enferme-9782348082580" class="spip_out" rel="external"><em>Comme on les enferme. Dans les centres de rétention, de Paris à Lampedusa</em></a>, Louise Tassin, La Découverte, 2026.
</figcaption></figure></div><p>Ce constat bat aussi en brèche l’opposition binaire entre étranger·es en situation régulière et irrégulière, avec ou sans papiers. Je pense, par exemple, à une salariée qui s’appelle Leïla*, arrivée en France avec ses trois enfants pour aider ses parents malades. Elle avait un visa à son arrivée puis, elle s’est retrouvée pendant cinq ans sans-papiers, avant d’être de nouveau régularisée. Quand on voit les trajectoires sociales de ces agent·es du privé qui interviennent au cœur de la rétention des étranger·es, on comprend bien que les personnes passent sans cesse d’un statut administratif à un autre.</p><p><strong>Vous donnez aussi l’exemple de Jesse*, un salarié haïtien, anciennement sans-papiers, qui raconte comment il soutient les retenu·es en leur disant : « Il ne faut pas perdre espoir, moi j’étais comme toi avant et là j’ai mes papiers »...</strong></p><p>Jesse a longtemps travaillé en France en étant sans-papiers. Depuis qu’il est régularisé, il fait des ménages dans des immeubles parisiens la semaine, et le week-end, il travaille à l’accueil du CRA. Sa situation professionnelle diffère très peu de la période durant laquelle il n’avait pas de papier. Ces employé·es sont au cœur d’une institution qui vise à expulser une catégorie de population désignée comme indésirable dont ils ont pu faire partie... Ou dont ils pourraient un jour faire partie.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Depuis qu’il est régularisé, il fait des ménages dans des immeubles parisiens la semaine, et le week-end, il travaille à l’accueil du CRA »</p>
</aside><p>Leurs trajectoires montrent à quel point il existe un <em>continuum</em> de relégation professionnelle de la main-d’œuvre étrangère. Cette notion permet de penser la ségrégation raciale du marché du travail, tout en remettant en question l’opposition faite dans le champ politique et médiatique entre immigration légale et illégale.</p><p><strong>Comment évoluent les conditions de travail de ce personnel, d’appel d’offre en appel d’offre ?</strong></p><p>Les conditions de travail sont délétères, au cœur même d’une institution de l’État. Dans le CRA où j’ai mené mon enquête, l’intendance était auparavant confiée à des contractuels de l’administration pénitentiaire. L’externalisation a entraîné une baisse des salaires et des effectifs affectés aux postes similaires, en même temps qu’une diversification des activités.</p><p>Aujourd’hui, il y a trois équipes différentes. Le prestataire principal, Primo*, assure la restauration, la buanderie et l’accueil en semaine. Le week-end, il délègue ces tâches à un sous-traitant, Clean-Up*. Cette société, qui est spécialisée dans le nettoyage, emploie une seconde équipe dédiée en continu à l’entretien des locaux.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le personnel de Primo est usé et désabusé. Il y a beaucoup d’arrêts de travail liés à un épuisement chronique. Mais cela est un peu compensé par le fait qu’il y a des CDI, des Tickets-restaurant, quelques primes. Autant d’éléments qui comptent pour des travailleurs et des travailleuses qui ont eu des trajectoires marquées par la précarité.</p><p>En revanche, quand on descend dans les strates de la sous-traitance, ces compensations disparaissent. Il s’agit uniquement de contrats courts, des CDD de trois mois, très peu de CDI. Les agent·es rencontrent de grandes difficultés à se faire rémunérer les heures travaillées, des problèmes de fiche de paie quasi systématiques. Mais aussi de management toxique, de harcèlement moral, voire sexuel.</p><p><strong>Dans quelle mesure cela se répercute-t-il sur les conditions d’enfermement des étranger·es retenu·es ?</strong></p><p>Je donne l’exemple des étudiant·es employé·es le week-end qui n’en peuvent plus d’être traité·es comme ils le sont. Ils sont souvent contraints de faire des doubles journées : ils travaillent le matin à partir de 6 h 30, puis on leur demande de faire la tranche du soir, ce qui leur fait un trou de trois heures au milieu, pendant lequel ils sont obligé·es de rester sur site. De nombreuses heures ne leur sont même pas rémunérées à la fin. Chaque mois, ils doivent faire des réclamations sur leur fiche de paie. Mais ils manquent de ressources pour se mobiliser collectivement, et les rares tentatives ont échoué.</p><p>J’ai donc vu des étudiant·es qui, même s’ils soutiennent par ailleurs les retenu·es, décident de quitter leur poste plus tôt que prévu – alors même que la cantine, par exemple, est censée rester ouverte. Leur discours, c’est : <em>« On me doit une dizaine d’heures, donc je pars plus tôt. »</em> Ou bien ils n’ouvrent pas l’hygiaphone, ils font semblant de dormir, de ne pas entendre les étranger·es enfermé·es qui toquent à la vitre...</p><p>Non seulement l’entreprise ne donne pas à ses salarié·es les moyens de faire leur travail, mais en plus, elle se retrouve préservée de leur colère et potentielle contestation, puisque celle-ci se répercute d’abord sur les étranger·es enfermé·es. Je pense aussi à ce salarié, Idir*, qui se fait insulter par un retenu et me dit : <em>« Lui, si demain il veut aller à l’infirmerie, je ne lui ouvrirai pas. »</em> Cela dit quelque chose de la grande solitude de ce personnel, mais aussi d’une forme de pouvoir discrétionnaire.</p><p><strong>Ces répercussions sont aussi rendues possibles par la forte dimension coercitive des missions, que vous décrivez dans votre ouvrage...</strong></p><p>Oui. Ce sont ces employé·es du privé qui actionnent l’ouverture des sas et des portes automatisées : ils ont un pouvoir sur la circulation des retenu·es. Ce sont eux qui élaborent les cartes d’identification que les étranger·es doivent présenter à chaque déplacement dans le CRA. Ce sont encore eux qui tiennent à jour la main-courante, un document dans lequel sont répertoriés tous les incidents du jour dans le CRA.</p><p>Ils jouent ainsi, bon gré mal gré, un rôle d’auxiliaires de police, comme le résume Idir en disant : <em>« On est les yeux et les oreilles du centre. »</em> Ces employé·es sont en fait les principaux interlocuteur·ices, au quotidien, des étranger·es retenu·es. Les policiers s’appuient donc sur eux pour identifier les leaders d’une émeute, ou pour savoir à quel point un·e retenu·e est susceptible de se rebeller contre son expulsion. Certain·es préfèrent ne pas répondre. Mais au vu de leur position subalterne, il leur est souvent difficile de refuser.</p><p>De plus, ils et elles adhèrent quasiment toutes et tous à une forme de rhétorique du service diffusée par leurs responsables, rhétorique qui gomme les aspects coercitifs du dispositif. Il faut bien avoir en tête qu’il s’agit d’une main-d’œuvre très précarisée, mais aussi silenciée.</p><p>Les agent·es sont soumis·es à une « obligation de discrétion » et craignent les licenciements. Il est déjà difficile de se mobiliser pour faire respecter leurs propres droits : on imagine bien qu’il n’y a pas, ou peu, la place pour rendre public ou contester ce dont ils sont témoins. Les quelques initiatives contestataires sont vite réprimées, et les voix critiques muselées.</p><p><strong>Du fait de leur fine connaissance de la rétention et de leur proximité socioculturelle avec les retenu·es, ces employé·es ne se retrouvent-ils pas à les aider, parfois ?</strong></p><p>Ils et elles participent à la fois à la mise en œuvre du contrôle... et à la mise en œuvre du droit. D’abord, ces prestataires jouent souvent un rôle d’interprète, ce qui permet de dénouer de nombreux problèmes, puisqu’au niveau de la police ou de l’infirmerie, il n’y a pas de traducteur.</p><p>Cette question de la maîtrise de la langue est paradoxale. Officiellement, les prestataires n’ont pas le droit de parler arabe sans traduire leurs propos aux policiers et autres intervenants. C’est une règle écrite, il y a des affiches qui la rappellent. L’arabe est un motif de soupçon. C’est aussi un prétexte pour sanctionner les prestataires jugé·es trop critiques.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Elle s'est vu à plusieurs reprises sanctionnée par des rapports policiers dénonçant le fait qu'elle parlait arabe »</p>
</aside><p>Bahija*, par exemple, est une des employées plus engagées, les plus solidaires auprès des étranger·es retenu·es. Elle dénonce avec ferveur le racisme de certains policiers mais elle s’est vu à plusieurs reprises sanctionnée par des rapports policiers dénonçant le fait qu’elle parlait arabe. En même temps, tout le monde est très content que des employé·es des prestataires parlent arabe : cela désamorce les tensions et facilite le quotidien du centre.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/arrive-en-france-a-2-ans-menace-expulsion-vers-pays-qu-il-ne-connait-pas-OQTF">Arrivé en France à 2 ans, il est menacé d’expulsion vers un pays qu’il ne connaît pas</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/5a2f27f074619af0d68f42a6f79246-8a4c4.jpg?1767031968" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une illustration d'un jeune homme et ses proches entourés de papiers administratifs, de bâtiments parisiens et d'un aéroport, pour faire le récit d'un parcours sous OQTF." /></aside><p>Ces prestataires sont aussi des « passeurs du droit », car ils et elles mobilisent des ressources liées à leur expérience professionnelle ou à leur propre expérience de l’immigration. Bahija s’était attachée à un retenu algérien dont elle disait qu’il <em>« pourrait être son fils »</em>. Au fil de leurs discussions, il lui a confié son homosexualité. Bahija l’a poussé à déposer une demande d’asile, lui expliquant qu’il pouvait faire valoir la répression de l’homosexualité en Algérie. Il a finalement été libéré.</p><p>Ces prestataires de services n’ont officiellement pas de prise sur les dossiers et les devenirs des étranger·es enfermé·es. Mais les tâches déconsidérées qu’on leur assigne, dont personne d’autre ne se saisit, leur offrent en fait quelques marges pour agir en faveur des étranger·es et contre les expulsions.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 04 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Réindustrialiser sans polluer, reconquérir le vote ouvrier : la délicate équation de la gauche à Fos-sur-Mer]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le président du collectif Sauvons nos étangs, Jean-Louis Sanial, nous a donné rendez-vous dans un café du vieux centre de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). Au moment d’entrer dans l’établissement, il jette un regard inquiet aux alentours, et préfère finalement reprendre la voiture pour nous conduire dans une zone commerciale, en dehors de Fos-sur-Mer, dans la commune limitrophe d’Istres. Nous y serons selon lui <em>« plus tranquilles »</em>. La veille, Daniel Moutet, qui représente l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos, acceptait finalement de nous parler après un premier refus : <em>« Mon association touche des subventions, et selon qui passera aux municipales, je ne veux pas les perdre »</em>, a-t-il prévenu.</p><p>Pourquoi tant de prudence ? Dans cette commune située à l’ouest de Marseille se concentre une multitude d’enjeux inflammables, qui font réfléchir à deux fois avant de parler à un média. Fos-sur-Mer, dont le budget dépasse les 109 millions d’euros pour 16 000 habitants – soit deux fois plus que celui de la commune voisine de Port-de-Bouc, pour autant d’administrés – fait partie de la cinquantaine de <a href="https://basta.media/La-carte-des-cinquante-villes-qui-pourraient-basculer-extreme-droite-elections-municipales">villes qui pourraient basculer à l’extrême droite aux élections municipales</a>.</p><div class="spip_document_22549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="71" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc0685.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1512826431 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp?1772189032 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp?1772461558 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg@.webp?1772194165 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg?1772188169" width="960" height="640" alt="Le logo géant de la ville, sur le port de Fos-sur-Mer. En arrière plan, la mer, avec un défilé d'énormes navires de commerce." aria-describedby="by22549-146a7ae0634dbbf5f8224168a80c003d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0685.jpg?1772188169 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22549-146a7ae0634dbbf5f8224168a80c003d">Le logo géant de la ville, sur le port de Fos-sur-Mer.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Bordée d’un côté par la Méditerranée, de l’autre par les étangs et marais salants, Fos-sur-Mer se distingue par ses cheminées fumantes à perte de vue, qui embrument le ciel alentour et dont les particules emplissent les poumons des habitants. La ville cumule plusieurs records. Elle abrite l’une des plus grandes zones industrielles d’Europe, où les usines de chimie, de pétrochimie ou d’acier s’étendent sur 10 000 hectares. Cette zone industrielle représente à elle seule 20 % des émissions industrielles françaises. Elle comprend 400 installations industrielles, parmi lesquelles 58 sites classés Seveso, présentant des risques d’incidents majeurs.</p><p>On y compte, en parallèle, <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-reportage-de-la-redaction/a-fos-sur-mer-l-une-des-plus-grandes-zones-industrielles-de-france-prepare-sa-decarbonation-7104298" class="spip_out" rel="external">trois fois plus de cancers</a> que la moyenne nationale, deux fois plus de diabètes, et près de deux fois plus de maladies chroniques, qui touchent 63 % de la population, comme le révélait, en 2022, <a href="https://ird.hal.science/ird-03885231v1/file/41490_13687-ps.pdf" class="spip_out" rel="external">une étude franco-américaine</a> qui avait fait grand bruit. <em>« C’est pas Fos-sur-Mer, c’est fosse mortuaire ! »</em> <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-enjeux-territoriaux/l-etang-de-berre-laboratoire-de-sante-environnementale-2597973" class="spip_out" rel="external">s’étaient alors vu rétorquer les scientifiques</a> lors de leurs entretiens.</p><div class="spip_document_22553 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="103" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc0459.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4135511212 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp?1772203237 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp?1772461562 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg@.webp?1772449166 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg?1772198148" width="960" height="640" alt="Au premier plan, le cimetière de Fos-sur-Mer, et en second plan les usines fumantes de la zone industrielle." aria-describedby="by22553-b847158dae89de4e63f26f94026a0bb9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0459.jpg?1772198148 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22553-b847158dae89de4e63f26f94026a0bb9">Vue depuis le cimetière de Fos-sur-Mer, sur le site du château de l’Hauture.
Crédits : © Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Ce 10 février, dans un théâtre fosséen plein à craquer, Françoise assiste à son premier meeting en vue des municipales, celui de la majorité sortante. Opérée il y a peu d’un cancer des amygdales, elle s’excuse d’avoir du mal à parler. <em>« Mais je ne me plains pas, je ne suis pas morte ! »</em> lance cette retraitée de 75 ans, qui a travaillé pendant 35 ans au service d’état civil de la mairie, sous René Raimondi, ancien socialiste désormais divers gauche, à la tête de la commune depuis 2004. En 2018, il démissionne au profit de son premier adjoint... qui décède deux ans plus tard d’un cancer foudroyant du poumon. René Raimondi est finalement réélu maire de Fos-sur-Mer par le conseil municipal. Un retour inattendu, mais critiqué, y compris au sein de sa majorité.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Mi-janvier 2025, René Raimondi annonce qu’il choisit son nouveau successeur : son directeur de cabinet et ancien conseiller municipal de la ville voisine d’Istres, Rémi Esnault. Sa liste divers gauche affrontera le candidat d’opposition Philippe Maurizot, ancien membre des Républicains (LR), soutenu par le Rassemblement national (RN), une liste « centriste » menée par Jean Fayolle et une liste dissidente venue de sa majorité, menée par Jean-Michel Leroy, conseiller municipal et secrétaire de la section locale du Parti socialiste.</p><div class="spip_document_22547 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="111" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc1295.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3630335861 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp?1772203238 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp?1772461775 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg@.webp?1772194166 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg?1772188182" width="960" height="640" alt="Rémi Esnault sur la scène du théâtre municipal de Fos-sur-Mer, en costard. Derrière lui tous ses colistiers, assis sur des chaises. Sur l'écran apparaît le début de son programme, sur la sécurité." aria-describedby="by22547-1e49827147dc83e789f92722b0fdb50f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc1295.jpg?1772188182 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22547-1e49827147dc83e789f92722b0fdb50f">Meeting de Rémi Esnault (divers-gauche) au théâtre municipal de Fos, le mardi 10 février 2026.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Une-guerre-ouverte-a-gauche">Une guerre ouverte à gauche</h2><p>À gauche, cette scission municipale s’opère en 2024, sur fond de projet industriel controversé. Nommé HyVence, celui-ci prévoit d’implanter 500 hectares de panneaux photovoltaïques sur les étangs de Lavalduc et d’Engrenier, qui font partie des rares espaces naturels préservés de la commune, pour alimenter une usine de production d’hydrogène. D’abord favorable à ce projet, porté par l’entreprise Géosel, René Raimondi finit par y renoncer en avril 2024, face à la fronde de ses administrés et des maires voisins d’Istres, Port-de-Bouc et Saint-Mitre-les-Remparts.</p><p><em>« Cela a été le point de départ de notre désaccord »</em>, rapporte Jean-Michel Leroy, qui mène la deuxième liste de gauche. La goutte d’eau intervient quand René Raimondi révèle le nom de son dauphin, Rémi Esnault. <em>« Il a décidé seul, sans nous demander notre avis »</em>, fulmine encore Jean-Michel Leroy, qui a perdu sa délégation d’adjoint après avoir critiqué cette décision. Suivi par d’autres conseillers municipaux désormais passés dans l’opposition, le secrétaire de section du PS annonce, en juin dernier, présenter une liste concurrente, <em>« de gauche, mais plurielle »</em>, aux municipales. Une division risquée : l’ex-LR Philippe Maurizot, qui avait obtenu 24 % des voix aux municipales de 2020, se représente cette fois avec le soutien du RN. Le parti d’extrême droite a ravi la circonscription à la gauche lors des législatives de 2024.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/La-carte-des-cinquante-villes-qui-pourraient-basculer-extreme-droite-elections-municipales">La carte des cinquante villes qui pourraient basculer à l’extrême droite lors des élections municipales</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/6552dd795aa489f3140c5bf575f48f-2c4e5.png?1772188168" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Face à cette union de la droite et de l’extrême droite, Rémi Esnault, soutenu par les communistes et Place publique, n’hésite pas à jouer la surenchère en matière de sécurité. Lors de son meeting, sous les applaudissements d’une salle comble, l’homme en costard entre en scène telle une rock star au rythme de « Free From Desire ». Nommant un par un ses colistiers, et rendant hommage à René Raimondi, qui termine son discours par un solennel <em>« Je vous aime à jamais »</em>, Rémi Esnault égrène les 80 mesures de son programme. En tête : <em>« sécurité et tranquillité publique »</em>, avec l’annonce d’une nouvelle brigade de police à moto, alors que Fos-sur-Mer <a href="https://maritima.fr/actualites/faits-divers/fos-sur-mer/3227/priorite-securite-a-fos-sur-mer" class="spip_out" rel="external">bat déjà des records nationaux</a> d’effectifs de police municipale au prorata du nombre d’habitants. C’est ensuite que vient la santé, avec sa proposition de créer un complexe médical pluridisciplinaire, ou encore « une résidence séniors autonomes ».</p><div class="spip_document_22550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="135" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc0584.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c169363681 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp?1772203241 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp?1772461780 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg@.webp?1772194168 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg?1772188254" width="960" height="640" alt="Tractage de l'équipe de campagne du candidat Jean-Michel Leroy à l'entrée des Services techniques de Fos-sur-mer. Le candidat est au centre, un colistier à gauche, et à droite une salarié de la ville." aria-describedby="by22550-61278c8e4c5680c4cc2dffa41a053079" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0584.jpg?1772188254 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22550-61278c8e4c5680c4cc2dffa41a053079">Tractage de l’équipe de campagne du candidat Jean-Michel Leroy (PS) à l’entrée des services techniques de Fos-sur-Mer.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="L-enjeu-du-vote-ouvrier">L’enjeu du vote ouvrier</h2><p>Jean-Michel Leroy défend, lui, une ville <em>« vivable, humaine et respirable »</em>. Il a placé <em>« la santé et l’inclusion »</em> en tête de son programme, avec l’installation d’un centre de santé <em>« complet »</em>. Pas question, toutefois, d’émettre trop de critiques à l’égard de l’industrie, omniprésente à Fos. <em>« Nous, on milite pour l’équilibre. On est de Fos, donc on a l’industrie dans l’ADN »</em>, clame le candidat, en pleine opération de tractage dans cette commune dont <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=COM-13039" class="spip_out" rel="external">la population active comptait, en 2022</a>, 30 % de professions intermédiaires, 29 % d’employés et 25 % d’ouvriers.</p><p><em>« S’il n’y avait pas la sidérurgie, je ne serais pas là »</em>, témoigne Daniel, ancien ouvrier venu assister au meeting de la majorité sortante, tandis que devant lui, Cécile, qui a toujours voté pour l’ancien maire René Raimondi, réagit : <em>« Si on ferme les usines, il n’y a plus de boulot ! »</em> Encore indécis, ces Fosséens prévoient d’assister à d’autres meetings, ceux de l’ex-LR Philippe Maurizot compris. <em>« Moi, je vote pour une personne, pas pour un parti »</em>, rétorque Daniel.</p><p>Le candidat soutenu par le RN, qui appelle à <em>« arrêter la gabegie et les injustices »</em>, l’a bien compris. Son discours est rodé : <em>« Je suis fils d’ouvrier, j’ai bossé dans les usines à Fos, où je passais les douches au karcher pour payer mes études, et ma mère est infirmière. Je ne sors pas de la cuisse de Jupiter »</em>, nous lance-t-il, sans toutefois donner de détails sur son programme, qui vise prioritairement à <em>« réparer, pas tout casser »</em> et <em>« sécuriser et tranquilliser »</em>, selon un tract qu’il finit par nous glisser.</p><div class="spip_document_22548 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="111" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc0708.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1781695392 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772203243 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772461783 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg@.webp?1772194170 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772188261" width="960" height="640" alt="Le candidat de droite Phillipe Maurizot dans son local de campagne. Il porte un jean et une veste marron. Sur la gauche figure un petit drapeau bleu-blanc-rouge." aria-describedby="by22548-a4787cb4cf77826ae8c9917a514763b1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0708.jpg?1772188261 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22548-a4787cb4cf77826ae8c9917a514763b1">Le candidat de droite Phillipe Maurizot (ex-LR, soutenu par le RN) dans son local de campagne.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Le ciblage du vote ouvrier n’est pas anodin. Ce dernier bascule depuis plusieurs années <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/05/28/il-y-a-un-basculement-du-vote-ouvrier-vers-la-droite-et-surtout-vers-l-extreme-droite_5468601_823448.html" class="spip_out" rel="external">vers la droite et l’extrême droite</a>. Lors des élections européennes de 2024, la liste RN obtenait ainsi <a href="https://www.ipsos.com/fr-fr/europeennes-2024/sociologie-des-electorats-2024" class="spip_out" rel="external">un score record chez les ouvriers, à 54 %</a>. <em>« Le fait que les ouvriers votent à gauche est une idée reçue »</em>, analyse Christèle Lagier, maîtresse de conférences en sciences politiques à l’université d’Avignon, spécialisée en sociologie électorale, et en particulier sur le vote RN dans le sud-est. <em>« Il y a plutôt un tropisme à droite très fort de cet électorat, à la faveur des classes basses et moyennes, qui travaillent, paient des impôts, et nourrissent un ressentiment à l’égard de l’État providence. Or, si Fos-sur-Mer fait partie des communes assez riches du fait des industries, la pauvreté y est tout de même très forte, dans une région où l’on observe par ailleurs de grosses inégalités »</em>, contextualise la sociologue.</p><p>Alors que le candidat de droite Philippe Maurizot dénonce <em>« 30 millions d’euros de dette malgré une taxe foncière écrasante »</em>, le quatrième candidat, le centriste Jean Fayolle, pointe la gestion <em>« clientéliste »</em> de la mairie. Celle-ci aurait notamment priorisé l’embauche d’agents municipaux, trois fois plus nombreux à Fos que la moyenne nationale, dénonce-t-il. Celui qui se présente à chaque élection, <em>« même si on ne le voit jamais »</em>, ironisent ses détracteurs, propose de <em>« partager les dividendes de la contrainte industrielle avec tous les Fosséens »</em> : <em>« Ce n’est pas une aide, c’est le loyer que les industriels doivent à vos poumons et à votre santé »</em>, défend-il dans son programme.</p><div class="spip_document_22546 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="104" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc1348.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c604252984 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp?1772203245 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp?1772462055 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg@.webp?1772194171 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg?1772188263" width="960" height="640" alt="Jean-Louis Sanial, président du collectif Sauvons nos étangs, portant un pull gris, de profil, devant un grand étang de Fos-sur-Mer par beau temps." aria-describedby="by22546-f2db517f8487848136b13398d7d6b931" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc1348.jpg?1772188263 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22546-f2db517f8487848136b13398d7d6b931">Jean-Louis Sanial, président du collectif Sauvons nos étangs, devant les étangs de Fos.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Le-tabou-de-la-pollution-industrielle">Le tabou de la pollution industrielle</h2><p>Petit-fils d’ouvriers de l’usine Lafarge, qui affirme porter <em>« la seule liste apolitique »</em>, Jean Fayolle est peut-être le plus virulent à l’égard de la pollution industrielle de Fos-sur-Mer et de ses impacts sur la santé. Il propose notamment, dans son programme, le lancement d’une <em>« véritable étude épidémiologique pour connaître précisément les risques induits par la pollution »</em>. À gauche, Rémi Esnault et Jean-Michel Leroy promettent, quant à eux, de rétablir le soutien à l’Institut écocitoyen, qui étudie les pollutions sur le secteur. Lancé en 2010 par la commune, qui le subventionnait à hauteur de 200 000 euros, ce dernier a finalement été privé de tout financement en 2025. Alors que plus d’une trentaine de projets industriels ont été annoncés d’ici 2030 rien qu’à Fos-sur-Mer, en vue d’un grand plan de décarbonation de la zone, l’écologie n’arrive qu’en avant-dernière position dans le programme de Rémi Esnault.</p><p>Ces projets inquiètent pourtant des citoyens attentifs aux enjeux environnementaux et de santé. <em>« Depuis 2 ou 3 ans, notre combat a pris une autre tournure, avec l’arrivée de nouvelles industries dites “bas carbone”, alors qu’elles émettent des particules fines à outrance, donc on est très vigilants sur ce qui va se faire »</em>, décrit Daniel Moutet. En 2002, celui-ci créait l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos, à l’occasion d’un projet d’implantation de terminal méthanier sur la zone portuaire, puis d’un incinérateur d’ordures ménagères de la ville de Marseille. Devant nous, le militant, ancien mécanicien au grand port maritime de Marseille, sort une pile de dossiers : la méga-usine de panneaux photovoltaïques Carbon est censée générer 3000 emplois ; GravitHy compte développer une nouvelle filière de fer « bas carbone » à partir d’hydrogène ; l’Italien Marcegaglia prévoit de produire deux millions de tonnes d’acier « décarboné » par an d’ici 2028… Au total, près de 15 milliards d’euros d’investissements privés sont attendus, avec la création de 10 000 emplois directs à la clé d’ici 2030-2035.</p><div class="spip_document_22545 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="131" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_dsc0343.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2764721071 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp?1772203249 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp?1772462089 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg@.webp?1772194173 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg?1772188265" width="960" height="640" alt="Daniel Moutet, un monsieur d'une soixantaine d'année portant un pull bleu, une barbe, avec face à lui plusieurs dossiers de couleurs différentes, dans les locaux de l'Association Défense et Protection du Littoral du Golfe de Fos, en février 2026." aria-describedby="by22545-a8e7033fc6d7730502e2f8d44a5d1d53" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_dsc0343.jpg?1772188265 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22545-a8e7033fc6d7730502e2f8d44a5d1d53">Daniel Moutet dans les locaux de l’Association défense et protection du littoral du golfe de Fos, en février 2026.
© Jean de Peña
</figcaption></figure></div><p>Ces projets, l’opposant de droite Philippe Maurizot n’y croit qu’à moitié : <em>« On finance ça comment ? On a toutes les associations sur le dos, on n’a pas l’argent et on n’a pas d’énergie »</em>, rétorque l’ancien vice-président de la commission industrie à la Région, pour qui <em>« il faut arrêter de prendre les gens pour des cons »</em>. Pour alimenter ces usines en énergie, l’État a validé la création très décriée d’une ligne à très haute tension (THT), qui partirait du Gard et traverserait la réserve naturelle des Coussouls de Crau, ainsi que quatre sites protégés Natura 2000, pour relier la zone industrielle et portuaire de Fos.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Pour-proteger-ses-habitants-des-pesticides-commune-LHoumeau-rachete-terres-agricoles-avoisinantes-Charente-Maritime">Pour protéger ses habitants des pesticides, une commune rachète les terres agricoles avoisinantes</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/65dc7e5dc87f566dee3018371ab3de-fd9c6.jpg?1772453157" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un homme d'une soixantaine d'années pointe une carte avec son doigt" /></aside><p><em>« Messieurs Raimondi et Esnault ne voient que par le prisme du développement industriel »</em>, fustige de son côté Jean-Michel Leroy, qui dénonce le <em>« greenwashing »</em> de ses concurrents, tout en affirmant <em>« ne pas être un militant de la décroissance »</em>. Le socialiste défend ainsi la création d’un Observatoire citoyen de la transition énergétique, et celle d’un grand parc naturel aux Cinq étangs, comprenant l’emblématique étang de Berre, à l’est de la commune. Il travaille pour cela en étroite collaboration avec Jean-Louis Sanial du collectif Sauvons nos étangs, à l’origine de la mobilisation contre le projet HyVence avec l’association Golfe de Fos environnement. Ancien conseiller municipal divers gauche à Fos, Jean-Louis Sanial a d’ailleurs rejoint la liste de Jean-Michel Leroy, dont il deviendrait l’adjoint à l’environnement en cas d’élection. <em>« Je suis neutre et je le resterai »</em>, se défend quant à lui Daniel Moutet, de l’Association de défense et de protection du littoral du golfe de Fos.</p><p>Mais entre l’impératif de préserver un environnement déjà bien affecté, de protéger la santé des habitants et habitantes face aux pollutions, et celui d’offrir des perspectives d’emploi sur ce site industriel majeur, le chemin de crête est étroit. Et les principaux candidats semblent avoir déjà fait leur choix.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Municipales-reindustrialiser-sans-polluer-reconquerir-le-vote-ouvrier-la-delicate-equation-pour-la-gauche-Fos-sur-mer</link>
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      <pubDate>Tue, 03 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Exporter du blé pour importer des pâtes : la réalité derrière la balance commerciale agricole de la France]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une balance commerciale agricole et agroalimentaire négative. C’était la crainte de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, pour l’année 2025. Concrètement, un solde négatif signifie que la France importe davantage de produits agricoles qu’elle n’en exporte. Ce n’est plus arrivé depuis 1978. Depuis des décennies, la France se targue d’être une puissance agricole exportatrice dont la vocation serait de « nourrir le monde », même si cela fragilise les systèmes productifs locaux de pays tiers.</p><p>Selon <a href="https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/disaron/IraCex2617/detail/" class="spip_out" rel="external">une note publiée le 6 février 2026 par Agreste</a>, le service de statistiques du ministère de l’Agriculture, le solde français des échanges agroalimentaires en 2025 est finalement positif : avec un excédent d’environ 200 millions d’euros. La capacité d’exportation de produits agricoles de la France reste donc légèrement supérieure à son taux de dépendance aux importations. Toutefois, cet excédent agroalimentaire français atteint son <em>« plus bas niveau depuis la fin des années 1970 »</em>, relativise Agreste. Comment expliquer la dégradation du bilan agricole ?</p><h2 class="spip" id="La-grande-distribution-s-approvisionne-hors-de-France">La grande distribution s’approvisionne hors de France</h2><p>Ces derniers mois, la hausse des prix de produits importés – tels que le cacao et le café – s’est conjuguée à la baisse des exportations de vins et spiritueux français, freinées par les droits de douane imposés par les États-Unis et par la Chine.</p><p>Mais, <a href="https://exhuw.r.sp1-brevo.net/mk/mr/sh/6rqJ8GoudeITQLe8hsN8B310iPA/moQjLLhbcZ4Y" class="spip_out" rel="external">comme le relève le bureau d’études Basic</a>, <em>« le déclin de la balance commerciale agroalimentaire française s’observe depuis au moins une décennie »</em>. La dégradation du solde de la balance commerciale s’est accentuée ces trois dernières années, passant de 10,2 milliards en 2022 à 5 milliards en 2024, avant de chuter à 0,2 milliard (soit 200 millions) en 2025.</p><p>En cause, une baisse des volumes de boissons, de viandes et de produits laitiers produits en France. Si on met de côté les boissons, précise le Basic, <em>« les entreprises françaises ont misé leur développement sur des produits transformés standardisés qui génèrent des marges relativement faibles et elles comptent sur les volumes pour créer de la valeur »</em>. </p><p>Or, l’industrie agroalimentaire importe en masse pour concevoir ces produits standardisés. Près de la moitié des produits laitiers (hors lait) utilisés dans l’industrie agroalimentaire en 2019 sont ainsi issus d’importations, <a href="https://basic.coop/productions/etude/analyse-de-la-creation-et-de-la-repartition-de-valeur-dans-la-filiere-lait-francaise/" class="spip_out" rel="external">révèle une étude du Basic de 2023</a>. 50 % seulement du poulet utilisé par l’industrie agroalimentaire est d’origine française, l’autre moitié étant importée, selon les données de l’interprofession de la volaille en 2023.</p><p>Les distributeurs ont aussi leur part de responsabilité. <em>« Dans sa quête de prix plus bas, la grande distribution mise sur la concurrence internationale et s’approvisionne hors de France</em>, déplore le Basic. <em>Dans un pays qui s’enorgueillit de posséder 1 200 variétés de fromages, Leclerc commercialise désormais de l’emmental râpé premier prix fabriqué à partir de lait dont l’origine indiquée est “Europe”. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Exporter-du-ble-pour-importer-des-pates">Exporter du blé pour importer des pâtes</h2><p>La balance commerciale agricole est actuellement la boussole du gouvernement pour suivre l’état de la souveraineté alimentaire. Mais est-ce un bon indicateur ? Précisons d’abord que la « souveraineté alimentaire » telle qu’elle est défendue par le gouvernement est <a href="https://basta.media/Ce-que-recouvre-vraiment-la-souverainete-alimentaire-Via-Campesina-droit-pays-developper-capacite-produire-alimentation-respect-diversite-culturelle" class="spip_in">aux antipodes de la définition d’origine du terme</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Ce-que-recouvre-vraiment-la-souverainete-alimentaire-Via-Campesina-droit-pays-developper-capacite-produire-alimentation-respect-diversite-culturelle">Ce qu’est vraiment la souveraineté alimentaire, au contraire de ce que prétend le gouvernement</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/4d2e3f97325892864a9f8312eb3039-7c1cd.jpg?1749541912" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Selon la Déclaration de Rome du mouvement paysan international Via Campesina de 1996, <em>« la souveraineté alimentaire est le droit de chaque pays de maintenir et de développer sa propre capacité de produire son alimentation de base, en respectant la diversité culturelle et agricole. La souveraineté alimentaire est une condition préalable d’une véritable sécurité alimentaire. »</em></p><p>Qu’en est-il des étals en France ? Le rapport de Terre de liens publié en 2025, <a href="https://terredeliens.org/national/actu/souverainet%C3%A9-alimentaire-un-scandale-made-in-france-17-02-2025/" class="spip_out" rel="external">« Souveraineté alimentaire : un scandale made in France »</a>, compile des données éclairantes. Actuellement, un tiers des fruits cultivés dans des régions tempérées est importé. Ce ratio monte à 50 % si on intègre les agrumes et fruits tropicaux. Plus d’un tiers des tomates fraîches et transformées que nous consommons est importé du sud de l’Europe et du Maroc. Même constat pour les légumes : un tiers de ce qui est consommé n’est pas produit en France.</p><p>Les pâtes illustrent l’absurdité de la situation : avec les 250 000 hectares de blé dur cultivés chaque année en France, nous pourrions aisément produire 15 kg de pâtes par personne et par an, surpassant la consommation moyenne de 8,5 kg. Or, relève Terre de liens, le blé produit en France sur deux tiers de ces surfaces est exporté pour être transformé à l’étranger, puis importé sous forme d’aliments transformés. Résultat : la France importe trois quarts des pâtes et semoules qui nourrissent sa population.</p><p>Par ailleurs, si la France est bien exportatrice nette de céréales, leur production est largement dépendante d’engrais et de pesticides de synthèse importés. De même, les exportations de produits animaux (produits laitiers et viande) dépendent des importations massives de protéines végétales, soja en tête.</p><h2 class="spip" id="Competitivite-contre-alimentation-locale-de-qualite">Compétitivité contre alimentation locale de qualité</h2><p>Que retenir de ces données ? <em>« La France a perdu la capacité à nourrir sa population</em>, résume Terre de liens. <em>La situation de l’agriculture française se résume en un triste palmarès : accro aux intrants importés pour produire en masse et tenir la cadence des exportations, la France ne cesse d’accroître ses importations pour remplir nos assiettes. Elles ont doublé en 20 ans »</em>, ajoute l’organisation.</p><p>De son côté, le gouvernement maintient une politique agricole centrée sur la compétitivité et l’agrandissement des fermes. Les déclarations d’Annie Genevard le 24 février, au Salon de l’agriculture, le confirment. Elle a affirmé que <em>« les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, ne peuvent pas toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises ou même allemandes, bien plus vastes »</em>. <em>« Au titre de la compétitivité, ne faut-il pas se poser la question de la taille critique ? »</em> a6t-elle ajouté.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Produits-pris-en-charge-village-experimente-securite-sociale-alimentaire">De la nourriture prise en charge à 100 % : un village expérimente une sécurité sociale alimentaire</a></aside><p>Or, la concentration est déjà à l’œuvre depuis des dizaines d’années avec la disparition de 100 000 fermes en dix ans en France, sans gain décisif de compétitivité. Par ailleurs, cet agrandissement ne fait que compliquer la transmission des fermes qui deviennent souvent inaccessibles d’un point de vue financier. <em>« C’est à l’échelle des territoires que la stratégie agricole de la France devra se réaliser »</em>, a conclu Annie Genevard. Des organisations comme Terre de liens partagent l’idée de redonner du pouvoir aux territoires, mais pointent les incohérences du gouvernement en la matière.</p><p>L’État a, en effet, opéré des coupes drastiques dans le financement des projets alimentaires territoriaux existants. Des équipes municipales <a href="https://basta.media/Pour-proteger-ses-habitants-des-pesticides-commune-LHoumeau-rachete-terres-agricoles-avoisinantes-Charente-Maritime" class="spip_in">comme à L’Houmeau, en Charente-Maritime</a>, ou <a href="https://basta.media/Produits-pris-en-charge-village-experimente-securite-sociale-alimentaire" class="spip_in">des collectifs citoyens</a> comme à Cadenet, dans le Vaucluse, parviennent malgré tout à impulser des projets au service d’une alimentation locale de qualité.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/exporter-du-ble-pour-importer-des-pates-realite-derriere-balance-commerciale-agricole-France</link>
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      <pubDate>Mon, 02 Mar 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[3 mois en moins : le patronat obtient une baisse des droits au chômage après une rupture conventionnelle]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le gouvernement avait demandé aux syndicats et au patronat de s’entendre sur 400 millions d’économies à réaliser sur l’assurance-chômage. Le patronat a essayé d’en obtenir dix fois plus. Avec l’appui de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et de l’Union des entreprises de proximité (U2P), le Medef, a fait monter les enchères durant les négociations sur l’assurance-chômage, qui se sont ouvertes en janvier pour se terminer sur un accord, tard dans la soirée, mercredi 25 février.</p><h2 class="spip" id="Droits-rabotes-pour-les-ruptures-conventionnelles">Droits rabotés pour les ruptures conventionnelles</h2><p>Ainsi, le patronat obtient une baisse de la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle, le dispositif par lequel un employeur et son salarié mettent fin au contrat de travail par accord mutuel. Aujourd’hui, la durée maximale d’indemnisation après ce type de rupture de contrat passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans. Soit une réduction de trois mois.</p><p>Pour les plus de 55 ans, la potion est encore plus amère. La durée pendant laquelle les salariés de 55 et 56 ans en rupture conventionnelle peuvent prétendre à une allocation passe de 22,5 mois à 20,5 mois. Mais pour ceux de 57 ans et plus, elle dégringole de 27 à 20,5 mois. Soit six mois de moins. Avec cette modification des règles, le régime d’assurance-chômage pourrait économiser jusqu’à 940 millions d’euros dans les années à venir. Deux fois plus que ce que le gouvernement avait demandé.</p><p>Le texte issu des négociations précise par ailleurs que les signataires <em>« appellent solennellement les pouvoirs publics »</em> à intervenir auprès de la Commission européenne afin de revoir les règles applicables aux travailleurs frontaliers. En cause : le fait qu’un salarié frontalier qui travaille à l’étranger tout en résidant en France cotise dans le pays où il exerce son activité, mais s’il perd son emploi, son indemnisation est versée par l’assurance-chômage française. Ce mécanisme produit un manque à gagner entre les dépenses et les recettes d’un montant de 840 millions d’euros en 2024.</p><h2 class="spip" id="Le-Medef-joue-la-surenchere">Le Medef joue la surenchère</h2><p>Dans un courrier envoyé aux organisations syndicales et patronales le 29 novembre 2025, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou réclamait au moins 400 millions d’économies sur les ruptures conventionnelles, dans le cadre de nouvelles négociations des règles de l’assurance-chômage.</p><p>C’était une condition pour l’abandon de la réforme de François Bayrou, qui prévoyait d’économiser quatre milliards d’euros sur les droits des personnes privées d’emploi. Une demande assortie de la menace que le gouvernement reprenne la main si les syndicats et le patronat ne parvenaient pas à un accord. Avec, évidemment, le risque que les mesures d’économies soient supérieures aux 400 millions d’euros demandés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Dès l’ouverture des discussions entre syndicats et patronat en ce début d’année, le Medef a joué la surenchère . Il a mis sur la table le dossier éruptif des intermittents du spectacle, en réclamant une hausse du nombre d’heures de travail annuel nécessaires pour ouvrir des droits. Avec, pour conséquence, selon l’Unédic, de sortir 10 000 intermittents des droits à l’indemnisation prévus par les annexes 8 et 10 de la convention d’assurance-chômage.</p><p>Pour les personnes au chômage après une rupture conventionnelle, le patronat voulait aussi que l’indemnisation soit soumise à une dégressivité de 30 % après six mois, en plus d’être réduite dans la durée. Celle-ci aurait concerné les personnes dont le salaire en emploi était supérieur à 2000 euros brut. Enfin, le patronat souhaitait inscrire une demande au gouvernement de gel des allocations chômage pour l’année 2026. Avec des économies attendues avoisinant les quatre milliards d’euros au total.</p><p>Pour mettre la pression sur les organisations syndicales, le Medef a réclamé, en février à l’Unédic, une série d’études afin d’évaluer les économies qu’apporteraient des mesures de réduction des droits, bien au-delà des seules ruptures conventionnelles. À tel point que les syndicats de salariés avaient organisé une conférence de presse unitaire en présence de leurs numéros un, lundi 23 février, pour exiger que le patronat abandonne son idée de dépasser les 400 millions d’euros d’économies.</p><h2 class="spip" id="Les-comptes-de-l-assurance-chomage">Les comptes de l’assurance-chômage</h2><p>Pour défendre la réduction des droits des chômeurs en rupture conventionnelle, le gouvernement et le patronat ont avancé deux arguments : l’explosion du recours au dispositif et son coût pour l’assurance-chômage, chiffré à 9,4 milliards d’euros en 2024. En creux, ils ont suggéré que les salariés en abuseraient.</p><p>L’augmentation du nombre de ruptures conventionnelles est réelle : de 315 000 en 2015 à 515 000 en 2024. Mais l’augmentation ne dit rien, en soi, de la responsabilité des salariés dans cette dynamique. En tout cas, la rupture conventionnelle a été introduite dans le droit en 2008, à la demande du patronat, pour offrir une alternative au licenciement et sécuriser juridiquement les séparations à l’amiable.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/ia-et-controle-automatise-quand-france-travail-passe-en-mode-robot">IA et contrôle automatisé : quand France Travail passe en mode robot</a></aside><p>Pour justifier les économies à réaliser, le patronat a pointé une dégradation des comptes de l’assurance-chômage. Or, celle-ci est relative. Certes, en 2026, l’assurance-chômage devrait enregistrer <a href="https://www.unedic.org/storage/uploads/2025/10/22/Situation-financire-Assurance-chmage-2025-2027--22-octobre-2025_uid_68f8d038e2ffe.pdf" class="spip_out" rel="external">un déficit de 1,3 milliard d’euros</a>, après deux années à l’équilibre financier. Mais l’Unédic prévoit un solde positif supérieur à 3 milliards d’euros dès 2027.</p><h2 class="spip" id="Passage-au-Parlement">Passage au Parlement</h2><p>Si le Medef a revu ses ambitions à la baisse pour obtenir un accord avec quelques organisations syndicales, il obtient cependant le double des économies demandées par le gouvernement. L’accord, qui est ouvert à signature jusqu’au 23 mars, devrait être paraphé au moins par la CFDT et la CFTC, qui ont bataillé sur les détails du texte jusqu’au dernier moment.</p><p>De leur côté, la CGT et la CFE-CGC ont laissé entendre qu’elles ne signeraient pas cet accord et l’incertitude demeure pour Force ouvrière. Quoi qu’il en soit, la réduction de la durée d’indemnisation devra passer par une modification législative. Une nouvelle séquence se jouera donc à l’Assemblée nationale. La CGT a déjà prévenu qu’elle rencontrerait les députés afin d’empêcher le recul des droits inclus dans la copie finale.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/3-mois-en-moins-le-patronat-obtient-une-baisse-des-droits-au-chomage-apres-une</link>
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      <pubDate>Thu, 26 Feb 2026 11:08:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[3 mois de droits au chômage en moins : ce que le patronat a obtenu en cas de rupture conventionnelle]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le gouvernement avait demandé aux syndicats et au patronat de s’entendre sur 400 millions d’économies à réaliser sur l’assurance-chômage. Le patronat a essayé d’en obtenir dix fois plus. Avec l’appui de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et de l’Union des entreprises de proximité (U2P), le Medef, a fait monter les enchères durant les négociations sur l’assurance-chômage, qui se sont ouvertes en janvier pour se terminer sur un accord, tard dans la soirée, mercredi 25 février.</p><h2 class="spip" id="Droits-rabotes-pour-les-ruptures-conventionnelles">Droits rabotés pour les ruptures conventionnelles</h2><p>Ainsi, le patronat obtient une baisse de la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle, le dispositif par lequel un employeur et son salarié mettent fin au contrat de travail par accord mutuel. Aujourd’hui, la durée maximale d’indemnisation après ce type de rupture de contrat passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans. Soit une réduction de trois mois.</p><p>Pour les plus de 55 ans, la potion est encore plus amère. La durée pendant laquelle les salariés de 55 et 56 ans en rupture conventionnelle peuvent prétendre à une allocation passe de 22,5 mois à 20,5 mois. Mais pour ceux de 57 ans et plus, elle dégringole de 27 à 20,5 mois. Soit six mois de moins. Avec cette modification des règles, le régime d’assurance-chômage pourrait économiser jusqu’à 940 millions d’euros dans les années à venir. Deux fois plus que ce que le gouvernement avait demandé.</p><p>Le texte issu des négociations précise par ailleurs que les signataires <em>« appellent solennellement les pouvoirs publics »</em> à intervenir auprès de la Commission européenne afin de revoir les règles applicables aux travailleurs frontaliers. En cause : le fait qu’un salarié frontalier qui travaille à l’étranger tout en résidant en France cotise dans le pays où il exerce son activité, mais s’il perd son emploi, son indemnisation est versée par l’assurance-chômage française. Ce mécanisme produit un manque à gagner entre les dépenses et les recettes d’un montant de 840 millions d’euros en 2024.</p><h2 class="spip" id="Le-Medef-joue-la-surenchere">Le Medef joue la surenchère</h2><p>Dans un courrier envoyé aux organisations syndicales et patronales le 29 novembre 2025, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou réclamait au moins 400 millions d’économies sur les ruptures conventionnelles, dans le cadre de nouvelles négociations des règles de l’assurance-chômage.</p><p>C’était une condition pour l’abandon de la réforme de François Bayrou, qui prévoyait d’économiser quatre milliards d’euros sur les droits des personnes privées d’emploi. Une demande assortie de la menace que le gouvernement reprenne la main si les syndicats et le patronat ne parvenaient pas à un accord. Avec, évidemment, le risque que les mesures d’économies soient supérieures aux 400 millions d’euros demandés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Dès l’ouverture des discussions entre syndicats et patronat en ce début d’année, le Medef a joué la surenchère . Il a mis sur la table le dossier éruptif des intermittents du spectacle, en réclamant une hausse du nombre d’heures de travail annuel nécessaires pour ouvrir des droits. Avec, pour conséquence, selon l’Unédic, de sortir 10 000 intermittents des droits à l’indemnisation prévus par les annexes 8 et 10 de la convention d’assurance-chômage.</p><p>Pour les personnes au chômage après une rupture conventionnelle, le patronat voulait aussi que l’indemnisation soit soumise à une dégressivité de 30 % après six mois, en plus d’être réduite dans la durée. Celle-ci aurait concerné les personnes dont le salaire en emploi était supérieur à 2000 euros brut. Enfin, le patronat souhaitait inscrire une demande au gouvernement de gel des allocations chômage pour l’année 2026. Avec des économies attendues avoisinant les quatre milliards d’euros au total.</p><p>Pour mettre la pression sur les organisations syndicales, le Medef a réclamé, en février à l’Unédic, une série d’études afin d’évaluer les économies qu’apporteraient des mesures de réduction des droits, bien au-delà des seules ruptures conventionnelles. À tel point que les syndicats de salariés avaient organisé une conférence de presse unitaire en présence de leurs numéros un, lundi 23 février, pour exiger que le patronat abandonne son idée de dépasser les 400 millions d’euros d’économies.</p><h2 class="spip" id="Les-comptes-de-l-assurance-chomage">Les comptes de l’assurance-chômage</h2><p>Pour défendre la réduction des droits des chômeurs en rupture conventionnelle, le gouvernement et le patronat ont avancé deux arguments : l’explosion du recours au dispositif et son coût pour l’assurance-chômage, chiffré à 9,4 milliards d’euros en 2024. En creux, ils ont suggéré que les salariés en abuseraient.</p><p>L’augmentation du nombre de ruptures conventionnelles est réelle : de 315 000 en 2015 à 515 000 en 2024. Mais l’augmentation ne dit rien, en soi, de la responsabilité des salariés dans cette dynamique. En tout cas, la rupture conventionnelle a été introduite dans le droit en 2008, à la demande du patronat, pour offrir une alternative au licenciement et sécuriser juridiquement les séparations à l’amiable.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/ia-et-controle-automatise-quand-france-travail-passe-en-mode-robot">IA et contrôle automatisé : quand France Travail passe en mode robot</a></aside><p>Pour justifier les économies à réaliser, le patronat a pointé une dégradation des comptes de l’assurance-chômage. Or, celle-ci est relative. Certes, en 2026, l’assurance-chômage devrait enregistrer <a href="https://www.unedic.org/storage/uploads/2025/10/22/Situation-financire-Assurance-chmage-2025-2027--22-octobre-2025_uid_68f8d038e2ffe.pdf" class="spip_out" rel="external">un déficit de 1,3 milliard d’euros</a>, après deux années à l’équilibre financier. Mais l’Unédic prévoit un solde positif supérieur à 3 milliards d’euros dès 2027.</p><h2 class="spip" id="Passage-au-Parlement">Passage au Parlement</h2><p>Si le Medef a revu ses ambitions à la baisse pour obtenir un accord avec quelques organisations syndicales, il obtient cependant le double des économies demandées par le gouvernement. L’accord, qui est ouvert à signature jusqu’au 23 mars, devrait être paraphé au moins par la CFDT et la CFTC, qui ont bataillé sur les détails du texte jusqu’au dernier moment.</p><p>De leur côté, la CGT et la CFE-CGC ont laissé entendre qu’elles ne signeraient pas cet accord et l’incertitude demeure pour Force ouvrière. Quoi qu’il en soit, la réduction de la durée d’indemnisation devra passer par une modification législative. Une nouvelle séquence se jouera donc à l’Assemblée nationale. La CGT a déjà prévenu qu’elle rencontrerait les députés afin d’empêcher le recul des droits inclus dans la copie finale.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 26 Feb 2026 11:08:00 +0100</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[3 mois de droits au chômage en moins : ce que le patronat a obtenu en cas de rupture conventionnelle]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le gouvernement avait demandé aux syndicats et au patronat de s’entendre sur 400 millions d’économies à réaliser sur l’assurance-chômage. Le patronat a essayé d’en obtenir dix fois plus. Avec l’appui de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et de l’Union des entreprises de proximité (U2P), le Medef, a fait monter les enchères durant les négociations sur l’assurance-chômage, qui se sont ouvertes en janvier pour se terminer sur un accord, tard dans la soirée, mercredi 25 février.</p><h2 class="spip" id="Droits-rabotes-pour-les-ruptures-conventionnelles">Droits rabotés pour les ruptures conventionnelles</h2><p>Ainsi, le patronat obtient une baisse de la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle, le dispositif par lequel un employeur et son salarié mettent fin au contrat de travail par accord mutuel. Aujourd’hui, la durée maximale d’indemnisation après ce type de rupture de contrat passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans. Soit une réduction de trois mois.</p><p>Pour les plus de 55 ans, la potion est encore plus amère. La durée pendant laquelle les salariés de 55 et 56 ans en rupture conventionnelle peuvent prétendre à une allocation passe de 22,5 mois à 20,5 mois. Mais pour ceux de 57 ans et plus, elle dégringole de 27 à 20,5 mois. Soit six mois de moins. Avec cette modification des règles, le régime d’assurance-chômage pourrait économiser jusqu’à 940 millions d’euros dans les années à venir. Deux fois plus que ce que le gouvernement avait demandé.</p><p>Le texte issu des négociations précise par ailleurs que les signataires <em>« appellent solennellement les pouvoirs publics »</em> à intervenir auprès de la Commission européenne afin de revoir les règles applicables aux travailleurs frontaliers. En cause : le fait qu’un salarié frontalier qui travaille à l’étranger tout en résidant en France cotise dans le pays où il exerce son activité, mais s’il perd son emploi, son indemnisation est versée par l’assurance-chômage française. Ce mécanisme produit un manque à gagner entre les dépenses et les recettes d’un montant de 840 millions d’euros en 2024.</p><h2 class="spip" id="Le-Medef-joue-la-surenchere">Le Medef joue la surenchère</h2><p>Dans un courrier envoyé aux organisations syndicales et patronales le 29 novembre 2025, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou réclamait au moins 400 millions d’économies sur les ruptures conventionnelles, dans le cadre de nouvelles négociations des règles de l’assurance-chômage.</p><p>C’était une condition pour l’abandon de la réforme de François Bayrou, qui prévoyait d’économiser quatre milliards d’euros sur les droits des personnes privées d’emploi. Une demande assortie de la menace que le gouvernement reprenne la main si les syndicats et le patronat ne parvenaient pas à un accord. Avec, évidemment, le risque que les mesures d’économies soient supérieures aux 400 millions d’euros demandés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Dès l’ouverture des discussions entre syndicats et patronat en ce début d’année, le Medef a joué la surenchère . Il a mis sur la table le dossier éruptif des intermittents du spectacle, en réclamant une hausse du nombre d’heures de travail annuel nécessaires pour ouvrir des droits. Avec, pour conséquence, selon l’Unédic, de sortir 10 000 intermittents des droits à l’indemnisation prévus par les annexes 8 et 10 de la convention d’assurance-chômage.</p><p>Pour les personnes au chômage après une rupture conventionnelle, le patronat voulait aussi que l’indemnisation soit soumise à une dégressivité de 30 % après six mois, en plus d’être réduite dans la durée. Celle-ci aurait concerné les personnes dont le salaire en emploi était supérieur à 2000 euros brut. Enfin, le patronat souhaitait inscrire une demande au gouvernement de gel des allocations chômage pour l’année 2026. Avec des économies attendues avoisinant les quatre milliards d’euros au total.</p><p>Pour mettre la pression sur les organisations syndicales, le Medef a réclamé, en février à l’Unédic, une série d’études afin d’évaluer les économies qu’apporteraient des mesures de réduction des droits, bien au-delà des seules ruptures conventionnelles. À tel point que les syndicats de salariés avaient organisé une conférence de presse unitaire en présence de leurs numéros un, lundi 23 février, pour exiger que le patronat abandonne son idée de dépasser les 400 millions d’euros d’économies.</p><h2 class="spip" id="Les-comptes-de-l-assurance-chomage">Les comptes de l’assurance-chômage</h2><p>Pour défendre la réduction des droits des chômeurs en rupture conventionnelle, le gouvernement et le patronat ont avancé deux arguments : l’explosion du recours au dispositif et son coût pour l’assurance-chômage, chiffré à 9,4 milliards d’euros en 2024. En creux, ils ont suggéré que les salariés en abuseraient.</p><p>L’augmentation du nombre de ruptures conventionnelles est réelle : de 315 000 en 2015 à 515 000 en 2024. Mais l’augmentation ne dit rien, en soi, de la responsabilité des salariés dans cette dynamique. En tout cas, la rupture conventionnelle a été introduite dans le droit en 2008, à la demande du patronat, pour offrir une alternative au licenciement et sécuriser juridiquement les séparations à l’amiable.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/ia-et-controle-automatise-quand-france-travail-passe-en-mode-robot">IA et contrôle automatisé : quand France Travail passe en mode robot</a></aside><p>Pour justifier les économies à réaliser, le patronat a pointé une dégradation des comptes de l’assurance-chômage. Or, celle-ci est relative. Certes, en 2026, l’assurance-chômage devrait enregistrer <a href="https://www.unedic.org/storage/uploads/2025/10/22/Situation-financire-Assurance-chmage-2025-2027--22-octobre-2025_uid_68f8d038e2ffe.pdf" class="spip_out" rel="external">un déficit de 1,3 milliard d’euros</a>, après deux années à l’équilibre financier. Mais l’Unédic prévoit un solde positif supérieur à 3 milliards d’euros dès 2027.</p><h2 class="spip" id="Passage-au-Parlement">Passage au Parlement</h2><p>Si le Medef a revu ses ambitions à la baisse pour obtenir un accord avec quelques organisations syndicales, il obtient cependant le double des économies demandées par le gouvernement. L’accord, qui est ouvert à signature jusqu’au 23 mars, devrait être paraphé au moins par la CFDT et la CFTC, qui ont bataillé sur les détails du texte jusqu’au dernier moment.</p><p>De leur côté, la CGT et la CFE-CGC ont laissé entendre qu’elles ne signeraient pas cet accord et l’incertitude demeure pour Force ouvrière. Quoi qu’il en soit, la réduction de la durée d’indemnisation devra passer par une modification législative. Une nouvelle séquence se jouera donc à l’Assemblée nationale. La CGT a déjà prévenu qu’elle rencontrerait les députés afin d’empêcher le recul des droits inclus dans la copie finale.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/3-mois-de-droits-au-chomage-en-moins-ce-que-le-patronat-a-obtenu-en-cas-de-rupture-conventionnelle</link>
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      <pubDate>Thu, 26 Feb 2026 11:08:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Ruptures conventionnelles : le patronat arrache une nouvelle baisse des droits au chômage]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le gouvernement avait demandé aux syndicats et au patronat de s’entendre sur 400 millions d’économies à réaliser sur l’assurance-chômage. Le patronat a essayé d’en obtenir dix fois plus. Avec l’appui de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) et de l’Union des entreprises de proximité (U2P), le Medef, a fait monter les enchères durant les négociations sur l’assurance-chômage, qui se sont ouvertes en janvier pour se terminer sur un accord, tard dans la soirée, mercredi 25 février.</p><h2 class="spip" id="Droits-rabotes-pour-les-ruptures-conventionnelles">Droits rabotés pour les ruptures conventionnelles</h2><p>Ainsi, le patronat obtient une baisse de la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle, le dispositif par lequel un employeur et son salarié mettent fin au contrat de travail par accord mutuel. Aujourd’hui, la durée maximale d’indemnisation après ce type de rupture de contrat passe de 18 à 15 mois pour les moins de 55 ans. Soit une réduction de trois mois.</p><p>Pour les plus de 55 ans, la potion est encore plus amère. La durée pendant laquelle les salariés de 55 et 56 ans en rupture conventionnelle peuvent prétendre à une allocation passe de 22,5 mois à 20,5 mois. Mais pour ceux de 57 ans et plus, elle dégringole de 27 à 20,5 mois. Soit six mois de moins. Avec cette modification des règles, le régime d’assurance-chômage pourrait économiser jusqu’à 940 millions d’euros dans les années à venir. Deux fois plus que ce que le gouvernement avait demandé.</p><p>Le texte issu des négociations précise par ailleurs que les signataires <em>« appellent solennellement les pouvoirs publics »</em> à intervenir auprès de la Commission européenne afin de revoir les règles applicables aux travailleurs frontaliers. En cause : le fait qu’un salarié frontalier qui travaille à l’étranger tout en résidant en France cotise dans le pays où il exerce son activité, mais s’il perd son emploi, son indemnisation est versée par l’assurance-chômage française. Ce mécanisme produit un manque à gagner entre les dépenses et les recettes d’un montant de 840 millions d’euros en 2024.</p><h2 class="spip" id="Le-Medef-joue-la-surenchere">Le Medef joue la surenchère</h2><p>Dans un courrier envoyé aux organisations syndicales et patronales le 29 novembre 2025, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou réclamait au moins 400 millions d’économies sur les ruptures conventionnelles, dans le cadre de nouvelles négociations des règles de l’assurance-chômage.</p><p>C’était une condition pour l’abandon de la réforme de François Bayrou, qui prévoyait d’économiser quatre milliards d’euros sur les droits des personnes privées d’emploi. Une demande assortie de la menace que le gouvernement reprenne la main si les syndicats et le patronat ne parvenaient pas à un accord. Avec, évidemment, le risque que les mesures d’économies soient supérieures aux 400 millions d’euros demandés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Dès l’ouverture des discussions entre syndicats et patronat en ce début d’année, le Medef a joué la surenchère . Il a mis sur la table le dossier éruptif des intermittents du spectacle, en réclamant une hausse du nombre d’heures de travail annuel nécessaires pour ouvrir des droits. Avec, pour conséquence, selon l’Unédic, de sortir 10 000 intermittents des droits à l’indemnisation prévus par les annexes 8 et 10 de la convention d’assurance-chômage.</p><p>Pour les personnes au chômage après une rupture conventionnelle, le patronat voulait aussi que l’indemnisation soit soumise à une dégressivité de 30 % après six mois, en plus d’être réduite dans la durée. Celle-ci aurait concerné les personnes dont le salaire en emploi était supérieur à 2000 euros brut. Enfin, le patronat souhaitait inscrire une demande au gouvernement de gel des allocations chômage pour l’année 2026. Avec des économies attendues avoisinant les quatre milliards d’euros au total.</p><p>Pour mettre la pression sur les organisations syndicales, le Medef a réclamé, en février à l’Unédic, une série d’études afin d’évaluer les économies qu’apporteraient des mesures de réduction des droits, bien au-delà des seules ruptures conventionnelles. À tel point que les syndicats de salariés avaient organisé une conférence de presse unitaire en présence de leurs numéros un, lundi 23 février, pour exiger que le patronat abandonne son idée de dépasser les 400 millions d’euros d’économies.</p><h2 class="spip" id="Les-comptes-de-l-assurance-chomage">Les comptes de l’assurance-chômage</h2><p>Pour défendre la réduction des droits des chômeurs en rupture conventionnelle, le gouvernement et le patronat ont avancé deux arguments : l’explosion du recours au dispositif et son coût pour l’assurance-chômage, chiffré à 9,4 milliards d’euros en 2024. En creux, ils ont suggéré que les salariés en abuseraient.</p><p>L’augmentation du nombre de ruptures conventionnelles est réelle : de 315 000 en 2015 à 515 000 en 2024. Mais l’augmentation ne dit rien, en soi, de la responsabilité des salariés dans cette dynamique. En tout cas, la rupture conventionnelle a été introduite dans le droit en 2008, à la demande du patronat, pour offrir une alternative au licenciement et sécuriser juridiquement les séparations à l’amiable.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/ia-et-controle-automatise-quand-france-travail-passe-en-mode-robot">IA et contrôle automatisé : quand France Travail passe en mode robot</a></aside><p>Pour justifier les économies à réaliser, le patronat a pointé une dégradation des comptes de l’assurance-chômage. Or, celle-ci est relative. Certes, en 2026, l’assurance-chômage devrait enregistrer <a href="https://www.unedic.org/storage/uploads/2025/10/22/Situation-financire-Assurance-chmage-2025-2027--22-octobre-2025_uid_68f8d038e2ffe.pdf" class="spip_out" rel="external">un déficit de 1,3 milliard d’euros</a>, après deux années à l’équilibre financier. Mais l’Unédic prévoit un solde positif supérieur à 3 milliards d’euros dès 2027.</p><h2 class="spip" id="Passage-au-Parlement">Passage au Parlement</h2><p>Si le Medef a revu ses ambitions à la baisse pour obtenir un accord avec quelques organisations syndicales, il obtient cependant le double des économies demandées par le gouvernement. L’accord, qui est ouvert à signature jusqu’au 23 mars, devrait être paraphé au moins par la CFDT et la CFTC, qui ont bataillé sur les détails du texte jusqu’au dernier moment.</p><p>De leur côté, la CGT et la CFE-CGC ont laissé entendre qu’elles ne signeraient pas cet accord et l’incertitude demeure pour Force ouvrière. Quoi qu’il en soit, la réduction de la durée d’indemnisation devra passer par une modification législative. Une nouvelle séquence se jouera donc à l’Assemblée nationale. La CGT a déjà prévenu qu’elle rencontrerait les députés afin d’empêcher le recul des droits inclus dans la copie finale.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 26 Feb 2026 11:08:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Le gouvernement recule sur sa réforme des lycées pro, jugée « inégalitaire » et « discriminante »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le ministère de l’Éducation a annoncé, le 17 février, que les lycées professionnels verront, en 2027, les examens du baccalauréat rétablis à la mi-juin. Et non plus fin avril, tel que cela avait été modifié par la réforme de l’enseignement professionnel, lancée en 2023 par le gouvernement.</p><p>Cette réforme avait instauré un <em>« parcours différencié »</em> d’une durée de six semaines. Après les examens d’avril, les élèves se voyaient proposer deux modules : ils pouvaient choisir de poursuivre les cours ou d’effectuer un stage en entreprise. Le ministre a annoncé la semaine dernière que ce parcours différencié, rebaptisé <em>« parcours personnalisé »</em>, sera désormais réduit à deux semaines. Il avait déjà été réduit une première fois à quatre semaines pour l’année scolaire 2025-2026.</p><p>Ces annonces marquent un recul progressif du gouvernement face à la large contestation de la réforme du lycée pro. En ramenant le baccalauréat à sa date initiale, en juin, en réduisant la durée du parcours différencié et en décalant son calendrier (les quinze jours différenciés devront désormais être réalisés avant la fin mars), le gouvernement répond partiellement aux critiques des syndicats enseignants émises depuis trois ans.</p><h2 class="spip" id="Un-lt-lt-instrument-de-tri">Un « instrument de tri »</h2><p>Avancer les examens du bac avait pressurisé les équipes, contraintes de boucler le programme scolaire plus tôt. Aussi, les syndicats voyaient dans le parcours différencié un <em>« instrument de tri »</em>, comme le résume encore aujourd’hui Philippe Dauriac, de la CGT-Éduc’action. Ne pas donner le même nombre d’heures de cours à tout le monde <em>« brise le cadre égalitaire, là où nous considérons que tous les élèves de terminale devraient avoir le même parcours de terminale »</em>, estime le syndicaliste.</p><p>Le choix du module entre cours ou stage pourrait creuser des inégalités socio-économiques entre élèves, dénoncent les syndicats enseignants. Pour les jeunes issus des classes populaires, la gratification de 100 euros par semaine ouverte par le module en entreprise constitue souvent un facteur décisif. <em>« Chez nous, en milieu rural, où le pourcentage de familles précaires explose, ça a fait la différence »</em>, <a href="https://rapportsdeforce.fr/ici-et-maintenant/on-est-a-deux-tiers-dabsents-dans-les-lycees-professionnels-les-enseignants-face-aux-effets-de-la-reforme-062625150" class="spip_out" rel="external">expliquait à <em>Rapports de force</em>, en juin dernier, Emmanuelle Lavaud</a>, enseignante en lettres-histoire dans la Vienne.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La recherche de stage elle-même est discriminante. <em>« Si vous n’avez pas les moyens d’être mobile, si vous êtes une fille dans une filière perçue comme masculine, si vous êtes de telle origine géographique, ou que vous n’avez pas de réseau familial... »</em>, cite Philippe Dauriac. Trouver un stage peut vite s’apparenter à un parcours du combattant, d’autant que ces semaines différenciées en terminale interviennent en même temps que les périodes de stage de seconde et de première... ce qui sature l’offre disponible.</p><h2 class="spip" id="Beaucoup-d-eleves-decrochent">Beaucoup d’élèves décrochent</h2><p>Résultat : entre la difficulté à trouver un stage d’un côté et le manque de pertinence à venir en cours une fois passés les examens du baccalauréat, beaucoup d’élèves décrochent. En juin 2025, année de l’entrée en vigueur généralisée du parcours différencié, le syndicat Snuep-FSU dénombrait deux tiers d’élèves absents après les examens d’avril. Une mission flash parlementaire, conduite par une députée du Modem et un député écologiste, publiée en juillet 2025, <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/documents/refbacpro/l17n295008466_document.pdf" class="spip_out" rel="external">dressait un constat sévère</a> : <em>« Des témoignages nombreux et convergents conduisent à penser qu’il s’agit d’un échec patent. »</em></p><p>Les différentes sections du syndicat FSU ont donc salué, au lendemain de l’annonce du ministre de l’Éducation Édouard Geffray, <em>« une victoire des personnels mobilisés et des organisations syndicales qui n’ont rien lâché depuis trois ans »</em>. Mais, ajoute l’organisation, <em>« le combat doit continuer car le parcours personnalisé n’est pas complètement enterré »</em>. En effet, si le « parcours différencié » a changé de nom pour devenir « parcours personnalisé » et que sa temporalité a été revue, le fond reste le même : demander aux jeunes en lycée pro de choisir entre l’école ou l’entreprise.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Stagiaires-apprentis-tres-jeunes-adultes-qui-meurent-au-travail-agriculture">Ces stagiaires, apprentis et très jeunes adultes qui meurent au travail</a></aside><p>Le ministère défend, <a href="https://www.education.gouv.fr/reforme-des-lycees-professionnels-des-ajustements-en-terminale-pour-renforcer-la-reussite-des-eleves-469904" class="spip_out" rel="external">dans sa communication parue le 18 février</a>, un parcours qui permettrait de <em>« sécuriser l’entrée dans la vie active »</em> tout en <em>« soutenant les besoins en compétences des secteurs porteurs d’innovation »</em>. Côté syndical, on voit ici plutôt une assignation territoriale et sociale des élèves au bassin d’emploi local. Et un rapprochement toujours plus fort entre le monde des études et celui de l’entreprise. Le ministère met, par exemple, en avant avec sa réforme, <em>« l’installation de bureaux des entreprises dans chaque lycée professionnel »</em>.</p><p>Les lycées pro ont déjà été amputés de nombreuses heures d’enseignement au fil des réformes des dernières années. La loi de 2018 sur l’avenir professionnel, une réforme menée par Jean-Michel Blanquer, avait fait perdre entre huit et onze semaines de cours aux lycéens du bac pro, selon les filières. La nouvelle réforme de 2023 en supprime deux de plus. Au total, ces jeunes <em>« ont donc perdu, en quelques années, entre dix et treize semaines de cours. C’est considérable »</em>, regrette Philippe Dauriac, de la CGT. La réforme <em>« contribue au renoncement de la nation pour sa jeunesse la plus fragile »</em>, dénonce la FSU. Près de 70 % des élèves de lycée professionnel sont enfants d’ouvriers, d’inactifs ou d’employés.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/gouvernement-recule-sur-reforme-lycee-pro-jugee-inegalitaire-discriminante</link>
      <guid>https://basta.media/gouvernement-recule-sur-reforme-lycee-pro-jugee-inegalitaire-discriminante</guid>
      <pubDate>Thu, 26 Feb 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[ArcelorMittal : la CGT défend la nationalisation devant le Sénat]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Après un rassemblement devant l’Assemblée nationale en novembre 2025, c’est au Sénat que les salariés d’ArcelorMittal France manifestent, mercredi 25 février à partir de 11 heures. Le mot d’ordre : la nationalisation de leur entreprise, qui compte environ 15 400 salariés en France.</p><p>Portée par la CGT, première organisation syndicale du groupe en France, la proposition de loi visant à la nationalisation d’ArcelorMittal France a déjà été adoptée à l’Assemblée nationale dans la nuit du 27 au 28 novembre 2025, à l’occasion d’une niche parlementaire de La France insoumise. Le coût de cette nationalisation serait de 3 milliards d’euros, <a href="https://lcp.fr/actualites/arcelormittal-l-assemblee-vote-en-faveur-de-la-nationalisation-proposee-par-lfi-420504#:~:text=L'article%201er%20du%20texte,de%20Seine%2DSaint%2DDenis." class="spip_out" rel="external">selon Aurélie Trouvé</a>, député LFI de Seine-Saint-Denis.</p><p>127 députés de gauche <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/4438" class="spip_out" rel="external">avaient voté pour</a>, 41 députés de droite et macronistes contre, quand les députés RN s’étaient abstenus… tout <a href="https://www.liberation.fr/politique/le-rn-revendique-pourrir-la-niche-parlementaire-de-lfi-et-le-texte-sur-la-nationalisation-darcelormittal-20251125_DUHCVKMQMNESPDGN7GK3WUI4DE/" class="spip_out" rel="external">en pratiquant l’obstruction parlementaire</a>.</p><p>Le texte doit désormais être examiné au Sénat, où il sera très probablement rejeté, la chambre haute étant acquise à la droite. <em>« Mais on ne lâchera rien et le groupe communiste le remettra à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale le 11 juin »</em>, annonce Gaëtan Lecocq, secrétaire général de la CGT ArcelorMittal Dunkerque. Une fois la seconde lecture effectuée dans les deux chambres, il appartiendra aux présidents des deux assemblées ou au Premier ministre de convoquer, ou non, une commission mixte paritaire pour décider du sort de cette proposition.</p><p>Mais le Sénat et le gouvernement étant fermement opposés au projet, ce texte de loi a peu de chances d’aboutir. <em>« Nationaliser crée l’illusion de la protection. Mais ça ne résoudrait ni la chute de la demande européenne, ni la concurrence mondiale faussée, ni les coûts de production qui pèsent sur la filière »</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/24/la-nationalisation-d-arcelormittal-de-retour-devant-le-senat_6668064_3234.html" class="spip_out" rel="external">a réagi Sébastien Martin</a>, le ministre délégué à l’industrie, dans <em>Le Monde</em>.</p><h2 class="spip" id="Soupcons-de-delocalisation-de-la-production">Soupçons de délocalisation de la production</h2><p>La persévérance de la CGT sur le dossier permet néanmoins de ne pas oublier un enjeu central de l’industrie française. <em>« Les hauts fourneaux d’ArcelorMittal sont les seuls capables de produire massivement de l’acier en France »</em>, souligne Gaëtan Lecocq. Le géant indien, Mittal Steel, avait absorbé le groupe Arcelor, héritier de ce qui restait de la sidérurgie hexagonale, en 2006. Depuis la fermeture des hauts fourneaux de Florange en 2013, seuls trois fourneaux d’ArcelorMittal sont encore en fonctionnement en France : deux sur le site de Dunkerque et un à Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône).</p><p><em>« Les maintenir, c’est un enjeu de souveraineté nationale. Mais ce qu’on veut montrer à travers notre action, c’est qu’on n’a pas besoin de Mittal pour ça. L’État aurait tout à gagner à nationaliser »</em>, défend le syndicaliste. Depuis plusieurs années, la CGT ArcelorMittal France dénonce les manœuvres du patron de l’entreprise, le milliardaire indien Lakshmi Mittal, et le soupçonne de ne plus envisager la France comme un lieu de production d’acier sur le long terme.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vague-licenciements-patronat-a-montre-son-incapacite-a-reindustrialiser-le-pays">Vague de licenciements : « Le patronat a montré son incapacité à réindustrialiser le pays »</a></aside><p>Le syndicat en veut pour preuve les agissements de la firme dans la capitale française de l’acier, Dunkerque, où la multinationale emploie plus de 3000 personnes. <em>« Cela fait des années que nous demandons une modernisation de notre outil de production et Mittal nous balade, on crève à petit feu »</em>, dénonce Gaëtan Lecocq.</p><p>En effet, en janvier 2024, la multinationale avait promis d’investir 1,8 milliard d’euros (dont 850 millions d’argent public français et européen) pour produire de l’acier sans charbon à Dunkerque. Le site représente entre 3 % et 6 % des émissions de CO2 en France et <em>« les règles de décarbonation européenne s’alourdissent, cet investissement était donc un enjeu de survie »</em>, précise le cégétiste. Mais le groupe tergiverse, se disant en attente de décisions de soutien de l’Union européenne.</p><h2 class="spip" id="Benefices-et-suppressions-de-postes">Bénéfices et suppressions de postes</h2><p>L’investissement n’est finalement acté qu’en mai 2025, et il ne s’agit que de 1,3 milliard d’euros. Il comprend la construction d’un seul haut fourneau électrique, au lieu de deux. La construction prévue d’une usine de réduction directe du fer, qui permet également de produire de l’acier bas carbone, est abandonnée. <em>« Ce n’est pas un investissement qui pérennise le site. C’est bien le signe qu’aujourd’hui, ArcelorMittal préfère investir en Inde et au Brésil »</em>, tranche Gaëtan Lecocq.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Pendant ce temps, les annonces de suppression de postes se succèdent et confirment <a href="https://ftm-cgt.fr/wp-content/uploads/2026/02/2026_4_PAGES_ARCELORMITTAL_NATIONALISATIONV2.pdf" class="spip_out" rel="external">les craintes de la CGT</a>. Fin janvier, le sidérurgiste a annoncé un plan de délocalisation vers l’Inde des postes de l’informatique et d’autres fonctions dites de support. À l’échelle européenne, <a href="https://www.20minutes.fr/economie/4198828-20260129-arcelormittal-envisage-delocaliser-5-600-emplois-vers-inde-dont-1-650-france" class="spip_out" rel="external">5600 salariés devraient être concernés</a> dans 20 pays. En France, 1600 postes devraient être supprimés sur divers sites.</p><p>Ces suppressions s’ajoutent à celles des années précédentes. En novembre 2024, ArcelorMittal annonçait un plan de licenciement de ses salariés de Reims et Denain, dans le Nord, (environ 130 personnes). En avril 2025, l’entreprise réitérait avec 636 suppressions d’emplois supplémentaires sur différents sites.</p><p>Le géant de l’acier a pourtant <a href="https://www.capital.fr/entreprises-marches/arcelormittal-voit-son-benefice-net-multiplie-par-deux-en-2025-malgre-la-baisse-des-ventes-1523453#:~:text=Le%20sid%C3%A9rurgiste%20ArcelorMittal%20a%20publi%C3%A9,du%20prix%20de%20l'acier." class="spip_out" rel="external">plus que doublé son bénéfice</a> net en 2025. Avec 3,15 milliards de dollars pour 2025, contre 1,34 milliard en 2024.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 25 Feb 2026 07:30:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Des légumes, pas de bitume » : des terres agricoles menacées de bétonisation en Alsace]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Un soir de février, les élu·es sont accueilli·es par une haie d’honneur de manifestant·es. C’est l’air peu surpris, presque blasé, que la plupart des représentant·es avancent vers la porte du bâtiment de la communauté de communes de la région de Guebwiller, dans le Haut-Rhin, en Alsace. Certain·es esquissent un sourire gêné ou bredouillent un <em>« bonjour »</em> poli.</p><p><em>« Démocratie ! Démocratie ! »</em>, scande la trentaine de manifestant·es, la tête enfouie dans leur capuche pour braver la pluie. Le slogan a été improvisé quelques minutes avant l’arrivée du premier élu. Il faut bien innover, pour changer du classique « Des légumes, pas de bitume », inscrit sur les pancartes des membres d’Alternatives Daweid.</p><div class="spip_document_22532 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="40" data-legende-lenx="x"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/webp/daweid.jpg.webp" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/webp" rel="portfolio-autolien"><img src="https://basta.media/IMG/webp/daweid.jpg.webp" width="2560" height="1707" alt="Un champs, une colline dans le fond de l'image." aria-describedby="by22532-1b0b7d7c798afe5878c8d8ecd0e111d0" /></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22532-1b0b7d7c798afe5878c8d8ecd0e111d0">Le terrain menacé.
©Agathe Di Leonardo
</figcaption></figure></div><p>Depuis près de deux ans, ce collectif se réunit devant ce même bâtiment, peu avant que ne débute chaque conseil communautaire, qui se tient environ six fois par an. Il se mobilise contre la future zone d’aménagement concerté (ZAC) Daweid – d’après le lieu-dit où le projet devrait s’établir. En 2019, la collectivité avait acquis près de 28 hectares, l’équivalent d’une quarantaine de terrains de football, de terres naturelles et agricoles, autrefois destinées à la culture intensive de maïs.</p><h2 class="spip" id="t96-d-avis-defavorables">96 % d’avis défavorables</h2><p>Objectif de l’opération : vendre ces parcelles à des entreprises, afin de transformer la zone en pôle industriel et ainsi étendre une zone d’activité déjà existante. L’intercommunalité de 40 000 habitant·es affiche un taux de chômage supérieur de 2 % à la moyenne départementale et la communauté de communes estime qu’environ 500 emplois seront créés. Même si, martèlent les opposant·es, il n’existe aucune garantie que ces emplois bénéficieront aux habitant·es.</p><p><em>« Les élus assurent qu’ils font jouer la démocratie, mais ils ne le font pas »</em>, soupire Eric Hueber, l’un des référents du collectif. L’enseignant-chercheur évoque les résultats de l’enquête publique, destinée à sonder les citoyen·nes sur le sujet. Malgré les 96 % d’avis défavorables sur cette extension de ZAC, sur un peu moins de 300 avis déposés, le commissaire enquêteur a émis, début 2026, un avis favorable au projet. <em>« La démocratie, ce sera le 15 mars ! »</em>, clame un élu en passant devant les manifestant·es, en référence aux élections municipales qui approchent. <em>« Au moins, lui, il prend la peine de nous dire quelque chose »</em>, chuchote à sa voisine une des femmes présentes au rassemblement.</p><h2 class="spip" id="Des-maraichers-recherchent-des-terres">Des maraîchers recherchent des terres</h2><p>« Des légumes, pas de bitume », « Terre fertile, projet stérile »… Les slogans lisibles sur les différentes pancartes évoquent le principal enjeu de ce conflit : l’artificialisation des terres agricoles. Quatre maraîchers en recherche de terres exploitables ont récemment contacté la communauté de commune, mais l’attribution des terres agricoles ne figure pas dans le champ de compétences de la collectivité.</p><div class="spip_document_22534 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="133" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3668913903 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp?1771866802 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg@.webp?1771929356 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg" width="960" height="552" alt="Une quinzaine de personnes de nuit rassemblées devant l'entrée d'un bâtiment, avec des pancartes et des banderoles." aria-describedby="by22534-7e82065857f551dbaed30070a849a213" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblement-3.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22534-7e82065857f551dbaed30070a849a213">Rassemblement contre la ZAC Daweid, devant le bâtiment de la communauté de communes de la région de Guebwiller.
©Agathe Di Leonardo
</figcaption></figure></div><p>Au-delà des questions d’installation des agriculteur·ices, la création de la ZAC Daweid suit une tendance nationale : à travers la France le béton continue de couler sur les terres agricoles. Selon le gouvernement, entre 2019 et 2022, 20 000 à 25 000 hectares ont été artificialisés chaque année, soit plus d’une cinquantaine de terrains de football par jour. Plus de la moitié de cette bétonisation concerne des terres agricoles. La loi Climat et résilience de 2021 impose pourtant un objectif de zéro artificialisation nette d’ici 2050. Mais elle a depuis <a href="https://basta.media/Artificialisation-des-sols-betonisation-terres-agricoles-espaces-naturels-habitat-voitures" class="spip_in">été progressivement assouplie</a>, notamment pour les zones d’activités économiques reconnues d’intérêt général, comme devrait l’être la ZAC Daweid alsacienne.</p><h2 class="spip" id="Destruction-d-une-zone-humide">Destruction d’une zone humide</h2><p>Les impacts de l’artificialisation des sols, en particulier des zones agricoles, sont largement documentés : menace sur la souveraineté agricole, imperméabilisation des sols, appauvrissement de la biodiversité… En plus de cela, les opposant·es à la ZAC de Guebwiller s’inquiètent de la destruction de la zone humide qui recouvre une partie du terrain. Ils et elles redoutent également de voir le paysage, dominé par le massif vosgien, se transformer.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La communauté de commune estime avoir pris en compte ces impacts : dans la dernière version du projet, la surface artificialisée est passée de 28 à 20 hectares. La collectivité est également légalement obligée de mettre en place des mesures compensatoires, comme la création d’une nouvelle zone humide.</p><p><em>« On n’a pas à rougir</em>, assure le maire divers gauche de Soultz et président de la collectivité, Marcello Rotolo. <em>On fait de l’écologie, on a écouté certaines critiques. »</em> Dans la salle du conseil, les élu·es, en fin de mandature, débattent une énième fois de la pertinence du projet.</p><p><em>« Beaucoup d’entreprises veulent s’installer ici, il nous faut du terrain pour les accueillir »</em>, poursuit Marcello Rotolo. <em>« En fait, votre souci n’est qu’économique, et pas écologique »</em>, réplique Christian Facchin, du groupe d’opposition « Guebwiller, un avenir en commun », qui réunit des proches du PS et des écologistes. C’est l’un des trois élu·es à s’opposer au projet, sur une quarantaine au total qui siègent au conseil communautaire. Il semble avoir touché un point sensible : à ces mots, les membres du conseil, jusque-là plongé·es dans une ambiance calme et cordiale, s’agitent.</p><p>À l’extérieur, une fois les élu·es passé·es, les manifestant·es commencent à enrouler les banderoles. Hubert Martin, membre fondateur du collectif et référent local d’Alsace Nature, regrette qu’ils et elles soient moins nombreux·ses que les élu·es ce soir. Une <a href="https://agir.greenvoice.fr/petitions/stop-a-la-betonisation-des-terres-agricoles-du-florival" class="spip_out" rel="external">pétition contre le projet</a> a beau avoir récolté plus de 6000 signatures, dans les faits, les habitant·es se mobilisent relativement peu.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/A-Frejus-ville-RN-une-betonisation-frenetique-peu-soucieuse-des-risques-lies-au-changement-climatique">À Fréjus, ville RN, une bétonisation frénétique peu soucieuse des risques climatiques</a></aside><p>La grande majorité des membres d’Alternatives Daweid sont des personnes membres de diverses associations environnementales. Pourtant, le collectif a tenté un travail de sensibilisation. <em>« On a fait des ronds-points, sous le soleil, la pluie et les orages »</em>, rappelle Eric Hueber. <em>« Tout le monde se dit pour l’environnement, mais, quand il faut agir, il n’y a plus personne »</em>, estime un autre militant écologiste.</p><h2 class="spip" id="Des-alternatives-existent">Des alternatives existent</h2><p>Des aménagements qui nécessitent l’artificialisation de terres agricoles, il y en a partout et régulièrement en France. Même si, comme ici, des oppositions d’associations ou d’agriculteur·ices existent, la plupart des projets se concrétisent sans grand bruit, parfois sans même que les habitant·es ne soient réellement au courant.</p><div class="spip_document_22533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="21" data-legende-lenx=""><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/pancartes.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2764048478 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp?1771866806 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/pancartes.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/pancartes.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/pancartes.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/pancartes.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/pancartes.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/pancartes.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pancartes.jpg@.webp?1771929367 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pancartes.jpg" width="960" height="540" alt="Des pancartes posées au sols sur lesquelles il est écrit &quot;Non à la Zac Daweid, des légumes, pas de bitume!&quot;" aria-describedby="by22533-6deb8ca1f7e868066df9fe28bda344dc" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/pancartes.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/pancartes.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pancartes.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22533-6deb8ca1f7e868066df9fe28bda344dc">©Agathe Di Leonardo
</figcaption></figure></div><p>Pourtant, des alternatives existent, appuient les opposants au projet alsacien. <em>« Réfléchissons à une destination utile des terres !</em> propose au conseil Philippe Hecky, maire d’une commune d’un millier d’habitants, issu d’une liste citoyenne écologiste de gauche. <em>Il y a des exemples ailleurs, avec des élus volontaires »</em>, ajoute-t-il. L’homme cite la <a href="https://ressources.terredeliens.org/recolte/la-creation-de-fermes-communales-dans-les-monts-d-or-69" class="spip_out" rel="external">création de fermes communales dans les Monts d’Or</a>, dans le Rhône, ou encore <a href="https://www.amiens.fr/Actualites/Amiens-Metropole-noue-sa-Ceinture-verte" class="spip_out" rel="external">la mise en place d’une ceinture maraîchère</a> dans la métropole d’Amiens.</p><p>À Daweid, plusieurs étapes administratives sont encore prévues avant la possible sortie de terre de la ZAC. On attend notamment une décision préfectorale. Le militant Hubert Martin garde espoir, et compte sur les jeunes. Un père est venu ce jour-là avec ses enfants. Alors que l’énergie s’affaiblit et que les premier·es manifestant·es s’en vont, l’homme propose d’aller perturber le conseil communautaire en cours. La troupe s’y introduit, au rythme de leur slogan, avant d’être rapidement raccompagnée vers la sortie. <em>« Pensez à demain, pensez à nos enfants ! »</em> riposte une dernière fois le père de famille.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Des-legumes-pas-de-bitume-des-terres-agricoles-menacees-de-betonisation-Alsace-Zac-Daweid</link>
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      <pubDate>Wed, 25 Feb 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Délit de solidarité : les sept militants basques relaxés]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le tribunal judiciaire de Bayonne a relaxé, mardi 17 février, sept Basques impliqués dans l’aide aux exilés. <a href="https://basta.media/menaces-de-dix-ans-de-prison-pour-avoir-aide-des-exiles-Bayonne" class="spip_in">Les prévenus étaient poursuivis</a> pour aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers, après que 36 personnes migrantes avaient passé la frontière franco-espagnole au milieu des coureurs de la course Korrika, en mars 2024.</p><p>Cet événement sportif traditionnel basque reliait la ville d’Irun, du côté espagnol, à Bayonne, du côté français. Les exilés, aidés de bénévoles, y ont participé au même titre que les autres coureurs, avec les mêmes dossards. Et avaient ainsi franchi la frontière, habituellement objet de contrôles quotidiens.</p><p>Une <a href="https://www.youtube.com/watch?v=opeen9Po6FQ&amp;embeds_referring_euri=https%3A%2F%2Frapportsdeforce.fr%2F&amp;source_ve_path=MjM4NTE" class="spip_out" rel="external">vidéo rendue publique</a> retraçait le déroulé de cette action. C’est à partir de cette vidéo que les sept personnes ont été visées par le parquet, saisi par le préfet des Pyrénées-Atlantiques.</p><p><em>« C’est toute une société qui a remporté une victoire »</em>, ont clamé les militants du mouvement J’accuse, réunis samedi 21 février à Hendaye, après la relaxe. Ce mouvement rassemble 80 associations, syndicats et partis politiques. Pour soutenir les mis en cause, près de 5000 lettres d’auto-inculpation émanant d’individus, mais aussi de structures, avaient été produites.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pays-basque-des-amendes-requises-contre-lsept-militants-solidaires-exiles-Bayonne">Pays basque : des amendes requises contre les sept militants solidaires des exilés</a></aside><p><em>« Sans tous ces soutiens, en plus du super travail de nos avocates, nous n’aurions pas obtenu ce jugement »</em>, réagit aujourd’hui Eñaut Aramendi, l’un des sept relaxés, militant de l’association basque Etorkinekin et du syndicat LAB. De cette décision du tribunal, <em>« nous faisons une lecture politique et collective. C’est le fruit de deux années de mobilisation, avec une centaine d’organisations politiques et sociales, du réseau d’associations locales jusqu’au Parlement européen »</em>, ajoute le militant.</p><p>La coalition J’accuse, constituée autour des quatre hommes et trois femmes désormais relaxés, compte bien rester mobilisée. D’abord, parce que d’autres procédures contre des personnes solidaires des exilés sont en cours. Difficile de les quantifier, mais <em>« on sait qu’il y en a entre l’Italie et la France, notamment dans le Briançonnais, ou encore au niveau de Calais »</em>, évoque le militant.</p><p>L’aide à l’entrée, à la circulation et au séjour irréguliers constitue bien un délit dans la loi française, selon le Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Mais, s’il n’y a pas de <em>« contrepartie directe ou indirecte »</em> ou que l’aide est apportée <em>« dans un but exclusivement humanitaire »</em>, aucune poursuite ne peut être engagée. C’était tout l’objet du débat public autour du « délit de solidarité », ouvert en France en 2017 par l’agriculteur solidaire des exilés Cédric Herrou et que ce délibéré de Bayonne vient confirmer.</p><div class="spip_document_22529 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="171" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2123847115 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp?1771864818 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg@.webp?1771859389 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg" width="960" height="640" alt="Quatre personnes sont assises à une table, une femme parle au micro. On voit des personnes debout derrière." aria-describedby="by22529-1d67ba7ff5aa66024410ef265a64271f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2026-02-21_14-35-17_3_.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22529-1d67ba7ff5aa66024410ef265a64271f">Le collectif J’accuse s’est réuni le 21 février 2026 après la relaxe des militants basques pour poursuivre la mobilisation face au « délit de solidarité ».
©DR
</figcaption></figure></div><p><em>« Le droit européen indique que les États peuvent ne pas sanctionner les personnes qui apportent une aide humanitaire sans contrepartie, même à des personnes en situation irrégulière »</em>, rappelle l’avocate des militants basques, Maritxu Paulus-Basurco, <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/pyrenees-atlantiques/bayonne/la-solidarite-n-est-pas-un-delit-7-militants-basques-relaxes-apres-avoir-aide-des-migrants-lors-de-la-korrika-2024-3300900.html" class="spip_out" rel="external">citée par France 3</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>L’enjeu à l’échelle européenne est fort. 142 personnes ont été poursuivies en Europe pour avoir aidé des exilés en 2024, <a href="https://picum.org/blog/at-least-142-people-criminalised-for-helping-migrants-in-europe-in-2024/" class="spip_out" rel="external">selon le décompte du réseau PICUM</a>, tandis que la directive européenne « facilitation », en préparation pour définir le cadre pénal contre l’aide à l’entrée, au transit et au séjour irréguliers de ressortissants non européens, fait craindre aux ONG une criminalisation grandissante des actions de solidarité.</p><p><em>« C’est une chose que d’être relaxé, mais les politiques migratoires racistes et assassines se poursuivent. Il faut continuer de les combattre »</em>, dénonce Eñaut Amarendi. Samedi, le collectif J’accuse a recouvert un ancien poste de douane de la frontière franco-espagnole d’une fresque en hommage aux victimes mortes sur leur chemin d’exil.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 24 Feb 2026 07:30:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Offensive internationale contre l'éducation à la sexualité : le Planing familial alerte]]></title>
      <description><![CDATA[<p>L’éducation à la sexualité est <em>« au cœur d’une offensive coordonnée en Europe »</em>, alerte le Planning familial dans un rapport <a href="https://www.planning-familial.org/fr/international/educationeurope" class="spip_out" rel="external">dévoilé lundi 23 février</a>.</p><div class="spip_document_22520 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="207" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3901171182 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771859104 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771878451 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg" width="960" height="1358" alt="Couverture du rapport" aria-describedby="by22520-21bff22514ec0390bc4b439d6d2d8f35" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22520-21bff22514ec0390bc4b439d6d2d8f35">“L’offensive contre l’éducation complète à la sexualité - Cartographie des acteurs et analyse des stratégies d’opposition en Europe”. Le rapport est disponible <a href="https://www.planning-familial.org/fr/international/educationeurope" class="spip_out" rel="external">sur le site du Planning familial</a>.
</figcaption></figure></div><p>L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), reconnue internationalement sous le nom d’éducation complète à la sexualité (ECS), est attaquée à travers le continent, constate l’association. La mise en œuvre de l’éducation à la sexualité <em>« se heurte à des résistances croissantes qui se multiplient et s’intensifient »</em>, et ce <em>« depuis les années 2010 »</em>, note le rapport.</p><p>À l’origine de cette étude, <em>« l’importante réaction conservatrice, assez violente, et à laquelle on ne s’attendait pas »</em>, qui a fait suite au dépôt de plainte de trois associations contre l’État, contextualise la présidente du Planning familial, Sarah Durocher. En mars 2023, son organisation, Sidaction et SOS Homophobie attaquaient la France pour son inaction en matière d’Evars, dont <a href="https://basta.media/Evars-contre-desinformation-des-deputes-sensibilises-education-sexualite" class="spip_in">la mise en œuvre est pourtant obligatoire</a>, à raison d’au moins trois séances annuelles dans les écoles, collèges et lycées, depuis <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000001718526#:~:text=%C2%AB%20Art.,par%20groupes%20d'%C3%A2ge%20homog%C3%A8ne." class="spip_out" rel="external">une loi de 2001</a>. Cette action a finalement porté ses fruits, l’État ayant été condamné, début décembre 2025, à payer un euro symbolique pour avoir manqué à son obligation légale. Mais c’est au prix d’attaques virulentes de nombreux mouvements conservateurs.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Un-projet-politique-derriere">« Un projet politique derrière »</h2><p><em>« Il était important pour nous d’analyser ça. Nous sommes parti·es de ce qui s’est passé en France pour observer ce qui se fait ailleurs, et constater deux choses : d’abord que les attaques contre l’éducation à la sexualité reprenaient les mêmes mécanismes que celles contre l’avortement, et ensuite que cela répondait à une stratégie très claire, avec un vrai projet politique derrière »</em>, détaille Sarah Durocher.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/on-s-est-fait-rouler-dessus-par-le-prive-dassociations-craignent-privatisation-Evars">« On s’est fait rouler dessus par le privé » : des associations craignent une privatisation de l’Evars</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1c34a380cf4eacdde0154141ef7e8d-33a5e.jpg?1771859089" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Des élèves penchés autour de tablettes de pilules autour d'une table." /></aside><p>En France, un programme officiel d’éducation à la sexualité s’applique pour la première fois depuis la rentrée 2025, mais de nombreux trous dans la raquette persistent pour que sa mise en œuvre soit effective. <em>« Nous subissons une baisse de financements au Planning, et déplorons plus généralement un manque de moyens sur le sujet »</em>, dénonce Sarah Durocher, qui attend désormais une réelle évaluation de l’Éducation nationale à ce sujet. Entre <a href="https://basta.media/Programme-evars-education-vie-affective-relationnelle-planning-familial-discretement-ecarte-des-ecoles" class="spip_in">l’éviction du Planning familial du premier degré</a>, et <a href="https://basta.media/on-s-est-fait-rouler-dessus-par-le-prive-dassociations-craignent-privatisation-Evars" class="spip_in">la crainte d’une privatisation de l’Evars</a>, il existe toujours <em>« une grande disparité entre le cadre législatif et sa mise en application »</em>, note le rapport du Planning.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Programme-evars-education-vie-affective-relationnelle-planning-familial-discretement-ecarte-des-ecoles">Programme Evars : le Planning familial discrètement écarté des écoles</a></aside><h2 class="spip" id="Des-situations-differentes-selon-les-pays">Des situations différentes selon les pays</h2><p>Pour montrer qu’il ne s’agit pas ici que d’un enjeu national, mais européen, le rapport a souhaité dresser une étude comparative dans six pays : France, Suède, Allemagne, Espagne, Italie, Hongrie. On y lit ainsi qu’en 1955, la Suède devenait le premier pays au monde à rendre l’éducation à la sexualité obligatoire dans toutes les écoles publiques. Depuis 2021, l’éducation à la sexualité y est même un élément obligatoire des programmes de formation des enseignant·es à l’université.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>En Italie, l’éducation sexuelle est à l’inverse interdite dans les écoles et dépend de l’initiative du personnel des établissements – parfois même des élèves pour les collèges et lycées –, sans uniformité ni obligation. Dans ce pays, <em>« plusieurs propositions de loi ont été faites entre 2013 et 2025 par des partis de gauche afin d’introduire l’éducation sexuelle dans les écoles, sans qu’aucune ne soit adoptée »</em>, note le rapport.</p><p>En Hongrie, depuis 2021, <em>« l’État détient un pouvoir très restrictif sur l’accès à l’éducation sexuelle en milieu scolaire. Celle-ci est quasiment exclusivement assurée par les enseignant·es, dans une approche axée sur les valeurs d’une vie de famille traditionnelle, et par le prisme de la biologie principalement »</em>. On apprend également que, dans ce pays, <em>« tout contenu non conforme à l’image traditionnelle hétérosexuelle ou familiale est prohibé des programmes »</em>.</p><h2 class="spip" id="La-Hongrie-a-la-tete-des-attaques">La Hongrie à la tête des attaques</h2><p>La Hongrie, dirigée depuis 2010 par Viktor Orbán, incarne l’un des principaux acteurs de l’actuelle offensive anti-Evars en Europe. Dans son étude, le Planning alerte sur un mouvement d’opposition <em>« structuré et transnational »</em>, qui repose sur une constellation hétérogène d’acteurs, parmi lesquels des partis politiques comme le Fidesz de Viktor Orbán, le Rassemblement national et Reconquête pour la France, Vox en Espagne, mais aussi un certain nombre d’associations familiales, de médias conservateurs, d’organisations religieuses et de collectifs de parents.</p><p>En France, les acteurs les plus influents sont, par exemple, le Syndicat de la famille (ancienne Manif pour tous), le collectif Parents vigilants, créé par Reconquête, ou encore, plus récemment, <a href="https://basta.media/une-carte-inedite-des-nouveaux-apotres-de-l-extreme-droite-ces-associations" class="spip_in">le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin</a>. Loin d’être des acteurs isolés, ces derniers s’appuient sur des structures européennes et internationales, telles que le World Congress of Families, Family Watch International, CitizenGO, ou encore One of Us, une initiative citoyenne contre le droit à l’avortement en Europe, coordonnée par la Fondation Jérôme-Lejeune.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Evars-contre-desinformation-des-deputes-sensibilises-education-sexualite">Evars : contre la désinformation, des députés sensibilisés à l’éducation à la sexualité</a></aside><h2 class="spip" id="Rhetorique-anti-genre">Rhétorique anti-genre</h2><p>Ce réseau est dense et structuré. <a href="https://www.liberation.fr/societe/sexualite-et-genres/la-france-championne-des-financements-anti-genre-derriere-la-hongrie-selon-un-rapport-20250626_XJAL5JCAHBALPH3JBHZ6ZBR2RQ/?redirected=8567" class="spip_out" rel="external">Une récente étude</a> du Forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs (EPF) a mis en avant ses nombreuses sources de financement. C’est la même constellation qui s’oppose, encore aujourd’hui, au droit à l’avortement. Elle s’appuie pour cela sur des rhétoriques qui restent inchangées au fil du temps.</p><p>L’offensive documentée par le Planning familial s’insère dans un mouvement global de diabolisation du concept de genre, renommé par ses détracteurs <em>« idéologie »</em> ou <em>« théorie du genre »</em>. Cette rhétorique anti-genre, qui a émergé depuis le Vatican à la fin des années 1990 et a fortement imprégné la mobilisation contre le mariage pour toutes et tous en France en 2013, s’en prend tout à la fois aux droits LGBT+, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité.</p><p>Elle diabolise tout ce qui est perçu comme une menace idéologique pour la perpétuation d’un modèle familial traditionnel, catholique et hétérosexuel. <em>« La rhétorique anti-ECS exprime l’idée d’une “guerre culturelle” qui serait menée par le mouvement woke »</em>, résume le Planning. Elle s’appuie, pour cela, sur une stratégie discursive autour de la protection de la famille traditionnelle et de l’enfance, l’image de l’enfant <em>« innocent et en danger »</em> étant systématiquement mobilisée par ces mouvements anti-genre.</p><h2 class="spip" id="Des-recommandations">Des recommandations</h2><p><em>« En Hongrie, l’introduction de la Loi LXXIX, rendant quasiment impossible l’ECS à l’école, a été défendue par ses auteurs comme un projet de prévention et de protection visant à prendre action contre les agressions pédophiles »</em>, prend pour exemple le rapport. Autre outil commun de ces rhétoriques : la diffusion de fausses informations et la création de <em>« paniques morales »</em> autour de sujets progressistes.</p><p>Or, ces actions anti-ECS ont des effets, alerte le Planning familial, qui observe que certains établissements scolaires s’autocensurent, annulent des ateliers ou des interventions et retirent certains contenus pédagogiques face à des <em>« campagnes d’intimidation »</em>. En réaction, le Planning familial formule plusieurs recommandations stratégiques aux institutions européennes.</p><p>Parmi elles : intégrer l’ECS dans la politique sociale européenne ; garantir la mise en place d’une éducation à la sexualité obligatoire et inclusive dans tous les États membres ; identifier un·e eurodéputé·e référent·e pour l’ECS pour chacun de ces États ; assurer une coordination transnationale des acteurs de l’ECS à l’échelle européenne ; ou encore, bien sûr, la sécurisation de financements pérennes. Et ce, afin de <em>« de ne pas laisser le monopole des discours sur l’Evars aux mouvements conservateurs »</em>, insiste Sarah Durocher.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 24 Feb 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Offensive internationale contre l'éducation à la sexualité : le Planning familial alerte]]></title>
      <description><![CDATA[<p>L’éducation à la sexualité est <em>« au cœur d’une offensive coordonnée en Europe »</em>, alerte le Planning familial dans un rapport <a href="https://www.planning-familial.org/fr/international/educationeurope" class="spip_out" rel="external">dévoilé lundi 23 février</a>.</p><div class="spip_document_22520 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="207" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3901171182 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771913201 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771913395 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771859104 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771914084 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771914387 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771915878 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771917936 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771914749 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771914245 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771914542 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771915780 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771914947 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771913618 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771915313 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg@.webp?1771878451 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771913492" width="960" height="1358" alt="Couverture du rapport" aria-describedby="by22520-238e8dcc29a3fe49b854b822233d48b9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771915929 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771917215 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rappport_-_web_-_en_pages_glisse_e_s_.jpg?1771913492 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22520-238e8dcc29a3fe49b854b822233d48b9">“L’offensive contre l’éducation complète à la sexualité - Cartographie des acteurs et analyse des stratégies d’opposition en Europe”. Le rapport est disponible <a href="https://www.planning-familial.org/fr/international/educationeurope" class="spip_out" rel="external">sur le site du Planning familial</a>.
</figcaption></figure></div><p>L’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), reconnue internationalement sous le nom d’éducation complète à la sexualité (ECS), est attaquée à travers le continent, constate l’association. La mise en œuvre de l’éducation à la sexualité <em>« se heurte à des résistances croissantes qui se multiplient et s’intensifient »</em>, et ce <em>« depuis les années 2010 »</em>, note le rapport.</p><p>À l’origine de cette étude, <em>« l’importante réaction conservatrice, assez violente, et à laquelle on ne s’attendait pas »</em>, qui a fait suite au dépôt de plainte de trois associations contre l’État, contextualise la présidente du Planning familial, Sarah Durocher. En mars 2023, son organisation, Sidaction et SOS Homophobie attaquaient la France pour son inaction en matière d’Evars, dont <a href="https://basta.media/Evars-contre-desinformation-des-deputes-sensibilises-education-sexualite" class="spip_in">la mise en œuvre est pourtant obligatoire</a>, à raison d’au moins trois séances annuelles dans les écoles, collèges et lycées, depuis <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/article_jo/JORFARTI000001718526#:~:text=%C2%AB%20Art.,par%20groupes%20d'%C3%A2ge%20homog%C3%A8ne." class="spip_out" rel="external">une loi de 2001</a>. Cette action a finalement porté ses fruits, l’État ayant été condamné, début décembre 2025, à payer un euro symbolique pour avoir manqué à son obligation légale. Mais c’est au prix d’attaques virulentes de nombreux mouvements conservateurs.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Un-projet-politique-derriere">« Un projet politique derrière »</h2><p><em>« Il était important pour nous d’analyser ça. Nous sommes parti·es de ce qui s’est passé en France pour observer ce qui se fait ailleurs, et constater deux choses : d’abord que les attaques contre l’éducation à la sexualité reprenaient les mêmes mécanismes que celles contre l’avortement, et ensuite que cela répondait à une stratégie très claire, avec un vrai projet politique derrière »</em>, détaille Sarah Durocher.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/on-s-est-fait-rouler-dessus-par-le-prive-dassociations-craignent-privatisation-Evars">« On s’est fait rouler dessus par le privé » : des associations craignent une privatisation de l’Evars</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1c34a380cf4eacdde0154141ef7e8d-33a5e.jpg?1771859089" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Des élèves penchés autour de tablettes de pilules autour d'une table." /></aside><p>En France, un programme officiel d’éducation à la sexualité s’applique pour la première fois depuis la rentrée 2025, mais de nombreux trous dans la raquette persistent pour que sa mise en œuvre soit effective. <em>« Nous subissons une baisse de financements au Planning, et déplorons plus généralement un manque de moyens sur le sujet »</em>, dénonce Sarah Durocher, qui attend désormais une réelle évaluation de l’Éducation nationale à ce sujet. Entre <a href="https://basta.media/Programme-evars-education-vie-affective-relationnelle-planning-familial-discretement-ecarte-des-ecoles" class="spip_in">l’éviction du Planning familial du premier degré</a>, et <a href="https://basta.media/on-s-est-fait-rouler-dessus-par-le-prive-dassociations-craignent-privatisation-Evars" class="spip_in">la crainte d’une privatisation de l’Evars</a>, il existe toujours <em>« une grande disparité entre le cadre législatif et sa mise en application »</em>, note le rapport du Planning.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Programme-evars-education-vie-affective-relationnelle-planning-familial-discretement-ecarte-des-ecoles">Programme Evars : le Planning familial discrètement écarté des écoles</a></aside><h2 class="spip" id="Des-situations-differentes-selon-les-pays">Des situations différentes selon les pays</h2><p>Pour montrer qu’il ne s’agit pas ici que d’un enjeu national, mais européen, le rapport a souhaité dresser une étude comparative dans six pays : France, Suède, Allemagne, Espagne, Italie, Hongrie. On y lit ainsi qu’en 1955, la Suède devenait le premier pays au monde à rendre l’éducation à la sexualité obligatoire dans toutes les écoles publiques. Depuis 2021, l’éducation à la sexualité y est même un élément obligatoire des programmes de formation des enseignant·es à l’université.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>En Italie, l’éducation sexuelle est à l’inverse interdite dans les écoles et dépend de l’initiative du personnel des établissements – parfois même des élèves pour les collèges et lycées –, sans uniformité ni obligation. Dans ce pays, <em>« plusieurs propositions de loi ont été faites entre 2013 et 2025 par des partis de gauche afin d’introduire l’éducation sexuelle dans les écoles, sans qu’aucune ne soit adoptée »</em>, note le rapport.</p><p>En Hongrie, depuis 2021, <em>« l’État détient un pouvoir très restrictif sur l’accès à l’éducation sexuelle en milieu scolaire. Celle-ci est quasiment exclusivement assurée par les enseignant·es, dans une approche axée sur les valeurs d’une vie de famille traditionnelle, et par le prisme de la biologie principalement »</em>. On apprend également que, dans ce pays, <em>« tout contenu non conforme à l’image traditionnelle hétérosexuelle ou familiale est prohibé des programmes »</em>.</p><h2 class="spip" id="La-Hongrie-a-la-tete-des-attaques">La Hongrie à la tête des attaques</h2><p>La Hongrie, dirigée depuis 2010 par Viktor Orbán, incarne l’un des principaux acteurs de l’actuelle offensive anti-Evars en Europe. Dans son étude, le Planning alerte sur un mouvement d’opposition <em>« structuré et transnational »</em>, qui repose sur une constellation hétérogène d’acteurs, parmi lesquels des partis politiques comme le Fidesz de Viktor Orbán, le Rassemblement national et Reconquête pour la France, Vox en Espagne, mais aussi un certain nombre d’associations familiales, de médias conservateurs, d’organisations religieuses et de collectifs de parents.</p><p>En France, les acteurs les plus influents sont, par exemple, le Syndicat de la famille (ancienne Manif pour tous), le collectif Parents vigilants, créé par Reconquête, ou encore, plus récemment, <a href="https://basta.media/une-carte-inedite-des-nouveaux-apotres-de-l-extreme-droite-ces-associations" class="spip_in">le milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin</a>. Loin d’être des acteurs isolés, ces derniers s’appuient sur des structures européennes et internationales, telles que le World Congress of Families, Family Watch International, CitizenGO, ou encore One of Us, une initiative citoyenne contre le droit à l’avortement en Europe, coordonnée par la Fondation Jérôme-Lejeune.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Evars-contre-desinformation-des-deputes-sensibilises-education-sexualite">Evars : contre la désinformation, des députés sensibilisés à l’éducation à la sexualité</a></aside><h2 class="spip" id="Rhetorique-anti-genre">Rhétorique anti-genre</h2><p>Ce réseau est dense et structuré. <a href="https://www.liberation.fr/societe/sexualite-et-genres/la-france-championne-des-financements-anti-genre-derriere-la-hongrie-selon-un-rapport-20250626_XJAL5JCAHBALPH3JBHZ6ZBR2RQ/?redirected=8567" class="spip_out" rel="external">Une récente étude</a> du Forum parlementaire européen pour les droits sexuels et reproductifs (EPF) a mis en avant ses nombreuses sources de financement. C’est la même constellation qui s’oppose, encore aujourd’hui, au droit à l’avortement. Elle s’appuie pour cela sur des rhétoriques qui restent inchangées au fil du temps.</p><p>L’offensive documentée par le Planning familial s’insère dans un mouvement global de diabolisation du concept de genre, renommé par ses détracteurs <em>« idéologie »</em> ou <em>« théorie du genre »</em>. Cette rhétorique anti-genre, qui a émergé depuis le Vatican à la fin des années 1990 et a fortement imprégné la mobilisation contre le mariage pour toutes et tous en France en 2013, s’en prend tout à la fois aux droits LGBT+, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité.</p><p>Elle diabolise tout ce qui est perçu comme une menace idéologique pour la perpétuation d’un modèle familial traditionnel, catholique et hétérosexuel. <em>« La rhétorique anti-ECS exprime l’idée d’une “guerre culturelle” qui serait menée par le mouvement woke »</em>, résume le Planning. Elle s’appuie, pour cela, sur une stratégie discursive autour de la protection de la famille traditionnelle et de l’enfance, l’image de l’enfant <em>« innocent et en danger »</em> étant systématiquement mobilisée par ces mouvements anti-genre.</p><h2 class="spip" id="Des-recommandations">Des recommandations</h2><p><em>« En Hongrie, l’introduction de la Loi LXXIX, rendant quasiment impossible l’ECS à l’école, a été défendue par ses auteurs comme un projet de prévention et de protection visant à prendre action contre les agressions pédophiles »</em>, prend pour exemple le rapport. Autre outil commun de ces rhétoriques : la diffusion de fausses informations et la création de <em>« paniques morales »</em> autour de sujets progressistes.</p><p>Or, ces actions anti-ECS ont des effets, alerte le Planning familial, qui observe que certains établissements scolaires s’autocensurent, annulent des ateliers ou des interventions et retirent certains contenus pédagogiques face à des <em>« campagnes d’intimidation »</em>. En réaction, le Planning familial formule plusieurs recommandations stratégiques aux institutions européennes.</p><p>Parmi elles : intégrer l’ECS dans la politique sociale européenne ; garantir la mise en place d’une éducation à la sexualité obligatoire et inclusive dans tous les États membres ; identifier un·e eurodéputé·e référent·e pour l’ECS pour chacun de ces États ; assurer une coordination transnationale des acteurs de l’ECS à l’échelle européenne ; ou encore, bien sûr, la sécurisation de financements pérennes. Et ce, afin de <em>« de ne pas laisser le monopole des discours sur l’Evars aux mouvements conservateurs »</em>, insiste Sarah Durocher.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 24 Feb 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[L'IA, un outil de propagande parfait pour l'extrême droite et les masculinistes]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="spip_document_19742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="143" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/png/indes-international_portrait--emma.png" width="325" height="325" alt="Portrait dessiné de la journaliste Emma Bougerol" aria-describedby="by19742-a0a52e7f5a1e18a0913753a6784afd5a" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by19742-a0a52e7f5a1e18a0913753a6784afd5a">L’édito international d’Emma Bougerol. Pour découvrir notre revue de presse « Chez les indés - International », <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">inscrivez-vous ici.</a>
</figcaption></figure></div><p>Qui sont ces jeunes influenceuses qui, le même jour, à la même heure, se sont postées en portant des uniformes qui ressemblaient à ceux des SS nazis ? <a href="https://expo.se/podcasts/ai-som-hogerextrem-propaganda/" class="spip_out" rel="external">Dans son podcast hebdomadaire</a>, <em>*Expo*</em> part de ce mystère pour décrypter l’usage des contenus générés par intelligence artificielle pour promouvoir des idées nationalistes.</p><p><em>« L’IA peut être un outil utile, un divertissement amusant ou, pour certains, même un interlocuteur. Mais entre les mains de l’extrême droite, elle est également devenue un outil de propagande important »</em>, résume le magazine suédois spécialisé dans l’observation de ce champ politique.</p><p>Le journal britannique <em>*The Guardian*</em> a également remarqué cette tendance, <a href="https://www.theguardian.com/technology/2024/nov/26/far-right-weaponising-ai-generated-content-europe" class="spip_out" rel="external">plutôt récente selon lui</a> : <em>« Selon les experts, les élections parlementaires européennes de cette année ont servi de tremplin au lancement d’une campagne électorale générée par l’IA par l’extrême droite européenne, qui n’a cessé de se développer depuis. »</em></p><p>Cette <em>« vague de contenus de droite générés par l’IA sur les réseaux sociaux »</em> est spécifique à ce camp politique, qui ne s’embarrasse pas ni des considérations éthiques liées à l’usage de l’IA, ni de dépeindre la réalité. Pour les nationalistes en France, en Allemagne, au Royaume-Uni comme en Italie, l’IA sert à modeler une réalité fantasmée, à décrédibiliser des adversaires, ou simplement à créer du contenu facilement sans avoir besoin de compétences préalables.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Après les élections européennes de 2024, <em>« le rapport postélectoral de la Commission européenne a corroboré cette tendance, avertissant que les acteurs politiques avaient utilisé ce type de contenu pour “diffuser des discours trompeurs et amplifier les divisions sociales” »</em>, complète <em>*EUobserver*</em>. Et les conséquences sont toujours là, <a href="https://euobserver.com/4811/how-europes-far-right-used-unlabelled-ai-to-win-votes-and-now-writes-the-rules/" class="spip_out" rel="external">écrit le média européen</a> : <em>« 37 députés européens actuellement en fonction ont été élus sous la bannière de partis reconnus pour avoir utilisé des contenus générés ou manipulés par l’IA pendant la campagne : 29 issus du Rassemblement national, huit de la Ligue [de Salvini, en Italie] et un de Reconquête. »</em></p><p>La professeure d’histoire Michelle Lynn Kahn, de l’Université du Richmond (États-Unis), <a href="https://theconversation.com/far-right-extremists-have-been-organizing-online-since-before-the-internet-and-ai-is-their-next-frontier-269271" class="spip_out" rel="external">voit en cette usage récent</a> le résultat d’une longue histoire : <em>« Des décennies avant l’intelligence artificielle, Telegram et les livestreams du nationaliste blanc Nick Fuentes, les extrémistes d’extrême droite ont adopté les débuts de l’informatique domestique et d’internet. Ces nouvelles technologies leur ont offert un bastion de liberté d’expression et une plateforme mondiale. Ils pouvaient partager leur propagande, répandre la haine, inciter à la violence et gagner des adeptes internationaux comme jamais auparavant. »</em></p><p>Mais cela ne se limite pas aujourd’hui à la création de « chat bots » d’Hitler sur d’obscurs réseaux sociaux d’extrême droite, ou à des partages d’images racistes sur des comptes personnels. Certains modèles eux-mêmes sont teintés par l’extrême droite, note l’historienne : <em>« Grok, le chatbot sur X d’Elon Musk, s’est récemment qualifié de “MechaHitler”, a tenu des propos antisémites haineux et a nié l’Holocauste. »</em></p><p>Ce même Grok a servi récemment à re-victimiser des personnes, notamment des enfants, effacés des « Epstein files », remarque <em>*Bellingcat*</em>. Le média d’enquête en sources ouvertes <a href="https://www.bellingcat.com/news/2026/02/10/grok-epstein-photos/" class="spip_out" rel="external">a dénombré au moins deux dizaines</a> de tweets demandant explicitement à Grok de désanonymiser <em>« notamment des photos montrant les corps visibles d’enfants ou de jeunes femmes, dont les visages étaient recouverts de cases noires »</em>.</p><p>Ce n’est pas un phénomène isolé. À la fin de l’année dernière, <em>« une analyse réalisée par le Center for Countering Digital Hate a révélé que Grok avait généré publiquement environ trois millions d’images à caractère sexuel, dont 23 000 représentant des enfants, en seulement 11 jours »</em>. Que ce soit pour perpétrer des violences en ligne contre les femmes et les enfants ou pour partager au plus grand nombre une propagande raciste et mensongère, les modèles d’IA sont des outils de rêve pour l’extrême droite et les masculinistes.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 23 Feb 2026 17:00:00 +0100</pubDate>
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      <title><![CDATA[Pour protéger ses habitants des pesticides, une commune rachète les terres agricoles avoisinantes]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« On me dit : ’’vous êtes écolo’’. Je réponds, je suis centre droit. »</em> Jean-Luc Algay est un maire qui a décidé de protéger sa population des pesticides. Élu depuis 2014 à L’Houmeau, une commune de 3000 habitants au nord-ouest de La Rochelle (Charente-Maritime), il se bat pour racheter les terres agricoles qui bordent les habitations. <em>« Pour le moment, on a racheté quasiment 20 hectares. »</em></p><p>Dans une salle de la mairie, l’homme de 61 ans nous montre la carte de L’Houmeau. <em>« Vous voyez la partie orange ? Ce sont des cultures intensives. »</em> Des céréales y sont essentiellement cultivées, avec leur lot d’insecticides, de fongicides et d’herbicides épandus régulièrement. Quand on évoque la mise en place de zones tampons entre les habitations et les épandages, Jean-Luc Algay balaie la mesure : <em>« il faudrait au minimum 100 mètres »</em> quand une <a href="https://agriculture.gouv.fr/distances-de-securite-pour-les-traitements-phytopharmaceutiques-proximite-des-habitations-et-des" class="spip_out" rel="external">distance de 5 à 10 mètres est aujourd’hui préconisée</a> par le ministère de l’Agriculture. <em>« Ça ne sert à rien »</em>, tranche-t-il.</p><div class="spip_document_22513 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="88" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2466423273 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771827277 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771826511 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771582120 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771828653 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771828654 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771828204 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771828654 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771828225 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771826799 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771828654 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771828655 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771828655 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771827320 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771828655 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771585169 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771826848" width="960" height="411" alt="une cartographie de l'espace naturel sensible de l'Houmeau" aria-describedby="by22513-3be7f8b7f39e2b0dea90017f0564f40b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771828656 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771828308 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png?1771826848 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22513-3be7f8b7f39e2b0dea90017f0564f40b">Les parcelles acquises par L’Houmeau, en vert, situées entre le bourg et l’océan.
© DR
</figcaption></figure></div><p>Son équipe et lui ont fait un autre choix. <em>« On s’est battus pour que ces 44 hectares passent en espace naturel sensible</em>, explique-t-il. <em>Si tel est le cas, quand un propriétaire vend, c’est la collectivité qui est prioritaire pour acheter et non plus la Safer</em> [<a href="https://basta.media/Safer-terres-agricoles-agroecologie-fermes-candidats-a-l-installation" class="spip_in">instance collective qui attribue le foncier</a>, ndlr]<em>. »</em> Une délibération en ce sens est adoptée par la commune, soutenue par le département. <em>« La chambre d’agriculture a répondu non, mais hors délai »</em>, précise Jean-Luc Algay.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Toutes-ces-saloperies-qu-on-jette-dans-les-champs">« Toutes ces saloperies qu’on jette dans les champs »</h2><p>Pourquoi avoir fait du rachat des terres une priorité du mandat ? <em>« Ce qui m’éveille, ce sont les premières mesures de l’Atmo</em> [observatoire de la qualité de l’air, ndlr] <em>en 2014 »</em> qui relève notamment les données concernant les pesticides dans l’air. <em>« Je découvre qu’il y a potentiellement un gros impact sur la santé humaine. »</em> Jean-Luc Algay évoque aussi le souvenir de son père, agriculteur. <em>« Je reste marqué par les grands gants qu’il portait pour remuer les produits. Sa peau était fripée. Il me disait : ’’regarde toutes ces saloperies que l’on jette dans les champs". »</em></p><p><em>« Certains habitants ne comprenaient pas pourquoi on voulait racheter les terres »</em>, se souvient Aurélie Crouzeau, maire adjointe à l’enfance et la jeunesse de L’Houmeau. <em>« Il a fallu beaucoup expliquer et communiquer. »</em> La commune met en avant la protection de l’environnement et du cadre de vie avec ses zones de marais et son espace Natura 2000. <em>« Le bourg est aussi sous vent dominant ouest à 80 %, on reçoit beaucoup de molécules. Et le ruissellement pose la question de la qualité des eaux »</em>, ajoute Jean-Luc Algay, alors que des ostréiculteurs sont installés à proximité.</p><div class="spip_document_22514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="85" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2848887132 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771827507 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771826511 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771582127 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771832587 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771830954 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771828203 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771827817 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771828562 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771826799 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771833774 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771832385 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771836244 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771827320 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771829204 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771585177 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771826848" width="960" height="580" alt="parcelle agricole longeant des habitations" aria-describedby="by22514-06a1e86d417447567a6474d33bc606ef" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771826757 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771831334 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771826848 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22514-06a1e86d417447567a6474d33bc606ef">Vue sur une parcelle de L’Houmeau, achetée par la commune en 2024.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><p>Le maire écrit donc des courriers aux propriétaires, dont une grande partie ne vit plus sur la commune et loue ses terres à des agriculteurs. Il renouvelle l’opération chaque année. <em>« Les personnes m’appellent pour me dire qu’elles ne veulent pas vendre. Je les laisse cogiter et mûrir leur décision. Chaque fois qu’il y a un article dans la presse sur les pesticides, cela décante. Et cette année, une dame nous a vendu 11 hectares d’un coup. »</em> Au prix de 0,5 euro le mètre carré, l’acquisition de ces onze hectares représente une somme de 55 000 euros pour la commune. Avec quel retour sur investissement ? <em>« La qualité de vie ! La santé n’a pas de prix »</em>, assume Jean-Luc Algay.</p><h2 class="spip" id="Menace-de-sequestration-par-la-FNSEA-locale">Menacé de séquestration par la FNSEA locale</h2><p>Ces rachats de terres agricoles ne sont pas du goût du syndicat agricole majoritaire, la FDSEA. Ses adhérents déversent, le 22 mars 2023, du fumier et des pneus à l’entrée et à la sortie de L’Houmeau. <em>« Ce n’était qu’un premier avertissement. S’il faut séquestrer le maire dans sa mairie, nous le ferons. Nous voulons être tranquilles pour travailler. Si nous laissons faire, ce qui se passe à L’Houmeau, se passera ailleurs »</em>, menace à cette occasion Sébastien Brochet, président de la FNSEA pour le canton de La Rochelle, <a href="https://www.sudouest.fr/economie/agriculture/le-maire-de-l-houmeau-jean-luc-algay-dans-le-collimateur-des-agriculteurs-14527552.php" class="spip_out" rel="external">dans le journal <em>Sud-Ouest</em></a>.</p><div class="spip_document_22515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="97" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3080398187 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771827587 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771826544 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771582147 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771827824 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771831003 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771828167 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771827975 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771830213 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771826799 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771830541 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771836245 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771833703 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771836245 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771829088 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771585180 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771826848" width="960" height="640" alt="panneau à la sortie d'une commune, une parcelle agricole et des habitations en arrière plan" aria-describedby="by22515-bec2b591329a01e5df53c67342aceb1b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771826756 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771833278 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg?1771826848 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22515-bec2b591329a01e5df53c67342aceb1b">La parcelle en arrière-plan a été achetée par la commune de L’Houmeau en 2025.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><p><em>« Un représentant cantonal de la FNSEA n’a pas à dire ce genre de choses. Ma famille a eu peur</em>, nous confie Jean-Luc Algay, trois ans après les faits. <em>Je ne comprends pas qu’on soit de suite dans l’agression. Alors, j’ai déposé plainte. J’ai reçu un courrier d’excuses mais sans signature. Ce n’était pas suffisant. Le procureur a convoqué ce représentant, qui a fait l’objet d’un rappel à la loi. Ça a fonctionné. »</em> Les menaces ont cessé. </p><p>Localement, le dialogue n’a pas non plus toujours été évident avec les deux exploitations agricoles qui louaient les terres en cours de rachat par la commune. <em>« Je ne leur jette pas la pierre, nous devons les accompagner à la transformation de l’agriculture. On a proposé que la commune les rémunère pour transformer en cultures raisonnées. Ils nous ont dit ’’non, nous, on nourrit le monde’’. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le maire assure que les relations avec ces agriculteurs sont aujourd’hui apaisées. <em>« On ne met pas les agriculteurs dehors. »</em> Une fois les terres rachetées, la commune laisse les baux courir. Quand ceux-ci sont terminés, les agriculteurs cessent de cultiver les terres qui sont mises en prairie par la commune. <em>« On laisse la végétation faire son évolution, et on fauche une à deux fois par an. On veut replanter des haies, avec un projet de cheminement à travers les 44 hectares. »</em></p><h2 class="spip" id="L-eau-du-sous-sol-polluee-aux-pesticides">L’eau du sous-sol polluée aux pesticides</h2><p>Initialement, la mairie projetait aussi d’installer un maraîcher en agriculture biologique. Mais des analyses de la qualité de l’eau de la nappe phréatique, menées par le laboratoire Qualyse en mars 2024, entravent ce projet. La découverte fait suite à des forages menés à 15 mètres de profondeur pour développer du chauffage par géothermie sur nappe à destination du groupe scolaire. C’est l’opérateur qui a alerté la commune. La teneur en nitrates – qui proviennent principalement des engrais azotés utilisés en agriculture pour favoriser la croissance des plantes – est supérieure à la norme (64,2 mg/l d’eau), quand, dans l’eau potable, elle doit être au maximum de 50 mg/l pour les adultes et de 10 mg/l pour les nourrissons.</p><div class="spip_document_22516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="128" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2757294802 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771827689 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771826645 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771582152 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771828270 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771829417 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771828204 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771828669 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771828476 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771826873 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771832151 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771831388 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771833505 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771830449 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771829171 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771585187 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771826848" width="960" height="338" alt="tableau récapitulant les déterminations chimiques d'eaux souterraines" aria-describedby="by22516-9c3e475604158c023b2f4ada07906d3b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771826750 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771830179 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png?1771826848 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22516-9c3e475604158c023b2f4ada07906d3b">Extraits des analyses des eaux souterraines de L’Houmeau, réalisées par le laboratoire Qualyse en date du 4 décembre 2023
© DR
</figcaption></figure></div><p><em>« S’il y a beaucoup de nitrates, quid du reste ? »</em> s’interroge alors Jean-Luc Algay. Inquiet, il demande de nouvelles analyses portant cette fois sur une centaine de résidus de pesticides connus. Les analyses montrent la présence, en quantité importante, de diméthachlore (résidu d’un herbicide pour le colza), de dieldrine (insecticide utilisé en agriculture et pour la protection des bois de charpente contre les termites, pourtant interdit depuis 1972) et d’un fongicide, le chlorothalonil, qui a entraîné la fermeture de captages d’eau potable sur le territoire de La Rochelle. Ce dernier est mesuré à 1,3 mg/l, soit au-delà de la limite, fixée à 0,1 mg/l.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/une-agricultrice-contrainte-d-arreter-sa-production-bio-a-cause-de-pesticides-epandus-il-y-a-30-ans-pollution">Une agricultrice contrainte d’arrêter sa production bio à cause de pesticides épandus il y a 30 ans</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/cca2e55d6a74263374d97dcbfb4077-9ea55.jpg?1771582117" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p><em>« J’ai envoyé ces analyses à l’ARS</em> [Agence régionale de santé, ndlr]<em>, en précisant qu’il y avait de nombreux puits dans la commune dont les habitants se servaient pour arroser leur potager. Fallait-il leur dire que leur eau était polluée ? »</em> se remémore le maire.</p><p>Dans un courrier du 3 mai 2024 que nous avons consulté, l’ARS demande à la commune d’avertir les habitants de la pollution des eaux de leur puits, en conseillant de laver abondamment les légumes avec l’eau du réseau public avant consommation. En cas d’installation de maraîchers, ces derniers doivent réaliser des analyses préalables pour contrôler la qualité des terres et de l’eau utilisée.</p><p><em>« On a donc informé les habitants et on a, pour le moment, mis en suspens le projet d’installer des producteurs maraîchers. On attend que les prairies fassent leur œuvre, et on refera un sondage dans quelques années pour voir l’état des nappes »</em>, décrit Jean-Luc Algay.</p><h2 class="spip" id="Une-cantine-a-82-de-produits-bio-et-labellises">Une cantine à 82 % de produits bio et labellisés</h2><p>La mairie mise tout de même sur des approvisionnements en bio et en local – dans un rayon d’une centaine de kilomètres – pour la cantine scolaire, qui sert en moyenne 200 repas par jour. Aux manettes, on retrouve Thiébaut Lévêque, cuisinier et responsable du restaurant scolaire depuis 2019. <em>« Nous sommes à 82 % de produits bio et labellisés sur tous les produits qu’on commande »</em>, souligne-t-il, quand la loi Egalim exige un minimum de 20 % en produits bio.</p><div class="spip_document_22517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="161" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c140202137 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771827761 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771826704 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771582885 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771833018 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771829038 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771828204 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771833229 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771830570 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771826936 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771829795 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771832208 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771827729 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771836247 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771836247 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771585192 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771826848" width="960" height="640" alt="façade de la mairie de L'Houmeau" aria-describedby="by22517-2e711d4faaae04993109634e80744554" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771826751 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771831353 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg?1771826848 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22517-2e711d4faaae04993109634e80744554">La mairie de L’Houmeau vise l’acquisition de 44 hectares de terres agricoles au total. Elle a racheté, pour le moment, quasiment 20 hectares.
© Sophie Chapelle
</figcaption></figure></div><p>La viande comme les fruits et légumes sont à plus de 80 % en bio. <em>« Ce qui nous fait tomber le pourcentage, ce sont les goûters, plus conventionnels. Financièrement, on retombe sur nos pieds : certains produits locaux sont moins chers, plus faciles à cuisiner et il y a moins de pertes »</em>, explique le cuisinier.</p><p>Pour limiter les coûts, un gros travail a été mené sur le gaspillage, avec des sessions de pesée et la mise en place d’un compost. <em>« On sert les enfants au fur et à mesure, en petite quantité, et ils peuvent redemander. On est aujourd’hui à 25 grammes par élève de déchets quand la moyenne nationale est de 110 grammes. Sachant que le but reste de faire plaisir aux enfants et qu’ils mangent. »</em> Thiébaut Lévêque a lancé un groupe Facebook, « Ma cuisine bien aimée », dont l’accès est réservé aux parents d’élèves. Il y présente chaque jour le menu des enfants et réalise des photos et vidéos des produits cuisinés dans le but de rassurer sur la provenance et l’équilibre de ce qui est proposé.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/ce-que-peuvent-les-communes-pour-une-agriculture-sans-pesticides">Ce que peuvent les communes pour une agriculture sans pesticides</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/d652dd6c0b55cf410dfe8c0d4e52a7-d12ea.jpg?1771582872" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Portrait de Cécile Beau, dans le réfectoire" /></aside><p>Une commission « enfance-jeunesse-restauration » a aussi été établie, composée notamment de parents d’élèves. La maire adjointe Aurélie Crouzeau en fait également partie. <em>« Le passage au bio a été discuté en interne entre l’adjointe déléguée et le cuisinier. Les parents en sont très contents. »</em> Un travail est actuellement amorcé sur les nuisances sonores dans la cantine et sur la filtration de l’eau.</p><p>L’élue l’assure : <em>« On ne pourra pas tout changer mais cette cantine avec beaucoup de bio, c’est une solution que l’on propose aux gens. »</em> Jean-Luc Algay, candidat à sa réélection pour les municipales de mars, n’a par ailleurs pas renoncé au projet d’installer à moyen terme des maraîchers. <em>« Si nous sommes réélus, on prévoit des logements pour eux. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Pour-proteger-ses-habitants-des-pesticides-commune-LHoumeau-rachete-terres-agricoles-avoisinantes-Charente-Maritime</link>
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      <pubDate>Mon, 23 Feb 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Pour protéger ses habitants des pesticides, une commune rachète les terres agricoles avoisinantes]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« On me dit : ’’vous êtes écolo’’. Je réponds, je suis centre droit. »</em> Jean-Luc Algay est un maire qui a décidé de protéger sa population des pesticides. Élu depuis 2014 à L’Houmeau, une commune de 3000 habitants au nord-ouest de La Rochelle (Charente-Maritime), il se bat pour racheter les terres agricoles qui bordent les habitations. <em>« Pour le moment, on a racheté quasiment 20 hectares. »</em></p><p>Dans une salle de la mairie, l’homme de 61 ans nous montre la carte de L’Houmeau. <em>« Vous voyez la partie orange ? Ce sont des cultures intensives. »</em> Des céréales y sont essentiellement cultivées, avec leur lot d’insecticides, de fongicides et d’herbicides épandus régulièrement. Quand on évoque la mise en place de zones tampons entre les habitations et les épandages, Jean-Luc Algay balaie la mesure : <em>« il faudrait au minimum 100 mètres »</em> quand une <a href="https://agriculture.gouv.fr/distances-de-securite-pour-les-traitements-phytopharmaceutiques-proximite-des-habitations-et-des" class="spip_out" rel="external">distance de 5 à 10 mètres est aujourd’hui préconisée</a> par le ministère de l’Agriculture. <em>« Ça ne sert à rien »</em>, tranche-t-il.</p><div class="spip_document_22513 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="88" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2466423273 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771582120 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png@.webp?1771585169 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png" width="960" height="411" alt="une cartographie de l'espace naturel sensible de l'Houmeau" aria-describedby="by22513-e6df2fd44dfed077d9e1238093de03b8" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/espace_naturel_sensible_acquisition_commune.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22513-e6df2fd44dfed077d9e1238093de03b8">Les parcelles acquises par L’Houmeau, en vert, situées entre le bourg et l’océan.
© DR
</figcaption></figure></div><p>Son équipe et lui ont fait un autre choix. <em>« On s’est battus pour que ces 44 hectares passent en espace naturel sensible</em>, explique-t-il. <em>Si tel est le cas, quand un propriétaire vend, c’est la collectivité qui est prioritaire pour acheter et non plus la Safer</em> [<a href="https://basta.media/Safer-terres-agricoles-agroecologie-fermes-candidats-a-l-installation" class="spip_in">instance collective qui attribue le foncier</a>, ndlr]<em>. »</em> Une délibération en ce sens est adoptée par la commune, soutenue par le département. <em>« La chambre d’agriculture a répondu non, mais hors délai »</em>, précise Jean-Luc Algay.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Toutes-ces-saloperies-qu-on-jette-dans-les-champs">« Toutes ces saloperies qu’on jette dans les champs »</h2><p>Pourquoi avoir fait du rachat des terres une priorité du mandat ? <em>« Ce qui m’éveille, ce sont les premières mesures de l’Atmo</em> [observatoire de la qualité de l’air, ndlr] <em>en 2014 »</em> qui relève notamment les données concernant les pesticides dans l’air. <em>« Je découvre qu’il y a potentiellement un gros impact sur la santé humaine. »</em> Jean-Luc Algay évoque aussi le souvenir de son père, agriculteur. <em>« Je reste marqué par les grands gants qu’il portait pour remuer les produits. Sa peau était fripée. Il me disait : ’’regarde toutes ces saloperies que l’on jette dans les champs". »</em></p><p><em>« Certains habitants ne comprenaient pas pourquoi on voulait racheter les terres »</em>, se souvient Aurélie Crouzeau, maire adjointe à l’enfance et la jeunesse de L’Houmeau. <em>« Il a fallu beaucoup expliquer et communiquer. »</em> La commune met en avant la protection de l’environnement et du cadre de vie avec ses zones de marais et son espace Natura 2000. <em>« Le bourg est aussi sous vent dominant ouest à 80 %, on reçoit beaucoup de molécules. Et le ruissellement pose la question de la qualité des eaux »</em>, ajoute Jean-Luc Algay, alors que des ostréiculteurs sont installés à proximité.</p><div class="spip_document_22514 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="85" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2848887132 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771582127 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771585177 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg" width="960" height="580" alt="parcelle agricole longeant des habitations" aria-describedby="by22514-94f3a01ce9eb0793740e6af2f51e4bbe" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vue_de_la_parcelle_zd_9_achetee_par_commune_lhoumeau_en_2024_credit_nolwenn_weiler.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22514-94f3a01ce9eb0793740e6af2f51e4bbe">Vue sur une parcelle de L’Houmeau, achetée par la commune en 2024.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><p>Le maire écrit donc des courriers aux propriétaires, dont une grande partie ne vit plus sur la commune et loue ses terres à des agriculteurs. Il renouvelle l’opération chaque année. <em>« Les personnes m’appellent pour me dire qu’elles ne veulent pas vendre. Je les laisse cogiter et mûrir leur décision. Chaque fois qu’il y a un article dans la presse sur les pesticides, cela décante. Et cette année, une dame nous a vendu 11 hectares d’un coup. »</em> Au prix de 0,5 euro le mètre carré, l’acquisition de ces onze hectares représente une somme de 55 000 euros pour la commune. Avec quel retour sur investissement ? <em>« La qualité de vie ! La santé n’a pas de prix »</em>, assume Jean-Luc Algay.</p><h2 class="spip" id="Menace-de-sequestration-par-la-FNSEA-locale">Menacé de séquestration par la FNSEA locale</h2><p>Ces rachats de terres agricoles ne sont pas du goût du syndicat agricole majoritaire, la FDSEA. Ses adhérents déversent, le 22 mars 2023, du fumier et des pneus à l’entrée et à la sortie de L’Houmeau. <em>« Ce n’était qu’un premier avertissement. S’il faut séquestrer le maire dans sa mairie, nous le ferons. Nous voulons être tranquilles pour travailler. Si nous laissons faire, ce qui se passe à L’Houmeau, se passera ailleurs »</em>, menace à cette occasion Sébastien Brochet, président de la FNSEA pour le canton de La Rochelle, <a href="https://www.sudouest.fr/economie/agriculture/le-maire-de-l-houmeau-jean-luc-algay-dans-le-collimateur-des-agriculteurs-14527552.php" class="spip_out" rel="external">dans le journal <em>Sud-Ouest</em></a>.</p><div class="spip_document_22515 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="97" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3080398187 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771582147 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg@.webp?1771585180 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg" width="960" height="640" alt="panneau à la sortie d'une commune, une parcelle agricole et des habitations en arrière plan" aria-describedby="by22515-07ef996e69f42f38d4fa98253ef4f4df" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/parcelle_zd_5_achetee_en_2025_par_commune_lhoumeau_credit_nolwenn_weiler.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22515-07ef996e69f42f38d4fa98253ef4f4df">La parcelle en arrière-plan a été achetée par la commune de L’Houmeau en 2025.
© Nolwenn Weiler
</figcaption></figure></div><p><em>« Un représentant cantonal de la FNSEA n’a pas à dire ce genre de choses. Ma famille a eu peur</em>, nous confie Jean-Luc Algay, trois ans après les faits. <em>Je ne comprends pas qu’on soit de suite dans l’agression. Alors, j’ai déposé plainte. J’ai reçu un courrier d’excuses mais sans signature. Ce n’était pas suffisant. Le procureur a convoqué ce représentant, qui a fait l’objet d’un rappel à la loi. Ça a fonctionné. »</em> Les menaces ont cessé. </p><p>Localement, le dialogue n’a pas non plus toujours été évident avec les deux exploitations agricoles qui louaient les terres en cours de rachat par la commune. <em>« Je ne leur jette pas la pierre, nous devons les accompagner à la transformation de l’agriculture. On a proposé que la commune les rémunère pour transformer en cultures raisonnées. Ils nous ont dit ’’non, nous, on nourrit le monde’’. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le maire assure que les relations avec ces agriculteurs sont aujourd’hui apaisées. <em>« On ne met pas les agriculteurs dehors. »</em> Une fois les terres rachetées, la commune laisse les baux courir. Quand ceux-ci sont terminés, les agriculteurs cessent de cultiver les terres qui sont mises en prairie par la commune. <em>« On laisse la végétation faire son évolution, et on fauche une à deux fois par an. On veut replanter des haies, avec un projet de cheminement à travers les 44 hectares. »</em></p><h2 class="spip" id="L-eau-du-sous-sol-polluee-aux-pesticides">L’eau du sous-sol polluée aux pesticides</h2><p>Initialement, la mairie projetait aussi d’installer un maraîcher en agriculture biologique. Mais des analyses de la qualité de l’eau de la nappe phréatique, menées par le laboratoire Qualyse en mars 2024, entravent ce projet. La découverte fait suite à des forages menés à 15 mètres de profondeur pour développer du chauffage par géothermie sur nappe à destination du groupe scolaire. C’est l’opérateur qui a alerté la commune. La teneur en nitrates – qui proviennent principalement des engrais azotés utilisés en agriculture pour favoriser la croissance des plantes – est supérieure à la norme (64,2 mg/l d’eau), quand, dans l’eau potable, elle doit être au maximum de 50 mg/l pour les adultes et de 10 mg/l pour les nourrissons.</p><div class="spip_document_22516 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="128" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2757294802 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771582152 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png@.webp?1771585187 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png" width="960" height="338" alt="tableau récapitulant les déterminations chimiques d'eaux souterraines" aria-describedby="by22516-da1069a598337ecfad6c966f8c328824" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/extrait_analyses_laboratoire_qualyse.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22516-da1069a598337ecfad6c966f8c328824">Extraits des analyses des eaux souterraines de L’Houmeau, réalisées par le laboratoire Qualyse en date du 4 décembre 2023
© DR
</figcaption></figure></div><p><em>« S’il y a beaucoup de nitrates, quid du reste ? »</em> s’interroge alors Jean-Luc Algay. Inquiet, il demande de nouvelles analyses portant cette fois sur une centaine de résidus de pesticides connus. Les analyses montrent la présence, en quantité importante, de diméthachlore (résidu d’un herbicide pour le colza), de dieldrine (insecticide utilisé en agriculture et pour la protection des bois de charpente contre les termites, pourtant interdit depuis 1972) et d’un fongicide, le chlorothalonil, qui a entraîné la fermeture de captages d’eau potable sur le territoire de La Rochelle. Ce dernier est mesuré à 1,3 mg/l, soit au-delà de la limite, fixée à 0,1 mg/l.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/une-agricultrice-contrainte-d-arreter-sa-production-bio-a-cause-de-pesticides-epandus-il-y-a-30-ans-pollution">Une agricultrice contrainte d’arrêter sa production bio à cause de pesticides épandus il y a 30 ans</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/cca2e55d6a74263374d97dcbfb4077-9ea55.jpg?1771582117" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p><em>« J’ai envoyé ces analyses à l’ARS</em> [Agence régionale de santé, ndlr]<em>, en précisant qu’il y avait de nombreux puits dans la commune dont les habitants se servaient pour arroser leur potager. Fallait-il leur dire que leur eau était polluée ? »</em> se remémore le maire.</p><p>Dans un courrier du 3 mai 2024 que nous avons consulté, l’ARS demande à la commune d’avertir les habitants de la pollution des eaux de leur puits, en conseillant de laver abondamment les légumes avec l’eau du réseau public avant consommation. En cas d’installation de maraîchers, ces derniers doivent réaliser des analyses préalables pour contrôler la qualité des terres et de l’eau utilisée.</p><p><em>« On a donc informé les habitants et on a, pour le moment, mis en suspens le projet d’installer des producteurs maraîchers. On attend que les prairies fassent leur œuvre, et on refera un sondage dans quelques années pour voir l’état des nappes »</em>, décrit Jean-Luc Algay.</p><h2 class="spip" id="Une-cantine-a-82-de-produits-bio-et-labellises">Une cantine à 82 % de produits bio et labellisés</h2><p>La mairie mise tout de même sur des approvisionnements en bio et en local – dans un rayon d’une centaine de kilomètres – pour la cantine scolaire, qui sert en moyenne 200 repas par jour. Aux manettes, on retrouve Thiébaut Lévêque, cuisinier et responsable du restaurant scolaire depuis 2019. <em>« Nous sommes à 82 % de produits bio et labellisés sur tous les produits qu’on commande »</em>, souligne-t-il, quand la loi Egalim exige un minimum de 20 % en produits bio.</p><div class="spip_document_22517 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="161" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c140202137 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771582885 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg@.webp?1771585192 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg" width="960" height="640" alt="façade de la mairie de L'Houmeau" aria-describedby="by22517-554bca3cc6a8ae36333072005d88cf77" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/mairie_lhoumeau__credit_sophie_chapellejpg.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22517-554bca3cc6a8ae36333072005d88cf77">La mairie de L’Houmeau vise l’acquisition de 44 hectares de terres agricoles au total. Elle a racheté, pour le moment, quasiment 20 hectares.
© Sophie Chapelle
</figcaption></figure></div><p>La viande comme les fruits et légumes sont à plus de 80 % en bio. <em>« Ce qui nous fait tomber le pourcentage, ce sont les goûters, plus conventionnels. Financièrement, on retombe sur nos pieds : certains produits locaux sont moins chers, plus faciles à cuisiner et il y a moins de pertes »</em>, explique le cuisinier.</p><p>Pour limiter les coûts, un gros travail a été mené sur le gaspillage, avec des sessions de pesée et la mise en place d’un compost. <em>« On sert les enfants au fur et à mesure, en petite quantité, et ils peuvent redemander. On est aujourd’hui à 25 grammes par élève de déchets quand la moyenne nationale est de 110 grammes. Sachant que le but reste de faire plaisir aux enfants et qu’ils mangent. »</em> Thiébaut Lévêque a lancé un groupe Facebook, « Ma cuisine bien aimée », dont l’accès est réservé aux parents d’élèves. Il y présente chaque jour le menu des enfants et réalise des photos et vidéos des produits cuisinés dans le but de rassurer sur la provenance et l’équilibre de ce qui est proposé.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/ce-que-peuvent-les-communes-pour-une-agriculture-sans-pesticides">Ce que peuvent les communes pour une agriculture sans pesticides</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/d652dd6c0b55cf410dfe8c0d4e52a7-d12ea.jpg?1771582872" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Portrait de Cécile Beau, dans le réfectoire" /></aside><p>Une commission « enfance-jeunesse-restauration » a aussi été établie, composée notamment de parents d’élèves. La maire adjointe Aurélie Crouzeau en fait également partie. <em>« Le passage au bio a été discuté en interne entre l’adjointe déléguée et le cuisinier. Les parents en sont très contents. »</em> Un travail est actuellement amorcé sur les nuisances sonores dans la cantine et sur la filtration de l’eau.</p><p>L’élue l’assure : <em>« On ne pourra pas tout changer mais cette cantine avec beaucoup de bio, c’est une solution que l’on propose aux gens. »</em> Jean-Luc Algay, candidat à sa réélection pour les municipales de mars, n’a par ailleurs pas renoncé au projet d’installer à moyen terme des maraîchers. <em>« Si nous sommes réélus, on prévoit des logements pour eux. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Pour-proteger-ses-habitants-des-pesticides-une-commune-de-Vendee-rachete-des-terres-agricoles</link>
      <guid>https://basta.media/Pour-proteger-ses-habitants-des-pesticides-une-commune-de-Vendee-rachete-des-terres-agricoles</guid>
      <pubDate>Mon, 23 Feb 2026 07:00:00 +0100</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Qu'on arrête de nous dire qu'on coûte cher » : les centres de santé participatifs finalement sauvés]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Des candidats aux municipales de tous bords politiques promettent d’ouvrir des centres de santé communaux s’ils sont élus. Dans le même temps, fin janvier, le gouvernement annonçait arrêter de financer 26 maisons et centres de santé innovants, soutenus depuis 2021 dans le cadre d’une expérimentation. Un comble.</p><p>Il s’agit de 14 millions d’euros annuels en tout. C’est peu à l’échelle du budget de la santé, mais cela touche directement des milliers de patientes et de patients de quartiers populaires. Ces maisons et centres de santé dits communautaires et participatifs sont des structures implantées dans des quartiers délaissés par les médecins libéraux. Ils allient offre de soins et travail social, en proposant à la fois des consultations avec des médecins, mais aussi, par exemple, avec des travailleurs sociaux, des psychologues, et de la médiation en santé, notamment à travers des ateliers de prévention.</p><p>La prise en compte des déterminants sociaux de la santé et des discriminations subies par la population y est centrale. Tout comme l’implication des usagères et usagers, et une forte égalité entre les professionnels du soin et les autres salariés qui travaillent au sein de la structure.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Medecins-salaries-sans-depassement-d-honoraires-les-centres-de-sante-solution-aux-deserts-medicaux">Médecins salariés, sans dépassement d’honoraires : les centres de santé, solution aux déserts médicaux ?</a></aside><p>26 de ces centres et maisons de santé appelés « structures d’exercice coordonné participatives » testent depuis 2021 un dispositif qui rompt avec le paiement à l’acte (le financement à la consultation par la Sécurité sociale) pour valoriser des actions de santé dite « participatives ». Pour ce faire, elles disposaient d’un financement de l’État.</p><h2 class="spip" id="La-ministre-fait-machine-arriere">La ministre fait machine arrière</h2><p><em>« Après la crise du Covid, le gouvernement est venu nous chercher parce qu’il nous avait identifiés comme des structures utiles dans les quartiers populaires »</em>, explique Fabien Maguin, coordinateur du réseau des centres de santé communautaires. Cette expérimentation devait se terminer en 2026, mais l’idée était bien d’intégrer les structures au système de santé. <em>« Nous travaillons main dans la main avec les autorités depuis le début, et on nous a toujours laissé comprendre que le financement passerait dans le droit commun »</em>, indique Adélaïde Chevalier, organisatrice en santé communautaire au centre de santé Stétho’Scop, créé en 2020 à Hennebont, dans le Morbihan.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Alors, quand le gouvernement annonce il y a quelques semaines l’arrêt des financements d’ici fin avril, c’est <em>« l’horreur »</em>, dit Benjamin Cohadon, coordinateur du centre de santé communautaire Village 2 Santé, ouvert en 2016 à Échirolles, en périphérie de Grenoble. Très vite, les centres communiquent, se mobilisent, organisent des assemblées générales. La députée écologiste Cyrielle Chatelain <a href="https://www.youtube.com/watch?v=HW_aKv9iys4" class="spip_out" rel="external">interpelle le gouvernement</a>. Et ça paie. Le 9 février, la ministre de la Santé Stéphanie Rist fait machine arrière.</p><p>Dans une lettre envoyée aux 26 structures, que <em>Basta!</em> a pu consulter, elle souligne que ces centres et maisons de santé participatifs apportent <em>« une réponse essentielle aux inégalités sociales et territoriales de santé »</em>. Et elle assure qu’un consensus existe sur leur utilité. Le ministère s’est finalement engagé à une prolongation du financement jusqu’à la fin de l’année et envisage une pérennisation <em>« par une mesure législative »</em>.</p><p>Les structures concernées sont évidemment soulagées. Au Stétho’Scop, par exemple, la fin de la subvention de 340 000 euros annuels aurait entraîné la suppression de la plupart des postes. Pour ce centre qui emploie quatorze personnes, dont quatre médecins, le financement de l’État représente un peu plus de 40 % du budget. La structure suit 1400 patients, qui y ont leur médecin traitant mais peuvent aussi y voir d’autres professionnels.</p><p><em>« Seuls les postes de médecins s’autofinancent »</em>, par le remboursement des consultations par la Sécurité sociale, explique Sarah Vasseur, orthophoniste au centre de santé d’Hennebont. Y travaillent aussi un infirmier, une organisatrice en santé communautaire, deux accueillantes, une médiatrice en santé, une psychologue, un travailleur social, deux coordonnatrices financières et administratives.</p><h2 class="spip" id="Des-medecins-et-des-travailleurs-sociaux">Des médecins et des travailleurs sociaux</h2><p><em>« Si on ferme, nos 1400 patients iront où ? On ne sait pas, car il n’y a presque plus de médecins à Hennebont »</em>, souligne Adélaïde Chevalier. Et puis, ce qui risquait aussi de disparaître, ce sont toutes les activités collectives organisées par le centre et ouvertes à tout le monde, patients ou non : des repas partagés, un collectif sur la santé et le travail, des projections de films, des débats…</p><p>Au Village 2 Santé, à Échirolles, le financement de l’État représente également environ 40 % du budget. Ici, il y a dix-huit salariés : cinq médecins, deux kinésithérapeutes, une orthophoniste, une infirmière, deux travailleurs sociaux, une médiatrice, deux postes de coordination et d’accompagnement sur les questions de santé au travail et de vie relationnelle, et quatre accueillants qui font aussi de la coordination médico-sociale.</p><div class="spip_document_22502 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="126" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3904186129 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp?1771581247 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp?1771521380 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg@.webp?1771580833 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg" width="960" height="720" alt="Un banderole dans une pièce sur laquelle il est écrit &quot;Secpa, Secpa où t'es? Santé communautaire en danger&quot;" aria-describedby="by22502-f7a9c2d3addb02a984eb58c1d0f3eada" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/calicot_hennebot.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22502-f7a9c2d3addb02a984eb58c1d0f3eada">Assemblée générale en soutien au centre de santé communautaire Stétho’Scop d’Hennebont, dans le Morbihan, début février.
©DR
</figcaption></figure></div><p><em>« Avant, on allait chercher des financements chaque année, en découpant notre travail en petits projets qu’on essayait de faire subventionner par l’agence régionale de santé, le département, etc.</em>, détaille Benjamin Cohadon. Le financement de l’État <em>nous a libéré du temps et a permis de nous augmenter un peu. Parce qu’on était au début, en salaire égalitaire, à 1750 euros net pour tout le monde »</em>. Dont les médecins. <em>On a pu passer à 1950 euros net. »</em> Toujours en salaire égalitaire.</p><p><em>« Nous sommes dans une volonté expérimentale et militante. On ne demande à personne de pleurer sur notre sort, mais on aimerait qu’on arrête de nous dire qu’on coûte cher</em>, ajoute le coordinateur du centre de santé pionnier d’Échirolles. <em>Nous sommes des structures de proximité qui faisons en sorte que les gens n’arrivent pas en bout de course à l’hôpital ou aux urgences. »</em> Ce qui coûterait au final bien plus cher au système de santé.</p><p>Maintenant que le gouvernement affiche une volonté de pérenniser les structures participatives qui existent déjà, il faudrait aussi les généraliser, plaide Benjamin Cohadon, pour en avoir <em>« dans les 1600 quartiers prioritaires de France et les zones rurales qui le souhaitent »</em>. Plusieurs dizaines de centres et maisons de santé voudraient déjà rejoindre l’expérimentation pour s’engager dans une démarche participative.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 20 Feb 2026 12:00:00 +0100</pubDate>
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