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    <title>Médias Libres | La séléction de Basta!</title>
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      <title><![CDATA[À l'ombre des stades de foot, à la recherche des 130 000 disparus du Mexique]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Guadalajara, la deuxième ville du Mexique avec plus de 5 millions d’habitants, s’apprête à accueillir quatre rencontres de la Coupe du monde masculine de football (du 11 juin au 19 juillet), dont une affiche Uruguay-Espagne, avec des milliers de touristes au rendez-vous. La capitale de l’État de Jalisco est mondialement connue pour la production de tequila, mais aussi pour une sombre réalité. Elle est l’épicentre d’une crise humanitaire : celle des disparitions forcées. Selon un registre officiel, plus de 130 000 personnes sont aujourd’hui portées disparues au Mexique. Un tiers de ces disparitions n’a fait l’objet d’aucune enquête.</p><p>Cette hécatombe est liée à la violence du crime organisé, entre recrutement forcé et assassinats. Elle interroge sur la responsabilité du gouvernement, à gauche au niveau national depuis 2018 (Claudia Sheinbaum a succédé à Andrés Manuel López Obrador en 2024). L’an passé, un représentant des Nations unies relevait que la disparition forcée était <em>« pratiquée de façon généralisée ou systématique »</em> au Mexique.</p><div class="spip_document_23013 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="306" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a8008.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1143557194 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp?1781078425 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp?1780929223 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23013-ee6990e2df3ea66bd4eb13c2cad15e08" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23013-ee6990e2df3ea66bd4eb13c2cad15e08">Au sud-ouest du centre-ville de Guadalajara, un rond-point avec une immense colonne, érigée initialement en l’honneur de martyrs tombés lors de la guerre américano-mexicaine (au château de Chapultepec, à Mexico, en 1847) a été rebaptisé par les associations « Rond-point des disparu·es ».
© STR
</figcaption></figure></div><p>Une immense colonne est ainsi devenue un monument emblématique de Guadalajara, rebaptisée « Rond-point des disparues et disparus » (<em>Glorieta de las y los desaparecidos</em>). Des collectifs de victimes indirectes y collent régulièrement des affichettes, sous forme d’avis de recherche, avec les visages de disparu·es. Ces collectifs comptent se servir de l’événement planétaire que constitue la Coupe du monde pour attirer la lumière sur leur combat.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-pense-a-lui-tous-les-jours">« On pense à lui tous les jours »</h2><p><em>« On veut sensibiliser le monde afin de faire davantage pression sur le gouvernement et montrer que les choses peuvent changer »,</em> affirme Héctor Flores. Âgé de 45 ans, il est reconnaissable à ses bras tatoués et sa peau blanche tachetée par le soleil. Héctor Flores est le cofondateur de Luz de esperanza (« Lueur d’espoir »), une association qui organise des collages chaque dimanche <em>« sans exception »</em> depuis octobre 2021. <em>« Nous formons une grande famille. On sait ce que c’est vivre avec le vide, l’incertitude, la douleur… »</em>, confie l’homme dont la vie a basculé après la disparition de son fils, prénommé Héctor lui aussi.</p><div class="spip_document_23008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="270" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a8027.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1941439176 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1780928847 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1781078425 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1780927438 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23008-5563bd93054e0c2f53f8866834c2a56b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23008-5563bd93054e0c2f53f8866834c2a56b">Selon un registre officiel, plus de 130 000 personnes sont aujourd’hui portées disparues au Mexique. Un tiers de ces disparitions n’a fait l’objet d’aucune enquête. Cette hécatombe est liée à la violence du crime organisé, entre recrutement forcé et assassinats.
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</figcaption></figure></div><p>Enlevé à son domicile par des individus s’étant présentés comme des agents du parquet de la région, Héctor Daniel Flores Fernández a disparu le 18 mai 2021. Il avait 19 ans. L’an passé, un tribunal a pointé la responsabilité des autorités dans cette affaire. Le jugement reconnaît « Dani » comme victime d’une disparition forcée.</p><p>Retour sur le rond-point. Après le collage, Luz de Esperanza organise une distribution de jouets aux enfants des familles. Ximena, 14 ans, et Nancy, 10 ans, reçoivent des peluches et des poupées. Elles sont respectivement la sœur et la cousine de Damian Flores Mendoza, disparu depuis le 11 décembre 2025.</p><p>Le lycéen, qui jouait au foot avec ses amis et s’entraînait à la boxe, avait fêté quelques semaines plus tôt ses 18 ans. Cheveux bouclés et petit duvet au-dessus des lèvres : son portrait est aujourd’hui collé dans la ville comme tant d’autres. <em>« J’ai perdu beaucoup de poids depuis qu’il n’est plus là</em>, confie sa grand-mère, Consuelo. <em>On pense à lui tous les jours. »</em></p><div class="spip_document_23009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="218" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a8025.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2621319338 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1780928849 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1781078425 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1780927444 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23009-f6b872d928802168b4aca0327537e5f6" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23009-f6b872d928802168b4aca0327537e5f6">Pour les 500 familles réunies au sein de Luz de esperanza (Lueur d’espoir), coller les avis de recherche des personnes disparues, c’est une façon d’agir, de se mettre en quête d’un indice, d’une piste à suivre.
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</figcaption></figure></div><p>Pour les 500 familles réunies au sein de Luz de Esperanza, coller ces avis de recherche est une façon d’agir, de se mettre en quête d’un indice, d’une piste à suivre. L’espoir est mince, infime, <em>« mais il ne meurt jamais, il est toujours là »</em>, assure Héctor Flores en montrant son cœur. La douleur, elle non plus, ne s’en va pas. Le père projetait d’ouvrir un restaurant avec son fils, avant de dédier sa vie à le retrouver.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="A-la-recherche-des-corps-des-disparu-es">À la recherche des corps des disparu·es</h2><p>L’année dernière, les militants de Guerreros buscadores de Jalisco (<em>« Les Guerriers chercheurs de Jalisco »</em>), un autre collectif de victimes indirectes de la crise humanitaire, ont fait une découverte macabre dans la région. En fouillant la terre d’un ranch à la suite d’un signalement anonyme, ils ont trouvé l’horreur : des fours crématoires, des restes humains calcinés et des fragments osseux. Au total, près de 500 vêtements ont été recensés par les autorités, dans ce qu’il convient de qualifier de camp de recrutement et d’extermination.</p><p>En février 2026, les images de Guadalajara ont fait le tour du monde : des véhicules et des magasins incendiés en réplique à la mort d’El Mencho, le parrain du cartel de Jalisco Nouvelle génération, tué lors d’une opération menée par le gouvernement. Or, cette organisation du crime organisé <a href="https://elpais.com/mexico/2025-04-06/reclutados-en-redes-por-el-crimen-en-mexico-las-4-letras-de-guadalajara-les-invita-a-trabajar.html" class="spip_out" rel="external">pratique le recrutement forcé</a> en attirant des victimes <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/03/13/au-mexique-la-decouverte-de-restes-humains-dans-un-ranch-souligne-l-apathie-des-autorites-sur-le-dossier-des-disparus_6580377_3210.html" class="spip_out" rel="external">avec de fausses offres d’emploi</a>.</p><div class="spip_document_23002 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="348" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_02a7231.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1259908525 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1780928850 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1781078308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1781078307 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1780927445 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg" width="960" height="669" alt="" aria-describedby="by23002-d49c2ccf204940893070f16a5daf1227" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23002-d49c2ccf204940893070f16a5daf1227">Les militant·es de Luz de esperanza sont masqué·es pour se protéger de la poussière et portent des vêtements couvrants pour faire face au soleil brûlant. Au centre, avec les lunettes rondes, on retrouve Liliana Meza, cofondatrice du collectif. Elle est sans nouvelles de son fils, Carlos Maximiliano Romero Meza, disparu le 22 octobre 2020.
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</figcaption></figure></div><p>Lundi 18 mai, quinze jours après la session collage, <em>Basta!</em> a suivi une « recherche sur le terrain ». Rendez-vous est pris à l’aube, devant le bâtiment administratif de la Commission de recherche des personnes disparues de l’État de Jalisco. Contrairement à d’autres, Luz de esperanza mène l’action avec l’aval et le soutien des autorités. <em>« Sinon, on pourrait subir des menaces »</em>, explique Marcela Romo, avocate pénaliste et coordinatrice du groupe, en saluant chaleureusement ses camarades. <em>« Vendredi, ça fera deux ans »</em>, précise la quadra avant une journée à fouiller la terre par plus de 35 degrés ressentis. Deux ans qu’elle cherche Laura del Carmen Garcia Munguia, une amie du collège devenue comme une sœur.</p><p>Nous retrouvons Monica Mendoza, la fille de Consuelo et la mère de Damian, jeune homme disparu depuis plus de cinq mois. Il lui a fallu du temps pour participer à ces <em>búsquedas</em>. <em>« Au début, tu ne veux pas l’accepter… Mais les mois passent, tu écoutes les histoires des autres et tu réalises que c’est important, même si ça fait mal. »</em></p><div class="spip_document_23004 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="353" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a7109.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1789984763 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1780928851 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1780927448 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23004-4dc2df8b1563b8e121a627f5d010fac4" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23004-4dc2df8b1563b8e121a627f5d010fac4">Héctor Flores, cofondateur du collectif Luz de esperanza. L’un des rares hommes parmi les membres actif·ves des collectifs qui recherchent leurs proches. Ce 18 mai marquait les cinq ans de la disparition de son fils, Héctor Daniel Flores Fernandez, en 2021, enlevé à l’âge de 19 ans et reconnu officiellement comme victime de disparition forcée.
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</figcaption></figure></div><p>La mère de Damian est désormais employée de nuit pour pouvoir mener ces recherches la journée. Elle avait déjà eu le malheur de perdre une fille en bas âge, atteinte d’une maladie. <em>« C’est encore pire de ne pas savoir si ton enfant est en vie ou non »</em>, témoigne-t-elle, tourmentée entre espoir et désespoir.</p><p>Héctor Flores est également présent, mais la grande majorité des 18 militant·es sont des femmes. Dans tous les collectifs, la charge de la recherche est le plus souvent assumée par une mère, une épouse ou une sœur. Ce matin-là, le cortège policier et militaire roule vers le sud de la métropole. Direction Chulavista, à Tlajomulco de Zúñiga, où des fosses humaines ont déjà été exhumées.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Faut-il-boycotter-la-Coupe-du-monde-Malgre-la-Fifa-Trump-je-refuse-de-me-faire-priver-de-ma-passion-foot">Faut-il boycotter la Coupe du monde ? « Malgré les délires de la Fifa, je refuse de me faire priver de ma passion pour le foot »</a></aside><h2 class="spip" id="Creuser-sous-le-regard-des-autorites">Creuser sous le regard des autorités</h2><p>Le quartier a des airs de bout du monde, surplombé, au loin, par des champs d’agave (ces cactus à la base de la tequila). Les lotissements posés comme des Lego, blocs de béton sans fenêtres, ont été en partie abandonnés. Marcela, Monica et les autres s’emparent de pelles, de râteaux, de pioches et de barres qu’ils et elles enfoncent dans la terre avant d’en sentir la pointe : elle pourrait révéler une odeur de putréfaction.</p><div class="spip_document_23006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="241" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_02a7117.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c608233723 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1780928857 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1781078308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1780927460 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23006-26ed29b6b3d06761edc03c1bc3c889a9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23006-26ed29b6b3d06761edc03c1bc3c889a9">Marcela Romo est avocate pénaliste et coordinatrice de cette recherche du collectif Luz de esperanza. Elle cherche Laura del Carmen García Munguía, une amie qu’elle considère comme sa sœur, disparue le 22 mai 2024, à l’âge de 40 ans.
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</figcaption></figure></div><p>Fournis par les autorités, ces outils sont pour le moins rudimentaires. Du côté des membres des commissions régionale et nationale, les regards sont plutôt fuyants face à nos questions. <em>« Cette fois-ci, il n’a pas été jugé pertinent d’utiliser des outils technologiques »</em>, justifie une femme en uniforme ayant requis l’anonymat.</p><p>Scène étrange sous le soleil brûlant : les fonctionnaires – qui pour certain·es sont venu·es depuis la capitale mexicaine, à 550 kilomètres de là – fournissent les outils et les bouteilles d’eau, mais regardent les militant·es suer sous leur chapeau. Raison invoquée : <em>« On ne peut pas entrer, ce sont des propriétés privées. »</em> Une bonne excuse pour s’épargner un travail ingrat ? Les militant·es de Luz de esperanza y voient plutôt le manque de volonté de l’État face à cette crise humanitaire.</p><div class="spip_document_23005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="332" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a7230.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3229856094 jpg loading c11"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1780928858 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1780927468 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg" width="960" height="653" alt="" aria-describedby="by23005-c193e5a27e78ac86508dfd31677ae031" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23005-c193e5a27e78ac86508dfd31677ae031">Entre des militaires, deux <em>« madres buscadoras »</em>, des « mères en quête » ou « mères chercheuses », explorent avec des outils rudimentaires les jardins des habitations en partie laissées à l’abandon en marge du quartier populaire Chulavista, à Tlajomulco de Zúñiga, en périphérie de Guadalajara.
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</figcaption></figure></div><p>En t-shirt, claquettes sur le pas de sa porte, une jeune femme, M., fait partie des dernier·es riverain·es de ce quartier sinistré. Trois personnes vivent ici dans un appartement de deux pièces. Son père est maçon ; elle fait <em>« des ménages »</em>. <em>« Ici, il n’y a pas d’avenir pour les enfants »</em>, dit celle qui a vu les <em>« vendeurs de drogues »</em> faire fuir ses voisin·es. Au quotidien, la famille doit remplir une grande cuve avec un robinet extérieur pour pouvoir se laver. Quant aux camions des éboueurs, <em>« cela fait plusieurs mois qu’ils ne passent plus ici »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump">Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Aujourd-hui-quelqu-un-va-rentrer-a-la-maison">« Aujourd’hui, quelqu’un va rentrer à la maison »</h2><p>Après une pause-déjeuner, les recherches reprennent dans un champ. Sur la terre sèche, on retrouve du carton, du plastique, des chaussures, des sacs à dos, des pneus… La zone de bornage téléphonique de certain·es disparu·es s’étend sur plusieurs hectares. C’est si vaste que les militant·es creusent sans grande méthode.</p><div class="spip_document_23012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="327" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_02a7149.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c188677316 jpg loading c12"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1780928860 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1781078308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1780929241 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg" width="960" height="721" alt="" aria-describedby="by23012-45e280a169858d39e3654eab1e48e27e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23012-45e280a169858d39e3654eab1e48e27e">À 16 h 07, environ un mètre sous le niveau du sol, bénévoles et fonctionnaires voient apparaître des tissus et des ossements. La chienne de la police municipale est appelée. Le collectif vient de trouver des restes humains. <em>« Aujourd’hui, quelqu’un va rentrer à la maison. Une famille va pouvoir se reposer. »</em>
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</figcaption></figure></div><p>Le temps passe lentement, jusqu’à cette confidence, discrète, d’un riverain : <em>« Creusez le long de ce mur. »</em> Les efforts se concentrent donc ici, au pied d’un autre lotissement adjacent au champ. Coups de pelles, coups de pioches… Bientôt, des débris blancs apparaissent. De la chaux : c’est un signe. <em>« Ils s’en servent pour masquer les odeurs »</em>, affirme Héctor, avant de redoubler d’efforts.</p><p>À 16 h 07, environ un mètre sous le niveau du sol, bénévoles et fonctionnaires voient apparaître des tissus et des ossements. La chienne de la police municipale est appelée. Elle aboie. Verdict : <em>« Positif. »</em> Le collectif vient de trouver des restes humains. Envahi·es par l’émotion, les militant·es forment un cercle. L’une des doyennes du groupe, Virginia Ponce, dépose de l’eau et allume une bougie. Les <em>buscadoras</em> écoutent sa prière, se tiennent les mains et les larmes coulent sur les joues. <em>« Aujourd’hui, quelqu’un va rentrer à la maison. Que cette lumière continue de le guider, de l’accompagner à chaque instant. […] Une maman va être soulagée. Une famille va pouvoir se reposer. »</em></p><div class="spip_document_23003 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="203" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a7095.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2093173882 jpg loading c13"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1780928862 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1781078308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1780927456 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg" width="960" height="646" alt="" aria-describedby="by23003-3ec89d39a850171257b84e88f90fc991" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23003-3ec89d39a850171257b84e88f90fc991">Des militaires de la Garde nationale du Mexique sont en faction. Au total, ce jour-là, neuf véhicules de différentes autorités escortent les militant·es de Luz de esperanza et les fonctionnaires.
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</figcaption></figure></div><p>Le collectif continuera de labourer le long du mur jusqu’au soleil couchant. C’est désormais une scène de crime : à partir du lendemain, les autorités prendront le relais et les membres de Luz de esperanza recommenceront dans un autre quartier. <em>« Nous les recherchons parce que nous les aimons »</em> : c’est la devise des familles.</p><p>Sur le trajet du retour, Marcela ne chante plus comme à l’aller. Elle pense à Laura, sa sœur de cœur. <em>« Ce serait terrible que je la retrouve comme ça »</em>, dit-elle. La lumière rouge du crépuscule se confond avec la couleur de ses cheveux. En continuant à l’ouest sur le périphérique, c’est la direction de Zapopan, une ville où de nombreux sacs avec ossements ont été retrouvés. C’est aussi dans cette partie de la métropole que se trouve le stade qui accueillera la Coupe du monde.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/a-l-ombre-des-stades-de-foot-Mondial-2026-a-la-recherche-des-130-000-disparus-du-mexique</link>
      <guid>https://basta.media/a-l-ombre-des-stades-de-foot-Mondial-2026-a-la-recherche-des-130-000-disparus-du-mexique</guid>
      <pubDate>Wed, 10 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Faut-il boycotter la Coupe du monde ? « Malgré les délires de la Fifa, je refuse de me faire priver de ma passion pour le foot »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La Coupe du monde masculine de foot débute ce 11 juin, organisée par la Fédération internationale de football association (Fifa) pour la première fois dans trois pays : Canada, États-Unis et Mexique. Cette 23<sup class="typo_exposants">e</sup> édition de la compétition phare du football mondial débute sous de bien mauvais augures : <a href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump" class="spip_in">des billets au prix exorbitant inaccessible pour la majorité des supporters</a>, une quête de profits à outrance avec la multiplication des matchs et des pauses publicitaires, et un pays organisateur <em>« en pleine dérive autocratique, avec un Donald Trump qui ne se prive pas d’instrumentaliser l’événement pour blanchir son image »</em>, pointe Jérôme Latta, cofondateur et rédacteur en chef des <em>Cahiers du football</em>, l’un des rares médias critiques sur l’industrie du sport le plus populaire au monde.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump">Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/c4b434d9b9e750c16ff1a109d9c034-083b0.jpg?1781022705" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Vue du point de corner, une pelouse d'un terrain de foot" /></aside><p>Faut-il pour autant boycotter l’événement ? Que dit cette Coupe du monde (après le Qatar en 2022 et la Russie en 2018) de l’évolution du football et de la Fifa ? Jérôme Latta, auteur de plusieurs livres sur le football, dont l’ouvrage collectif <em>Foot manifesto. 15 propositions pour sauver le ballon rond</em> (Divergences, mars 2026), nous livre son analyse et son point de vue.</p><h3 class="spip" id="Basta-Dans-quel-etat-d-esprit-abordez-vous-cette-23e-edition-de-la-Coupe-nbsp"><em>Basta!</em> : Dans quel état d’esprit abordez-vous cette 23<sup class="typo_exposants">e</sup> édition de la Coupe du monde, particulièrement critiquable ?</h3><p><strong>Jérôme Latta</strong> : En tant que supporter de football, il y a toujours un petit réflexe d’excitation. En principe, la Coupe du monde est la plus belle des compétitions de football, la plus ancienne, celle qui réveille des souvenirs qui remontent parfois à l’enfance. C’est un format resserré dans le temps – quatre semaines, maintenant cinq – qui peut se vivre comme une « parenthèse enchantée ».</p><div class="spip_document_23000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="460" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/sirvins_jerome_latta_2-808x538.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2846118456 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/538/20x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp?1780948011 1076w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 960w, local/adapt-img/538/20x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 1076w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/538/15x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp 807w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 720w, local/adapt-img/538/15x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 807w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/538/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp?1780916334 538w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/538/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg?1780916401" width="538" height="538" alt="" aria-describedby="by23000-ea75ff242785fb7c22425e308246ff83" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 480w, local/adapt-img/538/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg?1780916401 538w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23000-ea75ff242785fb7c22425e308246ff83">Journaliste chez <a href="https://www.alternatives-economiques.fr/" class="spip_out" rel="external"><em>Alternatives économiques</em></a>, Jérôme Latta est aussi cofondateur et rédacteur en chef des <a href="https://www.cahiersdufootball.net/" class="spip_out" rel="external"><em>Cahiers du football</em></a>, l’un des rares médias critiques sur l’industrie du sport le plus populaire au monde. Il a publié <a href="https://www.editionsdivergences.com/livre/ce-que-le-football-est-devenu-trois-decennies-de-revolution-liberale" class="spip_out" rel="external"><em>Ce que le football est devenu. Trois décennies de révolution libérale</em></a> (Divergences, 2023), et contribué à l’ouvrage collectif <a href="https://www.editionsdivergences.com/livre/foot-manifesto" class="spip_out" rel="external">Foot manifesto. 15 propositions pour sauver le ballon rond</a> (Divergences, mars 2026).
© Maxime Sirvins / Politis
</figcaption></figure></div><p>Mais difficile de ne pas l’aborder par ailleurs avec beaucoup d’inquiétudes, et une forme d’amertume. Cette nouvelle édition introduit deux ruptures qui me posent problème : on passe de 32 à 48 équipes, pour un total record de 104 matchs – ce qui devient proprement inassimilable. Et puis, l’instauration de pauses fraîcheur au milieu des périodes est une nouvelle opportunité publicitaire qui risque de fortement altérer la qualité du jeu. Tout cela n’est pas pour « universaliser » encore plus le foot, comme aime le faire croire le discours officiel, mais bien pour démultiplier les revenus de la Coupe du monde, et la rendre toujours plus rentable.</p><p>S’ajoute à cela le contexte politique des États-Unis, en pleine dérive autocratique, avec un Donald Trump qui ne se prive pas d’instrumentaliser l’événement pour blanchir son image – à l’image du « prix de la paix » que <a href="https://www.lemonde.fr/sport/article/2025/12/08/la-farce-trump-infantino-montre-comment-la-fifa-avilit-le-football-en-le-sacrifiant-a-ses-propres-interets_6656437_3242.html" class="spip_out" rel="external">la Fifa a osé lui remettre en décembre</a>, lors du tirage au sort, avec un show d’une obscénité sans nom. Il est compliqué de faire une hiérarchie avec les précédentes éditions en Russie en 2018, et au Qatar en 2022, mais cette édition fera certainement partie des pires de l’histoire.</p><h3 class="spip" id="Que-nous-raconte-cette-Coupe-du-monde-de-l-evolution-profonde-de-l-industrie-nbsp">Que nous raconte cette Coupe du monde de l’évolution profonde de l’industrie du football ?</h3><p>Le football est le sport le plus populaire au monde, et supporte donc l’industrie la plus puissante. Celle-ci est engagée dans une course au gigantisme, gouvernée par une quête de profits sans fin. Pour le dire simplement, le seul critère de décision de la part des différents « gouvernements » du football – que ce soit la Fifa, en premier lieu, mais aussi les fédérations nationales, les clubs, etc. – c’est la perspective de gagner toujours plus d’argent : comment attirer plus d’investisseurs, générer plus de droits TV ou développer plus de marketing pour augmenter les revenus.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On est dans un modèle ultracroissanciste, consistant à accroître toujours plus l’offre de matchs, qu’importe le coût environnemental »</p>
</aside><p>L’an passé, la création de la Coupe du monde des clubs, une nouvelle compétition sous l’égide de la Fifa, répondait exactement à cette logique-là. Tout le monde s’est félicité des sommes record ainsi redistribuées – avec, au passage, un gain proportionnellement supérieur pour les clubs européens par rapport aux clubs sud-américains ou africains. On est dans un modèle ultracroissanciste, consistant à accroître toujours plus l’offre de matchs, qu’importe le coût environnemental. Car dès lors qu’on démultiplie le nombre de matchs et qu’on étend le territoire de la compétition <em>[pour la première fois, la Coupe du monde 2026 se jouera dans trois pays différents, ndlr]</em>, on fait aussi exploser la facture climatique, qui réside principalement dans le déplacement des spectateurs. Mais ça, c’est littéralement le cadet de leur souci.</p><h3 class="spip" id="En-quoi-cette-industrie-du-foot-est-elle-le-fruit-de-lt-lt-trois-nbsp">En quoi cette industrie du foot est-elle le fruit de « trois décennies de révolution libérale », comme vous l’affirmez ?</h3><p>Il faut remonter à un élément décisif dans l’économie du football : les droits TV. À partir de la fin des années 1970, les chaînes dites « à péage » <em>[chaîne payante, ndlr]</em> ont commencé à se développer et ont vite mis le football au cœur de leur modèle économique, comprenant qu’il s’agissait d’un excellent produit d’appel pour recruter des abonnés. Dans les années 1990, ces chaînes se sont mises à payer de plus en plus cher ces droits de diffusion, ce qui a impliqué un changement d’échelle et de paradigme complet pour l’industrie du football.</p><p>D’un spectacle vivant, qui produisait l’essentiel de ses recettes sur la billetterie dans les stades, le foot est devenu un spectacle formaté par la télé, avec une manne financière importante, dont il a fallu discuter de la redistribution. Au début, c’était simple : 20 participants, donc on divisait en 20 parts. Mais très rapidement, les clubs les plus prestigieux ont réclamé une plus grande part en expliquant que c’étaient eux qui faisaient la valeur économique du spectacle – ce qui est largement discutable, évidemment, puisqu’une compétition sportive, c’est par définition une économie collectiviste qui a besoin de tout le monde pour exister.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>C’est ainsi que s’est mis en place un système de répartition des ressources de plus en plus inégalitaire, qui a globalement consisté à faire ruisseler l’argent vers le haut et à enrichir les plus riches. Et cela reste le principe central à l’œuvre aujourd’hui, dès qu’il y a une nouvelle manne comme avec la Coupe du monde des clubs l’an passé. Jean-Michel Aulas <em>[ancien président de l’Olympique lyonnais de 1987 à 2023, ndlr]</em> a été <a href="https://www.cahiersdufootball.net/article/aulas-descendu-de-son-olympique-7624" class="spip_out" rel="external">l’un des plus grands lobbyistes de ces théories du ruissellement</a>, avec une collection de phrases du type : <em>« L’élitisme profite à tout le monde »</em>, <em>« Si les riches ne s’enrichissent pas, les pauvres s’appauvrissent »</em>, etc. C’est comme ça que s’est construite une petite oligarchie de clubs très puissants, grâce à une sorte de « dopage financier » et tout un ensemble de mécanismes artificiels, qui ont creusé les inégalités entre les clubs et constitué une infraction élémentaire à l’équité sportive.</p><h3 class="spip" id="Financiarisation-avec-le-trading-des-joueurs-deregulation-du-marche-du-nbsp">Financiarisation avec le trading des joueurs, dérégulation du marché du travail, distorsion de concurrence, etc. : rien de tel que le fonctionnement de l’industrie du foot pour expliquer les rouages de la doctrine libérale ?</h3><p>On peut même se demander dans quelle mesure le foot n’en a pas été un ferment, tout du moins une sorte de laboratoire d’expérimentation. Pour avoir étudié précisément ces discours qui légitimaient la « révolution libérale » dans le foot, j’ai été frappé de voir à quel point ils étaient analogues aux discours qu’on entendait dans le reste de la société, autour de cette idée de ruissellement, notamment.</p><p>Le football a certainement servi de chambre d’écho à cette propagande libérale hors du champ politique classique, de manière discrète mais néanmoins puissante, puisqu’il permet de s’adresser à des audiences considérables, avec un public souvent peu politisé et sans contre-pouvoirs critiques, sur un terrain largement déserté par la gauche par ailleurs.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On a donc fini par sacrifier l’équité sportive au profit d’une sorte de super-spectacle, avec des super-clubs qui réunissent des super-joueurs »</p>
</aside><p>Les organisations sportives et les pouvoirs publics ont totalement démissionné, comme avec <a href="https://portail.basta.media/articles/l-arret-bosman-30-ans-plus-tard-un-jalon-majeur-de-la-transformation" class="spip_out" rel="external">l’arrêt Bosman en 1995</a>, qui a dérégulé le marché des footballeurs et permis la concentration des meilleurs joueurs dans une poignée d’équipes. À l’évidence, il fallait instaurer d’autres moyens de régulation, mais on a préféré s’abriter derrière une forme de fatalisme, en expliquant que ces évolutions étaient inévitables. Cette passivité est sûrement une complicité, au fond : les pouvoirs sportifs ont pris le parti d’accompagner cette révolution élitiste dont ils tirent également un bénéfice, tandis que les pouvoirs publics ont sûrement préféré penser le football comme un divertissement bien pratique pour occuper les masses, selon le cliché du « nouvel opium du peuple ».</p><h3 class="spip" id="Vous-citez-un-dirigeant-du-FC-Barcelone-qui-a-declare-lt-lt-Nos-nbsp">Vous citez un dirigeant du FC Barcelone, qui a déclaré : « Nos référents appartiennent aujourd’hui à d’autres univers que le sport, comme Disney. Ils ont Mickey Mouse, nous avons Messi. Ils ont Disneyland ? Nous avons le Camp Nou. » Le football est-il devenu le nouveau totem de la société du spectacle ?</h3><p>L’enjeu est à la fois de spectaculariser le sport et de marchandiser ce spectacle, c’est une double dynamique. Ce qui m’interpelle beaucoup ces dernières années, c’est la façon dont cette logique mercantile du spectacle supplante de plus en plus la logique purement sportive de la compétition – un phénomène beaucoup plus valable dans le « football des clubs » que dans le « football des nations » – car celui-ci parvient encore à préserver une part d’incertitudes.</p><div class="spip_document_23001 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="133" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/foot_manifesto.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3045123869 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp 960w, local/adapt-img/553/20x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp?1780948011 1106w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/foot_manifesto.png 960w, local/adapt-img/553/20x/IMG/png/foot_manifesto.png 1106w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp 720w, local/adapt-img/553/15x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp 830w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/foot_manifesto.png 720w, local/adapt-img/553/15x/IMG/png/foot_manifesto.png 830w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp 480w, local/adapt-img/553/10x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp?1780916751 553w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/553/10x/IMG/png/foot_manifesto.png" width="553" height="922" alt="" aria-describedby="by23001-30b4456413310beb8e6a2a3b025a06cb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/foot_manifesto.png 480w, local/adapt-img/553/10x/IMG/png/foot_manifesto.png 553w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23001-30b4456413310beb8e6a2a3b025a06cb">Jérôme Latta a contribué à l’ouvrage collectif <a href="https://www.editionsdivergences.com/livre/foot-manifesto" class="spip_out" rel="external">Foot manifesto. 15 propositions pour sauver le ballon rond</a> (Divergences, mars 2026).
</figcaption></figure></div><p>En ligue des champions, la compétition reine pour les clubs européens, c’est très frappant : les résultats sportifs sont <a href="https://www.lemonde.fr/sport/article/2026/04/20/cinq-ans-apres-le-fiasco-de-la-super-ligue-le-football-elitiste-n-en-a-pas-moins-triomphe_6681721_3242.html" class="spip_out" rel="external">de plus en plus corrélés à la puissance économique</a>. L’un des objectifs majeurs de cette révolution libérale a consisté à réduire l’aléa sportif – par définition intolérable pour les investisseurs, qui veulent des garanties – pour s’assurer que les plus grands clubs se retrouvent en phase finale, au printemps – moment à partir duquel on retrouve une certaine incertitude, avec un vrai turnover au palmarès, puisque les tout meilleurs clubs restent proches en termes de niveau. On a donc fini par sacrifier l’équité sportive au profit d’une sorte de super-spectacle, avec des super-clubs qui réunissent des super-joueurs, et avec l’assentiment général du public et des médias sportifs, qui s’en font volontiers les relais.</p><h3 class="spip" id="En-2022-la-question-du-boycott-pour-l-edition-au-Qatar-avait-anime-le-debat-nbsp">En 2022, la question du boycott pour l’édition au Qatar avait animé le débat public, <a href="https://basta.media/Mondial-2022-Qatar-FIFA-au-moins-6500-travailleurs-migrants-tues-sur-les-chantiers">des milliers d’ouvriers étant morts sur les chantiers</a> des infrastructures. Comment expliquez-vous l’absence, cette fois, de mobilisation plus conséquente ?</h3><p>Le mouvement de boycott en 2022 n’était pas si important. Il émanait principalement de personnalités très politisées, qui n’aiment pas particulièrement le foot et pour qui cela n’engageait donc pas de grands sacrifices. La plupart des grandes ONG internationales de droits humains – que l’on pense à Amnesty International ou Human Rights Watch, par exemple – ont plutôt cherché à se servir de l’événement pour porter leur message et organiser des mobilisations, ce qui me paraît la meilleure stratégie.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les tenants du boycott sous-estiment la force de frappe que représentent la publicité, les sponsors et tout le marketing d’un tel événement »</p>
</aside><p>Quand on parle de boycott, on ne sait jamais de quoi il est vraiment question – d’appeler l’équipe de France à ne pas y participer, de ne pas rediffuser l’événement, d’en changer le pays-hôte ? – mais aucune de ces modalités ne me semble de toute façon réaliste, mis à part la démarche purement individuelle, bien sûr. Je crois que les tenants du boycott sous-estiment la force de frappe que représentent la publicité, les sponsors et tout le marketing derrière un tel événement.</p><p>La Coupe du monde est médiatisée comme un événement planétaire que tout le monde attend avec impatience. C’est un discours extrêmement puissant contre lequel il est difficile de faire entendre une voix critique, qui viendrait un peu gâcher la fête. Il faut aussi, je crois, se décentrer un peu : en 2022, c’est vrai que des passionnés de foot en étaient arrivés à un tel niveau d’écœurement, qu’ils n’avaient pas suivi l’événement, mais si l’on sort de nos bulles un peu militantes, on se rend aussi compte qu’un tel mouvement n’a pas du tout pris sur les autres continents. L’édition 2022 nous a offert une bonne leçon sur notre eurocentrisme, à ce sujet. C’est triste à dire mais la dépolitisation du football est parfaitement organisée.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump">Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump</a></aside><h3 class="spip" id="Pourquoi-la-gauche-a-t-elle-selon-vous-lt-lt-deserte-cet-enjeu-nbsp">Pourquoi la gauche a-t-elle, selon vous, « déserté » cet enjeu contemporain que représente le football ?</h3><p>Il y a longtemps eu une forme de mépris intellectuel, qui révélait aussi un certain mépris de classe. Le football était considéré comme un champ culturel vulgaire et trivial, colonisé par des supporters souvent caricaturés comme des crétins avinés ou des hooligans. Ce n’était donc pas considéré comme un terrain digne d’analyse critique ou de mobilisation populaire.</p><p>Il a fallu attendre le tournant de 1998 pour assister à une légitimation assez soudaine du football comme objet d’étude pour les sciences sociales – une reconnaissance bien tardive comparée à d’autres pays – lorsqu’on s’est rendu compte que cela créait des émotions, du vivre-ensemble, et que cela en faisait donc un fait social à part entière. Est-ce que c’est devenu pour autant un enjeu de lutte prioritaire ? On est en droit d’en douter.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Je défends le football, ses clubs, ses stades, comme des patrimoines culturels historiques qu’il faut protéger des dérives économiques »</p>
</aside><p>Pourtant, quand on est de gauche, on est attaché à défendre les cultures populaires, quelles qu’elles soient. C’est pour cela que je défends le football, ses clubs, ses stades, comme des patrimoines culturels historiques qu’il faut protéger des dérives économiques. Aujourd’hui, un club de football ne peut pas se réduire uniquement à la valeur de ses actions en Bourse, c’est d’abord le fruit de toute une histoire collective, le produit de tout ce qu’en ont fait ses anciens joueurs, dirigeants, supporters, élus locaux, etc. Ce sont <a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/240525/se-reapproprier-l-idee-du-football-comme-un-bien-commun" class="spip_out" rel="external">des biens communs qui appartiennent aussi au territoire et à la collectivité</a>.</p><h3 class="spip" id="Le-probleme-du-boycott-n-est-il-pas-qu-au-fond-la-passion-du-jeu-finit-nbsp">Le problème du boycott n’est-il pas qu’au fond, la passion du jeu finit toujours par l’emporter sur la conscience de ses dévoiements ? Vous le reconnaissez vous-mêmes, vous auriez bien du mal à vous en priver…</h3><p>Le football reste un spectacle merveilleux, c’est vrai. On a beau savoir tout ce qui se joue derrière, il garde un pouvoir de séduction qui ne se dément pas. Plus que tout autre sport peut-être, le football a une capacité exceptionnelle à créer du récit, une dramaturgie, à produire une forme de mythologie contemporaine. Une Coupe du monde, ce n’est pas toujours le plus fort qui la gagne à la fin, ce qui la rend très excitante.</p><p>Et c’est un sport très facile à s’approprier : on en comprend très vite les règles et on peut y jouer avec trois fois rien. C’est ce qui lui confère cette dimension universelle, cela peut nourrir n’importe quelle conversation à l’autre bout du monde. Tous les amoureux de foot l’ont expérimenté en voyageant : moi, j’ai parlé foot avec des gens avec qui je ne partageais pas de langue commune, mais ça ne nous empêchait pas de citer des noms de joueurs, des clubs, des matchs. C’est toujours un peu bateau de dire ça, mais je crois quand même que le football reste l’un des derniers endroits qui rassemblent encore aussi largement.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Est-ce qu’on boycotte le cinéma parce que Bolloré en est devenu le principal financeur ? »</p>
</aside><p>Même si on n’est pas dupe de l’instrumentalisation politique qui s’y joue parfois, même si on est un peu vacciné du <a href="https://theconversation.com/black-blanc-beur-le-corps-des-heros-et-la-fin-dun-mythe-157617" class="spip_out" rel="external">mythe « Black Blanc Beur »</a> de 98, je pense malgré tout qu’il se joue des choses importantes lorsqu’on fête un titre de champion du monde de l’équipe de France avec des gens de tous horizons. Ce sont des émotions, de l’humain, des liens sociaux et amicaux, du vivre-ensemble, bref, de la vie quoi. Et c’est précisément pour cela qu’on en a besoin et qu’il faut les prendre au sérieux, quand bien même ils n’enrayeront certainement pas la montée de l’extrême droite à eux tout seul, bien entendu.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/le-football-reste-un-instrument-d-emancipation-et-un-creuset-de-resistance-face">« Le football reste un instrument d’émancipation et un creuset de résistance face à l’ordre établi »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/bf50403a917b2ea14d3b1b9e8c6b0a-71297.jpg?1780916745" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Quand on est de gauche, aujourd’hui, on vit dans un monde dont l’idéologie dominante n’est pas la nôtre, on subit un feu constant de souffrances politiques en tout genre. Et on devrait en plus se priver de cette petite « parenthèse enchantée » à cause des dérives de la Fifa et des délires de son président Gianni Infantino ? Je suis un grand supporter des Bleus, j’ai dû rater cinq matchs depuis 1984. Et je refuse de me faire priver de cette passion ou de m’autopunir de quelque chose dont je ne suis pas responsable, ce serait la double peine. Ce n’est pas la Coupe du monde qu’il faut combattre, mais la Coupe du monde de la Fifa. Est-ce qu’on boycotte le cinéma parce que Bolloré en est devenu le principal financeur ?</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Faut-il-boycotter-la-Coupe-du-monde-Malgre-la-Fifa-Trump-je-refuse-de-me-faire-priver-de-ma-passion-foot</link>
      <guid>https://basta.media/Faut-il-boycotter-la-Coupe-du-monde-Malgre-la-Fifa-Trump-je-refuse-de-me-faire-priver-de-ma-passion-foot</guid>
      <pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Loi Ripost : vers plus de répression et de surveillance ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10545 c-content_text texte surlignable"><p>La lutte contre les rodéos urbains, le protoxyde d’azote et les free parties est au cœur du projet de loi Ripost. Avec ce texte fourre-tout, le gouvernement souhaite aussi élargir les pouvoirs des forces de l’ordre. Adopté par le Sénat mardi 26 mai, le texte doit désormais être examiné à l’Assemblée nationale avant la mi-juillet. On vous explique.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/videos-635">Vidéos</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=loi-ripost-vers-plus-de-repression-et-de-surveillance?var_fav=article-10545" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/loi-ripost-vers-plus-de-repression-et-de-surveillance</link>
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      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 17:32:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Un nouveau pacte européen sur la migration dénoncé comme « xénophobe »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pour l’eurodéputée française écologiste Melissa Camara, <a href="https://www.greens-efa.eu/en/article/press/returns-regulation-sets-europe-on-shameful-path" class="spip_out" rel="external">c’est un texte</a> qui <em>« consacre par écrit des idées et un discours xénophobes au détriment des droits fondamentaux des migrants, dont la seule faute a été de naître avec le mauvais passeport »</em>. Début juin, le Parlement européen et les États européens se sont accordés <a href="https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20260518IPR43408/accord-sur-de-nouvelles-regles-europeennes-en-matiere-de-retour-des-migrants" class="spip_out" rel="external">sur de nouvelles règles</a> pour durcir la politique migratoire de l’Union européenne.</p><p>Le texte crée notamment la possibilité d’implanter des « hubs de retour », soit des centres de rétention installés dans des pays en dehors de l’Union européenne et avec l’accord de ces pays, pour y renvoyer les personnes qui seraient en situation irrégulière. L’Italie de Giorgia Meloni a déjà tenté de se doter <a href="https://www.courrierinternational.com/article/italie-un-an-apres-son-lancement-le-plan-albanie-de-meloni-est-un-echec_237079" class="spip_out" rel="external">de tels centres en Albanie</a>.</p><h2 class="spip" id="Accord-entre-la-droite-et-l-extreme-droite">Accord entre la droite et l’extrême droite</h2><p><em>« L’accord légalise les centres de renvoi situés en dehors de l’Union européenne et donne le feu vert à la détention de mineurs ainsi qu’aux interdictions d’entrée à vie sans motifs juridiques sérieux. Il affaiblit également les droits procéduraux, allonge la durée de la détention et cautionne les pratiques de l’ICE en autorisant les autorités à mener des perquisitions à domicile »</em>, ajoute l’eurodéputée française.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Remigration-Summit-extreme-droite-europeenne-rassemblee-pour-promouvoir-deportation-de-masse-des-immigres">Remigration Summit : l’extrême droite européenne rassemblée pour promouvoir l’expulsion de masse des immigrés</a></aside><p>Pour elle, l’accord conclu entre les États et un Parlement européen <em>« dominé par une majorité composée du Parti populaire européen [droite] et de l’extrême droite »</em> est <em>« honteux »</em>. Le texte prévoit aussi d’allonger les durées de rétention des personnes migrantes jusqu’à 24 mois.</p><h2 class="spip" id="Enfermement-tri-refoulement">Enfermement, tri, refoulement</h2><p>En parallèle, le pacte de l’Union européenne sur la migration et l’asile, adopté en mai 2024, entre en vigueur ce vendredi 12 juin. Cette éventail de mesures va aussi durcir les conditions d’immigration et d’asile en Europe. Pour le Groupe d’information et de soutien des immigrés, le Gisti, le <em>« “nouveau Pacte sur la migration et l’asile” entérine une grave régression des droits fondamentaux des personnes migrantes et exilées »</em>.</p><p>L’organisation pointe la <em>« grande opacité »</em> dans laquelle les textes composant ce pacte ont été adoptés, et <a href="https://www.gisti.org/spip.php?article7046" class="spip_out" rel="external">dénonce un paquet législatif</a> qui <em>« privilégie, à travers un dispositif d’une extrême technicité, d’une part la dissuasion en amont des arrivées irrégulières de personnes étrangères en Europe, d’autre part des procédures renforcées de contrôle et de tri aux frontières en vue d’en expulser le plus grand nombre, et enfin la répartition autoritaire de celles qui seraient reconnues comme éligibles à l’asile au sein des États membres volontaires »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« L’application de procédures expéditives, soumises à des délais intenables en pratique, aura pour conséquences inévitables le déni du droit d’asile et la massification de la détention aux frontières extérieures de l’Europe »</em>, alerte l’organisation. L’association de solidarité <a href="https://www.lacimade.org/faq/le-pacte-europeen-sur-la-migration/" class="spip_out" rel="external">la Cimade fustige également</a> un pacte qui <em>« généralise l’enfermement, le tri et le refoulement des personnes arrivant aux frontières extérieures européennes »</em>.</p><p>Contre ce pacte européenne sur l’asile et l’immigration et contre le texte sur les « centres de renvois », la Marche des solidarités et d’autres organisations <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/appel-et-signataires" class="spip_out" rel="external">prévoient une manifestation</a> vendreid 12 juin à 17 h place de la République à Paris.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/un-nouveau-pacte-europeen-sur-la-migration-denonce-comme-xenophobe</link>
      <guid>https://basta.media/un-nouveau-pacte-europeen-sur-la-migration-denonce-comme-xenophobe</guid>
      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Par où commencer ? Les tarifs de la billetterie qui excluent les classes laborieuses ; les milliers de kilomètres à parcourir d’un stade à l’autre ; les restrictions, voire les interdictions, de visas pour les voyageurs des pays du Sud ; <a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-15-18/segments/rattrapage/1849880/rhetorique-raciste-donald-trump-entrevue-avec-pierre-anctil-historien" class="spip_out" rel="external">la politique raciste</a> et <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/18/etats-unis-la-chambre-des-representants-adopte-une-proposition-de-loi-bannissant-les-transitions-medicales-pour-les-mineurs-trans_6658481_3210.html" class="spip_out" rel="external">LBGTphobe des États-Unis</a> ; la police de l’immigration (ICE) qui promet d’être <a href="https://x.com/icegov/status/2056750435868799154?s=46&amp;t=G_UUpCMZ7y_SxlpTDvhvEw" class="spip_out" rel="external"><em>« là, tous les jours »</em></a>...</p><p>Bienvenue à la Coupe du monde masculine de football 2026 (du 11 juin au 19 juillet). Un événement co-organisé en Amérique du Nord, du moins officiellement, car les États-Unis s’accaparent les trois-quarts des rencontres, laissant les miettes au Mexique et au Canada.</p><p>Le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), Gianni Infantino, avait promis <a href="https://inside.fifa.com/organisation/media-releases/world-cup-2026-ticket-demand-breaks-all-records" class="spip_out" rel="external"><em>« le plus grand spectacle et le plus inclusif de la planète »</em></a>. Mais quel crédit donner à celui qui avait décerné un « prix de la paix » à Donald Trump, lors de la cérémonie du tirage au sort du tournoi ? En réalité, il fallait entendre tout le contraire.</p><h2 class="spip" id="Au-moins-2790-dollars-le-billet-pour-la-finale">Au moins 2790 dollars le billet pour la finale</h2><p>En 1994, la première édition du Mondial organisé aux États-Unis avait constitué un record d’affluences cumulées et donc une juteuse opération pour la Fifa. Hors match d’ouverture, les tickets d’entrée pour une rencontre du premier tour coûtaient 25 ou 30 dollars et jusqu’à 65 ou 75 dollars pour les sésames les plus chers. C’était encore relativement accessible (de 50 à 150 euros constants).</p><p>Trois décennies plus tard, les tarifs ont explosé. <em>« C’est la Coupe du monde la plus lucrative et mercantile de l’histoire »</em>, résume Jean-Baptiste Guégan, enseignant en géopolitique du sport. En 2026, la grande majorité des billets ont été <a href="https://www.nytimes.com/athletic/6680752/2025/10/01/world-cup-ticket-prices-usmnt/" class="spip_out" rel="external">mis en vente à plusieurs centaines de dollars l’unité</a>. Une folie ? Pas du point de vue cynique de la Fifa, en comparaison aux tarifs de la NBA, la ligue de basket nord-américaine (à plus de 3000 dollars la place).</p><p>Pour obtenir un sésame de la finale du Mondial, le 19 juillet, près de New York, il faut débourser au moins 2 790 dollars, quand les meilleures places s’élèvent à 6 370 dollars l’unité (environ 5 475 euros).</p><p><em>« Aux États-Unis, il y a une culture du prix dynamique – il n’est pas fixe mais lié à la demande – et dans ce cadre-là, il n’y a pas de plafond »</em>, observe froidement Jean-Baptiste Guégan. Pire : à Boston, rien que la navette entre la ville et le stade coûtera 95 dollars (environ 82 euros).</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Oubliees-les-promesses-de-places-bon-marche">Oubliées, les promesses de places bon marché</h2><p>Oubliée, la promesse du dossier de candidature <a href="https://digitalhub.fifa.com/m/3c077448dcd5c0ab/original/w3yjeu7dadt5erw26wmu-pdf.pdf" class="spip_out" rel="external">de prix plancher à 21 dollars</a>. Envolées, les places bon marché pour les supporters en situation de handicap. Terminé, le quota de places moins chères destinées aux populations locales. <em>« On s’attendait à une augmentation de 15 à 20 % par rapport à la Coupe du monde au Qatar, comme c’est le cas à chaque édition depuis trois décennies, mais pas à ça. Tout le monde a été pris par surprise »</em>, témoigne Ronan Evain, directeur de Football Supporters Europe (FSE).</p><div class="spip_document_23016 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="257" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/world-cup-ticket-prices-2022-vs-2026-v0-x97hz61q7ptf1-768x924.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3957965664 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/768/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp?1780938442 1536w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 1440w, local/adapt-img/768/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 1536w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/768/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 1152w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 1080w, local/adapt-img/768/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 1152w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/768/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp?1780934439 768w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/768/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg" width="768" height="768" alt="" aria-describedby="by23016-9f8405d60eb1611f201254828ff3b356" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 720w, local/adapt-img/768/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 768w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23016-9f8405d60eb1611f201254828ff3b356">Comparaison entre les prix des billets (en dollars) de la Coupe du monde masculine de football aux Etats-Unis en 2026 et au Qatar en 2022. Une place pour assister à un match aux Etats-Unis coûte dix fois plus cher qu’en 2022 au Qatar...
Dialectik Football
</figcaption></figure></div><p>En décembre dernier, cette fédération de groupes de fans a mené une campagne pour le gel du prix des places destinées aux fidèles des équipes qualifiées. <em>« Il y avait des tickets en vente à 60 dollars, mais dans une quantité infime, quasiment inexistante »</em>, explique Ronan Evain. Le bruit sur les réseaux sociaux et la couverture médiatique de cette campagne ont poussé la Fifa à mettre en vente un peu plus de places à 60 dollars. Une mesure symbolique. Finalement, les billets à 60 dollars représentent moins de 4 % de la capacité des stades.</p><p>Six mois plus tard, <em>« de nombreux pays européens, notamment les Anglais, n’ont pas vendu l’intégralité des places qui leur étaient allouées</em>, remarque Ronan Evain. <em>Et on est très privilégié par rapport au reste du monde. »</em> Après plusieurs phases de vente sans aucune transparence, des milliers de places grand public restaient vacantes à J-15 du premier match des États-Unis face au Paraguay, <a href="https://www.nytimes.com/athletic/7317155/2026/05/29/usmnt-paraguay-world-cup-opener-tickets-fifa/" class="spip_out" rel="external">comme l’a révélé <em>The Athletic</em></a>. Le triste résultat d’<a href="https://dialectik-football.info/coupe-du-monde-2026-les-supporters-face-aux-tarifs-historiquement-eleves-des-billets/" class="spip_out" rel="external">une politique tarifaire antisociale</a>.</p><p>Combien <a href="https://www.bbc.com/sport/football/articles/cn4d41p7v2zo" class="spip_out" rel="external">des 6 à 7 millions de billets au total</a> ont réellement trouvé preneur ? La Fifa n’a pas donné suite aux demandes d’interview de <em>Basta!</em> et n’a pas non plus répondu à cette question par écrit.</p><p>À Guadalajara, l’une des trois villes hôtes mexicaines, <em>« cet événement n’a pas été rendu accessible aux gens comme nous. On l’a réservé aux élites »</em>, constate Frank, membre actif d’un groupe de supporters de l’Atlas, l’un des deux grands clubs de la ville.</p><h2 class="spip" id="Visas-les-supporters-africains-discrimines">Visas : les supporters africains discriminés</h2><p>Outre la sélection économique, cette Coupe du monde sera aussi celle du filtrage des supporters à la frontière. Jusqu’à 15 000 dollars par personne : c’est <a href="https://travel.state.gov/content/travel/en/News/visas-news/countries-subject-to-visa-bonds.html" class="spip_out" rel="external">le montant de la caution exigée par les États-Unis</a> aux détenteurs de billets originaires de plusieurs pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique centrale. Une barrière insurmontable pour beaucoup… Encore plus discriminés, les Haïtiens, les Iraniens, les Ivoiriens et les Sénégalais subissent un « visa ban » qui leur interdit de se rendre aux États-Unis, sauf à disposer d’une double nationalité.</p><p>Toutes ces barrières s’ajoutent au coût du voyage, sachant que les rencontres se déroulent à l’échelle d’un continent, de Boston à Los Angeles, en passant par Seattle et Miami, dans un pays au coût de la vie élevé. Conséquences : le secteur hôtelier des États-Unis faisait grise mine début mai. <em>« Près de 80 % des hôteliers des 11 villes hôtes indiquent que les réservations sont inférieures aux prévisions initiales, certains qualifiant même le tournoi de</em> “non-événement”<em> »</em>, <a href="https://www.forbes.com/sites/suzannerowankelleher/2026/05/05/hotels-world-cup-non-event-so-far/" class="spip_out" rel="external">informait <em>Forbes</em></a>, en citant une enquête de l’American Hotel &amp; Lodging Association.</p><p>Après la Russie – un pays où sont discriminées les personnes LGBT –, puis le Qatar – où l’homosexualité est un délit pénal qui peut conduire en prison –, le grand rendez-vous du ballon rond va avoir lieu dans un pays où <a href="https://democracymaps.medium.com/the-supreme-courts-decision-to-gut-the-vra-means-state-level-protections-are-more-important-than-2142bb9cbc5a" class="spip_out" rel="external">plus de la moitié des États n’interdisent pas la discrimination</a> fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.</p><h2 class="spip" id="L-axe-Fifa-Trump">L’axe Fifa-Trump</h2><p>Au début de l’année, quelques semaines après avoir reçu le prix de la paix de la Fifa, récompensant <em>« les énormes efforts d’individus qui unissent les gens et apportent l’espoir aux générations futures »</em> (sic), Donald Trump a lancé une guerre en Iran au mépris du droit international.</p><p>Depuis sa réélection, le locataire de la Maison Blanche mène aussi une violente politique anti-immigration. En juillet dernier, le pouvoir législatif états-unien a attribué des moyens records pour <a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/a-san-diego-la-violence-detat-brise-des-vies-et-le-pire-reste-a-venir-lxEut_EwR-GSEfIrCgigog" class="spip_out" rel="external">orchestrer la traque des personnes immigrées</a>, en particulier les latinos et les afro-descendants.</p><p><em>« Peu importe qui remporta la Coupe du monde, c’est Donald Trump qui brandira le trophée »</em>, affirme Minky Worden, directrice des initiatives mondiales de Human Rights Watch (HRW). Elle ne parle pas seulement au sens figuré : <em>« L’année dernière, il a littéralement <a href="https://www.vanityfair.fr/article/donald-trump-affirme-que-le-vrai-trophee-de-la-coupe-du-monde-des-clubs-restera-expose-dans-le-bureau-ovale" class="spip_out" rel="external">soulevé le trophée de la Coupe du monde des clubs</a> »</em> – une compétition en guise de galop d’essai avant celle de cet été.</p><p><em>« La Coupe du monde des clubs a déjà fourni un excellent exemple des mesures de sûreté et de sécurité mises en place aux États-Unis, avec près de 2,5 millions de supporters qui ont assisté aux matchs dans une ambiance conviviale, inclusive et carnavalesque »</em>, ose le service communication de la Fifa. Pourtant, le 13 juillet 2025, un demandeur d’asile a été arrêté par la police devant ses enfants, puis remis aux agents de l’ICE, avant d’être déporté dans son pays d’origine. <em>« Il se trouvait sur un parking, près du MetLife Stadium »</em> et s’apprêtait à assister en famille à la finale de la Coupe du monde des clubs, <a href="https://www.hrw.org/fr/news/2025/12/03/etats-unis-une-arrestation-lors-dun-tournoi-de-la-fifa-est-de-mauvais-augure-pour" class="spip_out" rel="external">comme l’a documenté Human Rights Watch</a>.</p><h2 class="spip" id="Vers-des-rafles-de-supporters-par-l-ICE">Vers des rafles de supporters par l’ICE ?</h2><p>Ainsi, la police de l’immigration (ICE) et la police aux frontières (CBP) traquent les gens jusque dans les maisons, les centres médicaux, les couloirs des tribunaux... et devant les stades de football. De janvier 2025 à mars 2026, <em>« l’ICE a arrêté au moins 167 000 personnes dans et aux alentours des 11 villes américaines où se dérouleront les matchs, selon les données de l’ICE »</em>, <a href="https://www.hrw.org/news/2026/04/10/world-cup-2-months-out-fifa-and-host-cities-sideline-rights" class="spip_out" rel="external">répertoriées par HRW</a>. Combien de personnes subiront le même sort en marge du Mondial 2026 ?</p><p><em>« Ça ne sera pas une Coupe du monde réussie si des types armés de fusils d’assaut demandent leur passeport à tout le monde »</em>, alerte Minky Worden. La porte-parole de l’ONG de défense des droits humains appelle à une « trêve de l’ICE » pendant la compétition.</p><p>La Fifa est-elle favorable à cette trêve ? <em>« Les questions de sécurité nationale, y compris le déploiement des forces de l’ordre, relèvent de la responsabilité des gouvernements concernés »</em>, esquive le service communication de la Fifa.</p><p>La police de l’immigration, elle, a confirmé sa présence dans une vidéo officielle publiée sur les réseaux sociaux. Le ton se veut pédagogique et sécurisant : <em>« L’ICE et le HSI</em> [une autre agence fédérale, ndlr] <em>seront sur le terrain tous les jours pour lutter contre les faux billets, la traite des êtres humains, le trafic de drogue et les contrefaçons. Ils travailleront main dans la main avec le CBP</em> [la police aux frontières, ndlr] <em>tout au long de l’événement. »</em></p><h2 class="spip" id="De-possibles-greves-et-mouvements-sociaux">De possibles grèves et mouvements sociaux</h2><p>Des millions de manifestants se sont rassemblés en juin 2025 contre Donald Trump lors du mouvement No Kings (« Pas de rois »). Des centaines de milliers sont encore descendus pour demander « justice » pour Renee Nicole Good et Alex Pretti, tous les deux abattus par des agents de l’ICE et de la CBP à Minneapolis, en janvier 2026.</p><p>Et si, jusqu’ici, la Coupe du monde n’a pas généré de mouvement de contestation massif, un syndicat californien organise la lutte sociale. Il représente 2000 employés du stade de la baie de San Francisco, où doivent se dérouler six rencontres du tournoi. Le syndicat Unite Here Local 11 <a href="https://www.reuters.com/sports/soccer/sofi-stadium-workers-set-vote-strike-ahead-world-cup--flm-2026-05-29/" class="spip_out" rel="external">prévoit ainsi un vote de grève</a> : <em>« Le syndicat a demandé à la Fifa de s’engager publiquement à ce qu’aucun agent de l’ICE ne soit autorisé à pénétrer sur les sites de la Coupe du monde pendant la durée de la compétition »</em>, a-t-il précisé.</p><p>En France, le député (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel avait appelé au boycott des États-Unis et à recentrer l’événement au Canada et au Mexique. C’était au moment où Donald Trump menaçait de s’emparer du Groenland. Un appel peu suivi. <em>« Je suis persuadé que, si Trump avait mis ses menaces à exécution, cette éventualité de boycott serait alors devenue évidente »</em>, estime aujourd’hui le député. <em>« Alors vous me direz, il a bien déclenché depuis une guerre illégale en Iran, ce qui devrait suffire – et je le pense, personnellement –, mais, malheureusement, demander le boycott des États-Unis n’a pas le même effet que de demander le boycott du Qatar ou de la Russie. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/quand-le-hooliganisme-d-extreme-droite-s-incruste-dans-les-tribunes-du-foot">Quand le hooliganisme d’extrême droite s’incruste dans les tribunes du foot breton</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/eaa1aba6950d14f6e103bc120ef7b6-ec3db.jpg?1756926703" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Dessin représentant une tribune du stade rennais avec, à côté des supporters, un groupe de hooligans néo-nazis" /></aside><p>Les membres du Conseil de la Fifa, eux, se gardent bien de critiquer leur président, Gianni Infantino, publiquement. <em>« Il y en a pourtant qui n’étaient pas à l’aise avec la politique tarifaire »</em>, remarque le président du syndicat de supporters, Ronan Evain. À l’exception de la présidence norvégienne, représentée par l’ancienne joueuse Lise Klaveness, les fédérations nationales membres de la Fifa ne remettent pas en cause le système qui les nourrit. Avec un pactole de presque 750 millions d’euros à se partager, elles seront les grandes bénéficiaires des superprofits du Mondial à la sauce Trump et Infantino.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Nous ne sommes pas dupes de ce pinkwashing » : comment les maires RN du nord instrumentalisent les luttes LGBT]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Nos organisations ne sont pas dupes de ce pinkwashing. »</em> Dans un communiqué publié fin-mai, une trentaine d’associations du Nord et du Pas-de-Calais pointent du doigt plusieurs mairies fraîchement remportées par le Rassemblement national (RN), qui <em>« tentent vainement de détourner les luttes LGBTQIA+ à leur avantage »,</em> et ce <em>« au profit de leur politique xénophobe et raciste »</em>, dénoncent-elles.</p><p>Depuis mars 2026, le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella y gère 14 villes contre deux auparavant, dont l’emblématique Hénin-Beaumont, dirigée par Steeve Briois. <em>« C’est la renaissance du Bassin minier »</em>, s’était alors réjoui l’édile <em>« outé »</em> par un livre en 2014.</p><h2 class="spip" id="Un-cine-debat-annule-sans-explications">Un ciné-débat annulé sans explications</h2><p>A l’origine de ce communiqué, le collectif antifasciste du bassin minier a été alerté, en avril dernier, d’une première décision surprenante. Dix jours avant son organisation, un ciné-débat prévu depuis plus de six mois dans le cinéma municipal est subitement annulé par la mairie de Harnes (12 000 habitants), remportée en mars par l’élu RN Anthony Garénaux-Glinkowski.</p><p>Organisé autour du film <em>Trois nuits par semaine</em> par l’association lensoise Couleur, l’événement prévoyait aussi un débat sur l’univers du drag, avec des témoignages d’artistes concerné·es. <em>« Il a été annulé sans explications, et je n’en ai toujours pas à ce jour »</em>, rapporte à Basta Mickaël Billebault, président de l’association, par ailleurs conseiller municipal à Lens dans la majorité de gauche.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le 16 avril, jour où devait initialement se tenir ce ciné-débat, Brice Lauret, le nouveau maire divers droite de Faches-Thumesnil, au sud de la métropole de Lille, fait retirer les drapeaux arc-en-ciel du fronton de l’hôtel de ville. Il annonce, dans la foulée, l’annulation de la sixième édition de la marche des fiertés, prévue le 25 avril, et dont la mairie était partenaire, en raison d’une réorganisation selon lui <em>« compliquée »</em>.</p><p>Des décisions qui <em>« illustrent, si cela était encore nécessaire, que nos fiertés sont politiques et que la droite, y compris la plus "Divers" et à l’échelle locale, en est une adversaire acharnée »</em>, dénonce alors <a href="https://www.facebook.com/CollectifLillePride/posts/896275870106884" class="spip_out" rel="external">le collectif Lille Pride</a> sur ses réseaux sociaux.</p><p>Si les organisateur·ices ont réussi à maintenir la marche, qui a rassemblé plus de 400 personnes, la multiplication de telles décisions inquiète. Pour la première fois à Harnes, l’association Couleur appelait ainsi à une mobilisation le 16 mai <em>« contre les LGBTIphobies et la politique menée par la municipalité »</em>.</p><h2 class="spip" id="Une-association-creee-par-le-RN-pour-le-RN">Une association créée par le RN pour le RN</h2><p>Face aux critiques, la mairie de Harnes annonçait en grandes pompes <em>« s’engager dans la lutte contre l’intolérance et les LGBTQIA+phobies »</em>. Fin avril, celle-ci donnait ainsi rendez-vous la semaine du 13 au 17 mai, pour une exposition et… un ciné-débat avec une association. <em>« Les mairies RN veulent bien des événements LGBT, mais qu’elles organisent, avec des structures qu’elles maîtrisent elles-mêmes »</em>, déplore Mickaël Billebault de l’association Couleur. De fait, le ciné-débat en question réunit uniquement des élus RN : le sénateur du Pas-de-Calais Christopher Szczurek, le maire de Harnes Anthony Garénaux-Glinkowski, et Bruno Clavet, député du département et tête de liste battu à Lens aux municipales de 2020 et 2026 - ces deux derniers étant ouvertement gays. Ils n’ont pas répondu à nos sollicitations.</p><p>Devant la mairie de la commune ce 17 mai : un drapeau arc-en-ciel, entouré de deux drapeaux français. Et à l’animation du débat, une mystérieuse association nommée Gays et Lesbiennes du Bassin Minier. Inconnue au bataillon, sa création a été annoncée le soir même.</p><p>Avec cette nouvelle structure, exit les B, T, Q, I et A de LGBTQIA+phobies (pour bisexuel·le, trans, queer, intersexe, asexue·le). <em>« Nous sommes heureux de vous annoncer la création de l’association Gays et Lesbiennes du Bassin Minier qui aura notamment comme mission l’accompagnement et le soutien juridique pour les jeunes expulsés de chez eux en collaboration avec les bailleurs et les municipalités »</em>, <a href="https://www.instagram.com/p/DYb_JIjiNyw/?img_index=1" class="spip_out" rel="external">annonce alors le député Bruno Clavet</a>.</p><h2 class="spip" id="Interdire-les-therapies-de-conversion-Le-RN-s-abstient">Interdire les thérapies de conversion ? Le RN s’abstient...</h2><p>Déclarée seulement quatre jours plus tôt en sous-préfecture de Lens, l’association, basée à Harnes, a notamment pour objet <em>« la défense des droits et intérêts des personnes gays et lesbiennes du Bassin minier au sens large »</em>. Selon les statuts que nous avons pu consulter, son conseil d’administration comprend quatre membres, tous RN : son président Thomas Menuge, adjoint à l’urbanisme et à la communication à Harnes ; sa vice-présidente Valérie Marcos, première adjointe à Liévin ; le trésorier Alexis Audant, actuel conseiller municipal d’opposition avec Bruno Clavet à Lens ; et le secrétaire Dorian Damiens, élu sur la liste de Steeve Briois à Hénin-Beaumont. Contactés via leurs mairies respectives, les élus n’ont pas répondu à nos demandes d’interviews.</p><p>Tandis que mi-mai, la mairie de l’ancien bastion socialiste de Liévin, conquise par le RN lors des dernières municipales, se paraît aussi du drapeau LGBT+, le collectif antifasciste du bassin minier dénonce une <em>« instrumentalisation »</em> des personnes concernées et une <em>« porte ouverte à l’homonationalisme »</em>. Autrement dit, une réappropriation des luttes LGBTQI+ à des fins racistes, à la manière du <a href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">fémonationalisme</a> qui instrumentalise les droits des femmes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">« Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/6f3d072b76c4942483dc1d72be2306-b8e1e.jpg?1778073167" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Pas à une contradiction près, le RN a, dans le même temps, décidé de s’abstenir lors du vote crucial d’une résolution appelant la Commission européenne à prononcer une interdiction des « thérapies » de conversion à l’échelle de l’Union européenne. Ces pratiques, qui n’ont rien d’une « thérapie », visent à réprimer et à inverser l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, quand elle n’est pas hétérosexuelle ou cisgenre. <em>« Non, l’extrême droite n’est pas l’amie des personnes LGBTQIA+ »</em>, concluent les associations féministes, antifascistes et LGBTQIA+ du bassin minier. Après de premières marches à Faches-Thumesnil, Boulogne-sur-Mer, ou encore Lens, elles appellent plus que jamais à se mobiliser en ce mois des fiertés.</p>]]></description>
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      <guid>https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord</guid>
      <pubDate>Mon, 08 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Le bulot, espèce emblématique de la Manche, fortement menacé par le réchauffement climatique]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Il est deux heures du matin, l’air est froid sur la plage de Gouville-sur-Mer en ce début de printemps. Environ cinq degrés dans l’air comme sans doute dans l’eau. Il n’y a pas de port dans cette petite commune du sud du département de la Manche, juste une cale pour accéder en barque aux quatre petits bateaux qui mouillent non loin. L’un de ces bulotiers mesure un peu de moins de neuf mètres, le Père Vonvon. <em>« Quand je me suis installé en 2018, mon père m’a un petit peu aidé sur le financement du projet, son surnom c’est Yvon, puis Vonvon parfois. C’est un beau clin d’œil »</em>, confie Julien Mouton, le capitaine du navire.</p><div class="spip_document_22993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="170" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1941365019 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp?1780653986 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp?1780652036 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22993-c5a2082a4551d45b1720a226e644e461" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22993-c5a2082a4551d45b1720a226e644e461">La criée de Granville a vu 1610 tonnes de bulots débarquées par les professionnels de la mer en 2025. Les quotas de pêche ont été progressivement réduits.
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>C’est en barque, dans la pénombre de la nuit, que le marin-pêcheur et son matelot Théo Laisney se collent au Père Vonvon pour y transvaser des bidons contenant environ 150 litres d’essence. Cela devrait suffire pour la nuit à venir… L’embarcation bouge avec le vent, le moteur démarre. Le froid de cette nuit-là ravit les deux travailleurs de la mer car leur cible principale avec une telle embarcation, c’est le bulot. Aussi appelé buccin, cette sorte d’escargot de mer a la particularité de très mal vivre l’augmentation de la température de l’eau de ces dernières années.</p><p>Sur ces quatre dernières décennies, l’eau de la Manche s’est réchauffée de 1,6 degré en Normandie, avec des pics de chaleur inédits en été. Le bulot <em>« est un organisme ectotherme, sa température corporelle et ses processus physiologiques sont régulés par la chaleur externe »</em>, analyse Yohan Ansel, qui réalise une thèse à l’université de Caen sur l’impact du réchauffement climatique sur la biologie du bulot de la Manche et sa pêcherie. <em>« Plus la température va augmenter et plus ses processus physiologiques vont être mis à rude épreuve. »</em> En clair, l’animal souffre de la chaleur au point d’en mourir, si bien que sa pêche a diminué de 70 % dans le Sud-Manche depuis 2018. Au-delà de la problématique économique, la question écologique se pose et c’est dans ce sens que plusieurs acteurs du monde scientifique et halieutique ont décidé de faire front commun.</p><div class="spip_document_22994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="268" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c471902392 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp?1780653990 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp?1780652037 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22994-378cb973034de9c523b56ae301667082" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22994-378cb973034de9c523b56ae301667082">Yohan Ansel, de l’université de Caen, travaille sur l’impact du réchauffement climatique sur la biologie du bulot et sa pêcherie. L’animal souffre de la chaleur au point d’en mourir. Si bien que sa pêche a diminué de 70 % dans le Sud-Manche depuis 2018
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Labo-bulot-dodo">Labo, bulot, dodo</h2><p>Au fil de la traversée vers les précieux casiers à relever pour pêcher d’éventuels bulots, Julien Mouton nous raconte avoir embarqué, la veille, une scientifique à bord du Père Vonvon, dans le cadre du projet Cclimb’Up (pour Changement climatique en Manche : les effets sur le bulot et son exploitation). Débuté en avril 2025 pour une durée de trois ans, ce projet de recherche associe le comité régional des pêches de Normandie, le laboratoire Smel (Synergie mer et littoral), l’Ifremer, l’université de Caen ainsi que des pêcheurs, pour un budget de 500 000 euros, financé par l’État français et l’Union Européenne.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Concrètement, toutes ces structures étudient les effets des variations de température et des vagues de chaleur sur la biologie de l’animal (croissance, reproduction, mortalité), sa gestion du côté de la pêche via des outils de collecte de données ou encore les impacts d’une augmentation de la taille minimale de capture, sans oublier d’être vigilants à la situation socio-économique de cette filière. En Normandie, le bulot est la deuxième espèce la plus pêchée et elle constitue l’emblème halieutique de la baie de la Granville. L’espèce a même eu son label IGP (Indication géographique protégée), aujourd’hui suspendu faute de captures suffisantes.</p><div class="spip_document_22995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="325" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1524201961 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp?1780653997 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp?1780652039 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22995-3d6a6e2ab90aca6214f2b40adabf55aa" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22995-3d6a6e2ab90aca6214f2b40adabf55aa">Laurence Hégron-Macé, ingénieure et responsable du pôle « pêches maritimes » du laboratoire Synergie mer et littoral, avec Lucile Aumont, chargée de mission au comité régional des pêches de Normandie. Elles participent à un projet réunissant chercheurs et pêcheurs pour tenter de préserver le bulot.
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Si le Père Vonvon et son équipage participent à une campagne scientifique, notamment pour mesurer les bulots capturés, à terre, c’est à Blainville-sur-Mer que le gastéropode est étudié, au sein des laboratoires du Smel. Laurence Hégron-Macé et ses collaborateurs y recréent en bassin les conditions de vie de l’animal, afin d’analyser son comportement quand il est soumis à différentes températures.</p><h2 class="spip" id="Vagues-de-chaleur-marine">Vagues de chaleur marine</h2><p><em>« On estime que sous les neuf degrés, les conditions sont bonnes pour que la femelle ponde, mais il y a de moins en moins d’années où, en hiver, ces températures le permettent »</em>, explique l’ingénieure et responsable du pôle « pêches maritimes » du Smel. <em>« Le bulot va s’enfouir quand il a trop chaud, donc surtout l’été. L’augmentation de la température de l’eau dans la Manche est claire, avec de plus en plus de vagues de chaleur marine. Il reste alors enfoui, il ne mange plus, s’amaigrit et au moment où il peut ressortir parce que les eaux sont plus propices, le bulot est peut-être trop faible, voire mourant. »</em></p><p>C’est ainsi que les pêcheurs récupèrent des bulots plus maigres dans leurs casiers, l’animal ayant à peine eu la force de s’y insérer pour décéder ensuite... La canicule de 2022 a été meurtrière pour l’espèce. La criée de Granville, qui est la première de France sur ce secteur, avait vu ses débarquements passer de 14 tonnes de coquillages comptabilisées au mois d’août contre 62 tonnes en 2021... soit quatre fois moins.</p><div class="spip_document_22996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="110" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3572031595 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp?1780653999 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp?1780653371 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22996-625cc460b04196bddcf2907ca90cdbb0" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22996-625cc460b04196bddcf2907ca90cdbb0">Tout comme les bulots, les crustacés capturés sont mesurés et ceux trop petits rejetés en mer.
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Face à de telles chutes de capture, il a été décidé à plusieurs reprises, d’un commun accord entre pêcheurs et scientifiques, de baisser les quotas par navire. <em>« Quand je me suis mis à mon compte en 2020, le quota était encore à 900 kilos pour un bateau de trois personnes et 600 kilos pour deux marins »</em>, se souvient Julien Mouton, soit 300 kilos par marin à bord. <em>« Aujourd’hui, c’est 210 kilos par homme à bord. »</em> Pendant plus de six heures, Julien et Théo vont ainsi remonter des dizaines et des dizaines de casiers. Chacun d’entre eux sera vidé dans une machine qui lave et trie les animaux, ceux sous la taille légale (45 mm) étant immédiatement rejetés en mer.</p><h2 class="spip" id="Dans-l-attente-d-un-plan-d-accompagnement-des-pecheurs">Dans l’attente d’un plan d’accompagnement des pêcheurs</h2><p>Bien que diverses mesures soient prises pour préserver son existence, n’y a-t-il pas un problème de gestion de la ressource du bulot ? <em>« Ça fait plus de 20 ans que le bulot est une espèce vraiment gérée à l’échelle du comité »</em>, défend Lucile Aumont, chargée de mission au comité régional des pêches de Normandie. <em>« Après la canicule de 2022, il y a eu gros débats au sein de la profession. Ce sont toujours les pêcheurs qui décident de leurs mesures... Une nouvelle diminution du quota a été décidée. Pendant ce temps-là, avec le Smel, on recherche les avantages et les inconvénients de chaque mesure. Qu’est-ce qui serait le plus bénéfique, le plus risqué économiquement, etc. »</em></p><div class="spip_document_22997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="93" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2698497479 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp?1780654002 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp?1780653375 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22997-631d029df8be31f4371f5728c36c65c7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22997-631d029df8be31f4371f5728c36c65c7">À bord du Père Vonvon, les casiers à bulots sont remontés et leur contenu trié.
Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>C’est dans les eaux britanniques autour de Jersey que continue de pêcher le Père Vonvon. Vers six heures du matin, aux prémices du lever du soleil, les deux hommes à bord continuent de s’affairer à relever leurs casiers, les vider et replacer des appâts – ce jour-là du rouget, des araignées et des crabes verts. Sur la soixantaine de bulotiers licenciés dans le Sud-Manche, une dizaine sont actuellement à vendre et beaucoup pensent à une reconversion, comme Julien Mouton.</p><p>Hors de question de changer de métier pour le trentenaire, mais plutôt de pêche car il souhaite aller vers la coquille Saint-Jacques, à récolter manuellement en plongée sous-marine. D’autres professionnels espèrent un plan de sortie, si l’État s’empare du sujet. En réduisant le nombre de navires ainsi que la quantité maximale à pêcher, la filière pourrait peut-être perdurer quelques années de plus.</p><div class="spip_document_22998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="192" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2874578285 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp?1780654003 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp?1780653378 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg?1780656480" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22998-ec48b08ce2c83450b9e8cb0978b5c336" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg?1780656480 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22998-ec48b08ce2c83450b9e8cb0978b5c336">Avant de toucher terre, il faut décharger le bilan de la nuit qui est de 310 kilos de bulots, 28 kilos de moussettes (araignées de mer), six kilos de homards et un gros poulpe.
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Enfin, vers 8 heures, il est temps de rentrer à terre. À bord, près 310 kilos de bulots seront conservés à l’issue de la nuit, ainsi que 28 kilos de moussettes (des araignées de mer), six kilos de homards et un gros poulpe. Le quota légal de bulots n’est donc pas atteint, mais la pêche est jugée pas trop mauvaise, notamment grâce aux crustacés, très prisés des touristes qui vont venir garnir les côtes normandes avec les premiers ponts de l’année.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/matelots-indonesiens-bretagne-main-d-oeuvre-corveable-a-merci-pecheurs">Matelots indonésiens en Bretagne, une main d’œuvre corvéable à merci</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/f32fb7d9636416dc3dc3bca5a70961-82e18.webp?1780653761" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Dessin représentants sept hommes en tablier de pêcheur travaillant sur des filets de pêche." /></aside><p>Aux alentours de 10 heures, c’est la débarque à la cale de Gouville-sur-Mer et le patron-pêcheur va entamer sa deuxième journée : gérer les ventes et l’administratif, aller chercher ses enfants à l’école après la sieste, prendre le repas du soir et, enfin, dormir. La nuit suivante sera encore en mer. <em>« Il y a quand même des signes qui nous alertent et qui sont dramatiques pour le bulot</em>, s’inquiète Julien Mouton. <em>Tous les scientifiques prédisent une désertification de l’espèce d’ici peu. Ça fait 10 ans qu’elle est annoncée et on voit clairement le recul, pourtant la technique de pêche au casier me plaît. »</em></p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 05 Jun 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Bonjour, c'est Marie, de Paloma » : des maraudes numériques pour rompre l'isolement des travailleuses du sexe]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La sobriété de la devanture tranche avec celles des restaurants prisés, qui se succèdent de part et d’autre de la rue. Au rez-de-chaussée d’un immeuble du centre de Nantes, dissimulé derrière une vitrine en verre dépoli, le petit local abrite le siège de Paloma, une association de santé communautaire destinée aux personnes proposant des services sexuels tarifés, et impliquant certaines d’entre elles.</p><p>En cette matinée caniculaire, les lieux sont déserts. Personne ne discute sur le canapé qui jouxte la porte d’entrée ; aucun cri d’enfant ne s’échappe du coin-jouet qui a été aménagé. Seul résonne le cliquetis des doigts de Naïg et Marie sur leurs claviers. Il est 9 h 30 et les deux jeunes femmes sont à pied d’œuvre. Marie, qui fait partie des quatre salarié·es coresponsables de l’association, s’apprête à répéter des heures durant la même tâche. Copier, coller, traduire, puis envoyer un message qui, dans toutes les langues, commencera ainsi : <em>« Bonjour, je suis Marie, de Paloma. »</em></p><p>Sur le modèle des maraudes de rue, qui consistent pour des travailleur·ses sociaux et associatifs à arpenter le terrain à la rencontre de personnes isolées, privées d’accès aux soins ou aux droits, Paloma assure chaque semaine des sessions d’aller-vers numérique. Le principe est le suivant : passer en revue les sites d’escorting et de petites annonces, puis contacter les personnes qui y fixent des rendez-vous pour échanger des services sexuels contre de l’argent afin de les informer de l’existence de l’association ; les renseigner sur leurs droits ; ou leur fournir des informations qui leur permettront de réduire les risques auxquelles elles sont exposées.</p><p>Ce jour-là, la suite du message envoyé par Marie se veut plus léger : une invitation à un temps de rencontre informel, un pique-nique, pour rompre l’isolement.</p><h2 class="spip" id="Loi-de-2016-et-Covid-deux-catalyseurs-du-deplacement-de-l-activite">Loi de 2016 et Covid : deux catalyseurs du déplacement de l’activité</h2><p>Rompre l’isolement. C’est une des raisons d’être de l’association, créée en 2017 avec le soutien de Médecins du monde, qui lui a transféré la responsabilité de son programme à destination des travailleuses du sexe (TDS) nantaises. Depuis, Paloma accueille de manière inconditionnelle les personnes qui se présentent dans son local – de celles qui ont plus ou moins choisi <em>« l’activité »</em>, selon le terme employé par Naïg et Marie, aux victimes de la traite. Salarié·es et bénévoles y tiennent des permanences administratives et de médiation en santé et y animent des temps collectifs, comme des ateliers couture.</p><div class="spip_document_22980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="127" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1096439385 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp?1780409675 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp?1780407842 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg" width="960" height="673" alt="" aria-describedby="by22980-f171a3bbed4df3b11eb14a7ff449406f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22980-f171a3bbed4df3b11eb14a7ff449406f">C’est dans ce local de la rue Fouré, à Nantes, que Paloma accueille les travailleuses du sexe qu’elle suit.
© Tiphaine Guéret
</figcaption></figure></div><p>Paloma sillonne aussi les rues de la ville à la rencontre de son public cible. Ces tournées nocturnes sont l’occasion de distribuer des préservatifs ; d’échanger autour des pratiques sexuelles à moindre risque, du VIH ou des infections sexuellement transmissibles ; et de faire connaître les structures connexes qui peuvent soutenir les victimes de violences.</p><p>Mais depuis quelques années, l’association a dû transposer une partie de ces missions en ligne, car le contexte a changé. <em>« Paloma a mis en place l’aller-vers numérique en 2021 »</em>, retrace Naïg, en stage au sein de la structure dans le cadre d’un master en géographie sociale. 2021, soit au lendemain de la pandémie de Covid-19, qui a vu un grand nombre de travailleuses du sexe déserter la rue au profit d’Internet, poussées par les confinements. <em>« À Nantes, de 120 personnes, elles sont passées à une quinzaine »</em>, précise Marie.</p><p>Le Covid n’a pourtant fait qu’accélérer une dynamique à l’œuvre sur le territoire national depuis plusieurs années. Question d’époque – le numérique est devenu incontournable – et de loi. En 2016, le travail de rue essuyait déjà un sérieux revers : dans une perspective d’abolition de la prostitution qui guide la politique de la France en la matière, la loi renforçant la « lutte contre le système prostitutionnel » adoptée cette année-là prévoyait de pénaliser lourdement le recours aux services sexuels tarifés. L’effet a été immédiat : échaudés, les clients se sont raréfiés. Sans pour autant disparaître. À la faveur du relatif anonymat que leur garantit Internet, c’est aujourd’hui en ligne, que beaucoup d’entre eux prennnent contact avec des travailleuses du sexe, qui, elles, se sont adaptées.</p><p>Dix ans après l’adoption de la loi de 2016, <a href="https://www.medecinsdumonde.org/actualite/10-ans-penalisation-des-clients/" class="spip_out" rel="external">Médecins du monde</a> comme <a href="https://www.amnesty.fr/reperes/8-choses-a-savoir-droits-des-travailleuses-travailleurs-sexe/" class="spip_out" rel="external">Amnesty international</a> dressent un bilan sévère : si les TDS n’ont pas cessé d’exercer, elles se sont massivement précarisées et subissent une augmentation des violences du fait d’une inversion du rapport de force liée à une demande moins forte.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Un-isolement-accru">Un isolement accru</h2><p>Sur l’écran de l’ordinateur de Marie, les profils défilent : des photos de femmes dénudées dans des positions suggestives agrémentées d’une description destinée aux clients potentiels. <em>« P.S. : Je ne suis pas ici par besoin. Je suis ici par choix. »</em> C’est ainsi que Chakira* conclut sa présentation. La trentenaire officie à Nantes ; prévient qu’elle se déplace, mais ne reçoit pas. C’est par WhatsApp que Marie la contacte. Une fois le message envoyé, la jeune femme renseigne dans un tableur Excel les coordonnées de Chakira, ainsi que la date du jour, afin de ne pas la recontacter trop souvent au cas où elle ne le souhaiterait pas.</p><p>Occupée à joindre le 115 pour une femme qu’elle suit et qui est sans solution d’hébergement, Naïg intervient : <em>« Il existe un cliché selon lequel, sur Internet, les personnes feraient beaucoup d’argent, auraient choisi ce qu’elles font et le vivraient très bien. La réalité est bien plus nuancée »</em>, tranche-t-elle avant d’ajouter : <em>« Sur Internet il y a aussi beaucoup de personnes éloignées du droit et du soin. »</em></p><p>Notamment parce que le déport de l’activité en ligne a engendré un fort isolement : <em>« Celles qui rencontrent leurs clients sur Internet n’ont souvent pas grand monde vers qui se tourner</em>, poursuit Naïg. <em>Par exemple, certaines ne savent pas que la prostitution est légale et qu’elles peuvent aller porter plainte si elles sont agressées. À l’inverse, dans la rue, les unes se retrouvent souvent à côté des autres et les informations sur les droits et les conseils pour se prémunir autant que possible de certains risques circulent mieux. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-n-est-pas-des-ideologues">« On n’est pas des idéologues »</h2><p>Un téléphone sonne, Marie décroche. Au bout du fil, Aminata*, une des femmes accompagnées par l’association. Elle a besoin de renseignements pour une démarche en rapport avec sa demande de régularisation. Marie lui propose de l’accompagner à la préfecture. Aminata accepte : elles iront ensemble le vendredi suivant.</p><p>Les personnes dont la situation au regard du titre de séjour est irrégulière ou précaire représentent la grande majorité (65 %) de celles accompagnées par Paloma. <em>« Quand tu es une personne exilée, que tu n’as pas de papiers, pas de logement, tu mobilises les ressources que tu as et, potentiellement, c’est de vendre un service sexuel »</em>, rappelle Naïg. Parce que l’isolement est souvent plus grand encore pour ces personnes, ce sont elles que Marie tente de cibler en premier lors de ses maraudes numériques. <em>« Ce n’est pas évident de savoir qui est dans cette situation : sur certains sites, tu peux renseigner ta nationalité ou la langue que tu maîtrises, mais ça reste du déclaratif. Parfois, c’est la qualité de la traduction, qui n’est qu’à moitié faite, qui te permet de deviner plus ou moins à qui tu t’adresses »</em>, explique-t-elle.</p><div class="spip_document_22979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="254" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2977702217 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp?1780409678 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp?1780407873 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22979-eb05cd23d3c6bd9dd017dd3f12013ecb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22979-eb05cd23d3c6bd9dd017dd3f12013ecb"><em>« Quand tu es une personne exilée, que tu n’as pas de papiers, pas de logement, tu mobilises les ressources que tu as et, potentiellement, c’est de vendre un service sexuel »</em>, rappelle Naïg, en stage au sein de la structure.
© Tiphaine Guéret
</figcaption></figure></div><p>Parmi les femmes contactées par Paloma, certaines reviennent alors vers l’association pour obtenir des renseignements sur le droit d’asile et le droit au séjour. L’association peut aussi apporter son soutien à celles qui souhaitent arrêter.</p><p><em>« À Paloma, on n’est pas des idéologues, on n’est ni pour ni contre le travail du sexe, on a juste une approche pragmatique</em>, défend Marie. <em>Il y a des personnes qui exercent cette activité, certaines vont continuer, d’autres arrêter, quoi qu’il en soit, il faut les aider à se prémunir des risques pour leur santé et des violences et à accéder aux mêmes droits que tous les citoyens et citoyennes, ce que ne permettent pas les lois en vigueur. »</em></p><p>Dans un <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/13/prostitution-des-clivages-persistants-dix-ans-apres-l-adoption-de-la-loi-de-2016_6679673_3224.html" class="spip_out" rel="external">débat public crispé</a>, où s’opposent partisan·es de l’abolition de la prostitution – qui considèrent le travail du sexe comme une violence en soi et les personnes dont c’est l’activité nécessairement comme des victimes –, et défenseur·ses de la décriminalisation, qui revendiquent l’application du droit commun pour encadrer cette activité, Paloma se place du côté des seconds.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Prescripteur-de-parcours-de-sortie-de-la-prostitution">« Prescripteur de parcours de sortie de la prostitution »</h2><p>Ce qui n’empêche pas l’association de se saisir de certaines dispositions légales réservées aux travailleuses du sexe, comme le parcours de sortie de la prostitution (PSP). Intégrés au « volet social » de la loi de 2016, ces dispositifs offrent aux personnes qui le souhaitent et dont la demande a été validée par le préfet, un accompagnement individuel renforcé vers l’emploi, la possibilité d’une autorisation de séjour d’une durée initiale de six mois, ainsi qu’une aide financière et un logement.</p><p>Bien que le dispositif soit défaillant à bien des égards – entre autres de par la faiblesse du soutien financier ou du peu de logements disponibles –, et que Paloma soit en désaccord avec la majeure partie de la loi qui l’a institué, à Nantes, l’association est <em>« le plus gros prescripteur de parcours de sortie de la prostitution »</em>, assure Naïg.</p><p>Main dans la main avec les travailleur·ses du Mouvement du nid, l’association abolitionniste de référence, et de l’Atedec, dédiée à l’accès à l’emploi (qui sont les seules à Nantes à détenir un agrément pour suivre ces parcours), Paloma assure l’aiguillage des personnes volontaires, la mise en lien avec un·e traducteur·ice assermenté·e pour les actes de naissance étrangers, ou encore avec des partenaires comme le Secours catholique quand des trajets vers des ambassades sont à financer. L’association continue ensuite d’accompagner dans leur suivi de santé les personnes engagées dans un PSP, notamment en les aidant à prendre leurs rendez-vous médicaux.</p><h2 class="spip" id="Maintenir-le-contact">Maintenir le contact</h2><p>Il est aux alentours de 11 heures, quand quelqu’un frappe à la porte. C’est Pearl*. La jeune femme connaît bien l’association. Elle s’exprime en anglais : l’école dans laquelle est scolarisé son enfant organise une tombola ; il faut vendre des tickets. Seulement, Pearl ne comprend bien de quoi il s’agit et vient chercher de l’aide auprès de Paloma. Naïg prend le temps de lui expliquer et de s’assurer que tout est clair pour elle.</p><p>Pendant ce temps, Marie se concentre sur sa tâche de la matinée : copier, coller, traduire, envoyer. Quand, soudain, elle s’anime : une des femmes qu’elle vient de contacter lui a répondu. Son message s’affiche sur l’écran : <em>« Lol. Bonne continuation. »</em> Marie ne se laisse pas démoraliser : au moins, le contact a été établi.</p><p><em>« Paloma commence à être identifiée auprès des personnes qui travaillent sur les sites d’escort, mais on reste largement en dessous des 10 % de réponse sur des centaines et des centaines d’envois »</em>, précise-t-elle. C’est que le déport de l’activité sur Internet a complexifié le travail des associations. Notamment du fait du <em>« recours à des intermédiaires, sollicités parce que certaines ne parlent pas la langue ou ne sont pas à l’aise avec l’outil numérique »</em>, explique Marie, rendant moins évidents les échanges en direct.</p><p>Et, même quand le lien est créé, il demeure fragile : la mobilité des travailleuses du sexe qui fixent leurs rendez-vous en ligne est forte. Beaucoup se déplacent de ville en ville, d’un Airbnb à l’autre, mettant à rude épreuve le maintien du contact avec l’association. Ce qui peut avoir un réel impact sur le suivi de santé.</p><p>Malgré ces freins, certaines reviennent vers Paloma des mois après avoir été contactées. Comme cette femme qui, en déplacement à plusieurs centaines de kilomètres de Nantes, ne savait pas vers qui se tourner après un rapport à risque ; ou celles-ci, qui avaient besoin de préservatifs et de gel lubrifiant, que Paloma leur a fait parvenir gratuitement par La Poste. D’autres encore, finissent par franchir, un jour, la porte du local.</p><div class="spip_document_22984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="163" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3042002606 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp?1780409682 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp?1780408948 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22984-75dc9cc5fa2b55821b306343d2d62dbc" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22984-75dc9cc5fa2b55821b306343d2d62dbc">Sur la vitrine du local, Marie, colle une affiche destinée aux travailleuses du sexe pour les renseigner sur des actions de médiation en santé.
© Tiphaine Guéret
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Entraves-a-la-reduction-des-risques">Entraves à la réduction des risques</h2><p>Si le Code de la santé publique garantit une <em>« <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000032398331/2016-04-15" class="spip_out" rel="external">politique de réduction des risques</a> en direction des personnes prostituées »</em>, certains aspects du cadre légal percutent néanmoins négativement le travail que mène Paloma en ligne.</p><p>C’est le cas de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006165301#:~:text=Article%20225%2D5,-Version%20en%20vigueur&amp;text=3%C2%B0%20D'embaucher%2C%20d,150%20000%20euros%20d'amende." class="spip_out" rel="external">définition, très large, du proxénétisme</a> qui, depuis 2003, inclut <em>« le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit d’aider, d’assister ou de protéger la prostitution d’autrui »</em>. Cela contraint entre autres les actions de l’association auprès des personnes qui comptent proposer des services sexuels tarifés, mais ne le font pas encore : <em>« Certaines nous contactent pour nous demander des informations que l’on n’a légalement pas le droit de leur donner. Si on leur conseillait d’éviter le site Coco, qui a récemment fait scandale en lien avec l’affaire Gisèle Pelicot, parce qu’il n’est pas</em> safe<em>, on pourrait être taxé de proxénétisme »</em>, déroule Marie. Une aberration pour les travailleuses de Paloma, qui estiment que cela n’empêchera en rien les femmes d’aller au bout de leur démarche.</p><p>Pendant ce temps, les vrais proxénètes, jusqu’ici, prospèrent. Comme le patron du site Sexemodel, sur lequel les escorts doivent payer pour être référencées, déboursant jusqu’à 380 euros par mois pour accéder à la liste noire des clients considérés dangereux, <a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/260625/dirty-payments-la-fortune-hors-norme-d-un-proxenete-du-web" class="spip_out" rel="external">détaille <em>Mediapart</em></a>.</p><h2 class="spip" id="Une-proposition-de-loi-pour-decriminaliser-le-travail-du-sexe">Une proposition de loi pour décriminaliser le travail du sexe</h2><p>Face aux failles et aux dissonances de la politique abolitionniste de la France en matière de prostitution, les propositions politiques divergent. La droite ne fait pas mystère de sa volonté de <a href="https://projetarcadie.com/onlyfans-mym-senat-sexcaming/" class="spip_out" rel="external">durcir davantage la législation</a>, comme en témoigne la récente proposition de loi « visant à prohiber l’achat de services sexuels virtuels personnalisés et à lutter contre le proxénétisme en ligne », déposée par la sénatrice Les Républicains Marie Mercier et <a href="https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/100226/onlyfans-mym-sexemodel-le-senat-legifere-face-aux-proxenetes-20" class="spip_out" rel="external">adoptée au Sénat</a>, avec le soutien du gouvernement, le 10 février dans une version modifiée. De son côté le Rassemblement national (RN) proposait, en décembre dernier, de rouvrir les maisons closes <a href="https://www.medecinsdumonde.org/actualite/proposition-de-reouverture-des-maisons-closes-une-nouvelle-offensive-contre-les-droits-fondamentaux-des-travailleurs-et-travailleuses-du-sexe/" class="spip_out" rel="external">contre l’avis des premier·es concerné·es</a>.</p><p>En réaction, certain·es socialistes, communistes et écologistes, s’étaient exprimé·es dans <a href="https://www.humanite.fr/politique/antifeminisme/ce-nest-ni-un-metier-ni-du-sexe-cest-un-systeme-de-domination-la-gauche-sinsurge-contre-la-reouverture-des-maisons-closes-proposee-par-le-rn" class="spip_out" rel="external">une tribune publiée par <em>Marianne</em></a>, estimant que la prostitution, <em>« ce n’est ni un métier ni du sexe »</em>. Mais, sur le sujet, la gauche avance en ordre dispersé : le 13 avril, une <a href="https://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl25-541.html" class="spip_out" rel="external">proposition de loi en profonde rupture</a> avec la politique abolitionniste en vigueur était déposée au Sénat par l’écologiste Anne Souyris, à l’occasion des dix ans de la loi de 2016.</p><p>Élaboré en concertation avec 70 travailleur·ses du sexe, accompagné·es par des chercheur·ses en droit et en sciences sociales, <a href="https://www.aides.org/actualite/lactu-remaides-proposition-loi-decriminaliser-travail-du-sexe" class="spip_out" rel="external">le texte s’articule</a> autour de quatre axes visant la décriminalisation totale du travail sexuel, le renforcement de la lutte contre l’exploitation des personnes concernées et les discriminations qu’elles subissent et la mise en place d’une aide significative à celles en situation irrégulière. Si les chances que cette loi soit adoptée sont minces, tant le sujet cristallise les tensions, la démarche aura permis un coup de force symbolique non négligeable : <em>« Au moins, notre parole aura été portée jusqu’au Sénat »</em>, conclut Marie.</p><p>*Prénom modifié</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 04 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[La police tue : voici les chiffres]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10537 c-content_text texte surlignable"><p>La police tue. Rien qu’au cours des 5 premiers mois de 2026, on dénombre 22 décès. 49 personnes sont mortes en 2025 suite à une intervention des forces de l’ordre. C’était 62 en 2024. Depuis 2017, le nombre de personnes tuées lors d’une intervention policière a explosé. Depuis presque 15 ans les journalistes de Basta! racontent ces histoires et recensent toutes les interventions mortelles de la police dans une base de données.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/Democratie-115">Démocratie !</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=la-police-tue-voici-les-chiffres?var_fav=article-10537" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 18:21:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Amazon déteste mon travail syndical » : comment le géant du web tente de réprimer toute action collective de ses employés]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« On n’est pas réputé pour être à la botte du patron, on est réputé pour être le caillou dans leur chaussure, alors, on ne se laissera pas faire. »</em> S’ils voulaient s’en débarrasser, c’est raté. De retour au travail, Tatiana Campagne ne compte pas se laisser intimider. Licenciée en août 2025 pour faute grave – la direction lui reprochait des messages injurieux envers une DRH envoyés sur une boucle de discussion – l’agente logisticienne et syndicaliste Sud-Solidaires a retrouvé son poste de travail et ses mandats d’élue syndicale en mars dernier.</p><p>Son licenciement, confirmé une première fois par l’inspection du travail, a finalement été invalidé par le ministère du Travail, qui a pointé le caractère <em>« privé »</em> de cette boucle de discussion, <em>« qui ne peut dès lors constituer un manquement aux obligations des employés »</em>, selon l’avis du ministère, que <em>Basta!</em> a consulté. D’autant que cette boucle, intitulée « Élus-ES/mandates 2023 », était destinée à des échanges entre syndicalistes. Des collègues auraient divulgué son contenu à la direction.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-vit-la-repression-depuis-qu-on-a-reussi-a-les-faire-fermer">« On vit la répression depuis qu’on a réussi à les faire fermer »</h2><p>Selon nos informations, confirmées par Amazon, l’entreprise conteste désormais la décision du ministère du Travail et va faire appel pour licencier définitivement Tatiana Campagne. Elle et ses collègues syndicalistes en sont sûrs, Amazon leur fait payer la mobilisation qu’ils ont organisée en 2020, pendant la pandémie de Covid-19, qui a mené à la fermeture provisoire de leur site. <em>« On vit la répression depuis qu’on a réussi à les faire fermer</em>, assure Jérôme Guillain, secrétaire Sud-Solidaires à Lauwin-Planque, commune qui abrite une vaste plateforme Amazon en périphérie de Douai (Nord). Lui-même est menacé de licenciement depuis le 26 mars dernier.</p><p>En 2020, en plein Covid, des syndicalistes de Solidaires, de la CGT, de FO et de la CFDT se mobilisent pour qu’Amazon mette en place <a href="https://basta.media/teletravail-droit-de-retrait-coronavirus-confinement-chomage-partiel-garde-enfant" class="spip_in">des mesures sanitaires pour ses salariés</a>. Finalement, la justice met en demeure l’entreprise et lui intime de réduire son activité. Plutôt que de s’avouer vaincue et d’ajuster sa production, Amazon décide de fermer temporairement l’ensemble de ses sites de tri et de distribution. À Lauwin-Planque, l’équipe de Solidaires, dont fait partie Tatiana Campagne, s’est largement mobilisée dans cette bataille.</p><p><em>« La vengeance, c’est un plat qui se mange froid. Ils ont tapé sur notre équipe au fur et à mesure. Ça a été Tatiana, maintenant c’est moi »</em>, assure Jérôme Guillain. En février 2026, il organise, avec Sud-Solidaires, un rassemblement pour soutenir Tatiana Campagne devant le siège social d’Amazon à Clichy. Vingt jours plus tard, il est à son tour convoqué à un entretien préalable au licenciement. Là encore, la direction lui reproche des propos insultants à l’encontre, cette fois, de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, <em>« lancés sur le ton de l’humour</em>, dit le syndicaliste. <em>Mais c’est surtout par rapport à mon travail syndical et au fait que Tatiana ait été réintégrée »</em>, assure-t-il.</p><h2 class="spip" id="Un-syndicaliste-puni-pour-avoir-fait-son-travail-de-syndicaliste">Un syndicaliste puni... pour avoir fait son travail de syndicaliste</h2><p>Lors du rassemblement de février 2026, des syndicalistes de plusieurs sites français étaient présents pour soutenir Tatiana Campagne et dénoncer les sanctions prises à répétition contre les syndicalistes. La répression ne concerne pas seulement les militants de Solidaires. En mars 2025, la CGT organise un tractage devant le siège social d’Amazon pour s’opposer à la fin du télétravail. Pour la première fois, des cadres de l’entreprise se retrouvent avec un tract syndical entre les mains.</p><p>Guillaume Robin, représentant syndical CGT (de l’Ugict, cadres et techniciens) sur le site de Sevrey (Saône-et-Loire) participe à ce tractage. Depuis le début de l’année, il tente d’alerter ses collègues sur la fin du télétravail, imposée aux salariés de bureau début 2025. Trois mois après cette action, en juin 2025, il est convoqué à <em>« un entretien préalable à une éventuelle sanction disciplinaire »</em>, puis mis à pied pendant trois jours.</p><div class="spip_document_22904 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="146" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/amazon_affiche_antisyndicale2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4117716956 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780463371 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780463399 1440w, local/adapt-img/939/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780464265 1878w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1440w, local/adapt-img/939/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1878w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780465264 1080w, local/adapt-img/939/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780465572 1409w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1080w, local/adapt-img/939/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1409w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780472252 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 720w, local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1779268415 939w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png?1780462970" width="939" height="939" alt="" aria-describedby="by22904-06a904d6b996b3a972250d28cc93038f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png?1780463319 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png?1780468985 720w, local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png?1780462970 939w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22904-06a904d6b996b3a972250d28cc93038f">Affiche antisyndicale placardée dans l’entrepôt de Lachine en 2023 au Québec, alors que des employés tentent de monter une section syndicale.
DR
</figcaption></figure></div><p>On lui reproche d’avoir <em>« détourné des réunions professionnelles et outils de communication à des fins de promotion syndicale »</em>, selon le courrier de notification de sanction que <em>Basta!</em> a consulté. Ces faits sont parvenus aux oreilles de la direction par le biais de dénonciations d’employées, présentes lors de cette réunion. <em>« Je fais mon travail syndical pour sensibiliser les collègues sur leurs droits et collecter leurs revendications au sein de l’entreprise, ce qu’Amazon déteste en général, et redoute par-dessus tout parmi les cadres »</em>, déclare le syndicaliste.</p><p>Rare syndiqué parmi les cadres d’Amazon, il fait état d’une <em>« culture d’entreprise antisyndicale »</em> où l’engagement est vu comme une trahison. Ceux qui se syndiquent <em>« le font en cachette »</em>. Depuis sa sanction, il est parvenu à créer plusieurs sections syndicales chez les cadres, dont une au siège social de Clichy. Guillaume Robin a porté cette affaire devant les prud’hommes pour contester la sanction et réclame des dommages et intérêts pour discrimination antisyndicale.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-On-est-regulierement-cible">« On est régulièrement ciblé »</h2><p>Au centre de distribution de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, l’équipe syndicale de Sud-Solidaires <a href="https://www.streetpress.com/1764351422-colere-noire-salaries-greve-amazon-bretigny-black-friday-cadence-accidents-surveillance/" class="spip_out" rel="external">connaît bien ces méthodes</a>. <em>« On est régulièrement ciblé »</em>, assure Joseph Mukoko, délégué syndical et membre du comité social et économique (CSE). En janvier 2026, il se rend avec une dizaine de collègues au Parlement européen. Ils ont été invités à assister à l’audition des patrons d’Amazon devant la commission des Affaires sociales. Les dirigeants sont notamment questionnés sur les pratiques antisyndicales de l’entreprise en Europe, où de nombreux cas ont été exposés : une cellule qui infiltre les syndicats en Italie, une syndicaliste licenciée pour avoir enquêté sur la mort d’un ouvrier en Pologne, un délégué syndical renvoyé après son congé paternité en Slovaquie.</p><p>Lors de cette audition, ces accusations sont battues en brèche, sinon ignorées, par les patrons d’Amazon. En quittant Strasbourg, les syndicalistes de Solidaires se doutent bien que leur retour à Brétigny ne passera pas inaperçu. <em>« Dans les semaines qui ont suivi ce déplacement, on a toutes et tous reçu des avertissements, des mises à pied, pour des motifs farfelus. Le timing est précis »</em>, raconte Joseph Mukoko. <em>« Quand on commence à trop gueuler et qu’on fait partie d’un syndicat de lutte, on est vite catalogué. Moi, j’ai ressenti ça dans mes rapports avec les managers ou même mes conditions de travail »</em>, témoigne un autre travailleur syndiqué sous couvert d’anonymat. Selon Joseph Mukoko, tout est bon pour entraver l’action syndicale : <em>« Il y a des choses insidieuses, on peut te changer de poste du jour au lendemain, te placer dans un poste plus difficile par exemple. L’effet, c’est aussi de t’isoler des autres. »</em></p><p>Amazon, qui n’a pas souhaité commenter ces différents cas, assure que <em>« toute procédure disciplinaire est menée de manière indépendante de toute activité syndicale »</em> et qu’<em>« il n’existe aucun lien entre une quelconque sanction disciplinaire et la participation à une activité syndicale ou à un événement extérieur »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/plans-de-retour-performance-PRPA-PIP-broient-salaries-numerique-Capgemini-Leboncoin-Amazon">« Ça m’a dégoûté de mon métier » : chez Capgemini, Leboncoin ou Amazon, ces plans de performance qui broient les salariés</a></aside><h2 class="spip" id="Maintenir-un-modele-nefaste-cout-que-coute">Maintenir un modèle néfaste coût que coûte</h2><p>Les témoignages recueillis par <em>Basta!</em> décrivent pourtant un système bien rodé, qui ne s’attaque pas toujours frontalement aux activités syndicales, mais aussi aux comportements individuels. Les syndicalistes interrogés énumèrent une longue liste de situations pouvant mener à des sanctions : une voiture mal garée, un transpalette mal utilisé, un mot de travers ou un ton un peu trop véhément. Jean François Bérot, représentant Sud-Solidaires au dépôt de Saran, près d’Orléans, dit s’occuper quotidiennement de ces <em>« sanctions à la con »</em>, qui peuvent toucher <em>« tous les employés, mais pour peu qu’ils soient syndiqués et dans le collimateur, le licenciement arrive plus vite »</em>.</p><p>Cette focalisation sur les syndicalistes, le sociologue du travail Francesco Sabato Massimo l’explique par la défense absolue du modèle économique et organisationnel d’Amazon. L’entreprise a enregistré des bénéfices de 65,75 milliards d’euros en 2025 avec plus d’1,5 million d’employés dans le monde, principalement dans ses entrepôts, dont plus de 25 000 en France. Cette prospérité est en grande partie due à son organisation du travail millimétrée et encadrée par des algorithmes.</p><div class="spip_document_22903 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="281" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/amazon_affiche_antisyndicale.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c291801750 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1780463371 960w, local/adapt-img/708/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1780463423 1416w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 960w, local/adapt-img/708/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 1416w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp 720w, local/adapt-img/708/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1780465704 1062w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 720w, local/adapt-img/708/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 1062w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1780472438 480w, local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1779268418 708w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png?1780462970" width="708" height="708" alt="" aria-describedby="by22903-1733b102e5a51da4069520e00c1ecb85" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png?1780463906 480w, local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png?1780462970 708w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22903-1733b102e5a51da4069520e00c1ecb85"><em>« Vous n’avez pas à fournir vos renseignements personnels »</em> (à un syndicat), proclame une affiche de la direction d’Amazon dans un entrepôt de la firme au Québec. Un comble pour le leader mondial de la vente en ligne qui collecte les données en ligne de ses clients.
DR
</figcaption></figure></div><p>Les recherches du sociologue tendent à montrer comment l’entreprise déploie d’un côté des outils coercitifs pour pousser à la productivité (pression, notation individuelle, promesse de CDI), tout en ciblant les syndicats qui réclament de meilleurs salaires et dénoncent les cadences infernales et les accidents du travail qu’elles provoquent. <em>« Amazon mobilise la force de travail de ses salariés, tout en démobilisant leur potentiel d’action collective</em>, résume le chercheur. <em>Le danger, pour la direction, c’est d’avoir des syndicats qui interviennent sur la question des salaires et sur la manière dont le travail est organisé »</em>, précise-t-il.</p><p><em>« Amazon vire ses salariés pour inaptitude pour ne pas avoir à créer des postes adaptés, elle veut une main-d’œuvre pas abîmée, utilisable à 100 % de ses capacités physiques. Les syndicalistes qui défendent la santé et la sécurité au travail, c’est ça qui gêne le modèle d’Amazon »</em>, abonde <a href="https://basta.media/anthony-smith-en-prison-relation-de-travail-capitalistique-en-pire-entretien" class="spip_in">Anthony Smith</a>, inspecteur du travail et désormais eurodéputé La France insoumise.</p><h2 class="spip" id="Amazon-fuit-le-Quebec-par-crainte-d-une-convention-collective">Amazon fuit le Québec par crainte d’une convention collective</h2><p>Lorsqu’Amazon n’a plus les moyens d’empêcher ses salariés de s’organiser, la multinationale peut aller au-delà de l’entrave syndicale. Le 22 janvier 2025, la firme annonce purement et simplement la fermeture de l’ensemble de ses sept sites d’entreposage, de tri et de distribution au Québec. Publiquement, la multinationale avance des raisons économiques pour justifier ce départ précipité. En coulisse, Amazon tente de se dépatouiller d‘une situation qu’elle n’avait pas vue venir : la formation de sections syndicales sur ses sites.</p><p>Lorsque la Confédération syndicale nationale (CSN), principal syndicat de lutte au Québec, initie une campagne de syndicalisation dans un centre de distribution à l’est de Montréal en 2023, Amazon y déploie des affiches antisyndicales paternalistes jusque dans les toilettes : <em>« Protégez votre signature. Les syndicats ne peuvent pas garantir les changements en milieu de travail »</em> ou encore : <em>« Les syndicats vous facturent des cotisations »</em>. Après cette campagne, la CSN échoue de peu à constituer un syndicat majoritaire, mais elle fera condamner l’entreprise en 2024 pour entrave antisyndicale.</p><div class="spip_document_22905 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="115" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><picture class="adapt-img-wrapper c900736230 png loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1780463371 960w, local/adapt-img/641/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1780463424 1282w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 960w, local/adapt-img/641/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 1282w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp 720w, local/adapt-img/641/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1780465735 962w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 720w, local/adapt-img/641/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 962w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1780472511 480w, local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1779268418 641w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png?1780462971" width="641" height="641" alt="" aria-describedby="by22905-66f466dd9a672343b660a28c1985dd7c" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png?1780467017 480w, local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png?1780462971 641w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22905-66f466dd9a672343b660a28c1985dd7c">Des employés québécois d’Amazon dans la cantine de leur entrepôt, entourés d’affiches antisyndicales, en 2023.
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</figcaption></figure></div><p>Cette même année, le syndicat revient à la charge et organise secrètement la constitution d’une section syndicale dans un autre centre, celui de Laval, au nord de Montréal. La campagne est un succès et le premier syndicat d’Amazon est créé au Canada en mai 2024. L’objectif est de pousser le géant de la vente en ligne à signer une convention collective afin d’encadrer les conditions de travail, les salaires ou les règles d’ancienneté et donner davantage de protection aux salariés en cas de licenciement.</p><p>En Amérique du Nord, jamais Amazon n’a signé un tel accord avec ses employés. Félix Trudeau, un travailleur du site de Laval qui a œuvré à sa syndicalisation, se souvient avoir vu débarquer des cadres de l’entreprise quelques jours après la constitution du syndicat : <em>« Concrètement, c’étaient des agents provocateurs de la direction, des casseurs de grèves. Ils se promenaient et allaient parler aux employés, leur demander comment ça allait, s’ils avaient des problèmes, [leur dire] qu’ils n’étaient pas obligés de se syndiquer. »</em> Quelques mois plus tard, Amazon décide d’augmenter les salaires de tous ses employés au Québec… sauf ceux du site de Laval.</p><p>Fin 2024, les négociations avec la direction sont au point mort et la CSN n’a plus qu’une option. Au Québec, en l’absence d’accord entre un syndicat et une entreprise, l’État nomme un juge qui peut alors ordonner la signature d’une convention collective qui, <em>a minima</em>, correspond aux standards du droit du travail québécois. Le 22 janvier 2025, Félix Trudeau allait se mettre en route pour le tribunal administratif du travail pour une ultime négociation qui aurait dû aboutir à la nomination d’un juge. Ce matin-là, il reçoit un SMS de l’avocat de la CSN : <em>« L’audience est annulée, Amazon quitte le Québec. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/garde-a-vue-proces-et-100-000-euros-demandes-pour-un-mail-syndical-Solutec-informatique">Garde à vue, procès, et 100 000 euros demandés pour un mail syndical : le calvaire d’un ingénieur informatique</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Violation-systemique-et-reflechie-du-droit-du-travail">« Violation systémique et réfléchie du droit du travail »</h2><p>Plutôt que de signer une convention collective, Amazon a préféré partir en abandonnant la gestion de ses sites. En un mois, 4500 personnes perdent leur emploi. Fait rarissime pour l’entreprise, le tri et l’expédition des colis sont désormais sous-traités au Québec. <em>« Notre convention collective aurait pu servir d’inspiration pour les travailleurs et travailleuses d’Amazon aux États-Unis. C’est l’un des aspects qu’Amazon n’a pas tolérés »</em>, soulève Félix Trudeau, qui rappelle que le seul entrepôt syndiqué des États-Unis, celui de Staten Island, <a href="https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2022/04/22/chris-smalls-l-homme-qui-a-implante-le-premier-syndicat-chez-amazon_6123179_4500055.html" class="spip_out" rel="external">où se bat notamment Chris Smalls et son syndicat</a>, le Amazon Labor Union, n’a toujours pas obtenu la précieuse convention.</p><p>L’entreprise, qui a annoncé début mai 15 milliards d’investissements en France avec la promesse de créer 7000 emplois semble bien disposée à continuer de s’étendre et, avec elle, son modèle antisyndical. <em>« Derrière ces emplois, vous avez trois fois plus de sous-traitants qui vont travailler pour Amazon et qui vont adopter ce modèle. C’est un acteur de l’emploi qui donne l’exemple de la pire façon qui existe, par le biais d’une violation systémique et réfléchie du droit du travail »</em>, dénonce Anthony Smith.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[L'obsession d'Amazon pour entraver l'action syndicale et l'émergence de conventions collectives]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« On n’est pas réputé pour être à la botte du patron, on est réputé pour être l’épine dans leur chaussure, alors, on ne se laissera pas faire. »</em> S’ils voulaient s’en débarrasser, c’est raté. De retour au travail, Tatiana Campagne ne compte pas se laisser intimider. Licenciée en août 2025 pour faute grave – la direction lui reprochait des messages injurieux envers une DRH envoyés sur une boucle de discussion – l’agent logisticienne et syndicaliste Sud-Solidaires a retrouvé son poste de travail et ses mandats d’élue syndicale en mars dernier.</p><p>Son licenciement, confirmé une première fois par l’inspection du travail, a finalement été invalidé par le ministère du Travail, qui a pointé le caractère <em>« privé »</em> de cette boucle de discussion, <em>« qui ne peut dès lors constituer un manquement aux obligations des employés »</em>, selon l’avis du ministère, que <em>Basta!</em> a consulté. D’autant que cette boucle, intitulée « Elus-ES/mandates 2023 », était destinée à des échanges entre syndicalistes. Des collègues auraient divulgué son contenu à la direction.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-vit-la-repression-depuis-qu-on-a-reussi-a-les-faire-fermer">« On vit la répression depuis qu’on a réussi à les faire fermer »</h2><p>Selon nos informations, confirmées par Amazon, l’entreprise conteste désormais la décision du ministère du Travail et va faire appel pour licencier définitivement Tatiana Campagne. Elle et ses collègues syndicalistes en sont sûrs, Amazon leur fait payer la mobilisation qu’ils ont organisée en 2020, pendant la pandémie de Covid-19, qui a mené à la fermeture provisoire de leur site. <em>« On vit la répression depuis qu’on a réussi à les faire fermer</em>, assure Jérôme Guillain, secrétaire Sud-Solidaires à Lauwin-Planque, commune qui abrite une vaste plateforme Amazon en périphérie de Douai (Nord). Lui-même est menacé de licenciement depuis le 26 mars dernier.</p><p>En 2020, en plein Covid, des syndicalistes de Solidaires, de la CGT, de FO et de la CFDT se mobilisent pour qu’Amazon mette en place <a href="https://basta.media/teletravail-droit-de-retrait-coronavirus-confinement-chomage-partiel-garde-enfant" class="spip_in">des mesures sanitaires pour ses salariés</a>. Finalement, la justice met en demeure l’entreprise et lui intime de réduire son activité. Plutôt que de s’avouer vaincue et d’ajuster sa production, Amazon décide de fermer temporairement l’ensemble de ses sites de tri et de distribution. À Lauwin-Planque, l’équipe de Solidaires, dont fait partie Tatiana Campagne, s’est largement mobilisée dans cette bataille.</p><p><em>« La vengeance, c’est un plat qui se mange froid. Ils ont tapé sur notre équipe au fur et à mesure. Ça a été Tatiana, maintenant c’est moi »</em>, assure Jérôme Guillain. En février 2026, il organise, avec Sud-Solidaires, un rassemblement pour soutenir Tatiana Campagne devant le siège social d’Amazon à Clichy. Vingt jours plus tard, il est à son tour convoqué à un entretien préalable au licenciement. Là encore, la direction lui reproche des propos insultants à l’encontre, cette fois, de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, <em>« lancés sur le ton de l’humour</em>, dit le syndicaliste. <em>Mais c’est surtout par rapport à mon travail syndical et au fait que Tatiana ait été réintégrée »</em>, assure-t-il.</p><h2 class="spip" id="Un-syndicaliste-puni-pour-avoir-fait-son-travail-de-syndicaliste">Un syndicaliste puni... pour avoir fait son travail de syndicaliste</h2><p>Lors du rassemblement de février 2026, des syndicalistes de plusieurs sites français étaient présents pour soutenir Tatiana Campagne et dénoncer les sanctions prises à répétition contre les syndicalistes. La répression ne concerne pas seulement les militants de Solidaires. En mars 2025, la CGT organise un tractage devant le siège social d’Amazon pour s’opposer à la fin du télétravail. Pour la première fois, des cadres de l’entreprise se retrouvent avec un tract syndical entre les mains.</p><p>Guillaume Robin, représentant syndical CGT (de l’Ugict, cadres et techniciens) sur le site de Sevrey (Saône-et-Loire) participe à ce tractage. Depuis le début de l’année, il tente d’alerter ses collègues sur la fin du télétravail, imposée aux salariés de bureau début 2025. Trois mois après cette action, en juin 2025, il est convoqué à <em>« un entretien préalable à une éventuelle sanction disciplinaire »</em>, puis mis à pied pendant trois jours.</p><div class="spip_document_22904 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="146" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/amazon_affiche_antisyndicale2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4117716956 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 1440w, local/adapt-img/939/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 1878w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1440w, local/adapt-img/939/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1878w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 1080w, local/adapt-img/939/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 1409w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1080w, local/adapt-img/939/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1409w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 720w, local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1779268415 939w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png" width="939" height="939" alt="" aria-describedby="by22904-4d035ced9883fdc941b65945e4789d10" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 720w, local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 939w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22904-4d035ced9883fdc941b65945e4789d10">Affiche antisyndicale placardée dans l’entrepôt de Lachine en 2023 au Québec, alors que des employés tentent de monter une section syndicale.
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</figcaption></figure></div><p>On lui reproche d’avoir <em>« détourné des réunions professionnelles et outils de communication à des fins de promotion syndicale »</em>, selon le courrier de notification de sanction que <em>Basta!</em> a consulté. Ces faits sont parvenus aux oreilles de la direction par le biais de dénonciations d’employées, présentes lors de cette réunion. <em>« Je fais mon travail syndical pour sensibiliser les collègues sur leurs droits et collecter leurs revendications au sein de l’entreprise, ce qu’Amazon déteste en général, et redoute par-dessus tout parmi les cadres »</em>, déclare le syndicaliste.</p><p>Rare syndiqué parmi les cadres d’Amazon, il fait état d’une <em>« culture d’entreprise antisyndicale »</em> où l’engagement est vu comme une trahison. Ceux qui se syndiquent <em>« le font en cachette »</em>. Depuis sa sanction, il est parvenu à créer plusieurs sections syndicales chez les cadres, dont une au siège social de Clichy. Guillaume Robin a porté cette affaire devant les prud’hommes pour contester la sanction et réclame des dommages et intérêts pour discrimination antisyndicale.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-On-est-regulierement-cible">« On est régulièrement ciblé »</h2><p>Au centre de distribution de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, l’équipe syndicale de Sud-Solidaires <a href="https://www.streetpress.com/1764351422-colere-noire-salaries-greve-amazon-bretigny-black-friday-cadence-accidents-surveillance/" class="spip_out" rel="external">connaît bien ces méthodes</a>. <em>« On est régulièrement ciblé »</em>, assure Joseph Mukoko, délégué syndical et membre du comité social et économique (CSE). En janvier 2026, il se rend avec une dizaine de collègues au Parlement européen. Ils ont été invités à assister à l’audition des patrons d’Amazon devant la commission des Affaires sociales. Les dirigeants sont notamment questionnés sur les pratiques antisyndicales de l’entreprise en Europe, où de nombreux cas ont été exposés : une cellule qui infiltre les syndicats en Italie, une syndicaliste licenciée pour avoir enquêté sur la mort d’un ouvrier en Pologne, un délégué syndical renvoyé après son congé paternité en Slovaquie.</p><p>Lors de cette audition, ces accusations sont battues en brèche, sinon ignorées, par les patrons d’Amazon. En quittant Strasbourg, les syndicalistes de Solidaires se doutent bien que leur retour à Brétigny ne passera pas inaperçu. <em>« Dans les semaines qui ont suivi ce déplacement, on a toutes et tous reçu des avertissements, des mises à pied, pour des motifs farfelus. Le timing est précis »</em>, raconte Joseph Mukoko. <em>« Quand on commence à trop gueuler et qu’on fait partie d’un syndicat de lutte, on est vite catalogué. Moi, j’ai ressenti ça dans mes rapports avec les managers ou même mes conditions de travail »</em>, témoigne un autre travailleur syndiqué sous couvert d’anonymat. Selon Joseph Mukoko, tout est bon pour entraver l’action syndicale : <em>« Il y a des choses insidieuses, on peut te changer de poste du jour au lendemain, te placer dans un poste plus difficile par exemple. L’effet c’est aussi de t’isoler des autres. »</em></p><p>Amazon, qui n’a pas souhaité commenter ces différents cas, assure que <em>« toute procédure disciplinaire est menée de manière indépendante de toute activité syndicale »</em> et qu’<em>« il n’existe aucun lien entre une quelconque sanction disciplinaire et la participation à une activité syndicale ou à un événement extérieur »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/plans-de-retour-performance-PRPA-PIP-broient-salaries-numerique-Capgemini-Leboncoin-Amazon">« Ça m’a dégoûté de mon métier » : chez Capgemini, Leboncoin ou Amazon, ces plans de performance qui broient les salariés</a></aside><h2 class="spip" id="Maintenir-un-modele-nefaste-cout-que-coute">Maintenir un modèle néfaste coût que coûte</h2><p>Les témoignages recueillis par <em>Basta!</em> décrivent pourtant un système bien rodé, qui ne s’attaque pas toujours frontalement aux activités syndicales, mais aussi aux comportements individuels. Les syndicalistes interrogés énumèrent une longue liste de situations pouvant mener à des sanctions : une voiture mal garée, un transpalette mal utilisé, un mot de travers ou un ton un peu trop véhément. Jean François Bérot, représentant Sud-Solidaires au dépôt de Saran, près d’Orléans, dit s’occuper quotidiennement de ces <em>« sanctions à la con »</em>, qui peuvent toucher <em>« tous les employés, mais pour peu qu’ils soient syndiqués et dans le collimateur, le licenciement arrive plus vite »</em>.</p><p>Cette focalisation sur les syndicalistes, le sociologue du travail Francesco Sabato Massimo l’explique par la défense absolue du modèle économique et organisationnel d’Amazon. L’entreprise a enregistré des bénéfices de 65,75 milliards d’euros en 2025 avec plus d’1,5 million d’employés dans le monde, principalement dans ses entrepôts, dont plus de 25 000 en France. Cette prospérité est en grande partie due à son organisation du travail millimétrée et encadrée par des algorithmes.</p><div class="spip_document_22903 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="281" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/amazon_affiche_antisyndicale.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c291801750 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp 960w, local/adapt-img/708/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp 1416w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 960w, local/adapt-img/708/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 1416w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp 720w, local/adapt-img/708/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp 1062w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 720w, local/adapt-img/708/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 1062w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp 480w, local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1779268418 708w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png" width="708" height="708" alt="" aria-describedby="by22903-8135e8d9afb5615412f4490f20ef9fe1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 480w, local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 708w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22903-8135e8d9afb5615412f4490f20ef9fe1"><em>« Vous n’avez pas à fournir vos renseignements personnels »</em> (à un syndicat), proclame une affiche de la direction d’Amazon dans un entrepôt de la firme au Québec. Un comble pour le leader mondial de la vente en ligne qui collecte les données en ligne de ses clients.
DR
</figcaption></figure></div><p>Les recherches du sociologue tendent à montrer comment l’entreprise déploie d’un côté des outils coercitifs pour pousser à la productivité (pression, notation individuelle, promesse de CDI), tout en ciblant les syndicats qui réclament de meilleurs salaires et dénoncent les cadences infernales et les accidents du travail qu’elles provoquent. <em>« Amazon mobilise la force de travail de ses salariés, tout en démobilisant leur potentiel d’action collective</em>, résume le chercheur. <em>Le danger, pour la direction, c’est d’avoir des syndicats qui interviennent sur la question des salaires et sur la manière dont le travail est organisé »</em>, précise-t-il.</p><p><em>« Amazon vire ses salariés pour inaptitude pour ne pas avoir à créer des postes adaptés, elle veut une main-d’œuvre pas abîmée, utilisable à 100 % de ses capacités physiques. Les syndicalistes qui défendent la santé et la sécurité au travail, c’est ça qui gêne le modèle d’Amazon »</em>, abonde <a href="https://basta.media/anthony-smith-en-prison-relation-de-travail-capitalistique-en-pire-entretien" class="spip_in">Anthony Smith</a>, inspecteur du travail et désormais eurodéputé La France insoumise.</p><h2 class="spip" id="Amazon-fuit-le-Quebec-par-crainte-d-une-convention-collective">Amazon fuit le Québec par crainte d’une convention collective</h2><p>Lorsqu’Amazon n’a plus les moyens d’empêcher ses salariés de s’organiser, la multinationale peut aller au-delà de l’entrave syndicale. Le 22 janvier 2025, la firme annonce purement et simplement la fermeture de l’ensemble de ses sept sites d’entreposage, de tri et de distribution au Québec. Publiquement, la multinationale avance des raisons économiques pour justifier ce départ précipité. En coulisse, Amazon tente de se dépatouiller d‘une situation qu’elle n’avait pas vue venir : la formation de sections syndicales sur ses sites.</p><p>Lorsque la Confédération syndicale nationale (CSN), principal syndicat de lutte au Québec, initie une campagne de syndicalisation dans un centre de distribution à l’est de Montréal en 2023, Amazon y déploie des affiches antisyndicales paternalistes jusque dans les toilettes : <em>« Protégez votre signature. Les syndicats ne peuvent pas garantir les changements en milieu de travail »</em> ou encore : <em>« Les syndicats vous facturent des cotisations »</em>. Après cette campagne, la CSN échoue de peu à constituer un syndicat majoritaire, mais elle fera condamner l’entreprise en 2024 pour entrave antisyndicale.</p><div class="spip_document_22905 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="115" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><picture class="adapt-img-wrapper c900736230 png loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp 960w, local/adapt-img/641/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp 1282w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 960w, local/adapt-img/641/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 1282w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp 720w, local/adapt-img/641/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp 962w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 720w, local/adapt-img/641/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 962w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp 480w, local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1779268418 641w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png" width="641" height="641" alt="" aria-describedby="by22905-92cd115508569b99651972fd22b44c90" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 480w, local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 641w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22905-92cd115508569b99651972fd22b44c90">Des employés québécois d’Amazon dans la cantine de leur entrepôt, entourés d’affiches antisyndicales, en 2023.
DR
</figcaption></figure></div><p>Cette même année, le syndicat revient à la charge et organise secrètement la constitution d’une section syndicale dans un autre centre, celui de Laval, au nord de Montréal. La campagne est un succès et le premier syndicat d’Amazon est créé au Canada en mai 2024. L’objectif est de pousser le géant de la vente en ligne à signer une convention collective afin d’encadrer les conditions de travail, les salaires ou les règles d’ancienneté et donner davantage de protection aux salariés en cas de licenciement.</p><p>En Amérique du Nord, jamais Amazon n’a signé un tel accord avec ses employés. Félix Trudeau, un travailleur du site de Laval qui a œuvré à sa syndicalisation, se souvient avoir vu débarquer des cadres de l’entreprise quelques jours après la constitution du syndicat : <em>« Concrètement, c’étaient des agents provocateurs de la direction, des casseurs de grèves. Ils se promenaient et allaient parler aux employés, leur demander comment ça allait, s’ils avaient des problèmes, [leur dire] qu’ils n’étaient pas obligés de se syndiquer. »</em> Quelques mois plus tard, Amazon décide d’augmenter les salaires de tous ses employés au Québec…sauf ceux du site de Laval.</p><p>Fin 2024, les négociations avec la direction sont au point mort et la CSN n’a plus qu’une option. Au Québec, en l’absence d’accord entre un syndicat et une entreprise, l’État nomme un juge qui peut alors ordonner la signature d’une convention collective qui, <em>a minima</em>, correspond aux standards du droit du travail québécois. Le 22 janvier 2025, Félix Trudeau allait se mettre en route vers le tribunal administratif du travail pour une ultime négociation qui aurait dû aboutir à la nomination d’un juge. Ce matin-là, il reçoit un SMS de l’avocat de la CSN : <em>« L’audience est annulée, Amazon quitte le Québec. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/garde-a-vue-proces-et-100-000-euros-demandes-pour-un-mail-syndical-Solutec-informatique">Garde à vue, procès, et 100 000 euros demandés pour un mail syndical : le calvaire d’un ingénieur informatique</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Violation-systemique-et-reflechie-du-droit-du-travail">« Violation systémique et réfléchie du droit du travail »</h2><p>Plutôt que de signer une convention collective, Amazon a préféré partir en abandonnant la gestion de ses sites. En un mois, 4500 personnes perdent leur emploi. Fait rarissime pour l’entreprise, le tri et l’expédition des colis sont désormais sous-traités au Québec. <em>« Notre convention collective aurait pu servir d’inspiration pour les travailleurs et travailleuses d’Amazon aux États-Unis. C’est l’un des aspects qu’Amazon n’a pas tolérés »</em>, soulève Félix Trudeau, qui rappelle que le seul entrepôt syndiqué des États-Unis, celui de Staten Island <a href="https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2022/04/22/chris-smalls-l-homme-qui-a-implante-le-premier-syndicat-chez-amazon_6123179_4500055.html" class="spip_out" rel="external">où se bat notamment Chris Smalls et son syndicat</a>, le Amazon Labor Union, n’a toujours pas obtenu la précieuse convention.</p><p>L’entreprise, qui a annoncé début mai 15 milliards d’investissements en France avec la promesse de créer 7000 emplois semble bien disposée à continuer de s’étendre et, avec elle, son modèle antisyndical. <em>« Derrière ces emplois, vous avez trois fois plus de sous-traitants qui vont travailler pour Amazon et qui vont adopter ce modèle. C’est un acteur de l’emploi qui donne l’exemple de la pire façon qui existe, par le biais d’une violation systémique et réfléchie du droit du travail »</em>, dénonce Anthony Smith.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/l-obsession-d-amazon-pour-entraver-l-action-syndicale-et-l-emergence-de</link>
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      <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Cadmium : la droite et l'extrême droite s'opposent à des mesures qui réduisent l'exposition de la population]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Nous sommes la population la plus contaminée au cadmium de toute l’Union Européenne. »</em> C’est ainsi que débute la <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2678_proposition-loi#" class="spip_out" rel="external">proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires</a> liés aux contaminations au cadmium dans l’alimentation. Portée par le député écologiste Benoit Biteau, elle doit être examinée dans l’hémicycle ce mardi 2 juin.</p><p>Le cadmium est un métal lourd classé cancérogène certain depuis 1993 par le Centre international de recherche sur le cancer. Il s’accumule dans les sols, migre dans les plantes, avant d’imprégner directement notre alimentation de base : le pain, les pâtes, les pommes de terre… Les activités agricoles contribuent fortement à augmenter sa présence dans l’environnement. On retrouve notamment du cadmium, sous forme de fines particules, dans les engrais minéraux phosphatés très utilisés en agriculture dite « conventionnelle » pour soutenir les rendements.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Cadmium-pourquoi-les-Francais-sont-les-plus-contamines-en-Europe-et-comment-faire-autrement">Cadmium : pourquoi les Français sont les plus contaminés en Europe et comment faire autrement</a></aside><p>Un <a href="https://www.anses.fr/system/files/ERCA-2023-AUTO-0150-RA.pdf" class="spip_out" rel="external">rapport de l’Anses publié en mars</a> dernier a confirmé une surexposition de la population française au cadmium. L’imprégnation moyenne au cadmium d’un adulte en France est trois fois supérieure à celle des adultes états-uniens et plus de deux fois à celle des adultes italiens, comme <a href="https://basta.media/Cadmium-pourquoi-les-Francais-sont-les-plus-contamines-en-Europe-et-comment-faire-autrement" class="spip_in">nous l’expliquons dans notre précédent article</a>. Chez les enfants français, l’imprégnation est quatre fois supérieure à celle des enfants américains ou allemands, par exemple.</p><p>Comment expliquer cette surcontamination, comparé à nos voisins européens ? L’industrie agroalimentaire française est autorisée à laisser plus de cadmium dans les engrais qu’elle utilise et donc dans les aliments qu’elle fabrique (90 milligrammes par kilo d’engrais phosphatés). Ailleurs en Europe, la limite maximale – adoptée en 2019 – est bien inférieure (60 mg). La France autorise donc un taux de cadmium 50% supérieur à la réglementation européenne !</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Le-gouvernement-lt-lt-veut-attendre-encore-12-ans">Le gouvernement « veut attendre encore 12 ans »</h2><p>C’est précisément à ces seuils que la proposition de loi française s’attaque. Elle comporte un seul article qui propose d’abaisser la teneur maximale de cadmium dans les engrais phosphatés : 40mg par kilo au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2027, puis 20mg/kilo en 2030. Ce seuil de 20 mg est recommandé par l’Anses dans son rapport publié le 25 mars dernier. Il est déjà appliqué dans plusieurs pays européens comme la Finlande ou la Slovaquie.</p><div class="spip_document_22966 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="72" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2561903919 png loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png@.webp?1780388287 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png" width="960" height="878" alt="extrait proposition de loi cadmium" aria-describedby="by22966-10956bc5f24014b30490ad1976a9824d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/article_unique_ppl_cadmium.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22966-10956bc5f24014b30490ad1976a9824d">La proposition de loi sur le cadmium est composée d’un article unique.
</figcaption></figure></div><p>Cette baisse de la teneur en cadmium se veut plus rapide que ce que propose le gouvernement dans le <a href="https://agriculture.gouv.fr/consultation-publique-projet-darrete-modifiant-la-teneur-maximale-en-cadmium" class="spip_out" rel="external">projet d’arrêté qui vient d’être mis en consultation</a> publique le 26 mai et jusqu’au 30 juin. Le ministère de l’Agriculture préconise un abaissement à 60mg/kg en 2027 (soit le niveau européen), puis à 40mg/kg en 2030 et à 20mg/kg « au plus tard le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2038 » à l’issue d’une étude d’impact. <em>« Le temps est compté, nous savons que l’imprégnation de la population a doublé en 10 ans. On ne peut pas se permettre d’attendre encore 12 ans de plus comme le prévoit le Gouvernement »</em> analyse Benoit Biteau.</p><p>Le vote sur la proposition de loi en commission le 27 mai a permis de clarifier les positions de chaque groupe. Les député.e.s insoumis, socialistes, écologistes, communistes et du groupe Liot (Libertés, indépendants, outre-mer et territoires) ont voté pour. Les groupes Horizons, MoDem et Ensemble pour la République se sont abstenus. La Droite Républicaine, UDR (Union des Droites pour la République) et le Rassemblement national (RN) ont voté contre.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Personne-au-RN-pour-proteger-la-sante">« Personne au RN pour protéger la santé »</h2><p><em>« Votre credo, c’est la punition »,</em> a protesté Eddy Casterman, député RN, <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/cion-eco/l17cion-eco2526095_compte-rendu" class="spip_out" rel="external">lors de l’examen en commission des affaires économiques</a>. Il a dénoncé une trajectoire qui <em>« n’a pour résultats que la surtransposition et la concurrence déloyale, pénalisant chaque fois la ferme France »</em>.</p><p>La trajectoire proposée est <em>« indolore »</em> pour les producteurs d’engrais, a défendu Benoit Biteau. <em>« Ils disent qu’ils sont déjà sous le plafond de 40 mg de cadmium par kilogramme d’anhydride phosphorique proposé pour le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2027 et qu’ils n’auront aucune difficulté à descendre sous 20 mg/kg en 2030 »</em> a précisé l’élu écologiste. <em>« C’est tout aussi indolore pour les agriculteurs, puisque la décadmiation</em> [faire baisser la teneur en cadmium, ndlr] <em>ne leur coûterait que 2 euros par hectare et par an, ce qui ne menace pas la compétitivité française. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/alimentation-bio-et-sante-ce-que-dit-la-science">Alimentation bio et santé : ce que dit la science</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/9858feb8155fa00a52045162c2498e-b45dc.jpg?1753438694" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Les députés du RN <em>« nous bassinent avec la sécurité du matin au soir sur les plateaux télévisés, mais lorsqu’il s’agit de voter un texte pour protéger la santé de la population française – nos vies –, il n’y a plus personne ! »</em> a dénoncé en commission Clémentine Autain du groupe Ecologiste et Social, à l’initiative de cette proposition de loi.</p><p>Le texte a pour l’heure été adopté sans modification quant à la trajectoire qu’il propose. Il bénéficie d’un soutien transpartisan puisqu’il a été signé par des députés issus de tous les groupes, à l’exception du RN et de l’UDR - auxquels il n’avait de toute façon pas été proposé.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Cadmium-RN-LR-s-opposent-a-des-mesures-reduction-exposition-population-2027</link>
      <guid>https://basta.media/Cadmium-RN-LR-s-opposent-a-des-mesures-reduction-exposition-population-2027</guid>
      <pubDate>Tue, 02 Jun 2026 10:27:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Grèves des précaires de l'Éducation nationale : AED et AESH mobilisés pour un vrai statut]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les assistants d’éducation, chargés de l’encadrement et de la surveillance des élèves durant les temps scolaires principalement au collège et au lycée, seront en grève ce mardi 2 juin. Une intersyndicale (FSU, CGT, CFDT, UNSA, Sud et SNALC) est à l’origine de l’appel. Une mobilisation loin d’être évidente à mettre en place pour ces personnels qui font partie des plus précaires de l’Éducation nationale. Moins d’un assistant d’éducation sur cinq est en CDI, selon le dernier bilan de la CGT Educ’action réalisé en 2025.</p><p>Cette très faible proportion s’explique par la condition posée : pour atteindre la CDIsation, il faut avoir exercé pendant six ans - contre trois pour les accompagnant-es d’élèves en situation de handicap (AESH). De plus, les syndicats constatent des <em>« abus liés aux non-renouvellements de contrats avant l’accès au CDI. Certains établissements contournent le droit pour éviter la professionnalisation des AED »</em>, explique la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques dans son communiqué.</p><p><em>« On est encore loin d’une discussion sur un vrai statut d’AED »</em>, regrette Elena Blond, secrétaire nationale de la CGT Educ’action. Les AED sont employés directement par les chefs d’établissement. Seuls ceux qui obtiennent un CDI contractualisent alors avec le rectorat. <em>« Nous voudrions que tous les AED soient embauchés par les rectorats, pas par les chefs d’établissement, car ils subissent beaucoup de pressions de ces derniers. Demain, participer au mouvement de grève va être difficile pour beaucoup, car nous sommes en pleine période de renouvellement des contrats »</em>, explique la responsable syndicale.</p><h2 class="spip" id="Toujours-pas-de-grille-salariale-nationale">Toujours pas de grille salariale nationale</h2><p>Concernant les salaires, suite à une série de mobilisations, les AED comme les AESH ont obtenu en 2022 des petites victoires, dont le droit à une prime REP et REP+ qui a commencé à leur être été versée <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/revalorisations-dans-leducation-nationale-pour-gagner-plus-travailler-plus-021516728" class="spip_out" rel="external">en 2023</a>. Mais la précarité demeure. Aujourd’hui, un-e AED touche 1800 euros bruts mensuels pour un temps plein en CDD, soit 1450€ net.</p><p>En CDI, un entretien personnel peut être prévu par le chef d’établissement ou le CPE (conseiller principal d’éducation) tous les trois ans, pour une éventuelle revalorisation salariale. Mais il n’y a rien de plus : aucune grille ne permet de définir leur évolution salariale. La mobilisation du mardi 2 juin vise à revendiquer un véritable statut stable pour tous les AED, et à améliorer leur rémunération.</p><p>Face aux mobilisations et revendications syndicales de ces dernières années, plusieurs académies ont tout de même commencé à mettre en place une grille de salaire à leur niveau, calée sur celle des AESH. <em>« Mais on est encore loin du compte. En attendant un vrai statut, il faudrait une grille salariale nationale a minima calée sur celle existante des AESH »</em>, défend Elena Blond, secrétaire nationale de la CGT Educ’action.</p><h2 class="spip" id="Vers-des-AESH-fonctionnaires-Le-ministere-pose-ses-limites">Vers des AESH fonctionnaires ? Le ministère pose ses limites</h2><p>Les AESH, elles, ont réussi à obtenir l’ouverture d’une discussion sur un véritable statut. Pour la première fois, le 20 mai, le ministère a mis en place un groupe de travail dédié à l’accès à la fonction publique pour ces personnels, qui représente le deuxième métier de l’Éducation nationale.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Aesh-toujours-en-lutte-pour-reconnaissance-contre-precarite-ecole-inclusive">Les AESH, toujours en lutte pour la reconnaissance</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1709d23240a19a2be3f5c0a9e1ceac-27fe1.jpg?1780326277" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Aujourd’hui, les AESH, qui peuvent être CDIsées au bout de trois ans d’exercice, exercent en majorité 24 heures par semaine. Pour ce temps partiel, leur revenu est autour de 910 euros net. L’accès au statut de fonctionnaire, puisqu’il s’agit d’une <em>« mission de service public pérenne »</em> comme le souligne Caroline Chevé, secrétaire nationale de la FSU, était une revendication de longue date.</p><p>Mais lors de la réunion le 20 mai, le ministère a d’emblée posé un cadre restrictif. Il envisage de faire entrer dans le statut de fonctionnaire seulement 10 à 20 % des AESH, rapporte l’intersyndicale. En réaction à ce cadrage, une journée de grève a été posée le 9 juin.</p><p>Peu d’arguments ont été avancés par le ministère, rapportent les syndicats présents ; si ce n’est l’idée que toutes les AESH ne souhaitent pas devenir fonctionnaires. Mais les syndicats s’opposent à tout seuil restrictif d’emblée. <em>« Nous menons actuellement une enquête sur ce sujet auprès des AESH : plus de 4000 nous ont répondu. Nos résultats provisoires, c’est que près de 83% d’entre elles disent vouloir être fonctionnaires, afin de résoudre le problème majeur de leur salaire faible du fait du temps de travail incomplet »</em>, présente Jérôme Fournier, secrétaire nationale du SE (syndicat enseignant)-UNSA. <em>« On est pas dupes, c’est une question financière »</em>.</p><h2 class="spip" id="Risque-d-explosion-du-metier-d-AESH-en-differents-metiers">Risque d’explosion du métier d’AESH en différents métiers</h2><p>D’autant que faire rentrer une AESH dans le statut de fonctionnaire implique de la passer à temps complet. C’est le second - très gros - enjeu de ces négociations qui s’ouvrent. Les syndicats espèrent la reconnaissance du <em>« travail invisible »</em>, comme le définit Caroline Chevé de la FSU, que mènent les AESH en plus de leurs 24 heures d’accompagnement en classe de l’élève.</p><div class="spip_document_22968 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="35" data-legende-lenx="x"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c687130700 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp?1780326288 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg" width="960" height="960" alt="Mobilisation AESH" aria-describedby="by22968-e4de749f95bfb781d8e5934d2ca2c696" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22968-e4de749f95bfb781d8e5934d2ca2c696">Mobilisation AESH 2025
Snuipp-FSU
</figcaption></figure></div><p><em>« Une AESH qui a un élève avec des problèmes de vision par exemple, elle prend du temps en dehors des cours où elle adapte les documents pour que l’élève puisse les lire. Il y a tout un temps déjà existant mais non rémunéré de préparation, de coordination avec les enseignants, qui devrait être pris en compte pour atteindre le temps complet »</em>. Du temps de travail pourrait aussi être ajouté pour une meilleure intégration des AESH aux conseils de classe et réunions pédagogiques, soutiennent les syndicats.</p><p>Mais ceux-ci craignent, à l’inverse, que le ministère profite de cette nécessité d’atteindre un temps complet pour imposer de nouvelles tâches. Voire, pour brouiller le cadre du métier d’AESH, en l’explosant en plusieurs métiers. En effet, un récent <a href="https://www.igas.gouv.fr/role-et-missions-des-aesh-dans-lecole-inclusive-aujourdhui-et-demain" class="spip_out" rel="external">rapport des deux inspections générale IGÉSR–Igas</a>, paru en mai en même temps que le lancement du groupe de travail, préconise la création du métier « d’agent d’accessibilité ».</p><p><em>« On ne sait pas encore si le ministère veut prendre cette voie mais ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, les AESH sont sur l’accompagnement pédagogique de l’élève en classe. Or, l’agent d’accessibilité travaillerait au-delà de la classe, par exemple sur l’aide au déplacement pour venir à l’école, ou encore la toilette. »</em>, expose Jérôme Fournier de l’UNSA. D’autres tâches externes lui sont attribuées : <em>« Chapeauter les sorties scolaires, les aménagements pédagogiques, les relations aux partenaires »</em>, ajoute Elena Blond de la CGT.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Les-attentes-sont-tres-fortes-du-cote-des-AESH-des-enseignants-nbsp">« Les attentes sont très fortes du côté des AESH, des enseignants, des parents d’élèves »</h2><p>Si un glissement des tâches existe déjà parfois dans les faits, cette fois, <em>« on s’éloignerait vraiment de l’accompagnement à l’apprentissage qui constituait jusqu’ici le cœur du métier. C’est une définition différente du métier »</em>, alerte Jérôme Fournier. <em>« Ce groupe de travail doit penser le métier d’AESH, pas le disperser sur des missions différentes »</em>, s’accorde aussi à dire Caroline Chevé de la FSU.</p><p>Contacté, le ministère de l’Éducation nationale n’a, pour l’heure, pas répondu à nos questions. En se mobilisant le 9 juin, les AESH espèrent peser sur la prochaine réunion du groupe de travail, qui se tiendra le 17 juin. <em>« C’est aussi l’occasion d’informer et de rendre des comptes aux personnels sur les discussions en cours avec le ministère. Et de montrer à ce dernier que les attentes sont très fortes du coté des AESH, de leurs collègues enseignants comme des parents d’élèves. <a href="https://basta.media/handicap-bataille-pour-l-ecole-inclusive">L’école inclusive ne peut pas continuer comme ça</a> sans avoir de moyens »</em>, conclut Caroline Chevé.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/greves-des-aed-et-des-aesh-les-precaires-de-l-education-nationale-mobilises</link>
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      <pubDate>Mon, 01 Jun 2026 17:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Grèves des précaires de l'Éducation nationale : AED et AESH mobilisés pour un vrai statut]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les assistants d’éducation, chargés de l’encadrement et de la surveillance des élèves durant les temps scolaires principalement au collège et au lycée, seront en grève ce mardi 2 juin. Une intersyndicale (FSU, CGT, CFDT, UNSA, Sud et SNALC) est à l’origine de l’appel. Une mobilisation loin d’être évidente à mettre en place pour ces personnels qui font partie des plus précaires de l’Éducation nationale. Moins d’un assistant d’éducation sur cinq est en CDI, selon le dernier bilan de la CGT Educ’action réalisé en 2025.</p><p>Cette très faible proportion s’explique par la condition posée : pour atteindre la CDIsation, il faut avoir exercé pendant six ans - contre trois pour les accompagnant-es d’élèves en situation de handicap (AESH). De plus, les syndicats constatent des <em>« abus liés aux non-renouvellements de contrats avant l’accès au CDI. Certains établissements contournent le droit pour éviter la professionnalisation des AED »</em>, explique la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques dans son communiqué.</p><p><em>« On est encore loin d’une discussion sur un vrai statut d’AED »</em>, regrette Elena Blond, secrétaire nationale de la CGT Educ’action. Les AED sont employés directement par les chefs d’établissement. Seuls ceux qui obtiennent un CDI contractualisent alors avec le rectorat. <em>« Nous voudrions que tous les AED soient embauchés par les rectorats, pas par les chefs d’établissement, car ils subissent beaucoup de pressions de ces derniers. Demain, participer au mouvement de grève va être difficile pour beaucoup, car nous sommes en pleine période de renouvellement des contrats »</em>, explique la responsable syndicale.</p><h2 class="spip" id="Toujours-pas-de-grille-salariale-nationale">Toujours pas de grille salariale nationale</h2><p>Concernant les salaires, suite à une série de mobilisations, les AED comme les AESH ont obtenu en 2022 des petites victoires, dont le droit à une prime REP et REP+ qui a commencé à leur être versée <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/revalorisations-dans-leducation-nationale-pour-gagner-plus-travailler-plus-021516728" class="spip_out" rel="external">en 2023</a>. Mais la précarité demeure. Aujourd’hui, un-e AED touche 1800 euros bruts mensuels pour un temps plein en CDD, soit 1450€ net.</p><p>En CDI, un entretien personnel peut être prévu par le chef d’établissement ou le CPE (conseiller principal d’éducation) tous les trois ans, pour une éventuelle revalorisation salariale. Mais il n’y a rien de plus : aucune grille ne permet de définir leur évolution salariale. La mobilisation du mardi 2 juin vise à revendiquer un véritable statut stable pour tous les AED, et à améliorer leur rémunération.</p><p>Face aux mobilisations et revendications syndicales de ces dernières années, plusieurs académies ont tout de même commencé à mettre en place une grille de salaire à leur niveau, calée sur celle des AESH. <em>« Mais on est encore loin du compte. En attendant un vrai statut, il faudrait une grille salariale nationale a minima calée sur celle existante des AESH »</em>, défend Elena Blond, secrétaire nationale de la CGT Educ’action.</p><h2 class="spip" id="Vers-des-AESH-fonctionnaires-Le-ministere-pose-ses-limites">Vers des AESH fonctionnaires ? Le ministère pose ses limites</h2><p>Les AESH, elles, ont réussi à obtenir l’ouverture d’une discussion sur un véritable statut. Pour la première fois, le 20 mai, le ministère a mis en place un groupe de travail dédié à l’accès à la fonction publique pour ces personnels, qui représente le deuxième métier de l’Éducation nationale.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Aesh-toujours-en-lutte-pour-reconnaissance-contre-precarite-ecole-inclusive">Les AESH, toujours en lutte pour la reconnaissance</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1709d23240a19a2be3f5c0a9e1ceac-27fe1.jpg?1780326277" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Aujourd’hui, les AESH, qui peuvent être CDIsées au bout de trois ans d’exercice, exercent en majorité 24 heures par semaine. Pour ce temps partiel, leur revenu est autour de 910 euros net. L’accès au statut de fonctionnaire, puisqu’il s’agit d’une <em>« mission de service public pérenne »</em> comme le souligne Caroline Chevé, secrétaire nationale de la FSU, était une revendication de longue date.</p><p>Mais lors de la réunion le 20 mai, le ministère a d’emblée posé un cadre restrictif. Il envisage de faire entrer dans le statut de fonctionnaire seulement 10 à 20 % des AESH, rapporte l’intersyndicale. En réaction à ce cadrage, une journée de grève a été posée le 9 juin.</p><p>Peu d’arguments ont été avancés par le ministère, rapportent les syndicats présents ; si ce n’est l’idée que toutes les AESH ne souhaitent pas devenir fonctionnaires. Mais les syndicats s’opposent à tout seuil restrictif d’emblée. <em>« Nous menons actuellement une enquête sur ce sujet auprès des AESH : plus de 4000 nous ont répondu. Nos résultats provisoires, c’est que près de 83% d’entre elles disent vouloir être fonctionnaires, afin de résoudre le problème majeur de leur salaire faible du fait du temps de travail incomplet »</em>, présente Jérôme Fournier, secrétaire nationale du SE (syndicat enseignant)-UNSA. <em>« On est pas dupes, c’est une question financière »</em>.</p><h2 class="spip" id="Risque-d-explosion-du-metier-d-AESH-en-differents-metiers">Risque d’explosion du métier d’AESH en différents métiers</h2><p>D’autant que faire rentrer une AESH dans le statut de fonctionnaire implique de la passer à temps complet. C’est le second - très gros - enjeu de ces négociations qui s’ouvrent. Les syndicats espèrent la reconnaissance du <em>« travail invisible »</em>, comme le définit Caroline Chevé de la FSU, que mènent les AESH en plus de leurs 24 heures d’accompagnement en classe de l’élève.</p><div class="spip_document_22968 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="37" data-legende-lenx="x"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c687130700 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp?1780328134 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp?1780328131 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp?1780328225 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg@.webp?1780326288 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg?1780327898" width="960" height="960" alt="Mobilisation AESH" aria-describedby="by22968-b6329242340bfa51d45bd64be8365923" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-01_at_16.57_11.jpg?1780327898 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22968-b6329242340bfa51d45bd64be8365923">Mobilisation AESH 2025
© Snuipp-FSU
</figcaption></figure></div><p><em>« Une AESH qui a un élève avec des problèmes de vision par exemple, elle prend du temps en dehors des cours où elle adapte les documents pour que l’élève puisse les lire. Il y a tout un temps déjà existant mais non rémunéré de préparation, de coordination avec les enseignants, qui devrait être pris en compte pour atteindre le temps complet »</em>. Du temps de travail pourrait aussi être ajouté pour une meilleure intégration des AESH aux conseils de classe et réunions pédagogiques, soutiennent les syndicats.</p><p>Mais ceux-ci craignent, à l’inverse, que le ministère profite de cette nécessité d’atteindre un temps complet pour imposer de nouvelles tâches. Voire, pour brouiller le cadre du métier d’AESH, en l’explosant en plusieurs métiers. En effet, un récent <a href="https://www.igas.gouv.fr/role-et-missions-des-aesh-dans-lecole-inclusive-aujourdhui-et-demain" class="spip_out" rel="external">rapport des deux inspections générale IGÉSR–Igas</a>, paru en mai en même temps que le lancement du groupe de travail, préconise la création du métier « d’agent d’accessibilité ».</p><p><em>« On ne sait pas encore si le ministère veut prendre cette voie mais ce qui est sûr, c’est qu’aujourd’hui, les AESH sont sur l’accompagnement pédagogique de l’élève en classe. Or, l’agent d’accessibilité travaillerait au-delà de la classe, par exemple sur l’aide au déplacement pour venir à l’école, ou encore la toilette. »</em>, expose Jérôme Fournier de l’UNSA. D’autres tâches externes lui sont attribuées : <em>« Chapeauter les sorties scolaires, les aménagements pédagogiques, les relations aux partenaires »</em>, ajoute Elena Blond de la CGT.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Les-attentes-sont-tres-fortes-du-cote-des-AESH-des-enseignants-nbsp">« Les attentes sont très fortes du côté des AESH, des enseignants, des parents d’élèves »</h2><p>Si un glissement des tâches existe déjà parfois dans les faits, cette fois, <em>« on s’éloignerait vraiment de l’accompagnement à l’apprentissage qui constituait jusqu’ici le cœur du métier. C’est une définition différente du métier »</em>, alerte Jérôme Fournier. <em>« Ce groupe de travail doit penser le métier d’AESH, pas le disperser sur des missions différentes »</em>, s’accorde aussi à dire Caroline Chevé de la FSU.</p><p>Contacté, le ministère de l’Éducation nationale n’a, pour l’heure, pas répondu à nos questions. En se mobilisant le 9 juin, les AESH espèrent peser sur la prochaine réunion du groupe de travail, qui se tiendra le 17 juin. <em>« C’est aussi l’occasion d’informer et de rendre des comptes aux personnels sur les discussions en cours avec le ministère. Et de montrer à ce dernier que les attentes sont très fortes du coté des AESH, de leurs collègues enseignants comme des parents d’élèves. <a href="https://basta.media/handicap-bataille-pour-l-ecole-inclusive">L’école inclusive ne peut pas continuer comme ça</a> sans avoir de moyens »</em>, conclut Caroline Chevé.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Greves-AED-AESH-precaires-Education-nationale-mobilisation-2-9-juin</link>
      <guid>https://basta.media/Greves-AED-AESH-precaires-Education-nationale-mobilisation-2-9-juin</guid>
      <pubDate>Mon, 01 Jun 2026 17:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La CGT en congrès se prépare à mener la bataille contre l'extrême droite, « la pire ennemie du monde du travail »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Nous sommes à un moment de basculement »</em>, face au <em>« capital [qui] se radicalise »</em> et à une extrême droite <em>« sûre d’être au second tour de la prochaine élection présidentielle »</em>, prévient le <a href="https://54.cgt.fr/document-d-orientation" class="spip_out" rel="external">document d’orientation</a>. Le document est important : il servira de feuille de route à l’organisation pour les trois années à venir. Il sera soumis au millier de délégués mandatés par leurs syndicats pour participer au 54<sup class="typo_exposants">e</sup> congrès confédéral de la CGT, qui se tient du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> au 5 juin 2026 à Tours.</p><p>Contrairement au congrès précédent, où des <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/lelection-de-sophie-binet-modifie-les-equilibres-dans-la-cgt-040117555" class="spip_out" rel="external">candidatures concurrentes</a> à celle soutenue par la direction sortante s’étaient faites connaître, et où les débats avaient été très tendus, ce congrès devrait se dérouler de manière plus apaisée. Et Sophie Binet, actuelle secrétaire générale, devrait être réélue.</p><p>En revanche, à moins d’un an de la prochaine élection présidentielle, la menace d’une accession au pouvoir de l’extrême droite se fait plus prégnante que jamais. Face à cette situation la question du rôle de la CGT tiendra une place centrale dans les débats, non sans une certaine gravité.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/un-robin-des-bois-a-l-envers-le-rn-prend-aux-pauvres-pour-donner-aux-riches">Un Robin des bois à l’envers : le RN prend aux pauvres pour donner aux riches</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/dead1832bc95d48ebcd228cdfe642e-2655d.png?1751389662" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Visuel avec Le Pen et Bardella : &quot;Taxer un peu plus les très très hauts revenus?&quot;, &quot;Heu... on n'a pas d'avis&quot;" /></aside><p><em>« L’extrême droite est la pire ennemie du monde du travail. Elle est raciste, divise les salariés, elle vote contre l’augmentation du SMIC, contre la constitutionnalisation de l’IVG, pour les exonérations de cotisations sociales… »</em>, égrène Nathalie Bazire, membre du bureau confédéral de la CGT, en charge de la lutte contre les idées d’extrême droite.</p><p>La deuxième organisation syndicale du pays tient à différencier nettement l’extrême droite des autres partis. <em>« Elle n’est pas de même nature. Si elle arrive au pouvoir par les urnes, elle fait tout pour garder le pouvoir en s’attaquant aux fondements de la démocratie »</em>, souligne le document d’orientation. Le congrès devra servir à effectuer le bilan de la lutte des trois années passées et à bâtir une stratégie pour celles à venir.</p><h2 class="spip" id="Denoncer-lt-lt-l-imposture-du-RN-et-de-ses-allies">Dénoncer « l’imposture du RN et de ses alliés »</h2><p>Élément notable dans le rapport d’activité 2026 : un des premiers éléments mis en avant dans la lutte contre l’extrême droite n’est pas une bataille strictement syndicale. C’est la mobilisation électorale lors des élections législatives de 2024. Par une prise de position <a href="https://rapportsdeforce.fr/analyse/la-cgt-appellera-t-elle-officiellement-a-voter-front-populaire-061321419" class="spip_out" rel="external">assez inédite</a>, la CGT avait alors appelé à voter pour les candidats du Nouveau Front Populaire. Ses militants s’étaient <a href="https://rapportsdeforce.fr/pas-de-cote/ces-syndicalistes-qui-combattent-lextreme-droite-dans-leur-boite-062621625" class="spip_out" rel="external">largement impliqués</a> dans la mobilisation, organisant tractages et manifestations, pour empêcher le RN de finir en tête des élections.</p><p>Sur le plan syndical : <em>« On a donc amplifié notre stratégie de dénonciation de l’imposture du Rassemblement national et de ses alliés et à former nos militants »</em>, témoigne Nathalie Bazire. La CGT revendique l’organisation de 148 journées d’études depuis 2023, l’organisation d’une campagne intersyndicale lancée en mars 2025 contre le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme au travail. Elle tente de développer les <a href="https://visa-isa.org/" class="spip_out" rel="external">« VISA »</a> locaux, associations tenues par des syndicalistes, qui documentent l’action de l’extrême droite sur les différents territoires et forment les militants.</p><p>Elle met aussi en avant les grèves menées par des travailleurs sans papiers, comme celles de <a href="https://basta.media/Travailleurs-sans-papiers-regularises-les-strategies-payantes-d-une-greve-efficace">décembre 2023</a>, qui ont permis la régularisation de 500 d’entre eux. Ou encore son rôle dans l’opposition à la loi <em>« asile et immigration »</em>, voulue par le gouvernement et partiellement censurée.</p><p>Malgré tout, <em>« le sujet est difficile à mettre en débat dans certains secteurs, la formation syndicale ayant même, dans certains cas, été refusée pour éviter les conflits et les décisions qui en auraient découlé »</em>, constate le rapport d’activité. Preuve de l’emprise grandissante des idées d’extrême droite dans le pays, y compris dans le monde syndical.</p><h2 class="spip" id="Quand-l-extreme-droite-attaque-la-CGT">Quand l’extrême droite attaque la CGT</h2><p>Depuis le congrès de 2023, l’extrême droite n’a cessé de progresser électoralement. A l’Assemblée nationale, elle est passée de 89 députés à 139 (122 RN et 17 UDR), au Parlement européen, de 23 députés à 35 (30 RN et 5 Reconquête, parti d’Eric Zemmour) et, en 2026, elle a <a href="https://basta.media/municipales-2026-l-extreme-droite-multiplie-par-trois-le-nombre-de-villes-sous">conquis 62 communes</a>, contre 17 en 2020.</p><p>Forte de cette dynamique, elle multiplie les attaques contre les syndicats et particulièrement la CGT. La preuve la plus frappante : la récente plainte de Sophie de Menthon, pour <em>« injures publiques »</em> contre Sophie Binet. Cette cheffe d’entreprise, qui s’est donnée depuis quelques années le rôle d’<a href="https://rapportsdeforce.fr/pas-de-cote/qui-est-sophie-de-menthon-a-lorigine-de-la-plainte-contre-sophie-binet-120226260" class="spip_out" rel="external">entremetteuse</a> entre l’extrême droite et le patronat, lui reproche la phrase <em>« les rats quittent le navire »</em>, prononcée pour désigner les patrons qui délocalisent leurs sites de production hors de France lorsqu’on cherche à les taxer davantage.</p><p>Cette première plainte a ouvert la porte à une seconde, fin mai 2026. Sophie Binet est alors visée par l’entreprise Tefal, pour diffamation cette fois, parce qu’elle avait accusé l’entreprise de mener <em>« une répression patronale violente »</em>. <em>« Une pratique décomplexée de la répression syndicale »,</em> <a href="https://www.cgt.fr/comm-de-presse/2eme-mise-en-examen-de-sophie-binet-la-cgt-appelle-le-gouvernement-agir-contre-les-procedures" class="spip_out" rel="external">déplore la CGT</a>.</p><p>L’extrême droite n’œuvre pas seulement sur le terrain judiciaire. Lorsqu’elle détient des mairies, elle <a href="https://basta.media/bourses-du-travail-un-contre-pouvoir-syndical-sous-la-pression-des-maires">s’attaque aux bourses du travail</a>, ces lieux d’organisation, de formation et d’accueil du public dévolus aux syndicats. C’est notamment le cas à Carcassonne, où le nouveau maire RN Christophe Barthès a notifié à la CGT, implantée dans la bourse du travail depuis 89 ans, de quitter les lieux avant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juin.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Oui-il-y-a-des-endroits-ou-on-nous-vomit-dessus">« Oui, il y a des endroits où on nous vomit dessus »</h2><p>Alors qu’elle rechignait à intervenir directement dans les entreprises, terrain privilégié du syndicalisme, dont la CGT, l’extrême droite a aussi réussi un coup de force dans le Bas-Rhin, le 5 juillet 2025. Alors que les métallos de BDR Thermea organisaient un meeting contre la fermeture de leur boîte, Théo Bernhard, député RN de la circonscription s’invite à la tribune avec la bénédiction des syndicats locaux FO et CFE-CGC.</p><p>Des militants CGT, minoritaires dans l’entreprise, tentent de huer l’élu mais ils sont vite <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/en-alsace-chez-bdr-thermea-lapolitisme-de-fo-sert-destrade-au-rn-070825231" class="spip_out" rel="external">dégagés par le service d’ordre mis en place par FO</a>, qui les remet à la police.</p><p><em>« C’est le député de la circonscription et il était invité en tant que tel. Qu’il soit RN ou LFI ou quoi que ce soit d’autre, ça ne change rien pour nous car nous sommes apolitiques »</em>, se justifie alors le délégué syndical FO à l’origine de l’exfiltration. <em>« Oui, il y a de plus en plus d’entreprises où les salariés sont perméables aux idées d’extrême droite. Ils ne comprennent plus qu’on s’oppose à la venue d’un député RN »</em>, regrette Laurent Feisthauer, secrétaire général de l’UD CGT du Bas-Rhin.</p><p>Ce type d’événement se multiplient, favorisés par les victoires électorales du RN et la banalisation progressive des discours d’extrême droite. Alors qu’il prend la parole en soutien à la <a href="https://basta.media/requisitions-culpabilisation-greve-un-mois-groupe-clinique-Elsan-ne-veut-pas-ceder">grève des soignants des cliniques Elsan</a>, près de Perpignan, Julien Berthélémy, secrétaire générale de l’UD CGT des Pyrénées-Orientales rappelle que la député RN locale n’est pas bienvenue sur le piquet. <em>« Je sais que ça n’a pas plu à tout le monde. La réaction courante c’est :</em> “on n’est pas là pour faire de la politique”<em>. Mais le syndicalisme c’est de la politique ! Et la CGT a 130 ans de lutte contre l’extrême droite derrière elle. C’est mon rôle de le rappeler »</em>, soutient-il.</p><p>Christelle Somers, secrétaire générale de l’UD CGT du Pas-de-Calais, où 14 mairies viennent de passer aux mains de l’extrême droite, contre 2 en 2020, abonde : <em>« Oui, il y a des endroits où on nous vomit dessus. Le discours dénigrant que vous avez sur les fonctionnaires, il y a le même à propos des syndicalistes. On serait fainéants, privilégiés…Les gens ignorent que c’est grâce aux syndicats qu’ils ont des congés payés, une retraite… Malgré tout, ils font appel à nous quand ils en ont besoin, et dans le Pas-de-Calais, notre nombre d’adhérents augmente ! »</em>. D’avril 2025 à avril 2026, le nombre d’adhérents à l’UD du Pas-de-Calais (environ 14 000) y a légèrement progressé.</p><h2 class="spip" id="Renforcer-la-CGT-ce-lt-lt-panier-perce">Renforcer la CGT, ce « panier percé »</h2><p><em>« Se renforcer, c’est tout l’enjeu de notre congrès. Car comment lutter contre l’extrême droite quand on n’est pas présents dans les entreprises ? »</em>, interroge Julien Berthélémy de l’UD des Pyrénées-Orientales. De fait, en 2026, 70 % des 21 millions de salariés du privé n’ont pas de syndicat CGT dans leur entreprise.</p><p>Avec 607 369 adhérents recensés en 2024, contre 592 967 en 2022, la CGT progresse de nouveau, alors que ses effectifs décroissaient depuis une décennie. Cette augmentation, la confédération l’attribue notamment au pic de syndicalisation enregistré lors de la bataille contre le réforme des retraites, en 2023. Depuis cette date, la CGT a accueilli près de 150 000 nouveaux adhérents. Malheureusement pour la confédération, ils parviennent tout juste à combler les pertes de dizaines de milliers de syndiqués, qui chaque année n’ont pas renouvelé leur adhésion.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Lumir-Lapray-face-a-l-essor-du-vote-RN-il-faut-a-tout-prix-resyndicaliser-les-campagnes">Lumir Lapray : face à l’essor du vote RN, « il faut à tout prix resyndicaliser les campagnes »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/17dcf9d6859ffe5d7c83d60bf56140-56aec.jpg?1773417617" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>La confédération a deux explications : les départs en retraite sans continuité syndicale, et les syndiqués isolés. <em>« Si on prend sa carte mais qu’on est tout seul à adhérer dans son entreprise, il y a des chances qu’on ne voit pas l’utilité du syndicat, et qu’on finisse par partir »</em>, explique Julien Berthélémy. Dans son département des Pyrénées-Orientales, la CGT syndique 3800 personnes, dont 10% sont des syndiqués isolés. Ils travaillent dans les transports, la santé, les services publics ou encore la construction. Pour tenter de résoudre ce problème majeur, le document d’orientation soumis aux congressistes propose de créer des structures rassemblant les syndiqués isolés d’un même secteur sur un même territoire, sans forcément travailler dans la même entreprise.</p><p>En attendant de trouver une solution pérenne, la confédération reste « un panier percé », d’après ses propres mots. Un motif d’espoir perdure : en 2025, sur les 45 000 nouvelles et nouveaux adhérents, 42 % ont moins de 35 ans, ce qui constitue un rajeunissement notable de l’organisation. Un chiffre qui confirme que la CGT aura assurément un rôle à jouer dans le futur.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 01 Jun 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[La CGT en congrès se prépare à mener la bataille contre l'extrême droite, « la pire ennemie du monde du travail »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Nous sommes à un moment de basculement »</em>, face au <em>« capital [qui] se radicalise »</em> et à une extrême droite <em>« sûre d’être au second tour de la prochaine élection présidentielle »</em>, prévient le <a href="https://54.cgt.fr/document-d-orientation" class="spip_out" rel="external">document d’orientation</a>. Le document est important : il servira de feuille de route à l’organisation pour les trois années à venir. Il sera soumis au millier de délégués mandatés par leurs syndicats pour participer au 54<sup class="typo_exposants">e</sup> congrès confédéral de la CGT, qui se tient du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> au 5 juin 2026 à Tours.</p><p>Contrairement au congrès précédent, où des <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/lelection-de-sophie-binet-modifie-les-equilibres-dans-la-cgt-040117555" class="spip_out" rel="external">candidatures concurrentes</a> à celle soutenue par la direction sortante s’étaient faites connaître, et où les débats avaient été très tendus, ce congrès devrait se dérouler de manière plus apaisée. Et Sophie Binet, actuelle secrétaire générale, devrait être réélue.</p><p>En revanche, à moins d’un an de la prochaine élection présidentielle, la menace d’une accession au pouvoir de l’extrême droite se fait plus prégnante que jamais. Face à cette situation la question du rôle de la CGT tiendra une place centrale dans les débats, non sans une certaine gravité.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/un-robin-des-bois-a-l-envers-le-rn-prend-aux-pauvres-pour-donner-aux-riches">Un Robin des bois à l’envers : le RN prend aux pauvres pour donner aux riches</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/dead1832bc95d48ebcd228cdfe642e-2655d.png?1751389662" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Visuel avec Le Pen et Bardella : &quot;Taxer un peu plus les très très hauts revenus?&quot;, &quot;Heu... on n'a pas d'avis&quot;" /></aside><p><em>« L’extrême droite est la pire ennemie du monde du travail. Elle est raciste, divise les salariés, elle vote contre l’augmentation du SMIC, contre la constitutionnalisation de l’IVG, pour les exonérations de cotisations sociales… »</em>, égrène Nathalie Bazire, membre du bureau confédéral de la CGT, en charge de la lutte contre les idées d’extrême droite.</p><p>La deuxième organisation syndicale du pays tient à différencier nettement l’extrême droite des autres partis. <em>« Elle n’est pas de même nature. Si elle arrive au pouvoir par les urnes, elle fait tout pour garder le pouvoir en s’attaquant aux fondements de la démocratie »</em>, souligne le document d’orientation. Le congrès devra servir à effectuer le bilan de la lutte des trois années passées et à bâtir une stratégie pour celles à venir.</p><h2 class="spip" id="Denoncer-lt-lt-l-imposture-du-RN-et-de-ses-allies">Dénoncer « l’imposture du RN et de ses alliés »</h2><p>Élément notable dans le rapport d’activité 2026 : un des premiers éléments mis en avant dans la lutte contre l’extrême droite n’est pas une bataille strictement syndicale. C’est la mobilisation électorale lors des élections législatives de 2024. Par une prise de position <a href="https://rapportsdeforce.fr/analyse/la-cgt-appellera-t-elle-officiellement-a-voter-front-populaire-061321419" class="spip_out" rel="external">assez inédite</a>, la CGT avait alors appelé à voter pour les candidats du Nouveau Front Populaire. Ses militants s’étaient <a href="https://rapportsdeforce.fr/pas-de-cote/ces-syndicalistes-qui-combattent-lextreme-droite-dans-leur-boite-062621625" class="spip_out" rel="external">largement impliqués</a> dans la mobilisation, organisant tractages et manifestations, pour empêcher le RN de finir en tête des élections.</p><p>Sur le plan syndical : <em>« On a donc amplifié notre stratégie de dénonciation de l’imposture du Rassemblement national et de ses alliés et à former nos militants »</em>, témoigne Nathalie Bazire. La CGT revendique l’organisation de 148 journées d’études depuis 2023, l’organisation d’une campagne intersyndicale lancée en mars 2025 contre le racisme, la xénophobie et l’antisémitisme au travail. Elle tente de développer les <a href="https://visa-isa.org/" class="spip_out" rel="external">« VISA »</a> locaux, associations tenues par des syndicalistes, qui documentent l’action de l’extrême droite sur les différents territoires et forment les militants.</p><p>Elle met aussi en avant les grèves menées par des travailleurs sans papiers, comme celles de <a href="https://basta.media/Travailleurs-sans-papiers-regularises-les-strategies-payantes-d-une-greve-efficace">décembre 2023</a>, qui ont permis la régularisation de 500 d’entre eux. Ou encore son rôle dans l’opposition à la loi <em>« asile et immigration »</em>, voulue par le gouvernement et partiellement censurée.</p><p>Malgré tout, <em>« le sujet est difficile à mettre en débat dans certains secteurs, la formation syndicale ayant même, dans certains cas, été refusée pour éviter les conflits et les décisions qui en auraient découlé »</em>, constate le rapport d’activité. Preuve de l’emprise grandissante des idées d’extrême droite dans le pays, y compris dans le monde syndical.</p><h2 class="spip" id="Quand-l-extreme-droite-attaque-la-CGT">Quand l’extrême droite attaque la CGT</h2><p>Depuis le congrès de 2023, l’extrême droite n’a cessé de progresser électoralement. A l’Assemblée nationale, elle est passée de 89 députés à 139 (122 RN et 17 UDR), au Parlement européen, de 23 députés à 35 (30 RN et 5 Reconquête, parti d’Eric Zemmour) et, en 2026, elle a <a href="https://basta.media/municipales-2026-l-extreme-droite-multiplie-par-trois-le-nombre-de-villes-sous">conquis 62 communes</a>, contre 17 en 2020.</p><p>Forte de cette dynamique, elle multiplie les attaques contre les syndicats et particulièrement la CGT. La preuve la plus frappante : la récente plainte de Sophie de Menthon, pour <em>« injures publiques »</em> contre Sophie Binet. Cette cheffe d’entreprise, qui s’est donnée depuis quelques années le rôle d’<a href="https://rapportsdeforce.fr/pas-de-cote/qui-est-sophie-de-menthon-a-lorigine-de-la-plainte-contre-sophie-binet-120226260" class="spip_out" rel="external">entremetteuse</a> entre l’extrême droite et le patronat, lui reproche la phrase <em>« les rats quittent le navire »</em>, prononcée pour désigner les patrons qui délocalisent leurs sites de production hors de France lorsqu’on cherche à les taxer davantage.</p><p>Cette première plainte a ouvert la porte à une seconde, fin mai 2026. Sophie Binet est alors visée par l’entreprise Tefal, pour diffamation cette fois, parce qu’elle avait accusé l’entreprise de mener <em>« une répression patronale violente »</em>. <em>« Une pratique décomplexée de la répression syndicale »,</em> <a href="https://www.cgt.fr/comm-de-presse/2eme-mise-en-examen-de-sophie-binet-la-cgt-appelle-le-gouvernement-agir-contre-les-procedures" class="spip_out" rel="external">déplore la CGT</a>.</p><p>L’extrême droite n’œuvre pas seulement sur le terrain judiciaire. Lorsqu’elle détient des mairies, elle <a href="https://basta.media/bourses-du-travail-un-contre-pouvoir-syndical-sous-la-pression-des-maires">s’attaque aux bourses du travail</a>, ces lieux d’organisation, de formation et d’accueil du public dévolus aux syndicats. C’est notamment le cas à Carcassonne, où le nouveau maire RN Christophe Barthès a notifié à la CGT, implantée dans la bourse du travail depuis 89 ans, de quitter les lieux avant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juin.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Oui-il-y-a-des-endroits-ou-on-nous-vomit-dessus">« Oui, il y a des endroits où on nous vomit dessus »</h2><p>Alors qu’elle rechignait à intervenir directement dans les entreprises, terrain privilégié du syndicalisme, dont la CGT, l’extrême droite a aussi réussi un coup de force dans le Bas-Rhin, le 5 juillet 2025. Alors que les métallos de BDR Thermea organisaient un meeting contre la fermeture de leur boîte, Théo Bernhard, député RN de la circonscription s’invite à la tribune avec la bénédiction des syndicats locaux FO et CFE-CGC.</p><p>Des militants CGT, minoritaires dans l’entreprise, tentent de huer l’élu mais ils sont vite <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/en-alsace-chez-bdr-thermea-lapolitisme-de-fo-sert-destrade-au-rn-070825231" class="spip_out" rel="external">dégagés par le service d’ordre mis en place par FO</a>, qui les remet à la police.</p><p><em>« C’est le député de la circonscription et il était invité en tant que tel. Qu’il soit RN ou LFI ou quoi que ce soit d’autre, ça ne change rien pour nous car nous sommes apolitiques »</em>, se justifie alors le délégué syndical FO à l’origine de l’exfiltration. <em>« Oui, il y a de plus en plus d’entreprises où les salariés sont perméables aux idées d’extrême droite. Ils ne comprennent plus qu’on s’oppose à la venue d’un député RN »</em>, regrette Laurent Feisthauer, secrétaire général de l’UD CGT du Bas-Rhin.</p><p>Ce type d’événement se multiplient, favorisés par les victoires électorales du RN et la banalisation progressive des discours d’extrême droite. Alors qu’il prend la parole en soutien à la <a href="https://basta.media/requisitions-culpabilisation-greve-un-mois-groupe-clinique-Elsan-ne-veut-pas-ceder">grève des soignants des cliniques Elsan</a>, près de Perpignan, Julien Berthélémy, secrétaire générale de l’UD CGT des Pyrénées-Orientales rappelle que la député RN locale n’est pas bienvenue sur le piquet. <em>« Je sais que ça n’a pas plu à tout le monde. La réaction courante c’est :</em> “on n’est pas là pour faire de la politique”<em>. Mais le syndicalisme c’est de la politique ! Et la CGT a 130 ans de lutte contre l’extrême droite derrière elle. C’est mon rôle de le rappeler »</em>, soutient-il.</p><p>Christelle Somers, secrétaire générale de l’UD CGT du Pas-de-Calais, où 14 mairies viennent de passer aux mains de l’extrême droite, contre 2 en 2020, abonde : <em>« Oui, il y a des endroits où on nous vomit dessus. Le discours dénigrant que vous avez sur les fonctionnaires, il y a le même à propos des syndicalistes. On serait fainéants, privilégiés…Les gens ignorent que c’est grâce aux syndicats qu’ils ont des congés payés, une retraite… Malgré tout, ils font appel à nous quand ils en ont besoin, et dans le Pas-de-Calais, notre nombre d’adhérents augmente ! »</em>. D’avril 2025 à avril 2026, le nombre d’adhérents à l’UD du Pas-de-Calais (environ 14 000) y a légèrement progressé.</p><h2 class="spip" id="Renforcer-la-CGT-ce-lt-lt-panier-perce">Renforcer la CGT, ce « panier percé »</h2><p><em>« Se renforcer, c’est tout l’enjeu de notre congrès. Car comment lutter contre l’extrême droite quand on n’est pas présents dans les entreprises ? »</em>, interroge Julien Berthélémy de l’UD des Pyrénées-Orientales. De fait, en 2026, 70 % des 21 millions de salariés du privé n’ont pas de syndicat CGT dans leur entreprise.</p><p>Avec 607 369 adhérents recensés en 2024, contre 592 967 en 2022, la CGT progresse de nouveau, alors que ses effectifs décroissaient depuis une décennie. Cette augmentation, la confédération l’attribue notamment au pic de syndicalisation enregistré lors de la bataille contre le réforme des retraites, en 2023. Depuis cette date, la CGT a accueilli près de 150 000 nouveaux adhérents. Malheureusement pour la confédération, ils parviennent tout juste à combler les pertes de dizaines de milliers de syndiqués, qui chaque année n’ont pas renouvelé leur adhésion.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Lumir-Lapray-face-a-l-essor-du-vote-RN-il-faut-a-tout-prix-resyndicaliser-les-campagnes">Lumir Lapray : face à l’essor du vote RN, « il faut à tout prix resyndicaliser les campagnes »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/17dcf9d6859ffe5d7c83d60bf56140-56aec.jpg?1773417617" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>La confédération a deux explications : les départs en retraite sans continuité syndicale, et les syndiqués isolés. <em>« Si on prend sa carte mais qu’on est tout seul à adhérer dans son entreprise, il y a des chances qu’on ne voit pas l’utilité du syndicat, et qu’on finisse par partir »</em>, explique Julien Berthélémy. Dans son département des Pyrénées-Orientales, la CGT syndique 3800 personnes, dont 10% sont des syndiqués isolés. Ils travaillent dans les transports, la santé, les services publics ou encore la construction. Pour tenter de résoudre ce problème majeur, le document d’orientation soumis aux congressistes propose de créer des structures rassemblant les syndiqués isolés d’un même secteur sur un même territoire, sans forcément travailler dans la même entreprise.</p><p>En attendant de trouver une solution pérenne, la confédération reste « un panier percé », d’après ses propres mots. Un motif d’espoir perdure : en 2025, sur les 45 000 nouvelles et nouveaux adhérents, 42 % ont moins de 35 ans, ce qui constitue un rajeunissement notable de l’organisation. Un chiffre qui confirme que la CGT aura assurément un rôle à jouer dans le futur.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 01 Jun 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Remigration Summit : l'extrême droite européenne rassemblée pour promouvoir la déportation de masse des immigrés]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Save Our Nation ! Re-mi-gra-tion ! »</em>, scande l’assemblée, reprenant le slogan lancé par Dries Van Langenhove. L’ex-député du parti d’extrême droite belge Vlaams Belang, condamné cette année à un an de prison avec sursis pour racisme, négationnisme et vente d’armes, expose son plan en trois étapes pour la « remigration » : expulsion des immigrés sans papiers, retour forcé des immigrés régularisés délinquants, et incitation à l’autodéportation pour les citoyens naturalisés considérés comme <em>« hostiles à l’Europe »</em>.</p><p>La scène se déroulait devant 400 personnes dans un théâtre de la banlieue de Milan (Italie), lors de la première édition du Remigration Summit, le 17 mai 2025. Un an plus tard, ce samedi 30 mai 2026, se tient la seconde édition de ce sommet à Porto, au Portugal. Les organisateurs de l’évènement se définissent comme une <em>« ONG identitaire de lobby pour la remigration »</em>. Les conférences d’identitaires et d’ex-néonazis venus de toute l’Europe vont s’enchaîner tout au long de la journée.</p><p>Leur objectif ? Imaginer des politiques d’expulsion forcées qui visent les immigrés sans papiers, quelle que soit la raison pour laquelle ils ne sont pas encore régularisés, mais aussi les personnes d’origine étrangère naturalisées ou <em>« descendants d’immigrés non assimilés »</em>. <em>« Ils ne peuvent pas parler de déportation, qui convoque des univers de représentation rarement positifs. Ils parlent donc de remigration »</em>, explique à <em>Basta!</em> Marion Jacquet-Vaillant, maîtresse de conférences en science politique à l’université Paris-Panthéon-Assas, et spécialiste de l’extrême droite.</p><div class="spip_document_22951 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="106" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2684831187 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp?1779924063 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg@.webp?1780052331 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg?1779924135" width="960" height="540" alt="" aria-describedby="by22951-aa013660454d610031e97ceadc25a73c" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dn-2026-01-29-vdfm2bdw-gallery-1-2.jpg?1779924135 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22951-aa013660454d610031e97ceadc25a73c">Eva Vlaardingerbroek, influenceuse identitaire au million d’abonnés, intervenante du Remigration Summit.
</figcaption></figure></div><p>Parmi les participants, vêtus pour l’occasion de costumes-cravates et confortablement installés dans des fauteuils en velours rouge, se cachent d’ex-néonazis et membres de groupuscules d’extrême droite identitaire. <em>« Le style vestimentaire ne masque pas les idées extrémistes, théories du complot et idées inconstitutionnelles exprimées par les intervenants »</em>, commente le groupe antifasciste portugais Boicote Remigration Summit, mobilisé contre le sommet. <em>« Le Remigration Summit normalise les discours haineux et les discriminations, affectant la sécurité, la cohésion sociale et les droits humains. »</em></p><h2 class="spip" id="Des-partis-politiques-d-extreme-droite-de-toute-l-Europe">Des partis politiques d’extrême droite de toute l’Europe</h2><p>Les intervenants y ressassent un discours nauséabond : l’Europe <em>« blanche et chrétienne »</em> doit se réveiller avant d’être effacée, la remigration constituerait le seul rempart face au pseudo <em>« grand remplacement »</em> – une théorie du complot inventée par l’extrême droite.</p><p>À côté des discours, l’évènement permet la mise en réseau de partis politiques et de militants identitaires européens. <em>« Nous voulons dépasser les débats nationaux isolés pour faire émerger un cadre européen commun autour de la remigration »</em>, explique Martin Sellner, militant identitaire autrichien et organisateur du sommet, au média d’extrême droite suisse <em>Les Observateurs</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Une dizaine de partis politiques participent à ces deux premières éditions, et ils ne sont plus marginaux. Les Français sont présents, avec Reconquête, le parti d’Éric Zemmour. <em>« Notre civilisation est attaquée par l’immigration de masse et les idéologies woke. […] Nous devons construire des réseaux forts et efficaces, créer des médias alternatifs, des écoles, des cercles d’influence, résister à la censure et déjouer la surveillance »</em>, déclarait Hilaire Bouyé, président de Génération Z et future tête de liste Reconquête à la mairie du 6<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Paris, lors du Remigration Summit 2025 à Milan.</p><p>Le parti allemand AfD y est également représenté par Lena Kotré, une élue régionale. L’AfD a attiré 20 % des suffrages aux élections fédérales anticipées de 2025. L’Italien Roberto Vannacci, alors vice-président de la Lega, le parti de Matteo Salvini qui participe à la coalition gouvernementale de Meloni, soutenait la première édition du sommet. Le Portugais Pedro Pinto Fari, qui fait partie des jeunes avec Chega (23 % des voix en 2026) y intervient. Ainsi que deux députés espagnols de Vox, Carlos Quero et Rocío de Meer. Leur parti réalise entre 10 % et 15 % des voix en Espagne et leurs élus siègent au sein du groupe présidé par Jordan Bardella (RN) au Parlement européen.</p><div class="spip_document_22952 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="87" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c204793274 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp?1779955145 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg@.webp?1780052458 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22952-e677b2d3feffdee2ac3af7a9821d6a03" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hilaire_boye_reconque_te.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22952-e677b2d3feffdee2ac3af7a9821d6a03">Hilaire Bouyé, président de Génération Z et candidat Reconquête aux municipales 2026.
</figcaption></figure></div><p>Des formations plus mineures y sont également représentées : John McLoughlin pour le National Party irlandais, Frederik Jansen pour le Forum voor Democratie (Pays-Bas), ainsi que le fondateur du Homeland Party anglais, Kenny Smith. Ce mouvement s’est allié à celui du militant d’extrême droite raciste Tommy Robinson, qui clamait, deux semaines plus tôt lors d’une manifestation anti-immigrés et xénophobe le 16 mai à Londres : <em>« Il est temps pour de nombreux musulmans de quitter ce pays. »</em> Au-delà de l’Europe, la candidate trumpiste du Michigan (en 2022) Jacky Eubanks s’était rendue à la première édition milanaise.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/carlos-quero-le-loup-d-extreme-droite-qui-veut-seduire-l-electorat-de-gauche-Espagne">Carlos Quero : le « loup » d’extrême droite qui veut séduire l’électorat de gauche en Espagne</a></aside><h2 class="spip" id="Derriere-la-remigration-une-politique-de-deportation-de-masse">Derrière la remigration, une politique de déportation de masse</h2><p>Derrière l’image institutionnelle donnée par ces partis, le Remigration Summit est coordonné par les membres d’une plateforme, Action Radar Europe, qui réunit suprémacistes blancs, néonazis et multicondamnés pour violences ou racisme. Créé en 2023, ce réseau a pour but de diffuser des idées et maintenir des contacts entre les groupes identitaires de différents pays.</p><p><em>« Notre culpabilité liée à la Seconde Guerre mondiale est toujours très présente et empêche les Européens de discuter de ces sujets. Les Américains ne souffrent pas de ce complexe ! Regardez Trump, il a ouvertement fait campagne et organisé des déportations de masse. Je pense que c’est un terme qui est plus fort que remigration, n’est-ce pas ? »</em> Ce discours était porté par Eva Vlaardingerbroek, une influenceuse identitaire néerlandaise suivie par un million de followers, sur la scène du Remigration Summit 2025.</p><p>À ses côtés, le militant autrichien Martin Sellner est présenté comme le <em>« pape de la remigration »</em>. Il a appartenu à des groupes ouvertement néonazis, dans le giron de Gottfried Küssel, un militant autrichien condamné à onze ans de prison en 1992 pour « renaissance du nazisme ». En janvier 2024, le média d’investigation indépendant allemand <em>Correctiv</em> révèle qu’une réunion secrète a eu lieu entre l’activiste autrichien et des membres du parti allemand AfD pour <em>« planifier l’expulsion de millions de personnes »</em>. En réaction, des centaines de milliers de personnes manifestent contre l’AfD, et Martin Sellner est interdit d’entrée sur le territoire allemand.</p><div class="spip_document_22953 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="105" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3411359489 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp?1779955268 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg@.webp?1780052460 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg" width="960" height="540" alt="" aria-describedby="by22953-b257e959ecf16ef83ed6d203b9fcf9ea" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/montage-junge-tat-2.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22953-b257e959ecf16ef83ed6d203b9fcf9ea">À gauche, les militants du groupe néonazi suisse Junge Tat. À droite, leur leader Manuel Corchia, armé.
</figcaption></figure></div><p>La sécurité du premier sommet de Milan était assurée par Junge Tat, un groupe néonazi suisse. En 2018, le domicile de son fondateur, Manuel Corchia, a fait l’objet d’une perquisition. La police y a découvert plusieurs armes à feu, dont un AK-47. Le groupe est aussi connu pour avoir perturbé une conférence en ligne de l’université d’art de Zurich en criant <em>« Heil Hitler »</em>.</p><h2 class="spip" id="De-Nemesis-a-la-Cocarde-les-ramifications-francaises">De Némésis à la Cocarde, les ramifications françaises</h2><p>Ce groupe néonazi violent entretient également des amitiés en France, comme avec le collectif Némésis. En 2025, <a href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme" class="spip_in">les fémonationalistes françaises</a> organisent une action commune avec leurs homologues allemandes Lukreta et Junge Tat à Bâle. Yona Faedda, figure française du mouvement, s’affiche alors aux côtés du néonazi Manuel Corchia sur une vidéo de promotion. Némésis est aussi proche des organisateurs du Remigration Summit. Alice Cordier, leur présidente, échange régulièrement avec l’activiste autrichien Martin Sellner et l’influenceuse xénophobe Eva Vlaardingerbroek sur le réseau social d’Elon Musk.</p><div class="spip_document_22955 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="123" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2412114915 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp?1779955462 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg@.webp?1780052462 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg" width="960" height="540" alt="" aria-describedby="by22955-2236978aab14bac0de57b57cba7adb3d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/nemesis-junge-eva-sellner-2.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22955-2236978aab14bac0de57b57cba7adb3d">Sur internet, le Collectif Némésis s’affiche proche de Junge Tat et échange avec les organisateurs du Remigration Summit.
</figcaption></figure></div><p><em>« The French are coming »</em>, <em>« See you there »</em>, <em>« Nous avons hâte de participer »</em>. Sur les réseaux sociaux, les groupes français annoncent d’ailleurs leur venue à Porto ce 30 mai. Tous sont des héritiers régionaux de Génération identitaire, organisation dissoute en 2021 : le groupe lillois Nouvelle droite, les Occitans des Jeunes d’Oc et le mouvement provençal Le Maquis. <a href="https://cartofaf.streetpress.com/liste/le-maquis/" class="spip_out" rel="external">Selon StreetPress</a>, l’un de ses membres aurait agressé un maire communiste en 2024 <em>« après avoir proféré des insultes à caractère raciste envers sa fille métisse »</em>.</p><p>Une intervention de Louise Garnier, du syndicat étudiant d’extrême droite la Cocarde et ex-responsable de l’Uni à Sciences Po Paris, est au programme. La jeune femme fait partie du groupe identitaire Les Natifs, connu pour avoir déployé une banderole raciste contre la venue d’Aya Nakamura aux JO et une autre <em>« Paris Want Remigration »</em> (« Paris veut la remigration ») devant le Sacré-Cœur.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Patriots-Network-reseau-figures-montantes-extreme-droite-mondiale-europe-RN-MAGA">Patriots Network : enquête sur le réseau qui agrège les figures montantes de l’extrême droite mondiale</a></aside><p>La présence des Français n’est pas anodine. C’est l’auteur d’extrême droite Renaud Camus qui réactualise le concept de remigration dans son ouvrage <em>Le Grand remplacement</em> en 2011. Le terme se répand rapidement dans les rangs de l’extrême droite française, qui organise dès 2014 des « Assises de la remigration ». Le concept est ensuite exporté en Europe, notamment par Martin Sellner, alors proche du mouvement français Génération identitaire et de Jean-Yves le Gallou.</p><p>L’homme de 77 ans, ancien membre du Front national (devenu Rassemblement national) et conseiller politique d’Éric Zemmour en 2022, est l’invité d’honneur des deux éditions du sommet. Fondateur du cercle de réflexion français d’extrême droite Illiade, il est aussi l’inventeur de la préférence nationale et fervent défenseur de la théorie du grand remplacement.</p><h2 class="spip" id="Vers-une-banalisation-du-concept-de-remigration">Vers une banalisation du concept de remigration ?</h2><p>Pour Martin Sellner, <em>« le sommet constitue un instrument métapolitique »</em>, explique le nostalgique du régime nazi au micro de Radio Courtoisie. <em>« Appliquée aujourd’hui à l’extrême droite, la métapolitique n’a pas pour objectif de proposer un programme électoral, mais vise à investir des espaces en apparence non politiques – culturels, festifs, entrepreneuriaux, religieux ou patrimoniaux – pour embarquer les esprits et normaliser des opinions jusque-là impensables »</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/05/20/la-metapolitique-cette-notion-au-c-ur-de-l-offensive-menee-par-la-droite-reactionnaire-dans-la-culture_6691673_3232.html" class="spip_out" rel="external">décrypte le politiste Tristan Boursier dans <em>Le Monde</em></a>.</p><p>Une stratégie qui porte ses fruits, puisque le concept a traversé l’Atlantique et est repris jusqu’à Donald Trump et Elon Musk. Le terme gagne peu à peu du terrain dans le débat public : il a dernièrement été <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/04/18/rassemblement-de-l-extreme-droite-europeenne-a-milan_6681163_3210.html" class="spip_out" rel="external">scandé par l’assemblée d’un meeting des extrêmes droites européennes à Milan</a>, organisé par le vice-Premier ministre italien Matteo Salvini, en compagnie de Jordan Bardella, ou encore a été entendu dans les rues de Londres le 16 mai dernier.</p><p>Le militant autrichien Martin Sellner envisage désormais de créer un Institut de la remigration, sur le modèle des think tanks politiques. <em>« En deux ans, tout le monde a entendu parler de remigration. Nous allons entraîner tous les partis dans notre direction »</em>, professait-il à Milan il y a un an.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/C9M-groupes-neonazis-identitaires-Nemesis-profitent-argent-public-dons-defiscalises">Comment des groupes néonazis ou identitaires profitent de dons défiscalisés</a></aside><p><em>« La stratégie des identitaires repose sur un activisme visant à faire évoluer l’opinion publique sur le long terme, en mettant l’accent sur des enjeux sociaux et culturels</em>, analyse le Center for the Study of Organized Hate (Centre d’études de la haine organisée, basé à Washington). <em>En 2025, la remigration est devenue grand public »</em>, alerte le centre de recherches. Pour Marion Jacquet-Vaillant, <em>« la diffusion [du concept de] “remigration” marque la réalité de l’influence des identitaires »</em>.</p><p>La portée de cette influence reste <em>« toutefois limitée, car indirecte : sans relais, sans caisse de résonance, les identitaires ne pourraient diffuser leurs idées au sein de leur milieu partisan, encore moins les porter au cœur du débat public »</em>, nuance la chercheuse. Cela semble en train de changer. Les partis politiques institutionnels d’extrême droite, les influenceurs et médias d’opinion de la fachosphère invités au sommet font le reste du travail. Côté français, Radio Courtoisie et le think tank Polémia se chargent de couvrir l’évènement. Et dans la foulée, la chaîne info de Bolloré, CNews, tente de banaliser le concept de remigration en invitant, en mai 2026, Jean-Yves le Gallou, qui est revenu longuement sur ces politiques de déportation massive. Et ce, sans aucun contradicteur.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Remigration-Summit-extreme-droite-europeenne-rassemblee-pour-promouvoir-deportation-de-masse-des-immigres</link>
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      <pubDate>Fri, 29 May 2026 16:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Ciblé par deux textes de lois, des peines de prison et des amendes prohibitives, le mouvement des free parties se mobilise]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« On ne veut pas déranger ni créer de trouble à l’ordre public, on veut juste exister »</em>, explique Kamille* du collectif Tekno Antirep. Ce collectif, créé en 2022 après la répression des free parties en Italie, appelle à des manifestations sur l’ensemble du territoire français à partir du 30 mai pour s’opposer à deux projets législatifs qui répriment durement l’organisation et la participation à ce type d’événement.</p><h2 class="spip" id="t30-000-euros-d-amendes-en-cas-de-participation-a-une-free-party">30 000 euros d’amendes en cas de participation à une free party</h2><p>Car, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’Assemblée nationale et le gouvernement pratiquent la surenchère répressive contre les free parties, avec pas moins de deux textes de loi en discussion sur le sujet, malgré un agenda déjà surchargé. Il y a d’abord la proposition de loi portée par le groupe Horizons – le parti d’Édouard Philippe – à l’Assemblée nationale, et déposée en mars 2025. Cette proposition de loi numéro 1133 vise <em>« à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties »</em>. Le texte initial prévoit six mois d’emprisonnement et 5000 euros d’amende pour toute participation à l’organisation de ces rassemblements festifs non déclarés ou interdits, ainsi que la confiscation du matériel saisi. Les participants pourront, eux, écoper d’une amende de 1500 euros.</p><p>Un an plus tard, le gouvernement engage une procédure accélérée sur ce texte, adopté par les députés le 9 avril 2026, avec le soutien du gouvernement, de la droite et de l’extrême droite. La dernière version du texte est encore davantage durcie : le montant de l’amende pour participation à l’organisation de free parties passe de 5000 euros à 30 000 euros. Tout <em>« rassemblement festif à caractère musical »</em> devra désormais être <em>« déclaré »</em> dès 250 participants attendus – au lieu de 500 précédemment.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Repression-free-party-drogues-reduction-des-risques-Redon-Lieuron-Keep-Smiling">Répression des free party : les forces de l’ordre s’en prennent aux associations de réduction des risques</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1856654f369235e3e06ef49f582f67-636aa.jpg?1779986137" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>En revanche, un amendement présenté par La France insoumise exclut de la liste des organisateurs potentiels les associations – et leurs bénévoles – qui interviennent <a href="https://basta.media/Repression-free-party-drogues-reduction-des-risques-Redon-Lieuron-Keep-Smiling" class="spip_in">pour réduire les risques liés à la consommation de stupéfiants</a>. Le texte doit désormais faire l’objet d’un examen au Sénat, avant une éventuelle commission mixte paritaire si les versions adoptées par les deux chambres ne sont pas identiques.</p><p>Parallèlement à ce texte, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez défend un projet de loi initié par son prédécesseur à la place Beauvau, Bruno Retailleau. Son nom : Ripost, pour <em>« réponse immédiate aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens »</em>...</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Jusqu-a-deux-ans-de-prison-pour-les-organisateurs">Jusqu’à deux ans de prison pour les organisateurs</h2><p>Ce texte fourre-tout est censé s’attaquer à l’usage du protoxyde d’azote, aux consommateurs de stupéfiants, aux rodéos urbains, à l’utilisation de mortiers d’artifice ou aux squats. Mais également aux free parties. Ce mardi 26 mai, le Sénat a adopté ce projet de loi qui accentue encore la répression contre ce mouvement musical et culturel.</p><p>Les peines de prison pour les organisateurs pourront être portées à deux ans, assorties d’une amende de 30 000 euros, auxquelles pourront s’ajouter la confiscation du matériel, du véhicule et la suspension du permis de conduire. Par ailleurs, les juges pourront décider de mesures pour <em>« remettre en état les lieux auxquels il a été porté atteinte »</em>, voire pour <em>« réparer les dommages causés à l’environnement »</em>. Quant aux participants, ils pourront écoper d’une peine de six mois de prison et de 7500 euros d’amende, peines pouvant être remplacées par une amende forfaitaire – délivrée par les forces de police sans décision de justice – de 1500 euros.</p><h2 class="spip" id="Refuser-la-repression-de-la-fete">Refuser la répression de la fête</h2><p><em>« Des lois aussi répressives sont disproportionnées par rapport à des gens qui font la fête. Elles représentent une atteinte aux libertés fondamentales »</em>, dénonce Kamille de Tekno Antirep. Son collectif exige <em>« le retrait de la PPL 1133 et du projet de loi Ripost »</em>, mais aussi <em>« l’arrêt immédiat et définitif des interventions violentes »</em> contre les free parties. Enfin, il réclame <em>« la reprise du dialogue entre les organisateurs et les autorités, à l’échelle locale et nationale »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/free-party-rave-sound-system-repression-desfetes-maskarade-techno-manifestations-loi-securite-globale">« C’est parce que c’est une free party qu’il faut la mater » : comment l’État chasse la jeunesse libre</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/11119a2da313006138fd6be2e6e92c-55e23.jpg?1779986138" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>À travers les manifestations organisées à partir du 30 mai, le mouvement espère peser sur le débat parlementaire, mais aussi rendre visible la répression déjà à l’œuvre contre les free parties. Car, dans les faits, les organisateurs estiment que les autorités multiplient déjà les entraves. <em>« L’amendement Mariani de 2001 imposait une déclaration en préfecture pour les événements de plus de 500 personnes et prévoyait une amende de 1 500 euros pour les organisateurs »</em>, rappelle Kamille. Mais, selon elle, <a href="https://basta.media/free-party-rave-sound-system-repression-desfetes-maskarade-techno-manifestations-loi-securite-globale" class="spip_in">l’État cherche à empêcher ces rassemblements festifs à caractère musical</a>, quelle que soit leur taille.</p><p>Elle précise ainsi que <em>« 70 % des saisies de matériel ont lieu sur des free parties de moins de 500 personnes »</em>, tandis que <em>« les participants se voient systématiquement infliger des amendes de 135 euros pour des motifs extrêmement variés, allant du stationnement dangereux à la simple participation à un rassemblement illégal »</em>.</p><p>Le mouvement craint le pire avec la montée en puissance des outils juridiques contre leurs fêtes. Pour Kamille, de telles lois risquent de <em>« radicaliser une partie des participants et des organisateurs et pousser les free parties encore plus dans la clandestinité »</em>.</p><h2 class="spip" id="Des-lt-lt-manifestives-dans-30-villes">Des « manifestives » dans 30 villes</h2><p>Les « manifestives » contre ces deux projets de loi s’étaleront du samedi 30 mai au samedi 13 juin dans trente villes. Les dates sont échelonnées pour ne pas interférer avec le mois des fiertés LGBTQIA+, et des marches se dérouleront sur la même période.</p><p><strong>–</strong> Ce 30 mai, des milliers de personnes et des dizaines de sound systems sont ainsi attendus à Montpellier, Dijon, Angoulême ou Nevers.<br /><strong>–</strong> Le 31 mai ce sera au tour de Marseille.<br /><strong>–</strong> Puis, le 6 juin, seize manifestations sont prévues, notamment à Lyon, Nantes, Rennes ou Strasbourg.<br /><strong>–</strong> Le 13 juin, cette séquence de mobilisation se terminera avec des manifestations à Paris, Toulouse, ou Bordeaux.</p><p>*Prénom modifié</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 29 May 2026 09:56:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Basta! » en campagne pour faire entrer le sujet des violences policières dans le débat public]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Paul à Antibes, El Hacen à Paris, Hidaya à Mayotte, Mohamed à Sartrouville, Jean-Marc non loin de Perpignan, Abdallah à Rosny … Au moins 22 personnes ont perdu la vie à la suite d’une interaction avec les forces de l’ordre dans les cinq premiers mois de 2026, soit plus de cinq personnes décédées par mois. Ce chiffre est trois fois supérieur à la moyenne constatée sur la décennie 2005-2015.</p><div class="c-logo o-push o-push--aside ml-xxl-4 mb-3 mb-xxl-4"><figure class="mb-0"><picture class="adapt-img-wrapper c92430011 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp?1779956082 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg@.webp?1780040034 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg" alt="" width="960" height="640" class="adapt-img img-fluid" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/logo/infographie-missions-policieres-ayant-entraine-la-mort-2005-2026.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></figure></div><p>Le nombre de personnes tuées lors d’une intervention policière est en nette augmentation depuis 2017. Pourtant, ces statistiques n’existeraient tout simplement pas sans <a href="https://basta.media/webdocs/police/">le travail de recensement minutieux mené par <em>Basta!</em> depuis près de 15 ans</a>. Et sans chiffres fiables, comment faire exister un fait social aussi sensible dans le débat public ?</p><p>Car au-delà de ces chiffres, se pose la question des circonstances dans lesquelles chacun de ces décès se produit : face à quelle situation les policiers ou gendarmes sont-ils intervenus, pourquoi ont-ils fait usage de la force et ce recours à la force était-il légitime ?</p><p>Certaines affaires connaissent épisodiquement un fort retentissement médiatique : Malik Oussekine en 1986, Makomé M’Bowolé en 1993, <a href="https://basta.media/zyed-et-bouna-vingt-ans-apres">Zyed Benna et Bouna Traoré</a> en 2005 ou encore <a href="https://basta.media/Refus-d-obtemperer-le-nombre-de-personnes-tuees-par-un-tir-des-forces-de-l-ordre-a-double-depuis-2017-Darmanin">Nahel Merzouk</a> en 2023. Mais avant 2014, aucune donnée officielle n’était rendue publique sur le sujet, aucune source d’information indépendante – journalistique, militante ou universitaire – ne recensait l’ensemble de ces affaires. Il était donc impossible d’avoir une vue d’ensemble de ce phénomène. Et donc des tendances et des schémas récurrents.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-La-seule-base-de-donnees-independante-et-fiable">« La seule base de données indépendante et fiable »</h2><p><a href="https://basta.media/webdocs/police/">La base de données sur les violences policières létales</a>, que nous avons patiemment élaborée à partir de multiples sources et grâce à une veille constante, est venue lever ce voile et combler cette absence d’information. Ces informations ont été depuis largement utilisées par des chercheurs et chercheuses, des élus, des collectifs militants, des ONG, les familles de victimes et des journalistes.</p><p>Cette base de données, <em>« la plus complète en la matière »</em> (<em>Libération</em>) et <em>« la seule base de données indépendante et fiable disponible à ce jour »</em> (<em>Mediapart</em>), a poussé en 2018 le ministère de l’Intérieur à produire, enfin, des statistiques publiques avec, désormais, les recensements réalisés par l’IGPN (l’inspection générale de la police nationale) et l’IGGN (pour la gendarmerie).</p><p>À l’image de ce qu’il se passe aux États-Unis depuis le deuxième mandat de Donald Trump, <a href="https://www.humanite.fr/politique/extreme-droite/sebastian-roche-sociologue-au-cnrs-la-france-se-singularise-en-europe-par-la-repetition-des-brutalites-policieres-et-des-deces-lors-dinterventions" class="spip_out" rel="external">la possible arrivée de l’extrême droite au pouvoir en France pourrait renforcer l’arbitraire policier</a> et le sentiment d’impunité des agents, qui se rendraient coupables de violences illégitimes. Voilà pourquoi il est urgent d’imposer ce sujet dans le débat public, alors que la campagne présidentielle débute.</p><h2 class="spip" id="Collaborer-avec-des-ONG">Collaborer avec des ONG</h2><p>Pour cela, nous allons lancer un nouvel outil de partage et de visualisation de notre base de données d’ici la fin de l’année. La précédente est devenue obsolète, trop compliquée à maintenir (c’est pourquoi elle n’est plus mise à jour depuis 2023 alors que nous disposons des données) et trop limitée dans ses fonctionnalités.</p><p>Nous souhaitons également collaborer avec les ONG et organisations qui étudient le phénomène des violences policières pour maximiser l’impact de nos informations et de nos expertises. Car au-delà des décès, le nombre d’affaires de violence par personne dépositaire de l’autorité publique est aussi en nette augmentation : +60 % entre 2016 et 2024 alors même que les effectifs de l’IGPN diminue, comme l’a montré <a href="https://www.flagrant-deni.fr/rapportlespolicesdespolices/" class="spip_out" rel="external">l’ONG Flagrant déni dans un récent rapport</a>.</p><p>Ces violences sont parfois totalement illégitimes, à l’image de l’affaire que nous révélons aujourd’hui : <a href="https://basta.media/Violence-policieres-Drome-Toufik-autiste-et-malentendant-blessures-garde-a-vue-plainte" class="spip_in">Toufik, un jeune homme de 34 ans en situation de handicap, autiste et atteint de surdité, interpellé dans un parc public, puis roué de coups à la tête et sur le corps, et étranglé par le genou d’un policier</a>. Embarqué au commissariat, le jeune homme y subit une garde à vue de 40 heures avant d’être libéré par un médecin psychiatre, qui juge son état inapte à la détention. Toufik ne fait l’objet d’aucune poursuite à la suite de son interpellation, ce qui pose la question des raisons pour lesquelles les policiers sont intervenus violemment, mais aussi celles de son placement en garde à vue.</p><h2 class="spip" id="Un-nouvel-outil-de-datavisualisation-agile-et-interactif">Un nouvel outil de datavisualisation agile et interactif</h2><p>Pour garantir une place au sujet des violences policières dans le débat public, et pour financer notre nouvel outil de datavisualisation, <a href="https://basta.media/don"><strong>nous devons réunir 5000 soutiens durables</strong></a>. C’est-à-dire 5000 personnes qui activent un don mensuel ou annuel.</p><p>Le futur site que nous voulons bâtir proposera :</p><p> <strong>Une mise à jour en temps réel</strong> des cas de décès, avec un renvoi vers les sources.</p><p> <strong>Un système de requête</strong> pour obtenir des visualisations en direct et téléchargeables selon une multitude de critères (âge, lieu, circonstances et causes de la mort, période, unité impliquée, ouverture ou non d’une enquête…).</p><p> <strong>Une cartographie fine</strong>, avec des échelles variables et une possibilité de croisement avec les critères des requêtes.</p><p> <strong>Un trombinoscope</strong>, où retrouver les détails de chaque affaire et les personnes, au-delà des statistiques.</p><p> <strong>Un recensement des suivis judiciaires</strong> donnés à chaque affaire, avec des statistiques précises sur les types de condamnation, les non-lieux et les relaxes.</p><p>Si vous trouvez ce projet nécessaire, nous vous invitons à le soutenir, <a href="https://basta.media/don" class="spip_in">en faisant un don</a> ou en le faisant connaître le plus largement autour de vous.</p><p>On compte sur vous !</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 29 May 2026 09:35:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Toufik, 34 ans, autiste et malentendant : victime de violences policières]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10524 c-content_text texte surlignable"><p>Le 24 avril à Portes-lès-Valence (Drôme), Toufik, un homme de 34 ans atteint d’autisme et de surdité, est violemment interpellé par la police dans un parc après le signalement d’une mère l’accusant d’avoir parlé à sa fille. Malgré l’intervention de plusieurs témoins puis de proches de Toufik pour informer les policiers de son handicap, ceux-ci poursuivent l’intervention brutale et placent Toufik en garde-à-vue. Il est libéré un jour et demi plus tard, sans aucune poursuite. Basta! est allé à la rencontre de Toufik et de sa famille.</p></div><div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=toufik-34-ans-autiste-et-malentendant-victime-de-violences-policieres?var_fav=article-10524" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 28 May 2026 16:48:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« C'était inhumain. Même à un chien, on ne fait pas ça » : Toufik, autiste et malentendant, violenté par la police]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Autour de la table sur la terrasse, entourée de colonnes blanches et baignée par le soleil, tous les visages de la famille se concentrent sur un seul d’entre eux : celui de Toufik, 34 ans. Le jeune homme en situation de handicap, autiste, atteint d’une atrophie cérébrale et de surdité, cherche ses mots. Ses proches hochent la tête pour l’encourager. L’habituel sourire immense de Toufik a disparu : il fronce les sourcils pour mieux convoquer ses souvenirs, encore vifs. <em>« Je me promenais dans le parc et là… »</em> - il mime à ses poignets des menottes. <em>« La police… Ils m‘ont traîné. J’ai eu peur. Je criais, je pleurais. Frappé ici, ici, ici »</em> - il désigne la tête, les épaules, le dos. <em>« Je ne pouvais plus respirer »</em>, mime-t-il encore, les mains sur la gorge.</p><p>Alors qu’il se baladait à vélo dans un parc de la commune de Portes-lès-Valence, au sud de Valence, Toufik est interpellé par les forces de l’ordre vers 17h15, le vendredi 24 avril. D’après les témoins et la presse locale, il pourrait s’agir de la brigade motorisée de gendarmes de Valence accompagnée de la police nationale de Valence. Toufik a l’habitude de se promener là à pieds ou à vélo, <em>« presque tous les jours »</em>, explique-t-il.</p><div class="spip_document_22946 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="87" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1927019946 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp?1779960449 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg@.webp?1779900625 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg" width="960" height="540" alt="" aria-describedby="by22946-bdca9de72c2693310153bddad850af01" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-05-27_at_18.10_23.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22946-bdca9de72c2693310153bddad850af01">Toufik dans sa chambre raconte son interpellation et sa garde-à-vue.
Basta / Le Media
</figcaption></figure></div><p>Pourquoi cette intervention ? Les circonstances ne sont pas encore claires : la famille et les témoins savent qu’une mère de famille a appelé les forces de l’ordre, après que Toufik se soit approché d’elle et de sa fille. <em>« Vers 16h45, j’étais assise sur un banc avec une amie. Toufik est venu vers moi me saluer. Il m’a expliqué qu’une dame lui avait mis une claque »,</em> raconte Lucie, une témoin des faits, qui travaille à l’hôpital de Valence et promène souvent son fils dans ce parc.</p><p><em>« Pour les gens qui ne le connaissent pas, son approche peut être déroutante mais il ne faut pas être gêné par son handicap : Toufik dit bonjour à tout le monde, toujours avec respect »,</em> tente d’analyser Lucie, qui assure que Toufik a toujours été bienveillant et correct avec elle et son enfant. <em>« Je lui ai dit qu’une claque, ce n’était pas normal. Mais Toufik était déjà passé à autre chose. On a discuté pendant une demie-heure, puis il a continué son tour à vélo, quand soudain, j’ai vu arriver des policiers qui l’ont poussé du vélo. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Toufik-au-sol-criait-de-douleur">« Toufik, au sol, criait de douleur »</h2><p>C’est à l’entrée du parc que le déchaînement de violences décrit par Toufik et plusieurs témoins commence alors. Là, un skatepark et une aire de jeux pour enfants encadrent de part et d’autre une allée boisée. Lorsque les forces de l’ordre interviennent, en ce vendredi soir d’avril, le parc est rempli de monde. De nombreux témoins assistent donc à la scène. Onze attestations ont été produites et consultées par <em>Basta!</em>.</p><p>Plusieurs décrivent Toufik maintenu à terre <em>« par quatre policiers »</em>, alors que le jeune homme <em>« est inoffensif et surtout lourdement handicapé »</em>, précise l’une d’elles. Lucie voit les policiers s’appuyer avec leurs genoux sur son dos, ce qui pourrait correspondre à la technique du plaquage ventral, dont les risques <a href="https://www.amnesty.fr/reperes/quels-sont-les-risques-dun-plaquage-ventral/" class="spip_out" rel="external">sont largement documentés</a>. Au moins un policier aurait placé son genou au niveau de son cou, l’empêchant de respirer, selon Toufik et des témoins.</p><p>Les coups reçus cassent l’un de ses appareils auditifs, et envoient valser l’autre loin dans les buissons – la famille ne le retrouvera que deux jours plus tard. <em>« Je les aussi ai vu traîner son visage contre le sol »</em>, ajoute Lucie. <em>« C’était inhumain. Même à un chien, on ne fait pas ça. Mon fils était là avec moi, on était sous le choc. »</em>.</p><div class="spip_document_22942 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende" data-legende-len="123" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2773249955 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp 1440w, local/adapt-img/815/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp?1779960502 1630w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 1440w, local/adapt-img/815/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 1630w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp 1080w, local/adapt-img/815/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp 1223w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 1080w, local/adapt-img/815/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 1223w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp 720w, local/adapt-img/815/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png@.webp?1779897210 815w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/815/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png" width="815" height="447" alt="" aria-describedby="by22942-70e1bf0c8fa026f38fd9e921a1199728" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 720w, local/adapt-img/815/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_17.51_28.png 815w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22942-70e1bf0c8fa026f38fd9e921a1199728">Les blessures de Toufik constatées à l’hôpital de Valence, le 26 avril, à sa sortie de garde-à-vue.
Maïa Courtois / Basta
</figcaption></figure></div><p><em>« Toufik, au sol, criait de douleur. J’ai moi-même tenté de dire au policier en face de moi qu’il était handicapé. Toufik ne pouvait plus respirer. J’ai vu un des policiers lui mettre un grand coup de poing dans le dos »,</em> décrit Francis, la cinquantaine et commerçant à Portes-les-Valence. Ce grand homme à l’air jovial, la voix tonitruante, vient sonner au portail le jour de notre visite à la famille, pour leur apporter de nouveau son soutien.</p><p>Car Toufik est bien connu dans la commune. Tous les témoins décrivent un jeune homme <em>« très agréable »</em>, <em>« respectueux »</em>, <em>« poli »</em>, <em>« très apprécié dans le secteur »</em>, qui <em>« dit bonjour à tout le monde »</em> avec <em>« gentillesse »</em> et n’a <em>« jamais eu de comportement déplacé »</em> ni avec les enfants ni avec les adultes.</p><h2 class="spip" id="t40-heures-de-garde-a-vue-lt-lt-sans-rien-entendre-ni-comprendre">40 heures de garde-à-vue, <em>« sans rien entendre ni comprendre »</em></h2><p>Dès que Toufik est mis à terre, plusieurs personnes comme Francis s’empressent de signaler son handicap à la police. Dans une vidéo filmée de l’arrestation et consultée par <em>Basta!</em>, des enfants s’indignent de voir cet homme en situation de handicap maintenu ainsi à terre. Plusieurs témoins racontent également qu’un policier debout, avec une bombe lacrymogène dans la main, a empêché l’attroupement de s’approcher et de filmer davantage.</p><p>Youcef, le père de Toufik, est le premier de ses proches à arriver sur place. Quand il revit la scène, l’allure droite, ses yeux se plantent dans ceux de son interlocuteur. <em>« Ils se sont défoulés sur lui. Un agent de la brigade motorisé m’a dit "c’est moi qui l’ai frappé", alors que mon fils est reconnu handicapé à 80 %. »</em> Meriem, la sœur jumelle de Toufik, rejoint son père au moment où les forces de l’ordre embarquent son frère dans un fourgon. <em>« On m’a dit que je devais aller au commissariat pour parler avec la police »</em>, rapporte-t-elle d’une voix douce. Elle a juste le temps de voir un policier refermer la porte sur le pied de son jumeau. Toufik, lui, nous mime encore des coups dans la fourgonnette : <em>« La police était méchante. La police me disait : tais-toi ! »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Un-jeune-tabasse-par-la-police-lors-d-une-perquisition-infructueuse-a-Ivry">Un jeune tabassé par la police lors d’une perquisition infructueuse à Ivry</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1b068794b9c5084f4e4ca65c95059d-285da.jpg?1779895115" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Toufik reste 40 heures en garde-à-vue. <em>« Je faisais des cauchemars. Je ne dormais pas. Il faisait tout noir »</em>, se souvient le jeune homme. Il est libéré dimanche matin, suite à l’expertise d’un médecin psychiatre, sollicité par le parquet, qui le juge inapte à la garde-à-vue. Le hasard a voulu que ce soit le médecin psychiatre de Toufik depuis son enfance qui ait été appelé. Dans ce laps de temps, la famille s’est déplacée au commissariat, dès le vendredi soir, pour alerter sur son handicap et demander à le voir. Peine perdue. <em>« À ce moment-là, on ne savait même pas que ses appareils auditifs étaient cassés et perdus. Il ne devait rien entendre, rien comprendre »</em>, s’attristent ses proches.</p><p><em>« L’expertise psychiatrique a conclu que ce client était irresponsable pénalement du fait de son handicap de sorte que la garde-à-vue n’avait plus d’intérêt et a été levée »,</em> précise l’avocat de la famille, Romaric Chateau. La famille tente de déposer plainte au commissariat dès le vendredi soir contre ces violences, quelques heures après l’interpellation. Elle assure avoir essuyé un refus net de la part des agents de prendre la plainte.</p><h2 class="spip" id="La-version-policiere-diffusee-dans-la-presse-locale-en-pleine-garde-a-vue">La version policière diffusée dans la presse locale en pleine garde-à-vue</h2><p>La famille, encore sous le choc, a porté plainte le 29 avril auprès du procureur de la République de Valence pour violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique et atteinte aux droits fondamentaux d’une personne handicapée. <em>« On estime que les violences utilisées par les policiers sont totalement disproportionnée. Il est handicapé, malentendant et ses appareils auditifs lui ont été enlevé donc il est complètement déboussolé et ne peut pas réagir en étant violent. On ne comprend pas ces violences dont il a été victime »</em>, résume Romaric Chateau.</p><p>L’IGPN est également saisi par le conseil de la famille. Dans un courrier du 30 avril, le directeur territorial de l’association APF France Handicap apporte son <em>« attention particulière »</em> à la situation de Toufik, au nom de la défense des droits des personnes en situation de handicap <em>« en particulier celles en situation de vulnérabilité »</em>. Et encourage la famille à saisir également le Défenseur des droits.</p><p>Sollicité sur les suites qu’il compte donner à la plainte de la famille, le procureur de la République de Valence n’a pas souhaité nous répondre, mettant en doute notre qualité de journaliste avant d’affirmer que le <em>« parquet réserve son attention et ses réponses aux conseils et justiciables qui le saisissent »</em>.</p><div class="spip_document_22941 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende" data-legende-len="243" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3121002556 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp 1440w, local/adapt-img/908/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp?1779960621 1816w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 1440w, local/adapt-img/908/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 1816w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp 1080w, local/adapt-img/908/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp 1362w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 1080w, local/adapt-img/908/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 1362w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp 720w, local/adapt-img/908/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png@.webp?1779896408 908w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/908/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png" width="908" height="756" alt="" aria-describedby="by22941-3e9d9e1cf7bd2b782233144999c5b12c" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 720w, local/adapt-img/908/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.49_25.png 908w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22941-3e9d9e1cf7bd2b782233144999c5b12c">L’article du Dauphiné Libéré dans lequel le syndicat policier Alliance de la Drôme donne sa version des faits, alors que Toufik est encore en garde-à-vue, sans que la famille ait pu avoir la moindre information sur le motif de l’arrestation.
</figcaption></figure></div><p>Pourtant, au cours de sa garde-à-vue, la presse locale s’est fait le relais de la version préfectorale. Un premier article est paru dès le samedi matin, après la première nuit de garde-à-vue de Toufik, dans Ici (ex-France Bleu). L’article indique que Toufik aurait <em>« mordu un policier »</em> lors de son arrestation, après avoir <em>« abordé deux enfants de 7 et 9 ans, avant de s’en prendre à leur mère »</em>. Un second article suit le même jour, cette fois dans <em>Le Dauphiné Libéré</em>. Il est titré : <em>« Ce déferlement de violence est inadmissible »</em>. Il ne désigne pas l’action policière... Mais bien Toufik.</p><p>Le secrétaire départemental du syndicat Alliance Drôme lui-même y donne sa version des faits. Alors même que Toufik est encore en garde-à-vue, et que la famille n’a aucune information à son sujet. <em>« Cet individu a pris violemment à partie les policiers. Il est allé jusqu’à en frapper plusieurs et a mordu l’un d’entre eux jusqu’au sang ! »</em>, affirme le responsable syndical. Cinq jours d’arrêt de travail mais aucune incapacité temporaire de travail (ITT) n’a été délivrée au policier concerné, selon la presse locale.</p><p>La famille a également porté plainte pour diffamation publique, suite à ces articles. Ceux-ci proviennent <em>« forcément de la communication des services de police et des services du parquet, puisqu’il n’y a qu’eux qui ont accès à la procédure »</em>, épingle l’avocat Romaric Chateau. Qui ajoute qu’une morsure, <em>« généralement, c’est plutôt un acte de défense : on vous prend la tête vous vous débattez, vous mordez. Mais pour l’instant je n’ai pas accès au dossier »</em>, pour faire la lumière sur ces circonstances.</p><h2 class="spip" id="Aucune-charge-retenue-mais-des-sequelles-graves">Aucune charge retenue, mais des séquelles graves</h2><p>Toufik ne fait l’objet d’aucune poursuite suite à sa garde-à-vue. Aucune plainte n’a été portée à la connaissance de la famille. La préfecture n’a pas, pour l’heure, répondu à nos questions.</p><p>En revanche, les séquelles physiques et psychologiques qu’il en garde sont durables. Un arrêt de travail de huit jours lui est délivré à sa sortie, ainsi qu’une ITT de six jours. Des certificats médicaux attestent de contusions au visage, aux épaules ; d’hématomes aux pectoraux, au bras ; de griffures aux poignets, au thorax, aux genoux ; et d’une dent cassée. Toufik nous la montre du doigt, en première ligne de son sourire. Dans sa chambre, une fenêtre ouverte sur un balcon donne de l’air à la pièce. Le décor est simple : un lit collé au mur, un grand écran et une confortable chaise pour jouer à ses jeux vidéos préférés sur la Playstation. Le jeune homme commence tout juste à accepter de ressortir de chez lui. Plus jamais seul, toujours accompagné.</p><p>Les médecins l’ont noté dans leurs certificats : <em>« Anxiété »</em>, <em>« appréhension anticipatoire »</em>, <em>« peur de sortir »</em>. Au rez-de-chaussée, Walid, son petit frère, confie avoir vu le changement chez son frère. D’ordinaire enjoué, Toufik est devenu <em>« souvent pensif, le visage grimaçant. Il a tout le temps peur, aussi. Il sursaute dès que j’entre dans sa chambre. »</em></p><div class="spip_document_22939 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="92" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2190312586 png loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png@.webp 960w, local/adapt-img/507/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png@.webp?1779896237 1014w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png 960w, local/adapt-img/507/20x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png 1014w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png@.webp 720w, local/adapt-img/507/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png@.webp 761w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png 720w, local/adapt-img/507/15x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png 761w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png@.webp 480w, local/adapt-img/507/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png@.webp?1779895875 507w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/507/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png" width="507" height="827" alt="" aria-describedby="by22939-e00dc473390d5913113e2defa4e0d21b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png 480w, local/adapt-img/507/10x/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-05-27_a_16.44_15.png 507w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22939-e00dc473390d5913113e2defa4e0d21b">Toufik entouré de sa famille dans leur maison, à Portes-lès-Valence.
Maïa Courtois / Basta
</figcaption></figure></div><p>Derrière lui, des photos montrent la famille soudée, en haut d’une montagne de la vallée de la Vanoise. Dans ce salon lumineux, parfaitement rangé, trône un piano blanc. C’est celui de Meriem, qui y a inscrit soigneusement, sur chaque touche, la note correspondante. La mère de Toufik, pilier de l’unité de la famille, apparaît discrètement dans un coin de cette grande pièce calme. Quand on lui demande ce qu’elle attend de la justice, elle balaie de la main : <em>« Moi, tout ce qui m’importe, c’est que j’ai retrouvé mon fils vivant »</em>. Sa paume sur le cœur et ses yeux brillants suffisent à raconter l’angoisse qui l’a étreint pendant les 40 heures de garde-à-vue sans nouvelles de son fils. <em>« Je savais juste qu’il avait été emmené en sang là-bas. On a <a href="https://basta.media/Refus-d-obtemperer-malaises-en-detention-Le-bilan-2024-des-interventions-policieres-letales">entendu tellement d’histoires comme celles-là</a>... »</em></p><p>Pour ses premières sorties, la mère de Toufik l’a accompagné à la fête foraine de la commune. Il y ont croisé la police municipale de Portes-lès-Valence. <em>« En les voyant, mon fils s’est recroquevillé d’un coup, ce qui ne lui arrivait jamais. D’habitude, il leur dit bonjour : les policiers municipaux le connaissent très bien, il va même prendre le café dans leurs bureaux »</em>. Mise au courant des faits, une agente l’a rassurée : <em>« Elle répétait : c’est moi Toufik, c’est moi, et elle l’a pris dans les bras à la fin. »</em></p><p>Toufik recommence aussi à se rendre dans les locaux du GEM (groupe d’entraide mutuelle) éCLAIR, une association proposant des activités en journée aux personnes avec cérébro-lésions. Dans un courrier de soutien à la famille, la responsable GEM éCLAIR décrit un homme <em>« plein de bonne volonté, heureux de partager du temps avec ses pairs »</em> et qui n’a jamais fait preuve <em>« d’agressivité ou de violence »</em>. Le jour où il est revenu dans leurs locaux, accompagné par ses parents, ses camarades lui avaient préparé un goûter d’accueil. Avec un éducateur du centre, Toufik a commencé à mettre en mots, par le théâtre, ce qui lui est arrivé.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 28 May 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Bourses du travail : un contre-pouvoir syndical sous la pression des maires]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Au-delà de l’entrave syndicale, c’est une grave entrave à la liberté d’expression »</em>, alerte Éric Martin au sortir d’une réunion à la préfecture de l’Aude, vendredi 22 mai. Le secrétaire de l’union territoriale interprofessionnelle CFDT de Carcassonne est allé plaider la cause des syndicats audois, avec la CGT, Force ouvrière et la FSU.</p><p>Dans le département, les organisations syndicales sont en butte à la <a href="https://basta.media/Mairie-RN-Carcassonne-les-syndicats-refusent-expulsion-Bourse-du-travail" class="spip_in">pression du nouveau maire RN</a> de Carcassonne, Christophe Barthès. Le 30 avril, ce dernier annonçait en fin de conseil municipal cesser l’attribution, par la commune, de locaux pour la CGT, la CFDT, la FSU et Solidaires, qui s’étaient rendus coupables, à ses yeux, d’un soutien à une manifestation de lycéens contre l’extrême droite la veille. <em>« Nous ne sommes pas d’accord avec le maire de Carcassonne et nous sommes punis »</em>, en déduit le responsable de la CFDT Éric Martin. Il met en avant la nécessité de <em>« demander une sacralisation des Bourses du travail et des locaux syndicaux »</em>.</p><p>La CGT a reçu une notification lui enjoignant de quitter la Bourse du travail, où elle est implantée depuis 89 ans. Et ce, avant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juin. Deux manifestations sont prévues à Carcassonne contre cette attaque du maire. L’une jeudi 28 mai à 18 heures devant la mairie, pendant que se tiendra un conseil municipal. L’autre le samedi 6 juin avec les lycéens mobilisés fin avril autour du <a href="https://nouscarcassonne.fr/" class="spip_out" rel="external">collectif Nous Carcassonne</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Mairie-RN-Carcassonne-les-syndicats-refusent-expulsion-Bourse-du-travail">Mairie RN de Carcassonne : les syndicats refusent leur expulsion de la Bourse du travail</a></aside><h2 class="spip" id="Des-dizaines-de-Bourses-du-travail-menacees">Des dizaines de Bourses du travail menacées</h2><p>Au-delà du cas de la cité médiévale, à travers la France, une soixantaine de Bourses du travail sont menacées. <a href="https://www.cgt.fr/actualites/france/libertes-syndicales/libertes-syndicales-menace-sur-les-bourses-du-travail" class="spip_out" rel="external">La CGT a publié en février</a> une carte de celles qui risquent l’expulsion, la fermeture, ou qui font face à diverses entraves.</p><p>À Béziers, le maire d’extrême droite Robert Ménard a, par exemple, tenté en 2020 <a href="https://rapportsdeforce.fr/pouvoir-et-contre-pouvoir/robert-menard-abandonne-lexpulsion-des-syndicats-de-la-bourse-du-travail-de-beziers-10088187" class="spip_out" rel="external">d’expulser les syndicats de la Bourse du travail</a> pour y installer des policiers municipaux. En vain.</p><p>Et l’extrême droite n’est pas la seule à avoir des velléités de reprise en main des locaux syndicaux. Ainsi, le maire de droite de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, avait demandé à la CGT de quitter la Bourse du travail dès 2015. Sans succès. Depuis, d’autres mairies de droite, comme les villes de Montauban ou Arles lui ont emboîté le pas.</p><p>À Aubervilliers, en région parisienne, la Bourse du travail fait l’objet d’une âpre bataille depuis 2023. La maire de droite UDI Karine Franclet voulait la fermeture des 400 mètres carrés de locaux dédiés aux syndicats. <em>« La maire disait que la Bourse du travail ne servait à rien, que cela coûtait trop d’argent. Elle a rompu la convention d’occupation nous plaçant sans droit ni titre »</em>, détaille Manuel, du syndicat Solidaires. Un <a href="https://rapportsdeforce.fr/breves/deux-manifestations-contre-la-fermeture-de-la-bourse-du-travail-daubervilliers-112419760" class="spip_out" rel="external">bras de fer avec une intersyndicale</a> composée de la CGT, la FSU et Solidaires s’est finalement conclu par la victoire des syndicats après deux décisions de justice.</p><p>Parfois, ce sont aussi les surfaces mises à disposition qui sont menacées d’être réduites, ou les moyens financiers octroyés pour l’entretien des lieux ou le ménage qui sont retirés.</p><h2 class="spip" id="Des-lieux-essentiels-aux-salaries">Des lieux essentiels aux salariés</h2><p>En s’attaquant aux Bourses du travail, ces maires s’en prennent en fait aux salariés. <em>« En moyenne, 15 à 20 personnes viennent nous demander des renseignements chaque semaine. Ces locaux nous permettent de recevoir des salariés isolés qui n’ont pas de présence syndicale dans leur entreprise »</em>, décrit Éric Martin, de la CFDT de l’Aude. Le tissu économique autour de Carcassonne est composé <em>« majoritairement de petites entreprises de moins de dix salariés »</em>, ajoute le responsable syndical. Celles justement dans lesquelles les capacités syndicales sont les plus faibles, et où les employeurs n’ont pas l’obligation de fournir un local aux représentants du personnel. Dans ces petites entreprises, les syndicats ne peuvent pas tenir des permanences. D’où l’importance des Bourses du travail.</p><p>L’accès aux droits est une des raisons principales pour laquelle des salariés poussent la porte des Bourses du travail. <em>« Beaucoup viennent nous voir parce que, comme on a tué les services publics, ils n’ont plus d’endroit où ils peuvent rencontrer quelqu’un pour avoir des réponses à leurs questions</em>, dit Myriam Rivoire, secrétaire de l’union locale CGT de Montpellier, investie depuis 2023 dans le conseil aux salariés. <em>On a au moins cinq personnes par jour qui viennent nous voir sur le site, et une vingtaine de courriels chaque jour de gens qui appellent à l’aide. »</em> Ce sont des personnes syndiquées ou non, indique la syndicaliste.</p><p>Et les motifs sont divers. Il y a <em>« des questions sur le contrat de travail, une convocation à un entretien préalable au licenciement, des difficultés dans leur emploi ou parce qu’on ne leur a pas payé leur salaire »</em>, énumère Myriam Rivoire. Son union locale a mis en place des permanences spécialisées pour les employés du commerce, de la construction, du bricolage et de la propreté.</p><p>Ces besoins, on les retrouve aux quatre coins du territoire dans les permanences d’accueil des syndicats au sein des Bourses du travail. Avec des nuances liées aux bassins d’emploi concernés. <em>« Ici, la CGT reçoit beaucoup de gens du secteur médico-social et de la restauration. Nous, on a beaucoup de gens du bâtiment et de la culture</em>, explique Manuel, militant de Solidaires impliqué à la Bourse du travail d’Aubervilliers.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/notre-force-c-est-qu-on-connait-le-monde-du-travail-permanence-juridique-syndicat">« Notre force, c’est qu’on connaît le monde du travail » : à la permanence juridique d’un syndicat</a></aside><p><em>« Dans cette période où les plans sociaux se multiplient et où la précarité gagne du terrain, les Bourses du travail sont souvent le seul endroit pour les travailleurs pour rencontrer des gens qui sont à l’écoute et qui peuvent permettre l’organisation de défenses collectives ou individuelles »</em>, rappelle Gérard Ré, membre du bureau confédéral de la CGT. Pour lui, ces lieux sont d’autant plus d’intérêt général qu’il n’y a pas assez d’inspecteurs du travail en France.</p><h2 class="spip" id="Un-espace-d-organisation">Un espace d’organisation</h2><p>Au-delà de l’accueil individuel des travailleuses et des travailleurs, les Bourses du travail sont aussi un outil collectif incontournable. <em>« C’est un lieu d’organisation et de formation syndicale : 50 % de notre temps, c’est de la formation et de l’aide aux syndicats professionnels, 50 %, c’est de l’accueil des salariés »</em>, évalue Myriam Rivoire. Une tendance que confirme Manuel, de Solidaires à Aubervilliers : <em>« Il y a des réunions et des formations syndicales tout le temps. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Les Bourses du travail permettent aux adhérents de se former à la vie syndicale, qu’elle soit pratique ou plus théorique. <em>« On forme les élus aux règles du comité social et économique ou de la commission santé, sécurité et conditions de travail, mais aussi à l’éducation syndicale et populaire »</em>, explique Gérard Ré, de la CGT. Les sujets interprofessionnels, comme les retraites, la Sécurité sociale ou les salaires font aussi l’objet de transmission de connaissances, rarement délivrées dans les syndicats d’entreprise.</p><h2 class="spip" id="Des-Bourses-du-travail-a-la-main-des-maires">Des Bourses du travail à la main des maires</h2><p>Mais aujourd’hui, le rêve d’autonomie ouvrière à l’origine de création des Bourses du travail, dans les années suivant la légalisation des syndicats en 1884, est très dépendant du bon vouloir des municipalités. <em>« La plupart du temps, pour ne pas dire toujours, c’est la mairie qui octroie des locaux »</em>, indique Gérard Ré. Et en la matière, il existe une grande disparité de situations. <em>« Il y a des conventions d’occupation, rarement un bail, parfois une attribution de locaux »</em> sans droit ni titre, explique le responsable CGT. Lorsqu’il y a une convention, celle-ci peut être fixée pour une durée de trois, cinq ou dix ans. Parfois, elle n’indique pas de date de fin, et peut être renouvelée par simple reconduction tacite.</p><p>Ce qui implique une précarité, même dans des communes administrées par la gauche. La CGT cite Grenoble, où la municipalité renégocie tous les trois ans une convention précaire d’occupation pour la Bourse du travail. Cela entraîne une instabilité permanente, dénonce le syndicat, empêchant toute projection à long terme, et plaçant l’union locale dans une situation de dépendance politique vis-à-vis de la municipalité.</p><p>À Carcassonne, malgré son intention affichée, le maire n’a, à ce jour, pas dénoncé la convention qu’a signée la CFDT avec la commune en 1998, pour l’attribution de locaux hors de la Bourse du travail. Mais pour la CGT, dans sa notification du 4 mai, le maire RN Christophe Barthès a accusé le syndicat d’occuper son local sans <em>« aucun titre d’occupation en vigueur »</em>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 28 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Augmentation des frais d'inscription pour les étudiants étrangers : les universités se mobilisent contre un nouveau décret]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Faire payer des frais d’inscription à l’université quinze fois plus cher aux étudiants étrangers hors Union européenne (UE) ? C’est ce que refusent la majorité des universités, soutenues en ce sens par les syndicats enseignants et étudiants. Hors de question d’appliquer cette mesure relevant d’une <em>« préférence nationale transformée en préférence européenne, un marqueur d’extrême droite »</em>, introduit Emmanuel de Lescure, maître de conférences à l’Université Paris Cité et secrétaire général du SNESUP-FSU.</p><p>Son syndicat s’est mobilisé pour une journée nationale d’actions le 26 mai, aux côtés des branches concernées de la CGT, la CFDT, Solidaires, l’Unsa ou encore les organisations étudiantes Unef, Fage, Union étudiante et Solidaires étudiant-e-s. Car la pression du gouvernement pour généraliser ces frais d’inscription différenciés est montée d’un cran. Depuis deux semaines, le gouvernement Lecornu tente de faire accepter un décret de généralisation à marche forcée.</p><p>Remontons le fil. En 2019, avec son plan « Bienvenue en France », le gouvernement instaure les frais d’inscription différenciés entre étudiants européens d’un côté, et étudiants hors UE de l’autre. Depuis, les droits d’entrée pour ces étudiants étrangers hors UE ont été multipliés par 15, passant de 170 euros à 2900 euros en licence, et de 250 à 3900 euros en master. Cela ne concerne pas les doctorants, seulement les licences et masters. <em>« Ils acceptent que les doctorants ne paient pas, au prétexte qu’eux produisent la science ; mais, pour arriver jusqu’au doctorat, il faut payer... C’est discriminatoire et ça nous choque »</em>, résume Emmanuel de Lescure.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Parmi-les-cinq-pays-envoyant-le-plus-d-etudiants-en-France-quatre-sont-hors-UE">Parmi les cinq pays envoyant le plus d’étudiants en France, quatre sont hors UE</h2><p>Pas moins de 15 % des étudiants en France sont étrangers. Ils étaient plus de 440 000 lors de l’année scolaire 2024-2025, <a href="https://www.campusfrance.org/fr/actu/pres-de-445-000-etudiants-etrangers-en-france-en-2024-2025#:~:text=Les%20%C3%A9tudiants%20%C3%A9trangers%20repr%C3%A9sentent%20toujours,tous%20les%20types%20d'%C3%A9tablissements" class="spip_out" rel="external">selon les chiffres de Campus France</a> reprenant les données du service des études statistiques du ministère (Sies). Parmi eux, <a href="https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/droits-differencies-profil-des-etudiants-internationaux-concernes-en-2024-2025-100796" class="spip_out" rel="external">plus de 110 000 sont extracommunautaires</a> et sont donc visés par la différenciation des frais d’inscription.</p><p>Parmi les cinq pays qui envoient le plus d’étudiants en France, quatre sont extracommunautaires : le Maroc, l’Algérie, la Chine et le Sénégal, aux côtés de l’Italie. Généraliser la hausse des frais d’inscription pour ces étudiants revient à une <em>« mise à la porte définitive »</em> de dizaines de milliers de jeunes qui ne pourront plus envisager d’étudier en France, déplore la présidente de la Fage, Suzanne Nijdam, auprès du site <a href="https://www.letudiant.fr/etudes/fac/universite-le-ministre-veut-mettre-fin-aux-exonerations-massives-des-droits-d-inscription-pour-les-etudiants-etrangers.html#:~:text=Selon%20ce%20nouveau%20plan%2C%20les,%C3%A9trangers%20pr%C3%A9voient%20d%C3%A9j%C3%A0%20une%20exon%C3%A9ration." class="spip_out" rel="external">L’Étudiant.</a></p><p>À la faculté des sciences de Montpellier, par exemple, les étudiants étrangers extracommunautaires représentent 20 % des inscrits. Ces jeunes <em>« restent travailler en France à 80 %. Ce sont des chercheurs, des ingénieurs, des titulaires de masters avec de la technicité qui viennent faire progresser l’économie et les entreprises, donc c’est contre-productif »</em>, défend auprès de <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/herault/montpellier/un-tri-xenophobe-et-raciste-les-universites-se-rebellent-contre-la-hausse-des-frais-pour-etudiants-etrangers-3357544.html" class="spip_out" rel="external">France 3 Occitanie</a> Jean-Michel Marin, le doyen de la faculté des sciences de Montpellier.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/visas-quand-fermer-ses-frontieres-aux-etudiants-africains-devient-un-juteux">Visas : quand fermer ses frontières aux étudiants africains devient un juteux business pour la France</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/89e9c80f35fa29157c015435c7286b-3c932.jpg?1779875551" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Aujourd’hui, d’après le ministère, un étudiant étranger extracommunautaire sur dix paie effectivement ces droits d’inscription différenciés. Soit seulement 10 % du public concerné. Si ces chiffres sont aussi bas, sept ans après l’instauration de la mesure, c’est que <a href="https://basta.media/17-universites-s-opposent-a-la-hausse-des-frais-d-inscription-pour-les">les universités font de la résistance</a>. La majorité refuse encore de faire payer le prix fort à ces étudiants étrangers, sources de dynamisme pour l’université française, de production de savoirs et de diffusion de la francophonie.</p><h2 class="spip" id="Un-decret-pour-obliger-les-universites-a-appliquer-la-differenciation">Un décret pour obliger les universités à appliquer la différenciation</h2><p>Les universités utilisent pour cela leur droit d’exonérer des frais d’inscription un certain nombre d’étudiants. Cette exonération choisie peut s’appliquer aux jeunes qui rencontrent de grandes difficultés financières (ils sont rares chez les non-étrangers car les frais d’inscription de base restent faibles) ; aux adultes en formation continue ou reconversion (leurs frais sont plus élevés) ; ou encore, aux fameux étudiants étrangers extracommunautaires. C’est précisément cette catégorie que les universités préservent au maximum de la mesure de 2019 en faisant jouer son droit d’exonération.</p><p>Cependant, année après année, face aux difficultés budgétaires grandissantes, certaines universités se résignent à appliquer la différenciation – cela a été le cas, par exemple, à Strasbourg, pour la première fois en 2025. Résultat : 27 étudiants ont été définitivement désinscrits fin 2025 pour non-paiement de leurs droits d’inscription, et 37 sont menacés de désinscription en ce mois de mai 2026, à la veille de leurs examens, racontent <a href="https://www.rue89strasbourg.com/unistra-frais-differencies-moitie-strasbourg-388418" class="spip_out" rel="external">nos confrères de <em>Rue89 Strasbourg</em></a>.</p><p>Pour aller beaucoup plus loin et atteindre la généralisation de la pratique, le gouvernement compte changer les règles afin de mettre un coup d’arrêt à cette protection. <em>« Les universités ne pourront plus édicter des exonérations massives, elles seront réservées à des cas très précis »</em>, a annoncé le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste, dans un <a href="https://www.leparisien.fr/societe/droits-dinscription-pour-les-etudiants-etrangers-les-universites-ne-pourront-plus-edicter-des-exonerations-massives-M6F2EQK7FBFIRJJDHZYXK7JDE4.php" class="spip_out" rel="external">entretien au <em>Parisien</em></a> fin avril, en même temps qu’était publiée la nouvelle stratégie gouvernementale <a href="https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/lancement-de-la-strategie-choose-france-higher-education-101347" class="spip_out" rel="external">« Choose France Higher Education »</a> – « Choisissez l’enseignement supérieur français »...</p><p>Dans la foulée, le 5 mai, le ministère a soumis à l’avis du Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche (Cneser) un nouveau décret. Celui-ci instaure un maximum de 10 % d’étudiants étrangers extracommunautaires qui pourraient être exonérés. Autrement dit : on passerait de 90 % d’étudiants étrangers extracommunautaires aujourd’hui exonérés de ces frais prohibitifs aujourd’hui, à 10 %, si ce décret passe.</p><h2 class="spip" id="Boycott-et-mobilisations">Boycott et mobilisations</h2><p>Face à cette proposition, les organisations syndicales ont boycotté le Cneser du 5 mai. Celui-ci a été reporté au 12 mai. Une première journée nationale d’actions a alors eu lieu en intersyndicale. Ce jour-là, le gouvernement a tenté de présenter un texte de décret atténué, en proposant un seuil progressif : 30 % d’exonération encore possible en 2026, 25 % en 2027, 20 % en 2028.</p><p>Le rejet a été quasi unanime : 62 votes contre, 2 pour, 4 abstentions. <em>« Même passer de 90 % d’exonération à 30 % cette année, c’est énorme, on perdrait 60 % d’étudiants qui étaient jusqu’à présent épargnés. C’est brutal, même si le gouvernement fait semblant d’adoucir le décret »</em>, explique Emmanuel de Lescure. Son syndicat, comme les autres, demande le retrait du texte. D’où la mobilisation de ce 26 mai, pour informer largement sur le risque que le gouvernement passe en force.</p><h2 class="spip" id="L-education-gratuite-pour-tous-comme-lt-lt-principe-fondamental">L’éducation gratuite pour tous comme « principe fondamental »</h2><p>L’un des arguments gouvernementaux est que cette différenciation est appliquée dans d’autres pays, en Europe et au-delà. <em>« Pas partout »</em>, nuance Emmanuel de Lescure, qui estime qu’il n’y a <em>« pas besoin de comparaison internationale : l’accès à l’éducation gratuite, pour tous, est inscrit dans notre Constitution française. Pour nous, c’est un principe fondamental. »</em></p><p>Un autre argument mis en avant par le gouvernement devant les syndicats est le fait que la mesure <em>« permettrait 250 millions d’euros d’économie, et que cet argent permettra d’offrir un meilleur accueil à ces étudiants »</em>, rapporte Emmanuel de Lescure. Depuis le début des années 2010, le nombre d’enseignants-chercheurs a baissé de 4,5 % tandis que le nombre d’étudiants a augmenté de 19 % : <em>« Ce n’est pas une enveloppe de 250 millions qui suffira à apporter un meilleur encadrement, des locaux en meilleur état, un chauffage l’hiver, etc. »</em>, soupire le maître de conférences.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pas-touche-aux-apl-sauf-pour-les-etudiants-etrangers-non-europeens">Pas touche aux APL... Sauf pour les étudiants étrangers non européens</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/fc11366c44e7d91d8e57c30d66bcc8-7ec7f.jpg?1779875552" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="un jeune homme debout souriant près d'un canal" /></aside><p>En outre, en matière d’accueil, le gouvernement continue de rendre la vie difficile aux étudiants étrangers. Comme <a href="https://basta.media/budget-2026-10-mesures-defavorables-aux-plus-modestes">l’avait repéré <em>Basta!</em></a>, un amendement à l’article 67 du projet de loi de finances supprime les aides aides au logement (APL) pour les étudiants étrangers hors UE. Le gouvernement visait une application à partir de juillet 2026. Le monde syndical enseignant et étudiant attend désormais la publication du décret d’application.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 27 May 2026 12:49:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Ils nous interdisent tout : écrire, parler, chanter » : ces jeunes Russes qui contournent le blocage d'Internet]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Katia* doit l’admettre, <em>« les coupures d’Internet, il y a un an, personne n’aurait pensé que c’était possible »</em>. La première fois que la vingtenaire a été confrontée à la coupure totale de réseau, elle s’est perdue pour aller chez le dentiste <em>« à l’autre bout de Saint-Pétersbourg »</em>. Un détail, mais qui rappelle dans le quotidien la situation politique, qui est devenue <em>« très dure »</em>, souffle Katia. <em>« La vie était plus facile avant. »</em> Par « avant », Katia veut dire avant la guerre lancée par la Russie contre l’Ukraine en 2022. Mais elle préfère ne pas dire le mot en public. En Russie, <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/russie-des-lois-pour-reduire-les-voix-antiguerre-ukraine/" class="spip_out" rel="external">il est interdit</a> de parler de cette invasion comme d’une guerre. Il faut dire « opération militaire spéciale ».</p><p>Le pouvoir russe, avec Vladimir Poutine à sa tête, a fait voter la loi sur l’Internet « souverain » dès 2019. Celle-ci permet à l’État d’acquérir les moyens d’isoler numériquement la Russie du reste du monde. Les restrictions se sont accentuées depuis l’invasion de l’Ukraine de février 2022. Et encore plus ces derniers mois, où des coupures totales d’Internet ont affecté plusieurs villes russes, officiellement <em>« pour des raisons de sécurité »</em> liées aux attaques de drones ukrainiens.</p><div class="spip_document_22898 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="77" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2003649118 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp?1779108498 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg@.webp?1779463229 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg" width="960" height="823" alt="Deux jeunes femmes vues de dos attendent à un carrefour." aria-describedby="by22898-502c2bc517fd72afdce71a6b3d310ef0" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/jeuens_femmes_dans_les_rues_de_moscou.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22898-502c2bc517fd72afdce71a6b3d310ef0">Des jeunes femmes dans les rues de Moscou, le 29 avril 2026.
©Fiora Garenzi
</figcaption></figure></div><p>En réalité, tout laisse à penser que c’est un moyen de contrôle supplémentaire de la population par le pouvoir. <em>« Beaucoup d’applications et de sites sont désormais interdits. On doit même faire attention quand on fait une recherche sur Internet »</em>, assure Katia. D’après un décompte d’Evgueni Medvedev, analyste indépendant en cybersécurité <a href="https://www.lemonde.fr/international/visuel/2026/04/15/la-mise-sous-cloche-d-internet-ou-comment-vladimir-poutine-veut-couper-la-russie-du-reste-du-monde_6680307_3210.html" class="spip_out" rel="external">cité par <em>Le Monde</em></a>, le Roskomnadzor, l’agence russe de surveillance des communications, a interdit <em>« plus de 1,2 million de ressources »</em>, dont 439 services VPN (« réseaux privés virtuels » utilisés pour contourner les blocages en se connectant via d’autres pays) en 2025, auxquels se sont ajoutés 4,7 millions d’autres pages et sites web depuis début 2026.</p><h2 class="spip" id="WhatsApp-et-Telegram-bloques">WhatsApp et Telegram bloqués</h2><p>En février dernier, après quatre ans de guerre en Ukraine, ce sont WhatsApp et Telegram, messageries largement utilisées en Russie, qui ont, à leur tour, été bloqués. De quoi faire fulminer jusqu’aux proches du pouvoir. Comme beaucoup, Katia continue d’utiliser Telegram pour parler à sa famille, installée dans un pays frontalier, grâce à un VPN permettant de contourner les blocages. Mais elle s’inquiète de bientôt ne plus pouvoir du tout parler aux siens.</p><p><em>« Ils essaient de couper entièrement les VPN »</em>, souffle-t-elle. Fin mars, le ministre russe du Développement numérique, Maksut Shadayev, a demandé aux opérateurs mobiles de facturer à leurs clients le trafic international de données au-delà de 15 gigaoctets – ce qui <a href="https://www.themoscowtimes.com/2026/03/31/russias-digital-ministry-declares-war-on-vpns-a92384" class="spip_out" rel="external">rendrait coûteuse l’utilisation de ces outils</a>. De quoi empêcher pour de bon les Russes d’accéder aux sites web bloqués par le gouvernement, notamment ceux de médias russes indépendants qui poursuivent leur travail en exil.</p><div class="spip_document_22896 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="202" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3927662070 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp?1779108417 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg@.webp?1779463246 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg" width="960" height="823" alt="Des hommes en uniforme militaure debout en rang devant un bus." aria-describedby="by22896-8d924aec7856f417c0f3a861651360a7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/des_militaires_russes_sur_la_place_du_palais_a_saint-pe_tersbourg.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22896-8d924aec7856f417c0f3a861651360a7">Des militaires russes sur la place du Palais, à Saint-Pétersbourg, lors d’une répétition pour la cérémonie du 9 mai, qui célèbre la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie.
©Fiora Garenzi
</figcaption></figure></div><p>En fin d’après-midi, Katia rejoint ses amies, Valérya, Alla et Tania*. Dans un trolleybus qui sillonne le centre-ville, sur le pont de la Trinité qui enjambe la Neva, le fleuve qui traverse Saint-Pétersbourg avant de se jeter dans la mer Baltique, les trois jeunes femmes se mettent en ligne. Penchées sur la rambarde, elles hurlent à pleins poumons, pour exprimer leur émotion. La pratique a été initiée par Artyom Khadunkin, un tiktokeur russe, en mai 2025. Il a par la suite invité ses followers à hurler avec lui. Un projet pour lequel il a dû obtenir l’autorisation des autorités de Saint-Pétersbourg, puis du ministère russe de l’Intérieur, ce qu’il a annoncé sur Instagram. Au bas d’<a href="https://daily.afisha.ru/news/98858-vyshel-novyy-treyler-filma-dolina-eho-s-dzhuliannoy-mur-i-sidni-suini/" class="spip_out" rel="external">un article en russe</a> consacré à ce projet, on peut lire, comme le prévoit la loi russe, qu’<em>« Instagram appartient à Meta, une organisation reconnue comme extrémiste en Russie et interdite d’activité dans le pays »</em>. L’interdiction remonte à 2022, un mois après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine.</p><p>Désormais, le gouvernement pousse la population à utiliser Max, une messagerie lancée en 2025 et développée par VKontakte, le Facebook russe. Tania le voit autour d’elle : <em>« Dans les entreprises, à l’université, ils nous incitent à l’utiliser, mais les gens n’aiment pas être forcés. »</em> Depuis septembre 2025, l’application doit être préinstallée sur tous les nouveaux téléphones vendus dans le pays. C’est <em>« peu fiable »</em>, juge Valeria. Contrairement à WhatsApp, la messagerie n’est pas chiffrée, ce qui permettrait aux autorités, et notamment au service de renseignement intérieur, le FSB, d’intercepter le contenu des messages envoyés.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/nous-sommes-dans-une-zone-grise-personne-ne-peut-nous-aider-etre-queer-en">« Nous sommes dans une zone grise, personne ne peut nous aider » : être queer en Ukraine occupée</a></aside><p><em>« Tous les établissements scolaires utilisent désormais la messagerie nationale Max »</em>, s’est quant à lui félicité <a href="http://en.kremlin.ru/events/president/news/79313" class="spip_out" rel="external">le ministre de l’Éducation russe</a>, Sergei Kravtsov, en mars dernier. <em>« 20 millions d’enseignants et d’élèves »</em>, se serviraient désormais de la messagerie, a-t-il assuré. Des chiffres invérifiables. Katia, elle, s’inquiète pour <em>« les enfants d’aujourd’hui »</em>, soumis à une propagande particulièrement forte à l’école. <em>« Je ne sais pas quelle sera leur vision du monde. Nous, on a eu accès à Internet, mais eux... »</em> Parfois, en sentant l’étau du pouvoir se resserrer, la jeune femme se demande : <em>« Est-ce qu’on retourne au temps de l’URSS ? »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Soit-tu-te-tais-soit-tu-fuis-soit-on-t-arrete">« Soit tu te tais, soit tu fuis, soit on t’arrête »</h2><p>Il faut attendre d’être dans une rue peu passante, où les pigeons balaient de leurs ombres les façades des bâtiments pastel, pour parler de politique. Valeria est originaire d’une ville de Sibérie, près du lac Baïkal. <em>« Là-bas »</em>, dit-elle, ce qui intéresse les gens, c’est la Chine, à qui sont vendues <em>« nos ressources »</em>, à savoir le poisson et <a href="https://www.rfi.fr/fr/emission/20190319-russie-lac-baikal-chinois-loin-faire-unanimite" class="spip_out" rel="external">l’eau du lac Baïkal</a>. Ses parents n’imaginent pas, pense-t-elle, la frayeur qu’elle a pu ressentir en arrivant à Saint-Pétersbourg pour ses études.</p><div class="spip_document_22894 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="118" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2791783491 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp?1779108420 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg@.webp?1779463250 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg" width="960" height="823" alt="Bus avec un « Z » sur les vitres, dans une rue animée." aria-describedby="by22894-a97324a5bfd6d5c3387e23f66bf5d8ff" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_bus_avec_un_.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22894-a97324a5bfd6d5c3387e23f66bf5d8ff">Bus avec un « Z », symbole de l’invasion russe en Ukraine, à Simferopol, en Crimée annexée.
©Fiora Garenzi
</figcaption></figure></div><p>Elle se souvient des manifestations après la mort de l’opposant Alexeï Navalny, arrêté à son retour en Russie en 2021, mort en détention en 2024. <em>« Tout le monde pouvait être arrêté si on sortait dans la rue au mauvais moment et qu’on était proches des meetings »</em>, témoigne Valeria. L’opposant s’était fait notamment connaître grâce à sa chaîne YouTube où il dénonçait la corruption des élites russes. Sa mort, après trois ans en prison et quatre ans après avoir été empoisonné, a sonné comme un glas. <em>« En gros, même après t’avoir empoisonné puis emprisonné, le pouvoir pouvait encore te tuer. En Russie, si tu es contre Poutine, soit tu te tais, soit tu fuis, soit on t’arrête »</em>, résume Valeria.</p><p>À ses côtés, Tania, 19 ans, fond soudainement en larmes. Elle a pensé à ses parents, à ce qu’ils pensent de la politique. <em>« Ma situation est très compliquée »</em>, lâche-t-elle, incapable d’en dire plus. Son amie Katia se souvient que, lors d’une sortie scolaire, un prof a demandé à une étudiante de s’éloigner d’une de ses camarades au moment de la photo de groupe. La raison : l’une portait un t-shirt bleu, l’autre jaune, combinaison de couleurs pouvant être perçue comme un soutien à l’Ukraine.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Ukraine-guerre-Russie-entretien-Oleksandra-Romantsova-tant-que-nous-ne-serons-pas-securite-vous-aurez-pas-ame-en-paix">Ukraine : « Tant que nous ne serons pas en sécurité, vous n’aurez pas l’âme en paix »</a></aside><p><em>« On est beaucoup à être contre le régime mais on ne peut absolument rien faire »</em>, reprend Valeria. Pour <em>« se reconnaître »</em>, ceux qui ne soutiennent pas le pouvoir <em>« sont en général ceux qui se taisent. Les soutiens du régime et de la guerre, eux, fanfaronnent et n’ont pas peur de parler. Il faut se méfier d’eux. »</em> Quand elle parle, elle se sent comme à l’étroit. <em>« Ils disent qu’ils veulent construire un grand pays mais ils nous interdisent tout : écrire, parler, chanter »</em>, poursuit-elle. Valeria n’a qu’une idée : partir. <em>« Dès que j’aurai de l’argent. »</em> Où ? <em>« Au Kazakhstan ou en Nouvelle-Zélande, soit très près, soit très loin. »</em> Rester sur le même continent lui plairait mais elle a peur que l’étouffement des libertés à l’œuvre en Russie ne soit <em>« contagieux »</em> et s’étende aux pays voisins. Au moins <a href="https://www.lesechos.fr/monde/europe/russie-lexode-massif-destabilise-lactivite-economique-1962821" class="spip_out" rel="external">un million de Russes ont quitté le pays</a> depuis 2022.</p><div class="spip_document_22899 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="105" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1794366061 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp?1779108423 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg@.webp?1779463251 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg" width="960" height="823" alt="Statue représentant un caméraman debout, un photographe debout, et une femme assise tenant un micro, devant un bâtiment." aria-describedby="by22899-f4acd421efdee9000ca7fc26fda6921f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/statue_de_journalistes_devant_le_tass.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22899-f4acd421efdee9000ca7fc26fda6921f">Statue représentant des journalistes devant le TASS, l’agence de presse russe, à Moscou.
©Fiora Garenzi
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="lt-lt-Tout-le-monde-est-en-colere">« Tout le monde est en colère »</h2><p>La débrouille reste la règle et la population continue d’utiliser les applications interdites. Après 30 heures passées ensemble, à la sortie d’un train-couchettes qui fend la Russie du nord au sud, jusqu’en Crimée annexée, Olga* et Nikolaï, s’échangent leur Telegram. Sur la table près de leurs lits, un magazine distribué par la compagnie ferroviaire vante les <em>« vins de Crimée »</em> et les paysages de la péninsule, annexée par la Russie en 2014.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Là-bas, presque plus aucun VPN ne fonctionne. <em>« Tout le monde est en colère »</em>, assure un des derniers militants des droits humains encore actifs dans la capitale de la péninsule, Simferopol, où les affiches de propagande militaire bardent nombre de façades. Quant à l’application Max, le gouvernement a mobilisé <em>« tous les moyens administratifs pour forcer les gens à l’installer »</em>, assure-t-il. Lui, par exemple, est obligé de passer par la messagerie pour regarder les notes de ses enfants à l’école.</p><div class="spip_document_22900 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="57" data-legende-lenx="x"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2030034463 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp?1779108508 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg@.webp?1779463256 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg" width="960" height="823" alt="Dans le couloir d'un train, un homme porte une veste floquée « Russie »." aria-describedby="by22900-f6e0c4e10c191af7cacdb2880a68afd1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dans_le_train_entre_moscou_et_la_crime_e_.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22900-f6e0c4e10c191af7cacdb2880a68afd1">Dans le train entre Moscou et la Crimée.
©Fiora Garenzi
</figcaption></figure></div><p>Il s’est acheté un autre téléphone, craignant que le simple fait d’installer l’application permette au gouvernement de surveiller ses autres activités sur son portable. Le blocage d’Internet est un des aspects du contrôle de la population, s’abattant sur toute personne soupçonnée de dissidence. L’homme cite un exemple parmi d’autres, celui d’un DJ <em>« emprisonné pour avoir passé une chanson ukrainienne à un mariage »</em>. Malgré la répression qu’il subit lui-même, enfermé administrativement à plusieurs reprises, il l’assure : <em>« Tôt ou tard, la justice triomphera et les vrais criminels seront punis. »</em></p><p>*Les prénoms ont été modifiés.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Jeunes-Russes-qui-contournent-blocage-Internet-Telegram-Whatsapp-par-Poutine-Ils-nous-interdisent-tout-guerre-Ukraine</link>
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      <pubDate>Wed, 27 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Je rognerai sur tout, sauf sur ses soins » : à l'hôpital de Brest, les parents d'enfants handicapés privés d'allocation]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Lily* a dix ans et un emploi du temps bien rempli. Orthophoniste, ergothérapeute, orthoptiste, psychomotricienne… Ses semaines sont une succession de rendez-vous médicaux. Car Lily a un handicap : elle est multi-dys. La petite fille souffre de plusieurs troubles qui se superposent et altèrent notamment son raisonnement et sa capacité à se mouvoir dans l’espace.</p><p>Reconnue handicapée par la maison départementale des personnes handicapées (MDPH), Lily parvient malgré tout à suivre une scolarité « classique » et à progresser. Son suivi par des professionnel·les du soin y est pour beaucoup, estime sa mère, Marie*, qui travaille à l’hôpital de Brest. <em>« On ne la lâche pas »</em>, insiste Marie. Elle accompagne ainsi Lily à chacun de ses rendez-vous. Une présence rendue possible grâce à des horaires de travail réduits.</p><p>Mais cela a un coût. Jusqu’ici, Marie parvenait à joindre les deux bouts et à compenser partiellement le manque à gagner de son temps partiel grâce à une prestation sociale versée par son employeur. Mais le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juillet, ce sera terminé.</p><p>Au début du printemps, l’intersyndicale du CHU de Brest a appris l’<a href="https://www.letelegramme.fr/finistere/brest-29200/cette-aide-est-vraiment-essentielle-au-chu-de-brest-carhaix-89-agents-bientot-prives-de-2-000-eur-dallocation-parent-denfant-handicape-7030995.php" class="spip_out" rel="external">arrêt imminent du versement</a>, par l’hôpital, de l’allocation aux parents d’enfants handicapés (APEH). La prestation de 183 euros mensuels est destinée aux <a href="https://www.fonction-publique.gouv.fr/etre-agent-public/mes-prestations-daction-sociale/famille/aide-aux-parents-denfants-handicapes" class="spip_out" rel="external">agent·es des fonctions publiques</a> d’État, territoriale et hospitalière <em>« parents d’enfants de moins de 20 ans dont le taux d’incapacité est de 50 % ou plus et qui perçoivent l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) »</em>. Celle-ci s’élève à 153 euros.</p><p>C’est que l’APEH n’est <em>« pas une prestation obligatoire »</em>, explique le service communication du CHU de Brest : <em>« Elle était jusqu’alors mise en œuvre de façon volontaire »</em> par l’hôpital.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Obligation-reglementaire-argue-la-direction">« Obligation réglementaire », argue la direction</h2><p>Du côté des syndicats, l’annonce ne passe pas : <em>« C’est au bon vouloir des établissements et c’est profondément injuste d’arrêter du jour au lendemain de soutenir financièrement 89 familles dont la situation est déjà compliquée. On parle quand même de priver d’une aide des parents d’enfants lourdement handicapés ! »</em> estime Sylvain Madec, secrétaire de la section Sud santé sociaux du CHU Brest-Carhaix.</p><p>La direction se défend pour sa part de toute <em><a href="https://www.ouest-france.fr/sante/handicaps/antisocial-et-injuste-au-chru-de-brest-la-suppression-de-laide-aux-parents-denfants-handicapes-passe-mal-746d7280-3f1c-11f1-ac09-2dd9a94cc119" class="spip_out" rel="external">« mesure antisociale »</a></em>, comme l’en accusent les syndicats : <em>« Cette évolution ne relève ni d’une décision volontaire, ni d’un choix de gestion locale, mais d’une obligation réglementaire nationale qui s’impose à l’établissement »</em>, affirme à <em>Basta!</em> le CHU, qui précise, renvoyant au Code général de la fonction publique, qu’il <em>« ne dispose plus de base juridique lui permettant de poursuivre le versement volontaire de l’APEH, qui relève désormais du Comité de gestion des œuvres sociales »</em> (CGOS).</p><p>Chargée de l’action sociale (chèques-vacances, soutien aux dépenses liées à la scolarité, etc.) en faveur du personnel des établissements publics sanitaires, sociaux et médicosociaux, cette association est financée par une contribution annuelle des structures – ici, le CHU.</p><p><em>« Pour justifier ce bouleversement, la direction s’appuie sur une décision rendue par le tribunal administratif de Nice en 2022, qui avait débouté un agent de la fonction publique hospitalière demandant le versement de cette prestation par son employeur »</em>, décrypte Thomas Bourhis, secrétaire général de la CGT au CHU Brest-Carhaix. S’appuyant sur le Code général de la fonction publique, le tribunal avait rappelé le <em><a href="https://www.hospimedia.fr/actualite/fiches-pratiques/20230927-protection-sociale-quelles-sont-les-modalites-de-versement" class="spip_out" rel="external">« caractère facultatif »</a></em> de ce type d’aides, qui ne seraient accordées <em>« qu’après délibération des assemblées gestionnaires des établissements »</em>. Le tribunal avait en outre renvoyé la <a href="https://justice.pappers.fr/decision/a26715f010fee11fbcc0a50a6a93e559590b2ef0" class="spip_out" rel="external">responsabilité du versement de l’APEH au Comité de gestion des œuvres sociales</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Mesure-d-economies-repondent-les-syndicats">« Mesure d’économies », répondent les syndicats</h2><p>Sur le terrain, l’argumentaire de la direction peine à convaincre : les syndicats relèvent que d’autres hôpitaux de la région continuent de prendre en charge le versement de l’allocation.</p><p>C’est en effet le choix opéré par le centre hospitalier des pays de Morlaix, situé à une cinquantaine de kilomètres de Brest. <em>« Chaque établissement est autonome et décide de sa politique</em>, explique à <em>Basta!</em> Fabrice Liszak de Maszary, directeur de l’hôpital de Morlaix. <em>Ici, on a préféré maintenir cette prestation en raison de notre politique sur le handicap, bien qu’elle ait un coût assez conséquent pour l’établissement : environ 100 000 euros pour une cinquantaine d’agents. Cette somme n’est pas financée par l’État, mais par les fonds propres de l’hôpital. »</em></p><p>À Brest, Thomas Bourhis soupçonne le CHU d’appliquer une <em>« mesure d’économies »</em> : <em>« L’astuce, pour la direction, c’est d’estimer de façon opportuniste qu’elle finance déjà le comité de gestion des œuvres sociales et qu’elle ne va pas en plus lui reverser le montant de l’APEH »</em>, avance-t-il. Car le contexte budgétaire est exceptionnel : en 2024, pour la première fois depuis dix ans, l’hôpital de Brest était déficitaire. L’année suivante, le trou dans le budget était estimé à 15,6 millions d’euros, contraignant l’établissement à mettre en œuvre un <a href="https://www.ouest-france.fr/sante/hopital/un-plan-deconomies-au-chu-de-brest-fait-tomber-de-sa-chaise-la-cfdt-f9fc252c-de64-11f0-84e2-922db77b2982" class="spip_out" rel="external">plan d’économies</a>.</p><p>Mais d’après Thomas Bourhis, le principal enjeu n’est pas tellement là : <em>« Peu importe qui verse cette allocation, l’employeur ou le Comité de gestion des œuvres sociales, ce qui n’est pas acceptable, c’est qu’il y ait un arrêt sans relais. »</em> Le CHU de Brest a beau déclarer qu’il <em>« va sensibiliser le Comité de gestion des œuvres sociales à la situation spécifique des agents concernés »</em>, selon le syndicaliste, lorsque les parents contactent le CGOS – qui n’a pas répondu à nos questions –, ce dernier <em>« affirme non seulement qu’il n’est pas en lien avec la direction, mais aussi qu’il n’a pas l’intention de verser cette prestation »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/handicap-bataille-parents-eleves-pour-avoir-aide-ecole-AESH">Handicap : la galère des parents d’élèves pour avoir une aide à l’école</a></aside><h2 class="spip" id="Le-personnel-d-un-hopital-voisin-egalement-concerne">Le personnel d’un hôpital voisin également concerné</h2><p>La fin du versement de l’APEH sans relais du CGOS, c’est en tout cas le scénario qui se dessine au centre hospitalier de Landerneau, situé à une vingtaine de kilomètres de Brest et qui fait partie des établissements en direction commune du CHU de Brest.</p><p><em>« En août 2025, la direction a décidé de <a href="https://www.ouest-france.fr/bretagne/landerneau-29800/on-doit-se-battre-pour-chaque-droit-a-lhopital-de-landerneau-les-parents-denfant-handicape-sont-prives-de-183-euros-4dbdab2a-42f3-11f1-8492-0dabd481308d" class="spip_out" rel="external">ne plus assurer le versement de l’APEH</a> »</em> sans qu’il ne soit pris en charge, pour l’heure, par le CGOS, relate Nathalie Trévien, secrétaire générale de la CGT de l’hôpital de Landerneau, elle-même concernée par la situation. <em>« Certains agents sont déjà au bord du gouffre, leur enlever cette aide en plus c’est inacceptable ! »</em> tempête-t-elle, précisant qu’à Landerneau, un arrêt net du versement n’est pas à l’ordre du jour, mais que l’évolution concerne les demandes de renouvellement et les premières demandes, qui ne sont plus instruites.</p><p>Julie* vient d’en faire l’expérience. Dans son témoignage recueilli par la CGT, cette secrétaire médicale, mère d’un enfant en situation de handicap, confie : <em>« Comme beaucoup de familles, nous nous étions projetés avec cette aide. Ces 183 euros auraient permis de compenser une partie des frais d’essence liés aux nombreux déplacements pour les rendez-vous […]. C’était une bouffée d’air dans l’organisation déjà sous tension. »</em></p><p>Contacté, l’hôpital de Landerneau assure, par le biais du service communication du CHU de Brest – et tout comme ce dernier –, qu’il <em>« se tient attentif à la situation des agents concernés et veille à leur proposer un accompagnement individualisé »</em>. Il ajoute que <em>« la direction des ressources humaines, en collaboration avec la CGT et d’autres acteurs ressources de l’établissement, [va] prochainement construire un parcours d’accompagnement pour les professionnels qui élèvent un enfant en situation de handicap »</em>. La promesse laisse Nathalie Trévien <em>« sceptique »</em> : neuf mois se sont écoulés depuis la décision de la direction de suspendre l’allocation.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Deficits-record-batiments-vetustes-les-hopitaux-publics-au-bord-du-gouffre">Déficits record, bâtiments vétustes : des hôpitaux en péril imminent</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Manque-de-consideration">« Manque de considération »</h2><p>Surtout, la CGT doute de la capacité financière du CGOS à assurer le versement de l’APEH. Car ce dernier apporte déjà un soutien au personnel parent d’un·e enfant handicapé·e, mais <em>« en rien comparable avec l’APEH »</em>, soutient Thomas Bourhis : l’aide proposée par le CGOS dépend du quotient familial et est par ailleurs plafonnée à 1200 euros par an – soit l’équivalent de 100 euros mensuels.</p><p>D’après ses calculs, Marie percevrait tout juste 60 euros par mois. Outre son temps partiel contraint, elle doit pourtant faire face à de lourdes dépenses entre les séances hebdomadaires d’ergothérapie et de psychomotricité non remboursées et les pleins de carburant, alors qu’elle vit en zone rurale et parcourt près de 100 kilomètres par semaine pour les rendez-vous qui concernent Lily, dans un contexte où les prix à la pompe s’envolent.</p><p>Pour autant, et avec un salaire d’environ 1800 euros et d’autres enfants à charge, Marie le garantit : <em>« Je rognerai sur tout, sauf sur ses soins. »</em> Et d’évoquer la situation d’autres parents, dont le handicap de l’enfant nécessite des aménagements plus conséquents encore et du matériel médical spécifique au coût exorbitant.</p><p>Au-delà de l’impact de la suppression de l’APEH sur ses finances et sa qualité de vie, Marie retient aussi ce qu’elle vit comme un <em>« manque de considération »</em> de la part de son employeur et qu’elle peine à comprendre : <em>« Je travaille dans un hôpital, un lieu qui, justement, accompagne des enfants en situation de handicap et leurs parents ; un lieu censé avoir des valeurs, promouvoir la solidarité, prendre soin… Pourtant, là, je fais face à un vrai manque d’humanité. »</em></p><p>*Les prénoms ont été modifiés et Marie a souhaité ne pas indiquer sa profession pour garantir son anonymat.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/je-rognerai-sur-tout-sauf-sur-ses-soins-a-l-hopital-de-brest-les-parents-d</link>
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      <pubDate>Tue, 26 May 2026 08:48:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Deux syndicalistes exclus de la Fonction publique par le maire RN d'Hénin-Beaumont Steeve Briois]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le maire Rassemblement national d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Steeve Briois, vient de mettre à pied deux syndicalistes de la section Sud Collectivités territoriales (Sud CT) de sa mairie, malgré deux avis de son conseil de discipline qui ne demandaient aucune sanction. L’un d’eux, Djelloul Khéris, élu au comité social et territorial de la municipalité, a reçu, mi-mai, un arrêté d’exclusion temporaire de la fonction publique, pendant de deux ans et sans salaire. Fabienne Payen, militante Sud CT, se voit infliger la même sentence, pendant un an. Tous deux contestent cette décision devant le tribunal administratif de Lille.</p><p><em>« Je m’y préparais mais ça fait quand même mal. Heureusement je suis entouré et j’ai le soutien de mon syndicat »</em>, déclare le syndicaliste. Aurélien Boudon, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires ajoute : <em>« C’est bien la preuve que ce dossier monté de toute pièce a pour seul but de détruire le syndicalisme de Sud collectivités territoriales à la mairie d’Hénin-Beaumont »</em>.</p><p>Djelloul Kheris est une figure de la contestation de la gestion municipale RN d’Hénin-Beaumont, où des services publics comme la crèche ont été privatisés, des lieux culturels et associatifs ont été fermés... Et il le paie cher. Syndiqué depuis 2014, cet animateur, ancien administrateur d’une maison de quartier, a vu sa carrière figée et a été la cible de multiples pressions de la part de son employeur.</p><div class="spip_document_22350 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="112" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/henin-beaumont-17nov25.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2958278115 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg@.webp?1779447821 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg" width="960" height="960" alt="Un homme parle dans un micro lors d'un rassemblement." aria-describedby="by22350-da36ec78f970ae027cc9f34bf7ad73e8" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/4f/f8ed8a5c0fc33f5fe7e847ec525a14.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22350-da36ec78f970ae027cc9f34bf7ad73e8">Le syndicaliste Djelloul Khéris, lors d’un rassemblement de soutien le 17 novembre 2025 à Hénin-Beaumont.
© DR
</figcaption></figure></div><p>À l’automne 2025, le maire d’extrême droite lui reproche <a href="https://basta.media/henin-beaumont-maire-RN-attaque-un-syndicaliste">« un conflit d’intérêt chronique »</a>. En cause, l’engagement associatif du syndicaliste au sein d’un club de football de quartier, mais surtout son rôle de membre du conseil d’administration et de vice-président de l’association du centre culturel de l’Escapade, que la municipalité RN a repris en main début 2025. <em>« Ces prétextes cachent mal la volonté de s’en prendre à une figure syndicale à quelques mois des élections professionnelles dans la fonction publique territoriale. Le RN veut faire un exemple et montrer à tous les agents qui veulent s’organiser syndicalement ce qu’ils risquent lorsqu’ils se présentent »</em>, poursuit Aurélien Boudon. Ces élections professionnelles se dérouleront <a href="https://www.collectivites-locales.gouv.fr/files/files/1.%20Connaitre%20les%20acteurs%20et%20les%20institutions/2.%20Fonction%20publique%20territoriale/election%20pro/Arr%C3%AAt%C3%A9%20du%202%20juillet%202025-%20Elections%20professionnelles.pdf" class="spip_out" rel="external">le 10 décembre 2026</a></p><p>Dénonçant une « répression syndicale », <a href="https://basta.media/rassemblement-a-henin-beaumont-pour-denoncer-la-repression-syndicale-de-la">200 personnes s’étaient réunies le 12 janvier</a>, jour du conseil de discipline de Djelloul Kheris, devant la mairie d’Hénin-Beaumont. Ce jour-là, les treize représentants du conseil de discipline n’avaient voté, à l’unanimité, aucune sanction à son encontre. Seul, Steeve Briois en a décidé autrement.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Deux-syndicalistes-exclus-Fonction-publique-par-maire-RN-Henin-Beaumont-Steeve-Briois</link>
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      <pubDate>Fri, 22 May 2026 13:05:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Un rapport de forces défavorable aux salariés n'est pas une fatalité »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Dans les relations entre salarié·e·s et directions d’entreprise, le rapport de forces détermine qui aura l’avantage dans les négociations, autant en termes de salaires que de conditions de travail. Si une bonne partie du travail syndical consiste à construire ce rapport de forces, l’état du marché du travail l’aidera ou l’handicapera dans cette tâche.</p><p>Deux chiffres permettent de résumer cet état du marché aujourd’hui. Selon les données de France travail, il y avait fin 2025 5,7 millions de <a href="https://basta.media/statistiques.francetravail.org/stmt/publication">personnes en recherche d’emploi</a> en France, pour <a href="https://www.francetravail.fr/accueil/" class="spip_out" rel="external">moins d’un million d’offres</a> rendues publiques par France Travail. En admettant que le million d’offres d’emploi trouve preneur parmi les 5,7 millions de demandes – ce qui est théorique car il n’y a pas forcément d’adéquation parfaite entre elles – il resterait 4,7 millions de demandes insatisfaites.</p><p>Le déséquilibre est évident. Ce qui explique que 2,5 millions de personnes n’ont pas trouvé ou retrouvé de travail au bout d’un an de recherches (les « demandeurs d’emploi de longue durée »), sans parler des personnes qui ne figurent plus dans ces statistiques car elles ont renoncé à tout espoir en matière d’emploi.</p><p>Cette situation n’est pas favorable aux salarié·es. Les directions d’entreprise ont toute latitude pour refuser les demandes des salarié·es autant en termes de rémunération que de conditions de travail. Dans ce cadre, le dialogue social se réduit souvent à un canal d’information unilatéral en provenance de l’employeur. Et l’organisation collective des salarié·es via les syndicats devient difficile.</p><h2 class="spip" id="Renverser-la-perspective">Renverser la perspective</h2><p>On pourrait imaginer une situation inverse dans laquelle nous aurions 5,7 millions d’offres d’emploi face à un million de demandeurs. Des esprits grincheux pourraient s’offusquer que de nombreuses offres d’emploi resteront toujours insatisfaites. Ce serait l’occasion d’avoir un réel débat de société. Préférons-nous une économie qui exclut durablement des individus ou une société dans laquelle les entreprises devront proposer des salaires attractifs et des conditions de travail correctes si elles souhaitent être en mesure d’embaucher ?</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/es-salaires-baissent-en-france-pour-la-premiere-fois-en-30-ans-mais-ce-n-est-pas-une-fatalite">Les salaires stagnent : comment les syndicats peuvent vous faire gagner plus</a></aside><p>Une telle situation changerait radicalement le rapport de forces entre salarié·es et directions d’entreprise. Le phénomène de démission silencieuse pourra alors reculer puisque les salarié·es qui ne sont pas satisfait·es de leur emploi auront plus de latitude pour en trouver un autre. Si les entreprises souhaitent être en capacité d’embaucher, il leur faudra alors proposer des salaires et des conditions de travail plus avantageuses que celles proposées par d’autres employeurs.</p><p>Nous passerions alors d’une situation dans laquelle les individus pourraient mieux choisir l’entreprise dans laquelle ils souhaitent travailler. Cette situation sera infiniment plus favorable à l’organisation syndicale des salarié·es en vue d’engager un cadre collectif de négociations.</p><p>Mais est-ce qu’une telle inversion des chiffres entre demandes et offres d’emploi est envisageable ou relève-t-elle d’une utopie irréalisable ?</p><h2 class="spip" id="Les-solutions-a-courte-vue-du-Medef">Les solutions à courte vue du Medef</h2><p>L’entreprise qui embauche ne connaît pas par avance l’évolution de son chiffre d’affaires ainsi que de ses marges. De ce point de vue, l’emploi constitue toujours un risque pour l’entreprise, celui que ses marges ne permettent pas de payer le salaire convenu. Tout ce qui peut réduire le risque est donc de nature à inciter les entreprises à proposer des emplois.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La réponse traditionnellement apportée par le Medef consiste à réduire le coût du travail. Cela permet effectivement de réduire le risque. Cependant, cette solution ne fonctionne qu’à la marge et entraîne une spirale sociale négative qui n’est favorable à l’économie. Si les salaires sont indiscutablement des coûts pour les entreprises, ils sont aussi une ressource en termes de demande de consommation adressée à celles-ci. Réduire le pouvoir d’achat des salarié·es est loin d’être la meilleure solution.</p><h2 class="spip" id="Reequilibrer-le-marche-du-travail-grace-a-la-mutualisation">Rééquilibrer le marché du travail grâce à la mutualisation</h2><p>Il existe une solution autrement plus efficace pour réduire le risque propre à l’emploi, celui de la mutualisation. Supposons que, désormais, l’entreprise ne soit plus seule à assumer le coût salarial et que l’ensemble des entreprises en paye une partie. Cela pourrait se concrétiser par une allocation mensuelle par emploi en équivalent temps plein qui serait garantie à l’entreprise, laquelle serait financée par l’ensemble des entreprises par une contribution d’un pourcentage sur la différence entre leurs ventes et leurs achats.</p><p>La solution de la mutualisation permet de diminuer le risque sans reposer sur la réduction du coût du travail. Ce serait un premier levier pour augmenter significativement le nombre d’emplois. Il est existe un autre.</p><p>Un emploi est une activité qui permet de rémunérer correctement une personne au point où elle peut en vivre décemment. Dans le cadre du travail salarié, le « décemment » est quantifié par le montant du salaire minimum. De nombreuses activités pourraient être utiles à la société, notamment dans la transition écologique ou le soin, mais ne sont pas assez « rentables » pour devenir un emploi. La mutualisation interentreprises permettrait, grâce à l’allocation par emploi, de baisser le seuil à partir duquel une activité peut devenir un emploi, sans remise en cause du salaire minimum. Cela constituera une nouvelle source d’offres d’emploi.</p><h2 class="spip" id="Une-mesure-legislative">Une mesure législative</h2><p>Le fonctionnement concret possible de cette proposition a été détaillé et quantifié <a href="https://www.loi-ses.org/" class="spip_out" rel="external">par l’Association pour une loi de Sécurité économique et sociale</a>. Elle prendrait la forme d’un régime obligatoire, comme l’est aujourd’hui la Sécurité sociale, établissant une caisse commune interentreprises.</p><p>Le pourcentage de mutualisation devrait être l’objet d’un large débat politique tranché <em>in fine</em> par le Parlement. L’effet de cette mutualisation sur les offres d’emploi serait, bien entendu, fonction du pourcentage choisi. Plus celui-ci sera fort, plus les entreprises publieront des offres et plus le rapport des forces se renforcera en faveur des salarié·es.</p><p>Un rapport de forces défavorable aux salarié·es n’est en rien une fatalité. Il n’est que le résultat d’un refus d’agir sur le marché du travail. La Sécurité économique et sociale permettrait de placer hors marché une partie de la valeur de la richesse produite pour la répartir à égalité entre celles et ceux qui l’ont produite. Elle conteste que la rémunération du travail soit réduite à la valeur marchande de ce que chacun·e produit et consacre l’égale dignité de tous les humains en refusant que le travail soit une simple marchandise. Les partis progressistes auraient avantage à l’inscrire dès maintenant dans leurs programmes s’ils veulent renouer avec leur électorat traditionnel.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/rapport-de-forces-defavorable-aux-salaries-pas-une-fatalite-tribune</link>
      <guid>https://basta.media/rapport-de-forces-defavorable-aux-salaries-pas-une-fatalite-tribune</guid>
      <pubDate>Thu, 21 May 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Aux États-Unis, des centaines de collectifs s'opposent aux data centers, et gagnent parfois]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« En fin de compte, personne ne veut d’un centre de données chez soi »</em>, résume <a href="https://www.motherjones.com/politics/2026/05/ai-data-center-gallup-opposition-american/" class="spip_out" rel="external">le média indépendant états-unien</a> <em>Mother Jones</em>. Indispensables au développement de l’intelligence artificielle, les data centers se multiplient aux États-Unis. Le pays en compte <a href="https://www.statista.com/statistics/1228433/data-centers-worldwide-by-country/?srsltid=AfmBOorc_qrFPk4WIFsmeyYm1hZtnUa6Bj6BlIYAvptuZcE4M9z9q5YB" class="spip_out" rel="external">plus de 4000</a>, contre plus de 500 en Allemagne et au Royaume-Uni, plus de 300 en France.</p><p>Mais, du fait des nuisances sonores et des pollutions <a href="https://reporterre.net/Un-bruit-constant-en-Virginie-les-riverains-des-data-centers-paient-le-prix-fort-de-l-IA" class="spip_out" rel="external">qu’ils peuvent provoquer</a>, en plus de leur impact sur les ressources en eau, ces centres de données suscitent une opposition grandissante outre-Atlantique.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/hors-norme-gigantesque-projet-campus-IA-relance-lutte-contre-data-centers">« Hors norme » : le gigantesque projet Campus IA relance la lutte contre les data centers</a></aside><p>En avril dernier, le collectif d’associations <a href="https://datacenteropposition.com/" class="spip_out" rel="external">Data Center Opposition</a> a recensé au moins 268 groupes locaux d’opposition à la construction d’un data center à travers les États-Unis. 209 nouveaux groupes de ce type ont été créés au cours des six derniers mois. <em>« Cela représente plus d’un nouveau groupe par jour »</em>, souligne cette organisation dans un rapport sorti le mois dernier. Ces groupes se trouvent dans 37 États différents, aussi bien républicains que démocrates.</p><h2 class="spip" id="Une-consequence-de-l-IA">Une conséquence de l’IA</h2><p><em>« L’une des principales raisons de la multiplication des groupes d’opposition réside dans la taille colossale des centres de données envisagés. La plupart des centres de données construits avant le lancement de ChatGPT en 2022 ont eu un impact moins perceptible sur les communautés locales, mais les plus récents sont bien plus vastes et nécessitent des ressources nettement plus importantes »</em>, explique le rapport du collectif Data Center Opposition. Les plus grands centres de données dédiés à l’IA <em>« devraient consommer autant d’énergie que les grandes villes américaines »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/comment-intelligence-artificielle-IA-data-centers-gafam-s-accaparent-eau">Comment l’intelligence artificielle et ses data centers s’accaparent l’eau</a></aside><p>Le rapport cite l’exemple d’un groupe dans le Missouri, qui a vu le jour en décembre 2025, lorsque la ville d’Independence a dévoilé son projet d’accueillir un gigantesque centre de données. Le programme était conditionné à l’approbation, par la ville, d’une généreuse réduction d’impôt en faveur de Nebius, la société <a href="https://nebius.com/newsroom/nebius-breaks-ground-on-gigawatt-scale-ai-factory-in-independence-missouri" class="spip_out" rel="external">à l’origine du projet</a>. Les responsables municipaux avaient même signé des accords de confidentialité avec l’entreprise.</p><p>Mais la centaine de milliers d’habitants de la ville ont fini par être mis au courant, et se sont rapidement inquiétés de l’impact du projet sur leurs ressources en eau, car le data center nécessitera la mise en place d’infrastructures industrielles à grande échelle au-dessus d’une source d’eau potable. La mobilisation des habitants sceptiques a eu des effets politiques. Deux conseillers municipaux ayant voté en faveur de l’allègement fiscal ont perdu aux élections locales. Malgré tout, le projet est toujours en cours. Mais les opposants comptent bien aider les riverains du site à déposer un recours en justice.</p><h2 class="spip" id="Des-dizaines-de-projets-bloques">Des dizaines de projets bloqués</h2><p>Les habitants parviennent aussi à bloquer des projets. En 2025, <em>« des dizaines de projets de centres de données représentant un investissement potentiel de 152 milliards de dollars »</em> ont été bloqués ou suspendus du fait de l’opposition locale, <a href="https://www.datacenterwatch.org/q3-q4-2025" class="spip_out" rel="external">a calculé</a> le bureau d’étude Data Center Watch. Dans la ville de Peculiar, par exemple, toujours dans le Missouri, les autorités locales ont fini par <a href="https://www.datacenterdynamics.com/en/news/peculiar-officials-in-missouri-remove-data-centers-from-ordinance-blocking-15bn-diode-project/" class="spip_out" rel="external">modifier le plan d’urbanisme</a>, en 2024, pour interdire les centres de données. Car les habitants s’étaient mobilisés contre un projet mené par une entreprise états-unienne, Diode Ventures. La même entreprise a abandonné l’an dernier un autre projet d’énorme centre de données à Richmond, en Virginie, <em>« suite à la levée de boucliers des habitants et des autorités locales »</em>, résumait la société <a href="https://www.datacenterdynamics.com/en/news/diode-drops-plans-for-500-acre-data-center-campus-outside-richmond-virginia/" class="spip_out" rel="external">dans un communiqué de presse</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La même année, des projets ont été bloqués ou abandonnés par leur développeur du fait de l’opposition locale en Virginie, dans l’Indiana, l’Oregon… D’un projet à l’autre, les craintes sont les mêmes : l’impact de ces centres en termes de bruit, d’approvisionnement en eau et en électricité, et sur l’environnement.</p><p>Le mouvement se joue aussi au niveau politique. En avril, les législateurs de l’État du Maine, à la frontière canadienne, ont voté une loi pour <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/apr/24/maine-governor-blocks-datacenter-moratorium" class="spip_out" rel="external">interdire la construction de grands centres de données</a> jusqu’en novembre de l’année prochaine. La gouverneure démocrate de l’État a bloqué la loi. Mais d’autres États réfléchissent à des moratoires similaires.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Etats-unis-centaines-collectifs-s-opposent-aux-data-centers</link>
      <guid>https://basta.media/Etats-unis-centaines-collectifs-s-opposent-aux-data-centers</guid>
      <pubDate>Thu, 21 May 2026 12:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Hors norme » : le gigantesque projet Campus IA relance la lutte contre les data centers]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Fouju, village de 655 habitants en Seine-et-Marne, ne s’attendait pas vraiment à devenir un jour le cœur battant de l’intelligence artificielle en France. Et pourtant, ses habitants s’apprêtent à accueillir un centre de données, un data center, aux dimensions hors normes.</p><p>Annoncé en février 2025 à l’Élysée lors du Sommet pour l’action sur l’intelligence artificielle, le projet de Fouju s’appelle Campus IA. Il prévoit <a href="https://www.concertation-campus-ia.fr/fr/comprendre-le-projet" class="spip_out" rel="external">plus de dix bâtiments de data centers</a> sur 90 hectares, soit 126 terrains de football, en lieu et place de terres agricoles. Le tout coûtera la bagatelle de 50 milliards d’euros. À pleine capacité, le complexe devrait mobiliser 1,4 gigawatt de puissance électrique, l’équivalent de la production d’un réacteur nucléaire.</p><div class="spip_document_22920 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="135" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/enquete_publique.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2936680351 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp?1779349366 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg@.webp?1779354378 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg" width="960" height="640" alt="Sur un panneau en bois, une affichette jaune annonce un &quot;avis d'enquête publique&quot;." aria-describedby="by22920-08cb815c25d759bbb1575142a416bde1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/enquete_publique.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22920-08cb815c25d759bbb1575142a416bde1">Dans quelques lieux du village sont affichées les informations relatives à l’enquête publique, qui se termine le 30 mai.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Ce projet, <em>« c’est la tête de gondole d’une politique gouvernementale nationale</em>, souligne Arnaud Saint-Martin, député de la Seine-et-Marne pour La France insoumise. L’Hexagone compte aujourd’hui plus de 350 data centers. Plusieurs dizaines d’autres sont <a href="https://reporterre.net/Un-data-center-construit-pres-de-chez-vous-La-reponse-en-carte" class="spip_out" rel="external">en projet ou en construction</a>. Pour celui de Seine-et-Marne, <em>« l’énergie viendra largement de la centrale nucléaire voisine de Nogent-sur-Seine, qui est vieillissante, par ailleurs »</em>, ajoute le parlementaire, pour qui la vague de construction de data centers et la relance du nucléaire <em>« sont liées »</em>.</p><h2 class="spip" id="Aller-vers-lt-lt-un-moratoire">Aller vers « un moratoire »</h2><p>Face au gigantisme du projet de Fouju, des citoyens et des associations viennent de créer un collectif informel et ont organisé une conférence de presse, le 13 mai, sur le parking de la salle communale du village. Parmi les organisations mobilisées, il y a France Nature Environnement 77, Les Soulèvements de la Terre, la Confédération paysanne 77 ou encore des syndicats, comme Solidaires. <em>« Pour nous, c’est assez simple, il faut aller vers un moratoire pour ce type de projets</em>, explique William Elie, qui a pris la parole au nom de l’Alliance écologique et sociale, une coalition de syndicats et d’associations environnementales. <em>L’enjeu, c’est que la question devienne un débat à part entière d’ici les élections présidentielles, notamment en termes de développement du territoire »</em>, ajoute-t-il.</p><div class="spip_document_22922 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="137" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/william_elie.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c559155848 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp?1779349368 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/william_elie.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/william_elie.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/william_elie.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/william_elie.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/william_elie.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/william_elie.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/william_elie.jpg@.webp?1779354398 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/william_elie.jpg" width="960" height="640" alt="Portrait d'un homme dans une rue qui regrade l'objectif." aria-describedby="by22922-6c94af93c65012e6cb3c8f7b88a2ea70" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/william_elie.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/william_elie.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/william_elie.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22922-6c94af93c65012e6cb3c8f7b88a2ea70">William Elie, de l’Alliance écologique et sociale : <em>« Il faut aller vers un moratoire pour ce type de projets. »</em>
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>De développement de territoire, il en est justement question dans les arguments avancés par les partisans du projet, qui promettent une centaine d’emplois et des retombées financières massives localement, notamment pour la petite commune de Fouju, via la taxe foncière. Le maire, Jonathan Wochenmayer (sans étiquette), très favorable à Campus IA, n’a pas répondu à nos sollicitations. Mais Olivier Scialom, oui.</p><p>Chef d’entreprise à la retraite habitant la commune, l’ex-président du tribunal de commerce de Melun et ancien vice-président chambre de commerce de Seine-et-Marne ne cache pas son enthousiasme pour le centre de données. <em>« Fouju est un village-dortoir avec des finances publiques pauvres »</em>, signale-t-il. Pour lui, le site technologique pourrait dynamiser la commune. Il ajoute : <em>« Un data center, c’est un progrès qui fait peur, comme le train faisait peur en 1860 ou l’énergie atomique dans les années 1950. »</em></p><p>Les futurs travailleurs du centre pourraient potentiellement amener un peu d’activité dans la région, même si l’autoroute située à quelques centaines de mètres laisse penser qu’ils ne s’installeront pas dans la Brie. Par ailleurs, au sein des centres de données, les conditions de travail peuvent être difficiles. Pour s’en faire une idée, <em>« il faut imaginer être en permanence à côté d’une centaine d’ordinateurs qui ventilent beaucoup</em>, dit à <em>Basta!</em> Camille*, technicien dans une structure similaire en région parisienne. <em>Il y a une fatigue auditive malgré des protections d’oreilles, nous sommes obligés de nous crier dessus pour communiquer et il peut parfois faire très chaud. »</em></p><h2 class="spip" id="Alertes-de-l-autorite-environnementale">Alertes de l’autorité environnementale</h2><p>L’impact écologique du projet <a href="https://fne-idf.fr/communique-presse/projet-de-giga-data-center-a-fouju-en-seine-et-marne" class="spip_out" rel="external">inquiète aussi</a>, à commencer par celui de l’artificialisation des 90 hectares de terre. Le site devrait être composé de 11 bâtiments d’une hauteur de 20 mètres et de 613 groupes électrogènes de secours. Tout cela présente <em>« des caractéristiques hors normes, notamment en termes de consommations énergétiques, d’empreinte carbone et de consommations foncières »</em>, a mis en avant la mission régionale d’autorité environnementale <a href="https://www.seine-et-marne.gouv.fr/contenu/telechargement/71752/584548/file/2026%2004%2008%20Avis%20MRAe.pdf" class="spip_out" rel="external">dans un avis rendu en avril</a>.</p><p>Ce sont aussi les rejets qui alertent. Le rapport de l’autorité environnementale explique ainsi que 15 tonnes de polluants de type PFAS seront émises annuellement dans l’atmosphère et conseille <em>« une évaluation du risque sanitaire de ces pertes »</em>. De quoi susciter la contestation des associations environnementales, mais pas seulement. <em>« La pollution de l’atmosphère est un sujet qui préoccupe, surtout quand on fait du bio</em>, explique Maud*, maraîchère implantée à quelques kilomètres du site concerné. <em>Des polluants éternels sont évoqués, des choses qui ne peuvent pas être ni diluées ni atténuées avec le temps »</em>, explique-t-elle.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Les data centers ont aussi pour réputation d’être <a href="https://basta.media/comment-intelligence-artificielle-IA-data-centers-gafam-s-accaparent-eau" class="spip_in">très gourmands en eau</a>, utilisée pour refroidir les machines. Sur ce point, les porteurs de projet Campus IA promettent que leur site fonctionnera dans un premier temps avec un système de refroidissement à sec, sans eau. À terme, certains bâtiments du centre de données <em>« pourront recourir à des solutions mixtes, intégrant par exemple l’utilisation d’eaux industrielles de réutilisation, impropres à la consommation humaine »</em>, détaille aussi <a href="https://www.concertation-campus-ia.fr/fr/les-effets-previsionnels-du-projet" class="spip_out" rel="external">le site du projet</a>.</p><div class="spip_document_22923 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="148" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c652573512 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp?1779349369 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg@.webp?1779354403 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg" width="960" height="640" alt="Une femme dans un champs regarde l'objectif." aria-describedby="by22923-25a6b4efc030420fe35acff6a336efaa" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pauline_isambert.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22923-25a6b4efc030420fe35acff6a336efaa">Pauline Isambert, de la Confédération paysanne : <em>« Neuf exploitations ont vendu leurs terres pour que ce projet se fasse. »</em>
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Tout cela ne rassure pas la Confédération paysanne locale, alors que le département fait déjà face à des mesures de réduction de la consommation d’eau en été, même pour les agriculteurs. <em>« Neuf exploitations agricoles ont vendu leurs terres pour que ce projet se fasse »</em>, regrette Pauline Isambert, productrice de plantes aromatiques dans le département et membre du syndicat agricole.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/comment-intelligence-artificielle-IA-data-centers-gafam-s-accaparent-eau">Comment l’intelligence artificielle et ses data centers s’accaparent l’eau</a></aside><h2 class="spip" id="Un-projet-porte-par-un-fonds-emirati">Un projet porté par un fonds émirati</h2><p>Mais à l’heure de tensions géopolitiques internationales grandissantes, l’argument de la souveraineté numérique peut faire mouche pour ces projets de centres de données implantés en France. Celui de Seine-et-Marne est développé <a href="https://www.concertation-campus-ia.fr/fr/le-maitre-d-ouvrage-le-cout-et-le-calendrier" class="spip_out" rel="external">par un consortium</a> composé de la banque publique d’investissement BPI France, de l’entreprise française d’intelligence artificielle Mistral AI, mais aussi de l’entreprise états-unienne Nvidia, leader de la production des processeurs graphiques indispensable à l’IA, et à 70 % <a href="https://multinationales.org/fr/enquetes/profits-et-pertes-derriere-le-boom-des-datacenters-en-france/mgx-le-tres-peu-rassurant-fonds-emirati-derriere-l-immense-centre-de-donnees" class="spip_out" rel="external">par un fonds d’investissement basé aux Émirats Arabes unis </a>, qui s’appelle MGX.</p><p><em>« Ces grands data centers dédiés à l’intelligence artificielle sont présentés comme une garantie à la souveraineté numérique, ce qui justifie le soutien appuyé de la part des politiques publiques</em>, regrette un chercheur du CNRS spécialiste du sujet, sous couvert d’anonymat. <em>C’est un oxymore de mobiliser ce concept-là, tant cette technologie dépend des industries américaines, que ce soit du côté des puces nécessaires pour faire fonctionner l’intelligence artificielle que du côté du software, sachant que le cloud est vraiment dominé par Amazon, Microsoft et Google. »</em></p><p>Le 13 mai, dans la salle communale de Fouju, Jean-François Dupont, de France Nature Environnement, a rencontré le président de la commission d’enquête qui <a href="https://www.registre-numerique.fr/epu-campus-ia" class="spip_out" rel="external">pilote l’enquête publique</a> au sujet de Campus IA. <em>« Il nous a laissé entendre assez clairement que le gouvernement, par l’intermédiaire du préfet, semblait pressé que la procédure avance »</em>, confie Jean-François Dupont. L’enquête doit se clore le 30 mai. L’association environnementale a demandé <em>« une rallonge de 15 jours »</em>, signale son responsable.</p><div class="spip_document_22925 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="195" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3391877287 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp?1779349370 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg@.webp?1779354407 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg" width="960" height="640" alt="Le panneau barré de la commune Fouju au premeir plan devant des lignes électrique au second plan." aria-describedby="by22925-d67e897c4995471f52505e29697c6c71" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_lignes_rte.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22925-d67e897c4995471f52505e29697c6c71">Les lignes à très haute tension à proximité du village se chargeraient de l’alimentation du projet, qui consommera l’équivalent de la production électrique d’un réacteur nucléaire.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Campus IA ferait-il partie des « projets Notre-Dame », ces 150 projets industriels stratégiques qu’Emmanuel Macron <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/23/emmanuel-macron-veut-appliquer-la-methode-notre-dame-a-150-projets-industriels-strategiques_6682700_3234.html" class="spip_out" rel="external">veut faire accélérer</a> ? La liste complète de ces projets qui devraient bénéficier de procédures – souvent environnementales – simplifiées n’est pas encore publique. Mais la crainte est là parmi les opposants au centre de données.</p><p><em>« Les data centers sont des cathédrales de la technonation et c’est ici un projet littéralement jupitérien »</em>, ironise le député LFI Arnaud Saint-Martin. Lui voudrait faire de la question des data centers et de leur impact l’un des sujets de débat de l’élection présidentielle de l’an prochain. D’ici là, un rassemblement pour s’opposer au projet est prévu à Fouju ou dans une commune voisine le dimanche 24 mai.</p><p>* Les prénoms ont été modifiés.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/hors-norme-gigantesque-projet-campus-IA-relance-lutte-contre-data-centers</link>
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      <pubDate>Thu, 21 May 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Réquisitions, culpabilisation… malgré une grève d'un mois, le groupe de cliniques Elsan ne veut pas céder]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Tous les moyens légaux et illégaux sont utilisés pour culpabiliser et discréditer les grévistes »</em>, accusent la CGT et la CFDT de la clinique Médipôle des Pyrénées-Orientales dans un communiqué du 20 juin. Voilà 29 jours que les salariés de cette établissement appartenant au groupe de santé privé lucratif Elsan, se sont mis en grève à Cabestany, en banlieue de Perpignan. Ils et elles exigent une augmentation de leur rémunération et l’amélioration de leurs conditions de travail.</p><p>Le mouvement est massif. Depuis le 24 avril, la clinique, qui compte environ 600 salariés et accueille 81 000 patients par an, tourne au ralenti. Tous les services ont été regroupés sur un seul niveau, alors qu’ils sont habituellement déployés sur trois.</p><p>Les relations sont de plus en plus tendues entre la direction et les grévistes. Le 19 mai, la direction a stoppé les négociations et <a href="https://www.lindependant.fr/2026/05/19/26e-jour-de-greve-a-medipole-pres-de-perpignan-face-a-un-niveau-de-blocage-inedit-la-direction-de-la-clinique-privee-menace-de-fermer-letablissement-13378697.php" class="spip_out" rel="external">a déclaré au journal régional</a> l’<em>Indépendant</em> envisager de <em>« fermer temporairement l’établissement si cela s’avérait nécessaire »</em>. La menace ne sera sans doute pas mise à exécution car cette pratique, dite du « lock out », est illégale en France : l’employeur a obligation de fournir du travail à ses employés non grévistes lorsque leur santé n’est pas mise en danger.</p><div class="spip_document_22913 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="130" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/ornan1-2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2360055830 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp?1779290865 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/ornan1-2.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/ornan1-2.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/ornan1-2.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/ornan1-2.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/ornan1-2.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/ornan1-2.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/ornan1-2.png@.webp?1779287330 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/ornan1-2.png" width="960" height="718" alt="Un homme vêtu d'un gilet syndical parle dans un mégaphone." aria-describedby="by22913-2af77c7caf10225194dfef2ce7711f38" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/ornan1-2.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/ornan1-2.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/ornan1-2.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22913-2af77c7caf10225194dfef2ce7711f38">Simon Ormeda, militant CGT, lors de l’assemblée générale des grévistes devant la clinique Elsan de Cabestany.
©Guillaume Bernard
</figcaption></figure></div><p>L’annonce semble surtout avoir pour but de faire porter la responsabilité de la baisse de l’offre de soin aux grévistes, accusés dans l’<em>Indépendant</em> de <em>« prendre les patients en otage »</em> et de mettre <em>« en péril la continuité des soins »</em>. Les deux syndicats de la clinique dénoncent quant-à eux une tentative de culpabilisation : <em>« Ils vont jusqu’à déformer la réalité sur la prise en charge des patients de dialyse »</em>, écrivent les syndicats dans leur communiqué, alors que <em>« le report ou l’annulation des séances est soumise à l’avis des médecins et de la direction uniquement »</em>.</p><h2 class="spip" id="Personnel-requisitionne">Personnel réquisitionné</h2><p>Depuis le début de la grève, la quarantaine de soignants qui font tourner le service de dialyse est réquisitionnée, c’est-à-dire contrainte de travailler. <em>« Nous n’avons jamais eu la volonté de contester ces réquisitions car c’est un service sensible »</em>, affirme Anne-Laure Affani, déléguée syndicale CGT de la clinique. En revanche, une vingtaine de réquisitions de grévistes pour d’autres service, demandées par le groupe Elsan et ordonnées par la préfecture des Pyrénées-Orientales, ont été cassées par le tribunal administratif de Montpellier le 18 mai 2026 suite à un recours de la CGT.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Ces réquisitions concernaient des salariés des services de chirurgie ambulatoire et d’endoscopie. <em>« Les conditions de nécessité et de proportionnalité des réquisitions ne sont pas remplies en l’espèce »</em>, stipule la décision de justice. <em>« Là, on s’est dit qu’on négociait avec des gens qui n’hésitaient pas à bafouer le droit de grève</em>, soupire Anne-Laure Affani. <em>Il faut savoir quels services sont impactés avant de réquisitionner des grévistes. Les réquisitions ne doivent pas permettre un fonctionnement normal de la clinique mais de pouvoir assurer un service minimum. Or, la direction n’avait pas de définition précise de ce qu’était, pour elle, un service minimum. Et ça lui a aussi été reproché »</em>, poursuit la déléguée syndicale.</p><p>Si les réquisitions n’ont été cassées par le tribunal que pour une seule journée, la CGT revendique malgré tout une victoire. <em>« C’est nous qui sommes dans les clous et la loi doit s’appliquer pour tout le monde »</em>, conclut la syndicaliste</p><h2 class="spip" id="Une-bataille-pour-les-salaires">Une bataille pour les salaires</h2><p>Face aux manœuvres de la direction, les grévistes, réunis tous les matins en assemblée générale, oscillent entre colère et lassitude. <em>« Mes voisins se demandent pourquoi les gendarmes viennent sans cesse sonner chez moi »</em>, sourit Magali. Aide-soignante de nuit depuis 25 ans à la clinique Médipôle, elle est réquisitionnée chaque jour par ces derniers, sous constat d’huissier. <em>« Et tout ça coûte de l’argent alors qu’on pourrait juste l’utiliser pour augmenter nos salaires »</em>, ajoute-t-elle.</p><p>Selon Simon Ormeda, membre du comité social et économique de la clinique, environ 50% des salariés de Médipôle touchent entre 1600 euros et 1700 euros nets mensuels. Soit le Smic, auquel s’ajoute la prime dite Ségur, obtenue après la crise du Covid-19, qui est d’environ 180 euros nets.</p><p>C’est dans cette échelle de rémunération que se trouvent les aides-soignantes de la clinique, mais aussi Damien, brancardier, ou Thierry, employé du service technique, qui répare le matériel de l’hôpital. <em>« Ce n’est pas assez. C’est pour ça que je travaille entre 13 et 18 nuits par mois. Ça me permet de toucher une prime de 150 euros mensuels, même si j’y passe a santé »</em>, souligne l’aide-soignante Magali.</p><div class="spip_document_22914 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="108" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/mur1.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1141859943 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/mur1.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/mur1.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/mur1.png@.webp?1779291758 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/mur1.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/mur1.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/mur1.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/mur1.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/mur1.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/mur1.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/mur1.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/mur1.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/mur1.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/mur1.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/mur1.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mur1.png@.webp?1779287736 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mur1.png" width="960" height="718" alt="Des revendications inscrites sur des pancartes sont affichées au mur. Trois personnes affichent une banderole en plus. Elles sont photographiées de dos." aria-describedby="by22914-20c7282cadaed56d6098f47a5cbbd0a7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/mur1.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/mur1.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mur1.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22914-20c7282cadaed56d6098f47a5cbbd0a7">Les revendications des grévistes sont affichées sur les murs à l’entrée de la clinique.
©Guillaume Bernard
</figcaption></figure></div><p>Dans ce contexte, la prime annuelle d’intéressement d’environ 1500 euros, touchée par tous les salariés de la clinique, est vue comme une respiration. C’est parce que les négociations annuelles obligatoires de mars 2026, ont tenté de modifier les conditions d’obtention de cette prime que la grève a s’est déclarée à Médipôle.</p><p><em>« Nous voulons un déclenchement de la prime basé sur le nombre de patients accueillis, car soigner c’est s’occuper des humains, pas des chiffres. Eux veulent un déclenchement basé sur le chiffre d’affaires. Dans d’autres cliniques Elsan où cela a été mis en place, la prime d’intéressement a sauté »</em>, explique l’élu au CSE Simon Ormeda, par ailleurs infirmier en dialyse.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/hopital-a-lyon-les-urgences-en-greve-face-au-sous-effectif-chronique">Hôpital : à Lyon, les urgences en grève face au sous-effectif chronique</a></aside><p>La principale revendication des grévistes au départ de la grève était aussi le versement d’un treizième mois vienne pour pérenniser les 1500 euros annuels touchés au titre de l’intéressement. Pour l’heure, les dernières propositions de la direction s’élevaient à 400 euros de prime pérenne à partir de 2028 et la modification du seuil de déclenchement de l’intéressement.</p><p>Le 13 mai 2026, les salariés de la clinique Saint-Pierre de Perpignan, appartenant également au groupe Elsan, ont de leur côté mis fin à une grève de 20 jours, dont les revendications étaient les mêmes qu’à Médipôle. Elles et ils ont accepté les 400 euros de prime pérenne, cette fois promis dès 2027.</p><p>En sera-t-il de même à Cabestany, où les grévistes sont échauffés par le comportement de leur direction ? Une médiation avec un expert mandaté par la préfecture a eu lieu mercredi 20 mai. Les salariés doivent à nouveau se réunir en assemblée générale le jeudi 21 mai.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/requisitions-culpabilisation-greve-un-mois-groupe-clinique-Elsan-ne-veut-pas-ceder</link>
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      <pubDate>Wed, 20 May 2026 19:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Armée à l'école : le risque de dérive des classes de défense globale]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10510 c-content_text texte surlignable"><p>L’armée a-t-elle sa place dans les classes ? Alors que les autorités multiplient les initiatives pour faire entrer l’armée dans les établissements scolaires, une loi proposant d’instituer un « enseignement à la défense nationale » a été votée par l’Assemblée nationale le 26 mars. Créer des cours au contenu encore nébuleux et pouvant être assurés par des militaires réservistes suscite craintes et critiques. Déjà, lors de rallyes à destination de classes, des élèves ont dû jouer des gendarmes réprimant une manifestation, ou des surveillants de prison donnant des coups de matraques à de faux détenus, incarnés par d’autres élèves… Ces dérives inquiètent parents et enseignants.</p></div><div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=armee-a-l-ecole-le-risque-de-derive-des-classes-de-defense-globale?var_fav=article-10510" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 20 May 2026 18:30:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Ça m'a dégoûté de mon métier » : les PIP, ces plans de performance qui broient les salariés du numérique]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Disponibilité, bienveillance, positivité, dynamisme, écoute, transparence »</em>, <em>« leader inspirant »</em>, <em>« une réactivité et un engagement hors norme »</em>, <em>« Éric fait tout son possible et au-delà »</em>… En 2023, les « feedbacks », ou retours de clients, que reçoit Éric Vanoverbeke dans le cadre de son travail de consultant chez Capgemini laissent peu de place au doute sur ses compétences.</p><p>Pourtant, en avril 2024, alors qu’il officie depuis cinq ans chez ce géant français des services informatiques et qu’il a plus de 15 ans d’expérience dans la sécurité des systèmes d’information, il reçoit par mail un « plan d’action ». Ou, dans le jargon de Capgemini, un PRPA, pour « plan de retour à la performance attendue ». Son supérieur lui reproche un <em>« manque d’implication et de rayonnement en interne »</em>.</p><p>Début 2025, le même couperet tombe sur Marc*. Ingénieur informatique, il reçoit un mail de reproches de ses supérieurs hiérarchiques : <em>« </em> A minima<em>, tu dois rattraper tout le retard que tu as fait perdre à la société en 2024 »</em>, dit le message. Voilà plus d’une dizaine d’années qu’il travaille dans une entreprise de logiciels. <em>« Jusqu’à l’arrivée de cette supérieure, je n’avais jamais eu de souci. Et elle vient soudainement me reprocher un soi-disant manque de productivité et mon comportement »</em>, se souvient-il.</p><h2 class="spip" id="Un-outil-venu-des-Etats-Unis">Un outil venu des États-Unis</h2><p>Sa hiérarchie annonce à Marc qu’il fera l’objet d’un plan de retour à la performance <em>« à prise d’effet immédiat »</em>. Il a sept semaines pour faire ses preuves. <em>« Si tu n’arrives pas à rattraper ton retard, je ne pourrai plus te faire confiance au poste d’ingénieur »</em>, menace sa supérieure. Si tel est le cas, elle lui trouverait une autre mission qui ne présente <em>« plus aucun enjeu stratégique pour la société »</em>.</p><p>Éric comme Marc font face à un outil managérial qui a fait une entrée fracassante dans de nombreuses entreprises du secteur informatique, de la Tech ou encore du conseil, sous les acronymes de PIP, PRPA, PAP ou encore Pivot. <em>« Cela porte plein de noms différents, mais c’est globalement toujours le même outil, avec la même finalité, et les mêmes risques de détournement »</em>, résume auprès de <em>Basta!</em> Félix Guinebretière, avocat en droit du travail.</p><p>Parmi les usages détournés des plans de performance : la mise sous pression d’un salarié, pouvant le pousser à la démission, ou encore la préparation d’un licenciement pour insuffisance professionnelle.</p><p>Les PIP, pour <em>« performance improvement plan »</em> (« plan d’amélioration des performances », en français) sont largement utilisés aux États-Unis. Leur principe : un salarié jugé en dessous des attentes se voit imposer un certain nombre d’objectifs à accomplir en 30 à 90 jours. S’ils ne sont pas atteints, il est licencié sans indemnité. Depuis la période post-Covid, durant laquelle elles ont beaucoup recruté, les multinationales du numérique comme Microsoft ou Amazon <a href="https://www.courrierinternational.com/article/emploi-entreprises-americaines-gare-aux-pip_230966" class="spip_out" rel="external">y ont massivement recours</a>. Ainsi, dès novembre 2024, le <em>Wall Street Journal</em> titrait sur <a href="https://www.wsj.com/business/firing-someone-performance-improvement-plans-more-popular-the-pip-7cac7062" class="spip_out" rel="external">« L’ère du PIP »</a>.</p><p>Le déploiement de cet outil semble paradoxal, puisque ces groupes ne souffrent d’aucun problème de performance. Amazon et Microsoft, ont respectivement annoncé <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/04/30/alphabet-microsoft-amazon-et-meta-enregistrent-des-profits-record_6684546_3234.html" class="spip_out" rel="external">30 et 32 milliards de dollars de bénéfice net</a> au premier trimestre 2026.</p><p>En France, la situation légale diffère de celle des États-Unis, mais pas forcément la finalité des plans de performance. Ces derniers ne figurent pas dans le Code du travail et ne donnent pas <em>stricto sensu</em> droit aux entreprises de licencier leurs salariés jugés trop peu performants. C’est une méthode d’évaluation dont les managers peuvent se saisir.</p><h2 class="spip" id="Pratique-chez-Capgemini-Amazon-Leboncoin-Red-Hat">Pratiqué chez Capgemini, Amazon, Leboncoin, Red Hat…</h2><p>C’est le cas chez Capgemini, où les PRPA, pour « plans de retour à la performance attendue » – équivalents locaux du PIP – sont inscrits dans <a href="https://lien-unsa.org/index.php/accords-d-entreprise-ues-capgemini" class="spip_out" rel="external">l’accord sur la gestion des emplois</a> et durent entre trois et six mois maximum. Au cours de cette enquête, <em>Basta!</em> a pu recenser l’utilisation de plans similaires chez Amazon, Leboncoin, ou encore Red Hat. Et, comme aux États-Unis, ils se concluent souvent par des départs de salariés.</p><p>Dans la branche française de Red Hat, entreprise dédiée aux logiciels <em>open source</em> appartenant à IBM, qui compte environ 400 salariés en France, <em>« 1 % des salariés sont constamment sous PAP »</em>, estime Haïkel Guémar, délégué syndical de Solidaires-Informatique dans la société. Sur les 1200 salariés français du célèbre site de e-commerce Leboncoin France, 16 PAP ont été réalisés en 2025, et concerneraient déjà 15 personnes depuis janvier 2026, selon Florine M., déléguée syndicale Leboncoin pour la CGT.</p><p>À Capgemini, ces chiffres explosent : au sein de la branche « Cloud Infrastructure Services » (soit la gestion de la cybersécurité et du système réseau), qui comprend environ 5000 salariés, 556 personnes ont été concernées par un PRPA en 2024, soit 10 % des effectifs du service… Plus de la moitié de ces personnes, 52 %, ont quitté l’entreprise, volontairement ou non, selon les résultats d’<a href="https://lacgtcap.org/questionnaire-prpa-des-resultats-sans-appel/" class="spip_out" rel="external">une enquête menée en interne par la CGT</a>, et rendue publique début avril.</p><p>Et si les PIP doivent être soumis à la consultation du comité social et économique (CSE), force est de constater que certaines entreprises s’affranchissent de cette obligation. Ainsi, pas de consultation du CSE chez Red Hat. Haïkel Guémar voit depuis plus de dix ans des salariés quitter l’entreprise après des PIP sans aucun accord ni consultation du CSE.</p><p><em>« Nous avons juste reçu un document de quatre pages à la demande insistante du CSE »</em>, rapporte le délégué syndical. Il s’agissait d’un simple PowerPoint de présentation à destination des managers. Chez Leboncoin non plus, le CSE n’est pas consulté avant la mise en place des PIP. <em>« Leur fonctionnement détaillé n’est écrit nulle part »</em>, dit la déléguée CGT Florine M.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/suppression-emplois-arrets-de-production-chez-renault-stellantis-sortir-secteur-automobile-crise">Renault, Stellantis : comment sortir le secteur automobile de la crise ?</a></aside><h2 class="spip" id="Autant-de-PIP-differents-que-de-managers">Autant de PIP différents que de managers</h2><p>En théorie, un plan de performance doit être matérialisé par un document formel qui établit des objectifs clairs, atteignables et mesurables, à réaliser selon un calendrier précis, <a href="https://www.cfdt2cap.org/prpa-plan-de-retour-a-la-performance-attendue-manuel-de-survie/" class="spip_out" rel="external">met en garde la CFDT Capgemini</a>. Mais, dans les faits, il existe autant de plans de performance différents que de directions des ressources humaines, voire de managers.</p><p><em>« On m’a reproché des choses complètement fausses ou incongrues, comme le fait d’avoir du retard sur mes notes de frais, mais ça n’a rien à voir avec mes objectifs professionnels ! »</em> dénonce Éric Vanoverbeke, dont le PRPA devait s’étendre sur trois mois. Devenu représentant du personnel pour Force ouvrière (FO), il dit accompagner actuellement un salarié qui s’est vu imposer un PRPA pour <em>« communication non professionnelle »</em>, <em>« sans faits datés ni traces écrites de ce qu’on lui reproche »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Je me souviens avoir assisté à l’entretien préalable au licenciement d’un salarié sous PAP. Son manager lui reprochait de manquer de leadership… rien n’est plus flou »</em>, relate Florine M., syndicaliste CGT chez Leboncoin. Employé chez Capgemini depuis plusieurs années, Lionel* a quant à lui notamment dû s’engager à <em>« aligner l’attitude avec les ambitions professionnelles »</em> ou encore à <em>« renforcer la posture de consultant en étant ponctuel et assidu au bureau »</em>. On ne lui avait pourtant, selon lui, jamais reproché son manque de ponctualité, jusqu’à ce PRPA, tombé en 2025, et qu’il a vécu comme <em>« une énorme injustice »</em>.</p><p>Une injustice d’autant plus forte qu’un PRPA peut causer une perte de salaire. <em>« Chez Red Hat, quand on est sous PAP, on ne touche plus de prime trimestrielle de performance »</em>, soulève Haïkel Guémar. <em>« À un moment donné, tous les salariés qui touchaient, comme moi, une part variable sur objectifs en plus de leur salaire, avaient un PRPA »</em>, met en avant Éric Vanoverbeke. Jugés improductifs, les salariés en « intermission », en attente d’une nouvelle prestation, sont également particulièrement visés, constate le cosecrétaire général de la CGT à Capgemini, Yacine Baghou.</p><h2 class="spip" id="Licencies-pour-insuffisance-professionnelle">Licenciés pour insuffisance professionnelle</h2><p>Alors que l’objectif d’un plan de retour à la performance est normalement <em>« de soutenir le salarié dans sa progression et de lui permettre de maintenir son employabilité »</em>, selon <a href="https://lien-unsa.org/images/2025_07_11_Accord_GEPPMM_UES_Capgemini.pdf" class="spip_out" rel="external">l’accord de gestion des emplois et des parcours professionnels de Capgemini</a>, celui-ci semble régulièrement détourné. Ainsi, <em>« la mise en PIP sert un peu d’antichambre aux licenciements pour insuffisance professionnelle »</em>, selon l’avocat Félix Guinebretière. Chez Leboncoin, neuf des PIP mis en place en 2025, soit plus de la moitié, se sont conclus par des licenciements. Motif : insuffisance professionnelle.</p><p><em>« En temps normal, ces licenciements sont plutôt rares, car vus comme un parcours du combattant pour l’employeur. Il faut prouver que le salarié sous-performe, mais aussi qu’il a été suffisamment accompagné et formé avant de pouvoir être licencié. C’est justifié par le fait qu’en droit français, c’est la période d’essai qui doit permettre de savoir si un salarié fait l’affaire ou non »</em>, commente un inspecteur du travail souhaitant rester anonyme.</p><p>Ainsi, chez Red Hat, les syndicalistes conseillent aux salariés sous PIP de documenter leurs activités le plus précisément possible. <em>« Pour ne pas que le flou laisse penser que le salarié ne fait rien »</em>, insiste Haïkel Guémar. Dans les rares cas où un licenciement pour insuffisance est contesté aux prud’hommes, cela permet aussi de <em>« mettre toutes les chances de son côté »</em>, poursuit le syndicaliste.</p><p><em>« Évidemment, l’intérêt de l’employeur est de ne pas passer par la case prud’hommes. Un PIP peut permettre d’abuser un salarié sur ce qu’est juridiquement l’insuffisance professionnelle, en le laissant penser que son licenciement est juste car appuyé sur un document plus ou moins bien rédigé »</em>, continue l’inspecteur du travail.</p><h2 class="spip" id="Suppressions-d-emplois-bon-marche">Suppressions d’emplois bon marché</h2><p>Les PIP permettent également des suppressions d’emplois à moindres frais dans le cadre de grands plans de restructuration. Ainsi, Capgemini a présenté, en janvier 2026, un projet dit <em>« d’adaptation des compétences et des emplois »</em> qui se traduirait par la <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/20/capgemini-accelere-ses-suppressions-de-postes_6663419_3234.html" class="spip_out" rel="external">suppression de plus 2400 postes</a> en France. Les suppressions de postes annoncées reposent sur des ruptures conventionnelles collectives. Un dispositif qui permet des départs collectifs de l’entreprise à l’amiable, car supposément basés sur le volontariat des salariés.</p><p>Or, ce volontariat n’en est plus vraiment un lorsque les salariés sont placés sous PIP, un dispositif épuisant, qui peut donner d’autant plus envie de quitter une entreprise. <em>« Pour nous, il est évident que les PRPA sont utilisés dans le cadre de cette restructuration. C’est justement ce qu’on redoutait »</em>, ajoute le cosecrétaire général de la CGT Capgemini, Yacine Baghou.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/es-salaires-baissent-en-france-pour-la-premiere-fois-en-30-ans-mais-ce-n-est-pas-une-fatalite">Les salaires stagnent : comment les syndicats peuvent vous faire gagner plus</a></aside><p>L’avocat Félix Guinebretière prend également l’exemple d’Amazon, où le plan de performance est directement accompagné d’une proposition de rupture conventionnelle dans un plan appelé « Pivot ». <em>« On vous laisse deux choix</em>, détaille-t-il. <em>Soit vous rentrez dans le processus, soit vous pouvez partir immédiatement en acceptant une rupture conventionnelle avec des conditions financières un peu meilleures que ce que prévoit la loi. Si vous décidez d’accepter le plan, vous avez trois mois pour faire vos preuves, et, si ça ne fonctionne pas, on vous redonne la possibilité de partir en rupture conventionnelle, mais avec un peu moins d’argent. Si vous restez, vous repassez en deuxième phase de Pivot, à la suite de laquelle vous pouvez être licencié. »</em></p><p>Dans tous les cas, les échappatoires sont minces, comme le détaille l’avocat : <em>« L’employeur peut considérer le refus de mise en PIP comme une faute disciplinaire. Donc l’idée est plutôt de contester l’évaluation, en expliquant qu’on ne comprend pas les raisons pour lesquelles on est mis en PIP, puis documenter tout ce qui se passe, mais on n’a pas d’autre choix que de s’y plier. »</em></p><p>Interrogées, les sociétés concernées n’ont pas répondu à nos sollicitations, hormis Amazon. Le service de communication de la multinationale affirme disposer d’un processus de gestion de la performance qui aiderait les managers à identifier les collaborateurs qui performeraient bien et ceux qui auraient besoin d’un accompagnement renforcé. L’entreprise assure aussi qu’une grande majorité des salariés atteignent ou dépassent même les attentes, et qu’elle met en place, pour le petit nombre qui n’y parviendrait pas, du coaching et des <em>« opportunités »</em> pour progresser. Si la « performance » ne s’améliore pas malgré l’accompagnement, Amazon dit travailler avec les salariés pour déterminer si le poste reste adapté. Ce qui peut, dans certains cas, conduire à un départ de l’entreprise, reconnaît aussi le géant du numérique.</p><h2 class="spip" id="Salaries-en-arret-maladie-et-burn-out">Salariés en arrêt maladie et burn-out</h2><p>Bien sûr, un tel procédé n’est pas sans conséquences sur le moral des salariés. Parmi les employés de Capgemini interrogés par la CGT, 87 % considèrent que le PRPA est un outil de gestion pressurisant. <em>« Subir un PIP, c’est violent. On dit en quelque sorte au salarié qu’il est inutile, on lui enlève son autonomie. C’est aussi humiliant et, souvent, le salarié ne va même pas en parler à ses collègues, il s’isole. Tout est fait pour : dans ma boîte, les ressources humaines refusent systématiquement aux syndicalistes d’accompagner les salariés sous PIP dans leurs entretiens »</em>, observe un représentant du personnel dans une entreprise de services numériques. <em>« Il y a des cas où la mise en œuvre d’un PIP peut être assimilée à du harcèlement moral, avec des objectifs inatteignables »</em>, illustre également l’avocat Félix Guinebretière.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Sante-au-travail-strategie-patronale-a-toujours-ete-de-nier-les-souffrances-entretien-Remy-Ponge">« Sur la santé au travail, la stratégie patronale a toujours été de nier les souffrances »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/4f1b455cd4ac02e1478ab409e551c4-bac4b.jpg?1758180671" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une femme assiste à un poste de travail avec un casque sur les oreilles se tient le visage entre les mains." /></aside><p>Placé en plan de retour à la performance, Marc a par exemple enchaîné les arrêts maladie pendant quatre mois. Tout comme Éric Vanoverbeke, qui dit avoir fait un burn-out à la suite de ces pressions. Placé en temps partiel thérapeutique pendant presque un an à la demande du médecin du travail, ce dernier est désormais reconnu travailleur handicapé. Si cet employé de Capgemini a choisi de refuser son PRPA et d’attaquer son employeur aux prud’hommes, d’autres finissent par partir d’eux-mêmes, lessivés. À l’image de Lionel : <em>« Je suis en train de chercher du travail ailleurs, ça m’a complètement dégoûté de mon métier »</em>, finit-il par lâcher.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 20 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Les permanences sociales : la recette gagnante du parti de gauche allemand ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Vous voulez un thé ? »</em> Sandy*, 40 ans, employée administrative dans un cabinet dentaire, a adhéré au parti de gauche radicale allemand Die Linke en novembre. Depuis, elle s’est engagée à fond, dix à quinze heures par semaine.</p><p>Cet hiver, avec la section de son quartier, elle a distribué des repas, vêtements chauds et sacs de couchage à des personnes sans-abri, et s’investit depuis le printemps dans la campagne pour les élections locales de septembre. Ce vendredi d’avril, elle assure aussi l’accueil d’une permanence sociale de Die Linke dans un arrondissement de l’est de Berlin. Elle prend le nom des gens, leur parle, leur propose quelque chose à boire en attendant leur tour.</p><p>Dans une pièce exigüe au fond du bar associatif, c’est Antonio Leonhardt et Maik qui reçoivent. Le premier, 31 ans, est avocat, militant à Die Linke depuis ses 18 ans et élu bénévole au conseil de quartier. Le second, Maik, 38 ans, actif depuis des années pour le droit au logement, a rejoint le parti de gauche il y a un peu plus d’un an. Face à chaque nouvelle personne venue chercher de l’aide, les deux hommes prennent tout le temps nécessaire.</p><h2 class="spip" id="Une-aide-ouverte-a-tout-le-monde">Une aide ouverte à tout le monde</h2><p><em>« Ici, à cette permanence consacrée aux questions locatives, les gens arrivent souvent avec des dossiers déjà préparés et des questions très précises »</em>, nous dit Antonio Leonhardt. Comme cette jeune femme qui veut faire respecter l’encadrement des loyers, en place dans la capitale allemande. Selon les règles en vigueur, elle devrait payer son appartement moitié moins cher que son loyer actuel. Elle sort de sa pochette les courriers déjà échangés avec le propriétaire, une SARL.</p><p>L’avocat lui explique la marche à suivre pour engager une procédure judiciaire, le coût possible, et ce qu’elle est en droit de réclamer. Ce jour-là, la permanence a aussi reçu un jeune homme dont le bail est menacé de résiliation, ou encore la locataire d’un appartement infesté de moisissures mais que son bailleur social refuse de rénover.</p><div class="spip_document_22794 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="168" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/photo_entree.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c524678288 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp?1777210731 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_entree.jpg@.webp?1778678095 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_entree.jpg" width="960" height="720" alt="Des affiches en allemand dans la rue à l'entrée d'une cour." aria-describedby="by22794-f8ef8b637f02dab4516b6671757a4cfa" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_entree.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22794-f8ef8b637f02dab4516b6671757a4cfa">Une permanence de conseil social et sur les questions de logement du partir de gauche Die Linke dans le quartier de Tempelhof à Berlin, en avril 2025.
©Rachel Knaebel
</figcaption></figure></div><p>Cette permanence de Die Linke a lieu tous les mois. Le parti en propose des dizaines d’autres à travers la capitale, pour aider les gens face à leur propriétaire mais aussi face aux administrations, sur les questions de retraite, de minimas sociaux, de droit du travail, ou sur l’asile. Elles sont ouvertes à tous, adhérents ou pas. Des offres similaires existent dans tout le pays. Leur coordination est formalisée depuis deux ans dans le cadre d’un groupe de travail nommé « La Gauche vous aide ».</p><p><em>« Die Linke a toujours eu cette culture de “s’occuper des gens”, mais à un moment, le parti s’est plus orienté vers l’“organizing” pour pousser les gens à se mobiliser seuls, dans des initiatives de locataires, par exemple. Et puis, on a vu que c’était parfois beaucoup demander. Alors, on a pensé qu’il fallait faire les deux »</em>, retrace Tony Pohl, Berlinois originaire d’une ville de l’est du pays, aujourd’hui salarié d’une section de Die Linke à Berlin.</p><p>C’est en regardant du côté de l’Autriche que Die Linke a adopté cette nouvelle stratégie. Le parti communiste autrichien KPÖ, insignifiant dans les urnes au niveau national, a enregistré depuis 2021 <a href="https://www.courrierinternational.com/article/politique-en-autriche-la-renaissance-rouge-des-communistes-du-kpo" class="spip_out" rel="external">d’excellents scores</a>, à plus de 20 %, lors d’élections locales. En Allemagne, ces succès sont analysés comme le résultat d’un engagement social sur le terrain, avec une offre d’aide concrète à la population face aux problèmes rencontrés dans le quotidien.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Faire-remonter-aux-deputes-les-problemes-que-rencontrent-les-gens">« Faire remonter aux députés les problèmes que rencontrent les gens »</h2><p><em>« Les militants autrichiens se sont rendus vraiment accessibles aux citoyens, dans des endroits où d’autres partis avaient abandonné »</em>, appuie Charly Roffalski, membre de la coordination des permanences sociales de Die Linke. <em>« Plutôt que chacun fasse les choses dans son coin, on a rassemblé les gens qui animent des permanences. On regarde s’il existe suffisamment d’offres partout, quels sont les problèmes, et on fait remonter aux députés les problèmes que rencontrent les gens localement »</em>, explique-t-elle.</p><p>La coordination s’attelle aussi à former les militants : <em>« Comment lire une décision administrative sur un minima social ? Comment comprendre des questions de droit du travail ou de droit locatif ? La coordination est aussi là pour s’assurer que les formulaires et les modèles de recours sont disponibles dans toutes les permanences »</em>, précise Charly.</p><div class="spip_document_22793 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="134" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2207052029 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp?1777210733 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg@.webp?1778678137 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg" width="960" height="720" alt="Une porte entrouverte, on distingue deux personnes à l'intérieur." aria-describedby="by22793-577d1dc3e536862a56cbd6f2b50b7f57" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_entrebaillee.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22793-577d1dc3e536862a56cbd6f2b50b7f57">La permanence a lieu toutes les deux semaines. Elle est animée par deux jeunes avocats militants du parti de gauche.
©Rachel Knaebel
</figcaption></figure></div><p>Le but de ces permanences est <em>« bien sûr d’aider les gens à obtenir leurs droits »</em>. Mais, ajoute la militante, <em>« elles ont aussi une dimension politique. Nous ne sommes pas le Secours populaire. Il faut expliquer aux personnes quelles sont leurs possibilités d’action, notamment au niveau des assemblées municipales. Car c’est là que se décide, par exemple, en Allemagne, le niveau des aides au logement quand on est aux minimas sociaux. »</em> <em>« Les gens qu’on voit ici ne sont pas vraiment politisés, mais ils se rendent bien compte que leur situation est injuste »</em>, constate de son côté Konstantin, jeune avocat, militant à Die Linke depuis l’automne dernier. Il anime une permanence sociale dans la capitale allemande aux côtés d’autres adhérents arrivés au parti depuis moins d’un an.</p><h2 class="spip" id="Plus-de-120-000-militants">Plus de 120 000 militants</h2><p>Avant les élections législatives de février 2025, le parti de gauche Die Linke semblait au bord du gouffre. Les sondages faisaient même douter de sa capacité à se maintenir au Parlement. Et puis, les résultats <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/03/04/en-allemagne-la-resurrection-inattendue-du-parti-de-gauche-die-linke_6576338_3210.html" class="spip_out" rel="external">ont été tout autre</a>. Avec 8,8 % des voix, il a presque doublé le score qu’il avait fait quatre ans plus tôt.</p><p>Depuis, il enregistre un nombre record de nouveaux militants. Fin 2025, Die Linke comptait <a href="https://www.die-linke.de/partei/ueber-uns/mitgliederzahlen-2025/" class="spip_out" rel="external">plus de 123 000 adhérents</a>, contre <a href="https://www.die-linke.de/partei/ueber-uns/mitgliederzahlen-2024/" class="spip_out" rel="external">58 500 fin 2024</a>. Plus du double.</p><p>À Berlin, il y a maintenant plus de 17 000 adhérents Die Linke contre 8000 fin 2024. <em>« Dans ma section, on est longtemps resté à environ 600 militants, aujourd’hui, on est 2000 »</em>, illustre Tony Pohl depuis le sud de la capitale. <em>« On est maintenant 50 à animer la permanence sociale du quartier, tout le monde n’est pas actif tout le temps, mais c’est beaucoup. »</em> Ce jour-là, deux nouveaux militants sont venus aider.</p><p>Georg, 44 ans, a toujours été <em>« plutôt de gauche »</em>, et a été membre du parti satirique "Die Partei", qui ne fait pas plus de 1 à 2% dans les urnes mais est <a href="https://www.slate.fr/story/266682/die-partei-parti-insolite-allemand-parlement-europeen-elections-programme-martin-sonneborn" class="spip_out" rel="external">présent au Parlement européen</a> depuis 2014. <em>« À un moment, la situation est trop grave, au niveau des inégalités sociales, du fascisme qui monte partout, pour en rester à la dimension satirique »</em>, ajoute Georg. Dans le local ce jour-là, il y a aussi Julian, un trentenaire italien. Lui, travailleur social, s’est engagé au parti de gauche <em>« pour le social et pour la Palestine, pour Gaza »</em>. Die Linke étant le parti allemand le plus engagé pour les Palestiniens.</p><div class="spip_document_22795 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="127" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/robert_3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2762955724 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp?1777210735 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/robert_3.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/robert_3.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/robert_3.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/robert_3.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/robert_3.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/robert_3.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/robert_3.jpg@.webp?1778678140 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/robert_3.jpg" width="960" height="720" alt="Un homme de profil assis à une table devant un livre." aria-describedby="by22795-053ffe513200318fd8fd56cb03f31f51" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/robert_3.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/robert_3.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/robert_3.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22795-053ffe513200318fd8fd56cb03f31f51">Robert vient du mouvement pour le climat. Ancien électeur des Verts, il a adhéré à Die Linke en juillet 2025.
©Rachel Knaebel
</figcaption></figure></div><p>Les profils des nouveaux membres sont variés, mais l’envie commune est d’agir. Sandy, par exemple, a été quelques mois adhérente du parti conservateur d’Angela Merkel, la CDU, juste avant de le quitter pour la formation à la gauche de la gauche. <em>« La CDU, ce n’était pas pour moi, je ne m’y sentais pas bien »</em>, explique-t-elle, admettant que <em>« ce sont deux partis très différents »</em>.</p><p>Elle s’est inscrite à Die Linke en ligne. <em>« Tout de suite, j’ai reçu un mail du responsable de la section de mon quartier pour m’inviter à la prochaine réunion locale et à la rencontre des nouveaux membres. »</em> Il y en a tous les deux ou trois mois pour accueillir les nouveaux venus. Là, les différents groupes de travail sont présentés. <em>« Le groupe porte-à-porte, celui qui travaille sur les factures énergétiques, celui des actions… »</em>, énumère Sandy.</p><p>Robert, ancien conseiller fiscal, sexagénaire, adhérent depuis juillet, accueille dans une permanence du dimanche. Lui vient du mouvement pour le climat Dernière génération, qui milite pour la sortie des énergies fossiles. Il a <em>« voté vert pendant des décennies. Mais autant les Verts sont très bons pour défendre l’espèce d’amphibien menacée par un grand projet, autant ils passent à côté des problèmes de gens. Et, quand ils étaient au gouvernement, ils ont fait trop de compromis »</em>, juge le Berlinois.</p><p>L’homme a donc décidé de rejoindre Die Linke, <em>« à cause de la montée de l’extrême droite »</em>, qui l’inquiète beaucoup. <em>« Je ne suis pas d’accord avec toutes les positions de Die Linke »</em>, précise-t-il, notamment pas avec la ligne pacifiste radicale maintenue même depuis l’attaque russe en Ukraine. Mais <em>« on peut aujourd’hui échanger des points de vue à Die Linke comme ce n’était peut-être pas possible il y a encore quelques années. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Aller-la-ou-sont-les-gens">« Aller là où sont les gens »</h2><p>Le parti Die Linke se déchire régulièrement sur des questions de politique internationale, sur la Russie et la guerre en Ukraine, la Palestine et Israël, et, récemment encore, sur l’antisémitisme. Mais dans ces permanences de conseil à la population, les nouveaux militants sont avant tout confrontés au concret. <em>« Il s’agit d’abord de montrer de l’empathie »</em>, résume Georg.</p><p><em>« Je suis parfois un peu envieuse des nouveaux militants. Quand moi j’ai adhéré, en 2019, j’ai dû commencer par le “socialisme des réunions”</em>, sourit Charly Roffalski. <em>Aujourd’hui, les nouveaux arrivants peuvent faire plein de choses différentes. »</em> Les permanences sociales sont une porte d’entrée <em>« très accessible »</em>, insiste-t-elle : <em>« Pour accompagner quelqu’un à une administration, il n’est pas nécessaire d’avoir 20 ans d’expérience politique derrière soi. Il suffit parfois de s’asseoir avec les gens dans la salle d’attente, de discuter, de les aider à classer leurs documents. Tout cela permet de s’impliquer sans être dépassé. La meilleure façon de fidéliser les nouveaux militants, c’est de leur donner quelque chose à faire sur le terrain. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Et le terrain n’est pas facile partout. Charly vient de Saxe, une région de l’est de l’Allemagne qui a voté à plus de 37 % pour le parti d’extrême droite AfD <a href="https://www.bundeswahlleiterin.de/bundestagswahlen/2025/ergebnisse/bund-99/land-14.html" class="spip_out" rel="external">aux législatives de l’an dernier</a>. <em>« Quand je parle avec ma famille – et une grande partie vote pour AfD, c’est la réalité – ils disent souvent “les politiques n’écoutent plus”. Alors, il ne faut pas croire que les permanences sociales vont faire disparaître l’AfD, mais je pense que ça peut aider. Dans les villages où ça peut être mal vu d’aller voir les “socialistes”, il faut faire autrement : ne pas appeler cela une permanence, mais, par exemple, organiser une discussion au bar du coin, ou se mettre sur la place du marché avec un barbecue et parler avec les gens. Il faut aller là où sont les gens. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Un-travail-de-longue-haleine">« Un travail de longue haleine »</h2><p>Dans le quartier de l’avocat Antonio Leonhardt, l’extrême droite est son premier adversaire politique. La gauche de Die Linke y est certes arrivée <a href="https://www.bundeswahlleiterin.de/bundestagswahlen/2025/ergebnisse/bund-99/land-11/wahlkreis-85.html" class="spip_out" rel="external">en tête aux législatives</a>, mais l’AfD était juste derrière, à plus de 20 %. Et le candidat AfD a toutes ses chances d’être élu du quartier aux municipales de septembre.</p><div class="spip_document_22792 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="198" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c591656012 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp?1777210738 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg@.webp?1778678142 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg" width="960" height="720" alt="Un flyer en allemand sur lequel on voit une femme avec un masque chirurgical. Il est écrit dessus : « Ist unseres Gesundheitssystem noch zu retten » ?." aria-describedby="by22792-bc686e8f2f41e57a62b4ce23942beaca" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_flyer_sante.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22792-bc686e8f2f41e57a62b4ce23942beaca">« Notre système de santé peut-il encore être sauvé ? » Un médecin et une infirmière militant au parti démarrent en mai une nouvelle permanence sur les questions de santé.
©Rachel Knaebel
</figcaption></figure></div><p><em>« Ce que l’AfD sait faire, c’est créer la colère, quand les gens râlent quelque part, l’AfD râle avec eux. Alors que ce parti est vraiment à court d’idées sur de très nombreux sujets</em>, dénonce l’homme. <em>Quand on parle des loyers trop chers à Berlin, l’AfD répond que, si les locataires étaient propriétaires, ils n’auraient pas ce problème ! »</em> Alors que 85 % des Berlinois sont locataires.</p><p>Le porte-à-porte, les permanences, aident, mais selon l’avocat, <em>« c’est une chose qui prend des années de reconstruire un ancrage. Et nous sommes encore trop peu nombreux. Nous sommes ravis d’accueillir tant de nouveaux militants, on a ainsi regagné beaucoup de terrain, mais on pourrait être deux ou trois fois plus. Le chemin est encore long pour avoir partout le réseau dont nous aurions besoin pour vraiment contrer l’AfD. Ce que nous faisons ici, c’est un travail de longue haleine pour inciter les gens à s’impliquer à nouveau dans le politique. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Une-taxe-exceptionnelle-pour-financer-la-sante-la-proposition-qui-fait-paniquer-les-200-milliardaires-californiens">Taxer les milliardaires pour financer la santé : un référendum citoyen lancé en Californie</a></aside><p><em>« Je pense qu’on a besoin de politique partisane et d’engagement social, ce n’est pas antagoniste</em>, commente aussi Georg. <em>Les élections, ça compte. Les gens qui disent que les élections ne changent rien, je leur dis : si vous êtes au RSA et que le gouvernement veut le supprimer, ça fait une différence. »</em> Le quadragénaire a aujourd’hui aidé une femme à rédiger une lettre de réclamation. <em>« Elle avait surtout besoin de parler. Elle a dit des choses sur la politique avec lesquelles je suis en désaccord. Je lui ai dit que je voyais les choses autrement. Mais on est ici pour s’entraider, pas pour avoir des préjugés. »</em></p><p>*Les personnes nommées par leur prénom n’ont pas souhaité voir leur nom de famille apparaître.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 19 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Tout comprendre à la loi d'urgence agricole et au mécontentement qu'elle suscite]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="texteencadre-spip spip">En résumé :<ul class="spip" role="list"><li>Le gouvernement veut faciliter les projets d’ouvrages de stockage d’eau, comme les mégabassines, en supprimant les obligations de réunions publiques.</li>
<li>La loi vise à faciliter également l’implantation d’élevages industriels, type fermes-usines ou poulaillers géants, propices à la maltraitance animale et à la propagation de maladies.</li>
<li>La possibilité de mener des recours contre ce type de projet est fragilisée, le promoteur d’un tel projet industriel pouvant réclamer des dommages et intérêts.</li>
<li>Les actions qui seront menées contre des élevages industriels maltraitants sont davantage criminalisées.</li>
<li>Les points de captage d’eau potable risquent d’être (encore) moins bien protégés des épandages de pesticides.</li>
<li>Sur le volet social (la véritable urgence...), les revenus des producteurs seront un peu mieux protégés face à l’appétit de la grande distribution et de l’agro-industrie, ce à quoi s’oppose l’industrie laitière.</li>
<li>La réautorisation des néonicotinoïdes voulue par le sénateur Laurent Duplomb ne figure pas dans la version examinée à l’Assemblée nationale. Mais sa nomination comme corapporteur du projet de loi, lors de l’examen au Sénat, laisse craindre l’intégration d’amendements sur ces pesticides tueurs d’abeilles.</li>
</ul></div><p>Ce texte avait été annoncé en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu pour répondre aux mobilisations agricoles. Souvenez-vous : fin 2025, des milliers d’agriculteurs et d’agricultrices bloquaient l’entrée de fermes pour <a href="https://basta.media/Dermatose-nodulaire-comprendre-la-crise-agricole-en-dix-points" class="spip_in">contester la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse</a> impliquant l’abattage total du troupeau si un cas était détecté. Au fil des jours, la question du revenu agricole a émaillé les débats. Le <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/projet_loi_urgence_pour_protection_et_souverainete_agricoles" class="spip_out" rel="external">projet de loi d’urgence agricole</a>, débattu en séance publique à l’Assemblée nationale à partir du 19 mai, répond-il à ces préoccupations ? <em>Basta!</em> s’est plongé dans ce texte et ses 23 articles.</p><h2 class="spip" id="Debloquer-les-projets-de-megabassines-sans-reunion-publique">Débloquer les projets de mégabassines sans réunion publique</h2><p>Les projets d’ouvrages de stockage d’eau, comme les mégabassines, constituent le volet central du projet de loi. Pour Matignon, il s’agit de <em>« débloquer »</em> et <em>« faciliter »</em> ces projets en modifiant le cadre réglementaire. Le texte permet au préfet de déroger à une décision de justice en prolongeant pendant deux ans des autorisations de prélèvement, même si elles ont été jugées illégales par un tribunal. Il autorise également les préfets à déroger au schéma d’aménagement et de gestion des eaux (Sage), pourtant conçu pour éviter les conflits d’usage de l’eau et associant les élus, les services de l’État, les usagers autour d’un même bassin versant.</p><p>L’article 5 réduit également la participation du public lors des consultations sur les projets de stockage d’eau, en remplaçant les réunions publiques obligatoires par de simples permanences. <em>« Moins de débat, c’est plus de tensions sur les territoires »</em>, <a href="https://fne.asso.fr/actualites/irrigation-biodiversite-elevage-le-vrai-visage-du-projet-de-loi-d-urgence-agricole" class="spip_out" rel="external">regrette France Nature Environnement</a>. Autant de mesures perçues comme <em>« un cadeau politique à la FNSEA »</em>, selon Greenpeace.</p><p>Mais la nouvelle version du texte, issue des débats en commission du développement durable, a suscité <a href="https://www.fnsea.fr/communiques-de-presse/loi-durgence-agricole-la-commission-du-developpement-durable-tire-sur-lambulance/" class="spip_out" rel="external">la colère du syndicat agricole</a>. Alors que la FNSEA réclamait de renforcer la place des agriculteurs dans les comités de bassin, un amendement du groupe écologiste prévoit d’augmenter le nombre de sièges des usagers non économiques (associations environnementales, pêche, conservatoires naturels…) au détriment des usagers économiques. Des <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/2632/CION-DVP/CD425" class="spip_out" rel="external">garde-fous sur les mesures touchant à la démocratie locale de l’eau</a> ont aussi été votés lors de cette commission. La FNSEA appelle les députés à <em>« corriger ce texte en séance publique »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Autre « urgence agricole », selon le gouvernement : faciliter la construction de nouveaux élevages industriels – type « ferme des mille vaches » ou les gigantesques poulaillers avec des centaines de milliers de poules pondeuses, souvent propices à la maltraitance animale ou à la propagation des maladies. Ce type de bâtiment est normalement régi par le régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) pour limiter leur impact pour l’environnement, la santé et la sécurité publique. Le projet de loi autorise ainsi le gouvernement à légiférer par ordonnance pour créer un régime spécial d’autorisation environnementale pour les bâtiments d’élevage. L’objectif est de relever le nombre d’animaux à partir duquel un processus <em>« très lourd »</em> d’autorisation est nécessaire, a indiqué la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard. Tout en contournant les mesures de précaution.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Colere-agricole-le-gouvernement-prepare-recul-historique-prevention-risques-industriels-ICPE-loi-DDadue">Le gouvernement prépare « un recul historique » dans la prévention des risques industriels</a></aside><p><em>« Se cachant derrière ’’la simplification’’, cette proposition s’inscrit en réalité dans la suite d’un détricotage méthodique des garde-fous existants pour lever les contraintes à l’implantation et l’agrandissement d’élevages intensifs »</em>, <a href="https://www.l214.com/communications/2026-05-07-projet-loi-urgence-agricole-offensive-contre-les-animaux-et-associations/?_gl=1*ulxwx*_up*MQ..*_ga*MjA0Mzc5MDI3Ni4xNzc4NTgwMzQ0*_ga_WJSDK2ZXS9*czE3Nzg1ODAzNDMkbzEkZzEkdDE3Nzg1ODAzNDUkajU4JGwwJGgw" class="spip_out" rel="external">alerte l’association L214</a>. Ce recours à l’ordonnance permet de court-circuiter le débat parlementaire sur ce sujet. Greenpeace y voit <em>« une étape cruciale dans le démantèlement de la réglementation, au service de l’industrialisation »</em>.</p><h2 class="spip" id="Empecher-les-recours-et-les-actions-des-associations">Empêcher les recours et les actions des associations</h2><p>Le texte entend lutter contre les recours considérés comme « abusifs » visant des projets agricoles, en permettant au porteur d’un projet attaqué de réclamer des dommages et intérêts. <em>« C’est un bon moyen pour assécher les finances des opposants à des projets agro-industriels préjudiciables à l’agriculture et à l’environnement et empêcher les recours »</em>, considère le Syndicat national de l’environnement-FSU.</p><p>Un amendement adopté en commission des affaires économiques entend, par ailleurs, instaurer une sanction pénale spécifique pour l’intrusion dans un local agricole pouvant aller jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. <em>« L’objectif est d’intimider les lanceurs d’alerte et de rendre pénalement intenable la révélation publique des conditions de production dans les élevages et les abattoirs</em>, estime l’association L214. <em>C’est une peine trois fois plus lourde que la sanction pour violation de domicile, qui plafonne à 1 an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. »</em></p><h2 class="spip" id="La-crainte-de-reculs-sur-la-protection-des-captages-d-eau-potable">La crainte de reculs sur la protection des captages d’eau potable</h2><p>La protection des points de captages d’eau potable (nappes phréatiques, rivières...) est cruciale pour limiter les pollutions aux pesticides. Mais ne constitue pas, là encore, une urgence pour le gouvernement : la loi supprime la notion de <em>« points de prélèvements sensibles »</em> pour la remplacer par celle <em>« points de prélèvements prioritaires »</em>, définis par décret. On passerait ainsi de 5000 aires de captages sensibles, censées être protégées des pollutions toxiques, à seulement 1000 aires de captages prioritaires, selon Greenpeace, soit cinq fois moins ! <em>« Ce tour de passe-passe sémantique »</em> se traduirait ainsi par <em>« un recul environnemental majeur »</em>, selon Générations futures.</p><p>À l’inverse, la FNSEA réclame des mesures pour <em>« simplifier »</em> les règles d’épandage de pesticides à proximité des captages d’eau. Avec cette loi, les mesures de protection obligatoires seront appliquées uniquement aux captages dits « prioritaires »... qui ne sont donc pas encore définis !</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Pesticides-Comment-le-Rassemblement-national-s-oppose-a-la-protection-de-l-eau-potable">Pesticides : Comment le Rassemblement national s’oppose à la protection de l’eau potable</a></aside><p>Un amendement, porté par la députée insoumise Aurélie Trouvé et adopté en commission du développement durable, a, pour l’instant, supprimé cette nouvelle méthode proposée par le gouvernement pour les aires de captage. Mais l’association Générations futures redoute que cet article soit réintroduit par amendement en séance publique. Dans le même temps, l’arrêté qui devait permettre d’identifier les points de prélèvements sensibles, afin d’y mener des actions de prévention, est toujours attendu depuis plus de trois ans.</p><h2 class="spip" id="Les-mesures-de-defense-des-revenus-fachent-les-industriels-laitiers">Les mesures de défense des revenus fâchent les industriels laitiers</h2><p>Sébastien Lecornu s’engage aussi à <em>« un renforcement des règles dans les négociations commerciales pour mieux défendre le revenu agricole »</em>. En l’état, les rapports de force avec les industriels et la grande distribution demeurent structurellement défavorables aux producteurs et productrices. Alors que les lois dites « Egalim » votées depuis 2018 n’ont pas enrayé le phénomène, le texte propose de renforcer les organisations de producteurs pour peser dans les négociations, de sanctuariser des indicateurs de coûts de production et d’expérimenter un <em>« tunnel de prix »</em>, une clause qui fixerait à la fois un prix plancher et un prix plafond.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Prix-plancher-agriculture-sans-intervention-publique-les-gros-mangent-les-petits-regulation-capitalisme-libre-echange">Prix planchers en agriculture : « Sans intervention publique, les gros mangent les petits »</a></aside><p>En commission, les députés ont adopté le principe du prix plancher, avec un amendement porté par des députés centristes et socialistes : le prix fixé entre le producteur et le premier acheteur ne devra pas être inférieur au coût de production, main-d’œuvre comprise. Alors que cette mesure permettrait au monde agricole de ne pas vendre à perte, elle a fait bondir la Fédération des industriels laitiers (Fnil) qui, tournée vers l’export, redoute d’être moins compétitive sur les marchés internationaux. La Fnil demande ainsi au Parlement la suppression des tunnels de prix, quand d’autres pays, comme <a href="https://basta.media/Prix-plancher-agriculture-sans-intervention-publique-les-gros-mangent-les-petits-regulation-capitalisme-libre-echange" class="spip_in">le Canada ou les États-Unis, adoptent depuis des années des prix garantis</a>.</p><h2 class="spip" id="La-reautorisation-des-neonicotinoides-sera-t-elle-dans-le-projet-de-loi">La réautorisation des néonicotinoïdes sera-t-elle dans le projet de loi ?</h2><p>La question de l’acétamipride, pesticide interdit en France depuis 2018, a ponctué les débats. Plusieurs amendements, notamment portés par le Rassemblement national, <a href="https://basta.media/Pesticides-Comment-le-Rassemblement-national-s-oppose-a-la-protection-de-l-eau-potable" class="spip_in">parti pro-pesticides</a>, visaient à réintroduire l’autorisation de mise sur le marché des néonicotinoïdes dans le projet de loi agricole. Ces amendements ont été jugés irrecevables au motif qu’ils n’ont pas de lien direct avec le texte initial déposé par le gouvernement. Dans une <a href="https://x.com/SebLecornu/status/2052266983903711370?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E2052266983903711370%7Ctwgr%5E8ae98b7eca633745f0952354ae983eda19b7ffed%7Ctwcon%5Es1_&amp;ref_url=https%3A%2F%2Flcp.fr%2Factualites%2Furgence-agricole-sebastien-lecornu-demande-un-travail-serieux-de-compromis-aux" class="spip_out" rel="external">lettre ouverte le 7 mai</a>, Sébastien Lecornu a confirmé sa volonté que la réintroduction des néonicotinoïdes soit débattue à une date ultérieure, par crainte que cette mesure ne bloque le projet de loi.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pesticides-alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb">Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu’affirme le sénateur Duplomb</a></aside><p>Un vote solennel du texte est prévu le 2 juin. À la suite du passage à l’Assemblée nationale, le texte sera étudié au Sénat. Or, le sénateur Laurent Duplomb vient précisément d’être nommé corapporteur du projet de loi. Cette annonce laisse craindre à l’association Générations futures <em>« le pire sur le devenir du texte et la potentielle intégration par amendements de la loi Duplomb 2 »</em>. Les débats s’annoncent tendus.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 18 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Pas de bistrot pour les fachos » : mobilisation contre la brasserie du journaliste d'extrême droite Erik Tegnér]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Ce jeudi 14 mai, environ 80 membres échangent dans un canal spécialement créé pour l’occasion sur l’application de messagerie Telegram. Son nom ? <em>« Kerfaf ».</em> Un jeu de mot qui résume l’actualité qui les réunit : s’opposer à l’ouverture, en ce jour férié, de la microbrasserie Kerfave à Pléguien, dans les Côtes-d’Armor, avec à sa tête un certain Eric Rucklin, mais surtout Erik Tegnér, <a href="https://basta.media/le-media-identitaire-frontieres-ses-obsessions-ses-allies-et-ses-dons" class="spip_in">fondateur et président du média d’extrême droite <em>Frontières</em></a>. Quelques heures plus tard, voilà environ 400 personnes réunies aux abords de la brasserie, pour un rassemblement non déclaré et interdit par la préfecture des Côtes-d’Armor dans l’après-midi. Craignant des tensions et troubles à l’ordre public, celle-ci a même permis à un drone de la gendarmerie de survoler la zone jusqu’à minuit.</p><div class="spip_document_22870 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="112" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7201.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2714243810 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778857610 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778857263 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778857161 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778858792 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778860868 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778858209 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778857968 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778857243 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778851629 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778858342 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778861696 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778858131 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778857693 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778858684 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7201.jpg@.webp?1778857112 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778857269" width="960" height="640" alt="Une habitante de Tresmeur et sa fille lors de la manifestation le 14/05/2026 à Pléguien." aria-describedby="by22870-13d17e9c6947b4b255b7904c68fbb2ed" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778858261 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778858911 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7201.jpg?1778857269 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22870-13d17e9c6947b4b255b7904c68fbb2ed">Une habitante de Tresmeur et sa fille lors de la manifestation le 14/05/2026 à Pléguien.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Le rassemblement qui se veut « citoyen, festif et pacifique » réunit des habitant·es de Pléguien et des communes alentours de Lannion, Guingamp, Saint-Brieuc, Trégomeur, Plourivo, ou encore Tressignaux. Certains ont également fait la route depuis Nantes. Parmi les déguisements, chants de chorale et musiques de fanfares, les slogans fusent : <em>« Kerfave, la bière trop trouble pour être honnête ! »</em>, <em>« Mettons la pression pour éviter la mise en bière de la démocratie »</em>, ou encore <em>« Ni Tegnér ni frontières »</em>.</p><p>Dans cette commune de moins de 1500 habitants, située à l’ouest de Saint-Brieuc, tout est allé très vite. <em>« Jusqu’à la semaine dernière, on ne savait pas qui était derrière ce projet »</em>, relate Virginie, qui vit à Pléguien depuis plus de 30 ans. Quand, par le bouche à oreille, a commencé à circuler le nom d’Erik Tegnér, un collectif informel de citoyen·nes a décidé de se mobiliser. <em>« Samedi dernier, on a réuni 50 personnes environ. C’est vraiment parti de là, on ne pouvait pas laisser passer ça »</em>, raconte Marie-Line, aussi pléguinaise.</p><div class="spip_document_22873 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="94" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7251.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1840765744 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778857610 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778857263 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778857221 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778862093 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778861560 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778862139 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778862564 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778857246 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778851632 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778862316 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778862970 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778859950 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778859596 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778866439 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7251.jpg@.webp?1778857114 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778857409" width="960" height="640" alt="Les manifestants face à la barrière de sécurité des forces de l'ordre." aria-describedby="by22873-f7c8330b00d37c8b2749acf961683138" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778858261 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778865377 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7251.jpg?1778857409 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22873-f7c8330b00d37c8b2749acf961683138">Les manifestants face à la barrière de sécurité des forces de l’ordre.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="lt-lt-Il-avance-masque">« Il avance masqué »</h2><p>Également mobilisés, les comités antifascistes locaux rejoignent rapidement la mobilisation citoyenne des <em>« habitant·es indigné·es »</em>. Des représentants locaux de Solidaires, de la CGT et de la Coordination antiracisme Trégor-Goëlo (CATG) ont également répondu présents. Tous appellent à boycotter cette brasserie co-fondée par le chroniqueur de l’émission « 100% Frontières » sur CNews, la chaîne info d’extrême droite, propriété du milliardaire Vincent Bolloré.</p><div class="spip_document_22872 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="91" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7221.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c43750588 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778857610 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778857263 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778857261 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778867535 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778857498 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778859863 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778862567 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778857246 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778851638 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778857753 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778870230 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778859297 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778860682 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778858455 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7221.jpg@.webp?1778857253 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778857410" width="960" height="640" alt="Marion et Camille, militantes du Planning familial de Saint-Brieuc." aria-describedby="by22872-ab2c3c23da09758f4976216ed6076556" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778858261 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778870092 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7221.jpg?1778857410 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22872-ab2c3c23da09758f4976216ed6076556">Marion et Camille, militantes du Planning familial de Saint-Brieuc.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Sur l’aire de covoiturage de Pont Lô, où rendez-vous a été donné à 17 heures, des élu·es insoumis sont également là en soutien. Le conseiller municipal briochin Henri Alloy et la députée des Côtes-d’Armor Murielle Lepvraud, arborant son écharpe tricolore, ont souhaité encourager cette initiative. <em>« Rassurée de voir autant de gens mobilisés »</em>, cette dernière défend que <em>« l’idée n’est pas d’empêcher la brasserie de s’installer, mais de montrer que le porteur du projet tente de mener une bataille culturelle, et qu’il avance pour cela masqué »</em>.</p><p>La maire de Pléguien, qui n’a pas répondu à nos sollicitations, le regrettait elle-même <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/bretagne/cotes-d-armor/saint-brieuc/le-chroniqueur-de-cnews-erik-tegner-lance-une-brasserie-en-bretagne-les-antifas-des-cotes-d-armor-se-mobilisent-avant-une-soiree-d-inauguration-prevue-ce-jeudi-14-mai-3348946.html" class="spip_out" rel="external">dans les médias locaux</a> : <em>« Les initiateurs de ce projet n’avaient pas présenté publiquement les positions et engagements idéologiques aujourd’hui relayés. La municipalité ne cautionnera jamais la diffusion d’idées radicales, fondées sur le rejet, la stigmatisation ou l’exclusion »</em>, a fait savoir Maëlig Taisset.</p><div class="spip_document_22871 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="77" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7204.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3530970454 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778857642 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778857265 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778857301 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778858652 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778859865 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778862441 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778858479 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778857248 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778851641 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778857732 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778859406 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778865002 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778860682 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778865837 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7204.jpg@.webp?1778857255 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778857410" width="960" height="640" alt="La députée des Côtes-d'Armor Murielle Lepvraud." aria-describedby="by22871-2d88482eee3e180226432c2d5d6d0d7f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778858261 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778867336 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7204.jpg?1778857410 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22871-2d88482eee3e180226432c2d5d6d0d7f">La députée des Côtes-d’Armor Murielle Lepvraud (LFI).
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Erik-Tegner-actionnaire-a-96">Erik Tegnér actionnaire à 96 %</h2><p>Jusqu’à la publicisation sur les réseaux sociaux, le nom d’Erik Tegnér n’apparaissait en effet nulle part dans les documents administratifs de l’entreprise. Seul Eric Rucklin, inconnu dans le département, y apparaît comme président. L’entrepreneur à la tête d’une marque de thés africains, est un ancien animateur du comité local d’En Marche au Havre, et chargé des finances du parti macroniste pour les élections législatives de 2017. C’est seulement début mai qu’Erik Tegnér, qui ne cesse de répéter que <em><a href="https://x.com/tegnererik/status/1120994511952515072" class="spip_out" rel="external">« l’ennemi c’est Macron »</a></em>, annonce sur ses réseaux sociaux <em>« le lancement d’un projet fou »</em>, sans préciser son rôle au sein de l’entreprise. Interrogé par <em>Basta</em> avant l’ouverture de la brasserie, celui-ci explique être <em>« un actionnaire pleinement engagé dans le projet »</em>, sans donner de détails sur sa participation. <em>« C’est Eric qui gère »</em>, insiste-t-il. Or selon nos informations, Erik Tegnér est plus qu’impliqué dans le projet, puisqu’il en détient 96 % des parts.</p><div class="spip_document_22865 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="196" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7172.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1901189586 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778857673 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778857265 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778857349 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778858108 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778859184 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778863442 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778862638 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778857249 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778851642 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778858294 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778858031 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778862690 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778860682 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778865248 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7172.jpg@.webp?1778857255 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778857410" width="960" height="640" alt="Erik Tegnér devant la brasserie Kerfave avant son inauguration, le 14 mai 2025. Il arbore une casquette et un sweat bleu marine au nom de la brasserie, qui est en arrière blanc, avec à droite un drapeau breton." aria-describedby="by22865-e99ff422fcc2720f023028bb984da3fa" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778858261 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778863903 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7172.jpg?1778857410 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22865-e99ff422fcc2720f023028bb984da3fa">Erik Tegnér, militant et journaliste d’extrême droite, devant la brasserie Kerfave à Pléguien, dont il est le principal actionnaire, avant son inauguration, le 14 mai 2026.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Eric Rucklin, au profil bien éloigné du sien, ne serait qu’un faire-valoir ? Si ce dernier n’a pas voulu nous répondre, Erik Tegnér défend <em>« l’histoire d’une belle amitié »</em> de 12 ans avec son ancien colocataire. <em>« On en a discuté l’été dernier chez moi, à Plouha. Au début, c’était une blague. On a monté cette brasserie en quatre mois »</em>, relate le président de <em>Frontières</em>. Dans sa communauté, le profil de son associé ne fait pas l’unanimité. <em>« Et pour fonder cette brasserie 100 % locale en Bretagne, vous n’avez pas trouvé mieux qu’un ancien cadre local LREM, spécialiste du thé africain, qui déclare qu’il a "l’Afrique comme maison" ? »</em>, commente un militant identitaire sur X, tandis que des insultes racistes en tout genre pleuvent aussi sur Instagram.</p><div class="spip_document_22874 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="115" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7261.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2866370074 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778857701 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778857265 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778857393 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778880003 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778934412 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778934412 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778862681 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778857250 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778851630 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778934412 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778934412 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778860682 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778871342 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg@.webp?1778857256 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778857411" width="960" height="960" alt="Laurence, de Tressignaux, née avant la guerre et inquiète de la montée de l'extrême droite." aria-describedby="by22874-0b82e680dcdc725dedb37c959c31efcf" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778858261 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778934412 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/67/1fbcca5ab2268062ed62bf73cfab03.jpg?1778857411 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22874-0b82e680dcdc725dedb37c959c31efcf">Laurence, de Tressignaux, née avant la guerre et inquiète de la montée de l’extrême droite.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p><em>« Plusieurs signalements et plaintes seront déposés dans les prochains jours contre les auteurs de propos injurieux, diffamatoires, racistes ou menaçants »</em>, assure Erik Tegnér, lui-même condamné à plusieurs reprises, <a href="https://sos-racisme.org/actualites/condamnation-de-marguerite-stern-et-erik-tegner-pour-injures-publiques-a-caractere-raciste-le-tribunal-rappelle-linterdiction-du-racisme-biologique/" class="spip_out" rel="external">pour injures publiques à caractère raciste</a>, ou encore <a href="https://www.rue89lyon.fr/2026/05/06/diffamation-media-dextreme-droite-frontieres-appel/" class="spip_out" rel="external">diffamation</a>. Plus qu’actionnaire quasi unique, le patron de médias affirme qu’il sera à la brasserie tous les week-ends. <em>« Vous devriez être contents, je vais normalement arrêter les passages sur CNews le jeudi soir ! »</em>, nous lance-t-il.</p><p><em>« On ne peut pas laisser un tel projet s’implanter sans réaction. Il ne faut pas que des gens financent un tel personnage, par ailleurs déjà financé par <a href="https://basta.media/une-carte-inedite-des-nouveaux-apotres-de-l-extreme-droite-ces-associations">Pierre-Edouard Stérin</a> »</em>, alertent Marion, Camille et Corinne, militantes du Planning familial venues de Saint-Brieuc. En 2024, ce milliardaire d’extrême droite avait par exemple <a href="https://www.lalettre.fr/fr/politique/2025/01/30/pierre-edouard-sterin-sort-le-carnet-de-cheques-pour-faire-gagner-la-droite-de-la-droite-dans-les-tetes-et-dans-les-urnes,110370007-eve" class="spip_out" rel="external">financé une opération de communication du média <em>Frontières</em></a> via son projet Périclès, qui prévoit d’investir 150 millions d’euros en 10 ans pour nourrir une bataille culturelle et favoriser l’ascension politique de l’extrême droite.</p><h2 class="spip" id="Une-possible-strate-gie-d-implantation-locale">Une possible stratégie d’implantation locale</h2><p>Erik Tegnér, qui se plaint d’avoir dû embaucher un service de sécurité privé pour l’occasion, semble en tout cas ne pas manquer de financements pour son projet. Distribués sur le marché quelques jours plus tôt, des flyers donnent droit à une pinte gratuite. Des jongleurs et groupes de musique locaux animent également la soirée, où retentissent des binious, et plus tard une reprise d’« Allumer le feu » de Johnny Hallyday.</p><p>La brasserie pourrait servir de façade à <em>« une stratégie d’implantation locale, pour diffuser une propagande xénophobe et réactionnaire »</em>, craignent les <em>« habitant·es indigné·es »</em>. <em>« En un même lieu et dans l’intimité pourraient ainsi se rassembler des militants d’ultra-droite, des sympathisants à radicaliser et des personnalités politiques aux ambitions locales »</em>, alertent-ils dans un communiqué. <em>« A un an de la présidentielle, ce n’est pas anodin »</em>, met en avant Ludivine, masque de carnaval sur la tête. Alors que l’extrême droite ne cesse de progresser en Bretagne, la région reste <em>« une terre de conquête »</em>, insiste Arnaud, tandis que les manifestants gravitent autour de la brasserie, encerclée par les forces de l’ordre. <em>« Pas de bistrot pour les fachos »</em>, lancent les manifestants à celles et ceux qui s’y dirigent, qui leur répondent parfois à coup de doigts d’honneur.</p><p>Dans cette ambiance tendue, Erik Tegnér assure que son projet est purement économique. <em>« Notre établissement n’a aucune vocation politique et s’adresse à tout le monde, sans exclusion »</em>, assurait-il dans un communiqué publié le 10 mai. Une réponse qui ne convainc pas les opposants, encore pour certains choqués d’avoir appris, la veille, <a href="https://www.ouest-france.fr/politique/rassemblement-national/certains-avancent-masques-en-cotes-darmor-un-conseiller-municipal-du-rn-denonce-dans-un-tract-anonyme-685de534-4e9d-11f1-9eda-464e58e97699?token=1285e968e1638634c19e66606ee4f6b16347fe8cc3e97d08e4b2ccdc07d15c4ef991c1297c2a2cfed631affdcc7a68c0a9823d" class="spip_out" rel="external">la présence d’un conseiller municipal du Rassemblement national</a> au sein de la liste du maire de la commune costarmoricaine de Plancoët.</p><h2 class="spip" id="Tegner-du-FN-a-CNews-en-passant-par-Zemmour-et-la-Russie-de-Poutine">Tegnér, du FN à CNews, en passant par Zemmour et la Russie de Poutine</h2><p>Dans ce contexte, difficile d’imaginer, pour la députée insoumise Murielle Lepvraud, que cet ancrage local se fasse sans arrière pensée, de la part de celui qui se réjouissait, <a href="https://www.instagram.com/reel/DWBT2JFCJ27/" class="spip_out" rel="external">sur CNews le 18 mars</a>, que son village breton ait <em>« fait tomber un maire communiste »</em>. Quelques jours plus tard, il disait également <a href="https://x.com/tegnererik/status/2035955832391610434" class="spip_out" rel="external">son « bonheur » face à la défaite de la gauche</a> dans d’autres communes de ses <em>« chères Côtes-d’Armor »</em>.</p><p>D’abord homme politique avant d’être patron de médias, Erik Tegnér adhère au Front national dès 2011, alors qu’il n’a que 18 ans. Issu d’une famille frontiste très proche des Le Pen, Tegnér compte par exemple parmi ses oncles Jean-Marie Le Chevallier, ex-maire FN de Toulon. Troquant en court de route sa carte pour l’UMP, Erik Tegnér est formé en 2018 à l’Institut des sciences sociales, économiques et politiques (Issep) de Marion Maréchal, dont il est proche. La même année, il crée le mouvement conservateur Racine d’avenir avec Eddy Casterman, député RN qui a rejoint en 2024 Identité-Liberté, le parti de Marion Maréchal.</p><p>En 2019, Erik Tegnér est l’une des têtes de proue de la « Convention de la droite » défendant une grande alliance de la droite et de l’extrême droite. Il est exclu cette année-là des Républicains, puis anime une chaîne Youtube qui fait campagne pour Eric Zemmour. En mars 2022, il réalise un reportage embarqué auprès de l’armée russe en Ukraine, critiqué <a href="https://www.arretsurimages.net/articles/tf1-france-2-et-livre-noir-a-marioupol-le-jeu-des-differences" class="spip_out" rel="external">pour son approche très pro-Poutine</a>.</p><h2 class="spip" id="Trinquer-avec-des-membres-du-RN-de-Reconquete-et-d-Identite-Libertes">Trinquer avec des membres du RN, de Reconquête et d’Identité-Libertés</h2><p>Tegnér aurait à cette époque cherché selon <em><a href="https://www.lopinion.fr/politique/erik-tegner-agent-de-liaison-entre-marion-marechal-et-la-droite" class="spip_out" rel="external">L’Opinion</a></em>, et un article local qu’<a href="https://x.com/tegnererik/status/1121365419582001153" class="spip_out" rel="external">il avait lui-même relayé</a>, à s’implanter aux municipales, dans son village natal de Quessoy, situé à une quarantaine de kilomètres à l’est de Pléguien. <em>« Je n’ai jamais voulu me présenter »</em>, rétorque aujourd’hui Erik Tegnér, qui se réjouissait par ailleurs, <a href="https://x.com/tegnererik/status/2033292712091206096" class="spip_out" rel="external">en mars dernier</a>, qu’un membre de sa famille entre au conseil municipal de Plouha. Né à Paris, il répète qu’<a href="https://x.com/tegnererik/status/1120030840782753793" class="spip_out" rel="external">il a <em>« toujours vécu en Bretagne »</em></a> et que <em>« sa famille en vient depuis trois siècles »</em>.</p><div class="spip_document_22877 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="167" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7305.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c238408957 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778857806 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778857265 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778857508 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778858941 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778881067 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778873204 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778861854 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778857254 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778851650 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778861522 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778859636 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778876546 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778860682 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778863625 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7305.jpg@.webp?1778857260 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778857412" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22877-6691a30b09b42ba5bbc4d5abbc6b3708" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778858261 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778859312 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7305.jpg?1778857412 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22877-6691a30b09b42ba5bbc4d5abbc6b3708">Le délégué départemental de Reconquête Pierre-Yves Thomas, et Régis Le Gall, d’Identité-Liberté, le parti de Marion Maréchal, dans le Morbihan.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Tandis que la brasserie Kerfave ouvre ses portes, de premiers clients affirment avoir été motivés par <em>« le battage médiatique »</em>. Louant <em>« un jeune homme entreprenant »</em> face à <em>« l’intolérance des manifestants »</em>, un homme vêtu d’un sweat bleu marine est salué par tous les passants qui se pressent à l’entrée. Il s’agit de Pierre-Yves Thomas, délégué départemental de Reconquête, et nouveau conseiller municipal à Saint-Brieuc. A ses côtés, un homme en veston nie <em>« toute initiative partisane »</em>. Il s’agit de Régis Le Gall, responsable d’Identité-Libertés, le parti de la petite-fille Le Pen, dans le Morbihan, et ex-candidat à Vannes. On voit également arriver Blanche Le Goffic, coordinatrice régionale du Rassemblement national de la jeunesse (RNJ) en Bretagne et conseillère municipale de Lannion.</p><div class="spip_document_22876 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="147" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7286.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3710741647 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778857827 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778857265 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778857512 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778867047 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778860100 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778860544 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778859677 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778857254 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778851653 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778864456 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778857588 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778863101 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778860682 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778859272 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7286.jpg@.webp?1778857261 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778857412" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22876-c6c4763f148389511a85e71ac9c58979" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778858261 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778875772 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7286.jpg?1778857412 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22876-c6c4763f148389511a85e71ac9c58979">Elus et militants d’extrême droite sont au rendez-vous pour l’inauguration de la brasserie Kerfave à Pléguien, le 14/05/26.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>La plupart spectateurs réguliers de CNews et lecteurs de <em>Frontières</em>, les nouveaux clients de Kerfave fustigent <em>« les empêcheurs de tourner en rond »</em>, aussi qualifiés <em>« d’emmerdeurs »</em> par Erik Tegnér. A l’entrée, entourée d’un drapeau français et breton, un commerçant local prend les journalistes à partie : <em>« Qu’on leur foute la paix ! Laissez-nous bosser, que la gauche arrête de nous faire chier ! »</em> lance-t-il, avant de glisser à Tegnér qu’il possède une cave, qui distribuera il l’espère très bientôt sa bière.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/le-media-identitaire-frontieres-ses-obsessions-ses-allies-et-ses-dons">Le média identitaire Frontières, ses obsessions, ses alliés et ses dons défiscalisés</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/84b1af9c2f7097f519ab98e4c4bc69-80f76.jpg?1778857248" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Message reçu par le chroniqueur de CNews, qui a interdit aux journalistes l’accès à cette soirée, soudainement devenue <em>« privée »</em>. Alors qu’il assurait avoir également donné cette consigne à <em>« la presse amie »</em>, un de ses proches nous pousse vers la sortie : <em>« Il n’y a pas de médias ici, il n’y a que Frontières »</em>. Un média qui porte décidément bien son nom.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/pas-de-bistrot-pour-les-fachos-bretagne-citoyens-mobilises-contre-brasserie-Tegner-frontieres-extreme-droite</link>
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      <pubDate>Fri, 15 May 2026 16:57:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Data-centers, carrières, projets routiers : la carte du printemps des luttes locales]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Chaque année, plus de <a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/artificialisation-sols" class="spip_out" rel="external">24 000 hectares sont encore artificialisés</a>, soit cinq terrains de football par heure. A l’occasion du printemps des luttes locales appelé par 150 organisations, associations, syndicats et collectifs, des dizaines d’actions vont avoir lieu partout en France sur le thème « fissurer le béton ».</p><p>En Normandie, en Bretagne ou encore en Loire-Atlantique, plusieurs rassemblements publics et actions auront lieu pour protester contre des projets ou des extensions de carrières dans l’Ouest, comme en témoigne la carte ci dessous.</p><p>De nombreuses luttes locales contre les data centers sont aussi <a href="https://lenuageetaitsousnospieds.org/articles/2025-12-11-carte-des-data-centers-des-projets-et-des-contestations-en-france.html" class="spip_out" rel="external">recensées par le collectif Le Nuage était sous nos pieds</a>. À Fouju par exemple, au cœur de la campagne de Seine-et-Marne, le plus grand projet de data center appelé Campus IA artificialiserait 90 hectares, soit 125 terrains de foot, et consommerait à lui seul 12 TWh, soit près de 20 % de la consommation électrique actuelle de l’Île-de-France. Plusieurs associations locales et collectifs proposent un rassemblement près du site pour montrer leur opposition au projet de Campus IA.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Raser-des-forets-pour-planter-des-panneaux-solaires-un-paradoxe-qui-gagne-la-France">Raser des forêts pour planter des panneaux solaires : un paradoxe qui gagne la France</a></aside><p>Les grandes installations photovoltaïques qui recouvreraient des terres agricoles ou des bouts de forêts sont aussi visées. Des randonnées, manifestations, réunions publiques d’information ou encore des visites guidées auront lieu depuis les communes littorales de de Pleudaniel et Ploezal (Côtes-d’Amor) jusqu’en Montagne de Lure (Alpes-de-Haute-Provence), afin de comprendre les problématiques liées à ces installations.</p><p>Blocages de chantiers, actions sur des sites industriels, réunions publiques... Ces 4 jours de mobilisations prendront des formes multiples, soulignent les organisateurs·trices. <em>« Dès ce printemps nous serons là, dans les villes et les campagnes, dans les carrières, dans les champs, sur les futures ZAC ou tracés d’autoroutes, pour en finir avec le monde du tout-béton. Nous serons là pour les stopper, les retarder, les perturber autant que possible, nous massifier et rendre notre opposition incontournable, jusqu’à ce que le coût de leur entêtement soit si élevé qu’ils renoncent »,</em> conclut l’appel.</p><p><strong>–</strong> Plus d’informations : <a href="https://printempsdeslutteslocales.noblogs.org/" class="spip_out" rel="external">https://printempsdeslutteslocales.noblogs.org/</a></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Data-centers-carrieres-projets-routiers-la-carte-du-printemps-des-luttes-locales</link>
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      <pubDate>Fri, 15 May 2026 09:54:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Au tribunal, une association défend la désobéissance civile face à la préfecture qui lui refuse des subventions]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pour l’association, c’est une <em>« audience décisive »</em> pour les libertés associatives. Mardi 12 mai, le tribunal administratif de Lyon a étudié le recours de l’association Action Justice Climat Lyon, anciennement Alternatiba Lyon, contre la préfecture du Rhône. En cause : un refus de subvention en 2023, justifié par un supposé non-respect du contrat d’engagement républicain, mis en place depuis la loi « confortant les principes de la République », dite loi « séparatisme ».</p><p>La signature du contrat d’engagement républicain <a href="https://basta.media/comment-la-loi-separatisme-permet-aux-prefectures-de-frapper-les-associations" class="spip_in">est obligatoire depuis 2022</a> pour toutes les associations et les fondations qui sollicitent une subvention publique, un agrément public (jeunesse, sport, éducation populaire, environnement, service civique, etc.) ou la reconnaissance d’utilité publique.</p><p>Au printemps 2023, l’association Action Justice Climat avait sollicité une subvention de quelques milliers d’euros auprès du Fonds départemental pour le développement de la vie associative, pour l’aménagement d’une cuisine solidaire. La subvention lui avait été refusée.</p><p><em>« La réponse que nous avions reçue, c’est que nous ne respections pas les critères d’attribution de la subvention. C’est la justification qui nous a été donnée. C’est en échangeant avec des personnes qui étaient présentes au moment de la commission d’attribution qu’on s’est rendu compte qu’en fait, le motif était autre »</em>, explique Jocelyn Moncomble, porte-parole de l’association.</p><p>Comme <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/261223/la-prefecture-du-rhone-s-attaque-son-tour-la-desobeissance-civile" class="spip_out" rel="external">le révélait <em>Mediapart</em></a> en décembre 2023, la préfète du Rhône avait, en réunion, justifié le refus de la subvention par le recours à la désobéissance civile par l’association, qui contreviendrait au contrat d’engagement républicain.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Ce mardi 12 mai, la rapporteuse publique du tribunal administratif a <em>« reconnu une erreur manifeste d’appréciation de la préfète dans la justification du refus de subvention. Elle propose donc l’annulation du refus de subvention »</em>, se félicite Jocelyn Moncomble après l’audience.</p><p><em>« Notre combat ici, ce n’est pas de nous battre pour obtenir une subvention, mais de dénoncer une instrumentalisation du contrat d’engagement républicain et les attaques répétées contre les libertés associatives</em>, ajoute le porte-parole de l’association. <em>Nous revendiquons le recours à la désobéissance civile comme moyen d’action légitime. La rapporteuse publique a redit qu’il n’y avait pas d’incompatibilité entre la désobéissance civile et le contrat d’engagement républicain. »</em></p><div class="spip_document_22861 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="202" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/action_arkema.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3406043841 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778649664 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778649731 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778599657 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778664118 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778664000 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778656100 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778654789 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778651031 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778653663 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778649684 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778655378 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778664119 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778660436 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778654509 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/action_arkema.jpg@.webp?1778649293 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778648990" width="960" height="640" alt="Trois personnes en combinaison blanche devant l'entrée d'une usine Arkema." aria-describedby="by22861-ef499f2eea0e3a76ccf94c70361b49cd" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778653954 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778650459 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/action_arkema.jpg?1778648990 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22861-ef499f2eea0e3a76ccf94c70361b49cd">Action de désobéissance civile d’Action justice climat près d’une usine Arkema, dans le Rhône, accusée de polluer la vallée de la chimie avec des polluants éternels.
© Alix Aubry/Action justice climat
</figcaption></figure></div><p>Déjà fin 2023, le tribunal administratif de Poitiers <a href="https://poitiers.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/subventions-a-alternatiba-poitiers-rejet-des-deferes-du-prefet-de-la-vienne" class="spip_out" rel="external">avait rendu une décision</a> en faveur de l’antenne locale d’Alternatiba dans un conflit similaire relatif à un refus de subvention.</p><p>Le préfet de la Vienne avait contesté les subventions accordées en 2022 par la municipalité de Poitiers et par l’agglomération du Grand Poitiers à Alternatiba Poitiers pour l’organisation d’un village des alternatives. La raison invoquée était la présence au programme d’un atelier sur la désobéissance civile, ainsi qu’une émission de radio invitant notamment des acteurs de la lutte contre les mégabassines. Pour le préfet, cela contrevenait au contrat d’engagement républicain.</p><p>Mais <a href="https://poitiers.tribunal-administratif.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/subventions-a-alternatiba-poitiers-rejet-des-deferes-du-prefet-de-la-vienne" class="spip_out" rel="external">dans sa décision</a>, le tribunal administratif de Poitiers avait souligné <em>« qu’une association ayant bénéficié d’une subvention ne viole son engagement de respecter les lois de la République contenu dans le contrat d’engagement républicain qu’elle a souscrit, que si elle a entrepris ou incité à entreprendre des actions, non seulement manifestement contraires à la loi, mais également violentes ou susceptibles d’entraîner des troubles graves à l’ordre public. »</em></p><p>Le tribunal avait conclu que le village des alternatives d’Alternatiba ne visait <em>« pas à inciter à des actions à la fois manifestement contraires à la loi et violentes ou susceptibles d’entraîner des troubles graves à l’ordre public, même si elle comportait un atelier dénommé “résister”, consacré à des débats et actions de formation sur le thème de la désobéissance civile »</em>.</p><p>Lors de l’audience de Lyon, plusieurs organisations, dont La Cimade, la Fédération internationale pour les droits humains, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France, ou encore le Collectif des associations citoyennes sont intervenues pour soutenir Action Justice Climat, défendant elles aussi que la promotion ou l’usage de la désobéissance civile non violente sont insuffisants pour exclure des associations du bénéfice de fonds publics.</p><p>La décision du tribunal administratif de Lyon ne sera rendue que dans plusieurs semaines.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/tribunal-association-defend-desobeissance-civile-face-prefecture-qui-refuse-subvention</link>
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      <pubDate>Wed, 13 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Mairie RN de Carcassonne : les syndicats refusent leur expulsion de la Bourse du travail]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pas de faux-semblants à Carcassonne. À la place de l’apparence de respectabilité affichée à l’Assemblée nationale par les députés du Rassemblement national, le nouveau maire RN de la cité médiévale a déjà choisi de s’en prendre aux syndicats et aux libertés publiques. Un mois après son élection, Christophe Barthès a annoncé, à la fin du conseil municipal du 30 avril, que quatre organisations domiciliées à la Bourse du travail devront quitter leurs locaux dans une semaine.</p><p><em>« Manifester oui, mais profiter des largesses de ceux que l’on dénigre, je regrette ; mais ça c’est terminé. Les syndicats nationaux CFDT, Sud-Solidaires, CGT et FSU ont choisi de s’opposer au choix exprimé par les Carcassonnais le 22 mars dernier. Ces syndicats nationaux ont profité pendant trop longtemps des largesses des contribuables carcassonnais »</em>, <a href="https://actu.fr/occitanie/carcassonne_11069/carcassonne-le-nouveau-maire-sanctionne-certains-syndicats-et-exige-la-restitution-des-locaux_64226631.html" class="spip_out" rel="external">a argumenté l’édile</a>. En cause, le soutien que ces syndicats avaient apporté la veille aux lycéens et étudiants à l’origine du collectif Nous Carcassonne, qui a rassemblé 400 personnes dans une manifestation contre l’extrême droite le 29 avril.</p><p>De la parole au geste, le nouveau maire s’est fendu d’un courrier à la CGT le 4 mai. Celui-ci indique que le syndicat <em>« occupe gracieusement les locaux municipaux situés au 15 rue Voltaire à Carcassonne, sans qu’aucun titre d’occupation en vigueur vous y autorise à ce jour »</em>. Ce que conteste la CGT, qui rappelle sa présence à la Bourse du travail de la ville depuis 89 ans, où elle occupe des locaux mis à disposition par la municipalité. Pourtant, Christophe Barthès les <em>« informe de son intention de mettre fin à cette occupation sans titre »</em>. Tout au plus concède-t-il au syndicat la possibilité de présenter ses observations écrites dans un délai de sept jours. Enfin, le maire se dit disposé <em>« à examiner toute demande d’acquisition de l’immeuble »</em>, pour un montant de 300 000 euros.</p><p>Inacceptable pour les défenseurs des salariés. Une pétition en ligne lancée par la CGT, pour défendre la liberté d’expression et les libertés syndicales, a déjà réuni près de 10 000 signataires. Elle s’ajoute aux motions de soutien en provenance d’autres départements. En plus d’évaluer les possibilités de recours juridique, les quatre syndicats menacés d’expulsion, auxquels se sont joints Force ouvrière et l’Unsa, appellent à un rassemblement et à une conférence de presse devant la Bourse du travail de Carcassonne à 11 heures ce mercredi 13 mai.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Hasard du calendrier, ce mercredi 13 mai est aussi la date à laquelle se tiendra l’audience au tribunal administratif sur l’arrêté anti-mendicité décidé par Christophe Barthès au lendemain de son élection. La contestation en justice de celui-ci a valu à la Ligue des droits de l’homme la suppression de la maigre subvention municipale dont elle bénéficiait jusque-là, mais aussi de se voir expulsée du local mis à sa disposition.</p><p>Les pressions ne se limitent pas aux associations et aux syndicats. Fin mars déjà, la presse locale dévoilait que le maire RN s’était illustré à travers <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/aude/carcassonne/les-services-de-police-ont-ete-prevenus-le-nouveau-maire-rn-de-carcassonne-accuse-d-intimider-des-lyceens-qui-souhaitaient-manifester-contre-l-extreme-droite-3328097.html" class="spip_out" rel="external">des méthodes d’intimidation</a> visant des lycéens mobilisés contre l’extrême droite. Celui-ci aurait infiltré un groupe Instagram créé pour préparer un blocus lycéen avant de menacer les participants, indiquant qu’il avait récupéré <em>« les pseudos de chaque membre du groupe »</em> et que <em>« les services de police [avaient] été prévenus »</em> au cas où la manifestation ne serait pas déclarée en préfecture ou des dégradations commises.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/C9M-groupes-neonazis-identitaires-Nemesis-profitent-argent-public-dons-defiscalises">Comment des groupes néonazis ou identitaires profitent de dons défiscalisés</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/598bf50292175be1c1d442007b9570-47027.jpg?1778595196" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Plusieurs rangées de militants d'extrême droite portant des drapeaux arborant une croix celtique blanche sur fond noir" /></aside><p>La presse locale semble également dans le viseur de la municipalité. Avant son élection, Christophe Barthès avait <a href="https://www.ladepeche.fr/2026/03/12/municipales-2026-a-carcassonne-christophe-barthes-en-symbole-des-ambitions-municipales-du-rn-13267893.php" class="spip_out" rel="external">refusé de participer aux débats</a> organisés par <em>L’Indépendant</em> – qualifié de média <em>« politisé »</em> – mais aussi de France 3 Occitanie. Après sa prise de fonction, il s’en est pris au groupe La Dépêche en expliquant vouloir <a href="https://www.ladepeche.fr/2026/04/10/christophe-barthes-et-le-groupe-depeche-non-ce-nest-pas-termine-13318366.php" class="spip_out" rel="external">mettre fin aux contrats signés par la mairie</a> avec l’agence de communication du groupe, destinés à faire la promotion d’événements du territoire.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Mairie-RN-Carcassonne-les-syndicats-refusent-expulsion-Bourse-du-travail</link>
      <guid>https://basta.media/Mairie-RN-Carcassonne-les-syndicats-refusent-expulsion-Bourse-du-travail</guid>
      <pubDate>Tue, 12 May 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Loi sur l'aide à mourir : un texte « d'abandon des personnes malades et handicapées », dénonce Elisa Rojas]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Après les Pays-Bas, la Belgique ou encore le Canada, la France va-t-elle rejoindre la liste des quelques pays légalisant « l’aide active à mourir » ? Votées à l’Assemblée nationale en février dernier, deux propositions de loi sur la fin de vie <a href="https://basta.media/nouveau-droit-proposition-dangereuse-loi-aide-a-mourir-fin-de-vie-revient-au-Parlement" class="spip_in">reviennent au Sénat jusqu’au 13 mai</a>.</p><p>La première, qui fait plutôt consensus, est portée par la députée Renaissance Annie Vidal. Elle vise à permettre un meilleur accès aux soins palliatifs déjà existants, en renforçant la loi Claeys‑Leonetti, qui a instauré, en 2016, la possibilité pour un·e patient·e de demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/nouveau-droit-proposition-dangereuse-loi-aide-a-mourir-fin-de-vie-revient-au-Parlement">« Nouveau droit » ou proposition « dangereuse » : la loi sur l’aide à mourir revient au Parlement</a></aside><p>La seconde, déposée par le centriste Olivier Falorni, a été rejetée une première fois au Sénat. Ce 11 mai, celui-ci a de nouveau retoqué son article principal, qui suscite beaucoup d’oppositions et de débats : bouleversant le cadre actuel, la proposition de loi créerait « un droit à l’aide à mourir » sous conditions. Autrement dit : une légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. Une <em>« avancée progressiste »</em> pour certain·es, qui ouvrirait pour d’autres une boîte de Pandore actant une hiérarchisation des vies. Parmi les opposant·es au texte, de nombreux·ses élu·es de droite et mouvements catholiques conservateurs, mais aussi une minorité de gauche antivalidiste, qui alerte sur les potentielles dérives eugénistes qu’il permettrait.</p><p><em>« Combien de personnes malades et handicapées acculées par l’exclusion, la précarité, la souffrance socio-économique, l’absence d’accès aux palliatifs, ou aux soins tout court allons-nous accepter de voir mourir pour qu’une poignée d’autres puissent contrôler leur mort ? »</em> interroge notamment l’avocate au barreau de Paris et militante féministe et antivalidiste Elisa Rojas dans <em>Pour mourir, tapez 1. Comment la loi sur la fin de vie inscrit la mort dans une logique capitaliste</em>, qui vient de paraître aux éditions du Détour.</p><div class="spip_document_22851 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="72" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/pour-mourir-taper-1.jpg" width="400" height="576" alt="" aria-describedby="by22851-6f6985af08bfb9f1bfcf5fda1b269466" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22851-6f6985af08bfb9f1bfcf5fda1b269466"><em>Pour mourir, tapez 1</em>, d’Elisa Rojas.
© Éditions du Détour (avril 2026)
</figcaption></figure></div><p><strong><em>Basta!</em> : Pourquoi l’instauration d’un droit à « l’aide à mourir » ne constituerait pas, selon vous, une avancée progressiste ?</strong></p><p><strong>Elisa Rojas :</strong> Cette loi ne constitue pas une avancée vers « un mieux » et encore moins un progrès social entendu comme une modification de l’organisation sociale. Elle vient au contraire conforter l’organisation sociale telle qu’elle est et acter la hiérarchisation des vies qui existe déjà dans notre société. Ce n’est pas une loi de progrès, c’est une loi d’abandon total des personnes malades et handicapées à leur sort.</p><p><strong>Que répondez-vous aux personnes malades en fin de vie, ou aux proches de ces personnes, qui n’entrent pas de le cadre de la loi Claeys-Leonetti et demandent un « droit à l’aide à mourir » ?</strong></p><p>Cette question semble suggérer que les personnes malades et handicapées, comme moi, qui s’opposent à la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie sont indifférentes à la souffrance de leurs semblables et n’ont rien à proposer comme alternative. Cette présentation des choses n’est pas honnête. Les défenseurs de la réforme voudraient nous faire croire qu’entre la souffrance insupportable et la mort, il n’y a rien à envisager.</p><p>Or, il y a de nombreuses solutions politiques et médicales à trouver pour soulager et prendre en charge la souffrance physique et morale des malades, comme financer massivement l’hôpital public, et notamment les soins palliatifs, tous les dispositifs de prise en charge de la douleur physique et psychologique, d’investir dans la prévention, dans la recherche médicale, etc. Ces solutions impliquent néanmoins plus de moyens financiers, d’ambition et de volonté politique qu’organiser leur mort médicalisée.</p><p>Par ailleurs, il faut souligner que <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/organes/commissions-permanentes/affaires-sociales/missions-information/nouveaux-droits-en-faveur-des-malades-et-des-personnes-en-fin-de-vie" class="spip_out" rel="external">la mission d’évaluation des lois Claeys-Leonetti</a> de mars 2023 a conclu qu’elles répondaient à la majorité des cas des malades « en fin de vie », que les situations qu’elles ne couvraient pas étaient minoritaires et que lorsque les malades étaient correctement pris·es en charge, ils ne demandaient plus à mourir.</p><p><strong>Vous craignez, je cite, « qu’une simple proposition de “choisir sa mort” » ne devienne rapidement « une injonction à mourir ». Pouvez-vous expliquer pourquoi ?</strong> </p><p>Nous vivons dans une société qui nourrit une détestation pour les personnes âgées, malades et handicapées, et nous baignons dans des productions culturelles et des discours publics qui distillent constamment l’idée que la mort des personnes malades et handicapées est toujours préférable à leur maintien en vie. Dans ces conditions, il est donc évident qu’un tel dispositif constituera une incitation au suicide pour les personnes malades et handicapées, voire « une injonction à mourir ». Une injonction à laquelle il leur sera difficile de résister, puisqu’elle sera dès lors légitimée et institutionnalisée par la loi elle-même.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Quelles sont, selon vous, les dérives possibles de la proposition de loi Falorni ?</strong> </p><p>La proposition de loi Falorni est une dérive en elle-même. Sur le plan juridique, il s’agit d’un texte impossible à sécuriser. Ceux qui prétendent le contraire mentent. Il sera impossible, une fois le principe adopté, de s’opposer à l’extension progressive de la liste des personnes éligibles au suicide assisté et à l’euthanasie. Toutes les prétendues garanties et restrictions que les pays qui légalisent le suicide assisté et l’euthanasie tentent de mettre en place au départ sautent rapidement les unes après les autres. Ensuite, ce qu’ils nous montrent, c’est que les inégalités sociales et dans l’accès aux soins pèsent bien plus lourdement sur les demandes que ce que les tenants de « l’aide à mourir » prétendent.</p><p>Il sera également impossible de s’assurer de la véritable liberté de choix des demandeur·ses et de l’absence de facteurs sociaux à l’origine de leur demande. C’est ce que nous démontrent les exemples étrangers, et notamment celui du Canada.  </p><div class="spip_document_22850 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="91" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/photo_portrait.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3583577419 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778585839 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778584263 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778576269 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778596500 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778596500 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778596500 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778588565 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778586226 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778585088 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778596500 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778596500 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778596500 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778596500 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778596500 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg@.webp?1778572091 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778510702" width="960" height="960" alt="Portrait de l'avocate, militante antivalidiste et féministe, Elisa Rojas." aria-describedby="by22850-dd042c2992908c992ef450b438384cc6" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778596500 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778596500 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/11/39f556c72f63a967ea89fa20be03eb.jpg?1778510702 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22850-dd042c2992908c992ef450b438384cc6">Portrait de l’avocate, militante antivalidiste et féministe, Elisa Rojas.
© Rodrigo Rojas
</figcaption></figure></div><p><strong>En plus des personnes handicapées, les femmes seraient selon vous particulièrement touchées par les potentielles dérives de cette loi. Pourquoi ?</strong></p><p>Je n’ai rien inventé. Le risque lié au genre que fait peser le suicide assisté et l’euthanasie sur les femmes est documenté par l’ONU et par plusieurs études, qui constatent la surreprésentation des femmes dans les personnes sollicitant ce type de dispositif, notamment <a href="https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8777112/" class="spip_out" rel="external">aux Pays-Bas et en Belgique</a>. Cela n’a rien d’étonnant puisque <a href="https://news.un.org/fr/story/2026/04/1158659#:~:text=Les%20femmes%20vivent%20%C3%A9galement%20plus,0%20ans%20pour%20les%20hommes." class="spip_out" rel="external">les femmes vivent plus longtemps avec des polypathologies</a>, et qu’elles se retrouvent souvent seules et isolées face à la maladie et au handicap.</p><p><strong>Votre point de vue est celui d’une militante antivalidiste et féministe, mais aussi celui d’une avocate. Vous relevez, à ce titre et comme d’autres magistrat·es, plusieurs risques légaux induits par des formulations floues, ou entrant en contradiction avec le droit actuel. Lesquels ?</strong></p><p>Ils sont nombreux et difficiles à lister de façon exhaustive. Je pense que la création du délit <em>« d’entrave à l’aide à mourir »</em> est, à cet égard, particulièrement inquiétant [<a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="La proposition de loi Falorni prévoit de punir de deux ans d’emprisonnement (…)" id="nh1">1</a>]. Sa définition est très large et confuse.</p><p>Il pourrait rendre toute opinion exprimée ou discussion qualifiée de « dissuasive » sur le suicide assisté et l’euthanasie passible de sanctions pénales, y compris pour les proches de la personne malade. Ce délit risque de conduire à criminaliser la prévention du suicide, mais seulement à l’égard des personnes malades et handicapées. Il est aussi incohérent avec d’autres dispositions légales, comme l’obligation de porter assistance à une personne en péril grave et imminent prévue par le Code pénal, et des libertés fondamentales, comme la liberté d’expression ou le droit au respect de la vie privée et familiale.</p><p><strong>Dans votre livre, vous mettez en avant le contexte dans lequel s’inscrirait cette loi : soit, une société fracturée, profondément inégalitaire, dont le système de protection sociale et de santé est dégradé et saturé. Pourquoi est-ce important d’insister là-dessus ?</strong></p><p>Le contexte ajoute au danger. Dans une société profondément inégalitaire et en voie de fascisation, le danger que constitue cette proposition de loi n’est pas seulement probable, mais certain.  </p><p><strong>Une telle loi, dans une société égalitaire, disposant d’un système de soins accessibles à tous·tes, vous aurait-elle semblé plus acceptable ?</strong></p><p>Non, car les difficultés que soulève ce texte ne sont pas seulement liées au contexte. Le suicide assisté et l’euthanasie sont des dispositifs intrinsèquement dangereux puisqu’ils donnent aux pouvoirs publics et aux médecins un pouvoir qu’ils ne devraient jamais avoir : celui de provoquer la mort et de trier entre les désirs de morts et les vies. C’est le fait de faire passer le suicide d’une liberté à un droit qui constitue un basculement irrémédiable et le danger.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Cette proposition de loi est le parachèvement de la politique de destruction de la santé publique menée par le capitalisme »</p>
</aside><p><strong>Jusqu’à présent, les critiques de la légalisation du suicide assisté, ou de l’euthanasie, étaient – et sont toujours – surtout audibles du côté de la droite catholique conservatrice et des mouvements dits « pro-vie ». Comment faire exister une critique de gauche de cette proposition de loi sans être assimilé·e à ces groupes réactionnaires ? En quoi vos arguments diffèrent-ils ?</strong></p><p>Je pense que mon livre et mon travail démontrent qu’il existe une critique solide, argumentée et articulée de cette proposition de loi, depuis une position de gauche, féministe, antivalidiste, et antifasciste. La protection de la vie et le combat pour éviter toutes les morts qui peuvent être évitées n’est pas le monopole de la religion. C’est au contraire un combat fondamentalement de gauche. Il ne s’agit en aucune façon de condamner moralement le suicide, mais bien de dénoncer les dangers d’une réforme dont les conséquences seront irréversibles.  </p><p><strong>En quoi votre critique de cette proposition de loi est-elle anticapitaliste ?</strong></p><p>Cette proposition de loi est le parachèvement de la politique de destruction de la santé publique menée par le capitalisme. Au moment où le nombre de malades augmente et où le système de soin s’effondre, les politiques capitalistes et néolibérales mortifères proposent quoi ? De permettre aux malades qui souffrent de mourir via un dispositif rapide et médicalisé. Une solution qui se trouve être financièrement la plus avantageuse pour les dépenses de santé. <a href="https://www.pbo-dpb.ca/fr/publications/RP-2021-025-M--cost-estimate-bill-c-7-medical-assistance-in-dying--estimation-couts-projet-loi-c-7-aide-medicale-mourir" class="spip_out" rel="external">Des pays comme le Canada</a> et <a href="https://www.gov.uk/government/publications/terminally-ill-adults-end-of-life-bill-impact-assessment" class="spip_out" rel="external">l’Angleterre</a> ont même pu calculer les économies découlant de l’euthanasie et du suicide assisté et qui sont loin d’être négligeables.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Elisa-Rojas-la-loi-sur-l-aide-a-mourir-un-texte-d-abandon-des-personnes-malades-et-handicapees</link>
      <guid>https://basta.media/Elisa-Rojas-la-loi-sur-l-aide-a-mourir-un-texte-d-abandon-des-personnes-malades-et-handicapees</guid>
      <pubDate>Tue, 12 May 2026 13:03:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Aide à mourir en Europe : autorisée en Espagne, en suspens au Royaume-Uni, zone grise en Allemagne]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Alors que les parlementaires français débattent depuis l’an dernier sur la proposition de loi sur l’aide à mourir, une loi similaire a été discutée au Royaume-Uni. Il s’agit d’un texte qui permettrait à des adultes en mesure de prendre une décision, et dont l’espérance de vie est inférieure à six mois, de se voir prescrire un médicament létal, dans le respect de conditions strictes.</p><h2 class="spip" id="Loi-bloquee-au-Royaume-Uni">Loi bloquée au Royaume-Uni</h2><p>Il <a href="https://votes.parliament.uk/votes/commons/division/2071" class="spip_out" rel="external">a été adopté</a> par la chambre de Communes en juin 2025. Mais s’est ensuite retrouvé bloqué à la chambre haute du parlement britannique, celle des Lords, où plus de 1200 amendements ont été déposés.</p><div class="spip_document_18629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="240" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/numero3114.jpg" width="267" height="107" alt="Numero national de prevntion du suicide 3114" aria-describedby="by18629-24a1e07bf820b5dfbfc9f0c1fedca0af" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by18629-24a1e07bf820b5dfbfc9f0c1fedca0af">Des services d’écoute, anonymes, existent, si vous avez besoin d’aide ou si vous êtes inquiet pour un membre de votre entourage. Le <strong>3114</strong> est le <a href="https://3114.fr/" class="spip_out" rel="external">numéro national de prévention</a> du suicide. D’autres ressources <a href="https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/sante-mentale/la-prevention-du-suicide/article/que-faire-et-a-qui-s-adresser-face-a-une-crise-suicidaire" class="spip_out" rel="external">sont à retrouver sur cette page</a>.
</figcaption></figure></div><p>Finalement, après un an et demi de débat, le texte n’a pu être définitivement adopté dans le temps législatif imposé. Ses partisans veulent aujourd’hui tenter de <a href="https://www.instituteforgovernment.org.uk/explainer/kim-leadbeaters-assisted-dying-bill" class="spip_out" rel="external">le remettre à l’ordre du jour</a> de la prochaine session parlementaire, sans certitude. Il se pourrait que ce texte soit enterré.</p><p>Ce ne serait pas la première proposition de loi sur le sujet échouée au bord du chemin parlementaire au Royaume-Uni. <a href="https://www.dignityindying.org.uk/assisted-dying/assisted-dying-bill/" class="spip_out" rel="external">D’autres propositions de loi</a> pour l’aide à mourir avaient déjà été soumises au Parlement britannique en 2014, 2015 et 2022, sans aboutir.</p><h2 class="spip" id="Loi-rejetee-en-Ecosse">Loi rejetée en Écosse</h2><p>En mars, le Parlement écossais a rejeté une proposition de loi similaire. Là-bas, le parti de centre gauche au pouvoir, le Parti national écossais, a voté en majorité, mais pas en totalité, pour la loi. Les travaillistes et les conservateurs <a href="https://www.parliament.scot/chamber-and-committees/votes-and-motions/S6M-17416" class="spip_out" rel="external">ont voté contre</a>.</p><div class="spip_document_22843 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="183" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1135147897 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778584536 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778584184 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778254618 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778592935 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778619753 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778619753 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778587576 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778584774 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778588435 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778594290 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778584834 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778595401 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778585247 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778619754 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg@.webp?1778583222 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778584088" width="960" height="608" alt="Des personnes, dont plusieurs en fauteuil roulant, portent une pancate &quot;Assisted Living Not Assisted Dying&quot;." aria-describedby="by22843-c581e243e0b0693c78f8758688f1844f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778584908 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778587553 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/glasgow_disability_alliance.jpg?1778584088 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22843-c581e243e0b0693c78f8758688f1844f">Comme en France, des collectifs engagé contre les discriminations liées au handicap se sont opposé à la loi discutée au Royaume-Uni sur l’aide à mourir.
©Glasgow Disability Alliance
</figcaption></figure></div><p>En Irlande, une proposition de loi sur l’aide à mourir a été débattue en 2024, mais n’a pas abouti. Le Royaume-Uni, l’Écosse et l’Irlande font aujourd’hui partie des pays européens à la législation la plus restrictive sur le sujet. Toute aide à mourir y est interdite et peut entraîner des poursuites judiciaires.</p><h2 class="spip" id="Aide-a-mourir-autorisee-en-Espagne-et-au-Portugal">Aide à mourir autorisée en Espagne et au Portugal</h2><p>Au sud de l’Europe, l’Espagne a adopté en 2021 une loi pour <a href="https://www.elsevier.es/en-revista-medicina-clinica-english-edition--462-articulo-three-years-assisted-dying-in-S2387020625003973" class="spip_out" rel="external">légaliser l’aide à mourir</a>, pour les adultes en mesure d’en faire la demande, atteints de maladies incurables et faisant face à des souffrances insupportables. Le Portugal <a href="https://www.theguardian.com/world/2023/may/12/portuguese-parliament-legalises-euthanasia-after-long-battle" class="spip_out" rel="external">a suivi</a> en 2023.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="En-place-depuis-25-ans-aux-Pays-Bas">En place depuis 25 ans aux Pays-Bas</h2><p>L’aide à mourir est aussi autorisée aux Pays-Bas depuis 2001, à partir de 12 ans. Pour les mineurs, les parents doivent être associés à la prise de décision. En 2023, plus de 5 % des décès survenus aux Pays-Bas <a href="https://english.euthanasiecommissie.nl/site/binaries/site-content/collections/documents/annual-reports/2002/annual-reports/annual-reports/RTE+-Annual-report-2023.pdf" class="spip_out" rel="external">étaient des euthanasies</a>. Deux cas concernaient des mineurs âgés de plus de 16 ans.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/nouveau-droit-proposition-dangereuse-loi-aide-a-mourir-fin-de-vie-revient-au-Parlement">« Nouveau droit » ou proposition « dangereuse » : la loi sur l’aide à mourir revient au Parlement</a></aside><h2 class="spip" id="Sans-condition-d-age-en-Belgique">Sans condition d’âge en Belgique</h2><p>En Belgique, la loi autorise l’aide à mourir depuis 2002, également pour les souffrances psychiatriques, et depuis 2014 sans condition d’âge. Six adolescents mineurs y ont eu recours depuis. En 2024, l’euthanasie représentait 3,6 % <a href="https://organesdeconcertation.sante.belgique.be/fr/documents/euthanasie-publication-des-chiffres-pour-2024-de-leuthanasie-en-belgique" class="spip_out" rel="external">des décès enregistrés</a> dans le pays. Près des trois-quarts des patients concernés étaient âgés de plus de 70 ans, dont 43 % âgés de 80 ans et plus. Plus de la moitié des personnes étaient atteintes d’un cancer. Moins de 2 % des personnes ayant eu recours à l’aide à mourir l’ont demandée pour des affections psychiatriques.</p><p>Les chiffres de recours à l’aide à mourir augmentent chaque année en Belgique, comme dans les autres pays où la mesure est autorisée.</p><h2 class="spip" id="Deux-lois-regionales-en-Italie">Deux lois régionales en Italie</h2><p>En Suisse, il n’existe pas de loi encadrant précisément l’aide à mourir. Mais celle-ci n’est pas poursuivie pénalement, à condition que la personne soit capable de discernement, qu’elle réalise elle-même le geste létal et que la personne qui l’assiste ne poursuive aucun but égoïste.</p><p>D’autres pays se trouvent en zone grise. En Italie, la Cour constitutionnelle a statué en 2019 que l’aide à mourir accordée à une personne en proie à des <em>« souffrances intolérables »</em> ne constituait pas toujours un délit. Le Parlement italien a ensuite débattu d’un projet de loi, le processus n’ayant pas encore abouti. Deux régions italiennes, la Toscane et la Sardaigne, ont adopté l’an dernier des lois régionales encadrant le suicide médicalement assisté.</p><h2 class="spip" id="Flou-en-Allemagne">Flou en Allemagne</h2><p>En Allemagne aussi, une <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2020/02/26/allemagne-l-interdiction-du-suicide-organise-jugee-inconstitutionnelle_6030904_3210.html" class="spip_out" rel="external">décision de la Cour constitutionnelle</a> a ouvert l’accès à l’aide <em>« passive »</em> à mourir en 2020. Injecter un médicament létal à une autre personne reste toutefois interdit. Mais aucune loi n’existe, ce qui place les associations aidant les personnes dans une zone grise d’incertitude juridique.</p><p>En 2023, deux propositions de loi ont bien été discutées pour donner un cadre légal à ce qui avait été garanti trois ans plus tôt par les juges constitutionnels. En vain. Les parlementaires ne sont pas parvenus à se mettre d’accord sur un texte. Aucune nouvelle proposition de loi sur le sujet n’est prévue pour l’instant.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 12 May 2026 12:57:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Quels sont les dangers des lanceurs de balles de défense ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10500 c-content_text texte surlignable"><p>Les lanceurs de balles de défense (LBD) font-ils seulement des « gros bleus » comme l’affirme Tibo Inshape ? Dans une vidéo postée sur YouTube le 24 avril 2026, l’influenceur a passé une journée aux côtés de la brigade anti-criminalité (BAC) de Grigny. L’occasion pour Tibo Inshape de découvrir les armes utilisées par les policiers lors d’opérations de maintien de l’ordre. Parmi elles, le LBD. C’est une arme considérée comme « arme de guerre » et responsable de plusieurs décès, blessures graves et éborgnements, comme pendant le mouvement des Gilets jaunes.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/le-mouvement-des-gilets-jaunes">Le mouvement des gilets jaunes</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=quels-sont-les-dangers-des-lanceurs-de-balles-de-defense?var_fav=article-10500" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 12 May 2026 10:30:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[« Nouveau droit » ou proposition « dangereuse » : la loi sur l'aide à mourir revient au Parlement]]></title>
      <description><![CDATA[<p>C’était il y a plus de trois ans. En avril 2023, les 186 participants à la Convention citoyenne sur la fin de vie, des citoyennes et citoyens tirés au sort, <a href="https://conventioncitoyennesurlafindevie.lecese.fr/sites/cfv/files/Conventioncitoyenne_findevie_Rapportfinal.pdf" class="spip_out" rel="external">rendaient leurs conclusions</a>, après plusieurs mois de débats. À plus de 75 %, elles et ils s’étaient prononcés en faveur d’un accès à l’aide active à mourir. 23 % s’étaient positionnés contre. Aujourd’hui, en France, seule une <em>« sédation profonde et continue »</em> est permise, par la loi dite Claeys-Leonetti de 2016, pour certains malades, sans qu’il soit autorisé de provoquer activement leur mort ou de leur en donner les moyens.</p><div class="spip_document_18629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="240" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/numero3114.jpg" width="267" height="107" alt="Numero national de prevntion du suicide 3114" aria-describedby="by18629-d242c86c476858f6f52bee69dcc617eb" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by18629-d242c86c476858f6f52bee69dcc617eb">Des services d’écoute, anonymes, existent, si vous avez besoin d’aide ou si vous êtes inquiet pour un membre de votre entourage. Le <strong>3114</strong> est le <a href="https://3114.fr/" class="spip_out" rel="external">numéro national de prévention</a> du suicide. D’autres ressources <a href="https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/sante-mentale/la-prevention-du-suicide/article/que-faire-et-a-qui-s-adresser-face-a-une-crise-suicidaire" class="spip_out" rel="external">sont à retrouver sur cette page</a>.
</figcaption></figure></div><p>Au printemps 2024, le gouvernement lance un projet de loi qui prévoit une aide à mourir pour les personnes atteintes d’une maladie incurable avec un pronostic vital engagé. Mais les discussions sont percutées par la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, et le processus législatif est stoppé net.</p><p>Le débat est relancé en 2025 par deux propositions de loi, l’une portée par la députée (Renaissance) Annie Vidal pour renforcer l’accès aux soins palliatifs, l’autre du député (MoDem) Olivier Falorni pour créer un droit à l’aide à mourir sous conditions. Les deux textes ont été adoptés en première lecture à l’Assemblée nationale il y a un an, en mai 2025. Celui sur les soins palliatifs semble faire consensus. Mais pas l’ouverture à l’aide à mourir. En janvier, le Sénat a rejeté cette loi.</p><p>Le mois suivant, l’Assemblée nationale a remis en place l’aide à mourir lors de la deuxième lecture de la loi, <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/5729" class="spip_out" rel="external">finalement adoptée</a> – 299 voix pour, 226 contre et 37 abstentions. Et voilà que la proposition de loi revient au Sénat cette semaine, jusqu’au mercredi 13 mai. <em>« Ça fait quatre ans que ce débat s’est ouvert, deux ans de parcours législatif, qui a été de grande qualité. Mais, depuis le départ, les opposants au texte jouent la montre pour tenter de l’enterrer »</em>, pointe Elsa Walter, vice-présidente de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité (ADMD) favorable à la loi, et coautrice du livre <em>La mort confisquée. Pour le droit de choisir une fin qui nous ressemble</em> (Grasset, 2026). [<a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="La mort confisquée. Pour le droit de choisir une fin qui nous ressemble, (…)" id="nh1">1</a>].</p><p>Tout laisse à penser que le Sénat va à nouveau rejeter le texte après la discussion de cette semaine. Auquel cas, la loi sera examinée par une commission mixte paritaire, composée de sénateurs et de députés, qui ne se mettront probablement pas d’accord. Le texte pourra alors être examiné une nouvelle fois dans les deux chambres du Parlement, puis l’Assemblée nationale aura le dernier mot. Mais l’horloge tourne. Et il ne reste que deux mois avant la fin de la session parlementaire. <em>« Les sénateurs ont déposé <a href="https://www.senat.fr/amendements/2025-2026/587/accueil.html" class="spip_out" rel="external">près de 700 amendements</a> en amont de l’examen du texte en deuxième lecture cette semaine. C’est de l’obstruction »</em>, dénonce Elsa Walter.</p><h2 class="spip" id="Un-droit-a-l-aide-a-mourir-sous-conditions">Un droit à l’aide à mourir sous conditions</h2><p>Dans sa version actuelle, celle votée par l’Assemblée nationale, la loi a institué un droit à l’aide à mourir sous conditions. Le texte détermine qui pourra y avoir accès : les personnes majeures, aptes à <em>« manifester leur volonté de façon libre et éclairée »</em>, atteintes d’une <em>« affection grave et incurable »</em> qui <em>« engage le pronostic vital »</em>, <em>« en phase avancée »</em> ou <em>« terminale »</em>, qui présentent une souffrance, liée à cette affection, <em>« insupportable »</em> ou qui ne peut être soulagée par des traitements. Le malade devra s’administrer lui-même le produit. S’il en est physiquement incapable, il pourra se le faire administrer par des soignants. Dans tous les cas, il faudra l’accord de l’équipe médicale.</p><p>Le texte <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17t0243_texte-adopte-provisoire.pdf" class="spip_out" rel="external">adopté en février</a> précise aussi qu’<em>« une souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l’aide à mourir »</em>. Par un amendement, les députés ont parallèlement créé un délit qui sanctionne le fait d’exercer des pressions sur une personne afin qu’elle ait recours à l’aide à mourir. La loi prévoit également une clause de conscience pour les médecins et infirmiers qui ne voudraient pas accompagner des situations d’aide à mourir. <em>« Nous sommes en faveur de ce texte, même si nous regrettons qu’il exclue un certain nombre de pathologies, des maladies neurodégénératives essentiellement »</em>, pointe Elsa Walter.</p><h2 class="spip" id="Au-Parlement-la-droite-plutot-contre-la-gauche-largement-pour">Au Parlement, la droite plutôt contre, la gauche largement pour</h2><p>Lors du vote de février à l’Assemblée nationale, les élus du Rassemblement national (RN) et des Républicains (LR) ont, en très grande majorité, voté contre cette loi. Les positions sont moins claires dans les rangs macronistes : il y avait plus de « pour » que de « contre » à Ensemble pour la République et au MoDem, mais plus de « contre » chez Horizons. À gauche, les députés insoumis, socialistes et écologistes présents lors du vote ont presque tous et toutes été favorables au texte. Seuls quelques élus de gauche, <a href="https://www.rcf.fr/articles/actualite/cette-loi-rompt-avec-la-promesse-republicaine-declare-le-depute-socialiste" class="spip_out" rel="external">comme le député socialiste Dominique Potier</a>, <a href="https://www.lavie.fr/actualite/societe/cecile-cukierman-je-veux-legiferer-contre-la-douleur-pas-pour-la-mort-102742.php" class="spip_out" rel="external">la sénatrice communiste</a> Cécile Cukierman, ou encore <a href="https://www.stephanepeu.fr/2025/05/28/lois-sur-la-fin-de-vie-mes-explications-de-vote/" class="spip_out" rel="external">le député communiste</a> Stéphane Peu, se sont publiquement positionnés contre l’aide à mourir au fil des discussions.</p><p>Par ailleurs, les cultes, catholique, protestant, orthodoxe, musulman, juif et bouddhiste, se sont opposés à la loi <a href="https://eglise.catholique.fr/espace-presse/communiques-de-presse/563926-fin-de-vie-crcf-dangers-rupture-anthropologique/?at_medium=RSS%20feed&amp;at_campaign=ynews&amp;utm_source=yahoo&amp;utm_medium=rss&amp;utm_campaign=news_feed&amp;utm_content=in_article_link" class="spip_out" rel="external">dès l’an dernier</a>. De même que plusieurs associations catholiques.</p><h2 class="spip" id="Un-Front-de-gauche-antivalidiste-oppose-a-la-loi">Un Front de gauche antivalidiste opposé à la loi</h2><p>Des mouvements de lutte antivalidistes engagés clairement à gauche et contre les discriminations liées au handicap ont aussi appelé depuis des mois à s’opposer au texte. <em>« La proposition de loi ne concernera pas seulement des personnes malades dont la mort est imminente, mais bel et bien de nombreuses personnes malades et handicapées, dont la mort n’est ni proche ni prévisible »</em>, écrivaient, en février, divers collectifs et associations réunis au sein d’un « Front de gauche antivalidiste », ajoutant que <em>« la maladie constitue l’une des principales causes des limitations qui produisent le handicap, les deux notions sont inextricablement liées »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Le Front de gauche antivalidiste s’oppose à la loi sur l’aide à mourir parce qu’elle consacre une hiérarchisation des vies</em>, complète auprès de <em>Basta!</em> Elena Chamorro, <a href="https://blogs.mediapart.fr/elena-chamorro" class="spip_out" rel="external">enseignante et militante</a> au sein du Collectif Lutte et handicaps pour l’égalité et l’émancipation (Clhee). <em>C’est une loi validiste qui prend racine dans une vision de la maladie et du handicap comme des réalités tragiques et intrinsèquement sources de souffrance, et qui considère les vies des personnes malades et handicapées comme de vies qui ne sont pas dignes d’être vécues. Alors que le désir de mort des personnes valides et bien portantes est considéré comme quelque chose à prévenir, donnant lieu à des politiques de prévention du suicide, le désir de mort des personnes malades et handicapées, lui, serait facilité ? »</em> interroge-t-elle. Elle souligne aussi que <em>« la souffrance est une réalité complexe, que l’on ne peut réduire à une simple douleur physique ou psychologique en l’isolant des conditions matérielles, sociales et relationnelles qui la produisent ou l’aggravent »</em>.</p><p>Pour le Front de gauche antivalidiste, la loi sur l’aide à mourir <em>« met en danger les personnes handicapées »</em>. <em>« La gauche devrait avant tout chercher à garantir des conditions de vie dignes aux plus vulnérables au lieu de proposer une aide à mourir</em>, demande aussi Elena Chamorro. <em>On n’a pourtant pas vu la gauche parlementaire qui défend ce texte s’impliquer avec beaucoup d’énergie pour défendre le droit des personnes handicapées à vivre dignement et à choisir leurs conditions de vie. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Aujourd-hui-les-gens-vont-en-Suisse">« Aujourd’hui, les gens vont en Suisse »</h2><p><em>« Je comprends bien cette crainte exprimée par les antivalidistes »</em>, dit, pour sa part, Patrice Bernardo, coprésident d’Ultime liberté, association au positionnement radical qui demande un large accès à l’aide à mourir, sans condition de maladie ni d’âge. <em>« Pendant la crise du Covid aussi, on a craint, avec les personnes âgées, que la société en arrive à supprimer les gens parce qu’ils coûteraient trop cher. Mais ça n’a rien à voir avec notre projet »</em>, défend l’homme <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/01/09/aide-a-mourir-l-amateurisme-et-l-extremisme-du-positionnement-des-militants-d-ultime-liberte-condamnes-par-le-tribunal_6661223_3224.html" class="spip_out" rel="external">condamné en janvier</a>, aux côtés de onze autres prévenus, âgés de 75 à 89 ans, pour avoir aidé illégalement des dizaines de personnes à se procurer du pentobarbital, un barbiturique létal interdit à la vente.</p><p>Pour Ultime liberté, la nouvelle loi <em>« ne va pas assez loin »</em>, résume Patrice Bernardo. Il critique notamment la nécessité de pouvoir manifester sa volonté au moment de l’aide à mourir, sans possibilité de s’appuyer sur des directives anticipées rédigées plus tôt. <em>« Selon le texte en l’état, même si les gens ont exprimé leur volonté dans des directives anticipées, s’ils ne sont plus en mesure de le faire à un moment, leur volonté exprimée n’a plus aucune valeur</em>, relève-t-il. <em>Il y a toujours des dispositions à prendre pour qu’il n’y ait pas d’excès. Mais aujourd’hui, les Français vont souvent en <a href="https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/aller-simple-le-choix-du-suicide-assiste" class="spip_out" rel="external">Suisse pour avoir accès à une aide à mourir</a>. Le problème, c’est que ça coûte cher. »</em></p><p>Le Front de gauche antivalidiste regarde avec inquiétude du côté du Québec, au Canada, où l’aide à mourir <a href="https://www.mediapart.fr/journal/dossier/international/aide-mourir-le-choix-quebecois" class="spip_out" rel="external">a été légalisée en 2014</a> pour les personnes en fin de vie et en grande souffrance, puis ouverte bien plus largement. Depuis, le nombre de personnes y ayant recours <a href="https://csfv.gouv.qc.ca/fileadmin/docs/rapports_annuels/csfv_rapport_activites_2024-2025.pdf" class="spip_out" rel="external">augmente d’année en année</a>, jusqu’à représenter plus de 7 % de l’ensemble des décès.</p><p><em>« Ce n’est pas parce que les chiffres sont en augmentation qu’il y a des dérives</em>, répond Elsa Walter, de l’Association pour le droit à mourir dans la dignité. <em>Pourquoi ne serait-ce pas simplement le signe de l’appropriation de ce droit nouveau par la population ? »</em> Pour elle, <em>« les critères cumulatifs »</em> inscrits dans la loi pour encadrer l’aide à mourir protègeront d’éventuels abus. Si la loi est bel et bien adoptée avant la fin de la législature.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 11 May 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Néonazis et identitaires : Comment ils profitent de dons défiscalisés]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10498 c-content_text texte surlignable"><p>Le 9 mai, plusieurs centaines de militants néonazis, fascistes ou identitaire devaient défiler dans les rues de Paris, avant que leur manifestation soit interdite par la préfecture. Parmi les organisations participant à ce Comité du 9 mai (C9M) et leurs structures alliées, nombreuses sont celles à bénéficier de dons défiscalisés, donc d’argent public, en s’auto-proclamant « d’intérêt général ».</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/extremes-droites">Droites extrêmes</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-extreme-droite">Violences d’extrême droite</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=neonazis-et-identitaires-comment-ils-profitent-de-dons-defiscalises?var_fav=article-10498" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 11 May 2026 10:18:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu'affirme le sénateur Duplomb]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Réintroduire des néonicotinoïdes interdits en France depuis 2018, c’est ce que prévoit <a href="https://www.senat.fr/leg/ppl25-330.html" class="spip_out" rel="external">la nouvelle proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb</a>, déposée le 30 mars. L’enjeu, affirme le texte, serait d’<em>« éviter la disparition de certaines filières agricoles »</em>. Deux substances insecticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être réautorisées de manière dérogatoire pour quatre filières – betterave sucrière, pomme, cerise et noisette.</p><p>Un rapport a régulièrement été cité ces derniers mois, tant par les partisans de cette proposition de loi que par ses détracteurs. Il s’agit du rapport de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), remis au gouvernement le 28 octobre 2025, sur <a href="https://www.inrae.fr/actualites/rapport-2025-alternatives-usage-neonicotinoides" class="spip_out" rel="external">les alternatives existantes à l’usage des néonicotinoïdes</a> pour protéger les cultures.</p><p>D’un côté, Laurent Duplomb lit dans ce rapport la confirmation que des filières sont <em>« en impasse totale et où <a href="https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/l-invite-d-ici-matin-pays-d-auvergne/laurent-duplomb-senateur-de-haute-loire-les-republicains-5595775" class="spip_out" rel="external">les phytosanitaires sont la seule solution</a> »</em>. De l’autre, des organisations environnementales comme Pollinis considèrent que <em>« l’Inrae a été claire sur le fait que <a href="https://www.pollinis.org/publications/ce-que-dit-l-inrae-sur-les-alternatives-aux-neonicotinoides/" class="spip_out" rel="external">de nombreuses alternatives à ces pesticides existent</a> »</em>.</p><p>Qu’en est-il vraiment ? <em>« Notre rapport sur les alternatives aux pesticides est parfois utilisé avec un peu de mauvaise foi »</em>, constate auprès de <em>Basta!</em> le directeur de recherche à l’Inrae qui a coordonné le rapport, Christian Lannou. Actuellement, 460 chercheurs ingénieurs de l’Inrae travaillent sur les alternatives aux pesticides. Entrons dans le détail de chaque filière.</p><p><em>Cliquez sur les liens ci-dessous pour visualiser directement les alternatives dans une filière.</em><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre1" class="spip_ancre">Betterave sucrière</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre2" class="spip_ancre">Pommes</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre3" class="spip_ancre">Cerises</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre4" class="spip_ancre">Noisettes</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre5" class="spip_ancre">Pas de solution sans interdiction ?</a></p><h2 class="spip" id="Betterave-sucriere-lt-lt-L-arret-des-neonicotinoides-n-a-pas-ete-une-nbsp">Betterave sucrière : « L’arrêt des néonicotinoïdes n’a pas été une catastrophe »</h2><p>La jaunisse de la betterave, une maladie transportée par les pucerons, peut causer des pertes de récolte localement élevées dans cette filière. <em>« Tout le monde reconnaît qu’il y a eu un vrai problème pour la production en 2020 parce que les producteurs, qui n’avaient plus accès aux néonicotinoïdes se sont fait surprendre. Pour autant, l’arrêt des néonicotinoïdes n’a pas été une catastrophe pour la filière, contrairement à ce qu’on entend parfois »</em>, souligne Christian Lannou. Même si, localement, certaines zones peuvent avoir des niveaux d’infestation assez élevés.</p><p>Ainsi, loin des prévisions sombres de la filière, les rendements de la betterave à sucre pour l’année 2025 se situent finalement autour de 85 tonnes à l’hectare – <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/02/11/loi-duplomb-un-rapport-sur-les-substituts-aux-neonicotinoides-suscite-une-controverse-au-sein-de-l-inrae_6666330_3244.html" class="spip_out" rel="external">supérieurs à la moyenne de la décennie écoulée</a> – alors que les planteurs n’ont pas pu utiliser de néonicotinoïdes cette année.</p><div class="spip_document_22813 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="459" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2026/02/rapport-betterave-1.pdf" class="spip_out spip_doc_lien" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1961891215 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1778476808 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1778475841 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1777551859 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778476424 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778476773 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778480169 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1778476665 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1778479788 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1778477765 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778479653 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778476052 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778480169 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1778477165 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1778480169 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1777912663 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778476245" width="960" height="1071" alt="graphique sur le rendement de la filière betterave sucrière &quot;sans NNI&quot; (sans néonicotinoïde) et &quot;avec NNI&quot; (avec néonicotinoïde)" aria-describedby="by22813-a0ed0e7f54a2f2517b0e2035ae0c95b5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778476092 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778480144 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png?1778476245 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22813-a0ed0e7f54a2f2517b0e2035ae0c95b5">Entre 2019 et 2025, la production de betteraves sucrières a été réalisée sans néonicotinoïdes (NNI) pendant cinq années (2019, 2020,2023, 2024 et 2025) et avec néonicotinoïdes pendant deux années (2021 et 2022, années pendant lesquelles une dérogation a été accordée pour l’usage de semences enrobées). Sur cette période, la perte moyenne de rendement sans nénonicotinoïde est d’environ 3 % par rapport aux années avec néonicotinoïdes.
© Générations futures
</figcaption></figure></div><p>À défaut de néonicotinoïdes, la filière recourt ces dernières années à d’autres insecticides dits « aphicides » (destinés à détruire les pucerons) comme le Tepekki ou le Verseon. La filière a aussi obtenu des <a href="https://www.itbfr.org/tous-les-articles/article/news/lutte-contre-les-pucerons-derogation-movento-120-jours" class="spip_out" rel="external">dérogations pour le Movento</a>, alors même que la substance active du Movento, le spirotétramate, est interdite en Europe depuis 2024.</p><p>Cela ne suffit pas pour Laurent Duplomb qui prévoit, dans l’article 2 de sa nouvelle proposition de loi Duplomb, le recours à l’acétamipride pour la betterave sucrière en cas <em>« d’impasse technique avérée »</em>. <em>« En betterave, on n’a jamais utilisé d’acétamipride. Mais les betteraviers veulent augmenter leur arsenal de produits chimiques pour être sûrs d’avoir de quoi lutter contre la jaunisse »</em>, analyse Christian Lannou.</p><p>L’article 1 de la nouvelle proposition de loi Duplomb entend également réautoriser l’enrobage de semences avec du flupyradifurone, dont le mode d’action est similaire aux néonicotinoïdes. Jusqu’en 2018, les betteraviers disposaient précisément de semences enrobées de néonicotinoïdes avant qu’ils ne soient interdits pour leurs effets sur les pollinisateurs. <em>« Une semence enrobée, c’est simple : vous la semez, vous n’avez pas besoin de traiter et vous n’avez pas de problème phytosanitaire. Cela explique d’ailleurs pourquoi la filière betteraves est un peu en retard en termes de recherche d’alternatives »</em>, observe Christian Lannou.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Betterave-sucriere-des-solutions-mecaniques-combinees-a-de-la-surveillance">Betterave sucrière : des solutions mécaniques combinées à de la surveillance</h2><p>Qu’en est-il alors des alternatives à ces produits chimiques dans la filière ? <em>« Certaines sont parfaitement maîtrisables, comme la prophylaxie, qui consiste à détruire les repousses de betteraves après récolte »</em>, indique le chercheur.</p><p>Des mesures menées en début d’année par l’Institut technique de la betterave (ITB) ont ainsi montré que plus de deux tiers des repousses <a href="https://www.itbfr.org/tous-les-articles/article/news/virus-de-jaunisse-une-forte-contamination-detectee-dans-les-repousses-de-betteraves" class="spip_out" rel="external">contenaient le virus de la jaunisse</a>. <em>« Ces résidus, souvent mis au bout des champs, sont des réservoirs de contamination. Tout le monde sait maintenant qu’il faut détruire ces repousses »</em>, précise Christian Lannou.</p><p>Il est notamment possible de le faire de manière mécanique, en retournant les andains de déterrage lorsque la terre est suffisamment sèche et maniable. <em>« Mais on constate, y compris en discutant avec les responsables de la filière, que les agriculteurs ne le font pas, notamment parce que c’est du travail en plus »</em>, pointe le directeur de l’Inrae.</p><p>Selon l’institut de recherche, cette destruction des repousses doit se combiner à l’épidémiosurveillance, c’est-à-dire la surveillance des pucerons, <a href="https://alerte.itbfr.org/pucerons/" class="spip_out" rel="external">comme le fait cette carte</a>. <em>« Si on n’a pas cette connaissance, on n’est pas capable d’ajuster les moyens de lutte</em>, abonde Christian Lannou. <em>Par exemple, les solutions de biocontrôle vendues sous forme de granulés qui diffusent une odeur répulsive contre les pucerons verts doivent être disposées au bon moment pour repousser les premiers pucerons. Si vous les mettez quand il y a déjà trop de pucerons, ça ne sert plus à rien. Même chose pour les auxiliaires, comme les chrysopes qui vont manger les pucerons : il faut les mettre quand il n’y a pas encore trop de pucerons, ce qui suppose d’avoir une bonne connaissance du risque. »</em></p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des filières.</a></p><h2 class="spip" id="Pommes-lt-lt-On-a-les-moyens-necessaires-pour-eviter-l-epandage-de-nbsp">Pommes : « On a les moyens nécessaires pour éviter l’épandage de produits »</h2><p>Parmi les autres filières visées par la nouvelle proposition de loi Duplomb figure la pomme. Elle fait actuellement face au puceron cendré. Ce puceron pique les feuilles et sécrète une toxine, ce qui amène les feuilles à se recroqueviller et s’enrouler sur elles-mêmes. Les pucerons prolifèrent alors à l’intérieur. </p><p><em>« Autrefois, on avait des insecticides systémiques qui pénétraient dans la plante : que le puceron soit caché sous les feuilles ou pas, il était tué</em>, détaille Christian Lannou. <em>Les insecticides actuellement autorisés sont des insecticides de contact, qui ne vont agir que s’ils touchent directement le puceron. Si le puceron est protégé dans sa feuille enroulée, vous n’y avez plus accès avec les produits actuels. Les producteurs de pommes sont donc en train de se faire déborder par ce type de puceron qui prolifère. »</em> L’article 3 du texte de Laurent Duplomb propose en conséquence, pour cette filière, de réautoriser l’acétamipride et le flupyradifurone pour une durée de trois ans non renouvelable.</p><p>Le rapport de l’Inrea préconise d’autres voies. <em>« Il faut changer complètement la stratégie de lutte. On a aujourd’hui les moyens biologiques nécessaires pour éviter l’épandage de produits. Mais cela suppose de s’attaquer au problème dès l’automne c’est-à-dire au moment où les femelles de pucerons arrivent, afin de diminuer au maximum les populations initiales</em>, explique Christian Lannou. <em>C’est possible, mais je ne dis pas que c’est simple car ça demande de reconcevoir le système de protection. »</em></p><p>Le rapport insiste également sur la nécessité de sécuriser l’accès aux produits de biocontrôle, ainsi qu’aux huiles essentielles, par exemple, qui font actuellement l’objet de dérogations. La question des attentes des circuits de commercialisation est aussi soulevée. <em>« On demande l’impossible aux producteurs de pommes. Les standards de commercialisation, c’est une pomme parfaite. Vous ne verrez jamais dans un magasin une pomme avec une tâche. Le producteur sait parfaitement que, s’il envoie un lot de pommes qui n’ont pas un aspect parfait, le lot lui sera renvoyé et il ne sera pas payé »</em>, relève Christian Lannou. En tant que consommateur et consommatrice, est-on prêt à acheter des pommes tâchées pour sortir des pesticides de synthèse ?</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des filières.</a></p><h2 class="spip" id="Cerises-lt-lt-Une-batterie-de-solutions">Cerises : « Une batterie de solutions »</h2><p>Les cerisiers sont aussi attaqués par un insecte invasif, la Drosophila suzukii. <em>« Ils sont arrivés dans les années 2010, ont augmenté et sont devenus un problème plus récemment. Mais il y a une batterie de solutions possibles »</em>, note Christian Lannou. Les filets figurent dans cette panoplie. <em>« C’est comme une grande serre, mais c’est un filet à la place qui recouvre la parcelle, c’est très efficace. En revanche, vous passez d’un investissement de 10 000 euros de l’hectare à 100 000 euros de l’hectare, si l’on inclut la bâche anti-pluie »</em>, ajoute le chercheur.</p><div class="spip_document_22822 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="72" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c698240437 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1778477450 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1778475841 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1777884796 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1778480169 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1778480169 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1778480169 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1778476898 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1778480169 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1778478285 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1778479894 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1778480169 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1778476747 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1778480169 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1778479163 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1777912703 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1777912714" width="960" height="720" alt="insecte sur une feuille, la drosophila suzukii" aria-describedby="by22822-def2b7a28a046017dd38e45e0a9959af" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1778476078 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1778478804 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1777912714 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22822-def2b7a28a046017dd38e45e0a9959af">La Drosophila suzukii.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> Katja Schulz via <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Drosophila_suzukii_170169589.jpg" class="spip_out" rel="external">Wikimedia commons</a>
</figcaption></figure></div><p>À moins d’être fortement subventionnés, impossible pour les petits producteurs d’y avoir accès. Résultat, la filière se restructure avec des producteurs qui se désengagent et d’autres qui se spécialisent. <em>« Les filets, on peut se les permettre en cerises uniquement parce que c’est une production très bien valorisée. Vous ne pouvez pas faire ça avec de la pomme ou avec de la noisette car vous ne rentrerez pas dans vos frais »</em>, tient à préciser Christian Lannou. </p><p>Des solutions de biocontrôle existent également pour cette filière, comme le kaolin, un argile blanc pulvérisé sur les cerisiers. <em>« Selon les producteurs eux-mêmes, ça marche assez bien contre la mouche de la cerise. Mais les cerises ne sont plus commercialisables : comme il y a des traces blanches dessus, personne ne va les acheter. L’agriculteur fait des choix, mais il fait face à beaucoup de contraintes pour la commercialisation de ses produits »</em>, relève le chercheur.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des filières.</a></p><h2 class="spip" id="Noisettes-soutenir-financierement-la-filiere-en-attendant-un-parasitoide">Noisettes : soutenir financièrement la filière en attendant un parasitoïde ?</h2><p>La filière noisette est fortement mise en difficulté par la punaise diabolique, détectée en France depuis 2012. Depuis l’interdiction des néonicotinoïdes, les producteurs de noisettes recourent à des insecticides de la famille des pyréthrinoïdes. <em>« Il faut en mettre souvent, parce qu’il faut que le produit entre en contact avec l’insecte, sinon ça ne fonctionne pas. Ce ne sont pas des produits qui pénètrent dans la plante. S’il pleut, par exemple, il faut recommencer »</em>, illustre Christian Lannou.</p><div class="spip_document_22821 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="99" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c384299537 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1778477450 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1778475842 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1777884797 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1778480169 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1778477191 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1778476290 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1778476948 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1778480169 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1778478299 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1778477265 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1778479065 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1778476449 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1778479006 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1778477562 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1777912705 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1777912715" width="960" height="961" alt="insecte sur une feuille, la punaise diabolique" aria-describedby="by22821-478838cc713d9f9c59abf925b980dd12" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1778476096 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1778480169 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1777912715 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22821-478838cc713d9f9c59abf925b980dd12">La punaise diabolique (ou punaise marbrée, Halyomorpha halys).
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> via <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pentatomidae_-_Halyomorpha_halys-001.JPG" class="spip_out" rel="external">Wikimedia commons</a>
</figcaption></figure></div><p>Jusqu’à quinze traitements dans la saison ont pu être comptabilisés. Une cadence d’intervention difficilement supportable pour les producteurs, ne serait-ce qu’en temps de travail, et très dommageable pour la biodiversité. <em>« Les pyréthrinoïdes tuent quasiment tous les insectes, ce qui fait qu’il n’y a plus d’auxiliaires. Les producteurs constatent aussi qu’ils ont de plus en plus de problèmes d’acariens, alors que la régulation se faisait naturellement autrefois »</em>, dit le directeur de l’Inrae. L’accumulation de traitements engendre par ailleurs un risque élevé d’apparition de résistance chez la punaise.</p><p>Que changerait la réintroduction de l’acétamipride, comme le préconise la nouvelle proposition de loi Duplomb ? <em>« Un traitement d’acétamipride pourrait remplacer à peu près trois traitements de ces fameux pyréthrinoïdes »</em>, estime Christian Lannou. Lui et les équipes de l’Inrae s’attellent à développer des alternatives. Il salue la création très tôt par la filière noisette d’un service de recherche et développement, l’Association nationale des producteurs de noisettes (ANPN). Celle-ci a mis au point la production d’auxiliaires parasitoïdes qui mangent les œufs des punaises.</p><p><em>« L’ANPN est capable de les élever, de les produire, de faire des lâchers, mais ils ne sont pas encore au stade où ils peuvent les produire en grande quantité et les lâcher en masse dans une région. On a donc une solution à portée de main</em>, relève le chercheur. <em>En attendant, est-ce qu’il faut soutenir financièrement la filière ou autoriser l’acétamipride ? Le choix revient aux députés. »</em></p><p>Aurélie Trouvé, députée insoumise, s’est clairement exprimée à ce sujet fin 2025 lors de la présentation du rapport <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/cion-eco/l17cion-eco2526019_compte-rendu" class="spip_out" rel="external">sur la pétition contre la loi Duplomb</a>. <em>« Pour les noisettes, l’alternative sera effective dans trois à cinq ans : elle passe par un parasitoïde. En attendant, il faut compenser les baisses de rendement, qui atteignent 20 à 30 %. Les producteurs de noisettes sont au nombre de 300 : l’État pourrait leur donner les moyens de se maintenir jusqu’à ce qu’on dispose enfin de cette protection. »</em></p><p>Une <a href="https://agriculture.gouv.fr/filiere-noisette-une-aide-de-crise-exceptionnelle-de-3-meu-pour-aider-les-producteurs" class="spip_out" rel="external">aide de crise exceptionnelle</a> de trois millions d’euros a été accordée par l’État en avril 2026 pour compenser une partie des pertes de chiffre d’affaires des exploitations en noisettes les plus touchées.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des filières.</a></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Pas-de-solution-sans-interdiction">« Pas de solution sans interdiction »</h2><p>Le mantra du syndicat agricole FNSEA est le suivant : il ne doit pas y avoir d’interdiction de produits sans solution. Christian Lannou préfère dire qu’ <em>« il n’y aura pas de solution sans interdiction. Ce n’est pas pour jeter la pierre aux agriculteurs, ça vaut pour tout le monde</em>, ajoute-t-il, évoquant le cas des pailles en papier qui n’auraient pas été développées sans l’interdiction des pailles en plastique. <em>Si on avait attendu que les alternatives apparaissent toutes seules, sans jamais interdire quoi que ce soit, ça ne serait jamais sorti en réalité. »</em></p><p>Dans le milieu agricole, aucune recherche sur des alternatives aux néonicotinoïdes en enrobage de semences n’a ainsi été développée avant leur interdiction en 2018. <em>« À ce moment-là, c’est vrai, il n’y avait pas d’alternative pour la betterave parce qu’on n’en avait pas cherché</em>, reconnaît Christian Lannou. <em>On s’est alors mis à faire de la recherche très activement sur le sujet. La recherche, pour sortir des solutions, peut se mobiliser très rapidement. On peut aller relativement vite, 3 à 5 ans, pour développer des solutions opérationnelles. Notre rapport fourmille d’alternatives. Toutes ne sont pas encore opérationnelles mais ça marche. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/pesticides-alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb</link>
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      <pubDate>Mon, 11 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu'affirme le sénateur Duplomb]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Réintroduire des néonicotinoïdes interdits en France depuis 2018, c’est ce que prévoit <a href="https://www.senat.fr/leg/ppl25-330.html" class="spip_out" rel="external">la nouvelle proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb</a>, déposée le 30 mars. L’enjeu, affirme le texte, serait d’<em>« éviter la disparition de certaines filières agricoles »</em>. Deux substances insecticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, pourraient ainsi être réautorisées de manière dérogatoire pour quatre filières – betterave sucrière, pomme, cerise et noisette.</p><p>Un rapport a régulièrement été cité ces derniers mois, tant par les partisans de cette proposition de loi que par ses détracteurs. Il s’agit du rapport de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), remis au gouvernement le 28 octobre 2025, sur <a href="https://www.inrae.fr/actualites/rapport-2025-alternatives-usage-neonicotinoides" class="spip_out" rel="external">les alternatives existantes à l’usage des néonicotinoïdes</a> pour protéger les cultures.</p><p>D’un côté, Laurent Duplomb lit dans ce rapport la confirmation que des filières sont <em>« en impasse totale et où <a href="https://www.radiofrance.fr/francebleu/podcasts/l-invite-d-ici-matin-pays-d-auvergne/laurent-duplomb-senateur-de-haute-loire-les-republicains-5595775" class="spip_out" rel="external">les phytosanitaires sont la seule solution</a> »</em>. De l’autre, des organisations environnementales comme Pollinis considèrent que <em>« l’Inrae a été claire sur le fait que <a href="https://www.pollinis.org/publications/ce-que-dit-l-inrae-sur-les-alternatives-aux-neonicotinoides/" class="spip_out" rel="external">de nombreuses alternatives à ces pesticides existent</a> »</em>.</p><p>Qu’en est-il vraiment ? <em>« Notre rapport sur les alternatives aux pesticides est parfois utilisé avec un peu de mauvaise foi »</em>, constate auprès de <em>Basta!</em> le directeur de recherche à l’Inrae qui a coordonné le rapport, Christian Lannou. Actuellement, 460 chercheurs ingénieurs de l’Inrae travaillent sur les alternatives aux pesticides. Entrons dans le détail de chaque filière.</p><p><em>Cliquez sur les liens ci-dessous pour visualiser directement les alternatives dans une filière.</em><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre1" class="spip_ancre">Betterave sucrière</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre2" class="spip_ancre">Pommes</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre3" class="spip_ancre">Cerises</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre4" class="spip_ancre">Noisettes</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre5" class="spip_ancre">Pas de solution sans interdiction ?</a></p><h2 class="spip" id="Betterave-sucriere-lt-lt-L-arret-des-neonicotinoides-n-a-pas-ete-une-nbsp">Betterave sucrière : « L’arrêt des néonicotinoïdes n’a pas été une catastrophe »</h2><p>La jaunisse de la betterave, une maladie transportée par les pucerons, peut causer des pertes de récolte localement élevées dans cette filière. <em>« Tout le monde reconnaît qu’il y a eu un vrai problème pour la production en 2020 parce que les producteurs, qui n’avaient plus accès aux néonicotinoïdes se sont fait surprendre. Pour autant, l’arrêt des néonicotinoïdes n’a pas été une catastrophe pour la filière, contrairement à ce qu’on entend parfois »</em>, souligne Christian Lannou. Même si, localement, certaines zones peuvent avoir des niveaux d’infestation assez élevés.</p><p>Ainsi, loin des prévisions sombres de la filière, les rendements de la betterave à sucre pour l’année 2025 se situent finalement autour de 85 tonnes à l’hectare – <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/02/11/loi-duplomb-un-rapport-sur-les-substituts-aux-neonicotinoides-suscite-une-controverse-au-sein-de-l-inrae_6666330_3244.html" class="spip_out" rel="external">supérieurs à la moyenne de la décennie écoulée</a> – alors que les planteurs n’ont pas pu utiliser de néonicotinoïdes cette année.</p><div class="spip_document_22813 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="459" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://www.generations-futures.fr/wp-content/uploads/2026/02/rapport-betterave-1.pdf" class="spip_out spip_doc_lien" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1961891215 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1777551859 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png@.webp?1777912663 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png" width="960" height="1071" alt="graphique sur le rendement de la filière betterave sucrière &quot;sans NNI&quot; (sans néonicotinoïde) et &quot;avec NNI&quot; (avec néonicotinoïde)" aria-describedby="by22813-f66751c978e1a98eda9159da5945c878" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/rendements_tonne_par_hectare_filiere_betterave_sucriere.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22813-f66751c978e1a98eda9159da5945c878">Entre 2019 et 2025, la production de betteraves sucrières a été réalisée sans néonicotinoïdes (NNI) pendant cinq années (2019, 2020,2023, 2024 et 2025) et avec néonicotinoïdes pendant deux années (2021 et 2022, années pendant lesquelles une dérogation a été accordée pour l’usage de semences enrobées). Sur cette période, la perte moyenne de rendement sans nénonicotinoïde est d’environ 3 % par rapport aux années avec néonicotinoïdes.
© Générations futures
</figcaption></figure></div><p>À défaut de néonicotinoïdes, la filière recourt ces dernières années à d’autres insecticides dits « aphicides » (destinés à détruire les pucerons) comme le Tepekki ou le Verseon. La filière a aussi obtenu des <a href="https://www.itbfr.org/tous-les-articles/article/news/lutte-contre-les-pucerons-derogation-movento-120-jours" class="spip_out" rel="external">dérogations pour le Movento</a>, alors même que la substance active du Movento, le spirotétramate, est interdite en Europe depuis 2024.</p><p>Cela ne suffit pas pour Laurent Duplomb qui prévoit, dans l’article 2 de sa nouvelle proposition de loi Duplomb, le recours à l’acétamipride pour la betterave sucrière en cas <em>« d’impasse technique avérée »</em>. <em>« En betterave, on n’a jamais utilisé d’acétamipride. Mais les betteraviers veulent augmenter leur arsenal de produits chimiques pour être sûrs d’avoir de quoi lutter contre la jaunisse »</em>, analyse Christian Lannou.</p><p>L’article 1 de la nouvelle proposition de loi Duplomb entend également réautoriser l’enrobage de semences avec du flupyradifurone, dont le mode d’action est similaire aux néonicotinoïdes. Jusqu’en 2018, les betteraviers disposaient précisément de semences enrobées de néonicotinoïdes avant qu’ils ne soient interdits pour leurs effets sur les pollinisateurs. <em>« Une semence enrobée, c’est simple : vous la semez, vous n’avez pas besoin de traiter et vous n’avez pas de problème phytosanitaire. Cela explique d’ailleurs pourquoi la filière betteraves est un peu en retard en termes de recherche d’alternatives »</em>, observe Christian Lannou.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Betterave-sucriere-des-solutions-mecaniques-combinees-a-de-la-surveillance">Betterave sucrière : des solutions mécaniques combinées à de la surveillance</h2><p>Qu’en est-il alors des alternatives à ces produits chimiques dans la filière ? <em>« Certaines sont parfaitement maîtrisables, comme la prophylaxie, qui consiste à détruire les repousses de betteraves après récolte »</em>, indique le chercheur.</p><p>Des mesures menées en début d’année par l’Institut technique de la betterave (ITB) ont ainsi montré que plus de deux tiers des repousses <a href="https://www.itbfr.org/tous-les-articles/article/news/virus-de-jaunisse-une-forte-contamination-detectee-dans-les-repousses-de-betteraves" class="spip_out" rel="external">contenaient le virus de la jaunisse</a>. <em>« Ces résidus, souvent mis au bout des champs, sont des réservoirs de contamination. Tout le monde sait maintenant qu’il faut détruire ces repousses »</em>, précise Christian Lannou.</p><p>Il est notamment possible de le faire de manière mécanique, en retournant les andains de déterrage lorsque la terre est suffisamment sèche et maniable. <em>« Mais on constate, y compris en discutant avec les responsables de la filière, que les agriculteurs ne le font pas, notamment parce que c’est du travail en plus »</em>, pointe le directeur de l’Inrae.</p><p>Selon l’institut de recherche, cette destruction des repousses doit se combiner à l’épidémiosurveillance, c’est-à-dire la surveillance des pucerons, <a href="https://alerte.itbfr.org/pucerons/" class="spip_out" rel="external">comme le fait cette carte</a>. <em>« Si on n’a pas cette connaissance, on n’est pas capable d’ajuster les moyens de lutte</em>, abonde Christian Lannou. <em>Par exemple, les solutions de biocontrôle vendues sous forme de granulés qui diffusent une odeur répulsive contre les pucerons verts doivent être disposées au bon moment pour repousser les premiers pucerons. Si vous les mettez quand il y a déjà trop de pucerons, ça ne sert plus à rien. Même chose pour les auxiliaires, comme les chrysopes qui vont manger les pucerons : il faut les mettre quand il n’y a pas encore trop de pucerons, ce qui suppose d’avoir une bonne connaissance du risque. »</em></p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des filières.</a></p><h2 class="spip" id="Pommes-lt-lt-On-a-les-moyens-necessaires-pour-eviter-l-epandage-de-nbsp">Pommes : « On a les moyens nécessaires pour éviter l’épandage de produits »</h2><p>Parmi les autres filières visées par la nouvelle proposition de loi Duplomb figure la pomme. Elle fait actuellement face au puceron cendré. Ce puceron pique les feuilles et sécrète une toxine, ce qui amène les feuilles à se recroqueviller et s’enrouler sur elles-mêmes. Les pucerons prolifèrent alors à l’intérieur. </p><p><em>« Autrefois, on avait des insecticides systémiques qui pénétraient dans la plante : que le puceron soit caché sous les feuilles ou pas, il était tué</em>, détaille Christian Lannou. <em>Les insecticides actuellement autorisés sont des insecticides de contact, qui ne vont agir que s’ils touchent directement le puceron. Si le puceron est protégé dans sa feuille enroulée, vous n’y avez plus accès avec les produits actuels. Les producteurs de pommes sont donc en train de se faire déborder par ce type de puceron qui prolifère. »</em> L’article 3 du texte de Laurent Duplomb propose en conséquence, pour cette filière, de réautoriser l’acétamipride et le flupyradifurone pour une durée de trois ans non renouvelable.</p><p>Le rapport de l’Inrea préconise d’autres voies. <em>« Il faut changer complètement la stratégie de lutte. On a aujourd’hui les moyens biologiques nécessaires pour éviter l’épandage de produits. Mais cela suppose de s’attaquer au problème dès l’automne c’est-à-dire au moment où les femelles de pucerons arrivent, afin de diminuer au maximum les populations initiales</em>, explique Christian Lannou. <em>C’est possible, mais je ne dis pas que c’est simple car ça demande de reconcevoir le système de protection. »</em></p><p>Le rapport insiste également sur la nécessité de sécuriser l’accès aux produits de biocontrôle, ainsi qu’aux huiles essentielles, par exemple, qui font actuellement l’objet de dérogations. La question des attentes des circuits de commercialisation est aussi soulevée. <em>« On demande l’impossible aux producteurs de pommes. Les standards de commercialisation, c’est une pomme parfaite. Vous ne verrez jamais dans un magasin une pomme avec une tâche. Le producteur sait parfaitement que, s’il envoie un lot de pommes qui n’ont pas un aspect parfait, le lot lui sera renvoyé et il ne sera pas payé »</em>, relève Christian Lannou. En tant que consommateur et consommatrice, est-on prêt à acheter des pommes tâchées pour sortir des pesticides de synthèse ?</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des filières.</a></p><h2 class="spip" id="Cerises-lt-lt-Une-batterie-de-solutions">Cerises : « Une batterie de solutions »</h2><p>Les cerisiers sont aussi attaqués par un insecte invasif, la Drosophila suzukii. <em>« Ils sont arrivés dans les années 2010, ont augmenté et sont devenus un problème plus récemment. Mais il y a une batterie de solutions possibles »</em>, note Christian Lannou. Les filets figurent dans cette panoplie. <em>« C’est comme une grande serre, mais c’est un filet à la place qui recouvre la parcelle, c’est très efficace. En revanche, vous passez d’un investissement de 10 000 euros de l’hectare à 100 000 euros de l’hectare, si l’on inclut la bâche anti-pluie »</em>, ajoute le chercheur.</p><div class="spip_document_22822 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="72" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c698240437 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1777884796 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg@.webp?1777912703 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1777912714" width="960" height="720" alt="insecte sur une feuille, la drosophila suzukii" aria-describedby="by22822-b0b4cbc34aa0ab9d8e9ba81ab3a3c76e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/drosophila_suzukii_.jpg?1777912714 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22822-b0b4cbc34aa0ab9d8e9ba81ab3a3c76e">La Drosophila suzukii.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> Katja Schulz via <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Drosophila_suzukii_170169589.jpg" class="spip_out" rel="external">Wikimedia commons</a>
</figcaption></figure></div><p>À moins d’être fortement subventionnés, impossible pour les petits producteurs d’y avoir accès. Résultat, la filière se restructure avec des producteurs qui se désengagent et d’autres qui se spécialisent. <em>« Les filets, on peut se les permettre en cerises uniquement parce que c’est une production très bien valorisée. Vous ne pouvez pas faire ça avec de la pomme ou avec de la noisette car vous ne rentrerez pas dans vos frais »</em>, tient à préciser Christian Lannou. </p><p>Des solutions de biocontrôle existent également pour cette filière, comme le kaolin, un argile blanc pulvérisé sur les cerisiers. <em>« Selon les producteurs eux-mêmes, ça marche assez bien contre la mouche de la cerise. Mais les cerises ne sont plus commercialisables : comme il y a des traces blanches dessus, personne ne va les acheter. L’agriculteur fait des choix, mais il fait face à beaucoup de contraintes pour la commercialisation de ses produits »</em>, relève le chercheur.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des filières.</a></p><h2 class="spip" id="Noisettes-soutenir-financierement-la-filiere-en-attendant-un-parasitoide">Noisettes : soutenir financièrement la filière en attendant un parasitoïde ?</h2><p>La filière noisette est fortement mise en difficulté par la punaise diabolique, détectée en France depuis 2012. Depuis l’interdiction des néonicotinoïdes, les producteurs de noisettes recourent à des insecticides de la famille des pyréthrinoïdes. <em>« Il faut en mettre souvent, parce qu’il faut que le produit entre en contact avec l’insecte, sinon ça ne fonctionne pas. Ce ne sont pas des produits qui pénètrent dans la plante. S’il pleut, par exemple, il faut recommencer »</em>, illustre Christian Lannou.</p><div class="spip_document_22821 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="99" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c384299537 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1777884797 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg@.webp?1777912705 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1777912715" width="960" height="961" alt="insecte sur une feuille, la punaise diabolique" aria-describedby="by22821-241efdf971c4dae6a5646679a6931fb5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/punaise_diabolique.jpg?1777912715 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22821-241efdf971c4dae6a5646679a6931fb5">La punaise diabolique (ou punaise marbrée, Halyomorpha halys).
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> via <a href="https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Pentatomidae_-_Halyomorpha_halys-001.JPG" class="spip_out" rel="external">Wikimedia commons</a>
</figcaption></figure></div><p>Jusqu’à quinze traitements dans la saison ont pu être comptabilisés. Une cadence d’intervention difficilement supportable pour les producteurs, ne serait-ce qu’en temps de travail, et très dommageable pour la biodiversité. <em>« Les pyréthrinoïdes tuent quasiment tous les insectes, ce qui fait qu’il n’y a plus d’auxiliaires. Les producteurs constatent aussi qu’ils ont de plus en plus de problèmes d’acariens, alors que la régulation se faisait naturellement autrefois »</em>, dit le directeur de l’Inrae. L’accumulation de traitements engendre par ailleurs un risque élevé d’apparition de résistance chez la punaise.</p><p>Que changerait la réintroduction de l’acétamipride, comme le préconise la nouvelle proposition de loi Duplomb ? <em>« Un traitement d’acétamipride pourrait remplacer à peu près trois traitements de ces fameux pyréthrinoïdes »</em>, estime Christian Lannou. Lui et les équipes de l’Inrae s’attellent à développer des alternatives. Il salue la création très tôt par la filière noisette d’un service de recherche et développement, l’Association nationale des producteurs de noisettes (ANPN). Celle-ci a mis au point la production d’auxiliaires parasitoïdes qui mangent les œufs des punaises.</p><p><em>« L’ANPN est capable de les élever, de les produire, de faire des lâchers, mais ils ne sont pas encore au stade où ils peuvent les produire en grande quantité et les lâcher en masse dans une région. On a donc une solution à portée de main</em>, relève le chercheur. <em>En attendant, est-ce qu’il faut soutenir financièrement la filière ou autoriser l’acétamipride ? Le choix revient aux députés. »</em></p><p>Aurélie Trouvé, députée insoumise, s’est clairement exprimée à ce sujet fin 2025 lors de la présentation du rapport <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/comptes-rendus/cion-eco/l17cion-eco2526019_compte-rendu" class="spip_out" rel="external">sur la pétition contre la loi Duplomb</a>. <em>« Pour les noisettes, l’alternative sera effective dans trois à cinq ans : elle passe par un parasitoïde. En attendant, il faut compenser les baisses de rendement, qui atteignent 20 à 30 %. Les producteurs de noisettes sont au nombre de 300 : l’État pourrait leur donner les moyens de se maintenir jusqu’à ce qu’on dispose enfin de cette protection. »</em></p><p>Une <a href="https://agriculture.gouv.fr/filiere-noisette-une-aide-de-crise-exceptionnelle-de-3-meu-pour-aider-les-producteurs" class="spip_out" rel="external">aide de crise exceptionnelle</a> de trois millions d’euros a été accordée par l’État en avril 2026 pour compenser une partie des pertes de chiffre d’affaires des exploitations en noisettes les plus touchées.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des filières.</a></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Pas-de-solution-sans-interdiction">« Pas de solution sans interdiction »</h2><p>Le mantra du syndicat agricole FNSEA est le suivant : il ne doit pas y avoir d’interdiction de produits sans solution. Christian Lannou préfère dire qu’ <em>« il n’y aura pas de solution sans interdiction. Ce n’est pas pour jeter la pierre aux agriculteurs, ça vaut pour tout le monde</em>, ajoute-t-il, évoquant le cas des pailles en papier qui n’auraient pas été développées sans l’interdiction des pailles en plastique. <em>Si on avait attendu que les alternatives apparaissent toutes seules, sans jamais interdire quoi que ce soit, ça ne serait jamais sorti en réalité. »</em></p><p>Dans le milieu agricole, aucune recherche sur des alternatives aux néonicotinoïdes en enrobage de semences n’a ainsi été développée avant leur interdiction en 2018. <em>« À ce moment-là, c’est vrai, il n’y avait pas d’alternative pour la betterave parce qu’on n’en avait pas cherché</em>, reconnaît Christian Lannou. <em>On s’est alors mis à faire de la recherche très activement sur le sujet. La recherche, pour sortir des solutions, peut se mobiliser très rapidement. On peut aller relativement vite, 3 à 5 ans, pour développer des solutions opérationnelles. Notre rapport fourmille d’alternatives. Toutes ne sont pas encore opérationnelles mais ça marche. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb</link>
      <guid>https://basta.media/Alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb</guid>
      <pubDate>Mon, 11 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Comment des groupes néonazis ou identitaires présents au C9M profitent de dons défiscalisés]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Un groupuscule d’extrême droite peut-il voir l’essentiel de ses militants condamnés pour violence ou pour provocation à la haine tout en bénéficiant de financements publics indirects ? D’autres peuvent-ils propager des idées néonazies et racistes, et défiler lors de la marche néofasciste du 9 mai à Paris, tout en étant indirectement subventionnés par l’État ? Visiblement, oui.</p><p><em>Basta!</em> a identifié une vingtaine de mouvements identitaires détournant de manière plus ou moins directe la loi Coluche de 1989, qui crée des avantages fiscaux pour les associations reconnues d’intérêt général en leur donnant la possibilité de faire défiscaliser leurs dons et cotisations.</p><p>C’est le cas du groupe identitaire Patria Albiges, actif à Albi (Tarn) et identifié <a href="https://indextreme.fr/infographies/" class="spip_out" rel="external">parmi les organisations participantes à la marche néonazie</a> du Comité du 9 mai (C9M) l’an dernier. Chaque année, le 9 mai est le rendez-vous de tout ce que l’extrême droite radicale compte de groupuscules néonazis, néofascistes ou identitaires en France. Ils défilent en mémoire d’un de leurs militants, mort en 1994 en tentant d’échapper à la police. Cette année, s’y ajoute le souvenir de <a href="https://portail.basta.media/themes/mort-de-quentin-deranque" class="spip_out" rel="external">Quentin Deranque</a>, jeune néofasciste décédé en février dernier à Lyon.</p><p>En 2024 et 2025, la préfecture de police de Paris avait annoncé l’interdiction de cette manifestation, avant qu’elle ne soit finalement autorisée par le tribunal administratif. L’interdiction, de nouveau prononcée ce 5 mai par le préfet de police, risque donc d’être, une fois encore, annulée. Le défilé d’extrême droite devrait donc s’élancer dans les rues parisiennes ce 9 mai, avec en son sein les groupuscules les plus radicaux, dont certains financés par le contribuable.</p><h2 class="spip" id="Le-cas-Patria-Albiges">Le cas Patria Albiges</h2><p>Patria Albiges, implanté à Albi, et pour lequel une procédure de dissolution a été lancée par le ministère de l’Intérieur en février 2026, profite comme d’autres de la législation qui permet aux associations d’intérêt général de proposer à leurs adhérents et donateurs une déduction de 66 % du montant de leurs cotisations ou dons. Le groupe d’extrême droite passe par deux structures pour faire jouer cet avantage fiscal.</p><p>D’abord, grâce à l’association qui assure la communication et l’administration du site de Patria Albiges. Nommée Cœur de Pastel et domiciliée à Montpellier, cette association a déposé ses statuts auprès de la préfecture de l’Hérault – et non celle du Tarn où le groupe est actif – lors de sa création le 16 août 2021. Les militants identitaires ont habillé leur association d’un descriptif inoffensif : <em>« Mettre en valeur le patrimoine culturel et historique de l’Albigeois et de l’Occitanie aux personnes souhaitant découvrir notre patrimoine »</em>. Un objet bien différent de ce que ces identitaires mettent en avant sur leur site : des manifestations et collages anti-immigration et la pratique de la boxe. Patria Albiges ne rend pas publics ses appels aux dons via son association paravent, mais son site internet contient une entrée dédiée à la <em>« confirmation de don »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Cagnottes-defiscalisees-et-provocation-a-la-haine">Cagnottes défiscalisées et provocation à la haine</h2><p>Pour bénéficier de dons défiscalisés, Patria Albiges s’appuie aussi sur une deuxième structure : l’Association de soutien aux lanceurs d’alerte (Asla), créée en 2021 par d’anciens militants de Génération identitaire (organisation dissoute peu de temps auparavant). Objets affichés de cette nouvelle association : <em>« Apporter un soutien moral, matériel et financier aux lanceurs d’alerte et lutter activement en faveur du pluralisme de courants de pensée et d’opinion dans les médias français »</em>. Dans les faits : soutenir la propagande anti-immigration de militants d’extrême droite, souvent poursuivis pour provocation à la haine ou pour des violences.</p><p>Ce 6 mai, l’Asla organisait sa « Nuit des lanceurs d’alerte », à Paris : une cérémonie de remise de prix, parmi lesquels celui « de l’alerte sur les enjeux migratoires », « du courage face à l’islamisme », ou encore « de la vigilance face au wokisme »… Tous financés en partie par de l’argent public ? Bien que l’on puisse douter de son caractère « d’intérêt général », l’Asla indique en effet sur son site internet être en mesure d’envoyer des reçus fiscaux à ses donateurs.</p><p>L’Asla consacre plusieurs cagnottes en ligne à ceux qu’elle qualifie de « lanceurs d’alerte ». Deux sont destinées à Patria Albiges. La première, pour soutenir trois militants albigeois poursuivis et condamnés en première instance, puis en appel en janvier 2025, pour provocation publique à la haine, cagnotte qui a récolté près de 7000 euros. L’autre, lancée au moment de l’annonce de la procédure de dissolution concernant le groupe, a dépassé les 1500 euros.</p><h2 class="spip" id="Une-association-paravent-pour-de-nombreux-groupuscules">Une association paravent pour de nombreux groupuscules</h2><p>Ce cas est loin d’être isolé. Sur son site, l’Asla appelle également aux dons pour le collectif identitaire Aurora Lorraine (plus de 2400 euros récoltés à ce jour), ou encore <a href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">les fémonationalistes de Némésis</a> (1325 euros pour une procédure juridique contre Meta, qui avait suspendu plusieurs comptes de Némésis en 2024). Ce collectif d’extrême droite identitaire se réclamant du féminisme prendra-t-il part au C9M cette année, comme il l’avait fait en 2022 ? S’il ne nous a pas répondu, il affiche, lui aussi, la possibilité de recevoir des dons défiscalisés, comme l’a révélé <a href="https://www.liberation.fr/politique/financement-de-sterin-dons-defiscalises-et-merchandising-raciste-le-business-du-collectif-nemesis-20260401_H5SYCENUJBB6BC2RSJONJL7O2Y/" class="spip_out" rel="external"><em>Libération</em></a>. Et ce, alors que l’association Féminines et féministes, qui y est rattachée, n’est pas officiellement reconnue d’intérêt général, d’après la préfecture de Paris et d’Île-de-France, et n’est pas non plus habilitée à émettre de reçu fiscal, selon la réponse donnée à <em>Basta!</em> par la direction générale des finances publiques.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">« Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/6f3d072b76c4942483dc1d72be2306-b8e1e.jpg?1778073167" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Comment des structures promouvant les idéologies les plus nauséabondes font-elles défiscaliser les dons qu’elles collectent ? Lorsqu’une association loi 1901 se créée, une fois ses statuts jugés conformes par la préfecture dont elle dépend, elle peut, outre solliciter des subventions, collecter des dons et cotisations. Et si l’association s’autodéclare comme étant « d’intérêt général », elle a <a href="https://associations.gouv.fr/faq/thematiques/droits-des-associations/impots" class="spip_out" rel="external">la possibilité d’émettre des reçus fiscaux</a> permettant à ses donateurs et cotisants de défiscaliser leurs dons à hauteur de 66 %, avec ou sans autorisation préalable de l’administration fiscale, au risque dans ce dernier cas de devoir payer une amende si l’association ne répond pas <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000053543932" class="spip_out" rel="external">aux critères qui définissent l’intérêt général</a>.</p><h2 class="spip" id="Inciter-a-la-haine-ou-lutter-contre-le-wokisme-avec-reduction-fiscale">Inciter à la haine ou lutter contre le wokisme avec réduction fiscale</h2><p>Ce flou bénéficie également à l’Institut Iliade, un think tank d’extrême droite qui a récolté plus d’un millier d’euros via l’Asla pour assurer sa défense face à une accusation d’incitation à la haine. Iliade affiche aussi fièrement bénéficier de dons défiscalisés en son nom pour <em>« lutter contre le wokisme »</em>. Entre autres exemples, le groupuscule Argos, héritier de Génération identitaire, attaqué pour « reconstitution de ligue dissoute », a même récolté, par le biais de l’Asla, 31 352 euros, potentiellement défiscalisés.</p><p>Des cagnottes de soutien existent ou ont existé pour plusieurs collectifs identitaires pourtant dissous, comme les groupes lyonnais Les Remparts, La Traboule, ou Top Sport Rhône. Génération identitaire a, à lui seul, récolté au moins 29 000 euros grâce à l’Asla. En finançant de nombreuses procédures judiciaires, l’association soutient directement des personnalités politiques d’extrême droite de premier plan, comme le président de Reconquête Éric Zemmour, l’ex-cadre du FN et cofondateur de l’Institut Iliade Jean-Yves Le Gallou, l’ex-directeur du Front national de la jeunesse Julien Rochedy, ou encore le cofondateur de Génération identitaire Damien Rieu, qui s’est vu remettre, ce 6 mai, le prix du « lanceur d’alerte sur l’islamisme ».</p><p>Selon nos calculs, plus de 160 000 euros auraient, en tout, été récoltés par l’Asla pour venir en aide à des groupuscules identitaires, dont certains dissous, à des militants poursuivis pour provocation à la haine ou à des personnalités d’extrême droite. Soit, plus de 100 000 euros potentiellement financés par l’argent public, si l’ensemble de ces dons ont fait l’objet d’une réduction d’impôts de 66 %. Contactée pour savoir si l’Asla répondait aux critères définissant l’intérêt général, la direction des finances publiques ne nous a pas répondu.</p><h2 class="spip" id="L-avocat-Mathieu-Sassi-au-centre-de-cet-ecosysteme">L’avocat Mathieu Sassi au centre de cet écosystème</h2><p>Pour faire valoir ses droits, l’Asla sait s’entourer d’avocats devenus incontournables dans l’écosystème d’extrême droite extraparlementaire, comme Mathieu Sassi, défenseur des identitaires de tous bords, comme ceux du Bloc montpelliérain, aujourd’hui dissous, ou de Patria Albiges. Mathieu Sassi était aussi l’avocat du Comité du 9 mai, pour son référé contre l’interdiction de la marche en 2025. En janvier dernier, il défendait le groupe identitaire parisien Les Natifs, qui comparaissait pour des messages anti-islam brandis dans l’espace public. En plus d’avoir bénéficié de plus de 5000 euros de dons via l’Asla, Les Natifs proposent eux aussi sur leur site d’émettre, pour chaque don, un reçu fiscal.</p><p>L’avocat Mathieu Sassi préside également l’association patriote et chrétienne Romulus et Rémus, qui organise des <em>« apéritifs culture »</em> sur <em>« le racisme anti-blanc »</em> ou les <em>« mémoires identitaires »</em> de Jean-Yves Le Gallou… et bénéficie de dons défiscalisés via la plateforme HelloAsso, consacrée au monde associatif. Romulus et Rémus organise tous ses événements au Parloir du colombier, à quelques pas de la mairie du 6<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Paris, <a href="https://www.streetpress.com/1701272670-parloir-colombier-chretien-faf-paris-extreme-droite-don-fillon/" class="spip_out" rel="external">un lieu très prisé des néofascistes</a>.</p><h2 class="spip" id="Dons-defiscalises-aussi-pour-un-concert-de-lt-lt-rock-aryen-neonazi">Dons défiscalisés aussi pour un concert de « rock aryen » néonazi</h2><p>D’autres structures associatives sont utilisées par la mouvance d’extrême droite la plus radicale pour défiscaliser les dons de ses adeptes. Non loin d’Albi, Novelum Carcassonne, un autre regroupement identitaire, habitué des marches du C9M, bénéficie lui aussi de ce système. Le mouvement qui arbore régulièrement les symboles et références nationalistes révolutionnaires passe par l’Association de soutien aux mouvements identitaires et patriotes (Asmip). Grâce à elle, les identitaires de Carcassonne ont récolté 3475 euros sur un objectif de 13 000 euros, afin de devenir propriétaires d’un local.</p><p>L’Asmip, basée à Lille, a pour responsable Raphaël Brasseur, un ancien de Génération identitaire. Selon le site antifasciste <a href="https://lahorde.info/Mobilisons-nous-contre-la-Citadelle-et-ses-soutiens" class="spip_out" rel="external">La Horde</a>, celui-ci a été secrétaire et trésorier de l’association d’extrême droite radicale La Citadelle, gestionnaire du local du même nom et dissoute en 2024. Il avait récolté plus de 15 000 euros via l’Asmip qui explique, sur son site, que les dons ouvrent droit à une réduction de l’impôt sur le revenu. Le groupuscule néofasciste tourangeau Des Tours et des lys a lui aussi bénéficié, via l’Asmip, d’un soutien de 15 000 euros, potentiellement défiscalisé, pour ouvrir son local. Idem pour le groupe de rock néonazi Francs-Tireurs Patriotes, qui a participé à un concert de « rock aryen », <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/090523/le-defile-neonazi-de-paris-s-est-acheve-par-un-concert-de-rock-aryen-dans-une-salle-simone-veil" class="spip_out" rel="external">en lien avec la marche du C9M</a>.</p><p>À quel titre l’Asmip, qui affiche ouvertement <em>« soutenir matériellement et financièrement les mouvements identitaires et patriotes »</em>, peut-elle bénéficier de dons défiscalisés ? L’administration fiscale n’a pas non plus répondu sur ce point.</p><h2 class="spip" id="Des-dons-via-des-partis-au-coeur-du-C9M">Des dons via des partis au coeur du C9M</h2><p>Le Comité du 9 mai, qui vend sur son site des tee-shirts floqués <em>« nos marches guerrières feront frémir la terre »</em> ornés d’une croix celtique, propose en apparence une page de dons sans défiscalisation. Celle-ci renvoie vers le Comité de liaison et d’aide nationale (Clan), une association qui vient en aide aux militants nationalistes confrontés à la justice.</p><p>Ce comité est présidé par Luc Vacherat, qui s’est présenté <a href="https://madeinperpignan.com/europeennes-potlique-ultra-droite-benedetti-pierre-marie-bonneau/" class="spip_out" rel="external">aux européennes de 2024 sur la liste « Forteresse Europe »</a>. Une liste menée par le parti politique Les Nationalistes : un mouvement pétainiste, ouvertement néofasciste, successeur de l’Œuvre française, dissoute en 2013, et qui propose sur son site internet de faire des dons défiscalisables. Ce parti est lui-même présidé par Yvan Benedetti, condamné à de nombreuses reprises, notamment pour « agression en bande organisée » et pour « provocation publique à la haine envers les juifs ». <em>« Nous allons rendre la France à son peuple, l’Europe à sa race et l’Église à Dieu ! »</em>, clamait-il sur ses réseaux sociaux à propos de la manifestation d’extrême droite pour Quentin Deranque à Lyon, le 21 février.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Agression-menaces-et-calomnies-les-represailles-de-l-extreme-droite-apres-la-mort-de-Quentin-D">Agression, menaces et calomnies : les représailles de l’extrême droite après la mort de Quentin D.</a></aside><p>À la différence de la multitude de groupuscules d’extrême droite qui détournent la loi Coluche sur les associations reconnues d’intérêt général, Les Nationalistes sont déclarés comme un parti politique. À ce titre, ses adhérents et donateurs peuvent prétendre à une réduction d’impôts de 66 % sur leurs dons et cotisations. Comme l’a mis en avant <em>Libération</em>, l’Action française, le plus vieux mouvement royaliste d’extrême droite en activité, bénéficie aussi de dons défiscalisés par le biais de La Restauration nationale, reconnu comme parti politique. Ce mouvement historiquement antisémite, <a href="https://www.instagram.com/p/C7UVf9ZoLmK/" class="spip_out" rel="external">proche d’Academia Christiana</a> et du porte-parole du C9M, Jean-Eudes Gannat, fera bande à part ce 9 mai, en organisant un colloque à l’entrée payante, mais à prix réduit pour ses adhérents - grâce à l’argent public, donc ?</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Patriots-Network-reseau-figures-montantes-extreme-droite-mondiale-europe-RN-MAGA">Patriots Network : enquête sur le réseau qui agrège les figures montantes de l’extrême droite mondiale</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/efcadacc974231d2a51f0cfe9963b8-0a892.jpg?1778152966" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Ces collectes de dons potentiellement défiscalisés par la mouvance néonazie et identitaire via ces associations paravents pourraient bientôt être – enfin – entravées. Selon <a href="https://www.liberation.fr/politique/dons-defiscalises-du-collectif-nemesis-le-gouvernement-annonce-une-mission-dinspection-20260507_CANM3QEIW5HXBOTHFHBEHDAETY/" class="spip_out" rel="external">les informations de <em>Libération</em></a>, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel, saisi par le président (LFI) de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, à propos des dons défiscalisés dont bénéficierait Némésis, a annoncé l’ouverture d’une <em>« mission d’inspection »</em> à ce sujet. Menée conjointement avec le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, celle-ci devrait porter plus généralement sur <em>« les conditions actuelles de mise en œuvre de cette réduction d’impôt »</em> pour les associations.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/C9M-groupes-neonazis-identitaires-Nemesis-profitent-argent-public-dons-defiscalises</link>
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      <pubDate>Thu, 07 May 2026 13:23:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le scandale des pesticides non autorisés en Europe mais utilisés en France]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Saviez-vous que le gouvernement français autorise l’épandage de pesticides sur le territoire national alors même qu’ils ne sont pas autorisés au niveau européen ? Ces substances toxiques se retrouvent directement dans vos assiettes, les fruits que vous mangez ou dans votre eau potable.</p><p>Prenons le cas de l’insecticide Movento, fabriqué par le géant Bayer. Sa substance active, le spirotétramate, n’est pas autorisée à la vente dans toute l’Union européenne depuis 2024, suite à la non-demande de renouvellement de Bayer. Ce dernier aurait dû soumettre de nouvelles études, notamment sur la perturbation endocrinienne et la toxicité pour les abeilles. En l’état des connaissances, le spirotétramate est classé reprotoxique 2, c’est-à-dire suspecté toxique pour la reproduction et le développement du fœtus, et considéré comme « très toxique » pour les milieux aquatiques <a href="https://chem.echa.europa.eu/100.106.958/harmonised/223645" class="spip_out" rel="external">par l’Agence européenne des produits chimiques</a>.</p><p>Cependant, cette substance active non homologuée peut être épandue en France depuis le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mars sur les cerises, pêches, abricots, pommes, poires, prunes, cassis, groseilles, myrtilles... Le gouvernement français a en effet <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-020-decision-movento-arbres_fruitiers-vsigne_e-1.pdf">accordé des dérogations pour cette substance active</a> à la filière des fruits à pépins et des fruits rouges, en dépit des mentions de danger du produit, stipulées dès le début du dossier d’autorisation.</p><div class="spip_document_22824 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="115" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/mentions_danger_movento.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3370915959 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1777898934 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778061595 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png" width="960" height="518" alt="Extrait de l'autorisation de mise sur le marché du Movento par le ministère de l'Agriculture" aria-describedby="by22824-66ed08184135c084e5e50de14eb1442d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22824-66ed08184135c084e5e50de14eb1442d">Extrait de l’autorisation de mise sur le marché du Movento par le ministère de l’Agriculture, le 19 février 2026.
</figcaption></figure></div><p>Comment la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a-t-elle pu accorder cette dérogation ? Elle a d’abord cédé aux pressions des producteurs de pommes de Corrèze qui réclamaient le retour du Movento pour faire face au puceron cendré. Ces derniers, dans une lettre cosignée par la FDSEA (fédération départementale de la FNSEA) et les Jeunes agriculteurs le 10 décembre 2025, déploraient <em>« les interdictions successives de certains produits sur le territoire français [qui] placent les producteurs dans l’incapacité de maîtriser les invasions »</em>.</p><p><em>« On a écrit une lettre à la ministre de l’Agriculture en voyant qu’elle avait réintroduit le Movento pour la betterave. On s’est dit qu’on allait saisir l’opportunité pour les pommes »</em>, disait <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/brive/les-pomiculteurs-correziens-autorises-a-reutiliser-le-movento-un-pesticide-pourtant-interdit-depuis-2024-3310713.html" class="spip_out" rel="external">un pomiculteur à France 3</a>, en mars.</p><p>La filière betteravière est en effet la première <a href="https://basta.media/IMG/pdf/decision-autorisation-derogation-movento-betteraves-2024.pdf">à avoir bénéficié de dérogations</a>, en 2024, pour l’insecticide Movento afin de faire face à la jaunisse véhiculée par des pucerons. Depuis deux ans, la filière bénéficie de <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-056-decision-movento-betterave_vsigne_e-1-2.pdf">dérogations renouvelées chaque printemps</a> pour deux applications maximum par an. D’autres filières se sont engouffrées dans la brèche.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Des-derogations-en-cas-de-lt-lt-circonstances-exceptionnelles">Des dérogations en cas de « circonstances exceptionnelles »</h2><p>Pourquoi cette substance active non homologuée en Europe peut-elle être utilisée dans les champs de betteraves et les vergers français ? Le gouvernement s’appuie sur un <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex:32009R1107" class="spip_out" rel="external">article de la réglementation européenne</a>. Celui-ci autorise des dérogations durant 120 jours maximum en cas de « circonstances exceptionnelles », à savoir <em>« lorsqu’un danger ou une menace compromettant la production végétale ou les écosystèmes ne peut être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables »</em>. En France, c’est le ministère de l’Agriculture qui est chargé de l’examen et de la délivrance de ces dérogations.</p><p>Or, selon un <a href="https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-10-29%20-%20Sant%C3%A9%20environnementale/HCSP-2025-Sant%C3%A9-environnementale_PESTICIDES-30octobre17h-FINAL-COUV.pdf" class="spip_out" rel="external">rapport de 2025 du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan</a>, la France est très friande de ce dispositif, en plus d’être parmi les plus gros utilisateurs de pesticides. Elle est ainsi le deuxième pays en Europe accordant le plus de dérogations de produits pesticides dans l’Union européenne – avec 83 dérogations, derrière l’Italie qui en a accordé 116.</p><div class="spip_document_22827 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="118" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2942030728 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1777898938 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778061603 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png" width="960" height="685" alt="graphique sur le nombre de dérogations de produits pesticides accordés par les pays européens" aria-describedby="by22827-49d02949436ecc3f5a3e456b4c8d5b25" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22827-49d02949436ecc3f5a3e456b4c8d5b25">La France est le deuxième pays en Europe qui a accordé le plus de dérogations de produits pesticides en 2024.
© HCSP
</figcaption></figure></div><p>Toujours selon ce rapport, le nombre de dérogations de produits pesticides accordées par la France tend à augmenter ces dernières années. Au 30 avril 2026, selon nos calculs, <a href="https://agriculture.gouv.fr/produits-phytopharmaceutiques-autorisations-de-mise-sur-le-marche-dune-duree-maximale-de-120-jours" class="spip_out" rel="external">58 dérogations ont d’ores et déjà été accordées</a> par le ministère.</p><p>Si ces dérogations concernent en partie des produits dits de « biocontrôle », basés sur l’utilisation de mécanismes naturels, ou des huiles essentielles qui ne disposent pas encore d’une autorisation, elles sont aussi liées à des substances actives non réapprouvées au niveau de l’Europe, <a href="https://phyteis.fr/actualites/produits-phytosanitaires-hausse-de-30-des-derogations-120-jours-en-2021/" class="spip_out" rel="external">comme le confirme le lobby des pesticides Phyteis</a>. Selon France Nature Environnement, <a href="https://www.instagram.com/p/DXO2kh_DJFn/" class="spip_out" rel="external">deux raisons expliquent leur non-homologation</a> : soit, ces substances actives n’ont pas encore été autorisées en raison d’études incomplètes, soit, elles n’ont plus d’autorisation de mise sur le marché, comme dans le cas du Movento.</p><div class="spip_document_22829 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c263137187 png loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1777898939 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778061606 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png" width="960" height="899" alt="un bidon de l'insecticide verseon" aria-describedby="by22829-2e81febb0312ae23add21e1c10276499" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22829-2e81febb0312ae23add21e1c10276499">BASF met en avant sur son site internet la dérogation 120 jours dont bénéficie son insecticide Verseon.
Capture d’écran.
</figcaption></figure></div><p>En regardant dans le détail la liste des dérogations accordées cette année par le ministère, <em>Basta!</em> a identifié une <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-040-decision-verseon-betterave_industrielle.pdf">substance active développée par BASF</a>, le dimpropyridaz. Elle compose le produit insecticide Verseon, qui vise à lutter contre les pucerons verts et les jaunisses virales dans les champs de betteraves. Or, cette substance active n’a pas été approuvée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).</p><p>Nous avons également relevé une <a href="https://agriculture.gouv.fr/telecharger/154206" class="spip_out" rel="external">autorisation pour le désherbant Avanza</a>, dont la substance active est le benzobicyclon. Depuis 2021, ce désherbant est autorisé dans les rizières de Camargue au titre de l’« urgence phytosanitaire ». Pourtant, sa substance active n’a <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/04/03/controverse-autour-d-un-nouvel-herbicide-dans-les-rizieres-camarguaises_6225835_3244.html" class="spip_out" rel="external">jamais été homologuée au niveau européen</a>.</p><h2 class="spip" id="La-justice-comme-recours">La justice comme recours</h2><p>Ces dérogations peuvent parfois être annulées par le juge administratif. En juillet 2025 à Cergy-Pontoise, <a href="https://www.actu-environnement.com/media/pdf/jurisprudence/510.pdf" class="spip_out" rel="external">le tribunal a annulé la dérogation accordée au Prowl 400</a>, contenant la substance active pendiméthaline. Bien que cette substance fabriquée par BASF soit classée cancérogène possible avec une toxicité thyroïdienne, le ministère avait autorisé sa mise sur le marché pour tuer les mauvaises herbes en amont de la récolte des haricots. Pour le tribunal, cette présence d’adventice avait un caractère « ordinaire et récurrent » ne justifiant pas une dérogation.</p><div class="spip_document_22366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="165" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/sophie_chapelle-2-3-2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2351129956 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457014 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457057 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768293894 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461117 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459446 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459227 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457491 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768458440 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768305019 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22366-b3ccb1b62ca45b4d6e8d4965ca349c8f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457187 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22366-b3ccb1b62ca45b4d6e8d4965ca349c8f">Voici l’édito de notre newsletter « On en Agro ! », par Sophie Chapelle. Pour la découvrir en intégralité et pour la recevoir gratuitement, <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">c’est par là</a>.
</figcaption></figure></div><p>Les associations France Nature Environnement et Générations futures espèrent la même issue pour le recours administratif déposé le 17 avril dernier concernant l’autorisation de mise sur le marché du Movento et de sa substance active, le spirotétramate. <em>« Les ravageurs visés (pucerons, cochenilles, psylles, mouches des fruits) sont connus et récurrents, il ne s’agit donc pas d’une circonstance “exceptionnelle” »</em>, défendent-elles <a href="https://www.generations-futures.fr/actualites/movento-justice/" class="spip_out" rel="external">dans un communiqué</a>, précisant que <em>« des alternatives chimiques et non chimiques existent »</em>. La procédure en justice devrait prendre plusieurs mois. D’ici là, le Movento aura déjà été épandu dans les vergers.</p><p>Vous ne trouverez en revanche nulle trace de semences enrobées de néonicotinoïdes dans les dérogations accordées par le gouvernement français. À la suite d’une action associative, un <a href="https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2023-01/cp230012fr.pdf" class="spip_out" rel="external">arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne</a> de janvier 2023 interdit aux États membres d’accorder des dérogations concernant les semences aux néonicotinoïdes, y compris dans des circonstances exceptionnelles. C’est ce qui conduit aujourd’hui le sénateur Laurent Duplomb à déposer une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’enrobage de semences avec du flupyradifurone, dont le mode d’action est similaire aux néonicotinoïdes. Déroger, quels qu’en soient le coût, les pollutions et le nombre de cancers que cela provoque.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 07 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[La France autorise des pesticides très toxiques non homologués par l'Europe]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Saviez-vous que le gouvernement français autorise l’épandage de pesticides sur le territoire national alors même qu’ils ne sont pas autorisés au niveau européen ? Ces substances toxiques se retrouvent directement dans vos assiettes, les fruits que vous mangez ou dans votre eau potable.</p><p>Prenons le cas de l’insecticide Movento, fabriqué par le géant Bayer. Sa substance active, le spirotétramate, n’est pas autorisée à la vente dans toute l’Union européenne depuis 2024, suite à la non-demande de renouvellement de Bayer. Ce dernier aurait dû soumettre de nouvelles études, notamment sur la perturbation endocrinienne et la toxicité pour les abeilles. En l’état des connaissances, le spirotétramate est classé reprotoxique 2, c’est-à-dire suspecté toxique pour la reproduction et le développement du fœtus, et considéré comme « très toxique » pour les milieux aquatiques <a href="https://chem.echa.europa.eu/100.106.958/harmonised/223645" class="spip_out" rel="external">par l’Agence européenne des produits chimiques</a>.</p><p>Cependant, cette substance active non homologuée peut être épandue en France depuis le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mars sur les cerises, pêches, abricots, pommes, poires, prunes, cassis, groseilles, myrtilles... Le gouvernement français a en effet <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-020-decision-movento-arbres_fruitiers-vsigne_e-1.pdf">accordé des dérogations pour cette substance active</a> à la filière des fruits à pépins et des fruits rouges, en dépit des mentions de danger du produit, stipulées dès le début du dossier d’autorisation.</p><div class="spip_document_22824 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="115" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/mentions_danger_movento.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3370915959 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778130701 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778130202 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1777898934 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778140586 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778132476 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778131610 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778134489 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778130707 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778131875 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778132961 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778137037 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778140586 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778130559 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778133868 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778061595 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778130152" width="960" height="518" alt="Extrait de l'autorisation de mise sur le marché du Movento par le ministère de l'Agriculture" aria-describedby="by22824-290bf71f06fad1513dbaa433f957e55d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778130567 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778140587 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778130152 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22824-290bf71f06fad1513dbaa433f957e55d">Extrait de l’autorisation de mise sur le marché du Movento par le ministère de l’Agriculture, le 19 février 2026.
</figcaption></figure></div><p>Comment la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a-t-elle pu accorder cette dérogation ? Elle a d’abord cédé aux pressions des producteurs de pommes de Corrèze qui réclamaient le retour du Movento pour faire face au puceron cendré. Ces derniers, dans une lettre cosignée par la FDSEA (fédération départementale de la FNSEA) et les Jeunes agriculteurs le 10 décembre 2025, déploraient <em>« les interdictions successives de certains produits sur le territoire français [qui] placent les producteurs dans l’incapacité de maîtriser les invasions »</em>.</p><p><em>« On a écrit une lettre à la ministre de l’Agriculture en voyant qu’elle avait réintroduit le Movento pour la betterave. On s’est dit qu’on allait saisir l’opportunité pour les pommes »</em>, disait <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/brive/les-pomiculteurs-correziens-autorises-a-reutiliser-le-movento-un-pesticide-pourtant-interdit-depuis-2024-3310713.html" class="spip_out" rel="external">un pomiculteur à France 3</a>, en mars.</p><p>La filière betteravière est en effet la première <a href="https://basta.media/IMG/pdf/decision-autorisation-derogation-movento-betteraves-2024.pdf">à avoir bénéficié de dérogations</a>, en 2024, pour l’insecticide Movento afin de faire face à la jaunisse véhiculée par des pucerons. Depuis deux ans, la filière bénéficie de <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-056-decision-movento-betterave_vsigne_e-1-2.pdf">dérogations renouvelées chaque printemps</a> pour deux applications maximum par an. D’autres filières se sont engouffrées dans la brèche.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Des-derogations-en-cas-de-lt-lt-circonstances-exceptionnelles">Des dérogations en cas de « circonstances exceptionnelles »</h2><p>Pourquoi cette substance active non homologuée en Europe peut-elle être utilisée dans les champs de betteraves et les vergers français ? Le gouvernement s’appuie sur un <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex:32009R1107" class="spip_out" rel="external">article de la réglementation européenne</a>. Celui-ci autorise des dérogations durant 120 jours maximum en cas de « circonstances exceptionnelles », à savoir <em>« lorsqu’un danger ou une menace compromettant la production végétale ou les écosystèmes ne peut être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables »</em>. En France, c’est le ministère de l’Agriculture qui est chargé de l’examen et de la délivrance de ces dérogations.</p><p>Or, selon un <a href="https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-10-29%20-%20Sant%C3%A9%20environnementale/HCSP-2025-Sant%C3%A9-environnementale_PESTICIDES-30octobre17h-FINAL-COUV.pdf" class="spip_out" rel="external">rapport de 2025 du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan</a>, la France est très friande de ce dispositif, en plus d’être parmi les plus gros utilisateurs de pesticides. Elle est ainsi le deuxième pays en Europe accordant le plus de dérogations de produits pesticides dans l’Union européenne – avec 83 dérogations, derrière l’Italie qui en a accordé 116.</p><div class="spip_document_22827 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="118" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2942030728 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778130701 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778130286 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1777898938 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778140372 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778134402 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778135752 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778133935 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778130711 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778131897 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778133981 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778134384 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778137988 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778138491 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778134107 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778061603 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778130152" width="960" height="685" alt="graphique sur le nombre de dérogations de produits pesticides accordés par les pays européens" aria-describedby="by22827-bf2a01d21a6e530c7e20253426b589ac" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778130567 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778133577 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778130152 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22827-bf2a01d21a6e530c7e20253426b589ac">La France est le deuxième pays en Europe qui a accordé le plus de dérogations de produits pesticides en 2024.
© HCSP
</figcaption></figure></div><p>Toujours selon ce rapport, le nombre de dérogations de produits pesticides accordées par la France tend à augmenter ces dernières années. Au 30 avril 2026, selon nos calculs, <a href="https://agriculture.gouv.fr/produits-phytopharmaceutiques-autorisations-de-mise-sur-le-marche-dune-duree-maximale-de-120-jours" class="spip_out" rel="external">58 dérogations ont d’ores et déjà été accordées</a> par le ministère.</p><p>Si ces dérogations concernent en partie des produits dits de « biocontrôle », basés sur l’utilisation de mécanismes naturels, ou des huiles essentielles qui ne disposent pas encore d’une autorisation, elles sont aussi liées à des substances actives non réapprouvées au niveau de l’Europe, <a href="https://phyteis.fr/actualites/produits-phytosanitaires-hausse-de-30-des-derogations-120-jours-en-2021/" class="spip_out" rel="external">comme le confirme le lobby des pesticides Phyteis</a>. Selon France Nature Environnement, <a href="https://www.instagram.com/p/DXO2kh_DJFn/" class="spip_out" rel="external">deux raisons expliquent leur non-homologation</a> : soit, ces substances actives n’ont pas encore été autorisées en raison d’études incomplètes, soit, elles n’ont plus d’autorisation de mise sur le marché, comme dans le cas du Movento.</p><div class="spip_document_22829 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c263137187 png loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778130701 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778130339 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1777898939 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778135346 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778146328 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778132619 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778131333 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778130768 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778131899 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778144487 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778143205 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778131960 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778138374 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778146328 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778061606 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778130152" width="960" height="899" alt="un bidon de l'insecticide verseon" aria-describedby="by22829-83dac6df538e0326052cd3a2628ab98b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778130567 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778134868 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778130152 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22829-83dac6df538e0326052cd3a2628ab98b">BASF met en avant sur son site internet la dérogation 120 jours dont bénéficie son insecticide Verseon.
Capture d’écran.
</figcaption></figure></div><p>En regardant dans le détail la liste des dérogations accordées cette année par le ministère, <em>Basta!</em> a identifié une <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-040-decision-verseon-betterave_industrielle.pdf">substance active développée par BASF</a>, le dimpropyridaz. Elle compose le produit insecticide Verseon, qui vise à lutter contre les pucerons verts et les jaunisses virales dans les champs de betteraves. Or, cette substance active n’a pas été approuvée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).</p><p>Nous avons également relevé une <a href="https://agriculture.gouv.fr/telecharger/154206" class="spip_out" rel="external">autorisation pour le désherbant Avanza</a>, dont la substance active est le benzobicyclon. Depuis 2021, ce désherbant est autorisé dans les rizières de Camargue au titre de l’« urgence phytosanitaire ». Pourtant, sa substance active n’a <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/04/03/controverse-autour-d-un-nouvel-herbicide-dans-les-rizieres-camarguaises_6225835_3244.html" class="spip_out" rel="external">jamais été homologuée au niveau européen</a>.</p><h2 class="spip" id="La-justice-comme-recours">La justice comme recours</h2><p>Ces dérogations peuvent parfois être annulées par le juge administratif. En juillet 2025 à Cergy-Pontoise, <a href="https://www.actu-environnement.com/media/pdf/jurisprudence/510.pdf" class="spip_out" rel="external">le tribunal a annulé la dérogation accordée au Prowl 400</a>, contenant la substance active pendiméthaline. Bien que cette substance fabriquée par BASF soit classée cancérogène possible avec une toxicité thyroïdienne, le ministère avait autorisé sa mise sur le marché pour tuer les mauvaises herbes en amont de la récolte des haricots. Pour le tribunal, cette présence d’adventice avait un caractère « ordinaire et récurrent » ne justifiant pas une dérogation.</p><div class="spip_document_22366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="165" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/sophie_chapelle-2-3-2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2351129956 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457014 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457057 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768293894 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461117 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459446 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459227 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457491 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768458440 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768305019 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22366-662913fcd53232a96773c9318977d43c" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457187 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22366-662913fcd53232a96773c9318977d43c">Voici l’édito de notre newsletter « On en Agro ! », par Sophie Chapelle. Pour la découvrir en intégralité et pour la recevoir gratuitement, <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">c’est par là</a>.
</figcaption></figure></div><p>Les associations France Nature Environnement et Générations futures espèrent la même issue pour le recours administratif déposé le 17 avril dernier concernant l’autorisation de mise sur le marché du Movento et de sa substance active, le spirotétramate. <em>« Les ravageurs visés (pucerons, cochenilles, psylles, mouches des fruits) sont connus et récurrents, il ne s’agit donc pas d’une circonstance “exceptionnelle” »</em>, défendent-elles <a href="https://www.generations-futures.fr/actualites/movento-justice/" class="spip_out" rel="external">dans un communiqué</a>, précisant que <em>« des alternatives chimiques et non chimiques existent »</em>. La procédure en justice devrait prendre plusieurs mois. D’ici là, le Movento aura déjà été épandu dans les vergers.</p><p>Vous ne trouverez en revanche nulle trace de semences enrobées de néonicotinoïdes dans les dérogations accordées par le gouvernement français. À la suite d’une action associative, un <a href="https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2023-01/cp230012fr.pdf" class="spip_out" rel="external">arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne</a> de janvier 2023 interdit aux États membres d’accorder des dérogations concernant les semences aux néonicotinoïdes, y compris dans des circonstances exceptionnelles.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pesticides-alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb">Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu’affirme le sénateur Duplomb</a></aside><p>C’est ce qui conduit aujourd’hui le sénateur Laurent Duplomb à déposer une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’enrobage de semences avec du flupyradifurone, dont le mode d’action est similaire aux néonicotinoïdes. Déroger, quels qu’en soient le coût, les pollutions et le nombre de cancers que cela provoque.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/La-France-autorise-pesticides-tres-toxiques-derogation-120-jours-Movento-spirotetramate-dimpropyridaz-benzobicyclon</link>
      <guid>https://basta.media/La-France-autorise-pesticides-tres-toxiques-derogation-120-jours-Movento-spirotetramate-dimpropyridaz-benzobicyclon</guid>
      <pubDate>Thu, 07 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le scandale des pesticides non autorisés en Europe mais utilisés en France]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Saviez-vous que le gouvernement français autorise l’épandage de pesticides sur le territoire national alors même qu’ils ne sont pas autorisés au niveau européen ? Ces substances toxiques se retrouvent directement dans vos assiettes, les fruits que vous mangez ou dans votre eau potable.</p><p>Prenons le cas de l’insecticide Movento, fabriqué par le géant Bayer. Sa substance active, le spirotétramate, n’est pas autorisée à la vente dans toute l’Union européenne depuis 2024, suite à la non-demande de renouvellement de Bayer. Ce dernier aurait dû soumettre de nouvelles études, notamment sur la perturbation endocrinienne et la toxicité pour les abeilles. En l’état des connaissances, le spirotétramate est classé reprotoxique 2, c’est-à-dire suspecté toxique pour la reproduction et le développement du fœtus, et considéré comme « très toxique » pour les milieux aquatiques <a href="https://chem.echa.europa.eu/100.106.958/harmonised/223645" class="spip_out" rel="external">par l’Agence européenne des produits chimiques</a>.</p><p>Cependant, cette substance active non homologuée peut être épandue en France depuis le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mars sur les cerises, pêches, abricots, pommes, poires, prunes, cassis, groseilles, myrtilles... Le gouvernement français a en effet <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-020-decision-movento-arbres_fruitiers-vsigne_e-1.pdf">accordé des dérogations pour cette substance active</a> à la filière des fruits à pépins et des fruits rouges, en dépit des mentions de danger du produit, stipulées dès le début du dossier d’autorisation.</p><div class="spip_document_22824 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="115" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/mentions_danger_movento.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3370915959 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778130701 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778130202 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1777898934 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778140586 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778132476 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778131610 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778134489 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778130707 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778131875 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778132961 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778137037 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778140586 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778130559 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778133868 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png@.webp?1778061595 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778130152" width="960" height="518" alt="Extrait de l'autorisation de mise sur le marché du Movento par le ministère de l'Agriculture" aria-describedby="by22824-c080e57fc939369f4143a1c0c50238f5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778130567 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778140587 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/mentions_danger_movento.png?1778130152 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22824-c080e57fc939369f4143a1c0c50238f5">Extrait de l’autorisation de mise sur le marché du Movento par le ministère de l’Agriculture, le 19 février 2026.
</figcaption></figure></div><p>Comment la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, a-t-elle pu accorder cette dérogation ? Elle a d’abord cédé aux pressions des producteurs de pommes de Corrèze qui réclamaient le retour du Movento pour faire face au puceron cendré. Ces derniers, dans une lettre cosignée par la FDSEA (fédération départementale de la FNSEA) et les Jeunes agriculteurs le 10 décembre 2025, déploraient <em>« les interdictions successives de certains produits sur le territoire français [qui] placent les producteurs dans l’incapacité de maîtriser les invasions »</em>.</p><p><em>« On a écrit une lettre à la ministre de l’Agriculture en voyant qu’elle avait réintroduit le Movento pour la betterave. On s’est dit qu’on allait saisir l’opportunité pour les pommes »</em>, disait <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/brive/les-pomiculteurs-correziens-autorises-a-reutiliser-le-movento-un-pesticide-pourtant-interdit-depuis-2024-3310713.html" class="spip_out" rel="external">un pomiculteur à France 3</a>, en mars.</p><p>La filière betteravière est en effet la première <a href="https://basta.media/IMG/pdf/decision-autorisation-derogation-movento-betteraves-2024.pdf">à avoir bénéficié de dérogations</a>, en 2024, pour l’insecticide Movento afin de faire face à la jaunisse véhiculée par des pucerons. Depuis deux ans, la filière bénéficie de <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-056-decision-movento-betterave_vsigne_e-1-2.pdf">dérogations renouvelées chaque printemps</a> pour deux applications maximum par an. D’autres filières se sont engouffrées dans la brèche.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Des-derogations-en-cas-de-lt-lt-circonstances-exceptionnelles">Des dérogations en cas de « circonstances exceptionnelles »</h2><p>Pourquoi cette substance active non homologuée en Europe peut-elle être utilisée dans les champs de betteraves et les vergers français ? Le gouvernement s’appuie sur un <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=celex:32009R1107" class="spip_out" rel="external">article de la réglementation européenne</a>. Celui-ci autorise des dérogations durant 120 jours maximum en cas de « circonstances exceptionnelles », à savoir <em>« lorsqu’un danger ou une menace compromettant la production végétale ou les écosystèmes ne peut être maîtrisé par d’autres moyens raisonnables »</em>. En France, c’est le ministère de l’Agriculture qui est chargé de l’examen et de la délivrance de ces dérogations.</p><p>Or, selon un <a href="https://www.strategie-plan.gouv.fr/files/files/Publications/2025/2025-10-29%20-%20Sant%C3%A9%20environnementale/HCSP-2025-Sant%C3%A9-environnementale_PESTICIDES-30octobre17h-FINAL-COUV.pdf" class="spip_out" rel="external">rapport de 2025 du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan</a>, la France est très friande de ce dispositif, en plus d’être parmi les plus gros utilisateurs de pesticides. Elle est ainsi le deuxième pays en Europe accordant le plus de dérogations de produits pesticides dans l’Union européenne – avec 83 dérogations, derrière l’Italie qui en a accordé 116.</p><div class="spip_document_22827 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="118" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2942030728 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778130701 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778130286 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1777898938 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778140372 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778134402 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778135752 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778133935 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778130711 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778131897 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778133981 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778134384 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778137988 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778138491 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778134107 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png@.webp?1778061603 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778130152" width="960" height="685" alt="graphique sur le nombre de dérogations de produits pesticides accordés par les pays européens" aria-describedby="by22827-71f622614d1f87b4b41cbdb5e09b2216" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778130567 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778133577 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/nombre_derogations_produits_pesticides_accordes_par_pays_ue_2024.png?1778130152 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22827-71f622614d1f87b4b41cbdb5e09b2216">La France est le deuxième pays en Europe qui a accordé le plus de dérogations de produits pesticides en 2024.
© HCSP
</figcaption></figure></div><p>Toujours selon ce rapport, le nombre de dérogations de produits pesticides accordées par la France tend à augmenter ces dernières années. Au 30 avril 2026, selon nos calculs, <a href="https://agriculture.gouv.fr/produits-phytopharmaceutiques-autorisations-de-mise-sur-le-marche-dune-duree-maximale-de-120-jours" class="spip_out" rel="external">58 dérogations ont d’ores et déjà été accordées</a> par le ministère.</p><p>Si ces dérogations concernent en partie des produits dits de « biocontrôle », basés sur l’utilisation de mécanismes naturels, ou des huiles essentielles qui ne disposent pas encore d’une autorisation, elles sont aussi liées à des substances actives non réapprouvées au niveau de l’Europe, <a href="https://phyteis.fr/actualites/produits-phytosanitaires-hausse-de-30-des-derogations-120-jours-en-2021/" class="spip_out" rel="external">comme le confirme le lobby des pesticides Phyteis</a>. Selon France Nature Environnement, <a href="https://www.instagram.com/p/DXO2kh_DJFn/" class="spip_out" rel="external">deux raisons expliquent leur non-homologation</a> : soit, ces substances actives n’ont pas encore été autorisées en raison d’études incomplètes, soit, elles n’ont plus d’autorisation de mise sur le marché, comme dans le cas du Movento.</p><div class="spip_document_22829 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c263137187 png loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778130701 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778130339 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1777898939 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778135346 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778146328 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778132619 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778131333 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778130768 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778131899 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778144487 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778143205 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778131960 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778138374 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778146328 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png@.webp?1778061606 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778130152" width="960" height="899" alt="un bidon de l'insecticide verseon" aria-describedby="by22829-63c2324f6cb19a3cdbfc6b96c3f6f19d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778130567 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778134868 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/derogation_120_jours_verseon.png?1778130152 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22829-63c2324f6cb19a3cdbfc6b96c3f6f19d">BASF met en avant sur son site internet la dérogation 120 jours dont bénéficie son insecticide Verseon.
Capture d’écran.
</figcaption></figure></div><p>En regardant dans le détail la liste des dérogations accordées cette année par le ministère, <em>Basta!</em> a identifié une <a href="https://basta.media/IMG/pdf/2026-040-decision-verseon-betterave_industrielle.pdf">substance active développée par BASF</a>, le dimpropyridaz. Elle compose le produit insecticide Verseon, qui vise à lutter contre les pucerons verts et les jaunisses virales dans les champs de betteraves. Or, cette substance active n’a pas été approuvée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa).</p><p>Nous avons également relevé une <a href="https://agriculture.gouv.fr/telecharger/154206" class="spip_out" rel="external">autorisation pour le désherbant Avanza</a>, dont la substance active est le benzobicyclon. Depuis 2021, ce désherbant est autorisé dans les rizières de Camargue au titre de l’« urgence phytosanitaire ». Pourtant, sa substance active n’a <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/04/03/controverse-autour-d-un-nouvel-herbicide-dans-les-rizieres-camarguaises_6225835_3244.html" class="spip_out" rel="external">jamais été homologuée au niveau européen</a>.</p><h2 class="spip" id="La-justice-comme-recours">La justice comme recours</h2><p>Ces dérogations peuvent parfois être annulées par le juge administratif. En juillet 2025 à Cergy-Pontoise, <a href="https://www.actu-environnement.com/media/pdf/jurisprudence/510.pdf" class="spip_out" rel="external">le tribunal a annulé la dérogation accordée au Prowl 400</a>, contenant la substance active pendiméthaline. Bien que cette substance fabriquée par BASF soit classée cancérogène possible avec une toxicité thyroïdienne, le ministère avait autorisé sa mise sur le marché pour tuer les mauvaises herbes en amont de la récolte des haricots. Pour le tribunal, cette présence d’adventice avait un caractère « ordinaire et récurrent » ne justifiant pas une dérogation.</p><div class="spip_document_22366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="165" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/sophie_chapelle-2-3-2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2351129956 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457014 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457057 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768293894 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461117 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459446 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459227 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457491 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768458440 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768305019 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22366-984ccb1ee4ab10b5e67e97d53f2e0452" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457187 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22366-984ccb1ee4ab10b5e67e97d53f2e0452">Voici l’édito de notre newsletter « On en Agro ! », par Sophie Chapelle. Pour la découvrir en intégralité et pour la recevoir gratuitement, <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">c’est par là</a>.
</figcaption></figure></div><p>Les associations France Nature Environnement et Générations futures espèrent la même issue pour le recours administratif déposé le 17 avril dernier concernant l’autorisation de mise sur le marché du Movento et de sa substance active, le spirotétramate. <em>« Les ravageurs visés (pucerons, cochenilles, psylles, mouches des fruits) sont connus et récurrents, il ne s’agit donc pas d’une circonstance “exceptionnelle” »</em>, défendent-elles <a href="https://www.generations-futures.fr/actualites/movento-justice/" class="spip_out" rel="external">dans un communiqué</a>, précisant que <em>« des alternatives chimiques et non chimiques existent »</em>. La procédure en justice devrait prendre plusieurs mois. D’ici là, le Movento aura déjà été épandu dans les vergers.</p><p>Vous ne trouverez en revanche nulle trace de semences enrobées de néonicotinoïdes dans les dérogations accordées par le gouvernement français. À la suite d’une action associative, un <a href="https://curia.europa.eu/site/upload/docs/application/pdf/2023-01/cp230012fr.pdf" class="spip_out" rel="external">arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne</a> de janvier 2023 interdit aux États membres d’accorder des dérogations concernant les semences aux néonicotinoïdes, y compris dans des circonstances exceptionnelles.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pesticides-alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb">Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu’affirme le sénateur Duplomb</a></aside><p>C’est ce qui conduit aujourd’hui le sénateur Laurent Duplomb à déposer une nouvelle proposition de loi pour réautoriser l’enrobage de semences avec du flupyradifurone, dont le mode d’action est similaire aux néonicotinoïdes. Déroger, quels qu’en soient le coût, les pollutions et le nombre de cancers que cela provoque.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/scandale-pesticides-non-autorises-en-Europe-mais-utilises-en-France-derogation-120-jours-Movento-spirotetramate-dimpropyridaz-benzobicyclon</link>
      <guid>https://basta.media/scandale-pesticides-non-autorises-en-Europe-mais-utilises-en-France-derogation-120-jours-Movento-spirotetramate-dimpropyridaz-benzobicyclon</guid>
      <pubDate>Thu, 07 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Enseignement à la défense nationale : bientôt des réservistes de l'armée devant les classes ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le 26 mars, les députés ont adopté une loi proposant d’instituer un « enseignement à la défense nationale ». Ce nouvel enseignement suscite des critiques, tant sur sa faisabilité – les enseignants ont déjà du mal à boucler les programmes existants – que sur son principe même : le rôle de l’école est-il de préparer les jeunes à la guerre ? D’autant que les cours seraient délivrés par des réservistes de l’armée au sein des établissements scolaires.</p><p>Son initiateur, le député Christophe Blanchet (MoDem), part du constat, établi en 2024 <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/rapports/cion_def/l16b2693_rapport-information" class="spip_out" rel="external">dans un rapport d’information parlementaire</a>, dont il est le coauteur avec l’ex-députée LFI Martine Étienne, que les heures d’éducation à la défense déjà prévues par le Code de l’éducation depuis vingt-cinq ans ne sont pas réellement dispensées, ou de manière <em>« trop dispersée »</em> au sein de l’éducation morale et civique (EMC). </p><p>Au vu du contexte géopolitique et de la résurgence du risque de conflits armés, <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2385_proposition-loi#" class="spip_out" rel="external">l’objectif de la loi est de faire de cet enseignement</a> <em>« un outil de résilience nationale, au service du lien armées‑Nation et de la cohésion républicaine »</em>. <em>« Un cours dédié à la défense et à la sécurité est pleinement compatible avec les exigences d’une démocratie moderne, dès lors qu’il est conçu comme un enseignement civique, pluraliste et transparent »</em>, assure le texte.</p><p>Le député Christophe Blanchet propose ainsi de rassembler les heures <em>« dispersées »</em> dans un enseignement à la défense nationale <em>« structuré et obligatoire »</em>, afin de contribuer <em>« à la formation civique et morale des élèves et à la compréhension des enjeux contemporains de défense »</em>. Au collège comme au lycée, cet enseignement serait dispensé de manière transversale dans différentes matières. Après <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/5845" class="spip_out" rel="external">l’adoption du texte le 26 mars</a> par une majorité de députés (centre, droite et extrême droite ont voté pour, insoumis et socialistes contre), le Sénat devra ensuite se prononcer, à une échéance encore inconnue. Le Conseil supérieur des programmes (scolaires) devra aussi être consulté.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Top-Gun-a-la-francaise">« Top Gun à la française »</h2><p>Pour Bérangère Basset, de Sud Éducation, tout cela <em>« révèle la conception de l’école de Christophe Blanchet, comme un espace d’embrigadement de la jeunesse, de développement du patriotisme et de valorisation de l’armée. Il voulait développer le</em> wargaming<em>, développer un cinéma de guerre, et appelait de ses vœux un “Top Gun à la Française”. La loi du 26 mars résulte de sa frustration vis-à-vis du caractère optionnel du SNU (service national universel), là où il le voulait obligatoire »</em>, estime la syndicaliste. </p><p>Premier problème que pose ce nouvel enseignement : il risque d’alourdir un programme déjà chargé. <em>« En réformant le Code de l’éducation, on formalise un enseignement à la défense au même titre que les fondamentaux. Mais on n’enlève rien du programme ! Il faut qu’ils nous expliquent comment ils vont faire. Nous craignons que d’autres options en pâtissent »</em>, s’inquiète David Dumont, secrétaire général adjoint de la fédération de parents d’élèves FCPE. Le député écologiste Nicolas Bonnet dénonce aussi une réforme qui se ferait au détriment d’autres enseignements. Louis Boyard, qui suit le dossier pour LFI, se fait le député des lycéens en pointant l’alourdissement de leurs emplois du temps déjà surchargés.</p><p>Les députés centristes et de droite qui ont voté le texte assurent de leur côté qu’il s’agit d’une refonte des heures déjà existantes, plutôt que d’un ajout. Pourquoi les heures prévues, mais peu ou pas assurées actuellement, le seraient davantage avec cette loi ? <em>« Pour l’instant, on ne voit pas très bien comment cette loi va se traduire, on ne connaît pas, par exemple, le nombre d’heures visées. Elle se heurtera forcément à la question de la liberté pédagogique. Il y aura certainement des incitations des inspecteurs dans les différentes disciplines, des éléments introduits dans la formation continue des profs pour mettre en place ce programme »</em>, indique Bérangère Basset, de Sud Éducation.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Militarisation-symbolique">Militarisation symbolique</h2><p>C’est l’autre grand problème posé par cet enseignement à la défense : qui l’assurera ? Pour éviter qu’elle ne coûte à l’Éducation nationale avec des postes d’enseignants supplémentaires, le député propose que ces heures d’enseignement soient assurées par des réservistes de l’armée, plutôt que par des enseignants – ce qui supposerait, pour le seul niveau de seconde, la création d’un millier de postes d’enseignants. <em>« Quel contrôle l’institution aura-t-elle sur des heures délivrées par des personnes qui n’ont aucune connaissance pédagogique ? Quels seront leur profil, leur programme ? »</em>, interroge David Dumont de la FCPE.</p><p><em>« Les exemples récents de <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/111125/dans-un-lycee-professionnel-des-ateliers-vis-ma-vie-de-detenu-degenerent-en-fight-club" class="spip_out" rel="external">dérives dans certains ateliers</a> dits d’éducation à la défense doivent nous alerter. Ils montrent que, sans encadrement rigoureux et sans réflexion pédagogique approfondie, ces dispositifs peuvent produire l’effet inverse de celui recherché »</em>, souligne aussi le député écologiste Nicolas Bonnet. Une critique partagée jusqu’aux bancs de l’extrême droite, pourtant soutiens de la loi : <em>« Vous proposez des intervenants extérieurs, mais avec quelles compétences pédagogiques, quelle formation et sous le contrôle de qui ? »</em> interrogeait le représentant du RN, Roger Chudeau, en séance. Édouard Geffray, le ministre de l’Éducation nationale, affirmait aussi lors de son discours au Forum de Paris pour la défense et la stratégie, à la veille du débat sur la loi : <em>« Ce ne sont pas les militaires qui doivent venir délivrer cet enseignement. »</em> </p><p>Comment ne pas basculer d’un enseignement – critique – aux enjeux de défense à de l’embrigadement pur et simple ? <em>« Le risque est réel d’une dérive vers une forme de militarisation symbolique de l’école, ou, à tout le moins, vers un discours déséquilibré qui mettrait l’accent sur les enjeux sécuritaires au détriment d’autres dimensions essentielles, comme la paix, la coopération internationale ou la prévention des conflits »</em>, pointait, lors des débats, Nicolas Bonnet. Son collègue de La France insoumise Louis Boyard dénonce quant à lui un <em>« enseignement propagandiste »</em>. </p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Olivier-Schmitt-Armee-ecole-enseignement-a-la-defense-n-est-pas-forcement-militaire">Armée à l’école : « L’enseignement à la défense n’est pas forcément militaire » </a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-risque-que-des-gens-fassent-n-importe-quoi-devant-les-eleves">« Le risque que des gens fassent n’importe quoi devant les élèves »</h2><p><em>« Vu la situation mondiale, on ne peut pas être dans un irénisme naïf</em>, concède la syndicaliste enseignante Bérangère Basset. <em>Mais le rôle de l’école, ce n’est pas d’accompagner ces conflits, c’est de donner des clés de compréhension, d’expliquer les jeux de domination qui les sous-tendent, de transmettre une culture de la paix, de la solidarité entre les peuples. Ce qui est dérangeant, c’est qu’on utilise l’école pour pallier la disparition du service militaire et recruter des conscrits pas suffisamment nombreux »</em>, estime-t-elle.</p><p>La FCPE s’alarme aussi d’une pression croissante sur ces sujets, et ce, malgré l’échec du service national universel. <em>« Le président Macron expliquait il y a peu</em> [lors de son <a href="https://uk.diplomatie.gouv.fr/fr/discours-du-president-sur-la-dissuasion-nucleaire" class="spip_out" rel="external">discours sur la dissuasion nucléaire</a> prononcé sur la base de l’Île longue, ndlr] <em> : “Pour être libre donc, il faut être craint et, pour être craint, il faut être puissant.” Si les réservistes enseignent ce genre d’idées, l’école change complètement d’objectif. Pour être libre, il faut être émancipé, donc éduqué, et donc il faut des moyens »</em>, s’agace David Dumont. <em>« Ce qui est désolant, c’est qu’on propose à la jeunesse de faire nation par la culture de la défense, faute de faire nation par la fraternité, la solidarité entre les peuples, parce que la promesse républicaine est en panne »</em>, poursuit-il. </p><p>Ancien directeur scientifique de l’institut des hautes études de Défense nationale, Olivier Schmitt partage des craintes similaires (<a href="https://basta.media/Olivier-Schmitt-Armee-ecole-enseignement-a-la-defense-n-est-pas-forcement-militaire" class="spip_in">voir notre entretien</a>) : <em>« L’enseignement à la défense n’est pas forcément militaire. Qu’un professeur d’histoire-géographie dispense ces cours, ce serait très bien. Mais je pense que mettre des réservistes devant une classe, c’est prendre le risque que des gens fassent n’importe quoi devant les élèves. Si le résultat est un PowerPoint préparé par le ministère que les réservistes vont montrer, pour moi, c’est de la communication, et pas de l’éducation. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Avec-les-classes-defense-globale-la-crainte-embrigadement-collegiens-lyceens">Avec les « classes de défense globale », la crainte d’un embrigadement des collégiens et lycéens</a></aside><h2 class="spip" id="Reactiver-les-collectifs-contre-le-SNU">Réactiver les collectifs contre le SNU</h2><p>À l’heure où 4000 suppressions de postes d’enseignants sont annoncées pour la rentrée 2026, la question de l’entrée de l’armée au sein de l’Éducation nationale pour assurer certains cours ne mobilise pas encore. <em>« La loi est passée en catimini, le 26 mars, à la veille d’une période de vacances scolaires. On a tiré la sonnette d’alarme en interne. Ce qu’on craint, c’est que sa mise en place à la rentrée soit annoncée juste avant l’été, comme pour la réforme du “choc des savoirs”, indique David Dumont, en référence à <a href="https://basta.media/Sanctions-uniforme-Droite-et-extreme-droite-ne-voient-ecole-que-sous-le-prisme-autoritaire" class="spip_in">la réforme lancée par Gabriel Attal en 2024</a>, avec notamment la création de groupes de niveau – mesure annulée deux ans plus tard du fait de l’absence totale d’adhésion des acteurs de terrain.</em></p><p><em>« Si cette loi passe, il y aura bien sûr des résistances d’une frange des enseignants, comme on l’a vu pour le SNU, mais aussi des contournements plus discrets », prévient Bérangère Basset, qui propose de « réactiver » les collectifs contre le SNU, qui rassemblaient enseignants, parents et associations. En face, certains ne cachent pas leurs visées militaristes : pour le député RN Roger Chudeau, l’objectif n’est pas « d’enseigner, mais d’obtenir l’adhésion des élèves à un devoir de défense ».</em></p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 06 May 2026 10:55:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Armée à l'école : « L'enseignement à la défense n'est pas forcément militaire »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em> : Depuis plusieurs années, le pouvoir politique multiplie les initiatives et dispositifs pour faire entrer l’armée dans les établissements scolaires et les structures de jeunesse. À quels besoins cela répond-il ?</strong></p><div class="spip_document_22776 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="357" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/local/cache-gd2/bf/4ef086faa84affd8aa207d814c7ec8.jpg?1776764528" width="466" height="466" alt="Portrait en noir et blanc d'Olivier Schmitt" aria-describedby="by22776-5e814b1ae03a6bbe5e7cde95ec42c7a1" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22776-5e814b1ae03a6bbe5e7cde95ec42c7a1"><strong>Olivier Schmitt</strong> est professeur et directeur de la recherche à l’Institut des opérations militaires de l’Académie de défense du Danemark. Ancien directeur scientifique de l’Institut français des hautes études de défense nationale, il est l’auteur de <a href="https://www.puf.com/preparer-la-guerre" class="spip_out" rel="external"><em>Préparer la Guerre. Stratégie, innovation et puissance militaire à l’époque contemporaine</em></a> (PUF, 2024).
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Olivier Schmitt</strong> : Le besoin de renforcer les liens entre civils et militaires se retrouve dans tous les pays européens, mais le cas français comporte plusieurs particularités. L’articulation entre sociétés civiles et besoins militaires a été rendue évidente par la Première Guerre mondiale : la guerre moderne est industrielle et requiert un effort de l’ensemble du pays.</p><p>Aujourd’hui, les doctrines militaires russes <a href="https://basta.media/innovation-numerique-tech-smartphone-5G-IA-signifie-recrudescence-conflits-Congo-RDC-M23" class="spip_in">prévoient un ciblage des populations civiles</a>, par des frappes et des opérations de sabotage des services essentiels, afin de faire pression sur les dirigeants dans la phase initiale d’un conflit. Si la dissuasion face à la Russie devait échouer, les populations civiles doivent être conscientes qu’elles sont des cibles, et donc connaître les attitudes à adopter. C’est ce qu’on appelle par exemple dans les pays nordiques la « défense totale ».</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/les-attaques-de-drones-russes-notre-quotidien-vivre-en-ukraine-apres-trois-ans-guerre">« Les attaques de drones russes, c’est notre quotidien » : vivre en Ukraine après trois ans de guerre</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/f5512bcde087e7bf4b6f6ffdb7ba43-369f0.jpg?1777978227" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Six hommes en uniforme, vus de dos, portent à cercueil, d'une voiture à un bâtiment dont les portes sont ouvertes." /></aside><p>En France, la question des relations entre l’armée et la société est d’abord liée à la tradition républicaine française, selon laquelle tout citoyen a des droits, mais aussi le devoir de défendre la nation. La création de ces dispositifs entre armée et Éducation nationale résulte de l’idée selon laquelle la prise de conscience de ce devoir passe par des moments d’échanges – la journée défense et citoyenneté, le service national universel ou l’enseignement à la défense par des réservistes. Toutefois, le risque est de réduire la défense nationale, qui implique l’intégralité des secteurs de la société, à la seule défense militaire. En voulant informer sur les armées, on risque paradoxalement de déresponsabiliser les citoyens.</p><p>Enfin, ces dispositifs sont liés à l’angoisse d’une armée traumatisée par trois épisodes de guerre civile en France : la Commune, la Seconde Guerre mondiale et la guerre d’Algérie. Depuis, les responsables politiques sont obsédés par l’idée de créer de la cohésion nationale, et confient cette tâche aux experts en la matière : l’armée. En oubliant que la cohésion que sait créer l’armée, par la souffrance collective, le sport, la discipline, la tradition, a un objectif opérationnel.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les responsables politiques sont obsédés par l’idée de créer de la cohésion nationale »</p>
</aside><p>Les marches en ordre serré, les saluts au drapeau, etc. ont pour objectif de créer un collectif uni en vue du combat. Sans cet objectif, ces pratiques perdent leur sens et relèvent de la pensée magique : tout jeune forcé de faire un salut au drapeau ne va pas automatiquement devenir un patriote… L’enjeu de cette préoccupation permanente pour la cohésion sociale est également le respect du pluralisme : une société politiquement pluraliste peut, en principe, également être unie face à des ennemis extérieurs, mais le débat politique tend parfois à confondre unité et unanimisme.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Ce resserrement des liens entre l’Éducation nationale et l’armée semble être un revirement, alors que pendant la seconde moitié du XX<sup class="typo_exposants">e</sup>, les enseignants avaient plutôt à cœur de sanctuariser l’école vis-à-vis de l’armée. Comment l’expliquez-vous ?</strong></p><p>Ce retour en force de l’idée de resserrer les liens entre armée et école est lié au contexte international. On vit objectivement un moment dangereux, les sources de la prospérité et de la sécurité de la France s’étant effondrées. Les élites dirigeantes ont commencé à prendre conscience de cet état de fait en 2022, et se sont mis en tête de réduire le décalage entre leur perception de cette dangerosité et celle de la population.</p><p>Et, en France, ce n’est pas sans rapport avec un glissement politique vers la droite, une aspiration croissante au rétablissement d’une forme de hiérarchisation des rapports sociaux, et une politisation de l’armée. Le meilleur exemple en est l’appel régulier à l’intervention de l’armée dans les banlieues, auquel l’armée répond systématiquement qu’il s’agit d’une mauvaise idée, dangereuse qui plus est.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On vit objectivement un moment dangereux, les sources de la prospérité et de la sécurité de la France s’étant effondrées »</p>
</aside><p><strong>Au vu du nouveau contexte géopolitique, la sensibilisation aux questions de défense, y compris de défense civile, doit-elle réellement se faire au sein de l’école ? Et, si oui, quels garde-fous placer pour ne pas basculer dans une forme d’endoctrinement ou de propagande militariste ?</strong></p><p>Pour moi, le problème de l’enseignement à la défense ne se situe pas dans le fait qu’il se fasse dans le cadre de l’école. En revanche, il faut qu’il soit assuré par les enseignants, avec une forme de liberté pédagogique. L’enseignement à la défense n’est pas forcément militaire. Qu’un professeur d’histoire-géographie dispense ces cours, ce serait très bien. Je pense que mettre des réservistes devant une classe, c’est prendre le risque que des gens fassent n’importe quoi devant les élèves. Si le résultat est un PowerPoint préparé par le ministère que les réservistes vont montrer, pour moi, c’est de la communication, pas de l’éducation.</p><p>L’école sert à éduquer, à forger l’esprit critique pour que les citoyens prennent leurs décisions. C’est pour cela que je regrette que le programme d’éducation morale et civique, où l’enseignement à la défense aurait toute sa place, ait été vidé de sa substance. Au moment où le budget de la défense atteint 80 milliards d’euros, il ne me semble pas inintéressant d’éduquer les élèves à ce à quoi vont être dédiés ces crédits.</p><div class="spip_document_22777 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="120" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2159583778 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp?1776764542 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg@.webp?1777888451 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg" width="960" height="1529" alt="Couverture du livre" aria-describedby="by22777-eedf7fc6b7a824819730b2508a4db3d8" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/preparer_la_guerre.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22777-eedf7fc6b7a824819730b2508a4db3d8"><a href="https://www.puf.com/preparer-la-guerre" class="spip_out" rel="external"><em>Préparer la Guerre. Stratégie, innovation et puissance militaire à l’époque contemporaine</em></a>, Olivier Schmitt, Puf, 2024.
</figcaption></figure></div><p>En plus, depuis la mise en place des classes de terminale à spécialité géopolitique, on voit que les jeunes adorent ça, et qu’ils s’orientent plus qu’auparavant vers des études de relations internationales ou de défense. Il y a une vraie demande sociale de compréhension de ce qui est en train de se passer, et le meilleur exemple en est que vous m’appelez…</p><p><strong>Avec la nouvelle situation internationale, la gauche se confronte à une difficulté politique : d’un côté elle amalgame et critique armée, militarisme et nationalisme guerrier, et en même temps, elle doit prendre position vis-à-vis des offensives de régimes illibéraux, qu’il s’agisse de la Russie ou des États-Unis. Comment sortir de cet étau ? Comment y répondent les gauches dans les pays exposés à l’impérialisme de la Russie ?</strong></p><p>Ce n’est pas la première fois que la gauche en France doit s’éduquer sur ces questions : le récent livre de Maxime Launay <a href="https://www.nouveau-monde.net/catalogue/la-gauche-et-larmee-en-france/" class="spip_out" rel="external"><em>La Gauche et l’armée en France</em></a> (Nouveau monde, 2025) montre bien cette acculturation progressive après 1968. Sur le fond, ce n’est pas parce qu’un État ou un régime veut du mal au projet européen et aux valeurs démocratiques qu’il faut adhérer à l’ordolibéralisme que proposent aujourd’hui l’Union européenne et le Parlement de centre droit.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« En Scandinavie, les partis de gauche et d’extrême gauche reconnaissent tous le danger que représente la Russie »</p>
</aside><p>La menace externe ne doit pas réduire à néant le pluralisme au sein des pays européens. En Scandinavie, les partis de gauche et d’extrême gauche reconnaissent tous le danger que représente la Russie, mais n’adhèrent pas forcément aux politiques qui sont menées dans leur pays. À ce titre, <a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/101225/l-eurodeputee-li-andersson-poutine-et-trump-ont-la-meme-facon-de-parler-de-l-europe" class="spip_out" rel="external">l’entretien donné il y a quelques mois à <em>Mediapart</em></a> par Li Andersson, eurodéputée finlandaise du groupe La Gauche <em>[dont fait partie LFI, ndlr]</em> est très intéressant. Il y a une grande différence entre la gauche nordique, qui voit au quotidien les agissements de la Russie, et la gauche en France, bien plus marquée par l’anti-américanisme.</p><p>Autre réaction possible vis-à-vis de la menace russe : le pacifisme. Rousseau, imaginait une société peuplée de chrétiens tous convaincus de tendre la joue gauche. Bien qu’il s’agisse d’une éthique individuellement admirable, une société ainsi peuplée s’effondre dès qu’elle est attaquée par un ennemi extérieur qui ne partage pas ce pacifisme. Si tout le monde est pacifiste, il n’y a plus de communauté politique. Enfin, pour les internationalistes, la question qui se pose est celle de l’arbitrage politique sur l’identité de leur principal adversaire : est-ce leur propre État ou bien la Russie de Poutine ? C’est un choix éminemment politique.</p><p><strong>Selon vous, l’armée de métier penche-t-elle toujours très à droite, ou est-ce en train d’évoluer ?</strong></p><p>C’est très difficile à mesurer. Il n’existe pas d’enquêtes sociologiques sur les militaires, pour leur propre protection. On trouve dans l’armée une grande diversité sociale pour ce qui est des engagés du rang <em>[la catégorie de base de la hiérarchie militaire, ndlr]</em>. La représentation des immigrés est plus importante que dans le reste des corps sociaux. Mon collègue <a href="https://www.bondyblog.fr/societe/elyamine-settoul-larmee-na-pas-de-difficultes-a-recruter-dans-les-quartiers-populaires/" class="spip_out" rel="external">Elyamine Settoul a produit un travail</a> qui montre que les valeurs d’effort physique, d’engagement, de méritocratie portées par l’armée peuvent correspondre aux valeurs d’engagement des couches les plus populaires de la société. Il est probable que les officiers, eux, penchent en moyenne plutôt à droite, même si c’est loin d’être automatique. Les options politiques dépendent des classes sociales qui la composent, et varient au sein même des différentes catégories…</p><p><strong>Plusieurs <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/160321/neonazis-dans-l-armee-la-longue-litanie-des-cas-isoles" class="spip_out" rel="external">enquêtes</a> et <a href="https://www.arte.tv/fr/videos/RC-027683/terrorisme-d-ultradroite/" class="spip_out" rel="external">documentaires</a> ont mis en lumière la présence de franges d’extrême droite au sein de l’armée. Faut-il s’en inquiéter, surtout si l’extrême droite arrive au pouvoir en France ?</strong></p><p>L’armée est le reflet de la société. Dans une société française qui se droitise, il n’est pas surprenant de trouver ce type de comportements. Les travaux de Claude Weber ou Christel Coton <a href="https://journals.openedition.org/lectures/23205" class="spip_out" rel="external">sur les officiers de l’école de Saint-Cyr</a> montrent par exemple une surreprésentation des opinions conservatrices et de l’expression religieuse par rapport aux autres étudiants du même âge. Mais ils notent aussi que les opinions et pratiques les plus radicales sont généralement minoritaires au sein même d’une promotion, et que les officiers concernés apprennent à modérer leur expression publique sur les sujets politiquement clivants, notamment en vue des promotions et de la réussite aux concours majeurs, comme l’École de guerre.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On trouve dans l’armée une grande diversité sociale »</p>
</aside><p>Ce qui montre une reconnaissance du fait que leur opinion n’est pas forcément ajustée aux attentes de l’institution, et encore moins des autorités civiles. En cas de prise de pouvoir par l’extrême droite, il est probable que ces opinions « rentrées » deviennent beaucoup plus audibles, mais cela ne signifie pas qu’elles constituent celles de la majorité du corps des officiers.</p><p><strong>Pensez-vous qu’en cas d’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en France, l’armée puisse être « purgée », comme cela se passe actuellement aux États-Unis ? Comment l’éviter ?</strong></p><p>Dans le système hyper hiérarchisé de la V<sup class="typo_exposants">e</sup> République, rien n’interdira, si l’extrême droite arrivait au pouvoir, qu’elle nomme un chef d’état-major qui influence lui-même la nomination des officiers généraux. Le système actuel donnant beaucoup de pouvoir à l’exécutif repose en fait sur l’idée que les élus seraient raisonnables, et les abus potentiels limités par la vertu personnelle.<br class="autobr" />
L’attitude de l’armée à l’égard du pouvoir politique en France est très marquée par <a href="https://fresques.ina.fr/independances/fiche-media/Indepe00225/le-putsch-des-generaux-fin.html" class="spip_out" rel="external">le putsch des généraux</a> de 1961. Depuis, le pouvoir politique est soucieux qu’aucune tête ne dépasse, et les armées ont intériorisé l’idée qu’elles n’avaient pas à intervenir sur les questions politiques.</p><p>Quand, en 2021, une vingtaine de généraux a signé une tribune d’extrême droite dans <em>Valeurs actuelles</em>, le général Didier Castres, ancien chef « opérations » de l’état-major des armées, a pris sa plume dans <em>Libération</em> en leur demandant pourquoi leur parole aurait plus de poids que celle de juges, d’infirmiers ou de travailleurs sociaux, en rappelant les limites de la décence démocratique. C’était un signal rassurant.</p><p>Pour autant, ces œillères de l’armée vis-à-vis de la politique ne sont à mes yeux pas satisfaisantes. Elle ne peut pas se contenter d’obéir et mon sentiment est renforcé par ce qui se passe en ce moment aux États-Unis. La formation des militaires manque d’une éducation politique et aux relations civilo-militaires, qu’elle accepte de discuter d’hypothèses inconfortables.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/en-cas-de-snu-obligatoire-des-familles-se-preparent-a-desobeir-meme-s-il-y-a">En cas de SNU obligatoire, des familles se préparent à désobéir « même s’il y a des risques »</a></aside><p>Il faut qu’elle se pose la question : où commence et s’arrête la légitimité du pouvoir politique, si celui-ci est destructeur ? En France, l’armée se fonde sur un compromis historique : on accorde aux militaires une liberté de conscience, mais ils doivent la loyauté à l’armée et au pouvoir politique. Cette attitude méconnaît une impasse : que se passe-t-il quand l’autorité politique devient antidémocratique ? Je plaide personnellement pour former des officiers démocrates.</p><p><strong>Dans les années 1930, des militants antifascistes et internationalistes ont crée leurs propres armées, avec les brigades internationales, la Résistance… Aujourd’hui, avec la professionnalisation de l’armée et sa technicisation, comment imaginer une éventuelle résistance ?</strong></p><p>Aujourd’hui, en France, bien qu’il y ait un grand nombre d’armes en circulation du fait du grand nombre de chasseurs, la connaissance de base des questions militaires est très faible. On ne peut pas forcément imaginer un corps de francs-tireurs comme autrefois. L’asymétrie est trop forte entre les moyens de la police ou de l’armée moderne et la population désarmée. La comparaison avec la Résistance est difficile : la génération qui a alors pris les armes avait fait la Première Guerre mondiale.</p><p>Et, aujourd’hui, de qui l’extrême droite serait-elle la collaboratrice ? De la Russie ? Des États-Unis ? Ce ne sont pas des nations qui ont tenté de nous envahir par le passé. Donc, il est difficile de mobiliser sur ce type de registre, à la fois du point de vue des moyens, et de celui de l’imaginaire. En revanche, s’il y a réellement une guerre civile en France, il n’y a aucune raison que l’armée reste unifiée, et donc il y aurait nécessairement dans les deux camps des gens avec des compétences, des accès, des moyens…</p><div class="spip_document_22778 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="92" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1456035939 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/600/20x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg@.webp?1776764912 1200w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg 960w, local/adapt-img/600/20x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg 1200w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/600/15x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg@.webp 900w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg 720w, local/adapt-img/600/15x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg 900w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/600/10x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg@.webp?1777888454 600w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/600/10x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg" width="600" height="963" alt="Couverture du livre" aria-describedby="by22778-b1e2ce6178ac63a197fdf2b14b8791fb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg 480w, local/adapt-img/600/10x/IMG/jpg/la-gauche-et-larmee-en-france.jpg 600w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22778-b1e2ce6178ac63a197fdf2b14b8791fb"><a href="https://www.nouveau-monde.net/catalogue/la-gauche-et-larmee-en-france/" class="spip_out" rel="external"><em>La Gauche et l’armée en France. De mai 68 à nos jours</em></a>, Maxime Launay, Nouveau monde, 2025.
</figcaption></figure></div><p><strong>Si l’Europe renoue avec une stratégie militaire de défense, comment éviter que cet outil militaire soit, demain, utilisé pour dominer, accaparer des ressources ou des territoires ?</strong></p><p>Aujourd’hui, l’objet de l’armée dans une démocratie est de défendre la nation et de dissuader les autres de nous attaquer. Si la dissuasion échoue, alors, on se défend. Pour garantir ce mandat, il faut un contrôle politique de l’armée. Il n’y a pas de contournement possible de cette question, à laquelle toutes les forces politiques doivent s’intéresser.</p><p>Après la guerre froide, et avec la disparition des menaces existentielles de la nation, les forces progressistes se sont investies dans le combat contre la globalisation, le néolibéralisme, en se contentant d’accompagner ou de condamner les interventions de l’armée, par exemple, en Afrique. Mais elles n’ont plus une connaissance intime des sujets.</p><p>La plupart des chercheurs critiques sur ces sujets se penchent, par exemple, sur la doctrine, mais méconnaissent le fonctionnement concret et les logiques de l’organisation, par exemple dans la manière de planifier des opérations. Or, il est impossible de se pencher sur les questions militaires sans s’intéresser à la « technicité » de l’emploi de la force : s’arrêter à étudier des doctrines et en déduire que l’armée est le mal car elle prévoit de tuer des gens ne suffit pas. Il y a eu un abandon intellectuel de ces questions.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 06 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Avec les « classes de défense globale », la crainte d'un embrigadement des collégiens et lycéens]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Bientôt un bac, mention patriote ? Le 25 mars dernier, Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, annonce, au Forum de Paris pour la défense et la stratégie, que la participation aux classes « défense et sécurité globale » serait <em>« mentionnée sur le diplôme du baccalauréat »</em> et <em>« valorisée sur Parcoursup »</em>. Ces classes, adressées aux collégiens et lycéens dans le cadre de leur scolarité, dureront trois ans, contre un seul jusqu’à présent, et seront rebaptisées, au lycée, « classes de défense et de cohésion nationale ». Objectif : sensibiliser aux enjeux de défense dans un contexte international de montée des tensions et de menace de conflits. Mais, alors que ces classes sont en train de se généraliser, la manière dont certaines se déroulent laisse perplexe.</p><h2 class="spip" id="Jouer-aux-gendarmes-et-aux-manifestants">Jouer aux gendarmes et aux manifestants</h2><p>Le 6 novembre 2025, un rallye citoyen – une journée de découverte des métiers en uniformes – est organisé à destination de la « classe défense et sécurité globale » du lycée Michelet à Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne). Le stand des surveillants de prison de Fresnes propose aux élèves <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/111125/dans-un-lycee-professionnel-des-ateliers-vis-ma-vie-de-detenu-degenerent-en-fight-club" class="spip_out" rel="external">un atelier « Vis ma vie de détenu »</a>. D’un côté, une équipe de jeunes enfilent le matériel de protection des surveillants de prison. De l’autre, une autre équipe joue le rôle de détenus. Ils sont invités à « tester la solidité » de ce matériel… en donnant des coups de matraque sur la première équipe. Les faux détenus récalcitrants sont ensuite plaqués au sol par les vrais agents de l’administration pénitentiaire. L’objectif pédagogique de l’activité ? Faire comprendre à ces adolescents qu’il est vain de se révolter contre les forces de l’ordre.</p><p>Ce scandale pousse Virginie*, la mère de Roman, 14 ans, scolarisé dans un collège non loin de Dijon, à nous contacter. <em>« Lors de la réunion de rentrée, on nous a annoncé que le voyage de classe de mon enfant était organisé dans le cadre de la "classe défense", sans répondre à nos questions sur ce en quoi cela consistait. »</em> En cherchant sur internet, elle comprend que la classe défense se traduira par des interventions régulières de militaires dans la classe de son fils. <em>« Pour moi, la défense et la citoyenneté, ce sont deux choses antinomiques, l’armée est une institution hyper hiérarchique qui n’est en rien émancipatrice »</em>, explique-t-elle. Avec quelques mères d’élèves, elle fait savoir à l’établissement qu’elle n’y consent pas. En vain.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Un-fascicule-finance-par-Sterin">Un fascicule financé par Stérin</h2><p>Le collège invite alors le colonel Benoît Royal, responsable de l’unité territoriale de l’armée chargée d’animer cette classe défense, à présenter le dispositif aux parents d’élèves. Barbara est loin d’être rassurée : au hasard de ses recherches, elle a découvert <a href="https://www.ici.fr/infos/societe/dijon-des-collegiens-en-classe-defense-participent-a-un-rallye-au-contact-des-uniformes-2662668" class="spip_out" rel="external">un reportage de France Bleu sur le rallye citoyen de Dijon</a>, en 2025, qui a eu lieu sous le commandement du colonel Royal. Les enfants y ont appris à <em>« repousser des manifestants hostiles avec tout l’attirail de la gendarmerie mobile »</em>, y apprend-elle avec effroi.</p><p>Son énervement monte encore lorsque son fils revient de l’une des conférences du colonel avec le livret « Ma première cérémonie militaire ». Le fascicule est écrit par Isabelle Lecointre, l’épouse de l’ancien chef d’état-major des armées François Lecointre. Et est sponsorisé par de grandes entreprises d’armement, telles que Dassault, Safran ou encore MBDA Missiles. Il aurait aussi bénéficié de 30 000 euros de la part du milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, <a href="https://www.lecanardenchaine.fr/education/52549-l-ecole-champ-de-manoeuvre-des-marchands-de-canons" class="spip_out" rel="external">selon <em>Le Canard enchaîné</em>.</a></p><div class="spip_document_22812 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="392" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><picture class="adapt-img-wrapper c2820373115 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp 1440w, local/adapt-img/729/20x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp?1777884816 1458w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 1440w, local/adapt-img/729/20x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 1458w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp 1080w, local/adapt-img/729/15x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp 1094w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 1080w, local/adapt-img/729/15x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 1094w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp 720w, local/adapt-img/729/10x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png@.webp?1777564663 729w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/729/10x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png" width="729" height="501" alt="" aria-describedby="by22812-30e6c3c37137c203cd9b76e8b8809daa" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 720w, local/adapt-img/729/10x/IMG/png/ma_premiere_ceremonie_militaire.png 729w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22812-30e6c3c37137c203cd9b76e8b8809daa">Le livret « Ma première cérémonie militaire » a été écrit par Isabelle Lecointre, l’épouse de l’ancien chef d’état-major des armées, est sponsorisé par de grandes entreprises d’armement, et aurait bénéficié d’un financement de Pierre-Édouard Stérin. Le fascicule traite des cérémonies militaires du 14 juillet et du 11 novembre (mais pas du 8 mai avec la victoire sur le nazisme).
</figcaption></figure></div><p><em>« Depuis un an ou deux, on nous alerte sur des classes défense ouvertes sans consultation des conseils d’administration »</em>, déplore David Dumont, secrétaire général adjoint de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE). Lors du Forum de Paris, le ministre de l’Éducation explique qu’il ne veut <em>« pas arbitrer au niveau national le caractère obligatoire ou volontaire »</em> de la participation à ces classes. À chaque établissement donc de la rendre obligatoire ou non. Si le dispositif n’est pas toujours volontaire pour les élèves et leurs parents, il est censé l’être pour les enseignants. Pourtant, Sophie Vénetitay, de la FSU, fait part de pressions exercées sur les professeurs pour créer ce type de classes, notamment en Seine-et-Marne, où 70 classes de ce type ont été lancées. Cette pression s’exerce aussi par le biais de la formation des enseignants.</p><p>Grégory, professeur d’histoire dans l’académie de Créteil, s’est inscrit pour assister, le 13 février 2026, à une formation académique intitulée « Enseigner et transmettre la paix, à travers les archives du quai d’Orsay », proposée par l’Association des professeurs d’histoire-géographie. <em>« Un général en uniforme, arborant ses médailles, nous a tenu un discours autour de l’idée que guerre et paix font partie d’un même cycle, qu’il faut dépasser tout sentimentalisme et se préparer à s’y confronter. L’objectif – avoué par les organisateurs – de cette formation était d’inciter les professeurs à créer des classes défense. Non pour recruter, nous ont-ils expliqué, mais pour modifier la vision que les élèves peuvent avoir de l’armée. Ils semblaient insatisfaits de ne pas parvenir à toucher les milieux les plus éloignés du monde militaire »</em>, rapporte l’enseignant.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/en-cas-de-snu-obligatoire-des-familles-se-preparent-a-desobeir-meme-s-il-y-a">En cas de SNU obligatoire, des familles se préparent à désobéir « même s’il y a des risques »</a></aside><h2 class="spip" id="Industrialisation-des-classes-defense">Industrialisation des classes défense</h2><p>Cette myriade de frottements forme l’écume d’une lame de fond : celle de la montée en puissance du dispositif des classes sécurité défense globale (CSDG). Créées en 2005, elles restent peu utilisées jusqu’en 2016. De 160 classes cette année-là, elles vont progressivement se multiplier pour atteindre 1200 classes, soit 32 000 élèves, en 2025-2026. Et ce, notamment grâce à un long <em>vade mecum</em> publié à l’occasion du plan <a href="https://www.defense.gouv.fr/sites/default/files/sga/2022_NP_SGA-DSNJ_Vade-mecum-classe-de-defense.pdf" class="spip_out" rel="external">« Ambition armée-jeunesse 2022 »</a>.</p><p><em>« Une classe de défense est un projet pédagogique et éducatif interdisciplinaire et pluriannuel, en lien avec la défense, mené à l’initiative d’un établissement scolaire, en partenariat avec une entité du ministère des armées marraine. Il consiste en des temps de rencontres et d’échanges entre les élèves et les militaires répartis tout au long de l’année »</em>, décrit le document. Elles s’adressent en particulier aux quartiers REP (éducation prioritaire) et aux <em>« zones rurales isolées »</em> plutôt qu’aux écoles de centres-villes ou de quartiers plus aisés, sans que soit expliqué pourquoi cette priorité a-t-elle été fixée.</p><p>Les militaires sont-ils formés à intervenir auprès de collégiens et de lycéens ? Y a-t-il un contrôle de ces interventions, selon quels critères, et par qui ? Sollicité, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas répondu à nos questions.</p><p>Les classes CSDG sont la tête de pont d’un millefeuille de dispositifs censés resserrer les liens entre l’armée et l’Éducation nationale, présentés de manière synthétique dans <a href="https://eduscol.education.gouv.fr/sites/default/files/document/2025guidedefenseacculturerjeunesdefensepdf-122135.pdf" class="spip_out" rel="external">« Acculturer la jeunesse à l’esprit de défense »</a>, un petit livret kaki publié en novembre 2025. Les militaires peuvent aller au-devant de la jeunesse lors des journées de découverte des métiers, de stages d’observation pour les secondes et les troisièmes, et lors des journées de défense et de citoyenneté… Ces dernières ont été toilettées à l’été 2025. Au programme, une cérémonie de levée des couleurs en chantant <em>La Marseillaise</em> le matin, atelier de tir sportif au laser, et, pour rester dans le thème, les élèves déjeunent avec une « ration du soldat » à midi.</p><p>L’armée se donne plus de peine encore pour attirer les élèves des classes professionnelles. Des bacs « à coloration marine » sont proposés par la marine nationale dans plus de 100 lycées, tandis que l’armée de terre a créé des « périodes militaires de perfectionnement spécialisé » au sein de ses unités, alignées sur les périodes de formation en milieu professionnel, obligatoires pour les élèves, leur assurant l’hébergement et leur fournissant nourriture et habillement. <em>« L’ambition est de garantir des flux constants et pérennes entre les établissements scolaires et les unités opérationnelles de l’armée de terre proposant des filières correspondant aux filières d’enseignement professionnel. Le volume des partenariats pourrait considérablement progresser à court et moyen terme »</em>, indique le petit livret couleur camouflage.</p><p><em>« Le gouvernement fait de l’engagement militaire quelque chose de valorisant, promet à travers cela une reconnaissance sociale. L’armée cible en particulier les couches les plus populaires, ceux qui, par manque de capital social, ne trouvent pas de stages. C’est une manière de mettre ces jeunes au pas »</em>, estime Bérangère Basset, de Sud Éducation.</p><p>Ces multiples dispositifs – il en existe plus de 150, selon le Collectif contre la militarisation de l’Éducation nationale – sont le fruit d’un partenariat ancien. Le premier protocole armée-école est signé en 1982 par les ministres socialistes Charles Hernu (Défense) et Alain Savary (Éducation nationale).</p><p>Plus ou moins étroits selon les périodes, ces liens entre école et institution militaire remontent aux origines de l’instruction publique. <em>« L’école publique a été créée par les hommes de la III<sup class="typo_exposants">e</sup> République, traumatisés par l’amputation du territoire français de l’Alsace et la Lorraine après la défaite contre la Prusse, en 1870, puis par la Commune</em>, explique Olivier Le Cour Grandmaison, maître de conférence en sciences politiques et auteur de <a href="https://www.editionsamsterdam.fr/la-fabrique-du-roman-national-republicain/" class="spip_out" rel="external"><em>La Fabrique du roman national républicain</em></a> (Amsterdam, 2025). <em>Contrairement à la conception de l’éducation de Condorcet, qui voulait “rendre la raison populaire”, et donner les outils aux élèves pour qu’ils deviennent des citoyens éclairés, les créateurs de l’école publique lui assignent la mission de rendre la morale politique populaire. L’amour de la patrie est pour eux la clé de voûte de la pacification du corps social. Avec, en ligne de mire, l’espoir de reconquérir ces territoires »</em>, analyse-t-il.</p><h2 class="spip" id="La-crainte-de-l-embrigadement">La crainte de l’embrigadement</h2><p>L’historien cite l’arrêt du 27 juillet 1882, par lequel Jules Ferry ordonne aux instituteurs de faire aimer aux élèves <em>« la France et la mère patrie »</em> : <em>« À partir de 11 ans, les petits garçons doivent être éduqués au maniement des armes, aux marches coordonnées, à la topographie et à la gymnastique, afin d’affirmer leur tempérament et de les préparer à être de bons agriculteurs, ouvriers… et de bons soldats »</em>, poursuit-il. Ces programmes, et des manuels comme <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-le-tour-de-la-france-par-deux-enfants#about" class="spip_out" rel="external"><em>Le Tour de France par deux enfants</em></a>, écrit en 1877, visent à <em>« nationaliser le roman républicain »</em>, estime Olivier Le Cour Grandmaison. <em>« C’est ainsi que des millions de jeunes sont morts pendant la Première Guerre mondiale, parce que cette guerre et son objectif – rétablir la souveraineté nationale – étaient à leurs yeux légitimes. »</em></p><p>Les millions de morts des deux guerres, conjugués à l’essor du socialisme et du syndicalisme enseignant, changent la donne. <em>« Après la Seconde Guerre mondiale, il y a un certain consensus, parmi les enseignants, sur la nécessité d’éduquer à la paix. Aujourd’hui, on assiste à un complet renversement du paradigme, selon lequel l’éducation à la paix serait presque une entrave à la neutralité… au contraire de l’éducation à la défense »</em>, déplore Paul Devin, ancien inspecteur de l’Éducation nationale et président de l’institut de recherches de la FSU. <em>« L’école est là pour développer le jugement critique, or ce n’est pas du tout le registre des militaires, qui ne sont pas connus pour laisser place à quelconque débat contradictoire »</em>, souligne-t-il.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Eriger-une-muraille-de-Chine-entre-l-armee-et-l-Education-nationale">« Ériger une muraille de Chine entre l’armée et l’Éducation nationale »</h2><p>La pression politique pour faire entrer l’armée à l’école, que ce soit dans les établissements ou dans les programmes, est bien sûr liée à l’intensification des conflits sur la scène internationale et à l’émergence de puissances hostiles à l’espace européen et à ses valeurs (encore) démocratiques. <em>« Mais elle correspond avant tout à la doxa de l’extrême droite, et maintenant, du “bloc central”, qui pense qu’il y a un effondrement de l’autorité qu’il faudrait restaurer par le biais de l’école »</em>, juge Olivier Le Cour Grandmaison. <em>« Or, il faut ériger une muraille de Chine entre l’armée et l’Éducation nationale. L’instruction publique doit être exclusivement assurée par des professionnels de l’éducation, pas par des militaires dont ce n’est pas la fonction. On doit enseigner, non l’amour de la France, mais l’éducation aux valeurs républicaines que sont la liberté, l’égalité, l’adelphité et la défense des droits fondamentaux</em>, dit-il. <em>On vient de panthéoniser Manouchian, il ne se battait pas pour la France, mais pour la démocratie et la révolution. »</em></p><p><em>« L’école sert à éduquer, à forger l’esprit critique pour que les citoyens prennent leurs décisions »</em>, rappelle le chercheur Olivier Schmitt, ancien directeur scientifique de l’Institut français des hautes études de défense nationale, que <em>Basta!</em> a longuement interviewé (et dont l’entretien sera publié ce 6 mai). Face à des doctrines militaires de régimes hostiles, comme celui de Poutine, qui <em>« prévoient un ciblage des populations civiles, par des frappes et des opérations de sabotage des services essentiels »</em>, lui est favorable à une formation de l’ensemble de la société aux questions de défense. Mais <em>« le risque est de réduire la défense nationale, qui implique l’intégralité des secteurs de la société, à la seule défense militaire. En voulant informer sur les armées, on risque paradoxalement de déresponsabiliser les citoyens »</em>, prévient-il.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 05 May 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Amendes contre les occupations dans les facs : la droite veut « supprimer les blocages »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Il s’agit d’un seul mot dans la loi, mais sa suppression aurait d’amples conséquences sur les mobilisations de la jeunesse étudiante. Deux députés LR sont à l’origine d’une proposition de loi pour sanctionner les occupations et intrusions au sein d’universités. Déposée le 27 mars, <a href="https://www.patrick-hetzel.fr/uploads/Pdf/PPL_securite_biens_et_personnes_enseignement_superieur_mars_2026.pdf" class="spip_out" rel="external">cette proposition de loi</a> est entre les mains de la commission des lois.</p><p>Elle vise à modifier <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047053426" class="spip_out" rel="external">l’article 431-22 du Code pénal</a>. Celui-ci punit le fait de « pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement scolaire » sans y être habilité ou autorisé, « dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement ». Or, la Cour de cassation <a href="https://www.courdecassation.fr/decision/613ffc67d8b81f59874d754b" class="spip_out" rel="external">a estimé en 2012</a> qu’un établissement universitaire n’est pas « scolaire ». Donc, cet article de loi concerne uniquement l’enseignement primaire et secondaire.</p><p>En enlevant le mot « scolaire », les députés veulent faire entrer les établissements de l’enseignement supérieur dans le champ d’application de cette interdiction.</p><h2 class="spip" id="t76-etudiants-de-Sciences-Po-ont-recu-une-amende-apres-une-occupation">76 étudiants de Sciences-Po ont reçu une amende après une occupation</h2><p>C’est sous la présidence de Nicolas Sarkozy, en 2010, qu’a été créé ce délit pour intrusion ou occupation d’établissement scolaire. Les peines encourues, figurant toujours dans la loi, sont lourdes : un an d’emprisonnement et 7500 euros d’amende. En 2023, sous la présidence d’Emmanuel Macron, a été ajoutée la possibilité d’une amende forfaitaire délictuelle de pouvant aller de 400 à 1000 euros. L’amende forfaitaire délictuelle permet à un officier de police de délivrer directement une sanction pénale sous forme d’amende, inscrite au casier judiciaire, en se passant de toute procédure judiciaire.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/30-000-euros-de-dette-et-pas-encore-18-ans-quand-les-amendes-forfaitaires">30 000 euros de dette et pas encore 18 ans : quand les amendes forfaitaires facilitent l’arbitraire</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/e2238ffda64c26ccaff9cf17db1405-ca6f8.jpg?1777381119" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>76 étudiants de Sciences Po ont reçu des amendes forfaitaires de 400 euros suite à <a href="https://www.lemonde.fr/campus/article/2026/04/15/soutiens-a-la-palestine-des-etudiants-evacues-par-la-police-apres-avoir-occupe-sciences-po-et-la-sorbonne-deux-conseils-de-discipline-aux-beaux-arts_6680330_4401467.html" class="spip_out" rel="external">l’occupation de leur école</a>, le 14 avril dernier, pour protester contre <a href="https://basta.media/Loi-Yadan-tout-comprendre-a-la-controverse-atteintes-aux-libertes-antisemitisme-magali-Lafourcade-CNCDH" class="spip_in">la loi proposition de loi Yadan</a>. Cinq syndicats de l’enseignement supérieur ont demandé au ministère, dans un avis voté le 15 avril, <em>« l’abandon de toutes les amendes »</em>. Car ces amendes sont <em>« illégales »</em>, <a href="https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/les-instances/le-csa-ministeriel/article/halte-a-la-repression-des-etudiant-es-mobilises-contre-la-loi-yadan-non-aux" class="spip_out" rel="external">a réagi la CGT Ferc Sup</a>, au vu de la jurisprudence de la Cour de cassation. Elles deviendraient parfaitement légales si la proposition de loi LR entrait en vigueur.</p><h2 class="spip" id="Les-mobilisations-des-personnels-egalement-visees">Les mobilisations des personnels également visées</h2><p>À l’origine de cette proposition de loi : Patrick Hetzel, député LR du Bas-Rhin et ancien ministre de l’Enseignement supérieur à l’automne 2024 sous l’éphémère gouvernement Barnier. À ses côtés : Ann-Laure Blin, députée LR du Maine-et-Loire, qui avait déjà tenté de faire voter une proposition de loi similaire en 2023, sans succès. Cela fait plusieurs années que la droite parlementaire ainsi que les gouvernements tentent de légiférer sur ce point. En 2020 par exemple, dans la loi de programmation de la recherche 2021-2030 (sous le gouvernement de Jean Castex), l’article 38 tentait d’instaurer une telle interdiction. Le Conseil constitutionnel avait alors bloqué la mesure.</p><p><em>« L’indépendance universitaire et les libertés académiques sont attaquées régulièrement par des discours, des procédures judiciaires. Depuis deux ou trois ans, nous faisons face à une accélération des attaques contre ce monde libre et indépendant qu’est le monde universitaire »</em>, dénonce Philippe Blanchet, enseignant-chercheur à l’université Rennes 2 et membre du bureau national de la CGT Ferc Sup. Son syndicat alerte <a href="https://cgt.fercsup.net/les-dossiers/luttes-en-cours/droits-humains-fondamentaux/article/non-au-projet-de-loi-liberticide-hetzel-non-aux-amendes-de-400eur-pour-faits-de#:~:text=La%20CGT%20FERC%20Sup%20d%C3%A9nonce,personnels%20ou%20des%20%C3%A9tudiant%C2%B7es." class="spip_out" rel="external">dans un communiqué paru le 23 avril</a> sur le danger que constitue l’actuelle proposition de loi non seulement pour les mouvements étudiants, mais aussi pour les travailleur·ses des universités, puisque <em>« les mobilisations syndicales de personnels pourraient être visées »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Pour ce syndicaliste, enseignant à l’université depuis 35 ans, c’est le signe d’une crispation de la droite et de l’extrême-droite face à des mouvements estudiantins forts ces dernières années. <em>« On a vu une multiplication des mouvements étudiants, liés notamment à la guerre à Gaza et à la protestation contre le génocide. Des mouvements profondément politiques, sur des questions d’actualité vives, pas seulement sur des questions étudiantes. »</em> Des soutiens syndicaux, des membres de partis politiques ou encore des lycéens se joignent régulièrement aux AG, aux sit-in et aux occupations de locaux.</p><p>Les députés porteurs de la proposition rejettent ces formes de mobilisations dans leur exposé des motifs : <em>« Les établissements d’enseignement supérieur et les campus universitaires connaissent de plus en plus des blocages, des occupations illicites (...) À l’origine de ces manifestations de violence, une poignée d’étudiants militants ou de personnes totalement extérieures aux établissements usant de prétextes politiques pour interdire arbitrairement les accès des bâtiments »</em>, y est-il écrit.</p><p>Et de donner quelques exemples : durant le mois de mars 2023, alors qu’un mouvement social se dresse contre la réforme des retraites, le campus Victoire de l’université de Bordeaux est occupé pendant dix jours. <em>« Ces dix jours ont occasionné un coût de plus d’un million d’euro de frais de réparation pour le contribuable »</em>, déplorent les députés. Les deux parlementaires dictent un autre cas plus ancien, lors d’une autre période de forte mobilisation estudiantine : <em>« En 2018, les blocages et les occupations contre <a href="https://basta.media/etudiants-universites-selection-parcoursup-inegalite-baisse-des-investissements-bilan-du-quinquennat-vote-des-jeunes" class="spip_in">la loi relative à l’orientation et à la réussite des étudiants (ORE)</a> et Parcoursup avaient coûté au contribuable 15,8 millions d’euros »</em>, évaluent les députés.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Tentatives-de-mettre-la-main-sur-les-universitaires">« Tentatives de mettre la main sur les universitaires »</h2><p>Le but est clairement affiché dans cette nouvelle proposition de loi : <em>« Supprimer les navrantes situations de blocage des enceintes universitaires »</em>. Pourtant, « le code de l’éducation souligne »<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000027748009" class="spip_url spip_out" rel="external">https://www.legifrance.gouv.fr/code...</a> bien que les étudiant·es <em>« disposent de la liberté d’information et d’expression à l’égard des problèmes politiques, économiques, sociaux et culturels »</em> et <em>« exercent cette liberté à titre individuel et collectif, dans des conditions qui ne portent pas atteinte aux activités d’enseignement et de recherche et qui ne troublent pas l’ordre public »</em>. Et les universités sont traditionnellement les lieux du développement de la pensée critique. <em>« Cela fait partie de la vie universitaire et d’ailleurs, la plupart du temps, les étudiants n’ont pas besoin d’appui extérieur pour se mobiliser »</em>, rappelle Philippe Blanchet.</p><p>Face à cela, <em>« il y a des tentatives répétées de la droite de mettre la main sur les universitaires et de mettre sous pression les mobilisations. Le projet idéologique derrière, c’est que l’université ne soit plus un espace qui leur échappe et les conteste »</em>, alerte le syndicaliste. Au-delà des tentatives de sanctions des occupations, comme récemment à Sciences-Po, on assiste depuis 2024 à une série d’annulation de conférences sur la Palestine, de <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2024/05/04/la-justice-annule-l-interdiction-d-une-conference-pro-gaza-avec-rima-hassan-a-l-universite-paris-dauphine_6231577_3210.html" class="spip_out" rel="external">l’université Paris-Dauphine</a> en 2024 - conférence finalement autorisée par la justice - jusqu’à l’École normale supérieure en février 2026 en passant par le Collège de France en <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/10/l-annulation-d-un-colloque-sur-la-palestine-au-college-de-france-suscite-critiques-et-incomprehension-dans-le-monde-universitaire_6652947_3224.html" class="spip_out" rel="external">novembre 2025</a> - annulation à propos de laquelle France universités, association regroupant les dirigeants d’université, avait exprimé sa <em>« vive inquiétude »</em>, estimant qu’elle portait <em>« atteinte à la liberté académique »</em>.</p><p>Appliqué à l’université, l’article de loi modifié risquerait de mettre davantage encore en péril la liberté académique, craint Philippe Blanchet. <em>« Toute une série de missions que les universités organisent, à savoir des spectacles, des conférences publiques, des interventions extérieures, pourraient entrer dans le champ d’application qui demeure flou »</em>, estime-t-il. Car la proposition de loi vise les actions qui ont pour <em>« objectif de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement »</em>. Mais où commence le <em>« trouble »</em>, interroge l’enseignant. Qu’en est-il, par exemple, d’une conférence qui ferait l’objet d’une perturbation d’opposants venus de l’extérieur ? <em>« Les conférenciers pourraient être tenus pour responsables de la provocation du trouble. Il y a un risque de manipulation politique à partir de cette notion floue »</em>, avertit l’universitaire.</p><p>Désormais, soit la commission des lois valide la proposition de loi et soumet alors sa version au vote parlementaire en séance publique. Soit elle ne lui donne pas suite. Quoi qu’il en soit, et même si son parcours législatif devait s’arrêter là, une telle proposition doit être prise en sérieux, soutient le syndicaliste. Car elle s’inscrit selon lui dans une série de <em>« procédures baillons, d’intimidations : en bref, dans une ambiance pré-extrême droite en France où, si l’on ne peut pas empêcher les gens de se mobiliser, on cherche au moins à leur faire peur »</em>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 04 May 2026 07:38:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[1er Mai dans le monde : « Black-out » anti-Trump aux Etats-Unis, « renaissance » syndicale en Europe]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Aux États-Unis, la semaine précédant le <em>« May Day »</em>, les préparatifs prennent de l’ampleur. Près de 3000 actions sont prévues dans tout le pays, plus du double de l’année précédente. <em>« Ces manifestations sont une réaction aux mesures et aux menaces de l’administration Trump, notamment la proposition d’envoyer des agents de l’ICE dans les bureaux de vote lors des élections de mi-mandat, ainsi qu’aux actions militaires unilatérales menées contre le Venezuela et l’Iran »</em>, <a href="https://www.theguardian.com/us-news/2026/apr/28/may-day-economic-blackout" class="spip_out" rel="external">décrit <em>*The Guardian*</em></a>.</p><p>Au programme, un <em>« black-out économique »</em> inspiré des mobilisation anti-ICE dans le Minnesota, où les personnes ne se rendaient ni au travail, ni à l’école, ni dans les magasins. Selon l’une des organisatrices, cette mobilisation du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai pourrait constituer <em>« une étape vers la création d’un mouvement plus large »</em> aux États-Unis.</p><h2 class="spip" id="L-essor-de-la-syndicalisation-dans-plusieurs-pays">L’essor de la syndicalisation dans plusieurs pays</h2><p>Les mouvements de travailleur·euses ne se consolident pas que face à Donald Trump. Le média italien <em>*DinamoPress*</em> remarque <a href="https://www.dinamopress.it/news/la-rinascita-del-movimento-sindacale-britannico-fra-governo-neo-blairiano-e-pericolo-farage/" class="spip_out" rel="external">une <em>« renaissance »</em></a> du mouvement syndical britannique <em>« avec des grèves, une croissance et une restructuration des syndicats, ce qui a eu des répercussions importantes sur les partis de gauche qui lui sont traditionnellement liés »</em>.</p><p>De son côté, <em>*Jacobin*</em> raconte <a href="https://jacobin.com/2026/04/ethiopia-trade-unions-cetu-labor/" class="spip_out" rel="external">le renforcement des organisations</a> représentantes des travailleur·euses en Éthiopie. Leur nombre d’adhérents a doublé ces dernières années. <em>« L’Éthiopie et d’autres pays africains où les syndicats sont en plein essor contredisent l’idée selon laquelle le mouvement syndical serait en déclin à l’échelle mondiale »</em>, ajoute le magazine de gauche.</p><p>D’autres luttent depuis longtemps. En Italie, <em>*Altreconomia*</em> suit la lutte des ouvriers et ouvrières de l’ex usine GKN, dont le cinquième anniversaire de l’occupation par ses ex-employé·es approche. Aux alentours de Florence, dans l’espace extérieur de l’usine, s’est tenu <a href="https://altreconomia.it/alla-ex-gkn-si-lotta-per-una-flotilla-nelleconomia-contro-il-disimpegno-istituzionale/" class="spip_out" rel="external">leur festival annuel de littérature engagée</a>, manière d’unir la lutte ouvrière, la culture, et le tissu militant local. Le moment, aussi, de <em>« relancer son projet de reconversion de l’usine en une usine de production de panneaux solaires et de vélos cargo »</em>.</p><h2 class="spip" id="Les-travailleur-euses-immigre-es-peuvent-aussi-s-organiser">Les travailleur·euses immigré·es peuvent aussi s’organiser</h2><p>Certaines catégories de travailleur·euses sont plus vulnérables que d’autres aux abus. C’est le cas des personnes venues d’un autre pays pour travailler, parfois avec un statut précaire, parfois sans papiers. Leur apport à l’économie est pourtant essentiel.</p><p>C’est sur ce constat que s’est construite <a href="https://enass.ma/espagne-recit-dune-victoire-pour-la-regularisation-des-sans-papiers/" class="spip_out" rel="external">la campagne « Esenciales »</a> (essentiels) en Espagne, qui a mené à la régularisation de travailleurs et travailleuses sans papiers. <em>« Cette décision est le fruit et l’aboutissement d’abord d’une dynamique citoyenne par le bas »</em>, témoigne l’un de ses initiateurs, Augustin Ndour, à <em>*Enass*</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Ou-manifester-le-1er-mai-la-carte-des-mobilisations-pres-de-chez-vous">Où manifester le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai ? La carte des mobilisations près de chez vous</a></aside><p>Pour favoriser l’organisation des employé·es immigré·es, le média new-yorkais <em>*Documented*</em> a publié un guide en espagnol à leur destination sur <a href="https://documentedny.com/2026/04/07/trabajadores-restaurantes-sindicatos-labor-derechos/" class="spip_out" rel="external">comment monter un syndicat</a> dans leur entreprise. Ainsi, les travailleur·euses seront mieux protégé·es : <em>« Les lois interdisent aux employeurs de rétrograder, de licencier ou de sanctionner de quelque manière que ce soit les employés qui adhèrent à un syndicat ou en créent un. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/1er-mai-dans-le-monde-black-out-anti-trump-aux-etats-unis-renaissance-syndicale</link>
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      <pubDate>Fri, 01 May 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Mortes au travail : les femmes face aux maladies professionnelles]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10491 c-content_text texte surlignable"><p>90 % des personnes qui meurent d’un accident du travail sont des hommes. Mais la division sexuelle du travail, si elle coûte cher en vies d’hommes, n’épargne pas celles des femmes. Travaillant la nuit, exposées à des cancérogènes sans le savoir, et sans être protégées, elles meurent de maladies professionnelles. Elles sont aussi proportionnellement plus touchées par les accidents de trajet. Elles cumulent souvent des doubles journées, entre leur emploi et leur travail domestique, ce qui favoriserait les maladies cardiovasculaires.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/sante">Santé</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/travail">Travail</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/conditions-de-travail">Conditions de travail</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=mortes-au-travail-les-femmes-face-aux-maladies-professionnelles?var_fav=article-10491" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/mortes-au-travail-les-femmes-face-aux-maladies-professionnelles</link>
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      <pubDate>Thu, 30 Apr 2026 17:12:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[En Haïti, face à la terreur, la puissance et la résistance des femmes]]></title>
      <description><![CDATA[<p>En 2025, plus de 8000 cas de violences basées sur le genre ont été recensés en Haïti, soit une augmentation de 25% par rapport à l’année précédente. Encore ne s’agit-il là que des incidents rapportés ; leur nombre réel doit être bien plus élevé. Les viols concentrent la majorité de ces violences. Et près des deux-tiers de ceux-ci sont des viols collectifs.</p><p>Les femmes et les filles représentent plus de 90% des victimes et la quasi-totalité des auteurs présumés sont des hommes ; près de deux-tiers d’entre eux sont des membres de bandes armées. En moyenne, 30% seulement des survivantes parviennent à recevoir de l’aide – principalement psychosociale – dans les trois jours qui suivent leur agression, augmentant fortement de la sorte les risques d’infections (VIH/IST) et de grossesses non désirées.</p><p>L’accumulation glacée des chiffres et des pourcentages sidère. Les statistiques ont un effet paralysant. Mais classer et quantifier ne suffit pas. Comme nous y invite la féministe argentine, Veronica Gago, <a href="https://www.editionsdivergences.com/livre/la-puissance-feministe-ou-le-desir-de-tout-changer" class="spip_out" rel="external">dans son livre</a> <em>La puissance féministe ou le désir de tout changer</em>, à propos des féminicides et des violences sexistes en Amérique latine, il faut <em>« déplacer la figure totalisante de la victime »</em> et <em>« complexifier la violence »</em>.</p><h2 class="spip" id="t96-des-femmes-en-insecurite">96% des femmes en insécurité</h2><p>Les gangs armés en Haïti n’ont pas inventé les violences basées sur le genre et n’en ont pas le monopole. Il faut resituer ces violences dans le temps et dans l’espace, le long d’une chaîne continue d’agressions, d’exploitations et de tentatives de subordination. Un quart des viols sont commis par des « civils » sur des filles et des femmes déplacées internes, le plus souvent au sein des sites de déplacés et des communautés d’accueil.</p><p>Au cours d’<a href="https://europe.mercycorps.org/sites/default/files/2026-03/crisis-analysis_displacement-gendered-harm-and-the-normalization-of-crisis-in-port-au-prince.pdf" class="spip_out" rel="external">une enquête récente</a> de l’ONG Mercy Corps auprès de plus d’une centaine de personnes vivant dans des camps de déplacés dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, près de 96% des répondantes affirment ne pas se sentir en sécurité et plus de 30% d’entre elles y ont déjà subi des violences.</p><div class="spip_document_22802 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="64" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4113238609 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp?1777302157 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg@.webp?1777391086 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg?1777363400" width="960" height="1399" alt="Couverture du livre." aria-describedby="by22802-c77121c4b33e42dec1cb097d77f68946" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/couverture_livre-2.jpg?1777363400 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22802-c77121c4b33e42dec1cb097d77f68946"><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/haiti-briser-le-piege-colonial-frederic-thomas/9782021604122" class="spip_out" rel="external"><em>Haïti. Briser le piège colonial</em></a>, Frédéric Thomas, Seuil, 2026.
</figcaption></figure></div><p>Ainsi, ces espaces de déplacement, <a href="https://www.alterpresse.org/Haiti-Le-viol-collectif-comme-arme-symptome-d-un-Etat-defaillant-et-d-un-abandon-international" class="spip_out" rel="external">note l’organisation féministe haïtienne</a>, SOFA (Solidarite Fanm Ayisyèn), <em>« loin d’être des lieux de protection, deviennent des zones de grande vulnérabilité »</em> où les femmes et les filles <em>« sont particulièrement exposées aux violences »</em>. De plus, aujourd’hui comme par le passé, en Haïti comme ailleurs, le foyer est souvent moins un refuge qu’un lieu menaçant, voire un enfer domestique. Et les agresseurs sont des proches ou, à tout le moins, des personnes connues.</p><p>Ce qui a en revanche changé est le recours aux viols collectifs comme stratégie et la terreur comme mode de gouvernance. Les 13 et 14 novembre 2018, dans le quartier populaire de La Saline, à Port-au-Prince, alors qu’un soulèvement populaire déstabilise le gouvernement, les gangs armés entrent de façon spectaculaire en scène.</p><h2 class="spip" id="Massacres-commis-par-les-gangs">Massacres commis par les gangs</h2><p>Au cours d’une soirée et d’une longue nuit, onze viols sont commis, dont deux viols collectifs de femmes de 17 et 23 ans, dans leurs maisons, devant leurs parents ou enfants. Quelque 71 personnes sont tuées. Ce premier massacre annonce les suivants, fixe le mode opératoire et indique jusqu’où le pouvoir est prêt à aller pour assurer ses privilèges et figer le statu quo.</p><p>La présence de gangs, nés sur le terreau de la pauvreté, des inégalités et de l’absence de perspectives, est un phénomène ancien en Haïti. Ce qui est nouveau est leur structuration et leur extension territoriale, fruit d’une montée en puissance à la mesure de leur utilisation stratégique par la classe dominante pour casser l’insurrection et déchirer le tissu social. Or, les organisations de femmes sont au cœur de ce tissu et du mouvement social. En conséquence, elles forment la cible prioritaire.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Les violences des bandes armées doivent dès lors être comprises comme une contre-offensive du pouvoir à la désobéissance menaçante de la « plèbe » et un rappel à l’ordre qui entend remettre le peuple et tout particulièrement les femmes à leurs places ; celles de subalternes dociles. <em>« Cette stratégie n’est pas nouvelle »</em> remarque l’organisation féministe Sofa, <em>« elle a déjà été utilisée lors du coup d’État de 1991-1994 [renversant le président Jean-Bertrand Aristide], où le corps des femmes était traité comme un butin de guerre par les membres du groupe paramilitaire »</em>.</p><p>L’exaspération des violences en Haïti depuis 2018 s’opère ainsi au croisement d’économies illégales – analysées entre autres par Veronica Gago et Rita Segato (<a href="https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/l%C3%A9criture-sur-le-corps-des-femmes-assassin%C3%A9es-de-ciudad-juarez-9782228927970" class="spip_out" rel="external">dans son ouvrage</a> <em>L’écriture sur le corps des femmes assassinées de Ciudad Juarez</em>) et d’une économie politique de la désobéissance. Les premières <em>« fournissent de nouvelles figures d’‘autorité’ »</em>, répondant à la crise de la « dignité » masculine par une « masculinité prédatrice », où la conquête de territoires se confond avec l’appropriation violente du corps des femmes. La seconde renvoie au secteur informel qui représente plus de 80% de l’emploi, principalement féminin et largement paysan, ainsi que la majeure partie du PIB. Il constitue le socle de toute l’économie du pays. Or, celui-ci est traversé de tensions et de contradictions.</p><p>D’un côté, arrimé à l’absence de services sociaux et à l’externalisation des institutions publiques, l’économie informelle produit une mécanique de résilience, complément et amortisseur obligés de l’irresponsabilité de l’État, des mesures néolibérales et de la privatisation par voie de l’aide internationale. De l’autre, elle dessine un espace d’autonomie et de résistance, qui consacre la fiction du travail « normal », en faisant converger l’expérience du marronnage et l’ensemble des activités de reproduction sociale (soins, ménage, éducation, soutien émotionnel, etc.) traditionnellement dévolues aux femmes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/c-est-encore-largement-a-travers-un-regard-colonial-qu-est-apprehende-haiti-crise-Frederic-Thomas">« C’est encore largement à travers un regard colonial qu’est appréhendé Haïti »</a></aside><p>Ainsi, cette économie – populaire plutôt qu’informelle – se rapproche du concept féministe d’« infrastructure invisible », à la base de tout l’édifice économique capitaliste, tout en étant niée par celui-ci comme activité productive. Et elle est également en butte à des mécanismes d’exploitation, d’invisibilisation et d’alignement sur l’économie formelle.</p><p>La crise actuelle ne se réduit pas à une urgence humanitaire. Pas plus que les Haïtiennes ne sont cantonnées au rôle de victimes, passives et impuissantes, attendant impatiemment et désespérément des solutions de l’aide internationale. La dramatique situation d’aujourd’hui est la résultante d’un calcul stratégique : c’est le coût que l’oligarchie consent à payer pour demeurer au pouvoir et le prix de l’aveuglement ou de la complicité internationale.</p><h2 class="spip" id="Impunite-entretenue-par-l-Etat">Impunité entretenue par l’État</h2><p>Les viols produisent et reproduisent une impunité que l’État entretient. <em>« Dans un contexte où l’État refuse de manière historique d’assumer son étatisation »</em>, <a href="https://journals.openedition.org/ried/17398?lang=en" class="spip_out" rel="external">l’irresponsabilité est devenue</a> <em>« une des formes possibles de la gouvernementalité »</em>. Les bandes armées et les acteurs internationaux n’occupent pas un terrain soi-disant perdu par les institutions publiques ; ils cogèrent un territoire et, entre prédation, autoritarisme et irresponsabilité, assoient leur domination sur les Haïtiens et surtout les Haïtiennes.</p><p>Trouver une issue à cette crise implique de s’attaquer au soubassement économique, politique et social de la terreur. Et de redéfinir l’enjeu sécuritaire en termes d’accès sécurisé et garanti à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, au logement et à l’emploi, d’une part, en termes de désir, d’autonomie et de liberté pour les femmes et les corps féminisés, d’autre part, en termes de rupture avec l’impunité, les inégalités et la dépendance, enfin. Avant d’être des victimes, les Haïtiennes sont des actrices et c’est d’abord à elles de régler les conditions et modalités de la justice réparatrice qui doivent assurer le jugement des coupables, la fin des violences et leur non-répétition.</p><p>Il faut donc renverser l’approche. La crise haïtienne n’est pas le signe d’une impuissance, mais bien la réponse à une puissance populaire, singulièrement féministe, qui a secoué les bases prédatrices et néocoloniales du pouvoir, en ouvrant la voie à une transition de rupture. Tous les mouvements ont été affectés et affaiblis par ces huit années de violences et de terreur. Ils n’en continuent pas moins de résister. Du côté des Haïtiennes, Nègès Mawon, SOFA, Kay Fanm, Fanm Deside et la myriade d’autres organisations de femmes sont les noms de cette résistance.</p><p><strong>Frédéric Thomas</strong> est docteur en sciences politiques, chargé d’étude au <a href="https://www.cetri.be" class="spip_out" rel="external">CETRI – Centre tricontinental,</a> auteur de <a href="https://www.seuil.com/ouvrage/haiti-briser-le-piege-colonial-frederic-thomas/9782021604122" class="spip_out" rel="external"><em>Haïti. Briser le piège colonial</em></a> (Paris, Seuil, 2026).</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Haiti-face-a-la-terreur-puissance-resistance-femmes</link>
      <guid>https://basta.media/Haiti-face-a-la-terreur-puissance-resistance-femmes</guid>
      <pubDate>Thu, 30 Apr 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Patriots Network : enquête sur le réseau qui agrège les figures montantes de l'extrême droite mondiale]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Ce samedi 2 mai, plusieurs membres du gratin de l’extrême droite européenne participeront à une conférence à Paris, dans un lieu encore tenu secret. Y interviendront Alice Cordier, présidente du <a href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">réseau fémonationaliste français Némésis</a>, le militant raciste britannique <a href="https://basta.media/marche-nationaliste-et-raciste-a-londres-un-signal-d-alerte-pour-toute-l-europe" class="spip_in">Tommy Robinson</a>, ancien hooligan et multicondamné pour agressions, fraude ou diffamation, l’un des chefs de file de l’extrême droite flamande Filip Dewinter, le député européen luxembourgeois Fernand Kartheiser, connu pour ses positions pro-Poutine, ainsi que des représentants et élus de l’extrême droite allemande (AfD), portugaise (Chega) ou bulgare.</p><p>Tous sont invités par le Patriots Network, fondé en France, à Aix-en-Provence, en 2023 et, jusqu’à présent, passé sous les radars politiques et médiatiques. Cette sorte d’internationale réactionnaire a été lancée par un ancien responsable de la jeunesse du Front national (FN) puis du Rassemblement national (RN) dans les Bouches-du-Rhône, Enzo Alias-Blanes. Ce réseau met en relation de jeunes « patriotes » d’une quarantaine de pays. Ces potentiels futurs cadres de l’extrême droite mondiale ont, pour la plupart, entre 20 et 40 ans et se réunissent régulièrement pour échanger sur les marottes classiques des courants réactionnaires : sécurité, immigration, valeurs familiales... Quels sont les objectifs de cette nébuleuse d’extrême droite, quels intérêts sert-elle et qui la finance ?</p><h2 class="spip" id="Une-toile-reactionnaire-sur-cinq-continents">Une toile réactionnaire sur cinq continents</h2><p>Sur la quarantaine de pays représentés au sein du Patriots Network, la moitié sont européens. Vient ensuite le continent américain avec, principalement, des pays d’Amérique centrale et du Sud. Le vice-président du réseau, Frank Alley, est ainsi député au Congrès hondurien et secrétaire international du Partido Nacional de Honduras (Parti national du Honduras), parti de droite au pouvoir, ardemment soutenu par Donald Trump, malgré son implication dans de nombreuses affaires de corruption en lien avec le narcotrafic. Puis l’Asie, avec notamment une influenceuse d’extrême droite sud-coréenne, Mina Kim, fondatrice du mouvement Build Up Korea qui, <a href="https://www.politico.com/news/magazine/2026/03/27/young-maga-south-korea-00844877" class="spip_out" rel="external">selon le média <em>Politico</em></a>, <em>« s’inspire clairement de l’organisation de jeunesse conservatrice Turning Point USA et entretient des liens directs avec le cercle MAGA</em> [« Make America Great Again », NDLR]<em>, notamment avec Donald Trump »</em>. Et, enfin, l’Afrique.</p><p>Chaque pays possède un ou deux coordinateurs chargés de promouvoir le réseau et d’organiser des événements. Ces jeunes sont aussi bien membres de partis politiques plus ou moins influents, députés locaux, régionaux ou nationaux, lobbyistes, influenceurs... <em>« Nos coordinateurs ont tous moins de 40 ans. Ils nous sont souvent recommandés par les partis [dans chaque pays]. C’est souvent un secrétaire pour les relations internationales, cela peut être le président d’un mouvement de jeunesse »</em>, nous dit Enzo Alias-Blanes, joint par <em>Basta!</em>.</p><div class="spip_document_22807 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="113" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/tommy_robinson.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c105603223 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777525703 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777525409 1440w, local/adapt-img/805/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777391058 1610w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777539818 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777539818 1440w, local/adapt-img/805/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777531643 1610w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777529593 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777525369 1080w, local/adapt-img/805/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777525731 1208w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777539818 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777539818 1080w, local/adapt-img/805/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777531643 1208w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777532889 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777539819 720w, local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777390004 805w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777390286" width="805" height="805" alt="" aria-describedby="by22807-2d1ec9f9f615cce16d4c508b0113dce4" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777525849 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777534155 720w, local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777390286 805w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22807-2d1ec9f9f615cce16d4c508b0113dce4">Post Instagram de Patriots Network confirmant la venue du militant d’extrême droite britannique Tommy Robinson.
</figcaption></figure></div><p>Le Patriots Network constitue pour eux un espace de formation, qui leur permet de <em>« maîtriser plusieurs langues, comprendre des enjeux qui dépassent les frontières nationales »</em>, indique Tristan Boursier, docteur en sciences politiques à l’université de Montréal et Sciences Po Paris, spécialiste de l’extrême droite. Il leur permet également d’acquérir une légitimité pour <em>« pouvoir mobiliser des soutiens étrangers, citer des références croisées, être invités à des événements »</em>. <em>« Pour les grands partis déjà établis, c’est une façon de projeter de l’influence à peu de frais et de tester des figures montantes dans un environnement moins exposé qu’à domicile. Pour les petits partis ou ceux qui émergent, l’international permet de construire une crédibilité que l’espace politique national ne leur accorde pas encore »</em>, analyse le chercheur. Le réseau aurait ainsi permis, selon Enzo Alias-Blanes, de <em>« connecter »</em> le parti d’extrême droite portugais Chega avec le parti de droite angolais Unita (l’Angola étant une ancienne colonie portugaise), mouvement qui avait été soutenu par les États-Unis et le régime d’apartheid sud-africain pendant la guerre froide et la guerre civile angolaise.</p><p>Dans le cadre de cette mise en relation entre les extrêmes droites, les membres du Patriots Network participent ou organisent des conférences à travers le monde, de New York à Bruxelles, en passant par San Salvador ou New Delhi. La conférence du 2 mai à Paris est la 14<sup class="typo_exposants">e</sup> depuis la création du réseau. Ces rencontres, qui réunissent plusieurs dizaines de personnes, servent de caisse de résonance à leurs obsessions idéologiques, adaptées aux contextes locaux, régionaux et internationaux. En février dernier, à Sofia en Bulgarie, les thèmes allaient de « la migration et l’importation du travail » au « futur de la zone euro » en passant par « la déchristianisation et les changements ethnodémographiques en Europe », ou « le danger du terrorisme » dans une Europe considérée comme « faible ».</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Obsessions-anti-migrants-admirateurs-du-nazisme-ou-de-Poutine">Obsessions anti-migrants, admirateurs du nazisme ou de Poutine</h2><p>Le but n’est pas <em>« de construire un programme commun cohérent et étroit, mais de former le plus tôt possible une élite politique partageant une vision du monde, un socle de références, de réflexes intellectuels et de solidarités personnelles »</em>, analyse Tristan Boursier. À l’avenir, cette élite pourra ainsi agir <em>« en convergence sans avoir besoin d’une coordination explicite »</em>. Cette stratégie possède néanmoins des limites : <em>« Les tensions entre nationalistes sont structurelles, car, par définition, chaque groupe place sa nation au-dessus des autres »</em>, poursuit le chercheur. Par exemple, <em>« le groupe Identité et Démocratie au Parlement européen a été traversé de crises répétées, notamment lorsque l’AfD allemande a été exclue en 2024 après des déclarations jugées trop extrémistes par le RN lui-même »</em>, explique-t-il. L’eurodéputé de l’AfD Maximilian Krah avait notamment déclaré qu’un SS n’était <em>« pas automatiquement un criminel »</em>. De quoi ternir l’image fréquentable que veut se donner le RN en France.</p><p>Lors de ces conférences, interviennent aussi bien des conseillers politiques, des membres de think tanks, des chercheurs, des ambassadeurs, des sénateurs, des députés locaux, régionaux, nationaux, des présidents de parlement, des dirigeants de partis ou de mouvements politiques, souvent pro-Poutine, pro-Trump, anti-migrants et xénophobes. Parmi les invités réguliers, le néerlandais Thierry Baudet, président du Forum pour la démocratie (FvD), un parti d’extrême droite radicale xénophobe, nationaliste, complotiste et climatosceptique, dont l’histoire est jalonnée de nombreux scandales : apologie du régime nazi, propos antisémites, homophobes... En 2021, Thierry Baudet avait déclaré que les procès de Nuremberg à l’encontre des dirigeants du Troisième Reich étaient <em>« illégitimes »</em>. Il avait également <a href="https://www.bbc.com/news/world-europe-59677593" class="spip_out" rel="external">comparé les mesures anti-Covid à l’Holocauste</a>.</p><p>À en croire Enzo Alias-Blanes, Patriots Network serait un réseau de partis de « droite » ou de « centre-droit », le qualificatif changeant <em>« selon les continents »</em>. Lui ne voit pas <em>« de références au nazisme »</em> du côté du parti néerlandais Forum pour la démocratie. Il ne voit pas non plus de problème à inviter le militant d’extrême droite raciste britannique Tommy Robinson, malgré ses multiples condamnations : il <em>« n’est pas anti-démocratie, bien au contraire »</em>. Enzo Alias-Blanes ne semble pas non plus particulièrement ennuyé par le positionnement pro-Poutine de nombreux participants. <em>« On peut soutenir l’Ukraine ou pas et quand même se parler »</em>, dit-il.</p><p>Pour ces figures, les conférences <em>« sont des espaces de recrutement de militants futurs, d’extension de leur carnet d’adresses transnational et de diffusion de leurs idées dans un environnement réceptif »</em>, commente Tristan Boursier. Cela leur permet également d’entretenir une image de <em>« leaders intellectuels »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">« Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême »</a></aside><h2 class="spip" id="Des-lt-lt-patriotes-sous-influence-trumpiste-et-etats-unienne">Des « patriotes » sous influence trumpiste et états-unienne</h2><p>Des « leaders », soumis à une influence indéniable des États-Unis trumpistes. En 2022 puis en 2024, Enzo Alias-Blanes s’est rendu à la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) de Budapest, en Hongrie, grand rendez-vous européen où converge tout ce que le continent compte de figures Trump-compatibles.</p><div class="spip_document_22809 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="174" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/metropolitan_republican_club.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1063250355 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777525846 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777525564 1440w, local/adapt-img/805/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777391060 1610w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777539818 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777539818 1440w, local/adapt-img/805/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777531643 1610w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777529881 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777529621 1080w, local/adapt-img/805/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777525805 1208w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777539818 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777539818 1080w, local/adapt-img/805/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777531643 1208w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777532889 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777539818 720w, local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777390006 805w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777390286" width="805" height="805" alt="" aria-describedby="by22809-9b6a39526b338611f3d22483cf93649b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777525850 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777539818 720w, local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777390286 805w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22809-9b6a39526b338611f3d22483cf93649b">Le réseau Patriots Network annonçant son partenariat avec le Metropolitan Republican Club de New York, un club républicain devenu ultraconservateur, voire d’extrême droite.
</figcaption></figure></div><p>Née en 1973 aux États-Unis, la CPAC est devenue l’une des grand-messes annuelles du conservatisme américain où se pressent une dizaine de milliers de personnes, dont des personnalités publiques de premier plan. Organisée par l’Union conservatrice américaine (ACU), un lobby conservateur très proche des Républicains, parti désormais dominé par le courant d’extrême droite pro-Trump MAGA, le rendez-vous se donne pour but de discuter des enjeux politiques et électoraux ainsi que de mettre en lien les conservateurs américains avec leurs homologues du reste du monde.</p><p>En février 2025, le leader du RN Jordan Bardella devait s’y rendre avant d’annuler au dernier moment suite au <a href="https://www.lemonde.fr/international/video/2025/02/21/steve-bannon-ancien-conseiller-de-donald-trump-fait-ce-qui-ressemble-a-un-salut-nazi-a-la-grand-messe-americaine-des-conservateurs_6557600_3210.html" class="spip_out" rel="external">salut nazi de l’ancien conseiller de Donald Trump</a>, Steve Bannon. Au contraire de la députée européenne Reconquête Sarah Knafo qui n’a apparemment pas été dérangée par ce geste. Depuis la fin des années 2010, l’ACU exporte sa CPAC au Japon, en Corée du Sud, en Australie, au Brésil, au Mexique et donc en Hongrie. Elle a également organisé une réunion publique en Pologne en 2025.</p><p>Le développement d’initiatives conservatrices états-uniennes sert les ambitions impérialistes du camp trumpiste. <em>« Des structures comme l’America First Policy Institute ou des fondations proches de Steve Bannon ont explicitement théorisé le soutien aux mouvements souverainistes européens comme un levier pour affaiblir l’Union européenne et l’OTAN »</em>, rappelle Tristan Boursier. L’administration Trump possède même une sous-secrétaire d’État pour la diplomatie et les affaires publiques en la personne de Sarah B. Rogers. C’est elle qui est chargée de la stratégie de financements d’organisations pro-MAGA en Europe.</p><p>Rien d’étonnant, donc, à voir le Patriots Network inviter Mark Ivanyo, directeur du Republicans for National Renewal, un lobby très proche du parti républicain qui promeut des valeurs ultraconservatrices. Il n’est pas plus surprenant de voir le réseau conclure un partenariat avec le Metropolitan Republican Club, un salon new-yorkais où se réunit la haute société républicaine. Aujourd’hui, le Patriots Network compte dans ses rangs deux coordinateurs états-uniens, dont Luca Di Giacomo, président du Metropolitan Republican Club. Ce « club » vient de remettre, le 23 avril, un prix à un sénateur républicain du Tennessee qui a mené campagne <a href="https://www.politico.com/newsletters/new-york-playbook-pm/2026/04/23/he-wants-muslims-out-of-the-u-s-and-hes-blakemans-opener-00889581" class="spip_out" rel="external">pour « retirer la nationalité » au nouveau maire de New York Zohran Mamdani</a> et pour « l’expulser » du pays.</p><p>Pour Tristan Boursier, <em>« le Patriots Network ressemble fortement au type de relais que les États-Unis cherchent à construire. La seule question qui reste ouverte est celle du degré de conscience de ses membres : s’agit-il d’une subordination délibérée ou d’une convergence idéologique sans coordination explicite ? »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/The-Great-Reset-extreme-droite-europe-lance-a-Paris-son-plan-pour-demanteler-UE">“The Great Reset” : l’extrême droite européenne lance à Paris son plan pour démanteler l’UE</a></aside><h2 class="spip" id="Le-carnet-d-adresses-douteux-d-Enzo-Alias-Blanes">Le carnet d’adresses douteux d’Enzo Alias-Blanes</h2><p>Si les ramifications du réseau sont internationales, c’est en Europe que se trouve la base fondatrice du Patriots Network grâce aux contacts engrangés par Enzo Alias-Blanes. En 2019, dans le cadre des élections européennes, Jordan Bardella, alors vice-président du RN, le nomme délégué national de Génération Nation, l’organe de jeunesse du parti (la dénomination change en 2022 pour devenir le Rassemblement national de la jeunesse). Il commence alors à sillonner le Vieux Continent et se rapproche de jeunes nationalistes européens, notamment des Allemands de la Junge Alternative (JA), l’organe de jeunesse de l’AfD. Il fait ainsi la connaissance de Severin Kölher, vice-président puis président de la JA du Bade-Wurtemberg, connue pour être proche des milieux les plus radicaux de l’extrême droite allemande, comme l’Identitäre Bewegung (Génération identitaire), le Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD, ouvertement néonazi, raciste et antisémite) et le III. Weg (Troisième voie). Les liens entre la JA et la sphère néonazie sont tels que le mouvement est placé sous surveillance de l’Office de protection de la Constitution du Bade-Wurtemberg.</p><div class="spip_document_22808 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="116" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/parlement_flamand.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c422633176 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777525846 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777525659 1440w, local/adapt-img/804/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777391060 1608w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777539818 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777539818 1440w, local/adapt-img/804/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777531643 1608w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777530061 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777536443 1080w, local/adapt-img/804/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777525852 1206w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777539818 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777539818 1080w, local/adapt-img/804/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777531643 1206w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777532889 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777539819 720w, local/adapt-img/804/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777390009 804w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/804/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777525251" width="804" height="804" alt="" aria-describedby="by22808-8bac785a2b1f7212819f0ef479fadcf0" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777525850 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777539818 720w, local/adapt-img/804/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777525251 804w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22808-8bac785a2b1f7212819f0ef479fadcf0">Enzo Alias-Blanes invité par le parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang au Parlement flamand en février 2024.
</figcaption></figure></div><p>Dans le cadre de la campagne d’Enzo Alias-Blanes pour les élections départementales de 2021, Severin Köhler participe à un tractage à Arles aux côtés d’autres membres allemands de la JA. Il est également présent lors de la soirée de lancement du Patriots Network en octobre 2023 et devient son premier coordinateur allemand avant d’être remplacé par son homonyme Martin Kohler, lui aussi membre de l’AfD. Le 31 mars 2025, la JA est officiellement dissoute par l’AfD sous la contrainte de l’Office fédéral de protection de la Constitution. L’institution allemande l’avait classée comme « organisation extrémiste de droite » depuis 2023, notamment pour ses liens avec l’extrême droite radicale.</p><h2 class="spip" id="Brebis-galleuse-du-RN">Brebis galleuse du RN</h2><p>En 2022, lors des élections législatives françaises, Enzo Alias-Blanes utilise sa société de conseil en relations publiques, Primis communication, pour réaliser les kits de campagne de plusieurs candidats RN dans tout l’Hexagone, dont quatre à Marseille. Parmi eux, sa propre compagne Sandrine Lambert, alors candidate dans les Bouches-du-Rhône, et une figure locale, Gisèle Lelouis, élue députée. Selon la commission des comptes de campagne et des financements politiques, Primis communication aurait surfacturé son kit de campagne, <a href="https://marsactu.fr/les-tres-chers-kits-de-campagne-electorale-dun-cadre-marseillais-du-rassemblement-national/" class="spip_out" rel="external">comme l’avait révélé <em>Marsactu</em></a>.</p><p>Une autre affaire va nuire à la carrière d’Enzo Alias-Blanes au sein du RN. Une photo de lui en train d’effectuer un salut nazi sort sur les réseaux sociaux le fait basculer parmi les (très nombreuses) <a href="https://www.streetpress.com/sujet/1772624322-municipales-carte-150-brebis-galeuses-rassemblement-national-extreme-droite-candidats-elections-bardella" class="spip_out" rel="external">« brebis galeuses » du parti lepéniste</a>. Il dénonce à l’époque un « photomontage » mais, après vérification, France 3 <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/legislatives-2022-y-a-t-il-eu-un-salut-nazi-d-un-soutien-rn-de-la-3e-circonscription-des-bouches-du-rhone-2563384.html" class="spip_out" rel="external">démontre que la photo est authentique</a>. Le militant dit aujourd’hui ne plus avoir sa carte au RN. Au vu des parcours et accointances politiques de l’homme à l’origine du Patriots Network, l’hommage rendu par le réseau au militant fasciste Quentin Deranque après sa mort, dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, n’est pas étonnant.</p><h2 class="spip" id="t130-euros-la-place-lt-lt-VIP">130 euros la place « VIP »</h2><p>Comment se finance ce réseau, dont les coordinateurs sont invités à voyager régulièrement sur plusieurs continents au gré des conférences et grands rendez-vous de la sphère ultraréactionnaire ? Au-delà des droits d’entrée et des cotisations, les statuts associatifs déposés en France indiquent que le Patriots Network peut recevoir des <em>« subventions des États, parlements, donateurs, entreprises et organisations »</em> et <em>« bénéficier de donation dans le cadre de sponsor pour des conférences »</em>. Enzo Alias-Blanes nous assure ne recevoir <em>« aucune subvention d’aucun gouvernement et d’aucun parlement »</em>. Selon lui, les conférences, comme celle de Paris, sont financées par les participations payantes (130 euros la place « VIP », avec dîner), les partis partenaires locaux pouvant prendre en charge la location de la salle et les chambres en hôtels.</p><p>Le Patriots Network essaie de bâtir sa légitimité auprès des partisans d’une union internationale des extrêmes droites, profitant directement ou indirectement du parrainage et des moyens des puissants réseaux trumpistes, au risque d’en devenir les vassaux. Tout comme son animateur Enzo Alias-Blanes, pour qui cela semble une manière de se reconstruire une image et une place au sein de l’extrême droite française et européenne. Ce réseau symbolise en tout cas, avec d’autres, la mondialisation en cours des projets funestes de l’extrême droite.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 30 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Patriots Network : enquête sur le réseau qui agrège les figures montantes de l'extrême droite mondiale]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Ce samedi 2 mai, plusieurs membres du gratin de l’extrême droite européenne participeront à une conférence à Paris, dans un lieu encore tenu secret. Y interviendront Alice Cordier, présidente du <a href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">réseau fémonationaliste français Némésis</a>, le militant raciste britannique <a href="https://basta.media/marche-nationaliste-et-raciste-a-londres-un-signal-d-alerte-pour-toute-l-europe" class="spip_in">Tommy Robinson</a>, ancien hooligan et multicondamné pour agressions, fraude ou diffamation, l’un des chefs de file de l’extrême droite flamande Filip Dewinter, le député européen luxembourgeois Fernand Kartheiser, connu pour ses positions pro-Poutine, ainsi que des représentants et élus de l’extrême droite allemande (AfD), portugaise (Chega) ou bulgare.</p><p>Tous sont invités par le Patriots Network, fondé en France, à Aix-en-Provence, en 2023 et, jusqu’à présent, passé sous les radars politiques et médiatiques. Cette sorte d’internationale réactionnaire a été lancée par un ancien responsable de la jeunesse du Front national (FN) puis du Rassemblement national (RN) dans les Bouches-du-Rhône, Enzo Alias-Blanes. Ce réseau met en relation de jeunes « patriotes » d’une quarantaine de pays. Ces potentiels futurs cadres de l’extrême droite mondiale ont, pour la plupart, entre 20 et 40 ans et se réunissent régulièrement pour échanger sur les marottes classiques des courants réactionnaires : sécurité, immigration, valeurs familiales... Quels sont les objectifs de cette nébuleuse d’extrême droite, quels intérêts sert-elle et qui la finance ?</p><h2 class="spip" id="Une-toile-reactionnaire-sur-cinq-continents">Une toile réactionnaire sur cinq continents</h2><p>Sur la quarantaine de pays représentés au sein du Patriots Network, la moitié sont européens. Vient ensuite le continent américain avec, principalement, des pays d’Amérique centrale et du Sud. Le vice-président du réseau, Frank Alley, est ainsi député au Congrès hondurien et secrétaire international du Partido Nacional de Honduras (Parti national du Honduras), parti de droite au pouvoir, ardemment soutenu par Donald Trump, malgré son implication dans de nombreuses affaires de corruption en lien avec le narcotrafic. Puis l’Asie, avec notamment une influenceuse d’extrême droite sud-coréenne, Mina Kim, fondatrice du mouvement Build Up Korea qui, <a href="https://www.politico.com/news/magazine/2026/03/27/young-maga-south-korea-00844877" class="spip_out" rel="external">selon le média <em>Politico</em></a>, <em>« s’inspire clairement de l’organisation de jeunesse conservatrice Turning Point USA et entretient des liens directs avec le cercle MAGA</em> [« Make America Great Again », NDLR]<em>, notamment avec Donald Trump »</em>. Et, enfin, l’Afrique.</p><p>Chaque pays possède un ou deux coordinateurs chargés de promouvoir le réseau et d’organiser des événements. Ces jeunes sont aussi bien membres de partis politiques plus ou moins influents, députés locaux, régionaux ou nationaux, lobbyistes, influenceurs... <em>« Nos coordinateurs ont tous moins de 40 ans. Ils nous sont souvent recommandés par les partis [dans chaque pays]. C’est souvent un secrétaire pour les relations internationales, cela peut être le président d’un mouvement de jeunesse »</em>, nous dit Enzo Alias-Blanes, joint par <em>Basta!</em>.</p><div class="spip_document_22807 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="113" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/tommy_robinson.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c105603223 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/805/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777391058 1610w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg 1440w, local/adapt-img/805/20x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg 1610w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/805/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp 1208w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg 1080w, local/adapt-img/805/15x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg 1208w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg@.webp?1777390004 805w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777390286" width="805" height="805" alt="" aria-describedby="by22807-b2bba38c1ed95a72247a0020f6568ecf" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg 720w, local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/80/5ac92194d3f56b6642770f75fda2c5.jpg?1777390286 805w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22807-b2bba38c1ed95a72247a0020f6568ecf">Post Instagram de Patriots Network confirmant la venue du militant d’extrême droite britannique Tommy Robinson.
</figcaption></figure></div><p>Le Patriots Network constitue pour eux un espace de formation, qui leur permet de <em>« maîtriser plusieurs langues, comprendre des enjeux qui dépassent les frontières nationales »</em>, indique Tristan Boursier, docteur en sciences politiques à l’université de Montréal et Sciences Po Paris, spécialiste de l’extrême droite. Il leur permet également d’acquérir une légitimité pour <em>« pouvoir mobiliser des soutiens étrangers, citer des références croisées, être invités à des événements »</em>. <em>« Pour les grands partis déjà établis, c’est une façon de projeter de l’influence à peu de frais et de tester des figures montantes dans un environnement moins exposé qu’à domicile. Pour les petits partis ou ceux qui émergent, l’international permet de construire une crédibilité que l’espace politique national ne leur accorde pas encore »</em>, analyse le chercheur. Le réseau aurait ainsi permis, selon Enzo Alias-Blanes, de <em>« connecter »</em> le parti d’extrême droite portugais Chega avec le parti de droite angolais Unita (l’Angola étant une ancienne colonie portugaise), mouvement qui avait été soutenu par les États-Unis et le régime d’apartheid sud-africain pendant la guerre froide et la guerre civile angolaise.</p><p>Dans le cadre de cette mise en relation entre les extrêmes droites, les membres du Patriots Network participent ou organisent des conférences à travers le monde, de New York à Bruxelles, en passant par San Salvador ou New Delhi. La conférence du 2 mai à Paris est la 14<sup class="typo_exposants">e</sup> depuis la création du réseau. Ces rencontres, qui réunissent plusieurs dizaines de personnes, servent de caisse de résonance à leurs obsessions idéologiques, adaptées aux contextes locaux, régionaux et internationaux. En février dernier, à Sofia en Bulgarie, les thèmes allaient de « la migration et l’importation du travail » au « futur de la zone euro » en passant par « la déchristianisation et les changements ethnodémographiques en Europe », ou « le danger du terrorisme » dans une Europe considérée comme « faible ».</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Obsessions-anti-migrants-admirateurs-du-nazisme-ou-de-Poutine">Obsessions anti-migrants, admirateurs du nazisme ou de Poutine</h2><p>Le but n’est pas <em>« de construire un programme commun cohérent et étroit, mais de former le plus tôt possible une élite politique partageant une vision du monde, un socle de références, de réflexes intellectuels et de solidarités personnelles »</em>, analyse Tristan Boursier. À l’avenir, cette élite pourra ainsi agir <em>« en convergence sans avoir besoin d’une coordination explicite »</em>. Cette stratégie possède néanmoins des limites : <em>« Les tensions entre nationalistes sont structurelles, car, par définition, chaque groupe place sa nation au-dessus des autres »</em>, poursuit le chercheur. Par exemple, <em>« le groupe Identité et Démocratie au Parlement européen a été traversé de crises répétées, notamment lorsque l’AfD allemande a été exclue en 2024 après des déclarations jugées trop extrémistes par le RN lui-même »</em>, explique-t-il. L’eurodéputé de l’AfD Maximilian Krah avait notamment déclaré qu’un SS n’était <em>« pas automatiquement un criminel »</em>. De quoi ternir l’image fréquentable que veut se donner le RN en France.</p><p>Lors de ces conférences, interviennent aussi bien des conseillers politiques, des membres de think tanks, des chercheurs, des ambassadeurs, des sénateurs, des députés locaux, régionaux, nationaux, des présidents de parlement, des dirigeants de partis ou de mouvements politiques, souvent pro-Poutine, pro-Trump, anti-migrants et xénophobes. Parmi les invités réguliers, le néerlandais Thierry Baudet, président du Forum pour la démocratie (FvD), un parti d’extrême droite radicale xénophobe, nationaliste, complotiste et climatosceptique, dont l’histoire est jalonnée de nombreux scandales : apologie du régime nazi, propos antisémites, homophobes... En 2021, Thierry Baudet avait déclaré que les procès de Nuremberg à l’encontre des dirigeants du Troisième Reich étaient <em>« illégitimes »</em>. Il avait également <a href="https://www.bbc.com/news/world-europe-59677593" class="spip_out" rel="external">comparé les mesures anti-Covid à l’Holocauste</a>.</p><p>À en croire Enzo Alias-Blanes, Patriots Network serait un réseau de partis de « droite » ou de « centre-droit », le qualificatif changeant <em>« selon les continents »</em>. Lui ne voit pas <em>« de références au nazisme »</em> du côté du parti néerlandais Forum pour la démocratie. Il ne voit pas non plus de problème à inviter le militant d’extrême droite raciste britannique Tommy Robinson, malgré ses multiples condamnations : il <em>« n’est pas anti-démocratie, bien au contraire »</em>. Enzo Alias-Blanes ne semble pas non plus particulièrement ennuyé par le positionnement pro-Poutine de nombreux participants. <em>« On peut soutenir l’Ukraine ou pas et quand même se parler »</em>, dit-il.</p><p>Pour ces figures, les conférences <em>« sont des espaces de recrutement de militants futurs, d’extension de leur carnet d’adresses transnational et de diffusion de leurs idées dans un environnement réceptif »</em>, commente Tristan Boursier. Cela leur permet également d’entretenir une image de <em>« leaders intellectuels »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">« Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême »</a></aside><h2 class="spip" id="Des-lt-lt-patriotes-sous-influence-trumpiste-et-etats-unienne">Des « patriotes » sous influence trumpiste et états-unienne</h2><p>Des « leaders », soumis à une influence indéniable des États-Unis trumpistes. En 2022 puis en 2024, Enzo Alias-Blanes s’est rendu à la Conférence d’action politique conservatrice (CPAC) de Budapest, en Hongrie, grand rendez-vous européen où converge tout ce que le continent compte de figures Trump-compatibles.</p><div class="spip_document_22809 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="174" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/metropolitan_republican_club.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1063250355 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/805/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777391060 1610w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg 1440w, local/adapt-img/805/20x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg 1610w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/805/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp 1208w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg 1080w, local/adapt-img/805/15x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg 1208w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg@.webp?1777390006 805w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777390286" width="805" height="805" alt="" aria-describedby="by22809-c1c5339e794e361ea1aff75040968ee4" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg 720w, local/adapt-img/805/10x/local/cache-gd2/ac/20f617657492c68ba6cbf38dda03fa.jpg?1777390286 805w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22809-c1c5339e794e361ea1aff75040968ee4">Le réseau Patriots Network annonçant son partenariat avec le Metropolitan Republican Club de New York, un club républicain devenu ultraconservateur, voire d’extrême droite.
</figcaption></figure></div><p>Née en 1973 aux États-Unis, la CPAC est devenue l’une des grand-messes annuelles du conservatisme américain où se pressent une dizaine de milliers de personnes, dont des personnalités publiques de premier plan. Organisée par l’Union conservatrice américaine (ACU), un lobby conservateur très proche des Républicains, parti désormais dominé par le courant d’extrême droite pro-Trump MAGA, le rendez-vous se donne pour but de discuter des enjeux politiques et électoraux ainsi que de mettre en lien les conservateurs américains avec leurs homologues du reste du monde.</p><p>En février 2025, le leader du RN Jordan Bardella devait s’y rendre avant d’annuler au dernier moment suite au <a href="https://www.lemonde.fr/international/video/2025/02/21/steve-bannon-ancien-conseiller-de-donald-trump-fait-ce-qui-ressemble-a-un-salut-nazi-a-la-grand-messe-americaine-des-conservateurs_6557600_3210.html" class="spip_out" rel="external">salut nazi de l’ancien conseiller de Donald Trump</a>, Steve Bannon. Au contraire de la députée européenne Reconquête Sarah Knafo qui n’a apparemment pas été dérangée par ce geste. Depuis la fin des années 2010, l’ACU exporte sa CPAC au Japon, en Corée du Sud, en Australie, au Brésil, au Mexique et donc en Hongrie. Elle a également organisé une réunion publique en Pologne en 2025.</p><p>Le développement d’initiatives conservatrices états-uniennes sert les ambitions impérialistes du camp trumpiste. <em>« Des structures comme l’America First Policy Institute ou des fondations proches de Steve Bannon ont explicitement théorisé le soutien aux mouvements souverainistes européens comme un levier pour affaiblir l’Union européenne et l’OTAN »</em>, rappelle Tristan Boursier. L’administration Trump possède même une sous-secrétaire d’État pour la diplomatie et les affaires publiques en la personne de Sarah B. Rogers. C’est elle qui est chargée de la stratégie de financements d’organisations pro-MAGA en Europe.</p><p>Rien d’étonnant, donc, à voir le Patriots Network inviter Mark Ivanyo, directeur du Republicans for National Renewal, un lobby très proche du parti républicain qui promeut des valeurs ultraconservatrices. Il n’est pas plus surprenant de voir le réseau conclure un partenariat avec le Metropolitan Republican Club, un salon new-yorkais où se réunit la haute société républicaine. Aujourd’hui, le Patriots Network compte dans ses rangs deux coordinateurs états-uniens, dont Luca Di Giacomo, président du Metropolitan Republican Club. Ce « club » vient de remettre, le 23 avril, un prix à un sénateur républicain du Tennessee qui a mené campagne <a href="https://www.politico.com/newsletters/new-york-playbook-pm/2026/04/23/he-wants-muslims-out-of-the-u-s-and-hes-blakemans-opener-00889581" class="spip_out" rel="external">pour « retirer la nationalité » au nouveau maire de New York Zohran Mamdani</a> et pour « l’expulser » du pays.</p><p>Pour Tristan Boursier, <em>« le Patriots Network ressemble fortement au type de relais que les États-Unis cherchent à construire. La seule question qui reste ouverte est celle du degré de conscience de ses membres : s’agit-il d’une subordination délibérée ou d’une convergence idéologique sans coordination explicite ? »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/The-Great-Reset-extreme-droite-europe-lance-a-Paris-son-plan-pour-demanteler-UE">“The Great Reset” : l’extrême droite européenne lance à Paris son plan pour démanteler l’UE</a></aside><h2 class="spip" id="Le-carnet-d-adresses-douteux-d-Enzo-Alias-Blanes">Le carnet d’adresses douteux d’Enzo Alias-Blanes</h2><p>Si les ramifications du réseau sont internationales, c’est en Europe que se trouve la base fondatrice du Patriots Network grâce aux contacts engrangés par Enzo Alias-Blanes. En 2019, dans le cadre des élections européennes, Jordan Bardella, alors vice-président du RN, le nomme délégué national de Génération Nation, l’organe de jeunesse du parti (la dénomination change en 2022 pour devenir le Rassemblement national de la jeunesse). Il commence alors à sillonner le Vieux Continent et se rapproche de jeunes nationalistes européens, notamment des Allemands de la Junge Alternative (JA), l’organe de jeunesse de l’AfD. Il fait ainsi la connaissance de Severin Kölher, vice-président puis président de la JA du Bade-Wurtemberg, connue pour être proche des milieux les plus radicaux de l’extrême droite allemande, comme l’Identitäre Bewegung (Génération identitaire), le Parti national-démocrate d’Allemagne (NPD, ouvertement néonazi, raciste et antisémite) et le III. Weg (Troisième voie). Les liens entre la JA et la sphère néonazie sont tels que le mouvement est placé sous surveillance de l’Office de protection de la Constitution du Bade-Wurtemberg.</p><div class="spip_document_22808 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="116" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/parlement_flamand.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c422633176 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/804/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777391060 1608w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg 1440w, local/adapt-img/804/20x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg 1608w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/804/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp 1206w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg 1080w, local/adapt-img/804/15x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg 1206w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/804/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg@.webp?1777390009 804w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/804/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777525251" width="804" height="804" alt="" aria-describedby="by22808-d9385f08cec544f657351a9f6e324386" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg 720w, local/adapt-img/804/10x/local/cache-gd2/7f/8a1ee69650dc2fc4053405180b0809.jpg?1777525251 804w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22808-d9385f08cec544f657351a9f6e324386">Enzo Alias-Blanes invité par le parti d’extrême droite flamand Vlaams Belang au Parlement flamand en février 2024.
</figcaption></figure></div><p>Dans le cadre de la campagne d’Enzo Alias-Blanes pour les élections départementales de 2021, Severin Köhler participe à un tractage à Arles aux côtés d’autres membres allemands de la JA. Il est également présent lors de la soirée de lancement du Patriots Network en octobre 2023 et devient son premier coordinateur allemand avant d’être remplacé par son homonyme Martin Kohler, lui aussi membre de l’AfD. Le 31 mars 2025, la JA est officiellement dissoute par l’AfD sous la contrainte de l’Office fédéral de protection de la Constitution. L’institution allemande l’avait classée comme « organisation extrémiste de droite » depuis 2023, notamment pour ses liens avec l’extrême droite radicale.</p><h2 class="spip" id="Brebis-galleuse-du-RN">Brebis galleuse du RN</h2><p>En 2022, lors des élections législatives françaises, Enzo Alias-Blanes utilise sa société de conseil en relations publiques, Primis communication, pour réaliser les kits de campagne de plusieurs candidats RN dans tout l’Hexagone, dont quatre à Marseille. Parmi eux, sa propre compagne Sandrine Lambert, alors candidate dans les Bouches-du-Rhône, et une figure locale, Gisèle Lelouis, élue députée. Selon la commission des comptes de campagne et des financements politiques, Primis communication aurait surfacturé son kit de campagne, <a href="https://marsactu.fr/les-tres-chers-kits-de-campagne-electorale-dun-cadre-marseillais-du-rassemblement-national/" class="spip_out" rel="external">comme l’avait révélé <em>Marsactu</em></a>.</p><p>Une autre affaire va nuire à la carrière d’Enzo Alias-Blanes au sein du RN. Une photo de lui en train d’effectuer un salut nazi sort sur les réseaux sociaux le fait basculer parmi les (très nombreuses) <a href="https://www.streetpress.com/sujet/1772624322-municipales-carte-150-brebis-galeuses-rassemblement-national-extreme-droite-candidats-elections-bardella" class="spip_out" rel="external">« brebis galeuses » du parti lepéniste</a>. Il dénonce à l’époque un « photomontage » mais, après vérification, France 3 <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/legislatives-2022-y-a-t-il-eu-un-salut-nazi-d-un-soutien-rn-de-la-3e-circonscription-des-bouches-du-rhone-2563384.html" class="spip_out" rel="external">démontre que la photo est authentique</a>. Le militant dit aujourd’hui ne plus avoir sa carte au RN. Au vu des parcours et accointances politiques de l’homme à l’origine du Patriots Network, l’hommage rendu par le réseau au militant fasciste Quentin Deranque après sa mort, dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, n’est pas étonnant.</p><h2 class="spip" id="t130-euros-la-place-lt-lt-VIP">130 euros la place « VIP »</h2><p>Comment se finance ce réseau, dont les coordinateurs sont invités à voyager régulièrement sur plusieurs continents au gré des conférences et grands rendez-vous de la sphère ultraréactionnaire ? Au-delà des droits d’entrée et des cotisations, les statuts associatifs déposés en France indiquent que le Patriots Network peut recevoir des <em>« subventions des États, parlements, donateurs, entreprises et organisations »</em> et <em>« bénéficier de donation dans le cadre de sponsor pour des conférences »</em>. Enzo Alias-Blanes nous assure ne recevoir <em>« aucune subvention d’aucun gouvernement et d’aucun parlement »</em>. Selon lui, les conférences, comme celle de Paris, sont financées par les participations payantes (130 euros la place « VIP », avec dîner), les partis partenaires locaux pouvant prendre en charge la location de la salle et les chambres en hôtels.</p><p>Le Patriots Network essaie de bâtir sa légitimité auprès des partisans d’une union internationale des extrêmes droites, profitant directement ou indirectement du parrainage et des moyens des puissants réseaux trumpistes, au risque d’en devenir les vassaux. Tout comme son animateur Enzo Alias-Blanes, pour qui cela semble une manière de se reconstruire une image et une place au sein de l’extrême droite française et européenne. Ce réseau symbolise en tout cas, avec d’autres, la mondialisation en cours des projets funestes de l’extrême droite.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 30 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Où manifester le 1er mai ? La carte des mobilisations près de chez vous]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« On ne touche pas au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai ! »</em>, avertissent les syndicats CGT, FSU et Solidaires dans <a href="https://www.cgt.fr/dossiers/pas-touche-au-1er-mai" class="spip_out" rel="external">leur appel à manifester</a>. Ce vendredi 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 2026, la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleurs aura un goût particulier. Fêté dans 163 pays du monde, le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai est dans le viseur du patronat français et d’un arc parlementaire allant du centre à l’extrême droite qui s’en prend à cette journée symbole des conquis sociaux du monde du travail.</p><p>Pour l’heure, c’est encore la seule journée <a href="https://inspection-du-travail.com/jours-feries/1er-mai/" class="spip_out" rel="external">obligatoirement chômée et payée</a> en France.</p><p>Seuls les employeurs et les rares salariés <em>« des établissements et services qui, en raison de la nature de leurs activités, ne peuvent interrompre leur travail »</em> sont autorisés à travailler. C’est le cas dans les transports, la santé ou les industries à feu continu. Ils sont alors payés double.</p><p>Or, en avril 2025, une proposition de loi sénatoriale suggérait d’autoriser le travail le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai aux salariés des boulangeries artisanales et des fleuristes, soit 1,5 million de salariés, selon les syndicats.</p><p>Alors qu’il paraissait probable que le texte puisse être adopté avant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 2026, l’opposition de l’ensemble des syndicats de salariés et la menace du Parti socialiste de censurer le gouvernement ont poussé ce dernier à temporiser. Une victoire ? Pas totalement.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>En attendant que le projet revienne sur la table – dès le 29 avril – Sébastien Lecornu a donné aux fleuristes et aux artisans boulangers l’autorisation de faire travailler leurs salariés sur la base du volontariat et en les payant double. <a href="https://basta.media/travail-1er-mai-malgre-recul-gouvernement-motifs-inquietude-persistent">Une autorisation ubuesque</a> qui permet aux patrons d’enfreindre la loi en vigueur.</p><p>Aussi, les manifestations du jour mettront à l’honneur la conservation d’un 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai obligatoirement chômé et payé. La question du blocage des prix du carburant, de l’augmentation générale des salaires, ou encore de la paix feront également partie des revendications.</p><p>Carte générée par la CGT via <a href="https://carte.cgt.fr/carto/carte/carte-1er-mai-2026/">carte.cgt.fr</a></p><p>Lors des dernières élections municipales, l’extrême droite a <a href="https://basta.media/municipales-2026-l-extreme-droite-multiplie-par-trois-le-nombre-de-villes-sous">triplé</a> le nombre de municipalités sous son contrôle. Les manifestations qui se tiendront dans ces communes pourront prendre un tour particulier, et à surveiller tant le Rassemblement national a pris l’habitude de <a href="https://basta.media/henin-beaumont-maire-RN-attaque-un-syndicaliste">corseter les syndicats et leurs militants</a>.</p><p>Ainsi, à Liévain (Pas-de-Calais), ville du bassin minier de plus de 30 000 habitants, Dany Paiva, le nouvel édile du parti à la flamme n’a pas perdu de temps et <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/il-ne-faut-pas-qu-il-nous-enleve-ca-le-maire-rn-de-lievin-supprime-la-ceremonie-du-1er-mai-en-hommage-aux-mineurs-1846547" class="spip_out" rel="external">a décidé de supprimer</a> une cérémonie d’hommage aux mineurs qui avait lieu dans sa municipalité le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai.</p><p>Un moment qu’il jugeait <em>« trop politisé »</em>, notamment du fait de la présence des syndicats. Steeve Briois, maire RN d’Hénin-Beaumont depuis 2014, avait fait de même quelques années avant, usant d’arguments identiques.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/travail-nuit-femmes-augmente-risque-cancer-sein-trente-pourcent-enquete-cancers-professionnels">« Le travail de nuit augmente le risque de cancer du sein de 30 % » : enquête sur les cancers professionnels des femmes</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/441ceeba86249f87412305abce429d-284ae.jpg?1777452660" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Dessin représentant des femmes travaillant au nettoyage de vitres et de sols." /></aside><p>Enfin, le RN organise son propre rassemblement le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai, nommé « Fête de la nation ». Cette année, il se tiendra à Mâcon et fera également office de cérémonie d’ouverture du congrès du parti, qui aura lieu du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> au 3 mai. Pour ne pas laisser la ville à l’extrême droite, de nombreuses associations, syndicats et organisations politiques portant le combat antifasciste, organisent un « village des résistances solidaires » à Mâcon après la manifestation du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai.</p><p><strong>–</strong> Retrouvez la carte des manifestations sur le <a href="https://carte.cgt.fr/carto/carte/carte-1er-mai-2026/" class="spip_out" rel="external">site de la CGT</a>.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Ou-manifester-le-1er-mai-la-carte-des-mobilisations-pres-de-chez-vous</link>
      <guid>https://basta.media/Ou-manifester-le-1er-mai-la-carte-des-mobilisations-pres-de-chez-vous</guid>
      <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 11:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Femmes, travail et mort subite : « Sur la santé au travail des femmes, il y a une cécité qu'il faut lever »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em> : À quel moment de votre carrière des cas de morts brutales de femmes au travail vous sont-ils apparus ?</strong></p><div class="spip_document_22772 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="211" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/maire_peze.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c182515987 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/783/20x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp?1776758153 1566w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg 1440w, local/adapt-img/783/20x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg 1566w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/783/15x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp 1175w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg 1080w, local/adapt-img/783/15x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg 1175w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/783/10x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg@.webp?1776850700 783w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/783/10x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg?1776850724" width="783" height="783" alt="Photo de Marie Pezé" aria-describedby="by22772-06b9f45d3baa8194455a21374dee557a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg 720w, local/adapt-img/783/10x/local/cache-gd2/e5/7ae8cae9ee3d16857a205c2dd6ba44.jpg?1776850724 783w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22772-06b9f45d3baa8194455a21374dee557a">Marie Pezé est psychologue, docteure en psychologie. Elle est l’initiatrice de la première consultation « Souffrance au travail » au Centre d’accueil et de soins hospitaliers de Nanterre en 1997.
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Marie Pezé</strong> : Il y a une quinzaine d’années, au moment de la publication de mon livre <a href="https://editions.flammarion.com/ils-ne-mouraient-pas-tous-mais-tous-etaient-frappes/9782080431790" class="spip_out" rel="external"><em>Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés</em></a>, les médecins de notre réseau de consultations <a href="https://www.souffrance-et-travail.com/" class="spip_out" rel="external">« Souffrance et travail »</a> ont signalé plusieurs cas d’accident vasculaire-cérébraux ou d’infarctus chez des femmes, sur leurs lieux de travail, entraînant un décès immédiat ou des séquelles graves.</p><p>Les recherches que j’ai effectuées m’ont alors menée vers <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/1842961/" class="spip_out" rel="external">des études nord-américaines et japonaises</a> qui, en essayant d’identifier des critères de morts cardio-vasculaires chez les femmes cadres américaines, ont identifié le rôle de l’organisation du travail : plus de 70 heures de travail par semaine, des changements de tâches constants, et, vingt minutes avant l’épisode électrique <em>[c’est-à-dire l’AVC, ndlr]</em>, une nouvelle demande organisationnelle.</p><p>Il est donc fort probable que l’augmentation des infarctus du myocarde chez les femmes françaises soit due aux mêmes facteurs, mais aussi à la division sexuelle du travail, qui leur laisse un accès aux postes de direction qu’à la condition de faire plus et mieux que les hommes. L’organisation au masculin neutre privilégie le présentéisme, comme si les Françaises au travail étaient des hommes débarrassés de la charge du travail domestique et familiale.</p><p>Une femme qui quitte son travail à 18 h 30 s’entend toujours dire : « Tu prends ton après-midi aujourd’hui ? » Le présentéisme est une valeur d’engagement viril qui est basée sur le fonctionnement du corps des hommes. Pendant le confinement, le taux d’infarctus a augmenté chez les femmes, en charge de la vie domestique, de l’école à la maison et qui se connectaient le soir pour faire leur travail.</p><p><strong>Quels sont les « signaux faibles » de ces risques de mort subite au travail ?</strong></p><p>Ce sont les mêmes que pour les autres pathologies liées au travail : une charge de travail bien trop élevée pour l’organisme, la peur d’aller au travail, les ruminations qui provoquent des insomnies, une fragilité virale et infectieuse, un syndrome métabolique, les temps de loisir et de pratique sportive qui disparaissent… Il faut y ajouter cette impression d’être « coincé » : les gens ne voient pas comment s’en sortir. Ils ne s’imaginent pas s’arrêter. Et, surtout, le déni de la fragilité du corps.</p><p>On peut évoquer l’exemple d’Éliane, cette jeune femme de 34 ans morte en 2005 d’un arrêt cardiaque au travail, alors que son médecin du travail et moi-même lui avions conseillé de s’arrêter à plusieurs reprises. Formée au secrétariat de direction, elle aspirait à plus de responsabilités et se surinvestissait au travail, négligeant sa santé.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>Les médecins ne font pas le lien avec le travail, ils n’interrogent pas sur ce sujet les femmes qui font des AVC ou des infarctus</p>
</aside><p>Je le lui avais dit, et elle m’avait répondu : « Je n’ai pas le temps de m’occuper de moi. Je dois être au top tout le temps, être malade n’est même pas pensable. »</p><p>Elle a été poussée à bout par une organisation maltraitante. Éliane m’avait été adressée par son médecin du travail, qui s’inquiétait, car elle était très fatiguée. Maman de jumelles en bas âge, elle a été arbitrairement déplacée à son retour de congé maternité, mais a pu retrouver son poste suite à un recours juridique. Sur ce poste, la charge de travail était majeure, les réunions avaient lieu en fin de journée et pouvaient durer jusqu’à 21 heures. Les travaux urgents étaient à exécuter en fin d’après-midi quand son directeur revenait de ses rendez-vous. Premier signe que son corps lâchait : l’hypothyroïdie.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Elle a vu un généraliste une seule fois, prenait son traitement sans faire les examens sanguins de surveillance. Bref, elle se négligeait. Éliane se trouvait dans une grande solitude. Elle ne parlait de ses difficultés à personne. La fatigue est irrecevable au travail. La verbaliser publiquement implique de se déterminer, de faire un choix, de renoncer : travail ou enfants. Les mâchoires du piège temporel se resserrent. Charge mentale et physique du côté du travail, charge mentale et physique du côté de la vie familiale. La construction identitaire des femmes au travail vient se heurter au fait que s’occuper des enfants et du foyer « va de soi ».</p><p>Pour Éliane, la création d’un nouveau secteur au sein de son entreprise semble alors être l’occasion attendue pour progresser, obtenir une promotion. Elle se surinvestit, suit une formation. Dort très peu. Mais n’est finalement pas retenue. Quand elle demande des explications, sa DRH lui dit : <em>« Le travail que vous avez fourni est excellent mais pas suffisant pour que vous obteniez une promotion. Il faudra faire plus… »</em></p><p>Éliane dit sa colère face à cette situation d’injustice flagrante. Aucune reconnaissance n’était obtenue sur la qualité du travail accompli ; la barre repoussée un cran plus haut. Elle appelle son mari, qui la décrit comme sonnée, la voix atone, éteinte. Elle raccroche. Des témoins la verront ranger son portable, s’appuyer contre le mur du bâtiment, puis s’effondrer. L’arrêt cardiaque est massif. Aucun soignant ni pompier n’est parvenu à la sauver.</p><p><strong>Pourquoi cette place du travail dans les maladies cardiovasculaires – potentiellement mortelles – des femmes est-elle si peu connue ?</strong></p><p>Ce sont surtout les comportements individuels qui sont interrogés : est-ce que les salariées fument, boivent et font du sport ? Les médecins ne font pas le lien avec le travail, ils n’interrogent pas sur ce sujet les femmes qui font des AVC ou des infarctus. Puis, d’autres couches d’invisibilité se superposent : les directions d’entreprise ne font pas de déclaration d’accident du travail, et les familles, pétrifiées par le chagrin et le deuil, ne demandent par la reconnaissance des accidents du travail.</p><p>Elles ignorent en général qu’elles ont deux ans, et non 48 heures, pour faire cette demande. Il y a donc beaucoup d’étapes qui construisent l’ignorance, et la plupart des décès brutaux liés au travail passent inaperçus, en particulier pour les femmes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/teletravail-inegalites-femmes-hommes-confinement-accord-interprofessionnel">« Je travaillais la nuit une fois que les enfants étaient couchés » : l’enfer du télétravail pour les femmes</a></aside><p><strong>La double charge mentale, professionnelle et domestique, qui pèse encore majoritairement sur les femmes aggrave-t-elle les risques d’accidents cardio-vasculaires ?</strong></p><p>Cela me semble évident. En France, aujourd’hui, le taux d’emploi des femmes est très élevé : 80 % des femmes de 25 à 49 ans sont actives. Mais, si plus personne ne conteste le droit au travail pour les femmes, leur place est tolérée à condition que la prise en charge des enfants et de la vie domestique qui leur incombe traditionnellement et socialement soit assurée et invisible. Pour une femme, travailler ne change rien dans la répartition des responsabilités familiales.</p><p>L’organisation du travail ne prend pas en compte la charge temporelle et mentale des impondérables familiaux, qui incombe systématiquement aux femmes. Les aléas du travail « reproductif » – maladies des enfants, vacances, activités extrascolaires, réunions avec les professeurs, etc. – entrent fréquemment en conflit avec les contraintes d’un emploi. Les absences qui en découlent, tout comme les congés maternité, relèvent de « l’absentéisme féminin ».</p><p>Tandis que, pour les hommes, les valeurs guerrières véhiculées par l’organisation du travail s’inscrivent dans la droite ligne de leur identité de genre, les femmes doivent tenir la contradiction entre d’un côté, le désir affirmé de travailler et, de l’autre, la nécessité de continuer à assumer la sphère familiale. Et ce, sans se plaindre des tensions que provoque leur activité professionnelle au sein de la famille ni de celles que provoque la charge mentale familiale dans leur travail. Qu’elles se débrouillent !</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Pour une femme, travailler ne change rien dans la répartition des responsabilités familiales »</p>
</aside><p>Le fait de ne pas avoir le temps de tout assumer entraîne souvent le sentiment de ne pas être à la hauteur, de tout faire « à peu près ». Et si elles essaient de tout faire, elles paient un tribut somatique très fort. Dans les consultations « Souffrance et travail », nous avons de plus en plus de femmes cadres. Certaines d’entre elles vont vraiment très mal. La face sombre de la montée en puissance des femmes sur le marché du travail est donc leur confrontation aux mêmes pathologies que les hommes et l’invisibilité totale des contradictions spécifiques qu’elles doivent gérer.</p><p><strong>Des études épidémiologiques aux États-Unis indiquent des associations significatives entre les risques psychosociaux et la mortalité par accident cardio-vasculaire. Les femmes sont-elles davantage exposées à ces risques psychosociaux, tous métiers confondus ?</strong></p><p>Les conditions de travail se détériorent rapidement et gravement, et pas uniquement pour les cadres. Les troubles musculo-squelettiques, les syndromes anxio-dépressifs, les décompensations psychosomatiques, les névroses traumatiques faisant suite à des accidents du travail ou à des situations de harcèlement professionnel ne sont pas des phénomènes mineurs.</p><div class="spip_document_22774 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="78" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/couverture-10.jpg" width="277" height="456" alt="couverture du livre" aria-describedby="by22774-49da8f6fdb89293e2ba20c74a06bfaf5" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22774-49da8f6fdb89293e2ba20c74a06bfaf5"><a href="https://editions.flammarion.com/ils-ne-mouraient-pas-tous-mais-tous-etaient-frappes/9782080431790" class="spip_out" rel="external"><em>Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés</em></a>, Marie Pezé, Flammarion.
</figcaption></figure></div><p>Parmi les cibles privilégiées de cette détérioration : les femmes. D’autant plus si elles ont un statut précaire et sont à la tête d’une famille monoparentale. Pour préserver sa santé au travail, il semble préférable d’être un homme de 30-35 ans, qualifié, en CDI, européen, qu’une femme intérimaire, ayant des enfants à charge, non qualifiée et issue d’un pays du Sud.</p><p>Certaines tendances dans l’évolution de l’emploi féminin sont par ailleurs préoccupantes : temps partiel imposé, accroissement du travail en horaires décalés, déqualification à l’embauche, augmentation des contraintes de rythme, répétitivité des tâches. Qui s’interroge sur le stress de toutes ces femmes qui font le ménage entre 18 heures et 21 heures, loin de chez elles, pendant que leurs enfants sont seuls à la maison ? Il pourrait être intéressant de se soucier de leur santé cardio-vasculaire… Sur la santé au travail des femmes, et son implication en termes de mortalité, il y a vraiment une forme de cécité qu’il faut lever.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/femmes-travail-et-mort-subite-sur-la-sante-au-travail-des-femmes-cecite-qu-il-faut-lever-Marie-Peze</link>
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      <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Véronique et Daniela, victimes d'un accident de trajet, de nuit, sur le chemin du travail]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Il fait nuit à Mouzillon, en Loire-Atlantique, ce 28 avril 2021, et les rues sont désertes. Soudain, une voiture surgit à vive allure par l’entrée nord du village, avant de heurter une énorme amphore fichée sur un rond-point. La passagère, Daniela A., meurt sur le coup, tuée par la violence du choc qu’aucun airbag ne vient amortir. Le véhicule en est dépourvu de ce côté-ci. La conductrice, Véronique G. s’en sort vivante mais à jamais traumatisée : ne vient-elle pas de tuer sa collègue ?</p><p>Cette nuit-là, les deux femmes se rendaient au travail et ont donc été victimes d’un accident dit « de trajet », considéré comme un accident du travail. Près de 300 personnes meurent ainsi chaque année en France. Si le nombre d’hommes mortellement atteints est plus élevé (243 pour 54 femmes en 2019), les femmes sont proportionnellement plus touchées par les accidents de trajets (67 accidents pour 10 000 équivalents temps plein, contre 43 pour les hommes). N’en déplaise aux amateurs de propos misogynes, cela n’a rien à voir avec leurs aptitudes au volant. Ce qui explique cet écart de risque, c’est la division sexuée du travail.</p><h2 class="spip" id="Embaucher-a-4-heures-du-matin">Embaucher à 4 heures du matin</h2><p><em>« Les femmes occupent plus fréquemment des emplois à temps partiel, caractérisés par des horaires plus souvent morcelés pouvant impliquer une multiplication des trajets entre domicile et lieu de travail »</em>, <a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/sites/default/files/cfb7de6e56975aeeb4cd5f3e28c28c71/Dares_DR-Accidents%20de%20trajet.pdf" class="spip_out" rel="external">explique une récente étude</a> de la direction des études et des statistiques du ministère du Travail (Dares), consacrée aux accidents de trajet. Les femmes sont surreprésentées dans les secteurs d’activité abonnés aux temps partiels : nettoyage, santé et action sociale, restauration… pour ne citer que quelques exemples. Les chercheurs de la Dares relèvent par ailleurs que <em>« les femmes effectuent des trajets domicile-travail en moyenne moins longs mais avec davantage de détours, pour déposer un enfant, aller le chercher, faire des courses, etc. »</em></p><p>Qu’allaient faire Daniela A. et Véronique G. en cette triste nuit du 28 avril 2021 ? Elles devaient embaucher vers 4 heures du matin pour faire du sexage de canetons, c’est-à-dire séparer les mâles des femelles, dans une grande entreprise du secteur avicole. <em>« Notre personnel expérimenté respecte les cadences avec un taux maximal d’erreur de 2/1000 »</em>, <a href="https://www.avi-serv.fr/prestations-avicoles/" class="spip_out" rel="external">vante sur son site</a> l’entreprise spécialisée Aviserv, l’employeur de Daniela A. et Véronique G.</p><p><em>« Numéro un de la filière avicole en Pays de la Loire et un des leaders français »</em>, Aviserv est née en 2012 de la fusion de deux entreprises spécialisées en prestations avicoles (vaccination, sexage, nettoyage des bâtiments, etc.) : Avimenoret et Interavi. Elles se sont au passage associées avec Cristal, un réseau national de vétérinaires, créant une sorte de holding qui lie les activités vétérinaires aux prestations en élevage.</p><h2 class="spip" id="t13-kilometres-a-pied-pour-aller-travailler">13 kilomètres à pied pour aller travailler</h2><p>Rien n’indique qu’il faille effectuer le sexage la nuit. Mais <em>« cela arrangeait les clients d’Aviserv</em>, avance Héloïse Dujardin, l’avocate de la famille A. <em>Ainsi, les personnes qui travaillaient de jour dans les élevages n’étaient pas dérangées. »</em> Contactée, Aviserv n’a pas souhaité répondre à nos questions. Quant à l’avocate de l’entreprise, elle n’était pas disponible pour échanger avec nous.</p><p>Véronique G. vit alors à 13 kilomètres du site où, ce 28 avril 2021, elle doit récupérer le véhicule de l’entreprise avec lequel elle passera ensuite chercher Daniela A. avant de filer chez les clients : <a href="https://www.orvia.fr/le-groupe/" class="spip_out" rel="external">Orvia</a>, spécialiste de l’élevage de canards, implanté dans 24 pays. Le trajet comprend plusieurs tronçons en pleine campagne, sans éclairage ni trottoirs ou bas-côtés. Ce « détail » compte, car Véronique G. se rend à pied de chez elle à son travail, tous les jours, ou presque.</p><p>Quand les clients demandent un sexage nocturne, ce qui arrive très souvent, elle quitte son domicile vers 1 heure ou 2 heures du matin et marche pendant près de trois heures. À vélo, c’est plus rapide : il ne lui faut qu’une demi-heure. Mais ce mode de déplacement ne protège pas des intempéries. Et, quand il y a du vent, il est difficile de pédaler, surtout avec un vieux vélo. <em>« Toutes les nuits, elle se met en danger »</em>, résume Hugo Salquain, son avocat.</p><p>Il arrive que l’employeur prête un véhicule à Véronique G., les jours où la pluie tombe trop dru. Mais c’est rare. Pourquoi n’a-t-elle pas demandé que ce prêt devienne pérenne ? <em>« Par peur d’être mal vue des autres salariés n’en bénéficiant pas »</em>, répond Hugo Salquain. Elle se résout donc à ces interminables trajets avant l’aube, puis à la tombée du jour. <em>« Elle n’a pas le caractère de quelqu’un qui insiste</em>, souffle son avocat. <em>Elle a eu une vie cabossée et ce travail, même difficile, c’était une sécurité. Un repère. »</em></p><p>Elle a donc tenu, longtemps. Jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent, ce 28 avril 2021, où elle est allée sur le site d’Aviserv à pied, pour y récupérer un véhicule avant de passer chercher sa collègue Daniela et de se rendre chez le client. C’est sur ce dernier trajet que Véronique s’est endormie au volant.</p><h2 class="spip" id="Employeur-condamne-pour-homicide-involontaire">Employeur condamné pour homicide involontaire</h2><p>L’endurance de Véronique G. demeure stupéfiante, les journées de travail chez Aviserv étant parfois interminables. D’après le jugement du tribunal, que nous avons pu consulter, le gérant de l’entreprise a admis, lors de son audition par la gendarmerie, que <em>« les ouvriers pouvaient avoir des journées de travail de 11 h 40 »</em>.</p><p>L’avocate de la famille de Daniela, Héloïse Dujardin, a gardé un souvenir saisissant du témoignage de Véronique, le jour de l’audience, le 21 novembre 2024 : <em>« Elle évoquait des horaires de travail incroyables, avec des changements qui intervenaient au dernier moment. Daniela A. faisait elle aussi énormément d’heures en étant payée une misère. L’employeur lui devait beaucoup d’heures impayées. »</em></p><p>Cette entorse à la durée du temps de travail est d’autant plus problématique que les salariés effectuaient du « travail de nuit », en embauchant avant 5 heures du matin, plusieurs fois par semaine et tout au long de l’année. Aviserv recourait donc au travail de nuit sans en avoir le droit. Pour ce faire, un accord aurait dû être signé, validé par l’inspection du travail. <em>« Le Code du travail garantit des droits spécifiques pour les travailleurs de nuit, une durée maximale quotidienne de travail limitée à 8 heures et non à 10 heures, une durée hebdomadaire maximale de travail limitée à 40 heures, des contreparties sous forme de repos compensateur »</em>, ont rappelé les juges du tribunal correctionnel de Nantes, lors de l’audience du 21 novembre 2024.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Ce jour-là, Aviserv a été condamné pour homicide involontaire mais aussi recours non autorisé au travail de nuit, dépassement de la durée quotidienne de travail, mise à disposition d’équipement de travail ne permettant pas de préserver la sécurité, emploi de travailleur de nuit sans repos compensateur.</p><p>Parmi les éléments qui ont pesé dans la décision des juges : <em>« L’omission de la prise en considération du risque routier, pour lequel le personnel n’était pas du tout formé alors qu’il s’agit d’un risque d’accident du travail majeur. L’inspection du travail avait insisté sur ce point lors de l’enquête</em>, note l’avocat Hugo Salquain. <em>De plus, la conduite de nuit aggrave encore le risque. »</em> L’argument de l’employeur, qui estimait que Véronique G. ne pouvait pas être fatiguée à cause du travail, <em>« puisqu’au moment de l’accident, elle revenait d’une semaine de congés »</em>, n’a pas convaincu les magistrats.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Un-employeur-bien-connu-pour-exploiter-ses-travailleurs-etrangers">« Un employeur bien connu pour exploiter ses travailleurs étrangers »</h2><p>Avant le terrible 28 avril 2021, une fois la journée de travail terminée, Véronique G. déposait Daniela A., puis laissait le véhicule chez son employeur et reprenait la route pour rentrer chez elle. Il n’était donc pas rare qu’elle arrive à son domicile vers 18 heures ou 19 heures, soit près de 17 heures après en être partie !</p><p>Avait-elle le temps de se faire à manger ? Faisait-elle les derniers kilomètres lestée de sacs de courses ? Trouvait-elle l’énergie de faire autre chose que dormir, sachant que, six ou sept petites heures plus tard, elle devait se remettre en route ? Encore en post-trauma aujourd’hui, cinq ans après l’accident, elle est incapable de répondre à toutes ces questions et n’a pas souhaité évoquer avec nous cet accident et ses suites, <em>« de peur que cela fasse ressurgir ses angoisses et son anxiété »</em>, explique son avocat.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/anthony-courtais-mort-41-ans-ecrase-palettiseur-employeur-Terrena-condamne-accident-travail">Anthony Courtais, mort à 41 ans écrasé dans un palettiseur : son employeur enfin condamné</a></aside><p><em>« Le mari de Daniela travaillait aussi dans l’entreprise. Il est reparti en Roumanie peu après l’accident, effondré. Il n’est même pas venu à l’audience »</em>, retrace Héloïse Dujardin. Comme nombre de ses compatriotes, Daniela était arrivée là pour améliorer son quotidien. <em>« En Roumanie, elle vivait dans la précarité et avait eu d’importants problèmes de santé</em>, précise l’avocate. <em>Elle a été recrutée le 10 février 2020 en CDD pour accroissement temporaire d’activité, puis prolongée deux fois, par avenants. Toute sa vie a été un combat et elle morte à cause de son employeur, bien connu pour exploiter ses travailleurs, étrangers pour la plupart d’entre eux. »</em></p><p>Le 21 novembre 2024, Aviserv a été condamnée à 25 000 euros pour homicide involontaire, 4000 euros pour mise à disposition de matériel non sécurisé et 4500 euros pour ses entorses au droit du travail. <em>« Ce n’est pas très élevé</em>, estime l’avocate Héloïse Dujardin. <em>Au moment de l’audience, plus de trois ans après l’accident, l’entreprise n’était toujours pas dans les clous pour le travail de nuit. Elle n’avait pas pris toutes les mesures requises par l’inspection du travail. Je pensais que le tribunal en aurait tenu compte au moment de prononcer les amendes. De plus ils n’avaient poursuivi que la société et pas le gérant. Du côté des préjudices moraux, j’ai obtenu la moitié de ce que j’avais demandé. Dans ce dossier, on était clairement en dessous de ce qui se pratique habituellement. J’ai eu l’impression qu’il fallait protéger cette entreprise, un poids lourd dans la région. »</em> Au moment de l’accident, en 2021, l’entreprise affichait un chiffre d’affaires de 6,2 millions d’euros et un bénéfice de 400 000 euros.</p><h2 class="spip" id="Veronique-licenciee-pour-inaptitude-apres-l-accident">Véronique, licenciée pour inaptitude après l’accident</h2><p>Très éprouvée lors de cette audience au tribunal correctionnel, Véronique G. a été déboutée de ses demandes de dommages et intérêts, <em>« pour des raisons procédurales »</em>, explique son avocat. Quant à la rente versée par la Mutualité sociale agricole (MSA), consécutive à l’accident de travail dont elle a été victime, elle est ridicule : 600 euros par trimestre.</p><p>Licenciée pour inaptitude en mai 2022, Véronique G. a été en arrêt, déclarée travailleuse handicapée, puis au chômage. Elle touche désormais l’allocation aux adultes handicapés (AAH), soit environ mille euros par mois. Ça file vite mille euros, surtout quand il faut débourser un loyer. Véronique G. ne fait pas partie de la France des propriétaires. Elle a pourtant travaillé une bonne partie de sa vie.</p><p><em>« Sa situation se précarise de plus en plus</em>, signale son avocat. <em>Elle est vraiment dans une situation financière et psychologique très compliquée. Elle n’a plus internet, parfois plus de téléphone. Son préjudice est colossal. »</em> La reconnaissance de la faute inexcusable d’Aviserv, condamnée début mars 2026 par le pôle social du tribunal judiciaire d’Angers donnera peut-être un peu d’air à Véronique, et pourrait lui rendre enfin justice, puisqu’un expert va être nommé pour évaluer son préjudice, qui sera payé par Aviserv.</p><h2 class="spip" id="L-employeur-est-responsable-de-la-securite-de-ses-salaries">L’employeur est responsable de la sécurité de ses salariés</h2><p>Pour se défendre, dans ce dernier round, l’entreprise a tout osé : elle a évoqué les médicaments pris par Véronique G., susceptibles de provoquer des endormissements, l’absence de textes imposant un airbag passager ou encore le refus de Véronique G. de contracter un prêt à taux zéro auprès de son entreprise pour s’acheter un véhicule. <em>« Proposition dont elle n’a aucun souvenir »</em>, précise Hugo Salquain.</p><p>L’employeur a même demandé la reconnaissance de la faute inexcusable de Véronique G., responsable, à son avis, d’avoir commis un excès de vitesse. Mais les juges, en condamnant Aviserv pour faute inexcusable, ont rappelé ce principe fondamental du droit du travail français : l’employeur est responsable de la sécurité de ses salariées. S’il avait respecté la loi, et considéré ses salariées comme des personnes à protéger, Véronique G. n’en serait pas là. Et Daniela serait sans doute encore vivante.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 29 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Matelots indonésiens en Bretagne, une main d'œuvre corvéable à merci]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Fin janvier, dans un port breton de la façade Atlantique, rincé par des averses qui se succèdent sans relâche, les quais sont quasi déserts et les ponts des bateaux plongés dans le silence. Sauf un fileyeur d’une vingtaine de mètres, le seul avec de la lumière derrière les hublots d’où s’échappe une musique étouffée. À bord, un mécano portugais, trois marins indonésiens et des kilomètres de filets empilés en gros tas, usés par une longue saison à traquer le merlu, et dont ils reprennent les trous à l’aiguille, méthodiquement.</p><p><em>« On travaille pendant environ six mois à bord, puis on rentre retrouver la famille en Indonésie, puis on revient sur le bateau, et ainsi de suite »</em>, résume l’un des Indonésiens, Danga, 33 ans. L’homme s’exprime dans un espagnol rudimentaire, la langue commune pour l’équipage, dont seuls le capitaine et le chef-mécano sont français.</p><p><em>« Il n’y a que nous à habiter sur notre bateau dans ce port. Ça va, mais je préfère quand on travaille en mer, j’ai moins le temps de penser. Et puis ici, en Bretagne, il fait froid et c’est humide »</em>, déplore-t-il, le sourire malgré tout. <em>« Le montant du salaire ? Je sais pas trop, tout part direct à la famille, mais c’est bon. Le patron est bien »</em>, assure l’homme en faisant un signe du pouce.</p><h2 class="spip" id="Un-salaire-selon-la-nationalite-du-matelot">Un salaire selon la nationalité du matelot</h2><p><em>« De temps en temps, on loue un Airbnb quand ils ont besoin de repos. Il y a carrément pire, ce n’est pas de l’esclavagisme »</em>, se défend par téléphone le capitaine, qui a quitté le bateau quelques jours plus tôt pour profiter d’un mois de répit chez lui. <em>« Les Français ne veulent pas bosser ; les Sénégalais, je ne veux pas en entendre parler et les Portugais se font vieux. Il n’y a pas longtemps, un armateur du pays bigouden m’a dit que si on avait eu des Indonésiens comme les miens il y a dix ans, on construirait encore des bateaux neufs aujourd’hui »</em>, poursuit-il.</p><p>Il reste évasif sur le salaire versé à ses marins mais reconnaît que les Indonésiens sont <em>« un peu moins payés »</em> que le reste de l’équipage. Contrairement aux autres, ils ne bénéficient pas du traditionnel salaire à la part calculé sur le résultat des ventes de la pêche, qui permet de très bons salaires quand la pêche est bonne – et inversement sur les mauvaises marées – mais d’un salaire fixe, généralement considéré comme moins avantageux.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« C’est nouveau, ce type de discrimination salariale pour un bateau sous pavillon français »</p>
</aside><p><em>« Pour eux, c’est un très bon revenu »</em>, se défend le patron-pêcheur, ravi que les marins asiatiques, <em>« habitués à ça »</em>, restent à bord pendant leur mois d’arrêt pour remettre le bateau au propre et entretenir le matériel. <em>« Sur les navires franco-espagnols [sous pavillon français <a href="https://www.ouest-france.fr/mer/peche/pourquoi-ces-navires-de-peche-franco-espagnols-sont-ils-immatricules-a-lorient-14afb462-9926-11f0-bc84-9e08c570c0db" class="spip_out" rel="external">mais avec des capitaux espagnols</a>, NDLR] on travaille avec des Indonésiens depuis longtemps mais en Bretagne, ils commencent seulement à arriver. »</em></p><p>Cette différence de salaire selon la nationalité des marins alerte Patrick Chaumette, professeur émérite de droit maritime à l’université de Nantes. <em>« C’est nouveau, ce type de discrimination salariale pour un bateau de pêche sous pavillon français. Est-ce illégal ? Il faudra convaincre l’Inspection du travail et le tribunal mais je suis prêt à soutenir que oui ! »</em>, soutient l’expert.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Il s’interroge sur la marginalité de ce type de pratiques, très peu documentées, mais qu’il suppose sur le seuil d’un <em>« probable »</em> développement. Les ingrédients sont réunis, juge-t-il. L’ITF, le syndicat international de défense des gens de mer, l’a également remarqué et a sollicité l’universitaire pour participer à une étude sur l’exploitation des travailleurs étrangers dans la pêche en Espagne, en y apportant un éclairage sur la situation française.</p><h2 class="spip" id="Appel-croissant-aux-marins-etrangers">Appel croissant aux marins étrangers</h2><p>Le recours à la main-d’œuvre étrangère n’est pas nouveau. Sur les chalutiers, les coquilliers, les fileyeurs comme sur les navires armés pour la grande pêche, on rencontre des matelots sénégalais, portugais ou polonais depuis des années – dont les voix n’ont presque aucun écho. D’après les derniers chiffres fournis par la Direction générale des affaires maritimes, de la pêche et de l’aquaculture pour l’année 2024, <a href="https://lemarin.ouest-france.fr/peche/un-sur-dix-les-marins-etrangers-essentiels-au-bon-fonctionnement-de-la-peche-en-bretagne-4ab46cb6-e2b8-11f0-a9bd-152366d1babb" class="spip_out" rel="external">cités dans le journal le Marin</a>, les étrangers représentaient 9,1% des marins embarqués en Bretagne.</p><div class="spip_document_22785 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="17" data-legende-lenx=""><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/chambree.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2596147815 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp?1777033068 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/chambree.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/chambree.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/chambree.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/chambree.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/chambree.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/chambree.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/chambree.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/chambree.jpg" width="960" height="539" alt="Dessin représentant six hommes allongés dans des cabines de bateau étroite et trois hommes assis sur des bancs devant." aria-describedby="by22785-6303e7aae18efc9a97150f3be8a527af" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/chambree.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/chambree.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/chambree.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22785-6303e7aae18efc9a97150f3be8a527af">©Damien Roudeau
</figcaption></figure></div><p>Mais le phénomène semble s’accentuer de façon flagrante. Il saute aux yeux sur les groupes Facebook de recrutement, très utilisés pour trouver des marins en urgence. Sous les offres d’emploi et les demandes de remplacement au pied levé, nombreuses, les réponses proviennent du Sénégal, du Maroc, de Madagascar et, de plus en plus souvent, d’Indonésie.</p><p>Dans son <a href="https://splann.org/wp-content/uploads/2026/03/Rapport-Ocapiat.pdf" class="spip_out" rel="external">état des lieux de 2021</a>, le dernier publié, l’Ocapiat (observatoire missionné pour fournir des données dans le secteur), recensait 163 marins indonésiens embarqués en France, contre 7 en 2017. Les statistiques manquent en 2026 – l’organisme ayant été mis à l’arrêt. Mais Axelle Bodmer, en charge de l’emploi pour l’UAPF, le plus important syndicat de patrons dans la pêche, affirme avec certitude que leur arrivée s’accélère et que l’Indonésie représente désormais <em>« sans aucun doute »</em>, la deuxième grande nation représentée sur les bateaux de pêche français avec les Sénégalais.</p><p>La difficulté à recruter une main-d’œuvre locale est répétée à l’unisson – et souvent regrettée – par les patrons-pêcheurs rencontrés, dans le cadre de cette enquête, et confirmée par toutes les instances. Vieillissement et non-renouvellement générationnel, baisse d’attractivité du métier, prix des bateaux qui augmente et nécessite un fort endettement, conditions de travail rudes, revenus de la pêche moins bons qu’à l’époque de l’abondance : sur les ports, le constat est le même partout, et il est sombre.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/mobilisation-ras-le-bol-des-pecheurs-bretons-entre-baisse-des-revenus-et-injonctions-ecologiques">Le ras-le-bol des pêcheurs bretons, entre baisse des revenus et injonctions écologiques</a></aside><p>Pour y répondre, les organisations professionnelles annoncent mettre <a href="https://www.instagram.com/reels/DU2ikgPkdQY/" class="spip_out" rel="external">le paquet sur la communication</a> et la formation des jeunes et œuvrent, en coulisses, pour assouplir les règles de recrutement des marins étrangers. <em>« Sans eux, de plus en plus de bateaux resteront à quai »</em>, estime ainsi Kenatea Chavez-Hey, la porte-parole de France Terre de Pêches, qui confirme par téléphone le travail de lobbying mené par ce nouveau collectif – présenté comme le regroupement de plus de 1000 entreprises de pêche.</p><p>L’UAPF, porte-voix des patrons, agit également en ce sens. Le syndicat a par exemple œuvré pour la récente <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051643488" class="spip_out" rel="external">reconnaissance par l’État</a> du métier de matelot comme « en tension », gage de simplification des démarches de recrutement de marins extra-européens.</p><p>Enfin, point sensible et majeur : Axelle Bodmer confirme que divers armements souhaitent la levée de l’interdiction du manning. Le recours à des services privés de recrutement et de placement est historiquement interdit dans le secteur de la pêche pour <em>« lutter contre les marchands d’hommes »</em>.</p><p>Il s’agit aussi que les armateurs et les capitaines gardent la main sur les matelots qu’ils font monter à bord, <em>« pour des raisons de cohésion et de sécurité »</em>, précise Patrick Chaumette. Mais aujourd’hui des armateurs justifient cette demande par le <em>« besoin immédiat de bras »</em> sur les navires et de <em>« compétitivité »</em> sur le marché mondialisé du poisson.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Le recours à une main-d’œuvre à bas coût est l’un des seuls leviers pour réduire les charges »</p>
</aside><p><em>« Nous sommes en concurrence avec d’autres flottilles européennes qui rémunèrent beaucoup moins leurs marins »</em>, déplore ainsi David*, salarié d’un grand armement breton. <em>« Le secteur est très peu rentable, et le recours à une main-d’œuvre à bas coût est l’un des seuls leviers pour réduire les charges »</em>, poursuit-il. <em>« On pourrait revoir certaines règles. Payer les cotisations à la sécurité sociale des marins, pour les Indonésiens, ça paraît exagéré »</em>, abonde un armateur, qui tient également à l’anonymat.</p><p><em>« Pour alléger les règles sociales, ils sont en train de dérouler le même discours de la compétitivité que dans la marine marchande dans les années 1980</em>, met en garde Patrick Chaumette. <em>On connaît le résultat : ce qui serait discriminatoire à terre et prohibé est juridiquement possible en mer. [Sur les navires français], il existe une nette différence de traitement des marins selon leur nationalité quant à la protection sociale, les durées d’embarquement, les congés payés, les dispositions conventionnelles, notamment salariales, etc. »</em></p><h2 class="spip" id="Un-grand-vide-syndical">Un grand vide syndical</h2><p>Autre élément de poids à considérer dans la balance des risques d’exploitation : la quasi-disparition des syndicats de défense des matelots. <em>« La représentation des ouvriers agricoles est mauvaise, mais ça reste meilleur qu’en mer »</em>, insiste Fabien Clouette, anthropologue spécialiste de la pêche.<br class="autobr" />
Lui qui est passé par des embarquements sur des chalutiers bretons a noté le glissement progressif des syndicats de travailleurs vers des syndicats patronaux. La conséquence de la désindustrialisation de la pêche bretonne, d’après Yves l’Helgouach, figure de la CGT des marins depuis les années 1980, qui s’est retiré de ses fonctions au syndicat en 2024.</p><p><em>« À l’époque</em>, explique ce dernier à <em>Splann !</em>, <em>les équipages étaient syndiqués et on pouvait s’organiser collectivement face aux représentants des armements, qui avaient plusieurs bateaux. Il y avait des gens avec qui négocier. Plus maintenant</em>, regrette l’ancien cégétiste, <em>car il ne reste presque plus que la pêche avec l’employeur embarqué comme patron, qui est aussi celui qui représente le syndicat. »</em></p><p>Et Yves l’Helgouach d’ajouter : <em>« Et comme il y a de moins en moins de syndiqués et de plus en plus de travailleurs étrangers, notamment indonésiens – et c’est scandaleux – ça devient très compliqué. Quant aux derniers grands armements, ils profitent de la liberté de circulation et des règles européennes pour faire ce qu’ils veulent niveau social et emploi. »</em></p><p>Ce vide abyssal de représentation ouvre la porte aux abus dans un environnement par essence inaccessible aux contrôles et aux regards extérieurs. Difficile d’effectuer un contrôle-surprise au milieu de la Manche. En mer, tout se joue à huis-clos. Un risque d’abus à mettre en perspective avec <em>« la réduction des moyens d’actions de l’Inspection du travail maritime »</em>, insiste Patrick Chaumette.</p><p>Trop surchargée pour garder un œil sur les conditions de travail de tous les marins, elle prend souvent connaissance des réalités sociales à bord des navires <a href="https://splann.org/wp-content/uploads/2026/03/beamer-rapport_definitif_maria_reina_madre-2025.pdf" class="spip_out" rel="external">après des accidents graves</a>. Sollicitée, l’Inspection du travail n’a pas donné suite.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« T’es tout le temps dégueu, couvert de sang, de tripes, tu te couches dans ta bannette pleine de flotte »</p>
</aside><p><em>« D’autant plus que les matelots n’ont pas le temps de protester quand ils sont à terre et ils auraient de toute façon trop peur d’être blacklistés »</em>, poursuit Fabien Clouette qui voit dans la pêche <em>« un système totalisant où ton métier est ta vie. Tu passes ta vie avec quatre-cinq gars dans un environnement restreint qui est quand même un petit abattoir flottant, à travailler en discontinu »</em>, commente le chercheur qui poursuit : <em>« T’es tout le temps dégueu, couvert de sang, de tripes, tu te couches dans ta bannette pleine de flotte… Et quand tu débarques pour un ou deux jours, le patron te demande de revenir bosser sur le bateau pour préparer la prochaine marée. »</em></p><p>Un mode de vie que connaît bien celui qui a multiplié les marées dans le cadre de son travail de recherche. <em>« J’ai vu des gars qui embarquaient sans contrat et d’autres qui étaient débarqués après des marées particulièrement pénibles sans être payés. Dans un milieu aussi restreint que la pêche, l’anecdotique signifie quelque chose »</em>, pointe Fabien Clouette.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Aucun-probleme-a-sejourner-n-importe-ou">« Aucun problème à séjourner n’importe où »</h2><p><em>« Quand les premiers Indonésiens sont arrivés à bord, l’équipage a fait un scandale »</em>, se souvient Jérôme*, un patron breton qui a embauché des marins asiatiques. <em>« Mais une semaine après, le capitaine avait complètement changé d’avis. Il était ravi : il pouvait tout leur demander et ils faisaient tout. Ils sont très gentils, ils disent oui à tout et, par leurs parcours, ils sont prêts à supporter beaucoup plus que les Français. »</em></p><p><em>« Il se passe la même chose à la pêche que dans les abattoirs. Les matelots viennent en France en mode sacrifice, prêts à encaisser des trucs durs pendant quelques années pour mettre des sous de côté avant de retourner au pays »</em>, constate Sylvain*, un marin malouin, écœuré par le traitement de certains de ses collègues et par les situations de précarité et de racisme subies par des travailleurs étrangers. <em>« Il n’y a pas longtemps, il y avait deux Sénégalais qui dormaient par terre à la criée de Saint-Malo dans des sacs de couchage. Il y en a d’autres à qui on met seulement à disposition des caravanes pourries. »</em></p><div class="spip_document_22786 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="17" data-legende-lenx=""><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/manning.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c229878648 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp?1777033075 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/manning.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/manning.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/manning.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/manning.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/manning.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/manning.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/manning.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/manning.jpg" width="960" height="539" alt="Dessin représentant neuf matelots faisant face à un homme, sur le dos duquel est écrit « agent de placement dans le dos ». Il dit «visa français ? », « expérience sur tous types de navires ? » , « prêts à séjourner n'importe où ? »" aria-describedby="by22786-2d9a6060fea2eabb5532ab36540f6935" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/manning.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/manning.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/manning.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22786-2d9a6060fea2eabb5532ab36540f6935">©Damien Roudeau
</figcaption></figure></div><p>David, salarié d’un grand armement breton, confie être <em>« hyper sollicité »</em> par des agences de placement, dit aussi « manning », indonésiennes. <em>« Ils me proposent des marins <a href="https://www.ilo.org/fr/resource/news/lorgane-de-loit-adopte-un-nouveau-salaire-mensuel-minimum-pour-les-marins" class="spip_out" rel="external">avec le salaire minimum de l’Organisation maritime mondiale (OMI)</a>, entre 600 et 800 euros par mois. Heureusement c’est interdit en France… pour le moment »</em>, soupire-t-il.</p><p>Des boîtes de manning indonésiennes, contactées via Whatsapp et Messenger, confirment cibler le marché français, qu’elles considèrent en phase d’ouverture. Un intermédiaire surnommé El Vano très actif auprès des armateurs bretons, propose ainsi des marins indonésiens clés en main <em>« avec des visas français et de l’expérience sur tous types de navires »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/au-large-du-detroit-d-ormuz-les-marins-du-monde-entier-risquent-leur-vie-leur-syndicat-alerte">Au large du détroit d’Ormuz, les marins du monde entier risquent leur vie, leur syndicat tente d’alerter</a></aside><p>L’homme assure avoir déjà envoyé de nombreux marins en France. <em>« En ce qui concerne l’hébergement, ils n’ont aucun problème à séjourner n’importe où, que ce soit dans un appartement ou sur un bateau, ils sont très bien préparés »</em>, précise-t-il à <em>Splann !</em> via Whatsapp, en assurant que les armateurs <em>« n’auront plus de soucis de main-d’œuvre avec les marins indonésiens. Généralement, ils travailleront un an, puis prendront deux mois de congé »</em>. Soit une main-d’œuvre extrêmement disponible, le rêve de nombreux patrons pêcheurs.</p><h2 class="spip" id="Le-pouvoir-absolu-du-patron">Le pouvoir absolu du patron</h2><p>Avant d’arriver en France, nombre de marins indonésiens ont connu le travail forcé et des situations de violences, très documentées par des enquêtes <a href="https://news.mongabay.com/2020/01/deadly-conditions-for-indonesian-migrant-crews-tied-to-illegal-fishing/" class="spip_out" rel="external">sur les flottilles chinoises</a> <a href="https://www.greenpeace.org/usa/us-department-of-labor-fish-from-taiwan-is-caught-with-forced-labor/" class="spip_out" rel="external">et taïwanaises</a>. Exemple avec Pamuji, un pêcheur indonésien. <em>« Mon agence de manning m’a envoyé travailler sur des bateaux à Taïwan, mais c’était très dur »</em>, écrit-il sur Messenger.</p><p>Lui a ensuite embarqué comme matelot sur un fileyeur du Sud-Ouest qui débarquait régulièrement à Lorient pour vider ses cales entre deux marées. L’homme, 33 ans, a été licencié par le patron après une trêve de quelques mois en Indonésie, malgré une promesse d’embarquement. <em>« Il m’a soudainement annulé quelques jours avant la date prévue pour mon retour car il avait trouvé quelqu’un pour me remplacer. Mais je comptais sur mon travail sur son bateau pour soutenir ma famille et il a mes papiers de travail. Je fais comment maintenant ? »</em> s’inquiète celui qui espère retrouver du travail en France. <em>« En un an en Europe, j’ai gagné environ 17 000 euros. »</em> Soit un peu plus de 1400 euros par mois. Une misère, ramenée à la pénibilité du métier.</p><p><em>« Des armements profitent de la pénurie de main-d’œuvre pour raboter les règles sociales avec l’arrivée de nouveaux profils de marins</em>, constate le professeur Patrick Chaumette, attentif au discours patronal ambiant. <em>Certains ont une approche humaine, d’autres profitent de cette nouvelle main-d’œuvre “bon marché”. »</em></p><p>Une manne de travailleurs corvéables, prêts à accepter des conditions au rabais. Laquelle met par ailleurs en péril l’insertion des jeunes des lycées professionnels maritimes qui pourrait être partiellement bouchée par le recrutement des marins indonésiens.</p><p>Un employé d’un grand armement résume la situation : <em>« On est à un moment charnière de la pêche, dont le segment hauturier est en plein effondrement. Est-ce qu’on assiste à des phénomènes de retardement avec l’ouverture au manning et le recours aux marins indonésiens ? Ou est-ce que le secteur est en train de se structurer sur un modèle impitoyable, une forme de capitalisme exacerbé qui exploite les hommes jusqu’au bout pour rester rentable ? »</em></p><p>* Les personnes nommées uniquement par un prénom ont été anonymisées.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/matelots-indonesiens-bretagne-main-d-oeuvre-corveable-a-merci-pecheurs</link>
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      <pubDate>Tue, 28 Apr 2026 09:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Travail de nuit, produits toxiques : la lutte des femmes pour faire reconnaître leurs cancers professionnels]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Sidonie* s’est éteinte le 13 décembre 2021, terrassée par un cancer de l’ovaire d’origine professionnelle. Aide-soignante pendant 40 ans dans un service de cancérologie, elle a été exposée au radium et à des médicaments de chimiothérapie. Or, ceux-ci <a href="https://basta.media/Cancerologie-cancers-professionnels-soignants-chimiotherapie-anti-cancereux-radium" class="spip_in">peuvent être cancérogènes</a>.</p><p><em>« Quand les produits de chimio se renversaient sur les paillasses, c’était nous, les aides-soignantes, qui devions les nettoyer, sans masque et sans gants. Nous étions aussi exposées via les selles et les urines des patients soignés. Personne ne nous a jamais dit que c’était dangereux »</em>, avait témoigné Sidonie auprès de <em>Basta!</em> en 2021.</p><p>Elle expliquait aussi qu’elles faisaient la toilette des malades soignées avec des aiguilles de radium sans précautions particulières. Au moment de son décès, elle n’avait pas encore obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie : <em>« Mes dossiers ont été refusés deux fois. Or, je sais que mes jours sont comptés »</em>, nous disait-elle.</p><h2 class="spip" id="Le-cancer-du-sein-peut-etre-du-au-travail">Le cancer du sein peut être dû au travail</h2><p>Si le dossier de Sidonie a tant traîné, c’est parce qu’il n’existe pas de tableau de reconnaissance en maladie professionnelle du cancer de l’ovaire en lien avec l’exposition aux produits de chimiothérapie ou au radium. Créés par décrets gouvernementaux, ces tableaux épargnent aux malades d’avoir à prouver le lien entre leur maladie et leur exposition professionnelle.</p><p>Ils induisent une « présomption d’imputabilité » : les personnes exposées pendant tant d’années à tel produit ou à telle activité peuvent obtenir une reconnaissance du caractère professionnel de leur pathologie. Sans tableau, il faut apporter soi-même la preuve du lien entre son travail et sa maladie, et se préparer à de longues années de procédures.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/des-infirmieres-de-cancerologie-reconnues-malades-d-avoir-soigne">Des infirmières de cancérologie reconnues malades d’avoir soigné</a></aside><p>Pour le cancer de l’ovaire, seule l’exposition à l’amiante est inscrite dans un tableau, et seulement depuis 2023. Plus étonnant encore : il n’existe à ce jour aucun tableau pour le cancer du sein, première cause de mortalité par cancer chez les femmes, et dont un certain nombre sont dus à des causes professionnelles, comme le travail de nuit, par exemple.</p><h2 class="spip" id="Le-travail-de-nuit-augmente-le-risque-de-cancer">Le travail de nuit augmente le risque de cancer</h2><p>Peu de gens le savent, y compris parmi les soignants, mais le travail de nuit des femmes augmente le risque de cancer du sein de 30 %, selon <a href="https://www.inserm.fr/actualite/travail-nuit-et-cancer-sein-nouveaux-arguments-en-faveur-lien/" class="spip_out" rel="external">une étude menée entre 2005 et 2008</a> par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). D’autres études internationales documentent également ce risque.</p><p><em>« Il existe désormais un corpus solide</em>, avance Elisabteh Leroux, avocate, qui a défendu les dossiers de plusieurs femmes atteintes de cancers du sein professionnels. <em>L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, l’INRS, a même <a href="https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TC%20164" class="spip_out" rel="external">établi une fiche spéciale</a> sur le cancer du sein chez les travailleuses de nuit. »</em> Si la période de travail de nuit a duré plus de quatre ans et demi, le risque est accru de 40 %. Et au-delà de deux nuits par semaine pendant plus de dix ans, le risque est deux à trois fois plus élevé. </p><h2 class="spip" id="Les-medecins-concentres-sur-les-causes-personnelles">Les médecins concentrés sur les causes personnelles</h2><p><em>« Les expositions aux rayonnements ionisants et à certains produits chimiques peuvent également provoquer des cancers du sein</em>, appuie Jean-Luc Rué, secrétaire régional en charge de la santé au travail pour la CFDT dans la région Grand-Est. <em>Certaines femmes sont exposées à plusieurs facteurs de risque. »</em> Pensons, par exemple, à ces infirmières de pédiatrie qui travaillaient de nuit et prenaient les enfants contre leur torse pour qu’ils ne bougent pas lors des radiographies.</p><p>Ou les hôtesses de l’air qui, en plus de travailler en partie la nuit, sont exposées aux rayonnements cosmiques. En dépit de toutes ces connaissances, les femmes sont rarement interrogées sur leur travail par les médecins et oncologues quand elles ont un cancer du sein, regrette Jean-Luc Rué. <em>« Les médecins restent souvent sur les raisons personnelles : tabac, alcool, obésité, génétique, etc. Même dans les services de santé et sécurité au travail, des spécialistes ignorent que le cancer du sein peut avoir une origine professionnelle. »</em></p><p>Si le lien entre cancer du sein et travail de nuit a émergé au sein de la CFDT, c’est grâce à deux de ses militantes : Josiane Clavelin et Brigitte Clément. La première, infirmière, s’est inquiétée du nombre élevé de collègues atteintes d’un cancer du sein. La seconde connaissait bien les rouages des reconnaissances en maladie professionnelle, grâce au dossier de l’amiante notamment.</p><p><em>« Depuis 2023, 78 demandes de reconnaissance de cancers du sein professionnels ont été déposées dans toute la France</em>, dit Jean-Luc Rué. <em>13 ont obtenu une reconnaissance dans le secteur privé. Dans le secteur public, c’est plus compliqué d’avoir des chiffres car chaque administration a ses propres statistiques. »</em> Seule certitude : il est aussi difficile dans le public que dans le privé de voir son dossier aboutir.</p><p><em>« Pour refuser, les employeurs privés et publics prétendent que l’on n’a pas assez d’études scientifiques, qu’il n’y a pas de tableau, et, par conséquent, pas de lien direct et essentiel</em>, explique Elisabeth Leroux. <em>Ils évoquent un soi-disant surpoids, le tabac, les contraceptifs, le fait de ne pas avoir eu de grossesse… C’est assez intrusif et dur à entendre pour les femmes. Certaines d’entre elles se culpabilisent. »</em></p><p>Autre facteur de risque mortel pour les femmes, visibilisé grâce à une lutte : l’oxyde d’éthylène. Utilisé pour stériliser le matériel médical (compresses, kits d’accouchement ou de chirurgie), ce produit est cancérigène, mutagène (capable d’altérer la structure de l’ADN) et reprotoxique (toxique pour la reproduction). Les ouvrières de l’usine Tetra Médical d’Annonay, en Ardèche, ont été <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/sante/sante-au-travail-une-premiere-victoire-pour-152-ex-salaries-de-tetra-medical-exposes-a-un-gaz-toxique" class="spip_out" rel="external">exposées à ce produit pendant des années</a>, sans qu’elles ne soient jamais informées par leurs employeurs des risques qu’elles couraient.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Nous n’avions ni masque ni gants. Et l’été, nous portions des blouses à manches courtes »</em>, retrace Cathy, qui a commencé à travailler à 19 ans dans l’usine. À 34 ans, on lui a découvert un cancer du col de l’utérus et à 51 ans, elle a été opérée d’un cancer du sein. À ce moment-là, elle a commencé à se poser des questions, car beaucoup de ses collègues étaient elles aussi malades. Au fil de ses recherches, Cathy a découvert les dangers multiples et parfaitement documentés de l’oxyde d’éthylène. <em>« Anéantie »</em> par cette prise de conscience de l’origine professionnelle de ses cancers, elle s’est battue avec le soutien de la CGT pour obtenir cette reconnaissance.</p><p>Cathy a obtenu en 2022 la reconnaissance de son cancer du sein comme étant d’origine professionnelle. Quatre de ses collègues ont également été reconnues comme malades à cause de leur travail dans cette usine. Le collectif de lutte est en train de recueillir des informations sur d’autres cas de collègues décédées sans soupçonner un instant qu’elles étaient malades du fait de leur travail.</p><h2 class="spip" id="Besoin-d-un-suivi-systematique-des-femmes-exposees">Besoin d’un suivi systématique des femmes exposées</h2><p><em>« Plus nous aurons de victoires, plus nous serons crédibles, et plus la prévention sera efficace »</em>, souligne l’avocate Elisabeth Leroux. Elle déplore que les employeurs ne remplissent pas leurs obligations d’information ni de protection de la santé de leurs salariées. <em>« Il faudrait que les femmes exposées à des facteurs de risque bénéficient d’un suivi systématique</em>, estime-t-elle. <em>On sait que, parmi les plus de 10 000 femmes qui meurent d’un cancer du sein chaque année, un certain nombre de décès sont dus à des diagnostics trop tardifs. »</em></p><p><em>« Beaucoup des professions qui comptent une majorité de femmes sont concernées par le risque de cancers professionnels »</em>, précise Tony Musu, expert à l’Institut syndical européen Etui, centre de recherche et de formation de la Confédération européenne des syndicats. Il cite l’exemple de la coiffure ou du secteur cosmétique, où les femmes peuvent être confrontées à des expositions cancérogènes très précoces, via les stages et périodes d’apprentissage qu’elles accomplissent alors qu’elles sont encore mineures.</p><p>Autre secteur dangereux où travaillent des dizaines de milliers de femmes : le nettoyage. Au sein du Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale dans le Vaucluse (<a href="https://giscope84.hypotheses.org/" class="spip_out" rel="external">Giscope 84</a>), un programme de recherche interdisciplinaire hébergé à l’université d’Avignon, les équipes ont remarqué que beaucoup des femmes atteintes d’un lymphome avaient travaillé dans le nettoyage.</p><p>Les chercheurs ont donc décidé de mener des entretiens approfondis sur ce sujet avec les patientes suivies. Résultat : elles passent leur temps à utiliser des produits cancérogènes, oxyde d’éthylène (dans les produit de stérilisation), silice (dans les produits en poudre), éthylbenzène (comme détachant), dichlorométhane (comme dégraissant et solvant). Elles sont rarement protégées et les masques qu’on leur concède parfois ne sont guère protecteurs ; pas plus que les gants, qu’on leur donne de toute façon rarement.</p><p>Alors même que les activités féminines ne sont généralement pas considérées comme « à risque », les femmes en charge du nettoyage sont particulièrement exposées aux dangers cancérogènes. <em>« Les hommes manipulent plutôt des machines tandis que les femmes exercent des activités plus manuelles avec divers produits chimiques posés sur des charriots. Elles se retrouvent plus souvent dans des espaces confinés, par exemple les toilettes, en posture penchée, le nez sur les produits qu’elles utilisent »</em>, explique Judith Wolf, sociologue et codirectrice du groupe de recherche Giscope84.</p><h2 class="spip" id="Des-femmes-exposees-aux-pesticides">Des femmes exposées aux pesticides</h2><p>Les risques cachés sont aussi une réalité du monde agricole. Le sociologue Moritz Hunsmann, codirecteur du Giscope84, regrette qu’<em>« une hypothèse ait la vie dure : celle selon laquelle l’exposition principale aux pesticides se ferait par l’inhalation. On préjuge par conséquent qu’en agriculture, les hommes, juchés sur les tracteurs, seraient plus exposés. On sait pourtant que la principale voie de contamination pour les pesticides, c’est la voie cutanée et que le contact avec le végétal traité est donc très exposant. Or, les femmes sont très représentées dans ces postes à risques via la cueillette, la taille ou le conditionnement. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Exces-de-cancers-de-l-ovaire-maladie-de-Parkinson-les-agricultrices-victimes-oubliees-des-pesticides-sante-travail">Excès de cancer de l’ovaire, maladie de Parkinson : les agricultrices, victimes oubliées des pesticides ?</a></aside><p>À cette ignorance des risques s’ajoute un second facteur qui invisibilise l’impact de ces produits sur les femmes, lié au statut souvent précaire de ces dernières. <em>« Quand elles disent qu’elles donnent un coup de main à leur mari, elles ne se contentent pas de faire la comptabilité</em>, poursuit Moritz Hunsmann. <em>Souvent, elles travaillent, dans les champs. On suppose une division genrée précise du travail mais dans la vraie vie, cela ne se passe pas comme ça. »</em> Les femmes sont donc exposées à de nombreux risques chimiques propres à l’agriculture.</p><h2 class="spip" id="Un-effacement-qui-prive-de-droits">Un effacement qui prive de droits</h2><p><em>« Les modèles de reconnaissance restent basés sur le travail masculin</em>, remarque Sylvie Platel, docteure en santé publique et responsable de plaidoyer sur la santé et l’environnement au sein de l’ONG Women Engage for a Common Future (WECF). <em>Un homme, une exposition, une carrière. Dans ce modèle-là, les femmes sont invisibles »</em>, résume-t-elle. Liée à un rapport de force favorable à celleux qui travaillent, autant – si ce n’est plus – qu’aux connaissances scientifiques, la création des tableaux des maladies professionnelles dépend des organisations collectives, syndicales notamment.</p><p>Or, les secteurs où les femmes sont en danger sont aussi ceux où ces organisations sont peu présentes, avec un pouvoir réduit. Ajoutons que les carrières des femmes sont plus souvent interrompues par les maternités, ou à cause des mobilités, pour celles qui suivent leur conjoint. Elles ont davantage de temps partiels et de multiactivités. Ces fragmentations invisibilisent également leur exposition au danger, et rendent la reconnaissance professionnelle très compliquée…</p><h2 class="spip" id="Les-conjoints-moins-presents-pour-leur-epouses">Les conjoints moins présents pour leur épouses</h2><p>Dernière étape de cet effacement : les femmes, quand elles sont malades, déposent moins de demandes de reconnaissance de maladies professionnelles que les hommes. D’abord, parce qu’elles font leurs calculs et se rendent bien compte que leurs chances de succès sont faibles. Ensuite parce que, <em>« contrairement aux hommes, les femmes n’ont souvent personne à leurs côtés pour les aider à déposer des demandes de reconnaissances</em>, remarque Moritz Hunsmann. <em>Les hommes qui déposent des dossiers sont généralement très soutenus par leurs conjointes qui, bien souvent, font les démarches à leur place. Si c’est la femme qui est malade, la réciproque n’est pas vraie. »</em></p><p>Résultat : un « effet entonnoir », qui fait disparaître des radars les cancers professionnels féminins, davantage encore que ceux des hommes. 1800 cancers professionnels sont reconnus chaque année en France, ce qui est déjà ridicule quand on sait que <a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/enquete_sumer.pdf" class="spip_out" rel="external">des millions de salariés sont exposés à des produits cancérogènes</a>. Parmi ces salariés dont la maladie est reconnue comme d’origine professionnelle, 4 % seulement sont des femmes. Les autres perdent leur vie à cause du travail, sans jamais le savoir.</p><p>*Prénom modifié.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/travail-de-nuit-produits-toxiques-la-lutte-des-femmes-pour-faire-reconnaitre</link>
      <guid>https://basta.media/travail-de-nuit-produits-toxiques-la-lutte-des-femmes-pour-faire-reconnaitre</guid>
      <pubDate>Tue, 28 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Le travail de nuit augmente le risque de cancer du sein de 30 % » : enquête sur les cancers professionnels des femmes]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Sidonie* s’est éteinte le 13 décembre 2021, terrassée par un cancer de l’ovaire d’origine professionnelle. Aide-soignante pendant 40 ans dans un service de cancérologie, elle a été exposée au radium et à des médicaments de chimiothérapie. Or, ceux-ci <a href="https://basta.media/Cancerologie-cancers-professionnels-soignants-chimiotherapie-anti-cancereux-radium" class="spip_in">peuvent être cancérogènes</a>.</p><p><em>« Quand les produits de chimio se renversaient sur les paillasses, c’était nous, les aides-soignantes, qui devions les nettoyer, sans masque et sans gants. Nous étions aussi exposées via les selles et les urines des patients soignés. Personne ne nous a jamais dit que c’était dangereux »</em>, avait témoigné Sidonie auprès de <em>Basta!</em> en 2021.</p><p>Elle expliquait aussi qu’elles faisaient la toilette des malades soignées avec des aiguilles de radium sans précautions particulières. Au moment de son décès, elle n’avait pas encore obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie : <em>« Mes dossiers ont été refusés deux fois. Or, je sais que mes jours sont comptés »</em>, nous disait-elle.</p><h2 class="spip" id="Le-cancer-du-sein-peut-etre-du-au-travail">Le cancer du sein peut être dû au travail</h2><p>Si le dossier de Sidonie a tant traîné, c’est parce qu’il n’existe pas de tableau de reconnaissance en maladie professionnelle du cancer de l’ovaire en lien avec l’exposition aux produits de chimiothérapie ou au radium. Créés par décrets gouvernementaux, ces tableaux épargnent aux malades d’avoir à prouver le lien entre leur maladie et leur exposition professionnelle.</p><p>Ils induisent une « présomption d’imputabilité » : les personnes exposées pendant tant d’années à tel produit ou à telle activité peuvent obtenir une reconnaissance du caractère professionnel de leur pathologie. Sans tableau, il faut apporter soi-même la preuve du lien entre son travail et sa maladie, et se préparer à de longues années de procédures.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/des-infirmieres-de-cancerologie-reconnues-malades-d-avoir-soigne">Des infirmières de cancérologie reconnues malades d’avoir soigné</a></aside><p>Pour le cancer de l’ovaire, seule l’exposition à l’amiante est inscrite dans un tableau, et seulement depuis 2023. Plus étonnant encore : il n’existe à ce jour aucun tableau pour le cancer du sein, première cause de mortalité par cancer chez les femmes, et dont un certain nombre sont dus à des causes professionnelles, comme le travail de nuit, par exemple.</p><h2 class="spip" id="Le-travail-de-nuit-augmente-le-risque-de-cancer">Le travail de nuit augmente le risque de cancer</h2><p>Peu de gens le savent, y compris parmi les soignants, mais le travail de nuit des femmes augmente le risque de cancer du sein de 30 %, selon <a href="https://www.inserm.fr/actualite/travail-nuit-et-cancer-sein-nouveaux-arguments-en-faveur-lien/" class="spip_out" rel="external">une étude menée entre 2005 et 2008</a> par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). D’autres études internationales documentent également ce risque.</p><p><em>« Il existe désormais un corpus solide</em>, avance Elisabeth Leroux, avocate qui a défendu les dossiers de plusieurs femmes atteintes de cancers du sein professionnels. <em>L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, l’INRS, a même <a href="https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TC%20164" class="spip_out" rel="external">établi une fiche spéciale</a> sur le cancer du sein chez les travailleuses de nuit. »</em> Si la période de travail de nuit a duré plus de quatre ans et demi, le risque est accru de 40 %. Et au-delà de deux nuits par semaine pendant plus de dix ans, le risque est deux à trois fois plus élevé. </p><h2 class="spip" id="Les-medecins-concentres-sur-les-causes-personnelles">Les médecins concentrés sur les causes personnelles</h2><p><em>« Les expositions aux rayonnements ionisants et à certains produits chimiques peuvent également provoquer des cancers du sein</em>, appuie Jean-Luc Rué, secrétaire régional en charge de la santé au travail pour la CFDT dans la région Grand-Est. <em>Certaines femmes sont exposées à plusieurs facteurs de risque. »</em> Pensons, par exemple, à ces infirmières de pédiatrie qui travaillaient de nuit et prenaient les enfants contre leur torse pour qu’ils ne bougent pas lors des radiographies.</p><p>Ou les hôtesses de l’air qui, en plus de travailler en partie la nuit, sont exposées aux rayonnements cosmiques. En dépit de toutes ces connaissances, les femmes sont rarement interrogées sur leur travail par les médecins et oncologues quand elles ont un cancer du sein, regrette Jean-Luc Rué. <em>« Les médecins restent souvent sur les raisons personnelles : tabac, alcool, obésité, génétique, etc. Même dans les services de santé et sécurité au travail, des spécialistes ignorent que le cancer du sein peut avoir une origine professionnelle. »</em></p><p>Si le lien entre cancer du sein et travail de nuit a émergé au sein de la CFDT, c’est grâce à deux de ses militantes : Josiane Clavelin et Brigitte Clément. La première, infirmière, s’est inquiétée du nombre élevé de collègues atteintes d’un cancer du sein. La seconde connaissait bien les rouages des reconnaissances en maladie professionnelle, grâce au dossier de l’amiante notamment.</p><p><em>« Depuis 2023, 78 demandes de reconnaissance de cancers du sein professionnels ont été déposées dans toute la France</em>, dit Jean-Luc Rué. <em>13 ont obtenu une reconnaissance dans le secteur privé. Dans le secteur public, c’est plus compliqué d’avoir des chiffres car chaque administration a ses propres statistiques. »</em> Seule certitude : il est aussi difficile dans le public que dans le privé de voir son dossier aboutir.</p><p><em>« Pour refuser, les employeurs privés et publics prétendent que l’on n’a pas assez d’études scientifiques, qu’il n’y a pas de tableau, et, par conséquent, pas de lien direct et essentiel</em>, explique Elisabeth Leroux. <em>Ils évoquent un soi-disant surpoids, le tabac, les contraceptifs, le fait de ne pas avoir eu de grossesse… C’est assez intrusif et dur à entendre pour les femmes. Certaines d’entre elles se culpabilisent. »</em></p><p>Autre facteur de risque mortel pour les femmes, visibilisé grâce à une lutte : l’oxyde d’éthylène. Utilisé pour stériliser le matériel médical (compresses, kits d’accouchement ou de chirurgie), ce produit est cancérigène, mutagène (capable d’altérer la structure de l’ADN) et reprotoxique (toxique pour la reproduction). Les ouvrières de l’usine Tetra Médical d’Annonay, en Ardèche, ont été <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/sante/sante-au-travail-une-premiere-victoire-pour-152-ex-salaries-de-tetra-medical-exposes-a-un-gaz-toxique" class="spip_out" rel="external">exposées à ce produit pendant des années</a>, sans qu’elles ne soient jamais informées par leurs employeurs des risques qu’elles couraient.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Nous n’avions ni masque ni gants. Et l’été, nous portions des blouses à manches courtes »</em>, retrace Cathy, qui a commencé à travailler à 19 ans dans l’usine. À 34 ans, on lui a découvert un cancer du col de l’utérus et à 51 ans, elle a été opérée d’un cancer du sein. À ce moment-là, elle a commencé à se poser des questions, car beaucoup de ses collègues étaient elles aussi malades. Au fil de ses recherches, Cathy a découvert les dangers multiples et parfaitement documentés de l’oxyde d’éthylène. <em>« Anéantie »</em> par la prise de conscience de l’origine professionnelle de ses cancers, elle s’est battue avec le soutien de la CGT pour obtenir cette reconnaissance.</p><p>Cathy a obtenu en 2022 la reconnaissance de son cancer du sein comme étant d’origine professionnelle. Quatre de ses collègues ont également été reconnues comme malades à cause de leur travail dans cette usine. Le collectif de lutte est en train de recueillir des informations sur d’autres cas de collègues décédées sans soupçonner un instant qu’elles étaient malades du fait de leur travail.</p><h2 class="spip" id="Besoin-d-un-suivi-systematique-des-femmes-exposees">Besoin d’un suivi systématique des femmes exposées</h2><p><em>« Plus nous aurons de victoires, plus nous serons crédibles, et plus la prévention sera efficace »</em>, souligne l’avocate Elisabeth Leroux. Elle déplore que les employeurs ne remplissent pas leurs obligations d’information ni de protection de la santé de leurs salariées. <em>« Il faudrait que les femmes exposées à des facteurs de risque bénéficient d’un suivi systématique</em>, estime-t-elle. <em>On sait que, parmi les plus de 10 000 femmes qui meurent d’un cancer du sein chaque année, un certain nombre de décès sont dus à des diagnostics trop tardifs. »</em></p><p><em>« Beaucoup des professions qui comptent une majorité de femmes sont concernées par le risque de cancers professionnels »</em>, précise Tony Musu, expert à l’Institut syndical européen Etui, centre de recherche et de formation de la Confédération européenne des syndicats. Il cite l’exemple de la coiffure ou du secteur cosmétique, où les femmes peuvent être confrontées à des expositions cancérogènes très précoces, via les stages et périodes d’apprentissage qu’elles accomplissent alors qu’elles sont encore mineures.</p><p>Autre secteur dangereux où travaillent des dizaines de milliers de femmes : le nettoyage. Au sein du Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale dans le Vaucluse (<a href="https://giscope84.hypotheses.org/" class="spip_out" rel="external">Giscope 84</a>), un programme de recherche interdisciplinaire hébergé à l’université d’Avignon, les équipes ont remarqué que beaucoup des femmes atteintes d’un lymphome avaient travaillé dans le nettoyage.</p><p>Les chercheurs ont donc décidé de mener des entretiens approfondis sur ce sujet avec les patientes suivies. Résultat : elles passent leur temps à utiliser des produits cancérogènes, oxyde d’éthylène (dans les produit de stérilisation), silice (dans les produits en poudre), éthylbenzène (comme détachant), dichlorométhane (comme dégraissant et solvant). Elles sont rarement protégées et les masques qu’on leur concède parfois ne sont guère protecteurs ; pas plus que les gants, qu’on leur donne de toute façon rarement.</p><p>Alors même que les activités féminines ne sont généralement pas considérées comme « à risque », les femmes en charge du nettoyage sont particulièrement exposées aux dangers cancérogènes. <em>« Les hommes manipulent plutôt des machines tandis que les femmes exercent des activités plus manuelles avec divers produits chimiques posés sur des charriots. Elles se retrouvent plus souvent dans des espaces confinés, par exemple les toilettes, en posture penchée, le nez sur les produits qu’elles utilisent »</em>, explique Judith Wolf, sociologue et codirectrice du groupe de recherche Giscope84.</p><h2 class="spip" id="Des-femmes-exposees-aux-pesticides">Des femmes exposées aux pesticides</h2><p>Les risques cachés sont aussi une réalité du monde agricole. Le sociologue Moritz Hunsmann, codirecteur du Giscope84, regrette qu’<em>« une hypothèse ait la vie dure : celle selon laquelle l’exposition principale aux pesticides se ferait par l’inhalation. On préjuge par conséquent qu’en agriculture, les hommes, juchés sur les tracteurs, seraient plus exposés. On sait pourtant que la principale voie de contamination pour les pesticides, c’est la voie cutanée et que le contact avec le végétal traité est donc très exposant. Or, les femmes sont très représentées dans ces postes à risques via la cueillette, la taille ou le conditionnement. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Exces-de-cancers-de-l-ovaire-maladie-de-Parkinson-les-agricultrices-victimes-oubliees-des-pesticides-sante-travail">Excès de cancer de l’ovaire, maladie de Parkinson : les agricultrices, victimes oubliées des pesticides ?</a></aside><p>À cette ignorance des risques s’ajoute un second facteur qui invisibilise l’impact de ces produits sur les femmes, lié au statut souvent précaire de ces dernières. <em>« Quand elles disent qu’elles donnent un coup de main à leur mari, elles ne se contentent pas de faire la comptabilité</em>, poursuit Moritz Hunsmann. <em>Souvent, elles travaillent, dans les champs. On suppose une division genrée précise du travail mais dans la vraie vie, cela ne se passe pas comme ça. »</em> Les femmes sont donc exposées à de nombreux risques chimiques propres à l’agriculture.</p><h2 class="spip" id="Un-effacement-qui-prive-de-droits">Un effacement qui prive de droits</h2><p><em>« Les modèles de reconnaissance restent basés sur le travail masculin</em>, remarque Sylvie Platel, docteure en santé publique et responsable de plaidoyer sur la santé et l’environnement au sein de l’ONG Women Engage for a Common Future (WECF). <em>Un homme, une exposition, une carrière. Dans ce modèle-là, les femmes sont invisibles »</em>, résume-t-elle. Liée à un rapport de force favorable à celleux qui travaillent, autant – si ce n’est plus – qu’aux connaissances scientifiques, la création des tableaux des maladies professionnelles dépend des organisations collectives, syndicales notamment.</p><p>Or, les secteurs où les femmes sont en danger sont aussi ceux où ces organisations sont peu présentes, avec un pouvoir réduit. Ajoutons que les carrières des femmes sont plus souvent interrompues par les maternités, ou à cause des mobilités, pour celles qui suivent leur conjoint. Elles ont davantage de temps partiels et de multiactivités. Ces fragmentations invisibilisent également leur exposition au danger, et rendent la reconnaissance professionnelle très compliquée…</p><h2 class="spip" id="Les-conjoints-moins-presents-pour-leur-epouses">Les conjoints moins présents pour leur épouses</h2><p>Dernière étape de cet effacement : les femmes, quand elles sont malades, déposent moins de demandes de reconnaissance de maladies professionnelles que les hommes. D’abord, parce qu’elles font leurs calculs et se rendent bien compte que leurs chances de succès sont faibles. Ensuite parce que, <em>« contrairement aux hommes, les femmes n’ont souvent personne à leurs côtés pour les aider à déposer des demandes de reconnaissances</em>, remarque Moritz Hunsmann. <em>Les hommes qui déposent des dossiers sont généralement très soutenus par leurs conjointes qui, bien souvent, font les démarches à leur place. Si c’est la femme qui est malade, la réciproque n’est pas vraie. »</em></p><p>Résultat : un « effet entonnoir », qui fait disparaître des radars les cancers professionnels féminins, davantage encore que ceux des hommes. 1800 cancers professionnels sont reconnus chaque année en France, ce qui est déjà ridicule quand on sait que <a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/enquete_sumer.pdf" class="spip_out" rel="external">des millions de salariés sont exposés à des produits cancérogènes</a>. Parmi ces salariés dont la maladie est reconnue comme d’origine professionnelle, 4 % seulement sont des femmes. Les autres perdent leur vie à cause du travail, sans jamais le savoir.</p><p>Dessin : <a href="https://matthieulemarchal.com/" class="spip_out" rel="external">Matthieu Lemarchal</a></p><p>*Prénom modifié.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/travail-de-nuit-femmes-augmente-risque-cancer-du-sein-30-enquete-cancers-professionnels</link>
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      <pubDate>Tue, 28 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Le travail de nuit augmente le risque de cancer du sein de 30 % » : enquête sur les cancers professionnels des femmes]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Sidonie* s’est éteinte le 13 décembre 2021, terrassée par un cancer de l’ovaire d’origine professionnelle. Aide-soignante pendant 40 ans dans un service de cancérologie, elle a été exposée au radium et à des médicaments de chimiothérapie. Or, ceux-ci <a href="https://basta.media/Cancerologie-cancers-professionnels-soignants-chimiotherapie-anti-cancereux-radium" class="spip_in">peuvent être cancérogènes</a>.</p><p><em>« Quand les produits de chimio se renversaient sur les paillasses, c’était nous, les aides-soignantes, qui devions les nettoyer, sans masque et sans gants. Nous étions aussi exposées via les selles et les urines des patients soignés. Personne ne nous a jamais dit que c’était dangereux »</em>, avait témoigné Sidonie auprès de <em>Basta!</em> en 2021.</p><p>Elle expliquait aussi qu’elles faisaient la toilette des malades soignées avec des aiguilles de radium sans précautions particulières. Au moment de son décès, elle n’avait pas encore obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie : <em>« Mes dossiers ont été refusés deux fois. Or, je sais que mes jours sont comptés »</em>, nous disait-elle.</p><h2 class="spip" id="Le-cancer-du-sein-peut-etre-du-au-travail">Le cancer du sein peut être dû au travail</h2><p>Si le dossier de Sidonie a tant traîné, c’est parce qu’il n’existe pas de tableau de reconnaissance en maladie professionnelle du cancer de l’ovaire en lien avec l’exposition aux produits de chimiothérapie ou au radium. Créés par décrets gouvernementaux, ces tableaux épargnent aux malades d’avoir à prouver le lien entre leur maladie et leur exposition professionnelle.</p><p>Ils induisent une « présomption d’imputabilité » : les personnes exposées pendant tant d’années à tel produit ou à telle activité peuvent obtenir une reconnaissance du caractère professionnel de leur pathologie. Sans tableau, il faut apporter soi-même la preuve du lien entre son travail et sa maladie, et se préparer à de longues années de procédures.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/des-infirmieres-de-cancerologie-reconnues-malades-d-avoir-soigne">Des infirmières de cancérologie reconnues malades d’avoir soigné</a></aside><p>Pour le cancer de l’ovaire, seule l’exposition à l’amiante est inscrite dans un tableau, et seulement depuis 2023. Plus étonnant encore : il n’existe à ce jour aucun tableau pour le cancer du sein, première cause de mortalité par cancer chez les femmes, et dont un certain nombre sont dus à des causes professionnelles, comme le travail de nuit, par exemple.</p><h2 class="spip" id="Le-travail-de-nuit-augmente-le-risque-de-cancer">Le travail de nuit augmente le risque de cancer</h2><p>Peu de gens le savent, y compris parmi les soignants, mais le travail de nuit des femmes augmente le risque de cancer du sein de 30 %, selon <a href="https://www.inserm.fr/actualite/travail-nuit-et-cancer-sein-nouveaux-arguments-en-faveur-lien/" class="spip_out" rel="external">une étude menée entre 2005 et 2008</a> par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). D’autres études internationales documentent également ce risque.</p><p><em>« Il existe désormais un corpus solide</em>, avance Elisabeth Leroux, avocate qui a défendu les dossiers de plusieurs femmes atteintes de cancers du sein professionnels. <em>L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, l’INRS, a même <a href="https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TC%20164" class="spip_out" rel="external">établi une fiche spéciale</a> sur le cancer du sein chez les travailleuses de nuit. »</em> Si la période de travail de nuit a duré plus de quatre ans et demi, le risque est accru de 40 %. Et au-delà de deux nuits par semaine pendant plus de dix ans, le risque est deux à trois fois plus élevé. </p><h2 class="spip" id="Les-medecins-concentres-sur-les-causes-personnelles">Les médecins concentrés sur les causes personnelles</h2><p><em>« Les expositions aux rayonnements ionisants et à certains produits chimiques peuvent également provoquer des cancers du sein</em>, appuie Jean-Luc Rué, secrétaire régional en charge de la santé au travail pour la CFDT dans la région Grand-Est. <em>Certaines femmes sont exposées à plusieurs facteurs de risque. »</em> Pensons, par exemple, à ces infirmières de pédiatrie qui travaillaient de nuit et prenaient les enfants contre leur torse pour qu’ils ne bougent pas lors des radiographies.</p><p>Ou les hôtesses de l’air qui, en plus de travailler en partie la nuit, sont exposées aux rayonnements cosmiques. En dépit de toutes ces connaissances, les femmes sont rarement interrogées sur leur travail par les médecins et oncologues quand elles ont un cancer du sein, regrette Jean-Luc Rué. <em>« Les médecins restent souvent sur les raisons personnelles : tabac, alcool, obésité, génétique, etc. Même dans les services de santé et sécurité au travail, des spécialistes ignorent que le cancer du sein peut avoir une origine professionnelle. »</em></p><p>Si le lien entre cancer du sein et travail de nuit a émergé au sein de la CFDT, c’est grâce à deux de ses militantes : Josiane Clavelin et Brigitte Clément. La première, infirmière, s’est inquiétée du nombre élevé de collègues atteintes d’un cancer du sein. La seconde connaissait bien les rouages des reconnaissances en maladie professionnelle, grâce au dossier de l’amiante notamment.</p><p><em>« Depuis 2023, 78 demandes de reconnaissance de cancers du sein professionnels ont été déposées dans toute la France</em>, dit Jean-Luc Rué. <em>13 ont obtenu une reconnaissance dans le secteur privé. Dans le secteur public, c’est plus compliqué d’avoir des chiffres car chaque administration a ses propres statistiques. »</em> Seule certitude : il est aussi difficile dans le public que dans le privé de voir son dossier aboutir.</p><p><em>« Pour refuser, les employeurs privés et publics prétendent que l’on n’a pas assez d’études scientifiques, qu’il n’y a pas de tableau, et, par conséquent, pas de lien direct et essentiel</em>, explique Elisabeth Leroux. <em>Ils évoquent un soi-disant surpoids, le tabac, les contraceptifs, le fait de ne pas avoir eu de grossesse… C’est assez intrusif et dur à entendre pour les femmes. Certaines d’entre elles se culpabilisent. »</em></p><p>Autre facteur de risque mortel pour les femmes, visibilisé grâce à une lutte : l’oxyde d’éthylène. Utilisé pour stériliser le matériel médical (compresses, kits d’accouchement ou de chirurgie), ce produit est cancérigène, mutagène (capable d’altérer la structure de l’ADN) et reprotoxique (toxique pour la reproduction). Les ouvrières de l’usine Tetra Médical d’Annonay, en Ardèche, ont été <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/sante/sante-au-travail-une-premiere-victoire-pour-152-ex-salaries-de-tetra-medical-exposes-a-un-gaz-toxique" class="spip_out" rel="external">exposées à ce produit pendant des années</a>, sans qu’elles ne soient jamais informées par leurs employeurs des risques qu’elles couraient.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Nous n’avions ni masque ni gants. Et l’été, nous portions des blouses à manches courtes »</em>, retrace Cathy, qui a commencé à travailler à 19 ans dans l’usine. À 34 ans, on lui a découvert un cancer du col de l’utérus et à 51 ans, elle a été opérée d’un cancer du sein. À ce moment-là, elle a commencé à se poser des questions, car beaucoup de ses collègues étaient elles aussi malades. Au fil de ses recherches, Cathy a découvert les dangers multiples et parfaitement documentés de l’oxyde d’éthylène. <em>« Anéantie »</em> par la prise de conscience de l’origine professionnelle de ses cancers, elle s’est battue avec le soutien de la CGT pour obtenir cette reconnaissance.</p><p>Cathy a obtenu en 2022 la reconnaissance de son cancer du sein comme étant d’origine professionnelle. Quatre de ses collègues ont également été reconnues comme malades à cause de leur travail dans cette usine. Le collectif de lutte est en train de recueillir des informations sur d’autres cas de collègues décédées sans soupçonner un instant qu’elles étaient malades du fait de leur travail.</p><h2 class="spip" id="Besoin-d-un-suivi-systematique-des-femmes-exposees">Besoin d’un suivi systématique des femmes exposées</h2><p><em>« Plus nous aurons de victoires, plus nous serons crédibles, et plus la prévention sera efficace »</em>, souligne l’avocate Elisabeth Leroux. Elle déplore que les employeurs ne remplissent pas leurs obligations d’information ni de protection de la santé de leurs salariées. <em>« Il faudrait que les femmes exposées à des facteurs de risque bénéficient d’un suivi systématique</em>, estime-t-elle. <em>On sait que, parmi les plus de 10 000 femmes qui meurent d’un cancer du sein chaque année, un certain nombre de décès sont dus à des diagnostics trop tardifs. »</em></p><p><em>« Beaucoup des professions qui comptent une majorité de femmes sont concernées par le risque de cancers professionnels »</em>, précise Tony Musu, expert à l’Institut syndical européen Etui, centre de recherche et de formation de la Confédération européenne des syndicats. Il cite l’exemple de la coiffure ou du secteur cosmétique, où les femmes peuvent être confrontées à des expositions cancérogènes très précoces, via les stages et périodes d’apprentissage qu’elles accomplissent alors qu’elles sont encore mineures.</p><p>Autre secteur dangereux où travaillent des dizaines de milliers de femmes : le nettoyage. Au sein du Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale dans le Vaucluse (<a href="https://giscope84.hypotheses.org/" class="spip_out" rel="external">Giscope 84</a>), un programme de recherche interdisciplinaire hébergé à l’université d’Avignon, les équipes ont remarqué que beaucoup des femmes atteintes d’un lymphome avaient travaillé dans le nettoyage.</p><p>Les chercheurs ont donc décidé de mener des entretiens approfondis sur ce sujet avec les patientes suivies. Résultat : elles passent leur temps à utiliser des produits cancérogènes, oxyde d’éthylène (dans les produit de stérilisation), silice (dans les produits en poudre), éthylbenzène (comme détachant), dichlorométhane (comme dégraissant et solvant). Elles sont rarement protégées et les masques qu’on leur concède parfois ne sont guère protecteurs ; pas plus que les gants, qu’on leur donne de toute façon rarement.</p><p>Alors même que les activités féminines ne sont généralement pas considérées comme « à risque », les femmes en charge du nettoyage sont particulièrement exposées aux dangers cancérogènes. <em>« Les hommes manipulent plutôt des machines tandis que les femmes exercent des activités plus manuelles avec divers produits chimiques posés sur des charriots. Elles se retrouvent plus souvent dans des espaces confinés, par exemple les toilettes, en posture penchée, le nez sur les produits qu’elles utilisent »</em>, explique Judith Wolf, sociologue et codirectrice du groupe de recherche Giscope84.</p><h2 class="spip" id="Des-femmes-exposees-aux-pesticides">Des femmes exposées aux pesticides</h2><p>Les risques cachés sont aussi une réalité du monde agricole. Le sociologue Moritz Hunsmann, codirecteur du Giscope84, regrette qu’<em>« une hypothèse ait la vie dure : celle selon laquelle l’exposition principale aux pesticides se ferait par l’inhalation. On préjuge par conséquent qu’en agriculture, les hommes, juchés sur les tracteurs, seraient plus exposés. On sait pourtant que la principale voie de contamination pour les pesticides, c’est la voie cutanée et que le contact avec le végétal traité est donc très exposant. Or, les femmes sont très représentées dans ces postes à risques via la cueillette, la taille ou le conditionnement. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Exces-de-cancers-de-l-ovaire-maladie-de-Parkinson-les-agricultrices-victimes-oubliees-des-pesticides-sante-travail">Excès de cancer de l’ovaire, maladie de Parkinson : les agricultrices, victimes oubliées des pesticides ?</a></aside><p>À cette ignorance des risques s’ajoute un second facteur qui invisibilise l’impact de ces produits sur les femmes, lié au statut souvent précaire de ces dernières. <em>« Quand elles disent qu’elles donnent un coup de main à leur mari, elles ne se contentent pas de faire la comptabilité</em>, poursuit Moritz Hunsmann. <em>Souvent, elles travaillent, dans les champs. On suppose une division genrée précise du travail mais dans la vraie vie, cela ne se passe pas comme ça. »</em> Les femmes sont donc exposées à de nombreux risques chimiques propres à l’agriculture.</p><h2 class="spip" id="Un-effacement-qui-prive-de-droits">Un effacement qui prive de droits</h2><p><em>« Les modèles de reconnaissance restent basés sur le travail masculin</em>, remarque Sylvie Platel, docteure en santé publique et responsable de plaidoyer sur la santé et l’environnement au sein de l’ONG Women Engage for a Common Future (WECF). <em>Un homme, une exposition, une carrière. Dans ce modèle-là, les femmes sont invisibles »</em>, résume-t-elle. Liée à un rapport de force favorable à celleux qui travaillent, autant – si ce n’est plus – qu’aux connaissances scientifiques, la création des tableaux des maladies professionnelles dépend des organisations collectives, syndicales notamment.</p><p>Or, les secteurs où les femmes sont en danger sont aussi ceux où ces organisations sont peu présentes, avec un pouvoir réduit. Ajoutons que les carrières des femmes sont plus souvent interrompues par les maternités, ou à cause des mobilités, pour celles qui suivent leur conjoint. Elles ont davantage de temps partiels et de multiactivités. Ces fragmentations invisibilisent également leur exposition au danger, et rendent la reconnaissance professionnelle très compliquée…</p><h2 class="spip" id="Les-conjoints-moins-presents-pour-leur-epouses">Les conjoints moins présents pour leur épouses</h2><p>Dernière étape de cet effacement : les femmes, quand elles sont malades, déposent moins de demandes de reconnaissance de maladies professionnelles que les hommes. D’abord, parce qu’elles font leurs calculs et se rendent bien compte que leurs chances de succès sont faibles. Ensuite parce que, <em>« contrairement aux hommes, les femmes n’ont souvent personne à leurs côtés pour les aider à déposer des demandes de reconnaissances</em>, remarque Moritz Hunsmann. <em>Les hommes qui déposent des dossiers sont généralement très soutenus par leurs conjointes qui, bien souvent, font les démarches à leur place. Si c’est la femme qui est malade, la réciproque n’est pas vraie. »</em></p><p>Résultat : un « effet entonnoir », qui fait disparaître des radars les cancers professionnels féminins, davantage encore que ceux des hommes. 1800 cancers professionnels sont reconnus chaque année en France, ce qui est déjà ridicule quand on sait que <a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/enquete_sumer.pdf" class="spip_out" rel="external">des millions de salariés sont exposés à des produits cancérogènes</a>. Parmi ces salariés dont la maladie est reconnue comme d’origine professionnelle, 4 % seulement sont des femmes. Les autres perdent leur vie à cause du travail, sans jamais le savoir.</p><p>Dessin : <a href="https://matthieulemarchal.com/" class="spip_out" rel="external">Matthieu Lemarchal</a></p><p>*Prénom modifié.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/travail-nuit-femmes-augmente-risque-cancer-sein-trente-pourcent-enquete-cancers-professionnels</link>
      <guid>https://basta.media/travail-nuit-femmes-augmente-risque-cancer-sein-trente-pourcent-enquete-cancers-professionnels</guid>
      <pubDate>Tue, 28 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Travail de nuit, produits toxiques : la lutte des femmes pour faire reconnaître leurs cancers professionnels]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Sidonie* s’est éteinte le 13 décembre 2021, terrassée par un cancer de l’ovaire d’origine professionnelle. Aide-soignante pendant 40 ans dans un service de cancérologie, elle a été exposée au radium et à des médicaments de chimiothérapie. Or, ceux-ci <a href="https://basta.media/Cancerologie-cancers-professionnels-soignants-chimiotherapie-anti-cancereux-radium" class="spip_in">peuvent être cancérogènes</a>.</p><p><em>« Quand les produits de chimio se renversaient sur les paillasses, c’était nous, les aides-soignantes, qui devions les nettoyer, sans masque et sans gants. Nous étions aussi exposées via les selles et les urines des patients soignés. Personne ne nous a jamais dit que c’était dangereux »</em>, avait témoigné Sidonie auprès de <em>Basta!</em> en 2021.</p><p>Elle expliquait aussi qu’elles faisaient la toilette des malades soignées avec des aiguilles de radium sans précautions particulières. Au moment de son décès, elle n’avait pas encore obtenu la reconnaissance du caractère professionnel de sa maladie : <em>« Mes dossiers ont été refusés deux fois. Or, je sais que mes jours sont comptés »</em>, nous disait-elle.</p><h2 class="spip" id="Le-cancer-du-sein-peut-etre-du-au-travail">Le cancer du sein peut être dû au travail</h2><p>Si le dossier de Sidonie a tant traîné, c’est parce qu’il n’existe pas de tableau de reconnaissance en maladie professionnelle du cancer de l’ovaire en lien avec l’exposition aux produits de chimiothérapie ou au radium. Créés par décrets gouvernementaux, ces tableaux épargnent aux malades d’avoir à prouver le lien entre leur maladie et leur exposition professionnelle.</p><p>Ils induisent une « présomption d’imputabilité » : les personnes exposées pendant tant d’années à tel produit ou à telle activité peuvent obtenir une reconnaissance du caractère professionnel de leur pathologie. Sans tableau, il faut apporter soi-même la preuve du lien entre son travail et sa maladie, et se préparer à de longues années de procédures.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/des-infirmieres-de-cancerologie-reconnues-malades-d-avoir-soigne">Des infirmières de cancérologie reconnues malades d’avoir soigné</a></aside><p>Pour le cancer de l’ovaire, seule l’exposition à l’amiante est inscrite dans un tableau, et seulement depuis 2023. Plus étonnant encore : il n’existe à ce jour aucun tableau pour le cancer du sein, première cause de mortalité par cancer chez les femmes, et dont un certain nombre sont dus à des causes professionnelles, comme le travail de nuit, par exemple.</p><h2 class="spip" id="Le-travail-de-nuit-augmente-le-risque-de-cancer">Le travail de nuit augmente le risque de cancer</h2><p>Peu de gens le savent, y compris parmi les soignants, mais le travail de nuit des femmes augmente le risque de cancer du sein de 30 %, selon <a href="https://www.inserm.fr/actualite/travail-nuit-et-cancer-sein-nouveaux-arguments-en-faveur-lien/" class="spip_out" rel="external">une étude menée entre 2005 et 2008</a> par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). D’autres études internationales documentent également ce risque.</p><p><em>« Il existe désormais un corpus solide</em>, avance Elisabeth Leroux, avocate, qui a défendu les dossiers de plusieurs femmes atteintes de cancers du sein professionnels. <em>L’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, l’INRS, a même <a href="https://www.inrs.fr/media.html?refINRS=TC%20164" class="spip_out" rel="external">établi une fiche spéciale</a> sur le cancer du sein chez les travailleuses de nuit. »</em> Si la période de travail de nuit a duré plus de quatre ans et demi, le risque est accru de 40 %. Et au-delà de deux nuits par semaine pendant plus de dix ans, le risque est deux à trois fois plus élevé. </p><h2 class="spip" id="Les-medecins-concentres-sur-les-causes-personnelles">Les médecins concentrés sur les causes personnelles</h2><p><em>« Les expositions aux rayonnements ionisants et à certains produits chimiques peuvent également provoquer des cancers du sein</em>, appuie Jean-Luc Rué, secrétaire régional en charge de la santé au travail pour la CFDT dans la région Grand-Est. <em>Certaines femmes sont exposées à plusieurs facteurs de risque. »</em> Pensons, par exemple, à ces infirmières de pédiatrie qui travaillaient de nuit et prenaient les enfants contre leur torse pour qu’ils ne bougent pas lors des radiographies.</p><p>Ou les hôtesses de l’air qui, en plus de travailler en partie la nuit, sont exposées aux rayonnements cosmiques. En dépit de toutes ces connaissances, les femmes sont rarement interrogées sur leur travail par les médecins et oncologues quand elles ont un cancer du sein, regrette Jean-Luc Rué. <em>« Les médecins restent souvent sur les raisons personnelles : tabac, alcool, obésité, génétique, etc. Même dans les services de santé et sécurité au travail, des spécialistes ignorent que le cancer du sein peut avoir une origine professionnelle. »</em></p><p>Si le lien entre cancer du sein et travail de nuit a émergé au sein de la CFDT, c’est grâce à deux de ses militantes : Josiane Clavelin et Brigitte Clément. La première, infirmière, s’est inquiétée du nombre élevé de collègues atteintes d’un cancer du sein. La seconde connaissait bien les rouages des reconnaissances en maladie professionnelle, grâce au dossier de l’amiante notamment.</p><p><em>« Depuis 2023, 78 demandes de reconnaissance de cancers du sein professionnels ont été déposées dans toute la France</em>, dit Jean-Luc Rué. <em>13 ont obtenu une reconnaissance dans le secteur privé. Dans le secteur public, c’est plus compliqué d’avoir des chiffres car chaque administration a ses propres statistiques. »</em> Seule certitude : il est aussi difficile dans le public que dans le privé de voir son dossier aboutir.</p><p><em>« Pour refuser, les employeurs privés et publics prétendent que l’on n’a pas assez d’études scientifiques, qu’il n’y a pas de tableau, et, par conséquent, pas de lien direct et essentiel</em>, explique Elisabeth Leroux. <em>Ils évoquent un soi-disant surpoids, le tabac, les contraceptifs, le fait de ne pas avoir eu de grossesse… C’est assez intrusif et dur à entendre pour les femmes. Certaines d’entre elles se culpabilisent. »</em></p><p>Autre facteur de risque mortel pour les femmes, visibilisé grâce à une lutte : l’oxyde d’éthylène. Utilisé pour stériliser le matériel médical (compresses, kits d’accouchement ou de chirurgie), ce produit est cancérigène, mutagène (capable d’altérer la structure de l’ADN) et reprotoxique (toxique pour la reproduction). Les ouvrières de l’usine Tetra Médical d’Annonay, en Ardèche, ont été <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/sante/sante-au-travail-une-premiere-victoire-pour-152-ex-salaries-de-tetra-medical-exposes-a-un-gaz-toxique" class="spip_out" rel="external">exposées à ce produit pendant des années</a>, sans qu’elles ne soient jamais informées par leurs employeurs des risques qu’elles couraient.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Nous n’avions ni masque ni gants. Et l’été, nous portions des blouses à manches courtes »</em>, retrace Cathy, qui a commencé à travailler à 19 ans dans l’usine. À 34 ans, on lui a découvert un cancer du col de l’utérus et à 51 ans, elle a été opérée d’un cancer du sein. À ce moment-là, elle a commencé à se poser des questions, car beaucoup de ses collègues étaient elles aussi malades. Au fil de ses recherches, Cathy a découvert les dangers multiples et parfaitement documentés de l’oxyde d’éthylène. <em>« Anéantie »</em> par cette prise de conscience de l’origine professionnelle de ses cancers, elle s’est battue avec le soutien de la CGT pour obtenir cette reconnaissance.</p><p>Cathy a obtenu en 2022 la reconnaissance de son cancer du sein comme étant d’origine professionnelle. Quatre de ses collègues ont également été reconnues comme malades à cause de leur travail dans cette usine. Le collectif de lutte est en train de recueillir des informations sur d’autres cas de collègues décédées sans soupçonner un instant qu’elles étaient malades du fait de leur travail.</p><h2 class="spip" id="Besoin-d-un-suivi-systematique-des-femmes-exposees">Besoin d’un suivi systématique des femmes exposées</h2><p><em>« Plus nous aurons de victoires, plus nous serons crédibles, et plus la prévention sera efficace »</em>, souligne l’avocate Elisabeth Leroux. Elle déplore que les employeurs ne remplissent pas leurs obligations d’information ni de protection de la santé de leurs salariées. <em>« Il faudrait que les femmes exposées à des facteurs de risque bénéficient d’un suivi systématique</em>, estime-t-elle. <em>On sait que, parmi les plus de 10 000 femmes qui meurent d’un cancer du sein chaque année, un certain nombre de décès sont dus à des diagnostics trop tardifs. »</em></p><p><em>« Beaucoup des professions qui comptent une majorité de femmes sont concernées par le risque de cancers professionnels »</em>, précise Tony Musu, expert à l’Institut syndical européen Etui, centre de recherche et de formation de la Confédération européenne des syndicats. Il cite l’exemple de la coiffure ou du secteur cosmétique, où les femmes peuvent être confrontées à des expositions cancérogènes très précoces, via les stages et périodes d’apprentissage qu’elles accomplissent alors qu’elles sont encore mineures.</p><p>Autre secteur dangereux où travaillent des dizaines de milliers de femmes : le nettoyage. Au sein du Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers d’origine professionnelle et environnementale dans le Vaucluse (<a href="https://giscope84.hypotheses.org/" class="spip_out" rel="external">Giscope 84</a>), un programme de recherche interdisciplinaire hébergé à l’université d’Avignon, les équipes ont remarqué que beaucoup des femmes atteintes d’un lymphome avaient travaillé dans le nettoyage.</p><p>Les chercheurs ont donc décidé de mener des entretiens approfondis sur ce sujet avec les patientes suivies. Résultat : elles passent leur temps à utiliser des produits cancérogènes, oxyde d’éthylène (dans les produit de stérilisation), silice (dans les produits en poudre), éthylbenzène (comme détachant), dichlorométhane (comme dégraissant et solvant). Elles sont rarement protégées et les masques qu’on leur concède parfois ne sont guère protecteurs ; pas plus que les gants, qu’on leur donne de toute façon rarement.</p><p>Alors même que les activités féminines ne sont généralement pas considérées comme « à risque », les femmes en charge du nettoyage sont particulièrement exposées aux dangers cancérogènes. <em>« Les hommes manipulent plutôt des machines tandis que les femmes exercent des activités plus manuelles avec divers produits chimiques posés sur des charriots. Elles se retrouvent plus souvent dans des espaces confinés, par exemple les toilettes, en posture penchée, le nez sur les produits qu’elles utilisent »</em>, explique Judith Wolf, sociologue et codirectrice du groupe de recherche Giscope84.</p><h2 class="spip" id="Des-femmes-exposees-aux-pesticides">Des femmes exposées aux pesticides</h2><p>Les risques cachés sont aussi une réalité du monde agricole. Le sociologue Moritz Hunsmann, codirecteur du Giscope84, regrette qu’<em>« une hypothèse ait la vie dure : celle selon laquelle l’exposition principale aux pesticides se ferait par l’inhalation. On préjuge par conséquent qu’en agriculture, les hommes, juchés sur les tracteurs, seraient plus exposés. On sait pourtant que la principale voie de contamination pour les pesticides, c’est la voie cutanée et que le contact avec le végétal traité est donc très exposant. Or, les femmes sont très représentées dans ces postes à risques via la cueillette, la taille ou le conditionnement. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Exces-de-cancers-de-l-ovaire-maladie-de-Parkinson-les-agricultrices-victimes-oubliees-des-pesticides-sante-travail">Excès de cancer de l’ovaire, maladie de Parkinson : les agricultrices, victimes oubliées des pesticides ?</a></aside><p>À cette ignorance des risques s’ajoute un second facteur qui invisibilise l’impact de ces produits sur les femmes, lié au statut souvent précaire de ces dernières. <em>« Quand elles disent qu’elles donnent un coup de main à leur mari, elles ne se contentent pas de faire la comptabilité</em>, poursuit Moritz Hunsmann. <em>Souvent, elles travaillent, dans les champs. On suppose une division genrée précise du travail mais dans la vraie vie, cela ne se passe pas comme ça. »</em> Les femmes sont donc exposées à de nombreux risques chimiques propres à l’agriculture.</p><h2 class="spip" id="Un-effacement-qui-prive-de-droits">Un effacement qui prive de droits</h2><p><em>« Les modèles de reconnaissance restent basés sur le travail masculin</em>, remarque Sylvie Platel, docteure en santé publique et responsable de plaidoyer sur la santé et l’environnement au sein de l’ONG Women Engage for a Common Future (WECF). <em>Un homme, une exposition, une carrière. Dans ce modèle-là, les femmes sont invisibles »</em>, résume-t-elle. Liée à un rapport de force favorable à celleux qui travaillent, autant – si ce n’est plus – qu’aux connaissances scientifiques, la création des tableaux des maladies professionnelles dépend des organisations collectives, syndicales notamment.</p><p>Or, les secteurs où les femmes sont en danger sont aussi ceux où ces organisations sont peu présentes, avec un pouvoir réduit. Ajoutons que les carrières des femmes sont plus souvent interrompues par les maternités, ou à cause des mobilités, pour celles qui suivent leur conjoint. Elles ont davantage de temps partiels et de multiactivités. Ces fragmentations invisibilisent également leur exposition au danger, et rendent la reconnaissance professionnelle très compliquée…</p><h2 class="spip" id="Les-conjoints-moins-presents-pour-leur-epouses">Les conjoints moins présents pour leur épouses</h2><p>Dernière étape de cet effacement : les femmes, quand elles sont malades, déposent moins de demandes de reconnaissance de maladies professionnelles que les hommes. D’abord, parce qu’elles font leurs calculs et se rendent bien compte que leurs chances de succès sont faibles. Ensuite parce que, <em>« contrairement aux hommes, les femmes n’ont souvent personne à leurs côtés pour les aider à déposer des demandes de reconnaissances</em>, remarque Moritz Hunsmann. <em>Les hommes qui déposent des dossiers sont généralement très soutenus par leurs conjointes qui, bien souvent, font les démarches à leur place. Si c’est la femme qui est malade, la réciproque n’est pas vraie. »</em></p><p>Résultat : un « effet entonnoir », qui fait disparaître des radars les cancers professionnels féminins, davantage encore que ceux des hommes. 1800 cancers professionnels sont reconnus chaque année en France, ce qui est déjà ridicule quand on sait que <a href="https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/enquete_sumer.pdf" class="spip_out" rel="external">des millions de salariés sont exposés à des produits cancérogènes</a>. Parmi ces salariés dont la maladie est reconnue comme d’origine professionnelle, 4 % seulement sont des femmes. Les autres perdent leur vie à cause du travail, sans jamais le savoir.</p><p>*Prénom modifié.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Travail-nuit-produits-toxiques-lutte-femmes-reconnaissance-cancers-professionnels</link>
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      <pubDate>Tue, 28 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Travail du 1er mai : malgré un recul du gouvernement, des motifs d'inquiétude persistent]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pas de doute, le Premier ministre est bien un macroniste disruptif. « <em>Les boulangers indépendants artisans, les fleuristes indépendants artisans pourront ouvrir ce 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai </em> » en faisant travailler leurs employés sur la base du volontariat et en les payant double, <a href="https://lcp.fr/actualites/1er-mai-les-boulangers-et-fleuristes-independants-pourront-ouvrir-des-cette-annee" class="spip_out" rel="external">a déclaré Sébastien Lecornu</a>, sur le perron de Matignon le vendredi 17 avril. Accompagné des représentants des professionnels de la boulangerie, il a indiqué qu’un « <em> projet de loi d’origine gouvernementale va être présenté avant ce 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai [NDLR : mais débattu dans l’hémicycle après cette date] pour renvoyer à une discussion sociale par branche</em> ».</p><p>L’objectif de ce texte sera de permettre aux artisans boulangers et fleuristes d’employer leurs salariés ce jour-là, « <em>sur la base du volontariat et en les payant double </em> ». En clair, l’emploi des salariés des boulangeries artisanales et des fleuristes le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai se fera sur la base d’un projet de loi qui n’a pas encore été présenté au Parlement. En plus de contourner le débat parlementaire, le Premier ministre s’engage à contourner le Code du travail : « <em>Pour ce 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 2026, une instruction sera donnée à l’ensemble des services de l’État pour préserver, protéger, sécuriser ce que je viens de vous annoncer</em> ».</p><h2 class="spip" id="Seul-jour-obligatoirement-chome-et-paye">Seul jour obligatoirement chômé et payé</h2><p>Ce point de chute ubuesque n’est en réalité que l’aboutissement d’une volonté politique partagée par la droite, le camp présidentiel et l’extrême droite d’élargir le recours au travail salarié le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai, seul jour obligatoirement chômé et payé. Tout commence en 2024, lorsqu’une poignée de boulangers sont verbalisés pour avoir fait travailler leurs employés à l’occasion de la journée internationale de lutte des travailleurs.</p><p>Un an plus tard, le 25 avril 2025, ils sont relaxés par le tribunal de police de La Roche-sur-Yon. Le même jour, deux sénateurs centristes déposent une proposition de loi pour inscrire de nombreuses dérogations au travail salarié du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai. Ils sont immédiatement soutenus par le gouvernement qui place cette proposition législative en procédure accélérée et envoie sa ministre du Travail, Catherine Vautrin, travailler bénévolement, sous l’œil des caméras, dans une boulangerie le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 2025.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La proposition de loi sénatoriale est votée au Sénat le 3 juillet 2025. Elle est ensuite présentée à l’Assemblée nationale le 22 janvier suivant, à l’occasion de la niche parlementaire du groupe Les Républicains, mais ne sera pas débattue faute de temps. Qu’à cela ne tienne, le groupe présidentiel l’inscrit à son tour dans sa niche parlementaire le 10 avril 2026.</p><p>Ce jour-là, sous l’impulsion de Gabriel Attal, les députés Renaissance font voter une motion de rejet de leur propre texte — avec le soutien de la droite et de l’extrême droite — afin d’éviter toute discussion sur les amendements déposés par la gauche. Avec ce contournement du débat à l’Assemblée, le bloc présidentiel espère la convocation rapide d’une commission mixe paritaire pour valider le texte en l’état et le faire appliquer dès le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 2026.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/les-macronistes-veulent-ouvrir-la-voie-a-un-1er-mai-travaille-des-2026">Les macronistes veulent ouvrir la voie à un 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai travaillé dès 2026</a></aside><p>Cependant, l’opposition de l’ensemble des syndicats de salariés au texte, la menace de censure du gouvernement annoncée par le parti socialiste et un contexte social inflammable avec le retour de l’inflation ont poussé le gouvernement à temporiser. Le 13 avril, alors qu’il devait recevoir les syndicats, Sébastien Lecornu annonce que la commission mixte paritaire ne serait pas convoquée. Mais face à la bronca des députés de sa majorité et aux protestations des représentants des boulangers, il invente l’autorisation d’enfreindre la loi en attendant de la réécrire.</p><h2 class="spip" id="Une-bataille-en-cours">Une bataille en cours</h2><p>« <em>On ne touche pas au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai !</em> », <a href="https://www.cgt.fr/dossiers/pas-touche-au-1er-mai" class="spip_out" rel="external">avertissent les syndicats</a> CGT, FSU et Solidaires dans leur appel à manifester ce vendredi 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai. Une formule qui exprime à la fois leur succès d’avoir fait échouer une proposition de loi visant à étendre à près de 1,5 million de salariés le travail ce jour-là et qui sonne comme un avertissement en direction du patronat et du gouvernement pour la suite.</p><p>Et pour cause ! Le gouvernement doit présenter son projet de loi en conseil des ministres mercredi 29 avril. S’il a assuré que sa portée serait limitée aux artisans boulangers, et fleuristes et que l’emploi de salariés serait encadré par le volontariat et par une journée payée double, rien n’empêchera les parlementaires de faire évoluer le texte avec des amendements, dans la mesure où une majorité existe dans les deux chambres pour une extension plus importante du travail le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai.</p><p>Déjà, les professionnels de la boucherie et de la poissonnerie ont exprimé leur souhait de pouvoir eux aussi déroger au Code du travail actuel au nom d’une « <em>rupture manifeste d’égalité</em> ». Un argument auquel le camp présidentiel n’est pas insensible à en croire le Premier ministre. « <em>Après, d’autres discussions auront lieu pour les différentes branches […] le gouvernement sera à la disposition de tout un chacun pour avancer »</em>, a-t-il assuré en temps que ses annonces du 17 avril. Sans attendre, il a proposé « <em> au différents représentants de nous retrouver ici de nouveau fin mai début juin pour faire un point d’étape très précis sur ces discussions et sur les demandes des différentes filière</em>s ».</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 27 Apr 2026 08:29:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Suppression d'emplois et arrêts de production chez Renault et Stellantis : comment sortir le secteur automobile de la crise ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une journée de grève a lieu ce jeudi 23 avril sur le site de Poissy de Stellantis, dans les Yvelines. Le groupe automobile, cinquième constructeur mondial né de la fusion de PSA avec Fiat Chrysler, a annoncé le 16 avril l’arrêt de la production de voitures sur ce site d’ici 2028. Ce qui supprimerait 500 emplois sur les 1500 que maintenait encore la dernière usine automobile d’Île-de-France.</p><p>La journée de grève, initialement appelée par la CGT, a été rejointe par l’Unsa et Sud. Sur place, <em>« des cheminots, des agents hospitaliers, des salariés des commerces et services ou encore des équipementiers vont être présents, en soutien ou parce qu’ils sont aussi concernés</em>, indique Matthieu Bolle-Reddat, secrétaire de l’union départementale CGT des Yvelines. <em>On dit souvent qu’un emploi industriel supprimé, c’est trois emplois induits ou sous-traitants qui sautent. »</em></p><p>La réaction en chaîne est déjà à l’œuvre : MC Synchro, entreprise spécialisée dans la vente et le montage de pneus implantée à Chanteloup-les-Vignes (Yvelines), a pour unique client Stellantis. <em>« On vient de leur annoncer que tout s’arrêterait dans un an. Cela laisse 50 familles d’ouvriers sur le carreau »</em>, soupire Matthieu Bolle-Reddat.</p><p>La journée de grève ne concerne pas que le site de Poissy. Via la fédération métallurgie de la CGT, la mobilisation aura une ampleur nationale, avec des rassemblements prévus à Sochaux, Metz, Besançon ou encore Vesoul. Ce dernier site de Haute-Saône est touché de plein fouet par l’annonce de Poissy.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/cinq-ans-qu-on-enchaine-des-PSE-en-crise-bosch-ferme-deux-nouveaux-sites-en-France-plans-sociaux">« Cinq ans qu’on enchaîne des PSE » : en crise, Bosch ferme deux nouveaux sites en France</a></aside><p>Pour ne pas fermer entièrement les portes du site francilien, Stellantis a annoncé transférer à Poissy plusieurs activités, dont celles d’assemblage de moteurs pour l’après-vente, qui est actuellement assurée par le site de Vesoul. Le transfert d’activité va impacter 122 emplois à Vesoul. La moitié sont des intérimaires qui ne seront pas rappelés à la fin de leur mission. Le reste des salariés, en CDI, auront des propositions de reclassement sur site, d’après la direction. Selon les syndicats, ce sont 190 emplois qui sont menacés à Vesoul par ce transfert. <em>« Dans un bassin d’emploi déjà très fragile, ces décisions font peser un risque réel sur l’équilibre local »</em>, déplore la CFDT de Stellantis Vesoul. <em>« C’est de la mise en concurrence des sites entre eux »</em>, fustige Matthieu Bolle-Reddat.</p><h2 class="spip" id="Des-lt-lt-savoir-faire-jetes-aux-oubliettes">Des « savoir-faire jetés aux oubliettes »</h2><p>Les mauvaises nouvelles s’enchaînent depuis le début de l’année dans le secteur automobile. Fin janvier, Stellantis a annoncé la baisse de la production de véhicules <a href="https://www.ici.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-alsace/ca-pose-des-questions-sur-l-avenir-les-salaries-de-stellantis-mulhouse-inquiets-pour-l-avenir-du-site-4836417" class="spip_out" rel="external">sur son site de Mulhouse</a> : 400 intérimaires vont voir leurs contrats progressivement interrompus.</p><p>Le 14 avril, soit deux jours avant les annonces chez Stellantis-Poissy, Renault annonçait 15 à 20 % de suppression de postes dans ses effectifs d’ingénieurs d’ici 2028. Cette réorganisation reviendrait à supprimer 1600 à 2400 postes, dans le cadre du plan stratégique « FutuREady », qui vient d’être présenté par le nouveau directeur général, François Provost.</p><p><em>« Renault sacrifie l’ingénierie. Cela revient à choisir la rentabilité immédiate contre l’avenir. Des milliers d’ingénieurs licenciés, ce sont autant de savoir-faire jetés aux oubliettes</em>, dénonce Rachid Karroumi, délégué adjoint du groupe CGT Renault et salarié du site du Mans. <em>En pleine guerre concurrentielle et technologique mondiale, ce n’est pas une stratégie de compétitivité. C’est un démantèlement méthodique, du sabotage industriel clairement consenti. »</em></p><h2 class="spip" id="La-lt-lt-transformation-technologique-de-la-voiture-electrique">La « transformation technologique » de la voiture électrique</h2><p>Ces annonces témoignent-elles d’un pic de la crise de l’industrie automobile ? Le secteur se trouve bel et bien dans une <em>« période de restructuration, avec le passage à l’électrique, qui constitue une transformation technologique importante, voire fondamentale pour les constructeurs automobiles européens</em>, explique l’économiste Vincent Vicard, adjoint au directeur du Centre français d’étude et de recherche en économie internationale. <em>Cela implique la disparition de certaines activités, remplacées par la production de moteurs électriques, qui demande moins d’étapes de fabrication et moins d’emplois. »</em></p><p>Dans cette mutation mondiale vers la voiture électrique, la concurrence est féroce du côté de la Chine. Les subventions publiques y ont massivement soutenu le virage électrique dans un premier temps. Aujourd’hui, les constructeurs chinois sont surtout portés par <em>« une avance technologique extrêmement importante, notamment sur le segment des batteries. Cette avance technologique concerne également les Coréens et les Japonais »</em>, note Vincent Vicard.</p><h2 class="spip" id="Les-ingenieurs-ne-sont-plus-a-l-abri">Les ingénieurs ne sont plus à l’abri</h2><p>Cette restructuration du secteur n’est bien sûr pas nouvelle. Entre 2010 et 2023, l’emploi chez les constructeurs automobiles a baissé de 35 %, alors qu’il stagnait dans le reste de l’industrie manufacturière, indique l’Insee dans <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8736892" class="spip_out" rel="external">une étude parue mi-février</a>. Ce sont les ouvriers peu qualifiés qui ont payé le prix fort de ces suppressions d’emplois. La part des ingénieurs et cadres techniques dans l’ensemble des salariés a quant à elle augmenté sur la période, passant de 16 à 23 % entre 2010 et 2023.</p><p>Mais ces dernières années, les ingénieurs ne sont plus du tout à l’abri. <em>« Depuis six ans, l’ingénierie est touchée par des réorganisations incessantes, et les gens vont mal »</em>, expose Éric Leborgne, délégué syndical adjoint de la CFDT du groupe Renault, dans un communiqué du syndicat. Renault a lancé depuis 2020 deux plans de départs successifs, visant la suppression d’un total de 3000 postes dans l’ingénierie. Auxquels viennent s’ajouter les nouvelles annoncées le 14 avril.</p><p>Du côté de la CGT, une enquête vient d’être lancée pour faire remonter une alerte chiffrée sur les risques psychosociaux. <em>« Il y a des frustrations, des inquiétudes, des salariés ingénieurs qui se sentent isolés et n’osent pas s’exprimer »</em>, explique Rachid Karroumi.</p><h2 class="spip" id="Degats-historiques-des-delocalisations">Dégâts historiques des délocalisations</h2><p>Ce n’est pas seulement la concurrence mondialisée qui explique cette forte baisse de l’emploi depuis 20 ans. Le secteur connaît <em>« une diminution constante du nombre de véhicules produits sur le territoire français depuis les années 2000</em>, rappelle Vincent Vicard. <em>Ce n’est pas dû à la concurrence chinoise ou à l’électrique. C’est dû à la stratégie des grands groupes français qui, au début des années 2000, ont délocalisé une large partie de l’assemblage dans des pays à coût de production moindre : en Europe de l’Est et sur le pourtour méditerranéen, en Turquie, en Roumanie, au Maroc... »</em></p><p>Ces délocalisations du début des années 2000 ont aussi fragilisé la chaîne d’approvisionnement, l’exposant parfois à des ruptures, comme on l’a vu en 2022, avec la guerre en Ukraine. <em>« Des fournisseurs comme Leoni, spécialisé dans les câblages et implanté en Ukraine, ont dû interrompre leurs activités, entraînant l’arrêt de plusieurs usines d’assemblage en Allemagne et ailleurs »</em>, explique <a href="https://www.essca-knowledge.fr/tous-les-articles/articles/industrie-automobile-europeenne-dans-la-tempete/" class="spip_out" rel="external">dans un article Marc Prieto</a>, professeur d’économie à l’École supérieure des sciences commerciales d’Angers. <em>« Ce contexte a mis en évidence la vulnérabilité du modèle de production “lean", conçu pour réduire les stocks et les coûts, mais peu adapté à un monde fragmenté et exposé à des événements géopolitiques extrêmes. »</em></p><h2 class="spip" id="Baisse-de-la-demande-ou-mauvais-choix-patronaux">Baisse de la demande ou mauvais choix patronaux ?</h2><p>Alors qu’en France, la voiture électrique aurait pu être un levier de réindustrialisation après ces années de délocalisation, la réalité est bien moins heureuse. Même sur le site Renault de Cléon, en Seine-Maritime, dédié essentiellement à l’électrique, la direction a annoncé il y a quelques mois qu’il n’y aurait plus de fabrication. Seulement de l’assemblage de moteurs... à partir de pièces fabriquées en Chine et importées. <em>« Là où l’on fabriquait au plus près, sans détruire les emplois, on va chercher des pièces à l’autre bout de la planète. Cela perd tout son sens en matière écologique et sociale</em>, déplore Rachid Karroumi, qui voit là <em>« une stratégie qui vise purement à enrichir les actionnaires. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>L’autre argument souvent avancé par les employeurs pour ces réductions d’effectifs et ces arrêts de production : le manque de demande. <a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/developper-vehicules-electriques" class="spip_out" rel="external">Seulement 2 à 3 % des voitures</a> circulant aujourd’hui en France son électriques. De fait, la vente de véhicules électriques ne décolle pas encore vraiment. Et, de manière générale, il se vend aujourd’hui en Europe 20 % de voitures neuves, thermiques et électriques confondues, <a href="https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/immatriculations-de-voitures-en-2025-le-marche-du-neuf-baisse-celui-de-loccasion-resiste#:~:text=En%202025%2C%201%2C665%20million%20de,forte%20recomposition%20de%20l'offre" class="spip_out" rel="external">de moins qu’en 2019</a>.</p><p>Comment l’expliquer ? Pour l’économiste Vincent Vicard, l’une des raisons principales est le choix des constructeurs d’augmenter le niveau de gamme – donc le prix – des véhicules mis sur le marché depuis la période Covid. La crise sanitaire ayant ralenti la concurrence mondiale, notamment asiatique, les grands groupes y ont vu une opportunité financière. <em>« L’augmentation du niveau de gammes des véhicules s’est traduite par une augmentation des profits entre 2020 et 2023 pour les constructeurs européens. La hausse de leurs marges était significative, y compris par rapport au reste du monde »</em>, décrit le chercheur. Mais les Français, eux, ne suivent plus sur ce type de véhicules imposants et chers.</p><h2 class="spip" id="Plan-europeen-contre-la-concurrence-chinoise">Plan européen contre la concurrence chinoise</h2><p><em>« On a eu des profits qui ont été importants au moment du Covid et qui pourraient être réinvestis pour décarboner le transport, pour cette conversion écologique nécessaire »</em>, défend aujourd’hui Vincent Vicard. L’économiste voit plusieurs atouts encore valables dans l’industrie automobile française et européenne. D’abord, <em>« des images de marques européennes qui restent fortes auprès des consommateurs »</em>. Et puis, une expertise historique : <em>« Pour rattraper notre retard sur les batteries électriques, on peut attirer des investisseurs étrangers, mais en favorisant aussi nos savoir-faire locaux dans la production. »</em></p><p>L’Union européenne (UE) <a href="https://www.vie-publique.fr/en-bref/301393-lue-assouplit-linterdiction-des-moteurs-thermiques-prevue-pour-2035" class="spip_out" rel="external">a renoncé fin 2025</a> à imposer aux constructeurs automobiles de passer au tout électrique en 2035, en annonçant des aménagements à l’interdiction des voitures thermiques. Bruxelles privilégie aujourd’hui plutôt de nouveaux objectifs de décarbonation pour les constructeurs. Dans le même temps, 1,5 milliard d’euros de prêts sans intérêts ont été annoncés en faveur de la filière européenne des batteries de voitures électriques, ainsi que d’autres mesures de soutien dans le cadre d’un plan d’action dédié.</p><p>En 2024, l’UE a imposé des droits de douane sur l’importation de véhicules électriques en provenance de Chine. Et en mars, la Commission européenne a présenté <a href="https://www.touteleurope.eu/economie-et-social/la-commission-europeenne-propose-le-made-in-europe-pour-booster-l-industrie-de-l-ue/#:~:text=La%20Commission%20europ%C3%A9enne%20a%20d%C3%A9voil%C3%A9%20sa%20loi,investissements%20afin%20de%20relancer%20l'%C3%A9conomie%20de%20l'Union." class="spip_out" rel="external">un projet de loi sur l’accélération industrielle</a> pour conditionner, par exemple, les aides publiques à l’achat de véhicules produits et assemblés en Europe.</p><p>Il s’agit là d’un <em>« tournant vers le protectionnisme ciblé »</em>, observe avec intérêt l’économiste Vincent Vicard. <em>« Si ces annonces des responsables de l’UE ou <a href="https://basta.media/petrole-gaz-comment-ne-plus-payer-le-prix-fort-des-crises-energetiques-decarbonation" class="spip_in">celles récentes du gouvernement français sur l’électrification</a> sont sérieuses, qu’ils n’hésitent pas, nous avons les ouvriers pour »</em>, conclut, un brin railleur, Matthieu Bolle-Reddat, de la CGT des Yvelines.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/suppression-emplois-arrets-de-production-chez-renault-stellantis-sortir-secteur-automobile-crise</link>
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      <pubDate>Thu, 23 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Suicides à la SNCF : les syndicats menacent d'une grève massive]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« C’est un moment charnière. S’il n’y a pas de réponse à la hauteur, il y aura un mouvement de grève en juin »</em>, prévenait Julien Troccaz, l’un des secrétaires fédéraux de Sud-Rail, à la veille de la rencontre avec la direction de la SNCF mardi 21 avril. Celle-ci faisait suite à une « demande de concertation immédiate », déposée par la CGT, l’Unsa, Sud et la CFDT vendredi dernier.</p><div class="spip_document_18629 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="240" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/numero3114.jpg" width="267" height="107" alt="Numero national de prevntion du suicide 3114" aria-describedby="by18629-9a0db9bdc0f5aaa20fb2851ddf31c39e" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by18629-9a0db9bdc0f5aaa20fb2851ddf31c39e">Des services d’écoute, anonymes, existent, si vous avez besoin d’aide ou si vous êtes inquiet pour un membre de votre entourage. Le <strong>3114</strong> est le <a href="https://3114.fr/" class="spip_out" rel="external">numéro national de prévention</a> du suicide. D’autres ressources <a href="https://sante.gouv.fr/prevention-en-sante/sante-mentale/la-prevention-du-suicide/article/que-faire-et-a-qui-s-adresser-face-a-une-crise-suicidaire" class="spip_out" rel="external">sont à retrouver sur cette page</a>.
</figcaption></figure></div><p>Les syndicats sont en particulier préoccupés par des suicides de cheminots ces derniers mois. Fin janvier, déjà, la CGT et Sud <a href="https://www.leparisien.fr/faits-divers/sept-en-quelques-mois-les-syndicats-de-cheminots-tirent-la-sonnette-dalarme-apres-une-multiplication-des-suicides-a-la-sncf-02-02-2026-LXTUNVGJPVAXZI3QKFMWJHAIBA.php" class="spip_out" rel="external">avaient tiré la sonnette d’alarme</a>, alors que quatre cheminots s’étaient donné la mort en quinze jours. Mais <a href="https://sudrail.fr/IMG/pdf/2026_01_27-sud_rail-lettre_ouverte_au_pdg_jean_castex_sur_les_suicides_1_.pdf?7646/2ff0682a4276e2fdd718ac53c25fc2d439e8881091085772d58906eb6e4f22ae" class="spip_out" rel="external">la lettre ouverte</a> envoyée par Sud-Rail au président-directeur général de la SNCF, Jean Castex, était restée sans réponse.</p><p>L’interpellation du ministre des Transports mi-février n’avait pas davantage porté ses fruits. Entre-temps, les syndicats de la SNCF comptabilisent onze suicides de cheminots depuis le début de l’année 2026. Le dernier a été signalé le 11 avril par Sud-Rail sur ses réseaux sociaux.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Un-lien-avec-le-travail">« Un lien avec le travail »</h2><p>Le groupe ferroviaire a bien mis en place des cellules psychologiques pour accompagner les cheminots face à la mort de leurs collègues. Mais la SNCF ne reconnaît pas la responsabilité du travail dans les passages à l’acte dramatiques de ses agents. L’entreprise évoque plutôt des causes multifactorielles.</p><p>Une interprétation que contestent les organisations cheminotes. <em>« C’est une évidence qu’il y a un lien avec le travail. La grande majorité des suicides se sont passés sur des lieux de travail ou sous les emprises du ferroviaire, par exemple lorsqu’un agent se jette sous un train »</em>, déplore le secrétaire fédéral de Sud-Rail Julien Troccaz. Pour ce syndicaliste, la fin du statut de cheminot, qui permettait d’appartenir à un corps social, est un facteur aggravant qui déstabilise les collectifs de travail.</p><h2 class="spip" id="Des-accidents-du-travail-en-hausse">Des accidents du travail en hausse</h2><p>Les suicides ne sont pas les seuls indicateurs de la souffrance au travail à la SNCF. Le taux d’absentéisme et les accidents du travail progressent. Sud-Rail indique que ces derniers ont explosé dans le groupe, avec une augmentation de 15,9 % en 2025. Et même une hausse de 21,7 % en intégrant dans ce décompte les filiales du groupe ferroviaire.</p><p><em>« Il y a à la fois une violence managériale et une volonté de l’entreprise de gagner en productivité et de réaliser des économies. C’est un véritable harcèlement institutionnel qui s’est installé à la SNCF »</em>, dénonce Thierry Nier, secrétaire général de la CGT-Cheminots. D’où l’état d’urgence sanitaire et social qu’évoquent les organisations cheminotes et leur demande de moratoire sur les réorganisations du travail, afin d’apporter un peu de stabilité aux agents.</p><p><em>« La SNCF veut coller au plus près au système capitaliste et ne répond pas aux enjeux de service public</em>, dénonce Julien Troccaz, de Sud-Rail. <em>S’y ajoutent un manque de vision et des réorganisations compulsives. Du coup, tu changes de collectif de travail ou de lieu d’affectation tous les six mois ou un an et cela entraîne des pertes de repères et de sens. »</em> Avec, pour conséquence, le développement d’une souffrance au travail.</p><p>Derrière cette dégradation des conditions de travail, les syndicats pointent un facteur structurel : l’ouverture à la concurrence du rail. Pour les trains régionaux, l’exploitation des lignes ferroviaires est dorénavant attribuée par lots, à l’occasion d’appels d’offres pour lesquels la SNCF se trouve régulièrement en concurrence avec Transdev, détenu depuis l’an dernier en majorité <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2024/12/16/transdev-vendu-a-l-allemand-rethmann_6452088_3234.html" class="spip_out" rel="external">par une entreprise allemande</a>, ou des filiales de la RATP.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Pour y répondre, la SNCF a créé ses propres filiales de droit privé dès la fin de l’année 2024. Ainsi, pour les lots du sud-est de la France, elle a lancé SNCF Voyageurs Sud Azur ; pour ceux de Picardie, SNCF Voyageurs Étoile d’Amiens ; ou pour ceux autour de Nantes, SNCF Voyageurs Océan. Dans ces filiales, les droits des cheminots transférés disparaissent au bout de 15 mois au profit de nouveaux accords d’entreprise. Les syndicats accusent la direction d’en profiter pour tenter d’imposer un dumping social qui est appelé à s’étendre au fur et à mesure du développement des appels d’offres à l’ensemble des régions.</p><p>Dans ce contexte, les réponses apportées mardi par l’entreprise ne sont pas suffisantes pour les syndicats. <em>« Sur les réorganisations, on nous répond "table ronde emploi", sur les salaires on nous dit "observatoire de la rémunération" fin mai, et sur l’unité sociale, on nous explique qu’une partie des droits pourraient être embarqués vers des filiales, mais pas tous et pas pour tout le monde »</em>, rapporte Thierry Niern. Le secrétaire général de la CGT-Cheminots confirme que, pour l’ensemble des syndicats, les propositions de la SNCF sont insatisfaisantes <em>« et que la question de faire agir tous les cheminots de tous les services de manière importante et forte va s’imposer dans les semaines qui viennent »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/sncf-face-aux-violences-sexuelles-direction-ethique-gestion-opaque">La SNCF face aux violences sexuelles : une direction « de l’éthique » à la gestion opaque</a></aside><h2 class="spip" id="Vers-une-greve-en-juin">Vers une grève en juin</h2><p><em>« Ils gagnent du temps »</em>, accuse aussi Julien Troccaz, de Sud-Rail. Pour lui, les réponses de la direction ne sont <em>« pas à la hauteur de la souffrance des agents »</em>. Les quatre syndicats représentatifs réclamaient un moratoire sur les réorganisations pour répondre à un <em>« état d’urgence sanitaire et social »</em>, l’application à tous les cheminots des accords de groupe pour maintenir l’unité sociale de l’entreprise et des augmentations salariales dans un contexte de retour de l’inflation.</p><p><em>« Les organisations syndicales vont se retrouver dans quelques jours pour mettre en place une stratégie. La mobilisation des cheminots va s’imposer pour changer de trajectoire à la SNCF, afin de permettre aux cheminots de travailler dans de bonnes conditions »</em>, conclut Thierry Nier, de la CGT. Pour l’heure, les syndicats envisagent donc une grève en juin si la direction ne formule pas de nouvelles propositions.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Que propose le RN face à l'explosion des prix des carburants ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10478 c-content_text texte surlignable"><p>Baisser les taxes sur les carburants pour lutter contre la hausse des prix du pétrole. C’est la proposition du Rassemblement national pour répondre à l’explosion des prix du carburant. Le coût total de l’opération : de 14 à 16 milliard à d’euros. À Basta, on a essayé de comprendre comment le RN propose de financer ces mesures. Le tout, sans jamais s’attaquer aux multinationales qui s’enrichissent sur la crise des carburants.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/extremes-droites">Droites extrêmes</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/transports">Transports</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=que-propose-le-rn-face-a-l-explosion-des-prix-des-carburants?var_fav=article-10478" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 09:55:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Que tout le monde hérite d'un bien commun » : un nouveau modèle de coopérative de logement pour acheter sans spéculer]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« C’est dingue de se dire qu’à 40 ans, en travaillant, on n’est plus en capacité de se loger dans des conditions normales. »</em> Solenn Doassans, consultante en transition écologique, ne s’imaginait pas devoir un jour songer à retourner vivre chez ses parents ni galérer pour trouver un studio où se loger avec sa fille. D’autant qu’elle a une maison : un petit pavillon dans l’est lyonnais, acheté avec le père de son enfant, dont elle rembourse chaque mois le crédit. Mais ils ont divorcé. Pour pouvoir y rester, elle devrait racheter la part de son ex-époux. Il lui manque 70 000 euros, qu’elle n’a pas.</p><p>Pour Roberto Miranda et Marie-Claude Alexandre, le problème du logement a surgi au décès du propriétaire de l’appartement qu’ils louent depuis une trentaine d’années, dans le quartier lyonnais de la Part-Dieu. <em>« Notre bail arrive à échéance et l’héritier veut vendre »</em>, explique la retraitée. Or, sur un marché très tendu, trouver une autre location relève de la mission impossible pour le couple. À plus de 65 ans, ils bénéficient, certes, du statut de locataire protégé. Sauf exception, un bailleur ne peut leur donner congé sans leur proposer une solution de relogement. <em>« Cela se retourne contre nous : personne ne veut nous louer »</em>, dit Roberto, qui enseigne toujours à l’université voisine. Souscrire un prêt pour se porter acquéreur de leur appartement actuel n’est pas possible non plus. <em>« À notre âge, les banques ne prêtent plus, ou sur des durées très courtes »</em>, résume Marie-Claude.</p><h2 class="spip" id="Une-mutuelle-de-logements">Une mutuelle de logements</h2><p>Comme celle de Solenn, leur situation pourrait bientôt se débloquer grâce à Coopriétaires, <a href="https://www.cooprietaires.com" class="spip_out" rel="external">une société coopérative</a> d’intérêt collectif (Scic) inaugurée en janvier, et qui pourrait acheter les logements à leur place. <em>« On veut construire une sorte de mutuelle de logements »</em>, explique Yannick Lecompte, urbaniste et cofondateur de Coopriétaires. Le principe : constituer un parc de logements détenu collectivement par les sociétaires de la coopérative, qui le gèrent dans une optique non lucrative. Et c’est la société coopérative qui s’endettera pour acquérir ces biens, pas les habitants.</p><p>Voilà une réponse aux difficultés de celles et ceux qui n’ont pas accès au crédit, en raison de leur âge ou d’une situation jugée pas assez stable par les banques. Cela permettra aussi d’alléger le montant des mensualités de remboursement en les étalant dans le temps. Car la Scic peut accéder à des prêts sur 40 ans via les financements dédiés au logement social.</p><p>Ses statuts lui permettent d’accueillir des sociétaires de différentes catégories : les coopriétaires-habitants, mais aussi des soutiens bénévoles, des financeurs particuliers ou personnes morales, et des collectivités locales. Les habitants-sociétaires participeront aux décisions et auront un droit d’usage sur leur logement. Ils verseront une redevance mensuelle fixe, l’équivalent d’un loyer, dont le montant couvrira les échéances de remboursement du prêt souscrit par la coopérative pour son achat, les provisions pour les travaux et les différents risques, et une petite part qui a vocation à constituer une épargne pour le sociétaire-habitant tout en renforçant les fonds propres de la Scic.</p><p>Les fondateurs veulent ainsi fournir une alternative au grand nombre de ménages éligibles au logement social (soit, hors Île-de-France, justifiant de moins de 40 630 euros de ressources annuelles pour deux personnes). C’est <a href="https://www.banquedesterritoires.fr/70-des-menages-eligibles-au-logement-social-en-france" class="spip_out" rel="external">le cas de 70 % des ménages</a> en France continentale. En devenant sociétaires de la coopérative, ils pourront définir un budget calculé en fonction de ce qu’ils peuvent apporter en parts sociales et de manière à ce que leur redevance payée chaque mois n’excède pas 33 % de leurs revenus.</p><h2 class="spip" id="C-est-la-cooperative-qui-achete">C’est la coopérative qui achète</h2><p>Puis, ils iront chercher un bien leur convenant dont la coopérative se portera acquéreuse. C’est la particularité de ce projet. Souvent, les coopératives de logements font construire un immeuble détenu ensuite collectivement par les membres. Là, il s’agit d’acheter sur le marché des appartements existants, qui peuvent se trouver dans différents immeubles, mais qui sont détenus en commun par la Scic.</p><p><em>« C’est ainsi qu’il faut agir pour avoir un impact »</em>, défend Baptiste Mylondo, économiste, coprésident de la Scic et à l’origine du projet. <em>« Les bonnes années, il y a seulement 4000 logements neufs construits à Lyon, contre environ 20 000 ventes dans l’ancien. C’est donc dans le parc ancien que se trouve le gisement de logements »</em>, complète Yannick Lecompte, l’actuel directeur de la coopérative.</p><div class="spip_document_22756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="163" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/refelxions.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c894449449 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp?1776109814 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/refelxions.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/refelxions.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/refelxions.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/refelxions.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/refelxions.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/refelxions.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/refelxions.jpg@.webp?1776172768 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/refelxions.jpg" width="960" height="720" alt="Un homme et deux femmes discutent." aria-describedby="by22756-4fd296fff0258825ecb59ed89b441d1c" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/refelxions.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/refelxions.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/refelxions.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22756-4fd296fff0258825ecb59ed89b441d1c">Baptiste Mylondo, cofondateur de Coopriétaires, échange avec des personnes venues se renseigner à la soirée d’inauguration de la Scic, début 2026.
©Coopriétaires
</figcaption></figure></div><p>Ce choix de l’achat de maisons ou d’appartements existants dans des immeubles épars évite aussi de passer par une longue phase de chantier. Par ailleurs, ce modèle peut mieux correspondre à des personnes pour qui la dimension communautaire de nombreux projets de construction coopérative, avec des espaces de vie partagés, est un frein. Avec Coopriétaires, chaque sociétaire-habitant disposera d’un chez-soi isolé.</p><p>Les fondateurs pensaient au départ être surtout sollicités par des personnes qui ne parviennent pas à trouver un logement qui correspond à leurs besoins, mais se sont finalement rendu compte que le public de la coopérative serait aussi composé de personnes qui ont déjà un logement <em>« mais sont contraints de le quitter faute de pouvoir l’acquérir »</em>, constate Baptiste Mylondo. Des personnes comme Roberto Miranda et Marie-Claude Alexandre pourraient ainsi acheter avec la coopérative le logement qu’ils louaient plutôt que d’en chercher un autre.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Coopritéaires réunit aujourd’hui 48 sociétaires, dont une vingtaine intéressés pour accéder à un logement. Les autres soutiennent le projet en lui apportant des fonds (une part sociale coûte 100 euros). L’équipe travaille actuellement à lister les aspects à prendre en compte pour valider l’acquisition des biens. <em>« Il s’agira plutôt de points de vigilance que de critères spécifiques, l’idée étant de ne pas être dans une logique d’exclusion »</em>, assure Frédérique Alacoque, coprésidente de la Scic et représentante de la coopérative HLM Rhône-Saône-Habitat. Plutôt que de décider d’un cahier des charges fixe à respecter pour chaque logement, les acquisitions seront menées dans un objectif de diversité, qu’il s’agisse de la taille et du nombre de pièces des logements, de leur localisation dans l’agglomération lyonnaise, des besoins en travaux…</p><h2 class="spip" id="Sortir-de-la-speculation">Sortir de la spéculation</h2><p>L’objectif de Coopriétaires n’est pas seulement de loger ses membres correctement. Il s’agit aussi de sortir des biens immobiliers de la logique d’achat et revente qui alimente la spéculation et la montée des prix. <em>« Le modèle vient garantir de manière pérenne un accès abordable au logement »</em>, souligne Frédérique Alacoque. Dans le cas où un membre souhaite quitter la coopérative, il récupère ses parts, sans plus-value, ainsi que la petite épargne alimentée chaque mois par le pourcentage dédié de sa redevance. Son logement, lui, restera dans le parc de Coopriétaires, qui a vocation, sauf exception, à conserver les biens acquis.</p><p>Si les membres habitants seront mieux protégés et auront davantage voix au chapitre que des locataires, ils seront aussi moins isolés que de simples propriétaires. <em>« On ne sera pas seuls face aux réunions de copropriété de l’immeuble que l’on habite ou si on fait face à un souci de plomberie »</em>, illustre Mathilde Garruchet. La trentenaire a rejoint Coopriétaires d’abord comme soutien et bénévole, par adhésion au projet politique. Elle envisage aujourd’hui de quitter son logement 19 m<sup class="typo_exposants">2</sup> relativement excentré pour faire partie des premiers à faire acquérir son futur logement par la coopérative.</p><div class="spip_document_22758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="468" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/groupe-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3841615290 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp?1776109817 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/groupe-3.jpg@.webp?1776173009 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/groupe-3.jpg" width="960" height="720" alt="Photo de groupe de 12 personnes." aria-describedby="by22758-a371bf792be9a5f9d802d127d4aad67a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/groupe-3.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22758-a371bf792be9a5f9d802d127d4aad67a">Les membres du conseil d’administration et salariés de Coopriétaires. De haut en bas et de gauche à droite :<br class="autobr" />
Batpiste Mylondo, coprésident ; Lou Herrmann ; Frédérique Alacoque coprésidente, Lilian Robin ; Mathilde Garruchet, bénévole et future habitante ; Yannick Lecompte, directeur de la coopérative ; Martine Chanal ; Solenn Doassans, future habitante ; Louis Hénaux, coprésident ; Sylvain Le Gall ; Charlotte Berger, bénévole ; Charlotte Crozier.
©Coopriétaires
</figcaption></figure></div><p>Après calcul, elle a dû trouver dans un budget de 130 000 euros, et paiera ainsi, avec 30 000 euros d’apport en parts sociales, puis une redevance mensuelle légèrement inférieure à son loyer actuel, le tout <em>« sans se mettre un crédit sur le dos »</em>. Comme tous, elle contribuera ainsi à alimenter le budget travaux de la coopérative, dont l’objectif est aussi d’améliorer les logements, notamment dans une optique d’adaptation au changement climatique.</p><p>La Scic entend constituer un parc d’une centaine de logements, situés dans l’agglomération lyonnaise, afin de conserver une proximité humaine et géographique entre ses membres. Mais l’idée est aussi d’inspirer d’autres initiatives similaires, pour qu’un maximum de biens sortent du marché spéculatif. Trois premières acquisitions devraient avoir lieu au début de l’été : un appartement dans le quartier de la Guillotière, à Lyon, et le rachat des logements de Solenn Doassans et de Marie-Claude Alexandre et Roberto Miranda. Ensuite, pour pouvoir se développer suffisamment rapidement et répondre aux demandes qui ne pourront sans doute pas toutes être satisfaites, le premier défi des sociétaires et de la dizaine de membres du conseil d’administration sera de trouver des financements.</p><h2 class="spip" id="Defis-financiers-et-culturels">Défis financiers et culturels</h2><p>Grâce aux redevances, le modèle économique de la coopérative doit, à terme, s’équilibrer. Mais elle va dans un premier temps débourser de gros montants. Les habitants, grâce à leurs apports en parts sociales, seront les principaux financeurs. D’autres acteurs pourront aussi prendre part au capital, comme la société Rhône-Saône-Habitat. Action Logement Services filiale d’Action Logement, le groupe qui gère les contributions collectées auprès des employeurs en vue de faciliter le logement des salariés, a d’ores et déjà acté l’octroi d’un prêt de 250 000 euros.</p><p>De quoi aider aux premières acquisitions espérées dans les prochains mois. Les collectivités, comme la métropole de Lyon et les communes du territoire, pourraient apporter leurs garanties à des emprunts pour permettre à la Scic de se financer auprès de la Caisse des dépôts, via les prêts dédiés au logement social. Et avec l’agrément « entreprise solidaire d’utilité sociale », qui vient d’être obtenu, la Scic espère convaincre des citoyens militants de souscrire des parts sans forcément avoir besoin d’un logement, car cet agrément ouvre droit à une réduction d’impôts.</p><div class="spip_document_22757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="133" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/renseignements.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2595647882 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp?1776109819 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/renseignements.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/renseignements.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/renseignements.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/renseignements.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/renseignements.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/renseignements.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/renseignements.jpg@.webp?1776173011 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/renseignements.jpg" width="960" height="540" alt="Deux jeunes femmes échangent avec une personne autour d'un table huate sur laquelle sont étalés des documents." aria-describedby="by22757-d79c911cc65a806c0531a6fac60ad6eb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/renseignements.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/renseignements.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/renseignements.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22757-d79c911cc65a806c0531a6fac60ad6eb">Dominique Budin (à droite), bénévole pour Coopriétaires, échange avec des participantes de la soirée d’inauguration.
©Coopriétaires
</figcaption></figure></div><p><em>« Il y a aussi tout un travail de déconstruction à faire autour de la propriété individuelle, qui apparaît comme un graal dans l’imaginaire collectif »</em>, ajoute Solenn. La détention d’un bien immobilier est souvent perçue comme une assurance face aux aléas de la vie, un capital à solder pour financer sa dépendance ou pour le transmettre à ses enfants.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/comme-une-famille-bienvenue-dans-le-premier-habitat-participatif-en-logement-Habeilles-Marseille">« Comme une famille » : bienvenue dans le premier habitat participatif en logement social</a></aside><p>Les sociétaires de la Scic pourront, de leur côté, transmettre leurs parts sociales à leur descendance, mais pas l’appartement ou la maison qu’ils habitent. <em>« Il faut qu’on trouve des mécanismes pour jouer en partie le rôle assurantiel de la propriété – le fait qu’en tant que propriétaire individuel on se dise qu’en cas de soucis, on peut solder son patrimoine</em>, concède Baptiste Mylondo. <em>Mais notre souhait à nous, c’est que tout le monde hérite d’un bien commun, qui serait que les générations futures accèdent elles aussi au logement abordable. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/que-tout-le-monde-herite-bien-commun-nouveau-modele-de-cooperative-logement</link>
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      <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Violences létales de la police : Des familles de victimes réunies contre la loi « permis de tuer »]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10476 c-content_text texte surlignable"><p>Samedi 18 avril, plusieurs familles de victimes étaient réunies pour l’événement “435-1 m’a tué”, organisé par l’association SAVE (Stop Aux Violences d’État). L’association a été créée suite au décès de Souheil El Khalfaoui, 19 ans, tué par la police lors d’un contrôle routier en 2021. SAVE, ainsi que les familles de victimes dénoncent l’article L.435-1 du Code de sécurité intérieure, dit "permis de tuer". Cet article étend les règles d’usage d’arme à feu au-delà du cadre de la légitime défense sous certaines conditions. Depuis son instauration en 2017, ce dispositif aurait mené à 37 décès, comme celui de Nahel ou Souheil.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/justice-631">Justice</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=violences-letales-de-la-police-des-familles-de-victimes-reunies-contre-la-loi?var_fav=article-10476" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 21 Apr 2026 10:07:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Prix des carburants : le RN veux baisser les taxes mais refuse de taxer les superprofits]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Baisser les taxes sur les carburants pour lutter contre <a href="https://basta.media/prix-de-l-essence-la-colere-monte-dans-les-entreprises">la hausse des prix du pétrole</a>. C’est la proposition du Rassemblement national (RN) pour répondre à la crise actuelle. Du fait de la nouvelle guerre au Moyen-Orient, et du blocage du détroit d’Ormuz (par l’Iran puis par les États-Unis pour les ports iraniens), le <a href="https://media.roole.fr/quotidien/au-volant/prix-des-carburants-voici-les-tarifs-en-france-ce-vendredi-17-avril-2026" class="spip_out" rel="external">prix moyen du gasoil en France</a> a atteint 2,30 euros le litre et le sans plomb (E10) est passé légèrement au-dessus de la barre symbolique des 2 euros, contre moins de 1,8 euro le litre pour les deux types de carburants avant le début des hostilités, fin février.</p><p><em>« Lors du mouvement des Gilets jaunes, le gasoil était à 1,50 euro le litre »</em>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=-s03_9V4uZ4" class="spip_out" rel="external">insistait, la semaine dernière sur France Info</a>, Thomas Ménagé, porte-parole du RN. Pour le parti d’extrême droite, la nouvelle flambée des prix est l’occasion de marteler une proposition déjà brandie par Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle de 2022 : faire du carburant un produit de première nécessité et faire ainsi baisser la TVA sur le carburant de 20 % à 5,5 %. Le RN se pose en défenseur des habitants des territoires ruraux qui ont besoin de leur voiture au quotidien. L’argument est porteur. Actuellement, un salarié qui habite à 30 kilomètres de son lieu de travail dépense en moyenne 170 euros de gasoil par mois, juste pour aller travailler.</p><p>Outre cette baisse de la TVA – que le parti souhaiterait appliquer aussi à l’électricité, au gaz ou au fioul domestique – le RN souhaite baisser <a href="https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-fiscalite-et-ses-impots/autres-impots-et-taxes/ce-quil-faut-savoir-sur-la-taxe" class="spip_out" rel="external">la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques</a> (TICPE) de 16 centimes par litre. Cette taxe sur les carburants et combustibles est aujourd’hui d’environ 60 centimes par litre pour le gazole et 70 centimes par litre pour l’essence.</p><p>La seule baisse de la TVA sur l’énergie coûterait entre 10 et 12 milliards d’euros par an aux finances publiques. Celle sur la TICPE, 4 milliards. Ce qui justifierait <em>« un projet de loi de finances rectificatif »</em>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=O6f4qWaBnBE" class="spip_out" rel="external">défendait Thomas Ménagé le 5 avril sur France 3</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Financer-le-carburant-au-detriment-de-la-renovation-energetique">Financer le carburant au détriment de la rénovation énergétique</h2><p>Comment le RN compte-t-il trouver ces 14 à 16 milliards d’euros ? Notamment en récupérant l’argent consacré à la rénovation énergétique. En 2026, 8 milliards d’euros doivent ainsi être réinvestis via le mécanisme des certificats d’économie d’énergie (CEE). Ce dispositif peu connu permet de contraindre les vendeurs d’énergie comme EDF, Engie ou Total à financer des actions d’économie d’énergie, notamment la rénovation thermique.</p><p>Or, son efficacité est largement contestée. Les CEE ont été <a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-09/20240917-Certificats-economie-energie_0.pdf" class="spip_out" rel="external">épinglés en 2024 par la Cour des comptes</a>. En premier lieu, parce que les vendeurs d’énergie ont répercuté le coût du CEE sur les consommateurs eux-mêmes. Mais aussi parce qu’ils ouvrent la porte <a href="https://basta.media/changer-sa-chaudiere-ou-isoler-ses-combles-pour-un-euro-les-dessous-d-un-marche">à tout un système de fraude</a>.</p><p><em>« Oui, le dispositif est défaillant mais ce que propose le RN, c’est simplement de jeter le bébé avec l’eau du bain »</em>, explique Bastien Cuq, responsable énergie du Réseau Action Climat. Pour financer la rénovation énergétique, le parti d’extrême droite souhaite mettre en place un système de « prêt à taux zéro », qui coûterait 300 millions d’euros aux finances publiques, nous fait savoir Thomas Ménagé, qui a répondu à nos questions (voir boîte noire).</p><p>Du reste, pour financer la baisse de la TVA sur l’énergie, le député RN Jean-Philippe Tanguy, Thomas Ménagé ou encore Jordan Bardella évoquent pêle-mêle : la baisse de la contribution française au budget de l’Union européenne, la fin de l’aide médicale d’État, la suppression de l’aide publique au développement ou encore des agences de l’État, comme l’Agence pour la transition écologique Ademe, ou l’Agence nationale de l’habitat.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/prix-de-l-essence-la-colere-monte-dans-les-entreprises">Prix de l’essence : la colère monte dans les entreprises</a></aside><h2 class="spip" id="Le-RN-refuse-de-s-attaquer-aux-raffineurs">Le RN refuse de s’attaquer aux raffineurs</h2><p>Mais le RN refuse surtout de s’en prendre aux raffineurs. <em>« Baisser la TVA, c’est faire le choix de faire payer au contribuable et à l’État une situation qui engraisse les multinationales »</em>, dénonce Aurélien Boudon, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires. Face à la hausse des tarifs à la pompe, son syndicat milite <a href="https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/nationales/hausse-des-prix-du-carburant-et-de-lenergie-il-y-a-urgence-a-augmenter-nos-salaires/" class="spip_out" rel="external">pour un blocage des prix</a>, une augmentation générale des salaires et la taxation des superprofits.</p><p><a href="https://www.greenpeace.de/publikationen/Uebergewinne_Oelkonzerne_EU_Vergleich.pdf?utm_campaign=verkehr&amp;utm_source=www.greenpeace.de&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=press-release" class="spip_out" rel="external">Une étude publiée par l’ONG Greenpeace</a> le 30 mars dernier pointe du doigt le fait que <em>« les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires grâce à la vente de carburant par jour depuis le début de la guerre »</em>. Environ 11,6 millions d’euros de profits sont générés chaque jour par la vente de diesel en France, et 23,8 millions d’euros en Allemagne.</p><p>Au total, pour le seul mois de mars, ces superprofits représentent environ 2,5 milliards d’euros. TotalEnergies, multinationale française, a particulièrement profité du contexte de guerre pour faire des bénéfices. <em>« Un profit exceptionnel d’un milliard de dollars en mars en spéculant sur la guerre et la hausse des prix »</em>, <a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/signez-la-petition-pour-taxer-les-super-profits-petroliers" class="spip_out" rel="external">dénonce Attac</a>.</p><p>Or, le RN défend les bénéfices des géants du pétrole. <em>« Il faut aussi que les pétroliers puissent avoir une marge minimum »</em>, soutenait Thomas Ménagé sur France 3 le 5 avril. Il ajoutait : <em>« Sinon, ils vont aller vendre dans d’autres pays. »</em> <em>« Je ne comprends même pas cet argument »</em>, balaye Sarah Roussel, chargée de campagne climat chez Greenpeace. L’ONG milite, elle, pour l’imposition de taxes sur les fournisseurs d’énergie à l’échelle européenne et mondiale.</p><p><em>« Cela avait été fait dans l’UE, lors du début de la guerre en Ukraine, en 2022. Mais cela avait rapporté trop peu d’argent. Il faut la remettre à l’ordre du jour et mieux la cibler »</em>, insiste-t-elle. En 2022, au moment de la flambée des prix de l’énergie après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, un impôt exceptionnel de 33 % sur les superprofits des entreprises du secteur de l’énergie (pétrole, gaz, charbon, raffinage) avait été mis en place. Cette « contribution temporaire de solidarité » s’est appliquée sur les bénéfices de 2022 supérieurs de plus de 20 % à la moyenne de ceux de 2018-2021.</p><p>Cet impôt exceptionnel <a href="https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/taxe-sur-les-superprofits-petroliers-les-raisons-dun-echec-2097936" class="spip_out" rel="external">avait rapporté seulement 69 millions d’euros</a> en France en 2023, bien loin des milliards de rendements espérés.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pour-le-beton-les-pesticides-les-canicules-et-la-malbouffe-voila-comment-votent-les-deputes">Pour le béton, les pesticides et la malbouffe : voilà comment votent les députés RN</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-On-verrouille-notre-dependance-aux-energies-fossiles">« On verrouille notre dépendance aux énergies fossiles »</h2><p>Enfin, la proposition de baisse des taxes portée par le RN pose un gros problème écologique. Elle <em>« verrouille notre dépendance aux énergies fossiles »</em>, souligne Sarah Roussel, de Greenpeace. L’ONG ne souhaite pas non plus un blocage des prix des carburants, car cela inciterait selon elle à la consommation. Greenpeace soutient plutôt la distribution de chèques énergies aux ménages les plus modestes pour faire face à la crise.</p><p>Bastien Cuq, du Réseau Action Climat, enfonce le clou : <em>« Le RN, qui dit se battre pour la souveraineté française, ne propose absolument rien pour sortir d’une des plus grosses dépendances de la France : la dépendance aux hydrocarbures. Leurs propositions entretiennent notre soumission à Trump et à Poutine, à qui nous achetons une grande part de notre gaz et de notre pétrole. Or, pour garder notre souveraineté énergétique, il faut faire avec ce que nous avons sur notre sol : du vent, du soleil et de l’eau. »</em></p><p>En guise d’argument ultime, les porte-parole du RN rappellent que l’Espagne, pourtant dirigée par les socialistes, a récemment décidé de réduire sa TVA sur les carburants à 10 %. La mesure est <a href="https://www.bfmtv.com/economie/international/l-espagne-a-baisse-la-tva-sur-le-carburant-et-elle-n-avait-pas-le-droit-bruxelles-tape-sur-les-doigts-de-madrid-qui-n-entend-pas-revenir-sur-son-taux-reduit-de-10_AV-202604080559.html" class="spip_out" rel="external">interdite par une directive européenne de 2006</a> mais le RN persiste et souhaite <em>« aller au contentieux avec Bruxelles »</em>, déclare <a href="https://www.youtube.com/watch?v=exJ14BeoYbE" class="spip_out" rel="external">Jean-Philippe Tanguy</a>. Certes, mais le ministre de l’Économie espagnol demande également <a href="https://www.bfmtv.com/economie/international/ceux-qui-tirent-profit-des-consequences-de-la-guerre-l-allemagne-l-autriche-l-espagne-l-italie-et-le-portugal-veulent-taxer-les-benefices-des-groupes-energetiques_AV-202604040168.html" class="spip_out" rel="external">la création d’un impôt exceptionnel sur les bénéfices des compagnies énergétiques</a>. Le RN n’a pas suivi l’Espagne sur ce point.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/prix-des-carburants-Rassemblement-national-RN-veux-baisser-les-taxes-mais-refuse-de-taxer-les-superprofits</link>
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      <pubDate>Tue, 21 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Prix des carburants : le RN veut baisser les taxes mais refuse de taxer les superprofits]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Baisser les taxes sur les carburants pour lutter contre <a href="https://basta.media/prix-de-l-essence-la-colere-monte-dans-les-entreprises">la hausse des prix du pétrole</a>. C’est la proposition du Rassemblement national (RN) pour répondre à la crise actuelle. Du fait de la nouvelle guerre au Moyen-Orient, et du blocage du détroit d’Ormuz (par l’Iran puis par les États-Unis pour les ports iraniens), le <a href="https://media.roole.fr/quotidien/au-volant/prix-des-carburants-voici-les-tarifs-en-france-ce-vendredi-17-avril-2026" class="spip_out" rel="external">prix moyen du gasoil en France</a> a atteint 2,30 euros le litre et le sans plomb (E10) est passé légèrement au-dessus de la barre symbolique des 2 euros, contre moins de 1,8 euro le litre pour les deux types de carburants avant le début des hostilités, fin février.</p><p><em>« Lors du mouvement des Gilets jaunes, le gasoil était à 1,50 euro le litre »</em>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=-s03_9V4uZ4" class="spip_out" rel="external">insistait, la semaine dernière sur France Info</a>, Thomas Ménagé, porte-parole du RN. Pour le parti d’extrême droite, la nouvelle flambée des prix est l’occasion de marteler une proposition déjà brandie par Marine Le Pen lors de la campagne présidentielle de 2022 : faire du carburant un produit de première nécessité et faire ainsi baisser la TVA sur le carburant de 20 % à 5,5 %. Le RN se pose en défenseur des habitants des territoires ruraux qui ont besoin de leur voiture au quotidien. L’argument est porteur. Actuellement, un salarié qui habite à 30 kilomètres de son lieu de travail dépense en moyenne 170 euros de gasoil par mois, juste pour aller travailler.</p><p>Outre cette baisse de la TVA – que le parti souhaiterait appliquer aussi à l’électricité, au gaz ou au fioul domestique – le RN souhaite baisser <a href="https://www.economie.gouv.fr/entreprises/gerer-sa-fiscalite-et-ses-impots/autres-impots-et-taxes/ce-quil-faut-savoir-sur-la-taxe" class="spip_out" rel="external">la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques</a> (TICPE) de 16 centimes par litre. Cette taxe sur les carburants et combustibles est aujourd’hui d’environ 60 centimes par litre pour le gazole et 70 centimes par litre pour l’essence.</p><p>La seule baisse de la TVA sur l’énergie coûterait entre 10 et 12 milliards d’euros par an aux finances publiques. Celle sur la TICPE, 4 milliards. Ce qui justifierait <em>« un projet de loi de finances rectificatif »</em>, <a href="https://www.youtube.com/watch?v=O6f4qWaBnBE" class="spip_out" rel="external">défendait Thomas Ménagé le 5 avril sur France 3</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Financer-le-carburant-au-detriment-de-la-renovation-energetique">Financer le carburant au détriment de la rénovation énergétique</h2><p>Comment le RN compte-t-il trouver ces 14 à 16 milliards d’euros ? Notamment en récupérant l’argent consacré à la rénovation énergétique. En 2026, 8 milliards d’euros doivent ainsi être réinvestis via le mécanisme des certificats d’économie d’énergie (CEE). Ce dispositif peu connu permet de contraindre les vendeurs d’énergie comme EDF, Engie ou Total à financer des actions d’économie d’énergie, notamment la rénovation thermique.</p><p>Or, son efficacité est largement contestée. Les CEE ont été <a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2024-09/20240917-Certificats-economie-energie_0.pdf" class="spip_out" rel="external">épinglés en 2024 par la Cour des comptes</a>. En premier lieu, parce que les vendeurs d’énergie ont répercuté le coût du CEE sur les consommateurs eux-mêmes. Mais aussi parce qu’ils ouvrent la porte <a href="https://basta.media/changer-sa-chaudiere-ou-isoler-ses-combles-pour-un-euro-les-dessous-d-un-marche">à tout un système de fraude</a>.</p><p><em>« Oui, le dispositif est défaillant mais ce que propose le RN, c’est simplement de jeter le bébé avec l’eau du bain »</em>, explique Bastien Cuq, responsable énergie du Réseau Action Climat. Pour financer la rénovation énergétique, le parti d’extrême droite souhaite mettre en place un système de « prêt à taux zéro », qui coûterait 300 millions d’euros aux finances publiques, nous fait savoir Thomas Ménagé, qui a répondu à nos questions (voir boîte noire).</p><p>Du reste, pour financer la baisse de la TVA sur l’énergie, le député RN Jean-Philippe Tanguy, Thomas Ménagé ou encore Jordan Bardella évoquent pêle-mêle : la baisse de la contribution française au budget de l’Union européenne, la fin de l’aide médicale d’État, la suppression de l’aide publique au développement ou encore des agences de l’État, comme l’Agence pour la transition écologique Ademe, ou l’Agence nationale de l’habitat.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/prix-de-l-essence-la-colere-monte-dans-les-entreprises">Prix de l’essence : la colère monte dans les entreprises</a></aside><h2 class="spip" id="Le-RN-refuse-de-s-attaquer-aux-raffineurs">Le RN refuse de s’attaquer aux raffineurs</h2><p>Mais le RN refuse surtout de s’en prendre aux raffineurs. <em>« Baisser la TVA, c’est faire le choix de faire payer à l’État une situation qui engraisse les multinationales »</em>, dénonce Aurélien Boudon, secrétaire national de l’Union syndicale Solidaires. Face à la hausse des tarifs à la pompe, son syndicat milite <a href="https://solidaires.org/sinformer-et-agir/actualites-et-mobilisations/nationales/hausse-des-prix-du-carburant-et-de-lenergie-il-y-a-urgence-a-augmenter-nos-salaires/" class="spip_out" rel="external">pour un blocage des prix</a>, une augmentation générale des salaires et la taxation des superprofits.</p><p><a href="https://www.greenpeace.de/publikationen/Uebergewinne_Oelkonzerne_EU_Vergleich.pdf?utm_campaign=verkehr&amp;utm_source=www.greenpeace.de&amp;utm_medium=referral&amp;utm_content=press-release" class="spip_out" rel="external">Une étude publiée par l’ONG Greenpeace</a> le 30 mars dernier pointe du doigt le fait que <em>« les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires grâce à la vente de carburant par jour depuis le début de la guerre »</em>. Environ 11,6 millions d’euros de profits sont générés chaque jour par la vente de diesel en France, et 23,8 millions d’euros en Allemagne.</p><p>Au total, pour le seul mois de mars, ces superprofits représentent environ 2,5 milliards d’euros. TotalEnergies, multinationale française, a particulièrement profité du contexte de guerre pour faire des bénéfices. <em>« Un profit exceptionnel d’un milliard de dollars en mars en spéculant sur la guerre et la hausse des prix »</em>, <a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/signez-la-petition-pour-taxer-les-super-profits-petroliers" class="spip_out" rel="external">dénonce Attac</a>.</p><p>Or, le RN défend les bénéfices des géants du pétrole. <em>« Il faut aussi que les pétroliers puissent avoir une marge minimum »</em>, soutenait Thomas Ménagé sur France 3 le 5 avril. Il ajoutait : <em>« Sinon, ils vont aller vendre dans d’autres pays. »</em> <em>« Je ne comprends même pas cet argument »</em>, balaye Sarah Roussel, chargée de campagne climat chez Greenpeace. L’ONG milite, elle, pour l’imposition de taxes sur les fournisseurs d’énergie à l’échelle européenne et mondiale.</p><p><em>« Cela avait été fait dans l’UE, lors du début de la guerre en Ukraine, en 2022. Mais cela avait rapporté trop peu d’argent. Il faut la remettre à l’ordre du jour et mieux la cibler »</em>, insiste-t-elle. En 2022, au moment de la flambée des prix de l’énergie après l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, un impôt exceptionnel de 33 % sur les superprofits des entreprises du secteur de l’énergie (pétrole, gaz, charbon, raffinage) avait été mis en place. Cette « contribution temporaire de solidarité » s’est appliquée sur les bénéfices de 2022 supérieurs de plus de 20 % à la moyenne de ceux de 2018-2021.</p><p>Cet impôt exceptionnel <a href="https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/taxe-sur-les-superprofits-petroliers-les-raisons-dun-echec-2097936" class="spip_out" rel="external">avait rapporté seulement 69 millions d’euros</a> en France en 2023, bien loin des milliards de rendements espérés.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pour-le-beton-les-pesticides-les-canicules-et-la-malbouffe-voila-comment-votent-les-deputes">Pour le béton, les pesticides et la malbouffe : voilà comment votent les députés RN</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-On-verrouille-notre-dependance-aux-energies-fossiles">« On verrouille notre dépendance aux énergies fossiles »</h2><p>Enfin, la proposition de baisse des taxes portée par le RN pose un gros problème écologique. Elle <em>« verrouille notre dépendance aux énergies fossiles »</em>, souligne Sarah Roussel, de Greenpeace. L’ONG ne souhaite pas non plus un blocage des prix des carburants, car cela inciterait selon elle à la consommation. Greenpeace soutient plutôt la distribution de chèques énergies aux ménages les plus modestes pour faire face à la crise.</p><p>Bastien Cuq, du Réseau Action Climat, enfonce le clou : <em>« Le RN, qui dit se battre pour la souveraineté française, ne propose absolument rien pour sortir d’une des plus grosses dépendances de la France : la dépendance aux hydrocarbures. Leurs propositions entretiennent notre soumission à Trump et à Poutine, à qui nous achetons une grande part de notre gaz et de notre pétrole. Or, pour garder notre souveraineté énergétique, il faut faire avec ce que nous avons sur notre sol : du vent, du soleil et de l’eau. »</em></p><p>En guise d’argument ultime, les porte-parole du RN rappellent que l’Espagne, pourtant dirigée par les socialistes, a récemment décidé de réduire sa TVA sur les carburants à 10 %. La mesure est <a href="https://www.bfmtv.com/economie/international/l-espagne-a-baisse-la-tva-sur-le-carburant-et-elle-n-avait-pas-le-droit-bruxelles-tape-sur-les-doigts-de-madrid-qui-n-entend-pas-revenir-sur-son-taux-reduit-de-10_AV-202604080559.html" class="spip_out" rel="external">interdite par une directive européenne de 2006</a> mais le RN persiste et souhaite <em>« aller au contentieux avec Bruxelles »</em>, déclare <a href="https://www.youtube.com/watch?v=exJ14BeoYbE" class="spip_out" rel="external">Jean-Philippe Tanguy</a>. Certes, mais le ministre de l’Économie espagnol demande également <a href="https://www.bfmtv.com/economie/international/ceux-qui-tirent-profit-des-consequences-de-la-guerre-l-allemagne-l-autriche-l-espagne-l-italie-et-le-portugal-veulent-taxer-les-benefices-des-groupes-energetiques_AV-202604040168.html" class="spip_out" rel="external">la création d’un impôt exceptionnel sur les bénéfices des compagnies énergétiques</a>. Le RN n’a pas suivi l’Espagne sur ce point.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 21 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Pétrole, gaz : comment ne plus payer le prix fort des crises énergétiques ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Notre dépendance aux énergies fossiles se rappelle à nous à chaque nouvelle crise énergétique. 60 % de l’énergie consommée en France <a href="https://analysesetdonnees.rte-france.com/bilan-electrique-2024/electrification#Etatdeslieux" class="spip_out" rel="external">provient encore des fossiles</a>, du pétrole, du gaz, et du charbon à la marge. Et la quasi-totalité du pétrole et du gaz consommés en France est importée.</p><p>Avec la nouvelle guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz, par lequel transite un cinquième du pétrole mondial, les prix des fossiles flambent sur les marchés. L’impact est douloureux dans les stations-service. <em>« Tant que nous dépendrons du pétrole et du gaz, nous continuerons de payer le prix des guerres des autres. Et ces crises vont malheureusement se poursuivre »</em>, constatait la semaine dernière le Premier ministre Sébastien Lecornu, <a href="https://www.info.gouv.fr/actualite/electrification-les-mesures-annoncees-par-le-gouvernement" class="spip_out" rel="external">en annonçant un « plan d’électrification » de la France</a>. <em>« C’est un enjeu de sécurité nationale »</em>, a insisté le chef du gouvernement.</p><h2 class="spip" id="La-quasi-totalite-du-petrole-et-du-gaz-importee">La quasi-totalité du pétrole et du gaz importée</h2><p>Aujourd’hui, <em>« au niveau du gaz, on importe beaucoup depuis la Norvège, de plus en plus depuis les États-Unis, et encore un peu depuis la Russie, non plus par pipeline, mais par bateau sous forme de gaz naturel liquéfié</em>, explique Bastien Cuq, responsable des questions énergétiques au Réseau Action Climat. <em>Pour le pétrole aussi, on en importe de plus en plus des États-Unis, mais l’approvisionnement reste assez diversifié. Et le pétrole, plus que le gaz, s’achète sur un marché international où on remplace facilement un producteur par un autre. Nous sommes donc plus exposés aux hausses du prix du pétrole qu’à un risque de pénurie. Il y a peu de chances que, demain, on n’ait plus de pétrole, mais il y a beaucoup de chances qu’on le paie à un prix différent d’aujourd’hui. »</em> Potentiellement encore plus cher.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pierre-charbonnier-les-etats-unis-sont-en-train-de-se-transformer-en-petromonarchie-guerre-Iran-crise-petroliere">Pierre Charbonnier : « Les États-Unis sont en train de se transformer en pétromonarchie »</a></aside><p>Le pétrole est en majorité utilisé pour nos voitures et camions. Le gaz importé sert pour le chauffage et l’industrie. Pour changer ça, le plan d’« électrification » de Lecornu mise principalement sur deux dispositifs : les pompes à chaleur pour le chauffage et les véhicules électriques pour le transport.</p><p>À partir de la fin de cette année, il ne sera ainsi plus possible d’installer des chaudières à gaz dans les logements neufs, selon le projet du gouvernement. En parallèle, il y aurait des aides publiques pour remplacer les chaudières fonctionnant au gaz et au fioul par des pompes à chaleur. Concernant les véhicules, le Premier ministre a annoncé un dispositif de « leasing social », <a href="https://www.ecologie.gouv.fr/leasing-social" class="spip_out" rel="external">des voitures à loyer mensuel modéré</a> pour les ménages modestes, avec 50 000 véhicules électriques supplémentaires à partir de l’été.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>1,4 million de voitures électriques <a href="https://www.ecologie.gouv.fr/politiques-publiques/developper-vehicules-electriques" class="spip_out" rel="external">circulaient en France en 2025</a>, soit un faible pourcentage des plus de 39 millions de voitures particulières du pays. Le passage aux véhicules électriques va bien plus vite ailleurs. En Norvège la quasi-totalité des voitures mises en circulation <a href="https://alternative-fuels-observatory.ec.europa.eu/general-information/news/norway-hits-98-ev-share-europe-enters-2026-policy-era" class="spip_out" rel="external">sont aujourd’hui électriques</a>.</p><h2 class="spip" id="Monter-en-puissance-sur-les-energies-renouvelables">Monter en puissance sur les énergies renouvelables</h2><p><em>« Ce plan d’électrification va dans le bon sens, on voit une certaine prise de conscience</em>, juge Bastien Cuq. <em>Mais pour réussir à vraiment sortir des énergies fossiles, il faut à la fois consommer moins d’énergie et électrifier, tout en montant en charge sur les énergies renouvelables. »</em> Sur ce point, le représentant du Réseau Action Climat déplore le manque d’ambition de ce gouvernement comme des précédents.</p><p>Quelques semaines avant la crise du détroit d’Ormuz qui a fait flamber les prix du pétrole, le gouvernement Lecornu annonçait, début février, la nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie, ou PPE – une feuille de route pour la politique énergétique des années venir. Objectif affiché : une <a href="https://www.economie.gouv.fr/ppe-3-programmation-pluriannuelle-de-lenergie" class="spip_out" rel="external">réduction des énergies fossiles</a> dans notre consommation finale d’énergie, passant de 60 % aujourd’hui, à 40 % dans quatre ans.</p><p><em>« Il y a des mesures prévues dans la PPE avec lesquelles nous sommes d’accord, comme l’idée de développer largement le fret ferroviaire, de développer une filière européenne de petites voitures électriques sobres qui consommeront moins de lithium, ou encore de pousser au covoiturage</em>, note le responsable du Réseau Action Climat. <em>Mais sur les énergies renouvelables, la PPE est beaucoup moins enthousiasmante. C’est pourtant cette feuille de route qui fixe les appels d’offres pour les nouvelles installations d’énergies renouvelables. Or, ses objectifs ne sont pas suffisants sur l’éolien et le solaire. »</em></p><p>En 2025, plus des deux tiers de l’électricité française <a href="https://analysesetdonnees.rte-france.com/bilan-electrique-2025/synthese" class="spip_out" rel="external">venaient du nucléaire,</a>, plus de 30 % <a href="https://infos.ademe.fr/energies/2026/en-france-lelectricite-renouvelable-trace-sa-route/" class="spip_out" rel="external">des énergies renouvelables</a>, solaire, éolien, biomasse et hydraulique, géothermique. En Grande-Bretagne, qui a aussi une industrie nucléaire, <a href="https://www.neso.energy/news/britains-energy-explained-2025-review" class="spip_out" rel="external">les énergies renouvelables représentent 44 %</a> et le nucléaire près de 12 %.</p><p>De son côté, l’Espagne a atteint <a href="https://www.renewableinstitute.org/spains-renewable-energy-sector-hits-new-milestones/" class="spip_out" rel="external">55 % d’électricité issue des énergies renouvelables</a> l’année dernière. L’Allemagne <a href="https://www.umweltbundesamt.de/en/topics/climate-energy/renewable-energies/renewable-energies-in-figures" class="spip_out" rel="external">est au même niveau</a>, avec plus de la moitié de son électricité issue des renouvelables. Le Portugal en est <a href="https://www.apren.pt/" class="spip_out" rel="external">à plus de 70 %</a>, le Danemark <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20251211-1#:~:text=Among%20EU%20countries%2C%20in%20the,%25)%20and%20Slovakia%20(21.1%25" class="spip_out" rel="external">à plus de 90 %</a>.</p><p><em>« On a en France un parc nucléaire vieillissant qu’il faudra changer ou fermer à un moment donné, et de nouveaux projets nucléaires chers dont on ne sait pas quand ils vont arriver. En face, en France comme en Europe, on a une industrie d’énergies renouvelables puissante, en très bonne position pour se placer sur la scène mondiale… »</em>, souligne Bastien Cuq.</p><h2 class="spip" id="Plus-de-velo-plus-de-train-moins-de-data-centers">Plus de vélo, plus de train, moins de data centers</h2><p><em>« Les énergies renouvelables sont une composante indispensable de la décarbonation et de la résilience du pays »</em>, écrit aussi le cercle de réflexion présidé par Jean-Marc Jancovici The Shift Project, dans <a href="https://theshiftproject.org/publications/reussir-la-transition-dans-lincertitude/" class="spip_out" rel="external">son « plan robuste pour l’économie française »</a>, publié mi-avril. Il y a encore deux ans, le think tank misait avant tout sur le nucléaire. Mais maintenant, <em>« à l’heure où la France est à un tournant de sa politique énergétique, notre pays doit fonder sa souveraineté énergétique sur tous les leviers pertinents de la transition bas carbone, et non sur la seule électricité nucléaire »</em>, appuie The Shift Project.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/rapport-ambigu-energies-renouvelables-france-eolien-photovoltaqiue-moratoire-Andreas-Rudinger">« On a un rapport extrêmement ambigu aux énergies renouvelables en France »</a></aside><p>Dans son nouveau plan de décarbonation de l’économie française, le groupe de réflexion préconise bien d’autres mesures, comme le déploiement massif du vélo – avec construction de pistes cyclables et soutien à l’achat et à la location –, ou encore un investissement massif dans le train, une relance du fret ferroviaire, une électrification des poids lourds… Le think tank met par ailleurs en avant le besoin de rénover massivement les logements pour mieux les isoler, avec des financements publics importants, ou encore de réguler la construction des data centers, gros consommateurs d’énergie.</p><p>Car, pour se défaire des fossiles, il s’agit aussi de consommer moins d’énergie. Au début du mois, la ministre de l’Énergie Maud Bregeon parlait d’ailleurs d’un <a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/energie/aides-ciblees-financements-secteurs-concernes-comment-le-gouvernement-veut-accelerer-l-electrification-de-la-france-pour-repondre-a-la-guerre-au-moyen-orient_7910690.html" class="spip_out" rel="external"><em>« plan d’incitation à la sobriété »</em></a> pour faire face à la crise énergétique actuelle.</p><h2 class="spip" id="Des-bus-dans-les-campagnes">Des bus dans les campagnes</h2><p><em>« Mais elle fait la même erreur qu’en 2022, c’est-à-dire que, pour elle, la sobriété, ce sont avant tout des actions individuelles</em>, déplore Bastien Cuq. <em>Ce qu’on attend plutôt de l’État, c’est qu’il donne aux gens la liberté de pouvoir faire leur choix de consommation. Aujourd’hui, si vous habitez à la campagne, il y a de grandes chances que vous n’ayez pas d’autre choix que de prendre votre voiture. »</em></p><p>Ce n’est pas une fatalité, ajoute le représentant du du Réseau Action Climat. Il propose, par exemple, des lignes de bus supplémentaires en zone rurale le temps de la crise pétrolière. <em>« L’État pourrait décider, avec des opérateurs publics ou même en partenariat avec des entreprises privées, de déployer très rapidement des bus sur les axes les plus fréquentés. Et ce, pendant toute la durée de la crise des prix du carburant. Les gens auraient alors une nouvelle option pour se passer de leur voiture, au moins tant que le pétrole coûte si cher. »</em> Une alternative réelle plutôt que des leçons et des promesses.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 20 Apr 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[La mer et les océans, symboles de la crise climatique et de l'inaction politique]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une nouvelle alerte scientifique montre la fragilité du principal courant marin qui traverse l’Atlantique (l’Amoc, pour circulation méridienne de retournement de l’Atlantique). Venant de l’équateur avec son climat plus tropical, il permet d’adoucir le climat européen et limite les sécheresses au Sahel. Du fait du réchauffement climatique, cette circulation océanique pourrait s’affaiblir considérablement d’ici 2100 et bouleverser le climat européen et nord-africain. Mais inutile d’attendre la fin du siècle pour constater les effets très concrets que produisent pollutions et réchauffement sur les mer et les littoraux, que décrivent plusieurs médias indépendants internationaux.</p><p>Dans le petit port de Ksibet Mediouni, en Tunisie <em>« la baie était l’une des plus belles »</em> du pays, <a href="https://inkyfada.com/fr/2026/04/01/maree-rouge-a-monastir-quand-la-mer-disparait-sous-nos-yeux/" class="spip_out" rel="external">soupire un pêcheur</a> auprès du média tunisien <em>*Inkyfada*</em>. Aujourd’hui, des nappes auburn s’y étendent sur plusieurs kilomètres. Car <em>« chaque année, des milliers de poissons morts sont rejetés sur le rivage »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-niveau-des-mers-monte-rapidement">« Le niveau des mers monte rapidement »</h2><p>Le média tunisien décrit la <em>« convergence de facteurs aggravants »</em> à l’origine de cette catastrophe : le réchauffement climatique, la présence d’industries <em>« voraces en eau »</em> et l’intervention humaine sur le littoral favorisent cette marée rouge qui transforme la mer <em>« en un milieu saturé où la décomposition de la matière organique absorbe l’oxygène restant, neutralisant toute possibilité de vie marine régénératrice »</em>. Ce phénomène empoisonne l’écosystème marin, mais aussi les personnes qui vivent à proximité.</p><p><em>« Il y a des moments dans l’histoire où une crise longtemps considérée comme lointaine se révèle intime, immédiate et profondément humaine. L’élévation du niveau de la mer est l’un de ces moments »</em>, <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/apr/07/sea-level-rise-health-crisis-christiana-figueres" class="spip_out" rel="external">rappelle quant à elle la diplomate costaricaine Christiana Figueres</a> dans les colonnes du <em>*Guardian*</em>. Là encore, l’impact du changement climatique sur nos océans touche la planète entière, y compris sur la terre ferme.</p><p>L’ancienne responsable de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques souligne : <em>« Ceux qui subissent les conséquences les plus précoces et les plus graves de ces bouleversements sont, dans leur grande majorité, ceux qui ont le moins contribué à les provoquer. Aujourd’hui, le niveau des mers monte rapidement dans un monde déjà marqué par les inégalités, le colonialisme et l’exclusion économique »</em>, insiste la femme sud-américaine.</p><h2 class="spip" id="Un-cout-que-le-monde-entier-devra-payer">Un coût que le monde entier devra payer</h2><p>L’action humaine sur les mers empire cette situation. En Tunisie, le média <em>*Blue TN*</em> <a href="https://bluetunisia.com/sharks-nets-mercury-tunisias-hidden-fishing-cost/" class="spip_out" rel="external">tente d’évaluer l’impact</a> de la pêche industrielle sur les écosystèmes au large des côtes du pays. <em>« Le long des côtes tunisiennes, la pêche a changé, non seulement dans ses méthodes, mais aussi dans ses motivations. Les filets maillants ne font plus de distinction. Les chalutiers raclent les fonds marins au mépris de la loi. »</em></p><p>Le site indépendant tunisien conclut dans son enquête : <em>« Les chiffres témoignent d’une pression croissante. Les pêcheurs évoquent la pénurie. Les scientifiques parlent d’effondrement. Entre les deux se trouve un système où la survie économique et la survie écologique s’opposent de plus en plus. »</em></p><p><em>*Mongabay*</em> <a href="https://news.mongabay.com/2026/04/10-of-the-ocean-is-protected-now-just-20-more-to-go/" class="spip_out" rel="external">appelle à l’action pour protéger les océans</a> : <em>« Alors que l’objectif mondial est de protéger 30 % des océans d’ici 2030, les experts soulignent que les efforts doivent s’intensifier considérablement : pour atteindre cet objectif, il faudra protéger, d’ici quatre ans, une superficie équivalente à celle de l’océan Indien. »</em> Sans action politique, accepter de déséquilibrer, décimer, détruire ces écosystèmes marins au nom du profit aura, en bout de course, un coût que le monde entier devra payer.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/la-mer-et-les-oceans-symboles-de-la-crise-climatique-et-de-l-inaction-politique</link>
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      <pubDate>Sat, 18 Apr 2026 08:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Devenir une place de village » : ce restaurant solidaire normand mêle cuisine bio et projet social]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Laurence n’aime pas le trajet qui la mène à la Cité de l’alimentation. <em>« Prendre ma voiture, rouler le matin sur le périphérique de Caen, cela me rappelle ma vie d’avant »</em>, confie-t-elle. La quadragénaire vient pourtant une à deux fois par mois à Hérouville-Saint-Clair, près de Caen, pour s’investir dans le lieu associatif consacré au bien-manger.</p><p>Avant, Laurence avait une autre vie, d’employée de banque. Mais elle a été frappée par un burn-out, puis un cancer. Aujourd’hui, en cette matinée du mois de mars, elle est venue préparer des lasagnes et faire la vaisselle, le tout bénévolement. <em>« J’aime bien la vaisselle, c’est un moment où on discute</em>, glisse-t-elle. <em>Le concept, c’est comme à la maison, avec de la bienveillance, de la mixité, et beaucoup d’échanges. Il y a de nombreux accidentés de la vie ici. »</em></p><div class="spip_document_22681 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="132" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/devanture.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2249923725 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1774538447 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776337569 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776334891 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776339460 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776335591 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776336299 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776336436 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776339461 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776338009 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776339461 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776333815 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1776339462 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/devanture.jpg@.webp?1774555082 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/devanture.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="L'entrée de la Cité de l'alimentation, la devanture est rouge et blanche." aria-describedby="by22681-47d0d296100b9860102c0dd6b88594b7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776334797 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/devanture.jpg?1776335886 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/devanture.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22681-47d0d296100b9860102c0dd6b88594b7">Coincée entre des barres d’immeubles, la Cité de l’alimentation dénote dans le centre-ville d’Hérouville-Saint-Clair.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>À sa manière, Laurence incarne bien l’une des raisons d’être de <a href="https://www.citedelalimentation.fr/" class="spip_out" rel="external">la Cité de l’alimentation</a>, un lieu créé pour tisser du lien autour de la cuisine tout en étant un véritable restaurant, situé dans cette ville nouvelle de la banlieue de Caen, faite d’architecture bétonnée et sortie de terre dans les années 1960.</p><p>Hérouville-Saint-Clair est <a href="https://www.ouest-france.fr/normandie/herouville-saint-clair-14200/pauvrete-a-herouville-la-ville-ne-peut-pas-et-ne-doit-pas-accueillir-toute-la-misere-sociale-8e0f4b34-74b1-11ed-a624-3ce68ebc51cd" class="spip_out" rel="external">une des communes les plus pauvres</a> du Calvados. Au niveau politique, la ville est dirigée depuis 2001 par un maire de centre droit, Rodolphe Thomas, qui vient d’<a href="https://www.francebleu.fr/normandie/calvados-14/herouville-saint-clair/municipales-2026-a-herouville-saint-clair-rodolphe-thomas-reelu-des-le-premier-tour-1315620" class="spip_out" rel="external">être réélu dès le premier tour</a> après avoir mené une campagne où il s’en est notamment <a href="https://www.lepoulpe.info/a-herouville-saint-clair-la-riposte-aberrante-brutale-et-tous-azimuts-du-maire" class="spip_out" rel="external">pris au média local indépendant <em>Le Poulple</em></a>.</p><h2 class="spip" id="Cuisine-mobile-a-velo">Cuisine mobile à vélo</h2><p>Ici, il n’y a presque pas de commerces de proximité ni de cafés. La Cité de l’alimentation fait figure d’exception. <em>« Nous aimerions devenir une espèce de place de village avec différentes structures, mais aussi avec beaucoup de formation »</em>, présente l’un des créateurs du lieu, Clément Charlot. La Cité a ouvert en 2024 dans les locaux d’un ancien lycée.</p><div class="spip_document_22683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="87" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c322273900 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1774545013 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1774538450 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776334754 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776338505 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776336299 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776334427 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776336871 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776335456 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776338507 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776333815 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1776334231 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg@.webp?1774555267 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Cinq personnes échangent dans une cuisine collective, on voit des plats au premier plan." aria-describedby="by22683-5ff0d49ee692922f4db038a510411c55" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776337582 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1776335888 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/benevole_et_croissant.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22683-5ff0d49ee692922f4db038a510411c55">Dix bénévoles sont aux fourneaux pour préparer une quarantaine de repas.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p><em>« Un des points de départ du projet, c’était la question de comment agir pour que les gens mangent mieux</em>, explique le fondateur. <em>De là, il a fallu se projeter économiquement. »</em> Avant la Cité de l’alimentation, Clément Charlot est passé par l’associatif, la coutellerie et, surtout, la restauration. L’association donne aussi des ateliers de cuisine ouverts à toutes et tous plusieurs fois par semaine. Elle peut également se délocaliser, via une cuisine mobile à vélo.</p><p>Un fil rouge lie toutes ces activités culinaires : travailler uniquement avec des produits bio et provenant de producteurs locaux (hors ingrédients exotiques). <em>« Tout est bio ici, c’est central, comme le local. À mes yeux, il n’y a pas d’autres alternatives »</em>, souligne l’homme.</p><div class="spip_document_22685 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="31" data-legende-lenx=""><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/gros_plan.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3710473970 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1774538451 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776344050 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776335647 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776339650 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776334992 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776336299 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776336505 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776338873 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776338806 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776335252 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776338615 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1776335281 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg@.webp?1774555512 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Des mains et des ustensiles de cuisines en gros plan." aria-describedby="by22685-b01d7933b23b5cc5b5e5719c21f8a738" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776335676 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1776335890 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gros_plan.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22685-b01d7933b23b5cc5b5e5719c21f8a738">Dans la cuisine.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Pas-de-cauchemar-en-cuisine">Pas de cauchemar en cuisine</h2><p>En milieu de matinée, trouver un café à Hérouville-Saint-Clair sans aller au centre commercial n’est pas chose aisée. Mais entre les murs de l’ancien lycée hôtelier où a pris place la Cité de l’alimentation, on s’agite autour de Benjamin, cuisinier salarié. L’association de la Cité de l’alimentation emploie aujourd’hui six personnes à temps plein. Ce jour-là, il y a aussi une dizaine de bénévoles qui s’affairent sous l’œil bienveillant du jeune chef. Passé par des restaurants étoilés, il a choisi ce lieu pour travailler autrement.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« En cuisine, c’est très militaire avec une logistique parfois millimétrée</em>, explique le chef. <em>Cela crée des problèmes. Les horaires à rallonge, les cinglés qui mettent une pression de fou et se déchargent sur les employés... On peut faire autrement, quelque chose de bien, de construit et de cohérent sans cette pression. »</em> Mener sa cuisine autrement, dans de meilleures conditions, c’est ce que la Cité de l’alimentation permet à Benjamin.</p><div class="spip_document_22686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="72" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/feuilletes.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1236504527 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1774538454 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776342842 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776340019 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776337057 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776335409 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776336546 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776334400 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776334360 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776340990 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776345267 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1776339926 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg@.webp?1774555658 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Un plant soigné au premier plan, quatre personnes au second plan." aria-describedby="by22686-c81a9895dc59f5bc539f42028c092038" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776337546 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1776335892 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/feuilletes.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22686-c81a9895dc59f5bc539f42028c092038">Un feuilleté à l’endive au menu du restaurant associatif.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Au menu du jour du restaurant, on trouve notamment des feuilletés aux endives en entrée, une blanquette de poulet, et une tarte aux fruits. De son côté, Najib prépare à la boulangerie plusieurs kilos de pain pour la journée, d’autant qu’il y a aussi de la vente à emporter. <em>« Je viens trois fois par semaine</em>, explique l’homme de 65 ans, qui a passé un CAP de cuisinier avant sa retraite. <em>C’était un défi pour moi, peut-être mon dernier diplôme, mais maintenant, la boulangerie m’intéresse beaucoup. »</em></p><p>Tandis que Fanny prépare la salle à manger, un atelier dédié aux champignons a lieu dans une autre pièce. Ce jour-là, neuf personnes ont payé 25 euros pour deux heures d’atelier et le repas final. Les langues se délient entre les cuissons et l’on parvient à discuter des effets possibles de la sauce soja sur la santé des femmes. <em>« La cuisine, ça touche tout le monde et même à des choses intimes »</em>, sourit Virginie, qui anime l’atelier.</p><h2 class="spip" id="Tarif-solidaire">Tarif solidaire</h2><p>Quand midi arrive, les clients aussi. Une quarantaine de couverts sont servis en moins de deux heures à une clientèle variée, des professionnels en pause déjeuner aux retraités du quartier. Le menu est à 16 euros, quatre euros supplémentaires si l’on choisit le tarif « solidaire », afin d’aider la structure.</p><div class="spip_document_22687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="138" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/reinsertion.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3327320528 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1774627205 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1774538456 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776340293 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776334454 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776338658 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776336117 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776335918 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776336583 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776346524 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776342329 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776341288 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776338713 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1776337031 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg@.webp?1774555682 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Une femme au dessus d'une casserole au premier plan, deux hommes parlent au second plan, dans une cuisine collective. Tous portent un tablier violet." aria-describedby="by22687-931a7a7ef45c13cbe3a495c2b749705a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776336336 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1776334250 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/reinsertion.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22687-931a7a7ef45c13cbe3a495c2b749705a">De nombreux bénévoles sont en transition de vie. Certains sont envoyés par des structures de réinsertion ou France Travail.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p><em>« Environ 60 % des personnes choisissent le tarif solidaire, c’est énorme »</em>, note le cofondateur, Clément Charlot. Après deux ans d’existence du lieu, il dresse un premier bilan : <em>« Tout ce qui est traiteur, restaurant, ça reste plutôt facile à gérer. L’argent qu’on essaie de gagner, c’est pour développer de nouveaux projets. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Mieux-manger-pour-bien-vieillir-premier-Ehpad-France-cuisine-100-pourcent-local-bio-fait-maison">Mieux manger pour bien vieillir : le premier Ehpad de France à cuisiner presque 100 % local et bio</a></aside><p>Dans les prochaines années, le lieu veut ainsi créer une boulangerie, une conserverie, voire une laiterie, pour un coût global de plusieurs millions d’euros. <em>« C’est complètement réalisable si les collectivités sont à nos côtés »</em>, assure Clément Charlot. La région Normandie est partenaire du projet, tout comme le fonds de dotation de Biocoop. L’association reçoit aussi des aides de l’État avec le programme « Mieux manger pour tous ». Il lui est impossible de se passer de soutiens financiers publics pour l’instant, même si son objectif, à terme, est d’être totalement indépendante.</p><p>Ce type de projet associatif, qui place l’alimentation au centre, comme outil politique et social, se développe à travers la France. Il y a Les Halles de la transition, à Toulouse, tiers-lieu écologique avec un espace de restauration. Ou encore le Beau tiers-lieu, à Nantes.</p><div class="spip_document_22684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="140" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/elie.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3618948262 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1774627204 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1774538457 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/elie.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/elie.jpg?1776346881 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/elie.jpg?1776335158 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1776338110 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1776335559 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/elie.jpg?1776334537 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/elie.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/elie.jpg?1776336035 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1776337630 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1776336789 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/elie.jpg@.webp?1774555723 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/elie.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="Une jeune femme pèse de la farine en cuisine." aria-describedby="by22684-3def630f37a203b573684964b8651a54" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/elie.jpg?1776335672 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/elie.jpg?1776336439 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/elie.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22684-3def630f37a203b573684964b8651a54">Actuellement en reconversion, Elie hésite à s’engager dans la cuisine de manière professionnelle. En attendant, elle apprend.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Dans la cuisine d’Hérouville-Saint-Clair, la cloche donne le rythme des assiettes à garnir. Deux femmes originaires du Nigeria gèrent les commandes et deux femmes afghanes finalisent les desserts. La diversité est à l’image d’Hérouville-Saint-Clair, qui compte une soixantaine de nationalités parmi ses habitants.</p><h2 class="spip" id="Le-plein-de-benevoles">Le plein de bénévoles</h2><p>Ce jeudi, la capacité d’accueil maximale est atteinte aux fourneaux, bien que l’équipe aimerait davantage de bénévoles encore. <em>« Aujourd’hui, nous avons sept bénévoles et trois personnes en formation via des organismes de réinsertion ou France Travail</em>, précise le chef du jour, Benjamin. <em>La cuisine a un côté cathartique pour tout le monde »</em>, ajoute-t-il.</p><div class="spip_document_22688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="77" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/clientsjpg.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3785807044 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1774545014 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1774627205 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1774538458 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776335226 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776334232 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776335524 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1776343370 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1776338588 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1776336447 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776338598 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776334867 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776336490 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg@.webp?1774555824 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1774539886" width="960" height="640" alt="La salle du restaurant, des clients attablés au pied d'un large escalier en colimaçon, une femme à la caisse au téléphone au premier plan." aria-describedby="by22688-6e4c470a9d6baef20e0708911d0960a2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776337546 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1776336786 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/clientsjpg.jpg?1774539886 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22688-6e4c470a9d6baef20e0708911d0960a2">Le jour de notre reportage, le restaurant a servi 40 couverts.
©Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Dans le groupe, plusieurs personnes sont sans emploi, souvent dans un moment de transition. <em>« J’essaie de venir une fois par semaine car je suis au chômage depuis fin décembre et en attente de formation</em>, explique Elie, la trentaine. <em>Malheureusement, le planning de volontaires ici est souvent complet. »</em> <em>« C’est difficile de dire à quelqu’un qui a envie d’être bénévole qu’il ne peut venir qu’une fois par mois</em>, déplore Clément Charlot. <em>D’autant que les gens viennent ici pour se reconstruire un peu. Mais si on monte à 300 couverts, est-ce que ce serait encore convivial ? »</em></p><p>La fin du service approche, l’ambiance se détend un peu plus encore. Les bénévoles repartent avec un repas ou le partagent avec le reste de l’équipe. Pour Laurence, il est temps de prendre le chemin du retour, en repassant par le périphérique de Caen. Peut-être le cœur plus léger qu’à l’aller.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/devenir-une-place-de-village-ce-restaurant-solidaire-normand-mele-cuisine-bio-Caen-cite-alimentation</link>
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      <pubDate>Thu, 16 Apr 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Loi « simplification » : 8 mesures qui détricotent nos droits sociaux et environnementaux]]></title>
      <description><![CDATA[<p>C’est la fin d’un long parcours parlementaire. La loi « simplification de la vie économique des entreprises » (aussi connue sous le nom de « loi Pacte 2 ») a été adoptée par l’Assemblée nationale à 275 voix contre 225, ce 14 avril. Cette loi aboutit à une mesure emblématique : la suppression d’une mesure écologique majeure, <a href="https://basta.media/zfe-sont-elles-anti-pauvres-et-anti-travailleurs">les zones à faible émission</a> (ZFE).</p><p>Mais bien d’autres mesures régressives sont contenues dans les 87 articles d’un texte « fourre-tout » : il institutionnalise un nouveau lobby patronal ; supprime plusieurs organismes publics pourtant utiles sur la santé, la protection de l’environnement ou l’accès à la culture ; dérégule l’emploi des jeunes apprentis dans un contexte où les accidents du travail des moins de 25 ans augmentent ; ou affaiblit la possibilité pour les salariés de reprendre leur entreprise lors d’une cession.</p><p>Une « simplification » qui <em>« cache un désir de dérégulation, notamment sur le plan des droits des travailleurs et des consommateurs, ainsi que de notre législation environnementale »</em>, résume le député Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste). Le projet de loi a été voté grâce à l’appui de LR et du RN, après .</p><p>Annoncé fin 2023, le parcours législatif du texte été perturbé par les soubresauts politiques, en particulier la dissolution, au printemps 2024 – il se trouvait alors en lecture au Sénat – puis les débats sur le budget et les élections municipales.</p><p>La loi adoptée ce 14 avril par les députés comprend divers articles qui soulèvent plusieurs points d’alerte, <a href="https://basta.media/loi-de-simplification-pour-eux-les-interets-des-entreprises-doivent-primer">comme nous l’avions relevé il y a un an</a>. <em>Basta!</em> vous propose donc un décryptage des 8 mesures principales, pour mieux comprendre ce qui nous attend.</p><h3 class="spip" id="t1-La-fin-des-lt-lt-zones-a-faible-emissions-limitant-la-pollution-de-nbsp">1 - La fin des « zones à faible émissions » limitant la pollution de l’air</h3><p>C’était un sujet majeur sur le plan écologique : le texte prévoit l’abrogation des zones à faibles émissions (ZFE) ou zones à faibles émissions mobilités (ZFE-M), qui excluent de certains secteurs urbanisés, à certaines heures, les véhicules les plus polluants. Une quarantaine d’agglomérations étaient jusqu’ici concernées par cette législation. La loi vise sa suppression pure et simple alors qu’il s’agissait, pourtant, d’une mesure pour faire face à la pollution de l’air votée lors du premier quinquennat Macron. Instaurer des ZFE s’inscrit également dans une politique plus large pour diminuer la dépendance à la voiture thermique, donc au pétrole.</p><p><em>« Les ZFE sont une solution efficace pour réduire la pollution de l’air en ville, en interdisant aux véhicules les plus polluants d’y circuler, ce qui accélère le renouvellement du parc automobile et surtout en proposant des services accrus de transports en commun »</em>, a rappelé <a href="https://www.fne-aura.org/communiques/region/zero-pointe-pour-les-attaques-contre-les-zfe/" class="spip_out" rel="external">France Nature Environnement</a>. Les supprimer revient, selon l’ONG à <em>« condamner les populations des grandes agglomérations à continuer de souffrir quotidiennement de la pollution de l’air et d’en mourir prématurément »</em>.</p><p>L’article 15 ter, qui abroge ces ZFE, est issu d’un amendement du Rassemblement national et du parti Les Républicains. Pour éviter le blocage d’une partie de son camp (Renaissance) ainsi que du MoDem – en plus de la gauche –, le gouvernement a tenté mardi de proposer un amendement de compromis qui laissait aux collectivités le choix de créer ces ZFE. Sans succès. La victoire revient bien à la version des RN et LR, qui ont célébré sous un tonnerre d’applaudissements son adoption hier, <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/04/14/projet-de-loi-de-simplification-le-parcours-chaotique-d-un-texte-fourre-tout_6679913_823448.html" class="spip_out" rel="external">rapporte <em>Le Monde</em></a>. La gauche, ainsi qu’une partie du camp gouvernemental, place désormais ses derniers espoirs dans un retoquage du Conseil constitutionnel.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/zfe-sont-elles-anti-pauvres-et-anti-travailleurs">Zones à faibles émissions : cette mesure écologique pénalise-t-elle les plus pauvres ?</a></aside><h3 class="spip" id="t2-Promouvoir-les-projets-industriels-au-detriment-de-l-objectif-zero-nbsp">2 - Promouvoir les projets industriels au détriment de l’objectif zéro artificialisation</h3><p>Le texte de loi issu de la CMP et adopté hier par les députés assouplit les contraintes du zéro artificialisation nette (ZAN) au profit de grands projets industriels, en suivant, sur ce point, la ligne du Sénat. <em>« Il s’agit d’une mesure forte et d’un signal important en faveur de la réindustrialisation de notre pays et de la relocalisation d’activités stratégiques »</em>, s’est félicité Yves Bleunven, rapporteur pour le Sénat (Union Centriste).</p><p>Pour rappel, la loi sur le ZAN prévoit de réduire massivement la consommation d’espaces naturels dans les projets fonciers, pour atteindre un objectif de zéro artificialisation nette en 2050. Le but : préserver la biodiversité, mais aussi limiter les inondations favorisées par des terrains aplanis, sans arbres ni végétation.</p><p>Les zones artificialisées couvrent aujourd’hui <a href="https://agreste.agriculture.gouv.fr/agreste-web/download/publication/publie/Pri2501/Primeur2025-1_TERUTI.pdf" class="spip_out" rel="external">près de 10 % du territoire métropolitain</a>, soit deux fois plus qu’en 1982. Le rythme s’est infléchi ces dernières années, notamment depuis l’adoption de la loi ZAN en 2021, mais la France perd toujours près de 30 000 hectares d’espaces naturels par an et la loi ne cesse d’être assouplie. Preuve en est, une fois de plus.</p><p>La modification contenue dans l’article 15 visait, initialement, à faciliter l’implantation des data centers. Tous les investisseurs industriels porteurs de <em>« projets d’intérêt national majeur et d’intérêt d’envergure nationale et européenne »</em>, comme le résume Stéphane Travert, rapporteur pour l’Assemblée nationale (Ensemble pour la République), seront désormais exemptés du décompte ZAN. Cette <a href="https://artificialisation.developpement-durable.gouv.fr/mesurer-la-consommation-despaces/cartographie-des-projets-denvergure-nationale" class="spip_out" rel="external">définition légale</a> englobe les projets de construction liés au secteur nucléaire, ferroviaire, pénitentiaire, fluvial, maritime, électrique, ou tout projet déclaré d’utilité publique par un décret en Conseil d’État ou par arrêté ministériel.</p><p>Certains parlementaires s’inquiètent de n’avoir pu consulter aucune étude d’impact préalable à ce genre d’assouplissement forcément néfaste pour l’environnement. L’article 15 adopté hier met également à mal l’objectif de zéro artificialisation nette de la loi Climat.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="t3-La-suppression-d-instances-publiques-de-sante-ou-pour-la-culture">3 - La suppression d’instances publiques de santé ou pour la culture</h3><p>Le texte de loi retient l’essentiel des suppressions de comités, observatoires, conseils prévues initialement. Au passage, ce sont des centaines d’emplois qui passent à la trappe, dans des champs allant du droit du travail à la protection de l’environnement en passant par la prévention de la santé publique. Si les parlementaires se sont aisément accordés sur certains organismes publics, inactifs de longue date, d’autres demeurent importants pour le débat public.</p><p>Pour en donner quelques exemples : côté santé publique, ce serait la fin de la Conférence de prévention étudiante, chargée du suivi des actions de soins, dépistage, vaccination auprès des étudiants et qui avait la mérite d’associer à la réflexion les associations et syndicats étudiants.</p><p>Ou encore, de la commission nationale de la déontologie et des alertes en matière de santé publique et d’environnement, qui a rendu <a href="https://www.alerte-sante-environnement-deontologie.fr/deontologie-et-alertes-en-sante-publique-et-environnement/travaux/avis-rendus/" class="spip_out" rel="external">de nombreux avis</a> sur des sujets importants comme les pesticides en agriculture, le dépistage du cancer du sein ou encore la sûreté nucléaire. Cette commission indépendante recevait des signalements de la société civile, notamment de lanceurs d’alerte, via sa plateforme en ligne, jusqu’à la <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/11/05/quand-l-instance-de-traitement-des-alertes-en-sante-et-environnement-lance-l-alerte-sur-sa-propre-situation_6377749_3244.html" class="spip_out" rel="external">désactivation</a> de celle-ci, fin 2024 par le ministère de la Transition écologique, ardemment dénoncée par ceux qui y siègent.</p><p>Sur le plan de la protection de l’environnement encore, les commissions départementales de la préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers seront supprimées. Ces commissions regroupaient des représentants de l’État, des professions agricoles, des chasseurs ainsi que des associations de protection.</p><p>Côté culture, le Haut Conseil de l’éducation artistique et culturelle est aussi voué à disparaître. Son rôle était de travailler auprès des collectivités pour encourager la présence des artistes dans les classes, le développement de projets culturels ou encore les sorties éducatives dans les théâtres, musées, médiathèques… La sénatrice socialiste Sylvie Robert, qui y siège, <a href="https://www.telerama.fr/enfants/pourquoi-supprimer-le-haut-conseil-de-l-education-artistique-et-culturelle-serait-une-tres-mauvaise-idee-7024299.php" class="spip_out" rel="external">défend auprès de <em>Télérama</em></a> <em>« une instance qui a été très active et qui continue de l’être aux côtés des collectivités territoriales pour valoriser et accompagner l’éducation artistique et culturelle »</em>.</p><p>En outre, le projet de loi crée une nouvelle clause d’extinction : toute instance consultative est créée pour une durée de trois ans, renouvelable seulement si celle-ci parvient à faire preuve de son utilité.</p><h3 class="spip" id="t4-Un-nouveau-lt-lt-lobby-officiel-du-patronat">4 - Un nouveau « lobby officiel » du patronat</h3><p>À rebours de toutes ces suppressions, une nouvelle instance doit être créée : le Haut Conseil à la simplification. La CMP s’est entendue sur le retour de cette instance, chargée d’évaluer toute nouvelle proposition de loi à l’aune de ses impacts sur les entreprises, pourtant rejetée par les députés.</p><p>Ce Haut Conseil à la simplification aura un président nommé en conseil des ministres, un représentant pour chaque taille d’entreprise (grande, intermédiaire, moyenne, petite, micro), nommé à chaque fois par le Premier ministre sur conseil des organisations patronales, ainsi qu’un député, un sénateur, un membre du Conseil d’État. Excluant les organisations syndicales, il a été fortement plébiscité par les organisations patronales, comme le Medef.</p><p>Il est donc perçu comme pro-patronal et rappelle, par certains aspects, le fameux Département de l’efficacité gouvernementale (DOGE), créé par Elon Musk aux États-Unis en vue d’opérer des coupes budgétaires. <em>« Cela revient, à mon sens, à instaurer une espèce de lobby officiel, chargé de contrôler notre travail – la loi – aux frais de l’État, afin de s’assurer d’une simplification maximale, en réalité au détriment du droit du travail, du droit de l’environnement et de la protection sanitaire »</em>, résume la députée Anne Stambach-Terrenoir (LFI).</p><h3 class="spip" id="t5-lt-lt-Une-attaque-sans-precedent-contre-les-conseils-economiques-nbsp">5 - « Une attaque sans précédent » contre les conseils économiques et sociaux régionaux</h3><p>Les Ceser, les conseils économiques et sociaux régionaux, sont également attaqués. Une centaine de représentants de syndicats, associations, organisations étudiantes et patronales siègent dans ces assemblées chargées de proposer, évaluer et conseiller les politiques publiques régionales. Leur mandat est renouvelé tous les six ans. Ces conseils mènent des études, organisent des débats et remettent des avis avec des propositions concrètes aux autorités régionales.</p><p>Les sénateurs estiment leur action peu utile. A l’inverse de grandes associations, comme la Fédération nationale des centres d’information sur les droits des femmes et des familles (FNCIDFF), l’un des plus importants réseaux pour les droits des femmes, décliné sur tous les territoires. La fédération estime que <em>« la disparition de ces instances constituerait un coup d’arrêt à la participation des corps intermédiaires à la vie démocratique locale »</em>. Ses fédérations régionales sont ainsi présentes dans tous les Ceser : <em>« Cela permet de faire entendre la voix des femmes, y compris des plus vulnérables et marginalisées, de rendre visibles les enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes, et d’alimenter les politiques publiques régionales par leur expertise de terrain »</em>, défend le réseau.</p><p>Or, dans la copie de la CMP adoptée hier par les députés, l’État laisse désormais au bon vouloir des régions leur suppression. L’existence d’un Ceser dépendrait dorénavant d’une délibération du conseil régional, à la demande du président de Région. Ce sera évidemment loin de se produire partout.</p><p><em>« Une attaque sans précédent et inacceptable »</em>, a réagi ce lundi la CGT. Les Ceser <em>« portent l’expression de la société civile organisée, notamment des organisations syndicales de salarié·es et d’employeurs et des associations. Leurs propositions et leurs recommandations sont larges et relaient des paroles citoyennes, de travailleuses et travailleurs »</em>, rappelle leur communiqué.</p><p><em>« Leur expertise est une richesse qui éclaire la décision publique. S’en priver, c’est contester le rôle du dialogue et de la délibération collective dans le processus de décision démocratique »</em>, alerte de son côté la CFDT, dans un communiqué dédié également.</p><h3 class="spip" id="t6-Une-derogation-de-plus-dans-l-embauche-des-apprentis">6 - Une dérogation de plus dans l’embauche des apprentis</h3><p>Le texte de loi supprime aussi une obligation de l’employeur dans le cadre de l’apprentissage. Jusqu’ici, l’emploi d’un apprenti ne peut se faire que si, au préalable, l’employeur <em>« déclare à l’autorité administrative prendre les mesures nécessaires à l’organisation de l’apprentissage et s’il garantit que l’équipement de l’entreprise, les techniques utilisées, les conditions de travail, de santé et de sécurité, les compétences professionnelles et pédagogiques ainsi que la moralité des personnes qui sont responsables de la formation sont de nature à permettre une formation satisfaisante »</em>. Cette obligation figurant dans le Code du travail a été supprimée.</p><p>Pour rappel, les accidents du travail sont 2,5 fois plus fréquents chez les moins de 25 ans, selon l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS). En 2024, 22 salariés de moins de 25 ans sont morts au travail d’après le recensement de l’Assurance maladie, paru fin 2025.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Stagiaires-apprentis-tres-jeunes-adultes-qui-meurent-au-travail-agriculture">Ces stagiaires, apprentis et très jeunes adultes qui meurent au travail</a></aside><h3 class="spip" id="t7-Des-lt-lt-batons-dans-les-roues-des-salaries-qui-veulent-reprendre-nbsp">7 - Des « bâtons dans les roues » des salariés qui veulent reprendre leur entreprise</h3><p>L’article 6 du projet de loi modifie l’obligation de consulter les salariés préalablement à une cession d’entreprise. Une telle consultation, jusqu’ici obligatoire, peu importe la taille de l’entreprise, permettait aux salariés de pouvoir proposer eux-mêmes une offre de reprise, en coopérative par exemple.</p><p>Le texte supprime l’obligation d’information des salariés pour toutes les entreprises de plus de cinquante salariés. Argument principal : il existe déjà une consultation obligatoire du CSE (comité social et économique) pour les entreprises de cette taille. La suppression de cette obligation d’informer les salariés jugée <em>« surabondante »</em> par la sénatrice et rapporteure Catherine Di Folco (Les Républicains), est donc défendue comme une <em>« simplification opportune »</em>.</p><p>Quant à celles qui ont moins de cinquante salariés (et donc, pas de CSE), le texte de la CMP réduit de deux mois à un mois le délai de consultation des salariés. <em>« En ce moment, des centaines de plans de licenciement sont en cours. Pourquoi mettre des bâtons dans les roues aux salariés qui veulent reprendre leur entreprise ? »</em> interrogeait déjà dans nos colonnes, l’an dernier, Thomas Vacheron, secrétaire confédéral de la CGT. <em>« Avec un tel article, la reprise de Duralex en coopérative n’aurait pas pu se faire »</em>, complétait Patrick Privat, secrétaire confédéral de Force ouvrière.</p><h3 class="spip" id="t8-Moins-de-controle-sur-les-groupements-d-employeurs">8 - Moins de contrôle sur les groupements d’employeurs</h3><p>La loi dérégule un peu plus les groupements d’employeurs – lorsque plusieurs employeurs se regroupent en une seule société pour mutualiser la main-d’œuvre, en mettant à disposition les salariés entre leurs différentes entreprises. D’abord, lorsqu’un groupement d’employeurs se constitue, il ne sera plus obligé d’en informer l’inspection du travail.</p><p>Aujourd’hui, ceux qui cherchent à se regrouper alors qu’ils n’ont pas la même convention collective doivent choisir l’application d’une seule de ces conventions collectives, puis doivent passer par une déclaration à l’autorité administrative, qui peut alors refuser le groupement si celui-ci ne respecte pas les dispositions légales. Désormais, il n’y aura plus cette déclaration ni cette possibilité pour l’autorité administrative de s’y opposer.</p><p>L’un des risques principaux est la « fausse mutualisation », une forme de détournement du dispositif pouvant s’apparenter à du <a href="https://www.avocats-valenciennes.com/la-fausse-mutualisation-dans-les-groupements-demployeurs-causes-et-consequences-de-lexclusion/" class="spip_out" rel="external">prêt illicite de main-d’œuvre</a>. Concrètement : quand un groupement met à disposition un salarié pour une seule entreprise adhérente, et que la structure du groupement permet uniquement d’esquiver certaines obligations sur le licenciement, la période d’essai ou encore sur les seuils sociaux. Conscient des <em>« dérives »</em> possibles, en particulier depuis que les grandes entreprises (et plus seulement les TPE-PME) ont accès à ce modèle, le Conseil économique social et environnemental (Cese) <a href="https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Rapports/2018/2018_27_groupement_employeurs.pdf" class="spip_out" rel="external">rappelait en 2018</a> l’importance de l’<em>« observation extérieure »</em> et de la <em>« régulation ».</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Loi-Yadan-tout-comprendre-a-la-controverse-atteintes-aux-libertes-antisemitisme-magali-Lafourcade-CNCDH">Loi Yadan : tout comprendre à ce texte « dramatique pour tous les mouvements sociaux »</a></aside><p>Sur le plan de la concentration des entreprises aux mains d’un seul propriétaire, les seuils de chiffre d‘affaires à partir duquel une telle opération de concentration doit être notifiée à l’Autorité de la concurrence sont relevés.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 15 Apr 2026 17:19:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Loi Yadan : tout comprendre à ce texte « dramatique pour tous les mouvements sociaux »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>En pleine guerre israélo-étasunienne contre l’<a href="https://basta.media/nous-sommes-dans-le-noir-apres-l-iran-la-guerre-jusqu-ou">Iran</a> et le Liban et alors que le <a href="https://www.ohchr.org/sites/default/files/documents/hrbodies/hrcouncil/sessions-regular/session60/advance-version/a-hrc-60-crp-3.pdf" class="spip_out" rel="external">crime de génocide se poursuit en Palestine</a>, peu de temps après que le Parlement israélien a adopté une législation instituant la <a href="https://www.mediapart.fr/journal/international/310326/le-parlement-israelien-instaure-un-regime-de-peine-capitale-raciste" class="spip_out" rel="external">peine de mort pour les Palestiniens</a> accusés de meurtre « terroriste », c’est un texte au centre de l’attention médiatique qui arrive dans l’Hémicycle français ce 16 avril : la loi dite Yadan, qui prétend lutter contre les « formes renouvelées d’antisémitisme ».</p><p>Cette <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/lutter_formes_renouvelees_antisemitisme" class="spip_out" rel="external">proposition de loi</a> est portée depuis novembre 2024 par Caroline Yadan, députée de la huitième circonscription des Français établis hors de France, ex-membre du parti Renaissance et actuelle membre d’Ensemble pour la République. Le texte propose notamment d’élargir les notions de <em>« provocation à des actes terroristes »</em> en sanctionnant désormais aussi ce qui relèverait d’une provocation <em>« implicite »</em>, punissable de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende. De même, le texte sanctionne toute personne formulant <em>« une négation, une minoration ou une banalisation »</em> de ces actes, et les propos appelant <em>« à la destruction d’un État reconnu par la République française »</em>.</p><p>Des voix critiques se sont élevées ces dernières semaines pour fustiger une instrumentalisation de la lutte contre l’antisémitisme, une criminalisation du soutien à la Palestine, ou encore des risques de dérives avec la difficulté pour un magistrat de juger ce type de provocation « implicite », un concept juridiquement flou. Une pétition citoyenne s’opposant à la proposition de loi a recueilli 700 000 signatures, ouvrant la possibilité d’être examinée en séance publique à l’Assemblée nationale. Mais la commission des lois vient d’y couper court en « classant » la pétition, ce mercredi 15 avril (30 députés favorables au classement, contre 21). <a href="https://basta.media/Petition-loi-Duplomb-le-mepris-du-gouvernement-pour-les-2-millions-de-signataires" class="spip_in">Comme pour la pétition contre la loi Duplomb</a>, la mobilisation citoyenne n’aura donc pas officiellement voix au chapitre demain, lors de l’examen.</p><p>Dans le même temps, la hausse des actes antisémites est un fait documenté par différentes instances, dont la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), organe indépendant qui <a href="https://www.cncdh.fr/actualite/lutte-contre-le-racisme-lantisemitisme-et-la-xenophobie-la-cncdh-publie-son-rapport-2024" class="spip_out" rel="external">mesure chaque année</a> depuis 1990, l’évolution des attitudes et des préjugés racistes, antisémites et xénophobes.</p><p>Après une année 2023 <em>« marquée par une explosion des actes racistes, et en particulier des actes antisémites »</em>, le nombre d’actes racistes enregistrés en 2024 <em>« atteint un niveau inédit depuis le début de la collecte des données »</em>, relève ainsi la CNCDH.</p><p>Alors, comment faire face ? Pour Magali Lafourcade, magistrate et secrétaire générale de la CNCDH, la proposition de loi Yadan est une réponse non seulement contre-productive mais qui plus est, dangereuse. D’autres leviers d’action devraient être privilégiés. Voici son éclairage.</p><p><strong><em>Basta!</em> : Dans son exposé des motifs, la proposition de loi Yadan fait le constat de la forte hausse des actes antisémites depuis le 7 octobre 2023 et d’une « forme renouvelée d’antisémitisme ». Dans quelle mesure la CNCDH partage-t-elle ce constat ?</strong></p><p><strong>Magali Lafourcade :</strong> D’abord, les chiffres présentés dans la proposition de loi sont ceux du ministère de l’Intérieur, pas ceux de la CNCDH. Ce sont les chiffres de la Direction nationale du renseignement territorial (DNRT) qui sont utilisés : des faits remontés du terrain, pour lesquels il n’y a pas encore de jugement judiciaire. ll faut les <a href="https://orientxxi.info/France-La-loi-Yadan-et-l-instrumentalisation-des-chiffres-de-l-antisemitisme" class="spip_out" rel="external">prendre avec une certaine précaution</a>, d’autant qu’ils recoupent très imparfaitement les chiffres du SSMSI, qui est le service statistique du ministère. Néanmoins, nous partageons ce même diagnostic : il y a une explosion des actes antisémites dans notre pays qui, quand on les rapporte à la taille de la minorité concernée, est assez effroyable.</p><div class="spip_document_22761 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="195" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/photo_2-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c679278545 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776251939 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776252056 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776251582 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776253897 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776255711 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776256868 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776252495 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776253007 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776251965 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252669 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252789 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776256867 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776251817 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776256867 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg@.webp?1776171611 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252138" width="960" height="1440" alt="Magali Lafourcade" aria-describedby="by22761-1b41b4fa0a77ae925dd0f1666045e71e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252674 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252396 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/photo_2-2.jpg?1776252138 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22761-1b41b4fa0a77ae925dd0f1666045e71e">Magali Lafourcade, magistrate, secrétaire générale de la CNCDH, autrice de <em>La Justice en procès. Les populistes à l’assaut de l’Etat de droit</em> (Les Petits matins, janvier 2026)
Fleurine Pospiech
</figcaption></figure></div><p>Ceci étant, il y a dans l’exposé des motifs de la proposition de loi un grand nombre de choses contraires au cadre constitutionnel, au cadre républicain. Il est très dérangeant de voir écrit, dans une proposition de loi soutenue par le gouvernement, <em>« la communauté juive »</em>. Notre article 1<sup class="typo_exposants">er</sup> de la Constitution affirme que tous les citoyens sont égaux devant la loi <em>« sans distinction d’origine, de race ou de religion »</em>.</p><p>Cette conception universaliste est fondamentale. Historiquement et constitutionnellement, c’était une manière pour la France de rompre définitivement avec la période de Vichy, en affirmant qu’il n’y a qu’une seule communauté nationale : la communauté française. Et qu’il n’y aura plus jamais à définir ce qu’est un Juif, ou si être juif relève d’une religion, d’une race ou d’une origine, comme l’avaient fait les lois de Vichy.</p><p>Ce principe de rejet de tout référentiel ethnoracial est consacré dans la Constitution de 1946, puis dans la Constitution de 1958 avec quasiment les mêmes termes. Parler de <em>« la communauté juive »</em> en première page d’un texte de loi de la République française, est donc très préoccupant. L’exposé des motifs renforce cette impression de rupture avec l’universalisme au fondement du pacte républicain, en prenant le risque de nourrir un amalgame entre les Juifs de France et la politique menée par le gouvernement d’Israël.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Où se situe précisément dans le texte cet amalgame et pourquoi estimez-vous qu’il renforce, à l’inverse de l’objectif affiché, les préjugés antisémites ?</strong></p><p>La définition de l’antisémitisme à laquelle le texte de loi se réfère est celle de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA), laquelle précise que l’antisémitisme <em>« peut se manifester par des attaques à l’encontre de l’État d’Israël lorsque celui-ci est perçu comme une collectivité juive »</em>. Le texte de loi estime qu’il faut dépasser le caractère non contraignant de cette définition, et l’exposé des motifs affirme que <em>« cette haine de l’État d’Israël est consubstantielle à la haine des Juifs »</em>. Ce texte nourrit l’idée d’une solidarité entre les Juifs de France et la politique menée par le gouvernement actuel d’Israël. Cela nuit à la lutte même contre l’antisémitisme.</p><p>Il y a en effet trois grands préjugés qui structurent l’antisémitisme depuis longtemps : l’idée que les Juifs auraient un rapport particulier à l’argent ; l’idée que les Juifs auraient un rapport particulier au pouvoir (« lobby juif », « complot mondial », etc.) ; et, enfin, l’idée que les Juifs formeraient un groupe à part, dont la réalité du patriotisme est à questionner.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Ce texte nourrit l’idée d’une solidarité entre les Juifs de France et la politique menée par le gouvernement actuel d’Israël »</p>
</aside><p>C’est cela, le préjugé de la double allégeance. À l’époque de l’affaire Dreyfus, il y avait déjà cette idée que les Juifs sont des apatrides, qu’ils ne sont pas des Français comme les autres, et potentiellement des traîtres à la patrie.</p><p>La CNCDH, en sa qualité de rapporteur national indépendant sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, a constaté que le préjugé antisémite de la double allégeance est celui qui, dans le contexte post-7 octobre 2023, a le plus progressé. Au lieu de nourrir cet amalgame, le législateur et le gouvernement devraient rappeler que les Juifs de France ne sont en rien comptables ou responsables de la politique menée par Benjamin Netanyahou.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-librairie-violette-and-co-perquisitionnee-a-paris-une-derive-autoritaire">La librairie Violette and Co perquisitionnée à Paris : « Une dérive autoritaire inédite »</a></aside><p><strong>N’était-il pas tout de même nécessaire de se doter de nouveaux outils législatifs pour faire face à la montée des violences antisémites ?</strong></p><p>Cette loi n’apporte rien sur le plan judiciaire de la lutte contre l’antisémitisme et risque de nourrir les amalgames. Je connais bien la jurisprudence, car c’est moi qui forme les magistrats sur la lutte contre la haine. Les magistrats ont bien compris qu’il est de plus en plus fréquent que la critique de la politique de l’État d’Israël soit un prétexte pour porter un discours ou des actes qui relèvent de l’antisémitisme. Ils savent débusquer, en analysant le propos ou l’acte dans son contexte, le fait que, derrière la critique antisioniste, il peut s’agir d’antisémitisme. Les exemples de condamnations sont nombreux.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Il faudrait pouvoir afficher la décision de condamnation pour injure raciste ou provocation à la haine sur les sites des entrepreneurs de la haine, ou leurs réseaux sociaux »</p>
</aside><p>Face à l’explosion des propos et des actes antisémites, il y aurait bien d’autres choses à faire sur le plan judiciaire. D’abord, le Pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris est archi sous-dimensionné. Pour lutter contre un phénomène infractionnel, c’est moins la sévérité de la peine qui est efficace pour dissuader, que la certitude d’être pris. Il faut donc lutter contre le sentiment d’impunité en augmentant massivement le taux de réponse pénale aux discours et actes de haine. S’agissant de la haine en ligne, le bannissement numérique prévu par le Code pénal est techniquement compliqué à mettre en œuvre par les tribunaux. Les responsables politiques devraient s’employer à lever ces contraintes.</p><p>De la même manière, il faudrait pouvoir afficher la décision de condamnation pour injure raciste ou provocation à la haine sur les sites internet des entrepreneurs de la haine, ou les comptes des réseaux sociaux des auteurs de discours de haine.</p><p><strong>Le texte créé la notion de provocation « même implicitement » à des actes de terrorisme, dans son article premier. Il sanctionne également les propos publics présentant des actes de terrorisme comme une « légitime résistance ». Qu’est-ce que ces notions élargies changent, au juste, pour les juges ?</strong></p><p>Il risque d’y avoir des effets de bord que les gens n’ont pas forcément repérés, mais que les experts des Nations unies, la CNCDH, la Ligue des droits de l’homme, la FIDH <em>[Fédération internationale pour les droits humains, ndlr]</em> et tout un tas d’organisations ont très bien vu… C’est le fait que cette loi pourrait, si elle était votée, se retourner contre les mouvements associatifs et plus particulièrement écologistes.</p><p>Imaginons <a href="https://basta.media/70-heures-garde-a-vue-action-Lafarge-On-m-a-demande-pourquoi-je-possedais-livre-de-recettes-vegan-temoignage">une action de désobéissance civile dans une cimenterie</a>, avec la destruction de sacs de ciment, et que le ministre l’Intérieur qualifie cette action <em>« d’écoterroriste »</em>, que les services antiterroristes interpellent les activistes et qu’une enquête soit ouverte pour « terrorisme ».</p><p>La notion de « terrorisme » reste floue et la proposition de loi Yadan ne prévoit pas d’attendre qu’une condamnation pour « terrorisme » soit prononcée pour que puisse être poursuivie ou condamnée pour apologie du terrorisme, toute personne, chercheur, universitaire, militant du climat, avocat, journaliste, qui viendrait contextualiser cette action de désobéissance civile. Avec cette proposition de loi, ces personnes pourraient être condamnées pour avoir minoré, relativisé ou présenté ces actions comme relevant d’une <em>« légitime résistance »</em>.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Cette loi pourrait se retourner contre les mouvements associatifs et plus particulièrement écologistes »</p>
</aside><p>Le danger de ce texte se situe vraiment dans son atteinte disproportionnée aux libertés publiques : la liberté d’expression, la liberté d’association, la liberté de manifestation. La liberté académique aussi, car cela concerne aussi tous les chercheurs et universitaires qui vont travailler sur certains mouvements sociaux ayant des formes un peu radicales d’expression. La liberté de la presse également, comme l’a relevé <a href="https://rsf.org/fr/france-la-proposition-de-loi-yadan-fait-peser-un-risque-sur-l-exercice-du-journalisme" class="spip_out" rel="external">Reporters sans frontières</a>.</p><p>Nous avons l’habitude de ces effets de bord des lois de répression. Souvenons-nous de la <a href="https://basta.media/Loi-separatisme-principes-republicains-libertes-fondamentales-associations-religions-cultes">loi « confortant le respect des principes de la République »</a>, dite aussi loi contre le « séparatisme », qui imposait aux associations de souscrire au Contrat d’engagement républicain. L’objectif affiché était de lutter contre l’islamisme. En pratique, cette mesure a été largement détournée de cet objet pour entraver l’action d’associations écologistes ou leur retirer leurs subventions.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Loi-separatisme-principes-republicains-libertes-fondamentales-associations-religions-cultes">La loi « séparatisme » concernera l’ensemble du monde associatif et tous les cultes</a></aside><p><strong>L’ancien juge antiterroriste Marc Trévidic, dans un entretien avec <a href="https://www.humanite.fr/monde/antisemitisme/loi-yadan-la-provocation-implicite-au-terrorisme-ca-va-etre-de-larbitraire-avec-marc-trevidic" class="spip_out" rel="external">« L’Humanité »</a>, rappelle qu’il existe déjà une « pratique extensive du délit d’apologie du terrorisme » avec un « régime un peu à part du droit commun » et que la proposition de loi Yadan viendrait, en quelque sorte « creuser ce fossé ». Si ces largesses existent déjà dans la pratique, la proposition de loi Yadan constitue-t-elle vraiment un tournant dans la criminalisation du mouvement écologiste et social ?</strong></p><p>Il y a déjà une analyse très extensive qui est faite aujourd’hui du délit d’apologie du terrorisme, en effet. Mais je pense que, là, nous changeons vraiment de paradigme. Il y a une double rupture : c’est un texte de loi qui va nuire à de grandes libertés fondamentales, et risque de surcroît de nourrir le préjugé antisémite de la double allégeance.</p><p>Prenant conscience de ces dangers, des députés attachés à notre cadre constitutionnel républicain ont annoncé qu’ils ne voteraient pas le texte, certains ont même retiré leur soutien à la proposition de loi. Il est probable que, si ce texte est adopté, ce soit grâce aux voix du Rassemblement national.</p><p>Trois rapporteurs spéciaux des Nations unies ont également détaillé, sur onze pages, les nombreuses atteintes que ce texte de loi peut porter au Pacte international sur les droits civils et politiques, que la France a ratifié et qui est juridiquement contraignant.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Il est probable que, si ce texte est adopté, ce soit grâce aux voix du Rassemblement national »</p>
</aside><p>Le vocabulaire utilisé est très fort : ces rapporteurs spéciaux affirment être <em>« alarmés »</em> – un mot rare dans le langage diplomatique – par l’élargissement de l’infraction de provocation au terrorisme, qui <em>« aggrave le caractère vague de la loi avec le risque d’interprétation discrétionnaire et de l’application arbitraire »</em>.</p><p><strong>Quelles sont donc les alternatives qu’il faudrait privilégier pour renforcer la lutte contre le racisme et les discriminations ?</strong></p><p>Élisabeth Borne, alors Première ministre, avait présenté en 2023 un Plan national d’action de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine, avec une dizaine de ministres pour un portage politique fort. La CNCDH en est l’évaluateur. Or, notre bilan est très sévère. Les ministères ont très insuffisamment exécuté ce Plan.</p><p>Ce désengagement du gouvernement est d’autant plus préoccupant que, depuis le 7 octobre 2023, les actes racistes, et singulièrement antisémites, explosent. La CNCDH a relevé que, malgré ce contexte très préoccupant, certains ministères, comme le ministère de l’Intérieur, ont purement et simplement décidé d’abandonner des mesures du Plan. Cela pose un problème démocratique dès lors que ce Plan avait été co-construit avec la société civile.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/le-plan-du-gouvernement-contre-la-haine-anti-lgbt-est-extremement-decevant">Le plan du gouvernement contre la haine anti-LGBT+ est « extrêmement décevant », déplore la CNCDH</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/7ab0ffa1ba1d8c5aeb091663d05cdc-548f3.jpg?1776251567" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une personne marchant sur les couleurs LGBTQI+ peintes au sol" /></aside><p>Dans ce contexte de désengagement politique dans la lutte contre toutes les formes de racisme, cette proposition de loi Yadan pourrait être perçue comme une manière gratuite de dire « on fait quelque chose ». Le tout, au détriment de nos libertés publiques, et au risque de nourrir le préjugé antisémite de la double allégeance. Pour vraiment lutter contre l’antisémitisme, nos responsables politiques pourraient s’attacher à mettre en œuvre les mesures du plan national d’action.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Loi-Yadan-tout-comprendre-a-la-controverse-atteintes-aux-libertes-antisemitisme-magali-Lafourcade-CNCDH</link>
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      <pubDate>Wed, 15 Apr 2026 13:14:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Santé mentale en prison : « Le sécuritaire prime sur la place du soin »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>David Sechter est psychiatre, Laura Tabet psychologue. Tous deux travaillent pour le service médico-psychologique régional de Nantes. Ils dépendent de l’hôpital public de la ville mais exercent leurs missions dans un lieu bien particulier, éloigné des regards : le centre pénitentiaire de Nantes.</p><p>Le premier au sein de la maison d’arrêt, laquelle est au bord de l’implosion, avec 200 % d’occupation, soit quelque 1007 détenus au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2026 pour… 508 places. La seconde assure ses consultations au sein du centre de détention, où sont incarcérés les détenus condamnés à une peine supérieure à deux ans, ainsi que dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs. Tous les deux, comme l’ensemble des soignants du service médico-psychologique régional, affrontent quasi quotidiennement une vague de souffrance psychique et de dégradation de la santé mentale qui submerge les prisons françaises.</p><p>Les soignants, médecins ou infirmiers et infirmières, animent dans les prisons des groupes thérapeutiques, y assurent des rendez-vous avec psychologues ou psychiatres, ou dans le cadre de soins et de prévention en addictologie. La tâche est d’ampleur. Dans l’environnement clos du milieu carcéral, rixes, crises clastiques (où le patient devient violent) ou suicidaires, consommation de stupéfiants et décompensations sont monnaie courante.</p><div class="spip_document_22702 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="163" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3494523624 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776144468 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776143089 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1775810874 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776150643 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776143611 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776146088 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776150643 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776145978 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776147089 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776144072 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776144972 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776144442 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776143336 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1776144280 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg@.webp?1774951298 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1774951604" width="960" height="640" alt="Vue du centre pénitentiaire de Nantes avec son mirador et ses murs en béton." aria-describedby="by22702-be944dca3a0e925728d22e16ec3436ba" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776143446 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1776144165 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_026.jpg?1774951604 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22702-be944dca3a0e925728d22e16ec3436ba">La maison d’arrêt de Nantes est au bord de l’implosion, avec 200 % d’occupation, soit quelque 1007 détenus au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2026 pour… 508 places.
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p><em>« Le contexte anxiogène lié à la prison peut favoriser les décompensations, là où la personne aurait peut-être continué à être stable à l’extérieur</em>, explique le psychiatre David Sechter. <em>On peut aussi avoir du mal à délivrer un traitement car le patient craint d’être trop sédaté, là il a besoin de "rester sur ses gardes". »</em> Tant bien que mal, dans un contexte où les personnes sont d’une grande vulnérabilité, lui et ses collègues tentent de faire du soin une expérience positive.</p><h2 class="spip" id="Des-troubles-jusqu-a-dix-fois-superieurs-en-prison">Des troubles jusqu’à dix fois supérieurs en prison</h2><p>Les patients nécessitant un accompagnement psy, et qui le souhaitent, sont reçus en consultation de trente minutes environ par le psychiatre dans son bureau, à raison d’une douzaine de personnes par jour. Troubles de la personnalité, maladies psychiatriques, troubles anxiodépressifs, addictions… Certains étaient déjà suivis avant et sont au fait de leur pathologie. <em>« Mais pour d’autres, on découvre parfois un trouble non traité, ou bien des personnes qui se sont automédicamentées »</em>, précise le psychiatre.</p><p>Les soignants observent que l’immense majorité des détenus souffrent d’un ou plusieurs antécédents d’addictions. Quant aux troubles psychiatriques, ils sont quatre à dix fois supérieurs en prison que dans la population générale. Le nombre de détenus ayant été exposés, pendant l’enfance, à au moins un traumatisme (négligence ou abus) est énorme, selon l’étude « <a href="https://sante.gouv.fr/actualites-presse/presse/communiques-de-presse/article/sante-mentale-en-population-carcerale-resultats-de-l-etude-nationale-et" class="spip_out" rel="external">Santé mentale en population carcérale</a> », publiée en février 2023. C’est le cas pour 98 % des hommes participants à l’étude et 99 % des femmes.</p><div class="spip_document_22703 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="271" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1794168838 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776144568 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776143122 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1775810875 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776148504 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776143812 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776144721 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776144034 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776150352 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776149385 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776147191 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776143760 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776146353 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776159657 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1776144412 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg@.webp?1774951301 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1774951604" width="960" height="640" alt="L'entrée du quartier maison d'arrêt du centre pénitentiaire de Nantes" aria-describedby="by22703-b4d6681616382b376cd5c4d2901140b3" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776143455 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1776146154 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_030.jpg?1774951604 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22703-b4d6681616382b376cd5c4d2901140b3">Les troubles psychiatriques sont quatre à dix fois supérieurs en prison que dans la population générale. Quasiment tous les détenus ont été exposés, pendant l’enfance, à au moins un traumatisme (négligence ou abus) : 98 % des hommes et 99 % des femmes.
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p>Cette surprésence des psychotraumas nécessite un accompagnement de qualité, aussi dans la perspective de la sortie de prison, de la réinsertion, de la protection des personnes elles-mêmes et de la sécurité d’autrui. La même étude révèle qu’un tiers des hommes détenus et près de six femmes sur dix <em>« sont considérés comme modérément à gravement malades »</em> en matière psychique lors de leur libération, avec notamment un risque suicidaire important.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="La-surpopulation-engendre-trafics-et-violences">La surpopulation engendre trafics et violences</h2><p>Mais aujourd’hui, les psychiatres, psychologues, infirmiers et infirmières du service médico-psychologique régional n’arrivent plus à suivre. D’autant que les services publics de santé « à l’extérieur », à commencer par l’hôpital public et ses services de psychiatrie, sont eux aussi exsangues. Le suivi des patients-détenus se révèle de plus en plus compliqué. <em>« La surpopulation engendre trafics et violences. Or, cette violence du milieu peut aussi favoriser les troubles psychiatriques</em>, note David Sechter. <em>Sans compter le parcours chaotique des personnes et l’omniprésence de psychotraumas. C’est pourtant ces derniers qu’il faut absolument traiter. »</em></p><div class="spip_document_22704 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="278" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c600454758 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776144134 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776143159 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1775810879 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776176096 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776148921 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776146535 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776160947 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776145130 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776152967 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776170124 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776147805 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776189079 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776143949 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1776171206 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg@.webp?1774951539 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1774951604" width="960" height="1440" alt="Portrait de David Sechter" aria-describedby="by22704-35f6cf3bccc855ed4ba50aa1ec83cdeb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776143468 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1776143794 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_012.jpg?1774951604 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22704-35f6cf3bccc855ed4ba50aa1ec83cdeb"><em>« La surpopulation engendre trafics et violences. Or, cette violence du milieu peut aussi favoriser les troubles psychiatriques</em>, note le psychiatre David Sechter. <em>Sans compter le parcours chaotique des personnes et l’omniprésence de psychotraumas. »</em>
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p>Dans le contexte de surpopulation, <em>« le fait d’avoir deux fois plus de patients espace évidemment les rendez-vous de suivi. À quel moment ne devient-on pas maltraitants nous-mêmes ? »</em> s’interroge David Sechter. Quant aux groupes thérapeutiques, l’équipe de la maison d’arrêt de Nantes n’a plus le temps de les mettre en place.</p><p>On compte en France, au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2026, 86 229 détenus pour 63 613 places de prison : <a href="https://www.humanite.fr/societe/droits-des-prisonniers/surpopulation-carcerale-darmanin-veut-plus-de-places-de-prison-pour-enfermer-toujours-plus" class="spip_out" rel="external">une surpopulation record</a>, particulièrement alarmante dans les maisons d’arrêt (plus de 160 %) avec plus de deux détenus dans une cellule d’une place. Celle de Nantes peut parfois compter trois ou quatre détenus dans un même espace.</p><p>Cet établissement dispose d’un hôpital de jour permettant d’accueillir une vingtaine de patients dans une unité d’hébergement spécifique de la maison d’arrêt, pour une prise en charge soignante du lundi au vendredi. Les patients qui y sont suivis font face à une souffrance psychique aiguë, le but étant de permettre la stabilisation de la personne avant sa sortie. Ils restent en moyenne un mois et demi dans cet hébergement spécifique, plus sécurisant pour eux.</p><p>La surpopulation en maison d’arrêt et la prévalence des troubles psychiques massifs rejaillissent sur le centre de détention, pour les détenus avec des peines de plus de deux ans, où travaille la psychologue Laura Tabet. Le centre de détention était jusqu’alors relativement épargné par la surpopulation, contrairement aux maisons d’arrêt. Le temps long de la peine, la plus grande liberté de mouvement à l’intérieur, l’emploi du temps rythmé, y permettaient jusqu’ici un suivi individualisé assez solide.</p><p>C’en est terminé. <em>« Aujourd’hui, le turn-over des détenus commence ici aussi à nous poser problème. Avant, au centre de détention, il restait aux détenus au minimum trois années de peine à purger. Mais la surpopulation et le turn-over en maison d’arrêt sont tels que certains arrivent ici pour six mois</em>, explique Laura Tabet. <em>En prison, plus tu crées de turn-over, plus tu crées de la panique. Ce qui engendre davantage de consignes sécuritaires, et vient aggraver un environnement déjà anxiogène. Cela dégrade considérablement la santé mentale des personnes. »</em></p><p>Le centre compte 480 détenus. Normalement, entre ceux qui sortent après avoir purgé leur peine, et ceux qui y arrivent à la suite de leur condamnation, le renouvellement est d’un tiers par an. Désormais, la proportion de « nouveaux » atteint les deux tiers, témoigne la psychologue. Cette tentative de « désencombrement » de la maison d’arrêt a des conséquences sur le travail des soignants et la qualité des soins. <em>« Des cellules solo ont été doublées. Les courtes peines sont inadaptées à la vie d’un centre de détention, ce qui crée davantage d’incidents, de bagarres, et donc plus de mesures sécuritaires »</em>, observe la psychologue.</p><p><em>« Normalement, le centre de détention est une sorte de village où les gens circulent, <a href="https://basta.media/travail-en-prison-reinsertion-ou-exploitation">vont à l’atelier pour travailler</a>, en promenade. Mais l’ambiance dégradée a davantage sectorisé et rigidifié les règles. Pour les longues peines, c’est très dur. Leurs besoins fondamentaux d’espace, de relative liberté, pour pouvoir tenir sur la durée, sont mis à mal. C’est un drame pour eux. Ils sont de plus en plus mal »</em>, énumère-t-elle. Signe d’une ambiance qui se tend, depuis le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mars, les surveillants du centre de détention nantais sont équipés de bombes lacrymogènes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/travail-en-prison-paye-la-moitie-du-smic-sur-un-siege-ejectable">Travail en prison : payé la moitié du Smic, sur un « siège éjectable »</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Des-sorties-sans-aucune-solution">« Des sorties sans aucune solution »</h2><p>Là encore, les projets de réinsertion et l’accompagnement vers la sortie en pâtissent. <em>« On n’a plus le temps de penser le soin, ni la réinsertion d’ailleurs. Les projets de sortie ne peuvent pas suivre. Notre équipe n’est pas pensée pour ce temps court, et on se retrouve avec des sorties sans aucune solution »</em>, déplore Laura Tabet.</p><div class="spip_document_22705 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="260" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c381949553 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776144714 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776143242 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1775810884 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776152983 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776145567 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776153410 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776148981 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776144695 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776146942 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776147082 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776161847 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776150463 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776144993 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1776153844 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg@.webp?1774951721 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776142826" width="960" height="1440" alt="Portrait de Laura Tabet" aria-describedby="by22705-9e8f14a1f71605709aa110966db5c5c1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776143468 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776151154 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_017.jpg?1776142826 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22705-9e8f14a1f71605709aa110966db5c5c1">« Des cellules solo ont été doublées. Les courtes peines sont inadaptées à la vie d’un centre de détention, ce qui crée davantage d’incidents, de bagarres, et donc plus de mesures sécuritaires », observe la psychologue Laura Tabet.
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p>Les activités dont pouvaient bénéficier les détenus se réduisent comme peau de chagrin. <em>« Avant, il y avait beaucoup d’ateliers d’artistes, de concerts à l’intérieur de la prison. On avait aussi un marathon, un tournoi de pétanque, de foot. Cela tend à disparaître, il n’y a plus de souplesse, de créativité. Tout ça est pourtant nécessaire à la réinsertion. Il ne faut pas oublier que ce qui répare le mieux, c’est le lien ! »</em></p><p>Les sorties collectives ont été réduites, voire ont quasiment disparu, sur décision du ministère de l’Intérieur. Ces activités, avec l’accès aux parloirs, sont pourtant considérées <em>« comme facteur de protection de la santé mentale »</em>, rappelait l’étude « Santé mentale en population carcérale », qui relevait qu’un tiers des détenus hommes et plus de la moitié des femmes n’avaient pas accès, par exemple, aux activités sportives.</p><p>En tant que soignants en milieu carcéral, Laura Tabet et David Sechter, comme nombre de leurs collègues, sont là par choix, non par défaut. Ce qui ne les empêche pas de se demander : comment composer avec un milieu qui entasse sans considération, au mépris de la santé mentale des personnes ? Comment mettre en place un soin de qualité à effectif constant malgré des conditions de vie indignes et une surpopulation démentielle, qui sont autant de constats <a href="https://oip.org/communique/conditions-indignes-de-detention-la-france-de-nouveau-condamnee-par-la-cour-europeenne-des-droits-de-lhomme/" class="spip_out" rel="external">condamnés à de nombreuses reprises par la Cour européenne des droits humains (CEDH)</a> ?</p><p>David Sechter est également membre de l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, qui bataille pour défendre la qualité des espaces de soin en prison. <em>« Il y a aussi un manque d’effectifs côté personnel pénitentiaire, un manque de moyens humains important, du personnel qui bouge beaucoup et donc ne connaît pas les détenus, et inversement, ce qui crée trop d’arbitraire</em>, dit-il. <em>On nous demande d’intervenir sur cette violence, mais elle est iatrogène, propre au système, et nous, soignants, on n’est pas là pour soigner le système, mais des gens. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-sortie-de-prison-est-un-impense-des-politiques-penales-et-penitentiaires">« La sortie de prison est un impensé des politiques pénales et pénitentiaires »</a></aside><p>Ce cercle vicieux – surpopulation, violences, mesures sécuritaires, dégradation des conditions de détention, aggravation des problématiques de santé mentale – ne semble pas préoccuper les politiques, qui continuent de prôner la mise en détention comme seule solution, sans trop s’intéresser au sujet, pourtant crucial, de la réinsertion une fois la peine effectuée. En témoigne le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui a évoqué en janvier 2026 <a href="https://www.humanite.fr/societe/prison/projet-de-prisons-hopitaux-on-ne-peut-pas-demander-aux-medecins-detre-les-complices-de-la-derive-securitaire-du-gouvernement" class="spip_out" rel="external">un projet de « prisons hôpitaux »</a>, qui, pour l’Association des secteurs de psychiatrie en milieu pénitentiaire, serait <em>« une nouvelle attaque au modèle intégratif français de soin aux personnes détenues défini par la réforme de 1994 »</em>.</p><div class="spip_document_22706 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="286" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1291524124 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776144801 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776143335 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1775810886 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776150513 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776151197 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776151703 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776148483 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776150515 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776147857 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776143614 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776144813 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776151335 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776145366 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1776147830 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg@.webp?1774952122 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776143152" width="960" height="640" alt="Mur d'enceinte du centre pénitentiaire" aria-describedby="by22706-f3e1d671354a9a2e553358c11c3acdda" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776143468 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776152039 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hl_mrolland_sante_mentale_prison_036.jpg?1776143152 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22706-f3e1d671354a9a2e553358c11c3acdda">Ce cercle vicieux – surpopulation, violences, mesures sécuritaires, dégradation des conditions de détention, aggravation des problématiques de santé mentale – ne semble pas préoccuper les politiques, qui continuent de prôner la mise en détention comme seule solution.
© Maylis Rolland
</figcaption></figure></div><p><em>« Aujourd’hui, le sécuritaire prime sur le programme de soin</em>, dénonce David Sechter. <em>La direction pénitentiaire en vient même à nous imposer parfois certains détenus pour l’hôpital de jour, alors même qu’ils vont venir perturber les autres, qui sont déjà en grande souffrance. On voit parfois des détenus qui ont encore les menottes aux poignets. Ce n’est pas ça faire du soin de qualité. Le soin c’est à nous, soignants, de définir ce que c’est et comment on le fait ! »</em></p><p>Pour autant, si les soignants de Nantes souhaiteraient réussir à débloquer quelques nouveaux postes pour les épauler, ils ne veulent pas en faire une priorité, au risque de normaliser une situation scandaleuse. <em>« Le soin et les personnes à soigner sont mieux à l’extérieur »</em>, rappelle David Sechter. <em>« C’est le principe même d’incarcérer de plus en plus qu’il faut traiter</em>, analyse de son côté la psychologue Laura Tabet. <em>Aujourd’hui c’est un pansement, mais il faut venir questionner les réponses sociétales et politiques qui sont uniquement répressives. Il faut se reposer la question : quelle est la fonction de l’incarcération ? La question de l’accompagnement doit se faire avant. C’est ça qui fait le lit du passage à l’acte. »</em></p><p>La situation actuelle des centres pénitentiaires français, que la CEDH qualifie d’<em>« inhumaine et dégradante »</em>, devrait poser la question de l’attention accordée à la santé mentale des détenus et, plus largement, de l’intérêt de la détention tout court. Là se trouve sans doute le véritable débat de société à avoir.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/sante-mentale-en-prison-le-securitaire-prime-sur-la-place-du-soin</link>
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      <pubDate>Tue, 14 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Prix de l'essence : la colère monte dans les entreprises]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La CGT-Aides à domicile a sorti la calculette : <em>« En 2021, le prix moyen à la pompe était de 1,50 euro. Aujourd’hui il est de 2,10 euros, soit 40 % d’augmentation. »</em> Sur la même période, l’indemnité kilométrique touchée par ces salariées – <a href="https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-06/ER1341-Embargo%20%285%29.pdf" class="spip_out" rel="external">93 % sont des femmes</a> – est passée de 35 centimes à 38 centimes. Soit une revalorisation de seulement 8,5 %, actée dans la convention collective.</p><p><em>« Il va bientôt falloir payer pour travailler »</em>, soupire Jeanne, aide à domicile dans les Pyrénées-Orientales, qui souhaite rester anonyme car sa situation professionnelle est <em>« assez tendue »</em>. Elle est salariée de l’association Aide à domicile en milieu rural (ADMR), une structure qui emploie 400 à 450 salariées dans son département et plus de 94 000 en France. Chaque jour, elle accompagne les personnes âgées, ou en situation de handicap, fait les courses, aide à l’habillage, à la toilette et parcourt 100 à 120 kilomètres. <em>« Soit environ un plein par semaine. »</em> Avec la hausse des prix du carburant, <em>« c’est devenu intenable »</em>, estime-t-elle.</p><p>Depuis le début des attaques états-uniennes et israéliennes contre l’Iran, les frappes en réponse, par l’Iran, d’installations énergétiques dans des pays du Golfe et le blocage par l’Iran du détroit d’Ormuz, par lequel transite 20 % du pétrole mondial, les prix du carburant ont explosé. Sur le terrain, les aides à domiciles <a href="https://www.change.org/p/hausse-du-carburant-nous-refusons-de-payer-pour-travailler" class="spip_out" rel="external">poussent un cri d’alarme</a>.</p><p>Il n’est qu’en partie entendu. L’association ADMR est très dépendante des subventions du Département, elles-mêmes conditionnées par celles de l’État. En mars, les aides à domicile de cette structure ont obtenu, dans plusieurs département, comme l’Hérault, la Seine-Maritime, la Haute-Saône ou le Doubs, une hausse de quelques centimes de leur indemnité kilométrique. <em>« Dans les Pyrénées-Orientales, nous avons un rendez-vous avec le Département mi-avril. Nous en attendons beaucoup »</em>, poursuit Jeanne.</p><p>Les aides à domicile ne sont pas les seules à être particulièrement exposées à la hausse des prix du carburant. Les infirmières libérales, les moniteurs d’auto-école ou encore les chauffeurs de taxi réclament aussi une aide de la puissance publique.</p><p>Mais le gouvernement rechigne à agir, rappelant un contexte budgétaire serré. Le 27 mars, le ministre de l’Économie et des Finances, Roland Lescure, <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/carburants-pres-de-70-millions-d-euros-d-aides-pour-les-transporteurs-routiers-les-pecheurs-et-les-agriculteurs-3670318" class="spip_out" rel="external">a seulement débloqué 70 millions</a> d’euros pour avril. La somme est destinée aux marins-pêcheurs, aux agriculteurs et aux chauffeurs routiers.</p><p>Le 7 avril, la ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a laissé entendre que des aides seraient bientôt à l’ordre du jour pour d’autres professions, notamment les aides-soignantes et les aides à domicile. Mais rien pour l’ensemble des consommateurs. La ministre a rejeté tout blocage des prix.</p><h2 class="spip" id="Des-solutions-possibles-du-cote-des-patrons">Des solutions possibles du côté des patrons</h2><p>L’État et les distributeurs de carburant sont les seuls en mesure de bloquer les prix à la pompe. TotalEnergies a d’ailleurs tenté un <a href="https://www.bfmtv.com/economie/entreprises/energie/le-gazole-bloque-a-2-25-euro-le-litre-l-essence-a-1-99-euro-totalenergies-reconduit-des-ristournes-sur-les-prix-a-la-pompe-jusqu-a-fin-avril_AV-202604070512.html" class="spip_out" rel="external">coup commercial</a> en plafonnant, dans ses stations, les prix à 1,99 euro le litre pour l’essence et 2,25 euros pour le gazole jusqu’à fin avril.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Mais les employeurs ne sont pas non plus dépourvus de moyens d’action. Dans divers secteurs, des salariés insistent pour qu’ils actionnent les leviers en leur possession. Cela peut passer par l’augmentation de l’indemnité d’éloignement, qui concerne les salariés qui habitent loin de leur domicile, des augmentations de salaire ou encore la mise en place du télétravail.</p><p>Chez <a href="https://www.cfdt-asf.com/flambee-des-carburants-la-cfdt-interpelle-la-drh-et-demande-des-mesures-concretes/" class="spip_out" rel="external">Vinci autoroutes</a>, la CFDT demande une réévaluation des primes d’éloignement et le développement du télétravail. Même demande chez Michelin. <em>« Cette situation est d’autant plus préoccupante que certaines catégories n’ont bénéficié d’aucune augmentation salariale cette année »</em>, appuie, dans une lettre à la direction de Michelin, Nicolas Robert, délégué syndical central de Sud.</p><p>Aux Finances publiques, Solidaires, syndicat majoritaire, ironise sur l’attitude de la direction, qui refuse toute mesure pour pallier l’augmentation du prix du carburant. <em>« [Nos interlocuteurs], que nous découvrons […] spécialistes de la situation internationale, indiquent même à nos représentantes et représentants que la situation ne va pas durer... et donc ne considèrent pas cela comme un problème »</em>, écrit le syndicat dans <a href="https://solidairesfinancespubliques.org/vie-des-agents/carriere/remuneration/7344-hausse-du-prix-du-carburant-sans-directive-nationale-les-inegalites-entre-agents-saccentuent-a-la-dgfip.html" class="spip_out" rel="external">un communiqué</a> du 7 avril. Solidaires Finances publiques revendique la mise en place exceptionnelle du télétravail sur tout le territoire ainsi que la réouverture des négociations salariales.</p><p>Si la contestation se limite souvent à des courriers et des communiqués, de premiers rassemblements interprofessionnels voient aussi le jour. Dans le Loiret, la CGT a organisé cinq rassemblements le 8 avril. À Dijon, Solidaires appelle à manifester devant la préfecture le 14 avril.</p><h2 class="spip" id="Benefices-des-groupes-petroliers">Bénéfices des groupes pétroliers</h2><p>Les demandes qui ont émergé dans les entreprises ont conduit les confédérations syndicales à poser des revendications nationales face à la hausse du carburant. Pour la CGT et Solidaires, un triptyque est répété : blocage des prix, augmentation générale des salaires, taxation des superprofits. En vain, pour l’heure.</p><p>La stratégie est différente du côté de la CFDT, qui demande <a href="https://www.cfdt.fr/upload/media-library/2026/04/08/f99ba5ed-ad40-4ac0-a76e-11333d9b9f01.pdf" class="spip_out" rel="external">que les aides ciblent</a> <em>« celles et ceux qui n’ont pas d’autres alternatives que de prendre leur véhicule personnel pour se rendre au travail »</em>. Des demandes plus conformes aux volontés du gouvernement.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Engrais-GNR-La-guerre-au-Moyen-Orient-rappelle-la-fragilite-du-modele-agricole-dominant">La guerre au Moyen-Orient rappelle la fragilité du modèle agricole dominant</a></aside><p>Enfin, la CGT et Solidaires pointent la responsabilité des grands groupes pétroliers, qui réalisent des profits colossaux depuis le début de la guerre. <a href="https://www.greenpeace.fr/espace-presse/rapport-depuis-le-debut-du-conflit-en-iran-les-compagnies-petrolieres-engrangent-814-millions-deuros-de-profits-de-guerre-par-jour-dans-lunion-europeenne/" class="spip_out" rel="external">Une étude</a> publiée par l’ONG Greenpeace conclut que <em>« les compagnies pétrolières réalisent plus de 80 millions d’euros de profits supplémentaires par jour depuis le début de la guerre »</em>.</p><p>Pour le seul mois de mars, ces superprofits représentent environ 2,5 milliards d’euros. TotalEnergies aurait particulièrement profité de cette situation. <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/des-mouvements-exceptionnellement-eleves-comment-totalenergies-a-profite-du-chaos-petrolier-au-moyen-orient-1582684" class="spip_out" rel="external">Anticipant la fermeture du détroit d’Ormuz</a>, la multinationale française a acheté des barils en masse avant l’explosion des prix. <em>« Un profit exceptionnel d’un milliard de dollars en mars en spéculant sur la guerre et la hausse des prix »</em>, <a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/le-flux/article/signez-la-petition-pour-taxer-les-super-profits-petroliers" class="spip_out" rel="external">dénonce l’association Attac</a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 13 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[En Hongrie, malgré les attaques, les médias indépendants tiennent bon]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pour Reporters sans frontières, les élections législatives hongroises du dimanche 12 avril <a href="https://rsf.org/fr/rsf-en-hongrie-un-mois-avant-une-%C3%A9lection-qui-d%C3%A9terminera-lavenir-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse-en" class="spip_out" rel="external">vont déterminer</a> <em>« l’avenir de la liberté de la presse en Europe et au-delà »</em>. Car au cours des 16 années que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a passé à la tête du pays, la Hongrie a chuté du 23<sup class="typo_exposants">e</sup> au 68<sup class="typo_exposants">e</sup> rang du classement de la liberté de la presse de l’ONG. C’est que, depuis son arrivée au pouvoir, Orbán et son parti le Fidesz n’ont cessé de s’en prendre aux médias et à leur indépendance.</p><p>Juste après les élections de 2010 qui l’ont portée à la tête du pays, <em>« la coalition menée par le Fidesz a profité de sa supermajorité parlementaire des deux tiers pour adopter de nouvelles lois sur les médias qui ont fondamentalement reconfiguré le paysage médiatique hongrois »</em>, soulignent des chercheurs hongrois et états-uniens dans un rapport sur <a href="https://www.law.nyu.edu/rule-law-lab/hungary-media-report" class="spip_out" rel="external">la répression des médias en Hongrie</a>.</p><p>Puis, en 2018, le gouvernement hongrois a créé la Fondation de presse et de médias d’Europe centrale (Kesma). Ce qui a permis de regrouper près de 500 médias pro-gouvernementaux sous un seul toit. Le gouvernement a exempté cette fusion de tout examen en matière de concurrence et de pluralisme des médias en invoquant l’<em>« intérêt stratégique national »</em>.</p><h2 class="spip" id="Une-liste-noire-des-medias">Une liste noire des médias</h2><p>En décembre 2023, le Parlement hongrois a adopté une « loi sur la protection de la souveraineté », qui a institué un bureau gouvernemental doté de larges pouvoirs pour enquêter sur toute personne qui, d’après les autorités, servirait des intérêts étrangers ou menacerait la souveraineté nationale. Cette autorité s’en est aussi prise à des médias.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>En mai 2025, le Parlement hongrois a introduit un autre projet de loi aux formulations vagues, intitulé « Transparence dans la vie publique », qui permettrait au gouvernement de mettre sur liste noire, de priver de financement et de soumettre à un contrôle financier renforcé toute organisation qu’il désignerait comme <em>« une menace pour la souveraineté hongroise »</em>. Bien que le projet n’ait pas été adopté, il continue de constituer un danger pour les médias indépendants, le Premier ministre Viktor Orbán ayant publiquement confirmé l’intention du gouvernement de le promulguer en loi.</p><h2 class="spip" id="Espionnage-de-journalistes">Espionnage de journalistes</h2><p>Aux lois s’ajoute la surveillance des journalistes. En 2021, le média indépendant d’investigation <em>Direkt36</em> a révélé que des journalistes, des avocats, des personnalités de l’opposition et même de hauts fonctionnaires gouvernementaux avaient été <a href="https://www.direkt36.hu/en/tag/pegasus/" class="spip_out" rel="external">ciblés par le logiciel espion Pegasus</a>. Le média a également montré que le gouvernement hongrois avait acheté, via une société intermédiaire liée au ministère de l’Intérieur, ce logiciel de cyberespionnage commercialisé par une entreprise israélienne.</p><p>Depuis dix ans, des campagnes de dénigrement coordonnées sont également organisées contre des médias. Ces campagnes sont <em>« menées par des politiciens du gouvernement, des médias alignés sur l’État et des acteurs affiliés »</em>, pointe le rapport sur la répression des médias en Hongrie. Les médias critiques et les journalistes sont régulièrement qualifiés d’<em>« agents étrangers »</em> ou d’<em>« usines à fausses nouvelles »</em>, et accusés d’agir contre les intérêts nationaux.</p><p>Ces trois dernières années, les dénigrements sont devenus plus systématiques. Le Bureau de protection de la souveraineté, créé par la loi de 2023, a ouvert des enquêtes <a href="https://english.atlatszo.hu/2025/11/12/sovereignty-protection-office-witness-in-court-contradictions-and-false-statements-about-atlatszo/" class="spip_out" rel="external">visant le média indépendant <em>Átlátszó</em></a>, présentant son travail comme une menace pour la souveraineté nationale et exigeant l’accès à des données confidentielles.</p><p>En octobre 2025, le média indépendant <em>Telex</em> et le Centre d’investigation slovaque Ján Kuciak ont révélé que des entités liées au Bureau de protection de la souveraineté avaient financé <a href="https://telex.hu/direkt36/2024/03/01/how-orban-flooded-central-europe-with-millions-of-online-ads-during-election-season" class="spip_out" rel="external">des campagnes publicitaires sur Facebook</a> ciblant des journalistes indépendants et des ONG.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/hongrie-plusieurs-medias-se-sont-prepares-a-partir-si-orban-gagne-elections">Hongrie : « Plusieurs médias se sont préparés à partir si Orbán gagne »</a></aside><h2 class="spip" id="Un-mecanisme-fiscal-pour-financer-des-medias">Un mécanisme fiscal pour financer des médias</h2><p>Malgré tout, des médias indépendants ont réussi à survivre en Hongrie. Parmi les principaux médias indépendants hongrois figurent les déjà cités <em>Telex</em>, <em>Direkt36</em>, <em>Átlátszó</em>, mais aussi <em>24.hu</em>, <em>HVG</em>, <em>444</em>, <em>Partizán</em>, <em>Magyar Hang</em>, <em>Válasz Online</em>, <em>Klubrádió</em>, <em>Magyar Narancs</em>, ainsi que quelques médias locaux en ligne. Ils sont soutenus par des structures de propriété et des modèles de financement innovants. Un élément central de cet écosystème est un mécanisme fiscal hongrois qui permet aux citoyens d’affecter 1 % de leur impôt sur le revenu à des organisations à but non lucratif, y compris des médias.</p><p>Ce mécanisme a fourni aux médias indépendants une source de revenus modeste mais stable, indépendante du gouvernement. La plupart des médias indépendants s’appuient aussi sur des campagnes de dons, des abonnements de lecteurs et des subventions de fondations ou d’organisations internationales.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/en-hongrie-malgre-les-attaques-les-medias-independants-tiennent-bon</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[En Hongrie, malgré les attaques, les médias indépendants tiennent bon]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pour Reporters sans frontières, les élections législatives hongroises du dimanche 12 avril <a href="https://rsf.org/fr/rsf-en-hongrie-un-mois-avant-une-%C3%A9lection-qui-d%C3%A9terminera-lavenir-de-la-libert%C3%A9-de-la-presse-en" class="spip_out" rel="external">vont déterminer</a> <em>« l’avenir de la liberté de la presse en Europe et au-delà »</em>. Car au cours des 16 années que le Premier ministre hongrois Viktor Orbán a passé à la tête du pays, la Hongrie a chuté du 23<sup class="typo_exposants">e</sup> au 68<sup class="typo_exposants">e</sup> rang du classement de la liberté de la presse de l’ONG. C’est que, depuis son arrivée au pouvoir, Orbán et son parti le Fidesz n’ont cessé de s’en prendre aux médias et à leur indépendance.</p><p>Juste après les élections de 2010 qui l’ont portée à la tête du pays, <em>« la coalition menée par le Fidesz a profité de sa supermajorité parlementaire des deux tiers pour adopter de nouvelles lois sur les médias qui ont fondamentalement reconfiguré le paysage médiatique hongrois »</em>, soulignent des chercheurs hongrois et états-uniens dans un rapport sur <a href="https://www.law.nyu.edu/rule-law-lab/hungary-media-report" class="spip_out" rel="external">la répression des médias en Hongrie</a>.</p><p>Puis, en 2018, le gouvernement hongrois a créé la Fondation de presse et de médias d’Europe centrale (Kesma). Ce qui a permis de regrouper près de 500 médias pro-gouvernementaux sous un seul toit. Le gouvernement a exempté cette fusion de tout examen en matière de concurrence et de pluralisme des médias en invoquant l’<em>« intérêt stratégique national »</em>.</p><h2 class="spip" id="Une-liste-noire-des-medias">Une liste noire des médias</h2><p>En décembre 2023, le Parlement hongrois a adopté une « loi sur la protection de la souveraineté », qui a institué un bureau gouvernemental doté de larges pouvoirs pour enquêter sur toute personne qui, d’après les autorités, servirait des intérêts étrangers ou menacerait la souveraineté nationale. Cette autorité s’en est aussi prise à des médias.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>En mai 2025, le Parlement hongrois a introduit un autre projet de loi aux formulations vagues, intitulé « Transparence dans la vie publique », qui permettrait au gouvernement de mettre sur liste noire, de priver de financement et de soumettre à un contrôle financier renforcé toute organisation qu’il désignerait comme <em>« une menace pour la souveraineté hongroise »</em>. Bien que le projet n’ait pas été adopté, il continue de constituer un danger pour les médias indépendants, le Premier ministre Viktor Orbán ayant publiquement confirmé l’intention du gouvernement de le promulguer en loi.</p><h2 class="spip" id="Espionnage-de-journalistes">Espionnage de journalistes</h2><p>Aux lois s’ajoute la surveillance des journalistes. En 2021, le média indépendant d’investigation <em>Direkt36</em> a révélé que des journalistes, des avocats, des personnalités de l’opposition et même de hauts fonctionnaires gouvernementaux avaient été <a href="https://www.direkt36.hu/en/tag/pegasus/" class="spip_out" rel="external">ciblés par le logiciel espion Pegasus</a>. Le média a également montré que le gouvernement hongrois avait acheté, via une société intermédiaire liée au ministère de l’Intérieur, ce logiciel de cyberespionnage commercialisé par une entreprise israélienne.</p><p>Depuis dix ans, des campagnes de dénigrement coordonnées sont également organisées contre des médias. Ces campagnes sont <em>« menées par des politiciens du gouvernement, des médias alignés sur l’État et des acteurs affiliés »</em>, pointe le rapport sur la répression des médias en Hongrie. Les médias critiques et les journalistes sont régulièrement qualifiés d’<em>« agents étrangers »</em> ou d’<em>« usines à fausses nouvelles »</em>, et accusés d’agir contre les intérêts nationaux.</p><p>Ces trois dernières années, les dénigrements sont devenus plus systématiques. Le Bureau de protection de la souveraineté, créé par la loi de 2023, a ouvert des enquêtes <a href="https://english.atlatszo.hu/2025/11/12/sovereignty-protection-office-witness-in-court-contradictions-and-false-statements-about-atlatszo/" class="spip_out" rel="external">visant le média indépendant <em>Átlátszó</em></a>, présentant son travail comme une menace pour la souveraineté nationale et exigeant l’accès à des données confidentielles.</p><p>En octobre 2025, le média indépendant <em>Telex</em> et le Centre d’investigation slovaque Ján Kuciak ont révélé que des entités liées au Bureau de protection de la souveraineté avaient financé <a href="https://telex.hu/direkt36/2024/03/01/how-orban-flooded-central-europe-with-millions-of-online-ads-during-election-season" class="spip_out" rel="external">des campagnes publicitaires sur Facebook</a> ciblant des journalistes indépendants et des ONG.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Hongrie-elections-Orban-Controle-audiovisuel-public-Cela-peut-arriver-en-France-RN">Prise de contrôle des grands médias par Orbán : « Cela peut arriver en France avec le RN ou en Allemagne avec l’AfD »</a></aside><h2 class="spip" id="Un-mecanisme-fiscal-pour-financer-des-medias">Un mécanisme fiscal pour financer des médias</h2><p>Malgré tout, des médias indépendants ont réussi à survivre en Hongrie. Parmi les principaux médias indépendants hongrois figurent les déjà cités <em>Telex</em>, <em>Direkt36</em>, <em>Átlátszó</em>, mais aussi <em>24.hu</em>, <em>HVG</em>, <em>444</em>, <em>Partizán</em>, <em>Magyar Hang</em>, <em>Válasz Online</em>, <em>Klubrádió</em>, <em>Magyar Narancs</em>, ainsi que quelques médias locaux en ligne. Ils sont soutenus par des structures de propriété et des modèles de financement innovants. Un élément central de cet écosystème est un mécanisme fiscal hongrois qui permet aux citoyens d’affecter 1 % de leur impôt sur le revenu à des organisations à but non lucratif, y compris des médias.</p><p>Ce mécanisme a fourni aux médias indépendants une source de revenus modeste mais stable, indépendante du gouvernement. La plupart des médias indépendants s’appuient aussi sur des campagnes de dons, des abonnements de lecteurs et des subventions de fondations ou d’organisations internationales.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Hongrie-elections-Fidesz-liberte-de-la-presse-medias-independants-contre-pouvoirs</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Hongrie : « Plusieurs médias se sont préparés à partir si Orbán gagne »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em></strong>  : <strong>Vous alertez sur <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/05/en-hongrie-un-paysage-mediatique-sous-le-controle-du-pouvoir_6610590_3234.html" class="spip_out" rel="external">une « capture » des médias</a> par le pouvoir en Hongrie depuis l’arrivée au pouvoir de Viktor Orbán et de son parti, le Fidesz, en 2010. Comment est-ce arrivé ?</strong></p><div class="spip_document_22740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="141" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><picture class="adapt-img-wrapper c4037570987 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/583/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775578277 1166w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 960w, local/adapt-img/583/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 1166w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/583/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 875w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 720w, local/adapt-img/583/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 875w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775740750 583w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg" width="583" height="583" alt="Photo de Gábor Polyák." aria-describedby="by22740-7e3bb324a4292f1eb1a695458577655d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 480w, local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 583w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22740-7e3bb324a4292f1eb1a695458577655d">Gábor Polyák est professeur de droit des médias à l’université hongroise de Pécs et dirige les recherches à l’ONG Mertek Media Minotor.
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Gábor Polyák</strong> : Deux lois sur les médias ont été adoptées dès 2010. Les principales conséquences de ces lois ont été la mainmise du gouvernement sur tous les organismes de régulation des médias, comme le Conseil des médias, composé depuis de membres proches du parti d’Orbán.</p><p>Cet organisme a attribué un nombre considérable de fréquences à des stations de radio affiliées au Fidesz et a autorisé les médias affiliés au Fidesz à réaliser toutes les acquisitions, comme celles de médias régionaux, que le Conseil des médias était censé contrôler.</p><p>Le gouvernement contrôle aussi l’organisation qui chapeaute les médias publics. Ces médias ont clairement permis au Fidesz d’exercer une influence politique sans entrave.</p><p>Nous sommes dans la dernière semaine de la campagne électorale avant les législatives, et les médias publics hongrois n’ont jamais invité le chef de l’opposition. Il existe pourtant des règles sur l’impartialité de l’information politique dans les médias publics, mais elles sont bafouées depuis seize ans. Le Fidesz a bâti un empire médiatique public et privé, financé par des fonds publics.</p><p><strong>Des milliardaires ou des oligarques jouent-ils aussi un rôle dans cette mainmise du pouvoir sur les médias ?</strong></p><p>Derrière la plus grande chaîne de télévision privée, on retrouve par exemple l’homme d’affaires Lőrinc Mészáros [<a href="https://basta.media/Milliardaires-Inegalites-Davos-Hongrie-Orban-Meszeros" class="spip_in">première fortune de Hongrie</a>]. Mais son argent provient de l’État hongrois, à travers des marchés publics. Les oligarques de Russie, au début du mandat de Poutine, constituaient une sorte de contrepoids à Poutine. En Hongrie, ce sont des éléments du système. Orbán décide de l’utilisation des fonds, les dirigeants et les propriétaires de ces sociétés affiliées au Fidesz tirent leur pouvoir et leurs ressources uniquement d’Orbán.</p><p><strong>Dans le même temps, on a vu en Hongrie l’essor de nombreux médias indépendants, comme <a href="https://english.atlatszo.hu/" class="spip_out" rel="external"><em>Átlátszó</em></a>, <a href="https://www.direkt36.hu/en/" class="spip_out" rel="external"><em>Direkt36</em></a>, <a href="https://telex.hu/english" class="spip_out" rel="external"><em>Telex</em></a>, <em>444</em>. Comment ces médias survivent-ils dans cette situation ?</strong></p><p>La liste des médias indépendants de Hongrie semble en effet assez longue. Cependant, il faut savoir que plusieurs de ces médias ont été fondés par d’anciens journalistes issus de médias qui sont passés sous le giron du Fidesz. Leurs journalistes ont créé de nouveaux médias parce qu’il n’était plus possible de poursuivre leur travail autrement.</p><p>L’équipe d’investigation la plus nombreuse des médias indépendants est celle de <em>Direkt36</em>. Elle a, par exemple, publié des articles sur l’utilisation des services secrets hongrois contre le parti d’opposition Tisza. Son équipe est issue d’<em>Origo</em>, un média en ligne hongrois auparavant détenu par l’entreprise allemande Deutsche Telekom. En 2015, Deutsche Telekom l’a vendu à une société clairement affiliée au Fidesz. Et aujourd’hui, Origo est l’une des pires machines de propagande du pays.</p><p>Ces journalistes ont dû acquérir des compétences en gestion et trouver des moyens de financer ces médias. Ce fut un long processus d’apprentissage, tant pour les journalistes que pour le public. Les deux parties ont finalement réussi à s’adapter.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On sait que le logiciel de cyberespionnage Pegasus a été utilisé contre des journalistes hongrois et aussi contre des propriétaires de médias »</p>
</aside><p>Car, si vous avez besoin d’informations fiables, vous devez payer pour cela aujourd’hui en Hongrie. Les dons et les abonnements sont maintenant monnaie courante dans le milieu des médias indépendants hongrois.</p><p>Ces médias ont également dû apprendre à rédiger des demandes de subventions européennes et pour d’autres subventions internationales. Ils sont devenus très bons pour obtenir ce type de financement. Mais cela a aussi ouvert la voie au gouvernement hongrois pour affirmer que ces médias étaient financés depuis l’étranger, en les appelant les <em>« médias du dollar »</em>.</p><p><strong>Les médias indépendants étaient-ils particulièrement visés par le projet de loi du gouvernement « contre les organisations financées par l’étranger » annoncé l’an dernier, mais qui n’a, pour l’heure, pas été voté ?</strong></p><p>Si le projet présenté l’an dernier avait été adopté, la loi aurait interdit à toutes les organisations, non seulement aux médias, mais aussi aux ONG, de percevoir tout type de revenus étrangers. Le texte interdisait également aux banques de transférer l’argent provenant de l’étranger. Orbán a annoncé que, si le Fidesz gagnait dimanche, il finaliserait cette loi.</p><p><strong>Le gouvernement s’en est-il également pris aux médias indépendants par d’autres moyens ?</strong></p><p>On sait que le logiciel de cyberespionnage Pegasus a été utilisé <a href="https://www.lemonde.fr/projet-pegasus/article/2021/07/18/en-hongrie-le-pouvoir-vise-les-journalistes-et-les-patrons-de-presse_6088653_6088648.html" class="spip_out" rel="external">contre des journalistes hongrois</a> et aussi contre des propriétaires de médias. Mais l’arme la plus efficace du Fidesz, c’est d’abord l’indifférence. Face aux révélations médiatiques sur leurs abus, ils font comme si ça n’existait pas.</p><p>Je pense que de nombreux électeurs du Fidesz n’ont jamais entendu parler des scandales majeurs liés du Fidesz, comme le recours aux services secrets contre le candidat d’opposition Peter Magyar ou l’influence russe dans la campagne hongroise. Et, même s’ils en ont entendu parler, peut-être qu’ils n’y croient pas. Car Orbán et l’ensemble du Fidesz ne cessent de répéter que ce qui est publié par <em>Direkt36</em>, par <em>Telex</em> ou par d’autres médias indépendants, ne peut pas être vrai.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-hongrie-et-l-europe-pourrait-elle-enfin-se-debarrasser-de-viktor-orban">La Hongrie, et l’Europe, pourront-elles enfin se débarrasser de Viktor Orbán ?</a></aside><p><strong>Pensez-vous que l’Union européenne (UE) en a fait assez pour lutter contre le contrôle des médias par le pouvoir en Hongrie ?</strong></p><p>Non, l’UE ne s’est pas montrée prête à lutter contre cette situation. Dès 2013, nous avons alerté auprès des instances de l’UE, déposé des plaintes, mais cela n’a rien donné. Un règlement européen sur la liberté des médias, European Media Freedom Act, <a href="https://www.touteleurope.eu/societe/qu-est-ce-que-l-acte-europeen-sur-la-liberte-des-medias-european-media-freedom-act/" class="spip_out" rel="external">est entré en vigueur en 2024</a>. Mais ce règlement est en réalité très faible.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Sans justice indépendante, les médias ne suffisent pas »</p>
</aside><p>Et le gouvernement et le parlement hongrois ne font rien pour le transposer. Je pense que la Commission européenne ne comprend pas ce qui se passe ici en Hongrie. Or, cela peut arriver partout. Cela s’est produit en Pologne, ça peut arriver en France, si le parti de Le Pen arrive au pouvoir, ou en Allemagne avec l’AfD.</p><p><strong>Voyez-vous des parallèles entre la Hongrie et d’autres pays ?</strong></p><p>En Pologne, le gouvernement du parti PiS de Kaczyński comptait, parmi ses conseillers, des proches d’Orbán, notamment <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/11/26/en-pologne-le-gouvernement-conservateur-suit-l-exemple-du-hongrois-viktor-orban_4818013_3214.html" class="spip_out" rel="external">sur les questions liées aux médias</a>. En République tchèque, le cas de Babiš [<em><a href="https://basta.media/milliardaires-inegalites-Davos-Babis-tcheque-ministre-lobbying" class="spip_in">un industriel milliardaire</a> devenu Premier ministre de 2017 à 2025, puis de nouveau depuis décembre 2025, ndlr]</em> est un peu différent, car il d’abord pris le contrôle de médias avant d’accéder au pouvoir politique, tandis qu’Orbán a fait l’inverse. Mais l’exemple slovaque est également très similaire de la Hongrie.</p><p>Une différence majeure réside dans le fait que seul Orbán a pu disposer d’une majorité des deux tiers au Parlement, ce qui lui a permis d’adopter une nouvelle constitution assortie de lois sur les médias.</p><p><strong>Aujourd’hui, l’opposition hongroise semble en mesure de gagner. Espérez-vous un changement de cap pour la liberté de la presse si le parti d’opposition Tisza l’emporte ?</strong></p><p>Si Tisza parvient à obtenir la majorité des deux tiers, ils pourront alors adopter de nouvelles lois sur les médias, mettre en place de nouvelles autorités de régulation, réformer la Cour constitutionnelle, etc. S’ils n’obtiennent pas la majorité des deux tiers, la situation pourrait ressembler fortement à celle de la Pologne, où le nouveau gouvernement n’a pas pu mener de véritables réformes législatives car il est bloqué par le président de la République. Aujourd’hui, en Hongrie, la Cour constitutionnelle ne fonctionne qu’avec des membres nommés par le Fidesz, des personnes 100 % loyales à Orbán.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Qualifieriez-vous Tisza de parti conservateur ou de centre droit ?</strong></p><p>Peter Magyar, à la tête de Tisza, est un homme relativement conservateur. Mais l’électorat qui soutient Tisza et Peter Magyar est très hétérogène. Orbán, lui, a commencé comme un libéral, puis est devenu conservateur et, depuis 2010, c’est un mix populiste de droite et de gauche. Il prend des décisions qui pourraient être communistes et d’autres qui sont d’extrême droite.</p><p>Tisza est plutôt conservateur du fait de la personnalité du leader du parti, mais c’est aussi un parti démocratique. Aujourd’hui, en Hongrie, la question est : voulons-nous la démocratie ou l’autocratie ? Le Fidesz représente l’autocratie. Si Orbán gagne encore une fois, l’autocratisation du pays va continuer.</p><p><strong>Voyez-vous un risque, si le Fidesz l’emporte, que les médias indépendants hongrois doivent quitter le pays, comme l’ont fait des médias biélorusses et russes depuis 2022 ?</strong></p><p>Plusieurs se sont déjà préparés à partir si le Fidesz gagne, car ils n’ont pas d’autres options. Dans cette situation, aujourd’hui, que l’opposition soit conservatrice, sociale-démocrate ou libérale, c’est un problème de second ordre. Le principal enjeu est de revenir à la démocratie. À la prochaine élection, ce sera différent.</p><p><strong>Que diriez-vous aux médias d’autres pays d’Europe, que faut-il faire pour éviter une telle situation ?</strong></p><p>Les journalistes ne sont pas des héros qui pourraient défendre seuls la démocratie. Sans justice indépendante, les médias ne suffisent pas. Et nous sommes partout dans un moment difficile pour les journalistes. Je pense qu’il faut parler de ce qu’est le journalisme. Des gens qui commentent les débats publics sur TikTok, des politiques qui ont des chaînes YouTube, ce ne sont pas des journalistes. Le travail d’investigation basé sur des informations équilibrées n’est pas gratuit. Et si on ne paie pas pour ça, quelqu’un d’autre paiera, et essaiera ainsi d’influencer les décisions éditoriales.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Prise de contrôle des grands médias par Orbán : « Cela peut arriver en France avec le RN ou en Allemagne avec l'AfD »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em></strong>  : <strong>Vous alertez sur <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/06/05/en-hongrie-un-paysage-mediatique-sous-le-controle-du-pouvoir_6610590_3234.html" class="spip_out" rel="external">une « capture » des médias</a> par le pouvoir en Hongrie depuis l’arrivée au pouvoir de Viktor Orbán et de son parti, le Fidesz, en 2010. Comment est-ce arrivé ?</strong></p><div class="spip_document_22740 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="141" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><picture class="adapt-img-wrapper c4037570987 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775797937 960w, local/adapt-img/583/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775578277 1166w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 960w, local/adapt-img/583/20x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 1166w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/583/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775797696 875w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 720w, local/adapt-img/583/15x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 875w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775797577 480w, local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg@.webp?1775740750 583w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg?1775797250" width="583" height="583" alt="Photo de Gábor Polyák." aria-describedby="by22740-ccab0615251abce73c862a2989dff4c2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg 480w, local/adapt-img/583/10x/local/cache-gd2/73/9f654b0192c80a36e9cec8e186c607.jpg?1775797250 583w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22740-ccab0615251abce73c862a2989dff4c2">Gábor Polyák est professeur de droit des médias à l’université hongroise de Pécs et dirige les recherches à l’ONG Mertek Media Minotor.
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Gábor Polyák</strong> : Deux lois sur les médias ont été adoptées dès 2010. Les principales conséquences de ces lois ont été la mainmise du gouvernement sur tous les organismes de régulation des médias, comme le Conseil des médias, composé depuis de membres proches du parti d’Orbán.</p><p>Cet organisme a attribué un nombre considérable de fréquences à des stations de radio affiliées au Fidesz et a autorisé les médias affiliés au Fidesz à réaliser toutes les acquisitions, comme celles de médias régionaux, que le Conseil des médias était censé contrôler.</p><p>Le gouvernement contrôle aussi l’organisation qui chapeaute les médias publics. Ces médias ont clairement permis au Fidesz d’exercer une influence politique sans entrave.</p><p>Nous sommes dans la dernière semaine de la campagne électorale avant les législatives, et les médias publics hongrois n’ont jamais invité le chef de l’opposition. Il existe pourtant des règles sur l’impartialité de l’information politique dans les médias publics, mais elles sont bafouées depuis seize ans. Le Fidesz a bâti un empire médiatique public et privé, financé par des fonds publics.</p><p><strong>Des milliardaires ou des oligarques jouent-ils aussi un rôle dans cette mainmise du pouvoir sur les médias ?</strong></p><p>Derrière la plus grande chaîne de télévision privée, on retrouve par exemple l’homme d’affaires Lőrinc Mészáros [<a href="https://basta.media/Milliardaires-Inegalites-Davos-Hongrie-Orban-Meszeros" class="spip_in">première fortune de Hongrie</a>]. Mais son argent provient de l’État hongrois, à travers des marchés publics. Les oligarques de Russie, au début du mandat de Poutine, constituaient une sorte de contrepoids à Poutine. En Hongrie, ce sont des éléments du système. Orbán décide de l’utilisation des fonds, les dirigeants et les propriétaires de ces sociétés affiliées au Fidesz tirent leur pouvoir et leurs ressources uniquement d’Orbán.</p><p><strong>Dans le même temps, on a vu en Hongrie l’essor de nombreux médias indépendants, comme <a href="https://english.atlatszo.hu/" class="spip_out" rel="external"><em>Átlátszó</em></a>, <a href="https://www.direkt36.hu/en/" class="spip_out" rel="external"><em>Direkt36</em></a>, <a href="https://telex.hu/english" class="spip_out" rel="external"><em>Telex</em></a>, <em>444</em>. Comment ces médias survivent-ils dans cette situation ?</strong></p><p>La liste des médias indépendants de Hongrie semble en effet assez longue. Cependant, il faut savoir que plusieurs de ces médias ont été fondés par d’anciens journalistes issus de médias qui sont passés sous le giron du Fidesz. Leurs journalistes ont créé de nouveaux médias parce qu’il n’était plus possible de poursuivre leur travail autrement.</p><p>L’équipe d’investigation la plus nombreuse des médias indépendants est celle de <em>Direkt36</em>. Elle a, par exemple, publié des articles sur l’utilisation des services secrets hongrois contre le parti d’opposition Tisza [<em>derrière lequel tous les partis d’opposition se sont rangés pour ces élections</em>]. Son équipe est issue d’<em>Origo</em>, un média en ligne hongrois auparavant détenu par l’entreprise allemande Deutsche Telekom. En 2015, Deutsche Telekom l’a vendu à une société clairement affiliée au Fidesz. Et aujourd’hui, Origo est l’une des pires machines de propagande du pays.</p><p>Ces journalistes ont dû acquérir des compétences en gestion et trouver des moyens de financer ces médias. Ce fut un long processus d’apprentissage, tant pour les journalistes que pour le public. Les deux parties ont finalement réussi à s’adapter.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On sait que le logiciel de cyberespionnage Pegasus a été utilisé contre des journalistes hongrois et aussi contre des propriétaires de médias »</p>
</aside><p>Car, si vous avez besoin d’informations fiables, vous devez payer pour cela aujourd’hui en Hongrie. Les dons et les abonnements sont maintenant monnaie courante dans le milieu des médias indépendants hongrois.</p><p>Ces médias ont également dû apprendre à rédiger des demandes de subventions européennes et pour d’autres subventions internationales. Ils sont devenus très bons pour obtenir ce type de financement. Mais cela a aussi ouvert la voie au gouvernement hongrois pour affirmer que ces médias étaient financés depuis l’étranger, en les appelant les <em>« médias du dollar »</em>.</p><p><strong>Les médias indépendants étaient-ils particulièrement visés par le projet de loi du gouvernement « contre les organisations financées par l’étranger » annoncé l’an dernier, mais qui n’a, pour l’heure, pas été voté ?</strong></p><p>Si le projet présenté l’an dernier avait été adopté, la loi aurait interdit à toutes les organisations, non seulement aux médias, mais aussi aux ONG, de percevoir tout type de revenus étrangers. Le texte interdisait également aux banques de transférer l’argent provenant de l’étranger. Orbán a annoncé que, si le Fidesz gagnait dimanche, il finaliserait cette loi.</p><p><strong>Le gouvernement s’en est-il également pris aux médias indépendants par d’autres moyens ?</strong></p><p>On sait que le logiciel de cyberespionnage Pegasus a été utilisé <a href="https://www.lemonde.fr/projet-pegasus/article/2021/07/18/en-hongrie-le-pouvoir-vise-les-journalistes-et-les-patrons-de-presse_6088653_6088648.html" class="spip_out" rel="external">contre des journalistes hongrois</a> et aussi contre des propriétaires de médias. Mais l’arme la plus efficace du Fidesz, c’est d’abord l’indifférence. Face aux révélations médiatiques sur leurs abus, ils font comme si ça n’existait pas.</p><p>Je pense que de nombreux électeurs du Fidesz n’ont jamais entendu parler des scandales majeurs liés du Fidesz, comme le recours aux services secrets contre le candidat d’opposition Peter Magyar ou l’influence russe dans la campagne hongroise. Et, même s’ils en ont entendu parler, peut-être qu’ils n’y croient pas. Car Orbán et l’ensemble du Fidesz ne cessent de répéter que ce qui est publié par <em>Direkt36</em>, par <em>Telex</em> ou par d’autres médias indépendants, ne peut pas être vrai.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-hongrie-et-l-europe-pourrait-elle-enfin-se-debarrasser-de-viktor-orban">La Hongrie, et l’Europe, pourront-elles enfin se débarrasser de Viktor Orbán ?</a></aside><p><strong>Pensez-vous que l’Union européenne (UE) en a fait assez pour lutter contre le contrôle des médias par le pouvoir en Hongrie ?</strong></p><p>Non, l’UE ne s’est pas montrée prête à lutter contre cette situation. Dès 2013, nous avons alerté auprès des instances de l’UE, déposé des plaintes, mais cela n’a rien donné. Un règlement européen sur la liberté des médias, European Media Freedom Act, <a href="https://www.touteleurope.eu/societe/qu-est-ce-que-l-acte-europeen-sur-la-liberte-des-medias-european-media-freedom-act/" class="spip_out" rel="external">est entré en vigueur en 2024</a>. Mais ce règlement est en réalité très faible.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Sans justice indépendante, les médias ne suffisent pas »</p>
</aside><p>Et le gouvernement et le parlement hongrois ne font rien pour le transposer. Je pense que la Commission européenne ne comprend pas ce qui se passe ici en Hongrie. Or, cela peut arriver partout. Cela s’est produit en Pologne, ça peut arriver en France, si le parti de Le Pen arrive au pouvoir, ou en Allemagne avec l’AfD.</p><p><strong>Voyez-vous des parallèles entre la Hongrie et d’autres pays ?</strong></p><p>En Pologne, le gouvernement du parti PiS de Kaczyński comptait, parmi ses conseillers, des proches d’Orbán, notamment <a href="https://www.lemonde.fr/europe/article/2015/11/26/en-pologne-le-gouvernement-conservateur-suit-l-exemple-du-hongrois-viktor-orban_4818013_3214.html" class="spip_out" rel="external">sur les questions liées aux médias</a>. En République tchèque, le cas de Babiš [<em><a href="https://basta.media/milliardaires-inegalites-Davos-Babis-tcheque-ministre-lobbying" class="spip_in">un industriel milliardaire</a> devenu Premier ministre de 2017 à 2025, puis de nouveau depuis décembre 2025, ndlr]</em> est un peu différent, car il d’abord pris le contrôle de médias avant d’accéder au pouvoir politique, tandis qu’Orbán a fait l’inverse. Mais l’exemple slovaque est également très similaire de la Hongrie.</p><p>Une différence majeure réside dans le fait que seul Orbán a pu disposer d’une majorité des deux tiers au Parlement, ce qui lui a permis d’adopter une nouvelle constitution assortie de lois sur les médias.</p><p><strong>Aujourd’hui, l’opposition hongroise semble en mesure de gagner. Espérez-vous un changement de cap pour la liberté de la presse si le parti d’opposition Tisza l’emporte ?</strong></p><p>Si Tisza parvient à obtenir la majorité des deux tiers, ils pourront alors adopter de nouvelles lois sur les médias, mettre en place de nouvelles autorités de régulation, réformer la Cour constitutionnelle, etc. S’ils n’obtiennent pas la majorité des deux tiers, la situation pourrait ressembler fortement à celle de la Pologne, où le nouveau gouvernement n’a pas pu mener de véritables réformes législatives car il est bloqué par le président de la République. Aujourd’hui, en Hongrie, la Cour constitutionnelle ne fonctionne qu’avec des membres nommés par le Fidesz, des personnes 100 % loyales à Orbán.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Qualifieriez-vous Tisza de parti conservateur ou de centre droit ?</strong></p><p>Peter Magyar, à la tête de Tisza, est un homme relativement conservateur. Mais l’électorat qui soutient Tisza et Peter Magyar est très hétérogène. Orbán, lui, a commencé comme un libéral, puis est devenu conservateur et, depuis 2010, c’est un mix populiste de droite et de gauche. Il prend des décisions qui pourraient être communistes et d’autres qui sont d’extrême droite.</p><p>Tisza est plutôt conservateur du fait de la personnalité du leader du parti, mais c’est aussi un parti démocratique. Aujourd’hui, en Hongrie, la question est : voulons-nous la démocratie ou l’autocratie ? Le Fidesz représente l’autocratie. Si Orbán gagne encore une fois, l’autocratisation du pays va continuer.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Hongrie-elections-Fidesz-liberte-de-la-presse-medias-independants-contre-pouvoirs">En Hongrie, malgré les attaques, les médias indépendants tiennent bon</a></aside><p><strong>Voyez-vous un risque, si le Fidesz l’emporte, que les médias indépendants hongrois doivent quitter le pays, comme l’ont fait des médias biélorusses et russes depuis 2022 ?</strong></p><p>Plusieurs se sont déjà préparés à partir si le Fidesz gagne, car ils n’ont pas d’autres options. Dans cette situation, aujourd’hui, que l’opposition soit conservatrice, sociale-démocrate ou libérale, c’est un problème de second ordre. Le principal enjeu est de revenir à la démocratie. À la prochaine élection, ce sera différent.</p><p><strong>Que diriez-vous aux médias d’autres pays d’Europe, que faut-il faire pour éviter une telle situation ?</strong></p><p>Les journalistes ne sont pas des héros qui pourraient défendre seuls la démocratie. Sans justice indépendante, les médias ne suffisent pas. Et nous sommes partout dans un moment difficile pour les journalistes. Je pense qu’il faut parler de ce qu’est le journalisme. Des gens qui commentent les débats publics sur TikTok, des politiques qui ont des chaînes YouTube, ce ne sont pas des journalistes. Le travail d’investigation basé sur des informations équilibrées n’est pas gratuit. Et si on ne paie pas pour ça, quelqu’un d’autre paiera, et essaiera ainsi d’influencer les décisions éditoriales.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Hongrie-elections-Orban-Controle-audiovisuel-public-Cela-peut-arriver-en-France-RN</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Pas de pédés en Vendée » : la résistance d'un couple de profs victime de menaces homophobes en terres RN]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Au commencement, il y a l’injure »</em>, écrit le philosophe Didier Eribon dans ses <em>Réflexions sur la question gay</em> (Fayard, 1999). Pour Alain et Hugo*, ça a débuté en octobre 2024 par un tag sur la porte d’entrée : <em>« Pas de pédés en Vendée »</em>. Puis, une menace, dans un courrier déposé directement dans leur boîte aux lettres deux semaines après : <em>« Pas d’homos en Vendée ni dans nos écoles sinon… »</em> Visiblement bien informé, le corbeau homophobe sait que ce couple résidant dans la petite commune de Lairoux, au sud de La Roche-sur-Yon (Vendée), est composé d’un instituteur et d’un enseignant en lycée. Il a également une idée précise de leurs routines, horaires, et de l’agencement de la maison comme du terrain.</p><p>De ça, Hugo et Alain ont été persuadés quand ils ont constaté, dans la matinée du 14 novembre 2024, une intrusion dans leur cour et leur domicile. Des bombes de peintures provenant de l’atelier d’Hugo ont été utilisées pour taguer des façades extérieures. <em>« PD dégagez d’ici »</em>, ont-ils notamment pu y lire, comme si les précédents messages n’avaient pas été assez clairs. La violence est encore montée d’un cran, avec le saccage d’une partie de leur propriété : <em>« À l’intérieur, c’était du massacre. La table en verre était cassée, les tableaux jetés par terre, les granulés éventrés au cutter… Ils ont aussi ouvert les robinets d’eau, qu’ils ont laissée couler »</em>, décrit Hugo.</p><p>Pour l’homme, qui est rentré chez lui à midi, <em>« cela s’est forcément fait juste après notre départ »</em>. Assis à ses côtés autour de leur table à manger, son compagnon Alain poursuit : <em>« Rien n’avait été pris, ça a vraiment été saccagé pour faire du mal. On ne pensait pas qu’une telle chose pouvait arriver. Du jour au lendemain, notre vie a basculé. »</em></p><div class="spip_document_22715 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2287939797 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp?1775723668 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp?1775053773 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg@.webp?1775055579 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg?1775651202" width="960" height="640" alt="Hugo* montrant sur son ordinateur une photo du saccage dû à une intrusion au domicile du couple, le 14 novembre 2024." aria-describedby="by22715-dbdd394071ed50bffd01e21a2a823643" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/1aababd0-c656-422e-8920-1a02d6346a8a_1_201_a.jpg?1775651202 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22715-dbdd394071ed50bffd01e21a2a823643">Hugo montrant une photo du saccage après une intrusion au domicile du couple, le 14 novembre 2024.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="lt-lt-La-peur-d-une-attaque-plus-violente">« La peur d’une attaque plus violente »</h2><p>Les deux hommes, installés ensemble à Lairoux depuis huit ans, appréciaient jusqu’alors la tranquillité des lieux. <em>« On vivait comme à la campagne. On laissait la barrière ouverte, la voiture dormait dehors… »</em> témoigne Hugo. Mais fin décembre 2024, la carrosserie de leur véhicule a aussi été rayée, d’un <em>« PD »</em> et <em>« PD DEGAGES D’ICI »</em> (sic). <em>« Aujourd’hui, on ferme tout à clé, on vérifie tout trois fois avant de partir, je regarde souvent dans mon rétroviseur pour voir si quelqu’un me suit… Je suis sur mes gardes en permanence »</em>, confie Alain. Le couple a installé des caméras et mis en place de nouvelles habitudes. Le premier qui rentre le soir vérifie tout. Et, en l’absence de nouvelles attaques, imprévisibles car aléatoires, le second reçoit un <em>« RAS »</em>, synonyme de soulagement.</p><div class="spip_document_22754 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="80" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-09_a_10.05_45.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2979580282 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 1440w, local/adapt-img/954/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 1908w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 1440w, local/adapt-img/954/20x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 1908w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 1080w, local/adapt-img/954/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp?1775727738 1431w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 1080w, local/adapt-img/954/15x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 1431w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp 720w, local/adapt-img/954/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png@.webp?1775727296 954w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/954/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png" width="954" height="954" alt="" aria-describedby="by22754-978ec613b9a3955ee34822442398f1a7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 720w, local/adapt-img/954/10x/local/cache-gd2/09/7f5a8ca3344e56eee1fb07f8da6b00.png 954w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22754-978ec613b9a3955ee34822442398f1a7">Tag retrouvé sur la porte d’entrée du domicile du couple en octobre 2024.
© DR
</figcaption></figure></div><p>Hugo et Alain vivent désormais <em>« dans la peur d’une attaque plus violente »</em>. Le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> octobre 2025, ils ont reçu une nouvelle lettre anonyme de menaces brûlée sur les côtés, représentant deux cercueils. <em>« Ma crainte, c’est qu’ils foutent un jour le feu à la maison »</em>, confie Alain, qui ne dort plus que d’une oreille. D’autant que les menaces ne s’arrêtent pas là.</p><p>Le 19 novembre 2025, un nouveau courrier homophobe est envoyé, cette fois au lycée Atlantique de Luçon, où exerce Hugo. En janvier et février 2026, des tags du même acabit seront aussi découverts dans les toilettes de l’établissement, mentionnant le nom de l’enseignant, accolé aux termes <em>« PD »</em> et <em>« pédophile »</em>. Devant ce lycée public polyvalent, l’incompréhension demeure pourtant. Deux élèves rapportent être <em>« choquées »</em>, tandis qu’une mère d’étudiante en CAP se dit <em>« hallucinée »</em> qu’il soit encore possible de recevoir ce type de menace.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-probleme-est-avant-tout-politique">« Le problème est avant tout politique »</h2><p>Alors, comment expliquer une telle haine ? Il y a bien quelques tensions avec les voisins d’à côté, mais, dans l’ensemble, <em>« les gens du quartier sont révoltés et nous soutiennent »</em>, assure Alain. Dans cette commune de 600 habitants, le couple s’est toujours montré discret : <em>« On ne s’est jamais exposé, on n’a jamais montré qu’on était ensemble. Vu le contexte actuel, c’était pour se préserver »</em>, reconnaît Alain, pour qui <em>« le problème est avant tout politique »</em>.</p><p>En mai 2019, une quinzaine de jeunes hommes, arborant pour certains le logo de la Manif pour tous, saccageait un stand du centre LGBT de La Roche-sur-Yon, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. <a href="https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/au-moins-10-etudiants-de-l-ices-identifies-dans-l-enquete-sur-l-action-homophobe-a-la-roche-sur-yon-1558367971" class="spip_out" rel="external">Au moins dix d’entre eux</a> étaient étudiants à l’Institut catholique d’études supérieures (ICES), créé par Philippe de Villiers, et qualifié de <em>« verrue mère de toute l’extrême droite vendéenne »</em> <a href="https://sudeducation85.org/lextreme-droite-et-ses-allie%C2%B7es-en-vendee/" class="spip_out" rel="external">par Sud Éducation 85</a>.</p><div class="spip_document_22713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="78" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3917086872 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp?1775723669 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp?1775053778 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg@.webp?1775055589 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg?1775651236" width="960" height="632" alt="L'entrée du lycée Atlantique de Luçon, où exerce Hugo. Une grande grille verte en fer forgé surplombée du nom de l'établissement et d'une couronne." aria-describedby="by22713-b66191cfb387d3fe2c0d5b357b238b7c" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/736e38ba-350e-42e5-9e69-62baa5c36a10_1_201_a.jpg?1775651236 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22713-b66191cfb387d3fe2c0d5b357b238b7c">L’entrée du lycée Atlantique de Luçon, où exerce Hugo.
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Dans ce département, <a href="https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/les-herbiers-85500/reportage-rarete-en-vendee-cette-commune-na-pas-place-lextreme-droite-en-tete-aux-europeennes-0ea8ee40-27ed-11ef-98cf-40d5bb3b7742" class="spip_out" rel="external">seules six communes</a> n’ont pas placé Jordan Bardella en tête lors des élections européennes de juin 2024. Lairoux n’en fait pas partie. Le Rassemblement national (RN) y a obtenu 36 % des voix. Même succès aux dernières élections législatives, plaçant le RN à 51 % au second tour ; et à la présidentielle de 2022, où Marine Le Pen y a obtenu 55 % des suffrages devant Emmanuel Macron. D’où le choix du maire, selon Hugo et Alain, de <em>« taire cette situation »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vieillir-ensemble-sans-avoir-peur-d-etre-discrimine-une-nouvelle-maison-pour-seniors-LGBTQI">Vieillir ensemble « sans avoir peur d’être discriminé » : une maison pour seniors LGBTQI+</a></aside><p><em>« On voulait que ça bouge au niveau local, que les politiques tapent du poing sur la table, mais on a compris que c’était compliqué dans le coin, ils essaient de ménager tout le monde »</em>, déplore Hugo. Cédric Guinaudeau, jeune maire sans étiquette de 35 ans, qui s’affiche notamment <a href="https://www.facebook.com/cedric.guinaudeau.5/posts/pfbid0L3kKysA77bNuPcKnpmt1mGCeGv1XvptaqxwDQF4UbYsqsMnzZHh8UPnX5AuMaSQgl" class="spip_out" rel="external">en compagnie de Bruno Retailleau</a> sur ses réseaux sociaux, a été réélu le 22 mars dernier. Sa liste « Ensemble, poursuivons l’optimisme » était la seule à se présenter.</p><p>Optimistes, Hugo et Alain ont du mal à le rester, face au manque de soutien qu’ils ont, selon eux, reçu de la part de Cédric Guinaudeau. Le 15 novembre 2024, l’édile leur adresse pourtant un courrier par mail, condamnant <em>« ces actes homophobes »</em>, et assurant être à leur disposition <em>« pour toute action commune »</em>. <a href="https://www.facebook.com/photo.php?fbid=1001015702067348&amp;set=pb.100064767816668.-2207520000&amp;type=3" class="spip_out" rel="external">Un communiqué</a> est également publié sur les réseaux sociaux de la mairie, condamnant des <em>« actes homophobes répétés »</em>, qui <em>« n’ont pas leur place à Lairoux comme ailleurs ».</em> Même <a href="https://www.facebook.com/photo?fbid=1310541937781388&amp;set=pb.100064767816668.-2207520000" class="spip_out" rel="external">soutien public affiché le 11 décembre 2025</a> : <em>« J’ai accueilli les victimes en mairie en présence de notre député Pierre Henriet et condamné avec la plus grande fermeté ces attaques empreintes de haine et destinées à terroriser deux de nos habitants »</em>, écrit Cédric Guinaudeau.</p><div class="spip_document_22714 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="130" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1085003791 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp?1775723672 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp?1775053782 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg@.webp?1775055598 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg?1775651321" width="960" height="640" alt="La mairie de Lairoux et sa salle communale, arborant la devise &quot;Liberté, égalité, fraternité&quot;. Derrière, une église." aria-describedby="by22714-8235a41b3474a08d53ec7c28af7d4b19" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fe1b364c-1257-4e8d-bd91-0d446e5854e2_1_201_a.jpg?1775651321 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22714-8235a41b3474a08d53ec7c28af7d4b19">La mairie de Lairoux et sa salle communale, arborant la devise « Liberté, égalité, fraternité ».
© Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p><em>« C’est parce qu’on a nous-mêmes fait un courrier au député que cette rencontre a été organisée »</em>, commente le couple, qui dénonce un soutien de façade. Alain et Hugo regrettent que l’édile, qui se déplace souvent <em>« pour des choses banales »</em> d’après eux, n’ait jamais frappé à leur porte. Sollicité par <em>Basta!</em>, ce dernier a fait savoir, via son secrétariat, qu’il n’était pas disponible pour un entretien.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Tres-soutenus-par-l-Education-nationale">« Très soutenus » par l’Éducation nationale</h2><p>À l’inverse, Alain et Hugo estiment avoir été <em>« très soutenus »</em> par l’Éducation nationale. Le suicide de Caroline Grandjean le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre 2025, soit deux mois avant la réception du courrier menaçant au lycée Atlantique de Luçon, a-t-il pu jouer ? Cette directrice d’une petite école du Cantal était victime depuis deux ans d’injures et menaces lesbophobes. Alors que l’institutrice avait plusieurs fois dénoncé le manque de soutien de sa hiérarchie, ainsi que de la mairie du village, une enquête administrative a, début février, reconnu <em><a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/02/06/suicide-de-caroline-grandjean-l-enquete-administrative-revele-un-manque-de-soutien-du-ministere-l-institution-n-a-pas-toujours-fait-bloc-avec-elle_6665689_3224.html" class="spip_out" rel="external">« une défaillance institutionnelle »</a></em> de l’Éducation nationale.</p><p>Du côté du couple de Lairousiens, deux <em>« faits établissement »</em> ont été déclarés dès le 2 octobre par leurs directions respectives. Cet outil permet, grâce à une application nationale sécurisée, de faire remonter des faits préoccupants aux autorités de l’Éducation nationale. Hugo loue par ailleurs le comportement exemplaire de la directrice académique, qui n’a pour l’heure pas fait suite à nos demandes d’interviews : <em>« Elle m’a appelé directement après la réception du courrier au lycée. Et le lendemain, elle faisait le déplacement au sein de l’établissement »</em>, relève l’enseignant.</p><p>Du côté de son école, Alain a reçu deux visites d’un inspecteur académique. <em>« Ça fait du bien, ça nous permet de tenir le coup »</em>, témoigne-t-il. Cet instituteur préfère taire le nom de son établissement, situé dans un petit village : <em>« Vu les tags et courriers assimilant les homosexuels à des pédophiles, c’est une bombe si ça se sait sur mon lieu de travail, je n’aurai plus qu’à partir »</em>, craint-il. Alain dit avoir aussi été reçu par le maire du village : <em>« Il ne comprenait pas que je ne lui en ai pas parlé, mais je n’avais pas envie de prendre une deuxième claque »</em>, rapporte-t-il.</p><p>L’édile de Luçon, où se situe le lycée d’Hugo, lui, <em>« n’a jamais eu un mot de soutien »</em>, selon le couple. Contactée, cette municipalité répond à <em>Basta!</em> que <em>« Dominique Bonnin, ancien maire de Luçon</em> [divers droite, ndlr]<em>, n’avait pas mis en place de mesures spécifiques sur la commune, en réaction à ces événements tragiques, considérant que la gestion des lycées relève uniquement de la Région [...]. Si un soutien a été apporté au couple par l’ancien maire, celui-ci a été adressé à titre privé et non public »</em>, précise l’actuel directeur de cabinet.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/nous-sommes-dans-une-zone-grise-personne-ne-peut-nous-aider-etre-queer-en">« Nous sommes dans une zone grise, personne ne peut nous aider » : être queer en Ukraine occupée</a></aside><h2 class="spip" id="Nouvelle-lettre-anonyme">Nouvelle lettre anonyme</h2><p><em>« Toujours bien accueilli à la gendarmerie »</em>, le couple est désormais inscrit sur le fichier des personnes en danger, et bénéficie de la protection fonctionnelle. C’est la brigade de recherche de la gendarmerie de Fontenay-le-Comte (Vendée) qui est chargée de l’enquête. Mais, malgré dix plaintes à ce jour, aucun auteur n’a été interpellé. La moitié a pour l’heure été classée sans suite, les autres étant toujours en cours, pour « menace de mort commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime ». Le parquet n’a pas donné suite à nos questions à ce sujet.</p><div class="spip_document_22752 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="66" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-09_a_10.01_42.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c249822236 png loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp?1775727749 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png@.webp?1775727303 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22752-7fd55780e3498c6ca21bbd145fbb4f86" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/32/6329d9c971a6b45fe58b5efc757a8c.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22752-7fd55780e3498c6ca21bbd145fbb4f86">Un courrier anonyme reçu par le couple début novembre 2024.
© DR
</figcaption></figure></div><p>Le 24 mars, les deux hommes ont reçu une nouvelle lettre anonyme visant les <em>« PD de Lairoux »</em> ainsi que les enseignants du lycée et de l’école. <em>« Le ton et la gravité de ce courrier marquent encore un cran supplémentaire par rapport aux précédents »</em>, nous alertent-ils. Or, ils déplorent de nouveau n’avoir <em>« reçu aucun message de soutien, ni mail ni prise de contact claire de la part du maire »</em>, qui <em>« leur a fait envoyer son nouveau premier adjoint »</em>.</p><p>Dans un mail qui nous est adressé, Alain et Hugo s’impatientent : <em>« Depuis de longs mois, nous avons le sentiment de devoir sans cesse alerter, relancer, rendre visibles des faits que d’autres préfèreraient contourner ou taire. Cette situation est épuisante humainement, mais elle est aussi politiquement révélatrice. Car au fond, la question est simple : face à des actes graves, qui assume publiquement ? Qui protège clairement ? Qui nomme les choses ? »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Pour-l-instant-on-resiste">« Pour l’instant, on résiste »</h2><p>Devenus du jour au lendemain <em>« l’attraction du village »</em>, les deux hommes <em>« n’ont jamais vu autant de gens qui promenaient leur chien »</em> devant chez eux. <em>« Mais on n’a pas eu plus de dénigrements »</em>, se console Hugo. Avant que son compagnon nuance : <em>« On n’a pas eu plus de soutien pour autant… Je pense qu’on dérange plus qu’autre chose. »</em> Aux abords de leur domicile, leurs voisins affirment n’avoir rien vu ni entendu. <em>« Je trouve ça déplorable. Qui peut bien leur en vouloir ? C’est leur vie »</em>, réagit auprès de <em>Basta!</em> une dame qui se promène avec sa petite-fille. D’autres se montrent plus réservés : <em>« Ça ne me regarde pas, je ne m’en occupe pas »</em>, nous répond une femme qui nous ferme la porte au nez.</p><p>À ce jour, seule la communauté de communes Sud Vendée Littoral et son président, Nicolas Vannier, ont permis, localement, un dialogue politique <em>« constructif et positif »</em>, estiment Alain et Hugo. Contactée, celle-ci assure qu’elle <em>« prend ce sujet avec le plus grand sérieux »</em> : <em>« Les personnes concernées ont été reçues et écoutées par le président, qui leur a exprimé toute son attention et qui a ensuite sollicité les services. Une réflexion est en cours pour déterminer quelles actions de prévention pourraient être menées pour sensibiliser la population aux situations de harcèlement. »</em> Ensemble, ils envisagent la mise en place, à l’automne, d’une action intercommunale contre l’homophobie et les discriminations, dont le couple a déjà listé le cadre et les objectifs.</p><p>Soutenus par les associations Stop Homophobie et SOS Homophobie, Alain et Hugo sont passés en quelques mois de la discrétion la plus totale à un engagement assumé. Pour eux, il n’est pas question de déménager. <em>« Pour aller où ? Et comment on serait accueillis ? On ne sait pas »</em>, répond le premier. <em>« Il est hors de question de céder. Pour l’instant, on résiste. Pour que ça n’arrive pas à d’autres »</em>, ajoute son compagnon.</p><p>*Leurs prénoms ont été modifiés à leur demande pour préserver leur anonymat.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 09 Apr 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[La FNSEA veut en finir avec le principe de précaution]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Supprimer le principe de précaution »</em> et le remplacer par le <em>« principe d’innovation »</em>. C’est la dernière « trouvaille » d’Arnaud Rousseau, président de la FNSEA lors du 80<sup class="typo_exposants">e</sup> congrès du syndicat agricole qui s’est tenu à Caen, en Normandie, du 31 mars au 2 avril. L’idée semble si bonne que la FNSEA aimerait que les candidats à l’élection présidentielle l’intègrent dans leurs programmes et qu’ils envisagent une <em>« impérieuse réforme constitutionnelle »</em>.</p><p>En effet, pourquoi s’embarrasser d’un principe qui invite à la prudence quant à l’usage de produits ou procédés potentiellement dangereux ? Et ce, alors même que les dommages sanitaires de nos modes de développement ne cessent de croître, particulièrement dans le domaine agricole. <a href="https://www.nature.com/articles/s44360-026-00087-0" class="spip_out" rel="external">Une étude très solide publiée fin mars</a> dans la revue <em>Nature Health</em> vient de mettre en évidence un important surrisque de cancer dans les territoires exposés aux pesticides....</p><p>Le principe de précaution a été introduit dans la Constitution française en 2005, via la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/charte-de-l-environnement" class="spip_out" rel="external">charte de l’environnement</a>. Il impose que, lorsqu’un dommage risque d’<em>« affecter de manière grave et irréversible l’environnement »</em>, les autorités publiques doivent veiller à <em>« une évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage ».</em></p><p>C’est en vertu de ce principe que le <a href="https://www.senat.fr/leg/ppl25-330-avis-ce.pdf" class="spip_out" rel="external">Conseil d’État recommande</a> une meilleure évaluation des risques pour la santé et l’environnement de l’acétamipride et du flupyradifurone. L’utilisation de ces deux pesticides est interdite en France depuis 2018, mais le sénateur Laurent Duplomb demande leur réautorisation, dans le cadre d’une nouvelle proposition de loi (dite Duplomb 2) pour les cultures de betteraves, cerises, noisettes et pommes.</p><h2 class="spip" id="La-loi-Duplomb-2-non-conforme-au-principe-de-precaution">La loi Duplomb 2 non conforme au principe de précaution</h2><p>Pour rappel, la disposition la plus décriée de la première loi Duplomb en 2025, qui prévoyait la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, avait été <a href="https://basta.media/Ces-mesures-loi-Duplomb-passees-inapercues-qui-avancent-en-coulisses" class="spip_in">censurée par le Conseil constitutionnel le 7 août</a> dernier. Ce qui n’empêche pas Laurent Duplomb de revenir à la charge.</p><p>En amont de l’examen de la proposition de loi Duplomb 2, un avis a donc été demandé au Conseil d’État par le président du Sénat, Gérard Larcher. <em>« Les risques et incidences [de l’acétamipride et du flupyradifurone] ne sont que partiellement connus »</em>, précisent les juges du Conseil d’État dans leur <a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/a-l-assemblee-nationale-et-au-senat/avis-sur-une-proposition-de-loi-visant-a-attenuer-une-surtransposition-relative-a-l-utilisation-de-produits-phytopharmaceutiques-afin-d-eviter-la-d" class="spip_out" rel="external">avis rendu le 26 mars</a>. Ils notent <em>« des lacunes de données persistantes pour la santé humaine comme pour les incidences environnementales des deux substances visées »</em>, notamment en matière d’<em>« impacts liés aux expositions chroniques et de long terme »</em>. En bref : les juges estiment que les garanties scientifiques ne sont pas assez robustes pour utiliser sans risques l’acétamipride et le flupyradifurone.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Par ailleurs, l’acétamipride est <em>« suspectée d’être reprotoxique »</em>. À ces doutes s’ajoutent quelques certitudes peu rassurantes : ainsi, le flupyradifurone est une <em>« substance considérée comme persistante dans l’environnement où elle reste présente pendant plusieurs années et se dégrade notamment en acide difluoroacétique (DFA), un composé chimique appartenant à la famille des PFAS »</em>.</p><p>Le Conseil d’État évoque également <em>« le risque d’effet aggravé en cas de synergie avec d’autres produits phytosanitaires »</em>. C’est précisément ce risque d’exposition à de multiples pesticides que l’étude de <em>Nature Health</em> met clairement en évidence pour les cancers du système digestif, du poumon, de la peau, de l’ovaire, de l’endomètre, du col de l’utérus ou du rein.</p><h2 class="spip" id="Derriere-le-principe-d-innovation-les-industriels-de-la-chimie">Derrière le principe d’innovation, les industriels de la chimie</h2><p>Mais qu’importent ces dommages pour la santé et l’environnement puisqu’il faut <em>« déverrouiller la porte du progrès »</em>, selon Arnaud Rousseau. Son credo, le « principe d’innovation », n’est pourtant pas très nouveau. Il commence même franchement à dater puisqu’il a été inventé par l’European Risk Forum, un think tank financé par les industriels du tabac, de la chimie, des pesticides, ainsi que des pétroliers, créé dans les années 1990, comme l’avait raconté <a href="https://basta.media/a-bruxelles-la-vie-des-personnes-est-moins-prioritaire-que-la-bonne-sante-de-l">la journaliste d’investigation Stéphane Horel dans son livre <em>Intoxication</em></a>, publié en 2016.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/de-fillon-a-macron-offensive-generale-contre-le-principe-de-precaution-aux">De Fillon à Macron : offensive générale contre le principe de précaution aux dépens de la santé publique</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/88e585fd55a3f6477bfbb14ef67f73-8277c.jpg?1775651489" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p><em>« Le principe de précaution, c’est un peu notre seul joker éthique contre le libre marché tout puissant</em>, nous disait-elle alors. <em>Et c’est la raison pour laquelle les industriels sont bien décidés à le faire disparaître. »</em> Au niveau européen, <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/12/16/le-principe-d-innovation-entre-dans-la-loi-europeenne_5398455_3244.html?search-type=classic&amp;ise_click_rank=3" class="spip_out" rel="external">ils ont gagné en 2018</a>. En France, ils font des tentatives régulières, plus ou moins grossières.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/La-FNSEA-veut-en-finir-avec-le-principe-de-precaution</link>
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      <pubDate>Thu, 09 Apr 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Affaire Cédric Prizzon : derrière le fait divers, des assassinats masculinistes]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Cédric Prizzon, la quarantaine, est très actif sur Facebook et TikTok. Il se filme, interpellant l’animateur Cyril Hanouna ou l’ancien garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti, filme son ex-compagne devant la sortie de l’école, ou bien crache son venin contre celle qu’il traite de <em>« folle »</em> et de <em>« criminelle »</em>. Quand Cédric Prizzon est arrêté au Portugal, le 24 mars, cela fait déjà plusieurs jours que son ex-compagne, Audrey, et sa compagne actuelle, Angela, ainsi que leurs enfants, ont disparu en Aveyron. Sa cavale meurtrière se termine avec la découverte des corps d’Angela et d’Audrey, alors que, dans sa voiture, l’ancien policier avait caché plusieurs plaques d’immatriculation, de faux papiers d’identité et 17 000 euros en liquide, sans doute pour disparaître.</p><div class="spip_document_22744 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="307" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/capture_d_e_cran_2026-04-02_105843.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c465151878 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp 960w, local/adapt-img/640/20x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp?1775654877 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 960w, local/adapt-img/640/20x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp 720w, local/adapt-img/640/15x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 720w, local/adapt-img/640/15x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp 480w, local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png@.webp?1775637114 640w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png" width="640" height="640" alt="" aria-describedby="by22744-818fa8eb81c1e02ddfc50dd814141cd5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 480w, local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/64/af7714f24b1684174577573a8ce6ea.png 640w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22744-818fa8eb81c1e02ddfc50dd814141cd5">Cédric Prizzon était très actif sur Facebook et TikTok. Il se filme, interpellant l’animateur Cyril Hanouna ou l’ex-garde des Sceaux Éric Dupont-Moretti, filme son ex-compagne devant la sortie de l’école, qu’il traite de <em>« folle »</em> et de <em>« criminelle »</em>.
Capture d’écran du compte TikTok
</figcaption></figure></div><p>L’histoire de la séparation d’Audrey et Cédric Prizzon ressemble à beaucoup d’autres : un conflit autour de la garde alternée de leur fils, qui se transforme en violences. En 2021, déjà, Cédric Prizzon enlève son fils, avant d’être retrouvé deux mois plus tard. Il écope de neuf mois de prison, transformés en surveillance électronique à domicile ; et son droit de garde lui est retiré. Désormais, il ne peut plus voir son fils qu’en présence des services sociaux. Dès lors, Cédric Prizzon multiplie les posts, les vidéos, et manifeste devant la mairie de Vailhourles, dans l’Aveyron, tout en alertant les médias.</p><p>En 2023, il est de nouveau condamné, cette fois à 18 mois de prison et deux ans de sursis probatoire pour le harcèlement de son ex-compagne sur les réseaux sociaux. Il manifeste alors devant l’Hôtel de Ville de Villefranche-de-Rouergue, toujours dans l’Aveyron, et mène une grève de la faim devant le tribunal de Rodez. Son <em>« combat [...] d’un père pour son fils »</em> est <a href="https://www.centrepresseaveyron.fr/2023/03/24/aveyron-a-vailhourles-le-combat-devant-la-justice-dun-pere-pour-son-fils-11083772.php" class="spip_out" rel="external">relaté dans la presse locale</a>.</p><p>Cédric Prizzon porte un bracelet électronique jusqu’en octobre 2025, et ses publications violentes en ligne ne diminuent pas. Ses condamnations pour harcèlement, violences (en 2021 et 2024) et non-représentation d’enfant ne sont pas évoquées dans la presse. Sur ses réseaux sociaux, il prévient : <em>« J’ai encore eu des messages de papas qui n’ont pas vu leur enfant depuis un an et demi. C’est une honte. S’il le faut, je vais foutre le bordel au niveau national. »</em></p><h2 class="spip" id="Derriere-les-lt-lt-droits-des-peres-la-domination-masculine">Derrière les « droits des pères », la domination masculine</h2><p>Les mouvements des « droits des pères » sont les représentants historiques du masculinisme : sous couvert de protester contre les inégalités en matière de garde d’enfants lors d’une séparation, des associations accusent la justice d’être gangrénée par les femmes et les féministes.</p><div class="spip_document_22745 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="261" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/prizzon_cpa.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3352954176 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 1440w, local/adapt-img/883/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp?1775654878 1766w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 1440w, local/adapt-img/883/20x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 1766w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 1080w, local/adapt-img/883/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 1325w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 1080w, local/adapt-img/883/15x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 1325w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp 720w, local/adapt-img/883/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png@.webp?1775637627 883w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/883/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png" width="883" height="883" alt="" aria-describedby="by22745-d84745e5c06b459e1c8cc7775fc2403a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 720w, local/adapt-img/883/10x/local/cache-gd2/c2/4f0494d951cdc5453281ca8406c8ea.png 883w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22745-d84745e5c06b459e1c8cc7775fc2403a">Cédric Prizzon manifeste alors devant l’Hôtel de Ville de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) en 2023, après avoir été condamné à 18 mois de prison et deux ans de sursis probatoire pour le harcèlement de son ex-compagne sur les réseaux sociaux.
Capture d’écran
</figcaption></figure></div><p><a href="https://www.acfas.ca/communaute/profil/gwenola-sueur" class="spip_out" rel="external">Gwénola Sueur, doctorante en sociologie à l’université de Bretagne occidentale</a>(UBO), montre dans son mémoire de recherche que ces associations, nées dans les années 1970, <em>« revendiquent l’affaire du forcené de Cestas comme l’acte fondateur des mouvements des pères »</em>. En février 1969, André Fourquet, 38 ans, <a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1969/02/15/andre-fourquet-resiste-toujours-un-medecin-et-un-officier-de-gendarmerie-ont-tente-en-vain-de-lui-faire-quitter-sa-maison-assiegee_3059798_1819218.html" class="spip_out" rel="external">se retranche dans sa ferme</a>avec ses deux enfants. Séparé de la mère, Fourquet avait déjà enlevé ses enfants deux ans plus tôt, donnant lieu à quinze jours de négociation avec les gendarmes. En 1969, il finira par tuer ses enfants et se suicider. <em>« Un militant historique du mouvement des pères, Philippe Guidal, quand est créé le site Paternet</em>[site historique rassemblant les associations des droits des pères, ndlr]<em>, archive des articles sur Cestas »</em>, ajoute Gwénola Sueur. Les groupes de pères commencent à manifester devant le tribunal de Rouen en 1973.</p><p>Par la suite, une nuée d’associations et quelques collectifs essaiment : le MCMP (Mouvement de la condition masculine paternelle), puis le MCM (Mouvement de la condition masculine) en 1975 ; Les enfants du dimanche en 1981 ; L’enfant et son père, nouveau mouvement de la condition paternelle en 1983. Les années 1990 et 2000 voient naître la célèbre SOS Papa ; mais aussi Père, mère, enfant ; Urgence papa ; L’enfant et son droit ; Justice papa... La liste est longue. La notoriété de ces associations grandit à la faveur des actions d’envergure menées par certaines, comme SOS Papa : en 2013, des membres de l’association se retrouvent <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/070813/les-peres-grues-adeptes-des-actions-coup-de-poing-et-du-masculinisme" class="spip_out" rel="external">sous le feu des projecteurs</a>, parmi lesquels Serge Charnay, qui se perche sur une grue à 40 mètres de hauteur, à Nantes.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Syndrome-d-alienation-parentale">« Syndrome d’aliénation parentale »</h2><p>En 2023, Cédric Prizzon rejoint le groupe Facebook « Papa en colère ». <em>« Ma folle d’ex m’a donné deux coups de couteau dans le ventre avec amnésie, toujours en liberté, 50 faux dépôts de plaintes »</em>, vociférait-il en septembre 2023 dans une publication aujourd’hui supprimée. Sur ce groupe « Papa en colère », qui compte plus de 30 000 membres, on peut lire, au sujet de l’expertise psychiatrique parfois demandée : <em>« Madame gros trouble narcissique… Le JAF</em> [juge aux affaires familiales] <em>a juste demandé à madame de voir un médecin pour se soigner... mais a laissé l’enfant avec la mère complètement cinglée. »</em> Un autre père écrit, désabusé : <em>« Ne vous laissez pas abattre par une juge inhumaine, il y en a plein, à croire qu’elles ont choisi d’être juges pour flinguer les papas. Ne serait-ce pas elles qui auraient un problème avec leurs pères. Je me pose la question… »</em></p><p>Sur ce groupe, les pères en colère font également mention incessante du « syndrome d’aliénation parentale », notion non reconnue par la communauté scientifique, qui décrirait le processus par lequel un parent (souvent la mère) manipulerait son enfant pour le détourner de l’autre parent (souvent le père). Ce « syndrome » est largement convoqué par les associations des droits des pères, régulièrement pour nier des violences sexuelles ou intrafamiliales, présentant la mère comme manipulatrice et aliénante. En 2018, une note d’information a été mise en ligne sur le site intranet de la direction des affaires civiles et du sceau du ministère de la Justice pour <em>« informer les magistrats du caractère controversé et non reconnu du syndrome d’aliénation parentale »</em>, <a href="https://www.senat.fr/amendements/2022-2023/401/Amdt_2.html" class="spip_out" rel="external">indique le Sénat</a>. Comme le rappelle la chercheuse et <a href="https://x.com/boadiceenne3/status/2037846491583144230?s=20" class="spip_out" rel="external">spécialiste du masculinisme Stéphanie Lamy</a>, <em>« l’idéologie promue dans le milieu radical masculiniste des pères enragés n’est pas seulement de la haine des femmes, mais aussi celle de l’autorité de la justice qui contreviendrait selon eux à l’autorité "naturelle" des pères »</em>.</p><h2 class="spip" id="Une-rhetorique-victimaire-comme-strategie">Une rhétorique victimaire comme stratégie</h2><p>Pourtant, les pères en colère bénéficient d’une forme de sympathie dans les médias. <em>« Jusqu’au début des années 2000, la rhétorique de défense des droits des hommes et des pères était plus frontale. Depuis la mise à l’agenda politique de certains enjeux féministes, ça devient plus compliqué de porter des revendications explicites en faveur des droits des hommes »</em>, constate Edouard Leport, sociologue, et auteur du livre <em><a href="https://www.editions-msh.fr/livre/les-papas-en-danger/" class="spip_out" rel="external">Les papas en danger ?</a> Des pères à l’assaut des droits des femmes</em> (Éditions de la maison des sciences de l’Homme, 2022), issu de sa thèse sur les groupes de pères séparés. <em>« De fait, la rhétorique de ces groupes change : ils vont parler de la protection et de la défense des enfants, d’égalité parentale, de coparentalité… pour donner une représentation positive »</em>, ajoute le sociologue.</p><p>C’est tout le message déployé par les pères séparés qui se perchent sur les grues à Nantes, réclamant la <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/221117/garde-alternee-systematique-les-dangers-du-projet" class="spip_out" rel="external">garde alternée par défaut</a> en cas de séparation. <em>« Ils se décrivent comme des pères qui veulent s’investir plus, qui en seraient empêchés »</em>, détaille Edouard Leport. Cette rhétorique consolide leur position victimaire, alors que la réalité statistique est tout autre : dans 82 % des cas de séparation, il n’y pas de litige concernant le mode de garde. Et si les mères sont plus nombreuses à obtenir la garde, c’est souvent parce que les pères ne la demandent pas.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/contre-les-feminicides-un-combat-mondial">Contre les féminicides : un combat mondial</a></aside><p>Cette position victimaire, Cédric Prizzon continue de l’adopter, même en détention. Devant le tribunal Vila Nova de Foz Côa, au Portugal, il a déclaré être <em>« la vraie victime »</em>. Lors de ses manifestations dans l’Aveyron, il répétait qu’<em>« en France, être père est un crime »</em>. Sur ses réseaux sociaux, il accusait son ex-compagne de tentative de meurtre, et affirmait se battre pour son fils, en <em>« danger »</em> auprès d’elle. <em>« Ce sont des hommes qui pouvaient se prendre en photo devant l’ex-domicile de madame, aller en camping-car avec d’autres groupes de pères pour harceler son ex-conjointe, ou même aller devant des centres d’hébergement pour femmes victimes de violences conjugales pour faire des espèces de manifestations »</em>, liste la sociologue Gwénola Sueur.</p><p>Dans ses recherches, Gwénola Sueur écrit d’ailleurs que <em>« l’identité collective des groupes de pères se construit autour de l’héroïsation de certains de leurs membres [...], conjuguée à la mise en avant de leur souffrance »</em>. Cinq décennies plus tôt, un ouvrage de référence pour cette sphère masculinste, <em>Le livre noir du divorce</em>, publié en 1973 par l’association Didhem (Défense des intérêts des divorcés hommes et de leurs enfants mineurs), considérait le divorce comme un <em>« parricide social »</em> et une <em>« malédiction jetée par la société démagogiquement féministe »</em>. Si le discours de surface a changé, le fond reste le même.</p><p><em>« Et ils ont gagné. Dans les tribunaux de la famille, quand une mère dévoile des violences conjugales, quand un enfant dévoile des violences sexuelles, incestueuses notamment, ou des maltraitances, la mère est considérée comme malveillante »</em>, par les avocats des pères et les groupes de pères, constate Pierre-Guillaume Prigent, docteur en sociologie à l’université de Bretagne occidentale, qui travaille sur ces mouvements. Ils s’appuient notamment sur la loi du 4 mars 2002 relative à l’autorité parentale, qui garantit l’égalité de principe entre parents et indique que la résidence alternée est le mode idéal qui garantit la coparentalité – une loi dont les associations de droits des pères s’arrogent la paternité.</p><h2 class="spip" id="Lobbying-politique">Lobbying politique</h2><p>L’affaire Cédric Prizzon n’est pas un simple fait divers. C’est un cas d’école. <em>« Il y a tous les ingrédients : un ancien policier, père en colère, qui a fait des actions devant un tribunal, qui a eu des condamnations… C’est presque une caricature. Et dans ce dossier, la justice a l’air d’avoir réagi à la mesure des enjeux, à chaque étape. Sauf dans la protection de son ex-conjointe et de sa nouvelle compagne »</em>, analyse Edouard Leport.</p><p>D’autant que ces mouvements ne veulent pas se satisfaire de la loi de 2002, et continuent leur lobbying politique. En février 2025, <a href="https://defendre-les-enfants.eu/actualites/20250212-rencontre-entre-un-representant-de-defendre-les-enfants-et-papa-en-colere-avec-la-presidente-de-lassemblee-nationale-yael-braun-pivet/" class="spip_out" rel="external">un membre actif du groupe « Papa en colère »</a>et du collectif Défendre les enfants, se targuait d’avoir pu rencontrer Yaël Braun-Pivet, la présidente de l’Assemblée nationale. Au cours de cet entretien, il affirme avoir abordé la défiscalisation de la pension alimentaire et la proposition de loi 819 sur « la garde partagée égalitaire », qui vise à instaurer la garde alternée par défaut en cas de désaccord entre les parents. Ces revendications ne sont pas nouvelles, selon Edouard Leport, Gwénola Sueur et Pierre-Guillaume Prigent. Ces associations sont régulièrement auditionnées dans les discussions parlementaires sur les sujets du divorce, de la justice ou de la famille.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/masculinisme-Francis-Dupuis-Deri-discours-de-la-crise-de-la-masculinite-vehicule-souvent-memes-faussetes">« Le discours de la crise de la masculinité véhicule souvent les mêmes faussetés »</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Ils-alimentent-la-culture-du-viol">« Ils alimentent la culture du viol »</h2><p>Ces associations exercent une certaine influence politique, au prix de l’invisibilisation de leur violence dans le débat médiatique. De Cestas à Cédric Prizzon, le mouvement des pères est peu inquiété au sujet de sa violence. Alors même que ces groupes <em>« défendent et transmettent des analyses, des cadrages masculinistes sur les questions des violences sexistes et sexuelles, faites aux femmes et enfants »</em>, explique Edouard Leport. <em>« Ils alimentent la culture du viol, et peuvent aller jusqu’à donner des outils pour échapper à des condamnations »</em>, ajoute le sociologue.</p><p>À travers leur rhétorique, les pères en colère martèlent que la violence conjugale serait surestimée, qu’elle toucherait autant les hommes que les femmes, et que les hommes seraient notamment principalement victimes de violences psychologiques… Sans parler d’une culture de l’impunité, qui justifie les comportements violents.</p><p>Dans un passé pas si lointain, ces associations allaient jusqu’à se rassembler dans les cimetières pour rendre hommage aux pères qui ont tué leurs enfants, rappelle Gwénola Sueur. Avant d’ajouter : <em>« Donc oui, historiquement, les associations de pères sont des associations ultraviolentes. »</em></p><p>Outre le forcené de Cestas, on peut citer plusieurs autres affaires de violence liées aux mouvements des droits des pères : en 2009, Fabrice Devaux, membre de SOS Papa, est condamné à 6 ans de prison pour avoir projeté l’assassinat de la mère de ses enfants. Il avait proposé à trois reprises 30 000 euros à des tiers pour faire <em>« disparaître »</em> son ex-compagne.</p><p>En 2015, le site Paternet rapporte une affaire glaçante, d’un père qui s’est jeté sous un train avec son fils, laissant un communiqué : <em>« Je quitte ce monde aujourd’hui avec mon fils car nous vivons dans une société sclérosée où une femme a le droit de donner la vie sans la moindre retenue ou garde-fou, puis de prendre son enfant et sa vie à un homme, et ce avec l’appui de la justice. »</em> En 2016, Bruno Barthet se retranche chez lui, armé, pour dénoncer <em>« l’injustice vécue par les pères séparés »</em>, comme le rappelle la chercheuse Stéphanie Lamy dans son livre <em>La Terreur masculiniste</em> (Éditions du détour, 2024).</p><h2 class="spip" id="Un-terrorisme-masculiniste">Un terrorisme masculiniste ?</h2><p>Stéphanie Lamy est d’ailleurs <a href="https://www.change.org/p/affaire-c%C3%A9dric-prizzon-nous-exigeons-la-saisine-du-pnat-terrorismemasculiniste" class="spip_out" rel="external">à l’origine d’une pétition</a> appelant à ce que le Parquet national antiterroriste (PNAT) se saisisse du double féminicide d’Audrey et Angela. <em>« La saisine du PNAT est, dans l’affaire Cédric Prizzon, cruciale. Elle engage la qualification des faits, y compris dans leur traitement médiatique, en reflète la nature réelle et conditionne les moyens d’enquête mobilisés »</em>, affirme-t-elle. Cette qualification permettrait, selon elle, des enquêtes plus poussées sur le milieu des pères séparés, de renforcer la protection des victimes, et d’ouvrir des droits pour les familles de victimes. <em>« Des membres des associations pionnières revendiquent des actions violentes comme reproduire Cestas, faire du chantage au suicide, recourir aux armes ou déposer des engins explosifs dans les tribunaux, n’est-ce pas du terrorisme ? »</em> interroge Gwénola Sueur.</p><p>Olivier Christen, le procureur national antiterroriste, a annoncé, le 3 avril, ne pas se saisir de cette affaire en dépit des demandes de plusieurs militantes féministes et du Haut Conseil à l’égalité. <em>« Les organes rattachés au gouvernement ne peuvent faire pression de quelque façon que ce soit sur la justice pour décider quelle qualification doit être donnée à des faits »</em>, a-t-il répondu, le Haut Conseil dépendant du Premier ministre. L’an passé, Gérald Darmanin, ministre de la Justice, affirmait : <em>« La DGSI [direction générale de la sécurité intérieure] a un bureau de suivi des masculinistes, des “incel” comme il y en a pour l’ultradroite, l’ultragauche, les islamistes radicaux. »</em> Les incels sont ces hommes « célibataires involontaires » qui rejettent la faute sur les femmes et développent des discours anti-féministes et misogynes. D’autres groupes masculinistes, comme les mouvements des droits des pères, ne sont donc pas « suivis ».</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/On-pense-etre-le-meilleur-mec-anti-patriarcal-alors-qu-on-rejoue-masculinite-dominante-interview-Quentin-Delval">« On pense être le meilleur mec anti-patriarcal alors qu’on rejoue une masculinité dominante »</a></aside><p>Dans leurs recherches, Pierre-Guillaume Prigent et Gwénola Sueur documentent pourtant la banalité des argumentaires masculinistes des droits des pères. <em>« Ce sont des centaines de femmes qui nous ont raconté ça pendant des années : elles n’ont même pas porté plainte, parce qu’elles n’avaient aucun espoir que ça aboutisse. Parce que cinq ou six ans après la séparation, l’ex-conjoint continue de les harceler, d’exercer un contrôle coercitif »</em>, rappelle Pierre-Guillaume Prigent. Les chercheurs nuancent : à force de trop se concentrer sur les cas particuliers, comme Cédric Prizzon, on occulte la violence masculine ordinaire. <em>« Une violence plus diffuse, plus difficile à documenter »</em>, selon Gwénola Sueur. Et donc plus difficile à détecter, même par la justice.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 08 Apr 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Les macronistes veulent ouvrir la voie à un 1er-Mai travaillé dès 2026]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Travailler plus, travailler plus, travailler plus encore. Ce mot d’ordre martelé par les macronistes depuis 2017 – et par la droite depuis plus longtemps encore – s’apprête à faire une nouvelle victime : la journée internationale de lutte des travailleurs du 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai.</p><p>Le groupe Renaissance à l’Assemblée nationale compte profiter de sa niche parlementaire pour faire adopter une proposition de loi, initiée par la droite sénatoriale et votée par la chambre haute le 3 juillet 2025. Celle-ci est présentée par ses défenseurs comme un simple outil de sécurisation juridique pour des boulangers et des fleuristes qui ouvriraient leurs portes avec des salariés volontaires le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai. Dans un premier temps, le groupe Les Républicains avait tenté, en vain, de la faire voter lors de sa niche parlementaire le 22 janvier 2026. Mais les débats s’étaient éternisés sur plusieurs autres de ses propositions de loi et ce texte-ci n’avait pas pu être abordé avant la fin de la journée.</p><p>La volonté de déroger au seul jour férié obligatoirement chômé et rémunéré aurait pu en rester là. Mais c’était sans compter sur la volonté du camp présidentiel – qui avait déjà engagé une procédure accélérée sur ce texte – de grignoter quelques droits sociaux supplémentaires. Dès le 29 janvier, Gabriel Attal, qui ne cache pas ses ambitions présidentielles, faisait savoir qu’il reprendrait cette proposition de loi à son compte.</p><h2 class="spip" id="Vers-la-fin-du-1er-Mai-ferie-obligatoirement-chome">Vers la fin du 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai férié, obligatoirement chômé ?</h2><p><em>« On nous parle du petit boulanger du coin et du fleuriste, mais ils peuvent déjà ouvrir le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai. En réalité, cette loi est faite pour profiter aux grandes enseignes : Interflora, Carrefour, la Fnac, Marie Blachère »</em>, explique la numéro un de la CGT, Sophie Binet, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux du syndicat.</p><p>Mais que prévoit précisément la <a href="https://www.senat.fr/leg/tas24-164.html" class="spip_out" rel="external">proposition de loi</a> « visant à permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai » ? Elle modifie le Code du travail afin de permettre l’emploi de salariés ce jour-là dans plusieurs secteurs d’activité. Jusqu’ici, les exceptions ne concernaient que les établissements et services qui, <em>« en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail »</em>, comme une partie des transports, le secteur de la santé, les hôtels, certains lieux culturels et quelques rares industries.</p><p>Le texte issu du Sénat qui sera proposé au vote le 10 avril ajoute <em>« les établissements assurant, à titre principal, la fabrication ou la préparation de produits alimentaires destinés à la consommation immédiate »</em>, ainsi que <em>« les autres établissements dont l’activité exclusive est la vente de produits alimentaires au détail »</em>. Tous les commerces dits de bouche sont concernés : boucheries et poissonneries, par exemple, de même que les épiceries et l’ensemble de la restauration.</p><p>Le législateur a également prévu une exception pour <em>« les établissements exerçant, à titre principal, une activité de vente de fleurs naturelles »</em> et ceux <em>« exerçant, à titre principal, une activité culturelle »</em>. En tout, <a href="https://www.humanite.fr/social-et-economie/1er-mai/travail-le-1er-mai-toutes-les-intox-du-patronat-demasquees" class="spip_out" rel="external">selon les calculs du quotidien <em>L’Humanité</em></a> ce seraient 1,5 million de salariés qui seraient concernés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="L-illusion-du-volontariat-et-de-la-surremuneration">L’illusion du volontariat et de la surrémunération</h2><p>Il s’agit <em>« d’une loi Carrefour-Interflora »</em>, dénonçait déjà Thomas Vacheron, auprès de <em>Basta!</em> au moment de la niche parlementaire des Républicains en janvier. Donner une dérogation <em>« aux magasins à prédominance alimentaire permettrait aux moyennes surfaces d’ouvrir, comme cela avait été le cas sur le travail du dimanche, où une partie des rayons étaient obstrués pour qu’il n’y ait que la partie alimentaire d’ouverte »</em>, alerte le secrétaire confédéral de la CGT.</p><p>De leur côté, les partisans de la proposition de loi assurent donner des garanties aux salariés. Le travail le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai dans ces secteurs d’activité sera conditionné à un accord écrit du salarié et ouvrira droit à une majoration salariale. Une illusion de garanties, estiment <a href="https://alloparlement.fr/images/Courrier.pdf" class="spip_out" rel="external">huit syndicats</a> qui, dans un courrier commun destiné à l’ensemble des députés, expliquent que le volontariat <em>« n’existe pas réellement du fait du lien de subordination inhérent au contrat de travail »</em>.</p><p>Pour eux, <em>« comme pour le dimanche, les employeurs obligeront les salarié·es à travailler le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai sous peine de licenciement, ou de non-recrutement pour les nouvelles et nouveaux salarié·es »</em>. Quant à l’avantage d’être payé double le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai, avancé par les promoteurs du projet, il n’y croient pas plus. <em>« À chaque fois qu’un principe est entamé, les dérogations s’étendent progressivement jusqu’à devenir la règle […], une fois le travail généralisé ce jour-là, les majorations n’ont plus lieu d’être »</em>, préviennent les syndicats.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Travailler-le-1er-mai-C-est-ce-que-propose-une-loi-soutenue-par-droite-et-l-extreme-droite">Travailler le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai ? La proposition de loi que les députés s’apprêtent à voter</a></aside><h2 class="spip" id="Un-consensus-des-macronistes-a-l-extreme-droite">Un consensus des macronistes à l’extrême droite</h2><p>Des salariés supplémentaires devront-ils travailler le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai prochain ? Ce n’est pas exclu. Avec la procédure accélérée choisie par le gouvernement pour ce texte, une seule lecture par chambre suffit à l’adoption de la proposition de loi. Ainsi, si elle est adopté le 10 avril par l’Assemblée nationale sans amendements, elle pourrait techniquement bénéficier d’une promulgation et d’un décret d’application avant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai 2026. À l’inverse, si des amendements sont intégrés, les textes issus des deux chambres du Parlement nécessiteront une commission mixte paritaire qui renverrait la validation d’un texte harmonisé à après le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai 2026.</p><p>Reste à savoir si les députés l’entérineront. Et, sur ce point, les débats en commission des Affaires sociales de l’Assemblée nationale en janvier dernier laissent entrevoir une adoption très probable. En plus du soutien des groupes Les Républicains et Renaissance, qui ont inscrit ce texte dans leur niche parlementaire, le gouvernement pourra compter sur ses alliés du groupe Horizons, ainsi que le MoDem qui déclarait <em>« saluer cette initiative »</em> et qu’il <em>« voterait cette proposition de loi de bon sens »</em> lors de la <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/commissions-permanentes/affaires-sociales/actualites/permettre-aux-salaries-de-certains-etablissements-et-services-de-travailler-le-1er-mai-deblocage-exceptionnel-de-la-participation-et-de-l-interess" class="spip_out" rel="external">séance en commission</a>. De plus, le Rassemblement national et son allié de l’UDR n’ont pas fait mystère de leur soutien à l’initiative.</p><p>L’extrême droite soutiendra également la proposition de loi dans la niche parlementaire macronistes. Le député ciottiste Éric Michoux y voyait même, pendant la séance en commission, une occasion de revanche sur les <em>« gauchos »</em> accusés de <em>« détruire la valeur travail »</em> et de <em>« n’aimer ni le travail ni les travailleurs »</em>. Quant au Rassemblement national, il a affirmé plus sobrement ce jour-là qu’il voterait la proposition de loi en l’état.</p><h2 class="spip" id="Mobilisation-syndicale-express">Mobilisation syndicale express</h2><p>Malgré le consensus du camp présidentiel à l’extrême droite, les syndicats ne veulent pas s’avouer vaincus d’avance. En plus du courrier à l’ensemble des députés dont ils se sont fendus pour les exhorter à ne pas <em>« remettre en cause plus d’un siècle d’histoire sociale et de conquêtes collectives »</em>, ils font la promotion du site <a href="https://alloparlement.fr/" class="spip_out" rel="external">Alloparlement</a> auprès des salariés afin qu’ils interpellent leur député pour qu’il ne valide pas le texte. De plus, la CGT, la FSU et Solidaires appellent à un rassemblement devant l’Assemblée nationale le 10 avril à partir de 8 h 30.</p><p>À côté des actions en direction des parlementaires, plusieurs mobilisations ont été lancées. En Côte-d’Or, la CGT a organisé un rassemblement vendredi dernier à Beaune devant la permanence du député Rassemblement national, favorable à l’extension du travail le 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai. À Saint-Étienne, les syndicats CFDT, CGT, FO, FSU, CFE-CGC, Unsa, Solidaires, et CNT appellent à un rassemblement le 10 avril à midi sur la place Jean-Jaurès. La CGT a fait de même dans l’Aveyron, à Rodez et Millau le mardi 7 avril.</p><p>À Amiens, ce sont une cinquantaine de salariés de l’équipementier automobile Valeo qui ont débrayé mercredi dernier pour protester contre l’organisation du travail des équipes de nuit, à l’occasion du 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai. Une illustration grandeur nature de l’intérêt du patronat pour une multiplication des exceptions au 1<sup class="typo_exposants">er</sup>-Mai obligatoirement chômé.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 08 Apr 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Pourquoi les épidémies animales se multiplient : ce qui a changé c'est « la dégradation de l'environnement »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les éleveuses et éleveurs sont confrontés au quotidien à des épidémies animales qui pourraient s’étendre à nouveau avec le retour du printemps. La France est placée en risque élevé de grippe aviaire depuis octobre dernier. Des exploitations agricoles, actuellement confrontées à la tuberculose bovine doivent recourir à l’abattage total de leur troupeau, notamment en Côte-d’Or, dans le Calvados et l’Orne.</p><p>Quelques foyers de maladie hémorragique épizootique subsistent dans la Sarthe. Cette maladie infectieuse due à un virus est transmise exclusivement par des moucherons, les mêmes que ceux de la fièvre catarrhale ovine. Si la France est pour l’heure indemne de peste porcine africaine, les cas se multiplient dans les pays voisins, en Italie, en Allemagne, ou en Espagne. Nombre d’éleveuses et d’éleveurs redoutent également le retour de la dermatose nodulaire contagieuse en France continentale.</p><p>Pour comprendre l’accélération des épidémies animales dont une partie se transmettent aux humains, et identifier les pistes pour les prévenir, Hélène Soubelet, docteure vétérinaire et directrice générale de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité, nous a accordés un entretien, alors que la France accueille à Lyon le One Healh Summit, censé se pencher sur « les santés des humains, des animaux et des écosystèmes » qui « sont interdépendantes ». Ce sommet qui rassemble États, acteurs publics ou privés, scientifiques et société civile, « vise à mieux coordonner les politiques publiques pour répondre aux enjeux sanitaires, alimentaires et environnementaux ».<br class="autobr" />
 <br class="autobr" /><strong><em>Batsa !</em> : Est-ce que la multiplication des maladies animales vous surprend ?</strong></p><p><strong>Hélène Soubelet :</strong> De nombreuses études constatent une augmentation des maladies, notamment infectieuses, dans la majorité des espèces – animaux domestiques et chez les humains. Plusieurs phénomènes se juxtaposent.</p><div class="spip_document_22694 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="125" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3617588082 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp?1774872660 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg@.webp?1775554285 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg" width="960" height="1440" alt="portrait en noir et blanc de Hélène Soubelet" aria-describedby="by22694-50119d42d97059baa3fa918273b8e88f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/hs-noiretblanc.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22694-50119d42d97059baa3fa918273b8e88f">Hélène Soubelet est docteure vétérinaire et directrice générale de la Fondation pour la recherche sur la biodiversité.
© DR
</figcaption></figure></div><p>D’abord le phénomène de l’émergence des maladies. Un pathogène – présent soit dans l’environnement soit dans une espèce animale – va se transmettre à individu d’une autre espèce. Si c’est entre deux espèces sauvages, ça passe inaperçu. En revanche, si c’est transmis à l’humain ou à une espèce domestique, ça va se voir. Or il y a de moins en moins d’animaux sauvages et de plus en plus d’humains, donc les maladies sont plus visibles.</p><p>Pour que la maladie devienne une épidémie, il faut qu’il y ait transmission, du virus, du champignon, ou de la bactérie, entre des individus de l’espèce atteinte, entre bovins par exemple. Les maladies infectieuses humaines sont pour 70 % des zoonoses, c’est à dire des maladies transmises de l’animal à l’homme.</p><p>La troisième phase, c’est la pandémie. Quand l’épidémie locale touche d’autres régions dans le monde. Nos modes de vies hyperconnectés, via les déplacements d’humains, d’animaux sauvages ou de produits animaux ou végétaux, favorisent les pandémies.</p><p><strong>Qu’est-ce qui explique l’accélération de ces épidémies ces dernières années ?</strong></p><p>Un des facteurs explicatif important est la dégradation de l’environnement, qui favorise les contacts entre espèces et défavorise les phénomène de régulation des maladies. On bouleverse tellement notre environnement qu’on augmente le risque de rompre les équilibres des écosytèmes. La déforestation est très connue pour bouleverser les équilibres des patho-systèmes, c’est à dire les relations entre l’hôte, le pathogène et éventuellement des espèces non cibles. Elle favorise par exemple, et en fonction des contextes, les émergences de cas de paludismes ou de maladie de Lyme.</p><p>Les maladies augmentent aussi parce que les humains et leurs animaux domestiques sont présents dans tous les milieux, y compris les moins explorés comme les forêts tropicales, les montagnes, les zones humides, les déserts. Soit on transporte nos propres virus dans un milieu sauvage, ce qui peut entraîner des mortalités animales, soit on se contamine avec des virus et des bactéries présents dans l’environnement, ce qui peut générer des mortalités humaines, par exemple Ebola, ou animales, la peste porcine africaine.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><strong>Pourquoi les élevages sont-ils particulièrement touchés ?</strong></p><p>L’élevage joue un rôle déterminant dans les dynamiques épidémiologiques d’émergence de nouvelles maladies. La domestication a transformé des espèces sauvages en espèces avec des caractéristiques et des modalités de vie qui sont parfois très éloignées de leurs conditions naturelles. Ça les rend vulnérables, plus sensibles. Elles développent moins de défenses immunitaires, moins de capacité à se protéger.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/comment-les-multinationales-font-main-basse-sur-la-reproduction-animale">Comment les multinationales font main basse sur la reproduction animale</a></aside><p>Sur le plan génétique, les animaux actuels sont issus de lignées relativement homogènes. Les conduites d’élevage ont aussi tendance à être identiques. Un virus ou une bactérie adapté à une génétique ou à un type d’élevage va pouvoir se propager rapidement d’élevage en élevage : il va être dans des conditions connues pour lui. La phase de contamination est donc beaucoup plus rapide. Les élevages sont des amplificateurs d’un certain nombre de pathogènes, dès lors qu’ils arrivent à y pénétrer. C’est pour cela que les mesures de biosécurité sont très importantes en élevage industriel.</p><p><strong>Un rapport de 2025 de l’Organisation mondiale de la santé animale cite justement <a href="https://www.woah.org/app/uploads/2025/05/la-situation-mondiale-de-la-sante-animale.pdf" class="spip_out" rel="external">l’intensification des échanges commerciaux</a> comme facteur influençant la propagation et la prévalence des maladies…</strong></p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Le système alimentaire mondialisé a augmenté la vulnérabilité des animaux »</p>
</aside><p>Ces échanges vont en effet permettre de transmettre plus facilement des pathogènes. Les animaux sont à la fois plus sensibles et mis dans des conditions de vie plus stressantes lorsqu’ils sont transportés par camions ou placés en allotement [regroupement d’animaux provenant de différents élevages en fonction de critères économiques, ndlr].</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/personnel-revolte-passagers-choques-veaux-vivants-transportes-bateau-Normandie-Manche-Brittany-Ferries">Personnel « révolté », passagers « choqués » : des veaux vivants transportés par bateau en Normandie</a></aside><p>Le stress, la promiscuité, parfois les mauvais traitements favorisent les infections : si un pathogène circule, les animaux vont plus facilement l’attraper, le développer et le transmettre. Le système alimentaire mondialisé a augmenté la vulnérabilité des animaux face à ces divers pathogènes.</p><p><strong>Quel est le rôle du changement climatique ?</strong></p><p>Le changement climatique modifie lui aussi les équilibres. Il peut notamment favoriser certains vecteurs comme les insectes, qui peuvent transmettre des bactéries ou des virus. Ces vecteurs peuvent bouger, coloniser d’autres régions et apporter avec eux leurs pathogènes. Il y a là un risque que ces pathogènes s’adaptent à leur nouvel environnement.</p><p><strong>Y a t-il un facteur qui joue un rôle plus important dans l’accélération des épidémies animales ?</strong></p><p>C’est la combinaison de tous les facteurs évoqués qui accélèrent les émergences et les rend plus probables : dégradation de l’environnement, élevages intensifs, animaux génétiquement identiques, sans accès à l’herbe et confinés en bâtiment... Si on ne travaille pas sur les facteurs d’émergence, les maladies vont se propager – y compris chez les humains.</p><p><strong>Qu’en est-il des travaux pour augmenter l’immunité globale des élevages ?</strong></p><p>Augmenter l’immunité globale de l’élevage pourrait aider à améliorer la lutte contre les maladies. Les vétérinaires y travaillent dans le cadre des infections parasitaires par exemple. Le niveau d’immunité des animaux peut augmenter lorsqu’on les confronte à des virus, bactéries, champignons ou parasites. Mais, il faut accepter qu’il y ait des infections et parfois des mortalités, avant que cette immunité ne se mette parfaitement en place. Et c’est long : cela peut prendre plusieurs générations.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Sommes-d-abattre-leurs-vaches-en-bonne-sante-pour-que-la-France-continue-d-exporter-tuberculose-bovine">Sommés d’abattre leurs vaches en bonne santé pour que la France continue d’exporter</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/900438cbe49c353732f235288c4f80-8657f.jpg?1764758472" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un homme debout, en combinaison de travail, verse un seau d'aliments à ses vaches au milieu d'un pré" /></aside><p>Malheureusement, aujourd’hui, la plupart des systèmes d’élevage ne peuvent pas prendre ce risque et aucun soutien public n’existe pour favoriser ce genre de processus. Dans certains cas, la circulation d’un pathogène peut aussi faire perdre le statut indemne du pays entier, ou d’une région, ce qui nuit aux échanges internationaux...</p><p>Sur le long terme, c’est une stratégie intéressante dans un objectif de prévention et de résilience, mais la plupart du temps, le contexte est celui de la crise. Dans ce cas, les autorités se voient contraintes de mettre en place des mesures de gestion pour éteindre la crise tout de suite, en particulier avec le recours à l’abattage total.</p><p><strong>Que pensez-vous des mesures d’abattage total ?</strong></p><p>En France, les autorités choisissent souvent cette voie car c’est une façon sûre et simple de stopper la progression d’une maladie. Mais évidemment, leur perspective est une perspective nationale, qui peut s’opposer à celle des éleveurs ou éleveuses d’un territoire.</p><p>Cette mesure découle d’une décision politique. Car derrière la maladie, en plus de la problématique de gestion de l’élevage lui même, il y a des problématiques commerciales.</p><p>En France, nous pouvons nous permettre l’abattage total, car nous sommes un pays riche, qui peut indemniser les éleveurs et éleveuses. Dans les pays d’Afrique confrontés aux mêmes maladies - tuberculose, fièvre aphteuse, grippe aviaire... - les animaux ne sont pas abattus, car sans aides publiques, ce serait mettre les élevages en trop grandes difficultés économiques. Par conséquent, ces élevages infectés subissent des mortalités et les mesures sanitaires consistent essentiellement à confiner, éliminer les animaux malades pour éviter la contamination des cheptels et des aliments, en stérilisant ou pasteurisant le lait par exemple.</p><p><strong>Les autorités françaises ont toutefois accepté de mener des expérimentations de <a href="https://agriculture.gouv.fr/prevention-des-maladies-animales-lexperimentation-sur-la-biosecurite-dans-les-elevages-de-plein-air" class="spip_out" rel="external">biosécurité adaptées dans des élevages de plein air</a>, pour trouver des mesures alternatives au confinement des animaux. Est-ce la preuve que les choses bougent ?</strong></p><p>Je salue cela car il faut qu’on trouve des modalités pour gérer différemment des épidémies, qui seront en augmentation dans le futur. Je pense aussi que ces modalités vont passer par une transformation de l’agriculture en augmentant l’immunité des animaux, en évitant d’avoir la même race partout dans le monde, en retrouvant une alimentation et des conditions de vie plus naturelles pour les animaux... Arrêter, en France, la course aux rendements, des animaux toujours plus productifs en toujours moins de temps, est un des points clé de la transformation d’un élevage intensif fragile vers un élevage extensif résilient.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Certaines recherches proposent d’arrêter de se focaliser sur le seul rendement »</p>
</aside><p>Peut-être que la clé serait de regarder dans quelles conditions on peut augmenter le revenu des éleveurs par la transition des systèmes d’élevages pour produire moins mais mieux, en terme de pratiques et de qualité des produits. Certaines recherches qui font le lien entre économie et biodiversité proposent comme mesure d’arrêter de se focaliser sur le seul rendement, qui peut être un indicateur très délétère. Car il est, paradoxalement, rarement corrélé à de meilleurs revenus, une meilleure qualité de vie et une plus grande satisfaction des éleveurs et éleveuses.</p><p>Ce changement d’indicateur n’a l’air de rien, mais il est essentiel, car il participerait d’un changement de vision de ce que nous demandons collectivement à nos filières de production : produire plus ou produire mieux ? Nourrir le monde à bas prix ou générer un revenu décent pour les producteurs ? Ces questions sont essentielles, elles poussent à réfléchir collectivement à l’élevage de demain.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Pourquoi-les-epidemies-animales-se-multiplient-degradation-environnement</link>
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      <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Loi contre la fraude sociale : « Une brique de plus dans le durcissement vis-à-vis des plus pauvres »]]></title>
      <description><![CDATA[<p><strong><em>Basta!</em> : Après son examen à l’Assemblée nationale, le projet de loi <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N52985" class="spip_out" rel="external">relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales</a> est soumis au vote des députés ce 7 avril. Votre association ATD Quart monde le critique. Pourquoi ?</strong></p><div class="spip_document_22732 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="102" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/geoffroy_renimel.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c948010595 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp?1775235098 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg@.webp?1775323878 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg" width="960" height="960" alt="Portrait de Geoffroy Renimel" aria-describedby="by22732-b95a7710634953f80095cadd28ca3709" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/77/d65f5ace5a0cbbc66f3379ff6b8a07.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22732-b95a7710634953f80095cadd28ca3709">Geoffrey Renimel, délégué national de l’association ATD Quart Monde de lutte contre la pauvreté.
©DR
</figcaption></figure></div><p><strong>Geoffrey Renimel</strong> : Il faut déjà poser le contexte dans lequel s’inscrit cette loi. La pauvreté <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/07/07/la-pauvrete-et-les-inegalites-au-plus-haut-depuis-trente-ans_6619650_3224.html" class="spip_out" rel="external">est au plus haut en France</a> depuis 30 ans. 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. On a eu <a href="https://basta.media/comment-expliquer-la-hausse-des-expulsions-locatives" class="spip_in">plus 30 000 expulsions locatives en 2025</a>, une augmentation de 25 % par rapport à l’année précédente…</p><p>Pour nous, cette loi est une brique de plus dans un durcissement vis-à-vis des plus pauvres, en cours depuis des années. Et c’est aussi la concrétisation des discours sur l’assistanat qui ont prospéré et qui, maintenant, se traduisent dans des lois.</p><p>Dans cette loi « contre les fraudes sociales et fiscales », le volet contre la fraude sociale est disproportionné par rapport à celui qui concerne la fraude fiscale. Pourtant, la fraude sociale est sans commune mesure avec la fraude fiscale en termes de montants.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/loi-contre-la-fraude-fiscale-et-sociale-haro-sur-les-chomeurs-les-allocataires">Loi contre la fraude fiscale et sociale : haro sur les chômeurs, les allocataires du RSA et des minimas sociaux</a></aside><p>La fraude sociale, c’est 14 milliards d’euros annuels, dont 4 milliards de fraudes aux prestations sociales. Dans le débat public, il y a souvent cette idée fausse que la fraude sociale, c’est la fraude aux prestations sociales, la fraude des allocataires, avec un regard très dur sur les allocataires notamment de minima sociaux. Quand on regarde de plus près, au final, la fraude des allocataires, c’est peu.</p><p><strong>La plus grande partie concerne la fraude des entreprises sur les cotisations sociales ?</strong></p><p>Exactement. Et la fraude fiscale est estimée entre 80 et 120 milliards d’euros par an. Ce qui est assez insupportable dans le débat public, c’est qu’il y a une mise en équivalence entre la fraude sociale et la fraude fiscale, alors que les proportions ne sont pas du tout les mêmes. Toutes les fraudes sont condamnables, mais il faut regarder la réalité, et mesurer les conséquences sociales de ce volet tout répressif à l’encontre des allocataires.</p><p><strong>Quelles sont les mesures de ce projet de loi les plus contestables selon vous, dans la version finale présentée à l’Assemblée nationale ?</strong></p><p>Nous avons des inquiétudes sur <a href="https://projetarcadie.com/fraudes-projet-poches-precaires/" class="spip_out" rel="external">les échanges de données personnelles</a> des allocataires entre les administrations, pour le traitement algorithmique de détection des fraudes. L’envers du décor, c’est qu’à un moment, les interlocuteurs des allocataires ne savent même plus expliquer comment la décision a été prise.</p><p>Il faut des agents de service public qui peuvent comprendre la complexité des situations. Quand il y a sanctions, des gens se retrouvent sans ressources. Ce n’est pas une décision à prendre à légère, et encore moins à laisser prendre par un algorithme.</p><p>Il y a aussi des mesures sur le durcissement des sanctions. Or, des sanctions existent déjà. Pour nous, ajouter de la sanction supplémentaire, ce n’est pas la solution. Le Conseil national de lutte contre les exclusions <a href="https://solidarites.gouv.fr/avis-du-cnle-sur-la-loi-pour-le-plein-emploi-pour-une-securisation-des-droits-et-des-ressources-des-allocataires-du-rsa" class="spip_out" rel="external">a lui-même souligné</a> que, vis-à-vis des personnes les plus pauvres, la sanction était inefficace.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le député du Rassemblement national David Magnier <a href="https://www.humanite.fr/politique/assemblee-nationale/projet-de-loi-anti-fraude-un-amendement-anti-pauvres-du-rn-adopte-avec-la-complicite-de-la-droite-et-de-la-macronie" class="spip_out" rel="external">a fait voter un amendement</a> qui prévoit d’augmenter les pénalités et impose des amendes plancher qui correspondent au triple des montants indûment perçus. En cas de récidive, ça peut aller jusqu’à cinq fois le montant concerné. Pour des gens qui sont en situation de pauvreté, clairement, c’est disproportionné. Au bout de la troisième infraction, les droits sociaux sont suspendus. Ça veut dire que les gens se retrouvent vraiment sans rien.</p><p>Par ailleurs, un article de la loi, l’article 28, prévoit qu’une simple suspicion de fraude, fondée sur des « indices sérieux », peut entraîner la suspension des allocations pendant trois mois, sur décision administrative. En gros, c’est France Travail qui peut, sur la base d’indices, suspendre à titre conservatoire le versement des allocations chômage. Qu’est-ce qu’un « indice sérieux » ? Ce n’est pas précisé.</p><p><strong>Quel a été le rôle du RN dans le durcissement du projet ?</strong></p><p>Le projet était déjà assez dur à l’origine puis après les discussions au Sénat, et déjà très disproportionné entre fraude sociale et fraude fiscale au niveau des mesures consacrées à l’une et à l’autre. Le Rassemblement national a pesé pour augmenter les sanctions contre les allocataires. C’est ce qui est porté par ce parti depuis longtemps : durcir les contrôles, avec un regard très sévère sur les plus précaires.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/un-robin-des-bois-a-l-envers-le-rn-prend-aux-pauvres-pour-donner-aux-riches">Un Robin des bois à l’envers : le RN prend aux pauvres pour donner aux riches</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/dead1832bc95d48ebcd228cdfe642e-2655d.png?1751389662" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Visuel avec Le Pen et Bardella : &quot;Taxer un peu plus les très très hauts revenus?&quot;, &quot;Heu... on n'a pas d'avis&quot;" /></aside><p><strong>Cela fait déjà des années que des nouvelles mesures viennent toujours plus sanctionner les allocataires de minima sociaux ?</strong></p><p>Il y a eu la <a href="https://basta.media/Reforme-RSA-intensification-sanctions-attaquee-devant-Conseil-Etat" class="spip_in">loi plein emploi de 2023</a>, qui prévoyait plus de sanctions sur le RSA, avec suspension de l’allocation pendant des périodes pouvant aller jusqu’à quatre mois. Si quelqu’un ne se présente pas à un rendez-vous, l’allocation peut être coupé. On a vu des situations comme cela.</p><p>Je pense aussi à la loi Kasbarian, qui a facilité les expulsions locatives. C’était une loi dite « anti-squat », mais en fait, les situations de squat identifiées sont marginales. La lame de fond derrière, c’est que cela facilite les expulsions locatives. Et c’est ce qui s’est passé, elles ont beaucoup augmenté. Après, il y a aussi eu des mesures prises pour soutenir les plus pauvres ces dernières années. Mais ça a toujours été des primes ponctuelles, comme au moment du Covid.</p><p>La prochaine étape, ce sera l’allocation sociale unifiée, <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/240326/les-dessous-inquietants-de-la-future-allocation-de-solidarite-unifiee-annoncee-comme-indolore" class="spip_out" rel="external">fusionnant RSA, prime d’activité et aides au logement</a>. Nous sommes très inquiets sur le sujet.</p><p>Nous avions mis comme ligne rouge qu’il n’y ait pas les APL dans cette allocation. Car les APL, c’est une politique du logement et pas une politique de minima sociaux. Ce n’est pas la même finalité. Mais elles sont finalement incluses. Et dans l’ébauche de loi qu’on a pu consulter, il est indiqué que tous les paramètres seront décidés par décrets, pas par le Parlement. Donc, les parlementaires risquent de voter sur quelque chose sans connaître les conséquences réelles. C’est une réforme d’ampleur. Elle est présentée comme une réforme technique, mais est au final très politique.</p><p><strong>Certains départements font du zèle sur le contrôle des allocataires du RSA, [comme le Finistère-10450]. C’est un phénomène général ?</strong></p><p>Pour nous, cela montre que la loi est mal fichue, parce qu’elle ouvre la porte à des applications différenciées entre les départements. Ce qui se passe dans le Finistère a été fortement médiatisé, mais il y a d’autres exemples dans le Nord par exemple. Nous sommes en train de collecter des données sur les différentes situations.</p><p><strong>Les politiques qui défendent le durcissement des sanctions sur les minima sociaux le légitime souvent en disant qu’il faut pousser les gens à sortir de la dépendance aux allocations. Que pensez-vous de ce discours ?</strong></p><p>L’accompagnement vers le travail, c’est très bien. Mais les moyens ne sont pas mis sur l’accompagnement, ils sont mis sur le contrôle. Et ce discours sur les gens qui se complairaient dans les minima sociaux, c’est complètement faux.</p><p>La première chose que les gens nous disent, c’est « je ne vis pas, je survis ». Il y a évidemment une aspiration à une vie meilleure qui passe par l’envie d’une réalisation professionnelle. Sauf que la réalité, c’est que les gens, quand ils font une formation, deux formations, trois formations avec France Travail et que ça n’aboutit pas sur du boulot, ils se découragent aussi.</p><p>Et il faut aussi souligner que les taux de non recours aux aides est très élevé. Beaucoup de gens ont droit à certaines prestations mais ne les demandent pas. Pour le RSA, par exemple, c’est à peu près 33 % de non recours. Sur d’autres prestations, ça peut monter à 50 %, comme sur le minimum vieillesse.</p><p><strong>Comment l’expliquez-vous ?</strong></p><p>Il y a des études sur ce phénomène du non recours. Parmi les raisons mises en avant, il y a le manque d’information, la complexité des démarches, et le numérique. Et aussi la crainte de ne pas bien faire les choses et qu’il y ait des indus, ainsi que la peur d’être stigmatisé, surtout pour le RSA.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Sentiment-d-etre-mise-a-nue-dans-le-finistere-une-paysanne-renonce-RSA-pour-preserver-sa-sante-mentale">« J’ai eu le sentiment d’être mise à nu » : dans le Finistère, une paysanne renonce à son RSA pour préserver sa santé mentale</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1f91e9bfb746550fc41321dd27912b-f2f1c.jpg?1774947957" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une femme portant une petite chèvre dans ses bras." /></aside><p>Être au RSA, ce n’est pas facile à vivre, alors que c’est un minimum social qui est fait pour vous soutenir quand on n’a aucune ressource. Ce n’est pas une honte. Notre société devrait plutôt se demander : quand il y a des gens qui sont dans cette situation, que fait-on pour les soutenir, les accompagner vers un travail, vers une formation qualifiante.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 07 Apr 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La Hongrie, et l'Europe, pourront-elles enfin se débarrasser de Viktor Orbán ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Après 16 ans au pouvoir à verrouiller les institutions et à museler les voix dissidentes, à l’issue du vote du 12 avril, Viktor Orbán pourrait perdre son poste de Premier ministre de la Hongrie. C’est du moins ce que montrent les sondages, qui placent en tête le parti d’opposition, de centre-droit, « Respect et liberté », « Tisza » en hongrois, qui pourrait obtenir une majorité à l’assemblée nationale hongroise. <a href="https://444.hu/2026/04/01/21-kutatokozpont-nyilik-az-ollo-a-tisza-es-a-fidesz-kozott-magyarek-a-ketharmad-hataran" class="spip_out" rel="external">Dans la dernière ligne droite</a> avant le scrutin législatif, <em>« l’écart entre Tisza et Fidesz s’est creusé »</em>, analyse le média hongrois <em>*444*</em>.</p><p>Mais Orbán ne compte pas abandonner le pouvoir si facilement. La campagne électorale a été entachée de manipulations. Fin mars, un scandale surnommé « Orbángate » a éclaté après <a href="https://taz.de/Aufregung-in-Ungarn-um-Orban-Gate/!6166731/" class="spip_out" rel="external">les révélations d’un ancien policier</a>, Bence Szabó. <em>« Szabó affirme avoir trouvé des preuves que les services de renseignement intérieurs hongrois ont tenté d’infiltrer les systèmes informatiques du parti d’opposition Tisza, dirigé par Péter Magyar »</em>, rapporte le journal allemand <em>*Taz*</em>. L’homme affirme que cet ordre <em>« ne pouvait provenir que d’un haut responsable du gouvernement Orbán actuel ».</em></p><h2 class="spip" id="Destruction-des-services-publics-et-fraude-electorale">Destruction des services publics et fraude électorale</h2><p>Au-delà de ces manigances, depuis 2010, le chef du gouvernement hongrois a participé à la destruction des services publics du pays, dénonce <em>*Direkt36*</em>. <a href="https://www.direkt36.hu/en/bezart-korhazi-ajtok-rejtik-el-a-magyar-egeszsegugy-erosodo-valsagat/" class="spip_out" rel="external">L’état actuel des hôpitaux</a>, par exemple, reflète <em>« de graves problèmes dans le secteur de la santé »</em>, écrit le médis hongrois. Des services hospitaliers entiers ferment faute de personnel soignant qualifié, alors même que le nombre de patients ne diminue pas.</p><p>Un documentaire du média, <a href="https://www.direkt36.hu/en/itt-az-elozetes-a-csapda-cimu-uj-direkt36-filmhez/" class="spip_out" rel="external">appelé « Le Piège »</a>, parle justement du sort <em>« des services publics qui ont un impact fondamental sur la vie des gens lorsque la priorité du gouvernement n’est pas de les développer mais d’étendre le pouvoir économique »</em> des proches du Premier ministre.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Un-soutien-de-Moscou-comme-de-Washington">Un soutien de Moscou comme de Washington</h2><p>En dehors de la Hongrie aussi, les réseaux de soutien à Viktor Orbán sont puissants. L’extrême droite européenne, d’abord, mais aussi les milieux du pouvoir aux États-Unis et en Russie. Le Kremlin a trouvé en Orbán un allié au sein de l’Union européenne. Le gouvernement hongrois, main dans la main avec la Russie, a œuvré pour <em>« retirer de la liste européenne des oligarques, entreprises et banques russes faisant l’objet de sanctions »</em>, <a href="https://vsquare.org/kremlin-hotline-hungary-colluded-with-russia-to-delist-sanctioned-oligarchs-companies-and-banks/" class="spip_out" rel="external">a révélé <em>*Vsquare*</em></a>.</p><p><em>« Il est rare que des élections en Europe centrale et orientale suscitent un tel intérêt à l’échelle mondiale, ou donnent lieu à une campagne dans laquelle des camps politiques américain et russe se rangent ouvertement derrière le même candidat »</em>, remarque <em>*The Guardian*</em>. Mais cela pourrait jouer en défaveur de l’actuel Premier ministre, <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/mar/31/viktor-orban-us-russian-support-hungary-iran-war-voters" class="spip_out" rel="external">écrit le quotidien britannique</a> : <em>« Le soutien étranger peut être une arme à double tranchant. S’il peut renforcer l’image d’Orbán en tant qu’acteur mondial, il risque aussi d’aliéner les électeurs qui se méfient des ingérences extérieures. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/la-hongrie-et-l-europe-pourrait-elle-enfin-se-debarrasser-de-viktor-orban</link>
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      <pubDate>Mon, 06 Apr 2026 08:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Violences policières : Islam, schizophrène, violenté lors d'une perquisition]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10459 c-content_text texte surlignable"><p>Le matin du 17 mars 2026, des policiers perquisitionnent la maison d’une famille à Ivry-sur-Seine. Mais l’opération policière tourne à la violence. L’aîné, Islam, âgé de 24 ans et atteint d’un handicap mental, aurait été frappé et tasé à plusieurs reprises alors qu’il dormait. Basta! est allé à la rencontre de la famille</p></div><div><p class="c-cartouche-publication mb-1">, modifié <time datetime="2026-04-03T08:35:40Z">le 3 avril 2026 à 10h35</time></p>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/handicap">Handicap</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/discriminations">Discriminations</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=violences-policieres-islam-handicape-violente-lors-d-une-perquisition?var_fav=article-10459" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 17:55:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Violences policières : Islam, handicapé, violenté lors d'une perquisition]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10459 c-content_text texte surlignable"><p>Le matin du 17 mars 2026, des policiers perquisitionnent la maison d’une famille à Ivry-sur-Seine. Mais l’opération policière tourne à la violence. L’aîné, Islam, âgé de 24 ans et atteint d’un handicap mental, aurait été frappé et tasé à plusieurs reprises alors qu’il dormait. Basta! est allé à la rencontre de la famille</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/handicap">Handicap</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/discriminations">Discriminations</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=violences-policieres-islam-handicape-et-violente-lors-d-une-perquisition?var_fav=article-10459" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 17:55:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Un jeune tabassé par la police lors d'une perquisition infructueuse à Ivry]]></title>
      <description><![CDATA[<p>De sa chambre, Islam revient les mains pleines de figurines de voitures, au milieu desquelles s’est glissé un Spider-Man. Il s’assied en tailleur sur le tapis moelleux du salon familial pour y faire rouler Flash McQueen, la célèbre voiture rouge parlante du film <em>Cars</em>. Ce jeune homme de 24 ans, atteint de schizophrénie et reconnu handicapé à 80 % par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées), est un grand fan de ce dessin animé, dont il connaît les répliques par cœur. Les voitures sont l’une de ses passions, surtout celles des pompiers et des policiers : <em>« Il a toujours aimé la police : plus jeune, il imitait souvent le bruit de leurs sirènes »</em>, se souvient Ali, l’un des membres de sa famille. <em>« Maintenant, tout est différent. »</em></p><p>Depuis une semaine, Islam répète en boucle qu’il a <em>« peur que la police revienne »</em>. Mardi 17 mars, peu avant 7 h 30, une vingtaine d’agents de police forcent au bélier l’entrée de la maison occupée sur trois étages par sa famille, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Islam dort encore. C’est seulement vers 9 heures qu’un véhicule de l’association qui le prend en charge doit le récupérer en bas de chez lui pour l’emmener jusqu’à son accueil de jour, où il a trouvé une place après son parcours dans un IME (institut médico-éducatif).</p><div class="spip_document_22720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="289" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c246379458 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775142440 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775127074 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775146504 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775150264 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775145718 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775146547 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775142801 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775142684 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775150265 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775148745 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775146797 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775144706 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775150265 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775126457 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775142392" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22720-401397164c36d83dd65bdce8460fe86b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775147785 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775150266 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg?1775142392 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22720-401397164c36d83dd65bdce8460fe86b">Islam, un jeune homme de 24 ans atteint de schizophrénie et porteur d’un handicap, a été violemment frappé lors d’une intervention policière dans la maison familiale, le 17 mars. Il a subi des blessures à l’oreille, à la main, sur le visage et d’autres parties du corps.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>En entendant le fracas, sa mère Eliza, puis ses deux petits frères Bilal et Imam, 19 et 22 ans, se dirigent vers la porte d’entrée, où ils se présentent aux forces de l’ordre. Les agents sont armés, cagoulés pour certains, arborant des boucliers. Les deux frères sont menottés et descendus dans la cour intérieure du bâtiment, suivis par leur mère qui demande en vain des explications.</p><h2 class="spip" id="Reveille-par-un-coup-de-Taser">Réveillé par un coup de Taser</h2><p>Là-haut, dans l’appartement, demeurent au moins six agents, selon les témoignages de la famille. Le salon, habituellement minutieusement rangé, avec ses vases sur le meuble de télévision, son bouquet de roses bleues et rouges et sa généreuse corbeille de fruits sur la table à manger, est mis sens dessus dessous par la perquisition.</p><p>Au bout du couloir principal, la chambre d’Islam : il est réveillé par quatre agents, qui lui donnent un premier coup de Taser. Au moins l’un d’entre eux – qu’il décrit comme <em>« grand et métisse »</em> –, le frappe dans la foulée.</p><div class="spip_document_22721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="223" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2002686402 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775142440 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775127077 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775144856 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775147303 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775152643 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775146603 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775142801 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775142683 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775150604 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775146156 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775147460 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775150012 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775146520 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775126459 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775142392" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22721-4d3e7d1e707c103139a132374435909b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775150109 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775143852 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg?1775142392 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22721-4d3e7d1e707c103139a132374435909b">Bilal, le jeune frère d’Islam, montre l’aiguille et les fils du pistolet à impulsion électrique (Taser) qui ont atteint son aîné lors de l’intervention policière survenue à leur domicile d’Ivry-sur-Seine.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« J’étais en train de dormir, d’un coup ils sont venus, un monsieur m’a tapé. Il m’a déchiré la bouche. Il m’a déchiré aussi l’oreille, avec un coup de crosse ou de matraque. Tu vois, ici »</em>, montre-t-il. Plusieurs points de suture referment les plaies noircies de son oreille et de sa lèvre. <em>« Ils m’ont tapé. Viens voir ici, il y a des taches de sang »</em>, nous guide-t-il jusqu’à la porte d’entrée de sa chambre. Là, sur l’encadrement de la porte, apparaissent des traces de sang séché. Le t-shirt et le jogging gris qu’il portait pour dormir en sont encore maculés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Du-sang-partout">« Du sang partout »</h2><p>Effrayé, Islam n’a qu’un réflexe : <em>« Je voulais ma mère. »</em> Eliza se souvient encore des cris de son fils : <em>« Il hurlait “maman, maman, maman !” »</em>, raconte cette femme de 46 ans, d’une voix très douce, nouée par l’envie de pleurer. Elle affirme avoir répété <em>« c’est mon fils, il est handicapé ! »</em> sans avoir été écoutée ni autorisée à aller voir. Les cris d’Islam parviennent aussi à ses deux frères, depuis la fenêtre de la salle de bains, qui donne sur la cour intérieure où ils sont retenus, menottés.</p><p>C’est dans cette salle de bains, attenante à la chambre, qu’Islam est en effet traîné après avoir essayé de sortir de sa chambre. Et de nouveau frappé. <em>« Il y avait du sang partout dans la salle de bains. Puis, ils l’ont forcé à s’essuyer le visage. Après, il a couru, ils l’ont plaqué au sol, juste là »</em>, désigne Bilal en montrant le couloir principal qui mène vers l’entrée. Le calvaire d’Islam ne s’arrête pas là : maintenu au sol contre la moquette du couloir, le jeune homme dit avoir subi un étranglement, et de nouveaux coups de Taser.</p><div class="spip_document_22722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c245469616 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775127082 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775164666 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775156524 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775146094 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775146698 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775142806 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775142723 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775147202 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775148765 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775143737 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775149066 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775146385 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775126461 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775142381" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22722-19641763423ee4185b65d087acb61a13" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775144468 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775146755 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg?1775142381 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22722-19641763423ee4185b65d087acb61a13">Billal montre les vêtements qu’Islam portait ce jour-là, sur lesquels sont visibles des traces de sang.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Au total, <em>« ils m’ont mis quatre coups de Taser »</em>, répète-t-il en boucle, en montrant sa cuisse gauche, puis sa main gauche, qui porte encore, dix jours après, la marque de la décharge électrique. La famille a conservé un aiguillon de Taser oublié sur place par la police, taché de sang. Les photos prises le jour même confirment des blessures au visage, au dos, à la cuisse, au poignet et à la main.</p><h2 class="spip" id="Des-petites-soeurs-temoins-impuissantes">Des petites sœurs témoins impuissantes</h2><p>La scène a aussi des témoins directs : les quatre petites sœurs d’Islam, âgées de 9 à 18 ans. Leur chambre donne sur ce couloir, et fait face à la salle de bains. Réveillées par des agents qui <em>« essaient de casser la porte, j’ouvre et je dis : “Entrez, c’est une chambre.” À peine la porte ouverte, un monsieur avec un pistolet a dit : “Mettez-vous à terre !” avec son pistolet vers nous »</em>, raconte Lezina, la plus grande. Les quatre sœurs se regroupent, assises sur le lit central, surveillées par deux agents, interdites de toucher à leurs téléphones.</p><p>Mais la porte reste grande ouverte et les sœurs voient soudain leur frère, <em>« la bouche en sang, poussé dans le couloir »</em> par d’autres policiers. <em>« Après ça, ils l’ont tasé »</em>, chuchote Tanzila, 9 ans, en jouant du bout des doigts avec une peluche rose accrochée à son collier pailleté. <em>« Le problème, c’est que je sais pas pourquoi ils ont frappé mon frère handicapé. Moi, si j’étais à leur place, si j’étais policier, j’aurais vu sa tête, je l’aurais laissé »</em>, souffle-t-elle. Ses sœurs protestent d’ailleurs en choeur : <em>« On a crié : “Il est handicapé !” »</em> explique Samira, 16 ans. <em>« Un policier qui nous surveillait a dit : “Ah, c’est lui le schizophrène ?”, il l’a répété à son collègue dans le couloir, qui a dit : “Ah, c’est lui ? Ah, trop tard, je l’ai déjà tasé." »</em></p><div class="spip_document_22723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="234" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c683938542 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775127981 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775144298 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775154983 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775160117 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775146783 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775142850 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775142773 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775144481 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775150854 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775146229 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775144358 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775155403 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775127149 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775142573" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22723-ac7a059483be30d49e74553c3b965920" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775146142 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775145755 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg?1775142573 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22723-ac7a059483be30d49e74553c3b965920">La plus jeune sœur d’Islam a 9 ans. Le 17 mars, elle était en train de se réveiller dans la « chambre des filles » quand les policiers sont entrés. Elle a été témoin des violences perpétrées sur son frère.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Islam est ensuite descendu, menotté, aux côtés de ses frères. Dans l’escalier, il assure que les agents lui ont donné de nouveaux coups et ont cogné sa tête contre les murs. <em>« Je l’ai vu arriver en sang, oreille arrachée, visage défiguré</em>, se souvient Imam, le troisième frère. <em>J’ai demandé tout de suite : “Qui a fait ça ?” Le grand métis m’a regardé et m’a dit : “Tu vas faire quoi sinon ?” Un autre m’a dit : “Ça fait 35 ans qu’on fait ce métier”. Je lui ai répondu : “Nous ça fait 15 ans qu’on vit là, on a jamais eu de problèmes, c’est la première fois qu’on vit ça.” »</em></p><p>Six points de suture seront nécessaires pour recoudre l’oreille droite d’Islam, trois pour sa lèvre, indiquent ses certificats médicaux. Sur la cuisse gauche et les pommettes, les certificats mentionnent des érythèmes (rougeurs cutanées), ainsi qu’une inflammation au niveau de la mâchoire. Islam est dispensé de scolarité pendant cinq jours.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/violences-policieres-peut-on-mourir-d-un-controle-de-police">Violences policières : Peut-on mourir d’un contrôle de police ?</a></aside><h2 class="spip" id="Abdelaziz-14-ans-lt-lt-J-avais-peur-qu-il-tire-sur-ma-maman">Abdelaziz, 14 ans : « J’avais peur qu’il tire sur ma maman »</h2><p>Pourquoi les policiers ont-ils débarqué en force dans cette maison ? Ce jour-là, selon nos informations, les policiers sont à la recherche d’un cousin de la famille, mineur, domicilié dans le département voisin, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et impliqué dans une affaire judiciaire pour laquelle une personne aurait été écrouée dans les jours qui ont suivi.</p><p><em>« Généralement, quand on déploie une opération d’une telle envergure, on sait que la personne recherchée est là. Il y a son téléphone qui borne précisément ici, ou toute autre preuve de présence. C’est rare de se tromper à ce point. Cette opération policière est catastrophique »</em>, commente l’avocate de la famille, Camille Vannier. Les quatorze membres de la famille d’Islam présents ce jour-là, dont aucun n’est poursuivi en lien avec cette affaire, ont tous indiqué qu’aucune explication ne leur a été donnée.</p><div class="spip_document_22724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="182" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c6663836 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775127987 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775153775 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775145787 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775147551 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775146902 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775144540 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775142834 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775154722 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775159252 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775146522 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775144603 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775146184 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775127153 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775142573" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22724-ca880d745b0fab13892b1bb017cebfd3" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775151092 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775149011 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg?1775142573 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22724-ca880d745b0fab13892b1bb017cebfd3">Imam tient dans ses bras sa petite cousine de huit mois, dont le père a été plaqué à terre et menotté pendant l’intervention et la mère repoussée dans une chambre.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Au rez-de-chaussée vivent Laetitia, son mari Ali et son beau-frère Youssouf : ce sont les premiers à voir les agents débarquer. Youssouf dit avoir été réveillé par <em>« une claque au visage »</em> et menotté avant même d’avoir pu décliner son identité, qui n’était à l’évidence pas celle du mineur recherché. <em>« Les policiers sont entrés armés, j’ai eu peur pour ma fille de 8 mois qui dormait dans notre chambre. Ils étaient là, juste à côté d’elle avec leurs armes »</em>, raconte Laetitia, repoussée dans une chambre à part tandis que son mari Ali était mis à terre et menotté. <em>« Je les ai suppliés de me laisser auprès de ma fille, je leur ai dit qu’elle n’avait que 8 mois, ils n’en n’avaient rien à faire. »</em></p><p>À l’étage supérieur vit Khava, la tante d’Islam, avec ses deux fils. Cette femme souriante, aux fines lunettes rectangulaires, parle à peine quelques mots de français. Quand les agents pénètrent à l’intérieur de son domicile avec leurs armes et lui ordonnent de se mettre à terre, elle lève les mains, mais ne comprend pas. Abdelaziz, son garçon de 14 ans, arrive inquiet derrière elle. En voyant le policier braquer son arme sur sa mère qui ne comprend pas l’ordre, une seule pensée traverse le garçon : <em>« j’avais peur qu’il tire sur ma maman. »</em> D’une voix à peine audible, les yeux baissés, cet adolescent au visage poupin raconte avoir été à son tour forcé de s’allonger par terre, une arme pointée sur lui. Le tout dure deux ou trois longues minutes, selon le fils et sa mère. <em>« J’avais surtout peur pour ma maman, et pour mon cousin à l’étage »</em>, raconte Abdelaziz, qui dit avoir lui aussi prévenu les policiers du handicap d’Islam.</p><div class="spip_document_22725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="150" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1005348508 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775127995 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775145508 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775145835 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775146384 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775146993 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775144635 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775142880 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775146658 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775148611 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775144297 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775153357 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775147232 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775127155 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775142569" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22725-9364a68aa97fe1bfa2ac27eaad0c52f6" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775144602 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775147972 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg?1775142569 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22725-9364a68aa97fe1bfa2ac27eaad0c52f6">Le cousin d’Islam a 14 ans. Il était présent lors de l’intervention de police et a eu peur pour sa mère, qui ne parle pas français.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Plainte-pour-violences-volontaires-avec-facteurs-aggravants">Plainte pour violences volontaires, avec facteurs aggravants</h2><p>Une plainte contre X a été déposée le 25 mars auprès du parquet de Créteil pour « violences volontaires, aggravées par le fait qu’elles ont été commises en réunion, avec usage d’armes, sur une personne vulnérable, par plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ».</p><p>Aucun motif de perquisition ne peut justifier de tels comportements, insiste l’avocate Camille Vannier. <em>« Quel que soit le cadre légal de cette intervention, des violences de cette nature sont toujours inacceptables. Même s’il s’était agi de la personne recherchée, il s’agit là de violences volontaires, pas de légitime défense. En l’occurrence, dans le cas d’Islam, c’est de la sauvagerie à l’encontre d’un jeune homme particulièrement vulnérable, dont nul ne pouvait ignorer l’état. »</em></p><div class="spip_document_22726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="101" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c891105802 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775128001 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775144029 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775149861 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775156588 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775147057 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775144703 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775142924 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775163022 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775145188 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775148296 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775143794 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775155518 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775127156 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775142037" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22726-58e77bacfa50d275c1fbf577a8622ba6" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775202722 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775144173 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775142037 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22726-58e77bacfa50d275c1fbf577a8622ba6">La maison où réside la famille, à Ivry-sur-Seine, à proximité de la gare du RER C.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Car, à plusieurs reprises, avant même les violences, des membres de la famille ont alerté sur le handicap d’Islam. Aux deux étages inférieurs, dans lesquels les agents ont pénétré en premier, au moins deux disent les avoir prévenus. Puis Eliza, la mère d’Islam, affirme les avoir informés d’emblée – <em>« j’ai un fils handicapé en train de dormir »</em> – lorsque les agents sont montés à sa porte. Elle dit avoir montré la carte d’invalidité d’Islam, mais avoir été poussée à ce moment-là par les agents pour rentrer dans le domicile et menotter ses deux premiers fils.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Tue-par-la-police-Babacar-Gueye-violences-policieres-legitime-defense-enquete-reconstitution">« Les policiers auraient pu le désarmer s’ils l’avaient voulu » : retour sur la mort de Babacar Gueye</a></aside><p>Dès que ceux-ci ont été amenés en bas, <em>« on a prévenu nous aussi : “Attention, on a un frère handicapé là-haut !”</em> raconte Bilal. <em>J’ai même entendu un agent dans le couloir crier : “Les gars, il y a un handicapé” pour que ses collègues à l’étage entendent »</em>, rapporte-t-il. <em>« Ensuite, j’ai entendu mes sœurs crier, puis mon frère hurler. Je ne l’avais jamais entendu crier comme ça. »</em></p><p>Sollicités, la préfecture de police, le ministère de l’Intérieur et le parquet de Créteil n’ont, pour l’heure, pas répondu aux questions de <em>Basta!</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Il-est-tombe-dans-l-escalier-la-version-alternative">« Il est tombé dans l’escalier » : la version alternative</h2><p>En plus de la plainte concernant Islam, l’avocate a également saisi le Défenseur des droits au sujet des <em>« manquements déontologiques périphériques à ce déferlement de violences sur la personne d’Islam »</em>. La saisine mentionne <em>« des termes déplacés et des violences sur certains des membres de la famille, alors même que l’opération d’ampleur s’est avérée être une erreur »</em>. De fait, les forces de l’ordre ont appelé les pompiers pour qu’ils prennent en charge Islam, puis sont parties, sans emmener personne.</p><p>À l’hôpital, alors qu’Eliza se tient à ses côtés, le pompier explique à la médecin des urgences qu’Islam <em>« est tombé dans l’escalier »</em>. La mère de famille intervient, scandalisée, pour mentionner les violences. Contactés, les pompiers n’ont pas donné suite à nos demandes de précisions sur ces faits. Eliza, elle, reste très marquée par les événements. <em>« Patiente venue pour choc émotionnel suite à une erreur de la police ce matin vers 7 heures avec son fils qui a été frappé [...]. Elle a des marques de sang sur sa robe et son voile, qui seraient à son fils. Elle est arrivée avec des pleurs, angoisse à la poitrine »</em>, note son certificat médical émis le jour même.</p><div class="spip_document_22727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="181" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2413848468 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775142499 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775142477 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775128006 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775153343 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775148370 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775146390 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775146034 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775144848 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775143007 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775144848 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775153392 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775150532 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775146593 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775149529 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775127165 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775142448" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22727-8558114986000a23e6f91478b25c1e2d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775144015 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775148138 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg?1775142448 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22727-8558114986000a23e6f91478b25c1e2d">Eliza, la mère d’Islam, dans la cuisine de la maison de trois étages occupée par la famille. Celle-ci a porté plainte après les violences commises par les agents.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« Je ne savais pas qui appeler pour m’aider. La police ? »</em> se désespère Eliza. La mère de famille parvient à joindre leur ancien travailleur social, devenu un ami, qui l’aide à constituer un dossier avec l’avocate Camille Vannier. En posant sa main sur son cœur, la mère de famille lâche : <em>« Si, en France, il y a des lois solides, alors, que ces quatre-là soient punis d’avoir frappé mon fils. Je ne trouverai la paix qu’à ce moment-là. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-traumatismes-de-la-guerre-en-Tchetchenie-ravives">Les traumatismes de la guerre en Tchétchénie ravivés</h2><p>À celle qui assume seule la charge de ses enfants, avec un salaire de femme de chambre dans un hôtel parisien, la médecin de l’hôpital prescrit quinze jours d’arrêt de travail. Mais aussi quinze jours de Xanax et un suivi par une psychologue. Car l’intervention a ravivé d’anciens traumatismes. <em>« J’ai fui la guerre en Tchétchénie, les soldats russes »</em>, raconte Eliza, qui subissait à cette époque de violentes intrusions à son domicile. Aux agents français, elle a dit : <em>« Vous êtes comme les soldats russes ! Ça, ce n’est pas la police... Rentrez calmement, expliquez-nous… Respectez les femmes, respectez les enfants ! Ils ne m’ont fait aucune excuse en partant. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/fatou-dieng-face-aux-violences-policieres-ne-rien-faire-etait-impossible">Fatou Dieng : face aux violences policières, « ne rien faire était impossible »</a></aside><p>Depuis son arrivée en France en 2010, Eliza avait réussi à se sentir en sécurité chez elle. Chaque soir, elle enlevait son voile et revêtait un pyjama. Mais, depuis le 17 mars, <em>« je n’arrive plus à dormir en pyjama</em>, confie-t-elle. <em>J’ai peur d’être surprise en pleine nuit. Je dors tout habillée, sur le canapé, comme ça »</em>, explique-t-elle en se recroquevillant sur un coin du sofa, les deux bras serrés autour d’un coussin.</p><p>Islam, lui, nous répète qu’il a <em>« mal au coeur »</em>, qu’il a lui aussi peur que les policiers reviennent en pleine nuit. Bilal a installé un matelas près de son lit afin de rassurer son grand frère et qu’il puisse dormir. <em>« La dernière fois, vers 3 heures du matin, il se posait des questions tout seul dans le noir : "pourquoi ils m’ont tapé", "c’est pas moi", "j’ai rien fait". Des fois, en pleine nuit, il vient près de moi pour me tenir la main. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Un-jeune-tabasse-par-la-police-lors-d-une-perquisition-infructueuse-a-Ivry</link>
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      <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Islam, 24 ans, handicapé et violenté par la police : « C'est de la sauvagerie »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>De sa chambre, Islam revient les mains pleines de figurines de voitures, au milieu desquelles s’est glissé un Spider-Man. Il s’assied en tailleur sur le tapis moelleux du salon familial pour y faire rouler Flash McQueen, la célèbre voiture rouge parlante du film <em>Cars</em>. Ce jeune homme de 24 ans, atteint de schizophrénie et reconnu handicapé à 80 % par la MDPH (maison départementale des personnes handicapées), est un grand fan de ce dessin animé, dont il connaît les répliques par cœur. Les voitures sont l’une de ses passions, surtout celles des pompiers et des policiers : <em>« Il a toujours aimé la police : plus jeune, il imitait souvent le bruit de leurs sirènes »</em>, se souvient Ali, l’un des membres de sa famille. <em>« Maintenant, tout est différent. »</em></p><p>Depuis une semaine, Islam répète en boucle qu’il a <em>« peur que la police revienne »</em>. Mardi 17 mars, peu avant 7 h 30, une vingtaine d’agents de police forcent au bélier l’entrée de la maison occupée sur trois étages par sa famille, à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). Islam dort encore. C’est seulement vers 9 heures qu’un véhicule de l’association qui le prend en charge doit le récupérer en bas de chez lui pour l’emmener jusqu’à son accueil de jour, où il a trouvé une place après son parcours dans un IME (institut médico-éducatif).</p><div class="spip_document_22720 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="289" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c246379458 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775127074 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg@.webp?1775126457 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22720-1e9c4ac04bcaa8f071518ee41a54ef6e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-20.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22720-1e9c4ac04bcaa8f071518ee41a54ef6e">Islam, un jeune homme de 24 ans atteint de schizophrénie et porteur d’un handicap, a été violemment frappé lors d’une intervention policière dans la maison familiale, le 17 mars. Il a subi des blessures à l’oreille, à la main, sur le visage et d’autres parties du corps.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>En entendant le fracas, sa mère Eliza, puis ses deux petits frères Bilal et Imam, 19 et 22 ans, se dirigent vers la porte d’entrée, où ils se présentent aux forces de l’ordre. Les agents sont armés, cagoulés pour certains, arborant des boucliers. Les deux frères sont menottés et descendus dans la cour intérieure du bâtiment, suivis par leur mère qui demande en vain des explications.</p><h2 class="spip" id="Reveille-par-un-coup-de-Taser">Réveillé par un coup de Taser</h2><p>Là-haut, dans l’appartement, demeurent au moins six agents, selon les témoignages de la famille. Le salon, habituellement minutieusement rangé, avec ses vases sur le meuble de télévision, son bouquet de roses bleues et rouges et sa généreuse corbeille de fruits sur la table à manger, est mis sens dessus dessous par la perquisition.</p><p>Au bout du couloir principal, la chambre d’Islam : il est réveillé par quatre agents, qui lui donnent un premier coup de Taser. Au moins l’un d’entre eux – qu’il décrit comme <em>« grand et métisse »</em> –, le frappe dans la foulée.</p><div class="spip_document_22721 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="223" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2002686402 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775127077 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg@.webp?1775126459 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22721-86f04283f80ca8416736574b8ea9a95a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-29.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22721-86f04283f80ca8416736574b8ea9a95a">Bilal, le jeune frère d’Islam, montre l’aiguille et les fils du pistolet à impulsion électrique (Taser) qui ont atteint son aîné lors de l’intervention policière survenue à leur domicile d’Ivry-sur-Seine.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« J’étais en train de dormir, d’un coup ils sont venus, un monsieur m’a tapé. Il m’a déchiré la bouche. Il m’a déchiré aussi l’oreille, avec un coup de crosse ou de matraque. Tu vois, ici »</em>, montre-t-il. Plusieurs points de suture referment les plaies noircies de son oreille et de sa lèvre. <em>« Ils m’ont tapé. Viens voir ici, il y a des taches de sang »</em>, nous guide-t-il jusqu’à la porte d’entrée de sa chambre. Là, sur l’encadrement de la porte, apparaissent des traces de sang séché. Le t-shirt et le jogging gris qu’il portait pour dormir en sont encore maculés.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Du-sang-partout">« Du sang partout »</h2><p>Effrayé, Islam n’a qu’un réflexe : <em>« Je voulais ma mère. »</em> Eliza se souvient encore des cris de son fils : <em>« Il hurlait “maman, maman, maman !” »</em>, raconte cette femme de 46 ans, d’une voix très douce, nouée par l’envie de pleurer. Elle affirme avoir répété <em>« c’est mon fils, il est handicapé ! »</em> sans avoir été écoutée ni autorisée à aller voir. Les cris d’Islam parviennent aussi à ses deux frères, depuis la fenêtre de la salle de bains, qui donne sur la cour intérieure où ils sont retenus, menottés.</p><p>C’est dans cette salle de bains, attenante à la chambre, qu’Islam est en effet traîné après avoir essayé de sortir de sa chambre. Et de nouveau frappé. <em>« Il y avait du sang partout dans la salle de bains. Puis, ils l’ont forcé à s’essuyer le visage. Après, il a couru, ils l’ont plaqué au sol, juste là »</em>, désigne Bilal en montrant le couloir principal qui mène vers l’entrée. Le calvaire d’Islam ne s’arrête pas là : maintenu au sol contre la moquette du couloir, le jeune homme dit avoir subi un étranglement, et de nouveaux coups de Taser.</p><div class="spip_document_22722 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c245469616 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775127082 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg@.webp?1775126461 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22722-e4cf2ce354252bd0466d4bb40b4ff987" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-30.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22722-e4cf2ce354252bd0466d4bb40b4ff987">Billal montre les vêtements qu’Islam portait ce jour-là, sur lesquels sont visibles des traces de sang.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Au total, <em>« ils m’ont mis quatre coups de Taser »</em>, répète-t-il en boucle, en montrant sa cuisse gauche, puis sa main gauche, qui porte encore, dix jours après, la marque de la décharge électrique. La famille a conservé un aiguillon de Taser oublié sur place par la police, taché de sang. Les photos prises le jour même confirment des blessures au visage, au dos, à la cuisse, au poignet et à la main.</p><h2 class="spip" id="Des-petites-soeurs-temoins-impuissantes">Des petites sœurs témoins impuissantes</h2><p>La scène a aussi des témoins directs : les quatre petites sœurs d’Islam, âgées de 9 à 18 ans. Leur chambre donne sur ce couloir, et fait face à la salle de bains. Réveillées par des agents qui <em>« essaient de casser la porte, j’ouvre et je dis : “Entrez, c’est une chambre.” À peine la porte ouverte, un monsieur avec un pistolet a dit : “Mettez-vous à terre !” avec son pistolet vers nous »</em>, raconte Lezina, la plus grande. Les quatre sœurs se regroupent, assises sur le lit central, surveillées par deux agents, interdites de toucher à leurs téléphones.</p><p>Mais la porte reste grande ouverte et les sœurs voient soudain leur frère, <em>« la bouche en sang, poussé dans le couloir »</em> par d’autres policiers. <em>« Après ça, ils l’ont tasé »</em>, chuchote Tanzila, 9 ans, en jouant du bout des doigts avec une peluche rose accrochée à son collier pailleté. <em>« Le problème, c’est que je sais pas pourquoi ils ont frappé mon frère handicapé. Moi, si j’étais à leur place, si j’étais policier, j’aurais vu sa tête, je l’aurais laissé »</em>, souffle-t-elle. Ses sœurs protestent d’ailleurs en choeur : <em>« On a crié : “Il est handicapé !” »</em> explique Samira, 16 ans. <em>« Un policier qui nous surveillait a dit : “Ah, c’est lui le schizophrène ?”, il l’a répété à son collègue dans le couloir, qui a dit : “Ah, c’est lui ? Ah, trop tard, je l’ai déjà tasé." »</em></p><div class="spip_document_22723 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="234" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c683938542 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775127981 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg@.webp?1775127149 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22723-9f66e53824b80b9daddcf5ce1f11812f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-46.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22723-9f66e53824b80b9daddcf5ce1f11812f">La plus jeune sœur d’Islam a 9 ans. Le 17 mars, elle était en train de se réveiller dans la « chambre des filles » quand les policiers sont entrés. Elle a été témoin des violences perpétrées sur son frère.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Islam est ensuite descendu, menotté, aux côtés de ses frères. Dans l’escalier, il assure que les agents lui ont donné de nouveaux coups et ont cogné sa tête contre les murs. <em>« Je l’ai vu arriver en sang, oreille arrachée, visage défiguré</em>, se souvient Imam, le troisième frère. <em>J’ai demandé tout de suite : “Qui a fait ça ?” Le grand métis m’a regardé et m’a dit : “Tu vas faire quoi sinon ?” Un autre m’a dit : “Ça fait 35 ans qu’on fait ce métier”. Je lui ai répondu : “Nous ça fait 15 ans qu’on vit là, on a jamais eu de problèmes, c’est la première fois qu’on vit ça.” »</em></p><p>Six points de suture seront nécessaires pour recoudre l’oreille droite d’Islam, trois pour sa lèvre, indiquent ses certificats médicaux. Sur la cuisse gauche et les pommettes, les certificats mentionnent des érythèmes (rougeurs cutanées), ainsi qu’une inflammation au niveau de la mâchoire. Islam est dispensé de scolarité pendant cinq jours.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/violences-policieres-peut-on-mourir-d-un-controle-de-police">Violences policières : Peut-on mourir d’un contrôle de police ?</a></aside><h2 class="spip" id="Abdelaziz-14-ans-lt-lt-J-avais-peur-qu-il-tire-sur-ma-maman">Abdelaziz, 14 ans : « J’avais peur qu’il tire sur ma maman »</h2><p>Pourquoi les policiers ont-ils débarqué en force dans cette maison ? Ce jour-là, selon nos informations, les policiers sont à la recherche d’un cousin de la famille, mineur, domicilié dans le département voisin, à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), et impliqué dans une affaire judiciaire pour laquelle une personne aurait été écrouée dans les jours qui ont suivi.</p><p><em>« Généralement, quand on déploie une opération d’une telle envergure, on sait que la personne recherchée est là. Il y a son téléphone qui borne précisément ici, ou toute autre preuve de présence. C’est rare de se tromper à ce point. Cette opération policière est catastrophique »</em>, commente l’avocate de la famille, Camille Vannier. Les quatorze membres de la famille d’Islam présents ce jour-là, dont aucun n’est poursuivi en lien avec cette affaire, ont tous indiqué qu’aucune explication ne leur a été donnée.</p><div class="spip_document_22724 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="182" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c6663836 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775127987 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg@.webp?1775127153 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22724-4776b0e1ea8a705899b8d3f4f7a04b46" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-51.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22724-4776b0e1ea8a705899b8d3f4f7a04b46">Imam tient dans ses bras sa petite cousine de huit mois, dont le père a été plaqué à terre et menotté pendant l’intervention et la mère repoussée dans une chambre.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Au rez-de-chaussée vivent Laetitia, son mari Ali et son beau-frère Youssouf : ce sont les premiers à voir les agents débarquer. Youssouf dit avoir été réveillé par <em>« une claque au visage »</em> et menotté avant même d’avoir pu décliner son identité, qui n’était à l’évidence pas celle du mineur recherché. <em>« Les policiers sont entrés armés, j’ai eu peur pour ma fille de 8 mois qui dormait dans notre chambre. Ils étaient là, juste à côté d’elle avec leurs armes »</em>, raconte Laetitia, repoussée dans une chambre à part tandis que son mari Ali était mis à terre et menotté. <em>« Je les ai suppliés de me laisser auprès de ma fille, je leur ai dit qu’elle n’avait que 8 mois, ils n’en n’avaient rien à faire. »</em></p><p>À l’étage supérieur vit Khava, la tante d’Islam, avec ses deux fils. Cette femme souriante, aux fines lunettes rectangulaires, parle à peine quelques mots de français. Quand les agents pénètrent à l’intérieur de son domicile avec leurs armes et lui ordonnent de se mettre à terre, elle lève les mains, mais ne comprend pas. Abdelaziz, son garçon de 14 ans, arrive inquiet derrière elle. En voyant le policier braquer son arme sur sa mère qui ne comprend pas l’ordre, une seule pensée traverse le garçon : <em>« j’avais peur qu’il tire sur ma maman. »</em> D’une voix à peine audible, les yeux baissés, cet adolescent au visage poupin raconte avoir été à son tour forcé de s’allonger par terre, une arme pointée sur lui. Le tout dure deux ou trois longues minutes, selon le fils et sa mère. <em>« J’avais surtout peur pour ma maman, et pour mon cousin à l’étage »</em>, raconte Abdelaziz, qui dit avoir lui aussi prévenu les policiers du handicap d’Islam.</p><div class="spip_document_22725 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="150" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1005348508 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775127995 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg@.webp?1775127155 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22725-ff30ff18e566e39eedcf19daa59369c2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-55.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22725-ff30ff18e566e39eedcf19daa59369c2">Le cousin d’Islam a 14 ans. Il était présent lors de l’intervention de police et a eu peur pour sa mère, qui ne parle pas français.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Plainte-pour-violences-volontaires-avec-facteurs-aggravants">Plainte pour violences volontaires, avec facteurs aggravants</h2><p>Une plainte contre X a été déposée le 25 mars auprès du parquet de Créteil pour « violences volontaires, aggravées par le fait qu’elles ont été commises en réunion, avec usage d’armes, sur une personne vulnérable, par plusieurs personnes dépositaires de l’autorité publique ».</p><p>Aucun motif de perquisition ne peut justifier de tels comportements, insiste l’avocate Camille Vannier. <em>« Quel que soit le cadre légal de cette intervention, des violences de cette nature sont toujours inacceptables. Même s’il s’était agi la personne recherchée, il s’agit là de violences volontaires, pas de légitime défense. En l’occurrence, dans le cas d’Islam, c’est de la sauvagerie à l’encontre d’un jeune homme particulièrement vulnérable, dont nul ne pouvait ignorer l’état. »</em></p><div class="spip_document_22726 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="101" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c891105802 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775128001 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg@.webp?1775127156 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775142037" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22726-f3486dcb489c5c4c04f62eb2492c9e92" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-64.jpg?1775142037 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22726-f3486dcb489c5c4c04f62eb2492c9e92">La maison où réside la famille, à Ivry-sur-Seine, à proximité de la gare du RER C.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Car, à plusieurs reprises, avant même les violences, des membres de la famille ont alerté sur le handicap d’Islam. Aux deux étages inférieurs, dans lesquels les agents ont pénétré en premier, au moins deux disent les avoir prévenus. Puis Eliza, la mère d’Islam, affirme les avoir informés d’emblée – <em>« j’ai un fils handicapé en train de dormir »</em> – lorsque les agents sont montés à sa porte. Elle dit avoir montré la carte d’invalidité d’Islam, mais avoir été poussée à ce moment-là par les agents pour rentrer dans le domicile et menotter ses deux premiers fils.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Tue-par-la-police-Babacar-Gueye-violences-policieres-legitime-defense-enquete-reconstitution">« Les policiers auraient pu le désarmer s’ils l’avaient voulu » : retour sur la mort de Babacar Gueye</a></aside><p>Dès que ceux-ci ont été amenés en bas, <em>« on a prévenu nous aussi : “Attention, on a un frère handicapé là-haut !”</em> raconte Bilal. <em>J’ai même entendu un agent dans le couloir crier : “Les gars, il y a un handicapé” pour que ses collègues à l’étage entendent »</em>, rapporte-t-il. <em>« Ensuite, j’ai entendu mes sœurs crier, puis mon frère hurler. Je ne l’avais jamais entendu crier comme ça. »</em></p><p>Sollicités, la préfecture de police, l’Interieur et le parquet de Créteil n’ont, pour l’heure, pas répondu aux questions de <em>Basta!</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Il-est-tombe-dans-l-escalier-la-version-alternative">« Il est tombé dans l’escalier » : la version alternative</h2><p>En plus de la plainte concernant Islam, l’avocate a également saisi le Défenseur des droits au sujet des <em>« manquements déontologiques périphériques à ce déferlement de violences sur la personne d’Islam »</em>. La saisine mentionne <em>« des termes déplacés et des violences sur certains des membres de la famille, alors même que l’opération d’ampleur s’est avérée être une erreur »</em>. De fait, les forces de l’ordre ont appelé les pompiers pour qu’ils prennent en charge Islam, puis sont parties, sans emmener personne.</p><p>À l’hôpital, alors qu’Eliza se tient à ses côtés, le pompier explique à la médecin des urgences qu’Islam <em>« est tombé dans l’escalier »</em>. La mère de famille intervient, scandalisée, pour mentionner les violences. Contactés, les pompiers n’ont pas donné suite à nos demandes de précisions sur ces faits. Eliza, elle, reste très marquée par les événements. <em>« Patiente venue pour choc émotionnel suite à une erreur de la police ce matin vers 7 heures avec son fils qui a été frappé [...]. Elle a des marques de sang sur sa robe et son voile, qui seraient à son fils. Elle est arrivée avec des pleurs, angoisse à la poitrine »</em>, note son certificat médical émis le jour même.</p><div class="spip_document_22727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="181" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2413848468 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775128006 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg@.webp?1775127165 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22727-83452f97b66577c4f9d631128d80e877" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2026-03-25_basta-streetpresse_islam_violence-3.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22727-83452f97b66577c4f9d631128d80e877">Eliza, la mère d’Islam, dans la cuisine de la maison de trois étages occupée par la famille. Celle-ci a porté plainte après les violences commises par les agents.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« Je ne savais pas qui appeler pour m’aider. La police ? »</em> se désespère Eliza. La mère de famille parvient à joindre leur ancien travailleur social, devenu un ami, qui l’aide à constituer un dossier avec l’avocate Camille Vannier. En posant sa main sur son cœur, la mère de famille lâche : <em>« Si, en France, il y a des lois solides, alors, que ces quatre-là soient punis d’avoir frappé mon fils. Je ne trouverai la paix qu’à ce moment-là. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-traumatismes-de-la-guerre-en-Tchetchenie-ravives">Les traumatismes de la guerre en Tchétchénie ravivés</h2><p>À celle qui assume seule la charge de ses enfants, avec un salaire de femme de chambre dans un hôtel parisien, la médecin de l’hôpital prescrit quinze jours d’arrêt de travail. Mais aussi quinze jours de Xanax et un suivi par une psychologue. Car l’intervention a ravivé d’anciens traumatismes. <em>« J’ai fui la guerre en Tchétchénie, les soldats russes »</em>, raconte Eliza, qui subissait à cette époque de violentes intrusions à son domicile. Aux agents français, elle a dit : <em>« Vous êtes comme les soldats russes ! Ça, ce n’est pas la police... Rentrez calmement, expliquez-nous… Respectez les femmes, respectez les enfants ! Ils ne m’ont fait aucune excuse en partant. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/fatou-dieng-face-aux-violences-policieres-ne-rien-faire-etait-impossible">Fatou Dieng : face aux violences policières, « ne rien faire était impossible »</a></aside><p>Depuis son arrivée en France en 2010, Eliza avait réussi à se sentir en sécurité chez elle. Chaque soir, elle enlevait son voile et revêtait un pyjama. Mais, depuis le 17 mars, <em>« je n’arrive plus à dormir en pyjama</em>, confie-t-elle. <em>J’ai peur d’être surprise en pleine nuit. Je dors tout habillée, sur le canapé, comme ça »</em>, explique-t-elle en se recroquevillant sur un coin du sofa, les deux bras serrés autour d’un coussin.</p><p>Islam, lui, nous répète qu’il a <em>« mal au coeur »</em>, qu’il a lui aussi peur que les policiers reviennent en pleine nuit. Bilal a installé un matelas près de son lit afin de rassurer son grand frère et qu’il puisse dormir. <em>« La dernière fois, vers 3 heures du matin, il se posait des questions tout seul dans le noir : "pourquoi ils m’ont tapé", "c’est pas moi", "j’ai rien fait". Des fois, en pleine nuit, il vient près de moi pour me tenir la main. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/islam-24-ans-handicape-et-violente-par-la-police-c-est-de-la-sauvagerie</link>
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      <pubDate>Thu, 02 Apr 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Cadmium : pourquoi les Français sont les plus contaminés en Europe et comment faire autrement]]></title>
      <description><![CDATA[<p>En résumé :</p><ul class="spip" role="list"><li>La population française est parmi la plus contaminée au cadmium en Europe, à cause d’un laisser-faire des gouvernements depuis plus d’une décennie.</li>
<li>Ces surdoses de cadmium concernent les enfants comme les adultes et ont de lourdes conséquences sur la santé, provoquant notamment une augmentation des cancers.</li>
<li>L’excès de cadmium est dû aux engrais chimiques utilisés dans les champs et reste ensuite présent dans de nombreux aliments, en particulier ceux à base de céréales (pain, pâtes, céréales du petit-déjeuner...), ou les pommes de terre.</li>
<li>Pourtant, il est possible de réduire drastiquement l’usage de cadmium, en encadrant mieux les pratiques agro-industrielles et en favorisant l’agriculture biologique.</li>
<li>Là encore, l’extrême droite s’y oppose, préférant, de fait, laisser les cancers se multiplier plutôt que de réguler l’agriculture.</li>
</ul><p><em>Cliquez sur les questions ci-dessous pour en savoir plus.</em><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre1" class="spip_ancre">Qu’est-ce que le cadmium ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre2" class="spip_ancre">Surexposition au cadmium : que dit le nouveau rapport de l’Anses ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre3" class="spip_ancre">Quels sont les principaux aliments contaminés au cadmium ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre4" class="spip_ancre">Pourquoi la population française est-elle plus exposée au cadmium ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre5" class="spip_ancre">Quelles conséquences sur la santé ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre6" class="spip_ancre">Derrière la teneur en cadmium, quels enjeux géopolitiques ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre7" class="spip_ancre">Que compte faire le gouvernement français ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre8" class="spip_ancre">Comment réduire la quantité d’engrais phosphatés utilisés ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre9" class="spip_ancre">L’agriculture bio est-elle une alternative ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre10" class="spip_ancre">Quels aliments privilégier à l’échelle individuelle ?</a><br /><strong>–</strong> <a href="#ancre11" class="spip_ancre">Pourquoi l’extrême droite s’oppose-t-elle à l’interdiction de la majorité des engrais phosphatés ?</a></p><h2 class="spip" id="Qu-est-ce-que-le-cadmium">Qu’est-ce que le cadmium ?</h2><p>Le cadmium est un métal naturellement présent dans les sols, qui s’accumule et pénètre dans les végétaux, principalement par la racine. Mais les activités agricoles contribuent fortement à augmenter sa présence dans l’environnement.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Le-cadmium-engrais-cancerogene-notoire-present-dans-les-cereales-et-les-viennoiseries">Le cadmium, un cancérogène notoire, présent dans les céréales et les viennoiseries</a></aside><p>On retrouve notamment du cadmium, sous forme de fines particules, dans les engrais minéraux phosphatés. Ces fertilisants issus de roches riches en phosphore, sont très utilisés en agriculture dite « conventionnelle » pour soutenir les rendements. En France, les engrais minéraux phosphatés représentent près de <a href="https://www.anses.fr/fr/system/files?file=VSR2015SA0140.pdf" class="spip_out" rel="external">la moitié des apports de cadmium sur les sols agricoles français</a>. <em>« Le cadmium est présent dans l’alimentation et peut provoquer, entre autres maladies, un risque accru de cancer »</em>, alertait <em>Basta!</em> dès 2023.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Surexposition-au-cadmium-que-dit-le-nouveau-rapport-de-l-Anses">Surexposition au cadmium : que dit le nouveau rapport de l’Anses ?</h2><p>La population française, enfants comme adultes, est bien trop exposée au cadmium. C’est la conclusion de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), qui a évalué l’ensemble des sources et voies d’exposition à ce métal lourd, dans son <a href="https://www.anses.fr/system/files/ERCA-2023-AUTO-0150-RA.pdf" class="spip_out" rel="external">rapport publié le 25 mars</a>. <em>« L’alimentation est de loin la source majeure d’exposition, représentant jusqu’à 98 % de l’imprégnation au cadmium dans la population non fumeuse »</em>, souligne l’agence.</p><p>Les enfants sont particulièrement exposés : un quart d’entre eux dépassent la dose journalière tolérable par ingestion pour le cadmium, selon les résultats de la <a href="https://www.anses.fr/fr/content/acrylamide-elements-traces-metalliques-lalimentation-exposition-preoccupante" class="spip_out" rel="external">troisième étude de l’alimentation totale (EAT3)</a>.</p><p>La dernière étude nationale de biosurveillance Esteban, menée entre 2014 et 2016 par Santé publique France, a également révélé que près de la moitié de la population de 18 à 60 ans dépasse le seuil de concentration critique de cadmium dans les urines. Ainsi, chez les adultes français, l’imprégnation moyenne au cadmium mesurée a quasiment doublé en dix ans, si l’on se réfère à l’étude nationale Nutrition Santé menée en 2006-2007.</p><p><em>« Si les niveaux d’exposition actuels se maintiennent et qu’aucune action n’est mise en place, des effets néfastes à terme sont probables pour une part croissante de la population »</em>, <a href="https://www.anses.fr/fr/content/cadmium-agir-des-present-la-source-de-la-contamination-des-sols" class="spip_out" rel="external">explique Géraldine Carne, coordinatrice de l’expertise à l’Anses</a>, compte tenu du caractère bioaccumulable du cadmium dans l’organisme.</p><p>La situation est encore plus critique pour les fumeurs : du fait de l’apport supplémentaire lié au tabac – une plante exigeante en phosphore –, l’imprégnation est nettement plus élevée à tous les âges.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Quels-sont-les-principaux-aliments-contamines-au-cadmium">Quels sont les principaux aliments contaminés au cadmium ?</h2><p>L’exposition repose sur un cumul d’aliments du quotidien. Les aliments les plus contributeurs sont à la fois des produits fréquemment consommés et contaminés par le cadmium, notamment certains produits céréaliers, relève l’Anses : céréales du petit-déjeuner, pains, viennoiseries, pâtisseries, gâteaux et biscuits sucrés, pâtes, riz et blé ainsi que les pommes de terre et certains légumes (notamment racinaires, comme les carottes, navets, radis...).</p><p>Le rapport de l’Anses ne distingue pas la teneur en cadmium des produits bio et non bio, alors même que plusieurs études ont montré que <a href="https://basta.media/alimentation-bio-et-sante-ce-que-dit-la-science" class="spip_in">les céréales bio ont moins de cadmium</a>, par exemple.</p><div class="spip_document_22701 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="406" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c50590795 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp?1774967148 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png@.webp?1775033313 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png" width="960" height="460" alt="graphique sur la contribution moyenne (en %) des groupes d'aliments à l'imprégnation au cadmium" aria-describedby="by22701-7ac14243d9f336969403447737e0c49b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/contribution_moyenne_en_pourcentage_des_groupes_aliments_impre_gnation_cadmium_credit_anses.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22701-7ac14243d9f336969403447737e0c49b">Comment lire le tableau : pour les bébés de 4 à 6 mois, les préparations infantiles 1<sup class="typo_exposants">er</sup> âge (petits pots, etc.) sont responsables à 76 % de la contamination au cadmium, et les céréales infantiles à hauteur de 23 %. Pour les plus de 45 ans, c’est le pain qui en est responsable à hauteur de 21 %, les pommes de terres et tubercules pour 13 % ou les viennoiseries et gâteaux à hauteur de 5 %.
© Anses, 2026
</figcaption></figure></div><p><em>« L’imprégnation débute dès la période prénatale et se poursuit dès les premiers mois de vie, alors que les 1000 premiers jours de la vie de l’enfant sont déterminants pour le reste de son existence »</em>, <a href="https://www.linkedin.com/posts/beno%C3%AEt-biteau-32508082_cadmium-les-autorit%C3%A9s-sanitaires-exhortent-activity-7442594249549811712-YtCa/?originalSubdomain=fr" class="spip_out" rel="external">souligne le député écologiste Benoît Biteau</a>.</p><p>Chez les bébés de moins d’un an, l’expertise pointe le fait que les préparations infantiles de premier âge et les pots de légumes constituent <em>« la principale source alimentaire à l’imprégnation humaine au cadmium »</em>.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Pourquoi-la-population-francaise-est-elle-plus-exposee-au-cadmium">Pourquoi la population française est-elle plus exposée au cadmium ?</h2><p>Chez les adultes français, l’imprégnation moyenne au cadmium est <em>« trois fois supérieure à celle des adultes américains et plus de deux fois à celle des adultes italiens »</em>, selon une <a href="https://www.asef-asso.fr/actualite/journee-mondiale-de-lenvironnement-5-juin-les-medecins-liberaux-se-mobilisent-pour-informer-et-alerter-la-population-sur-les-enjeux-de-sante-environnementale-et-notamment-le-cadmium/" class="spip_out" rel="external">tribune des médecins libéraux publiée en juin 2025</a>. Ces données figurent dans <a href="https://www.santepubliquefrance.fr/docs/impregnation-de-la-population-francaise-par-le-cadmium.-programme-national-de-biosurveillance-esteban-2014-2016" class="spip_out" rel="external">l’étude Esteban</a> publiée en 2021. Chez les enfants français, l’imprégnation est <em>« quatre fois supérieure à celle des enfants américains ou allemands, par exemple »</em>, ajoutent les médecins.</p><p>Comment expliquer cette surcontamination en France, comparé aux voisins européens ? C’est que l’industrie agroalimentaire française est autorisée à laisser plus de cadmium dans les engrais qu’elle utilise et donc dans les aliments qu’elle fabrique (90 milligrammes par kilo d’engrais phosphatés). Ailleurs en Europe, la limite maximale – adoptée en 2019 – est bien inférieure (60 mg). Certains pays européens ont même anticipé un durcissement des normes : la Finlande et la Slovaquie, par exemple, appliquent un seuil de 20 mg/kg, soit plus de quatre fois inférieur à la limite française.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Quelles-consequences-sur-la-sante">Quelles conséquences sur la santé ?</h2><p>Le cadmium est reconnu depuis 2012 comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction par le Centre international de recherche sur le cancer. Il entraîne aussi chez l’humain des atteintes rénales et une fragilité osseuse à la suite d’une exposition prolongée, notamment par voie orale, selon <a href="https://www.anses.fr/fr/system/files?file=VSR2015SA0140.pdf" class="spip_out" rel="external">un avis de l’Anses publié en 2019</a>.</p><p>Un <a href="https://pubs.acs.org/doi/10.1021/acs.est.2c07611" class="spip_out" rel="external">article scientifique en 2023</a> souligne que les personnes les plus exposées au cadmium présentent d’importants surrisques de cancers. Parmi ces cancers : celui du pancréas, dont l’incidence explose. Elle a plus que doublé ces 15 dernières années en France. 6000 nouveaux cas étaient diagnostiqués en 2006, 12 000 en 2012 et <a href="https://www.ligue-cancer.net/questce-que-le-cancer/les-types-de-cancer/cancer-du-pancreas" class="spip_out" rel="external">15 000 en 2023</a>. <em>« En 2019 déjà, <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/31078004/" class="spip_out" rel="external">une étude a documenté un surrisque de cancer du pancréas</a> pour les personnes les plus exposées au cadmium »</em>, précisait Pierre Souvet, médecin et président de l’Association Santé Environnement France, à <em>Basta!</em> <a href="https://basta.media/Le-cadmium-engrais-cancerogene-notoire-present-dans-les-cereales-et-les-viennoiseries" class="spip_in">lors de notre précédente enquête</a>.</p><p>Une <a href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7312803/" class="spip_out" rel="external">publication italienne de 2020</a> fait également état d’un nombre impressionnant d’effets sanitaires du cadmium : dommages au niveau des reins, du foie, des systèmes osseux et cardiovasculaire, troubles du cycle menstruel, malformations chez l’embryon, effets mutagènes…</p><p>Une étude a montré qu’en France, en Belgique et en Espagne, <em>« environ 23 % des cas d’ostéoporose chez la femme <a href="https://www.anses.fr/system/files/ERCA-2023-AUTO-0150-RA.pdf" class="spip_out" rel="external">sont attribuables à cette exposition</a>, avec une projection pouvant aller jusqu’à 34 % de femmes affectées d’ici à 2040 si les niveaux d’exposition ne diminuent pas »</em>, insiste l’Anses.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Derriere-la-teneur-en-cadmium-quels-enjeux-geopolitiques">Derrière la teneur en cadmium, quels enjeux géopolitiques ?</h2><p>La France importe la quasi-totalité de ses engrais phosphatés du Maroc, l’une des principales réserves de phosphore dans le monde. Or, <em>« le gisement marocain d’origine sédimentaire est plus riche en cadmium que certains gisements de Russie ou des États-Unis »</em>, <a href="https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/cadmium-pourquoi-les-francais-sont-trois-a-quatre-fois-plus-exposes-a-cette-pollution-que-leurs-voisins-europeens-2432324.html" class="spip_out" rel="external">explique Sylvain Pellerin</a>, directeur de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae).</p><p>Les autres pays européens s’approvisionnent eux aussi en engrais phosphatés au Maroc, mais également auprès de la Finlande, de la Norvège ou de la Russie, où la teneur en cadmium du phosphore est moins élevée. Les détracteurs d’une limite basse, soit à 20 mg, affirment que cela risque d’accroître la dépendance aux importations russes.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Que-compte-faire-le-gouvernement-francais">Que compte faire le gouvernement français ?</h2><p>L’Anses recommande en premier lieu d’appliquer dès que possible des valeurs limites en cadmium pour les engrais minéraux phosphatés. Comme dans son avis de 2019, l’agence recommande de <em>« ne pas dépasser un flux d’apport de 2g de cadmium par hectare et par an »</em>. Pour cela, elle recommande une teneur maximale de 20mg de cadmium par kilo d’anhydride phosphorique dans les engrais minéraux phosphatés.</p><p>Dans la foulée de la publication de l’Anses, le ministère de l’Agriculture a annoncé le 25 mars que la diminution serait progressive, passant de 90 milligrammes par kilogramme actuellement à 60 mg/kg en 2027, c’est-à-dire le niveau préconisé par l’Union européenne. Le seuil passerait ensuite à 40 mg/kg en 2030, puis à 20 mg/kg avant 2038 – soit le niveau recommandé par l’Anses – sous réserve d’<em>« une étude d’impact favorable »</em>. Des projets de décrets et d’arrêtés sur ce sujet <em>« ont été soumis en février au Conseil d’État, qui doit rendre ses conclusions d’ici avril »</em>, et devraient ensuite être publiés <em>« dans la foulée »</em>, précise le ministère.</p><p><em>« Attendre autant, c’est criminel, selon moi, au regard des recommandations des agences sanitaires et de l’urgence du problème »</em>, <a href="https://vert.eco/articles/cadmium-ca-fait-30-ans-quon-connait-les-risques-et-pourtant-les-pouvoirs-publics-ne-font-rien-desespere-le-depute-benoit-biteau" class="spip_out" rel="external">a réagi le député écologiste Benoît Biteau</a> auprès du média <em>Vert</em>.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><p>Le groupement des industriels du secteur des engrais, France Fertilisants, a communiqué le 25 mars sur « les efforts » de la filière. L’organisation note depuis 1988 une réduction d’environ 70 % de l’usage des engrais minéraux phosphatés en France. Le chercheur Sylvain Pellerin, de l’Inrae, confirme que <em>« les épandages d’engrais phosphatés <a href="https://www.tf1info.fr/environnement-ecologie/cadmium-pourquoi-les-francais-sont-trois-a-quatre-fois-plus-exposes-a-cette-pollution-que-leurs-voisins-europeens-2432324.html" class="spip_out" rel="external">ont été divisés par quatre depuis les années 1990 »</a>. Cette trajectoire n’est toutefois pas suffisante.</em></p><p>L’Anses recommande en plus une <em>« évolution des pratiques agricoles »</em>. Certaines techniques permettent, par exemple, de mobiliser le phosphore déjà présent dans les sols afin d’éviter de nouveaux apports. L’Inrae préconise ainsi d’<a href="https://www.inrae.fr/actualites/moitie-du-phosphore-disponible-sols-agricoles-lechelle-mondiale-provient-engrais-mineraux" class="spip_out" rel="external">intégrer du lupin blanc ou du sarrasin</a> dans les rotations de cultures. L’institut conseille également de favoriser le retour des haies pour limiter l’érosion des sols, et de privilégier des apports en matières organiques comme le fumier ou le compost.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="L-agriculture-bio-est-elle-une-alternative">L’agriculture bio est-elle une alternative ?</h2><p><em>« Les agriculteurs et agricultrices biologiques privilégient les engrais organiques et effluents d’élevage »</em>, indique la Fédération nationale de l’agriculture biologique, la Fnab. L’organisation regrette, <a href="https://www.fnab.org/cadmium-la-bio-mise-injustement-dans-le-meme-sac-que-le-conventionnel/" class="spip_out" rel="external">dans un communiqué publié le 31 mars</a>, que la bio soit <em>« injustement mise dans le même sac que le conventionnel »</em> par l’Anses. <em>« Le rapport de l’Anses laisse penser que les mêmes règles s’appliquent aux bios et aux conventionnels concernant le cadmium. Or, la réglementation bio impose des seuils limites 30 % plus bas pour les phosphates miniers »</em>, ajoute la Fnab.</p><p>Le cahier des charges de l’agriculture biologique est en effet aligné sur la limite de 60 mg/kg de cadmium de la réglementation européenne, contre les 90 mg/kg en vigueur en France pour le conventionnel.</p><p>Surtout, dans son expertise, l’Anses indique que <em>« le phosphate naturel est utilisé dans de nombreuses exploitations en agriculture biologique »</em>. Or, une étude conduite par Arvalis, l’institut technique des grandes cultures françaises, à laquelle <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/03/30/cadmium-les-autorites-sanitaires-accusees-d-avoir-ignore-des-elements-en-faveur-du-bio_6675434_3244.html" class="spip_out" rel="external">le quotidien <em>Le Monde</em> a eu accès</a> conclut le contraire dans ses résultats préliminaires.</p><p>L’étude a consisté à observer les pratiques de fertilisation des sols menées sur 175 parcelles bio entre 2017 et 2021 : sur 866 situations documentées, une seule a employé du phosphate naturel. Ce dernier n’est donc quasiment pas utilisé par les agriculteurs bio français.</p><p>La Fnab demande à l’Anses d’ajouter ces précisions à son expertise <em>« afin de garantir une juste information des pouvoirs publics et des consommateurs »</em>.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Quels-aliments-privilegier-a-l-echelle-individuelle">Quels aliments privilégier à l’échelle individuelle ?</h2><p><em>« La réduction de l’exposition au cadmium passe avant tout par des actions collectives sur les sources de contamination, notamment les sols agricoles »</em>, précise l’Anses. Elle recommande toutefois de limiter la consommation de produits à base de blé sucrés et salés, tels que les céréales du petit-déjeuner, gâteaux et biscuits. Elle invite aussi à introduire plus de légumineuses dans les repas à la place des aliments à base de blé, comme les pâtes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/alimentation-bio-et-sante-ce-que-dit-la-science">Alimentation bio et santé : ce que dit la science</a></aside><p>Quid des aliments cultivés en agriculture biologique ? <em>« Plusieurs études concluent à une moins forte teneur en cadmium des aliments bio mais sont écartées par l’Anses sans explication précise »</em>, regrette la Fédération nationale de l’agriculture biologique. Interrogée à ce sujet par <em>France Info</em>, l’Anses dit vouloir <em>« rester prudente »</em> et précise qu’elle n’exclut pas de mener, <em>« dans un futur proche, une étude comparative »</em> <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/le-vrai-ou-faux/le-vrai-ou-faux-du-lundi-30-mars-2026-2946219" class="spip_out" rel="external">entre le bio et le conventionnel</a>, sur leur impact sur la santé des Français.</p><p>En l’occurrence, <a href="https://etude-nutrinet-sante.fr/" class="spip_out" rel="external">une étude existe déjà, Nutrinet</a>. Celle-ci est de mieux en mieux documentée : elle suit une cohorte de plus de 100 000 adultes en France depuis 2009 et a révélé une <a href="https://basta.media/alimentation-bio-et-sante-ce-que-dit-la-science" class="spip_in">diminution de 25 % du risque de cancer</a> observée chez les consommateurs « réguliers » d’aliments bio comparés aux non-consommateurs.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p><h2 class="spip" id="Pourquoi-l-extreme-droite-s-oppose-t-elle-a-l-interdiction-de-la-majorite-nbsp">Pourquoi l’extrême droite s’oppose-t-elle à l’interdiction de la majorité des engrais phosphatés ?</h2><p>Le Rassemblement national a refusé en commission de l’Assemblée nationale, le 4 février dernier, de voter pour une <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/rapports/cion-eco/l17b2430_rapport-fond#" class="spip_out" rel="external">proposition de loi visant à protéger l’alimentation des contaminations au cadmium</a>. Le texte, porté par le député écologiste Benoît Biteau, préconise l’interdiction des engrais phosphatés pollués au cadmium à compter du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> janvier 2027. Hervé de Lépinau, député RN, s’est dit favorable à <em>« la responsabilité individuelle »</em> et opposé à toute contrainte sur l’économie agricole. Malgré tout, la proposition de loi de Benoît Biteau pourrait être examinée dans l’hémicycle en mai prochain.</p><p><a href="#ancre0" class="spip_ancre">Revenir à la liste des questions.</a></p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 01 Apr 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Comment expliquer la hausse des expulsions locatives ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10456 c-content_text texte surlignable"><p>En 2025, 30 500 familles ont été expulsées de leur logement par la police selon le Conseil national des commissaires de justice. C’est un chiffre qui a augmenté de 25% en une année et doublé en 10 ans. Mais comment expliquer cette augmentation des expulsions locatives ? Explications avec le sociologue Camille François.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/expulsions-locatives">Expulsions locatives</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/logement">Logement</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=comment-expliquer-la-hausse-des-expulsions-locatives?var_fav=article-10456" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 31 Mar 2026 17:40:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Loi contre la fraude fiscale et sociale : haro sur les chômeurs, les allocataires du RSA et des minimas sociaux]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les débats ont repris à l’Assemblée nationale sur <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/dossiers/DLR5L17N52985" class="spip_out" rel="external">le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales</a>. Les députés doivent étudier près de 400 amendements jusqu’au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> avril, après une première séance de discussion les 25 et 26 février, interrompues pour cause de campagne pour les élections municipales.</p><p>Le texte vise à mieux détecter et mieux sanctionner ces fraudes qui constituent une « atteinte directe au pacte républicain », pointait le dossier de presse du projet législatif, au moment de sa présentation en conseil des ministres en octobre dernier.</p><p>Il s’agit de <em>« muscler le jeu face à des fraudeurs qui n’ont aucun état d’âme »</em>, disait son rapporteur, le sénateur (centriste) Olivier Henno, lors du passage du texte au Sénat en novembre. Et ce – nous étions alors en plein débat sur le budget – afin de <em>« garantir l’acceptabilité des mesures d’effort demandées aux Français en luttant davantage contre ceux qui ne respectent pas les règles du jeu »</em>. Et au passage <em>« mieux récupérer »</em> plusieurs milliards d’euros dans les finances publiques.</p><h2 class="spip" id="Rien-pour-lutter-contre-la-fraude-fiscale">Rien pour lutter contre la fraude fiscale</h2><p>Le Parlement va-t-il ainsi enfin s’attaquer aux dizaines de milliards d’euros qui échappent, via les paradis fiscaux et des montages financier complexes, à l’effort commun en faveur de l’intérêt général ? Aucunement. La future loi <em>« ne contient pas de réforme d’ampleur des outils de lutte contre les fraudes sociales et fiscales »</em>, relevait le Conseil d’État dans son avis.</p><p>Plutôt fourre-tout, le projet concerne autant le crime organisé, le travail dissimulé, la formation professionnelle, le transport sanitaire que les victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Et cible surtout les chômeurs, les personnes au RSA, ou à revenus modestes et en situation de handicap...</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le texte demeure <em>« très orienté vers la lutte contre la fraude sociale »</em>, <a href="https://obs-justice-fiscale.attac.org/actualites/article/un-projet-de-loi-contre-les-fraudes-sociales-beaucoup-et-fiscales-un-peu" class="spip_out" rel="external">regrette l’Observatoire de la justice fiscale</a>, qui appelle le gouvernement à <em>« ne pas se tromper de cible »</em>. Sur les 23 mesures étudiées par l’association, quatre concernent la fraude fiscale et le blanchiment tandis que 16 s’attaquent à ladite fraude sociale. Trois sont communes aux deux fraudes. Les deux préjudices ne sont pourtant ni de la même nature – percevoir indûment des allocations pour joindre les deux bouts ne s’apparente pas tout à fait à éviter l’impôt par des montages financiers – ni du même ordre de grandeur…</p><p>Dernier exemple en date, la révélation que plus de 13 000 familles millionnaires, redevables de l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), donc propriétaire d’un patrimoine supérieur à 1,3 million d’euros, <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/02/18/ces-13-335-millionnaires-qui-ne-paient-aucun-impot-sur-le-revenu_6667239_823448.html" class="spip_out" rel="external">ne payaient aucun impôt sur le revenu</a>. Mais ce ne sont pas ces personnes fortunées que visent le projet de loi relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. C’est bien sur les chômeurs indemnisés ou les personnes percevant l’allocation adulte handicapée que vont porter les efforts de contrôle.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-chomeur-n-est-pas-un-fraudeur">« Le chômeur n’est pas un fraudeur »</h2><p>S’il reste <em>« très difficile d’évaluer précisément l’ampleur de la fraude fiscale, qui repose par définition sur des comportements dissimulés »,</em> selon le Conseil d’analyse économique, le manque à gagner fiscal oscillerait entre 80 et 100 milliards d’euros. Pour la fraude sociale : c’est autour de 15 milliards par an, sachant que la moitié de celle-ci provient d’employeurs qui sous-déclarent les cotisations sociales à l’Urssaf, ou de quelques escroqueries massives, comme, dans le cas de l’assurance-maladie, <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinfo/podcasts/les-documents-franceinfo/fraudes-a-la-caisse-d-assurance-maladie-pour-58-millions-d-euros-sept-mises-en-examen-9199425" class="spip_out" rel="external">l’affaire des fausses facturations de soins dentaires par des centres de santé fictifs</a>.</p><p>Du côté des prestations sociales (RSA, allocations chômage ou même retraite), le plus gros poste de fraude s’élève à moins de 10 % des sommes distribuées, <a href="https://www.alternatives-economiques.fr/la-fraude-sociale-met-elle-la-secu-en-peril/00116766" class="spip_out" rel="external">comme le rappelle <em>Alternatives Économiques</em></a>. La fraude au chômage représente, elle, environ 110 millions d’euros sur 36 milliards d’euros d’allocations versées en 2024, soit une part minime de 0,3 %. <em>« C’est la démonstration que le chômeur n’est pas un fraudeur »,</em> soutient Christophe Moreau, membre du bureau national du syndicat FSU-Emploi. Cet élu au conseil économique et social central de France Travail voit dans le projet de loi, une nouvelle occasion de <em>« taper sur les plus pauvres »</em>.</p><p>À commencer par contrôler les revenus des auto-entrepreneurs bénéficiant du RSA. Ou en permettant aux maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) d’échanger des informations pour contrôler la fraude à l’allocation adulte handicapé (AAH), pourtant très marginale (1,46 % de l’ensemble des prestations, pour 1,3 million d’allocataires).</p><p>Donner aux administrations sociales - Caisse nationale d’assurance maladie, Caisse nationale des allocations familiales et France Travail - les <em>« mêmes moyens que la direction des finances publiques »,</em> voilà l’esprit général de loi. Ainsi que <em>« renforcer la coopération entre les administrations fiscales, douanières et sociales »</em>.</p><h2 class="spip" id="France-Travail-is-watching-you">France Travail is watching you !</h2><p>En langage administratif, ce partage d’informations s’appelle un « droit de communication ». Instauré en 2008, il permet aux agents de vérifier auprès d’un tiers les informations déclarées par l’allocataire. Et depuis des années, les diverses bases de données « communiquent » de plus en plus.</p><p>Les auditeurs de l’ex-Pôle Emploi, chargés de lutter contre ces manquements, disposent déjà d’accès aux comptes bancaires ou fournisseurs d’énergie des fraudeurs présumés. La création de France Travail en janvier 2025 a permis aux organismes d’insertion sociales (Cap Emploi, missions locales…) de mutualiser les données de chaque inscrit sur la plateforme.</p><p>Le témoignage de Gaëlle, agricultrice près de Brest et allocataire du RSA en attendant que son activité génère suffisamment de revenus, est édifiant <a href="https://basta.media/Sentiment-d-etre-mise-a-nue-dans-le-finistere-une-paysanne-renonce-RSA-pour-preserver-sa-sante-mentale" class="spip_in">sur la manière dont ce type de contrôles peut se muer en harcèlement institutionnel</a>. Le projet de loi ouvre la voie pour étendre ce type de contrôle à toute personne indemnisée ou allocataire d’un minima social.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Sentiment-d-etre-mise-a-nue-dans-le-finistere-une-paysanne-renonce-RSA-pour-preserver-sa-sante-mentale">« J’ai eu le sentiment d’être mise à nue » : dans le Finistère, une paysanne renonce à son RSA pour préserver sa santé mentale</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/1f91e9bfb746550fc41321dd27912b-f2f1c.jpg?1774947957" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une femme portant une petite chèvre dans ses bras." /></aside><p>Cela n’a pas empêché la sénatrice LR de l’Isère Frédérique Puissat de faire adopter un amendement en commission des affaires sociales, permettant aux agents de France Travail : l’accès fichier des compagnies aériennes, au registre des français établis hors de France, aux opérateurs de téléphonie ou encore de traiter les données de connexion des inscrits sur la plateforme.</p><p>Pourquoi savoir si les assurés voyagent ou ouvrent des comptes à l’étranger ? <em>« C’est toujours ce présupposé que les gens vont s’actualiser au bled ou ailleurs pour toucher leurs allocations au soleil »,</em> raille Christophe Moreau en référence à des chômeurs, pistés sur les réseaux sociaux ou des travailleurs immigrés accusés de toucher leurs indemnités sans vivre en France. <em>« En plus, c’est absurde ! Il suffit de prendre un VPN pour faire croire qu’on se connecte en France »,</em> ajoute le syndicaliste. Ces deux dernières mesures introduites par le Sénat ont été annulées par les députés.</p><h2 class="spip" id="Des-lt-lt-manquements-deliberes-peu-verifiables">Des « manquements délibérés » peu vérifiables</h2><p>Pour percevoir une allocation, il faut résider de façon stable et effective en France, <a href="https://www.actu-juridique.fr/social/lallocation-daide-au-retour-a-lemploi-un-droit-incompatible-avec-la-residence-a-letranger-du-salarie-prive-demploi/" class="spip_out" rel="external">avait tranché la Cour de cassation</a> en 2018. Dans le même esprit, la loi prévoit que le versement des indemnités chômage s’effectue exclusivement sur des comptes domiciliés en France ou en pays de la zone euro.</p><p>Une mesure ni <em>« nécessaire, ni appropriée »</em>, <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/avis-sur-le-projet-de-loi-relatif-la-lutte-contre-les-fraudes-sociales-et-fiscales-973" class="spip_out" rel="external">a jugé le Défenseur des droits</a> dans son avis sur le projet de loi, au nom du principe de non-discrimination. Car <em>« le contrôle de la condition de résidence en France peut se faire par d’autres moyens »</em>. En clair, pas besoin de cette nouvelle loi pour contrôler le respect des conditions de résidence.</p><p>Autre mesure prévue par le législateur : la possibilité de procéder directement sur le compte de l’assuré à des saisies administratives pour retenir la totalité des versements à venir d’allocations chômage, en cas d’indus engendrés par un « manquement délibéré ou manœuvres frauduleuses ». Comme l’a repéré <a href="https://blogs.alternatives-economiques.fr/abherve/2025/11/09/au-senat-on-transforme-france-travail-en-big-brother" class="spip_out" rel="external">sur son blog l’économiste Michel Abhervé</a>, cette formulation, « susceptible d’interprétation » ne figurait pas dans l’étude d’impact de la loi. Le Conseil d’État a donc <a href="https://www.conseil-etat.fr/avis-consultatifs/derniers-avis-rendus/au-gouvernement/avis-sur-le-projet-de-loi-relatif-a-la-lutte-contre-les-fraudes-sociales-et-fiscales" class="spip_out" rel="external">suggéré de ne pas retenir</a>cette mesure envisagée car <em>« aucun élément (…) ne permet d’apprécier l’importance des situations, vraisemblablement marginales »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Des-risques-d-atteintes-aux-droits">« Des risques d’atteintes aux droits »</h2><p>Pour les chômeurs indemnisés, les cas de « fraude » sont le plus souvent le fait de fausses déclarations, de documents erronés ou d’une mauvaise actualisation de son activité professionnelle ou générant de trop perçus. En pratique, la distinction entre irrégularités volontaires et erreurs <em>« peut être difficile à opérer »</em>, <a href="https://www.ccomptes.fr/sites/default/files/2023-10/20200908-rapport-Lutte-contre-fraudes-prestations-sociales_0.pdf" class="spip_out" rel="external">estimait en 2020 la Cour des comptes</a>. Dans le même sens, le Défenseur de droits recommande plutôt <em>« d’harmoniser les qualifications utilisées »</em>, entre erreurs, manquements délibérés ou pas, ou fraudes avérées, pour éviter un grand <em>« risque d’incertitude juridique »</em>.</p><p>Au contraire, le projet de loi prévoit de suspendre le versement de l’indemnité chômage ou de l’allocation en cas de simple suspicion. <em>« Tout cela participe à un contrôle renforcé des plus démunis »,</em> regrettait Christophe Moreau. D’autant que <em>« dès qu’il y a suspicion, on suspend l’allocation. Il n’y a aucune présomption d’innocence ce qui est contraire à notre justice »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/des-gilets-jaunes-controles-par-la-caf-apres-un-signalement-policier">Des gilets jaunes contrôlés par la CAF après un signalement policier</a></aside><p>Résultat, le médiateur de France Travail voit le nombre de recours exploser ces dernières années, avec plus de 60 000 sollicitations en 2025. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, a déclaré en février que le gouvernement pourrait être favorable <a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/260226/fraude-sociale-et-fiscale-l-assemblee-la-gauche-ferraille-contre-un-projet-de-loi-juge-desequi" class="spip_out" rel="external">à des amendements venus de la gauche</a> pour <em>« maintenir le reste à vivre des allocataires le temps de la suspension conservatoire »</em>. </p><p>Pour la défenseure des droit Claire Hédon, cette <em>« focalisation exclusivement répressive »</em> présente <em>« des risques d’atteintes aux droits et libertés »</em> et <em>« d’aggraver le phénomène de non-recours</em> [quand des citoyens renoncent à faire valoir leurs droits, ndlr] <em>aujourd’hui bien plus massif que la fraude sociale elle-même »</em>…</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/loi-contre-la-fraude-fiscale-et-sociale-haro-sur-les-chomeurs-les-allocataires</link>
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      <pubDate>Tue, 31 Mar 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Payés moins de 6 euros de l'heure, accidents, agressions : une étude alerte sur le sort des livreurs]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Moins de 6 euros l’heure. C’est le revenu moyen des livreurs des plateformes de livraison (Deliveroo, Uber, Stuart, JustEat...), au sujet desquelles une nouvelle étude d’ampleur, <em>Santé-Course</em>, <a href="https://www.medecinsdumonde.org/actualite/enquete-livreurs/" class="spip_out" rel="external">vient de paraître</a>, mardi 31 mars. Pour ce travail, 1000 livreurs ont été interrogés à Paris et Bordeaux par Médecins du monde, l’Institut national d’études démographiques (Ined) et l’Institut de recherche pour le développement (IRD), avec l’appui de la Maison des coursiers à Paris, <a href="https://basta.media/maison-des-livreurs-un-peu-de-repit-pour-travailleurs-plateformes-Uber-Deliveroo" class="spip_in">la Maison des livreurs à Bordeaux</a> et CoopCycle pour la faire circuler parmi les premiers concernés.</p><p>Le millier de livreurs interrogés gagne en moyenne 1480 euros bruts par mois pour 63 heures de travail par semaine. Auquel il faut soustraire l’achat et l’entretien du matériel, ainsi que le paiement des cotisations à l’Urssaf (20% des revenus) pour ceux qui sont propriétaires de leur compte d’auto-entrepreneur.</p><p>Ceux qui, en raison de leur situation administrative irrégulière, empruntent le compte Urssaf d’un tiers, reversent en moyenne à celui-ci 528 euros par mois, chiffre l’étude. <em>C’est 150 euros la semaine qu’il faut reverser, même en été quand il n’y a pas beaucoup de commandes »</em>, confirme Paco*, livreur à Paris depuis dix ans, qui a travaillé un temps sous un faux profil. Quel que soit leur statut, c’est là leur unique source de revenus. Impossible de dégager du temps pour un autre emploi sachant que huit livreurs sur dix travaillent <em>« au moins six jours par semaine »</em>.</p><h2 class="spip" id="Un-livreur-sur-deux-a-des-symptomes-depressifs">Un livreur sur deux a des symptômes dépressifs</h2><p>Les répercussions de cette précarité, couplée au rythme de travail intensif, sont multiples sur la santé physique et mentale. La dimension psychique a rarement été documentée, pourtant, la conclusion est accablante : un livreur sur deux présente des <em>« symptômes de dépression modérée à sévère »</em>, d’après l’étude. Le taux est quasiment le même (45 %) pour ceux déclarant éprouver une <em>« détresse psychologique modérée à grave »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/maison-des-livreurs-un-peu-de-repit-pour-travailleurs-plateformes-Uber-Deliveroo">À la Maison des livreurs, un peu de répit pour les travailleurs ubérisés</a></aside><p>En outre, la moitié des livreurs interrogés souffrent de troubles du sommeil. Cette souffrance psychique est une évidence : <em>« Les livreurs ne vivent pas : ils se battent au quotidien,</em> considère Paco. <em>On est à fond dans le travail, il n’y a pas de vie à côté »</em>. <em>« Ne pas voir sa famille le soir, ne faire que travailler, cela vous coupe de vos proches, de vos enfants. Cela participe au mal-être psychique »</em>, pointe Jonathan L’Utile Chevallier, co-coordinateur de la Maison des livreurs à Bordeaux qui accompagne près de 600 livreurs adhérents.</p><p><em>« La santé mentale et la dépression, au départ c’est beaucoup ça notre problème. Après viennent le mal au dos, les douleurs aux genoux »</em>, expose Youssouf Kamara, livreur à Bordeaux depuis 2020, et président de l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs.</p><h2 class="spip" id="Mal-au-dos-aux-genoux-aux-poignets">Mal au dos, aux genoux, aux poignets</h2><p>Les  troubles musculo-squelettiques sont en effet <em>« très  prévalents  parmi les livreurs »</em>, décrit l’étude co-coordonnée par Médecins du monde. Au cours du mois précédent l’enquête, 36 % des livreurs interrogés ont ressenti des douleurs dans le bas du dos, 30 % dans le haut du dos, 22 % aux épaules, 20 % aux poignets, aux mains et   aux genoux. Parmi les autres symptômes physiques moins connus, en l’absence d’accès régulier à des toilettes, 32 % des livreurs déclarent des troubles urinaires réguliers.</p><p><em>« Est-ce qu’on doit tout vous dire ? »</em> s’interroge Youssouf Kamara en marquant une pause, avant de lâcher : <em>« On souffre aussi de faiblesse sexuelle. »</em> <em>« C’est tabou, beaucoup ont honte, mais c’est un vrai sujet »</em>, insiste Ibrahim Ouattara, co-coordinateur de la Maison des livreurs bordelaise, l’un des enquêteurs de l’étude. Ne pas aller bien mentalement n’aide pas, mais aussi, très concrètement : <em>« 12 heures d’affilée sur une selle, sans vélo homologué, sans siège adapté : les testicules sont écrasées, cela a des conséquences aussi sur le périnée… »</em></p><p>Le recours aux soins est rendu difficile par la précarité économique et l’isolement social. Parmi le millier de livreurs interrogés par l’étude, 98 % sont des personnes immigrées, 68 % n’ont pas de titre de séjour et sont contraints de louer un compte appartenant à une personne tierce. Un livreur sur trois a renoncé  à  des soins  de santé  alors qu’il en avait besoin  au cours de l’année : la majorité pour des <em>« problèmes » de papiers »</em>, les autres faute d’argent pour pouvoir se les payer.</p><h2 class="spip" id="t23-accidents-mortels-depuis-2019">23 accidents mortels depuis 2019</h2><p>Ces conditions précaires d’exercice dans lesquelles les livreurs sont maintenus sont autant de facteurs accidentogènes. <em>« Tu risques d’avoir des accidents sans même t’en rendre compte</em>, explique Youssouf Kamara. <em>Tu es sur ton vélo, au milieu de centaines de voitures, et tu es en train de penser à autres chose : est-ce qu’il y aura suffisamment de commandes pour rentrer à la maison, comment faire pour avoir un titre de séjour, pour nourrir ta famille, tout ça... Puis tu acceptes une commande, ça te dit 7 euros pour 10 kilomètres, déjà c’est mal payé mais bon… Tu valides et c’est encore pire parce que ça passe à 13 kilomètres… Parfois c’est 3 euros pour 10km… Tu es encore plus énervé tout seul sur ton vélo »</em>, déroule le livreur dans un flot de paroles.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Quel que soit leur véhicule, 59 % des livreurs interrogés ont déjà subi au moins un accident. La Maison des livreurs de Bordeaux a pour sa part recensé 23 accidents mortels de livreurs depuis 2019 dans la presse - autant dire que la liste n’est pas exhaustive. <em>« Ces travailleurs pauvres sont pris en étau entre les soucis administratifs et la pression des plateformes. Les plateformes abusent de leur situation administrative précaire pour mal les rémunérer, les pousser à la prise de risques »</em>, souligne Jonathan L’Utile Chevallier.</p><h2 class="spip" id="La-gestion-benevole-des-accidents-du-travail">La gestion bénévole des accidents du travail</h2><p>Le problème, c’est qu’il n’existe pas de reconnaissance d’accidents du travail, du fait de la non-reconnaissance du statut de salarié. Deliveroo, Uber et d’autres proposent simplement des assurances à souscrire pour les volontaires via leurs partenaires privilégiés (Axa en ce qui concerne Uber, par exemple). Pour ceux qui y souscrivent, les conditions imposées en termes de délais, documents à fournir et circuit de déclaration créent un parcours du combattant.</p><p>La Maison des livreurs bordelaise aide les coursiers à naviguer dans ce jargon administratif, mais les succès sont rares. <em>« J’accompagne un livreur Deliveroo qui a eu un accident grave en octobre 2024. Deliveroo France a envoyé son dossier à un prestataire en Belgique, qui l’a envoyé à un prestataire à Londres, qui l’a envoyé à un autre à Cardiff. Tout le monde se renvoie tous la balle. On a fini par saisir le Défenseur des droits »</em>, soupire Jonathan L’Utile Chevallier. À ce jour, le livreur en question, qui souffre de douleurs quotidiennes depuis l’accident, n’a reçu que 580 euros d’indemnité.</p><p>Le coordinateur de la Maison des livreurs mentionne un autre cas emblématique d’un coursier qui, suite à son accident, a fait <em>« cinq semaines de coma. Ses proches n’avaient pas ses codes d’accès à son compte Deliveroo. Tout était hors délai pour sa déclaration. Il est aujourd’hui handicapé à vie et il n’a rien. »</em> Les livreurs les plus précaires travaillant sous fausse identité sont, eux, exclus d’office. Paco a subi une opération au genou en 2018, après une chute en pleine livraison à Paris. <em>« Je n’ai pas eu d’indemnité car je travaillais sous l’identité d’un autre »</em>, confie-t-il.</p><p>Alors les livreurs s’organisent entre eux, bénévolement. À Bordeaux, l’Association de mobilisation et d’accompagnement des livreurs a créé une astreinte téléphonique d’urgence, disponible 24 heures sur 24. Lorsqu’un accident est signalé, même en plein milieu de la nuit, le collectif se rend sur place. <em>« Quand il pleut, je peux avoir dans la nuit deux ou trois appels pour des accidents »</em>, rapporte Youssouf Kamara, le président. En 2025, son équipe d’astreinte a porté secours en quelques minutes à un livreur de 23 ans : <em>« Les médecins nous ont dit “vous lui avez sauvé la vie” »</em>.</p><h2 class="spip" id="Management-algorithmique-qui-pousse-a-prendre-des-risques">Management algorithmique qui pousse à prendre des risques</h2><p>Le management algorithmique des plateformes, basé sur le recours à une intelligence artificielle pour optimiser les courses, n’aide pas à réduire le taux d’accidents. Bien au contraire. D’après l’étude de Médecins du monde, 74% des livreurs se considèrent obligés de suivre les instructions par peur d’être déconnectés de la plateforme. De quoi générer <em>« du stress et un épuisement qui participe à la souffrance au travail »</em>, commente Martin Toraille, médiateur en santé à Médecins du monde.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/les-travailleurs-uberises-Uber-Deliveroo-plateformes-reconnus-salaries-au-niveau-europeen-on-a-gagne-entretien-Leila-Chaibi-LFI">Travailleurs ubérisés : « Les avancées obtenues en Europe, jamais on ne les aurait eues en France sous Macron »</a></aside><p>Face aux instructions de l’algorithme, <em>« les livreurs sont contraints de développer des stratégies d’adaptation (accélération, augmentation des plages horaires, etc.) pouvant aller jusqu’à affecter négativement leur santé physique et mentale, ainsi que leur vie sociale et affective »</em>, pointait déjà l’Agence nationale de la sécurité sanitaire <a href="https://www.anses.fr/sites/default/files/AP2021-SA-0045RA_0.pdf" class="spip_out" rel="external">dans un rapport mars 2025</a>. <em>« On subit la loi des plateformes. C’est leurs tarifs, leurs horaires, leur contrôle permanent »</em>, résume Paco.</p><p>La peur de la déconnexion pousse d’autant plus à prendre des risques que les clôtures de compte sont sont quasiment impossibles à contester. Il existe bien un formulaire de réclamation, <em>« mais on ne sait jamais quel client a envoyé un commentaire négatif, ni ce qui nous vaut la sanction »</em>, soupire Jonathan L’Utile Chevallier. En trois ans de réclamations contre des clôtures de compte suivies par la Maison des livreurs, aucune n’a abouti.</p><h2 class="spip" id="Agressions-verbales-racisme-et-chantage-sexuel">Agressions verbales, racisme et chantage sexuel</h2><p>Cette relation désincarnée aux gestionnaires des plateformes empêche la prise en considération d’une autre réalité pesante : les agressions et discriminations. Six livreurs sur dix déclarent avoir déjà été exposés à une agression verbale de la part de clients ou de restaurateurs. La même proportion raconte avoir déjà subi des discriminations ; un quart  mentionne une agression physique.</p><p><em>« Il y a aussi les clients et clientes qui proposent une passe, un rapport sexuel</em>, alerte Ibrahim Ouattara, le co-coordinateur de la Maison des livreurs et co-enquêteur pour l’étude. <em>Si le livreur refuse, son compte reçoit un commentaire négatif : automatiquement vous êtes déconnecté. »</em></p><p>Ces abus graves de la clientèle sont permis par les plateformes, estime Jonathan L’Utile Chevallier. <em>« On accompagne régulièrement des livreurs qui se sont pris des points négatifs parce que la clientèle a demandé à être livrée dans son lit… Ou à aller chercher ses clopes, ou à descendre ses poubelles</em>, liste-t-il. <em>Mais chez Uber ou Deliveroo, personne ne montre une once de début d’intérêt sur ces sujets. Seul le business compte. »</em></p><h2 class="spip" id="L-espoir-d-une-directive-europeenne">L’espoir d’une directive européenne</h2><p>D’ici la fin de l’année, la France doit retranscrire dans sa législation une directive européenne <a href="https://basta.media/les-travailleurs-uberises-Uber-Deliveroo-plateformes-reconnus-salaries-au-niveau-europeen-on-a-gagne-entretien-Leila-Chaibi-LFI" class="spip_in">adoptée en novembre 2024</a> qui vise à une meilleure régulation des plateformes. Celle-ci inclut une présomption d’emploi pour les livreurs, ce qui renverse la charge de la preuve. Jusqu’ici, ce sont les travailleurs qui poursuivaient individuellement leurs entreprises en justice pour obtenir une reconnaissance de la relation de subordination, donc du salariat.</p><p>C’est arrivé <a href="https://basta.media/il-a-gagne-100-000-euros-et-sera-bientot-unique-livreur-salarie-deliveroo" class="spip_in">en juillet 2025 dans le cas de Deliveroo</a>. L’entreprise a été condamnée en appel pour avoir mis à la porte un livreur en 2020. Le juge a aussi déterminé que le livreur devrait être réintégré comme salarié. Deliveroo avait déjà été <a href="https://rapportsdeforce.fr/ici-et-maintenant/deliveroo-une-condamnation-historique-041913422" class="spip_out" rel="external">condamné en 2022</a> pour <em>« travail dissimulé »</em>.</p><p>Si la directive européenne constitue a priori une avancée, <em>« en réalité, tout dépendra de son application concrète</em>, mesure Médecins du monde. <em>Une transposition “a minima” pérenniserait le statut de travail ubérisé.  À l’inverse, une application “large” pourrait améliorer les conditions de travail des livreurs »</em>, en obligeant les plateformes à prévenir les risques professionnels, à ouvrir la possibilité du salariat, ou encore à valider la prise en charge des accidents du travail via l’Assurance maladie.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/il-a-gagne-100-000-euros-et-sera-bientot-unique-livreur-salarie-deliveroo">Il a gagné 100 000 euros et sera bientôt l’unique livreur salarié de Deliveroo</a></aside><p><em>« En Espagne, il y a eu la loi Rider de 2021 ; en Belgique, ils ont mis un minimum de rémunération ; aux Pays-Bas, il y a eu une condamnation quant à l’utilisation des données des travailleurs</em>, liste Jonathan L’Utile Chevallier. <em>C’est la France qui est en retard pour protéger ses livreurs. »</em> En attendant, lorsque la météo est mauvaise et que les clients restent chez eux, ce sont bien les livreurs qui continuent d’assurer le pic de commandes.</p><p>L’hiver dernier, à Paris, <em>« il y avait de la neige, les bus scolaires étaient interdits de rouler. Mais nous, les plateformes nous proposaient des tarifs à la hausse pour nous inciter à sortir »</em>, se souvient Paco. À Bordeaux, <em>« il faisait moins 10 degrés, avec des plaques de verglas partout,</em> se souvient Jonathan L’Utile Chevallier. <em>Des livreurs se sont fait déconnecter leurs comptes parce que leurs burgers sont arrivés froids. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Payes-moins-de-6-euros-de-l-heure-accidents-agressions-une-etude-alerte-sur-le-sort-des-livreurs</link>
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      <pubDate>Tue, 31 Mar 2026 11:45:00 +0200</pubDate>
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