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    <title>Médias Libres | La séléction de Basta!</title>
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      <title><![CDATA[L'extrême droite agresse à Montpellier sous les yeux de la police]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10626 c-content_text texte surlignable"><p>Ce 10 septembre, une audience au tribunal judiciaire de Montpellier devra faire la lumière sur le comportement d’un groupe d’extrême droite accusé d’une série d’agressions, le 18 septembre 2025 à Montpellier. Ces violences ont eu lieu malgré la présence des forces de l’ordre, qui ont laissé faire.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/extremes-droites">Droites extrêmes</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/justice-631">Justice</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=l-extreme-droite-agresse-a-montpellier-sous-les-yeux-de-la-police?var_fav=article-10626" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 04 Sep 2026 17:25:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Des vendanges sous la canicule, marquées par deux décès et un recul des droits]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Marine Tondelier, Gabriel Attal, François Hollande, Éric Zemmour... Les politiques de tous bords défilent, en cette rentrée, à la Foire de Châlons, le deuxième plus grand rendez-vous agricole de France, après le Salon de l’agriculture. Au cœur de la Champagne, le salon accueille 800 exposants. Les viticulteurs de Bourgogne et du Beaujolais sont venus y présenter leurs millésimes. Ils ne dormiront probablement pas sous une tente le temps de la foire. Contrairement aux vendangeurs qui récoltent le raisin, et sans qui aucun cru ne pourrait être exposé à Châlons.</p><p>Plusieurs syndicats du secteur alertent ainsi sur une <em>« nouvelle régression sociale »</em> pour ces saisonniers agricoles. Le gouvernement vient en effet de publier, ce 25 août, un arrêté qui élargit la liste des départements autorisés à recourir à leur hébergement sous tente.</p><p>Quatre nouveaux départements (Rhône, Côte-d’Or, Saône-et-Loire, Yonne) sont venus s’ajouter à la liste des quinze départements déjà autorisés. Deux vignobles où le travail saisonnier est important sont donc désormais concernés : le Beaujolais et la Bourgogne. Pour rappel, l’hébergement sous tente est une dérogation à la législation en cours depuis 1996, garantissant aux saisonniers un hébergement en dur, fourni par l’employeur. <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054743229" class="spip_out" rel="external">L’arrêté publié le 25 août</a> abroge et remplace cet ancien arrêté.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-n-est-pas-au-camping">« On n’est pas au camping ! »</h2><p><em>« L’hébergement sous tente, ce n’est pas possible : on n’est pas au camping, en vacances ! »</em> s’insurge l’eurodéputé Anthony Smith (LFI). L’ancien inspecteur du travail se déplace régulièrement dans les vignobles pour observer les conditions de travail. <em>« Après un travail harassant, fatigant, on a besoin de récupérer. Une tente, c’est un espace clos, petit, avec un matelas insuffisant : c’est tout sauf un moyen d’hébergement »</em>, estime-t-il.</p><div class="spip_document_23266 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende" data-legende-len="167" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3067878097 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23266-5bedc0f149201c28ac3419bcb0b4d934" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_20260821_194310.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23266-5bedc0f149201c28ac3419bcb0b4d934">Affiche de L’Eco Saisonnier, collectif composé de travailleuses et travailleurs saisonniers, pour la défense de leur droit à un hébergement digne lors des vendanges.
</figcaption></figure></div><p>L’arrêté du 25 août prévoit cependant quelques mesures de précaution. Il exige une hauteur minimale de deux mètres sous la tente, une literie fournie et lavée par l’employeur et non un matelas pneumatique. Ou encore, l’obligation de maintenir <em>« une température convenable en toute saison »</em>. Sans fixer, pour autant, de seuil minimal ou maximal de température. Y compris en cas de fortes chaleurs, alors que les vendanges de cette année ont été marquées par la canicule. <em>« Tout cela est une fiction. On va aérer la tente, y installer un climatiseur ? Un chauffage ? »</em> balaie Anthony Smith.</p><p>Interrogés sur les motivations de cet arrêté, ainsi que sur les risques liés à la chaleur au vu des canicules à répétition qui s’annoncent, les ministères de l’Industrie, du Travail et de l’Agriculture n’ont, pour l’heure, pas répondu aux questions de <em>Basta!</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Deux-syndicats-attaquent-l-arrete-devant-le-Conseil-d-Etat">Deux syndicats attaquent l’arrêté devant le Conseil d’État</h2><p>L’arrêté du 25 août n’est pas le premier, sous ce quinquennat Macron, à affaiblir les conditions de travail des saisonniers. Déjà, en juillet 2024, le gouvernement avait ouvert la possibilité pour les viticulteurs <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000049925107" class="spip_out" rel="external">de suspendre exceptionnellement le repos hebdomadaire</a> lors des récoltes à la main. Une suspension sous conditions (déclaration préalable à l’inspection du travail, récupération compensatrice, etc.), mais qui avait déjà fait réagir les syndicats du secteur.</p><p>Mis bout à bout, ces deux arrêtés – la suspension temporaire du repos hebdomadaire et celui concernant l’hébergement sous tente – pourraient signifier une dégradation notable des conditions de travail. <em>« Des saisonniers qui peuvent déjà travailler jusqu’à 60 heures, voire 72, par semaine vont se voir supprimer leur jour non travaillé, et n’auront pour seul lieu de repos qu’une tente. C’est structurellement indigne »</em>, considère Anthony Smith.</p><p>Par le décret du 25 août, l’autorisation de l’hébergement sous tente est également prolongée de quinze jours : elle court désormais du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juin au 30 septembre.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Vignobles-de-Champagne-vendange-saisonniers-payes-sous-le-Smic-horaires-a-rallonge">Dans les vignobles de Champagne, des saisonniers payés sous le Smic avec des horaires à rallonge</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/da9611bc1e94cb8b9d424419200a4b-00de0.jpg?1782713852" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Deux syndicats, la CFDT Agri-agro et FGTA-FO, ont annoncé (l’un le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre, l’autre le 27 août) avoir saisi le Conseil d’État. <em>« Les salariés agricoles sont des salariés comme les autres. Il ne peut pas y avoir un droit du travail à plusieurs vitesses. Et ce n’est pas le rôle du gouvernement de sacrifier leur santé et leur sécurité par une énième dérogation au droit du travail »</em>, a commenté la CFDT Agri-agro.</p><p>La FDSEA de Saône-et-Loire (branche départementale de la FNSEA), s’est félicitée de cette <em>« belle victoire syndicale au service de l’emploi saisonnier et de la compétitivité »</em>. Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, bien implanté dans ce même département, est signataire de l’arrêté aux côtés des ministres du Travail et de l’Agriculture.</p><p>Le député Les Républicains Lionel Duparay, élu de la 5<sup class="typo_exposants">e</sup> circonscription de Saône-et-Loire, assume sur ses réseaux sociaux le fait que le ministère de l’Industrie ait été le premier promoteur de cet arrêté. <em>« Nos viticulteurs ont besoin de solutions simples et pragmatiques, pas de contraintes supplémentaires »</em>, considère-t-il.</p><h2 class="spip" id="Deux-morts-lors-des-vendanges-sous-la-canicule">Deux morts lors des vendanges sous la canicule</h2><p>Alors que des canicules à répétition s’annoncent, <em>« la profession n’a pas encore compris que le dérèglement climatique va venir la percuter frontalement sur ces enjeux »</em>, déplore l’eurodéputé Anthony Smith.</p><p>De fait, ces vendanges 2026 ont été marquées par deux décès, survenus en Champagne. Deux hommes, âgés de 55 et 66 ans, ont été retrouvés morts, dans la Marne, les 15 et 17 août, en pleine période de fortes chaleurs.</p><p>Un retraité de 66 ans a été retrouvé inanimé peu avant 19 heures entre deux allées de vignes, rapporte France 3. Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime était un ami du propriétaire de la parcelle, venu lui prêter main forte bénévolement. Le procureur de la République de Reims, François Schneider, a indiqué qu’il s’agissait <em>« d’une mort naturelle par arrêt cardiaque en lien avec la chaleur »</em>, tout en faisant mention d’une <em>« grave pathologie préexistante non soignée »</em>.</p><p>L’homme de 55 ans travaillait quant à lui comme chauffeur pour les vendanges. Il a été retrouvé mort dans l’habitacle de son camion. <em>« L’enquête est toujours en cours mais l’autopsie a révélé une pathologie cardiaque antérieure très importante de la victime »</em>, fait savoir à <em>Basta!</em> la vice-procureure de Châlons-en-Champagne, Ludiane Volpi.</p><p><em>« Les autorités commencent toujours par dire que c’est parce qu’ils étaient cardiaques, qu’il y avait une maladie, toutes ces choses-là... Mais pour nous, il y a une corrélation avec les fortes chaleurs. Quand la canicule s’arrête, il n’y a plus de décès »</em>, réagit Philippe Cothenet de la CGT Champagne.</p><p>Le syndicat et la CGT de la Marne ont adressé dans la foulée des décès un courrier au préfet de la Marne, demandant à ce que <em>« toute la lumière soit faite sur les circonstances de ces accidents. [...] Aucun produit de luxe ne peut justifier qu’un travailleur perde sa vie pour le produire. »</em></p><p><em>« C’est quand même regrettable de mourir au travail en cueillant du raisin »</em>, résume simplement Philippe Cothenet, une certaine lassitude dans la voix.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-risque-zero-n-existe-pas-selon-le-syndicat-patronal">« Le risque zéro n’existe pas », selon le syndicat patronal</h2><p>Car ces vendanges ravivent le souvenir de celles de 2023. Surnommées <em>« les vendanges de la honte »</em> par les syndicalistes et par la presse, celles-ci avaient été endeuillées par la mort de six saisonniers – quatre en Champagne mais aussi deux en Beaujolais – dans le seul courant du mois de septembre. <em>« Âgés de 19 à 60 ans, il ont tous été victimes d’arrêts cardiaques dans le contexte d’une canicule sans précédent, qui semble en avoir été le facteur principal »</em>, avait alors dénoncé, <a href="https://basta.media/travail-saisonnier-mort-vendangeurs-nos-vies-valent-plus-que-quelques-grappes-de-raisin">dans une tribune sur <em>Basta!</em></a>, le collectif de travailleuses et travailleurs L’Eco Saisonnier.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Comme-un-esclave-industrie-Champagne-jugee-pour-traite-des-etres-humains">« Comme un esclave » : L’industrie du Champagne jugée pour traite des êtres humains</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/175ada7b8d563a2381f18b18f8e97c-441fb.jpg?1768302975" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un avocat de dos entre les bancs pleins d'une salle de tribunal" /></aside><p>Mais, comme en 2023, les enjeux soulevés par les deux morts au travail de 2026, que ce soit en termes de conditions de travail ou encore d’adaptation à la chaleur, ont été assez vite balayés.</p><p>En réponse à l’interpellation de la CGT Champagne, le préfet de la Marne invite à <em>« éviter tout amalgame peu honnête qui ferait de ces deux décès, aussi tragiques soient-ils, la preuve d’un laisser-faire ou d’un abandon de l’État lors d’une vendange qui mobilise, cette année encore, près de 100 000 travailleurs saisonniers »</em>.</p><p>De son côté, le président du syndicat général des vignerons de Champagne, Maxime Toubart, assume l’idée que <em>« le risque zéro n’existe pas »</em>. Dans les colonnes du média spécialisé <em>Vitisphère</em>, il déroule : <em>« Quand la Champagne accueille 100 000 personnes pendant 15 jours, malgré l’aménagement des horaires de travail, la mise à disposition d’eau fraîche, ou la multiplication des temps de pause, il se passe forcément des choses : des arrêts cardiaques, des accidents vasculaires cérébraux, des accidents de la route, qu’ils soient imputables ou non à notre activité… »</em></p><h2 class="spip" id="Fixer-une-limite-de-temperature-creer-des-hebergements-cooperatifs">Fixer une limite de température, créer des hébergements coopératifs</h2><p>Afin d’éviter ces drames, quelles solutions envisager ? Pour la CGT Champagne et d’autres syndicats et collectifs, comme L’Eco Saisonnier, l’une des priorités serait que la France fixe, à l’instar de l’Espagne, une limite légale de température pour le travail physique en extérieur. Ou encore, la création d’un label « haute valeur sociétale » exigeant le respect d’un certain nombre de droits des travailleurs pour prétendre à l’appellation d’origine contrôlée.</p><p>S’agissant du logement, la profession pourrait <em>« créer des hébergements coopératifs pour les vendanges, en dur, qui soient occupés le reste de l’année pour des activités touristiques, par exemple »</em>, propose Anthony Smith. L’ancien inspecteur du travail rappelle que des vignobles comme le Champagne dégagent de fortes marges pouvant permettre ces investissements. Un travailleur saisonnier en Champagne payé à la tâche <em>« touche environ 23 centimes le kilo, alors que ce même kilo de raisin se vend ensuite 8 à 12 euros »</em>.</p><p>Et encore : quand il n’y a pas d’abus sur la paie, ou d’affaires d’exploitation, comme <a href="https://basta.media/vendangeurs-exploites-en-champagne-la-condamnation-pour-traite-d-etres-humains">celles documentées à plusieurs reprises</a> par <em>Basta!</em>. Pour les syndicalistes de la CGT Champagne, comme pour Anthony Smith, l’une des solutions phares serait de viser les donneurs d’ordre. En particulier les 350 grandes maisons de champagne. Il faudrait donc <em>« limiter la sous-traitance »</em>, soutient l’eurodéputé, mais aussi <em>« créer les outils législatifs pour que les donneurs d’ordre soient rendus responsables de ce que font leurs prestataires »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/vendanges-Champagne-Beaujolais-canicule-deces-recul-des-droits</link>
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      <pubDate>Fri, 04 Sep 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Violences d'extrême droite à Montpellier : les questions qui dérangent avant le procès du 10 septembre]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="texteencadre-spip spip">En résumé :<ul class="spip" role="list"><li>Lors de la manifestation intersyndicale du 18 septembre 2025 contre le budget Bayrou, un groupe d’une trentaine d’individus d’extrême droite déambule pendant plus de deux heures en ville, malgré plusieurs signalements à la police.</li>
<li>Le groupe multiplie provocations et agressions, notamment contre des lycéens, des manifestants, des observateurs de la Ligue des droits de l’homme, puis des clients d’un bar.</li>
<li>Les forces de l’ordre interviennent à plusieurs reprises sans interpeller les agresseurs, alors qu’elles sont présentes à proximité des violences.</li>
<li>Un des blessés, venu porter secours à une victime, se retrouve lui-même poursuivi pour violences, aux côtés de six membres présumés du groupe.</li>
<li>L’enquête soulève de nombreuses interrogations : seuls six agresseurs présumés sont poursuivis et les violences précédant l’agression du bar semblent n’avoir pas fait l’objet d’investigations.</li>
</ul></div><p>Sébastien se souviendra toute sa vie de ce jeudi 18 septembre 2025. Attablé à la terrasse d’un café du centre-ville de Montpellier, avec sa compagne et un ami, en milieu d’après-midi, il termine la journée à l’hôpital avec une fracture du nez et de la pommette gauche. Il devra même subir deux interventions chirurgicales pour réparer sa pommette et éviter que son œil ne s’enfonce dans son crâne. La première en octobre 2025, à l’issue de laquelle il conservera une vision floue et dédoublée ; la seconde en avril 2026.</p><p>Que s’est-il passé ? Sébastien a été roué de coups par une quinzaine d’individus, dont certains masqués. Il est l’une des victimes d’un groupe d’extrême droite qui, depuis plus de 2 heures ce jour-là, déambule dans le centre-ville, menaçant, invectivant et agressant plusieurs personnes. Cette longue expédition violente se déroule au vu et au su des forces de l’ordre, présentes en nombre en marge d’une manifestation intersyndicale. Pourtant, elles interviendront assez peu.</p><p>Pire, Sébastien, qui a porté plainte, fait également partie des accusés convoqués au tribunal judiciaire de Montpellier ce 10 septembre : il est mis en cause pour des faits de « violence n’ayant entraîné aucune incapacité de travail ». Les enquêteurs lui reprochent un coup de poing en direction de l’un des membres du groupe qui venait de passer à tabac deux personnes à la terrasse de café voisine. Six des agresseurs présumés sont également convoqués le même jour pour des faits de « violence commise en réunion suivie d’incapacité », perpétrés contre Sébastien et un autre client du bar, qui ont respectivement fait l’objet d’une interruption temporaire de travail (ITT) de dix jours et trois jours. Le troisième plaignant, également blessé (avec une ITT de quinze jours) a été exclu de la procédure, ses agresseurs n’ayant pas été identifiés – une autre étrangeté dans la manière dont l’enquête a été menée...</p><p>Car le compte-rendu d’enquête, que <em>Basta!</em> a pu consulter, renvoie dos à dos les agresseurs et leurs victimes blessées. Selon les enquêteurs, <em>« une rixe éclatait place des Beaux-Arts à Montpellier entre des individus au comportement identitaire et d’autres manifestants militants »</em>. Le déroulé précis des événements, que nous avons pu reconstituer à partir du compte-rendu d’enquête et de plusieurs témoignages, raconte une tout autre histoire, qui interroge le rôle des forces de l’ordre, de leur hiérarchie et de la préfecture de l’Hérault. Et pose la question de leur impartialité face à la commission de violences politiques.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="t13-heures-premier-signalement-d-un-groupe-d-individus-lt-lt-au-nbsp">13 heures : premier signalement d’un groupe d’individus « au comportement identitaire »</h3><p>Ce jeudi 18 septembre est un jour de mobilisation à Montpellier, comme dans les autres villes du pays. Débutée dans la matinée, la manifestation syndicale contre le projet de budget Bayrou rassemble 10 000 personnes, selon la préfecture. En ce début d’après-midi, le cortège, arrivé sur l’esplanade Charles-de-Gaulle, commence à se disperser dans le centre-ville. Il est 13 heures. Un imposant dispositif policier a été déployé, notamment face à d’éventuelles actions du mouvement « Bloquons tout », initié le 10 septembre dans de nombreuses villes.</p><p>Les radios des forces de l’ordre grésillent, avec un premier signalement auprès du centre d’information et de commandement de l’hôtel de police : un groupe d’une cinquantaine d’individus cagoulés, décrits comme des <em>« individus au comportement identitaire »</em>, sont repérés sur un parking situé à quelques centaines de mètres du lieu de dispersion du cortège. Il est 13 h 12. Des policiers procèdent alors à un premier contrôle, relèvent quinze identités, puis laissent partir le groupe en direction de l’esplanade.</p><h3 class="spip" id="t13-h-30-des-lyceens-pris-a-partie-la-police-laisse-filer">13 h 30 : des lycéens pris à partie, la police laisse filer</h3><p>Quelques minutes plus tard, massé derrière un drapeau français, le groupe arrive devant le lycée Joffre, en face de l’esplanade, où des jeunes participent au blocage de leur établissement. Selon une vidéo que nous avons visionnée, les provocations et les insultes sexistes pleuvent. <em>« Grosse pute »</em>, <em>« va faire la vaisselle »</em>, <em>« va te faire pousser les seins »</em>, <em>« va maigrir »</em>, sont lancés en direction des lycéennes présentes. La tension pousse le proviseur à mettre ses élèves à l’abri et à solliciter l’intervention des forces de l’ordre.</p><p>Le groupe d’individus « au comportement identitaire » repart sans être inquiété. <em>« La DIPN</em> [direction interdépartementale de la police nationale, ndlr] <em>a aussi été sollicitée à 13 h 38 [...] afin d’intervenir devant le lycée suite à la présence d’un groupe d’une trentaine d’individus extérieurs à l’établissement. Des effectifs de police se sont déplacés en quatre minutes et ont constaté le départ de ce groupe »</em>, justifie le préfet de l’Hérault, dans un communiqué publié ultérieurement, pour couper court aux critiques sur la gestion du maintien de l’ordre ce jour-là.</p><p><em>« On a la présence signalée d’une cinquantaine d’individus masqués sur le parking du lycée Joffre. Ce que disent aussi des lycéens mobilisés. On a le proviseur qui appelle la police. Et on les laisse déambuler en ville »</em>, s’indigne Sophie Mazas, présidente de la Ligue des droits de l’homme (LDH) de l’Hérault. Précisons par ailleurs qu’aucune déclaration de manifestation n’a été déposée par le groupe en question, qui poursuit son chemin derrière son drapeau français.</p><h3 class="spip" id="t13-h-45-le-groupe-d-extreme-droite-exfiltre-par-les-CRS">13 h 45 : le groupe d’extrême droite exfiltré par les CRS</h3><p>À 13 h 39, le centre d’information et de commandement constate qu’une trentaine d’individus vêtus de noir et arborant un drapeau français traversent la place de la Comédie, qui jouxte l’esplanade Charles-de-Gaulle. Le groupe n’est pas non plus passé inaperçu du côté des participants au cortège syndical : environ 200 des manifestants du matin le suivent en scandant des slogans antifascistes.</p><p>À 13 h 45, des CRS s’interposent entre les deux groupes et font face aux manifestants. Les individus vêtus de noir sont alors exfiltrés et conduits derrière les lignes de police qui bloquent l’accès au cœur de ville. Là encore, ils repartent sans encombre quelques minutes plus tard.</p><p>Le préfet affirme que les membres du groupe ont alors fait l’objet d’un contrôle d’identité, <em>« seule mesure judiciaire applicable »</em> selon lui, et qu’un commissaire leur a demandé de se disperser. Pourtant, aucun contrôle réalisé à cet endroit n’apparaît dans la procédure que nous avons pu consulter. Cette séquence interroge d’autant plus que plusieurs participants étaient masqués, comme le montre une vidéo, alors que la dissimulation volontaire du visage dans une manifestation peut être punie d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende. On a connu les forces de l’ordre bien moins indulgentes... Interrogée par <em>Basta!</em> sur cet épisode, la préfecture est restée vague, se contentant d’indiquer que <em>« les forces de l’ordre sont intervenues en début d’après-midi sur la place de la Comédie à Montpellier pour séparer deux groupes antagonistes (ultradroite et ultragauche) »</em>, afin d’éviter tout affrontement.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/que-ferait-la-police-si-l-extreme-droite-accedait-au-pouvoir-en-2027-Emmanuel-Blanchard">Que ferait la police si l’extrême droite accédait au pouvoir en 2027 ?</a></aside><h3 class="spip" id="t15-heures-des-membres-du-groupe-agressent-des-benevoles-de-la-LDH">15 heures : des membres du groupe agressent des bénévoles de la LDH</h3><p>L’injonction à la dispersion qu’évoque le préfet reste sans effet. Un peu après 14 heures, un témoin, syndicaliste de la CNT, les voit réapparaître : <em>« Le groupe qui était passé devant la fin de la manifestation est revenu sur l’esplanade par une petite rue du cœur de ville. Ils se sont positionnés proche de la cantine populaire qui prenait fin, puis sont repartis vers le lycée Joffre en voyant les manifestants revenir de la place de la Comédie »</em>, raconte-t-il. Plusieurs d’entre eux reviennent ensuite sur l’esplanade, où des tensions entre manifestants « Bloquons tout » et forces de l’ordre persistent. Et prennent à partie un observateur de la LDH.</p><p><em>« Nous suivions et filmions la brigade anticriminalité (BAC). Un manifestant nous a prévenus que les personnes avec qui les policiers discutaient étaient des personnes d’extrême droite »</em>, raconte Camille*, qui participe ce jour-là à une mission de l’Observatoire des libertés de Montpellier. Alors que la BAC procède à l’interpellation d’un manifestant de « Bloquons tout », l’un des membres du groupe exfiltré une heure plus tôt <em>« s’approche masqué par-derrière, fait pression et insulte un observateur qui filmait, lui porte un coup à la gorge, puis un deuxième coup »</em>, poursuit Camille.</p><p>Selon elle, l’agent de la BAC à côté d’eux ne réagit pas. Quand l’agresseur s’en prend à elle, donnant un coup sur son téléphone, l’agent s’interpose à peine, témoigne-t-elle. Puis, <em>« il agresse une troisième personne »</em> avant de s’éloigner tranquillement en direction du parking Joffre avec plusieurs membres de son groupe, suivi par des policiers qui ne procèdent à aucune interpellation. Il est un peu plus de 15 heures.</p><p>L’ensemble de ces éléments ont fait l’objet d’un rapport nourri de photos et vidéos de l’Observatoire des libertés de Montpellier, publié le 16 octobre, dont une copie à été fournie au préfet. Puis, d’une saisine de la LDH nationale auprès du procureur de la République de Montpellier, qui rappelle qu’aucun des quatre policiers de la brigade anticriminalité présents à proximité immédiate de la scène n’intervient pour interpeller l’auteur des violences.</p><h3 class="spip" id="t15-h-30-plusieurs-clients-d-un-bar-agresses-des-blesses-toujours-pas-nbsp">15 h 30 : plusieurs clients d’un bar agressés, des blessés, toujours pas d’interpellation</h3><p>Autour de 15 h 30, le groupe d’une trentaine d’hommes habillés en noir, le visage dissimulé pour certains, d’après plusieurs témoins de la scène, s’installe à la terrasse du bar Le Manchester, sur la place des Beaux-Arts. Deux clients qui boivent un verre avec leurs amis leur intiment de partir. <em>« On ne veut pas de fachos ici »</em>, leur lancent-ils. La tension monte. Les deux clients font face à une quinzaine d’individus, reçoivent des coups et du mobilier de bar est brisé et lancé. Il est 15 h 45.</p><p>L’une des victimes se réfugie à l’intérieur du bar. C’est à ce moment-là que Sébastien, attablé à une terrasse voisine avec sa compagne et un ami, s’approche en entendant les cris venant du bar Le Manchester. Il entre dans le café pour porter assistance au blessé. Lorsqu’ils en ressortent ensemble, ils se retrouvent face au groupe d’assaillants. Sébastien lâche spontanément un <em>« ce sont des fachos »</em>, avant d’être invectivé par l’un des membres du groupe. Se sentant menacé, il décoche un coup de poing qui n’atteindra personne, selon ses déclarations auprès des policiers. Il est 15 h 48. Sébastien est alors pris à partie et lynché par une quinzaine d’individus. La bande quitte la terrasse en bon ordre à 15 h 49. L’un d’entre eux donne pour consigne de ne pas courir, comme en atteste une vidéo. Des policiers de plusieurs unités arrivent sur leurs talons. Il est 15 h 50. Il n’y a pas d’interpellation.</p><p><em>« Durant mon audition, j’ai eu l’impression que la version que les policiers voulaient entendre était que je sois un militant antifa</em>, nous confie l’une des victimes. <em>Ils m’ont demandé si, quand j’avais les bras croisés sur les images de vidéosurveillance, je ne dissimulais pas une garde cachée et si je n’étais pas là pour en découdre »</em>, explique-t-il, encore surpris par cette question. Qualifiées de « militants » dans le rapport d’enquête, suspectées d’avoir provoqué les violences, les trois victimes avaient participé à l’imposante manifestation intersyndicale du matin, mais déclarent n’appartenir à aucun groupe militant.</p><h3 class="spip" id="Les-questions-que-souleve-cette-affaire">Les questions que soulève cette affaire</h3><p>Première question : l’étonnante permissivité dont le groupe « au comportement identitaire » a fait l’objet durant sa déambulation ponctuée d’invectives et d’agressions. L’absence de déclaration de leur manifestation, alors que plusieurs milliers de personnes terminaient un défilé syndical à quelques centaines de mètres de là, n’a pas inquiété les policiers. Ni le fait que certains aient dissimulé leur visage.</p><p>Les membres du groupe ciblés par les enquêteurs, puis placés en garde à vue le 18 décembre (trois mois après les faits), affirment ainsi avoir indiqué aux policiers qui les contrôlaient ce 18 septembre leur intention de défiler derrière un drapeau français dans le centre-ville. Et ce, sans cacher leur hostilité envers une partie des manifestants présents depuis le matin. On a vu, dans d’autres circonstances et face à d’autres types de personnes ou de « militants », les forces de l’ordre bien plus promptes à réagir, y compris en usant d’une violence débridée.</p><p>Deuxième question : le groupe des agresseurs présumés compte une trentaine de personnes, selon les plaignants, des témoins et les vidéos déjà publiées. Or, seuls six de ses membres ont été mis en examen en janvier dernier et seront jugés ce 10 septembre. Neuf autres, dont les noms avaient été relevés le 18 septembre, ont été auditionnés entre le 15 octobre et le 4 novembre 2025. Pourquoi la quinzaine d’autres membres n’ont-ils pas été inquiétés ni auditionnés ?</p><h3 class="spip" id="Pourquoi-aussi-peu-de-suspects-auditionnes">Pourquoi aussi peu de suspects auditionnés ?</h3><p>La recherche d’identification de l’ensemble du groupe ne semble pas avoir été la priorité des enquêteurs. D’après leur rapport, ils se sont contentés de la version de ceux qui ont été auditionnés : aucun d’entre eux ne se connaissait... Aucune question ne semble avoir été posée sur l’enchaînement des événements, sur les liens unissant le groupe ou la manière dont ils se sont retrouvés, puis déplacés ensemble pendant plus de deux heures.</p><p>Pourtant, selon nos informations, au moins un des membres du groupe d’agresseurs faisait partie de <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2021/05/04/le-conseil-d-etat-confirme-la-dissolution-de-generation-identitaire_6079089_823448.html?srsltid=AfmBOorUhCUC7dL37vQC_g0K0mwX-wyd4b17ANOwBJ8YCEE5KPW0HCBT" class="spip_out" rel="external">Génération identitaire</a> avant sa dissolution et a ensuite participé à la création de <a href="https://cartofaf.streetpress.com/liste/jeunes-doc/" class="spip_out" rel="external">Jeunes d’Oc</a>, le groupe identitaire local qui en a assuré la continuité. Parmi les autres jeunes hommes présents sur les images des différentes vidéos, on retrouve nombre de supporteurs de l’équipe de football du MHSC. Et plus précisément, des membres du groupe hooligan The North Face. Ce dernier est connu dans les milieux « ultras » pour son extrême violence. Il n’est par ailleurs pas inconnu des forces de l’ordre qui le croisent régulièrement lors des déplacements de supporteurs. Ce groupe de hooligans est notamment suspecté d’avoir monté une expédition punitive contre des supporteurs nîmois, qui avait fait quatre blessés <a href="https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/Des-ultras-nimois-agresses-en-parcage-a-chateauroux-les-auteurs-des-faits-seraient-des-montpellierains/1534965" class="spip_out" rel="external">à Châteauroux en 2025</a>, à l’occasion d’un match où Montpellier n’était pas impliqué.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/neonazis-et-identitaires-comment-ils-profitent-de-dons-defiscalises">Néonazis et identitaires : comment ils profitent de dons défiscalisés</a></aside><h3 class="spip" id="Pourquoi-la-videosurveillance-n-a-pas-vraiment-ete-exploitee">Pourquoi la vidéosurveillance n’a pas vraiment été exploitée ?</h3><p>Ce qui soulève une autre interrogation autour de l’exploitation des images de vidéosurveillance fournies par la ville et celles publiées dans la presse, mentionnées dans l’enquête. Au lendemain des faits, le maire de Montpellier, Michaël Delafosse (PS) procède à un signalement au procureur, assurant que les images filmées par la vidéoprotection couvrent l’intégralité de la séquence de violence, et de manière relativement nette : <em>« Selon les images enregistrées par le centre de supervision urbaine (CSU) de la ville de Montpellier, un client s’adresse à ce groupe. En réaction, plusieurs membres de ce groupe l’entourent et le frappent violemment, notamment en lui assenant des coups de pied alors qu’il était au sol, y compris dans les côtes et dans le dos, ainsi qu’en lui jetant des chaises. Un autre homme, qui tente de s’interposer, a également été frappé »</em>, décrit le signalement.</p><p>Selon nos informations, ces images ne sont pas versées par les enquêteurs au dossier transmis à la justice en janvier 2026, seules des captures d’écran y figurent. Les enquêteurs les estiment insuffisamment exploitables, des arbres et des parasols gênant la vision, et les zooms sur les visages générant trop de pixels. Conséquence de ces lacunes : la plainte de la troisième victime est classée, faute d’avoir pu identifier les auteurs de son agression, selon les enquêteurs. Pourtant, celui-ci a croisé ultérieurement un de ses agresseurs et l’a pris en photo. En vain.</p><p>Enfin, troisième question : pourquoi l’enquête ne s’est-elle pas intéressée aux incidents impliquant le groupe et perpétrés avant la violente agression à la terrasse du bar Le Manchester ? Ce qui aurait pu, sans doute, permettre d’identifier d’autres participants au groupe et de combler certaines lacunes de l’enquête.</p><p>La saisine de la LDH a bien été versée à l’enquête, mais ne semble pas avoir été prise en compte dans la recherche d’identité d’autres individus partie prenante. Une vidéo filme, par exemple, un même individu, qui, plus tôt, prend à partie des manifestants, que l’on retrouve ensuite parmi le groupe à la terrasse du café. Aucune question sur son identité n’a été posée lors des premières auditions de quinze personnes au mois d’octobre, ni au moment où sept suspects sont placés en garde en vue le 18 décembre 2025.</p><p>De la réponse à ces questions dépendra de la vision qu’auront les magistrats de l’affaire : soit, comme semblent l’envisager les enquêteurs, l’agression ne serait qu’une simple <em>« rixe entre individus appartenant à ces deux groupes antagonistes »</em>, soit elle sera remise dans le contexte de cette journée du 18 septembre. Et constituera l’ultime épisode violent d’une expédition menée par des militants et sympathisants d’extrême droite pour en découdre avec des manifestants ou des militants, réels ou supposés, de gauche, sous le regard indifférent, voire conciliant, des forces de l’ordre.</p><p>*Prénom modifié.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/violences-d-extreme-droite-a-montpellier-les-questions-qui-derangent-avant-le-proces-du-10-septembre</link>
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      <pubDate>Fri, 04 Sep 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[L'administration Trump qualifie un hébergeur alternatif italien de « terroriste » : pourquoi il faut s'inquiéter]]></title>
      <description><![CDATA[<p>L’hébergeur indépendant Autistici/Inventati, abrégé A/I, ne choisit pas ses « clients » pour leur portefeuille mais pour leurs idées. Depuis sa création en 2001, l’organisation a une politique stricte : elle n’aide que ceux qui se considèrent antifascistes, anti-racistes, anti-sexistes et antimilitaristes. <em>« Dans notre port, nous n’offrons notre protection qu’à ceux qui osent braver ces vents de haine qui, malheureusement, soufflent sur toute l’Europe »</em>, lit-on <a href="https://www.inventati.org/who/telltale" class="spip_out" rel="external">dans leur présentation</a>. L’organisation propose à des groupes militants d’héberger boîtes mails, listes de diffusions, sites web et autres services de communication pour assurer leur confidentialité et ainsi les protéger.</p><p>A/I a également choisi de travailler avec des organisations outre-Atlantique. Le Salon du livre anarchiste de Seattle, par exemple, héberge son site grâce à l’organisation italienne. Le 26 août, l’organisation de l’événement publie <a href="https://bsky.app/profile/seabookfair.bsky.social/post/3mtytx2i43225" class="spip_out" rel="external">sur son compte Bluesky</a> un avertissement : bientôt, leur site pourrait être inaccessible.</p><p>Ce jour-là, l’administration du président Trump a décidé que ce petit hébergeur alternatif italien <a href="https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/08/designation-of-autistici-inventati-as-a-specially-designated-global-terrorist" class="spip_out" rel="external">était désormais considéré comme une « organisation terroriste internationale »</a> par les États-Unis. Le collectif A/I rapporte à <em>Basta!</em> avoir appris la nouvelle par des articles dans les médias. Ils ne s’y attendaient pas : <em>« On ne pensait pas être aussi importants. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Dans le communiqué publié le même jour, le Département d’État reproche à l’hébergeur de fournir ses services à des groupes anarchistes, d’extrême gauche et <a href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise" class="spip_in">antifa</a> partout dans le monde, ainsi qu’à des organisations étrangères désignées comme terroristes par les États-Unis. <em>« Il s’agit d’une décision de censure grave et inédite »</em>, <a href="https://www.laquadrature.net/" class="spip_out" rel="external">a réagi La Quadrature du net</a>, une association française de défense des libertés numériques.</p><h2 class="spip" id="Dans-le-viseur-de-Trump">Dans le viseur de Trump</h2><p>Le 22 septembre 2025, le président des États-Unis avait désigné la « mouvance antifa » comme organisation terroriste. Elle est vue, par le pouvoir trumpiste, comme un bloc homogène et organisé. Pam Bondi, alors procureur générale des États-Unis, promettait même en octobre 2025 de <em>« détruire l’organisation entière du sommet à la base »</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/09/donald-trump-instrumentalise-la-violence-d-extreme-gauche-pour-justifier-l-intervention-de-l-armee-dans-les-grandes-villes-americaines_6645420_3210.html" class="spip_out" rel="external">citait le journal <em>Le Monde</em></a>.</p><p>En réalité, <em>« les antifas sont très peu structurés, sans hiérarchie, statut ou organisation précise,</em> <a href="https://theconversation.com/fact-check-us-existe-t-il-une-menace-antifa-aux-etats-unis-comme-laffirme-donald-trump-149200" class="spip_out" rel="external">écrivait le chercheur Mario Del Pero dans <em>The Conversation</em> en 2020</a>, à propos du contexte états-unien. <em>Le terme renvoie plus à une nébuleuse qu’à une association : un réseau souple de militants, partageant une philosophie générale, essayant parfois de coordonner leurs activités, mais opérant généralement de manière spontanée, réactive et à un niveau très local. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">Mort de Quentin D. à Lyon : « L’antifascisme est aujourd’hui instrumentalisé »</a></aside><p>Mais en juin dernier, <a href="https://www.pbs.org/newshour/nation/8-convicted-of-terrorism-charges-in-texas-immigration-center-shooting-sentenced-to-decades-in-prison" class="spip_out" rel="external">les premières condamnations</a> liant l’« idéologie antifa » et le terrorisme ont eu lieu au Texas : un procès pour des faits survenus lors d’une manifestation à l’extérieur d’un centre de détention pour immigrants, où une personne a tiré sur un policier (les circonstances sont débattues par les parties).</p><h2 class="spip" id="Une-infrastructure-peut-desormais-etre-accusee-de-lt-lt-terroriste">Une infrastructure peut désormais être accusée de « terroriste »</h2><p>Au cours de l’audience, les procureurs ont soutenu que le groupe de personnes de tous âges, unies par des convictions politiques de gauche et progressistes, constituait une <em>« cellule antifa du nord du Texas »</em>. En plus de la personne condamnée à 100 ans de prison pour tentative de meurtre, d’autres militants d’extrême gauche ont reçu de lourdes peines basées sur des charges terroristes, notamment d’avoir <em>« apporté un soutien matériel à des terroristes ».</em></p><p>C’est sur ce dernier point que l’administration Trump s’est basée pour qualifier l’organisation italienne de « terroriste ». Autrement dit, fournir des services numériques ou une aide quelconque à des personnes considérées comme « antifa » par Washington vaut d’être qualifié de terroristes à son tour. Résultat : Autistici/Inventati a été inscrite sur la liste de sanctions de l’OFAC, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers, qui gère et applique les sanctions économiques et commerciales décidées par les États-Unis. Les organisations, banques, fournisseurs et autres entreprises, qui travaillaient avec A/I et qui sont basées aux États-Unis ont jusqu’au 25 septembre pour cesser tout lien avec l’association italienne.</p><p><em>« Les États-Unis ne visent pas une organisation opérationnelle, mais une infrastructure,</em> analyse le chercheur Beniamino Irdi, <a href="https://decode39.com/16319/autistici-inventati-case-sets-a-new-counterterrorism-precedent-irdi-says/" class="spip_out" rel="external">interviewé par Decode 39</a>. <em>Il s’agit d’un élargissement du champ d’application des contre-mesures aux services techniques et aux infrastructures susceptibles d’être utilisés par des acteurs jugés dangereux. L’élément essentiel réside toutefois dans le principe qui est ainsi établi : l’infrastructure elle-même peut devenir l’objet d’une contre-mesure. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Ca-pourrait-arriver-a-n-importe-lequel-d-entre-nous">« Ça pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous »</h2><p><em>« Ça fait peur. C’est basé sur une décision d’un président qui se lève du mauvais pied, sans décision de justice. Il n’y a presque rien qui permette à une structure comme A/I de contester une décision comme celle-ci… À part peut-être aller au tribunal aux États-Unis »</em>, réagit, du côté français, Martin, membre du <a href="https://www.chatons.org/node/1" class="spip_out" rel="external">Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires</a>, ou Chatons. <em>« C’est une décision administrative complètement arbitraire »</em>, s’inquiète-t-il.</p><p>Avant même le 25 septembre, les conséquences pour l’hébergeur indépendant et celles et ceux qui l’utilisent sont déjà nombreuses. Le site web de l’organisation, autistici.org, n’est plus accessible depuis le 28 août. Selon La Quadrature du net, ce nom de domaine <em>« a été suspendu par le Public Interest Registry (PIR), l’organisme américain qui gère les noms de domaines en .org. Cela empêche ainsi les utilisateur·ices d’accéder à leurs mails et aux services fournis par A/I. »</em></p><p>L’entreprise de paiements en ligne PayPal a bloqué leur compte. Leur banque italienne, Banca Etica, une banque coopérative, <a href="https://www.bancaetica.it/area-stampa/autistici-inventati-banca-etica-condanna-uso-improprio-ofac-valutazioni-per-non-chiudere-il-conto/" class="spip_out" rel="external">a déjà annoncé suspendre</a> leur compte courant par peur de faire l’objet de « sanctions secondaires » et demande une réaction des institutions italiennes et européennes pour s’assurer de leur protection si elle venait à réactiver le compte.</p><p>Mais le collectif A/I n’attend pas grand chose de l’Italie, gouvernée par l’extrême droite de Giorgia Meloni. Ses membres constatent un climat national en leur défaveur. <em>« On est effarés,</em> confie de son côté Martin. <em>Ça pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous. »</em> La logique adoptée par l’administration américaine de qualifier de « terroriste » une organisation sur la seule base de la fourniture de services à des groupes considérés arbitrairement comme terroristes par les États-Unis, peut toucher tout le monde. La décision, complète la Quadrature du net, <em>« constitue un précédent dangereux pour tous les collectifs et personnes qui construisent chaque jour des communications respectueuses de la vie privée et s’affranchissent des États et du web centralisé »</em>.</p><p>Martin explique aussi que le problème est bien plus profond. <em>« Cela fait longtemps que nous avons des discussions dans le monde du libre sur le pouvoir que les États-Unis ont sur internet et la manière dont ils gèrent leurs opposants,</em> souligne le membre du collectif Chatons. <em>Le fait que les États-Unis, en appuyant sur un bouton, peuvent désactiver une structure qui pourtant respecte les lois dans son pays, c’est inquiétant. »</em></p><p>Sur simple décision unilatérale, le pays de Donald Trump pourrait décider d’un « kill switch », c’est-à-dire de couper l’accès d’un ou plusieurs pays à ses services en ligne. <em>« Ce blocage démontre la dépendance technologique et politique vis-à-vis des États-Unis »</em>, pointe aussi la Quadrature du net.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Creez-un-dix-cent-collectifs-qui-menent-un-travail-similaire-au-nbsp">« Créez un, dix, cent collectifs qui mènent un travail similaire au nôtre »</h2><p><em>« Si le technofascisme se renforce aux États-Unis, le pays peut couper des accès à des pans complets de l’économie »</em>, craint Martin. Même si le terme de « souveraineté numérique » revient souvent dans les discours politiques ces dernières années, en France comme au niveau européen, l’Europe reste largement dépendante des technologies étasuniennes. <em>« La Russie ou la Chine ont des réseaux Internet qui peuvent fonctionner presque totalement en autonomie, indépendants des États-Unis, qui peuvent réagir en cas de gros coup dur… Côté européen, on ne peut pas du tout faire ça »</em>, complète Martin.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Graphisme-messagerie-cloud-acteurs-logiciel-libre-offrent-alternatives-aux-Gafam">Graphisme, messagerie, cloud… des acteurs du logiciel libre offrent des alternatives aux Gafam</a></aside><p>Concernant le cas d’Autistici/Inventati, le temps se réduit avant l’application stricte des sanctions américaines. Dans <a href="https://www.laquadrature.net/2026/09/01/soutien-a-autistici-inventati-hebergeur-designe-comme-terroriste-par-ladministration-trump/" class="spip_out" rel="external">une lettre ouverte</a>, les soutiens de l’organisation – des bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles – appellent à la révocation ou à la révision de la décision de sanction, à ne pas faire de l’anonymat ou de la confidentialité des échanges en ligne une preuve d’intention terroriste, ou encore à une réponse publique des institutions. Le but de la décision de Trump <em>« c’est l’isolation</em>, écrivent-ils. <em>Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. »</em></p><p>Le collectif A/I est reconnaissant envers les nombreux témoignages de solidarité et les propositions d’aide venus du monde entier, <em>« y compris de la France »</em>, précise-t-il. Pour les aider, il faut garder un œil sur le site miroir de celui qui a été supprimé, <a href="https://www.inventati.org" class="spip_out" rel="external">inventati.org</a>, ainsi que <a href="https://cavallette.noblogs.org/" class="spip_out" rel="external">sur leur blog</a>. <em>« Nous travaillons actuellement sur différentes propositions qui seront rendues publiques et diffusées, disent ses membres. Ceux qui souhaitent nous aider n’ont donc qu’à rester à l’écoute. »</em> Face à son avenir incertain, Autistici/Inventati a un dernier message à adresser, formulé comme un souhait pour le futur : <em>« Créez un, dix, cent collectifs qui mènent un travail similaire au nôtre. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/l-administration-trump-qualifie-un-hebergeur-alternatif-italien-de-terroriste</link>
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      <pubDate>Thu, 03 Sep 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L'administration Trump qualifie un hébergeur web alternatif italien de « terroriste » : pourquoi il faut s'inquiéter]]></title>
      <description><![CDATA[<p>L’hébergeur indépendant Autistici/Inventati, abrégé A/I, ne choisit pas ses « clients » pour leur portefeuille mais pour leurs idées. Depuis sa création en 2001, l’organisation a une politique stricte : elle n’aide que ceux qui se considèrent antifascistes, anti-racistes, anti-sexistes et antimilitaristes. <em>« Dans notre port, nous n’offrons notre protection qu’à ceux qui osent braver ces vents de haine qui, malheureusement, soufflent sur toute l’Europe »</em>, lit-on <a href="https://www.inventati.org/who/telltale" class="spip_out" rel="external">dans leur présentation</a>. L’organisation propose à des groupes militants d’héberger boîtes mails, listes de diffusions, sites web et autres services de communication pour assurer leur confidentialité et ainsi les protéger.</p><p>A/I a également choisi de travailler avec des organisations outre-Atlantique. Le Salon du livre anarchiste de Seattle, par exemple, héberge son site grâce à l’organisation italienne. Le 26 août, l’organisation de l’événement publie <a href="https://bsky.app/profile/seabookfair.bsky.social/post/3mtytx2i43225" class="spip_out" rel="external">sur son compte Bluesky</a> un avertissement : bientôt, leur site pourrait être inaccessible.</p><p>Ce jour-là, l’administration du président Trump a décidé que ce petit hébergeur alternatif italien <a href="https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/08/designation-of-autistici-inventati-as-a-specially-designated-global-terrorist" class="spip_out" rel="external">était désormais considéré comme une « organisation terroriste internationale »</a> par les États-Unis. Le collectif A/I rapporte à <em>Basta!</em> avoir appris la nouvelle par des articles dans les médias. Ils ne s’y attendaient pas : <em>« On ne pensait pas être aussi importants. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Dans le communiqué publié le même jour, le Département d’État reproche à l’hébergeur de fournir ses services à des groupes anarchistes, d’extrême gauche et <a href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise" class="spip_in">antifa</a> partout dans le monde, ainsi qu’à des organisations étrangères désignées comme terroristes par les États-Unis. <em>« Il s’agit d’une décision de censure grave et inédite »</em>, <a href="https://www.laquadrature.net/" class="spip_out" rel="external">a réagi La Quadrature du net</a>, une association française de défense des libertés numériques.</p><h2 class="spip" id="Dans-le-viseur-de-Trump">Dans le viseur de Trump</h2><p>Le 22 septembre 2025, le président des États-Unis avait désigné la « mouvance antifa » comme organisation terroriste. Elle est vue, par le pouvoir trumpiste, comme un bloc homogène et organisé. Pam Bondi, alors procureur générale des États-Unis, promettait même en octobre 2025 de <em>« détruire l’organisation entière du sommet à la base »</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/10/09/donald-trump-instrumentalise-la-violence-d-extreme-gauche-pour-justifier-l-intervention-de-l-armee-dans-les-grandes-villes-americaines_6645420_3210.html" class="spip_out" rel="external">citait le journal <em>Le Monde</em></a>.</p><p>En réalité, <em>« les antifas sont très peu structurés, sans hiérarchie, statut ou organisation précise,</em> <a href="https://theconversation.com/fact-check-us-existe-t-il-une-menace-antifa-aux-etats-unis-comme-laffirme-donald-trump-149200" class="spip_out" rel="external">écrivait le chercheur Mario Del Pero dans <em>The Conversation</em> en 2020</a>, à propos du contexte états-unien. <em>Le terme renvoie plus à une nébuleuse qu’à une association : un réseau souple de militants, partageant une philosophie générale, essayant parfois de coordonner leurs activités, mais opérant généralement de manière spontanée, réactive et à un niveau très local. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/mort-de-quentin-d-a-lyon-l-antifascisme-est-aujourd-hui-instrumentalise">Mort de Quentin D. à Lyon : « L’antifascisme est aujourd’hui instrumentalisé »</a></aside><p>Mais en juin dernier, <a href="https://www.pbs.org/newshour/nation/8-convicted-of-terrorism-charges-in-texas-immigration-center-shooting-sentenced-to-decades-in-prison" class="spip_out" rel="external">les premières condamnations</a> liant l’« idéologie antifa » et le terrorisme ont eu lieu au Texas : un procès pour des faits survenus lors d’une manifestation à l’extérieur d’un centre de détention pour immigrants, où une personne a tiré sur un policier (les circonstances sont débattues par les parties).</p><h2 class="spip" id="Une-infrastructure-peut-desormais-etre-accusee-de-lt-lt-terroriste">Une infrastructure peut désormais être accusée de « terroriste »</h2><p>Au cours de l’audience, les procureurs ont soutenu que le groupe de personnes de tous âges, unies par des convictions politiques de gauche et progressistes, constituait une <em>« cellule antifa du nord du Texas »</em>. En plus de la personne condamnée à 100 ans de prison pour tentative de meurtre, d’autres militants d’extrême gauche ont reçu de lourdes peines basées sur des charges terroristes, notamment d’avoir <em>« apporté un soutien matériel à des terroristes ».</em></p><p>C’est sur ce dernier point que l’administration Trump s’est basée pour qualifier l’organisation italienne de « terroriste ». Autrement dit, fournir des services numériques ou une aide quelconque à des personnes considérées comme « antifa » par Washington vaut d’être qualifié de terroristes à son tour. Résultat : Autistici/Inventati a été inscrite sur la liste de sanctions de l’OFAC, le Bureau du contrôle des avoirs étrangers, qui gère et applique les sanctions économiques et commerciales décidées par les États-Unis. Les organisations, banques, fournisseurs et autres entreprises, qui travaillaient avec A/I et qui sont basées aux États-Unis ont jusqu’au 25 septembre pour cesser tout lien avec l’association italienne.</p><p><em>« Les États-Unis ne visent pas une organisation opérationnelle, mais une infrastructure,</em> analyse le chercheur Beniamino Irdi, <a href="https://decode39.com/16319/autistici-inventati-case-sets-a-new-counterterrorism-precedent-irdi-says/" class="spip_out" rel="external">interviewé par Decode 39</a>. <em>Il s’agit d’un élargissement du champ d’application des contre-mesures aux services techniques et aux infrastructures susceptibles d’être utilisés par des acteurs jugés dangereux. L’élément essentiel réside toutefois dans le principe qui est ainsi établi : l’infrastructure elle-même peut devenir l’objet d’une contre-mesure. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Ca-pourrait-arriver-a-n-importe-lequel-d-entre-nous">« Ça pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous »</h2><p><em>« Ça fait peur. C’est basé sur une décision d’un président qui se lève du mauvais pied, sans décision de justice. Il n’y a presque rien qui permette à une structure comme A/I de contester une décision comme celle-ci… À part peut-être aller au tribunal aux États-Unis »</em>, réagit, du côté français, Martin, membre du <a href="https://www.chatons.org/node/1" class="spip_out" rel="external">Collectif des hébergeurs alternatifs, transparents, ouverts, neutres et solidaires</a>, ou Chatons. <em>« C’est une décision administrative complètement arbitraire »</em>, s’inquiète-t-il.</p><p>Avant même le 25 septembre, les conséquences pour l’hébergeur indépendant et celles et ceux qui l’utilisent sont déjà nombreuses. Le site web de l’organisation, autistici.org, n’est plus accessible depuis le 28 août. Selon La Quadrature du net, ce nom de domaine <em>« a été suspendu par le Public Interest Registry (PIR), l’organisme américain qui gère les noms de domaines en .org. Cela empêche ainsi les utilisateur·ices d’accéder à leurs mails et aux services fournis par A/I. »</em></p><p>L’entreprise de paiements en ligne PayPal a bloqué leur compte. Leur banque italienne, Banca Etica, une banque coopérative, <a href="https://www.bancaetica.it/area-stampa/autistici-inventati-banca-etica-condanna-uso-improprio-ofac-valutazioni-per-non-chiudere-il-conto/" class="spip_out" rel="external">a déjà annoncé suspendre</a> leur compte courant par peur de faire l’objet de « sanctions secondaires » et demande une réaction des institutions italiennes et européennes pour s’assurer de leur protection si elle venait à réactiver le compte.</p><p>Mais le collectif A/I n’attend pas grand chose de l’Italie, gouvernée par l’extrême droite de Giorgia Meloni. Ses membres constatent un climat national en leur défaveur. <em>« On est effarés,</em> confie de son côté Martin. <em>Ça pourrait arriver à n’importe lequel d’entre nous. »</em> La logique adoptée par l’administration américaine de qualifier de « terroriste » une organisation sur la seule base de la fourniture de services à des groupes considérés arbitrairement comme terroristes par les États-Unis, peut toucher tout le monde. La décision, complète la Quadrature du net, <em>« constitue un précédent dangereux pour tous les collectifs et personnes qui construisent chaque jour des communications respectueuses de la vie privée et s’affranchissent des États et du web centralisé »</em>.</p><p>Martin explique aussi que le problème est bien plus profond. <em>« Cela fait longtemps que nous avons des discussions dans le monde du libre sur le pouvoir que les États-Unis ont sur internet et la manière dont ils gèrent leurs opposants,</em> souligne le membre du collectif Chatons. <em>Le fait que les États-Unis, en appuyant sur un bouton, peuvent désactiver une structure qui pourtant respecte les lois dans son pays, c’est inquiétant. »</em></p><p>Sur simple décision unilatérale, le pays de Donald Trump pourrait décider d’un « kill switch », c’est-à-dire de couper l’accès d’un ou plusieurs pays à ses services en ligne. <em>« Ce blocage démontre la dépendance technologique et politique vis-à-vis des États-Unis »</em>, pointe aussi la Quadrature du net.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Creez-un-dix-cent-collectifs-qui-menent-un-travail-similaire-au-nbsp">« Créez un, dix, cent collectifs qui mènent un travail similaire au nôtre »</h2><p><em>« Si le technofascisme se renforce aux États-Unis, le pays peut couper des accès à des pans complets de l’économie »</em>, craint Martin. Même si le terme de « souveraineté numérique » revient souvent dans les discours politiques ces dernières années, en France comme au niveau européen, l’Europe reste largement dépendante des technologies étasuniennes. <em>« La Russie ou la Chine ont des réseaux Internet qui peuvent fonctionner presque totalement en autonomie, indépendants des États-Unis, qui peuvent réagir en cas de gros coup dur… Côté européen, on ne peut pas du tout faire ça »</em>, complète Martin.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Graphisme-messagerie-cloud-acteurs-logiciel-libre-offrent-alternatives-aux-Gafam">Graphisme, messagerie, cloud… des acteurs du logiciel libre offrent des alternatives aux Gafam</a></aside><p>Concernant le cas d’Autistici/Inventati, le temps se réduit avant l’application stricte des sanctions américaines. Dans <a href="https://www.laquadrature.net/2026/09/01/soutien-a-autistici-inventati-hebergeur-designe-comme-terroriste-par-ladministration-trump/" class="spip_out" rel="external">une lettre ouverte</a>, les soutiens de l’organisation – des bibliothèques, syndicats, hébergeurs et associations de défense des libertés individuelles – appellent à la révocation ou à la révision de la décision de sanction, à ne pas faire de l’anonymat ou de la confidentialité des échanges en ligne une preuve d’intention terroriste, ou encore à une réponse publique des institutions. Le but de la décision de Trump <em>« c’est l’isolation</em>, écrivent-ils. <em>Notre réponse est une solidarité indépendante, informée et disciplinée. »</em></p><p>Le collectif A/I est reconnaissant envers les nombreux témoignages de solidarité et les propositions d’aide venus du monde entier, <em>« y compris de la France »</em>, précise-t-il. Pour les aider, il faut garder un œil sur le site miroir de celui qui a été supprimé, <a href="https://www.inventati.org" class="spip_out" rel="external">inventati.org</a>, ainsi que <a href="https://cavallette.noblogs.org/" class="spip_out" rel="external">sur leur blog</a>. <em>« Nous travaillons actuellement sur différentes propositions qui seront rendues publiques et diffusées, disent ses membres. Ceux qui souhaitent nous aider n’ont donc qu’à rester à l’écoute. »</em> Face à son avenir incertain, Autistici/Inventati a un dernier message à adresser, formulé comme un souhait pour le futur : <em>« Créez un, dix, cent collectifs qui mènent un travail similaire au nôtre. »</em></p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 03 Sep 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Face à leur maire d'extrême droite, des habitants se mobilisent pour garder leurs jardins familiaux après les incendies]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les jardins ouvriers et familiaux de la commune d’Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales) vont-ils survivre à la mairie d’extrême droite ? Ce 27 août 2026, ils sont près de 150 à s’être rassemblés devant la « Catalane », la salle polyvalente de la petite commune de 5500 habitants, pour exiger la réouverture de ces jardins. <em>« On défend la possibilité pour les habitants qui n’ont pas forcément de gros revenus ou de terrains de continuer à produire leur propre nourriture localement »</em>, explique Romain, militant au sein du collectif Jeunesses populaires du Conflent, actif dans ce territoire dominé par le mont Canigou.</p><p>Jusqu’à cet été, dix-neuf parcelles de 200 à 300 mètres carrés chacune étaient mises à disposition par la commune pour servir de potagers et être cultivées par plusieurs familles. Mais le 5 juillet, un mégafeu né dans une commune plus au nord parcourt 4000 hectares et embrase la quasi-totalité des jardins. <em>« Cela a été un choc, je cultive mon potager depuis treize ans, avec mes parents »</em>, déplore Hayat, 49 ans. Cette mère seule s’occupe à plein temps de ses quatre enfants, dont deux sont handicapés. <em>« Ce jardin, ça n’est pas seulement des souvenirs de famille, c’est un vrai revenu. J’y fais pousser presque tous mes légumes. Je n’ai pas la place pour faire ça chez moi »</em>, explique-t-elle.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Ceinture-de-protection-contre-les-incendies">« Ceinture de protection » contre les incendies</h2><p>Alors que les jardiniers espèrent retourner dans leurs potagers, le nouveau maire, Alain Fabresse (UDR, le parti d’Éric Ciotti, allié au RN), élu quelques mois plus tôt, estime, dans un communiqué du 28 juillet, que les jardins <em>« ont contribué à favoriser la propagation du feu en direction des premières habitations »</em>. Il annonce son projet de les raser pour instaurer une <em>« zone tampon »</em> entre les espaces naturels et les habitations. Dans la foulée, il interdit par arrêté l’accès aux jardins, invoquant <em>« des risques de blessure par objet tranchant »</em>.</p><p>Ses arguments peinent à convaincre les premiers concernés. <em>« Les jardins étaient bien entretenus, arrosés, verts, ils protégeaient des flammes. En revanche, les habitations qu’il y a derrière avaient des broussailles qui ont pris feu »</em>, soutient Hayat. <em>« Il y a déjà un grand terrain vide derrière le jardin qui peut servir de zone tampon. Il n’y a pas besoin de raser les jardins pour faire cette ceinture »</em>, estime Romain. <em>« Tout ça, c’est un prétexte pour qu’on s’en aille »</em>, tranche Hayat. Les défenseurs des jardins attaquent donc l’arrêté au tribunal administratif et organisent une première manifestation devant l’Hôtel de ville le 4 août, <a href="https://reporterre.net/C-est-du-mepris-de-classe-une-mairie-profite-des-incendies-pour-supprimer-des-jardins" class="spip_out" rel="external">rassemblant 80 personnes</a>.</p><p>Un mois plus tard, une <a href="https://www.mypetition.org/petition/nature-environnement/contre-fermeture-19-jardins-familiaux-a/285277" class="spip_out" rel="external">pétition</a> contre la fermeture des jardins dépasse les 1600 signatures, et le second rassemblement du 27 août réunit deux fois plus de monde.</p><div class="spip_document_23261 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="111" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3436643712 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp?1788270428 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png@.webp?1788249167 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png" width="960" height="690" alt="Sur un terrain calciné et en friche, on aperçoit une femme qui marche au loin." aria-describedby="by23261-9eda0ca9e0d8d17673cc5564df7124ee" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/2rimg_20260826_095009.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23261-9eda0ca9e0d8d17673cc5564df7124ee">Hayat cultivait sa parcelle dans les jardins familiaux depuis 13 ans, avant les incendies.
©Guillaume Bernard
</figcaption></figure></div><p>Face à la mobilisation, c’est silence radio côté mairie. Le conseil municipal, qui aurait dû se tenir ce 27 août, est reporté sans explication. Sollicité par <em>Basta!</em>, le maire n’a pas non plus répondu. <em>« Ce que fait l’extrême droite dans ma commune m’inquiète. On a l’impression que notre maire prend ses décisions seul. Ce qu’il se passe avec les jardins familiaux en est vraiment l’exemple »</em>, constate Sandrine, une habitante mobilisée contre la fermeture des jardins.</p><p>Ancien <a href="https://www.lagglorieuse.info/po/article_ille-sur-tet-qui-a-le-numero-du-docteur-d-alain-fabresse.html" class="spip_out" rel="external">attaché territorial à la mairie de Perpignan</a> (RN) et <a href="https://www.lindependant.fr/2025/04/11/ille-sur-tet-lartiste-alain-fabresse-redimensionne-lespace-merimee-12631939.php" class="spip_out" rel="external">artiste-peintre à ses heures</a>, Alain Fabresse a remporté les élections municipales en profitant d’une triangulaire, avec la présence de deux listes « divers gauche » au second tour. Il a ainsi pu s’imposer dans ce bourg populaire où vit une importante communauté musulmane.</p><h2 class="spip" id="Racisme-et-violence">Racisme et violence</h2><p>Les opposants à la destruction perçoivent le comportement du maire comme une volonté de se débarrasser de jardins « mal vus » par la municipalité. <em>« Il faut voir comment certains habitants parlent des jardiniers en des termes peu élogieux et des jardins comme “des dépotoirs”. Il y a un fond de racisme et de mépris social. Et en se débarrassant des jardins, on se débarrasse aussi d’une population jugée “indésirable” »</em>, analyse Florence*, habitante de la commune impliquée dans la politique locale et qui souhaite rester anonyme. <em>« On nous a dit que ces jardins étaient des bidonvilles, c’est n’importe quoi. Les gens n’aiment pas les poules ? »</em> poursuit Hayat.</p><p>Au mépris social s’ajoute la violence physique. Le 9 août, un conseiller municipal de la majorité interpelle des jardiniers venus nettoyer les potagers calcinés. <em>« Il nous a dit qu’il fallait partir, que les jardins allaient de toute façon fermer. Il était agressif »</em>, raconte Hayat.</p><div class="spip_document_23260 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="108" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3814139874 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp?1788271180 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg@.webp?1788249169 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg" width="960" height="718" alt="Une affiche avec inscrit « Fermeture des jardins. Agression d'une dame par un élu. Mépris pour les Illois » appelle à se rassembler le 27 août à 18 heures. Elle est placardée sur un marché." aria-describedby="by23260-d231b233955125b94e82f912a67f0b89" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_20260826_104128.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23260-d231b233955125b94e82f912a67f0b89">Une affiche à été placardée sur le marché d’Ille-sur-Têt pour appeler au rassemblement.
©Guillaume Bernard
</figcaption></figure></div><p>Le ton monte et une femme venue aider les jardiniers, accuse l’élu de l’avoir frappée par-derrière, dans la nuque. <em>« J’ai eu deux jours d’ITT et j’ai dû porter une minerve »</em>, rapporte-t-elle. Elle dépose plainte dès le lendemain et les jardiniers et leurs soutiens demandent dès lors la démission de cet élu.</p><p>Ils impriment des tracts titrés : « Fermeture des jardins. Agression d’une dame par un élu. Mépris pour les Illois ». Ils sont diffusés au marché, scotchés sur les murs de la commune. La confédération paysanne des Pyrénées-Orientales rejoint le mouvement. <em>« L’extrême droite s’en prend toujours aux mêmes. On sera toujours du côté de ceux qui produisent de la nourriture en local »</em>, annonce un de ses porte-parole sur les <a href="https://www.facebook.com/reel/1779340186752693" class="spip_out" rel="external">réseaux sociaux</a>. Côté mairie, là encore, c’est le silence.</p><h2 class="spip" id="Resistance-locale">Résistance locale</h2><p><em>« La victoire est possible »</em>, veulent croire Romain et les Jeunesses populaires du Conflent, dans <a href="https://www.facebook.com/photo?fbid=122180205602685033&amp;set=pcb.122180205698685033" class="spip_out" rel="external">un communiqué</a> qui suit la manifestation du 27 août. Ce groupe a été formé lors de la campagne législative de juin 2024, notamment pour soutenir la candidate locale du Nouveau Front populaire. En vain : les quatre circonscriptions du département sont tombées dans les mains du Rassemblement national. Mais le collectif a maintenu son existence et modifié son activité.</p><p><em>« On a organisé des manifestations à Prades</em> [sous-préfecture des Pyrénées-Orientales, ndlr] <em>pour soutenir la Palestine ou encore pour la Marche des fiertés. Prades est une commune où il y a encore un tissu militant et associatif fort. On n’est pas en territoire hostile</em>, raconte Romain. <em>Ille-sur-Têt, c’est différent, c’est la mairie d’extrême droite la plus proche, il y a moins de militants. Mais ce qu’on voit avec la lutte pour les jardins familiaux, c’est qu’il y a là aussi des gens qui veulent résister »</em>, poursuit le trentenaire. La mobilisation suffira-t-elle pour faire plier Alain Fabresse ? <em>« Nous avons confiance en [les Illois] pour se rassembler à chaque conseil municipal et exiger du maire un retour sur sa décision »</em>, déclare le communiqué du collectif. En attendant, l’édile d’extrême droite a décidé de ne plus s’exprimer publiquement sur le sujet.</p><p>Pendant ce temps, la vie reprend dans les jardins. Hayat est passée voir ce qu’il restait de son potager et a même ramassé quelques aubergines épargnées par le feu. <em>« Il y a déjà quelques arbres qui ont commencé à repousser »</em>, sourit-elle.</p><p>*Prénom modifié</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 01 Sep 2026 16:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Élèves en lycée pro et en apprentissage : « Ils sont confrontés à des situations qui ne sont pas de leur âge »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Parmi les lycéen·nes qui reprennent le chemin de l’école, plus de 600 000 sont en filière professionnelle, pour préparer un « BAC pro » ou un CAP (certificat d’aptitude professionnelle). D’autres jeunes préparent leur CAP au sein des centres de formation des apprentis (CFA) – la France compte au total un million d’apprenti·es.</p><p>Les élèves des lycées professionnels sont de plus en plus nombreux·ses, sans que les budgets ne suivent, dénonce le syndicat de l’enseignement professionnel, Snuep-FSU à l’occasion de cette rentrée 2026. <em>« En quatre ans, 40 000 élèves supplémentaires ont rejoint la voie professionnelle. Ils seront environ 5000 de plus cette année, <a href="https://www.cafepedagogique.net/2026/08/27/lycee-professionnel-on-va-retenir-un-mot-echec/" class="spip_out" rel="external">soit une hausse de 8 %</a>. Pourtant, les moyens ne suivent pas, avec un budget en progression d’environ 1 % seulement. »</em> Les enseignant·es regrettent une baisse de leurs heures auprès des élèves, et une attention trop concentrée sur les besoins des entreprises. La sociologue Prisca Kergoat remarque, au fil de ses rencontres avec ces lycéen·nes, qu’ils et elles sont confronté·es très tôt à la violence du monde du travail.</p><h3 class="spip" id="Basta-Votre-ouvrage-lt-lt-De-l-indocilite-des-jeunesses-populaires-nbsp"><em>Basta!</em> : Votre ouvrage <a href="https://shs.cairn.info/de-lindocilite-des-jeunesses-populaires--9782843033247?lang=fr" class="spip_out" rel="external">« De l’indocilité des jeunesses populaires »</a> (La Dispute, 2022) donne la parole à des élèves de lycées professionnels. Malgré leur profils et parcours divers, ils et elles ont des points communs. Lesquels ?</h3><p><strong>Prisca Kergoat</strong> [<a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Prisca Kergoat est sociologue à l’université Toulouse II-Jean-Jaurès." id="nh1">1</a>] : On constate une forte association entre les difficultés scolaires et l’origine populaire des jeunes qui se retrouvent en lycées professionnels. À niveau scolaire comparable, les élèves n’accèdent pas aux mêmes orientations : les élèves d’origine populaire ont une probabilité 93 % plus élevée d’être orienté·es en seconde professionnelle et 169 % plus élevée d’être orienté·es en CAP.</p><p>Il n’en a pas toujours été ainsi. Jusqu’aux années 1980-1990, on avait des lycées professionnels qui formaient l’élite ouvrière. Les jeunes qui en sortaient étaient reconnus comme des ouvriers qualifiés et pouvaient connaître une progression durant leur carrière, certains devenaient cadres. Avec la volonté d’unifier le système éducatif et l’objectif d’accueillir des élèves en difficulté scolaire, le lycée professionnel est progressivement devenu une voie de relégation.</p><h3 class="spip" id="Vous-expliquez-que-les-lyceen-nes-des-etablissements-professionnels-viennent-nbsp">Vous expliquez que les lycéen·nes des établissements professionnels viennent de milieux très paupérisés, plus encore que ceux qui choisissent la voie de l’apprentissage. Pourquoi ?</h3><p>Au tournant des années 1980-1990, les gouvernements successifs ont valorisé l’apprentissage, qui était jusqu’alors considéré comme un dispositif pour les jeunes en très grande difficulté. Avec cette revalorisation de l’apprentissage, on y a vu une sélection de plus en plus importante. Et on y trouve aujourd’hui une surreprésentation des garçons par rapport aux filles, mais aussi des jeunes dont les parents et les grands-parents sont né·es en France. Une majorité des élèves en apprentissage sont désormais d’origine populaire stabilisée, c’est-à-dire avec des parents qui ont un emploi, notamment dans le commerce et dans l’artisanat. Ils ont des réseaux à mobiliser pour accompagner leurs enfants dans la recherche de leur apprentissage.</p><p>Les jeunes issue·es des classes populaires paupérisées sont plutôt dans les lycées professionnels, avec des parents ouvriers, employé·es non qualifié·es, qui traversent des périodes de chômage ou d’invalidité. On a beaucoup de mères seules. Ce sont des familles marquées par une forte précarité.</p><h3 class="spip" id="Autre-element-mis-en-evidence-dans-votre-enquete-les-jeunes-qui-entrent-en-nbsp">Autre élément mis en évidence dans votre enquête : les jeunes qui entrent en lycée et en apprentissage sont de plus en plus jeunes. Pourquoi ?</h3><p>Il y a une quinzaine d’années, il a été décidé d’arrêter les redoublements. Plus de jeunes arrivent donc en troisième plus jeunes. En lycée professionnel, la part des élèves entrant en formation à 15 ans ou moins est passée de 25,5 % en 2005 à 76,7 % en 2024. Il se retrouvent à faire des choix d’orientation dès l’âge de 13 ou 14 ans. C’est très jeune pour se positionner sur un métier. Parallèlement, on a de plus en plus de dérogations dans le cadre de l’apprentissage qui permettent de commencer son apprentissage avant ses 16 ans.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« En 2025, six enfants sont morts au travail en France en situation de stage ou d’apprentissage »</p>
</aside><p>Ces jeunes sont confronté·es à des conditions de travail qui sont en inadéquation avec leur âge, avec des garde-fous de moins en moins nombreux. En 2014, par exemple, il y a eu la fin des travaux réglementés, qui obligeaient les entreprises à demander une autorisation à l’inspection du travail pour que des mineur·es puissent réaliser des travaux dangereux, comme l’usage de machines dangereuses ou les travaux en hauteur.</p><p>Au moment de la loi d’orientation, en 2018, il a été décidé de supprimer le corps des inspecteur·ices de l’éducation nationale, qui avaient en charge les visites des lieux de travail des apprenti·es. Cette mission a été remise aux inspecteur·ices du travail qui sont en sous-effectifs. Enfin, les périodes de présence en entreprise ont été allongées, y compris pour les jeunes qui sont en filière générale, avec les stages d’observation de troisième, puis de seconde. Tout cela explique pourquoi on a des personnes si jeunes qui ont des accidents graves, voire qui meurent au travail. En 2025, six enfants sont morts au travail en France en situation de stage ou d’apprentissage.</p><h3 class="spip" id="Avant-meme-d-affronter-les-risques-du-travail-les-jeunes-sont-confronte-es-nbsp">Avant même d’affronter les risques du travail, les jeunes sont confronté·es à des situations difficiles, racontez-vous : ils et elles essuient de multiples refus lors de leurs recherches d’apprentissage et le vivent douloureusement…</h3><p>Tout à fait. Ce moment de la recherche d’une entreprise pour l’apprentissage permet de mesurer la différence entre celles et ceux qui ont des réseaux et celles et ceux qui n’en ont pas, mais aussi entre celles et ceux qui sont soutenu·es par leurs parents et les autres. 30 % des apprenti·es qui ont trouvé une place l’ont trouvée en moins d’une journée. On repère là ce que l’on appelle le « capital d’autochtonie », qui permet la mobilisation des parents et de leur réseau dans la recherche.</p><p>À côté, on a une population très démunie. Certain·es sont vraiment tout·es seul·es. Et c’est difficile à 14 ans de se présenter, d’argumenter, voire se confronter à des questions qui sont parfois fois très décalées. Certain·es jeunes entendent des remarques sur leur corps, leur maigreur, leur pâleur, la manière dont ils se présentent… Ils et elles sont confronté·es à des propos racistes. Des jeunes filles expliquent, par exemple, qu’on leur demande de se lisser les cheveux. Et, à 14 ans, on n’a pas forcément les capacités de se protéger face à ces situations. C’est une confrontation extrêmement dure, et c’est souvent leur première expérience du marché du travail.</p><p>Pour les jeunes qui vivent en milieu rural, c’est très compliqué de se déplacer. À 14 ou 15 ans, on n’a pas le permis de conduire et les parents ne sont pas toujours disponibles pour véhiculer leurs enfants. Ils vont passer des heures et des heures à arpenter les entreprises et essuyer des refus successifs. Plusieurs jeunes m’ont expliqué avoir eu jusqu’à 50 contacts, et même 100, avec des entreprises, sans jamais obtenir de place.</p><h3 class="spip" id="Vous-expliquez-que-les-jeunes-anticipant-ces-difficultes-a-trouver-un-nbsp">Vous expliquez que les jeunes, anticipant ces difficultés à trouver un stage, se tournent vers les lycées professionnels où ils comptent s’appuyer sur leurs enseignant·es. Ils cherchent aussi à se protéger du racisme, omniprésent dans leurs histoires…</h3><p>Tout à fait. Nous avons été étonnée·es au cours de notre enquête par le nombre de jeunes qui auraient souhaité faire un apprentissage mais qui se sont démobilisé·es très rapidement. Ce sont en général des garçons issus de l’immigration maghrébine et subsaharienne, confrontés au racisme.</p><p>Pour eux, le lycée sera plus protecteur que l’apprentissage, parce qu’ils seront accompagnés. Cette expérience commune du racisme est très présente dans leurs récits. Pour certains jeunes, c’est une humiliation presque quotidienne, notamment pendant la recherche d’entreprises d’accueil pour leur apprentissage…</p><p>Ils ont un regard très lucide sur ce vécu du racisme. Certains décrivant que des employeurs racistes peuvent les prendre en apprentissage, mais pour faire le sale boulot. Cette confrontation au racisme a lieu quand ils sont très jeunes, et les amène à relire leur itinéraire scolaire : ils analysent que leur couleur de peau a eu un impact sur les choix d’orientation des enseignant·es et des conseils de classe. Ajoutons que, ces derniers temps, j’ai reçu beaucoup de témoignages rapportant des propos racistes tenus par des enseignant·es de manière complètement décomplexée.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="L-autre-discrimination-que-vous-documentez-saisissante-c-est-le-sexisme-nbsp">L’autre discrimination que vous documentez, saisissante, c’est le sexisme, qui commence par une absence quasi-totale de mixité dans les filières. C’est-à-dire ?</h3><p>Les questions de sexisme sont de mieux en mieux prises en compte dans l’institution scolaire. Certes, ce n’est toujours pas suffisant et d’autant plus sur les périodes en entreprise. Mais les enseignant·es sont plus vigilant·es. On a des exposés pédagogiques, des interventions dans les établissements, etc. Mais dans l’enseignement professionnel, on reste face à une absence totale de mixité des métiers. C’est l’inverse de ce qui se passe dans les emplois supérieurs, où il y a eu une vraie transformation ces 20 dernières années : on a de plus en plus de femmes médecins, notaires, avocates, etc.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Tous ces jeunes se retrouvent dès l'âge de 14 ans dans des espaces scolaires et professionnels absolument non-mixtes »</p>
</aside><p>Au niveau des employé·es et ouvriers, en revanche, ça ne bouge pas. Dans le secteur du bâtiment, ou de la mécanique, on a parfois une fille, mais cela reste rare. Et dans les métiers du soin de la personne, on a très peu de garçons. La quasi-totalité des élèves sont des filles, les enseignantes sont toutes des femmes, les professionnelles côtoyées en stage également.</p><p>Tous ces jeunes se retrouvent dès l’âge de 14 ans dans des espaces scolaires et professionnels absolument non-mixtes. C’est important à souligner puisqu’on a tout un discours qui dit qu’aujourd’hui l’école est mixte. Or, elle ne l’est pas pour 30 % d’une génération qui ne côtoie quasiment jamais l’autre sexe.</p><blockquote class="spip">
<aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/gouvernement-recule-sur-reforme-lycee-pro-jugee-inegalitaire-discriminante">Le gouvernement recule sur sa réforme des lycées pro, jugée « inégalitaire » et « discriminante »</a></aside></blockquote><h3 class="spip" id="Quand-elles-parviennent-malgre-tout-a-trouver-des-places-dans-des-bastions-nbsp">Quand elles parviennent malgré tout à trouver des places dans des bastions masculins, les filles décrochent souvent parce qu’elles sont confrontées à des situations compliquées. Mais la concurrence est aussi rude dans les filières féminisées…</h3><p>On retrouve dans la formation professionnelle le même processus que sur le marché du travail : les femmes sont concentrées sur très peu d’emplois. En apprentissage, les filles sont dans la coiffure, dans l’esthétique et dans l’aide à la personne. Les salons de coiffure ou les instituts d’esthétique disent d’ailleurs qu’il ne se passe pas une journée sans demande de stage ou d’apprentissage. La concurrence est beaucoup plus exacerbée que pour les garçons, qui ont un choix de spécialités beaucoup plus important allant de l’agroalimentaire aux métiers du bois en passant par le bâtiment, l’informatique, la sécurité, la cuisine ou la mécanique.</p><h3 class="spip" id="Mais-vous-avez-constate-qu-il-y-a-aussi-beaucoup-de-solidarite-entre-elles-nbsp">Mais vous avez constaté qu’il y a aussi beaucoup de solidarité entre elles, loin des stéréotypes qui prétendent qu’elles « se crêpent le chignon ». Pouvez-vous détailler ?</h3><p>Au moment où les filles entrent en formation, elles considèrent qu’être dans une classe de filles est stigmatisant et peu valorisant. Elles se décrivent entre elles de manière très stéréotypée. Mais dans la pratique, il y a une solidarité très prégnante. Elles ne sont jamais seules faces aux récriminations des enseignant·es ou du personnel de direction. Quand l’une d’elles doit rester à la fin d’un cours, il y a toujours une camarade avec elle. Il y a aussi une grande solidarité dans l’analyse de leurs situations professionnelles et de la façon de s’en dépêtrer. On ne retrouve pas cela chez les garçons.</p><h3 class="spip" id="Sont-elles-conscientes-des-inegalite-auxquelles-elles-font-face">Sont-elles conscientes des inégalité auxquelles elles font face ?</h3><p>Les jeunes filles ont une analyse très fine des inégalités de classe auxquelles elles sont confrontées dans les salons d’esthétique des quartiers riches, par exemple. Et elles ont une capacité – sans doute davantage que les garçons – à répondre à un certain nombre d’attentes, mais sans y adhérer pour autant. Elles modulent leur apparence et leur comportement mais décrivent cela comme inadapté à leur âge. Elles ont une vraie capacité d’analyse et de distance.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Ils analysent que leur couleur de peau a eu un impact sur les choix d'orientation des enseignant·es »</p>
</aside><h3 class="spip" id="Les-enseignant-es-sont-presente-es-par-les-jeunes-enquete-es-comme-des-nbsp">Les enseignant·es sont présenté·es par les jeunes enquêté·es comme des personnalités importantes, voire des allié·es. Est-ce une différence d’avec l’enseignement général ?</h3><p>Il faut d’abord préciser que ces jeunes décrivent des relations très difficiles avec les enseignant·es du collège. Ils et elles parlent d’humiliations dans le cadre des conseils de classe ou des réunions avec les parents d’élèves. Inversement, ils et elles valorisent beaucoup les enseignant·es des lycées professionnels. Plusieurs raisons expliquent cela.</p><p>D’abord, les enseignant·es de lycées professionnels sont plus souvent d’origine populaire que les enseignant·es qui passent le capes ou l’agrégation (surtout l’agrégation). Ce sont donc des enseignant·es qui n’ont pas les mêmes parcours scolaires et qui ont vécu leur entrée en tant qu’enseignant·es en lycée professionnel sur le mode de la dévalorisation.</p><p>La plupart des professeur·es de lycées professionnels, au moins pour les disciplines générales, sont très massivement des enseignant·es qui n’ont pas été reçu·es au capes et à l’agrégation. Ils et elles ont cette expérience du déclassement au sein de l’institution scolaire qui marque peut-être une meilleure compréhension des élèves.</p><p>Ensuite, ils ont compris qu’ils avaient affaire à des jeunes très dévalorisé·es, voire cassé·es, et que leur premier objectif, c’est de leur donner confiance et de les revaloriser. Cela passe par la qualité du lien entre eux, ils sont souvent très proches, et échangent leurs numéros de téléphone. Les élèves savent que leurs enseignant·es sont facilement accessibles et qu’ils peuvent venir vers eux pour évoquer leurs difficultés familiales, scolaires, mais aussi leur précarité financière. Ce sont des enseignant·es souvent mobilisé·es pour trouver des solutions pour aider leurs élèves à payer la cantine, les tickets de bus ou lorsque les élèves font face à des situations familiales préoccupantes.</p><p>Il y a une vraie compréhension de la situation des élèves. Certain·es enseignant·es prennent soin de ne pas donner de devoir, parce qu’ils savent que les élèves ne pourront pas les faire, parce qu’ils n’ont ni l’espace ni le temps pour cela. Les récits que je recueille le confirment avec, par exemple, des jeunes filles qui gèrent de nombreuses tâches domestiques, dont leurs frères et sœurs plus jeunes. Un grand nombre de ces jeunes font un travail informel pour pouvoir soutenir leur famille. Ou enchaînent le lycée et des petits boulots. Tous ces jeunes ont des journées très chargées, il n’est pas rare qu’ils et elles soient occupé·es de 6 heures à 20 heures…</p><div class="spip_document_23228 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="126" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/couv_prisca_kergoat.jpg" width="385" height="619" alt="Couverture du livre" aria-describedby="by23228-0eb2c6643b8886a69dffb6901bcf30e9" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by23228-0eb2c6643b8886a69dffb6901bcf30e9"><a href="https://ld-es.fr/catalogue/la-dispute/de-lindocilite-des-jeunesses-populaires-apprenti-e-s-et-eleves-de-lycees-professionnels" class="spip_out" rel="external"><em>De l’indocilité des jeunesses populaires. Apprenti·e·s et élèves de lycées professionnels</em></a>, Prisca Kergoat, La Dispute, 2022.
</figcaption></figure></div><h3 class="spip" id="L-indocilite-que-vous-documentez-dans-votre-enquete-se-loge-dans-l-attitude-nbsp">L’indocilité que vous documentez dans votre enquête se loge dans l’attitude des élèves en classe, que l’on pourrait définir par du « chahut », mais que signifie-t-elle pour eux ?</h3><p>Avant de commencer cette enquête, j’avais bien en tête les rapports de classe, le racisme, les rapports de sexe. Mais je ne m’attendais pas du tout à me retrouver face à des élèves si jeunes, des enfants finalement. Leur première expérience commune dont ils parlent, c’est le sentiment qu’on leur vole leur jeunesse. Ils et elles disent tous qu’ils sont confronté·es à des situations qui ne sont pas de leur âge, avec cette idée que ce sont les autres, les élèves du lycée général qui ont le luxe de pouvoir prolonger leur jeunesse.</p><p>De ce fait, ils vont utiliser les périodes de cours, les périodes au lycée, pour se reconnecter avec des pratiques juvéniles. Je le décris à partir de leur propre description des cours, mais aussi de mes observations : un chahut un peu permanent au sein des établissements, mais que je n’analyse pas du tout comme une provocation envers les enseignant·es. D’autant plus que, comme on l’a vu précédemment, ils sont plutôt dans des relations bienveillantes avec les enseignant·es, et leur établissement.</p><p>Ces élèves disent eux-mêmes que s’ils ne pouvaient s’amuser un peu dans le cadre des cours, envoyer des blagues, regarder leur téléphone, se passer des bonbons, etc., ça ne serait finalement que la prolongation du temps professionnel. Ils reconstituent finalement un espace où ils se vivent comme des enfants. D’ailleurs, c’est très surprenant, aucun·e des interviewé·es ne se désigne comme un·e adolescent·e. <em>« Nous, on est des enfants »</em>, est une expression qui revient très souvent.</p><p>Et ils analysent de façon très lucide les pratiques contradictoires auxquelles ils font face. Le lycée est un espace où ils et elles sont traité·es comme des élèves, voire des enfants. Mais simultanément, on leur demande d’être des travailleur·ses, responsables, autonomes, de se lever à 5 heures du matin et d’être capables d’adopter la posture de professionnel·les. Toustes reçoivent l’injonction de se transformer en adulte quasiment du jour au lendemain.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 01 Sep 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Rentrée scolaire : « On assiste à la résurgence du travail des enfants, c'est une régression historique »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Combien d’élèves, parmi celles et ceux qui s’apprêtent à rentrer à l’école, risquent d’avoir un accident cette année ? Trop, sans doute. Davantage présent·es en milieu de travail, en particulier les élèves en lycées professionnels (560 000) et en apprentissage (un million), les jeunes sont de moins en moins protégé·es, et confronté·es très tôt aux blessures graves, aux humiliations, aux violences et autres risques intolérables.</p><p>Le 17 avril 2026, un adolescent de 15 ans est mort au travail. Élève de seconde en lycée professionnel, il <a href="https://www.franceinfo.fr/faits-divers/un-adolescent-de-15-ans-en-stage-dans-une-entreprise-meurt-percute-par-un-engin-de-chantier-dans-le-gard_7945580.html" class="spip_out" rel="external">était en stage</a> dans une entreprise de BTP et a été écrasé par un chariot élévateur, dans le Gard.</p><p>Une enquête est en cours pour déterminer les circonstances exactes de cet accident, qui n’est, hélas, pas un cas isolé. En avril, mai et juin 2025 trois mineurs sont morts au travail en France – l’un percuté par un engin de chantier, l’autre écrasé sous une poutre métallique, le roisième heurté par la chute d’une palette. Puis, début juillet 2025, un quatrième est mort noyé <a href="https://www.ouest-france.fr/societe/faits-divers/comment-theo-apprenti-de-16-ans-est-decede-dun-accident-du-travail-dans-une-exploitation-agricole-d8f55a28-db90-11f0-8d76-cbe9a6da9c82" class="spip_out" rel="external">dans le plan d’eau</a> de la ferme où il était apprenti, dans le Maine-et-Loire.</p><h2 class="spip" id="Envoyer-les-jeunes-en-entreprise-coute-que-coute">Envoyer les jeunes en entreprise, coûte que coûte</h2><p>Une vive émotion saisit les médias et la classe politique à chacune de ces morts. Mais aucune mesure sérieuse n’est pourtant prise. À l’été 2025, les ministres du Travail et de la Justice ont bien <a href="https://travail-emploi.gouv.fr/lutte-contre-les-accidents-du-travail-graves-et-mortels-atgm-signature-dune-instruction-conjointe-relative-la-politique-penale-du-travail-en-matiere-de-repression-des-manquements-aux-obligations-de-sante-et-de-securite" class="spip_out" rel="external">envoyé des instructions</a> aux procureurs pour la lutte contre les accidents du travail. Mais rien n’y était spécifié sur la situation particulière des adolescent·es en stage ou en apprentissage.</p><p>Cette année, à la suite de l’accident du 17 avril, les ministres du Travail et de l’Éducation nationale ont annoncé le lancement d’une mission flash pour <em>« renforcer les conditions de sécurité »</em> des stages en entreprise des élèves de troisième et de seconde. Cela fait pourtant des années que le monde de l’éducation alerte sur les risques croissants d’accidents graves et mortels.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, se contente de formules creuses et ineptes. Il ne suffit pas d’écrire que la "sécurité des jeunes constitue une priorité absolue", il faut donner les moyens nécessaires pour assurer pleinement cette sécurité »</em>, <a href="https://www.solidaires.org/accidents-de-travail-des-jeunes-pour-le-gouvernement-cest-circulez-il-ny-a-rien-a-voir/" class="spip_out" rel="external">dénonçaient des syndicats</a> membres de l’union Solidaires en juin, précisant qu’Édouard Geffray refuse de les auditionner dans le cadre de sa mission flash.</p><p><em>« Mercredi 13 mai, <a href="https://www.lemonde.fr/emploi/article/2026/05/13/vaucluse-mort-d-un-apprenti-de-18-ans-dans-une-pepiniere-d-orange_6688696_1698637.html?srsltid=AfmBOopfUHvKf6A6vxodPGh0ebuGbEn0yBDeZG8ZyZOGat6li1Pvzesc" class="spip_out" rel="external">un apprenti de 18 ans est décédé</a></em>, rappelle aussi la Fédération CGT de l’éducation. <em>Alors que la liste des jeunes mort·es en formation s’allonge, le gouvernement, au lieu de prendre les mesures urgentes pour les protéger, s’entête à les envoyer toujours plus en entreprise. »</em> En mai, le gouvernement présentait son <a href="https://www.education.gouv.fr/emploi-futur-plan-d-acceleration-pour-l-emploi-des-jeunes-504758" class="spip_out" rel="external">« plan d’accélération pour l’emploi des jeunes »</a>, <em>« dont la boussole est de répondre aux besoins immédiats en main-d’œuvre en envoyant toujours plus les jeunes en entreprise »</em>, accuse la CGT.</p><h2 class="spip" id="Les-barrieres-de-protection-peu-a-peu-supprimees">Les barrières de protection peu à peu supprimées</h2><p>« L’entreprise », désormais présentée comme un lieu central de la formation des adolescent·es est un endroit de plus en plus dangereux, car les barrières de protection sautent les unes après les autres. En mai 2015, un décret a supprimé l’autorisation préalable de l’inspection du travail pour faire réaliser des travaux en hauteur ou dangereux aux enfants. Cette obligation permettait aux inspecteurs du travail de visiter les entreprises et aux enfants de ne pas se faire embaucher par les plus dangereuses d’entre elles, qui ne se risquaient pas à recevoir les visites préalables à une autorisation… Aujourd’hui, pour faire grimper un·e ado sur un échafaudage, le laisser respirer des vapeurs toxiques ou être au contact de fibre d’amiante, il suffit d’effectuer une déclaration auprès de l’inspection du travail, voire de ne rien faire du tout puisque l’absence de déclaration n’est pas sanctionnée.</p><p>En 2018, un autre dispositif de protection a été supprimé par la loi dite <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037367660" class="spip_out" rel="external">« pour la liberté de choisir son avenir professionnel »</a>. L’inspection de l’apprentissage, service spécialisé rattaché au ministère de l’Éducation nationale <em>« a disparu, transférant ses missions de contrôle des conditions de travail, de la protection des apprenti·es et de la légalité des contrats à l’inspection du travail. Or, cette dernière a perdu près de 16 % de ses effectifs entre 2015 et 2021, soit environ 740 inspecteurs et inspectrices »</em>, situe la sociologue Prisca Kergoat, qui enquête sur les jeunesses populaires, les lycées professionnels et l’apprentissage.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Stagiaires-apprentis-tres-jeunes-adultes-qui-meurent-au-travail-agriculture">Ces stagiaires, apprentis et très jeunes adultes qui meurent au travail</a></aside><p>Autre garde-fou à la peine : la médecine scolaire. <em>« Le ministre de l’Éducation nationale se félicite du "Plan Avenir" mis en place à la rentrée 2025 mais oublie d’indiquer qu’il s’accompagne d’un "Plan santé scolaire" qui limite les visites médicales à une par cycle, quand le Code du travail impose le renouvellement annuel des visites médicales d’aptitude pour les jeunes affectés à des travaux dangereux »</em>, rappellent plusieurs organisations de l’Union syndicale Solidaires.</p><h2 class="spip" id="Des-apprentis-de-plus-en-plus-jeunes">Des apprentis de plus en plus jeunes</h2><p>Un autre élément est à prendre en considération : les jeunes en situation de travail sont plus jeunes, plus nombreux et sur des périodes de plus en plus longues. <em>« En 2006, on comptait 12 203 apprenti·es de moins de 15 ans, contre 37 633 en 2024, soit une hausse de +208 %. De plus, leur temps de présence en entreprise a augmenté</em>, pointe Prisca Kergoat. <em>Les apprenti·es passent entre 23 et 33 semaines par an en entreprise, soit près des deux tiers de leur temps de formation, contre un tiers en centre de formation d’apprentis. »</em></p><p>Quant aux élèves de lycées professionnels, ils effectuent des stages dont la durée ne cesse d’augmenter : de 16 et 18 semaines avant les années 2000, on est passé à 22 semaines de stage annuelles aujourd’hui. Et un stage d’observation obligatoire de quinze jours a été <a href="https://www.education.gouv.fr/reussir-au-lycee/un-stage-en-juin-pour-les-eleves-de-seconde-generale-et-technologique-461817" class="spip_out" rel="external">instauré en 2026</a> pour les élèves de seconde générale et technologique, en plus du stage de troisième. Sans oublier les collégiens et collégiennes de section d’enseignement général et professionnel adapté, Segpa, dont certain·es effectuent des stages dès la quatrième, alors âgé·es d’à peine 14 ans.</p><h2 class="spip" id="Journees-de-12-heures-et-travail-de-nuit">Journées de 12 heures et travail de nuit</h2><p><em>« Aux accidents mortels s’ajoute l’ensemble des risques auxquels les expose leur insertion précoce et non préparée sur les lieux de travail : pressions hiérarchiques, conditions de travail dangereuses, violences sexuelles et sexistes »</em>, mentionne l’union syndicale Solidaires. <em>« 25 % des CAP et 20 % des bac pro travaillent la nuit, en soirée ou le dimanche</em>, précise Prisca Kergoat. <em>Ce sont les plus jeunes, et les moins bien rémunéré·es qui rencontrent les conditions de travail les plus difficiles : non-paiement des salaires, horaires excessifs, travail de nuit, non-respect des 12 heures de repos consécutives obligatoires, exposition aux produits toxiques. »</em></p><p><a href="https://dares.travail-emploi.gouv.fr/enquete-source/la-surveillance-medicale-des-expositions-des-salaries-aux-risques-professionnels-2016-2017" class="spip_out" rel="external">16 % des travailleurs et travailleuses</a> de moins de 25 ans sont exposé·es, <em>a minima</em>, à un produit chimique cancérigène. Chez les apprenti·es et les stagiaires, cette proportion grimpe à 26,5 %, alors même que plus l’exposition est précoce, plus la probabilité de développer un cancer professionnel est élevée.</p><p>Pour Prisca Kergoat, <em>« on assiste actuellement à la résurgence du travail des enfants, un phénomène en expansion qui touche une population vulnérable contrainte de travailler de plus en plus tôt. C’est une véritable régression historique. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/rentree-septembre-resurgence-du-travail-des-enfants-regression-historique</link>
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      <pubDate>Mon, 31 Aug 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[À Pomas, la solidarité paysanne en action après le passage de la tornade]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Sur la place du village de Pomas, un énorme 4x4 rouge de la sécurité civile trône au milieu d’un décor apocalyptique. Autour de l’engin, plusieurs remorques de fête foraine sont couchées sur le côté. L’une d’entre elles, fortement accidentée, laisse échapper quelques guirlandes lumineuses. À l’intérieur, sûrement un chamboule-tout, un tir à la carabine ou un stand de pêche à la ligne. Pomas se préparait à la fête ce week-end, avec des jeux, des concours de pétanque et des soirées dansantes.</p><div class="spip_document_23256 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="130" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3646944213 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787902780 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787894994 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787906742 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg" width="960" height="640" alt="des remorques de fêtes foraine retournées par la force de la tornade" aria-describedby="by23256-178baefda3b71aca64b9f3ddfe54cab6" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/03-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23256-178baefda3b71aca64b9f3ddfe54cab6">Ce qu’il reste des remorques de fête foraine après le passage de la tornade à Pomas, le 24 août 2026.
© Antoine Berlioz / Basta!
</figcaption></figure></div><p>L’ambiance est tout autre depuis l’après-midi du lundi 24 août, lorsqu’une violente tornade s’est déclenchée près de cette petite commune de l’Aude, avant de fondre rapidement sur les habitations. Une cinquantaine de personnes ont été blessées et 330 maisons ont été touchées, dont certaines totalement détruites, sur les 496 que compte le village.</p><p>Les bâches bleues et vertes habillent désormais les toitures des maisons éventrées, que les sapeurs-pompiers et les bénévoles de la sécurité civile tentent de sécuriser. Le bruit des tuiles endommagées, qui sont évacuées des toits et s’écrasent lourdement sur le sol, résonne dans le village. Dans cette bourgade de 1 000 habitants, les véhicules ont été soufflés par la violence des vents, et un sigle « attention » a été tagué grossièrement à la bombe orange sur la porte de la bibliothèque municipale, probablement pour alerter sur le risque d’effondrement du bâtiment.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-est-encore-sous-le-choc">« On est encore sous le choc »</h2><p>Certains habitants déblaient des gravats, arborant un t-shirt du comité des fêtes de Pomas. D’autres portent des packs d’eau ou observent, incrédules, le ballet des engins de secours, des camions-bennes et des grues.</p><p>Derrière la poste, la cave du Domaine du Plateau du Cascal est dépourvue de son toit, arraché par la tornade. L’imposant bâtiment en pierre est encore debout, mais les dégâts sont importants. <em>« Toutes les vendanges, que l’on venait de finir vendredi dernier, sont détruites. On les avait stockées dans des cuves, mais le plafond s’est écroulé sur celles-ci »</em>, souffle Sofi Bataillard, qui dirige le domaine avec Julien Veyret.</p><div class="spip_document_23253 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="112" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c856001651 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787902780 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787895003 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787906762 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg" width="960" height="640" alt="un bâtiment abritant une cave agricole complètement détruit, sans toit et avec une partie des murs effondrée" aria-describedby="by23253-cb409c3c8954ceb9730cfe7274e3a7c5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/05-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23253-cb409c3c8954ceb9730cfe7274e3a7c5">La cave de Sofi et Julien est détruite et de nombreux outils agricoles sont perdus.
© Antoine Berlioz / Basta!
</figcaption></figure></div><p>La paysanne n’est pas dans le village, mais à quelques centaines de mètres de là, dans son verger de pommiers d’environ 50 ares. <em>« On est encore sous le choc</em>, poursuit-elle. <em>On est désorientés, c’est comme si on ne savait pas où on habite »</em>, raconte la paysanne, qui s’affaire déjà entre les rangées de Granny, Golden, Fuji et Gala.</p><p><em>« On avait récolté environ quatre tonnes de pommes lundi, juste avant la tornade. On les avait stockées à la cave, donc elles ont eu énormément de gravats dessus, mais on est arrivés à les sauver »</em>, dit Sofi, une pomme à la main, qui est également porte-parole départementale de la Confédération paysanne.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Enormement-de-gens-se-sont-manifestes-pour-aider">« Énormément de gens se sont manifestés pour aider »</h2><p>Autour d’elle, une vingtaine de bénévoles sont venus prêter main-forte, ce jeudi 27 août, à l’appel de l’association Corbières solidaires Grands feux, pour aider à la récolte des pommes, notamment celles à terre afin d’éviter qu’elles ne pourrissent, et les presser dans la foulée. Dans des seaux portés à la main ou des sacs harnachés dans le dos, la petite équipe évolue rapidement entre les allées de pommiers.</p><div class="spip_document_23254 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="262" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c270835663 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787902780 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787895021 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787906764 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg" width="960" height="640" alt="plusieurs personnes ramassent des pommes dans un verger" aria-describedby="by23254-f24f2c67a5e4a0015eff211f0a073c7b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/08-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23254-f24f2c67a5e4a0015eff211f0a073c7b">Une vingtaine de bénévoles sont venus en solidarité avec Sofi et Julien, sinistrés de la tornade. La parcelle d’un demi-hectare regroupe plusieurs variétés de pommes et plus de 300 arbres. Les pommes ramassées seront pressées en jus.
© Antoine Berlioz / Basta!
</figcaption></figure></div><p><em>« Dès qu’on a créé le groupe WhatsApp, on a eu énormément de gens qui se sont manifestés pour aider</em>, assure Laurelle, l’une des fondatrices de l’association. <em>Pour nous, c’était facile de mobiliser dans la Haute-Vallée de l’Aude. C’est un territoire qui possède un maillage historique très ancien, où les gens ont l’habitude du bénévolat et où il y a beaucoup d’entraide paysanne. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/incendies-Aude-Corbieres-solidarite-paysanne-au-dela-clivages-partisans">Après les incendies de l’Aude, une solidarité paysanne au delà des clivages partisans</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/ad362462dbc24b7b709dd7f72dcb0b-bebcf.jpg?1787649773" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="deux chèvres regardent des bénévoles dans un paysage dévasté par un incendie" /></aside><p>À l’été 2025, alors que le mégafeu des Corbières venait de dévorer 17 000 hectares, des bénévoles s’étaient regroupés au sein du <a href="https://basta.media/incendies-Aude-Corbieres-solidarite-paysanne-au-dela-clivages-partisans" class="spip_in">tiers-lieu paysan Beauregard pour venir en aide</a>, dans l’urgence, aux personnes sinistrées. Livraison de foin, d’eau et de nourriture, mise en place d’un soutien psychologique, mais aussi organisation de chantiers de reconstruction. Quelques mois plus tard, <a href="https://basta.media/sinistres-flammes-ils-sement-pour-refleurir-Corbieres-changement-modele-agricole-Aude-incendies" class="spip_in">l’association Corbières solidaires Grands feux</a> était née.</p><p><em>« Cela me fait halluciner d’être dans ce verger puisqu’il y a un an, on distribuait les compotes de Sofi aux bénévoles durant les chantiers solidaires après les incendies. Elle nous avait proposé de cueillir des pommes dans son verger, qu’on a transformées nous-mêmes »</em>, dit Laurelle, un sac rempli de pommes dans le dos. À quelques pas, Sofi réagit : <em>« Et aujourd’hui, c’est moi que l’on vient aider. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Garder-des-gens-mobilises-dans-la-duree">« Garder des gens mobilisés dans la durée »</h2><p>Si le verger et les vignes de Sofi et Julien ont été miraculeusement épargnés par la tornade, leur caveau et leur maison, situés dans le village, n’ont pas eu cette chance. <em>« J’ai vu la tornade se former, à quelques centaines de mètres du village, dans un vignoble</em>, raconte Julien Veyret, devant un pommier. <em>J’ai juste eu le temps de fermer toutes les fenêtres et elle était déjà là. Cela a duré seulement quelques secondes, mais c’était tellement puissant. J’avais l’impression que c’était un aspirateur. J’ai tenu la porte d’entrée pour ne pas qu’elle s’ouvre, mais la véranda a été soufflée. Pour la toiture, c’est pareil, il va falloir tout refaire »</em>, dit-il.</p><div class="spip_document_23255 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="194" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4122679652 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787902780 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787895026 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787906766 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg" width="960" height="640" alt="une maison dont le toit est complètement détruit après le passage de la tornade à Pomas, des arbres jonchent le sol tout autour" aria-describedby="by23255-4f32a705db3a43711e500b11f6390c50" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/02-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23255-4f32a705db3a43711e500b11f6390c50">Les dégâts sur la commune sont conséquents. Plus de 300 maisons sont impactées par la tornade sur les 496 que compte le village. Certaines sont totalement détruites.
© Antoine Berlioz / Basta!
</figcaption></figure></div><p>Si ce chantier de ramassage des pommes a été monté dans l’urgence, ce n’est pas la finalité de l’association Corbières solidaires Grands feux, selon Laurelle. <em>« L’enjeu de nos actions, c’est surtout de pouvoir durer dans le temps »</em>, indique-t-elle. <em>« Quand la catastrophe vient d’arriver, comme c’est le cas ici à Pomas, c’est facile de motiver du monde sous le coup de l’émotion, mais c’est plus compliqué de garder des gens mobilisés dans la durée. C’est pourtant nécessaire puisque, pour l’incendie des Corbières de l’an dernier, il y a toujours des gens qui m’appellent, un an après, pour demander de l’aide. »</em></p><p>Un peu plus loin, Cécile, de l’association Solidarité Paysans, fait glisser sa récolte de pommes dans un grand palox en bois. <em>« Le but de notre association, c’est justement de venir en aide aux paysans tout au long de l’année</em>, raconte l’agricultrice retraitée. <em>Après un tel événement, il y a généralement un long moment de sidération, et c’est dur de faire sortir ce qu’on ressent vraiment. C’est dans les mois ou les années qui viennent que les gens ont le plus besoin d’aide, généralement »</em>, insiste-t-elle.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Former-plus-de-volontaires-pour-pouvoir-repondre-efficacement-a-ces-nbsp">« Former plus de volontaires pour pouvoir répondre efficacement à ces crises »</h2><p>Dans ce panel d’associations d’entraide, le syndicat de la Confédération paysanne a également joué un rôle, notamment en obtenant les autorisations préfectorales pour organiser ce chantier, alors que les routes d’accès à Pomas sont toujours barrées pour faciliter le travail des secours. Des associations qui se rassemblent, pour beaucoup d’entre elles, autour de la Maison paysanne de Limoux, à quelques kilomètres de là. Un lieu partagé qui permet de coordonner des actions avec pour objectif de défendre, développer et maintenir une agriculture paysanne.</p><div class="spip_document_23252 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="213" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2157323959 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787902780 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787895036 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg@.webp?1787906772 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg" width="960" height="640" alt="Panneau de la commune de Pomas à l'entrée du village entouré de grands arbres couchés au sol par la force de la tornade" aria-describedby="by23252-d25068b35b5aa5e9be9bfdc9a98152b9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/01-aberlioz-2026-08-27.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23252-d25068b35b5aa5e9be9bfdc9a98152b9">Trois jours après le passage de la tornade, le lundi 24 août 2026 à Pomas, les dégâts sur la communes sont immenses, avec au moins plus de 300 maisons impactées et près de 50 victimes.
© Antoine Berlioz / Basta!
</figcaption></figure></div><p>Mathieu, formateur et enseignant en travaux forestiers, est lui aussi présent pour donner un coup de main à Sofi et Julien. <em>« On est dans une région où l’on cumule les incendies, les inondations, et maintenant les tornades</em>, déplore-t-il. <em>Je pense qu’on aurait intérêt à former plus de volontaires pour pouvoir répondre efficacement à ces crises. Il pourrait y avoir des volontaires qui se forment à la conduite d’engins, à l’utilisation de certaines machines, et qui pourraient ainsi épauler les secours pour déblayer ou sécuriser des zones, ou conseiller les pompiers en cas d’incendie. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/sinistres-flammes-ils-sement-pour-refleurir-Corbieres-changement-modele-agricole-Aude-incendies">Sinistrés par les flammes, ils sèment pour refleurir les Corbières et changer de modèle agricole</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/019c4b2eb1e48609e9024f25241fba-f1681.jpg?1784091011" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une femme sème à la volée au milieu des friches viticoles calcinées" /></aside><p>En début d’après-midi, la température est déjà trop élevée dans les vergers près de Pomas pour continuer ce travail physique. Les volontaires repartent, mais promettent de revenir dès le lendemain pour finir la récolte, qui sera ensuite envoyée au pressage. Un jus de pomme qui aura forcément une saveur particulière, quelques jours seulement après le passage de la tornade.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Pomas-solidarite-paysanne-en-action-apres-passage-tornade-reportage</link>
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      <pubDate>Fri, 28 Aug 2026 11:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Interdire l'IA » : des développeurs de logiciels libres rejettent l'intelligence artificielle]]></title>
      <description><![CDATA[<p>En plein cœur de l’été, des agents d’intelligence artificielle (IA) d’Open AI, l’entreprise qui a créé ChatGPT, ont piraté à leur initiative un autre acteur majeur de l’IA, Hugging Face. Une autre entreprise centrale du secteur, Anthropic, a ensuite révélé que son IA Claude avait elle aussi <a href="https://www.01net.com/actualites/anthropic-revele-claude-pirate-3-entreprises-ia-hors-controle.html" class="spip_out" rel="external">hacké des entreprises</a> de son propre chef.</p><p>Ces IA semblent hors de contrôle et interrogent de plus en plus les professionnels de l’informatique. Une autre nouvelle a mis en branle le secteur cet été, sans faire la une des journaux : des développeurs de Debian, acteur majeur du logiciel libre, ont lancé une initiative pour interdire l’usage de l’IA dans leurs productions.</p><h2 class="spip" id="Une-communaute-mondiale-de-developpeurs-benevoles">Une communauté mondiale de développeurs bénévoles</h2><p>Un logiciel libre est un logiciel dont la licence garantit à toute personne la liberté de l’utiliser comme bon lui semble, de l’étudier, de le modifier et de le redistribuer, notamment grâce à l’accès à son code source. Par extension, « le logiciel libre » désigne l’écosystème qui développe des logiciels libres. Debian, c’est un projet fondé en 1993 et maintenu par une communauté internationale <a href="https://contributors.debian.org/" class="spip_out" rel="external">de centaines de développeurs bénévoles</a>, qui produit une distribution libre GNU/Linux, c’est-à-dire un système d’exploitation associant le noyau Linux à un ensemble complet de programmes.</p><p><em>« Debian est une des plus anciennes distributions GNU/Linux et l’une de celles qui a pavé la route à de nombreux écosystèmes, dont certaines des distributions les plus connues et les plus utilisées</em>, explique Pierre-Elliott Bécue, développeur Debian français, qui s’exprime ici à titre personnel. <em>Debian n’est pas poussé par une entreprise, et sa plus grande qualité est aussi sa stabilité. En moyenne, une nouvelle version majeure de Debian apporte peu de changements structurels et ils sont souvent bien gérés, si bien que ces mises à jour induisent très peu de perturbations pour les ingénieurs qui s’en occupent. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Avec-une-seule-IA-on-va-se-retrouver-a-penser-et-parler-comme-ChatGPT">« Si une seule IA est utilisée, on va se retrouver à tous penser et parler comme ChatGPT »</a></aside><p>Mais chez Debian comme ailleurs dans le monde des développeurs, l’IA bouscule les pratiques. Le 24 juillet, cette communauté internationale du logiciel libre a ouvert une discussion sur les participations au code de Debian quand elles sont soutenues par les « LLM », les « large language models », des systèmes d’IA. L’enjeu est de taille. Car Debian est un projet auto-organisé. Le résultat du vote va déterminer dans quelles conditions de futures contributions aidées par l’IA pourront être acceptées ou refusées.</p><p><em>« On est actuellement dans une situation bizarre, où les gens font un peu ce qu’ils veulent, et personne ne sait vraiment qui fait quoi, à part pour ceux qui le disent explicitement</em>, témoigne Pierre-Elliott Bécue. <em>Or, la communauté est loin d’avoir une approche consensuelle sur le sujet. Clarifier la situation, les enjeux, et surtout notre posture, me semble vital. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>L’une des résolutions mises au vote pendant l’été au sein de la communauté entend carrément <em>« interdire explicitement toute contribution à Debian écrite en utilisant ou en se faisant aider de grands modèles de langage (LLM) ou d’autres outils d’IA générative »</em>. La critique porte sur plusieurs points.</p><p>D’abord, la question du droit d’auteur. <em>« Le résultat d’un LLM est d’un statut juridique très flou : ce résultat peut être le fruit de données d’entraînement concernées par des licences ou des droits d’auteur, ou pas »</em>, rappelle le texte. Les litiges se multiplient depuis plusieurs années au sujet du non-respect des droits des auteurs des données sur lesquelles des IA ont été entraînées. Or, la politique de Debian et les <a href="https://www.debian.org/social_contract#guidelines" class="spip_out" rel="external">principes du logiciel libre selon Debian</a> stipulent que les logiciels et les autres contributions dont l’état du droit d’auteur ou de la licence est flou <em>« ne sont pas autorisés dans Debian »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Mepris-de-la-ressource-publique-qu-est-Internet">« Mépris de la ressource publique qu’est Internet »</h2><p>Ensuite, il y a la qualité. Sur ce point, les IA ne sont pas assez fiables, argumentent les développeurs : <em>« Un LLM ne peut jamais “savoir” si son résultat est correct, puisqu’il produit seulement des combinaisons syntaxiquement probables de ses données d’entraînement. Dans certains environnements, il est suffisamment assez bon. Dans Debian il ne l’est pas. »</em></p><p>Enfin, il y a les principes politiques qui portent le projet de logiciel libre Debian. Les contributions au code basées sur de l’IA casseraient le principe communautaire de Debian, fondé sur la transmission de savoir entre développeurs. Et puis, l’IA n’est pas « éthique ». <em>« Les sociétés de LLM frappent directement la communauté du logiciel libre tout entière, en pompant sur tout le Web leurs données d’entraînement sans la moindre considération de licence, de droit d’auteur, et sans la moindre convention établie. Cela a eu un impact très négatif sur les ressources web publiques de Debian »</em>, rappelle la résolution anti-IA. <em>« En outre, l’entraînement d’un LLM consomme une quantité de ressources effrayante et les systèmes de vérification de l’utilisateur que nous avons été obligés de déployer pour nous protéger gaspillent des ressources également. C’est un mépris flagrant de la ressource publique qu’est Internet »</em>, ajoute le texte.</p><p>François Merciol, enseignant-chercheur en informatique et militant du logiciel libre, notamment au sein de l’association bretonne Kaz, qui propose des services web gratuits <a href="https://basta.media/Graphisme-messagerie-cloud-acteurs-logiciel-libre-offrent-alternatives-aux-Gafam" class="spip_in">alternatifs aux Gafam</a>, abonde. Pour lui l’IA fait courir de <em>« multiples risques »</em> au monde du logiciel libre : <em>« Une perte de compétences pour des contributeurs, une fin du bénévolat, une mainmise de multinationales du numérique, une dépendance à ces entreprises, une perte de démocratie, une perte de contre-pouvoir, une fin possible du libre, une consommation excessive d’énergie, une hégémonie culturelle. »</em></p><h2 class="spip" id="Encadrer-plutot-qu-interdire">Encadrer plutôt qu’interdire</h2><p>Mais la résolution qui veut interdire l’IA n’est pas la seule discutée par la communauté de développeurs de logiciels libres depuis fin juillet. Sept autres ont été soumises au vote jusqu’à ce vendredi 28 août. <em>« Quasiment toutes les propositions considèrent l’IA comme un problème. Les divergences semblent davantage porter sur les limites de son usage et du contrôle humain »</em>, analyse François Merciol. Les autres résolutions demandent plutôt d’éviter l’IA sans l’interdire, en en soumettant l’usage à diverses conditions.</p><p>L’une des résolutions appelle, par exemple, à accepter les contributions par IA car <em>« ces pratiques sont déjà courantes et sont amenées à se pérenniser »</em>. Pour une partie des développeurs, il faudrait autoriser les contributions au code réalisées à partir d’IA sous conditions : vérification des licences des éléments utilisés ; responsabilité des contributeurs pour ces codes produits avec des LLM ; transparence sur l’utilisation de l’IA ; et pas d’utilisation d’outils d’IA qui transmettent des données à des fournisseurs non fiables s’il s’agit d’informations non publiques ou sensibles, comme des communications privées.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Un-fournisseur-d-acces-a-internet-citoyen-veut-reprendre-SFR-a-la-place-Bouygues-Free-Orange">« Se soucier des usagers » : un fournisseur d’accès à Internet citoyen veut reprendre SFR à la place de Bouygues, Free et Orange</a></aside><p><em>« Rejeter les IA génératives autant que possible »</em>, appelle une autre des propositions, mais sans les interdire car <em>« une interdiction totale du résultat d’un LLM dans Debian n’est pas applicable actuellement »</em>. Cette même résolution prend pourtant acte du fait que les LLM <em>« dégradent l’environnement »</em>, <em>« exploitent les auteurs »</em>, <em>« génèrent et propagent des idioties »</em>, <em>« présentent des risques pour la santé mentale des utilisateurs »</em>, <em>« créent des bulles économiques et une distorsion du marché du matériel informatique »</em>, et <em>« appartiennent à des gens et des sociétés horribles »</em>. Et aussi que <em>« l’utilisation éthique et sûre de cette technologie est presque impossible »</em>. Malgré tout, elle semble incontournable.</p><h2 class="spip" id="Une-solution-lt-lt-moins-pire">Une solution « moins pire »</h2><p><em>« Dans le monde du développement, une frange colossale des développeurs, y compris parmi les seniors et en entreprise, valide sans vérifier ce que proposent les modèles d’IA</em>, estime le développeur Debian Pierre-Elliott Bécue. <em>La baisse de qualité est un risque endémique, et la saturation des bénévoles face à une montagne de contributions plus ou moins qualitatives en est un deuxième. »</em></p><p>Malgré ces réserves, il défend, lui aussi, par <em>« pragmatisme »</em>, un encadrement plutôt qu’une interdiction. <em>« Je pense que ce sont de bons outils de productivité qui peuvent aider le projet Debian et qui ont une vraie valeur ajoutée, même si celle-ci est lourdement exagérée par les accélérationnistes de l’IA et les entreprises commercialisant des accès à des LLM. Mais, dans le même temps, ce sont des outils qui ont un impact politique et social majeur, dont on n’a pas fini de mesurer les effets et qui, à mon sens, peuvent se révéler néfastes</em>, résume le développeur. <em>La situation n’est sous le contrôle de personne : les LLM sont déjà utilisés et le seront même si on les interdit. Autant essayer de les intégrer d’une façon encadrée. Mais c’est une solution “moins pire”. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/interdire-IA-LLM-des-developpeurs-de-logiciels-libres-rejettent-intelligence-artificielle-Debian</link>
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      <pubDate>Fri, 28 Aug 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Sécheresse : « Des risques de rupture d'eau potable à l'échelle d'un département, je n'avais jamais vu ça »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Malgré les précipitations localisées ces derniers jours et des inondations, <a href="https://vigieau.gouv.fr/carte/" class="spip_out" rel="external">tous les départements restent concernés par des restrictions sur l’eau potable</a>, en métropole comme dans les Outre-Mer.</p><div class="spip_document_23250 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="160" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/florence_habets-credit_gael_kazaz.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4293240104 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp?1787748538 1440w, local/adapt-img/853/20x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp?1787748507 1706w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 1440w, local/adapt-img/853/20x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 1706w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/853/15x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 1080w, local/adapt-img/853/15x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/853/10x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg@.webp 853w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/853/10x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg" width="853" height="853" alt="portrait de l'hydroclimatologue Florence Habets" aria-describedby="by23250-23807433d571927c647b49441976be68" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 720w, local/adapt-img/853/10x/local/cache-gd2/c0/43bf95216a10a6ddc31ebebc33ad6d.jpg 853w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23250-23807433d571927c647b49441976be68">Hydroclimatologue, Florence Habets est directrice de recherche au CNRS et Présidente du conseil scientifique du comité de bassin Seine Normandie.
© Gaël Kazaz
</figcaption></figure></div><p>Au 26 août, soixante-quatre départements sont considérés comme « en crise », le niveau d’alerte le plus haut, avec des interdictions d’usage de l’eau potable pour certaines activités (remplissage de piscine, arrosage, lavage de véhicule, irrigation...), et vingt-trois départements sont en « alerte renforcée », avec des restrictions. Ces alertes ne sont pas près d’être levées : <em>« On considère que la sécheresse va s’arrêter quand les débits d’eau vont reprendre »</em>, mais <em>« les sols sont tellement secs qu’il va falloir beaucoup de pluie pour arriver à les remplir »</em>, prévient l’hydroclimatologue Florence Habets.</p><p>Inquiète, cette directrice de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) plaide pour des démarches collectives autour de la gestion et du partage de l’eau, avec la sobriété comme maître mot. Or, c’est tout le contraire qui a été décidé par le gouvernement avec l’adoption de la loi d’urgence agricole cet été et le moratoire national sur toutes les décisions locales concernant la politique de l’eau appliqué depuis janvier dernier. Explications.</p><h3 class="spip" id="Basta-Peut-on-considerer-que-la-secheresse-de-2026-est-pire-que-celles-de-nbsp"><em>Basta!</em> : Peut-on considérer que la sécheresse de 2026 est pire que celles de 1976 et 2022 ?</h3><p>C’est la sécheresse la plus intense depuis le début des relevés météorologiques en France. L’eau du sol est un indicateur marquant : selon Météo France, l’eau du sol n’a jamais été aussi faible à l’échelle nationale, depuis le commencement des analyses en 1958. Cette analyse est corroborée par des observations qui confirment des humidités du sol qui sont les plus basses jamais vues.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Aujourd'hui, on a une sécheresse climatique et une sécheresse anthropique qui aggrave la situation »</p>
</aside><p>La sécheresse n’est pas que climatique, elle a une composante humaine forte. On l’appelle « la sécheresse anthropique », liée à nos prélèvements d’eau et à nos aménagements. Aujourd’hui, clairement, on a les deux sécheresses : une sécheresse climatique et une sécheresse anthropique qui aggrave la situation.</p><p>On a notamment des assecs (pas d’eau visible) en rivière sur les têtes de bassins. On soupçonne que beaucoup de ces assecs sont aggravés par des prélèvements en nappe [pompage de l’eau souterraine via un forage par exemple pour répondre à divers besoins comme l’irrigation] ou des aménagements [comme les plans d’eau qui favorisent les pertes par évaporation]. Or, ces petites rivières qui sont moins polluées et plus fraiches sont riches en biodiversité aquatique.</p><h3 class="spip" id="Le-dernier-releve-de-l-Office-francais-de-la-biodiversite-au-1er-aout-est-nbsp">Le dernier relevé de l’Office français de la biodiversité au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> août est très inquiétant, avec <a href="https://ofb.gouv.fr/actualites/situation-des-ecoulements-des-petits-cours-eau" class="spip_out" rel="external">43 % des petits cours d’eau français en rupture d’écoulement</a>, voire d’assecs. Cela peut-il marquer un « point de non retour » pour une partie des milieux aquatiques ?</h3><p>C’est une bonne question. Il y a déjà eu des assecs en rivière. Mais là, c’est sur une étendue qui n’a jamais été observée jusqu’à présent en France. Il y a des biodiversités adaptées à des cours d’eau qui peuvent s’assécher. Mais cette biodiversité-là n’est pas forcément présente partout, en tout cas pas sur les cours d’eau habituellement en eau.</p><div class="spip_document_23247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="308" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c810715854 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp?1787748538 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp?1787730427 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png@.webp?1787740837 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png" width="960" height="1144" alt="Carte de France de l'écoulement des petits cours d'eau" aria-describedby="by23247-a991567e51f43dd6cc394cc997629174" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/carte_ecoulement_petits_cours_eau_credit_ofb.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23247-a991567e51f43dd6cc394cc997629174">Fin juillet, 1373 cours d’eau étaient touchés par des ruptures d’écoulement ou des assecs. La situation est plus de deux fois plus dégradée que celle observée l’année passée à la même période selon l’Office français de la biodiversité. Toutes les régions en métropole sont concernées.
© Olivier Debuf / OFB
</figcaption></figure></div><p>Ce que l’on sait aussi, c’est que les longueurs en assecs sont tellement importantes qu’il a été difficile de faire des pêches de sauvegarde : on ne pouvait pas déplacer les animaux vers les zones demeurant en eau puisqu’il n’y avait pas assez de ressources (en eau et nutriments). Il y a donc sans doute une mortalité aggravée.</p><p>On a beaucoup joué sur la corde de <em>« la nature est résiliente »</em>, <em>« elle va se remettre »</em>. Mais il y a un moment où elle ne va pas se remettre. Il est difficile de dire à quel moment ce sera le cas. Il y a forcément un point de non retour. Je le dis souvent : c’est vraiment notre richesse. Les poissons font moins rêver que des écureuils ou des renards. Mais nous sommes en milieu tempéré : nous disposons d’un réseau de rivières très dense avec plein de poissons dedans. Nous avons le devoir de les préserver.</p><h3 class="spip" id="Plusieurs-communes-sont-ravitaillees-en-eau-potable-par-des-camions-citernes-La">Plusieurs communes sont ravitaillées en eau potable par des camions-citernes. La Saône-et-Loire a même fait l’objet, fin juillet, d’un risque d’interruption d’eau potable à l’échelle du département. Comment qualifier la situation hydrologique actuelle ?</h3><div class="spip_document_23248 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="210" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3207432889 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp?1787748538 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp?1787730430 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg@.webp?1787740838 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg" width="960" height="554" alt="message d'alerte avec un robinet d'eau barré par un trait rouge" aria-describedby="by23248-a318095e700846dbab819d309a0f341a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/alerte_rupture_approvisionnement_eau_potable_saone_et_loire.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23248-a318095e700846dbab819d309a0f341a">Le 30 juillet 2026, la préfecture de Saône-et-Loire a alerté sur le <em>« risque d’interruption de la distribution d’eau potable en cours »</em>. La situation reste fragile en cette fin août.
Capture d’écran
</figcaption></figure></div><p>Avoir des risques de rupture d’eau potable à l’échelle d’un département <em>[pas seulement à l’échelle de quelques communes, ndlr]</em>, je n’avais jamais vu ça. C’est dingue... Malheureusement, il y en a plusieurs : l’Ille-et-Vilaine (en Bretagne) a fait de même. L’interconnexion pour l’eau potable est une forme d’adaptation qui a été largement poussée ces derniers temps. Mais quand tout le monde est en crise sur un département, que fait-on ? L’interconnexion n’est alors plus une solution, même dans des départements comme la Saône-et-Loire qui ne sont pas les plus peuplés.</p><p>Dans ce département, il y a aussi de l’élevage, plutôt extensif et compatible avec l’agroécologie. Comment fait-on pour que ces éleveurs arrivent à poursuivre leur activité dans des conditions où ils ne peuvent plus alimenter leurs animaux ? Ce sont des questions qu’on doit se poser.</p><h3 class="spip" id="Combien-de-temps-faut-il-compter-pour-que-les-rivieres-retrouvent-leur-nbsp">Combien de temps faut-il compter pour que les rivières retrouvent leur fonctionnement initial ? À partir de quel moment pourra-t-on considérer la fin de la sécheresse ?</h3><p>Déjà, les pluies sont bienvenues. Malheureusement, parfois, elles sont trop intenses et génèrent de nouveaux dégâts et de l’érosion du sol, ce qui a un impact durable et complètement défavorable à la ressource en eau. Malgré tout, on manque d’eau, et le fait d’en avoir, même avec des orages, va faire du bien au sol et à la végétation. Cela permettra à des animaux de trouver de l’eau à boire. Cela risque cependant d’être très ponctuel, puisque cette eau va plus ou moins s’infiltrer et être vite reprise par la végétation qui en manque et en a besoin.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les gens acceptent de faire des efforts s'ils considèrent que les mesures sont justes. Et pour que les mesures soient justes, elles doivent être définies collectivement »</p>
</aside><p>Ces précipitations orageuses ne vont donc pas arrêter la sécheresse. Pour cela, il faudrait des volumes de pluie qui soient relativement conséquents. On considère que la sécheresse va s’arrêter quand les débits vont reprendre. Cela implique que les sols soient déjà un peu humides, ce qui nécessitera déjà pas mal de pluie.</p><p>C’est donc inquiétant : les sols sont tellement secs qu’il va falloir beaucoup de pluie pour arriver à les humidifier. C’est seulement une fois qu’ils seront bien humides que les nappes phréatiques (en sous-sol) commenceront à se recharger. Là, on s’attend à avoir une recharge très tardive, à moins qu’il tombe vraiment des volumes de pluies incroyables, mais ce n’est pas vraiment ce qui est prévu pour l’instant.</p><p>Or, il y a déjà des régions en France où la recharge des nappes a été très faible cette année. Si l’on ajoute à cette sécheresse une recharge faible, car tardive, cela ne va pas améliorer les choses et on commencera l’année 2027 dans une configuration défavorable.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="Le-mois-de-septembre-va-donc-rester-difficile">Le mois de septembre va donc rester difficile ?</h3><p>Il est quasiment sûr que le mois de septembre ne va pas très bien se passer. Est-ce que la sécheresse se poursuivra ou y aura-t-il une rémission ? Ce qu’on observe ces dernières années, c’est que la sécheresse se poursuit au mois de septembre. Les barrages de certains grands lacs procèdent à des soutiens d’étiage (lâchage d’eau) parce que les débits demeurent faibles en septembre. Avant, c’était plus rare.</p><p>On risque donc de rester dans une situation difficile jusqu’en octobre. Mais, encore une fois, il s’agit de conditions météo qui peuvent fluctuer. Si l’on arrive à avoir deux ou trois semaines de pluie, ce sera parfait, tous les hydrologues en rêvent. Mais ce n’est pas certain. Pour l’instant, malgré les orages, on peut s’inquiéter.</p><p>Aujourd’hui, on fait une gestion de la sécheresse par la crise : une fois qu’on a dépassé un seuil, on demande de réduire ou d’arrêter des activités, en espérant que cela va passer, sans intégrer la durée du phénomène ni l’anticiper. Cela ne permet pas aux gens de s’adapter, de réduire les pertes économiques ou de protéger le vivant.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Aujourd'hui, on fait une gestion de la sécheresse par la crise. On n'anticipe pas assez »</p>
</aside><p>On devrait adopter une planification lors des sécheresses incluant dès le début une indemnisation, afin de préserver la quantité des ressources en eau. Des économies d’eau substantielles auraient pu par exemple être réalisées dès le mois de juin, en cessant d’irriguer certaines cultures en contrepartie d’indemnisations. On aurait pu cibler celles qui nécessitent de l’eau tout l’été alors qu’on ne pouvait pas l’assurer et dont on pouvait anticiper de fortes pertes de rendement. Il y a notamment des pertes fortes pour le maïs irrigué, <a href="https://landes.chambres-agriculture.fr/actualites-1/actualite/secheresse-2026-pertes-chiffrees-et-propositions-de-mesures-daccompagnement" class="spip_out" rel="external">jusqu’à 60 % dans les Landes pour le maïs semence</a>.</p><p>Les gens acceptent de faire des efforts s’ils considèrent que les mesures sont justes. Et pour que les mesures soient justes et acceptées, elles doivent être définies collectivement. Le problème de la concertation est que cela prend du temps. Cette concertation est déjà à l’œuvre en France et donne des résultats. En Beauce, par exemple (au sud de la région parisienne), il y a un accord sur la gestion de l’eau qui prévoit d’anticiper les mesures en fonction du niveau des nappes.</p><p>Aujourd’hui, on est complètement à l’opposé de ça avec une politique de l’offre qui consiste à mobiliser la ressource en eau par stockage, « REUT » (réutilisation des eaux usées traitées), transfert (via des canalisations)... Cela accroît la demande sans répondre forcément aux besoins. C’est une politique à l’œuvre depuis longtemps : on la poursuit sans être sûr que ces structures pourront bien fonctionner avec ce climat qui change, et malgré des coûts environnementaux, énergétiques et financiers importants.</p><h3 class="spip" id="Sur-la-gestion-et-le-partage-de-l-eau-vous-preconisez-une-demarche-nbsp">Sur la gestion et le partage de l’eau, vous préconisez une démarche collective au sein de laquelle la sobriété doit être fondamentale. Or, c’est la voie inverse qui a été empruntée cet été, avec <a href="https://basta.media/comprendre-enjeux-loi-urgence-agricole-megabassines-ICPE-recours-pesticides" class="spip_in">l’adoption de la loi d’urgence agricole</a>, qui prévoit de réduire les concertations locales pour la création d’ouvrages de stockage d’eau.</h3><p>En réalité, les attaques sur les agences de l’eau et leurs comités de bassin ont commencé avant l’adoption de cette loi. Certains politiciens reprochent aux agences de l’eau de n’être pas assez contrôlables. Or, les décisions sont portées par un comité de bassin où il y a les représentants de tous les usagers de l’eau : ils sont très nombreux, ils discutent, ils ne sont pas d’accord, cela prend du temps... Tout n’est peut-être pas efficace dans les agences de l’eau, mais, au moins, il y a une concertation.</p><p>Le moratoire sur les décisions locales liées à la politique de l’eau décidé en janvier par le Premier ministre Sébastien Lecornu a des impacts concrets au sein des agences de l’eau. Je le constate en tant que présidente du conseil scientifique du comité de bassin Seine-Normandie, au sein duquel nous avons écrit un <a href="https://hal.science/hal-05373551v1/file/avis_du_CS_sur_la_sobriete_en_eau.pdf" class="spip_out" rel="external">avis sur la sobriété en eau</a>. Le préfet coordinateur de ce bassin a, par exemple, modifié les commissions de travail. Notre groupe de travail sur le Sdage (document de planification pour gérer la ressource en eau à l’échelle du bassin) a été tout simplement annulé et remplacé par une commission qui n’intègre que des agriculteurs.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/il-est-temps-de-debattre-des-politiques-de-l-eau-secheresse-penurie-restriction-Anne-Le-Strat">« Il est temps de vraiment débattre des politiques de l’eau, la sécheresse a éveillé les consciences »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/0a20eaa945f6848e099387c4b71d52-35e6b.jpg?1787730852" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Dire qu’il n’y a que l’agriculture qui doit décider de l’avenir de ce bassin et qui a besoin d’eau, ça paraît vraiment incroyable. C’est très dommageable. Désormais, il n’y a même plus de réunion.</p><p>Honnêtement, ce qui se passe est très angoissant, quand on voit dans quel état est la végétation. Si on n’arrive pas à faire le bon diagnostic, c’est sûr qu’on ne prendra pas les bonnes décisions.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Secheresse-la-plus-intense-risque-rupture-eau-potable-etat-des-lieux-entretien-Florence-Habets</link>
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      <pubDate>Thu, 27 Aug 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[La France a supprimé plusieurs milliers de postes de pompiers professionnels]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Des feux incontrôlables en France, en Espagne, même en Belgique et en Allemagne… Dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, au moins 606 000 hectares de forêts <a href="https://joint-research-centre.ec.europa.eu/projects-and-activities/natural-and-man-made-hazards/forest-fires/current-wildfire-situation-europe_en" class="spip_out" rel="external">ont brûlé depuis le début de l’année</a>. En France, le chiffre <a href="https://forest-fire.emergency.copernicus.eu/apps/effis.statistics/estimates" class="spip_out" rel="external">s’élève à 100 000 hectares</a>, selon les estimations du système européen d’information sur les feux de forêt (Effis). C’est trois fois plus que l’année dernière.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/incendie-Die-les-habitants-en-renfort-des-pompiers-solidarite">« Le feu était à 500 mètres ! » : à Die, les habitants en renfort des pompiers contre l’incendie</a></aside><p>Quatre pompiers français <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/01/incendies-le-lourd-tribut-des-pompiers-victimes-des-flammes-et-de-cancers-a-long-terme_6737219_3224.html?srsltid=AfmBOooQgTjRSAazOKqFxmkA9Acd0u3cgHvtYTx10l2oXZGp0TEmh-9v" class="spip_out" rel="external">sont morts en juillet</a> en tentant de lutter contres les incendies dévastateurs. Trois pompiers grecs sont aussi décédés en Crète <a href="https://www.reuters.com/business/environment/france-spain-fight-contain-wildfires-temperatures-soar-again-2026-07-29/" class="spip_out" rel="external">il y a quelques semaines</a>. Les incendies qui ont ravagé l’Espagne en juillet ont <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/14/seven-britons-among-12-foreign-nationals-killed-in-spains-deadly-wildfires" class="spip_out" rel="external">tué treize visiteurs</a> dans le sud du Pays.</p><h2 class="spip" id="La-France-l-Allemagne-les-Pays-Bas-ont-perdu-des-milliers-de-pompiers">La France, l’Allemagne, les Pays-Bas ont perdu des milliers de pompiers</h2><p>L’an dernier déjà, près d’un million d’hectares <a href="https://basta.media/Un-million-d-hectares-brules-en-Europe-La-reponse-politique-aux-incendies-reste-tres-insuffisante" class="spip_in">avaient brûlé à travers l’Europe</a>. Pourtant, malgré l’augmentation du risque de feux extrêmes avec le réchauffement climatique, le nombre de pompiers professionnels diminue dans de nombreux pays européens. Selon <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-eurostat-news/w/ddn-20260810-1" class="spip_out" rel="external">les données d’Eurostat</a>, les pays de l’Union européenne comptaient 372 400 pompiers professionnels en 2025. C’est 18 200 pompiers <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20250826-1" class="spip_out" rel="external">de moins qu’en 2024</a>.</p><div class="spip_document_23246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="254" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3510825163 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787720857 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787720521 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787660299 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787720857 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787720822 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787720759 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787720857 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787720857 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787721460 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787723360 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787726819 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787724092 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787721811 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787723249 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787650713 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787720586" width="960" height="720" alt="" aria-describedby="by23246-81c2ff3d210ec5127567a590608b66cb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787726158 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787723547 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg?1787720586 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23246-81c2ff3d210ec5127567a590608b66cb">La forêt brûlée près du village de Cotignac (Var). L’incendie commencé le 21 juillet a été maîtrisé le 11 août, après avoir parcouru 6300 hectares. 11 000 pompiers ont été mobilisés, avec 3800 largages aériens sur ce feu extrême.
© Ivan du Roy / Basta!
</figcaption></figure></div><p>La France a ainsi perdu 4100 postes de pompiers professionnels en 2025 (47 700 pompiers) comparé à l’année précédente (51 800 pompiers), sachant que plus des trois quarts des pompiers de France sont des pompiers volontaires. Dans le même temps, les Pays-Bas ont perdu 2400 pompiers, l’Allemagne, également de plus en plus touchée par des incendies de forêt, compte 8000 pompiers en moins. <em>« Mais l’Allemagne compte plus d’un million de pompiers volontaires, contre environ 200 000 en France »</em>, rappelle Pablo Sánchez Centellas, qui suit le secteur des pompiers à la Fédération européenne des syndicats des services publics.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Autre pays en manque de soldats du feu, la Bulgarie, avec 1700 pompiers en moins en 2025 par rapport à 2024. L’Espagne en a perdu 900, la Belgique 200. La baisse se fait moins sentir dans des pays du sud de l’Europe. L’Italie a conservé le même nombre de pompiers professionnels entre 2024 et 2025. La Grèce et le Portugal, particulièrement exposés aux incendies, en ont gagné : plus 3000 pompiers en Grèce en un an, plus 4900 au Portugal. Il faut dire que les pompiers portugais <a href="https://www.publico.pt/2025/11/16/sociedade/noticia/promesas-governo-atenuam-protestos-bombeiros-2154841" class="spip_out" rel="external">se sont largement mobilisés l’an dernier</a> pour obtenir plus de moyens.</p><p>Comment expliquer cette réduction du nombre de pompiers dans des pays sujets à toujours plus d’incendies intenses et difficilement maîtrisables pendant l’été ? <em>« Certaines des réductions d’effectifs les plus importantes ont eu lieu dans des pays que la Commission a soumis à une “procédure pour déficit excessif” en 2024 »</em>, <a href="https://etuc.org/en/pressrelease/reckless-18000-reduction-firefighters-during-worst-year-wildfires" class="spip_out" rel="external">notait la Confédération européenne des syndicats</a> en août.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Un-million-d-hectares-brules-en-Europe-La-reponse-politique-aux-incendies-reste-tres-insuffisante">Un million d’hectares brûlés : « La réponse politique aux incendies reste très insuffisante »</a></aside><p>En juin 2024, la Commission européenne a lancé une procédure de déficit excessif à l’encontre de sept États membres de l’UE, dont la France, l’Italie et la Belgique, pour avoir dépassé la limite de déficit public, fixée à 3 % du produit intérieur brut, avec un plafond de dette publique équivalent à 60 % du PIB.</p><p><em>« En Belgique, la dette publique dépasse 100 % du PIB »</em>, note Pablo Sánchez Centellas, comme en France, où elle se situe à plus de 117 %. Quand des pays sont visés par une procédure de déficit excessif, ils doivent en principe se soumettre à des programmes de réduction des dépenses publiques, dont celles des services publics.</p><p><em>« Donc, en Belgique, le discours politique dominant est aujourd’hui de dire qu’il faut <a href="https://basta.media/Retraites-chomage-salaires-ces-projets-du-gouvernement-belge-enrayes-par-un-mouvement-social" class="spip_in">faire toujours plus d’économies</a> sur les dépenses publiques. Alors, on coupe dans les effectifs, notamment des pompiers. En face, il y a des feux de forêt comme on n’en a jamais vu, mais nous n’avons pas les moyens humains et matériels suffisants</em>, poursuit le coordinateur syndical. <em>Le nombre d’interventions des pompiers augmente à travers l’Europe, avec des incendies plus intenses pendant la saison des feux, qui s’étend maintenant de mars à octobre. Du coup, les pompiers sont à bout de force. Ils sont aussi dans l’ensemble de plus en plus âgés. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-pompiers-francais-mobilises-en-septembre">Les pompiers français mobilisés en septembre</h2><p>Pour la Confédération européenne des syndicats, la lutte contre les incendies est une raison supplémentaire de demander <em>« une révision des règles de gouvernance économique de l’Union européenne, afin de garantir que tous les États membres puissent investir dans les services publics essentiels et dans leur personnel »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/incendies-Aude-Corbieres-solidarite-paysanne-au-dela-clivages-partisans">Après les incendies de l’Aude, une solidarité paysanne au delà des clivages partisans</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/ad362462dbc24b7b709dd7f72dcb0b-bebcf.jpg?1787649773" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="deux chèvres regardent des bénévoles dans un paysage dévasté par un incendie" /></aside><p>C’est ce que demandent aussi les pompiers : investir et recruter. <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/13/ces-discours-politiques-ne-sont-plus-audibles-dans-les-casernes-et-sur-le-terrain-les-pompiers-expliquent-les-raisons-de-leur-deception-apres-leur-rencontre-avec-le-ministre-de-l-interieur_6745836_3224.html?srsltid=AfmBOop0t3oy_IS5m5QyqAof2dXszzZnPU24bihAlkYlz_e3FFV2ACWH" class="spip_out" rel="external">Les pompiers français revendiquent</a> au moins 21 000 créations de postes de soldats du feu professionnels. Après une journée de grève le 13 août, ils prévoient une nouvelle mobilisation fin septembre.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Feux-extremes-France-et-Europe-a-supprime-plusieurs-milliers-de-postes-de-pompiers-professionnels</link>
      <guid>https://basta.media/Feux-extremes-France-et-Europe-a-supprime-plusieurs-milliers-de-postes-de-pompiers-professionnels</guid>
      <pubDate>Wed, 26 Aug 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[4000 pompiers en moins en France, 8000 en Allemagne, face à toujours plus de feux]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Des feux incontrôlables en France, en Espagne, même en Belgique et en Allemagne… Dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, au moins 606 000 hectares de forêts <a href="https://joint-research-centre.ec.europa.eu/projects-and-activities/natural-and-man-made-hazards/forest-fires/current-wildfire-situation-europe_en" class="spip_out" rel="external">ont brûlé depuis le début de l’année</a>. En France, le chiffre <a href="https://forest-fire.emergency.copernicus.eu/apps/effis.statistics/estimates" class="spip_out" rel="external">s’élève à 100 000 hectares</a>, selon les estimations du système européen d’information sur les feux de forêt (Effis). C’est trois fois plus que l’année dernière.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/incendie-Die-les-habitants-en-renfort-des-pompiers-solidarite">« Le feu était à 500 mètres ! » : à Die, les habitants en renfort des pompiers contre l’incendie</a></aside><p>Quatre pompiers français <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/01/incendies-le-lourd-tribut-des-pompiers-victimes-des-flammes-et-de-cancers-a-long-terme_6737219_3224.html?srsltid=AfmBOooQgTjRSAazOKqFxmkA9Acd0u3cgHvtYTx10l2oXZGp0TEmh-9v" class="spip_out" rel="external">sont morts en juillet</a> en tentant de lutter contres les incendies dévastateurs. Trois pompiers grecs sont aussi décédés en Crète <a href="https://www.reuters.com/business/environment/france-spain-fight-contain-wildfires-temperatures-soar-again-2026-07-29/" class="spip_out" rel="external">il y a quelques semaines</a>. Les incendies qui ont ravagé l’Espagne en juillet ont <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/14/seven-britons-among-12-foreign-nationals-killed-in-spains-deadly-wildfires" class="spip_out" rel="external">tué treize visiteurs</a> dans le sud du Pays.</p><h2 class="spip" id="La-France-l-Allemagne-les-Pays-Bas-ont-perdu-des-milliers-de-pompiers">La France, l’Allemagne, les Pays-Bas ont perdu des milliers de pompiers</h2><p>L’an dernier déjà, près d’un million d’hectares <a href="https://basta.media/Un-million-d-hectares-brules-en-Europe-La-reponse-politique-aux-incendies-reste-tres-insuffisante" class="spip_in">avaient brûlé à travers l’Europe</a>. Pourtant, malgré l’augmentation du risque de feux extrêmes avec le réchauffement climatique, le nombre de pompiers professionnels diminue dans de nombreux pays européens. Selon <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-eurostat-news/w/ddn-20260810-1" class="spip_out" rel="external">les données d’Eurostat</a>, les pays de l’Union européenne comptaient 372 400 pompiers professionnels en 2025. C’est 18 200 pompiers <a href="https://ec.europa.eu/eurostat/web/products-eurostat-news/w/ddn-20250826-1" class="spip_out" rel="external">de moins qu’en 2024</a>.</p><div class="spip_document_23246 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="254" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3510825163 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787660299 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg@.webp?1787650713 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg" width="960" height="720" alt="" aria-describedby="by23246-2d3ee052373be392850eceefcddfe85d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fore_t_brule__cotignac_var.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23246-2d3ee052373be392850eceefcddfe85d">La forêt brûlée près du village de Cotignac (Var). L’incendie commencé le 21 juillet a été maîtrisé le 11 août, après avoir parcouru 6300 hectares. 11 000 pompiers ont été mobilisés, avec 3800 largages aériens sur ce feu extrême.
© Ivan du Roy / Basta!
</figcaption></figure></div><p>La France a ainsi perdu 4100 postes de pompiers professionnels en 2025 (47 700 pompiers) comparé à l’année précédente (51 800 pompiers), sachant que plus des trois quarts des pompiers de France sont des pompiers volontaires. Dans le même temps, les Pays-Bas ont perdu 2400 pompiers, l’Allemagne, également de plus en plus touchée par des incendies de forêt, compte 8000 pompiers en moins. <em>« Mais l’Allemagne compte plus d’un million de pompiers volontaires, contre environ 200 000 en France »</em>, rappelle Pablo Sánchez Centellas, qui suit le secteur des pompiers à la Fédération européenne des syndicats des services publics.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Autre pays en manque de soldats du feu, la Bulgarie, avec 1700 pompiers en moins en 2025 par rapport à 2024. L’Espagne en a perdu 900, la Belgique 200. La baisse se fait moins sentir dans des pays du sud de l’Europe. L’Italie a conservé le même nombre de pompiers professionnels entre 2024 et 2025. La Grèce et le Portugal, particulièrement exposés aux incendies, en ont gagné : plus 3000 pompiers en Grèce en un an, plus 4900 au Portugal. Il faut dire que les pompiers portugais <a href="https://www.publico.pt/2025/11/16/sociedade/noticia/promesas-governo-atenuam-protestos-bombeiros-2154841" class="spip_out" rel="external">se sont largement mobilisés l’an dernier</a> pour obtenir plus de moyens.</p><p>Comment expliquer cette réduction du nombre de pompiers dans des pays sujets à toujours plus d’incendies intenses et difficilement maîtrisables pendant l’été ? <em>« Certaines des réductions d’effectifs les plus importantes ont eu lieu dans des pays que la Commission a soumis à une “procédure pour déficit excessif” en 2024 »</em>, <a href="https://etuc.org/en/pressrelease/reckless-18000-reduction-firefighters-during-worst-year-wildfires" class="spip_out" rel="external">notait la Confédération européenne des syndicats</a> en août.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Un-million-d-hectares-brules-en-Europe-La-reponse-politique-aux-incendies-reste-tres-insuffisante">Un million d’hectares brûlés : « La réponse politique aux incendies reste très insuffisante »</a></aside><p>En juin 2024, la Commission européenne a lancé une procédure de déficit excessif à l’encontre de sept États membres de l’UE, dont la France, l’Italie et la Belgique, pour avoir dépassé la limite de déficit public, fixée à 3 % du produit intérieur brut, avec un plafond de dette publique équivalent à 60 % du PIB.</p><p><em>« En Belgique, la dette publique dépasse 100 % du PIB »</em>, note Pablo Sánchez Centellas, comme en France, où elle se situe à plus de 117 %. Quand des pays sont visés par une procédure de déficit excessif, ils doivent en principe se soumettre à des programmes de réduction des dépenses publiques, dont celles des services publics.</p><p><em>« Donc, en Belgique, le discours politique dominant est aujourd’hui de dire qu’il faut <a href="https://basta.media/Retraites-chomage-salaires-ces-projets-du-gouvernement-belge-enrayes-par-un-mouvement-social" class="spip_in">faire toujours plus d’économies</a> sur les dépenses publiques. Alors, on coupe dans les effectifs, notamment des pompiers. En face, il y a des feux de forêt comme on n’en a jamais vu, mais nous n’avons pas les moyens humains et matériels suffisants</em>, poursuit le coordinateur syndical. <em>Le nombre d’interventions des pompiers augmente à travers l’Europe, avec des incendies plus intenses pendant la saison des feux, qui s’étend maintenant de mars à octobre. Du coup, les pompiers sont à bout de force. Ils sont aussi dans l’ensemble de plus en plus âgés. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-pompiers-francais-mobilises-en-septembre">Les pompiers français mobilisés en septembre</h2><p>Pour la Confédération européenne des syndicats, la lutte contre les incendies est une raison supplémentaire de demander <em>« une révision des règles de gouvernance économique de l’Union européenne, afin de garantir que tous les États membres puissent investir dans les services publics essentiels et dans leur personnel »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/incendies-Aude-Corbieres-solidarite-paysanne-au-dela-clivages-partisans">Après les incendies de l’Aude, une solidarité paysanne au delà des clivages partisans</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/ad362462dbc24b7b709dd7f72dcb0b-bebcf.jpg?1787649773" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="deux chèvres regardent des bénévoles dans un paysage dévasté par un incendie" /></aside><p>C’est ce que demandent aussi les pompiers : investir et recruter. <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/13/ces-discours-politiques-ne-sont-plus-audibles-dans-les-casernes-et-sur-le-terrain-les-pompiers-expliquent-les-raisons-de-leur-deception-apres-leur-rencontre-avec-le-ministre-de-l-interieur_6745836_3224.html?srsltid=AfmBOop0t3oy_IS5m5QyqAof2dXszzZnPU24bihAlkYlz_e3FFV2ACWH" class="spip_out" rel="external">Les pompiers français revendiquent</a> au moins 21 000 créations de postes de soldats du feu professionnels. Après une journée de grève le 13 août, ils prévoient une nouvelle mobilisation fin septembre.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/4000-pompiers-en-moins-en-France-8000-en-Allemagne-face-toujours-plus-de-feux</link>
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      <pubDate>Wed, 26 Aug 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Une association « gay et lesbienne » d'élus RN dissoute deux mois après sa création : « C'était une caution »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Aussitôt créée, presque aussitôt dissoute. Annoncée en grandes pompes par des élus RN le 17 mai, pour la journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie, l’association Gays et Lesbiennes du Bassin minier n’est plus depuis le 17 juillet.</p><p>À l’origine de sa création : l’annulation à la dernière minute d’un ciné-débat au cinéma municipal de Harnes (Pas-de-Calais) par le nouveau maire RN Anthony Garénaux-Glinkowski. Organisé autour du film Trois nuits par semaine par l’association lensoise Couleur, l’événement prévoyait aussi un débat sur l’univers du drag, avec des témoignages d’artistes concerné·es. <em>« Il a été annulé sans explications, et je n’en ai toujours pas à ce jour »</em>, <a href="https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord" class="spip_in">rapportait en juin à <em>basta!</em> Mickaël Billebault</a>, le président de l’association, par ailleurs conseiller municipal à Lens dans la majorité de gauche.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord">« Nous ne sommes pas dupes de ce pinkwashing » : comment les maires RN du nord instrumentalisent les luttes LGBT</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/8264d8d0192776f5d4d3c3b23ce84f-c0d2b.jpg?1787583683" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Qu’à cela ne tienne : fin avril, la mairie de Harnes annonçait <em>« s’engager dans la lutte contre l’intolérance et les LGBTQIA+phobies »</em>. Et ce à travers l’organisation d’une exposition et… d’un ciné-débat avec une association, la semaine du 13 au 17 mai. Mais laquelle ?</p><h2 class="spip" id="lt-lt-C-etait-vraiment-une-couverture">« C’était vraiment une couverture »</h2><p>Le soir même de l’événement, qui a réuni uniquement des élus RN - le maire de Harnes, le sénateur du Pas-de-Calais Christopher Szczurek et le député du département Bruno Clavet -, était mis en avant le lancement d’une nouvelle structure <em>ad hoc</em>. <em>« Nous sommes heureux de vous annoncer la création de l’association Gays et Lesbiennes du Bassin minier qui aura notamment comme mission l’accompagnement et le soutien juridique pour les jeunes expulsés de chez eux en collaboration avec les bailleurs et les municipalités »</em>, se félicitaient <a href="https://www.instagram.com/p/DYb_JIjiNyw/?img_index=1" class="spip_out" rel="external">sur leurs réseaux sociaux</a> Anthony Garénaux-Glinkowski et Bruno Clavet, par ailleurs ouvertement gays. <em>« Ils l’ont créée en catastrophe quelques jours avant l’événement, comme quoi c’était vraiment une couverture »</em>, commente auprès de <em>basta!</em> Mickaël Billebault de Couleur, à l’origine d’une mobilisation « contre les LGBTIphobies et la politique menée par la municipalité » de Harnes le 16 mai.</p><p>Avec Gays et Lesbiennes du Bassin minier, exit les B, T, I de LGBTIphobies (pour bisexuel·le, trans, intersexe). Déclarée seulement quatre jours plus tôt en sous-préfecture de Lens, l’association, basée à Harnes, a alors pour objet « la défense des droits et intérêts des personnes gays et lesbiennes du Bassin minier au sens large ». Son conseil d’administration comprend quatre membres, tous RN : son président Thomas Menuge, adjoint à l’urbanisme et à la communication à Harnes ; sa vice-présidente Valérie Marcos, première adjointe à Liévin ; le trésorier Alexis Audant, actuel conseiller municipal d’opposition avec Bruno Clavet à Lens ; et le secrétaire Dorian Damiens, élu sur la liste de Steeve Briois à Hénin-Beaumont.</p><h2 class="spip" id="Des-elus-RN-surtout-lt-lt-homonationalistes">Des élus RN surtout « homonationalistes »</h2><p>Mais surprise, deux mois pile après sa création, Gays et Lesbiennes du Bassin minier était <a href="https://www.journal-officiel.gouv.fr/pages/associations-detail-annonce/?q.id=id:202600301413" class="spip_out" rel="external">dissoute auprès de la sous-préfecture de Lens</a>. Entre-temps, elle n’a, à notre connaissance, aucune autre activité à son bilan que ce « ciné-débat ». Contactés par <em>basta!</em> pour plus de précisions sur cette disparition, ni le maire de Harnes, ni Bruno Clavet, ni les membres du conseil d’administration n’ont répondu à nos sollicitations.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Comme quoi ils n’en ont vraiment rien à faire des droits LGBTQIA+, l’association était là pour leur servir de caution</em>, met en avant Mickaël Billebault, qui nous a alerté·es. <em>Ce n’est pas parce que le RN compte énormément d’homosexuels, majoritairement des hommes blancs et cisgenres, parmi ses élus qu’ils sont pour l’avancée des droits. Tous les pays gouvernés par l’extrême droite ont fait chuter les droits des personnes LGBTQIA+, je ne vois pas pourquoi ce serait différent en France »</em>, rappelle-t-il. Pour lui, ces élus RN sont surtout <em>« homonationalistes »</em>, c’est-à-dire qu’ils instrumentalisent les droits LGBTQIA+ à des fins racistes et islamophobes, au même titre que le fémonationalisme pour les droits des femmes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">« Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême »</a></aside><p>Dans de nombreuses villes où ils ont été élus en mars dernier, les élus d’extrême droite ont ainsi effacé des symboles LGBTQIA+, comme à Elne, dans les Pyrénées-Orientales. À l’Assemblée nationale aussi, les votes des députés RN s’opposent à ces droits, comme le détaillait en juin <a href="https://bonpote.com/le-rn-ennemi-public-n1-des-lgbt-a-lassemblee-nationale/" class="spip_out" rel="external">une enquête de Bon pote</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Carte-bilan-villes-RN-100-jours-maires-extreme-droite-attaques-culture-travail-associations">Culture, associations, travail attaqués : le bilan en carte des 100 jours des maires d’extrême droite</a></aside><p>Après sa dissolution en toute discrétion, reste à savoir si l’association Gays et Lesbiennes du Bassin minier reprendra vie pour la prochaine journée mondiale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Ou si elle restera dans le placard à jamais.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/association-gay-et-lesbienne-LGBT-elus-RN-dissoute-deux-mois-apres-creation</link>
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      <pubDate>Tue, 25 Aug 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Le réchauffement va trop vite » : l'appel d'un jeune paysan pour un grand plan agroécologique]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Rien de plus difficile que de subir, au premier rang, les conséquences de quelque chose que l’on redoutait et que l’on s’était promis de combattre.</p><p>Une fois nos études d’ingénieurs terminées, nous nous sommes installés dès la sortie de l’école dans une ferme hors cadre familial. Nous partions avec de bonnes bases, une ferme convertie en bio depuis une vingtaine d’années, à taille humaine avec de nombreuses prairies, plus de 25 kilomètres de haies et quelques mares.</p><p>Mais dès l’année 2020, lors de notre installation, le sud du Perche subit une calamité agricole qui nous touche durement. On sait pertinemment qu’il faut qu’on continue de préparer la ferme au réchauffement annoncé... On ne chôme pas : construction d’un pont au-dessus de la rivière pour gagner des surfaces de pâturage humides, arrêt du peu de maïs cultivé sur la ferme (trop compliqué dans nos terres sableuses), arrêt des aliments fermentés (ensilages) par l’autoconstruction d’un séchoir en grange (système tout foin), croisement des vaches Holstein (<a href="https://basta.media/comment-les-multinationales-font-main-basse-sur-la-reproduction-animale">pas assez robustes</a>), réduction du nombre de vache par hectare, développement de l’abreuvement dans les prés, plantations d’arbres…</p><p>On peut être fier du chemin parcouru en si peu d’années, au moment où les annuités de remboursement du prêt pour la reprise de la ferme sont les plus lourdes.</p><h2 class="spip" id="Presque-pas-de-pluie-en-Normandie">Presque pas de pluie en Normandie</h2><p>Mais le réchauffement va trop vite... Le printemps 2025 nous est douloureux : moins de 100 millimètres de pluie entre mars et la mi-août, ce n’est pas l’idée que l’on peut se faire de la Normandie. L’automne clément, l’achat de fourrages et l’hiver court nous permettent d’attaquer 2026 sans trop de difficultés. Mais le schéma recommence : début de printemps sec, un été commençant fin mai et ponctué de cinq canicules au moment où j’écris... Rebelote, perte de production de lait, perte d’une vache lors du dernier jour de la canicule inédite de mai, achat de fourrages, nombreuses heures de travail supplémentaires pour affourager, abreuver, déplacer, surveiller les animaux...</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Et quand on lève la tête, on se demande pourquoi une telle injustice ? Plus de 60 % de nos émissions de gaz à effet de serre sont compensées par nos haies et nos prairies. La bio nous permet de ne polluer ni les sols ni notre eau, si précieuse. Nos haies et nos prairies sont les habitats où la biodiversité est la plus abondante sous nos latitudes. Nos céréales meunières (blé et grand épeautre) nous permettent d’être autonomes en paille, bouclant ainsi parfaitement notre cycle agroécologique. La souveraineté alimentaire à l’état pur, en faisant vivre 3,5 personnes sur moins de 150 hectares !</p><p>Tout ça, c’est beau, mais visiblement pas dans l’air du temps ! Les aides au maintien sont supprimées, les mesures agroenvironnementales et climatiques toujours plus compliquées à obtenir, pas d’accompagnement de la relance de la consommation bio française...</p><p>L’urgence agricole, vue de nos politiques mondialistes de bureau, c’est de pouvoir traiter avec des produits proscrits, agrandir les élevages intensifs ô combien fébriles face aux fortes chaleurs, ou encore faciliter la construction de bassines servant l’intérêt d’un petit nombre, pour une agriculture intensive d’exportation, évaporant massivement notre or bleu...</p><h2 class="spip" id="Recompenser-ceux-qui-preservent-les-ressources">Récompenser ceux qui préservent les ressources</h2><p>Les préfets doivent être réunis le 27 août par notre ministre de l’Agriculture pour établir une cartographie fine de l’action qui doit être menée pour soutenir notre agriculture dans ce contexte inédit. On parle déjà de soutenir l’investissement ou de relancer les capacités de production. Au vu du dernier soutien aux céréaliers pour l’achat d’engrais, je m’attends au pire... Arrêtons ces pansements qui épuisent nos ressources, nous coûtent à tous, et qui d’année en année devrons être de plus en plus grands.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Agriculture-industrielle-dependance-au-gaz-pesticides-urgence-de-la-transition-agricole-climat-GIEC-agroecologie-Marc-Dufumier">Marc Dufumier : « Si le gouvernement le voulait, on pourrait commencer la transition agricole la semaine prochaine »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/8a3b1cb88bb40b4b1a12e6938ee820-6d613.jpg?1787587948" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Lançons un grand plan agroécologique où nos régions seront déspécialisées, où celles et ceux qui préservent les ressources tout en produisant pour notre souveraineté seront récompensés, en facilitant l’installation de jeunes, en dynamisant nos campagnes, en arrêtant la concurrence entre l’énergie et l’alimentation, en plafonnant les aides et ainsi la taille des fermes.... Il nous faut des règles fortes, simples, on évitera cet empilement de mesurettes, n’est-ce pas ça avant tout la simplification ?</p><p>Parce qu’après un été comme celui-là, si aucun signal n’est donné pour une transition assumée et planifiée, en plus des situations économiques moroses, le moral de celles et ceux qui façonnent nos paysages et garantissent une alimentation de qualité va s’effondrer, et notre si chère agriculture française avec.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 25 Aug 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[57 jours de grève au Samu social de Paris : ce qu'ont gagné les salariés]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Après 57 jours de grève, les travailleurs du Samu social de Paris ont signé un protocole de sortie de grève le 18 août 2026. La structure compte environ 900 salariés, qui accompagnent les personnes sans-abri en Île-de-France et gère notamment le numéro dédié au appels sociaux d’urgence, le « 115 ».</p><p><em>« Lorsque les agent·es s’organisent et construisent le rapport de force, des victoires sont possibles »</em>, écrit le syndicat CGT du Samu social de Paris, majoritaire et fortement impliqué dans le conflit, dans un communiqué de presse du 19 août.</p><p>Car la bataille a été rude, en plein été caniculaire. La lutte des salariés du Samu social s’est doublée d’une occupation de parvis du siège social de la structure, dans le 13<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de la capitale, par des familles sans logement. Au plus fort du mouvement, 450 personnes y ont participé, dont 200 enfants, <a href="https://www.franceinfo.fr/economie/greve/temoignages-mes-enfants-etaient-terrifies-on-a-pris-la-fuite-apres-leur-expulsion-devant-le-samu-social-les-familles-sans-abri-se-refugient-ailleurs-dans-paris_8152133.html" class="spip_out" rel="external">avant leur évacuation par la police</a>, le 13 août, par 38 degrés.</p><p>Pour 250 d’entre elles, dont 70 enfants, l’occupation continue désormais devant la mairie du 3<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Paris. <em>« Et il en arrive de plus en plus</em>, dit Florence*, ex-gréviste du Samu social de Paris, qui continue à se rendre sur le nouveau lieu d’occupation. <em>Ce sont des familles auxquelles on parle tous les jours, il va de soi que l’on continue à les soutenir, depuis le début leur lutte est liée à la nôtre. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/La-mobilisation-du-Samu-social-s-etend-France-Travail-ASE-Utopia56">Des personnes sans-abri aux salariés de France Travail : la mobilisation du Samu social s’étend</a></aside><p>La grève reconductible déclenchée le 23 juin est principalement due à la superposition d’une situation d’urgence sociale croissante pour les personnes hébergées avec une dégradation des conditions de travail des salariés du Samu social.</p><p>Les grévistes revendiquent des avancées significatives sur leurs conditions de travail et la limitation des risques psychosociaux auxquels ils sont exposés, notamment pour « les écoutantes » du 115, professions principalement à l’origine de la grève.</p><h2 class="spip" id="Au-115-la-souffrance-en-continu">Au 115, la souffrance en continu</h2><p>Ces salariées, dans leur grande majorité des femmes, sont chargées de répondre aux personnes appelant le numéro d’urgence. <em>« On fait des journées de 8 heures 45 avec 45 minutes de pause le midi. Au total, on doit passer environ 7 heures 30 à répondre au téléphone à des personnes qui cherchent un logement, qui subissent des viols, des violences de la rue... et nous sommes celles qui doivent leur dire qu’il n’y a pas de places d’hébergement pour elles »</em>, détaille Louise*, une écoutante impliquée dans la grève.</p><p>Une des revendications des grévistes était donc d’être mieux outillées face à ces appels durs psychologiquement. Pour faire face aux souffrances qui s’égrènent au téléphone, <em>« quoi de mieux que de pouvoir parler à celles qui nous comprennent, c’est-à-dire nos collègues ? Sauf qu’avec les appels qui s’enchainent, on avait absolument pas le temps pour ça »</em>, souligne Florence.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le protocole de sortie de grève, que <em>Basta!</em> a pu consulter, accorde 45 minutes par jour sans prise d’appels, dédiés à l’échange entre collègues à propos des situations complexes. <em>« Cela nous permettra aussi d’échanger avec les collègues d’autres services pour être en capacité de mieux réorienter les appelants par la suite »</em>, poursuit l’écoutante.</p><p>Autre mesure visant spécifiquement les écoutantes : une prime de suractivité de 150 euros bruts par an, déjà versée à d’autres salariés du Samu social de Paris au titre du plan grand froid, mais à laquelle elles n’avaient pas droit jusqu’alors. Elles l’obtiendront à partir de septembre. Et la « prime multilingue », qui valorise le fait que nombre d’entre elles utilisent une langue étrangère pour travailler, devrait passer de 30 à 125 euros mensuels, et sera soumise au vote du conseil d’administration de l’établissement au mois d’octobre. Enfin, la direction s’engage à <em>« défendre le passage des écoutantes au groupe de rémunération supérieur devant le conseil d’administration »</em>, écrit la CGT dans son communiqué de presse du 19 août.</p><p>Concrètement, ce que les salariés ont gagné, c’est de ne plus être considérées <em>« comme des standardistes »</em>, résume Louise*, qui rappelle que son salaire s’élève à seulement 1900 euros bruts mensuels.</p><h2 class="spip" id="Associer-les-salariees-aux-decisions">Associer les salariées aux décisions</h2><p>Au delà des seules écoutantes, l’accord de fin de grève promet une remise à plat des conditions de travail au sein du Samu social. Notamment via la convocation <em>« d’États généraux du Samu social pour identifier, service après service, les pratiques dysfonctionnelles »</em>, écrit la CGT. Des mesures ont été décidée pour renforcer la possibilité pour les salariés d’être associées à la prise de décision, comme l’obligation pour la direction d’effectuer des études d’impact portant sur d’éventuelles réorganisations, ou encore l’association systématique des agents aux travaux sur les pratiques d’organisation du 115.</p><p>Enfin, des discussions entre les représentant du personnel du Samu social de Paris (qui est un groupement d’intérêt public géré conjointement par l’État, la ville de Paris, l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris et le centre d’action sociale de la ville de Paris) et l’État vont avoir lieu en septembre <em>« pour discuter des financements et du manque de places »</em> d’hébergement, indique la CGT.</p><p>Les grévistes estiment qu’ils auront également à lutter dès la rentrée contre la perspective d’un budget de l’État 2027 faits de nouvelles coupes dans les dépenses sociales. La CGT du Samu social de Paris appelle à se joindre aux journées de grève prévues dans la santé le 15 septembre et dans la fonction publique le 29 septembre, pour peser sur les choix budgétaires du gouvernement.</p><p>*Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressées.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 21 Aug 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Agriculture : loi d'urgence agricole et canicules, un danger pour les fermes]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10611 c-content_text texte surlignable"><p>Dans la nuit du lundi 20 juillet au mardi 21 juillet, les députés ont voté en faveur de la loi d’urgence agricole qui réintroduit des pesticides interdits et fragilise les ressources en eau.<br class="autobr" />
Basta! est allé à la rencontre de Florent Sebban, maraîcher bio en Essonne à Pussay. Le maraîcher subit des pertes de production en raison des plusieurs vagues de chaleur en France et s’oppose à cette nouvelle loi qui fragiliserait encore plus son exploitation. Il dénonce notamment la réintroduction des pesticides tueurs d’abeille et le « gaspillage de l’eau » que permettra la loi d’urgence agricole. Lui, 13 autres personnes et associations ont attaqué l’état pour inaction climatique le mardi 21 juillet.</p></div><div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=agriculture-loi-d-urgence-et-canicules-un-danger-pour-les-fermes?var_fav=article-10611" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 31 Jul 2026 17:01:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Délais « incroyables », discriminations persistantes : le bilan très mitigé de la PMA pour toutes]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="texteencadre-spip spip">En résumé :<ul class="spip" role="list"><li>Il y a cinq ans, la loi de bioéthique du 2 août 2021 ouvrait l’assistance médicale à la procréation pour les couples de femmes et les femmes seules.</li>
</ul><ul class="spip" role="list"><li>Depuis, les demandes ont explosé, avec, pour conséquence des listes d’attente qui se sont allongées, malgré la bonne volonté des professionnel·les de santé, eux-mêmes sous pression.</li>
</ul><ul class="spip" role="list"><li>De fortes disparités territoriales sont constatées. Elles concernent notamment les centres habilités à réaliser des assistances médicales à la procréation, dont la Corse, la Guyane et Mayotte sont dépourvues. Mais aussi les stocks de paillettes (tubes contenant des spermatozoïdes) qui sont mal répartis sur le territoire.</li>
</ul><ul class="spip" role="list"><li>Face à cette situation, certain·es critiquent le monopole de centres à but non lucratif, appelant à l’ouverture au privé, quand d’autres préfèreraient voir les efforts d’amélioration se concentrer sur l’offre existante.</li>
</ul><ul class="spip" role="list"><li>Pendant ce temps, de nombreuses personnes continuent de s’engager dans des parcours de PMA hors de France, pour certaines poussées par les discriminations qui subsistent.</li>
</ul></div><p><em>« On a élargi l’accès à la PMA et c’est super, mais dans quelles conditions ? »</em> Cinq après après l’ouverture de la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules, Virginie Rio, cofondatrice du collectif Bamp, dresse un premier bilan plus que mitigé. Comme d’autres associations de patient·es de l’assistance médicale à la procréation (AMP), et comme les professionnel·les du secteur, qui se renvoient la balle.</p><p><em>« On s’en prend plein la poire parce que ça ne fonctionne pas bien et les femmes s’impatientent, mais ça ne peut plus durer parce que les équipes sont essorées »</em>, prévient Catherine Guillemain, cheffe du service de biologie de la reproduction de l’hôpital de la Conception, à Marseille, et présidente de la fédération des Centres d’étude et de conservation des œufs et du sperme humains (Cecos). Avant d’ajouter : <em>« Elles se sont énormément mobilisées pour répondre à un flux très important de demandes que personne n’avait anticipé. »</em></p><h2 class="spip" id="Une-lt-lt-explosion-des-demandes-d-AMP">Une « explosion » des demandes d’AMP</h2><p>C’est un fait : ces nouveaux droits inscrits dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043884384/" class="spip_out" rel="external">la loi de bioéthique du 2 août 2021</a> ont engendré une <em>« explosion »</em> des demandes, comme vient de le mettre en avant <a href="https://www.senat.fr/rap/r25-798/r25-7981.pdf" class="spip_out" rel="external">un rapport</a> de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst). En l’occurrence, entre août 2021 et fin 2025, 43 450 tentatives d’AMP avec don de spermatozoïdes ont été réalisées au bénéfice de couples de femmes ou de femmes seules, rapporte l’Agence de biomédecine. Soit une activité multipliée par six, selon l’Opecst. À cela se sont ajoutées plus de 60 000 demandes d’autoconservation ovocytaire, dont 18 320 réalisées entre août 2021 et fin 2025 – la loi ayant également permis aux femmes de congeler leurs gamètes pour raisons non médicales.</p><p>Conséquence directe de cette très forte augmentation des demandes : des listes d’attente qui se sont allongées, malgré la bonne volonté, souvent constatée, des professionnel·les de santé. En 2025, le délai moyen de prise en charge pour une AMP avec don de spermatozoïdes était de 17,7 mois. Il était d’un an lors du <a href="https://www.agence-biomedecine.fr/fr/don-de-gametes-et-assistance-medicale-a-la-procreation/communique-loi-de-bioethique-comite-national-de-suivi-du-14-fevrier-2022" class="spip_out" rel="external">premier comité de suivi</a> de la loi de l’Agence de biomédecine, en février 2022. Et plus encore pour <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/301221/pma-des-lesbiennes-non-blanches-deplorent-un-racisme-medical" class="spip_out" rel="external">les personnes non blanches</a>, qui font face à une pénurie de gamètes.</p><p>Pour les AMP avec don d’ovocytes, le délai est désormais de deux ans, et d’un an pour les demandes d’autoconservation, dont plus de la moitié viennent de femmes habitant en Île-de-France. <em>« Une très forte hétérogénéité des pratiques et des délais de prise en charge est observée entre les centres, difficilement compréhensible pour les patientes »</em>, constate l’Opecst.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="De-8-a-28-mois-d-attente-selon-les-regions">De 8 à 28 mois d’attente selon les régions</h2><p>Dans les faits, 105 centres sont aujourd’hui habilités à réaliser des assistances médicales à la procréation en France partout sur le territoire, sauf en Corse, en Guyane et à Mayotte qui en sont dépourvus, rapporte l’Agence de biomédecine. Des disparités importantes existent ainsi selon les régions, avec des délais d’attente variant de 8 à 28 mois – de fortes tensions existent, notamment en Île-de-France, en Bourgogne–Franche-Comté, en Nouvelle-Aquitaine, et à la Réunion. Des inégalités que Virginie Rio, de Bamp, constatait avant 2021, <em>« où les délais de prise en charge étaient déjà inacceptables »</em>. <em>« Je suis un peu amère, parce que, si on avait pris de meilleures décisions avant, on n’en serait pas là »</em>, déplore-t-elle. <em>« Des délais si incroyables n’existent dans aucun autre pays que la France »</em>, abonde Mikaël Agopiantz, chef du service de médecine de la fertilité et coordinateur du centre d’AMP de Nancy.</p><p>En 2023, il a créé l’Association nationale du don d’engendrement (ANDDE), société savante composée de médecins biologistes, gynécologues, professionnel·les des sciences sociales et représentant·es d’associations de personnes concernées. Et ce, dans le but de faire évoluer une organisation nationale et <em>« une bioéthique à la française qui n’a d’éthique que le nom »</em>, fustige-t-il.</p><p>Après avoir <em>« augmenté la cadence pour pouvoir accueillir tout le monde »</em>, son centre a mis en place, en 2024, une nouvelle organisation qui a permis, l’année suivante, de supprimer les délais spécifiques liés à l’AMP avec don de spermatozoïdes. Avec son équipe, ils ont créé <em>« un parcours simplifié »</em>, consistant principalement à planifier toutes les consultations médicales le même jour. Plutôt que de voir ses rendez-vous avec chaque spécialiste éparpillés sur plusieurs semaines, voire plusieurs mois, une femme seule ou un couple les enchaînera en quelques heures.</p><p><em>« En général les personnes arrivent vers 11 h 30 et repartent aux alentours de 14 h 30 »</em>, décrit Mikaël Agopiantz, qui se félicite d’avoir, en parallèle, aussi fait gagner du temps aux équipes. <em>« Côté gynécologie, on a le même effectif qu’il y a cinq ans et on fait deux fois plus d’activité »</em>, ajoute-t-il. Si son centre a obtenu tous les recrutements et le matériel demandés depuis 2021, Nancy serait, selon lui, <em>« le centre qui a le moins de moyens en termes de personnels biologistes »</em>, puisqu’il n’en a que deux.</p><p>Ce qui fait dire à Virginie Rio, de Bamp, que la bonne application de la loi <em>« n’est pas une question de moyens, mais d’envie de bien faire son travail »</em>. <em>« Des centres qui n’ont pas eu de moyens supplémentaires font un bon boulot, et inversement »</em>, défend-elle.</p><h2 class="spip" id="Pas-de-coordination-nationale-des-dons">Pas de coordination nationale des dons</h2><p>C’est là que la vision des associations de personnes concerné·es et celle de la fédération des Cecos, qui déplore un manque de moyens, commencent à s’entrechoquer. En 2021, le ministre de la Santé Olivier Véran annonçait en grande pompe le déblocage de huit millions d’euros à <em>« une condition : réduire les délais d’attente à moins de six mois »</em>. Cinq ans après, force est de constater qu’on est bien loin de l’objectif affiché.</p><p>D’autant que, selon Catherine Guillemain, les financements supplémentaires qui auraient dû être alloués à l’augmentation de cette activité spécifique d’AMP ne sont pas allés aux équipes concernées. <em>« Les chefs d’établissements peuvent les flécher sur ce qu’ils souhaitent. Autrement dit, cette enveloppe n’est pas revenue aux professionnel·les qui ont fait tous les efforts possibles pour se mobiliser »</em>, dénonce la représentante de la fédération des Cecos, qui a géré les dons de gamètes jusqu’en 1993, avant que ces centres ne soient intégrés à une trentaine de CHU.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/le-plan-du-gouvernement-contre-la-haine-anti-lgbt-est-extremement-decevant">Le plan du gouvernement contre la haine anti-LGBT+ est « extrêmement décevant », déplore la CNCDH</a></aside><p>À ce jour, le don de gamètes est néanmoins toujours <em>« sous le monopole de la fédération »</em>, juge Marie Jourdan, référente PMA de l’APGL+, association des parents et futurs parents gays et lesbiens, qui le dénonçait en avril dernier dans <a href="https://apgl.fr/wp-content/uploads/2026/05/Message-collectif-assos-PMA-le-13-avril-2026.pdf" class="spip_out" rel="external">un communiqué commun</a> avec Bamp, l’association homoparentale Les Enfants d’arc-en-ciel (EAC), et Mam’en Solo, qui soutient les femmes faisant le choix de la <em>« soloparentalité »</em>. Les activités de recueil, conservation et mise à disposition des gamètes et embryons en vue de don, réalisées par une trentaine de centres, ainsi que les activités d’autoconservation (une cinquantaine de centres) nécessitent des autorisations délivrées par les agences régionales de santé (ARS), qui sont réservées aux établissements à but non lucratif, dont une majorité s’affichent comme Cecos.</p><p>Tandis que Marie Jourdan défend, comme d’autres associations, et comme l’Opecst, l’ouverture à tous les centres privés tout en encadrant leur rémunération pour limiter le profit, Catherine Guillemain n’est pas du même avis : <em>« Il ne suffit pas de donner des autorisations ailleurs pour que ça fonctionne mieux. Il faut s’attarder sur les difficultés qu’ont les centres déjà autorisés »</em>, insiste-t-elle.</p><h2 class="spip" id="Des-stocks-mal-repartis-sur-le-territoire">Des stocks mal répartis sur le territoire</h2><p>Alors que chaque établissement est chargé de recruter ses propres donneurs, de grandes disparités persistent là aussi. Des conventions existent pour répartir les dons entre les centres habilités à en recueillir et les autres. À Nancy, les trente donneurs « recrutés » par les biologistes en 2025 ont suffi à répondre aux besoins des cinq départements couverts par le centre, tout en délivrant des <em>« paillettes »</em> – joli mot pour désigner les tubes contenant des spermatozoïdes – à deux autres centres situés à Metz et Nancy.</p><p>Mais tous les établissements ne se prêtent pas au jeu. <em>« Il n’y a pas d’organisation centralisée ni de mise à disposition imposée et encadrée, donc on se retrouve avec des stocks très inégaux sur le territoire »</em>, déplore Marie Jourdan. Alors que le nombre de dons de spermatozoïdes a plus que doublé ces cinq dernières années, pour atteindre 1015 candidats en 2025, et que 1050 femmes ont donné leurs ovocytes la même année, la mobilisation reste insuffisante pour répondre aux besoins, selon l’Agence de biomédecine, qui lancera une nouvelle campagne de sensibilisation à la rentrée.</p><h2 class="spip" id="Une-augmentation-des-PMA-a-l-etranger">Une augmentation des PMA à l’étranger</h2><p>Dans ce cadre, de nombreuses personnes continuent de se tourner vers des banques de sperme étrangères. Normalement illégale, l’importation de gamètes est désormais autorisée dans certains cas, sous réserve d’<a href="https://www.agence-biomedecine.fr/fr/don-de-gametes-et-assistance-medicale-a-la-procreation/autorisation-d-importation-et-d-exportation-de-gametes" class="spip_out" rel="external">un accord de l’Agence de biomédecine</a>, qui dit avoir accepté 98 demandes en 2025 – un chiffre en nette augmentation.</p><p>Ce que confirme à <em>Basta!</em> Vibeke Weinreich, directrice commerciale pour l’Europe du Sud de Cryos, qui se présente comme la plus grande banque de sperme au monde. Après une baisse des commandes depuis 2021 – l’insémination de gamètes provenant de l’étranger exposant les gynécologues libéraux à <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006418896" class="spip_out" rel="external">cinq ans de prison et 75 000 euros d’amende</a> –, celles-ci auraient <em>« fortement grimpé ces derniers mois »</em>. Pour cause : <em>« Les centres d’AMP, privés non lucratifs comme publics, peuvent désormais mettre en place des conventions avec des banques de sperme étrangères pour importer des gamètes, sous réserve d’une autorisation de l’Agence de biomédecine »</em>, décrit la représentante de Cryos, qui assure travailler à ce jour avec environ huit cliniques.</p><p>Alors que la « PMA pour toutes » aurait en toute logique dû réduire le nombre de recours à l’AMP à l’étranger, nombreuses sont aussi les femmes qui partent encore en Espagne, en Belgique, au Danemark ou au Portugal. Un sondage récemment réalisé auprès des adhérentes de Mam’en Solo a montré qu’une naissance sur deux était le fruit d’un parcours en dehors de France. <em>« C’est beaucoup cinq ans après ! »</em> relève Margaux Gandelon, la présidente de l’association.</p><p>Contactées par <em>Basta!</em>, plusieurs cliniques étrangères confirment ce constat : <em>« Nous n’avons pas observé de baisse des sollicitations depuis 2021. Au contraire, nous avons constaté une augmentation des demandes de couples et de femmes seules françaises depuis l’adoption de la loi bioéthique il y a cinq ans »</em>, nous répond un centre situé à Copenhague, au Danemark. L’Opecst soulève quant à lui que le nombre de demandes de remboursement de ces AMP « transnationales » – <a href="https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/europe-international/protection-sociale-etranger/amp-etranger-demarches" class="spip_out" rel="external">possible là aussi à certaines conditions</a> – a été multiplié par deux entre 2019 et 2025.</p><h2 class="spip" id="Discriminations-de-femmes-seules-ou-obeses">Discriminations de femmes seules ou obèses</h2><p>Si ces femmes continuent de se tourner vers l’étranger, c’est principalement en raison des délais, mais aussi d’<em>« attitudes discriminatoires »</em>, que plusieurs associations dénoncent. Les cas de lesbophobie se font, certes, désormais très rares, selon l’APGL+, mais <em>« des équipes ont encore du mal à accueillir tout le monde dans de bonnes conditions, avec bienveillance et humanité »</em>, déplore Virginie Rio, de Bamp.</p><p>Et en particulier les femmes seules, dont la demande <em>« avait été largement sous-estimée »</em>, observe l’Opecst. Aujourd’hui très majoritaires sur les listes d’attente d’AMP avec don de spermatozoïdes, elles représentent 47 % des demandes, contre 38,8 % pour les couples de femmes et 14,2 % pour les couples femme-homme. Or, elles subissent encore beaucoup de jugements de la part de certain·es professionnel·les, selon Margaux Gandelon, de Mam’en Solo. <em>« Nombreuses sont celles à se voir demander si elles ne veulent pas plutôt attendre de rencontrer un homme, notamment les plus jeunes. Des centres refusent même des femmes de moins de 29 ans alors qu’elles y ont droit</em> [cette limite d’âge minimum ne s’appliquant qu’à l’autoconservation, ndlr]<em>. Elles subissent encore un discours hétéronormatif qui les pousse à être dans une relation avec un homme, et à avoir un enfant dans ce cadre »</em>, dénonce-t-elle. Il en va de même pour les femmes de plus de 40 ans, alors qu’elles y ont légalement accès jusqu’à 45 ans.</p><p>Plusieurs associations rapportent également à <em>Basta!</em> de nombreux cas de grossophobie. <em>« La majorité des centres refusent des femmes dont l’IMC</em> [l’indice de masse corporel, ndlr] <em>est supérieur à 35, ou leur laissent six mois pour perdre 20 kilos, donc beaucoup se tournent vers l’étranger »</em>, déplore Margaux Gandelon, alors qu’il n’existe pas de directive nationale en la matière. À Nancy, Mikaël Agopiantz et ses équipes ont, quant à eux, décidé de ne pas fixer de limite d’IMC dans leurs accompagnements, tout en informant sur les risques inhérents à ces situations.</p><p>D’autres types de publics continuent d’être discriminés par <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000043884384" class="spip_out" rel="external">la formulation même de la loi relative à la PMA</a>, prévue pour un <em>« couple ou une femme non mariée »</em>. Cela exclut de fait <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/051123/pma-pour-les-personnes-trans-le-grand-flou" class="spip_out" rel="external">les hommes trans</a>, contraints de choisir entre leur changement d’état civil et l’accès à l’AMP. <em>« Une atteinte grave à leurs droits fondamentaux »</em>, estime l’APGL+, pour qui <em>« les hommes trans en capacité de porter un enfant devraient pouvoir être accompagnés, qu’ils soient en couple ou non, et quel que soit leur état civil »</em>. Si le décret d’application a été modifié, le 25 août 2022, pour permettre le prélèvement d’ovocytes et de spermatozoïdes <em>« chez une personne »</em>, et non <em>« un homme »</em> ou <em>« une femme »</em>, l’accès à la PMA reste très compliqué, voire impossible, pour un grand nombre de personnes trans.</p><h2 class="spip" id="La-future-loi-bioethique-en-question">La future loi bioéthique en question</h2><p>Ces dernières, comme l’ensemble des associations de patient·es contactées, placent leurs espoirs dans les prochaines révisions de la loi bioéthique, qui doivent normalement avoir lieu tous les cinq ans. Parmi les revendications de l’APGL+, Mam’en Solo, EAC et Bamp, qui participent au comité d’évaluation de la loi mis en place par l’Agence de biomédecine : la PMA accessible dans tous les centres ; la fin du <em>« monopole »</em> des Cecos en matière de dons de gamètes ; le dégenrage de la loi pour y inclure les personnes trans ; la légalisation du diagnostic préimplantatoire des aneuploïdies (DPI-A) pour détecter d’éventuelles anomalies chromosomiques, de l’AMP post-mortem et de la Ropa (réception des ovocytes de la partenaire), autrement appelée « maternité partagée » – soit la possibilité, au sein d’un couple de femmes, que l’une fournisse ses ovocytes et l’autre porte l’enfant.</p><p>Si ces demandes sont majoritairement reprises dans <a href="https://www.senat.fr/rap/r25-798/r25-798-syn.pdf" class="spip_out" rel="external">les 82 recommandations de l’Opecst</a>, pas sûr que la future loi bioéthique, prévue pour 2028, s’en fasse le meilleur relais. <em>« On voudrait que ça évolue, mais pas forcément dans ce cadre, car on ne sait pas quand elle sera mise en œuvre… »</em>, anticipe Virginie Rio, de Bamp. Avant d’ajouter : <em>« En fonction du président et du gouvernement qu’on aura en 2027, on ne sait pas si les choses vont pouvoir se faire… ou si on va au contraire faire marche arrière. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/delais-discriminations-bilan-5-ans-loi-bioethique-PMA-pour-toutes</link>
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      <pubDate>Wed, 29 Jul 2026 11:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[L'archéologie « préventive » française en grande difficulté malgré son apport au patrimoine historique]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="texteencadre-spip spip">En résumé :<ul class="spip" role="list"><li>L’archéologie dite préventive a permis de nombreuses découvertes, comme un campement de chasseurs-cueilleurs vieux de 12 000 ans sur le chantier du Grand Paris Express ou la tombe d’un prince celte à Lavau (Aube).</li>
<li>Ce système d’archéologie préventive en France <em>« est reconnu comme le meilleur au niveau mondial »</em>.</li>
<li>Pourtant, ces fouilles archéologiques sont désormais menacées par de nouvelles dérogations qui exonèrent les chantiers considérés comme des « projets d’intérêt national majeurs ».</li>
<li>Mais aussi par la baisse des moyens dédiés à l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), l’organisme public dépendant du ministère de la Culture qui réalise les diagnostics et les fouilles éventuelles.</li>
<li>Les effectifs des archéologues ne cessent de baisser, leur rémunération reste faible (autour du Smic pendant les dix premières années) et leurs contrats sont souvent en CDD, à la mission.</li>
<li>Face à cette situation, des collectifs et mouvements émergent pour défendre l’archéologie préventive et inverser le cours des choses.</li>
</ul></div><p>Sacrifier notre patrimoine au nom des industriels de la défense ? Le 13 juillet, veille de fête nationale, les parlementaires ont donné leur feu vert à la loi de programmation militaire 2024-2030. Or, celle-ci porte une nouvelle atteinte au secteur de l’archéologie. L’article 21 crée un « état d’alerte de sécurité nationale » : les projets industriels répondant à un « intérêt public majeur de défense nationale » peuvent déroger aux règles habituelles des fouilles archéologiques préventives (et d’évaluation environnementale).</p><p>Dans le même temps, le gouvernement a présenté en juillet une nouvelle salve de réductions budgétaires de 38 millions d’euros supplémentaires pour le ministère de la Culture. Le programme « Patrimoines » se verra amputé de 7 millions d’euros. On ne sait pas encore si la ligne budgétaire « patrimoine archéologique » sera touchée, mais ce contexte inquiète. Plusieurs archéologues interrogés par <em>Basta!</em> alertent aujourd’hui sur une nouvelle <em>« crise »</em> du secteur.</p><p>La France compte près de 4000 archéologues professionnels. Or, ces derniers subissent une précarisation grandissante avec des contrats courts, souvent à la mission, un <a href="https://www.arefop.fr/salaire-archeologue-france/" class="spip_out" rel="external">salaire qui stagne</a> (1500 à 1800 euros net en début de carrière), des coupes budgétaires qui réduisent les équipes et des lois de moins en moins protectrices.</p><h2 class="spip" id="Du-paleolithique-a-la-Rome-antique-la-fin-de-precieuses-decouvertes">Du paléolithique à la Rome antique : la fin de précieuses découvertes ?</h2><p><em>« Notre système est reconnu comme le meilleur au niveau mondial en termes d’archéologie préventive »</em>, rappelle Maria Lorenzo Martinez, ingénieure d’études à la direction régionale des affaires culturelles (Drac) et responsable au service régional d’archéologie de Dijon. Mais <em>« nos missions principales sont en danger, du fait de la réduction des moyens »</em>, introduit-elle.</p><p>L’archéologie préventive constitue la première étape de la protection de notre patrimoine. Elle désigne la phase de fouilles préalable à des projets de construction, sur des sites où la présence de vestiges est probable. L’archéologie préventive, financée par l’État, est ainsi à l’origine de précieuses découvertes dans les territoires. Pour n’en citer que quelques-unes très récentes : un campement de chasseurs-cueilleurs vieux de 12 000 ans sur le chantier du Grand Paris Express à <a href="https://mesinfos.fr/94400-vitry-sur-seine/vitry-sur-seine-un-site-prehistorique-decouvert-sous-le-metro-332745.html" class="spip_out" rel="external">Vitry-sur-Seine</a> (Val-de-Marne) ; une villa romaine et un cimetière médiéval au centre du village d’<a href="https://www.ledauphine.com/environnement/2026/07/19/les-fouilles-archeologiques-devoilent-une-villa-romaine-et-un-cimetiere-medieval" class="spip_out" rel="external">Albon</a> dans la Drôme ; des traces d’occupation antique <a href="https://www.defense.gouv.fr/sga/actualites/fin-fouilles-archeologiques-preventives-base-navale-toulon" class="spip_out" rel="external">sur la base navale de Toulon</a> ; ou encore, il y a dix ans, la découverte d’une nécropole princière celte à Lavau (Aube).</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Malgré son importance pour notre patrimoine et la reconnaissance de ce savoir-faire, l’archéologie préventive est de plus en plus fragilisée par les législateurs. Dans la nouvelle loi de programmation militaire, elle <em>« n’est pas supprimée »</em>, mais seulement limitée <em>« pour permettre d’effectuer des aménagements, qui ne sont que des aménagements provisoires »</em>, a tenté de faire valoir le rapporteur de la loi, Yannick Chenevard (Ensemble). La loi instaure en effet un délai de deux mois, au terme duquel les opérations sont présumées terminées, donc le lancement du chantier engagé. <em>« Une fois que des aménagements ont été faits, on ne pourra plus faire de fouilles derrière »</em>, avait rétorqué Bastien Lachaud (LFI), dont le groupe a déposé un amendement – rejeté – pour tenter de revenir sur ce fameux article.</p><h2 class="spip" id="Un-sujet-lt-lt-encore-peu-visible-dans-le-debat-public">Un sujet « encore peu visible dans le débat public »</h2><p>Cet article est une nouvelle conséquence concrète de la notion de « projet d’intérêt national majeur », introduite discrètement dans la législation française par la loi « industrie verte » fin 2023 puis élargie, fin mai 2026, par la loi dite « simplification », que <em>Basta!</em> <a href="https://basta.media/loi-simplification-ZFE-apprentis-artificialisation-8-mesures-qui-detricotent-droits-sociaux-environnement">avait décryptée</a>. Cette notion ouvre la porte à de nombreuses dérogations, sur simple décret, pour accélérer des chantiers pourtant à fort impact environnemental.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/loi-simplification-ZFE-apprentis-artificialisation-8-mesures-qui-detricotent-droits-sociaux-environnement">Loi « simplification » : 8 mesures qui détricotent nos droits sociaux et environnementaux</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/ff419e6ed69d9267870835ef620cca-562b2.jpg?1785143303" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p><em>« Nous refusons que l’archéologie préventive soit réduite à une contrainte administrative ; que la logique militaire serve à contourner le droit commun du patrimoine ; que les personnels de l’archéologie subissent des délais intenables et une dégradation supplémentaire de leurs conditions de travail »</em>, dénonce le Collectif de lutte des archéologues nantais·es (Clan). Ce collectif, né il y a plusieurs années, alerte sur un sujet <em>« encore peu visible dans le débat public, alors qu’il pourrait créer un précédent dangereux »</em>.</p><p>C’est justement autour de cette loi dite « simplification » qu’une mobilisation inédite des archéologues, dont le Clan, avait émergé en juin 2025. Inédite, parce qu’elle a rassemblé des syndicats et des collectifs plus récents, comme le Clan ou le Gael (Groupe archéo en lutte). Une manifestation a eu lieu à Paris, avec une délégation reçue au ministère. Le secteur n’avait pas connu une telle mobilisation depuis une dizaine d’années.</p><h2 class="spip" id="Les-archeologues-unis-dans-la-mobilisation-depuis-un-an">Les archéologues unis dans la mobilisation depuis un an</h2><p>Cet été-là <em>« a soudé toute la population archéologue : opérateurs publics, privés, services régionaux d’archéologie, étudiants… Ce qui n’était pas trop le cas avant. On s’est tous rendu compte qu’on était dans le même bateau et que notre discipline archéologique était en danger »</em>, retrace Isaac, jeune archéologue qui travaille depuis deux ans pour une collectivité dans le centre de la France.</p><p>Le projet de loi élargissait alors fortement le spectre des projets qualifiables « d’intérêt national majeur », en les exemptant d’étude d’impact sur le patrimoine archéologique. La mobilisation s’était soldée par une victoire, puisque l’article en question avait été retiré du texte final. Reste la question des moyens : l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap), l’opérateur public des diagnostics et des fouilles archéologiques, subit <em>« un plan social à bas bruit »</em>, dénonce Séverine Hurard, secrétaire générale de la SGPA-CGT (Syndicat général des personnels du service public de l’archéologie) pour l’Inrap Île-de-France.</p><div class="spip_document_23224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="165" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2373864630 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg@.webp?1785227959 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg" width="960" height="540" alt="Manifestation d'archéologues dans les Pays-de-la-Loire en juin 2026" aria-describedby="by23224-22da8f5b17fcd970741bb484d0d83ecf" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/signal-2025-05-10-162601_002_mod.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23224-22da8f5b17fcd970741bb484d0d83ecf">Manifestation d’archéologues dans les Pays de la Loire en juin 2026, à l’occasion des Journées du patrimoine.
CLAN (collectif de lutte des archéologues nantais-es)
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="t97-CDD-perdus-rien-qu-en-2025-a-l-Inrap">97 CDD perdus rien qu’en 2025 à l’Inrap</h2><p>Cette docteure en archéologie, spécialiste des périodes médiévales à contemporaines et ingénieure chargée de recherche à l’Inrap, tire la sonnette d’alarme sur la baisse du plafond d’emplois au sein de cet organisme qui embauche presque la moitié des archéologues français. Pour bien comprendre : c’est le préfet de région – par délégation le service régional de l’archéologie (SRA) – qui prescrit des diagnostics. Le diagnostic est l’étape de vérification d’un terrain pour déterminer s’il recèle ou non des traces d’anciennes occupations humaines et doit être réalisé par un opérateur public (pour l’instant), l’Inrap en l’occurrence.</p><p>Lorsque le rapport rendu par l’Inrap aux autorités régionales dévoile que le terrain présente un intérêt archéologique, alors, celles-ci peuvent ordonner une prescription de fouilles. Là encore, l’Inrap peut envoyer ses équipes, notamment pour des chantiers importants (comme la base navale de Toulon, par exemple). Mais l’organisme public est, sur ce champ des fouilles effectives, mis en concurrence avec des opérateurs privés, comme Éveha, le principal bureau d’études archéologiques privé en France.</p><p>L’Inrap comptait <a href="https://www.inrap.fr/sites/inrap.fr/files/atoms/files/rapport_dactivite_2025_inrap.pdf" class="spip_out" rel="external">2200 salariés en 2025</a>. <em>« On perd en moyenne dix ETP</em> [équivalents temps plein, ndlr] <em>en CDI par an. Ces dernières années, ils profitent des départs en retraite pour ne pas les remplacer. Il y a aussi les licenciements pour inaptitude : là, on en est à sept en six mois »</em>, raconte la déléguée syndicale. Idem du côté des CDD : <em>« On a perdu 97 ETP sur la seule année 2025. Quand ça se passe dans <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/02/26/seb-contraint-de-delocaliser-sa-recherche-et-developpement-face-a-la-concurrence-asiatique_6668295_3234.html?srsltid=AfmBOoqRQd5gIwtR4Qrm0PUDQtiLM4pquJgEkchshvuraNifCP9khnZb" class="spip_out" rel="external">une entreprise comme SEB</a>, on appelle ça un plan social. »</em></p><p>En plus du non-remplacement des départs en retraite et des restrictions sur les embauches, l’Inrap réduit ses moyens humains par chantier. En archéologie, on calcule les moyens nécessaires en « jour-homme ». En deux ans, on est passé de 82 000 jours-hommes débloqués par an à 70 000. Lors de la présentation, en juillet, du budget gouvernemental rectificatif 2026 aux administrateurs de l’Inrap, <em>« il a été confirmé que ce plancher des 70 000 jours-hommes de diagnostics est devenu le nouveau plafond »</em>, regrette la CGT. Contactés par <em>Basta!</em>, ni l’Inrap ni le ministère de la Culture qui le chapeaute n’ont, pour l’heure, répondu à nos questions sur ces restrictions de moyens.</p><h2 class="spip" id="Des-diagnostics-divises-par-deux">Des diagnostics divisés par deux</h2><p>Le ministère de la Culture a cependant fourni ses dernières <a href="https://www.culture.gouv.fr/thematiques/archeologie/ressources-documentaires/donnees-chiffrees-de-l-archeologie/donnees-chiffrees-de-l-archeologie-preventive-au-1er-juin-2026" class="spip_out" rel="external">données chiffrées sur l’archéologie préventive</a> fin juin. En 2020, plus de 3300 terrains faisaient l’objet d’un diagnostic, exigé par les préfets de région afin de déterminer l’intérêt ou non d’y mener des fouilles. Cela représentait quasiment 9 % des dossiers reçus. En 2025, ce nombre a chuté à 2600 terrains. À peine 5 % des dossiers reçus qui, eux, ont augmenté.</p><p>C’est là le résultat d’une <em>« vision très comptable de l’archéologie »</em>, critique Fabien Lesguer, docteur en archéologie, ingénieur de recherches à Paris I et au CNRS, engagé à la CNT et au Clan. <em>« Les autorités font de la gestion des stocks, là où il s’agit de bien commun, de découverte historique, de potentiel</em>, s’attriste-t-il. <em>On a des services régionaux <a href="https://cgt-culture.fr/greve-des-agents-de-linrap-et-des-services-regionaux-darcheologie-pour-defendre-les-missions-et-les-emplois-du-service-public-de-larcheologie-sra-23751/" class="spip_out" rel="external">qui suppriment des emplois</a> alors que le nombre de dossiers à traiter augmente. Des aménageurs font constamment pression pour que des sites sortent des prescriptions et, par endroits, des préfets émettent des circulaires limitant les prescriptions. Et, de toute façon, il n’y a plus assez d’archéologues à l’Inrap pour réaliser les diagnostics. »</em></p><p>Certaines régions sont plus touchées que d’autres, en fonction des choix politiques budgétaires. Les Pays de la Loire, par exemple, se maintenaient au-dessus de la moyenne nationale, avec 13 % de diagnostics en 2020, mais la chute a été drastique : moins de 4 % en 2025. La présidente de région Christelle Morançais (LR) <a href="https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/saignee-budgetaire-dans-les-pays-de-la-loire-notre-region-est-un-test-pour-la-france-010822884" class="spip_out" rel="external">a considérablement réduit le budget de la culture</a>.</p><p>Les archéologues se tournent vers les collectivités locales pour tenter de pallier le désengagement de l’État. Mais elles-mêmes subissent la cure d’austérité. <em>« Dans mon association d’archéologues, on a dû licencier une personne qui était en poste depuis 20 ans, parce que le budget de la Drac a diminué, tout comme celui des collectivités locales qui nous appuyaient. Notre association est désormais en déficit, alors qu’elle était active depuis les années 1970 »</em>, raconte Fabien Lesguer.</p><h2 class="spip" id="Generation-precaire-mobilisee">Génération précaire mobilisée</h2><p>La nouvelle génération d’archéologues doit se battre contre des contrats précaires et le manque de débouchés. Tous les archéologues interrogés décrivent à <em>Basta!</em> 10 à 15 ans de contrats précaires avant d’espérer obtenir, peut-être, un CDI. Y compris dans le privé : <em>« Dans mon service, on est une vingtaine d’archéologues, il n’y en a que quatre en CDI. J’ai des collègues qui sont en CDD renouvelés depuis 8 ou 9 ans »</em>, décrit Quentin Rocher, archéologue médiévaliste, responsable d’opérations pour la société privée Archeodunum à Lyon.</p><p>Dans le public, alors que l’Inrap est le premier recruteur en France, la moyenne d’âge s’élève désormais à 54 ans. Les postes ne sont pas remplacés, ou pas de manière pérenne. Ce qui pose un vrai problème de perte de savoir-faire. <em>« Puisqu’on est constamment au chômage, on n’est pas sur le terrain en train d’apprendre et de se former. On va avoir un gros problème de transmission des connaissances entre les anciennes et les nouvelles générations »</em>, alerte Raphaël, qui a terminé ses études il y a un peu moins de deux ans. Faute de trouver du travail en France, lui et d’autres camarades de promotion sont allés en chercher en Allemagne, où les conditions sont loin d’être meilleures.</p><h2 class="spip" id="Quand-le-prive-s-engouffre-dans-les-failles-du-systeme">Quand le privé s’engouffre dans les failles du système</h2><p>D’autres quittent l’archéologie, par lassitude. Même si certains y reviennent, comme Maria Lorenzo Martinez, qui vient d’être titularisée à Dijon, après 15 ans de précarité, dont deux passées à envisager une reconversion. <em>« On peut tous témoigner de ces parcours très, très précaires qui durent plus d’une décennie. Alors que notre système est reconnu comme le meilleur au monde, voilà le modèle de vie d’un archéologue aujourd’hui en France. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/William-Blanc-pour-les-metteurs-en-scene-d-extreme-droite-la-nostalgie-est-un-produit-commercial">William Blanc : pour les metteurs en scène d’extrême droite, « la nostalgie est un produit commercial »</a></aside><p>Le privé s’engouffre dans cette <em>« crise »</em> du secteur, encouragé à produire des réponses de plus en plus agressives aux appels d’offres des chantiers de fouilles. <em>« C’est une guerre commerciale qui se met en œuvre »</em>, soupire Sebastien*, anciennement à l’Inrap et aujourd’hui en recherche d’emploi. Une guerre qui se joue aussi devant les tribunaux : Éveha, le principal opérateur privé, a porté plainte contre l’Inrap <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/haute-vienne/limoges/societe-eveha-basee-limoges-porte-plainte-contre-inrap-prise-illegale-interet-1435201.html" class="spip_out" rel="external">auprès de la justice française</a> et a saisi la <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:52022AS51268" class="spip_out" rel="external">Commission européenne</a>. L’entreprise tente de casser le monopole public sur la phase de diagnostic, afin de l’ouvrir à la concurrence privée, comme c’est déjà le cas pour la phase des fouilles.</p><p>Les inspections générales des finances et des affaires culturelles ont réalisé un audit de l’Inrap en début d’année. Alors qu’il devait se clôturer en mars, leurs conclusions n’ont pas été rendues publiques. Ce qui renforce l’inquiétude des archéologues.</p><p>*Prénom modifié</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 28 Jul 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[« Nous sommes tous touchés » : la facturation électronique imposée dès le 1er septembre inquiète]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="texteencadre-spip spip">En résumé :<ul class="spip" role="list"><li>La facturation électronique doit entrer en vigueur en France ce 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre 2026. Toutes les entreprises sont concernées, des auto-entrepreneur·ses à la multinationale.</li>
<li>Cette réforme, initiée au niveau européen, est censée faciliter la lutte contre la fraude à la TVA (plusieurs milliards d’euros à récupérer) et alléger les contraintes administratives.</li>
<li>Problème : plutôt que de mettre en œuvre une plateforme unique, publique et gratuite, comme d’autres pays l’ont fait, le gouvernement français a fait le choix d’ouvrir ce « marché » à la concurrence.</li>
<li>Résultat : près de 140 sociétés à but lucratif et autres start-up proposent un service de facturation électronique !</li>
<li>Les artisan·es, exploitant·es agricoles, micro-entrepreneur·ses, petites entreprises et associations, qui ne bénéficient pas de services comptables conséquents, se retrouveront ainsi face à une véritable jungle bureaucratique.</li>
<li>Les entreprises qui ne se conformeront pas à cette nouvelle mesure, ou qui resteront désorientées face à sa complexité, seront sanctionnées par des amendes de plusieurs centaines d’euros.</li>
<li>Face à cette absurdité, des collectifs se constituent et demandent un moratoire ainsi qu’un débat public.</li>
</ul><p>Si vous souhaitez alerter la rédaction de <em>Basta!</em> sur ce sujet, <a href="https://basta.media/contact">écrivez-nous ici</a> en indiquant « Transmettre un témoignage » en objet du message.</p></div><p>Celles et ceux qui ont une entreprise, quelle que soit sa taille, ont reçu ces dernières semaines une alerte mail de la direction générale des finances publiques (DGFiP). Son objet : <em>« Facturation électronique : désignation d’une plateforme de réception de factures électroniques »</em>. C’est le cas de Sabine, paysanne en Ariège. <em>« Nous sommes toutes et tous touchés par cette réforme. Nous, les petits artisans, auto-entrepreneuses, créateurs, paysannes, indépendants... »</em> confie-t-elle à <em>Basta!</em>. Les dirigeant·es des petites structures sont les plus préoccupé·es par ce basculement, <a href="https://www.ifop.com/article/enquete-aupres-des-clients-adherents-du-reseau-cerfrance-sur-la-facturation-electronique/" class="spip_out" rel="external">selon une enquête d’Ifop/Cerfrance</a>. <em>« Nous n’avons ni le temps, ni l’argent, ni, pour certain·es, la formation ou l’outil informatique adéquat. Ni l’envie ! »</em> souligne Sabine.</p><p>Cette crainte est partagée par des agent·es de la DGFiP censé·es précisément mettre en œuvre la réforme de la facturation électronique. <em>« Si les grandes entreprises et leur armée de comptables et experts-comptables sont au courant de ce qui se met en place, ce n’est pas le cas de beaucoup de contribuables qui pensent ne pas être concernés : les plus petites entreprises ou les auto-entrepreneurs, par exemple »</em>, illustre Linda Sehili, de Solidaires Finances publiques. </p><p>Les chiffres sont évocateurs : au 11 juillet 2026, seules 20 % des entreprises étaient affiliées à une plateforme, selon les données recueillies par <em>Basta!</em>. Or, 100 % des entreprises sont censées avoir fait ce choix d’ici le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre prochain. C’est ce qui explique la multiplication des messages d’alerte issus de la DGFiP.</p><aside class="c-repere">
<div class="c-repere-body"><div class="c-repere-response collapse" id="ca_ressemble_a_quoi_une_facture_electronique"><p>La facture papier scannée, en format PDF, Excel ou Word, envoyée par mail ou par courrier postal, n’est plus réglementaire. La facture électronique doit obligatoirement être générée par un logiciel de facturation adapté et normé. Cette facture comprend jusqu’à 34 mentions, dont une vingtaine obligatoires. Chaque facture doit ensuite transiter par une plateforme privée agréée, que chaque entreprise doit choisir. Cette plateforme distribue la facture au client qui peut l’accepter, la mettre en litige, ou la refuser.</p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Pourquoi-cette-reforme">Pourquoi cette réforme ?</h2><p>Cette réforme est une application d’une <a href="https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32014L0055" class="spip_out" rel="external">directive européenne de 2014</a> qui a imposé à toutes les entités publiques des États membres d’accepter et de traiter les factures électroniques conformes à la norme européenne. C’est ainsi que la France a décliné le portail Chorus Pro. Ce cadre a <a href="https://taxation-customs.ec.europa.eu/taxation/vat/vat-digital-age-vida_en" class="spip_out" rel="external">ensuite été complété par le projet ViDA</a>, porté par la Commission européenne, visant à moderniser le système de TVA en généralisant la facturation électronique pour les échanges transfrontaliers entre entreprises d’ici 2030.</p><div class="spip_document_23215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="240" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://www.youtube.com/watch?v=H54PThAG6y0" class="spip_out spip_doc_lien" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3305371541 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp?1784801380 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png@.webp?1784891937 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png" width="960" height="677" alt="un homme à lunettes et en cravate qui représente le gouvernement" aria-describedby="by23215-47e8d6b1d46ee02f43b6752f5e5aa298" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/reponse_ministre_industrie_facturation_electronique.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23215-47e8d6b1d46ee02f43b6752f5e5aa298">Le ministre délégué en charge de l’Industrie, interrogé le 7 avril 2026 par la députée insoumise Mathilde Hignet sur les impacts de la réforme de la facturation électronique. Cliquez sur l’image pour accéder à cet échange.
Capture d’écran
</figcaption></figure></div><p>Le gouvernement français affiche plusieurs objectifs. D’abord, lutter plus efficacement contre la fraude à la TVA, principale ressource fiscale de l’État. Le <em>« manque à gagner »</em> en France est compris <a href="https://www.impots.gouv.fr/dgfip-analyses-le-manque-gagner-de-tva-en-france" class="spip_out" rel="external">entre 6 et 10 milliards d’euro</a> selon la DGFiP, et <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/6478533" class="spip_out" rel="external">20 à 25 milliards selon l’Insee</a>. Les secteurs du commerce et de la construction sont dans le viseur des autorités qui entendent, avec la facturation électronique, recouper plus aisément ventes effectuées et déclarations de TVA.</p><p>L’État entend aussi mieux connaître l’activité des entreprises en temps réel. Il en est convaincu : cette réforme représente un allègement administratif. Interrogé le 7 avril 2026, le ministre délégué chargé de l’Industrie, Sébastien Martin, a insisté sur <em>« la réduction des coûts d’impression et d’envoi des factures »</em>, <em>« la diminution des délais de paiement grâce à la réduction des erreurs et litiges »</em>, <em>« la simplification de la gestion des factures et de la TVA »</em>. Un allègement vu d’en haut que ne partage pas Linda Sehili, de Solidaires Finances publiques : <em>« Ça va représenter pour les plus petites entreprises des coûts supplémentaires : à la fois matériels, parce qu’il va falloir adhérer à une plateforme, mais aussi des coûts en temps et en compréhension. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Pourquoi-se-retrouve-t-on-a-choisir-entre-140-plateformes-privees">Pourquoi se retrouve-t-on à choisir entre 140 plateformes privées ?</h2><p>C’est le 15 octobre 2024, au détour d’une obscure formule technique inscrite dans un <a href="https://presse.economie.gouv.fr/letat-accompagnera-la-generalisation-de-la-facturation-electronique-entre-entreprises/" class="spip_out" rel="external">communiqué de presse du ministère de l’Économie et des Finances</a>, que les entreprises ont appris qu’elles allaient toutes devoir payer pour émettre et recevoir des factures. Ce jour-là, l’État a annoncé abandonner la mise en place de son portail public de facturation électronique (gratuit), et confier à des plateformes privées agréées l’entièreté de la facturation électronique.</p><div class="spip_document_23216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="243" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3832695185 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp?1784801730 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png@.webp?1784891938 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png" width="960" height="1026" alt="fichier excel avec des listes de contacts de plateformes agréées de facturation électronique" aria-describedby="by23216-69004166031d2f6eb14cbfcbbfb6e662" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/listes_plateformes_facturation_electronique.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23216-69004166031d2f6eb14cbfcbbfb6e662">La liste des plateformes agréées par l’administration française en recense près de 140 dans un fichier dont voici un extrait. Chacun·e doit ensuite faire un choix, quelle que soit la taille de sa structure.
Capture d’écan du site impots.gouv
</figcaption></figure></div><p><em>« L’administration a justifié l’arrêt du développement de la plateforme publique et le recours à des plateformes privées par la nécessité de sécuriser les données »</em>, observe Linda Sehili, qui dénonce cette privatisation. Résultat ? Au 10 juillet 2026, près de <a href="https://www.impots.gouv.fr/je-consulte-la-liste-des-plateformes-agreees" class="spip_out" rel="external">140 plateformes sont agréées par l’État</a>. Pour ces plateformes, dont beaucoup sont des start-up, c’est le jackpot avec deux milliards et demi de factures éditées chaque année.</p><p>Sur ce sujet, le ministre délégué chargé de l’Industrie affirme : <em>« Nous ne voulons pas de monopole et laisser le soin aux chefs d’entreprises de choisir. »</em> Sauf qu’il est difficile de juger de la fiabilité de ces plateformes parmi la centaine proposée, en particulier de la sécurité des données transmises. <em>« La DGFiP nous assure qu’il y a, à chaque fois, des solutions gratuites, mais on sait très bien que ce seront des solutions minimales avec des services supplémentaires payants. Là encore, ça va creuser les inégalités »</em>, relève Linda Sehili.</p><p>Des pays européens ont fait d’autres choix. L’Italie est le premier pays à avoir mis en œuvre l’utilisation de la facturation électronique de manière généralisée, d’abord dans le secteur public (2014) puis dans le secteur privé (2019). Contrairement à la France, l’administration italienne propose une plateforme gouvernementale unique et gratuite, avec un seul format informatique pour traiter et gérer les factures et la TVA. Ce système a permis à l’État italien de récupérer entre deux et quatre milliards d’euros de TVA supplémentaires par an, dans les premières années suivant sa mise en place.</p><h2 class="spip" id="Une-surtransposition-francaise-avec-des-sanctions-a-la-cle">Une surtransposition française, avec des sanctions à la clé ?</h2><p>En France, le premier volet de la réforme s’applique à compter du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre 2026, avec l’obligation de choisir une plateforme agréée pour recevoir les factures électroniques envoyées par les grandes entreprises et les entreprises de taille intermédiaire – on parle de « e-reporting ». Au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre 2027, toutes les entreprises devront également utiliser une plateforme pour émettre les factures de vente au format électronique (« e-invoicing »).</p><div class="spip_document_23217 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="183" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3233762835 png loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp?1784802125 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png@.webp?1784891943 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png" width="960" height="562" alt="mail de la dgfip alerte facturation électronique" aria-describedby="by23217-c2496c92d5894e086ecd06ecdee292cb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/alerte_mail_dgfip_facturation_electronique.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23217-c2496c92d5894e086ecd06ecdee292cb">Extrait de l’alerte mail envoyé par la direction générale des finances publiques à toutes les entreprises assujetties à la TVA, qu’elles en soient ou non redevables.
Capture d’écran
</figcaption></figure></div><p><em>« Si nous ne sommes pas dans les clous, nous serons sanctionnés »</em>, redoute Sabine, paysanne en Ariège. Car, contrairement à d’autres pays européens, la France a fait le choix d’amendes élevées, applicables dès l’entrée en vigueur de la réforme. La <a href="https://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A18802" class="spip_out" rel="external">loi de finances pour 2026</a> indique que l’assujetti·e n’ayant pas désigné une plateforme agréée d’ici le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre, sera mis·e en demeure de s’y conformer dans un délai de trois mois. À l’expiration de ce délai, soit le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> décembre prochain, les assujetti·es écoperont de 500 euros d’amende, puis 1000 euros supplémentaires tous les trois mois tant que la situation n’est pas régularisée. Pour toute non-transmission des données de transaction et paiement (e-reporting), l’amende est de 500 euros par transmission. <em>« Ces sanctions vont s’appliquer à nos systèmes économiques déjà fragiles »</em>, alerte Sabine.</p><p>Solidaires Finances publiques a soulevé cette question des sanctions auprès de la direction générale des finances publiques. <em>« La DGFiP nous a dit qu’ils seraient plus tolérants les premiers mois</em>, souligne Linda Sehili. <em>En réalité, ils ne vont pas avoir le choix, parce que ça nous paraît improbable que ça démarre au 1<sup class="typo_exposants">er</sup> septembre 2026. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/face-au-tout-numerique-comment-emmaus-connect-accompagne-les-exclus-de-la-dematerialisation-CAF">Face au tout numérique, comment Emmaüs Connect accompagne les exclus de la dématérialisation</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/e18dad48594e60a7a24e08a7bd3daf-88bd1.jpg?1784801352" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Des collectifs se sont constitués ces derniers mois, comme dans le pays de Redon, en Bretagne. Là, un collectif de paysan·nes, artisan·nes et autoentrepreneur·ses a multiplié ces dernières semaines les rencontres avec les services de l’État pour revendiquer <em>« davantage d’inclusion, de juste mesure et de pragmatisme »</em>. En Ariège, un collectif appelle à <em>« <a href="https://basta.media/IMG/pdf/tract_non_a_la_facturation_e_lectronique.pdf">un véritable débat public et à un moratoire</a> sur cette obligation tant qu’une réelle concertation n’aura pas eu lieu »</em>.</p><p>Au niveau national, l’association Solidarité Paysans réclame la possibilité de <a href="https://solidaritepaysans.org/notre-action/actualites/facturation-electronique-un-remembrement-administratif-qui-ne-dit-pas-son-nom" class="spip_out" rel="external">laisser le choix entre la solution papier et numérique</a> : entre un tiers et la moitié des personnes qu’elle accompagne ont des difficultés avec la dématérialisation, notamment les plus âgées et isolées. Le groupe de La France insoumise à l’Assemblée vient également de déposer une <a href="https://www.facebook.com/reel/1353357240327339" class="spip_out" rel="external">proposition de loi visant à instaurer un moratoire</a> sur l’application de l’obligation de facturation électronique aux auto-entrepreneur·ses, TPE, PME et agriculteur·ices, <em>« tant qu’aucun portail public de facturation n’aura été mis en place »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Nous-sommes-tous-touches-reforme-facturation-electronique-application-1-septembre-questions-reponses</link>
      <guid>https://basta.media/Nous-sommes-tous-touches-reforme-facturation-electronique-application-1-septembre-questions-reponses</guid>
      <pubDate>Mon, 27 Jul 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Les fonctionnaires sont là pour servir le collectif, dans un monde ultra-individualiste, mais n'ont plus les moyens de le faire »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La souffrance psychique au travail est un sujet dont les sénateurs de la droite et du centre n’ont pas envie d’entendre parler. Le 8 juillet, ils ont voté contre la publication d’un rapport consacré au sujet, mené sous la direction de la sénatrice centriste Annick Girardin. Le rapport ne sera donc pas rendu public. L’avocate Christelle Mazza, qui défend des fonctionnaires en souffrance depuis 20 ans, fait partie des expertes et experts auditionnés par le Sénat : elle estime que la non-publication du rapport d’Annick Girardin s’apparente à de la censure.</p><p>Faire le silence sur l’état des agents publics est une tradition : il n’existe, par exemple, aucune donnée sur le nombre de suicides au travail dans les services publics. Pour Christelle Mazza, cette omerta est d’autant plus dommageable qu’il y a urgence. Pris en étau entre leur envie de bien travailler et l’impossibilité de le faire, à cause de moyens sans cesse réduits, les fonctionnaires sont en mauvaise santé. Alors que plusieurs corps de métier de la fonction publique sont actuellement sursollicités face aux conséquences du réchauffement climatique – pompiers, soignants, météorologues, agents des offices nationaux des forêts ou de la biodiversité, fonctionnaires territoriaux, techniciens des entreprises publiques... –, Christelle Mazza alerte : l’effondrement en cours des fonctionnaires peut précéder celui de notre démocratie.</p><h3 class="spip" id="Basta-Qui-sont-les-fonctionnaires-qui-viennent-vous-voir-et-pour-quelles-nbsp"><em>Basta!</em> : Qui sont les fonctionnaires qui viennent vous voir, et pour quelles raisons vous sollicitent-ils ?</h3><div class="spip_document_23218 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="254" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/christelle_mazza_cre_dit_marin_laborne.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4041161969 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg@.webp?1784884243 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by23218-e170c06f0aca1f06d8bbca20ea511afa" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/e7/7a3a35f9f4bc9fdccdc2d03f758711.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23218-e170c06f0aca1f06d8bbca20ea511afa">Christelle Mazza est avocate en droit de la fonction publique et droit pénal du travail public. Autrice de <em>Souffrance au travail dans le service public. Sortir du silence, entrer en résistance</em>, paru aux Éditions du puits fleuri en 2026.
© Marin Laborne
</figcaption></figure></div><p><strong>Christelle Mazza :</strong> Je reçois « tout type » d’agents publics : titulaires ou contractuels, hauts fonctionnaires et agents territoriaux. Ils sont magistrats, pompiers, enseignants, policiers, soignants, directeurs de services dans les mairies, agents d’entretien dans les collèges, etc. Je reçois aussi des agents de la fonction publique hospitalière – avec tous les corps d’emploi et tous les grades, des directeurs aux ouvriers en passant par les paramédicaux.</p><p>La plupart viennent me voir parce qu’ils sont victimes de harcèlement moral. C’est souvent la seule infraction pour laquelle je les défends sur le terrain pénal. Mais c’est à chaque fois le « bout du fil », le signe d’un problème systémique, qui va bien au-delà de simples histoires interpersonnelles. Cela m’est apparu comme une évidence à partir de 2012-2013, quand j’ai commencé à recevoir beaucoup de dossiers de La Poste, de l’hôpital et de France Télécoms : ce sont trois gros dossiers de harcèlement, mais aussi trois services publics complètement démantelés autour des années 2010. Derrière le harcèlement moral, il arrive que ces fonctionnaires constatent également des prises illégales d’intérêt, du favoritisme et des détournements de fonds publics. C’est quelque chose que je vois de plus en plus.</p><p>Souvent, ils sont dans l’incompréhension, dans une sorte de sidération, voire de la naïveté, qui est très frappante. Ils ne parviennent pas à comprendre la trahison de l’État, qui harcèle plus qu’il ne défend ceux qui dénoncent les atteintes à la probité.</p><p>Prenons un exemple : j’ai reçu récemment un agent d’une petite collectivité qui compte quelques dizaines d’agents, dans un territoire rural. Il vient me voir car son supérieur hiérarchique a commis « une erreur » qu’il est le seul à dénoncer : <em>« Les agents catégorie C se trouvent avec une prime trois fois plus élevée que celle des agents catégorie A. J’ai cru comprendre que l’on justifiait ce "calcul" par une démarche sociale pour essayer d’aligner les rémunérations, mais ce n’est pas logique par rapport au corps d’emploi »</em>, dit-il. Je lui ai répondu que ce n’était pas une erreur de calcul mais bien un choix délibéré. Il s’avère que la date de cette « erreur » se situe en effet deux ou trois mois avant les élections municipales. Il est fort probable que cela constitue une forme d’achat des voix électorales parmi les agents les plus précaires et les plus dépendants économiquement. Cela arrive dans de nombreuses collectivités territoriales.</p><p>J’ai cette lecture « macro » de la réalité, des mécaniques à l’œuvre grâce à vingt années d’observation de la souffrance au travail dans le service public et la défense contentieuse des agents. Pour eux, c’est difficile à voir parce que tout est très fragmenté dans les services. Les gens ne se parlent pas, ils ne sont pas au courant de ce qui se passe dans le bureau voisin, donc ils viennent toujours me voir depuis leur « petite case ». Prendre du recul leur permet de comprendre, objectivement, qu’ils ne sont pas le problème mais qu’il y a quelque chose de beaucoup plus vaste qui est à l’œuvre.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="De-quoi-souffrent-les-personnes-que-vous-defendez-Que-leur-arrive-t-il-nbsp">De quoi souffrent les personnes que vous défendez ? Que leur arrive-t-il pour qu’elles viennent vous voir ?</h3><p>Quand les gens viennent me voir, ils ne parlent pas de souffrances personnelles mais plutôt de violence éthique. C’est quelque chose de très particulier dans la fonction publique. Ils ne peuvent pas atteindre leurs objectifs, parce qu’ils n’ont pas les moyens de le faire. Or, leurs objectifs relèvent de l’intérêt général, cela génère donc une violence très particulière. Cela peut être un enseignant avec ses élèves ou une infirmière avec ses patients. Cette violence éthique, on la retrouve aussi parmi les fonctionnaires des agences environnementales, comme l’Office français de la biodiversité (OFB) ou l’Office national des forêts (ONF), où les gens sont viscéralement attachés à la nature. Je pense beaucoup à eux en ce moment avec les incendies qui ravagent les territoires, cela doit être une violence terrible.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les gens sont totalement écrasés, pris entre l’obligation de servir et l’impossibilité de le faire. Résultat : ils s’écroulent »</p>
</aside><p>La démarche des agents publics, quand ils poussent la porte de mon cabinet, s’inscrit toujours dans la défense de l’intérêt général, à quelques exceptions près. Quand je discute avec eux, assez rapidement, ils s’effacent derrière la cause. C’est directement lié à leur statut : on leur demande de se soumettre, d’obéir, d’assurer la continuité de service pour le bien de la nation. Le problème, c’est que le service public ne fonctionne pas dans la légalité, les agents n’ont pas les moyens de travailler, il n’y a pas assez d’argent disponible car il est détourné. Les gens sont totalement écrasés, pris entre l’obligation de servir et l’impossibilité de le faire. Résultat : ils s’écroulent.</p><h3 class="spip" id="Le-demembrement-des-services-publics-decide-au-niveau-national-et-appuye-nbsp">Le démembrement des services publics, décidé au niveau national et appuyé par les institutions européennes, a commencé dès la fin des années 1980. Droite et gauche y ont participé…</h3><p>Oui. Traditionnellement, on pense que le service public c’est quelque chose qui est de gauche, et que la droite s’y oppose dans un souci d’économie libérale. Mais le démembrement de l’État est transpartisan. C’est, par exemple, le gouvernement du socialiste Lionel Jospin qui a décidé de flexibiliser l’emploi public par le recours aux contractuels en 2001. On sait que cela coûte une fortune, dans l’hôpital notamment. On a bien sûr une grande bascule sous Nicolas Sarkozy, à partir de 2007, avec la mise en place de la révision générale des politiques publiques <em>[RGPP, qui promettait le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ndlr]</em>. Il s’agit en fait d’un immense plan social, un véritable démembrement de l’État, dont la souffrance au travail des agents est le symptôme.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les détournements de fonds se poursuivent avec, par exemple, le scandale du recours à des cabinets de conseil, comme McKinsey »</p>
</aside><p>Quand Emmanuel Macron arrive en 2017, il vient ancrer tout ce qui avait démarré sous Nicolas Sarkozy et que François Hollande n’a pas vraiment interrompu. Depuis, on a basculé dans la « French Tech » et la « Start-up Nation » : on dirige l’État, comme si c’était un énorme marché, l’économie est devenue toute-puissance. Et les détournements de fonds se poursuivent avec, par exemple, le scandale du recours à des cabinets de conseil, comme McKinsey, <a href="https://www.publicsenat.fr/actualites/institutions/une-nouvelle-enquete-sur-le-cabinet-mckinsey-et-ses-liens-avec-emmanuel-macron-en-echo-aux-travaux-du-senat" class="spip_out" rel="external">toujours à l’instruction</a> [<a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="McKinsey est au cœur d’une enquête sénatoriale menée en 2022 à propos de (…)" id="nh1">1</a>]. Cela coûte des fortunes à l’État, qui se fait totalement « racketter ». Encore une fois, les services publics pourraient très bien fonctionner si on ne détournait toute une partie de l’argent public.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Greves-AED-AESH-precaires-Education-nationale-mobilisation-2-9-juin">Grèves des précaires de l’Éducation nationale : AED et AESH mobilisés pour un vrai statut</a></aside><h3 class="spip" id="Le-vaste-plan-de-demembrement-des-services-publics-s-est-accompagne-d-un-nbsp">Le vaste plan de démembrement des services publics s’est accompagné d’un récit très puissant, affirmant qu’ils ne sont pas efficaces, que les fonctionnaires ne travaillent pas assez et coûtent cher, etc. Ce discours est aujourd’hui bien installé. Qu’en pensez-vous ?</h3><p>C’est quelque chose que je trouve absolument insupportable, ne serait-ce que sur un terrain strictement intellectuel. Le fait que les fonctionnaires ne sont pas efficaces et coûtent cher, cela n’a jamais été étayé ni statistiquement ni économiquement. C’est un mythe qui a été construit, qui permet de stigmatiser les fonctionnaires plutôt que de questionner le système et la façon dont les fonds publics sont détournés. C’est efficace, d’un certain point de vue, puisque les usagers confrontés au démembrement des services publics ciblent les fonctionnaires : tel prof est encore absent, tel flic met quatre heures à prendre une plainte, etc. Jamais on ne vient se poser la question de pourquoi les agents publics « sont trop lents » ou « ne sont pas efficaces ».</p><div class="spip_document_23219 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="127" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/livre_mazza.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3663124996 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/800/20x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp 1600w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 1440w, local/adapt-img/800/20x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 1600w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/800/15x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp 1200w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 1080w, local/adapt-img/800/15x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 1200w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/800/10x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg@.webp?1784884251 800w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/800/10x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg" width="800" height="800" alt="" aria-describedby="by23219-1363474d1e2b73b9c476bbd8f75b364a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 720w, local/adapt-img/800/10x/IMG/jpg/livre_mazza.jpg 800w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23219-1363474d1e2b73b9c476bbd8f75b364a">Le livre de Christelle Mazza, <a href="https://puitsfleuri.com/index.php?id_product=426&amp;rewrite=souffrance-au-travail-des-agents-publics&amp;controller=product" class="spip_out" rel="external"><em>Souffrance au travail dans le service public</em></a>, Éditions du puits fleuri, janvier 2026, 29 euros.
</figcaption></figure></div><h3 class="spip" id="On-entend-aussi-beaucoup-que-les-fonctionnaires-ne-peuvent-pas-se-faire-nbsp">On entend aussi beaucoup que les fonctionnaires ne peuvent pas se faire licencier s’ils travaillent mal, contrairement aux salariés du secteur privé…</h3><p>C’est aussi une légende. Bien sûr que le licenciement existe dans la fonction publique : licenciement disciplinaire, licenciement pour insuffisance professionnelle, etc. Pourquoi l’État ne licencie-t-il pas tous ces gens qui « ne font rien » ? Parce qu’ils ont un problème d’effectifs, très clairement. Qui viendra prendre le travail des personnes licenciées ? Personne, parce que les conditions de travail sont dramatiques. Si tous les agents publics faisaient grève pendant 48 heures, cela nous ferait un drôle d’effet. On se rendrait compte qu’ils ne sont pas si « fainéants ».</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Ce sont des gens qui aiment la nation, qui aiment l'intérêt général, et qui sont là pour servir le collectif, dans un monde ultra-individualiste »</p>
</aside><p>Ceux qui se plaignent des absences des enseignants ont-ils déjà été faire classe devant 30 élèves dans la société d’aujourd’hui ? Il y a une pénibilité au travail qui est monstrueuse, et une pression qui est quasiment impossible à tenir. Beaucoup sont en souffrance. Donc les gens craquent. Et, d’ailleurs, les conditions sont si difficiles que plus personne ne veut travailler dans l’Éducation nationale.</p><h3 class="spip" id="Vous-expliquez-que-contrairement-aux-discours-politiques-qui-ne-parlent-que-nbsp">Vous expliquez que, contrairement aux discours politiques qui ne parlent que d’argent, les agents publics ne parlent quasiment jamais de leur rémunération. Pourquoi ?</h3><p>Effectivement. Ce n’est jamais un sujet quand les gens viennent me voir. Ils intègrent dès l’origine. Qu’ils aient une grille indiciaire avec un avancement à l’ancienneté ou au mérite, il n’y a aucune marge de manœuvre du côté de leur rémunération. S’ils viennent, c’est pour mener des combats de dignité. Dignité de la personne, mais aussi dignité de l’intérêt général. Leurs combats sont désintéressés.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/hopital-a-lyon-les-urgences-en-greve-face-au-sous-effectif-chronique">Hôpital : à Lyon, les urgences en grève face au sous-effectif chronique</a></aside><h3 class="spip" id="Vous-dites-que-les-souffrances-des-fonctionnaires-et-dysfonctionnement-des-nbsp">Vous dîtes que les souffrances des fonctionnaires et dysfonctionnement des services sont un signe de notre effondrement démocratique, et devraient à ce titre nous alerter. Pourquoi ?</h3><p>Quand on parle de la fonction publique, on est au cœur des institutions. La souffrance des agents a forcément des conséquences sur le fonctionnement de la démocratie et des institutions républicaines. Il faut comprendre qu’il y a un lien entre la déshérence politique totale et l’effondrement du service public. Des dossiers de harcèlement moral que je défends sont directement liés à des problèmes de probité dans les services de police, de justice ou dans la pénitentiaire. On a des dysfonctionnements graves au sein de ministères régaliens <em>[liés à la souveraineté de l’État, ndlr]</em>. C’est très inquiétant et, plutôt que de stigmatiser les fonctionnaires, il faut de toute urgence les soutenir, car ce sont de vrais résistants. Ce sont des gens qui aiment la nation, qui aiment l’intérêt général, et qui sont là pour servir le collectif, dans un monde ultra-individualiste. C’est vraiment une petite oasis de fraternité républicaine.</p><h3 class="spip" id="Que-doivent-ils-faire-pour-reprendre-du-pouvoir-dans-leur-travail-et-nbsp">Que doivent-ils faire pour reprendre du pouvoir dans leur travail, et comment peut-on les soutenir ?</h3><p>Il faut que les agents publics se réapproprient leur statut. On les a tellement endoctrinés avec le devoir de réserve qu’ils ont oublié qu’ils avaient un statut qui les protégeait contre l’État. Ils ont un droit de retrait, le droit de ne pas exécuter un ordre illégal et l’article 40 du Code de procédure pénal qui précise que tout agent public qui, dans l’exercice de ses fonctions, <em>« acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République »</em>. Cet article 40 offre un vrai statut de lanceur d’alerte pour les agents publics.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Globalement, la culture en droit public des syndicats est trop faible, il faudrait qu’ils se saisissent davantage de ce sujet »</p>
</aside><p>Je vous garantis que, si les agents commencent à « faire des articles 40 », ils vont inonder les parquets qui sont déjà noyés, et on va s’apercevoir de la flambée des atteintes à la probité dans notre démocratie. Je l’ai déjà dit mais au lieu de dire que les fonctionnaires ne font rien, il vaudrait mieux s’intéresser aux finances publiques, à tous les échelons. Il y a donc une vraie culture à réintroduire autour de cet article 40, y compris du côté des syndicats. Globalement, la culture en droit public des syndicats est trop faible, il faudrait qu’ils se saisissent davantage de ce sujet. Je reçois beaucoup de messages d’agents publics qui me remercient de parler pour eux car personne ne le fait. Ils représentent 25 % de la population active, c’est énorme !</p><p><strong>Les syndicats, collectifs et partis politiques pourraient également participer à la lutte contre l’omerta qui règne sur ces sujets. Dernier évènement en date le 8 juillet 2026, avec l’interdiction de publication du rapport du Sénat consacré à la souffrance psychique au travail…</strong></p><p>Cette <a href="https://www.sante-et-travail.fr/souffrance-travail-recommandations-interdites-du-senat" class="spip_out" rel="external">interdiction de publication</a> est un scandale absolu, cela s’appelle de <a href="https://www.youtube.com/watch?v=et6H8UgTD_U" class="spip_out" rel="external">la censure</a>. J’ai été auditionnée dans le cadre de cette mission d’information. Cette <a href="https://videos.senat.fr/video.5849802_6a16e9e4f1ba0" class="spip_out" rel="external">audition</a> a été visionnée plus de 500 000 fois, preuve que le sujet intéresse ! Beaucoup de gens sont concernés. Mais l’État n’en a que faire. Pire : il ne veut pas que l’on sache.</p><p>Nous n’avons aucune statistique exhaustive concernant le nombre d’agents publics qui se suicident dans le cadre de leur travail, alors que c’est un phénomène vraiment très répandu, et très grave. Je sais que cela concerne toutes sortes de métiers, de par les dossiers que je suis, mais l’État ne communique pas sur ce point, et ne produit pas de chiffres. Il y a là une omerta très problématique.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les agents publics représentent un tissu extrêmement vaste de solidarité, ce n’est pas une chimère »</p>
</aside><p>L’administration publique préfère mettre en avant les raisons individuelles des suicides. On occulte, et c’est propre au capitalisme, la responsabilité collective pour mettre en avant la responsabilité de l’individu. Le problème serait l’individu. Cela permet d’évacuer la problématique réelle, à savoir l’organisation collective qui crée de dégâts terribles parmi les fonctionnaires.</p><p>Cette occultation va bien au-delà des suicides. Dans la police, par exemple, on n’a aucune donnée sur les accidents et maladies professionnelles depuis 2014 ! C’est obligatoire, normalement, dans l’administration comme dans n’importe quelle entreprise, de rendre compte de ses bilans sociaux annuellement.</p><p>Oui, je garde espoir, parce que je vois que les agents publics représentent un tissu extrêmement vaste de solidarité, ce n’est pas une chimère. Il existe réellement. Je le vois quand je fais des séances de dédicaces, liées à la publication de mon livre. Je vois tous ces agents qui ne se connaissent pas venir timidement, et prendre la parole. Ils vivent et décrivent tous exactement la même chose et continuent de vouloir s’occuper de l’intérêt général. Il faut des gens pour les rassembler.</p><p>La recommandation numéro 37 du rapport sénatorial censuré le 8 juillet dernier pourrait constituer une première étape de rassemblement : il s’agit de former une inspection interministérielle <em>ad hoc</em> sur la souffrance au travail des agents publics, qui publierait ses travaux. Ce genre d’étude pourrait permettre de reconstruire la solidarité avec les fonctionnaires.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Les-fonctionnaires-sont-la-pour-servir-le-collectif-dans-un-monde-ultra-individualiste-Cristelle-Mazza-interview-souffrance-au-travail</link>
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      <pubDate>Fri, 24 Jul 2026 16:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Feux, déni climatique et gouvernements pyromanes : alerte rouge partout dans le monde]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Des images de fumée sombre au-dessus des forêts de pin françaises se retrouvent dans les médias internationaux. <em>The Guardian</em> montre, en vidéo et en images, <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/jul/23/people-evacuated-intense-wildfire-saumos-france" class="spip_out" rel="external">les incendies qui ravagent</a> le sud-ouest de la France.</p><div class="spip_document_19742 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="143" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/png/indes-international_portrait--emma.png" width="325" height="325" alt="Portrait dessiné de la journaliste Emma Bougerol" aria-describedby="by19742-38e7bf01a334c29cee3ea81b5ded6df9" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by19742-38e7bf01a334c29cee3ea81b5ded6df9">L’édito international d’Emma Bougerol. Pour découvrir notre revue de presse « Chez les indés - International », <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">inscrivez-vous ici.</a>
</figcaption></figure></div><p><em>« Depuis mai, la France a subi trois vagues de chaleur quasi consécutives, alors que le dérèglement climatique entraîne des phénomènes météorologiques de plus en plus fréquents et extrêmes, provoquant des milliers de décès supplémentaires, asséchant les sols et les cours d’eau et alimentant les feux de forêt »</em>, rappelle le journal.</p><p>Le quotidien britannique mentionne également l’Espagne, elle aussi en proie aux flammes. Au 22 juillet, déjà, l’Europe avait brûlé deux fois plus que la moyenne à la même date sur les 20 dernières années. <em>« La France a battu des records en termes de superficie brûlée ; avec l’Espagne, elle a battu des records en termes de nombre d’incendies. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-monde-brule-les-pyromanes-s-amusent-a-jouer-sur-les-droits-de-nbsp">« Le monde brûle, les pyromanes s’amusent à jouer sur les droits de douane »</h2><p>Dans le parc naturel de la Sierra Norte de Guadalajara, à deux heures au nord de Madrid, les flammes ont englouti plus de 32 000 hectares. La progression du feu a été finalement ralentie le 21 juillet. Avec l’exemple de ce parc, le média <em>elDiario</em> <a href="https://www.eldiario.es/sociedad/fuego-ceba-zonas-protegidas-mapa-medio-millon-hectareas-arrasadas-incendios_1_13397145.html" class="spip_out" rel="external">s’inquiète vivement pour les zones naturelles</a> espagnoles. L’année dernière avait été une année record, là où le plus de zones protégées avaient brûlé. <em>« Et 2026 s’annonce déjà comme une année à part. 38 % de la superficie brûlée cette année se situe dans des zones protégées »</em>, note le site d’information.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>De l’autre côté de l’Atlantique, <em>« des feux de forêt font rage dans toutes les provinces et tous les territoires du Canada, réduisant en cendres des communautés entières des Premières Nations et bouleversant la vie de milliers de personnes évacuées »</em>, raconte <em>The Narwhal</em>. Le média indépendant canadien <a href="https://thenarwhal.ca/wildfires-canada-carbon-capture-promises/" class="spip_out" rel="external">lie directement ces incendies au réchauffement climatique</a>, et pointe du doigt les responsables. <em>« Pour ne plus aggraver le problème, le gouvernement canadien pourrait imposer des limites strictes aux émissions de dioxyde de carbone de l’industrie pétrolière et gazière. Mais le Premier ministre Mark Carney a rejeté cette idée. »</em></p><p>La fumée de ces feux arrive désormais jusqu’aux États-Unis. Donald Trump accuse le pays voisin <em>« d’empoisonner son air »</em> et a demandé au Premier ministre canadien <em>« d’empêcher les feux de se propager »</em>, menaçant de nouveaux droits de douane. Dans <em>The Guardian</em>, <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2026/jul/22/trump-canada-wildfires-blame-air-pollution-climate-crisis" class="spip_out" rel="external">la chroniqueuse Arwa Mahdawi</a> écrit : <em>« Il s’avère que la fumée ne connaît pas de frontières. Et, à mesure que les conditions météorologiques deviennent de plus en plus extrêmes, la situation ne va faire qu’empirer : le monde est littéralement en feu et, pendant qu’il brûle, les pyromanes s’amusent à jouer sur les droits de douane. »</em></p><h2 class="spip" id="Il-n-y-aura-pas-de-lt-lt-retour-a-la-normale">Il n’y aura pas de « retour à la normale »</h2><p>Les conséquences du climatoscepticisme des dirigeants politiques se voient également en Argentine, où le feu menace constamment la Patagonie et les Andes. Au 15 juillet, déjà plus de 60 000 hectares de forêts <a href="https://www.eldiarioar.com/opinion/tribuna/patagonia-arrasada-fuego-negacionismo-climatico-debilitamiento-legislativo_129_13382884.html" class="spip_out" rel="external">étaient partis en flammes</a>. Soit trois fois la superficie de la capitale argentine, souligne <em>elDiario AR</em>. <em>« Après avoir réussi à affaiblir la loi sur les glaciers, le gouvernement Milei s’attaque désormais à la loi sur la gestion des incendies et à la loi forestière,</em> explique le média argentin. <em>Alors que les écosystèmes s’effondrent, l’objectif est d’éliminer les derniers outils juridiques qui les protègent. »</em></p><p>Face à l’inaction politique, la revue <em>Anfibia</em> raconte qu’en Patagonie <em>« les communautés, les chercheurs, les pompiers et les militants cherchent de nouvelles façons d’habiter le territoire »</em>. Ils ont vécu les incendies, et ils feront inévitablement partie de leur futur. Le <em>« retour à la normale »</em> n’arrivera pas, ils le savent. Dans la région, <a href="https://www.revistaanfibia.com/adaptarse-al-fuego-la-patagonia/" class="spip_out" rel="external">écrit le média argentin</a>, <em>« apprendre à vivre avec le feu est une tâche collective »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/incendie-Die-les-habitants-en-renfort-des-pompiers-solidarite">« Le feu était à 500 mètres ! » : à Die, les habitants en renfort des pompiers contre l’incendie</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/38eb65977f6ea8998ea59ac1650037-66a66.jpg?1784888556" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un camion de pompier tire de l'eau d'une cuve, au milieu d'habitants et de quelques pompiers." /></aside><p>En Espagne, Pedro Sánchez <a href="https://www.infolibre.es/politica/sanchez-visita-zonas-afectadas-incendio-almeria_1_2223989.html" class="spip_out" rel="external">appelle à la signature</a> d’un <em>« grand pacte national contre l’urgence climatique »</em>, cite <em>infoLibre</em>. Le chef du gouvernement propose une meilleure sensibilisation du public, des moyens pour protéger les personnes dans des zones à risque et des fonds pour celles et ceux qui ont été touchés par les incendies. Le Premier ministre a déclaré : <em>« L’urgence climatique fait des victimes et nous devons nous montrer à la hauteur. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Feux-deni-climatique-et-gouvernements-pyromanes-alerte-rouge-partout-dans-le-monde</link>
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      <pubDate>Fri, 24 Jul 2026 12:51:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Inspection du travail : des agents licenciés après leurs formations]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10606 c-content_text texte surlignable"><p>Les inspecteurs du travail se sont mobilisés ce jeudi 16 juillet, pour protester contre la non-titularisation de six inspecteurs stagiaires, qu’ils dénoncent comme étant fondée sur des discriminations. Cette mobilisation arrive dans un contexte de fortes tensions, alors que les inspecteurs du travail dénoncent depuis plusieurs années le manque d’effectifs et la dégradation de leurs conditions de travail. Selon la CGT, l’inspection du travail ne compte aujourd’hui qu’environ 1 800 agents pour près de 22 millions de salariés, un nombre jugé largement insuffisant avec un besoin important.</p></div><div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=inspection-du-travail-des-agents-licencies-apres-leurs-formations?var_fav=article-10606" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/inspection-du-travail-des-agents-licencies-apres-leurs-formations</link>
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      <pubDate>Thu, 23 Jul 2026 10:31:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Jeunes verbalisés à répétition : « Le policier exerce une fonction de justice dans la rue, sans le regard du juge »]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="texteencadre-spip spip">En résumé<ul class="spip" role="list"><li>La loi Ripost, pour « réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens », a été adoptée par une majorité de députés du centre, de droite et d’extrême droite ce 21 juillet.</li>
<li>Cette loi élargit la procédure de l’amende forfaitaire délictuelle : la possibilité pour les policier de délivrer une amende en cas d’infraction sans recourir à une procédure judiciaire.</li>
<li>Or, ces amendes, infligées par exemple si vous jetez un déchet par terre, en cas de tapage nocturne, ou pour ne pas avoir emprunté un passage piéton, sont laissées au pouvoir discrétionnaire des agents, qui peuvent en abuser.</li>
<li>C’est le cas pour certains jeunes, racisés en général, ciblés par des contrôles systématiques et des milliers d’euros d’amendes pour des infractions parfois imaginaires.</li>
<li>La chercheuse Aline Daillère les a rencontrés et raconte leurs quotidiens face à la police, dont peu de Français ont conscience faute d’y être confrontés.</li>
</ul></div><p>Des enfants contrôlés par la police dès l’école primaire, verbalisés sans cesse à l’adolescence, accumulant plusieurs milliers d’euros d’amendes avant leur majorité… En France, la nature des rapports entre certains jeunes et la police est difficile à imaginer pour le reste de la population.</p><p>Le travail de recherche d’Aline Daillère, réalisé dans le cadre de sa thèse en science politique, apporte des éléments de compréhension et des précisions sur le vécu de ces jeunes, principalement issus de milieux populaires. La chercheuse a, notamment, démontré l’usage très fréquent du gaz lacrymogène sur ces jeunes ou des fouilles systématiques lors des contrôles, que l’on peut qualifier d’agressions sexuelles. Le tout, visant principalement des adolescents encore mineurs. Autrement dit, des enfants.</p><p>Lorsqu’Aline Daillère a décidé de s’intéresser à l’expérience des personnes multiverbalisées, elle n’avait pas ciblé de profil d’enquêtés particulier. Mais elle a identifié, parmi les personnes rencontrées, un fil rouge : tous sont de jeunes hommes, vivant dans des quartiers de Paris ou de la région parisienne à forte densité de population, d’origine afro-subsaharienne ou nord-africaine.</p><div class="spip_document_21393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="238" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/aline-daillere.jpg" width="368" height="554" alt="Photo portrait d'Aline Daillère" aria-describedby="by21393-1c23596e12883081738c76b4f66f3f24" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by21393-1c23596e12883081738c76b4f66f3f24"><strong>Aline Daillère</strong>
Chargée de recherche au Centre de recherche sur les inégalité sociales (Cris), Aline Daillère vient de terminer son travail de thèse au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (Cesdip).
</figcaption></figure></div><p>Entre 2019 et 2024, elle a interrogé 44 personnes concernées, venues de huit quartiers parisiens et cinq hors de Paris. Les expériences vécues au contact de la police tout au long de leur enfance créent une forte méfiance à l’égard des institutions, et a un impact négatif sur l’espoir qu’ils placent dans leur avenir. Pour <em>Basta!</em>, Aline Daillère revient sur les résultats saillants de sa thèse.</p><h3 class="spip" id="Basta-Souvent-ces-jeunes-dans-l-espace-public-sont-connus-des-nbsp"><em>Basta!</em> : Souvent, ces jeunes, dans l’espace public, sont connus des policiers : <a href="https://basta.media/Se-faire-controler-en-allant-a-l-ecole-etait-normal-des-jeunes-denoncent-les-controles-au-facies" class="spip_in">ils ont affaire à eux depuis l’enfance</a>… Pourquoi, alors, ces interactions avec la police se poursuivent-elles dans le temps ?</h3><p>Ces jeunes ne sont pas seulement multiverbalisés mais aussi multicontrôlés. Les premières expériences de contrôle remontent en moyenne à l’âge de 11 ou 12 ans. Parfois, plus tôt. Certains subissent leur premier contrôle dès la fin de l’école primaire. Ils racontent qu’au début, les contrôles d’identité sont relativement peu fréquents, mais qu’entre 15 et 19 ans, là, leur fréquence s’accentue beaucoup. Quand ils atteignent 20 ans, ils connaissent par cœur ce que j’appelle les « expériences du pouvoir punitif policier ».</p><p>En allant voir ces jeunes, on s’aperçoit à quel point tout se cumule, et qu’un même jeune va éprouver, au cours de sa vie, toute la palette de ces « expériences du pouvoir punitif policier ». Cela va des contrôles, des pratiques de police moins invasives, à des pratiques qui vont être extrêmement invasives, comme les conduites au poste pour vérification d’identité – c’est une privation de liberté, une mesure de détention. Si elle n’est pas contrôlée par un juge, si le procureur n’est pas informé, ça peut être une mesure de détention arbitraire.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/30-000-euros-de-dette-et-pas-encore-18-ans-quand-les-amendes-forfaitaires">30 000 euros de dette et pas encore 18 ans : quand les amendes forfaitaires facilitent l’arbitraire</a></aside><p>Cela passe aussi, par exemple, lors des contrôles d’identité, par la prégnance de l’usage de l’aérosol de gaz lacrymogène. Les jeunes ne l’envisagent même pas comme une violence : ça fait partie du contrôle. Un des enquêtés a terminé à l’hôpital parce que le produit a opéré une réaction avec ses lentilles de contact. Il a été hospitalisé quatre jours alors qu’il était encore adolescent.</p><p>J’ai aussi récolté des récits de violence physique, que certains ont expérimentée au point qu’ils ont cru qu’ils allaient mourir. Les injures racistes ressortent aussi beaucoup dans les entretiens. Et tout cela s’ajoute à la multiverbalisation. C’est là où on voit le cumul, tout s’additionne pour créer ce réservoir d’expériences de violences.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="Vous-mentionnez-dans-votre-travail-le-lt-lt-rituel-degradant-de-la-nbsp">Vous mentionnez dans votre travail le « rituel dégradant de la fouille » et des agressions sexuelles…</h3><p>À un moment assez avancé de l’enquête, je me suis rendu compte que, quand les jeunes parlaient de <em>« contrôle »</em>, on ne parlait pas de la même chose. Pour moi, un contrôle, c’est un contrôle d’identité. Mais quand les jeunes parlent de contrôle, ils parlent de fouille corporelle, c’est-à-dire de palpations. Pour eux, c’est le contrôle du corps.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Le cadre déborde tout le temps. Les jeunes n’ont pas de moyen de se défendre face à cela »</p>
</aside><p>Les autres « expériences du pouvoir punitif policier » sont décrites par les enquêtés avec détails, y compris celles de violence. Seules les fouilles sont souvent énoncées dans des termes très euphémisés. Ce qui est également le cas quand on travaille sur les cas de violences sexuelles – on sait que ce sont des choses qui sont indicibles pour les victimes. Certains ont quand même réussi à exprimer en entretien que les policiers, je cite, leur <em>« touchaient les couilles »</em>. D’autres disaient que les policiers <em>« mettaient leurs mains dans des endroits pas très corrects »</em>, ou leur <em>« touchaient le caleçon »</em>… Ce qui est apparu, surtout, c’est que c’est systématique.</p><p>Normalement, une fouille par palpation dans l’espace public n’est autorisée que pour vérifier l’absence d’objet dangereux pour la personne contrôlée ou la personne qui contrôle. Elle n’est pas censée viser la présence de produits stupéfiants. Ça, ça doit être fait au commissariat, dans le cadre d’une procédure. Mais, en fait, le cadre déborde tout le temps. Les jeunes n’ont pas de moyen de se défendre face à cela, ils ne savent même pas cela pour la plupart.</p><h3 class="spip" id="Quel-rapport-aux-institutions-au-sens-large-ces-experiences-creent-elles-nbsp">Quel rapport aux institutions, au sens large, ces expériences créent-elles chez les enquêtés ?</h3><p>Cela crée chez eux une défiance vis-à-vis de la police qui est énorme, parfois même totale. Et à partir de cette défiance, certains jeunes expliquent qu’eux-mêmes n’iraient pas saisir la justice si ils étaient victimes d’une infraction – d’une agression ou d’un vol, par exemple. Le premier bureau des plaintes, c’est le commissariat de police, et ils sont intimement convaincus qu’on ne les prendrait pas au sérieux. Ils se disent donc que ça ne sert à rien de saisir la justice parce que, de toute façon, eux sont vus comme des suspects, des coupables et jamais comme des victimes.</p><h3 class="spip" id="Est-ce-que-ces-jeunes-hommes-sont-particulierement-vises-parce-qu-ils-nbsp">Est-ce que ces jeunes hommes sont particulièrement visés parce qu’ils commettent en effet plus d’infractions ? Ne pourrait-on pas dire qu’ils « méritent » ces punitions de la part de la police ?</h3><p>Les amendes sont un très bon exemple de cela. Les enquêtés eux-mêmes reconnaissent commettre une partie des infractions qu’on leur reproche. Ils habitent tous dans des espaces urbains très denses et ils ont conscience que, parfois, leur groupe crée un volume sonore important, que parfois il y a des crachats, il y a des déchets… Mais tous les enquêtés contestent la quantité d’amendes.</p><p>Ils expliquent, par exemple, dans certains cas, qu’ils ont en effet commis une infraction mais que, pour une infraction commise, le policier en ajoute deux, trois, dix. Dans d’autres situations, ils expliquent qu’il existe vraiment une infraction, commise par un ou deux jeunes, mais que tout le groupe est verbalisé, peu importe qui a commis l’infraction.</p><p>À cela s’ajoutent les témoignages de verbalisation à distance, d’amendes dites « sans contact ». C’est-à-dire des verbalisations qui ont lieu alors que les policiers ne sont même pas présents sur les lieux. Les outils techniques dont sont dotés les policiers permettent ça – les tablettes Neo rendent possible la verbalisation d’une personne dont le policier connaît l’identité mais qui n’est pas physiquement avec lui. Certains évoquent même parfois des amendes sans qu’il n’y ait eu d’infraction.</p><p>Le sur-ciblage ressort quand il s’agit d’infractions comme la traversée de chaussée irrégulière. Ne pas traverser au passage piéton, traverser quand le bonhomme est rouge : je pense que c’est une infraction qu’une grande partie de la population commet plusieurs fois par jour. En France, quasiment personne n’est verbalisé pour ça. Mais ces jeunes, pour certains, l’ont été plusieurs fois.</p><h3 class="spip" id="Ces-dernieres-annees-plusieurs-medias-se-sont-saisis-de-la-question-des-nbsp">Ces dernières années, plusieurs médias se sont saisis de la question des amendes forfaitaires à répétition et des conséquences sur ces jeunes hommes. Malgré la médiatisation de ces pratiques, est-ce un phénomène voué à continuer, selon vous ?</h3><p>Je suis partagée entre ce que je constate et ce que j’ai envie de croire. Pour l’instant, on ne va que vers du pire. Le nombre d’amendes forfaitaires contraventionnelles et délictuelles n’a cessé d’augmenter. Les policiers verbalisent de plus en plus et avec de moins en moins de contrôle. Le policier exerce donc une fonction de justice dans la rue, sans le regard du juge. En termes de séparation des pouvoirs, y a une confusion extrêmement importante.</p><p>Mais l’amende, comme la violence policière, laisse des traces et peut être contestée, contrairement au contrôle d’identité. L’amende permet de savoir qu’un jeune a été verbalisé à tel endroit, à telle heure, pour tel motif, par tel agent. Ça a été le cas <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/010525/devant-la-cour-criminelle-l-amnesie-nocturne-d-un-equipage-de-police" class="spip_out" rel="external">dans l’affaire de Nanterre</a>, où un jeune a porté plainte pour faux et usage de faux car il était sûr d’être chez lui le soir où il a été verbalisé. Le juge a fait borner les téléphones du policier et du jeune et s’est rendu compte que ni l’un ni l’autre n’était présent au même endroit au moment de la verbalisation. Le fait que l’amende soit un acte administratif permet quand même un peu de contrepouvoir.</p><h3 class="spip" id="Le-projet-de-loi-lt-lt-visant-a-offrir-des-reponses-immediates-aux-nbsp">Le projet de loi « visant à offrir des réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité de nos concitoyens », dit « loi Ripost », qui <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/avis-sur-le-projet-de-loi-visant-offrir-des-reponses-immediates-aux-phenomenes-troublant-lordre" class="spip_out" rel="external">élargit la procédure de l’amende forfaitaire délictuelle</a> à de nouveaux délits, comme les rodéos, la participation à des rave parties, l’usage de protoxyde d’azote, a été récemment discuté à l’Assemblée nationale. Que pensez-vous d’une telle loi ?</h3><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Le législateur continue d’élargir le pouvoir de verbaliser sans faire un état des lieux de ces pratiques. C’est dramatique »</p>
</aside><p>Viser le rodéo urbain, l’usage du protoxyde d’azote, cela cible certains types de population. On élargit le pouvoir policier de verbaliser alors même que les problématiques de multiverbalisation sont de plus en plus médiatisées, que l’on questionne dans le débat public la partialité des policiers, que <a href="https://basta.media/Encore-ado-30000-euros-a-payer-police-harcele-jeunes-classes-populaires" class="spip_in">des pratiques abusives sont dénoncées</a>. Le Défenseur des droits, des associations, des syndicats de magistrats et d’avocats contestent cette procédure en disant qu’elle porte atteinte à l’accès aux droits, à l’égalité des droits, à l’accès à la justice… Et, pourtant, le législateur continue d’élargir le pouvoir de verbaliser des policiers sans même vraiment faire un état des lieux de ces pratiques. C’est dramatique.</p><p>De tout ce qui leur arrive avec la police, c’est presque la verbalisation qu’ils trouvent le pire. Les dettes d’amendes que cela génère créent beaucoup d’angoisse. Ils ne savent pas comment ils vont pouvoir trouver un logement, si les dettes vont être transférées un jour s’ils ont des enfants, s’ils vont pouvoir trouver un emploi et récupérer le fruit de leur travail ou si le Trésor public va prélever l’argent sur leur salaire… Il y a le sentiment d’un avenir complètement entravé, bouché.</p><h3 class="spip" id="Quels-modes-de-resistance-mettent-ils-en-place-face-a-ce-type-d-intervention-nbsp">Quels modes de résistance mettent-ils en place face à ce type d’intervention policière ?</h3><p>On a volontiers la représentation du jeune de quartier populaire qui est dans la violence, qui veut mettre le feu… Sur mes 44 enquêtés, je n’ai que deux jeunes qui revendiquaient ce genre de réaction. Les autres optaient pour des formes de soumission, <em>« faire profil bas »</em>. Les formes de résistance sont plutôt à bas bruit : demander le motif d’un contrôle, alors qu’ils savent que le policier ne va pas être content, ou sortir le téléphone pour filmer, ce sont des formes de résistance.</p><h3 class="spip" id="De-quels-outils-disposent-les-citoyens-temoins-ou-inquiets-de-telles-nbsp">De quels outils disposent les citoyens témoins ou inquiets de telles situations ?</h3><p>Rien que de prendre conscience que ces jeunes-là ne vivent pas du tout la même expérience que la majorité de la population française est important. C’est une expérience minoritaire que l’on ne peut pas se représenter si on ne s’y intéresse pas. Il faut prendre conscience de cette différence et accepter de regarder le fait qu’on bénéficie d’un privilège que ces jeunes n’ont pas dans notre rapport à l’espace public et aux policiers.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Racisme-Les-policiers-recevaient-instruction-de-proceder-a-des-evictions-d-indesirables-Magda-Boutros">« Les policiers recevaient l’instruction de procéder à des "évictions d’indésirables" »</a></aside><p>Parmi les formes d’action, il peut y avoir le fait de nous faire témoins, nous, citoyens qui ne sommes pas concernés par les contrôles à répétition, d’une telle situation, éventuellement filmer. Ou juste observer, sans même sortir de caméra, se poser à distance, peut être une forme d’engagement. Et puis, aller voir ce que disent les collectifs, les associations spécialisées sur ces questions pour prendre en compte leurs conseils.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/jeunes-verbalises-a-repetition-le-policier-exerce-une-fonction-de-justice-dans</link>
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      <pubDate>Wed, 22 Jul 2026 11:23:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le RN, la droite et les macronistes enterrent la pétition contre la loi sur la présomption de légitime défense, malgré 730 000 signatures]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La pétition contre la loi « visant à reconnaître une présomption de légitime défense<br class="autobr" />
pour les forces de l’ordre » <a href="https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334" class="spip_out" rel="external">a recueilli plus de 730 000 signatures</a> sur le site de l’Assemblée nationale. Elle a ainsi dépassé le seuil – fixé à un demi-million de signataires – ouvrant la possibilité d’un débat en séance publique.</p><p>La commission des lois s’est réunie dans la soirée du 21 juillet pour décider de son avenir : soit la pétition fera l’objet d’un examen sur le fond en séance publique, après la rentrée parlementaire, soit elle sera « classée », sans aucune suite. <em>« Pour la <a href="https://basta.media/Petition-loi-Duplomb-le-mepris-du-gouvernement-pour-les-2-millions-de-signataires">pétition contre la loi Duplomb</a>, il leur était difficile de s’asseoir sur deux millions de signatures, là cela dépendra du rapport de force »</em>, estimait le député insoumis Ugo Bernalicis, avant que la commission se réunisse. Le rapport de force n’a pas suffi : une majorité de députés ont décidé de <em>« s’asseoir »</em> sur les 730 000 signataires.</p><p>Selon l’analyse des votes réalisée <a href="https://projetarcadie.com/petition-forces-de-ordre-classement/" class="spip_out" rel="external">par le média Projet Arcadie</a>, 35 députés ont voté pour le classement de la pétition : ceux du RN (Marine Le Pen), de LR, d’Ensemble pour la République (Gabriel Attal), d’Horizons (Edouard Philippe) et du Modem. Soit les partis – d’extrême droite, de droite et du centre – qui avaient apporté leur soutien à la loi.</p><p>Les députés LFI, socialistes, écologistes et le groupe Liot (indépendants) ont voté pour l’examen. Pour eux, <em>« ce débat répond aux inquiétudes du public, qui s’est saisi de cet outil citoyen et permet aussi d’instaurer un peu de “démocratie directe” pour reprendre les mots utilisés par Paul Molac »</em> (député du groupe Liot), écrit le Projet Arcadie. 17 élus étaient absents.</p><p>La pétition avait été lancée il y a près d’un un mois à l’initiative d’Isam et Samia El Khalfaoui, père et <a href="https://basta.media/presomption-de-legitime-defense-un-droit-de-vie-ou-de-mort-pour-la-police" class="spip_in">tante de Souheil, 19 ans, tué par un tir policier à Marseille</a> en 2021, et fondateurs du collectif Save (Stop aux violences d’État).</p><h2 class="spip" id="Un-lt-lt-vote-de-la-honte">Un « vote de la honte »</h2><p>Depuis, la proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense<br class="autobr" />
pour les forces de l’ordre – reformulée en « présomption de légalité des tirs » par le gouvernement – a été adoptée à l’Assemblée nationale le 7 juillet, avec le soutien du centre, de la droite et de l’extrême droite, et malgré l’opposition de l’ensemble de la gauche. <a href="https://www.amnesty.fr/reperes/loi-presomption-legitime-defense-de-la-police-ce-qu-il-faut-savoir/" class="spip_out" rel="external">Un <em>« vote de la honte »</em>, selon Amnesty International</a>, pour qui <em>« cette loi revient à offrir un “permis de tuer”  à la police »</em>.</p><p>Le texte a déclenché une forte opposition des organisations de défense des droits humains et des collectifs de familles de victimes de tirs policiers potentiellement illégaux. <em>« C’est une véritable incitation à utiliser son arme dans des cas qui sont déjà très permissifs. L’effet de cette présomption risque de décupler l’usage des armes »</em>, estime Fanny Gallois, responsable du programme « libertés » d’Amnesty. Les règles qui encadrent l’ouverture du feu par les policiers et gendarmes, censés user de leur arme en cas d’absolue nécessité et de manière proportionnée à la menace, avaient déjà été assouplies par l’article L435-1 de la loi du 28 février 2017 (pendant le mandat de François Hollande).</p><p>Désormais, en cas de doute sur la légitimité d’un tir par des policiers ou des gendarmes, <em>« les victimes seraient privées de toute espérance quant à la manifestation de la vérité et tous les dysfonctionnements actuels seraient légitimés »</em>, <a href="https://www.ldh-france.org/la-proposition-de-loi-sur-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-lordre-ne-doit-pas-passer/" class="spip_out" rel="external">critique de son côté la Ligue des droits de l’homme (LDH)</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Quelles-suites-a-la-petition">Quelles suites à la pétition ?</h2><p>Une dizaine de chercheurs et chercheuses de l’Observatoire de la sûreté ont même dénoncé, dans <em>Le Monde</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/17/presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre-une-loi-qui-ne-cherche-pas-le-meilleur-equilibre-entre-la-vie-de-tous-est-immorale_6724130_3232.html" class="spip_out" rel="external">une loi <em>« dangereuse et immorale »</em></a>. <em>« S’il est tout à fait nécessaire de prendre en considération la vie des policiers, il est tout aussi impératif de veiller à celle des citoyens, en infraction ou non. Parce qu’un tir peut coûter la vie, il ne doit intervenir qu’en ultime recours, et le pouvoir de tuer ne peut exister sans une responsabilité effective qui passe par un contrôle scrupuleux »</em>, écrivent-ils. La controverse est telle que le ministre de l’Intérieur <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/21/laurent-nunez-ministre-de-l-interieur-faire-confiance-aux-policiers-et-aux-gendarmes-ne-signifie-jamais-les-soustraire-au-controle-de-la-justice_6728153_3232.html" class="spip_out" rel="external">Laurent Nuñez a dû se fendre de sa propre tribune</a> dans <em>Le Monde</em>, pour défendre ce qui est devenu son texte, après avoir été <a href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream" class="spip_in">une revendication, longtemps marginale, de l’extrême droite</a>. Preuve qu’un réel débat est nécessaire, ce qu’ont cependant refusé les députés RN, LR et les partis macronistes membres de la Commission des lois.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Presomption-de-legitime-defense-ou-permis-de-tuer-les-arguments-tres-contestables-des-initiateurs-de-la-loi">Présomption de légitime défense : les arguments très contestables des initiateurs de la loi</a></aside><h2 class="spip" id="Mobilisations-a-la-rentree">Mobilisations à la rentrée</h2><p>Les espoirs – et les appels à la mobilisation – se portent désormais vers la rentrée parlementaire, et les prochaines étapes que devra franchir le texte. La proposition de loi doit d’abord passer celle du Sénat, probablement à l’automne après les élections sénatoriales du 27 septembre. <em>« Peut-être pourra-t-on convaincre les sénateurs sur le respect de l’État de droit »</em>, esquisse Fatiha. <a href="https://basta.media/Je-veux-la-verite-sur-la-mort-de-mon-fils-combat-de-Fatiha-mere-Adam-tue-par-la-police" class="spip_in">Mère d’Adam, tué par des tirs policiers sur un parking de Vénissieux</a>, près de Lyon, en août 2022, alors qu’il avait 20 ans, elle avait suivi dans l’Hémicycle la séance du 7 juillet, malgré les insultes proférées par certains députés envers les familles de victimes de violences policières présentes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream">Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream</a></aside><p>Ce n’est que si la loi est adoptée qu’interviendra la saisine au Conseil constitutionnel. Il pourrait y en avoir plusieurs : LFI devrait déposer son propre recours, qui remettra aussi en cause la loi de 2017 de l’ancien socialiste Bernard Cazeneuve, qui assouplit déjà les conditions d’ouverture du feu, explique à <em>Basta!</em> le député Ugo Bernalicis, et le PS devrait donc déposer le sien. Au vu de ce calendrier, avec l’inévitable débat sur le budget, il est donc possible que la loi ne puisse être promulguée avant le début de la campagne présidentielle.</p><p>Tout dépendra également de l’importance des mobilisations : une grande marche, à Paris et dans plusieurs villes, est dès à présent prévue le 19 septembre, à l’initiative de plusieurs organisations (Collectif Save, Comité Adama, Amnesty International, LDH, Syndicat de la magistrature, Syndicat des avocats de France…) avec, selon nos informations, le soutien de l’ensemble des partis de gauche – une unité qui se fait rare.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/RN-droite-macronistes-enterrent-petition-contre-loi-presomption-de-legitime-defense-malgre-730000-signatures</link>
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      <pubDate>Tue, 21 Jul 2026 15:40:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« On craint qu'elle soit enterrée » : quel avenir pour la pétition contre la loi sur la présomption de légitime défense des policiers ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La pétition contre la loi « visant à reconnaître une présomption de légitime défense<br class="autobr" />
pour les forces de l’ordre » <a href="https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334" class="spip_out" rel="external">a recueilli plus de 720 000 signatures</a> sur le site de l’Assemblée nationale. Elle a ainsi dépassé le seuil – fixé à un demi-million de signataires – ouvrant la possibilité d’un débat en séance publique.</p><p>La commission des lois devra décider, ce 21 juillet au soir, de l’avenir qui lui sera donné : soit la pétition fera l’objet d’un débat sur le fond en séance publique, après la rentrée parlementaire, soit elle sera « classée », sans qu’aucune suite ne lui soit donnée malgré son succès. La pétition a été lancée il y a près d’un un mois à l’initiative d’Isam et Samia El Khalfaoui, père et <a href="https://basta.media/presomption-de-legitime-defense-un-droit-de-vie-ou-de-mort-pour-la-police" class="spip_in">tante de Souheil, 19 ans, tué par un tir policier à Marseille</a> en 2021, et fondateurs du collectif Save (Stop aux violences d’État).</p><h2 class="spip" id="Un-lt-lt-vote-de-la-honte">Un « vote de la honte »</h2><p>Depuis, la proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense<br class="autobr" />
pour les forces de l’ordre – reformulée en « présomption de légalité des tirs » par le gouvernement – a été adoptée à l’Assemblée nationale le 7 juillet, avec le soutien du centre, de la droite et de l’extrême droite, et malgré l’opposition de l’ensemble de la gauche. <a href="https://www.amnesty.fr/reperes/loi-presomption-legitime-defense-de-la-police-ce-qu-il-faut-savoir/" class="spip_out" rel="external">Un <em>« vote de la honte »</em>, selon Amnesty International</a>, pour qui <em>« cette loi revient à offrir un “permis de tuer”  à la police »</em>.</p><p>Le texte a déclenché une forte opposition des organisations de défense des droits humains et des collectifs de familles de victimes de tirs policiers potentiellement illégaux. <em>« C’est une véritable incitation à utiliser son arme dans des cas qui sont déjà très permissifs. L’effet de cette présomption risque de décupler l’usage des armes »</em>, estime Fanny Gallois, responsable du programme « libertés » d’Amnesty. Les règles qui encadrent l’ouverture du feu par les policiers et gendarmes, censés user de leur arme en cas d’absolue nécessité et de manière proportionnée à la menace, avaient déjà été assouplies par l’article L435-1 de la loi du 28 février 2017 (pendant le mandat de François Hollande).</p><p>Désormais, en cas de doute sur la légitimité d’un tir par des policiers ou des gendarmes, <em>« les victimes seraient privées de toute espérance quant à la manifestation de la vérité et tous les dysfonctionnements actuels seraient légitimés »</em>, <a href="https://www.ldh-france.org/la-proposition-de-loi-sur-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-lordre-ne-doit-pas-passer/" class="spip_out" rel="external">critique de son côté la Ligue des droits de l’homme (LDH)</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Quelles-suites-a-la-petition">Quelles suites à la pétition ?</h2><p>Une dizaine de chercheurs et chercheuses de l’Observatoire de la sûreté ont même dénoncé, dans <em>Le Monde</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/17/presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre-une-loi-qui-ne-cherche-pas-le-meilleur-equilibre-entre-la-vie-de-tous-est-immorale_6724130_3232.html" class="spip_out" rel="external">une loi <em>« dangereuse et immorale »</em></a>. <em>« S’il est tout à fait nécessaire de prendre en considération la vie des policiers, il est tout aussi impératif de veiller à celle des citoyens, en infraction ou non. Parce qu’un tir peut coûter la vie, il ne doit intervenir qu’en ultime recours, et le pouvoir de tuer ne peut exister sans une responsabilité effective qui passe par un contrôle scrupuleux »</em>, écrivent-ils. La controverse est telle que le ministre de l’Intérieur <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/07/21/laurent-nunez-ministre-de-l-interieur-faire-confiance-aux-policiers-et-aux-gendarmes-ne-signifie-jamais-les-soustraire-au-controle-de-la-justice_6728153_3232.html" class="spip_out" rel="external">Laurent Nuñez a dû se fendre de sa propre tribune</a> dans <em>Le Monde</em>, pour défendre ce qui est devenu son texte, après avoir été <a href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream" class="spip_in">une revendication, longtemps marginale, de l’extrême droite</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Presomption-de-legitime-defense-ou-permis-de-tuer-les-arguments-tres-contestables-des-initiateurs-de-la-loi">Présomption de légitime défense : les arguments très contestables des initiateurs de la loi</a></aside><p>C’est la preuve qu’un réel débat est nécessaire. La commission des lois acceptera-t-elle de le rouvrir à la faveur de la pétition ? <em>« On craint malheureusement que celle-ci soit enterrée »</em>, confie Fanny Gallois, d’Amnesty, car les députés macronistes, LR et RN, partis qui ont voté le texte, y sont majoritaires. <em>« Pour la <a href="https://basta.media/Petition-loi-Duplomb-le-mepris-du-gouvernement-pour-les-2-millions-de-signataires">pétition contre la loi Duplomp</a>, il leur était difficile de s’asseoir sur deux millions de signatures, là cela dépendra du rapport de force »</em>, estime le député insoumis Ugo Bernalicis, qui siège à la commission.</p><h2 class="spip" id="Mobilisations-a-la-rentree">Mobilisations à la rentrée</h2><p>Les espoirs – et les appels à la mobilisation – se portent plutôt vers la rentrée parlementaire, et les prochaines étapes que devra franchir le texte. La proposition de loi doit d’abord passer celle du Sénat, probablement à l’automne après les élections sénatoriales du 27 septembre. <em>« Peut-être pourra-t-on convaincre les sénateurs sur le respect de l’État de droit »</em>, esquisse Fatiha. <a href="https://basta.media/Je-veux-la-verite-sur-la-mort-de-mon-fils-combat-de-Fatiha-mere-Adam-tue-par-la-police" class="spip_in">Mère d’Adam, tué par des tirs policiers sur un parking de Vénissieux</a>, près de Lyon, en août 2022, alors qu’il avait 20 ans, elle avait suivi dans l’Hémicycle la séance du 7 juillet, malgré les insultes proférées par certains députés envers les familles de victimes de violences policières présentes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream">Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream</a></aside><p>Ce n’est que si la loi est adoptée qu’interviendra la saisine au Conseil constitutionnel. Il pourrait y en avoir plusieurs : LFI devrait déposer son propre recours, qui remettra aussi en cause la loi de 2017 de l’ancien socialiste Bernard Cazeneuve, qui assouplit déjà les conditions d’ouverture du feu, explique à <em>Basta!</em> le député Ugo Bernalicis, et le PS devrait donc déposer le sien. Au vu de ce calendrier, avec l’inévitable débat sur le budget, il est donc possible que la loi ne puisse être promulguée avant le début de la campagne présidentielle.</p><p>Tout dépendra également de l’importance des mobilisations : une grande marche, à Paris et dans plusieurs villes, est dès à présent prévue le 19 septembre, à l’initiative de plusieurs organisations (Collectif Save, Comité Adama, Amnesty International, LDH, Syndicat de la magistrature, Syndicat des avocats de France…) avec, selon nos informations, le soutien de l’ensemble des partis de gauche – une unité qui se fait rare.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Quel-avenir-petition-loi-presomption-legitime-defense-policier</link>
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      <pubDate>Tue, 21 Jul 2026 15:40:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Adoption de la loi d'urgence agricole : quels députés ont voté pour réintroduire des pesticides dangereux]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le projet de loi d’urgence agricole a finalement été largement <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/8427" class="spip_out" rel="external">adopté dans la nuit par 296 voix pour</a>, majoritairement issues de la droite et de l’extrême droite, et 224 contre. Les représentants des groupes RN, Union des droites pour la République et Droite républicaine ont voté unanimement pour, sous le regard de Marine Le Pen. Les deux tiers du camp gouvernemental ont également voté en sa faveur.</p><p>La gauche s’est prononcée contre, des socialistes aux insoumis, en passant par les écologistes et le groupe communiste. <em>« M.Attal, M. Philippe, M<sup class="typo_exposants">me</sup> Le Pen, candidats à la présidentielle, vous assumerez donc de faire passer une loi criminelle qui empoisonne nos enfants avec des pesticides toxiques ? »</em> a interpellé la députée insoumise Aurélie Trouvé. <em>« Vous devrez en rendre compte devant tous les Français. Ils s’en souviendront »</em>, a-t-elle déclaré. Le Sénat devrait définitivement adopté le projet de loi, ce mardi 21 juillet, en fin de journée.</p><div class="spip_document_23204 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="268" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/vos-deputes/hemicycle?scrutin=VTANR5L17V8427" class="spip_out spip_doc_lien" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2911217073 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp?1784622041 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png@.webp?1784624148 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png" width="960" height="610" alt="détail des votes des groupes dans l'hémicycle sur le projet de loi d'urgence agricole" aria-describedby="by23204-ec6e4dd0ad1106ad69bea256cecc0a13" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/infographie_loi_urgence_agricole_ce_qu_ont_vote_les_deputes_par_groupe_21juillet_basta.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23204-ec6e4dd0ad1106ad69bea256cecc0a13">Le projet de loi d’urgence agricole a été largement adopté à l’Assemblée nationale, par 296 voix pour (majoritairement issues des macronistes, de la droite et de l’extrême droite) et 224 contre. Cliquez sur l’image pour visualiser le vote de votre député·e.
© Basta!
</figcaption></figure></div><p>On notera le vote en faveur du texte de Marc Fesneau, président du groupe Les Démocrates à l’Assemblée nationale. Quelques jours auparavant, il signait pourtant <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/sans-veritable-politique-de-preservation-des-ressources-en-eau-il-ne-peut-y-avoir-d-agriculture-viable-20260709" class="spip_out" rel="external">une tribune dans <em>Le Figaro</em></a> dénonçant « une vision simpliste, court-termiste » du projet de loi, qui « n’assure en rien la préservation des ressources en eau ». Stéphane Travert (Ensemble pour la République) figure également parmi les signataires de cette tribune, et a également voté pour le texte, alors même que les mesures prévues affaiblissent la gouvernance de l’eau et contribuent à l’accaparement de la ressource au profit de quelques uns (<a href="https://basta.media/comprendre-enjeux-loi-urgence-agricole-megabassines-ICPE-recours-pesticides" class="spip_in">notre décryptage</a>).</p><h2 class="spip" id="Les-macronistes-se-fracturent-sur-les-pesticides">Les macronistes se fracturent sur les pesticides</h2><p>L’exécutif avait au départ posé une limite : il n’était pas question d’autoriser l’usage de l’acétamipride, un néonicotinoïde interdit depuis 2018 en France. Lors de l’examen ce 20 juillet, le gouvernement avait la possibilité de déposer un amendement de suppression de l’article. Mais il ne l’a pas fait sous la pression de la droite sénatoriale et des syndicats agricoles.</p><p>Le gouvernement a également refusé de soumettre au vote les amendements de suppression portés par son propre camp, au motif qu’ils n’étaient pas soutenus par la totalité des membres des groupes et leurs présidents. Mais il s’est fait prendre à son propre piège : son amendement, visant à allonger <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/amendements/3067/AN/7" class="spip_out" rel="external">de deux à six mois le délai accordé à l’Anses</a> pour se prononcer sur une demande de dérogation, a été rejeté. Comment l’agence sanitaire française pourra t-elle réaliser une évaluation complète des risques en moins de 60 jours, quand le règlement européen sur les pesticides prévoit 12 mois pour délivrer une autorisation de mise sur le marché ?</p><p>Gabriel Attal, chef de file des députés macronistes (Ensemble pour la République) et candidat pour la présidentielle de 2027, a finalement voté pour le texte. Son groupe s’est cependant fracturé lors du vote : un peu plus d’une moitié des députés macronistes ont voté pour, seize se sont abstenus, dont l’ancienne première ministre Elisabeth Borne et l’ex-ministre de la transition écologique Agnès Pannier Runacher, et quinze députés s’y sont opposés. Elle est tellement loin cette <a href="https://basta.media/pesticides-le-bilan-quinquennat-Macron-presidentielle-glyphosate-neonicotinoides-agriculture-bio" class="spip_in">promesse du candidat Macron en 2017</a> d’un <em>« calendrier prévoyant l’élimination progressive des pesticides en commençant par ceux qui présentent un risque pour la biodiversité ou la santé, et le développement d’alternatives »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Saisie-du-Conseil-constitutionnel">Saisie du Conseil constitutionnel</h2><p>La FNSEA s’est félicitée d’<em>« un tournant majeur »</em> et rendu hommage aux députés qui <em>« ont entendu la réalité du quotidien des agriculteurs »</em>. Les insoumis, les écologistes et les socialistes ont annoncé qu’ils saisiraient le Conseil constitutionnel, en cas d’adoption définitive du texte ce 21 juillet au Sénat.</p><p><em>« À quelques mois de l’élection présidentielle, les organisations de la société civile et les électeurs se souviendront des votes de ces député·es, qui tournent le dos à la science et aux attentes de nombreux citoyens, et mettent en danger notre santé, notre environnement et l’avenir du monde paysan »,</em> fustige Greenpeace</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pesticides-alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb">Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu’affirme le sénateur Duplomb</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/ec16463c71e24944d3449ab49c1717-e9455.jpg?1784623603" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="le sénateur Laurent Duplomb au Sénat" /></aside><p>L’adoption de cette loi ne marque pas la fin de la mobilisation assure également le mouvement Cancer Colère : <em>« Les organisations resteront pleinement mobilisées pour contester les dispositions les plus dangereuses de cette loi et empêcher qu’elles ne compromettent durablement l’avenir de notre agriculture et de notre alimentation. Ce vote ne sera pas sans lendemain. Les citoyennes et citoyens n’oublieront pas les choix qui ont été faits aujourd’hui. À l’approche des prochaines échéances électorales, chacun devra répondre de sa responsabilité face aux conséquences de cette loi. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Adoption-loi-urgence-agricole-quels-deputes-vote-pour-reintroduire-des-pesticides-dangereux</link>
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      <pubDate>Tue, 21 Jul 2026 10:55:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Nomination de François-Noël Buffet : Emmanuel Macron, meilleur défenseur des droites]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Il défilait avec la Manif pour tous (LMPT) en 2013 contre l’ouverture du mariage et de l’adoption aux couples de personnes de même sexe. Un an plus tard, ce maire UMP d’Oullins, en région Auvergne-Rhône-Alpes, faisait partie des 1000 personnalités politiques, dont une majorité d’élus d’extrême droite, qui signaient <a href="https://www.lyoncapitale.fr/politique/municipales-les-candidats-labellises-manif-pour-tous" class="spip_out" rel="external">la charte proposée par la Manif pour tous</a>. A travers elle, il s’engageait, entre autres, à <em>« préserver l’enfant de toute expérimentation basée sur les concepts de genre, diffusée sous couvert de lutte contre les stéréotypes et pour l’égalité homme / femme »</em> ; à <em>« abroger la loi Mariage et adoption pour tous sans rétroactivité pour préserver et restaurer la filiation père-mère-enfant »</em> ; et à <em>« refuser la marchandisation du corps, en particulier via l’ouverture de la PMA aux couples de femmes et aux célibataires »</em>...</p><p>Il votait, en 2021, contre l’extension de cette même PMA (procréation médicalement assistée) aux couples de femmes et aux femmes seules. En 2024, il s’abstenait lors du vote pour la constitutionnalisation du droit à l’avortement. Longtemps chargé du dossier de l’immigration à l’UMP, il a défendu le durcissement des politiques contre les étrangers, fustigeant une <em><a href="https://www.senat.fr/seances/s202311/s20231106/s20231106008.html#int1264" class="spip_out" rel="external">« incapacité à maîtriser nos frontières »</a></em> ; il a promu l’affaiblissement de l’AME (aide médicale d’État) pour les sans-papiers ; une <a href="https://www.interieur.gouv.fr/actualites/communiques-de-presse/francois-noel-buffet-installe-groupe-de-travail-sur-laccueil-des" class="spip_out" rel="external">restriction de l’accueil des gens du voyage</a> ; et s’est opposé à plusieurs évolutions concernant les AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap).</p><h2 class="spip" id="Un-CV-a-rebours-du-poste">Un CV à rebours du poste</h2><p>Ce CV d’un anti-droits multirécidiviste est celui du sénateur Les Républicains François-Noël Buffet, proposé par Emmanuel Macron pour le poste de… Défenseur des droits, en remplacement de Claire Hédon, dont le mandat prend fin ce 20 juillet. Partout ailleurs, un CV si éloigné de la fiche de poste aurait été mis à la poubelle. En tant qu’autorité administrative indépendante, le Défenseur des droits a deux missions : défendre les personnes dont les droits ne sont pas respectés et permettre l’égalité de tous·tes. Dans ses prérogatives figure notamment la lutte contre les discriminations - par exemple à l’égard d’un couple de femmes à qui l’on refuse la location d’un appartement, est-il précisé <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/decouvrir-le-defenseur-des-droits-197" class="spip_out" rel="external">sur le site de l’institution</a>. Des positions que l’on voit mal François-Noël Buffet, au regard de son parcours et positionnement, incarner.</p><p>Dénonçant <em>« un pied de nez à la société civile »</em> et <em>« un recul pour la démocratie »</em>, près de 70 associations et syndicats, parmi lesquels le Planning familial, SOS Homophobie, la Cimade ou l’Association France handicap <a href="https://www.change.org/p/d%C3%A9fenseur-des-droits-une-nomination-d%C3%A9terminante-pour-les-droits-et-libert%C3%A9s" class="spip_out" rel="external">ont lancé une pétition</a>, déjà signée par plus de 149 000 personnes ce 20 juillet. Augurant selon elles d’un <em>« dévoiement de l’institution »</em>, elles appellent le président de la République à renoncer à cette nomination d’un candidat qui ne correspond à <em>« aucun des critères »</em>.</p><h2 class="spip" id="Un-repentir-tres-tardif">Un repentir très tardif</h2><p>Lors de sa première audition par la commission des lois de l’Assemblée nationale, le sénateur LR a eu bien du mal à défendre son profil, répétant inlassablement qu’il veillerait <em>« au respect du droit applicable »</em>, avec <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/contenu/visualisation/1119555/file/M.%20Buffet%20-%20r%C3%A9ponses%20au%20questionnaire%20de%20M.%20Saulignac.pdf" class="spip_out" rel="external">un argumentaire digne de Chat GPT</a>. A propos du mariage pour tous, il assure avoir <em>« évolué »</em> : <em>« C’était une conviction, un doute que j’avais à cette époque-là, sur les conséquences et pas sur le principe »</em>, s’est-il défendu. Sur l’extension de la PMA, il répète désormais qu’<em>« il n’y a pas de difficulté dans l’exercice de ce droit qui doit être appliqué »</em>. Quant à la constitutionnalisation de l’IVG : il assure qu’il s’opposera <em>« à une remise en cause de ce droit »</em>. <em>« Il n’y a pas l’ombre d’un petit doute… »</em>, tient-il même à ajouter. Peu importe qu’il soit aujourd’hui le seul à en être persuadé.</p><p>Fort de ses nombreux soutiens de droite et du centre, François-Noël Buffet devrait être nommé Défenseur des droits ce 21 juillet, après sa deuxième audition, en commission des lois du Sénat où la droite est majoritaire (une majorité des trois cinquièmes est requise pour sa révocation).</p><p>François-Noël Buffet ne sera pas le premier « Défenseur des droites ». Le très chiraquien Jacques Toubon, pourtant critiqué pour s’être opposé à l’époque à la dépénalisation de l’homosexualité et à l’abolition de la peine de mort, a occupé cette fonction avant lui. Multipliant les actions pour l’accueil des migrants ou encore contre les violences policières, Jacques Toubon avait finalement su convaincre. Sa nomination, sous François Hollande, s’inscrivait cependant dans un contexte politique différent - l’essence de la fonction étant aujourd’hui menacée par l’ascension fulgurante de l’extrême droite et de ses idées.</p><h2 class="spip" id="Un-nouveau-cadeau-a-la-droite-conservatrice">Un nouveau cadeau à la droite conservatrice</h2><p>Dans un tel contexte, ce choix pour un mandat de six ans irrévocable, pour une des rares institutions veillant à l’égalité de tous·tes devant la loi et à la lutte contre les discriminations, est un très mauvais signal, tant pour les droits humains que la démocratie. Après la nomination de Bruno Retailleau comme ministre de l’Intérieur, de Patrick Hetzel à l’Enseignement supérieur, d’Annie Genevard à l’Agriculture, ou encore de Catherine Vautrin au Travail, Emmanuel Macron fait un nouveau cadeau à la droite conservatrice pro-LMPT.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/le-plan-du-gouvernement-contre-la-haine-anti-lgbt-est-extremement-decevant">Le plan du gouvernement contre la haine anti-LGBT+ est « extrêmement décevant », déplore la CNCDH</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/7ab0ffa1ba1d8c5aeb091663d05cdc-548f3.jpg?1776251567" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une personne marchant sur les couleurs LGBTQI+ peintes au sol" /></aside><p>Fruit de tractations avec Les Républicains du Sénat, cette nomination serait, selon <em><a href="https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/banque-de-france-macron-propose-officiellement-moulin-au-poste-de-gouverneur-2230172" class="spip_out" rel="external">Les Echos</a></em>, une contrepartie au recyclage de l’ex-secrétaire général de l’Élysée Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France. Une preuve de plus de la dérive très droitière du chef de l’État, et du peu d’égards qu’il accorde aux droits des minorités.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Presomption-de-legitime-defense-ou-permis-de-tuer-les-arguments-tres-contestables-des-initiateurs-de-la-loi">Présomption de légitime défense : les arguments très contestables des initiateurs de la loi</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/6651d7fd5d333c826155e03543e640-133e5.jpg?1784560072" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Ce choix illustre aussi l’influence politique d’un mouvement conservateur, anti-droits et anti-genre qui ne cesse de croître, comme l’ont récemment mis en avant le <a href="https://www.lecese.fr/actualites/consolider-et-organiser-la-defense-de-nos-principes-democratiques-face-aux-strategies-anti-genre" class="spip_out" rel="external">Conseil économique social et environnemental</a> (Cese) et <a href="https://www.amnesty.fr/actualites/10-methodes-mouvements-masculinistes-anti-genre-attaques-droits-femmes-lgbti-france/" class="spip_out" rel="external">Amnesty international</a>. Et dont l’un des représentants français est donc en passe d’être érigé en garant de l’égalité, alors que <a href="https://ressource.sos-homophobie.org/Rapports_annuels/rapport_LGBTIphobies_2026.pdf" class="spip_out" rel="external">SOS Homophobie alertait</a>, en mai dernier, sur une banalisation des discours de haine anti-LGBT+, et que la France vient de légaliser un « permis de tuer » pour les policiers.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Nomination-Francois-Noel-Buffet-Emmanuel-Macron-meilleur-defenseur-des-droites</link>
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      <pubDate>Tue, 21 Jul 2026 10:42:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Expulsions massives, prisons privées : les États-Unis de Trump se transforment en État policier]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les meurtres – en public et en plein jour – de Renee Good et Alex Pretti, des manifestants qui s’opposaient aux rafles d’immigrés, tués par des agents fédéraux des services de l’immigration (ICE) à Minneapolis en janvier 2026, ont marqué un tournant politique de la seconde présidence de Donald Trump. Les images d’agents fédéraux des polices des frontières (CBP) et de l’immigration, masqués et surarmés, brisant des vitres de voiture pour en arracher les occupants, terrorisant migrants sans-papiers comme citoyens, sont devenues les symboles d’une politique anti-immigration brutale, dont l’emprise s’étend désormais bien au-delà de la frontière américano-mexicaine.</p><p>Ces démonstrations de force, largement mises en scène et assumées, ont aussi nourri d’importantes mobilisations citoyennes et une forte pression de l’opinion. Celles-ci ont finalement conduit l’administration Trump à opérer un retrait tactique.</p><h2 class="spip" id="Expulsions-massives-assassinats-de-migrants-et-deces-en-detention">Expulsions massives, assassinats de migrants et décès en détention</h2><p>Pour autant, l’objectif d’expulsion massive n’a pas été abandonné. Au 4 avril 2026, <a href="https://tracreports.org/immigration/quickfacts/detention.html#detention_held" class="spip_out" rel="external">environ 60 000 migrants étaient détenus</a>, un chiffre en léger recul par rapport au record de janvier (plus de 70 000 migrants détenus), mais historiquement élevé. Depuis la prise de fonctions de Donald Trump, le 20 janvier 2025, un nombre record de 52 personnes sont aussi décédées en détention, <a href="https://www.hrw.org/report/2026/06/25/dying-in-detention/rising-deaths-in-an-expanding-us-immigration-detention-system" class="spip_out" rel="external">selon un rapport de Human Rights Watch</a> publié le 25 juin 2026, illustrant le traitement cruel et inhumain dont sont victimes les migrants.</p><p>Le média <a href="https://datahub.thetrace.org/dataset/federal-immigration-agent-shootings/#download" class="spip_out" rel="external"><em>The Trace</em> recense</a> quant à lui au moins neuf personnes tuées par ICE depuis janvier 2025, et des dizaines d’autres blessées, y compris par des armes dites « moins létales » telles que les Tasers ou les balles en caoutchouc. En outre, au moins 500 bébés et enfants de moins de trois ans ont été détenus par l’administration entre janvier 2025 et mars 2026 <a href="https://www.themarshallproject.org/2026/06/09/babies-and-toddlers-in-ice-detention" class="spip_out" rel="external">selon <em>The Marshall Project</em></a>, dont 175 au-delà de la limite légale de 20 jours. Une limite que les architectes de cette politique espèrent supprimer selon leur feuille de route, <a href="https://basta.media/projet-2025-comment-droite-americaine-imagine-seconde-presidence-Donald-Trump-Musk" class="spip_in">le Projet 2025</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Les-prisons-privees-transformees-en-zones-de-non-droit">Les prisons privées transformées en zones de non droit</h2><p>Il n’est pourtant pas facile de mesurer et documenter les effets de la politique trumpiste en matière de police. Et ce n’est pas un hasard, cette opacité est organisée. Parmi ses premières décisions, Donald Trump a pris soin <a href="https://www.nytimes.com/2025/03/21/us/politics/trump-civil-rights-homeland-security-deportations.html" class="spip_out" rel="external">de supprimer le bureau du médiateur</a> et de réduire drastiquement les ressources du service chargé de traiter les plaintes sur les mauvais traitements au sein du département de la sécurité intérieure (DHS). Plus récemment, le DHS a annoncé que les personnes décédées après avoir été libérées ne seraient plus déclarées dans les décomptes officiels. Cela fait suite à plusieurs polémiques, notamment la mort de Daphy Michel, une demandeuse d’asile haïtienne de 31 ans, morte de froid après avoir été abandonnée par l’ICE à un arrêt de bus en plein hiver.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/projet-2025-comment-droite-americaine-imagine-seconde-presidence-Donald-Trump-Musk">« Projet 2025 » : Comment la droite américaine imagine la seconde présidence Trump</a></aside><p>Des coalitions d’activistes, d’élus, de citoyens et de leaders communautaires s’indignent. Ils interpellent, par exemple, sur les conditions terribles de détention de 2400 personnes, principalement des femmes et des enfants d’Amérique centrale au centre Dilley au Texas, exploité par CoreCivic, une société privée de gestion de centre pénitentiaire. Le plus grand centre de détention de la côte Est, Delaney Hall à Newark (New Jersey), est lui aussi le théâtre de manifestations soutenues. Les parlementaires qui ont voulu le visiter se sont régulièrement vu refuser l’accès, ou n’ont pu y pénétrer que dans des conditions douteuses. Les citoyens manifestant aux abords de l’établissement appartenant à GEO Group, l’autre grande entreprise du secteur, ont été dispersés, réprimés, intimidés... voire condamnés par la justice.</p><h2 class="spip" id="Manifestants-durement-condamnes-atteintes-a-la-liberte-de-la-presse">Manifestants durement condamnés, atteintes à la liberté de la presse</h2><p>Les représailles contre les manifestants s’intensifient. Dans le Minnesota, le bureau du procureur a lancé des poursuites contre quinze personnes accusées d’avoir conspiré pour entraver l’opération « Metro Surge » – le déploiement de 2000 agents qui avait conduit aux meurtres de Good et Pretti. Le 23 juin, c’est un groupe de manifestants « antifas », une <em>« organisation de terrorisme intérieur »</em>, selon Donald Trump, qui était condamné au Texas à plusieurs dizaines d’années de prison. L’un d’entre eux a écopé de 50 ans de prison sans même avoir été présent sur les lieux, tandis que la peine la plus lourde s’élève à 100 ans de prison pour tentative de meurtre.</p><p>Côté liberté de la presse, après avoir tenté d’interdire à des journalistes l’accès aux conférences de presse de la Maison Blanche, le département de la justice a tenté, au début du mois de juin, de forcer des journalistes du <em>Washington Post</em> et du <em>Wall Street Journal</em> à révéler leurs sources, avant de finalement reculer.</p><h2 class="spip" id="Collaboration-de-polices-locales-en-echange-de-contreparties-financieres">Collaboration de polices locales en échange de contreparties financières</h2><p>C’est dans ce contexte que se déploie un État policier de plus en plus étendu, au sein duquel même les polices locales sont chargées de mettre en œuvre l’agenda politique présidentiel. Si Trump n’a pas d’autorité directe sur la police locale, qui fonctionne de manière décentralisée, sous l’autorité politique des villes ou des comtés, il a favorisé <a href="https://www.ice.gov/identify-and-arrest/287g" class="spip_out" rel="external">la signature de plus de 2000 accords</a> – dits « 287(g) » en référence à la section concernée de l’Immigration Act – avec les polices locales de 39 États pour qu’elles mettent en œuvre sa politique fédérale.</p><p>En échange de substantielles contreparties financières, les commissariats locaux partagent des données et des informations sur leurs administrés, signalent les personnes dont le statut est présumé irrégulier, mettent à disposition leurs cellules pour la détention des migrants, leur personnel ou leurs véhicules pour les escorter durant les transferts… En Floride, <a href="https://www.themarshallproject.org/2026/05/11/florida-ice-police-arrest" class="spip_out" rel="external">Sanchez Toledo a ainsi été arrêté et remis à l’ICE</a> en mai après avoir lui-même appelé le numéro d’urgence 911 pour s’assurer de la sécurité de sa fillette de 4 ans.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump">Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump</a></aside><p>Au même moment, dans le Wyoming, des agents de police multipliaient les contrôles sur deux autoroutes majeures. En l’espace de cinq heures, ils ont, <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2026/06/12/us/politics/ice-local-police-immigration-287g.html" class="spip_out" rel="external">selon le <em>New York Times</em></a>, contrôlé 41 personnes, arrêté 7 migrants sans papiers et gagné 1325 dollars en heures supplémentaires.</p><p>Ainsi, des autoroutes aux parcs nationaux, en passant par les campus universitaires, les aéroports ou les bureaux de vote, plusieurs milliers d’agents de police locale sont désormais chargés d’exécuter la politique fédérale sur un périmètre bien plus étendu que celui qui lui est traditionnellement dévolu. Des services parfois insolites ont signé des accords, à l’instar du capitaine des pompiers de Louisiane ou du commissariat à la protection de la pêche et de la nature de Floride. Même dans les juridictions dites sanctuaires, là où la loi interdit à la police locale de coopérer avec l’ICE, des formes d’appui aux opérations sont observées. Il s’agit alors, par exemple, de sécuriser des périmètres d’opération ou de contenir des manifestations, de faciliter la circulation pour les convois…</p><h2 class="spip" id="Expansion-de-la-surveillance-et-privatisation-de-l-infrastructure-policiere">Expansion de la surveillance et privatisation de l’infrastructure policière</h2><p>L’ensemble de ce dispositif bénéficie d’un financement exceptionnel. Moins d’un an après l’allocation de 170 milliards de dollars au DHS par le biais du Big Beautiful Bill, le congrès lui a accordé, en juin 2026, un budget de fonctionnement record de 70 milliards de dollars supplémentaires. Loin de ruisseler seulement vers les échelles locales, ces fonds sont massivement transférés au secteur privé sous la forme de contrats.</p><p>Des entreprises comme Palantir, Amazon ou Flock (qui fabrique et installe des caméras de vidéosurveillance avec reconnaissance faciale) ont reçu des milliards de dollars pour centraliser et exploiter les données publiques et privées des Américains, pour organiser leur surveillance généralisée et systématique, équiper les forces de l’ordre d’outils de reconnaissance faciale, traquer les plaques d’immatriculation des individus, espionner leurs données fiscales, ou installer des dispositifs de vidéosurveillance de plus en plus intrusifs et omniprésents.</p><p><em>404 Media</em> <a href="https://www.404media.co/buspatrol-put-ai-cameras-in-tens-of-thousands-of-school-buses-now-they-want-to-give-cops-access/" class="spip_out" rel="external">a ainsi révélé le projet de l’entreprise BusPatrol</a> d’équiper 40 000 bus scolaires de caméras capables d’enregistrer le trafic routier, lire les plaques d’immatriculation et partager ces informations avec les autorités. Le média spécialisé dans les technologies a également révélé que, grâce au système ELITE, développé par Palantir, les agents de l’ICE avaient accès <a href="https://www.404media.co/ice-agents-have-list-of-20-million-people-on-their-iphones-thanks-to-palantir/" class="spip_out" rel="external">aux données de 20 millions de personnes directement dans leur téléphone</a>.</p><p>L’ICE prévoit par ailleurs d’autoriser les polices locales à accéder à leur application Mobile Fortify, un outil de reconnaissance faciale qui permet, avec un simple téléphone, d’accéder à des centaines de millions d’images et d’informations personnelles. L’agence envisage également de compléter cette escalade technologique avec des « smart glasses », <em>[des lunettes intelligentes, ndlr]</em>… Au premier trimestre 2026, l’entreprise Palantir, fondée en 2003 pour renforcer la sécurité nationale aux États-Unis – la même année que le DHS et l’ICE –, a réalisé un chiffre d’affaires exceptionnel, <a href="https://www.palantir.com/q1-2026-letter/fr/" class="spip_out" rel="external">dont 687 millions de dollars en contrats avec le gouvernement américain</a>. L’entreprise BI2 Technologies a, quant à elle, reçu 25 millions de dollars du DHS pour 1500 lecteurs biométriques de l’iris.</p><h2 class="spip" id="Un-racisme-institutionnel-exacerbe">Un racisme institutionnel exacerbé</h2><p>Les principales victimes de cette politique sont les immigrés, en situation régulière ou non, les Noirs et la communauté latino dans son ensemble. <a href="https://projects.thecity.nyc/ice-street-arrests-investigation-racial-profiling/" class="spip_out" rel="external">Selon une enquête</a>, les Latinos représentent 93 % des arrestations de l’ICE à New York et dans le New Jersey alors qu’ils ne constituent que 66 % des sans-papiers de la région. La décision de la Cour suprême, le 25 juin 2026, de <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/25/la-cour-supreme-americaine-autorise-l-administration-trump-a-revoquer-le-statut-protecteur-de-milliers-d-immigres-haitiens-et-syriens_6715439_3210.html?srsltid=AfmBOoosyazuWr_rgB9kRo1U5D7_q3vQ5yd8H3NpXtQO1zGF1RVtHJYY" class="spip_out" rel="external">suspendre les programmes de protection</a> temporaire de 350 000 Haïtiens et 6000 Syriens en danger dans leurs pays, les expose brutalement à la détection, l’arrestation, la détention et l’expulsion par la police.</p><p>La politique de l’administration Trump en matière de police se distingue donc par une échelle d’action et une brutalité inédites, avec l’expansion des discriminations raciales et des contrôles aux faciès. Au-delà du déploiement de force spectaculaire, c’est une immense infrastructure qui se met en place. D’abord dirigée contre les migrants, les non-blancs et les opposants politiques, cette répression touche progressivement l’ensemble des citoyens américains, voire des étrangers au-delà du territoire des États-Unis, en particulier contre l’Europe. Ce 16 juillet, le Département d’État organisait d’ailleurs une réunion sur « le terrorisme global d’extrême gauche » tandis qu’<a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2026/07/17/offensive-maga-contre-leurope-les-etats-unis-lancent-un-programme-de-financement-dorganisations-alignees/" class="spip_out" rel="external">un nouveau programme de financements d’organisations et partis « alignés »</a> sur la vision trumpiste – comprenez : prêts à accepter la vassalisation – était lancé à destination des mouvements d’extrême droite européens.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/que-ferait-la-police-si-l-extreme-droite-accedait-au-pouvoir-en-2027-Emmanuel-Blanchard">Que ferait la police si l’extrême droite accédait au pouvoir en 2027 ?</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/f238c8eb56219dbf23ce8c80401ff7-9556c.jpg?1784521827" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>L’édification de cet État policier repose sur plusieurs dynamiques : le volontarisme de l’administration Trump, qui en assume la brutalité ; le soutien des conservateurs au Congrès et dans le système judiciaire ; et plusieurs décennies de durcissement des politiques migratoires, d’investissements dans le complexe carcéro-industriel, la militarisation de la frontière, le secteur privé… y compris par les administrations démocrates. Depuis sa réélection, Trump connaît de nombreuses victoires politiques et judiciaires, mais aussi de nombreuses contestations témoignant de l’immense tension qui traverse le système fédéral états-unien.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 20 Jul 2026 06:30:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Expulsions massives, prisons privées : les États-Unis de Trump se transforment en État policier]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les meurtres – en public et en plein jour – de Renee Good et Alex Pretti, des manifestants qui s’opposaient aux rafles d’immigrés, tués par des agents fédéraux des services de l’immigration (ICE) à Minneapolis en janvier 2026, ont marqué un tournant politique de la seconde présidence de Donald Trump. Les images d’agents fédéraux des polices des frontières (CBP) et de l’immigration, masqués et surarmés, brisant des vitres de voiture pour en arracher les occupants, terrorisant migrants sans-papiers comme citoyens, sont devenues les symboles d’une politique anti-immigration brutale, dont l’emprise s’étend désormais bien au-delà de la frontière américano-mexicaine.</p><p>Ces démonstrations de force, largement mises en scène et assumées, ont aussi nourri d’importantes mobilisations citoyennes et une forte pression de l’opinion. Celles-ci ont finalement conduit l’administration Trump à opérer un retrait tactique.</p><h2 class="spip" id="Expulsions-massives-assassinats-de-migrants-et-deces-en-detention">Expulsions massives, assassinats de migrants et décès en détention</h2><p>Pour autant, l’objectif d’expulsion massive n’a pas été abandonné. Au 4 avril 2026, <a href="https://tracreports.org/immigration/quickfacts/detention.html#detention_held" class="spip_out" rel="external">environ 60 000 migrants étaient détenus</a>, un chiffre en léger recul par rapport au record de janvier (plus de 70 000 migrants détenus), mais historiquement élevé. Depuis la prise de fonctions de Donald Trump, le 20 janvier 2025, un nombre record de 52 personnes sont aussi décédées en détention, <a href="https://www.hrw.org/report/2026/06/25/dying-in-detention/rising-deaths-in-an-expanding-us-immigration-detention-system" class="spip_out" rel="external">selon un rapport de Human Rights Watch</a> publié le 25 juin 2026, illustrant le traitement cruel et inhumain dont sont victimes les migrants.</p><p>Le média <a href="https://datahub.thetrace.org/dataset/federal-immigration-agent-shootings/#download" class="spip_out" rel="external"><em>The Trace</em> recense</a> quant à lui au moins neuf personnes tuées par ICE depuis janvier 2025, et des dizaines d’autres blessées, y compris par des armes dites « moins létales » telles que les Tasers ou les balles en caoutchouc. En outre, au moins 500 bébés et enfants de moins de trois ans ont été détenus par l’administration entre janvier 2025 et mars 2026 <a href="https://www.themarshallproject.org/2026/06/09/babies-and-toddlers-in-ice-detention" class="spip_out" rel="external">selon <em>The Marshall Project</em></a>, dont 175 au-delà de la limite légale de 20 jours. Une limite que les architectes de cette politique espèrent supprimer selon leur feuille de route, <a href="https://basta.media/projet-2025-comment-droite-americaine-imagine-seconde-presidence-Donald-Trump-Musk" class="spip_in">le Projet 2025</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Les-prisons-privees-transformees-en-zones-de-non-droit">Les prisons privées transformées en zones de non droit</h2><p>Il n’est pourtant pas facile de mesurer et documenter les effets de la politique trumpiste en matière de police. Et ce n’est pas un hasard, cette opacité est organisée. Parmi ses premières décisions, Donald Trump a pris soin <a href="https://www.nytimes.com/2025/03/21/us/politics/trump-civil-rights-homeland-security-deportations.html" class="spip_out" rel="external">de supprimer le bureau du médiateur</a> et de réduire drastiquement les ressources du service chargé de traiter les plaintes sur les mauvais traitements au sein du département de la sécurité intérieure (DHS). Plus récemment, le DHS a annoncé que les personnes décédées après avoir été libérées ne seraient plus déclarées dans les décomptes officiels. Cela fait suite à plusieurs polémiques, notamment la mort de Daphy Michel, une demandeuse d’asile haïtienne de 31 ans, morte de froid après avoir été abandonnée par l’ICE à un arrêt de bus en plein hiver.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/projet-2025-comment-droite-americaine-imagine-seconde-presidence-Donald-Trump-Musk">« Projet 2025 » : Comment la droite américaine imagine la seconde présidence Trump</a></aside><p>Des coalitions d’activistes, d’élus, de citoyens et de leaders communautaires s’indignent. Ils interpellent, par exemple, sur les conditions terribles de détention de 2400 personnes, principalement des femmes et des enfants d’Amérique centrale, au centre Dilley au Texas, exploité par CoreCivic, une société privée de gestion de centres pénitentiaires. Le plus grand centre de détention de la côte Est, Delaney Hall à Newark (New Jersey), est lui aussi le théâtre de manifestations soutenues. Les parlementaires qui ont voulu le visiter se sont régulièrement vu refuser l’accès, ou n’ont pu y pénétrer que dans des conditions douteuses. Les citoyens manifestant aux abords de l’établissement appartenant à GEO Group, l’autre grande entreprise du secteur, ont été dispersés, réprimés, intimidés... voire condamnés par la justice.</p><h2 class="spip" id="Manifestants-durement-condamnes-atteintes-a-la-liberte-de-la-presse">Manifestants durement condamnés, atteintes à la liberté de la presse</h2><p>Les représailles contre les manifestants s’intensifient. Dans le Minnesota, le bureau du procureur a lancé des poursuites contre quinze personnes accusées d’avoir conspiré pour entraver l’opération « Metro Surge » – le déploiement de 2000 agents qui avait conduit aux meurtres de Good et Pretti. Le 23 juin, c’est un groupe de manifestants « antifas », une <em>« organisation de terrorisme intérieur »</em>, selon Donald Trump, qui était condamné au Texas à plusieurs dizaines d’années de prison. L’un d’entre eux a écopé de 50 ans de prison sans même avoir été présent sur les lieux, tandis que la peine la plus lourde s’élève à 100 ans de prison pour tentative de meurtre.</p><p>Côté liberté de la presse, après avoir essayé d’interdire à des journalistes l’accès aux conférences de presse de la Maison Blanche, le département de la justice a tenté, au début du mois de juin, de forcer des journalistes du <em>Washington Post</em> et du <em>Wall Street Journal</em> à révéler leurs sources, avant de finalement reculer.</p><h2 class="spip" id="Collaboration-de-polices-locales-en-echange-de-contreparties-financieres">Collaboration de polices locales en échange de contreparties financières</h2><p>C’est dans ce contexte que se déploie un État policier de plus en plus étendu, au sein duquel même les polices locales sont chargées de mettre en œuvre l’agenda politique présidentiel. Si Trump n’a pas d’autorité directe sur la police locale, qui fonctionne de manière décentralisée, sous l’autorité politique des villes ou des comtés, il a favorisé <a href="https://www.ice.gov/identify-and-arrest/287g" class="spip_out" rel="external">la signature de plus de 2000 accords</a> – dits « 287(g) » en référence à la section concernée de l’Immigration Act – avec les polices locales de 39 États pour qu’elles mettent en œuvre sa politique fédérale.</p><p>En échange de substantielles contreparties financières, les commissariats locaux partagent des données et des informations sur leurs administrés, signalent les personnes dont le statut est présumé irrégulier, mettent à disposition leurs cellules pour la détention des migrants, leur personnel ou leurs véhicules pour les escorter durant les transferts… En Floride, <a href="https://www.themarshallproject.org/2026/05/11/florida-ice-police-arrest" class="spip_out" rel="external">Sanchez Toledo a ainsi été arrêté et remis à l’ICE</a> en mai, après avoir lui-même appelé le numéro d’urgence 911 pour s’assurer de la sécurité de sa fillette de 4 ans.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump">Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump</a></aside><p>Au même moment, dans le Wyoming, des agents de police multipliaient les contrôles sur deux autoroutes majeures. En l’espace de cinq heures, ils ont, <a href="https://www.nytimes.com/interactive/2026/06/12/us/politics/ice-local-police-immigration-287g.html" class="spip_out" rel="external">selon le <em>New York Times</em></a>, contrôlé 41 personnes, arrêté 7 migrants sans papiers et gagné 1325 dollars en heures supplémentaires.</p><p>Ainsi, des autoroutes aux parcs nationaux, en passant par les campus universitaires, les aéroports ou les bureaux de vote, plusieurs milliers d’agents de police locale sont désormais chargés d’exécuter la politique fédérale sur un périmètre bien plus étendu que celui qui lui est traditionnellement dévolu. Des services et des personnalités parfois insolites ont signé des accords, à l’instar du capitaine des pompiers de Louisiane ou du commissariat à la protection de la pêche et de la nature de Floride. Même dans les juridictions dites sanctuaires, là où la loi interdit à la police locale de coopérer avec l’ICE, des formes d’appui aux opérations sont observées. Il s’agit alors, par exemple, de sécuriser des périmètres d’opération ou de contenir des manifestations, de faciliter la circulation pour les convois…</p><h2 class="spip" id="Expansion-de-la-surveillance-et-privatisation-de-l-infrastructure-policiere">Expansion de la surveillance et privatisation de l’infrastructure policière</h2><p>L’ensemble de ce dispositif bénéficie d’un financement exceptionnel. Moins d’un an après l’allocation de 170 milliards de dollars au DHS par le biais du Big Beautiful Bill, le congrès lui a accordé, en juin 2026, un budget de fonctionnement record de 70 milliards de dollars supplémentaires. Loin de ruisseler seulement vers les échelles locales, ces fonds sont massivement transférés au secteur privé sous la forme de contrats.</p><p>Des entreprises comme Palantir, Amazon ou Flock (qui fabrique et installe des caméras de vidéosurveillance avec reconnaissance faciale) ont reçu des milliards de dollars pour centraliser et exploiter les données publiques et privées des Américains, pour organiser leur surveillance généralisée et systématique, équiper les forces de l’ordre d’outils de reconnaissance faciale, traquer les plaques d’immatriculation des individus, espionner leurs données fiscales, ou installer des dispositifs de vidéosurveillance de plus en plus intrusifs et omniprésents.</p><p><em>404 Media</em> <a href="https://www.404media.co/buspatrol-put-ai-cameras-in-tens-of-thousands-of-school-buses-now-they-want-to-give-cops-access/" class="spip_out" rel="external">a ainsi révélé le projet de l’entreprise BusPatrol</a> d’équiper 40 000 bus scolaires de caméras capables d’enregistrer le trafic routier, lire les plaques d’immatriculation et partager ces informations avec les autorités. Le média spécialisé dans les technologies a également révélé que, grâce au système ELITE, développé par Palantir, les agents de l’ICE avaient accès <a href="https://www.404media.co/ice-agents-have-list-of-20-million-people-on-their-iphones-thanks-to-palantir/" class="spip_out" rel="external">aux données de 20 millions de personnes directement dans leurs téléphones</a>.</p><p>L’ICE prévoit par ailleurs d’autoriser les polices locales à accéder à leur application Mobile Fortify, un outil de reconnaissance faciale qui permet, avec un simple téléphone, d’accéder à des centaines de millions d’images et d’informations personnelles. L’agence envisage également de compléter cette escalade technologique avec des « smart glasses », <em>[des lunettes intelligentes, ndlr]</em>… Au premier trimestre 2026, l’entreprise Palantir, fondée en 2003 pour renforcer la sécurité nationale aux États-Unis – la même année que le DHS et l’ICE –, a réalisé un chiffre d’affaires exceptionnel, <a href="https://www.palantir.com/q1-2026-letter/fr/" class="spip_out" rel="external">dont 687 millions de dollars en contrats avec le gouvernement américain</a>. L’entreprise BI2 Technologies a, quant à elle, reçu 25 millions de dollars du DHS pour 1500 lecteurs biométriques de l’iris.</p><h2 class="spip" id="Un-racisme-institutionnel-exacerbe">Un racisme institutionnel exacerbé</h2><p>Les principales victimes de cette politique sont les immigrés, en situation régulière ou non, les Noirs et la communauté latino dans son ensemble. <a href="https://projects.thecity.nyc/ice-street-arrests-investigation-racial-profiling/" class="spip_out" rel="external">Selon une enquête</a>, les Latinos représentent 93 % des arrestations de l’ICE à New York et dans le New Jersey alors qu’ils ne constituent que 66 % des sans-papiers de la région. La décision de la Cour suprême, le 25 juin 2026, de <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/06/25/la-cour-supreme-americaine-autorise-l-administration-trump-a-revoquer-le-statut-protecteur-de-milliers-d-immigres-haitiens-et-syriens_6715439_3210.html?srsltid=AfmBOoosyazuWr_rgB9kRo1U5D7_q3vQ5yd8H3NpXtQO1zGF1RVtHJYY" class="spip_out" rel="external">suspendre les programmes de protection</a> temporaire de 350 000 Haïtiens et 6000 Syriens en danger dans leurs pays, les expose brutalement à la détection, l’arrestation, la détention et l’expulsion par la police.</p><p>La politique de l’administration Trump en matière de police se distingue donc par une échelle d’action et une brutalité inédites, avec l’expansion des discriminations raciales et des contrôles aux faciès. Au-delà du déploiement de force spectaculaire, c’est une immense infrastructure qui se met en place. D’abord dirigée contre les migrants, les non-blancs et les opposants politiques, cette répression touche progressivement l’ensemble des citoyens américains, voire des étrangers au-delà du territoire des États-Unis, en particulier contre l’Europe. Ce 16 juillet, le Département d’État organisait d’ailleurs une réunion sur « le terrorisme global d’extrême gauche » tandis qu’<a href="https://legrandcontinent.eu/fr/2026/07/17/offensive-maga-contre-leurope-les-etats-unis-lancent-un-programme-de-financement-dorganisations-alignees/" class="spip_out" rel="external">un nouveau programme de financement d’organisations et partis « alignés »</a> sur la vision trumpiste – comprenez : prêts à accepter la vassalisation – était lancé à destination des mouvements d’extrême droite européens.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/que-ferait-la-police-si-l-extreme-droite-accedait-au-pouvoir-en-2027-Emmanuel-Blanchard">Que ferait la police si l’extrême droite accédait au pouvoir en 2027 ?</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/f238c8eb56219dbf23ce8c80401ff7-9556c.jpg?1784521827" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>L’édification de cet État policier repose sur plusieurs dynamiques : le volontarisme de l’administration Trump, qui en assume la brutalité ; le soutien des conservateurs au Congrès et dans le système judiciaire ; et plusieurs décennies de durcissement des politiques migratoires, d’investissements dans le complexe carcéro-industriel, la militarisation de la frontière, le secteur privé… y compris par les administrations démocrates. Depuis sa réélection, Trump connaît de nombreuses victoires politiques et judiciaires, mais aussi de nombreuses contestations témoignant de l’immense tension qui traverse le système fédéral états-unien.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 20 Jul 2026 06:30:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Ces parlementaires veulent réautoriser des pesticides interdits et fragiliser la ressource en eau : pourquoi le vote peut encore changer]]></title>
      <description><![CDATA[<p>C’est à huis clos que huit députés et sénateurs du Rassemblement national, des Républicains et du centre viennent de décider d’une immense régression environnementale et sanitaire. Ils ont voté, le jeudi 16 juillet, en commission mixte paritaire, pour la réautorisation de deux néonicotinoïdes : l’acétamipride et le flupyradifurone, interdits en France depuis 2020.</p><p>L’usage de l’acétamipride a été « cantonné » à la filière noisette, tandis que le flupyradifurone pourrait être autorisé pour les cultures de pommes, cerises et betteraves. Soit des impacts étendus et durables sur plusieurs centaines de milliers d’hectares, malgré la limitation de l’autorisation à trois ans.</p><div class="spip_document_23201 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="211" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4060248754 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784285365 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784290144 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png" width="960" height="628" alt="les visages des députés et sénateurs qui ont voté en faveur de la réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone en commission mixte paritaire" aria-describedby="by23201-b85dadde9e4d4af895fb01017a079782" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23201-b85dadde9e4d4af895fb01017a079782">Sur quatorze parlementaires réunis en commission mixte paritaire, huit ont voté en faveur de la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, néonicotinoïdes interdits en France depuis 2020.
© Basta!
</figcaption></figure></div><p>L’abstention des deux députés Jean-René Cazeneuve (Ensemble pour la République, ex-Renaissance) et Marc Fesneau (MoDem) est <em>« coupable »</em>, dénonce l’organisation Générations futures : <em>« Coupable de la participation à l’effondrement de la biodiversité et des futures contaminations de la ressource en eau. »</em></p><p>Sur les quatorze parlementaires siégeant autour de la table, les quatre parlementaires de gauche ont fait bloc en votant contre. Mais l’opposition des insoumis et des socialistes n’aura pas suffi à empêcher le retour en plein champ de pesticides interdits, face à l’alliance de la macronie, de la droite et de l’extrême droite. <em>« C’est une loi criminelle pour nos enfants »</em>, se désespère l’insoumise Aurélie Trouvé, à la sortie de l’Hémicycle.</p><p>Un an après la <a href="https://basta.media/Petition-loi-Duplomb-le-mepris-du-gouvernement-pour-les-2-millions-de-signataires" class="spip_in">pétition contre la loi Duplomb, qui avait réuni 2,1 millions de signatures</a>, le projet de loi d’urgence agricole va donc être soumis pour un ultime vote à l’Assemblée nationale, lundi 20 juillet au soir, puis au Sénat, mardi, en vue d’une adoption définitive.</p><p>Parviendra-t-il à réunir une majorité parmi les députés ? Pas si sûr. La copie finale comporte plusieurs mesures sensibles, principalement sur les pesticides et sur l’eau. Les votes des députés du bloc central, présidés par Marc Fesneau (Modem) et Gabriel Attal (Ensemble pour la République) seront particulièrement scrutés. Sur le terrain, nombreux sont ceux et celles qui agissent pour que le vote bascule.</p><div class="spip_document_23197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="387" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c240139087 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784280643 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784290146 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png" width="960" height="593" alt="l'hémicycle avec les forces en présence par couleur concernant leur vote sur ke projet de loi d'urgence agricole" aria-describedby="by23197-965cf4bdd5823c59a4d5c0479dd9fcc3" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23197-965cf4bdd5823c59a4d5c0479dd9fcc3">Les votes des députés du bloc central, présidés par Marc Fesneau (MoDem) et Gabriel Attal (Ensemble pour la République), seront particulièrement scrutés ce lundi 20 juillet 2026. La gauche (écologiste, socialiste, insoumise) s’est déjà prononcée contre le projet de loi d’urgence agricole. Les groupes de droite et d’extrême droite défendent la loi.
Visuel créé par Générations futures
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Le-partage-de-l-eau-au-coeur-des-clivages">Le partage de l’eau au cœur des clivages</h2><p>Plus de 54 organisations réunies au sein du collectif Nourrir demandent au gouvernement de retirer son texte. Le coprésident du collectif, Mathieu Courgeau, éleveur en Vendée, explique : <em>« Ce texte de loi promeut l’irrigation comme la solution à tous les problèmes rencontrés par les agriculteurs. Ce qu’on dit, nous, c’est que ça peut éventuellement faire partie du bouquet de solutions mais il ne faut pas mentir aux agriculteurs. La réalité, c’est qu’on ne peut pas créer de l’eau, il faut la partager entre les différents usages et entre agriculteurs. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Secheresse-canicule-mortalite-animaux-vegetaux-entre-burn-out-climatique-et-deni-politique">Sécheresse, canicule, mortalité animale et végétale : entre burn-out climatique et déni politique</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/c8d40b4e33280e058fbf7e4f831d7d-9f985.jpg?1784280640" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="sols complètement asséchés" /></aside><p>Ce 17 juillet, <a href="https://vigieau.gouv.fr/donnees/carte-historique/" class="spip_out" rel="external">48 départements sont classés en situation de crise sur l’eau</a>, et 39 en alerte renforcée ou alerte simple. Face à cette situation inédite, Sandy Olivar Calvo, chargée de champagne chez Greenpeace, poursuit : <em>« Le gouvernement et ses alliés sont en train de vendre un rêve, un mensonge, sur nos capacités à produire demain avec une ressource en eau qui serait illimitée. C’est faux. L’accès doit se faire en faveur d’une agriculture nourricière et non au service d’une agriculture productiviste. La gestion de cette ressource doit être guidée par sa disponibilité réelle et par l’intérêt général. »</em></p><p>Or, c’est tout le contraire que prévoit le projet de loi avec un doublement, d’ici 2035, de la capacité des agriculteurs et agricultrices à stocker de l’eau, en utilisant notamment les très décriées mégabassines. Le mirage est tel que cinq anciens ministres de l’Agriculture viennent de signer une <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/sans-veritable-politique-de-preservation-des-ressources-en-eau-il-ne-peut-y-avoir-d-agriculture-viable-20260709" class="spip_out" rel="external">tribune pour dénoncer les <em>« solutions simplistes et court-termistes »</em></a> du projet de loi : <em>« Laisser croire que ces ouvrages créeraient une eau nouvelle, disponible sans limite, et régleraient toutes les questions serait mentir aux agriculteurs »</em>, coécrivent Marc Fesneau, Guillaume Garot, Stéphane Le Foll, Agnès Pannier-Runacher et Stéphane Travert.</p><p><em>« Le stockage ne fabrique pas d’eau : le volume de cette ressource dépend du climat, de l’état des sols, des nappes et des rivières. Les zones humides contribuent à la protéger. Promettre des volumes d’eau qu’aucun agriculteur ne verrait</em> in fine <em>conduirait leurs exploitations dans une impasse »</em>, mentionnent ces anciens ministres. Le collectif Bassines Non merci n’aurait pas dit mieux (mais aurait certainement agi avant, s’il avait dirigé le ministère).</p><h2 class="spip" id="Meme-le-Medef-est-vent-debout">Même le Medef est vent debout</h2><p>Le texte affaiblit aussi fondamentalement la gouvernance de l’eau, avec une volonté d’augmenter la représentativité agricole au détriment des collectivités locales et des autres usagers. Ce sujet crée un clivage au sein même du gouvernement : la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, est vent debout contre ces dispositions. <em>« Je ne reconnais plus le texte du gouvernement</em>, <a href="https://www.la-croix.com/planete/monique-barbut-inaudible-ministre-de-l-ecologie-se-rebelle-sur-le-partage-de-leau-dans-la-loi-agricole-20260709" class="spip_out" rel="external">a récemment affirmé la ministre</a>. <em>Il a été profondément remanié au point de devenir une nouvelle loi Duplomb, qui met gravement en péril la démocratie de l’eau et, par conséquent, la garantie d’un partage juste de cette ressource vitale. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pesticides-alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb">Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu’affirme le sénateur Duplomb</a></aside><p>Difficile de savoir si la voix de cette ministre, assez inaudible depuis sa nomination, va peser sur le vote final. En revanche, l’opposition à ce texte des élu·es membres de France Eau publique, qui regroupe près d’une centaine de collectivités et opérateurs publics en charge de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement, pourrait changer la donne. Dans une tribune, ils appellent à retirer le volet « eau » du projet de loi <a href="https://www.france-eaupublique.fr/actualites/les-collectivites-appellent-a-retirer-le-volet-eau-de-la-proposition-de-loi-upsa/" class="spip_out" rel="external">jugé <em>« structurellement problématique »</em></a>. <em>« On ne peut pas détricoter plus de 60 ans d’un fonctionnement exemplaire via une loi d’urgence agricole. On ne peut pas annoncer des plans eau, l’urgence de l’eau, puis, dans les faits, n’assurer aucune continuité, aucun financement nouveau et simplement proposer des régressions »</em>, fustige Nicolas Juillet, vice-président de France Eau publique.</p><p>Même le Medef monte au créneau. Dans une <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/09/projet-de-loi-d-urgence-agricole-les-acteurs-de-l-eau-mobilises-contre-un-texte-qui-met-l-agriculture-d-abord-les-autres-apres_6722065_3244.html?srsltid=AfmBOorgMrYq_x3goVlKXR5SvaXF7toUhyhRDIRR58rYQ6Bp4RbafyR0" class="spip_out" rel="external">note révélée par le média <em>Contexte</em></a>, l’organisation patronale se dit inquiète à l’idée <em>« d’un accaparement sans contrepartie, sans contrainte et sans limite »</em> de cette ressource par l’agriculture. <em>« L’eau est un bien commun et il convient de la partager »</em>, ajoute le Medef, qui <em>« regrette vivement »</em> de ne pas avoir été associé à la préparation du texte.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Embarras-sur-les-pesticides">Embarras sur les pesticides</h2><p>D’autres volets sont extrêmement problématiques dans le projet de loi, notamment celui sur <a href="https://basta.media/comprendre-enjeux-loi-urgence-agricole-megabassines-ICPE-recours-pesticides" class="spip_in">l’industrialisation de l’élevage</a>. Mais c’est la question des pesticides qui met dans l’embarras le bloc central, fracturé sur le sujet. L’article 2 quater qui prévoit la réautorisation des néonicotinoïdes <em>« n’est pas à sa place »</em> a pointé le député Renaissance Jean-René Cazeneuve, le 16 juillet, sans s’avancer sur le vote final de son groupe à l’Assemblée.</p><p>Avant l’examen du texte en commission mixte paritaire, l’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu avait alerté sur <em>« le risque que l’ensemble du texte soit rejeté à l’Assemblée nationale »</em> dans le cas où la mesure de réautorisation des néonicotinoïdes serait maintenue. Le gouvernement peut d’ailleurs amender le texte jusqu’à la dernière minute lors de l’examen définitif du projet.</p><div class="spip_document_23198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="224" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://linktr.ee/loiduplomb" class="spip_out spip_doc_lien" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3658098671 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784286147 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784290162 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg" width="960" height="1200" alt="liste de rassemblements contre le projet de loi Duplomb 2 fusionné au projet de loi d'urgence agricole." aria-describedby="by23198-88b74841d6f2921cfdacb6d9886ebda5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23198-88b74841d6f2921cfdacb6d9886ebda5">Cliquez sur l’image ci-dessus pour retrouver la liste actualisée des rassemblements prévus dans toute la France les 18, 19 et 20 juillet 2026, contre le projet de loi Duplomb 2 fusionné au projet de loi d’urgence agricole.
</figcaption></figure></div><p>Une trentaine de rassemblements sont d’ores et déjà prévus ces samedi 18 et dimanche 19 juillet, en métropole, comme à La Rochelle, Bordeaux, Tours, Lyon, Auxerre, et dans les outre-mer, comme à Saint-Joseph, à La Réunion. À Paris, un rassemblement est prévu le lundi 20 juillet à 18 heures à proximité de l’Assemblée nationale. <em>« Vous pouvez aussi interpeller les député·es</em>, souligne Hélène Mocquillon, de Générations futures. <em>Des opérations phoning sont en cours, par mail avec <a href="https://shaketonpolitique.org/" class="spip_out" rel="external">Shake ton politique</a>, et par carte postale via Cancer Colère. »</em>*</p><p>Une <a href="https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6392" class="spip_out" rel="external">nouvelle pétition initiée par Sabine Grataloup</a>, dont le fils Théo a été reconnu victime des pesticides par l’État français, est également lancée. Sandy Olivar Calvo, de Greenpeace, ne désarme pas : <em>« On appelle à respecter le principe de précaution, à revenir à la réalité, aux faits scientifiques et à protéger la population. »</em> Ce qui inclut évidemment les agricultrices et agriculteurs, en première ligne face aux effets sanitaires des pesticides.</p><p>*Tous les liens de mobilisation sont disponibles sur Linktree : <a href="https://linktr.ee/loiduplomb" class="spip_out" rel="external">https://linktr.ee/loiduplomb</a></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/vote-loi-urgence-agricole-Duplomb-Parlement-reautoriser-pesticides-interdits-acetamipride-flupyradifurone-megabassines-secheresse</link>
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      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 14:15:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Ces parlementaires veulent réautoriser des pesticides interdits et fragiliser la ressource en eau : pourquoi le vote peut encore changer]]></title>
      <description><![CDATA[<p>C’est à huis clos que huit députés et sénateurs du Rassemblement national, des Républicains et du centre viennent de décider d’une immense régression environnementale et sanitaire. Ils ont voté, le jeudi 16 juillet, en commission mixte paritaire, pour la réautorisation de deux néonicotinoïdes : l’acétamipride et le flupyradifurone, interdits en France depuis 2020.</p><p>L’usage de l’acétamipride a été « cantonné » à la filière noisette, tandis que le flupyradifurone pourrait être autorisé pour les cultures de pommes, cerises et betteraves. Soit des impacts étendus et durables sur plusieurs centaines de milliers d’hectares, malgré la limitation de l’autorisation à trois ans.</p><div class="spip_document_23201 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="211" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4060248754 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784291560 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784291272 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784285365 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784293319 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784293260 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784293379 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784293194 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784291547 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784291567 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784293228 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784293248 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784293183 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784292710 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784293221 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png@.webp?1784290144 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784291254" width="960" height="628" alt="les visages des députés et sénateurs qui ont voté en faveur de la réintroduction de l'acétamipride et du flupyradifurone en commission mixte paritaire" aria-describedby="by23201-4f88a315e020b0683612929de3b2a742" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784291175 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784293302 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/qui_a_vote_pour_reautorisation_pesticides_interdits_credit_sophie_chapelle.png?1784291254 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23201-4f88a315e020b0683612929de3b2a742">Sur quatorze parlementaires réunis en commission mixte paritaire, huit ont voté en faveur de la réintroduction de l’acétamipride et du flupyradifurone, néonicotinoïdes interdits en France depuis 2020.
© Basta!
</figcaption></figure></div><p>L’abstention des deux députés Jean-René Cazeneuve (Ensemble pour la République, ex-Renaissance) et Marc Fesneau (MoDem) est <em>« coupable »</em>, dénonce l’organisation Générations futures : <em>« Coupable de la participation à l’effondrement de la biodiversité et des futures contaminations de la ressource en eau. »</em></p><p>Sur les quatorze parlementaires siégeant autour de la table, les quatre parlementaires de gauche ont fait bloc en votant contre. Mais l’opposition des insoumis et des socialistes n’aura pas suffi à empêcher le retour en plein champ de pesticides interdits, face à l’alliance de la macronie, de la droite et de l’extrême droite. <em>« C’est une loi criminelle pour nos enfants »</em>, se désespère l’insoumise Aurélie Trouvé, à la sortie de l’Hémicycle.</p><p>Un an après la <a href="https://basta.media/Petition-loi-Duplomb-le-mepris-du-gouvernement-pour-les-2-millions-de-signataires" class="spip_in">pétition contre la loi Duplomb, qui avait réuni 2,1 millions de signatures</a>, le projet de loi d’urgence agricole va donc être soumis pour un ultime vote à l’Assemblée nationale, lundi 20 juillet au soir, puis au Sénat, mardi, en vue d’une adoption définitive.</p><p>Parviendra-t-il à réunir une majorité parmi les députés ? Pas si sûr. La copie finale comporte plusieurs mesures sensibles, principalement sur les pesticides et sur l’eau. Les votes des députés du bloc central, présidés par Marc Fesneau (Modem) et Gabriel Attal (Ensemble pour la République) seront particulièrement scrutés. Sur le terrain, nombreux sont ceux et celles qui agissent pour que le vote bascule.</p><div class="spip_document_23197 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="387" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c240139087 png loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784291561 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784291291 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784280643 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784293393 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784293335 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784293244 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784293245 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784291575 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784291627 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784293185 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784293203 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784293233 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784293183 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784293276 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png@.webp?1784290146 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784291254" width="960" height="593" alt="l'hémicycle avec les forces en présence par couleur concernant leur vote sur ke projet de loi d'urgence agricole" aria-describedby="by23197-f613685d4ee338e30ea3fa4aff211c74" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784291175 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784293279 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/visuel_loi_urgence_agricole_duplomb2-credit_generations_futures.png?1784291254 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23197-f613685d4ee338e30ea3fa4aff211c74">Les votes des députés du bloc central, présidés par Marc Fesneau (MoDem) et Gabriel Attal (Ensemble pour la République), seront particulièrement scrutés ce lundi 20 juillet 2026. La gauche (écologiste, socialiste, insoumise) s’est déjà prononcée contre le projet de loi d’urgence agricole. Les groupes de droite et d’extrême droite défendent la loi.
Visuel créé par Générations futures
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Le-partage-de-l-eau-au-coeur-des-clivages">Le partage de l’eau au cœur des clivages</h2><p>Plus de 54 organisations réunies au sein du collectif Nourrir demandent au gouvernement de retirer son texte. Le coprésident du collectif, Mathieu Courgeau, éleveur en Vendée, explique : <em>« Ce texte de loi promeut l’irrigation comme la solution à tous les problèmes rencontrés par les agriculteurs. Ce qu’on dit, nous, c’est que ça peut éventuellement faire partie du bouquet de solutions mais il ne faut pas mentir aux agriculteurs. La réalité, c’est qu’on ne peut pas créer de l’eau, il faut la partager entre les différents usages et entre agriculteurs. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Secheresse-canicule-mortalite-animaux-vegetaux-entre-burn-out-climatique-et-deni-politique">Sécheresse, canicule, mortalité animale et végétale : entre burn-out climatique et déni politique</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/c8d40b4e33280e058fbf7e4f831d7d-9f985.jpg?1784280640" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="sols complètement asséchés" /></aside><p>Ce 17 juillet, <a href="https://vigieau.gouv.fr/donnees/carte-historique/" class="spip_out" rel="external">48 départements sont classés en situation de crise sur l’eau</a>, et 39 en alerte renforcée ou alerte simple. Face à cette situation inédite, Sandy Olivar Calvo, chargée de champagne chez Greenpeace, poursuit : <em>« Le gouvernement et ses alliés sont en train de vendre un rêve, un mensonge, sur nos capacités à produire demain avec une ressource en eau qui serait illimitée. C’est faux. L’accès doit se faire en faveur d’une agriculture nourricière et non au service d’une agriculture productiviste. La gestion de cette ressource doit être guidée par sa disponibilité réelle et par l’intérêt général. »</em></p><p>Or, c’est tout le contraire que prévoit le projet de loi avec un doublement, d’ici 2035, de la capacité des agriculteurs et agricultrices à stocker de l’eau, en utilisant notamment les très décriées mégabassines. Le mirage est tel que cinq anciens ministres de l’Agriculture viennent de signer une <a href="https://www.lefigaro.fr/vox/societe/sans-veritable-politique-de-preservation-des-ressources-en-eau-il-ne-peut-y-avoir-d-agriculture-viable-20260709" class="spip_out" rel="external">tribune pour dénoncer les <em>« solutions simplistes et court-termistes »</em></a> du projet de loi : <em>« Laisser croire que ces ouvrages créeraient une eau nouvelle, disponible sans limite, et régleraient toutes les questions serait mentir aux agriculteurs »</em>, coécrivent Marc Fesneau, Guillaume Garot, Stéphane Le Foll, Agnès Pannier-Runacher et Stéphane Travert.</p><p><em>« Le stockage ne fabrique pas d’eau : le volume de cette ressource dépend du climat, de l’état des sols, des nappes et des rivières. Les zones humides contribuent à la protéger. Promettre des volumes d’eau qu’aucun agriculteur ne verrait</em> in fine <em>conduirait leurs exploitations dans une impasse »</em>, mentionnent ces anciens ministres. Le collectif Bassines Non merci n’aurait pas dit mieux (mais aurait certainement agi avant, s’il avait dirigé le ministère).</p><h2 class="spip" id="Meme-le-Medef-est-vent-debout">Même le Medef est vent debout</h2><p>Le texte affaiblit aussi fondamentalement la gouvernance de l’eau, avec une volonté d’augmenter la représentativité agricole au détriment des collectivités locales et des autres usagers. Ce sujet crée un clivage au sein même du gouvernement : la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, est vent debout contre ces dispositions. <em>« Je ne reconnais plus le texte du gouvernement</em>, <a href="https://www.la-croix.com/planete/monique-barbut-inaudible-ministre-de-l-ecologie-se-rebelle-sur-le-partage-de-leau-dans-la-loi-agricole-20260709" class="spip_out" rel="external">a récemment affirmé la ministre</a>. <em>Il a été profondément remanié au point de devenir une nouvelle loi Duplomb, qui met gravement en péril la démocratie de l’eau et, par conséquent, la garantie d’un partage juste de cette ressource vitale. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/pesticides-alternatives-neonicotinoides-existent-contrairement-affirmation-senateur-Laurent-Duplomb">Les alternatives aux néonicotinoïdes existent, contrairement à ce qu’affirme le sénateur Duplomb</a></aside><p>Difficile de savoir si la voix de cette ministre, assez inaudible depuis sa nomination, va peser sur le vote final. En revanche, l’opposition à ce texte des élu·es membres de France Eau publique, qui regroupe près d’une centaine de collectivités et opérateurs publics en charge de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement, pourrait changer la donne. Dans une tribune, ils appellent à retirer le volet « eau » du projet de loi <a href="https://www.france-eaupublique.fr/actualites/les-collectivites-appellent-a-retirer-le-volet-eau-de-la-proposition-de-loi-upsa/" class="spip_out" rel="external">jugé <em>« structurellement problématique »</em></a>. <em>« On ne peut pas détricoter plus de 60 ans d’un fonctionnement exemplaire via une loi d’urgence agricole. On ne peut pas annoncer des plans eau, l’urgence de l’eau, puis, dans les faits, n’assurer aucune continuité, aucun financement nouveau et simplement proposer des régressions »</em>, fustige Nicolas Juillet, vice-président de France Eau publique.</p><p>Même le Medef monte au créneau. Dans une <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/09/projet-de-loi-d-urgence-agricole-les-acteurs-de-l-eau-mobilises-contre-un-texte-qui-met-l-agriculture-d-abord-les-autres-apres_6722065_3244.html?srsltid=AfmBOorgMrYq_x3goVlKXR5SvaXF7toUhyhRDIRR58rYQ6Bp4RbafyR0" class="spip_out" rel="external">note révélée par le média <em>Contexte</em></a>, l’organisation patronale se dit inquiète à l’idée <em>« d’un accaparement sans contrepartie, sans contrainte et sans limite »</em> de cette ressource par l’agriculture. <em>« L’eau est un bien commun et il convient de la partager »</em>, ajoute le Medef, qui <em>« regrette vivement »</em> de ne pas avoir été associé à la préparation du texte.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Embarras-sur-les-pesticides">Embarras sur les pesticides</h2><p>D’autres volets sont extrêmement problématiques dans le projet de loi, notamment celui sur <a href="https://basta.media/comprendre-enjeux-loi-urgence-agricole-megabassines-ICPE-recours-pesticides" class="spip_in">l’industrialisation de l’élevage</a>. Mais c’est la question des pesticides qui met dans l’embarras le bloc central, fracturé sur le sujet. L’article 2 quater qui prévoit la réautorisation des néonicotinoïdes <em>« n’est pas à sa place »</em> a pointé le député Renaissance Jean-René Cazeneuve, le 16 juillet, sans s’avancer sur le vote final de son groupe à l’Assemblée.</p><p>Avant l’examen du texte en commission mixte paritaire, l’entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu avait alerté sur <em>« le risque que l’ensemble du texte soit rejeté à l’Assemblée nationale »</em> dans le cas où la mesure de réautorisation des néonicotinoïdes serait maintenue. Le gouvernement peut d’ailleurs amender le texte jusqu’à la dernière minute lors de l’examen définitif du projet.</p><div class="spip_document_23198 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="224" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://linktr.ee/loiduplomb" class="spip_out spip_doc_lien" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3658098671 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784291561 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784291467 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784286147 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784293214 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784293216 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784293261 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784293205 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784291792 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784291863 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784293182 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784293250 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784293190 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784293360 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784293385 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg@.webp?1784290162 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784291254" width="960" height="1200" alt="liste de rassemblements contre le projet de loi Duplomb 2 fusionné au projet de loi d'urgence agricole." aria-describedby="by23198-6821d803d5775c1e5afa318b5c6c7300" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784291207 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784293239 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/rassemblements_contre_loi_duplomb_2_loi_urgence_agricole_18-19-20_juillet.jpg?1784291254 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23198-6821d803d5775c1e5afa318b5c6c7300">Cliquez sur l’image ci-dessus pour retrouver la liste actualisée des rassemblements prévus dans toute la France les 18, 19 et 20 juillet 2026, contre le projet de loi Duplomb 2 fusionné au projet de loi d’urgence agricole.
</figcaption></figure></div><p>Une trentaine de rassemblements sont d’ores et déjà prévus ces samedi 18 et dimanche 19 juillet, en métropole, comme à La Rochelle, Bordeaux, Tours, Lyon, Auxerre, et dans les outre-mer, comme à Saint-Joseph, à La Réunion. À Paris, un rassemblement est prévu le lundi 20 juillet à 18 heures à proximité de l’Assemblée nationale. <em>« Vous pouvez aussi interpeller les député·es</em>, souligne Hélène Mocquillon, de Générations futures. <em>Des opérations phoning sont en cours, par mail avec <a href="https://shaketonpolitique.org/" class="spip_out" rel="external">Shake ton politique</a>, et par carte postale via Cancer Colère. »</em>*</p><p>Une <a href="https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6392" class="spip_out" rel="external">nouvelle pétition initiée par Sabine Grataloup</a>, dont le fils Théo a été reconnu victime des pesticides par l’État français, est également lancée. Sandy Olivar Calvo, de Greenpeace, ne désarme pas : <em>« On appelle à respecter le principe de précaution, à revenir à la réalité, aux faits scientifiques et à protéger la population. »</em> Ce qui inclut évidemment les agricultrices et agriculteurs, en première ligne face aux effets sanitaires des pesticides.</p><p>*Tous les liens de mobilisation sont disponibles sur Linktree : <a href="https://linktr.ee/loiduplomb" class="spip_out" rel="external">https://linktr.ee/loiduplomb</a></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/vote-loi-urgence-agricole-Duplomb-Parlement-reautoriser-pesticides-interdits-acetamipride-flupyradifurone-megabassines-secheresse-rassemblements</link>
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      <pubDate>Fri, 17 Jul 2026 14:15:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Canicule : doit-on stopper le travail au-delà de 30° ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10595 c-content_text texte surlignable"><p>Depuis le début des épisodes de canicule de cette année, la CGT a recensé au moins 14 décès au travail liés aux fortes chaleurs. Un tiers des salariés craignent pour leur santé face à ces canicules à répétition, selon une enquête de la CGT. Le syndicat a lancé un calculateur de protection des travailleuses et travailleurs face aux fortes chaleurs, accessible <a href="https://www.cgt.fr/fortes-chaleurs/test" class="spip_out" rel="external">sur son site</a>.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/format-video">Vidéos</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/travail">Travail</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/syndicats">Syndicats</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=canicule-doit-on-stopper-le-travail-au-dela-de-30o?var_fav=article-10595" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/canicule-doit-on-stopper-le-travail-au-dela-de-30o</link>
      <guid>https://basta.media/canicule-doit-on-stopper-le-travail-au-dela-de-30o</guid>
      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Sécheresse, canicule, mortalité animale et végétale : entre burn-out climatique et déni politique]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Tout le monde est cuit, surtout quand tu écoutes la radio en travaillant, et leurs débats sur les clim’. »</em> C’est un témoignage de paysan parmi des milliers d’autres qui éprouvent, sur leurs fermes et dans les champs, les chaleurs extrêmes et l’inconséquence politique. Les conditions de travail sont rudes malgré les aménagements d’horaires. Pour être plus <em>« au frais »</em>, les éleveur·ses ont adapté l’organisation de leurs journées – la traite se fait à l’aube –, comme les producteur·ices de fruits et légumes.</p><div class="spip_document_22366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="165" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/sophie_chapelle-2-3-2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2351129956 png loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457014 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457057 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768293894 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461117 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w, local/adapt-img/960/20x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459446 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768459227 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768457491 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1080w, local/adapt-img/960/15x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461118 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768458440 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png@.webp?1768305019 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by22366-6160140c2dea4cfd7128136618e546c4" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457187 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768461119 720w, local/adapt-img/960/10x/local/cache-gd2/61/a330255442f0622f2d64355b041cab.png?1768457124 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22366-6160140c2dea4cfd7128136618e546c4">Voici l’édito de notre newsletter « On en Agro ! », par Sophie Chapelle. Pour la découvrir en intégralité et pour la recevoir gratuitement, <a href="https://basta.media/inscription-newsletter">c’est par là</a>.
</figcaption></figure></div><p>Dès 5 heures du matin, ils et elles s’affairent dans les vignes ou les cultures maraîchères. Là, dans cette ferme des Vosges, les salarié·es travaillent de 6 heures à 11 heures. Il est devenu impossible de rester plus longtemps sous les serres. Malgré toutes les précautions, il y a déjà eu deux insolations dans cette ferme depuis le début de cette canicule.</p><p>Tôt le matin, tard le soir. Ce rythme entrecoupé et à rallonge, épuise les corps. Les animaux aussi souffrent. Les brebis sont très essoufflées, les chèvres restent couchées la journée, les porcs ont du mal à s’alimenter, certaines poules ne pondent plus, les vaches produisent moins de lait. Dans certaines régions, comme la Bretagne, c’est l’hécatombe, en particulier dans les élevages de volailles et de porcs : certains animaux morts ne sont même plus collectés par les services d’équarrissage, saturés. <em>« Tout est sous contrôle »</em>, a tenté de rassurer, le 7 juillet, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, dans un hémicycle climatisé. Si loin des paysans et paysannes qui, au même moment, sortaient les cadavres de leurs bâtiments pour les enterrer.</p><h2 class="spip" id="Mortalite-des-animaux-et-des-vegetaux">Mortalité des animaux et des végétaux</h2><p>Avec ce troisième épisode caniculaire depuis mai, la mortalité frappe aussi les végétaux. Malgré le paillage, les jeunes (et moins jeunes) arbres voient leurs branches sécher ; les légumes sont cramés, leurs feuilles brulées. Avec la disparition des haies, les vents chauds ont un <em>« effet sèche-cheveux »</em> qui assèche encore plus le sol. Les baies trop exposées ne mûrissent pas et tombent. Même des grappes de vignes se dessèchent. Les fleurs des tomates, haricots, courgettes, aubergines, poivrons avortent au-delà de 35°C. La suite de la saison est marquée par l’incertitude. Les légumes qui viennent d’être plantés pour être récoltés cet hiver ne tiennent pas, et les légumes d’été stoppent leur croissance. Le manque de pâtures, grillées par le soleil, oblige les agriculteurs et agricultrices à piocher dans les stocks d’hiver.</p><p>Cette canicule s’accompagne d’une sécheresse qui dépasse celles de 1976 et 2022. L’indice d’humidité des sols est au plus bas. Partout, on surveille l’eau, pour s’assurer qu’elle est toujours disponible. Les tonnes à eau des tracteurs sillonnent les chemins de terre. Les sources, qui coulent normalement jusqu’à août, sont déjà taries. Certains alpages n’ont déjà plus d’eau, ce qui conduit les éleveur·ses à redescendre prématurément leur troupeau dans des contrées où il fait dix degrés de plus. La sécheresse s’étend quasiment à toute la France avec <a href="https://vigieau.gouv.fr/donnees/carte-historique" class="spip_out" rel="external">99 départements sous surveillance (sur 101) et de possibles restrictions d’eau</a>. La menace constante des incendies, qui ont déjà ravagé plus de 32 000 hectares depuis le début de l’année, augmente le stress des agricultrices et agriculteurs.</p><p>Même la commercialisation en vente directe est fragilisée par ces vagues de chaleur. Des préfectures ou des mairies annulent des marchés. Quand ils sont maintenus, les client·es préfèrent la clim’ des supermarchés. Il est encore difficile de mesurer les pertes de chiffres d’affaires. <em>« Le prix de l’inaction climatique »</em>, glisse un producteur de petits fruits dans le Béarn. C’est sans compter le préjudice moral. <em>« Les solutions pour sauver notre outil de travail à court terme et long terme nous font vriller… jusqu’au burn-out climatique ? »</em> interroge une paysanne dans le Rhône.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Alternatives-au-modele-productiviste">Alternatives au modèle productiviste</h2><p>Le moral est au plus bas et la peur des semaines à venir est immense. L’angoisse se conjugue à la colère, nourries par l’absence de réactions politiques face à un <a href="https://basta.media/Canicule-climat-Giec-chronologie-50-ans-alertes-scientifiques-inaction-dirigeants" class="spip_in">changement climatique documenté depuis des décennies</a>. <em>« Depuis près de quarante ans, nous démontrons qu’un élevage paysan, avec des bâtiments de taille limitée, des parcours arborés et des fermes autonomes, est plus robuste. Cela ne nous met pas à l’abri de tous les impacts, mais ses pratiques ne sont pas suffisamment soutenues »</em>, souligne le syndicat Confédération paysanne dans un communiqué. Dans les élevages de poulets plein air, les parcours arborés leur permettent de rester à l’ombre et leur souche rustique d’encaisser <em>« plutôt bien par rapport aux élevages en batterie »</em>, estime une paysanne des Deux-Sèvres.</p><p>Ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement, avec son projet de loi d’urgence agricole qui sera examiné ce jeudi 16 juillet en commission mixte paritaire. Il prévoit de faciliter davantage encore l’installation de poulaillers géants, parmi les plus durement touchés par les épisodes de fortes chaleurs. Alors que le partage de l’eau est une nécessité vitale, les mégabassines restent majoritairement soutenues par les chambres d’agriculture aux mains de la FNSEA et de la Coordination rurale. <em>« J’ai eu la visite du technicien de la chambre ce matin, il m’a parlé de climatiser la serre »</em>, abonde un pépiniériste.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/comprendre-enjeux-loi-urgence-agricole-megabassines-ICPE-recours-pesticides">Une « loi d’urgence agricole » pour plus d’élevages industriels et plus de mégabassines</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/7865cec551e80ea59fcaf69717b0a7-a26c6.jpg?1784041721" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="une roue de tracteur, un panneau &quot;fiers de vous nourrir&quot; et au fond la façade de l'assemblée nationale" /></aside><p>Alors que nous vivons peut-être l’été le plus frais du reste de notre vie, la trajectoire productiviste pourrait s’accélérer, laissant sur le carreau nombre d’exploitations agricoles – moins de 20 % sont couvertes par une assurance récolte. Depuis des années, nous documentons à <em>Basta!</em> les alternatives à ce modèle : mise en place de <a href="https://basta.media/Prix-plancher-agriculture-sans-intervention-publique-les-gros-mangent-les-petits-regulation-capitalisme-libre-echange" class="spip_in">prix planchers en agriculture</a>, <a href="https://basta.media/ce-que-peuvent-les-communes-pour-une-agriculture-sans-pesticides" class="spip_in">alimentation collective bio et locale</a> à l’échelle des communes, <a href="https://basta.media/penuries-eau-agriculture-grande-responsable-source-de-solutions-megabassines-secheresse" class="spip_in">diversification des cultures et agroforesterie</a> pour mieux retenir l’eau dans les sols, <a href="https://basta.media/Le-secteur-agroalimentaire-ses-pollutions-sa-malbouffe-sous-perfusion-argent-public" class="spip_in">conditionnalité des aides publiques</a> à un cercle vertueux en matière de santé publique et de revenus décents... Quel électrochoc faudra-t-il pour des politiques agricoles publiques radicalement différentes ?</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Secheresse-canicule-mortalite-animaux-vegetaux-entre-burn-out-climatique-et-deni-politique</link>
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      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 09:30:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Culture, associations, travail attaqués : le bilan en carte des 100 jours des maires d'extrême droite]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="texteencadre-spip spip">En résumé :<ul class="spip" role="list"><li>Marine Le Pen, désormais candidate à l’élection présidentielle, prétend défendre <em>« notre modèle social »</em> et des <em>« services publics de qualité »</em>.</li>
<li>Or, les politiques concrètement mises en œuvre dans la soixantaine de villes gérées par le Rassemblement national (RN) montrent le contraire.</li>
<li>Par exemple, le maire RN de Montargis (Loiret) a stoppé la construction d’une école, d’une crèche et d’un centre pour le traitement du cancer. Ailleurs, ce sont des centres sociaux ou le Planning familial qui sont fragilisés.</li>
<li>À Carpentras (Vaucluse), la ferme municipale, qui produisait en bio des légumes servis dans les cantines scolaires, a été fermée par le maire RN.</li>
<li>Côté culture, dans plusieurs villes d’extrême droite, des festivals de musique ou de cinéma sont annulés, des expositions déprogrammées. À Moissac, le maire RN a même déclaré : <em>« On ne va pas financer des événements pour découvrir la culture des Papous ! »</em>...</li>
<li>Les maires lepénistes s’attaquent aussi à de nombreux symboles, comme la cérémonie du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> Mai en mémoire des mineurs morts à Liévain (Pas-de-Calais) ou celle de commémoration de l’abolition de l’esclavage à Vierzon (Cher).</li>
</ul></div><p>Aux municipales de mars, le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR, le parti d’Éric Ciotti), <a href="https://basta.media/municipales-2026-l-extreme-droite-multiplie-par-trois-le-nombre-de-villes-sous" class="spip_in">ont conquis 62 communes</a>. Marine Le Pen, qui maintient sa candidature à l’élection présidentielle malgré sa condamnation en appel le 7 juillet, <a href="https://www.cnccep.fr/pdfs/Candidat-06-Marine-Le-Pen-Declaration-accessible.pdf" class="spip_out" rel="external">prétendait en 2022</a> défendre une augmentation du pouvoir d’achat, la défense de <em>« notre modèle social »</em> et de <em>« services publics de qualité »</em>. Or, ces promesses sont d’ores et déjà mises à mal à l’échelle locale.</p><p>Les élus locaux du RN retirent au contraire les subventions aux associations qui leur déplaisent, suppriment des aides à des projets sociaux, augmentent les prix de services, comme la cantine, ou encore s’attaquent aux droits des travailleurs et travailleuses. <em>Basta!</em> dresse ici un bilan provisoire des 100 premiers jours des nouveaux maires RN.</p><h2 class="spip" id="Bataille-culturelle">Bataille culturelle</h2><h3 class="spip">Hénin-Beaumont : ville d’accueil d’un multicondamné pour agressions sexuelles</h3><p>Plusieurs mairies frontistes, comme ceux d’Hénin-Beaumont et de Billy-Montigny, dans le Pas-de-Calais, ne voient aucun problème à accueillir les concerts de Jean-Luc Lahaye. En 2007, le chanteur a été condamné à 10 000 euros d’amende pour agression sexuelle sur une mineure de 15 ans, puis en 2015 à un an de prison avec sursis pour corruption de mineure. Depuis 2021, le chanteur est mis en examen pour « viol et agression sexuelle de mineures de plus de 15 ans » sur deux jeunes femmes. <em>« Moi, je suis pour la présomption d’innocence, ça c’est mon côté avocat, désolée d’avoir encore quelques principes »</em>, <a href="https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/musique/des-mairies-rn-programment-des-concerts-de-jean-luc-lahaye-mis-en-examen-pour-viol-et-suscitent-la-colere-dun-collectif-feministe-22-05-2026-IUDCZJBLJRHKLNP6J3UUI7EEZU.php" class="spip_out" rel="external">avait commenté Marine Le Pen début mai</a> au sujet de ce concert, en oubliant que le chanteur cumule déjà plusieurs condamnations.</p><h3 class="spip">Bagnols-sur-Cèze : haro sur la culture</h3><p>Pascale Bordes, la maire frontiste de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, a stoppé l’acquisition des murs de l’unique cinéma local, qui conditionnait sa survie, <a href="https://www.lecanardenchaine.fr/politique/54129-les-maires-rn-grand-remplacent-la-culture" class="spip_out" rel="external">rapporte <em>Le Canard enchaîné</em></a>. La municipalité a aussi réduit la programmation culturelle de la salle municipale, en annulant 9 spectacles sur les 28 prévus, parmi lesquels celui de l’humoriste Muriel Robin ou du chorégraphe Mourad Merzouki.</p><h3 class="spip">Castres : patriotisme en scène</h3><p>C’est par le biais d’<a href="https://www.instagram.com/p/DZZgfnkjLYW/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA%3D%3D" class="spip_out" rel="external">un post Instagram</a> que l’auteur et metteur en scène Alexis Michalik a diffusé la nouvelle le 10 juin. Pourtant programmée et validée, la représentation de sa pièce <em>Passeport</em>, prévue à Castres en février 2027, a été annulée sur décision de la commune. Selon l’artiste, cette décision <em>« est intervenue à la dernière minute à la demande des nouveaux élus RN de la municipalité »</em>.</p><p>Le thème de l’œuvre, qui raconte des parcours d’exil, n’a pas plu au maire, Florian Azéma. <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/06/10/a-castres-la-municipalite-rn-annule-la-programmation-de-passeport-la-piece-d-alexis-michalik_6700458_3246.html?srsltid=AfmBOorXvleCUem3OwRoSFMN4cJn5_2vrkHafgRP_zxk4eoA6iDajEoU" class="spip_out" rel="external">Interrogé par l’Agence France-Presse</a>, celui-ci a dit souhaiter <em>« que l’argent public, l’argent des Castrais, soit dépensé correctement »</em>. Or, si la pièce fait <em>« la promotion des clandestins et [propose] un traitement assez particulier des forces de l’ordre, évidemment, cela ne correspond pas à ce que j’avais défendu pendant la campagne »</em>, a-t-il ajouté. Cette annulation a été condamnée par la ministre de la Culture, Catherine Pégard, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 16 juin.</p><p>Ce même maire RN avait organisé le 10 mai une <em>« fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme »</em>, <a href="https://www.liberation.fr/politique/elections/extreme-droite-dans-les-mairies-rn-un-mois-a-tout-casser-20260512_MHXYTVMJVRC7BF6LLFDEXVXMUY/?redirected=5123" class="spip_out" rel="external">a rapporté <em>Libération</em></a>.</p><h3 class="spip">Carcassonne : une exposition qui a failli être censurée</h3><p>Devenue icône de l’extrême droite, Jeanne d’Arc est aussi mise en avant à Carcassonne, où un buste à son effigie a été réinstallé sur le parvis d’une église. Dans le même temps, le maire RN Christophe Barthès a, <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/06/06/y-aller-ou-pas-le-dilemme-des-artistes-et-des-auteurs-invites-dans-les-villes-rn_6698124_3246.html?srsltid=AfmBOoom7xDcf2zV8rMJGLuZEDKbnSZnBfXh6njv0kZus0-mg8Gd0TFD" class="spip_out" rel="external">selon <em>Le Monde</em></a>, demandé le retrait d’une œuvre réalisée par l’artiste franco-marocain Mehdi-Georges Lahlou dans le cadre de l’exposition « Pop-up collections ».</p><p>Celle-ci représentait une suite de corps dans différentes positions de prière, recouverts d’un drap de plâtre blanc. Le fonds régional d’art contemporain et Les Abattoirs, institution culturelle d’art moderne et contemporain de Toulouse, qui portaient le projet, ont tenu bon, refusant cette censure.</p><h3 class="spip">Carpentras annule un festival de cinéma</h3><p>D’abord reporté, le festival de courts-métrages Carpentras fait son cinéma, qui se tenait depuis sept ans, n’aura finalement pas lieu en 2026. Le maire RN Hervé de Lépinau a décidé de supprimer la subvention qui était jusqu’alors accordée à l’association organisatrice, qui regrette d’avoir appris cette information par la presse, comme elle le détaille dans <a href="https://www.instagram.com/mavillefaitsoncineville/p/DaU8R6dKCD_/" class="spip_out" rel="external">un communiqué</a> publié début juillet.</p><p>Cet événement n’est plus prioritaire pour le nouveau maire, qui défend une nécessaire <em>« rigueur budgétaire »</em>. <em>« La ville n’a plus d’argent, on a dû hiérarchiser les subventions attribuées, on a privilégié les clubs de sport par rapport à ce type d’associations qui n’ont qu’un événement unique dans l’année »</em>, a-t-il expliqué à l’AFP.</p><h3 class="spip">La Flèche : plus de concerts gratuits cet été</h3><p>Les concerts gratuits organisés chaque été à La Flèche, dans la Sarthe, n’auront pas lieu cette année. L’association organisatrice, Le Carroi, a dû faire des choix après la baisse de ses subventions actée par la nouvelle municipalité RN. En charge de la programmation culturelle de la commune, l’association organise notamment un festival des arts de la rue nommé Les Affranchis, des expositions, ainsi qu’une série de concerts, qui sont donc annulés.</p><p>L’enveloppe de 253 000 euros allouée par la ville est passée à 190 000 euros et l’association perd la mise à disposition d’un appartement qui servait à loger des artistes résidents, rapporte à <em>Basta!</em> le directeur du Carroi, Richard Le Normand. <em>« On a baissé les salaires des artistes, fait passer un chapeau pour nous aider, mais ça ne suffisait pas »</em>, explique ce dernier, qui dénonce une méthode <em>« arbitraire »</em>.</p><p>C’est un <em>« non sujet »</em>, répond à <em>Basta!</em> Olivier François, directeur de cabinet du maire : <em>« La subvention à cet organisme représente à elle seule 69 % de l’ensemble des subventions de la ville, parfois au détriment des autres associations. L’effort demandé à celle-ci ne fut que de 50 000 euros, soit à peine 3,35 % de la masse totale »</em>, assure-t-il.</p><p>D’autres associations culturelles sont menacées dans cette commune, comme la compagnie de théâtre Les Têtes d’atmosphère, qui prévoyait un spectacle avec des personnes migrantes, et voit son budget <a href="https://www.facebook.com/NMeizonnet/posts/pfbid0mvjcASzVBNpotKbezLkxZnMw88uFnfYYe6AVhZvRu4eCeetX5pbzx5kicGr5a6jBl" class="spip_out" rel="external">passer de 30 000 à 15 000 euros</a>.</p><h3 class="spip">Vauvert : une exposition et un festival annulé</h3><p>C’est <a href="https://www.facebook.com/NMeizonnet/posts/pfbid0mvjcASzVBNpotKbezLkxZnMw88uFnfYYe6AVhZvRu4eCeetX5pbzx5kicGr5a6jBl" class="spip_out" rel="external">via un post Facebook</a> que le nouveau maire RN de Vauvert (Gard), Nicolas Meizonnet, a annoncé <a href="https://www.ici.fr/occitanie/gard-30/vauvert/le-photographe-sylvain-brinon-denonce-une-censure-apres-l-annulation-de-son-exposition-par-le-maire-rn-de-vauvert-7487243" class="spip_out" rel="external">sa décision d’annuler l’exposition</a> du photographe Sylvain Brino. En cause : <em>« ce militant LFI »</em> et <em>« mélenchoniste convaincu »</em> partage, selon l’édile, <em>« des publications aux relents antisémites et des propos haineux tombant sous le coup de la loi »</em>, en qualifiant notamment le RN de <em>« résolument nazi »</em> sur ses réseaux sociaux. Vantant une économie de 2136 euros avec cette annulation, le maire promet qu’<em>« une exposition moins coûteuse pour la ville et plus fédératrice »</em> sera proposée.</p><p>Nicolas Meizonnet a aussi décidé de mettre un terme au financement du festival Jazz à Vauvert, qui se tenait depuis 12 ans. Une <em>« décision brutale »</em>, <a href="https://www.facebook.com/jazzajunas/photos/jazz-%C3%A0-vauvert-2026-annul%C3%A9-le-maire-rassemblement-national-de-vauvert-nicolas-me/1577068287760760/" class="spip_out" rel="external">dénonce l’association organisatrice</a>, qui a entraîné l’arrêt de l’événement.</p><h3 class="spip">À Vierzon, le maire veut oublier l’esclavage</h3><p>Le 10 mai, c’est la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage qui a été annulée par la municipalité RN de Vierzon (Cher). Organisé depuis une dizaine d’années, cet événement <em>« attirait très peu de gens »</em>, a défendu <a href="https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/cher-18/vierzon/vierzon-la-nouvelle-municipalite-d-extreme-droite-annule-la-commemoration-de-l-abolition-de-l-esclavage-du-10-mai-4919226" class="spip_out" rel="external">auprès d’Ici Berry</a>, Yves Husté, adjoint au maire chargé de la Jeunesse et des Anciens combattants. L’élu chiffre le coût d’une telle cérémonie à 1500 euros et évoque, comme d’autres, un impératif budgétaire.</p><h3 class="spip">Moissac : priorité au catholicisme et aux traditions</h3><p>Une vision bien particulière de la culture s’est manifestée, cette fois, dans le Tarn-et-Garonne. Lors d’un conseil municipal explosif, le 28 avril, le maire RN de Moissac, Romain Lopez, a défendu le financement à hauteur de 35 000 euros d’un <em>« village médiéval »</em> inspiré du Puy du Fou. L’enveloppe du comité des fêtes est aussi augmentée à 42 000 euros, pour l’organisation d’une fête de la Rosière qui, pour la Pentecôte, couronne la jeune Moissagaise <em>« la plus vertueuse et la plus méritante de l’année »</em>, comme l’indique <a href="https://www.moissac.fr/actualites/fetes-de-pentecote-qui-sera-la-rosiere-2026/" class="spip_out" rel="external">le site de la commune</a>.</p><p>Cet événement pourrait être suivi d’une célébration des fêtes johanniques, <em>« avec une procession en cœur de ville pour rappeler le catholicisme de notre cité »</em>, a défendu le maire en conseil municipal, <a href="https://www.ladepeche.fr/2026/05/01/culture-papous-et-micros-coupes-a-moissac-le-maire-romain-lopez-rn-semporte-face-a-une-opposition-outree-en-conseil-municipal-13350458.php" class="spip_out" rel="external">comme le rapporte <em>La Dépêche du Midi</em></a>.</p><p>Face aux contestations de l’opposition, le maire a coupé les micros. <em>« La culture est là pour instruire sur nos racines et notre patrimoine français ! On ne va pas financer des événements pour découvrir la culture des Papous ! »</em> a lâché l’édile.</p><h2 class="spip" id="Attaques-contre-les-services-sociaux">Attaques contre les services sociaux</h2><h3 class="spip">Nice : une prison à la place d’un foyer</h3><p>La construction d’une nouvelle prison à Nice fait partie des promesses de campagne d’Éric Ciotti. Comme cela ne fait pas partie des prérogatives d’un maire, l’élu UDR pousse son dossier auprès du garde des Sceaux Gérald Darmanin. Parmi ses arguments : la mise à disposition d’un site de 54 000 m² d’emprise foncière qui est aujourd’hui utilisé par la résidence sociale Nicéa. Or, ce foyer de vie qui appartient à la municipalité accueille entre 700 à 900 anciens travailleurs immigrés venus d’Afrique du Nord, aujourd’hui âgés de 70 à 95 ans, qui comptent bien finir leurs jours dans ces logements.</p><p>Désormais menacés d’expulsion, certains d’entre eux ont décidé de se battre. <em>« S’il le faut, on ira jusqu’à déposer plainte. Ce n’est pas parce que c’est le maire de Nice que tout est permis »</em>, lâche Mustapha Béchir <a href="https://www.bfmtv.com/cote-d-azur/replay-emissions/bonsoir-cote-d-azur/video-projet-de-future-prison-a-nice-eric-ciotti-propose-un-emplacement-dans-la-plaine-du-var_VN-202605270854.html" class="spip_out" rel="external">devant la caméra de BFM Nice</a>.</p><h3 class="spip">Montargis et Vierzon : de prétendues « factures impayées » pour mettre à l’arrêt des projets d’intérêt public</h3><p>Les maires d’extrême droite s’inspirent-ils les uns des autres ? C’est ce que laissent penser les deux coups de communications orchestrés à deux semaines d’intervalle <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/centre-val-de-loire/loiret/montargis/3-4-millions-d-euros-impayes-et-impayables-le-nouveau-maire-rn-de-montargis-attaque-la-mauvaise-gestion-de-son-predecesseur-3339131.html" class="spip_out" rel="external">par les édiles de Montargis (Loiret)</a> et <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/centre-val-de-loire/cher/vierzon/on-est-tombes-des-nues-le-nouveau-maire-de-vierzon-accuse-l-ancienne-municipalite-d-avoir-dissimule-1300-factures-impayees-pour-un-montant-de-2-millions-d-euros-3331013.html" class="spip_out" rel="external">Vierzon (Cher)</a>. En avril 2026, tous deux ont organisé un raout médiatique pour dénoncer de prétendus milliers de factures impayés par les maires précédents des deux communes.</p><p>Cet argument à l’appui, ils ont décidé de mettre à l’arrêt des projets d’intérêt public, comme la construction d’une école, d’une crèche et d’un centre pour le traitement du cancer à Montargis ou des aides à la rentrée scolaire à Vierzon, pour un total de 120 000 euros par an. L’élu de Vierzon, <a href="https://www.liberation.fr/politique/elections/menaces-trahison-et-mentors-radicaux-a-vierzon-quelque-chose-a-change-depuis-la-victoire-de-lextreme-droite-20260412_77FVXLAMGNGPXHC4SPV6UM3IGM/?poppConnect=true&amp;redirected=7132" class="spip_out" rel="external">proche de l’extrême droite radicale</a> et policier de métier, a assumé ces économies, précisant qu’elles serviraient à embaucher notamment des policiers municipaux supplémentaires.</p><p><em>« Le compte administratif</em> [le récapitulatif de l’ensemble des recettes et des dépenses effectivement réalisées par la ville sur une année, ndlr] <em>a heureusement permis de démentir le narratif cataclysmique du maire de Vierzon »</em>, souligne auprès de <em>Basta!</em> l’association Veille solidaire de Vierzon, créée par la liste d’union de la gauche aux municipales. Mais les baisses de dépense ont tout de même été validées.</p><h3 class="spip">Carpentras : la ferme bio mise au rebut</h3><p><em>« C’était notre plus beau projet »</em>, confie un ex-conseiller municipal divers gauche de Carpentras <a href="https://vert.eco/chaleurs-actuelles/cette-equipe-avance-comme-un-rouleau-compresseur-a-carpentras-le-maire-rn-met-fin-a-la-ferme-municipale-bio-pour-les-cantines/" class="spip_out" rel="external">au média <em>Vert</em></a>. Depuis 2023, une ferme municipale bio gérée par deux employés municipaux fournissait 25 % des légumes servis dans les 1600 repas quotidiens des cantines scolaires, <em>« avec un objectif de 100 % à terme grâce à une surface totale de 6,5 hectares »</em>, poursuit l’ancien élu. Mais le 20 mai 2026, les agents ont été informés qu’il n’y aurait plus de régie agricole à partir du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juin... <em>« La situation financière de la ville fait qu’elle doit se recentrer sur les missions régaliennes »</em>, explique le nouveau maire RN de la commune, Hervé de Lépinau, dans <a href="https://www.laprovence.com/article/region/9105918261418914/carpentras-la-ville-court-circuite-la-regie-agricole-mise-en-place-par-lancienne-municipalite" class="spip_out" rel="external">une réponse au média <em>La Provence</em></a>.</p><h2 class="spip" id="Attaques-contre-les-libertes-associatives">Attaques contre les libertés associatives</h2><h3 class="spip">Bagnols-sur-Cèze : coupes claires dans les subventions</h3><p>Diviser par deux le financement des associations. C’est ce qu’a décidé la maire RN de Bagnols-sur-Cèze, Pascale Bordes. Fin avril, son conseil municipal a fait passer le budget des associations de 953 000 à 496 000 euros, <a href="https://www.lamarseillaise.fr/politique/a-bagnols-pascale-bordes-s-en-prend-aussi-aux-associations-KI20283559?fbclid=IwY2xjawS7LpNleHRuA2FlbQIxMQBicmlkETBqbXBNSkxwSU5ETDhEVU55c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHhIgVTQBnsWlLvfkA2kikFoR6_VP7FkMXcQVS2CfDlYDhZUrEvX3rlC_laj0_aem_ZkqrLgP2cKQ1DPf-EntE-w" class="spip_out" rel="external">selon <em>La Marseillaise</em></a>. La mairie a par ailleurs décidé de supprimer une subvention annuelle de près de 190 000 euros à l’association Mozaïque en Cèze, qui gère deux centres sociaux, <a href="https://www.midilibre.fr/2026/06/26/la-mairie-rn-de-bagnols-sur-ceze-supprime-la-subvention-annuelle-de-190-000-eur-a-mosaique-en-ceze-qui-gere-deux-centres-sociaux-13439030.php" class="spip_out" rel="external">détaille <em>Midi Libre</em></a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip">Carcassonne : des associations intimidées</h3><p>Le maire RN Christophe Barthès a annoncé, dès son installation, qu’il supprimait la maigre subvention annuelle à la section locale de Ligue des droits de l’homme (LDH), de 300 euros, et qu’il révoquait les accès gratuits de la LDH à la Maison des associations de la ville. La raison ? L’association de défense des droits humains <a href="https://www.ldh-france.org/carcassonne-arrete-anti-mendicite-par-le-nouveau-maire-dextreme-droite-la-ldh-conteste-par-la-voie-dun-recours-en-annulation-assorti-dun-refere-suspension/" class="spip_out" rel="external">a saisi, en mai,</a> le tribunal administratif contre un arrêté municipal anti-mendicité pris par le maire. <em>« On ne mord pas la main qui vous nourrit »</em>, a répliqué le maire, n’hésitant pas à menacer d’autres associations qui participeraient à une manifestation contre l’extrême droite prévue le 29 avril, et organisée par le récent collectif Nous Carcassonne, fondé par des jeunes de la ville quelques jours après l’élection municipale. Ces associations <em>« n’auront plus de subventions de la mairie »</em>, a prévenu le maire <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/aude/carcassonne/ce-nouveau-maire-rn-menace-les-associations-qui-veulent-manifester-contre-l-extreme-droite-de-supprimer-leurs-subventions-3341333.html" class="spip_out" rel="external">auprès de France 3 Occitanie</a>.</p><h3 class="spip">Carpentras : les associations « wokistes » pointées du doigt</h3><p>Place aussi à la rigueur, à Carpentras, où le maire RN Hervé de Lépinau a supprimé environ 300 000 euros de subventions (un sixième du budget qui leur était alloué) à une vingtaine d’associations locales, dont le Planning familial. <em>« Celle-ci prend régulièrement et ouvertement position contre le Rassemblement national et ses candidats pendant les campagnes électorales »</em>, a justifié l’édile d’extrême droite <a href="https://www.carpentras.fr/actualites/2026/06-juin/communique-de-mle-maire.html" class="spip_out" rel="external">dans un communiqué</a>. Il a, en outre, fustigé <em>« un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d’une idéologie controversée qu’est le wokisme »</em>. <a href="https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial/cp-lextreme-droite-coupe-les-subventions-du-planning-familial-une-alerte" class="spip_out" rel="external">Dénonçant ce <em>« choix politique »</em></a>, le Planning familial a ouvert une cagnotte récoltant plus de 4000 euros, soit plus que la subvention perdue.</p><h3 class="spip">Hayange : un centre social menacé</h3><p>À Hayange, en Moselle, l’unique centre social de la ville, le Casc, a vu sa subvention divisée par deux sur décision du maire RN Fabien Engelmann : l’enveloppe est passée de 95 880 à 47 947 euros. L’avenir de la structure, qui emploie cinq salariés, est clairement menacé : <em>« À la fin de l’année, on ferme »</em>, alerte sa présidente Sylviane Kopytowski <a href="https://www.ici.fr/grand-est/moselle-57/hayange/a-la-fin-de-l-annee-on-ferme-a-hayange-le-rn-divise-par-deux-les-subventions-du-seul-centre-social-de-la-ville-3985466" class="spip_out" rel="external">auprès d’Ici Moselle</a>. Au total, la moitié des 50 associations financées par la commune essuient une baisse de leurs subventions par rapport à l’exercice précédent, <a href="https://www.republicain-lorrain.fr/economie/2026/07/01/la-mort-du-casc-c-est-cinq-salaries-au-chomage-tensions-autour-du-conseil" class="spip_out" rel="external">selon les informations du <em>Républicain Lorrain</em></a>, recueillies auprès de Gilles Wobedo, conseiller municipal de l’opposition à Hayange.</p><h3 class="spip">La Flèche : surtout pas d’aide pour les exilés</h3><p>Outre la baisse des financements aux associations culturelles, le maire RN de La Flèche, Romain Lemoigne, a décidé de supprimer la subvention de 5000 euros accordée à Solidarité Accueil Exilés, les 370 euros d’ATD Quart monde, et d’en baisser d’autres, comme celle de la structure d’apprentissage du français pour les étrangers, qui passe de 4000 à 1000 euros. <em>« On ne subventionne pas les associations qui aident les migrants »</em>, a assumé l’édile, <a href="https://www.ici.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-maine/le-maire-rn-de-la-fleche-presente-un-budget-de-25-millions-d-euros-qui-mise-sur-la-securite-3987250" class="spip_out" rel="external">comme le rapporte Ici Maine</a>.</p><p>Auprès de <em>Basta!</em>, le directeur de cabinet du maire soutient que <em>« les subventions ont été attribuées avec discernement et dans une juste mesure »</em> face à <em>« la situation financière catastrophique laissée par l’ancienne majorité municipale »</em> (la maire précédente était PS). Il défend que les dotations de la Croix-Rouge et des Restaurants du cœur ont augmenté, et que sa priorité absolue reste la sécurité, avec l’embauche de trois policiers supplémentaires, ou encore le développement de la vidéoprotection.</p><h2 class="spip" id="Attaques-contre-les-syndicats">Attaques contre les syndicats</h2><h3 class="spip">Carcassonne : la bourse du travail attaquée</h3><p>Le 30 avril, après une manifestation de lycéens contre le RN soutenue par plusieurs syndicats, le nouveau maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, annonçait qu’il retirerait l’usage de la Bourse du travail, mis à disposition par la commune, à la CGT, la CFDT, la FSU et Solidaires. Depuis, la bataille est devenue nationale, se transformant en symbole de la défense des libertés syndicales. Et les manifestations se multiplient à Carcassonne. <em>« On attend que la mairie engage la procédure d’expulsion. Un juge statuera, et au bout du bout, c’est le préfet qui signera ou pas l’arrêté d’expulsion »</em>, <a href="https://basta.media/Bourses-du-travail-Menacee-expulsion-RN-Carcassonne-CGT-proteger-locaux-syndicaux-Tour-de-France" class="spip_in">explique à <em>Basta!</em></a> Sophie Trochet, secrétaire générale de l’union départementale de l’Aude.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Bourses-du-travail-Menacee-expulsion-RN-Carcassonne-CGT-proteger-locaux-syndicaux-Tour-de-France">Menacée d’expulsion par le RN à Carcassonne, la CGT réclame une loi pour protéger les locaux syndicaux</a></aside><h3 class="spip">Grenay et Liévain : les maires RN du bassin minier n’aiment pas le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai</h3><p>Les maires RN du bassin minier du Nord ne veulent plus laisser la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs aux syndicats. Pour le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 2026, Daisy Duveau, nouvelle maire RN de <a href="https://www.lavoixdunord.fr/1699064/article/2026-04-30/la-nouvelle-municipalite-rn-de-grenay-n-organisera-pas-de-defile-du-1er-mai-le" class="spip_out" rel="external">Grenay</a>, a mis fin à une coutume qui avait cours sous le mandat des édiles PCF, qui tenaient la mairie depuis les années 1950. Chaque année, la mairie organisait un défilé du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai à l’issue duquel des représentants syndicaux prenaient la parole. C’est désormais terminé.</p><p>À quelques kilomètres de là, Dany Paiva, nouveau maire RN de Liévain a décidé de changer les modalités de la cérémonie d’hommage aux 42 mineurs morts de Liévain suite à un coup de grisou, en 1974, qui se tenait traditionnellement le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai. La mairie a organisé une cérémonie réduite au strict minimum, sans la présence des syndicats <em>« qui utilisaient la cérémonie pour faire de la politique »</em>, confie l’édile <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/il-ne-faut-pas-qu-il-nous-enleve-ca-le-maire-rn-de-lievin-supprime-la-ceremonie-du-1er-mai-en-hommage-aux-mineurs-1846547" class="spip_out" rel="external">auprès de France Inter</a>. Ce type de mesure avait déjà été prise par le passé par les pionniers de l’implantation RN dans le bassin minier : l’équipe municipale de Steeve Briois à Hénin-Beaumont.</p><h3 class="spip">Hénin-Beaumont : victoire de deux syndicalistes face au maire</h3><p>En mai 2026, un agent et une agente de la maire d’Hénin-Beaumont syndiqués à Sud avaient été temporairement exclus de la fonction publique, respectivement pour deux ans et un an, sans salaire, par le maire RN Steeve Briois. La décision avait été prise contre l’avis du conseil de discipline et justifiée par de prétendus <a href="https://basta.media/henin-beaumont-maire-RN-attaque-un-syndicaliste" class="spip_in">conflits d’intérêts</a> pour l’un et des écarts professionnels allégués pour l’autre.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Deux-syndicalistes-exclus-Fonction-publique-par-maire-RN-Henin-Beaumont-Steeve-Briois">Deux syndicalistes exclus de la Fonction publique par le maire RN d’Hénin-Beaumont Steeve Briois</a></aside><p>Le 3 juillet, le tribunal administratif de Lille a donné tort à la commune et l’a contrainte de réintégrer, sous sept jours, les deux fonctionnaires. L’un d’eux, Djelloul Kheris, est une figure de la contestation de la gestion municipale RN d’Hénin-Beaumont depuis la prise de fonction de Steeve Briois en 2014. Pour l’union syndicale Solidaires, l’acharnement du maire à l’encontre de cet agent communal vise avant tout à freiner l’action de l’organisation syndicale dans sa mairie avant les élections professionnelles de décembre 2026.</p><h3 class="spip">Saint-Avold : contre la fête populaire</h3><p>En avril 2023, Hervé Simon, maire RN de Saint-Avold (Moselle), a refusé la privatisation d’un parc municipal pour accueillir la deuxième édition de la fête populaire de l’union locale CGT, invoquant <em>« des raisons de sécurité »</em> liées à l’affluence attendue. Face à la persévérance du syndicat, l’événement <a href="https://www.republicain-lorrain.fr/culture-loisirs/2026/04/21/fete-populaire-de-la-cgt-la-nouvelle-municipalite-refuse-de-l-accueillir-le-syndicat-denonce-une-decision-politique" class="spip_out" rel="external">est finalement autorisé</a>.</p><h2 class="spip" id="Politique-anti-LGBT-et-pinkwashing">Politique anti-LGBT et pinkwashing</h2><h3 class="spip">Elne et Faches-Thumesnil : les symboles LGBT+ effacés</h3><p>Officiellement étiqueté « divers extrême droite », le nouveau maire d’Elne (Pyrénées-Orientales), Steve Fortel, a, quelques semaines après son arrivée, fait repeindre en blanc le passage piéton aux couleurs LGBTQIA+ devant la mairie. Il a aussi retiré le drapeau arc-en-ciel du fronton de l’Hôtel de ville, défendant <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/pyrenees-orientales/perpignan/passage-pieton-arc-en-ciel-repeint-en-blanc-drapeau-des-fiertes-retire-de-la-facade-de-l-hotel-de-ville-ce-nouveau-maire-efface-les-symboles-lgbt-de-sa-commune-3338261.html" class="spip_out" rel="external">auprès de France 3 Occitanie</a> le fait que <em>« les espaces publics de la commune doivent rester neutres »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord">« Nous ne sommes pas dupes de ce pinkwashing » : comment les maires RN du nord instrumentalisent les luttes LGBT</a></aside><p>À Faches-Thumesnil (Nord), le nouveau maire – officiellement « divers droite » – Brice Lauret a aussi fait retirer les drapeaux arc-en-ciel du fronton de l’Hôtel de ville. Dans la foulée, <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/la-marche-des-fiertes-a-bien-eu-lieu-malgre-l-annulation-du-maire-de-faches-thumesnil-les-explications-ne-nous-semblaient-pas-convaincantes-3341036.html" class="spip_out" rel="external">il a annoncé</a> l’annulation de la sixième édition locale de la marche des fiertés, qui était prévue le 25 avril, pour <em>« des questions d’organisation »</em>. La coordination du Collectif Lille Pride a tout de même réussi à maintenir l’événement, qui a rassemblé plus de 400 personnes.</p><h3 class="spip">Harnes : de la censure au pinkwashing</h3><p>Dix jours avant son organisation, un ciné-débat LGBT+ prévu depuis plus de six mois dans le cinéma municipal d’Harnes (Pas-de-Calais) a été annulé par le maire RN Anthony Garénaux-Glinkowski. Organisé autour du film <em>Trois nuits par semaine</em> par une association de Lens, l’événement prévoyait aussi un débat sur l’univers du drag. Mais la municipalité a préféré organiser à la place son propre événement : une exposition et un ciné-débat avec une association 100 % maison. Structure <em>ad hoc</em> créée pour l’occasion, celle-ci ne comprend que des élus RN, <a href="https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord" class="spip_in">comme nous le racontions sur <em>Basta!</em></a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 06:30:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Culture, associations, travail attaqués : les 100 jours des maires d'extrême droite]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="texteencadre-spip spip">En résumé :<ul class="spip" role="list"><li>Marine Le Pen, désormais candidate à l’élection présidentielle, prétend défendre <em>« notre modèle social »</em> et des <em>« services publics de qualité »</em>.</li>
<li>Or, les politiques concrètement mises en œuvre dans la soixantaine de villes gérées par le Rassemblement national (RN) montrent tout le contraire.</li>
<li>Par exemple, le maire RN de Montargis (Loiret) a stoppé la construction d’une école, d’une crèche et d’un centre pour le traitement du cancer. Ailleurs, ce sont des centres sociaux ou le Planning familial qui sont fragilisés.</li>
<li>À Carpentras (Vaucluse), la ferme municipale, qui produisait en bio des légumes servis dans les cantines scolaires, a été fermée par le maire RN.</li>
<li>Côté culture, dans plusieurs villes d’extrême droite, des festivals de musique ou de cinéma sont annulés, des expositions déprogrammées. À Moissac, le maire RN a même déclaré : <em>« On ne va pas financer des événements pour découvrir la culture des Papous ! »</em>...</li>
<li>Les maires lepénistes s’attaquent aussi à de nombreux symboles, comme la cérémonie du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> Mai en mémoire des mineurs morts à Liévain (Pas-de-Calais) ou celle de commémoration de l’abolition de l’esclavage à Vierzon (Cher).</li>
</ul></div><p>Aux législatives de mars, le Rassemblement national et ses alliés de l’Union des droites pour la République (UDR, le parti d’Éric Ciotti), <a href="https://basta.media/municipales-2026-l-extreme-droite-multiplie-par-trois-le-nombre-de-villes-sous" class="spip_in">ont conquis 62 communes</a>. Marine Le Pen, qui maintient sa candidature à l’élection présidentielle malgré sa condamnation en appel le 7 juillet, <a href="https://www.cnccep.fr/pdfs/Candidat-06-Marine-Le-Pen-Declaration-accessible.pdf" class="spip_out" rel="external">prétendait en 2022</a> défendre une augmentation du pouvoir d’achat, la défense de <em>« notre modèle social »</em> et de <em>« services publics de qualité »</em>. Or, ces promesses sont d’ores et déjà mises à mal à l’échelle locale.</p><p>Les élus locaux du RN retirent au contraire les subventions aux associations qui leur déplaisent, suppriment des aides à des projets sociaux, augmentent les prix de services, comme la cantine, ou encore s’attaquent aux droits des travailleurs et travailleuses. <em>Basta!</em> dresse ici un bilan provisoire des 100 premiers jours des nouveaux maires RN.</p><h2 class="spip" id="Bataille-culturelle">Bataille culturelle</h2><h3 class="spip">Hénin-Beaumont : ville d’accueil d’un multicondamné pour agressions sexuelles</h3><p>Plusieurs mairies frontistes, comme ceux d’Hénin-Beaumont et de Billy-Montigny, dans le Pas-de-Calais, ne voient aucun problème à accueillir les concerts de Jean-Luc Lahaye. En 2007, le chanteur a été condamné à 10 000 euros d’amende pour agression sexuelle sur une mineure de 15 ans, puis en 2015 à un an de prison avec sursis pour corruption de mineure. Depuis 2021, le chanteur est mis en examen pour « viol et agression sexuelle de mineures de plus de 15 ans » sur deux jeunes femmes. <em>« Moi, je suis pour la présomption d’innocence, ça c’est mon côté avocat, désolée d’avoir encore quelques principes »</em>, <a href="https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/musique/des-mairies-rn-programment-des-concerts-de-jean-luc-lahaye-mis-en-examen-pour-viol-et-suscitent-la-colere-dun-collectif-feministe-22-05-2026-IUDCZJBLJRHKLNP6J3UUI7EEZU.php" class="spip_out" rel="external">avait commenté Marine Le Pen début mai</a> au sujet de ce concert, en oubliant que le chanteur cumule déjà plusieurs condamnations.</p><h3 class="spip">Bagnols-sur-Cèze : haro sur la culture</h3><p>Pascale Bordes, la maire frontiste de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard, a stoppé l’acquisition des murs de l’unique cinéma local, qui conditionnait sa survie, <a href="https://www.lecanardenchaine.fr/politique/54129-les-maires-rn-grand-remplacent-la-culture" class="spip_out" rel="external">rapporte <em>Le Canard enchaîné</em></a>. La municipalité a aussi réduit la programmation culturelle de la salle municipale, en annulant 9 spectacles sur les 28 prévus, parmi lesquels celui de l’humoriste Muriel Robin ou du chorégraphe Mourad Merzouki.</p><h3 class="spip">Castres : patriotisme en scène</h3><p>C’est par le biais d’<a href="https://www.instagram.com/p/DZZgfnkjLYW/?utm_source=ig_web_copy_link&amp;igsh=MzRlODBiNWFlZA%3D%3D" class="spip_out" rel="external">un post Instagram</a> que l’auteur et metteur en scène Alexis Michalik a diffusé la nouvelle le 10 juin. Pourtant programmée et validée, la représentation de sa pièce <em>Passeport</em>, prévue à Castres en février 2027, a été annulée sur décision de la commune. Selon l’artiste, cette décision <em>« est intervenue à la dernière minute à la demande des nouveaux élus RN de la municipalité »</em>.</p><p>Le thème de l’œuvre, qui raconte des parcours d’exil, n’a pas plu au maire, Florian Azéma. <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/06/10/a-castres-la-municipalite-rn-annule-la-programmation-de-passeport-la-piece-d-alexis-michalik_6700458_3246.html?srsltid=AfmBOorXvleCUem3OwRoSFMN4cJn5_2vrkHafgRP_zxk4eoA6iDajEoU" class="spip_out" rel="external">Interrogé par l’Agence France-Presse</a>, celui-ci a dit souhaiter <em>« que l’argent public, l’argent des Castrais, soit dépensé correctement »</em>. Or, si la pièce fait <em>« la promotion des clandestins et [propose] un traitement assez particulier des forces de l’ordre, évidemment, cela ne correspond pas à ce que j’avais défendu pendant la campagne »</em>, a-t-il ajouté. Cette annulation a été condamnée par la ministre de la Culture, Catherine Pégard, lors de la séance des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale le 16 juin.</p><p>Ce même maire RN avait organisé le 10 mai une <em>« fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme »</em>, <a href="https://www.liberation.fr/politique/elections/extreme-droite-dans-les-mairies-rn-un-mois-a-tout-casser-20260512_MHXYTVMJVRC7BF6LLFDEXVXMUY/?redirected=5123" class="spip_out" rel="external">a rapporté <em>Libération</em></a>.</p><h3 class="spip">Carcassonne : une exposition qui a failli être censurée</h3><p>Devenue icône de l’extrême droite, Jeanne d’Arc est aussi mise en avant à Carcassonne, où un buste à son effigie a été réinstallé sur le parvis d’une église. Dans le même temps, le maire RN Christophe Barthès a, <a href="https://www.lemonde.fr/culture/article/2026/06/06/y-aller-ou-pas-le-dilemme-des-artistes-et-des-auteurs-invites-dans-les-villes-rn_6698124_3246.html?srsltid=AfmBOoom7xDcf2zV8rMJGLuZEDKbnSZnBfXh6njv0kZus0-mg8Gd0TFD" class="spip_out" rel="external">selon <em>Le Monde</em></a>, demandé le retrait d’une œuvre réalisée par l’artiste franco-marocain Mehdi-Georges Lahlou dans le cadre de l’exposition « Pop-up collections ».</p><p>Celle-ci représentait une suite de corps dans différentes positions de prière, recouverts d’un drap de plâtre blanc. Le fonds régional d’art contemporain et Les Abattoirs, institution culturelle d’art moderne et contemporain de Toulouse, qui portaient le projet, ont tenu bon, refusant cette censure.</p><h3 class="spip">Carpentras annule un festival de cinéma</h3><p>D’abord reporté, le festival de courts-métrages Carpentras fait son cinéma, qui se tenait depuis sept ans, n’aura finalement pas lieu en 2026. Le maire RN Hervé de Lépinau a décidé de supprimer la subvention qui était jusqu’alors accordée à l’association organisatrice, qui regrette d’avoir appris cette information par la presse, comme elle le détaille dans <a href="https://www.instagram.com/mavillefaitsoncineville/p/DaU8R6dKCD_/" class="spip_out" rel="external">un communiqué</a> publié début juillet.</p><p>Cet événement n’est plus prioritaire pour le nouveau maire, qui défend une nécessaire <em>« rigueur budgétaire »</em>. <em>« La ville n’a plus d’argent, on a dû hiérarchiser les subventions attribuées, on a privilégié les clubs de sport par rapport à ce type d’associations qui n’ont qu’un événement unique dans l’année »</em>, a-t-il expliqué à l’AFP.</p><h3 class="spip">La Flèche : plus de concerts gratuits cet été</h3><p>Les concerts gratuits organisés chaque été à La Flèche, dans la Sarthe, n’auront pas lieu cette année. L’association organisatrice, Le Carroi, a dû faire des choix après la baisse de ses subventions actée par la nouvelle municipalité RN. En charge de la programmation culturelle de la commune, l’association organise notamment un festival des arts de la rue nommé Les Affranchis, des expositions, ainsi qu’une série de concerts, qui sont donc annulés.</p><p>L’enveloppe de 253 000 euros allouée par la ville est passée à 190 000 euros et l’association perd la mise à disposition d’un appartement qui servait à loger des artistes résidents, rapporte à <em>Basta!</em> le directeur du Carroi, Richard Le Normand. <em>« On a baissé les salaires des artistes, fait passer un chapeau pour nous aider, mais ça ne suffisait pas »</em>, explique ce dernier, qui dénonce une méthode <em>« arbitraire »</em>.</p><p>C’est un <em>« non sujet »</em>, répond à <em>Basta!</em> Olivier François, directeur de cabinet du maire : <em>« La subvention à cet organisme représente à elle seule 69 % de l’ensemble des subventions de la ville, parfois au détriment des autres associations. L’effort demandé à celle-ci ne fut que de 50 000 euros, soit à peine 3,35 % de la masse totale »</em>, assure-t-il.</p><p>D’autres associations culturelles sont menacées dans cette commune, comme la compagnie de théâtre Les Têtes d’atmosphère, qui prévoyait un spectacle avec des personnes migrantes, et voit son budget <a href="https://www.facebook.com/NMeizonnet/posts/pfbid0mvjcASzVBNpotKbezLkxZnMw88uFnfYYe6AVhZvRu4eCeetX5pbzx5kicGr5a6jBl" class="spip_out" rel="external">passer de 30 000 à 15 000 euros</a>.</p><h3 class="spip">Vauvert : une exposition et un festival annulé</h3><p>C’est <a href="https://www.facebook.com/NMeizonnet/posts/pfbid0mvjcASzVBNpotKbezLkxZnMw88uFnfYYe6AVhZvRu4eCeetX5pbzx5kicGr5a6jBl" class="spip_out" rel="external">via un post Facebook</a> que le nouveau maire RN de Vauvert (Gard), Nicolas Meizonnet, a annoncé <a href="https://www.ici.fr/occitanie/gard-30/vauvert/le-photographe-sylvain-brinon-denonce-une-censure-apres-l-annulation-de-son-exposition-par-le-maire-rn-de-vauvert-7487243" class="spip_out" rel="external">sa décision d’annuler l’exposition</a> du photographe Sylvain Brino. En cause : <em>« ce militant LFI »</em> et <em>« mélenchoniste convaincu »</em> partage, selon l’édile, <em>« des publications aux relents antisémites et des propos haineux tombant sous le coup de la loi »</em>, en qualifiant notamment le RN de <em>« résolument nazi »</em> sur ses réseaux sociaux. Vantant une économie de 2136 euros avec cette annulation, le maire promet qu’<em>« une exposition moins coûteuse pour la ville et plus fédératrice »</em> sera proposée.</p><p>Nicolas Meizonnet a aussi décidé de mettre un terme au financement du festival Jazz à Vauvert, qui se tenait depuis 12 ans. Une <em>« décision brutale »</em>, <a href="https://www.facebook.com/jazzajunas/photos/jazz-%C3%A0-vauvert-2026-annul%C3%A9-le-maire-rassemblement-national-de-vauvert-nicolas-me/1577068287760760/" class="spip_out" rel="external">dénonce l’association organisatrice</a>, qui a entraîné l’arrêt de l’événement.</p><h3 class="spip">À Vierzon, le maire veut oublier l’esclavage</h3><p>Le 10 mai, c’est la cérémonie de commémoration de l’abolition de l’esclavage qui a été annulée par la municipalité RN de Vierzon (Cher). Organisé depuis une dizaine d’années, cet événement <em>« attirait très peu de gens »</em>, a défendu <a href="https://www.ici.fr/centre-val-de-loire/cher-18/vierzon/vierzon-la-nouvelle-municipalite-d-extreme-droite-annule-la-commemoration-de-l-abolition-de-l-esclavage-du-10-mai-4919226" class="spip_out" rel="external">auprès d’Ici Berry</a>, Yves Husté, adjoint au maire chargé de la Jeunesse et des Anciens combattants. L’élu chiffre le coût d’une telle cérémonie à 1500 euros et évoque, comme d’autres, un impératif budgétaire.</p><h3 class="spip">Moissac : priorité au catholicisme et aux traditions</h3><p>Une vision bien particulière de la culture s’est manifestée, cette fois, dans le Tarn-et-Garonne. Lors d’un conseil municipal explosif, le 28 avril, le maire RN de Moissac, Romain Lopez, a défendu le financement à hauteur de 35 000 euros d’un <em>« village médiéval »</em> inspiré du Puy du Fou. L’enveloppe du comité des fêtes est aussi augmentée à 42 000 euros, pour l’organisation d’une fête de la Rosière qui, pour la Pentecôte, couronne la jeune Moissagaise <em>« la plus vertueuse et la plus méritante de l’année »</em>, comme l’indique <a href="https://www.moissac.fr/actualites/fetes-de-pentecote-qui-sera-la-rosiere-2026/" class="spip_out" rel="external">le site de la commune</a>.</p><p>Cet événement pourrait être suivi d’une célébration des fêtes johanniques, <em>« avec une procession en cœur de ville pour rappeler le catholicisme de notre cité »</em>, a défendu le maire en conseil municipal, <a href="https://www.ladepeche.fr/2026/05/01/culture-papous-et-micros-coupes-a-moissac-le-maire-romain-lopez-rn-semporte-face-a-une-opposition-outree-en-conseil-municipal-13350458.php" class="spip_out" rel="external">comme le rapporte <em>La Dépêche du Midi</em></a>.</p><p>Face aux contestations de l’opposition, le maire a coupé les micros. <em>« La culture est là pour instruire sur nos racines et notre patrimoine français ! On ne va pas financer des événements pour découvrir la culture des Papous ! »</em> a lâché l’édile.</p><h2 class="spip" id="Attaques-contre-les-services-sociaux">Attaques contre les services sociaux</h2><h3 class="spip">Nice : une prison à la place d’un foyer</h3><p>La construction d’une nouvelle prison à Nice fait partie des promesses de campagne d’Éric Ciotti. Comme cela ne fait pas partie des prérogatives d’un maire, l’élu UDR pousse son dossier auprès du garde des Sceaux Gérald Darmanin. Parmi ses arguments : la mise à disposition d’un site de 54 000 m² d’emprise foncière qui est aujourd’hui utilisé par la résidence sociale Nicéa. Or, ce foyer de vie qui appartient à la municipalité accueille entre 700 à 900 anciens travailleurs immigrés venus d’Afrique du Nord, aujourd’hui âgés de 70 à 95 ans, qui comptent bien finir leurs jours dans ces logements.</p><p>Désormais menacés d’expulsion, certains d’entre eux ont décidé de se battre. <em>« S’il le faut, on ira jusqu’à déposer plainte. Ce n’est pas parce que c’est le maire de Nice que tout est permis »</em>, lâche Mustapha Béchir <a href="https://www.bfmtv.com/cote-d-azur/replay-emissions/bonsoir-cote-d-azur/video-projet-de-future-prison-a-nice-eric-ciotti-propose-un-emplacement-dans-la-plaine-du-var_VN-202605270854.html" class="spip_out" rel="external">devant la caméra de BFM Nice</a>.</p><h3 class="spip">Montargis et Vierzon : de prétendues « factures impayées » pour mettre à l’arrêt des projets d’intérêt public</h3><p>Les maires d’extrême droite s’inspirent-ils les uns des autres ? C’est ce que laissent penser les deux coups de communications orchestrés à deux semaines d’intervalle <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/centre-val-de-loire/loiret/montargis/3-4-millions-d-euros-impayes-et-impayables-le-nouveau-maire-rn-de-montargis-attaque-la-mauvaise-gestion-de-son-predecesseur-3339131.html" class="spip_out" rel="external">par les édiles de Montargis (Loiret)</a> et <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/centre-val-de-loire/cher/vierzon/on-est-tombes-des-nues-le-nouveau-maire-de-vierzon-accuse-l-ancienne-municipalite-d-avoir-dissimule-1300-factures-impayees-pour-un-montant-de-2-millions-d-euros-3331013.html" class="spip_out" rel="external">Vierzon (Cher)</a>. En avril 2026, tous deux ont organisé un raout médiatique pour dénoncer de prétendus milliers de factures impayés par les maires précédents des deux communes.</p><p>Cet argument à l’appui, ils ont décidé de mettre à l’arrêt des projets d’intérêt public, comme la construction d’une école, d’une crèche et d’un centre pour le traitement du cancer à Montargis ou des aides à la rentrée scolaire à Vierzon, pour un total de 120 000 euros par an. L’élu de Vierzon, <a href="https://www.liberation.fr/politique/elections/menaces-trahison-et-mentors-radicaux-a-vierzon-quelque-chose-a-change-depuis-la-victoire-de-lextreme-droite-20260412_77FVXLAMGNGPXHC4SPV6UM3IGM/?poppConnect=true&amp;redirected=7132" class="spip_out" rel="external">proche de l’extrême droite radicale</a> et policier de métier, a assumé ces économies, précisant qu’elles serviraient à embaucher notamment des policiers municipaux supplémentaires.</p><p><em>« Le compte administratif</em> [le récapitulatif de l’ensemble des recettes et des dépenses effectivement réalisées par la ville sur une année, ndlr] <em>a heureusement permis de démentir le narratif cataclysmique du maire de Vierzon »</em>, souligne auprès de <em>Basta!</em> l’association Veille solidaire de Vierzon, créée par la liste d’union de la gauche aux municipales. Mais les baisses de dépense ont tout de même été validées.</p><h3 class="spip">Carpentras : la ferme bio mise au rebut</h3><p><em>« C’était notre plus beau projet »</em>, confie un ex-conseiller municipal divers gauche de Carpentras <a href="https://vert.eco/chaleurs-actuelles/cette-equipe-avance-comme-un-rouleau-compresseur-a-carpentras-le-maire-rn-met-fin-a-la-ferme-municipale-bio-pour-les-cantines/" class="spip_out" rel="external">au média <em>Vert</em></a>. Depuis 2023, une ferme municipale bio gérée par deux employés municipaux fournissait 25 % des légumes servis dans les 1600 repas quotidiens des cantines scolaires, <em>« avec un objectif de 100 % à terme grâce à une surface totale de 6,5 hectares »</em>, poursuit l’ancien élu. Mais le 20 mai 2026, les agents ont été informés qu’il n’y aurait plus de régie agricole à partir du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juin... <em>« La situation financière de la ville fait qu’elle doit se recentrer sur les missions régaliennes »</em>, explique le nouveau maire RN de la commune, Hervé de Lépinau, dans <a href="https://www.laprovence.com/article/region/9105918261418914/carpentras-la-ville-court-circuite-la-regie-agricole-mise-en-place-par-lancienne-municipalite" class="spip_out" rel="external">une réponse au média <em>La Provence</em></a>.</p><h2 class="spip" id="Attaques-contre-les-libertes-associatives">Attaques contre les libertés associatives</h2><h3 class="spip">Bagnols-sur-Cèze : coupes claires dans les subventions</h3><p>Diviser par deux le financement des associations. C’est ce qu’a décidé la maire RN de Bagnols-sur-Cèze, Pascale Bordes. Fin avril, son conseil municipal a fait passer le budget des associations de 953 000 à 496 000 euros, <a href="https://www.lamarseillaise.fr/politique/a-bagnols-pascale-bordes-s-en-prend-aussi-aux-associations-KI20283559?fbclid=IwY2xjawS7LpNleHRuA2FlbQIxMQBicmlkETBqbXBNSkxwSU5ETDhEVU55c3J0YwZhcHBfaWQQMjIyMDM5MTc4ODIwMDg5MgABHhIgVTQBnsWlLvfkA2kikFoR6_VP7FkMXcQVS2CfDlYDhZUrEvX3rlC_laj0_aem_ZkqrLgP2cKQ1DPf-EntE-w" class="spip_out" rel="external">selon <em>La Marseillaise</em></a>. La mairie a par ailleurs décidé de supprimer une subvention annuelle de près de 190 000 euros à l’association Mozaïque en Cèze, qui gère deux centres sociaux, <a href="https://www.midilibre.fr/2026/06/26/la-mairie-rn-de-bagnols-sur-ceze-supprime-la-subvention-annuelle-de-190-000-eur-a-mosaique-en-ceze-qui-gere-deux-centres-sociaux-13439030.php" class="spip_out" rel="external">détaille <em>Midi Libre</em></a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip">Carcassonne : des associations intimidées</h3><p>Le maire RN Christophe Barthès a annoncé, dès son installation, qu’il supprimait la maigre subvention annuelle à la section locale de Ligue des droits de l’homme (LDH), de 300 euros, et qu’il révoquait les accès gratuits de la LDH à la Maison des associations de la ville. La raison ? L’association de défense des droits humains <a href="https://www.ldh-france.org/carcassonne-arrete-anti-mendicite-par-le-nouveau-maire-dextreme-droite-la-ldh-conteste-par-la-voie-dun-recours-en-annulation-assorti-dun-refere-suspension/" class="spip_out" rel="external">a saisi, en mai,</a> le tribunal administratif contre un arrêté municipal anti-mendicité pris par le maire. <em>« On ne mord pas la main qui vous nourrit »</em>, a répliqué le maire, n’hésitant pas à menacer d’autres associations qui participeraient à une manifestation contre l’extrême droite prévue le 29 avril, et organisée par le récent collectif Nous Carcassonne, fondé par des jeunes de la ville quelques jours après l’élection municipale. Ces associations <em>« n’auront plus de subventions de la mairie »</em>, a prévenu le maire <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/aude/carcassonne/ce-nouveau-maire-rn-menace-les-associations-qui-veulent-manifester-contre-l-extreme-droite-de-supprimer-leurs-subventions-3341333.html" class="spip_out" rel="external">auprès de France 3 Occitanie</a>.</p><h3 class="spip">Carpentras : les associations « wokistes » pointées du doigt</h3><p>Place aussi à la rigueur, à Carpentras, où le maire RN Hervé de Lépinau a supprimé environ 300 000 euros de subventions (un sixième du budget qui leur était alloué) à une vingtaine d’associations locales, dont le Planning familial. <em>« Celle-ci prend régulièrement et ouvertement position contre le Rassemblement national et ses candidats pendant les campagnes électorales »</em>, a justifié l’édile d’extrême droite <a href="https://www.carpentras.fr/actualites/2026/06-juin/communique-de-mle-maire.html" class="spip_out" rel="external">dans un communiqué</a>. Il a, en outre, fustigé <em>« un organe politisé et partisan, mais aussi un avant-poste d’une idéologie controversée qu’est le wokisme »</em>. <a href="https://www.planning-familial.org/fr/le-planning-familial/cp-lextreme-droite-coupe-les-subventions-du-planning-familial-une-alerte" class="spip_out" rel="external">Dénonçant ce <em>« choix politique »</em></a>, le Planning familial a ouvert une cagnotte récoltant plus de 4000 euros, soit plus que la subvention perdue.</p><h3 class="spip">Hayange : un centre social menacé</h3><p>À Hayange, en Moselle, l’unique centre social de la ville, le Casc, a vu sa subvention divisée par deux sur décision du maire RN Fabien Engelmann : l’enveloppe est passée de 95 880 à 47 947 euros. L’avenir de la structure, qui emploie cinq salariés, est clairement menacé : <em>« À la fin de l’année, on ferme »</em>, alerte sa présidente Sylviane Kopytowski <a href="https://www.ici.fr/grand-est/moselle-57/hayange/a-la-fin-de-l-annee-on-ferme-a-hayange-le-rn-divise-par-deux-les-subventions-du-seul-centre-social-de-la-ville-3985466" class="spip_out" rel="external">auprès d’Ici Moselle</a>. Au total, la moitié des 50 associations financées par la commune essuient une baisse de leurs subventions par rapport à l’exercice précédent, <a href="https://www.republicain-lorrain.fr/economie/2026/07/01/la-mort-du-casc-c-est-cinq-salaries-au-chomage-tensions-autour-du-conseil" class="spip_out" rel="external">selon les informations du <em>Républicain Lorrain</em></a>, recueillies auprès de Gilles Wobedo, conseiller municipal de l’opposition à Hayange.</p><h3 class="spip">La Flèche : surtout pas d’aide pour les exilés</h3><p>Outre la baisse des financements aux associations culturelles, le maire RN de La Flèche, Romain Lemoigne, a décidé de supprimer la subvention de 5000 euros accordée à Solidarité Accueil Exilés, les 370 euros d’ATD Quart monde, et d’en baisser d’autres, comme celle de la structure d’apprentissage du français pour les étrangers, qui passe de 4000 à 1000 euros. <em>« On ne subventionne pas les associations qui aident les migrants »</em>, a assumé l’édile, <a href="https://www.ici.fr/emissions/l-info-d-ici-ici-maine/le-maire-rn-de-la-fleche-presente-un-budget-de-25-millions-d-euros-qui-mise-sur-la-securite-3987250" class="spip_out" rel="external">comme le rapporte Ici Maine</a>.</p><p>Auprès de <em>Basta!</em>, le directeur de cabinet du maire soutient que <em>« les subventions ont été attribuées avec discernement et dans une juste mesure »</em> face à <em>« la situation financière catastrophique laissée par l’ancienne majorité municipale »</em> (la maire précédente était PS). Il défend que les dotations de la Croix-Rouge et des Restaurants du cœur ont augmenté, et que sa priorité absolue reste la sécurité, avec l’embauche de trois policiers supplémentaires, ou encore le développement de la vidéoprotection.</p><h2 class="spip" id="Attaques-contre-les-syndicats">Attaques contre les syndicats</h2><h3 class="spip">Carcassonne : la bourse du travail attaquée</h3><p>Le 30 avril, après une manifestation de lycéens contre le RN soutenue par plusieurs syndicats, le nouveau maire RN de Carcassonne, Christophe Barthès, annonçait qu’il retirerait l’usage de la Bourse du travail, mis à disposition par la commune, à la CGT, la CFDT, la FSU et Solidaires. Depuis, la bataille est devenue nationale, se transformant en symbole de la défense des libertés syndicales. Et les manifestations se multiplient à Carcassonne. <em>« On attend que la mairie engage la procédure d’expulsion. Un juge statuera, et au bout du bout, c’est le préfet qui signera ou pas l’arrêté d’expulsion »</em>, <a href="https://basta.media/Bourses-du-travail-Menacee-expulsion-RN-Carcassonne-CGT-proteger-locaux-syndicaux-Tour-de-France" class="spip_in">explique à <em>Basta!</em></a> Sophie Trochet, secrétaire générale de l’union départementale de l’Aude.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Bourses-du-travail-Menacee-expulsion-RN-Carcassonne-CGT-proteger-locaux-syndicaux-Tour-de-France">Menacée d’expulsion par le RN à Carcassonne, la CGT réclame une loi pour protéger les locaux syndicaux</a></aside><h3 class="spip">Grenay et Liévain : les maires RN du bassin minier n’aiment pas le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai</h3><p>Les maires RN du bassin minier du Nord ne veulent plus laisser la Journée internationale de lutte pour les droits des travailleuses et travailleurs aux syndicats. Pour le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai 2026, Daisy Duveau, nouvelle maire RN de <a href="https://www.lavoixdunord.fr/1699064/article/2026-04-30/la-nouvelle-municipalite-rn-de-grenay-n-organisera-pas-de-defile-du-1er-mai-le" class="spip_out" rel="external">Grenay</a>, a mis fin à une coutume qui avait cours sous le mandat des édiles PCF, qui tenaient la mairie depuis les années 1950. Chaque année, la mairie organisait un défilé du 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai à l’issue duquel des représentants syndicaux prenaient la parole. C’est désormais terminé.</p><p>À quelques kilomètres de là, Dany Paiva, nouveau maire RN de Liévain a décidé de changer les modalités de la cérémonie d’hommage aux 42 mineurs morts de Liévain suite à un coup de grisou, en 1974, qui se tenait traditionnellement le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> mai. La mairie a organisé une cérémonie réduite au strict minimum, sans la présence des syndicats <em>« qui utilisaient la cérémonie pour faire de la politique »</em>, confie l’édile <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/il-ne-faut-pas-qu-il-nous-enleve-ca-le-maire-rn-de-lievin-supprime-la-ceremonie-du-1er-mai-en-hommage-aux-mineurs-1846547" class="spip_out" rel="external">auprès de France Inter</a>. Ce type de mesure avait déjà été prise par le passé par les pionniers de l’implantation RN dans le bassin minier : l’équipe municipale de Steeve Briois à Hénin-Beaumont.</p><h3 class="spip">Hénin-Beaumont : victoire de deux syndicalistes face au maire</h3><p>En mai 2026, un agent et une agente de la maire d’Hénin-Beaumont syndiqués à Sud avaient été temporairement exclus de la fonction publique, respectivement pour deux ans et un an, sans salaire, par le maire RN Steeve Briois. La décision avait été prise contre l’avis du conseil de discipline et justifiée par de prétendus <a href="https://basta.media/henin-beaumont-maire-RN-attaque-un-syndicaliste" class="spip_in">conflits d’intérêts</a> pour l’un et des écarts professionnels allégués pour l’autre.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Deux-syndicalistes-exclus-Fonction-publique-par-maire-RN-Henin-Beaumont-Steeve-Briois">Deux syndicalistes exclus de la Fonction publique par le maire RN d’Hénin-Beaumont Steeve Briois</a></aside><p>Le 3 juillet, le tribunal administratif de Lille a donné tort à la commune et l’a contrainte de réintégrer, sous sept jours, les deux fonctionnaires. L’un d’eux, Djelloul Kheris, est une figure de la contestation de la gestion municipale RN d’Hénin-Beaumont depuis la prise de fonction de Steeve Briois en 2014. Pour l’union syndicale Solidaires, l’acharnement du maire à l’encontre de cet agent communal vise avant tout à freiner l’action de l’organisation syndicale dans sa mairie avant les élections professionnelles de décembre 2026.</p><h3 class="spip">Saint-Avold : contre la fête populaire</h3><p>En avril 2023, Hervé Simon, maire RN de Saint-Avold (Moselle), a refusé la privatisation d’un parc municipal pour accueillir la deuxième édition de la fête populaire de l’union locale CGT, invoquant <em>« des raisons de sécurité »</em> liées à l’affluence attendue. Face à la persévérance du syndicat, l’événement <a href="https://www.republicain-lorrain.fr/culture-loisirs/2026/04/21/fete-populaire-de-la-cgt-la-nouvelle-municipalite-refuse-de-l-accueillir-le-syndicat-denonce-une-decision-politique" class="spip_out" rel="external">est finalement autorisé</a>.</p><h2 class="spip" id="Politique-anti-LGBT-et-pinkwashing">Politique anti-LGBT et pinkwashing</h2><h3 class="spip">Elne et Faches-Thumesnil : les symboles LGBT+ effacés</h3><p>Officiellement étiqueté « divers extrême droite », le nouveau maire d’Elne (Pyrénées-Orientales), Steve Fortel, a, quelques semaines après son arrivée, fait repeindre en blanc le passage piéton aux couleurs LGBTQIA+ devant la mairie. Il a aussi retiré le drapeau arc-en-ciel du fronton de l’Hôtel de ville, défendant <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/occitanie/pyrenees-orientales/perpignan/passage-pieton-arc-en-ciel-repeint-en-blanc-drapeau-des-fiertes-retire-de-la-facade-de-l-hotel-de-ville-ce-nouveau-maire-efface-les-symboles-lgbt-de-sa-commune-3338261.html" class="spip_out" rel="external">auprès de France 3 Occitanie</a> le fait que <em>« les espaces publics de la commune doivent rester neutres »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord">« Nous ne sommes pas dupes de ce pinkwashing » : comment les maires RN du nord instrumentalisent les luttes LGBT</a></aside><p>À Faches-Thumesnil (Nord), le nouveau maire – officiellement « divers droite » – Brice Lauret a aussi fait retirer les drapeaux arc-en-ciel du fronton de l’Hôtel de ville. Dans la foulée, <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/hauts-de-france/nord-0/lille/la-marche-des-fiertes-a-bien-eu-lieu-malgre-l-annulation-du-maire-de-faches-thumesnil-les-explications-ne-nous-semblaient-pas-convaincantes-3341036.html" class="spip_out" rel="external">il a annoncé</a> l’annulation de la sixième édition locale de la marche des fiertés, qui était prévue le 25 avril, pour <em>« des questions d’organisation »</em>. La coordination du Collectif Lille Pride a tout de même réussi à maintenir l’événement, qui a rassemblé plus de 400 personnes.</p><h3 class="spip">Harnes : de la censure au pinkwashing</h3><p>Dix jours avant son organisation, un ciné-débat LGBT+ prévu depuis plus de six mois dans le cinéma municipal d’Harnes (Pas-de-Calais) a été annulé par le maire RN Anthony Garénaux-Glinkowski. Organisé autour du film <em>Trois nuits par semaine</em> par une association de Lens, l’événement prévoyait aussi un débat sur l’univers du drag. Mais la municipalité a préféré organiser à la place son propre événement : une exposition et un ciné-débat avec une association 100 % maison. Structure <em>ad hoc</em> créée pour l’occasion, celle-ci ne comprend que des élus RN, <a href="https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord" class="spip_in">comme nous le racontions sur <em>Basta!</em></a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 16 Jul 2026 06:30:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Mécénat privé : « L'État laisse des écosystèmes de financement opaques prospérer »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Que se passe-t-il lorsque des actions qui touchent à l’intérêt général sont financées par des acteurs privés dont les objectifs, les réseaux, les modalités d’intervention ou les bénéficiaires effectifs ne sont pas clairement identifiables ? Et dans quelle mesure ces concours privés restent-ils compatibles avec les exigences d’impartialité de l’action publique, de transparence financière et de contrôle démocratique ? Telles sont les questions qui ont animé <a href="https://basta.media/au-senat-une-commission-d-enquete-visant-pierre-edouard-sterin-s-organise">la commission d’enquête sénatoriale</a> sur le financement des politiques publiques par des organismes privés et les risques en matière d’influence.</p><p>Celle-ci vient de rendre son rapport ce 15 juillet, et ses 32 recommandations ont été adoptées à l’unanimité. Après 102 auditions individuelles et collectives, la présidente centriste Sonia de la Provôté et la rapporteure socialiste Colombe Brossel font le constat d’un État pas du tout à la hauteur des enjeux posés. <em>« Totalement inorganisé, l’État laisse des écosystèmes de financement opaques prospérer »</em>, dénonce cette dernière auprès de Basta.</p><p>Lors d’une conférence de presse ce 15 juillet, les sénatrices ont d’abord tenu à préciser que <em>« la question n’est pas de se méfier par principe de la générosité privée »</em>, ni d’entraver le développement de la philanthropie, mais de la sécuriser. <em>« Ces questions ne visent pas un acteur unique »</em>, a également insisté Sonia de la Provôté, faisant référence au milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin, qui a monopolisé l’attention médiatique depuis les révélations <a href="https://www.humanite.fr/politique/bien-commun/exclusif-pericles-le-projet-secret-de-pierre-edouard-sterin-pour-installer-le-rn-au-pouvoir" class="spip_out" rel="external">par <em>L’Humanité</em></a> de son projet Périclès, visant à favoriser l’ascension électorale de l’extrême droite. De nombreuses enquêtes, dont <a href="https://basta.media/une-carte-inedite-des-nouveaux-apotres-de-l-extreme-droite-ces-associations">un projet porté par Basta et le collectif de journalistes Hors Cadre</a>, ont également mis en lumière son noyautage de nombreuses associations conservatrices.</p><p><em>« Nous souhaitions parvenir à un équilibre entre l’audition de M. Pierre-Édouard Stérin et celle de M. Matthieu Pigasse »</em>, a précisé le sénateur Les Républicains Etienne Blanc, en référence au multimillionnaire de gauche, propriétaire notamment de Radio Nova. Mais ces acteurs sont en réalité <em>« l’arbre qui cache la forêt »</em>, met en avant Sonia de la Provôté. Auprès de Basta, sa collègue Colombe Brossel commente : <em>« On a ouvert une boîte de Pandore dont on n’imaginait pas qu’elle allait déboucher sur autant de portes »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/une-carte-inedite-des-nouveaux-apotres-de-l-extreme-droite-ces-associations">Une carte inédite des « nouveaux apôtres de l’extrême droite », ces associations soutenues par Stérin</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/078fb0c66ea3a548f7eb7d7b4bb5ab-e5de1.jpg?1764852474" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Des-strategies-d-influence-proteiformes">« Des stratégies d’influence protéiformes »</h2><p>Avec plus de 157 000 entreprises ayant déclaré des dons en 2024 - soit 15 fois plus qu’il y a 20 ans - et la montée en puissance des fondations et fonds de dotation - respectivement 3000 et 5000 en France, les sénatrices font le constat d’une <em>« profonde modification du paysage de la philanthropie »</em>. En 2023, les ressources de ces structures privées atteignaient 18,7 milliards d’euros et leurs dépenses d’intérêt général 17,4 milliards. C’est l’équivalent du budget du ministère de la Santé.</p><p>Dans un environnement fiscal favorable au financement privé des politiques publiques, l’engagement de la société civile en faveur de l’intérêt général a été <em>« fortement stimulé »</em>, met en lumière le rapport. Entre 2003 et 2023, le nombre de mécènes individuels a été multiplié par trois. Si le montant des dons déclarés par les particuliers a très légèrement progressé, celui des dons d’entreprises a été multiplié par huit.</p><p>Or, cette multiplication des financements privés se traduit par <em>« des stratégies d’influence protéiformes qui ciblent ouvertement les politiques publiques »</em>, alerte la commission. Celles-ci <em>« peuvent reposer tout autant sur l’apport de moyens financiers que sur la diffusion d’un terreau immatériel favorable à la diffusion d’une idéologie »</em>, et servir <em>« des stratégies qui leur sont propres et qui ne sont pas toujours licites »</em>, est-il précisé.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Des-zones-grises-de-l-interet-general">« Des zones grises de l’intérêt général »</h2><p>Ces stratégies d’influence, idéologique ou privée, est notamment permise par <em>« des zones grises de l’intérêt général »</em>, pointe Colombe Brossel. Par exemple des associations qui, derrière un affichage non lucratif ou d’intérêt général, <a href="https://basta.media/neonazis-et-identitaires-comment-ils-profitent-de-dons-defiscalises" class="spip_in">œuvrent contre le bien commun ou discriminent certaines populations</a>. Parmi ses recommandations, la commission appelle donc à définir l’intérêt général au-delà de la seule question fiscale.</p><p>A ce jour, la seule définition légale de cette notion figure dans <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000054402913" class="spip_out" rel="external">le code général des impôts</a>, où il est précisé qu’est reconnu comme d’intérêt général un organisme <em>« ayant un caractère philanthropique, éducatif, scientifique, social, humanitaire, sportif, familial, culturel ou concourant à l’égalité entre les femmes et les hommes (...) »</em>. Or, <em>« en définissant l’intérêt général sous le prisme de la nature de l’activité de la structure bénéficiaire du don, on s’interdit une réflexion sur l’effectivité du lien entre don et intérêt général »</em>, pointe le rapport. <em>« Le don en question peut contribuer à soutenir des actions qui vont à l’encontre des politiques publiques menées en la matière. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Une-forme-pernicieuse-de-diffusion-ideologique">« Une forme pernicieuse de diffusion idéologique »</h2><p>Une définition plus rigoureuse de cette notion est d’autant plus essentielle que le financement privé à des structures dites d’intérêt général ouvre droit à une réduction d’impôt. Les subventions publiques nationales ont diminué de 2,2 milliards d’euros entre 2023 et 2024. Le Conseil économique, social et environnemental (Cese) fait, lui, état d’une baisse de 41 % de la part des subventions publiques dans le budget des associations entre 2005 et 2020. Les associations recourent donc au soutien de particuliers ou de mécènes, qui ensuite ont la possibilité de faire défiscaliser leurs dons. Résultat : quatre milliards de recettes fiscales en moins en 2025. Soit une augmentation de presque 900 millions d’euros (23%) sur quatre exercices.</p><p>S’il n’est pas du ressort des parlementaires de définir cette notion, insistent les sénatrices, celles-ci déplorent son détournement. A ce titre, la commission d’enquête s’inquiète de <em>« la multiplication d’actions teintées d’un vernis historico-culturel qui constituent en réalité une forme pernicieuse de diffusion idéologique »</em>. Sous couvert d’action culturelle, <em>« il s’agit de revisiter, sans l’assumer, des pans entiers de l’Histoire au prétexte d’une liberté d’expression artistique qui s’appliquerait par exemple à des spectacles vivants »</em>, donnent-elles pour exemple, faisant écho à plusieurs événements <a href="https://basta.media/Dame-dePierre-Ces-spectacles-historiques-devenus-des-chevaux-de-Troie-culturels-de-l-extreme-droite">documentés par Basta</a> et financés notamment par le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin.</p><p>La commission d’enquête a également identifié des <em>« montages combinant associations, structures philanthropiques, sociétés immobilières ou commerciales, visant à diffuser une idéologie et à dissimuler l’identité des véritables dirigeants »</em>. Plus largement, et au-delà du seul champ historique, cette dernière alerte sur <em>« le dévoiement progressif et pernicieux de la sphère publique »</em>, et ce <em>« par des acteurs qui cherchent en réalité à distiller des discours radicaux en tentant de les rendre progressivement répandus, donc acceptables »</em>.</p><h2 class="spip" id="Un-controle-insuffisant-de-la-philanthropie-par-l-Etat">Un contrôle insuffisant de la philanthropie par l’État</h2><p>Si des outils législatifs existent pour un meilleur contrôle du mécénat, force est de constater que l’État et les administrations publiques ne sont pas suffisamment organisés pour être à la hauteur, regrette la commission. Alors que tout organisme doit assurer la publicité et la certification de ses comptes au-delà de 153 000 euros de dons annuels, les sénateur·ices ont constaté que cela était loin d’être toujours respecté.</p><p><em>« On a été étonné·es d’auditionner des gens qui nous disaient benoîtement qu’ils n’avaient jamais déposé leurs comptes. C’est illégal et ça aurait dû déclencher un signal d’alerte »</em>, met en avant Colombe Brossel. Un arsenal de sanctions pourtant développé reste très peu mobilisé, ou de manière inégale. <em>« On ne peut pas avoir un État bicéphal avec un ministre de l’Intérieur qui préconise d’un côté la dissolution d’une association qui inciterait à la haine, et de l’autre un organisme fiscal qui autorise <a href="https://basta.media/spip.php?page=article&amp;id_article=101401">une organisation comme Némésis</a> à recevoir des dons défiscalisés »</em>, accuse la sénatrice socialiste en conférence de presse.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/C9M-groupes-neonazis-identitaires-Nemesis-profitent-argent-public-dons-defiscalises">Comment des groupes néonazis ou identitaires profitent de dons défiscalisés</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/598bf50292175be1c1d442007b9570-47027.jpg?1778595196" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Plusieurs rangées de militants d'extrême droite portant des drapeaux arborant une croix celtique blanche sur fond noir" /></aside><p>La commission d’enquête déplore notamment le manque de moyens humains alloués au contrôle des organismes philanthropiques, auquel sont dédiés seulement 0,2 équivalents temps plein par préfecture (soit deux jours par semaine). En comparaison, celle-ci cite la <em>Charity Commission</em>, l’organisme britannique de contrôle du mécénat qui emploie 457 personnes pour contrôler 200 000 structures.</p><h2 class="spip" id="L-education-en-premiere-ligne">L’éducation en première ligne</h2><p>A titre d’exemple, les établissements privés hors contrats représentent un secteur où le contrôle de l’État est <em>« incomplet, insuffisamment coordonné et trop peu sanctionnant »</em>, alors qu’ont été constatés des <em>« manquements manifestes »</em>, à la fois en matière sécuritaire, administrative et pédagogique. A ce sujet, Colombe Brossel confie : <em>« Nous sommes un peu tombées de notre chaise de découvrir à quel point le ministère de l’Éducation nationale lors d’examen de l’ouverture d’un établissement privé hors contrat a complètement dans l‘angle mort les données financières, aucune attention prêtée aux financements »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Excellence-Ruralites-un-reseau-d-ecoles-privees-reactionnaires-finance-par-Sterin-s-implante-dans-les-campagnes">Excellence Ruralités : un réseau d’écoles privées financé par Pierre-Édouard Stérin s’implante dans les campagnes</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/9daa6de7a2faff4075323345287150-4cf5c.jpg?1760341060" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Une très vaste demeure ancienne entourée d'un parc, vue de l'extrérieur, depuis une rue" /></aside><p>La commission s’est également penchée sur l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars), pour laquelle elle a observé <em>« la création d’un marché »</em>, comme nous l’avions montré <a href="https://basta.media/on-s-est-fait-rouler-dessus-par-le-prive-dassociations-craignent-privatisation-Evars">sur Basta</a>, et comme l’a documenté <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/031025/un-organisme-d-education-la-sexualite-finance-par-sterin-place-ses-pions-l-ecole-publique" class="spip_out" rel="external">Mediapart</a> avec l’exemple de la société Lift, financée par Pierre-Edouard Stérin. Alors que de nombreuses associations continuent à intervenir dans des établissements scolaires sans le moindre agrément, et face à certaines dérives observées, la commission préconise dans ses recommandations de renforcer le cadre juridique existant et d’en intensifier le contrôle.</p><p>Dans leur rapport, les sénateur·ices avancent enfin la nécessité de trouver un équilibre entre le recours aux financements privés de l’enseignement supérieur et de la recherche, la régulation et l’exigence de davantage de transparence. Un maître mot, transparence, qui apparaît tout le long du rapport sénatorial.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/mecenat-prive-Sterin-rapport-senat-etat-laisse-des-ecosystemes-de-financement-opaques-prosperer</link>
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      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 18:28:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Parents en situation d'handicap : Lutter pour la reconnaissance]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10596 c-content_text texte surlignable"><p>À l’heure où les députés examinent ce 15 juillet un projet de loi autour du « délaissement parental », des mères en situation de handicap veulent mettre en lumière un angle mort des politiques publiques : l’handiparentalité. En racontant leur quotidien de parent en situation de handicap, elles cherchent à lutter contre cette invisibilité. Rencontre.</p></div><div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=parents-en-situation-d-handicap-lutter-pour-la-reconnaissance?var_fav=article-10596" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Aider les enfants comme les parents à faire face » : des mères en situation de handicap racontent leur quotidien]]></title>
      <description><![CDATA[<p>L’ascenseur est exigu. Jane, en situation de handicap, doit replier son fauteuil roulant pour pouvoir y entrer, aidée par Cécile, qui habite l’immeuble et lui tient la porte. Le pliage du fauteuil est laborieux, mais c’est la seule solution face à la volée de marches de cet immeuble parisien. Une voisine de palier entrée à leur suite dans le hall s’impatiente, et le fait savoir : elle soupire ostensiblement, le regard noir.</p><p>Jane ne se laisse pas perturber. Essoufflée par l’effort, elle a retiré son manteau imitation fourrure sous lequel elle porte un sweat noir, affichant la mascotte violette de son association, Action visible et handicap. C’est dans le cadre de cette association, dédiée à la parentalité en situation de handicap, qu’elle est venue rencontrer Cécile. Toutes deux sont mères et en situation de handicap.</p><p>Jane Meuke compte bien mettre en lumière ces handicaps invisibles qui pèsent sur la parentalité. À 43 ans, elle est mère de deux garçons de 10 et 11 ans. Elle est atteinte par six maladies, dont deux neurodégénératives rares. Pendant longtemps, son handicap n’était pas visible, jusqu’à ce qu’elle se déplace en fauteuil. Un changement récent. Depuis des années, son quotidien est marqué par <em>« beaucoup de fatigue, de douleurs chroniques, de nuits blanches »</em>, raconte cette femme à la parole aussi douce que convaincue.</p><p>Cet épuisement et ces douleurs sont autant de difficultés qui ne se voient pas, et ne trouvent pas d’aide adaptée. <em>« Car les normes standards du handicap, encore aujourd’hui en 2026, sont basées sur le handicap visible : fauteuil roulant, canne… »</em> rappelle Jane Meuke. Ces difficultés fondent pourtant son premier défi en tant que maman : <em>« Comment faire pour rester éveillée toute la journée ? Je dois me tenir debout pour m’occuper d’eux, amener les enfants à l’école, faire les repas, faire le ménage, faire les devoirs… »</em> décrit celle qui travaille, par ailleurs, comme cheffe de projet en informatique.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-L-handiparentalite-c-est-un-angle-mort">« L’handiparentalité, c’est un angle mort »</h2><p>Pour pointer l’invisibilisation des parents en situation de handicap et le manque de ressources dédiées, Jane Meuke a créé, en 2023, l’association Action visible et handicap. Depuis, elle dédie son énergie à des interventions en milieu scolaire, auprès des associations, des politiques locales et nationales, de la Caisse d’allocations familiales ; à impulser des rencontres, des évènements sportifs. En plus d’avoir créé un annuaire des ressources existantes, elle a aussi développé un podcast, Fréquence Parents, pour lequel elle interviewe une vingtaine de parents chaque année, avec des handicaps chaque fois différents. Cécile est son invitée du jour.</p><p>Cécile, 61 ans, a été diagnostiquée de la maladie de Parkinson à l’âge de 48 ans. <em>« Tout peut devenir très compliqué au quotidien. Je peux me retrouver avec tout le côté droit de mon corps bloqué, et des tremblements à gauche »</em>, décrit-elle, une fois parvenue avec Jane dans le silence de son appartement. On y entend seulement les grincements de parquet lorsqu’elle va chercher des verres d’eau dans la cuisine. Aux murs, il y a des tableaux colorés, oranges et violets.</p><p>Lorsque Cécile a été diagnostiquée, sa fille, Iris, avait 11 ans. <em>« Je me suis cachée pendant dix ans »</em>, raconte cette chargée de production dans l’audiovisuel, d’une voix presque effacée. <em>« Or, ça devenait de plus en plus visible. J’ai compris que, si je n’ouvrais pas le dialogue avec ma fille, cela nous séparerait. »</em> Derrière ses lunettes rondes, ses yeux clairs déchiffrent chaque expression qui traverse le visage de son interlocuteur. Et chaque émotion l’atteint avec force. Autant dire que l’agacement de cette voisine sur le palier l’a affectée, et a suscité en elle un sentiment d’injustice.</p><p>Si Cécile a accepté l’invitation de Jane autour de son podcast, c’est parce que parler de la parentalité en situation de handicap lui semble, à elle aussi, nécessaire : <em>« Ces maladies neurodégénératives sont en augmentation : Parkinson, c’est 250 000 personnes en plus chaque année. Il faut pouvoir aider les enfants comme les parents à y faire face. »</em></p><div class="spip_document_23187 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="131" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1751133182 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp?1784115357 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg@.webp?1784099302 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg?1784116283" width="960" height="720" alt="" aria-describedby="by23187-088bc4da775a7d7211f4320ef3127858" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.42_59.jpg?1784116283 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23187-088bc4da775a7d7211f4320ef3127858">Jane Meuke et Cécile échangent sur leurs réalités de mères en situation de handicap, à Paris, fin mai 2026.
Maïa Courtois / Basta
</figcaption></figure></div><p>Être parent et en situation de handicap est pourtant un sujet quasi absent du débat public et des politiques publiques. S’il existe des données sur le nombre d’enfants en situation de handicap, il n’en existe pas sur les parents. Le terme de « handiparentalité », qui décrit cette réalité et ses implications sociales, économiques, politiques, est d’ailleurs peu connu.</p><p><em>« L’handiparentalité, c’est un angle mort : il n’y a rien dessus. Il y a 4 ou 5 ans, quand on tapait ‘handicap et parentalité’ sur Google, les résultats de recherche ne montraient que les parents qui ont des enfants handicapés. Un peu comme si être parent et soi-même handicapé était antinomique »</em>, retrace Jane Meuke, également titulaire d’un diplôme en droits fondamentaux et inclusion des personnes en situation de handicap. <em>« C’est là que je me suis dit : il faut faire quelque chose, car je sais que j’existe, qu’on existe ! »</em> affirme celle qui a aussi créé le collectif Handiparentalité 69 à Lyon, où elle réside.</p><h2 class="spip" id="Des-lois-qui-invisibilisent-les-parents-en-situation-de-handicap">Des lois qui invisibilisent les parents en situation de handicap</h2><p>Signe de cette invisibilisation du sujet : un projet de loi sur la protection de l’enfance est débattu dans l’Hémicycle ce 15 juillet. L’<a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2841_projet-loi#D_Article_2" class="spip_out" rel="external">article 2</a> prévoit de réduire à six mois (contre un an) le délai d’adoption d’enfants placés si un tribunal constate que les parents se sont désintéressés de l’enfant. Or, pour qualifier ce <em>« délaissement parental »</em>, le gouvernement avait introduit dans un premier temps des notions jugées <em>« très floues »</em> par l’association Action visible et handicap, comme le <em>« trouble psychiatrique durable »</em> ou les <em>« difficultés relationnelles et éducatives graves, sévères et chroniques »</em>. <em>« Nous craignons que ces dispositions ne conduisent à confondre vulnérabilité parentale et délaissement parental, particulièrement lorsque les difficultés rencontrées relèvent d’un handicap, d’une maladie chronique, d’un trouble psychique, de la précarité ou d’un manque de compensation adaptée »</em>, décrypte l’association.</p><p>Les députés ont fini par supprimer la disposition permettant de déclarer un parent <em>« délaissant »</em> lorsque celui-ci souffre d’un trouble psychiatrique. Mais le texte continue d’inquiéter, d’autant que l’étude d’impact du gouvernement ne s’intéresse pas aux parents en situation de handicap, ceux vivant avec un trouble psychique ou des maladies chroniques invalidantes.</p><div class="spip_document_23189 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende" data-legende-len="181" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2049671983 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp?1784115359 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg@.webp?1784099302 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg?1784116284" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by23189-e28aa53bcc7dfbbcb24a7d2cd48d8f7f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.59_12.jpg?1784116284 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23189-e28aa53bcc7dfbbcb24a7d2cd48d8f7f">L’association Action visible et handicap, fondée par Jane Meuke, devant l’Hôtel de ville de Lyon, lors d’un bal organisé le 3 décembre 2025.
Association Action Visible et Handicap
</figcaption></figure></div><p>Autre exemple : <a href="https://www.vie-publique.fr/loi/296460-protection-parents-enfants-atteints-maladies-graves-loi-du-12-juin-2026" class="spip_out" rel="external">la loi promulguée le 12 juin</a> visant à faciliter certains dispositifs aux parents d’enfants en situation de handicap ne fait mention nulle part des parents eux-mêmes en situation de handicap. Enfin, l’handiparentalité est également invisibilisée dans le paysage associatif traditionnel, <em>« focalisé sur un handicap spécifique ou sur les parents d’enfants handicapés »</em>, observe Jane Meuke.</p><p>Pourtant, 75 % des jeunes aidants (âgés de 16 à 25 ans) déclarent soutenir un parent – le plus souvent leur mère. <em>« La France a mis en place de nombreux dispositifs pour les aidants. C’est une bonne chose. Mais il n’y en a quasiment pas pour les parents en situation de handicap. C’est prendre le problème à l’envers, d’une certaine manière. Car tant que leurs parents ne sont pas accompagnés, alors, ces jeunes resteront des aidants… Les politiques publiques perdent en efficacité »</em>, décrypte Jane Meuke.</p><h2 class="spip" id="Des-aides-limitees">Des aides limitées</h2><p>Il existe aujourd’hui deux dispositifs nationaux dédiés à la parentalité en situation de handicap, mis en place en 2021, seulement. Le <a href="https://www.monparcourshandicap.gouv.fr/principaux-interlocuteurs/les-capparents" class="spip_out" rel="external">réseau national CapParents</a>, avec des puéricultrices, éducateurs de jeunes enfants, psychologues, assistantes sociales, ergothérapeutes, sages-femmes… Ces réseaux de conseil, valables en théorie jusqu’aux 18 ans de l’enfant, sont cependant absents de plusieurs territoires, notamment ultramarins : Hauts-de-France, Réunion, Martinique, Guadeloupe et Mayotte. Ils ont été activés tardivement dans d’autres : fin 2024 à Lyon, par exemple. De plus, si <em>« on a un diagnostic, par exemple, d’un ergothérapeute pour adapter le logement, encore faut-il avoir de l’argent de côté pour le mettre en œuvre »</em>, pointe Jane Meuke.</p><p>Il existe aussi depuis 2021 la prestation de compensation du handicap parentalité (PCH-parentalité). Il s’agit d’une aide forfaitaire versée aux parents déjà éligibles à la PCH simple. Cela constitue déjà une première limite, car un grand nombre de handicaps n’entrent pas dans le périmètre de la PCH. <em>« On l’obtient selon son pourcentage d’autonomie, quand on estime que vous avez besoin d’une aide humaine pour vous occuper de vous-même. Or, cela renvoie au modèle standard du handicap</em>, expose Jane Meuke. <em>Face à une maladie chronique invalidante, par exemple, on va vous dire : mais vous pouvez marcher, vous pouvez manger ! Alors que ces maladies fonctionnent par poussées. Et que, quand il y a une poussée, c’est là que le besoin d’aide est le plus fort. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/je-rognerai-sur-tout-sauf-sur-ses-soins-a-l-hopital-de-brest-les-parents-d">« Je rognerai sur tout, sauf sur ses soins » : à l’hôpital de Brest, les parents d’enfants handicapés privés d’allocation</a></aside><p>Pour Jane Meuke, <em>« il y a tout un tas de handicaps invisibles qui ne rentrent pas dans les critères excluants de la PCH »</em>. De plus, ces dispositifs prennent en charge l’adaptation au logement, l’aide à la toilette, le matériel technique. Mais rien sur l’accompagnement psychologique ni sur l’aide aux tâches ménagères, par exemple… Qui se transforment pourtant en un parcours du combattant quand on a, comme Jane, des maladies inflammatoires : <em>« Chaque matin, quand je passe le balai, je pleure. Et la journée avec mes enfants ne fait que commencer. »</em> Dernière limite, et pas des moindres : ce forfait parentalité s’arrête aux 7 ans de l’enfant.</p><p>En juin 2024, l’Observatoire national du développement et de l’action sociale (Odas) a révélé une <a href="https://www.lemediasocial.fr/hulkStatic/EL/ELI/2024/10/fe6787c91-5d0b-4146-b305-17eab09a2090/sharp_/ANX/rapp-pch-parentalite.pdf" class="spip_out" rel="external">première étude sur l’utilisation de la PCH parentalité</a>. <em>« La PCH parentalité est perçue comme complexe et ne répond pas entièrement aux besoins des parents handicapés, notamment en termes d’aide humaine et de soutien éducatif »</em>, conclut l’Odas.</p><p>Pour la première fois, cette étude fournit des chiffres sur les bénéficiaires : 9000 forfaits annuels délivrés. Cela donne une idée erronée du nombre de parents en situation de handicap, qui serait très faible, alors que le non-recours est immense : seulement 1,5 % de bénéficiaires de la PCH reçoivent le forfait parentalité, selon l’Odas. <em>« L’éligibilité à la PCH exclut de fait certains parents ayant des besoins spécifiques »</em> reconnaît l’observatoire, qui pointe <em>« un taux de demandes plus faible qu’attendu »</em> et <em>« une communication insuffisante »</em>.</p><div class="spip_document_23190 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende" data-legende-len="136" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3139171489 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp?1784115360 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg@.webp?1784109196 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg?1784116284" width="960" height="960" alt="" aria-describedby="by23190-ae581cd624ee6935825ab8f2b9c770e0" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_11_49.07.jpg?1784116284 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23190-ae581cd624ee6935825ab8f2b9c770e0">Cécile (à gauche) et Jane Meuke (à droite), dans l’appartement de Cécile à Paris, fin mai 2026.
Association Action Visible et Handicap
</figcaption></figure></div><p>Jane Meuke a lancé une <a href="https://www.change.org/p/pch-parentalit%C3%A9-pour-une-prestation-autonome-%C3%A9quitable-et-adapt%C3%A9e-%C3%A0-la-r%C3%A9alit%C3%A9?utm_medium=custom_url&amp;utm_source=share_petition&amp;recruited_by_id=b92cea60-6964-11f0-9843-e1a437e8eb72" class="spip_out" rel="external">pétition</a> sur la PCH parentalité et a rencontré trois députés sur cette question, tout en interviewant une quarantaine de parents pour son podcast. <em>« On ne savait même pas que ça existait »</em>, lui confient-ils presque à chaque fois. Cécile, par exemple, n’a jamais bénéficié d’aucune aide. <em>« Je ne me suis même pas véritablement renseignée »</em>, admet-elle. Quand ses fils étaient petits, Jane a fini, elle, par embaucher une personne pour <em>« s’occuper de [ses] enfants H24, et ce, pendant quatre ans »</em> : <em>« Je vous laisse imaginer le coût financier. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-vous-demande-de-prouver-que-vous-etes-capables-d-etre-une-bonne-nbsp">« On vous demande de prouver que vous êtes capables d’être une bonne mère »</h2><p>En plus de devoir se débrouiller par eux-mêmes, les parents en situation de handicap font face au validisme de la société, avec une <em>« culpabilité »</em> renvoyée en permanence par certains professionnels de santé, ou par l’entourage. <em>« C’est comme si le droit à la maternité n’était pas fait pour nous »</em>, résume Jane Meuke. Pire encore, pour celles et ceux qui affichent leur volonté d’avoir plus d’un enfant : <em>« La société nous fait entendre qu’en avoir eu un, c’est déjà pas mal ; que deux ou trois, c’est compliqué, avec tous les dispositifs d’accompagnement qu’on va demander derrière... Le handicap façonne le regard posé sur notre parentalité. »</em></p><p>Elle nomme ce phénomène <em>« la présomption d’incapacité »</em>. C’est-à-dire : <em>« Avant même que l’enfant naisse, on vous demande de prouver que vous êtes capable d’être une bonne mère. Est-ce que l’on demande la même chose aux femmes qui ne sont pas en situation de handicap ? »</em></p><div class="spip_document_23188 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="153" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2026393403 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/750/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp?1784115361 1500w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg 1440w, local/adapt-img/750/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg 1500w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/750/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp 1125w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg 1080w, local/adapt-img/750/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg 1125w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/750/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg@.webp?1784099302 750w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/750/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg?1784116285" width="750" height="976" alt="" aria-describedby="by23188-b04a93a7d0af7ad0751bb53211cd2ac9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg 720w, local/adapt-img/750/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-07-15_at_02.52_12.jpg?1784116285 750w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23188-b04a93a7d0af7ad0751bb53211cd2ac9">Une publication Instagram de Cécile et sa fille Iris sur leur compte Parki_Pote, suivi par 28 000 personnes, et 3 000 sur TikTok.
Maïa Courtois / Basta
</figcaption></figure></div><p>Dans cet océan de culpabilisation que les personnes finissent par ressentir elles-mêmes – l’énergique Jane en est venue à se demander : <em>« À quoi je sers pour mes enfants ? »</em> –, ce sont parfois les enfants qui viennent à la rescousse. Ainsi, Iris, la fille de Cécile, un jour où sa mère tremblait particulièrement (le stress empirant les effets de la maladie de Parkinson), lui a lâché : <em>« Ce n’est pas grave, maman, que tu trembles. De toute façon, je ne voulais pas d’une maman comme les autres »</em>. Cécile en parle encore avec émotion.</p><p>Aujourd’hui, sa fille a 24 ans : elle débarque en cette fin d’après-midi dans l’appartement, comme une bouffée d’air frais, souriante, de larges lunettes vertes sur ses yeux verts, pleine de nouvelles du jour à partager avec sa mère. C’est la crainte de voir Parkinson abîmer la relation à sa fille qui a poussé Cécile à lui proposer, un beau jour de Noël : <em>« Et si on montait une chaîne YouTube pour parler de la maladie ? »</em> Iris a préféré Instagram et TikTok. Leur compte est né : Parki_pote. Plus de 30 000 abonnés cumulés. Un cocktail gagnant d’humour et de tendresse. Elles y apparaissent côte à côte, se filment l’une l’autre. <em>« Avant d’être un moyen de parler aux autres pour rendre visible l’handiparentalité, je crois que c’est d’abord à nous deux que ça a servi »</em>, sourit Cécile aux côtés de sa fille, qui lui intime d’oublier enfin la mauvaise humeur de la voisine.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Aider-enfants-et-parents-a-faire-face-des-meres-en-situation-handicap-racontent-quotidien-handiparentalite</link>
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      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Des légumes aux pieds des immeubles : une micro-ferme gérée par des habitants nourrit un quartier]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les fraises et les épinards n’ont pas attendu le calendrier officiel   : <em>«  On a dû commencer les ventes plus tôt que prévu.   »</em> Hélène Lucius et les autres ont monté leur stand dès mi-mai sur la place. « <em>  Quand on ouvre le parasol, c’est le signal, les gens commencent à arriver.  »</em> La place, c’est celle du secteur Duclos, dans le quartier des Vernes, 3 000 habitants, dont les tours surplombent la ville de Givors, dans la vallée du Gier, à mi-chemin entre Lyon et Saint-Étienne. Hélène, Ivan, Saïd et les autres sont les acteurs principaux d’une expérimentation unique en France   : du maraîchage en pied d’immeuble, par les habitants. Jusque-là, rien d’exceptionnel.</p><p>Ce qui l’est, c’est que les fruits et légumes produits sont vendus sur place, donc en priorité aux habitants. <em>«  On pratique trois tarifs différents et ce sont les consommateurs qui choisissent. Le moins cher inclut le coût des semences, le second inclut aussi les charges, en particulier l’eau (du réseau d’eau potable), le troisième est aligné sur les prix pratiqués en magasin bio  »</em>, détaille Hélène.  </p><p>C’est la deuxième saison que le jardin des Vernes est en production. Les parcelles destinées à la vente (environ 1 500 m²) et entretenues collectivement se mélangent aux parcelles «   privatives   », classiques des jardins ouvriers. Le tout s’étend en terrasses sur environ 3500 mètres carré, séparé de l’extérieur par des barrières en lattes de bois et des portillons sans cadenas. <em>«  On avait peur qu’il y ait des dégradations mais non, c’est très respecté  »</em>, remarque Hélène. La mairie, qui prête cette ancienne friche, a mis des bancs autour. <em>«  C’est devenu un lieu de convivialité, assure-t-elle, même s’il manque de l’ombre.   »</em> Le collectif organise régulièrement des événements festifs autour de son activité.</p><div class="spip_document_23182 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="131" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://fr.ulule.com/entrons-dans-lagedefaire/" class="spip_out spip_doc_lien" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1811937006 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp?1784036499 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg" width="960" height="355" alt="bannière entrons dans l'âge de faire" aria-describedby="by23182-6536c9583b758b47021e18bca7a663b9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/campagne_dons_age_de_faire.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23182-6536c9583b758b47021e18bca7a663b9">Cliquez sur la bannière ci-dessus pour soutenir le journal L’âge de faire, dont la campagne Ulule se termine ce jeudi 16 juillet.
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="lt-lt-Pour-pouvoir-manger-sain">«   Pour pouvoir manger sain  »</h2><p>Le Jardin des Vernes n’est pas parti des habitants   : il a été initié dans le cadre de la réhabilitation du quartier, et bénéficie notamment des financements de l’Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine). L’association nationale La Sauge coordonne le projet et accompagne les habitants investis, avec l’idée qu’ils <em>«   montent en compétences   »</em> et qu’à terme, ils soient autonomes dans la gestion du jardin et qu’ils créent leur propre association.</p><p>Hamza Benmadi habite au rez-de-chaussée de l’immeuble de neuf étages qui fait face au jardin. <em>«  Je peux voir les parcelles depuis ma fenêtre   »</em>, sourit le «  micro-fermier   », parmi les plus investis. C’est notamment lui qui est responsable de la production, <em>«   en binôme avec Agathe   »</em>, salariée de La Sauge. Ils ont déterminé ensemble le plan de cultures et veillent à tenir le calendrier pour les différentes productions. </p><p><em>« Mon déclic, ça a été la lecture d’un livre qui parlait des additifs et des pesticides dans l’alimentation</em>, raconte Hamza. <em>C’est à ce moment-là que j’ai commencé à chercher une parcelle et à me renseigner sur le maraîchage, en regardant des vidéos sur Internet. Pour pouvoir manger sain et manger des légumes qui ont du goût.   »</em> En 2023, il se voit proposer un logement social dans le secteur Jacques Duclos. 2023, c’est aussi l’année des premières réunions d’information pour la mise en place du jardin… le hasard fait parfois bien les choses.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Beaucoup-de-boulot">«  Beaucoup de boulot   »</h2><p>Hélène, elle, est référente sur les finances. <em>«   On a fait un sondage pour savoir ce que les habitants aimeraient.  »</em> Cette saison, il y aura plus de coriandre, peut-être un peu moins de fenouil, et surtout des pommes de terre, absentes l’an dernier. <em>«   Certaines personnes nous découvrent encore parce qu’on n’est pas sur la place centrale des Vernes. Avec le bouche-à-oreille, je pense qu’on vendra plus cette année.  »</em></p><div class="spip_document_23185 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="194" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://fr.ulule.com/entrons-dans-lagedefaire/" class="spip_out spip_doc_lien"><picture class="adapt-img-wrapper c3210551801 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/640/20x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg@.webp?1784089522 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg 960w, local/adapt-img/640/20x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/640/15x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg 720w, local/adapt-img/640/15x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/640/10x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg@.webp 640w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/640/10x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg" width="640" height="680" alt="" aria-describedby="by23185-b4a8ea83998653e4f03a22c7d6005fba" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg 480w, local/adapt-img/640/10x/IMG/jpg/campagne_age_de_faire_banniere.jpg 640w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23185-b4a8ea83998653e4f03a22c7d6005fba">Cet article est extrait du dossier « Quartiers populaires, le droit à la terre », publié dans le journal L’âge de faire (numéro 218, juin 2026). <a href="https://fr.ulule.com/entrons-dans-lagedefaire/" class="spip_out" rel="external">Cliquez sur l’image pour les soutenir</a>
</figcaption></figure></div><p>Avec l’argent gagné l’an dernier, le collectif a pu investir dans un goutte-à-goutte. La Sauge a également installé une serre et une pépinière. Et quand tous les investissements seront faits et que la tréso sera bénéficiaire, que deviendra l’argent   ? Hamza sourit à l’idée   : <em>«  On achètera d’autres parcelles  !   »</em></p><p>La principale limite, pour l’heure, est ailleurs   : <em>«   C’est beaucoup de boulot, le maraîchage  !   »</em> Lui est traducteur à Lyon, Hélène travaille dans la logistique … Les six micro-fermiers - bientôt neuf - ont tous une vie professionnelle bien remplie à côté, de sorte que le travail d’Agathe, sur le terrain mais aussi dans l’organisation des chantiers participatifs, ou encore à l’accueil des bénévoles, est indispensable. Or, les financements pour l’accompagnement de La Sauge ne sont pas destinés à être pérennes.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Des-legumes-aux-pieds-des-immeubles-micro-ferme-quartier-Vernes-Givors-geree-par-des-habitants-nourrit-un-quartier</link>
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      <pubDate>Wed, 15 Jul 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[« Le feu était à 500 mètres ! » : à Die, les habitants en renfort des pompiers contre l'incendie]]></title>
      <description><![CDATA[<p>L’air est irrespirable jusqu’à 40 kilomètres autour de Die, dans la Drôme. La fumée stagne de la vallée au sommet de la montagne en feu. Depuis le 28 juin, un incendie a détruit une grande partie de la forêt surplombant la commune de 5000 habitants. Une organisation bénévole s’est très rapidement mise en place pour soutenir au mieux les pompiers. Claude est sur le pont depuis 6 heures du matin. <em>« Die est une ville solidaire, ici, tout le monde est bénévole</em>, dit-il. <em>Ce qu’on veut, c’est que les pompiers soient en bonne condition pour aller combattre le feu . »</em></p><p>Le gymnase où les pompiers viennent se reposer déborde de denrées alimentaires, de kit d’hygiène et de bouteilles d’eau. Les camions de livraison des différentes collectes organisées dans tout le département enchaînent leurs rotations et des bénévoles s’affairent pour nettoyer les douches. Des massages sont même proposés aux combattants des flammes.</p><div class="spip_document_23175 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="172" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/gymnase.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c325722407 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp?1783954552 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/gymnase.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/gymnase.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/gymnase.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/gymnase.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/gymnase.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/gymnase.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gymnase.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gymnase.jpg" width="960" height="720" alt="Quatre personnes debout devant des tables de denrées alimentaires." aria-describedby="by23175-b9b3caa8d54640dbcd17c352e6ef1116" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/gymnase.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/gymnase.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/gymnase.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23175-b9b3caa8d54640dbcd17c352e6ef1116">Dans le gymnase de Die, où les pompiers peuvent venir se reposer, les habitants leur apportent à manger, des kit d’hygiène et des bouteilles d’eau.
© Laure-Meriem Rouvier
</figcaption></figure></div><p>Devant l’espace de repos, chacun·e peut venir déguster un abricot, un plat cuisiné ou simplement boire de l’eau fraîche sur une table, avant de repartir au feu. Lysianne tient un large panier de linge dans les bras. Cette retraitée lave les vêtements des pompiers : <em>« Les cagoules, je les lave à la main, tellement elles puent le cramé, et j’y rajoute un peu d’huile essentielle de lavande pour l’odeur. »</em> Voiture chargée, elle rentre chez elle avec du linge sale que son mari étendra plus tard. Et toute cette organisation se fait sans téléphone ni internet, puisque les réseaux ont été fortement détériorés par l’incendie.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Canicule-il-va-falloir-demander-des-comptes-a-nos-responsables-politiques-fonds-vert-plan-velo-MaPrimeRenov-climatisation-alternative-entretien-Kevin-Jean">Canicule : « Il va falloir demander des comptes à nos responsables politiques »</a></aside><h2 class="spip" id="Debrouille-et-auto-organisation">Débrouille et auto-organisation</h2><p>Malgré toutes les bonnes volontés, des habitants ont dû partir de leurs maisons ou faire évacuer leurs animaux d’élevage. C’est le cas de Vincent Paltera, paysan en polyculture-élevage qui élève des poules, des brebis, et produit de la vigne et des plantes aromatiques. <em>« J’ai débroussaillé autour de chez moi, coupé des arbres mais à un moment la fumée était trop dense. Le feu était à 500 mètres ! J’ai donc renoncé et emmené mes poules chez des copains, d’autres sont venus chercher mes brebis pour les conduire à Glandage »</em>, une commune à 30 kilomètres, située dans les hauteurs.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>L’homme a le visage éreinté par plusieurs jours de combat. <em>« On paye le prix d’avoir laissé faire la prolifération des pins noirs, qui sont très inflammables</em>, accuse-t-il. <em>Pour éviter l’érosion, l’Office national des forêts en a beaucoup planté. Mais, il faut des forêts mixtes pour se protéger du feu. »</em> Pour lui, ce gigantesque incendie est aussi lié à la disparition du <em>« petit pastoralisme »</em>, <em>« alors que les bêtes entretiennent les forêts »</em>.</p><h2 class="spip" id="Les-villageois-securisent-les-habitations">Les villageois sécurisent les habitations</h2><p>De débroussaillage, il en a été beaucoup question à Barsac, village à 14 kilomètres au sud de Die, qui a été évacué au début de l’incendie. Les habitant.es se sont mobilisé·es pour couper les végétaux qui auraient pu prendre feu. Équipé·es de tronçonneuses, sécateurs, cisailles et autres débroussailleuses, les villageois·es ont tenté de ralentir la progression du feu et de sécuriser les abords des habitations. Des agriculteurs ont débardé les déchets à l’aide de leurs tracteurs, pendant six jours. En plus de ce travail acharné, une station de recharge d’eau pour les pompiers a été créée.</p><div class="spip_document_23179 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="151" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2862035647 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp?1783959048 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png" width="960" height="720" alt="la ville de Die entourée par les flammes" aria-describedby="by23179-6d526f387c751aacb61ec8e732afbb11" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/incendie_die_credit_nicolas_haeringer_collectif_avifs.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23179-6d526f387c751aacb61ec8e732afbb11">Ce 13 juillet, la lutte continue mais la situation est en nette amélioration selon la préfecture de la Drôme.
© Nicolas Haeringer, collectif À Vif(s)
</figcaption></figure></div><p><em>« On est là nuit et jour. On va remplir nos cuves un peu plus loin, on recharge les citernes, et les pompiers viennent charger ici, au plus près du feu »</em>, explique Jérôme, les traits tirés. Les allers-retours des camions rouges sont incessants et grâce à cette base, des détours de plusieurs kilomètres sont évités. Car la borne à incendie du village est à sec.</p><p>Pendant le remplissage des camions-citernes, les pompiers peuvent profiter d’une courte pause fraicheur, avec de l’eau, des fruits et des sandwichs. Une femme vient même apporter des glaces, qui sous 38°C, procurent un bien-être immédiat. Toutes ces personnes sont fières d’avoir pu s’auto-organiser, mais regrettent le manque de moyens octroyés par l’État.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/sinistres-flammes-ils-sement-pour-refleurir-Corbieres-changement-modele-agricole-Aude-incendies">Sinistrés par les flammes, ils sèment pour refleurir les Corbières et changer de modèle agricole</a></aside><h2 class="spip" id="Planter-d-autres-essences">Planter d’autres essences</h2><p><em>« C’est des canadairs qu’il nous faut. Avec des moyens aériens, on aurait pu éviter la propagation »</em>, rage Mathieu, un habitant du village. La France dispose <a href="https://www.securite-civile.interieur.gouv.fr/nous-connaitre/nos-missions/moyens-aeriens-et-terrestres" class="spip_out" rel="external">de 12 canadairs</a>, des avions bombardiers d’eau. Mais avec la canicule historique qui sévit partout sur le pays et les incendies <a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/07/11/visualisez-l-etendue-des-incendies-en-france-en-carte-et-graphique_6722679_4355770.html?srsltid=AfmBOoqoi0Xa4DpwDARf4MCcmAE1F6dzvaQmjdfNe9w3EcAZvchJFNlD" class="spip_out" rel="external">qui se multiplient</a>, la priorité a été donnée au feux qui menaçaient les habitations sur le reste du territoire. Jeudi 9 juillet, quatre canadairs <a href="https://www.ici.fr/auvergne-rhone-alpes/drome-26/die/die-plus-de-3-000-hectares-parcourus-un-pompier-legerement-blesse-pas-d-evacuation-durant-la-nuit-9952196" class="spip_out" rel="external">sont venus déverser</a> des tonnes d’eau dans la région de Die, pendant quelques heures seulement.</p><div class="spip_document_23173 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="178" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/canadair.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c952129700 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp?1783954596 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/canadair.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/canadair.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/canadair.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/canadair.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/canadair.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/canadair.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/canadair.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/canadair.jpg" width="960" height="720" alt="Une affichette sur laquelle il est écrit &quot;Chaque millionnaire = un canadair&quot; collée sur un panneau d'affichage municipal." aria-describedby="by23173-72cd465ca7a870c8a435e560604dad53" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/canadair.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/canadair.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/canadair.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23173-72cd465ca7a870c8a435e560604dad53">À Die. Quatre canadairs ont été mobilisés quelques heures le 9 juillet pour lutter contre l’incendie qui ravage les forêts autour de la commune drômoise.
© Laure-Meriem Rouvier
</figcaption></figure></div><p>Dans les villages touchés autour de Die, l’élan solidaire laisse parfois place au désespoir. <em>« Tout va cramer</em>, se désole Mathieu. <em>Et si c’est l’été le plus frais qu’on devrait vivre dorénavant, c’est la cata … »</em>. L’homme entrevoit malgré tout quelques solutions : <em>« Il faudrait peut-être laisser brûler et réfléchir à planter d’autres essences, plus résistantes à la sécheresse. Et aussi créer des chemins pour permettre à la logistique d’intervenir. »</em></p><p>En attendant la réalisation de ces vœux, le Diois s’est transformé en ruche, où les ouvrières se sont dévouées pour soutenir et sauver leurs deux reines : les pompiers et la forêt.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/incendie-Die-les-habitants-en-renfort-des-pompiers-solidarite</link>
      <guid>https://basta.media/incendie-Die-les-habitants-en-renfort-des-pompiers-solidarite</guid>
      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 18:16:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les Britanniques antiracistes cherchent la parade à la poussée d'extrême droite]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Nigel Farage, le leader du principal parti d’extrême droite britannique, est dans la tourmente. Les révélations, par la presse britannique, sur de mystérieux dons reçus par des milliardaires du secteur de la cryptomonnaie s’enchaînent. Peu avant son élection comme député, Nigel Farage aurait ainsi reçu 5 millions de livres (5,7 millions d’euros) du milliardaire Christopher Harborne, qui avait auparavant soutenu financièrement la campagne pour le Brexit. Farage se ferait également payer un certain nombre de « services » (hébergement, sécurité, communication…) par un autre financier, George Cottrell.</p><p>Le leader d’extrême droite, <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2026/07/07/nigel-farage-fragilise-par-des-affaires-de-dons-non-declares-annonce-qu-il-demissionne-du-parlement-britannique-et-qu-il-se-battra-pour-se-faire-reelire_6721500_3210.html" class="spip_out" rel="external">désormais visé par une enquête parlementaire</a>, a annoncé le 7 juillet qu’il démissionnait du Parlement pour se représenter ensuite dans le cadre d’une élection partielle, laissant aux électeurs de sa circonscription <em>« être les juges »</em> de ses actions.</p><p>Ces affaires politico-financières marqueront-elles un coup d’arrêt à la poussée d’extrême droite et de racisme au Royaume-Uni ? Pas si sûr, tant l’extrême droite britannique sature le débat public. Derrière le parti d’extrême droite Reform UK et son discours « anti-système » (et ses financements par de grandes fortunes...) émergent de plus en plus de mouvements xénophobes.</p><p>Des élections locales marquées par une poussée du parti Reform UK à la marche « Unite the Kingdom » organisée par le militant raciste Tommy Robinson, en passant par les manifestations hebdomadaires du mouvement « Raise the Colours », l’extrême droite semble imposer son rythme. Face à cette déferlante, associations antiracistes, syndicats et organisations antifascistes tentent de riposter.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Make-England-Great-Again">« Make England Great Again »</h2><p>Nombre de leaders d’extrême droite s’étaient ainsi empressés de récupérer politiquement le verdict, début juin, dans l’affaire du meurtre d’Henry Nowak, un jeune étudiant britannique de 18 ans, poignardé par un citoyen britannique appartenant à la minorité sikh, en décembre 2025 à Southampton, avec des policiers qui, arrivés sur place, s’étaient trompés, prenant l’agresseur pour la victime.</p><p>Figure historique de l’extrême droite britannique et ancien hooligan, Tommy Robinson s’est rendu sur place le 2 juin et a menti éhontément en déclarant que l’étudiant avait <em>« été tué par un gang de musulmans pakistanais car il était blanc »</em> (aucun gang n’était impliqué et les sikhs n’ont rien à voir avec l’islam). Nick Tenconi, leader du parti anti-immigration et eurosceptique United Kingdom Independence Party (UKIP), était également présent. Et Nigel Farage, le chef de file populiste de Reform UK, a réagi sur les réseaux sociaux, fustigeant une <em>« police à deux vitesses »</em> et déplorant que <em>« les droits des personnes blanches comptent moins que ceux des minorités ethniques »</em>, incitant les Britanniques à réagir avec une <em>« rage froide »</em> à l’assassinat de Henry Nowak.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Remigration-Summit-extreme-droite-europeenne-rassemblee-pour-promouvoir-deportation-de-masse-des-immigres">Remigration Summit : l’extrême droite européenne rassemblée pour promouvoir l’expulsion de masse des immigrés</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/81ab9de9823deb032293a25742ebde-f903b.jpg?1783609250" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Trois semaines plus tôt, le 16 mai, se tenait la marche « Unite the Kingdom », organisée par le même Tommy Robinson. Enveloppés dans des drapeaux de l’Union Jack ou de l’Angleterre, casquette « Make England Great Again » sur le crâne, environ 60 000 de ses partisans ont répondu à son appel et défilé dans les rues de Londres. L’ex-membre de l’English Defence League, un groupe nationaliste ouvertement islamophobe, espérait réitérer le coup réussi huit mois plus tôt, quand, en septembre dernier, il était parvenu à rassembler plus de 100 000 personnes dans les rues de la capitale britannique. Interviewé à la fin de la marche par l’influenceuse d’extrême droite Weronika Rogowska sur les premières mesures qu’il mettrait en place s’il devenait Premier ministre, Tommy Robinson a dit qu’il <em>« stoppera l’Islam »</em>, opèrera <em>« la remigration des migrants »</em> via une intervention de l’armée et menace : <em>« Il est temps pour de nombreux musulmans de quitter ce pays. »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Soutien-financier-d-Elon-Musk">Soutien financier d’Elon Musk</h2><p><em>« Tommy Robinson instrumentalise les inquiétudes liées à l’immigration des familles blanches de la classe ouvrière, souvent pauvres et souffrant d’un manque d’accès aux soins médicaux et à l’éducation</em>, analyse Martin Farr, maître de conférences en histoire britannique contemporaine. <em>Mais ce qui est nouveau, c’est qu’il est bien mieux financé que n’importe quel ancien groupe ou parti d’extrême droite britannique, tel que le British National Party. »</em></p><p>Écrans géants le long du parcours de la marche, meeting final retransmis en live, présence de nombreux leaders de l’internationale réactionnaire : la mobilisation du 16 mai a déployé des moyens techniques et logistiques conséquents. De quoi justifier le soutien financier du milliardaire américain ultraréactionnaire Robert Shillman dont bénéficie Tommy Robinson, qui profite par ailleurs des largesses du patron de X (ex-Twitter), Elon Musk, ce dernier ayant récemment accepté de prendre en charge ses frais d’avocat lors de récents déboires judiciaires.</p><p><em>« L’influence de Tommy Robinson est également facilitée par Internet et les réseaux sociaux, chose impossible pour l’extrême droite auparavant »</em>, constate Martin Farr. L’historien cite GB News, propriété du millionnaire britannique réactionnaire Paul Marshall, qu’il considère <em>« clairement comme le canal d’information du parti Reform UK, tandis que Talk TV roule pour Restore UK »</em>. Autant de moyens de communication permettant de diffuser le narratif de l’extrême droite.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Patriots-Network-reseau-figures-montantes-extreme-droite-mondiale-europe-RN-MAGA">Patriots Network : enquête sur le réseau qui agrège les figures montantes de l’extrême droite mondiale</a></aside><p>L’offre politique à l’extrême droite s’est par ailleurs fortement diversifiée ces dernières années. <em>« Sur le plan politique britannique, Tommy Robinson se situe certainement à l’extrême droite, mais il existe désormais un éventail d’opinions à droite qui n’existait pas vraiment de manière significative auparavant »</em>, observe le chercheur. Dans le sillage de Nigel Farage, fondateur de Reform UK, ont ainsi essaimé d’autres formations politiques encore plus radicales, telles que Restore Britain ou Advance UK.</p><p>Les résultats des élections locales du 7 mai s’étaient traduits par une défaite cinglante du parti travailliste, le Labour, et une nette poussée du vote en faveur du parti d’extrême droite Reform UK, qui a ravi 14 conseils et plus de 1 000 sièges. Près de 10 ans après le vote du Brexit, fortement influencé par les idées souverainistes et anti-immigration, deux ans après la vague d’émeutes racistes qui se sont propagées dans de nombreuses villes du pays, l’influence de l’extrême droite semble n’avoir jamais été aussi forte sur la société britannique.</p><h2 class="spip" id="Riposte-de-la-societe-civile">Riposte de la société civile</h2><p>Face à cet apparent rouleau compresseur, associations antiracistes et organisations de défense des droits humains commencent à penser la riposte. Et, déjà, dans la rue. <em>« Nous ne pouvons pas laisser les personnes qui s’opposent à notre existence, qui détestent les migrants et qui répandent la haine islamophobe dans nos communautés penser qu’elles peuvent se réunir ainsi sans opposition »</em>, estime Chantelle Lunt, membre de Merseyside Alliance for Racial Equality, une organisation antiraciste basée dans le comté de Liverpool, et présente à la contre-manifestation du 16 mai.</p><p>Une coalition réunissant de nombreuses organisations de la société civile, <a href="https://www.togetheralliance.org.uk/" class="spip_out" rel="external">Together Alliance</a> a rassemblé plus de 50 000 personnes (selon la police) à Londres, le 28 mars, et prépare deux grands événements à l’automne, à Manchester et dans la capitale en octobre.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/marche-nationaliste-et-raciste-a-londres-un-signal-d-alerte-pour-toute-l-europe">Marche nationaliste et raciste à Londres : un signal d’alerte pour toute l’Europe</a></aside><p>D’autres initiatives apparaissent. Pendant la campagne électorale, l’organisation antiraciste Hope not Hate a épluché les réseaux sociaux de soixante candidats de Reform UK, mettant à jour une liste significative de propos antisémites, islamophobes ou homophobes. Ces révélations ont entraîné plusieurs suspensions, voire des démissions, de membres du parti, un peu comme ce qu’il s’était passé en France pendant les dernières législatives, avec des dizaines de candidats RN épinglés pour le même type de propos. L’objectif est de <em>« faire comprendre à la population ce qu’est vraiment Reform UK et comment leurs représentants agissent dans les conseils locaux où ils ont été élus »</em>, explique Rosa*, membre de Hope not Hate.</p><p><em>« Nigel Farage est un leader très charismatique, mais au niveau local, beaucoup des candidats de Reform UK récemment élus sont inexpérimentés. Quand les électeurs se rendront compte de leur inefficacité, je ne pense pas qu’ils les rééliront ensuite »</em>, estime pour sa part Chantelle Lunt, également élue du parti Greens (écologiste) à Knowsley, dans la banlieue de Liverpool. <em>« Le corollaire de devenir un parti “sérieux”, c’est d’être pris au sérieux. C’est à double tranchant »</em>, complète l’historien Martin Farr.</p><h2 class="spip" id="Parler-aux-travailleurs-et-aux-classes-populaires">Parler aux travailleurs et aux classes populaires</h2><p>Chantelle Lunt pose également l’enjeu de l’audience de l’extrême droite au sein des classes populaires. <em>« Les militants de Reform UK sont impliqués dans tous les groupes sportifs locaux, tels que les clubs de boxe, qui sont principalement des lieux fréquentés par la classe ouvrière blanche</em>, observe-t-elle. <em>Nous devons nous investir également dans ces espaces. »</em> L’historien Martin Farr utilise le terme <em>« white van man »</em> (<em>« l’homme blanc avec van »</em>), <em>« un concept sociologique indéfini mais très utile, désignant essentiellement les travailleurs manuels, tels que plâtriers, plombiers, charpentiers, etc., qui conduisent des utilitaires blancs »</em>, qui constituent, selon lui, le cœur de cible de l’électorat des partis d’extrême droite au Royaume-Uni.</p><p>La lutte se joue aussi dans les entreprises et sur les lieux de travail. Des syndicalistes de base ont lancé en janvier le réseau Trade Unions Against Far Right. Mais la tâche sera d’ampleur : un récent sondage montre que Reform UK est désormais aussi populaire que le parti travailliste dans le milieu syndical. <a href="https://www.theguardian.com/politics/2026/jun/09/unions-rebuff-nigel-farage-reform-cosplaying-workers-rights" class="spip_out" rel="external">Nigel Farrage s’est même permis d’inviter les organisations syndicales à s’affilier à son parti</a>, invitation déclinée au vu du programme néolibéral et de privatisation de Reform UK, dont le National Health Service, le système de santé publique.</p><p>*Prénom modifié</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 13 Jul 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Les nouveaux « deals » de santé avec l'Afrique profitent aux Etats-Unis, pas aux pays africains]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Depuis le début du second mandat de Donald Trump, en janvier 2025, les États-Unis ont multiplié les coups de boutoir contre l’architecture de l’aide publique au développement et de la santé mondiale, qui désigne les efforts menés à l’échelle internationale pour améliorer la santé des populations et réduire les inégalités.</p><p>Dissoudre l’USAID, l’Agence des États-Unis pour le développement, sabrer les programmes de santé mondiale, supprimer les financements destinés à la planification familiale et à la santé reproductive, se retirer des cadres multilatéraux dont l’Organisation mondiale de la santé, étendre la « règle du bâillon mondial » sont autant de décisions qui traduisent un désengagement du principal donateur pour la santé mondiale. Les effets sont déjà tangibles. Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, des systèmes de santé, dépendants des financements extérieurs, vacillent et <a href="https://www.dw.com/fr/les-cons%C3%A9quences-pour-lafrique-de-la-suppression-de-lusaid/a-75570510" class="spip_out" rel="external">sont au bord de la rupture</a>.</p><p>Loin de relever de simples ajustements conjoncturels, ces décisions participent d’une stratégie planifiée de reconfiguration du paysage sanitaire mondial. Celle-ci se caractérise par un double mouvement. D’abord, le retrait progressif des dispositifs multilatéraux, des institutions internationales, des conventions et des traités. Ensuite, une refonte des espaces laissés vacants autour de cadres d’action bilatéraux, centralisés et étroitement alignés sur les priorités idéologiques et les intérêts commerciaux et stratégiques américains.</p><h2 class="spip" id="L-aide-se-met-au-service-d-interets-nationaux">L’aide se met au service d’intérêts nationaux</h2><p>La basculement du multilatéralisme vers le bilatéralisme se manifeste clairement dans l’America First Global Health Strategy. Ce document <a href="https://www.iris-france.org/america-first-global-health-strategy-une-sante-mondiale-dependante-des-financements-etats-uniens/" class="spip_out" rel="external">fixe le cap</a> de la nouvelle politique sanitaire étasunienne et marque une rupture nette avec vingt ans de gouvernance multilatérale. Jusqu’en 2024, la première puissance mondiale se positionnait en cheffe de file de la santé globale. Diplomatie sanitaire et aide étrangère étaient mobilisées pour soutenir la coopération et renforcer les systèmes de santé. Avec l’arrivée de Trump, ces instruments se muent désormais en leviers au service d’intérêts nationaux jugés prioritaires : la sécurité, la prospérité et l’influence du pays.</p><p>La sécurité, d’abord, est entendue comme la protection du territoire national contre les menaces sanitaires extérieures par le contrôle des risques épidémiques. La prospérité, ensuite, renvoie à la promotion des intérêts économiques nationaux à travers le soutien aux industries étasuniennes de la santé. L’influence, enfin, passe par le renforcement de relations bilatérales stratégiques permettant d’asseoir le leadership des États-Unis.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Sur fond de démantèlement du cadre multilatéral, Washington s’est lancé depuis décembre 2025 dans une course à la signature d’accords bilatéraux de santé. En six mois à peine, trente-deux memorandum d’entente (Memoranda of Uniderstanding – MoU) ont été conclus, dont une vingtaine avec des pays africains. La majorité de ces protocoles sont établis pour une période limitée de cinq ans et sont assortis d’exigences de cofinancement. L’ambition affichée est de <em>« sauver des millions de vie dans le monde et d’accompagner les pays partenaires dans le développement de systèmes de santé robustes et pérennes »</em>.</p><h2 class="spip" id="Face-a-face-inegaux">Face à face inégaux</h2><p>Derrière cette rhétorique bienveillante se profile toutefois un changement de paradigme aux lourdes conséquences. L’aide sanitaire s’inscrit aujourd’hui dans une logique transactionnelle où l’octroi de financements est associé à des contreparties et conditionné à des niveaux de performance. Cette évolution participe d’une marchandisation géopolitique de la coopération sanitaire. La santé cesse d’être appréhendée comme un bien public mondial pour devenir un instrument de puissance, intégré à une logique plus large de compétition stratégique et de prédation.</p><p>Présentés comme des accords librement consentis, ces arrangements s’inscrivent pourtant dans des face à face inégaux, où les rapports de force dictent les termes de l’échange. Dans un contexte de vulnérabilité financière aiguë, des gouvernements africains ne disposent que de capacité de négociation limitée face à une puissance dotée d’un levier économique considérable. Les accords conclus tendent ainsi à accroître l’emprise américaine sur la définition des agendas nationaux de santé des pays bénéficiaires, en contradiction avec les principes de souveraineté sanitaire et le développement des capacités régionales de production.</p><p>Cette évolution est d’autant plus préoccupante que les accords ont été conclus à un rythme soutenu et selon des procédures opaques. La rapidité des discussions, conjuguée à la faible transparence donnée au contenu des accords, ont limité les possibilités de concertation entre États partenaires ainsi que l’exercice d’un contrôle démocratique par les parlements, les organisations de la société civile et les acteurs de la santé.</p><h2 class="spip" id="Resurgence-d-un-agenda-ultraconservateur">Résurgence d’un agenda ultraconservateur</h2><p>Derrière la réorganisation de l’aide, se dessine une nouvelle conception de la santé mondiale. Aux logiques de droits, de solidarité et de coopération succède une approche fondée sur les rapports de force, les intérêts stratégiques et les impératifs commerciaux.</p><p>Les accords bilatéraux ne flottent pas dans le vide. Ils s’ancrent dans un contexte marqué par la résurgence d’un agenda ultraconservateur aux États-Unis, fondamentalement hostile aux politiques d’égalité de genre, de diversité et de droits sexuels et reproductifs. Leur articulation à des dispositifs comme la Déclaration de consensus de Genève, le Cadre pour une santé optimale des femmes ou encore le <a href="https://multinationales.org/fr/enquetes/trumpisme-et-complicites/project-2025-ou-comment-la-droite-americaine-imagine-une-seconde-presidence" class="spip_out" rel="external">Project 2025 de la Heritage Foundation</a>, traduit une volonté de faire de la coopération sanitaire le cheval de Troie d’un socle idéologique réactionnaire.</p><p>Dans ce paysage, l’accès aux financements est subordonné à l’adhésion des bénéficiaires à un ensemble de positions normatives, notamment en matière d’avortement et de droits reproductifs et sexuels. La mécanique se durcit aussi avec l’extension de la Global Gag Rule, dont le périmètre dépasse la planification familiale pour couvrir désormais l’ensemble de l’aide à la santé. ONG étrangères, organisations internationales basés aux États-Unis ou ailleurs, agences multilatérales : nul n’échappe au verrou normatif.</p><p>Cette reconfiguration ne modifie pas seulement les règles d’accès aux financements ; elle redéfinit les priorités historiques de la santé mondiale. Sous l’impulsion de l’America First Global Health Strategy et de son triptyque « sûr, solide, prospère », les enjeux de santé reproductive, les services de santé essentiels, la santé maternelle et infantile, la vaccination, la nutrition ou encore l’atténuation des risques environnementaux sont relégués à l’arrière-plan au profit de la sécurité sanitaire, à travers la surveillance épidémiologique ou les capacités de réponse aux pandémies.</p><h2 class="spip" id="La-sante-utilisee-pour-controler-des-ressources-minieres">La santé utilisée pour contrôler des ressources minières</h2><p>Enfin, elle déplace le centre de gravité des politiques de développement en désignant les nouveaux acteurs légitimes. Les organisations de la société civile, longtemps reconnues comme des partenaires clés de l’accès aux soins et de la défense des droits, voient leur rôle contesté. Dans le discours réactionnaire américain, elles sont accusées d’« exporter » et de promouvoir l’avortement et une supposée « idéologie de genre », justifiant ainsi leur exclusion des mécanismes de subvention. À l’inverse, certains gouvernements et organisations confessionnelles, dont les positions convergent avec celles promues par Washington, voient leur influence renforcée. Dans plusieurs pays africains signataires, cette inflexion risque de consolider des politiques déjà restrictives en matière de droits reproductifs et sexuels.</p><p>L’idéologie n’est toutefois qu’un élément de l’équation. Les nouveaux accords bilatéraux de santé répondent à des objectifs de puissance plus « classiques ». Derrière le langage de la coopération, la santé est aussi un instrument de politique étrangère mobilisé au service de priorités géopolitiques, économiques et stratégiques.</p><p>Le retrait du multilatéralisme ne signifie pas un désengagement pur et simple de Washington, mais plutôt une volonté de reprendre la main sur les partenariats, les ressources et les chaînes d’approvisionnement jugés stratégiques. L’America First Global Health Strategy présente ainsi l’Afrique comme un continent d’intérêt majeur pour les États-Unis, notamment en raison des réserves de minerais critiques et de terres rares. Le cas zambien est à ce titre révélateur.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Comment-l-extreme-droite-trumpiste-cherche-a-detruire-les-espaces-de-cooperation-internationaux">L’extrême droite trumpiste cherche à détruire les espaces de coopération internationaux</a></aside><p>La signature du protocole d’accord a été suspendue après que Washington a conditionné son assistance à l’acceptation de plusieurs dispositions, notamment une collaboration renforcée dans le secteur minier. La santé devient, on le voit, un instrument de bataille pour contrôler des ressources stratégiques et contenir l’influence croissante de la Chine sur le continent. Une dynamique qui est susceptible de faire école et d’intensifier plus encore les logiques de concurrence entre puissances.</p><p>L’AFGHS associe aussi ouvertement santé mondiale et prospérité nationale. Les accords ouvrent des débouchés aux entreprises américaines des secteurs pharmaceutiques, biotechnologiques et numériques, facilitent leur accès à de nouveaux marchés et renforcent la protection de leurs intérêts commerciaux. À cela s’ajoute un enjeu moins visible mais tout aussi stratégique : l’accès aux données sur les agents pathogènes. Plusieurs protocoles d’accords conclus notamment avec le Kenya, la Zambie et le Zimbabwe conditionnent l’octroi de financements à des clauses de partage de données à long terme (jusqu’à 25 ans !).</p><p>Ces dispositions soulèvent des interrogations et des résistances croissantes des pays concernés quant à la souveraineté des données sanitaire. Dans la course mondiale à l’innovation biomédicale, ces données constituent une ressource de premier ordre. La musique est en effet connue : extraire les données à faible coût, en capter la valeur, puis revendre les technologies et les solutions qui en découlent. Sous couvert de coopération sanitaire, le risque est ainsi de voir émerger une forme d’extractivisme des données au profit des industries américaines.</p><h2 class="spip" id="Il-faut-une-reprise-de-controle-democratique">Il faut une reprise de contrôle démocratique</h2><p>Les accords bilatéraux portés par les Etats-Unis tournent résolument le dos aux principes qui ont façonné la santé mondiale au tournant du 21<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle. En substituant aux logiques de droits et de solidarité, une approche transactionnelle et asymétrique, ils détournent la santé de sa finalité première pour en faire un levier stratégique, aligné sur les impératifs de sécurité, de prospérité et d’influence.</p><p>Face à ce basculement, la résistance passe par une reprise de contrôle démocratique sur des processus aujourd’hui opaques. Cela implique d’exiger la transparence des négociations, la publication des projets de protocoles d’accord et une participation réelle des sociétés civiles. Elle suppose également une capacité des institutions nationales et régionales à encadrer ces engagements et à répondre aux dynamiques de contestation qu’ils suscitent.</p><p>L’enjeu résidera aussi dans la capacité des acteurs de la santé, des organisations de défense des droits et de la société civile à porter et promouvoir un modèle de coopération fondé sur la réalisation du droit à la santé et la réduction des inégalités.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/nouveaux-deals-de-sante-afrique-profitent-aux-etats-unis-pas-aux-Africains</link>
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      <pubDate>Fri, 10 Jul 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[En Seine-Saint-Denis, une PMI mobile soigne les femmes et enfants roms des bidonvilles]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Enserré entre un échangeur de l’autoroute A3 et une artère bruyante de la banlieue de Paris, l’imposant bloc de béton vitré et carrelé de blanc accuse les effets du temps qui passe. « Le meilleur confort, au meilleur prix », promet l’enseigne défraîchie qui trône au sommet de l’immeuble. Un temps, ces murs ont abrité un hôtel, aujourd’hui désaffecté.</p><p>Mais depuis peu, la vie a repris aux abords de la bâtisse : dissimulées à l’arrière du bâtiment, plusieurs dizaines de petites baraques ont été construites à la hâte et quelques caravanes posées sur le bitume de l’ancien parking. Il y a près de deux mois, les lieux ont été investis par une centaine de personnes, des familles roms venues de Roumanie, qui y ont trouvé refuge après l’expulsion d’un bidonville sur une commune voisine.</p><p>Le soleil cogne avec force sur les petites épaules de Simona*, 2 ans, et Adriana*, 4 ans, qui accourent du fond du campement pour se précipiter dans les bras de Gwenaëlle Le Goff et Daniela Mecles. La première est infirmière puéricultrice ; la seconde, médiatrice en santé roumanophone. À leurs côtés, sac d’intervention harnaché au dos, Pol Prevot-Monsacré, médecin, et Valérie Pierre, sage-femme. Tous les quatre forment l’équipe mobile-précarité du service départemental de la protection maternelle et infantile de Seine-Saint-Denis, qui, depuis 2020, arpente les lieux de vie informels de ce territoire pour accompagner les femmes et les enfants qui les habitent.</p><div class="spip_document_23160 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="159" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c458020630 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp?1783615013 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg@.webp?1783433412 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg" width="960" height="640" alt="Un homme et trois femmes discutent, sac d'intervention sur le dos, au milieu de baraquements." aria-describedby="by23160-4132052c76b139dc17ad715cee60536e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-7.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23160-4132052c76b139dc17ad715cee60536e">Valérie, Gwenaëlle, Daniela et Pol font un point au milieu du campement après plusieurs consultations et des échanges avec certaines femmes.
© Laure Playoust
</figcaption></figure></div><p>Au quotidien, l’équipe de la PMI s’efforce de proposer aux familles la même chose que les autres services de ce type : le suivi médical des plus jeunes, de leur vaccination et de leur bon développement ainsi que l’accompagnement des femmes enceintes au long de la grossesse et à la naissance de leur enfant. Autant de soins dont les usager·es roms, particulièrement discriminé·es, <a href="https://www.mediation-sanitaire.org/wp-content/uploads/2012/08/rapport-final-d%C3%A9valuation-2011-2012-du-programme-exp%C3%A9rimental-de-m%C3%A9diation-sanitaire.pdf" class="spip_out" rel="external">sont largement privé·es</a>.</p><h2 class="spip" id="Acces-complique-a-l-Aide-medicale-d-Etat">Accès compliqué à l’Aide médicale d’État</h2><p>Posé sur le dos, minuscule au creux d’un des deux lits qui meublent sommairement la baraque de Rebeca* et Radu*, Florin*, le dernier-né, n’a pas un mois. Assise auprès de lui, sa mère est inquiète. <em>« Son œil est collé, souvent il n’arrive pas à l’ouvrir »</em>, décrit-elle, les traits tirés. La jeune femme détaille les soins qu’elle prodigue à l’enfant : plusieurs fois par jour, elle verse du sérum physiologique dans ses yeux ainsi que son nez, visiblement bien encombré. Gwenaëlle prend le temps de la rassurer – ses gestes sont les bons – et lui donne des précisions sur le traitement qui va lui être prescrit, avant de manipuler délicatement Florin, qu’elle dépose sur une balance pliable. Verdict : 3,5 kilos. Poids plume, il ne présente néanmoins aucune pathologie. <em>« On a suivi Rebeca tout au long de sa grossesse, depuis la première échographie »</em>, retrace Valérie, la sage-femme. Une exception : car ici, <em>« l’accès aux soins est extrêmement compliqué »</em>, expose Pol.</p><div class="spip_document_23155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="159" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1515848687 jpg loading c3"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp?1783615015 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg@.webp?1783433417 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg" width="960" height="640" alt="Une femme, de dos, pèse un nouveau-né sur une balance posée au sol." aria-describedby="by23155-00bb4e2e9f0c20db7fa1217b3c81b801" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-2.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23155-00bb4e2e9f0c20db7fa1217b3c81b801">Gwenaëlle, infirmière puéricultrice, pèse Florin, 3 semaines, le fils de Rebeca, que la PMI mobile a suivie depuis le début de sa grossesse.
© Laure Playoust
</figcaption></figure></div><p>Tout d’abord parce que la prise en charge des frais de santé ne va pas de soi. En effet, Rebeca et ses voisines <em>« ne sont considérées ni comme des citoyennes européennes intégrées au marché du travail et pouvant bénéficier de la Sécu française, ni comme des exilées extraeuropéennes qui relèvent de l’Aide médicale d’État »</em>, explique le médecin. Relevant du statut de « <a href="https://www.ameli.fr/finistere/assure/droits-demarches/europe-international/protection-sociale-france/ressortissant-communautaire-inactif" class="spip_out" rel="external">ressortissantes communautaires inactives</a> », sans activité professionnelle, elles ne peuvent espérer bénéficier de l’AME qu’à condition de justifier de ressources insuffisantes pour être rattachées au régime français d’Assurance-maladie ; de leur non-couverture dans leur pays d’origine ; et d’une résidence stable en France.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Problème, parmi tant d’autres : nombre d’entre elles ne disposent pas d’adresse officielle. <em>« Les centres communaux d’action sociale, les CCAS, qui sont censés leur fournir une domiciliation administrative, sont nombreux à ne pas jouer le jeu »</em>, déplore Valérie. Ce que confirme <a href="https://www.romeurope.org/wp-content/uploads/2025/03/RAP2025-AccesDomiciliationIDF_compressed.pdf" class="spip_out" rel="external">un rapport d’enquête</a>, publié en 2025 par plusieurs associations, dont Médecins du monde et le collectif Romeurope : en Île-de-France, près de la moitié des CCAS interrogés déclarent refuser de domicilier administrativement les habitant·es de bidonvilles.</p><p>Entre ces pratiques discriminatoires et le délai d’instruction des dossiers, l’errance médicale peut ainsi durer des mois, contraignant les personnes à recourir aux permanences d’accès aux soins de santé (Pass), unités hospitalières à l’offre souvent restreinte, destinées aux patient·es en situation de précarité, dépourvu·es ou en attente d’ouverture de droits.</p><div class="spip_document_23158 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="130" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3928317094 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp?1783615017 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg@.webp?1783433419 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg" width="960" height="640" alt="Une femme agenouillée devant un lit. A côté d'elle, une jeune enfant." aria-describedby="by23158-81233927c4444b724aeeb97c2bb85372" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-5.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23158-81233927c4444b724aeeb97c2bb85372">Une petite fille se tient à côté de Gwenaëlle, infirmière puéricultrice, pendant qu’elle rédige une ordonnance.
© Laure Playoust
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Refus-de-soins-aux-urgences">Refus de soins aux urgences</h2><p>Après avoir examiné le petit Florin, Gwenaëlle et Pol partagent leurs impressions dans l’allée centrale. En fond sonore, trois jeunes enfants hilares actionnent en continu un klaxon de camion.</p><p>Maria*, la petite vingtaine, vient à la rencontre de l’équipe. Son large sourire dissimule mal son anxiété : Cosmina*, 9 mois, et Andrei*, 2 ans, ne vont pas bien. Maria désigne son fils. <em>« Il se tord parce qu’il a mal au ventre</em>, explique-t-elle en roumain. <em>Je suis allée aux urgences mais ils ne m’ont rien donné, et il continue de souffrir. »</em> Considérant les Roms comme de « mauvais·es patient·es » qui surchargeraient les services d’urgence pour des pathologies relevant de la médecine de ville, certain·es médecins urgentistes refusent en effet de les soigner, comme le montrait <a href="https://shs.cairn.info/revue-actes-de-la-recherche-en-sciences-sociales-2021-4-page-50?lang=fr&amp;tab=texte-integral" class="spip_out" rel="external">une enquête</a> parue en 2021 dans la revue <em>Actes de la recherche en sciences sociales</em>.</p><div class="spip_document_23161 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="122" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3631720989 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp?1783615019 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg@.webp?1783433420 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg" width="960" height="640" alt="Une femme discute avec une autre, de dos. Sur un lit, un bébé joue avec un carnet de santé." aria-describedby="by23161-743b009e23bf2353e735216ec9ed478f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-8.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23161-743b009e23bf2353e735216ec9ed478f">Gwenaëlle, infirmière puéricultrice, échange avec Maria, la maman de Cosmina, 9 mois, et Andrei, 2 ans.
© Laure Playoust
</figcaption></figure></div><p>Assise sur le lit de ses parents dans la dernière baraque du campement soigneusement décorée de petites guirlandes lumineuses, Cosmina ne se porte pas mieux que son frère. La plus jeune a de la fièvre et ses yeux sont vitreux. Elle reste néanmoins tonique. Carnet de santé en main, Maria répond avec précision aux questions du médecin : <em>« Non, elle n’est pas essoufflée. Oui, elle a eu de la diarrhée ; une fois. »</em> Par l’intermédiaire de Daniela, sollicitée de toute part, Pol égrène les symptômes alarmants et prescrit un pansement gastrique que Maria trouvera pour quelques euros en pharmacie : le sac à dos du médecin n’en contient pas.</p><div class="spip_document_23162 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="116" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2697162693 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp?1783615020 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg@.webp?1783433421 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg" width="960" height="640" alt="Une femme regarde par la fenêtre, assise à côté d'un lit de bébé." aria-describedby="by23162-213bccffd1d531da6f846018f7f70194" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-9.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23162-213bccffd1d531da6f846018f7f70194">Une proche patiente à l’intérieur du baraquement pendant que les enfants de Maria sont auscultés.
© Laure Playoust
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Apres-les-expulsions-des-suivis-de-sante-haches">Après les expulsions, des suivis de santé hachés</h2><p>Les armoires des locaux de l’équipe, situés à Bobigny, regorgent en revanche de boîtes de paracétamol, de tests de grossesse et de vêtements d’occasion pour bébés. S’y trouve aussi un petit frigidaire où sont consignés les vaccins destinés aux enfants.</p><p>Ce jour-là, la vaccination attendra : une épidémie de varicelle s’est déclarée dans le bidonville. Elena* tient dans ses bras Ina*, deux ans, afin que Gwenaëlle examine de plus près les rougeurs apparues sur le visage de l’enfant. <em>« C’est la varicelle ? »</em> demande-t-elle à Daniela, qui traduit à l’infirmière. <em>« Non, ça, ce sont des moustiques »</em>, la rassure Gwenaëlle. Ce n’est sans doute qu’une question de jours : à côté d’elle, le corps de Dorin*, un an, est perclus de boutons.</p><div class="spip_document_23156 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="174" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1677202126 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp?1783620042 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg" width="960" height="640" alt="Deux femmes et un homme, de dos, remplissent un carnet de santé sur un lit face à une patiente." aria-describedby="by23156-862259eb478746a38e195fb255af6355" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-6.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23156-862259eb478746a38e195fb255af6355">Une partie de l’équipe de la PMI mobile de Seine-Saint-Denis, en consultation dans un bidonville, chez une famille composée de plusieurs enfants en bas âge.
©Laure Playoust
</figcaption></figure></div><p>Si cette maladie infantile ne représente, dans la plupart des cas, pas un grand risque pour la santé des enfants, d’autres affections bien plus graves peuvent se déclarer dans ces espaces insalubres. Comme cet <a href="https://www.politis.fr/articles/2021/09/sante-des-enfants-roms-intoxiques-au-plomb/" class="spip_out" rel="external">empoisonnement au plomb</a> qui a concerné pendant des années, au vu et au su de l’État, des dizaines de mineurs habitant un bidonville du Val-d’Oise, avant que le scandale sanitaire n’éclate en 2021. Il y a deux ans, dans un bidonville de Seine-Saint-Denis, l’équipe de la PMI a quant à elle été confrontée à <em>« une épidémie massive de staphylocoque »</em>, explique Valérie. Paradoxalement, ces situations sanitaires dangereuses et complexes présentent un certain avantage : pendant ce temps, les campements ne sont pas évacués afin d’éviter la propagation.</p><p>Car <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/280626/ici-la-vie-etait-facile-malgre-l-extreme-precarite-l-angoisse-des-habitants-du-plus-grand-bidonville-de-fr" class="spip_out" rel="external">à chaque expulsion, tout, ou presque, est à recommencer</a>. <em>« Dans ces moments, les familles sont en mode survie, vivent au jour le jour, le schéma vaccinal n’est plus respecté et le suivi de santé est haché… quand on arrive à garder le lien »</em>, précise Gwenaëlle. Dans le cas présent, c’est Rebeca qui a permis à l’équipe de maintenir le contact en lui indiquant les coordonnées GPS de ce nouvel emplacement. La jeune mère y est arrivée en catastrophe : expulsée du précédent lieu où elle vivait, enceinte de huit mois, elle avait bénéficié d’une mise à l’abri à l’hôtel avec ses trois filles. Un répit de courte durée : leur situation n’ayant pas été considérée comme prioritaire, elles s’étaient retrouvées dehors une dizaine de jours plus tard, sans solution de replis.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/inscriptions-nazies-qui-profane-les-tombes-gens-du-voyage">Inscriptions nazies : qui profane les tombes des « gens du voyage » en Isère ?</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-On-nous-demande-souvent-d-intervenir-en-dehors-de-notre-champ">« On nous demande souvent d’intervenir en dehors de notre champ »</h2><p>Alors que Valérie fait le point sur le nombre de femmes qui souhaitent obtenir un moyen de contraception ou en changer, un homme visiblement mal à l’aise s’approche discrètement de l’équipe : il souffre d’une crise d’hémorroïdes. <em>« On n’a pas de veinotonique ? »</em> lance Pol à ses collègues. <em>« On nous demande souvent d’intervenir en dehors de notre champ</em>, décrypte Gwenaëlle. <em>On fait ce qu’on peut, mais parfois, malheureusement, il n’y a plus qu’à attendre que leur état de santé se dégrade pour qu’ils soient admis en urgence. »</em> Quelques instants plus tard, c’est au tour d’une femme de demander à Pol un renouvellement d’ordonnance pour des anxiolytiques. Le médecin confie à Daniela le soin délicat de lui expliquer qu’il ne peut pas, que cette prescription nécessite un vrai suivi médical et qu’il lui conseille de se rendre dans une permanence d’accès aux soins proposant des consultations en santé mentale.</p><div class="spip_document_23163 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="168" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1960420145 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp?1783615025 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg@.webp?1783433423 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg" width="960" height="640" alt="Une femme de dos, penchée devant une armoire de médicaments." aria-describedby="by23163-4fc518e1ea26619574b1211157780122" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-10.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23163-4fc518e1ea26619574b1211157780122">Daniela Mecles, médiatrice en santé, fait l’inventaire des stocks de médicaments, alors que l’équipe vient de rentrer d’une matinée sur le campement.
© Laure Playoust
</figcaption></figure></div><p>Face à l’étendue des problèmes qu’elle rencontre, et bien que le département de Seine-Saint-Denis figure parmi les <a href="https://solidarites.gouv.fr/rapport-de-michele-peyron-pour-sauver-la-pmi-agissons-maintenant" class="spip_out" rel="external">bons élèves en la matière</a>, l’équipe dispose de peu de moyens : le poste d’assistante sociale prévu à la création de cette PMI mobile, pourtant crucial pour accompagner les familles dans leurs démarches administratives et l’ouverture de droits, n’a jamais été pourvu et le médecin, Pol, n’accompagne Valérie, Gwenaëlle et Daniela qu’une fois par semaine, en dépit des besoins réels.</p><p>Leur cas n’a rien d’exceptionnel. 80 ans après leur création dans le sillage de la Sécurité sociale, toutes les PMI du territoire sont en souffrance, faute d’investissements suffisants : seuls 0,2 % de la dépense nationale de santé <a href="https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/31/il-faut-donner-une-nouvelle-jeunesse-a-la-protection-maternelle-et-infantile_6650604_3232.html" class="spip_out" rel="external">leur est consacré</a>. <em>« En Seine-Saint-Denis, l’essentiel de la PMI est financé par le département qui reçoit aussi quelques recettes de la Caisse primaire d’assurance-maladie pour les actes de médecins et de sage-femmes, et de l’État »</em>, précise le service de communication du département.</p><h2 class="spip" id="Besoins-urgents-de-financement">Besoins urgents de financement</h2><p>En novembre dernier, son président Stéphane Troussel (PS) appelait, dans <a href="https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/la-protection-maternelle-et-infantile-a-80-ans-defendons-la-20251102_NYTRBDGI2FFMRB4ZFHGVUH6DMA/" class="spip_out" rel="external">une tribune</a> parue dans <em>Libération</em>, à revoir urgemment le mode de financement de ces structures, qui ne prend pas en compte <em>« la pluridisciplinarité de la prise en charge et les actions de prévention »</em>.</p><div class="spip_document_23154 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="279" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-1.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3548859783 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-1.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-1.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-1.jpg@.webp?1783615026 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source 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srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-1.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-1.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-1.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23154-4465551953aff72794e66c394c60c6e3">Valérie, Gwenaëlle, Daniela et Pol échangent avec une femme qu’ils suivent. Elle leur a laissé des messages pendant le week-end. Ils prennent le temps de les consulter lors de la réunion du matin dans leurs locaux de Bobigny, avant de se rendre sur le terrain.
© Laure Playoust
</figcaption></figure></div><p>Dans ce contexte, les perspectives d’amélioration de l’offre de soin sont minces : Daniela évoque le manque d’intimité des lieux, qui empêche notamment les consultations gynécologiques sur place et nécessiterait un véhicule aménagé en cabinet. Las, le projet n’est pour l’heure qu’au stade d’idée.</p><p>Mais l’espoir semble résider ailleurs : parmi les femmes accompagnées en 2025 (226 sur 16 sites différents), certaines sont aujourd’hui suivies par des PMI de proximité classiques. <em>« Dans ces cas-là, pour nous c’est une réussite, ça veut dire qu’elles ont enfin accédé au droit commun »</em>, sourit Daniela, qui a comptabilisé 1234 entretiens de médiation l’année dernière.</p><p>Il est aux alentours de 13 heures quand l’équipe quitte le campement. Sur son passage, un homme asperge d’eau le sol brûlant, tentant vainement de le rafraîchir. Valérie, Gwenaëlle, Daniela et Pol reviendront dans quelques jours pour s’assurer que l’état de Florin, Cosmina et Andrei ne se dégrade pas. Les fortes chaleurs, ici, sont redoutables.</p><div class="spip_document_23157 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="143" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2459015550 jpg loading c11"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp?1783615030 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg@.webp?1783433415 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg" width="960" height="640" alt="Une enfant court devant un baraquement." aria-describedby="by23157-17b9969e81bbd68b496948dbc03e89ac" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2606_pmi_mobile_bagnolet_c_laure_playoust-4.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23157-17b9969e81bbd68b496948dbc03e89ac">Une enfant passe en courant devant un baraquement où se déroule une consultation effectuée par Pol Prevot-Monsacré, médecin.
© Laure Playoust
</figcaption></figure></div><p>*Prénom modifié</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 10 Jul 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[La firme immobilière qui a maltraité des milliers de locataires berlinois s'implante à Paris]]></title>
      <description><![CDATA[<p>700 euros pour 15 m<sup class="typo_exposants">2</sup> à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), 995 euros pour 19 m<sup class="typo_exposants">2</sup> dans le 18<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Paris… Ces appartements sont proposés à la location <a href="https://rent.akelius.com/en/search/france/apartment/paris" class="spip_out" rel="external">par une entreprise immobilière suédoise</a>, Akelius.</p><p>Akelius possède 20 000 appartements destinés à la location <em>« à New York, Boston, Washington D.C., Austin, Montréal, Toronto, Ottawa, Québec, Londres, Paris et Berlin</em>, vante l’entreprise sur son site. <em>Le public cible est constitué de locataires qui recherchent un emplacement attractif, des locaux de qualité, un service de qualité »</em>, <a href="https://rent.akelius.com/en/akelius/about" class="spip_out" rel="external">ajoute-t-elle</a></p><div class="spip_document_23132 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="44" data-legende-lenx="x"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/annonce.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3701509696 jpg loading c2"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp?1782307195 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/annonce.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/annonce.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/annonce.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/annonce.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/annonce.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/annonce.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/annonce.jpg@.webp?1782731971 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/annonce.jpg" width="960" height="453" alt="Une cpature d'écrant d'une annonce : 995 euors pour 19m2." aria-describedby="by23132-59d059fda0406fa658e3c04358976b44" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/annonce.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/annonce.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/annonce.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23132-59d059fda0406fa658e3c04358976b44">Une annonce de location d’Akelius à Paris.
</figcaption></figure></div><p>En réalité, l’entreprise ne possède plus d’appartement à Berlin, ni nulle part en Allemagne, où elle a vendu tout son stock de logements à un autre grande firme immobilières suédoise en 2021. Et pour cause : pendant des années, Akelius a fait la une des journaux allemands pour ses pratiques immobilières spéculatives, ses loyers excessifs, et ses très mauvaises relations avec ses locataires. Les futurs locataires d’Akelius à Paris et en banlieue proche feraient bien de s’inspirer des collectifs de locataires qui ont émergé à Berlin.</p><p>Avant 2021, Akelius possédait plus 800 bâtiments et environ 14 000 logements Berlin, et plus de 4000 à Hambourg. <em>« Berlin constitue ainsi le principal pilier d’Akelius à l’échelle mondiale »</em>, notait en 2018 l’association de locataires berlinois d’Akelius, qui commençaient alors à s’organiser face au géant de l’immobilier.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Chasser-les-locataires">« Chasser les locataires »</h2><p><em>« Akelius mise exclusivement sur la maximisation des profits. Les locataires n’ont aucune importance, pas plus que les immeubles d’ailleurs »</em>, critiquait, dès sa création, <a href="https://www.akelius-vernetzung.de/haeuser-von-akelius-in-berlin/" class="spip_out" rel="external">le collectif de locataires Stop Akelius</a>. Le collectif dénonce le modèle économique d’Akelius qui consiste, lorsque la société acquiert un immeuble, <em>« à chasser les locataires de leurs logements »</em>, en augmentant les loyers puis en vendant à la découpe l’immeuble, appartement par appartement. <em>« Pour les locataires et pour des quartiers entiers, cela signifie qu’Akelius est l’un des principaux moteurs de la gentrification effrénée que connaît actuellement Berlin »</em>, écrivait aussi le collectif, pour qui il était <em>« inacceptable que [les locataires soient] ensuite contraints, du jour au lendemain, de quitter [leurs] quartiers parce que des spéculateurs immobiliers comme Akelius rendent tous les logements inabordables »</em>.</p><p>Dans la presse allemande, les articles s’accumulent alors sur les pratiques de la firme suédoise : augmentations de loyers illégales au regard des règles d’encadrement des loyers en vigueur et manque d’entretien des immeubles. Les locataires finissent par se demander où va leur argent. Quand ils commencent à se plonger dans la structure de l’entreprise, les locataires découvrent aussi qu’Akelius pratique l’optimisation fiscale via des filiales à Chypre, et jusqu’aux Bahamas. Son fondateur, Roger Akelius, né en 1945, <a href="https://akelius-foundation.org/files/v2/assets/2024_11_14_interview_Roger_Akelius_There_are_two_kinds_of_capitalists_privataaffarer_9b75792bbd.pdf" class="spip_out" rel="external">est un milliardaire suédois</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="A-Chypre-et-aux-Bahamas">À Chypre et aux Bahamas</h2><p><em>« La structure actionnariale d’Akelius Residential repose sur un réseau complexe. Les sociétés et les fondations privées qui le composent sont implantées à Chypre ou aux Bahamas »</em>, <a href="https://www.akelius-vernetzung.de/wp-content/uploads/2022/08/Bluewashing-and-Tax-Avoidance.pdf" class="spip_out" rel="external">résume le rapport</a> réalisé par le collectif et publié en 2021. Chypre et les Bahamas <a href="https://cthi.taxjustice.net/full-list" class="spip_out" rel="external">sont des paradis fiscaux</a> de renommée internationale.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Referendum-Berlin-crise-du-logement-augmentation-des-loyers-socialiser-les-groupes-immobiliers">Contre la crise du logement, un référendum pour socialiser les groupes immobiliers et exproprier les spéculateurs</a></aside><p><em>« Akelius recourt ici aux stratégies d’évasion fiscale couramment utilisées dans le secteur immobilier »</em>, <a href="https://www.bmgev.de/mieterecho/artikel/mieten-steigern-steuern-vermeiden" class="spip_out" rel="external">commentait l’association de locataires berlinois</a> Berliner Mietergemeinschaft. Ces recherches <a href="https://www.spiegel.de/wirtschaft/unternehmen/akelius-wie-immobilien-milliarden-aus-dem-verkauf-an-heimstaden-auf-den-bahamas-landen-a-dd524b97-519c-4213-9dfe-2f616b87352e" class="spip_out" rel="external">ont été confirmées</a> par l’hebdomadaire allemande <em>Spiegel</em>.</p><p>C’est notamment contre ces pratiques, et celles des autres grandes entreprises immobilières de la ville, qu’une initiative s’est créée à la fin des années 2010 à Berlin pour <a href="https://basta.media/Referendum-Berlin-crise-du-logement-augmentation-des-loyers-socialiser-les-groupes-immobiliers" class="spip_in">demander la socialisation</a> des logements des firmes qui en possèdent des milliers dans la capitale. Un référendum d’initiative citoyenne a lieu en 2021. Plus de 73 % des électeurs et électrices participent au scrutin. Et 57 % des Berlinois <a href="https://www.wahlen-berlin.de/abstimmungen/ve2021/AFSPRAES/ergebnisse.html" class="spip_out" rel="external">approuvent</a> l’expropriation, contre indemnisation, des grands groupes immobiliers, dont Akelius, et la reprise en main des logements par des bailleurs sociaux publics.</p><div class="spip_document_23134 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="123" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/manifestation-5.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c412835230 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp?1782307198 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg@.webp?1782732032 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg" width="960" height="720" alt="Des manifestants habillés de jaune et de violet." aria-describedby="by23134-924a5e5f628d6c3571f6ace3b5a9be1f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/manifestation-5.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23134-924a5e5f628d6c3571f6ace3b5a9be1f">Une manifestation à Berlin, en 2021, pour la socialisation des logements des grandes firmes immobilières.
©Rachel Knaebel
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Des-immeubles-revendus">Des immeubles revendus</h2><p>Mais depuis, rien n’a changé. De grandes firmes immobilières privées continuent d’opérer dans la ville, et de <a href="https://www.zeit.de/news/2026-06/17/vonovia-chef-fordert-beschraenkung-von-mietregulierung" class="spip_out" rel="external">remettre régulièrement en cause</a> les règles d’encadrement des loyers pour pouvoir les augmenter à leur guise.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/encadrement-des-loyers-redonne-argent-et-pouvoir-aux-locataires">« Ça peut changer la vie » : l’encadrement des loyers redonne de l’argent et du pouvoir aux locataires</a></aside><p>Akelius, de son côté, a abandonné le marché locatif allemand en vendant, fin 2021, ses milliers de logements d’outre-Rhin à un autre géant immobilier suédois, Heimstaden. Cette entreprise possède aujourd’hui <a href="https://www.stopheimstaden.org/haeuser/" class="spip_out" rel="external">plus de 20 000 appartements</a> dans la capitale allemande. Ses locataires, toujours organisés, dénoncent les mêmes pratiques spéculatives de hausse des loyers et de manque d’entretien des immeubles. Le collectif de locataires Stop Akelius a été renommé : il s’appelle désormais Stop Heimstaden.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 09 Jul 2026 11:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Présomption de légitime défense : un « droit de vie ou de mort » pour la police ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10586 c-content_text texte surlignable"><p>Samia El Khalfaoui est la tante de Souheil, tué par un policier lors d’un refus d’obtempérer le 4 août 2021 à Marseille. En plus de se battre pour obtenir justice pour son neveu, elle se mobilise contre les lois qui encadrent l’action de la police. Avec l’association Stop Aux Violences d’État (SAVE), elle dénonce l’article 435-1 du Code de sécurité intérieure qui élargit les conditions de tir pour la police. Mais aussi la proposition de loi visant à instaurer une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre qui sera examinée le 7 juillet à l’Assemblée nationale.</p><p>Une pétition contre la proposition de loi instaurant la présomption de légitime défense a été créée sur le site de l’Assemblée nationale. Les organisations opposées à cette loi souhaitent attendre les 500 000 signatures d’ici l’examen de la loi.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/format-video">Vidéos</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=presomption-de-legitime-defense-un-droit-de-vie-ou-de-mort-pour-la-police?var_fav=article-10586" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/presomption-de-legitime-defense-un-droit-de-vie-ou-de-mort-pour-la-police</link>
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      <pubDate>Tue, 07 Jul 2026 18:20:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Loi sur la présomption de légitime défense : quelles conséquences ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10581 c-content_text texte surlignable"><p>Le 7 juillet est examinée à l’Assemblée nationale une loi instaurant une « présomption de légitime défense » en faveur des policiers qui font usage de leur arme. La mesure est assimilée à un « permis de tuer » par ses détracteurs, rompt avec le principe d’égalité devant la loi en créant une forme d’impunité pour les policiers et gendarmes qui se rendraient coupables de violences illégales. Le 30 juin, lors d’une conférence de presse à l’appel de l’association Stop aux violences d’État (SAVE), des avocats, des magistrats, des représentants d’associations et des députés se sont réunis pour dénoncer cette proposition de loi du groupe Les Républicains (LR). SAVE et d’autres organisations ont créé une pétition en ligne, à retrouver sur le site de l’Assemblée nationale.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/videos-635">Vidéos</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=Loi-sur-la-pre%CC%81somption-de-le%CC%81gitime-de%CC%81fense-quelles-consequences?var_fav=article-10581" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
      <link>https://basta.media/Loi-sur-la-pre%CC%81somption-de-le%CC%81gitime-de%CC%81fense-quelles-consequences</link>
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      <pubDate>Tue, 07 Jul 2026 17:27:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Menacée d'expulsion par le RN à Carcassonne, la CGT réclame une loi pour protéger les locaux syndicaux]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Ce mardi 7 juillet à Carcassonne, ville étape du Tour de France : le maillot jaune, le maillot à pois et des tee-shirts rouges de la CGT, floqués d’un poing levé et d’un « Roulons pour nos libertés ». Avant le départ des coureurs professionnels vers 13 heures, un autre départ était donné en milieu de matinée par Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, et Sophie Trochet, secrétaire de l’union départementale de l’Aude. Environ 150 syndicalistes se sont élancés derrière la caravane publicitaire du Tour pour un parcours symbolique d’un kilomètre et demi sur le même itinéraire que le peloton.</p><p>Si la CGT est présente depuis des décennies sur le Tour de France à travers son journal <em>La Nouvelle vie ouvrière</em>, cette étape revêt une portée particulière cette année. En choisissant Carcassonne, la confédération entend donner une visibilité nationale à la défense des libertés syndicales et au conflit qui l’oppose à la municipalité Rassemblement national (RN) à propos de l’occupation de la Bourse du travail. Des délégations venues des 13 départements de l’Occitanie ont participé à ce rassemblement de quelque 700 syndicalistes, organisé localement par une large intersyndicale.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Trump-occitan">« Trump occitan »</h2><p>Le 30 avril – au lendemain d’une manifestation de lycéens contre le RN soutenue par plusieurs syndicats – le nouvel édile d’extrême droite, Christophe Barthès, annonçait en fin de conseil municipal qu’il retirerait l’usage de leurs locaux, mis à disposition par la commune, à quatre organisations de salariés : la CGT, la CFDT, la FSU et Solidaires. Dès la semaine suivante, la CGT recevait un courrier du maire lui demandant de quitter la Bourse du travail, qu’elle occupe depuis 89 ans. Puis, le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juin, la municipalité mandatait un huissier pour constater la poursuite de l’occupation des locaux par l’union départementale.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Mairie-RN-Carcassonne-les-syndicats-refusent-expulsion-Bourse-du-travail">Mairie RN de Carcassonne : les syndicats refusent leur expulsion de la Bourse du travail</a></aside><p>Depuis le mois de mai, les syndicats, soutenus par de nombreuses associations et le collectif de jeunes Nous Carcassonne, multiplient les mobilisations. Des rassemblements sont venus ponctuer chaque conseil municipal et une manifestation a réuni 600 personnes le samedi 6 juin, selon le décompte des organisateurs. De son côté, Christophe Barthès a enchaîné les provocations, lui valant le surnom de « Trump occitan ». En mai, il déposait des cartons de déménagement au pied des syndicalistes venus protester sous les fenêtres de l’Hôtel de ville ; fin juin, il renouvelait sa tentative de faire le buzz en arrosant les manifestants depuis le balcon de la marie avec un jeu d’eau.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« On attend que la mairie engage la procédure d’expulsion. Un juge statuera, et au bout du bout, c’est le préfet qui signera ou pas l’arrêté d’expulsion »</em>, explique Sophie Trochet, dont le syndicat entend bien se défendre devant le tribunal. Une procédure qui pourrait prendre plusieurs mois, selon la responsable de la CGT de l’Aude. D’ici là, elle décidera, de concert avec les autres organisations de salariés menacés, des prochaines échéances de mobilisation.</p><p>De son côté, la confédération définira à la fin de l’été la façon dont elle entend défendre les libertés syndicales à la rentrée de septembre. Avec, en toile de fond, deux dossiers prioritaires : le symbole devenu national de la Bourse du travail de Carcassonne et les plaintes multiples contre plusieurs membres du bureau confédéral CGT, dont Sophie Binet, mise en examen pour injure publique et pour diffamation, respectivement par un lobby patronal proche de l’extrême droite et par l’entreprise Tefal.</p><h2 class="spip" id="Anticiper-2027">Anticiper 2027</h2><p>Les menaces qui pèsent sur la Bourse du travail de Carcassonne ne sont pas un cas isolé. La CGT en répertorie une soixantaine en difficulté sur l’ensemble du territoire. Mais l’attitude agressive des maires RN élus en mars 2026 envers les syndicats, comme envers les associations ou le monde de la culture, pousse la CGT à anticiper les prochaines échéances électorales de 2027.</p><p><em>« Vu qu’il y a un danger sur ces locaux, on demande aujourd’hui une vraie législation. Le Code du travail prévoit des locaux pour les syndicats dans les grosses entreprises, mais pas au niveau interprofessionnel »</em>, explique Sophie Trochet. Ce que permettent aujourd’hui les permanences syndicales au sein des Bourses du travail, dans les grandes comme les petites villes, et accessibles à tous les salariés, en particulier ceux des petites entreprises, où la présence syndicale est souvent inexistante. <em>« Suite à nos nombreuses relances sur la question des locaux syndicaux, le ministère du Travail a décidé de lancer une mission interministérielle afin d’évaluer la possibilité d’avoir des textes qui puissent consolider les locaux mis à dispositions par les collectivités territoriales »</em>, assure Gérard Ré, de la CGT.</p><p>En attendant, le bras de fer va se poursuivre à Carcassonne. <em>« Les locaux syndicaux sont des locaux particuliers. On n’est pas des squatters ou des voyous, ces locaux sont des outils pour les travailleurs et travailleuses. On reçoit beaucoup de salariés qui ne sont pas organisés dans notre département de l’Aude où on a beaucoup de TPE</em> [très petites entreprises, ndlr] <em>de moins de 11 salariés »</em>, défend Sophie Trochet.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Bourses-du-travail-Menacee-expulsion-RN-Carcassonne-CGT-proteger-locaux-syndicaux-Tour-de-France</link>
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      <pubDate>Tue, 07 Jul 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Présomption de légitime défense : les arguments très contestables des initiateurs de la loi]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La proposition de loi visant à instaurer une « présomption de légitime défense » pour les forces de l’ordre est discutée ce 7 juillet par les députés. Le texte est à l’initiative de députés de droite LR et a obtenu l’assentiment du gouvernement Lecornu. En plus de reprendre une revendication <a href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream" class="spip_in">venue des franges les plus radicales de l’extrême droite</a>, la proposition s’appuie sur trois arguments largement contestables, voire fallacieux, avec pour risque de donner un quasi blanc-seing aux policiers et gendarmes pour faire usage de leur arme, quelles que soient les circonstances et la réalité de la menace à laquelle ils seraient confrontés.</p><h2 class="spip" id="Une-hausse-supposee-des-violences-envers-les-forces-de-l-ordre">Une hausse supposée des violences envers les forces de l’ordre</h2><p><em>« Les forces de l’ordre sont confrontées à des agressions de plus en plus fréquentes et graves, perpétrées parfois avec des armes de guerre »</em>, <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0691_proposition-loi#" class="spip_out" rel="external">dit le texte</a>, pointant une <em>« évolution inquiétante »</em> . Il faudrait donc davantage donner à la force publique les moyens de se défendre. Les rédacteurs du texte ne livrent aucun exemple ni aucun chiffre pour étayer leur propos. Et pour cause : le flou demeure. Sur le temps long, la violence d’origine criminelle à l’encontre de la police nationale a largement diminué au regard des données existantes : <em>« On compte 2,5 fois moins de policiers morts en mission qu’il y a 40 ans »</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/06/01/malgre-les-drames-recents-on-compte-2-5-fois-moins-de-policiers-morts-en-mission-qu-il-y-a-quarante-ans_6082286_4355770.html" class="spip_out" rel="external">rappelait le journal Le Monde en 2021</a>, s’appuyant sur les quelques statistiques publiques et celles du « mémorial victimes du devoir » mené par des officiers de police qui répertorie ces décès par cause et contexte. Près de 90 policiers sont « morts en service » pendant la décennie 1980-1990, comparé aux 36 décédés dans la décennie 2010-2020.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream">Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/d80761c327f92a5b4b057c7886a146-f4166.jpg?1783410191" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Ce décompte de morts en service recouvre des situations très différentes, qui vont de l’accident de trajet – c’est le cas <a href="https://www.police-actionsolidaire.fr/recherche-memorial/" class="spip_out" rel="external">des quatre agents décédés depuis début 2026</a> par exemple – à un homicide lors d’une fusillade ou d’une attaque terroriste. Dans ces derniers cas, le « mémorial victimes du devoir » décompte, depuis 2017, huit morts en mission : deux agents tués lors d’un refus d’obtempérer, un agent tué par arme à feu lors d’une intervention sur un point de deal (en 2021 à Avignon) et cinq victimes du terrorisme islamiste, dont quatre lors de l’attaque à l’intérieur de la Préfecture de police de Paris le 3 octobre 2019 par un agent administratif radicalisé, Michael Harpon. D’éventuelles données concernant les policiers blessés par des armes n’ont pas, à notre connaissance, été rendues publiques.</p><p>La cause la plus fréquente de mortalité pour les policiers demeure le suicide : chaque année, en moyenne, <a href="https://www.mgp.fr/home/Nos-actualites-MGP/contenu/bloc-liste-des-actualites/actualite-mgp-barom%C3%A8tresant%C3%A9-MGP.html" class="spip_out" rel="external">44 agents mettent fin à leur jour</a> illustrant de la pire des manières le poids de leurs conditions de travail ou le manque de sens de leurs missions.</p><p>Les données concernant les violences commises contre les gendarmes sont un peu moins floues, mais manquent également de précisions. Le <a href="https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/organisation/nos-unites/l-inspection-generale-de-la-gendarmerie-nationale-iggn" class="spip_out" rel="external">rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale</a> (IGGN), publié chaque année, décompte ainsi 5463 agressions physiques contre des gendarmes en 2024, dont 2428 « avec armes », soit un peu moins de la moitié. Ces armes comprennent les « armes par destination » – un projectile lancé en manifestation ou un véhicule dirigé contre les gendarmes par exemple –, une arme contondante (bâton), une arme blanche ou une arme à feu. Le rapport ne livre pas le détail de ces situations d’agressions. Si celles « avec armes » ont globalement un peu baissé depuis 2023, celles par armes à feu augmentent : <a href="https://www.bfmtv.com/police-justice/c-est-tout-a-fait-inedit-1-000-gendarmes-ont-ete-cibles-et-agresses-par-des-armes-en-2024_AD-202501301034.html" class="spip_out" rel="external">63 gendarmes ont ainsi fait l’objet de tirs en 2024</a>, selon le directeur de la gendarmerie nationale, Hubert Bonneau. Douze militaires sont décédés en service sur l’année 2024, dont six d’un malaise, quatre accidentellement et deux en mission, dont l’un près de Cannes suite à un refus d’obtempérer. Un chiffre à mettre en relief, comme pour les policiers, <a href="https://www.mfp.fr/presse/la-gendarmerie-face-au-tabou-du-suicide/" class="spip_out" rel="external">avec les 26 gendarmes qui se sont donnés la mort en 2024</a>.</p><h2 class="spip" id="Les-forces-de-l-ordre-seraient-menacees-par-lt-lt-des-individus-ou-des-nbsp">Les forces de l’ordre seraient menacées par « des individus ou des groupes armés lourdement »</h2><p>Ces agressions <em>« de plus en plus fréquentes et graves »</em> constitueraient, selon les initiateurs de la loi, de <em>« nouvelles menaces, portées par des individus ou des groupes armés lourdement »</em> et <em>« un véritable défi pour la sécurité publique »</em>. Là encore, cela nécessiterait que les forces de l’ordre puissent mieux riposter. Problème : ce n’est en général pas contre des personnes « armées lourdement » que policiers et gendarmes ouvrent le feu.</p><p>Sur les 182 personnes tuée par balles par les forces de l’ordre depuis janvier 2017, au moins 56 – soit 30 % – ne possédaient aucune arme. Parmi les personnes armées (d’armes blanches ou d’armes à feu, et parfois d’armes factices), une trentaine s’en est servie ou a tenté de s’en servir contre les forces de l’ordre qui ont riposté. Seulement 16 % des personnes tuées par balles par les policiers ou gendarmes le sont donc en situation de riposte, où la légitime défense peut être invoquée.</p><p>Dans ces cas-là, la justice n’a pas attendu l’instauration d’une présomption pour retenir la légitime défense en faveur des fonctionnaires (<a href="https://basta.media/legitime-defense-dans-quelles-situations-policiers-et-gendarmes-ont-ils-abattu">voir notre article</a>). Une majorité des personnes armées exhibaient une arme blanche (couteau, machette ou ciseaux) avant d’être tuées. Si plusieurs de ces personnes étaient menaçantes, les récits et témoignages, y compris des agents eux-mêmes, décrivent souvent des personnes en grande détresse psychique ou sociale, pas des narcotrafiquants ou des membres du grand banditisme « armés lourdement ».</p><h2 class="spip" id="Une-lt-lt-insecurite-juridique-empecherait-les-agents-d-etre-en-nbsp">Une « insécurité juridique » empêcherait les agents d’être en « capacité d’agir face aux dangers »</h2><p>Dernier argument de la proposition de loi : <em>« la judiciarisation »</em> des actions des policiers et gendarmes, <em>« parfois perçue comme une remise en question systématique de leur engagement sur le terrain »</em>, poursuit le texte. <em>« Cette situation peut engendrer une insécurité juridique dissuasive et peser sur leur capacité d’agir face aux dangers. »</em> En clair, policiers et gendarmes hésiteraient à faire usage de leur arme en cas de menace grave et réelle, par crainte d’une mise en examen et d’un procès ensuite.</p><p>Contrairement à ce que présupposent les initiateurs de cette proposition de loi, les condamnations de policiers ou gendarmes demeurent l’exception.</p><p>Selon <a href="https://basta.media/Violences-policieres-suivi-judiciaire-non-lieu-sans-suite-prison-impunite-IGPN">les données dont nous disposons</a>, 90 affaires de tirs mortels ont, depuis janvier 2000, donné lieu à une décision judiciaire : dans trois quarts des cas, celles-ci consistent en un classement sans suite ou un non-lieu. Autant d’instructions qui se clôturent donc souvent sans dissiper les zones d’ombres et lever les doutes des proches sur la légitimité du recours à la force.</p><p>En 26 ans, quinze procédures ont conduit un policier ou un gendarme devant un tribunal. Ces quinze procès se sont conclus par quatre acquittement d’une part, onze condamnations à de la prison d’autre part, dont huit avec sursis et trois de prison ferme. Ce sont donc un peu plus de 10 % de l’ensemble de ces affaires de tirs mortels qui, lorsqu’elles sont judiciarisées, débouchent sur une condamnation. À notre connaissance, aucun policier n’a été condamné pour avoir riposté à un tir, que ce soit un braqueur ou un assaillant terroriste.</p><p>Dans les trois affaires ayant donné lieu à de la prison ferme, l’argument de la légitime défense utilisé par les agents impliqués, a été clairement battu en brèche. D’abord dans le meurtre de Yanick Locatelli, en 2018 en Guadeloupe, sur lequel deux gendarmes tirent sept balles. Selon leur première version, il s’apprêtait à contrôler un véhicule arrêté à une station service qui, en démarrant, aurait menacé de foncer sur eux. Sauf que la vidéo est venue infirmer cette version, en montrant que la voiture reculait et s’éloignait donc des gendarmes.</p><p>L’autre affaire intervient à Nantes la même année, et implique un CRS qui a tiré sur Aboubacar Fofana au volant d’un véhicule. Invoquant initialement la légitime défense, le CRS évoque ensuite un tir accidentel, alors que ses collègues décrivent un tir volontaire. Condamné à sept ans de prison en première instance, le CRS <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/le-crs-qui-avait-mortellement-touche-aboubacar-fofana-a-nantes-sort-de-prison-avant-son-proces-en-appel-3324794.html" class="spip_out" rel="external">a été remis en liberté en mars</a> dans l’attente de son procès en appel</p><p>Enfin, dernière condamnation en date : l’auteur du meurtre d’Olivio Gomes à Poissy (Yvelines). Il s’agit d’un agent de la BAC qui ouvert le feu sur le jeune homme, au volant d’un véhicule qui avait été pris filature. La voiture était en stationnement. Le rapport balistique confirme que l’agent, moniteur de tir dans son temps libre, n’était pas en danger au moment où il a tiré car il se tenait côté conducteur du véhicule. L’ex policier <a href="https://www.leparisien.fr/yvelines-78/poissy-le-policier-condamne-pour-la-mort-dolivio-gomes-sort-de-prison-apres-deux-mois-dincarceration-21-05-2026-RJRN4PTWE5G2BO66QQY2QL2NXA.php" class="spip_out" rel="external">a été remis en liberté le 19 mai</a>, dans l’attente de son procès en appel. Avant eux, il fallait remonter <a href="https://www.liberation.fr/societe/1998/01/17/la-police-revoque-le-meurtrier-de-fabrice-fernandez-le-policier-avait-ete-sanctionne-a-deux-reprises_225273/" class="spip_out" rel="external">au meurtre de Fabrice Fernandez en 1997</a>, tué par balles alors qu’il était détenu dans un commissariat de Lyon, pour qu’un policier soit placé derrière les barreaux.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vers-une-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre">Vers une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ?</a></aside><p>Paradoxalement, ces trois condamnations ont eu lieu après le passage de la loi en 2017 (dite loi Cazeneuve), censée mettre fin à la supposée « insécurité juridique » des forces de l’ordre lorsqu’elles utilisent leur arme à feu. Dans les 35 affaires de tirs mortels lors d’un refus d’obtempérer que nous avons recensées depuis 10 ans, au moins treize agents ont été mis en examen, dont six pour « homicide volontaire », une accusation qui restait rare avant ce changement législatif. La légitime défense, qui requiert la simultanéité du danger et la proportionnalité de la riposte, demeure le cadre de référence pour plusieurs magistrats, <a href="https://www.flagrant-deni.fr/tirs-policiers-le-droit-a-du-mal-a-passer-dans-la-pratique/" class="spip_out" rel="external">comme l’a décrypté l’ONG Flagrant Déni</a>. Autoriser encore davantage les forces de l’ordre à ouvrir le feu dans des circonstances qui ne le nécessitent pas, comme le préconise cette proposition de loi, n’est donc pas rendre service aux forces de l’ordre. Encore moins à l’État de droit.</p><p><em>« Une des obligations positive constitutionnelles de l’État, est de prévenir des faits de violence institutionnelle par un dispositif adéquat »</em>, a rappelé la magistrate Céline Roux (et adjointe à la défenseuse des droits) lors d’un colloque sur le sujet, organisé par Amnesty International en avril à l’Assemblée. Élus, ONG, syndicats, avocats, magistrats, victimes de violences policières et même plusieurs policiers s’érigent contre cette présomption de légitime défense, qui en plus ne respecte pas le droit international. Une <a href="https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334" class="spip_out" rel="external">pétition citoyenne appelant les députés à rejeter la proposition de loi</a> cumule près de 300 000 signature sur le site de l’Assemblée nationale. Le 26 juin dernier, la défenseure des droits Claire Hédon, a émis un avis défavorable sur la mesure.<br class="autobr" />
Dans une <a href="https://www.cncdh.fr/actualite/lettre-du-president-de-la-cncdh-relative-la-proposition-de-loi-visant-reconnaitre-une" class="spip_out" rel="external">lettre adressées aux députés</a>, le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) signale que cette proposition de loi <em>« remet sérieusement en cause l’État de droit »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Presomption-de-legitime-defense-les-arguments-tres-contestables-des-initiateurs-de-la-loi</link>
      <guid>https://basta.media/Presomption-de-legitime-defense-les-arguments-tres-contestables-des-initiateurs-de-la-loi</guid>
      <pubDate>Tue, 07 Jul 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Présomption de légitime défense : les arguments très contestables des initiateurs de la loi]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La proposition de loi visant à instaurer une « présomption de légitime défense » pour les forces de l’ordre <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/scrutins/7982" class="spip_out" rel="external">a été adoptée ce 7 juillet</a> avec le soutien du gouvernement, du RN (Marine Le Pen), d’Ensemble pour la République (Gabriel Attal), d’Horizons (Édouard Philippe), des Démocrates (Marc Fesneau), de LR (Laurent Wauquiez) et de l’UDR (Eric Ciotti). L’ensemble des partis de gauche ont voté contre.</p><p>Le texte est à l’initiative de députés de droite Les Républicains (LR) et a obtenu l’assentiment du gouvernement Lecornu. En plus de reprendre une revendication <a href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream" class="spip_in">venue des franges les plus radicales de l’extrême droite</a>, la proposition s’appuie sur trois arguments largement contestables, voire fallacieux, avec pour risque de donner un quasi-blanc-seing aux policiers et gendarmes pour faire usage de leur arme, quelles que soient les circonstances et la réalité de la menace à laquelle ils seraient confrontés.</p><h2 class="spip" id="Une-hausse-supposee-des-violences-envers-les-forces-de-l-ordre">Une hausse supposée des violences envers les forces de l’ordre</h2><p><em>« Les forces de l’ordre sont confrontées à des agressions de plus en plus fréquentes et graves, perpétrées parfois avec des armes de guerre »</em>, <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0691_proposition-loi#" class="spip_out" rel="external">dit le texte</a>, pointant une <em>« évolution inquiétante »</em>. Il faudrait donc donner à la force publique davantage de moyens de se défendre. Les rédacteurs du texte ne livrent aucun exemple ni aucun chiffre pour étayer leur propos. Et pour cause : le flou demeure. Sur le temps long, la violence d’origine criminelle à l’encontre de la police nationale a largement diminué au regard des données existantes : <em>« On compte 2,5 fois moins de policiers morts en mission qu’il y a 40 ans »</em>, <a href="https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/06/01/malgre-les-drames-recents-on-compte-2-5-fois-moins-de-policiers-morts-en-mission-qu-il-y-a-quarante-ans_6082286_4355770.html" class="spip_out" rel="external">rappelait le journal <em>Le Monde</em> en 2021</a>, s’appuyant sur les quelques statistiques publiques et celles du « mémorial victimes du devoir », mené par des officiers de police qui répertorient ces décès par cause et contexte. Près de 90 policiers sont morts en service pendant la décennie 1980-1990, contre 36 décédés entre 2010 et 2020.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream">Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/d80761c327f92a5b4b057c7886a146-f4166.jpg?1783410191" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Ce décompte de morts en service recouvre des situations très différentes, qui vont de l’accident de trajet – c’est le cas <a href="https://www.police-actionsolidaire.fr/recherche-memorial/" class="spip_out" rel="external">des quatre agents décédés depuis début 2026</a>, par exemple – à un homicide lors d’une fusillade ou d’une attaque terroriste. Dans ces derniers cas, le « mémorial victimes du devoir » décompte, depuis 2017, huit morts en mission : deux agents tués lors d’un refus d’obtempérer, un agent tué par arme à feu lors d’une intervention sur un point de deal (en 2021 à Avignon) et cinq victimes du terrorisme islamiste, dont quatre lors de l’attaque à l’intérieur de la préfecture de police de Paris, le 3 octobre 2019, par un agent administratif radicalisé, Mickaël Harpon. D’éventuelles données récentes concernant les policiers blessés par des armes n’ont pas, à notre connaissance, été rendues publiques.</p><p>La cause la plus fréquente de mortalité pour les policiers demeure le suicide : chaque année, en moyenne, <a href="https://www.mgp.fr/home/Nos-actualites-MGP/contenu/bloc-liste-des-actualites/actualite-mgp-barom%C3%A8tresant%C3%A9-MGP.html" class="spip_out" rel="external">44 agents mettent fin à leur jour</a>, illustrant de la pire des manières le poids de leurs conditions de travail ou le manque de sens de leurs missions.</p><p>Les données concernant les violences commises contre les gendarmes sont un peu moins floues, mais manquent également de précisions. Le <a href="https://www.gendarmerie.interieur.gouv.fr/organisation/nos-unites/l-inspection-generale-de-la-gendarmerie-nationale-iggn" class="spip_out" rel="external">rapport de l’inspection générale de la gendarmerie nationale</a> (IGGN), publié chaque année, décompte ainsi 5463 agressions physiques contre des gendarmes en 2024, dont 2428 avec armes, soit un peu moins de la moitié. Ces armes comprennent les armes par destination – un projectile lancé en manifestation ou un véhicule dirigé contre les gendarmes, par exemple –, une arme contondante (bâton), une arme blanche ou une arme à feu. Le rapport ne livre pas le détail de ces situations d’agressions. Si celles avec armes ont globalement légèrement baissé depuis 2023, celles par armes à feu augmentent : <a href="https://www.bfmtv.com/police-justice/c-est-tout-a-fait-inedit-1-000-gendarmes-ont-ete-cibles-et-agresses-par-des-armes-en-2024_AD-202501301034.html" class="spip_out" rel="external">63 gendarmes ont ainsi fait l’objet de tirs en 2024</a>, selon le directeur de la gendarmerie nationale, Hubert Bonneau. Douze militaires sont décédés en service sur l’année 2024 : six d’un malaise, quatre accidentellement et deux en mission, dont l’un près de Cannes suite à un refus d’obtempérer. Un chiffre à mettre en relief, comme pour les policiers, <a href="https://www.mfp.fr/presse/la-gendarmerie-face-au-tabou-du-suicide/" class="spip_out" rel="external">avec les 26 gendarmes qui se sont donné la mort en 2024</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Les-forces-de-l-ordre-seraient-menacees-par-lt-lt-des-individus-ou-des-nbsp">Les forces de l’ordre seraient menacées par « des individus ou des groupes armés lourdement »</h2><p>Ces agressions <em>« de plus en plus fréquentes et graves »</em> constitueraient, selon les initiateurs de la loi, de <em>« nouvelles menaces, portées par des individus ou des groupes armés lourdement »</em> et <em>« un véritable défi pour la sécurité publique »</em>. Là encore, cela nécessiterait que les forces de l’ordre puissent mieux riposter. Problème : ce n’est, en général, pas contre des personnes « armées lourdement » que policiers et gendarmes ouvrent le feu.</p><p>Sur les 182 personnes tuées par balles par les forces de l’ordre depuis janvier 2017, au moins 56 – soit 30 % – ne possédaient aucune arme. Parmi les personnes armées (d’armes blanches ou d’armes à feu, et parfois d’armes factices), une trentaine s’en est servie ou a tenté de s’en servir contre les forces de l’ordre qui ont riposté. Seulement 16 % des personnes tuées par balles par les policiers ou gendarmes le sont donc en situation de riposte, où la légitime défense peut être invoquée.</p><p>Dans ces cas-là, la justice n’a pas attendu l’instauration d’une présomption pour retenir la légitime défense en faveur des fonctionnaires (<a href="https://basta.media/legitime-defense-dans-quelles-situations-policiers-et-gendarmes-ont-ils-abattu">voir notre article</a>). Une majorité des personnes armées exhibaient une arme blanche (couteau, machette ou ciseaux) avant d’être tuées. Si plusieurs de ces personnes étaient menaçantes, les récits et témoignages, y compris des agents eux-mêmes, décrivent souvent des personnes en grande détresse psychique ou sociale, pas des narcotrafiquants ou des membres du grand banditisme « armés lourdement ».</p><h2 class="spip" id="Une-lt-lt-insecurite-juridique-empecherait-les-agents-d-etre-en-nbsp">Une « insécurité juridique » empêcherait les agents d’être en « capacité d’agir face aux dangers »</h2><p>Dernier argument de la proposition de loi : <em>« la judiciarisation »</em> des actions des policiers et gendarmes, <em>« parfois perçue comme une remise en question systématique de leur engagement sur le terrain »</em>, poursuit le texte. <em>« Cette situation peut engendrer une insécurité juridique dissuasive et peser sur leur capacité d’agir face aux dangers. »</em> En clair, policiers et gendarmes hésiteraient à faire usage de leur arme en cas de menace grave et réelle, par crainte d’une mise en examen et d’un procès ensuite.</p><p>Contrairement à ce que présupposent les initiateurs de cette proposition de loi, les condamnations de policiers ou gendarmes demeurent l’exception.</p><p>Selon <a href="https://basta.media/Violences-policieres-suivi-judiciaire-non-lieu-sans-suite-prison-impunite-IGPN">les données dont nous disposons</a>, 90 affaires de tirs mortels ont, depuis janvier 2000, donné lieu à une décision judiciaire : dans trois quarts des cas, celles-ci consistent en un classement sans suite ou un non-lieu. Autant d’instructions qui se clôturent donc souvent sans dissiper les zones d’ombres et lever les doutes des proches sur la légitimité du recours à la force.</p><p>En 26 ans, quinze procédures ont conduit un policier ou un gendarme devant un tribunal. Ces quinze procès se sont conclus par quatre acquittements d’une part, onze condamnations à de la prison d’autre part, dont huit avec sursis et trois de prison ferme. Ce sont donc un peu plus de 10 % de l’ensemble de ces affaires de tirs mortels qui, lorsqu’elles sont judiciarisées, débouchent sur une condamnation. À notre connaissance, aucun policier n’a été condamné pour avoir riposté à un tir, qu’il soit venu d’un braqueur ou d’un assaillant terroriste.</p><p>Dans les trois affaires ayant donné lieu à de la prison ferme, l’argument de la légitime défense utilisé par les agents impliqués a été clairement battu en brèche. D’abord dans le meurtre de Yannick Locatelli, en 2018 en Guadeloupe, sur lequel deux gendarmes tirent sept balles. Selon leur première version, ils s’apprêtaient à contrôler un véhicule arrêté à une station-service qui, en démarrant, aurait menacé de foncer sur eux. Sauf que la vidéo est venue infirmer cette version, montrant que la voiture reculait et s’éloignait donc des gendarmes.</p><p>L’autre affaire intervient à Nantes la même année, et implique un CRS qui a tiré sur Aboubacar Fofana au volant d’un véhicule. Invoquant initialement la légitime défense, le CRS évoque ensuite un tir accidentel, alors que ses collègues décrivent un tir volontaire. Condamné à sept ans de prison en première instance, le CRS <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/le-crs-qui-avait-mortellement-touche-aboubacar-fofana-a-nantes-sort-de-prison-avant-son-proces-en-appel-3324794.html" class="spip_out" rel="external">a été remis en liberté en mars</a> dans l’attente de son procès en appel</p><p>Enfin, dernière condamnation en date : l’auteur du meurtre d’Olivio Gomes à Poissy (Yvelines). Il s’agit d’un agent de la BAC qui a ouvert le feu sur le jeune homme, au volant d’un véhicule qui avait été pris en filature. La voiture était en stationnement. Le rapport balistique confirme que l’agent, moniteur de tir pendant son temps libre, n’était pas en danger au moment où il a tiré car il se tenait côté conducteur. L’ex-policier <a href="https://www.leparisien.fr/yvelines-78/poissy-le-policier-condamne-pour-la-mort-dolivio-gomes-sort-de-prison-apres-deux-mois-dincarceration-21-05-2026-RJRN4PTWE5G2BO66QQY2QL2NXA.php" class="spip_out" rel="external">a été remis en liberté le 19 mai</a>, dans l’attente de son procès en appel. Avant eux, il fallait remonter <a href="https://www.liberation.fr/societe/1998/01/17/la-police-revoque-le-meurtrier-de-fabrice-fernandez-le-policier-avait-ete-sanctionne-a-deux-reprises_225273/" class="spip_out" rel="external">au meurtre de Fabrice Fernandez en 1997</a>, tué par balles alors qu’il était détenu dans un commissariat de Lyon, pour qu’un policier soit placé derrière les barreaux.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vers-une-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre">Vers une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre ?</a></aside><p>Paradoxalement, ces trois condamnations ont eu lieu après le passage de la loi en 2017 (dite loi Cazeneuve), censée mettre fin à la supposé <em>« insécurité juridique »</em> des forces de l’ordre lorsqu’elles utilisent leur arme à feu. Dans les 35 affaires de tirs mortels lors d’un refus d’obtempérer que nous avons recensées depuis 10 ans, au moins treize agents ont été mis en examen, dont six pour « homicide volontaire », une accusation qui restait rare avant ce changement législatif. La légitime défense, qui requiert la simultanéité du danger et la proportionnalité de la riposte, demeure le cadre de référence pour plusieurs magistrats, <a href="https://www.flagrant-deni.fr/tirs-policiers-le-droit-a-du-mal-a-passer-dans-la-pratique/" class="spip_out" rel="external">comme l’a décrypté l’ONG Flagrant déni</a>. Autoriser davantage encore les forces de l’ordre à ouvrir le feu dans des circonstances qui ne le nécessitent pas, comme le préconise cette proposition de loi, n’est donc pas rendre service aux forces de l’ordre. Encore moins à l’État de droit.</p><p><em>« Une des obligations positives constitutionnelles de l’État est de prévenir des faits de violence institutionnelle par un dispositif adéquat »</em>, a rappelé la magistrate Céline Roux (et adjointe à la défenseuse des droits) lors d’un colloque sur le sujet, organisé par Amnesty International en avril à l’Assemblée. Élus, ONG, syndicats, avocats, magistrats, victimes de violences policières et même plusieurs policiers se dressent contre cette présomption de légitime défense, dénoncée comme un « permis de tuer », qui, en outre, ne respecte pas le droit international. Une <a href="https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334" class="spip_out" rel="external">pétition citoyenne appelant les députés à rejeter la proposition de loi</a> cumule près de 300 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Le 26 juin, la défenseure des droits Claire Hédon a émis un avis défavorable sur la mesure.<br class="autobr" />
Dans une <a href="https://www.cncdh.fr/actualite/lettre-du-president-de-la-cncdh-relative-la-proposition-de-loi-visant-reconnaitre-une" class="spip_out" rel="external">lettre adressée aux députés</a>, le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) signale, quant à lui, que cette proposition de loi <em>« remet sérieusement en cause l’État de droit »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Presomption-de-legitime-defense-ou-permis-de-tuer-les-arguments-tres-contestables-des-initiateurs-de-la-loi</link>
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      <pubDate>Tue, 07 Jul 2026 10:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Ça peut changer la vie » : l'encadrement des loyers redonne de l'argent et du pouvoir aux locataires]]></title>
      <description><![CDATA[<p>3000 euros. C’est la somme qui a été rendue à Romain, habitant en collocation en Seine-Saint-Denis, par son propriétaire. Pourquoi ? Son loyer dépassait le plafond prévu par la mesure d’encadrement des loyers en place dans sa commune.</p><p>L’encadrement de loyers est aujourd’hui <a href="https://www.service-public.gouv.fr/simulateur/calcul/encadrementDesLoyers" class="spip_out" rel="external">expérimenté par quelque 70 communes</a> de France, dans lesquelles le marché locatif est tendu. La mesure existe ainsi à Paris et dans la plupart des communes de la petite couronne autour de la capitale, mais aussi à Lille, Lyon, Villeurbanne, Bordeaux, dans la métropole de Grenoble, à Montpellier, à Annemasse ou encore au Pays basque.</p><p>Le principe : des observatoires <a href="https://www.observatoires-des-loyers.org/" class="spip_out" rel="external">fixent des loyers de référence</a>, en fonction du niveau médian des loyers déjà pratiqués, et selon la surface, le nombre de pièces et l’année de construction du logement. Le loyer de référence peut être majoré de 20 % et un complément de loyer peut-être demandé si le logement présente des caractéristiques particulières, comme une grande terrasse, une importante hauteur de plafond, des équipements luxueux. Le complément de loyer peut être contesté. Et seuls les contrats signés depuis la mise en place de l’encadrement sont concernés.</p><h2 class="spip" id="Loyer-reduit-de-200-euros-par-mois">Loyer réduit de 200 euros par mois</h2><p>Romain s’est rendu compte que son loyer ne respectait pas ces règles quand son agence lui a fait part d’une augmentation. <em>« Lors d’une annonce d’augmentation de notre loyer de 10 % en 2023, j’ai signalé à l’agence que cela dépassait le taux légal autorisé. L’agence nous a envoyés balader</em>, se souvient Romain. <em>J’ai donc regardé les règles plus en détail, dont celles sur l’encadrement des loyers dans le 93</em> [Seine-Saint-Denis]<em>. Et j’ai notamment vu que le loyer ne peut pas augmenter entre deux locataires, sauf si des travaux d’amélioration ont été réalisés entre les deux baux. »</em></p><p>Or, son loyer à l’entrée dans l’appartement était de 20 % supérieur à celui du bail précédent, sans qu’aucun travaux n’aient été effectués. Roman envoie alors un mail à l’Agence départementale pour l’information sur le logement (Adil), une association présente partout sur le territoire. <em>« Ils m’ont répondu en dix minutes et m’ont indiqué les modèles de formulaires. J’ai envoyé le formulaire par courrier avec accusé de réception. L’agence avait un mois pour répondre. À quelques jours du délai légal, ils nous ont envoyé un mail disant : “Il y a dû y avoir une erreur.” »</em></p><p>Le loyer de Romain est alors réduit de 200 euros par mois, et lui et ses colocataires récupèrent un trop-perçu de plusieurs milliers d’euros. <em>« L’encadrement des loyers n’est probablement pas assez utilisé, mais il est utile ! Malheureusement, les agences et les propriétaires ne risquent pas grand-chose à tenter de ne pas le respecter »</em>, conclut Romain.</p><h2 class="spip" id="Rembourse-en-quatre-mois">Remboursé en quatre mois</h2><p>La démarche pour faire respecter l’encadrement est simple. Les communes qui ont mis en place la mesure fournissent, en général, les informations nécessaires pour calculer le loyer autorisé et contester en cas de dépassement. <em>« C’est une procédure extrêmement efficace</em>, résume Antoine Launois, chargé de mission « habitat » à la Brigade associative interlocataires, une association créée en 2023. <em>Une fois le signalement réalisé, quand les loyers dépassent le plafond, le remboursement du trop-perçu se fait la plupart du temps dans un délai de quatre mois. Et il y a remboursement dans 95 % des cas. »</em></p><p>Son association est active sur les zones de Lyon et Paris. <em>« On a eu 800 sollicitations depuis 2023, dont 500 sur Lyon-Villeurbanne</em>, signale Antoine. <em>Sur ce territoire, on est, en tout, à 450 000 euros de trop-perçu de loyers remboursés aux locataires qu’on a accompagnés. On fait le signalement à la métropole, qui instruit les dossiers</em>, explique le salarié de l’association. <em>Elle vérifie qu’il y a bien un dépassement de loyer. Si c’est le cas, elle transmet le dossier à la préfecture. C’est la préfecture qui met ensuite le propriétaire en demeure de se mettre en conformité dans un délai de deux mois. S’il ne le fait pas, la préfecture envoie un deuxième courrier, puis fixe une amende, jusqu’à 5000 euros si c’est une personne physique, 15 000 euros pour une personne morale »</em>, comme une société immobilière. <em>« De notre côté, on essaie toujours que le locataire parle d’abord avec son propriétaire, pour conserver un lien locatif par la suite »</em>, ajoute Antoine.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>C’est ce que Raphaël a tenté de faire. Il est locataire d’un appartement dans le 9<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Lyon. <em>« Je paye le loyer directement à la propriétaire. J’ai fait la simulation <a href="https://www.grandlyon.com/mes-services-au-quotidien/se-loger-ameliorer-ou-louer-son-logement/sinformer-sur-lencadrement-des-loyers" class="spip_out" rel="external">sur le site de la métropole de Lyon</a> et j’ai vu que mon loyer était au-dessus du plafond. J’en ai parlé à la propriétaire, mais elle était dans le déni. Elle disait que l’encadrement des loyers n’existait plus à Lyon »</em>, retrace-t-il.</p><p>Sa propriétaire avait tort. Et Raphaël a saisi la métropole. <em>« La métropole a dit que j’avais raison. Ils ont envoyé une mise en demeure à la propriétaire. »</em> Rapidement, le loyer de Raphaël est réduit de 50 euros par mois. Il a aussi récupéré quelques centaines d’euros de trop-perçu. <em>« Comme la propriétaire était complètement fermée, saisir la métropole était la seule solution. Maintenant, elle a essayé plusieurs fois de me demander de partir, elle me dit que je peux chercher ailleurs. »</em></p><h2 class="spip" id="Baisse-de-5-des-loyers-a-Paris">Baisse de 5 % des loyers à Paris</h2><p><em>« Ça arrive que la situation s’envenime parce que le locataire a contesté</em>, témoigne Antoine Launois. <em>Mais la plupart du temps, c’est qu’il y a déjà des problèmes avant, de l’humidité, des moisissures dans l’appartement, contre lesquels le propriétaire ne fait rien. Et c’est comme ça que le locataire se met à se dire qu’il paye trop cher et cherche à faire valoir ses droits, notamment sur le montant du loyer. »</em> À Lyon, la Brigade interlocataires a notamment eu affaire à des multipropriétaires <em>« qui ne respectent pas l’encadrement des loyers de manière massive et presque industrielle »</em>, relève Antoine. L’un d’eux <a href="https://www.leprogres.fr/societe/2024/10/01/nous-avons-permis-a-25-menages-de-recuperer-60-000-ils-aident-les-locataires-a-faire-respecter-l-encadrement-des-loyers" class="spip_out" rel="external">a fait face à 18 recours</a> et <em>« dû rembourser 40 000 euros de trop-perçu, plus 18 000 euros en latence. Il y a aussi eu deux arrêtés d’insalubrité sur des logements qui lui appartiennent »</em>, détaille Antoine Launois.</p><p>À Paris aussi, l’encadrement peine à être respecté. Sur l’année 2024-2025, 48 % des annonces de locations proposaient des loyers au-dessus des plafonds, selon <a href="https://www.apur.org/fr/logement-hebergement/parc-prive/impact-encadrement-loyers-paris-2025" class="spip_out" rel="external">une étude de l’Atelier parisien d’urbanisme</a> (Apur). Mais, depuis sa mise en place dans la capitale, l’encadrement a aussi permis une baisse moyenne de 5 % des loyers, signale la même étude. L’économie moyenne des locataires parisiens grâce à l’encadrement est de 85 euros par mois.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/que-tout-le-monde-herite-bien-commun-nouveau-modele-de-cooperative-logement">Un nouveau modèle de coopérative de logement pour acheter sans spéculer et « hériter d’un bien commun »</a></aside><p>L’impact est donc réel, même si la mesure ne peut régler à elle seule la crise du logement abordable. Encadrer les loyers ne crée pas d’appartements. C’est l’une des critiques souvent adressées au dispositif. L’Union nationale des propriétaires immobiliers (Unpi), le « lobby des propriétaires », <a href="https://www.unpi.org/fr/1/21/1184/ENCADREMENT-DES-LOYERS-l-UNPI-denonce-des-prises-de-position-ideologiques-deconnectees-de-la-realite-du-marche-locatif-et-contraires-a-l-interet-des-locataires.html" class="spip_out" rel="external">accuse, par exemple, l’encadrement des loyers</a> de décourager l’investissement locatif et d’aggraver la pénurie de logements, qui est <em>« la vraie cause de l’augmentation des loyers »</em>, selon eux.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Empecher-les-abus">« Empêcher les abus »</h2><p><em>« Il y a une attrition de l’offre de logement, c’est sûr</em>, répond aussi Antoine Launois, de la Brigade interlocataires. <em>On ne peut pas dire que l’encadrement des loyers n’a rien à voir avec, mais on ne peut pas dire non plus que la pénurie de logements est due à l’encadrement des loyers. Le lien n’est pas établi. Il y a beaucoup d’autres facteurs en jeu dans la crise du logement des dernières années, comme les locations de type Airbnb »</em>, <a href="https://basta.media/crise-du-logement-Bretagne-Pays-basque-Alpes-les-loyers-explosent-dans-les-regions-touristiques-droit-au-logement-speculation" class="spip_in">qui se multiplient</a> à travers la France.</p><p>Autre critique contre l’encadrement : les loyers de référence ne prendraient pas en compte les spécificités des logements. Une propriétaire lyonnaise a ainsi répondu à notre appel à témoignages de locataires, se plaignant d’avoir dû baisser le loyer de son appartement sous les toits, qui dispose d’une surface légale de 38m2, mais qui est plus grand si l’on compte l’espace en sous-pente, et qui a une terrasse. La propriétaire explique qu’elle a finalement <em>« préféré vendre »</em> son appartement que le louer 550 euros par mois, le plafond prévu par l’encadrement.</p><p><em>« Souvent, les propriétaires voient l’aspect positif de leurs biens. C’est normal. Mais habiter sous comble, ça peut aussi être “un moins”, parce c’est invivable quand il fait chaud »</em>, réagit Antoine Launois. Lui voit beaucoup de propriétaires qui demandent des compléments de loyers abusifs. Par exemple, <em>« 15 euros par mois de complément pour une cafetière »</em>. Et, ajoute-t-il, les loyers de référence sont établis <em>« en fonction du marché. Aujourd’hui, c’est un encadrement qui s’applique une fois que le marché est déjà extrêmement tendu et que les loyers sont déjà très élevés. La mesure ne permet que d’empêcher les abus. »</em></p><h2 class="spip" id="Reprendre-lt-lt-un-peu-de-pouvoir">Reprendre « un peu de pouvoir »</h2><p>Pourtant, il est possible que le gouvernement y mette fin après novembre. Car l’encadrement des loyers n’est pour l’instant appliqué qu’à titre expérimental. La mission d’évaluation de ce dispositif <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/05/22/encadrement-des-loyers-la-mission-d-evaluation-evoque-des-effets-ambivalents-et-la-poursuite-du-dispositif-pourrait-etre-menacee_6692346_3224.html" class="spip_out" rel="external">a rendu ses conclusions en mai</a> et semble préconiser de l’abandonner. Au même moment, les maires d’une cinquantaine de villes appelaient au contraire <a href="https://www.fondationpourlelogement.fr/signataires-tribune-encadrement-des-loyers/" class="spip_out" rel="external">à pérenniser l’encadrement</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/que-tout-le-monde-herite-bien-commun-nouveau-modele-de-cooperative-logement">Un nouveau modèle de coopérative de logement pour acheter sans spéculer et « hériter d’un bien commun »</a></aside><p>Pour Laura Dromzée, du syndicat de locataires lyonnais Locataires ensemble, davantage d’habitants devraient pouvoir se saisir de l’encadrement. <em>« On fait énormément de porte-à-porte pour rencontrer les locataires dans des immeubles qu’on a identifiés comme étant potentiellement des passoires thermiques. Lors de nos échanges, on pose la question : “Avez-vous vérifié que votre loyer respecte l’encadrement ?” Beaucoup ne sont pas au courant ou disent : “J’ai déjà tellement galéré à trouver un logement…” On voit des locataires dans des conditions de logement terribles parce que c’est devenu quasi impossible de trouver un appartement. Mais clairement, on voit aussi que l’encadrement des loyers, ça peut changer la vie d’un locataire. Et donc, on se bat pour que les droits des locataires soient respectés et qu’ils reprennent un peu de pouvoir sur leur habitation. »</em> Ou, <em>a minima</em>, récupèrent un peu d’argent.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 06 Jul 2026 11:27:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Que ferait la police si l'extrême droite accédait au pouvoir en 2027 ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Mis à part le régime de Vichy (1940-1944), la France n’a jamais été gouvernée par l’extrême droite depuis la Libération. Celle-ci est désormais en mesure d’accéder au pouvoir en 2027, le Rassemblement national (RN, ex-FN) étant donné en tête au premier tour, avec plus de 30 % des intentions de vote, que son candidat s’appelle Marine Le Pen ou Jordan Bardella. Que se passerait-il du côté des forces de l’ordre si des politiques anti-migrants, voire de « remigration », s’intensifiaient, si la répression de toute contestation sociale se durcissait et si les violences policières illégales étaient encore davantage tolérées ? Quelques éléments de réponses avec l’historien Emmanuel Blanchard.</p><h3 class="spip" id="Que-nous-enseigne-l-histoire-de-la-police-pendant-le-regime-de-Vichy-nbsp">Que nous enseigne l’histoire de la police pendant le régime de Vichy ? L’institution policière a-t-elle adhéré sans sourciller au projet pétainiste, en particulier sa politique antisémite et de collaboration avec l’occupant ?</h3><p><strong>Emmanuel Blanchard</strong> : Il est difficile de prendre le cas de l’État français de Vichy comme point de comparaison. L’extrême droite arrive alors au pouvoir dans une situation de défaite militaire, d’occupation militaire par le régime nazi allemand, et d’effondrement du régime parlementaire et de la République.</p><div class="spip_document_23146 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="277" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/emmanuel_blanchard_portrait.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2064154956 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png@.webp 960w, local/adapt-img/640/20x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png@.webp 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png 960w, local/adapt-img/640/20x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png@.webp 720w, local/adapt-img/640/15x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png 720w, local/adapt-img/640/15x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png@.webp 480w, local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png@.webp?1782825329 640w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png" width="640" height="640" alt="" aria-describedby="by23146-d9a753de3d35c7ce44517ad99e05a865" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png 480w, local/adapt-img/640/10x/local/cache-gd2/6d/5c7cac4576a875d146e573892a4324.png 640w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23146-d9a753de3d35c7ce44517ad99e05a865">Emmanuel Blanchard est historien et politiste, directeur de Sciences Po Saint-Germain-en-Laye, maître de conférences à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et chercheur au Centre de recherches sociologiques sur le droit et les institutions pénales (<a href="https://www.cesdip.fr/" class="spip_out" rel="external">CESDIP</a>)
DR
</figcaption></figure></div><p>Cela n’empêche cependant pas de réfléchir à ce qu’un tel changement de régime a produit sur la police. Il s’agit aussi de penser les continuités qui existent entre la fin de la Troisième République et le début de l’État français de Vichy. Par exemple, avant même l’instauration du régime de Vichy, les décrets-lois Daladier <em>[du nom d’Édouard Daladier, président du Conseil jusqu’en mars 1940, ndlr]</em> vont définir ce qu’est un <em>« étranger indésirable »</em>, introduire des procédures et dispositifs d’internement administratif, et réprimer l’opposition politique avec, notamment, la dissolution du Parti communiste français et de <em>« toutes les associations, organisations et groupements qui en dépendent »</em> (septembre 1939).</p><p>Ce durcissement juridique s’accompagne d’un durcissement des pratiques policières. L’instauration du régime de Vichy ne donne donc pas l’impression, pour les policiers, qu’un changement radical de leurs pratiques est attendu : ils avaient ordre d’arrêter les <em>« étrangers indésirables »</em>, avant comme après l’instauration du statut des juifs par Pétain <em>[statut qui exclut progressivement les juifs de la citoyenneté et de la communauté nationale, ndlr]</em> qui n’a pas soulevé beaucoup d’émoi dans la profession peu touchée, sauf dans les départements d’Algérie, par la radiation d’environ 3000 fonctionnaires <em>« israélites »</em>.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Dans la culture policière, le devoir d'obéissance aux lois et au régime est un carcan qui réduit l'horizon des possibles »</p>
</aside><p>La continuité des pratiques, notamment à l’encontre des étrangers ou supposés tels, est un point important de comparaison dans le cas où l’extrême droite arriverait au pouvoir en 2027 : depuis plusieurs années, on observe à la fois un affaiblissement de l’État de droit, un durcissement des lois sur les étrangers, des textes de plus en plus plus sécuritaires et répressifs, sans oublier le durcissement du maintien de l’ordre. Nous avons donc là un terrain favorable à l’extrême droite pour installer un état d’exception comme régime juridique routinier, avec une délégitimation progressive de l’État de droit.</p><h3 class="spip" id="Pour-en-revenir-a-la-periode-de-Vichy-et-de-la-collaboration-des-points-de-nbsp">Pour en revenir à la période de Vichy et de la collaboration, des points de ruptures ont-ils été identifiés ? Telle politique ou telle rafle antisémites qui auraient fait basculer progressivement une partie des policiers dans la résistance ?</h3><p>Il y a eu des groupes de résistants dans la police, et des policiers qui, individuellement, ont résisté de mille et une façons. Cela est cependant resté le fait d’une petite minorité, l’institution policière, en tant que telle, n’a pas résisté.</p><p>Dans la culture policière, le devoir d’obéissance aux lois et au régime est un carcan qui réduit l’horizon des possibles. L’instauration du statut des juifs n’a, par exemple, pas constitué une rupture forte pour l’immense majorité des policiers. En revanche, un certain nombre a refusé sa mise en application, notamment quand cela concernait des enfants ou menait à des arrestations à domicile. Ces oppositions se sont construites le plus souvent dans la clandestinité, de manière individuelle et marginale. Des policiers résistants l’ont payé au prix de la déportation, voire de la mort. Du côté de l’institution, il y a au contraire une allégeance globale au régime de Vichy, et aux autorités allemandes en zone d’occupation.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Si la question posée aujourd’hui est « Que va-t-il se passer en cas d’arrivée au pouvoir de Marine Le Pen, de Jordan Bardella, ou d’Éric Ciotti ? », la réponse serait qu’on ne peut pas attendre un choc moral au sein de la police : d’une certaine façon, le terrain a été largement préparé par des ministres de l’Intérieur tels Gérald Darmanin ou Bruno Retailleau, au travers, notamment, des critiques de l’institution judiciaire ou de l’État de droit, ainsi que par l’hégémonie de perspectives exclusivement sécuritaires. La nomination potentielle de ministres, ou l’élection d’un ou d’un président de la République d’extrême droite risque d’être pensée, du point de vue policier, comme une continuité davantage que comme une rupture.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« En cas d'arrivée au pouvoir de l'extrême droite, on ne peut pas attendre un choc moral au sein de la police »</p>
</aside><p>Comme cette arrivée au pouvoir de l’extrême droite adviendrait, vraisemblablement, dans un cadre électoral, il apparaîtrait d’autant plus logique aux cadres policiers de reconnaître la légitimité du pouvoir et des institutions. De plus, selon toutes probabilités, les politiques d’extrême droite iront dans le sens des revendications policières et remettront en cause ce qu’une partie des policiers considère comme des contraintes illégitimes et « droits-de-l’hommistes » <em>[terme péjoratif visant à disqualifier le respect des droits fondamentaux, ndlr]</em>, comme les jurisprudences de la Cour européenne des droits de l’homme, de plus en plus décriées par les plus hautes autorités étatiques, et ce, dans de nombreux pays européens.</p><p>Ces revendications policières ont d’ailleurs déjà conduit à un certain nombre de réformes, notamment la loi du 28 février 2017 qui élargit les conditions dans lesquelles les forces de l’ordre peuvent ouvrir le feu <em>[l’article L-435-1, mis en place par Bernard Cazeneuve (PS), alors ministre de l’Intérieur, ndlr]</em>. En cas de gouvernement dirigé par l’extrême droite, on peut ainsi s’attendre à un nouvel élargissement de ce qui est appelé la « présomption de légitime défense policière », <a href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream" class="spip_in">une revendication portée par une partie des syndicats policiers</a>, dont certains ont des affinités avec le Rassemblement national (RN). Il ne faut donc pas attendre de l’institution policière qu’elle soit un frein au programme porté par ce parti.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Racisme-Les-policiers-recevaient-instruction-de-proceder-a-des-evictions-d-indesirables-Magda-Boutros">« Les policiers recevaient l’instruction de procéder à des "évictions d’indésirables" »</a></aside><p>À chaque fois que le pouvoir politique dit aux policiers « on vous couvre », par exemple, pendant les années Pasqua <em>[Charles Pasqua, deux fois ministres de l’Intérieur entre 1986 et 1995, ndlr]</em>, on observe une augmentation des pratiques policières illégales et des violences potentiellement homicides. Face à celles-ci, les textes juridiques peuvent être accommodants dans leurs interprétations et les poursuites devant les tribunaux aboutissent rarement. En revanche, les pratiques policières illégales peuvent être délégitimées quand elles sont dénoncées par le pouvoir politique lui-même. Mais dans ce domaine aussi, le terrain a été préparé depuis des années avec des ministres, voire un président, refusant que l’expression « violences policières » puisse même être employée.</p><p>L’histoire de France est relativement singulière de ce point de vue en Europe : elle a connu une guerre de décolonisation sur son territoire, la guerre d’indépendance algérienne.</p><p>Rappelons qu’à la Libération, la police est l’institution qui a connu le taux d’épuration le plus important, même si cette épuration n’a pas été menée à son terme. La police se reconstruit alors sur des bases républicaines. Le syndicalisme y devient incontournable : le SGP, Syndicat général de la police, minoritaire avant-guerre, devient majoritaire dans toute la région parisienne. Et le SGP est plutôt proche de la gauche, des socialistes en particulier.</p><p>On a donc une police en reconstruction qui se pense comme un service public, même si, à l’intérieur de celle-ci, des hommes, voire des unités, qui ont collaboré et ont échappé à l’épuration, vont retrouver une place importante dans le contexte de la guerre froide, à l’image du préfet de police de Paris Maurice Papon.</p><p>Dans ces tensions à l’intérieur de la police, la guerre d’Algérie va jouer un rôle important. Face à ce qui est qualifié d’actions terroristes, l’armement des policiers va être augmenté, des lois sécuritaires vont être durcies, afin, notamment, d’organiser l’internement administratif des personnes suspectées d’être en lien avec les mouvements indépendantistes algériens.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Résultat de ce legs colonial et du contentieux de la guerre d’Algérie, le contrôle d'identité fait ainsi aujourd’hui partie du répertoire quotidien des policiers français »</p>
</aside><p>Quand la paix revient, les policiers, y compris les plus républicains, ont ainsi pris des habitudes dont ils ne vont pas se départir : on peut notamment citer le contrôle au faciès des personnes liées à l’immigration coloniale, en particulier les Algériens ou supposés tels, qui sont alors la communauté immigrée la plus nombreuse sur le sol français. Ces contrôles vont se multiplier avec la crise économique liée au choc pétrolier, avec la volonté politique d’expulser les jeunes étrangers sans emploi, en particulier ceux de nationalité algérienne, marocaine ou tunisienne, considérés comme oisifs, donc indésirables.</p><p>Mais comment faire pour savoir si un jeune est Algérien ou Français ? La question n’est pas simple : un jeune âgé d’environ 18 ans à la fin des années 1970 a pu naître avant l’indépendance algérienne (juillet 1962), ou juste après, de parents algériens immigrés en France. Dans le premier cas, il est généralement devenu algérien en même temps que ses parents (l’immense majorité des immigrés algériens a opté pour la nationalité algérienne entre 1962 et 1967, date après laquelle il n’a plus été possible d’opter pour la nationalité française) ; dans le second cas, il est Français de naissance par le « double droit du sol » (ses parents sont nés sur le sol français – dans les départements d’Algérie – et lui aussi) : il n’est donc pas expulsable. Pour le savoir, il faut donc contrôler systématiquement les identités. Dans les quartiers populaires, ces contrôles massifs vont susciter des mobilisations très importantes contre ce qui est dénoncé comme une occupation policière, un prélude aux mobilisations pour l’égalité des droits et contre les violences policières qui connaissent leur acmé avec la Marche dite « des beurs » de 1983.</p><p>Résultat de ce legs colonial et du contentieux de la guerre d’Algérie, le contrôle d’identité fait ainsi aujourd’hui partie du répertoire quotidien des policiers français. Ces contrôles d’identité ne sont évidemment pas exempts de profilage racial, qui continue de marquer durablement la police française jusqu’à aujourd’hui. Quand la Préfecture de police, par exemple, accueille des policiers européens – belges, allemands, espagnols ou britanniques –, ceux-ci en sont stupéfaits.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream">Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d’extrême droite est devenue mainstream</a></aside><h3 class="spip" id="En-plus-de-ce-lt-lt-legs-colonial-le-concept-de-lt-lt-remigration-nbsp">En plus de ce « legs colonial », le concept de « remigration » porté par l’extrême droite cible les personnes en attente d’un titre de séjour mais aussi celles qui ont la double nationalité, celles récemment naturalisées, etc. Des scènes comme celles qui se sont déroulées aux États-Unis avec les rafles menées par ICE, la police de l’immigration, dans la rue, près des écoles, dans les centres commerciaux, sont-elles envisageables en France ? Et dans ce cas, peut-on attendre des policiers une forme de désobéissance ?</h3><p>L’organisation policière n’est pas la même en France et aux États-Unis. La police de l’air et des frontières (PAF) n’est pas comparable à ICE. Aujourd’hui, les contrôles d’identité dans la rue sont effectués par des gardiens de la paix, par des unités ordinaires. Le RN aura-t-il la volonté de créer une police de type ICE – qui existait avant l’élection de Donald Trump ? Cela ne pourra en tout cas pas se faire en un jour.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Il y aura des risques plus importants de contrôle au faciès, voire de maltraitances et d’éloignements arbitraires »</p>
</aside><p>La capacité à interpeller plus et à expulser plus de personnes étrangères ne dépend pas simplement de la volonté politique. Elle dépend de la capacité à organiser ces expulsions et de leurs coûts : procéder aux arrestations, aux interrogatoires dans un commissariat de police, interner ces personnes le temps qu’elles soient expulsées, leur trouver des places sur un bateau ou dans un avion, tout cela prend du temps et demande des moyens. Cela signifie qu’un certain nombre d’autres tâches et missions de police ne pourront pas être assumées. Il y aura des risques plus importants de contrôle au faciès, voire de maltraitances et d’éloignements arbitraires. Mais l’extrême droite se heurtera à la question des moyens. Pendant la guerre d’indépendance algérienne, l’objectif d’expulser tous les Algériens dits <em>« indésirables »</em> s’est heurté tant aux besoins en main-d’œuvre qu’aux limites financières et logistiques de l’État répressif.</p><p>Face à cela, des policiers et des policières peuvent, individuellement, dans le cadre de l’application quotidienne de leur pouvoir discrétionnaire, choisir de voir ou de ne pas voir pas ce qui sera supposé relever d’infractions ou transgressions à réprimer de toute urgence. Ils et elles peuvent fermer, ou non, les yeux. Cela dépendra de l’ambiance dans leurs collectifs de travail et du type de directives qui leur seront données.</p><h3 class="spip" id="Si-la-priorite-et-les-moyens-policiers-sont-davantage-orientes-vers-le-nbsp">Si la priorité et les moyens policiers sont davantage orientés vers le contrôle et la répression de l’immigration et des populations jugées « indésirables » par un gouvernement d’extrême droite, ces moyens feront défaut pour d’autres missions de police, comme la lutte contre la pédocriminalité, qui mobilise pourtant l’opinion aujourd’hui après la mort de Lyhanna ?</h3><p>C’est une excellente question. Les forces de police sont dans l’incapacité de contrôler et réprimer toutes les infractions au droit pénal <em>[qui comprennent les contraventions, les délits et les crimes, ndlr]</em>, que ce soit une infraction routière, un délit financier, jusqu’à un crime. La police agit évidemment dans l’espace public, la rue, mais surtout en fonction des priorités qui lui sont fixées par le politique, et en fonction de son pouvoir discrétionnaire. Pour ce qui est des crimes et délits qui lui sont rapportés par le biais de plaintes, tout dépend des moyens d’investigation dont disposent les forces de police. Or, la police judiciaire est actuellement dans une pénurie de moyens, de vocations et une forme de désorganisation institutionnelle accentuée par des réformes récentes.</p><p>Un gouvernement d’extrême droite pourrait placer la pédocriminalité en haut de ses objectifs affichés, mais entre la déclaration d’intention et la réalité, se posera la question de la hiérarchie des priorités d’enquête et des moyens d’investigation. En revanche, la probabilité qu’un gouvernement d’extrême droite mette des moyens policiers pour lutter contre la corruption ou la délinquance financière est relativement faible. Il est par contre probable que la priorité des priorités sera de combattre la délinquance de rue et le défaut de titre de séjour : dans ce cas, c’est là que le regard policier va se porter plutôt que sur les violences conjugales, les crimes sexuels ou la délinquance en col blanc.</p><p>C’est sur la délinquance de rue – les petits trafics, le deal, les incivilités commises par des jeunes – qu’il sera plus facile de communiquer, donc que les moyens policiers seront probablement concentrés. D’autant plus que ces infractions concernent éventuellement des populations qui sont déjà ciblées, socialement et racialement, par l’extrême droite. Celle-ci sera donc en situation d’autoentretenir son discours idéologique sur la délinquance des étrangers.</p><h3 class="spip" id="En-30-ans-le-comportement-electoral-de-la-corporation-policiere-a-bascule-nbsp">En 30 ans, le comportement électoral de la corporation policière a basculé. D’un syndicalisme majoritaire plutôt de centre gauche (avec la Fasp) dans les années 1980/1990, la police vote désormais majoritairement – à près de 60 %, voire plus selon les études – pour le RN lors des dernières élections. Comment l’expliquez-vous ?</h3><p>Selon moi, l’extrême droitisation électorale de la police, qui reste à établir précisément, provient avant tout du décrochage de la gauche vis-à-vis des classes populaires et des petites classes moyennes. Or, l’immense majorité du corps policier est constituée de fonctionnaires de catégorie B <em>[la catégorie intermédiaire de la fonction publique, ndlr]</em> et est issue de classes populaires ou moyennes. D’un côté, ces catégories veulent se différencier des populations plus précaires, de l’autre elles se vivent en opposition avec certaines classes sociales dites supérieures, notamment les cadres et professions intellectuelles qui correspondent davantage au positionnement actuel de la gauche. Ce basculement n’est donc pas spécifique à l’électorat policier, mais le fait d’être policier l’accentue.</p><p>Les préférences politiques au sein de la police naissent de cette double socialisation, au sein des classes populaires stables, tout en étant renforcées par la culture professionnelle policière : la défiance envers les politiques, envers la justice, envers l’État de droit, envers d’autres populations considérées comme indésirables. Les policiers voient en partie le monde en fonction des priorités que le pouvoir leur fixe. Si on leur dit : « Votre priorité est de cibler les points de deal ou les petits revendeurs de contrefaçons dans la rue », ils vont donc voir le monde par ce prisme qui sera le quotidien de leurs interventions.</p><p>Autre élément : il est arrivé au syndicalisme policier ce qui arrive à toute organisation qui, à un moment, devient hégémonique. La Fasp était à la fois très corporatiste, en quasi-cogestion avec les pouvoirs publics, tout en se devant de maintenir une forme d’opposition revendicative. Cet équilibre fragile a fini par s’épuiser. D’autant que plusieurs leaders syndicaux policiers de la Fasp ont rejoint le cabinet du ministère de l’Intérieur avec l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Ils ont donc incarné le pouvoir, certains ayant même trempé dans les affaires de corruption et de financements illégaux qui ont entaché le PS dans les années 1980-1990. Ce syndicalisme policier a explosé et cédé la place à un syndicalisme très fractionné et en perpétuelle recomposition, progressivement dominé par la droite extrême.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/que-ferait-la-police-si-l-extreme-droite-accedait-au-pouvoir-en-2027-Emmanuel-Blanchard</link>
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      <pubDate>Wed, 01 Jul 2026 16:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Vers une présomption de légitime défense pour les forces de l'ordre ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10580 c-content_text texte surlignable"><p>Le 7 juillet sera examinée à l’Assemblée national une loi visant à instaurer une « présomption de légitime défense » en faveur des forces de l’ordre qui font usage de leur arme. Pour ses partisans, cette loi a pour but de « protéger » les forces de l’ordre d’éventuelles procédures judiciaires. Mais, pour plusieurs organisations et familles de victimes, cette loi soulève la crainte d’une nouvelle hausse du nombre de tirs mortels de la police, pourtant déjà en nette augmentation.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=vers-une-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre?var_fav=article-10580" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 01 Jul 2026 11:05:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Des personnes sans-abri aux salariés de France Travail : la mobilisation du Samu social s'étend]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Vêtue d’une robe beige à fleurs, Alicia, 18 ans, s’évente à l’ombre d’un haut bâtiment vitré du 13<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Paris. Elle se tient aux côtés de Maya Morel, 23 ans, l’un·e contre l’autre assis·es sur un long sac à dos gris qui rassemble leurs affaires communes. Maya rapproche de temps à autre sa tête de celle d’Alicia, dans un geste de tendresse. Il y a trois jours, Alicia a fait un malaise, et vomi plusieurs fois dans la rue. Maya a appelé les pompiers. À l’autre bout du fil, le médecin urgentiste régulateur lui a tout de suite demandé : <em>« Qu’est-ce que vous faites à la rue ? »</em></p><p><em>« Quand je lui ai répondu que je ne comprenais pas cette question, que ça ne le regardait pas, il m’a lancé : “Ne me parle pas comme ça, je suis pas ton pote, maintenant tu m’écoutes et tu fermes ta gueule.” Il m’a demandé l’âge de ma copine, pour me dire : “Elle a 18 ans, donc, tu te démerdes”, et il a raccroché »</em>, témoigne Maya, encore choqué·e de l’interaction.</p><p>Maya est à la rue depuis ses 17 ans. <em>« J’ai traversé toute la France. En cinq ans, je n’ai jamais eu un hébergement. Impossible d’avoir une vie stable, un travail stable. Je ne pourrais pas vous dire combien d’heures j’ai passé à appeler le 115. C’est incommensurable »</em>, retrace d’une voix douce Maya, yeux noirs et piercing doré au nez. <em>« Quand on appelle le 115, on en a pour 4 heures d’attente. Puis, on rappelle plusieurs fois. Au bout de 10 heures comme ça, on a même pas de réponse. »</em></p><p>Pendant la canicule, Alicia et Maya ont tenté de se protéger avec des voiles sur la tête, en restant dans l’ombre de recoins en bord de Seine, où la température était un peu plus basse. Avec quelques passages à l’Académie du climat, non loin du fleuve, pour y trouver la fraîcheur <em>« de brumisateurs publics »</em>, précise Alicia, et des distributions de repas.</p><p>Aujourd’hui, iels sont venu·es soutenir la grève du Samu social. Le 10 juin, le Samu social de Paris a annoncé le retour à la rue des personnes qui avaient été prises en charge dans le cadre du plan grand froid, déclenché chaque hiver par les préfectures pour mettre à l’abri un plus grand nombre de personnes. <em>« Ça a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase »</em>, introduit Jordan, salarié du Samu social et syndiqué CGT. <em>« C’est inacceptable de remettre des familles à la rue à Paris alors que cela faisait des mois qu’elles étaient prises en charge, qu’elles avaient entrepris des démarches administratives en préfecture, de scolarisation de leurs enfants... »</em></p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="t1200-remises-a-la-rue-annoncees-a-la-veille-de-la-canicule">1200 remises à la rue annoncées à la veille de la canicule</h2><p>Environ 1200 personnes vont perdre leur place d’hébergement au prochain semestre. L’annonce a été faite lors d’un webinaire mené par la direction. En plus des problèmes éthiques que pose l’application de ces remises à la rue, le salarié du Samu social décrit une souffrance au travail de longue date : des consignes sans cesse changeantes, des salaires qui n’évoluent pas, tandis que les conditions de travail, elles, se dégradent. <em>« On a le sentiment, en permanence, que notre expertise de terrain n’est pas entendue »</em>, ajoute-t-il.</p><p>Le 23 juin, en réaction à cette annonce, et alors que la France est plongée dans la canicule, la CGT du Samu social déclenche une grève reconductible. Celle-ci se poursuit depuis une semaine, avec une manifestation en cours devant plusieurs lieux clés de la capitale ce mercredi après-midi.</p><p>Les écoutant·es du 115 ne sont pas seul·es : d’autres services les ont rejoint·es. <em>« On voit dans les équipes d’à côté que ça ne va pas : que ce soit au 115, dans les structures d’hébergement, ou même au siège. C’est dur de se prendre de la souffrance tous les jours et de ne rien pouvoir y faire »</em>, décrit Julia*, arrivée il y a près de six mois au Samu social et venue en soutien aux grévistes avec deux collègues de son service.</p><p>En plus de s’être étendu en interne, ce mercredi, le mouvement du Samu social affiche de nouvelles alliances, jusqu’ici peu mises en lumière.</p><h2 class="spip" id="Un-debut-d-lt-lt-union-des-travailleurs-des-personnes-concernees-et-des-nbsp">Un début d’« union des travailleurs, des personnes concernées et des associations mobilisées »</h2><p>Outre le public concerné, la mobilisation des grévistes du Samu social a été rejointe par des salarié·es de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) de Paris, l’association Utopia56 qui œuvre auprès de personnes sans-abri, mais aussi... par une partie du personnel de France Travail. <em>« Les conseillers de France Travail ont entre 500 et 1000 personnes à accompagner. Chacun comprend bien que ce n’est pas possible »</em>, expose Luc, salarié de France Travail, syndiqué à SUD-Emploi. Pour lui, un parallèle est à dresser avec les écoutant·es du 115, dans l’impossibilité de faire correctement leur travail car débordé·es par le nombre d’appels.</p><p>Si SUD-Emploi a appelé à la grève aujourd’hui, c’est aussi que la date en offrait l’occasion : c’était jour de NAO (négociations annuelles obligatoires) à France Travail. <em>« C’est simple, la direction nous a annoncé 0 % [d’augmentation] ce matin »</em>, soupire le syndicaliste. <em>« Au prétexte que les tutelles, donc le ministère du Travail et Bercy, bloquaient. »</em></p><p>Pour lui, faire front avec le monde associatif et du travail social est important : <em>« Les attaques contre nos conditions de travail, contre les conditions d’accueil et d’indemnisation des personnes privées d’emploi, tout cela, ça se rejoint : cela fait partie d’une même politique. »</em></p><p>Même discours du côté de Nathan Lequeux, porte-parle d’Utopia56 à Paris, qui défend l’<em>« union des travailleurs, des personnes concernées et des associations mobilisées »</em> face <em>« aux politiques mortifères »</em> qui affectent les conditions de travail, tout comme les conditions de vie des personnes précaires. <em>« La culpabilité n’est en aucun cas sur les écoutants du 115, qui subissent des maltraitances institutionnelles et, par ricochets, en font subir aux personnes à la rue. »</em></p><p><em>« Je suis malade. J’ai une fille et le 115 ne répond pas. Parfois il répond quand tu as de la chance. Je suis malade. J’ai mal »</em>, répète Nicole, exilée congolaise, la main sur sa valise violette. Après avoir confié son témoignage, elle verse quelques larmes, le visage à demi caché sous sa visière. Une bénévole lui tend un mouchoir. Jenna, les traits doux encadrés par un voile violet et la voix basse, prend le relai : <em>« En tant que femmes, on se retrouve avec nos bagages sous les bras tout le temps. Notre dignité est touchée. On perd confiance en nous. »</em> Elle tient à préciser : <em>« On a parmi nous des handicapés. On a parmi nous des enfants. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-Un-nourrisson-de-3-mois-et-un-jour-se-retrouve-sur-notre-permanence">« Un nourrisson de 3 mois et un jour se retrouve sur notre permanence »</h2><p>Des personnes particulièrement vulnérables qui ne trouvent pas de place au 115 se retrouvent, bien souvent, contraintes de se référer aux permanences parisiennes d’Utopia56. L’association organise un réseau d’hébergements citoyens et mène régulièrement des actions d’occupation pour responsabiliser les pouvoirs publics. <em>« Un nourrisson de 3 mois et un jour se retrouve sur notre permanence</em>, cite en exemple Nathan Lequeux. <em>On a des femmes enceintes... Et on prend en charge une cinquantaine d’enfants en ce moment, dont la moitié ont moins de 2 ans. »</em></p><p>Les mineurs à la rue relèvent de la protection de l’enfance : d’où la présence, ce mercredi, de travailleuses et travailleurs de l’Aide sociale à l’enfance, en soutien au mouvement du Samu social. Malgré le manque de moyens à l’ASE, <em>« on veut nous rajouter des missions, ce qui engendre de la souffrance au travail. Si on veut mettre un stop à ce carnage, il faut un rapport de forces à la hauteur. Cette jonction aujourd’hui, c’est une première étape pour nous »</em>, défend Florence Pik, travailleuse sociale à l’ASE, syndiquée CGT et l’une des porte-parole de la commission de mobilisation du travail social Île-de-France.</p><p><em>« On se rend compte que les logiques appliquées sont similaires : on nous demande de faire toujours moins bien, avec moins de moyens. Il n’y a pas de considération de ce que l’on fait, et encore moins des gens que l’on accompagne et qu’on accueille »</em>, argumente Mathilde, psychologue dans la protection de l’enfance, également membre de cette commission de mobilisation du travail social francilienne. Ce collectif, qui regroupe des travailleuses et des travailleurs sociaux de différentes structures, permet de construire de nouvelles alliances.</p><p>Par ailleurs, quand une alerte remonte d’autres collectifs implantés en région, comme cela a été le cas récemment avec la fermeture d’un lieu d’hébergement de <a href="https://www.ladepeche.fr/2026/04/29/sa-disparition-serait-un-abandon-le-relais-de-montans-menace-de-fermeture-pourquoi-les-salaries-montent-au-creneau-13347792.php" class="spip_out" rel="external">Cité Caritas de 120 places dans le Tarn</a>, la lutte s’organise au niveau local mais trouve aussi du relai dans la capitale, devant le siège de l’association.</p><p>La grève reconductible du Samu social <em>« devrait nous inspirer toutes et tous dans nos services »</em>, conclut Mathilde, qui milite pour que cette journée d’alliance du 30 juin entre usager·es, travailleur·ses sociaux et de l’associatif <em>« soit juste le début de quelque chose d’encore plus grand »</em>.</p><p>*Prénom modifié</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/La-mobilisation-du-Samu-social-s-etend-France-Travail-ASE-Utopia56</link>
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      <pubDate>Tue, 30 Jun 2026 18:11:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Les régions agricoles d'Espagne, prospères grâce à l'immigration, séduites par un parti xénophobe]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La terre sableuse craque sous leurs pas. Quelques flammes dansent encore sur les restes des baraques parties en fumée ce matin-là. <em>« On apporte de l’aide ! Nourriture ! Eau ! Les victimes de l’incendie en premier »</em>, s’époumone Daiana en parcourant le campement avec Luis. Peu à peu, des visages émergent de petites maisons faites de bois de palettes et de bâches de plastiques utilisées dans les serres agricoles – des habitations précaires appelées “chabolas”, alignées sous le soleil déjà fort en avril dans cette région du sud de l’Espagne.</p><p>Trois véhicules chargés d’aide humanitaire cheminent lentement sur le chemin irrégulier qui mène à la place centrale de cet ensemble de logements de fortune. Tout autour se dressent les bâches de plastique blanc des serres de fruits rouges de Lucena del Puerto, commune de la province de Huelva, en Andalousie. </p><p><em>« Tous les habitants des baraques travaillent dans ces serres »</em>, explique Daiana Iordachescu, en balayant l’horizon de la main. Cheffe de fait du campement voisin, c’est elle qui a décidé d’envoyer de l’aide ici après l’incendie. De nationalité roumaine, elle fait partie des quelques personnes en situation régulière dans ces petits bidonvilles, sans eau ni électricité, disséminés au milieu des champs dans la zone de production des fruits rouges. L’immense majorité des baies cultivées dans cette zone d’Andalousie est destinée à achalander les étals des autres pays d’Europe, dont l’Espagne est le premier fournisseur, avec la fraise comme produit star.</p><h2 class="spip" id="t1-45-milliard-d-euros-d-exportations-grace-a-la-main-d-oeuvre-immigree">1,45 milliard d’euros d’exportations grâce à la main-d’œuvre immigrée</h2><p>Plus de 98 % des baies produites en Espagne poussent à Huelva. En 2025, le secteur a exporté pour 1,45 milliard d’euros, équivalant à plus de 10 % du produit intérieur brut (PIB) de la province. La production est concentrée principalement sur sept communes, dont Lucena del Puerto. Ce miracle économique serait impossible sans le recours massif à une main-d’œuvre immigrée bon marché, et ultraflexible.</p><div class="spip_document_23109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="259" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2370849965 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782724941 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782394515 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1781855835 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725410 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725437 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725777 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782725142 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782725205 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782724975 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725158 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725178 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782724983 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782724631 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782199397 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782120998 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782724547" width="960" height="640" alt="Une feme au visage émacié parle." aria-describedby="by23109-43acc77a86f0be4d5e66c96c8ebb4414" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782724778 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725078 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782724547 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23109-43acc77a86f0be4d5e66c96c8ebb4414">Daiana Iordachescu fait partie des quelques personnes en situation régulière qui travaillent ici dans les serres de fruits rouges. Elle aide à organiser la vie dans les zones d’habitat de fortune des travailleurs migrants de Lucena del Puerto.
©Alban Elkaïm
</figcaption></figure></div><p>Et pourtant, ici, en Andalousie, le parti d’extrême droite espagnol Vox fait ses choux gras des travailleurs étrangers des cultures. <em>« Les champs espagnols ne veulent pas d’immigration massive ni de régularisation »</em>, clamait Manuel Gavira, candidat principal du parti d’extrême droite Vox aux élections régionales du 17 mai, quelques jours avant le scrutin, dans la plus grosse commune de la « zone fraisière ». <em>« Le problèmes des Andalous est l’invasion migratoire »</em>, renchérissait Santiago Abascal, président du parti, venu soutenir son champion.</p><h2 class="spip" id="Vox-fait-30-dans-ces-zones-de-cultures-sous-serres">Vox fait 30% dans ces zones de cultures sous serres</h2><p>Vox <a href="https://www.eldiario.es/andalucia/mapa-votaron-vecinos-17m-resultados-elecciones-andalucia-calle-calle_1_13120216.html" class="spip_out" rel="external">a engrangé près de 14 % des voix</a> lors de ce scrutin, la droite du Parti populaire espagnol 41,6 % et les socialistes 22,7 %. Ce résultat de Vox est en dessous du niveau du parti dans les sondages, <a href="https://politpro.eu/fr/espagne" class="spip_out" rel="external">autour de 17 %</a>. Mais, comme à chaque élection, l’extrême droite fait beaucoup mieux dans les zones de production agricole les plus intensives, à Huelva et Almería, qui fonctionnent selon le même modèle de recours à la main-d’œuvre étrangère. Son score moyen a été de 20,31 % le 17 mai dans les bureaux de votes qui couvrent les exploitations de fruits rouges. La tendance est encore plus marquée à Almería.</p><p>Vox focalise en ce moment son message sur le rejet du processus de régularisation extraordinaire ouvert en avril par le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez. Cette régularisation pourrait bénéficier à 500 000 personnes déjà présentes en Espagne. Il est possible de déposer une demande jusqu’à fin juin. 900 000 personnes <a href="https://www.reuters.com/world/spain-receives-900000-applications-migrant-legalisation-drive-double-expected-2026-06-15/" class="spip_out" rel="external">l’ont déjà fait</a>. Toutes les demandes doivent être étudiées, puis acceptées ou refusées, d’ici fin septembre, au plus tard.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Ils-ont-de-grosses-voitures-de-belles-villas-C-est-grace-a-nous">« Ils ont de grosses voitures, de belles villas. C’est grâce à nous »</h2><p>Vox s’oppose évidemment à cette mesure. En Andalousie, le parti d’extrême droite ambitionne maintenant de casser la majorité absolue du Parti populaire pour devenir faiseur de rois et imposer l’application de la « priorité nationale » en échange de son soutien. <em>« Ici, il y a plein d’immigrés qui travaillent dans les champs, qu’ils soient sans-papiers ou avec papiers. Pleins ! Et les bénéficiaires de ce travail, ce sont les exploitants agricoles. Ils ont de grosses voitures, de belles villas. C’est grâce à nous »</em>, estime Brahim*, 22 ans, qui revient du point de distribution installé après l’incendie qui s’est déclaré ce matin sur le campement.</p><p>Fraise, framboises, mûres, myrtilles : la culture des baies nécessite une main-d’œuvre saisonnière nombreuse. La tâche est dure, les salaires bas et la pleine activité n’est garantie que pendant les périodes de récoltes. Très peu d’Espagnols acceptent ces conditions de travail. Cela attire de nombreux immigrés, qui espèrent trouver leur place dans cet écosystème. Les plus précaires, qui ne peuvent se loger ailleurs, ont construit des sortes de bidonvilles, près de grandes zones de culture. La plupart sont en situation irrégulière. </p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Pour les agriculteurs, cette situation offre un vivier de travailleurs disponibles sur demande. <em>« Un jour ensoleillé, si beaucoup de fraises sont mûres, il suffit de faire passer le mot : “Telle exploitation a besoin de 10 travailleurs” »</em>, explique Pepa Suárez, présidente d’une association qui accompagne les habitants de ces bidonvilles depuis deux décennies.</p><div class="spip_document_23108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="226" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3312589160 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782725096 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782394582 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1781855858 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782725306 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724887 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724800 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782724764 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782725207 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782725079 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724902 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782725081 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724831 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782724939 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782199595 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782121009 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724548" width="960" height="640" alt="Un homme et une femme de dos regardent un terrain avec des débris." aria-describedby="by23108-91d0d2b2913250a7902596011d7bbe1b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724899 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724977 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724548 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23108-91d0d2b2913250a7902596011d7bbe1b">Un incendie a détruit une partie du bidonville ce matin-là. Les flammes sont la plus grande peur des habitants de ces abris faits de matériaux inflammables et où, faute d’électricité, on cuisine souvent au feu.
©Alban Elkaïm
</figcaption></figure></div><p><em>« Les personnes en situation irrégulière acceptent des conditions encore plus précaires que les autres. Les responsables des exploitations ne respectent pas le salaire minimum en vigueur : 57,95 euros la journée »</em>, détaille ainsi le rapport « Les frontières internes de l’Andalousie : atteintes aux droits dans les campements de Huelva et Almería », <a href="https://www.apdha.org/wp-content/uploads/2025/01/Informe-Frontera-Sur-2025-DEF-.pdf" class="spip_out" rel="external">publié en 2025</a> par l’Association pour les droits humains d’Andalousie (APDHA).</p><h2 class="spip" id="Loges-dans-des-bidonvilles">Logés dans des bidonvilles</h2><p><em>« Le business de la fraise ne marche pas sans l’exploitation des travailleurs. Si je te paye 20 euros la journée, c’est 40 euros dans ma poche. Multiplie ça par le nombre de travailleurs. C’est très rentable »</em>, calcule Carmen Vázquez, sociologue de formation, qui a mené un travail de terrain dans les zones de cultures sous serre d’Andalousie pour rédiger ce rapport. L’APDHA estime qu’en 2024, entre 8000 et 10 000 personnes ont travaillé sur la zone sans être déclarées. Contre 14 000 employés en règle, venus pour quelques mois dans le cadre d’accords d’immigration avec des pays tiers.</p><p>Les conditions de vie sont rudes dans les habitats informels construits par ces travailleurs. <em>« Comparables aux pires que j’ai vues dans le monde »</em>, <a href="https://docs.un.org/es/A/HRC/44/40/ADD" class="spip_out" rel="external">tançait le rapporteur des Nations unies</a> sur la pauvreté extrême en 2020. <em>« L’incendie de ce matin me fait très peur. Nos vies sont en danger. Vivre dans ces conditions, c’est très risqué »</em>, résume Brahim devant la baraque où il s’apprête à rejoindre ses deux camarades, à quelques dizaines de mètres de restes encore fumants de celles qui ont brûlé.</p><p>Les flammes sont la plus grande peur des habitants de ces bidonvilles faits de matériaux inflammables et où, faute d’électricité, on cuisine souvent au feu. <em>« Mais peut-être que, demain, les choses vont changer avec la régularisation »</em>, veut croire Brahim. Le jeune homme a pris rendez-vous dans un centre de la Sécurité sociale le surlendemain pour que sa situation soit étudiée. </p><h2 class="spip" id="Les-espoirs-d-une-regularisation">Les espoirs d’une régularisation</h2><p>Luis Kyeremeh aussi envisage enfin d’être régularisé. Il vient du Ghana. Malgré 18 années passées dans les champs de fruits rouges espagnols, il n’a toujours pas obtenu ses papiers. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. <em>« J’ai acheté une promesse d’embauche. Tu payes 3000, 4000 euros. Le chef m’a donné un document, mais il ne valait rien</em>, témoigne-t-il. <em>Maintenant, je vais faire mes papiers avec l’aide de la Croix-Rouge. »</em></p><p>Le processus de régularisation ouvert le 16 avril suscite un grand espoir ici. <em>« Régulariser ta situation te rend beaucoup moins vulnérable aux violations de tes droits. Cela donne aussi accès à des possibilités pour sortir des bidonvilles »</em>, explique la militante associative Pepa Suárez. </p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/carlos-quero-le-loup-d-extreme-droite-qui-veut-seduire-l-electorat-de-gauche-Espagne">Carlos Quero : le « loup » d’extrême droite qui veut séduire l’électorat de gauche en Espagne</a></aside><p>Vox profite-t-il de sa croisade contre la régularisation ? Le 17 mai, la commune de Lucena del Puerto a placé le parti en deuxième position. Devant les socialistes, comme dans la plupart des zones de culture sous serre de la province. C’est Huelva qui a donné un député régional de plus à la formation d’extrême droite. Mais c’est Almería qui lui a offert son record : 47 % des voix dans le bureau de vote qui couvre la deuxième plus grande étendue de serres au monde. Quant au Parti populaire, il a perdu sa majorité absolue en Andalousie et dépend aujourd’hui de Vox pour gouverner la région.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-patron-se-sent-presque-seigneur-feodal">« Le patron se sent presque seigneur féodal »</h2><p><em>« La population de ces communes rurales ressent angoisse et incertitude face aux transformations rapides de la société ces dernières décennies. L’arrivée de l’immigration s’est faite en même temps, et “l’étranger” est très visible. Il est facile de lui imputer ces changements comme le fait Vox »</em>, analyse Octavio Vázquez-Aguado, professeur spécialisé dans le travail social à l’université de Huelva.</p><p>Qu’en pensent les entrepreneurs agricoles qui produisent les fruits rouges ? Difficile de mesurer leur poids dans la montée du parti sur leurs terres. Mais, <em>a minima</em>, ils ne s’en démarquent pas. Aucune opposition particulière aux discours de l’extrême droite n’est venue de ce côté.</p><p><em>« Ce sont des cercles où on vote Vox par traditionalisme</em>, pense María José Madirolas Reyes, de l’association locale qui vient en aide aux travailleurs des serres <em>En la calle</em> (« Dans la rue »). <em>C’est un environnement dans lequel le patron se sent presque seigneur féodal, cautionné socialement, moralement et institutionnellement. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-employeurs-refusent-de-fournir-un-contrat">Les employeurs refusent de fournir un contrat</h2><p>Les agriculteurs pourraient pourtant aider les travailleurs à régulariser leur situation, en leur offrant un contrat. <em>« Énormément de migrants nous racontent qu’ils travaillent pour un employeur sans contrat, et que cet employeur refuse de leur en fournir un quand ils le demandent »</em>, rapporte Pepa Suárez. Face à la régularisation extraordinaire décidée par le gouvernement espagnol, le silence et la passivité du secteur des fruits rouges sont significatifs. Ailleurs en Espagne, des associations professionnelles estiment qu’il leur revient d’aider les travailleurs sans-papiers à régulariser leur situation.</p><div class="spip_document_23110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="300" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/dsc03870.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1370364932 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782725227 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782394621 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1781855858 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782725169 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782725032 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724913 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782725622 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782724899 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782724910 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724914 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724883 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782725345 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782724907 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782199827 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782121015 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724549" width="960" height="640" alt="Un homm accroupi dans un abri de fortune regarde l'objectif." aria-describedby="by23110-7220a418a3f3d22fc3853ac29dc4510b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724821 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782725108 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724549 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23110-7220a418a3f3d22fc3853ac29dc4510b">Luis travaille depuis 18 ans dans les champs de fruits rouges espagnols, mais il n’a toujours pas obtenu ses papiers. Il espère aujourd’hui être régularisé grâce à la campagne exceptionnelle de régularisation de 500 000 personnes lancée par le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
©Alban Elkaïm
</figcaption></figure></div><p><em>« À Huelva et à Almería, elles sont contre</em>, dit Pepe Vico, membre de l’association <em>En la calle</em>. <em>Les mairies refusent de domicilier les migrants. Alors que c’est une obligation légale. Et ici, dans les villages, ce sont ces entrepreneurs agricoles qui commandent. »</em></p><p>L’absence de domiciliation constitue la barrière la plus importante à la régularisation. Pour Pepa Suárez, c’est du <em>« racisme institutionnel »</em>. Cette attitude ne date pas de l’arrivée de Vox dans le paysage politique espagnol. Les bidonvilles autour des cultures sous serre d’Andalousie existent depuis plus de 25 ans.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-La-pression-du-discours-politique-raciste">« La pression du discours politique raciste »</h2><p>Mais la propension de ces territoires à appuyer un parti dont la promesse centrale est d’évincer les immigrés semble révélatrice de leur rapport aux travailleurs étrangers. <em>« Les entrepreneurs agricoles rêveraient que les étrangers viennent travailler, mais qu’ils cessent d’exister une fois la journée terminée, et jusqu’au matin suivant. Quant à la population, les gens voudraient oublier cette réalité, tout en sachant qu’elle existe. Dans l’idéal, ils aimeraient que les immigrés soient invisibles, en dehors de leurs vies, de leurs écoles et de leur monde »</em>, analyse le chercheur Octavio Vázquez. </p><p><em>« Vox ne veut pas que les immigrés partent. Il veut qu’ils soient au boulot et qu’ils la ferment, sans droits »</em>, renchérit Pepa Suárez. Le parti défend obstinément le secteur face à toute critique locale ou internationale sur les droits humains ou l’impact environnemental des cultures sous serres. Mais il ne dit rien sur le fait que ces cultures sont possibles grâce au travail de migrants, que Vox décrit à l’inverse comme le plus gros problème de la province. </p><p>La présence de Vox fait aussi obstacle à toute amélioration de la situation à l’échelle de l’administration locale. <em>« Vox a énormément tiré le Parti populaire</em> [qui gouverne la région et presque toutes les communes du secteur, ndlr] [vers des positions plus dures sur l’immigration, particulièrement à Huelva », observe Octavio Vázquez. La gauche n’est pas en reste. Dans la commune de Moguer, la mairie socialiste agit de la même manière. <em>« Je crois que si la pression du discours politique raciste n’était pas aussi forte, les choses seraient différentes »</em>, résume Pepa Suárez.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 29 Jun 2026 11:10:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Quand l'Andalousie s'enrichit grâce aux immigrés tout en votant pour un parti xénophobe]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La terre sableuse craque sous leurs pas. Quelques flammes dansent encore sur les restes des baraques parties en fumée ce matin-là. <em>« On apporte de l’aide ! Nourriture ! Eau ! Les victimes de l’incendie en premier »</em>, s’époumone Daiana en parcourant le campement avec Luis. Peu à peu, des visages émergent de petites maisons faites de bois de palettes et de bâches de plastiques utilisées dans les serres agricoles – des habitations précaires appelées “chabolas”, alignées sous le soleil déjà fort en avril dans cette région du sud de l’Espagne.</p><p>Trois véhicules chargés d’aide humanitaire cheminent lentement sur le chemin irrégulier qui mène à la place centrale de cet ensemble de logements de fortune. Tout autour se dressent les bâches de plastique blanc des serres de fruits rouges de Lucena del Puerto, commune de la province de Huelva, en Andalousie. </p><p><em>« Tous les habitants des baraques travaillent dans ces serres »</em>, explique Daiana Iordachescu, en balayant l’horizon de la main. Cheffe de fait du campement voisin, c’est elle qui a décidé d’envoyer de l’aide ici après l’incendie. De nationalité roumaine, elle fait partie des quelques personnes en situation régulière dans ces petits bidonvilles, sans eau ni électricité, disséminés au milieu des champs dans la zone de production des fruits rouges. L’immense majorité des baies cultivées dans cette zone d’Andalousie est destinée à achalander les étals des autres pays d’Europe, dont l’Espagne est le premier fournisseur, avec la fraise comme produit star.</p><h2 class="spip" id="t1-45-milliard-d-euros-d-exportations-grace-a-la-main-d-oeuvre-immigree">1,45 milliard d’euros d’exportations grâce à la main-d’œuvre immigrée</h2><p>Plus de 98 % des baies produites en Espagne poussent à Huelva. En 2025, le secteur a exporté pour 1,45 milliard d’euros, équivalant à plus de 10 % du produit intérieur brut (PIB) de la province. La production est concentrée principalement sur sept communes, dont Lucena del Puerto. Ce miracle économique serait impossible sans le recours massif à une main-d’œuvre immigrée bon marché, et ultraflexible.</p><div class="spip_document_23109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="259" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2370849965 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782724941 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782394515 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1781855835 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725410 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725437 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725777 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782725142 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782725205 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782724975 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725158 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725178 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782724983 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782724631 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782199397 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg@.webp?1782120998 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782724547" width="960" height="640" alt="Une feme au visage émacié parle." aria-describedby="by23109-f2df0654458f3dac6135c67eb14523e1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782724778 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782725078 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_iordachescu_2.jpg?1782724547 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23109-f2df0654458f3dac6135c67eb14523e1">Daiana Iordachescu fait partie des quelques personnes en situation régulière qui travaillent ici dans les serres de fruits rouges. Elle aide à organiser la vie dans les zones d’habitat de fortune des travailleurs migrants de Lucena del Puerto.
©Alban Elkaïm
</figcaption></figure></div><p>Et pourtant, ici, en Andalousie, le parti d’extrême droite espagnol Vox fait ses choux gras des travailleurs étrangers des cultures. <em>« Les champs espagnols ne veulent pas d’immigration massive ni de régularisation »</em>, clamait Manuel Gavira, candidat principal du parti d’extrême droite Vox aux élections régionales du 17 mai, quelques jours avant le scrutin, dans la plus grosse commune de la « zone fraisière ». <em>« Le problèmes des Andalous est l’invasion migratoire »</em>, renchérissait Santiago Abascal, président du parti, venu soutenir son champion.</p><h2 class="spip" id="Vox-fait-30-dans-ces-zones-de-cultures-sous-serres">Vox fait 30% dans ces zones de cultures sous serres</h2><p>Vox <a href="https://www.eldiario.es/andalucia/mapa-votaron-vecinos-17m-resultados-elecciones-andalucia-calle-calle_1_13120216.html" class="spip_out" rel="external">a engrangé près de 14 % des voix</a> lors de ce scrutin, la droite du Parti populaire espagnol 41,6 % et les socialistes 22,7 %. Ce résultat de Vox est en dessous du niveau du parti dans les sondages, <a href="https://politpro.eu/fr/espagne" class="spip_out" rel="external">autour de 17 %</a>. Mais, comme à chaque élection, l’extrême droite fait beaucoup mieux dans les zones de production agricole les plus intensives, à Huelva et Almería, qui fonctionnent selon le même modèle de recours à la main-d’œuvre étrangère. Son score moyen a été de 20,31 % le 17 mai dans les bureaux de votes qui couvrent les exploitations de fruits rouges. La tendance est encore plus marquée à Almería.</p><p>Vox focalise en ce moment son message sur le rejet du processus de régularisation extraordinaire ouvert en avril par le gouvernement espagnol du socialiste Pedro Sánchez. Cette régularisation pourrait bénéficier à 500 000 personnes déjà présentes en Espagne. Il est possible de déposer une demande jusqu’à fin juin. 900 000 personnes <a href="https://www.reuters.com/world/spain-receives-900000-applications-migrant-legalisation-drive-double-expected-2026-06-15/" class="spip_out" rel="external">l’ont déjà fait</a>. Toutes les demandes doivent être étudiées, puis acceptées ou refusées, d’ici fin septembre, au plus tard.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Ils-ont-de-grosses-voitures-de-belles-villas-C-est-grace-a-nous">« Ils ont de grosses voitures, de belles villas. C’est grâce à nous »</h2><p>Vox s’oppose évidemment à cette mesure. En Andalousie, le parti d’extrême droite ambitionne maintenant de casser la majorité absolue du Parti populaire pour devenir faiseur de rois et imposer l’application de la « priorité nationale » en échange de son soutien. <em>« Ici, il y a plein d’immigrés qui travaillent dans les champs, qu’ils soient sans-papiers ou avec papiers. Pleins ! Et les bénéficiaires de ce travail, ce sont les exploitants agricoles. Ils ont de grosses voitures, de belles villas. C’est grâce à nous »</em>, estime Brahim*, 22 ans, qui revient du point de distribution installé après l’incendie qui s’est déclaré ce matin sur le campement.</p><p>Fraise, framboises, mûres, myrtilles : la culture des baies nécessite une main-d’œuvre saisonnière nombreuse. La tâche est dure, les salaires bas et la pleine activité n’est garantie que pendant les périodes de récoltes. Très peu d’Espagnols acceptent ces conditions de travail. Cela attire de nombreux immigrés, qui espèrent trouver leur place dans cet écosystème. Les plus précaires, qui ne peuvent se loger ailleurs, ont construit des sortes de bidonvilles, près de grandes zones de culture. La plupart sont en situation irrégulière. </p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Pour les agriculteurs, cette situation offre un vivier de travailleurs disponibles sur demande. <em>« Un jour ensoleillé, si beaucoup de fraises sont mûres, il suffit de faire passer le mot : “Telle exploitation a besoin de 10 travailleurs” »</em>, explique Pepa Suárez, présidente d’une association qui accompagne les habitants de ces bidonvilles depuis deux décennies.</p><div class="spip_document_23108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="226" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3312589160 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782725096 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782394582 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1781855858 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782725306 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724887 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724800 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782724764 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782725207 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782725079 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724902 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782725081 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724831 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782724939 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782199595 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg@.webp?1782121009 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724548" width="960" height="640" alt="Un homme et une femme de dos regardent un terrain avec des débris." aria-describedby="by23108-0b8c50adacb7dfe768c089d9610d0b8a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724899 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724977 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/daiana_et_luis_parcours_l_asentamiento_la_sevillana_pour_annoncer_l_aide_humanitair_2.jpg?1782724548 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23108-0b8c50adacb7dfe768c089d9610d0b8a">Un incendie a détruit une partie du bidonville ce matin-là. Les flammes sont la plus grande peur des habitants de ces abris faits de matériaux inflammables et où, faute d’électricité, on cuisine souvent au feu.
©Alban Elkaïm
</figcaption></figure></div><p><em>« Les personnes en situation irrégulière acceptent des conditions encore plus précaires que les autres. Les responsables des exploitations ne respectent pas le salaire minimum en vigueur : 57,95 euros la journée »</em>, détaille ainsi le rapport « Les frontières internes de l’Andalousie : atteintes aux droits dans les campements de Huelva et Almería », <a href="https://www.apdha.org/wp-content/uploads/2025/01/Informe-Frontera-Sur-2025-DEF-.pdf" class="spip_out" rel="external">publié en 2025</a> par l’Association pour les droits humains d’Andalousie (APDHA).</p><h2 class="spip" id="Loges-dans-des-bidonvilles">Logés dans des bidonvilles</h2><p><em>« Le business de la fraise ne marche pas sans l’exploitation des travailleurs. Si je te paye 20 euros la journée, c’est 40 euros dans ma poche. Multiplie ça par le nombre de travailleurs. C’est très rentable »</em>, calcule Carmen Vázquez, sociologue de formation, qui a mené un travail de terrain dans les zones de cultures sous serre d’Andalousie pour rédiger ce rapport. L’APDHA estime qu’en 2024, entre 8000 et 10 000 personnes ont travaillé sur la zone sans être déclarées. Contre 14 000 employés en règle, venus pour quelques mois dans le cadre d’accords d’immigration avec des pays tiers.</p><p>Les conditions de vie sont rudes dans les habitats informels construits par ces travailleurs. <em>« Comparables aux pires que j’ai vues dans le monde »</em>, <a href="https://docs.un.org/es/A/HRC/44/40/ADD" class="spip_out" rel="external">tançait le rapporteur des Nations unies</a> sur la pauvreté extrême en 2020. <em>« L’incendie de ce matin me fait très peur. Nos vies sont en danger. Vivre dans ces conditions, c’est très risqué »</em>, résume Brahim devant la baraque où il s’apprête à rejoindre ses deux camarades, à quelques dizaines de mètres de restes encore fumants de celles qui ont brûlé.</p><p>Les flammes sont la plus grande peur des habitants de ces bidonvilles faits de matériaux inflammables et où, faute d’électricité, on cuisine souvent au feu. <em>« Mais peut-être que, demain, les choses vont changer avec la régularisation »</em>, veut croire Brahim. Le jeune homme a pris rendez-vous dans un centre de la Sécurité sociale le surlendemain pour que sa situation soit étudiée. </p><h2 class="spip" id="Les-espoirs-d-une-regularisation">Les espoirs d’une régularisation</h2><p>Luis Kyeremeh aussi envisage enfin d’être régularisé. Il vient du Ghana. Malgré 18 années passées dans les champs de fruits rouges espagnols, il n’a toujours pas obtenu ses papiers. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. <em>« J’ai acheté une promesse d’embauche. Tu payes 3000, 4000 euros. Le chef m’a donné un document, mais il ne valait rien</em>, témoigne-t-il. <em>Maintenant, je vais faire mes papiers avec l’aide de la Croix-Rouge. »</em></p><p>Le processus de régularisation ouvert le 16 avril suscite un grand espoir ici. <em>« Régulariser ta situation te rend beaucoup moins vulnérable aux violations de tes droits. Cela donne aussi accès à des possibilités pour sortir des bidonvilles »</em>, explique la militante associative Pepa Suárez. </p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/carlos-quero-le-loup-d-extreme-droite-qui-veut-seduire-l-electorat-de-gauche-Espagne">Carlos Quero : le « loup » d’extrême droite qui veut séduire l’électorat de gauche en Espagne</a></aside><p>Vox profite-t-il de sa croisade contre la régularisation ? Le 17 mai, la commune de Lucena del Puerto a placé le parti en deuxième position. Devant les socialistes, comme dans la plupart des zones de culture sous serre de la province. C’est Huelva qui a donné un député régional de plus à la formation d’extrême droite. Mais c’est Almería qui lui a offert son record : 47 % des voix dans le bureau de vote qui couvre la deuxième plus grande étendue de serres au monde. Quant au Parti populaire, il a perdu sa majorité absolue en Andalousie et dépend aujourd’hui de Vox pour gouverner la région.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Le-patron-se-sent-presque-seigneur-feodal">« Le patron se sent presque seigneur féodal »</h2><p><em>« La population de ces communes rurales ressent angoisse et incertitude face aux transformations rapides de la société ces dernières décennies. L’arrivée de l’immigration s’est faite en même temps, et “l’étranger” est très visible. Il est facile de lui imputer ces changements comme le fait Vox »</em>, analyse Octavio Vázquez-Aguado, professeur spécialisé dans le travail social à l’université de Huelva.</p><p>Qu’en pensent les entrepreneurs agricoles qui produisent les fruits rouges ? Difficile de mesurer leur poids dans la montée du parti sur leurs terres. Mais, <em>a minima</em>, ils ne s’en démarquent pas. Aucune opposition particulière aux discours de l’extrême droite n’est venue de ce côté.</p><p><em>« Ce sont des cercles où on vote Vox par traditionalisme</em>, pense María José Madirolas Reyes, de l’association locale qui vient en aide aux travailleurs des serres <em>En la calle</em> (« Dans la rue »). <em>C’est un environnement dans lequel le patron se sent presque seigneur féodal, cautionné socialement, moralement et institutionnellement. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-employeurs-refusent-de-fournir-un-contrat">Les employeurs refusent de fournir un contrat</h2><p>Les agriculteurs pourraient pourtant aider les travailleurs à régulariser leur situation, en leur offrant un contrat. <em>« Énormément de migrants nous racontent qu’ils travaillent pour un employeur sans contrat, et que cet employeur refuse de leur en fournir un quand ils le demandent »</em>, rapporte Pepa Suárez. Face à la régularisation extraordinaire décidée par le gouvernement espagnol, le silence et la passivité du secteur des fruits rouges sont significatifs. Ailleurs en Espagne, des associations professionnelles estiment qu’il leur revient d’aider les travailleurs sans-papiers à régulariser leur situation.</p><div class="spip_document_23110 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="300" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/dsc03870.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1370364932 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782725227 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782394621 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1781855858 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782725169 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782725032 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724913 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782725622 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782724899 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782724910 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724914 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724883 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782725345 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782724907 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782199827 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg@.webp?1782121015 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724549" width="960" height="640" alt="Un homm accroupi dans un abri de fortune regarde l'objectif." aria-describedby="by23110-b3bff9a01b34a42799426a8bf4255f03" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724821 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782725108 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/dsc03870.jpg?1782724549 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23110-b3bff9a01b34a42799426a8bf4255f03">Luis travaille depuis 18 ans dans les champs de fruits rouges espagnols, mais il n’a toujours pas obtenu ses papiers. Il espère aujourd’hui être régularisé grâce à la campagne exceptionnelle de régularisation de 500 000 personnes lancée par le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez.
©Alban Elkaïm
</figcaption></figure></div><p><em>« À Huelva et à Almería, elles sont contre</em>, dit Pepe Vico, membre de l’association <em>En la calle</em>. <em>Les mairies refusent de domicilier les migrants. Alors que c’est une obligation légale. Et ici, dans les villages, ce sont ces entrepreneurs agricoles qui commandent. »</em></p><p>L’absence de domiciliation constitue la barrière la plus importante à la régularisation. Pour Pepa Suárez, c’est du <em>« racisme institutionnel »</em>. Cette attitude ne date pas de l’arrivée de Vox dans le paysage politique espagnol. Les bidonvilles autour des cultures sous serre d’Andalousie existent depuis plus de 25 ans.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-La-pression-du-discours-politique-raciste">« La pression du discours politique raciste »</h2><p>Mais la propension de ces territoires à appuyer un parti dont la promesse centrale est d’évincer les immigrés semble révélatrice de leur rapport aux travailleurs étrangers. <em>« Les entrepreneurs agricoles rêveraient que les étrangers viennent travailler, mais qu’ils cessent d’exister une fois la journée terminée, et jusqu’au matin suivant. Quant à la population, les gens voudraient oublier cette réalité, tout en sachant qu’elle existe. Dans l’idéal, ils aimeraient que les immigrés soient invisibles, en dehors de leurs vies, de leurs écoles et de leur monde »</em>, analyse le chercheur Octavio Vázquez. </p><p><em>« Vox ne veut pas que les immigrés partent. Il veut qu’ils soient au boulot et qu’ils la ferment, sans droits »</em>, renchérit Pepa Suárez. Le parti défend obstinément le secteur face à toute critique locale ou internationale sur les droits humains ou l’impact environnemental des cultures sous serres. Mais il ne dit rien sur le fait que ces cultures sont possibles grâce au travail de migrants, que Vox décrit à l’inverse comme le plus gros problème de la province. </p><p>La présence de Vox fait aussi obstacle à toute amélioration de la situation à l’échelle de l’administration locale. <em>« Vox a énormément tiré le Parti populaire</em> [qui gouverne la région et presque toutes les communes du secteur, ndlr] [vers des positions plus dures sur l’immigration, particulièrement à Huelva », observe Octavio Vázquez. La gauche n’est pas en reste. Dans la commune de Moguer, la mairie socialiste agit de la même manière. <em>« Je crois que si la pression du discours politique raciste n’était pas aussi forte, les choses seraient différentes »</em>, résume Pepa Suárez.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Quand-Andalousie-enrichit-grace-aux-immigres-en-votant-pour-un-parti-xenophobe</link>
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      <pubDate>Mon, 29 Jun 2026 11:10:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Dans un Ehpad, en sous-effectif et sans climatisation : « Avec la chaleur en plus, on est à bout »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>« Les conditions sont vraiment difficiles, parce qu’on n’est pas climatisé. Dans tout l’Ehpad, on a une seule salle climatisée. Alors, on installe nos résidents à l’abri de la chaleur dans cette salle pendant la journée. Mais le soir, ils vont dans leur chambre. Et dans les chambres, il fait 33, voire 35 degré. Même avec des ventilateurs, on n’arrive pas à les rafraichir.</p><p>Et nous aussi, les aides-soignantes, on a chaud. Nous n’avons presque pas le temps de nous hydrater, parce que nous sommes en sous-effectif. En tout, on devrait être 30 aides-soignants, avec 80 résidents. Mais on ne peut pas travailler les 30 en même temps. Donc, généralement, on a des équipes de six par jour, mais on se retrouve souvent à quatre par jour, des fois à deux, parce qu’il y a des arrêts maladie, et qu’on n’arrive pas à embaucher.</p><p>Pour les infirmières, c’est encore plus difficile d’embaucher. Et elles ne restent pas. On avait aussi des médecins qui, pareil, ont posé leur démission. Des aides-soignantes ou des auxiliaires se retrouvent à faire le travail qui est normalement celui des infirmières, sans avoir le diplôme.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Nous n’avons pas de syndicat, seulement une déléguée du personnel qui est très proche de la direction. Et que ce soit mes autres collègues ou moi, nous avons peur des répercussions si on sollicite un syndicat. Déjà, dès qu’on ose ouvrir la bouche, on se fait punir, par des plannings avec des horaires exorbitants, par exemple. On nous oblige à faire des nuits. Actuellement, on se retrouve avec des plannings du samedi au samedi, de 60 heures par semaine. Le personnel n’a plus de vie. On passe tout notre temps dans l’Ehpad. Et on nous impose nos semaines de congés, on n’a pas le choix des dates de nos vacances.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/chaleur-au-travail-ce-que-peuvent-faire-les-salaries-et-ce-que-prevoit-la-loi">Chaleur au travail : ce que peuvent faire les salariés et ce que prévoit la loi</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/f5fdc8814ff9f0ad6563c8fa12cca2-7a4a5.jpg?1782485097" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un ouvrier du BTP s'abreuvant sur un chantier en plein soleil" /></aside><p>C’est un Ehpad associatif. Mais ça se passe très mal. Avec la chaleur en plus, nous sommes à bout. Nous voulons faire notre travail correctement, mais là, les conditions font qu’on ne peut plus. Et les familles le remarquent. Si on tient le coup, c’est avant tout pour nos résidents. »</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 26 Jun 2026 16:30:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Que ferons-nous si le RN arrive au pouvoir ? » : au congrès de la CFDT, le danger de l'extrême droite dans toutes les têtes]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Aujourd’hui, d’autres températures montent, les températures démocratiques »</em>, prévient Grégory Gaudel, dans son discours de bienvenue aux 1636 délégués venus participer au 51<sup class="typo_exposants">e</sup> congrès de la CFDT – et représentant 746 syndicats membres de la confédération. À l’extérieur du Palais 2 l’Atlantique de Bordeaux, où se déroule le congrès, le thermomètre s’affole et dépasse les 40 degrés. <em>« Partout où l’extrême droite s’installe, elle s’attaque toujours à ce qui permet aux citoyens de s’organiser : les syndicats, les associations, les mouvements d’éducation populaire, les contre-pouvoirs et les agences de l’État comme l’Ademe</em> [l’agence de la transition écologique, ndlr] <em> »</em>, poursuit le secrétaire général de l’Union régionale interprofessionnelle (URI) de Nouvelle-Aquitaine.</p><p>Au cours des débats sur le rapport d’activité de l’équipe dirigeante sortante, rares sont les interventions à la tribune qui ne font pas référence à la montée de l’extrême droite et aux dangers qu’elle représente. Les échéances présidentielles et législatives de l’an prochain, où le Rassemblement national (RN) est donné favori dans les sondages, sont dans toutes les têtes. <em>« Que ferons-nous, demain, si le RN arrive au pouvoir ? Quelles consignes de vote au premier et au second tour ? Quel dialogue social face à un gouvernement qui le nie ? »</em> interroge, à la tribune, Christophe Dewatine du syndicat CFDT d’Air France.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Si la lutte contre les idées d’extrême droite est inscrite de longue date dans l’ADN de la CFDT, les élections régionales puis législatives de 2024 ont agi comme un électrochoc. Depuis, de nombreuses organisations professionnelles ou unions régionales ont tenu leur propre congrès et ce sujet y a été abondamment débattu, puis inscrit parmi les priorités des syndicats, confie un responsable confédéral.</p><p>L’inquiétude face à la progression du RN s’accompagne pour les cédétistes d’une réaffirmation de l’identité et des valeurs de la centrale syndicale. <em>« Face à la montée de l’extrême droite qui distille la haine et la division, la CFDT se dresse comme un rempart de résistance. Être CFDT, c’est proclamer que nous sommes laïques, antiracistes, écologistes et féministes »</em>, expose Leila Khelifa, déléguée du syndicat des Services des Alpes-Maritimes, à la tribune du congrès. Un propos accueilli par des applaudissements nourris.</p><h2 class="spip" id="Remobiliser-les-641-000-adherents">Remobiliser les 641 000 adhérents</h2><p>Pour tenter de jouer un rôle de barrière contre la montée du RN, la première organisation syndicale du pays, qui revendique 641 000 adhérents, a dû mettre les bouchées doubles. <em>« Dans la mandature, la lutte contre les idées d’extrême droite est montée d’un cran, et le pouvoir de celle-ci aussi »</em>, rappelle Marylise Léon, sa secrétaire générale. Après les législatives de 2024, la CFDT met en place un plan d’action, un réseau militant et une délégation dédiée à la démocratie et à la lutte contre l’extrême droite, afin de coordonner et mutualiser les interventions du syndicat.</p><p><em>« J’ai senti que notre doctrine “on ne débat pas avec l’extrême droite, on la combat”, sans être remise en cause, frottait un peu »</em>, explique Perrine Mohr, secrétaire générale de l’union régionale des Hauts-de-France. En 2022, sa région envoie 30 députés RN sur 50 à l’Assemblée nationale. Les militants nordistes se questionnent, rapporte la responsable syndicale. Faut-il se priver d’interlocuteurs élus démocratiquement dans des territoires où de nombreuses entreprises ferment ? La CFDT doit-elle faire de la politique ?</p><p><em>« J’ai fait le constat que plus on y allait frontalement sur la lutte contre l’extrême droite, moins cela fonctionnait »</em>, se souvient Perrine Mohr, qui pilote régionalement un groupe contre les idées d’extrême droite au sein de son union régionale. Fin 2024, la responsable régionale organise alors un débat intitulé « La CFDT fait-elle de la politique ? » pour discuter de la défense de la démocratie et de l’incompatibilité de la défense des salariés avec la politique du RN.</p><h2 class="spip" id="Thermometre-democratie-escape-games-et-cycle-de-debats">Thermomètre démocratie, escape games et cycle de débats</h2><p>L’initiative sera reprise et deviendra une tournée de « débats démocratie » aux quatre coins du pays. Les structures de la CFDT en ont déjà organisé 70 depuis septembre 2025, en privilégiant les petites villes, où les mobilisations contre la réforme des retraites ont été importantes en 2023, mais où l’on trouve aussi un terreau électoral favorable à l’extrême droite. <em>« Il a fallu trouver de nouvelles méthodes pour aborder le sujet au-delà du cercle des convaincus »</em>, précise Perrine Mohr. <em>« On a lancé un cycle de débats sur les enjeux démocratiques sans parole descendante dans les territoires. On commence par un thermomètre sur la démocratie qui va du coma dépassé à la bonne vitalité pour lancer les débats »</em>, confirme Yvan Ricordeau, secrétaire général adjoint de la confédération.</p><p>Pour toucher un public plus jeune, la CFDT des Hauts-de-France a aussi organisé une journée sous la forme d’un <a href="https://www.youtube.com/watch?v=4lPvhJQR__4" class="spip_out" rel="external">escape game</a> <em>« pour se dépolluer du virus de l’extrême droite »</em>, une idée reprise d’un syndicat belge. Les syndicats organisent aussi des formations sur les valeurs de la CFDT, dans le but de donner des outils à ses militants. <em>« On a des gens qui sont confrontés à une parole d’extrême droite au travail, qui ne savent pas comment y répondre et nous demandent comment faire »</em>, constate Perrine Mohr.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/bourses-du-travail-un-contre-pouvoir-syndical-sous-la-pression-des-maires">Bourses du travail : un contre-pouvoir syndical sous la pression des maires</a></aside><p>Après le congrès, les « débats démocratie » vont se poursuivre. L’union régionale Auvergne-Rhône-Alpes en a déjà programmé une série pour les mois à venir. Les formations aussi. De même que les <a href="https://www.cfdt.fr/sinformer/toutes-les-actualites-par-dossiers-thematiques/democratie-lutte-contre-l-extreme-droite" class="spip_out" rel="external">webinaires ou les argumentaires</a> pour montrer que l’extrême droite n’apporte pas de solutions aux problèmes qui concernent les salariés. Mais pour Yvan Ricordeau, le premier job des syndicalistes est de répondre aux <em>« colères légitimes, instrumentalisées par l’extrême droite »</em>. <em>« Notre rôle, c’est de les entendre et d’y répondre sur les lieux de travail et sur l’amélioration concrète de ce que vivent les travailleurs. »</em></p><p>Ce qui n’empêche pas la CFDT de se préparer à intervenir dans le débat public au moment de l’élection présidentielle de 2027. Elle compte pousser ses sujets sur le modèle productif et la transition écologique, les services publics ou encore les retraites. Et pour peser plus fortement face à l’extrême droite, elle entend mettre en commun ces thèmes avec le Pacte du pouvoir de vivre, une coalition qui regroupe 65 organisations dans des champs aussi variés que le logement, la lutte contre la pauvreté ou l’écologie.</p><p>Parmi elles, le mouvement Emmaüs (125 communautés, des dizaines de structures d’insertion et d’hébergement, plus de 16 000 bénévoles...) vient également d’acter, lors de son assemblée générale du 12 juin, que la mobilisation contre les idées d’extrême droite devenait <em>« une de ses grandes priorités pour les prochains mois »</em>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 26 Jun 2026 09:52:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[3 ans après la mort de Nahel : du théâtre aux manifs, ces jeunes de Nanterre toujours debout contre les violences policières]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Arrivé au point culminant du parc André-Malraux de Nanterre, Ayachi se retourne, l’index pointé au loin vers l’horizon. Là-bas, derrière les arbres hauts, s’élèvent des tours plus hautes encore. <em>« C’est là que j’ai grandi. »</em> Pendant qu’il admire, à travers sa cascade de bouclettes brunes, cette vue surplombante déjà cent fois contemplée, son ami Simon remarque derrière eux un nouveau graffiti. « Antifa », est-il écrit en noir, sur un mur d’escalade.</p><p>Derrière ses lunettes teintées de gris, Simon est tout sourire. Il y voit une nouvelle preuve de ce qu’il répète à qui veut bien l’entendre : Nanterre, capitale des Hauts-de-Seine dans la banlieue ouest de Paris est, <em>« depuis toujours, une ville de mémoire et de lutte »</em>. Une ville qui abrite le Mont Valérien, tristement célèbre pour les exécutions de résistants, dont les membres du groupe Manouchian, menées pendant l’Occupation par l’armée allemande. Une ville modelée par ses histoires d’immigrations successives, dont celle <a href="https://www.streetpress.com/1637081549-histoire-oubliee-bidonvilles-nanterre-immigration-societe-precarite-pauvrete-banlieues-algeriens/" class="spip_out" rel="external">des milliers d’ouvriers algériens</a> logés à la fin des années 1950 dans des baraquements. Une ville dans laquelle ces deux enfants d’ici disent n’avoir <em>« jamais été aussi fiers »</em> d’avoir grandi.</p><div class="spip_document_23121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="123" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1510118549 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782382022 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782382794 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782291917 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782382535 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782382884 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782382884 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782382884 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782382859 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782382399 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782382885 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782382885 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782382885 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782381860 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782382332 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg@.webp?1782289096 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782381799" width="960" height="1280" alt="" aria-describedby="by23121-4ba3537eca707bfc4f5595fbd4d6c635" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782382886 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782382886 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.13_08.jpg?1782381799 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23121-4ba3537eca707bfc4f5595fbd4d6c635">Le parc André-Malraux, à Nanterre, offre une vue surplombante sur la sixième ville d’Île-de-France.
Maïa Courtois / Basta
</figcaption></figure></div><p>Ayachi et Simon, tous deux âgés de 23 ans, se sont rapprochés depuis deux ans en jouant la pièce de théâtre <em>Nemetodorum</em>, produite à la suite de la mort de Nahel Merzouk, franco-algérien de 17 ans tué par un policier le 27 juin 2023 à Nanterre. Le théâtre des Amandiers et Nicolas Sene, coordinateur de l’espace jeunesse du quartier Pablo-Picasso, où vivait Nahel Merzouk, ont rassemblé quatorze jeunes autour du projet. Parler de jeu, ou même de pièce de théâtre, est presque inapproprié tant la mise en scène reflète la vie de ces jeunes Nanterriennes et Nanterriens, qui l’ont écrite et la font tourner avec succès depuis deux ans, encore récemment en mars.</p><p><em>« Le théâtre et la vraie vie : c’est un peu la même chose »</em>, résume Alassane, 18 ans, que l’on voit reproduire sur scène ses séances de sport dans ce parc André Malraux. <em>Nemetodorum</em>, <em>« trop de fois résumée par les grands médias au meurtre de Nahel »</em>, est avant tout un hymne d’amour à cette ville de Nanterre où toutes et tous ont grandi, connu des joies et des peines d’adolescents.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Difficile-de-demander-justice-face-a-l-extreme-droite">« Difficile de demander justice face à l’extrême droite »</h2><p>Il s’agissait de se réapproprier un narratif, de parler de révoltes plutôt que d’émeutes. Mais aussi de <em>« répondre à tout ce qui a pu être dit de faux sur nous et de raconter comment, nous, on a vécu cette période »</em>, explique Ayachi. <em>« Ça nous a tous prouvé, par la pratique artistique, que l’on pouvait faire entendre nos revendications »</em>, retrace Simon.</p><div class="spip_document_23123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="96" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4242010761 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782382508 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782382853 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782291995 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782384293 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782384616 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782382329 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782384357 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782382872 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782382407 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782473617 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782382612 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782384035 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782381860 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782458001 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg@.webp?1782289096 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782381931" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23123-084b84f6d69ed3022b4e87db1d769488" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782394650 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782387439 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/20250208_1854_copie.jpg?1782381931 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23123-084b84f6d69ed3022b4e87db1d769488"><em>Nemetodorum</em>, représenté sur la scène du théâtre des Amandiers, à Nanterre.
Géraldine Aresteanu
</figcaption></figure></div><p>Trois ans plus tard, à l’heure où le scénario d’accession au pouvoir du Rassemblement national n’a jamais été aussi réaliste, les trois jeunes savent à quel point faire vivre leur contre-récit est crucial : <em>« Il sera encore plus difficile de manifester et de demander justice face à l’extrême droite si une histoire comme celle de Nahel se reproduit »</em>, affirme Alassane. <em>« Vu comment les partis de droite ont traité l’affaire Nahel, s’ils sont au pouvoir… J’ai peur que ça devienne le Far West »</em>, estime Ayachi. <em>« Il ne faut pas oublier que c’est Jean Messiha</em> [ancien cadre du RN devenu porte-parole d’Éric Zemmour chez Reconquête, ndlr] <em>qui a lancé la cagnotte »</em> à plus d’un million d’euros pour soutenir le policier auteur du tir, rappelle Simon.</p><div class="spip_document_23127 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende" data-legende-len="252" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4073428864 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp?1782382508 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp?1782382892 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp?1782292121 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782383956 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782390565 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782545959 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp?1782384360 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp?1782382877 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp?1782382413 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782386052 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782382881 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp?1782389170 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg@.webp?1782289751 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782381944" width="960" height="720" alt="" aria-describedby="by23127-02b1f7fa02ea131c5d4af486c4cf54bb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782382944 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782384660 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.14_17.jpg?1782381944 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23127-02b1f7fa02ea131c5d4af486c4cf54bb">Simon et Ayachi au sommet du parc André-Malraux, à Nanterre. Au loin, les tours Aillaud, aussi appelées tours Nuage, l’un des symboles de la ville. Elles sont situées au cœur du quartier Pablo-Picasso, où a grandi Nahel Merzouk.
Maïa Courtois / Basta
</figcaption></figure></div><p>L’extrême droite a été présente dès le début de l’affaire. <em>« Mbappé avait dit “Repose en paix petit ange”, et ils étaient en boucle sur ça. C’est désolant. Pour eux c’est le parfait souffre-douleur : un jeune banlieusard maghrébin tué par un flic pour un refus d’obtempérer. Ça les a rendus complètement fous : on en venait à ce qu’ils soient contents que ça soit arrivé »</em>, se souvient Simon. Les jeunes de la troupe ont ensuite essuyé une salve de commentaires haineux, sous certaines publications, lorsque leur projet théâtral a été médiatisé. Le relais sur un compte d’extrême droite a nourri un temps ce déferlement. Tous ont vite pris du recul, même si les plus jeunes de la troupe ont été particulièrement touchés par la violence reçue.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Nahel-c-etait-un-copain">« Nahel, c’était un copain »</h2><p>Alassane n’avait que 16 ans lorsque la vidéo du tir policier qui a tué Nahel circule partout, sur les réseaux sociaux et dans les médias, en juin 2023. <em>« Nahel, c’était un copain. D’autres, autour de moi, le considéraient même comme un petit frère. »</em></p><p>49 personnes sont mortes en 2025 à la suite d’une intervention des forces de l’ordre, selon le décompte tenu à jour par <em>Basta!</em>. Rien qu’au cours des cinq premiers mois de 2026, on dénombre 22 décès. Trois ans après la mort de Nahel, <em>« il faut continuer d’en parler. Il faut honorer sa mémoire, que personne n’oublie »</em>, défend Alassane.</p><p>D’autres jeunes de la troupe, comme Ayachi, ne le connaissaient pas directement. Mais <em>« c’est quelqu’un qui me ressemblait. Ça aurait pu être moi, ça aurait pu être n’importe qui. À partir du moment où tu es issu de banlieue, tu es face à ce danger-là. »</em> Simon acquiesce en silence, assis en face de son ami sur un banc du parc, son casque de moto posé à côté. Lui confie avoir beaucoup pensé à Nahel ces dernières semaines. <em>« Chaque année, en juin, avec le triste anniversaire de sa mort, ça me fait toujours bizarre. »</em></p><div class="spip_document_23138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="127" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1127131446 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782383061 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782382970 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782380680 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782388451 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782387963 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782545959 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782386631 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782382905 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782382413 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782389026 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782388798 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782391298 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782387893 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg@.webp?1782377278 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782381924" width="960" height="720" alt="" aria-describedby="by23138-c1d632136332abc816df78dc59668645" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782382050 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782388184 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/simon_et_ayachi_nanterre.jpg?1782381924 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23138-c1d632136332abc816df78dc59668645">Ayachi (à gauche) et Simon (à droite), dans le parc André-Malraux, à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine.
Maïa Courtois / Basta
</figcaption></figure></div><p>Tous trois suivent avec attention chaque rebondissement du parcours judiciaire. Le 12 juin, la Cour de cassation <a href="https://basta.media/mort-de-nahel-Cassation-vers-un-proces-pour-meurtre-pour-le-policier-auteur-du-tir">a ouvert la porte à un procès pour meurtre du policier auteur du tir</a>. Pour rappel, la cour d’appel de Versailles avait décidé, en mars, de requalifier les faits et de poursuivre le fonctionnaire non plus pour meurtre, mais pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Les proches de Nahel Merzouk ont contesté cette requalification devant la Cour de cassation, qui leur a donné raison.</p><p><em>« “Violences volontaires sans intention de donner la mort”... C’était une négation, une insulte à sa mémoire. La mort, elle ne lui est pas tombée dessus. C’est un flic qui a tiré à bout portant. Et il ne faut jamais accepter ça »</em>, réagit Simon. La décision lui donne de <em>« l’espoir »</em> pour Nahel et les autres : comme le calculait <em>Basta!</em> en 2020, <a href="https://basta.media/Violences-policieres-suivi-judiciaire-non-lieu-sans-suite-prison-impunite-IGPN">les deux tiers des affaires</a> concernant les morts de la police ne débouchent sur aucun procès qui, dans bien des cas, permettrait pourtant d’éclaircir les zones d’ombre.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-On-est-toujours-en-colere-et-meurtris">« On est toujours en colère et meurtris »</h2><p>En attendant, l’auteur du tir est toujours en fonction, a rappelé la famille dans un communiqué, le 19 juin. Et ce, malgré l’avis de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) qualifiant l’usage de l’arme de <em>« disproportionné »</em> et recommandant un conseil disciplinaire. Contre aussi, désormais, <a href="https://www.defenseurdesdroits.fr/deces-de-nahel-merzouk-lors-dun-controle-routier-la-defenseure-des-droits-conclut-des-manquements" class="spip_out" rel="external">l’avis du Défenseur des droits rendu ce 18 juin</a> qui conclut à des <em>« manquements des policiers à leurs obligations déontologiques »</em> et demande là encore des poursuites disciplinaires. <em>« Il faut vraiment qu’on ait un procès pour Nahel. Je me battrai et je lâcherai rien. Que ce soit pour mon fils ou pour vos enfants »</em>, a soutenu sa mère, Mounia Merzouk, à la sortie de la Cour de cassation.</p><p>Ayachi, Simon et Alassane, comme bien d’autres jeunes de Nanterre, ne manquent aucune marche en soutien à la famille. Sauf lorsque leurs horaires de travail les en empêchent : Alassane travaille dans le bâtiment, Ayachi dans un petit magasin et Simon dans un théâtre, à la communication. Se mobiliser sans discontinuer depuis trois ans, <em>« c’est le minimum pour un copain »</em>, résume pudiquement Alassane.</p><div class="spip_document_23125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="90" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2990284080 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp?1782383061 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp?1782383090 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp?1782292278 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782384450 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782545960 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp?1782388244 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp?1782382938 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp?1782382415 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782384437 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782390544 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782388554 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp?1782475343 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg@.webp?1782289372 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782381974" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23125-0cde195b6ba7fa5fd33eb815c5bc53b5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782397059 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782494521 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/20250208_2132_copie.jpg?1782381974 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23125-0cde195b6ba7fa5fd33eb815c5bc53b5">Simon (au centre), entouré de la troupe nanterrienne de <em>Nemetodorum</em>.
Géraldine Aresteanu
</figcaption></figure></div><p>Pour chacun d’entre eux, le théâtre ne peut être qu’un <em>« moyen d’action »</em>, <em>« profondément politique »</em>. Il va donc de pair avec d’autres formes de militantisme. <em>« Je ne peux pas monter sur scène, y défendre une cause, prendre la lumière et ne pas être ensuite dans les rassemblements pour Nahel. Pour moi, cela relève du devoir »</em>, résume Ayachi. Manifester à chaque commémoration, à chaque rebondissement judiciaire de l’affaire, <em>« c’est une manière de montrer qu’on est toujours en colère et meurtris par ce qu’il s’est passé »</em>, souligne aussi Simon.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/mort-de-nahel-la-cour-de-cassation-etudie-la-requalification-des-faits">Mort de Nahel : la Cour de cassation étudie la requalification des faits</a></aside><h2 class="spip" id="Desarmer-la-police-mieux-la-former">Désarmer la police, mieux la former</h2><p>Aujourd’hui, à un an de la présidentielle et avec la montée de l’extrême droite, se mobiliser sur les questions policières leur tient toujours plus à cœur. Les violences continuent d’être régulièrement documentées – <em>Basta!</em> a enquêté ces dernières semaines sur celles qui ont percuté deux jeunes en situation de handicap, <a href="https://basta.media/10522%20et%20%5BIslam-%3E10459">Toufik</a> –, tandis que, récemment encore, l’action des forces de l’ordre face aux supporters du PSG, <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/100626/jordan-eborgne-par-un-tir-de-lbd-je-suis-alle-voir-le-match-du-psg-et-la-fin-de-la-soiree-j-ai-un-oeil-en" class="spip_out" rel="external">avec plusieurs jeunes éborgnés</a>, a été épinglée.</p><p>Simon était d’ailleurs dans les rues de Paris ce soir-là. Son club de cœur venait de remporter la Ligue des champions. Il dresse le parallèle : <em>« On arrive à République juste après le match pour célébrer la victoire et, direct, la police gaze comme pas possible pour nous disperser. Comme pour la première marche pour Nahel : ils avaient gazé des familles, des mamans avec des poussettes… Juste parce qu’ils avaient décidé de nous disperser alors que c’était une marche blanche, pacifique. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Violence-policieres-Drome-Toufik-autiste-et-malentendant-blessures-garde-a-vue-plainte">« C’était inhumain. Même à un chien, on ne fait pas ça » : Toufik, autiste et malentendant, violenté par la police</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/746fcdca997413902c81603edfd189-f2289.jpg?1782230954" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>L’inflation législative pour armer la police et banaliser l’ouverture du feu se poursuit. Le 7 juillet sera examinée une proposition de <a href="https://basta.media/Presomption-legitime-defense-comment-une-demande-policiers-extreme-droite-devient-mainstream" class="spip_in">loi sur la présomption de légitime défense</a> – une revendication historique de l’extrême droite. <em>« Pour moi, les seules lois qu’il devrait y avoir pour réformer la police, ça devrait être pour la désarmer progressivement »</em>, soupire le jeune homme. <em>« La police est déjà trop armée : elle blesse, elle tue, elle mutile »</em>. Pour Alassane, il faudrait mettre les moyens plutôt sur l’amélioration de la formation et l’encadrement des forces de l’ordre.</p><p>Au-delà de leurs participations aux manifestations, de leurs projets artistiques respectifs où ils évoquent parfois ces sujets, de leurs partages sur les réseaux sociaux, certains membres de la troupe lancent des initiatives citoyennes en prévision de 2027. Simon a par exemple co-organisé en mai L’Agora 9-4, dans le Val-de-Marne, inspiré des cercles de parole mêlant éducation populaire, justice sociale et environnementale de <a href="https://www.ghettup.fr/" class="spip_out" rel="external">l’association Ghett’Up</a>. L’Agora, ce sont des cercles de débats institués à partir de textes écrits par des jeunes de quartiers populaires sur des thématiques comme la politique, l’amour, la guerre d’Algérie… <em>« C’est à la fois un projet artistique, de médiation, et politique »</em>, résume Simon. Le prochain aura lieu à Nanterre, en février 2027, deux mois avant la présidentielle.</p><div class="spip_document_23126 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="226" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3927332159 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp?1782383061 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp?1782383103 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp?1782292424 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782390984 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782384107 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782545959 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp?1782388075 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp?1782382964 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp?1782387183 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782402056 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782391189 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp?1782398904 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg@.webp?1782289751 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782381962" width="960" height="720" alt="" aria-describedby="by23126-67abe67f18d40ad68d19ff2d113202f5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782386895 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782494614 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/whatsapp_image_2026-06-23_at_18.19_22.jpg?1782381962 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23126-67abe67f18d40ad68d19ff2d113202f5">Simon et Ayachi dans le parc André-Malraux, à Nanterre. Au loin, les tours Aillaud, aussi appelées tours Nuages, l’un des symboles de la ville. Elles sont situées au cœur du quartier Pablo-Picasso, où a grandi Nahel Merzouk.
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Assurer-la-releve-aupres-des-nouvelles-generations">Assurer la relève auprès des nouvelles générations</h2><p>Aujourd’hui, les membres de la troupe sont parfois reconnus et salués par des plus jeunes qu’eux. Au détour d’un trottoir, ou dans le bus. C’est que le public local a toujours été au rendez-vous de <em>Nemetodorum</em> : <em>« À nos représentations, il n’y a pas que des gens de Paris qui repartent en RER derrière »</em>, comme le résume Simon. Même les habitants qui n’y ont pas assisté leur ont confié à quel point ce projet résonnait de manière collective et politique. <em>« Le soir même de notre première, j’ai croisé un copain qui m’a dit : “Je n’ai pas pu venir à ta pièce, mais ça m’a fait plaisir de voir que tu as parlé à notre place, moi, j’aurais pas eu la force de monter et de dire au monde notre message." »</em>, se souvient Alassane. Ces réactions l’ont <em>« bouleversé »</em>.</p><p>Certains dans la troupe n’avaient que 13 ou 14 ans : s’engager sur scène a été la porte d’entrée de leur politisation. Et à travers eux, celle de leurs amis, de leurs frères et sœurs. <em>« Ma petite sœur s’est intéressée, à partir de là, à des enjeux de justice et d’égalité plus larges, à plusieurs manifestations</em>, raconte ainsi Ayachi. <em>Je crois beaucoup à l’engagement local, pour faire bouger les choses. Cette mort a fait ouvrir les yeux à beaucoup de jeunes d’ici sur les autres injustices existantes en France et dans le monde. C’est un effet papillon. »</em></p><p><em>« Les plus jeunes ont déjà compris</em>, conclut Alassane, du haut de ses 18 ans. <em>Mais il faut toujours planter de nouvelles graines. Assurer la relève. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/3-ans-mort-Nahel-theatre-jeunes-Nanterre-contre-violences-policieres</link>
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      <pubDate>Thu, 25 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Chaleur au travail : ce que peuvent faire les salariés et ce que prévoit la loi]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Je crois que cette année encore, on aura des morts »</em>, soupire Gilles Gourc. Alors que le mercure dépasse les 40 degrés dans le Rhône, cet inspecteur du travail en région lyonnaise déplore, pour une année supplémentaire, le manque de moyens à sa disposition pour protéger la santé des salariés.</p><p>En 2025, neuf accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur ont été relevés par la Direction générale du travail, rappelle <a href="https://www.santepubliquefrance.fr/climat/fortes-chaleurs-canicule/bulletin-national/chaleur-et-sante-bilan-de-lete-2025" class="spip_out" rel="external">Santé publique France</a> : huit hommes et une femme, âgés de 35 à 63 ans, travaillant dans le secteur de la construction et de l’agriculture.</p><p>Le 26 mai 2026, dans la Drôme, pendant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> épisode caniculaire, lié au réchauffement climatique, un jeune homme de 19 ans est <a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/170626/mort-de-chaleur-au-travail-19-ans-ce-que-dit-le-rapport-de-l-inspection-du-travail" class="spip_out" rel="external">mort d’hyperthermie</a> après avoir travaillé toute la journée sur un toit.</p><p>Si les accidents mortels concernent avant tout les secteurs où le travail est le plus physique, de nombreuses autres professions sont exposées aux fortes chaleurs. Ainsi en avril 2024, <a href="https://www.ilo.org/fr/publications/assurer-la-s%C3%A9curit%C3%A9-et-la-sant%C3%A9-au-travail-%C3%A0-l%E2%80%99heure-du-changement" class="spip_out" rel="external">l’Organisation internationale du travail (OIT) a calculé</a> que 70 % de la main-d’œuvre mondiale était exposée aux risques sanitaires liés au changement climatique. Chaque année, elle dénombre près de 20 000 morts en raison de <em>« <a href="https://www.cnesst.gouv.qc.ca/fr/definition/lesion-professionnelle" class="spip_out" rel="external">lésions professionnelles</a> imputables à la chaleur excessive »</em>. Parmi elles : les maladies rénales ou encore les cancers de la peau.</p><h2 class="spip" id="Un-prefet-a-le-pouvoir-de-limiter-le-travail">Un préfet a le pouvoir de limiter le travail</h2><p>Face à cette situation dangereuse, les institutions capables d’agir le plus rapidement et le plus efficacement restent les préfectures. Par arrêtés, elles peuvent limiter le travail dans certaines conditions. En Haute-Garonne, ce 22 juin, la préfecture a ainsi suspendu les activités de chantier dans la métropole de Toulouse, entre 12 heures et 20 heures, pendant toute la durée de la vigilance rouge.</p><p>Mais pas dans l’intégralité du département. <em>« Pourquoi ne pas avoir étendu l’arrêté à tout le département ? Il ne fera pas moins chaud dans le Muretain ou le Frontonnais</em> [d’autres intercommunalités du département, ndlr]<em>. Et les employeurs du bâtiment pourraient contourner la mesure en réaffectant les salariés sur des chantiers non couverts par l’arrêté »</em>, note l’Union départementale CGT 31, qui s’est fendue d’un communiqué et demande l’extension de la mesure à l’ensemble du territoire.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Dans d’autres départements classés en vigilance rouge, les pics de chaleur n’ont pas donné lieu à une réduction des plages horaires travaillées mais, au contraire, à leur extension. La préfecture des Deux-Sèvres a, par exemple, émis un arrêté le 20 juin dérogeant à la réglementation relative aux bruits de voisinage : les travaux peuvent donc démarrer dès 6 heures du matin, sans période d’interdiction. <em>« On reste sur de l’arbitraire préfectoral »</em>, commente Gilles Gourc.</p><p>Dans le secteur du BTP, ces limitations sont pourtant relativement faciles à mettre en œuvre car les épisodes de canicule sont couverts par le régime de « chômage intempéries » depuis 2024, qui permet d’indemniser partiellement les ouvriers privés de travail pour des raisons climatiques. Toutefois, les métiers du second œuvre (peintres, charpentiers, soudeur...) y ont rarement droit. Et <em>« les petites entreprises ne cotisent pas au régime d’intempéries, donc ne bénéficient pas de remboursement »</em>, précise <a href="https://solidaires.org/connaitre-ses-droits/fiche-droits/fiche-outils-n27-il-fait-trop-chaud-au-boulot-on-fait-quoi/" class="spip_out" rel="external">Solidaires</a> dans une publication sur le sujet. Enfin ce régime n’indemnise pas les salariés à 100 % de leur salaire et ils peuvent perdre des primes.</p><p>Outre ces arrêtés préfectoraux, il est de la responsabilité de l’employeur d’évaluer les risques pour ses salariés et de les prévenir. Un <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051676074#:~:text=Objet%20%3A%20le%20d%C3%A9cret%20d%C3%A9termine%20les,pour%20signaler%20le%20niveau%20de" class="spip_out" rel="external">décret de juillet 2024</a> détaille les mesures de prévention telles que la généralisation de l’accès à l’eau fraîche au poste de travail, l’adaptation des horaires et des postes de travail (mise en place de stores, de ventilation, etc.).</p><p><em>« Mais nous n’avons pas le moyen de contraindre réellement un employeur »</em>, estime l’inspecteur du travail. Si un patron refuse de mettre en place les mesures nécessaires pour protéger ses employés, l’inspecteur peut le mettre en demeure d’évaluer les risques encourus. Si l’inaction perdure, il peut faire un signalement au parquet. <em>« C’est une procédure très lente, alors que la canicule se compte en jours. De plus, les deux tiers des signalements au parquet sont laissés sans suite »</em>, continue Gilles Gourc.</p><h2 class="spip" id="La-loi-ne-fixe-pas-de-seuil-de-chaleur-maximal-au-travail">La loi ne fixe pas de seuil de chaleur maximal au travail</h2><p>Son syndicat, la CNT-SO, tout comme la CGT et Solidaires, militent pour la mise en place de chaleurs maximales autorisées au travail. Le Code du travail ne fixe ni température minimale, s’il fait trop froid sur un lieu de travail, ni température maximale, en cas de canicule.</p><p>En guise de seuil, les syndicats proposent de s’appuyer sur <a href="https://www.inrs.fr/header/presse/cp-travail-fortes-chaleurs.html#:~:text=Au%2Ddel%C3%A0%20de%2030%20%C2%B0,pour%20la%20sant%C3%A9%20des%20salari%C3%A9s" class="spip_out" rel="external">les repères de l’INRS</a> (l’institut de recherche sur la santé et la sécurité au travail) : 28 degrés pour les métiers physiques et 30 degrés pour les métiers sédentaires, dans un bureau par exemple. Ils souhaitent que l’inspection du travail soit dotée du pouvoir de faire temporairement cesser une activité. Et demandent la création de postes d’inspecteurs du travail : actuellement, on compte en moyenne un inspecteur pour veiller <a href="https://cgt-tefp.fr/linspection-du-travail-est-exsangue-le-front-populaire-doit-lui-redonner-des-couleurs/" class="spip_out" rel="external">à la sécurité de 13 200 salariés</a>.</p><h2 class="spip" id="Un-droit-de-retrait-possible-mais-sans-garantie">Un droit de retrait possible mais sans garantie</h2><p>Autre solution, dans les mains des salariés cette fois : le droit de retrait, de cesser son activité en cas <em>« de danger grave ou imminent pour sa vie ou sa santé »</em>, précise le Code du travail. Le droit de retrait a cependant le désavantage de renvoyer le salarié à sa propre capacité à évaluer son état et les risques encourus. Et c’est l’employeur seul qui jugera <em>a posteriori</em> si ce choix est justifié ou non. S’il considère qu’il ne l’est pas, il peut retenir sur salaire le montant correspondant à l’absence du salarié.</p><p>Celui-ci ne pourra contester cette décision qu’aux prud’hommes, donc après plusieurs mois, voire années de procédure. <em>« Faire cela tout seul, c’est très risqué.</em> A fortiori <em>dans des secteurs comme le BTP ou l’agriculture, où la subordination salariale est très forte. Le mieux reste d’exercer ce droit de manière collective, en s’appuyant sur son comité social économique (CSE). Mais dans les petites entreprises, où il n’y a ni CSE ni syndicats, les salariés sont livrés à eux-mêmes »</em>, pointe Gilles Gourc.</p><p>Enfin, l’Union syndicale Solidaires <a href="https://solidaires.org/connaitre-ses-droits/fiche-droits/fiche-outils-n27-il-fait-trop-chaud-au-boulot-on-fait-quoi/" class="spip_out" rel="external">rappelle</a> que les grèves sont possibles pour des motifs de conditions de travail, dont l’exposition à de trop fortes chaleurs. Elles restent toutefois exceptionnelles.</p><h2 class="spip" id="Temps-de-pause-et-conges-climatiques">Temps de pause et congés climatiques</h2><p>Enfin, alors que le sujet de la chaleur au travail revient sur le devant de la scène à chaque canicule, les partis de gauche suggèrent de légiférer. Le 20 juillet 2023, les députés insoumis proposaient déjà <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b1587_proposition-loi#D_Article_1er" class="spip_out" rel="external">une loi</a> <em>« visant à adapter le Code du travail aux conséquences du réchauffement climatique »</em>. Elle prévoyait, entre autres, de multiplier les temps de pause au-delà de certaines températures et d’arrêter le travail dans les zones de vigilance rouge canicule pour certains métiers (BTP, ouvriers agricoles…). Le texte n’a pas été adopté.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Canicule-il-va-falloir-demander-des-comptes-a-nos-responsables-politiques-fonds-vert-plan-velo-MaPrimeRenov-climatisation-alternative-entretien-Kevin-Jean">Canicule : « Il va falloir demander des comptes à nos responsables politiques »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/07899a22c0a20c3eb0cd45c7ddf7c2-1ec76.jpg?1782313019" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un homme et un enfant se rafraichissent et boivent à une fontaine à eau sur une place." /></aside><p>Cette semaine, les Écologistes <a href="https://www.bfmtv.com/politique/europe-ecologie-les-verts/canicule-marine-tondelier-annonce-que-le-conge-climatique-sera-depose-sous-forme-de-proposition-de-loi_AV-202606240348.html" class="spip_out" rel="external">ont annoncé</a> déposer une proposition de loi pour la mise en place d’un congé climatique, <a href="https://www.franceinfo.fr/environnement/evenements-meteorologiques-extremes/vagues-de-chaleur-canicules/canicule-trois-questions-sur-le-conge-climatique-propose-par-marine-tondelier-et-deja-deploye-en-espagne_8073881.html" class="spip_out" rel="external">inspirée de l’Espagne</a>. Il permettrait aux salariés de prendre quatre à six jours d’arrêt de travail rémunérés par an pour se protéger de la chaleur.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/chaleur-au-travail-ce-que-peuvent-faire-les-salaries-et-ce-que-prevoit-la-loi</link>
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      <pubDate>Thu, 25 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Canicule : « Faute de mesures pour la santé, on est en train de crever de chaud »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>58 départements en vigilance rouge mercredi 24 juin. Le 23 juin a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France. La crise climatique se vit aussi dans nos corps. Le ministère de la Santé constate une nette hausse <a href="https://www.lemonde.fr/sante/article/2026/06/24/canicule-a-l-hopital-une-hausse-moderee-des-passages-aux-urgences-mais-une-inquietude-montante_6712069_1651302.html" class="spip_out" rel="external">des appels au Samu</a> et des passages aux urgences depuis le début de cette canicule. Les cabinets des pneumologues et des allergologues ne désemplissent pas, avec le cocktail explosif chaleur, ozone, pollens.</p><p>C’est le coût humain et sanitaire de l’inaction, que documente l’épidémiologiste Kévin Jean dans son livre <em><a href="https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/notre-sant%C3%A9-9782228941198" class="spip_out" rel="external">À notre santé. La lutte contre le changement climatique n’est pas celle que vous croyez</a>, publié en mars 2026 aux éditions Payot. Dans cet entretien, il détaille les bienfaits, y compris à court terme, que nous pouvons attendre d’une véritable action environnementale.</em></p><h3 class="spip" id="Basta-La-chaleur-est-suffocante-une-partie-des-ecoles-sont-contraintes-nbsp"><em>Basta!</em> : La chaleur est suffocante, une partie des écoles sont contraintes de fermer, les hôpitaux sont sous tension... et vous écrivez dans votre livre qu’ <em>« on a énormément à gagner en termes de santé et de qualité de vie, ici et maintenant, si on enclenche une véritable bifurcation écologique »</em>. Même si on fait des efforts, n’est-ce pas trop tard ?</h3><p><strong>Kévin Jean</strong> : Là, on est dans un contexte très spécifique, celui d’une vague de chaleur, et c’est sûr que les efforts maintenant ne vont pas faire disparaître les vagues de chaleur. En revanche, agir maintenant et donc mettre en place tout ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, permet d’éviter de subir des vagues de chaleur de plus en plus intenses, longues, fréquentes, année après année. C’est donc atténuer ce risque-là. Et cela permet d’agir sur notre santé au long cours, c’est-à-dire tout le reste de l’année, pas seulement pendant les pics de chaleur.</p><div class="spip_document_23128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="185" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4210131447 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/853/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782304275 1706w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 1440w, local/adapt-img/853/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 1706w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/853/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 1080w, local/adapt-img/853/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/853/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp 853w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/853/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg" width="853" height="1280" alt="Portrait de Kévin Jean" aria-describedby="by23128-b15ccaf1a942c57dd90cdc563dba8b73" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 720w, local/adapt-img/853/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg 853w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23128-b15ccaf1a942c57dd90cdc563dba8b73">Kévin Jean est épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’École normale supérieure de Paris, où ses travaux portent sur les liens entre changement climatique et santé.
© Hamza Djenat
</figcaption></figure></div><p>Le reste du temps, on subit quand même les effets de la pollution de l’air, de nos régimes alimentaires qui sont loin d’être parfaits, du manque d’activité physique... Ce sont des éléments sur lesquels on peut gagner, sur le court terme, par l’action climatique. L’une des vulnérabilités pendant les vagues de chaleur, c’est le fait d’être affecté par des pathologies chroniques : insuffisances rénales, cardiaques et respiratoires...</p><p>Ces maladies, on peut justement les prévenir par des niveaux suffisants d’activités physiques, une baisse de la pollution de l’air, une meilleure qualité de l’alimentation, auxquels peuvent justement contribuer des politiques climatiques. Celles-ci, en améliorant le niveau de base de la santé des populations, vont aussi nous permettre de mieux faire face à ces vagues de chaleur.</p><h3 class="spip" id="J-ai-recu-le-temoignage-d-une-ecole-ou-il-fait-38oC-dans-les-classes-leur-nbsp">J’ai reçu le témoignage d’une école où il fait 38°C dans les classes : leur seule option dans l’immédiat est de ventiler la nuit. Que proposer aux équipes enseignantes et aux communes, dans un contexte où le débat se cristallise sur la climatisation généralisée ?</h3><p>La climatisation généralisée ne va pas tenir très longtemps si on ne met pas en plus des mesures de long cours. La climatisation est une mesure qui a sans doute sa place dans des politiques d’adaptation, mais on ne peut pas tout faire reposer dessus. C’est un peu de courte vue.</p><p>Alors, qu’est-ce qu’on peut faire aujourd’hui et maintenant ? J’espère que ce sera quelque chose qui ressortira de cette deuxième vague de canicule : toutes les mesures de débrouille auraient pu marcher. Une des recommandations de l’école, pour ne pas faire reposer la ventilation seulement sur les équipes municipales ou sur les enseignants, c’est de compter aussi sur des collectifs locaux, de parents d’élèves : ils peuvent aider à se lever aux aurores ou la nuit pour ouvrir les fenêtres.</p><p>On a beaucoup de remontées de terrain à ce sujet. Parmi les mesures qui permettent d’isoler en urgence, il y a aussi <a href="https://www.ouest-france.fr/meteo/canicule/canicule-dans-cette-ecole-les-parents-se-sont-relayes-pour-poser-des-couvertures-de-survie-aux-fenetres-8bf0147c-6e37-11f1-971c-5aa54f866c16" class="spip_out" rel="external">la construction de volets low-tech</a> (à partir de couvertures de survie), ce qui peut là encore reposer en partie sur les parents, et sur la cohésion locale. La solidarité locale est un facteur de réussite pour la traversée des crises.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="Dans-les-solutions-structurelles-alternatives-figurent-evidemment-la-nbsp">Dans les solutions structurelles alternatives figurent évidemment la rénovation thermique des bâtiments publics comme des logements individuels. Sauf que le Fonds vert, supposé aider les collectivités à rénover le bâti scolaire, <a href="https://www.greenpeace.fr/espace-presse/budget-la-baisse-du-fonds-vert-menace-la-renovation-des-batiments-scolaires/" class="spip_out" rel="external">n’a pas arrêté d’être réduit ces dernières années</a>. Et que 300 millions d’euros du financement MaPrimeRénov’ <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/03/apres-la-canicule-le-gouvernement-reduit-le-budget-destine-a-l-adaptation-au-rechauffement-climatique_6696604_3244.html?srsltid=AfmBOoq9Mjob5ZZ_HbUzAIwnPZMRUU3gI100yRX6QLAFhcSHBtMIM9QL" class="spip_out" rel="external">ont été gelés</a> ce mois-ci…</h3><p>Surtout, le dernier coup de rabot sur le Fonds vert est arrivé après la canicule de mai. Le plan d’adaptation des écoles, qui date de 2023, n’a jamais été mis en place. Ces manœuvres dilatoires mettent en danger les personnes, et parmi les plus vulnérables, les enfants. La responsabilité politique est énorme.</p><p>Paradoxalement, il y a ces appels à politiser cette canicule. J’ai l’impression que les canicules de 2022 ont montré qu’on sortait du temps de l’insouciance, en les traitant sous l’angle du réchauffement climatique, ce qui était une première. Maintenant, j’espère qu’on va comprendre qu’on ne peut pas se contenter de répondre à ces canicules sous le mode de la gestion de crise. Il va falloir qu’on continue à en parler en octobre, en novembre, quand les canicules seront passées, en espérant qu’on n’ait pas à faire face à de trop nombreux épisodes, et en demandant des comptes à nos responsables politiques.</p><h3 class="spip" id="En-complement-a-la-renovation-thermique-vous-soulignez-l-importance-de-nbsp">En complément à la rénovation thermique, vous soulignez l’importance de l’aménagement urbain. Une des façons d’habiter autrement dites-vous, c’est de faire plus de place à la végétation en ville. Pour quelles raisons ?</h3><p>La première, c’est que ça permet de rafraîchir le ville. On le sait, c’est bien plus efficace que la clim pour se rafraîchir collectivement. Ça permet de réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain, de faire baisser la température de plusieurs degrés en ville sans rejeter de la chaleur ailleurs. Il faut se rappeler que c’est ce qui se passe avec la clim, notamment dans l’habitat collectif : quelque part, on renvoie sa chaleur chez les voisins.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On ne peut pas se contenter de répondre à ces canicules sous le mode de la gestion de crise »</p>
</aside><p>Ce n’est pas le cas avec les espaces verts. Au-delà de l’effet rafraîchissant, il y a beaucoup de bénéfices de santé au fait d’habiter à proximité d’espaces verts, pour la santé mentale, mais pas seulement. On sait que les espaces verts encouragent l’activité physique, les liens sociaux. On peut envisager nos espaces urbains en laissant moins de place à la voiture individuelle qui occupe jusqu’à près de la moitié de l’espace public dans certaines villes. Cet espace-là, on en a besoin rapidement pour végétaliser.</p><p>On nous dit toujours qu’on n’a pas de place pour planter des arbres, que le foncier coûte trop cher : mais on a là toute une partie de l’espace urbain (et d’ailleurs celui qui surchauffe le plus en période de canicule) qu’<a href="https://theconversation.com/vegetalisation-urbaine-ameliorer-notre-sante-aujourdhui-habiter-une-ville-plus-resiliente-demain-280750" class="spip_out" rel="external">on pourrait réaffecter à la végétalisation</a>. Ça répond aussi à des enjeux de biodiversité, qui est importante dans la façon de repenser nos manières de vivre et nos espaces urbains. Faire de la place en ville, cela passe également par le fait de réduire la place accordée à la voiture individuelle, en développant davantage les transports en commun et les transports actifs, bien moins gourmands en surface au sol.</p><h3 class="spip" id="De-quelle-maniere-des-politiques-publiques-qui-favorisent-les-transports-nbsp">De quelle manière des politiques publiques qui favorisent les transports actifs, c’est à dire le vélo et la marche, peuvent générer des bienfaits pour la santé ?</h3><p>De trois façons au moins. Ça génère de l’activité physique, et on sait que près de la moitié de la population en Europe est en dessous des recommandations d’activité physique. Ça permet d’améliorer la qualité de l’air et de réduire les émissions de polluants liées à l’usage individuel du véhicule. Enfin, ça atténue les émissions sonores. Le bruit est le deuxième facteur de risque environnemental en Europe, et 60% des émissions de bruit viennent des transports.</p><p>Là encore, transformer un système de mobilité, changer un peu les habitudes, et savoir aussi affronter certains lobbys, est une façon d’être gagnant sur de nombreux tableaux. Sachant que le vélo en contexte urbain est un mode de transport plus robuste, efficace et rapide que la voiture.</p><h3 class="spip" id="Ce-n-est-pas-la-voie-qui-semble-privilegiee-par-l-Etat-puisque-le-plan-velo-nbsp">Ce n’est pas la voie qui semble privilégiée par l’État puisque le plan vélo <a href="https://reporterre.net/Le-gouvernement-a-decide-de-tout-demanteler-le-monde-du-velo-sonne-par-les-coupes" class="spip_out" rel="external">a aussi été raboté</a>, de 250 millions d’euros à 31 millions d’euros cette année.</h3><p>C’est des décisions budgétaires, encore une fois, de courte vue. On ne perçoit pas les transports actifs comme un investissement climatique, sanitaire, écologique. C’est la même chose pour MaPrimeRénov’. Les budgets sont votés annuellement, par secteur, sans lien.</p><div class="spip_document_23129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="130" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c213796801 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/795/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782304282 1590w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 1440w, local/adapt-img/795/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 1590w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/795/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp 1193w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 1080w, local/adapt-img/795/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 1193w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/795/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp 795w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/795/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg" width="795" height="1280" alt="photo de couverture du livre à notre santé de Kevin Jean avec son portrait sur fond de planète" aria-describedby="by23129-74d4744df606e19c61cdba15c19ec824" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 720w, local/adapt-img/795/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg 795w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23129-74d4744df606e19c61cdba15c19ec824"><a href="https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/notre-sant%C3%A9-9782228941198" class="spip_out" rel="external"><em>À notre santé ! La lutte contre le changement climatique n’est pas celle que vous croyez</em></a>, Kévin Jean, éditions Payot, mars 2026.
</figcaption></figure></div><p>On nous explique que les caisses de l’État sont vides, alors on rabote le Fonds vert, MaPrimeRénov’, les plans vélo pour faire des économies budgétaires. Mais dans le même temps, on ne va pas chercher l’argent chez les responsables de cette crise climatique qui engorgent des bénéfices et pètent des records ces derniers temps.</p><p>Total Énergies fait cinq milliards de bénéfices sur le premier trimestre 2026, et n’est toujours pas taxé sur les super profits. Il y a un moment où il va falloir qu’on décide d’en parler et de connecter les deux. Il y a cette tendance à dire que des mesures écolo sont des mesures antisociales. Mais on voit bien dans les canicules que c’est par faute de mesures de santé qu’on est en train de crever de chaud.</p><h3 class="spip" id="Le-gouvernement-a-aussi-fait-le-choix-de-repousser-la-fermeture-des-nbsp">Le gouvernement a aussi fait le choix de repousser la fermeture des centrales à charbon à 2027, alors qu’on n’a pas d’autre choix que de réduire les combustions d’énergie fossile écrivez-vous…</h3><p>C’est peut-être pour un gouvernement des mesures qui semblent économiquement rationnelles sur le court terme. Mais l’inaction a des coûts qu’on peut chiffrer en décès. Les canicules en Europe, c’est en moyenne 60 000 décès par an. La pollution de l’air en France, c’est près de 40 000 décès chaque année. En matière de pathologies, c’est près de 20 % des asthmes de l’enfant, 7 % des cas de diabète de type 2, 10% des AVC en France… Encore une fois, on pourrait répondre d’un même tenant aux enjeux de pollution de l’air et d’émissions de gaz à effet de serre.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Grâce à l'amélioration de la qualité de l'air en Île-de-France, l'espérance de vie francilienne a augmenté de dix mois »</p>
</aside><p>L’un des meilleurs exemples, c’est celui de la qualité de l’air en Île-de-France sur les dix dernières années. Par des mesures à différentes échelles, locales, nationales, européennes, on a vu la pollution de l’air diminuer d’un facteur 2 à l’échelle de l’Île-de-France, en même temps que les émissions de CO2 de la ville de Paris ont décru de près de 30 %.</p><p>Tout cela s’est traduit par une augmentation de l’espérance de vie francilienne de près de dix mois ! Là, on a tout : des mesures à toutes les échelles qui fonctionnent, sur les critères climat, qualité de l’air, santé. Et ce n’est pas rien. Dix mois d’espérance de vie, on parle de quelque chose d’assez éloquent !</p><p>Et surtout, un des chiffres qu’Airparif a permis de mettre en évidence, c’est que chaque euro investi dans la surveillance ou l’amélioration de la qualité de l’air permettait d’éviter environ dix euros de coûts associés à la qualité de l’air. Sur dix ans, c’est cinq milliards d’euros de surveillance et d’amélioration de la qualité de l’air. Et ça a généré près de 60 milliards d’économies. Le retour sur investissement d’ordre économique est de 10 pour 1.</p><h3 class="spip" id="Il-faut-simultanement-lt-lt-gerer-l-inevitable-et-eviter-l-ingerable-nbsp">Il faut simultanément « gérer l’inévitable et éviter l’ingérable », dit le climatologue italien Filippo Giorgi. Se trouve-t-on dans cette situation aujourd’hui ?</h3><p>La canicule qu’on est en train de vivre, c’est ça. C’est-à-dire qu’il faut gérer l’inévitable : ces canicules qui sont d’ores et déjà plus fréquentes, plus précoces, et qu’il faut gérer autrement qu’en gestion de crise répétée.</p><p>Mais il faut en même temps éviter d’avoir à faire face à des canicules plus cruelles été après été. Et ça, c’est éviter l’ingérable, parce qu’au bout d’un moment, on ne pourra plus faire face à ces canicules. On a l’impression qu’on est déjà sur la corde raide.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vendredi-debat-Thierry-Paquot-comment-embrayer-un-reel-changement-ecologique-dans-les-grandes-villes">Comment embrayer un réel changement écologique dans les grandes villes ?</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/5adf8093a35502b9cdd50898f7ff98-b0bcd.jpg?1782304919" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>On doit réussir ces deux volets à la fois. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a aucune raison d’opposer les deux mesures. On sait que beaucoup de mesures d’atténuation sont également des mesures d’adaptation. Comme les espaces verts urbains, qui nous font gagner sur les deux tableaux : on adapte nos villes pour les rafraîchir, tout en réduisant les besoins de climatisation.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Canicule-faute-de-mesures-sante-on-est-en-train-de-crever-de-chaud-Kevin-Jean</link>
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      <pubDate>Wed, 24 Jun 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Canicule : « Il va falloir demander des comptes à nos responsables politiques »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>58 départements en vigilance rouge mercredi 24 juin. Le 23 juin a été la journée la plus chaude jamais enregistrée en France. La crise climatique se vit aussi dans nos corps. Le ministère de la Santé constate une nette hausse <a href="https://www.lemonde.fr/sante/article/2026/06/24/canicule-a-l-hopital-une-hausse-moderee-des-passages-aux-urgences-mais-une-inquietude-montante_6712069_1651302.html" class="spip_out" rel="external">des appels au Samu</a> et des passages aux urgences depuis le début de cette canicule. Les cabinets des pneumologues et des allergologues ne désemplissent pas, avec le cocktail explosif chaleur, ozone, pollens.</p><p>C’est le coût humain et sanitaire de l’inaction, que documente l’épidémiologiste Kévin Jean dans son livre <em><a href="https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/notre-sant%C3%A9-9782228941198" class="spip_out" rel="external">À notre santé. La lutte contre le changement climatique n’est pas celle que vous croyez</a>, publié en mars 2026 aux éditions Payot. Dans cet entretien, il détaille les bienfaits, y compris à court terme, que nous pouvons attendre d’une véritable action environnementale.</em></p><h3 class="spip" id="Basta-La-chaleur-est-suffocante-une-partie-des-ecoles-sont-contraintes-nbsp"><em>Basta!</em> : La chaleur est suffocante, une partie des écoles sont contraintes de fermer, les hôpitaux sont sous tension... et vous écrivez dans votre livre qu’« on a énormément à gagner en termes de santé et de qualité de vie, ici et maintenant, si on enclenche une véritable bifurcation écologique ». Même si on fait des efforts, n’est-ce pas trop tard ?</h3><p><strong>Kévin Jean</strong> : Là, on est dans un contexte très spécifique, celui d’une vague de chaleur, et c’est sûr que les efforts maintenant ne vont pas faire disparaître les vagues de chaleur. En revanche, agir maintenant, et donc mettre en place tout ce qui permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre, permet d’éviter de subir des vagues de chaleur de plus en plus intenses, longues, fréquentes, année après année. C’est donc atténuer ce risque-là. Et cela permet d’agir sur notre santé au long cours, c’est-à-dire tout le reste de l’année, pas seulement pendant les pics de chaleur.</p><div class="spip_document_23128 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="185" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4210131447 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782313400 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782314113 1440w, local/adapt-img/853/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782304275 1706w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782314075 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782316435 1440w, local/adapt-img/853/20x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782316435 1706w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782316435 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782316435 1080w, local/adapt-img/853/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782313553 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782316435 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782315263 1080w, local/adapt-img/853/15x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782316062 1280w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782313430 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782316435 720w, local/adapt-img/853/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg@.webp?1782313441 853w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/853/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782313478" width="853" height="1280" alt="Portrait de Kévin Jean" aria-describedby="by23128-b1e3992cd59c52016e101d0b3efe2a5d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782325045 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782325046 720w, local/adapt-img/853/10x/IMG/jpg/portrait_kevin_jean_copyright_hamza_djenat.jpg?1782313478 853w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23128-b1e3992cd59c52016e101d0b3efe2a5d">Kévin Jean est épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’École normale supérieure de Paris, où ses travaux portent sur les liens entre changement climatique et santé.
© Hamza Djenat
</figcaption></figure></div><p>Le reste du temps, on subit quand même les effets de la pollution de l’air, de nos régimes alimentaires qui sont loin d’être parfaits, du manque d’activité physique... Ce sont des éléments sur lesquels on peut gagner, sur le court terme, par l’action climatique. L’une des vulnérabilités pendant les vagues de chaleur, c’est le fait d’être affecté par des pathologies chroniques : insuffisances rénales, cardiaques et respiratoires...</p><p>Ces maladies, on peut justement les prévenir par des niveaux suffisants d’activité physique, une baisse de la pollution de l’air, une meilleure qualité de l’alimentation, auxquels peuvent justement contribuer des politiques climatiques. Celles-ci, en améliorant le niveau de base de la santé des populations, vont aussi nous permettre de mieux faire face à ces vagues de chaleur.</p><h3 class="spip" id="J-ai-recu-un-temoignage-au-sujet-d-une-ecole-ou-il-fait-38oC-dans-les-nbsp">J’ai reçu un témoignage au sujet d’une école où il fait 38°C dans les classes : leur seule option dans l’immédiat est de ventiler la nuit. Que proposer aux équipes enseignantes et aux communes, dans un contexte où le débat se cristallise sur la climatisation généralisée ?</h3><p>La climatisation généralisée ne va pas tenir très longtemps si on ne met pas en plus des mesures de long cours. La climatisation est une mesure qui a sans doute sa place dans des politiques d’adaptation, mais on ne peut pas tout faire reposer sur elle. C’est un peu de courte vue.</p><p>Alors, qu’est-ce qu’on peut faire aujourd’hui et maintenant ? J’espère que ce sera quelque chose qui ressortira de cette deuxième vague de canicule : toutes les mesures de débrouille auraient pu marcher. Une des recommandations de l’école, pour ne pas faire reposer la ventilation seulement sur les équipes municipales ou sur les enseignants, c’est de compter aussi sur des collectifs locaux, de parents d’élèves : ils peuvent aider à se lever aux aurores ou la nuit pour ouvrir les fenêtres.</p><p>On a beaucoup de remontées de terrain à ce sujet. Parmi les mesures qui permettent d’isoler en urgence, il y a aussi <a href="https://www.ouest-france.fr/meteo/canicule/canicule-dans-cette-ecole-les-parents-se-sont-relayes-pour-poser-des-couvertures-de-survie-aux-fenetres-8bf0147c-6e37-11f1-971c-5aa54f866c16" class="spip_out" rel="external">la construction de volets low-tech</a> (à partir de couvertures de survie), ce qui peut, là encore, reposer en partie sur les parents et sur la cohésion locale. La solidarité locale est un facteur de réussite pour la traversée des crises.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="Dans-les-solutions-structurelles-alternatives-figurent-evidemment-la-nbsp">Dans les solutions structurelles alternatives figurent évidemment la rénovation thermique des bâtiments publics comme des logements individuels. Sauf que le fonds vert, supposé aider les collectivités à rénover le bâti scolaire, <a href="https://www.greenpeace.fr/espace-presse/budget-la-baisse-du-fonds-vert-menace-la-renovation-des-batiments-scolaires/" class="spip_out" rel="external">n’a cessé d’être réduit ces dernières années</a>. Et que 300 millions d’euros du financement MaPrimeRénov’ <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/06/03/apres-la-canicule-le-gouvernement-reduit-le-budget-destine-a-l-adaptation-au-rechauffement-climatique_6696604_3244.html?srsltid=AfmBOoq9Mjob5ZZ_HbUzAIwnPZMRUU3gI100yRX6QLAFhcSHBtMIM9QL" class="spip_out" rel="external">ont été gelés</a> ce mois-ci…</h3><p>Surtout, le dernier coup de rabot sur le fonds vert est arrivé après la canicule de mai. Le plan d’adaptation des écoles, qui date de 2023, n’a jamais été mis en place. Ces manœuvres dilatoires mettent en danger les personnes, et parmi les plus vulnérables, les enfants. La responsabilité politique est énorme.</p><p>Paradoxalement, il y a ces appels à politiser cette canicule. J’ai l’impression que les canicules de 2022 ont montré qu’on sortait du temps de l’insouciance, en les traitant sous l’angle du réchauffement climatique, ce qui était une première. Maintenant, j’espère qu’on va comprendre qu’on ne peut pas se contenter de répondre à ces canicules sur le mode de la gestion de crise. Il va falloir qu’on continue à en parler en octobre, en novembre, quand les canicules seront passées – en espérant qu’on n’ait pas à faire face à de trop nombreux épisodes – et en demandant des comptes à nos responsables politiques.</p><h3 class="spip" id="En-complement-de-la-renovation-thermique-vous-soulignez-l-importance-de-nbsp">En complément de la rénovation thermique, vous soulignez l’importance de l’aménagement urbain. Une des façons d’habiter autrement, dites-vous, c’est de faire plus de place à la végétation en ville. Pour quelles raisons ?</h3><p>La première, c’est que ça permet de rafraîchir la ville. On le sait, c’est bien plus efficace que la clim pour se rafraîchir collectivement. Ça permet de réduire l’effet d’îlot de chaleur urbain, de faire baisser la température de plusieurs degrés sans rejeter de la chaleur ailleurs. Il faut se rappeler que c’est ce qui se passe avec la clim, notamment dans l’habitat collectif : quelque part, on renvoie sa chaleur chez les voisins.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On ne peut pas se contenter de répondre à ces canicules sur le mode de la gestion de crise »</p>
</aside><p>Ce n’est pas le cas avec les espaces verts. Au-delà de l’effet rafraîchissant, il y a beaucoup de bénéfices de santé au fait d’habiter à proximité d’espaces verts – pour la santé mentale, mais pas seulement. On sait que les espaces verts encouragent l’activité physique, les liens sociaux. On peut envisager nos espaces urbains en laissant moins de place à la voiture individuelle, qui occupe jusqu’à près de la moitié de l’espace public dans certaines villes. Cet espace-là, on en a besoin rapidement pour végétaliser.</p><p>On nous dit toujours qu’on n’a pas de place pour planter des arbres, que le foncier coûte trop cher : mais on a là toute une partie de l’espace urbain (et d’ailleurs celui qui surchauffe le plus en période de canicule) qu’<a href="https://theconversation.com/vegetalisation-urbaine-ameliorer-notre-sante-aujourdhui-habiter-une-ville-plus-resiliente-demain-280750" class="spip_out" rel="external">on pourrait réaffecter à la végétalisation</a>. Ça répond aussi à des enjeux de biodiversité, qui est importante dans la façon de repenser nos manières de vivre et nos espaces urbains. Faire de la place en ville, cela passe également par le fait de réduire celle accordée à la voiture individuelle, en développant davantage les transports en commun et les transports actifs, bien moins gourmands en surface au sol.</p><h3 class="spip" id="De-quelle-maniere-des-politiques-publiques-qui-favorisent-les-transports-nbsp">De quelle manière des politiques publiques qui favorisent les transports actifs, c’est-à-dire le vélo et la marche, peuvent générer des bienfaits pour la santé ?</h3><p>De trois façons au moins. Ça génère de l’activité physique, et on sait que près de la moitié de la population en Europe est en dessous des recommandations d’activité physique. Ça permet d’améliorer la qualité de l’air et de réduire les émissions de polluants liées à l’usage individuel du véhicule. Enfin, ça atténue les émissions sonores. Le bruit est le deuxième facteur de risque environnemental en Europe, et 60 % des émissions de bruit viennent des transports.</p><p>Là encore, transformer un système de mobilité, changer un peu les habitudes, et savoir aussi affronter certains lobbys, est une façon d’être gagnant sur de nombreux tableaux. Sachant que le vélo en contexte urbain est un mode de transport plus robuste, efficace et rapide que la voiture.</p><h3 class="spip" id="Ce-n-est-pas-la-voie-qui-semble-privilegiee-par-l-Etat-puisque-le-plan-velo-nbsp">Ce n’est pas la voie qui semble privilégiée par l’État, puisque le plan vélo <a href="https://reporterre.net/Le-gouvernement-a-decide-de-tout-demanteler-le-monde-du-velo-sonne-par-les-coupes" class="spip_out" rel="external">a aussi été raboté</a>, de 250 à 31 millions d’euros cette année.</h3><p>Ce sont des décisions budgétaires, encore une fois, de courte vue. On ne perçoit pas les transports actifs comme un investissement climatique, sanitaire, écologique. C’est la même chose pour MaPrimeRénov’. Les budgets sont votés annuellement, par secteur, sans lien.</p><div class="spip_document_23129 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="121" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c213796801 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782313400 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782315305 1440w, local/adapt-img/795/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782304282 1590w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782316435 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782314864 1440w, local/adapt-img/795/20x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782316435 1590w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782314070 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782316436 1080w, local/adapt-img/795/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782313809 1193w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782316436 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782316436 1080w, local/adapt-img/795/15x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782316435 1193w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782316436 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782316436 720w, local/adapt-img/795/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg@.webp?1782313445 795w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/795/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782313774" width="795" height="1280" alt="photo de couverture du livre à notre santé de Kevin Jean avec son portrait sur fond de planète" aria-describedby="by23129-3ac2d9d100af4aa851c6a3def9941335" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782411849 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782346791 720w, local/adapt-img/795/10x/IMG/jpg/couverture_livre_kevin_jean_anotre_sante_edition_payot.jpg?1782313774 795w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23129-3ac2d9d100af4aa851c6a3def9941335"><a href="https://www.payot-rivages.fr/payot/livre/notre-sant%C3%A9-9782228941198" class="spip_out" rel="external"><em>À notre santé ! La lutte contre le changement climatique n’est pas celle que vous croyez</em></a>, Kévin Jean, Payot, mars 2026.
</figcaption></figure></div><p>On nous explique que les caisses de l’État sont vides, alors on rabote le fonds vert, MaPrimeRénov’, les plans vélo pour faire des économies budgétaires. Mais, dans le même temps, on ne va pas chercher l’argent chez les responsables de cette crise climatique qui engrangent des bénéfices et pètent des records ces derniers temps.</p><p>TotalEnergies fait cinq milliards de bénéfice sur le premier trimestre 2026 et n’est toujours pas taxé sur les superprofits. Il y a un moment où il va falloir qu’on décide d’en parler et de connecter les deux. Il y a cette tendance à dire que des mesures écolo sont des mesures antisociales. Mais on voit bien dans les canicules que c’est faute de mesures de santé qu’on est en train de crever de chaud.</p><h3 class="spip" id="Le-gouvernement-a-aussi-fait-le-choix-de-repousser-la-fermeture-des-nbsp">Le gouvernement a aussi fait le choix de repousser la fermeture des centrales à charbon à 2027, alors qu’on n’a pas d’autre choix que de réduire les combustions d’énergie fossile, écrivez-vous…</h3><p>C’est peut-être, pour un gouvernement, des mesures qui semblent économiquement rationnelles sur le court terme. Mais l’inaction a des coûts qu’on peut chiffrer en décès. Les canicules en Europe, c’est en moyenne 60 000 décès par an. La pollution de l’air en France, c’est près de 40 000 décès chaque année. En matière de pathologies, c’est près de 20 % des asthmes de l’enfant, 7 % des cas de diabète de type 2, 10 % des AVC en France… Encore une fois, on pourrait répondre d’un même tenant aux enjeux de pollution de l’air et d’émissions de gaz à effet de serre.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Grâce à l'amélioration de la qualité de l'air en Île-de-France, l'espérance de vie francilienne a augmenté de dix mois »</p>
</aside><p>L’un des meilleurs exemples, c’est celui de la qualité de l’air en Île-de-France sur les dix dernières années. Par des mesures à différentes échelles, locales, nationales, européennes, on a vu la pollution de l’air diminuer d’un facteur 2 à l’échelle de l’Île-de-France, en même temps que les émissions de CO2 de la ville de Paris ont décru de près de 30 %.</p><p>Tout cela s’est traduit par une augmentation de l’espérance de vie francilienne de près de dix mois ! Là, on a tout : des mesures à toutes les échelles qui fonctionnent, sur les critères climat, qualité de l’air, santé. Et ce n’est pas rien. Dix mois d’espérance de vie, on parle de quelque chose d’assez éloquent !</p><p>Et, surtout, un des chiffres qu’Airparif a permis de mettre en évidence, c’est que chaque euro investi dans la surveillance ou l’amélioration de la qualité de l’air permettait d’éviter environ dix euros de coûts associés à la qualité de l’air. Sur dix ans, c’est cinq milliards d’euros de surveillance et d’amélioration de la qualité de l’air. Et ça a généré près de 60 milliards d’économies. Le retour sur investissement d’ordre économique est de 10 pour 1.</p><h3 class="spip" id="Il-faut-simultanement-lt-lt-gerer-l-inevitable-et-eviter-l-ingerable-nbsp">Il faut simultanément « gérer l’inévitable et éviter l’ingérable », dit le climatologue italien Filippo Giorgi. Se trouve-t-on dans cette situation aujourd’hui ?</h3><p>La canicule qu’on est en train de vivre, c’est ça. C’est-à-dire qu’il faut gérer l’inévitable : ces canicules qui sont d’ores et déjà plus fréquentes, plus précoces, et qu’il faut gérer autrement qu’en gestion de crise répétée.</p><p>Mais il faut en même temps éviter d’avoir à faire face à des canicules plus cruelles été après été. Et ça, c’est éviter l’ingérable, parce qu’au bout d’un moment, on ne pourra plus faire face à ces canicules. On a l’impression qu’on est déjà sur la corde raide.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vendredi-debat-Thierry-Paquot-comment-embrayer-un-reel-changement-ecologique-dans-les-grandes-villes">Comment embrayer un réel changement écologique dans les grandes villes ?</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/5adf8093a35502b9cdd50898f7ff98-b0bcd.jpg?1782304919" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>On doit réussir ces deux volets à la fois. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il n’y a aucune raison d’opposer les deux mesures. On sait que beaucoup de mesures d’atténuation sont également des mesures d’adaptation. Comme les espaces verts urbains, qui nous font gagner sur les deux tableaux : on adapte nos villes pour les rafraîchir, tout en réduisant les besoins de climatisation.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Canicule-il-va-falloir-demander-des-comptes-a-nos-responsables-politiques-fonds-vert-plan-velo-MaPrimeRenov-climatisation-alternative-entretien-Kevin-Jean</link>
      <guid>https://basta.media/Canicule-il-va-falloir-demander-des-comptes-a-nos-responsables-politiques-fonds-vert-plan-velo-MaPrimeRenov-climatisation-alternative-entretien-Kevin-Jean</guid>
      <pubDate>Wed, 24 Jun 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Climat : 50 ans d'alertes des scientifiques et d'immobilisme de nos dirigeants]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« L’heure est grave »</em>, <a href="https://reseauactionclimat.org/mouvements-climat-appel-a-la-resistance-democratique-sociale-et-ecologique/" class="spip_out" rel="external">résume le mouvement pour le climat</a> dans un appel lancé par des dizaines d’organisations, alors que la France étouffe sous une canicule historique. <em>« Records de chaleur meurtriers et cyclones dévastateurs, conflits pour l’accès à l’eau, reculs des politiques publiques de transition écologique et juste, montée de régimes autoritaires et multiples violations du droit international, attaques contre les défenseurs et défenseuses de l’environnement et renforcement des inégalités environnementales que subissent les populations les plus vulnérables… »</em>, égrène l’appel publié le 19 juin 2026.</p><p>Comment peut-on être surpris de cette nouvelle canicule ? En 2021 déjà, le <a href="https://www.ipcc.ch/languages-2/francais/" class="spip_out" rel="external">sixième rapport du Giec</a>, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, soulignait que <em>« l’ampleur des changements récents dans l’ensemble du système climatique est sans précédent depuis des siècles. Il est incontestable que l’influence humaine a réchauffé l’atmosphère, les océans et les terres »</em>. Cette alerte constituait un <em>« code rouge pour l’humanité »</em>, avait alors réagi Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU.</p><p>Depuis des décennies, les scientifiques alertent sur le changement climatique et ses conséquences. Depuis des décennies, les mouvements écologistes appellent à agir pour lutter contre le dérèglement climatique. E, depuis des décennies, les dirigeant tardent à agir. Chronologie.</p><h2 class="spip" id="t1956-lt-lt-La-temperature-a-la-surface-de-la-terre-augmenterait-de-3-6oC">1956 : « La température à la surface de la terre augmenterait de 3,6°C »</h2><p>Au milieu des années 1950, le chercheur canadien Gilbert Plass publie plusieurs articles sur une possible augmentation de la température terrestre due aux émission humaines de gaz à effet de serre. <em>« Les derniers calculs montrent que si la teneur en dioxyde de carbone dans l’atmosphère doublait, la température à la surface de la terre augmenterait de 3,6°C »</em>, écrit-il dans l’article <a href="https://legacy-assets.eenews.net/open_files/assets/2020/09/25/document_cw_03.pdf" class="spip_out" rel="external">« Le dioxyde de carbone et le climat »</a>, publié en 1956.</p><h2 class="spip" id="t1965-La-Maison-Blanche-s-inquiete">1965 : La Maison Blanche s’inquiète</h2><p>En 1965, le président des États-Unis, Lyndon Johnson, commande à son comité consultatif scientifique <a href="https://nsarchive.gwu.edu/document/31937-document-2-white-house-report-restoring-quality-our-environment-report-environmental" class="spip_out" rel="external">un rapport sur le sujet</a>. Le document met en garde le gouvernement contre la fonte rapide de l’Antarctique, l’élévation du niveau des mers, et des changement de températures que pourrait causer la hausse des émissions de CO2.</p><h2 class="spip" id="t1971-lt-lt-Urgence-croissante-a-agir">1971 : « Urgence croissante à agir »</h2><p>Dans un livre coordonné par le Massachusetts Institute of Technology, le MIT, <a href="https://archive.org/details/inadvertentclima0000stud/page/n3/mode/2up" class="spip_out" rel="external"><em>Rapport de l’étude de l’impact de l’homme sur le climat</em></a>, 30 spécialistes mondiaux du cycle du carbone et du climat affirme que : <em>« Nous connaissons suffisamment le fonctionnement du climat et la construction des modèles climatiques pour reconnaître la possibilité d’un changement climatique d’origine humaine. »</em></p><div class="spip_document_23114 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="70" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/cover.jpg" width="360" height="577" alt="Couverture du Le rapport de l'étude sur l'impact de l'homme sur le climat de 1971, sur laquelle on voit la terre." aria-describedby="by23114-86f3dfcc4b45da8d4938adb5c138957f" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by23114-86f3dfcc4b45da8d4938adb5c138957f">Le rapport de l’étude sur l’impact de l’homme sur le climat de 1971.
</figcaption></figure></div><p>L’étude conclut qu’une « course contre la montre climatique » s’est engagée : <em>« Nous sommes convaincus que l’homme peut influencer le climat et nous espérons que le rythme des progrès de notre compréhension pourra suivre l’urgence croissante à agir avant que certaines forces dévastatrices ne soient mises en mouvement – des forces que nous pourrions être impuissants à inverser. »</em></p><p>Suite à cette synthèse, deux recommandations appelant à la vigilance sur les évolutions de l’atmosphère et à plus de recherches sur le climat sont émises lors du premier sommet mondial sur l’environnement organisé par les Nations unies à Stockholm en 1972.</p><h2 class="spip" id="t1979-Premiere-conference-internationale-sur-le-climat">1979 : Première conférence internationale sur le climat</h2><p>Dans les deux décennies qui suivent, d’autres scientifiques travaillent sur la question de l’effet des gaz à effet de serre sur le climat. <em>« À peu près tout ce que nous comprenons du réchauffement climatique à l’heure actuelle était déjà compris en 1979. Et peut-être même mieux compris »</em>, écrit le journaliste Nathaniel Rich dans <a href="https://www.editionspoints.com/ouvrage/perdre-la-terre-nathaniel-rich/9782757884225" class="spip_out" rel="external">son livre <em>Perdre la terre</em></a>.</p><p>Un <a href="https://geosci.uchicago.edu/~archer/warming_papers/charney.1979.report.pdf" class="spip_out" rel="external">rapport de l’Académie nationale des sciences</a> des États-Unis, publié en 1979 estime déjà qu’il est hautement crédible qu’une augmentation du CO2 dans l’atmosphère entraînera un réchauffement planétaire. En cas de doublement du niveau de CO2, <em>« les modélisation les plus réalistes prévoient un réchauffement global de la surface de la terre compris entre 2°C et 3,5°C »</em>, dit le rapport conduit par le météorologue Jule Charney.</p><p>Les experts envisagent, compte tenu du rythme de l’époque d’augmentation des émissions, un doublement du niveau de CO2 d’ici à 2030. Le chercheur prévient aussi qu’une politique d’attentisme sur le sujet reviendrait à attendre <em>« jusqu’à ce qu’il soit trop tard »</em>. Rétrospectivement, même si elle avait un peu surestimé la croissance exponentielle des émissions, cette mise en garde de 1979 n’était pas loin de la réalité, puisque le seuil de +1,5°C sera franchi bien avant 2030 en l’état des émissions.</p><p>La même année a lieu la première conférence internationale sur le climat, à Genève. Les scientifiques de 50 nations tombent d’accord sur le fait qu’il est nécessaire et urgent d’agir. Quatre mois plus tard, à l’occasion d’une réunion du G7 à Tokyo, les dirigeants des pays les plus riches signent une déclaration dans laquelle ils s’engageaient à réduire leurs émissions de carbone. L’action internationale pour réduire les émission semble sur la bonne voie...</p><h2 class="spip" id="t1982-Exxon-modelise-le-changement-climatique">1982 : Exxon modélise le changement climatique</h2><p>La multinationale pétrolière états-unienne Exxon se penche sur la question du changement climatique <a href="https://www.greenpeace.org/usa/research/denial-and-deception-a-chronicle-of-exxonmobils-efforts-to-corrupt-the-debate-on-global-warming/" class="spip_out" rel="external">déjà depuis les années 1970</a>. En 1982, l’entreprise produit en interne une modélisation du changement climatique, indiquant qu’une augmentation des émission de CO2 causerait irrémédiablement <a href="https://www.climatefiles.com/exxonmobil/august-24-1982-exxon-presentation-on-co2-greenhouse-effect-and-exxon-climate-modeling/" class="spip_out" rel="external">un réchauffement de la planète</a>. Exxon, comme d’autres compagnies exploitant des énergies fossiles, savaient déjà que leur activité contribue au changement climatique, comme <a href="https://insideclimatenews.org/news/19112015/petition-exxon-mobil-climate-change-federal-probe-attorney-general/" class="spip_out" rel="external">l’ont accusé dans une pétition</a> en 2015 plusieurs centaines de milliers d’activistes et de citoyens états-uniens.</p><h2 class="spip" id="t1984-lt-lt-Danger-la-terre-se-rechauffe">1984 : « Danger : la terre se réchauffe »</h2><p><em>« Climat. Danger : la terre se réchauffe »</em>, titre le magazine français <em>Géo</em>. <em>« L’été de 2023 s’annonce encore plus torride que les précédents</em>, prédit l’article. <em>La planète chauffe et mijote comme un vulgaire casserole de potage oubliée sur le feu. Les climatologiques dénoncent un coupable : l’augmentation en teneur en gaz carbonique de l’atmosphère. »</em></p><h2 class="spip" id="t1986-Shell-cree-un-lt-lt-groupe-de-travail-sur-l-effet-de-serre">1986 : Shell crée un « groupe de travail sur l’effet de serre »</h2><p>L’entreprise pétrolière anglo-néerlandaise Shell a elle aussi bien conscience du problème. Le groupe de travail sur l’effet de serre qu’elle a créé en 1986 <a href="https://www.documentcloud.org/documents/4411090-Document3.html#document/p9/a411239" class="spip_out" rel="external">publie deux ans plus tard un rapport</a> qui considère, au rythme actuel des émissions de gaz à effet de serre, un changement climatique important comme certain, pouvant conduire à une hausse de plusieurs mètres du niveau de la mer au 21<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle.</p><div class="spip_document_10756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_verticale" data-legende-len="67" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><img src="https://basta.media/IMG/jpg/260.jpg" width="260" height="341" alt="Une du Spiegel en 1986 : « La catastrophe climatique »." aria-describedby="by10756-04cb74b22bd4489d99b9cddccdb58550" /><figcaption class="spip_doc_legende" id="by10756-04cb74b22bd4489d99b9cddccdb58550">Une du <em>Spiegel</em> en 1986 : « La catastrophe climatique ».
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="t1988-Premier-objectif-de-reduction-des-emissions">1988 : Premier objectif de réduction des émissions</h2><p>En juin 1988, lors d’une conférence sur le climat organisée à Toronto (Canada), des centaines d’experts venus de dizaine de pays adoptent une déclaration commune qui fixe un objectif de réduction de 20 % des émissions de gaz en effet de serre d’ici à 2005. En décembre, l’ONU crée le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.</p><h2 class="spip" id="t1989-Les-petroliers-s-organisent-contre-toute-regulation">1989 : Les pétroliers s’organisent contre toute régulation</h2><p>Shell, Exxon Mobil et l’American Petroleum Institute, organisation qui regroupe les industriels états-uniens du gaz et du pétrole, participent à la création de la Global Climate Coalition (GCC), groupe d’entreprises qui luttent contre la régulation climatique. Les sept principales compagnies pétrolières occidentales (Chevron, Exxon, Shell, BP, Total...) sont, à elles seules, responsables de 15 % des émissions de CO2.</p><h2 class="spip" id="t1990-Premier-rapport-du-Giec">1990 : Premier rapport du Giec</h2><p><em>« Le réchauffement de la planète est inéluctable »</em> <a href="https://www.lemonde.fr/archives/article/1990/10/31/la-deuxieme-conference-mondiale-sur-le-climat-le-rechauffement-de-la-planete-est-ineluctable_3984596_1819218.html" class="spip_out" rel="external">titre <em>Le Monde</em> le 7 novembre 1990</a> au sujet du premier rapport du Giec. <em>« Tous les scientifiques sérieux sont d’accord : pour la première fois de son histoire, l’humanité met en danger grave sa propre survie. »</em></p><p>Dans <a href="https://www.ipcc.ch/report/ar1/wg1/" class="spip_out" rel="external">leur premier rapport</a>, le groupe de scientifiques <em>« s’inquiète du fait que les activités humaines puissent modifier le climat de la planète par le biais de la production de gaz à effet de serre, par les émissions passées et continues de dioxyde de carbone et d’autres gaz qui entraîneront une augmentation de la température de la surface de la Terre, ce que l’on appelle communément le "réchauffement de la planète" »</em></p><p>Le Giec prévoit alors une augmentation probable de la température moyenne mondiale d’environ 1°C au-dessus de la valeur de 1990 d’ici 2025, et de 3°C avant la fin du 21<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle, ainsi qu’une augmentation du niveau moyen mondial de la mer de 20 cm d’ici 2025 et de 65 cm d’ici 2100. 31 ans plus tard, <a href="https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-du-climat/1-observations-du-changement-climatique" class="spip_out" rel="external">la montée du niveau des océans</a> approche les 10 cm.</p><h2 class="spip" id="t1992-Sommet-de-la-terre-de-Rio">1992 : Sommet de la terre de Rio</h2><p>Le Sommet de la terre à Rio en 1992 aboutit à l’adoption de la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique. Celle-ci reconnaît explicitement la responsabilité humaine dans ce phénomène. Elle fixe aussi l’objectif de la stabilisation des concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui ne mettrait pas en danger le climat mondial. Mais aucune décision concrète n’est prise pour réduire ces émissions de gaz à effet de serre. L’objectif de réduction de 20 % d’ici 2005 proposé à Toronto quatre ans plus tôt n’a pas été repris dans la Convention Climat adoptée à Rio. Treize années ont passé depuis la réunion du G7 à Tokyo sur le sujet...</p><h2 class="spip" id="t1995-Deuxieme-rapport-du-Giec-et-premiere-Conference-des-parties-sur-le-nbsp">1995 : Deuxième rapport du Giec et première Conférence des parties sur le climat (Cop)</h2><p>Depuis leur premier rapport, <em>« les concentrations de gaz à effet de serre ont continué à augmenter »</em>, <a href="https://www.ipcc.ch/report/ar2/wg1/" class="spip_out" rel="external">note le Giec en 1995</a>. <em>« On s’attend à ce qu’un réchauffement général conduise à une augmentation des jours extrêmement chauds et une diminution du nombre de jours extrêmement froids. (…) Plusieurs modèles indiquent une augmentation de l’intensité des précipitations, ce qui laisse entrevoir la possibilité d’événements pluvieux plus extrêmes. »</em> Le groupe de scientifiques ajoute qu’<em>« un changement climatique rapide et durable pourrait modifier l’équilibre entre les espèces, voire entraîner le dépérissement des forêts, ce qui modifierait l’absorption et la libération du carbone sur la terre. »</em></p><h2 class="spip" id="t1997-Protocole-de-Kyoto">1997 : Protocole de Kyoto</h2><p>Avec le protocole de Kyoto, 37 pays s’engagent sur des objectifs contraignants de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre, pour atteindre une réduction globale de ces émissions d’au moins 5 % entre 2008 et 2012 par rapport au niveau de 1990. Le protocole est entré en vigueur en 2005, le temps qu’un nombre significatif de pays le ratifient. Les États-Unis ne l’ont jamais ratifié, le Canada s’en est retiré. L’objectif de réduction, pourtant limité, n’a pas été tenu.</p><h2 class="spip" id="t1998-Plan-de-lobbying-a-6-millions-de-dollars-des-industriels-des-fossiles">1998 : Plan de lobbying à 6 millions de dollars des industriels des fossiles</h2><p>L’American Petroleum Institute met au point en 1998 un plan global de communication et d’action sur le climat (« Global Climate Science Communications Action Plan »). C’est un vaste projet de lobbying. Dans un mémo <a href="https://www.nytimes.com/1998/04/26/us/industrial-group-plans-to-battle-climate-treaty.html" class="spip_out" rel="external">rendu public par le <em>New York Times</em></a>, l’organisation propose une stratégie à 6 millions de dollars pour peser sur le Congrès des États-Unis, les médias et autres arènes pour nier l’évidence du changement climatique dû aux émissions de gaz à effet de serre.</p><h2 class="spip" id="t2001-Troisieme-rapport-du-Giec">2001 : Troisième rapport du Giec</h2><p>Le [troisième <a href="https://www.ipcc.ch/report/ar3/wg1/" class="spip_out" rel="external">rapport du Giec</a> prédit une hausse des températures jusqu’à + 5,8°C d’ici 2100 à défaut d’action résolue. <em>« Les émissions de gaz à effet de serre et d’aérosols dues aux activités humaines continuent de modifier l’atmosphère d’une manière qui devrait affecter le climat »</em>, constatent les scientifiques en 2001. Les effets du dérèglement climatique sont déjà là. <em>« À l’échelle mondiale, il est très probable que les années 1990 aient été la décennie la plus chaude et que 1998 ait été l’année la plus chaude depuis 1861. Dans certaines régions, comme certaines parties de l’Asie et de l’Afrique, la fréquence et l’intensité des sécheresses ont augmenté au cours des dernières décennies. »</em></p><h2 class="spip" id="t2005-Annee-la-plus-chaude-depuis-un-siecle">2005 : Année la plus chaude depuis un siècle</h2><p>Un rapport de la NASA constate que 2005 a été la plus chaude <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2006/01/25/2005-a-ete-l-annee-la-plus-chaude-depuis-plus-d-un-siecle_734213_3244.html" class="spip_out" rel="external">depuis la fin du 19<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle</a>.</p><h2 class="spip" id="t2007-Quatrieme-rapport-du-Giec">2007 : Quatrième rapport du Giec</h2><p><em>« Le réchauffement du système climatique est sans équivoque »</em>, écrit le Giec <a href="https://www.ipcc.ch/report/ar4/wg1/" class="spip_out" rel="external">dans son quatrième rapport</a>, <em>« comme le montrent aujourd’hui les observations de l’augmentation des températures moyennes mondiales de l’air et des océans, la fonte généralisée de la neige et de la glace et l’élévation du niveau moyen mondial de la mer. (…) Une augmentation significative des précipitations a été observée dans les parties orientales de l’Amérique du Nord et du Sud, en Europe du Nord et en Asie centrale et septentrionale. Un assèchement a été observé au Sahel, en Méditerranée, en Afrique du Sud et dans certaines parties de l’Asie du Sud. »</em></p><h2 class="spip" id="t2008-Nouvelle-negociation-pour-rien-en-Pologne">2008 : Nouvelle négociation pour rien en Pologne</h2><p>Lors de la quatorzième conférence internationale sur le climat de Poznan, en Pologne, les 27 pays de l’Union européenne s’entendent sur les moyens de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 20 % en 2020 par rapport à 1990, mais d’autres pays riches,comme le Canada ou le Japon rechignent à s’engager. <em>« Les conclusions de la 14<sup class="typo_exposants">e</sup> conférence internationale sur le climat sont largement en deçà de ce qu’exige l’urgence de la situation</em>, <a href="https://basta.media/l-effet-de-serre-promis-a-un-bel-avenir" class="spip_in">concluait alors la journaliste de <em>basta!</em></a> Sophie Chapelle. <em>Les pays du Nord se sont illustrés par leur absence de solidarité envers les pays du Sud. »</em></p><h2 class="spip" id="t2009-Accord-de-Copenhague">2009 : Accord de Copenhague</h2><p>En 2009, lors de la quinzième conférence sur le climat (Cop15), à Copenhague au Danemark, où associations et mouvements internationaux sont particulièrement mobilisés, les pays du monde entier se mettent enfin d’accord pour limiter la hausse des températures sous 2°C d’ici à la fin du 21<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle (par rapport aux températures préindustrielles, en 1850). L’accord de de Copenhague prévoit aussi un effort financier des pays développés de 30 milliards de dollars sur 2010-2012. Mais le texte est critiqué : pour la faiblesses des objectifs de réduction d’émissions, et l’absence de contraintes pesant sur les pays signataires, donc d’obligation d’actions concrètes.</p><div class="spip_document_23117 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="72" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/copnehagen.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2286806140 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp?1782132321 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp?1782132747 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/copnehagen.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/copnehagen.jpg" width="960" height="643" alt="Une pancarte &quot;There is no Planet B&quot;" aria-describedby="by23117-9c987a7043b7e396e9d89bb7f9fca1f0" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/copnehagen.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23117-9c987a7043b7e396e9d89bb7f9fca1f0">À la Cop de Copenhague en 2009.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/2.0/" class="spip_out" rel="external">CC BY-NC-ND 2.0</a> <a href="https://www.flickr.com/photos/barnstormed/6344708100" class="spip_out" rel="external">Barnstormed via flickr</a>
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="t2010-Un-Fonds-vert-pour-le-climat">2010 : Un Fonds vert pour le climat</h2><p>Les accords de Cancún (Mexique) actent notamment le lancement d’un « Fonds vert pour le climat » et d’un système de compensation pour lutter contre la déforestation. Mais dans le texte final de l’accord, <em>« les populations autochtones et les communautés locales vivant des forêts ont été évincées »</em>, <a href="https://basta.media/climat-cancun-un-accord-a-tout-prix" class="spip_in">pointons-nous dans <em>basta!</em></a> en 2010.</p><h2 class="spip" id="t2011-Le-protocole-de-Kyoto-prolonge">2011 : Le protocole de Kyoto prolongé</h2><p>Le paquet de décisions de Durban (Afrique du Sud) allonge la validité du Protocole de Kyoto jusqu’en 2020. Les grands pays émetteurs de gaz à effet de serre acceptent de s’inscrire dans un accord global de réduction de leurs émissions, qui devra être précisé au plus tard d’ici à 2015 et entrer en vigueur en 2020.</p><h2 class="spip" id="t2012-Sommet-de-la-Terre-Rio-20">2012 : Sommet de la Terre "Rio+20"</h2><p>Trois ans après le sommet de Copenhague, l’accord sorti de ce nouveau sommet de Rio table sur une limitation de la hausse de la température mondiale moyenne à 1,5°C. Pourtant, <em>« c’est la planète qui est perdante dans cet accord</em> a minima <em> »</em>, <a href="https://basta.media/on-ne-creera-pas-d-emplois-sur-une-planete-morte" class="spip_in">concluait-on sur <em>basta!</em></a> après avoir suivi les négociations sur place. Car <em>« aucun objectif collectif pour restreindre les subventions aux énergies fossiles ou davantage taxer les carburants n’a été fixé »</em>.</p><h2 class="spip" id="t2013-Cinquieme-rapport-du-Giec">2013 : Cinquième rapport du Giec</h2><p><em>« Le réchauffement du système climatique est sans équivoque et, depuis les années 1950, bon nombre des changements observés sont sans précédent sur des décennies, voire des millénaires</em>, <a href="https://www.ipcc.ch/report/ar5/wg1/" class="spip_out" rel="external">écrit le Giec en 2013</a>. <em>L’atmosphère et l’océan se sont réchauffés, les quantités de neige et de glace ont diminué, le niveau de la mer s’est élevé et les concentrations de gaz à effet de serre ont augmenté. »</em></p><p>Dans l’hémisphère Nord, la période 1983-2012 a <em>« probablement été la période de 30 ans la plus chaude des 1400 dernières années</em>, y pointent les scientifiques. <em>L’influence humaine sur le système climatique est évidente</em>, y rappellent-ils aussi. <em>La poursuite des émissions de gaz à effet de serre entraînera un réchauffement supplémentaire et des changements dans toutes les composantes du système climatique. »</em> Comment l’éviter ? <em>« Pour limiter le changement climatique, il faut réduire considérablement et durablement les émissions de gaz à effet de serre »</em>, conclut le Giec sans détour.</p><p>À la Cop19, à Varsovie, les mouvements sociaux et ONG présents, constatant l’absence d’avancées, quittent la conférence. L’accord finalement trouvé « in extremis » permet tout juste de <a href="https://basta.media/climat-les-lecons-de-la-conference-de-varsovie-avant-d-aborder-celle-de-paris" class="spip_in">poursuivre les négociations</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="t2014-Premieres-marches-pour-le-climat">2014 : Premières marches pour le climat</h2><p>En septembre, des marches pour le climat sont organisées à travers le monde. 100 000 personnes y participent à New-York, 15 000 à Paris. En décembre, la conférence climatique de Lima au Pérou doit préparer celle de Paris, l’année suivante. Elle a aussi créé l’« Agenda de l’action », qui associe les acteurs non étatiques, notamment les entreprises, aux efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique. Mais c’est, encore une fois, l’inaction qui l’emporte, <a href="https://basta.media/climat-a-lima-gouvernements-et-chefs-d-etat-choisissent-l-inaction" class="spip_in">comme nous l’expliquions</a> sur <em>basta!</em> : <em>« Si le texte validé à Lima “note avec une vive préoccupation” l’écart entre ce qu’il faudrait faire d’ici 2020 et ce qui est actuellement sur les rails, aucune réponse concrète n’est apportée. »</em></p><h2 class="spip" id="t2015-Accord-de-Paris">2015 : Accord de Paris</h2><p>L’accord adopté à la 21<sup class="typo_exposants">e</sup> conférence internationale sur le climat (Cop21) au Bourget, à Paris, le 12 décembre 2015, vise à limiter la hausse de la température en deçà de 2°C, en faisant tous les efforts pour la maintenir en deçà de 1,5°C. Ce sont les objectifs qui doivent prendre la suite du protocole de Kyoto. Là encore, l’accord, entré en vigueur l’année suivante, ne prévoit aucune contrainte. Sa mise en œuvre est soumise à la bonne volonté des États.</p><p><em>« Sans feuille de route clairement établie, sans mention des points de passage en 2020 et 2050 fixés par le Giec pour revenir sur une trajectoire inférieure à 2 °C, l’accord de Paris met en danger le simple droit à vivre de nombreuses populations à travers la planète »</em> <a href="https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/reaction-d-attac-france-a-l-accord-de-paris" class="spip_out" rel="external">réagissait Attac France</a>, membre de la Coalition climat créée pour l’occasion.</p><div class="spip_document_10767 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="118" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2184851863 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp?1767895027 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp?1767136328 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp?1767538904 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg?1774629446 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp?1782051159 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp?1767785171 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp?1774629446 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg@.webp?1766448515 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg?1768576165" width="960" height="639" alt="Cinq personnes dont François Hollande les bars levés et joints sur un podium." aria-describedby="by10767-be533100628046a48379681a45fb2ae4" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg?1774629446 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/23595388112_a931b9305e_o.jpg?1768576165 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by10767-be533100628046a48379681a45fb2ae4">Séance plénière de la Cop21 pour l’adoption de l’accord de Paris, en 2015.
Public Domain Dedication (CC0) <a href="https://www.flickr.com/photos/cop21/23595388112" class="spip_out" rel="external">via flickr</a>
</figcaption></figure></div><div class="spip_document_10757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="89" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_2629-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2147705873 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp?1767895026 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp?1767136328 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp?1767538904 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg?1774629445 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp?1782051159 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp?1767785171 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp?1774629445 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg@.webp?1766448515 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg?1769080854" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by10757-d3299c1c56de49a6915eb24041e1671e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg?1774629445 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_2629-2.jpg?1769080854 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by10757-d3299c1c56de49a6915eb24041e1671e">Manifestions pour le climat au moment de la COP21 de Paris, en 2015. ©Myriam Thiébault.
</figcaption></figure></div><p>Dans le même temps, la campagne de désinvestissement des énergies fossile, lancée par le mouvement 350.org, <a href="https://basta.media/les-investisseurs-se-retirent-en-masse-des-energies-polluantes" class="spip_in">prend de l’ampleur</a>. Des centaines de collectivités, investisseurs, universités ou organisations retirent leurs capitaux des banques et fonds investissant dans le secteur pétrolier, gazier ou le charbon.</p><h2 class="spip" id="t2017-Trump-rejette-l-accord-de-Paris">2017 : Trump rejette l’accord de Paris</h2><p>Le nouveau président des États-Unis Donald Trump décide de sortir son pays de l’Accord de Paris.</p><h2 class="spip" id="t2018-Greve-des-jeunes-pour-le-climat">2018 : Grève des jeunes pour le climat</h2><p>En 2018 et 2019, en Europe et dans le monde entier, des jeunes, lycéens, collégiens, étudiants, se mobilisent pour le climat à la suite de la grève scolaire lancée par l’activiste suédoise Greta Thunberg.</p><p>En octobre, Jair Bolsonaro est élu président au Brésil. Pendant autre ans, il <a href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/09/30/au-bresil-le-grand-saccage-des-annees-bolsonaro_6143771_3244.html" class="spip_out" rel="external">sape l’action climatique de son pays</a>. Sous sa présidence, la forêt amazonienne brésilienne est saccagée.</p><div class="spip_document_10768 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="62" data-legende-lenx="x"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3079994518 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp?1767895027 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp?1767136331 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp?1767538904 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg?1774629445 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp?1782051162 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp?1767785171 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp?1774629445 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg@.webp?1766448515 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg?1768430879" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by10768-9e1fd9233a867f3169aa6a5c23f62fa9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg?1774629445 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/climateaction_chatelet04-2.jpg?1768430879 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by10768-9e1fd9233a867f3169aa6a5c23f62fa9">Une action d’Extinction Rebellion à Paris en 2019. ©Anne Paq
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="t2019-l-Allemagne-decide-de-sortir-du-charbon">2019 : l’Allemagne décide de sortir du charbon</h2><p>Alors encore très dépendante du charbon pour sa production électrique (plus d’un tiers de l’électricité allemande cette année-là), l’Allemagne, qui a décidé de sortir du nucléaire en 2011, <a href="https://basta.media/l-allemagne-renonce-enfin-au-charbon-et-sauve-une-foret-millenaire-menacee-par" class="spip_in">acte enfin d’une sortie du charbon</a>. Mais ce ne sera que pour 2038.</p><div class="spip_document_10769 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="144" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/2-10-3.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2829399371 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp?1767895027 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp?1767136334 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp?1767538905 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/2-10-3.jpg?1774629446 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/2-10-3.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/2-10-3.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp?1782051164 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp?1767785171 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/2-10-3.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/2-10-3.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/2-10-3.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp?1774629446 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2-10-3.jpg@.webp?1766448516 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2-10-3.jpg?1768414424" width="960" height="592" alt="" aria-describedby="by10769-82f016f3c3dd4d6024ee2cd28bf0031a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/2-10-3.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/2-10-3.jpg?1774629446 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/2-10-3.jpg?1768414424 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by10769-82f016f3c3dd4d6024ee2cd28bf0031a">Des activistes occupent la mine de charbon de Garzweiler, en Allemagne, qui s’étend sur 43km2 et fait 200 mètres de profondeur. © Gilles Potte
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Janvier-2021-Joe-Biden-revient-dans-l-Accord-de-Paris">Janvier 2021 : Joe Biden revient dans l’Accord de Paris</h2><p>Joe Biden, élu président des États-Unis, signe au premier jour de son mandat un décret présidentiel annonçant le retour des États-Unis dans l’Accord de Paris sur le climat.</p><h2 class="spip" id="Novembre-2021-Cop26">Novembre 2021 : Cop26</h2><p>En France, le Parlement adopte en juillet 2021 une « Loi climat » déjà <em>« obsolète aux regards des objectifs à atteindre »</em>, <a href="https://basta.media/Urgence-climatique-la-procrastination-des-gouvernements-est-un-crime-climatique-loi-climat-Maxime-Combes" class="spip_in">analyse l’économiste Maxime Combes sur <em>basta!</em></a>. Le 9 août, le Giec publie son sixième rapport. Après la Cop24 en 2018 à Katowice et a Cop25 en 2019 à Madrid, une nouvelle conférence des parties sur le climat lieu à Glasgow.</p><p>Lors de cette conférence, pour la première fois, la diminution des énergies fossiles <a href="https://basta.media/COP26-bilan-accords-energies-fossiles-charbon-methane-deforestation-climat-pays-pauvres" class="spip_in">a été évoquée</a>, mais sans calendrier précis. <em>« Même si l’accord de la Cop26 ne rend pas l’objectif de 1,5 °C totalement hors de portée, les gouvernements et les entreprises qui font obstacle à des mesures ambitieuses de lutte contre le changement climatique mettent sciemment en danger des communautés et des cultures entières au nom de leurs propres profits à court terme ou de leur convenance politique. L’histoire ne leur en fera pas grâce »</em>, <a href="https://www.greenpeace.org.uk/news/what-happened-at-cop26/" class="spip_out" rel="external">réagit l’ONG Greenpeace UK</a> à la sortie de cet événement.</p><h2 class="spip" id="t2022-2024-les-Cop-se-suivent-et-se-ressemblent">2022-2024 : les Cop se suivent et se ressemblent</h2><p>En 2022, la Cop27 a lieu en Égypte, en présence de 636 lobbyistes des énergies fossiles, <a href="https://globalwitness.org/en/press-releases/over-100-more-fossil-fuel-lobbyists-than-last-year-flooding-crucial-cop-climate-talks/" class="spip_out" rel="external">dénombre alors l’ONG Global Witness</a>. Sans trop de surprise, la fin des énergies fossiles ne figure toujours pas dans le texte. Pire, <em>« en périphérie du sommet ont été signés une vingtaine de contrats sur le gaz, que les pays européens, notamment, recherchent fébrilement pour compenser la fermeture des pipelines alimentés par la Russie »</em>, <a href="https://ccfd-terresolidaire.org/bilan-de-la-cop-27-avancees-et-cartons-rouges/" class="spip_out" rel="external">critique aussi le CCFD-Terre solidaire</a>. Malgré tout, lors de cette conférence, les pays du Sud ont obtenu la création d’un fonds financier pour lutter contre les pertes et dommages qu’ils subissent à cause du changement climatique.</p><div class="spip_document_23116 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="77" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/cop28.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1691525875 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp?1782132363 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp?1782134219 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/cop28.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/cop28.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/cop28.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/cop28.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/cop28.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/cop28.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/cop28.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/cop28.jpg" width="960" height="640" alt="Des hommes sourient lors d'une déclaration officielle à la Cop28." aria-describedby="by23116-313037bd1177264c9514af03ca871aa1" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/cop28.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/cop28.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/cop28.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23116-313037bd1177264c9514af03ca871aa1">Lors de la Cop28 de Dubaï.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/" class="spip_out" rel="external">CC BY-NC-SA 2.0 Deed</a> <a href="https://www.flickr.com/photos/unfccc/53395344303/" class="spip_out" rel="external">UNclimatechange via flickr</a>.
</figcaption></figure></div><p>La Cop28 se tient à Dubaï en 2023. Là, l’accord mentionne certes <em>« une transition hors des énergies fossiles »</em>, mais <a href="https://www.greenpeace.fr/espace-presse/cop28-un-accord-qui-manque-cruellement-de-fermete/" class="spip_out" rel="external"><em>« manque cruellement de fermeté »</em></a>, et de plan clair, critique Greenpeace. La Cop29 de 2024, à Bakou en Azerbaïdjan, un autre pays producteur d’énergies fossiles, est un <em>« échec »</em>, conclut le Réseau action climat. <em>« Le défi reste entier pour s’assurer que les pays vulnérables aux effets des changements climatiques reçoivent des soutiens adaptés à leurs besoins »</em>, <a href="https://reseauactionclimat.org/cop29-lechec-dune-conference-marquee-par-la-victoire-des-egoismes/" class="spip_out" rel="external">relève alors l’ONG</a>.</p><h2 class="spip" id="t2025-Retour-de-Trump-mais-aussi-de-Lula">2025 : Retour de Trump, mais aussi de Lula</h2><p>Réélu président en novembre 2024, Trump retire pour la deuxième les États-Unis de l’Accord de Paris et refuse donc d’en respecter les engagements. Le président soutien aussi massivement le secteur états-unien des fossiles.</p><p>En novembre, la trentième conférence internationale sur le climat a lieu à Belém, au Brésil, où le président Lula est revenu au pouvoir en 2023 et a relancé l’action climatique et la protection de l’Amazonie. L’hôte brésilien entendait saisir l’occasion pour donner un nouveau souffle à la dynamique de l’Accord de Paris. Mais là encore, les espoirs sont douchés. Aucune feuille de route concrète n’est adoptée pour mettre fin à la destruction des forêts et aller vers la sortie des énergies fossiles.</p><p>La transition avance à certains endroits malgré tout. En 2025, pour la première fois, les énergies solaire et éolienne ont produit plus d’électricité que les fossiles <a href="https://www.theguardian.com/environment/2026/jan/22/wind-and-solar-overtook-fossil-fuels-in-power-generation-for-eu-in-2025-report" class="spip_out" rel="external">dans les pays de l’Union européenne</a>.</p><h2 class="spip" id="t2026-crise-climatique-et-crise-petroliere">2026 : crise climatique et crise pétrolière</h2><p>En février, les États-Unis et Israël attaquent l’Iran, qui bloque en retour le détroit d’Ormuz, par où transite un cinquième du pétrole mondial. Le monde entier, et en particulier des pays du Sus dépendants d’importations de pétrole comme le Bangladesh, le Pakistan, l’Inde, les Philippines, <a href="https://basta.media/pierre-charbonnier-les-etats-unis-sont-en-train-de-se-transformer-en-petromonarchie-guerre-Iran-crise-petroliere" class="spip_in">connait une crise pétrolière historique</a>. Et la planète transpire sous des températures qui augmentent sans cesse.</p><p>En mai déjà, l’Europe connaît un épisode de canicule sans précédent pour ce mois de l’année. Dans le même temps, aux États-Unis, les majors pétrolières continuent <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/05/27/aux-etats-unis-les-majors-ouvrent-de-nouveaux-puits-de-petrole-pour-augmenter-la-production_6694165_3234.html" class="spip_out" rel="external">de forer de nouveaux puits de pétrole</a>…</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Canicule-climat-Giec-chronologie-50-ans-alertes-scientifiques-inaction-dirigeants</link>
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      <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 08:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Présomption de légitime défense : comment une demande des policiers d'extrême droite est devenue mainstream]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le 7 juillet prochain, l’Assemblée nationale devra se prononcer sur une proposition de loi, portée par les députés Les Républicains (LR), <a href="https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0691_proposition-loi#" class="spip_out" rel="external">instaurant une « présomption de légitime défense »</a> pour les policiers nationaux, municipaux et les gendarmes. Jusqu’à présent, un membre des forces de l’ordre est présumé innocent – comme n’importe quel citoyen – s’il est accusé d’avoir fait usage de son arme sans discernement, de manière illégitime ou disproportionnée. En cas de doute, un policier ou un gendarme peut ainsi être mis en examen pour expliquer son acte. À la justice, ensuite, de trancher, en fonction des éléments de l’enquête, sur la « nécessité absolue » ou non de l’ouverture du feu.</p><p>Avec cette loi, tout membre des forces de l’ordre sera présumé en état de légitime défense s’il fait usage de son arme à feu, quelles que soient les circonstances ou la réalité de la menace. Même s’il tire dans le dos de quelqu’un qui n’est pas armé, par exemple. Policiers et gendarmes n’auront donc plus besoin de justifier de manière automatique de l’immédiateté d’une menace et de la proportionnalité de la riposte.</p><p>Si cette loi est adoptée, policiers et gendarmes bénéficieront d’une dérogation importante face au <em>« principe d’égalité de toutes et tous devant la loi »</em>. Ce qui inquiète nombre d’organisations, comme Amnesty International, la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat des avocats de France, le Syndicat de la magistrature ou le collectif Stop aux violences d’État, qui assimilent cette mesure à une sorte de <em>« permis de tuer »</em>.</p><p>Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’y est déjà dit <em>« favorable à titre personnel »</em>, et une partie du bloc central pourrait voter cette proposition de loi. Cette revendication de présomption de légitime défense ne vient pas de nulle part. Elle est portée de longue date par les organisations les plus extrémistes au sein de la police, proches de l’extrême droite, et a fini par pénétrer la droite comme une partie de la gauche.</p><h2 class="spip" id="Au-debut-les-lt-lt-coleres-policieres">Au début, les « colères policières »</h2><p>À chaque fois qu’un policier fait l’objet d’une mise en examen pour éclaircir les conditions dans lesquelles il a ouvert le feu et tué quelqu’un, l’affaire sert de prétexte <a href="https://shs.hal.science/halshs-01300190v1" class="spip_out" rel="external">à des « colères policières »</a>, comme les nomme le sociologue Fabien Jobard. Dès les années 1970, ces « colères » visent la justice, perçue comme trop dure envers les policiers.</p><p><strong>Début juillet 1976</strong>, 3000 inspecteurs décident ainsi de déposer leur arme pour protester contre l’ouverture d’une information judiciaire visant deux de leurs collègues de la brigade criminelle. Ceux-ci avaient tiré huit balles, tuant sur son divan, à son domicile de Fontenay-Sous-Bois (Val-de-Marne), un employé de la Banque de France, Bernard Baptedou. Les policiers <a href="https://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0607_19760628/OBS0607_19760628_025.pdf" class="spip_out" rel="external">l’avaient confondu avec un suspect</a> recherché dans une affaire de kidnapping – et avaient fait irruption dans son appartement par erreur. Les policiers qui protestent alors réclament une « présomption de légitime défense » pour leurs collègues.</p><p><strong>En 1980</strong>, c’est l’affaire du brigadier Roger Marchaudon qui provoque une telle « colère ». Le brigadier comparaît libre à son procès aux assises pour avoir abattu de plusieurs balles dans le dos Mustapha Boukhezzer, 21 ans. Le brigadier est défendu par l’avocat Henri-René Garaud, cofondateur d’une nouvelle association, Légitime défense, et membre d’un petit parti de droite extrême (le Centre national des indépendants et paysans, qui soutiendra Éric Zemmour en 2022). L’association milite pour laisser aux policiers le droit de tirer, quel que soit le danger. Au tribunal, lors de l’audience, des groupes de policiers en civil <a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/legitime-defense-ou-racisme-policier-depuis-40-ans-l-impunite-sur-le-banc-des-accuses-4690302" class="spip_out" rel="external">intimident la sœur de la victime</a>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><aside class="c-repere">
<div class="c-repere-body"><div class="c-repere-response collapse" id="l_039_affaire_roger_marchaudon"><p>Le brigadier Roger Marchaudon intervient, avec d’autres policiers à la suite d’un appel d’une riveraine trouvant suspect un groupe de jeunes, à proximité d’un bureau de poste de Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine). À l’arrivée de la police, le groupe de jeunes s’enfuit. Roger Marchaudon poursuit<br class="autobr" />
Mustapha Boukhezzer, 21 ans, et le tue de plusieurs balles au prétexte que celui-ci se serait retourné en étant possiblement armé.<br class="autobr" />
Trois jours plus tôt, dans le 18<sup class="typo_exposants">e</sup> arrondissement de Paris, le brigadier tuait de trois balles dans le dos Abderrahmane Benghenissia, un jeune suspecté d’appartenir à une bande de pickpockets qui s’enfuit à l’arrivée de la police (cette première affaire se conclura par un non-lieu). Mais dans l’affaire de Châtenay-Malabry, une témoin assure que le brigadier a achevé Mustapha Boukhezzer, à terre, d’une balle à bout portant. Le verdict tombe en mai 1981 : cinq ans de prison avec sursis.</p></div></div>
</aside><p><strong>En 1982</strong>, Céline Carré, <a href="https://referentiel.nouvelobs.com/archives_pdf/OBS0932_19820918/OBS0932_19820918_051.pdf" class="spip_out" rel="external">est tuée</a> le 9 septembre à bord d’une voiture qui prenait la fuite pour éviter un contrôle. Les agents de la brigade de surveillance de nuit tirent alors quatorze coups de feu, tous par l’arrière ou de côté. Un non-lieu clôture l’instruction en 1987 : <em>« La légitime défense est évidente même si la jeune fille a été abattue dans le dos »</em>, tente le syndicat indépendant de la police nationale (SIPN, classé très à droite et ancêtre du syndicat Alliance). Ses membres menacent de bloquer la circulation et de manifester <em>« en tenue ou en service »</em> si leur revendication d’un usage plus libre des armes n’est pas entendue.</p><h2 class="spip" id="Les-premiers-relais-politiques">Les premiers relais politiques</h2><p>C’est un socialiste, Gaston Defferre, qui est parmi les premiers ministres de l’Intérieur à se prononcer en faveur d’un usage harmonisé des conditions d’ouverture du feu entre policiers et gendarmes – ces derniers, en tant que militaires, bénéficiant de conditions encadrées mais plus souples. Jugeant cette position dangereuse, Robert Badinter, alors ministre de la Justice, et qui vient d’abolir la peine de mort, s’y oppose fermement. Tout comme les syndicats policiers majoritaires de l’époque, réunis au sein de la Fédération autonome des syndicats de police (Fasp), dont les dirigeants sont proches du Parti socialiste (PS). La Fasp craint alors une hausse des tirs par de jeunes recrues mal formées à l’usage de l’arme à feu.</p><p><strong>En 1983</strong>, après une cérémonie d’obsèques en hommage à deux collègues tués, 2500 policiers manifestent sous les fenêtres du ministère de la Justice au cri de <em>« Badinter démission, en prison ! »</em> Ils répondent à l’appel de la Fédération professionnelle et indépendante de la police (Fpip), un petit syndicat d’extrême droite, et dénoncent un <em>« laxisme de la justice »</em> face à <em>« la racaille »</em>. L’un des participants, venu en soutien protester <em>« contre la politique qui aboutit à l’insécurité dans notre pays »</em> n’est autre que Jean-Marie Le Pen, président d’un Front national encore faible électoralement.</p><aside class="c-repere">
<div class="c-repere-body"><div class="c-repere-response collapse" id="les_obseques_d_039_emile_gondry_et_claude_caiola"><p>Cette mobilisation se déroule lors des obsèques de deux policiers, Émile Gondry et Claude Caiola. Le 31 mai, ils sont tués lors d’une fusillade par des membres du groupe terroriste d’extrême gauche Action directe. Trois des auteurs de la fusillade seront condamnés à la réclusion à perpétuité, un quatrième complice à 10 ans de prison, démentant le prétendu laxisme de la justice.</p></div></div>
</aside><p>La Fpip s’est créée en 1973 et compte en son sein des militants néonazis du Parti nationaliste français et européen (PNFE) ou de l’Œuvre française. Plusieurs de ses membres seront ensuite révoqués de la police, poursuivis, et condamnés, pour « association de malfaiteurs ». Ils avaient inspiré ou planifié au moins deux attentats perpétrés par le PNFE contre des foyers d’hébergement de travailleurs immigrés ou le siège du magazine de gauche <em>Globe</em>.</p><h2 class="spip" id="Passer-les-portes-de-l-Assemblee-nationale">Passer les portes de l’Assemblée nationale</h2><p>Les partisans de cette présomption de légitime défense commencent à s’organiser, et la revendication à dépasser les cercles d’extrême droite. <strong>En 1987</strong>, l’association La France avec sa police, anciennement J’aime ma police, organise un colloque à l’Assemblée nationale sur les contrôles d’identité et la légitime défense. Cette association, qui revendique un millier d’adhérents, est fondée par l’avocat Sylvain Garant, membre du Rassemblement pour la République (RPR), le parti de Jacques Chirac. <em>« Non pas pour justifier ces bavures, mais pour laisser la justice faire son travail »</em>, explique alors l’avocat.</p><p>Avec le retour au pouvoir de la droite chiraquienne, le sujet entre timidement dans l’Hémicycle. <strong>En 1993</strong>, un député RPR demande à ce que les policiers puissent se servir des armes dans les mêmes conditions que les gendarmes, retrace Vanessa Codaccioni, professeure de science politique à l’université Paris 8 et autrice de plusieurs ouvrages sur la répression, parmi lesquels <em>La Légitime défense. Homicides sécuritaires, crimes racistes et violences policières</em> (CNRS éditions, 2018). Alors ministre de l’Intérieur, plutôt connu pour son soutien aux policiers auteurs de violences, avec son fameux <em>« Allez-y, je vous couvre ! »</em>, Charles Pasqua s’oppose pourtant à cette mesure, craignant le risque qu’un adolescent <em>« pris de panique »</em> par un contrôle policier puisse être blessé ou tué. Le souvenir du décès de Malik Oussekine, tabassé par des policiers en marge d’une manifestation étudiante en 1986, est encore vivace.</p><h2 class="spip" id="t2012-une-lt-lt-victoire-ideologique-du-Front-national">2012 : une « victoire idéologique du Front national »</h2><p><strong>Au tournant des années 2000</strong>, l’alignement des règles d’usage des armes des policiers sur celles des gendarmes, revient via un <a href="https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/1931541067013/amendement-charasse-police" class="spip_out" rel="external">amendement du sénateur socialiste Michel Charasse</a>. L’élu veut autoriser l’ouverture du feu après une simple sommation. Fraîchement nommé ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy ne donne pas suite.</p><p>C’est surtout dans l’entre-deux tour <strong>de la présidentielle de 2012</strong> que cette question s’impose durablement dans le débat public. Le 21 avril, un agent tue d’une balle dans le dos Amine Bentounsi, un détenu en cavale, à Noisy-le-Sec (Seine-Saint-Denis). Ce dernier invoque la légitime défense. Sa mise en examen pour homicide volontaire déclenche <a href="https://basta.media/ce-mur-d-incomprehensions-qui-separe-les-policiers-des-citoyens">une manifestation des policiers</a>, emmenés par le très droitier syndicat Alliance et la Fpip, qui réclament une présomption de légitime défense. Contre l’avis de son ancien ministre de l’Intérieur Claude Guéant, pour qui cela reviendrait à instaurer un <em>« permis de tirer »</em>, Nicolas Sarkozy, candidat à sa réélection, reprend la revendication à son compte durant sa campagne. Marine Le Pen salue alors une <em>« victoire idéologique du Front National »</em>, qui porte cette mesure dans son programme à chaque élection depuis 2007.</p><h2 class="spip" id="Assouplissement-des-regles-dans-un-contexte-d-attentats-terroristes">Assouplissement des règles dans un contexte d’attentats terroristes</h2><p>Après cette affaire, une <em>« mission de réflexion sur la protection fonctionnelle des policiers et des gendarmes »</em> est commandée par Manuel Valls (PS), lors de son arrivée à l’Intérieur. La mission écarte la possibilité d’une telle présomption mais formule une série de propositions qui ouvre le débat. <em>« L’atteinte à la vie doit toujours, sous le contrôle des juges, être strictement proportionnée à la menace qui la justifie »</em>, <a href="https://juridique.defenseurdesdroits.fr/doc_num.php?explnum_id=18573" class="spip_out" rel="external">rappelle alors le rapport</a>.</p><p>Dans la foulée, deux propositions de loi, venues des rangs de la droite, n’aboutissent pas. En 2013, le Sénat, à majorité socialiste, s’oppose également à une présomption de légitime défense. <em>« Ce projet conduit à donner le sentiment que la loi applicable à l’agent de la force publique doit être moins rigoureuse que pour le citoyen, alors que le premier représente l’État et dispose d’un armement parfois conséquent et de moyens de contrainte non négligeables, dont il doit faire usage avec discernement »</em>, rappelle le Défenseur des droits de l’époque, Jacques Toubon.</p><p><em>« Le sujet n’est pas clos »</em>, estime au contraire le député LR – et futur allié du FN/RN – Éric Ciotti, qui revient à la charge en mars 2015 pour mettre en place une <em>« irresponsabilité pénale au bénéfice des personnes dépositaires de l’autorité publique »</em> agressées. Traduction : les policiers ne seraient donc pas jugés responsables du fait d’utiliser leur arme à feu dans certaines conditions.</p><p><strong>Au mitan des années 2010</strong>, dans une France endeuillée par les attentats terroristes perpétrés par des groupes djihadistes, dont des attaques envers les policiers à Viry-Châtillon (Essonne) ou à Magnanville (Yvelines), l’idée gagne du terrain. Sur fond de défilés nocturnes de « policiers en colère », les syndicats de la corporation divergent dans leurs revendications mais s’accordent sur la nécessité d’une meilleure protection contre une supposée <em>« insécurité juridique »</em>. Ils arguent de devoir attendre d’être sous le feu pour pouvoir riposter, sous peine d’être poursuivis par la justice. Ce qui ne correspond absolument pas à la réalité des faits, <a href="https://basta.media/legitime-defense-dans-quelles-situations-policiers-et-gendarmes-ont-ils-abattu#nh10">comme l’avait montré <em>Basta!</em></a>, dans un contexte où les poursuites contre des policiers demeurent rares.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/49-personnes-tuees-pintervention-police-en-2025-violences-policieres">49 personnes tuées au cours d’une intervention policière en 2025</a></aside><h2 class="spip" id="Loi-2017-vers-un-lt-lt-permis-de-tuer">Loi 2017 : vers un « permis de tuer » ?</h2><p>C’est sous le mandat de François Hollande, avec la loi du <strong>28 février 2017</strong>, portée par le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve (PS), qu’une nouvelle étape est franchie. Le fameux article L-435-1 de ce nouveau Code de sécurité intérieure prévoit quatre situations nouvelles dans lesquelles le fonctionnaire peut faire feu. Notamment sur des véhicules en mouvement, s’il <em>« peut imaginer raisonnablement que la personne est susceptible de porter atteinte à la vie des policiers ou à celle d’autrui »</em>. La notion d’immédiateté, fondamentale pour caractériser une défense légitime, est alors mise à mal par la rédaction confuse de cette loi qui laisse reposer l’estimation du danger sur la subjectivité à l’agent, en fonction de ce qu’il « imaginera raisonnablement ».</p><p>Les organisations de défense des droits humains, des chercheurs, avocats et familles de personnes tuées par les forces de l’ordre, dénoncent alors un <em>« permis de tuer »</em>. De fait, le nombre de tirs ainsi que le nombre de décès par balle, principalement lors de refus d’obtempérer, augmente sensiblement depuis 2017, comme <a href="https://basta.media/refus-d-obtemperer-quatre-fois-plus-de-personnes-tuees-par-des-policiers-depuis-cinq-ans">le révèle <em>Basta!</em></a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/legitime-defense-dans-quelles-situations-policiers-et-gendarmes-ont-ils-abattu">Légitime défense : dans quelles situations policiers et gendarmes ont-ils abattu un suspect ?</a></aside><p>En 2022, treize personnes sont tuées par des tirs policiers alors qu’elles sont à bord d’un véhicule. Parmi elles, Fadjigui et Boubacar <a href="https://basta.media/a-la-marche-blanche-pour-les-deux-victimes-du-pont-neuf-le-temps-du">sont abattus</a> par un jeune agent armé d’un fusil d’assaut sur le Pont-Neuf, au soir de la réélection d’Emmanuel Macron, dans le cadre d’un contrôle routier. Sa mise en examen pour « homicide volontaire » déclenche une <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/05/09/la-legitime-defense-des-policiers-revient-dans-le-debat_6125273_3224.html" class="spip_out" rel="external">nouvelle manifestation policière</a> à l’appel de deux organisations syndicales, dont Alliance.</p><p>Un an auparavant, le 19 mai 2021, le secrétaire national du syndicat policier Alliance, Fabien Vanhemelryck, lançait : <em> « Le problème de la police reste la justice »</em>, lors d’un rassemblement devant l’Assemblée nationale. Comme un écho à celui de 1983, organisé par des policiers d’extrême droite. Cette fois, les manifestants se tiennent aux côtés de figures de tout l’échiquier politique, allant d’Éric Zemmour à Fabien Roussel (Parti communiste français). Le terrain semble prêt <em>« à un nouvel élargissement de ce qui est appelé la présomption de légitime défense policière »</em>, craint l’historien Emmanuel Blanchard, en particulier dans l’hypothèse d’une victoire électorale du Rassemblement national en 2027.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Des bergers sans terre viennent à la rescousse du pastoralisme en Dordogne]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Christelle a beau compter et recompter ses brebis, une vingtaine manquent à l’appel. <em>« Elles sont coincées, je vais les chercher. Allez les filles ! Vous êtes un peu perdues là »</em>, dicte l’éleveuse d’une voix ferme, en partant à leur recherche dans le roncier. Deux minutes plus tard, 20 brebis sortent d’un bosquet en file indienne, clôturée par Christelle.</p><p>En ce début d’après-midi, l’éleveuse de 54 ans fait sa <em>« tournée »</em> : elle inspecte une parcelle de pâturage délimitée au cœur d’un vallon boisé, parsemé de quelques clairières. Le terrain appartient à un retraité <em>« qui ne fait plus les foins »</em>. 50 brebis broutent ici depuis trois jours. Le filet électrique est toujours en place. Tout est en ordre. La vérification est primordiale : les brebis sont toute l’année dehors, nuit et jour.</p><p>Christelle et son mari Stéphane sont bergers sans terre à Condat-sur-Vézère, en Dordogne. Le couple a 400 brebis et cinq chiens de protection, répartis en trois troupeaux de part et d’autre de la vallée, et qui pâturent chaque année 400 hectares. Mais Christelle et Stéphane n’ont ni bergerie ni lopin de terre dont ils seraient propriétaires ou locataires.</p><p>Les sous-bois, anciennes parcelles de vignes, prairies ou truffières que leurs brebis pâturent, sont mis à disposition par des propriétaires, privés ou publics, principalement par l’intermédiaire de l’association foncière pastorale Le Randal. Cette structure met en relation une centaine de propriétaires de terres et deux couples de bergers, qui font ainsi pâturer leurs bêtes gratuitement.</p><h2 class="spip" id="Des-brebis-rustiques">Des brebis rustiques</h2><p>Ce système a été rendu possible grâce à une initiative de la chambre d’agriculture de Dordogne. Dès 2011, celle-ci a mené des études pour recenser les parcelles agricoles en déprise – qui se dégradent faute d’activité sur leur sol – et les agriculteurs qui allaient partir en retraite sans reprise de leur exploitation.</p><p><em>« Notre département s’enfriche : le taux de boisement est passé de 20 à 47 % en un siècle. Par endroit, des communes dépassent même les 70 % de forêt. C’est le résultat, notamment, d’une baisse de l’élevage : le nombre de brebis sur le département a été divisé par dix en cent ans</em>, détaille Bernadette Boisvert, chargée de mission en développement local et pastoralisme à la chambre d’agriculture. <em>Cette continuité forestière fait diminuer le nombre de parcelles agricoles, obstrue les paysages et le patrimoine bâti – ce qui dessert le tourisme –, et nous rend plus fragiles face aux feux de forêt. »</em></p><p>Face à ce phénomène, une solution est de relancer l’élevage ovin localement. En 2013, le classement par les autorités du sud du département de la Dordogne en zone pastorale a permis de créer les premières associations foncières pastorales, comme celle de Condat-sur-Vézère.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Par endroit, dans les parcelles pâturées par les brebis de Christelle et Stéphane, la densité du sous-bois empêche de progresser. <em>« On n’a pas les plus belles terres. Ce sont souvent des parcelles abandonnées depuis les ravages du puceron phylloxéra à la fin du 19<sup class="typo_exposants">e</sup> siècle. Sans entretien, des ronces et des arbres ont pris la place »</em>, poursuit l’éleveuse de 54 ans.</p><p>Par choix, ils élèvent des brebis rustiques qui <em>« se nourrissent de pas grand-chose »</em> : des landaises et des xaxi ardia, une race basque. <em>« Dans trois ou quatre jours, quand elles auront bien nettoyé, on les descendra sur un autre hectare vers le fond de la parcelle »</em> détaille l’éleveuse, à la recherche de l’herbe la plus fraîche pour nourrir ses bêtes.</p><h2 class="spip" id="S-adapter-au-rechauffement-climatique">S’adapter au réchauffement climatique</h2><p>Le soutien au pastoralisme ovin ne s’arrête pas aux questions de foncier. La chambre d’agriculture a également impulsé la création de l’association des Bergers itinérants du Périgord. Celle-ci permet à quinze éleveurs de la zone pastorale d’obtenir du matériel pris en charge à 65 % par des subventions européennes, au titre de la lutte contre la déprise agricole. Ainsi, pour la première fois, la tonte des 400 brebis de Christelle et Stéphane s’est faite avec l’aide d’un couloir de contention acheté par l’association, pour simplifier leur tâche. <em>« C’était un bonheur »</em>, commente Christelle.</p><p>Il peut également s’agir de filets électriques, d’abreuvoirs, de conduites d’eau… <em>« L’idée est d’entraîner un maximum d’éleveurs vers ces démarches pastoralistes, en complément de ce qu’ils font déjà »</em>, décrit Bernadette Boisvert, convaincue que <em>« la valorisation de sous-bois ou de terres en friche, en complément des surfaces fourragères habituelles, peut permettre aux élevages de mieux résister aux sécheresses et au réchauffement climatique »</em>.</p><div class="spip_document_22989 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="175" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1004671804 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp?1780473519 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg@.webp?1780919965 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg" width="960" height="721" alt="Une femme et une homme discutent, debout devant un bâtiment agricole." aria-describedby="by22989-8e51b7c6efc48823e28a19f541313778" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/christelle_et_thierry_devant_la_bergerie.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22989-8e51b7c6efc48823e28a19f541313778">Thierry et Christelle, tous les deux bergers. Thierry fait pâturer son troupeau de 150 brebis sur 40 hectares de prairie et 50 hectares de bois de sa ferme.
©Nicolas Beublet
</figcaption></figure></div><p>Par son action, l’association des Bergers itinérants du Périgord met en relation des éleveurs aux modèles différents : avec ou sans bergerie ; en élevage conventionnel ou bio ; avec production de fourrage ou pas : des brebis toute l’année dehors ou selon les saisons. Mais toutes et tous pâturent au moins en partie des zones en déprise agricole, ce qui leur permet de se rencontrer et d’échanger sur leurs pratiques.</p><p>Kévin par exemple, 41 ans, élève des brebis de races plus répandues, comme la blanche du Massif central ou la charolaise. Ses agneaux grandissent exclusivement en bergerie avant d’être vendus en « Label rouge », tandis que ses brebis pâturent dehors <em>« le plus longtemps possible »</em>, la moitié du temps sur des parcelles de noyers ou des truffières prêtées par ses voisins, l’autre moitié sur des prairies de la ferme.</p><h2 class="spip" id="Jongler-avec-les-difficultes-economiques">Jongler avec les difficultés économiques</h2><p>Il y a quelques semaines encore, le quadragénaire menait une vie de double actif. Il élevait 130 brebis avec son père, tout en étant employé aux papeteries de Condat, d’où il a été licencié le mois dernier, comme ses 200 collègues. Aujourd’hui, il souhaite faire de l’élevage son activité principale, en <em>« montant à 500 brebis »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Il-recense-des-crapauds-proteges-portrait-naturaliste-au-coeur-grand-projet-conteste">Il recense des crapauds protégés : Alexis, naturaliste au cœur d’un grand projet contesté</a></aside><p>L’existence de l’association le rassure pour se lancer. Sans ce réseau, il n’aurait <em>« sans doute pas déjà acheté 120 brebis à Jean-Marc »</em>, un autre éleveur implanté à plusieurs dizaines de kilomètres. Et sans les subventions obtenues par l’association, il n’aurait <em>« pas non plus acheté une grosse tonne à eau de 4000 litres »</em>.</p><p>Les actions menées dans le sud du département ont permis, entre 2015 et 2024, cinq installations directes d’éleveurs qui n’ont pas repris une exploitation familiale. Christelle, par exemple, est une ancienne commerciale chez un grossiste de perles. Elle n’a pas hérité d’une exploitation familiale pour démarrer. Le modèle 100 % pastoral choisi avec son époux a nécessité un investissement de départ de 40 000 euros, la moitié pour l’achat des brebis, le reste pour le matériel.</p><p>Le contexte économique reste difficile. Pour tendre vers du pastoralisme dans des sous-bois ou des parcelles en friche, les races rustiques sont plus adaptées. Mais <em>« leurs agneaux sont moins gros et n’entrent pas dans les standards des circuits de commercialisation. Ça suppose de faire de la vente directe alors que le marché n’est pas suffisant localement pour tout valoriser de cette manière »</em>, analyse Bernadette Boisvert.</p><h2 class="spip" id="Le-foncier-agricole-difficile-a-acquerir">Le foncier agricole difficile à acquérir</h2><p>L’élevage de Christelle et Stéphane a, par exemple, généré 9000 euros de vente directe en 2025. La plus grande part de leurs revenus, 30 000 euros pour l’année dernière, vient en réalité des aides européennes de la politique agricole commune (PAC), entre autres, grâce à une indemnité compensatrice allouée car les terres que leur brebis pâturent sont des <em>« zones pauvres »</em>.</p><div class="spip_document_22987 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="265" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/brebis.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2521310572 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp?1780473513 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/brebis.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/brebis.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/brebis.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/brebis.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/brebis.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/brebis.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/brebis.jpg@.webp?1780919944 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/brebis.jpg" width="960" height="721" alt="Des brebis dans une prairie." aria-describedby="by22987-cca61f2a39a82dcb681c10c87e63d026" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/brebis.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/brebis.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/brebis.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22987-cca61f2a39a82dcb681c10c87e63d026">Les brebis de Christelle broutent dans des sous-bois, sur d’anciennes parcelles de vignes, dans des prairies ou des truffières mises à disposition par des propriétaires, privés ou publics, par l’intermédiaire d’une association foncière pastorale.
©Nicolas Beublet
</figcaption></figure></div><p>Les exploitations qui possèdent une bergerie et plusieurs hectares de prairie en propre sont mieux armées face au marché, pointe Bernadette Boisvert. Mais la difficulté d’accès au foncier agricole représente une barrière importante. Les prix augmentent, notamment du fait de l’attractivité du département pour les retraités ou les ménages en quête d’un lieu de villégiature.</p><p>Tourisme et pastoralisme ne sont toutefois pas forcément en opposition. Thierry, ancien salarié de l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), puis vigneron, avait d’abord pris des brebis sur son exploitation pour entretenir ses rangs de vignes. Aujourd’hui, il a arrêté la vigne et fait pâturer son troupeau de 150 brebis sur les 40 hectares de prairies et 50 hectares de bois de sa ferme.</p><p>Il aimerait augmenter son cheptel. Les brebis, <em>« c’est les meilleures alliées quand on a du terrain à entretenir »</em>, assure l’éleveur, qui juge ces modèles agricoles complémentaires de l’activité touristique. <em>« Le tourisme, c’est 50 % de l’activité économique de la Dordogne. Et il dépend grandement du fait de maintenir les paysages ouverts »</em>, appuie Thierry.</p><p>À bord de son pick-up, Christelle tient à montrer le travail réalisé par ses brebis. Elle nous conduit vers une forêt, sur un plateau de la vallée. Le chemin serpente entre les truffières et les parcelles de noyers. Puis, la piste devient forestière. Une démarcation nette de la végétation se dévoile, sur la droite du chemin : d’un côté, le sous-bois est dense ; de l’autre, ne subsistent qu’un tapis d’herbe, des branches nues, et les arbres. <em>« On voit où était posée la clôture</em>, montre l’éleveuse. <em>Car tout ce qui est à un mètre de hauteur, les brebis le mangent. »</em></p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 22 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Démocratie en danger : journalistes supprimés, information menacée]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10568 c-content_text texte surlignable"><p>Ce 18 juin, les journalistes étaient en grève à travers la France. Ils et elles dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail, la concentration des médias entre les mains des milliardaires et demandent l’encadrement de l’usage de l’intelligence artificielle dans les médias. Selon les syndicats, près de 1000 emplois ont été supprimés dans 14 groupes de presse entre 2025 et 2026, avec, notamment, comme prétexte le « gain de temps » permis par l’IA dans le travail des journalistes, au risque de perdre en qualité de l’information, en vérification et en originalité.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/menaces-sur-l-info">Menaces sur l’info</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/videos-635">Vidéos</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=Video-Democratie-en-danger-journalistes-supprimes-information-menacee?var_fav=article-10568" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 19 Jun 2026 16:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« On a toujours été là » : avec les prides rurales, les fiertés LGBT s'assument à la campagne]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Pendant longtemps, on nous a raconté que, pour être libre, il fallait partir. Monter à Paris, monter à Toulouse, monter quelque part… Nous, on a décidé de rester, ou de revenir. »</em> Sur la place centrale de Najac, village de 700 habitant·es dans l’ouest de l’Aveyron, Les Bonnes débroussailleuses (LBD) introduisent leur sixième pride rurale.</p><p>En 2020, ce collectif était à l’initiative d’une des toutes premières marches des fiertés à la campagne. Avant elles et eux, les précurseurs de Crest, dans la Drôme, avaient décidé en 2013 de défier leur maire UMP, Hervé Mariton, un des principaux opposants au projet de loi du « mariage pour tous ».</p><p>Il y a six ans, c’est à Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) que Les Bonnes débroussailleuses organisaient leur première pride, non sans quelques oppositions des pouvoirs publics. <em>« La mairie avait tenté de censurer certaines musiques et ne voulait pas qu’on passe sous le porche de la cathédrale, qui était sur notre parcours »</em>, se remémore Robin, qui co-organisait la marche. Qu’à cela ne tienne : plus de 300 personnes avaient défilé cette année-là derrière un tracteur et une bétaillère aux couleurs arc-en-ciel.</p><p>Si le collectif a suscité certaines crispations, c’est que Les Bonnes débroussailleuses n’ont jamais voulu se contenter d’une marche festive et colorée, comme on peut parfois en faire le reproche à la principale pride parisienne. En préfecture, c’est d’ailleurs en tant que <em>« manifestation politique »</em> que leur toute première marche avait été déclarée.</p><p><em>« On n’a pas de char, pas de DJ. C’est vraiment une manif ! »</em> insiste Ju, l’une des organisateur·ices. Ce 13 juin, à Najac, le discours d’introduction des LBD est résolument intersectionnel, féministe, antiraciste, antivalidiste, antifasciste, et rend hommage aux victimes des violences LGBTphobes – parmi lesquelles Caroline Grandjean, institutrice victime de harcèlement lesbophobe dans le Cantal, qui s’est suicidée en septembre 2025 ; ou plus récemment Noahm, jeune homme gay de 19 ans mort à la suite d’une violente agression, le 2 juin dernier à Metz.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/vendee-couple-profs-education-victimes-de-menaces-homophobes-rn">« Pas de pédés en Vendée » : la résistance d’un couple de profs victime de menaces homophobes en terres RN</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/9121bb91c43a84b05bbbcdf52a71c8-6a6b3.jpg?1781625951" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Alain et Hugo*, montrant l'une des façades de leur maison qui a été recouverte de tags homophobes. Devant eux un mur en pierre et une porte bleue" /></aside><p>À Najac, dans le village médiéval surplombé d’une ancienne forteresse royale, les touristes observent les manifestant·es avec curiosité. Si les LBD ont bénéficié du soutien de nombreux·ses habitant·es et commerçant·es, on perçoit assez rapidement que la marche du jour ne fait pas l’unanimité. <em>« Il en faut pour tous les goûts »</em>, nous lance, sceptique, Arlette, venue donner un coup de main dans la boutique de son fils.</p><p>Dans la même rue, un couple de personnes âgées salue plusieurs manifestant·es avec le sourire. Tout comme Tom, un Américain venu de Chicago il y a plus de six ans pour se rapprocher de son fils. <em>« Je pense que c’est super »</em>, lance-t-il en anglais, assis dans sa cuisine la fenêtre grande ouverte.</p><div class="spip_document_23093 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="76" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c999129995 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp?1781681574 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg?1781625955" width="960" height="720" alt="Vue sur le château médiéval depuis le bourg de Najac" aria-describedby="by23093-5a0dd33f940866c7f22b98d5be98dc9d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/866ca4d9-12da-48a1-9b5d-54ca6f8a5e56_1_201_a.jpg?1781625955 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23093-5a0dd33f940866c7f22b98d5be98dc9d">Vue sur le château médiéval depuis le bourg de Najac.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Au passage, Tom sert la main de Jean-Régis Souvignet, premier adjoint au maire, qui s’est fondu dans la masse avec le député LFI Laurent Alexandre. Tous deux ont tenu à apporter leur soutien à la marche. <em>« On est dans un village touristique, mais pas seulement. On veut que Najac soit accueillant pour tout le monde. Beaucoup de personnes LGBT viennent nous visiter parce qu’elles savent qu’elles sont ici chez elles »</em>, défend Jean-Régis Souvignet.</p><div class="spip_document_23088 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="147" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4159708026 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp?1781684943 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg?1781776559" width="960" height="644" alt="Deux hommes debout devant une banderole sur laquelle il est écrit &quot;Coming out&quot;." aria-describedby="by23088-46d6b6cb28b6377792b09840c96e2efe" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/9c174609-1e22-4736-bb45-a4fd4b3baf14_1_201_a.jpg?1781776559 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23088-46d6b6cb28b6377792b09840c96e2efe">Le député LFI Laurent Alexandre et le premier adjoint de Najac, Jean-Régis Souvignet, ont participé à la marche des fiertés.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Des-jeunes-qui-veulent-rester">Des jeunes qui veulent rester</h2><p>Cela fait maintenant deux ans que cette pride rurale de l’ouest de l’Aveyron est organisée à Najac, où les LBD disent avoir reçu <em>« un accueil à bras ouverts de la mairie »</em>, qui les a même subventionnées pour la première fois cette année. Le 17 mai, journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, l’Hôtel de ville a hissé un drapeau arc-en-ciel aux côtés des drapeaux français et européen.</p><p>De quoi envoyer un signal fort aux personnes LGBTQIA+, souvent plus que simples visiteuses, comme ne cesse de le marteler le collectif LBD. <em>« Une campagne sans personnes queer, ça n’a tout simplement jamais existé, on a toujours été là. Personne ne devrait devoir quitter son territoire pour vivre dignement »</em>, insiste Leo.</p><div class="spip_document_23094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="77" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3007567863 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp?1781681579 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg?1781625988" width="960" height="722" alt="La devanture de la mairie de Najac avec le drapeau arc-en-ciel, et les drapeaux français et européen." aria-describedby="by23094-caa9fd44cb1aff9ff46c334417b29851" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/81f3f0c5-b2b8-4ea1-b96d-238153e56144_1_201_a.jpg?1781625988 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23094-caa9fd44cb1aff9ff46c334417b29851">La mairie de Najac s’est parée du drapeau arc-en-ciel.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Le sociologue Arnaud Alessandrin pointe la <em>« vision passéiste »</em> que l’on peut parfois avoir des endroits ruraux : <em>« On se dit que ce sont forcément des lieux de relégation, d’exclusion, alors que beaucoup de jeunes veulent désormais rester y vivre »</em>, observe-t-il. Avec son collègue Clément Reversé, il publiera en septembre 2026 une enquête nommée <em>Fiertés d’ici. Grandir LGBTIQ à la campagne</em>, aux éditions de L’Aube. Cette étude, fruit d’un questionnaire commandé par l’association Rura qui a récolté 1100 réponses, atteste, selon eux, d’un véritable <em>« tournant générationnel »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Certes, la vie à la campagne présente des spécificités. L’isolement social, comme l’offre de services de santé ne sont pas les mêmes qu’en ville. Mais ces problématiques ne concernent pas que les LGBTQIA+. <em>« Elles relèvent du rural en général »</em>, d’après Arnaud Alessandrin, qui soulève toutefois la complexité de l’accès aux soins des personnes trans, accrue à la campagne.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Ca-a-impulse-une-dynamique">« Ça a impulsé une dynamique »</h2><p>Au sein du collectif Les Bonnes débroussailleuses, plusieurs trajectoires se croisent. Il y a Ju et Léa, qui ont grandi ici. Certain·es comme Naïs sont issu·es d’autres territoires ruraux, tandis que Robin et Léo sont nés dans de grandes villes – respectivement Montpellier et Strasbourg – avant de partir à la campagne, puis d’arriver dans le coin, il y a un peu moins de dix ans. <em>« Moi, j’ai aménagé ici parce qu’il y avait les LBD »</em>, met, par exemple, en avant Naïs, originaire du Larzac. <em>« Ça a impulsé une dynamique. De plus en plus de gens viennent vivre ici. Ça modèle aussi le territoire »</em>, observe-t-elle.</p><p>Comme Ju, elle habite désormais à Laguépie, à 15 kilomètres de Najac. Au fil des années, cette commune de 650 têtes située dans le Tarn-et-Garonne est devenue un repaire de la <em>« commu »</em>. Et ce, notamment grâce au bar du Viaur, dit BVD, un lieu allié où se mêlent personnes LGBTQIA+, piliers de comptoir et personnes âgées. <em>« Il faut peut-être mettre la pédale douce sur “La gay pie” »</em>, plaisante à ce propos Ju, de peur que trop de monde ne vienne s’y installer.</p><div class="spip_document_23085 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="132" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4286534843 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp?1781684947 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg?1781626002" width="960" height="720" alt="Des personnes de dos dans une rue." aria-describedby="by23085-d441ab8f50e2cbd1cd85e656952f3f68" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/39a3c9d5-6ae1-4548-a1b3-092168a9db0f_1_201_a.jpg?1781626002 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23085-d441ab8f50e2cbd1cd85e656952f3f68">Laguépie est surnommée « La gay pie », tant ce petit village devient un repaire de personnes queer.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>Ces territoires de plus en plus queer attirent aussi des néoruraux, qui participent eux-mêmes à les façonner. <em>« En plus de la visibilité accrue des personnes LGBT en ruralité, on assiste aussi à un phénomène de gentrification qui fait qu’il y a des personnes LGBT issues de la ville qui vont s’installer à la campagne, et qui, de part leur</em> queerness<em>, développent aussi des lieux là-bas en prolongement de ceux de la ville »</em>, constate Virginie Le Corre, docteure en sociologie qui a consacré sa thèse à la question de l’identité gay en milieu rural.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord">« Nous ne sommes pas dupes de ce pinkwashing » : comment les maires RN du nord instrumentalisent les luttes LGBT</a></aside><p>Parfois, l’intiative vient même d’hétérosexuel·les « allié·es ». C’est le cas Florie Sourice, artiste citadine formée à New York, venue s’installer il y a quelques années en Dordogne. Avec son compagnon restaurateur, elle a créé sur place l’association culturelle Les Baleines roses, qui organisait le 13 juin sa première <em>« pride des champs »</em> à Saint-Avit-Sénieur, bourg de 400 habitant·es.</p><p>Dans l’équipe, une majorité de personnes LGBTQIA+ : un maraîcher, une brasseuse, un ancien directeur de collège à la retraite, un architecte, une agricultrice, ou encore un illustrateur. <em>« Typiquement, seul mon compagnon est natif du village, sinon toutes les autres personnes sont arrivées il y a sept, huit ans, et ne sont pas originaires du coin. Mais on est toutes et tous très actifs sur le territoire et on participe à la vie et à l’économie locale »</em>, décrit la chorégraphe.</p><p>Parmi les LBD, qui rassemblent des trentenaires et des quadras, les profils sont tout aussi éclectiques : Léo est éducateur spécialisé en protection de l’enfance ; Naïs, réalisatrice de documentaires ; Robin, agriculteur en reconversion vers le métier d’infirmier ; et Ju est formatrice spécialisée sur les violences sexistes et sexuelles.</p><p>Cette dernière confie avoir vécu son coming in (soit la prise de conscience de son lesbianisme) en ville, où elle s’est politisée, mais avoir fait son coming out à son retour ici. <em>« J’ai grandi là, je suis partie, puis revenue : où commence la néoruralité ? C’est une question poreuse »</em>, met-elle en avant.</p><div class="spip_document_23084 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="90" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2059608373 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp?1781684952 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg?1781626006" width="960" height="720" alt="Une foule assise face à une femme tenant un micro" aria-describedby="by23084-a0cba7e98bb7be6ec044a009286ffb82" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/71b34bde-194c-4b44-bfae-3476514922f3_1_201_a.jpg?1781626006 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23084-a0cba7e98bb7be6ec044a009286ffb82">Un moment « micro ouvert » à la fin de la pride de Najac.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="lt-lt-Une-circulation-des-savoirs-et-des-experiences">« Une circulation des savoirs et des expériences »</h2><p><em>« On ne peut pas opposer les jeunes ruraux qui n’auraient jamais quitté la campagne aux autres car il y a en réalité beaucoup d’allers-retours et de mobilité »</em>, constate Clément Reversé, tandis que son collègue Arnaud Alessandrin préfère interpréter cela comme <em>« une circulation des savoirs et des expériences »</em>.</p><p>Au village associatif de la pride de Najac se côtoient ainsi des associations des villes et des collectifs ruraux, qui s’inspirent et se soutiennent mutuellement. Dans ce type d’événement, <em>« différentes classes se rejoignent pour faire front commun, participant à décentraliser l’accès à l’information et aux soins, et c’est très bien »</em>, commente la sociologue Virginie Le Corre.</p><p>Plusieurs associations trans de Toulouse sont ainsi présentes, comme Clar-T, ou Meufs trans Toulouse, dite MTT. Sa représentante, Rosa, met l’accent sur l’importance de tels rassemblements : <em>« À une époque où l’extrême droite se normalise, il est important de tisser des liens. Venir ici est une manière de célébrer une région qui nous a accompagnés dans nos transitions, et de donner cette possibilité à d’autres, pour rompre l’isolement des femmes trans qui est majoré en ruralité »</em>.</p><p>Un peu plus loin, un groupe de jeunes présente le tout jeune collectif RTT, pour Rural Trans Time, créé en début d’année. Ses membres, pas encore « out », préfèrent rester anonymes. <em>« En ruralité, on est beaucoup plus exposés »</em>, témoigne l’une des membres, qui participe ce jour-là à sa toute première pride. <em>« Pour nous, aller en ville pour faire une marche des fiertés n’a pas de sens. Ça nous angoisse, il y a beaucoup trop de gens ! »</em> commente la personne à ses côtés.</p><div class="spip_document_23091 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="89" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c837624147 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp?1781684957 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg?1781626009" width="960" height="707" alt="Trois personnes assises à un stand." aria-describedby="by23091-fdc43b38d40d9627db3bdc616b3472f0" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/5e3527e7-de0d-4672-9673-88a95e2fd9c3_1_201_a.jpg?1781626009 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23091-fdc43b38d40d9627db3bdc616b3472f0">Les membres du collectif Meufs trans Toulouse, dont Rosa à droite.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>En face, l’association Alerte, basée à Rodez (Aveyron) et qui existait avant LBD, organisait cette année sa cinquième marche des fiertés. Sur le stand d’à côté, le collectif Queer as Lot, qui co-organise le 4 juillet une toute première pride à Figeac (Lot). Il y a aussi l’équipe de Queeralité, qui coordonne depuis trois ans un festival à Saint-Affrique, dans le sud de l’Aveyron. Le Planning familial du département et l’union locale de la CGT de Villefranche-de-Rouergue ont également fait le déplacement.</p><p>Fier·es de cette première graine plantée, Les Bonnes débroussailleuses disent avoir comptabilisé plus de 20 prides rurales en France. En 2025, la journaliste Elodie Potente, spécialiste du sujet, en a même répertorié 40 <a href="https://umap.openstreetmap.fr/fr/map/prides-rurales-2025_1066434#6/46.890232/1.032715" class="spip_out" rel="external">sur une carte dédiée</a> - et nul doute que ce chiffre a encore augmenté cette année. Que ce soit à Chenevelles, dans la Vienne, présentée depuis 2022 comme <em><a href="https://www.dilcrah.gouv.fr/agenda/fiertes-rurales-la-pride-des-campagnes" class="spip_out" rel="external">« la première marche des fiertés en milieu rural »</a></em>, à Regnéville-sur-Mer, dans la Manche, à Saint-Martin-en-Haut, dans le Rhône, ou encore à Rostrenen, en Centre-Bretagne. À l’heure où <a href="https://basta.media/extreme-droite-RN-pinkwashing-instrumentalisation-lgbt-bassin-minier-nord" class="spip_in">des mairies RN instrumentalisent les droits LGBTQIA+</a>, cela ne se fait pas sans frictions.</p><p><em>« En tant qu’organisatrice, j’ai été contactée par les services de la préfecture et de la gendarmerie, qui étaient inquiets. Du coup, j’ai été obligée de mettre en place un gros service de sécurité privé</em>, rapporte Florie Sourice pour la marche de Saint-Avit-Sénieur. <em>Des maires ont été très clairs, en disant que ce n’était pas le type d’événement qu’ils voulaient accueillir. Qu’on pouvait organiser une marche, mais qu’il ne devait pas y avoir de connotation LGBT »</em>, ajoute-t-elle à propos de ses difficultés à trouver une commune d’accueil.</p><p>Ici comme ailleurs, les prides rurales se multiplient pourtant, et ce, sans le moindre débordement. <em>« Comme quoi, même les terres les plus hostiles peuvent voir pousser des herbes folles »</em>, constatent Les Bonnes débroussailleuses avec amusement.</p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 19 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Le combat de Fatiha pour son fils Adam tué par la police]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10566 c-content_text texte surlignable"><p>Dans la nuit du 18 au 19 août 2022, deux policiers tirent 11 fois sur la voiture où se trouvent Adam, 20 ans, et Raihane, 26 ans. Pour justifier ces tirs, les forces de l’ordre invoquent la légitime défense, face à un « refus d’obtempérer ». Ils racontent que les jeunes hommes auraient tenter de fuir un contrôle en mettant en danger la vie d’un policier. Pourtant, la mère d’Adam, Fatiha, remet en cause la parole policière. Elle pointe du doigt des vidéos de surveillances disparues, des témoignages qui se contredisent. Mais aussi une expertise balistique qui ne semble pas plausible et qui ne fait que reprendre le récit des policiers. Nous l’avons rencontrée à Lyon.</p></div><div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=le-combat-de-fatiha-pour-son-fils-adam-tue-par-la-police?var_fav=article-10566" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Je veux la vérité sur la mort de mon fils » : le combat de la mère d'Adam, tué par un policier]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les photos de son fils Adam glissent entre ses mains. <em>« Je crois que tout est écrit sur son visage »</em>, souffle sa mère, Fatiha, dans son appartement à Lyon. <em>« Il avait 20 ans. Il était assez rebelle, très sincère et très lucide quant à la société telle qu’elle allait. »</em> Adam a été tué par la police dans la nuit du jeudi 18 au vendredi 19 août 2022 sur un parking de Vénissieux, dans la banlieue de Lyon, passager d’une voiture signalée volée. Onze balles ont atteint le véhicule. <em>« Des gens m’ont demandé si Adam savait que la voiture était volée. Mais je ne veux pas entendre cette question. Même si la voiture était volée, même s’il le savait, ce n’est pas la mort qui doit être au bout du chemin. »</em></p><div class="spip_document_23062 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="87" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1129443436 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp?1781592172 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp?1781693480 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg@.webp?1781685962 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg" width="960" height="640" alt="des mains tiennent un cadre de photo sur lequel s'affiche une jeune personne d'une vingtaine d'années." aria-describedby="by23062-f927ba014cf3590bb55d3623db91d093" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/la_photo_de_adam_dans_les_mains_de_fatiha_credit_sophie_chapelle.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23062-f927ba014cf3590bb55d3623db91d093">Des photos d’Adam, tué le 18 août 2022 par la police, à Vénissieux.
© Sophie Chapelle
</figcaption></figure></div><p>Fatiha n’était pas à Lyon au moment où le drame s’est produit, mais chez des amis à la campagne, à une soixantaine de kilomètres. <em>« La police ne m’a pas appelée. C’est une voisine qui m’a laissé un message le vendredi à 19 heures, presque 24 heures après les faits, me demandant de la rappeler. »</em> Fatiha la joint aussitôt. <em>« Elle me dit : Adam est mort. La police a tué Adam. Ils en ont parlé aux infos. »</em></p><p>À ce moment-là, le nom d’« Adam B. » a déjà été cité plusieurs fois par la presse. Son fils ne décroche pas. Fatiha essaie de joindre les commissariats de Lyon. Invariablement, la même réponse : <em>« Ce n’est pas à nous de vous informer. Si effectivement, votre fils est la victime, un OPJ [officier de police judiciaire] vous préviendra. Restez chez vous. »</em></p><p>De retour chez elle, Fatiha évoque un état indescriptible et une nuit qui va s’écouler, <em>« microseconde par microseconde »</em>. Ses proches viennent et l’entourent. Elle reçoit finalement un appel, le samedi à 10 heures, d’une officière de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) qui lui confirme le décès de son fils, soit 36 heures après les faits. Fatiha est convoquée le lundi matin, dans le cadre de l’enquête de l’IGPN, sans savoir encore ce qu’il s’est passé. La veille, un ami la met en contact avec l’avocat Bertrand Sayn, qui accepte de la représenter.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-La-police-verrouille-la-communication">« La police verrouille la communication »</h2><p>À l’officier de l’IGPN qui l’interroge, Fatiha fait part de son indignation. <em>« On a abattu mon fils dans l’espace public et personne n’est venu me donner l’information. L’officier a reconnu qu’on n’aurait pas dû me traiter comme ça mais que lui était là pour recueillir des informations sur Adam. »</em></p><div class="spip_document_23064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="291" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1240601564 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp?1781592179 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg@.webp?1781685974 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg" width="960" height="1440" alt="Portrait de Fatiha" aria-describedby="by23064-c9d3e5b078115eb9601f02d027ae2f94" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/portrait_de_fatiha_credit_sophie_chapelle_copie.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23064-c9d3e5b078115eb9601f02d027ae2f94"><em>« À part un journaliste de</em> Libération <em>qui m’a écoutée, personne n’a voulu de cette histoire. Le service public à la télé n’en voulait pas. Il ne nous reste que la presse indépendante. Merci à elle, c’est pour ça qu’il faut absolument l’aider »</em>, explique Fatiha.
© Sophie Chapelle
</figcaption></figure></div><p>L’officier interroge Fatiha sur les relations qu’elle entretient avec son fils. <em>« Je raconte qu’il est revenu en janvier, après deux ans à Montréal, où il a passé un diplôme de pâtissier. On avait fait l’acquisition d’un scooter et il faisait des livraisons en attendant de trouver un travail dans son domaine. Et, alors que je suis là parce que mon fils a été tué par la police, l’officier me dit : ’’Est-ce que vous savez qu’il fumait du cannabis ?’’ Oui, je le savais, et pour moi, c’était de manière récréative. Tout de suite, on sent qu’on est mis en accusation. »</em></p><p>Ce sont précisément ces infractions – détention et consommation de cannabis – qui vont être reprochées à Adam dans le récit que la police livre à la presse. Gérald Darmanin, alors ministre de l’Intérieur, évoque, moins de douze heures après les faits, des jeunes <em>« très défavorablement connus des services de police »</em>. <em>« Quand on lit les journaux, Adam était connu pour vol, recel de vol, etc., ce qui est faux. La police verrouille la communication. Les victimes sont criminalisées et les familles des victimes sont condamnées au silence</em>, dénonce Fatiha. <em>En tant que proche, on n’est pas en mesure d’apporter tout de suite un contre-récit. On est effondrés. Et à partir du moment où on commence à se relever un peu et qu’on cherche à se faire entendre, on se heurte à un mur. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-J-ai-mis-en-doute-les-enqueteurs">« J’ai mis en doute les enquêteurs »</h2><p>Fatiha n’a jamais eu affaire à la police jusqu’à cette première convocation de l’IGPN. <em>« Ce jour-là, je n’avais aucune raison de ne pas croire ce qu’on me racontait. Je n’avais aucun élément pour mettre en cause le récit. On avait les informations qui venaient un peu de la presse »</em>, se remémore-t-elle.</p><p>Au départ, il n’y a que les témoignages des quatre policiers de la brigade spécialisée de terrain de Vénissieux intervenus ce soir-là. Selon leur version, deux jeunes gens, Adam et Raihane, se trouvent dans une voiture volée, à l’arrêt sur un parking. Pour échapper au contrôle de police, le conducteur, Raihane, aurait fait une marche arrière, puis foncé sur un policier. Ce dernier, couché sur le capot de la voiture en mouvement, aurait sauvé sa vie en tuant le passager, Adam, puis le conducteur. Fatiha apprend également que le policier qui a tiré est placé sous le <a href="https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1807" class="spip_out" rel="external">statut de témoin assisté</a>. Il est mis en cause pour coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner.</p><p><em>« Quand on a eu accès aux dossiers, la première chose que m’a dite mon avocat, c’est qu’il n’y avait pas d’image exploitable. Alors là, j’ai commencé à douter. Je me suis dit : on est sur un parking d’un centre commercial qui dispose d’une vidéosurveillance extrêmement performante, et on nous dit qu’il n’y a pas d’image exploitable. C’est là que j’ai mis en doute les enquêteurs et les services de police »</em>, explique Fatiha.</p><h2 class="spip" id="Lever-les-zones-d-ombre">Lever les zones d’ombre</h2><p>Elle va alors commencer à recouper les informations livrées dans les procès-verbaux. Elle se rend plusieurs fois sur les lieux. Fatiha nous montre des photos du parking avec la localisation des caméras. <em>« La police explique qu’il y a plein de caméras mais que le seul endroit qui nous intéresse n’est pas sous surveillance. Qu’est-ce qu’ils s’imaginent ? Qu’on ne va pas réagir ? »</em> Une seule vidéo a été mise sous scellés. Les autres images prises par les caméras ont aujourd’hui disparu, en raison du délai de conservation légal expiré.</p><p>Fatiha prend également connaissance d’auditions de témoins qui contredisent la version des policiers. Or, ces auditions ne sont pas prises en compte dans l’expertise balistique rendue en janvier 2023. Avec l’aide de son avocat, elle obtient une contre-expertise, rendue début 2024. <em>« À nos yeux, elle n’était toujours pas satisfaisante : les enquêteurs se contentaient de valider le récit des policiers en cherchant des éléments qui pouvaient rendre compatible leur version avec les faits. Et ils faisaient abstraction de certains éléments qui sont essentiels pour la manifestation de la vérité. »</em></p><div class="spip_document_23065 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="156" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3624771113 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp?1781592184 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg@.webp?1781685980 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg" width="960" height="640" alt="une femme vêtue de blanc aux cheveux bruns montre du doigt l'emplacement de véhicules sur une feuille" aria-describedby="by23065-4c71a5d2b936decc9bec4e1256cb2d80" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fatiha_montre_reconstitution_emplacement_vehicules.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23065-4c71a5d2b936decc9bec4e1256cb2d80">Fatiha montre une reconstitution imprimée de l’emplacement des véhicules avec les versions contradictoires des policiers et des témoins.
© Sophie Chapelle
</figcaption></figure></div><p>En mars 2024, Fatiha bénéficie d’une contre-expertise <a href="https://www.index.ngo/enquetes/mort-dadam-et-raihane-les-incoherences-de-la-version-policiere-revelees/" class="spip_out" rel="external">réalisée par le média <em>Index</em></a>, qui va établir une reconstitution numérique en 3D de la scène. Le travail tente d’expliquer les cinq premiers tirs effectués par le policier en équilibre sur le capot d’un véhicule roulant, ainsi que les impacts relevés sur les portes latérales de chaque côté. Le rapport indépendant conclut au <em>« caractère très peu plausible »</em> du récit policier concernant les circonstances de la mort d’Adam et de Raihane, et souligne les zones d’ombre jusque-là ignorées par l’enquête officielle. <em>« </em> Index <em>nous a apporté une aide précieuse</em>, insiste Fatiha. <em>On a évidemment remis cette contre-enquête au juge. »</em></p><h2 class="spip" id="Reconstitution-prevue-le-22-septembre">Reconstitution prévue le 22 septembre</h2><p>Quatre ans après les faits, une reconstitution est enfin programmée le 22 septembre prochain, à la demande de la nouvelle juge en charge de l’instruction. <em>« Le fait qu’on obtienne aujourd’hui cette reconstitution, c’est quand même le fruit d’une longue bataille »</em>, souligne Fatiha. Dans ce combat, elle est entourée du Comité Vérité pour Adam. Des intellectuels, artistes et acteurs associatifs, parmi lesquels Annie Ernaux, Patrick Chamoiseau, Arthur Harari et Cédric Herrou, ont aussi apporté leur soutien.</p><p>Au cours de ces quatre années, Fatiha et les siens ont mis en avant les incohérences et les lacunes de l’enquête. Pour elle, c’est une évidence : <em>« On a un problème au niveau des enquêtes sur des tirs policiers qui sont menées par la police elle-même. Nous sommes en droit de demander la réalité des faits. Je veux savoir la vérité sur la mort de mon fils. »</em> Ce qu’elle attend de cette reconstitution ? <em>« Qu’il soit montré de manière tangible, concrète, que ce que racontent les policiers est impossible dans les faits, physiquement, matériellement. La reconstitution devrait montrer que tout leur récit ne tient pas, qu’il n’y a pas eu refus d’obtempérer. »</em></p><p>Ce combat, Fatiha le mène <em>« pour Adam, bien sûr, mais pour tous les autres aussi »</em>. Elle évoque le prénom de <a href="https://basta.media/mort-de-nahel-Cassation-vers-un-proces-pour-meurtre-pour-le-policier-auteur-du-tir">Nahel, jeune de 17 ans tué par la police</a> à Nanterre (Hauts-de-Seine) en juin 2023. <em>« La société doit avancer sur ce déni. Toutes ces histoires ne sont pas des faits divers. Ce sont des histoires de vie, de jeunes à qui on a pris leur vie, leur avenir, leur chance, on leur a tout pris. Ce sont des gens comme vous et moi. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Je-veux-la-verite-sur-la-mort-de-mon-fils-combat-de-Fatiha-mere-Adam-tue-par-la-police</link>
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      <pubDate>Thu, 18 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Le Parlement européen donne son feu vert à une nouvelle génération d'OGM]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une nouvelle génération d’organismes génétiquement modifiés <a href="https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20260611IPR45215/nouvelles-techniques-genomiques-pour-l-innovation-dans-l-agriculture-durable" class="spip_out" rel="external">vient d’être autorisée par le Parlement européen</a>. Ces nouvelles techniques génomiques (NGT) modifient le génome des plantes sans introduire un transgène, c’est à dire un ADN étranger, <a href="https://basta.media/ogm-l-agrobusiness-contre-attaque">comme nous l’expliquons dans ce grand format</a>. Ce mercredi 17 juin, une majorité d’eurodéputés du centre, de la droite et de l’extrême-droite ont donné leur aval, en rejetant les amendements qui auraient relancé les négociations sur le texte. <em>« Les agriculteurs vont disposer de nouveaux outils face au changement climatique et pour réduire l’utilisation des pesticides chimiques »</em>, <a href="https://www.linkedin.com/pulse/ce-17-juin-le-parlement-europ%C3%A9en-vot%C3%A9-en-pl%C3%A9ni%C3%A8re-la-loi-canfin-vo8le/" class="spip_out" rel="external">a défendu l’eurodéputé Pascal Canfin</a>, du groupe centriste Renew. Pour lui, les NGT permettent <em>« d’aller plus vite pour développer des semences résistantes à la sécheresse, adaptées aux fortes chaleurs et nécessitant moins d’engrais »</em>.</p><div class="spip_document_23098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="234" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1122624103 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781714833 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781714398 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781713764 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781717306 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781717307 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781717307 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781717307 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781717307 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781714850 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781717308 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781717308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781717178 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781717308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781716056 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp?1781713980 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781714299" width="960" height="938" alt="photo des votes du parlement européen sur les NGT" aria-describedby="by23098-7597a23af93c0e722a0a22876e0fc00d" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781715776 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781717309 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png?1781714299 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23098-7597a23af93c0e722a0a22876e0fc00d">Le centre, la droite et l’extrême droite ont rejeté les amendements qui permettaient d’apporter des garanties contre la brevetabilité du vivant.
Capture d’écran du compte X (ex twitter) de l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau
</figcaption></figure></div><p>Opposés à ce règlement concernant les végétaux génétiquement modifiés issus des nouvelles techniques génomiques, les groupes d’eurodéputés écologistes et de la gauche sont en revanche vent debout. <em>« Le Parlement européen vient d’approuver la déréglementation des nouveaux OGM (NGT), au mépris du principe de précaution, du droit des consommateurs à savoir ce qu’ils mangent et de l’autonomie des agriculteurs »</em>, déplore l’eurodéputée écologiste française Marie Toussaint. <em>« Une fois de plus, la droite et l’extrême droite ont uni leurs voix au service des intérêts de l’agro-industrie »</em>, réagit de son côté la France insoumise. On comptabilise 431 votes en faveur de ce règlement, 201 contre, et 29 abstentions.</p><h2 class="spip" id="Pas-d-etiquetage-ni-de-tracabilite">Pas d’étiquetage ni de traçabilité</h2><p>Les OGM sont strictement encadrés depuis près de vingt ans en Europe. Si leur culture n’est pas interdite sur le continent, en pratique, seule l’Espagne et le Portugal cultivent sur des petites surfaces un maïs transgénique. Jusque là, la réglementation sur les OGM impose une évaluation des risques, un étiquetage et un tracé tout au long de la filière.</p><p>Mais ce nouveau texte fait sauter les verrous concernant la quasi-totalité des végétaux génétiquement modifiés issus des nouvelles techniques génomiques. Les plantes dites « NTG1 » qui n’ont pas subi plus de 20 modifications génétiques, seront traités de la même manière que les végétaux conventionnels, sous réserve qu’ils n’aient pas été modifiés pour résister aux herbicides ou produire des substances insecticides. <em>« L’évaluation des risques environnementaux ou sanitaires est supprimée pour cette nouvelles catégorie d’OGM</em>, décrypte l’association Pollinis. <em>« L’absence d’étiquetage sur les produits finis prive les consommateurs de leur droit à l’information et à choisir de ne pas consommer d’OGM »</em>, ajoute t-elle.</p><p>Le <a href="https://infogm.org/category/nouvelles-techniques-genomiques-ogm-ntg/" class="spip_out" rel="external">média Inf’OGM</a> confirme que les entreprises n’auront pas à fournir de méthode de détection et d’identification permettant de suivre les OGM après leur dissémination sur le territoire européen ou dans les importations. <em>« Aucune surveillance sanitaire et environnementale post-commercialisation ne pourra donc être effectuée et les États membres n’auront pas la possibilité d’en interdire la culture sur leur territoire »</em>, relève le média.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Les mouvements paysans sont aussi extrêmement inquiets. La question du brevet a été au cœur des négociations. Actuellement, selon l’ONG Grain, 90% des paysans et paysannes dans le monde utilisent toujours leurs propres semences paysannes qu’ils sélectionnent, échangent et ressèment chaque année. Mais sans traçabilité de ces végétaux, <em>« ces brevets pourront s’étendre à des plantes issues de sélection conventionnelle »</em>, souligne Jean Thévenot, de la Coordination européenne Via Campesina.</p><p>Une série d’amendements avaient été déposés visant à éviter que les agriculteurs et les entreprises semencières soient poursuivis de manière abusive pour contrefaçon de brevet, en cas de contamination accidentelle par exemple. Tous ces amendements ont été rejetés par les eurodéputés du centre, de la droite et de l’extrême droite.</p><h2 class="spip" id="Recours-juridiques">Recours juridiques</h2><p><em>« Ce nouveau règlement va ouvrir la voie à la privatisation généralisée des ressources génétiques par une poignée d’entreprises semencières. Ce sera une catastrophe pour l’agrobiodiversité et pour les paysannes et paysans, qui auront des difficultés à trouver des semences non brevetées et adaptées à leurs pratiques »</em>, s’alarme Jean Thévenot. Les brevets sont en effet <a href="https://basta.media/brevets-sur-le-vivant-ces-six-multinationales-qui-controlent-l-acces-a-l-alimentation-OGM" class="spip_in">détenus en très grande majorité par quelques multinationales</a> : Corteva, Bayer, BASF, ChemChina, Limagrain/Vilmorin et KWS.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/brevets-sur-le-vivant-ces-six-multinationales-qui-controlent-l-acces-a-l-alimentation-OGM">Brevets sur le vivant : ces six multinationales qui contrôlent l’accès à l’alimentation</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/e5b5bffb1036fb1e4b5cb20e2d8e8c-f356e.png?1781713755" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>La Coordination européenne Via Campesina appelle les États membres de l’UE qui se sont opposés à cette déréglementation à intenter une procédure d’annulation du règlement auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne. <em>« Le mouvement paysan restera mobilisé pour empêcher la mise en œuvre de ce dangereux règlement, en mobilisant tous les recours légaux disponibles »</em>, promet Jean Thévenot.</p><p>Le règlement doit entrer en vigueur vingt jours après sa publication au Journal officiel de l’UE et s’appliquer deux ans plus tard. Soit en 2028.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Le-Parlement-europeen-donne-feu-vert-nouvelle-generation-OGM-NGT</link>
      <guid>https://basta.media/Le-Parlement-europeen-donne-feu-vert-nouvelle-generation-OGM-NGT</guid>
      <pubDate>Wed, 17 Jun 2026 18:29:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[De nouveaux OGM bientôt dans vos assiettes, avec le soutien du centre, de la droite et de l'extrême-droite]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une nouvelle génération d’organismes génétiquement modifiés <a href="https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20260611IPR45215/nouvelles-techniques-genomiques-pour-l-innovation-dans-l-agriculture-durable" class="spip_out" rel="external">vient d’être autorisée par le Parlement européen</a>. Ces nouvelles techniques génomiques (NGT) modifient le génome des plantes sans introduire un transgène, c’est à dire un ADN étranger, <a href="https://basta.media/ogm-l-agrobusiness-contre-attaque">comme nous l’expliquons dans ce grand format</a>. Ce mercredi 17 juin, une majorité d’eurodéputés du centre, de la droite et de l’extrême-droite ont donné leur aval, en rejetant les amendements qui auraient relancé les négociations sur le texte. <em>« Les agriculteurs vont disposer de nouveaux outils face au changement climatique et pour réduire l’utilisation des pesticides chimiques »</em>, <a href="https://www.linkedin.com/pulse/ce-17-juin-le-parlement-europ%C3%A9en-vot%C3%A9-en-pl%C3%A9ni%C3%A8re-la-loi-canfin-vo8le/" class="spip_out" rel="external">a défendu l’eurodéputé Pascal Canfin</a>, du groupe centriste Renew. Pour lui, les NGT permettent <em>« d’aller plus vite pour développer des semences résistantes à la sécheresse, adaptées aux fortes chaleurs et nécessitant moins d’engrais »</em>.</p><div class="spip_document_23098 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="234" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1122624103 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png" width="960" height="938" alt="photo des votes du parlement européen sur les NGT" aria-describedby="by23098-459cef123caae85b5737c0e96663822a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/vote_ngt_droite_extreme_droite.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23098-459cef123caae85b5737c0e96663822a">Le centre, la droite et l’extrême droite ont rejeté les amendements qui permettaient d’apporter des garanties contre la brevetabilité du vivant.
Capture d’écran du compte X (ex twitter) de l’eurodéputé socialiste Christophe Clergeau
</figcaption></figure></div><p>Opposés à ce règlement concernant les végétaux génétiquement modifiés issus des nouvelles techniques génomiques, les groupes d’eurodéputés écologistes et de la gauche sont en revanche vent debout. <em>« Le Parlement européen vient d’approuver la déréglementation des nouveaux OGM (NGT), au mépris du principe de précaution, du droit des consommateurs à savoir ce qu’ils mangent et de l’autonomie des agriculteurs »</em>, déplore l’eurodéputée écologiste française Marie Toussaint. <em>« Une fois de plus, la droite et l’extrême droite ont uni leurs voix au service des intérêts de l’agro-industrie »</em>, réagit de son côté la France insoumise. On comptabilise 431 votes en faveur de ce règlement, 201 contre, et 29 abstentions.</p><h2 class="spip" id="Pas-d-etiquetage-ni-de-tracabilite">Pas d’étiquetage ni de traçabilité</h2><p>Les OGM sont strictement encadrés depuis près de vingt ans en Europe. Si leur culture n’est pas interdite sur le continent, en pratique, seule l’Espagne et le Portugal cultivent sur des petites surfaces un maïs transgénique. Jusque là, la réglementation sur les OGM impose une évaluation des risques, un étiquetage et un tracé tout au long de la filière.</p><p>Mais ce nouveau texte fait sauter les verrous concernant la quasi-totalité des végétaux génétiquement modifiés issus des nouvelles techniques génomiques. Les plantes dites « NTG1 » qui n’ont pas subi plus de 20 modifications génétiques, seront traités de la même manière que les végétaux conventionnels, sous réserve qu’ils n’aient pas été modifiés pour résister aux herbicides ou produire des substances insecticides. <em>« L’évaluation des risques environnementaux ou sanitaires est supprimée pour cette nouvelles catégorie d’OGM</em>, décrypte l’association Pollinis. <em>« L’absence d’étiquetage sur les produits finis prive les consommateurs de leur droit à l’information et à choisir de ne pas consommer d’OGM »</em>, ajoute t-elle.</p><p>Le <a href="https://infogm.org/category/nouvelles-techniques-genomiques-ogm-ntg/" class="spip_out" rel="external">média Inf’OGM</a> confirme que les entreprises n’auront pas à fournir de méthode de détection et d’identification permettant de suivre les OGM après leur dissémination sur le territoire européen ou dans les importations. <em>« Aucune surveillance sanitaire et environnementale post-commercialisation ne pourra donc être effectuée et les États membres n’auront pas la possibilité d’en interdire la culture sur leur territoire »</em>, relève le média.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Les mouvements paysans sont aussi extrêmement inquiets. La question du brevet a été au cœur des négociations. Actuellement, selon l’ONG Grain, 90% des paysans et paysannes dans le monde utilisent toujours leurs propres semences paysannes qu’ils sélectionnent, échangent et ressèment chaque année. Mais sans traçabilité de ces végétaux, <em>« ces brevets pourront s’étendre à des plantes issues de sélection conventionnelle »</em>, souligne Jean Thévenot, de la Coordination européenne Via Campesina.</p><p>Une série d’amendements avaient été déposés visant à éviter que les agriculteurs et les entreprises semencières soient poursuivis de manière abusive pour contrefaçon de brevet, en cas de contamination accidentelle par exemple. Tous ces amendements ont été rejetés par les eurodéputés du centre, de la droite et de l’extrême droite.</p><h2 class="spip" id="Recours-juridiques">Recours juridiques</h2><p><em>« Ce nouveau règlement va ouvrir la voie à la privatisation généralisée des ressources génétiques par une poignée d’entreprises semencières. Ce sera une catastrophe pour l’agrobiodiversité et pour les paysannes et paysans, qui auront des difficultés à trouver des semences non brevetées et adaptées à leurs pratiques »</em>, s’alarme Jean Thévenot. Les brevets sont en effet <a href="https://basta.media/brevets-sur-le-vivant-ces-six-multinationales-qui-controlent-l-acces-a-l-alimentation-OGM" class="spip_in">détenus en très grande majorité par quelques multinationales</a> : Corteva, Bayer, BASF, ChemChina, Limagrain/Vilmorin et KWS.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/brevets-sur-le-vivant-ces-six-multinationales-qui-controlent-l-acces-a-l-alimentation-OGM">Brevets sur le vivant : ces six multinationales qui contrôlent l’accès à l’alimentation</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/e5b5bffb1036fb1e4b5cb20e2d8e8c-f356e.png?1781713755" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>La Coordination européenne Via Campesina appelle les États membres de l’UE qui se sont opposés à cette déréglementation à intenter une procédure d’annulation du règlement auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne. <em>« Le mouvement paysan restera mobilisé pour empêcher la mise en œuvre de ce dangereux règlement, en mobilisant tous les recours légaux disponibles »</em>, promet Jean Thévenot.</p><p>Le règlement doit entrer en vigueur vingt jours après sa publication au Journal officiel de l’UE et s’appliquer deux ans plus tard. Soit en 2028.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Nouveaux-OGM-NGT-dans-vos-assiettes-Parlement-europeen-soutien-votes-centre-droite-extreme-droite</link>
      <guid>https://basta.media/Nouveaux-OGM-NGT-dans-vos-assiettes-Parlement-europeen-soutien-votes-centre-droite-extreme-droite</guid>
      <pubDate>Wed, 17 Jun 2026 18:29:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Suppressions d'emplois, encadrement de l'IA, concentration des médias : pourquoi la presse se met en grève]]></title>
      <description><![CDATA[<p>En France, la production de l’information mobilise environ <a href="https://www.culture.gouv.fr/thematiques/audiovisuel/Publications/etude-sur-le-modele-economique-de-l-information-en-france" class="spip_out" rel="external">34 000 emplois à temps plein</a>, dont trois quarts de journalistes. En 2025 et 2026, près d’un millier d’emplois ont été supprimés dans 14 groupes de presse différents selon un décompte du <a href="https://www.journaldunet.com/publishers/1550423-pourquoi-la-presse-s-enfonce-dans-la-crise/" class="spip_out" rel="external">Journal du Net</a>.</p><h2 class="spip" id="Bollore-supprime-40-des-effectifs-de-Prisma-Media">Bolloré supprime 40 % des effectifs de Prisma Média</h2><p>Des plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) importants sont toujours en cours. Chez Prisma media, groupe de presse magazine qui réunit des titres tels que <em>Capital</em>, <em>Geo</em>, <em>Femme actuelle</em>, <em>Voici</em>, <em>Ça m’intéresse</em> ou encore <em>Télé Loisirs</em>, un PSE concernant 261 emplois est <a href="https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/c-est-plus-qu-une-catastrophe-c-est-la-fin-du-groupe-prisma-deplore-la-snj-cgt-face-a-un-vaste-plan-de-licenciements-8383717" class="spip_out" rel="external">en cours</a>, sur 650, soit 40% des effectifs ! <em>« Le pire c’est que le groupe est bénéficiaire. Ce PSE, c’est un choix politique du propriétaire, Vincent Bolloré »</em>, résume Agnès Briançon-Marjollet, co-secrétaire générale du Syndicat national des journalistes (SNJ), premier syndicat chez les journalistes.</p><p><em>« Chaque année, nos militants nous informent des plans sociaux qui ont lieu dans leurs entreprises. Cette année on les a clairement vus se multiplier. Les suppressions de postes se comptent par centaines et tout le secteur de l’information est concerné : monteur, journaliste, rotativiste, documentaliste… »</em>, égrène la syndicaliste.</p><p>Début avril, la direction du groupe Centre France (La Montagne, Le Populaire du Centre et La République du Centre) a annoncé un plan de suppression de 152 postes sur 1600, soit près de 10 %. Un sixième plan en dix ans devrait aboutir à la fermeture de trois agences locales. <em>« Le développement du web ne suit pas l’effondrement des ventes papiers »</em>, commente Agnès Briançon-Marjollet. <em>« Si l’information est de moins bonne qualité, c’est parce qu’on supprime des emplois et que nos conditions de travail sont fortement dégradées. Et il faut le faire savoir. »</em></p><h2 class="spip" id="Mettre-la-pression-sur-les-patrons-et-le-ministere">Mettre la pression sur les patrons et le ministère</h2><p>Ainsi, ce 18 juin, les 4 principaux syndicats de journaliste (SNJ, CFDT-journalistes, SNJ-CGT et SGJ-FO), mais aussi des syndicats des secteurs de la communication et de l’édition (FILPAC-CGT, Info-com CGT et SNPEP-FO), appellent à une journée de grève et de manifestation à Paris. Des rassemblements sont également annoncés à Toulouse et à Montpellier.</p><p>Premiers concernés, les salariés des entreprises où des PSE sont en cours seront mobilisés ce 18 juin. Des préavis de grève ont également été déposés à France télévision ou encore à Radio France, non concerné par un PSE mais <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/03/08/audiovisuel-public-les-obsessions-de-la-commission-d-enquete-parlementaire_6669944_3234.html" class="spip_out" rel="external">constamment sous la menace</a> de réduction de leurs effectifs.</p><p><em>« C’est plus difficile de mobiliser par la grève dans les entreprises où des PSE ne sont pas en cours »</em>, admet Agnès Briançon-Marjollet. Avec un rassemblement avant tout concentré à Paris, renforcé par des salariés d’autres villes, les syndicats espèrent cependant faire masse pour interpeller leurs employeurs, mais aussi Catherine Pégard, ministre de la Culture. <em>« On ne la voit pas, on ne l’entend pas, on ne rencontre que son cabinet. En revanche, on finit toujours par apprendre qu’elle rencontre nos patrons »,</em> regrette la syndicaliste.</p><p>Outre les augmentations de salaire et l’arrêt des plans de suppression d’emplois, les syndicats souhaitent que l’État <em>« arrête de donner des aides à la presse aux médias qui embauchent des pigistes en tant qu’auto-entrepreneur ou qui ne respectent pas les conventions collectives »</em>. Les aides directes (175 millions d’euros en 2024) comme indirectes (300 millions, via des baisses de TVA et des tarifs postaux) concernent principalement la presse papier.</p><h2 class="spip" id="Concentration-de-la-presse-aux-mains-de-neuf-milliardaires">Concentration de la presse aux mains de neuf milliardaires</h2><p>Sur la table également, une nouvelle loi contre la <a href="https://www.snjcgt.fr/2026/03/09/le-pluralisme-et-la-concentration-des-medias-devant-le-conseil-detat/" class="spip_out" rel="external">concentration des médias</a> : sur dix quotidiens nationaux vendus en France, neuf appartiennent <a href="https://basta.media/L-influence-demesuree-des-grandes-fortunes-sur-les-medias" class="spip_in">à une poignée de milliardaires</a>, qui possèdent également plus de 50% des parts d’audience des télévisions et radios (Bolloré mais aussi Bernard Arnault, les familles Dassault ou Bouygues, Xavier Niel, etc.).</p><div class="spip_document_23099 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_photo_horizontale"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1080443851 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp?1781706971 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg@.webp?1781706552 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg" width="960" height="540" alt="" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/qui-controle-medias-francais-2.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a></figure></div><p>Autre revendication, l’encadrement des outils d’intelligence artificielle (IA) <em>« pour qu’ils ne servent pas de prétexte à la suppression de métiers et d’emplois »</em>. Mais peser sur la conjoncture reste ardu dans un paysage économique maussade et en pleine transformation.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/L-influence-demesuree-des-grandes-fortunes-sur-les-medias">L’influence démesurée des grandes fortunes sur les médias</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/a6e30ab6d6eed87517492fcbe2fb37-c4667.jpg?1781706541" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Rodolphe Saadé propriétaire de CMA CGM et de BFMTV, Vincent Bolloré propriétaire de CNews et Europe 1, et Bernard Arnault propriétaire de LVMH, Les échos et Le Parisien" /></aside><p>Parue en janvier 2026, <a href="https://www.culture.gouv.fr/thematiques/audiovisuel/Publications/etude-sur-le-modele-economique-de-l-information-en-france" class="spip_out" rel="external">une étude</a> commandée par le ministère de la Culture sur le modèle économique de l’information en France résume la crise du secteur en quelques chiffres.</p><h2 class="spip" id="Basculement-vers-le-numerique">Basculement vers le numérique</h2><p>Au cours de la dernière décennie, les ventes de la presse papier <em>« ont chuté de moitié en dix ans, passant de 5,4 millions d’exemplaires, en 2015, à 2,7 millions, en 2024 »</em>. De même les revenus publicitaires se raréfient. La part des médias traditionnels dans les recettes publicitaires est passée de 46 % en 2019 à 33 % en 2024, <em>« les annonceurs orientant leurs budgets vers les plateformes numériques (moteurs de recherche, réseaux sociaux, etc.) »</em>, détaille l’étude.</p><p>Côté télé : <em>« Toutes les chaînes privées d’info en continu sont déficitaires, certaines privilégiant des formats en plateau, moins coûteux à produire que les reportages et enquêtes terrain. »</em> A ce paysage économique maussade, s’ajoutent de nouvelles données qui inquiètent les syndicats du secteur de l’information. Ce 16 juin, le <a href="https://reutersinstitute.politics.ox.ac.uk/digital-news-report/2026" class="spip_out" rel="external">rapport annuel</a> publié par l’Institut Reuters pour l’étude du journalisme a fait état d’un basculement historique en matière de consommation d’information.</p><p>Sur 100 000 personnes interrogées dans 48 pays, 54% disent s’être informées avant tout via les réseaux sociaux et les plateformes vidéo - surtout X et YouTube - contre 52% via la télévision, 51% via les sites et applications de journaux et seulement 21% par l’intermédiaire de la radio.</p><h2 class="spip" id="Des-articles-produits-par-l-IA-sans-mention-au-lectorat">Des articles produits par l’IA sans mention au lectorat</h2><p>L’arrivée des intelligence artificielles génératives ajoute un autre bouleversement. Elle transforme en premier lieu les modes de consommation de l’information. D’après un <a href="https://www.arcom.fr/se-documenter/etudes-et-donnees/etudes-bilans-et-rapports-de-larcom/les-francais-et-linformation-2eme-edition" class="spip_out" rel="external">sondage</a> effectué pour l’Arcom et publié en 2026, un Français sur cinq utilise des agents d’information conversationnelle pour s’informer au moins une fois par semaine. Cette proportion monte à 38 % chez les moins de 25 ans. De quoi réduire encore la fréquentation des sites d’informations et la lecture d’articles produits par des journalistes.</p><p>L’IA modifie également le travail au sein des rédactions. <em>« L’IA est utilisé comme un outil de compétitivité pour réduire l’emploi… ce qui affecte la qualité du travail »</em>, estime Eric Barbier, salarié à l’<em>Est Républicain</em>. Ce délégué syndical observe la mise en place de l’IA dans son journal depuis 2023. <em>« Les journalistes sont incités à faire réécrire les articles envoyés par les correspondants locaux de presse par Chat GPT »</em>, résume-t-il.</p><p>Les prompts de l’IA sont affinés en fonction de la nature de l’article demandé (nécrologie, compte rendu de conseil municipal etc..). <em>« Notre direction prétexte qu’il ne s’agit que d’un travail de relecture et de correction orthographique. Mais l’IA propose des titres, des reformulations, il s’agit en réalité d’un travail éditorial. Depuis 2023 nous avons produit des milliers d’articles de ce type, sans le mentionner au lecteur »</em>, continue le journaliste, impliqué dans l’organisation d’un contre-sommet de l’IA en février 2025.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Qu-attend-on-d-un-journaliste">« Qu’attend-on d’un journaliste ? »</h2><p>Si l’expérimentation menée à l’<em>Est Républicain</em> n’a pas encore donné lieu à un bilan définitif, susceptible d’impacter l’emploi, des plans sociaux appuyés sur le développement de l’IA sont en cours ailleurs. En mai 2026, la direction d’Infopro Digital – qui détient notamment <em>La Gazette des Communes</em>, a annoncé la suppression de 19 postes de journalistes secrétaires de rédaction. Ils seraient remplacés par cinq nouveaux postes de « chef d’édition », qui travailleraient avec l’IA. Dans <a href="https://www.snj.fr/infopro-digital-comment-licencier-economiquement-avec-27-de-marge-grace-lia/2640" class="spip_out" rel="external">un communiqué</a>, le SNJ rappelle que ces licenciement se font dans un contexte de <em>« résultats exceptionnels pour le secteur »</em>.</p><p><em>« Le développement de l’IA pose un problème de fond :</em> “qu’attend-on d’un journaliste ?”<em>. Selon moi une méthodologie et une déontologie irréprochable, qu’on ne peut pas demander à une IA. Dans ce contexte, il faut encadrer au plus vite le développement de l’IA dans nos rédactions »,</em> estime Eric Barbier. Pour encadrer le développement de l’IA et protéger la propriété intellectuelle, une proposition de loi transpartisane avait été déposée par la sénatrice Les Républicains, Laure Darcos.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Hongrie-elections-Orban-Controle-audiovisuel-public-Cela-peut-arriver-en-France-RN">Prise de contrôle des grands médias par Orbán : « Cela peut arriver en France avec le RN ou en Allemagne avec l’AfD »</a></aside><p>Ce texte avait pour objectif d’aider les auteurs à déposer des recours contre l’utilisation sans autorisation de leurs contenus par des entreprises d’IA. Alors qu’il aurait dû être débattu à l’Assemblée nationale le 11 juin, à l’occasion d’une niche parlementaire du groupe communiste, le texte a fait l’objet d’une <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/06/10/ia-et-droit-d-auteur-les-industries-culturelles-s-indignent-contre-l-absence-de-debat-sur-la-loi-darcos-a-l-assemblee_6700529_3234.html" class="spip_out" rel="external">manœuvre d’obstruction</a> initiée par le groupe Renaissance (de Gabriel Attal), qui a empêché l’examen du texte. Les entreprises de la tech, notamment la française Mistral AI, <a href="https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/05/12/ia-pas-de-proposition-de-loi-sur-le-droit-d-auteur-a-l-ordre-du-jour-de-l-assemblee-nationale_6688236_4408996.html" class="spip_out" rel="external">avaient fait savoir leur farouche opposition au texte</a>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 17 Jun 2026 17:07:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Présidentielle en Colombie : le danger d'une « militarisation de la politique »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Dimanche 31 mai s’est tenu le premier tour des élections présidentielles en Colombie. S’affronteront au second tour, le 21 juin, Ivan Cepeda, figure intellectuelle et politique s’inscrivant dans la continuité de Gustavo Petro, président du premier gouvernement de gauche de l’histoire du pays, et le candidat d’ultradroite, l’avocat millionnaire Abelardo de la Espriella, <a href="https://www.courrierinternational.com/article/scrutin-presidentielle-en-colombie-l-extreme-droite-en-tete-du-premier-tour-un-veritable-seisme_244575" class="spip_out" rel="external">arrivé en tête au premier tour</a>.</p><p>Si la dynamique et les enjeux du processus électoral colombien sont d’abord nationaux, dans un contexte de virage à l’extrême droite du continent ibéro-américain et de reconfiguration impérialiste de Washington sous l’ère Trump, ils revêtent également une dimension régionale et confirment trois tendances majeures en cours du Rio Grande à Ushuaïa.</p><h2 class="spip" id="La-polarisation-de-la-societe">La polarisation de la société</h2><p>La polarisation de la société colombienne, déjà constatée lors du référendum sur le processus de paix en 2016 et lors des élections de 2022, s’accentue. À la surprise générale, Abelardo de la Espriella, qui se présente comme un outsider, a réuni près de 44% des voix au premier tour. Arrivé en deuxième position, Ivan Cepeda a rassemblé sous son nom quelque dix millions de voix, soit un peu moins de 41% des votants et votantes. Le centre, représenté par divers candidats et candidates, n’a comptabilisé qu’un peu plus de 5% des votes.</p><p>Abelardo de la Espriella a accumulé six fois plus de voix que la candidate Paloma Valencia, portée par l’ex-président Alvaro Uribe (2002-2010). Cette dernière a tout de suite annoncé son soutien à son rival, appelant à voter pour lui afin que la Colombie ne tombe pas « aux mains du néocommunisme ». Ainsi, une droite dure sinon fascisante se rallie à un populiste qui entend se montrer plus « radical » encore. Or, ce ralliement idéologique ou opportuniste de la droite à des acteurs positionnés à l’extrême pointe de l’échiquier politique se vérifie au Chili avec Kast, au Brésil avec Bolsonaro, en Argentine avec Milei, en Équateur avec Noboa.</p><h2 class="spip" id="Gauche-moderee-ultradroite-decomplexee">Gauche modérée, ultradroite décomplexée</h2><p>Si la carte électorale de la Colombie est demeurée globalement la même – la côte vote majoritairement à gauche, l’intérieur des terres, à l’exception de la capitale, Bogotá, à droite –, la participation fut plus élevée (58%) et a davantage profité à de la Espriella. De façon similaire, c’est le candidat nostalgique de Pinochet, José Antonio Kast, qui a bénéficié de la nouvelle obligation de vote aux dernières élections au Chili. Les personnes qui ne votaient pas auparavant tendent, par rejet de la classe politique, à voter majoritairement pour des candidats « antisystème ».</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Enfin, notons que la polarisation électorale de la société colombienne et, plus largement, ibéro-américaine est asymétrique : elle se caractérise par l’opposition entre une gauche modérée, aux mesures réformistes – fussent-elles structurantes comme la réforme agraire du gouvernement Petro en Colombie – à une ultradroite décomplexée et militante, prétendant appliquer une thérapie de choc.</p><h2 class="spip" id="La-bukelisation-de-la-politique">La bukelisation de la politique</h2><p>Abelardo de la Espriella est présenté comme le « Bukele colombien ». Nayib Bukele, président du Salvador depuis 2019, qui se proclame le « dictateur le plus cool du monde », est de fait très populaire sur tout le continent, en raison de sa « victoire » – mais à quel coût et jusqu’à quel point ? – contre l’insécurité. Nombre de dirigeants de la région se réclame par ailleurs de Bukele et lui-même n’hésite pas à offrir ses services aux autres gouvernements, notamment haïtien et équatorien. Au miroir salvadorien, de la Espriella met en évidence un triple marqueur du mode de gouvernance Bukele.</p><p>Premier marqueur : la sécuritisation, soit la tendance à donner la priorité au militaire sur la politique, sous le motif de l’insécurité ; une forme de militarisme civil. Cela se manifeste par une militarisation de la politique qui se décline en autant de « guerres » : contre le narcotrafic, les bandes criminelles et les flux migratoires. Or l’insécurité est devenue la première préoccupation presque partout sur le continent.</p><div class="spip_document_23081 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="133" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c271141157 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp?1781616116 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg@.webp?1781622737 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg" width="960" height="454" alt="Affiche représentant Ivan Cepeda et Aida Quilcué." aria-describedby="by23081-fc924eb027a6fee3fce3049922bbc7d5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ivan_cependa.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23081-fc924eb027a6fee3fce3049922bbc7d5">Affiche d’Ivan Cepeda et Aida Quilcué, candidats du parti de Gustavo Petro Pacto Historico à l’élection présidentielle colombienne.
</figcaption></figure></div><p>Dans un pays comme la Colombie, marquée non pas par le « retour de la violence » – comme si celle-ci avait un jour disparu de l’horizon national –, mais par le recodage d’une violence armée historique, inscrite dans l’accaparement des ressources (coca, pétrole, minerais, etc.), et les inégalités, la substitution d’une stratégie militaire – dont on fantasme la rapidité et l’efficacité – à une politique globale fait de nombreux adeptes. Abelardo de la Espriella, qui a eu des liens avec les paramilitaires, promet ainsi de <em>« combattre d’une main de fer »</em> les criminels et de construire des méga-prisons sur le modèle de Bukele. Cette tendance est catalysée par Washington, qui pousse à une guerre contre la drogue ; guerre qui lui sert par ailleurs de prétexte à l’ingérence.</p><p>Deuxième marqueur : la politique spectacle. Âgé de 47 ans, Abelardo de la Espriella fait du luxe qui l’entoure un argument, de sa richesse une démonstration et de sa campagne un spectacle. Les images-forces, les slogans, le nombre de vues sur les réseaux sociaux doivent emporter l’adhésion. Et cela marche. C’est finalement moins la lutte contre l’insécurité au Salvador qui convainc l’électorat que la mise en scène soigneusement médiatisée des milliers de prisonniers en file, la tête baissée, vêtus de blanc.</p><p>La figure et le parcours de Bukele et de la Espriella en tant que <em>self made men</em>, entrepreneurs à succès et outsider relèvent tout autant du spectacle. Ils sont les fruits (pourris) d’un système qu’ils prétendent casser en comblant illusoirement le fossé entre la classe politique et le peuple et en occultant les affaires de corruption dont ils sont accusés. Dans le champ saturé d’images et de symboles, de la Espriella se positionne sur le créneau bling bling, entre la casquette décontractée de Bukele et la tronçonneuse brandie de Milei.</p><h2 class="spip" id="Expression-d-un-masculinisme-viriliste">Expression d’un masculinisme viriliste</h2><p>La politique spectacle est inégalement mise en œuvre au sein de l’extrême droite. Noboa et Kast apparaissent plus sobres et de la Espriella a choisi comme vice-président un économiste expérimenté. Le sérieux et le spectacle se mêlent au point parfois de se confondre et de dérouter, mis toujours au service d’une politique où sous le brillant des boutons de manchette, des armes et des galons, transparaît le caractère mafieux.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/si-la-police-tire-tu-filmes-en-colombie-un-journalisme-indigene-au-servoce-communautes">« Si la police tire, tu filmes » : en Colombie, un journalisme autochtone au service des communautés</a></aside><p>Troisième marqueur : une politique « qui a des couilles » comme le dit Abelardo de la Espriella. Soit l’expression d’un masculinisme viriliste et autoritaire qui entend remettre l’homme et la famille – latinos s’entend ; pas indigènes ou afrodescendants – à leur place « naturelle », c’est-à-dire au centre de la société (avec l’appui des églises évangélistes comme en Colombie). Les blagues sexistes d’Abelardo de la Espriella et ses références à son sexe « qui l’a aidé à obtenir des voix dans l’électorat féminin » sont dès lors aussi une réponse à « l’audace » de Francia Marquez, leader afrocolombienne et actuelle vice-présidente, et de la sénatrice indigène, Aida Quilcué, candidate à la vice-présidente avec Ivan Cepeda. Dans ce concert assourdissant d’« hommes forts », Claudia Sheinbaum, unique cheffe d’État (au Mexique) sur le continent est bien esseulée.</p><p>L’arrivée en tête au premier tour des élections d’Abelardo de la Espriella doit prioritairement se comprendre comme une contre-offensive, non seulement envers la politique sociale de l’actuel gouvernement, mais aussi et surtout envers le soulèvement populaire de 2021 qui a secoué le pays et facilité l’accession, inédite, d’un président de gauche.</p><p>De manière générale, l’extrême droitisation du continent (et du monde ?) doit ainsi être entendue comme une forme de revanche sur le cycle d’insurrections et de mouvements féministes qui ont déstabilisés les pouvoirs établis, d’Haïti au Chili, en passant par le Pérou, la Colombie et l’Argentine.</p><h2 class="spip" id="Le-resultat-affectera-tout-le-continent">Le résultat affectera tout le continent</h2><p>À la vague de soulèvements populaires des années 2018-2023 qui n’a pas réussi à changer durablement les structures de pouvoir répond actuellement un cycle autoritaire, catalysé par le retour de Trump à la Maison blanche, qui cherche à casser les mouvements sociaux. Ces droites progressent non seulement dans les urnes mais aussi dans les rues.</p><p>Si Ivan Cepeda l’emporte au second tour, il consolidera les réformes mises en place par son prédécesseur, poursuivra et accentuera l’érosion de l’influence des élites oligarchiques. La victoire d’Abelardo de la Espriella marquera au contraire la recomposition de ces élites impatientes d’en finir avec les avancées sociales et même l’espoir d’un changement.</p><p>Le résultat du second tour affectera tout le continent, au-delà de la Colombie. Et ce résultat sera atténué ou amplifié par le scrutin présidentiel d’octobre 2026 au Brésil. Personne ne peut dire à l’heure actuelle qui gouvernera bientôt ces deux pays. Mais ce qui est certain en revanche, c’est que de nouvelles explosions sociales s’annoncent, sur fond d’inégalités, de corruption et de rejet des classes gouvernantes.</p><p>L’insurrection de la jeunesse d’octobre 2025 au Pérou, en résonance avec la vague mondiale de protestations sociales de la « Gen Z », en constitue peut-être un signe avant-coureur.</p><p><strong>Frédéric Thomas</strong> est docteur en sciences politiques, chargé d’étude au <a href="https://www.cetri.be" class="spip_out" rel="external">Centre tricontinental</a>, auteur de <em><a href="https://www.seuil.com/ouvrage/haiti-briser-le-piege-colonial-frederic-thomas/9782021604122" class="spip_out" rel="external">Haïti. Briser le piège colonial</a></em> (Paris, Seuil, 2026).</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 17 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Dans vos supermarchés : 6 produits sur 10 sont ultratransformés]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10562 c-content_text texte surlignable"><p>Céréales, gâteaux, sodas, chips… 60 % des produits vendus en supermarché sont ultratransformés. Malgré la profusion des études scientifiques qui associent les aliments ultratransformés à un large éventail de maladies chroniques (obésité, diabète de type 2, maladies cardiovasculaires, certains cancers) et même à des troubles dépressifs, ils ne font l’objet d’aucun encadrement. Yuka, Foodwatch et France Assos Santé ont lancé une pétition pour lutter contre les aliments ultratransformés. Elles réclament l’affichage clair et obligatoire du nutri-score sur les produits.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/format-video">Vidéos</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/alimentation-516">Alimentation</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/agro-industrie">Agro-industrie</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/sante">Santé</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=dans-vos-supermarches-6-produits-sur-10-sont-ultratransformes?var_fav=article-10562" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 16 Jun 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Autorisation illimitée de pesticides : voici à quoi vous avez échappé (pour le moment)]]></title>
      <description><![CDATA[<p>C’est un grand soulagement pour les scientifiques, médecins, ONG et citoyens mobilisés contre « le paquet Omnibus » de l’Union européenne. Les États membres de l’UE ne sont pas parvenus à se mettre d’accord le 12 juin sur ce projet de règlement européen qui concerne entre autres les pesticides et constitue, selon ses opposants, « une dérégulation historique ». <em>« Leur échec à trouver un consensus est une excellente nouvelle »</em>, réagit Pierre Sujobert, professeur d’hématologie aux hospices civils de Lyon. Le médecin avait signé en décembre dernier avec 2300 scientifiques une <a href="https://basta.media/Des-pesticides-autorises-de-maniere-illimitee-en-Europe-2300-scientifiques-alertent-Omnibus" class="spip_in">lettre ouverte alertant sur une « autorisation illimitée des pesticides »</a>.</p><p>Que propose exactement ce règlement ? Il a été présenté par la Commission européenne le 16 décembre 2025 comme une mesure de simplification administrative concernant les procédures d’autorisation de pesticides. Actuellement, environ 200 dossiers sont en attente d’avis, et l’EFSA (Agence européenne de sécurité des aliments) estime que huit années seraient nécessaires pour les traiter. Pour y remédier, la proposition initiale de la Commission suggérait de supprimer les périodes de renouvellement des autorisations de pesticides de 10 à 15 ans au profit d’autorisations à durée indéterminée.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Ce projet de règlement fait l’objet d’âpres négociations. Le dernier projet de compromis avancé vendredi 12 juin par la présidence chypriote, proposait de réserver les autorisations illimitées aux seules substances pesticides dites « à faible risque ». En contrepartie, des durées d’autorisations plus longues étaient accordées à toutes les autres substances, en passant de 10 à 15 ans pour une première approbation, et de 15 à 25 ans pour un renouvellement.</p><p>Le glyphosate et l’acétamipride par exemple se voyaient automatiquement octroyer 10 ans de plus sur le marché européen, sans aucune nouvelle évaluation. Or, selon Pierre Sujobert, <em>« seule une ré-évaluation périodique et rapprochée permettrait de prendre en compte les données produites par les scientifiques qui observent l’effet réel des pesticides lorsqu’ils sont utilisés »</em>. Le projet proposait aussi d’étendre les délais de grâce pendant lesquels des pesticides qui auraient été interdits peuvent encore être utilisés, en passant de 18 mois à 3 ans.</p><p>Plusieurs pays n’ont pas soutenu le compromis sur la table, dont la Belgique qui s’est clairement prononcée contre les autorisations à durée illimitée. Contacté par <em>Basta!</em>, le cabinet du Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas donné suite à nos questions concernant la position de la France dans ces négociations. L’absence de compromis le 12 juin marque en tous les cas une victoire pour les opposants. <em>« Depuis l’annonce de cet Omnibus, la mobilisation citoyenne a été très importante</em>, observe Andy Battentier, chargé de campagne chez Générations futures. <em>Aujourd’hui, elle a permis d’éviter la validation par le Conseil de mesures mortifères pour la santé et l’environnement en Europe. »</em></p><p>La mise en échec de la présidence chypriote ouvre une nouvelle page pour les négociations. C’est désormais l’Irlande qui doit reprendre le dossier, sa présidence démarrant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juillet. Les organisations opposées au texte rappellent qu’ <em>« une solution alternative, simple, peu onéreuse et soutenue par l’EFSA, existe »</em>. Dans un courrier consulté par <em>Basta!</em>, l’EFSA estime que le recrutement supplémentaire de 50 experts, soit un budget de 15 millions d’euros, lui permettrait de rattraper le retard accumulé en trois ans. Soit le recrutement d’à peine deux experts par État membre.</p><p>L’EFSA souligne également dans ce courrier que la demande de pièces complémentaires auprès des fabricants de pesticides, lorsque ces derniers soumettent des dossiers, reste souvent sans réponse. L’agence préconise donc de rejeter tout dossier incomplet, ce qui lui permettrait de gagner du temps et d’alléger substantiellement sa charge de travail.</p><p>Alors qu’un groupe de travail va poursuivre les discussions au sein du Conseil européen, des négociations se mènent en parallèle au Parlement européen en vue d’un vote en plénière en octobre prochain. Andy Battentier espère que les mobilisations vont s’amplifier <em>« pour pousser les institutions européennes à renforcer les protections plutôt qu’à les détricoter »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Omnibus-autorisation-illimitee-de-pesticides-ce-a-quoi-vous-avez-echappe-pour-le-moment</link>
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      <pubDate>Tue, 16 Jun 2026 13:39:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Autorisation illimitée de pesticides : l'Europe recule pour le moment]]></title>
      <description><![CDATA[<p>C’est un grand soulagement pour les scientifiques, médecins, ONG et citoyens mobilisés contre « le paquet Omnibus » de l’Union européenne (UE). Les États membres de l’UE ne sont pas parvenus à se mettre d’accord le 12 juin sur ce projet de règlement européen, qui concerne entre autres les pesticides et constitue, selon ses opposants, <em>« une dérégulation historique »</em>. <em>« Leur échec à trouver un consensus est une excellente nouvelle »</em>, réagit Pierre Sujobert, professeur d’hématologie aux hospices civils de Lyon. Le médecin avait signé en décembre dernier, avec 2300 scientifiques, une <a href="https://basta.media/Des-pesticides-autorises-de-maniere-illimitee-en-Europe-2300-scientifiques-alertent-Omnibus" class="spip_in">lettre ouverte alertant sur une <em>« autorisation illimitée des pesticides »</em></a>.</p><p>Que propose exactement ce règlement ? Il a été présenté par la Commission européenne le 16 décembre 2025 comme une mesure de simplification administrative concernant les procédures d’autorisation de pesticides. Actuellement, environ 200 dossiers sont en attente d’avis, et l’EFSA (agence européenne de sécurité des aliments) estime que huit années seraient nécessaires pour les traiter. Pour y remédier, la proposition initiale de la Commission suggérait de supprimer les périodes de renouvellement des autorisations de pesticides de 10 à 15 ans au profit d’autorisations à durée indéterminée.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Ce projet de règlement fait l’objet d’âpres négociations. Le dernier projet de compromis, avancé vendredi 12 juin par la présidence chypriote, proposait de réserver les autorisations illimitées aux seules substances pesticides dites « à faible risque ». En contrepartie, des durées d’autorisations plus longues étaient accordées à toutes les autres substances, en passant de 10 à 15 ans pour une première approbation et de 15 à 25 ans pour un renouvellement.</p><p>Le glyphosate et l’acétamipride, par exemple, se voyaient automatiquement octroyer 10 ans de plus sur le marché européen, sans aucune nouvelle évaluation. Or, selon Pierre Sujobert, <em>« seule une réévaluation périodique et rapprochée permettrait de prendre en compte les données produites par les scientifiques qui observent l’effet réel des pesticides lorsqu’ils sont utilisés »</em>. Le projet proposait aussi d’étendre les délais de grâce pendant lesquels des pesticides qui auraient été interdits peuvent encore être utilisés, en passant de 18 mois à 3 ans.</p><p>Plusieurs pays n’ont pas soutenu le compromis sur la table, dont la Belgique, qui s’est clairement prononcée contre les autorisations à durée illimitée. Contacté par <em>Basta!</em>, le cabinet du Premier ministre Sébastien Lecornu n’a pas donné suite à nos questions concernant la position de la France dans ces négociations. L’absence de compromis le 12 juin marque en tout cas une victoire pour les opposants. <em>« Depuis l’annonce de cet Omnibus, la mobilisation citoyenne a été très importante</em>, observe Andy Battentier, chargé de campagne chez Générations futures. <em>Aujourd’hui, elle a permis d’éviter la validation par le Conseil de mesures mortifères pour la santé et l’environnement en Europe. »</em></p><p>La mise en échec de la présidence chypriote ouvre une nouvelle page pour les négociations. C’est désormais l’Irlande qui doit reprendre le dossier, sa présidence démarrant le 1<sup class="typo_exposants">er</sup> juillet. Les organisations opposées au texte rappellent qu’ <em>« une solution alternative, simple, peu onéreuse et soutenue par l’EFSA, existe »</em>. Dans un courrier consulté par <em>Basta!</em>, l’EFSA estime que le recrutement supplémentaire de 50 experts, pour un budget de 15 millions d’euros, lui permettrait de rattraper le retard accumulé en trois ans. Soit le recrutement d’à peine deux experts par État membre.</p><p>L’EFSA souligne également dans ce courrier que la demande de pièces complémentaires auprès des fabricants de pesticides, lorsque ces derniers soumettent des dossiers, reste souvent sans réponse. L’agence préconise donc de rejeter tout dossier incomplet, ce qui lui permettrait de gagner du temps et d’alléger substantiellement sa charge de travail.</p><p>Alors qu’un groupe de travail va poursuivre les discussions au sein du Conseil européen, des négociations se mènent en parallèle au Parlement européen en vue d’un vote en plénière en octobre prochain. Andy Battentier espère que les mobilisations vont s’amplifier <em>« pour pousser les institutions européennes à renforcer les protections plutôt qu’à les détricoter »</em>.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Omnibus-autorisation-illimitee-pesticides-Europe-recule-pour-le-moment</link>
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      <pubDate>Tue, 16 Jun 2026 13:39:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Un nouveau parc éolien dans le Maine-et-Loire, 100 % citoyen et sans opposition]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« 35 personnes se sont manifestées pour des nuisances sur leur réception télé depuis la mise en marche. On les a rencontrées une par une, et on leur a fait des propositions concrètes. »</em> Damien Reveau gère, avec des centaines d’autres habitants, un tout nouveau parc éolien dans le Maine-et-Loire : quatre éoliennes de 150 mètres de haut, en fonction depuis septembre sur la commune du Fief-Sauvin, entre Nantes et Angers.</p><p>Le site produit l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 23 000 personnes – de l’électricité vendue à EDF et injectée dans le réseau. Ce nouveau parc est 100 % participatif : il a été financé exclusivement par des citoyennes et des citoyennes, qui en sont aujourd’hui les seuls propriétaires. Ici, il n’y a ni fonds d’investissement ni même une collectivité territoriale aux manettes. Alors, quand il y a des réclamations, ce sont aussi les citoyens qui gèrent. <em>« Les gens savent où nous trouver »</em>, pointe l’habitant, commercial de profession.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Les-industriels-ils-font-du-profit">« Les industriels, ils font du profit »</h2><p>Au début du projet, il y avait <em>« un agriculteur qui pensait faire installer des éoliennes sur son terrain parce qu’il voyait qu’il y en avait autour. Il a été voir une entreprise qui développe des parcs et avait un bureau tout près »</em>, retrace Damien Reveau, aujourd’hui coprésident de l’association Vents d’Evre et président de la SAS qui gère le parc. Le projet a d’abord été pris en main par l’entreprise, Valorem, en collaboration avec les communes. <em>« La communauté de communes a organisé une première réunion alors que le projet était pratiquement finalisé avec l’industriel. L’idée alors était que Valorem détienne la majorité du capital et que les communes en aient 49 %, en redistribuant 25 % à des citoyens et des entreprises du territoire »</em>, poursuit Damien, présent lors de cette première réunion.</p><div class="spip_document_22935 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="148" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/regard.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2514549002 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp?1779944692 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp?1779892202 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/regard.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/regard.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/regard.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/regard.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/regard.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/regard.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/regard.jpg@.webp?1780916566 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/regard.jpg" width="960" height="720" alt="Deux hommes de dos regardent un mât d'éolienne." aria-describedby="by22935-1e0310c8c0434c8b08a2d70138fc9054" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/regard.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/regard.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/regard.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22935-1e0310c8c0434c8b08a2d70138fc9054">Les quatre éoliennes produisent l’équivalent de la consommation électrique annuelle de 23 000 personnes, hors chauffage.
©Association Vents d’Evre
</figcaption></figure></div><p>S’y trouvaient aussi des habitants des environs impliqués dans d’autres parcs éoliens citoyens du territoire. Car il en existe déjà quatre dans un rayon de moins de 40 kilomètres : la Jacterie, mis en marche en 2016 ; l’Hyrôme, depuis 2020 ; les Grands fresnes et la Grande levée, en fonction depuis 2021, avec chacun entre trois et cinq turbines. <em>« Les gens de ces parcs nous ont dit qu’on pouvait être majoritaires au capital en tant que citoyens, et même prendre la gouvernance du projet »</em>, poursuit Damien Reveau.</p><p><em>« Sur d’autres parcs où ce sont des industriels qui en ont la gestion complète, on voit qu’ils n’ont pas du tout de rapport avec les communes autour de chez eux, au contraire. Ils font juste du profit avec le vent »</em>, ajoute Gérard Grellier, citoyen administrateur de la SAS du parc du Fief-Sauvin. Lui voulait <em>« être acteur du projet qui est sur [sa] commune »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/face-aux-attaques-energie-solaire-des-centrales-villageoises-resistent-moratoire-renouvelables">Face aux attaques sur l’énergie solaire, des centrales villageoises résistent</a></aside><p>Un groupe d’habitants forme alors une association, rallie les propriétaires du foncier sur lequel allaient être installées les éoliennes, et demande à l’entreprise Valorem de leur vendre le parc une fois le permis de construire obtenu. L’association part alors seule, sans même les communes. S’est ensuite posée la question de l’argent.</p><h2 class="spip" id="Plus-de-3-millions-d-euros-recoltes-en-huit-mois">Plus de 3 millions d’euros récoltés en huit mois</h2><p><em>« En huit mois, on a réuni 3,2 millions d’euros, de 448 investisseurs qui habitent soit dans la commune, soit dans les communes alentour, à moins de 15 kilomètres</em>, retrace Damien Reveau. <em>300 de ces investisseurs voient presque les éoliennes de chez eux. »</em> Le mouvement Énergie partagée est aussi venu en appui avec sa branche « investissement », qui collecte l’épargne citoyenne pour l’investir dans le capital de projets d’énergie renouvelable et d’économie d’énergie.</p><p><em>« Nous avons complété pour atterrir à 5 millions d’euros de fonds propres, ce qui était nécessaire pour pouvoir convaincre une banque de nous suivre, pour financer les 24 millions d’euros que coûtait la production du parc »</em>, explique Samuel Faure, responsable d’investissement à Énergie partagée. Aujourd’hui, la SAS des 448 investisseurs-habitants détient 70 % du parc, Énergie partagée 30 %.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« Énergie partagée, ce sont des gens qui ont une grande technicité, la capacité à mener des projets, et la même vision que nous »</em>, vante Gérard Grellier. Énergie partagée est déjà engagée dans des dizaines de parcs éoliens citoyens en France, dont les voisins du Maine-et-Loire. <em>« Dans la région, les quatre parcs citoyens déjà existants ont permis de consolider un véritable savoir-faire</em>, constate Samuel Faure. <em>Au Fief-Sauvin aussi, l’ambition était de maîtriser la conception du projet, mais aussi l’exploitation et le devenir. »</em></p><h2 class="spip" id="Developpe-en-moins-de-trois-ans-sans-aucun-recours">Développé en moins de trois ans, sans aucun recours</h2><p>Le parc du Fief-Sauvin a la particularité de n’avoir fait face à aucun recours d’opposants, alors que les contestations de programmes éoliens devant la justice sont monnaie courante. <em>« C’est un peu atypique »</em>, note Gérard. Le parc citoyen de la Grande levée a par exemple fait face à <a href="https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/vezins-49340/a-l-est-de-cholet-ces-deux-parcs-eoliens-n-en-forment-ils-qu-un-b9b96842-2f96-11ed-8199-841c2ad9deed" class="spip_out" rel="external">un recours en justice</a>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/rapport-ambigu-energies-renouvelables-france-eolien-photovoltaqiue-moratoire-Andreas-Rudinger">« On a un rapport extrêmement ambigu aux énergies renouvelables en France »</a></aside><p><em>« Zéro recours, et un développement très rapide »</em>, ajoute Thierry Haas, responsable de l’agence locale de Valorem, qui a suivi le projet avant la revente au collectif. Entre la levée de fonds citoyenne et la mise en marche, il s’est écoulé moins de trois ans. <em>« Des réflexions pour améliorer l’acceptation de l’éolien dans les territoires, on en a plusieurs. Une des voies, ce sont les parcs citoyens et l’actionnariat local</em>, explique-t-il. <em>Mais tous les territoires sont différents, les projets aussi. »</em></p><p>Avoir un interlocuteur direct et facile d’accès peut en tout cas aider. Samuel Faure, d’Énergie partagée, comprend <em>« que les opposants aux projets éoliens critiquent quand les investissements sont portés par des fonds de pension étrangers. Et aussi, quand il faut discuter avec le producteur en cas de contrainte acoustique, visuelle ou autre, et qu’on ne sait pas à qui parler. Là, avec la composante citoyenne, les gens se connaissent. Et, sur le terrain, on est capable de prendre en compte les contraintes. »</em></p><h2 class="spip" id="Pas-de-revente-possible-a-des-investisseurs">Pas de revente possible à des investisseurs</h2><p>Au Fief-Sauvin, la SAS citoyenne a réalisé des enquêtes de son et des analyses des sols avant l’installation des éoliennes. <em>« Et on a refait un point après la construction. Pour que, si jamais quelqu’un avait à se plaindre, il sache comment c’était avant et comment c’est après. S’il y a des nuisances qui apparaissent, on peut comparer les deux tableaux »</em>, explique Damien Reveau.</p><p>Déjà, ils ont dû régler les quelques problèmes de réception télé de riverains. <em>« On leur a proposé soit une indemnité pour se raccorder à la fibre, ce qui règlerait le problème, soit de financer l’installation d’une parabole</em>, détaille l’homme. <em>Il peut aussi y avoir des problèmes avec les ombres portées, qui surprennent quelques personnes. Sur ce point, on peut, au besoin, arrêter les éoliennes sur des périodes précises. On trouvera des solutions. »</em></p><div class="spip_document_22934 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="55" data-legende-lenx="x"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/fanfarre.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3456956782 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp?1779944698 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp?1779892206 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fanfarre.jpg@.webp?1780916601 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fanfarre.jpg" width="960" height="720" alt="Une fanfafre au pied d'un mât d'éolienne au second plan, un stand avec des perosnnes autour au premier plan." aria-describedby="by22934-240d59bd91bbc968ff6dd91d34feb5e2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/fanfarre.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22934-240d59bd91bbc968ff6dd91d34feb5e2">Le 25 avril au Fief-Sauvin.
©Association Vents d’Evre
</figcaption></figure></div><p>Le collectif a aussi déjà pensé à prévenir toute revente à des investisseurs extérieurs. <em>« Une part, c’est 1000 euros. Une personne peut en avoir 20 au maximum. Et qu’on ait une part ou 20 parts, on a toujours le droit à une voix »</em>, met en avant Damien Reveau. Les citoyens investisseurs peuvent, certes, revendre leur part, mais il faut que ce soit validé par le conseil d’administration de la SAS. <em>« Et c’est borné dans les statuts : un citoyen ne peut revendre qu’à un autre citoyen »</em>, pas à un fonds d’investissement, insiste Gérard Grellier.</p><p>Maintenant que le parc fonctionne, le collectif qui le gère continue de se retrouver toutes les semaines, et de s’inspirer des parcs citoyens voisins. Au parc de la Jacterie, qui a dix ans, on réfléchit déjà à ce qui se passera à la fin du contrat avec EDF, engagé à acheter l’électricité produite pour 22 ans, mais pas après. <em>« On est ici dans le monde agricole</em>, souligne Damien Reveau. <em>Les gens pensent sur le long terme. »</em></p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Nouveau-parc-eolien-100-porucents-citoyen-sans-opposition-maine-et-loire</link>
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      <pubDate>Tue, 16 Jun 2026 07:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[49 personnes tuées au cours d'une intervention policière en 2025]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>Basta!</em> recense 49 décès liés à une intervention des forces de l’ordre – police, gendarmerie et police municipale – en 2025. Ce chiffre pourra éventuellement évoluer lorsque les rapports de « la police des polices », IGPN (pour les policiers) et IGGN (pour les gendarmes), seront publiés. Il est pour l’instant inférieur aux décès de 2024, au nombre de 69 – un niveau inédit depuis que nous tenons à jour cette base de données sur les interactions policières létales. Au-delà des chiffres, ce sont les circonstances dans lesquelles ces décès se produisent qui livrent des éléments sur la légitimité – ou non – du recours à la force dans ces 49 décès [<a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="À cela, s’ajoutent deux morts du fait d’un agent hors-service. Il s’agit de (…)" id="nh1">1</a>].</p><p>La police nationale est impliquée dans plus d’une trentaine d’affaires, la gendarmerie dans une dizaine de cas et la police municipale dans cinq décès. Ces interventions létales recouvrent des situations très différentes : des personnes qui ont elles-mêmes ouvert le feu sur les forces de l’ordre ou qui viennent de perpétrer un féminicide ; des personnes en décompensation psychique et jugées, à tort ou à raison, menaçantes ; des adolescents tentant d’éviter un contrôle de police ; ou des personnes interpellées et victimes d’un « malaise » entre les mains de la police. Plusieurs affaires soulèvent des interrogations, en particulier quand la version policière diffère de celle de témoins de la scène.</p><div class="spip_document_23078 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="126" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/circonstances_morts_police.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c44131709 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp?1781537806 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp?1781537796 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/circonstances_morts_police.png@.webp 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/png/circonstances_morts_police.png" width="960" height="640" alt="Histogramme horizontal classant les principales causes de décès suite à une intervention policière" aria-describedby="by23078-1e084490cb3e93a3c7d02a9d8b4a6dff" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/png/circonstances_morts_police.png 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23078-1e084490cb3e93a3c7d02a9d8b4a6dff">Les morts par balle représentent près de 40% des cas de personnes décédées suite à une intervention policière
© Stpo/ Basta!
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Morts-par-balles-armes-ou-non">Morts par balles, armés ou non</h2><p>Cela reste la première cause de décès : lorsque policiers ou gendarmes font usage de leur arme à feu, ce qui est le cas dans dix-neuf de ces décès. Dans quatre de ces interventions, les forces de l’ordre ont été amenées à riposter. Sur une aire d’autoroute à Selongey, en Côte-d’Or, le 8 février 2025, des policiers du Raid en filature sont visés <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/02/08/en-cote-d-or-un-homme-tue-et-un-policier-du-raid-blesse-lors-d-un-echange-de-tirs_6537286_3224.html" class="spip_out" rel="external">par des tirs d’armes automatiques</a> venant des suspects qu’ils surveillaient dans le cadre d’une enquête pour <em>« aide au séjour en bande organisée et association de malfaiteurs »</em>. L’un des suspects est tué.</p><p>Un mois plus tard, un homme au masque de clown muni d’un sabre <a href="https://www.ici.fr/infos/faits-divers-justice/pays-basque-un-forcene-abattu-par-des-policiers-apres-une-prise-d-otage-et-des-tirs-5874368" class="spip_out" rel="external">prend en otage</a> la gérante d’une fromagerie à Bidart, près de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Au moment de la négociation avec des policiers de la Bac arrivés sur place, il pointe une arme vers eux et semble faire feu, avec un pistolet qui se révélera factice. Les policiers de la Bac ripostent et tuent cet ancien militaire. À Metz (Moselle), c’est un homme qui menace de sa fenêtre les passants avec une arme à canon long, pendant la nuit. Vers 3 heures du matin, il ouvre le feu en direction de policiers, blessant trois d’entre eux, selon le récit du parquet.</p><p>D’autres décès surviennent alors que les agents interviennent dans le cadre de violences conjugales ou intrafamiliales, comme cette affaire qui implique un homme <a href="https://www.brut.media/fr/articles/dans-le-pas-de-calais-un-homme-menacant-avec-un-pic-a-viande-a-ete-tue-par-la-police" class="spip_out" rel="external">menaçant avec un pic à brochettes</a> les agents appelés par son ex-compagne à Wingles dans le Pas-de-Calais. Ou Franck Ollivo, qui vient de <a href="https://www.feminicides.fr/feminicides-aout-2025/55.-xx" class="spip_out" rel="external">commettre un féminicide</a> en assassinant son ex-compagne, Tatiana Mevel, à Saint-Jouan-des-Guérets (Ille-et-Vilaine), le 8 août 2025, et qui menace avec une machette les gendarmes à leur arrivée.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Armes-blanches-et-souffrance-psychique">Armes blanches et souffrance psychique</h2><p>Les forces de sécurité font de plus en plus souvent face à des profils de personnes plutôt âgées et souvent en grande détresse psychique, provoquant un comportement parfois agressif. C’est le cas de Jacky, souffrant de schizophrénie et retranché avec ses deux enfants et leur mère au Lamentin, en Martinique, avant d’être tué par le Raid alors que les policiers ont cru entendre une détonation. <em>« Il a supplié pour qu’on lui donne des soins et, résultat, il a pris deux balles, uniquement »</em>, <a href="https://rci.fm/martinique/infos/Societe/Tue-au-Lamentin-par-le-RAID-lautre-recit-de-la-compagne-et-de-la-cousine-du-jeune" class="spip_out" rel="external">regrette sa cousine</a>.</p><p>Début 2025, c’est un homme nu dans une église de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) qui <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/brive/ca-choque-mais-c-est-la-procedure-tirs-de-policiers-a-brive-pourquoi-une-enquete-pour-homicide-volontaire-est-ouverte-3096136.html" class="spip_out" rel="external">menace des passants puis des policiers</a> avec un couteau avant d’être tué. À La Réunion, Jean dit « Ti-Fred » se retranche dans son appartement pour éviter une hospitalisation sous contrainte jusqu’à ce que la gendarmerie intervienne. Selon le procureur, ce sexagénaire aurait menacé les militaires qui ont ouvert le feu après avoir tenté de le maîtriser avec leur Taser. La gendarme <a href="https://lessor.org/societe/tir-mortel-une-gendarme-de-la-reunion-placee-en-garde-a-vue-par-liggn/" class="spip_out" rel="external">est convoquée</a> par l’IGGN pour justifier son tir.</p><p>À Dugny (Seine-Saint-Denis), des habitants présents ce 26 février évoquent une <em>« bavure policière »</em> à propos de la mort Nicolas Larue. Présenté comme <em>« véhément »</em>, cet homme atteint de schizophrénie et armé de couteaux est tué par les policiers. Ces derniers, alertés par un ambulancier, avaient utilisé leur Taser <em>« sans succès »</em>, avant d’ouvrir le feu. La famille du défunt déplore une spirale d’incompréhensions.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-police-tue-voici-les-chiffres">La police tue : voici les chiffres</a></aside><p>Juridiquement, l’ouverture du feu sur une personne armée n’est pas légitime par principe. Selon l’<a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006417218" class="spip_out" rel="external">article 122-5 du Code pénal</a>, les forces de l’ordre doivent justifier de conditions d’immédiateté, de nécessité, et de proportionnalité de la riposte à un danger.</p><p>Plusieurs de ces affaires sont d’ailleurs entourées de zones d’ombres. C’est le cas dans la mort de Gabriel Bée, <a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/deux-sevres-la-famille-de-gabriel-bee-tue-par-un-gendarme-lutte-face-a-une-justice-absente-WGS7yp8bTIuKLpy85t4uWg" class="spip_out" rel="external">tué par des gendarmes</a> chez lui, près de Niort (Deux-Sèvres) le 21 mai 2025, à la suite d’un signalement pour tapage nocturne.</p><p>L’enquête a conclu que <a href="https://www.ouest-france.fr/politique/defense/gendarmerie/gabriel-tue-par-un-gendarme-en-deux-sevres-le-tir-considere-comme-necessaire-par-lenquete-a52f1300-1c63-11f1-ac5d-3a2f3c7ecfe2" class="spip_out" rel="external">ces tirs étaient <em>« nécessaires »</em></a> face au trentenaire qui aurait brandi une matraque. Les proches du défunt contestent cette version en s’appuyant sur deux vidéos enregistrées le soir des faits. <em>« C’est aberrant qu’on puisse mourir alors qu’on a mis la musique trop fort »</em>, déplore sa mère.</p><p>Après une fête à Plum (Nouvelle-Calédonie / Kanaky), Faara Tournier, ne détient pas d’arme quand <a href="https://www.lnc.nc/article/nouvelle-caledonie/grand-noumea/mont-dore/faits-divers/justice/a-plum-la-famille-de-faara-reclame-justice" class="spip_out" rel="external">il reçoit une balle</a> mortelle tirée par un gendarme, en septembre. Ce dernier a ouvert le feu sur un véhicule qu’il estimait menaçant, tuant Faara Tournier qui n’en était pas le conducteur. Selon la version du gendarme, il était passager ; selon plusieurs témoins, il était à l’extérieur. Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) dénonce un <em>« déploiement démesuré de plusieurs contingents de policiers et de gendarmes mobiles »</em>.</p><p>Une personne a aussi succombé à une arme dite non létale. En avril 2025, un homme, <em>« errant pieds nus »</em> dans les rues de Paris, meurt après avoir reçu, lors d’une arrestation musclée, un tir de Taser <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/180425/paris-un-homme-en-errance-de-35-ans-meurt-apres-une-intervention-de-police" class="spip_out" rel="external">venu d’une patrouille de police</a> sollicitée par le Samu.</p><h2 class="spip" id="Refus-d-obtemperer-et-fuites">Refus d’obtempérer et fuites</h2><p>Onze personnes ont péri dans un accident routier en lien direct ou indirect avec une intervention des forces de l’ordre. En décembre dernier, un policier municipal de Nice écrase une piétonne, lors d’une marche arrière au volant de sa voiture. Dans l’Oise, Sylvette C. meurt dans une collision avec un véhicule de gendarmerie qui partait en intervention.</p><p>La plupart de ces accidents mortels ont cependant lieu lors d’un « refus d’obtempérer » ou d’une tentative de fuite. Le 24 janvier, Thibaut W., dit « Bilal », meurt en scooter après avoir été pris en chasse par les polices municipale et nationale qui cherchaient à le contrôler. La famille dépose plainte et demande la saisine de l’IGPN. Des témoignages recueillis par les proches de la victime affirment que <em>« la police le serrait »</em>.</p><p>La cousine de Siméo Hingard, 16 ans, <a href="https://www.rtl.fr/actu/justice-faits-divers/document-rtl-son-scooter-c-etait-sa-vie-la-mere-de-simeo-l-ado-mort-a-tourcoing-apres-un-refus-d-obtemperer-assure-que-c-etait-un-garcon-respectueux-7900566523" class="spip_out" rel="external">s’interroge aussi</a> sur la distance à laquelle se trouvait le véhicule de police municipale de Tourcoing qui poursuivait l’adolescent à la suite d’une infraction routière en deux-roues, avant qu’il ne percute mortellement un poteau. Nolan, 13 ans, lui, meurt dans un accident de voiture alors que le véhicule était <a href="https://www.bfmtv.com/police-justice/saone-et-loire-ce-que-l-on-sait-de-la-mort-d-un-adolescent-de-13-ans-dans-une-voiture-suivie-par-la-police_AV-202507030290.html" class="spip_out" rel="external">suivi par la police</a>, à Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire).</p><p>Par ailleurs, deux personnes migrantes ont perdu la vie en mer après que leur embarcation a été heurtée par la police aux frontières au large de Mayotte.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Basta-en-campagne-pour-faire-entrer-le-sujet-violences-policieres-debat-public">« Basta! » en campagne pour faire entrer le sujet des violences policières dans le débat public</a></aside><h2 class="spip" id="Morts-entre-les-mains-des-forces-de-l-ordre">Morts entre les mains des forces de l’ordre</h2><p>Enfin, dix personnes sont décédées lors de leur interpellation ou lors de leur détention dans un commissariat ou une gendarmerie, dans des conditions parfois floues. En Seine-et-Marne, C. aurait <a href="https://www.leparisien.fr/seine-et-marne-77/savigny-le-temple-il-meurt-lors-de-son-interpellation-quatre-policiers-de-la-bac-en-garde-a-vue-23-10-2025-UFX3MO4HVZAW3CKIL62DNW64O4.php" class="spip_out" rel="external">heurté un panneau de signalisation</a> avant de faire un <em>« malaise »</em> au moment de son interpellation par la Bac.</p><p>En juin, durant son transfert à la gendarmerie de Villeneuve-Tolosane (Haute-Garonne), un automobiliste arrêté après une altercation se serait montré violent envers lui-même <a href="https://www.ladepeche.fr/2025/06/05/mort-dun-homme-apres-une-altercation-a-une-station-service-voitures-percutees-malaise-cardiaque-ce-que-lon-sait-du-drame-12743052.php" class="spip_out" rel="external">jusqu’à <em>« se taper la tête dans la camionnette »</em></a>, d’après le parquet. Il est décédé quelques minutes après son interpellation.</p><h2 class="spip" id="Plus-de-20-morts-en-2026">Plus de 20 morts en 2026</h2><p>D’autres personnes décédées dans des commissariats sont présentés comme des <em>« toxicomanes »</em> ou des <em>« marginaux »</em>, et ont été interpellés pour des suspicions de vol, avec ou sans violence, ou pour ivresse sur la voie publique. En état d’ébriété, <a href="https://france3-regions.franceinfo.fr/paris-ile-de-france/paris/un-homme-retrouve-mort-dans-une-cellule-de-degrisement-d-un-commissariat-a-paris-3143795.html" class="spip_out" rel="external">Adrian B. succombe</a> à un arrêt cardiaque dans sa cellule de dégrisement en avril 2025, malgré les soins prodigués par les policiers et les pompiers parisiens. Le même mois, S. K. <a href="https://www.lavoixdunord.fr/1576088/article/2025-04-15/au-commissariat-de-roubaix-un-homme-place-en-degrisement-retrouve-mort-dans-sa" class="spip_out" rel="external">connaît une fin de vie similaire</a> dans les locaux de la police Roubaix.</p><p>Depuis le début de l’année 2026, nous dénombrons plus d’une vingtaine de décès, en cinq mois. Auxquels s’ajoute le triple meurtre <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/05/12/a-villers-en-arthies-l-emotion-et-la-colere-apres-un-feminicide-et-un-double-infanticide-comment-rassurer-nos-filles_6688285_3224.html" class="spip_out" rel="external">commis par un policier municipal</a>, le 8 mai, contre son épouse et leurs deux filles de 9 et 13 ans, dans le Val-d’Oise, avec son arme de service. Ce type de drame n’est pas le premier. Et pose une nouvelle fois la question des armes qui peuvent être gardées par les policiers en dehors de leur service.</p>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 16 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Pour la première fois, une convention internationale donne des droits aux 435 millions de travailleurs des plateformes]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Dans les salles de réunion et les couloirs feutrés de l’institution centenaire basée à Genève, les discussions ont été intenses. Depuis 1919, l’Organisation internationale du travail (OIT), l’un des tout premiers organismes de la collaboration multilatérale, élabore le droit international, en concertation entre les représentants des États membres, des employeurs et des travailleurs.</p><p>Après s’être intéressée aux questions liées au harcèlement au travail (la Convention 190, dans le sillage du mouvement #Metoo) ou encore aux risques biologiques au travail (après l’épidémie de Covid-19), l’institution, qui tient une conférence une fois par an, <a href="https://www.lemonde.fr/emploi/article/2026/06/12/l-oit-adopte-le-premier-traite-international-sur-les-travailleurs-des-plateformes-numeriques_6701106_1698637.html" class="spip_out" rel="external">a adopté le 12 juin 2026</a> une nouvelle convention pour répondre aux défis de l’époque. Elle porte, cette fois-ci, sur « le travail décent dans l’économie des plateformes ».</p><p>Le sujet concerne les 154 millions de personnes qui ont comme activité principale d’être travailleurs pour les plateformes, d’après <a href="https://www.s4ye.org/sites/default/files/2023-05/Online%20Gig%20economy_Pages.pdf" class="spip_out" rel="external">une étude de la Banque mondiale</a> de 2023, comme Uber, Deliveroo et bien d’autres. Si on ajoute celles qui travaillent ponctuellement dans le secteur, cela représente près de 435 millions de travailleurs dans le monde. Le chiffre augmente d’année en année.</p><h2 class="spip" id="Des-entreprises-qui-faconnent-l-avenir-du-monde-du-travail">Des entreprises qui façonnent l’avenir du monde du travail</h2><p>Les discussions ont été intenses, à l’image des enjeux. <em>« On n’était pas certain d’y arriver ! L’opposition à ce traité a été farouche</em>, témoigne Béatrice Lestic, secrétaire nationale de la CFDT, élue déléguée des travailleurs au sein du Conseil d’administration de l’OIT. <em>On partait de loin et on a bataillé pour faire monter ce sujet à l’ordre du jour. Le lobbying des entreprises a été très fort. »</em></p><p>Lors du vote au siège de l’OIT à Genève ce 12 juin – auxquels participent, pour chaque pays, des représentants des États, des travailleurs, et des employeurs – les représentants du gouvernement états-unien ont été parmi les rares à s’être opposés au texte. La convention <a href="https://www.ilo.org/sites/default/files/2026-06/ILC114-Adoption%20Decent%20work%20in%20the%20Platform%20economy%20convention.pdf" class="spip_out" rel="external">a été largement adoptée</a> (406 voix pour, 8 contre, 36 abstentions). L’Inde, le Royaume-Uni et l’Argentine se sont abstenus, tout comme un certain nombre de délégués représentant des entreprises, en Europe notamment (France, Allemagne, Espagne...). L’écrasante majorité des représentants des travailleurs a soutenu le texte.</p><p>La convention doit poser un cadre à des entreprises technologiques qui ont pris une place considérable dans l’économie actuelle et qui façonnent déjà l’avenir du monde du travail. Dans le même temps, un grand nombre de travailleurs se retrouvent à naviguer dans un système où les règles établies dans d’autres secteurs pour protéger leurs droits n’existent pas ou à peine. <em>« La première vertu de l’élaboration de cette convention a été de rendre visibles des travailleurs qui, dans beaucoup de pays, sont en fait dans une forme de travail informel. La seconde, c’est qu’on a acté la responsabilité de ces employeurs envers eux »</em>, explique la syndicaliste française.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Payes-moins-de-6-euros-de-l-heure-accidents-agressions-une-etude-alerte-sur-le-sort-des-livreurs">Payés moins de 6 euros de l’heure, accidents, agressions : une étude alerte sur le sort des livreurs</a></aside><p>Ces travailleurs accomplissent des tâches commandées via une plateforme de mise en relation en ligne (livraison, transport à la demande, <a href="https://basta.media/ces-petites-mains-humaines-precaires-et-exploitees-qui-rendent-ia-et-robots-plus-intelligens-intelligence-artificielle" class="spip_in">manipulation de données</a>, prestations de ménages, etc.) et ne bénéficient souvent pas de contrat, pas de cotisations sociales, ni de droit de négociation sur les tarifs, n’ont pas de protection en cas de rupture de collaboration ni de droit à s’organiser collectivement.</p><h2 class="spip" id="Obliger-a-un-travail-decent-meme-pour-les-plateformes">Obliger à un travail décent même pour les plateformes</h2><p>Avec la convention contraignante, ce qui va changer c’est que, sur la base de ce socle commun minimal, les États membres vont devoir adapter leur législation nationale, afin de répondre à cette exigence de garantir un « travail décent » dans ces formes d’emploi. Plus concrètement, ils s’y engageront à travers la ratification de ce traité. Ensuite, l’OIT pourra procéder à l’examen du respect de ces normes, comme de toutes les autres couvertes par la législation internationale</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/reforme-des-retraites-pension-minimale-a-1200-euros-un-slogan-pas-une-realite-pour-la-majorite-entretien-Michael-Zemmour">Pension minimale et fausse promesse : pourquoi un retraité sur quatre restera en dessous des 1200 euros</a></aside><p>Depuis l’émergence des plateformes numériques de travail, sous la pression de nombreuses campagnes syndicales, des avancées législatives ont déjà été obtenues à travers le monde, mais de manière encore disparate. L’Union européenne <a href="https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20240419IPR20584/le-parlement-adopte-la-directive-sur-le-travail-des-plateformes" class="spip_out" rel="external">a adopté une directive</a> à ce sujet en 2024. En Europe, le problème était principalement que les entreprises considèrent faire appel à des travailleurs qualifiés « indépendants », alors que bon nombre d’entre eux sont en fait captifs des choix de la plateforme, et ne possèdent pas d’interlocuteurs pour faire valoir leurs droits et revendications.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On peut encore produire de l'espoir de changement dans le cadre du multilatéralisme »</p>
</aside><p>La qualification d’indépendant est aussi un moyen d’éviter à l’employeur de payer des cotisations sociales et la prise en charge en cas d’accident, permettant ainsi aux employeurs d’« externaliser » les risques. En plus, le manque de transparence du management « algorithmique » expose souvent les travailleurs à l’arbitraire et à la discrimination. <em>« Les entreprises évoquent la protection du secret des affaires, mais celles-ci ne peuvent se faire aux détriments d’autres droits »</em>, souligne Béatrice Lestic. Les plateformes telles que Uber ou Deliveroo utilisent des logiciels qui attribuent les missions, fixent les tarifs, évaluent les travailleurs (notation, pénalisations), mais sans que les critères puissent être connus.</p><p>La nouvelle convention aborde cinq enjeux fondamentaux. Le statut juridique doit être désormais clairement établi pour mettre fin à une fausse indépendance, ouvrant la voie à un statut d’intermédiaire, ou à un statut d’« employé » dans certains cas. Ceci permet de donner un ancrage juridique pour demander l’accès à la protection sociale complète (accidents, maladie, chômage, vieillesse) et permettre d’avoir un filet de sécurité comme peuvent l’avoir d’autres travailleurs.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>La convention pose aussi l’enjeu de la rémunération, qui doit être équitable et avec un minimum garanti, alors qu’aujourd’hui, bien souvent, le travailleur paie lui-même ses charges, comme l’essence. Le texte de l’OIT reconnaît également le droit d’accès aux informations sur les algorithmes de gestion et de contrôle qui déterminent les missions et la rémunération, afin que les travailleurs aient la possibilité de comprendre, mais aussi de contester les décisions prises par la plateforme. L’idée étant de limiter les pratiques abusives.</p><p>Enfin, la convention garantit le droit à la négociation collective et à la syndicalisation sans représailles, comme les désactivations de compte ou les pénalités. Ceci est un point important pour les syndicats qui dénoncent depuis longtemps le déséquilibre de pouvoir entre les parties.</p><h2 class="spip" id="L-IA-change-la-donne">L’IA change la donne</h2><p><em>« Dans des pays comme le Brésil, où le travail informel est très répandu, les millions de personnes qui travaillent pour ces plateformes auront accès à une protection sociale</em> grâce à cette convention, explique Priscila Lauande, experte en droit du travail dans l’économie numérique, professeure à l’université de Brasilia. <em>Et quand un livreur aura un accident, cela pourra être reconnu comme un accident de travail »</em>. Béatrice Lestic confirme que les pays africains ont été très mobilisés à l’OIT sur le sujet, tandis que les États-Unis, où se trouvent le siège de nombreuses entreprises technologiques, voulaient freiner les négociations.</p><p><em>« On a désormais un texte qui couvre l’ensemble du sujet et pour tous. Par exemple, sur la transparence des algorithmes et la protection des données, on a un instrument qui va concerner aussi les travailleurs dans les pays du sud </em>, ajoute Priscila Lauande. <em>Surtout, qu’au même moment, l’IA change la donne. La technologie est un domaine qui évolue constamment, il fallait faire une législation qui puisse couvrir les défis à venir. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/il-a-gagne-100-000-euros-et-sera-bientot-unique-livreur-salarie-deliveroo">Il a gagné 100 000 euros et sera bientôt l’unique livreur salarié de Deliveroo</a></aside><p>En Europe, la convention aura toutefois peu d’effets immédiats sur le terrain, nuance Fabienne Rouchy, membre du bureau confédéral de la CGT en charge des dossiers internationaux, car la directive européenne de 2024 va un peu plus loin que le texte de l’OIT. <em>« À la CGT, nous poussions pour que soit reconnue la présomption salariale, ce qui n’est pas le cas, donc on est un peu déçus »</em>, dit-elle.</p><p>Le changement dépendra aussi de la volonté politique des États de ratifier et transcrire la législation dans leur droit, et surtout de faire respecter ces mêmes lois, par des contrôles et des sanctions. <em>« Il faudra dépenser encore beaucoup d’énergie pour organiser les travailleurs pour la négociation collective</em>, pointe la représentante de la CGT. <em>Mais au moins, on a un texte sur lequel s’appuyer. »</em> La nouvelle convention reste en avance sur les grands principes. <em>« Finalement, ce processus a montré qu’on peut encore produire de l’espoir de changement dans le cadre du multilatéralisme »</em>, se réjouit Béatrice Lestic.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/une-convention-internationale-OIT-donne-des-droits-435-millions-de-travailleurs-des-plateformes-numeriques</link>
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      <pubDate>Mon, 15 Jun 2026 17:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Affaire Lyhanna : « Plutôt que de punir les magistrats, il faut augmenter leur nombre, les encourager, les former »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une vague de colère secoue la France depuis une dizaine de jours, suite à la mort de Lyhanna, 11 ans. Plusieurs plaintes pour viols avaient été déposées contre le principal suspect, par ailleurs signalé à la police française par un organisme antipédocriminalité américain comme <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/11/affaire-lyhanna-jerome-barella-avait-ete-signale-a-la-police-francaise-par-un-organisme-anti-pedocriminalite-americain_6700762_3224.html" class="spip_out" rel="external">l’a révélé <em>Le Monde</em></a>. Lundi 8 juin, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers la France pour dénoncer les dysfonctionnements des systèmes policiers et judiciaires dans la lutte contre les violences faites aux enfants.</p><p>Des manifestant·es ont appelé à la démission du ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui n’a pas, pour l’instant, l’intention de quitter le gouvernement. Pour maintenir la pression, une coalition de 150 associations féministes et défendant les droits des enfants appellent à se réunir chaque lundi soir devant les tribunaux du pays pour demander l’examen immédiat d’une loi-cadre intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants.</p><p>Parmi ces associations, le <a href="https://cfcv.asso.fr/" class="spip_out" rel="external">Collectif féministe contre le viol</a> (CFCV) qui tient une ligne d’écoute des victimes depuis 40 ans, Viols-Femmes-Info (accessible au 0 800 05 95 95). Marie-France Casalis est co-fondatrice de ce collectif et formatrice.</p><h3 class="spip" id="Basta-L-ampleur-des-violences-sexuelles-subies-par-les-enfants-semble-nbsp">Basta! : L’ampleur des violences sexuelles subies par les enfants semble surprendre à chaque médiatisation d’une affaire. C’est pourtant parfaitement documenté. La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) l’a encore rappelé récemment. Comment expliquez-vous cet aveuglement ?</h3><div class="spip_document_23074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="157" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1461198141 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781513291 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781515402 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg" width="960" height="640" alt="Portrait de Marie-France Casalis" aria-describedby="by23074-c1eeb9326010a8b728f302046cc8c28b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23074-c1eeb9326010a8b728f302046cc8c28b">Marie-France Casalis est co-fondatrice et responsable de la formation du Collectif féministe contre le viol.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-France_Casalis#/media/Fichier:Marie-France_Casalis.jpg" class="spip_out" rel="external">Pikachuvert via Wikimedia Commons</a>
</figcaption></figure></div><p><strong>Marie-France Casalis</strong> : Les violences sexuelles contre les enfants sont omniprésentes, et depuis très longtemps, mais beaucoup de gens continuent de les ignorer, de faire comme si cela n’existait pas. C’est très impressionnant, sachant que, comme l’a effectivement rapporté la Ciivise, 160 000 enfants sont victimes chaque année. Trois par classe. Un toutes les trois minutes. Ce qui semble le plus difficile, c’est d’admettre que les agresseurs des enfants, dans leur écrasante majorité, vivent en proximité immédiate des victimes, qui sont en quelque sorte « à leur disposition » de dominants.</p><p>Ce sont les pères, les oncles, les cousins, l’ami sympa qui les emmène en vacances, etc. Pour la petite Lyhanna, c’était le père d’une amie. Le violeur n’est que très rarement un inconnu, surgi de nulle part. Tous ces hommes ont, en tant que criminels, des stratégies bien construites pour agresser. Nous avons beaucoup travaillé sur ce sujet au Collectif féministe contre le viol et nous résumons cette stratégie ainsi : cibler la victime et la mettre en confiance, elle ou son entourage, l’isoler, la dévaloriser, inverser la culpabilité, verrouiller le secret.</p><p>Les quarante années que j’ai passées à entendre les victimes m’ont permis de voir que ces agresseurs développent une vraie « capacité de sympathie » vis-à-vis des adultes protecteurs. Ils sont particulièrement charmants avec les parents, les mères, ils donnent des cours de piano gratis, ils viennent repeindre la cuisine sans rien demander, etc. Cela rend la prise de parole des enfants très compliquée. Ces enfants savent bien que ce dont ils veulent parler est compliqué. Ils ne veulent pas embêter les adultes, qui sont en plus particulièrement incrédules.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Comment imaginer que cet homme si charmant agresse des enfants ? Une très forte résistance nous empêche trop souvent d’admettre la réalité des faits et surtout, la culpabilité de celui ou celle qui les a perpétrés. Soit dit en passant, cette proximité agresseur-victime devrait a priori faciliter la mission des services judiciaires puisqu’ils n’ont pas besoin de chercher le suspect. Il est proche. Ils savent qui c’est.</p><h3 class="spip" id="La-police-et-la-justice-sont-severement-critiquees-par-le-mouvement-nbsp">La police et la justice sont sévèrement critiquées par le mouvement populaire qui secoue le pays depuis la mort de Lyhanna – plusieurs plaintes pour viols avaient été déposées contre le principal suspect. La justice et la police manquent-elles de moyens pour enquêter et poursuivre les suspects ?</h3><p>Les moyens de la Justice, en France, sont insuffisants, ce n’est un secret pour personne, et encore moins pour le ministre qui feint de découvrir le problème. Nous n’avons que trois procureurs pour 100 000 habitants quand la moyenne européenne est à 12. [<a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Le service d’enquête spécialisé dans la lutte contre les violences sexuelles (…)" id="nh1">1</a>] Trier les dossiers, arbitrer entre plusieurs viols, c’est le quotidien des magistrats. Quand on dépose plainte, il faudra parfois attendre des mois pour avoir des nouvelles, et plusieurs années pour que se tienne un éventuel procès.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les moyens de la Justice, en France, sont insuffisants avec trois procureurs pour 100 000 habitants »</p>
</aside><p>On ne voit pas bien, d’ailleurs, comment les services enquêteurs et judiciaires vont pouvoir traiter en urgence, d’ici le 14 juillet, les 70 000 plaintes d’enfants en souffrance, comme l’a exigé Gérald Darmanin. Plutôt que de punir les magistrats, il faut augmenter leur nombre, les encourager et les former. Même chose pour les services de police et gendarmerie.</p><p>L’homme mis en examen et placé en détention provisoire dans l’affaire Lyhanna avait déjà fait l’objet de plusieurs signalements ou de plaintes pour viol. La mère d’une jeune victime avait porté plainte pour viol en août 2025. Depuis cette date, elle « se fait envoyer promener » par les gendarmes parce qu’elle appelle trop souvent pour avoir des nouvelles des suites de sa plainte. C’est-à-dire que même dans les cas où un enfant victime est écouté, et qu’il y a un dépôt de plainte, cela dysfonctionne. On aurait pu arrêter cet agresseur et ainsi évité le drame subi par Lyhanna.</p><h3 class="spip" id="Vous-tenez-a-dire-que-malgre-tout-il-y-a-des-ameliorations-Lesquelles">Vous tenez à dire que, malgré tout, il y a des améliorations. Lesquelles ?</h3><p>Trop de victimes reçoivent un mauvais accueil quand elles déposent plainte. Mais il arrive, et de plus en plus souvent, qu’elles soient bien accueillies, avec des protocoles d’écoute adaptés aux enfants. Le CFCV tient une seconde ligne d’écoute, dédiée aux enfants – au 0 805 802 804. Nous avons des appels de jeunes de 12 ou 14 ans, parfois moins. Ils et elles appellent accompagné·es de leur thérapeute, ou de leurs mères, plus rarement de leurs pères, pour dénoncer des violences sexuelles.</p><p>Cette prise de parole des enfants était impensable il y a encore 10 ou 20 ans. Quand le CFCV s’est créé en 1985, des appelantes parfois très âgées nous appelaient pour dire les viols subis quand elles étaient enfants. Certaines avaient parlé, s’étaient confiées, mais en vain. Dans les progrès n’oublions pas l’allongement des délais de prescription permettant une prise de parole plus facile, même longtemps après que les violences aient été commises.</p><p>Puisqu’on a avancé, on doit pouvoir continuer. <a href="https://fondationdesfemmes.org/communiques-de-presse/loi-integrale-violences-sexuelles/" class="spip_out" rel="external">La loi intégrale</a> proposée par les féministes, qui propose de prendre en charge les violences de manière générale pourrait nous aider à avancer plus vite.</p><aside class="c-repere">
<div class="c-repere-body"><div class="c-repere-response collapse" id="une_loi_integrale_contre_les_violences_sexuelles"><p>Portée par une coalition de plus de 130 organisations (associations féministes, syndicats, juristes, défenseur des droits humains et expert·es), la loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles <a href="https://www.loi-integrale.fr/wp-content/uploads/2024/11/COALITION-FLI-BROCHURE-A4-WEB2-min.pdf" class="spip_out" rel="external">prévoit 140 mesures législatives</a>, réglementaires et budgétaires. <em>« L’État ne dépense que 12,7 millions d’euros par an pour lutter contre les violences sexuelles, soit 0,003 % du budget de l’État, laissant les associations travailler dans des conditions déplorables, sans la capacité d’accueillir les victimes qui le demandent »</em>, détaille la coalition à l’origine de cette proposition. Pour ces organisations, <em>« 344 millions d’euros au minimum sont nécessaires pour une réelle prise en charge et l’accompagnement des victimes, améliorer les enquêtes et renforcer la chaîne judiciaire »</em>.</p><p>S’appuyant sur le travail de la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), la coalition demande l’imprescriptibilité de violences sexuelles commises sur les enfants et l’instauration d’entretiens individuels annuels (avec les enfants) pour mieux repérer les victimes. La loi intégrale prévoit également un important volet sur l’éducation, la responsabilisation des employeurs ou encore l’amélioration de la prise en charge des soins de santé des victimes. L’ampleur des mobilisations suite à la mort de Lyhanna, 11 ans, a obligé le Premier ministre à entendre ces revendications. Il a demandé que la loi intégrale soit prochainement examinée au Parlement.</p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="Pour-l-ecoute-des-enfants-la-question-des-moyens-est-centrale-mais-nbsp">Pour l’écoute des enfants, la question des moyens est centrale mais n’explique pas tout. Selon le magistrat Édouard Durand, ancien président de la Ciivise, il y a un défaut collectif d’écoute des enfants, qui participe au déni des violences qu’ils subissent. Qu’en pensez-vous ?</h3><p>Je l’approuve complètement. Souvent, les enfants parlent mais nous ne les entendons pas. Ou alors pas totalement en minimisant ce qu’ils disent, parce que nous aimerions que les violences sexuelles n’arrivent pas. Donc, quand elles arrivent, plutôt que de les affronter et de soutenir les enfants, on va avoir tendance à vouloir les décrire comme moins graves que ce qu’ils sont.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Souvent, les enfants parlent mais nous ne les entendons pas »</p>
</aside><p>En formation, la présidente du CFCV, la docteure Emmanuelle Piet cite souvent cet exemple : un enfant de quatre ans et demi raconte à un adulte « Hier, mon papa m’a obligé à lui sucer le zizi ». Quand elle demande aux personnes présentes de retranscrire les propos de l’enfant, cela devient dans beaucoup de cas : « hier, papa m’a dit de lui sucer son zizi » ou « hier, mon papa m’a demandé de lui sucer son zizi ». C’est une façon d’escamoter le crime : demander, dire, on ne sait pas si ça a eu lieu. Au CFCV, nous conseillons de noter avec attention, le plus vite possible, ce que dit l’enfant. Parce que, très vite, nous allons déformer ses propos, en les minimisant. C’est une façon de se protéger.</p><p>Il faut avoir en tête qu’un enfant qui dénonce des violences ne va pas dire : assieds-toi, j’ai quelque chose d’important à te dire, en regardant l’adulte droit dans les yeux. Au contraire. Il va évoquer cela pendant qu’on est en train de cuisiner ou de faire je ne sais quoi d’autre. Si on n’a pas de vigilance collective, on peut très facilement dire à l’enfant : « Mais qu’est-ce que tu racontes ? » ou, pire, aller voir l’adulte dont il dénonce les faits pour lui en faire part. Dans ce cas-là, l’enfant risque de se taire à tout jamais.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Violences-sexuelles-viols-impunite-plainte-classee-sans-suite-la-plupart-des-magistrats-appliquent-un-droit-sexiste">« La plupart des magistrats appliquent un droit sexiste : celui des hommes d’accéder aux corps des femmes »</a></aside><p>La parole des enfants reste fragile. Il faut apprendre à les écouter, recevoir leur parole telle quelle et au moment où elle arrive même dans la cour de récréation, ou sur le chemin d’une activité, dans un couloir. Et ce qu’il a besoin d’entendre à ce moment-là c’est : tu es courageux de m’avoir parlé, je crois ce que tu me dis, cet adulte n’avait pas le droit de faire ça, tu n’y es pour rien, je vais faire quelque chose pour t’aider. Et faire quelque chose, ça peut être : je signale et je ne parle de cela à personne d’autre. L’enfant m’a fait confiance à moi. Je dois être digne de cette confiance. <a href="https://www.ciivise.fr/le-rapport-public-de-2023" class="spip_out" rel="external">Les travaux de la Ciivise publiés en 2023</a> ont montré que plus de 90 % des enfants qui parlent des violences la première fois ne reçoivent pas ce type de réponse solidaire.</p><h3 class="spip" id="Entendre-et-croire-les-enfants-pour-mieux-les-proteger-lancer-un-vaste-plan-nbsp">Entendre et croire les enfants pour mieux les protéger, lancer un vaste plan de formation des fonctionnaires : cela faisait partie des recommandations du premier rapport de la Ciivise, publié en 2023. Aucune de ces recommandations n’a été suivie. Pourquoi ?</h3><p>Ce qui s’est passé au sein de la Ciivise, et notamment lors des réunions publiques qui ont eu lieu partout en France pour recueillir des témoignages a été extraordinaire. Tout à coup, des personnes qui ont été victimes enfants ont été reconnues comme des personnes abîmées dont on devait s’occuper collectivement. Cela était en rupture totale avec ce à quoi sont confrontées ces victimes habituellement : quand elles sont enfants, on ne les croit pas et quand elles parlent devenues adultes, on leur dit que c’est trop tard…</p><p>Ces écoutes collectives, reprises dans le rapport final ont aussi permis de sortir de cette évaluation du code pénal qui différencie les viols (quand il y a une pénétration, ce sont des crimes) des agressions sexuelles (qui sont des délits). Dans la réalité si on est victimes d’attouchements tous les soirs, on peut être autant abîmé·e que si on est violé·e une fois. Cette hiérarchisation n’a aucun sens pour les victimes, notamment enfants. Cette reconnaissance de leur souffrance est très importante pour les victimes.</p><p>Ce qui a été remarquable avec le travail de la Ciivise, et sur ce qui a suivi, hélas, c’est que cela a mis en évidence que notre société dit qu’elle veut faire mais qu’en réalité elle ne veut pas voir. Des gouvernants qui veulent rester bien tranquilles à leur place ne peuvent pas écouter ce que cette commission explique sur l’importance de la parole des victimes et sur l’ampleur des dégâts des violences sexuelles subies par les enfants. On préfère penser qu’on est dans une société évoluée qui prend soin de ses enfants.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/A-Crozon-les-femmes-se-federent-contre-les-violences-sexuelles">« Je ne me sens plus isolée » : sur la presqu’île de Crozon, les femmes se fédèrent contre les violences sexuelles</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/34e20c5b497759b160fc8a13ad905a-fe0e0.jpg?1781517613" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un groupe de femmes qui posent pour la photo." /></aside><p>Mais ce qui donne du courage, c’est que, dans notre société, de plus en plus de personnes sont en capacité de se dire : ça peut arriver à quelqu’un qui vit à côté de moi, que je croise dans ma classe, dans mon voisinage, dans ma famille et que l’agresseur qu’elle désigne est une personne que je connais bien. À partir de là, nous pouvons agir pour que la loi s’applique et que la victime soit protégée.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Affaire-Lyhanna-violences-sexuelels-enfants-Plutot-que-de-punir-les-magistrats-augmenter-leur-nombre-encourager-former</link>
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      <pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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    <item>
      <title><![CDATA[Affaire Lyhanna : « Plutôt que de punir les magistrats, il faut augmenter leur nombre, les encourager, les former »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Une vague de colère secoue la France depuis une dizaine de jours, suite à la mort de Lyhanna, 11 ans. Plusieurs plaintes pour viols avaient été déposées contre le principal suspect, par ailleurs signalé à la police française par un organisme antipédocriminalité américain comme <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/06/11/affaire-lyhanna-jerome-barella-avait-ete-signale-a-la-police-francaise-par-un-organisme-anti-pedocriminalite-americain_6700762_3224.html" class="spip_out" rel="external">l’a révélé <em>Le Monde</em></a>. Lundi 8 juin, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont manifesté à travers la France pour dénoncer les dysfonctionnements des systèmes policiers et judiciaires dans la lutte contre les violences faites aux enfants.</p><p>Des manifestant·es ont appelé à la démission du ministre de la Justice Gérald Darmanin, qui n’a pas, pour l’instant, l’intention de quitter le gouvernement. Pour maintenir la pression, une coalition de 150 associations féministes et défendant les droits des enfants appellent à se réunir chaque lundi soir devant les tribunaux du pays pour demander l’examen immédiat d’une loi-cadre intégrale contre les violences faites aux femmes et aux enfants.</p><p>Parmi ces associations, le <a href="https://cfcv.asso.fr/" class="spip_out" rel="external">Collectif féministe contre le viol</a> (CFCV) qui tient une ligne d’écoute des victimes depuis 40 ans, Viols-Femmes-Info (accessible au 0 800 05 95 95). Marie-France Casalis est co-fondatrice de ce collectif et formatrice.</p><h3 class="spip" id="Basta-L-ampleur-des-violences-sexuelles-subies-par-les-enfants-semble-nbsp">Basta! : L’ampleur des violences sexuelles subies par les enfants semble surprendre à chaque médiatisation d’une affaire. C’est pourtant parfaitement documenté. La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) l’a encore rappelé récemment. Comment expliquez-vous cet aveuglement ?</h3><div class="spip_document_23074 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="157" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1461198141 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781518411 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781517775 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781513291 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg?1781519257 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg?1781519995 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781520829 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781520432 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781519606 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg?1781519717 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781518291 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781522124 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg@.webp?1781515402 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg?1781517781" width="960" height="640" alt="Portrait de Marie-France Casalis" aria-describedby="by23074-9e7326c4f1157f56ff2fe461990b68f4" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg?1781518220 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg?1781519258 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie-france_casalis.jpg?1781517781 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23074-9e7326c4f1157f56ff2fe461990b68f4">Marie-France Casalis est co-fondatrice et responsable de la formation du Collectif féministe contre le viol.
<a href="https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0/deed.en" class="spip_out" rel="external">CC BY-SA 4.0</a> <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-France_Casalis#/media/Fichier:Marie-France_Casalis.jpg" class="spip_out" rel="external">Pikachuvert via Wikimedia Commons</a>
</figcaption></figure></div><p><strong>Marie-France Casalis</strong> : Les violences sexuelles contre les enfants sont omniprésentes, et depuis très longtemps, mais beaucoup de gens continuent de les ignorer, de faire comme si cela n’existait pas. C’est très impressionnant, sachant que, comme l’a effectivement rapporté la Ciivise, 160 000 enfants sont victimes chaque année. Trois par classe. Un toutes les trois minutes. Ce qui semble le plus difficile, c’est d’admettre que les agresseurs des enfants, dans leur écrasante majorité, vivent en proximité immédiate des victimes, qui sont en quelque sorte « à leur disposition » de dominants.</p><p>Ce sont les pères, les oncles, les cousins, l’ami sympa qui les emmène en vacances, etc. Pour la petite Lyhanna, c’était le père d’une amie. Le violeur n’est que très rarement un inconnu, surgi de nulle part. Tous ces hommes ont, en tant que criminels, des stratégies bien construites pour agresser. Nous avons beaucoup travaillé sur ce sujet au Collectif féministe contre le viol et nous résumons cette stratégie ainsi : cibler la victime et la mettre en confiance, elle ou son entourage, l’isoler, la dévaloriser, inverser la culpabilité, verrouiller le secret.</p><p>Les quarante années que j’ai passées à entendre les victimes m’ont permis de voir que ces agresseurs développent une vraie « capacité de sympathie » vis-à-vis des adultes protecteurs. Ils sont particulièrement charmants avec les parents, les mères, ils donnent des cours de piano gratis, ils viennent repeindre la cuisine sans rien demander, etc. Cela rend la prise de parole des enfants très compliquée. Ces enfants savent bien que ce dont ils veulent parler est compliqué. Ils ne veulent pas embêter les adultes, qui sont en plus particulièrement incrédules.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Comment imaginer que cet homme si charmant agresse des enfants ? Une très forte résistance nous empêche trop souvent d’admettre la réalité des faits et surtout, la culpabilité de celui ou celle qui les a perpétrés. Soit dit en passant, cette proximité agresseur-victime devrait a priori faciliter la mission des services judiciaires puisqu’ils n’ont pas besoin de chercher le suspect. Il est proche. Ils savent qui c’est.</p><h3 class="spip" id="La-police-et-la-justice-sont-severement-critiquees-par-le-mouvement-nbsp">La police et la justice sont sévèrement critiquées par le mouvement populaire qui secoue le pays depuis la mort de Lyhanna – plusieurs plaintes pour viols avaient été déposées contre le principal suspect. La justice et la police manquent-elles de moyens pour enquêter et poursuivre les suspects ?</h3><p>Les moyens de la Justice, en France, sont insuffisants, ce n’est un secret pour personne, et encore moins pour le ministre qui feint de découvrir le problème. Nous n’avons que trois procureurs pour 100 000 habitants quand la moyenne européenne est à 12. [<a href="#nb1" class="spip_note" rel="appendix" title="Le service d’enquête spécialisé dans la lutte contre les violences sexuelles (…)" id="nh1">1</a>] Trier les dossiers, arbitrer entre plusieurs viols, c’est le quotidien des magistrats. Quand on dépose plainte, il faudra parfois attendre des mois pour avoir des nouvelles, et plusieurs années pour que se tienne un éventuel procès.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les moyens de la Justice, en France, sont insuffisants avec trois procureurs pour 100 000 habitants »</p>
</aside><p>On ne voit pas bien, d’ailleurs, comment les services enquêteurs et judiciaires vont pouvoir traiter en urgence, d’ici le 14 juillet, les 70 000 plaintes d’enfants en souffrance, comme l’a exigé Gérald Darmanin. Plutôt que de punir les magistrats, il faut augmenter leur nombre, les encourager et les former. Même chose pour les services de police et gendarmerie.</p><p>L’homme mis en examen et placé en détention provisoire dans l’affaire Lyhanna avait déjà fait l’objet de plusieurs signalements ou de plaintes pour viol. La mère d’une jeune victime avait porté plainte pour viol en août 2025. Depuis cette date, elle « se fait envoyer promener » par les gendarmes parce qu’elle appelle trop souvent pour avoir des nouvelles des suites de sa plainte. C’est-à-dire que même dans les cas où un enfant victime est écouté, et qu’il y a un dépôt de plainte, cela dysfonctionne. On aurait pu arrêter cet agresseur et ainsi évité le drame subi par Lyhanna.</p><h3 class="spip" id="Vous-tenez-a-dire-que-malgre-tout-il-y-a-des-ameliorations-Lesquelles">Vous tenez à dire que, malgré tout, il y a des améliorations. Lesquelles ?</h3><p>Trop de victimes reçoivent un mauvais accueil quand elles déposent plainte. Mais il arrive, et de plus en plus souvent, qu’elles soient bien accueillies, avec des protocoles d’écoute adaptés aux enfants. Le CFCV tient une seconde ligne d’écoute, dédiée aux enfants – au 0 805 802 804. Nous avons des appels de jeunes de 12 ou 14 ans, parfois moins. Ils et elles appellent accompagné·es de leur thérapeute, ou de leurs mères, plus rarement de leurs pères, pour dénoncer des violences sexuelles.</p><p>Cette prise de parole des enfants était impensable il y a encore 10 ou 20 ans. Quand le CFCV s’est créé en 1985, des appelantes parfois très âgées nous appelaient pour dire les viols subis quand elles étaient enfants. Certaines avaient parlé, s’étaient confiées, mais en vain. Dans les progrès n’oublions pas l’allongement des délais de prescription permettant une prise de parole plus facile, même longtemps après que les violences aient été commises.</p><p>Puisqu’on a avancé, on doit pouvoir continuer. <a href="https://fondationdesfemmes.org/communiques-de-presse/loi-integrale-violences-sexuelles/" class="spip_out" rel="external">La loi intégrale</a> proposée par les féministes, qui propose de prendre en charge les violences de manière générale pourrait nous aider à avancer plus vite.</p><aside class="c-repere">
<div class="c-repere-body"><div class="c-repere-response collapse" id="une_loi_integrale_contre_les_violences_sexuelles"><p>Portée par une coalition de plus de 130 organisations (associations féministes, syndicats, juristes, défenseur des droits humains et expert·es), la loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles <a href="https://www.loi-integrale.fr/wp-content/uploads/2024/11/COALITION-FLI-BROCHURE-A4-WEB2-min.pdf" class="spip_out" rel="external">prévoit 140 mesures législatives</a>, réglementaires et budgétaires. <em>« L’État ne dépense que 12,7 millions d’euros par an pour lutter contre les violences sexuelles, soit 0,003 % du budget de l’État, laissant les associations travailler dans des conditions déplorables, sans la capacité d’accueillir les victimes qui le demandent »</em>, détaille la coalition à l’origine de cette proposition. Pour ces organisations, <em>« 344 millions d’euros au minimum sont nécessaires pour une réelle prise en charge et l’accompagnement des victimes, améliorer les enquêtes et renforcer la chaîne judiciaire »</em>.</p><p>S’appuyant sur le travail de la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants), la coalition demande l’imprescriptibilité de violences sexuelles commises sur les enfants et l’instauration d’entretiens individuels annuels (avec les enfants) pour mieux repérer les victimes. La loi intégrale prévoit également un important volet sur l’éducation, la responsabilisation des employeurs ou encore l’amélioration de la prise en charge des soins de santé des victimes. L’ampleur des mobilisations suite à la mort de Lyhanna, 11 ans, a obligé le Premier ministre à entendre ces revendications. Il a demandé que la loi intégrale soit prochainement examinée au Parlement.</p></div></div>
</aside><h3 class="spip" id="Pour-l-ecoute-des-enfants-la-question-des-moyens-est-centrale-mais-nbsp">Pour l’écoute des enfants, la question des moyens est centrale mais n’explique pas tout. Selon le magistrat Édouard Durand, ancien président de la Ciivise, il y a un défaut collectif d’écoute des enfants, qui participe au déni des violences qu’ils subissent. Qu’en pensez-vous ?</h3><p>Je l’approuve complètement. Souvent, les enfants parlent mais nous ne les entendons pas. Ou alors pas totalement en minimisant ce qu’ils disent, parce que nous aimerions que les violences sexuelles n’arrivent pas. Donc, quand elles arrivent, plutôt que de les affronter et de soutenir les enfants, on va avoir tendance à vouloir les décrire comme moins graves que ce qu’ils sont.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Souvent, les enfants parlent mais nous ne les entendons pas »</p>
</aside><p>En formation, la présidente du CFCV, la docteure Emmanuelle Piet cite souvent cet exemple : un enfant de quatre ans et demi raconte à un adulte « Hier, mon papa m’a obligé à lui sucer le zizi ». Quand elle demande aux personnes présentes de retranscrire les propos de l’enfant, cela devient dans beaucoup de cas : « hier, papa m’a dit de lui sucer son zizi » ou « hier, mon papa m’a demandé de lui sucer son zizi ». C’est une façon d’escamoter le crime : demander, dire, on ne sait pas si ça a eu lieu. Au CFCV, nous conseillons de noter avec attention, le plus vite possible, ce que dit l’enfant. Parce que, très vite, nous allons déformer ses propos, en les minimisant. C’est une façon de se protéger.</p><p>Il faut avoir en tête qu’un enfant qui dénonce des violences ne va pas dire : assieds-toi, j’ai quelque chose d’important à te dire, en regardant l’adulte droit dans les yeux. Au contraire. Il va évoquer cela pendant qu’on est en train de cuisiner ou de faire je ne sais quoi d’autre. Si on n’a pas de vigilance collective, on peut très facilement dire à l’enfant : « Mais qu’est-ce que tu racontes ? » ou, pire, aller voir l’adulte dont il dénonce les faits pour lui en faire part. Dans ce cas-là, l’enfant risque de se taire à tout jamais.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Violences-sexuelles-viols-impunite-plainte-classee-sans-suite-la-plupart-des-magistrats-appliquent-un-droit-sexiste">« La plupart des magistrats appliquent un droit sexiste : celui des hommes d’accéder aux corps des femmes »</a></aside><p>La parole des enfants reste fragile. Il faut apprendre à les écouter, recevoir leur parole telle quelle et au moment où elle arrive même dans la cour de récréation, ou sur le chemin d’une activité, dans un couloir. Et ce qu’il a besoin d’entendre à ce moment-là c’est : tu es courageux de m’avoir parlé, je crois ce que tu me dis, cet adulte n’avait pas le droit de faire ça, tu n’y es pour rien, je vais faire quelque chose pour t’aider. Et faire quelque chose, ça peut être : je signale et je ne parle de cela à personne d’autre. L’enfant m’a fait confiance à moi. Je dois être digne de cette confiance. <a href="https://www.ciivise.fr/le-rapport-public-de-2023" class="spip_out" rel="external">Les travaux de la Ciivise publiés en 2023</a> ont montré que plus de 90 % des enfants qui parlent des violences la première fois ne reçoivent pas ce type de réponse solidaire.</p><h3 class="spip" id="Entendre-et-croire-les-enfants-pour-mieux-les-proteger-lancer-un-vaste-plan-nbsp">Entendre et croire les enfants pour mieux les protéger, lancer un vaste plan de formation des fonctionnaires : cela faisait partie des recommandations du premier rapport de la Ciivise, publié en 2023. Aucune de ces recommandations n’a été suivie. Pourquoi ?</h3><p>Ce qui s’est passé au sein de la Ciivise, et notamment lors des réunions publiques qui ont eu lieu partout en France pour recueillir des témoignages a été extraordinaire. Tout à coup, des personnes qui ont été victimes enfants ont été reconnues comme des personnes abîmées dont on devait s’occuper collectivement. Cela était en rupture totale avec ce à quoi sont confrontées ces victimes habituellement : quand elles sont enfants, on ne les croit pas et quand elles parlent devenues adultes, on leur dit que c’est trop tard…</p><p>Ces écoutes collectives, reprises dans le rapport final ont aussi permis de sortir de cette évaluation du code pénal qui différencie les viols (quand il y a une pénétration, ce sont des crimes) des agressions sexuelles (qui sont des délits). Dans la réalité si on est victimes d’attouchements tous les soirs, on peut être autant abîmé·e que si on est violé·e une fois. Cette hiérarchisation n’a aucun sens pour les victimes, notamment enfants. Cette reconnaissance de leur souffrance est très importante pour les victimes.</p><p>Ce qui a été remarquable avec le travail de la Ciivise, et sur ce qui a suivi, hélas, c’est que cela a mis en évidence que notre société dit qu’elle veut faire mais qu’en réalité elle ne veut pas voir. Des gouvernants qui veulent rester bien tranquilles à leur place ne peuvent pas écouter ce que cette commission explique sur l’importance de la parole des victimes et sur l’ampleur des dégâts des violences sexuelles subies par les enfants. On préfère penser qu’on est dans une société évoluée qui prend soin de ses enfants.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/A-Crozon-les-femmes-se-federent-contre-les-violences-sexuelles">« Je ne me sens plus isolée » : sur la presqu’île de Crozon, les femmes se fédèrent contre les violences sexuelles</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/34e20c5b497759b160fc8a13ad905a-fe0e0.jpg?1781517613" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Un groupe de femmes qui posent pour la photo." /></aside><p>Mais ce qui donne du courage, c’est que, dans notre société, de plus en plus de personnes sont en capacité de se dire : ça peut arriver à quelqu’un qui vit à côté de moi, que je croise dans ma classe, dans mon voisinage, dans ma famille et que l’agresseur qu’elle désigne est une personne que je connais bien. À partir de là, nous pouvons agir pour que la loi s’applique et que la victime soit protégée.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/affaire-Lyhanna-violences-sexuelles-enfants-plutot-que-de-punir-les-magistrats-augmenter-leur-nombre-encourager-former</link>
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      <pubDate>Mon, 15 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Mort de Nahel : vers un procès pour meurtre pour le policier auteur du tir ?]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Trois ans après le décès de Nahel Merzouk, la Cour de cassation a annulé, ce vendredi 12 juin, la requalification des faits en « <em>violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner</em>  ». Dans son arrêt, la Cour de cassation estime que le policier auteur du tir, « <em>avait nécessairement conscience qu’il existait un risque létal pour le conducteur</em>  », reconnaissant l’intention d’homicide du fonctionnaire.</p><p>Le 27 juin 2023, Nahel Merzouk, 17 ans, était tué d’une balle tirée à bout portant par un policier lors du contrôle de son véhicule à Nanterre, <a href="https://basta.media/Refus-d-obtemperer-malaises-en-detention-Le-bilan-2024-des-interventions-policieres-letales" class="spip_in">au prétexte d’un « refus d’obtempérer »</a>. En mars 2025, le parquet de Nanterre avait requis le renvoi du fonctionnaire, Florian M, devant la cour d’assises pour meurtre. Mais en mars 2026, saisie en appel, la cour d’appel de Versailles avait décidé de requalifier les faits en <em>« violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner »</em>.</p><p>L’affaire sera donc désormais réexaminée par la cour d’appel de Versailles, qui devra se prononcer à nouveau sur le chef d’accusation retenu contre le policier. Le fonctionnaire de police pourra faire de nouveau appel.</p><p>Dans un communiqué, Mounia Merzouk, <a href="https://basta.media/mort-de-nahel-la-cour-de-cassation-etudie-la-requalification-des-faits" class="spip_in">la mère de Nahel</a>, espère que <em>« cet arrêt aura un impact sur toutes les autres affaires de violences policières et que cette dynamique de justice juste se poursuivra dans les dossiers en cours »</em></p><p>La date d’ouverture d’un procès sur cette affaire n’est donc pas encore fixée, quel que soit le chef d’inculpation qui sera retenu. Rappelons que les affaires de violences policières débouchent rarement sur un procès qui permettrait de faire la lumière sur des décès quand la version policière est contestée.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-police-tue-voici-les-chiffres">La police tue : voici les chiffres</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/b474b8775538d1bc6b9514fc0cd34b-72a17.png?1781259865" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Dans une enquête que Basta! publiait en 2020, nous révélions que <a href="https://basta.media/Violences-policieres-suivi-judiciaire-non-lieu-sans-suite-prison-impunite-IGPN">deux tiers des affaires judiciaires relatives à une intervention policière létale ne débouchaient sur aucun procès</a>. Dans des affaires similaires à l’homicide de Nahel - l’ouverture du feu sur une personne non armées – sur 83 affaires que nous avons identifiées, 19 ont conduit à une peine de prison avec sursis et 10 à une peine de prison ferme.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/mort-de-nahel-Cassation-vers-un-proces-pour-meurtre-pour-le-policier-auteur-du-tir</link>
      <guid>https://basta.media/mort-de-nahel-Cassation-vers-un-proces-pour-meurtre-pour-le-policier-auteur-du-tir</guid>
      <pubDate>Fri, 12 Jun 2026 12:26:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Se soucier des usagers » : un fournisseur d'accès à Internet citoyen veut reprendre SFR à la place de Bouygues, Free et Orange]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Le fournisseur d’accès à Internet (FAI) et opérateur SFR est à vendre. Le 6 juin, ses rivaux Bouygues Telecom, Free et Orange <a href="https://www.orange.com/fr/communiques/signature-dun-protocole-daccord-en-vue-de-lacquisition-de-sfr-476229" class="spip_out" rel="external">ont annoncé un rachat commun</a>, pour plus de 20 milliards d’euros. Si les autorités de la concurrence donnent leur aval, SFR sera démantelé et partagé entre les entreprises concurrentes, qui récupéreront les clients. Les opérateurs garantissent pour l’instant le maintien des emplois des quelque 8000 salariés de SFR, jusqu’à début 2029 seulement.</p><p>Cela ne rassure pas la CGT du secteur des télécoms, qui parle d’une <em>« destruction d’actifs économiques doublée d’une casse de l’emploi »</em>. <em>« Les opérateurs choisissent d’éliminer un concurrent afin d’augmenter les prix de leurs services dans le cadre d’un marché déjà extrêmement lucratif</em>, <a href="https://cgt-fapt.fr/posts/3fld66LhtSdgiLoxlt4Px2/sfr-la-cgt-toujours-combative-pour-les-salarie-es" class="spip_out" rel="external">analyse le syndicat</a>. <em>Les plus de 20 milliards destinés au dépeçage de SFR seraient bien plus utiles à l’investissement dans la qualité des réseaux, l’aménagement du territoire, l’innovation, le service rendu aux utilisateurs finaux, l’augmentation des salaires et l’emploi »</em>, ajoute la CGT, en réaction à l’annonce du rachat.</p><h2 class="spip" id="Une-offre-alternative-a-un-euro">Une offre alternative à un euro</h2><p>Il y avait en plus une offre de reprise alternative, et surprenante. Elle a été émise par un fournisseur d’accès à Internet associatif, basé en Île-de-France, Franciliens.net. <em>« Franciliens.net présente son offre pour racheter son concurrent, SFR, pour la somme qui nous semble correspondre à la valorisation honnête de l’entreprise aujourd’hui : le montant de 1 euro »</em>, <a href="https://www.franciliens.net/2026/05/franciliens-net-fait-une-offre-de-rachat-de-sfr" class="spip_out" rel="external">annonçait l’association le 15 mai</a>.</p><p>Franciliens.net existe depuis 2010, et compte aujourd’hui 200 membres adhérents, dont environ la moitié sont abonnés aux offres d’accès à Internet. <em>« Chez nous, les clients doivent être des adhérents, parce que cela leur donne voix au chapitre sur toutes les décisions »</em>, précise Daniele Volkoff Pitrolo, du bureau de l’association Franciliens.net.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/jetez-votre-box-connectez-vous-a-l-internet-associatif">Jetez votre box, connectez-vous à l’internet associatif !</a></aside><p>Des fournisseurs d’accès à Internet associatifs, il en existe <a href="https://basta.media/jetez-votre-box-connectez-vous-a-l-internet-associatif" class="spip_in">des dizaines à travers la France</a>. Ces associations regroupent quelques dizaines ou centaines d’abonnés et permettent de se connecter à Internet pour un tarif à peine plus élevé, voire équivalent, à celui d’un fournisseur commercial. Les plus anciens de ces FAI se sont créés dès les années 1990 ! Premiers arrivés sur le réseau, ils ont pourtant été marginalisés avec la massification d’Internet. Mais ils sont toujours là, et de nouveaux FAI associatifs naissent régulièrement. Une <a href="https://www.ffdn.org/fr" class="spip_out" rel="external">fédération, la FFDN, réunit</a> ces FAI animés par des bénévoles et basés un peu partout sur le territoire, mais aussi en Belgique et en Suisse.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Mais comment un FAI avec une centaine de clients pourrait-il reprendre une entreprise qui en a des millions ? <em>« Nous sommes petits. Nous sommes conscients de l’être</em>, concède Daniele. <em>Mais notre offre est sérieuse</em>, assure-t-il sans plaisanter. <em>Après, on ne croit pas forcément que SFR prendra en compte notre offre. Nous n’avons pas eu de réponse de l’entreprise, ce qui est normal étant donné que SFR était en phase de négociations exclusives avec les trois opérateurs. »</em></p><h2 class="spip" id="Les-usagers-utilises-comme-lt-lt-monnaie-d-echange">Les usagers utilisés comme « monnaie d’échange »</h2><p>Malgré tout, le modeste FAI associatif affirme que son <em>« offre est plus sérieuse que celle qui prévoit de racheter pour plus de 20 milliards d’euros une entreprise qui est <a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/060626/le-rachat-de-sfr-par-ses-concurrents-est-finalise" class="spip_out" rel="external">endettée pour plus de 20 milliards d’euros</a>. Pour nous, la dette de SFR, c’est une dette de l’actionnaire Altice. Dans le cadre de notre offre à un euro, cette dette resterait celle de l’actionnaire, pas de l’entreprise. Ce que font les autres grands opérateurs, c’est plutôt débourser des milliards pour tuer SFR. Leur offre est là pour achever le concurrent »</em>, développe Daniele Volkoff Pitrolo.</p><p>Le représentant de Franciliens.net critique aussi le fait que, dans ces négociations, SFR, Bouygues, Free et Orange utilisent les usagers <em>« comme une monnaie d’échange »</em>. Car <em>« le rachat des clients de SFR fait partie des négociations. Les clients sont vus comme une marchandise que le fournisseur d’Internet détient et qui peut se négocier »</em>.</p><p>C’est tout l’inverse de l’esprit des FAI associatifs, qui s’engagent pour les droits et la liberté des usagers d’Internet. Franciliens.net a participé à plusieurs combats en ce sens aux côtés de l’association La Quadrature du Net, du FAI associatif FDN et de la fédération FFDN. <em>« Nos interventions en justice ont abouti à des modifications législatives. Nous avons eu un impact pour l’ensemble des utilisateurs de l’Internet français »</em>, se félicite Daniele.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Graphisme-messagerie-cloud-acteurs-logiciel-libre-offrent-alternatives-aux-Gafam">Graphisme, messagerie, cloud… des acteurs du logiciel libre offrent des alternatives aux Gafam</a></aside><p>Les quatre organisations ont, par exemple, attaqué en 2009 le système de surveillance du Net prévu par la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi, opérée depuis 2021 par l’Arcom). En avril dernier, le Conseil d’État leur a donné raison : <em>« Il a reconnu que le système de surveillance de la Hadopi n’est pas compatible avec le respect des droits fondamentaux protégés par l’Union européenne »</em>, <a href="https://www.laquadrature.net/2026/04/30/hadopi-2009-2026/" class="spip_out" rel="external">explique La Quadrature du net</a>.</p><h2 class="spip" id="Pour-les-libertes-numeriques">Pour les libertés numériques</h2><p>Franciliens.net et les autres associations ont aussi porté plusieurs questions prioritaires de constitutionnalité. Notamment contre une mesure <a href="https://www.laquadrature.net/2019/02/20/le-conseil-constitutionnel-censure-lacces-des-douanes-aux-donnees-de-connexion/" class="spip_out" rel="external">qui autorisait les agents des douanes</a> à demander toute donnée de connexion aux opérateurs télécoms. Elles ont <a href="https://www.laquadrature.net/2019/02/20/le-conseil-constitutionnel-censure-lacces-des-douanes-aux-donnees-de-connexion/" class="spip_out" rel="external">obtenu gain de cause</a> en 2019. De même, le Conseil constitutionnel leur a donné raison en <a href="https://www.banquedesterritoires.fr/controle-des-prestations-sociales-le-conseil-constitutionnel-pose-des-limites" class="spip_out" rel="external">restreignant l’accès aux données de connexion</a> par les agents de la Sécurité sociale – accès contesté par les FAI associatifs.</p><p><em>« Étant donné qu’aujourd’hui, notre vie interpersonnelle, amicale, nos achats, notre sexualité passent en grande partie par Internet, ce genre d’autorisations est excessivement large »</em>, appuie Daniele Volkoff Pitrolo. Veut-on vraiment faire confiance à des multinationales des télécoms pour protéger notre vie privée en ligne ? <em>« Un modèle citoyen est le seul véritablement à même de se soucier des usagers »</em>, répond le responsable du fournisseur d’accès à but non lucratif.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Un-fournisseur-d-acces-a-internet-citoyen-veut-reprendre-SFR-a-la-place-Bouygues-Free-Orange</link>
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      <pubDate>Fri, 12 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Je ne me sens plus isolée » : sur la presqu'île de Crozon, les femmes se fédèrent contre les violences sexuelles]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Regardez à votre droite et à votre gauche, les femmes qui vous entourent. Eh bien, statistiquement, une sur deux a été victime de violences sexuelles. »</em> Samedi 6 juin à Lanvéoc, sur la presqu’île de Crozon, dans le Finistère, Clarisse Réalé prend la parole entre deux concerts. Ambassadrice du réseau national de femmes politiques élues locales, et conseillère municipale d’opposition à Crozon, elle co-organise ce soir-là le Skoazell Fest, une soirée caritative – Skoazell signifie « soutien » en breton – au profit des femmes victimes de violences sexuelles, qui se tient pour la deuxième année consécutive.</p><p>Sur scène, elle représente, avec d’autres, <em>« ces citoyennes et ces citoyens qui ont décidé de ne pas passer leur chemin »</em> face aux nombreux témoignages de femmes entendus ici ou là sur la presqu’île. Et en premier lieu à Argol, où tout a commencé.</p><div class="spip_document_23040 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="108" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7379.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1839099134 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp?1781113782 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7379.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7379.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7379.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp?1781181574 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7379.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7379.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7379.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7379.jpg@.webp?1781168869 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7379.jpg?1781085130" width="960" height="640" alt="Deux femmes assises à une table regardent l'objectif en souriant." aria-describedby="by23040-800450ac5db2aa8e8e8fac5101b32435" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7379.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7379.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7379.jpg?1781085130 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23040-800450ac5db2aa8e8e8fac5101b32435">Pauline Real Perez et Gaëlle Vigouroux, qui assurent l’accueil au Skoazell Fest 2026.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="D-abord-en-soutien-aux-femmes-d-Argol">D’abord en soutien aux femmes d’Argol</h2><p>Dans cette commune de 1000 habitant·es située à l’entrée de la presqu’île, plusieurs femmes <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/221024/c-est-l-omerta-depuis-50-ans-dans-le-finistere-un-maire-accuse-d-agressions-sexuelles-repetition" class="spip_out" rel="external">ont dénoncé ces dernières années des violences sexuelles</a> qui auraient été commises par l’ancien maire, Henri Le Pape (divers droite). Deux d’entre elles ont porté plainte. L’une des plaintes, déposée par Sylvie* il y a plus de 15 ans, a fait l’objet d’une ordonnance de non-lieu en 2009 ; la seconde, déposée par Christelle*, est actuellement réexaminée par la justice après un premier classement sans suite en 2024.</p><p>Agente communale d’entretien, Christelle dénonçait en 2023 des attouchements qu’elle aurait subis de la part du maire, participant ainsi à lever une <em>« omerta »</em> qui planait sur la commune depuis 50 ans. Plusieurs autres femmes, dont certaines étaient mineures au moment des faits, ont par la suite relaté des agissements similaires.</p><h2 class="spip" id="L-effet-d-un-electrochoc">L’effet d’un électrochoc</h2><p>En soutien, Sylvie prenait la parole lors d’un conseil municipal explosif à l’été 2023, déclarant avoir <em>« été victime de cet individu, comme beaucoup d’autres femmes »</em>. Des propos pour lesquels cette ex-conseillère régionale <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/120925/bretagne-une-elue-denonce-des-violences-sexuelles-elle-est-condamnee-en-diffamation" class="spip_out" rel="external">a été condamnée en diffamation</a> – ce qui l’incite aujourd’hui à requérir l’anonymat, comme l’ensemble des femmes qui témoignent, et qui craignent des représailles d’un ex-élu ayant la plainte facile. En septembre dernier, elle a déposé, avec son avocate Élodie Tuaillon-Hibon, un pourvoi en cassation toujours en cours, et pour lequel elle est notamment soutenue par le collectif Skoazell.</p><p>Dans la commune, le courage de Sylvie et de Christelle a fait l’effet d’un électrochoc : <em>« On entendait des rumeurs depuis des années, alors quand Christelle a porté plainte contre vents et marées ? et malgré la désapprobation de son mari, on a voulu soutenir ces femmes »</em>, témoigne Valentine Château, sage-femme sur la presqu’île, et formée au recueil de la parole des victimes de violences sexistes et sexuelles (VSS). Avec Clarisse Réalé, ainsi que Gaëlle Vigouroux et Marie-Laure Bouvant, respectivement élue d’opposition à Crozon et psychothérapeute, elle crée en 2024 Skoazell.</p><div class="spip_document_23026 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="108" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7493.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2967183306 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp?1781113871 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7493.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7493.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7493.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp?1781181572 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7493.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7493.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7493.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7493.jpg@.webp?1781169033 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7493.jpg?1781085135" width="960" height="640" alt="Une scène avec deux musiciens." aria-describedby="by23026-e4c89bf397384e7bede409f4b8ee31e9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7493.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7493.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7493.jpg?1781085135 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23026-e4c89bf397384e7bede409f4b8ee31e9">Ar Wern-Quennet, Riou-Le Floch, Diveaj et Jacques Guillou au Skoazell fest le 6 juin.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Une-aide-morale-et-logistique">Une aide morale et logistique</h2><p>Au début, le collectif vient surtout en aide aux femmes d’Argol. Un réseau informel se met en place pour aller à la rencontre de victimes potentielles, pour apporter un coup de main, un soutien moral ou matériel, une compagnie. Pour faire passer des messages, aussi. Comme quand le maire s’est adjugé une protection fonctionnelle en conseil municipal.</p><p><em>« Il était important pour nous de lui faire comprendre qu’il n’était plus seul en son royaume »</em>, relate Laurence, une bénévole. Les femmes de Skoazell, auxquelles se joignent quelques hommes, se déplacent aussi au tribunal de Quimper, puis à la cour d’appel de Rennes pour soutenir Sylvie. <em>« J’en suis sortie en larmes, c’était tellement violent »</em>, témoigne une membre de Skoazell, dénonçant la <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/080525/metoo-la-maltraitance-des-victimes-pendant-la-procedure-judiciaire-est-une-double-peine" class="spip_out" rel="external">victimisation secondaire</a>des femmes.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">La semaine de Basta!</strong><p>Gratuit, chaque mardi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter pour ne rien manquer de nos reportages, analyses et enquêtes indépendantes.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Depuis cette première audience, en octobre 2024, Christelle n’est plus jamais rentrée chez elle, écœurée par le témoignage de son mari en soutien au maire. Actuellement en procédure de divorce, elle loge dans la maison d’une des filles de Sylvie, avec qui elle s’est liée d’amitié, comme avec d’autres femmes qui ont témoigné. <em>« On n’a pas besoin d’en parler pour se comprendre »</em>, décrit celle qui, comme Sylvie, a donné un coup de main à l’organisation du Skoazell Fest.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/la-fete-pour-tout-le-monde-festivals-entrent-en-lutte-contre-violences-sexistes-sexeulles-VSS">La fête, pour tout le monde : les festivals en lutte contre les VSS</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-J-ai-gagne-parce-que-j-ai-denonce">« J’ai gagné parce que j’ai dénoncé »</h2><p>Malgré les jugements incessants de certains habitants qui crient au complot, Christelle ne regrette rien : <em>« Peu importe l’issue de l’enquête, je me dis que j’ai gagné, parce que j’ai dénoncé ! J’ai collé une étiquette dans son dos, et elle ne se décollera plus »</em>, lance-t-elle en tapant des poings sur la table. Contacté, directement et par le biais de son avocat, Henri Le Pape ne nous a pas répondu.</p><p>En lien étroit avec l’association Veille en presqu’île, qui mène depuis 2023 des actions de prévention des violences intrafamiliales, et dont plusieurs membres de Skoazell font partie, le collectif désormais composé d’une quarantaine de personnes s’est peu à peu élargi, accompagnant des femmes bien au-delà d’Argol. Veille en presqu’île leur assure un soutien émotionnel et psychologique, tandis que Skoazell propose surtout une aide juridique et financière.</p><p><em>« Aujourd’hui à Skoazell, quand une femme a besoin de soutien moral, logistique, qu’elle a besoin de quitter son logement, de se déplacer, de faire ses papiers, qu’elle n’a pas d’ordinateur, qu’elle ne peut pas se payer un avocat, eh bien elle vient nous voir et elle trouve une famille pour la soutenir »</em>, résume sur scène Clarisse Réalé. Les fonds récoltés lors de la soirée serviront exclusivement à couvrir les frais judiciaires des victimes déclarées.</p><div class="spip_document_23036 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="114" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7464.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2735910443 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp?1781113875 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7464.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7464.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7464.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp?1781181595 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7464.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7464.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7464.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7464.jpg@.webp?1781169189 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7464.jpg?1781085141" width="960" height="640" alt="Des femmes sur une scène, l'une parle au micro." aria-describedby="by23036-548440852fb7549773135584aa1e48f9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7464.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7464.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7464.jpg?1781085141 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23036-548440852fb7549773135584aa1e48f9">Clarisse Réalé présente Skoazell sur scène, le 6 juin 2026, à l’espace nautique de Lanvéoc.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="lt-lt-Je-ne-me-sens-plus-isolee">« Je ne me sens plus isolée »</h2><p>Parmi elles, Maïwenn*, dont les frais d’avocat dépassent désormais 9000 euros. Depuis 2022, cette habitante de Telgruc-sur-Mer, au sud de la presqu’île, est victime du <em>« délire érotomaniaque »</em> d’un homme, qui lui a fait vivre un véritable cauchemar. Harcèlement, usurpation d’identité, courriers anonymes de dénonciation calomnieuse, tags sur sa maison et son véhicule… La liste interminable de ce qu’elle subit aggrave la pathologie dont elle souffre.</p><p>Hospitalisée, elle donne naissance à un enfant très prématuré. En incapacité totale de travailler, elle est aujourd’hui en invalidité. Son harceleur, condamné en 2024 à 16 mois de prison ferme, a fait appel du jugement sur le montant des préjudices professionnels, et Maïwenn craint déjà la fin de son interdiction de revenir dans le Finistère, qui devrait intervenir en 2027. Mais elle n’est désormais plus seule.</p><p>Cette condamnation n’aurait sans doute pas été permise sans l’aide de Skoazell, qui s’est rapproché de la gendarmerie de Châteaulin, située à une trentaine de kilomètres de là, dont l’investissement a été déterminant, selon Maïwenn. Lors d’une opération qu’elle a récemment dû subir, c’est Sylvie qui a proposé de garder son chien, et qui l’emmène régulièrement se promener. <em>« On s’entraide et on est en vigilance les unes pour les autres. Cet élan de solidarité est magnifique. Dans un microcosme comme la presqu’île, c’est super important. Je ne me sens plus isolée, j’ai maintenant le sentiment d’être insérée dans une communauté »</em>, décrit la jeune femme, avant de se rendre à la soirée.</p><p>Sur place l’attendent même des soutiens venus tout spécialement de Brest : en l’occurrence, les membres d’un club de roller derby, qui ont proposé de tenir un stand de crêpes pour compléter le <em>kig ha farz</em>. <em>« Où qu’on aille, il y a maintenant une personne de Skoazell »</em>, lance Maïwenn à qui veut l’entendre, face à une <em>« famille »</em> qui ne cesse de s’étendre.</p><div class="spip_document_23035 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="103" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/img_7389.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3798937801 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp?1781113875 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/img_7389.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/img_7389.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/img_7389.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp?1781181598 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/img_7389.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/img_7389.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/img_7389.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7389.jpg@.webp?1781169263 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7389.jpg?1781099788" width="960" height="640" alt="Trois perosnnes font des crêpes sur un stand." aria-describedby="by23035-3060d92e2dc053a812569d7ce1c8b3d9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/img_7389.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/img_7389.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/img_7389.jpg?1781099788 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23035-3060d92e2dc053a812569d7ce1c8b3d9">Une équipe de roller derby venue de Brest en soutien aux femmes victimes de VSS.
©Rozenn Le Carboulec
</figcaption></figure></div><p>C’est particulièrement le cas là où tout a commencé, à Argol. En mars dernier, la mairie acquise à Henri Le Pape depuis 2008 a basculé. La liste « Le Renouveau - A nevez », menée par Jean-Michel Lezenven (sans étiquette), l’a emporté. En août 2023, cet ancien premier adjoint avait été démis de ses fonctions pour avoir soutenu Christelle face au maire. Aujourd’hui premier soutien de Skoazell avec d’autres colistier·es, il veille à refaire de la commune un espace d’écoute et de bienveillance.</p><h2 class="spip" id="Former-les-elus">Former les élus</h2><p>Sa désormais première adjointe aux finances, Sonia Zamai, est également membre de Skoazell. Elle nous dit avoir pour projet que tous les élus du conseil municipal et que tous les agents de la commune soient formés aux droits des femmes et aux violences sexistes et sexuelles. <em>« Le message qu’on veut faire passer, c’est qu’on peut vraiment changer les choses localement et faire boule de neige »</em>, met-elle en avant.</p><p>Depuis mars, toutes et tous constatent qu’à Argol, l’ambiance a changé. <em>« Avant, je ne pouvais pas aller au café, où je me faisais insulter et traiter de menteuse. Maintenant, les gens me disent bonjour et j’y vais ! »</em> se réjouit Sylvie. Et si du chemin reste à parcourir, Clarisse Réalé et Gaëlle Vigouroux l’assurent : <em>« La peur et la honte ont changé de camp. »</em> Avec Skoazell, elles donnent rendez-vous en août prochain pour un autre fest-noz de soutien aux femmes victimes de VSS. Et il aura lieu pour la première fois à Argol.</p><p>*Prénom modifié.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/A-Crozon-les-femmes-se-federent-contre-les-violences-sexuelles</link>
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      <pubDate>Fri, 12 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[« Non, le Conseil d'orientation des retraites ne propose pas la retraite à 67 ans et demi »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>« Un âge de départ à la retraite à 67,6 ans en 2070, la piste explosive pour atteindre l’équilibre », titre <a href="https://www.leparisien.fr/economie/retraites/un-age-de-depart-a-676-ans-en-2070-la-piste-explosive-pour-equilibrer-les-retraites-08-06-2026-5IMEG6UJ6RHJLFZ43BHGKPOUPU.php" class="spip_out" rel="external"><em>Le Parisien</em></a>, un des premiers médias à avoir fait fuiter le rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR), le 8 juin. Le lendemain matin, le journal de 8 heures de <a href="https://www.franceinfo.fr/replay-jt/france-2/8-heures/la-retraite-a-67-ans-une-piste-choc-pour-atteindre-l-equilibre_8051678.html" class="spip_out" rel="external">France Info</a> embraye : « La retraite à 67 ans, une piste choc pour atteindre l’équilibre. »</p><p>Pour l’économiste Michaël Zemmour, ces titres ont beau être répétés à l’envi, ils ne présentent qu’une synthèse très partiale des 258 pages de prérapport. <em>« Non, le Conseil d’orientation des retraites ne propose pas la retraite à 67 ans. Ce qu’il dit, c’est que, si on décidait, entre 2045 et 2070, de n’équilibrer le système de retraite que par une mesure d’âge, alors il faudrait viser 67 ans et demi en 2070 »</em>, résume-t-il.</p><h2 class="spip" id="Un-deficit-qui-se-creuse-a-partir-de-2045">Un déficit qui se creuse à partir de 2045</h2><p>Le prérapport, que <em>Basta!</em> s’est procuré, indique avant tout que les prévisions à l’horizon 2045 sont les mêmes que celles du rapport 2025 : une légère augmentation du déficit, à 0,9 % du produit intérieur brut (PIB) contre 0,2 % en 2025. Rien de nouveau sous le soleil, donc. Ce n’est qu’à partir de 2045 que les dépenses de retraite augmenteraient plus rapidement que prévu. Le déficit pourrait alors atteindre 2,4 % du PIB en 2070, contre 1,4 % précédemment anticipé.</p><p>Ce nouveau calcul s’explique en partie par deux nouvelles données, non prises en compte dans le rapport 2025. D’abord, la revalorisation des pensionnaires de l’Agirc-Arrco, (complémentaire retraite des salariés de l’agriculture, du commerce, de l’industrie et des services), <em>« plus favorable pour les assurés que les hypothèses de l’an dernier »</em>, note le prérapport. Mais, surtout, la révision à la baisse de <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/9004289" class="spip_out" rel="external">l’hypothèse de fécondité</a> retenue par le COR : 1,45 enfant par femme, contre 1,8 en 2025. Elle pèserait sur la taille de la population active et donc sur le PIB.</p><h2 class="spip" id="Le-levier-de-l-age-n-est-pas-le-seul-possible">Le levier de l’âge n’est pas le seul possible</h2><p>Pour réduire ce déficit anticipé, le COR rappelle que trois leviers existent : le report de l’âge légal de départ à la retraite, la diminution des pensions ou encore l’augmentation des cotisations, soit par le montant des cotisations salariales ou patronales.</p><p><em>« Des évaluations macroéconomiques de ces différents leviers ont été demandées. C’est une petite inflexion du COR cette année. Elles soutiennent que travailler plus longtemps augmente la production de richesse alors que les autres leviers ont plutôt un impact récessif »</em> – par une diminution de la croissance économique. <em>« Or, c’est contestable »</em>, estime Michaël Zemmour.</p><p>Dans ce contexte, le rapport affiche bien une petite préférence pour l’allongement de la durée du travail. <em>« Mais elle sous-estime les coûts économiques et sociaux des mesures d’âge et surestime la richesse créée en faisant travailler les gens plus longtemps »</em>, poursuit l’économiste. En effet, le report de la mesure d’âge a, entre autres, pour effet l’augmentation du taux de senior hors emploi. Ainsi, à 60 ans, 25 % des seniors ne sont ni en emploi ni en retraite, <a href="https://www.cgt.fr/barometre-fiche-48" class="spip_out" rel="external">rappelle la CGT</a>. Autant de cotisations en moins.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Autres-pistes-l-egalite-salariale-et-l-acces-a-un-emploi-stable">Autres pistes : l’égalité salariale et l’accès à un emploi stable</h2><p>En 2025, la présentation du levier de l’âge <a href="https://rapportsdeforce.fr/pouvoir-et-contre-pouvoir/retraites-a-665-meme-au-cor-ca-ne-passe-pas-061225068" class="spip_out" rel="external">comme seul critère non récessif</a> – qui n’impacterait pas négativement la croissance économique – avait déjà fait l’objet d’un débat très tendu entre les 42 membres du COR (composé de parlementaires, de représentants d’organisations patronales et syndicales, de hauts fonctionnaires et d’experts). D’un côté, le patronat et des parlementaires de la majorité en soutien au président du COR, Gilbert Cette, poussant pour que l’augmentation de la durée du travail soit présentée comme seule option non récessive. De l’autre, l’ensemble des représentants des organisations de salariés, soutenus par une députée LFI et une sénatrice PS, s’opposant à cette conclusion.</p><p><em>« On continue à se battre pour augmenter les recettes de notre système de retraite alors que le président du COR veut avant tout limiter les dépenses »</em>, souligne Denis Gravouille, membre du bureau confédéral de la CGT. Pour remplir les caisses des retraites, le syndicat milite pour l’égalité salariale entre hommes et femmes. En 2024, les salaires féminins étaient <a href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/8743657" class="spip_out" rel="external">14 % inférieurs</a> à ceux des hommes, à temps de travail égal.</p><p>Autre piste pour la CGT : la lutte contre la précarité. <em>« Aujourd’hui, les jeunes ont leur premier CDI de plus en plus tardivement. Les CDD et les missions d’intérim se multiplient et donc les périodes sans emploi sont autant de périodes non cotisées, qui n’abondent pas au système des retraites »</em>, poursuit Denis Gravouille. L’accès aux études s’est étendu, leur durée s’est allongée, mais <a href="https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Avis/2019/2019_09_jeunes_avenir_travail.pdf" class="spip_out" rel="external">l’âge moyen pour accéder à un premier emploi stable</a> a considérablement reculé, se situant à 27 ans désormais.</p><h2 class="spip" id="Recuperation-politique-en-vue-de-2027">Récupération politique en vue de 2027</h2><p>Créé en 2000, le COR est une instance d’expertise rattachée au Premier ministre et chargée de suivre les perspectives à moyen et long terme du système de retraite français. <em>« Son rapport reste un outil d’information et de débat sérieux dans sa méthode. Il permet d’avoir un langage et un diagnostic commun sur la trajectoire financière de notre système de retraite. Mais il ne fait pas de recommandations »</em>, soutient Michaël Zemmour.</p><p>L’économiste rappelle qu’une instance <em>« plus politique, qui fait directement des recommandations au gouvernement »</em>, existe depuis 2014 : le Comité de suivi des retraites (CSR). Il est constitué de seulement quatre experts, qui s’appuient notamment sur le rapport du COR. <em>« Le COR reste donc un outil précieux et on peut déplorer les analyses très partielles qui en sont parfois faites dans la presse »</em>, appuie Michaël Zemmour.</p><p>Les options décrites par le COR peuvent d’autant moins être prises pour des outils de décision politique à court terme. <em>« Quand on nous parle de report de l’âge à horizon 2070, il y a quelque chose de fallacieux à imaginer ce qui se passera dans 44 ans »</em>, estime Denis Gravouil. Le COR l’écrit lui-même : <em>« Il convient toutefois de rester prudent dans l’analyse de ces perspectives de long terme, les évolutions de la natalité au-delà de vingt ans demeurant, par nature, difficiles à anticiper de façon robuste. »</em> Pour le cégétiste, <em>« il y a donc une utilisation politique qui est faite de cette projection. En réalité, ce dont on nous parle, ce n’est pas de 2070, c’est de l’élection présidentielle de 2027 »</em>.</p><h2 class="spip" id="Philippe-et-Bardella-favorables-a-un-allongement-de-l-age-de-depart">Philippe et Bardella favorables à un allongement de l’âge de départ</h2><p>De fait, la question de l’âge légal de départ à la retraite est déjà l’un des enjeux majeurs pour la prochaine élection présidentielle. Dans ce contexte, le rapport du COR reste important car il permet à la parole politique de s’appuyer sur une expertise.</p><p>Le candidat Édouard Philippe s’est déjà <a href="https://www.capital.fr/votre-retraite/nous-allons-devoir-travailler-plus-longtemps-edouard-philippe-rappele-a-ses-propos-sur-la-retraite-a-67-ans-1527020" class="spip_out" rel="external">prononcé pour un allongement de la durée de cotisation</a> à 67 ans, ainsi que l’introduction d’une part de capitalisation. Hasard ou pas, Gilbert Cette, président du COR, contribue d’ailleurs <em>« à titre personnel »</em>, au programme présidentiel de l’ancien Premier ministre, selon une indiscrétion du magazine <em>Challenges</em>. <em>« Il planche notamment sur des mesures visant à doper l’emploi des seniors »</em>, précise l’hebdomadaire.</p><p>Le Rassemblement national fourbit également ses armes sur la question. Alors que Marine Le Pen se prononçait habituellement pour une réduction de la durée de cotisation, Jordan Bardella s’est montré bien moins affirmatif lors de la campagne législative de 2024. Ce 12 mai 2026, un mois à peine avant la publication du rapport du COR, le président du RN <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/06/09/en-s-affranchissant-sur-les-retraites-jordan-bardella-suscite-l-incomprehension-au-rn_6700121_823448.html" class="spip_out" rel="external">a esquissé une voie bien plus libérale</a> : la volonté d’abandonner toute référence à un âge légal de départ à la retraite et d’accoler au système par répartition une part de capitalisation.</p><p>De son côté, la CGT a lancé son « appel de Tours » <a href="https://basta.media/la-cgt-en-congres-se-prepare-a-mener-la-bataille-contre-l-extreme-droite-la" class="spip_in">lors de son 54<sup class="typo_exposants">e</sup> congrès</a>, qui s’est tenu début juin. Elle a mis la pression sur l’ensemble des partis politiques, et notamment ceux de gauche, plus sensibles à ses recommandations. Pour elle : pas une voix du monde du travail pour les candidats qui n’abrogeraient pas la réforme des retraites dès leur arrivée à l’Élysée.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/multi-primee-et-palme-d-or-simonetta-touchera-374-euros-de-retraite-artistes-auteurs">Multiprimée et Palme d’or, Simonetta, autrice, touchera 374 euros de retraite</a></aside><h2 class="spip" id="Le-president-du-COR-un-lt-lt-editorialiste-pro-patronal-selon-la-CGT">Le président du COR, un « éditorialiste pro-patronal », selon la CGT</h2><p>Ceux qui dénoncent « l’instrumentalisation » qui est faite du rapport du COR, insistent sur la personnalité de son président, Gilbert Cette : un homme <em>« dont les opinions prennent de plus en plus de place au sein de l’institution »</em>, écrit <em>Alternatives économiques</em>, qui lui a consacré une <a href="https://www.alternatives-economiques.fr/enquete-sur-gilbert-cette-comment-un-economiste-liberal-a-mis-la-main-sur-l/00118651" class="spip_out" rel="external">longue enquête</a>.</p><p>Cet enseignant à la Neoma Business School ne cache pas ses idées libérales en matière économique et la critique qu’il adresse, notamment, aux organisations syndicales. Début 2026, il copubliait un ouvrage intitulé <em>Sauver la démocratie sociale. Du conflit au contrat</em> (Calmann-Lévy). L’économiste Jean-Marie Harribey, qui en a fait la <a href="https://blogs.alternatives-economiques.fr/harribey/2026/04/02/la-democratie-sociale-hors-sol" class="spip_out" rel="external">chronique</a>, qualifie cet ouvrage <em>« d’hors sol »</em>.</p><p><em>« C’est un livre qui aborde la question du renouveau du syndicalisme. Mais jamais le sujet des structures économiques n’est abordé. Le terme capitalisme n’apparaît pas, alors que c’est l’évolution du capitalisme qui explique comment le travail évolue et qui détermine le comportement des syndicats. Pour les auteurs, les retraites ne devraient même pas être un sujet de discussion des syndicats, qui devraient se concentrer sur les négociations d’entreprise »</em>, résume-t-il.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/selon-bayrou-la-dette-publique-serait-due-au-financement-des-retraites-c-est-faux">Selon Bayrou, la dette publique serait due au financement des retraites : c’est faux</a></aside><p>Dans un communiqué du 11 juin 2026, la CGT reproche également à Gilbert Cette d’entretenir une confusion entre son rôle de président du COR et <em>« d’éditorialiste pro-patronal »</em>, puisqu’il écrit régulièrement dans le journal <em>Les Échos</em>, en signant en tant qu’enseignant.</p><p>Or, le poste de président du COR reste un poste-clé. Pour preuve, <a href="https://www.lemonde.fr/politique/article/2023/11/18/pierre-louis-bras-ancien-president-du-conseil-d-orientation-des-retraites-ma-fonction-n-etait-pas-d-aider-le-gouvernement_6200898_823448.html" class="spip_out" rel="external">l’éviction</a> par Matignon (c’est le Premier ministre qui nomme le président du COR), de Pierre-Louis Bras, le précédent président. En janvier 2023, en plein débat autour de la réforme des retraites d’Elisabeth Borne, ce dernier avait contesté l’existence d’un <em>« dérapage des dépenses »</em> consacrées aux retraites, devant la commission des finances de l’Assemblée nationale. Il remettait ainsi en cause le principal argument des partisans d’un allongement de l’âge de départ en retraite. Un propos qui lui avait valu d’être débarqué de son poste.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 11 Jun 2026 17:05:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Souffrance au travail à la SNCF : les cheminots en grève]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10549 c-content_text texte surlignable"><p>Face aux réorganisations incessantes à la SNCF et à la souffrance au travail engendrée, avec des alertes sur 13 suicides depuis le début de l’année, une grève a eu lieu ce mercredi à l’appel des quatre fédérations syndicales - ce qui n’était pas arrivé depuis 2024.</p></div><div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=souffrance-au-travail-les-cheminots-en-greve?var_fav=article-10549" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 11 Jun 2026 12:08:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Si moi je tombe, mes collègues tombent » : face à la souffrance au travail à la SNCF, les cheminots ripostent par la grève]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La pancarte de Fred n’est pas assez grande pour lister ce qui ne va plus : <em>« Burn-out, démissions, suicides... Bienvenue chez les ch’minots ! »</em> Difficile de passer à côté du message choc, tenu à bout de bras par ce cheminot à l’allure élancée. <em>« Des burn-out, il y a en eu une dizaine sur mon site »</em>, explique ce salarié de 30 ans d’ancienneté, exerçant dans la maintenance. Ce mercredi 10 juin n’est pas sa première grève pour dénoncer ses conditions de travail, loin de là. Mais celle-ci a une ampleur rare, du fait de l’urgence sociale du moment, <a href="https://basta.media/suicides-de-cheminots-a-la-SNCF-les-syndicats-menacent-greve-massive">comme l’avait annoncé <em>Basta!</em> mi-avril</a>.</p><p>Autour de Fred et de sa large pancarte, les drapeaux rouges de la CGT et verts de Sud Rail se mélangent, ce mercredi à Paris. Les quatre fédérations représentatives des salariés du ferroviaire - CGT cheminots, CFDT cheminots, UNSA-ferroviaire, Sud Rail -, ont appelé à la grève. Une telle union n’était pas arrivée depuis 2024, lors des mobilisations contre la liquidation du Fret.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Greve-des-cheminots-ce-qui-se-joue-avec-liquidation-Fret-SNCF-transport-ferroviaire-marchandises">Grève des cheminots : ce qui se joue avec la liquidation de Fret SNCF</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/5b26f8110222d0f81cb9ad4a52f1f4-b2eae.jpg?1781130128" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Près d’un cheminot sur deux en France a répondu à l’appel, affirme la CGT cheminots. On compte même <em>« entre 80 et 90 % de grévistes chez les contrôleurs et les conducteurs, avec de nombreux piquets de grève un peu partout en France »</em>, relate Thierry Nier, secrétaire général du syndicat. Un TGV sur trois a été annulé, un Intercités sur deux. En Ile-de-France, entre un train sur deux et un sur trois (RER et transilien) a été supprimé. En plus des piquets de grève, des AG et rassemblements ont eu lieu dans plusieurs régions, <em>« ce qui est le signe d’une grève importante »</em>, salue Julien Troccaz, secrétaire fédéral Sud-Rail.</p><h2 class="spip" id="Treize-suicides-de-cheminots-depuis-le-debut-de-l-annee">Treize suicides de cheminots depuis le début de l’année</h2><p>La journée est aussi forte que <em>« l’heure est grave »</em>, introduit Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud-Rail, béret vissé sur le crâne et voix combative, au micro sur la petite scène dressée pour l’occasion entre Gare du Nord et Gare de l’Est. L’heure est grave, parce que tout le monde ici a en tête un chiffre : treize. Treize suicides à la SNCF depuis le début de l’année. <em>« Il y a énormément de raisons qui peuvent l’expliquer, pas uniquement professionnelles. Mais <a href="https://basta.media/france-telecom-le-proces-sans-precedent-d-un-management-deshumanise-soumis-aux" class="spip_in">depuis France Télécom</a>, on sait qu’il peut y avoir un lien entre le mal-être au travail et le suicide »</em>, rappelle le syndicaliste à l’assemblée.</p><div class="spip_document_23055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="366" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164031.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1463387074 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781130149 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23055-d51faca2fca7bda32fa35330c4acebba" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23055-d51faca2fca7bda32fa35330c4acebba">Fabien Villedieu, délégué syndical de SUD Rail et figure emblématique du mouvement cheminot, prend la parole lors du rassemblement du 10 juin 2026 à Paris. Connu pour son militantisme actif et ses actions médiatiques, il appelle ici à la mobilisation générale contre la<br class="autobr" />
libéralisation du rail et la dégradation des conditions de travail à la SNCF.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« Il faut beaucoup d’humilité face à la question du suicide, mais il serait inconsidéré de penser que le travail n’y a pas sa place »</em>, abondait Thomas Cavel, secrétaire général de la CFDT Cheminots, lors d’une conférence de presse unitaire lundi 8 juin. <em>« La SNCF est devenue une entreprise de l’incertitude. Et chaque drame qui arrive est une meurtrissure, profonde, qui reste pour l’ensemble du corps social. »</em></p><p>Kerlin, venu participer à sa première manifestation, cache-cou remonté sur le bas du visage, a le cœur lourd sur le sujet. Un collègue de son unité de maintenance s’est donné la mort, pas plus tard qu’en février. Quelques semaines avant, un autre collègue avait fait une crise cardiaque. <em>« Il était juste derrière moi, dans le bureau. C’est moi qui lui ai fait les premiers soins avant que les pompiers arrivent »</em>, décrit le jeune homme. Malgré l’intervention des secours, l’agent est décédé. <em>« C’était compliqué »</em>, résume pudiquement Kerlin.</p><h2 class="spip" id="Rendez-vous-avec-le-PDG-Jean-Castex">Rendez-vous avec le PDG, Jean Castex</h2><div class="spip_document_23057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende" data-legende-len="244" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164002.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2685445973 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp?1781130597 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg" width="960" height="1440" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23057-66fa802365587f66ce4326dd3a1eba12" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23057-66fa802365587f66ce4326dd3a1eba12">Kerlin, agent SNCF, décrit son intervention lors d’un malaise cardiaque survenu à un collègue sur le lieu de travail. Il profite de ce récit pour dénoncer la dureté des conditions de travail au sein de l’entreprise ferroviaire.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Après le suicide de février dans son unité, un psychologue a été dépêché sur place par la direction... pour une journée de présence auprès de l’équipe. <em>« Après ça, plus rien. On te laisse un numéro, tu appelles et ça ne répond même pas »</em>, déplore Kerlin.</p><p>La direction des ressources humaines de la SNCF met en avant, dans ses réponses à la presse, une série de dispositifs existants, dont cette fameuse ligne d’écoute. Mais le maillage est insuffisant, aux yeux des syndicalistes. <em>« Depuis des mois, nous alertons sur la dégradation des services de médecine intégrés à la SNCF. On est à moins 40% d’infirmiers »</em>, cite Amélie Nobrega, secrétaire du secteur CGT cheminots Paris Nord.</p><p>Un rendez-vous est prévu le 23 juin avec Jean Castex, l’ex-Premier ministre devenu PDG de la SNCF fin 2025. Treize jours après la grève du jour. <em>« C’est du mépris »</em>, balaient en chœur les porte-paroles des organisations syndicales, qui demandent à avancer ce rendez-vous et à y mettre à l’ordre du jour leurs trois revendications clés : arrêt des réorganisations, mêmes droits pour tous les salariés, augmentation des salaires. La direction continue pour l’heure de faire valoir <em>« un contexte social apaisé et un dialogue social très nourri, avec de nombreux accords signés notamment sur la pénibilité ou l’égalité »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Personne-ne-vient-travailler-pour-finir-dans-un-cercueil">« Personne ne vient travailler pour finir dans un cercueil »</h2><p>Pendant ce temps-là, la vague des risques psycho-sociaux grandit. Selon les syndicats, les accidents du travail sont en hausse de 15 % entre 2024 à 2025. Tandis que les arrêts maladie liés à la santé mentale connaissent une hausse de 40 % sur cinq ans.</p><div class="spip_document_23061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="173" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164005.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4126127942 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23061-6df1dee31b24613dfb908418f5b97808" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23061-6df1dee31b24613dfb908418f5b97808">Kerlin, Fred et Sofiane avec une pancarte dénonçant les conditions de travail au sein du groupe ferroviaire SNCF lors de la manifestation nationale à Paris.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« C’est bien chez vous, l’autre suicide ? »</em>, lance Kerlin, en se retournant, à destination de collègues debout derrière lui qui l’écoutaient parler. Ces derniers, embauchés comme lui à la maintenance, hochent la tête pour approuver. <em>« Voilà : un autre collègue qui s’est suicidé en 2025. Et puis, il y a eu d’autres crises cardiaques. On a eu sept morts en une année, chez nous. Sept morts ! Il y a des conditions de travail à revoir »</em>, martèle Kerlin.</p><p><em>« Personne ne vient travailler pour finir dans un cercueil »</em>, s’indigne au micro Anasse Kazib, syndicaliste Sud Rail, porte-parole du parti Révolution permanente. <em>« C’est normal qu’on en arrive là. Avant, on travaillait, on faisait nos horaires. Maintenant, on doit faire beaucoup plus dans le même temps imparti. Au moindre souci technique, on saute la pause repas, et nos supérieurs ne veulent même pas qu’on note cela dans nos comptes-rendus »</em>, déplore Samy*, qui travaille depuis quatre ans à la logistique.</p><h2 class="spip" id="Des-reorganisations-permanentes">Des réorganisations permanentes</h2><p>Comment expliquer un tel mal-être ? L’une des principales causes tient aux réorganisations permanentes, à l’origine d’une forte pression sur les salariés au quotidien. Ces réorganisations s’inscrivent dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, initiée par la loi du 27 juin 2018 pour un nouveau pacte ferroviaire. Depuis lors, la SNCF s’est divisée en différentes sociétés anonymes (SNCF Voyageurs, SNCF Réseau, Keolis, Geodis...). Elle participe aux appels d’offres qui découpent désormais le réseau ferroviaire français, créant sur-mesure des entités pour tenter de les remporter en régions (Sud Azur, Loire Océan, Étoile d’Amiens...).</p><p>De quoi engendrer des transferts de salariés dans tous les sens. Chez SNCF Voyageurs par exemple, pas moins de <em>« 27 000 salariés SNCF »</em> s’apprêtent à être <em>« embarqués dans la concurrence »</em> et potentiellement transférés dans des filiales locales de la taille d’une PME de 4 ou 500 personnes, a confirmé Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué chez SNCF Voyageurs, cette semaine <a href="https://www.lepopulaire.fr/france-monde/economie/greve-sncf-13-suicides-depuis-debut-2026-27-000-postes-menaces-pourquoi-les-cheminots-sont-en-colere_15001543/" class="spip_out" rel="external">à la presse</a>.</p><p>Les cheminots, qui ont aussi perdu leur statut en 2020, se retrouvent à ne plus avoir ni les mêmes droits, ni les mêmes revenus à la fin du mois... Ni les mêmes responsables à qui s’adresser. <em>« Aujourd’hui, il n’y a pas un cheminot qui ne se demande pas : quand est-ce que ça va être mon tour ? »</em>, résume Julien Troccaz.</p><div class="spip_document_23059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="159" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164025.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3731062745 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23059-56a81f543843477e2e8732ab10703083" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23059-56a81f543843477e2e8732ab10703083">Une militante de la CGT Cheminots prend la parole lors du rassemblement devant la Gare du Nord, avant le départ de la manifestation nationale.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Un rapport sénatorial paru en mai dévoile <a href="https://www.senat.fr/rap/r25-633/r25-633_mono.html#toc0" class="spip_out" rel="external">un bilan critique de l’ouverture à la concurrence</a>. Pour les usagers, d’abord : la <em>« balkanisation »</em> du réseau risque <em>« d’affecter la fluidité des voyages »</em>, la lisibilité de l’offre et la vente des billets, notent les sénateurs. Ceux-ci s’inquiète aussi du sous-financement des infrastructures, avec un tel désengagement de l’État. <em>« En raison d’une confiance excessive dans le « pouvoir magique » de la concurrence, des problématiques majeures, pourtant identifiées de longue date, ont été mises de côté »</em>, déplorent les sénateurs. Leur conclusion ? <em>« L’État doit reprendre la main »</em>.</p><p>Pour maintenir les infrastructures en état, un fonds de concours a été créé par l’État. Celui-ci stocke la majeure partie des bénéfices engendrés chaque année par les sociétés de la SNCF afin d’être réinvesti dans la réparation de l’ensemble du réseau ferroviaire. <em>« Les cheminots se retrouvent donc sous pression, à devoir travailler pour dégager du bénéfice, y compris pour… des opérateurs concurrents ! »</em>, pointe Thomas Cavel de la CFDT, soulignant l’absurdité du système. Ce qui laisse bien peu de marge pour des moyens humains. Ou encore, pour la modernisation du réseau et sa bifurcation écologique.</p><div class="spip_document_23060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="172" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164044.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3200196773 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23060-867767eb3ff99933e916372e3efba22a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23060-867767eb3ff99933e916372e3efba22a">Alors que le cortège de la manifestation nationale des cheminots avance vers la Madeleine, des militants allument simultanément plusieurs fumigènes rouges.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>La pression pour dégager du bénéfice se fait de plus en plus concrète, dans le quotidien des cheminots. Avant, dans l’atelier de maintenance de Fred, le manifestant à la pancarte <em>« on avait qu’une semaine de nuit par mois. Maintenant, on en a deux »</em>, explique le salarié. <em>« Ce sont des réorganisations sans embauche, toujours avec le même nombre d’agents. Et sans concertation »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-A-la-derniere-minute-on-nous-demande-de-faire-de-nouvelles-taches">« À la dernière minute, on nous demande de faire de nouvelles tâches »</h2><p>Le planning de travail ne cesse de bouger, lui aussi. <em>« On nous a imposé du jour au lendemain une cinquième nuit, dans notre roulement. Il y a trois mois, on nous a rajouté le travail le dimanche, jour où on est censé rester avec notre famille... Tout ça va ajouter des burn-out »</em>, décrit Sofiane Youcef, mécanicien, en poste depuis un an.</p><p>La pression s’incarne aussi dans la démultiplication des tâches. <em>« À la dernière minute, on nous demande de faire de nouvelles tâches. Des manipulations ou réparations que l’on est censé faire à deux ou trois, mais on se retrouve à les faire seul.. Sans matériel adapté, parfois sans formation »</em>, témoigne encore le jeune homme avant de s’élancer, le poing levé, en tête du cortège de Sud Rail qui éclaire de fumées vertes les rues de Paris.</p><div class="spip_document_23054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="440" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164016.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c692738894 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg" width="960" height="1440" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23054-58a7685b70c53328b168d709ba944ee2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23054-58a7685b70c53328b168d709ba944ee2">Jessie, agente commerciale sur la ligne A du RER, décrit une situation de crise humaine au sein de son équipe. Elle témoigne de la détresse psychologique grandissante de ses collègues, dont beaucoup souffrent d’épuisement professionnel (burn-out). Cette souffrance au travail se traduit par une multiplication des arrêts maladie de longue durée et des mi-temps thérapeutiques, signes d’un malaise profond dans l’entreprise.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Dans un tout autre domaine, Jessie, agent commercial, témoigne elle aussi de la polyvalence poussée à l’outrance. Elle porte le symbole du Collectif des jeunes de la CGT au chasuble. Syndiquée depuis cinq ans, elle raconte : <em>« Avant, on avait un agent à l’accueil, un agent à la vente. Aujourd’hui c’est le même agent qui fait l’accueil, la vente, le contrôle, les malaises voyageurs et tout ce qui se passe dans l’enceinte de la gare. »</em>.</p><p>Sur les 60 agents censés composer son unité, en charge du RER A, <em>« on est 25 vraiment disponibles. Les autres sont en accidents de travail, arrêts maladies, mi-temps thérapeutiques... »</em> Alors que la règle est d’avoir toujours deux agents en gare, <em>« les week-ends, on se retrouve en réalité seul-e, à gérer de grandes gares comme Cergy, dans lesquelles il y a parfois des agressions au couteau. À un moment, on a pas signé pour ça... »</em>, s’indigne la jeune femme, boucles bordeaux encadrant un regard déterminé.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Cette-politique-d-entreprise-organise-la-perte-des-reperes">« Cette politique d’entreprise organise la perte des repères »</h2><p>Ces changements sont aussi la déclinaison de grandes restructurations nationales. <em>« Projet résonances, Destination 2030... Dès qu’une réorganisation du groupe se finit, une autre commence »</em>, soupire Fabrice Charrière, secrétaire général de l’UNSA-ferroviaire. De quoi mettre aussi à mal les cadres, censés appliquer ces réorganisations, parfois sans y croire eux-même. <em>« Il y a une souffrance au travail qui existe aussi dans l’encadrement, avec des projets que l’on ne veut pas porter mais que l’on est obligés de porter. Avec sans cesse des ordres, puis des contre-ordres, à faire passer »</em>, souligne le syndicaliste.</p><p><em>« Cette politique d’entreprise organise la perte des repères, la désorganisation des collectifs de travail. Il faut l’arrêter »</em>, insiste Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud Rail. Ce dernier espère aussi peser, par la grève massive du jour, sur l’imminent examen parlementaire du <a href="https://www.vie-publique.fr/loi/302043-projet-de-loi-cadre-relatif-au-developpement-des-transports" class="spip_out" rel="external">projet de loi-cadre relatif au développement des transports</a>, majeur pour le secteur.</p><div class="spip_document_23058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="172" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164045.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2734040696 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23058-a7605d478b56f87d234a6c9b4c338fc2" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23058-a7605d478b56f87d234a6c9b4c338fc2">Alors que le cortège de la manifestation nationale des cheminots avance vers la Madeleine, des militants allument simultanément plusieurs fumigènes rouges.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Les quatre fédérations syndicales se réuniront ce jeudi soir pour décider des suites. En attendant de voir si le mouvement social gagnera ou non l’ouverture de réelles négociations, dans le quotidien des ateliers de maintenance et des gares, c’est l’entraide informelle qui prime. Jessie prend le temps de soutenir les plus <em>« isolés d’entre nous, en souffrance, proches du burn-out »</em>. Et d’appeler, chaque semaine, un collègue qu’elle sait être tombé dans l’alcoolisme. <em>« On l’appelle juste pour savoir s’il va bien. Même quand il ne nous demande rien »</em>.</p><p>Sans ce noyau dur de soutien mutuel, porté par elles et des collègues syndiquées sur le RER A, <em>« tout notre secteur imploserait »</em>, croit-elle. Bien sûr qu’elle aussi a déjà été traversée par des <em>« coups de mou »</em>. Mais elle a toujours voulu tenir bon. Presque par sens du devoir. <em>« Si moi je tombe, mes collègues tombent »</em>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 11 Jun 2026 12:01:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Personne ne vient travailler pour finir dans un cercueil » : face à la souffrance au travail à la SNCF, les cheminots ripostent par la grève]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La pancarte de Fred n’est pas assez grande pour lister ce qui ne va plus : <em>« Burn-out, démissions, suicides... Bienvenue chez les ch’minots ! »</em> Difficile de passer à côté du message choc, tenu à bout de bras par ce cheminot à l’allure élancée. <em>« Des burn-out, il y a en eu une dizaine sur mon site »</em>, explique ce salarié de 30 ans d’ancienneté, exerçant dans la maintenance. Ce mercredi 10 juin n’est pas sa première grève pour dénoncer ses conditions de travail, loin de là. Mais celle-ci a une ampleur rare, du fait de l’urgence sociale du moment, <a href="https://basta.media/suicides-de-cheminots-a-la-SNCF-les-syndicats-menacent-greve-massive">comme l’avait annoncé <em>Basta!</em> mi-avril</a>.</p><p>Autour de Fred et de sa large pancarte, les drapeaux rouges de la CGT et verts de Sud Rail se mélangent, ce mercredi à Paris. Les quatre fédérations représentatives des salariés du ferroviaire - CGT cheminots, CFDT cheminots, UNSA-ferroviaire, Sud Rail -, ont appelé à la grève. Une telle union n’était pas arrivée depuis 2024, lors des mobilisations contre la liquidation du Fret.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Greve-des-cheminots-ce-qui-se-joue-avec-liquidation-Fret-SNCF-transport-ferroviaire-marchandises">Grève des cheminots : ce qui se joue avec la liquidation de Fret SNCF</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/5b26f8110222d0f81cb9ad4a52f1f4-b2eae.jpg?1781130128" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Près d’un cheminot sur deux en France a répondu à l’appel, affirme la CGT cheminots. On compte même <em>« entre 80 et 90 % de grévistes chez les contrôleurs et les conducteurs, avec de nombreux piquets de grève un peu partout en France »</em>, relate Thierry Nier, secrétaire général du syndicat. Un TGV sur trois a été annulé, un Intercités sur deux. En Ile-de-France, entre un train sur deux et un sur trois (RER et transilien) a été supprimé. En plus des piquets de grève, des AG et rassemblements ont eu lieu dans plusieurs régions, <em>« ce qui est le signe d’une grève importante »</em>, salue Julien Troccaz, secrétaire fédéral Sud-Rail.</p><h2 class="spip" id="Treize-suicides-de-cheminots-depuis-le-debut-de-l-annee">Treize suicides de cheminots depuis le début de l’année</h2><p>La journée est aussi forte que <em>« l’heure est grave »</em>, introduit Fabien Villedieu, secrétaire fédéral de Sud-Rail, béret vissé sur le crâne et voix combative, au micro sur la petite scène dressée pour l’occasion entre Gare du Nord et Gare de l’Est. L’heure est grave, parce que tout le monde ici a en tête un chiffre : treize. Treize suicides à la SNCF depuis le début de l’année. <em>« Il y a énormément de raisons qui peuvent l’expliquer, pas uniquement professionnelles. Mais <a href="https://basta.media/france-telecom-le-proces-sans-precedent-d-un-management-deshumanise-soumis-aux" class="spip_in">depuis France Télécom</a>, on sait qu’il peut y avoir un lien entre le mal-être au travail et le suicide »</em>, rappelle le syndicaliste à l’assemblée.</p><div class="spip_document_23055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="368" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164031.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1463387074 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781172394 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781173072 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781173280 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781172632 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781172702 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164031.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg@.webp?1781130149 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg?1781172429" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23055-051d90bcac40ee5523c9cefb3d7c17fe" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg?1781172624 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg?1781172543 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164031.jpg?1781172429 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23055-051d90bcac40ee5523c9cefb3d7c17fe">Fabien Villedieu, délégué syndical de SUD Rail et figure emblématique du mouvement cheminot, prend la parole lors du rassemblement du 10 juin 2026 à Paris. Connu pour son militantisme actif et ses actions médiatiques, il appelle ici à la mobilisation générale contre la<br class="autobr" />
libéralisation du rail et la dégradation des conditions de travail à la SNCF.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« Il faut beaucoup d’humilité face à la question du suicide, mais il serait inconsidéré de penser que le travail n’y a pas sa place »</em>, abondait Thomas Cavel, secrétaire général de la CFDT Cheminots, lors d’une conférence de presse unitaire lundi 8 juin. <em>« La SNCF est devenue une entreprise de l’incertitude. Et chaque drame qui arrive est une meurtrissure, profonde, qui reste pour l’ensemble du corps social. »</em></p><p>Kerlin, venu participer à sa première manifestation, cache-cou remonté sur le bas du visage, a le cœur lourd sur le sujet. Un collègue de son unité de maintenance s’est donné la mort, pas plus tard qu’en février. Quelques semaines avant, un autre collègue avait fait une crise cardiaque. <em>« Il était juste derrière moi, dans le bureau. C’est moi qui lui ai fait les premiers soins avant que les pompiers arrivent »</em>, décrit le jeune homme. Malgré l’intervention des secours, l’agent est décédé. <em>« C’était compliqué »</em>, résume pudiquement Kerlin.</p><h2 class="spip" id="Rendez-vous-avec-le-PDG-Jean-Castex">Rendez-vous avec le PDG, Jean Castex</h2><div class="spip_document_23057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende" data-legende-len="246" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164002.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2685445973 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp?1781172402 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp?1781173098 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg?1781173395 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp?1781172847 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg@.webp?1781130597 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg?1781172430" width="960" height="1440" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23057-f75072280c733b46920517648df2d6eb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg?1781172617 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164002.jpg?1781172430 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23057-f75072280c733b46920517648df2d6eb">Kerlin, agent SNCF, décrit son intervention lors d’un malaise cardiaque survenu à un collègue sur le lieu de travail. Il profite de ce récit pour dénoncer la dureté des conditions de travail au sein de l’entreprise ferroviaire.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Après le suicide de février dans son unité, un psychologue a été dépêché sur place par la direction... pour une journée de présence auprès de l’équipe. <em>« Après ça, plus rien. On te laisse un numéro, tu appelles et ça ne répond même pas »</em>, déplore Kerlin.</p><p>La direction des ressources humaines de la SNCF met en avant, dans ses réponses à la presse, une série de dispositifs existants, dont cette fameuse ligne d’écoute. Mais le maillage est insuffisant, aux yeux des syndicalistes. <em>« Depuis des mois, nous alertons sur la dégradation des services de médecine intégrés à la SNCF. On est à moins 40% d’infirmiers »</em>, cite Amélie Nobrega, secrétaire du secteur CGT cheminots Paris Nord.</p><p>Un rendez-vous est prévu le 23 juin avec Jean Castex, l’ex-Premier ministre devenu PDG de la SNCF fin 2025. Treize jours après la grève du jour. <em>« C’est du mépris »</em>, balaient en chœur les porte-paroles des organisations syndicales, qui demandent à avancer ce rendez-vous et à y mettre à l’ordre du jour leurs trois revendications clés : arrêt des réorganisations, mêmes droits pour tous les salariés, augmentation des salaires. La direction continue pour l’heure de faire valoir <em>« un contexte social apaisé et un dialogue social très nourri, avec de nombreux accords signés notamment sur la pénibilité ou l’égalité »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Personne-ne-vient-travailler-pour-finir-dans-un-cercueil">« Personne ne vient travailler pour finir dans un cercueil »</h2><p>Pendant ce temps-là, la vague des risques psycho-sociaux grandit. Selon les syndicats, les accidents du travail sont en hausse de 15 % entre 2024 à 2025. Tandis que les arrêts maladie liés à la santé mentale connaissent une hausse de 40 % sur cinq ans.</p><div class="spip_document_23061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="175" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164005.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4126127942 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781172406 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164005.jpg?1781173009 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781172765 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781172848 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781172664 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781173339 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg?1781172431" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23061-d585f6699f19ae29b8eb95448361065a" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg?1781172617 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164005.jpg?1781172431 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23061-d585f6699f19ae29b8eb95448361065a">Kerlin, Fred et Sofiane avec une pancarte dénonçant les conditions de travail au sein du groupe ferroviaire SNCF lors de la manifestation nationale à Paris.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p><em>« C’est bien chez vous, l’autre suicide ? »</em>, lance Kerlin, en se retournant, à destination de collègues debout derrière lui qui l’écoutaient parler. Ces derniers, embauchés comme lui à la maintenance, hochent la tête pour approuver. <em>« Voilà : un autre collègue qui s’est suicidé en 2025. Et puis, il y a eu d’autres crises cardiaques. On a eu sept morts en une année, chez nous. Sept morts ! Il y a des conditions de travail à revoir »</em>, martèle Kerlin.</p><p><em>« Personne ne vient travailler pour finir dans un cercueil »</em>, s’indigne au micro Anasse Kazib, syndicaliste Sud Rail, porte-parole du parti Révolution permanente. <em>« C’est normal qu’on en arrive là. Avant, on travaillait, on faisait nos horaires. Maintenant, on doit faire beaucoup plus dans le même temps imparti. Au moindre souci technique, on saute la pause repas, et nos supérieurs ne veulent même pas qu’on note cela dans nos comptes-rendus »</em>, déplore Samy*, qui travaille depuis quatre ans à la logistique.</p><h2 class="spip" id="Des-reorganisations-permanentes">Des réorganisations permanentes</h2><p>Comment expliquer un tel mal-être ? L’une des principales causes tient aux réorganisations permanentes, à l’origine d’une forte pression sur les salariés au quotidien. Ces réorganisations s’inscrivent dans le cadre de l’ouverture à la concurrence, initiée par la loi du 27 juin 2018 pour un nouveau pacte ferroviaire. Depuis lors, la SNCF s’est divisée en différentes sociétés anonymes (SNCF Voyageurs, SNCF Réseau, Keolis, Geodis...). Elle participe aux appels d’offres qui découpent désormais le réseau ferroviaire français, créant sur-mesure des entités pour tenter de les remporter en régions (Sud Azur, Loire Océan, Étoile d’Amiens...).</p><p>De quoi engendrer des transferts de salariés dans tous les sens. Chez SNCF Voyageurs par exemple, pas moins de <em>« 27 000 salariés SNCF »</em> s’apprêtent à être <em>« embarqués dans la concurrence »</em> et potentiellement transférés dans des filiales locales de la taille d’une PME de 4 ou 500 personnes, a confirmé Jean-Aimé Mougenot, directeur TER délégué chez SNCF Voyageurs, cette semaine <a href="https://www.lepopulaire.fr/france-monde/economie/greve-sncf-13-suicides-depuis-debut-2026-27-000-postes-menaces-pourquoi-les-cheminots-sont-en-colere_15001543/" class="spip_out" rel="external">à la presse</a>.</p><p>Les cheminots, qui ont aussi perdu leur statut en 2020, se retrouvent à ne plus avoir ni les mêmes droits, ni les mêmes revenus à la fin du mois... Ni les mêmes responsables à qui s’adresser. <em>« Aujourd’hui, il n’y a pas un cheminot qui ne se demande pas : quand est-ce que ça va être mon tour ? »</em>, résume Julien Troccaz.</p><div class="spip_document_23059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="161" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164025.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3731062745 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp?1781172584 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp?1781172580 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp?1781172994 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg?1781172434" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23059-0470878c2b541b6eaa598d6de0a606fa" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg?1781172617 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164025.jpg?1781172434 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23059-0470878c2b541b6eaa598d6de0a606fa">Une militante de la CGT Cheminots prend la parole lors du rassemblement devant la Gare du Nord, avant le départ de la manifestation nationale.
© Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Un rapport sénatorial paru en mai dévoile <a href="https://www.senat.fr/rap/r25-633/r25-633_mono.html#toc0" class="spip_out" rel="external">un bilan critique de l’ouverture à la concurrence</a>. Pour les usagers, d’abord : la <em>« balkanisation »</em> du réseau risque <em>« d’affecter la fluidité des voyages »</em>, la lisibilité de l’offre et la vente des billets, notent les sénateurs. Ceux-ci s’inquiète aussi du sous-financement des infrastructures, avec un tel désengagement de l’État. <em>« En raison d’une confiance excessive dans le « pouvoir magique » de la concurrence, des problématiques majeures, pourtant identifiées de longue date, ont été mises de côté »</em>, déplorent les sénateurs. Leur conclusion ? <em>« L’État doit reprendre la main »</em>.</p><p>Pour maintenir les infrastructures en état, un fonds de concours a été créé par l’État. Celui-ci stocke la majeure partie des bénéfices engendrés chaque année par les sociétés de la SNCF afin d’être réinvesti dans la réparation de l’ensemble du réseau ferroviaire. <em>« Les cheminots se retrouvent donc sous pression, à devoir travailler pour dégager du bénéfice, y compris pour… des opérateurs concurrents ! »</em>, pointe Thomas Cavel de la CFDT, soulignant l’absurdité du système. Ce qui laisse bien peu de marge pour des moyens humains. Ou encore, pour la modernisation du réseau et sa bifurcation écologique.</p><div class="spip_document_23060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="172" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164044.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3200196773 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp?1781172604 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp?1781172612 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp?1781172838 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164044.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg?1781172770" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23060-ec590c05d549e66c9f7eb2090e89fe3f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg?1781172617 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg?1781173397 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164044.jpg?1781172770 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23060-ec590c05d549e66c9f7eb2090e89fe3f">Alors que le cortège de la manifestation nationale des cheminots avance vers la Madeleine, des militants allument simultanément plusieurs fumigènes rouges.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>La pression pour dégager du bénéfice se fait de plus en plus concrète, dans le quotidien des cheminots. Avant, dans l’atelier de maintenance de Fred, le manifestant à la pancarte <em>« on avait qu’une semaine de nuit par mois. Maintenant, on en a deux »</em>, explique le salarié. <em>« Ce sont des réorganisations sans embauche, toujours avec le même nombre d’agents. Et sans concertation »</em>.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-A-la-derniere-minute-on-nous-demande-de-faire-de-nouvelles-taches">« À la dernière minute, on nous demande de faire de nouvelles tâches »</h2><p>Le planning de travail ne cesse de bouger, lui aussi. <em>« On nous a imposé du jour au lendemain une cinquième nuit, dans notre roulement. Il y a trois mois, on nous a rajouté le travail le dimanche, jour où on est censé rester avec notre famille... Tout ça va ajouter des burn-out »</em>, décrit Sofiane Youcef, mécanicien, en poste depuis un an.</p><p>La pression s’incarne aussi dans la démultiplication des tâches. <em>« À la dernière minute, on nous demande de faire de nouvelles tâches. Des manipulations ou réparations que l’on est censé faire à deux ou trois, mais on se retrouve à les faire seul.. Sans matériel adapté, parfois sans formation »</em>, témoigne encore le jeune homme avant de s’élancer, le poing levé, en tête du cortège de Sud Rail qui éclaire de fumées vertes les rues de Paris.</p><div class="spip_document_23054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende" data-legende-len="440" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164016.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c692738894 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp?1781172887 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg?1781172653 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp?1781173136 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp?1781173020 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg?1781172770" width="960" height="1440" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23054-705e85cb439ad34ce0361a0b6741ee31" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg?1781172617 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164016.jpg?1781172770 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23054-705e85cb439ad34ce0361a0b6741ee31">Jessie, agente commerciale sur la ligne A du RER, décrit une situation de crise humaine au sein de son équipe. Elle témoigne de la détresse psychologique grandissante de ses collègues, dont beaucoup souffrent d’épuisement professionnel (burn-out). Cette souffrance au travail se traduit par une multiplication des arrêts maladie de longue durée et des mi-temps thérapeutiques, signes d’un malaise profond dans l’entreprise.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Dans un tout autre domaine, Jessie, agent commercial, témoigne elle aussi de la polyvalence poussée à l’outrance. Elle porte le symbole du Collectif des jeunes de la CGT au chasuble. Syndiquée depuis cinq ans, elle raconte : <em>« Avant, on avait un agent à l’accueil, un agent à la vente. Aujourd’hui c’est le même agent qui fait l’accueil, la vente, le contrôle, les malaises voyageurs et tout ce qui se passe dans l’enceinte de la gare. »</em>.</p><p>Sur les 60 agents censés composer son unité, en charge du RER A, <em>« on est 25 vraiment disponibles. Les autres sont en accidents de travail, arrêts maladies, mi-temps thérapeutiques... »</em> Alors que la règle est d’avoir toujours deux agents en gare, <em>« les week-ends, on se retrouve en réalité seul-e, à gérer de grandes gares comme Cergy, dans lesquelles il y a parfois des agressions au couteau. À un moment, on a pas signé pour ça... »</em>, s’indigne la jeune femme, boucles bordeaux encadrant un regard déterminé.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Cette-politique-d-entreprise-organise-la-perte-des-reperes">« Cette politique d’entreprise organise la perte des repères »</h2><p>Ces changements sont aussi la déclinaison de grandes restructurations nationales. <em>« Projet résonances, Destination 2030... Dès qu’une réorganisation du groupe se finit, une autre commence »</em>, soupire Fabrice Charrière, secrétaire général de l’UNSA-ferroviaire. De quoi mettre aussi à mal les cadres, censés appliquer ces réorganisations, parfois sans y croire eux-même. <em>« Il y a une souffrance au travail qui existe aussi dans l’encadrement, avec des projets que l’on ne veut pas porter mais que l’on est obligés de porter. Avec sans cesse des ordres, puis des contre-ordres, à faire passer »</em>, souligne le syndicaliste.</p><p><em>« Cette politique d’entreprise organise la perte des repères, la désorganisation des collectifs de travail. Il faut l’arrêter »</em>, insiste Julien Troccaz, secrétaire fédéral de Sud Rail. Ce dernier espère aussi peser, par la grève massive du jour, sur l’imminent examen parlementaire du <a href="https://www.vie-publique.fr/loi/302043-projet-de-loi-cadre-relatif-au-developpement-des-transports" class="spip_out" rel="external">projet de loi-cadre relatif au développement des transports</a>, majeur pour le secteur.</p><div class="spip_document_23058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="172" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/vca0164045.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2734040696 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp?1781147725 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp?1781172895 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/vca0164045.jpg?1781172570 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp?1781172865 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp?1781173375 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg@.webp?1781131083 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg?1781172770" width="960" height="640" alt="grève SNCF cheminots" aria-describedby="by23058-15ee0f42250a70ae0e623f26c1341ff5" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg?1781172625 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/vca0164045.jpg?1781172770 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23058-15ee0f42250a70ae0e623f26c1341ff5">Alors que le cortège de la manifestation nationale des cheminots avance vers la Madeleine, des militants allument simultanément plusieurs fumigènes rouges.
Valentina Camu
</figcaption></figure></div><p>Les quatre fédérations syndicales se réuniront ce jeudi soir pour décider des suites. En attendant de voir si le mouvement social gagnera ou non l’ouverture de réelles négociations, dans le quotidien des ateliers de maintenance et des gares, c’est l’entraide informelle qui prime. Jessie prend le temps de soutenir les plus <em>« isolés d’entre nous, en souffrance, proches du burn-out »</em>. Et d’appeler, chaque semaine, un collègue qu’elle sait être tombé dans l’alcoolisme. <em>« On l’appelle juste pour savoir s’il va bien. Même quand il ne nous demande rien »</em>.</p><p>Sans ce noyau dur de soutien mutuel, porté par elles et des collègues syndiquées sur le RER A, <em>« tout notre secteur imploserait »</em>, croit-elle. Bien sûr qu’elle aussi a déjà été traversée par des <em>« coups de mou »</em>. Mais elle a toujours voulu tenir bon. Presque par sens du devoir. <em>« Si moi je tombe, mes collègues tombent »</em>.</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 11 Jun 2026 12:01:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[Mort de Nahel : la Cour de cassation étudie la requalification des faits]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10551 c-content_text texte surlignable"><p>Mercredi 10 juin, la Cour de cassation de Paris a examiné les pourvois formés concernant la qualification des faits dans l’affaire Nahel. Le policier, auteur du tir devait être renvoyé pour meurtre devant la cour d’assises. Suite à son appel, la cour d’appel de Versailles a décidé, en mars, de requalifier les faits et de poursuivre le fonctionnaire pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Les proches et la famille de Nahel Merzouk contestent cette requalification. La Cour de cassation n’a pas encore rendu sa décision.</p></div><div><p class="c-cartouche-publication mb-1">, modifié <time datetime="2026-06-11T09:47:03Z">à 11h47</time></p>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=mort-de-nahel-la-cour-de-cassation-etudie-la-requalification-des-faits?var_fav=article-10551" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 11 Jun 2026 11:46:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Surmarges sur les produits bio et sains : l'appétit sans scrupule de la grande distribution]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Les industriels et les grandes surfaces s’enrichissent-ils sur le dos des consommateurs et de leurs fournisseurs ? Réponse : oui pour les grandes surfaces, et largement. C’est l’une des conclusions de <a href="https://www.senat.fr/travaux-parlementaires/structures-temporaires/commissions-denquete/commission-denquete-portant-sur-les-marges-des-industriels-et-de-la-grande-distribution.html" class="spip_out" rel="external">la récente commission d’enquête sénatoriale</a> « sur les marges des industriels et de la grande distribution ». Lancée en décembre 2025, en pleine crise agricole, cette commission ambitionnait de connaître la vérité sur la formation des prix.</p><p>Six mois et 200 auditions plus tard, elle livre un rapport cinglant à propos du système de prédation mis en place par l’avant-dernier maillon de la chaîne alimentaire, avant que les produits ne remplissent caddies puis réfrigérateurs : les distributeurs (grandes et moyennes surfaces). Un coup d’œil à la répartition de qui gagne quoi dans cette chaîne alimentaire permet de mesurer le déséquilibre des forces : sur 100 euros de valeur alimentaire, les distributeurs raflent près de la moitié de la mise (40 euros) quand les producteurs sont en deçà des 10 % (8 euros) !</p><p>La formation des prix auxquels on achète les produits dans les grandes surfaces ne sont pas fondés sur les coûts de production mais plutôt sur les stratégies commerciales des négociateurs, démontre le rapport. Leur appétit est particulièrement vorace pour les produits frais, surtout quand ils sont bios. Le palmarès revient aux œufs avec une marge de 85 % pour les distributeurs et… zéro pour les producteurs, qui vendent leur œufs au prix exact que leur coûte la production !</p><p><em>« Les distributeurs prennent des marges plus fortes sur les produits sains, notamment les fruits et légumes, pour compenser celles moins fortes sur des produits transformés comportant du sucre ou des graisses »</em>, résumait Antoinette Guhl, sénatrice écologiste de Paris, et rapporteuse de la commission dès le mois de janvier <a href="https://www.lemonde.fr/economie/article/2026/01/07/agroalimentaire-des-senateurs-determines-a-faire-la-lumiere-sur-les-marges-des-industriels-et-des-distributeurs_6660911_3234.html" class="spip_out" rel="external">auprès d’une journaliste</a> du quotidien <em>Le Monde</em>.</p><h2 class="spip" id="Les-proficeurs-sont-Leclerc-Carrefour-Intermarche-et-Cooperative-U">Les proficeurs sont Leclerc, Carrefour, Intermarché et Coopérative U</h2><p><em>« Le rapport de force est de plus en plus favorable à la grande distribution, qui est chaque année davantage concentrée »</em>, remarquent les enquêteur.ices. Quatre groupes se détachent très nettement : Leclerc, Carrefour, Intermarché et Coopérative U dont le poids est encore augmenté par un jeu d’alliances internationales. <em>« Si l’on tient compte de ces alliances, le panorama des parts de marché permet d’identifier trois groupements hyperdominants : Concordis (Carrefour et Coopérative U) à plus de 34 %, Aura Retail (Intermarché, Auchan et Casino) à plus de 29 % et Leclerc à environ 24 % »</em>, détaille le rapport. En dépit de cet effet de massification, les prix proposés aux consommateurs ne baissent pas. Tandis que ceux proposés aux producteurs stagnent, voire diminuent.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Les distributeurs n’hésitent pas à mettre la pression sur les filières dont les denrées sont périssables, et qui ont donc besoin d’écouler rapidement leurs produits : produits laitiers, viande, fruits et légumes, ont relevé les sénateurs, choqués. Au cours des auditions, il leur a été rapporté <em>« la pratique d’un distributeur, interrompant les commandes en pic de production, alors que les chambres froides sont pleines, dans l’objectif de produire une pression à la baisse sur les prix d’achat »</em>. En effectuant des contrôles, la rapporteure a pu constater des diminutions brutales de commandes pouvant représenter jusqu’à 60 % des ventes d’un fournisseur auprès d’un distributeur et engendrer des pertes de produits parfois périssables qui s’élèvent à plusieurs millions d’euros.</p><p>Les marges réalisées sur les produits vendus ne sont pas la seule source de bénéfices de ce secteur sans scrupules. <em>« Au-delà de la marge commerciale réalisée sur la vente des produits, une part croissante de la rentabilité de la grande distribution repose sur des services commerciaux facturés aux industriels »</em>, disent les parlementaires. De quoi s’agit-il ? Les distributeurs imposent à leurs fournisseurs d’acquérir des « services » : la négociation avec les centrales d’achat constitue ainsi un « droit de péage » auquel les fournisseurs sont soumis. Par exemple la rencontre entre le directeur commercial d’un groupe industriel et le directeur des achats d’une centrale, peut être facturée jusqu’à 400 000 euros !</p><h2 class="spip" id="Impunite-des-distributeurs">Impunité des distributeurs</h2><p>La commission a par ailleurs constaté l’ingéniosité avec laquelle les distributeurs conçoivent de nouveaux mécanismes de « descente tarifaire ». Ils obtiennent par exemple des industriels la livraison de colis gratuits, la mise en rayons aux frais du fournisseur ou la systématisation des taxes normalement prévues pour réparer des préjudices réels subis lors de livraisons. Autre point à même de soulever la colère de celleux qui s’estiment trop surveillé.es par l’administration et submergé.es par la paperasse : le manque de transparence.</p><p><em>« Les distributeurs organisés sous forme de coopératives ou de groupements d’indépendants ne sont pas tenus de publier leurs résultats financiers et de consolider leurs comptes à l’échelle de l’enseigne. Il est donc difficile de reconstituer les marges et les résultats pour ces distributeurs</em>, signale le rapport sénatorial. <em>E. Leclerc, par son statut de groupement de coopérateurs indépendants, ne publie ainsi aucune donnée relative à ses résultats financiers, qui restent inconnus. »</em></p><p>Profondément injuste, ce système repose aussi sur l’impunité des distributeurs dont <em>« les pratiques illicites (retard de signature des contrats concernant des fournisseurs par exemple, ndlr) ont tendance à croître »</em>, signale le rapport. Selon Olivier Mevel, maître de conférences en marketing, commerce et distribution, interrogé dans le cadre de la commission d’enquête, <em>« le risque économique lié à une sanction reste, dans de nombreux cas, inférieur aux gains potentiels issus de pratiques de contournement »</em>. Les sanctions prononcées sont <em>« insuffisamment dissuasives soit du fait de leur montant, soit en raison de leur délai d’exécution »</em>, ajoute le rapport, concluant que <em>« rééquilibrer le pouvoir de négociation détenu par les distributeurs et par les industriels au profit des agriculteurs nécessite en premier lieu une application plus stricte des dispositions législatives existantes avec un renforcement des sanctions »</em>. À quand l’impunité zéro pour les distributeurs hors-la-loi ?</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 11 Jun 2026 09:30:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[À l'ombre des stades de foot, à la recherche des 130 000 disparus du Mexique]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Guadalajara, la deuxième ville du Mexique avec plus de 5 millions d’habitants, s’apprête à accueillir quatre rencontres de la Coupe du monde masculine de football (du 11 juin au 19 juillet), dont une affiche Uruguay-Espagne, avec des milliers de touristes au rendez-vous. La capitale de l’État de Jalisco est mondialement connue pour la production de tequila, mais aussi pour une sombre réalité. Elle est l’épicentre d’une crise humanitaire : celle des disparitions forcées. Selon un registre officiel, plus de 130 000 personnes sont aujourd’hui portées disparues au Mexique. Un tiers de ces disparitions n’a fait l’objet d’aucune enquête.</p><p>Cette hécatombe est liée à la violence du crime organisé, entre recrutement forcé et assassinats. Elle interroge sur la responsabilité du gouvernement, à gauche au niveau national depuis 2018 (Claudia Sheinbaum a succédé à Andrés Manuel López Obrador en 2024). L’an passé, un représentant des Nations unies relevait que la disparition forcée était <em>« pratiquée de façon généralisée ou systématique »</em> au Mexique.</p><div class="spip_document_23013 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="306" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a8008.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1143557194 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp?1781078425 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg@.webp?1780929223 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23013-ee6990e2df3ea66bd4eb13c2cad15e08" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8008.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23013-ee6990e2df3ea66bd4eb13c2cad15e08">Au sud-ouest du centre-ville de Guadalajara, un rond-point avec une immense colonne, érigée initialement en l’honneur de martyrs tombés lors de la guerre américano-mexicaine (au château de Chapultepec, à Mexico, en 1847) a été rebaptisé par les associations « Rond-point des disparu·es ».
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</figcaption></figure></div><p>Une immense colonne est ainsi devenue un monument emblématique de Guadalajara, rebaptisée « Rond-point des disparues et disparus » (<em>Glorieta de las y los desaparecidos</em>). Des collectifs de victimes indirectes y collent régulièrement des affichettes, sous forme d’avis de recherche, avec les visages de disparu·es. Ces collectifs comptent se servir de l’événement planétaire que constitue la Coupe du monde pour attirer la lumière sur leur combat.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-pense-a-lui-tous-les-jours">« On pense à lui tous les jours »</h2><p><em>« On veut sensibiliser le monde afin de faire davantage pression sur le gouvernement et montrer que les choses peuvent changer »,</em> affirme Héctor Flores. Âgé de 45 ans, il est reconnaissable à ses bras tatoués et sa peau blanche tachetée par le soleil. Héctor Flores est le cofondateur de Luz de esperanza (« Lueur d’espoir »), une association qui organise des collages chaque dimanche <em>« sans exception »</em> depuis octobre 2021. <em>« Nous formons une grande famille. On sait ce que c’est vivre avec le vide, l’incertitude, la douleur… »</em>, confie l’homme dont la vie a basculé après la disparition de son fils, prénommé Héctor lui aussi.</p><div class="spip_document_23008 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="270" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a8027.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1941439176 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1780928847 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1781078425 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg@.webp?1780927438 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23008-5563bd93054e0c2f53f8866834c2a56b" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8027.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23008-5563bd93054e0c2f53f8866834c2a56b">Selon un registre officiel, plus de 130 000 personnes sont aujourd’hui portées disparues au Mexique. Un tiers de ces disparitions n’a fait l’objet d’aucune enquête. Cette hécatombe est liée à la violence du crime organisé, entre recrutement forcé et assassinats.
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</figcaption></figure></div><p>Enlevé à son domicile par des individus s’étant présentés comme des agents du parquet de la région, Héctor Daniel Flores Fernández a disparu le 18 mai 2021. Il avait 19 ans. L’an passé, un tribunal a pointé la responsabilité des autorités dans cette affaire. Le jugement reconnaît « Dani » comme victime d’une disparition forcée.</p><p>Retour sur le rond-point. Après le collage, Luz de Esperanza organise une distribution de jouets aux enfants des familles. Ximena, 14 ans, et Nancy, 10 ans, reçoivent des peluches et des poupées. Elles sont respectivement la sœur et la cousine de Damian Flores Mendoza, disparu depuis le 11 décembre 2025.</p><p>Le lycéen, qui jouait au foot avec ses amis et s’entraînait à la boxe, avait fêté quelques semaines plus tôt ses 18 ans. Cheveux bouclés et petit duvet au-dessus des lèvres : son portrait est aujourd’hui collé dans la ville comme tant d’autres. <em>« J’ai perdu beaucoup de poids depuis qu’il n’est plus là</em>, confie sa grand-mère, Consuelo. <em>On pense à lui tous les jours. »</em></p><div class="spip_document_23009 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="218" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a8025.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2621319338 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1780928849 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1781078425 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg@.webp?1780927444 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23009-f6b872d928802168b4aca0327537e5f6" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a8025.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23009-f6b872d928802168b4aca0327537e5f6">Pour les 500 familles réunies au sein de Luz de esperanza (Lueur d’espoir), coller les avis de recherche des personnes disparues, c’est une façon d’agir, de se mettre en quête d’un indice, d’une piste à suivre.
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</figcaption></figure></div><p>Pour les 500 familles réunies au sein de Luz de Esperanza, coller ces avis de recherche est une façon d’agir, de se mettre en quête d’un indice, d’une piste à suivre. L’espoir est mince, infime, <em>« mais il ne meurt jamais, il est toujours là »</em>, assure Héctor Flores en montrant son cœur. La douleur, elle non plus, ne s’en va pas. Le père projetait d’ouvrir un restaurant avec son fils, avant de dédier sa vie à le retrouver.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="A-la-recherche-des-corps-des-disparu-es">À la recherche des corps des disparu·es</h2><p>L’année dernière, les militants de Guerreros buscadores de Jalisco (<em>« Les Guerriers chercheurs de Jalisco »</em>), un autre collectif de victimes indirectes de la crise humanitaire, ont fait une découverte macabre dans la région. En fouillant la terre d’un ranch à la suite d’un signalement anonyme, ils ont trouvé l’horreur : des fours crématoires, des restes humains calcinés et des fragments osseux. Au total, près de 500 vêtements ont été recensés par les autorités, dans ce qu’il convient de qualifier de camp de recrutement et d’extermination.</p><p>En février 2026, les images de Guadalajara ont fait le tour du monde : des véhicules et des magasins incendiés en réplique à la mort d’El Mencho, le parrain du cartel de Jalisco Nouvelle génération, tué lors d’une opération menée par le gouvernement. Or, cette organisation du crime organisé <a href="https://elpais.com/mexico/2025-04-06/reclutados-en-redes-por-el-crimen-en-mexico-las-4-letras-de-guadalajara-les-invita-a-trabajar.html" class="spip_out" rel="external">pratique le recrutement forcé</a> en attirant des victimes <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/03/13/au-mexique-la-decouverte-de-restes-humains-dans-un-ranch-souligne-l-apathie-des-autorites-sur-le-dossier-des-disparus_6580377_3210.html" class="spip_out" rel="external">avec de fausses offres d’emploi</a>.</p><div class="spip_document_23002 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="348" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_02a7231.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1259908525 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1780928850 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1781078308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1781078307 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg@.webp?1780927445 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg" width="960" height="669" alt="" aria-describedby="by23002-d49c2ccf204940893070f16a5daf1227" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7231.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23002-d49c2ccf204940893070f16a5daf1227">Les militant·es de Luz de esperanza sont masqué·es pour se protéger de la poussière et portent des vêtements couvrants pour faire face au soleil brûlant. Au centre, avec les lunettes rondes, on retrouve Liliana Meza, cofondatrice du collectif. Elle est sans nouvelles de son fils, Carlos Maximiliano Romero Meza, disparu le 22 octobre 2020.
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</figcaption></figure></div><p>Lundi 18 mai, quinze jours après la session collage, <em>Basta!</em> a suivi une « recherche sur le terrain ». Rendez-vous est pris à l’aube, devant le bâtiment administratif de la Commission de recherche des personnes disparues de l’État de Jalisco. Contrairement à d’autres, Luz de esperanza mène l’action avec l’aval et le soutien des autorités. <em>« Sinon, on pourrait subir des menaces »</em>, explique Marcela Romo, avocate pénaliste et coordinatrice du groupe, en saluant chaleureusement ses camarades. <em>« Vendredi, ça fera deux ans »</em>, précise la quadra avant une journée à fouiller la terre par plus de 35 degrés ressentis. Deux ans qu’elle cherche Laura del Carmen Garcia Munguia, une amie du collège devenue comme une sœur.</p><p>Nous retrouvons Monica Mendoza, la fille de Consuelo et la mère de Damian, jeune homme disparu depuis plus de cinq mois. Il lui a fallu du temps pour participer à ces <em>búsquedas</em>. <em>« Au début, tu ne veux pas l’accepter… Mais les mois passent, tu écoutes les histoires des autres et tu réalises que c’est important, même si ça fait mal. »</em></p><div class="spip_document_23004 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="353" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a7109.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1789984763 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1780928851 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg@.webp?1780927448 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23004-4dc2df8b1563b8e121a627f5d010fac4" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7109.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23004-4dc2df8b1563b8e121a627f5d010fac4">Héctor Flores, cofondateur du collectif Luz de esperanza. L’un des rares hommes parmi les membres actif·ves des collectifs qui recherchent leurs proches. Ce 18 mai marquait les cinq ans de la disparition de son fils, Héctor Daniel Flores Fernandez, en 2021, enlevé à l’âge de 19 ans et reconnu officiellement comme victime de disparition forcée.
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</figcaption></figure></div><p>La mère de Damian est désormais employée de nuit pour pouvoir mener ces recherches la journée. Elle avait déjà eu le malheur de perdre une fille en bas âge, atteinte d’une maladie. <em>« C’est encore pire de ne pas savoir si ton enfant est en vie ou non »</em>, témoigne-t-elle, tourmentée entre espoir et désespoir.</p><p>Héctor Flores est également présent, mais la grande majorité des 18 militant·es sont des femmes. Dans tous les collectifs, la charge de la recherche est le plus souvent assumée par une mère, une épouse ou une sœur. Ce matin-là, le cortège policier et militaire roule vers le sud de la métropole. Direction Chulavista, à Tlajomulco de Zúñiga, où des fosses humaines ont déjà été exhumées.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Faut-il-boycotter-la-Coupe-du-monde-Malgre-la-Fifa-Trump-je-refuse-de-me-faire-priver-de-ma-passion-foot">Faut-il boycotter la Coupe du monde ? « Malgré les délires de la Fifa, je refuse de me faire priver de ma passion pour le foot »</a></aside><h2 class="spip" id="Creuser-sous-le-regard-des-autorites">Creuser sous le regard des autorités</h2><p>Le quartier a des airs de bout du monde, surplombé, au loin, par des champs d’agave (ces cactus à la base de la tequila). Les lotissements posés comme des Lego, blocs de béton sans fenêtres, ont été en partie abandonnés. Marcela, Monica et les autres s’emparent de pelles, de râteaux, de pioches et de barres qu’ils et elles enfoncent dans la terre avant d’en sentir la pointe : elle pourrait révéler une odeur de putréfaction.</p><div class="spip_document_23006 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="241" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_02a7117.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c608233723 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1780928857 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1781078308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg@.webp?1780927460 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by23006-26ed29b6b3d06761edc03c1bc3c889a9" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7117.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23006-26ed29b6b3d06761edc03c1bc3c889a9">Marcela Romo est avocate pénaliste et coordinatrice de cette recherche du collectif Luz de esperanza. Elle cherche Laura del Carmen García Munguía, une amie qu’elle considère comme sa sœur, disparue le 22 mai 2024, à l’âge de 40 ans.
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</figcaption></figure></div><p>Fournis par les autorités, ces outils sont pour le moins rudimentaires. Du côté des membres des commissions régionale et nationale, les regards sont plutôt fuyants face à nos questions. <em>« Cette fois-ci, il n’a pas été jugé pertinent d’utiliser des outils technologiques »</em>, justifie une femme en uniforme ayant requis l’anonymat.</p><p>Scène étrange sous le soleil brûlant : les fonctionnaires – qui pour certain·es sont venu·es depuis la capitale mexicaine, à 550 kilomètres de là – fournissent les outils et les bouteilles d’eau, mais regardent les militant·es suer sous leur chapeau. Raison invoquée : <em>« On ne peut pas entrer, ce sont des propriétés privées. »</em> Une bonne excuse pour s’épargner un travail ingrat ? Les militant·es de Luz de esperanza y voient plutôt le manque de volonté de l’État face à cette crise humanitaire.</p><div class="spip_document_23005 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="332" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a7230.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3229856094 jpg loading c11"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1780928858 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1781078309 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg@.webp?1780927468 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg" width="960" height="653" alt="" aria-describedby="by23005-c193e5a27e78ac86508dfd31677ae031" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7230.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23005-c193e5a27e78ac86508dfd31677ae031">Entre des militaires, deux <em>« madres buscadoras »</em>, des « mères en quête » ou « mères chercheuses », explorent avec des outils rudimentaires les jardins des habitations en partie laissées à l’abandon en marge du quartier populaire Chulavista, à Tlajomulco de Zúñiga, en périphérie de Guadalajara.
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</figcaption></figure></div><p>En t-shirt, claquettes sur le pas de sa porte, une jeune femme, M., fait partie des dernier·es riverain·es de ce quartier sinistré. Trois personnes vivent ici dans un appartement de deux pièces. Son père est maçon ; elle fait <em>« des ménages »</em>. <em>« Ici, il n’y a pas d’avenir pour les enfants »</em>, dit celle qui a vu les <em>« vendeurs de drogues »</em> faire fuir ses voisin·es. Au quotidien, la famille doit remplir une grande cuve avec un robinet extérieur pour pouvoir se laver. Quant aux camions des éboueurs, <em>« cela fait plusieurs mois qu’ils ne passent plus ici »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump">Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Aujourd-hui-quelqu-un-va-rentrer-a-la-maison">« Aujourd’hui, quelqu’un va rentrer à la maison »</h2><p>Après une pause-déjeuner, les recherches reprennent dans un champ. Sur la terre sèche, on retrouve du carton, du plastique, des chaussures, des sacs à dos, des pneus… La zone de bornage téléphonique de certain·es disparu·es s’étend sur plusieurs hectares. C’est si vaste que les militant·es creusent sans grande méthode.</p><div class="spip_document_23012 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="327" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_02a7149.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c188677316 jpg loading c12"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1780928860 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1781078308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg@.webp?1780929241 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg" width="960" height="721" alt="" aria-describedby="by23012-45e280a169858d39e3654eab1e48e27e" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_02a7149.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23012-45e280a169858d39e3654eab1e48e27e">À 16 h 07, environ un mètre sous le niveau du sol, bénévoles et fonctionnaires voient apparaître des tissus et des ossements. La chienne de la police municipale est appelée. Le collectif vient de trouver des restes humains. <em>« Aujourd’hui, quelqu’un va rentrer à la maison. Une famille va pouvoir se reposer. »</em>
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</figcaption></figure></div><p>Le temps passe lentement, jusqu’à cette confidence, discrète, d’un riverain : <em>« Creusez le long de ce mur. »</em> Les efforts se concentrent donc ici, au pied d’un autre lotissement adjacent au champ. Coups de pelles, coups de pioches… Bientôt, des débris blancs apparaissent. De la chaux : c’est un signe. <em>« Ils s’en servent pour masquer les odeurs »</em>, affirme Héctor, avant de redoubler d’efforts.</p><p>À 16 h 07, environ un mètre sous le niveau du sol, bénévoles et fonctionnaires voient apparaître des tissus et des ossements. La chienne de la police municipale est appelée. Elle aboie. Verdict : <em>« Positif. »</em> Le collectif vient de trouver des restes humains. Envahi·es par l’émotion, les militant·es forment un cercle. L’une des doyennes du groupe, Virginia Ponce, dépose de l’eau et allume une bougie. Les <em>buscadoras</em> écoutent sa prière, se tiennent les mains et les larmes coulent sur les joues. <em>« Aujourd’hui, quelqu’un va rentrer à la maison. Que cette lumière continue de le guider, de l’accompagner à chaque instant. […] Une maman va être soulagée. Une famille va pouvoir se reposer. »</em></p><div class="spip_document_23003 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="203" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/_98a7095.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2093173882 jpg loading c13"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1780928862 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1781078308 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1781078424 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1781078308 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg@.webp?1780927456 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg" width="960" height="646" alt="" aria-describedby="by23003-3ec89d39a850171257b84e88f90fc991" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/_98a7095.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23003-3ec89d39a850171257b84e88f90fc991">Des militaires de la Garde nationale du Mexique sont en faction. Au total, ce jour-là, neuf véhicules de différentes autorités escortent les militant·es de Luz de esperanza et les fonctionnaires.
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</figcaption></figure></div><p>Le collectif continuera de labourer le long du mur jusqu’au soleil couchant. C’est désormais une scène de crime : à partir du lendemain, les autorités prendront le relais et les membres de Luz de esperanza recommenceront dans un autre quartier. <em>« Nous les recherchons parce que nous les aimons »</em> : c’est la devise des familles.</p><p>Sur le trajet du retour, Marcela ne chante plus comme à l’aller. Elle pense à Laura, sa sœur de cœur. <em>« Ce serait terrible que je la retrouve comme ça »</em>, dit-elle. La lumière rouge du crépuscule se confond avec la couleur de ses cheveux. En continuant à l’ouest sur le périphérique, c’est la direction de Zapopan, une ville où de nombreux sacs avec ossements ont été retrouvés. C’est aussi dans cette partie de la métropole que se trouve le stade qui accueillera la Coupe du monde.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/a-l-ombre-des-stades-de-foot-Mondial-2026-a-la-recherche-des-130-000-disparus-du-mexique</link>
      <guid>https://basta.media/a-l-ombre-des-stades-de-foot-Mondial-2026-a-la-recherche-des-130-000-disparus-du-mexique</guid>
      <pubDate>Wed, 10 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Faut-il boycotter la Coupe du monde ? « Malgré les délires de la Fifa, je refuse de me faire priver de ma passion pour le foot »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La Coupe du monde masculine de foot débute ce 11 juin, organisée par la Fédération internationale de football association (Fifa) pour la première fois dans trois pays : Canada, États-Unis et Mexique. Cette 23<sup class="typo_exposants">e</sup> édition de la compétition phare du football mondial débute sous de bien mauvais augures : <a href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump" class="spip_in">des billets au prix exorbitant inaccessible pour la majorité des supporters</a>, une quête de profits à outrance avec la multiplication des matchs et des pauses publicitaires, et un pays organisateur <em>« en pleine dérive autocratique, avec un Donald Trump qui ne se prive pas d’instrumentaliser l’événement pour blanchir son image »</em>, pointe Jérôme Latta, cofondateur et rédacteur en chef des <em>Cahiers du football</em>, l’un des rares médias critiques sur l’industrie du sport le plus populaire au monde.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump">Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/c4b434d9b9e750c16ff1a109d9c034-083b0.jpg?1781022705" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Vue du point de corner, une pelouse d'un terrain de foot" /></aside><p>Faut-il pour autant boycotter l’événement ? Que dit cette Coupe du monde (après le Qatar en 2022 et la Russie en 2018) de l’évolution du football et de la Fifa ? Jérôme Latta, auteur de plusieurs livres sur le football, dont l’ouvrage collectif <em>Foot manifesto. 15 propositions pour sauver le ballon rond</em> (Divergences, mars 2026), nous livre son analyse et son point de vue.</p><h3 class="spip" id="Basta-Dans-quel-etat-d-esprit-abordez-vous-cette-23e-edition-de-la-Coupe-nbsp"><em>Basta!</em> : Dans quel état d’esprit abordez-vous cette 23<sup class="typo_exposants">e</sup> édition de la Coupe du monde, particulièrement critiquable ?</h3><p><strong>Jérôme Latta</strong> : En tant que supporter de football, il y a toujours un petit réflexe d’excitation. En principe, la Coupe du monde est la plus belle des compétitions de football, la plus ancienne, celle qui réveille des souvenirs qui remontent parfois à l’enfance. C’est un format resserré dans le temps – quatre semaines, maintenant cinq – qui peut se vivre comme une « parenthèse enchantée ».</p><div class="spip_document_23000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="460" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/sirvins_jerome_latta_2-808x538.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2846118456 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/538/20x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp?1780948011 1076w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 960w, local/adapt-img/538/20x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 1076w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/538/15x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp 807w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 720w, local/adapt-img/538/15x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 807w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/538/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg@.webp?1780916334 538w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/538/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg?1780916401" width="538" height="538" alt="" aria-describedby="by23000-ea75ff242785fb7c22425e308246ff83" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg 480w, local/adapt-img/538/10x/local/cache-gd2/29/78d4341ba3c9b7bcbc745e82d55009.jpg?1780916401 538w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23000-ea75ff242785fb7c22425e308246ff83">Journaliste chez <a href="https://www.alternatives-economiques.fr/" class="spip_out" rel="external"><em>Alternatives économiques</em></a>, Jérôme Latta est aussi cofondateur et rédacteur en chef des <a href="https://www.cahiersdufootball.net/" class="spip_out" rel="external"><em>Cahiers du football</em></a>, l’un des rares médias critiques sur l’industrie du sport le plus populaire au monde. Il a publié <a href="https://www.editionsdivergences.com/livre/ce-que-le-football-est-devenu-trois-decennies-de-revolution-liberale" class="spip_out" rel="external"><em>Ce que le football est devenu. Trois décennies de révolution libérale</em></a> (Divergences, 2023), et contribué à l’ouvrage collectif <a href="https://www.editionsdivergences.com/livre/foot-manifesto" class="spip_out" rel="external">Foot manifesto. 15 propositions pour sauver le ballon rond</a> (Divergences, mars 2026).
© Maxime Sirvins / Politis
</figcaption></figure></div><p>Mais difficile de ne pas l’aborder par ailleurs avec beaucoup d’inquiétudes, et une forme d’amertume. Cette nouvelle édition introduit deux ruptures qui me posent problème : on passe de 32 à 48 équipes, pour un total record de 104 matchs – ce qui devient proprement inassimilable. Et puis, l’instauration de pauses fraîcheur au milieu des périodes est une nouvelle opportunité publicitaire qui risque de fortement altérer la qualité du jeu. Tout cela n’est pas pour « universaliser » encore plus le foot, comme aime le faire croire le discours officiel, mais bien pour démultiplier les revenus de la Coupe du monde, et la rendre toujours plus rentable.</p><p>S’ajoute à cela le contexte politique des États-Unis, en pleine dérive autocratique, avec un Donald Trump qui ne se prive pas d’instrumentaliser l’événement pour blanchir son image – à l’image du « prix de la paix » que <a href="https://www.lemonde.fr/sport/article/2025/12/08/la-farce-trump-infantino-montre-comment-la-fifa-avilit-le-football-en-le-sacrifiant-a-ses-propres-interets_6656437_3242.html" class="spip_out" rel="external">la Fifa a osé lui remettre en décembre</a>, lors du tirage au sort, avec un show d’une obscénité sans nom. Il est compliqué de faire une hiérarchie avec les précédentes éditions en Russie en 2018, et au Qatar en 2022, mais cette édition fera certainement partie des pires de l’histoire.</p><h3 class="spip" id="Que-nous-raconte-cette-Coupe-du-monde-de-l-evolution-profonde-de-l-industrie-nbsp">Que nous raconte cette Coupe du monde de l’évolution profonde de l’industrie du football ?</h3><p>Le football est le sport le plus populaire au monde, et supporte donc l’industrie la plus puissante. Celle-ci est engagée dans une course au gigantisme, gouvernée par une quête de profits sans fin. Pour le dire simplement, le seul critère de décision de la part des différents « gouvernements » du football – que ce soit la Fifa, en premier lieu, mais aussi les fédérations nationales, les clubs, etc. – c’est la perspective de gagner toujours plus d’argent : comment attirer plus d’investisseurs, générer plus de droits TV ou développer plus de marketing pour augmenter les revenus.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On est dans un modèle ultracroissanciste, consistant à accroître toujours plus l’offre de matchs, qu’importe le coût environnemental »</p>
</aside><p>L’an passé, la création de la Coupe du monde des clubs, une nouvelle compétition sous l’égide de la Fifa, répondait exactement à cette logique-là. Tout le monde s’est félicité des sommes record ainsi redistribuées – avec, au passage, un gain proportionnellement supérieur pour les clubs européens par rapport aux clubs sud-américains ou africains. On est dans un modèle ultracroissanciste, consistant à accroître toujours plus l’offre de matchs, qu’importe le coût environnemental. Car dès lors qu’on démultiplie le nombre de matchs et qu’on étend le territoire de la compétition <em>[pour la première fois, la Coupe du monde 2026 se jouera dans trois pays différents, ndlr]</em>, on fait aussi exploser la facture climatique, qui réside principalement dans le déplacement des spectateurs. Mais ça, c’est littéralement le cadet de leur souci.</p><h3 class="spip" id="En-quoi-cette-industrie-du-foot-est-elle-le-fruit-de-lt-lt-trois-nbsp">En quoi cette industrie du foot est-elle le fruit de « trois décennies de révolution libérale », comme vous l’affirmez ?</h3><p>Il faut remonter à un élément décisif dans l’économie du football : les droits TV. À partir de la fin des années 1970, les chaînes dites « à péage » <em>[chaîne payante, ndlr]</em> ont commencé à se développer et ont vite mis le football au cœur de leur modèle économique, comprenant qu’il s’agissait d’un excellent produit d’appel pour recruter des abonnés. Dans les années 1990, ces chaînes se sont mises à payer de plus en plus cher ces droits de diffusion, ce qui a impliqué un changement d’échelle et de paradigme complet pour l’industrie du football.</p><p>D’un spectacle vivant, qui produisait l’essentiel de ses recettes sur la billetterie dans les stades, le foot est devenu un spectacle formaté par la télé, avec une manne financière importante, dont il a fallu discuter de la redistribution. Au début, c’était simple : 20 participants, donc on divisait en 20 parts. Mais très rapidement, les clubs les plus prestigieux ont réclamé une plus grande part en expliquant que c’étaient eux qui faisaient la valeur économique du spectacle – ce qui est largement discutable, évidemment, puisqu’une compétition sportive, c’est par définition une économie collectiviste qui a besoin de tout le monde pour exister.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>C’est ainsi que s’est mis en place un système de répartition des ressources de plus en plus inégalitaire, qui a globalement consisté à faire ruisseler l’argent vers le haut et à enrichir les plus riches. Et cela reste le principe central à l’œuvre aujourd’hui, dès qu’il y a une nouvelle manne comme avec la Coupe du monde des clubs l’an passé. Jean-Michel Aulas <em>[ancien président de l’Olympique lyonnais de 1987 à 2023, ndlr]</em> a été <a href="https://www.cahiersdufootball.net/article/aulas-descendu-de-son-olympique-7624" class="spip_out" rel="external">l’un des plus grands lobbyistes de ces théories du ruissellement</a>, avec une collection de phrases du type : <em>« L’élitisme profite à tout le monde »</em>, <em>« Si les riches ne s’enrichissent pas, les pauvres s’appauvrissent »</em>, etc. C’est comme ça que s’est construite une petite oligarchie de clubs très puissants, grâce à une sorte de « dopage financier » et tout un ensemble de mécanismes artificiels, qui ont creusé les inégalités entre les clubs et constitué une infraction élémentaire à l’équité sportive.</p><h3 class="spip" id="Financiarisation-avec-le-trading-des-joueurs-deregulation-du-marche-du-nbsp">Financiarisation avec le trading des joueurs, dérégulation du marché du travail, distorsion de concurrence, etc. : rien de tel que le fonctionnement de l’industrie du foot pour expliquer les rouages de la doctrine libérale ?</h3><p>On peut même se demander dans quelle mesure le foot n’en a pas été un ferment, tout du moins une sorte de laboratoire d’expérimentation. Pour avoir étudié précisément ces discours qui légitimaient la « révolution libérale » dans le foot, j’ai été frappé de voir à quel point ils étaient analogues aux discours qu’on entendait dans le reste de la société, autour de cette idée de ruissellement, notamment.</p><p>Le football a certainement servi de chambre d’écho à cette propagande libérale hors du champ politique classique, de manière discrète mais néanmoins puissante, puisqu’il permet de s’adresser à des audiences considérables, avec un public souvent peu politisé et sans contre-pouvoirs critiques, sur un terrain largement déserté par la gauche par ailleurs.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« On a donc fini par sacrifier l’équité sportive au profit d’une sorte de super-spectacle, avec des super-clubs qui réunissent des super-joueurs »</p>
</aside><p>Les organisations sportives et les pouvoirs publics ont totalement démissionné, comme avec <a href="https://portail.basta.media/articles/l-arret-bosman-30-ans-plus-tard-un-jalon-majeur-de-la-transformation" class="spip_out" rel="external">l’arrêt Bosman en 1995</a>, qui a dérégulé le marché des footballeurs et permis la concentration des meilleurs joueurs dans une poignée d’équipes. À l’évidence, il fallait instaurer d’autres moyens de régulation, mais on a préféré s’abriter derrière une forme de fatalisme, en expliquant que ces évolutions étaient inévitables. Cette passivité est sûrement une complicité, au fond : les pouvoirs sportifs ont pris le parti d’accompagner cette révolution élitiste dont ils tirent également un bénéfice, tandis que les pouvoirs publics ont sûrement préféré penser le football comme un divertissement bien pratique pour occuper les masses, selon le cliché du « nouvel opium du peuple ».</p><h3 class="spip" id="Vous-citez-un-dirigeant-du-FC-Barcelone-qui-a-declare-lt-lt-Nos-nbsp">Vous citez un dirigeant du FC Barcelone, qui a déclaré : « Nos référents appartiennent aujourd’hui à d’autres univers que le sport, comme Disney. Ils ont Mickey Mouse, nous avons Messi. Ils ont Disneyland ? Nous avons le Camp Nou. » Le football est-il devenu le nouveau totem de la société du spectacle ?</h3><p>L’enjeu est à la fois de spectaculariser le sport et de marchandiser ce spectacle, c’est une double dynamique. Ce qui m’interpelle beaucoup ces dernières années, c’est la façon dont cette logique mercantile du spectacle supplante de plus en plus la logique purement sportive de la compétition – un phénomène beaucoup plus valable dans le « football des clubs » que dans le « football des nations » – car celui-ci parvient encore à préserver une part d’incertitudes.</p><div class="spip_document_23001 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_livre" data-legende-len="133" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/foot_manifesto.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3045123869 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp 960w, local/adapt-img/553/20x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp?1780948011 1106w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/png/foot_manifesto.png 960w, local/adapt-img/553/20x/IMG/png/foot_manifesto.png 1106w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp 720w, local/adapt-img/553/15x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp 830w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/png/foot_manifesto.png 720w, local/adapt-img/553/15x/IMG/png/foot_manifesto.png 830w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp 480w, local/adapt-img/553/10x/IMG/png/foot_manifesto.png@.webp?1780916751 553w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/553/10x/IMG/png/foot_manifesto.png" width="553" height="922" alt="" aria-describedby="by23001-30b4456413310beb8e6a2a3b025a06cb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/png/foot_manifesto.png 480w, local/adapt-img/553/10x/IMG/png/foot_manifesto.png 553w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23001-30b4456413310beb8e6a2a3b025a06cb">Jérôme Latta a contribué à l’ouvrage collectif <a href="https://www.editionsdivergences.com/livre/foot-manifesto" class="spip_out" rel="external">Foot manifesto. 15 propositions pour sauver le ballon rond</a> (Divergences, mars 2026).
</figcaption></figure></div><p>En ligue des champions, la compétition reine pour les clubs européens, c’est très frappant : les résultats sportifs sont <a href="https://www.lemonde.fr/sport/article/2026/04/20/cinq-ans-apres-le-fiasco-de-la-super-ligue-le-football-elitiste-n-en-a-pas-moins-triomphe_6681721_3242.html" class="spip_out" rel="external">de plus en plus corrélés à la puissance économique</a>. L’un des objectifs majeurs de cette révolution libérale a consisté à réduire l’aléa sportif – par définition intolérable pour les investisseurs, qui veulent des garanties – pour s’assurer que les plus grands clubs se retrouvent en phase finale, au printemps – moment à partir duquel on retrouve une certaine incertitude, avec un vrai turnover au palmarès, puisque les tout meilleurs clubs restent proches en termes de niveau. On a donc fini par sacrifier l’équité sportive au profit d’une sorte de super-spectacle, avec des super-clubs qui réunissent des super-joueurs, et avec l’assentiment général du public et des médias sportifs, qui s’en font volontiers les relais.</p><h3 class="spip" id="En-2022-la-question-du-boycott-pour-l-edition-au-Qatar-avait-anime-le-debat-nbsp">En 2022, la question du boycott pour l’édition au Qatar avait animé le débat public, <a href="https://basta.media/Mondial-2022-Qatar-FIFA-au-moins-6500-travailleurs-migrants-tues-sur-les-chantiers">des milliers d’ouvriers étant morts sur les chantiers</a> des infrastructures. Comment expliquez-vous l’absence, cette fois, de mobilisation plus conséquente ?</h3><p>Le mouvement de boycott en 2022 n’était pas si important. Il émanait principalement de personnalités très politisées, qui n’aiment pas particulièrement le foot et pour qui cela n’engageait donc pas de grands sacrifices. La plupart des grandes ONG internationales de droits humains – que l’on pense à Amnesty International ou Human Rights Watch, par exemple – ont plutôt cherché à se servir de l’événement pour porter leur message et organiser des mobilisations, ce qui me paraît la meilleure stratégie.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Les tenants du boycott sous-estiment la force de frappe que représentent la publicité, les sponsors et tout le marketing d’un tel événement »</p>
</aside><p>Quand on parle de boycott, on ne sait jamais de quoi il est vraiment question – d’appeler l’équipe de France à ne pas y participer, de ne pas rediffuser l’événement, d’en changer le pays-hôte ? – mais aucune de ces modalités ne me semble de toute façon réaliste, mis à part la démarche purement individuelle, bien sûr. Je crois que les tenants du boycott sous-estiment la force de frappe que représentent la publicité, les sponsors et tout le marketing derrière un tel événement.</p><p>La Coupe du monde est médiatisée comme un événement planétaire que tout le monde attend avec impatience. C’est un discours extrêmement puissant contre lequel il est difficile de faire entendre une voix critique, qui viendrait un peu gâcher la fête. Il faut aussi, je crois, se décentrer un peu : en 2022, c’est vrai que des passionnés de foot en étaient arrivés à un tel niveau d’écœurement, qu’ils n’avaient pas suivi l’événement, mais si l’on sort de nos bulles un peu militantes, on se rend aussi compte qu’un tel mouvement n’a pas du tout pris sur les autres continents. L’édition 2022 nous a offert une bonne leçon sur notre eurocentrisme, à ce sujet. C’est triste à dire mais la dépolitisation du football est parfaitement organisée.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump">Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump</a></aside><h3 class="spip" id="Pourquoi-la-gauche-a-t-elle-selon-vous-lt-lt-deserte-cet-enjeu-nbsp">Pourquoi la gauche a-t-elle, selon vous, « déserté » cet enjeu contemporain que représente le football ?</h3><p>Il y a longtemps eu une forme de mépris intellectuel, qui révélait aussi un certain mépris de classe. Le football était considéré comme un champ culturel vulgaire et trivial, colonisé par des supporters souvent caricaturés comme des crétins avinés ou des hooligans. Ce n’était donc pas considéré comme un terrain digne d’analyse critique ou de mobilisation populaire.</p><p>Il a fallu attendre le tournant de 1998 pour assister à une légitimation assez soudaine du football comme objet d’étude pour les sciences sociales – une reconnaissance bien tardive comparée à d’autres pays – lorsqu’on s’est rendu compte que cela créait des émotions, du vivre-ensemble, et que cela en faisait donc un fait social à part entière. Est-ce que c’est devenu pour autant un enjeu de lutte prioritaire ? On est en droit d’en douter.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Je défends le football, ses clubs, ses stades, comme des patrimoines culturels historiques qu’il faut protéger des dérives économiques »</p>
</aside><p>Pourtant, quand on est de gauche, on est attaché à défendre les cultures populaires, quelles qu’elles soient. C’est pour cela que je défends le football, ses clubs, ses stades, comme des patrimoines culturels historiques qu’il faut protéger des dérives économiques. Aujourd’hui, un club de football ne peut pas se réduire uniquement à la valeur de ses actions en Bourse, c’est d’abord le fruit de toute une histoire collective, le produit de tout ce qu’en ont fait ses anciens joueurs, dirigeants, supporters, élus locaux, etc. Ce sont <a href="https://www.mediapart.fr/journal/politique/240525/se-reapproprier-l-idee-du-football-comme-un-bien-commun" class="spip_out" rel="external">des biens communs qui appartiennent aussi au territoire et à la collectivité</a>.</p><h3 class="spip" id="Le-probleme-du-boycott-n-est-il-pas-qu-au-fond-la-passion-du-jeu-finit-nbsp">Le problème du boycott n’est-il pas qu’au fond, la passion du jeu finit toujours par l’emporter sur la conscience de ses dévoiements ? Vous le reconnaissez vous-mêmes, vous auriez bien du mal à vous en priver…</h3><p>Le football reste un spectacle merveilleux, c’est vrai. On a beau savoir tout ce qui se joue derrière, il garde un pouvoir de séduction qui ne se dément pas. Plus que tout autre sport peut-être, le football a une capacité exceptionnelle à créer du récit, une dramaturgie, à produire une forme de mythologie contemporaine. Une Coupe du monde, ce n’est pas toujours le plus fort qui la gagne à la fin, ce qui la rend très excitante.</p><p>Et c’est un sport très facile à s’approprier : on en comprend très vite les règles et on peut y jouer avec trois fois rien. C’est ce qui lui confère cette dimension universelle, cela peut nourrir n’importe quelle conversation à l’autre bout du monde. Tous les amoureux de foot l’ont expérimenté en voyageant : moi, j’ai parlé foot avec des gens avec qui je ne partageais pas de langue commune, mais ça ne nous empêchait pas de citer des noms de joueurs, des clubs, des matchs. C’est toujours un peu bateau de dire ça, mais je crois quand même que le football reste l’un des derniers endroits qui rassemblent encore aussi largement.</p><aside class="c-exergue o-push o-push--aside"><p>« Est-ce qu’on boycotte le cinéma parce que Bolloré en est devenu le principal financeur ? »</p>
</aside><p>Même si on n’est pas dupe de l’instrumentalisation politique qui s’y joue parfois, même si on est un peu vacciné du <a href="https://theconversation.com/black-blanc-beur-le-corps-des-heros-et-la-fin-dun-mythe-157617" class="spip_out" rel="external">mythe « Black Blanc Beur »</a> de 98, je pense malgré tout qu’il se joue des choses importantes lorsqu’on fête un titre de champion du monde de l’équipe de France avec des gens de tous horizons. Ce sont des émotions, de l’humain, des liens sociaux et amicaux, du vivre-ensemble, bref, de la vie quoi. Et c’est précisément pour cela qu’on en a besoin et qu’il faut les prendre au sérieux, quand bien même ils n’enrayeront certainement pas la montée de l’extrême droite à eux tout seul, bien entendu.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/le-football-reste-un-instrument-d-emancipation-et-un-creuset-de-resistance-face">« Le football reste un instrument d’émancipation et un creuset de résistance face à l’ordre établi »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/bf50403a917b2ea14d3b1b9e8c6b0a-71297.jpg?1780916745" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Quand on est de gauche, aujourd’hui, on vit dans un monde dont l’idéologie dominante n’est pas la nôtre, on subit un feu constant de souffrances politiques en tout genre. Et on devrait en plus se priver de cette petite « parenthèse enchantée » à cause des dérives de la Fifa et des délires de son président Gianni Infantino ? Je suis un grand supporter des Bleus, j’ai dû rater cinq matchs depuis 1984. Et je refuse de me faire priver de cette passion ou de m’autopunir de quelque chose dont je ne suis pas responsable, ce serait la double peine. Ce n’est pas la Coupe du monde qu’il faut combattre, mais la Coupe du monde de la Fifa. Est-ce qu’on boycotte le cinéma parce que Bolloré en est devenu le principal financeur ?</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Loi Ripost : vers plus de répression et de surveillance ?]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10545 c-content_text texte surlignable"><p>La lutte contre les rodéos urbains, le protoxyde d’azote et les free parties est au cœur du projet de loi Ripost. Avec ce texte fourre-tout, le gouvernement souhaite aussi élargir les pouvoirs des forces de l’ordre. Adopté par le Sénat mardi 26 mai, le texte doit désormais être examiné à l’Assemblée nationale avant la mi-juillet. On vous explique.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/videos-635">Vidéos</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=loi-ripost-vers-plus-de-repression-et-de-surveillance?var_fav=article-10545" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 17:32:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Un nouveau pacte européen sur la migration dénoncé comme « xénophobe »]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Pour l’eurodéputée française écologiste Melissa Camara, <a href="https://www.greens-efa.eu/en/article/press/returns-regulation-sets-europe-on-shameful-path" class="spip_out" rel="external">c’est un texte</a> qui <em>« consacre par écrit des idées et un discours xénophobes au détriment des droits fondamentaux des migrants, dont la seule faute a été de naître avec le mauvais passeport »</em>. Début juin, le Parlement européen et les États européens se sont accordés <a href="https://www.europarl.europa.eu/news/fr/press-room/20260518IPR43408/accord-sur-de-nouvelles-regles-europeennes-en-matiere-de-retour-des-migrants" class="spip_out" rel="external">sur de nouvelles règles</a> pour durcir la politique migratoire de l’Union européenne.</p><p>Le texte crée notamment la possibilité d’implanter des « hubs de retour », soit des centres de rétention installés dans des pays en dehors de l’Union européenne et avec l’accord de ces pays, pour y renvoyer les personnes qui seraient en situation irrégulière. L’Italie de Giorgia Meloni a déjà tenté de se doter <a href="https://www.courrierinternational.com/article/italie-un-an-apres-son-lancement-le-plan-albanie-de-meloni-est-un-echec_237079" class="spip_out" rel="external">de tels centres en Albanie</a>.</p><h2 class="spip" id="Accord-entre-la-droite-et-l-extreme-droite">Accord entre la droite et l’extrême droite</h2><p><em>« L’accord légalise les centres de renvoi situés en dehors de l’Union européenne et donne le feu vert à la détention de mineurs ainsi qu’aux interdictions d’entrée à vie sans motifs juridiques sérieux. Il affaiblit également les droits procéduraux, allonge la durée de la détention et cautionne les pratiques de l’ICE en autorisant les autorités à mener des perquisitions à domicile »</em>, ajoute l’eurodéputée française.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/Remigration-Summit-extreme-droite-europeenne-rassemblee-pour-promouvoir-deportation-de-masse-des-immigres">Remigration Summit : l’extrême droite européenne rassemblée pour promouvoir l’expulsion de masse des immigrés</a></aside><p>Pour elle, l’accord conclu entre les États et un Parlement européen <em>« dominé par une majorité composée du Parti populaire européen [droite] et de l’extrême droite »</em> est <em>« honteux »</em>. Le texte prévoit aussi d’allonger les durées de rétention des personnes migrantes jusqu’à 24 mois.</p><h2 class="spip" id="Enfermement-tri-refoulement">Enfermement, tri, refoulement</h2><p>En parallèle, le pacte de l’Union européenne sur la migration et l’asile, adopté en mai 2024, entre en vigueur ce vendredi 12 juin. Cette éventail de mesures va aussi durcir les conditions d’immigration et d’asile en Europe. Pour le Groupe d’information et de soutien des immigrés, le Gisti, le <em>« “nouveau Pacte sur la migration et l’asile” entérine une grave régression des droits fondamentaux des personnes migrantes et exilées »</em>.</p><p>L’organisation pointe la <em>« grande opacité »</em> dans laquelle les textes composant ce pacte ont été adoptés, et <a href="https://www.gisti.org/spip.php?article7046" class="spip_out" rel="external">dénonce un paquet législatif</a> qui <em>« privilégie, à travers un dispositif d’une extrême technicité, d’une part la dissuasion en amont des arrivées irrégulières de personnes étrangères en Europe, d’autre part des procédures renforcées de contrôle et de tri aux frontières en vue d’en expulser le plus grand nombre, et enfin la répartition autoritaire de celles qui seraient reconnues comme éligibles à l’asile au sein des États membres volontaires »</em>.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p><em>« L’application de procédures expéditives, soumises à des délais intenables en pratique, aura pour conséquences inévitables le déni du droit d’asile et la massification de la détention aux frontières extérieures de l’Europe »</em>, alerte l’organisation. L’association de solidarité <a href="https://www.lacimade.org/faq/le-pacte-europeen-sur-la-migration/" class="spip_out" rel="external">la Cimade fustige également</a> un pacte qui <em>« généralise l’enfermement, le tri et le refoulement des personnes arrivant aux frontières extérieures européennes »</em>.</p><p>Contre ce pacte européenne sur l’asile et l’immigration et contre le texte sur les « centres de renvois », la Marche des solidarités et d’autres organisations <a href="https://www.antiracisme-solidarite.org/appel-et-signataires" class="spip_out" rel="external">prévoient une manifestation</a> vendreid 12 juin à 17 h place de la République à Paris.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/un-nouveau-pacte-europeen-sur-la-migration-denonce-comme-xenophobe</link>
      <guid>https://basta.media/un-nouveau-pacte-europeen-sur-la-migration-denonce-comme-xenophobe</guid>
      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 12:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[Billets hors de prix, supporters discriminés : le Mondial 2026 sous la coupe de Trump]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Par où commencer ? Les tarifs de la billetterie qui excluent les classes laborieuses ; les milliers de kilomètres à parcourir d’un stade à l’autre ; les restrictions, voire les interdictions, de visas pour les voyageurs des pays du Sud ; <a href="https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/le-15-18/segments/rattrapage/1849880/rhetorique-raciste-donald-trump-entrevue-avec-pierre-anctil-historien" class="spip_out" rel="external">la politique raciste</a> et <a href="https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/18/etats-unis-la-chambre-des-representants-adopte-une-proposition-de-loi-bannissant-les-transitions-medicales-pour-les-mineurs-trans_6658481_3210.html" class="spip_out" rel="external">LBGTphobe des États-Unis</a> ; la police de l’immigration (ICE) qui promet d’être <a href="https://x.com/icegov/status/2056750435868799154?s=46&amp;t=G_UUpCMZ7y_SxlpTDvhvEw" class="spip_out" rel="external"><em>« là, tous les jours »</em></a>...</p><p>Bienvenue à la Coupe du monde masculine de football 2026 (du 11 juin au 19 juillet). Un événement co-organisé en Amérique du Nord, du moins officiellement, car les États-Unis s’accaparent les trois-quarts des rencontres, laissant les miettes au Mexique et au Canada.</p><p>Le président de la Fédération internationale de football association (Fifa), Gianni Infantino, avait promis <a href="https://inside.fifa.com/organisation/media-releases/world-cup-2026-ticket-demand-breaks-all-records" class="spip_out" rel="external"><em>« le plus grand spectacle et le plus inclusif de la planète »</em></a>. Mais quel crédit donner à celui qui avait décerné un « prix de la paix » à Donald Trump, lors de la cérémonie du tirage au sort du tournoi ? En réalité, il fallait entendre tout le contraire.</p><h2 class="spip" id="Au-moins-2790-dollars-le-billet-pour-la-finale">Au moins 2790 dollars le billet pour la finale</h2><p>En 1994, la première édition du Mondial organisé aux États-Unis avait constitué un record d’affluences cumulées et donc une juteuse opération pour la Fifa. Hors match d’ouverture, les tickets d’entrée pour une rencontre du premier tour coûtaient 25 ou 30 dollars et jusqu’à 65 ou 75 dollars pour les sésames les plus chers. C’était encore relativement accessible (de 50 à 150 euros constants).</p><p>Trois décennies plus tard, les tarifs ont explosé. <em>« C’est la Coupe du monde la plus lucrative et mercantile de l’histoire »</em>, résume Jean-Baptiste Guégan, enseignant en géopolitique du sport. En 2026, la grande majorité des billets ont été <a href="https://www.nytimes.com/athletic/6680752/2025/10/01/world-cup-ticket-prices-usmnt/" class="spip_out" rel="external">mis en vente à plusieurs centaines de dollars l’unité</a>. Une folie ? Pas du point de vue cynique de la Fifa, en comparaison aux tarifs de la NBA, la ligue de basket nord-américaine (à plus de 3000 dollars la place).</p><p>Pour obtenir un sésame de la finale du Mondial, le 19 juillet, près de New York, il faut débourser au moins 2 790 dollars, quand les meilleures places s’élèvent à 6 370 dollars l’unité (environ 5 475 euros).</p><p><em>« Aux États-Unis, il y a une culture du prix dynamique – il n’est pas fixe mais lié à la demande – et dans ce cadre-là, il n’y a pas de plafond »</em>, observe froidement Jean-Baptiste Guégan. Pire : à Boston, rien que la navette entre la ville et le stade coûtera 95 dollars (environ 82 euros).</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Les indés International</strong><p>Gratuit, un samedi sur deux</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui fait le tour du monde de la presse indépendante. Des récits et points de vus inédits, présentés et résumés en français.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Oubliees-les-promesses-de-places-bon-marche">Oubliées, les promesses de places bon marché</h2><p>Oubliée, la promesse du dossier de candidature <a href="https://digitalhub.fifa.com/m/3c077448dcd5c0ab/original/w3yjeu7dadt5erw26wmu-pdf.pdf" class="spip_out" rel="external">de prix plancher à 21 dollars</a>. Envolées, les places bon marché pour les supporters en situation de handicap. Terminé, le quota de places moins chères destinées aux populations locales. <em>« On s’attendait à une augmentation de 15 à 20 % par rapport à la Coupe du monde au Qatar, comme c’est le cas à chaque édition depuis trois décennies, mais pas à ça. Tout le monde a été pris par surprise »</em>, témoigne Ronan Evain, directeur de Football Supporters Europe (FSE).</p><div class="spip_document_23016 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="257" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/world-cup-ticket-prices-2022-vs-2026-v0-x97hz61q7ptf1-768x924.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3957965664 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/768/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp?1780938442 1536w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 1440w, local/adapt-img/768/20x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 1536w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/768/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 1152w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 1080w, local/adapt-img/768/15x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 1152w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/768/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg@.webp?1780934439 768w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/768/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg" width="768" height="768" alt="" aria-describedby="by23016-9f8405d60eb1611f201254828ff3b356" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 720w, local/adapt-img/768/10x/local/cache-gd2/c4/e3a2ee900967eefd304d2f126da338.jpg 768w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by23016-9f8405d60eb1611f201254828ff3b356">Comparaison entre les prix des billets (en dollars) de la Coupe du monde masculine de football aux Etats-Unis en 2026 et au Qatar en 2022. Une place pour assister à un match aux Etats-Unis coûte dix fois plus cher qu’en 2022 au Qatar...
Dialectik Football
</figcaption></figure></div><p>En décembre dernier, cette fédération de groupes de fans a mené une campagne pour le gel du prix des places destinées aux fidèles des équipes qualifiées. <em>« Il y avait des tickets en vente à 60 dollars, mais dans une quantité infime, quasiment inexistante »</em>, explique Ronan Evain. Le bruit sur les réseaux sociaux et la couverture médiatique de cette campagne ont poussé la Fifa à mettre en vente un peu plus de places à 60 dollars. Une mesure symbolique. Finalement, les billets à 60 dollars représentent moins de 4 % de la capacité des stades.</p><p>Six mois plus tard, <em>« de nombreux pays européens, notamment les Anglais, n’ont pas vendu l’intégralité des places qui leur étaient allouées</em>, remarque Ronan Evain. <em>Et on est très privilégié par rapport au reste du monde. »</em> Après plusieurs phases de vente sans aucune transparence, des milliers de places grand public restaient vacantes à J-15 du premier match des États-Unis face au Paraguay, <a href="https://www.nytimes.com/athletic/7317155/2026/05/29/usmnt-paraguay-world-cup-opener-tickets-fifa/" class="spip_out" rel="external">comme l’a révélé <em>The Athletic</em></a>. Le triste résultat d’<a href="https://dialectik-football.info/coupe-du-monde-2026-les-supporters-face-aux-tarifs-historiquement-eleves-des-billets/" class="spip_out" rel="external">une politique tarifaire antisociale</a>.</p><p>Combien <a href="https://www.bbc.com/sport/football/articles/cn4d41p7v2zo" class="spip_out" rel="external">des 6 à 7 millions de billets au total</a> ont réellement trouvé preneur ? La Fifa n’a pas donné suite aux demandes d’interview de <em>Basta!</em> et n’a pas non plus répondu à cette question par écrit.</p><p>À Guadalajara, l’une des trois villes hôtes mexicaines, <em>« cet événement n’a pas été rendu accessible aux gens comme nous. On l’a réservé aux élites »</em>, constate Frank, membre actif d’un groupe de supporters de l’Atlas, l’un des deux grands clubs de la ville.</p><h2 class="spip" id="Visas-les-supporters-africains-discrimines">Visas : les supporters africains discriminés</h2><p>Outre la sélection économique, cette Coupe du monde sera aussi celle du filtrage des supporters à la frontière. Jusqu’à 15 000 dollars par personne : c’est <a href="https://travel.state.gov/content/travel/en/News/visas-news/countries-subject-to-visa-bonds.html" class="spip_out" rel="external">le montant de la caution exigée par les États-Unis</a> aux détenteurs de billets originaires de plusieurs pays d’Afrique, d’Asie ou d’Amérique centrale. Une barrière insurmontable pour beaucoup… Encore plus discriminés, les Haïtiens, les Iraniens, les Ivoiriens et les Sénégalais subissent un « visa ban » qui leur interdit de se rendre aux États-Unis, sauf à disposer d’une double nationalité.</p><p>Toutes ces barrières s’ajoutent au coût du voyage, sachant que les rencontres se déroulent à l’échelle d’un continent, de Boston à Los Angeles, en passant par Seattle et Miami, dans un pays au coût de la vie élevé. Conséquences : le secteur hôtelier des États-Unis faisait grise mine début mai. <em>« Près de 80 % des hôteliers des 11 villes hôtes indiquent que les réservations sont inférieures aux prévisions initiales, certains qualifiant même le tournoi de</em> “non-événement”<em> »</em>, <a href="https://www.forbes.com/sites/suzannerowankelleher/2026/05/05/hotels-world-cup-non-event-so-far/" class="spip_out" rel="external">informait <em>Forbes</em></a>, en citant une enquête de l’American Hotel &amp; Lodging Association.</p><p>Après la Russie – un pays où sont discriminées les personnes LGBT –, puis le Qatar – où l’homosexualité est un délit pénal qui peut conduire en prison –, le grand rendez-vous du ballon rond va avoir lieu dans un pays où <a href="https://democracymaps.medium.com/the-supreme-courts-decision-to-gut-the-vra-means-state-level-protections-are-more-important-than-2142bb9cbc5a" class="spip_out" rel="external">plus de la moitié des États n’interdisent pas la discrimination</a> fondée sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre.</p><h2 class="spip" id="L-axe-Fifa-Trump">L’axe Fifa-Trump</h2><p>Au début de l’année, quelques semaines après avoir reçu le prix de la paix de la Fifa, récompensant <em>« les énormes efforts d’individus qui unissent les gens et apportent l’espoir aux générations futures »</em> (sic), Donald Trump a lancé une guerre en Iran au mépris du droit international.</p><p>Depuis sa réélection, le locataire de la Maison Blanche mène aussi une violente politique anti-immigration. En juillet dernier, le pouvoir législatif états-unien a attribué des moyens records pour <a href="https://www.blast-info.fr/articles/2026/a-san-diego-la-violence-detat-brise-des-vies-et-le-pire-reste-a-venir-lxEut_EwR-GSEfIrCgigog" class="spip_out" rel="external">orchestrer la traque des personnes immigrées</a>, en particulier les latinos et les afro-descendants.</p><p><em>« Peu importe qui remporta la Coupe du monde, c’est Donald Trump qui brandira le trophée »</em>, affirme Minky Worden, directrice des initiatives mondiales de Human Rights Watch (HRW). Elle ne parle pas seulement au sens figuré : <em>« L’année dernière, il a littéralement <a href="https://www.vanityfair.fr/article/donald-trump-affirme-que-le-vrai-trophee-de-la-coupe-du-monde-des-clubs-restera-expose-dans-le-bureau-ovale" class="spip_out" rel="external">soulevé le trophée de la Coupe du monde des clubs</a> »</em> – une compétition en guise de galop d’essai avant celle de cet été.</p><p><em>« La Coupe du monde des clubs a déjà fourni un excellent exemple des mesures de sûreté et de sécurité mises en place aux États-Unis, avec près de 2,5 millions de supporters qui ont assisté aux matchs dans une ambiance conviviale, inclusive et carnavalesque »</em>, ose le service communication de la Fifa. Pourtant, le 13 juillet 2025, un demandeur d’asile a été arrêté par la police devant ses enfants, puis remis aux agents de l’ICE, avant d’être déporté dans son pays d’origine. <em>« Il se trouvait sur un parking, près du MetLife Stadium »</em> et s’apprêtait à assister en famille à la finale de la Coupe du monde des clubs, <a href="https://www.hrw.org/fr/news/2025/12/03/etats-unis-une-arrestation-lors-dun-tournoi-de-la-fifa-est-de-mauvais-augure-pour" class="spip_out" rel="external">comme l’a documenté Human Rights Watch</a>.</p><h2 class="spip" id="Vers-des-rafles-de-supporters-par-l-ICE">Vers des rafles de supporters par l’ICE ?</h2><p>Ainsi, la police de l’immigration (ICE) et la police aux frontières (CBP) traquent les gens jusque dans les maisons, les centres médicaux, les couloirs des tribunaux... et devant les stades de football. De janvier 2025 à mars 2026, <em>« l’ICE a arrêté au moins 167 000 personnes dans et aux alentours des 11 villes américaines où se dérouleront les matchs, selon les données de l’ICE »</em>, <a href="https://www.hrw.org/news/2026/04/10/world-cup-2-months-out-fifa-and-host-cities-sideline-rights" class="spip_out" rel="external">répertoriées par HRW</a>. Combien de personnes subiront le même sort en marge du Mondial 2026 ?</p><p><em>« Ça ne sera pas une Coupe du monde réussie si des types armés de fusils d’assaut demandent leur passeport à tout le monde »</em>, alerte Minky Worden. La porte-parole de l’ONG de défense des droits humains appelle à une « trêve de l’ICE » pendant la compétition.</p><p>La Fifa est-elle favorable à cette trêve ? <em>« Les questions de sécurité nationale, y compris le déploiement des forces de l’ordre, relèvent de la responsabilité des gouvernements concernés »</em>, esquive le service communication de la Fifa.</p><p>La police de l’immigration, elle, a confirmé sa présence dans une vidéo officielle publiée sur les réseaux sociaux. Le ton se veut pédagogique et sécurisant : <em>« L’ICE et le HSI</em> [une autre agence fédérale, ndlr] <em>seront sur le terrain tous les jours pour lutter contre les faux billets, la traite des êtres humains, le trafic de drogue et les contrefaçons. Ils travailleront main dans la main avec le CBP</em> [la police aux frontières, ndlr] <em>tout au long de l’événement. »</em></p><h2 class="spip" id="De-possibles-greves-et-mouvements-sociaux">De possibles grèves et mouvements sociaux</h2><p>Des millions de manifestants se sont rassemblés en juin 2025 contre Donald Trump lors du mouvement No Kings (« Pas de rois »). Des centaines de milliers sont encore descendus pour demander « justice » pour Renee Nicole Good et Alex Pretti, tous les deux abattus par des agents de l’ICE et de la CBP à Minneapolis, en janvier 2026.</p><p>Et si, jusqu’ici, la Coupe du monde n’a pas généré de mouvement de contestation massif, un syndicat californien organise la lutte sociale. Il représente 2000 employés du stade de la baie de San Francisco, où doivent se dérouler six rencontres du tournoi. Le syndicat Unite Here Local 11 <a href="https://www.reuters.com/sports/soccer/sofi-stadium-workers-set-vote-strike-ahead-world-cup--flm-2026-05-29/" class="spip_out" rel="external">prévoit ainsi un vote de grève</a> : <em>« Le syndicat a demandé à la Fifa de s’engager publiquement à ce qu’aucun agent de l’ICE ne soit autorisé à pénétrer sur les sites de la Coupe du monde pendant la durée de la compétition »</em>, a-t-il précisé.</p><p>En France, le député (La France insoumise) de Seine-Saint-Denis Éric Coquerel avait appelé au boycott des États-Unis et à recentrer l’événement au Canada et au Mexique. C’était au moment où Donald Trump menaçait de s’emparer du Groenland. Un appel peu suivi. <em>« Je suis persuadé que, si Trump avait mis ses menaces à exécution, cette éventualité de boycott serait alors devenue évidente »</em>, estime aujourd’hui le député. <em>« Alors vous me direz, il a bien déclenché depuis une guerre illégale en Iran, ce qui devrait suffire – et je le pense, personnellement –, mais, malheureusement, demander le boycott des États-Unis n’a pas le même effet que de demander le boycott du Qatar ou de la Russie. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/quand-le-hooliganisme-d-extreme-droite-s-incruste-dans-les-tribunes-du-foot">Quand le hooliganisme d’extrême droite s’incruste dans les tribunes du foot breton</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/eaa1aba6950d14f6e103bc120ef7b6-ec3db.jpg?1756926703" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Dessin représentant une tribune du stade rennais avec, à côté des supporters, un groupe de hooligans néo-nazis" /></aside><p>Les membres du Conseil de la Fifa, eux, se gardent bien de critiquer leur président, Gianni Infantino, publiquement. <em>« Il y en a pourtant qui n’étaient pas à l’aise avec la politique tarifaire »</em>, remarque le président du syndicat de supporters, Ronan Evain. À l’exception de la présidence norvégienne, représentée par l’ancienne joueuse Lise Klaveness, les fédérations nationales membres de la Fifa ne remettent pas en cause le système qui les nourrit. Avec un pactole de presque 750 millions d’euros à se partager, elles seront les grandes bénéficiaires des superprofits du Mondial à la sauce Trump et Infantino.</p>]]></description>
      <link>https://basta.media/Billets-hors-de-prix-supporters-discrimines-le-Mondial-2026-sous-la-coupe-de-Trump</link>
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      <pubDate>Tue, 09 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Nous ne sommes pas dupes de ce pinkwashing » : comment les maires RN du nord instrumentalisent les luttes LGBT]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« Nos organisations ne sont pas dupes de ce pinkwashing. »</em> Dans un communiqué publié fin-mai, une trentaine d’associations du Nord et du Pas-de-Calais pointent du doigt plusieurs mairies fraîchement remportées par le Rassemblement national (RN), qui <em>« tentent vainement de détourner les luttes LGBTQIA+ à leur avantage »,</em> et ce <em>« au profit de leur politique xénophobe et raciste »</em>, dénoncent-elles.</p><p>Depuis mars 2026, le parti de Marine Le Pen et de Jordan Bardella y gère 14 villes contre deux auparavant, dont l’emblématique Hénin-Beaumont, dirigée par Steeve Briois. <em>« C’est la renaissance du Bassin minier »</em>, s’était alors réjoui l’édile <em>« outé »</em> par un livre en 2014.</p><h2 class="spip" id="Un-cine-debat-annule-sans-explications">Un ciné-débat annulé sans explications</h2><p>A l’origine de ce communiqué, le collectif antifasciste du bassin minier a été alerté, en avril dernier, d’une première décision surprenante. Dix jours avant son organisation, un ciné-débat prévu depuis plus de six mois dans le cinéma municipal est subitement annulé par la mairie de Harnes (12 000 habitants), remportée en mars par l’élu RN Anthony Garénaux-Glinkowski.</p><p>Organisé autour du film <em>Trois nuits par semaine</em> par l’association lensoise Couleur, l’événement prévoyait aussi un débat sur l’univers du drag, avec des témoignages d’artistes concerné·es. <em>« Il a été annulé sans explications, et je n’en ai toujours pas à ce jour »</em>, rapporte à Basta Mickaël Billebault, président de l’association, par ailleurs conseiller municipal à Lens dans la majorité de gauche.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Le 16 avril, jour où devait initialement se tenir ce ciné-débat, Brice Lauret, le nouveau maire divers droite de Faches-Thumesnil, au sud de la métropole de Lille, fait retirer les drapeaux arc-en-ciel du fronton de l’hôtel de ville. Il annonce, dans la foulée, l’annulation de la sixième édition de la marche des fiertés, prévue le 25 avril, et dont la mairie était partenaire, en raison d’une réorganisation selon lui <em>« compliquée »</em>.</p><p>Des décisions qui <em>« illustrent, si cela était encore nécessaire, que nos fiertés sont politiques et que la droite, y compris la plus "Divers" et à l’échelle locale, en est une adversaire acharnée »</em>, dénonce alors <a href="https://www.facebook.com/CollectifLillePride/posts/896275870106884" class="spip_out" rel="external">le collectif Lille Pride</a> sur ses réseaux sociaux.</p><p>Si les organisateur·ices ont réussi à maintenir la marche, qui a rassemblé plus de 400 personnes, la multiplication de telles décisions inquiète. Pour la première fois à Harnes, l’association Couleur appelait ainsi à une mobilisation le 16 mai <em>« contre les LGBTIphobies et la politique menée par la municipalité »</em>.</p><h2 class="spip" id="Une-association-creee-par-le-RN-pour-le-RN">Une association créée par le RN pour le RN</h2><p>Face aux critiques, la mairie de Harnes annonçait en grandes pompes <em>« s’engager dans la lutte contre l’intolérance et les LGBTQIA+phobies »</em>. Fin avril, celle-ci donnait ainsi rendez-vous la semaine du 13 au 17 mai, pour une exposition et… un ciné-débat avec une association. <em>« Les mairies RN veulent bien des événements LGBT, mais qu’elles organisent, avec des structures qu’elles maîtrisent elles-mêmes »</em>, déplore Mickaël Billebault de l’association Couleur. De fait, le ciné-débat en question réunit uniquement des élus RN : le sénateur du Pas-de-Calais Christopher Szczurek, le maire de Harnes Anthony Garénaux-Glinkowski, et Bruno Clavet, député du département et tête de liste battu à Lens aux municipales de 2020 et 2026 - ces deux derniers étant ouvertement gays. Ils n’ont pas répondu à nos sollicitations.</p><p>Devant la mairie de la commune ce 17 mai : un drapeau arc-en-ciel, entouré de deux drapeaux français. Et à l’animation du débat, une mystérieuse association nommée Gays et Lesbiennes du Bassin Minier. Inconnue au bataillon, sa création a été annoncée le soir même.</p><p>Avec cette nouvelle structure, exit les B, T, Q, I et A de LGBTQIA+phobies (pour bisexuel·le, trans, queer, intersexe, asexue·le). <em>« Nous sommes heureux de vous annoncer la création de l’association Gays et Lesbiennes du Bassin Minier qui aura notamment comme mission l’accompagnement et le soutien juridique pour les jeunes expulsés de chez eux en collaboration avec les bailleurs et les municipalités »</em>, <a href="https://www.instagram.com/p/DYb_JIjiNyw/?img_index=1" class="spip_out" rel="external">annonce alors le député Bruno Clavet</a>.</p><h2 class="spip" id="Interdire-les-therapies-de-conversion-Le-RN-s-abstient">Interdire les thérapies de conversion ? Le RN s’abstient...</h2><p>Déclarée seulement quatre jours plus tôt en sous-préfecture de Lens, l’association, basée à Harnes, a notamment pour objet <em>« la défense des droits et intérêts des personnes gays et lesbiennes du Bassin minier au sens large »</em>. Selon les statuts que nous avons pu consulter, son conseil d’administration comprend quatre membres, tous RN : son président Thomas Menuge, adjoint à l’urbanisme et à la communication à Harnes ; sa vice-présidente Valérie Marcos, première adjointe à Liévin ; le trésorier Alexis Audant, actuel conseiller municipal d’opposition avec Bruno Clavet à Lens ; et le secrétaire Dorian Damiens, élu sur la liste de Steeve Briois à Hénin-Beaumont. Contactés via leurs mairies respectives, les élus n’ont pas répondu à nos demandes d’interviews.</p><p>Tandis que mi-mai, la mairie de l’ancien bastion socialiste de Liévin, conquise par le RN lors des dernières municipales, se paraît aussi du drapeau LGBT+, le collectif antifasciste du bassin minier dénonce une <em>« instrumentalisation »</em> des personnes concernées et une <em>« porte ouverte à l’homonationalisme »</em>. Autrement dit, une réappropriation des luttes LGBTQI+ à des fins racistes, à la manière du <a href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">fémonationalisme</a> qui instrumentalise les droits des femmes.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/femonationalisme-nemesis-est-un-exemple-de-feminisme-nationaliste-extreme">« Némésis est un exemple de fémonationalisme poussé à l’extrême »</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/6f3d072b76c4942483dc1d72be2306-b8e1e.jpg?1778073167" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="" /></aside><p>Pas à une contradiction près, le RN a, dans le même temps, décidé de s’abstenir lors du vote crucial d’une résolution appelant la Commission européenne à prononcer une interdiction des « thérapies » de conversion à l’échelle de l’Union européenne. Ces pratiques, qui n’ont rien d’une « thérapie », visent à réprimer et à inverser l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, quand elle n’est pas hétérosexuelle ou cisgenre. <em>« Non, l’extrême droite n’est pas l’amie des personnes LGBTQIA+ »</em>, concluent les associations féministes, antifascistes et LGBTQIA+ du bassin minier. Après de premières marches à Faches-Thumesnil, Boulogne-sur-Mer, ou encore Lens, elles appellent plus que jamais à se mobiliser en ce mois des fiertés.</p>]]></description>
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      <pubDate>Mon, 08 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
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      <title><![CDATA[Le bulot, espèce emblématique de la Manche, fortement menacé par le réchauffement climatique]]></title>
      <description><![CDATA[<p>Il est deux heures du matin, l’air est froid sur la plage de Gouville-sur-Mer en ce début de printemps. Environ cinq degrés dans l’air comme sans doute dans l’eau. Il n’y a pas de port dans cette petite commune du sud du département de la Manche, juste une cale pour accéder en barque aux quatre petits bateaux qui mouillent non loin. L’un de ces bulotiers mesure un peu de moins de neuf mètres, le Père Vonvon. <em>« Quand je me suis installé en 2018, mon père m’a un petit peu aidé sur le financement du projet, son surnom c’est Yvon, puis Vonvon parfois. C’est un beau clin d’œil »</em>, confie Julien Mouton, le capitaine du navire.</p><div class="spip_document_22993 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="170" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1941365019 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp?1780653986 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg@.webp?1780652036 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22993-c5a2082a4551d45b1720a226e644e461" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots_crie_e.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22993-c5a2082a4551d45b1720a226e644e461">La criée de Granville a vu 1610 tonnes de bulots débarquées par les professionnels de la mer en 2025. Les quotas de pêche ont été progressivement réduits.
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>C’est en barque, dans la pénombre de la nuit, que le marin-pêcheur et son matelot Théo Laisney se collent au Père Vonvon pour y transvaser des bidons contenant environ 150 litres d’essence. Cela devrait suffire pour la nuit à venir… L’embarcation bouge avec le vent, le moteur démarre. Le froid de cette nuit-là ravit les deux travailleurs de la mer car leur cible principale avec une telle embarcation, c’est le bulot. Aussi appelé buccin, cette sorte d’escargot de mer a la particularité de très mal vivre l’augmentation de la température de l’eau de ces dernières années.</p><p>Sur ces quatre dernières décennies, l’eau de la Manche s’est réchauffée de 1,6 degré en Normandie, avec des pics de chaleur inédits en été. Le bulot <em>« est un organisme ectotherme, sa température corporelle et ses processus physiologiques sont régulés par la chaleur externe »</em>, analyse Yohan Ansel, qui réalise une thèse à l’université de Caen sur l’impact du réchauffement climatique sur la biologie du bulot de la Manche et sa pêcherie. <em>« Plus la température va augmenter et plus ses processus physiologiques vont être mis à rude épreuve. »</em> En clair, l’animal souffre de la chaleur au point d’en mourir, si bien que sa pêche a diminué de 70 % dans le Sud-Manche depuis 2018. Au-delà de la problématique économique, la question écologique se pose et c’est dans ce sens que plusieurs acteurs du monde scientifique et halieutique ont décidé de faire front commun.</p><div class="spip_document_22994 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="268" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c471902392 jpg loading c5"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp?1780653990 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg@.webp?1780652037 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22994-378cb973034de9c523b56ae301667082" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/yohan_ansel_chercheur.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22994-378cb973034de9c523b56ae301667082">Yohan Ansel, de l’université de Caen, travaille sur l’impact du réchauffement climatique sur la biologie du bulot et sa pêcherie. L’animal souffre de la chaleur au point d’en mourir. Si bien que sa pêche a diminué de 70 % dans le Sud-Manche depuis 2018
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Labo-bulot-dodo">Labo, bulot, dodo</h2><p>Au fil de la traversée vers les précieux casiers à relever pour pêcher d’éventuels bulots, Julien Mouton nous raconte avoir embarqué, la veille, une scientifique à bord du Père Vonvon, dans le cadre du projet Cclimb’Up (pour Changement climatique en Manche : les effets sur le bulot et son exploitation). Débuté en avril 2025 pour une durée de trois ans, ce projet de recherche associe le comité régional des pêches de Normandie, le laboratoire Smel (Synergie mer et littoral), l’Ifremer, l’université de Caen ainsi que des pêcheurs, pour un budget de 500 000 euros, financé par l’État français et l’Union Européenne.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">On en Agro</strong><p>Gratuit, une fois par mois</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La newsletter qui révèle l’envers de notre alimentation. Les enquêtes et actus sur l’agro-industrie, et les initiatives de celles et ceux qui lui résistent.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><p>Concrètement, toutes ces structures étudient les effets des variations de température et des vagues de chaleur sur la biologie de l’animal (croissance, reproduction, mortalité), sa gestion du côté de la pêche via des outils de collecte de données ou encore les impacts d’une augmentation de la taille minimale de capture, sans oublier d’être vigilants à la situation socio-économique de cette filière. En Normandie, le bulot est la deuxième espèce la plus pêchée et elle constitue l’emblème halieutique de la baie de la Granville. L’espèce a même eu son label IGP (Indication géographique protégée), aujourd’hui suspendu faute de captures suffisantes.</p><div class="spip_document_22995 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="325" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1524201961 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp?1780653997 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg@.webp?1780652039 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22995-3d6a6e2ab90aca6214f2b40adabf55aa" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/ifremer_laboratoire_smel.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22995-3d6a6e2ab90aca6214f2b40adabf55aa">Laurence Hégron-Macé, ingénieure et responsable du pôle « pêches maritimes » du laboratoire Synergie mer et littoral, avec Lucile Aumont, chargée de mission au comité régional des pêches de Normandie. Elles participent à un projet réunissant chercheurs et pêcheurs pour tenter de préserver le bulot.
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Si le Père Vonvon et son équipage participent à une campagne scientifique, notamment pour mesurer les bulots capturés, à terre, c’est à Blainville-sur-Mer que le gastéropode est étudié, au sein des laboratoires du Smel. Laurence Hégron-Macé et ses collaborateurs y recréent en bassin les conditions de vie de l’animal, afin d’analyser son comportement quand il est soumis à différentes températures.</p><h2 class="spip" id="Vagues-de-chaleur-marine">Vagues de chaleur marine</h2><p><em>« On estime que sous les neuf degrés, les conditions sont bonnes pour que la femelle ponde, mais il y a de moins en moins d’années où, en hiver, ces températures le permettent »</em>, explique l’ingénieure et responsable du pôle « pêches maritimes » du Smel. <em>« Le bulot va s’enfouir quand il a trop chaud, donc surtout l’été. L’augmentation de la température de l’eau dans la Manche est claire, avec de plus en plus de vagues de chaleur marine. Il reste alors enfoui, il ne mange plus, s’amaigrit et au moment où il peut ressortir parce que les eaux sont plus propices, le bulot est peut-être trop faible, voire mourant. »</em></p><p>C’est ainsi que les pêcheurs récupèrent des bulots plus maigres dans leurs casiers, l’animal ayant à peine eu la force de s’y insérer pour décéder ensuite... La canicule de 2022 a été meurtrière pour l’espèce. La criée de Granville, qui est la première de France sur ce secteur, avait vu ses débarquements passer de 14 tonnes de coquillages comptabilisées au mois d’août contre 62 tonnes en 2021... soit quatre fois moins.</p><div class="spip_document_22996 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="110" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3572031595 jpg loading c8"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp?1780653999 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg@.webp?1780653371 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22996-625cc460b04196bddcf2907ca90cdbb0" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/pe_che_crustace_s.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22996-625cc460b04196bddcf2907ca90cdbb0">Tout comme les bulots, les crustacés capturés sont mesurés et ceux trop petits rejetés en mer.
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Face à de telles chutes de capture, il a été décidé à plusieurs reprises, d’un commun accord entre pêcheurs et scientifiques, de baisser les quotas par navire. <em>« Quand je me suis mis à mon compte en 2020, le quota était encore à 900 kilos pour un bateau de trois personnes et 600 kilos pour deux marins »</em>, se souvient Julien Mouton, soit 300 kilos par marin à bord. <em>« Aujourd’hui, c’est 210 kilos par homme à bord. »</em> Pendant plus de six heures, Julien et Théo vont ainsi remonter des dizaines et des dizaines de casiers. Chacun d’entre eux sera vidé dans une machine qui lave et trie les animaux, ceux sous la taille légale (45 mm) étant immédiatement rejetés en mer.</p><h2 class="spip" id="Dans-l-attente-d-un-plan-d-accompagnement-des-pecheurs">Dans l’attente d’un plan d’accompagnement des pêcheurs</h2><p>Bien que diverses mesures soient prises pour préserver son existence, n’y a-t-il pas un problème de gestion de la ressource du bulot ? <em>« Ça fait plus de 20 ans que le bulot est une espèce vraiment gérée à l’échelle du comité »</em>, défend Lucile Aumont, chargée de mission au comité régional des pêches de Normandie. <em>« Après la canicule de 2022, il y a eu gros débats au sein de la profession. Ce sont toujours les pêcheurs qui décident de leurs mesures... Une nouvelle diminution du quota a été décidée. Pendant ce temps-là, avec le Smel, on recherche les avantages et les inconvénients de chaque mesure. Qu’est-ce qui serait le plus bénéfique, le plus risqué économiquement, etc. »</em></p><div class="spip_document_22997 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="93" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2698497479 jpg loading c9"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp?1780654002 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg@.webp?1780653375 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22997-631d029df8be31f4371f5728c36c65c7" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/casiers_a_bulots.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22997-631d029df8be31f4371f5728c36c65c7">À bord du Père Vonvon, les casiers à bulots sont remontés et leur contenu trié.
Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>C’est dans les eaux britanniques autour de Jersey que continue de pêcher le Père Vonvon. Vers six heures du matin, aux prémices du lever du soleil, les deux hommes à bord continuent de s’affairer à relever leurs casiers, les vider et replacer des appâts – ce jour-là du rouget, des araignées et des crabes verts. Sur la soixantaine de bulotiers licenciés dans le Sud-Manche, une dizaine sont actuellement à vendre et beaucoup pensent à une reconversion, comme Julien Mouton.</p><p>Hors de question de changer de métier pour le trentenaire, mais plutôt de pêche car il souhaite aller vers la coquille Saint-Jacques, à récolter manuellement en plongée sous-marine. D’autres professionnels espèrent un plan de sortie, si l’État s’empare du sujet. En réduisant le nombre de navires ainsi que la quantité maximale à pêcher, la filière pourrait peut-être perdurer quelques années de plus.</p><div class="spip_document_22998 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_photo_horizontale" data-legende-len="192" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2874578285 jpg loading c10"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp?1780654003 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg@.webp?1780653378 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg?1780656480" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22998-ec48b08ce2c83450b9e8cb0978b5c336" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/de_barquement_de_la_pe_che.jpg?1780656480 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22998-ec48b08ce2c83450b9e8cb0978b5c336">Avant de toucher terre, il faut décharger le bilan de la nuit qui est de 310 kilos de bulots, 28 kilos de moussettes (araignées de mer), six kilos de homards et un gros poulpe.
© Guy Pichard
</figcaption></figure></div><p>Enfin, vers 8 heures, il est temps de rentrer à terre. À bord, près 310 kilos de bulots seront conservés à l’issue de la nuit, ainsi que 28 kilos de moussettes (des araignées de mer), six kilos de homards et un gros poulpe. Le quota légal de bulots n’est donc pas atteint, mais la pêche est jugée pas trop mauvaise, notamment grâce aux crustacés, très prisés des touristes qui vont venir garnir les côtes normandes avec les premiers ponts de l’année.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet c-encart--memesujet-logo o-push o-push--aside position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/matelots-indonesiens-bretagne-main-d-oeuvre-corveable-a-merci-pecheurs">Matelots indonésiens en Bretagne, une main d’œuvre corvéable à merci</a> <img src="https://basta.media/local/cache-vignettes/L200xH133/f32fb7d9636416dc3dc3bca5a70961-82e18.webp?1780653761" class="spip_logo" width="200" height="133" alt="Dessin représentants sept hommes en tablier de pêcheur travaillant sur des filets de pêche." /></aside><p>Aux alentours de 10 heures, c’est la débarque à la cale de Gouville-sur-Mer et le patron-pêcheur va entamer sa deuxième journée : gérer les ventes et l’administratif, aller chercher ses enfants à l’école après la sieste, prendre le repas du soir et, enfin, dormir. La nuit suivante sera encore en mer. <em>« Il y a quand même des signes qui nous alertent et qui sont dramatiques pour le bulot</em>, s’inquiète Julien Mouton. <em>Tous les scientifiques prédisent une désertification de l’espèce d’ici peu. Ça fait 10 ans qu’elle est annoncée et on voit clairement le recul, pourtant la technique de pêche au casier me plaît. »</em></p>]]></description>
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      <pubDate>Fri, 05 Jun 2026 14:00:00 +0200</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title><![CDATA[« Bonjour, c'est Marie, de Paloma » : des maraudes numériques pour rompre l'isolement des travailleuses du sexe]]></title>
      <description><![CDATA[<p>La sobriété de la devanture tranche avec celles des restaurants prisés, qui se succèdent de part et d’autre de la rue. Au rez-de-chaussée d’un immeuble du centre de Nantes, dissimulé derrière une vitrine en verre dépoli, le petit local abrite le siège de Paloma, une association de santé communautaire destinée aux personnes proposant des services sexuels tarifés, et impliquant certaines d’entre elles.</p><p>En cette matinée caniculaire, les lieux sont déserts. Personne ne discute sur le canapé qui jouxte la porte d’entrée ; aucun cri d’enfant ne s’échappe du coin-jouet qui a été aménagé. Seul résonne le cliquetis des doigts de Naïg et Marie sur leurs claviers. Il est 9 h 30 et les deux jeunes femmes sont à pied d’œuvre. Marie, qui fait partie des quatre salarié·es coresponsables de l’association, s’apprête à répéter des heures durant la même tâche. Copier, coller, traduire, puis envoyer un message qui, dans toutes les langues, commencera ainsi : <em>« Bonjour, je suis Marie, de Paloma. »</em></p><p>Sur le modèle des maraudes de rue, qui consistent pour des travailleur·ses sociaux et associatifs à arpenter le terrain à la rencontre de personnes isolées, privées d’accès aux soins ou aux droits, Paloma assure chaque semaine des sessions d’aller-vers numérique. Le principe est le suivant : passer en revue les sites d’escorting et de petites annonces, puis contacter les personnes qui y fixent des rendez-vous pour échanger des services sexuels contre de l’argent afin de les informer de l’existence de l’association ; les renseigner sur leurs droits ; ou leur fournir des informations qui leur permettront de réduire les risques auxquelles elles sont exposées.</p><p>Ce jour-là, la suite du message envoyé par Marie se veut plus léger : une invitation à un temps de rencontre informel, un pique-nique, pour rompre l’isolement.</p><h2 class="spip" id="Loi-de-2016-et-Covid-deux-catalyseurs-du-deplacement-de-l-activite">Loi de 2016 et Covid : deux catalyseurs du déplacement de l’activité</h2><p>Rompre l’isolement. C’est une des raisons d’être de l’association, créée en 2017 avec le soutien de Médecins du monde, qui lui a transféré la responsabilité de son programme à destination des travailleuses du sexe (TDS) nantaises. Depuis, Paloma accueille de manière inconditionnelle les personnes qui se présentent dans son local – de celles qui ont plus ou moins choisi <em>« l’activité »</em>, selon le terme employé par Naïg et Marie, aux victimes de la traite. Salarié·es et bénévoles y tiennent des permanences administratives et de médiation en santé et y animent des temps collectifs, comme des ateliers couture.</p><div class="spip_document_22980 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="127" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c1096439385 jpg loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp?1780409675 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg@.webp?1780407842 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg" width="960" height="673" alt="" aria-describedby="by22980-f171a3bbed4df3b11eb14a7ff449406f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/l_espace_d_accueil.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22980-f171a3bbed4df3b11eb14a7ff449406f">C’est dans ce local de la rue Fouré, à Nantes, que Paloma accueille les travailleuses du sexe qu’elle suit.
© Tiphaine Guéret
</figcaption></figure></div><p>Paloma sillonne aussi les rues de la ville à la rencontre de son public cible. Ces tournées nocturnes sont l’occasion de distribuer des préservatifs ; d’échanger autour des pratiques sexuelles à moindre risque, du VIH ou des infections sexuellement transmissibles ; et de faire connaître les structures connexes qui peuvent soutenir les victimes de violences.</p><p>Mais depuis quelques années, l’association a dû transposer une partie de ces missions en ligne, car le contexte a changé. <em>« Paloma a mis en place l’aller-vers numérique en 2021 »</em>, retrace Naïg, en stage au sein de la structure dans le cadre d’un master en géographie sociale. 2021, soit au lendemain de la pandémie de Covid-19, qui a vu un grand nombre de travailleuses du sexe déserter la rue au profit d’Internet, poussées par les confinements. <em>« À Nantes, de 120 personnes, elles sont passées à une quinzaine »</em>, précise Marie.</p><p>Le Covid n’a pourtant fait qu’accélérer une dynamique à l’œuvre sur le territoire national depuis plusieurs années. Question d’époque – le numérique est devenu incontournable – et de loi. En 2016, le travail de rue essuyait déjà un sérieux revers : dans une perspective d’abolition de la prostitution qui guide la politique de la France en la matière, la loi renforçant la « lutte contre le système prostitutionnel » adoptée cette année-là prévoyait de pénaliser lourdement le recours aux services sexuels tarifés. L’effet a été immédiat : échaudés, les clients se sont raréfiés. Sans pour autant disparaître. À la faveur du relatif anonymat que leur garantit Internet, c’est aujourd’hui en ligne, que beaucoup d’entre eux prennnent contact avec des travailleuses du sexe, qui, elles, se sont adaptées.</p><p>Dix ans après l’adoption de la loi de 2016, <a href="https://www.medecinsdumonde.org/actualite/10-ans-penalisation-des-clients/" class="spip_out" rel="external">Médecins du monde</a> comme <a href="https://www.amnesty.fr/reperes/8-choses-a-savoir-droits-des-travailleuses-travailleurs-sexe/" class="spip_out" rel="external">Amnesty international</a> dressent un bilan sévère : si les TDS n’ont pas cessé d’exercer, elles se sont massivement précarisées et subissent une augmentation des violences du fait d’une inversion du rapport de force liée à une demande moins forte.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="Un-isolement-accru">Un isolement accru</h2><p>Sur l’écran de l’ordinateur de Marie, les profils défilent : des photos de femmes dénudées dans des positions suggestives agrémentées d’une description destinée aux clients potentiels. <em>« P.S. : Je ne suis pas ici par besoin. Je suis ici par choix. »</em> C’est ainsi que Chakira* conclut sa présentation. La trentenaire officie à Nantes ; prévient qu’elle se déplace, mais ne reçoit pas. C’est par WhatsApp que Marie la contacte. Une fois le message envoyé, la jeune femme renseigne dans un tableur Excel les coordonnées de Chakira, ainsi que la date du jour, afin de ne pas la recontacter trop souvent au cas où elle ne le souhaiterait pas.</p><p>Occupée à joindre le 115 pour une femme qu’elle suit et qui est sans solution d’hébergement, Naïg intervient : <em>« Il existe un cliché selon lequel, sur Internet, les personnes feraient beaucoup d’argent, auraient choisi ce qu’elles font et le vivraient très bien. La réalité est bien plus nuancée »</em>, tranche-t-elle avant d’ajouter : <em>« Sur Internet il y a aussi beaucoup de personnes éloignées du droit et du soin. »</em></p><p>Notamment parce que le déport de l’activité en ligne a engendré un fort isolement : <em>« Celles qui rencontrent leurs clients sur Internet n’ont souvent pas grand monde vers qui se tourner</em>, poursuit Naïg. <em>Par exemple, certaines ne savent pas que la prostitution est légale et qu’elles peuvent aller porter plainte si elles sont agressées. À l’inverse, dans la rue, les unes se retrouvent souvent à côté des autres et les informations sur les droits et les conseils pour se prémunir autant que possible de certains risques circulent mieux. »</em></p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-n-est-pas-des-ideologues">« On n’est pas des idéologues »</h2><p>Un téléphone sonne, Marie décroche. Au bout du fil, Aminata*, une des femmes accompagnées par l’association. Elle a besoin de renseignements pour une démarche en rapport avec sa demande de régularisation. Marie lui propose de l’accompagner à la préfecture. Aminata accepte : elles iront ensemble le vendredi suivant.</p><p>Les personnes dont la situation au regard du titre de séjour est irrégulière ou précaire représentent la grande majorité (65 %) de celles accompagnées par Paloma. <em>« Quand tu es une personne exilée, que tu n’as pas de papiers, pas de logement, tu mobilises les ressources que tu as et, potentiellement, c’est de vendre un service sexuel »</em>, rappelle Naïg. Parce que l’isolement est souvent plus grand encore pour ces personnes, ce sont elles que Marie tente de cibler en premier lors de ses maraudes numériques. <em>« Ce n’est pas évident de savoir qui est dans cette situation : sur certains sites, tu peux renseigner ta nationalité ou la langue que tu maîtrises, mais ça reste du déclaratif. Parfois, c’est la qualité de la traduction, qui n’est qu’à moitié faite, qui te permet de deviner plus ou moins à qui tu t’adresses »</em>, explique-t-elle.</p><div class="spip_document_22979 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="254" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c2977702217 jpg loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp?1780409678 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg@.webp?1780407873 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22979-eb05cd23d3c6bd9dd017dd3f12013ecb" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/naig_en_pause.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22979-eb05cd23d3c6bd9dd017dd3f12013ecb"><em>« Quand tu es une personne exilée, que tu n’as pas de papiers, pas de logement, tu mobilises les ressources que tu as et, potentiellement, c’est de vendre un service sexuel »</em>, rappelle Naïg, en stage au sein de la structure.
© Tiphaine Guéret
</figcaption></figure></div><p>Parmi les femmes contactées par Paloma, certaines reviennent alors vers l’association pour obtenir des renseignements sur le droit d’asile et le droit au séjour. L’association peut aussi apporter son soutien à celles qui souhaitent arrêter.</p><p><em>« À Paloma, on n’est pas des idéologues, on n’est ni pour ni contre le travail du sexe, on a juste une approche pragmatique</em>, défend Marie. <em>Il y a des personnes qui exercent cette activité, certaines vont continuer, d’autres arrêter, quoi qu’il en soit, il faut les aider à se prémunir des risques pour leur santé et des violences et à accéder aux mêmes droits que tous les citoyens et citoyennes, ce que ne permettent pas les lois en vigueur. »</em></p><p>Dans un <a href="https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/13/prostitution-des-clivages-persistants-dix-ans-apres-l-adoption-de-la-loi-de-2016_6679673_3224.html" class="spip_out" rel="external">débat public crispé</a>, où s’opposent partisan·es de l’abolition de la prostitution – qui considèrent le travail du sexe comme une violence en soi et les personnes dont c’est l’activité nécessairement comme des victimes –, et défenseur·ses de la décriminalisation, qui revendiquent l’application du droit commun pour encadrer cette activité, Paloma se place du côté des seconds.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-Prescripteur-de-parcours-de-sortie-de-la-prostitution">« Prescripteur de parcours de sortie de la prostitution »</h2><p>Ce qui n’empêche pas l’association de se saisir de certaines dispositions légales réservées aux travailleuses du sexe, comme le parcours de sortie de la prostitution (PSP). Intégrés au « volet social » de la loi de 2016, ces dispositifs offrent aux personnes qui le souhaitent et dont la demande a été validée par le préfet, un accompagnement individuel renforcé vers l’emploi, la possibilité d’une autorisation de séjour d’une durée initiale de six mois, ainsi qu’une aide financière et un logement.</p><p>Bien que le dispositif soit défaillant à bien des égards – entre autres de par la faiblesse du soutien financier ou du peu de logements disponibles –, et que Paloma soit en désaccord avec la majeure partie de la loi qui l’a institué, à Nantes, l’association est <em>« le plus gros prescripteur de parcours de sortie de la prostitution »</em>, assure Naïg.</p><p>Main dans la main avec les travailleur·ses du Mouvement du nid, l’association abolitionniste de référence, et de l’Atedec, dédiée à l’accès à l’emploi (qui sont les seules à Nantes à détenir un agrément pour suivre ces parcours), Paloma assure l’aiguillage des personnes volontaires, la mise en lien avec un·e traducteur·ice assermenté·e pour les actes de naissance étrangers, ou encore avec des partenaires comme le Secours catholique quand des trajets vers des ambassades sont à financer. L’association continue ensuite d’accompagner dans leur suivi de santé les personnes engagées dans un PSP, notamment en les aidant à prendre leurs rendez-vous médicaux.</p><h2 class="spip" id="Maintenir-le-contact">Maintenir le contact</h2><p>Il est aux alentours de 11 heures, quand quelqu’un frappe à la porte. C’est Pearl*. La jeune femme connaît bien l’association. Elle s’exprime en anglais : l’école dans laquelle est scolarisé son enfant organise une tombola ; il faut vendre des tickets. Seulement, Pearl ne comprend bien de quoi il s’agit et vient chercher de l’aide auprès de Paloma. Naïg prend le temps de lui expliquer et de s’assurer que tout est clair pour elle.</p><p>Pendant ce temps, Marie se concentre sur sa tâche de la matinée : copier, coller, traduire, envoyer. Quand, soudain, elle s’anime : une des femmes qu’elle vient de contacter lui a répondu. Son message s’affiche sur l’écran : <em>« Lol. Bonne continuation. »</em> Marie ne se laisse pas démoraliser : au moins, le contact a été établi.</p><p><em>« Paloma commence à être identifiée auprès des personnes qui travaillent sur les sites d’escort, mais on reste largement en dessous des 10 % de réponse sur des centaines et des centaines d’envois »</em>, précise-t-elle. C’est que le déport de l’activité sur Internet a complexifié le travail des associations. Notamment du fait du <em>« recours à des intermédiaires, sollicités parce que certaines ne parlent pas la langue ou ne sont pas à l’aise avec l’outil numérique »</em>, explique Marie, rendant moins évidents les échanges en direct.</p><p>Et, même quand le lien est créé, il demeure fragile : la mobilité des travailleuses du sexe qui fixent leurs rendez-vous en ligne est forte. Beaucoup se déplacent de ville en ville, d’un Airbnb à l’autre, mettant à rude épreuve le maintien du contact avec l’association. Ce qui peut avoir un réel impact sur le suivi de santé.</p><p>Malgré ces freins, certaines reviennent vers Paloma des mois après avoir été contactées. Comme cette femme qui, en déplacement à plusieurs centaines de kilomètres de Nantes, ne savait pas vers qui se tourner après un rapport à risque ; ou celles-ci, qui avaient besoin de préservatifs et de gel lubrifiant, que Paloma leur a fait parvenir gratuitement par La Poste. D’autres encore, finissent par franchir, un jour, la porte du local.</p><div class="spip_document_22984 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende" data-legende-len="163" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/jpeg" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c3042002606 jpg loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp?1780409682 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 960w, local/adapt-img/720/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 1440w, local/adapt-img/960/20x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 1920w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 720w, local/adapt-img/720/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 1080w, local/adapt-img/960/15x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 1440w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/jpeg" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg@.webp?1780408948 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg" width="960" height="640" alt="" aria-describedby="by22984-75dc9cc5fa2b55821b306343d2d62dbc" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 480w, local/adapt-img/720/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 720w, local/adapt-img/960/10x/IMG/jpg/marie_colle_une_affiche.jpg 960w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22984-75dc9cc5fa2b55821b306343d2d62dbc">Sur la vitrine du local, Marie, colle une affiche destinée aux travailleuses du sexe pour les renseigner sur des actions de médiation en santé.
© Tiphaine Guéret
</figcaption></figure></div><h2 class="spip" id="Entraves-a-la-reduction-des-risques">Entraves à la réduction des risques</h2><p>Si le Code de la santé publique garantit une <em>« <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000032398331/2016-04-15" class="spip_out" rel="external">politique de réduction des risques</a> en direction des personnes prostituées »</em>, certains aspects du cadre légal percutent néanmoins négativement le travail que mène Paloma en ligne.</p><p>C’est le cas de la <a href="https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000006165301#:~:text=Article%20225%2D5,-Version%20en%20vigueur&amp;text=3%C2%B0%20D'embaucher%2C%20d,150%20000%20euros%20d'amende." class="spip_out" rel="external">définition, très large, du proxénétisme</a> qui, depuis 2003, inclut <em>« le fait, par quiconque, de quelque manière que ce soit d’aider, d’assister ou de protéger la prostitution d’autrui »</em>. Cela contraint entre autres les actions de l’association auprès des personnes qui comptent proposer des services sexuels tarifés, mais ne le font pas encore : <em>« Certaines nous contactent pour nous demander des informations que l’on n’a légalement pas le droit de leur donner. Si on leur conseillait d’éviter le site Coco, qui a récemment fait scandale en lien avec l’affaire Gisèle Pelicot, parce qu’il n’est pas</em> safe<em>, on pourrait être taxé de proxénétisme »</em>, déroule Marie. Une aberration pour les travailleuses de Paloma, qui estiment que cela n’empêchera en rien les femmes d’aller au bout de leur démarche.</p><p>Pendant ce temps, les vrais proxénètes, jusqu’ici, prospèrent. Comme le patron du site Sexemodel, sur lequel les escorts doivent payer pour être référencées, déboursant jusqu’à 380 euros par mois pour accéder à la liste noire des clients considérés dangereux, <a href="https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/260625/dirty-payments-la-fortune-hors-norme-d-un-proxenete-du-web" class="spip_out" rel="external">détaille <em>Mediapart</em></a>.</p><h2 class="spip" id="Une-proposition-de-loi-pour-decriminaliser-le-travail-du-sexe">Une proposition de loi pour décriminaliser le travail du sexe</h2><p>Face aux failles et aux dissonances de la politique abolitionniste de la France en matière de prostitution, les propositions politiques divergent. La droite ne fait pas mystère de sa volonté de <a href="https://projetarcadie.com/onlyfans-mym-senat-sexcaming/" class="spip_out" rel="external">durcir davantage la législation</a>, comme en témoigne la récente proposition de loi « visant à prohiber l’achat de services sexuels virtuels personnalisés et à lutter contre le proxénétisme en ligne », déposée par la sénatrice Les Républicains Marie Mercier et <a href="https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/100226/onlyfans-mym-sexemodel-le-senat-legifere-face-aux-proxenetes-20" class="spip_out" rel="external">adoptée au Sénat</a>, avec le soutien du gouvernement, le 10 février dans une version modifiée. De son côté le Rassemblement national (RN) proposait, en décembre dernier, de rouvrir les maisons closes <a href="https://www.medecinsdumonde.org/actualite/proposition-de-reouverture-des-maisons-closes-une-nouvelle-offensive-contre-les-droits-fondamentaux-des-travailleurs-et-travailleuses-du-sexe/" class="spip_out" rel="external">contre l’avis des premier·es concerné·es</a>.</p><p>En réaction, certain·es socialistes, communistes et écologistes, s’étaient exprimé·es dans <a href="https://www.humanite.fr/politique/antifeminisme/ce-nest-ni-un-metier-ni-du-sexe-cest-un-systeme-de-domination-la-gauche-sinsurge-contre-la-reouverture-des-maisons-closes-proposee-par-le-rn" class="spip_out" rel="external">une tribune publiée par <em>Marianne</em></a>, estimant que la prostitution, <em>« ce n’est ni un métier ni du sexe »</em>. Mais, sur le sujet, la gauche avance en ordre dispersé : le 13 avril, une <a href="https://www.senat.fr/dossier-legislatif/ppl25-541.html" class="spip_out" rel="external">proposition de loi en profonde rupture</a> avec la politique abolitionniste en vigueur était déposée au Sénat par l’écologiste Anne Souyris, à l’occasion des dix ans de la loi de 2016.</p><p>Élaboré en concertation avec 70 travailleur·ses du sexe, accompagné·es par des chercheur·ses en droit et en sciences sociales, <a href="https://www.aides.org/actualite/lactu-remaides-proposition-loi-decriminaliser-travail-du-sexe" class="spip_out" rel="external">le texte s’articule</a> autour de quatre axes visant la décriminalisation totale du travail sexuel, le renforcement de la lutte contre l’exploitation des personnes concernées et les discriminations qu’elles subissent et la mise en place d’une aide significative à celles en situation irrégulière. Si les chances que cette loi soit adoptée sont minces, tant le sujet cristallise les tensions, la démarche aura permis un coup de force symbolique non négligeable : <em>« Au moins, notre parole aura été portée jusqu’au Sénat »</em>, conclut Marie.</p><p>*Prénom modifié</p>]]></description>
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      <pubDate>Thu, 04 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[La police tue : voici les chiffres]]></title>
      <description><![CDATA[<div class="o-content-body crayon article-texte-10537 c-content_text texte surlignable"><p>La police tue. Rien qu’au cours des 5 premiers mois de 2026, on dénombre 22 décès. 49 personnes sont mortes en 2025 suite à une intervention des forces de l’ordre. C’était 62 en 2024. Depuis 2017, le nombre de personnes tuées lors d’une intervention policière a explosé. Depuis presque 15 ans les journalistes de Basta! racontent ces histoires et recensent toutes les interventions mortelles de la police dans une base de données.</p></div><div>
<div class="c-content-footer-mots mb-1"><p class="sr-only">Mots-clés :</p><ul class="list-inline mb-0"><li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/violences-policieres">Violences policières</a></li>
<li class="list-inline-item"><a class="badge badge-secondary" href="https://basta.media/Democratie-115">Démocratie !</a></li>
</ul></div>
<div class="c-cartouche-tools mt-2 ml-0 pt-2"><p><a href="https://basta.media/spip.php?page=login&amp;url=la-police-tue-voici-les-chiffres?var_fav=article-10537" class="c-ilink popin" rel="nofollow" title="Lire plus tard"> Lire plus tard</a> 
</p></div></div>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 18:21:00 +0200</pubDate>
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      <title><![CDATA[« Amazon déteste mon travail syndical » : comment le géant du web tente de réprimer toute action collective de ses employés]]></title>
      <description><![CDATA[<p><em>« On n’est pas réputé pour être à la botte du patron, on est réputé pour être le caillou dans leur chaussure, alors, on ne se laissera pas faire. »</em> S’ils voulaient s’en débarrasser, c’est raté. De retour au travail, Tatiana Campagne ne compte pas se laisser intimider. Licenciée en août 2025 pour faute grave – la direction lui reprochait des messages injurieux envers une DRH envoyés sur une boucle de discussion – l’agente logisticienne et syndicaliste Sud-Solidaires a retrouvé son poste de travail et ses mandats d’élue syndicale en mars dernier.</p><p>Son licenciement, confirmé une première fois par l’inspection du travail, a finalement été invalidé par le ministère du Travail, qui a pointé le caractère <em>« privé »</em> de cette boucle de discussion, <em>« qui ne peut dès lors constituer un manquement aux obligations des employés »</em>, selon l’avis du ministère, que <em>Basta!</em> a consulté. D’autant que cette boucle, intitulée « Élus-ES/mandates 2023 », était destinée à des échanges entre syndicalistes. Des collègues auraient divulgué son contenu à la direction.</p><h2 class="spip" id="lt-lt-On-vit-la-repression-depuis-qu-on-a-reussi-a-les-faire-fermer">« On vit la répression depuis qu’on a réussi à les faire fermer »</h2><p>Selon nos informations, confirmées par Amazon, l’entreprise conteste désormais la décision du ministère du Travail et va faire appel pour licencier définitivement Tatiana Campagne. Elle et ses collègues syndicalistes en sont sûrs, Amazon leur fait payer la mobilisation qu’ils ont organisée en 2020, pendant la pandémie de Covid-19, qui a mené à la fermeture provisoire de leur site. <em>« On vit la répression depuis qu’on a réussi à les faire fermer</em>, assure Jérôme Guillain, secrétaire Sud-Solidaires à Lauwin-Planque, commune qui abrite une vaste plateforme Amazon en périphérie de Douai (Nord). Lui-même est menacé de licenciement depuis le 26 mars dernier.</p><p>En 2020, en plein Covid, des syndicalistes de Solidaires, de la CGT, de FO et de la CFDT se mobilisent pour qu’Amazon mette en place <a href="https://basta.media/teletravail-droit-de-retrait-coronavirus-confinement-chomage-partiel-garde-enfant" class="spip_in">des mesures sanitaires pour ses salariés</a>. Finalement, la justice met en demeure l’entreprise et lui intime de réduire son activité. Plutôt que de s’avouer vaincue et d’ajuster sa production, Amazon décide de fermer temporairement l’ensemble de ses sites de tri et de distribution. À Lauwin-Planque, l’équipe de Solidaires, dont fait partie Tatiana Campagne, s’est largement mobilisée dans cette bataille.</p><p><em>« La vengeance, c’est un plat qui se mange froid. Ils ont tapé sur notre équipe au fur et à mesure. Ça a été Tatiana, maintenant c’est moi »</em>, assure Jérôme Guillain. En février 2026, il organise, avec Sud-Solidaires, un rassemblement pour soutenir Tatiana Campagne devant le siège social d’Amazon à Clichy. Vingt jours plus tard, il est à son tour convoqué à un entretien préalable au licenciement. Là encore, la direction lui reproche des propos insultants à l’encontre, cette fois, de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, <em>« lancés sur le ton de l’humour</em>, dit le syndicaliste. <em>Mais c’est surtout par rapport à mon travail syndical et au fait que Tatiana ait été réintégrée »</em>, assure-t-il.</p><h2 class="spip" id="Un-syndicaliste-puni-pour-avoir-fait-son-travail-de-syndicaliste">Un syndicaliste puni... pour avoir fait son travail de syndicaliste</h2><p>Lors du rassemblement de février 2026, des syndicalistes de plusieurs sites français étaient présents pour soutenir Tatiana Campagne et dénoncer les sanctions prises à répétition contre les syndicalistes. La répression ne concerne pas seulement les militants de Solidaires. En mars 2025, la CGT organise un tractage devant le siège social d’Amazon pour s’opposer à la fin du télétravail. Pour la première fois, des cadres de l’entreprise se retrouvent avec un tract syndical entre les mains.</p><p>Guillaume Robin, représentant syndical CGT (de l’Ugict, cadres et techniciens) sur le site de Sevrey (Saône-et-Loire) participe à ce tractage. Depuis le début de l’année, il tente d’alerter ses collègues sur la fin du télétravail, imposée aux salariés de bureau début 2025. Trois mois après cette action, en juin 2025, il est convoqué à <em>« un entretien préalable à une éventuelle sanction disciplinaire »</em>, puis mis à pied pendant trois jours.</p><div class="spip_document_22904 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="146" data-legende-lenx="xxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/amazon_affiche_antisyndicale2.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c4117716956 png loading c4"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780463371 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780463399 1440w, local/adapt-img/939/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780464265 1878w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 960w, local/adapt-img/720/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1440w, local/adapt-img/939/20x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1878w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780465264 1080w, local/adapt-img/939/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780465572 1409w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 720w, local/adapt-img/720/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1080w, local/adapt-img/939/15x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png 1409w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1780472252 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp 720w, local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png@.webp?1779268415 939w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png?1780462970" width="939" height="939" alt="" aria-describedby="by22904-06a904d6b996b3a972250d28cc93038f" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png?1780463319 480w, local/adapt-img/720/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png?1780468985 720w, local/adapt-img/939/10x/local/cache-gd2/60/15e9fc4dcc7c1a8b1a255088c9e441.png?1780462970 939w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22904-06a904d6b996b3a972250d28cc93038f">Affiche antisyndicale placardée dans l’entrepôt de Lachine en 2023 au Québec, alors que des employés tentent de monter une section syndicale.
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</figcaption></figure></div><p>On lui reproche d’avoir <em>« détourné des réunions professionnelles et outils de communication à des fins de promotion syndicale »</em>, selon le courrier de notification de sanction que <em>Basta!</em> a consulté. Ces faits sont parvenus aux oreilles de la direction par le biais de dénonciations d’employées, présentes lors de cette réunion. <em>« Je fais mon travail syndical pour sensibiliser les collègues sur leurs droits et collecter leurs revendications au sein de l’entreprise, ce qu’Amazon déteste en général, et redoute par-dessus tout parmi les cadres »</em>, déclare le syndicaliste.</p><p>Rare syndiqué parmi les cadres d’Amazon, il fait état d’une <em>« culture d’entreprise antisyndicale »</em> où l’engagement est vu comme une trahison. Ceux qui se syndiquent <em>« le font en cachette »</em>. Depuis sa sanction, il est parvenu à créer plusieurs sections syndicales chez les cadres, dont une au siège social de Clichy. Guillaume Robin a porté cette affaire devant les prud’hommes pour contester la sanction et réclame des dommages et intérêts pour discrimination antisyndicale.</p><aside class="o-push"><div class="c-call c-call--newsletter"><div class="d-lg-flex align-items-lg-center justify-content-lg-between mb-2"><strong class="c-call--newsletter-title d-block mb-2 mb-lg-0">Chez les indés</strong><p>Gratuit, chaque vendredi</p></div><p class="c-call--newsletter-text mb-2">La revue de presse du journalisme engagé : une sélection d’enquêtes, de récits, et d’alternatives parues dans la presse indépendante, directement dans votre boîte mail.</p><div class="c-call--newsletter-cgu"><p>En m’inscrivant j’accepte la <a href="https://basta.media/politique-de-confidentialite" class="spip_in">politique de confidentialité</a> et les <a href="https://basta.media/conditions-generales-d-utilisation" class="spip_in">conditions générales d’utilisation</a> de <em>Basta!</em></p></div></div>
</aside><h2 class="spip" id="lt-lt-On-est-regulierement-cible">« On est régulièrement ciblé »</h2><p>Au centre de distribution de Brétigny-sur-Orge, dans l’Essonne, l’équipe syndicale de Sud-Solidaires <a href="https://www.streetpress.com/1764351422-colere-noire-salaries-greve-amazon-bretigny-black-friday-cadence-accidents-surveillance/" class="spip_out" rel="external">connaît bien ces méthodes</a>. <em>« On est régulièrement ciblé »</em>, assure Joseph Mukoko, délégué syndical et membre du comité social et économique (CSE). En janvier 2026, il se rend avec une dizaine de collègues au Parlement européen. Ils ont été invités à assister à l’audition des patrons d’Amazon devant la commission des Affaires sociales. Les dirigeants sont notamment questionnés sur les pratiques antisyndicales de l’entreprise en Europe, où de nombreux cas ont été exposés : une cellule qui infiltre les syndicats en Italie, une syndicaliste licenciée pour avoir enquêté sur la mort d’un ouvrier en Pologne, un délégué syndical renvoyé après son congé paternité en Slovaquie.</p><p>Lors de cette audition, ces accusations sont battues en brèche, sinon ignorées, par les patrons d’Amazon. En quittant Strasbourg, les syndicalistes de Solidaires se doutent bien que leur retour à Brétigny ne passera pas inaperçu. <em>« Dans les semaines qui ont suivi ce déplacement, on a toutes et tous reçu des avertissements, des mises à pied, pour des motifs farfelus. Le timing est précis »</em>, raconte Joseph Mukoko. <em>« Quand on commence à trop gueuler et qu’on fait partie d’un syndicat de lutte, on est vite catalogué. Moi, j’ai ressenti ça dans mes rapports avec les managers ou même mes conditions de travail »</em>, témoigne un autre travailleur syndiqué sous couvert d’anonymat. Selon Joseph Mukoko, tout est bon pour entraver l’action syndicale : <em>« Il y a des choses insidieuses, on peut te changer de poste du jour au lendemain, te placer dans un poste plus difficile par exemple. L’effet, c’est aussi de t’isoler des autres. »</em></p><p>Amazon, qui n’a pas souhaité commenter ces différents cas, assure que <em>« toute procédure disciplinaire est menée de manière indépendante de toute activité syndicale »</em> et qu’<em>« il n’existe aucun lien entre une quelconque sanction disciplinaire et la participation à une activité syndicale ou à un événement extérieur »</em>.</p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/plans-de-retour-performance-PRPA-PIP-broient-salaries-numerique-Capgemini-Leboncoin-Amazon">« Ça m’a dégoûté de mon métier » : chez Capgemini, Leboncoin ou Amazon, ces plans de performance qui broient les salariés</a></aside><h2 class="spip" id="Maintenir-un-modele-nefaste-cout-que-coute">Maintenir un modèle néfaste coût que coûte</h2><p>Les témoignages recueillis par <em>Basta!</em> décrivent pourtant un système bien rodé, qui ne s’attaque pas toujours frontalement aux activités syndicales, mais aussi aux comportements individuels. Les syndicalistes interrogés énumèrent une longue liste de situations pouvant mener à des sanctions : une voiture mal garée, un transpalette mal utilisé, un mot de travers ou un ton un peu trop véhément. Jean François Bérot, représentant Sud-Solidaires au dépôt de Saran, près d’Orléans, dit s’occuper quotidiennement de ces <em>« sanctions à la con »</em>, qui peuvent toucher <em>« tous les employés, mais pour peu qu’ils soient syndiqués et dans le collimateur, le licenciement arrive plus vite »</em>.</p><p>Cette focalisation sur les syndicalistes, le sociologue du travail Francesco Sabato Massimo l’explique par la défense absolue du modèle économique et organisationnel d’Amazon. L’entreprise a enregistré des bénéfices de 65,75 milliards d’euros en 2025 avec plus d’1,5 million d’employés dans le monde, principalement dans ses entrepôts, dont plus de 25 000 en France. Cette prospérité est en grande partie due à son organisation du travail millimétrée et encadrée par des algorithmes.</p><div class="spip_document_22903 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="281" data-legende-lenx="xxxx"><figure class="spip_doc_inner"><a href="https://basta.media/IMG/png/amazon_affiche_antisyndicale.png" class="spip_doc_lien mediabox" type="image/png" rel="portfolio-autolien"><picture class="adapt-img-wrapper c291801750 png loading c6"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1780463371 960w, local/adapt-img/708/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1780463423 1416w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 960w, local/adapt-img/708/20x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 1416w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp 720w, local/adapt-img/708/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1780465704 1062w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 720w, local/adapt-img/708/15x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png 1062w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1780472438 480w, local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png@.webp?1779268418 708w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png?1780462970" width="708" height="708" alt="" aria-describedby="by22903-1733b102e5a51da4069520e00c1ecb85" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png?1780463906 480w, local/adapt-img/708/10x/local/cache-gd2/b6/5735d4ff1040e67d6eea9add84deff.png?1780462970 708w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture></a>
<figcaption class="spip_doc_legende" id="by22903-1733b102e5a51da4069520e00c1ecb85"><em>« Vous n’avez pas à fournir vos renseignements personnels »</em> (à un syndicat), proclame une affiche de la direction d’Amazon dans un entrepôt de la firme au Québec. Un comble pour le leader mondial de la vente en ligne qui collecte les données en ligne de ses clients.
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</figcaption></figure></div><p>Les recherches du sociologue tendent à montrer comment l’entreprise déploie d’un côté des outils coercitifs pour pousser à la productivité (pression, notation individuelle, promesse de CDI), tout en ciblant les syndicats qui réclament de meilleurs salaires et dénoncent les cadences infernales et les accidents du travail qu’elles provoquent. <em>« Amazon mobilise la force de travail de ses salariés, tout en démobilisant leur potentiel d’action collective</em>, résume le chercheur. <em>Le danger, pour la direction, c’est d’avoir des syndicats qui interviennent sur la question des salaires et sur la manière dont le travail est organisé »</em>, précise-t-il.</p><p><em>« Amazon vire ses salariés pour inaptitude pour ne pas avoir à créer des postes adaptés, elle veut une main-d’œuvre pas abîmée, utilisable à 100 % de ses capacités physiques. Les syndicalistes qui défendent la santé et la sécurité au travail, c’est ça qui gêne le modèle d’Amazon »</em>, abonde <a href="https://basta.media/anthony-smith-en-prison-relation-de-travail-capitalistique-en-pire-entretien" class="spip_in">Anthony Smith</a>, inspecteur du travail et désormais eurodéputé La France insoumise.</p><h2 class="spip" id="Amazon-fuit-le-Quebec-par-crainte-d-une-convention-collective">Amazon fuit le Québec par crainte d’une convention collective</h2><p>Lorsqu’Amazon n’a plus les moyens d’empêcher ses salariés de s’organiser, la multinationale peut aller au-delà de l’entrave syndicale. Le 22 janvier 2025, la firme annonce purement et simplement la fermeture de l’ensemble de ses sept sites d’entreposage, de tri et de distribution au Québec. Publiquement, la multinationale avance des raisons économiques pour justifier ce départ précipité. En coulisse, Amazon tente de se dépatouiller d‘une situation qu’elle n’avait pas vue venir : la formation de sections syndicales sur ses sites.</p><p>Lorsque la Confédération syndicale nationale (CSN), principal syndicat de lutte au Québec, initie une campagne de syndicalisation dans un centre de distribution à l’est de Montréal en 2023, Amazon y déploie des affiches antisyndicales paternalistes jusque dans les toilettes : <em>« Protégez votre signature. Les syndicats ne peuvent pas garantir les changements en milieu de travail »</em> ou encore : <em>« Les syndicats vous facturent des cotisations »</em>. Après cette campagne, la CSN échoue de peu à constituer un syndicat majoritaire, mais elle fera condamner l’entreprise en 2024 pour entrave antisyndicale.</p><div class="spip_document_22905 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende spip_document_portrait" data-legende-len="115" data-legende-lenx="xx"><figure class="spip_doc_inner"><picture class="adapt-img-wrapper c900736230 png loading c7"><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1780463371 960w, local/adapt-img/641/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1780463424 1282w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 2), (min-resolution: 2dppx)" srcset="local/adapt-img/480/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 960w, local/adapt-img/641/20x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 1282w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp 720w, local/adapt-img/641/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1780465735 962w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1.5), (min-resolution: 1.5dppx)" srcset="local/adapt-img/480/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 720w, local/adapt-img/641/15x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png 962w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/png" /><source media="(-webkit-min-device-pixel-ratio: 1), (min-resolution: 1dppx)" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1780472511 480w, local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png@.webp?1779268418 641w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" type="image/webp" /><img src="https://basta.media/local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png?1780462971" width="641" height="641" alt="" aria-describedby="by22905-66f466dd9a672343b660a28c1985dd7c" class="adapt-img" srcset="local/adapt-img/480/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png?1780467017 480w, local/adapt-img/641/10x/local/cache-gd2/a2/9c0d6a8febf8ae43e3ec5705307b15.png?1780462971 641w" sizes="(min-width: 960px) 960px, 100vw" /></picture><figcaption class="spip_doc_legende" id="by22905-66f466dd9a672343b660a28c1985dd7c">Des employés québécois d’Amazon dans la cantine de leur entrepôt, entourés d’affiches antisyndicales, en 2023.
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</figcaption></figure></div><p>Cette même année, le syndicat revient à la charge et organise secrètement la constitution d’une section syndicale dans un autre centre, celui de Laval, au nord de Montréal. La campagne est un succès et le premier syndicat d’Amazon est créé au Canada en mai 2024. L’objectif est de pousser le géant de la vente en ligne à signer une convention collective afin d’encadrer les conditions de travail, les salaires ou les règles d’ancienneté et donner davantage de protection aux salariés en cas de licenciement.</p><p>En Amérique du Nord, jamais Amazon n’a signé un tel accord avec ses employés. Félix Trudeau, un travailleur du site de Laval qui a œuvré à sa syndicalisation, se souvient avoir vu débarquer des cadres de l’entreprise quelques jours après la constitution du syndicat : <em>« Concrètement, c’étaient des agents provocateurs de la direction, des casseurs de grèves. Ils se promenaient et allaient parler aux employés, leur demander comment ça allait, s’ils avaient des problèmes, [leur dire] qu’ils n’étaient pas obligés de se syndiquer. »</em> Quelques mois plus tard, Amazon décide d’augmenter les salaires de tous ses employés au Québec… sauf ceux du site de Laval.</p><p>Fin 2024, les négociations avec la direction sont au point mort et la CSN n’a plus qu’une option. Au Québec, en l’absence d’accord entre un syndicat et une entreprise, l’État nomme un juge qui peut alors ordonner la signature d’une convention collective qui, <em>a minima</em>, correspond aux standards du droit du travail québécois. Le 22 janvier 2025, Félix Trudeau allait se mettre en route pour le tribunal administratif du travail pour une ultime négociation qui aurait dû aboutir à la nomination d’un juge. Ce matin-là, il reçoit un SMS de l’avocat de la CSN : <em>« L’audience est annulée, Amazon quitte le Québec. »</em></p><aside class="c-encart c-encart--liens c-encart--memesujet position-relative">
<a class="stretched-link" href="https://basta.media/garde-a-vue-proces-et-100-000-euros-demandes-pour-un-mail-syndical-Solutec-informatique">Garde à vue, procès, et 100 000 euros demandés pour un mail syndical : le calvaire d’un ingénieur informatique</a></aside><h2 class="spip" id="lt-lt-Violation-systemique-et-reflechie-du-droit-du-travail">« Violation systémique et réfléchie du droit du travail »</h2><p>Plutôt que de signer une convention collective, Amazon a préféré partir en abandonnant la gestion de ses sites. En un mois, 4500 personnes perdent leur emploi. Fait rarissime pour l’entreprise, le tri et l’expédition des colis sont désormais sous-traités au Québec. <em>« Notre convention collective aurait pu servir d’inspiration pour les travailleurs et travailleuses d’Amazon aux États-Unis. C’est l’un des aspects qu’Amazon n’a pas tolérés »</em>, soulève Félix Trudeau, qui rappelle que le seul entrepôt syndiqué des États-Unis, celui de Staten Island, <a href="https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2022/04/22/chris-smalls-l-homme-qui-a-implante-le-premier-syndicat-chez-amazon_6123179_4500055.html" class="spip_out" rel="external">où se bat notamment Chris Smalls et son syndicat</a>, le Amazon Labor Union, n’a toujours pas obtenu la précieuse convention.</p><p>L’entreprise, qui a annoncé début mai 15 milliards d’investissements en France avec la promesse de créer 7000 emplois semble bien disposée à continuer de s’étendre et, avec elle, son modèle antisyndical. <em>« Derrière ces emplois, vous avez trois fois plus de sous-traitants qui vont travailler pour Amazon et qui vont adopter ce modèle. C’est un acteur de l’emploi qui donne l’exemple de la pire façon qui existe, par le biais d’une violation systémique et réfléchie du droit du travail »</em>, dénonce Anthony Smith.</p>]]></description>
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      <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 07:00:00 +0200</pubDate>
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